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 Gaze into the abyss... [Ange]

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MessageSujet: Gaze into the abyss... [Ange]   Mar 22 Déc - 6:36



« ...the abyss will gaze back into you. »

Gaze into the Abyss
Ange & Grayson

Nettoyer les cages après les combats est certainement le boulot le plus ingrat du Bones. On n’imagine pas tous les fluides et autres tissus putrescents qui se retrouvent agglutinés sur le sol de béton brut. Les morceaux de zombie, ça passe encore, c’est répugnant mais on voit tout de suite qu’ils appartenaient à des créatures plus mortes que vives. En ce qui me concerne, ce sont les organes frais les plus dérangeants... et tout à la fois terriblement excitants.

Ils appartenaient à une personne vivante, et s’ils se retrouvent là, abandonnés sur cette surface froide, c’est que leur propriétaire se trouve désormais au dernier sous-sol. La politique de l’établissement est généralement d’achever les blessés. Tous les combattants signent une décharge avant de participer, et rares sont ceux qui cochent la petite case autorisant la réutilisation de leur corps pour des joutes ultérieures.

Je m’exécute consciencieusement, d’une lame dans l’encéphale, au plus profond du tronc cérébral. C’est le truc à bien bousiller si on veut s’assurer sans aucun doute possible qu’ils ne se relèveront pas. Vixen m’a appris ça. Je finis toujours par les achever, oui, mais avant ça… J’ai pris la mauvaise habitude d’attendre qu’ils se relèvent. J’observe le lent processus avec une précision d’entomologiste, notant les infimes bouleversements à mesure qu’ils se produisent. Je compile soigneusement les durées de chaque stade.

Refroidissement de la peau, puis des organes internes. Le climat généralement chaud et humide de la Nouvelle Orléans accélère considérablement cette étape. La rigidité cadavérique s’installe et puis s’estompe, parfois en moins de deux jours lorsqu’il fait particulièrement lourd. Mais chaque cadavre est différent, chacun adopte son propre rythme, même quand les conditions semblent similaires.

C’est à partir de là, une fois le processus de putréfaction amorcé, qu’ils s’éveillent. Là encore, chaque rôdeur est unique. Certains se dressent sans crier gare, diables sortis de leur sac mortuaire, déjà tout prêts à me dévorer. D’autres s’annoncent par des signes, tressautements dans les membres, râles symptomatiques. Si l’ancien combattant a coché la fameuse petite case, je le parque dans une cellule en attendant que vienne son tour. Il est étrange de se dire qu’il aura connu les deux côtés du duel. Dans le reste des cas, j’enfonce presque à regret mon couteau dans leur nuque.

Une seule fois, le vaincu n’est pas décédé comme les autres. Il s’est accroché à sa vie, piteusement, et sa température a grimpé au lieu de descendre. Je connaissais cette fièvre, pour l’avoir vécue. Et je l’aurais laissé l’endurer jusqu’au bout, avec l’assurance que Moïra me ferait la peau si elle venait à l’apprendre… Mais il m’a supplié. Il préférait crever, pour de bon, que de vivre comme… Eh bien, comme moi. Je pouvais pas lui refuser ce dernier souhait, même si je ne le comprenais pas.

La source de tout ce bordel, de la répulsion comme de l’infamie, les racines de son horreur à l’idée de changer, tout cela découle d’un simple problème terminologique. La définition de la Mort. Bien trop floue, bien trop multiple, avec ses variations et ses contre-sens. On règle cette ennuyeuse question par des détours syntaxiques, à défaut de maîtriser les lois subtiles de la science ou de la magie qui régissent nos organismes. Mort-vivant. Pour beaucoup, c’est ce que je suis. Mais ces mêmes personnes utiliseront indifféremment le terme pour évoquer un rôdeur. Il est pourtant évident que nous ne sommes pas semblables. Je suis un autre entre-deux, ni vivant, ni mort-vivant, et on pourrait se perdre en paraphrases. Mort-vivant-vivant, pré-décédé… Et que dire des esprits ? Ces tournures empruntées ne font que renforcer l’impression de non-sens entourant le phénomène.

Je pourrais me perdre des heures dans ces spéculations, digresser à l’infini, mais la réalité finit par me rattraper, au frottement monotone du balai sur le ciment. La cage est nette depuis un moment déjà, je ne continue à la récurer que par réflexe. Mais si je la nettoie avec tant de minutie aujourd’hui, c’est que je dois y accueillir une invitée de marque. C’est pas la première fois qu’elle vient, mais j’essaie toujours d’éviter qu’elle tombe malencontreusement sur un bout de chair. Ce serait pas classe.

Je le dis avec toute l’ironie dont je suis capable, parce que j’ai toujours un peu de mal à encaisser le contraste entre cette blonde proprette et l’animal que j’ai commencé à apprécier. D’ailleurs, je m’obstine à l’appeler la Louve. Son prénom est à peu près aussi insupportable que l’image qu’elle véhicule. Ange. Y a pas plus dégoulinant de chrétienté bien-pensante. Et on sait bien que ces gens-là passent leur foutue vie à refouler. Cette fille, c’est clairement ce qu’elle fait à la ville. D’un côté, ça peut se comprendre, on fait tous ce qu’on peut pour survivre et se fondre dans la rigidité des conventions… Certains moins que d’autre, okay, mais je conçois la stratégie. Et selon moi, il y a un gouffre entre se camoufler et brider totalement sa personnalité.

La Louve en a dans le ventre. Elle a vécu des trucs. Comme beaucoup d’entre nous, sauf qu’elle les expulse pas vraiment, trop engoncée dans son jeu d’apparences. Elle semble lisse, intouchable, retranchée derrière un sourire moqueur parfaitement laqué. Mais je l’ai vue autrement, et c’est ce que je m’acharne à vouloir faire ressortir. Je sais pas trop pourquoi, mais à chaque fois qu’elle finit par desserrer un boulon en ma présence, jurant, gueulant ou délaissant simplement sa posture trop guindée, j’ai l’impression de remporter une petite victoire.

