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 /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)

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Laugh like a jackal

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MessageSujet: /! Ni psychose, ni névrose (Noah)   Jeu 31 Déc - 0:20



« Ni psychose, ni névrose »

Noah D. Meadow & Mikkel G. Ievseï
featuring


C'était juste moi devant ce juge, avec mon sourire de façade, mon air hautain, toujours trop sûr de lui, et ma dégaine arrogante. Je possédais ce don appréciable de camoufler mes réelles émotions à la perfection et je me plaisais ainsi à choisir le masque adéquat en fonction des circonstances. Que m'importait le fait que ce magistrat soit blindé de diplômes ? Absolument rien. Je n'éprouvais pas non plus le moindre scrupule d'avoir enfreint la loi puisque je ne la respectais pas. "Et la morale, mon bon monsieur ? Elle est dans ton slip, connard." Ainsi, je restais muet même si je n'en pensais pas moins tandis que le Juge m'annonçait sa sentence. J'étais inculpé de faux et usage de faux. La vente d'un terrain d'habitation qui ne m'avait jamais appartenu m'avait rapporté un joli tas de dollars. Je l'avais aussitôt joué et malheureusement perdu dans de mauvais paris au Bones. Un manque de bol atroce mais ce n'était pas le pire puisque mon escroquerie me valait aujourd'hui d'être conduit au tribunal et de risquer la taule…

Qu'est ce que je pouvais bien dire pour ma défense ? Je n'avais même pas assez de fric pour m'offrir les services d'un avocat valable. J'avais d'ailleurs viré sur un accès de colère le misérable merdeux qu'on m'avait assigné et choisi impulsivement d'assurer ma propre défense tout seul. Un choix judicieux ? Il me semblait que je ne pouvais pas être pire que ce vieux rabougri d'avocat à la manque...Pourtant ce que le magistrat m'annonça me laissa sans voix. J'échappais à la peine de prison, ce qui me soulageait d'un énorme poids, j'y avais déjà fait un court séjour dans le passé et je n'avais aucune envie d'y retourner. MAIS ce sursis s'accompagnait d'une chose foutrement déconcertante : une obligation de soin. Comme on l'aurait imposé à un fou, un dément, un dingue. Une obligation de me faire suivre par un psychiatre pour traiter ce qui était nommé : « une personnalité addictive ». N'importe quoi... En sortant du tribunal, j'avais entre mes mains le document qui décrivait mon injonction ainsi que le nom et l'adresse d'un psychiatre du Quartier français de Eastern New Orléans.

***

Moi, je n'étais ni fou ni malade, rien de tout ça, c'était proprement stupide. Mais pourtant, le nom de ce psy m'avait interpellé. Lorsque je m'étais rendu chez Isak,  j'avais trouvé une carte de visite au nom de ce type et, en le voyant écrit sur mon injonction du tribunal, je m'en étais aussitôt souvenu. Pourquoi mon dealer avait-il besoin de voir un psy, j'en étais pas trop sûr, mais j'avais bien envie de le savoir… J'avais donc obtenu un rendez-vous avec ce doc Noah D. Meadows et je m'étais rendu, contraint et forcé, dans sa grosse baraque de bourge. Ah ça, on sentait bien l'odeur du fric dans les environs, il ne fallait pas être fin pour y être sensible. Arrivé devant la porte, je sonnai à l'interphone, attendant qu'on actionne l'ouverture automatique pour m'imposer dans le hall d'entrée. Je ne me gênai pas pour allumer une clope et reluquer un peu le vestibule qui faisait sans doute office de salle d'attente. Si jamais le pauvre docteur avait laissé des bibelots d'un prix quelconque à portée de main, je ne me serais pas privé de les lui emprunter pour une durée indéterminée. Mais non, quel salopard, à croire qu'il avait pensé à tout, la déco était d'une neutralité désespérante. J'inspirai une bouffée de clope en attendant qu'il daigne m’accueillir, mes pas faisant craquer le parquet. J'en profitai pour le faire grincer davantage en marchant de long en large d'un pas leste. Qu'est ce que j'allais bien pouvoir faire ici, à part perdre mon temps ?

Lorsque j'entendis enfin une porte s'ouvrir, je m'appuyai avec désinvolture contre un mur, clope au bec, déhanché, redressant une mèche de mes cheveux du bout des doigts. Je m'étais fringué avec ma sexytude habituelle et je portais un débardeur noir très échancré avec une veste par dessus, d'une couleur assortie à celle de mes yeux, d'un bleu céruléen. Je ne savais pas ce que le juge avait bien pu dire de moi à ce psychiatre mais en principe, Meadow avait reçu un dossier me concernant qui résumait à peu près ce qu'on me reprochait, à savoir mon addiction pour les jeux d'argent qui me conduisait à des actions malhonnêtes. En fouinant un peu auprès de mes potes qui bossaient comme fonctionnaires, j'avais appris également que le Juge me taxait de névrosé hypersexuel et narcissique. De pire en pire, en somme, la quintessence du What the fuck. Alors, il pensait que je l'avais dragué, cette enflure ? Quel pauvre con… Restait à espérer que ce psy ne soit pas aussi stupide. J'haussai un sourcil en le voyant, le reluquant un moment. Pas mal… vraiment pas mal. Un peu vieux, sans doute une bonne dizaine d'années de plus que moi, mais ça lui donnait du charme. Je le dévisageais un moment, expulsant doucement ma fumée avant de me détacher du mur et d'aller vers lui, sans le quitter des yeux.

« Salut. Je suis Mikkel Ievseï. On a rendez-vous si j'me trompe pas, hum ? J'imagine que vous savez pourquoi j'suis là. Bon, c'est pas l'tout mon joli mais j'suis assez pressé moi. Alors on va dans le bureau, je suppose... »

En parlant, je m'approchai de lui jusqu'à le frôler au moment où je dépassai sa position, lui donnant volontairement un coup de hanche avant de le précéder vers la pièce qu'il venait de quitter. S'il me parlait, je n'y répondrais pas de suite, trop occupé à admirer les lieux, mon regard balayant cette pièce qui paraissait particulièrement confortable et agréable. Un sourire se dessina sur mes lèvres à la vue de la méridienne qui me renvoyait à toutes ces images mentales qu'on se faisait d'une séance de psychanalyse. Puisque j'étais là, autant jouer le jeu jusqu'au bout, non ? Je n'avais jamais été particulièrement timide, bien au contraire et dans une impulsion, je m'installai sur le divan, m'y laissant tomber souplement et profitant de la douceur du tissu bleu qui la recouvrait. M'y allongeant, je passai un bras derrière ma tête, mon autre main menant la clope à mes lèvres avant de chercher à nouveau le regard du doc.

« Dites-moi, doc. Vous savez bien que je ne suis pas malade n'est ce pas ? On ne va pas perdre trop de temps. Alors au lieu de parler de moi, parlons de vous. Ça vous changera. Y'a un truc que je me suis toujours demandé. Qu'est ce que les psy pensent de la came ? Parce que c'est bien ça que vous prescrivez en masse à vos patients, hum. Genre… des antidépresseurs, tout ça. Ou des trucs plus forts, selon les cas. »

Tout en parlant, une pensée me frôla soudainement. Isak était accro aux drogues. Est ce que ce psy lui en prescrivait ? Je plissai un peu les yeux, tirant sur ma clope qui rougeoyait avant de lui offrir un sourire en coin, m'étendant davantage sur le divan.
 

 

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Dernière édition par Mikkel G. Ievseï le Mer 20 Jan - 12:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)   Lun 4 Jan - 2:10



Il ne saurait jamais pourquoi il avait accepté de recevoir cet individu chez lui plutôt que dans son cabinet froid et aseptisé à l'Adventist Hospital. Considérant le nom sur l'assignation officielle du juge, dubitatif, il reposa le courrier sur son bureau et pinça l'arrête de son nez entre son pouce et son index. Le psychiatre avait rapidement compulsé le dossier de son futur patient, et y avait lu des termes comme "hypersexuel", "narcissique" et avec une personnalité favorisant l'addiction. Encore un. A croire que, depuis qu'il était devenu psychiatre, il était en train de monter une collection sans même avoir pu donner son avis. D'un geste las, il avait reposé le dossier sur son bureau et y avait posé un regard épuisé avant de pousser un soupir à en fendre l'âme. Ce genre d'hommes avaient toujours eu le don de l'ennuyer profondément, dans leurs provocations et leur manque terrifiant de limites, et ils avaient le don de l'irriter profondément. A l'époque, lors de sa curie, il n'avait pas besoin de les supporter bien longtemps. Un Pater, trois Avés, et le tour était joué. Mais plus maintenant.
Cette époque était révolue depuis belle lurette, et à présent, il devait écouter leurs jérémiades pendant des heures pour finir par leur faire potentiellement accepter leurs erreurs. Et ça ne fonctionnait jamais, ils y revenaient toujours, de toutes façons. Au moins, il était payé plutôt grassement lorsque l'assignation venait d'un juge. Et vu le cas présent, et la somme rondelette qu'il obtiendrait à terme, il avait de quoi largement compenser l'effort.

Restait que ça l'ennuyait prodigieusement, comme perspective, et ce même sans avoir rencontré ledit Ievseï. Noah avait bien d'autres choses à faire de son temps, pouvait l'occuper de bien d'autres manières, mais non. Contrait et forcé, il avait remis de l'ordre dans sa salle de consultation, le temps que son nouveau patient n'arrive. Il avait passé quelques heures à poncer le plancher, plus tôt dans la journée, pour effacer les dernières traces du passage d'Axl Hartley. Le sang du jeune homme avait teinté les veines du bois, et même si le liquide n'était pas resté suffisamment pour marquer le sol bien longuement, il avait tout de même laissé sa marque. La perspective de devoir cirer à nouveau le plancher d'époque ne le réjouissait pas particulièrement, mais la pièce dégageait une odeur douce et agréable d'huile de lin qui chatouillait son nez à chaque fois qu'il y allait. Cela permettrait sûrement d'apaiser ses propres préjugés quant à l'homme qui franchirait bientôt sa porte.
Il profita des quelques dizaines de minutes qui lui restaient pour rejoindre sa chambre et passer une tenue plus adéquate pour recevoir son patient. Satisfait par sa chemise blanche et son pantalon de tissu noir, il redescendait tout juste les marches en boutonnant ses manches quand il entendit la sonnette retentir. Il roula des yeux au ciel. C'était l'heure. Un mauvais pressentiment croissant dans son estomac, il ouvrit la porte d'entrée, ferma l'accès à ses quartiers à double tour et rejoint sa cuisine pour s'offrir le luxe d'un verre d'eau glacée le temps de faire poireauter le fameux Mikkel.

Il ne fut pas surpris par la créature qu'il avait devant lui, une fois revenu dans le couloir. Un jeune homme séduisant qui semblait parfaitement conscient de ce qu'il pouvait aiguiser chez les autres, tout autant qu'il savait en jouer. L'odeur âcre de la fumée lui hérissa quelques peu les sens. Il n'avait rien contre les fumeurs, s'y adonnant occasionnellement. C'était surtout l'attitude de celui-ci qui ne lui plaisait pas. Mais c'était à prévoir, se dit-il laconiquement.
S'ornant de son air le plus affable, il attrapa le cendrier en inox qu'il laissait constamment sur un guéridon, dans l'entrée, dans le cas de fumeurs inopinés comme Ievseï, dans une invitation silencieuse à écraser son mégot. Note intérieure, s'il manquait de classe, le jeune homme avait une attitude résolument séductrice et un déhanché sur lequel son regard glissa discrètement alors qu'il approchait, bien malgré qu'il fusse lui-même en couple. Noah aimait les belles choses. Et la souplesse des pas de ce jeune homme en faisait partie. Quel dommage qu'il ait brisé le charme en ouvrant la bouche.

-Nous avons effectivement rendez-vous, Mikkel. Si vous voulez bien vous donner la peine...

D'un geste gracieux de la main il invita le jeune homme à entrer dans la salle de consultation, se retenant de marquer un pas en arrière en le voyant si proche qu'il pouvait presque sentir la chaleur de son corps. Pas assez proche pour Ievseï apparemment. Il était vraiment sérieux, ce stronzo ? Noah serra la main qu'il avait fourrée dans sa poche, s'efforçant de ne pas briser son masque d'affabilité. Ou de ne pas la serrer autour de la gorge de l'autre, n'ayant que peu de patience à offrir à ce genre d'individus. Le pire, dans tout ça, étant qu'il aurait pu apprécier son attitude voire la sexualité évidente de ses gestes s'il n'avait pas été aussi direct dans ses paroles.
Prenant sur lui, il le laissa lorgner l'intérieur puis prendre ses aises. Et tiqua quand le jeune homme rouvrit la bouche. Les sourcils à peine froncés, il put sentir une veine pulser dans sa tempe alors qu'il s'asseyait dignement dans un autre divan, à proximité de son patient. On ne lui avait jamais faite, celle-là. Il soupira silencieusement avant de rétorquer, d'un ton qu'il souhaitait égal.

-Contrairement à ce que l'on pourrait penser, non, nous ne sommes pas des dealers si telle est votre insinuation. Ces médicaments s'avèrent nécessaires pour certains, afin de les aider dans leur processus de guérison. Elles n'ont nullement le but de les desservir, bien au contraire, et sont prescrites dans l'optique de pallier aux dysfonctionnements internes de l'individu qui les reçoit. Contrairement aux "cames" que vous mentionnez.

S'il savait qu'il parlait dans le vent, il scrutait son patient, guettant ses réactions ou la moindre étincelle de compréhension dans son regard clair. De très beaux yeux s'ils en étaient, mais qui cachaient, il en mettrait sa main à couper, un esprit bien plus tordu qu'ils ne le laissaient paraître. C'était ça aussi les drogués. Du moins de son point de vue. Saisissant son stylo ainsi que son bloc notes, il fit tourner le premier entre ses doigts en adressant un léger sourire à Mikkel, même si le geste lui arrachait la gueule intérieurement. Se forcer aux convenances. Comme toujours.

-Quant à votre état, il est mien d'en juger. Vous avez reçu une assignation, Mikkel, et il m'appartient de décider si vous nécessitez un accompagnement ou non, pour en revenir à votre première question.

Ayant pris soin de le recadrer d'une voix douce mais ferme, il continua de jouer distraitement avec son stylo en prenant grand soin de ne pas rompre le contact oculaire avec son interlocuteur. S'il pouvait tirer une once d'amusement de cette entrevue qui commençait mal pour le jeune homme, il en serait ravi. Autrement... Autrement il devrait se le coltiner encore un moment. Au pire il le recommanderait à un de ses collègues, histoire de s'en débarrasser.

-Mais revenons en à cette notion de drogues, puisque vous l'avez vous-même mentionnée. En quoi pensez-vous que nous, psychiatres, soyons similaires à des dealers ?

Ramener le sujet à son addiction pourrait être un bon départ pour la thérapie, pensait-il. Sans se douter que cela pourrait être une grossière erreur, mais au point où il en était, il avait encore cinquante grosses minutes à tuer. Autant lancer l'autre sur son terrain de prédilection pour, sans mauvais jeux de mots, faire passer la pilule.

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MessageSujet: Re: /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)   Jeu 21 Jan - 14:41



« Ni psychose, ni névrose »

Noah D. Meadow & Mikkel G. Ievseï
featuring


Je m'étais contenté d'ignorer outrageusement le pauvre cendrier que le psychiatre avait pris soin d'emporter dans son bureau. L'obligation de me rendre à cette consultation me hérissait déjà bien assez, il n'était pas question que je renonce à m'encrasser les poumons, même pour une heure. Ainsi j'aspirai la fumée avec délectation, chacun de mes gestes se déployant avec une grâce féline.

Dès que le psychiatre ouvrit sa jolie bouche, l'hypocrisie qui suintait de tout son être fit naître un désagréable frisson le long de mes membres, un peu comme quand on respire un parfum trop suave. Je n'étais pas dupe et peut-être même étais-je un poil plus méfiant que la moyenne des gus qui se pointaient à une séance de psychanalyse. Un poil seulement ? Bon okay, j'étais extrêmement sceptique. A dire vrai, je détestais ce corps de métier, tous ces médecins de l'âme qui se prétendaient compréhensifs, empathiques, attentifs aux tourments intérieurs d'autrui et ce genre de conneries altruistes et mielleuses. La seule chose qui leur importait à ces charlatans, c'était le pognon qu'ils pouvaient soustraire aux drama-queen plaintives qui peuplaient ce pauvre monde. J'esquissai une légère moue pour toute réponse.

Pour ma part, je n'avais pas besoin d'aide et encore moins d'être plaint. J'étais bien trop indépendant, autonome et fier pour avoir l'idée d'aller quémander l'attention de qui que ce soit. En plus de ça, je ne supportais pas qu'on me juge, c'était véritablement la chose qui me débectait le plus au monde. Or c'était bel et bien le cas, car telle était la saloperie de punition qu'on m'avait infligée suite à mon délit. On allait m'obliger à me faire analyser, à me répandre, à dévoiler mon âme à nu afin qu'un inconnu puisse y foutre ses gros doigts dégueulasses ? Sûrement jamais. Je ne parlais de moi à personne, même ma famille ne savait rien de mes pensées, alors ce ne serait sûrement pas cet oiseau là qui deviendrait mon confident, aussi sexy soit-il. Plutôt crever. Par contre, s'il avait envie de me mettre ses doigts ailleurs, hé bien, c'était à voir… Je lui souris en le regardant s'installer avant de me concentrer sur la fumée que j'expirais de temps à autre.

Alors, nous en étions là. Moi allongé dans la méridienne, en train de composer des ronds avec les volutes grisâtres qui s'échappaient de ma bouche, concentré sur l'opération, mes lèvres s'arrondissant en un mime presque grivois. Et lui face à moi, son regard m'épiant. Je me contentais de le regarder du coin de l’œil pendant qu'il me parlait d'une voix neutre. Etait-il tendu ? Difficile à dire. De mon coté, j'étais la nonchalance personnifiée et je n'avais aucunement besoin de me forcer pour cela, j'étais dégagé et à l'aise dans mes mouvements, j'aurais pu fermer les yeux et m'endormir sans aucune gêne. Ce fauteuil était plus confortable que ce qui me tenait lieu de plumard dans ma tanière, il fallait bien l'avouer.

Je tournai pourtant ma tête vers le docteur Meadow pour lui adresser un haussement de sourcil significatif. Il s'était muni d'un calepin et je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire de hyène. Moqueur. C'était évident que ce mec s'était déjà fait une idée à mon sujet, il m'avait sûrement déjà classé dans l'une de ses petites cases, étiquetées selon les codes bizarres des théories psychanalytiques auxquelles je ne pigeais rien. A présent, il affichait un  sourire condescendant qui ne me donnait rien de moins que l'envie de gerber. En plus, il me prenait de haut avec son vocabulaire ? Bien bien bien.

Tu me prends pour un con, docteur ? Pauvre chéri. T'as encore rien vu. Le problème avec moi c'est que mon impulsivité me rend très sensible à la provocation, tu sais. Et quand on me juge, quand on me reproche un trait de caractère, je fais exprès de l'amplifier, j'en rajoute dix couches rien que pour emmerder le monde. A partir de ce moment, je me lance le défi d'être le patient le plus chiant que t'auras jamais vu de ta vie. Tiens toi bien.


Je fermai les yeux légèrement, soupirant profondément avant de répondre dans un souffle.

