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 oh dear... we are in trouble ▬ pv Giu

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MessageSujet: oh dear... we are in trouble ▬ pv Giu   Sam 12 Déc - 1:52

oh dear we are in trouble
Giulietta & Nolan



J’ai faim. C’est la première chose à laquelle je pense lorsque je me réveille. C’est toujours la première chose à laquelle je pense lorsque je me réveille, en même temps. Parce que j’ai toujours faim le matin. Seulement, en général, je pense tout de suite après Gavin, dégage de mes pieds pour que je puisse me lever et pas qu’est ce que je fous dans un lit avec une fille. Et je peux vous dire en toute bonne foi que ce léger changement surprend et est presque aussi efficace qu’un café question claque dans la gueule, Nolan ouvre les yeux. Je m’étire comme un chat, m’étouffe dans l’oreiller pour mieux éloigner la lumière et j’en profite pour me tortiller sous le drap et me réinstaller confortablement, en chien de fusil, comme un gamin. Je pourrais me rendormir, là, vraiment. Les yeux à moitié ouverts, j’avise la chevelure de Giu et un sourire se glisse sur mes lèvres lorsque mes doigts filent les entortiller d’un mouvement joueur. Je pourrais la laisser dormir, je pourrais me rendormir. Sauf que j’ai faim. Et que mon ventre ne souffre d’aucun report. J’ai faim, c’est comme ça. Un grognement me fait chuter du rang de sorcier au rang d’australopithèque, je finis par me rendre à l’évidence : je ne vais pas me rendormir.

Avec toute la discrétion que je peux déployer, tous les neurones que je parviens à mobiliser non sans un certain échec – je crois que sur les cinq qui se battent en duel dans mon crâne, ils sont quatre à se faire porter pâles – je tente de m’extraire des draps sans réveiller ma voisine. Finalement, le dîner s’est plutôt bien passé, contrairement à ce qu’il laissait présager à la base. J’ai du mal à réfléchir et je pense que ça vaut mieux. Un nouveau grognement, je me prends la tête entre les mains pour mieux tenter de réveiller mes épis majestueux et m’accorder à ma tête de mec pas réveillé et je me lève, m’étirant une nouvelle fois dans un même mouvement. J’essaye de récupérer mon pantalon avant de faire un pas, une grimace naissant sur mes lèvres lorsque le parquet grince, le sale délateur. Pas que j’aie envie de me faire la malle, mais… vous l’avez compris, j’ai faim. Et puis… non, j’ai juste pas envie de me barrer, pas pour le moment. Je ne tente même pas de retrouver ma chemise, je me contente juste de me faufiler hors de la chambre pour mieux me mettre en quête de la cuisine. Quelques pas me suffisent pour me rendre compte d’une chose : cette baraque est immense. Un petit sourire naît temporairement sur mes lèvres lorsque je mobilise ma mémoire pour retrouver le chemin menant au salon à défaut de me mener vers la cuisine. Temporairement. J’ai une mauvaise mémoire… et je n’arrive qu’à me souvenir de l’odeur de Giu, de son sourire et de sa présence, de son contact et… stop, Nolan, souffle, calme toi. Tu as faim de nourriture, gros crétin. D’accord. Un pas, deux, il ne m’en faut pas plus pour pousser toutes les portes que je croise sans la moindre prudence ou honte, me laissant guider par ma curiosité.

La cuisine, terre d’exil, refuge des apatrides, sauveuse des affamées : elle débarque devant moi au bout d’une petite dizaine de minutes et de pièces visitées dans un demi-sourire. La cuisine. Et avec elle le café, une fois tous les placards ouverts à grand renfort de jurons, de monologues et d’injures bien françaises. Ce n’est que lorsque l’odeur de ce nectar des dieux atteint mes narines que mon cerveau commence à se remettre à fonctionner. Et que je commence à cogiter. Et que je me rends compte qu’Elias va me tuer, et que le mari de Giu va me tuer aussi. Et que si je suis encore vivant après ça et bien… ça ne me dérangerait pas vraiment de recommencer. Je suis mal barré. Vraiment mal barré. Mais je préfère hausser les épaules pour le moment, boire une gorgée d’un café trop chaud pour que ma langue y survive et reprendre mon exploration de la maison. Le seul problème c’est que maintenant, je me demande à chaque porte que je pousse si je ne vais pas tomber sur un intrus. Une gorgée, un pas, un regard. Une réflexion. Une gorgée, un pas, un coup d’œil curieux. J’écoute le silence et me laisse pousser un peu plus loin par ma curiosité. Et la porte que je pousse fait naître un peu plus sur mes lèvres un sourire de gamin. Ce que je repère en premier ? La nature même de la pièce. Une salle de dessin, quelque chose dans le genre : les crayons, les toiles, les blocs de papier, la peinture… l’ensemble est assez éloquent. Je me mords la lèvre, comme un gamin s’apprêtant à faire une bêtise. Gosse turbulent et hyperactif, je n’ai jamais compris la notion de limite autrement que comme truc qu’il faut absolument franchir pour s’éclater. Je pose mon café sur un coin de table, attrape un crayon et commence à crayonner sur la première feuille qui vient ce que je sais dessiner le mieux : un soleil. Je sais, il y a mieux, mais bon, pour le moment, je commence par ce que je connais histoire de ne pas trop m’embarquer sur un truc compliqué. Je me mords la lèvre, rajoute des yeux et une bouche au soleil, histoire qu’il sourit à la vie. Si je devrais peut être ne pas être là ? Non, ce serait trop conventionnel que de rester sagement dans la chambre ou dans la cuisine.

Je ne sais pas quoi penser. Je ne sais même pas dessiner. Alors je me dis que si je dessine, peut être que je vais penser et peut être que je vais aligner deux réflexions cohérentes. Le repas, tendu, me revient en mémoire. Des banalités échangées, une atmosphère de malaise, les heures qui défilent et moi qui me dis que ce n’était pas une si bonne idée que ça. Et nos lèvres qui se rencontrent malgré tout. Et moi qui repars à l’assaut, répondant à Giu de la même manière, rompant la distance. Et Giu qui me retient lorsque je veux fuir. Et nous deux. Et ce matin. Une main nerveuse file dans mes cheveux pour mieux les ébouriffer, encore. Sérieusement, il faudrait que j’arrête ça, c’est trop facile de savoir quand je suis mal à l’aise ou troublé. Ou quand je suis anxieux. Ou perdu. Ou en train de réfléchir. Je rajoute une fleur à côté de mon soleil, autre élément pictural que j’arrive à peu près à représenter. Je penche la tête sur le côté pour considérer mon chef-d’œuvre. Il faut bien qu’il y ait un domaine dans lequel je me révèle être un putain de génie. Il en faut bien un, non ? Tout le monde a forcément un don, tout le monde est forcément fait pour un truc. Et bien je vous le donne en mille : moi, ce n’est clairement pas le dessin. Je rajoute, par principe, un sourire à ma fleur et deux petits yeux, je mordille le crayon, hésitant à rajouter un nez. Et je me rends compte lorsque je veux récupérer mon café que je ne suis pas le seul dans la pièce. Ah. Oh. J’attrape la feuille et je la brandis en bouclier entre Giulietta et moi.

« Tadaaaam ! » C’est beau, hein ? « Ca va ? Bien dormi ? J’avais faim et du coup, je me suis promené et… » Et je pense que c’est le bon moment pour que je me la ferme. Le café, le dessin (rajoutez le nombre de guillemets adéquats), Giu… l’ensemble me force à me réveiller vraiment et je me prends pour la deuxième fois de la matinée – qui ne fait que commencer – la réalité en plein visage. Je vais mourir. On va mourir. Je vais mourir. « Bonjour... ? ».


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MessageSujet: Re: oh dear... we are in trouble ▬ pv Giu   Mar 22 Déc - 18:39


L’odeur. C’est la senteur du café, chatouillant mes narines, qui achève finalement de me réveiller. Lentement, j’ouvre mes paupières au monde pour ne croiser que la solitude et le silence. Ce n’est guère étonnant après tout. Aucune promesse n’a été faite et je ne m’attends pas réellement à le trouver encore dans le coin. Pourtant, les indices s’impose à la prunelle de mes yeux et mon sourire s’élargit à chaque preuve de sa présence encore dans les murs. Déjà, cette odeur de café, qui n’a pu s’introduire dans ma demeure seule. Ensuite, non loin de moi traîne le tissu fin de la chemise qu’il a daigné mettre la veille pour notre dîner. D’un réflexe, je viens récupérer le vêtement et l’enfile, me délectant au passage des odeurs qu’il y a laissé. Ma nudité désormais dissimulée, je me lève enfin et cherche des yeux d’autres évidences, comme pour être certaine de tomber sur lui quelque part. Pourtant, plus les secondes passent, plus mon esprit se met en route et plus je me raidis, incapable de mettre un mot sur le sentiment que je ressens soudain. Un frisson me prend, je me permets donc de ramener mes genoux à ma poitrine et c’est dans cette position presque prostrée que je comprends soudain pourquoi ce malaise soudain. Rien n’a été bien. Rien n’a été inoubliable. Sauf ce baiser sur le pallier. L’unique raison de sa présence en mes murs ce matin. Honteuse, je viens dissimuler mon visage dans le creux de mes genoux. Mon réflexe voudrait me ruer dans la chambre de Vittoria, pour lui expliquer tout, de mon malaise à ma frigidité… Mais je me souviens rapidement de nos disputes incessantes sur le sujet des hommes et range cette idée dans un coin de mon esprit.

Je ne peux rester là, dissimulée dans cette chemise bien trop grande, à tergiverser sur ce qu’il s’est passé la veille… Ou plutôt sur ce qu’il ne s’est pas passé. Je dois le trouver et parler avec lui. Enfin je quitte, le confort relatif de mon lit pour partir à mon tour en expédition. Mon nez me guide rapidement vers la cuisine vide et je ne prends même pas la peine de me servir un café à mon tour, bien trop préoccupée à l’idée de le trouver. Je reprends donc mon exploration, jusqu’à le trouver dans ma pièce favorite. Certains appelleraient ça le destin. Et je suis bien tentée d’en faire de même. Il est magnifique. La lumière naissante vient l’entourer dans sa concentration et je me maudis une seconde de le trouver aussi adorable. Rien ne pourrait montrer la violente dispute de la veille. J’en oublie même une seconde ma frustration actuelle, mon envie de le virer de chez moi aussi vite que possible. Sans un bruit, je viens attraper sa tasse posée non loin de moi et dans mon mouvement, je m’adosse à la porte. Image parfaite d’un film de bas étage que je suis ravie d’incarner, juste une seconde. Le malaise revient bien vite lorsque je trempe mes lèvres dans le breuvage trop chaud. Une curieuse réminiscence me prend, m’impose un tremblement lorsque le baiser dans son ensemble me revient d’un coup. Et puis d’autre chose, qui n’est pourtant pas arrivé hier soir. Désormais encore plus perturbée, je sursaute lorsqu’il brandit soudain le dessin entre nous.

