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 Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent

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MessageSujet: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Dim 3 Jan - 22:25



« It is only in the world of objects that we have time and space and selves. »

Callum & Rachael
featuring

Un déclic de la serrure et la porte d'entrée s'ouvre sur une pièce obscure et vide ; habituée à la solitude depuis de longues années, le silence ne la formalise pas plus que l'absence de vie de l'endroit. L'idée de prendre un chien lui avait pourtant bien traversé l'esprit fut un temps, avant qu'elle ne réalise être bien trop occupée pour perdre du temps avec un animal aussi dépendant de l'humain.

La porte se referme et le noir reprend possession entière des lieux. Elle se dirige vers les fenêtres sans prendre la peine d'allumer une lumière, connaissant la configuration de son domicile par cœur, pour repousser les battants des volets un à un. Alors le soleil déclinant d'une fin d'après-midi peut s'engouffrer à travers les ouvertures et l'air de l'extérieur chasser le renfermé en même temps qu'une brise fraîche. Des activités quotidiennes voire presque rituelles tiennent la femme blonde occupée quelques temps : quelques graines de paranoïa – celle-là finit toujours par s'emparer de vous lorsque vous côtoyez des personnes dangereuses – l'amènent à systématiquement vérifier que personne ne s'est introduit chez elle durant son absence et une fois le constat ramené à une conclusion satisfaisante, elle autorise à son corps de relâcher la tension. Les épaules s'affaissent légèrement, le regard perçant cesse de vouloir dépouiller chaque coin d'ombre.
L'animal dans sa tanière baisse sa garde une fois rassuré quant à la sureté de l'endroit.

Dans le salon aux murs nus à l'exception d'une bibliothèque, une tasse de thé encore fumante est posée sur la table basse et déjà presque oublié au détriment de l'objet qui occupe la place de choix ici, centre de toute l'attention de sa propriétaire. Avec la douceur que l'on réserve aux amants, sa main caresse le bois patiné de l'instrument, plus vieux qu'elle, la pulpe de ses doigts goûte à la surface polie par l'âge et toutes les histoires que la contrebasse a traversé.
Alors et comme obéissant à un ordre muet, la voilà qui s'empare de l'archet et les premières notes de la journée se mette à investir la pièce avant de s'échapper pour s'offrir à la nature par les fenêtres restées ouvertes.
Les premières mélodies sont d'abord douces : la journée de la femme a été harassante et celle-ci ressent le besoin de se réaccorder avec son instrument, de se remettre en phase avec lui. Mais le rythme s'accélère crescendo, les accords changent de nature et c'est alors que la musique explose réellement entre les mains accomplies de la virtuose.
L'abandon est très vite complet, son esprit fermé aux sollicitations du monde réel et concentré sur la seule chose qui importe réellement à l'heure actuelle. On pourra toujours s'impressionner du pouvoir de la musique à exprimer la violence de manière aussi puissante.
A l'image de la personne sise au milieu de la pièce, celle-ci prend aux tripes et s'impose à vous et elle est belle dans sa colère, mais terrible, impétueuse.


Et pourtant au milieu de tout cela voilà qu'une fausse note vient de se glisser, corps étranger extrêmement malvenu dans ce monde fermé. 

 


Dernière édition par Rachael Miller le Mar 22 Mar - 21:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Lun 4 Jan - 0:33



« La musique donne une âme à nos coeurs et des ailes à la pensée.” »

Racheal & Callum
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Ses pas foulent le sol dans une mélodie qu'il commence à apprécier. Il ouvre progressivement ses sens à une nature qu'il avait longtemps oublié pour des besognes moins nobles. Son souffle est régulier, habitué à parcourir de longue distance sans sourciller avec un sac de 20 kilos sur le dos. Une ouverture qui ne lui ressemble pas et pour laquelle, il ne semble pas encore totalement enclin à éprouver quoique ce soit. Il a beau porter ce tee-shirt signifiant son appartenance à une profession plus humaine, Callum n'est pas apte à devenir lui même un être humain. Le sang l'attire toujours, il l'appelle telle une mélodie qu'il est le seul à comprendre. Une volonté compulsive de violence pour la simple satisfaction de voir souffrir autrui. Il s'en délecte. Humecte ses lèvres avec un sourire que sa fille ne lui reconnaitrait pas. Il n'est qu'une carcasse foulant la nature à la limite des nouvelles barrières de la ville. Il n'est qu'une ombre s'étendant au sein d'une nature qui n'a de cesse de vouloir reprendre sa place au dessus de l'homme. Callum s'en contrefout. Il piétine ce qui ne le concerne pas. Il écrase absolument tout ce qui peut le contrarier. Il n'est qu'un bout de chair qui se déplace en oubliant son véritable hôte. A ce niveau là, la forêt elle-même semble vouloir fuir l’impact qu’il a sur le monde. Quelque chose en lui se satisfait de cette sensation pendant qu’une autre hume l’air comme si cette simple inspiration pouvait être la dernière. Le pompier accélère le pas, apprécie sentir la fatigue heurter son corps dans un exercice qu’il n’avait plus entreprit depuis plusieurs mois se contentant de frapper dans un sac. Une liberté qui offre plus de poids à son identité antérieure, une petite résurgence au gout de victoire. Toutefois, tout est si mesuré en lui qu’il n’est pas étonnant de constater qu’il repousse ce bout de bien être avec une impressionnante rapidité. Comme s’il avait peur.

Une mélodie s’infiltre alors en lui. Doucement, malicieusement. La nature s’anime d’une symphonie dont elle n’est pas la cause, pas cette fois ci. L’ancien militaire n’a pas conscience de ce qu’il entend ni même des éléments qui prennent possession de son corps. Il ne fait qu’avancer, courir, encore sans faire attention à la direction que prend son corps. A vrai, inconsciemment, une bataille se joue en lui à la simple écoute de ce son si particulier. Les sonorités varient, harponnent son élan et l’attirent inexorablement vers lui. C’est là qu’il lutte de nouveau, fait conscience et s’attaque à son calme, à la sérénité qu’il a appris à apprécier. Un silence sans lequel il ne saurait se contrôler. Un silence sans lequel il ne saurait plus agir. La musique l’attire mais le pompier achève sa course entre deux arbres. Lorsque ses yeux s’éloignent du brouillard dans lequel sa conscience l’avait volontairement plongé, il se retrouve face à une belle maison cachée entre les feuillages. Les notes persistent à s’accommoder dans l’espace, s’enroulent autour de Callum, épousent les arbres, les fleurs. La violence de celles-ci dénote totalement avec l’harmonie que le spectacle offre. Un instant, un simple instant, il ressent ce que peut être la vie et non la mort. Son sablier s’écoule, frappe son cœur avec une force qui le pétrifie. Ses yeux parcourent son décor jusqu’à entendre une sonorité perdue. Ce rire. Il l’entend, la devine entre les arbres et son corps s’articule avec une lenteur qu’il ne s’explique pas. Le pompier avance à tâtons, comme dans une obscurité bien plus grande. Il la cherche, suit son rire, tente de graver cette mélodie, ces images qui parcourent ses yeux. Il ne comprend pas ce qu’il se passe, il ressent juste le besoin de la suivre, de la retrouver. Anna. Sa fille. Il entre dans la maison, passe un couloir, une porte, se transporte vers ce rire, vers la mélodie qui l’accompagne. Bientôt, il entre dans la pièce principale baignée d’une lumière chaleureuse qui l’éblouie sans pour autant le pousser à couvrir ses pupilles. Non, il ne peut pas. Il en est incapable, il la voit elle, sa fille au milieu de la pièce. Elle rit, elle danse en tournant autour de la musicienne sans se soucier une seconde de l’intrusion. Il se souvient, oui, à cet instant, il se souvient de sa passion pour la musique classique. Une passion qu’il ne comprenait que par l’amour que porter sa propre sœur pour ce style. Callum trouvait cet amour pour la musique classique absolument magique voire mystique : comment pouvait aimer la même musique que sa mère avec autant de passion qu’elle ? Un mystère. Un mouvement brise le phénomène, un rayon l’éblouie. Il passe une main devant son visage en détournant la tête puis repose son regard sur la pièce. Elle n’est plus là. Son regard parcourt la pièce, il suffoque, tente de maintenir la magie qui vient de s’opérer. Sans succès. C’est fini. Le sablier se brise, s’échoue sur le col alors qu’une forme de colère prend le pas en lui. Pourquoi ? Il secoue la tête avec lenteur alors que son nez se fronce. Pourquoi tu t’arrêtes ? Continue…. Il pose ses yeux sur elle sans parvenir à l’identifier. Comment le pourrait-il ? Il s’approche d’un pas et accompagne sa voix d’un ton sans appelle, impétueux, impératif. Continue je te dis !

 

 

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MessageSujet: Re: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Lun 4 Jan - 21:42



« It is only in the world of objects that we have time and space and selves. »

Callum & Rachael
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Accord dissonant et disharmonie dans le rythme effréné de la musique. Un silence abrupt, c'est une porte qui se claque avec force.
Comme un fauve qui se détend, Rachael bondit sur ses pieds mais l'une de ses mains reste soigneusement fermée sur le manche de l'instrument afin de lui éviter une chute douloureuse. De l'autre, elle pointe l'archet sur l'intrus dans le salon de la même manière qu'elle le mettrait un joue si l'objet fermement brandi avait été son arme de service. Un ricanement lui échappe. Celui qui pense pouvoir la commander de la sorte ne risque pas de voir son désir satisfait aussi aisément.