« Qu'est ce que vous causez bien, doc, sincèrement. J'adore votre façon d'expliquer les choses, ça les rend tout de suite tellement plus… sexy. »

Je me redressai à demi, prenant appui sur mes coudes pour le dévisager un bon moment avec le plus grand sérieux, mes yeux dans les siens.

« Noah. Je peux vous appeler Noah ? J'ai toujours beaucoup aimé ce prénom, il vous va très bien. »

Je me laissai aller à un infime sourire. Ma drague était bien lourde et tout à fait consciente. J'adorais ça, et je pouvais tout autant me montrer des plus vulgaires quand je voulais. Si ça ne plaisait pas aux autres, je m'en foutais éperdument, parce que ça me faisait triper, moi et c'était tout ce qui m'importait.

« Si je vous suis, vous faites une différence entre vos gentils medoc et les méchantes drogues. Parce que vous, vous êtes un gentil docteur, bien sûr… c'est logique, huhum, je comprends. »

Le sourire empli de douceur que je lui offrais, ainsi que le ton délicat de ma voix, s'associaient au regard velouté que je lui dédiais, feignant l'innocence la plus pure avec art. Si j'avais tourné mes phrases autrement, il aurait sans doute pu croire à ma bonne foi mais là forcément, le foutage de gueule paraissait évident. Prends moi pour un con, Noah, je t'en prie, fais toi plaisir. Je me redressai souplement pour avancer mon bras vers le cendrier posé non loin de nous. J'y fis tomber les cendres avant de réinstaller la cigarette entre mes lèvres et en tirer une vague bouffée, levant légèrement les yeux au ciel.

« Ah tiens mon assignation, je l'avais complètement oubliée celle-là. Heureusement que vous êtes moins distrait que moi. Pendant une minute, j'ai eu l'impression que j'étais venu chez vous pour prendre un pot entre amis ou... autre chose. C'est de votre faute, vous êtes si accueillant... J'ai déjà la sensation de vous connaître depuis des années. Peut-être qu'on était fait pour se rencontrer. »

Baissant les yeux sur le stylo qu'il manipulait entre ses doigts, je l'écoutais poursuivre distraitement tout en m'allongeant à nouveau sur la méridienne. Le doc faisait son métier, bien sûr. Et son but évidemment c'était recentrer la conversation sur le connard de patient et sa psyché pourrie, autrement dit ma propre pomme. S'il croyait réussir si facilement à me manipuler, il se trompait lourdement. J'inclinai doucement la tête de coté, comme si je réfléchissais, faisant semblant de ne pas comprendre l'objectif du médecin.

« Vous allez vraiment écrire tout ce que je raconte là dedans ? Attendez, il faut que je trouve de l'inspiration alors, tant qu'à faire, autant que vous écriviez de beaux trucs pour vos mémoires. Allons, je pourrais dire hum… laissez moi trente secondes. »

Fronçant les sourcils, je regardai autour de moi, faisant semblant d'hésiter. Je fis claquer ma langue dans ma bouche en signe de légère contrariété, jusqu'à ce qu'enfin mon regard se pose sur lui. Il s'illumina alors, comme si je contemplais soudain devant moi, la muse la plus merveilleuse que la terre ait jamais porté. Comme si j'étais soudain transi, emporté dans une transe lyrique, je me redressai très lentement, me relevant du fauteuil, mon regard toujours accroché au sien. Ma cigarette, coincée entre mes doigts pendait le long de mon bras, comme oubliée.

« Noah ô Noah… vous qui avez le charisme d'un roi ! Votre barbe majestueuse vous offre une formidable aura ! Vos yeux lumineux me font frémir et me mettent en émoi ! Et Noah, votre virilité vigoureuse est pareille à un... boa. »

Je retins mon souffle un moment avant de secouer la tête.

« Oh non non, n'écrivez pas ça. Mon poème est une bouse, j'avoue, les rimes sont nazes. Comprenez, j'suis qu'un simple brancardier, j'ai pas fait d'études de lettres. Faut pas m'en vouloir. Pour ma défense, c'est vrai que vous avez une bien jolie barbe et... de très beaux yeux. Concernant le reste, je me suis permis d'imaginer. »

Je le soupesai du regard dans un demi sourire avant de reprendre une bouffée de nicotine. M'avançant vers le bureau dans le but d'utiliser à nouveau le cendrier, j'y écrasai enfin ma cigarette avant de revenir me planter devant lui, soufflant doucement la fumée dans sa direction.

« Oui, vous êtes là pour me juger, j'en ai bien peur. Entre nous, je me fous de ce que vous pouvez bien penser de moi. Et de votre coté, vous n'avez pas grand-chose à faire de mes euh… comment vous avez dit ça ? "Dysfonctionnements internes." »


Je fis un geste de la main en prononçant cette expression d'un ton exagérément cérémonieux.

«On pourrait juste profiter de la séance plus agréablement. Il y a tant de choses qu'on pourrait faire ensemble... pour passer le temps.»

Je me mordis doucement la lèvre inférieure à ces derniers mots, prononcés d'un ton plus bas. Je me baissais vers lui pour attraper son bloc note ainsi que son stylo et l'en débarrasser,  les balançant vivement sur le coté.

« Si vous écrivez, vous ne pourrez pas me regarder. On ne peut pas faire deux choses en même temps, même quand on est un super doc comme vous. » Debout devant lui, mes genoux le frôlaient presque.« Je préfère que vous me regardiez. » Mon visage était on ne peut plus sérieux. « Ayez confiance en moi, je suis un patient modèle qui ne répète jamais les secrets de son médecin. Si vous n'êtes pas un dealer, pourquoi vous fréquentez des drogués ? » Je n'étais pas accro au poker et aux paris pour rien. Le bluff me venait aussi naturellement que la respiration. Me penchant vers lui, j'articulai d'une voix murmurée. « Je sais… tout, de ton lien avec Isak, Noah. »
 

 

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MessageSujet: Re: /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)   Jeu 28 Jan - 2:20



Bien sûr, une première séance de psychiatrie était comme une démonstration. A qui serait le plus fort, qui aurait la plus grande gueule, le plus de charisme, le plus de bagout, voire qui aurait la plus grosse tout simplement. Il ne comptait plus le nombre de personnes qui, persuadées d'être dans leur bon droit et empreintes de cet égoïsme qu'il était si délicieux de briser au bout de quelques séances, passaient sa porte toutes empreintes d'orgueil. Toutes pleines d'emphase, toutes si bien convaincues qu'elles pourraient, justement, le convaincre, qu'elles en étaient risibles. Les personnalités du type de Mikkel Ievseï, il les avait vues. Et si chaque cas était différents, beaucoup se ressemblaient, malheureusement. C'était le cas pour les hommes du genre de Ievseï. C'était pourquoi il avait décidé de tracer d'office une ligne droite dans son carnet, ne faisant jamais réellement que singer une attitude studieuse et concentrée.
Noah se foutait réellement de prendre des notes. Il haïssait cela depuis qu'on le poussait à reprendre encore et encore les tracés rituels quand il était enfant, et préférait encore dessiner pour mieux aiguiser sa concentration.
Restait que le jeune homme allongé sur sa méridienne, sinon qu'il avait une grande gueule qui servirait probablement mieux autour de la hampe d'un vieux riche que là, à claquer pour débiter un beau ramassis de conneries au milieu de son salon, ne faisait finalement pas exception.
Et allait probablement lui filer un mal de crâne d'un autre monde d'ici la fin de la séance.

D'autant qu'au delà de son égocentrisme évident, le jeune homme se foutait de lui. Dans un soupir à peine contenu, le psychiatre baissa encore d'avantage les yeux vers son carnet, s'appliquant sur son dessin. Après tout, il n'avait rien à prouver, lui. C'était lui, le professionnel, et si Mikkel l'était, ce n'était certainement pas en psychiatrie. Mais toutes considérations contenues, il ne put s'empêcher d'éprouver une toute petite, infime, once de sympathie pour son patient. Il avait l'avantage d'être amusant, pour peu qu'on ait un sens de l'humour particulièrement tordu. Et restait agréable à observer, une fois de temps en temps, quand il levait les yeux de son carnet.

-Il y a évidemment une nuance, dans le traitement des choses et des situations, mais de là à faire preuve de manichéisme et définir les bons et les méchants d'office. Certains de mes pairs ne sont pas mieux que des dealers, et certains dealeurs ont quelques fois l'âme de bons samaritains.

Mikkel allait l'apprendre, Noah n'avait pas étudié la psychiatrie de façon conventionnelle. La plupart de ses patients ne nécessitaient pas qu'on se penche bien longtemps sur leurs problèmes pour mettre le doigt dessus. D'autres nécessitaient une approche plus éloignée des sentiers battus, et Noah se faisait un grand plaisir -personnel- de les y soumettre. Sa moralité douteuse, allant au gré du vent et des envies, était quelques fois évoquée dans le milieu. Mais l'Humanité avait encore plus besoin de psychiatres en ces jours d'apocalypse, et il s'était toujours débrouillé avec suffisamment de prudence pour ne pas se faire retirer son droit d'exercer. Ah, doux chaos.
Il était si peu conventionnel que tout psychiatre lambda n'aurait qu'à peine sourcillé devant le poème du jeune Ievseï. Mais pas lui. Un sourire s'était étiré au coin de ses lèvres, frisant sous sa barbe, trahissant son amusement. Et même si sa verve était une nouvelle attaque, ses minauderies étaient rafraichissantes. Lui qui était parti pour le haïr, ce gamin, il s'adoucissait un peu. Juste un peu.
Profitant qu'il parte écraser sa cigarette, lui octroyant un temps de silence suffisamment court pour ajouter sa propre pierre au Taj Mahal verbal qu'il était clairement en train de construire, le psychiatre répondit d'une voix calme :

-Je crains qu'apporter un regard professionnel sur votre comportement ne soit effectivement mon rôle, Mikkel. Si cela peut vous rassurer, je peux conserver mes observations pour le juge et moi seuls. De ce que vous dites, cela serait préférable pour tous les partis impliqués dans ces séances.

Comme s'il allait lui dire ce qu'il pensait réellement. Plutôt crever.
Il s'appliquait à son dessin, une nouvelle fois, et sentit le parfum capiteux du jeune homme avant d'apercevoir sa silhouette penchée vers lui. Noah haussait tout juste un sourcil interrogateur qu'il se fit arracher son jouet des mains, et ne put s'empêcher un petit froncement de sourcils indigné. Oh il le savait, que les personnalités du type du jeune homme avaient ce genre de fâcheuses habitudes. Mais il se faisait avoir à chaque fois.
Comme ils avaient tous tendance à proposer leur cul pour faire passer le temps. Comme si une séance de psychiatrie "améliorée" allait abonder dans leur sens, faveur octroyée juste parce que leurs cuisses s'ouvraient. Non.
Le psychiatre savait qu'il avait plusieurs manières de réagir à cette intrusion. Qu'il pouvait très bien faire comme n'importe quel autre professionnel, à savoir se fermer tant physiquement que mentalement et expédier la séance en automatisme avec un sourire de complaisance. Il pouvait aussi plonger le jeune homme dans une illusion, histoire de dissocier son esprit du plan présent, et s'offrir une demi-heure de tranquillité bien méritée. Il pouvait aussi abonder dans son sens, profiter de l'offre, lui donner, d'une certaine manière, ce qu'il demandait. Ses doigts s'enfonçant dans les accoudoirs alors qu'il relevait les yeux vers ceux, déterminés, du jeune homme, sentant un délicieux frisson d'envie dans sa nuque qu'il ne trahit qu'à peine en mordant très légèrement sa lèvre inférieure, il allait répondre.

Puis vint la "tentative". Et Noah éclata de rire, purement, et simplement.
Son rire, profond, incontrôlable, s'égrena par grappes et résonna dans toute la pièce pendant deux bonnes minutes. Pour tout dire, il n'avait jamais autant ri pendant une séance, et pourtant il avait eu l'occasion de rencontrer des patients particulièrement comiques. Mais là, c'était l'apothéose.
Son hilarité se calmant, il écrasa un embryon de larme au coin de son oeil du revers de sa main et posa un regard encore brillant de malice sur le visage perplexe de son patient.

-Vous allez devoir être plus spécifique, mon cher Mikkel, car il y a facilement six personnes portant ce prénom qui ont pour dénominateur commun votre psychiatre attitré. Et leur seule intention est d'obtenir un suivi psychiatrique, chose à laquelle on s'attend quand on vient dans un cabinet.

Il y en avait, des Isaacs, dans son entourage. Tant qu'il ne pouvait décemment pas les compter sur les doigts de sa main. Rien que parmi ses patients, il avait des perles rares, comme Isaac Schwarz, centenaire rescapé de la Grande Guerre, dont les souvenirs étaient aussi désaltérants pour sa curiosité du passé que de l'eau. Il y avait Isaac Jones et Isaac Foster, deux pères de famille que la quarantaine avait retournés comme des gants. Il y avait Isak Eriksson, son partenaire depuis Darkness Falls, avec qui il entretenait une amitié pour le moins hors de l'ordinaire. Il y avait Isaac Brown, un jeune homme sculptural, taillé dans le vif, qui était terrorisé pour avoir été jeté dans l'Arène et en avoir survécu. Il y avait Isaac Lester, né Isabel, qui attendait encore son traitement avec impatience...
Et dans son entourage proche, il en avait bien d'autres, des Isaac. Un collègue, un interne, un homme de maintenance à l'Adventist Hospital. Peut-être même que son facteur était nommé Isaac, même s'il n'y aurait pas mis sa main à couper.
Alors si Mikkel souhaitait obtenir des informations et lui faire par là-même trahir le secret professionnel, il allait devoir être plus spécifique, assurément. Et subtil, aussi.

L'hilarité enfin envolée, le psychiatre adressa toutefois un sourire malicieux au jeune homme, se réinstallant plus confortablement dans son fauteuil en le détaillant du regard. Une vision pour le moins inspirante, pour ne rien dire de plus. Sa voix plus calme, légèrement suave, où sourdait le roulis lointain de son accent Italien, s'échappa de ses lèvres dans un soupir.

-Pour en revenir à votre tentative, je crains de ne pouvoir vous renseigner, quelle que soit l'interrogation qui vous brûle les lèvres. Je suis tenu d'une par le secret professionnel, et de deux par mon rôle dans votre jugement. Alors quoi que ce soit que vous espériez tirer de moi, vous risquez d'être déçu.

En toute honnêteté, il n'avait rien à faire de l'éthique, du secret professionnel ou de la bienséance. Et si l'attraction magnétique que dégageait le jeune homme pouvait potentiellement le faire plier, notamment par-dessus son propre bureau et surtout après s'être fait malmener quelques instants plus tôt, il n'allait pas risquer sa place pour un freluquet avec la subtilité d'un boulet de canon.

-J'ignore ce que vous avez entendu de moi ou de mes pratiques, mais mes secrets sont, justement, bien gardés. Et le resteront. Maintenant si vous vous sentez toujours en verve, nous allons poursuivre notre conversation paisiblement. Pourriez-vous me décrire les raisons qui ont précipité votre venue ici ?

Détourner le sujet, l'attention du patient. S'il avait des doutes quant à la fiabilité de son client, Noah ne se doutait pas qu'il fallait passer immédiatement à autre chose plutôt que s'apesantir sur le sujet. Parce que même s'il était particulièrement à l'aise en face de lui, son genou frôlant presque le mollet de Mikkel, la méfiance restait de mise. Le jeune homme avait des questions, et voulait manifestement des réponses. Et même s'il ne les aurait pas, il tenterait probablement encore.
C'était ça, ces personnalités. Vanité et orgueil piqués à vifs, mêlés à la frustration, et ils risquaient de s'entêter.
Et d'une certaine manière le psychiatre avait hâte de voir jusqu'où irait Ievseï pour lui prouver sa détermination.


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MessageSujet: Re: /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)   Ven 5 Fév - 14:21



« Ni psychose, ni névrose »

Noah D. Meadow & Mikkel G. Ievseï
featuring

Loin d'être décontenancé par mes conneries, le bon docteur m'offrait ses réponses avec une patience toute professionnelle. Je me contentai de lui rendre un regard ingénu, un mince sourire étirant mes lèvres fermées. Hochant la tête à ses explications, je mimai une légère surprise teintée d'admiration.« Oh... Vous avez bien raison, votre ouverture d'esprit n'a d'égale que votre sagesse, décidément. J'espère profiter de votre influence positive pour m'améliorer... »

Éludant son commentaire concernant son rôle à mon égard, je notai intérieurement l'ébauche de sourire qui avait fleuri derrière sa barbe. Allons bon, monsieur le psy n'était pas du genre coinceduc ? Sans le connaître, j'avouais que j'aurai misé sur une réaction scandalisée de sa part, à mi-chemin entre trouble et colère, comme l'auraient sans doute fait bon nombre de mecs lambda. De plus, les individus de son acabit n'étaient-ils pas tous dévoués à la bonne morale et à cette norme éthique de notre gouvernement ? Dans ce cas, mes sous-entendus libertins faisaient figure de sacrilèges et même si j'étais conscient du danger auquel je m'exposais, je n'en ressentais que plus d'envie à le faire réagir. Il était si calme, trop calme, d'un calme désespérant. Je roulai des yeux dans un murmure, ne sachant au juste à quoi il pouvait bien penser. « J'ai l'air d'avoir besoin d'être rassuré ? Vous êtes trop délicat…. »

Qu'il puisse me vendre au Juge ne m'inquiétait pas en l'instant même, bien que j'étais vaguement curieux de savoir ce qu'il avait bien pu noter dans son fichu carnet. Carnet que je balayai et qui chuta dans un froissement de papier.

Je n'avais pas réellement prémédité ma tentative de bluff. En tous cas, je n'avais prévu aucune tactique précise pour lui faire cracher le morceau sur son lien mystérieux avec mon dealer. Je ne savais donc pas vraiment à quoi m'attendre de sa part alors que je lui susurrai mon mensonge. Son rire me frappa légèrement, à la manière d'un postillon égaré qu'on reçoit sur la joue, et je reculai doucement mon visage. Silencieux, je me contentai de le fixer avec une certaine incrédulité, le regardant se bidonner comme une baleine pendant un temps qui me paru extrêmement long. A croire qu'il n'allait jamais s'arrêter. Je restai sérieux pour ma part, debout devant lui avec une vue imprenable sur sa glotte, mes pensées se déployant d'une direction à l'autre. Il avait beau se foutre ouvertement de ma gueule, je n'en restai pas moins persuadé qu'un truc spécial le liait à Isak et j'étais plus déterminé que jamais à le découvrir. Lorsqu'il se calma enfin, je lui concédai un fin sourire dont la sobriété tranchait avec sa réaction si excessive. « Je vois. »

Je décidai de ne pas insister dans l'immédiat et de laisser les choses venir. Après l'avoir écouté m'assurer plusieurs fois de son total respect du secret professionnel, je restai silencieux quelques secondes, caressant du regard la ligne de sa mâchoire. Je n'avais pas affaire au dernier des idiots et je m’apercevais qu'il serait plus difficile que prévu de manipuler ce bellâtre. Si je l'avais troublé, il cachait bien son jeu. Il me toisait, détendu et serein, installé dans son fauteuil à la manière d'un monarque méprisant le bas peuple. Toutefois, sur le plus haut trône du monde, disait à peu près Montaigne, un roi n'est jamais assis que sur son cul. Non, je n'étais pas prêt à me laisser impressionner et encore moins à lâcher le morceau. Il s'entêtait à recadrer nos relations à sa convenance, insistant lourdement sur le contexte pénal de ma présence et je lui renvoyai un regard angélique, hochant la tête avec une prétendue docilité.

