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 it was a bad idea (wiggins' twins )

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↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
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MessageSujet: it was a bad idea (wiggins' twins )   Lun 28 Déc - 0:00

it was a bad idea
Liam & Nolan



Chemise : repassée. Cravate : correctement nouée. Cheveux : lavés, coiffés. Je crois que je suis fin prêt pour sortir de mon appartement et surtout pour aller me heurter à mon visage dans le reflet d'une vitre, un visage inconnu, un visage factice. Je suis un équilibriste, je voltige sur un fil tendu entre deux vies, entre la mienne et celle de mon frère. Je suis un fou, à ainsi me mettre en danger, à vivre non pas une double vie mais celle d'un autre à défaut de pouvoir pleinement vivre la mienne. Mon frère ne quitte pas mes pensées, mon frère m'obnubile par son existence, son omniprésence, cette menace qu'il fait planer sur moi et sur mes proches et surtout par sa trahison dont je n'arrive pas à me remettre.

Je me fixe dans le miroir. Pas de sourire, pas de tête d'ahuri, pas de nonchalance, de désinvolture, pas de légèreté et de sourire taquin. Je suis sérieux, immanquablement sérieux, comme toujours lorsque je m'apprête à jouer le rôle de mon grand-frère pour mieux me perdre dans cette comédie et avoir ma dose hebdomadaire d'adrénaline. Il ne faut pas croire : ça fait quelques temps que je n'ai pas fait cela. En fait, ça fait depuis que j'ai croisé Giulietta au coeur du Government Building que je n'y suis pas retourné. Mes doigts ajustent un peu plus le nœud de cravate, tirent sur les manches pendant que mon regard délaisse mes yeux pour se poser sur mon portable. Une photo de mon frère, récupérée il y a deux semaines. Je la compare à mon apparence, frémis devant ce menton finement dessiné, ce nez strictement identique. Ces yeux… une bouffée d'angoisse et je me retiens de justesse d'exploser le miroir qui me nargue. Liam. Liam. Je me passe une main sur le visage, comme pour mieux me réveiller. Liam.

Lorsqu'on était petit, nous nous comportions réellement comme des jumeaux. Pas nécessairement fusionnels, nos caractères différaient, nos intérêts aussi, nous pouvions nous passer l'un de l'autre sans le moindre problème. De toute manière… nous savions constamment où se trouvait l'autre, ce n'était donc pas un problème. Mais nous nous comportions comme des frères, comme des jumeaux, dans une complicité et une confiance sans pareilles. Puis il y a eu mon corps, puis il y a eu la greffe, puis… Je frémis une nouvelle fois et je lutte, une nouvelle fois encore, pour ne pas ouvrir ma chemise pour aller caresser cette cicatrice qu'on partage, elle aussi. Allez, assez Nolan, concentre toi. J'attrape mon téléphone, chasse la photographie et m'extirpe de la salle de bain pour mieux esquiver un Gavin qui ruinerait mon déguisement de sa bave affectueuse. « Nope, Gavin, sois sage, va boulotter ton pâté. » Mon ordre ne paye peut être pas de mine mais mon chien obéit à mon geste bon gré mal gré et se réfugie dans la cuisine sans que je ne lui accorde un regard supplémentaire. Chaque seconde est une torture, il faut que je rejette mes tics et manies pour mieux adopter celles de mon frère, celles que je connais par coeur de cette façon de se mouvoir à cette assurance avec laquelle il écrase les autres. Mes doigts glissent sur le pad d'un de mes ordinateurs qui ronronnent et remplacent le chauffage, je considère d'un froncement de sourcils le nouveau programme que je veux installer sur l'ordi de Liam. Je ne peux pas repousser davantage cet aller-retour dans la gueule du loup pour la simple raison qu'à défaut de parvenir à m'infiltrer dans le réseau du Gouvernement, je suis obligé d'importer à la main les documents que mes différents programmes qui virolent son ordinateur récupèrent constamment. J'éteins l'ordinateur, débranche ma clé USB qui va me permettre de briser ses défenses et de m'incruster dans la mémoire informatique et donne d'un claquement de langue le signal du départ : il s'agit de ne plus reculer pour le moment. D'ici une trentaine de minutes, si je ne me trompe pas – et je n'ai pas intérêt à me tromper – Liam va partir en réunion de l'autre côté de la ville. D'ici une trentaine de minutes, le compte à rebours s'enclenchera et j'aurai au bas mot une bonne heure et demi, voire deux heures, devant moi pour faire mon travail sans me faire remarquer outre mesure.

Une trentaine de minutes, c'est ce qu'il me faut en passant par les petites rues et ruelles pour atteindre le pied de l'imposant bâtiment et de poser, moi, un pied dans le vide. Sur un fin et presque invisible filin métallique qui est supposé supporter mon poids. Je prends mon inspiration. Copie conforme, ma démarche se fond dans celle de Liam, mon sourire narquois devient le sien, mon regard et l'ensemble de mon attitude ne devient qu'un jeu d'acteur. Je ne suis pas doué à ce jeu là, mais il faut avouer qu'avec mon frère, j'ai eu le modèle pendant des années. Il a joué à se faire passer pour moi, j'ai bien le droit de m'amuser. Et tout ça n'a strictement rien d'amusant. Je suis tendu malgré mon apparente nonchalance, je suis anxieux malgré cette suffisance que j'arbore. Je guette la moindre vibration de mon téléphone, tapi dans le creux de ma main. Au moment de passer les portes, j'ai non seulement enclencher le compte à rebours mais aussi, et surtout, ce GPS qui calcule en temps réel la distance qui sépare les deux jumeaux Wiggins pour que je ne le croise surtout pas.

Je ne veux pas le voir, je ne veux pas le croiser, je ne veux pas lui parler. Ce n'est même plus une question de couverture, c'est juste que… j'ignore quelle serait ma réaction si mes pas m'amenaient à croiser les siens. Je ne l'ai pas réellement vu depuis ma condamnation à mort et je reste hanté par le souvenir de ce merci hypocrite articulé du bout des lèvres qu'il m'a offert dans un silence, de l'autre côté de la vitre. Je reste hanté par cette panique et ce coup de poignard que j'ai reçu en plein coeur, lorsque j'ai pris conscience que mon grand frère m'abandonnait. Non. Il est hors de question que je le croise. Réfugié dans l'ascenseur, réfugié dans les étages, je jette un coup d'oeil à mon téléphone pour me rassurer et souffle de soulagement devant le nombre de mètres qui nous séparent encore. Je range mon portable dans ma poche dès que je sors au bon étage dans un ensemble de mondanités offertes à sa secrétaire qui s'étonne de me voir déjà de retour. Je biaise, arguant avoir oublié un important document, ordonne qu'on ne me dérange pas et ferme la porte du bureau. Ma sécurité est somme toute relative, mais on va dire que j'ai parcouru un tiers du chemin sans me faire prendre, sans rencontrer de vrai collègue. Bonne nouvelle. On se rassure comme on peut. La clé USB en place, il ne me faut, comme d'ordinaire, qu'une poignée de minutes pour craquer le mot de passe, changé toutes les semaines. Poignée de minutes que j'écoule en me servant un café, usant sans le moindre scrupule des affaires de Liam qui sont les miennes, de toute manière. Je m'écroule sur le fauteuil, hésite un instant à débarrasser son bureau pour y mettre les pieds, repousse cette idée et me redresse dès que sa session se déverrouille et que j'accède d'un pianotement de clavier aux dossiers cachés en arrière plan de son ordinateur. Mon frère a toujours été plus doué que moi dans bien des domaines – presque tous d'ailleurs – mais aux dernières nouvelles c'est moi l'as de l'informatique dans la famille. La barre de chargement s'installe au coeur de l'écran, j'évalue à une douzaine de longues, très longues minutes le temps qu'il va me falloir pour charger les gigaoctets de mémoire sur la clé et je décide d'en profiter pour fouiller le bureau à la recherche d'informations suffisamment intéressantes pour satisfaire Elias.

Quitte à faire le con, autant servir à quelque chose. Je considère du regard les cadenas qui verrouillent les placards, soupire et termine mon tour du bureau, notant qu'il a changé de plante depuis la dernière fois. Les mains dans les poches, dans une attitude aussi naturelle qu'artificielle, je m'adosse à la baie vitrée pour regarder la ville en contre-bas. Et je suis encore dans cette position lorsque la porte s'ouvre. Je contrôle un sursaut pour continuer à être mon frère jusque dans le moindre de mes frémissements et…

« Liam... » Ma voix est aussi pâle que moi. Aussi blanche, aussi cadavérique. Un regard affolé, ma main se referme dans ma poche autour de mon téléphone étonnamment chaud. Je n'ai pas besoin de le sortir pour poser un certain nombre d'hypothèse, de la surchauffe à la panne de batterie. Un coup d'oeil vers l'écran m'apprend que le chargement n'est fini qu'à moitié mais d'une succession de touche de clavier, je cache mes programmes, crypte et éjecte ma clé. Je lutte pour garder le contrôle de mes pensées et ne pas me laisser malmener par mon angoisse et mon impulsivité: mes doigts nerveux me trahissent malgré moi. « Ta réunion est annulée ? » Jouons la carte de l'assurance et de l'insolence. Liam est mon frère : il ne se laisserait duper par rien d'autre de ma part.

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MessageSujet: Re: it was a bad idea (wiggins' twins )   Lun 28 Déc - 1:13



it was a bad idea

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Je ris, aux éclats. Un rire franc et honnête, un rire aux larmes. Un rire qui est en écho à ce qui pourrait sembler être un miroir, et qui pourtant un autre être humain à part entière. Mon frère, mon exact identique. Là, courant l'un après l'autre, jouant à chat ou quelque chose s'y rapprochant. C'est idyllique, tellement qu'un sourire ne se décolle pas de mon visage. Tout est parfait. Dans un monde idéal où il n'y a que lui et moi. Un monde où rien ne s'est encore passé, personne ne nous a séparé. Je n'ai jamais été l'exacte réplique de mon jumeau, pourtant je n'ai jamais voulu être sans lui. On dit souvent que l'on cherche sa moitié dans le monde, mais naissant à un souffle d'écart de quelqu'un, on l'a déjà. On l'a depuis toujours. Elle est là, nous construit, nous aide à grandir et devenir ce qu'on est. Et je cours, cherchant à le rattraper, à l'atteindre pour qu'on soit au même niveau. Tout aurait pu s'arrêter là, tout aurait été très bien comme ça. Pourtant c'est dans un sursaut que je me réveille.
Je suis loin d'avoir quatre ans, loin d'avoir un sourire sur mon visage. Loin d'avoir un rire franc qui existe autrement que dans un souvenir. Me passant les mains sur le visage je ne tarde pas à me lever pour enlever cette image de ma tête. C'est toujours la même chose. Ces derniers temps, tu es de plus en plus présent. Sans doute parce que je sais que tu es là, quelque part, à te faire passer pour moi. Sans doute parce que je te couvre à chaque fois qu'on prétend m'avoir croisé où je n'étais pas. Plus rien n'est idéal entre nous, plus rien n'existe réellement entre nous. Je mets la cafetière à chauffer avant de me rendre dans la salle de bain. La douche coule et je m'observe dans le miroir. Tant bien que mal je cherche à chasser ton image, chose plutôt difficile sachant que tu es là, m'observant simplement. Je soupire, passant inconsciemment la main sur ce qui nous lie plus que personne mais qui nous a aussi détruit. Une simple cicatrice qui se glisse sous mon doigt à la perfection avec les années, une caresse parfaitement ordonnée que l'un comme l'autre reproduisent chaque jour depuis maintenant trop longtemps. Qu'importe.

Il ne me faut pas longtemps pour être prêt. Ajustant ma chemise, choisissant sans choisir un costume pour affronter une nouvelle journée. Une journée fade, sans intérêt. Une réunion à laquelle je n'ai aucune envie d'aller, des gens à qui je n'ai aucune envie de parler. Plus vite je serai parti, plus vite je serai rentré. Une dernière gorgée de café, je dépose la tasse dans l'évier, me recoiffe un dernière fois dans un reflet sans me regarder avant de quitter l'appartement, glissant les clefs dans ma poche. Le temps du trajet je joue avec. Un mauvais pressentiment. Maman avait l'habitude de dire que c'était un truc de sorcier, et qu'il fallait les écouter. En nous apprenant tout ça elle n'avait sans doute aucune idée de ce qui se préparait. Les mauvais pressentiments sont monnaie courante dans cette apocalypse constante. D'un raclement de gorge je chasse une fois de plus les souvenirs avant de me rendre à mon bureau, des papiers à récupérer, simplement. Froidement, comme chaque matin, je salue ma secrétaire. Elle me rend un sourire chaleureux qui ne me fait qu'éprouver mépris et dégoût. Comme si dans ce monde, on avait de quoi sourire. Comme si elle était heureuse, là, à remplir les papiers de l'homme le plus distant de l'immeuble. Je ferme la porte derrière moi et m'assoie sur mon siège. M'y enfonçant, détonnant complètement avec mon attitude publique je m'autorise à me frotter les tempes et fermer les yeux juste un instant avant de reprendre posture. Allumant rapidement mon ordinateur, j'ouvre le tiroir et attrape les dossiers dont j'ai besoin. Me relevant, j'attrape une bouteille d'eau et arrose la plante qu'on m'a offerte il y a à peine une semaine. Cadeau de ma merveilleuse secrétaire. « N'oubliez pas de l'arroser celle-ci Mr. Wiggins, une plante aide à la sérénité et au bonheur. » Comme à mon habitude je lui avais accordé un sourire plus que faux avant de poser la plante et faire semblant d'écouter. Tout ce à quoi elle aurait droit serait de l'eau quand j'y penserai. Le bonheur dans cette plante, j'en avais rien à faire. Faire plaisir à ma secrétaire ? Pas plus. Je jette la bouteille vide à la poubelle à côté de mon bureau d'un lancer franc avant de repartir du bureau, claquant la porte derrière moi.

« Je serai de retour d'ici deux heures. Ne m'attendez pas pour partir déjeuner. » Sans un regard, je prends les portes, les étages, adressant des salutations polies sans aucune sympathie à ceux que je croise. Portable en main, je vérifie l'heure avant de voir que l'on tente de m'appeler. Attendant d'être à un coin de rue, je prends l'appel. À peine une minute plus tard, j'ai raccroché. Lâchant un juron entre mes dents, je range l'objet dans ma poche et rebrousse chemin. Machin est malade. Génial. Comme si machin pensait que je n'avais que ça à faire. Comme si truc n'aurait pas pu prendre le téléphone avant et m'éviter le déplacement. Agacé, j'accélère le pas, offrant aux passants mon regard le plus méprisant avant de me retrouver au point de départ : l'entrée du bâtiment. Je soupire et attend une minute. Réfléchis, Liam. Je n'ai aucune envie de devoir faire face aux commentaires, bien que bienveillants, de ma secrétaire. Je n'ai aucune envie de croiser ces visages toute la journée. Regardant les dossiers calés sous mon bras, je me décide à rentrer. Prenant l'ascenseur, le temps semble s'arrêter un instant. J'ai un mauvais pressentiment. J'attrape mon portable dans ma poche et observe mon emploi du temps. D'un geste simple j'annule tous les plans, complètement futiles de la journée et me dit que je serai mieux à travailler chez moi. Je soupire, longuement, alors que les portes s'ouvrent devant mon étage. D'un pas déterminé, je passe devant Elaine, qui me fait les yeux les plus surpris du monde. Simple geste de la main, je lui dis, utilisant le ton parfait pour qu'on ne veuille pas me répondre. « Changement de programme. Je récupère des affaires et je rentre, on se verra demain. »

Et un pas. Un pas de plus. Un simple pas, et j'ouvre la porte. Mes yeux se lèvent de la serrure à mon bureau et mon cœur loupe un battement. Dans un réflexe, je claque la porte derrière moi et la verrouille. Mes mâchoires se serrent alors que mon regard se fixe sur ce qui semble être moi. Tellement moi que c'en est vomitif. Je le dévisage, parcours son corps de haut en bas. Il est moi. Même coupe de cheveux, même habits, - bien que moins chers -, même chaussures, même allure. Ne pouvant pas me résoudre à briser le silence, ni à faire quoique ce soit je reste là, sans un mot, j'attends. Tu t'agites face à moi, tripotant sur mon clavier, retirant une clé USB de mon ordinateur et t'en éloignant tel un oiseau pris en cage. Je bouillonne, ne sachant pas ce que je dois faire ni même ressentir. Et pourtant, tu te décides à parler. Banalité. Ma réunion ? Sérieusement. Je ris, nerveusement. Tu m'exaspères, Nolan. Alors que je lâche la serrure pour m'avancer un peu vers toi, gardant malgré tout mes distances, je passe mes mains dans mes poches pour que tu ne vois pas mes mains se serrer. Je te fixe, ne perdant rien de mon allure, de ma froideur avant de répondre.

« Pour quelqu'un qui semble être mon double, tu es visiblement mal informé. » J'avance encore d'un pas, nous retrouvant désormais séparés par un simple bureau en verre qui nous reflète tous les deux. Nous étions un, nous sommes devenus deux. J'ai été toi pendant tant d'années, j'ai été ton reflet, en mauvais. Et toi, t'es supposé être quoi ? Le mien en bon ? Je crois que c'est raté. Quatre images de nous dans la pièce, et nous deux face à face. Scène qui n'aurait pas du arriver. « Je présume que me croiser n'était pas dans tes plans vu ta tête. » Je sors une main de mon pantalon pour faire glisser mon doigt sur mon reflet sur le verre. Tu n'étais que ça, toutes ces années. Un reflet que je pouvais toucher du bout du doigt. Effacer en détournant le regard. Et aujourd'hui tu es là. Face à moi, bien trop réel.

J'avais un mauvais pressentiment.

Putain. Je dépose la paume de ma main entièrement sur la table pour m'avancer un peu plus vers toi, semi-menaçant, semi-je ne sais quoi, incapable de définir réellement ce que je ressens face à toi. Entre l'envie de te frapper et celle de m'excuser il n'existe qu'un pas. Un pas qu'on sait toi comme moi que je ne franchirai pas. Ni dans un sens, ni dans l'autre. Plongeant mes yeux dans les tiens, j'ajoute, d'un ton si glacial qu'il en ferait mourir cette foutue plante et son pseudo bonheur apporté. « J'espère que tu cours vite, Nolan. », ma voix baisse encore d'un ton, si faible qu'il n'y a que toi, là, face à moi qui peut l'entendre, et ce même si quelqu'un se trouvait à quelques centimètres de nous. « Ou devrais-je dire Liam, puisque c'est bien ce que tu es supposé être, non ? Moi ? ». Refermant le poing je le retire un peu brusquement pour le remettre dans ma poche. Fais quelque chose. Dis quelque chose. Maintenant, avant que tout cela n'aille trop loin.

Ne me laisse pas franchir cette limite encore une fois, ne me laisse pas t'envoyer à la mort une nouvelle fois. Ne te méprends pas, je ne fais pas ça pour toi. C'est pour moi. Oui, juste pour moi. Vivre sans une moitié, c'est douloureux, bien plus que de vivre sans un rein. J'ai eu le temps d'y penser pendant ton procès. Ne m'oblige pas à faire ça. Ne m'oblige pas à montrer au monde que tu es là. Bouge toi. Mon regard est au défi, de ce que tu es capable de faire. Es-tu réellement devenu moi ? As-tu réellement perdu tout ce qui faisait que tu étais toi ? Un coup de poignard, c'est ce qui m'attend ? Je le ferai à ta place, tu le sais pertinemment. Mais tu n'es pas moi, même si ton apparence le laisse croire. Tu peux berner le monde, mais tu ne peux pas mentir à ton propre reflet. Tu ne peux pas me laisser croire que tu es moi. Parce que là, face à toi, tout au fond de tes yeux, je la voix. Cette lueur qui nous différencie, qui a toujours été entre nous. Ta lumière dans mon ombre, tu as beau arborer un costume et une posture qui ne te va en rien, laissant croire que tu n'es qu'un froid manipulateur, je la vois moi. Je la vois, cette lumière en toi. Et tu le sais. Alors bouge, ne m'oblige pas. Fais ça pour moi, encore une fois.

_________________

SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.


Dernière édition par Liam P. Wiggins le Mar 12 Avr - 8:05, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: it was a bad idea (wiggins' twins )   Jeu 31 Déc - 19:12

it was a bad idea
Liam & Nolan



Il fallait bien que ça arrive un jour. Il le fallait : je joue avec le feu depuis trop de temps maintenant pour que les risques n’augmentent pas drastiquement, l’incident avec Giulietta n’étant au final qu’un avertissement cordial. Il fallait bien que ça arrive un jour et pourtant… je n’y étais pas prêt. Et face à mon frère, je me rends compte que je n’y aurais jamais été prêt. Sa présence m’étouffe dès qu’il apparaît devant moi. Son rire a beau être nerveux, il est blessant et n’arrive même pas à contaminer mes lèvres, juste à fermer davantage mon visage lorsque je contemple ses traits identiques aux miens dans une ressemblance si parfaite qu’elle pourrait en être dérangeante si l’un comme l’autre, nous n’y avions pas été aussi habitués. Oui, son rire est vexant, extrêmement vexant même. Déjà parce que je n’arrive pas à voir ce qu’il y a d’amusant dans notre situation Ensuite parce que même s’il est nerveux… il est clair que mon frère est en position de force. Reflets opposés, reflets déformés, mon apparente nonchalance n’est que d’un vent, qu’un voile de fumée vaguement destiné à le duper quant à ma réelle nervosité et cette boule au ventre que je ne peux ignorer. Qu’est ce qu’il y a de drôle, Liam, hein ? J’ai toujours été le plus sanguin des deux, je meurs d’envie d’envoyer mon poing se fracasser sur son nez pour distordre définitivement notre ressemblance gémellaire. Reste calme, Nolan, reste calme : je me répète cette instruction en boucle pour éviter de l’ignorer, mon poing, à défaut de s’armer, se serre autour de ma clé USB encryptée. J’ai presque envie qu’il exige de la lire, sachant pertinemment qu’il ne parviendrait pas à franchir la première sécurité sans l’aide de quatre ou cinq autres informaticiens. Concentre toi, Nolan. Je n’arrive pas à penser, je dévisage mon frère avec une certaine curiosité.

Ca fait maintenant plus de trois ans que nous ne nous sommes pas vu, Liam. Le temps est passé vite, dans une lenteur exagérée. Ca fait plus de trois ans que tu m’as condamné à mort, grand frère, t’en souviens tu ? Trois ans et tes traits ont vieilli autant que les miens, dans un parallélisme surnaturel comme le monde qui nous entoure. Trois ans, trois petites années, trois petites éternités insupportables et libératrices pour moi, trois années sans se voir réellement, sans se parler, sans être confrontés l’un à l’autre. Le silence nous menace, je suis incapable de lui concéder cette victoire et c’est moi qui tente de rompre la glace dans une question aussi banale que désinvolte, comme s’il est dans mon droit d’être ici, d’être à ta place, d’être toi. Il me fixe, un filet d’angoisse glacée se cherche un chemin dans ma nuque, mon poing se serre davantage autour des angles obtus de la clé USB. « Pour quelqu'un qui semble être mon double, tu es visiblement mal informé. » Il avance vers moi, je refuse de lui concéder un pas en arrière, acculé que je suis de toute manière. Seul le bureau, son bureau nous sépare maintenant, je ne veux pas baisser le regard de peur de me heurter à mon reflet démultiplié par la présence de mon jumeau. « Je présume que me croiser n'était pas dans tes plans vu ta tête. » Mes doigts se dénouent autour de la clé, la glissent dans ma poche pour libérer mes deux mains. Reste calme, reste détendu, Nolan. Tu es son égal en tout point, pas simplement du point du vue du reflet. Il est fini, le temps de l’obéissance aveugle du petit frère envers le grand. Il est fini ce temps-là, oui, je me le promets. Tout en sachant qu’en réalité, si Liam a à nouveau besoin de moi pour le sortir d’un mauvais pas… je serai tiraillé. Je secoue la tête pour changer cette idée désolante et mes lèvres se parent d’une moue faussement amusée. Tu vois, grand frère, moi aussi j’ai appris à paraître, j’ai appris à mentir comme tu le fais si bien. J’ai retenu tes leçons, je les applique : c’est beau, non ? « Tu sais, Liam… le désavantage des imprévus, c’est qu’on ne peut pas les prévoir. Il parait que ça s’appelle le karma, moi je dirais plutôt la guigne mais l’idée est la même. » A dire vrai… je meurs d’envie de disparaître, de partir en claquant la porte, de le fuir et de voir ce qui a pu à ce point merder avec mon téléphone pour que je me retrouve piégé dans un tel guet-apens. Pas de karma, de poisse, de chcoumoune ou de guigne, juste un concours de circonstances et une panne électronique.

