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 Pastasciutta || Axl

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MessageSujet: Pastasciutta || Axl    Dim 29 Nov - 18:57




Pastasciutta
Axl & Noah





In Vino Veritas.

Il ne recevait personne chez lui. C'était devenu une ligne directrice qu'il appliquait constamment, quel que soit le sujet, depuis qu'il avait décidé de troquer sa soutane contre un diplôme de psychiatrie. Chacun à sa place et les poules étaient bien gardées, disait le dicton.
Puis, comme toujours, ses belles initiatives s'étaient étiolées. Sa conscience comme ses positions avaient fini par s'adoucir, se courber, se plier et se tordre sous les demandes de certains de ses patients. Ce serait plus simple. Plus commode. Après tout, son appartement était suffisamment grand pour qu'une pièce soit arrangée de façon plus sommaire, plus professionnelle. Neutre, tout en restant clairement la demeure du psychiatre. Progressivement, à mesure qu'il concédait ce privilège à certains, il avait fini par transformer son bureau en cabinet, installant des fauteuils confortables et une méridienne drapée de velours bleu pour les plus téméraires. L'intérieur de la pièce, chaleureux, aux couleurs neutres, au plancher poli par les années et aux quelques éclats de luxe rappelant les riches palazzios italiens, avait fini par recevoir les témoignages de quelques clients au cours des années passées. Agréable, chatoyante sans trop l'être, la cheminée antique de la pièce fut agrémentée d'un insert qui crépitait doucement, répandant une chaleur propice aux épandages. Propice, aussi, à la détente. Les siestes étaient royales, sur cette méridienne bleue.

Rapidement, il avait appris à utiliser cette pièce à meilleur escient. Rares, encore, étaient ceux qui avaient le droit de pénétrer dans cet appartement, et d'accéder au Graal qu'était son cabinet privé. Cela lui donnait un argument supplémentaire pour s'installer régulièrement dans un des fauteuils moelleux avec un bon livre, ou un bon verre de vin blanc à la fin de la journée. Chose qu'il faisait, là, ce soir, une journée éreintante dans les pattes et une bouteille de blanc frioulan à portée de main. Les vins du Nord de l'Italie restaient les meilleurs à son goût. Ils fondaient sur la langue, dévoilant un bouquet raffiné de fleurs et de sucre avec cette amertume qui lui rappelait l'esprit belliqueux des populations frioulanes. Ah, ces Frioulans. Un caractère de cochon, sublimés en général par une tête blonde et un regard dur. Des gens fiers, bien plus fiers que les Romains, bien plus droits que les Vénitiens. Mais jamais autant que les Siciliens. Déjà au Moyen-Age ces personnes étaient réputées pour être des têtes de mule. Il ne doutait pas une seconde que les choses eussent changé à ce point, même après des siècles.
Il n'osait plus revenir en Italie. Le passé était encore bien trop présent dans son esprit pour être remplacé par les images d'une modernité qui n'aurait fait que l'entacher un peu plus. Et pourtant, quand il buvait ce vin sur sa méridienne, il ne pouvait s'empêcher de se demander à quoi ressemblaient Gorizia, Genova ou sa tendre Roma maintenant.

Dans un soupir, il tourna la tête pour se faire craquer la nuque. Ses pieds étaient enflammés tant il avait arpenté les couloirs de cet hôpital psychiatrique infâme dans lequel il s'usait les nerfs et la santé. Un sorcier de son renom, de sa puissance, n'avait rien à faire dans un mouroir pareil. Et si le temps avait passé, toutes les pathologies du 12° siècle se retrouvaient pourtant dans ces salles froides sans âme qui étaient son lieu de travail. Un jour il raccrocherait, et ne se consacrerait plus qu'aux petits tracas de personnes trop riches pour réfléchir d'elles-mêmes. Cette perspective d'avenir le satisfaisant, il fit tourner doucement le vin dans son verre à queue, et sirota une gorgée du bout de ses lèvres légèrement ourlées. Puis il pencha la tête en arrière, s'enfonçant d'avantage dans son fauteuil, laissant la douce chaleur du feu l'envelopper. En fermant les yeux, il pouvait entendre l'eau frémir dans sa casserole, la cuisine étant littéralement à deux pas de son cabinet. Pour une fois, il avait décidé de profiter du calme et de la sérénité pour prendre le temps de cuisiner, comme autrefois. Les saveurs de son enfance lui manquaient et les produits frais commençaient à faire grise mine dans son frigo : l'heure était grave. La pastasciutta était la solution finale.

A pas mesurés, pour ne pas s'abîmer d'avantage la plante des pieds, il fila vers la cuisine en chaussettes. Les bonnes odeurs de la sauce qu'il s'était empressé de préparer tout juste arrivé envahirent ses sens, l'enveloppant tout entier dans ce cocon de confort que peuvent ressentir les exilés quand ils sentaient de nouveau les parfums de leur pays natal. Tout était bien. Les pâtes étaient presque cuites, la bouteille encore fraîche.
Tout était bien.

Mais non. Parce que la sonnette de son appartement retentit, criarde, diabolique, alors qu'il achevait de dresser son assiette. Dans un grommellement tout aussi égoïste que senti, il se dirigea avec humeur vers l'interphone pour répondre. Avant de se tourner vers le tableau d'ardoise qu'il avait monté dans son entrée, lui rappelant d'une écriture élégante et un peu obsolète -la sienne- qu'il lui restait un dernier rendez-vous avant que la journée soit officiellement finie. Axl Hartley.
Ca ne pouvait être que le jeune homme. Et ce dernier était en retard, si bien que le psychiatre l'avait complètement zappé. "Je vous en prie, montez Axl, la porte est ouverte." C'était un pieux mensonge qu'il se dépêcha de corriger, marmonnant un "Santa Madre, mi dà la forza" entre ses dents. Il était en chaussettes, les cheveux défaits, le ventre criant famine et contrarié. Tant pis, même les psychiatres avaient une vie. Et ce gamin lui avait été mis dans les pattes par sa soeur, Vixen, sans qu'il n'ait eu son mot à dire. D'autant qu'il bénéficiait d'un traitement particulier puisque, du fait de son activité extra-professionnelle, il se devait d'être reçu dans la discrétion la plus parfaite.
Sauf que le gamin ne lui rapportait rien de plus que de la contrariété. Attrapant son verre pour boire une gorgée supplémentaire avec que son client n'atteigne la porte de son appartement, il tenta de considérer la chose sous un angle meilleur. Peut-être que son approche n'était pas la bonne, vis à vis d'Axl Hartley. Peut-être qu'il y avait quelque chose à en tirer, de ce gamin, mine de rien.

Aussi, quand il entendit la porte s'ouvrir et le plancher craquer sous le poids de son client nocturne, il s'orna d'un sourire affable et vint l'accueillir avec une chaleur tellement feinte qu'elle paraissait sincère.

-Bienvenue, Axl, j'ose espérer que vous avez faim, la Providence a souhaité que je fasse trop de pâtes pour une seule personne.


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Dernière édition par Noah D. Meadow le Jeu 28 Jan - 19:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pastasciutta || Axl    Dim 29 Nov - 21:36



pastasciutta

 
Golden age is over.


La vie aurait pu être un long fleuve tranquille. Elle avait commencé doucement, tendrement. Pas l'ombre d'un revirement, pas l'ombre d'une goutte de sang. Et pourtant. Et pourtant. Si j'avais su que tout prendrait ce vent, si j'avais su ce que serait mon présent. Je crois que je l'aurais refusé, préférant la mort à tant d’incommodités. La vie en avait décidé autrement, et en simple pion je ne faisais que survivre dans cet environnement. Il était sans doute tôt, trop tôt pour moi. Dehors, le ciel est encore endormi. Mes os sont douloureux, comme brisés. Je me change trop souvent en ce moment. Bien trop souvent.
Mais c'est la douleur qui montre que l'on est en vie, pas vrai ?
Je me cale sous des coussins pour atténuer les coups, en vain. Le jour défile comme dans une de ces romances qu'on ne fait plus. Je soupire face au temps qui file sans moi. Je ferme les yeux face à cette vie qui ne veut pas de moi. Je me perds à rêver. Rêver de mon monde parfait. Le rire de Joshua d'un côté, les doux sourires de Vixen de l'autre. Je me perds un instant, le temps d'un battement raté, le temps d'une vie volée. Tout paraît si simple, si doux les yeux fermés.

C'est un sursaut qui me réveille. Mon visage se tire alors que chaque os de mon corps pleure. Encore un cauchemar, encore un rêve un peu trop noir. Je me relève douloureusement et constate que le ciel n'a pas changé de couleur depuis la dernière fois que je l'ai vu. Ne s'est-il réellement passé qu'un instant ? Si seulement. C'est toute une journée qui m'a échappée, qui s'est dissipée sous mes yeux fermés. Un regard rapide vers ma montre que je remets en place. Une, deux, trois. Merde, je suis en retard. Grimaçant je m'adosse au lit alors que je m'habille sans grande conviction. Mon jean est déchiré, mon sweat tâché. Mes cheveux encore trempés de la douche sensée me réveiller. Peu importe. J'enfile mes lunettes qui s’embuent en une seconde et les remonte. Une, deux. Je soupire. Le temps d'attraper mes clefs et me voilà sorti.
Je secoue mes cheveux afin de ressembler un minimum à un humain en vie. Je jette un œil avant de partir loin de mon appartement. Un, deux, trois. C'est de plus en plus dur de partir d'ici, quitter mon nid. C'est un nid d'épines qui passe son temps à me rappeler, me murmurer tout ce que je rate, un nid qui brûle, qui torture. Mais c'est le mien. Face au monde, je ne suis rien. Je souffre du vent, du regard inexistant des passants. Je ne peux plus cacher mes petites manies, plus aujourd'hui. Je m'appuie contre un poteau avant de le traverser et le cogne du bout du doigt. Un, deux, trois. J'ai mal, mais peu importe. J'ai peur, mais peu importe. J'avance vers ce fameux havre de paix sensé m'aider.

Se perdre dans les mots d'un docteur pour aller mieux. Oublier la douleur en l'expliquant à quelqu'un de bien vivant. Je ne suis pas convaincu, mais Vixen a voulu. Elle a justement dit que mes habitudes prenaient à nouveau trop de place. Elle a justement dit qu'elle ne voulait pas que je m'enfonce dans l'eau une fois encore. Prendre les devants, paraît-il. Ça m'aidera, je verrai. Aie-confiance, m'a-t-elle murmuré avant de me présenter pour la première fois à ce psychiatre de renom qui devait d'un coup de baguette effacer tous mes maux. Je ne pouvais pas lui en vouloir, je ne pouvais pas non plus la contrer. D'autant plus qu'elle n'avait pas idée d'à quel point je nageais dans les fonds marins. Aveugle, avançant lâchement à défaut de reculer, espérant secrètement que le prochain pas m'empalerait et que mes rêves seraient réalisés. Ce monde parfait où il n'y avait que nous, et pas tout ça. Un monde sans douleur et sans peur, un monde où il n'y a que le cœur.

Je suis en retard. Merde. Je tripote ma montre. Une, deux, trois. Je suis en bas de l'immeuble, incertain, je me frotte la peau un peu trop violemment pour me calmer avant d'activer la sonnette. Il est peut-être parti. Je ne sais pas si je veux qu'il soit là. Non pas que le docteur ne soit pas bon, simplement que je ne suis pas sûr d'être un bon patient. Comment soigner quelqu'un qui dit que ça ira, que ça a toujours fini par aller après tout. Comment soigner quelqu'un qui est tellement lâche qu'il est incapable de dire l'entière vérité à celle pour qui il a tout abandonné. Un quart de seconde et je veux faire demi-tour. J'en ai besoin, je le sais. Mais est-ce que je peux seulement y arriver ? Trop tard pour renoncer, la voix si paternelle du docteur se fait entendre et me demande de monter. J’acquiesce, réflexe un peu stupide étant donné qu'il ne peut me voir, mais qu'importe.

Me voilà montant les marches quatre à quatre. Réflexe d'angoissé, peut-être que si je maîtrise le temps, alors il finira par se calmer. Face à la porte du docteur je m'arrête un instant. Je me reluque, j'aurais pu faire un effort. L'homme qui m'accueille n'est pas du genre à manger des chips dans un jogging tâché, loin de là. Mais c'est trop tard. Dans un geste vain, je lisse un peu mes vêtements, arrange ma montre, un, deux, trois. Mes lunettes, un, deux. Et m'éclaircit doucement la voix. Me voilà face à ma vie, face aux soucis. J'actionne doucement la poignée, un, deux, trois et entre sans un mot. Mon regard se perd une énième fois dans ce décor somptueux qu'a créé Meadow, me tirant un rictus invisible qui chauffe mon cœur une seconde. Il n'en fallut pas plus à l'homme pour arriver face à moi et m'accueillir avec cette grâce qu'ont les docteurs des cas désespérés. Je ne sais pas si ils l'ont pour tout le monde, mais définitivement pour les mecs comme moi. Je l'ai vu à l'instant où j'ai mis les pieds chez le premier docteur. Ce sourire chaleureux pour vous mettre à l'aise, l'air de dire qu'à défaut de me guérir, il m'épargnera le mépris. On s'habitue, à force, et on sourit en retour. Un peu comme un réflexe, un peu aussi parce qu'on finit par se plaire à le croire. Prendre le peu qu'on nous donne, ça s'apprend assez vite.