« Qui ose ? » La colère emprisonnée dans la musique explose à présent dans sa voix, libérée des cordes de la contrebasse. Elle est brute et violente, sans détour. « Qui ose s'introduire chez moi et m'ordonner ce que je dois faire ? »

Les doigts se crispent autour de leurs prises jusqu'à en faire blanchir les articulations. Elle lui aurait sauté à la gorge, à cet étranger, si elle n'avait pas eu les mains occupées présentement. L'idée même que l'on puisse ainsi s'inviter chez elle la fait tout simplement sortir de ses gonds, et avoir été surprise dans un moment aussi personnel, intime…
Respire et calme-toi.
Quelque chose l'intrigue cependant chez cet individu, mais elle ne parvient pour l'instant pas à mettre le doigt dessus. Voilà de quoi l'agacer davantage. Il se tient à contre-jour, elle ne peut pas déterminer son visage ; de longues mèches de ses cheveux détachées lui retombent en partie devant la figure comme si sa vision avait besoin d'être gênée encore plus.

« Si vous vous cherchez une victime pour passer le temps, j'ai bien peur que vous n'ayez pas frappé à la bonne porte. » Un sourire de mauvais augure se dessine doucement sur ses lèvres tandis qu'elle fait lentement quelques pas en arrières sans cesser de se focaliser sur la silhouette de l'indésirable. « Quoique l'expression n'est pas vraiment appropriée au vu de la situation. » Pour lui comme pour elle d'ailleurs, dans la mesure où la peur est un concept qu'elle peine à saisir désormais.

Parler aide la femme à se canaliser, du moins pour ce qui est du début. Le mécontentement vibre sous la surface et chez elle cela est rarement un bon présage dans la mesure où la suite se teinte généralement d'une certaine dose de violence.
Rachael repose avec précaution sa contrebasse sur la cale dans un geste tant et tant répété que ses yeux n'ont pas besoin d'en suivre les mouvements. Sa main libérée repousse les mèches blondes vers l'arrière.

« Alors je vous offre une dizaine de secondes pour quitter les lieux et ne plus jamais y remettre les pieds. »

Et c'est déjà beaucoup trop ce cadeau dont elle le gratifie, presque une éternité. Trop magnanime. Elle espère presque qu'il va rester et lui donner une bonne raison de libérer la violence latente qui n'attend que cette bonne excuse pour jaillir.
Bien sûr elle n'a aucune connaissance quant à la nature du personnage mais ses années d'entraînement la mettent en confiance quant à la situation présente. Sans compter le fait qu'elle se trouve chez elle et connait les lieux comme sa poche. Ses yeux parcourent brièvement la pièce, étudient toutes les opportunités qu'elle peut détourner à son avantage. S'arrête sur le thé encore brûlant d'après la vapeur d'eau qui s'en échappe. A portée de main.
Time is ticking out.

 
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MessageSujet: Re: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Jeu 7 Jan - 22:34

Il ordonne avec une rage qui se confond avec la folie. Ses yeux rougissent. Ses veines explosent. Il suffoque. Il cherche sans parvenir à trouver quoique ce soit de visible, de palpable ou, simplement, un souvenir. Il sait pourtant qu’il est là, ce rire, il l’entend presque mais une barrière l’empêche de l’attraper. Un mur invisible, perméable. Callum hurle dans sa cage comme il hurlait au moment de sa première conscience, cherchant sa fille, l’appelant sans comprendre ce qu’il s’était passé. Il ressent soudainement ce qu’il avait mis que quelque mois à cloisonner : la souffrance d’avoir perdu la raison même de son existence. Un néant abyssal. Un trou dans une poitrine qui, jusque là, semblait vivre correctement tout son passé. Cette musique. Son esprit se centralise sur la femme s’étant relevée. Il se fiche de lui faire peur, au contraire, il veut la terrifier, lui ordonner de la faire revenir. Maintenant. Tout de suite. Il veut l’entendre. Il veut la voir. Il veut pouvoir lui parler, l’aimer, la serrer dans ses bras. Il veut être sûr de sa vie. Cette femme ne comprend pas. Elle est loin d’imaginer ce qu’il se passe dans le corps de cet homme à l’apparence aussi sauvage que dément. Elle ne peut pas se douter de l’explosion qu’une simple mélodie peut engendrer sous sa chair. Une explosion dévastatrice, puissante qu’il ne cesse pourtant de rechercher, encore et encore depuis des mois. C’est l’espoir d’un père qui s’agite et la violence d’un monstre qui l’exprime. Il faut l’avouer, Callum n’est pas prêt à abandonner ce qu’il est devenu se protégeant d’une réalité qui pourrait le dévaster davantage. Qui ose s'introduire chez moi et m'ordonner ce que je dois faire ? Au moins, elle a compris qu’il imposait ce qu’il voulait. Il l’observe, écorche sa chair pour contenir cette pulsion de violence. Pourquoi se retient-il d’ailleurs ? Lui qui ne prend plus la peine de songer avant d’exploser ? Lui, qui cherche à détruire ce qui ne devrait pas l’être ? Qui juge la vie pour de la mort sans s’avouer que lui-même est bien incapable d’anéantir la sienne ? Qu’importe. Quelque chose l’empêche. Sa fille. Sa fille. Tout se joue pour elle. Tout s’articule autour d’elle. En a-t-elle seulement conscience ? Est-elle seulement en vie ? Cet espoir est-il vain ? Qu’importe là encore, il se contient pour elle. Pour celui qu’elle a aimé tel son père. Si vous vous cherchez une victime pour passer le temps, j'ai bien peur que vous n'ayez pas frappé à la bonne porte. Pour ça faut-il encore frapper. Ce n’est pas quelque chose que le pompier maitrise ces derniers temps. Non, lui, il est passé maitre dans l’art de l’intrusion. Sans gêne, il ne s’encombre pas des banalités d’usages, prends ce dont il a besoin, s’introduit où il le souhait, frappe qui il veut et tue quand bon lui semble. Sa conception de la vie n’a de naissance que dans la réalité de la mort, imprévisible.

[color=bluangel]Joues.[.color] Un soupire. Un murmure entre ses lèvres serrées. Joues. Il dandine la tête de droite à gauche, respire fort, se consume. Pourquoi lui permettre de s’appaiser pour faire naitre en lui une rage qu’il ne possédait pas ? Sa lassitude faisait de lui un être abjecte, ses sentiments, mal accordé font de lui un être abjecte et fou. Alors je vous offre une dizaine de secondes pour quitter les lieux et ne plus jamais y remettre les pieds. Cheveux repoussés en arrière, il devine un peu mieux les traits de ce visage qu’il devrait reconnaitre sans hésiter. Pourtant… pourtant aucune conscience ne se fait. Non, au lieu de ça, il ouvre ses poings, écarte ses doigts, laisse son corps se prendre de spasmes alors qu’un rire sort de sa gorge. Un rire profond semblant avoir pris des âges. Le rire s’étend, entame de prendre possession du moindre mobilier, du moindre espace de résonnance dans ce salon dépourvu de fioriture. Penses-tu… Joues et après je partirais. Après. Après, un terme vague. Il pourrait bien être capable de la faire jouer indéfiniment si cela pouvait faire revenir sa fille quant bien même ce soit qu’une illusion, qu’un vague souvenir mêlé à cette réalité. Il s’en fiche, le résultat est le même : un bout d’elle se trouve ici, entre les doigts de la musicienne. Le pompier s’approche alors d’un bon, travers l’espace qui les sépare, attrape la gorge de la femme. Tu te démerdes comme tu veux, mais tu la fais revenir ! JOUES ! Ses yeux s’enfoncent dans les siens pour appuyer son ordre et la menace qui plane sous ces mots. Quelque part en lui, sa folie s’amuse de la situation, elle s’en délecte et n’a qu’à pousser encore un peu pour voir la rage propulser le corps de cet ancien militaire. Pourtant, là encore, quelque chose le rend fébrile. Il recule en écarquillant les yeux, relâche sa main. Toi.. ? Il fronce les sourcils, tourne la tête, cherche la farce. Cherche à comprendre. Tu… qui t’as dit de faire ça ? Il murmure, recule presque apeuré par ce qu’il ressent. Il lui semble que des ombres tentent d’arracher ses fibres, ses pensées, ses certitudes. Il déteste cette sensation. Il déteste ressentir. Il déteste être ce qu’il n’était plus : un humain. Une colère monte, différente de la rage, elle se veut tout de même accusatrice. Tu te joues de mon esprit ? Comment tu oses !?


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MessageSujet: Re: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Sam 9 Jan - 21:35



« It is only in the world of objects that we have time and space and selves. »

Callum & Rachael
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Rachael suffoque sous la poigne de l'homme. Plus vif qu'elle ne l'aurait pensé, plus fort également. Elle a fait une erreur de jugement et une pensée fugace lui entache momentanément l'esprit : sera-t-elle fatale ?
Non, pas sans se battre jusqu'au bout, décide-t-elle en accord avec elle-même. Mais difficile de lutter lorsqu'une pression contre la carotide vous empêche de respirer et réduit peu à peu vos facultés, non ? L'archet tombe à terre dans un bruit sourd, ses mains se portent sur celle de l'homme et tentent de l'en déloger. Vainement. Car ce n'est pas grâce à elles que l'air s'engouffre de nouveau dans sa gorge, ce n'est pas grâce à elle qu'elle parvient de nouveau à respirer par saccades brutales.

