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 Death, dust, party, repeat. [Mikkel]

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MessageSujet: Death, dust, party, repeat. [Mikkel]   Mar 15 Déc - 5:31



« Death, dust, party, repeat. »

Mikkel & Grayson
featuring

Elle me regarde. Elle me regarde mais elle me voit pas vraiment. Il lui manque un œil maintenant, de toute façon. Une partie de son visage est ravagée, les dents déchaussées encore tout juste fixées à une gencive noirâtre, visible sous le derme nécrosé.

Elle a toujours eu de belles pommettes, hautes et saillantes, mais la peau est mollement distendue sur les os à présent, et les rondeurs de son visage ont complètement disparu. Tout comme la quasi totalité de ses cheveux. Quelques touffes ternes et rêches s’échappent encore de son crâne par endroit, lui donnant l’air d’une poupée mutilée. Ils étaient magnifiques autrefois. Longs, lisses et brillants. Noir corbeau.

Un long ver s’est logé derrière son unique pupille et je le vois parfois traverser le blanc sale autour de l'iris avant de disparaître à nouveau vers les obscures contrées de son cerveau. Quelque chose doit être encore fonctionnel, là dedans. Elle bouge, elle se traîne, autant que ses jambes arrachées le lui permettent.

Parfois, sa mâchoire se met à claquer violemment, très vite, clac clac clac clac clac clac clac, un bruit mat comme deux morceaux de bois frappés l’un contre l’autre, et j’observe sa langue sèche et rabougrie se coller contre son palais. Ses ongles griffent le sol et se cassent sur le ciment grossier, produisant un son encore plus insupportable.

Je ne sais pas pourquoi je l’ai ramenée, après tout ce temps. Ma Norah. Ça faisait près de deux ans que j’étais pas retourné dans cette zone là, un amoncellement de voitures rouillées sur une route de campagne, déjà à demi ensevelies dans le bayou. J'ignore ce que j’attendais, mais je pensais pas qu’elle serait toujours là.

Je l’ai entendue grogner. Elle était encore coincée sous le tas de ferraille et de longues racines avaient commencé à prendre possession de son corps. L’une de ces lianes plongeait sous sa hanche, d’autres se contentaient de ramper par dessus, emprisonnant un peu plus étroitement cet organisme étrange, pas tout à fait mort mais assurément plus vivant. Elle dégageait une odeur épouvantable à laquelle j’étais habitué.

Je suis resté un moment à la contempler. Et puis quand il a fallu partir, l’idée de la laisser là, de l’abandonner une nouvelle fois, m’a parue absolument inhumaine. Je suis allé chercher mes gants dans le camion et puis des cordes et l’une des muselières de métal qu’on utilise au club. Là, j’ai hésité sur la marche à suivre. Je pouvais pas déplacer la voiture, trop prise dans la végétation, même en la tirant avec le van.

Alors je suis retourné chercher une machette et j’ai coupé les racines autour d’elle. Norah grognait faiblement et produisait cet abominable claquement que j’entends souvent dans mes rêves. Quand elle a été dégagée, j’ai appuyé une botte sur chaque main, et je me suis penché vivement pour poser la muselière et la fixer d’un déclic à l’arrière du crâne.

Ensuite j’ai attrapé ses poignets et j’ai tiré.

Ça s’est détaché presque tout seul. Je craignais d’arracher ses bras, mais tout le tronc est venu, laissant les membres inférieurs à jamais captifs de leur gangue de verdure. Je l’ai prise dans mes bras et l’ai portée tendrement jusqu’au camion, où je l’ai déposée avec douceur. Elle pesait presque rien. J’avais attrapé deux lapins ce jour-là ; j’ai pas pu résister à l’envie de les lui offrir. Elle était si faible, si pitoyable, avec ses chairs en lambeaux et son regard creux.

Après l’avoir regardée déchiqueter voracement les deux bestioles, j’ai replacé son masque et l’ai ramenée en ville avec le reste de ma cargaison ; trois rôdeurs entiers pour les combats de la semaine. C’était il y a deux jours. Depuis, je la garde au deuxième sous-sol, dans une cellule séparée.

Je l’ai pas encore dit à Moïra. Je suppose qu’elle s’en foutrait, d’autant que je lui ai jamais parlé de mon ex, mais quelque chose me retient. Un genre de culpabilité étrange, comme si je faisais des infidélités à l’une ou à l’autre. Un peu idiot puisque je n’ai de véritable relation avec aucune.

Écrasant ma clope à terre dans un soupir, je me relève et passe une main entre les barreaux pour caresser son crâne squameux. Elle tord le cou et tente désespérément de me mordre, mais je suis plus rapide. Une mèche de cheveux secs comme de la paille me reste entre les doigts. Je la glisse machinalement dans ma poche avant de remonter, rejoignant l’étage du Bones pour mon service de la soirée.

Les premiers clients vont bientôt arriver, les habitués et les piliers de bar. Avant de m’installer à l’entrée, je peigne vaguement mes cheveux entre mes doigts, histoire d’être un peu présentable quand Moïra descendra. C’est inutile, je sais qu’elle me fera une remarque quoi qu’il arrive. Elle voudrait que je ressemble à ces videurs de boîtes de nuit en costumes sombres et impeccables, comme si le standing de son établissement tenait dans ces petits détails.

Moi je considère que je fais partie du folklore des lieux : les types viennent balancer des billets sur d’autres gars enfermés dans des cages avec des zombies, ce serait pas un peu déplacé que je les accueille en costard avec la bouche en cul de poule ? Et puis personne m’a jamais fait de remarque. En même temps, vaudrait mieux pas.

Je me plante donc tel quel à mon poste, dans l’attente de nos premiers parieurs, qui ne tardent pas à se manifester. Coup d’œil scrutateur à travers l’espèce de meurtrière, ouvrir la porte, bref salut, fermer la porte. L’opération est inlassablement répétée et parfois interrompue par Ty, l’un des barmen, venu me désaltérer d’un bourbon.

Vers minuit, le gros de la clientèle est arrivé et le premier round de combats – sans zombies – s’est achevé, quand je tire une énième fois la lourde porte anonyme. Il m’a suffi d’une œillade par l’ouverture pour reconnaître l’individu qui se tient de l’autre côté. Il arrive tard aujourd’hui. Peut-être a-t-il fait la tournée de ses nombreux créanciers pour tenter de grappiller de nouvelles dettes à ajouter aux précédentes, jurant sur tout ce qui est saint que ce soir, c’est sûr, il va se refaire.

Les camés du jeu dans son genre font de bons clients, parce qu’ils reviennent toujours. Leur problème, c’est qu’ils savent pas s’arrêter. Et lui, c’est probablement le roi dans sa catégorie. À voir son regard brûlant d’expectation, je me doute déjà que la nuit va mal finir. Même s’il est en veine, il continuera jusqu’à ce que la chance tourne, et quand il aura atteint le fond, il creusera encore.

Mais enfin je suis pas vraiment là pour juger des addictions des autres, et quand il est pas en train de courir après trois grains de blé, il peut même être plutôt agréable. À la vue du moins, ce qui n’est déjà pas si mal. Je l’accueille donc d’un grognement classé assez haut sur l'échelle de mon expressivité.

Si j’étais un type bavard, ça se traduirait probablement par quelque chose comme «Tiens, le retour du messie. Allez entre et sers-toi un verre, tant qu’il te reste quelques dollars... on sait tous les deux que ça va pas durer. Mais pour une fois, par pitié, fais-moi plaisir et me force pas à te jeter dehors à quatre heures du mat’, tu seras sympa.»
 

 


Dernière édition par Grayson Hawk le Mer 6 Jan - 5:52, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Death, dust, party, repeat. [Mikkel]   Mer 16 Déc - 17:37



« death, dust, party, repeat »

Grayson & Mikkel
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J'avais passé une journée de merde. Le genre de journée où l'on avance en traînant des pieds, la mine sombre, le front bas et la sensation de porter toute la misère du monde sur ses épaules. A l'hosto, je n'avais adressé la parole à personne, perdu dans mes pensées sombres et tirant clairement la gueule. Par chance, je n'étais pas tombé sur des patients chiants ce jour là parce que je n'aurais pas été d'humeur à les rassurer ni à leur faire la causette. Les gus que j'avais baladé d'un bout à l'autre du centre de soin étaient pour la plupart dans les vapes, sous morphine. Trop faibles donc pour m'emmerder et c'était tant mieux. L'idée fixe qui tournait et retournait dans mon crâne aurait pu me rendre dingue. Comment mais comment j'allais bien pouvoir réussir à payer ces putain de dettes ? Elles s'amassaient de plus en plus et j'avais perdu le fil depuis un bon moment, au point de ne même plus savoir combien je devais exactement, ni à qui. Heureusement que je ne faisais pas un job qui me demandait trop de concentration parce que j'en aurais été incapable. J'avançais en poussant les charrettes à la manière d'un zombie, au risque de me paumer dans les couloirs.

A un moment, j'étais tombé sur un des médecins urgentistes, un vieux con à binocles que je pouvais pas encadrer. Le genre de mec homophobe qui me regardait souvent avec un peu trop de méfiance, comme s'il attendait qu'un seul faux pas de ma part pour me dénoncer aux autorités. Il m'avait parlé un peu trop sèchement à mon goût, me demandant de me grouiller un peu plus. Selon lui, je me montrais négligeant dans le boulot en lambinant comme ça et je sentais déjà poindre les menaces d'aller faire un rapport négatif sur moi au dirlo. Il voulait me faire virer, carrément ? Alors que lui, il se gênait pas pour perdre son temps à draguer les infirmières comme un pauvre vieux casanova sur le retour ! Pathétique. On avait échangé quelques mots agressifs et j'avais fini par lui faire un beau fuck avant de partir me calmer dans les chiottes. J'avais tellement envie de me tirer bordel ! L'envie de rejoindre le bones était si douloureuse qu'elle me tordait les entrailles. La journée m'avait paru interminable et pourtant, il avait bien fallu bien que je tienne, bon grès mal grès, jusqu'au soir.

J'avais enfin pu abandonner ce satané uniforme et retrouver mes fringues dans lesquelles je me sentais déjà mieux. Pourtant, le soulagement ressenti en quittant l’hôpital me fut de courte durée. Un mec m'attendait à l'entrée, faisant le pied de grue en fumant sa clope. Je le reconnu pour être un mafieux, membre de l'une des nombreuses bandes qui sévissaient à la Nouvelle-Orléans. Je me pinçai les lèvres en l'apercevant, sans pour autant chercher à l'éviter, il était trop tard de toute façon et il marchait déjà vers moi, me faisant signe de le suivre. Visiblement, il n'avait pas de mauvaises intentions, bien au contraire. Il m'apprit assez rapidement qu'il avait un marché à me proposer et que pour ça, il avait besoin de discuter avec moi. J'acceptai donc de rentrer dans sa bagnole pour rejoindre un bar tranquille où on pourrait parler affaire, devant deux bières. Ce mec savait que je connaissais énormément de monde et, même si j'étais connu pour rembourser difficilement mes dettes, j'étais assez débrouillard pour vendre des info intéressantes. Est ce que je serais d'accord pour filer un mec, l'espionner et lui rapporter ensuite ce que j'avais appris ? En échange, j'aurais droit à un beau paquet de dollars, dont une large partie payable d'avance. Autant dire que j'acceptai rapidement le deal, m'arrangeant même pour grappiller et obtenir encore plus que la proposition de départ.

J'étais donc en possession de 500 dollars. Bordel de merde. Ce genre de truc, ça se fêtait ! Je pris juste le temps de courir vite fait jusqu'à Bourbon street, pour rejoindre l'appart que je partageais avec ma famille. J’espérais ne pas y croiser mon père qui en aurait encore profité pour me balancer une critique quelconque de son cru mais par chance, il était absent. A peine arrivé, j'avais bondi sur Andreï pour lui confier sa nouvelle mission. J'étais pressé et je manquais cruellement de patience mais fort heureusement pour moi, mon grand-père avait l'esprit vif et pigeait vite. En plus, il ne me posait jamais de questions. Il me suffisait de lui donner son contrat, lui insufflant l'enthousiasme qu'il fallait pour être certain qu'il le mènerait à bien. J'avais toute confiance en ses capacités, fallait bien dire que ce mec était un sacré phénomène dans son genre. Dès que je fus certain d'être tranquille de ce coté et qu'il s'occuperait de tout ça pour moi, je me sentis déchargé d'un énorme poids. Je planais, léger et presque ivre, n'ayant qu'une hâte : arriver le plus vite possible au Bones et faire fructifier le fric qui me remplissait les poches. Et me brûlait déjà les doigts.

J'arborais un style un peu destroy, mon épaisse chevelure noire était striée de mèches rouges, un jean coûteux me moulait le cul et une chemise de couleur flashy était ouverte sur mon torse imberbe. Mon narcissisme se traduisait par une arrogance clairement affichée. Ma nervosité me rendait fébrile alors que je rejoignais cette drôle de librairie, à la devanture si anodine. J'avais moisi si souvent devant cette vitrine, à attendre qu'on me permette à nouveau d'entrer que je connaissais la couverture des vieux bouquins exposés par cœur. Cette fois, pourtant, je n'eus pas à attendre longtemps. Cette vieille fripouille de Gray m’accueillit par sa mine patibulaire et ses grognements si expressifs. Je lui répondis par un rictus quasi hystérique, mes yeux brillants d'une lueur de folie. A peine rentré dans cet antre des délices, j'eus la sensation que tout mon corps s’électrisait, comme si le simple fait de retrouver les couleurs, les sons et les odeurs de cet endroit me remplissait d'extase. J'étais loin putain mais j'en avais rien à foutre. Frappant l'épaule du sorteur, je le dévisageai avec insistance dans un sourire égrillard, la voix veloutée.

« Salut toi. Alors... quelle est l'ambiance ce soir ? Les combats en sont où ? J'compte sur toi pour me résumer tout ce que j'ai loupé... avec ton éloquence habituelle, bien sûr. »

Ironie évidemment, je savais que ce mec était plus taciturne qu'un vieil ours mal léché. Ours dont il avait l'odeur et l'allure d'ailleurs, ce qui ne l'empêchait pas d'être sexy en diable. Il avait un petit coté malsain qui me semblait étrange et sacrément flippant mais dans un sens c'était peut-être bien ce qui m'attirait chez lui. De toute façon, dans ce lieu je me sentais chez moi et même si c'était assez dégueulasse pour ma famille, je pouvais même dire que c'était mille fois mieux que chez moi. Mais j'avais pas envie de me sentir coupable ce soir. J'avais réussi à délaisser mon humeur sombre du début de la journée mais je sentais qu'elle risquait de me retomber dessus d'un moment à l'autre, un peu comme une épée de Damoclès qui planait en permanence au dessus de ma tête. J'avais sûrement pas envie d'y replonger et je savais que je me sentirais mieux, dès que j'aurais commencé à miser. Gros, de préférence. Jetant un regard circulaire dans la salle je pouvais m'apercevoir que la soirée était déjà bien partie, j'étais arrivé plus tard que d'habitude mais ce n'avait pas été pour rien, c'était même un fameux cadeau du ciel.

Je voulais savoir où en étaient les combats et si c'était encore temps de miser sur celui en cours. Sinon, j'irais d'abord me faire la main sur les tables de jeux et j'attendrais le combat suivant. Gray pouvait bien rester muet s'il le voulait, ça m'empêcherait pas de lui faire la conversation. Je me foutais à moitié de sa gueule, certes mais ça m'empêchait pas de le reluquer au passage, la main sur la hanche, mes yeux d'un bleu d'azur nimbés d'une lueur charmeuse.

« Comment ça va sinon, la vie est belle ? Tes zombies vont bien, ils ont la pèche ? T'en as ramené combien ce coup ci ? J'espère que tu les as bien nourri, histoire qu'ils nous fassent voir du beau spectacle. Des commentaires ou des avis sur les participants de ce soir ? Allez, fais moi un topo, mec.»
 

