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 Une discussion faite de sang et sanglots

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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Mar 17 Mai - 0:29

J'écoute calmement les dires d'Isak, son histoire. Il n'était pas le premier que je croisais d'un autre siècle et certainement pas le dernier. Cependant, je n'avais pas la moindre idée de ce que Tim savait sur les êtres qui nous entouraient. Et déjà que le fait de voir le sosie de son frère pouvait être choquant, apprendre que celui-ci avait des siècles de plus que nous risquait d'en rajouter une bonne couche. Mon regard se faisait bienveillant envers mon ami et surveillait du coin de l’œil l'autre, en qui je n'avais aucune confiance.
Lorsqu'il explique qu'il a changé la moitié de sa famille en métamorphes, ma propre histoire me revient en pleine figure. Il ne m'était pas venu à l'esprit une seconde que Vixen pouvait me rater. Il ne m'était pas venu à l'idée un instant que j'aurais pu mourir à tout moment. Et même si je suis bien vivant, l'idée de ce qui aurait pu se passer par les mots qui sortent de la bouche de cet homme qui a tant vécu me glace le sang un instant. J'avais vraiment foncé tête baissé, sans imaginer une minute ce qui pouvait mal tourner. C'était stupide, et aujourd’hui, c'était bien trop tard pour faire demi-tour.

Est-ce que j'avais fait le bon choix ?

Je me sors de mes pensées alors que les paroles d'Isak sont plus violentes, trop violentes, envers Timothée qui n'a rien demandé et subit simplement un sale coup du sort. Mon regard se noircit et se plante dans celui de ce connard que je frappais quelques minutes avant. Et il ouvre à nouveau la bouche pour faire une remarque sur notre altercation, justement. Mon sourire se fait très ironique, alors que ses blessures doivent lui faire mal, les miennes ont quasiment disparues. Ça t'apprendra, à chercher le premier venu. Mais au lieu de lancer une pique acerbe en direction du sorcier, c'est Tim qui m'intéresse alors qu'un rire s'échappe de sa bouche. Sans doute trop bouleversé par ce qui se déroule devant lui.

Mon sourire s'éteint et j'écoute mon ami parler. Ses mots me blessent, il est complètement perdu par ce hasard qui s'est voulu cruel. Et je n'ai rien à en dire. Peut-être bien qu'Isak est un de ses ancêtres, peut-être pas. Mais dans tous les cas, je sais que Tim ne doit pas fréquenter ce mec. ADN partagé ou non, il ne lui apporterait que du négatif, bien trop de négatif. Mes yeux se posent sur lui alors qu'il sort une phrase qui me touche directement.

Pas Isak. Pas son histoire. Pas la ressemblance entre ce dernier et le frère disparu. Juste moi, et ma forme animale. Juste mon histoire et ce que je vis, ce que j'ai vécu. Je serre les dents et d'un regard appuyé vers l'humain qui se retrouve dans ce monde de surnaturel, je ne peux m'empêcher de parler. Ma voix est trop douce, trop incertaine. Je ne veux pas prendre la défense d'Isak, non, surtout pas. Mais je ne veux pas non plus laisser Tim croire ça. Pas pour l'autre, surtout pour moi.

Parce qu'il allait arriver un moment où nous nous retrouverions seuls, lui et moi. Un moment où je devrais lui expliquer ce que je suis devenu, comment et pourquoi. Et rien que pour ça, je devais parler. Même si ça voulait dire me ranger du côté du sorcier pour cette fois.

« Tim... c'est plus compliqué que ça... Il n'est pas question d'enlever l'humanité de quelqu'un tu sais... Cette condition peut être un peu compliquée mais elle a des avantages non négligeable, elle a sauvé la vie de plus d'une personne tu sais... » Je sors mes mots avec une difficulté sans nom. Passant une main sur mon visage je soupire et me demande si il est vraiment judicieux de continuer dans cette voie. Et pourtant, le besoin de ne pas perdre mon ami. Le besoin qu'il ne me considère pas comme quelqu'un qui a perdu son humanité me fait continuer. « Je ne dis pas qu'il a forcément fait le bon choix, j'en sais rien, je ne le connais pas. Mais faut pas croire que tous les métamorphes sont des monstres. Je ne veux pas que tu crois ça. »

Tais-toi avant de te trahir plus que tu ne le fais déjà.

