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 Wherein lies continue {.pv}

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↳ Date d'inscription : 25/01/2015
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↳ Age du Personnage : 33 ans (254 ans)
↳ Métier : Ancien journaliste ; Prostitué
↳ Opinion Politique : Anarchiste anti-Gouvernement
↳ Playlist : Les anarchitectures – Autour de mois les fous - Les Infidèles - Que tout est noir, Saez ϟ Trouble, Halsey ϟ Mr . Brightside, The Killers ϟ One Last Song, Demon Hunter ϟ Ghostcity, Thomas Azier ϟ Shine, Years & Years ϟ Bad Blood, Bastille ϟ Children Of The Revolution, T. Rex ϟ Territorial Pissings, Nirvana

↳ Citation : « People should not be afraid of their governments. Governments should be afraid of their people »
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MessageSujet: Wherein lies continue {.pv}   Lun 14 Déc - 20:33


Louiza Steinsson & Calyxte Breckenridge
we are orphans, but we are not forgotten. and we will find a way to save us this time. we can run, but we are tired of running. we're dropping seconds in a glass 'til we die. we only wanna believe in fuckin' everything. but we're alive and we're not accepting anything. the ending's the same.the world will not change. the answer is clear...


5 :59. Faible lueur jaune des chiffres imprimés sur l’écran d’un réveil prompt à sonner. C’est le silence qui règne dans l’appartement désert, faiblement éclairé par la lumière blafarde d’un jour qui commence à peine. Quelque seconde de calme avant que le silence ne s’écroule. Six heures. Et la mécanique s’enclenche. Laisse l’alarme envahir la chambre et se briser contre les murs blancs. Quand d’ordinaire une main vient s’abattre sur la machine pour l’éteindre dans la seconde suivant sa mise en route, ce matin, l’immobilisme reste entier. Rien ne bouge sous la masse de draps gris. Un enchevêtrement d’oreillers et de plis, témoignant de la présence d’un être, emmitouflé dans une ébauche de sommeil. Calyxte n’entend pas l’alarme. Il lutte avec la migraine qui lui lacère le crâne depuis des heures. D’abord faible, l’écho de cette douleur familière n’a fait que gagner en force. Alors comme pour faire comprendre au réveil qu’il ne bougera pas, le soldat se tourne, enfoui plus encore son visage dans l’oreiller avec le vain espoir d’apaiser ses maux. Le corps se crispe et se replie sur lui-même dans un soupir chargé d’affliction. Brisé de l’intérieur, il se fait finalement violence pour s’extirper de cet état léthargique. Et lorsque les paupières s’ouvrent, la pleine lumière du jour règne dans la pièce. Des heures plus tard, une matinée déjà passée et l’après-midi qui voit s’envoler sa première heure. La mise en route est laborieuse. Tout l’édifice tremble sous les assauts déchirant la boite crânienne. Et au cœur de la débandade lui sciant la tête, Calyxte sent poindre une autre menace. Au milieu de la poitrine, c’est une lame chauffée à blanc qui est en train de le transpercer. Cœur lourd frappant avec force contre les côtes. Réfugié derrière la barrière de ses cils, la main droite s’agrippant à son torse, le soldat ouvre les yeux et pose son regard sur sa montre. Le nombre croit à vue d’œil, et la limite ne tardera pas à être atteinte si l’attaque perdure. Sa respiration se fait douloureuse, s’accélère alors qu’il s’efforce de conserver son calme. Rompu depuis sa plus tendre enfance aux symptômes des menaces aortiques, Calyxte se détruit un peu plus à chaque nouvelle faille. Vacille et redoute de voir son pitoyable myocarde lâcher pour de bon. C’est l’angoisse qui dégringole le long de son échine, qui fait courir la chair de poule sur sa peau nue. Dans un raclement de gorge, le soldat rassemble énergie et assurance pour quitter son lit. Il chancèle, et la douleur dans sa poitrine se fait plus intense encore. Elle irradie, sur tout le côté gauche, lui broie le cœur dans l’étau d’une main de fer.

Les mains tremblent. Laborieusement, alors que son monde vacille, le soldat s’est frayé un chemin jusqu’au salon. Pour se saisir de son téléphone. Les chiffres se suivent, mais ne donnent rien. Plusieurs essais avant que le numéro désiré ne s’affiche sur l’écran et se compose enfin. Les sonneries contre le tympan et l’angoisse qui s’accroit dans la tourmente. C’est d’une voix hachée, brisée par le mal qui le ronge que Calyxte expose sa situation, demande l’aide dont il a besoin avant de raccrocher. Et de se tenir là, de toute sa hauteur dans le silence de son appartement. Aussi mort qu’il peut l’être à l’intérieur. Le reflet du propriétaire. Les pupilles embrumées parcourent le décor, s’abandonnent contre le vide qui règne dans la pièce. Et la gorge déjà opprimée, se noue plus encore. Sa solitude. Sa perte. Sa punition. Dans les limbes du néant, il s’essouffle et la fatigue se fait de plomb. Dans sa faiblesse, le soldat s’insurge malgré tout. Il s’insulte, se déteste et crache sa rancœur au milieu du désordre de ses pensées éclatées. L’attente le brise, achève de détruire ses nerfs qui se liquéfient face à la menace. On lui avait donné trois années à vivre. Le muscle entre ses côtes a poussé sa chance pendant plus de quatre ans. La journée de trop. Les paupières se ferment pour ne pas affronter l’évidence et la silhouette sursaute lorsque l’on frappe enfin à la porte.