 

_________________
The Jackal comes, blood lust on his lips. He craves the dead, our lives in his grips. He's after our hearts, he'll chew and swallow. Blood pours from his mouth, our lives will soon follow. Death comes to those who wait, He feels this. Eyes wide. We try to run from our past, but the truth we cannot hide.
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MessageSujet: Re: Death, dust, party, repeat. [Mikkel]   Mer 6 Jan - 5:51



« Death, dust, party, repeat. »

Mikkel & Grayson
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Oh, boy. Un simple coup d’œil aux mirettes enfiévrées du vaurien suffit à me persuader que je vais passer une soirée de merde. Il a du fric dans les poches, c’est certain, et il convulse presque à l’idée de le dépenser. Je passe une main aux ongles crasseux sur mon visage et appuie une seconde sur mes paupières, anticipant avec lassitude la suite des événements. Je suis déjà capable d’énumérer avec précision les fatidiques étapes à venir.

J’ai l’habitude, je prends généralement la chose avec philosophie. Men will be men, addicts will be annoying dickheads. Mais ce soir, je suis mort. Plus qu’à l’ordinaire, je veux dire. Je me suis pas nourri depuis deux jours et le manque commence à se faire sentir. C’est une sensation tellement particulière, comme si mes organes internes se racornissaient sur eux-mêmes, un élancement fibreux qui t’écorche l’âme.

Et l’autre qui se tient comme une pile électrique devant moi, débordant d’une énergie dont je crève la dalle. C’est de la provocation à tous les niveaux, voilà ce que c’est. Mais je suis un type professionnel, malgré tout. Moïra n’apprécierait probablement pas que je draine les réguliers avant même qu’ils aient posé un pari. Je caresse le garçon d’un regard explicite, répondant à ses intonations suaves par un sourire grimaçant tout en accrochant les pouces dans mes poches.

C’est un sale petit allumeur et je pige bien que c’est totalement intéressé, mais je m’en balance. Je préfère jouer le jeu et le retenir un peu à l’entrée plutôt que de le voir se ruer tout de suite au guichet des paris, ça retardera le moment où j’aurai inévitablement envie de lui taper dessus pour qu’il cesse d’emmerder les autres clients. Faut juste que je me retienne d’arracher la vie qui déborde par tous ses pores. Il m’assaille de questions, m’obligeant à aligner des mots en retour. Fastidieux. J’étends un bras lent vers ma tanière déjà bien remplie.

— Bière éventée, bourbon tiède et vieilles carcasses. T’espérais quoi. Immuable, l’ambiance au Bones.

Un nouveau grognement conclut ce premier échange. Je marque une pause. Construire plusieurs phrases à la suite n’est pas un exercice qui me vient naturellement. Je suis pas un demeuré, élaborer des réflexions complexes ne me pose aucun problème, mais devoir les énoncer… Ça m’emmerde. Je perds généralement l’intérêt de mes phrases avant de les finir, c’est pour ça que j’ai tendance à négliger la syntaxe pour les condenser.

Il se passe un certain nombre de trucs dans mon crâne, mais je me donne rarement la peine de les partager, l’effort ne vaut pas souvent l’interlocuteur. Pas que je prenne tout le monde pour des cons, c’est juste que je prends pas le temps de vérifier avant, l’intérêt que je porte aux vivants étant dramatiquement limité. Je reprends une inspiration, finalement prêt à articuler de nouveaux propos.

— Les rôdeurs sont pas encore entrés en jeu. On a eu deux métas. Un vaincu, un vainqueur, rien manqué de transcendant. Petites mises.

J’imagine qu’on peut au moins porter à mon crédit mon remarquable esprit de synthèse, mais c’est pas ça qui va m’aider à retarder les élans dépensiers du gamin. Heureusement, il s’en charge très bien tout seul, aussi impatient qu’il puisse paraître. Je vois clair dans son jeu, il tâte le terrain avant de se lancer. Je pourrais effectivement lui dégoter des informations utiles, bien que je reste persuadé qu’il foutra mes bons conseils en l’air dès que la frénésie des paris l’emportera.

En attendant, il me cherche avec ses minauderies et sa face d’ange infernal, et j’ai bien envie de répondre. En deux pas, je franchis la distance règlementaire de son espace vital, l’acculant contre le mur le plus proche en jouant de ma stature, jusqu’à poser un avant bras sur la paroi de briques, près de son visage. On peut être deux à jouer ce petit jeu-là. J’ai l’habitude de repousser les gens par mon apparence négligée et mes manières rustiques, et j’ai dans l’idée que celui-là ne fait pas vraiment exception à la règle.

Il m’agace pour tester son pouvoir, par narcissisme et pour que je l’aie à la bonne, mais il prendra ses jambes à son cou dès que je ferai mine de m’approcher d’un peu trop près. Ça me plaît, dans ce genre d’amusement morbide que je prends à effrayer mon monde. J’ai bien envie de le voir se tasser sur lui-même, se rétracter comme un bernard l’hermite. Les morts, eux, veulent toujours de moi, même s’ils en ont plus après ma chair relativement fraîche que mon charme rudimentaire.

— T’inquiète pour mes zombies… Z’ont tout le mordant qu’tu peux rêver.

Appuyé sur mon bras gauche, j’opère un rapprochement plus prononcé de mon torse vers sa chemise criarde. Les autres clients du Bones peuvent tout à fait nous voir, et je m’en tamponne : en ces lieux, c’est pas une petite déviance illégale de plus qui va les effaroucher. Je prends même un malin plaisir à m’afficher ainsi. Quitte à braver les interdits, autant y aller sans distinction. Et si Moïra descend, eh bien… Elle me verra aussi.

— Si tu m’offrais une clope, ça me délierait sûrement la langue… M’encouragerait à t’en dire plus sur ma marchandise.

Normalement, je suis pas censé tuyauter les parieurs, mais je prendrais bien une pause tabagique de l’autre côté de la porte, ça m’éviterait de penser à la faim qui me momifie les viscères. Et puis avec ce spécimen-là, je suis assuré que le Bones récupérera tôt ou tard le fric qu’il pourrait peut-être y gagner. Au rythme où il le claque, c’est même pas du donnant-donnant.

Nouveau sourire tordu, je heurte son menton du crochet de l’index, entre pichenette et cajolerie, et expulse le spectre d’un rire narquois. Je me recule ensuite pour lui donner de l’air, puis ouvre la porte et m’avance à l’extérieur, sur le seuil, dans la touffeur de la nuit. La façade soutient mes omoplates, je surveille toujours les éventuelles allées et venues.

Son verre peut attendre, ses paris peuvent attendre. S’il me rejoint, il aura l’opportunité de remporter la mise sur le premier affrontement avec l’une de mes créatures. Le frisson de la victoire sera de courte durée, puisqu’il n’aura pas la présence d’esprit d’en rester là, mais qui sait…

Si la nuit commence bien pour le junkie, peut-être que j’arriverai à lui faire entendre raison quand il commencera à déconner. Sinon, retour aux méthodes traditionnelles.
 

 
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MessageSujet: Re: Death, dust, party, repeat. [Mikkel]   Ven 22 Jan - 14:28



« death, dust, party, repeat »

Grayson & Mikkel
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Ma première envie, celle qui me brûlait littéralement de l'intérieur, était de me ruer vers les tables de paris et satisfaire enfin ce manque qui m’enfiévrait depuis le matin. Et pourtant, je ne le faisais pas. Pas tout de suite, non. Dans un sens, je jouais avec mon envie avec un certain masochisme, repoussant le moment tant attendu minute après minute, mon corps entier vibrant d'excitation. Mais je savais que le plaisir n'en serait que plus démentiel et je savourais d'avance l'instant où je pourrais m'adonner à cœur joie à ma passion.

Asticoter Gray faisait également partie du jeu, j'adorais ça et puis surtout, j'étais persuadé de réussir à lui soutirer des informations utiles en le poussant un peu. Ainsi, je soutenais son regard, me redressant presque inconsciemment lorsque je sentis la caresse de ses yeux sur moi. Mes pecs et le début de mes abdos bien dessinés étant visibles entre les pans de ma chemise trop ouverte. Sa façon de me décrire l'ambiance ne fit qu'accentuer légèrement mon sourire enjôleur aux dents d'une blancheur éclatante. Tout autant que la lueur extatique qui brillait dans mes yeux.

« Oh arrête ! Le bourbon n'est pas si tiède que ça ! Tu peux faire mieux Gray, faut que t'apprennes à vanter les mérites de l'établissement avec un peu plus d'enthousiasme.»


Peut-être bien que ma vision des choses étaient subjective, un peu comme si j'endossais des lunettes spéciales dès que je pénétrais par ici, des verres magiques qui me faisaient voir l'endroit comme un véritable petit paradis où tout clignotait de mille feux, avec de grands néons écarlates, des lettres lumineuses formant les mots : bienvenue Mikkel ! Ce ne serait sûrement pas le ton laconique de ce vieux bougre qui me démotiverait. Je secouai un peu la tête, retrouvant un visage un peu plus sérieux, mes lèvres fines fermées dans un mince sourire tandis que je posai un regard ingénu sur lui, roulant des épaules à la manière d'un chat.

« De toute façon, je préfère la vodka. Tu sais, chez nous en Russie, on la boit glacée et on ne rigole pas la dessus. On en garde toujours au frais, exprès pour moi, j'ai mes petites habitudes ici. Je t'apprendrai comment boire et savourer, tu verras.»

Même si je n'avais jamais mis les pieds dans mon pays d'origine, je ne ratais pas une occasion d'y faire mention, dans presque toutes mes conversations. Cela dit, mon verre pouvait bien attendre car pour l'instant, je n'avais d'yeux que pour l'ours mal léché que j'avais en face de moi et qui me grognait quelques réponses. Je sentais bien que ça le faisait chier de me parler mais ça ne me donnait que l'envie de poursuivre tant et plus. J'inclinai doucement la tête, satisfait de ne rien avoir manqué de trop important. Mon regard se promena sur la stature de Gray, revenant se planter dans ses yeux avant de le voir se mettre en branle. Un frisson me parcouru alors qu'il venait vers moi et je reculai par réflexe, mes muscles se raidissant un peu malgré moi alors que sa large carrure me poussait contre un mur. C'était comme si j'étais pris au piège, acculé par un espèce de gros animal dangereux, puant le zombie. Il y avait quelque chose de sinistre qui se dégageait de son aura, de flippant même. Tandis que mon dos rencontrait la paroi de la salle, je laissai intentionnellement échapper un soupir, perceptible de lui seul, le genre de soupir qu'on offre à un amant, en pleine transe.

« Hmmm tu me vends du rêve... »

Ma voix roula jusqu'à lui, comme celle d'un mec au comble de l'excitation. C'était le cas dans un sens mais j'aimais énormément théâtraliser les choses. C'était vrai qu'il était crade ce mec et j'aurai pu éprouver un certain dégoût en le voyant se coller à moi, avec sa sale gueule mal rasée, ses cheveux sales, sa voix rocailleuse. Mais il en fallait plus que ça pour me rebuter, j'étais pas du genre farouche, loin de là. Et puis en plus, il y avait un truc dans sa dégaine de gros dur qui m'attirait, je pouvais pas le nier... Laquelle ? Appelons ça la pulsion de mort. Alors ouais, même si j'étais pas sûr de savoir jusqu'où j'avais envie d'aller avec ce mec, j'adorais flirter avec lui, même si c'était foutrement malsain et peut-être même, à cause de ça. Et encore plus si ça me permettait de gagner grâce à ses conseils avisés. Alors, même s'il me foutait un peu la trouille, je cédai sans réfléchir à mon impulsivité naturelle. Mon bassin s'avança vers lui pour coller mes hanches aux siennes, dans une légère impulsion, presque obscène. J'étais capable de me vautrer dans le danger la tête la première, plongeant avec une impulsivité suicidaire dans la crasse et la luxure, comme pour un défi envers moi-même. Gray croyait que j'allais être découragé par ses manières ? Il pensait que j'allais me cacher dans ma coquille, comme un pauvre couillon qui n'assumait pas son irrésistible charme ? C'était mal me connaître. A son geste sur mon menton, je me léchai les lèvres, me contentant de soutenir son regard avec une certaine effronterie.

« Pourquoi pas, ouais... »

Je le regardai se reculer avant de me détacher du mur d'un pas, mon regard balayant une dernière fois la salle avec une vague hésitation. Les parieurs allaient et venaient au grès des tables. Beaucoup d'hommes mais assez bien de femmes malgré tout. Des personnages de tous les âges, de tous les styles, de toutes origines, qui formaient un ensemble contrasté, disparate, hétéroclite, un véritable patchwork de cultures. Certains regardaient dans notre direction mais ils revinrent assez vite à leurs affaires sans réellement se soucier de nous. Je soupirai un peu. Quitter la salle était un truc extrêmement dur pour moi mais je me raisonnai rapidement. La proposition de Gray était super intéressante et j'avais tout à gagner à discuter un peu avec lui avant de parier. De toute façon, les combats de zombies n'avaient pas encore commencé donc je pouvais bien patienter encore un peu. J'enfonçai mes mains dans mes poches, l'allure désinvolte, avant de le suivre dehors avec moins d'une minute de retard.

Une fois dans la rue, le vent chaud me frôla et je n'eus qu'à tourner la tête pour apercevoir le mec, adossé à la façade. Mes lèvres s'étirèrent légèrement en le voyant. J'avais logé mon paquet de clopes dans la poche de ma chemise et ce fut d'un geste souple que je l'en dénichai, avant de m'avancer vers lui d'une démarche féline, posant ma hanche contre le mur, le corps tourné dans sa direction.

« T'es sûr que la clope te délierait la langue ? J'avoue que t'as encore des efforts à faire pour te la muscler. Mais s'tu veux, je connais des exercices pas mal pour ça… et je suis un prof très doué. »

La modestie ne m'avait jamais étouffé, certes, mais il n'y avait pas de raison. J'esquissai un léger clin d’œil à son intention en lui tendant le paquet pour qu'il se serve, sans prendre le risque de le toucher. Pas que j'en manquais d'envie. Il m'avait provoqué tout à l'heure et sur le coup, j'avais pas vraiment pu lui rendre la monnaie de sa pièce. Mais ici, on était à l'extérieur, à la vue des badauds de tous poils, avec tout le danger que ça représentait à cause de la prohibition et des interdits dictés par ce foutu gouvernement en place. Une certaine frustration m'envahissait à l'idée que je n'avais pas la possibilité de faire certaines choses. Cela n'aiguisait que d'autant plus mon envie de les commettre, par esprit de contradiction peut-être, mais ça me saoulait énormément. D'un autre coté, peut-être bien que l'interdit ne faisait qu'accentuer également cette excitation pernicieuse qui se mêlait à ma frénésie, cette humeur exaltée dans laquelle je me trouvais.

Je m'allumai une cigarette, empochant aussitôt mon briquet avant de me placer face à lui. J'avais une meilleure façon d'allumer la sienne. Et d'allumer d'autres trucs en même temps, pourquoi pas. Les extrémités se touchèrent et une lueur rougeâtre les embrasa. Je restai un moment comme ça avant de reculer d'un pas avec prudence, tournant la tête pour vérifier que personne ne nous regardait. J'expirai ma fumée de coté avant de revenir planter mon regard dans le sien, bien décidé à compenser le mutisme de Gray par la fluidité de mon bavardage. Tout comme je compenserais l'impossibilité de le toucher par le libertinage de mes murmures.