Il grappille un peu plus de la table pour s’avancer vers moi, je retiens ma respiration sans le vouloir. Mon regard affolé se fait dur lorsqu’il heurte le sien, nos pupilles se croisent dans une colère non contenue. J’oscille pour ma part entre la colère, la rancœur et ce besoin que j’ai de renouer avec mon frère, de lui pardonner. Et toi, Liam, entre quoi oscilles-tu ? T’en es-tu voulu une seule seconde d’avoir profité de cette ressemblance pendant des années pour finalement me jeter comme un vulgaire déchet, comme une quantité négligeable trop usée pour être recyclée ? J’en doute. Lorsque je vois mon frère, je vois un homme que rien n’arrête, motivé par sa lâcheté, par son opportunisme, par ses mensonges. J’ai envie de lui cracher à quel point je lui en veux de m’avoir promis de toujours me protéger. Même lorsqu’il m’envoyait me faire tabasser à sa place, il était là à mon réveil pour veiller sur moi, me soigner, me protéger. Même lorsque je me retrouvais en détention temporaire pour une effraction que je n’avais pas commise, il était là, en tant qu’avocat bienveillant, pour m’en faire sortir et déclarer le non-lieu, pour arguer les circonstances atténuantes ou le manque de preuves. Même lorsqu’à cause de lui j’ai été viré de mon boulot bien payé, il m’a retrouvé du travail quelques semaines plus tard en tirant quelques ficelles. Mais lorsqu’il est allé trop loin et qu’il n’avait plus d’autre choix que de se vendre pour me sauver… Je croise les bras sur ma poitrine attendant la confrontation. « J'espère que tu cours vite, Nolan. » Sa voix glaciale s’immisce dans mes veines et pourrait faire flancher ma résolution de ne pas lâcher prise si je ne venais pas de me remémorer pourquoi il est hors de question de lui concéder le moindre pardon. « Ou devrais-je dire Liam, puisque c'est bien ce que tu es supposé être, non ? Moi ? ». Ma respiration se fait sonore à mes oreilles lorsque dans un murmure presque inaudible, plus lu sur ses lèvres qu’autre chose, il met sur le bureau la supercherie dans laquelle je me suis empêtré. Son poing se serre, similaire aux miens crispés sur mes biceps et disparait dans la poche de son pantalon, comme pour mieux se contenir. Je ne suis pas le seul à avoir envie de frapper mon reflet, de toute évidence.

Tu vois ce que ça fait, Liam, que quelqu’un use et abuse de ton apparence pour agir, parler, respirer en ton nom. Et encore, j’ai été sage jusque là, grand-frère, j’aurai pu ruiner ta vie, j’aurai pu ruiner ta réputation moi aussi et tu le sais bien. Pourquoi ne l’ai-je pas fait ? Peut être parce que je ne suis pas aussi pervers que toi, peut être parce que j’en suis incapable, peut être juste parce que je n’en avais pas encore envie... C’est exaspérant, hein, de ne pas savoir à quoi s’attendre. Je me force à respirer, je me force à ne pas céder à cette impulsivité qui me pousse à crier, à le frapper, qui veut que je le secoue en lui demandant pourquoi et comment il a pu me faire ça il y a trois ans. J’espère que tu cours vite, Nolan. « Si je suis toi, tu devrais plutôt te demander si toi, tu cours vite. » Je me décide à tenter de prendre les choses en main, espérant candidement que mes quelques mois dans la peau de Liam m’ont suffisamment appris pour ne pas me faire écraser dans sa poigne menaçante. Des deux, c’est lui qui a toujours été le prédateur, le politicien. Moi, je suis celui qui sait encaisser les coups et taper sur un ordinateur. Je m’improvise Liam lorsque je contourne le bureau pour arriver face à lui, usant de sa démarche, usant de sa morgue et de son petit sourire constamment dédaigneux. Plus un rictus qu’un sourire d’ailleurs. Condescendant. « C’est toi qui m’as condamné à être toi, je te rappelle. Lorsque tu as tué Nolan, tu nous as condamnés à partager une vie officielle. » Je commence à perdre le contrôle : je n’ai jamais été très doué à ce jeu là de toute manière, mon caractère bon vivant et spontané se plaisant davantage dans l’absence de réflexion et son univers de jeu. Ma voix redevient la mienne, mes mouvements transitent du Liam au Nolan, cèdent à la tentation et mes mots vibrent de colère et d’amertume, se trempent de ces larmes d’enfant déçu, aussi. « Tu m’as tué, Liam. Tu m’as laissé crever sur cette chaise électrique, alors tu n’as pas le droit d’être en colère contre moi ! » Voilà, je perds le contrôle, je dégringole dans l’accusation. Il n’a pas le droit de me parler sur ce ton, il n’a pas le droit d’être en colère, c’est lui qui devrait se justifier, c’est lui qui devrait se ratatiner dans un coin, sa vie, j’ai le droit d’en profiter parce qu’en quelque sorte, je l’ai gagnée. « Pourquoi j’aurais pas le droit de me faire passer pour toi, hein ? Tu m’as bien tout foutu sur le dos pendant des années, toi ! » Je n’ai pas à me justifier… mais pourquoi est ce que je m’en sens obligé finalement ? Parce que face à Liam, j’ai presque toujours raisonné selon le principe simple qu’il avait raison et moi tort. Et les trois ans de rancœur, de lucidité et de colère menacent de voler en éclats face à lui.

Voilà pourquoi je ne voulais pas être confronté à mon frère. Parce qu’en réalité, je ne suis qu’un pâle reflet de lui et que je ne serai jamais prêt à m’opposer durablement à sa présence.

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MessageSujet: Re: it was a bad idea (wiggins' twins )   Sam 2 Jan - 1:04



it was a bad idea

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Je sens ton regard me suivre. Je sens ton regard sur chacun de mes gestes. Me regardes-tu pour qui je suis ? Me regardes-tu pour mieux m'imiter ? Je serre les dents et fixe tes yeux. Nos yeux. Difficile de savoir à ce stade si nous sommes bien deux. La remarque ne tarde pas à se faire entendre et m'arrache un rictus douloureux. Tu veux jouer au plus con ? Tu sais qu'on a pas fini, Nolan. Tu sais qu'on est pas sorti. Tu finis par te décider à avancer. Être dans ma peau t'auras donné le courage qui t'avait manqué jusque là. Après tout, si j'ai pu profiter de toi c'est simplement parce que tu étais faible. Je ne lâche pas tes mouvements du regard, discernant malgré tout le côté non-naturel de la chose. Cependant, je ne peux qu'admirer l'effort, j'en serai à deux doigts de t'applaudir. Alors que nous voilà face à face, enfin, réellement, après ces trois longues années.

Alors que j'aurais pu retrouver mon frère et le serrer dans mes bras, je ne vois que le miroir dans lequel je me suis si souvent retenu de cogner. Usant de mes manières, de mon ton, tu tapes. Avec les mots. Te jouant de ma méthode. J'ai toujours été le plus blessant, le plus habile des lettres. Celui qui pouvait faire craquer quelqu'un et le faire rire une seconde après. Un bon politicien, en somme. Et toi, tu n'étais que l'honnêteté, parfois trop triste de devoir dire une vérité, tu t'en retrouvais bien plus amoché que celui qui l'entendait. Et pourtant, tu es moi. Tel un parfait reflet, tu as su utiliser la plus grosse arme pour me toucher. Moi-même.

La main dans ma poche se serre un peu plus, et alors que je ravale ma salive pour ne pas perdre pied face à toi, je me mords discrètement la lèvre histoire de me calmer un peu. Tu aurais pu me tuer, tu sais. Me faire craquer complètement si tu avais continué sur ce ton. Mais ta voix redevient si vite tienne, tes gestes si vite tiens que mon rictus reprend sa place sur mes lèvres. Tu n'es qu'un bon reflet, loin d'être une parfaite imitation. Et je ne saurais dire ce que cela me fait, je ne saurais l'admettre. Ravi de voir que tu es toujours toi, désolé de voir que tu n'es que ça. Que ta vie n'est que ça. Que ton quotidien est si fade. Si froid. Si faux. Alors que la colère reprend toute sa place dans ta voix j'avance d'un pas. Tu ferais mieux de faire attention à ce que tu dis, Nolan. Tu ne veux pas jouer à ça.

Mais tu es comme ça. Si franc, si honnête. Si vrai. Alors les mots, ta haine sortent de ta bouche. Et pour la première fois de toute notre vie, tu me la déverses. Pour la première fois, je vois la peur, la colère dans tes yeux. Pour la première fois, je serai même capable de voir du dégoût dans ton regard. Mon cœur se brise, pour la seconde fois d'une vie entière. Tu es le seul qui a su faire ça. Me briser le cœur. Je me souvenais de cette sensation, comme un vague et lointain souvenir. Je pouvais encore sentir la blessure quand je rêvais de nous petits. Je pouvais encore ressentir, tout au fond de moi, ce sentiment d'abandon, d'infériorité. Mais jamais, jamais je n'aurais penser vivre ça à nouveau. Jusqu'à cet instant je ne pensais plus avoir de cœur. Jusqu'à cet instant, je me pensais bien loin de tout ça.

Pourtant, mon cœur se brise. Une lame s'enfonce dans ma poitrine et triture, encore et encore à chacun de tes mots. Elle s'enfonce et alors que je peux dire que le sang dégouline à l'intérieur de mon corps, je sens les morceaux du palpitants tomber un à un. Se dissoudre, comme dans une brûlure insoutenable. J'ai envie de hurler. D'arracher ce costume qui m'oppresse, d'enlever tout ce qui fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Mes yeux s'emplissent de larmes qui ne couleront pas. Parce que c'est ça que je suis, l'homme qui ne pleure pas. Tu peux peut-être briser mon cœur jusqu'à ma mort, mais tu n'auras pas mes larmes. Jamais, Nolan. Serrant les mâchoires plus que je l'admettrais je m'avance encore vers toi, coupant les distances entre nous. Et d'une voix froide et autoritaire, je te regarde droit dans les yeux avant de commenter.

« C'est tout ce que tu as à me dire ? », je sors la main de ma poche avant de dessiner un geste doux, lent, à proximité de ton visage et de reprendre. « Trois longues années. Et c'est tout ce que tu as à dire ? » Je soupire, récupère mon rictus, le cœur saignant toujours autant. « Tu aurais pu me frapper. Tu aurais pu me retrouver, tu sais pertinemment où j'habite. Tu aurais pu te venger. Ou simplement vouloir me parler. Qu'on s'explique, qu'on se retrouve. Tu aurais pu tout vouloir, tout demander. Tu aurais pu me demander de te sauver. » Je plonge mes yeux dans les tiens, posant un doigt sur ton propre cœur que je sens battre sous mon empreinte avant d'ajouter d'un murmure brisé. « Et au lieu de ça, tu te caches, et tu choisis de déverser ta haine. Lâchement. » D'une impulsion légère je me repousse pour me retourner, l'espace d'une seconde ne plus te faire face. Les yeux embués, je ferme les paupières, le temps d'une inspiration pour me reprendre.

Tu n'auras pas mes larmes.

Finalement, je reprends mon visage, le masque si longtemps travaillé, celui du politicien parfait, avant d'ouvrir les bras, tendus vers toi, et d'un sourire narquois te dire, d'une voix à semi-brisée que je ne peux contenir. « Félicitations, petit frère. Tu es devenu aussi pourri que moi. » Je referme les bras, les glissant le long de mon costume trop bien taillé, t'observant. Sachant pertinemment que l'entrevue ne durerait pas, sachant pertinemment que tout ça n'allait pas. Il n'y avait plus eu qu'une fin possible pour nous, depuis le jour où ta maladie s'est pointée, et toi comme moi savons qu'elle est mauvaise. Pourtant, tu m'as manqué. Tu m'as tellement manqué. Même si je ne l'admettrais jamais, je suis heureux de te savoir en vie et visiblement en bonne santé. Mais ça ne marche pas comme ça entre nous. Ça ne marchera plus jamais comme ça.

Je finis par me détourner de toi, passant contre mon bureau, prenant place dans mon siège. Il n'y a pas une demie-heure tu étais là, à ma place. Et alors que je prends place dans mon fauteuil, je peux encore sentir ta présence. Je l'ai sentie, à répétition, ces dernières années. Me suffisant de tes traces pour savoir que tu n'étais pas si loin. Alors que je ne peux faire autrement que de rester droit, je dépose mes coudes sur le bureau de verre avant de croiser à nouveau ton regard. Avant d'une fois encore, fixer tes pupilles identiques aux miennes, cette fois-ci sans faux semblant. Sans rictus pour prétendre. Aucun sourire, aucun geste calculé, juste moi, Liam, face à mon frère. Nolan. Pas un reflet. Pas une copie. Pas de prétention, juste nous. Comme il n'a plus été depuis plus de vingt longues années. Et alors que ma bouche s'entre-ouvre une fois encore elle laisse passer une voix qui ne s'était pas faite entendre depuis l'enfance. Ma voix.

« Et on fait quoi, maintenant ? » Je relève une main pour frotter mon visage, incroyablement fatigué. Sais-tu ce que ça fait d'avoir le cœur brisé ? Sais-tu combien ça fait mal de ne pas pouvoir pleurer ? « On se parle, enfin, ou alors tu retournes dans l'ombre et je prétends ne pas savoir ? » Je soupire, sincèrement. La main sous la mâchoire je laisse échapper un rire, fatigué de cette mascarade entre nous. « Tu crois que ça va durer encore longtemps Nolan ? Tu crois qu'on va jouer au chat et à la souris jusqu'à ce qu'on meurt ? » D'un air plus grave, je finis par ajouter. « Ou alors tu es vraiment devenu moi, et tu avais prévu de me tuer, ou pire peut-être ? ». Déposant lourdement mon bras sur le bureau, dans un bruit sourd qui me résonne dans les oreilles à m'en crisper le visage, je continue, sans réellement savoir pourquoi. Peut-être pour ne pas te laisser l'occasion de répondre. Peut-être pour te faire rester, et d'une certaine façon profiter. Je ne sais pas, de toute façon, je ne préfère pas savoir. « Je suis fatigué, Nolan. » Le petit frère qui aurait du venir à la fin de cette phrase est incapable de sortir de mes dents. « J'en ai marre de ces conneries. » Alors que je m'enfonce un peu dans mon siège, j'ouvre un tiroir de mon bureau et en sors deux verres, les déposant sur le bureau d'un glissement maîtrisé pour qu'un aille jusqu'à toi. Sans attendre de voir ta réaction, je me lève afin de me diriger dans l'armoire à ma gauche, sortant une clef de ma poche et déverrouillant cette dernière je sors deux bouteilles. Une de Whisky, et une de Cognac, sortie de la cave de papa, que tu reconnaîtras sans doute. Alors qu'avec les liquides ambrés en main je me dirige à ma place, j'ai finalement décidé de rompre le contact visuel, soulageant mon cœur de ton regard. Soulageant mon âme du poids de mes pêchés.

« Je ne sais pas comment tout ça va finir. J'en ai pas la moindre idée. Mal sans doute ? Difficile de reprendre notre petit jeu maintenant. Mais on est pas obligé de sortir tout de suite. Il n'y a que nous, ici. Toi et moi. Et je ne suis pas sûr que cette situation se reproduise de sitôt. Alors autant parler, pas vrai ? » Je me verse un verre du Cognac avant de me rasseoir et de continuer. « Je ne parlerai pas de rattraper le temps perdu, mais peut-être d'être honnêtes, pour une fois. » Alors que je porte l'ambre à mes lippes, m'offrant un rictus pincé à cause de la sensation de chaleur brusque qui me ramène à la situation bien réelle. Alors que la chaleur brûle un peu plus mon cœur mort, j'ajoute, le regard dans le vide, doucement. La seule chose que je n'ai jamais osée te dire. C'est un peu un dernier espoir, comme pour que tu ne partes pas. Peut-être aussi, parce que même si tu ne le sais pas, j'ai eu le temps de réfléchir à tout ce que je voulais que tu saches si un jour tu mourrais. Que j'ai eu toute la réflexion nécessaire en entendant les jurés te condamner pour passer en revu tous mes regrets. Les uns après les autres. Et cette vague de souvenirs me prend à la gorge, resserre un peu plus l'étau qui se forme sur moi, laissant mes yeux embués hors de ta portée mais bien présents. Les laissant, pour la seule fois de ma vie, se faire ressentir dans ma voix.

« Tu sais pourquoi tout ça a commencé ? Pourquoi j'ai décidé de devenir toi ? » Et alors que ma phrase se termine, une larme coule. Seule, unique. Sur ma joue. Lentement, elle brûle ma peau, ma chair. Elle prend plus de place que toutes les larmes du monde. Elle s'écrase, de tout le poids de mes maux sur ma propre main avant de disparaître, comme si elle n'avait jamais existé. Comme si toute cette haine, toute cette rage, mais surtout toute cette peine, n'avait jamais été là. Comme s'il n'y avait jamais rien eu entre toi et moi. Juste un instant. Le temps d'une larme. Unique. Qui aura brûlé ma peau autant que tu auras brisé mon cœur.

Tu auras eu une larme.

_________________

SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.


Dernière édition par Liam P. Wiggins le Mar 12 Avr - 8:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: it was a bad idea (wiggins' twins )   Sam 2 Jan - 22:06

it was a bad idea
Liam & Nolan



Il faut bien l’avouer, pendant un instant j’y ai cru. Oui, j’ai cru pendant un instant, un tout petit instant, juste une fraction de seconde, que je pourrais échanger pour une fois ma place avec Liam et le battre à son petit jeu. Que je pourrais exister aussi en tant que Nolan en revendiquant et mon droit d’être en colère, et ma survie, et mon indépendance. C’est étrange, tout de même que je sois capable d’être aussi con tout en étant conscient d’être aussi con. Pendant une poignée de secondes je me fonds dans ta peau, Liam, je m’immisce dans ta manière d’être, je la copie, je la parodie, je la tournerais presque en dérision tant elle me va mal. Et j’en profite pour contourne ce bureau, venir à ta rencontre. J’imagine que si j’avais su rester silencieux pour me contenter d’une première attaque aussi pathétique que colérique, j’aurais pu maintenir le reste des apparences. Mais tu me connais aussi bien que moi, je peux me connaître, Liam : et je ne tiens pas. En quelques phrases, en quelques mots, l’amertume reprend le dessus, détruit le peu de self-control que j’ai péniblement rassemblant et je retombe dans mes travers. Si j’ai commencé mon déplacement en tant que Liam, je le termine pleinement comme le Nolan que tu connais. Colérique, naturel, spontané, impulsif, stupide. Stupide.

Ca fait trois ans que je me répète chaque matin que c’est fini, que tu es un connard, que tu es manipulateur, que tu n’as jamais voulu être mon frère et que tu t’es joué de moi pour mieux me jeter. Ca fait trois ans que je me martèle le crâne pour cesser de voir en toi mon frère jumeau mais un ennemi, ça fait trois ans enfin que je m’imagine ces retrouvailles, les craignant autant que les souhaitant, listant continuellement tout ce que je pourrais te dire, te reprocher, les coups que je pourrais te porter, les injures dont je voudrais te cracher au visage. Voilà trois ans qui partent en fumée en quelques respirations. Je suis incapable de te faire face parce que je suis incapable de ne pas me voir lorsque je te regarde, je suis incapable d’ignorer qu’avant d’être mon bourreau tu es mon frère jumeau. Bon sang que j’aimerais te haïr, que j’aimerais te détester, que j’aimerais te considérer comme un énième suppôt de ce Gouvernement que je veux voir tomber ! Et non : l’ironie de ma stupidité veut que je me retrouve à perdre mes mots, à t’en vouloir mais à ne pouvoir tempêter uniquement comme un enfant capricieux qui ne parvient pas à exprimer ce qu’il veut. Pourtant, il ne faut pas croire : je lutte et je persévère pour continuer à t’en vouloir, pour continuer à te détester. Je lutte, aussi, pour ne pas te prendre dans mes bras une seconde et retrouver mon grand frère. Et malgré toutes mes faiblesses, je lutte avec succès pour le moment. Mon seul échec, mais échec critique : je suis Nolan et je reste Nolan. Je ne peux pas jouer sur le même terrain que toi, je te serai toujours inférieur sur ce plan là. Et le pire, c’est que tu le sais. Alors je me débats, comme je peux, à ma façon, dans un reproche aussi légitime qu’enfantin. Quelques années en arrière suffiraient pour que je sois en train de taper du pied par terre pour insister sur cette colère immature.

Bon sang que je fais pitié. Et le pire dans tout ça ? C’est que remonter le temps de quelques minutes reviendrait au même parce que je serais bien incapable de changer mon attitude d’un iota, c’est trop moi pour que je m’amuse à faire autre chose. Dans tous les cas… si je suis pleinement moi, Liam n’en est pas de reste : tout en lui clame ce qu’il est. Il fait un pas en avant quand j’en fais un aussi, presque comme pour me mettre au défi de poursuivre mes geignements. Ma franchise est dénuée de tous les faux-semblants que j’aurais pu lui foutre, tous ces faux-semblants qui ne me ressemblent pas. Sers les dents autant que tu peux, Liam, contracte ta mâchoire, contracte tes muscles, fais ce que tu veux, mais je te jure que je vais tenir bon. J’ai rendu les armes sur ton apparence et ton attitude, mais je te jure, Liam, je te jure les yeux dans les yeux que tu auras beau faire : tu n’auras pas mon pardon.

Jamais. C’est un serment que je te fais, mais c’est surtout un serment que je me fais. Je me connais, je me connais même très bien et dès lorsque tu entres dans l’équation, dès lorsque tu apparais dans mon champ de vision, je suis un foutu faible, je suis incapable de tenir mes promesses. Mais pas celle là, bordel, pas celle là. Tu m’as tué, Liam, et tu m’as forcé à ouvrir les yeux et à comprendre que notre petit jeu est allé trop loin.

« C'est tout ce que tu as à me dire ? » Je retiens un mouvement de recul, je retiens mes mots et mes insultes. « Trois longues années. Et c'est tout ce que tu as à dire ? » Son soupir est un coup de poing, son rictus est coup de genou dans les parties : en quelques infimes mouvements de visage, Liam a la capacité de me mettre à terre. « Tu aurais pu me frapper. Tu aurais pu me retrouver, tu sais pertinemment où j'habite. Tu aurais pu te venger. Ou simplement vouloir me parler. Qu'on s'explique, qu'on se retrouve. Tu aurais pu tout vouloir, tout demander. Tu aurais pu me demander de te sauver. Et au lieu de ça, tu te caches, et tu choisis de déverser ta haine. Lâchement. » Je suis tétanisé. Pardon ? Je n’ai pas bien entendu, là, j’espère. Parce que sinon… « Tu plaisantes ? C’est moi qu’tu traites de lâche ? » Je crache. Vraiment. Ce n’est pas qu’une façon de dire que j’expulse de mes lèvres cette question acide, je crache réellement sur le dos qu’il m’offre, sur son costume, dans sa nuque. « Liam ! Regarde moi dans les yeux avant d’me traiter de lâche, bordel ! »

Sincèrement ? C’est la goutte de trop. Je suis à deux doigts de le frapper, à deux doigts de lui balancer mon poing dans la figure, à deux doigts de briser ce très, très fragile équilibre qui nous maintient sur la corde raide. La seule chose qui me retient ? Ce n’est pas son visage hypocrite qui revient vers moi, ce n’est pas son sourire narquois qu’il m’inflige. Ces deux choses auraient même plutôt tendance à me chatouiller les phalanges. Non, ce qui me retient… c’est sa voix. In extremis. Elle se brise, elle commence à se briser plutôt, mais ça me suffit pour que je le remarque. « Félicitations, petit frère. Tu es devenu aussi pourri que moi. » Je le foudroie du regard. La seule solution pour me retenir de lui faire ravaler sa pourriture est de ne pas bouger, je reste immobilise, attendant avec une patience illusoire que l’orage passe. Ou que mon envie diminue un peu. C’est entre mes dents que je réponds, d’une voix aussi agressive que colérique. Il me connait trop bien : il en faut peu pour que je parte au quart de tour. « J’suis pas pourri, Liam. C’est toi le pourri, c’est toi le seul pourri des Wiggins, ça a toujours était toi ! Même quand tout le monde pensait que c’était moi. » Je sais, à parler de la sorte, on pourrait croire que j’essaye plus de me convaincre moi que de le convaincre lui. Et on aurait raison. Liam est redoutable parce qu’il sait où frapper. Et il vient de mettre des mots sur cette angoisse qui me suit depuis que j’ai pour la première fois foulé le sol de ce building en me faisant passer pour lui. La première effraction que j’ai faite ? Ca a été juste après ma condamnation à mort, lorsque j’ai du voler, racketter, brutaliser quelqu’un pour récupérer de quoi m’habiller, de quoi me réchauffer, de quoi me déplacer. La dernière en date ? Elle ne doit pas être lointaine. Je suis devenu aussi pourri que lui, ou presque. Et il s’en doute.