[…]

Le réveil dans une chambre d’hôpital. L’estomac noué et la peur souveraine sous la peau. Gardé en observation pour la nuit. Comme pour lui offrir la garantie de sa survie. Comme si une simple nuit pouvait à elle seule enrayer la mécanique qui lui détruit le corps. Il ne supporte pas les hôpitaux. Ne parvient pas à contrôler les frissons dégringolant le long de son échine, messagers d’une convalescence qui le marque encore. Alors rester sagement impassible sous les draps blancs, c’est une chose impossible pour le soldat. Bridé dans ses mouvements par les électrodes savamment collées sur son torse, il peste et râle lorsqu’elles se rappellent à lui alors qu’il tente de se relever. La machine manifeste son mécontentement, émet une sonnerie stridente qui pousse l’ancien Major à réitérer sa tentative avec plus de douceur. Il se contente seulement de s’assoir sur le bord du lit. D’agripper le matelas jusqu’à en faire blanchir ses articulations. Et de laisser ses pieds effleurer le sol. L’attente lui tiraille les nerfs. Le bon vouloir des médecins, supposés spécialistes des cas comme lui, seuls maitres d’un destin qu’il devrait être le seul à contrôler. A la merci de leur volonté. A l’inconfort de la chambre aseptisée s’ajoute la sensation affreuse d’être mis à nu. Les cicatrices sur son visage, ostensiblement révélées par l’absence de maquillage. Le milicien ferme les paupières et finit par se passer une main dans les cheveux. Pour sentir sous la pulpe de ses doigts les contours des stigmates maculant le crâne. Un soupir s’échoue lentement sur les lippes, évacuant la tension qui se rue dans l’organisme. Pour mieux revenir une fois que les pupilles grises se reposent sur le décor devant lui.

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On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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MessageSujet: Re: Wherein lies continue {.pv}   Sam 19 Déc - 19:56

Calyxte. Calyxte Breckenridge. Elle avait eu un arrêt lorsque ce nom se faufila hors de ses lèvres. Elle s'attendait à un prénom féminin, déjà, et puis surtout, elle s'attendait à un prénom inconnu. Quelque chose de banal qui allait devenir étrangement familier, un nom qui allait la hanter. Elle avait cette impression de déjà vu, ou déjà entendu pour être correct, un nom qui lui paraissait déjà familier. Les secondes et minutes qui suivirent cette révélation furent difficiles. Elle savait, elle sentait qu'elle avait déjà eu à faire à cette personne, à ce nom, mais il lui était impossible de mettre le doigt dessus. Et elle cherchait, fouillait comme une malade, incapable de se rappeler pourquoi ce nom ne lui était pas inconnu.
Le lendemain consistait à identifier cette personne, et il ne lui fallu pas longtemps avant de se rendre compte qu'il s'agissait d'un de ses patients. Quelles étaient les probabilités ?

Quelles étaient les probabilités ? Pour qu'il soit emmené par les ambulances, et qu'on l'appelle car elle était présente ce jour-ci, et qu'il était donc plus facile pour quelqu'un qui connaissait déjà le patient. Elle grinça des dents lorsqu'on lui annonçait le nom du patient. Elle ne l'avait pas oublié, au contraire, mais elle s'accrochait à l'idée qu'elle ne le reverrait plus. Qu'il n'était pas assez effronté pour se présenter de nouveau face à elle, sous réserve qu'il fasse le lien entre le premier Steinsson qu'il a rencontré et elle. Sous réserve encore qu'il connaisse le nom de Rhys, et qu'il ne soit pas un de ces hommes qui aimaient le goût délicieux de l'interdit et de la provocation. Se présenter comme une fleur fanée devant la femme de celui qu'il avait attiré dans ses draps. C'était beaucoup de conditions, mais Louiza voulait y croire.
Elle grognait intérieurement, mais ne refusa pas non plus d'aller rejoindre le bâtiment des urgences. Elle n'avait pas le droit de refuser d'apporter ses soins à un patient, ni même l'envie. Elle ne l'appréciait pas, ne lui pardonnerait pas, ne l'avait pas oublié. Cependant, elle ne souhaitait pas sa mort et s'exécuta.


(…)


Il avait été hospitalisé une nuit de plus, pour lui permettre de se reposer et pour s'assurer de la stabilité de son état.
Louiza frappa à sa porte, et lui adressa un bonjour aussi sec que le désert. Elle était habituellement quelqu'un de souriant, peut-être un peu trop parfois. Elle souriait lorsqu'elle était heureuse, elle souriait lorsqu'elle voulait être polie, elle souriait lorsqu'elle se sentait mal à l'aise, mais face à Calyxte, elle n'avait pas envie d'esquisser le moindre sourire. Elle lui rappela succinctement ce qui s'était passé la veille, ce qu'on lui a administré et dans quel objectif, et qu'elle allait lui refaire un petit examen pour s'assurer que tout était revenu à la normale. Elle s’exécuta dans le silence, sa voix ne s'élevant que lorsqu'elle avait des consignes supplémentaires à donner. Tout semblait normal.
« Vous allez pouvoir quitter l'hôpital aujourd'hui, je vous apporte une nouvelle ordonnance avec quelques modifications, mais je vous re-préciserai tout ça tout à l'heure, ainsi que la lettre de sortie. »

