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 Une discussion faite de sang et sanglots

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MessageSujet: Une discussion faite de sang et sanglots   Dim 13 Déc - 17:50


Une journée stressante venait de se terminer. Toujours obligé de se battre contre tout le monde. Isak se sentait souvent seul contre le monde. Sa sœur devait être protégée à tout prix alors il ne voulait pas être un poids pour elle. La plupart du temps, une petite dose et ça allait mieux. La drogue était la seule qui l’aidait dans les moments difficiles. Dans son esprit d’ailleurs, cela pouvait aider tout le monde. En vendant des stupéfiants, en dehors du fait qu’il pouvait se fournir, l’homme se disait que c’était faire partager une solution à un monde rempli de problèmes. Aucun problèmes moraux ne s’opposaient à lui qui avait perdu il y a bien longtemps foi en l’humanité. L’humanité c’était un tissu teinté de larmes, de sueur et de sang. On naissait dans ce pays pourri et on pourrissait sur terre avant de finir sous terre. Un luxe qu’on ne lui avait même pas permis d’ailleurs.  Depuis son suicide, le monde qui avait perdu ses couleurs n’était plus que noir et blanc.  Aujourd’hui, il aurait même simplement dit gris. Seule sa sœur le sortait un peu de sa torpeur parce que c’était une chose encore pure dans cette pomme vérolée et moisie. Sa raison de vivre en somme, sans elle probablement qu’en ressortant de Darkness falls, il aurait essayé de trouver une méthode définitive pour en finir. Un peu déprimé, il se dit que c’était peut-être le moment de tenter de se faire un nouveau client lorsqu’il vit une personne qui avait l’air encore plus dépité que lui. Une cible parfaite en somme.

C’était un brun devant un verre. Tout à l’heure, il avait entendu marmonner le mot « amour » et ça lui avait arraché un sourire sarcastique. L’amour c’était ce qui était supposé donner l’espoir aux êtres humains que la vie pouvait ressembler à autre chose qu’une tartine d’excréments. Parfois malgré tout, ça vous mettait dans des abimes de doutes et d’horreur. Il en savait quelque chose Isak. La mort de ses frères avait été incommensurablement difficile pour lui. Tellement d’ailleurs que lorsque la mort du second fut sa faute, il ne le supporta pas bien longtemps.  Sans plus de cérémonie, il s’installa à côté de lui sur le siège libre de droite.

« Le style poète torturé à la Rimbaud, c’était le siècle dernier que c’était sexy, tu sais. » Son sarcasme comme entrée en matière lui paraissait un peu indiqué. Redressant  la main, il commanda une boisson pour le garçon et une pour lui. Deux bières, pas de quoi  impressionner juste de quoi engager la conversation. « Ne prends pas mal ma boutade mais t’as l’air tellement triste que je me disais que de tenter de faire rire un peu, c’était un début. » Isak n’était pas nécessairement ce qu’on pouvait appeler un charmeur. Ses rapports étaient le plus souvent des rapports de domination ou de force. Incapable de créer des relations, Isak ne savait pas sympathiser. Pourtant lorsqu’il s’agissait de se trouver un nouveau client, le sorcier devenait trompeur séduisant comme le Nahash. Ce qu’il vendait en somme n’était pas loin d’une pomme empoisonnée de toute façon. Le commerce c’était autre chose que la vie privée. Ce n’était pas un rapport approfondi qu’il recherchait, il était de toute manière incapable d’en avoir avec une autre personne que sa sœur, juste un rapport de confiance suffisant pour susciter l’intérêt pour sa marchandise. Son sarcasme était étrangement la plupart du temps à son service ainsi que ses airs d’ange qui donnaient envie de faire confiance. Malgré cela, ses yeux caves et ses traits tirés ne laissaient que peu de doutes sur la consommation abusive qu’il faisait de produits pour le moins illégaux. Sa carte de visite se lisait sur son visage.

« Je suis bien curieux de savoir ce qui t’arrive. Une bière pour un indice ? » Enveloppant comme un boa autour de son cou, le serpent, fourbe par essence, avait déjà commencé à distiller son venin en espérant récupérer dans ses griffes cette chair fraiche. Les nouveaux clients étaient ceux qui revenaient le plus vites, avides qu’ils devenaient de nouvelles sensations. Le temps de se glisser dans l’intimité de sa victime et il mordrait discrètement le cou scellant par un pacte tacite leur nouvel accord. Accord dont le garçon en question n’avait pour l’instant pas la moindre idée. Isak ne savait pas si son stratagème marcherait mais il était évident qu’un refus lui déplairait suffisamment fortement pour le rendre venimeux comme un véritable animal, voire violent.



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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Dim 13 Déc - 19:53



une discussion faite de sang et sanglots

 
No offence to you, don't waste your time.


Journée de merde dans un monde de merde. Je ferme les yeux en claquant violemment la porte de l'appartement derrière moi. J'entends Dixon hurler alors que je m'éloigne en lui adressant un doigt d'honneur qu'il ne verra pas. Je me ravise quelques secondes après, passant la main dans ma chevelure avant de la laisser pendre comme elle le veut au bout de mon bras. Je soupire, tentant vainement de me calmer. Cette situation est intenable et je vais finir par le tuer, cet abruti. J'en peux plus. Je tourne les talons vers une direction ou une autre, sans savoir vraiment où je vais, tout en sachant pertinemment que je vais finir dans un bar, ce soir encore. C'est tellement courant ces derniers temps que ça en serait presque une habitude. Mais il vaut mieux ça que voir Vixen pleurer sur le cadavre de cet incapable. Je me retiens pour elle, je me retiens peut-être un peu pour moi aussi. Peu importe.

Je marche sans doute un peu trop longtemps, sans être apaisé, je suis plus calme maintenant. Passant la porte d'un bar que je ne connais que trop bien, je m'assoie au bar et commande un Gin sec avant de vider mon verre d'une traite et de l'observer vide sans en recommander un. Je tourne mon doigt sur le bord du contenant, sans un mot pendant quelques instant avant que le barman, que je commence à connaître ne me parle. Comment je vais, me demande-t-il, je souris ironiquement et lui rétorque que je vais bien. Il me demande si c'est une fille qui me met dans cette état, je lui réponds que c'est l'amour. Il sourit, me versant un deuxième verre. D'un sourire amical, je le remercie, d'un geste de la main, j'attrape le verre à nouveau plein que je fais glisser jusqu'à mes lèvres. Je le bois d'une traite, mais une traite plus douce cette fois. De celles qui vous brûlent la gorge, les poumons et tout ce qui vous montre que vous êtes en vie. Celles qui vous inhibent tout en vous faisant mourir. Je n'entends même pas le siège à côté de moi grincer, trop concentré sur le liquide qui coule en moi quand une voix se fait entendre. Réflexe incontrôlé, je pose mon verre, le claquant doucement contre le bar en bois avant de tourner le regard sur le visage qui appartient à la voix. Qu'est-ce qu'il me veut celui-là ?

Je le fixe sans un mot quant à sa remarque, préférant détourner les yeux avant que la rage ne me gagne une fois encore. Elle n'est pas assez loin pour qu'un abruti puisse se la jouer pseudo psychiatre. J'en ai déjà un, et il me suffit amplement. Alors les réconforts de comptoir, il peut revoir. Tournant le verre en équilibre du bout d'un doigt, je vois une bière se poser devant moi. Arrêtant mon geste de la paume de la main, je regarde Carl, le barman qui me répond d'un haussement d'épaule. Et puis merde, après tout, ça fera un verre en moins à payer. Sans un geste de sympathie envers mon camarade de boisson je porte le goulot à mes lèvres et boit une grande gorgée avant de poser la bouteille et d'attendre la fin de sa magnifique phrase d'accroche avant de rétorquer. « Qu'est-ce que ça peut te foutre ? » Mon ton est un peu froid, et je m'applique à ajouter avant de boire une seconde gorgée. « Sans vouloir t'offenser, je pensais que mettre une distance entre nous était une bonne approche. » S'il veut jouer, il était tombé sur le mauvais parieur ce soir. Rien à perdre, tout à gagner. Particulièrement son nez derrière mon poing. Observant Carl du coin de l’œil qui me toise, je comprends qu'il me demande de ne pas trop vite juger. Contrairement à mon interlocuteur, qui a cru tout savoir au premier regard.

Jouant avec l'étiquette de la bière entre les gorgées je lance, plus chaleureux sans pour autant en faire trop.  « Sérieusement, je pense que ma conception des choses te passerait au dessus de la tête. Sans vouloir dire que je me crois supérieur, je suis pas sûr qu'un mec comme toi soit capable de comprendre ma façon d'aimer. » D'un rire un peu forcé je dissimule la boule qui se forme dans ma gorge d'une nouvelle gorgée. Sommant le barman de me verser un nouveau Gin et tournant les doigts vers l'inconnu j'ajoute. « M'enfin, j'ai rien à perdre. Alors si tu veux tout savoir, je t'explique. On passe à plus sérieux ? » Lui adressant un regard puis aux bouteilles, je lui offre la réciproque à sa bière déjà quasiment vide. Carl qui observe la scène sans un mot m'offre un sourire, j'ai pas collé mon poing dans la tronche du premier mec qui m'a parlé, il semble satisfait, ce qui me décroche un sourire imperceptible. Non pas que cela ne puisse pas encore se produire, après tout, la soirée ne fait que commencer. « Je m'appelle Axl, au fait. » S'il fallait lui raconter ce que je pouvais ressentir, il avait bien le droit de connaître mon nom, au pire des cas, il finirait au fond de la terre une plume entre les dents, j'avais pas grand chose à perdre.

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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Mar 15 Déc - 16:21


Spoiler:
 

Le ton d’une personne qui a passé une mauvaise journée. On aurait dit lui qui n’a pas eu sa dose depuis trop longtemps. Les drogués étaient relativement pressés et agressifs lorsqu’ils étaient en manque. Alors celui-là avait déjà la moitié du profil. Isak lui-même ne faisait pas exception à cette règle. La remarque réductrice que l’autre se permit de lui lancer lui fit faire un grondement sourd intérieur. D’où il se permettait de le juger comme ça inapte à ne pas comprendre un truc. Voilà que le gars pense être meilleur que lui parce qu’il doit avoir une conception fantasmée de ce qu’est l’amour. Il se prend pour un héros de roman celui-là ? L’amour avec un grand A, une belle connerie avec un grand C. Il ne mettait pas dans le même panier ces envolées lyriques dignes des romans pour quarantenaires et l’amour incommensurable qu’il ressentait pour sa petite Solveig. Les liens du sang transcendaient pour lui l’appellation d’amour. Ce qu’il éprouvait était bien trop fort pour se réduire à un mot si souvent Sali par les protagonistes. Il dut faire pour les efforts du monde pour ne pas lâcher une grimace trop explicite de ce que les mots tant prétentieux que vides à son sens, avaient provoqués. Un déçu de l’amour, on en rencontrait mille un jour puis deux milles un autre. T’es juste un gars qui se croit mieux que tout le monde. Un gars qu’il prendrait plaisir à faire visiter tous les cercles de l’enfer de la dépendance. Eriksson était loin d’être complétement idiot, il savait que la drogue anéantissait son cerveau et le détruisait petit à petit mais ça rendait tout si tolérable, tout sans importance. Que pouvait-on rêver de mieux lorsqu’on avait tant souffert ? On s’échappait d’une réalité de merde pour trouver la sienne. L’homme appréciait cette fuite en avant et ne s’en cacherait jamais. C’était bien trop bon de se laisser aller dans cette torpeur séduisante et d’enlacer d’un bras lest et passionné l’oubli.

D’instinct, l’homme savait qu’effectivement, tout lui paraitrait ridicule et qu’il ne comprendrait pas. Toutefois, qu’on se permette de lui rétorquer aussi catégoriquement alors que seules quelques phrases avaient franchis la barrière de ses lèvres. C’était excessivement énervant. Tellement énervant d’ailleurs que ses sourcils se froncèrent légèrement et sa main se crispa. Malgré cela, il se força à prendre son air le plus débonnaire possible, ce qui donnait simplement une sorte d’attitude blasée, et répondit.