« Bonsoir.. Je... »

Mes mots à peine audibles ne cassent pas le docteur qui me propose un repas. Ça, par contre, c'est bien la première fois. Gêné, complètement englouti par la situation inattendue, je remonte mes lunettes, un, deux. Et remonte ma montre, un, deux, trois. Avant de pouvoir lui répondre, d'une voix peu assurée mais sincère.

« Heu... o-oui. Je n'ai pas encore mangé aujourd'hui à vrai dire. »

Je hausse les épaules. L'habitude de dire ce qui nous passe par la tête est assez étrange, et souvent donne à des remarques complètement inutiles. Pourtant, ne pouvant ravaler mes mots, j'ajoute un peu précipitamment.

« Enfin, ne vous sentez pas obligé. Vous avez sans doute mieux avec qui partager votre dîner. »

Et je le pensais, pourtant, mon ventre ne semblait pas d'accord. Il m'avait laissé environ une seconde pour finir ma phrase avant de se manifester dans un grognement aussi élégant que mon accoutrement. Je lui donnais un coup sec pour qu'il se taise – m'arrachant une grimace de douleur, foutu corps brisé. Il fallait bien l'avouer pourtant, j'étais faible, souffrait encore de mes balades ailées et son repas sentait affreusement bon.

_________________
why do i keep coming back to you ?
Don't wanna be with nobody, just wanna make it with you. Caught up in all of my feelings, baby, why don't you feel like I do? And I wonder what you're thinking right now, no, I never can tell, and I wonder why we're doing this now.


Dernière édition par Axl N. Hartley le Jeu 28 Jan - 0:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pastasciutta || Axl    Mar 8 Déc - 1:38




A vrai dire ce gamin ne lui laissait pas une impression impérissable. Il était mignon, et bourré de problèmes d'anxiété, de dépression et de tocs, mais au-delà de ça, il n'avait pas encore eu l'occasion de gratter sous la surface. Et ce genre d'individus, il fallait les brusquer. Les pousser dans leurs retranchements, les froisser, les bousculer suffisamment pour que leurs craintes intérieures ressortent. Et Noah n'avait pas envie de s'embêter avec des conversations qui dureraient des heures, ce soir-là. Pas après une journée de travail éreintante dans les pattes et un rendez-vous, certes prévu, mais dont il ne voulait absolument pas. En plus c'était quoi comme prénom, ça, Axl ? A croire que ses parents soit ne l'aimaient pas à la naissance, soit avaient estimé qu'ils étaient "too cool for school". Et quand il voyait ça, l'esprit cartésien de Noah faisait des bonds. Pas étonnant que le gamin ait des problèmes avec un prénom pareil.
Alors il allait le sortir de ses gonds, le petit Axl Hartley. Et ça ne serait pas beau à voir. Allez savoir, peut-être même qu'il y trouverait une forme d'amusement quelconque. Ce qui était déjà le cas quand il remarqua la mine déconfite du jeune homme devant sa proposition, pourtant somme toute honnête. Pour une fois. Un fin sourire narquois s'était étiré sur son visage, le temps d'une demi-seconde, pas assez longtemps pour que le jeune Axl ne s'en rende compte. Si c'était la forme de thérapie qui le déstabiliserait, alors il allait s'en charger. Et foncer directement dans la brèche.

Il pouvait entendre son estomac gronder de là où il se trouvait, et s'il s'attendait à ce qu'Axl refuse, il était prêt à répliquer que de toutes façons il n'avait pas le choix, ça faisait partie de la séance. Alors forcément, il fit complètement abstraction de sa remarque quant à des gens bien mieux à inviter à dîner. Bien sûr qu'il avait mieux. Il pouvait bien inviter d'autres personnes d'une condition sociale bien supérieure, à l'intellect plus parlant, ou tout simplement pour les bassesses de la chair. Mais non. Il était coincé avec lui. Alors il laissa les mots couler sur lui comme l'eau sur les plumes d'un canard. Accueillant la remarque du jeune homme avec un haussement de sourcils, il finit par s'illuminer d'un immense sourire chaleureux en écartant les bras. Ca l'arrangeait. Au moins il n'aurait pas besoin de jeter les pâtes ou d'en manger réchauffées au micro-ondes -cette infamie-, le lendemain.

-A la bonne heure, considérez-vous officiellement invité dans ce cas !

Le psychiatre ne manqua pas de remarquer le petit coup de poing que s'infligea le jeune homme, clairement en ire avec son propre corps. Auto-destructeur avec ça. Un comportement violent classique, en l'alliant à ses différents troubles apparents, mais qui pourrait s'avérer... intéressant. Prenant note mentale, il ne se sépara pas de son grand sourire et approcha d'Axl pour le débarrasser de son manteau et l'installer sur l'imposant porte-manteaux en chêne de l'entrée.

-J'ose espérer que vous n'avez aucune allergie alimentaire, ou que vous n'avez aucune conviction de quelque ordre qui vous empêche de manger de la viande de bœuf, mon cher.

Il se dirigea à grands pas vers la cuisine, lui jetant un coup d’œil par dessus son épaule pour l'intimer à le suivre. Si le jeune homme avait besoin de décontraction il en aurait. Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'un psychiatre rital allait vous faire faire une dégustation, et encore moins lors d'une première séance. De toutes façons, émacié comme il était, il n'avait aucun doute quant au fait qu'Axl finisse par dévorer son plat sans broncher. Alors Noah remplit un plat de terre aux couleurs du Midi de sa confection, attrapa deux assiettes creuses et des couverts qu'il fourra d'autorité dans les mains de son patient et emporta son plat jusqu'à son cabinet. Ils seraient bien mieux installés au coin du feu que dans la cuisine, surtout que la bouteille de vin blanc les attendait, déjà ouverte, trônant dans son seau de glace. Il pouvait sentir l'hésitation dans chacun des mouvements de son patient. Autant continuer, le presser comme un citron, envahir chacun de ses retranchements. Il ne sortirait pas indemne de cette séance, et pas seulement parce que Noah n'avait pas envie de le voir. Non, ce serait autre chose. Une toute nouvelle expérience.
En toute honnêteté Noah avait hâte de voir ce que cette session de thérapie par la brusquerie donnerait. Et hâte de goûter enfin à ses pâtes, de retrouver son Italie chérie, parce que merde à la fin c'était son programme initial avant que ce stronzo n'arrive. Ce fut pour ça qu'il posa le plat de terre sur un petit guéridon en acajou, tira les épais fauteuils de cuir pour qu'ils se retrouvent à proximité et du feu, et du guéridon, puis reprit les assiettes des mains du jeune homme en lui indiquant largement les sièges pour qu'il s'installe.

-Je vous en prie, mettez-vous à l'aise, Axl. Buvez-vous, également ?

Il avait posé quelques questions à Vixen, au préalable, et savait que l'alcool n'était pas l'un des nombreux problèmes d'Axl. Du moins pas qui soit déclaré, ou que sa soeur ne sache. Et si tous ses confrères auraient décrié ses méthodes, il n'avait jamais été un psychiatre conventionnel. Donc le vin blanc accompagnerait ce repas, c'était décidé. Et au pire il avait toujours quelques bonnes bouteilles en réserve si celle-ci venait à être vide trop rapidement.
Les pâtes dégageaient un fumet exquis, si bien qu'il prit toutes les précautions du monde pour les servir dans les assiettes et ne pas les dévorer directement dans le plat. Pas devant les invités. Ni même devant les patients. La frontière était tellement trouble, tellement ténue, qu'il pouvait la franchir allègrement de chaque côté. C'était ce qui faisait toute la beauté de la chose. C'était ce qui rendait cette Pastasciutta pourtant toute simple magnifique alors qu'il posait enfin les assiettes sur le petit guéridon, et s'assit en face de son rendez-vous nocturne après avoir ajouté un verre -plein- supplémentaire. Montrant l'exemple, dans une décontraction parfaite, il enroula les spaghettis dans la cuillère qu'il avait apportée et souffla légèrement dessus avant de l'enfourner. Une réussite.
La séance pouvait commencer.

-J'ai cru comprendre que votre soeur est notre entremetteuse, comment se porte-t-elle ?

Autant attaquer dans le vif du sujet, mais l'air de rien. Après tout il avait décidé de n'avoir aucune délicatesse. Et ça commençait maintenant.

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MessageSujet: Re: Pastasciutta || Axl    Mer 9 Déc - 1:18


through the looking glass


Hide the monster


L'homme est une créature étrange. Face à moi, celui qui d'apparence n'est pas si différent me laisse pourtant là, comme une souris face au lion. Quand je le regarde, je perds toute confiance qui aurait pu pointer le bout de son nez. Quand je vois cette assurance, ce sourire parfaitement ajusté sur son visage, j'ai envie de lui demander comment il fait. Comment, lui, peut être si sûr. Comment, lui, peut être si grand. J'observe chacun de ses gestes comme pour apprendre. Comme si un jour, je pourrais atteindre sa hauteur. Je sais pertinemment que ce ne sera jamais le cas, cependant l'illusion est impossible à faire disparaître. Tout s'accélère en une seconde dès qu'il ouvre la bouche.
Il est de ceux qui dirigent, je suis de ceux qui obéissent. Sans aucune pensée, je hoche la tête à ce qu'il dit, me laissant porter par ses gestes qui me retirent mon manteau, me laissant un frisson sur le coin de la peau. Le psychiatre est entièrement maître de la pièce, de la maison, peut-être même plus d'ailleurs. Le sol craque sous ses pas, à son rythme, sans jamais lui couper la parole ou amoindrir ses gestes. Je le suis maladroitement vers la cuisine, sentant le poids de ma petitesse rire de moi sur le même sol qui l'applaudit.

« Je mange de tout... », je bredouille, à peine audible, certain qu'il n'écoute de toute façon pas réellement. Je me sens comme spectateur de la scène, observant le moindre recoin, écoutant le moindre son. Il s'active face à moi, faisant raisonner divers ustensiles de cuisine qui semblent tous danser pour lui sans la moindre objection. Mes yeux se perdent dans ses gestes rapides, mes narines déjà parties valser avec la douce odeur du repas qu'il dépose amoureusement dans le plat qui lui convient. Comme un tableau peint, la vie du Docteur ne semble laisser place à aucune erreur. Sacré contraste. Sans plus attendre il me rend acteur, me posant des couverts entre les doigts que j'attrape maladroitement avant de les serrer pour éviter toute catastrophe. Je suis muet, entièrement embarqué dans cette mascarade harmonieuse qui se joue à mes pieds. À peine ai-je eu le temps de m'habituer à ma condition de porteur qu'il m'embarque comme le vent dans une nouvelle pièce. Chaleureuse.

Pas chaleureuse comme l'enfance, comme les souvenirs. Chaleureuse comme lui, avec prestance, avec ce petit recul qu'on ne peut s'empêcher d'avoir face aux belles choses. De peur de les abîmer ou bien d'être de trop. Sans doute un peu des deux. Je fixe le feu qui crépite, sentant la chaleur boisée se répandre en moi, apaisant les douleurs de l'animal qui sommeille. Dans un soupir éteint, je m'y perds un instant avant que la voix du docteur ne prenne à nouveau toute la place dans la pièce me ramenant illico à la réalité. Déposant les assiettes en suivant ses indications, je m'assois désormais face à lui. Dans ce fauteuil qui vous enveloppe de ses bras chauds, vous mettant en confiance. Celui qui vous dit que vous pouvez tout dire, qu'il ne vous fera pas souffrir. C'est un peu comme une barrière au dehors cet endroit, idylle d'un autre monde ou d'un autre temps dans lequel on se complaît un court instant. Acquiesçant simplement à la requête du docteur, l’œil dirigé sur la bouteille de blanc la plus chère que je boirais dans toute ma vie, voyant sa robe danser à l'intérieur du verre légèrement tinté. Qu'est-ce que je fous là ?
Il ne fallut qu'un instant de plus pour que les assiettes rejoignent les verres, se remplissant et prenant place entre mes doigts. Le plat laissant glisser sa chaleur jusque dans mes mains, je lâche un « Merci. » un peu perdu parmi toute la vie qui règne ici. Suivant l'exemple de mon psychiatre, j'enroule les pâtes autour de la cuillère qui reflète l'âtre du feu qui nous accompagne. Alors que j'allais enfourner la première bouchée de ce qui, à en croire l'expression de l'homme assis face à moi, était délicieux il ouvrit la bouche et me posa une question. Ce qui me laissa là, pantois, les pâtes glissant doucement vers leur place initiale avant que je repose mon couvert pour lui répondre, en m'éclaircissant la voix.

« Vixen ? Dis-je, sans attendre de réponse. Je n'avais pas d'autre sœur et j'étais bien au courant de qui m'avait mener à une telle rencontre. Me reprenant, tripotant un peu nerveusement la cuillère du bout du doigt, dans l'attente de pouvoir avaler le repas je reprends. Elle va bien, merci. » Tout cela semblait futile, pourquoi parler de ma sœur ? Qu'attendait-il de moi ? Alors que je me décidais finalement à porter le plat jusqu'à mes lèvres je changeai à nouveau d'avis, reposant une fois de plus ce que mon estomac semblait vouloir au point de venir le chercher lui-même.