« J'ai pas encore bu un seul verre d'alcool et le sang dans mes veines est encore pur, sans aucune trace de drogue. » Pourtant, les picotements d'impatience qui me parcouraient le corps étaient semblables à un début d'ivresse, simplement due à ma présence en face du Bones. « T'sais que ça durera pas. Parce que ce soir, j'vais tellement me foutre du fric plein les poches que je compte bien fêter ça jusqu'au bout de la nuit. Et à ce moment là... peut-être bien que tu pourras me tenir compagnie, qui sait… J'suis sûr qu'on s'amuserait énormément. » Je lui offris un sourire en coin sur cette promesse tentatrice avant d'aller retrouver ma place à ses cotés, la hanche appuyée contre la façade, une main en poche, l'autre manipulant ma clope avec une grâce aguicheuse. « Okay… dis moi, Gray. Ils ressembleront à quoi les zombies de ce soir ? C'toi qui les a capturé, tu dois les connaître sur le bout de tes ongles... » Je baissai le regard vers la main qui tenait sa cigarette. « ...qui sont en deuil comme je vois, ça dit tout. C'est plutôt de bon augure hein ? Je vois ça comme de la chance. Tu sais que les parieurs sont très superstitieux. »

 

 

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MessageSujet: Re: Death, dust, party, repeat. [Mikkel]   Ven 26 Fév - 18:15



« Death, dust, party, repeat. »

Mikkel & Grayson
featuring

Marrant comme le jeu est souvent plus plaisant que son aboutissement. Dans le cas qui nous préoccupe, ce flirt inconséquent. Nous avons tous deux en tête l’idée qu’il s’agit d’un outil pour parvenir à des fins divergentes. Pour lui, m’extorquer quelque moyen de se faire une liasse de fric, qu’il relâchera immédiatement dans la nature. Pour moi, retarder l’inévitable issue des élans sus-mentionnés. En y regardant de plus près, la fin ne justifie absolument rien, et certainement pas le procédé.

Non, c’est une simple excuse à prolonger une partie entamée des semaines plus tôt, sur un regard, de ceux que le voyou accorde sans y penser. Mais j’y ai été assez sensible pour y répondre, probablement parce que j’attire plus facilement les œillades dégoûtées que séductrices. Je sais que je le cherche, que mon apparence est un moyen de rester concentré sur ce qui m’intéresse vraiment, mais ce changement, joué dans la fraction de seconde d’un croisement d’optiques, n’en restait pas moins agréable. Alors je l’ai prolongé, plissant les paupières dans une caresse visuelle, étirant l’ombre d’un rictus équivoque.

Et aujourd’hui, voilà où nous en sommes : la partie n’a pas avancé d’un pouce, et c’est parfait ainsi. Quelle satisfaction y aurait-il réellement à la conclure ? Un bref contentement suivi d’une vague de malaise et d’un voile de regrets. Mon interlocuteur l’a sans doute compris instantanément. Après tout, le jeu est sa vie… Je n’oppose qu’un grondement patibulaire à ses premiers babillages, qui n’appellent pas vraiment de réponse. La seule véritable conversation ici est non-verbale, elle se glisse dans sa posture et son sourire, dans ma façon de passer une main paresseuse dans mes cheveux.

Ses mots finissent toutefois par m’arracher à cette communication muette et universelle, le temps de rouler ostensiblement des yeux. Le voilà reparti sur son pays fantasmé, dont il n’a certainement jamais été plus proche qu’au fond de la bouteille de vodka qu’il se plaît à évoquer. Ce mec, il est aussi américain que moi, en dépit de ses origines bien réelles. Mais on se raccroche à ce qu’on peut, pour se sentir appartenir. Je vais pas essayer de lui enlever ça, si ça lui fait plaisir. En revanche…

— Tu crois vraiment pouvoir m’apprendre des trucs, gamin ?

Ouais, c’est facile de le rabaisser à son âge, mais il commence déjà un peu à écorner ma patience, avec ses manières de roi de la basse-cour. Ici le boss, c’est moi. Enfin, techniquement, c’est Moïra, mais en son absence… En tout cas, je suis dans mon royaume, mon domaine, et j’entends bien le rappeler au freluquet, tout appétissant soit-il. Et bon sang qu’est-ce qu’il peut l’être, dans tous les sens du terme. Ma petite démonstration de puissance ne provoque même pas l’effet escompté – à savoir, l’intimider –, à en juger par le soupir lascif qu’il me renvoie. J’ai bien cru déceler un léger vacillement dans son regard, mais je suis peut-être le plus troublé de nous deux. Surpris, dirons-nous.

Quoi qu’il en soit, je n’en montre rien. Jusqu’à ce qu’il réplique avec le reste de son corps, escaladant de quelques degrés dans la provocation amorcée. Je l’ai peut-être mal jugé. Il est aussi téméraire et irresponsable à ce jeu-là que dans ses paris. J’aurais dû m’en douter, tiens… Bien malgré moi, je ne peux empêcher une brève hésitation de se marquer dans mon attitude. Pas qu’il m’effarouche, mais je ne m’attendais pas à autre chose qu’une rétractation de sa part. Le temps de reprendre mes esprits, j’exerce en retour une légère pression, chassant d’un roulement d’épaules le léger frisson de désir qui me parcourt, mêlé à la soif d’énergie que ce contact attise. Mikkel pousse la défiance dans un dernier regard qui me donne envie de l’épingler réellement à ce foutu mur pour lui donner une leçon. Je lutte un instant avec cette pulsion avant de reprendre mes distances.

L’air brûlant de la nuit n’aide pas vraiment à me rafraîchir les idées, et j’en viens presque à espérer que le junkie ne m’ait pas suivi. Qu’il aille le claquer, son fric. Je m’en fous, et à ce stade je me ferais un plaisir de le jeter dehors, tout compte fait. Mais je capte bientôt sa présence au coin de mon champ de vision et fais mine de l’ignorer jusqu’à ce que l’exercice s’avère impossible, puisqu’il se pose finalement à quelques centimètres de mon épaule.

Il reprend presque aussitôt la parole, avec sa désinvolture coutumière. Le grondement bas d’un rire franchit mes lèvres tandis que je laisse mes yeux glisser sur sa silhouette de chat. Je pivote à mon tour dans sa direction et joue à nouveau de ma stature pour le dominer du regard, contractant négligemment mes muscles en repoussant ma carcasse à un pas du mur. Une nuance de défi teinte mon sourire alors que je fais glisser une cigarette hors du paquet qu’il me tend et la coince entre mes lèvres.

— Ouais ? Tu s’rais à bout de souffle avant qu’j’aie fini de m’échauffer.

Mais le type s’en fout royalement. Il me tourne autour comme une mouche à miel, et je suis obligé de suivre ses rotations si je veux pas perdre le fil. Il semble parfaitement dans son élément, de sa démarche sensuelle jusqu’à ses sous-entendus sur-entendus, et ça me collerait presque le tournis. Peut-être bien que je suis un peu rouillé, et peut-être bien que je commence déjà à me faire vieux, mais c’est surtout que nos styles sont différents. Lui, c’est un papillon : vif, coloré, vaporeux, le genre de créature qu’on admire et qu’on envie, si seulement il risquait pas autant de se brûler les ailes. Et moi, je suis… autre chose. Une bestiole lente et brune, mais obstinée. Un bousier, pour rester dans les insectes.

Je demeure donc immobile tandis qu’il rapproche dangereusement l’extrémité incandescente de sa cigarette. Je comprends ce qu’il s’apprête à faire avant que la mienne ne s’embrase, mais ça n’enlève rien à la tension que ce geste impose. Encore une fois, sa proximité est doublement tentante et j’ignore si je suis capable, ou même si j’ai envie d’y résister. Il brûle dans ses iris une flamme que je voudrais dévorer, et dans les miens un appétit insatiable qu’il ne peut manquer.

Si je me laissais aller… J’enverrais valser la clope qui pointe insolemment au bout de son bec et je m’emparerais de sa bouche. Pas simplement pour l’embrasser, non, bien que cette perspective ne gâche rien, mais pour soutirer à ses lèvres le combustible qui le consume. Mais la ruelle est encore trop éclairée, les passants trop nombreux à croiser ses langues d’ombres. Peut-être qu’en l’entraînant dans un recoin… Non, je l’ai pas fait sortir pour ça. Pas consciemment, du moins. En désespoir de cause, j’inspire longuement les vapeurs du tabac, comme si je cherchais à aspirer son souffle vital à travers le filtre de nos clopes jointes.

Son coup d’œil prudent alentour sonne comme un signal. Ouais, on pourrait facilement se faire repérer, dénoncer, enfermer. Mais je ne parviens pas à m’en inquiéter réellement. Les deux brasiers se séparent, son visage m’est un instant obscurci par une volute de fumée, mais il ne lâche rien, avec son insouciance lépidoptère. Et surtout, il semble vraiment incapable de la fermer plus de deux minutes. Je l’écoute d’une oreille distraite, encore tourmenté par l’idée de le coincer quelque part.

Pas d’alcool ni de drogue dans ses veines… Et quoi, il veut une médaille, peut-être ? Un cookie ? La suite a plus de sens. Bien sûr que non, ça durera pas. Et c’est certainement pas à ce moment là qu’on s’amusera. Mais ai-je envie d’argumenter avec lui sur ce sujet ? Pas vraiment. Je secoue la tête dans un grognement plus que sceptique, sans toutefois le quitter d’un regard ardent.

— Tu crois réellement un mot de ce que tu viens de dire, là ?

Question rhétorique. J’attends pas sa réponse, et il a déjà enchaîné, minaudant comme un foutu diable. Un soupir m’échappe, exprimant les quelques émotions qui se battent en duel dans mon corps. L’envie insidieuse d’envoyer chier les éventuels témoins et de prendre possession de cet insupportable aguicheur, là, tout de suite, contre cette façade décrépie. Celle, tout aussi séduisante, de lui arracher de grands lambeaux de vie pour les faire miens. Voire, pourquoi pas, les deux en même temps.

D’autre part, la certitude que tout cela n’est que fantasme et ferait mieux de le rester, pour sa santé comme pour mon degré de professionnalisme et le bien de nos interactions futures. Il ramène finalement la conversation sur un terrain plus sûr. C’est bien pour ça que je l’ai entraîné ici, non… Tirant brièvement sur ma clope, je me redresse inconsciemment et m’anime à la mention de mon sujet de prédilection, ne relevant qu’à peine son dernier persiflage.

— Stupides, c’est le terme que tu cherchais…

Je souffle lentement la fumée en ramenant un pied contre le mur, le visage orienté vers son désirable minois, à mon aise dans cette conversation.

— Bien sûr que j’les connais. Alors écoute bien. Seul truc que j’dirais… Le premier rôdeur, impressionnant. Il en met plein les yeux, mais c’est un leurre. Grosses faiblesses, et le champion en face les repèrera vite. Parie sur le vivant.

Cet effort d’élocution se conclut sur un léger hochement de tête satisfait. C’est sans aucun doute le dernier combat de ce zombie, une brave créature qui a duré près d’un mois, au rythme d’un duel par semaine, et a tué trois de ses adversaires. Le premier s’est fait bouffer les entrailles dès le premier round, c’était pas beau à voir. Mais le rôdeur a aussi été abîmé dans le processus et sa carrière touche à sa fin…

C’est toujours un peu triste, de voir une bonne bête retourner à la Mort dont elle s’était péniblement relevée. Mais c’est… Eh bien, la vie. Et si son ultime acte peut apporter un peu de joie en cash à l’effronté qui me flanque, sa non-vie aura peut-être eu un sens. Sans crier gare, ces réflexions douces amères font naître une idée dans ma caboche tordue. Adressant à Mikkel un regard perçant, je lui déroule ma proposition assortie d’un sourire presque engageant.

— Ça te dit de les voir ? Tu louperas rien, c’est moi qui les amène aux cages, de toute façon.

Sur une dernière taffe, mon mégot rejoint le sol et disparaît sous la pointe de ma chaussure. Je plonge ensuite la main dans ma poche et en ressors un trousseau de clés, indiquant du menton une porte de métal terne, un peu plus loin dans la ruelle. C’est une entrée de service qui donne sur des escaliers étroits menant directement à mes sous-sols. Je m’en sers pour descendre discrètement le produit de mes chasses.

La porte grince sur ses gonds et ouvre sur un puits de ténèbres. J'allume une ampoule nue et l'invite d'un geste du bras à me suivre à nouveau dans ces profondeurs.

Ce que je lui offre là, c’est une plongée inédite dans les coulisses du Bones, un aperçu des sombres étendues de mon royaume. Plus inavouable, c’est sûrement un moyen d’étirer encore un peu ce prélude. Et peut-être… Peut-être. De l’isoler au passage dans mon domaine. Une pensée brillante que je n’effleure que du bout de l’esprit.

 

 


Dernière édition par Grayson Hawk le Mar 22 Mar - 20:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Death, dust, party, repeat. [Mikkel]   Mar 22 Mar - 20:21



« death, dust, party, repeat »

Grayson & Mikkel
featuring

En cet instant, je n'avais nul besoin de feindre la totale assurance qui irradiait hors de moi comme un flux d'énergie scintillant. Il y avait des jours comme ça où je m'aimais énormément, tout autant que j'adorais la vie en général, au point d'être prêt à composer une ode à ma joie intérieure. La nuit débutait à peine et avec elle, les mille perspectives d'aventures palpitantes qu'elle me promettait. Alors oui, je ne doutais pas une seule seconde d'apprendre à ce vieux baroudeur à lever le coude avec panache, à la manière slave, sans perdre une seule goutte de ce divin nectar. Rien que l'idée de le voir rouler sous la table m'inspirait un sourire narquois qui faisait déjà frémir mes lèvres. Des pensées diverses traversaient mon crâne mais je ne m'arrêtais réellement sur aucune d'entre elles, savourant simplement le plaisir de l'instant présent, me laissant aller à l'improvisation totale, comme je le faisais la plupart du temps. Je soutenais le regard de Gray avec délice, appréciant sans m'en cacher le désir puissant que je lisais au fond de ses yeux si minces. Il m'offrait ce genre de regard sans équivoque de ceux qui apprécient la marchandise et s'interrogent sur le goût qu'elle pourrait avoir. Sa répartie aiguisa mon sourire, l'assortissant d'un claquement de langue mutin.

« Faut jamais balancer ce genre d'argument à un parieur tu sais… je risque de vouloir te défier si tu continues. »

Le videur ne disait jamais grand-chose mais chacune de ses paroles en étaient d'autant plus lourde de sens. Loin de repousser les perches grivoises que je lui tendais, il les saisissait  dans un mélange de cynisme et d'indécence tout à fait plaisant. Et bien évidemment, cela me poussait d'autant plus à en rajouter une nouvelle couche. Délicieuse tentation que la surenchère. Je devais pourtant le savoir au fond de moi, un de ces jours je finirai au trou, à force d'insouciance. A force de trop compter sur ma bonne étoile. A force de refuser de me brider, par défi, par orgueil, par rébellion. Lorsque le gouvernement avait imposé ces nouvelles mesures de répression, les membres de ma famille m'avaient arraché la promesse d'être prudent et de ne pas afficher ouvertement mon attirance exclusive pour les mâles. Je la leur avait offerte pour avoir la paix, sans accepter une seule seconde de m'inquiéter pour ça. Alors ce soir, je draguais ce mec parce que j'en avais envie, point barre. Et j'appréciais son regard qui coulait sur moi en réponse à mon attitude tandis que je soufflais doucement la fumée de coté.

