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 Autour de moi les fous (Sabetha)

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Féminin
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↳ Citation : « Too late it was, for him, for them, the evil curse had won. The anger and the anguish overwhelmed his fragile soul, and caused a wicked tantrum that he never could control. »
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MessageSujet: Autour de moi les fous (Sabetha)   Mer 6 Jan - 0:48



Le quartier nord est connu pour être délabré, et pourtant, Vaas Milligan s’y trouvait, déambulant après une journée de travail accablante. Cela n'avait jamais empêché le quartier d'être bondé, chose dont Vaas s’était maintenant fortement accommodée. Selon les périodes, il esquivait la foule, il l’évitait comme la peste. Chose qui était en ce moment encore plus d’actualité qu’auparavant. Ce n’était pas le cas ce soir. Il observait, il était attentif. Son subconscient lui indiquait que la populace était plus excitée que la normale. Mais étrangement, Vaas ne s’en préoccupait pas plus que ça. Il ne changeait rien à ses habitudes, rentrant nonchalamment chez lui après avoir passé une journée de plus à monter et descendre les échafaudages d’un énième bâtiment en ruine de ce misérable quartier qu’un patron fraichement débarqué s’efforçait de retaper pour en faire un bénéfice désespéré.

Le métro n’était pas le moyen de transport qu’il préférait. A dire vrai, il l’évitait le plus souvent possible, préférant la marche beaucoup plus propice à l’expression des électrons libres qu’étaient ses pensées. Il n’était pas le seul à éviter ce tunnel mal famé et lugubre. Peu de personnes à dire vrai appréciaient se retrouver coincé dans un wagon espérant seulement et simplement sortir d’ici avec tous leurs membres et sans blessures mortelle. Cela faisait une semaine que Vaas empruntait les souterrains pour aller à son travail, matin comme soir. Rares furent les occasions où il travaillait aussi vite afin de terminer son chantier le plus rapidement possible et de passer au suivant. D’où sa fatigue plus accablante que d’habitude.
Dans le wagon, la population semblait préoccupée. Chose parfaitement habituelle lorsque l’on savait la réputation que se trainait le Metro Light Rail. Voleurs, agresseurs et autres désignations pas forcément réjouissante étaient connus pour vagabonder à la recherche de victime à détrousser ou à intimider, bien que la plupart du temps l’un n’aille pas sans l’autre. Et puis il y avait des trocs, à l’abri des regards, que le gouvernement ne se donnait pas la peine d’y poser un œil, car hors de sa juridiction, hors du luxe qu’il lui était dû. Surtout lorsque la majorité de ses échanges se faisaient sous leur bénédiction, à quoi bon se vautrer dans la masses de la classes ouvrières et travailleuses.

Vaas posa les yeux sur les habitants, une seconde par tête. Pas plus d’une dizaine, tous étaient plongés dans leurs pensées, tout comme Vaas se mêlant à eux, une particule de pensée parmi tant d’autres. Parmi cette maman qui portait son fils de cinq ans maximum comme son bien le plus précieux, parmi également cet adolescent griffonnant un bout de papier, parmi cette jeune femme dont les yeux semblaient aussi sombres que les ténèbres. Adossé près des portes du wagon, il ne prêta guère attention sur le moment à la jeune femme qui venait de faire son apparition et dont la chevelure semblait illuminer sa silhouette. Il n’eut pas le temps d’avoir la chance de mettre un prénom sur cette enveloppe familière que son regard fut attiré ailleurs. A peine la porte se renferma derrière elle qu’un homme dont seuls ses yeux étaient visibles venait soudainement de jaillir de derrière un siège. Il portait un bandana par-dessus son nez qui le recouvrait jusqu’à son menton. Ce n’était pas cependant son visage qui alarma les sens de Vaas, mais ce qu’il lança. Tout se passa alors comme au ralenti. Il suivit des yeux le projectile suspect qui vola par-dessus sa tête. L’objet explosa contre un mur proche et laissa échapper un nuage de fumée grisâtre extrêmement épais. Au moment de l’impact, les gestes de Vaas furent dépourvus de toute volonté. Il agrippa sa voisine fraîchement débarquée par les épaules et la plaqua au sol. Il ne voulait pas prendre le risque de savoir ce que cette fumée suspecte allait leur réserver.