A moins qu’il ne dise ça justement parce qu’il sait que l’idée même de rivaliser avec lui niveau pourriture me taraude naturellement et qu’il veut me faire douter ce qui lui ressemblerait bien. Ca ne m’avait pas manqué, ces nœuds au cerveau qu’il m’inflige par sa seule présence. Je le regarde faire le tour du bureau, ne peux m’empêcher de railler un « Quoi, tu fuis ? T’as peur que je te baffe ? J’t’ai chauffé la place, tu vas voir » visant plus à éviter un quelconque silence qu’autre chose. Lorsqu’il s’assoit dans son fauteuil, je me rends compte d’une chose : nous venons d’inverser nos places. L’imitateur est éjecté, le vrai Liam a repris sa place. C’est à présent moi qui lui fais face, comme un parasite, comme un de ces subordonnés lambda venu pour se faire engueuler ou se plaindre, au choix. Et maintenant, Liam, maintenant que tu as récupéré ta vie, que tu m’as trouvé, que nous sommes l’un en présence l’autre pour la première fois depuis trois ans, qu’est ce qu’on fait ? Ta voix se lève comme en écho, m’arrache un sourire qui n’a aucune raison d’éclore en de telles circonstances. « Et on fait quoi, maintenant ? » Sa voix m’arrache un frisson. Elle est nue, elle en serait presque pudique, timide, innocente et candide si ce n’était pas celle de Liam. « On se parle, enfin, ou alors tu retournes dans l'ombre et je prétends ne pas savoir ? Tu crois que ça va durer encore longtemps Nolan ? Tu crois qu'on va jouer au chat et à la souris jusqu'à ce qu'on meurt ? Ou alors tu es vraiment devenu moi, et tu avais prévu de me tuer, ou pire peut-être ? ». Je sers les dents, crispe le poing. On fait quoi maintenant ? Je n’en ai aucune idée. Déjà… je n’avais pas prévu que cette question se pose. Ensuite… « Liam, arrête. Arrête ça tout de suite. » Sa manière de parler, sa manière de jouer le vulnérable… je le déteste, putain. Il tourne et retourne la situation en sa faveur, fait de lui la victime et moi le coupable. Comme toujours. Il me donne l’impression que c’est moi qui suis venu le voir, que c’est moi qui ai provoqué la rencontre, que c’est à moi de parler, à moi de m’excuser, à moi de… Je sers davantage le poing, enfonçant mes ongles dans ma paume. « Je suis fatigué, Nolan. J'en ai marre de ces conneries. » Je cesse de le regarder. Il est fatigué ? Il en a marre de ces conneries ? Je lève les yeux au ciel dans un soupir rageur. Il arrive à me faire osciller entre le calme et la colère, entre la culpabilité et la rancœur. « Ta gueule, juste… ta gueule Liam. Ces conneries, c’est toi qui les as commencées, j’te f’rais remarquer. J’suis pas toi, moi, j’vais pas t’tuer, j’vais… » Je prends mon inspiration, me passant les mains sur le visage pour me tirer les joues à défaut de me foutre des claques qui pourraient, éventuellement, m’éclaircir les méninges. « C’est toi qui nous as mis dans c’te merde. »

Il sort de verres de son bureau, je le suis du regard lorsqu’il s’en va extirper deux bouteilles d’une armoire. Inconsciemment, je m’aperçois de deux choses : déjà que les bouteilles, je sais d’où elles viennent, ensuite que j’ai immédiatement noté la clé utilisée comme pour mieux la lui voler dans quelques minutes. Tu es devenu aussi pourri que moi. C’est pas vrai, j’suis pas pourri, merde. J’ai juste été obligé de sortir un peu plus ma tête des ordinateurs et de commencer à réfléchir au lieu d’encaisser les coups sans sourciller. « Je ne sais pas comment tout ça va finir. J'en ai pas la moindre idée. Mal sans doute ? Difficile de reprendre notre petit jeu maintenant. Mais on est pas obligé de sortir tout de suite. Il n'y a que nous, ici. Toi et moi. Et je ne suis pas sûr que cette situation se reproduise de sitôt. Alors autant parler, pas vrai ? » Le bruit du cognac qui glisse dans son verre me rappelle que l’alcool est désormais prohibé. Ca m’arrache même un sourire, impossible que je suis à toujours préférer étirer mes lèvres plutôt que de faire la gueule. Je suis supposé être en colère, je le suis, même, mais je souris à ses conneries. Dès qu’il abandonne la bouteille pour porter le verre à ses lèvres, je la réquisitionne à mon tour et me sers d’autorité. « Je ne parlerai pas de rattraper le temps perdu, mais peut-être d'être honnêtes, pour une fois. » Il me faut toute ma concentration pour ne pas lui balancer la bouteille à la tronche et cesser de remplir le verre à un moment. « D’abord tu m’traites de lâche, maintenant de malhonnête ? Putain, j’croyais qu’on avait convenu tous les deux que tu n’étais pas en train de te parler dans le miroir, grand-frère. » Je repose brusquement la bouteille sur le bureau, dans un bruit non de verre brisé mais peu s’en faut. Mon poing se crispe sur le verre, le porte à ma bouche et je le bois cul-sec pour mieux reporter mon regard dans ses yeux, qui m’évitent. « Voilà, on a bu un verre, on a parlé, ça te suffit ou tu veux encore un peu plus de fraternité pour soulager ta conscience inexistante ? » Je suis brusque, je sais. Autant dans mes mots que dans mes gestes, autant dans mon ton que dans mon attitude. Je sais aussi, inutile de me le faire remarquer, que si je reproche à mon frère de me traiter de lâche et de malhonnête, ces deux adjectifs qui le caractérisent, c’est à mon tour de me parler à moi-même. Parce que contrairement à ce que je veux croire, boire un verre avec mon frère ne me déplairait pas, loin, très loin de là même. Juste boire un verre devant un match de foot ou une connerie dans le genre. Sauf que ce verre de cognac, ce sera tout ce qu’on aura et ce sera tout ce que j’accepterai.

« Tu sais pourquoi tout ça a commencé ? Pourquoi j'ai décidé de devenir toi ? » Mes oreilles bourdonnent, ma vue se trouble. « Liam… c’est quoi cette question ? » Ma voix n’est pas seulement interrogatrice, elle le met en garde, aussi. C’est quoi cette putain de question ? Et surtout… elle accroche un rayon de soleil, m’aveugle une fraction de temps si infirme que je doute un instant de son existence. Je connais mon frère. Liam ne pleure pas. Il s’excuse, bien sûr. Il s’excuse beaucoup, très souvent, surtout lorsqu’il ne pense pas un seul de ses mots. Il fait des promesses, aussi, il offre un visage contrit à nos parents, surtout lorsque oh mon dieu, Nolan a encore eu un accident de moto, quel inconscient ou encore que Nolan a été viré de sa boite pour avoir vendu des informations confidentielles. Liam sait tout faire, tout être, tout paraître, mais il ne pleure pas. Sauf là. Et c’est de trop. Vraiment de trop. Je serre le poing autour du verre désormais vide, j’hésite un instant quant à ce que je dois en faire. Lui faire rejoindre la bouteille ou lui faire rejoindre à grande vitesse son frère jumeau ? Je choisis la troisième option : d’un mouvement vif, je jette le verre par terre dans un « ARRÊTE ! » sonore.

Tu ne m’auras pas avec ton ton mielleux, Liam, tu ne m’auras pas avec ta voix fatiguée et si réelle que je pourrais m’y laisser prendre. Tu ne m’auras pas avec cette fausse larme que tu as ajoutée à ta panoplie, bordel, non : tu ne m’auras pas. Et tu n’auras pas mon pardon. Je t’en ai fait le serment, Liam, et moi, Liam, je suis le Wiggins qui tient ses promesses. « Arrête de te faire passer pour la victime là dedans ! Tu crois que je n’ai pas compris ? D’abord tu me provoques, ensuite tu fais semblant d’être fatigué de toutes ces conneries ? C’est du faux, ça, c’est que du faux, je te connais Liam ! Et tu oses me parler d’honnêteté ? Est-ce que tu connais au moins le sens de ce mot ? Arrête de penser que je voulais te voir, arrête de penser qu’il te suffit juste de… raaaaah tu me fais chier Liam ! » Je fais un tour sur moi-même avant de commencer à faire les cent pas, histoire d’évacuer un peu de cette nervosité qui s’accumule et torture mon hyperactivité. Je l’accuse d’un index menaçant. « Et ne me remets pas tout sur le dos ! J’ai jamais demandé à ce qu’on te prenne un rein pour me sauver la vie, c’était supposé être normal de ta part ! Parce oui je le sais que c’est ça qui t’a poussé à m’utiliser comme ça. » Je m’arrête brusquement dans mes déambulations. Je suis hors de moi, oui, parce que si je me calme une seule petite seconde, je sais que je vais m’écrouler. Son rein, il me l’a donné et je l’ai foutu en l’air lui aussi. Qu’est ce qui déconne dans mes gênes, hein ? Je ronge en quelques pas la distance entre moi et son bureau pour poser mes deux mains à plat sur le verre et m’approcher de son visage. « Ose un peu me dire que j’ai tort, Liam. Ose me dire que j’ai tort. DIS LE MOI ! »

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MessageSujet: Re: it was a bad idea (wiggins' twins )   Jeu 7 Jan - 6:39



it was a bad idea

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La joue me brûle encore. Sans doute plus que je ne l'ai jamais été. Je n'aurais jamais cru qu'une larme pouvait faire aussi mal. Je n'avais jamais cru qu'un cœur pouvait tant pleurer. Mais c'est ton pouvoir, Nolan. Ça l'a toujours été. Le don de faire de moi celui que je ne suis pas. Le don de colorer tout ce qui compose mon monde pour mieux le voir se noircir dès que tu t'éloignes. Tu sais pourquoi je préfère être loin de toi ? Parce que tu vois, petit frère, le monde dans lequel j'évolue est peut-être gris et monotone, mais il n'est pas illusion. Le monde que tu me montres par contre, est capable de me briser tant il n'est que rêve et désillusion. Je ne relève pas le visage. Je ne saurais trop dire si c'est un sentiment de honte ou de haine qui monte en moi. Il bouillonne peu à peu. Peut-être est-ce les deux.

Je ne voulais pas te donner mes larmes, pas même une seule. Et alors qu'un instant, un tout petit instant, j'entrevois l'espoir d'un monde un peu moins gris, ta voix s'élève à nouveau. Elle est différente. Un peu menaçante. Tu as beaucoup changé, tu sais. Jamais tu n'aurais pu parler comme ça avant d'être moi. Jamais tu n'aurais douté, si tu n'avais pas été moi. Pourtant, j'ose croire que cette voix n'est que celle de la peur. Celle qui, en voyant mon visage va comprendre que pour une fois, je ne prétends pas. Je relève les yeux, doucement, tout doucement vers toi. Ma joue est encore douloureuse, et alors que j'atteins à peine ton cou, serré, de mes pupilles brunes quand le bruit du verre éclate avec ta voix. Parce que c'est exactement ça, ils éclatent en chœur. J'ai un mouvement de recul imperceptible, le regard directement sur le verre en mille morceaux. Le jour se reflète à travers les petits bouts alors que le liquide ambré qui se lovait quelques minutes avant se retrouve en larmes. Je le vois, couler, goutte par goutte. S'étalant sur le seul de mon bureau avec une tristesse indéniable. Il accompagne peut-être ma pauvre larme. À moins que ce ne soit les tiennes ?

Mes iris ne se détournent pas de cette scène, elles ne veulent pas te faire face. Je ne veux pas te faire face. Le pincement au cœur qui m'a pris lorsque le bruit a résonné m'a fait comprendre que l'on ne pourrait pas parler. Ou du moins, que tu ne me croirais pas. Je ne dis pas que je ne le mérite pas, non surtout pas. Mais j'ai mal. J'ai envie de me lever, soulever la table qui nous reflète et tout éclater, briser dans cette endroit qui nous montre bien trop. Tu es partout. J'ai beau ne pas fixer tes yeux je te vois. Tu es dans chaque morceau de verre brisé, dans chaque goutte d'alcool gaspillée. Tu es dans la baie-vitrée, tu es sur la table qui nous sépare. Et pire que tout, tu es juste là. À un pas de moi. À un souffle. À une larme. Une larme, Nolan. Une larme qui nous sépare. Celle de la vérité, si petite qui représente pourtant un torrent. Il n'y a donc plus rien à sauver ? Plus jamais je n'attraperai ta main ? Le courant nous séparera toujours, on aura beau hurler à plein poumons la vérité, on ne l'entendra plus jamais.

J'ai toujours été le manipulateur, le menteur. J'en ai toujours joué, tu le sais mieux que personne. Tu le sais mieux que moi-même. Mais aujourd'hui j'étais vrai. Et tu aurais du le voir. Tu aurais du me croire. Pourtant, tu parles de ce ton si blessant qui n'est qu'un reflet du mien. Les rôles sont inversés pour une fois. Le blessant, le blessé. Une larme et tout a changé. Je ne peux m'empêcher d'avoir un rictus en soupirant à tes mots. Est-ce que je connais l'honnêteté, Nolan ? Oui. Mon regard te fixe alors que tu parles. Tu parles en étant toi, droit, sans penser. Tu dis ce qui sort, et pourtant ta bouche est différente. Tu as passé trop de temps à être moi, petit frère. Et c'est aussi pour ça que je connais l'honnêteté. Parce que, tu ne l'as pas oublié, j'ai été toi. Bien plus que tu n'as été moi. Crois-tu que je n'en ai pas joué ? Crois-tu que tous ces moments à sembler toi ont été faciles ? Crois-tu que jamais, quoique ce soit ne m'a touché ? C'est ça, le problème de l'honnêteté Nolan. C'est qu'elle touche. Elle fait mal. Le mensonge lui, il te caresse. Il te berce tendrement et il ne te brûle jamais.

Je te suis des yeux par réflexe. Tu bouges, tu ne t'arrêtes pas. Mes poings se serrent alors que j'ai envie de te stopper. J'ai envie de t'attraper et de te secouer. J'ai envie que tu m'écoutes. J'ai envie de franchir chaque barrière qui nous sépare. De les exploser les unes après les autres à grands coups de pied. Mais ça, tu vois, ce ne serait pas moi. Non, parce que je suis lâche. Non, parce que je refuse de te montrer que tu m'as touché. Tu as eu une larme. Et tu auras mon honnêteté, c'est certain, mais tu ne l'auras pas à n'importe quel prix. Je serre les mâchoires alors que tu pointes ton doigt sur moi. Une pensée aussi vite venue qu'effacée me donne envie de te le briser. Je veux que tu la fermes. J'aurais voulu que tu m'écoutes. Et pourtant tu continues, hurlant ta haine envers moi sans prendre de gants. Mon cœur bat dans mes tempes alors que tu penses tout savoir. Mes ongles pourtant courts sont en train de trancher la paume de ma main droite. Tu ne cesses de bouger alors que les mots sortent de ta bouche et je suis à deux doigts de te stopper moi-même. Je n'en suis plus qu'à un doigt quand finalement tu t'arrêtes. Mon regard se plonge durement dans le tien alors que tu avances. Violemment, tu tapes sur le verre le laissant encore une fois venir douloureusement à mes oreilles. Ton visage n'a pas été si près du mien depuis que nous étions enfants. Je n'ai pas pu sentir ton souffle de la sorte depuis plus de vingt ans.

Je ferme les yeux, le temps d'un clignement d’œil. Et juste ce temps là, ce tout petit temps, je me souviens de ton souffle d'il y a vingt ans. Il était doux, on était en train de jouer. On était toujours en train de jouer. Et je gagnais, parce que je trichais. Mais tu t'en fichais, parce qu'on s'amusait. On était heureux, Nolan. On était tellement différents mais pourtant tellement heureux. Ton souffle près du mien était pour me prendre dans tes bras. Me murmurant à l'oreille la prochaine bêtise innocente à faire. Mon sourire était franc. Il était toujours aussi joueur, mais en aucun cas il était menteur. Ce souffle là, je l'ai cherché. Je l'ai cherché pendant mes rêves, mon sommeil, pendant tout, pendant vingt ans. Mais personne n'a ce souffle. Personne n'a cette aura. Ce n'est pas une question d'être un réel mage blanc. Oh, crois-moi, j'en ai rencontré plus d'un. Non, c'est toi. C'est toi et maman à travers toi. C'est cette douceur, cette tendresse qui n'habite que vous. Cette légèreté qui n'a pas d'égal.

Mais ton souffle est différent. Ton souffle n'a plus rien d'une brise. Il est chaud, il est brûlant même. Il n'a plus rien d'agréable. Je ravale ma salive avant de me lever à mon tour, pour me poser exactement dans la même position que toi. Nous faisons exactement la même taille, ce qui rapproche nos visages d'autant plus. Alors que je ne décolle pas mes iris des tiens, observant leur couleur brune identiques à celles de mon reflet, j'ouvre la bouche, articulant avec une rage qu'il m'est impossible de contenir chaque mot. « Tu crois vraiment tout savoir, n'est-ce pas ? » Je relève la main pour attraper ton col de chemise qui te va si mal te te tirer à moi pour te parler à l'oreille, crachant mon dégoût. « Tu ne sais rien. »

Je te repousse violemment avant de me décoller du bureau et reposer les distances entre nous. Il faut des distances. Je suis malgré tout ministre et si je sors défiguré de mon bureau, tu vas finir tué. Et que tu le crois ou non, je ne veux pas ça. Pas maintenant en tout ça. Et puis, quel dommage ça serait que nos visages ne soient plus exactement les mêmes ne serait-ce que le temps de faire disparaître de petits hématomes ? « Je ne t'ai rien mis sur le dos, Nolan. Rien. » Je souris à ma propre remarque avant d'enchaîner instantanément. « Enfin, pas dans ce sens là. » Je retrouve mes chaussures, je reprends ma place, redressant une fois de plus le dos, la larme oubliée de loin. Mon regard se veut sincère mais ma colère l'en empêche, y ajoutant forcément une dose de mépris. Ma colère me surpasse. Mes joues deviennent légèrement colorées, mes yeux embués. Pas par la tristesse cette fois, aucune larme ne coulera. Ils s'embuent pour me brouiller la vue. Un peu de haine mélangée à cet espèce d'amour que j'ai pour toi et qui m'empêche de te casser la figure. Et alors que je te rends la pareille, pointant mon index sur toi, je continue, la voix brouillée par la colère.

« Tu as tort. » Je referme mon poing, toujours vers toi. Et sans un geste de plus, manière de stopper le temps je continue. « Tu crois que je ne voulais pas te donner un rein, Nolan ? Tu me crois si égoïste que ça, depuis tout ce temps ? » Je glousse nerveusement, avant de t'offrir mon plus beau rictus. « Oh ce que j'aurais aimé. J'aurais tellement aimé que ce soit ça. Mais non Nolan. Je t'aurais donné mon cœur si t'en avais eu besoin. Je t'aurais donné mon âme pour peu que j'en ai une. » Je n'arrive plus à rester en place, tes mots prenant toute la place dans ma tête. Si seulement tu m'avais cru. Si seulement tu n'avais pas si longtemps été moi, on aurait pu parler. Juste parler. Mais non, il a fallu que tu ne vois que ce que tu voulais voir. Je marche, sans m'approcher de toi. Je bouge dans mon bureau, remarquant tout juste qu'il n'est pas vraiment mien. Tu étais là avant moi, et tu es partout. Tu es partout Nolan.

Tu es bien trop là. Je ne peux pas le supporter. Toujours aussi crispé, aussi tendu, je me retourne vers toi et te regarde de haut en bas. « T'es sacrément con, j'espère que tu t'en rends compte. » Avançant un peu vers toi je ne retiens pas mes gestes, passant de me remettre les cheveux en place à me frotter le menton. Sans jamais faire attention aux plaies qui ont pris place dans mes paumes. « Putain Nolan mais tu crois vraiment que je vaux si peu que ça ?! FRANCHEMENT ?! Tu crois vraiment que ton propre frère t'en veut d'avoir été malade ?! Mais MERDE ! » Dans un geste de rage je donne un grand coup de poing dans le bureau duquel je me suis rapproché sans m'en rendre compte. Le verre vibre sous mon coup et je continue, ne laissant plus aucun bruit extérieur m'atteindre. Il n'y a plus que toi et moi. Juste nous, face à face.

Et c'est l'heure de la vérité.

« J'aurais préféré être malade à ta place, espèce d'idiot. Tu sais ce que ça fait que d'être celui qui va bien ? Tu sais ?! Oh non. T'as pas idée. T'es peut-être moi depuis trois pauvres années mais je vois bien que t'as jamais compris qui j'étais. T'as jamais voulu voir ça, Nolan. T'as jamais voulu voir la vérité. C'est pas ton rein le problème, c'est TOI ! C'est ce qu'ils ont fait de toi, de nous. Putain Nolan. On était égaux. On était pareils. On avait même tous les deux qu'un rein. On a la même putain de cicatrice. » Je relève brusquement ma chemise pour la montrer, comme si tu l'avais oublié. Comme si t'avais oublié qu'on était identique jusqu'au moindre détail, jusqu'à l'intérieur de nous. « Mais tout a changé. Sous prétexte que t'étais malade, j'avais plus d'importance. » Je prends une voix détachée avant de continuer, laissant ma chemise pendre n'importe comment. « Oh, Liam est bon à l'école ! Oh, Liam étudie bien ! Oh, Liam, démerde toi, ton frère est MALADE ! Oh, Liam, laisse ton frère se reposer, il est MALADE ! Liam, laisse de la place à Nolan, il est MALADE ! Liam, laisse ton frère profiter de ses cousins, il est MALADE ! Liam, n'embête pas Nolan, il est MALADE ! » Je me stoppe une seconde avant de plonger mon regard dans le tien, une fois encore. « T'étais malade. Et moi j'étais rien. Rien du tout. » Je souris, méchamment, le regard devenant noir. « Et le pire, c'est que je n'étais plus rien pour toi. »

Je remets ma chemise en place, ne supportant pas de ne pas être entièrement moi. Ne supportant pas non plus d'être si pareil à toi et de m'en être trop bien souvenu il y a quelques secondes. Et puis je continue, plus calmement. C'était un peu comme avoir enfin hurlé, toute cette douleur accumulée. J'aurais voulu profiter de ce sentiment, le respirer, le humer. J'aurais voulu qu'il dure éternellement. Mais je savais bien que ça n'allait pas être le cas. Autant que je savais que je ne pourrais profiter de rien. Parce que ce n'était que le commencement. C'était s'enlever un poids pour en créer un plus gros. Parce que tout ça ne pouvait que mal tourner, tu le sais aussi bien que moi. Alors tant qu'on est là, et tant qu'on est encore en vie tous les deux, autant parler. Parler pour retarder l'échéance.

« Sérieusement, Nolan. Pourquoi tu m'as laissé m'éloigner ? Tu me fais passer pour le connard dans tout ça, parce que je me suis vengé. Oui. Je me suis vengé. Je l'admets. » Je marque une pause, assez longue. « Je recommencerai, d'ailleurs, sans hésiter. » Ma voix est sûre désormais, trop blessé, incapable de garder mon honnêteté sous peine de crever sous tes yeux. « Parce qu'il n'y avait de place que pour toi dans ce monde Nolan. Uniquement toi. Tu t'es déjà rendu compte d'à quel point malgré tout ce que j'avais fait en ton nom, on t'aimait ? Tu t'es déjà rendu compte d'à quel point on t'excusait tout, sous prétexte que tu étais malade ? Et moi ? J'existais toujours pas. » Je passe un doigt sur mon bureau encore fragile de mon coup, tournant le regard vers le cognac que tu as gaspillé auparavant. « J'ai été le fils parfait en apparence. Parfait. Et j'ai été transparent. » Je m'avance vers la bouteille avant de la boire au goulot, et la tenir à pleine main. Comme pour que nos parents soient là. Que pour une fois, ils soient avec moi. Qu'ils existent, et mieux, que j'existe. La gorgée brûlante avalée, les lippes humidifiées je tends la bouteille vers toi, m'en servant pour te marquer, une fois de plus.

« Alors dis moi, petit frère, qu'est-ce que ça fait que de n'être rien ? » Je t'octroie mon plus beau sourire avant d'avaler encore une gorgée. Pourquoi ? Sans doute pour oublier que cet instant est réel, ou peut-être pour ne pas voir la suite arriver. Ne rien voir arriver. Parce que toute cette merde n'annonce rien de bon. Mon honnêteté n'a jamais été une bonne chose. Elle amène le chaos et les larmes. Je le sais, parce qu'un jour j'ai dit à maman qu'elle me manquait. Et que tu me manquais. J'ai dit que je voulais passer du temps comme avant. Et elle m'a répondu que je ne pensais qu'à moi, que je ne voyais pas comme tu avais besoin de tout ça. Que je ne comprenais pas. Alors tu vois, l'honnêteté, j'ai décidé d'arrêter. Ça fait moins souffrir tout ça. Mais dans un dernier élan, dans une dernière salve de vérité, pour marquer le coup, j'ajoute. « Parce que tu vois, des fois je préférerai être mort. » Je soupire, brièvement. Le dernier soupir de cette parenthèse, avant de reprendre toute possession de ce que je suis.

Menteur. Manipulateur. Égoïste. Lâche. Et surtout, surtout, celui qui t'a condamné à mort. « Mais bon, aucun de nous n'est mort jusqu'à présent. Je ne sais pas pour lequel de nous deux c'est le plus dommage. » J'articule de toute ma qualité de politicien bien rodé. « Mais puisque tu as débarqué ici, peu importe que tu aies prévu cette entrevue ou non, j'espère que tu as une solution si on est sensé vivre tous les deux au terme de cette fabuleuse conversation. » Je repose finalement délicatement la bouteille avant d'ajouter, toujours sur le même ton. « Non pas que tout cela me déplaise, ne te méprends pas. Mais il serait tout de même dommage qu'en plus de devoir virer ma secrétaire qui doit penser être folle, je doive te tuer de mes propres mains. » Je reste debout, droit, strict face à toi. « Je l'ai déjà fait, t'es plutôt bien placé pour le savoir. Alors, petit frère, je répète, on fait quoi maintenant ? »

Parce que je veux que tu dégages. Je veux que tu sortes de mon champ de vision. Je te hais d'avoir été aussi proche, je te hais de m'avoir autant atteint. Et même si mon regard ne peut quitter le tien, même si la lueur de vérité est encore trop proche de tout ce qui fait ce que je suis pour me permettre de n'avoir aucune envie de te serrer dans les bras, cette fois je ne céderai pas. Non, je ne céderai plus. Tu m'as rendu faible, tu m'as rendu honnête. Pire que ça, tu m'as volé une larme et tu l'as balayée d'un pauvre geste détaché. Et ça, Nolan, ça, je ne te le pardonnerai jamais.

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SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.