« J'dis ce que j'pense et j'pense ce que j'dis. La vérité. »

Formule toute faite que je lâchais sereinement, le narguant par un haussement de sourcil faussement réprobateur. J'avais la sensation qu'il m'auscultait ou qu'il tentait de mesurer la teneur de sincérité dans mes propos avant de se résoudre à m'offrir plus de deux syllabes. Avare de paroles qu'il était. Moi, j'étais sûr de ce que j'avançais, du moins sur le moment même. Bien-sûr qu'on pourrait s'amuser, pourquoi il en doutait ? Et je serai encore plus décidé à faire la fête pour célébrer mes gains. Un sourire angélique errant sur mes lèvres, je l'observais se décider à me répondre, fermant mon clapet pour l'occasion. Je l'écoutais bien, c'était le moins qu'on puisse dire. Je buvais même ses paroles, les yeux brillants, tirant sur ma clope avec un enthousiasme non feint. Lorsqu'il enchaîna, j'eus de la peine à me persuader d'avoir bien entendu. « Sans déc ? Oh… » Mon regard moqueur le suivit alors qu'il extrayait un sésame de sa poche et me désignait la porte d'une cave. Je fronçai légèrement les sourcils, dans un mélange de curiosité et de vague méfiance. Le maraudeur était donc bel et bien sérieux. Je le suivis d'un pas plus hésitant, à quelques mètres de là, et jetai un regard suspicieux vers les ténèbres qu'il dévoilait. La lampe faiblarde grésilla légèrement avant d'éclairer des escaliers inégaux qui s'enfonçaient vers les secrets du Bones.« Ben écoute ouais, tu m'as donné l'eau à la bouche avec tes descriptions et j'suis sûr que tes zombies valent le coup d’œil mais... »

Mes lèvres se plissèrent dans une légère moue, tandis que je le laissais prendre les devants, lui lançant un regard indécis. Il y avait toujours cette petite voix intérieure - celle de la raison plus que probablement - qui m'ordonnait de ne pas suivre les mecs chelous dans les coins sombres, le genre de mecs qui me reluquaient d'un air vicelard par exemple (que je l'ai mérité ou non). Et encore moins ceux qui puaient le zombie. Je n'étais pas complètement naïf et je n'imaginais pas que ce mec avait décidé de me faire visiter son domaine et de m'en livrer les secrets par simple hospitalité désintéressée. Alors il me fallait décider si le jeu en valait la chandelle et si j'étais prêt à offrir une compensation quelconque à mon guide, aussi flippant soit-il. Moins de cinq secondes me furent nécessaires avant de m’engouffrer à sa suite dans le couloir, d'un pas aussi allègre que possible. Mikkel n'écoutait que rarement la voix de la raison. Pour ma défense, il me paraissait juste de penser que le fait d'avoir les zombies en face de moi pourrait m'éclairer davantage sur les meilleurs paris à choisir. C'était une aubaine à ne pas manquer en vérité, dans un cas pareil, toute info était bonne à prendre. D'un autre coté, je n'étais pas fana de zombies et la perspective d'en avoir un en face de moi ne m'enthousiasmait pas spécialement. Qui l'aurait été, entre nous ? Je m'éclaircis la gorge, chassant cette sensation de léger malaise qui me taraudait.

« Dis moi, tu fais voir ça à tous les parieurs ou c'est juste parce que j'suis ton préféré ? Si c'est le cas, j'en suis extrêmement flatté, c'est pas tous les jours que j'ai droit à un cours sur les zombies de la part d'un spécialiste. T'as l’œil hein pour repérer les vrais champions. Un œil de lynx… c'est plutôt sexy d'ailleurs, ces yeux là, j'te le dis. Ouais, c'est le regard du chasseur auquel personne ne résiste. Surtout qu'il paraît que t'as du souffle hein… T'es carrément irrésistible avec des promesses pareilles. Mais tu le sais mieux que moi, non ? »

Durant mon petit monologue, nous avions descendu la série de marches qui menaient au sous-sol et plus précisément dans une large salle, basse de plafond et assez sombre. Je ne pouvais pas concevoir le plaisir ressenti face à un corps en décomposition qui puait la rage. Sans compter que leur odeur de décomposition était encore plus écœurante à l'intérieur d'une cave mal aérée. Un drôle de gars ce Gray. Cela étant dit, je ne pouvais nier que la curiosité me tenaillait et suintait même de tous mes pores. Je suivis mon hôte qui avait pris soin d'éclairer les lieux et de me permettre ainsi d'apercevoir des cages de fer qui se succédaient dans le fond de la salle et qui jouxtaient une table d'opération, assez rudimentaire. Nous étions à peine rentrés que des formes décharnées se mouvèrent d'un même élan, se redressant des zones d'ombres où elles étaient tapies. Un concert de grognements gutturaux, aussi lugubres qu'inhumains, nous accueillit et je laissai échapper une exclamation de dégoût. Je ne détournais pourtant pas mon regard de ce que je voyais pour autant. Des morts-vivants à moitié nus qui se tordaient, s'accrochant aux barreaux en nous voyant, leurs gueules béantes dévoilant leurs mâchoires parfois impressionnantes. « Putain… attend laisse moi deviner qui est le rôdeur dont tu me parlais… Un gros hein ? Le genre de zombie sur lequel tout le monde va miser. »

Retenant mon souffle, je m'approchai des cages, les observant avec attention, tout en restant à bonne distance. En effet, certains passaient déjà leurs membres blêmes entre les barreaux, prêts à refermer leurs griffes sur une proie à leur portée. Le monstre qui émettait les grondements les plus impressionnants se trouvait dans la dernière cage. On l'y avait enfermé seul, alors que tous les autres étaient en groupes d'au moins trois individus par cellules. Il s'agissait d'un spécimen particulièrement grand avec une tête énorme et de larges mains, encore toutes pourvues de doigts solides. Ce n'était pas le cas de tous les zombies présents. Ce gaillard là avait sûrement dû être un athlète lorsqu'il était vivant parce qu'il possédait une carrure large et solide. Par contre, ses vêtements en lambeaux laissaient apercevoir ses viscères pourries qui pendaient hors de sa carcasse et d'où suintaient un mélange de sang et de pus. On apercevait également ses parties génitales moribondes, bleuies par la mort, qui pendouillaient entre ses cuisses. Je ne pu faire autrement qu'être troublé par ce spectacle aussi morbide que choquant. L'idée que Grayson se rinçait l’œil tous les jours sur ce genre de scène m'infligea un frisson glacé et je lui lançai un regard oblique. « Celui-là ? Tu m'étonnes qu'il soit impressionnant, vu la taille de ses... » Je me penchai légèrement pour apercevoir ses jambes qui, délestées par endroit de leur chair, laissaient voir des os d'une blancheur sordide. « Ils ont tous l'air assez… vifs. Si on peut dire. On dirait que notre présence les excite hein ? Tu leur donnes à bouffer avant les combats ? J'imagine qu'ils sont encore plus nerveux quand ils ont faim... »

En tous cas, à voir la façon dont ils se trémoussaient pour essayer de m'attraper, ils avaient l'air fameusement affamés, tous autant qu'ils étaient. Passé les premiers instants où je m'étais laissé impressionner par leurs sales gueules et leur odeurs infâmes, la solidité des barreaux me rassurait. Un sourire revint éclore à nouveau sur mes lèvres tandis que j'allais et venais devant les cages, prenant plaisir à voir ces maudites créatures gesticuler et s'écraser les unes les autres, en pure perte. « Ce que ça peut être con un zombie... » Lassé de jouer, je me détournai, me désintéressant des cages pour un moment afin d'inspecter le reste de la salle. S'y trouvait également un bureau, passablement poussiéreux et encombré de bric et de broc, qui attira mon attention. Je m'y dirigeai avec contentement, dans l'espoir d'y quérir de nouvelles informations juteuses, mises à mon entière disposition par la providence. La gêne ne m'avait jamais étouffé. Que dirait Gray si je farfouillais dans ses affaires ? J'y pensais pas trop, comme d'habitude, je me lançais au feeling. Parvenu devant le meuble, je cherchai à en ouvrir les tiroirs en reprenant à l'intention de mon guide, d'un ton toujours curieux. « Qui c'est le champion de ce soir ? Parle-moi un peu de lui, c'est un ancien ? » J'avais encore des tas de questions qui se formaient dans mon crâne mais je m'interrompis, le temps de forcer ce fichu tiroir qui me résistait honteusement.

 

 

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MessageSujet: Re: Death, dust, party, repeat. [Mikkel]   Lun 16 Mai - 5:27



« Death, dust, party, repeat. »

Mikkel & Grayson
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Il fait sombre, là en bas. Dans mon univers. Le halo vacillant de l’ampoule des escaliers ne peut rien contre ces ténèbres. Celui de l’unique néon fixé au plafond parvient tout juste à les percer. Les deux autres tubes se sont éteints depuis longtemps, et je n’ai jamais songé à les remplacer. Je n’en ai pas besoin. Je suis à peu près sûr que Mikkel non plus. Quelque chose dans son odeur, une essence caractéristique de certains combattants. Ceux du début de soirée, à poils, à plumes ou à écailles.

Je ne l’avais jamais remarqué jusqu’ici, peut-être parce que je ne l’avais pas approché d’aussi près, que je n’y avais pas prêté attention, ou que mes entraînements n’avaient pas encore suffisamment affûté mes sens. Mais ce soir, j’en suis presque certain : il n’est pas humain. Cela fait-il une différence ? Il ne m’avait jamais non plus paru aussi appétissant qu’aujourd’hui, aussi chargé de cette énergie électrique, enivrante. Même le dos tourné, je l’ai ressentie, cette radiation enroulée autour de ses mots, alors qu’il me suivait sans embarras vers les profondeurs.

Il babillait, comme à son habitude, meublant le silence rendu palpable par l’obscurité resserrée autour de nous. Et j’ai souri dans l’ombre. Parce qu’il avait enfin paru déstabilisé quand je lui avais proposé de me suivre, parce qu’il l’avait fait quand même, malgré l’hésitation manifeste qui s’était peinte sur son visage. Il n’avait pas totalement confiance. Je lui faisais probablement un peu peur. C’était la première fois qu’il le montrait et ça me plaisait. J’ai souri aussi parce que malgré cela, il ne se départait pas de son insolence séductrice.

Si j’emmenais tous les parieurs du Bones dans mon antre ? Certainement pas, ce serait le bordel. Mais l’idée d’avoir un client préféré était tout aussi ridicule. J’étais juste le videur. Je laissais entrer les consommateurs, mais je les faisais surtout sortir. Je l’avais vigoureusement raccompagné vers la porte plus souvent que tout autre client, voilà ce qui différenciait Mikkel. Pour cette raison, il m’agaçait tout autant qu’il était devenu une figure familière de mon monde.

J’aurais pu continuer de prétendre que je ne cherchais qu’à retarder l’inévitable dégénérescence de la soirée, mais ce n’était plus vrai depuis un moment. J’étais bien sûr tenté par la rare possibilité de présenter mes rôdeurs à un interlocuteur qui semblait intéressé par le sujet, quand bien même il se préoccupait surtout de l’issue des paris… Toutefois, dans l’intervalle de cette courte descente vers ma caverne, l’idée caressée plus tôt d’y isoler ma jolie proie a semblé se renforcer. Je n’ai pas répondu à sa première question, ni à ses flatteries aguicheuses, me contentant de lui adresser un sourire pernicieux par dessus mon épaule. Tu perds rien pour attendre.

Nous sommes maintenant au cœur de ma tanière, et le bruissement de mes pensionnaires recapture toute mon attention. Je les balaye d’un regard presque tendre, seulement interrompu par l’exclamation de mon invité. Mon visage se crispe légèrement. Je sais qu’ils impressionnent, je sais qu’ils révulsent, je sais que l’on me considère un peu dégénéré pour l’intérêt que je leur porte. Je sais tout cela, mais je ne peux m’empêcher de me sentir légèrement vexé par cette réaction. Je lui fais l’honneur de cette incursion inédite, et il se permet de nous manquer de respect. Rapidement, toutefois, je prends conscience de l’absurdité de cet accès d’humeur, qui s’évanouit aussi vite qu’il était apparu. C’est la faim. Je me cherche des excuses pour le piller… Hogan affirme qu’avec le temps et l’entraînement, on parvient à atténuer cette sensation. À ne plus être perpétuellement dévoré par ce besoin boulimique. Mais j’ai encore du chemin à parcourir.

Mes yeux reviennent effleurer la silhouette de Mikkel, qui s’emploie désormais à examiner mes champions. Il est leur total opposé, trop vivant pour ce monde, trop éclatant pour cette obscurité rampante, trop vif pour les bras grêles qui se tendent vers lui. Les rôdeurs aussi l’ont senti, son passage provoque chez eux une frénésie que ma présence ne leur inspire jamais. À en ronger le grillage. Je le suivais d’un pas plus lent, en silence, scrutant ses réactions d’un regard perçant, alternant entre ses contours fins et les lignes plus floues de mes protégés. Il s’immobilise finalement devant la cage du Hulk, comme je l’ai surnommé le temps de sa double-non-vie, et je m’arrête également quelques pas en retrait.

Le regard qu’il me lance provoque un tressaillement agréable. Encore une fois, j’apprécie le doute polaire qui s’infiltre dans sa contenance. J’ai l’impression de le tenir à ma merci, une sensation grisante. Ses questions me tirent enfin du mutisme dans lequel j’étais enfermé. Un ricanement lugubre me sert d’introduction, en réponse à ses suppositions anatomiques. Je réponds de bon cœur à ses questions, aussitôt animé par le sujet, tout en me rapprochant insensiblement.

— Y aurait pas de spectacle si ils étaient mous. Non, c’est toi. Qui excite tout le monde. Z’ont pas l’habitude de voir des types comme toi, en dehors de la fosse. Aussi vivants. Mais j’les affame un peu, ouais. Plus combatifs quand ils crèvent la dalle.

Je vais pas commencer à lui expliquer tout le processus, mais c’est un équilibre précaire : par définition, les zombies ne peuvent pas mourir de faim, je n’aurais donc pas besoin de les nourrir du tout, en théorie. Mais attiser leur appétit de temps en temps, avec de petites proies dévorées en une bouchée, permet de les maintenir toujours en éveil, sur le qui vive. Le jeune russe semble d’ailleurs avoir parfaitement intégré le concept de frustration, à le voir prendre un malin plaisir à agacer mes rôdeurs. Je suis ses simagrées d’un regard imperturbable, équitablement partagé entre fascination et irritation. Fascination pour son aisance presque gracieuse et l’énergie fulgurante dont il charge la pièce. Irritation pour sa témérité et son orgueil.

Sortant de ma contemplation dans un grognement pesant, je me rapproche de la cage du Hulk et le considère un moment d’un œil respectueux. Avec son teint de plus en plus verdâtre, il fait vraiment honneur à son sobriquet. Je suppose que je devrais parler. Lui faire visiter les lieux, lui présenter chaque zombie, expliquer les subtilités de mon boulot… Dommage que ce soit pas mon genre. Par chance, ce mec est assez loquace pour deux. Rapidement lassé de ses petits jeux cruels, il lâche un jugement péremptoire que je ne peux pas contredire (les rôdeurs sont clairement pas les créatures les plus brillantes du coin) et passe à autre chose.

Je le suis du regard tandis qu’il se déplace, emportant l’air avec lui comme s’il lui appartenait. Mon bureau devient ainsi l’objet de sa curiosité, qu’il exprime avec un peu trop de présomption. J’ai absolument rien à cacher là dedans, mais c’est une question de principe. Depuis le début de la soirée, l’envie m’étreint de le tourmenter un peu, d’asseoir une sorte de contrôle sur son attitude tapageuse. Plus d’une fois, j’ai réprimé ces pulsions. Mais le voir ainsi prendre ses aises dans ma propre tanière, au point de s’escrimer sur un tiroir manifestement verrouillé, achève de me faire céder.

Abandonnant soudain mes manières placides, je franchis les quelques pas qui nous séparaient et l’attrape par le haut de la nuque. D’une emprise ferme quoique dénuée de réelle violence, je le force à reculer de quelques pas, puis à pivoter vers moi. Ma seconde main vient l’enserrer sous la mâchoire, où je le maintiens calmement prisonnier. Ce serait largement suffisant pour faire passer mon message, mais j’en veux plus. Usant toujours d’une poigne vigoureuse, je le refoule lentement vers la cage la plus proche, celle de Cyclope, Diablo et Sprite. C’est une de mes petites manies. Affubler mes rôdeurs de noms issus de l’univers Marvel. Ça me rappelle les piles de comics que j’étudiais avec avidité, gamin, quand le reste de ma famille s’entredéchirait. Avant qu’on ait plus le fric pour en acheter.