Au fond, j’en connais très bien la raison, mais je préfère feindre de l’ignorer. Dire que je causais de refoulement… J’en tiens peut-être bien une couche, moi aussi. Mais revenons à nos moutons, ou plutôt, à notre loup exotique.

Aujourd’hui, je l’entraîne. Un cours de self-défense, si on veut. Mais surtout de lâcher-prise. Pour s’engager à fond dans la lutte, il faut délaisser tout le reste. Les inhibitions et toutes les barrières érigées par son éducation, la société, ses propres peurs. C’est pas pour rien qu’on parle de livrer combat… Le secret est là : s’oublier dans le choc et la fureur. Ne jamais retenir ses coups. Ne pas craindre d’aller trop loin, de faire mal, d’arracher tout ce qui dépasse. Dissoudre la morale et les questionnements dans la volonté de vaincre.

Le carillon de la librairie retentit au dessus de ma tête. Elle est arrivée et connaît le chemin. Je remise ma serpillère, essuie mes mains sur la toile de mon pantalon et m’allume une clope, pour chasser l’odeur du détergent. Elle se mélange à celle, plus douceâtre, de la mort, donnant aux lieux des relents d’hôpital. Une clinique où des patients moites se gorgeraient de bière et de bourbon, puisque le bar se trouve dans la pièce à côté. Tous ces effluves se mélangent en une essence unique et incomparable, qui fait le charme des lieux… À mon sens.

Au claquement de ses pas sur les marches de bois qui donnent sur mon repaire, j’ouvre grand la porte de la cage, produisant un chuintement strident. J’accueille la blonde d’un sourire oblique, adossé au grillage.

— J’espère que t’as prévu une tenue de rechange.

Je lui tends ma clope en guise de bienvenue, tout en sachant pertinemment qu’elle ne la saisira pas, et m’efface dans une courbette moqueuse pour l’inviter à pénétrer dans l’enclos. Ben quoi ? On n’est pas là pour tailler une bavette, à ce qu’il me semble. On est là pour trancher dans le lard.
 

 


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MessageSujet: Re: Gaze into the abyss... [Ange]   Lun 18 Jan - 16:52



 

 
Gaze into the abyss

 
“I'm a princess cut from marble, smoother than a storm
And the scars that mark my body, they're silver and gold”


 
L'odeur était entêtante et effarante. Elle s'enroulait autour de moi et s'engouffrant dans mes poumons pour mieux bloquer mes voies respiratoires. Je haïssais cette odeur, au point d'en avoir mal au cœur. Étouffant dans cette mêlée qui ne voulait pas m'oublier. Je savais pertinemment que je dormais. Que ce n'était pas réel, que ce ne l'était plus. Ce souvenir cruel et douloureux, n'avait rien de glorieux et cette odeur qui me rendait malade, tout en cherchant à me tuer, n'était autre que celle de ma chair et de mon sang qui séchait dans l'arène. Punition pour ma trahison et publique humiliation pour l'exemple. Dans un cri sans bruit, je me réveille le corps perlé de sueur. Je tremble de tous mes muscles et la panique est inscrite dans la dilatation de mes pupilles. Mes ongles ont marqué ma peau et mes avant-bras ne sont plus qu'égratignure. Encore une fois, j'ai recherché la douleur pour me sortir de ce songe répugnant. Incapable de m'échapper de cette toile de fond sans sortie possible… J'en étais venu à m'arracher la peau.

Sur le bord de mon lit, je sens la nausée qui me fait tourner la tête, tandis que je laisse couler le liquide désinfectant qui trône à mes côtés… Comme toutes les nuits. En automate, je me glisse sous la douche et serre les dents sous les sensations horribles qui ne me sont que trop et pas assez habituel. Un vide s’est installé en moi et je ne sais plus comment m’en libérer. Je dessine mentalement les traits de ma fille pour me motiver, puis ceux de Kylian pour me réconforter… Kyran… Ezra… Ma famille, mes amours. Je n’en pouvais plus. Je voulais me sortir de cette existence dénué de sens et où l’espoir demeurait presque un mirage.

Une fois laver de cette nuit qui m'a laissé plus épuisé que le manque de sommeil, j'enfile mes vêtements et mon sourire obtenu avec ma carrière politique. Mon ancien moi, semble capable de tous cacher, tous faire disparaître. Je lui fais confiance pour ne pas me trahir, tandis que je quitte l'inconfort de ma chambre pour retourner marcher parmi les humains soumis à ce gouvernement sadique. Castrer et dos courbé, c'est tout ce que mes yeux de rebelle semblent percevoir et ma Louve hurle intérieurement. Elle se scandalise, elle n'est pas soumise. Elle se refuse à continuer ce rôle. Aujourd'hui, je sais que je dois changer. J'ai senti ce moment de non-retour, j'ignore seulement comment m'y prendre. Je suis prisonnière de cette vie dénué de sens à être la poupée d'hommes de pouvoir. Une jolie parure que l'on exhibait et manipulait, qui par amour avait tout donné. 175 ans sous ces traits, ou ceux d'une Louve insoumise… Pourquoi la femme avait-elle eu plus d'influence que l'animal?  

Muette et la tête recouverte d'une capuche pour mieux camoufler mon visage connu, je ne peux que me faufiler comme une ombre jusqu'à pénétrer le lieu de rendez-vous. Mes talons claques dans cet univers qui m'est si lointain et je m'y enfonce sans hésiter. Je le retrouve avec une boule au creux de l'estomac. Il n'a rien pour me plaire ou encore, pour être de bonne compagnie. Il n'a rien de commun avec personne n'ayant gravité dans mon univers et pourtant, il est la personne avec qui je me sens le mieux depuis quelques temps. Il craquèle mon masque et me permet de m'en éloigner. Un virus plus destructeur que ma propre prison d'or. « J'espère que t'as prévu une tenue de rechange. » Je m'arrête à un pas de la cage mes lèvres se retroussant légèrement en une moue de dégoût. L'odeur du nettoyant et du sang s'entremêle. Mon odorat aiguisé s'en retrouve submerger et je gronde de dégoût. C'est trop fort, mais je prends sur moi. D'autant plus qu'une cigarette vient me brûler les narines. « Non. » La politesse n'est pas de mise avec Grayson et je lui en suis étonnement reconnaissante, vu mon humeur actuelle.  

