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 Un retour dans le passé | Andreï

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MessageSujet: Un retour dans le passé | Andreï   Mer 30 Déc - 12:55

Plus le temps passait et plus Chayton était fatigué. Il bossait sans relâche au Masquerade, c’était désormais le seul métier décent qu’il avait. Le vol était interdit et le cabaret était même devenu conventionnel, les danseuses étaient habillées décemment, tout avait changé. Chayton ne reconnaissait plus le lieu de son ancien maître et cela le perdait. Il se sentait extrêmement fatigué alors qu’il essuyait les derniers verres de la soirée. Cela irait mieux demain matin, c’était ce qu’il se tentait de se dire. Avec la prohibition, tout était devenu ennuyeux et en prime, la peste sévissait en ville, de quoi rendre fou. Chaque nuit il préférait la passer ici ou au bayou, loin de cette folie et sous une forme animale. C’était parfois mieux pour survivre. Qui irait penser à tuer un léopard ou un alligator après tout ? L’ancien esclave n’avait plus personne à suivre et cela le tuait. Il ne savait plus où il devait aller ni quoi faire de son temps. Il avait bien envie de fumer, mais il préférait attendre les premières lueurs de l’aube avant d’aller dans la rue.

Le Masquerade était en train de se vider de tous ses travailleurs quand Chayton daigna en sortir et ferma derrière lui. Ce n’était pas lui qui fermait le cabaret, mais c’était un de ceux qui sortait en dernier. Au moins il gagnait de l’argent et avec tout cela, il espérait secrètement pouvoir s’offrir un logement, c’était un de ses rêves. Après tout, l’espoir faisait vivre, non ? Une fois dans la rue, le brun s’alluma une cigarette, songeur. Il regarda les gens qui sortaient de chez eux et allaient travailler. Ils avaient l’air inquiets et il y avait de quoi. Chaque nuit chacun se couchait avec la peur au ventre de voir les siens frappés par la peste. C’était une vieille maladie que Chayton avait souvenir d’avoir lu dans des livres d’histoire et rien d’autre. Il ne s’attendait pas du tout à ce que cette maladie frappe ici. Le skinchanger songeait à partir d’ici, aller le plus loin possible pour respirer, mais était-ce seulement possible ? Il se disait que non. Pour aller où ? Il n’y avait plus rien, cette forteresse était son unique chance de survivre.

Chayton regarda un duo de peacekeepers passer l’air de rien. Ce qui inspirait la sécurité chez les autres, n’inspirait que la méfiance chez Chayton. Certes les peacekeepers n’étaient pas les pires, mais il n’oublierait pas de sitôt les descentes de shadowhunters dans le nord malfamé de la ville. Il avait quitté ce quartier sans vraiment se poser de questions et sans jamais y revenir depuis la disparition de son ami voici des mois. L’homme s’accroupit au sol, dégustant sa cigarette car c’était sa dernière. Il s’en fichait bien des regards qu’on lui lançait, tant pis pour les autres très franchement. Ce genre de regard ne l’atteignait pas. Il était complètement dans ses pensées quand il vit une silhouette le dépasser, mais pas n’importe laquelle, quelqu’un qu’il connaissait. Sans même réfléchir, l’homme se redressa. Il avait encore ses habits de service, un pantalon noir et une chemise de la même teinte, le tout était bien entretenu.

Andreï…Il était sûr que c’était un skinchanger qu’il avait aidé, voici des années. Il jeta sa cigarette qu’il avait fumé jusqu’au bout et s’approcha de l’homme.

« Andreï ? »

Sa voix était peu sûre, il hésitait pour le coup. Peut-être se trompait-il, ils ne s’étaient pas vus depuis des années. Chayton avait vieilli, son visage était marqué par le temps, mais aussi par la souffrance d’avoir servi les autres. Ce qui ne l’empêchait absolument pas de vouloir servir les autres, encore et encore. Quand on avait connu cela durant dix ans de sa vie, difficile de s’arrêter. C’était comme une drogue et il ne voulait pas s’avouer ça. Il ne voulait pas s’avouer que sans maître, il n’était qu’un gars paumé qui errait sans but. Chayton fut bientôt devant l’autre homme et le détailla soigneusement comme s’il était un fou.