Et sans crier gare, c’est le rire qui me prend lorsque j’avise les traits hasardeux apposés sur le papier. Un enfant serait à peu près du même niveau et pourtant, l’image me plaît aussitôt. D’autant plus qu’elle a permit de reléguer au second plan mes inquiétudes soudaines. « Tu as bien fait de te balader. » Ma voix douce résonne entre nous et sans me soucier des conséquences, oubliant carrément mes pensées précédentes, je viens déposer à mon tour le café et envahi son espace privé pour m’assoir sur ses genoux et sans gêne, attraper le crayon qu’il tenait en main. D’un habile coup de main, j’embellis ses œuvres et vient déposer ensuite le crayon sur son oreille, un sourire fin aux lèvres. Qui viennent se déposer lentement sur les siennes en un léger baiser. « Bonjour. Le naturel de la situation me fait soudain sursauter et je me dégage de l’étreinte que j’ai moi-même instaurée, comme piquée par une guêpe. De nouveau debout, je le fixe étrangement, alors que les pensées gênantes reviennent au tout premier plan. « Euh… Tu… C’était sympa hier soir. » Mais je ne le regarde plus, bien trop perturbée en revoyant de nouveau cette scène se jouer dans mon esprit. Celle qui n’est pourtant pas arrivée la nuit précédente. Celle où enfin, le plaisir prenait possession de chaque parcelle de mon corps.

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MessageSujet: Re: oh dear... we are in trouble ▬ pv Giu   Jeu 31 Déc - 19:12

oh dear we are in trouble
Giulietta & Nolan



Je ne suis pas drogué au café. Pas vraiment. Je ne suis pas difficile, si le matin on me propose du thé, un bon chocolat chaud ou un verre de coca, dans tous les cas je prends parce que ça m'aidera à m'extirper du sommeil. Quand j'étais petit, et mes parents se sont amusés à me le raconter jusqu'à mes vingt-cinq ans, je descendais sans un mot les escaliers, je me réfugiais toujours sans un mot dans la cuisine où j'allais chercher dans les placards ouverts tout ce qu'il me fallait. Lait, bol, céréales, du haut de mes deux ans il ne m'en fallait pas plus pour que ma concentration soit dirigée vers un seul objectif: me nourrir. Ce n'était que lorsque mon bol était fin prêt et ma préparation achevée, que lorsque la première bouchée me tombait dans le gosier que je me rendais compte que je n'étais pas le seul à table, et que je saluais mon frère et mes parents avant de commencer à parler et à raconter ma vie dans un babillage incessant. Ce petit rituel du matin, même s'il a bien changé, il est toujours présent chez moi. Je ne suis pas du matin. Et si je me retrouve à quitter le lit, à m'habiller avec le minimum syndical et à délaisser une Giulietta endormie, c'est parce que l'appel du ventre est supérieur à mon envie de rester au lit pour l'embêter.

Une douzaine de pièces plus tard, tout autant, si ce n'est plus, de portes poussées et je m'échoue dans la cuisine où je trouve l'ambroisie sacrée. Ce n'est qu'armé de mon café que je reprends mon exploration, la curiosité titillée par mon errance, l'envie d'en savoir plus piquée au vif par ce château que mon âme d'enfant estime hanté pour le simple plaisir du jeu. Mais si la caféine parvient à percer la brume qui noie mes neurones, elle fait aussi remonter à la surface ce à quoi je ne voulais pas penser jusque là. Cette nuit était géniale, mais je vais me faire tuer. Et le pire, c'est que si je veux être honnête avec moi-même… nul doute que je recommencerais sans hésiter si on m'en offrait la possibilité. Il faut croire au mieux que Giulietta me plait plus que de raison, au pire que j'ai de grosses tendances sado-maso. Une porte ouverte, je m'imagine tomber nez à nez avec son mari. Une deuxième porte, je me demande quelle va être notre relation dans les jours à venir, au travail. Une troisième… une salle de dessin.

J'ai l'impression de pénétrer une sorte de sanctuaire lorsque je fais un pas en avant entre les feuilles et les crayons, entre les chevalets, les lutrins, les peintures et cette luminosité surréaliste. Mes doigts toujours curieux et fouineurs se perdent sur les objets et moi je me perds en réflexion. J'oscille entre deux certitudes : je n'ai rien à faire ici et je ne veux pas quitter cette pièce, pas pour le moment. Rapidement, mon tempérament prend le dessus et je me retrouve à dessiner consciencieusement tout ce que je sais poser sur une feuille de papier de mes doigts maladroits, bien plus habiles sur un clavier que tenant un crayon. Je tirerais presque la langue d'application tant je me concentre sur mon soleil et sur ma fleur, auxquels je rajoute sans tarder des yeux et un sourire pour les rendre plus joyeux et enfantins. Me concentrer sur ces dessins plus que simpliste à au moins le mérite de m'éclaircir les pensées et de ne me faire penser, justement, à rien d'autre qu'à mes traits tremblants. Elle est mariée, Nolan, mariée. Même un imbécile de ta trempe devrait savoir qu'on ne dort pas, qu'on ne couche pas avec une femme mariée. Je soupire, ne regarde que le rayon de soleil ajouté avec une minutie factice. Mordillant le crayon, je m'arrête et tends la main pour récupérer ma tasse de café. Rien.

Rien. Rien ? Je lève les yeux. La première chose que je remarque, en dehors de sa présence et de son sourire, c'est qu'elle s'est perdue sur ma chemise et c'est peut être ça qui me fait rejeter loin de mes pensées premières mes préoccupations quant à l'autre habitant de cette maison, celui que je n'ai pas vu et que je ne veux pas voir. Sans tarder, j'attrape une feuille et la brandis en bouclier. Tadam, c'est beau, j'ai faim, je noie le poisson de ma bonne humeur amplifiée d'un léger malaise avant de me réveiller pleinement et de me taire. Je fais une pause, infime, le temps de me mordiller la lèvre lorsque je me prends la réalité en pleine gueule. Bonjour. Je ne suis pas du genre à être timide, ce serait même tout le contraire. Mais il y a un monde entre ne pas être timide et assumer totalement d'avoir exploré une maison sans autorisation et sans gêne, je crois. « Tu as bien fait de te balader. » Sa voix douce caresse mon malaise pour le calmer, ses déplacements achèvent de me faire fondre et de me rassurer et lorsqu'elle vient se réfugier sur mes genoux en libérant son otage, je ne me fais pas prier pour la réceptionner, frissonnant sous le contact. Par principe, je râle d'un « Hééé ! » gamin lorsqu'elle me pique mon crayon, je me venge d'une main baladeuse dans son dos et sa nuque. Je serais même parti dans des chatouilles si elle n'avait pas rectifié et corrigé mes dessins de quelques coups de crayon qui démontrent sans doute possible qu'elle est le maître et moi l'apprenti. Un sourire sur nos lèvres, nos lèvres qui se joignent dans un sourire. « Bonjour. J'aime bien sa manière de me dire bonjour. Ca a quelque chose de mignon et de désirable en même temps. De naturel et…

Elle se dégage presque instantanément, me soufflant mon sourire avec une efficacité désastreuse. « Giu' ? » Une syllabe pour quinze questions avec en premier lieu : j'ai fait quelque chose de mal ? Son regard me met mal à l'aise, comme un enfant pris en faute et je me lève à mon tour, une main nerveuse glissant dans mes cheveux déjà bourrés d'épis. « Euh… Tu… C’était sympa hier soir. »

Ah. Ah. Oh. On va se le confier tout de suite, comme deux meilleurs amis qui se racontent leur pire défaut : pour être honnête, je n'ai pas connu beaucoup de femmes. Déjà parce que depuis trois ans maintenant je suis officiellement mort, mais déjà avant… mes relations étaient du genre stables et éphémères, n'excédant pas nécessairement l'année ou les six mois, et elles n'étaient pas multiples. Pas un homme à femmes, pas un ermite non plus. Mais je ne suis pas puceau, loin de là, et en général, on ne me dit pas que c'était sympa. Sympa. C'est presque le pire des compliments, avec le il est bien brave ou le il est gentil qui te plombe le moral avec l'efficacité du je crois que j'ai pitié de toi et de ta nullité qui se cache derrière un bon sentiment. Donc oui… Je suis vexé. Immédiatement. Ca pique mon orgueil, ça heurte mon petit ego, ça fragmente un peu cette atmosphère détendue. Et ça me rappelle… que je ne suis pas le seul homme de sa vie et qu'hier encore, nous n'étions que des amis. Donc qu'aujourd'hui… puisque c'était si sympa, nous ne sommes pas davantage. Ce que j'espérais ? J'en sais rien. Je croise les bras sur mon torse, dont la nudité m'est brutalement insupportable. « Sympa ? Mais encore ? » Je me retiens de parler davantage pour ne pas faire de faux pas du genre d'un j'imagine que ton mari est un meilleur coup au lit qui me brûle les lèvres. Je prends mon inspiration et me passe une main sur le visage. Y'a pas à dire, un café, ça réveille suffisamment pour que je sois capable de partir au quart de tour. « Tu as bien dormi ? » Si mon torse nu m'est insupportable, être dans cette pièce et en sa présence l'est encore plus parce que je suis tiraillé entre vouloir mettre les choses au clair et l'embrasser une nouvelle fois. Crétin d'imbécile. Je secoue la tête et la contourne pour sortir de la salle de dessin, de la bâtisse, du quartier et me réfugier dans mon petit quartier pourri, dans mon petit appart pourri, dans ma petite chambre pourrie. Avec Gavin pour me baver sur les genoux. « J'imagine qu'il vaut mieux que j'y aille maintenant, non ? »


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MessageSujet: Re: oh dear... we are in trouble ▬ pv Giu   Mer 6 Jan - 16:13


Je le remarque presque aussitôt, son changement d’attitude. A mon instar, il semble soudain piqué à vif et je regrette une seconde de ne pas avoir profité plus de la situation douce qui s’était installée, pas plus de quelques minutes plus tôt. Lentement, je mords ma lèvre inférieure, gênée à l’idée du malaise qui s’installe lentement entre nous. C’est ma faute, je le sais, même si je ne suis pas certaine de ce que j’ai pu dire pour le vexer autant. Sa position se fait clairement défensive, avec ses bras sur son torse, gâchant ma vue pourtant agréable jusqu’ici. Je voudrais m’avancer et déposer ma main sur son avant bras, pour le détendre légèrement, mais le flash de sa première réponse m’en empêche finalement. Sympa… C’est ce mot qui le perturbe probablement autant et je prends soudain conscience du manque de diplomatie dont j’ai pu faire preuve. Malheureusement, la frustration revient me hanter au quart de tour et je suis désormais incapable d’être plus compatissante. Tout simplement parce que ses lippes m’ont promis des merveilles, lorsque ses mains se sont avérées cruellement décevantes. L’espoir, perfide, s’est insinué dans mon être lors de notre baiser, pour se transformer en désillusion par la suite. Je réfléchis trop, le laisse continuer à ressasser ma bêtise et ne reprend pied avec la réalité que lorsqu’il bouge, me passe à côté et entreprends de s’éloigner de moi. L’éclat qui s’incruste dans mon cœur à cet instant est si insupportable que je laisse ma main jaillir pour attraper la sienne au passage. Mes doigts se serrent, viennent entourer les siens sans parvenir à comprendre pourquoi j’insiste pour le garder près de moi.