J'entre dans la cage et le contourne, j'abandonne sur le sol ma veste et dévoile la camisole de sport noir qui encercle ma peau et dévoile mon nombril. Puis, d'un geste emplit de colère, je laisse tomber cette stupide jupe. Sous ce morceau c'est un short confortable qui se trouve et à mes mains, mes habituels gants souple fait de cuir, qui recouvre mes doigts amputé par ma volonté. Je laisse mes talons dans un coin et me retourne vers l'homme que je devrais trouver répugnant. « Je n'aime pas les cages! » Je jette un regard hautain autour de moi, conscience que je dégage une impression hautaine que je n'arrive pas à jeter au loin. Je roule un peu des épaules, mon regard glacé scrutant mon professeur du moment. Je sens ma louve qui s'agite. Elle aime sa compagnie, autant qu'il ne peut pas plaire à Ange… Le visage public de la rébellion.

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MessageSujet: Re: Gaze into the abyss... [Ange]   Jeu 18 Fév - 19:40



« ...the abyss will gaze back into you. »

Gaze into the Abyss
Ange & Grayson

Le rictus qui éclaire brièvement mon visage n’a rien de charmant. Rien d’avenant. Quelques mèches blondes s’échappent de la capuche de la jeune femme, qu’elle a rabattue sur sa tête. Trop lisses et brillantes, trop nettes, trop élégantes. Je n’arrive décidément pas à me faire à cette apparence, à reconnecter les deux personnalités.

Parfois, j’ai tendance à oublier la bête que je connais pour ne voir que l’autre, cette étrangère parfaitement lustrée. Je cherche la première dans le secret de ses yeux, dans la colère sous la peau. Je tente par tous les moyens de déchirer l’enveloppe, pas parce que je sais qu’elle est là, quelque part derrière, mais parce que ce n’est pas vraiment elle que je traque. Que je voudrais dévoiler.

Une chasse au mirage qui se loge dans le frémissement écœuré de ses lèvres, dans le dédain d’un nez froncé. Elle ne lui ressemble que dans cette aisance hautaine, ce raffinement à quatre épingles étiqueté « produit du Gouvernement ». Tout le reste est différent. Mais Dieu que j’ai envie de briser cette vision.

Devant son refus, je ramène la clope à mes lèvres, où s’accroche toujours ce sourire détestable. À ta guise… Pressée de commencer, ou simplement agacée, elle me dépasse et impose son espace dans l’arène improvisée. Je pivote et la suis du regard, mais ne la rejoins pas tout de suite. L’œil du chasseur enregistre automatiquement les informations que son corps trahit.

La colère est là, bien présente, dans la manière de se débarrasser de sa veste, puis de sa jupe, progressant dans la hargne. Mais elle la contient encore trop bien… Tout n’est que spectacle. Une sorte de rituel d’intimidation. Je lui oppose deux lucarnes minces et froides, les doigts encore nonchalamment accrochés au grillage rigide de la cage. Le cri du cœur d’une gamine capricieuse me parvient en retour, assorti d’une œillade arrogante. C’est plus que jamais un acte, et pas celui que je souhaite voir. Il va falloir la provoquer.

Les souffles saccadés d’un rire aigre me saisissent brièvement, avant que je ne me mette en branle. D’un pas tranquille et souple, j’avance enfin à sa rencontre, soutenant son regard avec provocation avant de dévier sur les deux morceaux de tissu abandonnés au sol. Contournant la louve, je les éjecte d’un coup de pied en périphérie de notre théâtre désert, en même temps que mon mégot. Elle y tenait visiblement peu, ce petit affront envers ses possessions ne devrait donc pas l’offusquer outre mesure.

Ramenant mes yeux en meurtrières sur sa silhouette, je l’encercle à nouveau, me coule dans son dos. Arrivé là, je marque une pause infime. Deux doigts vifs viennent faire glisser l’élastique qui maintenait ses cheveux. Sa crinière fluide n’offre aucune résistance à l’anneau extensible qui atterrit bientôt dans ma paume. Encore une fois, ce n’est pas vraiment elle que j’ai envie de décoiffer ainsi.

Je le fais parce que je le peux, je le fais parce qu’avec elle, il n’y aura pas de conséquences. Ou aucune que je ne puisse maîtriser. Mon méfait accompli, je retourne vers l’entrée de la cage et tire la porte d’un mouvement ample. Et puis je la verrouille. Lorsque je me retourne vers mon opposante, la clé pend au bout d’une solide chaîne, oscillant paresseusement à l’extrémité de mon index.

— Si t’aimes pas les cages… On dirait bien que tu vas devoir te battre pour en sortir, Milady.

Le sourire est revenu, mauvais comme aux premières secondes. Je passe très ostensiblement la chaîne autour de mon cou et glisse la clé sous mon t-shirt crasseux. La récupérer sera son défi du jour. Je ne doute pas qu’elle puisse y arriver, si seulement elle parvient à s’abandonner totalement dans la ferveur du combat. Mais pour cela, elle devra se dépouiller de la gangue de bonnes mœurs bourgeoises qui asphyxie sa véritable essence.

— Alors, qu’est-ce que t’attends, Princesse ?

Ces petites provocations gratuites n’ont d’autre but que de la faire sortir de ses gonds. Et j’espère y arriver rapidement, qu’on puisse s’amuser un peu. Comme au bon vieux temps, quand les mots étaient inutiles et que le respect mutuel s’exprimait dans une rivalité ludique. À l’intérieur des murs, tout est différent. Nous ne nous connaissons plus vraiment, la civilisation muselle les derniers restes de familiarité.