Dernière édition par Liam P. Wiggins le Mar 12 Avr - 8:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: it was a bad idea (wiggins' twins )   Mer 13 Jan - 0:13

it was a bad idea
Liam & Nolan



Mon poing se serre. Vraiment. De colère, de déception, de frustration, de tant de choses que tout le vocabulaire anglais et français que je peux rassembler, que tout le vocabulaire du monde même ne pourrait pas exprimer l’ensemble de cette tempête qui se serre dans mon poing. Cette larme qui perle lentement à sa paupière, qui dégringole tout aussi lentement sa joue pour mieux y laisser une traînée salée, cette larme je l’exècre dès que je la remarque. Parce que si mon frère a toujours été un merveilleux acteur, un comédien né, un politicien aussi pervers et corrompu que doué, il n’a jamais poussé le vice aussi loin. Et il me rappelle par cette larme à quel point ce n’est qu’un petit connard qui m’a fait croire pendant des années qu’il tenait à moi malgré tout.

Que malgré tout, il était mon frère, il était mon jumeau, qu’on partageait bien plus qu’un même ADN. Tu m’entends, putain, tu m’entends Liam ? Je te déteste, bordel, je te déteste ! Et ce verre que je brise sur le sol, c’est ce qu’il peut rester de la confiance que j’avais en toi qui vole en éclat. C’est ce que je veux du moins, c’est ce que je veux croire, c’est ce dont je veux me convaincre. Arrête, arrête tout de suite ton cinéma, Liam, parce que je ne peux pas le supporter, je n’en peux plus. Tu sais pourquoi tout ça a commencé ? Tu ne m’auras pas avec ma culpabilité Liam, tu ne m’auras pas, pas cette fois. Je crie. Je craque. Je cède définitivement à cet amalgame explosif de colère, de remord et de rancœur qui n’a jamais fait et qui ne fera jamais bon ménage avec mon caractère. Je craque et je l’accuse. Arrête tout de suite Liam, parce que je sais exactement pourquoi tout ça a commencé, comment tu en es venu à m’utiliser jusqu’à ce que je puisse avoir le dernier grand rôle de ta comédie et que tu me fasses tuer. Tu ne vois pas, grand frère, tu ne vois pas à quel point tu as tout détruit ? Je ne suis pas quelqu’un de compliqué, je suis quelqu’un de simple, d’extrêmement simple, d’extrêmement fragile. Ne joue pas la petite victime, Liam, parce que la seule victime présente dans cette pièce, c’est notre gémellité que tu as piétinée, que tu as pervertie et que j’ai pervertie à mon tour. Je fais un tour sur moi-même, hyperactif dans mes veines, dans mes muscles dans mes pensées qui s’entrechoquent et mes mots qui se débattent pour tous sortir dans ces accusations que je lui assène, d’un doigt accusateur planté dans sa direction. Je ne réfléchis pas, je n’ai même plus à réfléchir, tout est si simple et si clair dans ma tête que je sais ce que je ne dois surtout pas m’arrêter.

Si je m’arrête, je risque de réfléchir. Si je réfléchis, je risque de penser à ma pâleur au réveil, à mes nuits inachevées, à ces crampes qui commencent à parcourir mes muscles, comme si mon seul rein valable, celui que tu m’as donné il y a dix-neuf ans d’ailleurs, Liam, comme si mon seul rein fonctionnel lançait son cri d’agonie et rampait dans mes artères pour me prévenir du pire. Si je m’arrête dans ma lancée, je sais ce qui risque de se passer : ma culpabilité pourrait me détruire et moi… je pourrais céder à l’autre tentation qui me titille depuis que je me suis retrouvé face à mon frère : l’envie de lui pardonner, de le prendre dans mes bras et de ne vouloir qu’une seule chose, au final : ne pas me prendre la tête. Ne pas me disputer. Je n’aime pas les conflits, pas vraiment. En général, ce que je veux, c’est que tout le monde aille bien, que tout le monde soit content, que tout le monde soit heureux avec un sourire aux lèvres. Mais toi, Liam, toi… Tu me suis des yeux, avec ta larme factice qui doit te brûler l’épiderme de son acidité, avec ta larme factice qui trace son chemin dans mon regard comme pour mieux me narguer. Je bouge, je bouge encore et je m’arrête. Devant lui. Poings écrasés sur la table en verre, poings appuyés à quelques centimètres de la bouteille qui tangue d’un liquide malmené. Ose, Liam, ose me mentir les yeux dans les yeux et me dire que je me trompe. Ose un peu, Liam, et prouve moi que j’ai raison, prouve moi que tu n’es qu’un pourri jusqu’à la moelle et que j’ai juste été extrêmement naïf pour ne m’en rendre compte que lorsque tu m’as fait exécuter. Je me tais. Je finis par me taire, forcément, pour qu’il puisse me répondre. Mon cœur bat la chamade dans ma poitrine, tonnant à mes oreilles, donnant le rythme dans un tic-tac pressant d’une bombe qui va exploser. Encore. Tic-tac, Liam, tic-tac réponds moi sans tic-tact Liam, réponds moi, même si tu as le trac, tic-tac Liam. Je le lis sur ton tic, je le lis sur ton trac, je le vois, Liam, que tu vas me répondre. Alors réponds-moi. Maintenant. « Tu crois vraiment tout savoir, n'est-ce pas ? » BOUM, la bombe explose, son souffle m’écrase et sa main attrape mon col de chemise sans que je n’aie un seul instant le réflexe de lutter. Son souffle s’écrase dans mon oreille, se love dans ma nuque dans un crachat de mépris, dans un crachat de dégoût, dans un crachat acide qui me brûle jusqu’à l’os. Jusqu’à la moelle. Jusque dans mes nerfs qui hurlent à leur tour d’agonie. « Tu ne sais rien. » Je serre les dents, d’un mouvement d’épaule, d’un mouvement de main je me dégage et fais un pas en arrière au moment même où il me repousse avec violence. Quelques pas, c’est ce qu’il me faut pour retrouver mon équilibre.

La colère ne fait pas que tordre mon visage, elle tord et écrase mes tripes, elle m’empêche de respirer, pince mes lèvres. Crispe ma mâchoire. Evide mes joues. A moins que ce ne soit la peur. Je ne sais pas, je ne sais plus du tout. Crainte, colère, peur, rancœur, c’est le même combat dans tous les cas. « Ah ouais, je sais rien ? T’es en train d’insinuer que je me trompe, c’est ça ? » Je suis agressif. Je ne peux qu’être agressif, de toute manière. Il prend ses distances avec son bureau, avec moi, mais je ne le remarque qu’à peine. Je suis bien trop concentrer sur son visage, qui me regarde, qui me toise, agressif lui aussi. « Je ne t'ai rien mis sur le dos, Nolan. Rien. » Son sourire ne réveille chez moi qu’un rictus de colère. Je vais lui faire bouffer ses dents. Je veux lui faire bouffer ses dents, plutôt : je n’ai jamais été capable de frapper mon frère, à mon grand désespoir. « Enfin, pas dans ce sens là. » Je lève les yeux au ciel. « Va te faire foutre, Liam, putain. » C’est lui le politicien : moi je n’ai pas à être poli dans mes propos, du moins pas quand je n’ai pas à jouer son rôle de petit péteux insupportable. Son regard, son mépris plutôt, me blesse mais je ne riposte que de la seule manière viable : par de l’agressivité, encore. Au moins, sa larme n’est plus là. Elle s’est échappée, elle a fui sa connerie, elle a fui sa pédanterie, elle a fui. Parce que son rôle dans cette comédie était finie et que c’est maintenant le tour au Grand Liam de faire son petit show. Son index se pointe dans ma direction, comme en miroir de mes propres réactions. Nous ne sommes pas seulement semblables dans notre apparence, nous sommes semblables dans nos réactions les plus brutes. Mais si d’ordinaire, j’aurais souri à cette constatation, là…

Là, je suis bien loin de sourire. « Tu as tort. » La bombe explose. Une deuxième fois. Pour pulvériser les secours précipités sur les lieux du drame pour soigner ce qu’ils pouvaient dans les débris de ma colère et de mes accusations. « Ah ouais ? » Je le mets au défi de poursuivre dans cette voix, incapable de me taire, incapable de lui laisser la moindre manche, de lui concéder la moindre victoire facile. « Tu crois que je ne voulais pas te donner un rein, Nolan ? Tu me crois si égoïste que ça, depuis tout ce temps ? » Son rire est aussi destructeur que ces reins qui ne filtrent plus rien dans mon organisme. Si je le crois si égoïste ? Oh… oui. Parce qu’il essaye de me faire croire que je me trompe depuis tant d’années sur l’origine même de notre petit jeu de qui-est-qui, là ? « Oh ce que j'aurais aimé. J'aurais tellement aimé que ce soit ça. Mais non Nolan. Je t'aurais donné mon cœur si t'en avais eu besoin. Je t'aurais donné mon âme pour peu que j'en ai une. » J’hausse les sourcils. Il se fout de ma gueule là.

Il se fout de moi. On est bien d’accord. Ce n’est pas que j’ai du mal à respirer, c’est que j’ai du mal à expirer. Je veux lui cracher mon oxygène à la gueule, je veux l’intoxiquer avec mon dioxyde de carbone, je veux qu’il s’étrangle, je veux qu’il s’étouffe, je veux qu’il se taise. Bordel, je veux qu’il se taise. Parce que s’il ne m’en veut pas pour le rein… « T'es sacrément con, j'espère que tu t'en rends compte. » Il avance vers moi, je lutte pour ne pas bouger. Pas de pas en arrière, encore moins en avant. Il se remet les cheveux en place, je me décoiffe par réflexe, par automatisme, presque par mimétisme. « Ouais, on me le dit souvent. Pas plus tard qu’hier, d’ailleurs, on m’a dit putain mais que t’es con Liam lorsque j’ai sorti une blague salace en repas d’affaire. » Je raille, je siffle, je mens, bien sûr. Je devrais me taire, aussi. C’est marrant, n’empêche, cette manie que j’ai de me rappeler que se la fermer, parfois, ça peut avoir du bon. Sauf qu’en général, je me fais la remarque un peu tard. Et que je ne regrette que très rarement d’avoir sorti la connerie que j’avais sur les lèvres. Je raille, donc. Pas insensible à la colère de mon frère, loin de là, juste cherchant un moyen de décompresser, un moyen d’évacuer la mienne de colère et de gérer cette tension plus que croissante. « Putain Nolan mais tu crois vraiment que je vaux si peu que ça ?! FRANCHEMENT ?! Tu crois vraiment que ton propre frère t'en veut d'avoir été malade ?! Mais MERDE ! »

Je ne le voulais pas à la base. Promis, ce n’était pas dans mes intentions. Pourtant… je fais un pas en arrière. Vraiment. Un pas en arrière, le souffle coupé, la bouche sèche, les oreilles qui résonnent et qui sifflent de la colère de mon frère. Tu crois que je vaux si peu que ça. Il le plante profondément dans ma poitrine, son couteau. Il le plante, il le tourne, il m’ouvre les viscères pour mettre à nu mon cœur pour me l’arracher. J’ai dit quoi tout à l’heure ? Pas de victoire facile ? Trop tard : je suis à terre, par cette simple phrase. « J'aurais préféré être malade à ta place, espèce d'idiot. Tu sais ce que ça fait que d'être celui qui va bien ? Tu sais ?! Oh non. T'as pas idée. T'es peut-être moi depuis trois pauvres années mais je vois bien que t'as jamais compris qui j'étais. T'as jamais voulu voir ça, Nolan. T'as jamais voulu voir la vérité. C'est pas ton rein le problème, c'est TOI ! C'est ce qu'ils ont fait de toi, de nous. Putain Nolan. On était égaux. On était pareils. On avait même tous les deux qu'un rein. On a la même putain de cicatrice. » Et dire que ça ne fait que commencer. Je fais un nouveau pas en arrière. Ca fait mal. J’ai envie de m’excuser. Putain, j’ai envie de m’excuser. Je me mords la lèvre pour me taire. Il relève sa chemise, je porte machinalement une main tremblante à mon côté où siège la même cicatrice. « Mais tout a changé. Sous prétexte que t'étais malade, j'avais plus d'importance. Oh, Liam est bon à l'école ! Oh, Liam étudie bien ! Oh, Liam, démerde toi, ton frère est MALADE ! Oh, Liam, laisse ton frère se reposer, il est MALADE ! Liam, laisse de la place à Nolan, il est MALADE ! Liam, laisse ton frère profiter de ses cousins, il est MALADE ! Liam, n'embête pas Nolan, il est MALADE ! » Chaque occurrence de son prénom est un coup de pied dans mes reins, dans mon estomac. Chaque occurrence du mot malade est un fragment de culpabilité en plus qu’il fiche dans ma poitrine. Comment veut-il que je le regarde en face, hein ? Comme veut-il maintenant que je le regarde en face, que je lui en veuille, que… Stop Nolan. Justement. Je me force à soutenir son regard, alors qu’en vérité, je suis tout simplement mortifié. Oh Liam… si tu savais à quel point je suis désolé. Si tu savais à quel point… Je me mords la lèvre, je me mords l’intérieur de la joue jusqu’à ce que ce goût métallique du sang englobe l’intégralité de mes papilles et que la douleur efface celle plus pernicieuse de cette culpabilité dévastatrice. Et le pire dans tout ça ? C’est qu’il n’en a pas fini. Et que même si je veux me barrer, je suis tétanisé. Et je le regarde dans les yeux parce que je ne peux pas faire autrement. « T'étais malade. Et moi j'étais rien. Rien du tout. » Son sourire est l’ombre de mon visage défait. Je ne suis pas doué pour simuler, je ne l’ai jamais été. En revanche, je suis très doué en général pour dédramatiser la situation et détendre l’atmosphère de deux ou trois conneries bien sentis. Mais pas là. Non, pas là. « Et le pire, c'est que je n'étais plus rien pour toi. » Je tremble. Je serre le poing pour contenir le tremblement, mais je tremble. C’est un murmure, un murmure timide, un murmure de vaincu qui glisse hors de mes lèvres. « C’est pas vrai, c’est pas vrai Liam… »

Bien sûr qu’il n’était pas rien pour moi. Au contraire. Lorsque j’étais cloué au lit pendant une dialyse, c’était lui qui apportait le jeu d’échec pour me battre à plate couture. C’était lui qui me racontait sa journée, qui me faisait rire, qui me forçait à faire mes devoirs et me chuchotait des secrets. Lorsque je me suis réveillé après l’opération, tu étais là, dans un autre lit, à me regarder. C’est faux, Liam. Tu étais tout pour moi. Tu étais mon point de repère, mon frère, mon meilleur ami, et si j’ai accepté de faire tout ce que tu me demandais, c’était parce que j’étais incapable de te dire non. Il remet sa chemise, moi… je… je reste immobile. Toujours. Une main sur le côté, posée sur cette cicatrice qui fait de toi mon sauveur. « Liam… » Ma voix n’est qu’un soupir fatigué, faible et hasardeux. Suppliant, aussi. « Sérieusement, Nolan. Pourquoi tu m'as laissé m'éloigner ? Tu me fais passer pour le connard dans tout ça, parce que je me suis vengé. Oui. Je me suis vengé. Je l'admets. » Je déglutis. « Je recommencerai, d'ailleurs, sans hésiter. » Une claque. C’est une claque qu’il m’assène par cette simple phrase, une claque qui me sort de ma catatonie, une claque qui m’extirpe des sables mouvants de la culpabilité pour me tirer, difficilement, vers cette colère que j’entretenais depuis trois ans et qui a si rapidement volé en éclats. « Parce qu'il n'y avait de place que pour toi dans ce monde Nolan. Uniquement toi. Tu t'es déjà rendu compte d'à quel point malgré tout ce que j'avais fait en ton nom, on t'aimait ? Tu t'es déjà rendu compte d'à quel point on t'excusait tout, sous prétexte que tu étais malade ? Et moi ? J'existais toujours pas. » Ma voix est toujours lasse, ma voix n’est toujours qu’un murmure, ma voix n’est toujours qu’une brise faiblarde mais… mais elle gagne en puissance. S’affirme. Glisse entre ma mâchoire crispée. « Tais-toi. Tais-toi Liam. Tu mens… tu mens comme un arracheur de dents… » Je ne sais pas ce qui est le pire entre ce qu’il me dit et cette voix avec laquelle il me le dit. Elle me glace le sang. Elle exacerbe ma colère, qui lutte contre la douleur des remords. Ma volonté farouche lutte quant à elle contre cette envie que j’ai de m’excuser, de m’écrouler, de le prendre dans mes bras. « J'ai été le fils parfait en apparence. Parfait. Et j'ai été transparent. » Je secoue la tête. « Dis pas ça, Liam, dis pas ça… t’as jamais été transparent, t’as… » Je le regarde boire à la bouteille, dans une attitude qui lui ressemble tout en semblant tellement mienne que je m’y perds. Je me mords la lèvre. Je recommencerai, d’ailleurs, sans hésiter. « Alors dis moi, petit frère, qu'est-ce que ça fait que de n'être rien ? » Une deuxième claque. Violente. Plus brutalement encore que la précédente. Son sourire, hypocrite, qui me heurte et me blesse presque davantage que tout le reste. Merci, Liam. Merci. Vraiment. J’ai failli céder, je l’ai fait même, mais tu m’as rappelé pourquoi je hurle à Elias que je te hais lorsque je vois ton visage quelque part. Merci, Liam, tu m’auras évité de te pardonner. « T’es qu’un pauv’connard, Liam, tu le sais, ça ? T’es qu’un pauvre connard qui se lamente et qui s’invente des misères, juste pour jouer contre moi à qui a la vie de merde. » Je m’énerve. Pour changer. Je recommence à m’énerver. Les claques que m’assène mon frère sont des électrochocs. « Tu n’est qu’un lâche, un petit lâche qui se pisse dessus, qui tape du pied parce que son frère était malade, un lâche qui pense que ça justifie sa connerie. » C’est moi qui suis malade, c’est moi qui me rends malade. Oh, Liam, si tu savais à quel point je m’en veux. Bien plus que je t’en veux. Mais je t’ai promis, Liam.

Je t’ai promis de ne jamais te pardonner. « Parce que tu vois, des fois je préférerai être mort. » Je secoue la tête. Ferme mes oreilles. Place ma colère sur le devant de la scène, même si elle semble minuscule à côté du reste. Si je lui en veux ? Enormément. Si je n’aurais pas supporté une seule seconde de lui survivre ? Absolument. Mais que voulez-vous, la vie est complexe, mon cerveau encore plus. Et mon frère… davantage encore. Je ne sais pas quoi lui dire, je ne sais pas quoi lui répondre. Que répondre à ça ? J’ai le choix : un mensonge, juste pour lutter, juste pour être le Nolan qui montre les dents ; ou la vérité. Je serre les poings, inscris mes ongles dans ma peau, ravive la douleur de ma joue malmenée. « P’t’être bien que ça aurait été pour le mieux, ouais. » Ca ne me ressemble pas. Je veux le secouer, je veux juste lui arracher des excuses, une larme, une vraie larme, je veux juste… Je ne sais pas ce que je veux. Remonter le temps.

« Mais bon, aucun de nous n'est mort jusqu'à présent. Je ne sais pas pour lequel de nous deux c'est le plus dommage. Mais puisque tu as débarqué ici, peu importe que tu aies prévu cette entrevue ou non, j'espère que tu as une solution si on est sensé vivre tous les deux au terme de cette fabuleuse conversation. Non pas que tout cela me déplaise, ne te méprends pas. Mais il serait tout de même dommage qu'en plus de devoir virer ma secrétaire qui doit penser être folle, je doive te tuer de mes propres mains. Je l'ai déjà fait, t'es plutôt bien placé pour le savoir. Alors, petit frère, je répète, on fait quoi maintenant ? »

Ca commence par un léger tremblement dans mes bras. Encore une fois. Toujours . Un tremblement qui remonte à mes épaules, qui perturbe ma respiration. C’est le plus dommage. Il ment. Toujours. Toujours. Il ment, il se complait dans le mensonge, il se repait de cette hypocrisie. Je ne sais juste plus quand il cesse de mentir. Je ne sais même plus depuis quand je suis incapable de faire la différence. Je sais juste que… « Ce qu’on fait ? J’en sais rien, Liam, j’en sais foutre rien. En fait, la seule chose que je sais là, c’est que… t’es qu’un foutu connard. J’ai failli te croire. J’ai failli te croire, putain. Dans ton petit numéro de gosse incompris. Tu disais quoi tout à l’heure, sur l’honnêteté ? Juste… » J’inspire à fond, je gonfle mes poumons, je l’impression de sentir mon rein acidifier le reste de mon sang. « Pourquoi ce serait à moi d’avoir la solution, hein ? La solution que je voie, c’est que tu ouvres un dico. Que tu lises la définition de connard en te regardant dans la glace, la solution que je vois, c’est que tu… » Je me passe une main sur le visage. Je n’étais plus rien pour toi. « Liam. » Ma voix est sérieuse. Posée. Je le regarde dans les yeux, sans ce regard fuyant que j’ai depuis plusieurs minutes. Je déglutis. Tic-tac. Ce n’est plus mon cœur qui bat à la mesure, c’est ce rein, le seul qu’il me reste, que je personnifie. « Tu veux que je te dise ? Ca ne marche plus. » Je prends sur moi. Parce que ça marche, bien sûr. « Tu as embobiné nos parents pendant des années, tu m’as embobiné moi pendant des années. Mais ton petit jeu d’acteur ne marche plus. Je suis ton frère jumeau, je suis ton reflet, je sais comment tu penses. Tu ne m’aimes pas. Pour toi, j’ai accepté de me faire tabasser, je te rappelle. Pour toi, juste pour te faire plaisir, juste parce que tu me le demandais, j’ai joué le rôle que tu me donnais dans ta petite comédie. Ce qu’on fait maintenant ? » Je désigne son bureau. Son bureau que je hais parce qu’il représente ce qu’il est devenu, ce que je l’ai aidé à devenir d’une certaine manière. « Toi, tu profites de tes merdes, de ce que tu as gagné grâce à moi. Moi, je vis, je survis, et je m’applique à reprendre tout ce que je t’ai donné. » Putain, Liam. Je suis désolé. Mais je ne peux pas te laisser croire que tu as gagné, parce que ce serait réduire à néant les trois ans qui viennent de s’écouler. Parce que ce serait retomber dans cette lâcheté qui m’a poussé à toujours te dire oui dans la peur de te perdre.

« Tu ne me tueras pas, Liam. Parce que si un jour tu tentes de le faire : ce sera à moi de prendre ma revanche. Tu as passé plus de quinze putain d’années à construire ta vie avec la mienne. Maintenant ? » Je m’humecte les lèvres. Je prends mon inspiration aussi. « Maintenat, c’est à moi de reconstruire ma vie avec la tienne. » Je fais un pas en arrière, le cœur au bord des lèvres. Je suis à deux doigts, à deux petits doigts de le prend dans les bras et de lui dire qu’on s’en fout, qu’on est frère et que bordel, je serai toujours là pour lui, que je serai à jamais incapable de le frapper.


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MessageSujet: Re: it was a bad idea (wiggins' twins )   Ven 15 Jan - 8:15



it was a bad idea

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La colère a pris le dessus. Elle est là, elle envahit mes veines. Elle cogne un peu plus à chaque instant alors que tu ne bouges pas d'un pouce. Le temps est à la fois très long et incroyablement court. Je ne détourne pas les yeux de ton regard alors que ta voix résonne dans mes oreilles. Elle me brûle. Je suis le dernier à avoir fermé la bouche, ayant choisi d'ignorer ce que tu disais de peur de revenir en arrière et pourtant tes mots m'ont quand même touché. À retardement, comme la bombe que l'on tient tous les deux depuis des années. Un nombre incalculable d'années. Tes mains sont contre les miennes et au milieu de nous, la bombe. Un mélange de maladie, de haine et d'amour mal placé. Un mélange qui pourrit depuis trop d'années. Je ne remarque même pas ta colère tant la mienne est présente. Je ne fais même pas attention à tes muscles qui bougent du millimètre qui trahissent tout ce que tu peux ressentir. Peut-être parce que je ne veux pas voir tout ça. Je ne veux pas voir qui tu es, ce que tu ressens. Pas encore.

Je crois que c'est trop tard Nolan. Trop tard pour revenir en arrière, trop tard pour réussir à faire quelque chose de bon de nous. La bouteille de digestif qui trône là, vestige de notre enfance, souvenir heureux. Une bouteille ambrée, si on la regarde de près, on peut encore voir nos rires alors que notre père l'ouvrait. Si on regarde d'encore plus près, on peut voir un bonheur sincère se lire dans nos pupilles. Mais aujourd'hui, tu l'as brisée. Tu l'as vu toi aussi, le passé trop dur à regarder. Celui qui laisse un goût amer dans la bouche, qui nous brûle. Le liquide que tu as répandu au sol est silencieux, noyé dans son propre chagrin. Noyé dans notre propre chagrin. Alors je n'en doute pas, croisant ton regard brun, que toi aussi tu as compris que tout cela n'était qu'un jeu déjà perdu. Je t'ai supplié d'arrêter le calvaire. De partir. Je t'ai supplié de sortir de mon champ de vision. Parce que je ne te supporte plus, là, être vivant rappelant toutes mes erreurs. Reflet parfait mais en mieux.