Pourtant je ne sais pas quoi lui dire. Je ne sais pas quoi faire pour ne pas le laisser fuir de cette façon. Déjà, parce qu’il me serait ensuite impossible de travailler avec lui et surtout parce que je ne veux pas ruiner notre relation par un mot malvenu. Doucement, je me tourne vers lui et tend la tasse, comme un bouclier entre nous. Stupide, probablement, mais je ne peux pas rester sans rien faire. Et si les mots se font un plaisir de me fuir, je lui offre mon plus joli sourire, mon plus sincère, juste pour lui donner une raison, une seule, de rester près de moi. « Tu ne peux pas partir sans ta chemise. » Effet que je gâche malheureusement en ouvrant la bouche, de la façon la plus malvenue possible. Mon pâle faciès s’orne soudain d’une rougeur incontrôlable et son regard se fait soudain insupportable à mon encontre. Je me sens stupide, incroyablement idiote et la raison s’impose sans difficulté à esprit déjà fatigué de cette situation. Lentement, je dépose la tasse sur le meuble le plus proche, plus pour récupérer une contenance que je ne parviens pas à éprouver.

Je sais ce qui me tracasse et cela n’a plus rien à voir avec les visions étranges que j’ai vu à mon réveil. Mon état normal m’a quitté, parce que je ne joue actuellement aucun rôle. Depuis Vincenzo, depuis le seizième siècle, depuis ma renaissance en tant qu’humaine, je n’avais couché avec personne, par simple envie. Nolan, à défaut d’avoir su me faire vibrer, a réveillé un sentiment que je croyais enterrer avec mon peintre. Une envie de l’avoir près de moi, sans agenda ni programme. Et cette constatation m’effraie autant qu’elle me plaît. L’idée de me pointer au travail, le sourire aux lèvres à l’idée de le revoir, me fait vibrer une seconde, avant que la réalité ne vienne me faucher en pleine réflexion. Cela n’arrivera pas. Tout simplement parce qu’il rêve de prendre la poudre d’escampette. Je peux le lire dans son regard et c’est avec cette observation que je lâche sa main, d’un geste vif, comme brûlée. Juste une nuit, comme ça en passant et c’est avec cette conviction que je lâche finalement entre nous. « Donne moi cinq minutes alors. Je vais retirer ça pour te la rendre. C’était stupide de la mettre de toute façon. » C’est à mon tour de passer juste à côté de lui, pour m’avancer dans le couloir.

D’une impulsion pourtant, je fais volte-face et viens l’agresser soudain, de mes questions et ma voix sèche. « Pourquoi tu montes sur tes grands chevaux, sous prétexte que j’ai pas utilisé le bon adjectif hein ? C’était sympa. Bien mieux que le repas ! Si j’avais dit pourri, là tu pourrais faire la tronche. » Et j’aurais pu le dire… Les mots hurlent au fond de moi, dans mon emportement, je voudrais les dire à haute voix, lui faire du mal, pour me sentir un peu mieux, mais je ne cède pas à l’impulsion désastreuse pour continuer, le débit de plus en plus rapide, de mon accent toujours plus prononcé. « Si tu cherches juste un prétexte pour te barrer, pas besoin, dis le simplement ! T’as eu tout ce que tu voulais non ? » Ma verve soudain éveillée, je me laisse porter par le flot dithyrambique de la frustration pour lui asséner toujours plus. « Oh et puis tu sais quoi, cazzo ! » Je ne désire même plus parler. Je ne veux même pas penser. Alors j’agis. Et d’un geste presque trop empressé, je défais les boutons de la chemise que j’ai daigné attacher, pour la défaire et lui lancer à la figure. « Cazzo ! » L’anglais me fuit et cette fois, je fais volte face, pour me réfugier dans ma chambre, sans trop comprendre ce qui vient de me secouer.

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MessageSujet: Re: oh dear... we are in trouble ▬ pv Giu   Dim 10 Jan - 0:27

oh dear we are in trouble
Giulietta & Nolan



C’était sympa hier soir. Cette phrase a quelque chose d’incroyablement vexant. Décevant. On pense certainement tous être quelqu’un d’exceptionnel, être meilleur que le précédent, être plus remarquable que les autres… Cette phrase a quelque chose d’incroyablement vexant pour la simple raison que je ne m’y attendais pas. Ma réaction est à l’image de mes pensées : distante. Mon changement d’attitude, même, est si flagrant qu’il me déroute, le changement d’atmosphère quant à lui… Je me rétracte, mets de la distance, mon torse nu me met brutalement mal à l’aise et je me rends compte que je ne désire plus qu’une chose : partir de cette foutue baraque. C’était sympa hier soir. Ce n’est pas que ma bonne humeur s’est envolée, c’est que la réalité vient de me rattraper et de me heurter de plein fouet. Je suis stupide, j’imagine, de me vexer pour si peu mais je suis incapable de contenir mon mouvement d’humeur. Je suis incapable, aussi, de contenir mes regrets et mon ego blessé, mon ego de mâle qui se croyait unique le temps d’une nuit. La désillusion n’est pas amère, elle est juste un peu trop en avance sur l’horaire, je lève les yeux au ciel, je soupire, je me perds dans une première question ridicule et une fuite déplorable. Tout m’insupporte, de sa présence à son regard, de cette lèvre mordue à cette chemise qu’elle porte, de son existence à cette nuit si sympa. Putain que je hais cette baraque, putain que je déteste ce que mon inconscient a pu construire avec précipitation contre mon gré et cette amertume déçue et vexée qui noie le café et en attise les effets pour mieux me faire partir. Je la contourne, je m’approche de la porte avec la ferme intention, sitôt rentré chez moi, de me perdre dans une relecture de code ou un bouquin, dans une réparation d’ordinateur ou un reformatage, la tête de Gavin posée sur mes jambes pour m’apporter un peu de réconfort. Ma boule de poil me manque. C’était sympa hier soir. Ses doigts kidnappent les miens, me retiennent de justesse, je me retourne brusquement, mon quoi agacé se perd entre mes lèvres et refuse se sortir, je me contente de la toiser avec une certaine colère inexplicable et puérile. Oui, voilà, je suis puéril dans ma vexation, immature dans ma frustration, excessif dans ma réaction. C’est peut être parce que j’ai conscience du ridicule de mon attitude que je me tais, au final. Je la toise, dans l’attente d’un mot, d’une phrase, d’un prétexte qu’elle pourrait me donner pour me faire rester, partir, pour me retenir ou m’envoyer paître un peu plus loin.

Lorsqu’elle se tourne vers moi pleinement, doucement, je me surprends à remarquer que travailler à quelques mètres d’elle va être insupportable dans les jours à venir et que j’ai intérêt à me faire porter pâle. Ou à tourner la page rapidement. Elle me tend la tasse, j’hésite à la prendre. J’hésite aussi à l’ignorer, à lui mettre un vent aussi gamin que tout ce que je pourrais dire actuellement. Bon sang, quand ai-je cessé de grandir ? Il y a longtemps j’ai l’impression, très longtemps, surtout dans ce domaine là. Je suis incapable du moindre mouvement. Son sourire me désarme complètement, je ne sais même plus ce que je veux, je sais juste que sans être totalement perdu, je n’arrive pas à savoir ce que je veux faire, ce que je veux dire, si je suis vexé ou autre. Je n’arrive plus du tout à savoir où j’en suis. L’unique chose qui soit sûre, au final, c’est que je suis là, face à elle, que mon bras accrochant le haut de mon épaule tente plus de cacher mon torse que de garder Giulietta à distance et que cette tasse qu’elle me tend… va rester entre elle et moi. Comme un bouclier infranchissable. « Tu ne peux pas partir sans ta chemise. »

Forcément. Sa phrase, aussi pertinente qu’inattendue, déride légèrement mon visage que je voulais impassible, pare mes lèvres d’un petit sourire qui ne demande qu’à reprendre ses aises et s’élargir, s’affirmer pour retrouver la place qui lui est due sur mes traits. Ses joues, elles, se teintent d’une rougeur, je me mords la lèvre dans un « C’est vrai » que je ne sais comment compléter. Je sais, oui, mais… tu peux la garder ? ne me semble pas adéquat. Tu me la rendras au boulot est la pire réponse que je pourrais lui offrir et ah aurait été un peu trop bref, même pour moi. Elle repose la tasse, je guette dans son attitude, sur ses lèvres qui attirent mon regard et qui se pincent, une réaction. Et c’est parce que je guettais quelque chose que je remarque à son tour dans sa façon d’être que je ne vais pas aimer la suite. Sa main lâche la mienne, mes doigts se referment sur du vide brûlant de son absence. « Donne moi cinq minutes alors. Je vais retirer ça pour te la rendre. C’était stupide de la mettre de toute façon. » Par réflexe, parce que je suis un grand bêta et qu’il n’y a pas de monde d’emploi concernant la meilleure façon de réagir dans une situation comme celle là dans mon guide du parfait petit informaticien, je me décale sur le côté lorsqu’elle me contourne à son tour et s’échappe en direction du couloir.

« Pourquoi tu montes sur tes grands chevaux, sous prétexte que j’ai pas utilisé le bon adjectif hein ? C’était sympa. Bien mieux que le repas ! Si j’avais dit pourri, là tu pourrais faire la tronche. Si tu cherches juste un prétexte pour te barrer, pas besoin, dis le simplement ! T’as eu tout ce que tu voulais non ? » J’étais perdu jusque là, là, je viens de retrouver le sol. Avec une certaine violence. Bien mieux que le repas, ça, c’est certain. La tension, la distance, le malaise, voilà ce qui a pourri le repas et qui revient pourrir notre petit-déjeuner, j’ai l’impression que nous ne sommes pas très doués pour entretenir la conversation autour de nourriture. J’étais perdu, elle vient de me mettre à terre en quelques mots. Sauf qu’être foutu à terre avec un coup de poing dans les côtes, un coup de genou dans les parties, un direct dans la mâchoire, je connais. Mieux, même : j’encaisse, et plutôt bien maintenant. Ma mâchoire se crispe, mon poing se serre, je fais un pas dans sa direction comme pour la mettre au défi de continuer. Ses mots se perdent dans un accent qui va en s’intensifiant, s’entrechoquent sur cette mélodie chantante qui atteint son paroxysme lorsque l’italien s’écrase sur mon visage. « Oh et puis tu sais quoi, cazzo ! » Non, je ne sais pas, mais quelque chose me dit que je vais bientôt le sav… Ses doigts s’agitent sur son torse, délient un à un les boutons de sa chemise pour mieux me la lancer à la figure. Ma main l’attrape, par réflexe, je n’ai pas besoin de réfléchir et c’est mieux comme ça : je suis con. Je reste con, aussi, devant ça. « Cazzo ! » Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais j’ai comme l’impression que ce n’est pas un compliment.

Et moi, je reste con, parce que mon regard reste fixé autant sur ses formes que sur ses omoplates, aussi sur ses cheveux que sur son dos qu’elle me présente en partant dans la direction de sa chambre, si je me repère bien. Je reste con, mais pas plus de quelques secondes, celles qui me suffisent à faire la part des choses. « Giulietta ! Giu’, putain ! » Mon poing se serre autour de ma chemise, je me précipite à sa suite et attrape son épaule pour la forcer à me faire face. « Attends, putain ! C’est moi le vexé aux dernières nouvelles ! » Tais-toi, Nolan me chuchote ma conscience. Me taire ? D’accord. Je l’embrasse brutalement, la plaquant contre le mur le plus proche, comme la veille au soir en réponse au sien, comme la veille au soir parce que je n’avais pas envie de partir. Aussi brusquement, je me détache, je recule. « C’est pas ma faute si le repas était pourri, c’est toi, aussi ! Tu n’y as pas mis du tien, tu… et puis… oh et puis merde ! » C’est à mon tour de balancer ma chemise à sa figure avant de faire volte face pour appuyer mes deux mains contre le mur et lui tourner le dos. Je soupire avant de me tourner à nouveau et de m’adosser au mur, mon dos nu frissonnant sous la fraîcheur de la peinture. « Qu’est ce que t’as avec moi ? Surtout que merde, t’es mariée, t’es… tu te fous de moi, bordel ! Regarde, là, » Mon bras part en direction de la salle de dessin qu’on vient de quitter. Je dois être italien dans mes gestes à défaut de l’être dans mes mots et mon sang. « j’avais pas envie de partir, c’est toi qui as tout foutu en l’air avec ton » C’est au tour de mes doigts de singer des guillemets. « sympa à la con ! Dis le tout de suite si ton mari est meilleur au lit, que je sois fixé sur ta déception ! Et ne fais pas genre que c’est parce que tu parles mal anglais que tu as utilisé ce mot, fais pas genre avec moi ! » Pour finir dans son ballet énervé, ma main pointe un index accusateur en direction de Giulietta. « J’suis p’t’être con mais pas à ce point, et si c’était de la merde, t’as qu’à le dire direct au lieu de tenter de noyer le poisson ! » J’aurais sûrement mieux fait de me taire mais je ne m’appelle pas Liam : moi, je suis le Wiggins qui dit ce qu’il pense quand il le pense, et qui réfléchit après, parfois.