Cette pensée fait rejaillir une impatience souvent contenue : j’ai hâte de retourner dehors, de m’enfoncer dans ce vaste pays, à la fois luxuriant et désolé. Je m’égare parfois dans l’une de ces petites villes fantômes envahies de poussière et de mauvaises herbes.

Il y règne toujours un silence mortuaire, et les traverser s’apparente à une profanation. Le calme pétrifié de bâtiments délabrés aux allures de mausolées, le symbolisme de ces rues qui ne mènent plus nulle part, produisent l’illusion pas tout à fait fausse d’être seul au monde. C’est une atmosphère que je recherche parfois, dans les moments de surcharge sensorielle.

Mais ma prochaine chasse n’est pas prévue avant une semaine. En attendant, je compte sur l’entraînement pour renouer avec son image et la mienne. Usant de mes jointures comme des suspensions, je me déplace latéralement, décrivant un large cercle autour d’elle, à bonne distance, prêt à accueillir son attaque.
 

 


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MessageSujet: Re: Gaze into the abyss... [Ange]   Sam 5 Mar - 1:41



 

 
Gaze into the abyss

 
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« Alors, qu’est-ce que t’attends, Princesse ? » Je n'avais pas bougé d'un centimètre, le laissant faire. Observant ses mouvements du coin de l'œil et ravalant l'envie de l'insulter qui me rongeait. Cet homme avait le don de me rendre dingue. Il avait une hygiène douteuse, j'en étais certaine, un comportement à des dizaines de kilomètres des bonnes manières et avaient cette manie d'ouvrir la bouche trop souvent. Il n'avait rien pour me plaire, ni pour attirer mon attention. J'avais des goûts plus riches en matière de compagnie masculine et pourtant, je le laissais m'enfermer dans cette cage. Alors même, que je m'étais promis de ne jamais plus accepter de vivre dans une quelconque cage. Trop souvent manipuler, trop souvent enfermé dans le rôle de la femme de. Mes muscles se tendirent lorsque ma liberté me fut ravie et instinctivement ma louve gronda. Mes cheveux caressant mes oreilles, je courbais légèrement la nuque pour mieux regarder mes pieds. Je me concentrais, je ne voulais pas laisser mon contrôler sans aller et tout à la fois, je ne demandais que ça. Je couvais de colère et d'humiliation. J'avais enduré plus qu'assez pour savoir que ma bonté se trouvait noyer quelque part sous mes ressentiments. Malmené par ceux qui avaient profité de mon innocence, de mon incapacité à détester… Peut-être avaient-ils fini par m'apprendre à haïr. Il bougeait autour de moi, attendant que le jeu commence. Grayson n'était pas mon habituel accompagnateur, voilà exactement pourquoi je me trouvais ici. Ma louve m'avait guidé à lui, la part animal de moi réclamait sa compagnie changeante et le respect que nous avions développé. Même si l'humaine en moi, voulait lui tourner le dos. Au bord d'un précipice, incapable de me sortir la tête de l'eau, avais-je encore le choix?

De vagues images de violence passée m'empêchèrent d'attaque à mon premier mouvement et je me contentais d'un pathétique soubresaut.  J'étais dans cette cage pour apprendre à me défendre. Je m'étais promis, ainsi qu'à Vittoria, que je ne serais plus une marionnette entre les mains de qui que ce soit. Je ne laisserais plus les manques de ma vie, me pousser vers les psychopathes de ce monde. Pourtant, je tremblais à la simple idée de chercher à m'emparer de cette clef qui me permettrait de sortir de cette cage. J'étais pathétique. Je me détestais de courber l'échine pour mon bien-être et de sortir les crocs pour les autres. Je devais apprendre à être égoïste. Réveiller le sang Hogan qui pourrissait dans mes veines. Au souvenir de Kyran, je relevais la tête, une légère lueur dans le regard. Ma louve guettait, attendant le moment pour me soutenir. Mais, si je voulais avoir une chance de survivre, je ne pouvais plus être l'une ou l'autre. Je devais être les deux. Ravalant mes principes, mon incapacité à maltraiter, je me mis à suivre ses mouvements plus sérieusement. « J'attends que tu aies de bonnes manières. Ah mais nan! Aucune chance, autant m'y mettre! » Le sarcasme marquait ma voix et je commençais à bouger. Je m'approchais doucement, attendant une ouverture ou quelque chose qui m'indiquerait que c'était le bon moment. Je ne connaissais rien aux combats entre humains, j'avais toujours attaqué sous forme animal. Je me sentais maladroite et faible. Même si ma force dépassait celle qui aurait dû être la mienne. Frappant à l'estomac, je savais que je me retenais trop. Je le senti au travers de ma louve qui semblait désespérer. Ma mâchoire se crispa sous le poids de ma frustration. J'en avais assez de cette ridicule incapacité à agir. Grayson en avait vu d’autre! Pourquoi je devais avoir cette voix qui m’empêchait de vouloir lui faire mal? Il passait son temps à me provoquer et venait de maltraiter des vêtements de ma confection… J’aimais mes vêtements. Même si je pouvais les reproduire à volonté. L’instant suivant, je cherchais à lui faire perdre l’équilibre avec mes jambes, essayant de gagner du temps. J’avais besoin de me reprendre en main!

Qu'il ait bloqué mes tentatives minables ou non, je reculais précipitamment et respirais profondément. Mon corps tout entier tremblait maintenant, incapable de comprendre pourquoi j'avais attaqué. Je cherchais encore à chasser les images qui accompagnaient un souvenir atroce. Je sentais encore chaque emplacement, de chaque blessure qui avait recouvert mon corps. J'aurais dû me tenir loin de tout danger, c'est ce que j'avais toujours essayé de faire. Être enfermer ne me permettait pas de calmer mon esprit et le contrôle si parfait de mes actions semblaient s'égrainer. Lançant un regard à mon adversaire et professeur… Si je pouvais dire, je desserrais les muscles de ma mâchoire.  « Dis-moi… Comment tu fais pour vivre avec ta violence, sans te considérer comme un monstre? » La question ne demandait pas forcément de réponse et je m'élançais de nouveau. Plus rapidement, plus fortement. La bagarre commençait réellement à cet instant.