« C’est moi Chayton ! »

Arriverait-il à le reconnaître après toutes ses années ? Il se le demandait bien, soudainement curieux et nerveux.
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MessageSujet: Re: Un retour dans le passé | Andreï   Mer 6 Jan - 21:02

Un retour dans le passé

Andreï & Chayton

L’arme glisse entre mes mains, voltige entre mes doigts, s’immobilise soudain avec l’homme au bout du viseur, à quelques centimètres d’une balle mortelle, mon index caressant la gâchette avec délicatesse. Je n’ai même pas besoin de solliciter mes sens de Daybreaker pour comprendre que son cœur vient de rater un battement et mes lèvres se tordent dans un sourire moqueur. Brusquement, aussi rapidement que je l’ai mis en joue sans le prévenir, je détends mes muscles et quitte ma position de garde pour lui rendre l’arme, déchargée d’un mouvement de poignet. « J’suis pas convaincu » conclus-je d’une moue guère plus convaincue. « Vous êtes sûr que c’est ce que vous avez de plus calibré, niveau légèreté et précision ? Elle ne me semble pas extrêmement fiable… » Sa réponse me laisse perplexe, mes doigts qui viennent déranger l’arrière de mon crâne et se perdre dans mes cheveux blonds en sont la preuve. De toute évidence, mon scepticisme ne plait guère au vendeur de l’arme : il me rétorque que c’est moi qui n’y connais rien et que je n’aurais pas du venir voir un professionnel. Mon regard glacial devrait le faire taire, mais non, il poursuit sur sa tirade, certainement rassuré de ne plus être visé par ses propres armes à feu, sans comprendre que je n’en ai pas besoin pour lui le tuer. C’est finalement mon soupir exaspéré et ma carrure qui force le passage vers l’extérieur du petit commerce qui le font changer de discours. Trop tard, connard, pas la peine de me retenir, tu as épuisé ton quota de patience et si je reste plus longtemps, Mikkel va encore me reprocher d’être un peu trop impulsif face aux gens aussi cons que moi. Heureusement, le vendeur d’armes à feu, le vendeur illégal d’armes à feu ne tente même pas de se mettre au travers de mon chemin et j’échoue dans la rue, désorienté pendant une fraction de secondes et surtout, de mauvaise humeur. Je viens de perdre une, non deux ! heures de ma vie pour rien, à essayer toutes les armes qu’il me proposait les unes après les autres sans trouver mon bonheur, sans même trouver la moindre qualité. Des armes de seconde main, à bas prix, j’aurais du me douter que ça n’allait être que de la camelote mais je ne sais pas pourquoi, j’ai espéré trouver autre chose que de la merde. Triste espoir…

Jetant un regard à droite et à gauche, j’avise l’absence de personne pour sortir un briquet et mon paquet de cigarette afin de trouver de quoi occuper mes mains le temps de rentrer chez mon fils. De quoi retarder l’échéance, aussi. La clope se consume à mes lèvres, je commence à remonter lentement la rue dans un soupir, la jette dans le caniveau dès que je commence à croiser un peu trop de personnes et enfonce mes mains loin dans mes poches pour les tenir hors de portée d’un coup de vent assassin. C’est dans cet état d’esprit et attitude que je me laisse totalement happer par mes pensées, que je double des peacekeepers, que j’esquive les autres passants et que… « Andreï ? » Je sursaute. Tout simplement.

Mon prénom m’arrache à mes pensées, je cherche dans mon environnement la personne qui vient de parler et… je fronce les sourcils. Je connais cette personne – jusque là ça tombe sous le sens vu qu’il me connait – mais… je n’arrive plus à le replacer dans mes souvenirs. Pas tout de suite du moins : c’est le fantôme du rat qui me met sur la piste, dans un ricanement blasé et un coup de patte qui remue mes méninges. Une fraction de seconde avant qu’il ne s’exclame « C’est moi Chayton ! ». Un sourire se fraye aussitôt un chemin sur mes lèvres, les étirant pour mieux me dérider. Chayton, oui, bien sûr ! New-York, il y a… deux ans déjà, presque trois, quelque chose dans le genre. « Chayton oui ! Désolé, j’étais pas réveillé ! Bien sûr oui, Chayton ! » Dans la vie, il y a des cons, des égoïstes, des meurtriers, des imbéciles, et parfois, dans le lot, il y a des gens qui aident d’autres personnes. Et Chayton, sans surprise… m’a tendu la main lorsque j’étais davantage un rat dans le corps d’un homme que le contraire. Je me passe une main dans les cheveux, véritablement ravi de le retrouver, mais… « Qu’est ce que tu fous là ? T’es… tu vas bien ? Qu’est ce que tu deviens ? C'est fou de tomber l'un sur l'autre, comme ça ! » Excellente question, Andreï, mais rappelle moi ce que tu comptes lui répondre s’il te la renvoie ? Tueur à gages ? On verra ça plus tard.