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MessageSujet: Re: oh dear... we are in trouble ▬ pv Giu   Mer 13 Jan - 22:17


Son appel résonne derrière moi, mais je n’y réponds pas et me contente d’accélérer le pas, dans la simple optique de m’en éloigner le plus vite possible. Je ne cherche pas à comprendre comment la situation a pu dégénérer autant, tout comme je ne veux pas me questionner sur le palpitant agité qui rend ma respiration si difficile, hachée. Pourtant, j’y suis obligée lorsque ses prunelles croisent les miennes de nouveau. Sa main sur mon épaule, laisse une douceur brûlante, qui me laisse frissonnante pour une simple seconde. Une seule puisque ses mots viennent agacer mes tympans dans leur litanie stupide. Je ne retiens d’ailleurs pas un roulement de mes yeux en réponse muette à son éclat. Cela ne dure pourtant pas bien longtemps puisque dans un geste soudain, il vient m’embrasser et me plaquer contre le mur, en une réminiscence cruelle de ce baiser de la veille. Les mêmes vagues de désirs et de plaisir viennent m’envahir, le même espoir d’une suite agréable et inédite vient s’emparer de mon corps et mon âme. Dans un sursaut, je réponds donc, enroule mes bras autour de sa nuque pour l’interdire de s’en aller, de reprendre la parole et dire d’autres choses idiotes. Je désire simplement l’attirer à moi et le garder contre mes lippes. Et alors que je recherche plus, que j’envisage de descendre mes mains dans son dos, il s’écarte. Le froid soudain me fait frissonner, son éloignement ramène la frustration au premier plan et ma peau dénudée se hérisse d’une chair de poule malvenue. Mes paupières se relèvent, quand je n’ai pas eu conscience de les avoir fermée, je cherche une seconde ses yeux pour finalement abandonner lorsque sa chemise me revient en pleine figure. Je me débarrasse du tissu qui s’échoue au sol dans un bruissement, pour ne plus voir que son dos.

Ma colère, déjà dissimulée sous mon épiderme, me fait rougir et ma mâchoire se serre, en une introduction bien calme de ce qui pourrait suivre. L’impression que chacun de ses mots n’est prononcée que pour l’alimenter ne me quitte pas et c’est donc d’un ton sec que je me permets une réponse alors que les frissons ne me quittent pas et hantent ma peau en attente d’une explosion qui ne viendra pas. « Moi ? Mais je t’ai fait mon repas préféré. Je t’ai présenté mon plat fétiche pour te montrer un peu plus de moi. J’ai souris tout du long. C’était notre faute à tous les deux, parce qu’on repensait à l’ascenseur. C’est tout ! » J’essaye de me montrer plus mature que lui, mais c’est difficile lorsque tout mon cœur hurle de lui jeter à la figure maintes insultes et objets. Je ne saurais dire si ma colère est rationnelle ou non, si mes réactions ne sont pas disproportionnées, mais l’impulsivité m’envahi à chaque seconde de plus, de trop… « Bon très bien ! Si c’est la vérité que tu veux, voilà la vérité. C’était de la merde ! Tu m’as promis la lune avec tes lèvres. Et puis plus rien ! C’était comme d’habitude ! Nul ! Juste du sexe ! »

Lentement je me mords la lèvre, pour m’empêcher d’aller plus loin. Après tout, ce n’est pas de sa faute, c’est moi qui ait un problème, je l’ai compris depuis bien longtemps. J’ai appris à composer avec l’égo des hommes pour ne pas les blesser et prétendre que tout va bien lorsque l’ennui a pu dévorer chacun de mes ébats passés. Seulement dans cette situation, je me trouve incapable de maintenir l’illusion, de prétendre que tout va bien et j’ignore pourquoi. Probablement parce qu’en face de moi se trouve Nolan et qu’au fond, alors que je m‘échine à prétendre le contraire, je l’aime bien. Et si tout mon corps se tend vers lui, vers sa présence, mon esprit et mes mots, clament tout le contraire. « Ah et puis ! Mon mari est mort ! Fan culo ! C’était un pauvre type, que j’ai épousé parce qu’il était ministre. J’ai obtenu des dizaines d’informations comme ça. Il est même mort à cause de moi. Et t’inquiète pas. C’était nul aussi de toute façon ! » Je m’enfonce toujours plus profondément dans la méchanceté gratuite, qu’il ne mérite pas une seconde. Conduite par un mauvais instinct, je lâche ce que j’ai sur le cœur, alors que je voudrais pourtant me blottir dans ses bras et l’embrasser, et ainsi ne plus jamais m’agacer de ce qu’il dit.

Ce n’est pas ce que je fais. Je reste devant lui, toujours dans le plus simple appareil, un regard noir dardé sur lui, sur ce doigt qu’il pointe sur moi, si agressif. Tout autant que la réponse que je m’apprête à lui lancer. « Et tu es con Nolan ! Si tu l’étais pas, tu te serais rendue compte que j’ai dit que c’était sympa ! Et pas nul ! Sympa, parce que c’était toi. Et que même si la partie sexe était nulle. C’était pas grave. Parce que c’était avec toi que j’avais passé du temps. Et qu’on était plus gênés à cause de l’ascenseur. Et qu’on parlait plus de rien d’autres que des blagues nulles. Et qu’on était juste toi et moi ! Et ce matin c’était aussi censé être pareil ! » Mon ton devient plaintif au fur et à mesure que les mots s’écrasent entre nous et lorsque je conclus, c’est une voix presque brisée qui se fait finalement entendre. « Et t’as tout gâché ! » Trop rapidement, je détourne les yeux et croiser les bras sur ma poitrine, plus gênée qu’autre chose par mes derniers mots. C’était censé être une bonne matinée, avec un petit déjeuner agréable et détendu. Et puis cette vision trop agréable s’est imposée, pour me rendre folle. Ce sont ces images, qui ont gâché le précieux moment, jusqu’à devenir inéluctables. De nouveau elle s’incruste et je perds totale contenance lorsque je vois clairement le visage de Nolan sur le corps de l’homme qui me fait tant de bien. Cela ne peut pourtant être lui, je sais que la veille, rien de tout cela ne s’est passé. L’idée d’un rêve érotique traverse mon esprit, mais les images semblent si réelles que je suis confuse. « Nolan je… Je ne veux pas qu’on se comporte comme ça l’un avec l’autre. Je t’aime bien Nolan. C’est pas… Ce que je voulais. » Ma voix radoucie s’échappe sans que je ne l’ai prémédité, et cette fois, j’essaye de lui sourire de la plus honnête des façons, alors que mes yeux reviennent dans les siens, une seconde après. « On peut effacer les 5 dernières minutes ? S’il te plaît ! » Quelque chose me dit pourtant, que ça ne sera pas si facile de lui faire oublier la cruauté de mes paroles.

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MessageSujet: Re: oh dear... we are in trouble ▬ pv Giu   Dim 24 Jan - 16:36

oh dear we are in trouble
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Dire que je n’en mourrais pas d’envie serait un honteux mensonge. Vraiment. Me faire taire n’est qu’un prétexte lorsque je la plaque contre le mur, avec une certaine brutalité que j’espère pas totalement dénuée de douceur. La véritable raison, c’est que j’en meurs d’envie, j’en meurs de jalousie, j’en meurs de frustration. C’était sympa, hein ? Et ça, c’est sympa aussi ou tout simplement médiocre ? Je ne comprends pas pourquoi je suis aussi vexé, j’imagine que c’est parce que comme toute personne sensée, j’ai un ego. Et que cet ego me hurle de ne pas juste lui laisser le souvenir d’une nuit sympa mais d’imprimer ma marque, de graver mon souvenir, d’imposer ma présence et mon ombre à son connard de mari que je ne connais pas mais que j’envie déjà. Je ne veux pas rester un mec sympa, c’est une certitude, je veux être plus. C’est d’ailleurs pour ça que je me détache brusquement et que j’arrête de me contenir. Je sais que je devrais me taire. Je le sais vraiment. Mais…

Je ne peux pas enterrer mon caractère, cette impulsivité sincère qui colle à ma peau et à mes actes, cette spontanéité candide qui balance ma chemise sur cette nudité qu’elle m’impose, cette nudité qui me rend fou autant qu’elle me rend malade. Ce n’était pas ma faute, bordel ! Le mur reçoit les paumes de mes mains, je m’y appuie pour mieux lui tourner le dos et tenter de gérer cette colère capricieuse qui fait trembler mes muscles. Je soupire avant de me retourner, je soupire avant de la regarder, je soupire avant de continuer, de m’enflammer, de m’enterrer dans ma colère et ces phrases que je risque de regretter après tout. Mes mains se promènent, mes mains argumentent, mes mains clament une ascendance italienne artificielle. Et en point d’orgue de ma colère ? Cet index que je pointe dans sa direction, aussi accusateur que mes propos, peut être aussi injuste que ma vexation. Je suis peut être con, mais qu’elle n’hésite pas à me dire que c’était de la merde, bordel, je préfère mille fois une sincérité acide qu’un mensonge douceâtre que je trainerais pendant des années sans parvenir à savoir ce que je dois en comprendre. Je hais les mensonges, je les hais autant que ces demi-vérités que les gens prennent pour des marques de sympathie. Je hais tout ça et c’est peut être, finalement, ça qui me met autant hors de moi. Je devrais me la fermer, parfois, je le sais. Mais ce qui est dit est dit, ce que j’avais sur le cœur est sorti. Je n’ai plus qu’une envie, maintenant, c’est me casser. De me barrer de cette maison à la con, de ce quartier à la con. M’éloigner d’elle.