Si j'étais entièrement pour ne pas cacher ma condition à Timothée, ce n'était certainement pas les affaires du sorcier noir. Je serre les dents et me redressant sur ma chaise pour retrouver un peu de contenance, pose les coudes sur la table avant de dire d'un ton bien plus froid, bien plus sec. « Bon. T'es clairement pas son frère, c'est certain. Je présume qu'il n'y a pas grand moyen de savoir si vous avez des liens familiaux quelconques. Mais pour quelqu'un qui a vécu si longtemps, j'aurais cru que l'expérience t'aurait apporté un peu plus de bon sens que ça. À croire que ce n'est pas le temps qu'on passe à avoir un cœur qui bat qui nous rend humain. »

Je me tais avant de devenir plus dur, ne supportant pas l'idée qu'il ait plus blesser mon ami par ses mots et me retourne vers Tim une nouvelle fois pour enchaîner. « Tim, tu veux rester là ? Je ne suis pas sûr que ce mec puisse t'apporter grand chose de positif et encore moins des réponses. J'ai pas envie que tu perdes ton temps à débattre avec quelqu'un qui n'en a clairement pas grand chose à faire de quelqu'un d'autre que lui. ».

Et qu'il deale jusqu'à son âme pour ce que ça vaut. Si j'étais habitué à tremper dans des affaires pas nettes, je n'avais aucune envie que celui qui avait un cœur aussi pur que celui de Tim se retrouve proche de ce genre d'histoires. « Alors à moins que t'aies quelque chose d'utile à apprendre à Tim, tu ferais mieux d'aller soigner tes bobos en effet. Pas sûr que le violet t'aille au teint. » Sale con. Je tais mon insulte, par respect pour Tim, et l'image de son frère qui se reflète dans cet homme. Mais je n'ai aucune envie qu'il reste longtemps face à lui. Qu'on y reste longtemps.

Si l'envie de le cogner s'était évaporée avec la réaction de mon ami, elle était revenue en force avec la bêtise de l'autre qui s'était confirmée. Et je me refusais à le frapper devant lui, il risquait de trop voir son frère, pas assez celui qui était réellement en face de nous, il était hors de question que je le blesse, même indirectement.

Pas Tim.

_________________
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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Sam 28 Mai - 16:48

Oppressé par la conversation Isak tentait de s’y soustraire. Ses membres tremblaient comme après une trop longue période sans boire ou consommer quelque poison. Il avait bien conscience de se détruire à petit feu mais il serait toujours trop lâche pour se l’avouer. La lâcheté avait dicté sa survie, sa mort et sa nouvelle naissance. Les hommes courageux mourraient stupidement sur les champs de bataille. Isak lui avait vécu, se relevant après la mort de son frère, se relevant de la mort elle-même dans cet enfer brûlant de Darkness Falls, et arrivant hagard dans ce monde inconnu. Retrouver sa sœur avait constitué la seule chance de la vie de cet homme contre qui tout s’était opposé. Cette homme que la vie s’était amusée à torturer pour repousser ses limites. Cela ne faisait pas de lui un héros ni un monstre. Il se sentait comme un tas de chair inerte la plupart du temps. Abruti par les médicaments, les stupéfiants ou tout ce qu’il pouvait trouver. Ce poison qui coulait dans ses veines comme une intraveineuse le maintenait en vie en lui certifiant de ne pas vivre trop vieux. La prochaine fois qu’il mourrait cela serait pour de bon. Au final, probablement l’espérait-il. Cette vie ne le rendait pas heureux. Sa précédente vie ne l’avait pas rendu heureux. Le junkie avait passé tellement de temps dans cet embrouillamini sombre et inextricable qu’il ne parvenait pas à se rappeler de son dernier sourire sincère. Faire preuve d’aménités dans sa situation se révélait difficile. C’était pour cela que souvent c’était juste un sale con. Face aux sentiments des autres, il utilisait son venin et ses poings comme des boucliers pour ne pas montrer qu’il ressentait quelque chose. En vérité, il avait de la peine pour ce gars qui semblait tout autant brisé que lui si ce n’était plus. Après tout, lui ne voyait qu’en rêve le corps décharné de son frère. Sa culpabilité ne lui accordait jamais le sommeil. C’était comme cela que le maître médicament avait commencé à lui accorder des nuits sans rêves. Pas reposantes particulièrement mais pas destructrices non plus.