Elle hésita quelques instants, et au lieu de partir, elle rajouta, sur un ton légèrement différent, moins sec, moins assuré : « Hum, M.Breckenridge, je tiens à vous dire que je ne peux plus vous accepter comme patient, pour des raisons qui ne vous sont sans doute pas inconnues. Je serai ravie de vous donner une liste de quelques cardiologues, travaillant dans ce même hôpital ou alors dans la ville, qui seront plus que aptes à vous suivre. Je leur transmettrai évidemment votre dossier complet une fois votre choix effectué. »
Elle le regardait, guettant chacun de ses réactions. Elle espérait qu'il ait déjà fait le lien entre elle et Rhys, et qu'en tant que homme sensé, accepte sans rechigner ce que Louiza venait de lui dire. Elle n'avait pas envie de mettre des mots sur ce qu'elle appelait les 'raisons qui ne vous sont sans doute pas inconnues', elle n'avait pas envie de prononcer le nom de Rhys, ni évoquer l'adultère qu'ils avaient commis ensemble. Elle ne souhaitait pas en faire une scène, pas ici à l'hôpital, et pas face à l'amant de son pauvre mari.
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MessageSujet: Re: Wherein lies continue {.pv}   Lun 21 Déc - 20:45


A l’angoisse sous la peau s’ajoute la surprise. Il n’y a pas fait attention la veille, trop emprisonné dans les fils de sa crainte et de la douleur pour pleinement prendre conscience de son environnement. Maintenant qu’il est pleinement conscient de sa situation, le soldat réalise alors. Qu’il connait la personne qui vient d’entrer dans sa chambre. Il ne répond pas à son bonjour, ne parvient pas à le faire. C’est un nœud qui vient s’enrouler autour de sa gorge et une main qui se presse contre son cœur fatigué. Les pupilles d’acier dévient, prennent soin d’éviter de croiser celles de la jeune femme. Combien de chance ? De retrouver son ancienne cardiologue à des kilomètres de New York ? Combien de chance pour que sa route croise à nouveau celle d’un Steinsson ? Trop peu. Suffisamment pour que la chose se produise devant ses yeux. Le malaise le prend à la gorge, étend ses doigts jusque dans les tréfonds de ses entrailles. Calyxte se plie aux derniers examens sans sourciller. S’exécute avec toute la docilité du monde et se contente de hocher la tête lorsque Louiza lui explique la situation. Une chance sur deux. Dans les méandres de son esprit, les connexions tentent de se faire. Si elle se tient ici, devant lui, cela veut dire que son mari est ici. D’un battement de cils, le regard dévie, vacille et effleure les mains pour se heurter au vide. L’absence d’alliance fait se crisper l’organe entre ses côtes, mais ne signifie rien au fond. Dans un endroit pareil, la chose est tout ce qu’il y a de plus normale. C’est la folie d’un espoir à moitié mort qui se glisse dans les veines du soldat. Il vacille dans des fantasmes qui n’ont pas lieu d’être. L’espoir de Le revoir ? Il ignore s’il en a vraiment envie au fond. S’il serait capable de faire face à sa douleur en reposant son regard sur Lui. Le simple fait de se retrouver confronter à Son épouse lui déchire le cœur. Lacère sa raison et attise sa gêne. La culpabilité revient se fracasser contre sa poitrine, avec la même intensité qu’au premier instant de leur triste aventure.

Son nom l’oblige à relever la tête. Poser son regard fatigué sur le médecin. Il écoute et doit se faire violence pour délier le sens de ses mots. Il fronce un instant les sourcils, interdit. A-t-il vraiment le choix ? A la mort de son spécialiste, et les médecins se faisant une denrée rare, il a préféré choisir l’option de rester seul. Faire au mieux pour survivre encore quelque temps avant que le sursit s’achève. Dans un soupir, le soldat comprend. Qu’elle le rejette pour ce qu’il a fait. Cet affront et l’injure qui commis des années en arrière. Le simple fait de la savoir au courant de l’adultère le plonge plus profondément sous un flot de gêne. Il s’agrippe au matelas pour ne pas se retrouver enseveli sous les vagues. « - Je suis navré mais les raisons évoquées m’échappent… » Il s’efforce de le murmurer avec toute l’assurance du monde. Quand sa voix n’aspire qu’à se briser dans sa trachée. La douleur émane de sa poitrine mais pas de son palpitant abîmé. Elle est invisible, nichée dans les méandres de sa conscience. « - Une liste de cardiologues… Je ne vois pas d’autre spécialiste plus apte à me suivre que vous. Je ne tiens pas à être trainé vers d’autres personnes et devoir tout reprendre à zéro. Vous connaissez mon cas, le dossier, et cela depuis des années. » Le soldat à terre se redresse, lentement. Appose sur ses traits la fermeté d’un homme certain de ce qu’il avance. Il n’a pas tort, et elle le sait. « - Et quand bien même, je doute que la liste soit si longue. On m’a bien fait comprendre hier, que les cardiologues se faisaient rares. Ici ou ailleurs. Honnêtement, pensez-vous vraiment que le luxe de choisir son praticien existe encore aujourd’hui ? » Ajoute-t-il dans un soupir. Haussant un sourcil en direction de Louiza. Il s’autorise alors à laisser son regard s’ancrer au sien. Analyse le visage et l’attitude. Tout en essayant de masquer au mieux les tourments qui le dévorent. Se montrer le plus impassible possible, effacer les éclats de culpabilité qui nichent dans ses pupilles. Oublier les frissons lacérant son échine et le besoin gênant d’avouer une faute pour laquelle il a déjà été puni plus que de raison.