Et elle n'a pas réalisé. Pratiquement nez à nez avec lui pour quelques instants terriblement longs, le déclic ne s'est pas fait. Elle aurait dû, elle aurait pu reconnaître ces traits si familiers pourtant. Les années n'ont pas été si longues qu'elle oublie un visage autant ancré dans son ancien quotidien.
Chaque chose en son temps.
Pour l'heure, la colère a jeté un voile rouge devant ses yeux, empêchant les réminiscence de remonter à la surface. Alors à peine libérée de l'emprise elle agit au détriment de son équilibre rendu précaire par la privation éphémère d'oxygène. Car si son corps aurait pu user d'une brève pause le temps de se remettre, elle n'en a guère conscience. Le monde tangue un peu tandis qu'elle se saisit de la tasse de thé pour en jeter le contenu au visage de son adversaire.
Ainsi que le contenant : ses doigts affaiblis cèdent sous la rapidité du geste et la porcelaine suit la trajectoire du liquide brûlant. Elle, elle pense surtout à se mettre hors de portée et la porte ouverte menant à la cuisine s'impose comme une évidence : là-bas, il y a de quoi se défendre et montrer les dents à l'intrus, elle n'est pas rien qu'un chien soumis qui obéit la queue entre les jambes au premier ordre lancé d'une voix dure et assaisonné de menaces.  
Cet homme est mentalement instable, les faits s'imposent à elle devant son revirement d'attitude, ses propos n'ont aucun sens, pas plus que la manière trop familière de s'adresser à elle. Et si la rapidité des actions l'a empêché de prêter une attention détaillée au personnage, ses yeux ne se gênent plus pour le scruter avec suspicion maintenant qu'elle a imposé un écart entre eux et qu'une de ses mains, de l'autre côté de la cloison séparant salon et cuisine, se referme doucement sur le manche d'un couteau à viande. A l'aveuglette. Elle se tient dans l'encadrement, sans courir le risque de lui tourner le dos maintenant qu'elle a pu avoir un aperçu de sa vitesse. « C'est de la folie, vous êtes complètement cinglé », elle crache, contracte ses muscles, étudie une dernière fois son sujet.

C'est le moment que choisit la réalisation pour frapper un grand coup.

« Callum ? » Sourcils froncés, voix perplexe. Sa main armée reste derrière son dos, soigneusement hors de vue : de toute évidence, elle-même peine à croire ce qu'elle avance face à l'agressivité et aux paroles incohérentes de l'homme qui s'est introduit chez elle. « C'est une plaisanterie j'espère. Une très mauvaise plaisanterie. C'est quoi ce cirque putain, qu'est-ce que tu fous là ? » Le ton enfle au fur et à mesure qu'elle avance dans ses propos et la fin est presque criée. Elle ne se détend pas pour autant, prédateur prêt à bondir au moindre signe d'agressivité de l'autre côté.

 
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MessageSujet: Re: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Mer 3 Fév - 16:44

Il l’observe. Oui, il la détaille de nouveau avec une nouvelle forme de conscience, le souvenir d’un échange de regard, d’un intérêt porté par ses propres prunelles faisant écho aux siennes. A cet instant, il est pétrifié par sa propre incapacité à comprendre ce qu’il se trame dans cette pièce et dans sa tête. La rage s’installe faisant place à une frustration qu’il aurait apprécié laisser au placard. De l’autre côté, une forme de joie s’approprie son mobilier interne et attend la moindre faiblesse pour s’imposer à l’insu de tous. Un combat invisible. Des désirs si opposés. Les traits de la femme épousent les résurgences d’un passé qu’il pensait ne jamais devoir revivre. Comment peut-elle être en vie ? Cette femme dont ses propres sentiments passés sont si étranges, si discontinus, si violents. Entre désir et rage, comme aujourd’hui. L’ex militaire la voit très clairement ; elle est debout dans la tente du commandant à donner son avis sur une prochaine mission. Un avis sans doute, loin d’être stupide mais que le lieutenant Doyle ne peut entendre. Pas aujourd’hui. Pas après ça. Son équipe n’est-elle pas responsable de la mort de son soldat ? Plus encore… de son ami ? L’incompétence de ses hommes devrait-elle diriger les siens ? Certainement pas. La colère gronde lorsque le jeune lieutenant exprime sa propre opinion. L’électricité dans l’air est tout sauf respirable et c’est sous une injonction immédiate que l’échange fut clos laissant les deux leaders en tête à tête. Ordonnant une résolution. Ordonnant une cessation du conflit interne. Ordonnant l’impossible. Son poing se serre en écho à son propre souvenir. A-t-elle un rapport avec la disparition d’Anna ? A-t-elle un rôle à joué la dedans à l’instar de la mort de son ami ? Le doute. La suspicion. La colère. L’ensemble s’embrase et se veut au bord de l’explosion lorsque les notes si reconnaissables à présent de sa voix s’élèvent dans une sonorité qui brise son élan, sa colère. « Callum ? »

Arrêté dans son mouvement, il desserre son poing qu’il resserre et ainsi de suite à plusieurs reprise. La veine à son cou est au bord de l’explosion alors que ses pensées semblent jouer la scène d’une guérilla antique ou shakespearienne. « C'est une plaisanterie j'espère. Une très mauvaise plaisanterie. C'est quoi ce cirque putain, qu'est-ce que tu fous là ? » La question achève d’abaisser les armes internes. Le poing reste fermé alors que d’un pas il s’approche et s’arrête dans son élan faisant conscience de sa posture, de sa réserve, de son regard. Celui-ci attire le sien dans lequel il se nid. Seuls, ils se toisent. Bien incapable de déterminer comment désamorcer une bombe qui semble déjà avoir sauté. Comment parvenir à revenir en arrière ? Effacer ou simplement accepter la mort ? Une mort pareille ? Impossible…. Enfin, qui devrait l’être. Un tir allier arrive vite, plus facilement qu’on ne le pense mais pourtant… à cet instant, le lieutenant a du mal à cacher sa colère voire même, sa peine. Les mots qui finissent par exécuter un hakka menaçant entre eux font contrastes à sa propre posture. Il tend à cacher ses sentiments mais sa voix ne laisse aucun doute. La réponse de sa collègue ne fait qu’attiser une tension existante depuis 36h au sein même des deux unités. Leurs lieutenants font échos aux querelles des soldats, à la suspicion, la rage et le mépris. Un ensemble qui se mouvoir avec facilité au milieu d’un environnement hostile à la présence d’étrangers armées. Le fait de suspecter l’allier d’une erreur, d’une mort ne fait qu’engendrer la haine et à terme, une nouvelle erreur. Un désastre. Callum en a conscience à cet instant, tout comme elle. Pourtant aucun ne semble vouloir s’abaisser à un consensus. Le lieutenant hausse le ton. La chaleur les échauffe, la colère les rapproche. Rien, rien ne pouvait offrir une quelconque résolution à ce champs de bataille… comment passer outre ? Comment accepter ? Comment croire en quoique ce soit venant de cette unité ? Les mots de trop sonnent et c’est dans un sursaut qu’une nouvelle forme de communication s’installe. Rien, en effet, rien n’aurait pu le prédire. Ses mains enserrent son visage avec possessivité alors que ses lèvres se plaquent contre les siennes. A cet instant, il n’est plus dans cette réalité. Il est transporté dans une logique qui n’appartenait qu’à eux deux. Une chorégraphie volée à un autre temps, un autre souvenir. Qu’importe. Il n’est plus là. Il est loin de penser à l’arme qu’elle cache dans son dos et est même, bien incapable de pouvoir ressentir une éventuelle plaie, un éventuel coup porté. Non, il l’embrasse. S’impose avec des gestes habitués mais totalement inapproprié. Hors temps. Le lieutenant, puisqu’il est de nouveau cet homme en cette seconde, cette minute d’oubli, pousse sa collègue – sa supérieur même-, contre le cadre de la porte en prenant pour acquis ce qu’il croyait mort jusque-là. Oubliant TOUT. Absolument tout. A cet instant, il est toujours frère. Il est bientôt oncle. Il est bien. Il est là. Il est présent. Il est en vie. Un instant de flottement qui s’échoue dans un geste, une contre-attaque, un refus… non, pas ça. Une sensation… Papa… ?

Déstabilisé, il recule sans comprendre d’où vient ce refus, d’où vient cette sensation, ce mot. Il suffoque. Observe autour de lui et se plie en deux alors que le visage de sa fille s’impose à lui. La chaleur l’encercle alors qu’un rire agrippe ses tripes, il le connait très bien. Pourquoi sa fille rirait des flammes qui les entourent ? Les souvenirs s’entrechoquent. Là, il en a conscience. Il recule encore et finit par poser un regard perdu sur Rachel. Elle. S’immobilisant, soudainement, il ne sait plus quoi dire. Quoi penser. Il s’est oublié. Lui et sa nouvelle vie ou l’absence de celle-ci. Que .. ? Ses poings se serrent alors, ses yeux se ferment, les veines s’extirpent de nouveau de leur invisibilité … sa respiration devient forte avant de s’apaiser. Lorsqu’il ouvre les yeux, le calme a repris ses droits. Le rouge et le noir parcourent à nouveau son monde, son univers. La passivité de son visage marque la fin d’une perte de contrôle, note le retour du monstre. A toi de me dire. Comment as-tu survécu ? Comment connais-tu Anna ? Où est-elle ? Les questions se veulent sans aucune possibilité de détournement. Il veut connaitre cette vérité, il en est persuadé : elle sait quelque chose. C’est obligé. Elle n’a pas le choix.