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MessageSujet: Re: Un retour dans le passé | Andreï   Jeu 14 Jan - 15:45

Cet homme était différent de l’Andreï que Chayton avait connu des années auparavant et le skinchanger le fixa sans comprendre ce qu’il avait réellement sous les yeux. Physiquement, oui c’était lui, mais il y avait autre chose et les sens de ses bêtes le forcèrent à se méfier. Si l’esclave se souvenait bien, eux deux s’entendaient bien. A l’époque quand il était sous la coupe de sa maîtresse, le skinchanger avait tout fait pour sortir dans les rues de New-York et aider Andreï comme il le pouvait pour le maintenir en vie et lui apporter de la chaleur humaine. Sa maîtresse n’en avait jamais rien su et heureusement car elle aurait probablement tué celui qu’à l’époque, Chayton considérait comme un ami. Parfois on croisait des gens et on s’attachait, c’était le cas pour le léopard. L’homme jeta sa cigarette au sol et sourit doucement. La sorcière n’avait pas tout brisé en lui, il y avait encore une pointe de douceur qu’il avait acquis en dix ans d’esclave. De la douceur que quand il était rancher, il cachait. Quand on souffrait, on changeait énormément et c’était ce qui lui était arrivé. Il était vrai que si pour lui c’était la fin de sa journée, pour les autres ce n’était que le début. Il était complètement décalé.

« Je viens de terminer le travail et je vais aller me chercher un coin pour dormir. »

Il montra le Masquerade du bout de l’index et parla de son mode de vie sans aucune gêne. Il vivait comme un vagabond alors qu’il gagnait un salaire qui lui permettrait de se prendre une chambre, mais il n’avait pas envie. Il appréciait son mode de vie, ne rien construire, il ne se sentait pas en état de le faire. En réalité, depuis quelque temps il se sentait différent et pas dans son assiette et il était bien incapable d’expliquer cela. Depuis la disparition de Gawain, le skinchanger ne valait plus grand-chose. Il vivait au jour le jour et attendait sa mort. Le brun s’y préparait et il ne savait pas du tout pourquoi. Il enfonça les mains dans ses poches et balança sur ses talons comme un enfant sans se soucier de ce qu’on pourrait penser de lui. Traîner avec des gens qui en avaient dans le coffre lui avaient appris à s’en foutre du regard des autres, il vivait sa vie, tout simplement. Il passait au-dessus du reste. Tant qu’on ne lui faisait aucun mal, il pouvait vivre et n’avait pas besoin de riposter.

« Je suis content de te voir ici. Quand la folie a frappé New-York, j’espérais que tu aies réussi à t’échapper. Et toi ? Tu as l’air en forme, que fais-tu dans la vie ? »

Et il était heureux de le voir en meilleure forme que dans le passé, cela lui faisait chaud au cœur. Il était toujours heureux quand il voyait que quelqu’un allait bien. Chayton bailla, mais tenta de le masquer en posant sa main contre sa bouche. Il avait l’impression d’être observé et regarda autour de lui discrètement. C’était probablement de la paranoïa, ou alors il avait raison et on les observait. Chayton avait toujours la crainte que sa très chère mauvaise maîtresse le retrouve. Elle aurait de quoi lui reprocher des choses, après tout, sa mission avait été de mener la fille de sa maîtresse en sûreté à la Nouvelle-Orléans et il avait échoué. Le brun savait qu’il méritait la mort pour cela, mais son instinct de survie lui interdisait de se donner à la mort aussi facilement. S’il avait été seulement humain, il serait mort depuis bien longtemps, aujourd’hui il le savait parfaitement. Chayton ne parlait plus, s’étant laissé envahir par la paranoïa qui tordait son estomac. Il manquait sérieusement de sommeil pour céder autant à ses pulsions de peur.