« - Au vu des circonstances, il est inutile de chercher à trouver mieux quand la situation actuelle est déjà la meilleure configuration possible. » C’est une fin de discussion. Un dossier que l’on clôt du plat de la main pour ne plus y revenir. Une décision qu’il vient de prendre et qu’elle se doit d’accepter. Même si cela lui en coûte, il ne peut pas se résoudre à la laisser filer. Parce que la savoir en ville le rassure. Allège le poids morbide qui pèse dans sa poitrine. Parce que même s’il s’efforce de l’oublier, la condamnation à mort se fait plus pressante chaque jour. Il a besoin d’elle. Comme il avait besoin de Lui.

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MessageSujet: Re: Wherein lies continue {.pv}   Jeu 24 Déc - 21:50

Elle serra ses mâchoires lorsque la première réponse de Calyxte frappa contre ses oreilles. Il ne savait pas ce dont elle parlait. Il ne comprenait pas. Il prétendait ne pas comprendre.
Elle choisissait d'encaisser ses réponses et d'afficher un sourire plastique. Un de ces sourires étirés sous-vide, qui clochait avec son visage habituel. Il ne fallait pas qu'elle réagisse, il fallait qu'elle accepte ses réponses, et s'en aille. Il fallait simplement qu'en contrepartie, Calyxte accepte sans broncher ce qu'elle lui annonçait. Et il semblait faire tout l'inverse.
Ça lui paraissait absurde, de s'entêter avec elle, et elle ne saisissait même pas quelle satisfaction il pouvait en tirer. Elle ne comprenait pas pourquoi il préférait nier, à part s'il ignorer réellement toute la situation ? Mais c'était impossible, non, ce n'était pas possible. Il devait être au courant, et il devait essayer de la provoquer. Peut-être est-ce sa façon de la punir, de prendre sa revanche sur elle. Mais quelle revanche ? D'après Rhys, ce n'était qu'un écart, qui ne s'était produit qu'une seule fois, alors qu'avait-il réellement à perdre en voyant Rhys retourner auprès de sa famille ?

Chaque fois que Calyxte débitait ses petits mots, remplis d'arrogance et de suffisance – ils étaient ainsi perçus par Louiza ; cette dernière faisait taire ce qui lui venait à l'esprit. Pensez-vous que le luxe de garder son mari soit encore monnaie courante, par ici ? Vous avez perdu le luxe, comme vous dites, de choisir votre praticien quand vous avez choisi d'aller vous taper mon mari. Sa dernière phrase venait en rajouter une couche, et Louiza tentait de se contenir tant bien que mal. Elle gardait son masque de calme, alors qu'elle bouillait. C'était comme un dialogue d'une vulgaire comédie. Grossière et grotesque, une comédie de bourrin qui ne fait rire personne, ou une série au doublage aussi médiocre que le scénario.

« M. Breckenridge, je ne vous comprends pas. Je ne comprends pas ce que vous y gagnez, à ce jeu-là. » Elle était tiraillée entre l'envie de lui balancer sèchement tout ce qu'elle pensait, ne pas se montrer polie et lui faire comprendre qu'elle accepterait pas de croiser plus ou moins régulièrement l'amant de son mari. Et en même temps, elle avait envie de s'épargner ces mots. Elle ne supporterait pas de les prononcer, elle ne supporterait pas de demander ni d'implorer ce dit amant de l'entendre lorsqu'elle demandait sa clémence. Car n'était-ce pas ce qu'elle demandait, finalement ? Sa clémence, épargner sa petite personne des souffrances que leurs rencontres créeraient. De l'épargner de la douleur qu'il ravivait, lui rappelant amèrement que leur mariage n'était plus qu'un tissu de mensonge. Louiza voulait croire dur comme fer que l'intrusion de Calyxte avait été le détonateur. Il avait mis le feu aux poudres, c'était à cause de cette relation d'un soir que Rhys et elle étaient désormais en si mauvais termes. Elle voulait se convaincre de ça, et rejeter toute la faute sur Rhys et son amant – elle refusait la possibilité que s'ils allaient si mal, c'était de leur faute à eux, et à eux seuls. Qu'ils ne faisaient pas partie de ces gens qui se rencontrent tôt et tiennent tard. De ces histoires semées de quelques embûches qu'on enjambe tant bien que mal, mais que l'on enjambe tout de même. Ils n'étaient simplement pas ça.
« Écoutez, la situation actuelle est loin d'être la meilleure des situations, comme vous le dites. Il y a encore assez de cardiologues en ville pour que je puisse vous en conseiller un autre. Je m'assurerai de lui transmettre le dossier afin que la prise en charge soit la meilleure possible. Je.. Je vous demande de me comprendre lorsque je vous dis que je ne peux plus, et ne veux plus, être votre médecin ; et il est inutile de me répéter que vous ne voyez pas les raisons derrière cette décision. »

Et s'il disait vrai ? Et s'il n'était pas au courant ?