« Qu’est-ce que tu veux boire ? » Puis il fit signe au barman et commanda ce qu’on lui demandait. Attends un peu que les effets de l’alcool viennent altérer ton jugement. Tu snifferas plus de cocaïne qu’il n’en faut pour remplir l’empire state building d’ici quelques mois. Ce serait sa petite vengeance car le sorcier savait qu’on ne pouvait pas décemment tabasser quelqu’un chaque fois qu’on le contrariait. Il aurait tellement mal aux jointures que ça finirait par en devenir invivable. L’homme tentait une première fois d’éviter de monter aux créneaux trop vites. Cependant, il y avait fort à parier que ça ne serait pas particulièrement efficaces parce que les dix dernières fois, ça n’avait pas été particulièrement concluants non plus. Attrapant son verre, il commença à le siroter tranquillement se contentant d’une petite gorgée. Le junkie ne pouvait pas être plus saoul que son futur addict sans quoi il finirait sans doute par tout oublier de ce qu’il devait faire. Déjà que garder le fil de ses idées toute une journée se révélait parfois particulièrement ardue.

« Tu viens à peine de me rencontrer. Tu ne peux pas être certain que je ne vais pas comprendre avant de m’avoir expliqué, tu sais. » Ses bras s’affaissèrent un peu alors qu’il s’accoudait mollement au bar se penchant. La terre lui parut brusquement assez basse. Une simple bière, c’était déjà compliqué. Les mélanges, toujours des mauvaises idées. Mais que voulez-vous, il fallait parfois se donner si on voulait recevoir. C’était un sacrifice auquel il consentait de bonne grâce. « Isak » répondit-il sobrement se rappelant que lorsqu’on se présentait, c’était indirectement une question pour l’autre. L’autre semblait s’être redressé ou avoir pris de l’ampleur, c’était bizarre à expliquer. Il fallait dire que d’un côté, il était légèrement déformé. Axl, il n’aimait pas trop son prénom en plus. Sans trop pouvoir se l’expliquer. Finissant son verre mollement, il finit par rajouter.

« Bon, je crois qu’on commence à passer à plus sérieux, que dirais-tu de raconter ton histoire. On verra bien ce que je comprends. » A cet instant, embrumé par les vapeurs conjuguées de l’alcool et de la drogue, l’homme n’était pas certain de comprendre quoique ce soit mais se retint d’en faire la précision. Ça n’était pas important de comprendre le message, ce qui comptait c’était de faire celui qui compatit et dans quelques verres lui proposer une petite dose gratuite histoire de se remonter le moral. Personne ne dirait rien dans ce bar où tous les oubliés et les raclures venaient passer leur temps. Le patron tournerait l’œil de l’autre côté. Toutefois, il fallait encore ferrer le poisson.
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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Mar 15 Déc - 18:10



let's have a game with happy and sad music


I see a tear in your glass

Je laisse doucement le verre se cogner contre mes doigts, comme une danse entre lui et moi. Un rythme qu e l'on crée et maintient pour que ma rage reste occupée, hypnotisée au loin. Il y a une chance sur deux que tout cela tourne mal. Un lancé de pièce. Pile ou face. Pile mon poing, face ta vie. Je sens cette violence ronronner au fond, attendant le moindre signal, comme un chien dressé sur lequel on hurle un mot dans une langue qui n'appartient qu'à son maître avant qu'il attaque sans se retenir. Et pourtant, l'homme face à moi semble dans une toute autre réalité. Lui, il est là, il prend sans doute mes remarques comme celles d'un petit con arrogant alors qu'il se voit servir un nouveau verre. Est-ce que mon partenaire tient l'alcool ? Voilà une jolie chose à découvrir qui pèsera certainement dans la balance du pile ou face. De mon poing dans sa face.
Sans perdre le rythme de l'alcool qui joue entre ma main et mes lèvres j'écoute le ton de mon interlocuteur sans vraiment le regarder. Pas pour l'instant. Je viens à peine de le rencontrer, je juge trop vite. J'affiche un rictus que je ne cherche absolument pas à dissimuler. Comme si il ne savait pas déjà que j'avais raison. Croiser un mec dans un bar qui vient accoster le premier inconnu parce qu'il le pense triste, n'était-ce pas là déjà un gros indice ? Je vois le liquide diminuer, verre moitié plein, verre moitié vide. Je fixe le Gin qui bouge en reflétant les lumières de toutes les bouteilles derrière le comptoir avant de me décider à l'observer. L'entente de son nom m'ayant convaincu. Un lointain souvenir, il me dit quelque chose. Mais l'alcool ayant déjà pris part à la drague du sang dans mes veines, la réflexion ne va pas plus loin. Peu importe après tout. Isak. Je jette un œil, observant sa tenue, sa posture, son visage, sa façon de tenir son verre. Cet homme est un mystère, si je devais parier sur lui je ne parierai pas sur le plus gentil.

Je finis mon troisième verre, ne sachant absolument pas ce qu'il avait pu boire avant de se décider à m'aborder. Il me titille, me disant qu'on va peut-être s'y mettre maintenant. Je lève mon verre vers le barman avant de croiser mes mains, me redressant de tout mon long sur le tabouret usé, les coudes posés sur le comptoir, mon sweat troué laissant le bois ayant déjà trop vécu au contact de ma peau abîmée. Alors que le bruit de l'alcool qui embrasse son contenant se fait entendre je lui lance, cette fois assez direct, l'alcool déjà présent me passant du sarcasme aux bonnes manières.

« Tu dois quand même sacrément t'emmerder pour venir entendre les histoires du premier venu dans un bar, le soir. À moins que tu ne veuilles quelque chose de moi, auquel cas, t'es mal tombé. » J'entame le verre, ne cessant de jouer avec mes doigts, pour garder contenance, pour garder un pas dans la réalité, un pied dans le plat de la vérité. « Je mourrais pour elle. Je tuerai pour elle. » Je le fais déjà, mais ce n'est sans doute pas quelque chose que l'on révèle au premier venu. « Elle est tout. Elle est plus importante que le reste. » Vixen. Son visage me revient en mémoire et je me concentre sur mon jeu de doigts. « J'ai renoncé à la liberté pour elle. » J'ai renoncé à tout pour elle, j'ai beau avoir gagné des ailes, j'ai surtout réussi à m'enfermer en cage. « Le problème étant que ce connard ne sort pas de mes pattes et que s'il continue il va lui attirer des ennuis. » Je soupire en revoyant le visage du frère que j'ai quitté quelques heures auparavant pour ne pas le tuer. « Il est tellement stupide, c'est affligeant. Problème étant qu'elle y tient, à l'abruti. Et que je ne peux pas y toucher. » Je finis mon verre d'une traite, sentant la rage remonter avec toutes les années de souvenirs, sentant la haine pour Dixon se faire plus de place que tout le reste du monde en cet instant et tentant vainement de tenir tous ces ressentiments à l'écart. « Je l'aime. Je l'aime comme personne ne l'aimera jamais, et sous prétexte qu'elle tient à lui, je suis obligé de la regarder au bord du gouffre chaque jour sans jamais pouvoir l'atteindre. »

Je tends par réflexe mon verre, en profitant pour craquer chacun de mes doigts avant de finalement le regarder dans les yeux. « Tu vois, Isak. Je ne suis pas certain que tu comprennes ça. Être capable de se sacrifier, et risquer même de sacrifier la plus belle chose qui soit, simplement pour ne pas la blesser. » Détournant le regard vers le verre qui se remplit encore une fois, je constate que je commence à un peu trop bien tenir l'alcool à force de venir calmer ma haine dans la bouteille. D'un rire ironique, j'ajoute « Quitte à faire de moi un alcoolique pour ne pas le frapper. Quitte à me détruire pour ne pas le toucher. Ça n'a pas d'importance tant qu'elle sourit. »

Il ne comprendra. Personne ne comprend à quel point Vixen vaut la vie et la mort. À quel point elle vaut la haine et l'amour. Elle m'a sauvé la vie, elle m'a fait vivre, depuis le jour où j'ai poussé mon premier cri. Et ça, personne ne le voit. Comme personne ne voit ses yeux comme je les vois. Je ne sais pas ce que c'est que d'aimer d'Amour quelqu'un, que de désirer au point de se glisser dans les toilettes dégueulasses d'un endroit miteux. Mais je sais ce que c'est que de crever d'amour fraternel, je sais ce que c'est que de se détruire pour les yeux d'une sœur qui veut tellement le bien du monde qu'elle en oublie le sien. Et personne, personne au monde ne me fera croire qu'il existe un lien plus fort que celui-là. Pas même toi, Isak. Pas même après tout le Gin et la Vodka du monde entier.

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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Jeu 17 Déc - 17:27


Il se trouvait plutôt bien tombé personnellement vu qu’il avait un client potentiel sous la main. Isak sentit néanmoins que celui-ci risquait d’être particulièrement farouche, ce qui ne lui plaisait qu’à moitié. Axl n’avait cependant pas tout à fait tort lorsqu’il prétendait que notre petit junkie s’ennuyait. Il avait encore une bonne trentaine de minutes avant son rendez-vous avec une de ses acheteuses régulières. Une nana du nom de Dylan qui jusqu’à présent ne lui avait posé ni lapin ni problèmes. C’était deux choses qui étaient particulièrement appréciables et qui faisaient que parfois, il lui offrait une petite pilule en plus juste comme ça. De toute manière, il pouvait bien se permettre. Comme c’était une de ses premières clientes, il continuait de se déplacer en personne. Ne déléguez pas ce que vous pouvez faire vous-mêmes. Même défoncés, le fait était que la plupart de ses subordonnés n’étaient pas particulièrement dégourdis.  Ha, voilà que le brun avec ses allures de dépressif, commençait un peu à raconter ce qui se tramait. A mesure que les mots sortaient de la bouche d’Axl, il eut l’impression qu’on lui parlait. Ou plutôt que c’était lui qui racontait cette histoire. Un nom vint frapper à son esprit presque immédiatement. Solveig. C’était pour elle qu’il avait tout fait, qu’il avait tenté deux transformations en métamorphes dont une seule réussie. Ses oreilles se dressèrent lorsqu’il entendit parler par la suite de ce qui se passait. C’était bien trop proche de sa réalité. Comme si le gars avait été au courant de sa vie et cherchait à l’amadouer. Cette idée le fit devenir beaucoup plus méfiants très brusquement. Une manipulation de la part de Niklas ? Est-ce que ce fils de pute avait envoyé ce gars étrange pour l’amadouer en lui racontant en miroir son histoire. Pensait-il le dealeur si stupide ? Brusquement la flamme de la colère naquit dans se yeux. C’était très difficile à contenir, il avait envie d’attraper le crâne de cet enculé et de lui faire goûter le comptoir. Comment osait-il reprendre l’histoire qu’il vivait avec sa chère sœur et se l’approprier ainsi ? C’était tellement sale que ça le dégoutait. Purement et simplement, il prit cela comme une insulte à sa relation avec  sa sœur et à son intelligence par la même occasion. Ce singe ne faisait que grossir les traits de son amour pour elle, pour quoi ? Pour lui montrer que c’était ridicule d’aimer quelqu’un autant ? Il le savait déjà mais cela faisait bien longtemps qu’il n’en avait plus rien à foutre. Assez de passivité toutefois, il était temps de répondre à cet usurpateur.

