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 Even if the sky is falling [PV Mackenzie]

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MessageSujet: Even if the sky is falling [PV Mackenzie]   Lun 21 Déc - 2:39

Even if the sky is falling
○ This is the burden that I carry and it goes back a hundred years. But all the shit I did, I am done with it. You've got every right to leave but stay with me. Hold my hand, I can hear the ghost calling. And help me stand, even if the sky is falling. And I want you to know, I can't do it alone. Hold my hand, my hand, my hand. You're the reason why, we could write a different story. Lift me up, lift me up. I'm falling on my knees again.


Dans sa gorge, les défauts jubilent. Des gargouillis tissés d’ironie et de douleur. Deux pas, pas l'ombre d'une épreuve pour un nourrisson en apprentissage. Deux pas, des contrées à parcourir, un océan à conquérir pour un estropié. Y a-t-il pire sentence que celle que l’on s’est soi-même infligée ? La mâchoire serrée, la sueur dégringolant les temps et le cœur si près des lèvres, il ne peut se résoudre à répondre à cette interrogation par la négative. Les maux sont amoindris dès qu’il y porte le moindre songe. Et il en dédie des pensées à ce chevet délaissé plusieurs heures auparavant. Le jour, la nuit, dès qu’il tire la tête de sa paperasse, dès qu’il s’écarte d’une conversation. Le moindre instant offert à l’oisiveté ou au silence est une opportunité rêvée pour les rapaces traquant sa carcasse. Ils déchiquettent la chair, la jambe surtout mais l’aorte d’abord. Pourchassé plus ardemment encore par les spectres de la culpabilité quand Morphée l’abandonne. Torturé par ce dernier quand enfin, il lui concède quelques heures de sommeil. Des cauchemars sans fin, sans fond. Le seul pied à terre dans cette réalité, le journal. Le reste, un enchaînement d’ennuis, des brouillons de sourire et des remords lacérant les poignets, sectionnant les veines à répétition. Elias aime se penser tenace car l’adversité lui procure une sorte d'entêtement proche de l’obsession. Néanmoins, son corps encaisse les efforts fournis à rétablir un semblant d'équilibre mental et il en a conscience. Parfois, il croit qu’il s’invente cette souffrance ou du moins, qu’il l’amplifie par pression psychologique. Malheureusement pour lui, aujourd’hui n’accueille que des raisonnements incomplets et partiellement lointains. Son jugement et sa critique ne peuvent opérer en de telles circonstances. Il ne peut plus réfléchir tant les lancements fracassent sa seule existence. L’air devient insupportable pour ses poumons, il alimente un organisme brisé, usé, déchu. Heure noire pour une décision plus obscure encore. Il clopine jusqu’au seuil et appose trois coups contre une porte voisine.

Par chance, le gamin ouvre. Sa mère erre au fond de la pièce principale. Le grec prie intérieurement pour qu’elle ne s’emmêle pas. « ‘Sieur Kaligaris, vous avez vraiment pas bonne mine. » fait remarquer le gosse nonchalamment. Le damné retient son sarcasme de justesse. Ça ne servira pas sa cause. « J’ai un service à te demander. Rémunéré. » Le garçon relève le menton, l’intérêt piqué à vif, brillant au fond de sa pupille. « Je veux le double de la dernière fois. Savez, c’est pas tous les jours facile de traverser la ville. »  Le journaliste sent ses nerfs rompre mais se voit néanmoins tirer son portefeuille de la poche arrière de son jean pour tendre une liasse de billets à l’adolescent. « Et puis, faut mentir à la vieille. Savez, elle a des soupçons. »  Il y ajoute d’autres coupures et contient à peine sa fausse hilarité. Cette saleté de marmot se permet de lui extorquer une somme astronomique pour une course ridicule - mais néanmoins risquée au vu du quartier malfamé; tout ça parce qu'il est vulnérable et sur la brèche. Il n'est pas en état de polémiquer, pas capable de s'attarder sur le moindre détail. La confiance ne s’achète pas à tous les coins de rue de toute façon. Quand bien même elle pourrait l’être, il ne pourrait pas l’atteindre dans cet état. « J’ai besoin que tu trouves Mack. Femme, la vingtaine, 1m63, cheveux vert d’eau, caractère revêche. » Le négociateur se met à sourire. « Bien roulée ? »  demande-t-il puérilement. L’invalide observe sa patience s'effriter et sans attendre, le plat de sa main atteint la nuque de l’insolent. « T’avises pas de la reluquer. » « Je vous promets rien, ‘sieur Kaligaris. C’est de mon âge, il parait. »  L’homme grogne en guise de réprimande, trop épuisé pour mener cette discussion. Connaissant la mafieuse, il ne doute pas qu'elle puisse elle-même le remettre à sa place.

Ses doigts enfoncent dans la paume de l’impertinent un morceau de papier. « J’ai indiqué sa position là-dessus. Je veux que tu lui donnes mon adresse, que tu lui dises qu’Elias a besoin d’elle d’urgence, qu’elle apporte tout son stock et même ce qui est expérimental. Je veux un truc fort. Par intraveineuse même si possible. Je lui paierai le triple si ça lui chante. » Plus la durée de cette transaction s’allonge, plus il s’effondre sur la rambarde du porche et sent sa nausée s'amplifier. Il ne sait même pas comment il va pouvoir regagner sa propre demeure sans devoir ramper. « C’est de la bonne came qu’elle vend votre bombasse, ‘sieur ? »  Piedro a avancé, refermé la porte derrière lui avant que sa génitrice ne les surprenne. Assez malin ce garnement. D’un revers de main, le camé éponge son front perlé. L’âge ingrat. Il s’est toujours dit que Bran serait infernal une fois la puberté atteinte. Il en a mal à la poitrine d’y repenser. « Je vais faire comme si t’avais même pas parlé. Faut qu’elle vienne chez moi. Tu l’accompagnes si nécessaire, pigé ? » Il hoche de la tête, le coursier d’infortune, range l’argent et la note précieusement dans son blouson avant d’attraper son skate posé contre la façade et de glisser rapidement par la fenêtre entrouverte. « ‘man, je reviendrai à temps pour la bouffe. »  L’interpellée s’égosille mais de là où ils sont, ils ne peuvent profiter du fond. A défaut, ils sont capables d’imaginer plutôt précisément la forme. « ‘Sieur Kaligaris, toujours un plaisir. »  Le rejeton lui fait une courbette. « Grouille-toi. » précise le souffrant en le bousculant d’une main dans le dos. Alors que sa missive s’éloigne, il regagne difficilement sa maison. Il titube jusqu’au salon, manque de chuter à plusieurs reprises et se laisse tomber dans le canapé.

Le labrador choisit ce moment pour surgir dans la pièce et étouffer son maître en se jetant sur son estomac. Le propriétaire des lieux repousse abruptement la bête d’un coup de bras. « Bordel, Gustave, c’est pas le moment. » Mais loin d’être découragé, le chien dépose sa truffe contre la joue du hargneux. Elias soupire. La créature s’ennuie de Clémentine et Clémentine s’ennuie tout autant de lui. Carley ne veut rien entendre. Tout ce qui lui rappelle cet endroit la dégoûte. Le grec allonge un bras jusqu’à la table basse encombrée par toutes les boîtes fouillées plus tôt pour dénicher les derniers antidouleurs inexistants. Il ne se souvient pas avoir été en pénurie et à ce point diminué, affaibli par cette douleur physique insoutenable. Il déniche une cigarette au milieu du cimetière médicamenteux qu’il allume maladroitement d’une main tremblante sous le regard perplexe de l’animal. Il ne fallait prendre qu’une mesure totalement désespérée pour solliciter consciemment l’aide de Mackenzie. L’épisode de l’hôpital a engendré plus de migraines encore, plus de raisons de ne plus jamais la recroiser. Désormais, il n’est plus le seul en cause. S’éloigner était censé être bénéfique pour eux deux. Lui qui n’a aucune promesse à lui offrir, elle qui a mieux à faire que d’espérer qu’il « reste ». Mais il n’a trouvé pourtant aucune solution et ne peut compter que sur elle. Peut-être que c’est aussi la seule personne qu’il ait envie de voir en ce moment et celle qu'il craint tout autant, à part égale. Au-delà de sa nécessité, au-delà de ses aptitudes. Peut-être qu’elle parviendra à apaiser cette partie de son être qui abandonne quand le corps lâche et qu’il ne reste plus de lui que des débris échoués sur un canapé élimé. Il déteste cette baraque, il hait la couleur des murs, les jouets qui s’amoncellent encore dans un coin de la pièce, les chambres vides à l’étage et le bruit des souvenirs pris au piège entre ces parois. Il la déteste moins pourtant que l’idée d’inviter sa dealeuse en ces lieux. Avait-il le choix ? Peut-être. De toute manière, c’est trop tard. Rien n'a d'importance que la réponse à cette question. Viendra-t-elle seulement ?

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MessageSujet: Re: Even if the sky is falling [PV Mackenzie]   Mar 29 Déc - 23:33




La migraine prend naissance à l’arrière de son crâne, mitraillant ses tempes à coup de douleur dont elle aurait préféré se passer. Elle peut sentir l’hémoglobine échauffée par ses nerfs en pelote rebondir contre l’intérieur de son derme devenu hypersensible. Chaque mouvement, chaque frottement de l’air contre les pores de sa peau résonne d’une manière affreuse, lui causant des frissons désagréables et des sursauts constants. Son organisme ne semble plus lui correspondre, ne rentre plus dans ce moule qu’elle s’était pourtant épuisée à forger. Des heures vaines à changer le cours de son destin déjà entaché d’une certaine fatalité. Les lumières dansent devant ses prunelles couleur noisette. L’atmosphère sombre et l’éclairage tamisé se reflétant sur le mobilier du Little Darlings lui donne la nausée. Comme si l’endroit devenait toxique et impropre, intolérable pour son esprit dédoublé et imbibé de toutes sortes de panacées. Elle se sent étouffer, suffoque dans cet endroit prohibé, et pourtant toujours aussi bondé. Le besoin d’air, elle le sent grandir jusque dans son estomac qui se tord de plus en plus. Il se fait de plus en plus grand, de plus en plus envahissant et impossible à mettre de côté. Impossible à oublier. La mafieuse finit par écouter son corps, abandonnant le siège de son commerce pour retrouver une lumière plus naturelle. La lumière du jour, affadie par la grisaille ambiante mais non moins agréable pour les yeux fatigués de l’australienne. Elle peine à ouvrir complètement les paupières, presque aveuglée par l’intensité toute relative du rayonnement astral. Sa main trouve un appui sûr contre le mur du bâtiment. L’air inonde ses poumons, retrouvant le goût doucereux d’une respiration plus libre. Une situation qu’elle ne s’explique pas et qu’elle se contente de subir sans vraiment en chercher les raisons. Dernièrement, les phénomènes qui ne lui sont pas habituels s’accumulent et la dealeuse s’est faite à l’idée que ce genre de choses allaient devenir monnaie courante. Mais pas pour autant agréables à endurer. Et certainement pas compréhensibles.