« Je refuse de croire que vous ne voyez pas à quoi je fais allusion, et si ce n'est pas le cas, une demi e seconde de réflexion vous donnera la solution. » Elle devenait insolente, car elle se sentait comme la proie prise au piège. Elle ne pouvait pas le forcer, elle ne pouvait rien faire si ce n'est espérer qu'il se résigne.
Il était dans son pyjama d'hôpital, alité avec un air fatigué. L'air de celui qui venait de risquer sa vie et de se réveiller vivant, dans une chambre impersonnelle. Et pourtant, des deux, elle était la plus vulnérable dans cette conversation.
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MessageSujet: Re: Wherein lies continue {.pv}   Mar 29 Déc - 20:16


Il n’y a rien à comprendre. Ce n’est que le jeu d’un fou qui se perd dans les méandres de ses propres délires. Il s’enlise dans sa douleur et lutte pour ne pas sombrer. Abandonner la lutter, rendre les armes devant le médecin serait la solution la plus bénéfique. Pour elle. Pour lui. La garder revient à côtoyer une part d’un passé auquel il ne veut plus penser.  Il s’y refuse et pourtant, c’est tout le contraire qui s’agite sous sa peau. L’ancien Major et les fibres de ce cœur malade, s’accrochent aux chimères de ce temps révolu. Il grimace sous la force d’une douleur chimérique et détourne le regard le temps d’une inspiration. La souffrance se fait réelle et lui élance la poitrine. La lame chauffée à blanc revient menacer son cœur et par réflexe, la main du soldat se lève. S’appose contre son torse et les phalanges s’y crispent. « - La vie est un triste jeu. Qu’est-ce que je gagne ? Quelques jours, quelques semaines supplémentaires avant que ma prochaine visite ici ne soit la bonne. » Il le murmure avec froideur. La voix dénuée de la moindre émotion, elle est celle d’un être qui se résigne. Un peu plus à chaque nouvelle journée. On lui avait dit, que sans transplantation, il ne survivrait pas. Quatre ans, à pousser la chance. Tirer sur la corde qu’on lui a mise dans les mains lorsqu’il a quitté les bras du coma. Il frissonne et laisse ses pupilles filer. S’enliser dans la contemplation morne d’un décor qui le révulse. Il ne les connait que trop bien, ces maudites chambres d’hôpital. Le gamin qu’on traîne tous les mois pour sa visite de courtoisie. Le bonbon dans son papier d’argent qui s’entasse avec tous les autres dans la boîte à trésor pour lui rappeler que ce monde aseptisé fera partie de sa vie. Jusqu’à la fin. Un soupir effleure les lèvres du soldat. La tension se défile mais il reste droit. C’est le refus de se montrer plus faible qu’il ne l’est déjà qui se rue dans ses veines.

Louiza s’entête. Et lui aussi. Un maigre sourire s’appose sur les lèvres fines et les paupières se ferment un court instant.  Sa main se lève, lentement. Avec tout le poids d’un discours forgé pour faire ployer l’auditoire. Le politicien revient se glisser un instant dans les veines de l’homme fatigué. Les épaules se font les piliers de ce soudain regain de confiance. La stature retrouve de sa force malgré le contexte. Malgré ce lit qui lui sert de pupitre et ce décor qui n’a de cesse de faire courir la chair de poule sur sa peau. Le trouble sous la chair et la peur en échos lointains contre les parois de son cœur. « -  Il est évident que vous vous fourvoyez et préférez rester dans l’illusion de l’ancien monde. Croyez-vous vraiment que je n’ai pas pris la peine de me renseigner sur la question quand votre prédécesseur a été assassiné lors du dernier coup d’Etat ? Je vous comprends, ou du moins je tente de le faire, et je pourrais très bien vous retourner la demande. J’ai bien peur que vous soyez la seule encore en mesure d’exercer ses fonctions. » La voix se fait plus ferme, renoue avec son ancienne assurance. Et sur la langue, les notes qui se distillent deviennent suaves. Le charme de l’homme cherchant à assouvir son pouvoir. La séduction du joueur qui possède la plus mauvaise main du monde et qui préfère alors user de son meilleur atout pour faire flancher l’ennemi. Lui éviter de percevoir le malaise que lui inspire une telle configuration. Même s’il se borne à se dire que c’est de loin la meilleure.

Le souffle se meurt le temps d’un battement de cœur. Calyxte pourrait mentir. S’enliser dans ce tissu de mensonges qu’il n’a de cesse de tisser depuis des années. Il avait commencé bien avant son agression. N’a fait que renforcer les rouages de la mécanique à son réveil pour ne plus pouvoir s’en passer aujourd’hui. Il pourrait mentir et penser à le faire alors que ses pupilles se fracassent contre le décor. Les sourcils se froncent et le temps d’une seconde, c’est tout son tourment qui se lit sur son visage. La culpabilité d’un passé révolu le prend à la gorge. Se fait hurlante et lui transperce le cœur. Celle qu’il a mainte fois tentée d’assassiner des années en arrière. Il a été l’amant et le confident avec lequel Il pouvait épancher ses frustrations et ses colères. Egoïstement, il a été incapable de mettre un terme à leur dangereux délire. La relation de l’ombre, menaçant de détruire un mariage et une famille. Il est le monstre qui s’immisce dans les foyers pour mieux les détruire. Il soupire, expulse dans un spasme la douleur soudaine qui lui déchire le cœur et se redresse, s’assoit au bord du lit. Le mensonge, il s’agrippe encore à sa langue, scelle ses lèvres pour mieux le mettre au supplice. « - J’ignorais qu’il… Que vous étiez mariés. » Menteur. Incapable de prononcer Son nom, les quatre pauvres lettres restent piteusement accrochées à sa langue. « - Je suis sincèrement désolé, Louiza. C’était une erreur, juste une grossière erreur… » Les mots écorchent sa langue, et laissent un trou dans sa poitrine. L’avouer. Maintenant qu’il vient de le faire, il réalise que ce ne sera jamais suffisant pour effacer la culpabilité qui le ronge. Une erreur.