« Comment oses-tu ? Venir jusqu’ici dans ce bar et venir raconter toutes ces salades ? T’es un putain de bon menteur, comme si j’avais pu croire qu’un mec aussi désespéré avec une histoire aussi mièvre pouvait venir et comme par hasard faire en sorte que je vienne lui parler.  Il me prend pour un abruti hein ? » Ses yeux se firent mauvais, teinté de colère et de méchanceté. Niklas s’était joué de lui, c’était la seule explication et clairement ça n’était pas celle qui lui plaisait. Se redressant, il attrapa le verre d’Axl et le jeta pour qu’il aille se fracasser contre un mur. Le barman eut une réaction molle, comme si c’était un truc qui arrivait quotidiennement. Sans doute notait-il mentalement qu’il allait falloir investir dans les verres en métal avant qu’il n’y ait définitivement plus de verres dans ce fichu bahut. « T’es qu’un sale fils de pute toi aussi ! Tu te permets de te moquer de la relation que j’ai avec Solveig tout ça parce que ce grand con te l’a demandé ! T’as aucun respect pour l’amour ! Et dire que pendant une seconde, je t’ai pris pour un pauvre type paumé qui s’était fait niqué en beauté par un sentiment trop fort pour lui et qui en faisait un drame. » Il soupira grognant une fois de plus se penchant vers lui menaçant et ombrageux. Il commençait à fulminer, se rappelant que l’autre en plus pensait qu’il n’allait pas comprendre. Pas comprendre la situation dans laquelle il était lui-même ? Non mais il ne fallait pas être complètement à côté de la plaque non plus.

« T’as intérêt à partir tout de suite sinon je te garantis que ton Niklas de merde te reconnaitra pas quand tu devras lui faire un rapport pour lui expliquer que t’as merdé en beauté ! » Ses poings se fermèrent inconsciemment alors que ses jointures devenaient blanches. L’envie de frapper montait crescendo et si le garçon n’avait pas l’intelligence de déguerpir, Isak n’aurait sans doute pas la présence d’esprit de s’arrêter de cogner. Toutefois, un inconnu comme lui pouvait-il savoir tout cela ? Probablement pas mais à cet instant,  ça ne comptait pas pour l’esprit Isak bercé par la paranoïa et la violence.

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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Sam 19 Déc - 2:31



and now you're going to die


Complètement perdu dans mes pensées, je ne vois pas le regard d'Isak changer. Pendant un moment qui me semble à la fois infini et presque inexistant, je vois Vixen. Elle seule, son rire, nos souvenirs. Je vois le bonheur, la douceur qu'elle m'apporte. Et le temps d'un souffle, d'un souffle seulement, je perds toute la haine qui m'habite. J'oublie Dixon, j'oublie même Isak. Ce souffle bien trop court qu'on aurait pu appeler mon bonheur, un bonheur qui comme tout ce qui s'en rapproche disparaît à l'instant même où il a commencé à se créer. La voix de mon compagnon de bouteille résonne brutalement dans mon crâne et me fait sursauter légèrement. Je renverse un peu mon verre sur ma main et alors que j'essuie cette dernière je me retourne vers lui, sans comprendre.

« Mais de quoi... » Ma voix ne casse en rien la sienne, ne l'interrompant même pas. Je suis complètement scié, cherchant vainement à comprendre ce qui a pu le mettre dans cet état. Cependant, le mélange d'alcool et du monstre qui m'habitent s'entendant un peu trop bien je sens mon poing se serrer et la raison me quitter un peu. Restons calme. Attendons encore un peu. Et, sans plus attendre, le mot de trop se fait entendre. Il y en a toujours un. Celui qui vous fait sortir de vos gonds quasiment instantanément. Et Isak l'a dit. Au milieu de son flot de mots qui n'avait aucun sens, un seul est sorti. Menteur. J'étais un menteur. Mon poing se resserre et ma mâchoire se serre. La voix de Dixon prend celle d'Isak et toute sa connerie, son mépris, m'arrivent en pleine gueule. Il ne me faut pas plus longtemps, pas un instant de plus pour que ma main empoigne mon verre et le vide d'une traite avant de le coller violemment au comptoir. Je sens la haine prendre toute la place dans mes veines. Chaque petite parcelle de moi commence à piquer, alors que mon cerveau, mon sang, mon tout se teinte de noir. Je n'avais pas écouté un mot depuis le menteur qui résonnait. Pas un, je ne faisais que me contenir pour une raison inconnue. Peut-être pour ne pas être le premier qui explose, pour pouvoir dire à Vixen en rentrant que ce n'est pas moi qui l'ai cherché, que je n'ai fait que me défendre.

Et voilà qu'il me met au défi. D'un rire profondément méprisant, je me retourne vers lui, le fixant droit dans les yeux. Le bleu de mes iris serait teinté noir si cela était humainement possible. Je ne réalise même pas qu'il a mentionné Niklas, trop centré sur ses accusations. D'une voix plus froide que jamais, je lui souris, avant de dire. « Je t'avais dit que t'étais pas tombé sur le bon gars, Isak. » Sans attendre une réponse de l'autre, sans attendre quoique ce soit, incapable de retenir le monstre plus longtemps je me lève, faisant brusquement tomber le siège sur lequel j'étais assis, son bois usé craquant douloureusement sur le sol crasseux du bar. Mon bras glisse sur le bar, jusqu'à s'accrocher à son bord, cherchant à enfoncer mes ongles dans ce comptoir, pour me retenir encore une seconde. « Sérieusement. T'aurais mieux fait de fermer ta gueule ce soir. » Et il ne faut rien de plus pour que mon poing se ferme sur sa joue.

Un coup. Un coup Axl. Et va-t-en. Pourtant, je savais que tout cela n'était que le commencement. Tout comme le barman, qui ne prit qu'une seconde pour nous foutre dehors. Mon regard ne quittait pas celui d'Isak, mon cœur battait jusque dans mes tympans. Et je sentais la haine monter. À chaque seconde. La porte de derrière à peine refermée je craquais mes phalanges les unes après les autres, serrant les mâchoires en lui offrant mon plus beau sourire.

« On va voir, qui on ne reconnaîtra plus, Isak. » Ma phrase à peine achevée, je sens que je ne suis plus moi. La bête a pris toute la place, et elle ne se laissera pas abattre, pas plus qu'elle ne fuira. Dans un geste de furie incontrôlée qui est sans aucun doute le premier d'une longue série, je le pousse violemment contre le mur, prêt à frapper, une fois encore. Et si je suis sûr de sortir en vie, je suis bien moins sûr de l'état dans lequel ce sera. Il n'y a que peu de gens en ce monde, qui ont cette noirceur dans les yeux. Celle qu'il y a dans les miens, mais qui n'est pas qu'un reflet dans les siens. Aucun contrôle, aucune limite. « J'ai rien à perdre. » dis-je dans un murmure coincé entre mes dents serrées. Je veux juste le cogner, je veux juste que la voix qui me répète que je suis un menteur, que le Dixon qui se mêle à lui disparaisse, et si je ne peux pas frapper mon frère. Vixen n'aura aucune peine à ce que j'explose la tête d'un inconnu arrogant. Transfert. Mais c'était pas le bon soir, pas le bon bar. Ce soir, c'est la haine qui prendra le dessus. C'est mon poing qui se dirige vers ton visage une seconde fois qui existera.

C'est juste toi et moi. Ma haine et toi. Tes conneries et moi. Juste nous. Et ce que je veux maintenant, c'est ton sang sur mes phalanges. C'est tes dents sur le sol. Juste toi et moi. Juste cet instant.

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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Mar 29 Déc - 18:14

Le gars était manifestement prêt à en découdre aussi. Parfait. AU contraire, il sentit qu’il était tombé sur le bon gars justement. Un poing lui tombe sur le visage aussi fort qu’attendu. Isak aurait pu rire de satisfaction s’il n’avait pas été autant en colère. A cet instant, il se sentait en rage comme un animal sauvage. La colère coulait dans ses veines aussi sûrement que tous les poisons qu’il s’était injecté jusque-là. Face à lui, ses yeux s’injectent de sang alors que l’adrénaline pulse à ses tempes. Un second coup manque de le sonner un petit peu. Monsieur s’impatiente on dirait. Le sang commence à couler de la commissure des lèvres d’Isak qui est bien trop dans un état second pour le réaliser. Cette fois néanmoins, les réflexes de survie du garçon le font continuer à se battre. Les mots ne sont plus utiles alors qu’il se rue sur lui comme un animal. Son poing heurte son menton, alors qu’ils arrivent l’un face à l’autre, le mur pas loin des deux protagonistes. Le dealer ne pense absolument plus à son rendez-vous avec la junkie. Il a oublié qu’il se trouvait précisément à l’endroit où il devait la croiser. Il voit juste ce mur et ressent ce besoin d’essayer de faire découvrir à l’adversaire qu’il peut se consoler avec. Ses mains se referment sur ses épaules alors qu’il tente de le pousser pour lui faire buter le mur. L’autre se défend bien et sa tête ne fait au final qu’effleure le dit mur. De rage, c’est sa jambe qui part pour faucher le tibia.

Isak n’a pas appris à se battre dans une école officielle. L’homme se bat comme la dernière des saloperies et n’en a d’ailleurs pas réellement honte. Ce qui compte, c’est de gagner. Avec son corps élancé, il a été souvent confronté à des armoires à glaces qui l’avaient bien dérouillé en leur temps. Axl se débrouille bien pour se maintenir cela dit car il perd juste l’équilibre. Un genou lourd vient s’écraser contre le ventre du brun qui se recroqueville furibond. Ce salop de déprimé de l’amour sait viser à des endroits qui font mal. Il se plie un peu s’adossant au mur alors qu’un coup de poing arrive de nouveau le plaquant contre le mur. Le combat ne tourne pas exactement à son avantage. Il commence à avoir peur de perdre. Cette peur agit comme un stimulant, il entraine Axl au sol, se laissant volontairement tomber alors que ses mains s’agitent autour de son cou pour tenter de maintenir sa prise. De loin, on dirait plus une comédie qu’autre chose, pourtant le sang commence à teinter les vêtements des deux protagonistes. Au final c’est dans le combat qu’on voit qu’ils sont semblables plus qu’ils ne voudraient l’admettre l’un et l’autre après cela. Deux hommes brisés par un amour trop grands qui se battent pour exprimer quelque chose de primal, pour exprimer cette souffrance que les mots ne retranscrivent pas. Sa respiration devient un peu plus haletante à mesure que le ballet avance. Il est surpris lorsqu’il réalise que son adversaire est sur lui à présent, prenant donc un ascendant sur lui, il commence à se débattre alors que le poids de l’autre le maintien au sol. Brusquement, il aimerait avoir fait un peu plus de sport dans sa vie, avoir passé des heures à la salle de sport et être costaud. Rapidement dépassé, il devient un peu plus enragé. Ses coups sont malgré tout orageux et dévastateurs lorsqu’ils touchent. Sa force est celle de l’animal qui tente de s’enfuir.

Dans la cohue et la bagarre, aucun des deux ne s’est rendue compte que deux personnes étaient en train de les observer. Isak, protégeant son visage pour éviter de recevoir un coup de poing monumental dans le visage. Il s’est trompé sur le gars qu’il pensait pouvoir amener à la drogue, c’est une bête féroce. Une bête peut-être même un peu plus féroce que lui. Leur affrontement est interrompu par une voix qui s’élève. Tous deux tournent la tête vers l’impertinent qui se permet de leur parler alors qu’ils sont en train de régler un conflit d’homme à homme. Les gens ne connaissent plus la politesse de nos jours.