Tu as toujours été mieux. Ta voix s'élève à nouveau. La similitude avec la mienne ne m'interpelle plus, depuis longtemps, la haine avec laquelle les mots sortent de ta bouche par contre, me fait serrer les dents. Tu me détestes à ce point, pas vrai ? Je te laisse parler, sans un mot. J'observe. J'observe tes gestes et ta sincérité. J'observe nos différences. J'observe une vérité que tu es incapable de dissimuler tandis que la mienne l'a tellement été que tu ne l'as pas vue. Tu as failli me croire. Alors tu as failli voir juste. Mais mon jeu du mensonge est tellement bon que j'ai réussi à ne pas te faire croire en la vérité. C'est un tout nouveau niveau. Un niveau que tu ne seras jamais capable d'atteindre. Trop vrai, trop brut, trop toi. Tu déverses ta haine en même temps que ta peine et seul un idiot ne pourrait pas y croire. Seul un idiot ne pourrait pas te croire. Tu marques une pause. Une longue inspiration que j'imite par réflexe de mimétisme en silence. Évidemment, mon geste est bien moins théâtrale que le tien, mais il est bien là. Il y a des choses qui ne changent pas, n'est-ce pas ? Je pourrais être au plus profond cercle des Enfers et toi au plus haut étage du Paradis que l'on s'imiterait toujours pas vrai. Tu pourrais être un putain d'elfe des bois, à te pavaner en sauvant la forêt et moi ton reflet déchu qu'on serait toujours pareils. Parce qu'on a pas choisi. On a rien demandé. On est comme ça, et ça, personne ne pourra n'y changer. Surtout pas toi. Surtout pas moi.

Je déglutis à ma pensée alors que tu reprends la parole. Tes mots sont comme des poignards. Tous plus tranchants les uns que les autres. Ils me percent la peau et me saignent à blanc devant toi, juste comme ça. Je reste immobile t'écoutant me traiter encore et encore de connard. Mais crois-moi, j'en connais la définition. Pas besoin d'un quelconque ouvrage pour nous montrer ce que l'on peut voir dans le miroir tous les matins. Et alors que tu me blesses, que la colère qui a pris place dans chacun de mes muscles est prête à éclater tu marques une nouvelle pause. Déjà fatigué, petit frère ? Je deviens mesquin, méchant. Je me mords la lèvre afin de me retenir. Ce n'est pas ce que je veux. Je refuse d'en arriver là. J'ai toujours su blesser en tapant où il fallait. J'aurais les mots exacts qui mèneraient à notre mort. Je n'aurais pas à réfléchir, juste à laisser la colère prendre le dessus. Mais je refuse. En arriver là avec toi serait avoir échoué. Échoué ultimement. Et j'ai déjà suffisamment raté de choses en ce qui nous concerne, je ne peux pas me résigner à la méchanceté gratuite. Pas plus que je ne peux me voir te demander pardon.

Coincé entre cette connerie d'ego et une vérité trop forte. Merde. Tu dis mon nom. Seulement mon nom. Au milieu de deux souffles. Il résonne plus que tout le reste, il fait taire tout, même la colère qui coule à torrent dans mes veines. Je fixe tes lèvres. J'attends la suite. Comme si chaque mot était un tournant. On marche sur un putain de fil près à céder à chaque instant. On marche sur la pointe des pieds et on peut le briser. Avec un seul mot. Tout briser, tomber en même temps dans un trou béant qui nous éloignera définitivement l'un de l'autre. Un puits sans fond qui nous tuera sans doute un peu tous les deux. Et finalement, après toutes ces minutes, ton regard se fixe dans le mien. Fini de jouer, pas vrai ? Je remonte mes yeux dans les tiens, fixant tes prunelles pour la centième fois depuis que je suis rentré dans la pièce. Ce regard qui m'a tant manqué mais qui me brûle. Ces yeux qui ne mentent pas et me montrent combien tu vaux mieux que moi. Tu vaux tellement mieux que moi.

Et tu parles finalement. Tu parles d'une voix si sérieuse et si calme qu'on pourrait croire que la tornade se calme, que le beau temps après la pluie arrive enfin. Mais c'est tout l'inverse. C'est tellement l'inverse que je ne peux m'empêcher de hausser un sourcil, me demandant une seconde si tout ça n'est qu'une mauvaise blague. Une pièce que l'on aurait répété, ou un rêve un peu trop vrai. Et pourtant, pourtant les mots sortent de ta bouche. Si jusque là, je suis resté sous mon masque, ne l'enlevant que partiellement, ne perdant jamais ma contenance, maintenant, c'est impossible. Tu ne m'aimes pas. Les mots me frappent et me happent dans un néant indescriptible. Tu es loin, les mots qui suivent, les gestes qui suivent sont loin. Mon cœur bat dans ma tête au ralenti alors que tes mots prennent toute la place et dévastent tout sur leur passage. Ils me dévastent moi, me détruisent. Le sentiment est sans doute plus fort que tout ce que j'ai pu ressentir depuis des années, à côté, la mort de Shae, de Vincenzo, tout cela n'était que poussière. Poussière comparé à cet instant précis, où le peu d'humanité qui me restait s'est retrouvé entièrement brisé, éparpillé partout, impossible à réparer. Le souffle me manque et ma main se colle au bureau, ma tête qui tourne me forçant à m'asseoir, mon corps tremblant me forçant à détourner le regard.

Détourner mon regard du tien, parce que ta vérité est insupportable. Tu ne m'aimes pas. Les mots sont là, il n'existe plus qu'eux et moi. Les larmes me montent aux yeux, mon corps me brûle, tes mots me hantent. Comment tu peux croire ça ? Comment, un jour dans ta vie, tu as réussi à te dire ça ? À quel point j'ai réussi à merder ? À foirer tout ça, pour que mon propre frère pense ça ? Peu à peu je reviens à moi, ton geste désignant mon bureau, me désignant moi, me laisse un léger sursaut, quasiment imperceptible. Comme si tu pouvais me tuer du bout du doigt. Tu as réussi à briser tout ce que j'ai créé. Tout ce que je me suis évertué à être pendant des années. Tu ne m'aimes pas. De simples mots, et tu as tout brisé, tout a volé en éclat. Tout ce que je suis, moi. Tout ce que j'ai prétendu être. Certains diraient que c'est le bon moment pour revenir en arrière. Se faire peau neuve, passer du loup à l'agneau mais c'est impossible. Impossible parce que pour être ce que je suis, j'ai vendu mon âme. J'ai vendu mon cœur aussi. En brisant ce que j'étais devenu, tu me laisses vide, avec des bribes de ce que j'ai pu être par le passé. Tu me laisses là, n'étant plus qu'une torture pour moi-même. N'ayant plus de raison de vivre. Parce que je ne peux pas vivre sans toi. Parce que je ne peux pas accepter que tu penses ça.

Et pourtant, comment pourrais-je changer ça ? Le masque est brisé, et les mots qui suivent n'ont pas vraiment d'importance. Toute ta colère, toute ta haine, ça n'a pas d'importance. Non, parce que tu penses que je ne t'aime pas. Alors maintenant, plus rien n'a d'importance. Plus rien. Parce qu'il n'y a plus de nous, il n'y a plus de relation. Parce que tu n'as pas vu. Tu n'as pas vu durant toutes ces années que justement je t'aimais. Que justement, tout ce que je voulais, c'était qu'on soit ensemble. Tu n'as pas vu, tu n'as pas vu qui j'étais. Et aujourd'hui, tu penses que je ne suis rien. Aujourd'hui, tu dis que je ne t'aime pas. Tu recules de quelques pas et alors que la porte se rapproche de toi mon cœur se serre un peu plus dans ma poitrine. Non. Ne pars pas. Pas comme ça. Pas sur ça. D'un geste brusque et incontrôlé, un geste qui ne me ressemble en rien je me relève. La réalité semble toujours assez lointaine, mais toujours moins que toi, là. À quelques pas de moi, physiquement plus proche que pendant ces trois dernières années et pourtant plus loin que jamais. Mon mouvement a fait reculer la chaise, la faisant tanguer un peu. Ma main se déposant brusquement sur le bureau le fait trembler, et à nouveau, j'y aperçois nos reflets.

Ils sont différents de tout à l'heure. Ils sont vrais. Si eux, pouvaient bouger, ils feraient sans doute des actes bien séparés de notre mascarade bien roulée. Mais c'est nous les maîtres du jeu. C'est nous, qui bougeons et parlons. C'est nous qui gâchons tout. Rien que nous, une fois encore. Alors que les larmes sont si proches de mes yeux, je me retiens de les laisser couler. Alors que ma gorge se noue essayant comme elle peut de m'empêcher de débiter les conneries que je vais dire. Alors que même mon corps me lâche, voulant me faire asseoir pour m'éviter de faire tout ça. Alors que tout me dit de ne pas faire ça, mon âme damnée prend le dessus. Parce que tes mots sont encore là, parce que le murmure qui me tue à petit feu ne me laisse d'autre choix que frapper en retour. Alors je reste là, maintenant une distance entre nous pour ne pas céder au peu de cœur qu'il me reste en ta présence je parle. Ma voix est définitivement brisée, et je m'en fiche. Rien à foutre du paraître. Rien à foutre de ce que tu peux croire et mentir. De toutes façons, pour toi, je ne t'aime plus. Et c'est tout ce qui compte en cet instant.

« T'as fini ta petite pièce ? Ou j'attends la chorale et le ténor d'opéra pour ouvrir la bouche ? Non ? T'as pas prévu de te faire applaudir à la fin quand même ? » La colère se trahit plus que jamais dans ma bouche. La haine que je ressens en cet instant devrait te faire comprendre à quel point je t'aime. Et c'est peut-être pour ça que mes mots sont si violents, que je les crache comme je ne l'ai jamais fait. Peut-être que c'est pour te montrer, avec ce qu'il me reste. « Tu sais ce qu'il te dit ton connard de frère ? Il te dit d'aller te faire foutre ! T'entends Nolan ? VA TE FAIRE FOUTRE ! » Je frappe du poing sur le bureau et finalement passe par dessus, laissant tous les objets qui se lovaient sur le verre voler partout dans la pièce. Laissant ma parfaite vie et mon masque bien derrière moi. C'est officiel, cet endroit est aussi retourné que je le suis. T'as réussi à foutre en l'air ma vie.

J'arrive brusquement vers toi, m'étant rattrapé maladroitement de l'autre côté du bureau. Le brouhaha des objets qui s'écrasent au sol n'enlève en rien la tension qui a encore monté d'un cran dans la pièce. Et il me faut moins d'un clignement de cil pour arriver face à toi et te plaquer contre le mur, le bras en travers de ton cou. Une seconde, juste une seconde, je force un peu trop. Je ne te blesserai jamais autant psychiquement que tu l'as fait, alors laisse-moi un peu t'abîmer. J'ai besoin de voir un semblant de douleur dans tes yeux. Ma pensée m'effraie et mon bras se retire aussitôt. D'un grand geste je jette mon bras à l'opposé de toi. « PUTAIN DE MERDE NOLAN ! », je me retourne, dos à toi, frotte mon visage, tremblant. Ma chemise est mal mise, je suis mal coiffé. Et ma vie est en train de tourner. Elle tourne et tombe. Du mauvais côté. « MERDE T'ENTENDS ? » Je me retourne vers toi et cette fois, mes larmes coulent, elles coulent pour de vrai.

Étonnamment, elles ne font pas mal, peut-être est-ce parce que j'ai déjà trop mal. Elles coulent vite, comme pressée de sortir de la pourriture que je suis. Ma voix est presque inaudible tant elle est brisée et je plonge mon visage entre mes mains avant de continuer. « Arrête. Je t'en supplie. Arrête. » Je resserre l'emprise de mes mains sur mon visage, mes paumes humides et mon nez commençant à renifler. Après une seconde qui me semble plus longue que toutes les secondes du monde, je contrôle ma respiration, et je relève mes yeux encore floutés sur ton visage pour continuer au rythme des battements tranchants de mon cœur. « Sérieux Nolan, pourquoi ? Pourquoi t'as dit ça ? Tout. Tout mais pas ça. » Je ne peux empêcher ma tête de bouger, mimant un non plus expressif que mes mots ne le seront jamais. « Tu peux me traiter de tous les noms. Tu peux m'accuser de tous les maux. Tu peux même dire que j'ai été le pire frère du monde. Tu peux dire absolument tout ce que tu veux, tu m'entends, tout ce que tu veux ? Tu sais pourquoi ? Parce que t'as probablement raison. Prends-le ton dictionnaire à la con, et cherche tous les mots qui ont un sens négatif, on doit pouvoir m'y relier, sans problème ! » Je marque une pause alors que je suis incapable de dire si les larmes ont cessé de couler. Mon cœur s'est calmé, mais mon âme est déchirée. Elle n'a toujours été que la moitié de la tienne, mais elles étaient reliées. La mienne a toujours été sombre, équilibrée par la pureté de la tienne. Et aujourd'hui, elles sont séparées. La déchirure brûle, la déchirure est d'une douleur indescriptible, qu'aucune potion, qu'aucun don ne pourra guérir.

Nous, on pourrait la guérir. Mais on ne le fera pas. Parce que tu penses que je ne t'aime pas. Et alors qu'encore une fois tes mots viennent heurter mes pensées je déglutis et ajoute, enfin. « Mais pas ça. Pas ça Nolan. Parce que c'est le pire mensonge du monde. Le pire de tous. Je ne t'aime pas ? Tu crois sincèrement que je ne t'aime pas ? » Je me pointe du doigt avant de fermer le poing sur ma propre poitrine et fixer ton regard. « Putain mais Nolan... c'est parce que je t'aime qu'on en est là. C'est parce que je t'aime que tout ça s'est passé. » Je désigne à grands gestes mon bureau dévasté et toi. Toi, là, sans doute aussi abîmé que moi. Je passe d'un geste ton corps abîmé par la génétique et encore plus abîmé par ce qui était sensé te protéger. Je serre les mâchoires une fois encore et détourne le regard.

Par réflexe et pour occuper mes mains. Calmer ma colère et reprendre mon rôle de parfait politicien, je remets ma chemise en place, me recoiffe. Sans t'accorder un geste de plus sous peine de ne plus pouvoir me relever de tout ça, je commence à ramasser les morceaux du verre que tu as brisé. Je m'agenouille face aux éclats et les attrape un par un sans précaution particulière. Un peu de douleur physique ne ferait pas de mal après tout. Elle éloignerait toutes mes pensées. Je souris à ma pensée et continue de parler, reprenant finalement le ton qui fait ce que je suis, comme si de rien n'était. Parce que tu m'as déjà trop atteint. Parce que je ne voulais pas t'accorder une larme et que tu en as eu plus que personne dans toute ma vie. Parce que je ne voulais pas te laisser le droit de m'atteindre et que tu m'as brisé à pleine mains. Et même si en cet instant, je ne suis plus rien, je ne te le montrerai plus. Tu crois que cela est difficile ? Tu crois que je vais encore craquer ?

Oh Nolan. Tu sais. J'ai passé plus de dix années à prétendre que j'allais bien. J'ai passé plus d'une décennie à te sourire droit dans les yeux pendant que je ne rêvais que de pleurer. J'ai arrêté de pleurer le jour où tu as arrêté de me voir. Et si aujourd'hui tu as à nouveau eu mes larmes c'est parce que j'ai voulu te laisser me voir. Une dernière fois, comme une chance maladroite de montrer qu'il y avait toujours toi et moi. Et tu m'as rejeté. Tu m'as jeté ma vérité, ma faiblesse en pleine figure. Merci, petit frère. Tu m'as rappelé pourquoi j'étais devenu celui que j'étais. Tu m'as rappelé combien la vie était plus facile et plus douce quand on ne lui accordait que du mépris et du dégoût. Mon masque mettra du temps à se reconstruire. Je resterai la chair à vif quelques temps, mais je prendrai sur moi. Comme j'ai pris la première fois, le temps que tout ce parfait cinéma se forme. J'ai pris les coups et j'ai appris à sourire en les recevant. À dire à quelqu'un qu'il pouvait aller mourir alors que je ne voulais que le voir revenir.

Ma main se coupe légèrement dans le morceau que j'attrape et je ne réagis pas alors que ma voix, celle du Ministre, sort enfin de ma bouche. « Tu sais quoi Nolan, tu as raison. Ce n'est pas très juste de ma part de te poser une telle question. Pas juste d'attendre de toi que tu trouves la solution. » Je ne me retourne toujours pas les yeux vers toi, me relevant finalement le verre en main pour me diriger vers la poubelle non loin. Reprenant possession de la pièce qui m'appartient, je passe sans un geste marquant autour des objets que j'ai foutu en l'air peu de temps auparavant. C'est ça le secret, ne pas voir. Prétendre que le chaos n'existe pas. Crois-moi, ça marche, je fais ça depuis des années. « Alors je vais te dire ce qu'on va faire. Non pas que ton offre de chercher la définition de connard dans le dictionnaire me déplaise mais je garderai ça pour m'endormir le soir. Ça me permettra de penser à toi. » Je balance le verre dans la poubelle et me frotte les mains, laissant quelques gouttes de sang couler. Sans attendre plus je commence à ramasser tout ce que j'ai fait tomber et continue mon petit discours parfaitement tourné, comme du papier à musique. « Donc voilà. Le problème, là, c'est simplement ma secrétaire n'est-ce pas ? Soit, pas ton problème. Je présume qu'en grand manipulateur que tu as réussi à devenir en trois ans, tu ne vas voir aucun problème à retourner dans mon ombre et prétendre être moi en attendant de prendre ma place comme tu le dis si bien. » Je dépose les objets les uns après les autres, prenant le temps de les remettre parfaitement en place tout en continuant. « D'ailleurs, merci de l'information. Au moins, je suis prévenu. » Je hausse les épaules, gloussant légèrement en disant d'un ton légèrement ironique. « Mais ne le fais pas tout de suite, tu as encore à apprendre visiblement. Souviens-toi que je n'ai pas eu la gentillesse de te prévenir que j'allais te condamner à mort. » Reprenant mon ton habituel sans transition, je me retourne finalement vers toi, m'appuyant contre mon bureau et tripotant ma blessure légère dans ma paume, jouant avec les toutes petites gouttes de sang qui perlent les unes après les autres. « Enfin bref. Donc je disais, ça ne te dérange pas ? Tu trouveras un meilleur moyen pour qu'on ne se croise pas par contre. Ou sinon, va falloir qu'on s'organise mieux que ça. Reconnais qu'on ne va pas pouvoir se permettre ce genre d'entrevue trop souvent. » Je lève finalement le regard vers toi sans pour autant te fixer. Un petit pas à la fois, et le masque reviendra. « Sauf si, tu veux tout maintenant. Et dans ce cas là, fais-toi plaisir. C'est à toi. Je ne te propose pas d'échanger les rôles parce que je ne veux pas de ta vie Nolan. Mais bon, si tu veux vivre à travers moi, je m'en construirai une autre. » J'arrête de toucher ma main pour la glisser dans ma poche et finalement planter mes iris dans les tiens pour ajouter froidement. « Parce que c'est sans doute ça, la différence entre nous. C'est que même quand j'ai prétendu être toi, je n'ai jamais voulu te voler ta vie. »

Mes mots sont brusques, et ils font mal. Le souvenir de mes larmes plus tôt me dégoûte. Perdre autant le contrôle n'est pas acceptable, même avec toi. Je déteste que tes mots m'atteignent autant. Je déteste le pouvoir que tu as toujours eu sur moi. Parce que je suis peut-être le menteur, le manipulateur, mais tu as toujours réussi à me toucher. Depuis gamins. Peut-être parce que j'en attendais trop ? Peut-être parce qu'au final, tu ne m'as pas laissé l'opportunité d'être celui que j'aurais voulu être à tes yeux. Sans doute parce que je n'ai jamais été à tes yeux ce que tu as été aux miens, et que je n'ai jamais su l'accepter. Mais pourtant, tu m'as dit que je ne t'aimais pas. Tu m'as dit, que de toutes ces années, c'est ce que tu en avais retiré. Et ça, ça plus que tout le reste, ça ne passe pas. Parce que j'ai tous mes souvenirs. Parce que j'ai tout essayé avant de mal tourner. Parce que ton regard quand on s'est réveillé dans ces lits jumeaux à l'hôpital me laissait penser que rien n'avait changer. Parce que le nombre de fois où je t'ai aidé à faire tes devoirs, où j'ai voulu maintenir ta vie pour que rien ne t'empêche d'être la personne que tu étais, celle que je voyais me faisait dire que tu voyais. Tu voyais exactement ce que tu étais pour moi. Toute l'importance que tu avais. Je croyais que tu savais. Et si toute la suite de notre histoire avait pu briser la confiance, le respect et bien d'autres choses encore, je n'ai jamais pensé qu'elle avait pu briser l'amour fraternel. Mais tu l'as dit, et ça m'a brisé. Encore une fois. « Alors, t'en dis quoi ? »

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SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.


Dernière édition par Liam P. Wiggins le Mar 12 Avr - 8:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: it was a bad idea (wiggins' twins )   Dim 31 Jan - 1:17

it was a bad idea
Liam & Nolan



Je ne mentirai pas en disant que je me souviens de la première fois que mon frère m’a demandé d’échanger sa place avec la mienne. Mais je me souviens comme d’hier, d’un SMS reçu vers deux heures du matin, me demandant, me suppliant de l’aider parce que, encore une fois, j’étais le seul à pouvoir l’aider. Je me souviens de mon angoisse, je me souviens de ma détresse, je me souviens de cette absence complète d’hésitation qui m’avait extirpé du lit, qui m’avait fait me précipiter dans sa chambre puis, la trouvant vide, me précipiter au rez-de-chaussée, vêtu à la va-vite, chaussé à la va-vite, nerveux et tremblant d’anxiété. Je ne devais pas avoir dix-huit ans. On ne devait pas avoir dix-huit ans lorsqu’il m’a réveillé en pleine nuit pour que j’aille à tel endroit de la ville, à telle heure, me faire tabasser à sa place. Il s’excusait, il s’en voulait tellement, il ne voyait pas d’autres solutions et il ne voulait surtout pas me forcer. Et, surtout, je me souviens de cette culpabilité qui filait dans mes veines, s’infiltrait dans mon cœur, acidifiait mon sang et battait à mes tempes comme pour mieux me rappeler que je lui devais bien ça.

Sais-tu, Liam, as-tu la moindre idée de ce qui m’a toujours poussé à céder à tes demandes, à tes caprices ? Sais-tu qu’en plus de mon incapacité à te voir souffrir, de cette angoisse qui me prenait dès que je te sentais malheureux, il y avait cette culpabilité que tu cultivais par ton attitude, cette culpabilité qui me poussait en avant et me donnait l’impression de faire le bon choix ? Je commence à douter. Sincèrement, je commence à me demander si tu en as un jour eu conscience. Tu m’as embobiné grand frère. Ma voix est posée, ma voix est sérieux, ma voix est tendue. M’as-tu déjà vu aussi adulte ? J’en doute, de ça aussi. Je déglutis. Je te regarde dans les yeux pour la seule raison que si je détourne le regard, ce rein qui défaille et qui nourrit cette culpabilité qui n’est jamais partie reviendra au centre de mes pensées. Et me fera perdre pied. Tu m’as embobiné pendant des années, Liam. Mais plus maintenant. Plus aujourd’hui. Cette larme que tu as extirpée de tes yeux avec une précision chirurgicale, tu peux la garder car je la refuse et je la rejette. Tu ne m’auras pas, pas cette fois. Il est fini le temps où tu pouvais te servir de moi. Il est fini et même s’il n’est pas si loin, mais s’il n’attend qu’un faux pas de ma part pour que je m’écroule et que je te prenne dans mes bras pour te pardonner, il est loin pour le moment. Ce qu’on fait maintenant ? Suis donc mon bras qui balaye la pièce et désigne un à un chacun de tes bibelots qui te confortent dans le rôle qui est le tien. Retourne à ta vie, profite de tes merdes, profite de tes emmerdes. Moi, je vis. Pleinement. Seul, oui, mais je vis. Et il faut que je me tienne à ce programme. Putain, Liam… Si tu savais comme je mens, si tu savais comme je suis désolé, si tu savais à quel point j’ai envie de faire table-rase et retrouver notre complicité, à sens unique et artificielle, certes mais bien tangible. Mais ce serait réduire à néant tes chances et les miennes. Si je te laisse croire un seul instant que tout t’est dû, je ne pourrais jamais avoir confiance en toi. Et il faut que je me méfie à jamais de toi pour te donner une chance de te rattraper. De te faire pardonner quelque chose que je veux te pardonner. Si je suis stupide ? Assurément. Mais je t’ai fait un serment, Liam. Et je compte m’y tenir. Tu ne me tueras pas, Liam. Mon inspiration broie ma poitrine, ma cage thoracique se referme sur mes poumons. Maintenant, c’est à moi de reconstruire ma vie avec la tienne.

Liam. Si tu savais à quel point je te mens, tu jubilerais derrière ton retard impassible. Je ne suis peut être pas le plus doué des deux à ce jeu là, mais je t’assure que je ne perdrais pas ce combat. Si je le perds, je te perds, je me perds. J’ai le cœur au bord des lèvres, je veux m’effondrer, je veux m’excuser.