« Je veux dire... Je crois qu'elle s'inquiète pour moi. C'est pour ça, qu'elle a voulu qu'on se rencontre. J'ai accepté parce que je ne veux pas qu'elle s'en fasse mais vous savez, je pense qu'elle s'inquiète trop. » Il n'en savait sans doute rien, à moins qu'elle lui ait dit. Sauf qu'on était là, entourés de cet environnement confortable, doux, rassurant, et tout prêtait à l'honnêteté. C'est sans doute pour cette raison que j'ajoutai, enroulant une énième fois les pâtes autour du couvert argent. « Je sais qu'elle vous a donné mon dossier médical. Et je sais que je ne suis pas... parfait. Mais je vis avec ce que je suis, vous savez ? Je crois qu'elle a peur que je rechute. Mais, on ne chute pas si on est déjà par terre. »

Je n'attendais aucune pitié de la part du docteur, pas même de l'aide. À vrai dire, simplement dire cela, c'était une première, et aucun psychiatre n'aurait voulu entendre ça. Pourtant, il y avait ce quelque chose en Meadow qui me faisait dire que je pouvais lui montrer que je savais ce que j'étais, sans chercher à me réparer. Juste me voir tel quel et apprendre à vivre avec. Évidemment, il était très loin de tout savoir, il ne saurait sans doute jamais tout, à moins qu'il ait encore des tours dans son sac, ou qu'il ait drogué ses pâtes. Mais rien que ça, ce mini-pas vers l'honnêteté, vers le reflet du miroir, était un poids enlevé. Alors que je soufflais doucement, je dévorai finalement la première bouchée. Je ne pouvais pas m'empêcher de pincer les lèvres. C'était réellement délicieux, et certes je n'avais pas mangé de la journée, mais je crois n'avoir jamais rien mangé d'aussi bon, du moins, pas que mes papilles soient capables de se remémorer. Relevant mes yeux vers le chef, qui devait sans aucun doute voir les petites pépites au fond de mes yeux – chose extrêmement rare pour moi, je finissais d'avaler, tournant sans attendre une nouvelle cuillère en ajoutant, dans un souffle, au cas où la nourriture se dissipe si j'attendais plus. « C'est vraiment délicieux Docteur, vous êtes un vrai Chef. »

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MessageSujet: Re: Pastasciutta || Axl    Dim 20 Déc - 3:21




Oh il les avait lus les dossiers. Enfin, survolés était plutôt le terme approprié. Il en avait eus quelques uns entre les mains, et les noms n'avaient pas résonné à ses oreilles comme ils l'auraient dû. Un psychiatre classique aurait dévoré chacun des mots comme parole d'Evangile. Pas Noah. Lui avait repéré les noms de deux collègues ennuyeux à mourir et avait de fait laissé les deux dossiers de côté. Le troisième avait été rédigé par un collègue de son service dont il n'avait aucun souvenir du visage, du fait de la profonde indifférence que Meadow éprouvait pour lui, et il avait lu les conclusions en diagonale. Le jeune homme en face de lui souffrait d'accès de violence, de tocs, et d'autres joyeusetés pathologiques sans grand intérêt. Blablabla, peur de l'abandon maladive. Blablabla, crises à tendance schizophréniques avec des troubles de la perception. Blablabla, dérives, addictions, comme toujours. Du classique. Il avait froncé les sourcils en voyant les traitements prescrit par son collègue, clairement pas appropriés pour un tel patient. Il n'avait manifestement pas besoin de se bourrer de cachets. A se demander même si le jeune homme avait besoin d'une médication tout simplement. Il avait achevé sa lecture sur un soupir agacé, et avait ouvert un autre dossier qu'il avait refermé aussi sec. Le jeune homme fréquentait un autre patient du nom de Joshua Bates. C'était suffisant pour que Noah le trouve intéressant, de ce côté-là.
Mais en ce qui concernait son avis purement médical sur ses problèmes, il préférait s'en tenir à ses propres observations. Et pour cela, il avait déjà commencé à chambouler le jeune homme dans un ersatz de confort, qui lui convenait parfaitement. Pas d'un point de vue médical. Du point de vue purement égoïste et primaire du type qui vient de passer une journée de travail et n'a pas envie de se prendre la tête à enfiler mille masques inutiles qui n'auraient contribué qu'à faire se refermer le jeune homme comme une huître.

Non. Attirer Axl dans son monde à lui fonctionnait parfaitement, en témoignaient les nombreux regards perdus qu'il avait interceptés en observant çà et là le jeune homme. Noah était un psychiatre classique quand il était dans le cadre guindé, froid et étriqué de l'Hôpital. Pas chez lui. Et ce manque cruel de conventions qu'il aimait à adopter quand il recevait à son domicile avait fait ses preuves plus d'une fois parmi ses patients "d'élite". Axl ne ferait pas exception. Ménager un contexte chaleureux et convivial, une bonne Pastasciutta, en l'occurrence, était le premier pas. Et sans s'en rendre compte, son patient s'ouvrirait de lui-même, comme une huître bien amarrée à son rocher. Glissant une main en coupe sous sa fourchette, il souffla tranquillement sur son rond parfait de pâtes, écoutant d'une oreille distraite les banalités qui sortaient de la bouche de son patient. Il ne répondit pas tout de suite, conscient que le reste suivrait. Un silence bien placé était la clé du succès. Il l'avait appris lors des premières confessions qu'il avait entendues en tant que prêtre, et ce réflexe l'avait suivi dans sa nouvelle vie. Et forcément, Axl avait fini par s'ouvrir.

Bon, son ton exprimait très clairement qu'il était persuadé n'avoir besoin de l'aide de rien ni personne. Roulant des yeux intérieurement devant cette assurance d'une bêtise crasse, le psychiatre enfourna sa bouchée pour le laisser s'épandre. Le sujet de Vixen revenait dans les deux dossiers médicaux qu'il avait consultés, et probablement également dans ceux qu'il avait sciemment ignorés. Elle était un premier pas vers la source des multiples problèmes d'Axl, voire peut-être même la source elle-même. C'était encore à définir. Avec une nonchalance qui n'avait rien de feinte, puisqu'elle ne l'était pas, le psychiatre remplit les deux verres de vin blanc et poussa celui d'Axl dans sa direction, sur le guéridon. Le vin, il l'avait noté, n'était pas parmi les multiples soucis de son patient. Heureusement pour lui, d'une certaine manière.

-Quel serait le souci dans le fait d'être imparfait ? La perfection est un concept vague et dérisoire. Il n'existe personne sur cette planète qui ne puisse mériter un tel qualificatif, et encore moins les personnes qui le revendiquent. Tout être est fait de tribulations, construit son identité sur ses erreurs, et avance avec ce bagage.

Il avait eu le temps d'y réfléchir, à Darkness Falls. Largement assez de temps. Et il en était arrivé à la conclusion que les Hommes avaient par nature le don d'être abominables envers eux-mêmes. Après tout, il en était un bon exemple. Quelques fois, il suffisait seulement d'admettre ses faiblesses, et de tenter d'aller de l'avant malgré elles. Même si elles vous tiraient vers le fond, constamment, insidieuses et parasites. Merci, douce culpabilité.
Délaissant son assiette pour siroter son vin, laissant sa langue claquer de délice sous ses puissantes notes parfumées, il haussa un sourcil complice en levant son verre en direction de son patient sous son compliment. S'il désirait s'attirer la sympathie de son psychiatre, il avait bien visé. Directement dans l'égo.

-C'est une recette de mon pays d'origine, un savoir secret transmis de génération en génération.

C'était un pieux mensonge, qui renforçait le mystère, puisque c'était Aida qui lui avait appris la recette. Ses pères n'étaient pas friands de pâtes, décriant leurs origines sarrasines. En préparer était un pied de nez agréable à ses origines tout en renouant avec son passé. Et servaient de transition pour la suite du programme, maintenant qu'ils avaient chacun partagé une information l'un sur l'autre. Enfin, une demi information en ce qui le concernait. Enroulant une nouvelle bouchée autour de sa fourchette avec dextérité, les yeux baissés vers son assiette, il laissa échapper une nouvelle question l'air de rien.

-Qu'est-ce qui vous fait penser que votre sœur se préoccupe réellement de votre cas, Axl ? Après tout, elle est partie et vous a laissé, c'est vous qui avez fait le bond pour la rejoindre, pas elle. Il est évident que vous tenez à elle, c'est tout à votre honneur. Et il est évident qu'elle veut que vous vous sentiez mieux, mais dans quel but, à votre avis ? Par le seul fait de l'amour filial ou tout simplement par crainte que vous ne rechutiez, et ainsi soyez un fardeau ?

Ses questions avaient plusieurs effets prévisibles. La rage, l'indignation, éventuellement les coups. Rien qui ne l'effraient, les patients se montraient régulièrement agressifs quand ils étaient brossés dans le mauvais sens du poil, mais rien qui ne dépasse jamais les limites. Et dans le pire des cas, le jeune homme partirait en claquant la porte et en le traitant de tous les noms, mais finirait par revenir. Après tout, ils revenaient toujours, juste pour lui prouver, avec ce soupçon d'égo restant dérisoire, qu'il avait tort. C'est pourquoi il se contenta de poser un regard sincèrement curieux, presque innocent, sur son patient en enfournant sa nouvelle bouchée de pâtes. Il connaissait suffisamment son propre visage pour savoir maîtriser ses expressions. Et celle qu'il arborait présentement était celle d'un enfant qui pose la question la plus basique du monde à un adulte dans l'espoir d'avoir une réponse qui le satisfasse.
L'innocence d'un monstre. Intérieurement, il commençait tout juste à s'amuser.

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MessageSujet: Re: Pastasciutta || Axl    Lun 21 Déc - 4:24


half bad


Let's get this party started.


Le problème avec un psychiatre c'est qu'il peut tout vous faire ressentir. Vous me direz, c'est son métier. Certes. Mais c'est pour ça que je n'aime pas les psychiatres. Je ne les ai jamais aimé. J'ai choisi de me faire interner, je n'ai pour autant jamais choisi de parler à un docteur. Ce petit côté je sais tout, ce jugement aussi, m'irrite au plus haut point. Je connais mes défauts, et je n'ai pas besoin qu'on me les dise. Je n'ai pas non plus besoin de pseudo-solutions pour les régler. On ne change pas la nature d'un homme, on lui apprend simplement à prétendre. Pourtant, Meadow était différent. Il n'avait pas moins cet air supérieur, cet air fier, non. Mais il avait ce truc, qui sous entendait qu'on était tous autant dans la merde. Que même lui, si il avait le menton bien levé, n'était pas idéal. Ce petit truc qui m'avait fait me dire que je pouvais être honnête à peine quelques minutes avant. Ce n'était peut-être pas le meilleur choix, ni même le meilleur jugement que j'avais pu avoir sur quelqu'un. Mais c'était fait. On en était là. Après tout, il était payé, grassement, pour m'entendre dire combien j'étais idiot, autant lui en donner pour son argent. Et peut-être même, qu'il existait une toute petite part, au fond de moi, qui espérait que l'issue de cette thérapie soit différente de toutes les autres.

Alors que je prends une nouvelle cuillère en bouche le docteur parle enfin. Non pas que c'est spécialement ce qu'on attend d'une consultation, mais là, le contexte était différent, sans doute son attitude et la mienne aussi. Bonne chose ou mauvaise chose, c'était un autre débat. Je relève les yeux de mon assiette qui diminuait à vue d’œil à sa remarque et y réfléchit un instant. Personne n'est parfait. J'aurais pu répliquer quasiment instantanément que Vixen l'était mais je m'abstiens. Si j'ai appris quelque chose avec les années c'est qu'il ne valait mieux pas trop contrarier les professionnels dans leur analyse de la vie. M'énumérant à moi-même toutes les raisons qui faisaient que ma sœur était sans doute permis l'exception à sa règle je continuai à manger en silence. Le docteur en profite pour rebondir sur ma dernière remarque ce qui lui vaut un regard et un sourire sincère, chose unique de ma part à un quelconque docteur. Tout jusqu'ici se déroulait plutôt bien. J'oserai même dire que je commençai à me détendre. Le ventre plus ou moins plein, les papilles satisfaites et l'énergie reprenant doucement sa place dans tout mon corps j'attendais que le ton reste le même. Sans aucune contrariété, pendant même que tout cela valait le coup de me confier. Que lui, face à moi, dans cette pièce chaleureuse, valait de l'honnêteté. Pourtant, même si la façon dont tous les mots sortaient de sa bouche n'a pas changé d'un pouce, les mots eux, sont bien différents. Tous.