« Qu’est-ce que vous voulez putain ? Vous pouvez pas attendre deux minutes ! Je suis occupé. »

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Dim 3 Jan - 19:41

T’as compris toi ?Pas vraiment non… m’enfin, j’imagine que c’est important… Il hoche la tête en accélérant le pas pour nous suivre avec Dylan. Elle marche devant, tire ma main comme si je ne pouvais avancer sans son aide et semble aussi déterminer qu’un taureau face à un danseur de jig. La comparaison m’amuse et j’esquisse un sourire en tachant de me remémorer les propos lâchés dans un ouragan il n’y pas deux minutes. Sans succès. C’est un brouillard. Je pense même que mon cerveau n’a pas eu le temps d’enregistrer quoique ce soit encore le moment où j’étais tranquillement installé devant mes dossiers, son irruption dans l’appartement et la course actuelle. Elle me dit qu’il risque de partir, qu’elle ne m’a jamais vu aussi lent et je lui réponds par un grand sourire signifiant tout mon intérêt pour la situation. J’adore Dylan mais il lui arrive de dérailler. Dès fois, je ne la suis pas, ris parce qu’il n’y a que ça à faire. J’observe ses cheveux se balancer autour de son visage et l’entend baragouiner dans sa barbe inexistante contre sa folie à elle. Un tourbillon s’agite devant moi sans que je n’en comprenne les raisons et encore moins les motivations. Elle dit cela important, voire hallucinant. Elle suppose ce que je suis loin de comprendre puisqu’il me manque toutes les informations du début, de son arrivée dans mon appartement. Nous arrivons bien vite à la bonne destination, elle regarde la ruelle et soupire avant d’exploser au nez de son démon. Hé, ça va aller, respire… qu’est-ce que tu as vu ? Un revenant ? un petit ovni ? Il y a plus rien d’étonnant aujourd’hui tu sais… Je lui souris tourne la tête et découvre une entrée cachée du bâtiment. Je fronce les sourcils et m’y dirige dans l’idée d’aller jeter un œil. Après tout, puisque nous sommes là, autant fouiner un peu. Qui sait ? Ca peut s’avérer utile. Je m’apprête à déplacer un carton dissimulant une affiche d’un bar illégale lorsqu’une poubelle s’échoue sur le sol non loin formant une sonorité particulière contre quelque chose de métallique. Instinctivement, j’abandonne mon objectif du moment et m’élance dans la rue adjacente puis ralenti le pas face au spectacle. La blague.

Levant les yeux au ciel encore éclairci par le jour, je me détourne pour regarder la rue d’où je viens et remercie pour eux d’être relativement éloigné de l’artère principal. Quelle bande de crétins. Deux idiots. Deux troufillons voulant certainement finir au milieu du colosséum pour en découdre avec un gouvernement qui se fera une joie de les mettre en pâture à ce qu’ils pouvaient trouver. Par curiosité, mais aussi par obligation afin d’étoffer un peu l’illusion de mon consentement pour ce gouvernement, j’y suis allé. J’ai assisté à ce spectacle, cet enchainement de jugement abjecte. Ces deux abrutis n’avaient-ils pas pris la mesure de leur acte ? Bon sang. S’il voulait se battre, pourquoi ne pas attendre l’ouverture des bars qui n’attendaient qu’un peu d’animation… ? Tu penses les observer longtemps ? Y en a un des deux qui va creuver avant…OOh, non, ils ont l’air d’être aussi peu débrouillard l’un que l’autre… Sans faire attention à Dylan, je m’avance vers le duo de danseur avec la ferme intention de les séparer sans m’en manger une. Qu’est-ce que vous voulez putain ? Vous pouvez pas attendre deux minutes ! Je suis occupé. J’hausse un sourcil ralenti un bref instant mais n’ait pas le temps de dire quoique ce soit que la bagarre reprend. Je soupire, traverse la distance qui me sépare des deux abrutis sans parvenir à voir leur visage. Oh les feux de l’amour c’est fini pour aujourd’hui… on…range…les tutus… D’un geste j’attrape le premier poing qui passe, entraine le garçon dans un mouvement circulaire autour de moi et d’un geste vif le retourne contre lui offrant une pression contraire qui le destabilise. Une fois celui-ci au sol, le scientifique évite de justesse une droite et opte pour pousser le second garçon contre le mur juste derrière lui en le maintenant fermemant contre. Du calme… ON SE CALME J AI DIT ! Je lève une main entre le premier et moi tout en maintenant la pression sur la gorge du second. On va se détendre les danseuses… vous voulez finir au milieu d’une fosse ? Parce que vous pourriez pas vous y prendre autrement…enfin… la prochaine fois mettez-vous en plein milieu de la rue principale avec des banderoles lumineuses.. ça fera un tabac ! Légèrement agacé, totalement désespéré de séparer ces deux gars qui, en prime, semble avoir mon âge que j’en perds l’analyse de la situation. Mes yeux passent sur eux comme une fleur sur ma peau jusqu’au moment où mon cerveau s’active et que mon regard se pose de nouveau sur l’homme que j’ai envoyé à terre. Je fronce les sourcils, lui, je le connais. Bon sang. Oui. Axl. Mon visage exprime alors la surprise avant d’afficher un sourire et de lâcher la pression sur le corps de l’autre type pour tourner complètement vers ce jeune homme que je pensais ne plus jamais revoir. Loin de la réaction eut avec mon cousin, je brise l’espace qui nous sépare et lui offre une accolade bien masculine. Axl ! Bon sang ! QUE…comment ? tu vas bien…. Désolé… mais bordel t’es complètement inconscient mon pauvre ! Je secoue la tête, sent du mouvement derrière moi. J’agite alors la main en retournant rapidement vers lui. Teuhteuh… tu te calmes, là c’est un moment fort mon gars… repose toi … Mes pupilles se détournent sans réaliser quoique ce soit. Tim…C’est pas le moment Bastien…y a… Je bloque. Littéralement, mes yeux s’écarquillent alors que mon regard épouse les traits de l’homme que je tennais fermement contre le mur. Je finis par sursauter, reculer, secouer la tête. Ma main s’agite devant lui pendant que mon visage se détourne vers Dylan et montre le type du doigt. C’est…. B…. c’est…. Mais… bordel… Mon visage se replace devant le type. Ce visage. Je fronce les sourcils. D’un bon je fonce de nouveau sur lui et le propulse contre les briques rouges. T’es qui !? C’est quoi ton nom ?! Parles bordel ! Mon visage est prêt du sien. Ce que je lis dans son regard ne ressemble en rien à ce que je me suis imaginé de Bastien pourtant… pourtant c’est le même visage… Je n’attends pas sa réponse, je le lâche déjà, passe mes mains sur mon visage. Ca y est je suis fou. J’ai perdu la raison. Bastien… Bastien ? Je tourne la tête, tourne sur moi-même. Bon sang. Il n’est plus là. Plus du tout. Dylan…. Dis moi… il est passé où Bastien… ? Mes sourcils se froncent, je recule observe Axl puis l’autre type. Je secoue la tête. Mais… c’est QUOI CE BORDEL ? Je me tourne vers le sosie. T’as dit que t’étais qui toi déjà ? et toi Axl tu sais qui c’est ce type ? Tu l’as déjà vu avant ? Non parce que je sais pas ce que t’as foutu mais tu as le visage de… mon frère …. Et lui, il est mort…Voila. C'est ça. C'était pas un ovni. Non, c'était un revenant. Bordel. Bastien.

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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Dim 10 Jan - 21:48


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« Timothée. TIMOTHEEEEEEEEEEEEEE ! » hurle Dylan, telle une amazone scandant son cri de guerre par la tenue de ce dernier dans les aigus. Sa main eut à peine le temps d’effleurer la poignée pour la tourner, comme si cette dernière était en feu. Non, la jeune tatoueuse n’avait pas le temps de s’attarder, elle devait expédier son colis chez le destinataire, et elle allait bien le faire à sa manière. La porte vola et claqua bruyamment contre le mur. L’espace d’un instant, elle grimaça de sa brusquerie, mais elle reprit vite contenance. Ses yeux chocolatés se dardèrent rapidement sur sa cible : Tim’. Dans une précipitation presque attendrissante, elle se rua vers lui, perdit l’équilibre mais se rattrapa à sa table sans manquer de faire tomber sa pile de dossiers. Mais qu’était-ce de la paperasse à côté de ce qu’elle souhaitait lui montrer ? « Timou, tu ne vas pas le croire ? TU NE VAS PAS LE CROIRE ? Hier, en sortant du boulot, je suis partie rencontrer un homme, UN HOMME TU L’ENTENDS BIEN, ok ? J’étais sa cliente, et puis … ENFIN NON, ENFIN OUI !  » Brillante Dylan, continues on touche le fond. « Enfin je veux dire … ce n’était pas un prostitué, je ne suis pas désespérée à ce point, hein ! C’était juste un … gars ? ENFIN BREF ! Je l’ai vu hier, et c’était comme … WOH ! Enfin tu vois non ? » s’était-elle questionnée alors qu’elle venait de finir son discours accompagné de grands gestes, toute en sueur. Elle s’était passé une main dans ses cheveux en bataille, conséquence de sa course effrénée pour vite retrouver son ami.  « Bref, tu as compris ce que je voulais dire et il faut y aller, car tu as tout compris Timou ! Vite, prépare-toi Timou ! ON S’EN VA A STORYVILLE ! » ; Lorsque Dylan décide, on exécute. La petite tornade ne laisse souvent pas le choix, et vraisemblablement pas de répit lorsqu’elle a une idée dans la tête. Alors elle expédie les choses superficielles qui représentent des obstacles, hors de sa route pour atteindre Tim’. Du bout du doigt, elle caresse sa joue, un grand sourire aux lèvres : « Suis moi, tu dois me prouver que je n’invente rien ». Et comme pour sceller cette promesse, elle joint sa main à la sienne, ses doigts entre les siens. Peau contre peau ; pouls contre pouls.

Oh les hommes sont vraiment tous des bébés ! Les hommes Dylan, pourquoi tu t’étonnes ? « MAIS T’ES TROP LENT TIM’, VITE ! Sinon ça sera trop tard ! » aboie Dylan tout en resserrant l’emprise sur la main du jeune homme pour mieux le tirer à elle, et l’inciter à accélérer.  Sa chevelure féline s’agite à chacune de ses grandes enjambées, elle souffle son impatience par la bouche. Dylan râle, Dylan s’impatiente. Et entendre le discours féministe de son démon résonner dans sa tête n’aide pas la jeune tatoueuse à s’exacerber au calme. Elle explose : « OH MAIS TA GUEULE PUTAIN ! Laisse-moi chercher l’endroit tranquille ! » ; La voix de son ami se veut compatissante, et tend à la calmer. Telle une caresse, le ténor de sa voix s’appose sur elle. Elle se calme avant de se rendre compte qu’ils sont déjà arrivés à destination. C’est devant ce bar illégal qu’elle l’a vu. Mais sa déception se dessine progressivement sur son visage, et elle n’arrive pas à la cacher. Elle s’apprête à se retourner vers Tim’ lorsqu’un bruit les interpellent et les incitent à contourner la rue, en direction de la source de ce bruit. Elles les voient, deux hommes se ruant l’un sur l’autre, en train de se débattre en brassant du vent à coup de poing, ou coup de pied. Comme je te disais, les hommes. ; Sous son regard égaré, les deux hommes se ruent de coups sans même qu’elle ne parvienne à bouger le moindre membre, sans même qu’elle puisse amorcer le moindre mouvement pour les séparer. Une silhouette passe devant elle, Tim’ s’élance dans la lourde tâche d’arrêter ce spectacle.  Son regard glisse sur le visage de l’homme que son jeune ami immobilise contre le mur, et elle y reconnaît Isak, son fournisseur. Dylan se précipite vers la nuque de ce dernier, afin d’y desserrer les doigts de Tim’ qui y maintiennent une emprise. « CALMEZ-VOUS ! » supplie Dylan d’une voix agitée. Tout se passe bien trop vite pour qu’elle puisse reprendre son souffle, ou avoir un répit. A l’exclamation de Tim’, Axl est le second homme au sol séparé dans la bagarre. Quelle n’est pas la surprise de la jeune femme d’entendre qu’Axl, son ami aussi est un ami de Tim’. Le monde est petit, ironise-t-elle intérieurement. Alors que les deux jeunes hommes s’étreignent dans ce qui semble être des retrouvailles, Dylan tend la main à Isak afin de l’aider à se relever tout en lui décochant un regard réprobateur. Quelle idée que de se battre en public.