« Vivre ou mourir est le seul véritable choix de toute notre existence. Et encore même cela on peut vous le voler. »
Comme il était las de parler. Sa mâchoire s’engourdissait et son esprit fonctionnait si lentement qu’on aurait pu croire qu’il était à l’agonie. Il voulait partir, tout ce qu’il voulait c’était que cette journée de merde continue à en être une ailleurs. Le monde semblait visiblement contre cet avis. Timothée ne savait pas quels étaient les points faibles d’Isak mais il venait de taper dedans. Son corps ne lui paraissait plus si douloureux et ses yeux lâchaient des éclairs de colère contenus par cette lassitude languissante qui s’enroulait langoureusement autour de lui. Alors il se rassied presque magnétiquement attiré par le fauteuil. Il décida de mener le combat comme de la chair  à canon qu’on envoie au casse-pipe. Le plus dur restait de se battre contre lui et de faire l’effort de prétendre être ce que l’on est. C’était tellement plus facile à dire qu’à faire.  Ses bras se posent sur la table et son regard observe au plus profond de Tim même s’il n’a pas l’impression de le voir. Il n’avait fait que dire la vérité mais il avait constaté que lorsqu’il se permettait de faire ainsi, quelqu’un finissait toujours par être vexé et en colère. La plupart du temps ça finissait par être lui comme si les autres étaient dotés d’un miroir réfléchissant sa propre verve pour la lui renvoyer au visage. « Tu penses que tes mots me blessent n’est-ce-pas ? Si tu réfléchis, tu verras que ta phrase n’aura pas l’effet que tu escomptes. Ta blessure ne me touche pas car ce n’est pas la mienne mais tu n’as aucun droit de juger ma vie. Tu ne me sembles clairement pas en droit de juger qui que ce soit par ailleurs. » Son ton était calme, froid, on avait atteint le stade au-delà de sa colère primaire qui le poussait à se battre contre les individus qui lui manquaient de respect. Ce état lui disait juste de se défendre de toute la force de son âme.  Attaquer pour survivre n’était pas toujours la meilleure idée mais rien d’autre ne lui venait. « Je ne cherche pas mon frère dans tous les inconnus comme si ça allait m’exorciser de ma douleur. Tu penses que j’ai le pouvoir de te pardonner peut être ? Je ne suis pas ton frère et s’il est mort par ta faute, et bien tu es aussi coupable que moi et tu en paieras le prix toute ta vie ». Il eut un sourire sarcastique avec un rire qui sonnait faux et jaune. « Tu cherches quelqu’un sur qui te défouler. » Isak pouvait se montrer assez lucide sur le comportement des autres lorsqu’il était dicté par des émotions qu’il connaissait aussi bien que la culpabilité, la colère et le dégoût.