Je fixe mon frère dans l’attente d’une réaction, tout mon corps tendu comme un arc sous la tension. Ce n’est certes pas la première fois que je lui tiens tête – même Liam n’a jamais réussi à me faire taire lorsque j’avais quelque chose à dire – mais c’est la première fois depuis trois ans et ce n’est pas rien. Trois ans de silence, trois ans d’absence, trois ans d’éloignement brisés en quelques minutes. Et une dispute. Fracassante. Douloureuse. Destructrice. Je fixe mon jumeau dans le lâche espoir que ce soit lui qui fasse le premier pas. Mais il ne le fera pas, bien sûr. Son regard semble brisé, ses mouvements sont trop brusques pour que je ne remarque pas que j’ai fait mouche. Quelque part, dans mon discours, dans ma colère, dans mon calme, dans mes promesses, j’ai fait mouche. Je ne sais juste pas où. Est-ce sa vie qu’il ne veut pas voir menacée ? Son monde ? Est-ce le fait que le petit frère prenne sa revanche qui le dérange ? La chaise recule, je plante mes talons dans le sol pour ne pas lui concéder un mouvement de recul. Nos reflets ne sont que des échos d’une même silhouette, je me surprends à les observer du coin de l’œil une infime fraction de seconde. Parce que déjà, sa bouche s’ouvre. « T'as fini ta petite pièce ? Ou j'attends la chorale et le ténor d'opéra pour ouvrir la bouche ? Non ? T'as pas prévu de te faire applaudir à la fin quand même ? » Sa colère est aussi violente que la mienne mais bien plus douloureuse Elle est glacée, elle est brisée. Et avant même de comprendre ce qu’il m’arrive, je regrette. Il me hait. Et s’il ne me haissait pas avant, que je lui montre à quel point il n’a plus de prises sur moi lui a fait tomber le masque de l’affection et il ne tente même plus de simuler. Tu me détestes, Liam, et jusqu’à présent j’ignorais jusqu’à quel point allait ta haine. Contre mon gré, une première larme point entre deux cils, se cristallise. « Tu sais ce qu'il te dit ton connard de frère ? Il te dit d'aller te faire foutre ! T'entends Nolan ? VA TE FAIRE FOUTRE ! » Je ne suis pas mon frère. Je suis l’autre jumeau. Celui qui rit, celui qui pleure, celui qui hurle, celui qui court, celui qui se moque, celui qui dort, celui qui sursaute. Et je sursaute sous son cri. Sous son poing qui frappe le bureau. Je sursaute, ma main file par réflexe non pas sur mon cœur mais au niveau de cette cicatrice que l’on partage.

Et je n’ai pas fait plus que ce simple mouvement que tu es déjà sur moi, Liam. Ton bureau n’est plus qu’une terre vierge, le sol est maculé de ces petits objets qui faisaient de ta vie un univers bien ordonné. Et ta main, ta main saisit ma chemise ajustée, me pousse en direction du mur. Ton bras me coupe le souffle, je n’ai plus d’air dans mes poumons, juste des larmes dans les yeux, des larmes qui m’irritent la rétine et refusent pourtant de couler. Tu me détestes. J’en ai la preuve. Ma voix n’est un souffle étranglé, que la voix d’un gosse désespéré. « Liaaaam » Mes mains ne sortent de leur apathie et viennent se saisir de ton bras que lorsque tu appuies, que lorsque tu forces, que lorsque tu exerces sur ma trachée une pression létale. Mais je n’ai pas le temps de paniquer que déjà tu t’éloignes, déjà tu me relâches ; je n’ai pas le temps de paniquer que tu me perds. « PUTAIN DE MERDE NOLAN ! » C’est en te voyant de dos que je me rends compte d’une chose. Lorsque tu es entré dans ce bureau, nous étions deux Liam. Deux ministres guindés, deux hommes de pouvoir. Et plus les secondes passent, plus nous devenons des Nolan. Chemise défaite, cheveux décoiffés. Visages détruits. Tu me détestes, j’en suis convaincu. Mais tu ne m’as pas tué, mais tu t’énerves, mais tu t’éloignes. M’aimerais-tu un peu, malgré tout, ou n’est-ce qu’un rôle que tu te donnes ? « MERDE T'ENTENDS ? » Je veux faire un pas en arrière lorsque tu te retournes, parce que lorsque je vois tes larmes, quelque chose me hurle qu’elles ne sont pas factices et même qu’elles sont loin de l’être. « Liam… » Ma voix est aussi brisée que la tienne. Nous sommes des Nolan. Seulement… si je sais qui est le vrai, je n’arrive pas à savoir qui est le faux. « Arrête. Je t'en supplie. Arrête. Sérieux Nolan, pourquoi ? Pourquoi t'as dit ça ? Tout. Tout mais pas ça. » Je fronce les sourcils. Sur mon visage, je le sais, on peut tout lire. On peut lire que je ne vois pas de quoi il parle, que je ne sais pas comment le gérer. On doit même pouvoir lire que je m’en veux, que je veux m’excuser, que je veux remonter le temps et me taire à défaut de pouvoir taire ce qu’il ne fallait pas dire. Crains-tu à ce point que je détruise ta vie autant que tu as détruit la mienne ? Mes doigts filent à ma trachée, où malgré la distance, je sens encore ton bras appuyer. Et mes muscles trembler. Je ne suis pas un trouillard. Mais j’ai peur de toi, Liam. J’ai peur de toi tout comme j’ai peur de ce que je viens de faire sans le savoir. « Quoi, qu’est ce que j’ai dit ? » Ma question est une supplique. Qu’est ce que j’ai fait de mal ? Je suis un gosse pris en faute. Je ne suis plus Nolan qu’il a condamné à mort, je ne suis même plus celui qui se fait passer pour Liam. Et je suis loin, très loin, d’être celui qui en veut à son jumeau. Je ne suis plus que le petit frère qui souffre de voir son reflet pleurer. « Tu peux me traiter de tous les noms. Tu peux m'accuser de tous les maux. Tu peux même dire que j'ai été le pire frère du monde. Tu peux dire absolument tout ce que tu veux, tu m'entends, tout ce que tu veux ? Tu sais pourquoi ? Parce que t'as probablement raison. Prends-le ton dictionnaire à la con, et cherche tous les mots qui ont un sens négatif, on doit pouvoir m'y relier, sans problème ! » C’est à mon tour de secouer la tête. « Raconte pas de conneries, j’ai jama… » Je me tais trop tard. Trop tard pour me rendre compte que j’ai rendu les armes, que ses larmes ont détruit tout le reste. Je n’ai jamais dit quoi ? Qu’il était le pire des frères ? Oh si, je l’ai dit. Je l’ai hurlé, je l’ai pensé, je l’ai pleuré à Elias. Mon frère est le pire des frères et je suis obligé de le reconnaître. Mais c’est aussi le frère qui m’a sauvé la vie, qui m’a libéré des dialyses, des hôpitaux, celui qui a donné son rein pour compenser les miens. « Mais pas ça. Pas ça Nolan. Parce que c'est le pire mensonge du monde. Le pire de tous. Je ne t'aime pas ? Tu crois sincèrement que je ne t'aime pas ? Putain mais Nolan... c'est parce que je t'aime qu'on en est là. C'est parce que je t'aime que tout ça s'est passé. » Ses mots se heurtent à mes oreilles, comme des coups de bélier pour pénétrer mes pensées et briser mes défenses.

Il me désigne, comme pour appuyer ses propose. C’est parce que je t’aime que tout ça s’est passé. Parce qu’il m’aime. A cause de moi. Par ma faute. Est-ce à cause de moi qu’il m’a condamné à mort ? Parce qu’il s’est senti obligé de me céder son organe, parce qu’il s’est senti obligé de supporter l’attention de nos parents dirigées vers leur malade. Sa voix tonne à mes oreilles, je me recroqueville et rentre la tête dans mes épaules. Liam, laisse de la place à Nolan, il est MALADE. Je suis malade, grand frère, je suis malade de t’avoir fait subir ça sans en avoir conscience, je suis malade de me rendre compte que je cède une nouvelle fois à la facilité, mais que je culpabilise tellement que… Je suis malade, Liam. Et même si tu m’aimes encore un peu, je doute que tu m’aimes encore le jour où tu apprendras que le plus beau de tes sacrifices, je l’ai foutu en l’air. Tu détournes le regard et c’est tant mieux. Parce que ma voix s’étrangle dans ma gorge. « Liam, je ne savais pas, je… j’ai… » Tu crois sincèrement que je ne t’aime pas ? Je ne sais pas, Liam, je ne sais plus. Je ne sais pas ce que je dois penser, je ne sais même pas ce que je dois faire. Partir, fuir, m’éloigner de toi et de ta présence néfaste. Nous nous asphyxions, Liam, comme si deux être aussi identiques que dissemblables comme nous le sommes ne pouvaient pas survivre dans la même pièce. Je me mords la lèvre. Et je me force à me taire.

Alors je le regarde, me décollant avec prudence du mur quand tu t’éloignes et que tu te rhabilles. Tu quittes Nolan, tu redeviens Liam, tu redeviens celui que tu es. Mais je n’arrive pas à ne plus voir ces larmes qui ont dévasté ton visage, je n’arrive pas à ignorer ta colère qui t’a fait perdre ton calme. Je n’arrive pas à éteindre l’écho de tes cris. Va te faire foutre ! Je me passe une main sur le visage, dépassé. Complètement dépassé. Si toi tu t’efforces de remettre ta chemise en place, moi je ne m’y essaye même pas. Où est ma colère ? Je la cherche sans la trouver, les jambes flageolantes. Mes yeux brun se perdent en direction de la bouteille jetée à terre en même temps que toute la surface de ton bureau. Je t’observe ramasser des éclats de verre avec minutie, et j’ose à peine bouger. Mais je déteste ce silence, je déteste ce malaise. Il faut que je dise quelque chose, même si je me force à me taire. Ma voix est timide, tremblante, maladroite. A des lieux de ce qu’elle est en temps normal. A des lieux de mes éclats de rire, de mes sourires taquins, de mes regards malicieux. Si je reste immature, je passe de l’enfant hyperactif à l’enfant introverti. « Liam ? » Un prénom. Un simple prénom. C’est fou comme un seul prénom peut être porteur de sens. Je me décide à faire un pas en avant. Je prends mon inspiration. « Liam, je… » « Tu sais quoi Nolan, tu as raison. Ce n'est pas très juste de ma part de te poser une telle question. Pas juste d'attendre de toi que tu trouves la solution. » m’excuse. Le mot me reste en travers de la gorge, j’ignore s’il va y pourrir ou se réfugier dans un endroit inaccessible. Je baisse la tête. Il ne me regarde pas. Il me déteste. Il ne m’aime pas. Je le perds. Et si je l’ai déjà perdu des années plus tôt lorsque j’ai fui la prison et l’exécution, cette fois, c’est de ma faute. Parce qu’il a voulu faire un pas dans ma direction. Ma voix est tremblante, comme tout mon corps, lorsque j’essaye de me redresser, à son image. Sans succès. Si nous sommes tous les deux debout, il est aussi droit que je suis voûté. Et psychologiquement, je suis à terre. Je rampe et je le regarde en contreplongée. « Tu ne me crois pas capable de trouver une solution ? » Ma défense est aussi faible que ma volonté, à cet instant. Il la balaie sans attendre, je doute même qu’il l’ait entendue. Et s’il l’a entendue, il doit la chasser comme un prédateur chasse le bourdonnement d’une mouche qui l’importune. « Alors je vais te dire ce qu'on va faire. Non pas que ton offre de chercher la définition de connard dans le dictionnaire me déplaise mais je garderai ça pour m'endormir le soir. Ça me permettra de penser à toi. » Je frissonne. C’est tangible, c’est palpable. C’est une attaque que je reçois et qui me blesse alors même que je sens, que je sais qu’elle ne devrait pas m’être destinée. Mais au moins, elle me permet de reprendre pied, petit à petit. « Je chercherais celle d’enculé, alors, comme ça nous penserons l’un à l’autre. » Je ne sais pas ce que je dis, je ne pense pas ce que je dis. Je ne parle que pour me relever. « Donc voilà. Le problème, là, c'est simplement ma secrétaire n'est-ce pas ? Soit, pas ton problème. Je présume qu'en grand manipulateur que tu as réussi à devenir en trois ans, tu ne vas voir aucun problème à retourner dans mon ombre et prétendre être moi en attendant de prendre ma place comme tu le dis si bien. D'ailleurs, merci de l'information. Au moins, je suis prévenu. Mais ne le fais pas tout de suite, tu as encore à apprendre visiblement. Souviens-toi que je n'ai pas eu la gentillesse de te prévenir que j'allais te condamner à mort. » Ce n’est plus un frisson, c’est une gifle.

Combien de gifles psychologiques m’a-t-il foutues depuis le début ? J’ai perdu le compte. Son ton est clair, sa métamorphose est angoissante, je ne peux que la contempler avec dégoût et fascination comme un arachnophobe observe l’objet de sa terreur dans une curiosité masochiste. Tu saignes. Mes yeux accrochent ta blessure. « Enfin bref. Donc je disais, ça ne te dérange pas ? Tu trouveras un meilleur moyen pour qu'on ne se croise pas par contre. Ou sinon, va falloir qu'on s'organise mieux que ça. Reconnais qu'on ne va pas pouvoir se permettre ce genre d'entrevue trop souvent. Sauf si, tu veux tout maintenant. Et dans ce cas là, fais-toi plaisir. C'est à toi. Je ne te propose pas d'échanger les rôles parce que je ne veux pas de ta vie Nolan. Mais bon, si tu veux vivre à travers moi, je m'en construirai une autre. » Je ne veux pas de ta vie, Nolan. D’une main rageuse, j’essuie les larmes qui stagnent encore sur mes paupières. Et lorsque je rouvre les yeux, c’est pour voir les siens qui me glacent le sang. « Parce que c'est sans doute ça, la différence entre nous. C'est que même quand j'ai prétendu être toi, je n'ai jamais voulu te voler ta vie. » Je ne veux pas de ta vie, Nolan. Et il n’en a jamais voulu.

Il n’a voulu ma vie que pour mieux protéger la sienne, celle qu’il se construisait peu à peu. Celle qu’il refusait d’entacher, se servant de la mienne comme d’un essuie-tout et d’un torchon si négligeable qu’on pouvait l’attacher au nettoyage des sales besognes. Ca semble logique, c’est stratégique, c’est cohérent. C’est même intelligent. Mais c’est ma vie, qui est piétinée. C’est vrai que lorsque je la regarde, elle n’est guère reluisante. Un appartement que je loue sous un faux-nom, un chien qui bave et qui n’est qu’une boule de poils, une existence qui n’existe pas, un entrepôt et des boites de conserve comme espace de travail. Pas de famille, un diplôme qui n’a plus aucun sens, le casier judiciaire d’un mort qui n’est rempli que des forfaits d’un autre, ou commis pour un autre. Et un rein qui fout le camp, dans un monde où la médecine est aussi vivace qu’une langouste dans une casserole d’eau bouillante. Ma vie craint. Vraiment. Honnêtement. Mais c’est ma vie. Je ne veux pas de ta vie, Nolan. Et moi, est ce que je veux vraiment récupérer celle de mon frère ? « Alors, t'en dis quoi ? »

Ce que j’en dis ? Ce que j’en dis, c’est que je ne sais pas quoi en dire. Lorsque tu te tais, lorsque tu pleures, lorsque tu hurles, j’en dis que tu es mon frère, et que je te mens lorsque je te dis que je ne veux plus rien à voir avec toi. Lorsque tu es vulnérable, j’en dis que je regrette tellement et que j’aimerais faire tout ce qui en mon pouvoir pour me faire pardonner, pour que tu aies ce que tu veux, pour que tu sois heureux. Mais lorsque tu parles calmement, lorsque tu décortiques tes mots et dissèques tes phrases, lorsque tu n’es que venin et poison, ce que j’en dis ? « Va te faire foutre. » Ma voix est fatiguée. Mais j’ai la joie de vous annoncer que ma voix a retrouvé aussi un semblant de solidité. Je renifle, comme pour effacer mes larmes. Lamentable. Je parviens à m’arracher le rire d’un désespéré. « Voilà ce que j’en dis, Liam. Va te faire foutre. Mais à mon tour de te dire que tu as raison sur un petit point. Tu ne veux pas de ma vie ? Et bien sache que j’en veux pas non plus. Ma vie craint. Elle craignait avant aujourd’hui, mais maintenant c’est encore plus de la merde. » Mon rire s’intensifie, au rythme de mon désespoir. Je suis malade, Liam. Tu ne le sais pas, tu ne le sauras jamais, mais tu seras débarrassé de moi plus vite que tu ne le penses. « Et tu sais pourquoi ? Parce que j’ai la confirmation que le seul membre en vie de ma famille, si on oublie Timothée avec lequel je ne sais pas sur quel pied danser, « que le dernier membre de ma famille me déteste. » Mon rire secoue ma poitrine, se répand dans mes veines. Fait renaître des larmes. Encore. Je pleure pour deux, Liam, tu as vu. J’ai du te voler tes glandes lacrymales quand toi tu m’as volé mon orgueil. « Et le pire, le pire, c’est que ce foutu connard, j’arrive même plus à savoir si je le déteste ou si je persiste à croire que je l’aime. Ma vie craint. Elle craint, et comparée à la tienne, ce n’est même pas une vie de seconde catégorie, c’est une vie de… de moins-que-rien… » Mon rire s’éteint brutalement. Je redeviens presque sérieux. « Le seul avantage, au final… c’est que comme ma vie craint un max, je n’ai plus rien à perdre. Et tu n’as rien à détruire, rien à voler. Moi j’ai tout à t’envier. J’ai tout à t’enlever. » Je le regarde dans les yeux. Peut être t’ai-je déjà pris plus que tu ne le penses, Liam. Parce que j’ignore si je pense ce que je dis, mais je le dis avec une telle facilité que c’est peut être ta présence qui me stimule. Je prends ma respiration, me force à expirer lentement. Je fais un pas. Deux. Reviens au contact, attrape une babiole au hasard sur son bureau. Je fais semblant de l’admirer pour mieux tenter de faire disparaître – sans trop de succès – les tremblements de mes muscles qui accumulent les preuves de ma tension. « Je me demande à partir de quand tu commenceras à regarder ma vie avec un regard envieux. » Mes doigts reposent l’objet, s’approchent de sa cravate que je resserre. J’ai envie de la resserrer un peu trop, même, mais… quelque chose m’en empêche et j’abandonne le combat avant que ma déroute ne se montre trop visible. « Quand tu auras perdu ton job ? » Tu m’as fait virer de mon boulot. « Quand tu auras perdu l’affection de ton précieux Gouvernement ? » Tu m’as fait aller en taule. Deux fois. « Quand tes victimes te retrouveront au détour d’une ruelle ? » Tu m’as fait tabasser. Un nombre incalculable de fois. « Où lorsque tu seras condamné à mort et que du haut des gradins, je te regarderai en articulant ce même merci hypocrite que tu m’as servi il y a trois ans ? » Mes mains le repoussent. Saisissent la babiole que je regardais un peu plus tôt et la balance sur son torse avec toute la force que mon désespoir me permet de rassembler. « TU NE VEUX PAS DE MA VIE ? ET BIEN UN JOUR, TU LA VOUDRAS PAUVRE ENFOIRE ! MA VIE, JE L’AI CONSTRUITE SUR LES RUINES DE CELLE QUE TU AS FOUTUE EN L’AIR ! » C’est à mon tour d’empoigner son col mais je suis incapable de le pousser. Je suis incapable de le frapper. « J’SUIS DESOLE ! » Mon hurlement se noie dans mes larmes. « JE NE PEUX PAS TE LAISSER CROIRE QUE TOUT VA S’ARRANGER COMME CA ! » J’ai beau essuyer mes larmes, elles reviennent à l’assaut. « Je peux pas, parce que rien ne va s’arranger. Il n’y a pas de solution. On peut plus coexister parce que tu voudras me détruire, parce que je ne peux plus te supporter. On peut pas, Liam ! » Je fais un pas en arrière. Et un deuxième. Je respire. Précipitamment. Pour me calmer. Me calmer vraiment. Sauf que j’en suis incapable. Pas avec lui dans la même pièce.

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MessageSujet: Re: it was a bad idea (wiggins' twins )   Ven 5 Fév - 7:48



it was a bad idea

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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] So, so you think you can tell. Heaven from Hell, blue skies from pain. Can you tell a green field from a cold steel rail ? A smile from a veil ? Do you think you can tell ? Did they get you to trade your heroes for ghosts ? Hot ashes for trees ? Hot air for a cool breeze ? Cold comfort for change ? Did you exchange a walk on part in the war, for a lead role in a cage ? How I wish, how I wish you were here. We're just two lost souls, swimming in a fish bowl, year after year, running over the same old ground. What have we found ? The same old fears. Wish you were here.


Ce sont comme des pics, soudains, brusques. Mais surtout, inattendus. Il y a toi, face à moi, et puis il y a le monde. Ces trois années m'ont fait réfléchir tu sais, elles m'ont laissé grand loisir de penser à nos retrouvailles. Elles m'ont regardé, chaque jour, droit dans les yeux et m'ont posé toutes ces questions. Alors, t'as regretté ? Alors, tu veux t'excuser ? Alors, qu'est-ce que ça fait que d'avoir presque tué son frère ? T'as quand même du bol qu'il soit vivant, t'aurais fait quoi sinon ? T'es trop lâche pour te tuer, mais trop lâche pour vivre. Dis, Liam, quand est-ce que tu accepteras que ce monde se porterait bien mieux sans toi ? Je te jure Nolan, des questions il y en a eu par millier. Des scénarios dans mes rêves, dans ma réalité. Une boule au ventre de te croiser, de ne pas savoir quoi dire. J'ai parfois même pensé que tu me tuerais. Et puis, je me rappelais que non, c'était moi le mauvais. C'est pas bien compliqué, tu vois, je croyais avoir pensé à tout. Mais la vérité c'est que je n'avais pas pensé à ça, pas pensé à toi.

Parce que tu as toujours su m'atteindre. Avec un geste si petit que personne ne le voyait. Avec un coup d’œil si léger que même parfois moi croyais rêver. Mais pourtant, c'était là, cette complicité poussée à l'extrême. C'est un truc de jumeau, il paraît. Un truc que très peu de gens sur cette planète peuvent connaître. On dit que les vrais jumeaux peuvent ressentir la douleur de l'autre, la joie aussi, ce genre de choses. Tu sais combien de fois j'ai ressenti ta douleur Nolan ? Tu sais combien de fois, j'étais tordu en deux dans mon lit avant ta greffe ? Et surtout, tu sais comment j'ai senti ton cœur se briser ce soir là ? Ce soir où j'ai franchi toutes les limites, les limites de ton pardon, de ton acceptation. Tu sais combien je l'ai ressenti ? Parce que tu vois Nolan, j'en ai vomi. C'est étonnant de passer une vie à avoir mal pour quelqu'un d'autre. C'est déroutant de ne rien ressentir si ce n'est pour son parfait reflet. Mais peut-être que je ne valais pas des émotions rien qu'à moi. Pas même la fatigue, pas même la colère. Je ne dois ressentir qu'à travers toi, comme si t'étais l'artère de mon cœur, comme si t'étais l'air de mes poumons. J'aurais fait quoi si t'étais mort ce jour là ? J'aurais fait quoi, moi sans toi ? Je serai sans doute mort aussi au final. Parce que tu ne réalises pas à quel point sans toi je n'existe pas.

Et puis il y a ce quelque chose dans tes yeux. Cette réflexion, ce doute. Comme si tu ne savais plus qui j'étais, comme si tu te battais avec quelque chose que je ne vois pas, que je ne comprends pas. Il y a ce doute quand mon cœur se brise. Dis-moi Nolan, est-ce que tu ressens combien j'ai mal ? Est-ce que tu ressens combien je regrette ? Est-ce que toi aussi, tu vois le vrai du faux ? Est-ce qu'il reste une personne sur cette Terre capable de voir que je suis plus qu'un mensonge ? Et puis ta bouche s'ouvre finalement. Lentement, clairement. Calmement, fatiguée. Et les mots me glacent. Ton nez se retrousse un peu, comme quand on est gosse et que l'on vient de tomber. Tu as toujours été vrai, toujours été tellement vrai. Peut-être un peu trop pour moi. Alors cette expression de gamin sur ton visage, celle de celui qui vient de faire une chute incroyablement lourde mais qui se relève la tête haute pour ne pas perdre pied, cette expression là, elle me fait déglutir. Parce que j'ai déjà perdu, j'ai déjà abandonné. Je me jette là, dans le vent, et toi tu me bats. Le poignard que tu enfonces par ta simple présence est insoutenable, tout simplement parce que je refuse ta haine. J'accepte ton désespoir, même ta colère, j'accepte que tu ne me pardonnes jamais. Mais ta haine dans le fond de tes pupilles brunes, qui tourne pour me fixer en riant. Celle que je vois et qui me murmure que je l'ai bien cherché depuis que tu es rentré, celle là, je ne peux plus la supporter. Alors je ferme les yeux une seconde.

Faire comme si de rien n'était. Prétendre que rien ne s'est encore passé. Peut-être que ce n'est qu'un mauvais rêve. Peut-être après tout, qu'avec les rêves prémonitoires dans lesquels tu apparais, ce monde qui tourne de moins en moins rond, j'en ai fait un, plus vrai que vrai. Et à la minute où je vais ouvrir les yeux je serai sur mon lit, Diablo à mes côtés. Tu l'aimerais tu sais. Ce chat. Il te ressemble affreusement. Mais peu importe, là n'est pas la question. Rien de tout ça n'est vrai, c'était simplement un rêve, un horrible déclic, la claque qu'il me fallait. Celle de faire plus attention, de ne pas te laisser prendre plus de place, de ne pas risquer que tout cela devienne vrai. J'ai compris. Je jure que j'ai compris. Tout peut s'arrêter maintenant, laissez-moi me réveiller.