L’oxygène de son abdomen se voit rapidement évincé au profit d’un atome bien plus euphorisant. Une substance de sa conception toujours en phase de test et d’appréciation. La cigarette à demi artificielle soigneusement roulée entre ses doigts fins, elle la glisse sans tarder sur le bord de ses lèvres entre-ouvertes. Sa colonne vient frapper dans un étrange silence les briques de l’édifice lui servant d’appui alors que sa main plonge dans l’une de ses poches, y croisant sans le moindre hasard le chemin d’une boîte d’allumettes presque vide. L’éclat du bâtonnet résonne dans la ruelle camouflant sa silhouette éreintée, l’orangée se reflète sur ses traits dessinés et s’estompe aussi vite qu’elle est apparue. La fumeuse inspire longuement sur la nouvelle havane, espérant y trouver ce réconfort habituel, qu’elle ne trouve nulle part ailleurs. Une échappatoire dans laquelle elle se fond pour se réveiller toujours dans cette même réalité, les mêmes atrocités, dont la vision s’adoucit et se trouble à mesure que son opium personnel s’insinue dans chacune de ses veinules. Mais ce bien-être éphémère se voit vite mis en suspend par un regard qu’elle croise à l’autre bout de la rue. Des yeux insistants et un sourire immonde la bouffant sur place. Elle grommelle une injure presque inaudible, dégoûtée de devoir interrompre son rituel pour un gamin idiot perdu sur le chemin de la maison. Elle s’apprête à revenir sur ses pas, retrouver la chaleur étouffante du  modeste cabaret dans lequel elle a posé ses bagages, mais une voix adolescente l’interpelle. « - C’est vous Mack ? La bombasse de ‘Sieur Kaligaris ? » Le nom la fait tiquer. En plus que l’insolence et de la condescendance. Le front plissé, elle se retourne pour trouver face à elle, un adolescent dans la fleur de l’âge. Et de la bêtise. « - Je suppose que oui » Elle retient un rire nerveux, doutant un tant soit peu qu’Elias l’aie désignée de la sorte. Ses bras se croisent sur son abdomen après avoir écrasé sa cigarette et balancé le mégot un peu plus loin dans la poussière.

« - C’est lui qui m’envoie. Il dit qu’il a besoin de vous et de votre came » Le gamin s’avance. Elle recule. Machinalement ses pas l’éloignent du marmot. Une méfiance toute naturelle entretenue par les yeux de l’insolent lorgnant sur la silhouette de la dealeuse de haut en bas et de bas en haut. « - Mais encore ? » L’invitation se veut pressante. L’évocation de son trafic ne lui suggère rien de bon concernant le grec et les chemins détournés empruntés par l’adolescent ne lui plaisent guère. Elle s'impatiente dangereusement et le calme commence à lui faire défaut. « - J’sais pas… vous pourriez m’en filer un peu et pis, on pourrait se revoir, il paraît que c’est de la bonne… » L’australienne ne lui laisse pas l’occasion de venir à bout de cette vaine tentative. Elle s’avance brutalement et agrippe le menton du rejeton, se baissant à peine pour lui adresser un regard faussement complaisant. « - Qu’est-ce qu’il a dit d’autre ? Pourquoi il t’as envoyé vers moi ? » La prise de ses doigts s’affirme un peu plus autour du visage du gamin, à peine impressionné. « - Ok, ça va, ça va. Il avait pas menti avec votre caractère revêche. Il m’a juste donné ça pour vous » Il fouille dans sa poche alors qu’elle desserre son emprise et se saisit du morceau de papier qu’il lui tend. « - C’est son adresse. Il vous attend, c’tait urgent il paraît. Il a dit que vous deviez prendre tout ce que vous avez de plus fort. J’crois qu’il a parlé d’intraveineuse et… » « - Tu crois ? » Elle soupire. Lassée de cette impertinence dont il fait preuve. Exaspérée, elle le coupe avant qu’il n’ouvre à nouveau la bouche. « - Laisse tomber, j’ai compris. Rentre chez toi, je trouverais mon chemin » Elle ne s’attarde pas plus. Les enfants et elle n’ont jamais fait bon ménage et cette piètre entrevue ne fait que confirmer ses craintes. Ce tempérament qu’elle se traîne depuis des années ne l’a surement pas aidée mais peu importe. Elle a saisit l’essentiel. Déjà, elle se fraye un chemin jusqu’à son laboratoire et embarque dans un sac en toile tout ce qui entre en contact avec la paume de sa main ou croise l’une de ses prunelles inquiétée.

La pièce manuscrite roule entre ses doigts comme le papier à cigarette a l’habitude de le faire. La dealeuse n’a pas traîné, devinant l’urgence de la requête à travers toute l’arrogance enfantine qu’elle a du affronter. Elle a relu plusieurs fois l’adresse, se remémorant l’endroit avec une difficulté non dissimulée. Regrettant parfois d’avoir renvoyé l’adolescent avant de lui avoir demandé plus d’explications. Des regrets biens vite effacés à la pensée de tout un itinéraire le marmot à sa botte, lui rabâchant des insanités à chaque coin de rue. Non, elle se débrouille très bien toute seule. Le quartier apparaît finalement devant ses iris voilées. C’est le pas hésitant qu’elle amorce les derniers pas la séparant du numéro indiqué sur le morceau de papier, doutant que le Elias qu’elle connaît ait élu résidence dans un telle bâtisse. Peut-être ne le connaît-elle pas si bien, après tout. Peut-être ne le connaît-elle pas du tout. La destination prend forme, devenant un peu plus tangible et effrayante. Ses phalanges apposent trois coups mal assurés sur le bois de la massive porte d’entrée. Une voix masculine résonne de l’intérieur. Des mots qu’elle ne discerne pas mais qu’elle interprète comme une invitation à franchir le pallier. L’australienne franchit le seuil de la demeure en prenant soin de refermer le passage derrière elle. Son regard se perd sur les murs de l’entrée, elle examine brièvement les photos sur lesquelles ses yeux peuvent se poser, pouvant distinguer sur la plupart une famille à l’apparence heureuse. Un léger pincement au cœur l’atteint alors que déjà elle s’engouffre dans le couloir, rattrapée par son inconscient bien plus neutre en toutes circonstances. « - Elias ? C’est moi » Ses doigts se perdent dans le vert de ses cheveux alors que sa voix menace de se briser à chaque instant. La mafieuse finit par distinguer une silhouette avachie dans le canapé élimé un peu plus avant dans la pièce. Elle s’apprête à rejoindre son client, pressant le pas sur le parquet usé. C’est ce moment que choisi l’animal de la maison pour accueillir la dealeuse, le plus chaleureusement du monde. Pas une once de méchanceté n’émane de la bête, qu’elle apprécie bien plus que le marmot rencontré un peu plus tôt. « - Salut le chien » Le souffle tendre lui échappe, elle s’accroupit pour mieux caresser le labrador visiblement investit d’un profond optimisme. « - C’est lui que t’aurais du m’envoyer, pas le rejeton infecte » Elle s’approche un peu plus de l’estropié et désigne l’animal d’un mouvement de tête bref, un demi sourire parcourant son visage. Le rictus s’évapore bien vite quand son regard se met à parcourir un peu plus précisément l’état du journaliste. Son front se plisse à nouveau. « - Que puis-je faire pour toi ? Un besoin urgent à ce que je vois ? » Le ton se veut joueur alors que ses prunelles continuent leur parcours jusque sur la table basse tapissée de paperasse et de boîtes vides. Il fait peur à voir mais elle refuse de se laisser avoir une fois de plus. S’apitoyer ou se laisser amadouer ne lui a servi à rien jusqu’ici. Rien qui ne l’aide à avancer. Rien de bien.

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Dernière édition par Mackenzie Caulfield le Sam 16 Jan - 14:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Even if the sky is falling [PV Mackenzie]   Mar 12 Jan - 22:09

Les minutes s’articulent en années alors que la douleur grignote les muscles atrophiés, atteint le genou, irradie dans la cheville. Les bruits familiers de la bâtisse sont autant de cris propulsés en pleine nuit pour instaurer un climat macabre, dénué de toute chaleur. Le bras se replie sur les paupières closes alors que l’attente se mue en impatience. Si au moins, il pouvait trouver un semblant de répit dans une somnolence relative. Les élancements chassent Morphée avec adresse et le laisse pour mort sur ce canapé passé d’âge. Un soupir qui en entraîne un autre alors qu’il se redresse péniblement pour balayer la table basse du regard. Dans un éclair de lucidité affolant, il songe aux détails qui ont de l’importance. Les jouets abandonnés, les photos encore présentes mais surtout, aux notes trainantes. A toute la paperasse qu’il a ramené du bureau en pensant naïvement réussir à travailler depuis son salon. Il se penche maladroitement, rassemble plus chaotiquement encore les documents. En désespoir de cause, le journaliste force un passage sous le divan, écartant d’innombrables babioles y séjournant pour pouvoir y planquer en toute discrétion son affiliation au Blackbird. Mesure de précaution. Ou simple habitude. Il ne démêle plus ces derniers mois les actions mécaniques de ses choix réels. Les questions se multiplient en silence, tout comme les options mais il n'y prête plus la moindre attention. Dès le départ, il a préféré adopter de nouveaux procédés, aussi répétitifs que faciles d'utilisation, à adapter et réajuster pour chaque situation comme un manuel préétabli couvrant tout imprévu ou presque. Il agit autant que possible selon cet équilibre bancal déniché au creux des circonstances, en se focalisant sur ce qu'il y a à faire et balayant tout le reste. Craignant uniquement l'apathie qu'il a tenté de rejeter dès les premiers instants, une fois, le choc durement encaissé. Cette façon d'opérer, c'est la seule qu'il connaisse. La seule qui fonctionne. Celle qui lui donne l'impression d'avoir le contrôle.

Et pourtant, le dos collé au cuir vieilli, l'estropié n'a jamais été aussi sûr de son incapacité à gérer sa propre situation. D’un rire froid et sarcastique, il traque l’ironie dans ce silence qui s’épaissit de seconde en seconde. Ce lieu autrefois habité par les éclats de voix, n’est désormais plus qu’hanté par les souvenirs et les échos qui s’attardent trop souvent dès qu’il se permet de briser la courbe de ses songes pour se concentrer sur l’endroit en lui-même. Trop souvent, il prend la fuite. Incapable d’endurer le poids de l’absence en plus du crime. Il trouve alors refuge chez Nolan. Le seul à l’accepter pour ce qu’il est et pratiquement l’une des seules personnes au monde à pouvoir se vanter de posséder sa confiance absolue. Il ne sait pas comment il aurait réussi à traverser cette succession d’épreuves sans son aide. Endetté jusqu’à la moelle, il ne cesse de tirer sur la corde en s’invitant de façon inopportune sur son canapé. Une vraie solution serait nécessaire mais la force lui manque. Vendre la bâtisse, trier les jouets, jeter les affaires de Bran. Il ne peut pas encore s’y résoudre. Pas quand ce dernier respire toujours. Le grec se perd dans la contemplation du verre à moitié rempli ou vide - il ne sait plus à quelle classe se ranger parfois alors il ne tranche pas, traînant encore sur la surface plane face à lui alors que les premiers bruits de pas se font entendre. Gustave aboie à deux reprises avant de saluer la nouvelle arrivante. Elias cherche à se relever mais échoue pitoyablement dans cette entreprise, manque presque de s’affaler à terre et finit par se laisser choir à nouveau dans les coussins. Les premières envolées mélodiques lui cisaillent les artères. Une note d’épice au milieu d’un givre éternel. « Par ici, Mack. » beugle-t-il de son ténor rocailleux.