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MessageSujet: Re: Wherein lies continue {.pv}   Dim 10 Jan - 22:25

Elle se crispait à chaque fois qu'il remuait ses lèvres. Chaque respiration un peu plus prononcée, chaque fois qu'il inspirait plus profondément, elle se crispait car elle savait qu'elle n'allait pas apprécier ce qu'il comptait lui déverser. C'était un dialogue de sourd ; pire encore, ce n'était même pas un dialogue. Il défendait une cause qui lui était étrangère, et elle parlait à quelqu'un qui n'essayait pas de comprendre son point de vue. Pourtant, ils étaient tous les deux très conscients de ce que l'autre avançait. Louiza savait qu'elle était, médicalement parlant, la mieux placée pour continuer la prise en charge de Calyxte. Évidemment, elle le connaissait depuis des années et il est toujours plus optimal de ne pas changer de médecin comme on change de chemise. Elle n'était pas nécessairement celle avec le plus d'expérience, mais elle était celle qui connaissait les antécédents de Calyxte, celle qui avait suivi l'évolution de ses traitements, ajustés les dosages en fonction des résultats qu'ils avaient pu observer. Elle était la mieux placée. Mais elle refusait de l'être.
De son côté, Calyxte devait bien comprendre qu'il était difficile de côtoyer plus ou moins régulièrement l'amant de son mari, dont la relation a duré trois ans – et même plus. Mais n'était-il pas plus facile de nier ? Jouer à celui qui ignorait tout, remuer la tête de droite à gauche et affichant un air d'incompréhension ? N'était-ce pas satisfaisant, aussi ? Forcer la main à celle vers qui Rhys avait décidé de se retourner, et constater qu'elle n'avait pas beaucoup de cartes en main.

Les mots que Calyxte prononcèrent ensuite eurent l'effet d'une bombe. Elle l'attendait, pourtant, cette confirmation. Elle attendait qu'il se retrouve dos au mur, incapable de faire quoique ce soit à part admettre qu'il n'était pas en position d'exiger la moindre chose de Louiza. Et pourtant, elle ne put se sentir satisfaite, ni victorieuse. Elle se sentit petite et bête. Petite et naïve, comme une conne à qui on révèle toutes les ficelles du stratagème dans lequel elle est tombée. Elle pensait être dans une situation asymétrique où l'avantage trônait dans ses mains, et elle constata amèrement que ce n'était rien de cela.
Elle essayait de garder un visage neutre, tant bien que mal. « Vous ne devez pas être très doué au poker, M. Breckenridge. » siffla-t-elle, amère. Elle l'avait entendu lui mentir dès le moment où elle avait franchi le seuil de la porte, et il ne semblait pas vouloir s'arrêter.

La scène était ridicule, et Louiza le supportait très mal. C'était absurde, insensé. Sa vie était devenue absurde et insensée, et elle n'avait pas besoin de se confronter à Calyxte. Car elle voyait réellement ça comme une confrontation finalement, un duel un peu tacite, où elle pensait avoir le dessus car elle était toujours avec Rhys. Physiquement, elle était toujours avec Rhys. Ils cohabitaient, leur quotidien se résumant à se cracher dessus et de jeter des regards noirs pleins de haine et de mépris les quelques fois où l'ignorance les a lassés. Mais ça, Calyxte ne le savait sans doute pas, et n'avait pas à le savoir. Il n'avait pas à savoir que leur relation était en train de s'effondrer, que leur petit adultère leur avait coûté leur relation à eux – mais il n'avait pas non plus à savoir que cet adultère n'avait en réalité pas grand chose à faire avec leur situation actuelle et qu'ils se détruisaient déjà assez efficacement seuls...
« Est-ce que vous comprenez enfin pourquoi je n'ai pas envie de continuer à vous voir ? » Elle arrivait étonnement à garder son calme. Depuis que Calyxte avait, en quelques sortes, reconnu ses torts, elle s'était complètement vidée. Tout s'était inhibé en elle. Elle n'avait pas envie de sauter à la gorge de Calyxte pour l'étrangler afin de cacher son cadavre dans un jardin obscur. Elle n'avait pas envie de lui faire activement du mal, elle n'avait pas envie de cri et d'insultes.
Elle voulait simplement le voir déguerpir de sa vie, avec l'horrible envie d'entendre tous les détails qu'il avait à lui offrir – car ce qu'elle avait appris de Rhys, était qu'il n'était pas si digne de confiance. Et elle voulait connaître tous les replis de cette vérité brumeuse.
En même temps, elle voulait garder cet espèce de détachement, faire comme si rien de cela ne l'atteignait car Rhys et elle avaient résolu cette ''grossière erreur'' pour reprendre les termes de Calyxte. Qu'elle avait rayé ça définitivement, et qu'elle avait simplement besoin de voir Calyxte foutre le camp pour classer le dossier.
« C'était sans doute une erreur pour vous, mais ça m'est égal. Ça m'est égal, vraiment. La seule chose qui a de l'importance à mes yeux, ce sont les conséquences qui en découlent... Et je ne veux pas avoir à vous recroiser, peu importe le contexte. Et le fait d'avoir encore l'opportunité d'être transféré à un autre cardiologue, dans votre cas, je pense qu'on peut appeler ça un véritable luxe. Alors oui, vous avez encore le luxe de choisir. Vous l'avez toujours eu, Calyxte. » Prononcer son prénom pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas à l'appeler Louiza. Ils n'avaient jamais eu ce genre de relation, et elle ne désirait pas en construire une avec lui.
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MessageSujet: Re: Wherein lies continue {.pv}   Mar 12 Jan - 20:54