Les mots d’Axl aurait dû suffire à lui faire récupérer sa violence naturelle mais il se contentait de l’observer avec obstination sans émotions visibles. Il tentait de lire en Axl ce qu’il était de voir ce qui faisait que cet homme lui rappelait suffisamment lui-même pour avoir eu envie de le frapper précédemment. On déteste ce qui nous ressemble le plus il paraît.  Finalement alors qu’il se retrouvait à se faire congédier de nouveau, il réalisa que l’autre con avait au moins raison sur le fait qu’il n’avait pas de réponses à donner à Timothée parce qu’il ne pouvait pas lui apporter le pardon. Isak n’était pas assez empathique pour faire quelque chose de bien de sa ressemblance. Celle-ci ne ferait que détruire un peu plus l’homme émietté qui se trouvait face à lui. «  On ne peut pas être égoïste quand on n’a plus rien de soi. » Il eut une expression indéchiffrable emprunte de mysticisme et de sarcasme. Il se redressa alors se tournant pour donner à Timothée une dernière remarque. «  Apprend à vivre avec ou ça te tuera. » puis il glissa ses yeux vers Axl. « Ravi de t’avoir rencontré. Au plaisir que ça n’arrive plus jamais. » Sans plus de mots, il se redressa clopinant pour quitter le bar et rejoindre l’endroit où il habitait. Cette matinée avait été plus fatigante que des journées entières. Elle avait été perturbante. Il voulait simplement oublier. Simplement tout oublier. Madame médicament le prit par la main et avec un sourire lui tendit un cachet. Merci pensa-t-il en regardant son hallucination. Merci.

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MessageSujet: Re: Une discussion faite de sang et sanglots   Mer 29 Juin - 17:21

Spoiler:
 

Je recommence du fond de cette rancœur qui ne fait que balayer de temps à autre mon estomac pour atteindre le reste de mon corps. J’ai envie de vomir. J’ai envie de rire. J’ai envie de frapper. J’ai envie d’hurler. C’est si con. Si seulement on pouvait se passer de cette capacité humaine de ressentir tout et son contraire. J’aimerai pouvoir voir le monde noir et blanc. Oublier le gris. Apprécier deux teintes pour respirer plus profondément. Avoir la conviction d’un jugement, d’un acte, d’une parole. Voir le monde sous deux focales aussi transparentes que de l’eau et ne pas douter de ce qu’il pourrait éventuellement se cacher derrière. Etre sûr. S’accorder le simple répit de la conviction. La vie est une pute. Oui, t’as raison Axl et ce n’est ni tes paroles, ni celle du sosie qui changeront quoique ce soit : mes teintes sont trop nombreuses. Mes focales sont disproportionnées, tachetés et multiples. C’est le bordel dans ma tête. C’est le bordel dans cette vie. Et les pantins autour de cette table sont à 1000 lieux de comprendre ce que tout cela signifie. Je ne peux pas me vanter de le savoir, je suspecte même que cela ne soit qu’un jeu d’échec géant. Une vraie merde. La plaie du sort. Une farce. Alors oui, quand je regarde ce visage, je ne vois pas ce … Isak. Je vois cette photographie cachée dans mon placard. Je vois la vie que je lui avais imaginé. Je vois la colère. Je vois le dégout. Je vois mon père. Je vois ma mère. Je vois cette famille qui n’avait de sens que par le nom. J’en viens à oublier les bons moments de cette enfance. J’en viens à oublier ce qu’ils étaient avant de perdre pieds. J’en viens à oublier mes torts pour les affubler. J’aimerai qu’ils puissent voir le résultat. Leur « sorcier » est là devant moi. Il est beau, grand, intelligent et définitivement le fils attendu. Le bon numéro jeté à la poubelle. C’est le bon à défaut d’être mort à son tour. Et ce double est si proche du vrai que le trouble perturbe mes prunelles, mes sens. …Ta blessure ne me touche pas car ce n’est pas la mienne mais tu n’as aucun droit de juger ma vie. Tu ne me sembles clairement pas en droit de juger qui que ce soit par ailleurs. La bière entre mes mains semblent malléable. Je la serre, transperce l’homme en face de moi, m’imagine très nettement lui enfoncer la bouteille dans l’œil. Je ne cherche pas mon frère dans tous les inconnus comme si ça allait m’exorciser de ma douleur. Tu penses que j’ai le pouvoir de te pardonner peut être ? Je ne suis pas ton frère et s’il est mort par ta faute, et bien tu es aussi coupable que moi et tu en paieras le prix toute ta vie. C’est pourtant là, alors que le verre est au bord de l’explosion… C’est pourtant là que je le sens glisser sur son visage. C’est pourtant là que je le vois le plus nettement, Bastien. C’est pourtant là que je l’entends, lui et non moi. Je le ressens s’immiscer dans mes pensées, s’agripper à ce qui a pu nourrir ma haine puis ce qui l’a transformé. Ca a beau être stupide ça en reste vivace de sens. L’effet est immédiat, mon soupire s’étale dans la pièce sur une longueur que je n’aurai su tenir en d’autres circonstances. Les paroles d’Isak sont certainement les plus fausses que j’ai pu entendre et pourtant elles prennent les traits d’une libération que j’ai peine à définir. L’électrochoc est violent. Est-ce ça que je voulais lui entendre dire ? Tu cherches quelqu’un sur qui te défouler. Non. C’est faux. C’est tellement faux. Je connais le visage de celui qui mérite ma colère et c’est précisément celui que je ne peux atteindre. On ne peut pas être égoïste quand on n’a plus rien de soi. Non c’est faux. Me dire ça ne changera rien. L’entendre lui, Bastien, me dire ça semble aussi proche que ce que je m’étais imaginé l’entendre dire. Pourtant, c’est..faux. La vérité n’est pas là. Je n’ai pas à l’exorciser. Je n’ai pas à me détester. Toutes ces paroles sonnent si fausses à présent.