Dès qu’elle s’insinue dans son champ de vision, il regrette d’avoir céder ainsi à la facilité. Cueillir sa silhouette au milieu du cimetière, comme une renaissance florale, bien trop empressée, celle qui va subir sans le savoir, le gel tardif, demeure affreusement incorrect. Il vient sans doute de gaspiller toutes ses chances en l’invitant ici, en l’obligeant à ramasser les miettes de ce qu’il a pu être, de ce qu'il a été qui est exposé partout ici et là. Son cynisme rattrape sa folie. Quelles opportunités a-t-il cru pouvoir un jour saisir avec cette femme bien trop jeune pour lui ? Comme pour faire bonne mesure et préserver des apparences totalement éventrées, il s’entend chercher à réinstaurer le ton habituel de la conversation. « Navré, je suppose que ce cher Piedro t’a férocement importuné. Je ne peux pas dire que ça me surprend, tu dois être son genre de femme. Personnellement, je ne pourrais pas lui en vouloir pour ça. Ce serait hypocrite de ma part. Concernant Gustave, le chien ici présent, il aurait été regrettable de l’égarer dans les rues par les temps qui courent. J’ai connu quelqu’un dont les parents étaient restaurateurs, ils tenaient un petit restau' chinois à New-York, établissement honorable au premier abord. Et pourtant... Tu ne veux pas savoir ce qu’ils font des chiens errants. Le Chinatown du coin n’est pas aussi éloigné que je le souhaiterais. Ne jouons donc pas avec le feu. » Les mots se détachent avec difficulté, dans une rapidité excessive qui instaure à l’effet voulu une sorte d’urgence malsaine venue inéluctablement de l’empressement du patient à soulager le mal. Les yeux de la dealeuse glissent sur sa peau, le brûlent instantanément. La honte instaure ses lois sur les entrailles du damné. La douleur à la jambe semble se faire moindre dès l’instant où l’égo se sent à ce point menacé. Fait d’autant plus réel alors qu’elle reprend la parole. « En effet, j’ai surestimé mes réserves. » Son aveu s'écorche contre le point. Les mains indiquent le fauteuil le plus proche afin qu’elle puisse s’y installer.

Le malaise perdure tandis qu’il cherche à se donner une allure moins pitoyable en se redressant du mieux qu’il peut. « Bien sûr, je vais te dédommager en conséquence pour ce déplacement. Tu pourras fixer toi-même le montant. Tu as apporté tout ce qu’il fallait ? » Le regard trace son chemin jusqu’au sac de sa sauveuse. « Je ne sais pas ce que mon ami Piedro t’a réellement expliqué mais si tu as le moyen de m’injecter directement le produit, même par les yeux si ça te chante, ce ne serait pas de refus. Je veux bien jouer au cobaye aussi si tu as mis au point ce petit produit miracle dont tu m’as vanté les mérites. Dis-moi juste si je dois m’attendre à voir un troisième œil me pousser au milieu du front ? Deux bras de chaque côté plutôt ? Je pourrai rejoindre le cercle fermé des créatures mythiques et devenir une légende. Pour un grec, ce serait un accomplissement en soi. » Réalisant qu’il aligne les phrases par crainte de laisser trop d’espace au mutisme et à la souffrance, il se tait. Il ne fait qu’aggraver le ressenti de son invitée en parlant aussi bêtement. Se crispant malgré lui à chaque vague de douleur, il espère seulement qu’elle pourra lui fournir un remède rapide.

C’est en se forçant à affronter les prunelles alliées qu’il constate la rougeur de ses dernières. « Rassure-moi, quand tu mélanges tous tes petits produits, tu évites de te défoncer avant tout de même ? Non parce que je blaguais pour le fait d’entrer dans la légende. Je suis déjà assez mal fichu comme ça… Je ne voudrais pas devenir repoussant au point de te faire fuir.» Pas vraiment un reproche, tout juste l’esquisse d’une inquiétude. Il sait qu’elle consomme plus d’une drogue. Et il sait tout autant que ça le déroute. Pourtant, il n’a pas à avoir d’opinion sur son hygiène de vie. Parce qu’il n’est pas en droit. Ça n’empêche pas cependant qu’il aimerait pouvoir la protéger de ce qu’il ignore et ne comprend pas. Pour se foutre en l’air avec autant d’acharnement, il faut avoir une bonne raison. Et depuis l'agression de la belle, il doit avouer avoir développé une multitude d’hypothèses avec pour seule conclusion que ça ne le regardait pas. Si une telle scène devait se reproduire, pour sûr, il agirait de la même manière et sans hésiter. La protéger avant tout d’elle-même. Une bien belle mission qu'il doit étouffer pourtant. Qui est-il pour elle si ce n'est le pauvre patient pathétique qui réclame son aide ?

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MessageSujet: Re: Even if the sky is falling [PV Mackenzie]   Sam 16 Jan - 21:22




L’instruction éraillée résonne jusqu’à venir percuter ses tympans. Guidée par la voix sourde du journaliste, elle se trouve bien vite en face de lui. Plantée sur ses deux jambes, à constater les dégâts de sa condition sur son organisme meurtri. Elle lutte inlassablement entre la part d’elle qui voudrait s’agenouiller à son côté et lui venir en aide sans tarder, et son opposé qui refuse de lui céder ce morceau de raison qui s’accroche péniblement au reste de son esprit. De lui accorder cette satisfaction. Le duel se veut sanglant à l’arrière de son crâne, une bataille inégale entre son coeur et sa tête. La summum du pathétisme, effritant sa fierté encore un peu plus. Mais à mesure que ses prunelles effleurent la silhouette du souffrant, elle réalise qu’elle n’est certainement pas la seule à se mordre les doigts d’avoir concédé à cette rencontre. Qu’il Lui a certainement fallut beaucoup de réflexion et une certaine forme de courage pour se résigner à la faire venir, dans sa propre maison. Plutôt que de se laisser avoir par les palpitations frappant son abdomen avec force, elle se pare d’un masque de neutralité sans faille. Une armure assez épaisse pour ne pas Lui laisser l’occasion de la fendiller. Et d’entrevoir son manque de volonté à résister. La rapidité avec laquelle il récite son discours lui arrache un sourire amer. Perspicace et pas complètement idiote, elle devine à travers cette tentative de dissimuler la vérité toute la douleur à laquelle le grec doit faire face. Une tentative restée vaine. Sa capacité à la faire passer au second plan au profit d’une tirade à l’intérêt contestable la laisse sans voix. Un demi-sourire fini par apparaître sur son visage, illuminant son teint de porcelaine et ses yeux rougis. « - Gustave ? Ça lui va plutôt bien » La douceur de son timbre la surprend mais elle ne laisse rien paraître. Choisissant délibérément de ne relever du monologue que l’information la plus futile. Un éclat de rire cristallin échappe à ses lèvres alors qu’elle l’imagine déjà se vexer de sa piètre remarque. Une main s’égare dans le vert de ses cheveux alors que le constat tombe et lui arrache un frisson. « - Je vois… » Elle observe la droiture de son ego s’effriter à mesure que les mots s’écrasent lourdement dans l’atmosphère. Impassible, la chimiste ne rechigne pas devant l’invitation et s’installe sur un fauteuil au plus proche de son propriétaire.

Le sac en toile racle le parquet à ses pieds alors que ses traits s’inquiètent en voyant le grec trimer à se redresser sur son canapé. Nouvelle tirade, nouvelle tentative. Aussi vaine que la première et pourtant tout autant louable. Son regard ne décroche pas de celui de l’éclopé et il parvient à la divertir malgré les circonstances. Plus par son comportement horriblement puérile que par ses mots mais la vérité subsiste toujours. Une douleur saisissante qu’elle ne peut imaginer. Ses coudes viennent percuter le haut de ses genoux, les doigts s’entrelacent de gauche et de droite alors que ses prunelles adoucies se plongent dans celles de son client. « - Tu parles trop. Évidemment que j’ai apporté ce qu’il faut, ne sois pas ridicule, détends-toi » L’impression de dominer l’instant la galvanise. Elle se sent en pleine possession de ses moyens et complètement libre d’agir sans subir une quelconque pression. Sentiment trop rare, surtout en présence du journaliste qui a souvent tendance à la troubler plus que de mesure. Aussi imperturbable que frondeuse, elle se penche pour atteindre son sac et y plonge une main assurée. Un sourire narquois étirant ses lippes rosées. « - Cela étant dit, l’idée du troisième œil ne me paraît pas si mauvaise, je vais y penser. S’il est aussi beau que les deux autres, je pourrais te l’arracher du front et m’en faire un collier. Ou une broche ? Épinglée du côté du cœur, ce serait affreusement romantique, enfin, ce n’est que mon avis » Le vocable s’aligne sans qu’elle ne le regrette vraiment. Sans qu’elle ne se reconnaisse vraiment non plus. La mafieuse n’a de cesse que de jeter des coups d’œil furtifs et joueurs vers le mâle alors que ses doigts s’agitent dans la sacoche. Elle en ressort une demi douzaine de boîte remplies de comprimés et gélules en tout genres qui ne tardent pas à se retrouver sur la table basse. L’australienne achève son inventaire avec un flacon de liquide translucide et une seringue qu’elle conserve précieusement entre ses doigts glacés.

« - Ne t’en fais pas, Elias, il en faudrait bien plus pour me faire fuir. J’ai la chance de posséder un esprit assez ouvert et comme tu as peut-être eu l’occasion de le constater, je ne m’arrête pas aux contraintes physiques » Les gestes se succèdent machinalement jusqu’à ce que ses avants-bras se trouvent à nouveau sur le haut de ses cuisses. Le léger rictus qui l’accompagne ne défaille pas et après avoir roulé des yeux dans ses orbites, elle se lève. Sa volonté ne l’amène pas plus loin que sur le canapé du ténébreux. Profitant d’une proximité relative et surtout possible pour se préparer à exercer ses talents. Les phalanges ne tardent pas à s’actionner, renversant le petit flacon dans laquelle l’aiguille est venue se planter. Le front plissé, elle s’exécute, à peine touchée par la remarque de l’éclopé qu’elle ne juge pas en état d’analyser quoi que ce soit. Et certainement pas sa capacité à elle, de faire son métier comme il se doit. « - Mais si tu penses que je ne suis pas capable de gérer je peux très bien m’en aller et t’envoyer quelqu’un d’autre. Après tout, ce dont tu as besoin, ce sont surtout mes créations, pas moi en particulier, n’est-ce pas ? » Le sourire s’élargit contre ses joues pâles alors que la fiole à demi vide s’écrase sans grand fracas contre le mobilier devant elle. Le transfert de substance effectué, elle s’oriente de trois quart vers le grec, l’air assuré. D’une main, elle remonte l’étoffe qui recouvre le bras masculin, s’efforçant de ne rien laisser voir de son propre état mental.