Et puis il y a te rire qui me ramène douloureusement à cette scène, à la réalité. Ton rire qui me laisse avoir un léger sursaut alors que mes yeux se ré-ouvrent, encore brûlant des larmes qui venaient de couler. C'est donc vrai. Les limites que l'on franchit de seconde en seconde et qui t'éloignent de moi à tout jamais sont là. Tout ce qui fait que mon pardon est désormais inaccessible est réel. Tout ce qui fait que tu me hais est bien vrai. Et tu répètes. Tu deviens froid. Dur. Tu deviens moi. Dis-moi Nolan, qu'est-ce que j'ai fait de toi ? Où est passée la douceur dans ton visage, la sensibilité sur tes traits ? Où est passé mon frère incapable d'avoir une seule mauvaise pensée ? L'ai-je tué ? T'ai-je tué ? Putain Nolan, dis-moi, qu'est-ce que je t'ai fait ? Et tes mots me brûlent. Ta vie craignait avant. Avant quoi ? Avant que je ne bousille tout ? Nolan, de quoi tu parles ? J'ai peut-être tout ruiné, mais tu ne peux pas dire ça. Tu ne peux pas pensé que ta vie a toujours été comme ça. T'as pas le droit de croire ça quand j'ai passé ma vie à être jaloux de toi.

Voilà ton rire qui désormais prend toute la pièce, qui me glace et me laisse sur place. Je ne bouge pas d'un pouce, je ne soutiens plus ton regard. Tu as déjà gagné, et je suis mort de honte. Prends ce que tu veux, prends même mon cœur s'il le faut. Prends tout, mais surtout, surtout arrête. Arrête de rire de cette façon, de lancer des lames qui tranchent le peu qu'il reste de mon âme. Ne brise plus les restes d'un Liam passé, j'ai compris que tu ne me pardonnerais jamais. Alors arrête. Pas besoin de m'achever. Je baisse les bras, je lève le drapeau blanc. Mais je t'en supplie ne me regarde plus comme ça. Je t'en supplie, tais-toi. Mais tu continues, et pire que ça, tu répètes ce qui m'a fait sortir de mes gonds. Droit devant moi, alors que ton rire froid résonne encore dans le fond de mon corps pourri, tu répètes ça. Je te déteste. Et je m'appuie sur mon bureau pour tenir debout. Ne pas m'effondrer complètement. Je te déteste. Et tes yeux qui montrent que tu le penses vraiment.

Je te déteste, et tous mes souvenirs qui se brisent un à un dans mon cerveau alors que la méprise dans tes yeux prend de plus en plus de place. Je te déteste, et mon amour pour toi me tue à petit feu, et bientôt, je vais hurler. Mourir. Mourir d'un chagrin que personne ne consolera. Mourir d'un cœur trop fatigué de battre pour un con, qui n'aura pas supporté de faire du mal à la seule personne qui comptait après tout. On naît seul, on vit seul, on meurt seul. Sauf quand on a un jumeau. Je ne suis pas né seul, j'ai passé une seule minute de ma vie seule. Minute pendant laquelle je n'ai même pas pleuré ni crié. Non, j'ai attendu que tu sois là pour faire entendre ma voix pour la première fois. Je n'ai jamais été moi, j'ai toujours été nous. J'ai toujours cru que je ne vivrai jamais seul. Tu me traiterais de fou si je te disais que même après tout ça, je pensais toujours que d'une certaine façon t'étais là. Toujours avec moi. Inconsciemment, je touche encore la cicatrice qui nous lie, ma main saigne et je tâche ma chemise alors que je reste tremblant, incapable de tenir debout sans un appui face à mon pire cauchemar. Et je réalise que je vais mourir seul. Parce que tu ne veux pas de moi. Parce que tu ne veux plus de moi. J'ai eu une chance que pratiquement personne n'a, et je l'ai gâchée.

Comment pourrais-tu un jour me pardonner ? Et tes larmes coulent, et une pulsion me donne envie de te serrer dans mes bras. Nolan, on a trop joué, on s'est embarqué dans un jeu mauvais où on a tous les deux fini blessé. Prononçons une trêve. Pouce ? Le mot s'arrache pratiquement de mes lèvres alors que je le retiens. Pour une raison que je ne comprends même pas, je ne veux pas céder. Pas plus que ce n'est déjà le cas. Je pourrais te donner mes propres mains pour me tuer, retourner une lame contre moi et l'enfoncer moi-même. Mais je reste là, impuissant, juste avec mes pensées. Je reste là à ne rien faire pendant que tu pleures et que je retiens le peu de larmes qu'il me reste.

Le peu d'humanité qu'il existe encore au fond de moi, comme une réserve de sûreté, au cas où tu aies encore pire à m'avouer. Mes mâchoires se serrent encore alors que tu continues. Tu parles de m'aimer, tu parles de douter. Moi, je ne doute pas. Oui mais c'est facile, parce que toi, tu ne m'as jamais fait tout ça. La seule chose que tu as fait de mal, c'est de m'oublier, et même ça tu ne l'as pas fait exprès. Pourtant, rien que ta question me fait ramener ma main sur la seconde et les croiser sur ma poitrine. Le fait que tu doutes me laisse balayer le reste de tes mots, me laissant moi, face à ce que je ne suis pas prêt à accepter. Je ne le serais d'ailleurs jamais. Accepter que tu ne m'aimes plus est inconcevable. Accepter que tout est perdu est impensable.

Même si je te poignardais de mes propres mains, même si tu m'étranglais des tiennes. Non. Peu importe ce qu'il se passe entre nous, on ne peut pas cesser de s'aimer, et ce, même si on se déteste. Ça, je refuse de l'admettre. Et ton air change, ton ton aussi. Mon cœur se serre, se protégeant inutilement du prochain coup alors que mes iris se fondent finalement dans les tiens. Et à peine tu as fini ta phrase, ton petit jeu malsain, ton petit coup de poker, que je me redresse et croise un peu plus mes bras pour attendre la suite. Fais attention Nolan, tu joues un jeu dangereux en te prenant pour moi, jouant le mec sûr de toi qui veut me briser. Oh, je ne dis pas que tu ne peux pas le faire, parce qu'on sait tous les deux que tu le peux. Mais le vouloir réellement c'est autre chose, et si tu franchis cette limite, alors qui sait si tu pourras en revenir.

Parce que tu vois, moi, j'en suis pas revenu. Et même si c'est toi face à moi, même si je t'aime à en crever, tu devrais bien choisir tes mots, parce qu'il en suffit d'un pour que ça ne passe pas. Il en suffit d'un pour que, peu importe à quel point tu comptes pour moi, je dépasse moi aussi la ligne. Et là, je crois qu'on en reviendrait pas. Ni toi, ni moi. Es-tu réellement prêt à faire ça ? Vraiment prêt à tout perdre parce que tu n'auras pas su t'arrêter quand il le fallait ? Dis-moi, Nolan, t'es sûr de toi ? Mon regard devient insistant, presque menaçant. Te suppliant d'oser continuer tout en ne voulant que te voir arrêter.

Et tu respires, le plus lentement du monde. Tu prends une éternité pour continuer. M'as-tu tant observer ? Parce que tu ferais un politicien parfait. Oh petit frère, je ne te pensais pas tombé si loin dans les ténèbres. Après tout ; peut-être que celui que j'aime n'existe même plus. Peut-être que tu n'es plus qu'une copie de ce connard que je vois dans la glace et que je rêve de tuer sans jamais franchir le pas. N'es-tu plus que cela ? Qu'as-tu fait de Nolan, il n'était pas assez bien pour toi ? Parce qu'il l'était trop pour moi, mais vraiment, je ne te pensais pas capable de ça. Alors je relève le menton, mes prunelles fixées dans leur reflet, ta voix si proche de la mienne que les murs en auraient presque tremblé. Et finalement tu avances, et mon regard te suit sans un mot. Tu prends tes aises pour dominer la pièce, te rendre maître du jeu. J'observe, silencieux alors que tu tripotes mes affaires et que tu te pavanes avec cet air de connard qui te sied affreusement mal. Et puis tu t'avances vers moi, réellement menaçant.

Tu t'avances vers moi, et dans tes yeux je me vois. Les bras toujours croisés sur la poitrine je te toise du regard alors que tu continues ton petit jeu. Tu resserres mon nœud de cravate qui m'étrangle lentement mais sûrement, et je ne bouge pas. Mon regard dans le tien, je cherche à savoir jusqu'où tu vas. À quel point tu es devenu moi. Parce que si tu es capable de me tuer de tes mains, alors tu m'auras dépassé. L'élève devenu maître. Mais pas de quoi être fier dans cette matière. Et alors que ma respiration se coupe lentement, que mon rythme cardiaque se saccade, tu relâches prises. Tu ne m'as même pas laissé le temps de suffoquer. Je ne peux refréner un sourire mauvais lorsque tu enchaînes tes questions. Au jeu du, qui perdra quoi, quand est-ce que ça fera mal. Je retiens même un rire, histoire de ne pas te couper dans ton élan.

Histoire de voir à quel point tu te méprends. Et puis finalement, tu te coupes seul, me repoussant assez violemment. Me lançant un machin moche sans importance alors que je ne bouge pas d'un pouce. Montre moi Nolan, montre moi jusqu'où tu vas. Que je ne regrette pas mes pensées. Que je ne regrette pas mes mâchoires qui se serrent et mon poing qui place lentement mon pouce en sécurité pour me cogner. Montre moi Nolan. Vas-y, surtout ne t'arrête pas.

Et puis tu hurles. Tu perds le contrôle dans ta haine, dans ta rage. Tu me saisis si brusquement que mes mains glissent le long de mon corps. Réflexe du plus con, je relève le menton alors que ta prise me serre et que j'attends de voir ce que tu comptes faire de ton emprise alors que je n'observe aucune réaction, aucune défense. Et puis tu pleures. Tu te noies dans ton propre flot de larmes et mes yeux roulent. C'est trop tard Nolan, rien à foutre de tes excuses parce que tu ne tiens pas la pression que tu as voulu si joliment mettre en place. Et puis tu recules. D'abord un peu, puis un peu plus. Tu casses toute la puissance et la pression que tu avais mis tant de soin à mettre.

Tu casses ton propre jeu sans même l'avoir fini. Ton château de cartes était si bancal que ça, petit frère ? Alors non. L'élève n'a pas dépassé le maître, et il en est bien loin. Pour autant, tu m'as blessé, tu m'as brisé. Et surtout, t'as trop cherché. T'as trop voulu jouer. Alors que tu commences à faire trop de bruit dans ton propre chagrin, j'applaudis. Lentement. Sûr de moi. Clap. Mon regard se fixe dans le tien. Clap. Tes larmes ont beau couler et ta respiration relever incroyablement vite ta poitrine, je continue. Clap. Un sourire franc, droit, vient illuminer mon visage. Clap. Et finalement, alors que la blessure de ma main commence à coller du sang partout, j'ouvre la bouche et te sors ma plus belle voix. Clap. La plus fausse, la plus travaillée. Rien que pour toi. Clap.

« Alors là, chapeau. » J'arrête de frapper dans mes mains et les repose lentement sur ma poitrine avant de continuer. « Non, sérieusement Nolan, un moment j'y ai presque cru. Tu m'as même fait peur tu sais ? J'ai cru que tu étais devenu comme moi. » Et alors que je remets ma cravate en place, je m'avance doucement vers toi, ne te lâchant pas du regard. « Vraiment, j'ai cru que t'étais même peut-être capable de me tuer. Avec tes belles menaces. Tes belles paroles là. » Je relève le menton et montre mon cou encore rougi. « Non sérieusement, le coup de la cravate. Tu l'avais répété ? Avec tes potes et tout ? Parce que si c'était de l'impro, tu m'épates. »

Je ris. Glacial, froid, et surtout méchant. La vérité Nolan, c'est que je ne peux pas te laisser gagner la partie. Parce que te voir aller si loin, te voir si proche de devenir moi, c'est invivable. Ingérable. Inacceptable. Et c'est pour ça, que je dois te montrer à quel point tu ne veux surtout pas être moi. C'est pour ça que je dois franchir les limites qu'on se serait juré de ne jamais dépassées. C'est pour toi, que tu ne te perdes pas. Que tu sois toi. Parce que le monde est bien pourri, bien trop tard pour moi. Mais pour toi, tant que tu ne perds pas ce que tu es, que tu gardes ton fond si bon, si tendre, pour toi, la vie a encore à donner. Évidemment, je pourrais te dire tout ça. Je pourrais te montrer à quel point tu en vaux la peine simplement parce que tu es toi. Mais tu sais comme moi que c'est impossible. Que m'autoriser ça ce serait admettre que je tiens plus à toi qu'à moi. Que montrer ça, ce serait avouer que je ne suis peut-être pas si monstrueux que ça. Remettre en question tout ce sur quoi je me suis construit, sur quoi j'ai tout construit. Exposer, de moi-même, mes faiblesses et ma peine. Et ça, Nolan, je ne peux pas.

Pas plus que je ne peux te laisser devenir ce que je prétends être. Pas plus que je ne peux risquer de te voir tuer quelqu'un de tes propres mains pour une toute autre raison qu'une menace directe à ta vie. Je ne peux pas te laisser franchir des limites qui te tueraient, qui ne feraient de toi plus que l'ombre de toi-même. Non, je ne peux pas faire ça. Et si ça veut dire que tu me détestes jusqu'à la fin de tes jours, je crois que je préfère encore ça. Entre mourir ou être tué, quelle est la différence ? Peut-être que quand on choisit de mourir, on ne s'en prend qu'à nous-même, on ne colle ça sur la conscience de personne. Alors je choisis de mourir. Je choisis de te faire me détester. Je suis capable de gérer ma culpabilité. De gérer mon visage et ma haine envers moi-même. Je suis prêt à l'accepter, à défaut de meilleure solution.

Alors je m'avance vers toi et je te plaque au sol, violemment. Mon souffle se coupe même un instant alors que je suis au dessus de toi. Je me redresse en m'appuyant sur ton torse et te regarde avec un sourire qui me brise jusqu'à la moelle. Je t'offre mon regard le plus mauvais, le plus méprisant et finalement mon poing s'abat sur ta joue. Assez fort pour que tu le sentes vraiment, pas suffisamment pour que tu en aies de réelles séquelles. J'attrape quasi-instantanément ta chemise et redresse ton visage pour le coller au mien. Menaçant comme jamais je fixe mes pupilles dans les tiennes une fois de plus, oubliée toute humanité qui pouvait se trouver en moi et de mon sourire le plus mesquin, j'avance mes lèvres jusqu'à ton oreille pour te murmurer le plus froidement du monde.

« La seule chose qui pouvait m'atteindre, me faire envier tout ce que tu veux, et surtout, me faire aussi mal que j'ai pu te faire, Nolan. C'était toi. » Je ris, le souffle dans ton oreille, alors qu'une larme que tu ne verras jamais coule. Alors qu'au fond de moi je te fais mes adieux, alors que je me dis que je suis en train de tout perdre mais qu'il n'y a plus de solution. Et toi, de cette larme que tu ne verras jamais, tu n'entends que mon ton qui est si froid qu'il en a fait taire tous les bruits alentours. « Mais même ça, petit frère, t'as pas été foutu de le faire. » Et je te relâche brusquement.

Ton corps heurte sans doute le sol alors que je me relève et m'éloigne d'un pas brusque. J'ouvre la porte de mon bureau et fixe ma secrétaire. « Casse-toi. » mes mots sont clairs, précis. Elaine me fixe les larmes aux yeux, elle ne comprend pas ce qu'il se passe. Tu verrais son regard Nolan, elle a l'air si malheureuse. Elle semble brisée d'une discussion qui n'a pas pu lui échapper. Et puis je me retourne vers toi et t'attrape pas la manche pour te relever sans te demander ton avis. « Dégage de là, où tu passes le reste de ta vie en taule. » Mon ton n'a pas une once de pitié, pas même de doute. Je regarde la secrétaire qui a compris qu'elle ne devait pas bouger d'un pouce et donne un grand coup de pied dans la porte pour l'ouvrir encore plus grand.

« Tire-toi. Tire-toi très vite. » Je finis par me retourner vers toi et te regarder tout en redressant une énième fois mon costume. « La prochaine fois qu'on se croise, tu ferais mieux d'être capable de me tuer si tu veux pas crever. » Je ne bouge pas du seuil de la porte et tourne la tête vers le bâtiment, vide. Il doit être midi, et plus personne n'est dans les parages. C'est le moment Nolan, tu vas pouvoir vivre. Me détester jusqu'à ta mort, mais vivre. Tu vas pouvoir hurler à quel point je suis con et que tu ne veux surtout pas être moi. Tu vas pouvoir vivre loin de moi. Alors dégage, putain. Dégage petit frère. Reste toi, reste loin de moi. Reste en vie, prends soin de toi.

Dégage, sors de ma vue. Dégage et sois heureux. Sans moi, parce que je suis toxique. Va-t-en rire et sourire. Va dire des conneries et te marrer. Va parler jusqu'à en souler tes amis. Va trouver l'amour. Va. S'il te plaît, ne reviens jamais. Trouve-toi une vie où tu n'as pas besoin de te faire passer pour moi. Et je te protégerai. De ma position, de ma place, j'effacerai tes traces. Personne ne saura que tu vis et tu pourras être la personne la plus heureuse du monde. Tant que tu n'es pas dans mon horizon, je te jure que tout ira bien. Mais pour ça, il faut que tu t'en ailles. Il faut que tu quittes ce bâtiment sans te retourner. Que tu me quittes sans plus jamais faire demi-tour.

T'as raison petit frère. On ne peut pas vivre dans le même monde. Mais je ne voudrais jamais te détruire. Pour autant, tu dois le croire, pour rester loin. Tu dois le croire pour ta propre survie. Et pour cela, je lève une fois de plus le visage, t'offrant mon air le plus hautain et te disant d'une voix qui se retient de briser par la force d'une volonté de te protéger que tu ne connaîtras jamais. « C'est maintenant, ou alors t'as raison. Je te détruis. Je t'écrase et je te jure que tu n'as pas idée de ce que je peux faire. Alors tu vas prendre ta médiocrité, profiter de mon élan de fraternité, et te casser maintenant avant que je ne change d'avis. » Je me brise seul, intérieurement. Je me fais mal et me cogne, je rêve de hurler. Et il va vraiment falloir que tu franchisses très vite cette porte, sinon mon jeu ne va pas tenir. Mon cœur non plus. Alors, comme un coup de grâce à mon côté immonde je glousse et finis par dire.

« T'avais raison petit frère, je ne t'aime pas. »

Et mes mots me tuent. Mon corps me brûle. Casse-toi Nolan, c'est pour ton bien. Je retiens tout ce qui fait de moi un être humain d'exploser, je retiens tous mes sens de se manifester. Je reste froid, impassible, mes iris bruns plantés dans les tiens, mes mâchoires desserrées et mon dos droit. Je ne cligne même pas des yeux, sous peine de craquer. Je grave ce moment à jamais et me jure de ne pas oublier pourquoi je l'ai fait. Chaque seconde pendant laquelle tu restes devient un cauchemar qui me hantera jusqu'à ma mort. Mais tu ne pouvais pas t'approcher tant de ce que je suis. Tu ne pouvais pas devenir celui que je suis devenu. Je me déteste tellement d'avoir dit tout ça, je me déteste de te faire croire ça. Si seulement tu pouvais voir ce qu'il y a au fond de moi. Si dans ton regard, là, face à moi, tu pouvais comprendre ce qui se passe en moi. Tu pouvais lire aussi clairement que quand on était gosses.

Mais il y a eu trop d'artifices, trop de mensonges. Et tu ne vois plus, tu ne sais plus. Je ne peux pas t'en vouloir, parce que c'est moi qui ai collé tout ça. À l'origine, je voulais simplement que tu ne vois pas comme je souffrais de ton absence, de mon manque d'importance. C'est parti d'une bonne intention, et puis, d'un coup, tout a basculé. On a basculé, j'ai basculé. C'était comme un lac gelé sur lequel on marchait et j'ai fini par tomber sous la glace dans l'eau glacée. Je t'ai regardé, là, d'en dessous. Je t'ai vu tel que tu étais pendant que la lumière devenait obscurité à mes côtés. Et aujourd'hui, je retiens cette plaque à bout de bras pour que toi, tu ne glisses pas. Aujourd'hui, je retiens de tout l'amour qu'il me reste pour toi, de toutes les forces qu'il existe en moi, cette lumière qui fait de toi ce que tu es, pour mieux couler. Pour mieux m'éloigner.

Peu importe après tout, tant que toi, petit frère, tu vis dans la lumière.

_________________

SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.


Dernière édition par Liam P. Wiggins le Mar 12 Avr - 8:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: it was a bad idea (wiggins' twins )   Jeu 18 Fév - 0:20

it was a bad idea
Liam & Nolan



Toi face à moi. Moi face à toi. C’est un cauchemar, c’est un miroir, c’est un conflit qui me broie les entrailles. Notre colère gronde, notre colère s’emporte, ma culpabilité se loge dans mes veines, incendie mes tripes, martèle ma poitrine. Je ne savais pas. Qu’est ce que ça veut dire ? Qu’est ce qu’il veut dire, ce je ne savais pas ? Je ne sais plus, Liam, je ne sais plus ce que tu penses de moi. Pendant des années, j’étais persuadé que tu serais toujours là pour me sortir la tête de ces emmerdes dans lesquelles tu me plongeais. Non : dans lesquelles j’acceptais de plonger pour toi. Pendant des années, il n’y a eu que toi et moi dans l’univers, tu étais mon frère, tu étais dans la lumière et moi j’acceptais de rester dans l’ombre pour te protéger à ma manière quand tu me protégeais à la tienne. Relation malsaine, relation mortifère, relation tout de même. Avant, je pensais que tu étais mon frère, Liam et maintenant… maintenant, tu me détestes. Tu as tout détruit, tu as réduit à néant notre fraternité lorsque tu m’as remercié de mourir pour toi. Il y a trois ans, tu m’as perdu, Liam. Je n’arrive pas à te comprendre, je n’arrive pas à avancer malgré tous mes efforts. Parfois je me réveille, le matin, et je m’attends encore à te voir, je m’attends encore à recevoir un de tes coups de fil. Parfois, j’en arrive à oublier ce que tu m’as fait. Je n’arrive pas à te comprendre. Tu me détestes, n’est-ce pas ? Tu crois sincèrement que je ne t’aime plus ? Je ne sais pas, Liam, je n’arrive même pas à savoir si je te crois. La seule chose que je sais, là, c’est que nous dérapons tous les deux. Et que je suis malade. Je rentre ma tête entre mes épaules, dans une attitude dénonçant clairement ma culpabilité et mon mal-être.

Tu sais que je suis supposé te détester ? Les raisons, elles sont quelque part chez moi. Listées, réécrites, ordonnées, classées et listées encore, je les ai gravées sur du papier à défaut de me donner le droit de les graver sur ma chair. Les raisons, je n’ai pas à les chercher. C’est ce pardon que je t’inflige, ce pardon que je m’inflige, ce sont ces remords qui me torturent et ma culpabilité qui me ronge qui m’interdisent de te détester. Et pourtant demain, demain matin, au réveil, je te haïrais pour ce que tu as fait de moi. Je ne sais pas Liam, je ne sais pas où nous en sommes. Tu t’éloignes, tu te rhabilles, je reste les bras ballants à ne savoir comment réagir. Il faut que je dise quelque chose mais je me force à me taire. Te rends-tu compte que tu as su me rendre muet, Liam ? Et qu’un sourire s’hasarde un instant sur mes lèvres à cette seule pensée. Te rends-tu compte du pouvoir que tu as sur moi ? Tu sais quoi, Nolan, tu as raison. Je fronce les sourcils. Et il ne te faut que quelques mots pour me planter un couteau dans l’estomac et le faire lentement remonter jusqu’à ma trachée dans une traînée sinueuse d’acide. Tu me hais. Je te perds et tu me hais maintenant. Ma voix tremble, faible et pitoyable, mais je la force à s’éjecter de ma cage thoracique pour qu’elle ne me laisse pas seul face à toi. Je suis voûté. Je suis perdu. Je suis à terre. Tu ne me crois pas capable de trouver une solution, Liam ? Et pourquoi ça ? Je frissonne. Tes attaques me stimulent, elles me poussent à me redresser, elles me poussent à me défendre comme un pique en fer exciterait le lion affaibli. Mais ce ne sont rapidement plus des piques, ce sont des gifles, ce sont des coups de poing. Ce sont ta main agrippant mes cheveux pour me forcer à baisser la tête, pour me forcer à me regarder dans le miroir. Tu te transformes, Liam. Tu as soigné tes plaies, tu te redresses à présent. Droit, noble, fier, méprisant, hautain, exécrable. Je te hais, Liam, lorsque tu me parles comme ça. Je te hais tout en admirant cette maîtrise que tu as de toi et qui te permet de retrouver ta stature en quelques respirations, alors qu’un mot de ta part me réduit à néant pour les heures à venir. Tu ne veux pas de ma vie. Ma respiration s’étrangle dans ma gorge. Je me rends compte que des larmes de stupéfaction ont glissé discrètement de mes iris vers mes joues. Une main rageuse les chasse. Mais tu les provoques à nouveau sans que je ne puisse t’en empêcher.

Tu ne veux pas de ma vie. Mais comment te le reprocher, en même temps ? Comment pouvoir te reprocher de refuser de troquer ta petite vie confortable de Ministre dans un Gouvernement si pourri que tu dois t’y sentir comme chez toi, contre ma vie, brinquebalante, sans identité propre, une vie de fantôme, une vie dans le quartier le plus sale et le plus dangereux ? Comment t’en vouloir de mépriser mon appartement, mon chien, mes ordinateurs désossés lorsqu’on voit ton bureau, tes babioles, ces conneries que tu as envoyées en l’air et que tu remplaceras demain par d’autres Je ne veux pas de ta vie, Nolan. Ce que j’en dis ? Mes larmes s’assèchent. Je te fixe, laissant ma respiration s’apaiser. Je ne veux pas de ta vie, Nolan.