Je le repousse, donc, délibérément, jusqu’à ce que ses omoplates frôlent les membres avides du trio, tendus vers lui à s’en retourner les jointures. Ils exhalent dans son dos leurs souffles putrides et les râles infâmes de cordes vocales décomposées. Je le maintiens juste à la limite, à quelques centimètres à peine de leurs doigts décharnés, tandis que face à lui mon torse s’impose contre le sien.

— J’crois que t’as un problème avec les limites du mot « invité ».

Personnellement, j’ai un problème avec les limites du mot « client ». Je suis pas censé flirter avec eux, je suis pas censé les emmener voir l’envers du décor, je suis pas censé les terroriser avec mes zombies. Un sourire malsain rampe tranquillement sur mon visage. D’un petit coup sec, je le tire finalement vers moi tout en reculant de deux pas, et le relâche alors seulement, hors de portée du danger.

Je transgresse toujours allègrement les frontières de son espace, enraciné à quelques millimètres de son visage. Des deux mains, j’entreprends de lisser les pans de sa chemise, sans me gêner pour laisser mes doigts s’attarder sur son thorax largement dévoilé par l’habit. Je ne me suis toujours pas décalé lorsque je reprends la parole d’un ton bas, comme si rien ne s’était passé.

— Le champion. Il a déjà combattu plusieurs fois ici, t’as déjà dû le voir. Un type masqué. Grand et fin, paye pas de mine. Mais rapide, de la technique. Il achèvera le premier rôdeur sans problème. Parie sur lui, mon conseil.

Et comme je ne suis pas une brute, ou plutôt si, mais que j’ai pas de raison de continuer mon numéro maintenant que je lui ai exprimé le fond de ma pensée, j’indique d’un mouvement du menton le bureau qu’il tentait précédemment de forcer. Dans mes mots traîne encore l’ombre d’un sarcasme, mais la proposition demeure franche et sincère, colorée d'un sourire roublard.

— Un verre pour te remettre de tes émotions ?

Depuis ma transformation, et sauf exception, je ne bois plus de ce jus là. Il a perdu tout attrait, comme l’ensemble des nourritures terrestres. Ce qui ne m’empêche pas de vouloir faire plaisir à un hôte de qualité.
 

 
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Laugh like a jackal

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MessageSujet: Re: Death, dust, party, repeat. [Mikkel]   Jeu 2 Juin - 13:44



« death, dust, party, repeat »

Grayson & Mikkel
featuring

Ma connaissance du monde fabuleux des zombies était très superficielle, je l'avouais sans souci. Je n'en avais jamais vu évoluer librement dans leur milieu naturel, après tout, et je ne m'en plaignais pas. En réalité, en dehors des combats du Bones, je n'en avais jamais aperçu nulle part, simplement parce que j'étais assez prudent pour éviter les endroits où ils pullulaient. Qu'est ce que j'aurais été foutre dans les terres dévastées qui entouraient la ville de toute façon ? Non non, moi j'étais un citadin, certainement pas un vagabond des plaines comme ce cher Gray. Mais cette fois, c'était bien la première fois que j'observais ces étranges créatures d'aussi près, sans cette foule qui s'amassaient autour de la fosse de combat. Même si je côtoyais tous les jours des cadavres à l’hôpital, ceux que je manipulais ne tentaient pas de me bouffer la main au passage. Sans compter que mes morts à moi étaient en général bien plus beaux que ces monstres en état de décomposition avancée…

J'écoutai donc les réponses de Gray avec attention, le surveillant du coin de l’œil. Sa manière de m'offrir ses explications semblaient éveiller une lueur macabre au fond de ses yeux de félin. C'était rare qu'il prononce plus de deux mots d'affilée et, si je n'arrivais pas à deviner les idées qui se dessinaient dans son crâne, je camouflais autant que possible le malaise qu'il m'inspirait. La nuance qu'il avait apportée était nette, c'était "moi" pas "nous" qui existais leur appétit. J'hésitai à lui rétorquer une connerie qui lui prouverait qu'il ne me faisait pas peur avant de me retenir au dernier moment. Il aurait pu croire que ça m'avait choqué. Non non, garçon, ça ne prend pas. Un léger claquement de lèvres assorti d'un regard charmeur clôtura donc de manière plus sobre le sujet. L'idée de servir de repas aux zombies n'était pas vraiment un thème qui me donnait envie de creuser. Je passai donc à autre chose avant de me mettre à batailler contre ce fameux tiroir verrouillé avec un sans-gêne assumé. Que contenait-il bien ?

Trop concentré sur ma curiosité pour me soucier du reste, je réagis avec une seconde de retard à l'arrivée de Gray. Qu'il porte sa jolie patte toute chaude contre moi ne me dérangeait pas outre mesure, je m'attendais sans doute vaguement à une réaction de sa part et peut-être bien que j'en avais envie, plus ou moins inconsciemment. « Hey… J'le savais que t'étais du genre fougueux mais... » Je me laissai emmener sans me débattre jusqu'à ce qu'il me fasse pivoter pour me retrouver nez à nez avec sa face poilue. Lui offrant une moue boudeuse, assortie d'un léger soupir contrarié, j'allais poursuivre sur ma lancée en commentant son impatience. Ses doigts qui m'enserraient la mâchoire de manière un peu trop vigoureuse m'empêchèrent néanmoins toute répartie et je me contentai donc de le fixer, avec toute l'insolence que je possédais encore. Mon cœur battait peut-être un peu plus vite mais je parvenais encore assez bien à dissimuler que ce mec m'impressionnait. Je n'avais sûrement pas l'intention d'essayer de me dérober, du moins pas jusque là…

Quand il me repoussa en arrière, mon expression se chargea d'abord d'une légère surprise avant que je ne comprenne soudain la direction où on s'en allait. Putain, il allait pas faire ça quand même ? « Gray… » La panique me glaça soudain alors que je prononçai son prénom dans un souffle, mes yeux s'agrandissant pendant que j’agrippais ses bras, mes doigts se crispant contre le tissus de sa veste. Les grondements derrière moi devenaient plus furieux, alors que je ne voyais même pas leurs visages, ce qui rendait la scène encore plus abominable ! Quand je sentis les frôlements de leurs doigts décharnés contre mon dos, je ne pus empêcher une exclamation horrifiée, essayant de lutter le plus possible contre son torse qui m'empêchait de me dérober. « Merde ! Déconne pas, mec, ça n'a rien de drôle ! J'ai une chemise propre, j'ai pas envie de fouetter le zombie... »

J'avais beau dire, sur le moment, je n'étais pourtant pas si sûr de ses intentions. Est ce qu'il m'avait emmené dans sa cave pour offrir un amuse-gueule à ces morts-vivants ? Vu l'enthousiasme qui le transformait dès qu'il évoquait ses créatures, j'avais presque l'impression qu'il les préférait aux humains, un peu comme s'il considéraient ces abominations comme de charmants animaux de compagnie. Je ne savais pas trop de quoi ce mec était capable. Après tout, on se trouvait dans son antre où j'avais eu la folie de le suivre et si ce mec n'était rien qu'un dangereux psychopathe, qui l'empêcherait de me sacrifier au bon plaisir de ses ignobles protégés ? Je le dévisageai, retenant mon souffle, jusqu'à ce qu'il se décide enfin à me ramener à une distance plus raisonnable des cages. Je fermai les yeux deux secondes dans un léger soupir de soulagement pour retrouver ensuite la tronche de Gray, toujours aussi dangereusement proche de moi. Je frissonnai légèrement pendant qu'il lissait ma fameuse chemise et me tripotait au passage. Peut-être bien que j'aurai dû me glisser souplement en arrière pour me soustraire à son emprise mais un genre d'obstination m'imposait de rester planté là, à soutenir son regard, sans retirer les mains crasseuses qu'il me collait sur le torse. Accroché à ses lèvres, je ne perdis pas une miette des informations qu'il m'offrait, les gravant dans un coin de mon esprit. Le visage sérieux, je fronçai un peu les sourcils quand il me proposa ce verre d'un air railleur. Peut-être bien qu'un autre que moi l'aurait envoyé se faire foutre avec ses zombies, ils auraient bien pu me bouffer une oreille avec ses conneries ! Il y avait sans doute des fois, où il fallait mettre un frein à la témérité et devenir plus prudent. Mais non, pas Mikkel.

Le sourire que je lui renvoyai était carnassier alors que je luttais contre mon malaise avec fureur, poussant le vice jusqu'à venir souffler contre son cou, mes mains toujours posées contre ses bras palpant ses biceps. « Sors carrément la bouteille, Cow-boy. Va falloir qu'on trinque à tes prédictions.» Ma main se posa contre sa hanche, effleurant ses côtes alors que mon visage se redressait pour faire face au sien à nouveau, touchant presque ses lèvres, comme si j'allais les lui voler d'un instant à l'autre. « C'est donc ça que tu caches dans ton tiroir secret ? J'pensais que c'était tes sex-toys… J'espère que ton tord boyaux vaut le détour. » Aucun commentaire ni reproche concernant sa façon de m'avoir malmené alors que mes battements cardiaques revenaient à peine à la normale. Oui, j'avais eu la trouille mais j'oubliais déjà ce mauvais moment, envisageant la suite avec une impatience croissante. J'ignorais si les conseils de Gray étaient avisés mais j'avais pourtant bien envie de les suivre, ne serait-ce que pour savoir une fois pour toute si je pouvais faire croire ses prédictions ou non. Il s'agirait d'un test en somme et puisque j'avais du fric, pourquoi ne pas essayer ? Je n'avais pas l'habitude de réfléchir très longtemps en général, je suivais toujours mes intuitions alors ma décision était déjà prise. Je pinçai doucement sa hanche avant de me faufiler pour lui échapper et rejoindre le bureau, lui jetant un regard engageant par dessus mon épaule.

Appuyant mes fesses contre le bureau je lui laissai donc le soin de nous servir deux verres, pendant que mon regard affûté se baladait encore dans la pénombre. Ma vue était tellement plus perçante désormais, je n'étais pas encore vraiment habitué aux changements de mes sens mais j'étais capable de visualiser les détails de cette cave comme si elle était éclairée d'une lumière crue. Ainsi, je remarquai soudain une cage placée un peu en retrait des autres dans laquelle se trouvait les restes d'une créature borgne aux deux jambes arrachées. Elle rampait misérablement en se traînant sur ses bras, grognant de temps à autre quand elle ne tentait pas de passer son visage mutilé entre les barreaux. « Elle a pas l'air hyper combative celle-là… à moins qu'elle ait un talent caché ? » Je retournai vers Gray un regard curieux. Peut-être bien que pour cette femelle c'était pareil et que l'apparence était trompeuse. Pourtant, j'imaginais mal qu'elle puisse tenir plus de cinq secondes sur un ring. Haussant les épaules, j'attendis de pouvoir trinquer avec lui et permettre ainsi à l'alcool de nettoyer pour de bon mon malaise. Dire que ces saloperies m'avaient touché, j'en frissonnais encore rien qu'à y repenser. Mais en attendant, mes pensées s'orientaient surtout sur le combat à venir et les meilleurs paris que j'avais l'impatience de choisir.

Je poursuivis donc d'un ton serein tout en promenant mon regard sur le corps de mon hôte. « Je devrais donc parier sur le mec masqué, selon toi… Il me semble l'avoir déjà vu, oui, mais j'lui ai jamais parlé. Dans mon souvenir, il est plutôt maigrichon, non ? Rien à voir avec ce gros tas de muscles de zombie à coté. »
J'offris un nouveau coup d’œil à la créature massive qui grondait toujours entre ses dents. « Putain, t'es sûr que tes barreaux sont solides ? Il a l'air d'essayer de les tordre, non mais regarde-le quoi ! » Si au début, je ne faisais que le regarder avec curiosité, le manège du mort-vivant géant commençait à me faire flipper. Ses grosses mains enserraient en effet les barreaux de sa cage que j'entendais grincer de façon inquiétante. Je me redressai, surveillant les événements, sans trop m'éloigner de Gray. Genre ce mec pourrait me protéger ? Fallait pas déconner non plus. « Okay, écoute bien. Si je gagne le pactole grâce à tes conseils, tu pourras me demander c'que tu voudras. » Je lui lançais un regard de biais, me léchant les lèvres. « Hum… tu ne bois pas ? » Pour ma part, j'allais pas faire la fine bouche, tord boyaux ou pas.

 

 


_________________
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MessageSujet: Re: Death, dust, party, repeat. [Mikkel]   Mar 26 Juil - 15:40



« Death, dust, party, repeat. »

Mikkel & Grayson
featuring

Je dois bien admettre qu’il ne se laisse pas démonter aussi facilement que je l’envisageais. Il a du cran. Ou de l’inconscience. Mais je finis tout de même par obtenir une réaction appropriée. Mon nom soufflé avec incertitude, lorsqu’il comprend enfin mes intentions, est une musique dont je me délecte sans scrupule. Tout autant que la prise frénétique de ses doigts sur mes bras. Mon regard dérive de son visage juvénile, de ses pupilles légèrement dilatées par la peur, aux contours squelettiques de mes trois rôdeurs tendus vers lui. Un léger frisson me parcourt. Mikkel est contraint de se débattre pour échapper à leurs griffes, et le sentir s’agiter contre le rempart de mon corps me plaît au delà du raisonnable.

Je ne peux m’empêcher de gonfler un peu torse, approchant imperceptiblement pour appuyer le contact, au risque de le mettre réellement en danger. Les ongles fêlés des créatures, porteurs de malédiction, frôlent le tissu de son dos et menacent de le déchirer. Il serait si simple de le pousser juste un peu plus, de les laisser l’engloutir dans leur étreinte mortelle tandis que je saisirais moi-même les riches volutes de son énergie… Le fantasme éclate comme une bulle de savon. Il est trop proche. S’ils ne serait-ce que l’égratignent, il mourra. Ce serait un poids en moins, au Bones. Mais également un client en moins, et un fidèle. Qui sait s’il n’y aurait pas du monde pour le rechercher… Un amant, ou une, de la famille… Trop de complications potentielles.

Je suis forcé de constater, dans un frémissement d'aversion, que c’est pratiquement la seule chose qui me retient. Les conséquences éventuelles. Pas mon sens de la morale, déjà salement défaillant, ni le soupçon de complaisance que je pourrais éprouver envers cet enfant terrible, ni même les élans purement sexuels qu’il m’inspire en se démenant ainsi. Par le passé, j’ai souvent cédé à la violence. J’étais une brute, en guerre contre le reste du monde, propulsant toute ma hargne dans ce champ de bataille.

Je ne renie pas cette part de moi, celui que j’étais, et cette colère inextinguible… Mais je n’en ai jamais été fier. Malgré tous leurs défauts, mes vieux ne m’ont pas si mal éduqué. Ce n’est pas parce que j’en franchissais allègrement les limites que j’ignorais la différence entre le Bien et le Mal. Aujourd’hui pourtant, je dois lutter avec des forces beaucoup plus troubles, des instincts dictés par une part de mon cerveau aveugle et sourd à ces notions.