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MessageSujet: Re: Un retour dans le passé | Andreï   Dim 31 Jan - 1:13

Un retour dans le passé

Andreï & Chayton

Ce n’est pas que je ne me souviens pas de lui, c’est plutôt que je ne pensais pas le recroiser un jour. Bon, d’accord, sur le coup, je ne me souviens pas de lui pour la simple raison que… il ne devrait pas être mort ? Quelles étaient les chances pour que je le retrouve, des années après, des zombies après, un apocalypse deuxième version après ? Je n’ai pas besoin d’un bon niveau en statistiques pour comprendre qu’elles étaient infimes et qu’elles le sont toujours. Il ne me suffit que d’un coup d’œil pour me rendre compte qu’il a changé sans changer, qu’il est toujours le même, pue toujours le léopard, mais qu’il est différent malgré tout. Comme moi, en somme. Ma main nerveuse me décoiffe, je prends de ses nouvelles avec ma spontanéité naturelle, mes yeux lorgnent sur sa clope et le fantôme de mon rat couine que j’en mériterais bien une deuxième avec son avidité habituelle. Je lui tape mentalement sur les pattes, presse son museau pour le faire taire et ne pas me laisser distraire par ses geignements. Si je ne peux plus me transformer, j’ai cohabité bien trop d’années avec lui pour qu’il ne disparaisse totalement et toutes les morsures, griffures, blessures du monde ne pourront rien changer à ça. Et ça m’arrange. Le rat fait partie de moi, au même titre que mes réflexes d’assassin qui me poussent à juger mon interlocuteur et les chances que cette rencontre fortuite en soit réellement une. Si je suis parfois paranoïaque ? Peut-être. Mikkel dirait même que je ne le suis jamais assez et que je suis aussi impulsif et téméraire qu’un gosse. M’enfin. Dans tous les, je l’observe sans le montrer, je compare instinctivement sa silhouette à celle que je conserve maladroitement en mémoire.

« Je viens de terminer le travail et je vais aller me chercher un coin où dormir » Oh ? Mes sourcils s’arquent de sourcils, avant de se froncer de désaccord. Il sous-entend quoi, là ? « Tu crèches dans le caniveau ou tu aimes faire la sieste sous un pont ? » Oui, je sais, mon tact ferait pâlir de jalousie le plus doué des avocats et des politiciens. C’est un don, ne cherchez pas à me copier vous n’y arriveriez pas. Quoiqu’il en soit, je cède et je sors de la poche arrière de mon jean un paquet de clopes, en extrais une pour mieux la griller et accompagner Chayton sur ce plan-là. Si mes pupilles ont par réflexe suivi son mouvement qui désignait le bâtiment – masquerade, non ? – un peu plus loin, elles se sont vite reposées sur sa silhouette. Je ne sais pas pourquoi, je me sens tendu. Le rat couine, j’inspire un peu de nicotine. « Je suis content de te voir ici. Quand la folie a frappé New-York, j’espérais que tu aies réussi à t’échapper. Et toi ? T’as l’air en forme, que fais tu dans la vie ? » Oh. Ce que je fais dans la vie ? C’est une excellente question. J’hausse les épaules. S’il se balance comme un gosse sur ses talons, moi j’ai la désinvolture de l’adolescent qui fume sa première clope et qui veut paraître grand. Ce que je fais dans la vie. Hum. « J’ai retrouvé de la famille », c’est plus rapide et moins compliqué à dire que j’ai retrouvé mon fils et mon petit-fils, « et je gagne mon pain en bossant ça et là. T’sais, y’a toujours besoin d’un mec pour sortir les poubelles, tabasser des débiteurs, liquider des personnes gênantes, faire la plonge, transporter des gros trucs, extorquer des informations à des gens, menacer des gosses, ce genre de petits trucs. » Je fais une petite moue, alors que mes doigts finissent par définitivement se crisper sur ma clope. « Mais on s’en sort bien, c’est ça qui compte. » Un résumé succinct, mais Chayton n’a pas besoin d’en savoir plus. Ami, soutien, oui bien sûr. Confident… un peu moins, pour le moment en tout cas. On s’en sort bien, c’est le moins qu’on puisse dire lorsqu’on observe les dettes qui s’accumulent sur le nom des Ievseï sans que mon fils n’en soit conscient. Et ce n’est pas l’important. Ni le plus pressant.