C’est une route hasardeuse sans possibilité de retour en arrière. Une discussion qui n’a qu’un seul sens et qui brise les échos des réponses qui peuvent tenter de s’y mêler. Deux adversaires qui refusent de démordre de leur position et qui s’acharnent à vouloir faire ployer l’autre. Son quotidien il y a quelques mois encore. Celui de s’adresser à une assemblée parfois hermétique à ses paroles et la convaincre de lui accorder sa pleine attention. Il y parvenait le plus souvent. Trouvant le bon mot, le bon ton pour faire sursauter l’intérêt et pousser les pupilles à moitié assoupies à se tourner vers lui. Le talent d’un homme à qui l’on confiait des troupes. L’autorité naturelle ramenant dans les rangs les oreilles récalcitrantes. Et les volontés perdues pour mieux les plier à la sienne. Calyxte sait pourtant qu’avec Louiza, la lutte est déjà perdue. Parce qu’il n’a pas l’envie de jouer de son autorité sur elle. Parce qu’il sait qu’il n’est pas en position pour le faire. Et surtout parce qu’il n’en a pas la force. Pas maintenant, pas dans son état. La fatigue se rue dans ses veines, il la sent. Elle l’accable d’un poids qui se fait de plus en plus lourd dans sa poitrine. Et avec elle, le retour de la migraine. On l’a mis sous antidouleurs, la dose est pourtant trop faible pour maintenir en cage ces élans de douleur qui lui brisent le crâne. Les restes fantômes de ses blessures. Les fractures pourtant réparées, c’est la sensation d’avoir les os qui se morcèlent sous la force de coups imaginaires qui le fait soupirer. La mâchoire se crispe et se serre, et le soldat ravale son mal dans un soupir. Un raclement de gorge hésitant pour chasser la gêne et l'affliction qui glisse le long de son échine. Il a du mal à faire face à la pression, c’est une évidence qui le met au supplice. Le visage impassible, c’est toute la mécanique sous la chair qui s’ébranle et devient la victime du tourment. Et se retrouver devant la femme de son ancien amant est une situation affreusement dérangeante. Les pupilles vacillent, se font hésitantes et se reposent sur le sol. Là où elles sont le mieux. Il s’est permis une familiarité qu’il regrette déjà. L’avoir appelée par son prénom. Une erreur qui n’a fait que précipiter sa chute. Louiza se borne et un pli de contrariété s’appose contre le front de Calyxte.  

Les conséquences qui en découlent. Désastreuses. Pour les deux camps. Il en a bien conscience et à nouveau, une main chimérique vient lui broyer la trachée. Le corps bouge sur le lit, les muscles se tendent et la nervosité finit par prendre le dessus sur le flegme qu’il tentait de conserver. La glace se brise par endroit et laisse filtrer la faiblesse. Tout ce que Calyxte tente de retenir contre les remparts de son cœur, sa honte et sa gêne lui glissent entre les doigts et il en tressaille d’horreur. Il comprend mais il ne peut pas accepter, pas quand ce choix qu’elle lui agite devant le nez n’existe plus. L’entêtement, pourtant justifié de la cardiologue n’est que du vent. Une chimère qui prendra toute sa consistance lorsque le dossier ne trouvera aucun autre spécialiste capable de le suivre. Ils sont seuls, elle comme lui. Et le constat distille un venin amer sur sa langue. « - Dans ce cas, je préfère choisir de ne pas accepter ce luxe. » Le murmure s’échappe dans un soupir. Elle ou personne, au fond, le résultat sera le même. Les traits du visage fatigué se crispent, et les phalanges se referment dans un spasme lorsque le soldat s’installe sur le bord du lit, prêt à se lever. « - Prenez seulement le temps de prendre des nouvelles de vos collègues, vous verrez que finalement, vous êtes la seule dans votre domaine à encore respirer dans cette pauvre ville. » L’ombre d’un sourire cynique s’appose sur les lippes du soldat qui lève finalement les yeux vers la cardiologue. L’acier des pupilles brûlant d’une lueur mutine. L’assurance d’avoir raison, d’effleurer du bout des doigts une victoire difficilement offerte. « - Cependant, je doute que refusez un patient pour des raisons… Personnelles, soit très professionnel. Un peu décevant de la part d’un médecin de votre rang. » Le venin du serpent touché. La carrure se fait plus imposante alors qu’il se redresse, s’appuyant d’une main contre le matelas, Calyxte se lève enfin. Ecrase de toute sa hauteur la petite spécialiste.