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MessageSujet: Re: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Jeu 4 Fév - 22:32



« It is only in the world of objects that we have time and space and selves. »

Callum & Rachael
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La certitude quant à l'identité de son visiteur se fiche en elle lorsqu'il s'approche de nouveau. Elle ne bouge pas, trop surprise par cette révélation, perplexe également par ce comportement qu'elle ne parvient pas à interpréter venant de lui. Pourtant lorsque la distance est définitivement brisée entre eux deux elle se laisse faire après avoir marqué un temps de battement. Pire, elle s'abandonne à la spontanéité de l'instant alors qu'elle n'a ni prévu ni même désiré ce qui est en train de se passer. Pour des raisons bien différentes de celles de Callum, ce baiser la tire des années en arrière, une éternité semble-t-il au vu de tout ce qui est arrivé depuis. Un temps qu'elle regrette, pour ses jours sans lendemains et ses incertitudes constante quant à son avenir. En comparaison, sa vie d'aujourd'hui est trop bien rangée et le besoin soudain de s'en échapper se traduit par la réponse qu'elle donne à l'ancien soldat. Comme si cela n'avait jamais changé entre eux, comme si la dernière fois qu'ils s'étaient croisés datait d'hier.
L'encadrement de la porte brusque son dos et le choc revient mettre un peu d'ordre dans ses pensées indisciplinées. Mais qu'est-elle en train de faire, bon sang ? La raison revient s'installer à sa place et ces quelques secondes d'égarement sont boutées hors de son esprit. Le bon sens lui impose de cesser ce laisser aller et le tranchant de la lame vient s'interposer entre eux, appuyant avec insistance contre le corps de l'intrus pour le contraindre à s'écarter. Il n'y a aucune intention de réellement faire mal derrière ce geste, mais l'acier est affûté et l'absence de réaction la contraint à forcer davantage.

Quand enfin Callum recule, elle en vient rapidement à se demander si ce qu'elle vient de tenter n'a eu ne serait-ce qu'une toute petite influence sur sa décision de la lâcher ou si l'effet escompté découle d'une toute autre chose. Elle se tient là, le souffle au bord des lèvres et les doigts fermement serrés autour du manche de son arme de fortune. De l'autre main, elle s'essuie la bouche sans quitter du regard son vis-à-vis. Elle n'assume pas. Dans ses yeux, une expression un peu farouche et tandis qu'il parle à nouveau, elle se demande s'il n'est pas sous l'emprise d'une drogue quelconque. « Anna ? » Elle tire sur les souvenirs de leur passé commun afin de rassembler quelques morceaux éparpillés susceptibles de la jeter sur la bonne piste. La mémoire revient à grand peine, trop de temps a passé depuis. Mais rien concernant ce prénom. « Comment pourrais-je le savoir, alors que je ne sais même pas de qui tu parles. » Un rire sarcastique. C'est qu'ils n'ont jamais réellement été proches à se raconter leur vie respective. Leur relation n'avait que faire de ce genre de bavassages. Tout ce qu'elle sait de lui, sur lui, ne sont que bribes saisies à droite et à gauche, souvent un peu au hasard. Plus la fois où elle a rencontré sa sœur.
« Tes questions ne font pas le moindre sens. Serais-je censée être morte ? Tu me demandes ça comme si ma présence ici était improbable. » L'agacement reprend ses appartements alors qu'elle réplique ses mots en les englobant d'une agressivité passive. « C'est toi l'intrus ici, toi qui n'a rien à faire chez moi. Tu te comportes comme si tu avais tous les droits, mais tu t'es cru où bordel ? T'as fais tout le trajet jusqu'ici pour me poser ces questions sur une nana dont j'ignore jusqu'à l'existence ? Et puis quoi, tu veux pas tirer ton coup non plus tant que t'y es ? T'en as encore d'autres, des conneries à dire ou faire ? Non parce que quitte à être dans un délire complet, autant aller jusqu'au bout. »

C'est un fait, Rachael n'aime pas ce qu'elle ne comprend pas. Or à l'heure actuelle, Callum représente pour elle une énigme totale. Si ses divagations ne sont pas dictées par un élément extérieur, elle ne sait que trop faire de cette situation détonante.
Son envolée verbale retombée, elle reprend sur un trait d'humour éclaboussé de cynisme : « Enfin je vois que la politesse et le respect te sont toujours aussi étrangers. Tu pourrais au moins dire bonjour. »

 
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MessageSujet: Re: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Mar 9 Fév - 11:25

Aucun. Pourquoi aurait-elle le choix ? C’est simplement évident qu’elle sait ce qui est arrivé. Pourquoi aurait-il vu sa fille ici sinon ? Pourquoi recroiser son chemin à elle au milieu de cette forêt s’il n’y avait pas une bonne raison ? N’a-t-elle pas fait parti de l’armée ? Qui sait pour qui elle travaille. Qui sait ce qu’elle fabrique ici. Ce qu’elle a dû faire, à son instar, pour rester en vie, pour parcourir ces dernières années sans heurte. Pour obtenir cette baraque. Pour être ici, en vie, alors que sa fille n’est pas là. Alors que l’illusion l’a fait mouvoir entre ces murs… Qui est-elle aujourd’hui pour lui refuser un indice ? une information ? Il se fout de savoir si c’est justifié. S’il devient fou. S’il est perdu. S’il a raison ou tort. Il s’en fiche. Il veut savoir. Il veut comprendre. Elle doit savoir. Elle n’a pas le choix. « Anna ? » Elle semble prendre le temps de reflechir mais cela n’a que pour effet d’attiser l’impatience du pompier. « omment pourrais-je le savoir, alors que je ne sais même pas de qui tu parles. La réponse le fait avancer d’un pas d’un air menaçant. La veine de son cou s’extériorise une nouvelle fois, ses ongles s’encrent dans ses paumes pendant que son visage se durcit. Elle a beau savoir se battre, il s’en fiche. Il s’en tamponne et n’hésitera pas une seconde à la noyer sous ses coups, qu’importe son couteau, qu’importe ses restes de combat au corps à corps. Qu’importe les risques, il veut la vérité. Il veut tout savoir. Il veut enfin obtenir une réponse. Un bout de connaissance loin d’imaginer que celui qui l’a possède n’est autre que celui qu’il a menacé, rejeté, terrifié. Ce n’est pas les traits de son passé militaire qui la cache. Non. « Tes questions ne font pas le moindre sens. Serais-je censée être morte ? Tu me demandes ça comme si ma présence ici était improbable. C'est toi l'intrus ici, toi qui n'a rien à faire chez moi. Tu te comportes comme si tu avais tous les droits, mais tu t'es cru où bordel ? T'as fais tout le trajet jusqu'ici pour me poser ces questions sur une nana dont j'ignore jusqu'à l'existence ? Et puis quoi, tu ne veux pas tirer ton coup non plus tant que t'y es ? T'en as encore d'autres, des conneries à dire ou faire ? Non parce que quitte à être dans un délire complet, autant aller jusqu'au bout. » S’il ne réagit pas c’est qu’il s’agite ailleurs. Ce ton. Cette posture. Il l’a connait. Bien, très bien même. Leurs mots sont tranchants, acerbes. Encore. Comme si rien ne pouvait réellement les calmer, leur faire poser un drapeau blanc entre eux. Qu’importe les jours, les semaines, les mois qui passent. Entre eux c’est vif, tranchant, violent, insupportable. Ils s’exécutent avec colère, avec rage. Chaque mot semble en caché d’autres, plus agressif encore, plus accusateur. Rien n’y a fait, ni le temps ni cette étrange attraction qui mêlait leur corps. Rien, absolument rien. A chaque nouvelle rencontre, ce combat caché, muselé par la hiérarchie. Aujourd’hui plus encore qu’hier alors qu’elle a obtenu une promotion qu’elle n’aurait jamais dû obtenir. Alors qu’elle obtient le poste qui la catapulte tout droit au dessus de lui. L’égalité entre eux n’est plus. La rancœur plus forte. La haine viscérale. Il est dans son bureau, se contient du mieux qu’il peut alors que ses paroles ne font qu’accuser cette nouvelle situation, faisant remonté à la surface ce qui fait d’eux des entités opposées, combatives. Elle se défend de l’attaque, semble presque surprise, outrée, agacée. La colère monte. La tension s’installe. Encore ce schéma. Encore ce désir. Encore. Son souffle devient plus rauque, haletant alors qu’il revient au présent, dans cette réalité qui effleure leur passé. Ce peut-t-il qu’elle ne sache rien ? « Enfin je vois que la politesse et le respect te sont toujours aussi étrangers. Tu pourrais au moins dire bonjour. » La réponse est immédiate. Tranchante. La politesse est surfaite ici. Pourquoi s’en soucier alors que la mort semble te poursuivre ? » Il fronce les sourcils, se laisse interpeller par le visage qu’elle lui offre, se laisse porter par un doute existant depuis des années. « …nous poursuivre… » Une réalité qui accable plus encore la scène qui semble de jouer autour d’eux, contre eux sans qu’ils ne comprennent ce qu’il se trame. Quel en est le but ? Quelle est la chute ? Il voudrait tellement la connaitre, l’investir, la saisir. Il voudrait respirer, reprendre l’une de ses formes définitivement. Ne plus osciller entre le silence avant tempête, la tempête et les conséquences de celle-ci.