Afin d’enterrer le malaise de la situation, Dylan s’apprête à ouvrir la bouche lorsqu’elle perçoit son ami Tim’ perdre littéralement pied devant elle. Et merde ! Tu l’as dit, ma vieille, t’es dans la merde. ; Dylan se retourne subitement vers son ami, la main tremblante, les yeux écarquillés. Elle s’approche doucement de lui, à petit pas, dans un geste qui se veut rassurant : « Timou, calmes toi, respire !  » ; Encore un petit peu, juste quelques pas qui la sépare de son ami qui semble se briser à chaque seconde. Une demi-respiration, le souffle coupé, elle est si proche mais pourtant si loin. Il est en train de se perdre, elle est en train de le perdre dans ce bordel qu’il qualifie lui-même. Elle se mord la lèvre inférieur, quand le remord inonde son esprit. Elle n’a plus de temps à perdre, car si elle s’attarde, il va s’égarer, il va s’égarer. Il se prend le visage dans les mains, et cette vision lui fend le cœur. Elle tend la main désespérément, elle se rapproche encore, encore et encore ; Et le temps lui parait si long. Elle agite ses doigts, brasse l’air avant d’atteindre la surface de sa peau, elle encadre son visage de ses mains avant de chuchoter d’une voix rassurante : « Tim’, regarde-moi ! Regarde-moi ! » ; Elle insiste, elle tente de capter son regard avec le sien, pour le retenir avant qu’il ne bascule définitivement. « Il s’appelle Isak, Isak Eriksson. » ; Et comme pour s’assurer qu’il comprend vraiment ce qu’elle est en train de lui expliquer, Dylan sépare les mains de Tim’ de son visage avant de poursuivre, en articulant chacun de ses mots : « Ce n’est pas Bastien. Isak, est vivant. » ; Elle recule légèrement le visage, observant Tim’, en attente d’une réaction de sa part.
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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Jeu 28 Jan - 0:28



almost broken


Je ferme les yeux une seconde. Juste une seconde. Un souffle. Court, précis. Et des coups qui s'enchaînent. Quel connard celui là, qu'est-ce qu'il est venu foutre ici. Plus de réflexion, plus aucun contrôle. La bête à l'intérieur de mon corps jubile, attendant le bon moment pour prendre le dessus. Je l'entends hurler, se déchaîner, se marrer des coups que je reçois en retour. Les gestes d'Isak sont vifs, il m'entraîne rapidement au sol, le bitume abîme mes vêtements. Peu importe. Il a cherché. Pourquoi déjà ? Ça ne compte plus. Des coups. Les uns après les autres. Des coups jusqu'à oublier, ne plus se souvenir et se réveiller ensanglanté quelque part. Tout cela n'était pas important. Mon cœur bat jusque dans mes tempes et mes artères restent tant bien que mal sous ma peau en tapant aussi fort qu'elles peuvent. Boum. Boum. Le poids des maux, le poids des coups.

Tout va trop vite et ma respiration est saccadée, l'adrénaline à son comble alors que je suis à deux doigts de perdre tout contrôle. À deux doigts de ne me souvenir de rien, de n'avoir qu'un cadavre de plus sur les mains. Ou peut-être d'y rester. Tout cela n'a pas d'importance. Seule la violence en a en cet instant. Et la chaleur monte jusque dans mes poings. Égratigné, les contusions commencent à se faire sentir. Isak ne cogne pas pour rire et moi non plus. On s'en fout. On se fout de tout. Il est aussi fou que moi. Je frappe, encore. Au sol, je prends le dessus un instant. Le monstre rugit, mais pas encore. Pas tout de suite. J'en veux à Isak. Il n'est pas une victime d'un contrat, il n'est pas là pour alléger ma soif de sang. Il a cherché. Son poing dans ma figure, dans mes côtes. Ses jambes dans mon dos. Peu importe tant qu'il souffre aussi.

Je pourrais toujours me soigner, pas vrai ? Mon poing se lève lentement, magistral, tombant comme une épée de Damoclès sur une vérité qu'on se cache tous les deux. Minables malheureux qui se battent pour un oui ou pour un non. Minables et détestables déchets qui ne pensent qu'à eux dans leur cercle vicieux de solitude. Tout le monde prétend se battre pour une raison, pour protéger, pour l'amour, mais la vérité c'est qu'on se bat pour soi. On se bat pour être vivant, pour être quelqu'un. Le visage de mon adversaire est recouvert de ses mains alors que mon regard se fixe sur mon objectif comme un aigle ne se détachant pas de sa proie. Une inspiration envahie mes poumons, les gonflant douloureusement alors que mon poing se rue lentement, violemment, sur son visage. Et à quelques centimètres, à un souffle de la bête. Un souffle du contrôle, une voix s'élève. D'un réflexe incontrôlé je stoppe mon geste, tous les deux tournons la tête. Qui, dans ce quartier plus pourri que mes entrailles, se risquerait à interrompre un combat entre deux hommes dans la rue ?

La voix de mon partenaire de coups s'élève, froide, agressive. Je ne réagis pas, tournant les yeux à peine les yeux vers deux inconnus à quelques pas avant que ma mâchoire se serre à nouveau et que mon poing s'éclate finalement contre le nez de mon adversaire. Secouant la main, soulageant mes phalanges, je m'apprête à l'attraper par le col pour lui coller un coup de boule alors qu'il est sonné. Sur le fil du rasoir, à un souffle du contrôle. Ma main est sur le poing de se fermer sur le haut d'Isak quand un contact extérieur me coupe de ma bulle. Me stoppe dans la violence. Le monstre m'envoie une décharge, en frapper un second ne serait pas un problème pour lui. Mais le contact de cette main à quelque chose qui me fait hésiter. Cette seconde de flottement m'offre de me prendre mon propre coup lamentablement, tombant d'un déséquilibre un peu plus loin. Mes mains s'écorchent un peu plus sur le sol alors que je hurle « HEY MAIS ! » sans attendre plus et me relever pour me rapprocher de mon adversaire. Mon combat. Maintenant. Debout, je me stoppe pourtant quand je vois qu'il maintient Isak par le cou. Je serre les poings, sent le sang couler mais n'en ai rien à faire. Si une personne de plus doit recevoir un coup, ce ne sera que parce qu'elle l'a cherché. Et pourtant, à deux pas de lever à nouveau mon bras je m'arrête finalement sur le visage de celui qui nous a interrompu.

Impossible. Je m'arrête, et le dévisage sans être capable de prononcer un mot. Le regard de l'homme que je crois reconnaître se fixe dans le mien et son visage me confirme mon idée. Un sourire se dessine malgré moi sur mon visage, rangeant loin la haine et la rage qui étaient prêtes à exploser quelques secondes auparavant. La voix de Timothée s'élève alors qu'il me prend dans ses bras et que sans réfléchir je le serre. Je me fiche d'avoir mal sur l'instant. Je me fiche d'Isak, de la fille avec laquelle il est venu. C'est Tim qui importe. Je ne pensais jamais le revoir. Encore moins aujourd’hui, et pendant une seconde c'est la seule chose qui compte. Il s'éloigne un peu sans couper le contact et, malgré mon visage boursouflé, je lui offre mon plus beau sourire. « Putain Tim quoi... ! » Les mots sortent difficilement d'entre mes lèvres tant je suis étonné, retourné de voir un peu de soleil dans cette vague de sang et sanglots. Tim tourne la tête vers Isak et alors que je suis occupé à le regarder lui, prenant le temps de bien réaliser la situation alors que mon cœur retrouve un rythme normal il change complètement d'attitude. D'un mouvement de recul lorsqu'il s'avance vers mon ancien adversaire je bafouille sans réussir à sortir un mot. Mon regard se tourne vers la demoiselle qui l'accompagne en quête de réponse et là, j'entends son nom.

Bastien. Merde. Je connais Tim, je sais qui est Bastien. Il m'en a parlé et reparlé. Mais ce n'est pas lui. C'est Isak. Il s'adresse à son amie, et complètement déboussolé j'observe la scène un moment. Elle semble tout aussi troublée que lui avant d'ouvrir la bouche. S'avançant vers Tim pour le calmer je cherche Isak du regard pour lui faire signe de pas bouger. Mon visage se veut menaçant, les mâchoires serrées. Alors là, fais pas le con. Hors de question de toucher à Tim. J'attends un instant, pour être sûr que l'autre con a bien compris mon geste avant de m'avancer à mon tour vers Dylan et Timothée, toujours un œil bouffi en direction d'Isak. « Ne bouge pas. », mon ton est autoritaire, et si je me pose sur mes chevilles pour poser un bras autour des épaules de Tim, je suis prêt à bondir au moindre instant pour le rattraper et lui en coller une. Et j'espère qu'il en est bien conscient.

Mon emprise se resserre, rassurante sur l'épaule de mon ami alors que ma voix se fait finalement douce pour lui dire. « Elle a raison Tim. Il s'appelle Isak. Ce... ce n'est pas ton frère. » Mon ton se casse un peu, imaginant ce qu'il pouvait ressentir et me rappelant toutes nos discussions alors que j'ajoute. « J'suis désolé Tim... » Mon cœur se serre et mes mâchoires le suivent pour se plonger dans les yeux d'Isak. Je me redresse brusquement pour me diriger vers lui et sans une menace physique directe je dis pourtant, d'un ton bien moins doux. « T'as pas intérêt à faire le con Isak. Tu touches à ce mec et c'en est fini de toi. » Je l'attrape par le bras pour l'avancer un peu vers les deux autres et dit, aussi calmement que possible. « Bon. On va faire les présentations correctement, et on va parler. Je crois que Tim a des questions et ça presse bien plus que t'exploser la tronche. » D'un sourire moqueur aussi bien que bleuté que j'offre à mon ancien adversaire, je me retourne désormais pour observer la seule inconnue de cette équation. Dylan. Son air bouleversé, mais surtout le fait qu'elle sache qui est Isak ne me plait guère, il ne semble pas avoir de bonnes fréquentations. Qu'importe.

Tim. Alors que je lui offre une main en sale état en guise de soutien, j'adoucis ma voix pour dire simplement. « Du coup, si j'ai compris, Isak et ton amie se connaissent. Pour ma part, je m'appelle Axl. » J'offre à la demoiselle un regard appuyé, lui montrant que je n'ai rien d'un ennemi avant de conclure. « Et Tim et moi sommes de vieux amis. » À ces mots je ne peux retenir un sourire, Tim. Retrouver Tim. En ce moment précis où tout bascule et rien ne va. Les circonstances ne sont peut-être pas idéales mais qu'importe, il est là. De mes gestes maladroits je peux sentir sa présence et rien que ça, ça vaut toutes les blessures du monde. J'ai retrouvé un ami, mon ami.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Mer 10 Fév - 18:32

Isak était interloqué. Le combat avait pris fin aussi rapidement qu’il avait commencé. Cet inconnu à côté de Dylan se permettait de lui parler ainsi. S’il n’avait pas été aussi sonné par le combat, il se serait redressé pour le round 2 avec cet impertinent. Toutefois, pour l’instant, il se contenta un peu surpris de le fixer le moins stupidement possible. Tiens, il connaissait l’autre con avec lequel il était en train de se fritter. A peine le temps d’en placer une au milieu de tous ces verbiages incessants. Isak, il a mal à la tête et il a pas particulièrement envie de répondre. Du coup, il se la ferme. Se rendant compte que sa bagarre pour le moment doit être remise à plus tard, il se dégage d’Axl. Se faisant attraper par Tim, il s’apprête à frapper de nouveau mais malgré la poigne ferme, le trouble de l’homme l’empêche de le maintenir bien longtemps. Il finit assis sur le sol complètement hagard.  Si quelqu’un pouvait lui expliquer ce bordel. Son premier instinct, ça avait été qu’un bon samaritain était venu croire faire le bien en les séparant. En entendant, le prénom de son partenaire de violence, il s’était dit qu’il allait se faire tabasser par deux personnes et qu’il devait donc prendre la poudre d’escampette. Toutefois,  aucune de ces deux hypothèses ne couvraient la situation qui se présentait actuellement.

« Bastien ? C’est qui ça encore ? » Maugréa-t-il énervé d’avoir été sur le point de recommencer à s’énerver et à crier à tout le monde d’arrêter de lui faire perdre son temps. La dernière phrase de Timothée l’interpelle malgré lui. «  Frère ? Mort ? » dit-il avec la plus grande intelligence du monde. Il fallait avouer que sortant d’un affrontement, ayant bu et pris une petite dose avant de venir, tout était embrouillé. Toute cette histoire à cause de cette conne de Dylan vers qui il se tourna.