« Okay dokey. Bon, vous savez déjà pourquoi je suis ici. Je suis soumis à l'autorité du Juge qui m'a obligé à me payer des consultations de psy parce que j'ai pas eu un bon comportement. » Ma voix ne trahissait ni remord ni douleur alors que je lui répondais posément, reculant d'un pas pour me retourner.  « L'histoire c'est que j'ai vendu un terrain à un type sans avoir toutes les autorisations, c'était pas grand-chose mais le Juge s'est convaincu que c'était pas mon premier coup d'essai. Il s'est mis en tête que j'étais prêt à tout pour ramasser du fric, au point d'escroquer mon prochain, et tout ça pour le dépenser dans des addictions illégales. » Je me baissai pour ramasser le carnet tombé sur le parquet, lui offrant intentionnellement une vue sur mes fesses en prolongeant le ramassage avec grâce.

Me redressant lentement, je feuilletai machinalement les pages, un sourire au bord des lèvres, entre surprise et amusement à la vue des dessins. J'avançai jusqu'à m'appuyer sur le bord du bureau, cherchant son regard en relevant le mien du carnet. « A quoi je pourrais bien être accro, à votre avis ? Vous imaginez si mon problème c'était d'avoir un appétit d'ogre en matière de sexe et que j'étais un pervers ou un violeur en série ! Woh docteur… vous seriez dans une drôle de posture, enfermé avec moi dans votre bureau. Dans ce cas, je jouerais au chasseur et vous, au pauvre petit lapin fuyant pour se planquer vite fait dans son terrier Je lui souris avec douceur, une lueur moqueuse dans le regard. « Vous avez peur ? Non… bien sûr que non. »

D'un geste vif, je lui renvoyai soudain le carnet, il n'aurait qu'à avoir de bons réflexes pour le rattraper. « Vous auriez dû faire carrière dans la BD au lieu de faire psy. D'ailleurs pourquoi vous avez choisi ce drôle de métier hein ? » Je haussai les épaules, reportant mon attention sur les fournitures diverses posées sur son bureau pour les manipuler distraitement, jouant avec un stylo, dépliant un trombone, observant un presse-papier. Toujours sur le ton de la conversation, je revenais sur ce qu'il avait dit plus tôt, vaguement pensif. « Vous avez raison, certains dealers sont des mecs bien, c'est pas forcément des salauds. J'en ai connu quelques uns. Par contre, vous êtes le premier psy que je croise et  du coup, je ne sais pas trop quoi penser de vous. A voir si vous faites partie des bons ou des mauvais ou encore si on pourrait vous peindre avec toute une jolie palette de nuances grises. Qu'est ce que vous en pensez, doc ? »

Je finis par me redresser, sans vraiment attendre de réponse de sa part pour contourner le meuble avec nonchalance et en ouvrir un à un les tiroirs, les refermant aussitôt comme dans un jeu. « Oh tiens… est-ce que vous avez des dossiers sur vos patients ou bien vous vous contentez de remplir vos tiroirs de dessins ?» Sans crier gare, je plongeai dans le premier pour en sortir tout ce qu'il contenait. Si jusque là, j'avais été assez soigneux en manipulant ses affaires, à présent je me lâchais, balançant par terre le contenu du tiroir pour mieux y fouiller. Avant qu'il n'ait pu réagir, j’écarquillai les yeux en mimant une prétendue découverte incroyable dans un cri d'allégresse. «BORDEL ! UN DESSIN D'ISAK ERIKSSON ! »

Je levai la main bien haut en signe de victoire, secouant une feuille de papier qui ne comportait bien entendu aucun dessin de ce genre. L'inertie du psychiatre n'avait que trop duré et j'étais trop impatient de faire bouger les choses, de mettre du piquant à cette conversation, de faire monter la pression, de foutre le feu à la baraque ! Ah le feu, bordel, je n'en ressentais pleinement la chaleur qu'en y plongeant le bras, en toute folie, suivant les caprices de mon impulsivité crasse. J'aurai pu exécuter une danse endiablée au beau milieu de son bureau, lui balançant mes idées que j'inventai au fur et à mesure, laissant libre court à mon inspiration. « C'est tout à fait lui, avec ses yeux de chat et sa gueule de bad boy ! Un mec dangereux avec des tas de sbires qui tournent comme des satellites autour de lui. Un drogué qui vient se fournir en came chez un psy-dessinateur… C'est assez spécifique comme ça ? Je crois que oui ! T'es un autre genre de satellite toi, mais t'es bel et bien en gravitation autour d'Isak. Tu lui donnes quoi hein Noah, quelles drogues exactement ? Tu crois qu'il en prend pas assez comme ça ? Peut-être que tu devais l'enfoncer encore un peu plus, histoire qu'il se détruise complètement... Me fais pas croire que tu fais partie des bons maintenant. Je te l'ai dit Noah, je sais… TOUT sur toi, mon salaud.» Tout à mon flux verbal, je me rapprochais de lui avec une témérité presque fiévreuse, lui offrant un sourire de chacal de mon cru. J'ignorais ce qui me poussait à agir aussi effrontément mais j’espérais ne pas être déçu, contrairement à ce qu'il m'assurait, et le voir enfin réagir d'une façon ou d'une autre. Au diable ta détestable indifférence, Noah !
 

 

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MessageSujet: Re: /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)   Lun 15 Fév - 2:11



Loin manifestement d'entendre raison, le jeune homme semblait avoir la fâcheuse habitude de trop parler. Du moins, pour son bien. Ce n'était pas une tare en soit, pas quand on se trouvait dans le bureau d'un psychiatre et que c'était le but de la session. Mais déjà son allusion à un Isaac, ou Isak, était surprenante. Digne d'intérêt, comme source de méfiance. Il y avait quelque chose qui se tramait définitivement derrière cette gueule d'ange, et Noah ne se méfiait pas suffisamment, trop caché derrière son propre égo pour voir où son patient souhaitait en venir.
Non, tout ce qu'il voyait sur le moment, c'était que le jeune Ievseï était charmant, tout en alliant avec brio le côté nuisible de sa personne. Un mélange tout de grande gueule et de charme, qui avait réussir à assoupir sa méfiance habituelle avec ses grands gestes et ses attributs plus que délectables. Dire que Noah était un appréciateur d'art était une vérité absolue. Dire que la beauté sous toutes ses formes pouvait aussi constituer une faiblesse se révélait, là, dans cette situation. Un piège dans lequel il tombait tout seul comme un grand, partagé entre la fascination et la lassitude.

Il n'émit aucune objection au fait de voir Ievseï se baisser, se délectant du spectacle que lui offrait sa délicieuse chute de reins. Il n'émit pas plus de son en écoutant sa diatribe, piochant çà et là les informations dont il avait besoin. Faire preuve de neutralité, quelle que soit la situation, était une obligation dans ce genre de métier. D'autant que là, vu tout l'espace que prenait la personnalité du jeune homme, Noah n'avait rien à ajouter. Qu'il parle. Qu'il fasse ses questions, ses réponses, le psychiatre n'en avait, en soit, que faire. Le but n'était pas qu'ils se revoient ad vitam aeternam de toutes façons. Le but était de fournir une évaluation, que Noah rendrait de toutes façons positive juste pour le plaisir de voir une nouvelle créature vicieuse errer librement dans les rues de la ville.
Ses doigts joints par les extrémités, en pyramide, il avait détourné les yeux pour observer ses propres ongles. Il n'était pas là non plus pour soutenir le regard perçant, inquisiteur de son patient. C'était de notoriété publique que les psychiatres n'en avaient, au fond, rien à cirer. Qu'ils étaient juste là pour se faire payer et basta. D'un ton laconique, faussement empreint d'une sagesse pré-écrite qu'on pouvait lire dans les livres de développement personnel, il répondit du tac au tac.

-A vous observer, si vous souffrez d'une addiction, autre que celle, évidente à certains types de substances illicites du type cocaïne, cela pourrait être celle au sexe. Et encore je ne souhaite pas m'avancer encore sur un diagnostic. En revanche, vous ne pouvez être un violeur. J'en ai traités, et vous êtes loin de correspondre  à ce type de profil.

Il savait qu'il était inutile de répondre aux menaces de Ievseï, car l'autre était manifestement assez intelligent pour comprendre qu'effectivement il n'avait pas peur de lui. Pas plus qu'il n'avait peur de le voir s'approcher de son bureau. Tous ses dossiers étaient consignés sous clé, et il pouvait sentir cette dernière dans la poche de son pantalon.
Pourtant il fronça les sourcils en entendant le bruit caractéristique du frottement du bois. Aurait-il oublié de bien les fermer, cette fois-ci ? Contrarié par sa grossière erreur, il finit par relever les yeux vers son patient, scrutant ses gestes. Non, il était persuadé d'avoir bien verrouillé les tiroirs... Il ne pouvait pas avoir été aussi stupide.  

-Mon opinion importe peu dans le jugement que vous pourriez avoir vis à vis de moi, comme de mes confrères.

Il pouvait la sentir, la méfiance. Enfin, elle reprenait du service, s'insinuant dans ses veines, sous sa peau. Il y avait quelque chose de machiavélique dans le jeune homme, outre son attitude vulgaire. Les gens vulgaires n'agissaient pas comme ça. Ils se contentaient de se repaître dans leur bêtise, comme s'il était s'agit d'une vérité suprême. Mais pas Mikkel. Mikkel cherchait quelque chose. Mikkel savait quelque chose.
Et forcément le psychiatre tiqua à la mention d'un dessin d'Isak Eriksson. Coupable d'en avoir faits, au cours de quelques unes de leurs entrevues, il se retourna brusquement, éraillant l'attitude calme et composée qu'il avait eue jusqu'à présent. Son regard se durcit, analysant rapidement le document que son patient tenait entre ses mains. Non, ce n'était pas un de ces fameux croquis. Mais oui, il avait fourni avec sa seule réaction brusque suffisamment d'eau pour alimenter le moulin de Ievseï.
Il aurait dû se méfier. La mention d'Isak était évidente, toute leur petite conversation sur le rôle des dealeurs ne pouvait que mener à ça. Il avait été suffisamment stupide pour se laisser endormir par ses boniments, par la courbe de ses fesses, et s'était fait avoir comme un débutant.
Idiot. Tu n'es qu'un idiot.

-Et que pensez-vous exactement que notre relation soit, Mikkel ? Car effectivement je traite un dénommé Isak Eriksson, même si le document que vous avez brandi à l'instant n'est autre qu'un article sur l'inefficacité analytique des tests de Rorschach.

Malgré sa verve, il était nerveux. Quoi que Mikkel sache, il ne pouvait pas tout savoir. Quoi que ce sourire d'imbécile heureux cache, il ne pouvait rien connaître, ni de leur passé à Darkness Falls, ni de leur petite magouille actuelle. Il ne pouvait pas connaître tous ces détails, car même camé jusqu'aux yeux Isak savait être un homme digne de confiance. Il ne jetterait pas ses associés les plus proches, et encore moins les plus essentiels en ces temps de prohibition.
Alors pourquoi se sentait-il acculé, là, avec ce salaud en face de lui, salaud duquel il aurait gracieusement arraché la langue avec ses propres mains rien que pour ne plus avoir à l'entendre parler ? Ses doigts tapotèrent nerveusement l'accoudoir de son fauteuil, alors qu'il dardait son interlocuteur d'un regard noir comme l'encre. Il bluffait. Il ne pouvait que bluffer. Autant d'excitation, un tel refus du danger potentiel que la conversation pouvait représenter, cela ne pouvait être que ça.
Parce que s'il avait vraiment su ce que le psychiatre faisait pour Eriksson, il aurait aussi su qu'il ne fallait pas se frotter à lui. Jamais.

-Votre effronterie commence à être gênante, pour vous comme pour moi, Mikkel. N'oubliez pas que je suis d'une tenu par le secret professionnel et ne dévoilerai jamais la moindre parole que nous nous soyons échangée, M. Eriksson et moi ; de deux, que vous m'êtes également tributaire. Il ne tient qu'à moi de déclarer le moindre écart de comportement de votre part et vous finirez sagement votre vie derrière les barreaux. Il soupira, levant le menton dans sa direction sans cacher une seule seconde le mépris profond qu'il éprouvait à présent pour le jeune homme. Ses ongles se plantèrent dans les accoudoirs, pareils aux serres d'un rapace. Mais continuez, continuez, Mikkel. Je suis curieux de voir jusqu'où vous comptez aller dans vos déclarations fallacieuses et cette mauvaise tentative de chantage. Car en vérité, j'en suis persuadé, vous ne savez rien

Il ne put retenir le rictus sardonique, résolument mauvais, qui étira la commissure de ses lèvres. Un rictus dangereux, alors que son regard sans âge, celui d'un homme qui n'était résolument plus le psychiatre magnanime du début de séance, se mêlait aux rivières d'acier du russe. Et si son mépris était devenu si palpable qu'on pouvait le toucher du bout du doigt, et si ses dernières paroles laissaient entendre qu'il y avait effectivement quelque chose, il s'en moquait éperdument.
Car le roulis Italien était revenu perler sur sa langue, juste un petit arrière-fond, juste un tout petit indicateur d'une plus grosse tempête à venir.

Imitant l'attitude nonchalante, féline de son patient, il finit par se lever gracieusement de son fauteuil. Son égo avait pris un coup devant ses erreurs cumulées. Il n'y avait plus besoin de se cacher plus longtemps. Alors il louvoya vers Mikkel, rompant la distance qui pouvait encore les séparer. Dieu, qu'il avait envie d'enfoncer ses doigts dans cette jolie gorge pour en arracher les cordes vocales. Son sang bouillait, ses doigts picotaient de cette envie dévorante qu'il avait ressentie plus d'une fois de tordre le cou à quelqu'un. Violemment. Brutalement. Il en avait la force, l'avait acquise à Darkness Falls, l'avait entretenue. Il avait la puissance, celle de ses Pères, celle de l'expérience que le petit loupiot n'aurait jamais. Il pourrait le plonger dans des heures et des heures entières de souffrances, retourner tout son esprit à grands coups d'illusions, arracher sa peau centimètre par centimètre et le guérir pour recommencer. Ad vitam aeternam, cette fois-ci. Dieu n'aurait pas fini de le haïr.
Mais il n'en fit rien. Pas dès la première séance. Pas alors qu'il ne connaissait pas encore la teneur de ce que Mikkel savait, pas alors que l'autre était encore tellement engoncé dans sa propre misère intellectuelle qu'il ne réalisait pas sur quel terrain il se lançait, comme ça, tête baissée. Et si le danger sourdait tellement dans chaque parcelle de son corps qu'il se reflétait dans ses yeux, si sa propre puissance bouillonnait au point qu'elle exsudait de ses pores et que même un mortel lambda pouvait la ressentir, il n'en fit rien.

Pourtant, il approcha encore plus de Mikkel, au point de pouvoir sentir la chaleur de son corps, l'humidité de son souffle. Le jeune homme était légèrement plus grand que lui, guère plus. Il suffirait d'une balayette pour le faire s'effondrer et lui faire mordre le coin de la table basse, ou l'assommer sur le rebord de la méridienne. Mais il n'avait pas envie de nettoyer de sang, ce soir.
Alors il leva une main gracile, féline, vers le visage de son patient. Du bout des doigts, il effleura sa mâchoire, puis sa gorge, si fragile gorge, puis son torse sur lequel il les posa. Il voulait lui nuire. Il voulait tellement, tellement lui nuire, mais il devait se retenir. Le juge ne tolérerait pas de savoir que le jeune homme était introuvable. Les répercussions seraient désagréables pour tout le monde. Il se mordit la lèvre inférieure, étrécit les yeux. Le roulis de son accent méditerranéen conférait une chaleur dangereuse à son attitude.

-Vous n'avez pas l'air de vous rendre compte, Mikkel. Vous partez du postulat que vous pourriez être un danger potentiel, que vous avez quelque chose qui pourrait me faire parler. Chanter, apparemment. Mais vous avez l'air d'oublier que dans toute cette histoire, on en revient toujours au même point. Je suis le psychiatre, et vous êtes le patient. Je suis le décisionnaire, et vous m'êtes tributaire. Et de tout cela découlera votre avenir.

Grisé par la magie qui dégorgeait de ses propres veines, flot ininterrompu de puissance plus enivrant que l'alcool, ou n'importe quelle drogue que l'autre puisse absorber, il laissa une nouvelle fois sa main papillonner le long du torse du brun, effleurant maintenant son ventre, se dirigeant lascivement vers son aine. Son index accrocha volontairement la boucle de sa ceinture, tirant fermement dessus, sans toutefois imposer suffisamment de puissance pour rompre définitivement toute distance. Noah se hissa légèrement sur la pointe de ses pieds, glissant ses lèvres près de l'oreille gauche de son interlocuteur. Les mots s'égrenaient, soufflés, murmurés dans un feulement aussi sensuel que dangereux.

-Vous oubliez qu'il ne tient qu'à moi de consigner dans votre dossier que vous avez effectivement eu un comportement inapproprié à mon égard. Que vous avez tenté d'abuser de moi, de me corrompre. Que s'il se passe quoi que ce soit dans ce bureau, je suis à même de modifier entièrement les faits pour y apposer la version que je juge la plus appropriée. Et elle peut très bien ne pas être tout à fait exacte.
Après tout, qui ferait primer la parole d'un junkie contre celle d'un professionnel de la santé mentale ? Certainement pas le juge.


Il entendait le tic tac intrusif du réveil des années cinquante, posé sur son bureau, qui lui servait à chronométrer les séances. D'ici une poignée de minutes, à peine, la séance serait terminée. Il ne recula pas pour autant, conscient d'avoir la main mise sur la situation. Quoi que l'autre tente, même physiquement, ses sens étaient suffisamment éveillés pour trouver une parade aussi rapide que vicieuse. Un nouveau feulement, une nouvelle saillie verbale.

-D'ici peu, la séance sera achevée. Je vous conseille ainsi de vous concentrer sur une réponse qui puisse nous permettre d'accorder nos diapasons sur la même fréquence. Il n'y a rien de plus disgracieux que deux airs joués sans harmonie.

Une dernière phrase lourde de sens, de bien des façons. Mikkel avait le choix, cette fois-ci. Et il devrait être particulièrement méticuleux, car il n'aurait pas de seconde chance.

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MessageSujet: Re: /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)   Ven 19 Fév - 17:37



« Ni psychose, ni névrose »

Noah D. Meadow & Mikkel G. Ievseï
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Cocaïne. Le mot magique avait été prononcé sans mise en garde, avec toute l'attraction malsaine et morbide qu'il exerçait sur moi. Ma pulsion de mort. Mais le psychiatre l'avait prononcé sur un ton dénué de toute émotion, comme s'il lisait tout haut un traité de médecine, au point de le dépouiller de toute sa substance.

J'avais à peine cillé, accusant le coup sans me départir de mon masque d'arrogance. Il m'allait bien celui-là, je le soignais un peu plus chaque jour avec un narcissisme assumé, admirant les nuances diverses de mes sourires dans mon beau miroir. J'avais donc une image assez nette du visage luciférien que je renvoyais et que le docteur se refusait à contempler, me niant aussi superbement que l'exigeait sa neutralité scientifique. Pour un peu, j'aurais pu avoir l'impression d'être un cobaye qu'on étudie mais pour cela, il aurait fallut qu'il m'offre un peu plus d'attention, or c'était loin d'être le cas. Cruel dédain, maudit sois-tu.