Du premier au dernier. Les couverts se posent dans l'assiette, délicatement. Je relève les yeux et le fixe désormais. « Pardon ? » murmure à peine audible. Il finit sa petite tirade et mes mâchoires se serrent alors que mes mains viennent se poser sur mes cuisses. Passant mon regard sur tout ce qui se trouvait dans la pièce, tentant tant bien que mal de rester calme, je finis par me fixer sur le verre qu'il m'avait servi plus tôt. Le vidant quasiment d'une traite, je le repose en pinçant mes lèvres avant de le regarder, étant bien décidé à orienter la conversation vers autre chose. « Vous êtes en train de dire que ma sœur n'a pas besoin de moi ? » C'était une question rhétorique. Une question qui avait réveillé la bête en moi, le monstre. Il se jouissait de la remarque de Meadow et prenait sa place, remplaçant tout ce qui pouvait exister de coloré en moi par son poison, sa noirceur. Me reculant dans le fauteuil, moitié maître de moi, moitié dépassé par mon autre moi, je me racle la gorge. Passant nerveusement ma main sur mes joues, je remets ma montre en place. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je souris sans sourire, essayant tant bien que mal de retenir la bête de prendre le dessus. Tout s'accélère en une seconde et il est passé dessus. Je le sens, et impuissant je l'observe. Mon attitude passe de pleine de TOCs incontrôlés à un calme absolu, froid comme jamais.

« Je ne vous permets pas, docteur. » Je me relève d'un geste brusque et commence à faire le tour de la pièce. Toujours calmement, toujours aussi froidement. Et si toute cette pièce m'avait accueillie les bras ouverts, me berçant de sa chaleur, en cet instant, même le feu n'osait pas crépiter. Fixant mon regard, désormais noir dans le sien, loin du bleu perçant de mes iris habituels j'ajoutai. « Vous pensez me connaître. Que je ne suis qu'un cas parmi tant d'autre. Oh je ne doute pas que les dossiers qu'on vous a confié parlent d'accès de colère. De toute sorte de chose que vous pensez maîtriser. Mais vous avez l'habitude, rien d'ingérable. Je ne suis qu'un numéro pour vous. » Je m'arrête, craquant mes doigts. « Un petit con inutile avec lequel on peut s'amuser un peu, tester jusqu'où il peut aller. »

Je m'avance, toujours aussi lentement vers lui, maintenant à quelques centimètres de son visage et murmure. « Alors testons. » Repoussant mon propre corps d'un geste brusque, m'étant servi de son fauteuil comme appui, mon bras frôlant son parfait visage je le regarde, pour la première fois plus haut que lui. Sans doute plus confiant aussi, dans ma haine, dans ma colère. Craquant désormais ma nuque, je finis par ajouter, toujours sur le même ton.

« Je n'ai pas besoin de vous pour me dire que je suis un monstre. Que ma sœur serait mieux sans moi. Pas besoin de votre avis de professionnel chevronné pour me dire combien je suis un poids pour ceux que j'aime. Pour votre information, c'est pour cela que je m'étais fait interner. La protéger de ce que j'étais. Pour autant, elle n'a personne d'autre, à part quelqu'un de pire que moi. Alors vous savez, à défaut de trouver mieux on fait avec ce qu'on a. » Je soupire, le monstre ayant clairement pris toute la place et n'ayant plus mon mot à dire dans tout ça. « Et, une chose que vous ne savez pas sur moi, Noah Meadow, c'est que je suis capable de tuer. Oh, et mieux. J'aime ça. Je tue régulièrement, et mutile mes victimes. Je signe mes cadavres, tel un bon psychopathe. La seule chose caractéristique qu'il me manque c'est le manque d'empathie. Du moins, la plupart du temps. » Écartant généreusement les bras, comme pour l'inviter à continuer son travail, je finis par dire, cette fois-ci avec une haine claire et précise. « Vous voulez toujours jouer avec le petit garçon cassé, docteur ? »

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MessageSujet: Re: Pastasciutta || Axl    Lun 21 Déc - 21:49



Fascinant. Il n'y avait pas d'autre mot qui puisse venir à l'esprit de Noah sur le moment à part celui-là précisément. Sans même avoir eu besoin de faire le moindre effort, il était parvenu à provoquer suffisamment le jeune homme pour le faire se révéler. Et il aimait particulièrement ce qu'il voyait. Ce qu'il entendait. Cette attitude froide, dangereuse, terriblement amusante aussi, il devait le reconnaître. Rares sont les êtres vraiment capables de passer du tout au tout. Et il parvenait à présent à comprendre pourquoi certains dossiers mentionnaient des troubles schizophréniques.
Enfin, Axl Hartley devenait quelqu'un d'intéressant. Et pourtant la personne qu'il avait à présent sous les yeux, qu'il avait vu repousser la couche de tocs et de naïveté, ne méritait pas de s'appeler Axl. Ce n'était clairement plus le même homme. Ah, qu'il aimait ça, quand les Ténèbres se révélait dans leur éclat et envahissaient les âmes complètement. Ah, qu'il appréciait savoir quelle était la petite étincelle qui arrivait à allumer ce brasier qui consumait les uns et enflammait les autres, les flammes léchant l'âme pour ne plus la disséminer qu'en cendres. Douces, douces cendres.
Cet être avait raison. Il n'était qu'un jouet, un pantin aux yeux du psychiatre. Après tout, ce dernier le lui avait clairement signalé comme fait sentir par ses paroles et par ses gestes. Une marionnette qu'on agite encore et encore jusqu'à ce que ses fils se brisent. Et manifestement il avait réussi soit à la désarticuler, soit à enfin libérer Pinocchio de sa malédiction. Le petit garçon de bois devenait un vrai homme. Il appréciait autant la métaphore que le vin blanc dans son verre, qu'il tournait distraitement en levant les yeux vers Axl, les plantant tout aussi froidement dans les siens. Les pupilles du sorcier s'étaient dilatées, à peine perceptiblement, sous l'excitation. Il sentait une autre puissance dans le jeune homme, dans cette transformation qui venait de se dérouler. Une toute autre forme de transformation, une transfiguration même, qui s'opérait bien plus profondément dans Axl que ce que l'un ou l'autre pouvaient comprendre. Son patient lui rappelait affreusement Rafael, d'une certaine manière, et sans qu'il ne pusse vraiment mettre le doigt dessus. Quand il se concentrait, il entendait le bruissement caractéristique d'ailes qui se déploient. Cela suffisait pour faire pulser le sang à ses tympans, cognant encore et encore sous la douce ritournelle de l'excitation. Comme un chat jouant avec un oiseau. Axl était un oiseau.

Le psychiatre ne cilla pas en voyant son bras s'approcher dangereusement de son visage, pas plus qu'il ne bougea en entendant les élucubrations de son patient. Il en avait vus d'autres, des hommes dans son genre. Ils grouillaient à la surface de la Terre, ils se perdaient dans les méandres noires et grouillante de Darkness Falls, ils se déguisaient en brebis pour cacher l'abjecte vérité de leur condition de loups. Des êtres d'une violence exquise pour peu que l'on sache comment les désamorcer.
Le seul geste qu'il s'autorisa, outre le haussement de sourcils railleur qu'il lança dans la direction du brun aux yeux assombris, fut de se hisser pour attraper sa bouteille de vin blanc et remplir généreusement les verres. Avec un flegme travaillé depuis des années, empreint d'une suffisance non feinte, il sirota quelques gouttes du nectar et fit une nouvelle fois claquer sa langue.

-Vous savez, entre nous, je n'ai aucun intérêt pour les conclusions de mes collègues. Ils n'ont d'yeux que pour la surface sans aller réellement au fond des choses. Aucune finesse, aucun intérêt réel pour l'âme des autres. Je préfère voir les hommes tels qu'ils sont. Vous voir tel que vous êtes.

Le prédateur dans son salon ne l'effrayait étrangement pas. Il avait passé suffisamment de temps terré dans sa frayeur à Darkness Falls pour être impressionné par un gamin psychopathe. Et même si ce gamin présentait une forme d'amusement renouvelée, il n'en était pas moins un gamin. Un enfant face au sorcier, et ses centaines d'années. Si Noah restait sur ses gardes, prêt à le faire sombrer dans une illusion dont il ne ressortirait pas sans heurts, il n'éprouvait pas la moindre crainte vis à vis de lui. Après tout, il avait vécu les cauchemars. Un âge si impalpable pour le jeune homme qui se traduisit, fugace, dans le regard clair de son psychiatre. Petit, tu as encore tellement à apprendre, et sur toi-même, mais surtout sur la personne qui t'a nourri quelques instants plus tôt. C'était presque du gâchis, une telle puissance dormante qui ne se témoignait qu'avec prétention. Tout ce potentiel ruiné par l'emphase. Dommage.

-Mon intérêt réside dans la compréhension de vos forces et vos faiblesses intrinsèques, au delà de la sensation que vous éprouvez que je puisse me jouer de vous. Menteur. Vous tuez. A la bonne heure. Pensez-vous réellement être digne de plus d'intérêt de ce seul fait, ou pensez-vous sincèrement m'effrayer ? J'ai moi-même vu ma part de monstres, et vous êtes loin d'être le pire. Quant à votre sœur, vous prétendez ne pas éprouver d'empathie, mais il s'agit du plus gros mensonge que vous avez prononcé dans cette pièce depuis votre arrivée.

Son ton était neutre, et son regard restait implacable, posé, inquisiteur, sur le jeune homme. Petit poussin a du potentiel pour devenir grand. Mais pour l'instant il n'en est qu'à cette phase masturbatoire qu'éprouvent tous les psychopathes à se gargariser de leurs propres méfaits. Le pousser. Le pousser d'avantage, tout en asseyant sa propre domination. Sa propre monstruosité. Noah se positionnait en maître, parce qu'il l'était, et le savait. Même malgré tout ce que pouvait prétendre l'autre. Une nouvelle gorgée de vin, un nouveau claquement de langue. Ce vin était décidément bien trop bon pour être souillé par tant de prétention.

-Votre vin vous attend. Et le vin, contrairement aux Hommes, doit être honoré par la ponctualité. D'un geste aussi élégant qu'autoritaire, il désigna le verre qui attendait son patient jusqu'à ce que ce dernier daigne le prendre. Mais maintenant la question demeure : parlons-nous enfin en égaux, ou êtes-vous encore ce petit garçon terrifié à l'idée de perdre sa sœur ? Car c'est lui que je vois, malgré vos belles paroles. Malgré que vous prétendiez être l'assassin froid et implacable que vous aimeriez être, sans la moindre attache, sans le moindre sentiment. Un enfant terrifié par l'abandon, qui n'a aucune valeur selon vos propres termes aux yeux des siens. Un bébé vagissant parce qu'on lui a arraché son jouet, et qui se répand en caprices juste parce qu'il le peut. Alors dites-moi, Axl Hartley, si votre soeur finissait par vous abandonner finalement, comme elle l'a déjà fait par le passé, allez-vous vous venger en tuant toute créature vivante par un énième caprice ?

A mesure que les paroles dépassaient ses lèvres, non orthodoxes pour un psychiatre, une ombre de sourire narquois creusait son visage. Après tout, il n'avait pas raison ni tort, de son point de vue. Il jouait avec le feu, risquait probablement de s'y brûler, mais il mourrait d'envie de voir ce jouet dévoiler son potentiel dans son intégralité. Il aurait été tellement dommage de ne pas alimenter ce départ de brasier, de ne pas laisser la rage le consumer pour voir l'intégralité de son potentiel. Et la curiosité le rongeait jusqu'à la moelle, ne serait-ce que parce qu'il sentait qu'Axl avait la capacité de se laisser sombrer encore d'avantage dans sa fureur mortifère.
Et ça, c'était le spectacle auquel il avait particulièrement envie d'assister. Encore restait qu'il n'était pas seul dans cette affaire. Tant que l'autre se retenait, il n'y aurait rien à en tirer.
Au moins, le vin était délicieux. Au moins, la soirée aurait été un peu animée et le serait d'autant plus si Hartley se laissait aller.

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MessageSujet: Re: Pastasciutta || Axl    Mar 22 Déc - 3:37


let me taste your blood


Bloody art.


J'étouffe, je frissonne. J'ai mal. Je veux hurler, je veux qu'on m'aide. Aucun son ne sort de ma bouche. Tout est noir. Il n'y a aucun autre son que celui de mon cœur qui bat. Boum boum. Boum boum. Le son prend toute la place et son écho me fait perdre l'équilibre. Je titube, prisonnier de mon propre corps. C'est ce que tu ressens, pas vrai ? Tous les jours, en moi. Tu vis dans cette cage, encore plus petite que la mienne, encore plus sombre que l'ébène. Comment fais-tu ? Tu souffres, n'est-ce pas ? Tu souffres d'être ici bas. Mais je ne t'ai pas choisi, je n'ai pas choisi ça. Ni pour toi, ni pour moi. On est né comme ça, et le jeu a choisi pour nous. D'un lancé de dés dont ni toi ni moi n'étions maîtres tu t'es retrouvé dans l'ombre et moi dans la lumière. Laisse moi te dire que la lumière est sale, laisse moi te dire qu'elle t'aurait happé, bouffé, brûlé. J'aimerais qu'on se parle, toi et moi. J'aimerais qu'on s'entende. Peut-être qu'ensemble on trouverait une lumière juste, une qui ne brûle pas. Au lieu de jouer à chat, s'assommer l'un l'autre pour avoir toute la place, laissant l'autre dans ce trou noir d'angoisse.
C'est trop tard, n'est-ce pas ? Tu ne m'écoutes pas. Tu as passé trop longtemps ici pour vouloir discuter avec moi, pour vouloir entendre quoique ce soit qui vienne de moi. Et alors que je marche à tâtons dans le creux sali de nos entrailles j'entends ma voix que tu t'appropries raisonner dans toute cet antre. Blessé, torturé par les mots qui sortent de ma propre bouche je me replie sur moi-même, me reclus. Tu as pris toute la place, j'abandonne. Je te laisse la victoire pour ce soir, je suis fatigué. J'ai peur. Je ferme les yeux et pousse un profond soupire. Le dernier pour ce soir. J'ai perdu une bataille. Mais je ne quitterai pas la guerre, crois-moi.