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MessageSujet: Re: Gaze into the abyss... [Ange]   Lun 25 Avr - 4:15



« ...the abyss will gaze back into you. »

Gaze into the Abyss
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J’ai senti son tressaillement, au moment où la porte grillagée a claqué dans son loquet. Il y avait un fond d’angoisse dans ce frisson et ce n’était pas pour me déplaire. La peur pouvait aussi être un moteur. Encore fallait-il la ressentir pleinement, jusqu’aux limites du désespoir. Le  corps pouvait alors produire des résultats tout-à-fait surprenants. J’avais déjà connu ce phénomène, à l’extérieur.

Encerclé par une horde de rôdeurs, le rifle à court de munitions, je n’avais plus que ma machette pour me défendre, et j’étais acculé. Ils étaient trop nombreux. J’allais mourir. Cette certitude m’avait étreint comme une poigne glacée, me paralysant un instant. Je l’avais laissée m’asphyxier, les bras ballants. Puis elle avait reflué. Et à sa place se dévoilait une volonté cruelle et précise. J’allais mourir, oui, mais pas sans laisser autour de moi un tapis de corps en putréfaction. À cet instant, la peur ne m’avait pas quitté, pas réellement. Elle était toujours tapie au creux de mon estomac et nouait mes entrailles au point de me donner la nausée. Mais eu lieu de me tétaniser, comme quelques secondes auparavant, elle agissait désormais tel un aiguillon, puisant au cœur de mon système des forces et une clarté inconnues. J’avais fini par m’en sortir, contre toutes attentes. Mais pas sans quelques griffures et la marque profonde de dents gâtées sur mon avant bras. La suite, on la connaît.

Dans la situation qui nous occupe, il est peu probable que ma petite louve soit confrontée à ce type d’expérience. Elle n’est pas suffisamment en danger. Mais je soupçonne qu’elle ait déjà connu cela. J’ai beau vivre dans une cave – presque littéralement –, je sais qui elle est. Ou plutôt, qui elle était. Sa disgrâce n’est pas un secret, elle a même été l’objet d’une représentation publique. Je n’étais pas là pour cet événement, mais la rue en parle encore. L’épreuve l’a peut-être plongée dans cet état second, et je comprends parfaitement qu’elle n’ait aucune envie de renouer avec cette expérience.

Après une brève hésitation, je décide donc de ne pas pousser le jeu dans cette direction. Du moins, pas tout de suite. Elle n’est pas encore prête. Je prends toutefois un certain plaisir – malsain, n’ayons pas peur des mots – à la voir ainsi frémir de colère. Les verrous de sa conscience sont encore bien serrés, mais je ne doute pas de parvenir à les faire sauter. Ce n’est qu’une question de temps. Mes premières provocations ne lui arrachent que de maigres sursauts d’humeur, générant en moi l’envie de pousser plus loin. Pour résister à cette tentation, je cherche son regard, et en lui, derrière l’eau vacillante de ses iris, l’animal familier. Elle est toute proche. Je pourrais presque apercevoir son éclat fauve.

Mais les doutes qui assaillent la soyeuse blonde musellent toujours le canidé. Je commencerais presque à m’impatienter. Finalement, ma dernière remarque semble faire mouche. Je sens sa concentration se renforcer, la posture de son corps s’affiner, plus sûre et précise. Sa réplique, prononcée d’un ton cinglant, me tire un sourire amusé. De bonnes manières ? C’est moi qui suis tout occupé à corrompre les siennes, elle n’aurait aucune chance avec l’inverse… Tous ceux qui ont essayé d’aplanir mes angles ont échoué, à commencer par mes parents et à finir par Moïra.

Comme dans une danse, je continue de me déplacer latéralement, de l’encercler avec lenteur, et elle prend enfin part au duo. Beau joueur, je lui laisse la première main, autorisant une distance raccourcie, sans la perdre des yeux. Son poing s’élance. Je suis capable de décomposer son mouvement, depuis les replis de son cortex moteur jusqu’à son balancement poussif. Elle n’y met pas de réelle volonté. Elle n’y croit pas une seconde. Je ne prends même pas la peine de l’esquiver. Ses phalanges atteignent mon thorax avec une puissance trop modérée, évitant même le diaphragme. La douleur fuse tout de même dans mes tripes, mais elle est lourde, inoffensive. À peine de quoi m’agacer un peu plus.

— C’est vraiment tout ce que t’as ? Tu me déçois.

Nouvelle provocation, que j’espère suffisamment cuisante pour l’amener enfin à lâcher un peu son sacro-saint contrôle. Elle relance presque immédiatement une maigre balayette, tout aussi dépourvue de conviction. Je me contente de me décaler souplement vers la droite, évitant sans mal ce que je ne pourrais pas même qualifier d’attaque.

J’ignore si elle n’a pas confiance en elle, si elle surestime mes capacités, si quelques questions morales la restreignent ou si elle n’a tout simplement aucune envie de se prêter à l’exercice. Dans tous les cas, je m’en contrefous. Elle est ici, qu’elle se batte, bon sang. Peut-être que j’aurais dû la propulser sur le chemin de la peur, finalement. Je rugis.

— T’essaie pas ! Si c’est tout c’que tu vaux, c’était pas la peine de venir… Je me fais chier, tu te fais chier, tout le monde se fait chier ! Bouge-toi, bordel !

Mes mots sont durs, mon ton menaçant. C’est de l’intimidation pure et simple, couplée à une bonne dose d’humiliation, un cocktail détonant qui devrait, je l’espère, lui arracher enfin quelque chose. À vrai dire, j’ignore comment elle parvient encore à garder sa maîtrise d’elle-même… Et je ne sais pas non plus si je l’admire ou si je la déteste pour cela. Ses aptitudes sont remarquables, mais quel bien cela lui fait-il ? Elle étouffe, c’est évident. Plus que quiconque, elle devrait savoir qu’un animal n’est pas fait pour être enfermé… C’est pourtant ce qu’elle s’escrime à faire, reniant continuellement sa nature au profit d’une façade hideusement lisse.