Son regard se durcit de nouveau. « Qu’as-tu fait pour rester en vie ? Pour qui bosse-tu ? Qu’est-ce qu’ils t-ont dis de faire ? » Les mots sont accusateurs lourds d’un sens dont elle ne peut comprendre que al moitié de l’implication. Il s’en doute mais ne parvient pas à l’exprimer, il musèle cette partie de sa conscience. Il veut des réponses, se veut accusateur, déterminé. Comme autrefois. Comme depuis toujours. Qu’importe le respect qu’il a toujours eu pour elle sans parvenir à l’exprimer en dehors de leur réconciliation sur l’oreiller et la conciliation qui y naissait pour leur désaccord. Qu’importe. « Où est Anna ? Qu’ont-ils fait d’elle ? » L’absence de réponse le pousse, encore. Il parvient difficilement à se contenir. La violence est devenue une attitude plus qu’un acte. Une seconde nature. Il est loin le lieutenant dont l’impétuosité laissait facilement place à une tendresse à peine mesurée. Il est loin le lieutenant attentif bien que survolté, brillant bien qu’impulsif. Il s’avance d’un pas en hurlant. « OU EST MA FILLE PUTAIN !? » Mes gestes se font plus vif, je traverse la pièce, lève un bras dans un geste menaçant mais me crispe, grimace, baisse la tête. Du sang s’échappe de son tee-shirt de pompier. Le rouge lui monte aux yeux et c’est avec rage qu’il reprend contacte avec les prunelles de sa supérieur. Le contact balaye de nouveau le monstre. Son ton se veut sec, accusateur, violent mais beaucoup moins agressif. Quelque chose détruit ses convictions, le reste d’âme. La situation vient de faire ressortir le plus humain qu’il restait de lui : ses sentiments. « Je sais qu’elle est en vie… je l’ai protégé du feu… je m’en souviens. Si seulement ils ne m’avais pas enfermé…j’aurai pu… »

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MessageSujet: Re: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Mer 10 Fév - 0:09



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Qu'est-ce que la mort vient faire dans cette équation incompréhensible ? Rachael fronce les sourcils, se retient de lui faire remarquer que la mort, ces derniers temps, elle a tendance à poursuivre tout le monde. Comme si elle s'était piquée d'une affection renouvelée pour l'espèce humaine dans sa globalité. La milicienne, elle, peut même s'estimer épargnée : elle va bien, sa famille va bien, ses proches également ; ce n'est pas le cas de toute ces personnes qui voient la Peste ravager leur foyer et détruire leur vie.
« J'ai fait ce qu'il fallait que je fasse. Qu'est-ce que tu veux que je te dise de plus ? Y a pas de recette miracle pour pas crever, juste de la ténacité et beaucoup de chance. » Être capable de faire le sale boulot sans rechigner, aussi. Mais ça, toutes ses années dans l'armée le lui ont appris depuis bien longtemps.
Tendue comme la corde d'un arc, la femme fait quelques pas sur le côté afin de ne plus être dos au mur tandis que Callum continue de parler. Son comportement, elle l'a compris, est imprévisible : elle ne peut pas se fier à ce qu'elle se souvient de lui. Lorsque le ton de sa voix enfle soudainement et qu'il s'avance d'un pas, elle recule tout autant alors qu'une expression de surprise non feinte prend possession de ses traits. Sa fille ? Voilà un élément nouveau dont elle ne sait trop quoi faire.
Pourtant cela ne suffit pas à la prendre au dépourvu : quand l'attitude de son interlocuteur se fait à nouveau menaçante, elle est prête à recevoir l'attaque et répliquer dans la foulée. Infoutue de deviner ce dont il est capable à présent, elle refuse de se laisser attendrir par les réminiscences d'un passé qui remonte à plus de dix ans.
Mais l'affrontement ne se concrétise pas.

Rachael semble découvrir en même temps que lui la blessure dont elle l'a gratifié tout à l'heure et se nourrit de la rage qu'elle trouve dans le regard de Callum. « Si tu pouvais au moins me dire qui est ce "ils" dont tu ne cesses de parler, peut-être aurais-je une chance de comprendre ton galimatias. J'ai pas une foutue idée de ce que tu racontes. Qui est-ce qui t'as enfermé ? Quand ? » A son tour elle se rapproche de lui, mais ses gestes sont imprégnés de la méfiance qu'elle a à l'encontre de l'intrus. Au premier geste menaçant, elle sera hors de portée. En attendant elle se plante pratiquement nez à nez avec lui. Sa taille inférieure l'oblige à lever la tête afin de pouvoir continuer à supporter son regard, dont elle refuse de se détourner. Lorsqu'elle parle de nouveau, sa voix est empreinte d'une colère froide. « En fait, me réponds pas si tu veux, je m'en contrecarre. Mais si tu penses que ton petit jeu d'agressivité va te mener quelque part, tu te plantes complètement. Alors arrête de me traiter comme si j'étais responsable de tes emmerdes parce que j'ai pris aucune part à ce qu'il a bien pu t'arriver. J'étais même pas au courant que t'avais une fille. »
Un temps.
Les émotions fluctuent et se succèdent, brutes, pures. Le calme revient mais on le devine précaire, temporaire. Elle ne se détend pas pour autant et l'autorité perce toujours dans ses propos quand elle continue, comme si la personne à qui elle s'adresse est toujours sous ses ordres. « Maintenant on peut soit parler comme des êtres civilisés et mettre au clair ce que tu me racontes, soit tu continues à te comporter comme un abruti et tout ça risque de très mal se finir. T'y gagneras rien, moi non plus. » Le couteau dans sa main, prêt à l'emploi, appuie ses dires. Le tranchant de la lame, entaché, semble en demander plus, n'attendre que le geste en trop pour mordre une nouvelle fois. Pourtant, Rachael semble préférer vouloir calmer les choses. « C'est ton choix, Callum. Mais t'arriveras à rien avec la force. Pas avec moi, tu devrais le savoir pourtant. »
Peut-être même que je pourrais t'aider, faillit-elle rajouter. Mais à l'heure actuelle, il ne lui donnait pas vraiment l'envie de lui rendre un service quelconque. Fallait pas abuser quand même.

 


Dernière édition par Rachael Miller le Mer 10 Fév - 21:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Mer 10 Fév - 11:38

Le silence n’est qu’une illusion. Un simple mot inventé par l’homme pour justifier son inattention. Il le comprend aujourd’hui, enfoncé dans cette cavité sans lumière mais qu’importe ? A quoi bon s’intéresser à ce que l’homme peut ou non être capable de faire sous de faux prétextes. L’homme est incapable d’assumer quoique ce soit. L’homme ne vaut rien. L’homme créait ce qu’il peut choisir de détruire, d’un regard, d’un geste. L’homme n’a fait que mériter ce qui lui est tombé dessus. Callum comme tous les autres. Cette prison, faite pour le briser, n’est rien en comparaison à ce qu’il vient de perdre. Sa lueur. Son espoir. Sa vie. Sa mission. Rien n’avait d’importance en dehors de sa survie à elle. L’enfant de sa sœur, de son ami, devenue sa propre fille dès qu’elle a poussé son premier cris. Dans sa cage, il a envie de rire face à la patience dont font preuves ses bourreaux pour s’assurer de briser ses barrières psychologiques : il n’en a plus. Il s’est toujours battu pour sa famille, aujourd’hui et depuis des jours, des mois, il n’en a plus. Depuis combien de temps l’ont-ils enfermé ici ? Sans contact ? Sans lumière ? sans conversation ? Sans sensation si ce n’est le froid glacial qui fait de lui un bonhomme de neige bien malheureux. Assez longtemps pour que les hallucinations arrivent, que l’envie de rire remplace le désir d’hurler… Le militaire connaissait déjà la suite des festivités, il n’en avait cure. Il était déjà mort comme tous ceux qu’il croiserait dès sa sortie. L’homme est un monstre. La chance ? C’est si surfait. Il n’y a pas de chance dans la vie juste une coïncidence, juste des choix légers qui ont pu avoir plus d’importance que d’autres. La chance n’existe pas ou alors Callum ne serait qu’un simple malchanceux devant s’apitoyer sur une destinée bien accablante. Comment apercevoir une lumière au milieu de l’obscurité sans fin ? La chance, un concept fourre-tout. Un concept humain. Stupide. Inutile. « Si tu pouvais au moins me dire qui est ce "ils" dont tu ne cesses de parler, peut-être aurais-je une chance de comprendre ton galimatias. J'ai pas une foutue idée de ce que tu racontes. Qui est-ce qui t'as enfermé ? Quand ? » « Ils ». Qui sont-ils ? Ils n’ont pas de casquette, pas de visage. Ils sont là ou ils étaient là. Ils ont créé une chaine invisible autour de son cou, un minuteur, une alarme…. Ils l’ont créé si facilement. Callum n’était déjà qu’une ombre, il n’était pas difficile d’en faire un pantin conscient et même…fier de l’être. Il voulait venger sa vie et au final n’a fait que s’abandonner sur un chemin qui ne lui était pas réservé. Oubliant les choix auxquels il avait toujours donné tant d’importance, de signification. Oubliant celui qu’il a toujours voulu être. Un mec bien à la hauteur de son père, de son meilleur ami… Ils ne sont rien et probablement tout. Ils sont du gouvernement, de la résistance, du peuple, des nobles, des miséreux. Ils sont morts, peut être encore vivants. Callum n’en sait rien, s’en est toujours foutu alors qu’ils peuvent savoir, eux, ce qu’il est advenu d’Anna. Mais comment attaquer une entité invisible ? quelque chose de si disparate ? Quelque chose qui peut le contrôler ? L’activer ? L’atteindre ? « En fait, me réponds pas si tu veux, je m'en contrecarre. Mais si tu penses que ton petit jeu d'agressivité va te mener quelque part, tu te plantes complètement. Alors arrête de me traiter comme si j'étais responsable de tes emmerdes parce que j'ai pris aucune part à ce qu'il a bien pu t'arriver. J'étais même pas au courant que t'avais une fille. » Il la sent bouger, il reconnait cette voix, ce ton. L’air de rien le temps s’est écoulé pendant longtemps dans un même sablier. Que cela soit voulu ou subi, ils ont dû se supporter, se détester, se haïr, s’apprécier, se quereller, s’enlacer, se heurter, s’amuser…. Des situations si paradoxales et pourtant si nécessaire pour l’attraction qui existait entre eux. Une violence douloureuse qui s’exprimait qu’entre eux et pour laquelle le Callum d’aujourd’hui y verrait davantage d’intérêt.