A trop bluffer, je m'en oubliais presque moi-même et la frontière entre vérité et  mensonge devenait parfois bien brumeuse. Qui était le véritable Mikkel et à quel point se distinguait-il de mes numéros de scène ? Je me demandais vaguement sur quels éléments le psychiatre se basait pour élaborer ces théories à mon égard, notant au passage qu'il ne se pressait pas pour conclure son jugement, ce qui était tout à son honneur. Un professionnalisme notable. Néanmoins, je n'étais pas venu à son cabinet dans l'espoir d'obtenir un véritable rapport sur l'analyse de ma personnalité. Bien-sûr, je me refusais à me croire soumis à une addiction, quel qu'en soit l'objet. Billevesée et coquecigrue mon cher docteur, Mikkel était libre de toute entrave. Et même si je m'étais offert une ligne de coke juste avant la séance – ce qui me rendait sans doute encore plus prolixe que d'habitude – la dilatation de mes prunelles ne faisait pas de moi un addict. Ainsi, je ne m'émus pas de ses hypothèses, continuant à m'amuser de mes propres conneries et hochant doctement la tête aux dernières paroles du médecin. Certes non, je n'étais pas un violeur. L'envie de connaître à quel profil je pouvais bien correspondre selon lui me chatouilla le nombril mais je renonçai à le lui demander. J'étais déjà distrait par autre chose, à savoir l'envie de le narguer en fouillant ses tiroirs. Provocation. Folie. Exaltation du kamikaze.

« Arrête un peu la modestie, mon vieux Noah. Ton opinion compte beaucoup pour moi, j'te jure. Tu passes ton temps à écouter les chiants mais qui est là pour t'entendre, toi ? Moi je suis là. Tu ferais mieux de te confier, pour une fois. »

Ma vulgarité tranchait avec l’élégance de son verbe, dans une opposition de toute beauté. Le regard du médecin était un gouffre de noirceur dans lequel j'aurais pu être aspiré et y chuter ainsi pour toujours. J'épiais ses réactions avec intensité, le voyant se crisper insensiblement sur son siège. Son regard sur le document se fit inquisiteur et je cru détecter un voile d'inquiétude passer dans ses prunelles si inflexibles. Ses paroles fusèrent et j'y dépistai un certain trouble, inscrit également dans sa posture. Mes habitudes de joueur de poker aguerri m'aidaient à savoir observer, à reconnaître les signes les plus infimes de nervosité chez mes adversaires. Il ne niait pas qu'Isak soit son patient et en cela, il m'en apprenait une bien bonne car jusqu'ici, je ne savais rien de leurs relations, mon seul indice étant une carte de visite au nom de Noah D. Meadow, découverte chez mon dealer. J'attendis la suite, le bras toujours levé dans sa direction, un sourire proche de la psychose plaqué sur mes lèvres fines. Je pouffai légèrement pour toute réponse, mes yeux brillant d'une lueur moqueuse, entre insouciance et perversion. Mes doigts renvoyèrent le document d'une chiquenaude et la feuille s'envola dans un bruissement froissé, voltigeant jusqu'à choir sur le parquet.

« Et ils sont vraiment inefficaces ces tests ? C'est dommage, ça aurait pu être drôle. On peut toujours analyser notre horoscope à la place. Tu es de quel signe, toi ? Hmm attend, laisse moi deviner... »

J'ignorai sciemment ses remarques en lui faisant les yeux doux, mon regard glissant sur lui, une main posée négligemment contre ma hanche. Les paroles du psychiatre devenaient plus dures, tout comme son visage, naguère si lisse et imperturbable. Il ne riait plus du tout à présent. Sa voix chaude laissait entendre un léger accent que je n'avais pas détecté jusqu'alors et qui lui conférait un charme assez déroutant. Dangereux, certes il l'était et je m'en rendis compte tout à coup, en observant l'infinie férocité de ses opales braquées sur moi comme des armes meurtrières. Une aura se dégageait de lui, aussi magnétique qu'effrayante, et je restai figé sur place, mon visage redevenant plus sérieux. Cette fois, j'étais certain d'avoir touché la corde sensible à en voir ses réactions, sa colère palpable et cette agressivité retenue qui flottaient dans l'air entre nous. Elles se rendaient encore plus inquiétantes par la douceur avec laquelle il se mut vers moi, tout en souplesse. Mon vieux Mikkel, t'as peut-être été trop loin... merde.

Je tressaillis à peine lorsqu'il me toucha. Sur le moment, je cru qu'il allait me frapper mais il n'en fit rien. Ses gestes sur moi étaient doux et je retins mon souffle, mon regard dans le sien. On aurait pu croire qu'il se contenait et que d'un moment à l'autre, ces attouchements pouvaient se muer en agression, probablement un étranglement. Mon cœur se mit à battre plus vite, je déglutis doucement et pourtant je ne bougeais pas, partagé entre l'appréhension et la fascination, une étrange montée de panique qui me grisait et m'excitait tout à la fois. Le psychiatre changeait totalement de comportement, délaissant sa chère neutralité au profit d'une attitude aussi flippante que sexy. Si j'en fus assez décontenancé, je m'escrimais à n'en rien laisser paraître. Cette attirance pour le danger, comme un papillon qui désire se brûler les ailes à la lueur d'une chandelle, m'inspira un sourire insolent.

« Scorpion... » Ma voix n'était qu'un murmure léger et se perdit dans les réparties du psychiatre qui m'écrasait à présent d'un regard impitoyable. Pour le coup, je devenais plus silencieux, lui délaissant le champs de parole et notant au passage les moindres informations qu'il pourrait lâcher. Un frémissement m'ébranla tandis que sa main m'effleurait, mes prunelles étaient si dilatées qu'elles noircissaient presque entièrement mes yeux. Je lâchai un soupir qui se voulait effarouché alors qu'il attaquait ma ceinture, ma main venant aussitôt à la rencontre de la sienne pour capturer ses doigts. Je fermai les yeux pour une seconde tandis que le souffle chaud de sa voix teintait contre ma nuque. « Passionné, nerveux, dangereux… mortellement dangereux. » Retrouvant son regard, je passai ma langue contre mes lèvres. « Sexuellement attractif... Mais aussi, sensible, possessif et entier, ce qui explique son caractère ombrageux. » Ma voix restait basse et j'avançai mon visage avec précaution pour effleurer ma joue de la sienne et approcher à mon tour mes lèvres de son oreille. « Tu es en colère contre moi, Noah ? Oh allez… faut pas. Où est passé ton sens de l'humour, enfin. J'ai jamais fait chanter personne, parole d'honneur.» Je reculai mon visage pour le contempler, mes doigts toujours posés sur les siens.

Les battements réguliers de mon cœur se confondaient avec ceux de ce maudit réveil, dans un rythme décalé et obsédant. Si la séance approchait de sa fin, il me fallait accélérer la vitesse de mes réflexions et élaborer rapidement mes conclusions. Les indices me paraissaient suffisants pour suspecter Noah d'être un sorcier. Un sorcier, putain. Aussi mystérieux que le laissait soupçonner cette énergie invisible qui l'entourait et qui faisaient se dresser tous les poils de mon corps. Un frisson glacé le long de mon échine me fit légèrement trembler et j'hésitai pendant quelques secondes à reculer, à m’arracher à l'emprise de son regard et me mettre à l'abri, filer pendant qu'il en était encore temps. Mais quelque chose en moi me poussait à l'exact contraire, à aller jusqu'au bout dans un entêtement quasi suicidaire, à frôler les flammes jusqu'à m'y engouffrer pour de bon. Alors, au lieu de reculer, je m'avançais, au risque de sauter dans les bras de la mort et en l’occurrence, de ceux de Noah Meadow.

« Pourquoi tu serais aussi loyal avec Isak, à respecter ce qui se passe dans le secret de ton bureau alors que tu es déjà prêt à raconter des saloperies sur mon compte ? Ton professionnalisme dépendrait de la gueule des gens ou de la météo ? Ce n'est pas très logique. En tous cas, pas si on considère que tous tes patients sont censé être traités sur un même plan d'égalité. Ainsi chacun de nous devrait recevoir de toi le même respect et les mêmes… traitements de faveur.» J'insistai sur ces mots dans un léger clin d’œil.«Tu es quelqu'un de loyal par nature et aussi de très généreux. Alors, je me doute bien que tu te culpabiliserais énormément de commettre une telle injustice envers moi. Ne te fais pas autant de mal, franchement, ça n'en vaut pas la peine. » Non, je ne connaissais pas le caractère de cet homme et je n'avais rien d'un devin. Mais par jeu et caprice, j'avais décidé de l'habiller des traits de caractère du scorpion et puisque j'estimais que cela lui allait comme un gant, il en serait donc ainsi. La démesure de mon assurance était vertigineuse parfois, au point qu'aucun doute ne souillait mes affirmations dans mon esprit. Mon genoux frôla le sien, presque par inadvertance et je lui offris un sourire mutin.

« Évidemment, si tu voulais me faire chier, tu pourrais facilement le faire, j'en suis parfaitement conscient, t'en fais pas. Par contre, j'suis pas tout à fait d'accord avec toi sur un point. » Dans une impulsion, je collai mon bassin au sien, plaquant mes paumes contre ses hanches. « Tu as beau bénéficier d'un certain pouvoir avec ta position, tu n'es pas intouchable. Ce n'est pas une menace mais simplement une rectification de ce que tu viens de dire. Tu comprends, j'aime bien remettre les choses à leur place. Et il faut que je t'avoue quelque chose... » Mes mains glissèrent effrontément contre ses hanches, jusqu'à capturer brutalement ses fesses. « J'ai une propension au bavardage assez incontrôlable et je ne sais pas à qui je pourrais parler de toi, que ce soit aux autorités ou à tes proches. Sans le faire exprès... mais ça risquerait de nuire à ta réputation s'ils savaient que tu donnes de la drogue à tes amants. » Mes derniers mots furent soudainement recouverts par la sonnerie du réveil, agressive et désagréable, qui annonçait la fin de la consultation. Je levai les yeux au ciel dans un souffle.« Tu sais que c'est interdit pour un mec d'embrasser un autre homme sur la bouche ? Mais moi je suis russe et c'est comme ça qu'on se salue dans mon pays. » Refermant mon emprise avec fermeté contre ses rondeurs, je happai aussitôt ses lèvres sans le lâcher du regard, lui offrant un baiser vorace.

Spoiler:
 

 

 

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MessageSujet: Re: /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)   Sam 20 Fév - 4:33



Ils avaient dépassé de loin la période des civilités. Depuis que Mikkel avait clairement montré qu'il n'était pas ici seulement pour l'injonction du juge, mais aussi pour soutirer des informations à Noah. Depuis que le monde est monde, il porte à sa surface des créatures à l'égo aussi grand que les gratte-ciels, aussi massif que la planète elle-même. Des créatures sensuelles, séductrices, qui en attiraient d'autres inéluctablement depuis des périodes antédiluviennes. Peut-être qu'il ne fallait que cela, cette petite étincelle, ce dosage subtil de férocité pour que Noah voit rouge. Sauf que les tables avaient tourné, distillant avec leur changement capricieux un soupçon d'animalité.
Le goût de la chasse. Quelque chose qu'il n'avait plus ressenti avec autant d'intensité au cours de ses séances de psychiatrie. Mikkel Ievseï était un être magnétique, aux yeux métalliques et à la démarche électrique. Plus qu'un humain, il avait des attitudes qu'il n'avait que rarement pu voir, et qui, même si l'idée même pouvait lui arracher la gueule, l'attirait comme un papillon vers la lumière. Combattre l'égo par l'égo, la sensualité par la sensualité. Grisé par son propre pouvoir, celui qu'il ne dissimulait même plus alors qu'il s'était approché de son "patient", Noah ne s'était pas rendu compte qu'il se dirigeait lui-même vers sa propre perte.
Il n'y avait plus de demi-tour possible, là. Pas alors que leurs corps s'enlisaient dans la chaleur, bien trop proche, de l'autre, ou que leurs égos menaçaient de s'entretuer pour une cause indéfinissable.

Dans tous les cas, laissant l'autre tergiverser quand à ce nonsens que sont les signes astrologiques, son rictus s'élargit. Un scorpion, à la bonne heure. Il ne savait définitivement rien, ni de la merde dans laquelle il se fourrait, ni même de qui était son adversaire. Et encore moins de tout ce qui pouvait tempêter comme idées, sous ses propres boucles brunes. Il avait du répondant, il fallait bien le lui accorder. Mais toute sa belle gouaille ne suffirait pas à calmer cette ivresse subite du contrôle qu'il sentait pulser dans tout son corps.
Noah ricana, une nouvelle fois. Un rire de hyène, soufflé, soupiré contre la peau de Mikkel alors qu'il amenait ses futiles conclusions. Lui, un homme loyal qui culpabiliserait d'avoir manqué à ses devoirs ? Quelle grossière erreur, quelle blague délicieuse, du Grand Guignol. Une nouvelle preuve que le jeune homme ne savait rien du sorcier qu'il avait en face de lui, et continuait de se vautrer dans l'ignorance crasse de celui qui cherche à obtenir raison. Sans jamais l'avoir.  

-Je crains que vous ne vous fourvoyez une nouvelle fois, Mikkel.

Si la fin de la séance, Noah ne bougea pas d'un centimètre. Pas alors qu'il tenait sa proie au creux de sa main, et la regardait se débattre avec la curiosité malsaine du prédateur prêt à l'achever. Il l'écoutait, l'écoutait tergiverser, l'écoutait continuer ces babillements longs et inutiles qui semblaient un élément constituant de sa personnalité. Un défaut, à proprement parler, qu'il rêvait d'annihiler au point que l'envie lui faisait presque tourner la tête. Ferme ta grande gueule, Ievseï, tu t'enfonces tellement que tu vas prendre racine dans le noyau même de la Terre.

-Encore une fois, ce ne sont que des suppositions. Des théories, ce que votre engeance appellerait du bluff. Et pourtant rien ne garantit l'exactitude de vos postulats, Mikkel. Rien. Vous me parlez d'Isak Eriksson, et je vous réponds qu'effectivement il est mon patient. Mais vous ignorez tout de la teneur de nos échanges, puisque vous ne vous trouvez pas dans cette pièce au moment où il se tiennent. Mais vous accusez, accusez encore, dans le but de trouver la moindre petite information qui pourra satisfaire votre égo, voire votre curiosité. Alors laissez-moi vous dire quelque chose : je suis bélier, et impartial.

Les mots avaient été susurrés une nouvelle fois, sensuels et dangereux, juste au creux de l'oreille du jeune homme, sans même qu'il ne daigne retirer sa main. Il ne l'aurait probablement pas pu, pas avec celle de Ievseï sur la sienne, comme un appel, une invitation à continuer le jeu. Cap ou pas cap. Le premier qui pliera aura la fessée de sa vie.
Et Mikkel louvoyait encore pour tenter d'avoir le dessus. Les sourcils du psychiatre se froncèrent alors que son patient continuait ses affabulations, et il n'eut pas le temps de rétorquer que les mains du bluffeur se trouvaient déjà, impérieuses, sur son corps. Que la distance entre leurs deux corps était brisée, que son souffle, qu'il avait parfaitement contrôlé jusqu'à présent, se raccourcissait. Outre la brûlure que provoquait le passage des mains de son patient provoquait à même sa peau, Noah tiqua à l'évocation de deux mots. Amants. Drogues. S'il n'était pas aussi bavard, il aurait déjà additionné deux plus deux depuis bien plus longtemps. Et l'étau ne se refermait pas seulement physiquement sur le psychiatre, mais aussi dans les paroles du jeune fou. Il approchait du but. Et vraiment trop vite au goût du sorcier.

Il était temps d'agir, à présent. Temps de lui rabattre le caquet d'une nouvelle saillie verbale, d'un jeu de mot incisif, puis de créer une petite illusion pour le faire taire une bonne fois pour toutes. Mais il n'eut le temps de rien faire. Au contraire, il eut juste le temps de pousser un léger grognement étouffé, les lèvres de Ievseï plaquées contre les siennes, ses mains malmenant ses sens avec une intensité qu'il n'aurait jamais crue possible. Il s'était trop laissé enivrer par la puissance. Maintenant son corps en demandait bien plus que de raison, alors que son esprit cherchait encore à quoi se raccrocher pour trouver une solution plus vicieuse, et nettement moins dangereuse pour sa réputation.

Mais il était trop tard. Sans se préoccuper du réveil, qui aurait dû annoncer la fin de tout, il raffermit sa prise sur la ceinture de Ievseï, pressant son bassin au sien, et ses lèvres contre les siennes. Répondant à la voracité par la voracité, il donna un coup de dents aux lèvres fines de son maître chanteur, rompant par là-même l'échange, le souffle court et le cœur affolé. L'envie, funeste partenaire, s'immisçait dans ses sens, réchauffant son corps d'un demi-degré suffisant pour que son dos se creuse légèrement. Ses propres pupilles s'étaient dilatées alors qu'il les plongeait dans les puits sans fond du drogué. La puissance affleurait de sa peau, électrisante, dénuée de tout contrôle.

-Peut-être avons-nous la possibilité d'arriver à un accord qui nous satisfasse l'un et l'autre, dans ce cas...

Jouer la carte de la sensualité n'était pas une bonne idée, il le savait. Mais il avait lui-même orienté le jeu dans ce sens, et avec un bluffeur comme Mikkel, il allait devoir avoir une nouvelle main suffisamment solide pour faire pencher la balance en sa faveur. Insolent, il glissa sa main le long de l'aine de son patient, refermant ses doigts avec fermeté sur l'objet de sa négociation. Son rictus n'avait pas été altéré par la surprise, ou le danger. Bien au contraire, il dévoilait à présent des canines trop sûres, et une détermination bien trop ancrée dans sa charmante tête.

-...un accord qui se baserait sur la satisfaction l'un de l'autre, et se solderait sur des révélations quant à la nature de mes relations avec Isak Eriksson, puisque telle semble être votre obsession. Et cela, avec la promesse que ce qu'il s'est passé dans ce cabinet ne dépassera jamais les murs de ce cabinet. Sous aucun prétexte, même celui d'une langue bien trop pendue.

Il était prêt à s'engager dans cette pente-là. Mais il ne trahirait pas Isak, même pas pour tout l'or, toute la débauche, et tout le luxe que l'on pourrait lui offrir. Isak Eriksson avait bien plus de valeur à ses yeux que Mikkel Ievseï. Mais il entretenait des projets nettement plus grands pour le jeune homme contre lequel son corps se lovait à présent, des projets qui apporteraient une satisfaction certaine sur bien des plans. Sans attendre de réponse, ou plutôt pour éviter d'avoir une réponse immédiate, il reprit avidement les lèvres de son patient, ses doigts explorant entre leurs bassins. Sa main libre se nicha dans la nuque du brun, l'attirant encore plus près pour ne plus lui laisser de choix que celui d'accepter sa proposition.
Le réveil sur le bureau cessa de sonner, libérant à nouveau leurs oreilles torturées. La soirée était assez avancée pour se permettre toutes formes de digressions, personne ne devant passer la porte de ce bureau pour une nouvelle séance. Il ne restait plus qu'eux, le tic tac obsédant du réveil soixantenaire, et la longue agonie de leurs corps comme de leurs sens.
Qu'eux, et le plan qui prenait forme dans l'esprit de Noah, alliant plaisir et humiliation.