Dans ma carcasse, un léger tremblement répond aux siens. Si je n’ai pas réussi à l’ébranler, elle y est parvenue, elle. Je sens la colère monter, dure et implacable, et avec elle, des instincts peu avouables. Je ne veux pas la frapper, mais si elle continue ainsi… Ce sont ses mots qui me tirent finalement de cette transe cruelle. Une question complexe, posée entre nous comme une trêve. Elle me déstabilise un instant, parce qu’elle touche un point sensible. Je détourne une seconde le regard pour réfléchir à une réponse.

Exquise erreur.

Ma sournoise adversaire profite de cette distraction pour lancer une offensive bien plus puissante que les deux précédentes. Je la sens avant de la voir, un souffle de vent sur ma peau tannée. L’impact est brutal, à la mesure de sa force surnaturelle. Je bascule en arrière, l’air expulsé de mes poumons dans un hoquet de surprise, et heurte durement le sol. L’onde de choc se répercute jusque dans mes os, j’en ai la tête qui bourdonne un moment. Par la force de l’habitude, je sais que je pourrais me reprendre en une fraction de seconde et inverser les rôles pour reprendre l’ascendant. Je décide pourtant de lui laisser profiter de ce petit triomphe et de la sensation grisante que cette domination apporte toujours.

Pas longtemps, ceci dit. Nous ne faisons que commencer.

Un rire rocailleux me secoue, né du plaisir de retrouver enfin un aperçu de la bête que j’ai connu. Je ne lui laisse pas le bénéfice d’annoncer ma contre-attaque. Ma jambe s’enroule autour de la sienne, crochetant le membre d’un geste sec, tandis que je la repousse d’un vif soubresaut, les mains plaquées comme de larges battoirs sur ses fines épaules. Comme elle vient de me le rappeler, l’élément de surprise est essentiel. Elle pourrait résister, elle en a l’énergie et la puissance, mais je ne lui en laisse tout simplement pas le temps. Je roule sur moi-même, l’entraînant dans mon élan de sorte à comprimer son corps sous le mien. Mes avant-bras viennent compléter l’immobilisation en appuyant durement sur ses poignets.

— C’est pas la violence qui fait le monstre. C’est ce qui la motive. La rage peut être saine, surtout quand elle répond à une injustice. Le monstre surgit quand tu te perds dans tes motivations. Il est dans la gratuité, dans l’excès, et dans la victime que tu choisis.

Je ne réponds pas exactement à sa question, et c’est volontaire. Car je n’ai jamais dit que je ne me considérais pas comme un monstre. Mais ce n’était pas vraiment ce qu’elle voulait savoir, n’est-ce pas ? Elle parlait pour elle. Dans ce cas, je tiens à la détromper. En considérant les circonstances, ses envies de meurtre me semblent parfaitement justifiées et ne font certainement pas d’elle une erreur de la nature.

En outre, elle s’efforce avec un tel acharnement d’étouffer ses pulsions, que je serais bien le dernier à questionner sa moralité. Mon avis personnel étant qu’elle ferait bien mieux de déchaîner une bonne fois pour toute la fureur qui la consume. Dans un sourire rusé, je pèse un peu plus sur ses bras. On n’est pas là pour décortiquer ses questions existentielles.

— Maintenant arrête de perdre du temps… et débarrasse-toi de moi.
 

 


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MessageSujet: Re: Gaze into the abyss... [Ange]   Sam 14 Mai - 15:43



 

 
Gaze into the abyss

 
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« C’est pas la violence qui fait le monstre. C’est ce qui la motive. La rage peut être saine, surtout quand elle répond à une injustice. Le monstre surgit quand tu te perds dans tes motivations. Il est dans la gratuité, dans l’excès, et dans la victime que tu choisis. » Prisonnière de son poids, immobiliser par cette brute épaisse, possédant tout de même un cerveau, je restais muette. Une voix me murmure de m'en aller. Que c'est ridicule de m'abaisser à cet exercice. Ce n'est pas ma place, ça ne l'a jamais été. Une voix féminine, qui se fait rapidement rejoindre par plusieurs tonalités masculine. Je fronce les sourcils et gigote du mieux que je peux sous Grayson. Je me sens plus prisonnière de mes pensées, que de ses muscles… C'est ce qui me fait crier au scandale. Toute ma chair hurle et se consume de révolte. Ma colère devenue violence. Cette autre nature que j'ai si souvent dissociée de moi et qui réclamait maintenant une part entière de ma personnalité. Je ne dépendais plus de personnes et ce sentiment, mêlé au chaos de mon esprit, me donnait le vertige. Tétanisé, comme la fillette qui avait été accueillie par la main sans pitié d'une mère indigne, lorsqu'elle n'avait pas huit ans. Les cheveux en pagaille, les genoux en sang et le menton relevé, cet instant avait été mon unique acte de provocation. J'avais été matée par la suite. Par une famille, par un frère, par un époux. Je ne pouvais plus bouger, immobilisé par le contraire des hommes de ma vie, une douleur diffuse s'éloignant peu à peu et mon souffle me manquait. Mes poumons combattaient la pression de ces souvenirs, ils luttaient et une crise de panique m'envahit. Je me débattis sans réfléchir, perdant pied et m'enfonçant vers des images plus récentes, que je ne devais pas prendre en considération. La prise sur mes bras se fit plus forte et je me pétrifiais, mon pouls se calmant peu à peu. « Maintenant arrête de perdre du temps… et débarrasse-toi de moi. » Sa voix rocailleuse et son manque de douceur me servi de prise sur la réalité. Plongeant mon regard dans le sien, je ne bougeais plus. Réfléchissant.