On s’en sort bien articulent mes lèvres, mais déjà mon attention s’effrite. Inexorablement. Je n’arrive pas à me concentrer sur Chayton, je n’arrive pas à détourner mon attention de cette angoisse qui m’agace. Si ma nature de Daybreaker diffère de ma capacité à me changer en rat, et en de nombreux points, il faut bien se dire une chose : elle ne m’a pas enlevé mon instinct animal. Peut être parce que je l’avais avant d’être transformé, d’ailleurs. Et mon instinct me hurle de bouger, de ne pas rester exposé. Lorsque je parviens à me reconcentrer sur Chayton, c’est parce qu’une pensée vient de se faufiler dans mon subconscient. Je fronce les sourcils. Chayton, tu ne serais quand même pas en train de m’enfumer, hein ? Tu sais que ce ne serait pas très très gentil, ça, hein ? Tu sais que ça ne se fait pas de vendre un ami, même un ami qu’on n’a pas vu depuis un bail, hein ? Mes instincts d’assassin se laissent supplanter par les instincts de l’espion qui s’estime potentiellement pris en filature. Depuis l’affaire Hartley, et ses conséquences, je ne suis pas tranquille. Et pour cause. D’un mouvement de menton vers le bâtiment, attisant ma méfiance pour m’en servir comme prétexte, je coince ma clope entre mes lèvres, articule entre mes dents. « Et donc tu travailles au Masquerade ? Ca paye bien ? T’y fais quoi ? » Récolter des informations, essayer de comprendre, démêler la paranoïa du bon sens… en savoir plus sur lui, finalement, pour déterminer si je lui propose de dormir à l’appartement de Roman ou si je le laisse égorgé dans une ruelle. Parce que oui, mon mouvement de menton en direction du Masquerade se transforme en mouvement de menton en direction de la rue piétonne. Ce n’est même pas une question, c’est une invitation que je l’encourage fortement d’accepter avec le sourire. « T’es venu tout seul j’imagine ? Tu t’en sors ? »

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Dernière édition par Andreï C. Ievseï le Sam 20 Fév - 15:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un retour dans le passé | Andreï   Sam 6 Fév - 20:39

La manière si directe de parler d’Andreï lui tira un sourire amusé, bien loin de le vexer. Si Chayton devait se vexer dès qu’on lui parlait de travers ou de manière abrupte, il serait bon pour se pendre le pauvre gars.

« Je n’ai pas de logement fixe… J’ai testé une fois et je me suis retrouvé avec une montagne d’emmerdes. Difficile de tuer quelqu’un quand on ignore où il vit. »

Dit-il avec la conviction d’un homme qui s’était déjà pris une balle. La balle avait fait mal, mais ce qui avait fait encore plus mal, c’était de se rendre compte qu’ici-bas on était prêt à le tuer. Alors dès qu’il était parti du quartier le plus malfamé de la ville, il n’avait plus jamais recherché où dormir. Il pouvait se payer un loyer chaque mois, mais non. Il ne supportait plus de vivre dans quelque chose qu’il serait bien incapable de meubler. Alors Chayton était retourné vivre dans le bayou, tout simplement. Dormir et se lever marcher, il n’y avait que ça de vrai. Il était incapable d’agir encore plus longtemps comme un humain normal. Il regarda son ami, sans savoir s’ils l’étaient encore après toutes ces années, fumer lui aussi. Ils avaient l’air de deux vagabonds en voyage qui acceptaient enfin de s’arrêter après un si long périple. La scène avait quelque chose de presque cocasse, mais Chayton tint sa langue. Juste l’affaire de quelques secondes avant de parler à nouveau. Il était curieux de savoir ce qu’Andreï avait fait durant ce temps. C’était probablement gonflé de sa part de demander autant alors que pour sa part il n’avait pas vraiment raconté grand-chose.