Languide, il relâcha finalement les lèvres trop fines du parleur, y passant distraitement la langue avant de replonger ses yeux dans les siens. Ses doigts se resserrèrent, où qu'ils fussent, alors qu'il instillait un soupçon de pouvoir à leur extrémité, se concentrant sur la chaleur de sa peau et ses iris. L'air de chasser une mèche de son front, il expira vers leurs fronts, se concentrant pour créer l'illusion d'un rail de coke remontant le long des narines de Mikkel. Quel mal y avait-il à créer une légère illusion, celle de la drogue qui secourait sa tête, envahirait ses sens, afin de faire plier son esprit pour accepter sa proposition ? Après tout, ce n'était pas comme s'il avait révélé d'office sa condition de sorcier. Il l'avait trahie, mais le mot n'était pas sorti une seule fois de sa bouche. Et Mikkel n'était qu'humain. Déjà drogué il y avait de fortes probabilités qu'il assimile la sensation à un retour de dope, et la meilleure qu'il puisse fourrer dans ses narines. Enfonçant légèrement ses doigts dans sa nuque pour le pousser à se concentrer sur l'illusion, sa main entre leurs bassins se faisant plus déterminée, il mordilla sa lèvre inférieure, avant de soupirer doucement, peau contre peau, souffles entremêlés.

-Les Russes s'embrassent peut-être en guise de salut. Mais nous autres, Italiens, sommes nettement plus... tactiles. Alors, qu'en dis-tu Mikkel ? Ce compromis serait profitable sur bien des aspects, et sans aucun danger pour qui que ce soit.

Ses propres reins commençaient à l'élancer, mais il était nettement plus en contrôle qu'il ne l'avait jamais été. Et là, il souhaitait le beurre, et l'argent du beurre. Avec un peu de chance, il aurait un petit soupçon supplémentaire, selon la configuration des lieux qu'il connaissait comme le dos de sa main.
Car si le jeune homme aiguisait rudement ses sens, il avait autre chose en tête en ce qui le concernait. Quelque chose de plus grandiose, de plus glorieux, qui pourrait rabattre le caquet définitivement du jeune coq tout en lui apportant une satisfaction immense. Et il avait suffisamment d'objets contondants dans son bureau, où que le jeune homme le plie, si tel était son destin. C'était tout du moins celui qu'espérait son corps.

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MessageSujet: Re: /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)   Ven 26 Fév - 17:29



« Ni psychose, ni névrose »

Noah D. Meadow & Mikkel G. Ievseï
featuring

Le goût de ce baiser avait celui de l'interdit, la saveur puissante d'un caprice qu'on s'offre en toute insouciance, en toute inconscience. Là dans ce bureau trop sévère où l'ordre semblait rimer avec bienséance, où le médecin était censé mesurer la torsion de mon âme. Là dans ce cadre tant porteur de symbolique où l'on étiquetait les individus selon les valeurs de la société bien pensante et moralement correcte érigée par notre gouvernement. Tout s'effondrait. Les corps enlacés du docteur et de son patient s’arrimaient l'un à l'autre pour un combat au corps à corps, pour une lutte ou ni l'un ni l'autre ne reculerait, grisés par ces ondes étranges qui vibraient dans l'air. La douleur de sa morsure m'arracha à ses lèvres, le temps de retrouver son regard, de lécher la petite goutte sanglante qui perlait sur ma peau et de sonder l'océan de ses yeux. Opaque. Et j'étirai mes lèvres dans un sourire vicieux. L'intensité de son regard aurait sans doute dû me faire fléchir, je n'avais pu faire autrement que ressentir l'aura ténébreuse qui l'entourait et qui présageait de la force d'un pouvoir obscur, ruisselant dans ses veines. Mais moi j'étais un sagittaire. Fougueux, audacieux, rebelle. Et mortellement optimiste.

J'avais ressenti une tension dans ses muscles, une vibration dans ses chairs que je pétrissais sans vergogne. Si j'ignorais ce qui se passait dans son crâne, je pouvais aisément deviner que mes provocations hasardeuses l'avaient touché d'une manière ou d'une autre. A sa réponse, je délaissai aussitôt tout le reste, trop heureux de ce que j'entendais. Mes interrogations concernant ce ressenti immatériel et inexplicable qui flottait dans l'air passèrent aussitôt au second plan. Un accord. Ce simple mot eu le don de chasser toutes mes autres pensées pour un temps, alors que mes yeux se plissaient dans un nouveau sourire victorieux. Le psychiatre possédait manifestement assez d'expérience dans l'analyse de l'esprit humain pour séparer le bon grain de l'ivraie. Il avait vu juste en moi, il avait percé à jour le manipulateur que j'étais, armé de son audace pour unique canon et de son bluff comme simple munition. Quelle importance ? J'étais un joueur et c'était le plaisir du jeu en lui-même qui m'excitait, avec toute la prise de risque associée. Peut-être que Noah l'avait pressenti, peut-être qu'il avait détecté à quel point j'étais sensible aux défis. Tu fais un pas, j'en fais un autre. Mais ce ne sera jamais moi qui plierais.

Je tressaillis légèrement sous sa poigne, expulsant un soupir provocateur. L'assurance de cet homme ne souffrait d'aucune faille et je m'obstinai à soutenir son regard, profitant de ma taille, légèrement plus haute, pour l'écraser de ma propre impudence. Mes fameuses théories, aussi exubérantes et improvisées soient-elles, n'étaient pas si absurdes finalement, contrairement à ce qu'il m'affirmait quelques minutes à peine auparavant. Aucun pouvoir quel qu'il soit ne permettait de lire les pensées ni de deviner si oui ou non une personne mentait. En tout cas, pas à ma connaissance. Alors, en dépit de tout, Noah Meadow ne pourrait jamais être certain que je bluffais ou pas, même s'il s'obstinait à me l'assurer, avec tout le dédain dont il était capable. Moi, je ne me démonterais jamais, même s'il m'impressionnait par son intelligence, assez rare parmi la faune que je fréquentais pour être notée. Et à vrai dire, je ne notais pas que cette qualité chez ce bellâtre aux yeux de braise.

Mes paupières cillèrent légèrement. Je fronçai les sourcils lorsqu'il évoqua ma sois disant obsession pour le dealer et une moue se forma sur mes lèvres sans que je ne réponde rien. De toutes façons, il ne me laissa pas la possibilité de répliquer ou de négocier quoique ce soit. C'est à peine si j'eus le temps de véritablement réfléchir aux modalités de sa proposition ou même à traduire concrètement les termes de cet accord dans mon esprit. Je frémis sous l'assaut de ses lèvres, partagé entre la surprise et l'excitation. Une excitation malsaine, ravivée par l'angoisse et ce désir inconscient d'auto-destruction qui me hantait. Une excitation qui me rappelait l'intensité de ma folie dans une sensation étrange et troublante. Celle que je ressentais lorsque le fantasme devenait réalité, lorsque mes élucubrations devenaient concrètes et m'apparaissaient comme une réalité choquante. Noah aimait les hommes. Noah était prêt à tout pour protéger les secrets d'Isak. Et moi, je venais de mettre le doigt sur la nature du lien pervers qui les unissait.

Je fermais les yeux, l'esprit enfiévré, dévoré par des envies contradictoires. Peut-être bien que j'aurais dû m'arracher à son emprise, le repousser et foutre le camps. Est ce que je ne valais pas plus que ça, offrir mon corps à un mec qui me méprise en échange de quelques cachetons ? Sans doute pas. Parfois, mon mépris de moi même me tombait soudainement dessus, en miroir à celui que m'avait toujours renvoyé mon père. J'avais tellement envie d'une dose en ce moment… Merde. J'avais envie de sexe aussi et mon corps me le hurlait alors que les doigts audacieux du docteur attisaient avec violence mon désir qui se tendait de plus en plus sous ses attouchements. Retrouvant son regard, je repris mon souffle, mes ongles s'enfonçant dans sa chair par dessus ses vêtements. Était-ce l'énergie sexuelle qui me dopait en ce moment ? Le souffle du psychiatre me fit tanguer légèrement et je relâchai un peu mon emprise, le regard voilé. Cette sensation qui me tombait dessus était si étrange… Comme si j'étais soudain touché par la grâce, comme si je me libérais des chaînes douloureuses de manque d'estime de moi. Non, je me trompais. Il n'y avait aucune raison d'avoir la trouille ou de douter de moi-même. Que nenni. Un sourire frondeur refit surface contre ses mordillements, aussi attrayants et électrisants soient-ils.

Je repris l'assaut et ma langue s'insinua dans sa bouche, cherchant la sienne, l'embrassant avec une fougue presque agressive. L'attrapant par les épaules je le poussai brusquement en arrière, avançant avec lui, sans cesser ce combat de nos langues, dévorant sa bouche avec acharnement. Ne plus rien voir, ne plus penser au danger ni à mes doutes, m'accrocher à cette sensation d'être paré à tout et n'importe quoi en étant sûr d'assurer, toucher du bout des doigts la connaissance ultime…Voilà qui était le vrai Mikkel. Un allumeur certes mais qui assumait le désir qu'il éveillait chez les autres avec un plaisir conscient. Mes jambes contraignirent les siennes à reculer encore jusqu'à ce que ses mollets rencontrent la fameuse méridienne qu'il destinait à ses patients. Je l'y renversai sans prévenir, l'écrasant aussitôt de mon corps léger, mordant sa langue dans un excès d'ardeur, le goût du sang se mêlant à notre échange. Alors je m'arrachai à ses lèvres pour mieux dévorer sa gorge brûlante, hanté par la fièvre d'un instinct carnassier. Mes murmures s'échappaient entre mes baisers voraces, tandis que mes mains s'attaquaient à sa ceinture que je dégrafai avec empressement, ouvrant son pantalon dans le même mouvement.

« Les béliers foncent tête baissée hein… j'le savais Noah. Pire que les scorpions. Tu es pire… pire que ce que je croyais. J'aime ça. »
Je me redressai pour le contempler alors que d'un geste ferme, j'attrapai les pans de sa chemise pour l'ouvrir brutalement dans un craquement de tissus, en arrachant les boutons qui roulèrent sur le sol. Mes lèvres descendirent alors le long de son torse dénudé, effleurant sa peau brûlante, offrant un coup de langue contre son ventre, errant le long de ses abdos dans des caresses insidieuses de ma bouche pour aboutir à la limite de son boxer.


« Elle te plaît ma langue trop pendue ? Hmm… J'ai pas de raison de répéter quoique ce soit. Tu peux tout me dire… sérieusement ouais, j'ai envie de savoir. Mais j'ai surtout envie de came. Et si tu veux qu'on fasse un échange sur nos habitudes culturelles, ce sera avec plaisir… Laisse moi te montrer à quel point les russes sont très communicatifs et … chaleureux. »

Pas de danger. C'était ce qu'il prétendait mais quelque chose me commandait de rester malgré tout sur mes gardes. Une méfiance vague, une appréhension qui me chatouillait le ventre et que je ne percevais que comme la froide lucidité dont j'étais heureusement pourvu. Mes habitudes sexuelles n'étaient pas celles auxquelles le psychiatre semblait aspirer. Cependant, j'estimais que dans une certaine position, le psychiatre ne risquait pas de me brutaliser ou de tenter de me faire du mal. Quant à moi, je n'avais pas l'intention de lui en faire, je n'en ressentais pas de raison, tout au contraire. Pourtant la manière donc je l’agrippai pour le contraindre à se retourner fut assez brutale, sans doute accrue par la sensation grisante de la certitude. Le goût de la victoire. L'extase à l'état pure.

« Tu crois toujours que je suis accro au sexe ? Tu profites honteusement de ta position de psy… Dis moi à quoi tu marches toi… accro à la violence, à la brutalité... à la douleur ? » A ces mots, je me penchai pour mordre violemment son cou, sur une impulsion subite, dictée par ma folie, ma témérité, ma dépravation. 

 

 

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MessageSujet: Re: /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)   Lun 2 Mai - 2:48



Equilibriste, il continuait de progresser sur cette corde raide, un cheminement commencé depuis que Ievseï avait passé la porte de son cabinet. Il n'aurait jamais dû entrer dans le jeu de son patient, s'en tenir à seulement les apparences, seulement le professionnalisme. Ce n'était pas comme s'il était payé juste pour apposer sa signature sur un petit bout de papier. Un état de fait qui partait progressivement en fumée, aux tréfonds de son esprit, alors que la chaleur corps contre le sien se concrétisait, bien plus réelle qu'un ordre de juge à la con. Et au diable ce que pouvaient penser les honnêtes gens, au diable ce que pouvait exiger un juge quant à l'impartialité du praticien, au diable la bonne morale ou le regard de Dieu. Qu'il rougisse, cet Enfoiré, qu'il pleure sur la déchéance dans laquelle s'abandonnaient ses créatures, qu'il se fustige quand ses serviteurs les plus fidèles s'acoquinaient avec le stupre sans la moindre retenue. Ah, il n'en voulait pas, des souillés. Que la souillure soit belle, qu'elle dure, qu'elle soit aussi agréable que décadente.

Le défi, c'était ça qui l'animait à présent. Celui de défier la morale, l'éthique, la bonté et les bonnes pensées pures et chastes. Celui de dire au divin qu'il n'y avait, en fin de compte, que le goût du risque qui vaille réellement la peine de prononcer Son nom. Que le parjure valait la chandelle, dans ce petit soupçon de fierté démesurée à chaque fois qu'un homme posait ses mains sur son corps. Un grand merde à l'une de ses plus cruelles trahisons. Qu'il haïsse les impies comme les impurs, il se roulerait une nouvelle fois dans la souillure sans même y réfléchir à deux fois.
Mais il y avait aussi ce défi qu'il venait de s'imposer à lui-même, celui de donner une leçon à ce cher Mikkel Ievseï. Et s'il ne se montrait pas particulièrement en position de force dans la configuration actuelle, il n'en restait pas moins en contrôle. Une sensation grisante que de pouvoir déchaîner les passions juste par le contact, juste avec quelques mots. Parce qu'il savait au fond qu'il obtiendrait nettement plus de cet échange que ce que Mikkel espérait avoir. Et qu'il ne trahirait toujours rien de sa réelle relation avec Isak. Pour ça, son patient devrait faire nettement plus que lui passer simplement sur le corps.

Corps qui réagissait de façon épidermique aux assauts de son patient, ses mains glissant le long de ses muscles ciselés, explorant, obsédant, l'énergie et la chaleur se diffusant de façon discontinue de la pulpe de ses doigts. Chaque occasion était bonne pour saisir le petit moment où l'autre respirait, où leurs lèvres avides se relâchaient, pour recentrer sa concentration dans l'illusion de cette drogue trop parfaite pour être réelle. Et la sensation de tenir les addictions multiples de son patient là, au creux même de sa main, était toute aussi grisante que de se sentir malmené par un trop plein d'avidité. Pouvait-elle être de trop, en réalité ? Non. Pas alors qu'il basculait sur la méridienne trop confortable de son propre bureau, le choc dégageant une nouvelle onde électrique tout le long de ses membres. Pas alors qu'il glissait ses doigts dans les mèches brunes de Ievseï, savourant ses lèvres sur sa peau comme le fait qu'il ouvre enfin sa grande bouche sur autre chose que de vaines paroles. Un soupir marqué, profond, s'échappa de sa gorge alors qu'il fermait les yeux sous la sensation, un sourire victorieux vissé sur son visage. Et bien malgré l'ivresse, un rire silencieux, malsain, secoua ses épaules. Il aimait ça. A la bonne heure. Il n'avait pas fini, dans ce cas, le psychiatre n'ayant aucune intention de ne pas profiter de la situation.

La satisfaction se teinta presque aussitôt de frustration quand la voix du jeune homme résonna à nouveau dans la pièce, l'empêchant de profiter de l'instant présent. Le psychiatre se redressa aussitôt sur un coude, toisant son patient, avant qu'une lueur profondément malsaine s'allume au fond de ses prunelles.

-Tu auras tes réponses quand nous en aurons fini. Quand notre accord sera définitivement scellé, et que j'aurai eu ma part du marché. Pas avant. Quant à la "came", je ne pourrai probablement pas t'en procurer, mais je te promets une expérience au-delà de tout ce que tu as déjà pu glisser dans tes narines.

Ses doigts relâchèrent les mèches brunes qu'ils tenaient fermement, leur revers s'acheminant le long de sa pommette pour empoigner finalement le menton de Ievseï, alors qu'il le gratifiait d'une nouvelle illusion. Sens-la, cette dope que tu exiges. Sens-la filer dans ton sang, imprégner chacune de tes cellules, emporter tous tes sens comme si tu la reniflais à même mon corps. Plus pure que le poison que tu connais. Plus intense que quoi que ce soit que tu aies jamais su expérimenter.
Son impression de contrôle bascula toutefois en même temps que le reste de son corps, changeant la configuration et des lieux et de l'espace. Concentré sur son illusion, il fut surpris par le geste, et ne réussit à se rattraper que par réflexe. Ses sourcils eurent beau se froncer sous le changement soudain, il ne put empêcher ce frisson qui parcourut son échine alors qu'il dardait un regard noir sur l'impudent.

Non, il n'avait pas prévu ça, mais il n'allait pas s'en plaindre non plus. On ne crachait pas sur une occasion de rendre une séance complètement rasoir en une petite partie de plaisir coupable. Pourtant, la méridienne n'avait pas ses grâces. Pas cette fois. Pas alors qu'il avait une autre idée en tête, bien que remisée dans les tréfonds de son esprit à l'heure actuelle. Une idée fixe, et aucun moyen de la mettre en application là où ils étaient. Alors, l'air mutin, il tendit la main en arrière pour repousser fermement Mikkel et se dégager de son emprise. Certes, il voulait que l'autre ait le dessus. Mais pas sans que ça ne soit selon ses propres termes. Et s'il se lova a nouveau contre lui, imprimant un nouveau baiser sans équivoque sur ses lèvres, il ne put s'empêcher une oeillade un peu coupable. Juste un peu.

-Pas comme ça. Pas là, du moins.

La question de Mikkel était restée en suspens, et il jugea bien meilleur de lui répondre par des actes plus que par de vaines paroles. Glissant ses doigts derrière la ceinture de l'impétueux, sans se départir de la chaleur de son corps, il recula en l'attirant jusqu'à son imposant bureau. Pas que cela meilleur pour lui, loin de là, mais au moins il pourrait entreprendre autre chose, une fois le temps venu. Le rebord du bois s'enfonçant dans son dos, Noah se fendit d'un léger rire, ses mains tirant au passage sur la chemise de son patient, l'une d'entre elles glissant le long de son dos pour mieux le rapprocher.

-Une question piège, s'il en est, dont je suis sûr que tu as déjà une idée de la réponse.


Le plaisir était un abyme dans lequel Noah ne se laissait que trop aller, électrisé par les sensations, poussé encore et toujours dans ses derniers retranchements. S'il était en proie au déferlement de sensations qu'il sentait sur sa peau, dans chaque parcelle de son corps, le poussant à céder aux caprices de l'ivresse pour reprendre spontanément les lèvres de son patient le temps d'un baiser ombrageux, son regard, lui, ne quittait pas le presse-papier en verre poli. Un presse-papier dont la surface luisante attirait l'oeil, solide, épais et lourd, qui ferait parfaitement l'affaire.

Le souffle lui manquait encore quand il sentit le corps de Ievseï s'alourdir contre son dos, tout aussi pantelant que lui. Un sourire paresseux s'étira sur ses lèvres alors qu'il glissait ses doigts dans sa nuque, fourrageant dans ses cheveux humides pour l'attirer dans un baiser en apnée complète. Une ponctuation à une session de thérapie plutôt intense, une forme de remerciement pour ce qui était fait comme ce qui était encore à venir. Car dès qu'il sentit les lèvres de Mikkel s'ouvrir à nouveau, prêtes à claquer sur de nouvelles provocations, le geste partit tout seul.