Les bras toujours tendus en direction du docteur je jouis de toute la puissance qui s'ouvre à moi. Peu à peu, tout mon venin s'installe me donnant force et courage que tu n'as pas. Le regard toujours fixe, le pouds lent, j'observe les gestes du docteur. Il ne semble en rien affolé. C'est presque trop beau pour être vrai. Poussons plus loin, allons toujours plus loin. Testons nos limites, Meadow. Voyons jusqu'où nous sommes capables d'aller l'un comme l'autre. Il finit par ouvrir la bouche, sans doute après un silence mesurer. Tout cela n'est qu'une symphonie sur laquelle on marche comme des fauves jouant avec leur proie. La seule différence étant que nous sommes tout deux le fauve et la proie. J'esquisse un sourire cassé à sa dernière phrase. Me voir tel que je suis. Si c'est ce qu'il veut, alors c'est ce qu'il aura. D'un mouvement de tête contrôlé, je me penche un peu, comme pour le toiser. Ma proie. En cet instant. On joue à chat ? Il continue à parler, de ce ton froid qu'ils doivent apprendre au cours de leur carrière. Celui qui vous montre qui est en position de force et qui est en position de faiblesse. Ce n'est que du blabla. Il ment. Il n'a jamais eu mon intérêt en ligne de mire, personne ne l'a jamais.
Je ne relève pas la remarque, préférant attendre la suite. Nourris mon corps de haine, vas-y. Donne moi la force de t'arracher le cœur à main nue. Tu ne regretteras aucune de tes analyses, et tu en auras eu pour ton argent. Meadow mentionne Vixen, et l'empathie. Cette fois-ci mon regard se fixe dans le sien, sans aucun défi, juste de l'honnêteté. Alors, toi qui me vois vraiment ? Crois-tu que j'en ai de l'empathie ? Crois-tu que là, maintenant, j'en ai quelque chose à faire ? Oh, bien sûr, son amour pour elle est si fort que je ne pourrais jamais la tuer, mais tu ne m'empêcheras pas de faire du mal à n'importe qui d'autre. Toi le premier. Est-ce que tu le vois ? Est-ce que tu le sens dans mes iris qui se dilatent, s'inhibant du plaisir du pouvoir, de la perte d'une quelconque peur qui vit dans les veines de l'autre. Il me tend un nouveau verre de vin. Son geste est dirigeant, le mettant encore une fois en position de force. Pour autant, quelque chose dans son ton me somme de le faire. Comme si ce qui allait suivre allait forcément être intéressant.

Prenant mon temps pour me rendre jusqu'au verre à nouveau plein du liquide pâle je l'attrapai d'une poigne douce avant de me rasseoir sur le fauteuil sur lequel tu étais peu de temps avant. Je m'assoie totalement différemment, le dos droit, près à bondir à n'importe quel moment. J'attends simplement le signal. Alors, on joue à chat ? Portant le verre à mes lèvres abîmées j'apprécie silencieusement le picotement que l'alcool provoque à leur rencontre. J'attends, sagement, qu'il ait fini son petit discours. Je ne peux m'empêcher d'y sourire. Et à peine a-t-il fini que j'éloigne le verre de mon visage, le laissant danser sans un bruit dans la paume de ma main. « Vous pensez réellement ça de moi, docteur ? » D'un geste vif, je recule mon bras, laissant le vin se transformer en un raz de marée qui touche jusqu'au bord de son contenant, cherchant à s'en enfuir sans y parvenir.

« Vous savez, tuer n'a rien d'un caprice. Tuer est un soulagement, un échappatoire. » Souriant pleinement, d'un de ceux que tu serais incapable d'infliger à ton visage je continue, toujours aussi calmement. « Je ne doute d'ailleurs pas que vous en ayez une. Et vu votre attitude ce soir, elle doit être tout aussi immorale que la mienne. » Je porte à nouveau le liquide à mes lèvres, sans lui faire honneur, l'avalant sans le savourer. Rien à faire de son goût, il ne sera jamais aussi agréable que celui du sang. « Nous sommes sans doute bien plus égaux qu'aucun de nous ne voudra l'admettre. » Le verre à nouveau vide, je le garde en main avant de me relever, toujours aussi froidement. Toujours aussi droit et calme. Toujours aussi éloigné de toute image qu'il existe de toi. M'approchant du docteur sans me pencher vers lui, je le toise du regard avant de continuer. « Et pour répondre à votre question, mon cher docteur, ma sœur ne m'a jamais abandonnée. Je l'ai fait, à deux reprises. Elle, elle n'a toujours demandé qu'à me voir et être avec moi. Cependant, si elle choisissait de m'abandonner, je pense que je trouverai de quoi noyer mon chagrin. » Je resserre le verre dans ma main, le sens se plier très légèrement sous la pression de mes doigts, un peu plus de force et il éclatera. Un peu de force et toutes les gouttes de sang pourront embaumer la pièce, la sublimer et en faire une vraie œuvre d'art. « Je serai ravi de vous consulter si cela arrive. Peut-être pourrez-vous alors soulager mon chagrin. C'est ce que veulent les docteurs après tout, non ? Que nous allions mieux. » Je laisse échapper un rire, sadique, froid. « C'est vos propres mots. Mes intérêts avant les vôtres. Dans mon intérêt, docteur, j'aimerais voir la couleur de votre sang. » À peine ma phrase terminée que le verre éclate entre mes doigts s'éparpillant dans un vacarme assourdissant et entraînant dans sa chute grand nombre de gouttes de mon propre sang.
Un morceau toujours dans la main, serré contre ma paume il embrasse le sang qui se love le long de ce qui est désormais une lame avant de s'écraser dans un murmure régulier sur le sol du psychiatre. Ploc. Ploc. Sans plus un geste, un murmure se mure entre nous, glaçant même le feu, glaçant même le vent. « Pour rester égaux, il me faut un peu de votre sang. Me feriez-vous l'honneur ? » Les pupilles complètement dilatées par l'adrénaline je suis désormais clairement le chasseur attendant le bon mouvement de sa proie. Allez, Noah, laisse-moi faire de toi une œuvre d'art. On a pas tout notre temps, je ne suis pas si patient.

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MessageSujet: Re: Pastasciutta || Axl    Sam 2 Jan - 1:10



Non, décidément, il avait tiré le gros lot avec ce gosse. A croire que sa soeur avait fait exprès de jouer les entremetteuses entre eux, pour qu'il ait d'autant plus matière à s'amuser. Et voir ce que ça donnait, là, ce soir, alors qu'il n'avait même pas encore commencé à être provocant, avait un petit quelque chose d'inattendu aussi jouissif que de réussir son premier sort en solo. Quelque chose de doucereux, de dangereux assurément, mais de subtilement agréable. Sans se laisser intimider par l'attitude ou le ton que pouvait prendre celui qui était peu de temps auparavant Axl Hartley, le psychiatre glissa son doigt le long de la bordure de son verre à queue. Il ne lui faisait nullement peur, avec son emphase, ses belles paroles, ses confessions à deux mots. Il suffirait de trouver une autre technique pour le désamorcer, une nouvelle faille dans son raisonnement pour s'y engouffrer et mettre fin à ce côté là de sa personnalité. Les êtres à deux visages fonctionnaient par déclics. Certains carburaient à la peur, d'autres à la violence, d'autres encore n'avaient clairement pas d'éléments déclencheurs ou propres à les arrêter et pourtant il suffisait de chercher un peu. Axl Hartley n'en était pas exempt. Clairement aborder le sujet de sa soeur adorée suffisait à déchaîner ses pulsions. Et s'il n'était pas sûr qu'elles fussent les plus sombres qu'il ait en réserve, Noah se doutait bien qu'il y avait une possibilité de les couper net sans risquer sa propre vie.

Alors il ne bougea pas plus, se contentant seulement de lever les sourcils dans la direction de son interlocuteur. Ils n'étaient pas encore sur un pied d'égalité. Pas tant que l'autre s'estimerait supérieur à lui, ce qui en soit constituait une terrible et très grossière erreur. Pas le premier assassin psychopathe qu'il croisait, pas le dernier. Il n'avait rien de plus ou de moins que les autres. Et contrairement à ce que sa propre carrure pouvait laisser entendre, le psychiatre était tout sauf démuni dans ce genre de situation. Alors il attendit. Attendit que l'autre continue ses démonstrations de puissance, étale encore un peu plus sa grosse virilité aux yeux du monde. Comme si c'était vraiment nécessaire...
Disposant ses doigts en pyramide, il se contenta d'un haussement supplémentaire de sourcils dans la direction du jeune homme. Qu'il présume que les paroles qui étaient sortie de sa bouche aient été ce qu'il pensait vraiment était ridicule. Tout le monde savait que les psychiatres ne donnaient jamais vraiment leur avis personnel dans ce genre de situation. Et si Noah n'avait pas eu son diplôme de manière bien conventionnelle, il avait quand même suffisamment de restes de sa vie en tant que prêtre pour se souvenir de cet effort de neutralité qu'il devait adopter envers lui-même. Ne jamais trahir ce que l'on pense, sinon son mépris. La clé du succès. C'est pourquoi seuls ses yeux trahissaient son amusement, d'un éclat imperceptible à qui ne faisait pas attention.

-A votre avis, mon cher ?

Répondre à une question par une autre question, toujours, jusqu'à ce que l'un des deux finisse par répondre. Là était tout l'art de faire chier le monde, auquel il avait réussi par exceller. Il porta de nouveau sa main à son verre pour siroter à nouveau une gorgée, écoutant attentivement chaque parole de son congénère à la recherche de ce moment délicieux où sa voix craquerait. Ou sa belle assurance serait voilée, ne serait-ce qu'un tout petit peu, par un léger tremblement dans sa voix, ou une légère hésitation dans sa diatribe.

-Vous parlez de moralité comme on parle de la météo, Axl, mais êtes-vous sûr que nos conceptions soient exactement les mêmes ?

La question était plus rhétorique qu'autre chose, parce que manifestement la réponse était oui. Oui, car si tuer était l'échappatoire d'Axl, détruire était celle de Noah. Et ils étaient aussi bien l'un que l'autre deux enfants en train de tester les limites de leur nouveau jouet pour voir jusqu'à quand il tiendrait avant de se briser. Un joli jeu d'enfant qui finirait mal, très mal.
Quand le verre se brisa, par exemple. Quand il entendit le bruit sourd du verre dans la paume du jeune homme, et haussa à nouveau un sourcil devant cette démonstration puérile de force. Se rendait-il seulement compte des conséquences, à ce stade ? Non. Pas s'il était un être de pulsions comme Noah le pressentait. Et ces êtres là ne souffraient aucune inhibition, ne toléraient aucun arrêt subit de leurs amusements aux dépens des autres. A moins d'être contrôlés. Et, de ce fait, il se montrait encore plus intéressant aux yeux du psychiatre. Observant attentivement son expression, Noah ne remarqua aucune trace de douleur dans le visage assuré de son interlocuteur. Seule se lisait la détermination dans son regard clair, celle de ne pas démordre de ses convictions, mais surtout celle de ne pas se dévier de ses propres pensées. C'était une force terrible, la plus puissante qui puisse être. La force bête et ferme d'un être convaincu.
Et quelles seraient les possibilités, d'avoir un être comme lui sous la main, qu'il pourrait utiliser à sa guise ? L'idée se fraya progressivement un chemin sous les boucles brunes de l'Italien, aussi certaine qu'insidieuse. Si seulement il pouvait utiliser cette force, la manipuler, la modeler à sa guise. S'en servir autant qu'il le voulait, à chaque fois qu'il le voulait. Il aurait sous la main l'outil parfait pour ne plus jamais avoir à se soucier de quiconque. Ne plus jamais avoir à subir quoi que ce soit. Le larbin idéal.

-Dans l'intérêt collectif, je vous conseillerais de lâcher ce verre, tout du moins ce qu'il en reste.

Au moins il n'avait pas gâché trop de vin. Et si son verre était foutu, le sorcier en avait toujours quelques autres en réserve qu'il pourrait réutiliser. Étrécissant un peu les yeux, afin de mieux les faire rouler dans ses orbites devant la proposition malsaine de l'autre, il finit par se lever. Son propre verre toujours dans la main, il banda un peu ses muscles effilés pour faire craquer une vertèbre dans le bas de son dos et posa un regard indifférent sur le jeune homme. Le bruit régulier, rapide, des gouttes de sang sur son parquet ciré se faisait à peine entendre avec le crépitement des flammes dans la cheminée. Si Axl avait connaissance de ce que son psychiatre avait fait, il n'en mènerait probablement pas aussi large. Tout du moins le considérerait-il avec un peu plus de respect, et ne serait pas en train de pisser le sang sur son parquet. Ca, ce serait tout sauf négligeable.