« - Oublie le dédommagement. Je suis pas venue pour ça. Et, jusqu’à aujourd’hui, j’avais encore une dette envers toi pour… » Elle souffle alors que sa voix déraille. L’australienne profite de ce silence accablant pour perforer la chaire, transpercer l’épiderme robuste du journaliste, sans vraiment le prévenir de son geste. « - La fois où tu m’as raccompagnée », achève-t-elle finalement en poursuivant son injection. Les souvenirs de cette sombre nuit refont surface sans crier gare, lui arrachant une grimace de dégoût. Elle aurait tout fait, tout donné, pour l’oublier et l’échanger contre une autre. Une autre plus semblable à la fin de la première pourtant. Car même avec toute la meilleure volonté du monde, elle ne pourrait oublier ce qu’il s’est passé entre eux. Ce baiser échangé, aussi salvateur que douloureux. Mais ses mémoires la hantent plus que de raison, confrontés à son esprit empourpré dans la fumée. Et elle n’a pas non plus omis qu’elle était toujours redevable envers lui depuis cet évènement. Elle serre les dents pour ne pas se laisser emporter par les vents qui la bousculent et ne tarde pas à retirer la seringue du bras d’Elias.  « - Considère ça comme la manifestation de mon extrême bonté d’âme, si ça peut te faire plaisir, ou comme le paiement de ce que je te dois. Peu m’importe. Mais ne t’avise pas de me donner le moindre centime pour ce que je suis en train de faire » Elle le prendrait comme une insulte. Une preuve de plus du déni de l’homme vis à vis de sa personne. L’ustensile rejoint le reste du matériel sur la table basse alors qu’elle applique un morceau de coton sur le point de sang qui se forme à l’endroit de la piqure. « - Ça devrait te soulager rapidement. Attends au moins une heure avant de reprendre un autre anti-douleur, d’accord ? La boîte bleue, c’est ce fameux nouveau truc que j'ai mis au point » Le timbre doux effleure l’air ambiant alors qu’elle articule avec une certaine difficulté, désignant le petit reliquaire bleuté du doigt. « - Un seul comprimé à la fois, c’est du genre fort et si tu prends une dose trop forte, qui sait ce qui pourrait t’arriver… » Un troisième œil peut-être ? Elle s'abstient de formuler la remarque mais elle ne doute pas qu'il le fera de lui-même. Le regard enjôleur se prolonge jusque dans les prunelles sombres du journaliste. Les orbes claires de la dealeuse s’illuminent dans un nouvel éclat de rire, sa crainte du moment inévitable des explications la prenant aux tripes. Une réticence qu’elle ne se cache pas et qu’elle préfèrerait retarder autant que possible. Alors que, de l’autre côté de son esprit dédoublé, l’importance qu’elle accorde à l’estropié ne fait que s’accroître. Grandir, dangereusement.

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MessageSujet: Re: Even if the sky is falling [PV Mackenzie]   Dim 24 Jan - 4:06

Les mots n'interrompent aucun regard, aucun battement. Ils ne soutiennent même pas son illusion factice, n'entretiennent que le vide à combler. Ou plutôt l'espace qu'il souhaiterait occupé pour ne plus être ici et elle, là-bas. Tellement d'obstacles contre lesquels butter, tellement de raisons de ne plus chercher effleurer du bout des cils la courbe de sa nuque, les contours de ses lèvres, le dédale de teintes dans ses yeux. Il peut les aligner sur une feuille, il peut justifier chaque cause. A commencer par sa situation, par leurs âges respectifs, par le fait qu'elle mérite mieux que ce qu'il pourrait lui offrir. Des plans sur la comète ? Sans doute. Pourtant, elle a tissé de drôles de promesses lors de leur dernière entrevue. Des syllabes galopant sans mal dans la cervelle du journaliste, s'insinuant dans le fil de ses réflexions pour frapper plus sournoisement à chaque fois. Que tu restes. Quel but poursuivi si ce n'est celui qu'il a décidé de ne pas envisager, à défaut de le souhaiter secrètement. Une folie. Et plus encore, une véritable hypocrisie. Il aime se penser droit et honnête. Cet homme en lutte perpétuel contre son propre organisme, cet homme épuisé par les nouveaux combats à mener, usé jusqu'à la moelle par les difficultés et définitivement jugé pour ce qu'il a commis. Cet énième pas ne l'éloignerait-il pas seulement de ce qu'il aimerait ou plutôt devrait être ? S'appuyer sur le peu de convictions restantes et faire ce qu'il y a de plus juste pour elle, pour Clementine aussi. Sans doute qu'autrefois, il n'aurait pas pris en considération, cette argumentation, qu'il aurait laissé la gravité le bousculer dans sa direction. Il n'aurait peut-être pas hésité. Il n'aurait pas réfléchi.

A se surprendre en conflit perpétuel entre la réalité et le fantasme, il en vient inéluctablement à cette seule conclusion. Quoiqu'il tente à l'avenir pour la tenir à distance, quoiqu'il décide de faire, il ne peut pas prétendre à l'indifférence. Même absente, Mackenzie occupe ces pièces qu'elle n'a même jamais visité, elle hante les allées qu'il traverse et croit désertes, elle est partout, à chaque seconde. Absolue. Comment peut-on faire d'une femme, un concept qui transcende perpétuellement sa seule présence ? Devenue l'égérie d'une obsession dérangeante, d'une pensée rassurante quand le chaos se dispute la chair du damné. Bien ou mal, il en a déjà débattu. Des notions troubles dès qu'il s'agit de ce qu'il se passe ou ne se passe pas entre eux à l'heure actuelle. La dealeuse ne lui concède que quelques phrases à son pitoyable discours. Il l'observe évoluer dans cet endroit froid, rendu misérable par le manque d'entretien et de chaleur humaine. Toujours cette belle anomalie pour des lieux si laids. Il a l'impression de l'insulter en la forçant à se tenir là, dans l'antre d'une tragédie. Ses boucles à la colorimétrie inédite et imprévisible nuancent sans mal les drames.  « Dans cette société d'égoïstes et d'individualistes, on ne parle jamais assez. Ou trop peu des choses essentielles plutôt. Mais évitons la dissertation, il parait que je dois me détendre. Je conscientise bien ma tare, n'aie crainte. Rappelle-moi de te raconter un jour, la façon dont mon instit' maternelle a justifié l'utilisation excessive de ruban adhésif sur ma bouche quand mes parents sont venus me récupérer à la sortie. » Il ne doit même pas se forcer pour poursuivre ses dialogues vide de sens et d'intérêt. Ils se construisent sans son accord. Mais si en plus, elle se prête à son impertinence, il ne sait vraiment plus à quel moment il pourra réellement s'arrêter. Sûrement pas maintenant, alors qu'elle retourne sa manœuvre contre lui et qu'il en demeure interdit.

Il conserve autant que possible la légèreté dans le ton de sa voix émiettée par la souffrance insoutenable endurée mais sa façon de lui concéder furtivement de son attention, sa manière d'être de façon générale, ne l'aide en rien à garder le contrôle. « Loin de moi l'idée d'attenter à l'intention morbide derrière cette remarque fort intéressante mais à ta place, j'aurais choisi quelque chose de plus symbolique quitte à l'épingler près du cœur.  L'annulaire gauche par exemple. Tu sais que les grecs d'autrefois pensaient qu'une veine reliait directement ce doigt au cœur ? Après, je peux te céder mon majeur si tu le trouves plus approprié pour éloigner de futurs Piedro. Tu pourrais t'en faire un charmant pendentif. Puis soyons réalistes un instant, c'est plus aisé de cloner un doigt qu'un œil peu importe que ta drogue soit forte ou non. » Les ondes de douleur deviennent suffisamment encombrantes pour qu'il se mette à délirer de toute manière. Il espère juste qu'elle oubliera vite ce qu'elle a entendu, vu. Il faudrait qu'elle ne s'attarde pas pour ça mais il doute réussir à la laisser partir cependant. L'heure n'est pas aux adieux de toute manière. Le grec la détaille avec beaucoup de soin tandis qu'elle rassemble son matériel. Se focaliser sur elle, sa façon d'aspirer l'air et de le rejeter lui permet de ne plus se soucier de la crise éprouvée par les séquelles de l'accident.

Il apprécie un peu trop la façon dont son prénom résonne quand il s'extirpe des lippes de la mafieuse. « Voilà une nouvelle qui illumine cette journée. Je vais donc pouvoir aborder le thème embarrassant de cette prothèse qui remplace à s'y méprendre ma vraie main. Adieu les complexes. » Il agite bêtement sa dextre en tout sens avant de retrouver un semblant de sérieux. Sa mine s'assombrit malgré lui. « Tu vois à quel point il est urgent de m'injecter le plus féroce antidouleur. J'ai atteint le stade du délire aiguë bien qu'il soit plus ou moins chronique chez moi, je le déplore. » De quelques battements d'ailes silencieux, quasiment fantomatiques, le papillon s'invite près de la flamme. Elias se mord la langue pour mettre un terme à ses monologues inintéressants, la nervosité accentuée par la soudaine proximité qu'elle a instauré.

Si l'idée de mettre en péril leur équilibre instable en testant l'attraction, le taraude réellement, il n'en est plus rien dans la seconde qui précède. La réplique suivante claque comme un courant d'air glacé sur sa poitrine. Cette déception manifeste le cloue sur place. Pire ce reproche lui semble être une terrible erreur. Il la fixe sans ajouter le moindre mot alors qu'elle continue d'agir, de parler. Il la regarde sans comprendre. Sans même deviner ce qu'il va répliquer. Il ne sent pratiquement pas l'aiguille qui transperce sa pelure terne, ne réalise pas que le produit vient galvaniser ses veines de sa mission salutaire. Non. Tout ce qu'il perçoit, c'est l'empressement de cette femme à lui rappeler que rien n'a été oublié. Il traque le silence, une fois celui-ci revenu, balaie les informations inutiles pour en venir à ce qui est essentiel.

Quand le timbre s'invite finalement dans leur atmosphère, il ne lui ressemble en rien. Pas quand il s'adresse à elle du moins. Mélange d'amertume et d'agacement.« Tu n'as jamais eu de dette envers moi, Mack. A vrai dire, tu me vexes au plus haut point pour avoir un seul instant, cru que tu en avais une. Parce qu'aussi fou que ça puisse te paraître, ce jour-là, ce n'est pas pour ta marchandise ou comment l'as-tu décrit plus exactement ? Ah oui, pour la nécessité de tes créations que je m'en suis mêlé. Ça n'a rien d'un service rendu de manière charitable, ni d'une action désintéressée, ça m'aurait forcément affecté si tu avais abattu cet homme sous mes yeux autant que de te laisser rentrer dans cet état seule. Tu comprends, je l'ai fait parce que j'avais besoin de savoir que tu allais pouvoir rentrer chez toi, soigner tes plaies. » A chaque souffle, le ton s’adoucit tandis qu'il se rapproche pour mieux se pencher ultimement vers elle, le coude accolé au canapé, la main retirant avec précaution la chevelure du cou.

Ses doigts glissent le long de sa nuque lentement, s'attardent aux endroits où les hématomes avaient brimé l'épiderme. Plus une trace de violence désormais. Un soulagement éphémère. « Affronter le lendemain aussi. C'était purement égoïste. Je suppose que je n'avais pas à mettre mon nez dans tes affaires qui plus est, donc tu ne me dois rien. Pour ta bonté d'âme, je ne peux pas tellement argumenter, je suppose mais... » Le dos de sa main coulisse contre la gorge avec douceur, remonte jusqu'à sa mâchoire. Sa paume s'y loge, son pouce se charge de tracer de légers cercles sur sa joue. Cette proximité l'enivre, le terrifie à part égale. Il ne cherche plus à lutter mais ne veut pas perdre les enjeux de vue pour autant. « Laisse-moi au moins l'opportunité de te remercier. Tu sais, j'ai la nette impression qu'en te donnant la sensation de briser cette dette - non existante de base, j'insiste là-dessus, tu t'assures de ne plus avoir la moindre excuse ou raison de traiter avec moi à l'avenir ? Ôte-moi de ce doute parce que je ne suis pas certain de pouvoir accéder à cette requête si elle existe. Je trouverais ridicule, voir totalement dramatique de ne plus pouvoir te revoir parce que je t'ai raccompagnée ce soir-là. » Un sourire ironique rehausse sa bouche alors qu'il délaisse sa joue pour redessiner du bout du doigt le contour de ses lèvres. « Ou plutôt parce que je ne suis pas resté ? Tu m'en veux vraiment pour être parti ou tu m'en veux pour ce que j'ai initié juste avant ? » Oui, c'est tout ce qu'il a besoin d'éclaircir là, maintenant, tout de suite. Ce qui suivra dépendra sans doute de cette réponse. Et il espère l'obtenir avant de retrouver la raison. Avant de se souvenir qu'il existe autant de parce que que de pourquoi.