Ce n’est que dans un sursaut de conscience que je le ramène enfin à moi. J’ai à peine écouté ses supplications, dont l’humour décalé me frappe subitement. Je le soumettais à une menace horrifique, lui laissant entrevoir la fin immonde qu’il pourrait connaître, et il ne se souciait que de… son odeur corporelle ? Est-il plus fou que je ne le soupçonnais ou fait-il preuve d’un sang-froid remarquable ? Je n’en montre rien, en lissant tranquillement sa chemise, mais ça commence à me rendre un peu curieux. Il ne tarde pourtant pas à me révéler quelques nouveaux indices : contre toute attente après cet épisode, un sourire radieux, quoique frondeur, éclipse soudain toute trace de frayeur. Sa poigne se fait plus insistante sur mes muscles, ses lèvres frôlent presque le creux de ma mâchoire… J’en ai du mal à réprimer mes pulsions.

Il ne s’arrête pas là. Ses mots, comme depuis le début de la soirée, sont ouvertement aguicheurs, mais c’est la manière dont il se rapproche ensuite qui pourrait achever de me rendre dingue. Je me contiens pourtant. Pour le moment. Et me contente de lui rendre son regard, avec la même intensité. Sa réponse à ma proposition est peut-être la provocation de trop, à moins que ce ne soit sa proximité prolongée, ou encore sa main sur mon flanc. Je m’incline finalement, dans le but ostensible de posséder ses lèvres. Sauf qu’il se dérobe à l’instant, vif comme un poisson. Je me retrouve suspendu au vide, désemparé, et frustré. Ce qui ne me donne que plus envie de le vider de cette foutue énergie dont il irradie comme une centrale nucléaire.

C’est un regard de bête qui le poursuit, tandis qu’il se pose allègrement sur mon bureau. Luciole insouciante. Je finis par le rejoindre, la mine patibulaire, et sortir une clé de ma poche pour ouvrir le tiroir malmené, qui ne contient malheureusement aucun sex toy. Une bouteille à demi entamée repose là-dedans, souvenir de l’époque pas si lointaine où je pouvais encore en apprécier la saveur. J’ai parfois tenté, plus tard, d’en retrouver les effets, sans grand succès. Condamné à ne plus trouver satisfaction que dans une sorte de drogue, plus pure mais tellement plus élusive que ce bon vieux bourbon. Je nous en sers deux verres dans des gobelets de fer blanc un peu poussiéreux, que j’essuie grossièrement sur mon jean. Il faut bien maintenir les apparences.

Pendant que j’opère ce semblant de civilités, Mikkel s’intéresse soudain à Norah, solitaire dans sa cage. Je ne peux m’empêcher de la couver d’un regard tendre, mais un bien sombre frisson me traverse sur l’instant. Il faudra bien que je fasse quelque chose. Si Moïra venait à la découvrir… Je parie que la discussion qui s’ensuivrait ne serait pas des plus plaisantes.

— T’occupes. Celle-là ira jamais dans la fosse. C’est une connaissance.

C’est à peine un grognement. Je ne compte pas m’étendre sur le sujet, il ne comprendrait pas. Par chance, il ne tarde pas à revenir à son sujet de prédilection et addiction personnelle, le thème nettement plus prosaïque des paris, qu’il assaisonne d’un regard à consumer les nerfs les plus solides. Ça aussi, c’est un jeu pour lui. Pour moi qui suis peu enclin aux simagrées, je doute d’en sortir vainqueur. Je préfère donc m’astreindre à refroidir mes pensées pour m’attacher au babillage, malgré ce qu’il m’en coûte, et me contente de lever ma tasse dans sa direction générale.

— Sec et fin, ouais. Mais piégeux. Sait ce qu’il fait, pas comme le tas de muscles.

Tout en parlant, je fais lentement tourner le liquide dans son récipient, sans me résoudre à y tremper les lèvres. Le fumet puissant qu’il dégage semble tentant, mais je sais d’expérience que la saveur se dissipera sur ma langue aussitôt qu’il l’aura touchée. Perpétuelle déception.

L’attention volatile du gamin est bien vite attirée par le Hulk et sa démonstration de force. Comme s’il tentait de me donner tort, de nous assurer qu’il n’avait pas dit son dernier mot, qu’il était encore parfaitement capable d’éventrer son opposant de ce soir. Et peut-être bien, après tout… Mais j’en doute fort. Je continuerais de parier sur le maigrichon, tout arrogant soit-il. Mikkel osera-t-il suivre mon conseil ? Moi aussi, j’ai un peu envie de jouer, et lui adresse pour ce faire mon plus beau rictus.

— Sont un peu rouillés ouais, j’dois changer la porte, mais ça devrait tenir… Sûrement.

Le pire, c’est qu’il ne s’agit que d’un demi-mensonge. Ces cellules bricolées ne sont pas toujours adaptées à leurs hôtes, et il est déjà arrivé que certains se libèrent. Mais si j’ai été capable de les capturer hors des murs, je suis bien certain de pouvoir renouveler l’exploit dans un espace plus exigu. Pour Hulk, le cas est différent, je l’ai moi-même réveillé, mais je ne doute pas pour autant de parvenir à le maîtriser.

Ce qui ne m’empêche pas de me rapprocher de mon invité, profitant de sa soudaine inquiétude en oubliant mes résolutions. Qu’il achève d’enterrer à l’annonce qui suit. J’en ai assez. Mettons les choses au clair. Je pose délicatement ma tasse cabossée. Puis, plaquant brusquement mes paumes sur le bureau de part et d’autre de son corps, je me balance vers lui, ignorant superbement sa dernière question.

— Ah ouais ? Tout c’que je veux, hein…? Sûr de savoir tenir tes promesses, kiddo ?

Qu’il le prouve. Cette fois, je ne lui laisse pas le choix. Ma bouche vient chercher la sienne avec rudesse et s’en empare d’autorité pour un baiser insistant. Qu’il résiste s’il le veut, qu’il me repousse… Ça ne viendrait que confirmer son bluff, dévoiler son jeu. Je ne m’impose toutefois pas plus de quelques secondes. Ses lèvres sont trop douces pour être honnêtes.

Et malgré mon dégoût pour la chose, je récupère mon gobelet et vide son insipide contenu d’une traite, histoire de parer à tout soupçon. Bien sûr que je bois. Je bois cette eau plate, quand je pourrais dévorer le feu qui l’anime, son essence la plus ardente, et m’en repaître jusqu’à la lie. Un coup d’œil rapide à mon poignet, ceint d’une montre antique au bracelet effiloché. L’heure approche. Je saisis la bouteille et l’agite doucement vers lui, invitation muette à le resservir.

— Last call… Si t’as encore des questions, c’est le moment. Je lui dédie un sourire d’une arrogance toute provocante. Et si tu veux te défiler… C’est l’moment aussi.

Malgré toute l’envie que j’ai de lui faire tenir parole, avec les intérêts. Un coup d’œil en direction du Hulk sonne la fin de la récréation. C’est pas tout, mais y en a qui bossent ici.

— Vais sortir l’vieux champion. Tu peux regarder si ça t’intéresse, tant que t’approches pas trop. Si t’as les jetons, t’as qu’à le voir arriver depuis la salle, comme tout le monde. Porte de gauche, l’autre donne directement dans la fosse.

Les deux battants ne sont séparés que de quelques dizaines de centimètres, il serait aisé de se tromper. J’ai conscience de prendre un risque, en laissant ce vaurien enregistrer la configuration des lieux. Il pourrait lui prendre l’envie de revenir et de se faufiler ici pour je ne sais quel méfait. Je lui fais aucune confiance. Mais les rôdeurs font un répulsif assez efficace, tout encagés soient-ils. De plus, si un truc venait à disparaître, je saurais que c’est lui et j’aurais aucun mal à le retrouver pour lui faire passer un sale quart d’heure. Il doit s’en douter aussi…

Ce pari que je prends est assez sûr. Quant à celui sur lequel Mikkel s’apprête à miser, je considère que ses chances sont excellentes. N’oublions pas que j’ai moi-même un intérêt dans l’issue du combat…

Pour une fois, il pourrait me prendre l’envie de le suivre avec attention.
 

 
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MessageSujet: Re: Death, dust, party, repeat. [Mikkel]   Mar 16 Aoû - 12:07



« death, dust, party, repeat »

Grayson & Mikkel
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Je savais que je jouais avec le diable mais c'était justement ça qui était merveilleux. Plus la peur me brûlait le ventre, plus l'envie de souffler sur les braises me taraudait, comme si j'étais totalement drogué à l'adrénaline. Le pire c'est que tout cela n'était qu'à demi-conscient. Et quand je caressais l'entrejambe de Gray du regard, de manière outrageusement perverse, je ne pensais même pas aux conséquences possibles de mon attitude. Qu'il se frustre seulement, je n'aimais rien tant que cette lueur d'envie qui animait son regard à cet instant précis. Dans cette cave, Gray était sur son terrain, il menait le jeu, il pouvait décider de me malmener comme une brute et de m'offrir un verre de gnôle une minute plus tard. Cette ambivalence ne me gênait pas vraiment, je nageais dans les eaux troubles avec l'agilité d'une loutre, sans me poser trop de questions.

Qui était le dernier mec à s'être servi de ces infâmes gobelets de fer blanc ? « J'espère que j'vais pas choper la lèpre. » Simple murmure pour moi-même pendant que mon hôte les remplissait d'un breuvage ambré. En vérité, le manque d'hygiène ne me tracassait pas outre mesure, j'en avais vu d'autres en traînant dans les bas-fond de la ville. Par contre, je ne pus m'empêcher de le questionner au sujet de ce zombie aux jambes coupées. Alors que je retrouvais le regard de son propriétaire, je crus déceler une lueur de tendresse dans ses yeux de félin. Ce mec était tellement étrange, comment pouvait-on éprouver autre chose que du dégoût face à ces cadavres purulents et défigurés ? A la réponse qu'il m'offrit de son ton toujours abrupte, je compris qu'il s'agissait d'une histoire personnelle.  Info pertinente ou pas ? Je la garderais dans un coin de ma tête. Mais sans doute n'était-ce pas le moment de creuser et je décidai de me concentrer sur ma propre affaire.

Je croyais bien voir de quel type masqué il me parlait. Tous les combattants n'avaient pas forcément envie de délivrer leur véritable identité par les temps actuels et ce gars là faisait partie des gens discrets. A tel point qu'on l'oubliait. Même moi qui venait pourtant très souvent au Bones, je ne le connaissais pas du tout et je n'aurais sûrement jamais pensé à miser sur lui si Gray ne m'en avait pas parlé. J'hochai la tête avant de surveiller le comportement de plus en plus inquiétant du gros tas de muscles morbide. De son coté, Gray semblait aussi paisible que s'il était entouré d'une bande de chiots aussi adorables qu'inoffensifs. J'arquai un sourcil. Ça devrait tenir… est ce qu'il se foutait de moi ? Il en avait bien l'air avec son petit sourire sinistre et je soufflai du bout des lèvres en levant les yeux en l'air, cachant tant bien que mal ma nervosité.

J'allais boire une gorgée d'alcool, en l'honneur de mes promesses en l'air, mais le mouvement de Gray m'encouragea à abandonner mon gobelet, et je le déposai lentement sur le bureau sans le quitter du regard. Je ne pus empêcher un mouvement de recul instinctif quand il plaqua ses deux paluches de chaque coté de mes fesses, son corps dangereusement proche du mien. Pourtant, je m'efforçai de retrouver rapidement mon aplomb, lui offrant un haussement de sourcil équivoque pour toute réponse. Je n'eus pas le temps d'anticiper son mouvement et quand il me vola brusquement mes lèvres, je ne fus plus capable de penser à rien, durant ces quelques secondes. Mon cœur se mit à battre un peu plus vite, sans doute de trouille, et je plaquai instinctivement mes mains contre ses épaules pour le maintenir et éviter que la situation ne me dépasse. Et s'il décidait de me violer là sur cette table ? Quelle horreur, non ! Je ne le repoussai pourtant pas avec beaucoup d'énergie, dans un ambiguïté toute particulière.  Qu'est ce que je voulais au juste ? Je lui rendais son baiser, fermant les yeux à demi, savourant l'instant sans pour autant cesser de lui opposer une certaine résistance, cherchant à le repousser un peu plus fort. Merde, j'aimais qu'on me bouscule… et j'adorais sentir à quel point je l'excitais.

Lorsqu'il recula enfin, je repris mon souffle dans un léger murmure, à demi choqué pour de vrai ou pour de faux, je ne le savais même plus moi-même. « Qu'est ce que t'es brutal... » Le voyant vider son verre, je ramassa le mien à mon tour en relâchant un soupir. Heureusement qu'il était là ce tord boyaux, tiens. Il avait donné l'exemple d'un cul sec, je ne pouvais donc pas faire moins ! Je le sifflai d'un trait, me brûlant la gorge et l'estomac. « Bon dieu, ça fait du bien par où ça passe. A ton image peut-être hum ? » Je lui lançai un coup d’œil égrillard, presque suicidaire. J'avais pas eu peur qu'il me viole, la seconde d'avant ? Et pourtant, je le défiais d'un clin d’œil avant de ramasser la bouteille qu'il me tendait si généreusement. Je haussai les épaules dans un sourire à sa provocation, tout en remplissant nos verres à nouveau, me redressant du bureau pour me planter face à lui.

« Un Ievseï ne se défile jamais. En Russie, une parole est une parole et j'ai toujours été très proche des valeurs de mon pays, tu sais. » Je plongeais mes lèvres dans l'elixir pour savourer une bonne lampée sans le quitter des yeux. J'avais déjà chaud. « Ouais encore une question. Si je perd ce pari à cause de toi, tu m'donnes quoi ? Parce que là, j'vais te faire confiance mais si jamais tu te plantes, je perd toute ma mise moi. Tu pourrais me filer, j'sais pas… ton téléphone si t'en as un ? » Je parlais de l'objet bien évidemment, pas de son numéro. Merde après tout, j'avais perdu mon portable aux jeux la semaine d'avant, ça m'aurait été bien utile.

Je lui offris un sourire angélique avant de suivre le regard de Gray vers la cage de l'abominable zombie à la carrure de colosse. Il paraissait si imposant tout de même… je ne pouvais m'empêcher d'être impressionné par son allure effrayante. Comment un mec seul pourrait réussir à en venir à bout ? J'avais du mal à me l'imaginer mais Gray avait l'air tout à fait sûr de lui. Et s'il disait vrai, j'allais m'en mettre plein les poches ! Allais-je lui permettre d'exiger n'importe quoi de moi, si c'était le cas ? Le remercier en le laissant libre de toute perversion sur mon corps d'Apollon ? Ce mec était tellement glauque, je n'osais même pas imaginer le genre de fantasmes qui rodait dans son crâne. Mais mieux valait entretenir l'espoir chez Gray de manière à jouer là-dessus et réussir à lui soutirer d'autres info plus tard. Si mes faveurs étaient trop faciles à obtenir, il n'aurait de toute façon pas de motivation à me livrer ses petits secrets. J'improviserais sur le moment…

« Okay… Mouais, vaut mieux que je remonte, j'ai envie d'avoir une belle place et y'a du monde ce soir… Alors à tout à l'heure, cow-boy... »

Loin de moi l'idée de trop me rapprocher de ce zombie, j'avais aucune envie de lui servir d'apéro. Comment Gray faisait-il pour les empêcher de le mordre ? Son job était hyper dangereux, fallait le reconnaître, il était fameusement couillu comme mec. Ce fut en me demandant vaguement s'il l'était autant au propre qu'au figuré que je terminai mon verre avant de le reposer sur la table et m'en aller sur un léger rictus. Au passage, je m'offris le luxe de palper les fesses de Gray d'une main allègre avant de m'esquiver agilement.

Heureusement pour moi, deux verres de bourbon n'avaient jamais été suffisants pour me faire perdre le nord. C'est donc bien la porte de gauche que j'empruntai, restant attentif au chemin à suivre. Peut-être bien que je pourrais revenir saluer Gray et ses zombies, un jour prochain ! Même en son absence… Mais chaque chose en son temps. Pour l'heure, je me contentai de me remonter la rangée de marches et emprunter ce petit couloir qui me mena directement à l'intérieur du Bones.