« Putain, j’déteste le métro. » cracha-t-il une fois atterrit brutalement au sol. Un regard vers la jeune femme et ce ressentiment de silhouette familière qu’il avait éprouvé quelques secondes auparavant lui sauta à la gorge, comme un désagréable souvenir qu’on faisait tout pour enfouir pour ne plus jamais le ressortir. « Eh merde… » ronchonna-t-il si dans sa barbe aussi bien pour désigner la situation que sa surprise face à la rescapée. Vaas avait fait de son mieux pour oublier et évincer de sa mémoire cette soirée de sa mémoire. Mais d’un autre côté, comment l’oublier ? Comment faire abstraction de cette allure et de ses yeux envoûtants, en était-ce du ressort d’un homme ? Il n’avait eu aucune idée de la manière dont il avait été attiré parmi ses faveurs. Il n’avait pas voulu le savoir, préférant la fuite humiliante à la confrontation brutale. Comme si le destin avait voulu reprendre le pouvoir, car il l’avait toujours de toute évidence, il se retrouvait maintenant nez à nez –presque littéralement- avec Sabetha.
La fumée semblait devenir de plus en plus blanche. Pour une raison qu’il ignorait, elle semblait prendre ses aises dans tout le wagon, mais restait indubitablement au-dessus du sol, laissant à Vaas et à sa congénère le loisir de respirer sans pour autant avoir la possibilité de se lever. Ils pourraient le faire cependant, si leur désir était de se retrouver évanoui comme Vaas venait de le voir : les autres voyageurs semblaient être inconscients, avachis sur leur siège ou sur le sol, les yeux clos par une vive perturbation du marchand de sable ou d’un tout autre marchand sans doute beaucoup moins amical. Quel était l’intérêt de tout ceci ? Surtout que le responsable semblait s’être volatilisé.

Toujours à plat ventre, les mains sous le menton, la fumée au-dessus des deux jeunes gens semblait de plus en plus épaisse. Ou alors était-ce dans l’imagination de l’ouvrier, ce qui était plus que probable.

« On va quelque part ? » laissa-t-il échapper d’un ton las et désabusé. Faire de l’humour n’a jamais été aussi mal dosé qu’à ce moment-là. Surtout en compagnie d’une personne qui voulait probablement tout, sauf se retrouver dans une situation cocasse avec ce type d’individu qu’était l’instable Vaas Milligan.

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MessageSujet: Re: Autour de moi les fous (Sabetha)   Lun 11 Jan - 19:12

Autour de moi les fous
I
mpossible de te défaire de cette envie, de ce désir que tu as depuis quelques nuits : tu le vois en rêve, tu ne peux t’empêcher d’y penser, ce métro, sale et lugubre, qui t’appelle. Tu as juré lorsque, en sueur, tu t’es réveillée de ton sommeil déjà trop court. Tu peux encore voir le conduit dans l’obscurité, les murmures des vies passées et futures qui se glissent dans ton oreille, qui te font frissonner de peur. Qu’y-a-t-il que tu puisses faire dans ce métro déserté que tu évites comme la peste depuis toujours ? Tu as beau être une créature de la nuit, tu n’as jamais voulu aller voir les entrailles de la ville, rien que d’y penser, de voir les bouches hurlantes donnant accès aux rames, tu tournes le regard, par déni, par peur.

Le son crépite dans mes vieux écouteurs tandis que la cassette usée de Station to Station reviens au début pour la énième fois. Je n’avais pas envie de venir trainer ici, pas la moindre du monde, mais il fallait bien assumer ce rêve qui ne voulait pas s’en aller. J’ai appris, petit à petit, à faire la différence entre mes rêves et mes visions, à comprendre les éléments récurrents, les éléments qui me disent que cela n’est que passager, que rien ne changera après cette nuit-là. Pour ce rêve, j’ai eu beau combattre, je n’ai rien pu faire et me voilà face à cette bouche monstrueuse, qui me glace le sang.

Tu trembles, Sabetha ? Face à cette créature de béton ? Tu trembles en descendant les marches froides, tes talons claquant le carrelage irrégulier et délabré des lieux. Le bruit est infernal, même à travers tes écouteurs et tu ranges bientôt ton appareil, inutile dans ce lieu sourd.  Tu avances prudemment, détaillant du regard les souterrains, les courants d’airs nauséabonds te caressant les mollets dépassant de ta jupe. Tu sers ton sac contre toi. Que je ris, Sabetha, de te voir en petite fille apeurée, toi qui te donnes ces grands airs quand tu montes sur scène.