Dans un bruit sourd, le lourd presse-papier de verre heurta la tempe de Mikkel, l'expédiant aussi sec dans le doux néant de l'inconscience.


~~~¤~~~¤~~~


Jetant un regard distrait à Mikkel, qu'il avait vaguement rhabillé et allongé sur la méridienne, Noah passa une main dans ses cheveux pour les tirer en arrière. Le geste n'avait rien de gratuit, dans son entreprise, et s'il avait un peu agi comme une mante religieuse, le cannibalisme en moins, il n'en était pas moins particulièrement satisfait. Son coeur avait retrouvé un rythme à peu près normal, sa respiration, bien qu'encore un peu fébrile, était déjà plus stable. Le combiné de son téléphone au creux de l'oreille, il attendit que quelqu'un prenne l'appel, le regard toujours rivé sur la poitrine de son "amant" qui se levait et s'abaissait d'une cadence satisfaisante.
On finit par décrocher, une voix un peu incertaine. A moins qu'elle ne fut agacée. Noah s'en fichait un peu, à vrai dire, qu'il soit agacé ou non. Il avait la proposition du siècle, et c'était maintenant, peu importait le bruit d'eau qu'il lui sembla entendre en fond.

-Liam ? Tu te souviens de ce que je t'avais promis, par rapport à nos sessions de sorcellerie ?
-Oui... ?
-Viens chez moi ce soir, j'ai le sujet idéal. C'est de l'eau que j'entends couler... ?
-J'allais prendre une douche...
-Prends en deux. Trois même. Voire quatre. J'ai besoin d'en prendre une aussi, et d'un peu de temps pour tout préparer. Prends un bain en fait.

Il raccrocha sans laisser le temps à Liam d'en placer une, encore trop décousu pour se focaliser réellement sur la discussion. Oui, il avait besoin d'une bonne douche. Et il avait du pain sur la planche pour préparer toute la scène, afin que le rituel soit parfait. Leur petit accord allait porter ses fruits, pour une fois. Et Mikkel, avec sa langue trop bien pendue et sa gueule d'amour ferait le cobaye idéal.
Mais pour cela, il devait être prudent. Se rhabillant rapidement, il jeta un dernier coup d'oeil à l'inconscient pour s'assurer qu'il ne soit pas plus mort que vivant. Un hématome de la taille d'un poing commençait à assombrir sa tempe, dépassant à peine, pour le moment, de sa chevelure, annonciateur soit d'une belle bosse, soit de bons maux de crâne à venir, mais tout le reste semblait encore en relativement bon état. S'autorisant un instant de faiblesse passager, le sorcier se laissa happer par la sérénité de ses traits, dans l'inconscience, et repoussa tranquillement une mèche de son front pour le dégager. S'il avait su, le jeune homme ne se serait jamais montré aussi belliqueux. Mais la beauté du geste résidait dans son impudence. A trop se frotter au feu, il s'était brûlé. Et même si, toutes considérations faites, il serait dommage de gâcher un si joli minois en ratant le sort, il en aurait tout de même profité un peu. La fortune sourit aux audacieux.

Restait qu'il devait s'assurer que Ievseï ne soit pas en état de se rebiffer contre eux, le moment venu. Sortant de sa rêverie, le pragmatisme froid revenant au galop, Noah se faufila malgré l'engourdissement de ses propres jambes jusqu'à son cellier pour attraper quelques herbes et les écraser grossièrement au burin. Juste de quoi assommer un peu plus Mikkel. Juste de quoi s'assurer qu'il ait suffisamment de marge d'action pour prendre sa douche, préparer le terrain comme le sujet et laisser le temps à Wiggins de débarquer sans risquer une fuite inopinée de leur cobaye. Les herbes furent mélangées à un peu d'eau, et le liquide glissé dans le gosier de l'inconscient. Cela ferait l'affaire. Au pire, il avait toujours des restes de la mixture en l'état au fond de son mortier. S'offrant un dernier moment de contemplation, Noah poussa un soupir. Quel gâchis s'il en venait à mourir, quand même, compte tenu de ses capacités. Mais eh, ça faisait partie du jeu.

Faisant les allers-retour entre la cuisine et son bureau, il prit son temps pour faire un brin de ménage, effaçant tranquillement toute trace de ce qu'il venait de se passer. Pas que la position de Wiggins l'impressionne au point de vouloir cacher ses frasques, non. Mais par respect pour celui qui risquait de se retrouver transformé en charpie, il pouvait bien lui offrir le plaisir de partir avec encore un minimum d'honneur. Et parce que Noah ne supportait pas l'idée de laisser des traces suspectes au vu et au su de tous, comme ça, sur son lieu de travail. Offrant à Mikkel le luxe d'une petite toilette rapide et d'une remise en ordre sommaire, il ramena la bassine à la cuisine et monta à l'étage pour s'offrir le même privilège.
L'eau chaude s'écrasa sur ses épaules, délassant ses muscles engourdis par l'effort, douloureux par les mauvais traitements, avec un plaisir sans bornes. Profitant de cet instant de délices pour remettre de l'ordre dans son esprit, une dernière fois, il ne put s'empêcher un éclat de rire. Si l'incantation réussissait, Liam Wiggins ne serait pas seulement son apprenti. Il lui serait également redevable, d'une certaine manière, quand bien même il ne se doutait pas un instant de ce que créer un Skinchanger pouvait signifier sur le long terme. Mais rien ne garantissait que le rituel fonctionne entièrement. C'était ce qui faisait la beauté de leur condition de sorcier : des fois, ils jouaient avec le Destin, quitte à s'y brûler. Et des fois, le résultat n'était pas bien ragoûtant.

Il allait devoir installer une bâche ou une protection sous Mikkel, juste au cas où. Achevant ses ablutions, il tira une serviette de bain d'une main lasse et croisa son reflet goguenard, malgré ses traits tirés, dans le miroir. S'adressant une légère courbette, il quitta la sale de bains pour enfiler des vêtements propres et redescendit l'escalier, dont il ferma la porte à double tour. Son patient n'avait pas bougé. A la bonne heure.

Bonne heure effectivement, quand il entendit la sonnette du vestibule retentir dans le duplex. Jetant un bref coup d'oeil au vieux réveil art déco qui lui servait à chronométrer ses séances, il ne put s'empêcher de noter que pour un mec supposé prendre un bain, ou une demi-douzaine de douches, Wiggins était sacrément en avance. Ce qui ne l'empêcha pas de lui ouvrir la porte du hall, comme celle de son appartement, et de revenir a ses considérations.
Les bras croisés à l'entrée du bureau, il évaluait encore les dégâts potentiels que pourrait provoquer un rituel raté à son plancher en bois d'époque, quand il entendit le bruit des chaussures ministérielles dans l'escalier. Distraitement, le psychiatre lança à la cantonade, lorsque les pas franchirent le pallier.

-Tu tombes à point nommé, Liam, je me demandais justement s'il faudrait protéger le sol avec un rideau de douche, ou si tu te sentais suffisamment fort et assuré pour réussir le rituel du premier coup.

Il savait pertinemment que l'exercice était une grande première pour son apprenti, mais il ne pouvait pas s'empêcher la remarque. Le dilemme était bien réel entre tenter de préserver son sol, ou tenter la chance telle qu'elle venait.

-Te sens-tu prêt ? Car c'est l'occasion ou jamais.


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MessageSujet: Re: /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)   Sam 7 Mai - 23:18

Run Boy, Run.
Tous mes projets prenaient lentement place et même si ce petit Stain me restait à l'esprit, l'appel du pouvoir, et surtout celui de la magie étaient resté trop présents, trop en place. Du coup, j'avais décidé de prendre les devants et de passer cet accord avec le docteur Meadow. Et pour la suite ? On verrait bien. De toutes façons, depuis la confrontation avec mon frère, mes choix n'étaient peut-être pas les plus avisés mais celui me semblait bon.

Ma façon à moi d'en apprendre plus sur la magie. Ma façon à moi de faire plus qu'entretenir mon savoir et sortir ma tête de tous mes souvenirs. Passer à une nouvelle étape, un nouvel apprentissage. Et peu importe les conséquences. Au point où j'en étais. Je n'avais pas beaucoup à perdre. Noah m'avait dit qu'il m'appellerait quand il aurait trouvé de quoi me faire progresser. Pourtant, il se faisait déjà tard ce soir, j'avais posé mon téléphone, rentré d'une trop longue journée au bureau. Je posais mes affaires et mes vêtements, voulant me changer les idées. Diablo entre les pattes, j'ouvrais l'eau et alors que je me posais un peu pour me sortir mes pensées de la tête, le téléphone se mît à sonner. Un peu surpris, blasé d'avance d'un problème au bureau je soupirais en attrapant l'appareil sans même regarder si je connaissais la provenance.

Décrochant le combiné je reconnaissais la voix de Noah alors qu'il commençait à parler. Arquant un sourcil de surprise, je me reprenais pour répondre simplement, un « Oui », qui sortait de ma bouche plus par principe que parce que je comprenais réellement de quoi il parlait. Il fallait dire que je n'avais absolument pas la tête dans le sujet. Cependant, je me reprenais plutôt rapidement alors qu'il me proposait une concrétisation de nos cours, de nos mots, là, ce soir. Là, maintenant. Me tournant vers la douche alors qu'il mentionnait l'eau, je lui expliquais ce que j'allais faire simplement, prêt à revenir sur ma décision, m'habiller rapidement et prendre la route vers chez lui. Le psychiatre m'encourage pourtant à l'inverse. Si les questions se posent dans ma tête quant à ce qu'il fabrique avec le sujet, je ne peux m'empêcher de sourire à sa réponse et sans avoir le temps de réagir, me voilà seul face à l'appareil qui retrouve un écran noir rapidement. Un rire sort de ma bouche, fin, qui se glisse dans l'eau. Ce mec n'est décidément pas net, je n'irais pour rien au monde le voir en tant que professionnel. Pour autant, me retrouver à observer une de ses séances pouvait sans doute être hilarant. Je chassais la pensée en rentrant sous la douche et prenant tout mon temps à la demande de mon Professeur de fortune.

Alors que l'eau coule sur mon visage je ne peux pas m'empêcher de ressentir cette petite goutte d'excitation, d'un gosse au matin de Noël. J'allais enfin apprendre la magie, pour moi, moi seul. J'allais enfin associer cet aspect de ma vie à autre chose que Nolan, que ma famille. Même si je continuais à pratiquer tous mes savoirs, les perfectionner et ainsi de suite, il était certain qu'il existait au fond de mon cœur une petite place qui se brisait un peu plus dès que je mettais tout cela en pratique. C'est pour réussir encore une fois à ne plus ressentir, à ne plus vivre tout cela que j'avais décidé de faire ces cours. Et même si j'avais eu des doutes, même si j'avais toujours des doutes, je savais au fond de moi que j'étais incapable de faire demi-tour. Sans doute parce qu'en ce putain de présent, le savoir n'était pas une chose que l'on partageait à longueur de temps. Et si il y a bien une chose qui me permettait de ne pas m'enfoncer dans les souvenirs, c'était apprendre. Ça l'avait toujours été. Alors j'étais ravi de retrouver cette sensation.

Noah n'habitait pas très loin d'ici. Et si notre alliance était couverte par nos activités professionnelles à l'un comme l'autre, je n'avais aucune raison de me retrouver le soir chez lui. Afin d'éviter les soupçons, tant sur lui que sur moi – on est jamais trop prudents par les temps qui courent, je m'habillais simplement, bien loin de la tenue du Ministre. Veste noir et jean. Remontant la capuche afin de cacher mon visage je passais par les rues en toute discrétion. Invisible aux yeux de tous, simplement parce que tout le monde s'en faisait trop pour lui-même pour prendre le temps de fixer mon visage à demi-couvert. Il ne me fallut pas très longtemps pour rejoindre la porte qui lui appartenait. Je sonnai, simplement. Me demandant soudainement si j'avais laissé assez de temps, si je n'en avais pas laissé traîner trop, je me rendis vite compte que ce qui me préoccupait n'avait rien à voir avec l'heure de mon arrivée. Non. C'était simplement que toute chose nouvelle, aussi excitante soit-elle, reste un minimum effrayante.

Incapable de reconnaître ça autrement qu'avec moi-même je profitais de cet instant pour prendre une grande inspiration. J'en étais capable. Je le savais. Balayer tous mes souvenirs, toutes les consignes quant à la magie de cette sorte, balayer les voix qui me hantaient. Je le faisais tous les jours. Pour tout le reste de ma vie. Il ne manquait plus que ça, plus que cette toute petite partie de moi. Et ce serait fini, une bonne fois pour toutes. Plus de scrupules, plus de remords. Plus rien. Entendant les portes s'ouvrir, je les passe les unes après les autres avec précaution. Le psychiatre avait un goût certain pour la décoration, et si mes pas faisaient craquer les planches, je n'avais pas non plus l'intention d'être discret. L'homme m'attendait, le sujet ? J'en étais moins sûr.

La voix de Noah se fit entendre alors que sa silhouette m'apparaissait finalement. Je connaissais plutôt bien les lieux, mais l'effet était toujours le même. À ses mots je m'avançais pour voir ce qu'il voyait, comprendre ce qu'il sous entendait. L'homme face à nous semblait plus qu'inconscient. Parfaitement inconnu au bataillon. Je ne prenais pas non plus spécialement le temps de le détailler, le boulot de Noah restait à Noah, et le mien à moi. Pour ce que ça pouvait me faire. Tant qu'il me collait pas mon jumeau devant les yeux, j'étais apte à m'en remettre. Je hausse finalement les épaules à sa remarque et me tourne vers lui, bien plus intéressant que le cobaye moitié mort.

« Bin écoutes, j'ai eu un bon professeur, non ? Vu que tu le connais encore mieux que moi, je te laisse décider du sort du rideau de douche. Mais qu'on ne m'en tienne pas responsable, je ne suis qu'élève ici. »

Un sourire sur mon visage se dessine alors que je lui adresse une tape amicale sur l'épaule. Rien à foutre du sort du mec, c'était clair et net. Et vu sa tête, il n'en avait pas grand chose à cirer non plus. Il finit par me poser la question fatidique. Prêt ou pas prêt. Maintenant ou jamais. À partir de cet instant, il n'était plus question de retourner en arrière. Le cœur légèrement serré, je lui offrais un regard des plus assurés, le soupçon de remords presque envolé.

« Prêt mon capitaine. T'as une idée du temps que ça peut prendre ? Non pas que j'ai quelque part d'autre où me rendre, juste parce que je n'ai pas très envie de me taper un premier cobaye non coopératif. »

Sort réussi ou non, il serait le premier mais certainement pas le dernier. Sans un regard pour celui de qui j'allais changer toute la vie, je m'appuyais contre l'armature de la porte pour regarder un peu sérieusement le psychiatre. Entrer dans le vif du sujet, faire le pas qui me scellera à tout jamais de l'autre côté. Peu importe les conséquences, présentes ou futures.

« Dis-moi ce que je dois faire, ce que je dois savoir, ce que je dois préparer. Je t'écoute, j'exécute. Je marque une pause, et d'un sourire nerveux, j'adresse un regard lointain à l'homme assommé. Le sort, pas lui. »

Je chasse mon angoisse en étirant mes membres, me craquant le cou, alors que j'écoute les explications du psychiatre. Alors c'était bon. C'était parti.

Adieu, ami humain. Bonjour ami bête. Ça ne dépendait plus que de nous, et le jeu était posé. Impossible de changer les cartes, tout était décidé. Ce soir, cet inconnu deviendrait une bête sous mes mains. Hors de question de le tuer. Non. Je ne le raterai pas, pas tant pour lui, surtout pour moi. Je refuse de faire face à un échec. J'ai trop attendu ce moment, je m'y suis trop préparé, acceptant malgré tout ce que je pouvais savoir de Darkness Falls et de ce qu'étaient devenus les anciens sorciers pour échouer maintenant.

Ce soir, je réussirai. Et cet homme serait animal. Sous ma volonté. C'était comme ça. C'était maintenant. Les yeux rivés sur Noah, je m'apprête à exécuter ses directives, concentré sur lui et sur rien d'autre.

C'est parti. Au revoir, l'ami.

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SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.
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MessageSujet: Re: /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)   Dim 8 Mai - 1:15



En toute sincérité, il avait mal au dos. Et aux reins. Et ses jambes étaient encore cotonneuses de ce qu'il s'était produit dans son cabinet une poignée de dizaines de minutes avant que Liam Wiggins n'ait franchi le pallier de son duplex. Mais le pire dans tout ça, c'était le frisson d'excitation primaire, une joie de gosse devant un nouveau jouet, quand il avait entendu la voix douce de son comparse derrière lui. Qu'il avait senti sa présence, ou plutôt celle de son gel douche. Dans tous les cas, il se sentait plus vivant avec cette soirée, telle qu'elle se déroulait, qu'il ne l'avait été depuis ces dernières années. Faire un métamorphe était toujours un challenge des plus particuliers, mais avoir l'occasion de l'inculquer à quelqu'un d'autre avait quelque chose d'unique en son genre. Une première expérience qu'il voulait optimiser au maximum, pour que son poulain sache. Sache ce qu'est la véritable puissance.

Ce fut pourquoi le sourire qu'il adressa à Liam était solaire. Celui d'un enfant au beau milieu d'un magasin de sucreries avec les cinquante euros qu'il venait de voler éhontément à ses parents en poche, et toutes les possibilités du monde devant lui. Une soirée qui allait s'achever en apothéose dans les minutes qui suivraient, en attestait la confiance qu'il pouvait sentir émaner de Wiggins. Et pourtant, un soupçon d'appréhension teintait dans sa voix, sans qu'elle ne gâche pour autant le plaisir manifeste que prenait Noah à endosser le rôle de maître. La main de son benjamin sur l'épaule, il haussa un sourcil taquin dans sa direction, balançant d'une jambe sur l'autre avec une légèreté que ses membres engourdis venaient de retrouver.

-Je connais fort bien ton professeur, et il a l'air de croire que ta belle confiance en toi t'amènera loin, Apprenti Wiggins. En revanche, en ce qui concerne le bien être de mon plancher, je crains que ce satané rideau de douche ne soit une nécessité. Que le sort manque ou réussisse, il y aura des dégâts. Et ce pauvre bois a déjà suffisamment souffert.

Combien de temps durait le rituel ? En soit, bien peu, pas suffisamment pour bien profiter du moment, de ce qu'il se souvenait. Mais il savait que répondre cela à Liam n'était pas une bonne chose. Non, une petite pulsion malsaine, cette petite fierté de faire faire quelque chose de fondamentalement mauvais à un larbin potentiel, et surtout de le voir profiter de son propre pouvoir, l'en empêchait. Alors il se contenta de poser une main complice sur le bras de son partenaire, répondant du tac au tac avec un sourire aussi goguenard qu'énigmatique :

-Le rituel ne prend en soit pas si longtemps, c'est la préparation qui importe le plus. Je te laisse le soin de faire connaissance avec ton sujet le temps que j'aille chercher de quoi préserver mon plancher.