Quelques instants plus tard, je m'étais trouvé une place de choix aux abords du ring et j'observais avec une certaine appréhension l'entrée du zombie dans la fosse. Il semblait déchaîné, avide de chair humaine, et ses bras se tendaient vers les spectateurs qu'il aurait tant voulu atteindre. Bien que l'escalade lui soit impossible, il s'acharnait à griffer les parois avec un entêtement insensé, ses mâchoires claquant dans le vide. Quelques plaisantins crurent bon de lui balancer leurs déchets pour l'exciter un peu, un paquet de clopes vide, le contenu d'un verre de bière… Mais alors, on nous annonça l'arrivée du combattant vivant qui affronterait le monstre. Ce mec le défierait sans arme, pauvre fou qu'il était. Le moment était venu de miser sur le vainqueur.

J'avais grincé des dents en apercevant le type masqué et son allure si frêle. Je sentais ma veine battre sur ma tempe et je maudis Gray dans un souffle avant d'embrasser furieusement mon coupon gagnant. « 500 dollars sur le vivant ! » C'était l'entièreté de ma fortune de ce soir… Et si j'avais songé à ne miser que la moitié par prudence, j'avais changé d'avis au dernier moment. Un coup de folie. Si Gray s'était planté, je perdais tout ce que j'avais.

Je suivis le début du combat d'un regard attentif, une boule au ventre et les poings serrés. Les mouvements du zombie étaient plus lents mais chacun de ses grondements était horrible à entendre et me donnait froid dans le dos, comme si c'était moi à la place du pauvre type, là en bas. Il se contentait d'esquiver les assauts, sous les exclamations vicieuses de la foule, avide de sensations fortes. Mais je savais qu'il ne pourrait pas éviter le colosse infiniment et je lui hurlai des encouragements, de toute la force de mes poumons. « Vas-y, mec, dégomme-le ! Casse lui sa sale gueule de zombie ! »  J'avais l'impression d'être en transe, partagé entre l'exaltation à chaque mouvement vif de l'humain et la trouille face à la hargne du mort-vivant. Et puis soudain, leurs deux corps s'entrechoquèrent et je crus bien que tout était fini. Je m'arrachai à ce spectacle, détournant la tête, de peur de voir ce mec se faire dévorer vivant… Mon regard se posa alors sur les spectateurs et ce fut à ce moment là que je l'aperçu. Le rôdeur aux yeux de félin.

« Gray ! » Sans attendre, je bousculai les gens, jouant des coudes pour aller jusqu'à lui. Ma voix n'était plus qu'un glapissement. « Il va crever putain, il est foutu ! J'ai misé tout c'que j'avais bordel ! Salaud de zombie, salaud ! » Je l'attrapai par le col dans la frénésie de l'instant, j'avais envie de le secouer comme un prunier, de l'engueuler et de le supplier à la fois. Si seulement il pouvait faire quelque chose pour changer l'issue du combat ! Les spectateurs poussèrent une grosse exclamation d'une même voix. Oserais-je regarder ? Je préférais dévisager Gray dans un mélange de rage et de désespoir.

 

_________________
The Jackal comes, blood lust on his lips. He craves the dead, our lives in his grips. He's after our hearts, he'll chew and swallow. Blood pours from his mouth, our lives will soon follow. Death comes to those who wait, He feels this. Eyes wide. We try to run from our past, but the truth we cannot hide.
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MessageSujet: Re: Death, dust, party, repeat. [Mikkel]   Mar 20 Sep - 16:50



« Death, dust, party, repeat. »

Mikkel & Grayson
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— Oh, t’en jugeras par toi-même…

Un sourire égrillard ourle mes lèvres en réponse à l’audace de sa question. J’ai dans l’idée que ce gamin est sérieusement atteint. Mais ça me plaît. Sa réaction à mon baiser était irrémédiablement excitante : à mi-chemin entre la lutte et l’abandon, il m’a donné envie de le plaquer plus brutalement sur mon bureau, de l’inciter à se débattre un peu plus… Ou à se laisser faire. Les deux possibilités m’ont presque également attisé, tout comme il a lui-même semblé partagé entre ces choix.

Il m’a ainsi donné un avant-goût très prometteur de ce qui pourrait m’attendre si son pari était validé. Je commence à entrevoir le problème déontologique posé par cette situation, mais j’y suis un peu trop enfoncé pour reculer maintenant. Si Moïra apprenait que j’ai tuyauté un client pour m’approprier ses faveurs… Bon, ce n’est pas exactement ainsi que les choses se sont déroulées, mais ça crée quand même un précédent. Surtout si la récompense pouvait me donner envie de recommencer. Un risque à prendre en compte, vu l’assiduité avec laquelle le gosse fréquente le Bones et son addiction pathologique aux activités de l’établissement.

Je m’avance, mais c’est parce que je me connais : il ne faudrait pas grand chose pour qu’un schéma s’installe. Et les schémas, c’est le début de mauvais engrenages, le genre de trucs avec des conséquences et des explications à la clé. Je dois rester prudent. C’est ce que je me répète, tout en continuant de le désaper du regard pendant qu’il pérore une nouvelle fois sur son héritage soviétique. Vaudrait presque mieux qu’il se défile, pourtant. Mais à ce stade, je serais aussi peut-être tenté de le forcer à prendre ses responsabilités, et cette simple pensée suffit à m’inspirer un élan presque douloureux dans le bas-ventre. Garder la tête froide, garder la tête froide. Sa question vient me tirer de ces vilaines considérations. Mon téléphone ? C’est vraiment le premier truc qu’il penserait à exiger de moi ? Je trouverais ça presque vexant, si j’étais du genre susceptible.

Mais sa requête parvient plutôt à m’amuser, ne serait-ce que par l’ambiguïté qu’elle présente, une fois de plus. Évoque-t-il l’appareil ou un moyen de me contacter ? Dans les deux cas, je n’ai aucune envie de lui céder. J’ai bien un cellulaire, mais c’est mon outil de travail : les contacts qui y figurent sont uniquement des collègues ou des fournisseurs divers. Il se trouve incidemment que je n’ai pas vraiment de vie en dehors du Bones, ou aucune que je n’ai envie de pouvoir rappeler. Je ne veux pas donner ma vieille brique même pas tactile au gamin, je m’y suis habitué. Et pas question non plus de lui donner l’autorisation implicite de m’appeler, il serait capable de me harceler pour que je le rencarde sur les combats ou les tables de jeu. Mais n’est-ce pas la base d’un pari ? En cas de défaite, perdre quelque chose dont on n’a pas envie de se séparer ? De toute façon, j’ai totalement confiance en mon champion masqué. C’est bien pour ça que je l’ai recruté. Plissant les yeux jusqu’à les réduire à deux fentes aiguisées, je considère encore un moment mon jeune interlocuteur avant d’acquiescer d’un haussement d’épaules. Va pour le téléphone.

À l’issue de ce charmant intermède, je m’ébranle finalement pour retourner à mon poste — et à la compagnie bien plus tranquille de mes rôdeurs. Le Hulk ne m’aguiche pas, lui. Il n’utilise pas de mots acérés pour me déstabilisés. Il ne parie rien. Son unique préoccupation est de me dévorer, un souhait parfaitement raisonnable avec lequel je sais composer. Mikkel, quant à lui, a rapidement filé vers l’autre côté du miroir, plus accueillant et sécurisé, non sans une dernière provocation qui me tire un grondement appréciateur, mal camouflé sous le ton de l’agacement. Une fois disparu, je retrouve bientôt possession de moi-même, et prends conscience de la tension que le Russe imposait à mon organisme : résister à la faim en sa présence a été plus difficile que je ne m’y attendais. Et son badinage tourbillonnant n’a cessé d’écorner ma patience.

Dans le calme retrouvé de mon repaire, je soupire. Je ne suis plus fait pour ce genre de jeux. Il y a encore quelques années, j’aurais su jongler avec cette tentation tapageuse. Mon errance de l’autre côté des murs a tué cette partie de moi, celle qui savait vivre avec les Hommes. Aujourd’hui, toute interaction un peu trop intense épuise mes ressources, faisant ressurgir les pulsions primitives empruntées aux Morts. Après avoir ouvert la porte de la fosse, je m’accroupis un instant près du visage de Norah, effleure son bras tendu vers moi en évitant ses ongles brisés. Sa peau a perdu toute douceur et se desquame en plaques sèches. Un peu plus loin, remuant dans sa cage comme un forcené, Hulk semble encore tout juste trépassé. Je me redresse pesamment pour le rejoindre, attrapant mon lasso téléscopique au passage.

Le rituel est toujours le même. Je fais jouer le mécanisme qui ouvre la cage — pas de clés, ce serait trop long et j’ai besoin d’avoir les mains libres — puis tire le battant. C’est là l’instant décisif : le Hulk se rue vers moi et je n’ai qu’une fraction de seconde pour agir avant qu’il ne m’atteigne. D’un geste rendu souple et précis par ses milliers de répétitions, je place les deux pinces du lasso de part et d’autre de sa gorge, puis lâche le bouton qui leur permet de se refermer dans un claquement sec. La créature rue et fulmine, poussant pour tenter d’avancer dans ma direction. J’ai peut-être un peu mésestimé sa faiblesse : il parvient à me faire reculer de quelques pas, mes semelles glissant sur le béton sous la puissance de sa poussée. Pour ses combats précédents, nous étions deux à le maîtriser afin de l’amener jusqu’à la fosse. Aujourd’hui, j’avais estimé que je pourrais m’en sortir seul. Peut-être était-ce une erreur. Dans un grognement d’effort, je résiste, repoussant la perche à deux mains pour tenir le champion à distance.

J’y parviens, non sans mal, mais il me reste encore à opérer un demi-tour pour le guider vers le battant donnant sur la fosse. Je me déplace latéralement, cherchant à décrire un arc de cercle. Mais les autres cages me gênent et me force à frôler les barreaux pour ne pas me rapprocher du Hulk. Je dois donc surveiller mes arrières tout autant que le monstre qui me fait face. J’évolue avec rapidité pour éviter les griffes qui me frôlent et sens un souffle d’air dans mon dos lorsque l’un des prisonniers entaille mon t-shirt. Heureusement que le gamin est parti, ce spectacle poussif n’aurait pas été à la hauteur de mes ambitions. Achevant enfin cet embarrassant demi-tour, je ploie sur la perche pour repousser le colosse vers la porte. Il résiste avec plus de vigueur que je l’aurais souhaité, et je suis forcé de m’arc-bouter pour le faire reculer.

Au terme d’une lente et douloureuse progression, son dos passe finalement le seuil de la fosse. Je bande mes muscles pour une dernière poussée qui l’envoie tituber à l’intérieur, puis ouvre le lasso et recule précipitamment, repoussant le battant de la porte avec vivacité pour le verrouiller. La Bête est lâchée. Je prends le temps de relâcher un soupir de soulagement et d’essuyer mes paumes moites de sueur sur mon pantalon. J’espère que son adversaire sera en forme, lui aussi… L’estomac rongé d’une vague angoisse, j’emprunte l’autre porte et me glisse silencieusement dans la pièce bondée, surchauffée par ces centaines de corps assoiffés de violence et d’argent. Leur clameur m’assaille comme une nuée de frelons.

La faim aiguise encore mes sens et les rend hypersensibles à ce genre d’agression. En temps normal, je ne m’y attarde pas. Mais ce soir, je n’ai pas l’intention de manquer le combat. Après un rapide passage vers l’entrée pour demander à Ty de continuer à tenir mon poste jusqu’à ce que je le relève, je retourne me mêler à la foule des spectateurs et me fraie un passage jusqu’aux barrières entourant la fosse. Le combat a déjà commencé. Comme à son habitude, mon Champion masqué joue d’abord à esquiver son opposant. Ça met toujours l’audience en rage, elle hurle pour exiger de l’action et du sang. L’humain est perçu comme faible, lâche, et les paris décollent en conséquence sur la victoire du rôdeur. C’est parfait.

Je me demande fugitivement combien Mikkel a parié sur le Masque, et s’il regrette déjà sa décision. Mes yeux sondent l’auditoire et ne tardent pas à se poser sur le jeune homme, tout absorbé dans les imprécations qu’ils hurle aux duellistes. Un sourire étire le coin de mes lèvres à l’idée de sa panique. Je reporte ensuite mon attention sur la fosse, suivant avec une certaine admiration les mouvements précis du champion. Parfois, on dirait presque qu’il danse. Et puis il cesse de se dérober, et laisse le Hulk le terrasser. C’est la partie critique, celle où il n’a pas le droit à l’erreur, et je me surprends à éprouver moi-même une pointe de crainte pour le sort du gringalet.

Je suis pourtant arraché au spectacle par un cri désarticulé, et relève la tête à temps pour voir le Russe se jeter sur moi. Il m’agresse de ses beuglements et de ses mains, envoyant des décharges électriques courir le long de mon dos. Il m’agrippe par le t-shirt, mais le dos de ses phalanges cogne contre mon torse et je sens leur chaleur, la délicieuse vibration de son énergie. Il me suffirait de prendre une inspiration pour y goûter, pour absorber son essence et la laisser irradier sous ma peau. J’ai le plus grand mal à me contenir. Si nous n’étions pas en public, je ne me serai même pas donné cette peine. Mais je ne peux pas me permettre de céder ici, et pose donc deux mains fermes sur ses épaules pour tenter de l’immobiliser. Un grand vacarme s’élève soudain tout autour de nous.

Mikkel, presque tremblant, ne se retourne pas. Mais moi, j’étire le cou pour regarder derrière lui, l’angoisse au ventre. Je commence à concevoir que ces combats puissent devenir addictifs, lorsque l’enjeu est intéressant. Sous mes yeux se déploie une scène dantesque : le Masque vient d’émerger entre les genoux du Hulk dans un roulé-boulé poisseux. Il ne s’arrête pas, se redresse en un élan et continue sa course. Quelque chose le suit jusqu’au creux de sa main. Il effectue à toute allure un tour de piste, sous les vociférations du public. Ce qu’il déroule derrière lui comme une longue guirlande, ce sont les intestins du zombie.

Celui-ci s’est déjà relevé et repart à l’assaut de son adversaire, mais ce dernier est plus rapide. Il remonte le ruban spongieux jusqu’à pouvoir tirer dessus d’un coup sec. La créature s’effondre, emportée par la traction de ses propres viscères. Toutefois, ça ne suffit pas à vous terrasser un Mort. Et mon appétissant compagnon est en train de manquer tout le spectacle. Je m’y arrache pour reporter les yeux sur lui, dissimulant tant bien que mal un sourire. Deux doigts rudes effleurent ses lèvres pour lui intimer de la boucler, tandis que l’autre main remonte sur sa clavicule et le force doucement à pivoter et se retourner.

Par la suite, je ne le lâche pas, les paumes toujours bien campées sur ses omoplates. Que le Hulk perde ou triomphe, nous serons deux à assister à sa dernière représentation. Le Masque a recommencé son jeu du chat et de la souris, mais cette fois, le public retient son souffle, nerveux. L’ombre du doute vient de s’immiscer dans ses certitudes. Le maigrichon semble plus dégourdi qu’il ne le laissait présager. Cela dit, lorsqu’il tire pour la seconde fois sur la corde d’entrailles pourries, elles cèdent brusquement et c’est lui qui se retrouve déséquilibré, trébuchant en arrière. Son adversaire n’attend pas et charge déjà sur lui. Je ne peux m’empêcher de resserrer ma poigne sur les épaules de Mikkel, happé par l’action. Le mortel n’a pas pu esquiver l’offensive et vient de disparaître sous la masse imposante du rôdeur. Une morsure, une éraflure, et tout espoir sera englouti.