Une idée me surprise, mais je ne l'appliquais pas. J'étais incapable de bouger mes jambes, encore moins mes bras. J'étais forte, tout comme mon adversaire, mais je répugnais à le faire. Passant rapidement ma langue sur mes lèvres, je pris une respiration profonde et mon hésitation s'envola. Je n'étais pas seule, je n'étais plus Théodora. Celle que je voulais être n'avait plus la même réalité. Alors, pourquoi aurais-je hésité? Dans un mouvement enragé, je plongeais mes dents dans ce que je pouvais. Un bras ou une épaule, sûrement. Je mordis, jusqu'à sentir le sang et ne relâchais que quand je réussi à inverser les rôles. Avec la surprise ou la douleur, je balançais tout mon corps dans une roulade et me retrouvais en position de domination. Je ne devais plus avoir la même allure, lorsque je relâchais ma prise. Le sang marquant mon visage et une lueur plus sauvage brillant derrière mes iris. Je tremblais, mais une de main s'étant libérée, j'attrapais sa gorge et serrais. « Relâche-moi… » Je m'étonnais de m'entendre presque gronder, à l'image de cette louve qu'il avait connu. Figé dans cette position, je me sentais de nouveau vacillé. Je n'arrivais pas à  vraiment  lâcher les brides et cet instant me filait déjà entre les doigts. Furieuse contre moi-même, je crachais le sang et la salive qui envahissait ma bouche.

Mes propres mots avaient fait naître un écho lointain, une supplique que je ne cessais de prononcer. Encore et encore, alors que je ne pouvais plus bouger et qu’il en jubilait. Surprise de me trouver pathétique, je relâchais ma prise sur sa gorge et me relevait. Qu’il me tienne encore ou non, je l’ignorais. Je m’étais simplement levé, avec tout ce que j’avais. En sachant que je le pouvais. Sur mes pieds, mes poings serré, je secouais la tête, avant de la relever. Décidé à ne plus jamais tomber aussi bas. « Ouvre la porte de la cage. » Ce n’était pas une demande, mais un ordre. Je ne comptais pas interrompre cette séance, mais j’étais ici par choix et j’avais besoin de me le rappeler. Enfin, s’il collaborait. Au pire… Je devrais le motiver à m’obéir sur ce point. « Et je ne te le demanderai pas gentiment. »

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MessageSujet: Re: Gaze into the abyss... [Ange]   Mar 28 Juin - 22:39



« ...the abyss will gaze back into you. »

Gaze into the Abyss
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Elle se débat sous moi, mais ses faibles protestations n’ont aucune chance de me faire fléchir. Dans cette position, bien plus inconfortable pour elle que pour moi, je prends le temps de détailler ses traits, sur lesquels j’avais refusé de m’attarder jusqu’ici. Parce que je les trouvais lisses comme un masque, un costume de chair certes agréable à l’œil, mais qui s’accordait très mal à l’image que j’avais d’elle. Elle, la louve.

J’ai conscience d’être biaisé, de m’obstiner à n’accepter qu’une facette de cette femme probablement complexe, mais je ne peux pas m’en empêcher. Je n’aime pas cette apparence, et si j’ai développé une certaine affection pour l’animal, je suis viscéralement rebuté par la personne. Par conséquent, je n’ai aucune pitié. Pas même lorsque la panique se répand comme de l’huile dans les lacs de ses yeux. Je vois bien qu’elle souffre, semble proche d’une asphyxie dont mon seul poids ne peut être responsable. Je n’ouvre pas la prison de mes bras pour autant. Est-ce une erreur ?

Elle s’agite de plus belle, je maintiens mon emprise en assenant ma dernière provocation. La ménager ne serait pas lui rendre service, personne d’autre ne le fera. Pour moi, elle doit apprendre à dépasser sa peur et prendre la mesure de sa véritable puissance, de ce qu’elle peut en faire. Exploit auquel elle ne prétendrait jamais si aucune résistance ne lui était opposée. C’est une épreuve cruelle à laquelle je la soumets, considérant ce qu’elle a déjà traversé. Peut-être trop. Une lueur de curiosité au fond des yeux, j’assiste à son vacillement, celui qui s’opère dans son regard.

Ma victime plonge, coule, se noie en elle-même. Un instant, je crains de l’avoir perdue, et envisage seulement de la libérer. Mais elle reprend pied. Ses prunelles se dilatent et se durcissent, annonçant un retour à l’équilibre. Plus que ça… Une détermination farouche. J’attends. Je sais que quelque chose va sortir et ne cherche pas une seconde à m’y soustraire. Finalement, l’attaque survient, avec la vivacité d’une vipère. Les deux mains occupées à la maintenir au sol, je ne peux l’esquiver. Les perles blanches qui lui servent de crocs sous cette apparence s’enfoncent sèchement dans ma chair, au niveau de l’épaule sur laquelle elle vient de s’arc-bouter.

Dans un cri et une bordée d’injures, je me soustrais à sa prise, relâchant légèrement la mienne dans le même temps. La douleur en elle-même n’est pas insupportable, quoique cuisante — ses petites dents d’humaine sont finalement bien affûtées —, c’est surtout à son regard que je cherche à me dérober. En effet, un sang lourd, visqueux sourd de la plaie ouverte, d’une couleur trop sombre et peu engageante. Elle sait parfaitement ce que je suis. C’est elle qui m’a escorté jusqu’aux remparts, après la morsure fatidique. En constatant que je n’en étais pas mort, ma transformation coulait de source.

Mais nous n’en avons jamais parlé. Nos rapports intra-muros ayant toujours été plutôt tendus — certainement autant de mon fait que du sien — je ne suis pas sûr de ce qu’elle en pense.
C’est avant tout un réflexe qui me pousse à couvrir la blessure de ma main pour la dissimuler. L’instinct. Il ne faut pas que ça se sache. Qu’on découvre… l’horreur que je suis devenu aux yeux de tous.