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MessageSujet: Re: Even if the sky is falling [PV Mackenzie]   Dim 31 Jan - 19:15




Le poids qu’elle porte sur les épaules semble s’alourdir inlassablement. Sa présence de plus en plus remarquable ne lui laisse aucun répit, aucune opportunité de reprendre son souffle. Chaque mot qu’elle prononce lui fait l’effet d’une cicatrice que l’on rouvre. Chaque syllabe qu’il articule percute ses tympans comme autant de pansements arrêtant l’hémorragie. Croiser son regard la fait sortir de la noirceur ambiante dans laquelle elle s’est plongée, sans vraiment le chercher mais sans pour autant l’en empêcher. Un poison salvateur auquel elle ne s’attendait pas. Un curare qu’elle ne peut s’interdire de consommer mais dont elle ne parvient pas à comprendre les effets. Autant de contradictions qui auraient du la convaincre de ne plus côtoyer le grec, de s’en tenir à des contacts professionnels. Une relation de dealeuse à son client comme elle en connaît de nombreuses. Si elle avait su ce qu’il l’attendait. Si elle avait su que sa raison se déroberait au profit de l’aliénation, elle s’y serait laissée emporter plus tôt. Elle a toujours été convaincue que la folie douce avait du bon, mais toutes les limites de sont pas bonnes à franchir. Et se heurter à un mur comme Elias le lui a bien vite rappelé. La ramenant assez brutalement sur les rails de la normalité, ces règles d’usage qu’elle exècre. Mais que Lui semble tenir en haute estime. Une nouvelle contradiction. Nouvelle preuve de l’impossibilité de ce qu’elle a pourtant si souvent envisagé. Autant d’indices qu’elle refusait de voir mais qu’elle a finit par prendre en compte, jusqu’à les avaler et se les rentrer dans le crâne à force de se les répéter sans cesse - martèlement douloureux de ce qu’elle était incapable d’admettre.

Elle le voit trimer à conserver ce ton léger qui lui sied si bien. Ce petit air joueur dans la voix, qu’elle a appris à reconnaître et à apprivoiser. Malgré la douleur dont elle le sait accablé, malgré toute la souffrance dans laquelle il se voit emprisonné, malgré son état honnêtement lamentable, elle le contemple essayant du mieux qu’il peut de ne pas perde la face en sa présence, conserver ce qui lui reste de fierté. Un sourire léger ancré sur son teint de porcelaine, elle ne peut s’empêcher d’y voir une certaine forme de courage. Ou tout du moins, une certaine ténacité. Des efforts absolument louables et elle se rend compte qu’elle n’a jamais douté que le journaliste puisse en être capable. La difficulté à garder son masque d’impartialité en place se fait de plus en plus grande alors que les grands discours et autres déblatérions de son client s’éternisent. Elles ont cependant le mérite de lui arracher quelques éclats de rire. La scène lui paraît presque irréelle, à la limite du fantasque. Elle se mord la lèvre pour se contraindre de ne pas rire plus fort, consciente qu’un tel comportement vexerai l’estropié. Les sonorités masculines emplissent l’espace, ne laissant que très peu de temps au silence pour s’instaurer entre eux. Il réplique plus vite que n’importe qui d’autre dans le même état physique, ne perdant jamais une occasion de rebondir sur ce qu’elle a initié. Cette seconde nature l’exaspère autant qu’elle la divertit. D’un autre côté, le voir aussi bavard la rassure, ne pouvant nier que le contraire l’aurait autrement plus sérieusement inquiétée. C’est en grande partie la raison pour laquelle elle se permet ce rictus railleur. Le délire continue et elle parvient à peine à s’immiscer entre deux tirades, imposant sa voix de son mieux dans cet environnement inconnu et peu hospitalier. Elle se sent épiée, scrutée sans ménagement dans le moindre de ses mouvements. Jusqu’à ses pas étudiés soigneusement, elle le sait, quand l’ombre finit par se rapprocher du grec dans un mouvement fluide et tout juste contrôlé.
 
La révocation de sa dette de manière plus officielle ne la soulage en rien. Tout comme l’évocation de cette nuit sombre et maudite. Dans la bouche du journaliste, la description qu’il en fait sonnerait presque comme une scène de roman qu’on prend plaisir à lire et à relire. Mais elle, à pourtant détesté la vivre et à horreur de la revivre à chaque fois qu’un détail le lui rappelle. Elle souffle, pas plus rassurée par le ton adoucit qu’il se remet à employer. La proximité la galvanise, le toucher l’enivre. Elle qui avait pourtant cherché à se rapprocher, ne pensait pas que la situation se verrait inversée. Le remède injecté, il ne lui laisse pas l’opportunité de s’éloigner. Elle a perdu le contrôle mais ne s’en blâme pas, au contraire. Les doigts effleurent sa nuque, caressent son cou et remontent jusqu’à sa mâchoire. Elle se plonge dans un mutisme assez profond pour en perdre son sourire. La chaleur dégagée par la paume contre sa joue achève d’acheminer toute l’amertume de ses pensées jusqu’à son esprit malmené. L’impression qu’il lui laisse goûter la saveur de l’interdit pour mieux la lui retirer plus tard, le pêché mortel qu’elle s’est toujours refusé. Les sentiments s’entrechoquent et déchirent ses entrailles alors qu’il paraît savourer la torture qu’il lui inflige en retraçant le contour de ses lèvres rosées. Perdue, elle se plonge dans les prunelles assombries de l’éclopé, y cherchant inconsciemment les réponses aux questions qu’elle n’a jamais osé poser. Réduite au silence et à l’inaction par l’emprise qu’il exerce, elle ne capte que quelques bribes de ce qu’il récite. Quelques mots mis en relief par son intonation. Un vocable différent, qui sort de lot, se distingue des autres. Ou peut être celui qu’elle voulait entendre sortir de sa bouche et qu’elle distingue enfin au milieu de tout le reste.

« - Tu as raison » Elle articule soigneusement alors que le demi-sourire qu’elle arborait plus tôt refait surface. « - Tu délires, Elias » Le souffle s’impose entre eux comme un désenchantement. L’australienne balaie le toucher impromptu d’un revers de la main qu’elle aurait voulu plus doux. Elle s’enfuit, la biche effrayée devant le chasseur. Brisant le contact, se dérobant à la tension qu’il avait si ardemment instaurée. Le pense tellement atteint par la douleur qu’il en perd la raison et tout contrôle sur sa volonté. A du mal à croire à la véracité de ses dires, à son honnêteté. « - T’as besoin d’un verre. Un verre d’eau. Fraîche de préférence », continue-t-elle en se levant du canapé. Elle s’échappe de tout contact, instaure le plus distance entre leurs deux organismes. Jusqu’à fuir le regard du ténébreux, préférant laisser divaguer le sien dans la pièce encombrée de souvenirs, à la recherche d’indices indiquant la cuisine. « - T’en fais pas, je vais pas te le jeter au visage. Sauf si c’est vraiment nécessaire » Le decrescendo de sa voix se veut amplifié par l’éloignement qu’elle entame en prenant la direction d’une autre salle de la maison. La logique implacable des règles universelles de conception architecturales lui donnent raison et elle ne tarde pas à revenir auprès du journaliste. « - Tiens » Elle lui propose le verre plein, lui laisse à portée sur la table basse avant de reprendre place sur le cuir usé du sofa. Elle l’observe quelques secondes, laissant le silence reprendre ses droits sur eux, avant de finalement apposer les premières ébauches d’une réponse.

« - Je ne suis pas dans tête, Elias. Je suis capable de beaucoup mais il y a des choses que je ne peux pas deviner à moins que tu ne me le dise clairement. Tu as cette sale habitude de penser le contraire. Je suis flattée que tu surestimes mes capacités à ce point mais crois-moi, c’est fatiguant » Un soupire incontrôlé échappe à sa gorge endolorie, elle se masse les tempes. Cherche ses mots pour ne pas le blesser plus qu’il ne l’est déjà. « - Je n’ai aucune raison valable de ne plus faire affaire avec toi. Tu me rapportes beaucoup et à un rythme régulier. Ce qui est assez confortable pour une dealeuse comme moi et dans les circonstances actuelles, je ne peux pas me permettre de perdre un client comme toi » Son dos vient s’appuyer contre le fond du canapé. Si seulement il n’était question que de ça. De vieilles histoires de transactions qui auront débouchées sur ce qu’ils sont, ou ne sont pas, aujourd’hui. Elle se désespère de ce constat et l’amertume lui revient en bouche de la manière la plus désagréable possible. « - Je t’en veux pour le silence, le brouillard dans lequel tu m’as laissée en partant ce soir-là. Rien de plus. Tu aurais pu regretter, m’en vouloir pour ce qu’il s’est passé. Mais tu aurais du me le dire » Le timbre de sa voix se fait plus tranché. Elle ne peut nier le ressenti qu’elle a gardé depuis cette nuit morbide et bien qu’elle aurait aimé ne rien laisser voir au journaliste, elle ne peut garder cette légère rancune enfouie plus longtemps. « - Alors dis-moi, est-ce que tu regrettes ? » Le front plissé, elle le confronte, se préparant à la réponse. Toutes les réponses possibles. « - Je suis vraiment trop honnête, j’aurais pu profiter de ton état pour t’injecter n’importe quoi. Tu connais le Thiopental ? Les gens emploient plutôt son nom d’usage, à savoir le sérum de vérité. J’en ai tu sais ? J’y songerai, la prochaine fois » Puisqu'il y en aura une. Les pommettes s’étirent, ne parviennent pas à retenir le sourire qui demande à poindre sur son visage fatigué. Elle ne veut pas que l’entrevue tourne au règlement de compte et la direction dans laquelle elle a envoyé la discussion ne lui plaît que très peu. Il l’a cherché, après tout. La méprise pourrait lui coûter trop cher et elle n’est pas prête à payer ce prix. Une maladresse, une erreur à ajouter à son carnet noir. Mais de toutes les erreurs qu’elle a pu faire, Il est sans aucun doute sa favorite.

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MessageSujet: Re: Even if the sky is falling [PV Mackenzie]   Mar 2 Fév - 23:30

La tentation tiraille la morale, la réduit en cendres pour en mieux en rejeter chaque particule dans l’air déjà corrompu. Les paupières basculant, l’air trouvant un chemin tortueux entre les lippes encore closes. Une multitude de détails fracassant le mutisme électrique qu’ils s’imposent abruptement. Cette proximité devient pourtant pratiquement insuffisante pour subsister. L’aliénation ne porte aucun jugement sur la pensée qui suggère et presse toujours plus l’insolent. Jusqu’à quel point peut-il défier les limites, leur gravité réarrangée selon les convenances ? Tout le ramène à elle. Il suffit d’arquer juste un peu plus la nuque pour caresser du bout des lèvres, un morceau de sa peau, pour remonter du cou jusqu’à l’oreille. Ses doigts glissent quelques promesses contre son visage, des souhaits à entretenir d’un autre regard. C'est devenu pratiquement un divertissement entre eux. Deux damnés aux idées imprécises, aux comportements brouillons et aux répliques chaotiques. Un jeu dont il méconnait les règles, dont il ne saisit plus très vraiment les enjeux. Des dés à projeter, des cases à parcourir. Aucun départ pour aucune arrivée. Toujours au même point depuis des mois désormais, piégé dans cette ridicule attraction, coincé entre l’ambre et l’opale, souffrant d’incohérence à répétition. Incertitude de l’attitude à arborer entre cet éboulement aortique et cet esprit en friche. Que feindre si ce n’est la confiance ? Croire qu’il suffit d’empiler des mots, alimenter l’instabilité d'une poignée de gestes afin qu’elle participe à cette mascarade et se rapproche suffisamment de lui pour qu’il puisse abandonner une bonne fois pour toute, le peu de raison et de décence qu’il déniche dans ses principes. Pourtant, le doute persiste. Il est impérieux dès qu’il apporte ses interrogations à la discussion. Comme les derniers maillons d’un filet à resserrer autour de sa carcasse, pour le tenir écarté du rivage. Il suffit d’une seule parole pour qu’il en sectionne chaque attache, un seul acte pour y mettre feu.