Un sourire nait alors sur mon visage, un simple trait. Un simple apaisement au milieu du tourbillon. Cela fait des mois que j’observe un spectre aux allures d’un frère décédé que j’aurai aimé connaitre. Cela fait des mois que je le fais vivre et exister. Cela fait des mois que je le considère aussi faux que mon nouvel intérêt pour lui. Cela fait des mois que j’attends de l’entendre dire ce que je jugeai jusque-là évidement qu’il me dise. Pourtant, ce n’est qu’une belle connerie. Il n’est pas Bastien tout comme Isak ne lui ressemble que partiellement. Cela fait des mois que je ne m’autorise pas à être son frère. A employer le mot « deuil » pour justifier son spectre tout simplement parce que je n’en avais la légitimité. En réalité, les barrières autour de Bastien ne sont que celles que j’ai construites, que j’ai imaginé. Tout comme j’ai imaginé sa colère de me voir regretter sa vie en lui créant une jolie copie bien mignonne. C’est bien étrange ce qui se trame en moi. Mes mots me manquent. Mon explication peut pourtant s’en passer. Il n’y a pas de mots pour aborder les jeux de l’esprit, de l’âme, du cœur, de l’humain. La difficulté n’est peut-être pas la vie mais notre capacité à l’accepter comme telle et, au final à nous accepter. Je me redresse pendant que le dos d’Isak me fait face. Tu as tort, croire qu’on a plus rien de soi est égoïste… c’est justifier avec du vide ce qui nous ronge et fait de nous de pâle copie… Au plaisir de te revoir… Isak.

Je salue d’un mouvement de tête. Il est indéniable, qu’à présent il ne sera pas loin de mes pensées. Bien que le personne ne m’enchante pas des masses, cette rencontre m’interpelle et m’amuse. La vie est une pute ? Alors il s’agirait d’en faire un jeu qui puisse nous amener à la parcourir du mieux qu’on peut. Et cet Isak est probablement un jeu de cette vie qui ne manquera pas d’éveiller mon intérêt. Il ne s’en est pas rendu compte mais il m’a fait comprendre une simple chose : tout n’est définitivement pas blanc ou noir. Tout est nuance. Je me tourne vers le bar, j’y pose mes dernières économies pour payer l’ensemble des verres et sors de la pièce en invitant mes deux comparses. Dehors, je m’éloigne avec Dylan et lui propose de se retrouver plus tard sur le toit. Elle me sourit, m’enlace dans un geste amical non sans gronder son propre spectre et s’éloigne. Et bien, cette rencontre aurait pu plus mal finir… qu’est-ce qui te prend à frapper n’importe qui dans une ruelle toi ? Je lui souris, tape son épaule et avance dans son sillage dans la ville. Ce n’est pas dur de voir que la vie t’a marqué. Qu’est-ce qui t’ait arrivé ?

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Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour. (⚡) Nietzsche
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