Les portes mécaniques s’ouvrent et se ferment plusieurs fois face à moi sans que je n’aie le courage de monter dans le train. Je reste là, à le regarder passer, tandis que les rares personnes qu’il y a me passent devant. Puis je saisi mon courage à deux mains, je ne suis pas quelqu’un de faible après tout, je ne suis ici que pour lever le doute sur une simple superstition qui m’empêche de dormir. Une fois le trajet fait, je retournerais chez moi et profiterais du reste de ma journée avant de retourner au Little Darling ce soir.

Rien ne se passe jamais selon tes plans, n’est-ce pas, Sabetha ? En entrant dans le wagon, tu portes un regard aux quelques personnes qui le partagent avec toi. Tu as envie de soupirer mais tu te retiens, tu ne veux pas te faire remarquer. C’est alors que tout bascule, littéralement. Sans que tu ne comprennes pourquoi, ton voisin, dont tu n’as pas vu le visage, t’attrapes par le bras et dans l’explosion qui suit, enveloppant le monde d’un ton plus gris qu’à l’accoutumé. Tes cheveux te cachent une partie du visage et tu as pu sentir les liens de ton sac te glisser des mains vers l’intérieur du wagon. Il n’y a rien que tu puisses faire avec ton sauveur par-dessus toi. Dégageant ton visage de tes cheveux blonds,  tu l’entends jurer, plusieurs fois. La voix de fait l’effet d’une nouvelle explosion. Lui.

Tandis que la fumée blanchit autour de nous et que plusieurs corps de passagers debout tombent lourdement au sol, je dévisage Vaas d’un regard froid. Ce connard à la double personnalité. J’en ai reçu des bleus par sa faute, par son ménage en pleine séance. J’ai réussi à camoufler mon don, mais il s’en est fallu de peu pour que ma condition de sorcière ne soit dévoilée. Je reste parfaitement immobile tandis qu’il regarde à gauche et à droite, comme s’il cherchait quelque chose du regard.

-On va quelque part ? me demande-t-il d’un ton badin. En colère contre lui, je le repousse sur le côté en gesticulant, évitant de me redresser pour ne pas me retrouver la tête dans la fumée qui prend désormais l’ensemble de l’espace dans le wagon.

- Qu’est-ce que ça peut te foutre ? Tu réponds d’un ton sec, qui transpire la colère, qui te fait oublier ta peur première du métro. C’était peut-être cela, Sabetha ? L’ironie de tes rêves, que tu détestes tant, revoir celui qui a failli faire écrouler ton petit monde sans même le vouloir.  Merci. Tu grommèles plus que tu parles, vilaine petite fille, mais tu n’as pas l’intention de faire plus d’efforts que cela.

Désormais séparée de Vaas d’un bon mètre, je regarde autour de moi : les quelques autres passagers sont vautrés là où ils sont tombés et à priori, nous sommes seuls, Vaas et moi, à être conscient dans le wagon. Les légères secousses et les tumultes du transport nous indiquent également que nous poursuivons notre voie dans les ténèbres des entrailles de la terre. Malgré toute mon envie de mettre le plus de distance entre le jeune homme et moi, je suis obligée de lui reparler.

- Est-ce que tu aurais quelque chose sous la main à lancer sur une vitre ? Faut faire évacuer cette fumée et ça permettrait de se relever.  La bonne vieille technique du courant d’air, tu la connais bien celle-là Sabetha, hein ? Combien de fois as-tu fait cramer des herbes et des potions dans la cuisine de ta tante ? Ce que tu te gardes bien de dire, c’est qu’il te suffirait de dire les bons mots pour que les vitres éclatent, mais pour cela, il faudrait que tu te révèles à quelqu’un qui en sait déjà trop sur ton pouvoir.
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MessageSujet: Re: Autour de moi les fous (Sabetha)   Lun 18 Jan - 2:45