Une violence qui l’anime avec ce souffle qu’il ressent contre sa peau. A-t-elle si confiance en ses facultés ? En ses réflexes ? En ce couteau ? L’ex lieutenant n’a  pas peur de la lame, loin de là. A cet instant il voudrait juste qu’elle se la ferme. Elle se veut autoritaire, reprend une posture qu’elle n’est plus tenue d’avoir en sa présence. Plus depuis cette première incartade au beau milieu de la guerre. Plus depuis tous les autres qui se sont succédés qu’importe leur hiérarchie, qu’importe la posture qu’ils s’étaient fixés… Une relation toxique, sans lendemain, mais étonnement constructive pour le reste des opérations. Aujourd’hui, il se demande s’ils pourraient trouver une réponse ensemble comme auparavant. « C'est ton choix, Callum. Mais t'arriveras à rien avec la force. Pas avec moi, tu devrais le savoir pourtant. » Il hausse un sourcil, l’observe, détaille les traits de son visage. Elle ne semble pas avoir changé pourtant, il décèle ces petits quelque chose qui expriment parfaitement le temps écoulé. Il approche son visage d’elle, ses lèvres effleurent sa peau avant d’échouer non loin de son oreille. « Tu n’es plus ma supérieur. Tu n’as jamais vraiment réussi à l’être… » Ses doigts agrippent alors le poignet contenant le couteau. Il maintient l’ensemble fermemant sans s’éloigner, plonge son regard dans celui de Rachel dans un défi qui semble perdurer avec les années. « Soyons honnêtes, ce serait plus simple de tirer ce coup. On a toujours été meilleur dans cet exercice que dans celui du bavardage. » Il approche de nouveau son visage, sourit. « Ce serait surtout moins couteux pour toi… Rachel. » Ses prunelles s’agitent dans un balet déjà ensanglanté avec une satisfaction qui dépasse le désir ressurgissant de leur souvenir d’autant. « Il aurait mieux fallu que tu détiennes des informations…. J’ai perdu ma famille, ma sœur enceinte… j’ai élevé ce bébé et on me l’a enlevé il y a deux ans. Je n’ai pas de temps à perdre avec celle qui a contribué à la mort de son père… » Mon sourire s’étend malgré la douloureuse vérité, l’accusation, l’injonction de ce passé commun, de cette querelle qui subsiste après des années. Il a pourtant depuis longtemps fait ce deuil et aujourd’hui plus encore qu’hier puisque ce qu’il ressent n’est qu’un vide. Il a pourtant défendu les talents de sa supérieur avec conviction mais qu’importe, deux fortes têtes ne peuvent rien créer de bon.  La pression s'étoffe en même temps que la tension qui fuse entre eux. Le couteau glisse entre eux, s'échoue sur le sol sans qu'il sache si elle l'a laché volontairement ou sous sa poigne. Qu'importe. Un instant, les voila hors temps.

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MessageSujet: Re: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Mer 10 Fév - 21:31



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De manière parfaitement prévisible, son calme de façade vole en éclat dès lors que Callum réplique. Un frisson se coule le long de son échine lorsqu'il l'effleure du bout des lèvres et elle finit par détourner la tête pour échapper à ce contact. Son poignet est prisonnier de l'emprise qu'il a sur elle mais le reste de son corps, encore libre, s'écarte pour ré-établir une distance qui lui convient mieux. La tension entre eux, si palpable qu'on pourrait trancher dedans, éveille en elle quelques envies qu'elle pensait avoir enfoui avec le temps. Preuve s'il en est que son corps a bien meilleur mémoire que son esprit. L'envie de se rire d'elle-même se profile alors qu'elle chasse ses pensées importunes.

Bruit de ferraille lorsque l'arme s'écrase sur le sol. La surprise fait une apparition fugitive dans ses yeux tandis que ceux-ci s'octroient le luxe de quitter de vue l'homme pour s'intéresser à l'origine de la chute. Sans doute l'homme a-t-il mis tant d'intensité dans sa poigne que la force en est venue à manquer à sa prise et que les doigts ont fini par libérer le couteau. Si elle ne s'est pas rendu compte qu'il serrait aussi fort la déduction, logique, s'impose d'elle-même lorsqu'elle constate que son poignet semble prisonnier d'un étau féroce.
Alors et sans crier gare, elle lui rit au nez.

Sans doute Rachael devrait être inquiète, à voir qu'elle ne fait physiquement pas le poids face à cet homme qui lui reste en partie étranger. Une personne sensée ferait peut-être même profil bas à sa place, consciente du risque et de sa vie qui se trouve sur la sellette.
Elle, elle préfère autant se jeter dans la gueule du loup et, quitte à ne pas s'en tirer indemne, refuser à l'opposant le plaisir de la dompter aussi aisément. « Tu rumines encore cette vieille histoire ? » Elle lui crache ses mots au visage avec une provocation qui se veut évidente. « Tu penses pas qu'il serait de bon aloi de laisser les morts tranquilles et le passé bien à sa place ? A quoi ça te sert  de déterrer les vieilles rancunes, que penses-tu obtenir de plus aujourd'hui par rapport à hier ? » Entre deux battements, elle tente d'imaginer son interlocuteur et ancien partenaire en tant que père adoptif mais échoue complètement dans l'exercice. Le décès de sa sœur, quant à lui, ne lui fait ni chaud ni froid. Si elle commence à s'émouvoir à chaque fois qu'on lui apprend la mort de quelqu'un, même une personne qu'elle a rencontré et dont elle ne garde pas de mauvais souvenir, la voilà qui serait bonne à sombrer dans la dépression. « Donc :  je n'ai pas ces fameuses informations. Je dois m'en mordre les doigts ? Tu vas faire quoi alors, tirer ta revanche de cet accident qui n'appartient plus à l'actualité ? » Elle lui offre un rictus moqueur et semble bien se ficher qu'il prenne au pied de la lettre le défi qu'elle lui tend à bout de bras. A vrai dire, elle l'espère presque, électrisée comme elle l'est par cet atmosphère de discorde.
Rester immobile, dressée face à lui dans une attitude hostile, lui demande un effort qui se fait plus pesant d'instant en instant.

Elle reprend d'une voix tranchante : « T'as pas de temps à perdre tu dis ? Très bien. Alors tu pourrais faire quelque chose de plus productif que rester planter au milieu de mon salon. Bouger ton cul hors de chez moi, par exemple. » Et finalement, c'est elle qui craque la première, victime de cette désagréable sensation d'être prisonnière dans son propre foyer : tandis qu'elle parle, sa main gauche se crispe sur un poing qui accompagne la fin de sa phrase en venant s'écraser avec une violence à peine contenue dans la blessure que sa lame avait dessiné quelques minutes plus tôt.

 
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MessageSujet: Re: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Dim 21 Fév - 19:41

Le choix. Elle n’en a pas. Elle ne peut pas se permettre d’en avoir d’autres que celui de lui donner cette vérité qui, pourtant, se trouve ailleurs. A cet instant, la musique qu’elle jouait jusque là n’est plus une cause, une possibilité, une raison, ce n’est qu’un élément factuel  puisqu’elle, elle détient forcement une réponse. Oui. C’est évident. Pour lui et seulement pour lui. Il s’enfonce dans un mensonge qu’il alimente par cette colère qu’il ne parvient pas à maitriser. Un sentiment qu’il a su dominer durant deux ans et qui, aujourd’hui, s’échappe dans un sourire bien plus malsain qu’auparavant. Cette autre force s’agite en lui, attise ce que Callum s’était juré de laisser derrière lui. Pourquoi l’armer de cette rage ? N’est-ce pas suffisant de le voir tuer sans ressentir le moindre mal, sans ressentir la moindre colère, sans qu’il n’ait à avoir de raison ? Pourquoi aujourd’hui l’affubler de ce qu’il ne semble plus capable de gérer ? C’est là qu’il l’entend. Ce rire. Il l’observe, répond d’un sourire qui s’éteint, s’offre même le luxe de froncer les sourcils. « Cette vieille histoire » Il la voit avec son grand air, elle semble déterminée à imposer son statut et le respect qui va avec. Callum, lui, est déterminé à s’imposer d’une manière ou d’une autre lors de cette mission où, pour une raison obscure, elle a écarté son régiment. Il ne comprend pas et a dû mal à accepter l’ordre qu’il lui est parvenu. Depuis le temps, elle savait aussi bien que lui ce que valait ses hommes alors pourquoi envoyer l’autre crétin de Jenkkins ? Il bouillonne, se retient d’exploser alors qu’elle éjecte d’un geste de la main ce qui aurait dû entacher son plan de carrière. Il n’y a rien à faire, il a beau connaitre et saluer ses compétences à chaque ordre qu’il n’apprécie pas, qu’il ne comprend pas, il l’affuble, se souvient d’un passé malheureux et l’accuse. En réalité, Callum n’a pas confiance. Donc :  je n'ai pas ces fameuses informations. Je dois m'en mordre les doigts ? Tu vas faire quoi alors, tirer ta revanche de cet accident qui n'appartient plus à l'actualité ? Il cligne des yeux, désireux de ne pas afficher ces bouts de passés qui s’animent et laissent un arrière gout acerbe. L’étrange tableau qui se peint face à lui le laisse perplexe. Pour une fois depuis longtemps, il n’est sûr de rien. Mitigé. Il hésite. Il cherche la paradoxale certitude qu’il avait autrefois en sa présence sans parvenir à simplement l’effleurer. Au lieu de ça, il ne se souvient que d’une partie de l’histoire, de leur histoire. … plus productif que rester planter au milieu de mon salon. Bouger ton cul hors de chez moi, par exemple. Elle s’est éloignée d’un pas ou deux, l’observe avec dureté sans toutefois parvenir à cacher son propre trouble qu’il ne sait pourtant comment le justifier. Lui-même ne comprend pas ce qui le retient. « Je n’ai pas ces fameuses informations ». Si elle n’en a pas, qui ? Ses poings se serrent faisant écho à son ancienne supérieure sans pour autant s’en apercevoir. Non, il n’est plus là.