La préparation était capitale. Non qu'il n'éprouve un certain plaisir, coupable, à laisser son apprenti en compagnie de leur pauvre victime, il se devait aussi de graver son image dans sa mémoire. En cas de représailles, il était toujours important de savoir à qui on avait à faire, mais surtout pourquoi. Opérant un pas de danse guilleret, il abandonna donc Liam en compagnie de Ievseï, le temps de grimper les marches quatre à quatre pour rejoindre sa salle de bains. Liam lui en voudrait probablement, de prendre autant de temps. Mais le temps était une partie essentielle du rituel. Ne pas presser les choses pour éviter de se retrouver avec un embrouillamini de sang et de viscères à nettoyer, voire justifier. Surtout par les temps qui couraient, les forces de l'ordre étant plus que sur le qui vive. Personne ne devait les connecter à un meurtre abominable, ni l'un ni l'autre. Et même s'il avait mis un soin tout particulier à nettoyer Mikkel, il se doutait que si quelqu'un avait connaissance de l'endroit où il se trouvait en dernier était le cabinet du Dr Meadow, les Peacekeepers auraient vite fait d'additionner deux plus deux. Et il n'avait absolument aucune envie de retourner en prison, et encore moins de se faire exécuter une seconde fois.
Alors il farfouilla dans ses placards, pour tirer un rideau de douche légèrement délavé, sombre, qu'il n'appréciait pas particulièrement. L'heure n'était pas au sentimentalisme, ni pour ses possessions, ni pour Mikkel Ievseï. Et si le souvenir de son sourire carnassier était encore vif dans son esprit, l'expectative de le lui arracher tout aussi sec d'une simple formule était toute aussi douce, sinon plus. Ce fut pourquoi il ne mit pas bien longtemps à redescendre, la toile en main, et encore moins de temps à faire signe à Liam de l'aider à allonger leur sujet sur ladite toile. Juste par précaution. Juste pour qu'il n'y ait pas de débordements, même si un pressentiment lui indiquait que leur entreprise serait une réussite. Il le savait, au plus profond de son âme.

Un frisson parcourut son échine, incontrôlé, quand il entendit Wiggins prononcer le terme exécuter, interrompant Noah dans ses gestes. Son regard s'embruma légèrement, juste le temps que son coeur se pince en associant leur entreprise à la dernière fois qu'il avait prononcé l'incantation. La dernière fois, c'était au Moyen-Âge. La dernière fois, il avait accompli le rituel la rage au ventre, le cœur en lambeaux, contre l'homme qui avait été autrefois son frère. La dernière fois, l'exécution avait été sommaire suite à sa malédiction. Passant une main distraite, légèrement tremblante, sur sa nuque, il effaça la sensation fantomatique de la lame glaciale qui s'était abattue juste après. Une sensation qui revenait déchirer sa peau, anéantir ses sens, avec cette ardeur qu'une malheureuse association de mots pouvait provoquer. Balayée par le souvenir, sa bonne humeur avait laissé place à un ton grave, empreint d'une violence lointaine. La voix d'un homme de 786 ans qui faisait bel et bien son âge, bien malgré son apparence physique.

-Si le sort réussit, tu ferais peut-être mieux de l'exécuter directement après...

Une gravité qui ne collait pas avec son humeur précédente, presque prémonitoire. Il se souvenait de ses enseignements, de ce que ses Pères lui avaient appris. Les métamorphes sont des créatures dotées d'une puissance rare, puisque multiples. Pour eux, devenir métamorphe suite au rituel de passation était un Don Divin. Mais devenir métamorphe suite à une malédiction ne faisait qu'engendrer la haine et l'incompréhension. La position de créateur pouvait soit tout donner, soit tout reprendre. Et il se devait de mettre en garde son apprenti, avec autant de précautions que ses Pères avaient prises lorsqu'ils lui avaient transmis leur savoir.
Le poids des années revenu sur ses épaules, courbant légèrement son dos, assourdissant la douleur de ses membres, il se redressa avec lenteur, son regard toujours posé sur les traits presque paisibles de Mikkel Ievseï. Du gâchis. Qui pourrait se retourner aisément contre la main qui lui avait offert le don de l'animalité. Revenant au niveau de son bureau, il fourragea dans les tiroirs pour attraper une feuille vierge et un stylo. Rapidement, il écrivit les quelques mots de la formule. Il ne courrait pas le risque de le la lui faire répéter, et de se retrouver lier à un autre Skinchanger que Rafaele. Pas cette fois. Pas lui.

-Il faut que tu sois prévenu, Liam. Transformer quelqu'un est une tâche aisée, bien qu'elle demande une concentration intense. Après tout, le rituel ne consiste qu'en une simple incantation, presque basique, que je suis en train de noter sur cette feuille de papier...

Les mots à prononcer rédigés, il replia la feuille soigneusement, les cachant aux regards trop gourmands, avant de la lui tendre. Il revint ensuite au niveau de leur victime et s'assit à côté, en tailleur, levant un index autoritaire devant Liam qui s'apprêtait à déplier la feuille de papier. Dans d'autres circonstances, il aurait jubilé. Même, son excitation première reprenait progressivement ses lettres de noblesse dans tout son corps, surtout maintenant que Liam avait toutes les clés de la réussite entre ses mains. Mais la préparation était loin d'être finie, en attestait ce regard qu'il plongeait dans les prunelles de son apprenti, sondant son âme, l'imprégnant de sa propre puissance.

-Tu n'as droit qu'à un seul essai. Si tu réussis ton incantation, si le sort réussit, tu dois cependant savoir que tu seras lié à cet homme jusqu'à ce que l'un d'entre vous meure. Un lien indéfectible, profond, au point que tu seras capable de le ressentir. S'il est grièvement blessé, tu souffriras. S'il éprouve des émotions puissantes, tu pourras aussi les sentir couler dans tes veines. S'il meurt, tu subiras une douleur si profonde, si sombre, que tu auras la sensation qu'on arrache une partie et de tes chairs, et de ton âme. Et si tu meurs, c'est lui qui en subira les conséquences, devant errer à la surface de ce monde sous sa forme bestiale jusqu'à ce qu'il s'éteigne.
C'est pour cela que je te laisse le choix, une dernière fois. Créer une bête n'est pas qu'un simple sort, ou une simple illusion. C'est également une responsabilité, une malédiction, tant pour le sorcier que pour la bête. Si tu es sûr de toi, nous tenterons le tout pour le tout, et je conjuguerai mes pouvoirs aux tiens. Si tu décides d'abandonner, nous jetterons ce pauvre hère dans un container loin d'ici, et retournerons à nos occupations respectives en prétendant que rien n'est jamais arrivé jusqu'à ce que l'opportunité se présente à nouveau.


Il poussa un soupir. Tout était dit. Liam ne pouvait plus revenir en arrière, à présent, pas maintenant qu'il savait tout ce que le rituel impliquait. Car, au fond, un sorcier devait être vraiment sûr de ce qu'il faisait. Et il n'était pas professeur à laisser ses élèves dans le néant s'ils décidaient de faire l'erreur de leur vie. Même si, lui, ça le faisait marrer de les voir se fourvoyer de la sorte.
Jetant un coup d'oeil à Mikkel, il repoussa une dernière fois une mèche de son front, dégageant son visage avec une certaine tendresse. En souvenir des bons moments passés ensemble, par respect, aussi, s'il finissait réduit en charpie.

-Je me demande en quoi il se transformerait, si tu accomplis le rituel. Je parierais sur une sangsue au vu du personnage.

Le vieux sorcier pouffa doucement, couvant une dernière fois les traits fins de Ievseï du regard avant de reporter son attention sur Liam.

-Quelle est ta décision ?


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MessageSujet: Re: /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)   Mer 11 Mai - 4:56



This deadly burst of snow is burning my hands
Les doutes s'étaient dissipés. J'étais sûr de moi, complètement sûr. Décidé, persuadé. C'était la bonne chose à faire, le pas à franchir. Et puis Noah parle, il ouvre à nouveau la bouche. Et d'ami, il passe réellement à professeur. Je me sens absolument minuscule, moi, novice, sans aucune expérience face à l'homme le plus vieux que je connaisse. Je déglutis, silencieux et j'écoute chacun de ses mots. Les doutes qui s'étaient enfuis et les voilà revenus au galop, plus puissants qu'avant. Je perds mon regard alors qu'il me raconte en long en large et en travers ce que je sais déjà.

Des mots qu'il m'a dit, que j'ai lu, que je me suis dit. Des mots, que je connais par cœur et qui pourtant, ce soit ont un impact différent. Plus rien n'est hypothétique, c'est réellement en train de se produire. Et les minutes passent, le temps pour changer d'avis se réduit, la fenêtre de sortie se referme lentement sur moi. Mon cœur bat au ralenti alors que j'acquiesce simplement sans dire mot. J'observe ses mouvements, sa bouche qui me parle avec une précision qui me perce jusqu'à la plus petite cellule de mon être. Il ne s'agit plus d'étudier, de s'entraîner et d'imaginer. Il s'agit de prendre la vie d'un être humain entre mes mains. Il s'agit de changer complètement un de mes pairs. Et qui plus est, sans aucun consentement de sa part.

Il y a évidemment ce lien, sur le papier ça ne semble pas grand chose. Dans la bouche de Noah, en cet instant ça semble énorme. Des responsabilités, envers un être dont je ne connais pas le visage, encore moins le nom. Je m'attarde un instant sur les traits du jeune homme sous la main du psychiatre. Je le regarde, fixe lentement son visage et me demande si je serai capable de m'en souvenir. Un instant, court mais suffisamment fort pour qu'il me brûle jusque dans mes entrailles, je me dis que je me souviendrai de son visage si je le tue. Parce que des années après, je n'ai pas oublié la seule vie que j'ai prise. Parce que ce visage est encré en moi et que j'ai beau me persuader du contraire, chaque jour, je m'en souviens. Un peu plus, un peu trop. Alors je m'interdis d'encrer un nouveau visage dans ce néant qui me compose de plus en plus. Je me retourne sur le psychiatre, et je le regarde dans le fond des yeux avant de parler, d'une voix moins sûre, moins drôle, mais assurément bien plus honnête que ce qui a pu en sortir ces quatre dernières années.

« Je suis sûr de moi, Noah. Je veux faire ça, et crois-moi, je veux surtout ne pas rater. Pour ce qui est des conséquences, je ne vais pas te mentir, je n'en sais rien. Je ne suis pas un homme à responsabilités. » Je ris à ma propre remarque, ça le fait pour un ministre. Je passe une main sur mon menton avant de croiser mes bras et m'avancer un peu mieux dans la pièce face aux deux personnes avec moi. D'un regard sur celui que je vais changer, je continue lentement. « J'ai envie de te dire que je verrais bien, mais que ça vaut le risque. Je veux prendre ce risque. À défaut de ressentir par moi-même il restera toujours lui. »

Les mots s'écartent de mes pensées alors que je parle sans plus réfléchir. Mais c'était tristement loin d'être faux. Le fait de me retrouver avec quelqu'un dont je peux ressentir les pires émotions, c'était une horrible garantie de toujours ressentir quelque chose. Ce pauvre mec n'avait rien demandé, mais il deviendrait sans doute ma dernière part d'humanité quand je me serai totalement perdu dans le rôle que je passe un temps précieux à construire depuis trop longtemps déjà. Je soupire pour finalement déplier le papier que m'a donné Noah, lire la formule dans ma tête avant de me lancer dans le dernier pas.

Celui qui reste, qui me sépare de tout un monde duquel on ne revient pas. Je sens le stress monter et dans un dernier élan, une dernière pensée pour cet homme que je ne veux pas tuer, Mon SkinChanger, je regarde le sorcier à mes côtés et reprend sa remarque avant la question fatidique. « Mais honnêtement j'espère qu'il ne se changera pas en sangsue. Non pas que ce ne serait pas mignon dans un bocal, mais même pour lui, avouons qu'il y a mieux. Enfin bon, de toutes façons... on va découvrir ça très vite. »

Ma voix a gagné en assurance avec les mots et mon regard est plus déterminé que jamais. C'est décidé, c'est certain. Il n'y aura plus de retour en arrière. Je lui fais signe de la tête, tous les deux mis en place, et finalement, les mots sortent de ma bouche tandis que le rituel se déroulent sous nos yeux. L'anxiété est partie, laissant place à l'excitation et la puissance qui monte jusque dans la moindre articulation de mon corps. Mes yeux se ferment une seconde et je profite de la sensation. Cette horrible sensation de se sentir puissant, envahi par la magie. Cette sensation que mes parents ont passé leur vie à me dire de redouter, de ne jamais vouloir ressentir, aujourd'hui je m'en délecte et je me demande comment j'ai pu m'en passer toutes ses années. Concentré sur l'homme en train de se changer sous mes yeux, les frissons jusque dans ma colonne vertébrale je laisse la magie faire sa part du contrat.

J'aurais pu passer des heures dans cette position, à aspirer cette sensation comme une drogue incroyablement délicieuse, mais lorsque la pression redescend, que le rituel est achevé. Mon cobaye bien en vie, bien changé aussi, je ne peux retenir le sourire de satisfaction sur mon visage.

J'ai réussi.

Mon regard se pose sur Noah avec un sourire jusqu'aux oreilles. Mes mains se joignent et je serre les mâchoires pour regarder le ciel et remercier je ne sais quel Dieu qui a choisi de me conférer ces pouvoirs. Rapidement, mon regard se pose sur la bête et d'un sourire taquin, mon assurance, et le calme retrouvé je regarde Noah et lui lance.

« Définitivement pas une sangsue. Et je crois que pour ton appartement, tu aurais peut-être préféré. »

La bête n'est pas agressive, la fascination dans l'humain qui n'a plus rien d'un homme, tout d'une bête et les questions stupides qui vont avec. Je jurerai ressentir quelque chose pour cet animal, bien plus que pour l'humain dont j'ai déjà effacé les traits derrière ceux de l'animal sauvage que je me retiens de toucher bien qu'il ne semble pas agressif envers moi. Je me tourne une seconde vers Noah, les yeux remplis d'étoiles.

« Il faut lui donner à manger ? Je suis désolé c'est sans doute stupide. » Je reste là, à remercier le psychiatre de m'avoir offert cette opportunité et je regarde la bête avec mon cœur battant plus fort que jamais.
J'ai fait ça, c'est moi qui ai fait ça, j'ai créé cette fusion entre deux êtres qui désormais ne sont plus qu'un.

Je reste béa devant tout ça, si Noah me parle je ne l'écoute que d'une oreille. Non pas que ce qu'il dise ne m'intéresse pas, mais parce qu'il semblait bien moins intéressant que l'animal face à moi. Je me sentais stupide, avec ma réaction du gamin avec son nouveau jouet. Mais quel jouet, allant avec son lot de responsabilités. Et pourtant, en cet instant, j'étais sûr d'avoir fait le bon choix. J'étais sûr de ne jamais regretter, peu importe le futur, simplement parce que je me souviendrai éternellement de ce moment.

Les minutes passent, et je suis les directives du docteur alors que la conversation se fait plus usuelle. « Il va rester dans cet état longtemps avant de redevenir lui-même ? » Une question parmi tant d'autres, « Je préfère attendre qu'il reprenne forme humaine, et après je te le laisse. Je pense qu'il aura plus à dire à la dernière personne à qui il a fait consciemment face, qu'à un sombre inconnu qui l'observe nu. » Je regarde Noah en souriant. Si je reste silencieux quant à ses activités et ce qu'il fait de ses patients, rien ne m'empêchait de le taquiner. C'était étrange comme sentiment, cet homme face à moi était celui que j'avais passé le plus de temps à juger avant de le connaître, et pourtant, depuis que je le connaissais, tout cela était parti.

Non pas que j'ai pleine confiance en lui, non, ce n'était pas vraiment ça. Mais pour autant, j'étais moi-même avec lui, et bien loin du ministre. Je ne jugeais pas ses activités, professionnelles ou personnelles. Non, je ne l'avais pas vraiment prévu comme ça. Les paroles de Stain quant à la manipulation du milieu me restaient bien en tête. Pour autant, Noah n'avait jamais menti sur ses intentions et moi non plus. C'était peut-être ça le truc, c'était sans doute ça même. Je savais pertinemment à qui j'avais à faire, et je m'en convenais parfaitement. Aussi, nos bavardages, banals ou non, me faisaient du bien. Parce que j'étais moi-même. Pas Ministre Liam, pas Celui que tout le monde voulait Liam, non, juste Liam. Et c'était agréable.

Mon cobaye reprenait finalement sa forme humaine et je reposais la boisson sur la table. Le corps de l'homme et son visage, changé, torturé, fatigué et sans nul doute encore bien drogué, me laissaient un sourire doux sur le visage. J'avais réussi, définitivement réussi. Soulagé de le voir bien vivant, sans doute dans une douleur certaine, mais bien vivant, je regarde finalement Noah, gardant mes distances avec Mon SkinChanger, dans un certain respect que je ne connaissais pas jusqu'à lors, je finis par dire d'une voix calme. Une voix à la limite du paternel, qui a quelque chose d'un peu protecteur.

« Ne me l'abîme pas trop, s'il te plaît. » Mon sourire se veut joueur avec une pointe non cachée de vérité au fond. Et finalement, j'ajoute alors que je suis sur le départ, « Je te fais confiance, Noah. Tu me tiens au courant. » Remettant ma veste sur mes épaules, je lance un dernier regard au résultat de la transformation qui s'est opérée sous mes yeux et je continue finalement avec un sourire franc. « Merci encore, pour tout ça. Et désolé pour ton rideau de douche. »

C'était fait. Le pas était franchi. Il était passé, dépassé. Impossible de revenir en arrière. Et tout au fond de moi, il y avait une part de cet être qui ne me quitterait plus. J'en étais étrangement reconnaissant, et incroyablement satisfait de ne pas avoir transformé ce mec en charpie. Il n'était rien pour moi, et ce soir, il est devenu quelque chose. Une part de moi ne peut pas s'empêcher d'imaginer ce que ça aurait été si cet homme avait été Nolan. Si à la place de mon rein, Nolan était devenu un animal lié à quelqu'un, lié à moi.

Il aurait été différent. Je n'aurais pas eu cette cicatrice et lui non plus. Mais peut-être qu'on ne se serait pas tant éloigné. Peut-être que ça aurait été mieux. Mais c'était trop tard, c'était fait. Et cet homme n'était pas Nolan. Non, certainement pas.

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SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.
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MessageSujet: Re: /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)   Mer 11 Mai - 19:38



Non sans une certaine fierté, il avait pu observer l'enfant devenir homme. L'apprenti devenir maître. Liam s'était affirmé de lui-même, luttant contre les doutes, prêt à franchir le pas. Et la transformation n'était pas seulement celle de Ievseï, ce soir, dans son bureau. Elle était aussi celle de Liam Wiggins, se mutant en un véritable sorcier, certain de ses capacités, et prêt à tenter le tout pour le tout. La nuit était belle, pour Noah. Couvant tant son apprenti que la victime d'un regard aussi doux qu'amusé, il compris finalement pourquoi ses Pères se délectaient à ce point de voir les plus jeunes membres de sa Confrérie divaguer dans la découverte de leur pouvoir. Parce que la sensation était sans pareille, celle de transmettre un héritage, un savoir faire, en dépit de tout ce qu'aucuns pouvaient croire ou penser. Une position qu'il aurait pu adopter, qu'il aurait du adopter lui aussi, dans le temps, et qu'il endossait à son tour, ce soir là.