Je fixe mon regard dans le sien pour lui interdire de dériver plus bas, de dériver sur ses formes, de dériver sur sa poitrine. Et mes rétines assistent sur son visage à l’éclosion d’une colère similaire à la mienne, comme un reflet croissant. « Moi ? Mais je t’ai fait mon repas préféré. Je t’ai présenté mon plat fétiche pour te montrer un peu plus de moi. J’ai souris tout du long. C’était notre faute à tous les deux, parce qu’on repensait à l’ascenseur. C’est tout ! » Je serre le poing, mâchoire crispée, mâchoire verrouillée pour m’empêcher de répliquer que c’est faux, que je ne pensais pas à l’ascenseur, que son repas était dégueulasse et sa conversation inintéressante. Parce que ce serait mentir, parce que ce serait faux, bien sûr. Elle a raison, je le sais, et c’est ça qui rend le reste encore plus douloureux. « Bon très bien ! Si c’est la vérité que tu veux, voilà la vérité. C’était de la merde ! Tu m’as promis la lune avec tes lèvres. Et puis plus rien ! C’était comme d’habitude ! Nul ! Juste du sexe ! » Je reste les bras ballants, comme un con. Pendant une fraction de seconde. Pas beaucoup plus. Puis mon visage se déforme sous l’incompréhension. « Que… quoi ? » Oui, je sais, c’est très éloquent tout ça mais… « Non mais tu te fous de ma gueule ? C’est de ma faute, c’est ça ? » Tu m’as promis la lune avec tes lèvres On va dire que c’est déjà ça mais… mais ce n’est pas assez ! Je fais un pas en avant, avec la ferme intention que cette conversation ne s’arrête pas tout de suite, quitte à ce qu’elle s’envenime davantage, qu’elle se… « Ah et puis ! Mon mari est mort ! Fan culo ! C’était un pauvre type, que j’ai épousé parce qu’il était ministre. J’ai obtenu des dizaines d’informations comme ça. Il est même mort à cause de moi. Et t’inquiètes pas. C’était nul aussi de toute façon ! » Je m’immobilise brutalement. Avant de faire un pas en arrière, le souffle coupé. Qu’il était ministre, vu la baraque et notre rencontre au cœur du Gouvernement, ce n’est même pas une surprise, mais… « Et tu es con Nolan ! Si tu l’étais pas, tu te serais rendue compte que j’ai dit que c’était sympa ! Et pas nul ! Sympa, parce que c’était toi. Et que même si la partie sexe était nulle. C’était pas grave. Parce que c’était avec toi que j’avais passé du temps. Et qu’on était plus gênés à cause de l’ascenseur. Et qu’on parlait plus de rien d’autres que des blagues nulles. Et qu’on était juste toi et moi ! Et ce matin c’était aussi censé être pareil ! Et t’as tout gâché ! » Que je suis con, autant le dire tout de suite, on me le dit souvent. Peut être trop, peut être pas assez, mais souvent ça, c’est certain. Donc ce n’est pas une surprise. Mais pour le reste…

Ma colère s’évapore, ma frustration aussi, ma vexation encore plus. J’ai l’impression d’être coupable, j’ai l’impression d’avoir tout fait rater. T’as tout gâché. J’ai tout gâché ? Ma voix est presque plaintive lorsque je tends une main maladroite dans sa direction. « Giu’, je… » Je quoi ? « Je… je savais pas, j’suis désolé, je… » Je m’excuse de t’avoir promis sans le savoir des sensations que je ne t’ai pas données ? C’est ridicule. C’est ridicule mais en la voyant détourner les yeux, mon malaise grandit, je fais à nouveau un pas en arrière, un deuxième et je heurte le mur du couloir. Putain que je me sens con. C’est affreux. Vraiment. Presque physiquement affreux. Il est même mort à cause de moi. Je me sens horrible lorsque j’oscille entre la peine de la savoir veuve, le soulagement de la savoir veuve et un petit plaisir sadique à savoir qu’un ministre est mort. J’inspire à fond, je ferme les yeux pour ne pas la voir, je ferme les yeux pour me passer une main nerveuse sur le visage et tenter prudemment de faire le point. Qu’est ce que je lui reprochais, au juste ? Je ne sais même pas, je ne sais même plus, je sais juste que j’ai réagi peut être excessivement pour la simple raison que cette situation était trop tendue pour moi. Entre son mari – mort – et cette soirée – étrange. Entre cet adjectif – sympa – et cet enthousiaste – douché. « Nolan je… Je ne veux pas qu’on se comporte comme ça l’un avec l’autre. Je t’aime bien Nolan. C’est pas… Ce que je voulais. » J’ouvre les yeux, m’appuie complètement au mur. Sa voix s’est radoucie, j’imagine que la mienne aussi. Comme une accalmie après la tempête, comme la petite brise qui vient ramasser nos décombres. « On peut effacer les 5 dernières minutes ? S’il te plaît ! » Effacer les cinq dernières minutes ?

C’était de la merde. Effacer les cinq dernières minutes ? Vraiment ? T’as tout gâché. Mon regard se perd sur le côté, juste au dessus de son épaule, juste à côté de sa nuque. Je soupire. « J’suis désolé… Je veux dire je… J’suis désolé Giu’, j’suis un peu… » Putain, mais qu’est ce que j’essaye de faire, là ? De me justifier, de m’excuser ? De me trouver des excuses aussi ridicules que pitoyables, aussi futile qu’inutiles ? Ce ne sont pas les cinq dernières minutes qu’i faut effacer. Ce sont les cinq dernières semaines, les cinq derniers mois, qu’elle puisse oublier à quel point je suis débile et à quel point je peux être con. « Excuse moi, j’ai parlé sans réfléchir. T’as raison, c’était pas ta faute pour hier, et… » Je ne termine même pas ma phrase : il faut que j’apprenne à me taire. Allez, du nerf Nolan, tu vaux mieux que ça ! Je me fous une claque. Mais genre… vraiment. De toute manière, du point de vue de la crédibilité j’imagine qu’on n’est plus à ça près depuis un bail donc bon. Je me fous une claque pour me remettre les idées en place. Et j’inspire. A fond. Vraiment. Avant de me forcer à sourire. Timidement. Allez, Nolan, tu as fait la moitié du chemin. On peut effacer les cinq dernières minutes ? Trouve quelque chose de spirituel à dire. « Tu peux remettre ma chemise ? Parce que si je ne risque pas d’attraper froid lorsque je te regarde, ce serait dommage que tu éternues… » Un petit sourire taquin. Je me mords la lèvre. Décide d’enchaîner. « Il doit rester du café dans la cuisine, si tu veux, je te montre où elle est, je l’ai trouvée tout seul tout à l’heure, comme un grand ! » Petit à petit, de la vitalité s’immisce dans ma voix, dans cette énergie hyperactive qui me caractérise autant que ma paresse presque légendaire. Je décide de quitter le refuge du mur pour attraper ma chemise et la lui poser sur les épaules.

Honnêtement ? Si je m’écoutais, je l’embrasserais. Encore. Là, maintenant. Je l’embrasserais, je l’enlacerais, je la porterais jusqu’à sa chambre pour mieux la réchauffer. Sauf qu’au moment où mes doigts effleurent ses clavicules, j’ai l’impression qu’ils brûlent, se consument, détruisent en un instant toutes les initiatives que je pourrais vaguement avoir envie de prendre. Je m’empresse de remettre de la distance entre nous. C’était de la merde. « En revanche, je n’ai pas trouvé de quoi manger. Tu as quelque chose à me proposer ? » Ne pas lui montrer mon malaise, ne pas lui montrer qu’elle a raison et qu’en effet, tout est gâché. Nous voilà revenus à ce malaise post-ascenseur. Avec le désir en plus. De mon côté du moins.



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MessageSujet: Re: oh dear... we are in trouble ▬ pv Giu   Mar 2 Fév - 18:17


Je m’emporte, m’évade dans une vague de reproches que je ne peux retenir. Je ne le cherche pas de toute façon. Cette frustration m’empêche d’être rationnelle et c’est mots après mots que je l’assassine doucement. Je n’ai pas vraiment conscience du mal que je pourrais lui faire, ni de la culpabilité qu’il pourrait ressentir. Ce n’est qu’un flou qui se fond lentement dans mon âme et me laisse agacée lorsque le flot de paroles s’interrompt. Ce monologue désagréable résonne encore en moi alors que ma voix s’éteint et les regrets s’amorcent bien vite, incapables de rester cachés bien longtemps. Ma cruauté me revient en plein visage et ce dernier se décompose d’ailleurs lorsque j’entrevois les réactions de mon interlocuteur, qui ne mérite décidément pas ce sort peu enviable. Et il s’excuse. Une fois. Deux fois. Trop de fois. C’est idiot, il n’y est pour rien, il n’a rien fait de mal, ce n’est pas de sa faute. Et plus il se blâme, plus je me sens mal moi même. L’impensable se fait soudain et devant l’incongruité du geste, je ne peux que lâcher un petit cri de surprise, bien vite remplacé par un sourire de franc amusement, que je tente de dissimuler tant bien que mal. C’est stupide, parce que ce qu’il vient de faire est très drôle, mais dans le même temps, je crois avoir déjà suffisamment heurté sa fierté, pour ne pas le laisser croire que je me moque de lui. Je l’observe se métamorphoser, effacer, à sa manière, les 5 dernières minutes, comme je le lui ai demandé et lentement, mon cœur se gonfle d’une reconnaissance inconnue. Il n’essayera pas d’envenimer encore les choses et à mon instar, il ne veut pas que nous nous disputions. Je peux le lire dans son regard, dans chacun de ses gestes alors je l’imite à mon tour, pour laisser un fin sourire, trop peu expressif, naître ses mes lippes. Et c’est un long frisson qui me prend ensuite à son allusion très explicite, qui me met mal à l’aise malgré moi. C’était probablement censé être un compliment, mais je le prends étrangement mal et mes lèvres redeviennent neutres, même si mon regard ne le quitte pas d’une semelle.

L’embarras ne reste pourtant pas alors qu’il continue et son enthousiasme me fait éclater d’un rire clair, que je me retrouve incapable de maîtriser. Chacune de ses paroles semble être un caviar de bêtises, dont je me délecte à chaque secondes. J’apprécie nettement moins le traître frémissement qui m’envahit lorsque ses mains frôlent mes épaules. Pourquoi mon corps me laisse ces faux espoirs, lorsqu’il semble évident que Nolan est comme tous les autres sur ce plan ? Je pourrais en crier de frustration, mais la fierté bafouée de l’homme devant moi ne saurait supporter un autre affront. Alors je me contente de lui sourire poliment, avant de passer les bras dans le tissu qu’il me présente. Pour sa santé mentale et physique, je préfère ne pas lui laisser trop de tentations, pas quand il semble évident qu’il ne vit pas bien la situation. Mes yeux retrouvent les siens assez facilement, mais je me prends en pleine face son malaise soudain. Son regard a changé et je sais que nous sommes revenus dans cet ascenseur, je ne suis plus sa dulcinée de la nuit. Alors je veux m’approcher, prendre sa main, revenir sur mes propos, mais lentement, je sens l’indécision prendre possession de mon corps entier. Je ne sais pas comment il pourrait réagir à cela, alors je reste pétrifiée, en un semi mouvement à peine amorcé.