Il apprit ainsi que son ami avait retrouvé de la famille et très franchement il était content pour lui. Il n’avait rien de plus important que la famille même si lui avait perdu la sienne dix ans auparavant. Chayton ne la cherchait plus, conscient qu’ils étaient probablement tous morts. Il s’était fait une raison même si probablement une partie de son être passerait son existence à pleurer ces pertes, mais c’était ainsi. On serrait les dents et on avançait. Le brun se retrouvait un peu dans le témoignage de l’autre homme et son mode de vie. Oui ils s’en sortaient bien et Chayton hocha la tête à cette affirmation. Ils étaient vivants, ils bossaient, que demander de plus ? Certes ce n’était pas une vie trépignante, mais il n’existait pas grand monde ici-bas qui avait une vie très trépignante. La vie ne se résumait pas à grand-chose. Un peu plus que de la survie, mais voilà tout. Pour Chayton, il ne faisait que survivre et attendre il ne savait trop quoi. Probablement que quelque chose bouleverse son existence, c’était du moins ce qu’il se disait. Peut-être se faisait-il des films, il n’en savait trop rien. Il s’autorisait à rêver après des années de souffrance. Mais pour l’instant l’homme à tout faire du Masquerade ne rêvait pas. Il faisait une grande crise de paranoïa et avait peur. Il ne se doutait pas une seule seconde qu’Andreï se posait des questions le concernant.

Il croyait être avec un ami et non pas avec un assassin prêt à le tuer si Chayton le trahissait, chose qui n’arriverait jamais. Son regard se tourna vers le cabaret qui représentait énormément de choses à ses yeux, probablement trop. Gawain, son dernier maître en date, lui manquait énormément et c’était peu dire.

« Ça paye ce que ça vaut. Je suis homme à tout faire. Je peux être au bar, serveur, mais pas danseuse. Je ne possède pas leurs courbes généreuses. »

Oui il était capable de faire de l’humour quand il s’y mettait et il ne manqua pas de sourire pour illustrer ses propos. Au fond de lui, Chayton était un brave gars qui ne faisait pas de mal à une mouche. Quelque chose clochait, clairement. Il regarda le trottoir et s’y dirigea doucement. Il aurait pu ne se douter de rien, mais la question d’Andreï fut franchement étrange et il lui jeta un regard de biais comme s’il le découvrait pour la première fois. C’était une blague ou quoi ?

« Tu veux dire tout seul ici ? Oui bien sûr. Je n’ai personne. Oui je m’en sors. »

Il n’avait pas honte d’avouer qu’il n’avait personne. Chayton regarda Andreï pour la première fois et ce fut un peu comme s’il la découvrait. Une sensation étrange le traversa ; de la crainte.

« Andreï, que se passe-t-il ? »

Sa voix était étonnement posée pour quelqu’un qui avait peur au fond de lui. Quelqu’un qui craignait pour sa vie. Dans quoi était-il tombé ? Les choses prenaient une tournure bien étrange.
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MessageSujet: Re: Un retour dans le passé | Andreï   Sam 20 Fév - 16:18

Un retour dans le passé

Andreï & Chayton

Comme je le répète souvent, apparemment trop d’ailleurs il parait que je radote, j’étais dans la section assassinat du KGB, pas celle qui formait des diplomates. Et ça se sent, étrangement. Mon tact est éloquent, je choisis mes mots avec soin et en général, le filtre à connerie reste sagement planqué dans le placard du je-m’en-foutisme. Pas une seule seconde je prends le temps de réfléchir lorsque je lui demande où il crèche dans un froncement de sourcils. Heureusement qu’il n’est pas genre susceptible. « Je n’ai pas de logement fixe… J’ai testé une fois et je me suis retrouvé avec une montagne d’emmerdes. Difficile de tuer quelqu’un quand on ignore où il vit. » « Pas faux et pas con comme astuce, je retiens ! » Un sourire amusé, un petit rire de connivence glisse sur les lèvres en écho à sa remarque. Sauf que le fantôme-de-rat me couine qu’il est très sérieux et titille ma curiosité. Déjà, qu’on se croise, c’est un foutu hasard. Mais si en plus, il joue le rôle du canard dans une chasse à la carabine, ça m’intrigue encore plus. Je ne suis pas excessivement futé, il en faut pour tout le monde, mais j’ai quand même deux sous de jugeote et encore plus d’instinct de survie.