Chose promise, chose due. Il s'était redressé pour rejoindre le côté de Liam, posant sa main sur son épaule en se concentrant, lui prêtant la puissance de ses siècles d'expérience. Et s'il ne faisait que répéter les gestes qu'il avait vus faire par ses Pères, il en comprenait toute l'importance. Non pas qu'il n'ait pas cru que Liam soit parfaitement capable d'assurer le sort seul, bien au contraire. Non, il voulait seulement l'aider à canaliser sa puissance, juste le temps des premières paroles, juste pour lui montrer qu'il avait un point d'ancrage où se raccrocher au cas où le doute serait encore présent. Une alternative pour faire ressortir toute cette puissance latente qui sommeillait en lui. Ce fut pour cela qu'il avait relâché son étreinte sur son épaule avant la fin de l'incantation, le laissant achever son oeuvre, l'énergie du Ministre se dégageant de sa peau sous la paume du psychiatre. Le dernier mot, la dernière touche de pinceau, lui appartenaient complètement. Il n'allait pas lui gâcher ce plaisir là en restant trop proche, n'allait surtout pas tirer la couverture à lui.

Il avait opéré un pas de côté en observant l'homme inconscient au sol, un sourire évanescent sur les lèvres. Car, outre les circonstances désastreuses, c'était un cadeau qu'ils lui faisaient. Une nouvelle vie, longue, plus facile, que Liam lui offrait. Restait à voir ce que Mikkel Ievseï en ferait, pour peu qu'il résiste. Ce dernier ne tarda pas à se tordre sur le sol en gémissant, par à-coups, malgré la forte dose d'anesthésiant que Noah lui avait fait ingurgiter. Retenant son souffle, l'aîné avait suivi la transformation avec la même appréhension que son apprenti, le résultat se faisant attendre. S'il était sûr d'eux, rien ne garantissait qu'ils ne se soient trompés. Tant de facteurs pouvaient précipiter la fin de ce rituel, tant d'inconnues qui pouvaient, sans crier gare, faire tourner la scène au cauchemar.
Mais il n'en fut rien. Au bout de longues minutes, Mikkel Ievseï avait troqué son apparence humaine pour celle d'un canidé de fine carrure aux longues oreilles. Un chacal.

Après une accolade empreinte de fierté sur le dos de son apprenti, Noah était allé s'agenouiller aux côtés de l'animal, fasciné. La transformation en bête ne souffrait d'aucune règle, d'aucune prédisposition. Seuls quelques traits de caractère de l'humain pouvait définir quel animal serait l'incarnation finale, et pour autant, même ce point n'était pas ce qui déterminait en quoi un métamorphe se changerait. N'ayant jamais vu de chacal ailleurs que dans ses livres, la curiosité du sorcier prit le dessus, le poussant à glisser ses doigts dans la fourrure ocre et grise. Son souffle était rapide, difficile, et elle ne sembla pas réagir, probablement à cause de l'anesthésiant. Après avoir vérifié que le pouls était bien régulier, il releva les yeux vers Liam, répondant à son sourire avec une fierté sans pareille.

-Du moment qu'il ne se souille pas, je peux faire avec l'odeur.

Il l'avait vu, plusieurs fois, au cours des rituels de passation de ses Frères. Certaines des incarnations étaient tellement paniquées qu'elles se faisaient dessus, sans parler des ratés. Un état, même si peu ragoutant, qu'il avait désespérément voulu atteindre du temps de sa curie. Le cadeau ultime de Dieu sur ses enfants surnaturels, l'apogée de tout son apprentissage. Palpant le flanc de l'animal, il se demanda un bref instant en quoi il aurait dû se transformer, une fois son initiation achevée. Rien ne lui vint, la preuve même qu'il n'était pas destiné à cela. Enlevant précautionneusement les vêtements dans lesquels les pattes de la bête étaient coincées, il les plia à côté d'elle et haussa un sourcil amusé en direction de Liam. Ses questions étaient si pures, si innocentes, qu'il se doutait bien qu'elles ne franchissaient jamais le seuil de ses lèvres en temps normal. Elles eurent un léger rire pour réponse, alors que le vieux sorcier se relevait enfin.

-Vu tout ce qui coule dans ses veines, il serait plus bénéfique que tu ailles remplir un bol d'eau le temps que je nous serve un verre pour célébrer ta réussite. Il n'est de toutes façons pas en état d'avaler autre chose.

Joignant le geste à la parole, il suivit toutefois Liam du regard alors qu'il partait en direction de la cuisine, s'exécutant avec une docilité rare pour le personnage. Quand il revint à son niveau, il lui glissa un verre de vin dans la main, et trinqua d'autorité, le claquement des verres recouvrant la respiration saccadée de l'animal à côté d'eux. Les notes fruitées de l'alcool glissèrent le long de son palais, célébrant une soirée riche en émotions, et résolument parfaite.

-Cela dépend de beaucoup de facteurs, mais principalement du sujet. S'il combat sa forme animale, s'il est trop affaibli, s'il est en danger. Je ne peux malheureusement pas te donner une estimation exacte de quand il va se réveiller.

Le trait d'humour de Liam, à mi-chemin entre l'ironie et la vérité, ne manqua pas de lui arracher un nouveau rire. Un sourcil complice dressé, il haussa vaguement les épaules, répondant du tac au tac :

-Tu sais, on s'est vus à moitié nus quelques temps avant que tu n'arrives et ça n'avait pas l'air de le perturber outre mesure, alors que nous étions de parfaits inconnus à ce moment là. Je ne pense pas que cela pose problème que tu le voies en tenue d'Adam, à ce stade.

En temps normal, il ne se serait jamais autorisé ce genre de digression. Il n'aurait jamais non plus trahi certaines de ses affinités, ou de ses pratiques, quelles qu'elles fussent. Mais avec Wiggins, il le pouvait. Ce n'était pas comme si le Ministre ignorait tout de lui, bien au contraire. Wiggins savait parfaitement à qui il avait à faire, sous quelles circonstances, avec quelles règles. Et s'ils avaient passé un certain temps à se jauger l'un l'autre pour apprendre à mieux se méfier l'un de l'autre, ils avaient fini par comprendre que c'était inutile. Similaires, taillés dans le même bois, il avait fini par laisser tomber les apparences, les manipulations mutuelles, pour se concentrer sur des relations plus simples, mus qu'ils étaient par un intérêt commun. Les esprits au calme, sans toutefois laisser la garde abaissée trop longtemps, ils avaient appris à se connaître. Une relation qui sous d'autres rapports aurait été saine, pour peu qu'ils soient sains, l'un comme l'autre. Restait que leurs discussions étaient aussi agréables que reposantes. Pas de manipulation. Pas de rapports de force.
Ils étaient unis dans un seul et même but, se galvanisaient et se protégeaient mutuellement. Et là, le fruit de leurs efforts juste à leurs pieds, force était de constater qu'ils étaient plus efficaces dans l'amitié plutôt que l'inimitié.

La conversation se transmuta en badineries, le niveau de la bouteille de vin s'abaissant progressivement, jusqu'à ce que Mikkel Ievseï, tout du moins ce qu'il en restait, commence à glapir. En suspens, les deux sorciers observèrent la scène, la savourant jusqu'à ce que le métamorphe reprenne apparence humaine. Puis Liam se leva, mettant en action ses propos. Raccompagnant son compagnon jusqu'à l'entrée, l'Italien répondit à son sourire avec un regard complice.

-Promis, je tâcherai de ne lui faire que du bien. Façon de parler. Et je te tiendrai au courant de ses avancées ou de son état général pour peu qu'il revienne me voir, de temps à autres. C'est encore à définir, vues les "circonstances".

Des sous-entendus que Liam comprenait parfaitement, en témoignait son regard. Après s'être assuré que le Ministre soit bien sorti du bâtiment, suivant ses mouvements à l'oreille, il referma la porte et se hâta de nettoyer toutes traces tant de son passage que de la transformation du salon. L'écuelle et les verres de vin furent remisés avec le rideau de douche dans la cuisine, tandis que Ievseï, encore clairement inconscient, fut rhabillé et rallongé confortablement sur la méridienne. Par chance pour Noah, il ne s'était effectivement pas souillé. Cela lui faisait du travail de nettoyage en moins, et il remercia leur pauvre victime en lui administrant une nouvelle dose, plus légère, de sédatif. La bosse sur sa tempe avait fait place à un hématome plus léger, qu'il pourrait facilement faire passer pour une chute quelconque.

Décidant de reprendre le cours normal de choses en main, il alla chercher un verre d'eau fraîche, pure, dans sa cuisine, et en aspergea doucement le visage du supplicié. Il avait mauvaise mine, malgré tous ses "soins". Mais il était toujours là, bien vivant, et résolument humain.
Attendant qu'il reprenne ses esprits, Noah peaufina son mensonge. Et si ses muscles étaient toujours aussi engourdis, et si son esprit était allégé par les vapeurs de l'alcool, il allait devoir faire preuve d'encore un peu de concentration au cas où il devrait provoquer une illusion de dernier recours.
Tout dépendrait de l'état d'esprit comme de conscience de Ievseï. Ievseï qui émit un borborygme cotonneux, sur la méridienne, alors qu'il rouvrait doucement les yeux. Noah était à ses côtés, son verre d'eau fraîche à la main, l'air soucieux.

-Mikkel ? Dieu merci, vous reprenez conscience. Comment vous sentez-vous ?

L'air de n'avoir aucune conscience de ce qu'il s'était passé d'autre durant la séance que... Seulement une séance de psychiatrie classique, le sorcier poursuivit sur sa lancée, une fois après avoir reçu une réponse relativement satisfaisante de la part de son patient. Lui tendant le verre d'eau avec une autorité enveloppée de commisération, il continua, d'une voix contrite.

-Nous discutions de choses et d'autres et vous avez perdu l'équilibre. Malheureusement, vous avez chuté tête la première sur le rebord du guéridon, et avez sombré dans l'inconscience. Vous m'avez fait une peur bleue. Vous souvenez-vous d'où vous vous trouvez ? De quel jour nous sommes ?

Ce disant, il avait comme une très nette sensation de déjà vu, ses explications se déroulant d'une manière similaire à ce qu'il s'était produit avec Axl Hartley. Mais de cela, Mikkel Ievseï ne pouvait résolument pas être informé. Ce n'était pas comme si le jeune Axl racontait ses séances de psychiatrie au premier péquin venu, en réalité.
Restait à voir si Ievseï était aussi crédule que le patient susmentionné. Autrement, il allait devoir faire recours à une illusion et une légère dose de psychotropes supplémentaire pour le convaincre du bien fondé de sa version des faits.

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MessageSujet: Re: /!\ Ni psychose, ni névrose (Noah)   Mar 17 Mai - 16:22



« Ni psychose, ni névrose »

Noah, Liam & Mikkel
featuring

Mes rêves se mêlaient à la réalité lorsque parfois, j'ouvrais un œil hagard pour saisir des visions floues et diffuses. Des visages d'hommes penchés sur moi. Des voix qui résonnaient autour de moi. Étouffés par le brouillard si épais dont j'étais enveloppé, déformés par la drogue dont j'étais imbibé. Mon cœur cognait trop fort, le bruit de ses battements devenait assourdissant et je tournai de l’œil, laissant apercevoir la blancheur de ma cornée sous mes paupières vacillantes. J'aurais voulu bouger mais mon corps me semblait si lourd que j'étais incapable de lever le petit doigt, j'avais la sensation de sombrer dans les ténèbres, le vertige me donnait la nausée, mes membres étaient envahis par des fourmillements, je respirais trop vite, cherchant à happer un air devenu trop dense. Les minutes, les heures ou les siècles défilèrent, je n'avais plus conscience de rien, ni du temps, ni de l'espace, ni de ma propre existence.

Soudain, une vague de fraîcheur s'abattit sur mon visage et une grimace déforma mes traits. Mes paupières battirent un instant dans un vague gémissement avant que je n'ouvre les yeux pour de bon. C'était loin d'être la première fois que je me réveillais dans un endroit inconnu, sans aucun souvenir de ce que j'avais bien pu foutre. Quand on use et abuse de vodka et de came, ce sont des choses qui arrivent assez régulièrement dans le quotidien. Néanmoins, l'habitude de me sentir aussi désorienté ne rendait pas ma situation plus confortable pour autant. Ainsi, la méfiance ainsi qu'une bonne dose de fatigue peignait mes traits alors que je dévisageais ce mec qui me demandait comment j'allais.

« Euh… j'sais pas… la tête dans l'cul ? »

Première expression qui me vint à l'esprit et que j'exprimai sans réfléchir d'une voix rauque, même si c'était pas très gracieux. Sincèrement, j'étais trop déphasé pour m'en soucier, à ce stade. Je ne pouvais empêcher mes membres de trembler et si on m'avait appris que j'étais passé sous un camion, la chose ne m'aurait pas surpris. Pourtant, je me sentais comme engourdi et, en dehors d'un léger mal de tête, je ne ressentais pas de véritable douleur. Ce qui me faisait morfler, ce n'était pas vraiment ça mais plutôt une sensation très troublante de contre-choc psychologique assez violent. A croire que j'avais pris une fameuse dose de came et que les effets ne s'étaient pas encore tout à fait dissipés, ce qui expliquait sans doute cet espèce d'engourdissement. Par contre, mon humeur me paraissait très fragile et je me sentais même carrément sur le point de chialer. Et pourquoi ? J'en savais foutre rien. Dans un frémissement, je me mordis l'intérieur de la joue, m'essuyant le visage mouillé contre ma manche. J'osais à peine bouger, de crainte que la douleur me retombe dessus. Me redressant pour m'asseoir avec précaution, j'acceptai le verre d'eau d'une main tremblante. J'en avalai une gorgée en écoutant les explications de l'homme et cherchant en même temps à rassembler mes souvenirs.

« Ah bon… ouais ouais, j'me souviens de ce bureau et de cette séance de psychanalyse débile … bon sang, j'suis resté longtemps dans le cirage comme ça ? Je ne sais plus quel jour on est... une journée de merde sans doute.» Mon regard se promenait un peu sur le décor de la pièce à mesure que les événements de la journée me revenaient en mémoire. Soudain, je m'interrompis tout net, en fronçant les sourcils, mon regard se braquant sur le visage du psychiatre. « Attends… Mais à quel jeu tu joues ? » Je lui rendis le verre d'un geste brusque, me redressant un peu trop vite avant de fermer les yeux sous la brutale sensation de vertige. Mon teint devait être plus pâle que celui d'un spectre sous la nausée qui me tombait dessus et je me forçai à rester debout en dépit de mes jambes flageolantes. J'avais envie de gerber, comme souvent quand je ressentais des émotions trop intenses, même si je ne comprenais pas la raison de cette angoisse sourde qui m'étreignait. Je savais juste que le Dr Noah Meadow se foutait de ma gueule à l'instant même. Alors, je frottais vigoureusement mon visage de mes paumes pour me reprendre avant de retrouver son regard, haussant un sourcil frondeur.

« Tu crois vraiment que j'aurais pu oublier ce qui s'est passé entre nous… ? Bien tenté. »

J'eus la force d'afficher un sourire en coin, reculant doucement pour prendre appui contre le bureau. Ce fameux bureau, justement… je le tapotais d'une main lasse, inclinant la tête pour observer ce séduisant docteur. J'avais beau être à moitié dans le coltard, je me souvenais parfaitement de la scène et quelle scène… J'essayais de garder la maîtrise de mes émotions et ma désinvolture naturelle m'y aidait, mes yeux lui souriant en dépit de ma faiblesse, ma voix retrouvant ce ton enjôleur naturel bien que plus faible. « C'était encore mieux que j'avais imaginé, t'es un sacré bon coup... » Je haussais les épaules avant de poursuivre de ce même ton las, rendu sans doute plus sincère à cause de mon état. « T'as pas à t'en faire, je ne répéterai rien à personne alors c'est pas la peine d'essayer de m'embrouiller, Noah. J'comprend que t'as pas envie que ça se sache et de toute façon… j'ai pas d’intérêt à ce que cet épisode s'ébruite non plus, j'tiens pas à finir en taule pour dévergondage. » Je roulais des yeux avant de me masser les tempes, grimaçant lorsque je palpais sans le vouloir ce foutu hématome, essayant de me remettre peu à peu.

J'essayais de visualiser les derniers souvenirs que je conservais et je n'arrivais pas à comprendre à quel moment j'aurais bien pu perdre l'équilibre tout seul comme un con. L'orgasme peut amener bien des choses mais tout de même. Je me mordillais les lèvres en retournant vers lui un regard plus aiguisé et scrutateur avant de lui exposer la conclusion de mes réflexions d'un ton presque serein. « C'est toi qui m'a poussé, hein. T'as voulu m’assommer et ensuite, tu m'as drogué... et t'y as mis la dose.» Je soupirai doucement, ne sachant si j'avais des raisons d'avoir la trouille ou de m'attendre à ce qu'il essaie à nouveau de me frapper. Une chose était certaine, je ne prêtais aucune confiance à ce type, aussi sexy soit-il, ni au moindre boniment qui sortirait d'entre ses jolies lèvres. Je me sentais étrange, vraiment, j'étais très mal dans mes pompes. Et en prenant cette inspiration plus forte, je me rendais compte que le parfum qui imprégnait la pièce était différent, j'y découvrais des nuances étranges que je n'avais jamais détectées auparavant. C'était comme si le psychiatre avait aspergé chaque recoin d'un produit différent et dont les odeurs me parvenaient de manière particulièrement détaillées. Je n'avais bien-sûr aucune raison de lui reprocher ça mais cette exacerbation bizarre de mes sens ne faisait qu'accroître mon malaise.

Si j'avais été dans la pleine possession de mes moyens, j'aurais sans doute tenté de manipuler ce sacré diable de psy. Mais je me sentais trop déboussolé pour réussir à réfléchir correctement et j'étais parfaitement conscient d'être en position de faiblesse. Dans ces cas là, la solution pour sauver ma peau, tout à fait calculée, aurait dû être de lui dire "merci monsieur, au revoir monsieur" et de me casser vite fait. Oui, j'aurais dû feindre de croire à ses explications et en profiter pour me sauver mais sur le moment, je n'y avais pas pensé. Trop tard, merde. Ma frousse naturelle m'était généralement de bon conseil et je me redressais déjà du bureau pour me diriger à pas lents vers la sortie, sans quitter Noah des yeux. J'avais énormément de questions à lui poser et elles me brûlaient la langue : avais-je rêvé ou bien un type était rentré dans le bureau pendant que je comatais ? Qui était ce drôle de gars en costard et qu'est ce qu'il foutait là ? Qu'est ce qu'ils m'avaient fait tous les deux, bordel de merde ?

Mais je me sentais trop désorienté pour oser les prononcer tout haut et prouver ainsi à Noah qu'il aurait des raisons de se débarrasser de moi. Je n'aurais pas pu me défendre, c'était net. Le souvenir de cette étrange charisme si déstabilisant que j'avais senti dans son aura me revenait en mémoire. Faisait-il partie de ces êtres démoniaques resurgis des enfers ? Bordel… la panique me faisait entrevoir des possibilités toutes plus effrayantes les unes que les autres. Peut-être que j'avais beaucoup d'imagination mais je ne pouvais pas tout mettre sur le dos de ma fucking paranoïa. Je fronçais les sourcils sans le lâcher du regard.« Ne t'approche pas de moi... c'est bon, tout va bien. Tu bouges pas. J'ai même pas envie de savoir comment ça marche dans ton foutu crâne, tu dois être encore plus tordu que tes patients, mec. T'as refusé mon deal, okay. Je trouverais de la came autrement, pas grave, merci quand même.» Je soupirais en reculant pour atteindre enfin la porte, articulant malgré moi cette question qui devenait de plus en plus impérieuse et que je relâchai dans un souffle. « Mais qu'est ce que tu m'as fait… ? »

 

 

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