Mon adversaire ne me laisse toutefois pas le temps d’ergoter sur les possibles conséquences de cette explicitation. Souple et rapide, elle me retourne vertement et prend l’ascendant. L’œil sauvage. Les babines maculées d’un sang vicié. Eh bien, je la trouve plus belle ainsi. Mais cette réflexion ne fait que me traverser. Sa main, qui paraissait délicate tout à l’heure, enserre désormais ma gorge avec une force brute. La bête semble enfin craquer les coutures de son costume. Un ordre pour le moins paradoxal m’est aboyé. Je hausse un sourcil surpris. Eh bien, il me semblait pourtant que je n’avais plus grand chose à relâcher…

Elle reste pourtant immobile, peut-être encore en proie à une lutte intérieure. Le souffle commence à me manquer et je me cabre un peu pour la réveiller. Elle crache finalement comme une sauvageonne et se relève. La sensation de sa poigne sur mon cou ne s’estompe pas immédiatement, imprégnée comme un souvenir brûlant tandis que j’inspire avidement une goulée d’air, toujours au sol. La louve me lance une nouvelle injonction, je lui coule un regard par en dessous, comprenant seulement ce qu’elle cherchait à exprimer plus tôt. Ah… Mais ça ne fonctionne pas comme ça, Princesse.

Je me redresse à mon tour, d’un bond pesant, sans la perdre des yeux. En quelque pas, je me place entre elle et la porte, un vilain sourire aux lèvres. Deux doigts viennent extraire la chaîne de mon t-shirt rendu humide de sueur. Je la laisse contempler brièvement l’éclat terne de la clé avant de l’enfouir à nouveau, croisant ensuite les bras sur mon torse, bien campé sur mes deux jambes.

— Ta liberté pend toujours au bout de cette chaîne. Gentiment ou pas, n’exige pas qu’on te la donne. PRENDS-LA.

Moi aussi, je peux hausser le ton. Ça ne changera rien. Les ordres sont pour les gens civilisés. Ils font appel à la raison, ou à une crainte de conséquences toutes hypothétiques. Ils ne fonctionnent que par la création d'une hiérarchie, avérée ou implicite. Mais je ne suis pas son subordonné. Et ses ennemis, par définition, ne le seront jamais non plus. Je veux qu'elle sorte de ce schéma. On ne peut donner des ordres que lorsque l'on a déjà vaincu.

— T'as prouvé que t'en étais capable.
 

 
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MessageSujet: Re: Gaze into the abyss... [Ange]   Mer 24 Aoû - 15:28



 

 
Gaze into the abyss

 
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And the scars that mark my body, they're silver and gold”


 
Son goût reste sur ma langue et j'en découvre la différence, bien que la surprise ne suive pas. Il était autre chose qu'un simple humain, un des nombreux monstres qui peuplaient cette ville et alors? Je n'étais pas plus acceptable que lui. Les souvenirs de ces premières rencontres et de ce moment où je lui avais permis de retrouver la ville, me reviennent. Ma louve s'agite légèrement, exciter par l'idée d'une chasse et pourtant, elle se reprend déjà. Je ne suis plus dans la position qui avait favorisé notre rencontre contre nature. Passant ma main sur ma bouche pour la débarbouiller, je le fixais avec dureté. Je ne supportais plus cette cage et trop d'épisode marquant me revenait en mémoire. Grayson, lui, se tenait devant moi à observer ce qu'il y avait derrière le masque de la politicienne. Trop immaculé, trop parfaite pour son entourage, je trompais les apparences. L'animal en moi revenait à la surface et les conditions de cet éveil ne lui plaisaient absolument pas. Chamboulé par l'épreuve que je venais de vivre et celles qui n'avaient cessé de s'abattre sur moi,  je sentais une certaine lassitude envahir mes muscles, tandis que j'ordonnais ma libération. « Ta liberté pend toujours au bout de cette chaîne. Gentiment ou pas, n'exige pas qu'on te la donne. PRENDS-LA. » La voix de la brute qui me faisait face me fit frissonner. Ses mots résonnaient comme un écho dans mes os et faisait saliver la Louve beaucoup trop éveiller pour mon bien. Comme réponse à cette déclaration, je sentis ce besoin familier fourmiller sous ma peau et s'enraciner dans ma chair. Ma louve n’était plus la seule forme m’appartenant et je me demandais ce que cela impliquait. À quel point avais-je fusionné avec la malédiction de mon époux tyrannique? « T'as prouvé que t'en étais capable. » L’ombre d’un sourire étira mes traits, mais je restais de marbre. Un contraste qui accentuait l’étrangeté de ma personne.

Je fixe ses mouvements, regardant apparaître et disparaître la clef qui me rendrait ma liberté. Mon estomac ce noue d'appréhension et je sais que je n'ai plus beaucoup de temps devant moi. Une peur s'imprègne dans mes muscles, celle de perdre le contrôle. La chose était arrivée à deux reprises et je pressentais la même insistance révolté, la même folie passagère née de trop de soumission. Serrant la mâchoire, je n'attends pas, ni ne prend la peine de vraiment réfléchir. J'attaque, mettant à profit les forces m'étant propre. J'ignore combien de temps l'échange dura… Les coups, les chocs, les échecs et les réussites se succédèrent sans prendre la peine d'élégance. Mes doigts finirent par accrocher la chaine, une lueur de fierté se dessina dans mon regard, rapidement remplacé par la surprise. Une voix s'élevait désormais dans Le Bones. Une voix que j'aurais reconnue entre toute. Figé par l'inattendu, je perdais l'équilibre et me faisait projeter contre les grilles. Entre mes doigts noués avec force, la chaine de Grayson et la clef que je voulais encore plus que la seconde d'avant. Mon ouïe surdéveloppée,  ainsi que mon odorat m'alertait de la présence de ce frère aîné… Je ne voulais qu'il me trouve ici, encore moins dans cet état. Paniqué, je me jetais sur la porte et me libérait de la contrainte de cette cage. Incapable de me satisfaire de cette réussite, je lançais un regard vers mon entraîneur, me demandant si je pouvais le voir comme une sorte d'ami tordu et illogique… Abandonnant la clef sur le sol, je glissais un doigt sur mes lèvres en signe de silence et m'élançais vers la sortie la plus proche. Un simple ‘'Merci'' à peine chuchoté et je disparaissais avant que Kyran ait pu m'apercevoir.
love.disaster


FIN

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