Ou peut être que si. Le poing, lui, il le voit s’armer. Il connait sa trajectoire et pourrait surement l’éviter pourtant, il reste là. Ses propres poings prêts à la riposte sans pour autant l’offrir tout de suite. La douleur se repend dans son être, il recule de plusieurs pas à en grognant sa douleur et reste un instant à regarder le sol. Un instant de trop pour repousser ce petit retour aux sources. La douleur. La violence. Le sang. Ce truc inné chez lui auparavant. Ce truc totalement incrusté en lui à présent. Merci… Se redressant avec rapidité, il s’étend et prolonge son corps de son bras, rate la femme qui semble être restée assez avertie. Qu’importe, il ne s’attriste pas de ce constat mais en semble bien davantage heureux. Se battre avec des alcooliques ou des drogués n’a rien d’amusant. Rachel est une cible personnelle beaucoup plus attrayante, dans tous les sens du terme. C’est avec un grand sourire, qu’il se détourne dans un sens pour revenir de l’autre avec un coude armé direction la mâchoire. Elle le pare sans s’attendre au crochet du droit qui arrive et s’incruste dans ses côtes. Ses prunelles se noircissent à mesure de cette nouvelle danse qui se joue entre eux. Elle a encore de la force et une certaine vivacité. Elle l’amuse, pour le moment. Il sait ce qu’il va arriver soit elle utilisera ce couteau laissé sur le sol soit il lui enfoncera un peu trop de fois son poing dans la tête jusqu’à ce qu’elle, en effet ne puisse lui délivrer aucune information. A lui comme à personne d’autre. La perspective lui fait passer sa langue sur ses lèvres alors qu’ils se regardent un instant, comme deux prédateurs. T’es sûre de n’avoir rien à me dire ? A cet instant, il n’a pas d’écho du passé. Il est si encré dans ce jeu qui ne doit amuser que lui qu’il en oublie presque les raisons de son arrivée. Encore. Sa fille. C’est elle qui est apparue au milieu des arbres. C’est elle qui s’est immiscée en lui avec une force qui a tari toutes les autres. Le souffle de Rachel épouse son épiderme lorsque la proximité fait de leur combat un étrange ballet. Son cœur oscille doucement à à chaque rapprochement. Lorsqu’il la tient contre lui, il s’électrise, en a le souffle rauque. Se laissant transporter par ailleurs, sous une tente, sous un soleil de plomb. Il la relâche en étouffant un grognement lors de l’impact de son coude sur sa plaie. Ils sont tous deux essoufflés. Callum se refuse d’y puiser les conclusions qu’il devrait y trouver. Au lieu de ça, il fonce dans le tas, offre un dernier sourire voulant conserver l’image noircie de lui-même. Plusieurs coups s’échangent avec une proximité qui se veut toujours plus attractive, les murs heurtent leurs corps autant que le mobilier pendant que les épidermes se nourrissent d’électricités et de bleus. Puis il la fait chuter, s’étend presque sur elle pour la maintenir au sol. Il sourit, lâche même un rire sans se l’être pourtant autorisé et le supprime de l’atmosphère en posant son avant bras sur la trachée de Rachel. T’aurais dû te la fermer ou avoir une réponse … Assombrissant volontairement son regard, il ne fait pourtant que poser un masque sur une autre volonté. Il n’est plus si déterminé à la défigurer et certainement pas lorsque sa vision périphérique se place sur le pied de l’instrument.  Toujours pas motivée à jouer, Miller ? Son regard s’enfonce dans le sien avec la même impétuosité d'autant alors que son autre main maintient un peu plus faiblement son bras gauche, hésitant à l’imposer par ailleurs.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Mar 23 Fév - 23:17

HRP :
 



« It is only in the world of objects that we have time and space and selves. »

Callum & Rachael
featuring

Au moment précis où Rachael choisit d'abandonner la parlote futile au profit d'une conversation un peu plus musclée, elle sait qu'elle s'engage sur un chemin sans retour et que le début des hostilité sera déclenché définitivement sur ce simple geste. Elle sait, attend… et espère le retour des flammes. Ainsi lorsque Callum réplique, elle est prête et l'accueille à poings serrés. A cet instant, peu importe qu'il soit ou ait été ami, ennemi voire étranger : ce qui importe, c'est la lutte, c'est la tension qui s'évacue enfin, l'action après la discussion. Son amour pour la violence jamais caché se dévoile face à l'homme qui n'a pas le moindre égard envers son ancienne supérieure et ne lui laisse pas le moindre répit entre chacune de ses frappes. Elle encaisse, morfle, réplique dès qu'elle entrevoit une ouverture éventuelle, mais surtout ne se laisse pas faire, jamais, pas tant qu'elle se trouve encore dans la possibilité de se mouvoir. Leurs regards se croisent brièvement, quelques mots tombent le temps d'un arrêt sur image. « Ta gueule et t'arrête pas en si bon chemin », c'est sa seule réponse qui s'échappe dans un souffle avant que tout l'air ne soit expulsé brutalement de ses poumons par un énième coup. Une pensée se faufile, cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu droit à un rival aussi performant dans un combat sans la moindre retenue ; ça l'échauffe, l'excite même, l'enjoint de ne pas épargner le moindre soupçon d'agressivité dormante.
Indistinctement et comme en second plan, la milicienne réalise que son corps accuse des dégâts dont elle regrettera probablement l'existence lorsque tout ceci sera terminé. Tandis qu'un coin de meuble heurte sans douceur le bas de son dos, elle sait que le bon sens lui dicte de tenter mettre un terme à cette bêtise, mais se refuse à l'écouter car c'est précisément dans ces instants d'incertitude que la femme se sent plus vivante que jamais. Depuis que son corps a cessé de lui envoyer les signaux supposés mettre le holà lorsqu'elle présume trop de ses forces, depuis cet accident bien des années plus tôt, il lui est malaisé de savoir quand il devient judicieux de s'arrêter. Et cela est d'autant plus valable ici car la présence de son partenaire l'électrise, son statut d'intrus et d'agresseur lui interdisant tout simplement de refuser l'échec.
Pourtant plus le temps passe – secondes, minutes ? – et plus elle le sent prendre le pas sur elle.

Autour d'eux, le salon se transforme en véritable champ de bataille au gré de leurs mouvements. Quelque chose tombe à terre dans un bruit de verre brisé mais elle n'en a cure, se soucie comme d'une guigne de l'avenir de son mobilier. La seule chose qui importe ici, c'est la contrebasse, et Rachael se débrouille systématiquement pour qu'ils ne gravitent pas trop près de l'instrument. Elle ne pourrait souffrir qu'il soit endommagé lors d'une querelle, quelle que soit la cause de cette dernière : voilà qui serait impardonnable.
Soudain, voilà qu'elle se retrouve à terre, dos contre le carrelage froid de la pièce à vivre. Callum la surplombe, leurs souffles se mélangent, les odeurs aussi. Pantelante, elle reçoit ce répit inopiné non sans un certain soulagement mais le poids de l'avant-bras sur sa carotide l'empêche de reprendre son souffle correctement. Ce qui ne la gêne pas, pourtant, pour faire écho au rire de son assaillant. « C'est mal me connaître, penser que je vais gentiment fermer mon bec alors que t'as pas le moindre droit à me l'imposer. » Consciente d'être en position d'infériorité mais toujours aussi obstinément bornée. Certaines choses ne changent jamais.