Je retiens mon souffle, en me demandant si je suis également en train d’assister au dernier combat du Masque. Se retrouvera-t-il ensuite à combattre de l’autre côté ? Je ne me souviens plus s’il avait signé la clause… Mais privé de son intelligence, il n’en serait plus réduit qu’à sa carrure, peu impressionnante. Il n’attirerait plus les paris et aurait effectivement peu de chance de remporter un duel contre un humain un tant soit peu expérimenté. Beaucoup trouveraient ignoble de penser ainsi. Peut-être que je le suis. Mais une nouvelle clameur retentit, plus exaltée encore que la précédente. Le Masque jaillit littéralement hors de la carcasse du rôdeur comme un diable hors de sa boîte, couvert d’un mucus putride. La bête roule lourdement sur le côté dans une expiration assourdie. Qu’est-ce qu’il a foutu, là dessous ? Il titube un peu mais ne semble pas blessé.

Le Hulk, lui, est en plus mauvais état. Mais toujours bien vivace. C’est le cerveau qu’il faut détruire pour l’immobiliser définitivement. Son adversaire le sait parfaitement... Pendant que la créature se redresse péniblement, il est reparti faire le tour de la fosse au pas de course, en agitant les bras pour exciter son public. C’est un rituel, une requête à laquelle l’audience répond dans un rugissement extatique. Mes doigts exercent une légère pression sur les épaules de Mikkel. Regarde. Regarde. En équilibre instable sur ses jambes épaisses, la créature charge. Son abdomen n’est plus qu’une plaie béante et vide où se distinguent deux rangées de côtes blanches anormalement écartées.

Dans un mouvement délibérément lent, le Masque lève le bras et ouvre sa main. Un sourire reptilien sinue d’une oreille à l’autre. Entre ses doigts se dresse un objet pâle, pointu et irrégulier. Alors voilà ce qu’il foutait sous le monstre… Le petit enfoiré lui a carrément arraché un bout de côte ! J’ai aucune idée de comment il a pu exécuter cette prouesse, mais le résultat est incontestable. Vif comme un oiseau, il s’élance soudain, court, bondit, semble s’envoler, son corps élancé adoptant la forme d’un arc, main tendue derrière sa tête. Le temps paraît ralenti tandis que son bras décrit un arc de cercle et s’abat finalement dans l’œil gauche du colossal rôdeur. Il a bien visé.

L’arme de fortune s’enfonce sans mal dans les parties molles, traverse l’orbite jusqu’au cervelet. Le poing du vivant n’est pas loin de s’enfoncer lui-même dans le crâne, mais au dernier moment, il retire sa main et retombe dans une roulade derrière sa victime, qui n’a ainsi pas eu le temps de refermer ses énormes bras autour de lui. Pour une fois, je ne peux pas m’empêcher d’exulter et pousse un rugissement d’approbation, tandis qu’une chaleur fiévreuse m’envahit. Le monstre s’écroule sous les beuglements du public, auxquels s’est mêlé le mien.

Ce n’est qu’à ce moment que je prends conscience que le bouillonnement dans mes veines est en fait de l’énergie. Merde. Merde, j’étais en train de drainer Mikkel ! Totalement obnubilé par cette époustouflante mise à mort, je ne m’en suis même pas rendu compte. Le geste a été instinctif, inconscient. Je m’arrête aussitôt, retire vivement mes mains. Ça n’a pas duré longtemps, je ne sais même pas s’il a remarqué quelque chose. Mais c’est un bon rappel à l’ordre. Pourtant, alors que je devrais redoubler de prudence, je me penche à son oreille, que je frôle de ma joue râpeuse. Mon ton est bas, voilé de promesses… Ou de menaces.

— J’pense que t’en as eu pour ton argent... non ?
 

 
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MessageSujet: Re: Death, dust, party, repeat. [Mikkel]   Jeu 29 Sep - 17:11



« death, dust, party, repeat »

Grayson & Mikkel
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« 500 dollars mec, tu m'entends ?? »

La sueur dégoulinait entre mes omoplates, j'avais l'impression d'avoir de la fièvre, l'esprit en ébullition. J'avais envie de marteler de mes poings le torse de Gray en poussant des cris de désespoir et je le dévisageais d'un regard dévasté par la trouille et ma nervosité délirante. Peut-être bien que j'y croyais à ces pensées magiques immatures, peut-être bien que j'avais envie d'attribuer à ce mec la puissance de provoquer l'empêchement d’événements, au mépris de toute logique. C'était lui le maître des zombies après tout, bordel de merde ! Il me maintenait fermement et je n'avais plus envie de bouger de ma vie, c'était décidé. Je resterais là à contempler son visage poilu, éclairé de ses yeux trop minces, et je passerais mon temps à compter le nombre de poils blancs qui poussaient sur son menton. Ses cheveux, quoique gras, étaient d'un châtain foncé plutôt pas mal en fait. Est ce qu'il faisait une coloration ? Par contre, il avait de fameuses valises sous les yeux, putain, qu'est ce qu'il foutait de ses nuits pour avoir cette gueule là ? J'avais l'impression de devenir dingue, tellement mes pensées filaient dans tous les sens, comme des fusées de feux d'artifice au moment du bouquet final. J'avais aucune envie de me retourner !

« C'est pas ton téléphone que tu vas me filer, c'est l'iphone 7 avec appels gratuits et j'te promets que j'm'en servirai pour te harceler jusqu'à ce que tu deviennes sourd ! P'tain je... »

Mais ses doigts m’intimèrent de la fermer avant qu'il ne me force à me retourner sous un hoquet de ma part. J'écarquillai les yeux, le souffle coupé par ce que je contemplais, là devant moi, dans cette fosse et je réprimais un haut le cœur. La chaleur qui régnait dans cette salle surpeuplée ne rendait que plus écœurante l'odeur de mort que dégageait le zombie éventré. Ce n'était pourtant pas ça qui m'aurait fait dégueuler, j'avais l'habitude de voir des morts, autant à l’hôpital qu'au Bones avec les combats de zombies. Mais je ne pouvais pas m'empêcher de me mettre à la place de cet humain et l'angoisse me nouait l'estomac, m'empêchant même de parler. Lorsque le mec masqué fut écrasé par la masse si impressionnante de Hulk, je reculai instinctivement, mon dos se plaquant contre le torse de Gray dont le sentais le souffle contre ma nuque. Je murmurais entre mes dents des jurons intelligibles avant de tressaillir soudainement, bondissant dans un cri mêlant l'espoir et l'effroi. Il en était sorti non de dieu ! Non mais pas possible ! Je me débattis furieusement sous la poigne de Gray, hésitant à grimper sur ses épaules ou à me cacher derrière son dos pendant que ce drôle de guerrier faisait un tour de piste, excitant l'avidité sanglante du public.

« Oh putain mais putain, attend mais qu'est ce qu'il fout mais putain quoi, merde merde merde !! Il lui a vidé les entrailles quoi mais le mec quoi ! » Mon éloquence avait eu de meilleurs jours. Cela étant dit, j'avais atrocement envie de me détourner pour ne pas voir la suite, envahi par un stress d'une pureté corrosive qui me laissait pareil à une pile électrique, vibrant sur place. J'ignore ce que j'aurais fait si Gray n'avait pas été là mais mes yeux ne purent louper le final totalement inattendu où cette arme d'une blancheur ivoirienne apparu entre les mains du grand maigre. Je ne retins pas un hurlement strident que je relâchai de toute la force de mes poumons, plongé dans la fureur extatique de l'ambiance en assistant à cette mise à mort de Goliath qui s'écroulait lourdement devant Samson.

A la fois, mon corps se vidait de son énergie et la faiblesse me fit chanceler, retombant presque entre les bras de Gray dans un moment de flottement. J'avais trop chaud et avec toute ces émotions, l'alcool que j'avais bu me montait peut-être trop à la tête, surtout que je n'avais rien mangé avant de venir. Voilà ce qui expliquait sans doute les étoiles que je voyais danser devant mes yeux et je les frottai maladroitement avant de me retourner vivement vers Gray, un sourire jusqu'aux oreilles. L'une d'entre elles s'était d'ailleurs faite rapper par une joue mal rasée dont la sensation m’électrisa sans que je songe à retenir un gloussement émoustillé. Si j'en avais eu pour mon argent ? Je le toisai d'un regard aguicheur, un sourire plus mince sur la face, les prunelles relevées vers lui d'un air narquois tandis que mes mains s'emparaient de sa taille. Avançant brusquement mon visage vers lui, je l'embrassais à pleine bouche, mes dents happant sa lèvre inférieure pour quelques brèves secondes, sans le relâcher du regard. Mes doigts se glissèrent sous sa ceinture, l'attirant vers moi dans une invitation à me suive avant de me détacher tout aussi brutalement.

« Grave. Oh putain Gray…. J'vais toucher un de ces pactoles ! »

Je me détournai dans un volte-face allègre, les yeux brillant de convoitise à l'idée de récupérer mes gains, le cœur plus léger qu'un papillon. Image désuète s'il en est mais qui n'aurait pu correspondre mieux à mon envolée enthousiaste jusqu'au guichet approprié, situé près du bar. Les gens du Bones avaient pensé à tout car quoi de mieux qu'exciter les envies de dépenses en offrant aux regards esbaudis des parieurs, quantités de bouteilles d'alcool, plus alléchantes les unes que les autres ? Rares étaient ceux qui avaient osé miser sur le gringalet masqué, lequel avait déjà mystérieusement disparu de nos regards. J'aurais bien été le féliciter mais à peine avais-je retourné mon regard vers la fosse qu'il était déjà parti, délaissant les restes morbides du colosse éviscéré pour seuls vestiges du combat. Pourquoi refuser les éloges ? C'était un comportement que je ne comprenais pas mais je ne perdis pas plus d'une poignée de secondes à m'y pencher, oubliant aussitôt le guerrier mystérieux pour songer à ma propre victoire ! Ricanant tout seul, je n'eus pas à faire la file pour recueillir dollars et jetons dans lesquels je me serais bien roulé et, une fois que je les eus compté et recompté, je songeais déjà à la manière dont j'allais les dépenser. La soirée ne faisait que commencer. « Tournée générale ! »

Ce fut pendant que les verres se remplissaient que je me tournai pour chercher Grayson du regard. Ma générosité avait toujours été proportionnelle à mon enthousiasme et j'étais prêt à lui offrir une bouteille entière de whisky pur malt – ou un quelconque alcool de son choix - pour le remercier. Je commençais déjà par lui offrir un verre agréablement rempli de bourbon de qualité, le lui tendant d'un geste accueillant tout en vidant la moitié du mien d'une lampée gourmande. Le contre-choc de mon angoisse devait être noyé sans pitié, et j'y étais bien résolu. Malheureusement, j'avais beau chercher mon dealer des yeux, il semblait absent et je m'apercevais d'ailleurs qu'il y avait bien longtemps que je ne l'avais plus vu au Bones. Sans réfléchir, j'en avisai Gray à demi-mots, sans véritable désir de lui cacher mes objectifs décadents. « Tiens, t'as pas vu Isak ? Ça fait un moment qu'il zone plus dans les parages, j'avais bien des choses à lui demander pour fêter ma victoire. Tant pis. A la tienne, cow-boy ! T'as géré avec tes conseils mec, je reconnais. » J'ajoutai ces derniers mots d'un ton plus bas afin qu'il soit le seul à l'entendre, mes yeux plissés dans un sourire lumineux avant de me lécher les lèvres.

Nous étions perdu au milieu d'une masse hétéroclite de gens, des hommes et des femmes que je connaissais plus ou moins, de très bien à pas du tout. Même en de pareils lieux, aussi illégaux soient-ils, les homophobes étaient légion et se sentaient plus confiants que jamais en ces temps de prohibition. Pourtant, ça ne m'avait jamais retenu de flirter avec Gray ostensiblement, presque par provocation, appréciant le fait qu'il ne se dérobe jamais de son coté, même s'il se trouvait dans son lieu de travail. Je me demandais néanmoins comment il réagirait à présent, alors que je lui avais presque roulé une pelle en public. On pouvait mettre cela sur le dos de la joie de l'instant, après cette merveilleuse victoire, mais tout de même. Est ce qu'il allait se dégonfler ? Je m'en moquais un peu à dire vrai car je me satisfaisais avec lui du simple flirt qui égayait déjà mon narcissisme suffisamment, comme une mise en bouche entre autres joyeusetés. Je n'attendis donc pas plus longtemps, à peine mon verre terminé, pour prendre congé en lui offrant un clin d’œil léger. « On se recapte plus tard, la chance n'attend pas. » Les machines à sous clignotaient de mille feux, en effet, comme pour m'appeler de leurs lumières suaves, trop tentantes pour un papillon de nuit, comme moi. Mon verre vidé, je m'y dirigeais donc d'un pas aérien, le sourire aux lèvres et les poches pleines, ruisselant encore de cette veine éclatante qui me collait à la peau.

Le temps filait plus vite que le vent mais il happait mes jetons avec une rapidité surprenante. J'avais déjà dépensé l’entièreté de ceux que j'avais gagné et cela faisait la deuxième fois que j'échangeais les dollars de mes gains en pièces de jeu pour miser et miser encore. Les machines étaient affamées, je les avais vue engloutir mes offrandes avec avidité et, à chaque fois que j’espérais me refaire, je ne faisais qu'en perdre un peu plus. Il m'avait fallu longtemps pour m'en inquiéter, j'avais continué à rire et délirer avec les uns et les autres, j'avais même abandonné les machines un moment pour aller rejoindre une table de poker où une meuf m'avait dépouillé sans scrupule, avec la bouche en cœur. Je n'en avais pas moins passé un moment agréable avec elle, à échanger des blagues débiles que seuls les joueurs connaissaient, une complicité inégalable entre inconnus. Pourtant, je me retrouvais presque à sec et si j'avais hésité à revenir près de la fosse, je commençais à me demander si je ne devrais pas tenter à nouveau un pari pour un combat. Mais où était Grayson ? Je le cherchais du regard avant de me résoudre à parier au hasard, sur un métamorphe cette fois, qui était censé en combattre un autre. Ours contre guépard. J'avais désigné le félin comme champion, en raison de sa mâchoire impressionnante, mais il avait crié forfait au bout de cinq minutes de combat à peine, à demi étouffé par les pattes puissantes de l'ursidé. Une déception puissante, quel match honteux ! Rien à voir avec le précédent, si plein de suspens… En tous les cas, je me retrouvais sans le sous et ce fut sans hésitation que je hélais la blonde qui m'avait servi de partenaire au poker, un peu avant.

« C'est bon, fais pas ta chienne, meuf, file moi de quoi me refaire. »
« Je prête pas aux perdants. Sans rire, t'es mignon mais faut que t'apprenne à t'arrêter quoi, si la chance n'est pas là, elle est pas là... »
« Mais bien-sûr qu'elle y est ! Regarde, c'est écrit sur mon front là, on s'associe, t'as tout à gagner. T'as peur, tu te dégonfles c'est ça ?»
« Oh !!! Moi ? »
« Nan la voisine. Pffff »

L'ambiance commençait à s'échauffer. Cette pétasse était la quatrième personne à qui j'essayais de taxer un peu d'oseille – ou la cinquième ? - mais si les premiers pigeons avaient accepté sans souci, ils commençaient maintenant à râler. Sans doute le fait que je multiplie mes dettes devait les inquiéter mais ils étaient si pessimistes, homme de peu de foi va ! Quant à moi, j'étais en train de me demander si je n'allais pas piocher un peu dans le sac de la greluche si susceptible, une fois qu'elle aurait le dos tourné. Merde à la fin, j'étais sûr qu'elle trichait en plus.

 

_________________
The Jackal comes, blood lust on his lips. He craves the dead, our lives in his grips. He's after our hearts, he'll chew and swallow. Blood pours from his mouth, our lives will soon follow. Death comes to those who wait, He feels this. Eyes wide. We try to run from our past, but the truth we cannot hide.
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Death, dust, party, repeat. [Mikkel]

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