« C’est quoi ce bordel Dylan ? Tu crois qu’on fait des petites sauteries et que tu peux ramener je sais pas quel malade ici ? »  Il gronde mais surtout parce qu’il ne comprend pas et bordel ça le met dans une situation inconfortable. Il entend un peu Axl lui dire de ne pas bouger mais comme il ne comptait pas le faire, il se contenta de faire celui qu’il avait prévu. «  Non mais, mec » répondit-il comme un chien qui a plusieurs ennemis et qui essaie de tenir tout le monde en respect. « T’es personne pour me donner des autres, c’est pas demain que ça va commencer et encore moins aujourd’hui. En revanche, j’avoue que vos conneries de mélodrames, vous pouvez très bien les régler sans moi. Je vois pas bien en quoi ça me concerne. » Comme un enfant pris au dépourvu, il boude. Peut-être qu’au fond de lui, il voudrait le fin  mot de l’histoire mais pour l’instant, il est piqué au vif. Sa bagarre ne se passait bien, Dylan ne respecte pas les règles et l’autre fou l’a attrapé et l’a regardé comme s’il avait vu un mur. Le hasard ne favorise pas toujours les esprits préparés. La preuve personne n’aurait pu être préparé à tout ce qui venait de se passer. Ses doigts viennent masser lentement sa tempe. Que doit-il faire maintenant ? Il doit de toute manière filer sa came à Dylan. Peut-être qu’il pourrait tenter de s’éclipser discrètement. Son instinct lui dit que ça ne sera pas exactement facile entouré de trois personnes. Visiblement le hasard a décidé qu’aujourd’hui serait un charmant jour plein de merde. Comme c’était le cas hier, et tous les autres jours avant. Lunatique de nature, et versatile par la drogue, il change progressivement son fusil d’épaule. Après tout, il vient de se faire appeler par un prénom qui n’est pas le sien.

Ses yeux se tournent vers Axl, qu’il fiche un long moment, un regard qui veut dire que ça n’est pas fini et que la revanche devra se jouer un jour. Perturbé, il ne réagit pas forcément lorsque tout le monde retourne dans le bar. Finalement, il s’assied avec désinvolture sur une chaise. Le patron le regarde d’un œil désapprobateur mais ne fait rien. Ses pieds sont posés sur une autre chaise plus loin. La tête lui tourne un peu. C’était difficile de réfléchir après l’ivresse du combat. Un mal de crâne carabiné allait l’habiter pendant tout le reste de cette putain de journée. D’un geste de la main, il commande quatre bières et laisse tout le monde s’installer autour de la place restante. Son regard se fixe sur cet étranger qui lui a parlé comme s’il le connaissait. Avant de laisser tout le monde se perdre dans des digressions, comprenez tout ce qui ne l’intéresse pas, il met les points sur les I.

« J’espère bien repartir avec mon cash à la fin de cette conversation Dylan. En ce qui concerne ce que j’ai à dire, et bien pas grand-chose de toute manière. J’aimerai bien quelqu’un me raconte un peu toute cette histoire parce que sincèrement, j’ai l’impression que c’est moi le dindon de la farce. Je déteste ça. » Il a la sensation de reprendre le contrôle de la situation. Une sensation qui est bien illusoire mais qui lui permet de se détendre alors que chacun s’occupe, ou non, de son verre. Il incite Timothée à commencer son récit sans faire particulièrement attention à l’état de choc de celui-ci. Isak ne fait pas tellement dans le social ou encore dans l’empathie. Il faudra se contenter de cela pour faire avancer la conversation. Un regard qui sous-entend qu’on attend de toi quelque chose sans te le préciser.  Son attention  se perdait déjà un peu alors qu’il reprenait une gorgée de sa boisson. De l’extérieur, on aurait sans doute dit un groupe d’amis qui prenait un petit verre  et pourtant quand on s’approchait, on remarquait des différences palpables. Egalement une forme de tension inexplicable comme si une chose terrible était arrivée. En un sens, plusieurs choses terribles s’étaient passées pour mener à cette conversation.
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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Mer 10 Fév - 23:53

Bastien. Lui. Ici. Vivant. En chair et en os. Impossible. Mes yeux observent ce qui n’existe pas. Ce qui est impossible, un visage défunt. Un visage perdu. Plus encore, ils sont frappés par un avenir impossible, une relation brisée à la source… avant même que nous ayons eu nos prénoms, nos identités. Je me trouve hors temps. Le monde s’agite avec une lenteur qui ne me perturbe même pas, à moins que ce soit moi qui me soit figé. C’est bien possible. Je ne ressens rien de l’extérieur. Je ressens simplement les battements d’un cœur en asphyxie à la recherche d’un cerveau pour lui donner des réponses que personne ici ne possède. Je vois cet enfant sur la photo que je conserve égoïstement comme la relique d’un passé qui ne m’a jamais appartenu et qui ne pourra jamais rien représenté. Je transporte ce visage sur celui de l’homme en face de moi, à terre. Est-ce que je viens de frapper mon frère ? Encore ? Suis-je complètement stupide ou simplement un grand crétin ? Je crois bien ne pas connaitre les bases de la sociabilité ou encore moins, les bases d’une relation fraternelle…. Lorsqu’il parle, sa voix me heurte. Frappe l’enveloppe qui contient cette folie passagère, cette incompréhension. Catapulte ma stupidité. Eradique l’espoir qui naissait dans la possibilité que je sois un parfait abruti : avoir cru qu’il était mort. Avoir cru que je ne pourrais jamais m’excuser. Avoir cru m’être planté sur toute la ligne sans jamais pouvoir réparer mes erreurs. Avoir cru frapper, encore mon frère. Une liste de croyance longue comme un parchemin dévalant le mont Everest. Une liste plus conne encore que cet espoir. Un instant j’aurai aimé être cet abruti de frère retrouvant son double pouvant sauver ce qui n’existe plus désormais. Mais non. Cette voix… n’est pas la sienne. Il parle encore, en même temps que tout le monde. C’est  un bouillon de paroles et de touchés. Je commence à revenir. Je sens l’air sur ma peau, les paumes de Dylan sur mes joues, le frisson contre mon échine. J’entends l’inquiétude dans leur voix et l’incompréhension dans la sienne. Je sens sa colère, elle me fait penser à ma dernière et unique conversation avec Bastien. Unique, VRAIE, conversation. Je revois son visage, son regard puis son dos qui disparait dans la foule. Je revois la fin que j’espérais sans m’en être convaincu y voir un commencement. Quelle connerie. C’est moi, là, qui suit encore le plus con. Maarten doit bien se foutre de ma gueule en compagnie du vrai Bastien. Il doit s’en payer des barres de fous rires à me regarder converser avec un mur, une porte, un tableau, une poubelle puis à croire ou plutôt, espérer que ce dealer soit Bastien…. Ah oui, il doit bien se marrer en repensant à son propre discours puis à la volonté que j’ai tenté d’implanté dans mon être pour « avancer » bien que lui aussi soit parti. Je n’aurai pas pu y être à sa place au milieu de cette fusillade ? Je n’aurai pas pu choisir de me prendre une balle pour finir meilleur que ce que je suis devenu avec el temps ? Il n’aurait pas pu m’envoyer un faire-part « je prévois de crever avec un peu de bravoure, tu viens ? Ca peut être sympa… ». Quel con. Cet égoïste incapable de penser aux autres avant quoique ce soit…. J’espère qu’il s’étouffera avec une croquette le cabot. Après le vide c’est la colère qui s’infiltre. Mon cœur s’actionne toujours dans une symphonie un peu trop abrupte. Mes poings se serrent sans que je parvienne à dominer quoique ce soit. Peut-être ai-je simplement envie d’exploser ? Contre eux, contre Bastien, contre ce type, contre moi. Oui, surtout. Contre moi.

Qui suis-je pour espérer quoique ce soit ? Qui suis-je pour m’autoriser la conversation avec une illusion à la gueule de mon frère ? Le voila, d’ailleurs qui s’est barré…le fourbe. Ou, mon esprit, se fourbe. Tout pour me faire vriller. Totalement. Complètement. Est-ce à ça que je vais me cantonner ? Regretter et espérer ? D’ordinaire, ça ne me ressemble pas pourtant, comment expliquer la création du faux Bastien ? L’espoir qui réside dans ce visage si similaire ? C’est n’importe quoi. Tout est n’importe quoi. Je ne comprends pas ce qui doit se jouer ici. Ce que cela signifie. Ce que cela implique. J’ai beau ne pas croire en une quelconque notion de destinée, tout ceci me semble si énorme que… je ne sais pas. Mon soupire s’étend dans l’espace et c’est là que je percute. Mes yeux parcourent les lieux, mes sourcils se froncent, ma main se crispe sur une bière… depuis quand sommes-nous là ? Pourquoi s’est-il placé en face de moi ? Cette espèce de frère en cire ? Cette illusion à l’allure si réelle, si concrète… plus encore que la relation que j’ai eu avec Bastien… ou plutôt l’absence de celle-ci. C’est n’importe quoi. C’est stupide. Tout ceci est stupide. Je me crispe sur ma bière sans parvenir à esquisser le moindre geste, à formuler le moindre mot. Je sens les regards sur moi avant qu’ils ne se détournent sauf celui-ci, le sien. C’est étonnant, la lueur n’est pas la même alors que le reste est si identique… Maarten lui aurait sans doute déjà éclaté le portrait pour marquer la différence, juste pour extériorisé ce que nous avons jamais vraiment réussi à relâcher : la culpabilité. Il est mort sans parvenir à passer au dessus et je ne pense pas être sur la voie de cette résolution. J’oscille encore entre l’envie de laisser couler et répondre, me lever et fuir dans une course frénétique, ou intégrer mon poing dans son visage juste pour voir… juste pour vérifier…. Juste pour… aucune idée. C’est idiot. Tu n’as rien à voir avec lui… tout… ça… c’est… désespérant… Je le désigne de haut en bas avec un dédain à milles lieux de ma personnalité pourtant, je ne peux m’empêcher de puiser dans cette noirceur pour évacuer ce qui n’a pas lieu de s’échapper : la rancœur. Je me revois dans cet appartement, voleur d’un être que je n’ai jamais considéré différemment que comme l’imposteur de ma vie. Je me revois m’imposer, éclater de rage contre celui qui ne le méritait certainement. Je me revois accuser et frapper avec une force décuplée par ma propre honte. Ah ça oui, il se marre le cabot… A moins qu’il me tonne encore ses ordres, de ne pas lacher… de pas faire ça… d’avancer…. Je secoue la tête. Soupire et bois une gorgée de la bière. Lorsque je la repose sur la table, je la fais tourner entre mes doigts en détachant pour la première fois mon regard du sosie dont j’ai pas intégré le nom d’ailleurs. Merci pour la bière… Un remerciement qui se veut plus de plates excuses à ma précédente remarque. Je secoue la tête, passe une main dans mes cheveux avant de me redresser et de racler ma gorge. Ok. Voila la petite histoire familiale. Il y a 28 ans deux bébés naissent dans le nord de la France, l’un sera gardé par la famille et le second envoyé à l’adoption. Je suis le premier, élevé par deux parents sorciers à une époque où sorcier rimait avec harry potter, merlin ou autre connerie du genre. Le second a donc grandi dans une famille qui voulait de lui. Nous n’avons jamais su pour l’autre. Je l’ai appris après une intuition à mes 24 ans et je n’ai fait sa rencontre qu’il y a un peu moins d’un an alors que j’étais persuadé de sa mort…. Je me gratte le cou, penche la tête sur le côté et cherche mon illusion sans le trouver. Mes yeux se posent donc sur ce visage dont l’illusion est inexistante mais dont la réalité n’est qu’un leurre. Je le détestais … je lui ai craché la vérité en face et ça en été fini… plus ou moins… j’ai pas cessé de vouloir en découvrir plus à son propos sans oser retourner le voir… il avait fait son choix et au final, il est mort. Il s’est suicidé lorsque… Mes doigts se serrent de nouveau autour du verre avant que mes lèvres s’entrouvrent pour y laisser couler cet élixir. Je m'accomode de mes sourcils froncés puis reprend en posant mes prunelles dans celles du jeune homme. Enfin.. tu portes son visage. Le même. C’est…. Etonnant… Je laisse glisser sur mon visage un léger sourire sans parvenir à lui donner une quelconque contenance joyeuse ou amusée pourtant subtilement puis bruyamment un rire s’échappe. Un rire plus sombre que ceux que je possède habituellement. Je sens le poids de la connerie du monde sur mes épaules. J’entends Maarten. J’entends Jordan. J’entends Lawrence. J’entends Judith. J’entends tous ces morts, tous ces disparus. Quelle belle connerie de se retrouver là face à l'un d'eux et pas n'importe lequel. Quelle farce. Loin du jeu de l'esprit, c'est un jeu bien réel qui provoque chez moi une tornade de sentiments éparses. Mes pensées s'entrechoquent sans parvenir à faire loi, à s'installer, à choisir la meilleure réaction, à opter pour la meilleure solution... Parmi tous les morts... dont je suis responsable... c'est toi... Je ris encore, me tiens presque le ventre face à cette situation. Le plus beau.... c'est... mon frère était...un voleur... toi...un dealer.... il y avait une... promo sur vos visages...? Mon rire s'estompe à la fin de ma phrase, progressivement. Quelle mouche a piqué la vie pour mettre sur mon visage ces deux individus ? pour en faire vivre un et mourir l'autre ? Je suis heurté, encore, par cette ressemblance qui les incombe et nous rapproche alors même que de sûr, il n'a rien à voir avec mon sang. Mon sang, je l'ai déjà abandonné il y a longtemps à l'instar de mes parents lorsqu'ils m'ont choisi. Je soupire, regarde Axl puis Dylan réalisant qu'ils étaient là eux aussi, qu'ils apprennaient d'autres informations. L'un connaissait le début mais pas la fin, l'autre la fin mais pas le début... J'hausse les épaules en pinçant mes lèvres. Sinon Dylan est mon amie et voisine, un genre d'ouragan... et Axl un vieil ami... à vous deux pour ces histoires là... Je pose alors mon regard sur le sosie et lui offre un sourire en le pointant de ma bière. Après... j'aimerai savoir d'où tu sors...