Vaas avait connu diverses situations désespérantes au cours de son passé. Celle qu’il vivait actuellement allait probablement monter les échelons assez vite dans son top 3. La répartie agressive et sèche de Sabetha fit lever un sourcil à l’ouvrier. Il regarda nerveusement autour de lui, à la recherche sans doute d’une âme qui serait témoin de la scène et de l’injustice de la jeune blonde et de son ingratitude. Or non, ils semblaient bel et bien être les seuls conscients. Ce que Vaas cru entendre, comme un semblant de merci sortant de la bouche de Sabetha ressemblait plus à un grognement indistinct qu'à un réel signe de reconnaissance. Suivit aussitôt d’un recul de cette dernière comme s’il était porteur d’une lèpre atrocement contagieuse. « J’vais pas te contaminer, hein ! » Il concevait néanmoins l’attitude récalcitrante de la jeune femme suite à leur mésaventure romanesque. Autant passé que présent. Après tout, Vaas se doutait bien que batifoler ensemble ne serait pas au programme avant d’être réincarné dans un autre corps et dans un autre espace-temps.

Vaas essaya d’analyser la situation avec le plus de clarté possible malgré l’épais brouillard qui semblait inaltérable et toxique. Ce n’était que maintenant qu’il remarqua que le wagon continuait de rouler. Toute la ligne était-elle concernée par ce subterfuge, ou seulement leur wagon ? Le conducteur était-il lui aussi touché ?
L’intervention de Sabetha le tira de ses pensées. Quelque chose à lancer sur une vitre ? Il s’agissait effectivement de la solution la plus rapide voir la plus efficace. Il s’en voulait même de ne pas y avoir pensé avant. « Ouais bien sûr, laisse-moi prendre ma brique dans mon sac à main. Ah oui merde, j’l’ai oublié ! » rétorqua-t-il en ouvrant ses yeux comme s’il venait d’apercevoir une comète dans le ciel et que sa surprise fut à son paroxysme. Encore une fois, Vaas regarda nerveusement autour de lui, mais plus attentivement. A défaut d’être sarcastique, il pouvait peut-être se rendre utile. Car malgré le ton colérique de Sabetha, il s’agissait d’une idée, et de la seule envisageable pour le moment. « Attends deux s’condes. » Vaas joua des coudes et des genoux afin de ramper au sol sans se lever et tenter le risque de respirer la fumée blanchâtre et suspecte qui n’était toujours pas identifiée. Il dévia la grande blonde en passant devant et avança d’une rangée avant de tourner sa tête vers elle tout en pointant un extincteur dans une vitrine qui se trouvait sur le mur du fond. « On peut se servir de ça sinon. » Sans attendre son avis, Vaas avança de plus belle en essayant d’éviter le plus possible les autres passagers écroulés sur le sol. Ayant autant de grâce qu’un sanglier, il ne put s’empêcher par une ou deux fois de pousser grossièrement un bras ou une jambe qui se trouvait sur son passage et bloquait sa progression. Une fois arrivé devant la vitre de glace, Vaas empoigna ce qui ressemblait à un marteau miniature et qui servait manifestement à briser la vitre en question pour s’emparer dudit extincteur. Le bruit cristallin du verre brisé fit plisser fortement ses yeux. Il empoigna ensuite fortement l’objet massif en prenant soin de ne pas lever la tête. Il fit ensuite demi-tour en poussant l’extincteur devant lui. Le faisant rouler comme un immense saucisson, il arriva rapidement à hauteur de la jeune femme.

« Bon, au prochain arrêt, on fait péter la vitre, là. » Il désigna la première vitre qu’il avait sous les yeux et qui était assez large pour les faire passer. « On la brise, on saute sur le quai et on s’tire. » Bien sûr, ce plan d’une infaillibilité à en faire pâlir n’importe quel ingénieur aurait été parfait si le train avait daigné s’arrêté. Malgré le brouillard définitivement installé, Vaas remarqua distinctement que le wagon roulait trop vite, sans ralentir, et depuis un long moment. « On s’arrête pas. »  Cette première constatation était plutôt calme. En effet, il s’agissait seulement d’une constatation, plus pour lui-même que pour sa voisine. « On s’arrête pas putain. »  Cette deuxième constatation était cette fois-ci l’alerte d’une inquiétude grandissante d’un métro ne semblant pas indiquer le moindre signe d’un quelconque arrêt.
Soudainement, Vaas réalisa que malgré leur situation de mouvement perpétuel, ils se devaient de libérer le peu d’oxygène qu’ils avaient du wagon, ne serait-ce que pour les libérer de cette position inconfortable de plat-ventre sur sol dur et froid. « Tant pis, faut retirer cette saloperie d’là. »  Toujours sur le dos, Vaas se débâtit pour enlever sa veste. Il la plaqua sur son nez et noua les manches derrière sa tête. Encore une fois, il n’attendit pas l’avis de Sabetha. A dire vrai, Vaas avait depuis toujours détesté attendre. Il écoutait certes, mais encore mieux, il agissait. Souvent au détriment de toute démesure, mais le fait est que Vaas n’aimait pas rester inactif. Et dans cette situation, rester allonger et attendre de tourner de l’œil comme les autres passagers du wagon était hors de question.