Mackenzie se tient là, les pieds dans le sable, l’horizon s’égarant dans la pupille. La belle fiction convoitée s’effondre dès qu’elle parle, elle s’achève définitivement quand elle le repousse. Elle le renvoie en mer et il succombe péniblement à la houle. Les yeux se referment tandis qu'un soupir lui échappe. Il accompagne sa déception d’un léger sourire crispé. Le rejet n’a jamais semblé plus amer. La tête sous l’eau, il ne l’écoute déjà plus que d’une oreille tandis qu’elle se défile. La pièce désertée, il ne lui reste plus qu’à ramasser le peu de dignité restante. Sa main ondule contre ses traits tirés, essuie péniblement l’embarras. Il n’a en sa possession que quelques secondes afin de se recomposer un masque empreint de neutralité. Sans doute y parviendrait-il plus facilement sans la douleur encore éprouvée. Elle revient successivement tandis que sa conscience réapprend l’environnement qu’il a effacé au profit de sa petite comédie. Même Gustave semble se moquer de lui depuis son pan du salon. Le grec pose sa joue quelques instants contre le dossier du canapé, se focalise uniquement sur son pouls pour parvenir à maîtriser la situation. Mais il a déjà perdu ce droit, pas vrai ? En totale incapacité de contrôler ce qu’il se déroule. Ou ne se déroule pas. Elle revient, il se redresse. D’un geste de tête un peu raide, il salue son attention. Ou du moins, l’excuse pour la fuite. « C’est bien aimable. » Le timbre se veut doux mais se fait pratiquement sec.

Presque surpris de la voir reprendre sa place à ses côtés, il n’en reste pas moins détaché. Autant que possible du moins. L’atmosphère a totalement basculé. La tension circule entre eux mais elle n’a plus rien de stimulant ou d’électrique. Elle affaiblit les dernières forces que le journaliste possède encore. D’une énième tentative désespérée, voulant à tout prix sauver les meubles de cette ruine, il ouvre la bouche mais la referme aussi vite quand la voix de son interlocutrice vole à la fois le silence ainsi que toutes ses facultés cognitives. Les syllabes le tirent vers un abime de confusion et quand enfin, elle achève ses remarques, il ne peut réprimer son rictus mi-ironique, mi-amusé « A quel moment, t’ai-je déjà menti ? A ma connaissance, je n’ai jamais dispensé le moindre mensonge. Je ne fais même pas vraiment dans l’omission de vérité. Range donc ta drogue, jeune ensorceleuse, elle n’est nullement nécessaire. » Il réajuste légèrement sa position sur le sofa élimé pour cueillir au mieux les prunelles assassines. Meurtri par l’éclat qu’elle fournit à cette nature morte qu’est sa vie, il ne s’accorde que quelques inspirations pour rassembler ses pensées et se constituer une intonation apaisante. « Non, Mackenzie, je ne t’en veux pas. Pas du tout même. Je pense avoir eu ce soir-là, la réaction la plus censée du monde. Mais en effet, tu me poses un problème plus grand que ça. J’ai du mal à conserver ma raison en ta présence. Et si regret il y a, ce ne serait sans doute pas celui auquel tu crois. Mais ça ne serait sûrement pas un regret raisonnable. Ni ce que tu souhaites entendre à l’heure actuelle, je le crains. Parce qu’après tout, j’ai plutôt l’impression que tu es la première à regretter ce qu’il s’est passé là. » Qu’y avait-il à comprendre derrière le repli soudain de la jeune femme si ce n’est cette évidence ? « Un client comme moi n’aurait pas dû agir de la sorte avec une dealeuse comme toi, non ? C’est ça que tu veux m’entendre dire ? Parce que c’est plus ou moins vrai. Mais entre devoir et vouloir… Un bien grand débat, n’est-il pas ? » Son attention se défait des iris voisines pour rencontrer la silhouette remuante de l'animal à ses pieds. « Pour le brouillard, j’en suis désolé mais je crois que je m’y suis moi-même perdu plus d’une fois. Je ne peux pas t’aider sur ce point. Et je ne possède pas moi-même le moindre don en télépathie. Autant que tu le saches, si tu ne l’as pas encore deviné toi-même, j’apprécie fortement la franchise. » Il relève le menton pour redessiner du bout des cils, ses traits.

Son bras se redresse pour s’allonger contre le dossier du canapé. Inconsciemment, il se rapproche un peu d’elle, laisse ses doigts s’égarer juste un instant dans ses cheveux à la teinte acidulée. « Alors à quoi tu penses ? » Un souffle expulsé alors qu’il fait coulisser les quelques mèches contre sa paume avant de reculer quand la lucidité et son orgueil reviennent cogner la cervelle. Le trentenaire bascule alors vers l’avant, les bras sur les genoux. « Tu aurais préféré ne jamais avoir mis les pieds ici, hein ? T’avais sûrement mieux à faire que de jouer à l’infirmière. Ta loyauté envers ta clientèle est remarquable. Vraiment remarquable. » Les épaules remontent, descendent, marquent l’impuissance. Il ne sait plus quoi dire pour la retenir. Ni pour justifier le moindre de ses actes. Il peut encore moins comprendre ce qu’ils se disent, ce que ça implique et ce que ça signifie pour la suite. Sa main dérange le bordel sur la table basse avant d’attraper la boîte qu’elle lui a apporté. « Qu’est-ce que t’as raconté sur ces gélules encore ? Si je dépasse la dose, il se passe quoi ? » D’un geste las, il la repose sur un tas de papiers froissés et se retourne vers la dealeuse pour confesser très calmement. « J’ai toujours eu un souci avec les règles à respecter. Les limites à ne pas franchir. » Il appuie le sous-entendu en laissant le dos de sa main effleurer la cuisse de l’australienne alors qu’il prétend se replacer plus correctement entre les coussins. Mais il sait qu’il n’est pas vraiment subtil. Ce qui lui passe par la tête ? Il n’en sait vraiment rien. Il a encore mal. Il est épuisé. Et il n’arrive pas à combattre réellement cette attraction démesurée. « Je ferais mieux de boire ça vite avant de le recevoir sur la tête, oui, je sais. » Un léger sourire presque triste, presque espiègle. Quelque part à mi-chemin.

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MessageSujet: Re: Even if the sky is falling [PV Mackenzie]   Mer 17 Fév - 15:30




Réduite à contempler sa volonté s’effriter, elle cherche inlassablement des raisons de ne pas succomber, sans pouvoir les trouver. Une quête destinée à ne jamais s’achever. Une lutte qu’elle livre autant contre des forces extérieures que contre elle-même ; la fuite n’étant que le bouclier qu’elle a décidé de lever pour se protéger d’une nouvelle potentielle erreur. Ses nerfs lui tiraillent l’échine, déchirent son épiderme sensible, réclamant ce qu’ils attendent depuis longtemps. Ce qu’elle ne peut se résigner à leur accorder. Autant de contradictions auxquelles elle ne peut dire non, le refus n’en serait que trop douloureux mais l’acceptation ne lui est pas permise. Le timbre qu’il emploie à son égard est changé. Consciente d’en être la cause, la proximité retrouvée n’y change rien. L’égo déjà bien amoché de l’éclopé se désagrège encore un peu, elle peut même sentir une pointe de colère naître dans ses prunelles assombries par la douleur. Et malgré cette tension naissante dans leur atmosphère, bien plus désagréable que la précédente, elle ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire à peine visible. Un rictus satisfait. Manifestation de ce contentement qui la gagne après avoir été capable de s’évader, échapper à l’emprise qu’il exerce sur elle, se dérober à son toucher provocateur. Les orbes noisettes ne lâchent pas le journaliste, épiant chacun de ses mouvements, analysant la moindre de ses réactions. Constatant l’effet que ses agissements ont pu avoir sur sa personne. Piégée entre la complaisance non dissimulée et un attendrissement certain, auquel elle ne peut se résoudre.

Immobile, adossée contre le dossier du canapé usé, elle se trouve bien incapable d’interrompre les élucubrations du blessé. À force de l’entendre déblatérer autant, elle peine à faire la différence entre ce qu’il veut bien lui révéler et ce qu’il persiste à lui cacher. Ce qu’il consent à avouer et ce qu’il continue de renier. Le vrai du faux. Son attention toute entière se concentre sur la voix du grec qui s’obstine à dissimuler la moindre émotion, cherchant la faille dans laquelle s’engouffrer. Quand elle finit par apparaître devant ses prunelles embuées, elle profite de l’occasion qui lui est donnée, ne cherchant même pas à réfléchir ou penser à l’ordre de ses mots. « - Inutile d’essayer de me donner des leçons de franchise quand tu n’es pas capable de faire preuve d’honnêteté envers toi-même » Les regards se croisent férocement. Le ton se veut doux mais apparaît plus amer ; l’envie de lui arracher sa vérité se fait de plus en plus pressante, oppressante. Ses jambes à demi nues se croisent et se décroisent, comme pour occuper l’espace. Si l’effet qu’elle a sur lui se résume à lui faire oublier la raison, lui engendre chez la dealeuse un gout du risque qu’elle pensait avoir perdu. Elle le déteste de jouer avec elle comme il le fait, il semble se réjouir de la voir si fébrile. La fibre sanguine s’échauffe quand les doigts masculins s’enroulent de nouveau entre les mèches de ses cheveux pastels. Un instant si près, un autre déjà loin. Elle ne sait même pas quoi répondre après le discours assommant qu’il a pu lui servir, malgré sa condition physique pitoyable. Il l'impressionne par sa volonté à sauver les apparences, autant qu'il peut la contrarier par son attitude. « - Je pense que tu as tort sur bien des points mais qu’il serait vain d’essayer de te faire admettre tes erreurs de jugement alors que tu es en si mauvais état » Un soupire échappe à ses lèvres rosées alors qu’elle tourne la tête, pour mieux éviter le contact de ces yeux fatigués le long de ses traits. Épuisée de se battre contre une ombre, elle désespère un jour de trouver la solution à leur problème. Un problème qui n’en est pas vraiment un, mais qui s’impose pourtant entre eux comme la plus solide des frontières.

« - Tu crois vraiment que j’aurais fait le déplacement pour n’importe lequel de mes clients ? Je suis peut-être loyale, en effet, mais il n’a jamais été question de ça ici. Si c’est vraiment ce que tu penses, alors tu es plus aveuglé par la douleur que je ne le pensais » Elle imite les mouvements du journaliste pour mieux analyser sa pensée. Mais le trouble qu’il agite ne lui permet pas de comprendre quoi que ce soit de plus. Peut-être ne fait-il que la provoquer pour lui faire dire exactement ce qu’il veut entendre, lui extirper des mots de sa bouche endolorie à force de trop se pincer les lèvres. Il l’a pousse à bout mais elle résiste aux assauts et les coups qu’il assène à son esprit broussailleux ne font que renforcer son armure de glace. Les doigts effleurant sa cuisse lui parviennent comme une énième tentative de braver l’interdit qu’il s’impose à lui seul, et lui arrachent un nouveau rictus. « - Pourtant il y en a une, de limite, que tu sembles réticent à outrepasser » Le murmure prend forme à l’orée de ses lèvres et s’étend jusqu’à atteindre l’oreille masculine qu’elle effleure sans le vouloir, après s’être approchée brièvement dans un souci de confrontation. À peine se rend-elle compte d’avoir provoqué ce contact furtif que déjà elle s’éloigne, se réinstallant bien droite dans le fond du canapé élimé.