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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Mar 15 Mar - 3:14

Spoiler:
 

Je regarde la scène improbable prendre place devant moi. Spectateur impuissant, incapable de réfléchir à quoi dire ni comment. Chaque personne autour de moi n'a rien à faire là. L'amie de Tim ne semble pas spécialement à sa place ici, l'autre con d'Isak me regarde un peu trop, et Tim, Tim est là. Il n'a rien à faire là, dans ce monde, dans ce présent. Je ne peux m'empêcher de le regarder, l'observer.
Ce fantôme du passé qui revient au moment le plus inopportun et qui pourtant est plus qu'une bonne surprise. Et à l'heure actuelle, les bonnes surprises ne courent pas les rues.

Le temps avance de manière complètement absurde et décalé. Mes blessures se soignent lentement, je serre et desserre les poings alors que je sens le tout se remettre en place. Je tripote lentement ma mâchoire afin de vérifier que tout va bien. Réflexe stupide d'une vie d'avant, alors que le moindre dégât se répare quasi-instantanément. J'oublie complètement les idioties qui nous lient avec le dealer pour le moment et me concentre sur le récit de mon ami retrouvé.

Sur l'instant, je ne suis même pas sûr d'écouter vraiment. Je l'observe, écoute ses intonations, sa voix. Je déglutis de temps en temps, bois une gorgée. J'observe la scène sans chercher une seconde à y participer. Elle a quelque chose d'irréel, complètement irréel. Et je ne m'imagine pas perdre ma sœur, je ne m'imagine pas voir son visage sur une autre. La pensée me fait frissonner et les mots de Tim aussi. Son frère est mort, il s'est tué. Je réfléchis une seconde à toutes les conneries de cette foutue vie et me demande si tout ça valait vraiment la peine. Mon regard se penche un instant sur Isak et je réalise que je ne me souviens absolument plus de la raison pour laquelle on se battait. L'idée d'avoir imaginer le tuer même une seconde me débecte et je me retrouve gêné face à mon ami qui a perdu ce qu'il y a de plus important à perdre.

La tête à nouveau dans mon verre, je m'accoude à la table et offre un sourire désolé à Timothée alors qu'il finit son histoire sur l'évocation de sa responsabilité. J'aurais pu lui hurler que non, il ne l'était pas. Que non, il n'avait tué personne, on est pas responsable comme ça, Tim, lui, n'est pas comme ça. Mais je reste encore un peu silencieux, cherchant lentement mes mots, marchant sur des œufs. S'il ne semble pas avoir changé d'un pouce, la tristesse en ajout, depuis que je l'ai quitté, moi, j'ai bien changé.

Je suis devenu un assassin, un oiseau, un abruti aussi, quoi que ça n'est peut-être pas nouveau. Tout se bouscule dans ma tête, les événements, les dates, tout ce mélange. Je ferme les yeux une seconde, cherchant tant bien que mal un semblant de repère avant que mon prénom ne m'interpelle. Mes iris viennent se fondre dans ceux de mon ami et fuyant son regard je hausse les épaules avant de me tourner vers la demoiselle à nos côtés. Le regard un peu insistant, je cherche à me gagner du temps. Sa voix douce s'élève, parmi la testostérone elle résonne plutôt fortement. J'écoute sans écouter, cherchant désespéramment un moyen rapide de me sortir de cette situation. Je rêve de retrouver Tim, mais je ne sais pas comment raconter tout ce qui m'est arrivé. Je rêve de lui parler des heures et des heures encore, mais pas devant ces inconnus.

Et puis sa voix s'éteint, lentement, et les regards se tournent vers moi. J'avale une nouvelle gorgée avant de regarder Tim, et me décider à me lancer. « Sérieusement, j'ai pas grand chose à dire... Je n'ai rien pour contribuer à cette histoire et le reste, je préfère autant qu'on le garde pour plus tard, Tim... » Mes yeux se baissent doucement, mélange de honte et de supplication. Ne pas m'étaler ici, ne pas m'étaler devant lui. Finalement, je me racle la gorge et retourne mon attention sur lui, posant ma main sur son épaule avant de lui parler, plus doucement, rien que pour lui. « Tim, t'es responsable de rien... tu le sais, ça marche pas comme ça. » Ma main se resserre, geste tendre pour le rassurer lui, ou pour me rassurer moi, rien n'est réellement défini. « … La vie est juste une pute, et le hasard aussi. » Un sourire compatissant s'affiche sur mon visage, tirant mes traits encore douloureux avant que je ne me retourne sur Isak, l'étranger dans un tableau duquel il est le centre.

J'enlève ma main de l'épaule de mon vieil ami et imprime à nouveau les traits du dealer. Il n'y a pas dix minutes, Tim criait qu'il était son frère. Mon cœur se serre à l'idée d'entendre sa voix comme un écho douloureux encore bien trop fort. Et finalement, alors que je croise mes mains sur la table, j'ouvre à nouveau la bouche, cette fois directement envers Isak, et pour la première fois, sans aucune agression cachée ou non. « Isak, j'sais que... que c'est des sujets sensibles et tout mais, faut l'avouer, ce monde est tellement bizarre que bon... » J'hésite, resserre nerveusement mes doigts les uns contre les autres avant de continuer. « Tu n'as rien à voir avec son frère pas vrai ? Vraiment rien ? » Mes prunelles dans les siennes, je me montre plus honnête et inquiet que jamais, tentant de tenir son attention sans inquiéter plus que de raison Timothée. Il faut dire que dans ce monde, on pouvait s'attendre à tout. J'avais eu beau faire un séjour à l'asile, la réalité m'avait montré des choses bien plus effrayantes. Et si Isak avait un quelconque rapport avec Bastien, son frère était en droit de savoir. J'aurais voulu savoir.

Alors j'insiste un peu, gentiment, tout en proposant à qui le voulait un autre verre. « Je crois que c'est important que tout soit clair sur qui est qui... » Mon cœur se serrant un peu, je souffle une seconde avant d'apostropher le serveur et commander à nouveau. Je n'avais pas la moindre idée de la durée de cette discussion. Discussion pour laquelle je n'avais plus grand intérêt. Cependant, j'étais incapable de laisser Tim en compagnie du sosie de son frère. Même silencieux, je devais rester là. Pour mon ami, pour son regard qui reflétait dangereusement tous les fantômes de son passé. Pour sa vérité.

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why do i keep coming back to you ?
Don't wanna be with nobody, just wanna make it with you. Caught up in all of my feelings, baby, why don't you feel like I do? And I wonder what you're thinking right now, no, I never can tell, and I wonder why we're doing this now.
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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Jeu 7 Avr - 17:20

Isak observait la scène et il ne savait si c’était parce qu’il avait bu, qu’il avait le crâne embouti par les coups de l’autre tâche ou si simplement il avait perdu la raison mais toute cette histoire ne faisait aucun sens. Comment le hasard aurait-il pu orchestrer quelque chose de si étrange ? Un gars qui lui ressemblait trrait pour trait, un jumeau ? De mémoire, Isak n’avait pas été adopté même s’il avait été confié à ses grands-parents après la mort de ses parents. Solveig était bien sa sœur et pourtant en écoutant tout cela le doute s’installait lentement. Un doute qui se révèlerait probablement paranoïaque plus tard mais si la magie existait pourquoi ne pas croire à une sorte de réincarnation et de transcendance. Cela paraissait trop fou, comme si sa mort avait enclenché la naissance d’un autre être similaire ailleurs pour compenser. Etait-il si nombriliste pour croire à cette théorie ? Il avait probablement assez d’ego pour que ce soit le cas mais le destin lui n’en avait pas assez quelque chose à foutre pour que ça devienne une réalité. Des choses inexplicables se produisaient tous les jours. Alors une de plus ou une de moins. Le monde n’avait pas fini d’être entouré de mystère car une solution apportait toujours des questions plus insolubles encore.

« J’sais pas, le hasard génétique c’est possible. J’suis pas ton frère, j’ai 242 ans moi, je suis probablement beaucoup plus vieux que vous. Et je n’ai pas perdu la mémoire ou autre connerie ou quoique ce soit. » Il était désemparé et ça le rendait un peu vulgaire. Au fond, il aurait sans doute aimé croire que son âme était si persistante qu’elle avait trouvé une autre personne pour l’incarner le temps de son absence mais il était assez lucide pour savoir que ça ne serait pas une bonne chose. Isak Eriksson était beaucoup de choses : un drogué, un amateur de sexe, d’alcool, un mac, un frère mais il n’était pas une bonne personne. C’était une mauvaise graine qui repoussait alors qu’on ne cessait de vouloir la détruire. Un peu comme le lierre, s’il s’attachait à quelqu’un alors il l’étoufferait jusqu’à avoir utilisé absolument toute l’énergie de celle-ci la laissant inanimé comme une poupée de chiffon. Ainsi, sa personne ne pouvait engendrer que le mal. De ça, il était convaincu. Timothée devait entendre la vérité sur qui il était pour comprendre que ça n’était pas son frère mais une personne bien pire. L’homme devait se détacher de cette idée de pouvoir arranger les choses au travers de lui car Isak Eriksson n’arrangeait jamais rien. La preuve était qu’il venait de se battre avec un gars à qui il essayait de vendre de la drogue d’origine. Rien ne se passait jamais comme il le voulait, rien ne se faisait dans le calme. Avec lui, c’était toujours violence, forcing ou sexe. Les autres solutions lui semblaient interdites, les résolutions de conflits apaisantes, le pardon et la douceur d’être considéré comme un être humain. Une simple étreinte sincère aurait peut-être suffit à le faire se sentir un peu moins un débris que ce qu’il était mais on l’attendait encore. L’étreinte de sa sœur restait toujours vibrante pleine de la peur de l’ouragan qui allait arriver après. Sa sœur l’aimait autant qu’elle était terrifiée par lui par instants. Le brun était au courant de cette situation mais bien incapable de prendre la décision qu’il faudrait pour changer.