Afin d’être certains de ne pas respirer la fumée, Vaas retint sa respiration avant de se lever brusquement. Briser une vitre de métro n’était pas chose aisée et il faudrait sûrement s’y reprendre à plusieurs fois. Tenant fermement l’extincteur, Vaas frappa une première fois et entendit une première couche se fissurer, mais ce n’était pas suffisant. Le nuage était si épais qu’il n’y voyait rien. Il percevait à peine ses gestes. Un deuxième coup et la vitre se brisa plus distinctement. Ce ne fut qu’à la troisième tentative que le tintement aigue de la glace se fit retentir annonçant le succès de sa tentative. Vaas s’écroula aussitôt à terre en laissant tomber lourdement l’extincteur sur le sol. Retenir sa respiration ne semblait pas suffisant face à l’épaisseur de ce nuage blanchâtre récalcitrant. Il retira sa veste de son visage pour la poser sous ses poings qu’il serra si fort qu’il sentit ses ongles s’enfoncer dans les paumes de ses mains. Sa gorge lui piquait affreusement et il toussait comme si une coqueluche venait de prendre pour domicile fixe sa gorge et ses poumons comme résidence secondaire.
« Ah putain... Attends, ça roule toujours ? Merde... »  Il ne savait pas comment il réussit à sortir ces parcellements de phrases entre deux toussotements gras et disgracieux. Sa question était rhétorique par ailleurs car il sentait toujours le wagon rouler notamment à cause des rails qui grinçaient fortement. Sortir d’ici semblait être du domaine du challenge.

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MessageSujet: Re: Autour de moi les fous (Sabetha)   Lun 18 Jan - 17:04

Autour de moi les fous
L
’attitude désinvolte du jeune homme te cours sur le haricot, n’est-ce pas, Sabetha ? C'est toi la dévinsolte du groupe en général, et puis, tu lui en veux toujours pour la scène au Little Darling et tu lui fais savoir au détour d’un ton sec et de regards agressifs. Cependant, ton instinct de survie te fait reculer dans ta démarche rancunière, rancune que tu gardes pour plus tard, quand vous serez moins à cheval sur savoir si vous allez vous en sortir ou non. Il ne va pas te contaminer, non, mais tu n’as pas envie de sentir son corps au contact du tien, de sentir qu’il existe vraiment, cet individu qui a failli te faire passer plus qu’un sale quart d’heure. Tu ne réponds pas à sa remarque, Sabetha, te contentant de le dévisager d’un regard lourd de sens.

Il semble réfléchir à ma proposition et sa nouvelle remarque pleine d’ironie me fait grincer des dents. Je ne sais pas ce qu’a prévu cet éphèbe bipolaire après le métro, mais je ne compte pas mourir dans ces conduites souterraines que je vilipende encore plus qu’avant, qui ne sont pas prêts de me revoir. Le principal, rester optimiste, et c’est pour cela que je ne réponds pas une nouvelle fois à sa pique ironique qui me fait sortir de mes gonds. Si cela le rassure de dire des imbécilités, autant le laisser faire.  En le voyant avancer ainsi en rampant, me bousculant pour passer, me faisant grogner à nouveau lorsque je dois me serrer pour le laisser monter vers ce qu’il a vu,  je regarde autour de moi, cherchant une information quelconque quant à ce qui peut bien se passer dans ce maudit wagon.

Hormis les innocents endormis et l’épaisse fumée, tu ne vois rien de spécial, ma pauvre enfant dont l’espoir s’effiloche de seconde en seconde tandis que le cliquetis des roues sur les rails montre que votre vitesse ne va pas en ralentissant, bien au contraire. Lorsque la voix de Vaas te dire de tes contemplations inutiles, tu acquiesces son idée.

- Aussi efficace qu’une brique, tu penses ? Tu dis ça sur un ton un peu moins exécrable qu’avant, je suis presque fier de toi Sabetha, par ce contrôle dont tu fais preuve. Tes idées sont morbides et me font peur mais le pragmatisme dont tu fais preuve pour sortir vivante d’ici est juste magnifique.