Pourtant, malgré ma peur de lui faire encore un peu plus de mal, j’attrape tout de même ses doigts entre les miens et serrent doucement, incapable de le laisser dans ce mal être. « Nolan » Ma voix est douce, chantante, je laisse mon accent la décorer et la rendre plus agréable à ses oreilles déjà meurtries par ma méchanceté précédente. « Je suis désolée d’avoir dit ça. C’est pas toi hein ? C’est pas ta faute. Je suis un peu cassée. Si ça peut te rassurer j’ai jamais… » J’hésite, une seconde, lorsque la vision d’un orgasme sans précédent résonne de nouveau dans mon esprit et je resserre les doigts, par réflexe, autour de siens. « euh… je veux dire… J’ai jamais ressenti quoi que ce soit. C’est pas juste toi. C’est tout le monde. Ou Personne plutôt. » L’impression de creuser ma tombe me suit, m’empêche de m’exprimer pleinement, de roucouler, comme le voudrait une matinée comme celle-ci. Stupidement, le besoin de lui faire comprendre qu’il n’y est pour rien, me semble vital, pour la suite de notre relation. « Je n’aurais pas du m’énerver contre toi. Je n’aurais pas du te dire toutes ces choses, parce que j’en pense pas la moitié. Par contre, je suis sincère quand je dis que j’étais contente d’être avec toi. » Lentement je m’approche, romps la distance entre nous, sans lâcher sa main et viens finalement tout contre lui. Mon second bras entoure sa taille lentement alors que dans un même mouvement, je dépose ma joue contre son torse, à l’endroit même où son cœur se trouve. Son contact me rassure, m’empêche de divaguer et me permet même de conclure, d’une petite voix qui ne me ressemble pas vraiment. « Je ne veux pas que tu sois triste parce que tu crois avoir merdé. T’as été parfait. C’est moi qui n’assure pas… » Je resserre lentement ma prise sur lui et fini par mumurer, dans une tentative de détendre l’atmosphère. « Montre moi la cuisine que tu as trouvé. Je crois qu’il reste un peu du chèvre d’hier… Même si pour le petit déjeuner, ça risque d’être bizarre… » Un très léger rire mutin s’empare de moi avant que je ne me détache, juste assez pour déposer un léger baiser, là où se trouvait ma joue auparavant…

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MessageSujet: Re: oh dear... we are in trouble ▬ pv Giu   Jeu 18 Fév - 0:16

oh dear we are in trouble
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Mes colères, je les tiens de mon frère. Mes colères brutales, presque infondées, mes colères sonores et violentes dans leur soudaineté, je les tiens de mon frère. Parce que face à sa désinvolture et ses sourires, c’était le seul moyen que je trouvais pour lutter. Et ça le faisait rire, lorsque nous n’étions que deux gosses, de me voir hurler pour la simple raison qu’il avait attrapé plus vite que moi le dernier pain au chocolat et que je n’arrivais pas à le récupérer dans ses mains aériennes. Ca me faisait rire, de me voir m’énerver, taper du pied, de voir nos parents hausser le ton et me faire comprendre dans un sarcasme que je n’étais vraiment qu’un gamin pour être susceptible à ce point et que si c’était pour réagir comme ça, Liam n’avait qu’à garder l’objet de ma colère.

Mes colères, donc, c’est Liam qui m’a appris à les forger dans une impulsivité qui me caractérise et qui marbre mes veines. Mais face à ces colères, aussi, il y a la douche froide. Et mon incapacité, presque douloureuse, à être rancunier. Je ne savais pas, je suis désolé, même à moi mes mots semblent vains. Je m’excuse, oui, mais de quoi ? La question est pertinente, la question reste sans réponse. Je fais un pas en arrière, ma débâcle est interrompue par le mur qui me retient pour mieux me pousser en avant. Je suis désolé. De m’être énervé, d’avoir réagi autant et pour… pour quoi au final ? C’était sympa. Ma respiration s’entortille dans ma trachée, comme rechignant à sortir ou à se lover dans mes poumons. Je me sens horrible, je me sens ridicule, je me sens mal à l’aise. Elle est veuve, et moi je l’insulte, et moi je m’énerve, et moi je cède à cette impulsivité qu’on me connait et qui se fonde sur du vent. Si j’ai réagi excessivement ? A chaque battement de cœur, à chaque fois qu’elle prononce mon prénom, je me rends un peu plus compte de la tournure qu’a prise notre conversation pour un mot, un seul petit mot maladroit. Crispation, frustration, vexation, colère, l’enchaînement s’est fait si brutalement au final que je ne l’ai pas vu venir et que nous nous sommes échoués dans ce couloir, à moitié nus. On peut effacer les cinq dernières minutes ? Sa question me cueille au niveau des reins, comme une remontrance.

Comme une main tendue, aussi. T’as tout gâché, c’était de la merde. Je m’excuse, je me noie dans des excuses sans savoir exactement pourquoi. Qu’est ce que tu fous, Nolan, bon sang ? J’inspire. Et je me fous une claque. Pour me réveiller. Pour me secouer. Le petit cri de Giu’ attire instantanément mon regard noir avant qu’un sourire ne me déride. Allez, Nolan, tu peux le faire. Je me force à sourire, à sourire vraiment. Je me force à effacer ces cinq dernières minutes. Je me force, aussi, à dire quelque chose pour ne pas laisser un silence extrêmement gênant et pesant et angoissant s’établir entre nous. Je n’aime pas les silences : ils forcent à réfléchir, ils forcent à avancer en pensée mais à stagner dans les attitudes et les relations. Je n’aime pas les silences et devant mon absence d’inspiration, je finis par dire une évidence : qu’elle remette ma chemise, je ne voudrais pas qu’elle attrape froid. Et je ne voudrais pas attraper excessivement chaud non plus. Mon sourire taquin est là, à son poste, alors que je ne peux qu’enchaîner. Avec des bêtises. Nolan, générateur continu de bêtises pour votre plus grand plaisir ou désespoir, ou déplaisir, au choix. Si ma première remarque a fait un flop, la suite déride le visage de ma vis-à-vis, l’illumine aussi à sa façon. Mes doigts attrapent ma chemise, la glissent sur ses épaules pour cacher sa nudité qui me déconcentre. Qui ne peut que me déconcentrer. Elle a ce petit côté parfait qui accroche l’œil et… C’était de la merde. Un coup dans l’estomac, mes doigts qui effleurent ses clavicules brûlent. Un instant, un nouveau malaise, je regrette de m’être tu le temps de l’aider à glisser ses bras dans les manches du vêtement bien trop grand pour sa carrure. Logé dans mes reins, le désir est là, attisé par un contact que j’aurais mieux fait d’éviter, dompté par ce malaise et cette gêne qui se placent entre nous.

Ses doigts enlacent les miens, arrêtent mon cœur, enveniment la situation. « Nolan » Je ferme les yeux, les rouvre pour mieux fixer le plafond. Colère, vexation. Culpabilité, excuses. Désir, malaise. Je ne suis pas un acrobate : je ne sais pas jongler entre tout ça sans me perdre. Et elle n’arrange rien. Son accent a quelque chose de chantant, a quelque chose d’apaisant. « Je suis désolée d’avoir dit ça. C’est pas toi hein ? C’est pas ta faute. Je suis un peu cassée. Si ça peut te rassurer j’ai jamais… euh… je veux dire… J’ai jamais ressenti quoi que ce soit. C’est pas juste toi. C’est tout le monde. Ou Personne plutôt. Je n’aurais pas dû m’énerver contre toi. Je n’aurais pas du te dire toutes ces choses, parce que j’en pense pas la moitié. Par contre, je suis sincère quand je dis que j’étais contente d’être avec toi. » Elle s’approche, je suis incapable de ne pas la laisser venir à moi. J’ai jamais ressenti quoi que ce soit. Il faut croire que je suis faible, il faut croire que je ne peux pas l’empêcher de calmer efficacement par son simple contact. Sa joue se plaque contre mon cœur, mes bras l’enlacent sans demander à mon cerveau son avis. « Je ne veux pas que tu sois triste parce que tu crois avoir merdé. T’as été parfait. C’est moi qui n’assure pas… » Je fronce les sourcils. « Montre moi la cuisine que tu as trouvée. Je crois qu’il reste un peu du chèvre d’hier… Même si pour le petit déjeuner, ça risque d’être bizarre… » Ses lèvres sur ma peau, passage éphémère, la marquent et la consument, s’y gravent dans un frisson que je ne peux ni retenir, ni cacher. Son contact, bien trop pressant. Mes paumes se logent sur ses bras pour les détacher, se posent sur ses épaules pour l’éloigner.

« Tu n’es pas très fair-play, Giu’. » Je m’humecte les lèvres avant de poursuivre. « Je veux dire. C’est injuste de me demander d’effacer les cinq dernières minutes et d’ensuite me dire tout ça. Parce qu’après ça… c’est dur de se concentrer sur la cuisine et de me souvenir du trajet. » J’alterne entre sincérité et bêtise, j’oscille entre incertitude et volonté de réellement avancer pour ne pas rester empêtré dans ces sables mouvants qui me retiennent prisonnier. « Je suis sûr que tu n’es pas cassée. Tu es juste… » Je ne trouve pas mes mots, cherchant quelque chose d’intelligent à dire entre deux âneries. « Tu es peut être juste exigeante et moi… » Je gonfle mes poumons. Effacer les cinq dernières minutes, qui vont se transformer en dix dernières minutes. T’as tout gâché. J’ai tout gâché et si je ne me gifle pas une nouvelle fois, je vais tout gâcher une nouvelle fois. « N’en parlons plus. Pas tout de suite du moins. On efface, on… » Oublie ? « On met de côté pour le moment, d’accord ? » J’inspire lentement. Si je m’écoutais… si je m’écoutais, nous ne serions plus dans ce couloir depuis plusieurs minutes déjà. Je lui offre un sourire timide, comme si je venais de ne rien dire, comme si elle venait d’acquiescer. Et je l’entraîne dans la cuisine, tenant sa main du bout des doigts, le maximum que je puisse supporter avant de tomber dans l’intolérable.

Dès que nos pas franchissent la porte, je m’échappe et me réfugie au niveau de la cafetière où comate le reste de mon café encore tiédasse. J’insuffle de l’énergie à ma voix, l’odeur est plus efficace qu’une claque quelconque. Des bêtises, Nolan, fais, dis ce que tu sais faire et dire de mieux. Ris donc de toi, dédramatise, aide-toi et aide-la. Tourne la page, passe à autre chose. « Alors je te préviens, si tu veux manger quelque chose de comestible, je propose que ce soit qui utilise la poêle et pas pour me frapper. Moi. » Je tapote la cafetière, avec l’affection qu’on réserve à son plus vieil ami. Désolé Elias, il est tôt, tu es relégué pour l’occasion au rang de deuxième meilleur ami, juste derrière cet appareil. « Moi, il vaut mieux que je m’en tienne à ce que je connais. D’ailleurs, tiens, tu connais la blague de l’aveugle qui va prendre un café ? » Je suis lancé, je ne m’arrête pas. Mes mains explorent les placards, je lui tourne obstinément le dos pour mieux me concentrer sur ma voix et pas sur sa silhouette, pour mieux me concentrer sur l’instant présent et ne pas me laisser happer par ce besoin que j’ai de lui prouver qu’elle n’est pas cassée, que je peux être celui qui. « C’est un aveugle, qui rentre dans un café… » Je finis par trouver une tasse, puis deux, je les pose sur le plan de travail. « Et dans une chaise, et dans une table… » Je me retourne pour lui faire face. Un sourire aux lèvres. Et des regrets plein les yeux. « Elle est drôle, hein ? »


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MessageSujet: Re: oh dear... we are in trouble ▬ pv Giu   Mar 1 Mar - 19:15


Je sais… Je sais l’effet que je lui fais lorsqu’un frisson s’étend sous mes lèvres douces. Je ne cherche qu’à calmer l’ardeur de sa colère mais semble déclencher un tout autre sentiment, presque autant dévastateur. D’un côté je me sens mal, de déclencher cette tempête de sensations en lui, lorsque je suis incapable d’en ressentir la moindre. La frustration doit aider son palpitant à s’emballer plus sûrement que ma présence si près ne le calme. C’est une chose que je ne voudrais pas lui imposer, mais lorsque ses bras me relâchent, pour me repousser, c’est une fissure qui s’impose soudain sur mon cœur, qui manque de céder sous le mélange de sentiments contradictoires qui gondolent dans mon esprit soudain. Chaque centimètre entre nous s’imprime comme des mètres dans mon esprit trop perturbé pour faire la part des choses, chaque seconde qui s’égrène loin de son contact se transforme en heures et j’en mets plusieurs à me rendre compte de la douceur de son geste. Ce n’est pas pour me faire du mal. Ce n’est pas pour que je quitte son espace vital… Cela semble simplement un besoin de s’échapper de ces frissons que j’impose par mon contact. Cependant cette constatation ne me rassure pas un instant tant je me sens mal à l’idée de ne pas le comprendre. Récurrence de la journée à peine entamée, pleine de ces sous entendus et malentendus qui gâchent la beauté du moment. Et soudain, le frisson de ne plus pouvoir profiter de sa chaleur me prend et dans un réflexe, je viens croiser les bras et reculer d’un pas, plus blessée que je n’ose le montrer, de ce rejet si doux.