« - Tu parles de raison, d’être raisonnable. Tu n’as que ces mots là à la bouche. La vérité c’est que tu dois être incroyablement lassé et ennuyé de constamment te restreindre pour correspondre à l’image que tu veux bien donner et laisse moi te dire une chose, parfois, la déraison a du bon » Elle appuie son propos d’une voix assurée, presque tranchante, laissant entrevoir son agacement et la patience qui lui file entre les doigts. « - Tu connais le monde dans lequel on vit, non ? Certainement mieux que moi qui vit recluse, en plus de ça. Alors, pardonne-moi si ça paraît stupide mais, j’ai du mal à saisir pourquoi tu t’imposes toutes ces soit-disant barrières. Tu crois pas qu’on nous impose déjà assez d’interdits comme ça ? » Il se fait plus doux, le timbre qu’elle emploie en l’adressant de la sorte. La sincérité transpire par tous les pores de sa peau et elle commence à s’en vouloir pour ça. La peur de se retrouver confrontée à un mur la gagne et elle soupire en passant une main dans ses cheveux. La tournure qu’à pris leur échange ne lui plaît que très peu mais elle ne peut s’empêcher de penser qu’il est nécessaire d’en arriver là. À force de retarder l’échéance, ils en sont arrivés à un point de non retour. Il aurait peut être été préférable que les choses se déroulent dans un endroit neutre, vide de tout souvenirs contrairement à cette maison gorgée du passé du journaliste. Les circonstances en ont décidé autrement, elle va devoir faire avec. « - Tu te contredis tout seul Elias, je devrais sûrement te remercier pour ça d’ailleurs. Tu t’épuises à ma place, c’est plutôt confortable quand on sait à quel point tu me fatigues, d’ordinaire » Le sourire s’étend le long de ses joues alors que la distance retrouvée lui procure une certaine forme de stabilité. Une torture doucereuse à laquelle elle pourrait succomber sans problème comme on se laisse aller au plus savoureux des délices.

« - Si tu veux mon avis, tu ferais mieux d’arrêter de lutter et aller te reposer. Vu ta mine affreuse et ton teint grisâtre, tu en as clairement besoin » Lutter contre quoi exactement ? La question se pose sans que la réponse ne lui parvienne. L’australienne provoque son propre mal, danse avec le diable. Elle s’approche de nouveau de l’éclopé, réduit l’espace entre leurs deux organismes échaudés jusqu’à le rendre presque inexistant. Un bras s’échoue sur l’épaule du mâle alors qu’elle envisage un instant le verre d’eau resté sur la table. Son regard finit par dériver jusqu’aux boîtes de gélules colorées, autant de possibilités pour le soulager. « - Étant donné que ce genre d’objets commence à se faire denrée rare dans le coin, si tu pouvais éviter de les jeter une fois qu'elles seront vides et me les ramener, ce serait vraiment adorable de ta part » Désignant son objectif du doigt, elle se veut plutôt sérieuse sans pour autant en devenir désagréable, sourire à l'appui. Bien vite, d’autres choses disséminées sur la table basse attirent son attention. « - C’est quoi tout ça ? » Le vocable franchit la barrière de ses lèvres de manière à peine audible alors que déjà, elle s’éloigne du blessé. Penchée vers l’avant, elle dérange ce qui l’est déjà, plonge son regard au cœur de l’amoncellement de papiers qu’elle avait choisit d’ignorer jusque ici. Elle ne parvient pas à déchiffrer ce qui entre en contact avec ses prunelles brunâtres, n’en prend pas vraiment le temps non plus. Sa curiosité s’arrête là, l’envie de s’immiscer dans des affaires qui ne la concernent pas ne l’a jamais conquise. Elle se contente de mettre de l’ordre sur le mobilier, rectifiant ce qu’elle n’a pourtant pas endommagé. Plutôt que de se concentrer sur ce qu’elle devrait corriger.

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MessageSujet: Re: Even if the sky is falling [PV Mackenzie]   Mar 23 Fév - 2:03

Les faiblesses marquent la chair en profondeur, inscrites sous la peau, révélées par les failles de cette humanité. Pas après pas, mot après mot, il semble lui avoir fourni les munitions alors qu'elle a toujours été en possession de l'arme. Aucun lien pour nouer leurs poignets. Pas la moindre conjonction pour joindre leurs prénoms. Du je, il balaie le nous pour qu'elle puisse subsister en tu. Ni un choix, ni une décision, pas même une option. Il tangue selon ses envies et ses devoirs. Bien incapable de poser un point final à ces incertitudes, incomplet dans chaque direction empruntée. Quelques mèches sucrées pour le détourner des fatalités, un magnétisme vorace pour l'arracher à cette pesanteur manifeste. Devrait-il se parer d'honnêteté, d'une brutale sincérité pour lui faire comprendre sa méprise ? Des vérités à dévoiler, des tragédies à esquisser et ses erreurs à agiter. Elle s'enfuirait sans doute, sans même se retourner. Pas prêt à la voir s'effacer, si peu prêt à sacrifier leurs rencontres contre sa réalité. Sa belle échappatoire. Tant qu'il se balance d'un comportement à l'autre, les possibilités peuvent encore être toutes envisagées. Entretenir la friction, qu'elle soit positive ou négative, c'est s'assurer du contact. Son égoïsme le maintient à proximité. La cherche sans toutefois la trouver. Elle se lasse de ses jeux enfantins aux résultats anéantis par les terreurs de l'adulte. Il n'engendre que le chaos sensoriel, l'anarchie des songes et le désordre des syllabes. Un ouragan la propulsant toujours plus haut, plus loin. Promesses de voyage sans pour autant, apporter le moindre paysage. Entre la brise et le sol, où veut-elle se situer ? Il ne fait pas dans la prétention. Tout juste dans l'espoir vain, fou, interdit. Dérober son souffle, accrocher son regard, rêver à davantage.

Les interventions se succèdent, dispersent plus de bouleversement que de réconfort. A la dernière insolence, il mise tout ce qu'il y a encore à parier sur l'intensité. L'électricité claque pour ne jamais foudroyer. Dans cette superbe supercherie, il se soumet aux évidences, déguise l'authenticité afin de la convier dans toute son imperfection à la discussion pour mieux accuser le retour de flammes. « Tu te trompes sur ce point. Ce n'est pas parce que je ne t'offre pas la vérité dans toute sa simplicité que j'ignore ce que je souhaite. Je sais pertinemment ce que je veux. » Le ton ne concède aucune alternative, sévère et sans appel tandis qu'il soutient sa férocité de sa détermination. Il pourrait ponctuer cette fermeté d'une énième provocation mais les frôlements teintent la légèreté. Cette séduction qui ne s'assume pas mais qui se suggère. Venir appuyer de tels propos reviendrait à exécuter le mouvement de la perte. Il s'est jeté plus d'une fois sur ses jugements et continue d'en payer le prix. Que restera-t-il de lui quand elle l'aura éconduit plus abruptement encore ? La dealeuse ne s’embarrasse déjà plus de sous-entendus pour viser l'orgueil. Le timbre se couvre de dureté pour affronter ce qu'il cherche tant à évincer. « La douleur n'a jamais réussi à altérer mon esprit. Je ne peux pas en dire autant de ta présence, il est vrai et nous tenons peut-être ici, la source de toutes ces erreurs que tu sembles si empressée à me prêter. » Quelques marmonnements décousus pour un trouble de plus en plus grand. Ils s'effleurent sans jamais se toucher. Cette douce dynamique met en défaut le reste de dignité qu'il a mobilisé.

Démantelé par l'offensive adversaire, il maintient une immobilité désagréable et un mutisme inconvenant. A cet enchevêtrement de désirs frustrés, il croit pouvoir répliquer mais déjà la conclusion bat la mesure et réduit à néant les quelques derniers filaments de fierté. Elle s'approche, s'éloigne, frappe, caresse, assassine, revient et repart. Les émotions se font absentes au dehors mais se déchaînent au dedans. Sonné par la revanche de l'australienne, il peine à rassembler sa substance pour contrer ce discours. Le besoin de s'éloigner lui saisit la poitrine, le propulse sur ses guibolles alors que la pièce se met immédiatement à bercer son équilibre bancale. Le remède apporté fait déjà quelques effets suffisants pour qu'il parvienne à marcher avec une lenteur frôlant l'indécence jusqu'au mur adjacent.  Ces quelques misérables pas sont périlleux, témoignent de son handicap et pourtant, demeurent terriblement importants. Il veut peut-être lui rappeler qu'il ne dépend pas d'elle, qu'il lui reste un semblant d'amour-propre. Trop tard sans doute pour cette énième mascarade. Un exil éphémère se comptant en mètres pour marquer une cassure entre eux, le temps de prendre un certain recul. Le bras s'adosse à la cheminée, les doigts attrapent le paquet de cigarettes y séjournant.

Le filtre glisse entre ses lèvres alors qu'il s'adonne à son plus vieux vice en actionnant le briquet. Il tire plusieurs bouffées de nicotine avant de s'approprier leur environnement sonore. « J'ai dédié ma vie à la liberté, tu penses pouvoir m'apprendre quelque chose à ce sujet ? Je la connais suffisamment pour avoir atteint plus d'une fois ses limites. Certaines frontières sont nécessaires pour ne pas mettre en péril sa vie ou celles d'autrui. J'ai brisé plus d'un interdit dans ma misérable existence et tu vois où ça m'a mené. Je suis obligé de me gaver de ta drogue pour pouvoir subsister, obligé de me faire escroquer par un adolescent pour délivrer des missives. Je me donne en spectacle devant une charmante jeune femme qui me fait remarquer de la façon la plus réaliste qu'il soit que je ne suis qu'un pathétique amoncellement de chair tout juste bon à lui ôter toute énergie. Ne te méprends pas sur moi. Je sais pertinemment ce que je suis. Et c'est pour ça que je ne comprends pas pourquoi tu voles à ma rescousse sans réclamer le moindre sou, sans même te cacher derrière une excuse toute trouvée. Ni  même pourquoi nous entretenons cette discussion réellement insensée alors que tu as sûrement mieux à faire que de m'écouter chercher à gagner des batailles déjà perdues d'avance. » Entre douceur et amertume, sa voix se déplace dans les nuances que son expression ne transmet pas. Conscient de ses ratés, il se tait finalement pour mieux se déplacer.