Va te faire foutre, Liam. Va te faire foutre. Je ris. Je ris, d’un rire sans joie, d’un rire désespéré. De toute évidence, j’en avais pas fini de pleurer, parce qu’alors que je t’expose à quel point ma vie est merdique, je les sens dégringoler à nouveau dans ma nuque. Ma vie, je n’en veux pas non plus, Liam. Parce que cette vie, elle est fait des os et des raclures que tu as jetés dans le caniveau ; elle est faite de ces débris que tu m’as laissé récupérer de mes mains tremblantes lorsque tu te parais de la tristesse du frère qui a sacrifié son frère pour conserver l’équité de la justice. Ma vie craint, Liam, tu ne sais pas à quel point, mais elle craint, ma vie. Et je dis de voir que malgré tout, malgré tout je n’arrive pas à te détester suffisamment pour t’en vouloir, à t’en vouloir suffisamment pour te détester. Mon rire disparaît d’un seul coup, je ne sais pas où il se réfugie. Il emporte avec lui Nolan. La facilité avec laquelle j’articule la suite me fait froid dans le dos. Je n’ai rien à perdre, Liam. Strictement rien à perdre. Et Elias ? Et Giulietta ? Et le Blackbird ? Je fais un pas en avant, attrapant sur ton bureau une simple babiole. J’y contracte ma main, pour mieux faire disparaître mes tremblements mais j’abandonne vite le combat.

Comme un automate, je laisse mon instinct prendre les commandes. Mes doigts reposent l’objet, mes mots s’atrophient dans ma bouche, sans aucun sens, sans aucune volonté autre que de te tenir tête. Il ne faut pas que je lâche prise, telle est ma certitude. Lâche prise, ça signifie me perdre, ça signifie te perdre. Tu m’as fait perdre mon travail, à de trop nombreuses reprises. Tu m’as fait tabasser, tu m’as fait aller en taule, tu m’as tué, Liam. Comment réagiras-tu si un jour Nolan disparaît et laisse la place à ton reflet et non plus à ton frère jumeau ? Je marche sur une corde raide, Liam, parce que je veux me venger, parce que je veux te détester, mais parce que je ne le peux pas. Je marche sur une corde raide. Et je n’ai jamais vraiment eu d’équilibre, tu le sais. Mes mains te poussent, lancent sans force cette babiole sur ta poitrine. Et je perds l’équilibre. Encore.

Je suis incapable d’être toi aussi parfaitement que tu peux être moi, Liam. Parce que je suis incapable de contenir à ce point ce que je suis, à ce point cette colère et cette détresse qui me consument de l’intérieur. Je crie, parce que c’est le seul moyen pour que tu m’entendes. Je crie, parce que c’est la seule façon que j’aie trouvée pour m’exprimer. J’attrape ton col mais je ne peux rien en faire. Mon hurlement se noie dans mes larmes, dans une colère frustrée. Je fais un pas en arrière, mes mots dépassent ma pensée, dépassent mes doutes, dépassent ma culpabilité, dépassent tout pour ne laisser qu’une seule franchise honnête, directe, vraie.

Il n’y a pas de solution, Liam. Voilà la vérité, voilà ce que j’en dis, finalement. Il m’aura fallu ton silence, il m’aura fallu me fondre dans ta peau, tenter d’être toi, tenter d’être calme, tenter d’être aussi incisif que toi, il m’aura fallu hurler et déverser des torrents de larmes plus acides que salées pour en venir à cette conclusion. Il n’y a pas de solution, Liam. On ne peut plus coexister, parce que tu voudras me détruire une nouvelle fois, parce que je ne peux plus te supporter. Voilà la vérité. Hors d’haleine, je fais un pas en arrière. Pour l’éloigner. Hors d’haleine, je me tais. Je respire. Avec difficulté, entendant avec un temps de retard ce que j’ai pu hurler. Ce que j’ai pu dire. Je suis brouillon, jusque dans mes colères. Clap. Un soubresaut. Mon regard sombre se fait errant. Clap. Une gifle, mon regard s’affirme et se plante dans le tien. Clap. Ton sourire illumine ton visage, mes traits se figent et se durcissent, annihilant les larmes pour ne laisser qu’un Nolan désabusé. En colère. Dévasté. Clap. Et finalement, tu ouvres la bouche. Je sais avant que tu ne parles que je ne vais pas aimer, je sais avant que tu n’émettes le moindre son que je ne vais pas apprécier. « Alors là, chapeau. Non, sérieusement Nolan, un moment j'y ai presque cru. Tu m'as même fait peur tu sais ? J'ai cru que tu étais devenu comme moi. » Je redresse le menton, avec cette désagréable impression non pas d’être ton frère, mais d’être un de tes subordonnés. « Ta gueule, Liam » Tu t’approches, je refuse de bouger. Je refuse même de détourner le regard. Je ne sais pas où j’en suis, je ne sais même plus si j’ai peur de toi, si je te hais, si je te crains, si je te pleure. Anesthésié,voilà ce que je suis. « Vraiment, j'ai cru que t'étais même peut-être capable de me tuer. Avec tes belles menaces. Tes belles paroles là. Non sérieusement, le coup de la cravate. Tu l'avais répété ? Avec tes potes et tout ? Parce que si c'était de l'impro, tu m'épates. » Son rire à la chaleur de l’Alaska. Je serre les dents. Sans succès. « Ta gueule » Très spirituel, Nolan. J’ai cru que tu étais devenu comme moi. Te doutes-tu un seul instant que moi aussi, pendant une fraction de seconde, j’y ai cru ? Mais je suis faible, détestablement faible, je suis trop faible pour être capable de te faire sciemment du mal. Je ne sais même pas si j’en serai capable un jour.

Jusqu’où devras-tu aller, Liam, pour que je devienne comme toi ? Faudra-t-il que tu presses une arme contre mon flanc et que tu tires en me regardant droit dans les yeux pour que je sois forcé de rendre les armes, pour que je sois contraint de devenir pleinement celui que tu es ? Jusqu’où devras-tu aller, mon frère, pour que tu finisses par avoir peur de ce que je suis devenu ? Tu t’avances vers moi, je relève le menton. Et je ne vois pas ton mouvement venir. Pris au dépourvu, je tombe en arrière, dans un choc qui fait hurler toute ma colonne vertébrale et vide ma cage thoracique. Pendant un instant, un court instant, je n’ai plus d’air, j’étouffe. Et tu presses sur mon torse alors que mes bras tentent de t’éjecter. Alors que mes jambes tentent de trouver un support pour se redresser, alors que mes hanches se relèvent pour te dégager. « Bâtard ! Dégage de là ! » Je n’ai jamais été un beau parleur. Mais j’ai toujours été un chat, débrouillard, résistant. Un chat famélique qui pouvait perdre une oreille mais qui restait toujours debout. En temps normal, j’imagine que je n’hésiterai pas à me tortiller et à te frapper pour inverser la donne. En temps normal, aussi, tu ne serais pas mon frère. Je suis incapable de te frapper vraiment, je suis incapable de te faire du mal.

Mais la réciproque n’est pas vraie. Le poing, je le vois arriver. Mais je n’y crois pas. Et le voilà qui percute ma joue et me sonne. Incrédulité. Stupéfaction. Je cesse immédiatement tout mouvement. « Liam ?! » Des coups, dans ma vie, j’en ai reçus un certain nombre. Et autant te le dire tout de suite, Liam, tu ne sais pas frapper. Des coups, j’en ai reçus beaucoup, j’en ai encaissés davantage, avec cette certitude que de nous deux, c’était moi qui encaisserais le mieux et donc que c’était à moi de me les prendre. Mais ce n’est pas ton poing qui me sonne. C’est ton regard. Mauvais, véritablement mauvais. Où est mon frère, Liam ? Je suis une poupée de chiffon lorsque tu attrape mon col. « La seule chose qui pouvait m'atteindre, me faire envier tout ce que tu veux, et surtout, me faire aussi mal que j'ai pu te faire, Nolan. C'était toi. Mais même ça, petit frère, t'as pas été foutu de le faire. » Je n’ai pas le temps d’entendre ce que tu dis que déjà tu me lâches.

Ma tête heurte le sol, je reste allongé par terre alors que tu es déjà debout. Mes bras étendus de chaque côté, je regarde le plafond. La seule chose qui pouvait me faire mal, c’était toi Nolan. Qu’est ce qu’il veut dire ? Que je suis sa faiblesse ? Je me redresse, lentement. « Casse-toi. » Je suis encore un genou à terre, à te suivre du regard, lorsque je me prends ces mots en plein visage. A qui sont-ils adressés ? Mon regard suit ton visage, heurte un mur. L’angle n’est pas le bon, je ne peux que savoir que tu parles potentiellement à quelqu’un d’autre. Tu reviens, tu me tires, tu me pousses vers l’avant. « Dégage de là, où tu passes le reste de ta vie en taule. » D’un mouvement brusque, je me dégage. « Ne me donne pas d’ordre. » Une voix rageuse s’extirpe de mes lèvres et rompt mon mutisme. « Tire-toi. Tire-toi très vite. » Tu te rhabilles correctement, comme pour mieux me rappeler ce que je suis devenu. Chemise défaite, lèvre qui saigne, cheveux décoiffés, mes doigts passent même entre ma cravate et mon col où elle git, dénouée partiellement. « La prochaine fois qu'on se croise, tu ferais mieux d'être capable de me tuer si tu veux pas crever. » Je ne bouge pas. Alors c’est comme ça, vraiment ? C’est comme ça que ça se termine ? Si tu ne veux pas crever. Je ne bouge pas.

« C'est maintenant, ou alors t'as raison. Je te détruis. Je t'écrase et je te jure que tu n'as pas idée de ce que je peux faire. Alors tu vas prendre ta médiocrité, profiter de mon élan de fraternité, et te casser maintenant avant que je ne change d'avis. » Je ne bouge toujours pas. Ou si, un peu : un pas me pousse en avant, vers cette porte que tu tiens ouverte, comme pour m’inciter à t’obéir. Je ne sais pas quoi penser, je ne suis même plus capable de réfléchir, je ne peux qu’entendre ce qu’il me dit et observer son visage. Si sincère, si impassible, si neutre. Je le regarde sans le voir, je l’écoute sans l’entendre. « T'avais raison petit frère, je ne t'aime pas. »

Je me mords la lèvre. Mes lèvres articulent ton prénom, en silence, muettes. Il me hait. Cette conviction s’impose. Encore une fois. Sauf que si les fois précédentes, c’était pour être rejetées par ce que je suis, là… Il le dit. Avec un petit rire, comme pour mieux me prouver que je suis stupide d’être convaincu du contraire. Du nerf, Nolan, tu n’as plus dix ans, tu n’en as plus treize, tu n’en as plus vingt. Secoue toi, Nolan, bon sang ! « Tu ne m’aimes pas ? » Ma voix reprend en écho, tremblotante. Elle se raffermit sous un sursaut de volonté. Pas besoin de main pour sécher mes larmes, elles se craquèlent déjà, sel cristallisé sur mes joues. Je fais un pas en direction de la porte. Conscient que j’ai perdu cette partie, que je ne me suis pas contenté de m’incliner dans la manche mais qu’une après l’autre, toutes mes défenses sont tombées et qu’il ne me reste dans la main que la carte de la reddition. Je passe devant lui. Je m’arrête. J’inspire. « D’accord. Je note tes conseils, sur la médiocrité, sur le fait de parvenir à te tuer, tout ça... » Il ne m’aime pas. Soit. « Désolé de t’avoir fait perdre ton temps dans ce cas. » Je le fixe, essayant de me trouver une assurance quelque part. Il doit bien m’en rester dans ma poche arrière. « Promis, je vais faire des efforts. Pour devenir toi. Pleinement toi. » C’est une promesse que je te fais, Liam. La prochaine fois, je serai capable de te frapper. J’écouterai Elias, j’écouterai ma rancœur, j’écouterai cette colère que tu sais si bien mâter à ta manière. Je m’approche de la porte, pour lui tourner le dos. Une fraction de seconde, avant de faire volteface.

« En voilà peut être une, de solution. Devenir toi. Pleinement toi. Un jour, Liam, même nous, nous ne pourrons plus nous différencier. Et ce jour-là, puisqu’il n’y aura plus de Nolan, puisque Nolan est bien trop faible pour exister, ce jour-là, peut être que nous pourrons cohabiter. » Mes doigts viennent palper ma joue qui doit commencer à se marbrer de bleu. « Mais d’ici là, je note de mieux surveiller ton emploi du temps pour que ce genre de mésaventure ne se reproduise pas. » Je ferme les yeux en franchissant la porte. Je fais volteface une dernière fois ; j’ai l’impression de ne pas vouloir partir. Mais… mais je suis en plein cœur du Government Building, mais je ne peux pas rester. Mais mon frère ne m’aime pas. « Je me demande juste ce que tu as fait de mon frère, Liam. C’est son cadavre qui fait que l’odeur qui traîne dans ton bureau se mêle aussi bien à la putréfaction de ce Gouvernement ? Excellente idée d’en faire une sorte de diffuseur d’ambiance, vraiment, je n’y aurais pas pensé. J’aurais juste aimé que tu me préviennes. » Ma main se glisse dans mes cheveux, comme pour tenter de les recoiffer, abandonne bien vite le combat et appuie sur le bouton de l’ascenseur. Je me sens mal. Je veux lui dire quelque chose, mais je ne sais pas quoi lui dire. La porte s’ouvre, je jette un coup d’œil sans sa direction, ignorant depuis le début et délibérément sa secrétaire. Je reste immobile, à le fixer, sans savoir quoi dire. Je ne veux pas partir. Mais je ne peux pas rester. La porte s’ouvre, mon pied se glisse machinalement pour la bloquer. Ma main se perd dans ma poche, se réfugie autour de la clé, totalement occultée de mes pensées.

C’est elle qui me ramène dans le présent. C’est elle aussi qui me pousse en avant et m’enferme dans l’ascenseur. Les portes se referment, je m’effondre contre la paroi, m’y adosse pour ne pas me laisser tomber. Et je passe les mains sur mon visage. J’ai revu mon frère. Et tout a changé. Rien a changé. Il me déteste. Et moi je ne sais pas. Je ne sais toujours pas.

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MessageSujet: Re: it was a bad idea (wiggins' twins )   Mar 15 Mar - 4:18



it was a bad idea

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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] So, so you think you can tell. Heaven from Hell, blue skies from pain. Can you tell a green field from a cold steel rail ? A smile from a veil ? Do you think you can tell ? Did they get you to trade your heroes for ghosts ? Hot ashes for trees ? Hot air for a cool breeze ? Cold comfort for change ? Did you exchange a walk on part in the war, for a lead role in a cage ? How I wish, how I wish you were here. We're just two lost souls, swimming in a fish bowl, year after year, running over the same old ground. What have we found ? The same old fears. Wish you were here.


Mes propres mots résonnent dans ma tête. Je t'aime. Je t'aime et c'est pour ça que je fais tout ça. Je t'aime mais je ne peux pas te le dire, te le montrer. Je t'aime, et pourtant je viens de t'affirmer le contraire droit dans les yeux. Chaque petite part de moi se consume lentement, tout tombe en ruine et se détruit. Je reste stoïque face à toi, je te regarde et je cherche au fond de moi, comment on aurait pu éviter tout ça. Mais pour bousculer mes pensées, me sortir de ma propre noyade, ta voix m'en tire lentement.

De son timbre identique au mien, elle me perce, me pique à vif alors que tu répètes mes mots. Je me mords l'intérieur de la lèvre et me retient de te hurler l'inverse. Je me fais violence en chaque seconde pour ne rien te montrer. Et puis tu t'approches, me frôles. Tu passes là, tellement vite, tellement froid. Je tombe en mille morceaux, et meurs à petit feu. Je ne croise pas ton regard, j'ignore mon cœur qui s'apprête à exploser. J'ignore les battements jusque dans mes temps, j'ignore tes mots qui me tuent plus qu'aucun coup n'en est capable. Je respire à peine, chaque mouvement, chaque souffle est bien trop risqué. Le moindre faux pas et tout peut exploser. Et ta phrase me fait serrer les mâchoires.

Devenir moi ? Pardon ? De quoi tu parles ? Pourquoi tu deviendrais le connard qui te tue, qui te bouffe ? Pourquoi tu ferais ça ? Non. Non. Tu n'as pas le droit de me faire ça, pas le droit de te faire ça. Tu ne peux pas avoir retenu ça, vouloir faire ça. Comment tu peux vouloir devenir moi ? Comment quelqu'un dans ce bas monde bien pourri veut devenir ce qu'il y a encore de plus pourri ? Je retiens mes mots qui se bousculent à mes lèvres. Je retiens mes larmes qui se cognent contre mes peines. Le temps d'un souffle, de croire que tout est fini, que tu n'as dit ça que pour me blesser et non pas parce que tu le veux vraiment, et te revoilà face à moi.
Dans un mouvement de recul retenu, je plante mes yeux dans les tiens, d'un identique sans pareil et je cherche ta lumière. Et tout ce que je vois, c'est le reflet de ta haine. C'est le malheur que j'ai créé, c'est tout ce torrent de souvenirs détestable qui coule dans tes veines. Et finalement, tu ouvres encore la bouche. Je te fixe, me retiens désespéramment d'agir et ta main se porte à ta joue. Les teintes rosées de ton teint laissent lentement place à ce violet affreux qui montre une souffrance que je ne peux nier, que je ne peux cacher derrière des espoirs et des illusions. La réalité de ce que je suis pour toi. Une tâche horrible qui vire au noir, qui te sombre ton visage angélique.

Toute cette histoire qui se sombre et se marque sur ta peau. Qui nous différencie sur l'instant. Le fait que tu sois plus blessé que moi. Le fait que ton visage montre les traces de ma violence, de ma bêtise. J'ai voulu tout réparé, et tout ce que j'ai fait, c'est enfoncer encore un peu plus le couteau dans ton cœur. Et finalement tes pas t'éloignent. Ils franchissent la porte, le seuil de ma vie. Mon cœur tombe à terre et je te regarde t'enfuir à jamais, sur le souvenir de notre vie gâchée. Je ne bouge pas d'un pouce alors que tu enfonces le clou. Ton frère est mort, Nolan, il est mort le jour où il t'a condamné. Mes mots se heurtent contre mes dents, ma bile me fait ravaler ma salive doucement. J'observe, silencieux, ton départ. Je te regarde, chaque mouvement, chaque pas. Te mouvoir lentement vers l'ascenseur et t'engouffrer dedans.

Je veux hurler, avancer, faire quelque chose. Je veux tout réparer, tout effacer. Les sorts de magie, les souvenirs, les idées se mêlent dans ma tête. Je veux tout changer, tout comprendre, tout reprendre. Depuis le début. Je te fixe dans cet ascenseur et mon corps, mon cœur, le temps, tout va au ralenti en un instant. Les portes avancent lentement l'une vers l'autre pour se refermer sur toi, et je suis paralysé.

Les larmes coulent les unes après les autres sur ma joues. Elles se déversent sans s'arrêter et le passé se forme dans mon esprit. Ton rire Nolan, ton rire. Tes pleurs aussi. Je te vois courir, je nous vois jouer. Je te vois me sauter dans les bras. Je me vois te repousser. Pourquoi t'ai-je un jour repoussé ? Excuse-moi, Nolan, je n'ai jamais su t'aimer. Quand j'y pense, c'était ruiné d'avance Nolan. Ruiné dès la naissance. On ne pouvait pas avoir une vie normale, une relation normale. On ne pouvait pas avoir tout ça, on y avait pas le droit.

Parce que je ne suis pas assez bien pour toi, je ne l'ai jamais été. Parce que je n'ai toujours été qu'un sale reflet qu'on a pas pu effacer. Nolan, je crois que tu aurais du me tuer. Peut-être que ta vie aurait été bien mieux sans moi, dans n'importe quelle réalité. La vérité c'est que je t'aime trop. Je t'ai toujours trop aimé. Tu étais une partie de moi, la plus belle, la plus grande. Ma moitié brillante dont j'étais fier. J'ai voulu faire croire au monde que j'étais quelqu'un de confiant, quelqu'un d'intelligent. Quand la seule personne que j'ai toujours voulu impressionner c'était toi. La seule personne qui a toujours compté, c'était toi.

Il n'y a toujours eu que toi, et aujourd'hui tu disparais pour de bon. Ce lien doré, indestructible qui nous liait se casse lentement. Est-ce que tu sens les fils se briser à mesure que les portes se referment sur toi ? Est-ce que tu sens nos cœurs se détacher à mesure que le monde t'éloigne de moi ? Mon cœur ne bat presque plus, et ma poitrine ne se soulève plus. Chaque centimètre qui nous sépare est en train de me tuer. Mais c'est pour ton bien, Nolan, tu vivras mieux sans moi. Peut-être que c'était ça qui me faisait si peur, ça que j'ai toujours su au fond de moi. Tu es parfaitement capable de vivre sans moi, parce que tu es persuadé que je ne t'aime pas. Tu t'es construit, tu as grandi et mûris sans moi. Tandis que moi, je n'ai toujours vu que toi. Parmi tout ce monde dégueulasse, il n'y a toujours eu que toi. Je n'ai jamais pu vivre sans toi, je n'ai jamais voulu vivre sans toi.

C'est pour ça que j'ai tant merdé, tant insisté. Parce que sans toi, je n'existe pas. Parce que sans toi, je ne suis rien. Mais toi, sans moi, tu es tout. Parce que je ne suis qu'une moitié alors que tu es quelqu'un d'entier. Et ça, je ne crois jamais avoir été capable de le supporter. Je ne crois jamais avoir voulu l'accepter. Mais je l'ai toujours su au fond de moi, j'ai toujours su que ça finirait comme ça. La seule issue pour que tu vives était celle là, que je sois loin de toi.

Alors aujourd'hui, on en est là, les portes se referment et mes larmes coulent. Le fil qui nous liait, si solide, si grand, n'est plus. Il est coupé et écrasé au sol. Tous nos souvenirs s'étalent devant moi et toi tu disparais. Derrière ce claquement métallique, tu t'effaces complètement. Et il ne faut pas un instant de plus, le bruit n'ayant même pas fini d'atteindre mes oreilles pour que je m'effondre au sol. Je tombe lamentablement sur mes genoux et m'écrase contre le sol de mon bureau. Je ne respire plus, je ne réalise plus. J'ai perdu mon frère, et en cet instant je suis mort. Mon costume se froisse et mes mains viennent frapper le sol.

Elles frappent. Encore, encore, et encore. Elles frappent jusqu'à ce que je n'ai plus la force de frapper, et que ma tête vienne à son tour heurter violemment le sol dans un cri d'agonie qui s'éteint en même temps que la lumière de ma vie. Mes yeux se ferment et ma main saigne à nouveau. Mes bras me font mal à en crever, et ma tête cogne à en hurler. Pourtant, plus un son ne s'échappe de mes lèvres. Je ne respire plus un instant, je meurs littéralement. Et puis, lentement, ma respiration reprend. Les battements de mon cœur se réveillent timidement et je finis par ouvrir les yeux.

Une seconde, une heure, je n'ai pas la moindre idée du temps passé. Tout ce que je sais c'est que j'ai perdu mon frère. Mon seul ami, mon seul être cher. Je me relève lentement, tremblant, la tête vacillant plus que je ne l'aurais cru. Et doucement, m'appuyant contre le mur, je souffle un instant. Je reprends le contrôle. D'une main calme, je referme la porte de mon bureau, j'entends le bâtiment s'agiter autour de moi. Alors que la vie reprend, que ma vie s'est éteinte, alors que la routine est à nouveau là, je redresse ma chemise abîmée, me rhabille calmement. Je commence à ranger les affaires déplacées, remets tout en place avec un calme et un silence de mort. Plus rien ne transparaît de mon visage, et en l'instant je ne pense pas être capable de ressentir une quelconque émotion en ce moment précis.

Alors que je m'assoie à mon bureau, me calant sur cette chaise qui n'avait rien de spécial il y a quelques instants et qui dorénavant et un lourd souvenir de sa présence ici. Je fais appeler ma secrétaire dans mon bureau, après un instant à fixer le vide et regarde la porte s'ouvrir. La regardant, effrayée, s'avancer vers moi, je fixe ses iris pour lui dire, d'une voix encore traumatisée par les événements.

« Vous comprenez qu'après ce regrettable incident auquel vous venez d'assister, je ne peux pas vous garder ici. Ne vous en faîtes pas, je ne vais rien vous faire de mal. Je vous fais confiance pour garder un silence absolu sur la scène à laquelle vous avez assisté. »

Je m'avance contre mon bureau, mes bras meurtris et mon visage marqué pour la regarder un peu plus en précision avant d'ajouter.

« Si vous parlez, à quiconque, de ce que vous avez vu, je vous promets que vous ne reverrez pas une once de lumière. Jamais. J'espère que c'est bien clair. »

Et il avait raison, son frère est mort. Il reste une ombre, un semblant de sentiment. Mais la réelle présence c'est encore le Ministre, le politicien corrompu, manipulateur et menteur, capable de faire fuir une secrétaire qui n'avait aucune mauvaise intention en un instant. La porte se referme derrière elle, le souvenir de ses mots s'en va, avec cette porte et le visage de cette femme. Je ne peux pas effacer son visage à lui, mais je peux enlever la seule personne qui l'a vu. Et il va falloir m'en contenter. Il va falloir avancer. Apprendre à vivre sans ma moitié à mes côtés.

║ TOPIC TERMINE ♥

_________________

SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.
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