Ses mots viennent s’immiscer, abreuve mes pensées qui se détournent lentement vers un négatif que je ne désire pas. Dans les premiers, je comprends une seconde que mon baiser si tendre a été mal pris et je me refrogne d’autant plus à l’idée de continuer à mal faire les choses. Mes mots d’abord, ont été d’une violence mal comprise, puis mes gestes, qui se retrouvent dans une douceur malvenue. Chaque fois, je semble mal faire et je secoue la tête lentement, incapable de ne pas me sentir mal de secondes en secondes. Bien sûr, il fait rapidement son Nolan et la pointe d’humour dissimulée dans ses propos plus sérieux parvient à hérisser un sourire sur mes lèvres hésitantes. Et puis il embraye, continue dans une hésitation qui fait trembler mes lippes amusées. Je sais qu’il prend sur lui, qu’il essaye de se dépêtrer dans mes propos peu clairs, mais chaque fois, je sens une gêne qui ne disparaît pas. Oublier semble être une option difficile, probablement trop pour lui et je ne peux lui en vouloir. Ce sont mes soucis, mes problèmes, ma frigidité, je n’ai pas à lui imposer tout cela. Pourtant la sincérité s’est imposée dès les premières minutes de cette journée, comme si lui mentir et prétendre prendre du bon temps, était inconcevable. « On met de côté si tu veux.. On.. n’en parle plus. » Je n’aborderai plus le sujet qui le fâche tant et le blesse tout autant. C’est mon problème. Le mien. Il a été suffisamment blessé par mon manque de clairvoyance et de prévenance, je ne peux plus imposer plus.

D’autant plus qu’il semble toujours autant touché, lorsque ce n’est que la pulpe de ses doigts qui vient effleurer ma main. Il me guide dans ma propre maison, dans un contact si léger que je pourrais tout autant le rêver. Je ferme les yeux, pour ne pas les laisser exprimer tout mon désarroi et mon agacement qui s’impose lentement à mon être. Le contact se rompt lorsque mes pas franchissement le seuil de ma cuisine et je regarde immédiatement ailleurs, toujours pour cacher ma mâchoire, qui s’est contractée dans une expression de contrariété. Je ne peux m’empêcher pourtant de reporter mes yeux sur son silhouette, ancrée au café, lorsqu’il se met à parler de nouveau. La colère fond pour ne laisser place qu’à un vague sentiment amusé, qui se transforme pourtant bien vite en vrai rire, au fur et à mesure du temps passé dans cette pièce. L’humour dont il fait preuve me désarçonne et je ris, plus en une moquerie que par réel amusement. Sa blague, je ne la comprends pas. Par contre, l’air qu’il arbore soudain est beaucoup plus parlant et mon rire s’échappe soudain et envahi le silence laissé par la fin de sa plaisanterie. Sans regarder dans le frigo pour le sustenter, je pose mes coudes sur le plan et plonge mon regard dans le sien. « On t’as déjà dit que tu devais arrêter les blagues. Ca te donne un air niais. »

Cela pourrait être négatif et potentiellement vexant.. Seulement, l’air tendre qui s’impose dans mes yeux contredit tout cela rapidement. « Nolan… » La douceur de ma voix n’annonce rien de très bon, pourtant, je continue rapidement, dans un murmure. « Je sais que ce que j’ai dis, c’était pas cool. Il va falloir que tu prennes sur toi… Je veux pas que tu prennes des gants, que tu ais peur de me toucher. C’est… blessant. Si tu veux qu’on le fasse là, sur le comptoir, alors on le fait. J’aime les impulsions, surtout les tiennes. Et si mes mots t’empêchent d’être impulsif alors… je veux bien devenir muette ! » Une cruelle impression d’envenimer encore une fois les choses me prend, mais je ne supporte pas les quelques minutes qui viennent de s’écouler, dans une gêne si palpable que l’on pourrait la couper au couteau. Ma franchise est probablement ce qui me dessert le plus depuis ce matin, mais je ne peux m’en empêcher, comme si un détecteur de mensonges était présent dans chacune de mes pièces. « Je veux pas que tu sois gêné quand je suis là. » Et c’est dans un nouveau murmure que je conclus finalement, avant de me retourner vers le frigo pour l’ouvrir d’un geste sec, dans l’optique évidente de me dissimuler du trouble que je viens de m’imposer.

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MessageSujet: Re: oh dear... we are in trouble ▬ pv Giu   Sam 5 Mar - 21:03

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Je suis incapable de le cacher. Je suis même incapable de simuler l’indifférence. Son contact m’électrise, ses doigts qui enlacent les miens rendent totalement impossibles cette situation entre nous. J’imagine que je pourrais passer outre, que je pourrais tourner la page, ignorer ce qu’elle a dit, ce que j’ai dit, et céder à la tentation. J’imagine, même, ce que ce serait le plus intelligent pour nous deux, si jamais je veux que l’on aille plus loin. Mes doigts qui effleurent ses épaules, nos mains qui se touchent, nos corps qui se rapprochent… ça me rend fou, tout simplement. Je l’enlace, par réflexe. Je l’enlace, bêtement. Avant de la repousser. Bon sang que c’est compliqué dans ma tête, bon sang qu’elle arrive bien à y mettre le bazar. J’impose une distance, j’impose des fossés entre nous. Si j’étais moins bête, je la garderais contre moi. Mais je n’y arrive pas. Parce que c’était de la merde, déjà, ensuite parce que je ne veux pas, pas pour le moment. Je ne veux pas lui redonner de faux espoirs, je ne sais pas ce que je veux, je ne sais pas où on en est, ce que je fais, ce que je dis. J’inspire difficilement, j’essaye de faire le point, j’essaye aussi de chasser mes pensées, de passer à autre chose. N’en parlons plus. « On met de côté si tu veux... On... n’en parle plus. » Je déglutis. Je crois que j’ai fait une erreur, mais honnêtement : j’ai du en faire tellement ces dernières minutes, et elle aussi, que je ne sais pas exactement laquelle blâmer pour le coup. Dans tous les cas, je prends ça comme je peux, dans un sourire qui veut tout dire. Mes yeux parlent pour moi, pour une fois. Mes yeux la remercient, mon sourire s’afflige et mon inspiration extrait du fin fond des abysses un peu du Nolan totalement stupide dont on aurait bien besoin.

La cuisine. Terre d’exil, terre d’espoir, refuge à la porte duquel je la laisse pour partir aussitôt me réfugier de l’autre côté. Allez, du nerf, Nolan. C’est ce que je me répète. En boucle. Inlassablement. Mes doigts ouvrent des placards, mes yeux se posent sur leur contenu, mes lèvres s’agitent toutes seules dans un babillage que je veux anodin. Mon café, le café, c’est un sujet merveilleux. Et j’en profite aussi pour lui confier l’étendue de mes talents culinaires qui auraient pu me valoir une autre condamnation à mort, justifiée celle-là. Et je termine en apothéose. Une blague. La première à m’être passée par l’esprit. Une blague, à mon niveau, qui me fait rire en toutes circonstances et qui parvient à me faire sourire lorsque je pose les tasses trouvées sur le plan de travail. Je me retourne, pose mon regard sur le sien lorsque je glisse le point culminant de mon humour. Si je souris, c’est indubitablement son rire qui achève pleinement de me dérider et je ris comme un con de mon côté, fossettes creusées par mon sourire, en la voyant faire de même. J’ai un humour limité, mais au moins, j’aurai réussi ça. « On t’a déjà dit que tu devais arrêter les blagues. Ca te donne un air niais. » Loin de m’en offusquer, son regard veut tout dire. « Nolan… » Ça en revanche… une ombre plane entre nous… Je n’aime pas trop ça. « … oui ? » J’ai comme un mauvais pressenti, qui n’est malheureusement pas démenti par la suite. « Je sais que ce que j’ai dis, c’était pas cool. Il va falloir que tu prennes sur toi… Je veux pas que tu prennes des gants, que tu ais peur de me toucher. C’est… blessant. Si tu veux qu’on le fasse là, sur le comptoir, alors on le fait. Si tu veux qu’on le fasse là… Je détourne instantanément le regard dans un fou rire gêné à la pensée qui vient de me traverser. Gêné ? Pourquoi gêné ? J’aime les impulsions, surtout les tiennes. Et si mes mots t’empêchent d’être impulsif alors… je veux bien devenir muette ! » Je soupire, en regardant le plafond. Elle aime mes impulsions ? Vraiment ? Elle aime lorsque mes gestes dépassent ma pensée, lorsque je cède avant même que ma conscience me dise que c’est mal ? Je n’en suis pas si sûre. Parce que mes colères sont toutes aussi impulsives les unes que les autres, parce que je suis plus stupide que la normale lorsque je m’emporte, parce que je commence à en avoir assez de ne pas savoir quoi faire, de ne plus savoir quoi dire, de marcher sur des œufs depuis ses quelques mots malheureux, tout à l’heure, à l’étage. « Je veux pas que tu sois gêné quand je suis là. » Elle me tourne le dos.

Je serre les dents de mon côté. Pour lui tourner le dos à mon tour et me concentrer sur la machine à café. Qu’est ce qu’elle veut, bon sang ? Qu’est ce qu’elle attend de moi, qu’est ce qu’elle… C’est elle qui propose d’oublier et c’est elle qui remet le sujet sur le tapis ? Une petite voix me glisse qu’elle ne voulait oublier que les dix dernières minutes, pas les dix dernières heures. Un frisson me confirme que je suis un imbécile profond, l’envie de partir me reprend soudain. Seulement… mon regard coule dans sa direction, le temps que je prenne une décision. « Qu’est ce que tu attends, Giulietta ? » Ma voix me surprend moi-même. Lamentable, le Nolan. « Qu’est ce que tu attends de moi, au juste ? Je n’arrive pas à suivre. » Je délaisse mon café, détruis la distance que j’ai moi-même imposée et l’enlace d’autorité lorsque j’arrive à son contact. Dans une douceur toute relative, je ferme le frigo, la force à me regarder et la plaque, dos contre les différents magnets. Mes mains se posent juste au-dessus de ses épaules. « Bon, il semble plutôt clair qu’on n’arrive pas à changer juste de sujet. Autant toi que moi, hein, j’accuse personne. Seulement… je ne sais pas, Giu’. Qu’est ce que tu veux qu’on fasse ? Qu’on continue ? Alors que tu seras déçue, alors qu’à chaque fois, je vais me demander… si c’est toujours autant de la merde ? Je ne sais vraiment ce que j’en pense. Je ne veux pas être le seul à prendre mon pied. » Je recule, d’un pas. Puis de deux. « J’ai pas le droit de t’imposer ça, t’as pas le droit de m’imposer ça. » J’hausse les épaules. « Après… on peut toujours… on peut toujours apprendre à se connaître, passer du temps ensemble, je sais pas… » C’est suffisamment rare pour être noté donc je le dis : je me tais avant de regretter d’avoir continué à parler. On peut être juste amis. Non mais Nolan, heureusement que t’as fermé ta tronche pour une fois.