Tandis qu’il s’occupe de récupérer l’extincteur, je me replace au milieu du chemin, en restant le plus bas possible. Cette étrange fumée, aussi blanche qu’opaque, ne semble pas vouloir diminuer, restant simplement là à stagner juste pour nous emmerder. Je réceptionne sans mal l’objet contondant qui roule jusqu’à moi puis j’attends patiemment que Vaas revienne vers moi pour écouter son plan sans broncher.

- Ça me va. Va falloir se tenir prêts. Les arrêts sont rapides et il ne faudra pas perdre de temps si l’on veut passer tous les deux avant que le train enfumé ne redémarre. Cependant, après de longues minutes, mon compagnon d’infortune fait une remarque je n’ose même pas formuler, de peur de prendre conscience de la merde dans laquelle on se retrouve.

Tu maudis ton don, Sabetha. Tu ne l’as jamais plus maudit que maintenant, allongée sur le sol sale du métro, bloquée par de la fumée aux étranges voluptés, avec le dernier compagnon que tu aurais choisi pour ce genre d’aventure. Tu te maudis d’avoir choisi ce jour, d’abord souhaité en savoir plus. Les roues du wagon continuent leur bruit lugubre sous le parquet et tu te surprends à penser que cela va peut-être être la fin pour toi, tu as le sentiment d’être un chapon le soir de Noël. Non, vous ne vous arrêtez pas Sabetha, un ticket pour l’Enfer il semblerait. Tu soupires en l’entendant se démener. Depuis combien de temps roulez-vous et surtout, pendant combien de temps pourrez-vous encore rouler avant que les roues ne lâchent à force de chauffer ? Avant que vous ne ratiez un virage ou que vous rencontriez un mur ?

Je dévisage Vaas quand il se débat avec sa veste, quand il se redresse en vociférant qu’il faut faire quelque chose. Il a raison, je le sais, et l’espace d’un instant, il n’est plus ce fou qui me fuyait l’autre soir, il est quelque chose d’entièrement différent. Un monstre de vie instoppable, avec une volonté me faisant soudainement défaut. Mon corps se tord sous les trois coups qu’il donne contre la vitre et que celle-ci se brise en même temps qu’il s’effondre. Passant sur le ventre, je rampe rapidement jusqu’à lui. Il tousse comme si la Mort venait de l’enlacer, comme si c’était la fin de tout.

Tu paniques Sabetha, qu’est-ce que tu peux faire pour lui ? Tu ne maitrises pas les sorts de soins, tu n’as jamais réussi et impossible de savoir de quoi est faite cette opaque fumée qui refuse de partir malgré le vent qui s’engouffre désormais par la fenêtre brisée. Le bruit hurle par la fenêtre, ce hurlement dû à la vitesse te fait mal aux tympans et tu entends à peine Vaas parler entre deux quintes de toux. Tu déposes une main sur sa poitrine. Brûlante. Tu ne sais pas quoi dire, ni quoi faire, mais tu saisis l’occasion.

- T’as pas intérêt de claquer maintenant. On en a pas encore fini tous les deux. Que fais-tu Sabetha ? Ce n’est pas ton genre de t’inquiéter pour les autres, même s’ils peuvent t’aider. Toi qui disait qu’il crève, qu’il crève, jusqu’à maintenant, tu veux le voir vivre un jour de plus ? Bergère de la vie, stupide enfant à la magie blanche. Tu auras beau faire ce que tu veux, Sabetha, tu ne seras jamais la noirceur que ta mère voulait que tu sois.

Le sort me vient comme cela, sans que je ne l’aie jamais testé, jouant ainsi avec la vie du jeune homme qui t'as déjà sauvé une fois. Avant que Vaas ne rejoigne les autres passagers dans les limbes du sommeil ou de la mort, je formule à voix basse un sortilège, espérant de manière presque enfantine son succès. J’applique mes deux mains sur chacun de ses poumons et continue mon incantation avec ferveur. Tant pis pour mon secret, je me sens redevable à son action précédente, à sa façon de me sauver de la brume qui semble s’être légèrement dissipée, mais rien de bien différent par rapport à avant.