Lorsque la discussion dérive vers moi, j’embrouille le tout dans des réponses aussi vraies que floues, aussi hasardeuses que suffisantes. Ma famille, des petits boulots, j’enrobe la vérité dans du papier bulle et je détourne la conversation d’une voix songeuse. On s’en sort bien. Mes pensées sont déjà ailleurs, dans un doute qui s’insinue en moi pour rapidement devenir omniprésent. Nous sommes observés. Nous sommes suivis. La question, au final, c’est qui est ce nous. Lequel des deux est le nous très exactement. Une inspiration de Nicotine, il faut que je fasse la conversation, que je tape la discute tout en cherchant à identifier ceux qui réveillent à ce point ma nature d’assassin. Chayton. Chayton, mon ami, mon sauveur, mon ancien ami, mon ancien sauveur, tu sais que c’est très mal de trahir, hein ? D’un mouvement de menton, je désigne le bâtiment où il m’a dit bosser. Il faut que je me renseigne, il faut que j’en sache plus. Il faut, il faut… il faut beaucoup de chose mais surtout, il faut éclaircir les circonstances de ces retrouvailles. « Ça paye ce que ça vaut. Je suis homme à tout faire. Je peux être au bar, serveur, mais pas danseuse. Je ne possède pas leurs courbes généreuses. » Une moue impressionnée naît sur mes lèvres, dans un mensonge éhonté et une hypocrisie presque plus éhontée encore. Ce n’est pas que je n’en ai rien à faire, c’est surtout que même si ça m’intéresse, ce n’est pas exactement ce que je veux savoir. « Ouais, tu m’étonnes, t’as un peu trop de poils aux pattes… j’ai essayé d’être serveur, une fois. Ca s’est soldé en catastrophe. » Tout en parlant, je désigne la rue piétonne et m’y engage pour nous faire bouger. Leçon de base : bouger, c’est être moins facilement dans le viseur d’un sniper. Être imprévisible, aussi. Malgré mon sourire et mes remarques, je ne suis pas tranquille et je sais que je ne le serai pas avant de longues heures. Hartley, l’autre gugus que j’ai trahi ? Une tierce personne ? Ceux qui veulent tuer Chayton ? Je réfléchis et serre les dents d’agacement lorsque je prends conscience de l’absence de mon arme habituelle dans mon dos. Merde, j’aurais peut être pas dû faire à ce point la fine bouche un peu plus tôt. Un poignard, ce n’est pas vraiment assez. « Tu veux dire tout seul ici ? Oui bien sûr. Je n’ai personne. Oui je m’en sors. Andreï, que se passe-t-il ? » Si sa première réponse me laisse indifférent, juste circonspect, je m’arrête instantanément à sa question. Imprévisibilité : la plus grande alliée de celui qui est filé. Méfiance : son plus grand soutien. Sauf que vu le regard que me lance Chayton, j’imagine que le léopard qui l’héberge a dû être aussi efficace que mon rat et a dû lui souffler des informations au même moment que moi. Je ne suis peut être plus un rat mais ce serait largement me sous-estimer que de penser que je suis moins dangereux. Je passe mon bras sur son épaule, avant de secouer la tête et de prendre une décision très certainement stupide.

« Rien du tout, je viens juste de me souvenir d’un truc. D’un truc assez stupide, même. » J’avise un groupe de passants, une ouverture dans la rue. Brusquement, je le pousse dans une ruelle adjacente, sans aucune douceur, accélérant le pas, récupérant son épaule et le tracte en courant sur quelques mètres ne seraient que pour nous laisser une poignée de seconde avant que nos éventuels poursuivants ne reprennent leurs esprits. Le poussant plus loin encore dans l’ombre, jetant un rapide regard en arrière et sortant mon poignard, je le fais voltiger entre mes doigts avec l’assurance de celui qui sait très bien s’en servir. « On est suivi. Je sais pas si c’est pour toi ou pour moi, mais tu as quinze secondes pour me faire un topo sur qui a voulu te tuer, sur comment ça se fait qu’on se soit croiser et un résumé de ce que tu sais sur moi. » Mon regard se fat sévère, ma voix n’a plus rien de celle de l’adolescent désinvolte et stupide qu’il a revu il y a quelques minutes. C’est l’assassin qui parle, l’assassin accessoirement rompu aux techniques d’interrogations musclées. « J’aime beaucoup le hasard, Chay’, vraiment, mais j’ai quand même du mal avec les coïncidences dans ton genre, surtout lorsqu’on me suit. » Un nouveau coup d’œil en arrière, je me fais la réflexion que si personne ne débarque dans les minutes qui viennent, je suis bon pour une visite chez un psy avec la pancarte paranoïa.

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