« - Je ne vous demanderai qu’une chose, avant de vous promettre de disparaître de votre petite existence. Inscrivez-moi sur liste d’attente pour une transplantation cardiaque. » Il frissonne à la seule mention de l’intervention. Sait pertinemment que le résultat sera le même que la première fois. Une attente affreusement usante, et aucun résultat. De faux espoirs de compatibilité qui s’effacent dans un souffle. Calyxte joue sa dernière carte, prend une nouvelle fois le risque de vivre avec sa faiblesse sans rendre des comptes à un être véritablement qualifié. Le suicide d’un inconscient qui n’a plus grand-chose à perdre. La dernière requête de l’amant destructeur d’existence avant de disparaître.

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MessageSujet: Re: Wherein lies continue {.pv}   Mar 19 Jan - 22:04

croyait avoir été claire. Elle croyait avoir eu le dernier mot, celui qui vous offre sur un plateau d'argent le sentiment de victoire et de fierté. Celui qui vous soulage, aussi. Elle pensait que le duel était terminé, et qu'elle était celle qui s'en sortait indemne, et qu'elle avait gagné à coups de raison. Elle avait abattu sa dernière carte pourtant, celle qui portait le nom de Rhys. Elle l'avait abattu sans le moindre bruit, sans prononcer son nom – ils avaient soigneusement évité de siffler ces quelques lettres. C'était là, une carte posée entre eux, aussi silencieuse que vicieuse, qui orientait tous leurs choix, tous les faits et gestes. C'était un triste constat à faire. Se retrouver si vulnérable, vis-à-vis Calyxte, vis-à-vis Rhys.

Lorsque Calyxte ouvrit de nouveau la bouche, elle se sentait atteindre un pic d'irritation. C'était un véritable dialogue de sourd dans lequel ils s'étaient engouffrés, faux sourdes et faux déments, Calyxte était décidément un excellent acteur s'il ne faisait que prétendre. Il s'entêtait, et c'était insupportable.
L'inhibition qu'elle avait ressentie venait de voler en éclat. Elle avait envie de le secouer, lui avec son petit pyjama d'hôpital et son visage pâle. Attraper ses épaules et le secouer de toutes ses forces, lui foutre quelques baffes dans la foulée, et lui faire comprendre qu'il n'avait plus le luxe de choisir. Plus le luxe de choisir son cardiologue car elle ne désirait plus le prendre en charge, mais plus le luxe de refuser quoique ce soit non plus. Pas avec elle en tout cas. Il n'avait pas le droit à ça, et il semblerait qu'il n'en ait que faire. Ignorant sans vergogne la demande de Louiza, préférant s’obstiner sans raison apparente. Elle n'était qu'un simple médecin parmi d'autres, peut-être pas tant d'autres, car Calyxte avait effectivement raison sur le fait qu'il n'y en avait plus autant qu'avant, tout comme il n'y avait plus autant d'habitants qu'avant. Ce n'était que proportionnel, après tout. Mais elle savait qu'il existait encore quelques cardiologues qui continuaient d'exercer dans les environs. Peut-être pas les plus proches, mais ils étaient bien là. Elle n'était pas meilleure que quiconque, elle n'était pas un de ces grands médecins-chercheurs qui avaient révolutionné la médecine moderne. Elle n'était pas un de ces médecins connus et renommés pour avoir soigné des personnes influentes, elle n'était rien de ça.
Calyxte se redressa, dépassant facilement d'une tête Louiza, qui fut obligée de relever le menton pour le fixer dans les yeux. Elle ne se sentait pas impressionnée, au contraire. Elle se montrait plus ferme encore, plus déterminée.
« De mon rang... Je crois que vous vous méprenez à mon égard. Et je crois aussi que vous pensez avoir une idée de qui je suis, mais je vais vous arrêter très rapidement : vous ne me connaissez pas, alors n'essayez pas de m'attribuer des qualités que je ne saurais honorer. Je ne vais pas avoir de remords à me retirer de votre prise en charge, au contraire. Et je ne vais pas avoir de remords à le faire pour des raisons personnelles ; ce que vous en pouvez en penser m'est égal. »
Son regard, lourd de reproches et de rancoeur, resta encore quelques instants sur Calyxte.

Alors qu'elle était sur le point de s'en aller, franchir enfin le seuil de la porte et ne plus jamais revoir cet homme, il se permit une dernière requête. Une dernière requête à laquelle elle ne pouvait pas dire non. Elle ne pouvait pas lui refuser l'inscription à la liste d'attente des transplantations, surtout en connaissant son état. Elle pouvait se séparer de lui en tant que patient, demander à ce qu'un collègue reprenne son dossier, mais elle ne pouvait pas lui refuser ça. Même si pendant une fraction de seconde, le premier mot qui voulut traverser ses lèvres fut ''non''. Sec et tranchant, comme un retour de boomerang d'une femme trompée qui brûlait de rage. Elle pivota ses épaules vers Calyxte, une dernière fois, et marqua un léger temps d'arrêt. Elle n'avait pas envie de reprendre le masque du gentil médecin qui essayait de trouver un arrangement. Elle n'avait pas envie de se glisser derrière un tel tissu de mensonges avec lui, car elle jugeait qu'il ne le méritait pas.
Alors elle se contentait de lui jeter un dernier regard, silencieuse, avant de se retourner et de s'en aller.
Aucun mot.
Elle allait pourtant l'y inscrire. Ce n'était pas un luxe que d'y être lorsqu'on était conscient de son état, et de la pénurie d'organes qu'il y avait. Être inscrit sur cette fichue liste ne garantissait rien, tellement rien.


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