« T’as eu une belle vie de merde toi en tous les cas. » Une constatation rien de plus. Isak savait reconnaître une personne qui avait souffert du premier coup d’œil et c’était évident que Timothée restait encore hanter par énormément de choses. Déjà, il paraissait responsable de la morte d’un certain nombre de personnes et s’en vouloir. « Mais j’ai vraiment rien à voir avec ce gars. Ma vie est quand même très différente de la sienne. » Il ne savait pas si c’était les effluves de l’alcool, de la drogue, de la bataille précédente ou simplement que parfois il se retrouvait un cœur mais il décida de raconter son histoire à Timothée. Ce mec lui rappelait un peu lui dans sa course effrénée pour retrouver Solveig quand il était sorti de Darkness fall. Il cherchait une rédemption et Isak devait lui faire comprendre que ça n’était pas en l’aidant lui qu’il en obtiendrait une. Ses yeux se tournèrent distraitement vers Axl qui se retrouvait dans la conversation. Quelle situation surprenante, il n’aurait pas cru en se levant ce matin que la vie lui réservait un tour aussi malicieux. Cela dit, il se faisait une remarque de la sorte quasiment un tour sur deux. Le destin était un cruel farceur et une fois de plus, il se retrouvait face à son œuvre.

« Je suis née en 1774, j’ai grandi avec deux frères et une sœur plus jeunes. La vie était pas facile, on devait se débrouiller la plupart du temps en volant de la nourriture, en faisant des tours de magie ou en arnaquant les passants. Néanmoins, un de mes frères est mort jeune de maladie et quand l’autre est tombé malade, ma sœur m’a convaincu de les changer en skinchangers pour les aider à survivre. J’ai réussi pour un des deux. L’autre n’a pas survécu. La culpabilité m’a amené à creuser ma propre tombe. Je me suis jeté dedans les deux pieds devant avec enthousiasme presque sauf que je me suis retrouvé dans Darkness Falls. C’était un endroit indescriptible et les souffrances qu’on y vit se passent de mots. J’ai fini par en sortir sans trop savoir commun et je me suis débrouillé comme j’ai pu. Seulement Timothée, il faut que tu te mettes en tête un truc. Je suis pas ton frère et tu peux pas me sauver. Je fais pas ça par dépit particulièrement mais parce que c’est facile. Je suis dealer, mac, et je tiens une boite de striptease. Je suis pas un enfant de cœur et je compte pas me repentir demain. Tu n’as pas besoin de m’aider et tu n’as aucun droit de le faire d’ailleurs. Je suis juste un connard qui ressemble à ton frère. Sauf qu’il est mort, il reviendra jamais et tu vas devoir vivre avec ça le reste de ta vie. Maintenant » Embarrassé sans doute de s’être trop livré, énervé aussi de sentir qu’il pourrait d’une certaine manière s’attacher de cet idiot qui vit avec ses propres démons, Isak se redressa faisant mine de se lever. « Si ça vous dérange pas, j’ai mieux à faire comme soigner les blessures que ton pote m’a faites. » Le brun avait un peu de mal à respirer et il fallait qu’il sorte de cet embrouillamini avant de finir par se laisser aller à du sentimental. Sa vie était bien trop remplie d’horreurs pour s’enticher d’un idiot qui cherchait autant ses fantômes pour les obliger à le hanter encore un peu plus.

Le dealeur avait ses propres démons et ne voulaient pas particulièrement les partager. En racontant, son histoire il avait tenté d’être aussi rude que possible et de ne pas s’attarder sur ce qu’il avait ressenti. L’histoire était telle qu’il l’avait racontée et rien de plus. Le jeune homme s’interdisait de se prendre d’affection ou de se laisser aller à ce piège de croire qu’il pouvait aider quelqu’un. D’un part, lui-même n’était pas altruiste dans l’âme, d’autre part, il était persuadé que ça apportait des emmerdes plus grosses que ça ne solutionnait les problèmes. Et lui des emmerdes, il en avait jusqu’à la taille.
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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Mer 11 Mai - 16:14

La voix de Dylan n’est qu’un enchainement de note. Mes yeux l’observent, décrivent le mouvement de ses lèvres. Mes tympans ressentent l’onde sonore qui se repend et tente de faire conscience dans mon esprit. Pourtant, rien ne se passe. Connaitre déjà l’histoire n’est pas une excuse, il faut l’avouer, je ne suis pas intéressé. Je ne saurai pas dire ce que je fiche ici, dans ce bar clandestin avec cette brochette d’individu. A vrai dire, je me perds dans l’espoir d’un cauchemar. Il parait que nous ne pouvons rêver que de personne que nous connaissons, ceci expliquerait cela. N’est-ce pas troublant que de revoir le visage de mon frère et de retrouver Axl ? Ici, dans ce fichu monde ? Je viens de réaliser le tiercé gagnant, il est évident qu’avec une veine pareille, c’est dommage que le loto n’existe plus. J’aurai gagné, c’est certain. Un petit peu de tune ici, ne serait pas des plus déplaisants. De quoi améliorer la décoration, déménager peut être ? Manger plus ? Boire plus ? Bon sang, me noyer dans l’alcool me semble un plan si appréciable pour les heures à venir. Mes lèvres interceptent de nouveau le contenu de ma bière qui disparait bien vite. Sérieusement, j'ai pas grand chose à dire... Je n'ai rien pour contribuer à cette histoire et le reste, je préfère autant qu'on le garde pour plus tard, Tim... Pour la première fois, mon regard se pose avec inquiétude sur le jeune homme. Inconsciemment, je fais appelle à mes derniers souvenirs en sa présence. Une époque où malgré tout, tout semblait bien plus simple. A mon instar, qu’a-t-il dû vivre pour se retrouver ici, en vie ? Quels sont ses regrets ? Ses échecs ? Ses erreurs ? Peut être qu’un cauchemar serait une meilleure réalité pour tout le monde… Que je me réveille la tête enfumée par cette improbable situation, qu’Axl soit par ailleurs mais resté inchangé. Sa main se pose sur mon épaule qu’elle serre légèrement alors qu’il tente de me déculpabiliser. Une méthode bien différente de celle du cabot, moins douloureuse mais tout autant inutile. Il semblerait que ce soit un travail dont je sois à connaitre les rouages. Manque de bol, j’ai perdu la fiche de poste. … La vie est juste une pute, et le hasard aussi. Je souris, secoue la tête, pose le goulot de ma bière contre mes lèvres avant de la poser dans un sursaut stupide : c’est vide, c’est vrai. Idiot. Je ne suis qu’un idiot. Ici, je me sens idiot. Au boulot, je me sens idiot. Je ne suis qu’un idiot, ça doit être ça et la vie me le rappelle. Cette capacité a accumuler les improbabilités, a me satisfaire d’un copie de ce que je sais pourtant être, a croire qu’autre chose se doit d’exister pour justifier toute cette merde. Je ne suis qu’un idiot, un idéaliste engoncé dans un uniforme qui l’étouffe et l’enserre. La vie est une pute qui se fout bien de nos gueules et je pense qu’il est peut être temps de l’intégrer. Comme l’a fait Axl à priori. C’est un cours qu’il devrait me faire avant de m’expliquer ce qu’il semble bien incapable de nous dire à cet instant. Qu’est-il devenu ? Celui-ci commande une nouvelle tournée de bières ; une idée de génie pour des corps en manque d’oubli. Dommage qu’une bière ne puisse pas suffire à m’oter ce tourbillon de pensées sans queue ni tête. Si seulement un bouton pause existait… si seulement.

J’sais pas, le hasard génétique c’est possible. J’suis pas ton frère, j’ai 242 ans moi… Manquait plus que ça. La gorgée que je viens de boire ? Elle s’échoue sur la table. Je m’excuse en séchant la bouche du dos de ma main et secoue la tête. De mieux en mieux. Voila un spécimen que j’aurai surement dû traquer auparavant. Dire que je l’aurai surement pris pour mon frère. Dire, en fait, que je l’aurai pris pour mon frère et l’aurait accusé d’être un enfoiré, encore. J’aurai probablement inventé une histoire rocambolesque pour justifier cette autre identité, l’accabler de tous les mots, justifier ma haine, enfoncer ma colère plus profondément dans mon âme. Quel enfoiré j’ai été. Quel enfoiré je suis, encore. Créer une illusion pour compenser ma culpabilité, je suis qu’un abruti, un salaud, un crétin, une merde. M’enfoncer plus bas que terre semble aussi aisé que de cracher sur la table un élixhir bien rare. Qui suis-je putain ? Je suis née en 1774… Normal. Pourquoi je suis pas choqué en fait ? j’ai grandi avec deux frères et une sœur plus jeunes… une maratre, une calèche avec un cheval du nom de maximus… La vie était pas facile, on devait se débrouiller la plupart du temps en volant de la nourriture, en faisant des tours de magie … Des quoi ? Bordel, un sorcier. Un sorcier avec la gueule de mon frère. Un putain de sorcier avec le visage de mon frère. « La vie cette pute » AMEN. Néanmoins, un de mes frères est mort jeune de maladie et quand l’autre est tombé malade, ma sœur m’a convaincu de les changer en skinchangers … En quoi ? Le feu s’éveille, la colère s’immisce avec facilité dans mon être. Je le sens. Je suis arrivé au bout de l’entendable. J’en ai marre. Que la vie soit une pute, je veux bien mais il y a des moments où pousser mamie, ses enfants, ses petites enfants et 3000 ans de générations et de géranium dans les orties c’est un peu de l’abus. …pour les aider à survivre. Ou pour faire d’eux des êtres plus tolérables aux yeux de cette grande classe privilégié de sorciers à la con… c’est kiff kiff. J’ai réussi pour un des deux. L’autre n’a pas survécu. Ma tête s’enfonce dans la table, sur laquelle mon front reste collé le reste du récit. Et cette voix, si dérangeante sortant de ce visage. Et cette histoire si éloignée et si proche. Et cette situation si… si quoi ? Elle devrait juste être interdite, comme tout ça. La vie de merde qu’il juge que j’ai vécu n’a probablement rien à voir avec la sienne, du pipi de chat en comparaison pourtant l’acide de cette pisse me brûle l’estomac avec férocité. Un sorcier. Un sorcier ayant utilisé ses qualités pour transformer un être humain en …. Bon sang. Sauf qu’il est mort, il ne reviendra jamais et tu vas devoir vivre avec ça le reste de ta vie. Maintenant… Il se redresse, je roule mon front sur la table. Si ça vous dérange pas, j’ai mieux à faire comme soigner les blessures que ton pote m’a faites.
Doucement un rire s’échappe, atténué par la proximité du bois. Mon souffle m’est renvoyé et je finis par redresser la tête en posant mes prunelles dans celle de ce vis-à-vis dérangeant. Je fronce légèrement les sourcils et m’étale dans mon siège. C’est le conseil que tu t’es donné ? Tu t’es dis en te regardant le miroir qu’il va simplement falloir vivre ? Ca t’a permis de t’amender de lui avoir fait subir un sort pareil ? Je secoue la tête. Ah non, je suis con tu as préféré provoquer ta mort… 242 ans ? Autant t’es un ancêtre de la famille… ça expliquerait bien des choses… Je lui offre un rictus avant de me masser la nuque. Soigneusement, je dompte les souvenirs qui m’assaillent, j’élude ma colère, explore des pensées positives rarissime en cette journée. J’espère au moins que le second aime bien sa forme animale… se voir enlever son humanité par égoïsme c’est aussi monstrueux qu’utiliser sa haine pour détruire l’autre..  Je sais, c’est bas. Je sais, mes mots ne sont pas totalement dirigés vers lui mais vers ce qu’il évoque chez moi. Vers ma famille. Vers cette haine que j’ai longtemps concentrée sur un innocent. Et voila, je recommence.

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Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour. (⚡) Nietzsche
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