Plus exténué que jamais, il se réinstalle à ses côtés, se cale entre quelques coussins, la clope au bout du bec et l'amusement émietté à ses pieds. « Tu as peut-être raison. Je devrais me retirer mais juste pour que toi, tu puisses te reposer vu que toutes mes élucubrations sont, apparemment, aussi incohérentes que lassantes et qu'en plus, aujourd'hui, je ne peux même pas me reposer sur mes charmes pour maintenir ton attention à un niveau respectable. » Il laisse entrevoir l'impact que ses mots ont eu sur lui. Blessé par sa franchise, il n'a récolté que ce qu'il a semé. Il a définitivement égaré le contrôle et le masque. C'est peut-être mieux comme ça au fond. D'être remis à sa place. Loin de toute insinuation ou tentation. Son regard agrippe les gélules en désespoir de cause. Il pourrait lui demander des extra, quelques somnifères, des calmants. Il lui faudra au moins ça pour surmonter cette entrevue. « Ne t'en fais pas, je te les rendrai. Je dormirai même avec pour m'assurer de leur bon état, si ça peut faire ton plaisir. » Son ténor se pare de morosité. Il écrase son mégot dans un cendrier proche et se penche afin qu'elle cesse d'agiter sa paperasse inutilement. « Rien d'intéressant, tu peux t'arrêter. Je n'ai pas fait appel à toi pour tes talents ménagers. » Sa paume rattrape la sienne pour qu'elle stoppe son action. Cherche-t-elle l'esquive ? Ou disperse-t-elle le malaise désormais impérieux ? Peu importe.

Les doigts d'Elias resserrent leur prise sur la main de son bourreau et seule alliée. « Je suis désolé de t'avoir dérangé. J'éviterai à l'avenir que ça se reproduise. Crois-moi, j'aurais préféré que tu n'assistes pas à ça. » divulgue-t-il d'un souffle en nouant durant un bref instant, ses doigts aux siens. Dernier acte qu'il s'octroie pour réparer comme il peut l'ambiance atroce qu'ils ont engendré. Geste destiné autant à réinstaurer leur proximité qu'à se rassurer sur les dégâts. Il porte cette étreinte jusqu'à sa bouche, glisse ses lèvres sur les phalanges de son interlocutrice avant de la relâcher rapidement pour attraper le verre d'eau. « Et les contradictions s'arrêtèrent ici pour aujourd'hui. Je suppose. » Un soupir, il avale plusieurs gorgées, repose le récipient. « Tu es sûre que tu ne veux pas que je te paie ? » Il redresse enfin le menton pour croiser ses prunelles. L'ambre apaise les tiraillements aortiques. Jusqu'à la prochaine lutte. Jusqu'à la prochaine défaite.

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MessageSujet: Re: Even if the sky is falling [PV Mackenzie]   Lun 7 Mar - 22:43




La ton sévère la fait vriller, basculer d’un extrême à l’autre. Elle ne s’attendait pas à ce que l’amertume refasse surface si violemment, d’un côté comme de l’autre. La voix l’attire, plus captivante qu’un aimant mais le timbre impitoyable la renvoie valser contre des souvenirs qu’elle aurait aimé différents. Ils n’ont jamais étés si proche physiquement et pourtant, elle ne l’a jamais senti aussi éloigné et distant. Une froideur relative résonnant dans le vocable sévère employé, faisant écho à ses propres paroles. Un dialogue dont elle ne voit pas la fin ; ils passent leur temps à se renvoyer la balle et leurs erreurs. La lassitude se fait de plus en plus sentir dans son attitude alors qu’elle se sent déjà glisser le long de cette voie sans issue. Un tunnel dans lequel elle s’est engouffrée innocemment, sans savoir si elle pourrait un jour en sortir, s’extirper du brouillard et retrouver la clarté. La surprise pourtant n’est pas si grande de le voir réagir si sèchement. Elle l’a cherché, provoqué même. Profité de sa faiblesse, aussi. Elle doit l’avouer. Le revers de la médaille n’est que très rarement agréable et elle devait si attendre. Le voilà enfin qui ne se fait pas vraiment attendre, elle ne peut que l’accepter sans broncher. Consciente de ce qu’elle a engendré, cette atmosphère électrique à deux doigts d’imploser. Mais elle ne s’en veut pas, non. Pas pour ça. Son jugement a été prononcé en faveur d’une telle confrontation, sa raison la déclarant plus que nécessaire. Et s’ils continuent de tourner en rond, de se tourner autour, ce n’est peut être pas si mal. Les certitudes qui se dressaient devant elle s’effondrent peu à peu, à mesure que la dureté du ténor masculin s’expose entre eux.

Les prunelles avelines décortiquent les traits tirés de l’éclopé, cherchent une réponse tangible à lui donner. Mais les mots se meurent au fond de sa gorge endolorie. Elle n’arrive à rien formuler d’assez consistant pour s’opposer à une logique qu’elle pense assez solide. L’envie même de répliquer vient à lui manquer. Elle se met à jouer nerveusement avec ses doigts, se mordille la lèvre inférieure pour empêcher les sons d’échapper à son contrôle. Elle peut voir l’ensemble immobile se désagréger, perdre de sa consistance avant qu’il essaie finalement de reprendre les rennes de son propre corps et retrouver une certaine consistance. Elle se satisfait du résultat auquel elle a contribué. Les lippes s’étirent dangereusement mais elle ne laisse pas le sourire malsain se prolonger le long de ses joues et baisse la tête, ne le regarde pas se lever, ne le voit pas quitter le canapé, préférant entremêler ses doigts fins dans le pelage doré du chien couché à ses pieds. Elle se redresse finalement lorsqu’il s’éloigne, ajoutant de la distance entre leurs deux corps échauffés. L’instinct lui hurle de le suivre, l’épauler, lui offrir un bras sur lequel s’appuyer. La retenue dont elle fait preuve lui déchire les tripes et le voir marcher avec tant de difficulté encore plus. Elle s’interdit la moindre assistance, se refuse même à lui demander s’il en a besoin. Le sachant déjà bien assez amoché dans sa fierté, elle ne veut pas l’achever, le laissant libre de divaguer et de se réadapter à des sensations plus humaines que la douleur. Les mâchoires serrées, elle grince des dents en se replongeant dans le fond du canapé élimé. Ses bras se croisent sur son abdomen alors qu’il met un terme à sa course folle et enchaîne sans attendre sur la provocation suivante. Le filtre étincelle sous l’effet d’une flamme orangée. Les yeux roulent dans leurs orbites, elle soupire doucement mais ne réagit pas.

Il l’interpelle sans vraiment le faire. La rhétorique s’impose devant elle alors qu’il ne croise même pas son regard. Préférant tirer sur le filtre et s’empoisonner les muscles encore un peu plus. Le ton qu’il emploie ne lui plaît que très peu mais une fois encore, elle se retient de se rebiffer. La nécessité ne se fait pas entrevoir, elle préfère alors garder chaque réplique qu’il lui vole bien au chaud entre ses cordes vocales. Elle les sent vibrer, se mord les lèvres pour les retenir d’éclater. Consciente que ce qu’elle pourrait avoir à dire n’aurait pas grand intérêt. Il prend plaisir à relever tout ce qu’elle a pu évoquer de négatif, souligne le pire. Et se permet d’omettre les aveux, les vérités auxquelles elle a pu se laisser aller. Il joue avec ses nerfs. S’acharne à faire comme si il ne comprenait pas, ne saisissait pas le sarcasme ou la plaisanterie alors qu’il en maîtrise toutes les subtilités. Il joue à l’enfant qu’on accuse, se défend en coupable. Cette fois, le sourire s’élargit sans qu’elle ne cherche à l’en empêcher. Le front plissé, elle écoute attentivement chaque mot se poser dans l’air comme un nouveau reproche, elle les encaisse, mais ne les admet pas. N’en prend pas la responsabilité. Elle parvient à peine à le cerner à travers l’amoncellement de critiques qu’il semble lui exposer. S’y perd elle-même alors que le silence reprend finalement ses droits.

« - T’es bien un journaliste, y’a pas à dire. Et défaitiste en plus de ça » Le rire cristallin lui échappe, elle le suit du regard alors qu’il se remet en mouvement. L’air hagard d’avoir trop parlé. « - T’as l’air d’avoir des tas de choses intéressantes à raconter. Écris un livre. Tu trouveras peut-être les réponses à toutes tes questions dans le processus » Le timbre joueur réapparaît de la manière la plus évidente qui soit quand il reprend place à ses côtés. L’air exténué qu’il porte sur son visage l’inquiète de plus en plus mais elle n’ose pas l’affront de lui faire remarquer une fois de plus. « - Ne soit pas si aigri, Elias » Elle se redresse, s’avance sur le devant du sofa usé en passant une main dans le vert de ses cheveux. Elle sourit quand il n’objecte pas à sa demande même si elle perçoit encore cette dose d’amertume dominant le reste. Que pourrait-elle ajouter ? Rien qui ne calme les nerfs déjà bien échauffés du journaliste. Elle penche alors vers le silence. L’observation. Se dirige vers la paperasse éparpillée aux quatre coins de la table qui les devance, agite ses bras dans tous les sens. Entame du rangement en laissant ses iris noisettes se poser sur des bribes de phrases manuscrites. Rien qu’elle ne puis interpréter cependant, tout juste assez pour piquer sa curiosité. Stoppée en pleine action par la main rude et froide du ténébreux qui la saisit au vol. Le ténor résonne toujours aussi autoritaire entre eux alors qu’elle plonge un regard doucereux dans celui du mâle. L’emprise qu’il exerce sur elle se resserre à nouveau, faisant écho à la prise de ses doigts entrelacés avec les siens. Les excuses, elle les entends à peine. Ne veut pas les voir. La proximité retrouvée devrait la mettre mal à l’aise mais il n’en est rien. Les lèvres asséchées frôlent ses phalanges abîmées, un geste qu’elle n’espérait plus et qu’elle interprète comme une tentative de recréer ce qu’il ont si savamment réduit en miettes. Le contact se brise, à regret. Une routine qui se répète et qu’elle semble supporter de moins en moins bien.

« - Je suppose, en effet » Le souffle franchit la barrière de ses lèvres comme un soulagement. Les regards se croisent, s’assassinent avec douceur. Une contradiction de plus dans leur univers. « - Certaine, oui » Il renchérit et la pensée s’allonge dans son esprit. Elle aurait pu lui dire tellement plus que ça. Mais la pesanteur joue contre elle et seuls ces deux petits mots parviennent à s’arranger sur la ligne toute tracée formée par sa bouche. Elle secoue la tête, envisage l’environnement, vérifie que rien n’a été oublié. Une caresse amicale à Gustave et elle se lève, se dresse sur ses deux jambes, se balance, réajuste son équilibre. « - Je te laisse te reposer » Une main s’attarde sur l’épaule masculine qu’elle surplombe désormais. Le geste se veut rassurant, encourageant. Elle ne s’autorise rien d’autre. Ne juge pas le moment opportun pour d’autres provocations. L’australienne s’éloigne, une moue presque fade ancrée à son visage. Les pas résonnent sur le parquet à mesure que les mètres imposés entre eux se rallongent. Avant de quitter la pièce, elle se retourne, lance au journaliste un regard assuré qu’il ne peut voir en jouant avec la sangle de son sac pesant sur sa clavicule. « - J’aimerais juste rectifier une chose. Je ne vole pas à ta rescousse. Je te rends un service. C’est ce qu’on fait, quand on tient à quelqu’un » La vérité lui brûle la langue. Elle tourne les talons, n’attend pas plus longtemps avant de s’enfuir à nouveau. Ses prunelles rencontrent une fois encore les photographies d’un passé révolu, ouvrent des plaies à peine refermées alors que déjà, la porte claque. Point final d’une entrevue au goût amer. Adoucit par l’espoir que ce ne soit pas la dernière.

⎜TOPIC TERMINÉ

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    All we do is drive ◇ My hands wrapped around the stick shift swerving on the 405, I can never keep my eyes, Off this. My neck, the feeling of your soft lips. Illuminated in the light, bouncing off the exit signs I missed. It's so simple but we can't stay. Overanalyze again, would it really kill you if we kissed?
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Even if the sky is falling [PV Mackenzie]

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