-Nous autres psychiatres travaillons dans le souci du bien-être de nos patients. Et clairement vous offrir le plaisir de voir mon sang ne ferait partie d'aucun traitement dans le but de vous rendre plus avisé. Donc non, je refuse.
Par contre, si vous continuez dans cette voie, vous allez accomplir deux prouesses. La première sera de réussir à vous vider entièrement de votre sang, puisque je ne vous viendrai pas en aide pour la simple et bonne raison que vous êtes entièrement responsable de votre propre blessure. Et avant que vous ne disiez quoi que ce soit, oui, votre acte est entièrement délibéré et non, je ne suis pas formé dans les premiers secours et ne pourrai de fait pas vous assister si vous vous trouvez en difficulté. Le deuxième exploit sera de réussir à prouver à votre soeur que vous êtes un cas désespéré, au point de réussir à se détruire lui-même dans le cadre pourtant sécurisé d'une séance de psychiatrie. Au vu des circonstances, je pourrai très bien lui annoncer que vous avez menacé de me donner la mort, puisque c'est dans ce sens qu'a l'air d'aller votre discours. Vixen en serait très attristée, et vous verrait finalement comme le monstre que vous souhaitez lui cacher. Donc, à moins que vous ne vous calmiez dès à présent, je ne vois comme avenir proche pour vous que ces deux miracles. Le choix est votre, Axl.


Et le choix était effectivement sien alors que le sorcier s'offrait de nouveau le luxe d'un verre de vin blanc, faisant une nouvelle fois claquer sa langue de volupté. Qu'il était bon de semer les graines du doute, qu'il était drôle de percevoir cette veine sur le front du jeune homme alors que les rouages de son esprit tentaient vainement de tourner en essayant de comprendre les informations. Pour l'instant il ne faisait que tâter le terrain. Scruter les limites dans le but de les franchir, quelques fois supplémentaires, pour mieux cerner Axl et savoir enfin comment s'en servir.
Et si, rien qu'en lui disant cela, il parvenait à l'arrêter, sa jubilation serait intense. Pour autant il restait quand même sur ses gardes. On ne savait jamais avec ce type de personnalités. Pour peu que ses provocations soient trop importantes, il pouvait très bien le regretter amèrement.
C'était ça, aussi, le plaisir du jeu. De ne jamais vraiment savoir à quoi s'attendre.

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MessageSujet: Re: Pastasciutta || Axl    Jeu 7 Jan - 6:34


something inside us



I am not afraid.


Ploc. Ploc. Ploc. Le bruit du sang qui coule résonne de plus en plus à mes oreilles. La réalité prend une dimension toute autre d'un seul coup. Les sons deviennent bien plus présents tout en étant faux. Sourds. Ma vue reste claire elle, fixant le psychiatre qui ouvre la bouche. L'intérêt collectif, la bonne blague. Je laisse échapper un rire qui me brûle la gorge, le mouvement du son qui s'échappe d'entre mes lèvres me fait hausser légèrement les épaules altérant un peu plus la réalité. Et merde. Je ne dis rien, ne bougeant pas d'un pouce. Mon cœur bat de plus en plus clairement à tous mes sens alors que la haine qui m'habite ne diminue pas. Ploc. Ploc. Ploc. Je ne vois pas le sang couler, pas le mien. Du moins, j'en ai rien à cirer. Tout ce que je veux, c'est le sien.

Le docteur se lève finalement, accélérant mon rythme cardiaque quasi immédiatement. Et avec lui, augmentant tout autant le rythme de la chute de mon sang. Le sol se voit affublé d'une tâche rougeâtre qui s'étend en silence alors que le crépitement du feu lui, reprend enfin de droit la place qu'il avait dans la pièce à l'origine. Suivant des yeux les mouvements de l'homme face à moi, je sens mes tempes cogner de plus en plus fort dans mon crâne. Serrant les mâchoires, refusant de lâcher le morceau de verre qui me vide lentement mais sûrement de mon sang. Refus d'obéir ? Besoin d'avoir raison ? Pire, obsession tordue pour tuer ceux qui renvoie une image trop réaliste de ce que je suis ? Rien de tout ça. En vérité, il n'y avait rien de logique à mon comportement, rien d'explicable. Tout simplement parce que je n'étais pas moi. Il n'y avait rien, en cet instant, qui était moi. La soif de sang, l'odeur de ma propre chair qui me ravivait les papilles, la pulsion incontrôlable d'en vouloir plus, d'en vouloir toujours plus. L'image du corps du psychiatre ensanglanté avec une plume enfoncée entre les mâchoires faisant office de réalité alternative. Il suffisait d'un battement de cœur et d'une goutte de sang. Ma vision se brouillait, laissant place à mon fantasme. Une nouvelle goutte, un nouveau battement et le revoilà debout, face à moi. Le jeu s'éternisait, devenant épuisant. Pourtant, quelque chose en lui, en son attitude, retenait le monstre.

Ploc. Ploc. Ploc. C'était comme ces chiens qui peu importe la rage qu'on peut leur voir aux yeux, aux dents, n'agissent pas sans un ordre. Le pouvoir du médecin sur la bête monstrueuse qui faisait partie de moi avait quelque chose d'intéressant, de frustrant aussi. Les craquements d'os de l'homme me firent avoir une grimace, penchant la tête sur le côté très légèrement, suivant la tendance. Le crac qui anima ma nuque se fit discret, comme peureux de ce qui se passait dans cette pièce. Le sang lui, continuait à couler dans des gouttes toujours plus grosses, comme pressé de quitter mon corps pour rejoindre le sol. Le docteur finit par ouvrir la bouche à nouveau. De cette voix claire et hypnotisante qu'ont ceux qui vous traite. Médecins, prêtres, professeurs, que sais-je encore, tous ceux qui ont une sorte de pouvoir sur vous, sensés vous diriger ont cette même façon de parler. Le pouvoir de diriger en quelques mots. Ils vous poussent dans leur direction, vous laissant croire que tout ça vient de vous. Et même s'ils ne font rien de tout ça, leur ton ne change pas.

Alors, en bon patient, j'écoute. Le monstre lui, n'écoute pas. Il se tait, respecte, attend silencieusement son tour. Mais il n'écoute pas. Je crois qu'il en est incapable. Tel un affamé que l'on nourrit trop peu, lui, n'a pas besoin qu'on lui dise ce qu'on veut. Non. Lui, il sait ce qu'il veut. Et il attend que l'autre finisse enfin par se taire pour obtenir sa récompense. Ploc. Ploc. Ploc. Le regard toujours aussi noir, ne lâchant pas l'homme des yeux un seul instant, sa voix se fond dans la pièce. Trop violente pour cette réalité, elle me fait serrer les mâchoires sans le vouloir. Le docteur cherche sans doute à me toucher moi, à m'atteindre. Le nom de Vixen fait écho dans son discours. Il m'arrache un battement plus violent, plus douloureux. Une goutte de sang bien plus grosse que les précédentes. Le tiraillement qui suit, bataille intérieure entre le monstre et moi ne tarde pas. Parler de ma sœur est le moyen le plus rapide de me faire déraper, mais aussi le plus fort pour me faire rester. Doux complexe qui me tue de jour en jour. Sans un mot, je tente de reprendre le contrôle de mon corps. L'autre lutte alors que le sang coule encore. Les yeux rivés sur les gestes du docteur, le verre qu'il se sert me glace les veines.

J'ai mal. Évitant de tomber d'un étourdissement, je ravale ma salive avant de retrouver mes marques. Le docteur est là, il attend. Et c'est le moment d'agir. Impossible pour moi de reprendre le dessus. Tout ça est allé trop loin. Le monstre a toute la place qu'il veut, et il en a marre d'attendre. Il ne veut plus, attendre. Alors il s'avance. Le premier pas est si lourd qu'il laisse toute la pièce tourner. Une nouvelle perte d'équilibre et il se rattrape contre un quelconque meuble. Ploc. Ploc. Ploc. Le regard droit sur sa proie il n'en démord pas et avance d'un second pas. Tout semble à la fois si proche et si lointain. Le docteur n'est qu'à quelques pas et pourtant complètement inatteignable. Mon genou lâche sous le poids du pas, ou celui du monstre. Peu importe. Si celui qui m'habite n'a en aucun cas changer ses desseins, celui qui nous contient, lui comme moi, lâche doucement mais sûrement.

Depuis combien de temps saigne-t-on ? Trop longtemps. Ploc. Ploc. Je déglutis, et finalement, le verre qui devait trancher la gorge de ma victime s'écrase au sol dans mon sang, un bruit plus sourd que tous ceux jusque là l'accompagnant. Grimaçant, ne supportant plus tout cet environnement instable, je m'arrête. Face à moi, la vision trouble du docteur oscille entre réalité et illusion n'étant plus capable de se fixer ni sur l'un ni sur l'autre. Le monstre se débat, voulant son dû coûte que coûte, n'écoutant que lui. Alors dans un dernier effort douloureux, il avance d'un pas, ne réalisant pas qu'il ne tient plus rien, le sang se déversant désormais sans rien pour le retenir. Dans un dernier souffle de force, je parviens à articuler douloureusement « Sale con. Si ce n'est pas aujourd'hui, ce sera demain. » Et la phrase à peine achevée, je m'effondre au sol de tout mon long, me cognant au passage contre le fauteuil si confortable dans lequel j'étais assis.

Il n'avait fallu qu'un mot pour qu'il prenne ma place. Qu'un mot pour que toute la chaleur de la pièce disparaisse. Et surtout, qu'un mot pour qu'il nous jette à la mort se vidant sans peur aucune de tout notre sang. Cet abruti prenait de plus en plus de place, me faisant perdre toute conscience, toute morale et surtout, tout souvenir. Les yeux fermés, dans un sommeil de plomb, ou plutôt de sang, je reprenais doucement possession de mon corps. Le sang qui avait coulé au sol quelques instants, ou peut-être heures, auparavant, retourner se lover dans mes veines, dégageant d'un geste simple le poison qui avait pris sa place. Il fallait donc ça ? Soit il tuait, soit il finissait par nous faire tuer ? Pas de juste milieu pour l'obsédé de l'hémoglobine.



Fatigué, usé, les paroles du docteur bien lointaines à présent je sentais mon souffle lourd et mon dos douloureux. Incapable de dire combien de temps avait passé, j'ouvrais finalement les yeux pour me retrouver sur un canapé inconnu. D'un geste doux, je tournai la tête pour reconnaître l'environnement qui m'entourait. J'étais forcément chez mon psychiatre, pas de doute là dessus. Mais que faisais-je sur son canapé, et pire encore, pourquoi avais-je autant mal à la tête, et partout ? Tout d'un coup, mon cœur se stoppe à mesure que je réalise ce qui a pu arriver. Je ne me souviens de rien. C'est mauvais signe. Vraiment mauvais signe. Je m'appuie rapidement sur mes mains pour me relever, tombant lamentablement. D'un crissement douloureux je regarde la main qui m'a empêchée de me lever et la voit bandée. Sans chercher plus loin, je me relève en l'ignorant, le cœur battant de peur, les mains tremblantes.

Pourvu qu'il ne soit pas mort. Pourvu qu'il ne soit pas mort. Alors que j'avance à pas lents vers la cuisine, ne voulant surtout pas découvrir une mauvaise nouvelle, je pousse la porte, l'appréhension me coupant le souffle et augmentant la sensation de douleur désormais bien éveillée dans tout mon corps. Et d'un regard évitant, je finis par lever les yeux sur mon médecin. En chair et en os. Visiblement entier, et ne semblant, à première vue pas vouloir me tuer ou me prendre pour le dernier des tarés. D'étonnement, je n'ose plus avancer, laissant la porte se cogner contre moi à son retour, laissant l'homme averti de ma présence. Gêné, je marmonne difficilement un « Bonjour... » d'une voix cassée mais douce. Ne sachant ni quoi dire, ni quoi faire, j'articule en regardant ma main blessée. « Je... qu'est-ce... qu'est-ce qui s'est... passé... ? »

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MessageSujet: Re: Pastasciutta || Axl    Jeu 7 Jan - 17:39



Il ne pouvait pas dire qu'il était surpris par la réaction. Combien en avait-il déjà vus, des êtres comme celui qui se dressait à côté de lui, pleins d'emphase, mus par le goût du sang ? Dans son temps, à Darkness Falls, en prison, entre les quatre murs aseptisés de son cabinet à l'Adventist Hospital. Hartley n'était pas une exception, il n'était pas le cas unique qui faisait vibrer le cœur de ces petits étudiants en psychiatriques désireux d'avoir leur créature de Frankenstein. Leur bête.
Noah en avait générées, des bêtes. Et Hartley malgré toute sa fougue, sa puissance dissimulée qui se présentait à lui avec un rayonnement que même lui ne pouvait ignorer, n'obtenait pas la palme de l'originalité niveau psychose. Restait qu'il n'en était pas moins intéressant aux yeux du psychiatre. Il était utile. Il pourrait être utile. Et utilisable. Comme un outil dont on se sert à sa guise, et dont il suffisait juste ce qu'il fallait de dextérité pour pouvoir en exploiter toutes les finesses. Et sur ça, il avait un potentiel indéniable pour Noah.