Tandis que sa main droite, restée libre, tâtonne à l'aveuglette quelques débris qui jonchent le sol, la femme continue de soutenir le regard sombre, pleine de défi bien qu'immobilisée. Il remet sur le tapis ses ordres précédents concernant l'instrument de musique et un sourire franchement sardonique étire ses lèvres et dévoile ses dents blanches à l'entente de la question. « Tout ça pour… ça ? » Ses doigts se referment presque délicatement sur un morceau tranchant qu'elle assimile, vu l'eau chaude dans laquelle il trempe, à un tronçon de porcelaine de feu sa tasse de thé. « Va chier. » Ce qui se passe ensuite arrive simultanément : son bras gauche, dont elle a senti l'emprise plus faible, s'en libère pour attraper Callum au col et l'attirer encore plus près d'elle qu'il ne l'était déjà. Le droit, quant à lui, ramène le débris coupant juste sous sa gorge. Rachael ne peut guère plus bouger, toujours maintenue prisonnière par la masse de son corps et son cou immobilisé, mais au moins elle n'est plus complètement désarmée et soumise désormais. « Tu crois que ça va me motiver à faire quelque chose pour toi, de me casser la gueule ? » De nouveau un rire moqueur lui échappe, bref. Ils sont si proches à présent que leurs lèvres se frôlent au rythme de ses paroles. L'homme occupe tout son espace personnel et sa proximité éveille quelques vieux démons. « Y a pas à dire, tu sais parler aux femmes. » Elle accentue la pression de son arme de fortune sans cependant chercher à mordre la chair, regrettant son couteau qui ne doit pourtant pas être bien éloigné d'eux. « Alors on fait quoi, on se regarde en chiens de faïence jusqu'à l'aube ou bien … ? »

 


Dernière édition par Rachael Miller le Sam 5 Mar - 18:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Jeu 3 Mar - 22:03

La proximité aiguise ses sens. Il peut facilement humer ce qui le rappelle à des années auparavant. Loin, très loin de la situation similaire et pourtant très semblable. La douche n’en est pas plus froide, au contraire, chaque contact s’est évertué à échauffer des esprits s’étant de nombreuses fois bercés sous un soleil de plomb. Leur corps n’ont rien à envier à cette époque, si ce n’est peut être une hargne verbale plus douce que l’impact des poings sur leur peau. Qu’importe, si leur hargne respective n’ont fait que s’adapter et croitre dans un monde aux nouvelles règles, Callum était bien satisfait que cela soit dans ce sens. Plus que les mots, les violences physiques étaient bien plus attrayantes et, il fallait l’avouer, les talents de Rachel n’avaient pas décru avec les années. Peut être même qu’elle s’était améliorée. Il y avait quelque chose chez elle de plus intense que par les années, quelque chose ayant toujours existé, s’extirpant de sa demeure cachée lors de leurs rencontres clandestines mais ne s’étant jamais exprimé avec autant de force. L’ex militaire n’en était que plus électriser, voire curieux. Le rire de son ancienne supérieur s’efface doucement dans l’atmosphère alors, qu’étrangement, il l’installe dans un coin de sa mémoire. S’amuse presque de cette personnalité qu’il a autant détesté que respecter, brutalisé que possédé. Il ne s’offusque pas du dédain qu’elle ponctue autour de sa question, autorise l’attaque. La proximité aiguise donc ses sens, et le laisse un instant vagabonder à une autre issue. Relâcher la pression sur le bras jusque là maintenu obtint une réaction immédiate, évidement. « va chier. » Rapide, précise, il sent la poigne qu’elle lui offre comme menace alors qu’il la ressent telle une caresse à son esprit attiré par toutes formes de violences. « Tu crois que ça va me motiver à faire quelque chose pour toi, de me casser la gueule ? » Oui. Oui, il y croit et sa réponse se fait en premier lieu par un sourire amusé, entendu, convaincu. Il la laisse rire, offre tout son sérieux à travers ses prunelles et la laisse profiter de son instant. Elle est comme lui. La violence l’attire. L’autorité se déploie autour d’elle comme un nuage brumeux qu’il suffit de passer sans réfléchir. Elle a toujours été comme ça, il en est convaincu sans pour autant attraper le moindre souvenir au vol. Non, rien de cet ordre n’apparait au fond de ses pensées. C’est tout autre chose qui se déploie, l’attire, l’amuse. Les échos du passé sont toutefois moins intéressants que l’attrait qu’elle dégage, le jeu qu’elle déploie sans peut être le savoir et le désir qu’elle procure. Il veut se battre encore et ce n’est pas cette proximité qui lui ôte l’idée de la tête. Non, loin de là. « Y a pas à dire, tu sais parler aux femmes. Il secoue doucement la tête de gauche à droite sans se soucier de l’arme de fortune contre sa peau. Non du tout. Il ne sait pas parler aux femmes. En effet. « Alors on fait quoi, on se regarde en chiens de faïence jusqu'à l'aube ou bien … » Ou bien ? Son sourire a déjà disparu, il délimite le visage de Rachel du regard et rit légèrement avant d’appuyer un peu plus sur sa gorge. L’écho ne se fait pas attendre mais il n’a pas peur de laisser paraitre la noirceur de son corps, il n’a plus rien d’humain et l’assume. « Non.. mais je sais parfaitement parler à Rachel Miller… » Son regard sourit. « Tu es comme moi… la violence… t’attire..et je suis sûre … que tu vois la motivation juste devant toi… » Son bras s’écarte légèrement puis totalement, se décale pour que sa main puisse posséder le cou de sa supérieur. La caresse qu’il y apporte est aussi douce qu’une pression mais qu’importe, ses yeux s’élisent un domicile dans son regard pendant une fraction de seconde. Leurs lèvres s’effleurent sans qu’il n’esquisse de large sourire, se contentant d’une appréciation interne. Alors, pour reprendre ses mots avec une pointe de malice, il ponctue d’un « Parle ou bien…ta gueule et t'arrête pas en si bon chemin Miller » Ses lèvres se posent avec fermeté sur les siennes. Il sent ses mains dans son dos, l’attirer avec force, une nécessité qu’ils ressentent tous deux alors que les mots n’ont plus de sens dans le chaos qu’ils viennent de créer. L’échappatoire est enchevêtrement saccadé d’ordre et d’habits, de gestes et de fougues. Un désordre qui les complet tous deux dans des rôles qui ne sont pas les leurs. Une mascarade que leur corps et leur esprit ne sont pas près d’estomper. Le temps ne semble pas suffire à effacer ce cercle perpétuel. Qu’importe, les jouets qu’ils deviennent pour l’autre se complaisent parfaitement dans ce spectacle de marionnette dont on ne devine pas qui contrôle les cordes.

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MessageSujet: Re: Le passé ne parvient jamais bien longtemps à rester éloigné du présent   Sam 5 Mar - 20:43



« It is only in the world of objects that we have time and space and selves. »

Callum & Rachael
featuring

En son for intérieur, elle n'a aucun mal à admettre partiellement les propos de Callum : ce n'est pas tant qu'il sache comment lui parler mais plutôt comment se comporter vis-à-vis d'elle. Comment la faire réagir au quart de tour et l'amener là où il veut qu'elle soit. Presque. Car si elle n'a effectivement aucun mal à trouver de quelle motivation il parle, elle doute que ce petit jeu auquel ils se livrent en dehors des limites de la bienséance finisse par la pousser à toucher à la contrebasse pour les beaux yeux de l'ancien soldat. A l'heure actuelle, l'instrument, la raison de l'intrusion de l'homme qui la surplombe, se trouve aux frontières de ses pensées tourbillonnantes et toutes axées sur la même personne. Motivée, oui, cela ne fait aucun doute. Reste à savoir pour quoi…

Lorsque les lèvres de Callum rencontrent de nouveau les siennes, il est peu dire qu'elle n'attendait que ça. Contrairement à ce qui s'est passé quelques longues minutes plus tôt avant que leur affrontement ne débute et alors qu'elle s'était retrouvée prise de court face à l'initiative, il n'y a cette fois nul battement avant qu'elle ne s'empare d'autorité de cette bouche qu'elle n'a plus tutoyé avec autant de passion depuis nombre d'années. Son arme illusoire lui glisse de la main droite sans qu'elle ne cherche à la retenir, l'oubliant à l'instant même où le morceau de porcelaine tranchant retombe sur le sol dans un bruit mat. Oubliant tout le reste également, tout ce qui n'est pas Callum et le présent immédiat qui les concerne tous deux.
Mais se rappeler l'homme, c'est déjà se rappeler trop de choses pour pouvoir réellement s'abandonner à l'instant présent. Si Rachael prolonge l'embrassade avec une fougue qu'elle s'ignorait posséder encore, ses deux mains désormais agrippée au haut de son compagnon, elle garde bien présentes à l'esprit les raisons de leur situation actuelle.
Et refuse de s'y laisser aller aussi aisément, de rendre les armes avec tant de facilité face aux souvenirs séduisants d'un passé qui les a tant de fois vu réunis de la sorte.

Ainsi l'union se termine comme elle a commencé : abruptement. Tandis que le baiser se fait morsure, sauvage et soudaine, Rachael profite sans vergogne de cette semi-liberté qu'il lui a concédé en retirant le poids de son avant-bras qui oppressait sa gorge. Désormais prisonnière seulement par le poids du corps de l'homme, elle l'amène à l'en libérer en remontant brusquement son genou entre les jambes de ce dernier. Profite ensuite de la réaction qui s'ensuit immanquablement pour le repousser et se redresser, se relève d'un bond maladroit et récupère un semblant d'équilibre après quelques pas stabilisateurs.
De retour à la station debout, elle se permet enfin de considérer à nouveau Callum. « T'aurais pourtant dû savoir que rien n'est jamais aussi facile. Les années auraient endormi ta vigilance en dehors du combat ? » Rictus sardonique. Elle se garde bien d'évoquer à quel point elle-même s'est retrouvée tentée de céder sans plus tarder, fait soigneusement silence le brasier qui a trouvé naissance au creux de ses reins et préfère se concentrer sur sa respiration encore trop courte et rapide comme si c'était cela qui importait vraiment. « Tu peux pas te pointer comme ça et attendre qu'on te serve tout sur un plateau d'argent. Ni aujourd'hui, ni jamais. Viens mériter ce que tu veux prendre. » Ses poings se serrent tandis qu'elle l'attend au tournant, les cheveux en vrac et les vêtements dans un état guère meilleur. Elle en tout cas, ne s'en tiendra pas simplement à ça, quoi qu'il doive se passer par la suite.

 
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