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MessageSujet: Re: oh dear... we are in trouble ▬ pv Giu   Mar 8 Mar - 18:35


Le nez dans le frigo, les pensées entièrement tournées vers mon interlocuteur, je ne parviens pas à analyser la situation. Ni le contenu de ce qui se tient sous mes yeux. Seul le doute m’envahi à chaque seconde de plus et je ne sais plus trop quoi dire pour arranger la situation. L’évidence d’être allée trop loin s’impose à moi. Je sais que je ne peux plus retirer ces mots trop douloureux, trop vrais pour être totalement ignoré. Moi qui me targue pourtant d’être plus maligne que la moyenne, ainsi que bien plus diplomate, je me retrouve pleines d’impulsions face à cet être que je côtois pourtant depuis des mois. Jamais sa présence ne m’a autant perturbée qu’aujourd’hui, jamais ses mots n’ont eu plus d’impact qu’en cette matinée que je qualifierais aisément de maudite. Son rire pourtant, résonne encore entre ces murs, vestige de sa blague que l’on ne pourrait qualifier d’amusante. Elle a le mérite de détendre l’atmosphère, juste assez pour continuer cette discussion trop ardente. Chacun de mes mots s’est aligné entre nous et pourtant, je sais que j’ai encore envenimé la situation. Ce sont ses regards, ses gestes, qui me poussent dans cette direction, alors que je prononce mes derniers mots pour me plonger dans ce fameux frigo, qui ne contient pourtant rien de très intéressant. Sa seule utilité actuellement est de me pousser dans ma réflexion, de me forcer à revenir sur les minutes passées pour tenter de trouver une solution au mur qui vient se présenter devant nous. Le glas a sonné lorsque j’ai osé présenter mon ressenti de la nuit passée et je voudrais n’avoir jamais ouvert la bouche à cet instant. Encore un exemple de la perturbation que sa présence près de moi implique. Jamais dans le passé, je n’aurais pu laisser croire à un homme que ses capacités ne valaient rien. Et c’est face à un égo trop abimé que j’ai fait l’erreur d’ouvrir mes lèvres.

Les conséquences sont désormais terribles et je ne peux retourner dans le passé. Seul le futur se montre devant mes yeux et il n’a rien de très folichon par rapport à ce qu’il nous attend. Je ne vois aucune solution et je pourrais en crier de frustration, mais je n’en ai pas le temps, coupée dans mon élan par ses mots qui reviennent hanter mes oreilles de leurs sons interrogatifs. Sa question est légitime et je voudrais y répondre sur le champ, mais il ne m’en laisse pas la possibilité que le voilà sur moi. Je crois et pense une seconde qu’il va m’embrasser, qu’il va suivre mon injonction précédente, mais il n’en fait rien, et se contente de m’imposer sa stature, entre laquelle je me sens insignifiante. Jamais auparavant je n’ai pu remarquer à quel point il est plus grand que moi. Tout comme je n’ai vu ces petites fossettes adorables dans le coin de ses yeux. Trop surprise, je me perds dans sa contemplation, pour revenir sur terre brutalement lorsqu’il m’assaille de ses états d’âme. Son discours me gêne, m’embête, alors qu’il s’enfonce dans une considération qui me dépasse et me rend malade. Que je lui impose ma frigidité… Cette pensée me blesse tellement que je serre les mâchoires trop fortement, juste pour ne pas laisser mon âme noire s’évader dans une colère malvenue et dans un discours blessant. L’apothéose survient finalement, lorsqu’il me propose ni plus, ni moins, qu’une stupide amitié. Le peureux se manifeste, il vient gâcher un peu plus cette nuit et je suis brusquement prise d’une envie de le jeter dehors, sans autre forme de cérémonie.

Pourtant, c’est un sourire qui s’arque sur mes lippes tremblantes. Mon cœur crie, mon âme pleure, mon être se tend… mais mon visage s’éclaire, mes lèvres sourient et mes yeux s’écarquillent dans une joie de vivre parfaitement feinte. Je ne peux lui montrer l’ouragan de sentiments que ses quelques mots viennent de provoquer, alors je joue, me plonge encore une fois dans ce rôle de femme parfaite que je maîtrise tant. « Je ne t’imposerai rien Nolan. » J’évite tout de même ce ton qui minaude, pour me contenter d’une voix neutre, qui refroidit un peu l’air chaleureux que j’arbore. Prétendre, je peux le faire, mais dissimuler tant d’émotions contradictoires est bien moins aisé. Je me contente de mon mieux pour finalement asséner les mots qu’il n’a pas osé prononcer. « Tu as raison. Il vaut mieux que nous soyons juste amis. Au moins, on évitera les quiproquos. » Je force un rire lorsque les mots maudits résonnent encore entre nous. Soyons amis La meilleure solution, probablement, mais je ne parviens pas à m’y faire, je ne parviens pas à oublier ces baisers incroyables, ni ces sentiments tumultueux qui me donnent maintenant envie de hurler ainsi que de pleurer sans honte aucune. Et c’est pourtant toujours ce faciès jovial que je lui montre, trop fière pour laisser échapper la moindre larme ou once de colère. Trop stupide pour voir au travers de ses mots ou attitudes. Trop embarrassée pour réussir à lui imposer cette relation que je désire pourtant ardemment.

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MessageSujet: Re: oh dear... we are in trouble ▬ pv Giu   Sam 19 Mar - 0:10

oh dear we are in trouble
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Je fixe son dos non sans un certain malaise. Je ne sais pas où je vais, je ne sais pas où on va. Au final, la seule chose dont je suis certain c’est que… Je ne veux pas que tu sois gêné quand je suis là. Je fixe son dos en serrant les dents avant de m’occuper à mon tour de la machine à café. J’ai conscience du ridicule de la scène et pourtant… je n’arrive pas à trouver de porte de sortie. Enfermés, on s’est enfermé dans un malaise pitoyable. Et je n’arrive pas à passer outre. J’ai beau chercher une autre connerie à dire, j’ai beau tenter d’être normal, d’être moi-même, d’écarter toute notre conversation depuis mon réveil, mes pensées se disputent et explosent dans mon crâne sans faire mine de vouloir se calmer. Pendant un instant, lorsque mes doigts s’activent autour des tasses et jouent avec les cuillères, j’envisage la possibilité de réussir à me calmer, de réussir à arrêter de penser. C’est un échec critique, lorsque je me retourne et que je pose une question. Qu’est ce qu’elle attend, au juste ? J’ai besoin de voir clair, j’ai besoin de savoir ce que je suis supposé faire, supposé penser, suppose ressentir. Indépendant, hyperactif, têtu, obstiné et avec un esprit de contradiction à la limite du pathologique, je suis perdu. Complètement perdu. J’en ai marre, putain. En quelques pas, je détruis la distance entre nous, en quelques pas, je l’enlace d’autorité, dans un contact qui cède à mon impulsivité et à ma spontanéité coutumière. Mes mouvements sont trop brusques pour être doux, je ferme le frigo, je l’y plaque, j’impose mes mains sur la surface glacée du meuble pour la regarder dans les yeux. Et j’arrête de réfléchir une seule seconde pour dire naturellement ce que je pense. Il faut que je sache, il faut que je me décide, il faut que j’arrive à faire la part des choses dans le maelstrom d’émotions et de raisonnements qui me sidèrent me laissent amorphe. Qu’est ce qu’elle veut qu’on fasse, merde ? Je n’ai pas le droit de lui imposer une relation déséquilibrée, elle n’a pas le droit de m’imposer ça : je n’arrive pas à voir ce qui pourrait être sain dans une relation aussi bancale. Je n’arrive même pas à comprendre ce qu’elle attend de moi. De mon côté, tout est clair de chaos. C’est le chaos, vraiment, dans ma tête. Mais c’est un chaos que je peux comprendre si je cesse de vouloir me poser et de vouloir appréhender ce qui me pousse vers l’avant, ce qui me pousse vers elle, ce qui me supplie de l’embrasser, de la sentir contre moi, de lui ôter cette chemise qu’elle m’a volée et qui lui va trop grande.

Mais le tango se danse à deux. On pourrait apprendre à se connaître, on pourrait passer du temps ensemble, on pourrait… je tente de trouver une solution et je me tais. De justesse. Sur la brèche. Être amis ? Vraiment ? Je me tais de justesse pour éviter de tomber dans ce gouffre de déni. Je ne peux pas être son ami. Même en le voulant, même en faisant tout pour l’être, je ne pourrai jamais être simplement son ami,  pour la simple raison que... « Je ne t’imposerai rien Nolan. Tu as raison. Il vaut mieux que nous soyons juste amis. Au moins, on évitera les quiproquos. » Son rire est un crissement, ses mots sont des coups de massue. Pas besoin d’être un génie pour me rendre compte que je blêmis. Et que je me glisse instantanément dans la peau de mon frère pour ne pas hurler, pour ne pas m’effondrer, pour ne pas l’embrasser. Je me glisse dans la peau de Liam pour lui offrir un sourire. Un sourire presque sincère. « Ouais, voilà, j’osais pas le dire mais ça fait plaisir qu’on soit sur la même longueur d’onde. » J’ai envie de hurler. J’inspire. Je me force à inspirer, cherchant dans ce qui me permet de me faire passer pour mon frère un peu de son self-control, pour mieux lui tendre une main dans un sourire faussement espiègle. « Amis ? » Je veux l’embrasser, pas lui serrer la main. Je veux être son amant, pas son ami. Mais je ne veux pas être comme les autres et la décevoir. Je suis con, bordel, mais je n’arrive pas à être autrement, je n’arrive pas à… Je recule. « Je ne vais peut être pas m’imposer plus longtemps. » M’imposer. Je ne sais pas pour elle, mais cette tension qui me pousse vers elle, qui m’éloigne d’elle, m’asphyxie. M’étrangle. Me pousse au bord du gouffre. Je recule, je me prends le mur à défaut de passer la porte. Un sourire d’excuse, qui se brise et fragilise cet ersatz de Liam que je suis. « Marcher à reculons, c’est pas une solution durable… » J’essaye d’insuffler dans ma phrase un petit d’humour, un peu d’autodérision. J’ai envie de disparaître. Juste envie de disparaître. J’ai envie de rayer cette soirée, cette nuit, ce matin de ma mémoire. Le pire dans tout ça, c’est de me dire que je suis responsable de ce massacre. Et que je ne sais pas quand est ce que j’ai commencé à merder. Marcher à reculons… j’ai comme l’impression que c’est une métaphore pour ce qu’on est en train de faire. Amis. Amis ? Amis. Je ne peux pas, je ne veux pas, je suis incapable d’être son ami. Mais je veux bien essayer parce que c’est elle qui l’a proposé, parce que je ne sais pas comment on va pouvoir se comporter l’un face à l’autre au Blackbird. Avec un peu de chance, une bonne nuit de sommeil va balayer tout ça et on passera à autre chose. Un peu de chance.

RP TERMINE


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