Le psychiatre sirotait toujours son verre, attendant. L'expectative était ce qui faisait le piment de son métier, si bien qu'il avait appris à galvaniser toute son impatience, toute sa propre fougue, dans cette attitude, cette position de l'homme qui attend. Sept siècles d'une solitude presque systématique, trop pesante, lui avaient appris qu'il n'y avait jamais rien qui ne se fisse sans avoir un peu patienté pour l'avoir. Et il n'avait plus vingt ans. L'autre si, encore, et c'était cette jeunesse qui le poussait à l'erreur.
Malgré tout cela, il ne put s'empêcher de plisser légèrement les yeux en voyant la traînée de sang s'épaissir sur son plancher d'époque. Par goût du défi, il allait devoir passer de bonnes heures pour rattraper le bois, si Axl ne se calmait pas rapidement. Par chance, ses forces semblaient l'abandonner à mesure qu'il se rapprochait de lui. Ses jambes ployaient sous son propre poids, ses gestes s'alourdissaient progressivement alors que son visage perdait de ses couleurs. Déjà qu'il n'en avait pas beaucoup... Sans bouger un muscle, attentif à chacun de ses gestes, le sorcier se retint de sourire à son ultime bravade. Une insulte qu'il lui ferait regretter, le temps venu.

Noah reporta dédaigneusement son attention sur le feu crépitant, occultant son patient. Les flammes dansant devant ses yeux clairs le renvoyèrent dans ces temps obscurs où il avait tout perdu. Où la vie n'était qu'un chaos. Il pencha un peu la tête de côté en entendant le bruit mat du corps d'Axl, manifestement, s'effondrant sur le sol. Un large sourire s'étira sur ses traits, illuminés par les flammes dansantes. Avec ce jeune homme, il pourrait en provoquer un magnifique, de chaos. D'une main leste, il attrapa sa bouteille de vin blanc et remplit son propre verre, avant de le lever vers le corps sans conscience de son patient, le saluant sans se départir de son sourire.

-Alla Provvidenza, ser Hartley.

Il prit son temps pour savourer son verre, laissant les notes fruitées de l'alcool le transporter dans un rire insonore, silencieux, cathartique. Il savait que le jeune homme ne serait pas en danger. Pas avec lui à ses côtés, et ce bien malgré la quantité de sang qu'il avait pu perdre. Bon, son plancher aurait senti passer cette petite sauterie, mais Hartley risquait bien moins que les lattes du 18ème siècle. Reposant le verre, il se dirigea à pas guillerets vers le corps, et attrapa le couteau dont son patient ne s'était pas servi. Propre et lisse, il tint la lame non loin de sa bouche pour s'assurer qu'il respirait encore. La buée que provoqua son haleine le conforta dans l'idée qu'il n'était qu'inconscient. D'un geste rapide, il souleva une paupière du pouce pour s'assurer que son regard n'était pas fixe. Les yeux du jeune homme avaient roulé, mais il semblait encore relativement bien portant, vues les circonstances. Parfait, tout bonnement parfait.
Le psychiatre se redressa pour aller tirer la méridienne à proximité du feu, prenant grand soin d'éviter les traces de sang alentours. Il n'avait aucune envie de souiller l'espace d'avantage, et encore moins de souiller ses effets personnels. Profitant de l'inconscience du jeune homme, il sortit de la pièce en fredonnant une sérénade et grimpa les escaliers quatre à quatre pour chercher une bande de gaze et une pince à épiler dans sa salle de bain. Puis, sans accélérer le pas, il revint à hauteur d'Axl et entreprit de le hisser sur la méridienne. Le jeune homme semblait si mal nourri qu'il était aussi léger qu'une plume. Aussi léger qu'un oiseau. Et même si son corps s'était alourdi, Noah n'eut pourtant pas de mal à l'installer confortablement. Tirant un divan ainsi que le guéridon, il s'assit à côté de lui et prit délicatement sa main blessée dans la sienne. Pendant de longues minutes, il s'échina à enlever tous les fragments de verre de sa paume avec application, les déposant progressivement dans une de leurs assiettes. Cette recette avait toujours eu le don de provoquer des sentiments divers. Chez Axl, ça avait été celui de la destruction, pure et simple. Il ricana à cette idée, son travail achevé, et ce malgré le gâchis évident de bonne nourriture que toute cette petite session avait provoquée.
Serrant la main blessée entre les siennes, le sorcier ferma les yeux et se concentra. Il marmonna quelques paroles en Italien ancien, un mantra que lui avaient appris ses Pères pour lui permettre de mieux se concentrer, utile en étant aviné comme il l'était. Doucement, il posa sa paume contre les multiples blessures d'Hartley et put sentir une piqûre vive dans sa propre chair à mesure qu'elle se réchauffait. Refermer la plaie, oui, mais juste ce qu'il fallait. Le jeune homme se réveillerait sans mal, serait partiellement guéri, mais conserverait une trace de ce qu'il s'était passé. Une marque, légère et subtile, qu'il s'était blessé lui-même. Une trace de sa propre incompétence, de sa propre irresponsabilité. Noah retira sa main, observa l'état de celle de son patient. Les plaies s'était refermées, mais de légères cicatrices, fraîches, peu profondes, ornaient encore sa peau. Cela suffirait.

Le jeune fou mis hors de danger, le psychiatre se leva une nouvelle fois pour aller chercher de quoi éponger le sang, tant sur la victime que sur son plancher. Encore quelques bonnes minutes de dur travail, durant lesquelles Noah ne manqua pas de râler. Après tout, et même si sa découverte valait bien le sacrifice, il n'était pas ravi. Le temps de s'occuper d'Axl que le plancher avait pompé le liquide, et une légère trace rougeâtre teintait le bois là où le sang s'était concentré le plus massivement. De dépit, le psychiatre avait recouvert les planches d'un petit tapis, pour qu'à son réveil Axl ne remarque rien. Il avait ensuite lavé ses mains, bandé celle de l'oisillon, et était parti se changer, ses vêtements ayant accusé le coup. Ce fut en achevant de boutonner sa chemise devant le miroir qu'il trouva la détermination qui jusqu'alors lui manquait. Il utiliserait Axl. Prétendrait être son ami, son confident, et continuerait de travailler à maîtriser la bête qui se terrait dans son inconscient. Une créature qui pourrait être domptable, s'il savait comment réveiller la force interne du jeune homme. Et si Vixen était un catalyseur, il l'utiliserait elle aussi.
Un plan parfait pour occuper ses longues nuits d'Hiver. Qui sait, il pourrait aussi s'en servir pour nuire une bonne fois pour toutes à Rafael. Régler le problème définitivement, en se servant d'une toute nouvelle alternative. Après tout, qui irait l'accuser lui quand il avait une machine à tuer dans son salon qui serait toute disposée à le faire à sa place ?

Après un détour pour récupérer les assiettes, il finit par rejoindre sa cuisine où il les vida consciencieusement, effaçant les dernières traces de ce qu'il s'était passé. Pieds nus sur les tommettes de terre cuite, d'un rouge de sienne, il attrapa quelques herbes de sa propre réserve dans le cellier et prépara une potion pour le moment où l'autre reprendrait ses esprits. Sa cafetière italienne sur le feu, il était en train de la mélanger à du thé sucré pour en atténuer le goût quand il entendit du bruit au niveau de la porte. Les gestes mesurés, tranquilles, il adressa un sourire à son hôte.

-Vous vous êtes blessé la main avec un verre, au cours de notre session. La douleur a dû vous faire perdre connaissance, et vous avez basculé tête la première sur l'accoudoir de votre fauteuil.

Rapidement, il se faufila à pas silencieux vers la table en acajou de la cuisine pour tirer une chaise et l'inviter à s'asseoir. Après tout le sang qu'il avait perdu, le jeune homme ne devait pas pouvoir rester debout très longtemps, aussi valait-il mieux le ménager pour cette fois. Mesurant encore chacun de ses gestes pour n'éveiller aucune inquiétude de la part de son patient, il attrapa la tasse de thé et la lui posa devant le nez.

-Buvez, cela vous requinquera. J'ai pensé appeler les urgences ou votre sœur, mais comme vous semblez un peu remis, nous pouvons tout aussi bien attendre un peu que vous repreniez des forces et voir si vous vous sentez suffisamment fort pour repartir de vous-même.

Le psychiatre hocha la tête pour lui-même et se servit une tasse de café, avant de s'appuyer sur un des plans de travail de sa cuisine. Tous ces préparatifs avaient rendu l'alcool plus épars dans son système, et le breuvage aiguisa d'avantage ses sens. Le regard posé sur Axl, il l'analysait. Se souvenait-il un peu de ce qu'il s'était passé, ou pas du tout ? Là était la question finale, celle qui déciderait si oui ou non il pouvait s'attaquer à son cas et tenter quelque chose de grandiose.

-Vous souvenez vous de quelque chose avant que vous ne tombiez ?

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MessageSujet: Re: Pastasciutta || Axl    Mar 19 Jan - 3:55


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J'observe le décors alentours. Doucement, encore endormi, endolori. Je sens le processus de guérison faire effet sous le bandage de ma main, mais étonnamment il est un peu différent. Comme si quelque chose lui avait mâché le travail, comme s'il cherchait à s'associer à quelque chose que je ne connais pas. Peut-être était-ce l'oeuvre du docteur Meadow, cela ne m'étonnerait pas. Sorcier ou autre chose encore, cet homme avait quelque chose qui montrait sa supériorité. Comme s'il en savait plus que nous sur la vie. Pour autant, ce n'était pas le savoir d'un docteur mais plutôt celui d'un Homme qui en avait vu beaucoup, et c'était bien en cela qu'il était impressionnant.

Toujours gêné, le rouge quasiment collé aux joues jusqu'aux oreilles je trifouillais ma mémoire afin de comprendre ce qu'il s'était passé. Rien. Définitivement rien. Les secondes qui s'écoulaient avant que le psychiatre ne m'accorde de l'attention semblaient incroyablement longues. L'odeur qui s'étendait dans la cuisine m'adouciçait les narines et, un instant seulement, me faisait oublier tous mes tourments. Le temps d'un souffle, celui où mon torse se bombe et mes paupières se joignent pour humer correctement le quelconque mélange qui se baladait en jouant avec mes sens. Le docteur m'adressa un sourire léger auquel je répondis maladroitement, enivré par cette odeur dont je cherchais lentement la provenance des yeux. Alors qu'il parle et me raconte de sa voix mesurée ce qui m'est arrivé je jette un œil au bandage tandis que mon autre main se glisse le long de mon crâne pour illustrer ses mots.

Évidemment, mon crâne n'a plus une trace d'une quelconque chute. Guéri pendant mon sommeil, le coup n'avait pas du être trop fort, mais pourtant assez pour m'assommer. Cependant, les mots du cuisinier me laissaient perplexe, pourquoi un verre s'était-il brisé dans mes doigts ? Je fixais ma main, bougeant légèrement ma paume afin d'essayer de me rappeler quoique ce soit. N'importe quoi. Le bruit d'une chaise qui bouge me sortit de ma pensée me collant le nez droit face au docteur qui m'invitait à m'asseoir. D'un sourire timide, encore gêné de ne pas avoir le moindre souvenir de la veille je baisse le regard pour le suivre et m'asseoir finalement dans un timide « Merci » inaudible. Observant la table, toujours aussi nerveux à l'idée de la tournure que peuvent prendre les choses je croise mes mains sur mes genoux alors qu'il m'apporte une tasse chaude. Je souris timidement, remerciant d'un geste de tête et plaçant par réflexe mes paumes fraîches contre  le récipient. Je respire doucement le liquide, comprenant que ce qui m'avait enivré par sa simple odeur allait régaler mes papilles. Un léger sourire, à peine visible se dessine sur mon visage à cette idée.

Alors que je porte la tasse pleine à mes lèvres à son autorisation, je goute à peine le breuvage que son goût pourtant si doux se voit devenir amer aux mots de l'homme qui m'a servi. Je ne lâche pas la hance mais relève les yeux vers le docteur et rougit affreusement. À ce point ? Je commençais à me sentir de plus en plus mal, n'ayant aucune idée d'où je pourrais me mettre s'il m'anonçait que j'avais tenter de l'étrangler ou pire encore. J'en étais capable et je le savais. Stupide mémoire. Je regardais le liquide colorer se lover contre les bords de la tasse, tentant comme je le pouvais de ne pas perdre contenance tout en trifouillant ma mémoire comme je le pouvais. Cherchant à gagner du temps comme je le pouvais, je buvais lentement le thé tout en regardant le docteur, acquiesçant maladroitement ses propos.

Finalement alors qu'il commençait à boire à son tour, je dépose la tasse moitié vide devant moi. Réfléchissant un instant aux mots du docteur je jouais avec mes doigts contre le récipiant, sentant comme un bien être prendre place dans mon corps. Évidemment, mon esprit était toujours aussi torturé, mais les douleurs résistantes qui m'avaient donné de fausses idées sur ce qui avaient pu se passer, me rappelant à chaque pique un scénario pire que le précédent, avaient, elles, disparues. Hochant négativement la tête à ses mots avant de parler à mon tour j'hésite longuement. Réfléchis, me racle la gorge. Je tripote nerveusement la tasse, m'éclaircit la voix et me décide finalement à parler. « Je... merci... Merci de n'avoir appelé personne... je... je suis désolé. » Mon visage plongé dans ma tasse, je bois finalement une nouvelle gorgée pour me donner du courage. Et alors que je relève mon visage vers le sien je me rappelle qu'il est mon psychiatre. Je me rappelle aussi de la promesse faite à Vixen de prendre ça au sérieux.

Être un bon patient, être honnête et essayer d'aller mieux. Alors, sans retirer ma gêne, je décide d'être courageux pour une fois. D'être vrai. D'être moi. « Ma sœur s'inquiète beaucoup pour moi et je... je préfère qu'elle ne soit jamais au courant de cet incident si vous êtes d'accord. Je... je me sens déjà mieux, je vais pouvoir rentrer. » Regardant ma main, déterminé à continuer ma confession sans être capable de la lâcher d'un seul coup, j'ajoute d'une moue sincèrement navrée. « Je suis vraiment désolé pour la gêne occasionnée et... merci de m'avoir soigné. » Être un métamorphe c'était apprendre à remercier les gens qui s'occupaient de vous sans que vous en ayez besoin. Règle de Vixen : ne révèle jamais ta nature. Je m'étais toujours juré, depuis mon retour, de ne jamais aller à l'encontre d'une parole de ma sœur aussi je taisais ma condition.

Et même si ces mots là devaient rester muets, ma sœur me l'avait demandé,aussi je ne me sentais pas réellement coupable de le cacher au psychiatre. Peut-être qu'un jour, le moment viendrait de lui dire, mais aujourd'hui, nous avions d'autres choses à régler. Aussi, le regard toujours aussi fuyant je prenais pourtant le temps de continuer sur le ton de l'honnêteté, autant que possible. « Je... je me souviens de vos pâtes, de manger. Je me souviens avoir bu un verre de vin blanc. Nous... nous parlions, simplement. Votre plat était... il était délicieux. Il m'avait vraiment donné un sentiment réchauffant. Et... » je marque une pause et regarde l'Homme, suppliant pour que les évenements qui avaient pu exister entre mon souvenir et le prochain n'aient rien de mauvais comme je le pensais. Rien qui pouvait lui avoir montré le seul côté de moi que je n'assume pas. Que je ne veux pas voir être vrai, pas en présence d'un être qui doit avoir la vie sauve à la fin de l'entrevue avec l'autre moi. Mais, au delà de l'espoir en cet instant, je n'avais rien. Alors je continuais à parler.

« … Je ne me souviens de rien d'autre. Je... je suis vraiment désolé... Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Je... j'espère que je n'ai pas fait quelque chose d'idiot. » Ne te vends pas, Axl. Tais-toi, ou il va te poser des questions peu importe ce que tu as pu faire ou non. « Enfin je veux dire... j'ai... j'ai cassé un verre. Je.. je rembourserai ! Je suis navré. J'ai du m'évanouir avec la fatigue, l'alcool et la blessure... Je... je n'avais pas mangé de la journée. » Et en disant ces mots, celui que je cherche réellement à convaincre c'est moi-même. Me convaincre que c'est la seule explication logique. Me convaincre qu'il ne s'est rien passé d'autre dans cette ellipse. Je haussais les épaules, complètement perdu et buvant une nouvelle gorgée ajoutait, d'un ton se voulant plus léger. « Le thé est délicieux... me-merci. »

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MessageSujet: Re: Pastasciutta || Axl    Mer 27 Jan - 2:07



Observer la différence entre deux fragments d'une même personnalité était toujours aussi passionnant. Un seul corps et deux esprits, dissociables, profondément différents, qui cohabitaient plus ou moins habilement mais se complétaient inénarrablement. Combien de fois avait-il découvert ce phénomène avec le même délice, la même curiosité viscérale, au cours de séances ? Au cours d'exorcismes ? Au cours de confessions à l'article de la mort, avant même que le bourreau n'abatte sa hache sur la nuque de ces pauvres ères. Combien de fois s'était-il demandé ce qui pouvait bien provoquer une telle dissociation, quand il était prêtre, pour réaliser dans cette nouvelle vie que même après tous ces siècles, personne n'avait une réponse réelle à cette question ? Et surtout, combien de ces fameux psychiatres avaient eu l'occasion d'avoir une telle créature entre leurs doigts sans même oser exploiter ses capacités ? Un être capable de changer du tout au tout, de passer d'un agneau tendre et aimant à un loup sanguinaire sans aucune retenue, et personne n'avait tenté s'en servir ? Il n'avait pas suffisamment étudié la psychiatrie pour savoir si des "collègues" avaient tenté le coup. Avaient joué le tout pour le tout. Mais en ce qui le concernait, il avait une véritable poule aux oeufs d'or en face de lui, et il était hors de question de ne pas l'exploiter autant que possible.
On ne laisse pas passer les opportunités, quand elles sont aussi belles. Rien que de penser à tous les problèmes que cette facette d'Axl qu'il avait vue pourrait régler le faisait frémir d'excitation. Ivresse, douce ivresse, aux fonds de vin blanc et d'appréhension. Il se sentait comme un enfant à Noël, prêt à se ruer sur ses cadeaux pour déchirer violemment leur emballage, sans se soucier des conséquences. Ivresse, douce ivresse. Axl Hartley lui était bien envoyé par la Providence, avec ses gestes maladroits, et son obsession compulsive pour les fluides vitaux.
Et contrairement à un Mort-Vivant, il était manipulable, lui.

Réchauffant toujours ses doigts sur sa tasse de café, l'Italien écouta patiemment le jeune homme. Il ne se souvenait donc vraiment de rien. Le contrôle de l'autre était donc définitif et sans appel, une vraie dissociation de personnalité comme dans ces cas de possessions qu'il avait croisés. La coïncidence s'arrêtait toutefois là. Pas de sensation de froid, pas de force surhumaine. Il y avait bien quelque chose de surnaturel dans le jeune homme, mais ce n'était pas un esprit. C'était autre chose, comme une puissance animale, une aura qu'il connaissait bien pour en avoir créés quelques uns. Axl avait une force, oui, outre sa personnalité "débordante de vitalité". Celle d'un animal, qui pourrait elle aussi s'avérer être un atout sans toutefois qu'elle ne soit son intérêt majeur. Noah avait deux cartes dans sa manche, à présent, un As et un Joker. Selon la situation, et s'il s'en sortait bien pour bien les appréhender, il pourrait abattre l'une ou l'autre en ayant le jeune homme sous la main. Il devait donc se le mettre dans la poche.
Et quoi de plus simple, puisqu'ils étaient forcés de se voir par la volonté d'un membre bien pensant de sa famille ? Vixen lui avait apporté son nouveau jouet sur un plateau d'argent. Et vu l'amour puissant qu'Axl éprouvait pour sa soeur, Noah était persuadé que le jeune Hartley n'irait pas à l'encontre de la requête de sa soeur. C'était beau, d'une certaine manière. Noble, terriblement, de la part d'Axl. Mais tellement dérisoire quand on pensait que cela n'irait certainement pas dans le sens d'une rémission complète et définitive.
Si seulement Vixen avait su à quoi elle exposait son frère en l'envoyant chez lui. Comme quoi cela avait du bon de se faire passer pour un homme irréprochable sous tous les aspects, au boulot. Cela permettait de se faire envoyer des perles rares sans même avoir à lever le petit doigt.

Sincèrement intéressé par le flot incessant de paroles qui sortaient à présent du bec du jeune homme, chacune d'entre elles pouvant comporter quelque information à se mettre sous la dent pour la séance prochaine, le psychiatre haussa les sourcils en achevant sa tasse de café. Le breuvage amer coula le long de sa gorge, réchauffant son corps qui devenait trop froid après le poids de cette journée un peu trop riche. Il pouvait sentir la fatigue assécher ses yeux, ses paupières, et ne cacha pas cet état de fait à son patient. Tous deux avaient passé une "mauvaise" séance, après tout. Et être sincère ne faisait jamais de mal, une fois en passant.

-Vous n'avez pas besoin de vous excuser, Axl, ce sont des choses qui arrivent. Ce serait à moi de vous présenter des excuses, car je vous ai fait boire, en dépit de toutes les indications de fatigue que j'ai pu voir sur votre visage. Alors je vous en prie, cessez donc de vous excuser. S'il y a un coupable, ici, c'est assurément moi.

Il reconnaissait rarement ses torts, et encore moins quand il venait tout juste de les faire, mais la situation s'y présentait. Et si les excuses n'étaient pas tout à fait vraies ni sincères -car il se voyait difficilement reconnaître avoir sciemment provoqué le côté violent de sa personnalité à un jeune homme à qui il avait tout juste menti comme un arracheur de dents-, elles n'en étaient pas moins là. Présentes.
Tout bien considéré, Axl était une de ces rares personnes qui aient pu l'entendre un jour présenter de vraies excuses, des excuses avec un fond de vérité. Un jour à marquer d'une pierre blanche, même si le jeune homme n’avait probablement aucune idée du privilège qu'il venait tout juste d'obtenir. Un privilège qui ne se reproduirait certainement pas de si tôt.

-Ce qu'il s'est passé ce soir est regrettable. Soyez certain que je ne dirai rien de cette soirée à votre soeur. Après tout, le secret professionnel passe avant toute relation d'amitié que nous ayons elle et moi. Donc soyez tranquille, elle n'en saura rien, à moins que vous ne lui en parliez directement.

Le dire à Vixen, et pourquoi faire ? Il lui adressa un sourire franc, rassurant. Après ce qu'il venait de découvrir, il n'avait aucun intérêt à dire quoi que ce soit à la jeune femme. Et son patient était tellement mortifié que la petite allusion du psychiatre se ferait un chemin très facilement dans sa culpabilité. Si elle apprenait quelque chose, elle n'aurait que la version que le psychiatre avait donné à Axl. Soit qu'il était à l'origine de l'incident, et non pas Noah. Vue leur relation, il était évident qu'il se tairait. Un atout de plus. Décidément ce jeune homme était le meilleur cadeau qu'on lui ait jamais fait de toute sa longue vie.

-Et ne vous inquiétez pas de rembourser ce verre, voyons, je préfère encore que ce soit lui qui ait été brisé qu'un de vos os !

Paradoxalement guilleret, le sorcier laissa échapper un léger rire de bon coeur. Et si l'autre l'accompagnait, ce serait probablement juste pour lui faire plaisir. Parce que ce qu'il sous-entendait, Axl ne pouvait pas le comprendre : une fracture aurait demandé bien plus d'efforts pour le guérir, et aurait été une plaie à expliquer. Sa main n'était rien en comparaison. Et rien que pour ça, Noah lui était reconnaissant.
S'assurant que son patient ait bien fini son thé aux herbes médicinales, le sorcier s'étira paresseusement et finit par revenir à son niveau. La journée ayant été longue, et vu la quantité de stress qui animait le jeune homme, il était probablement temps de déclarer forfait pour ce soir. Quelque chose lui disait qu'Axl serait probablement ravi lui aussi de retrouver ses quartiers et un soupçon de solitude. Sa mansuétude serait prise pour de l'altruisme. Ce serait pas si mal.

-Les couleurs sont revenues sur votre visage, Axl, cela semble être le signe que vos forces sont également revenues. Si cela vous convient, je vous propose que nous déclarions officiellement cette séance terminée, pour que vous puissiez rentrer chez vous afin de vous reposer. Qu'en dites-vous ?

La réponse fut positive, comme il s'en doutait. Grand prince, il raccompagna son patient jusqu'à la sortie et l'aida même à enfiler son manteau. Des gestes humains qui n'avaient en soit qu'un but : le voir enfin partir de son appartement, pour pouvoir fermer la porte à double tour et laisser divaguer son esprit. Car si les rouages tournaient à plein régime depuis quelques dizaines de minutes, il avait lui aussi très envie de retrouver le calme pour trier toutes les informations et établir sa stratégie. Alors il salua chaleureusement son patient une dernière fois, allumant le minuteur de l'escalier sans toutefois refermer complètement la porte. Le temps que le jeune homme ait descendu l'escalier qu'il était déjà à la fenêtre de son salon, observant sa silhouette sombre s'enfoncer rapidement dans les ténèbres des ruelles. La tension s'apaisa enfin.
Alla Provvidenza, ser Hartley. Des jours passeraient le temps que le jeune homme se remette, retrouve le courage de revenir le voir. Et quand ils se reverraient, ils iraient plus loin. Ils creuseraient d'avantage. Ils déterreraient une nouvelle fois le monstre, et avec lui se dévoilerait à nouveau ce champ des possibilités aux bordures presque infinies, s'étirant loin sous l'horizon.

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