Ta langue racle et frotte ton palais, tes yeux papillonnent sur les pouvoirs que tu invoques sur Vaas. Tes mains sont collées à son torse, tu sens la chaleur qu’il dégage et fait abstraction de cela, tu ne penses à rien d’autre qu’à ce que tu dois faire, te mettant à suer à grosses gouttes sous ta veste. Tu remontes peu à peu tes mains le long de sa cage thoracique tandis qu’il continue à tousser et, probablement, à te maudire. Ô Sabetha, sorcière cachée, tu lèves le voile sur ta vile identité, tu ôtes le masque pour te révéler à celui qui faillit te faire tomber.

Je saisis sa gorge de mes deux mains tout en continuant à le maintenir au sol et en continuant mes incantations. Lugubre scène dans ce wagon infernal lancé à pleine vitesse. Tandis que je m’écarte de lui, ayant finalement terminée mon sort, je m’allonge sur le dos, fixant la brume qui recule toujours vers le haut du wagon.

- On est quitte. Je reprends mon souffle, détestant ce que je viens de faire. En m’allongeant, j’entends la musique qui vient de mon baladeur qui s’élève faiblement, caché derrière la cacophonie de la vitre brisée et du vent qui s’y engouffre. Le vent froid balaye mon visage, mes cheveux collant mon front. Je distingue cependant les paroles de la chanson qui remontent jusqu’à moi et je souris à l’ironie de la situation. I must be only one in a million, I won't let the day pass without her. It's too late - to be grateful. It's too late - to be late again. It's too late - to be hateful

Pas le temps de souffler plus de quelques instants que tu vois les portes menant à la cabine suivante s’ouvrir puis passer deux paires de bottes noires. Tu jures intérieurement, la plus grosse injure qu’il ait été donné à la création d’entendre et tu te précipites vers Vaas qui n’était pas bien loin de toi.

- Je te dit que j’ai entendu du bruit !
- Et moi, je te dis que personne ne peut être encore en vie après avoir respiré ce gaz !


Les deux hommes discutent et tu peux entendre les voix qui sont filtrées par un masque à gaz, le bruit de leurs pas se rapprochant de Vaas et toi. Un domaine, enfin, où tu n’es pas débutante. Gesticulant, tu fais signe à Vaas de la boucler et de ne pas bouger puis tu places tes doigts dans une position qu’ils connaissent bien et la langue du diable écorche pour la seconde fois de la journée ton palais. En temps normal, tu n'as pas besoin des signes et des incantations que tu maitrises, mais tu sens tes forces qui diminuent rapidement, et tu sais que tu réussiras à tenir l’illusion qui vous fait disparaitre, en espérant que ce soit  suffisamment long pour que les deux inconnus se rendent compte qu’il n’y a rien d’autre dans le wagon qu’une mystérieuse fenêtre brisée. Tu espères qu’ils ne trouveront pas l’extincteur qui se situe juste à quelques centimètres de ton compagnon de malheur et c’est alors que tu réalises avec tragédie ce qui se passera s’ils s’approchent trop prêt de vous tandis que le troisième titre de la cassette commence dans ta poche.

In this age of grand illusion, you walked into my life out of my dreams, I don't need another change, still you forced away into my scheme of things…

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Feuille de perso
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MessageSujet: Re: Autour de moi les fous (Sabetha)   Lun 25 Jan - 1:19



En italique-gris : la voix de l'esprit en Vaas.

Cette horrible sensation de ne plus contrôler son corps, Vaas ne la connaissait que trop bien. Mais cette fois-ci, c’était différent. Ce n’était pas quelque chose de psychique, c’était physique. Incontrôlable, suffocant, terrifiant. Ses poumons devaient cracher tout ce qu’ils avaient, quitte à en crever. Sur le dos, il n’arrivait plus à tousser tant sa gorge était nouée. Un malaise insoupçonnée lui prit à l’estomac. Il n’allait pas le laisser mourir d’une manière aussi indécente que celle-ci ; par un quelconque sortilège ou simple fumée toxique. Il était tombé sur ce corps à posséder, il devait le garder. Il était à lui. Or, le destin en avait décidé autrement. Vaas sentit les mains de Sabetha se poser sur son torse. Son esprit était trop embrouillé et son corps trop faible pour réagir. Qu’essayait-elle de faire ? Un massage cardiaque peut-être, un geste désespéré sans doute.

L’estomac de l’ouvrier se raidit. La sensation qu’il avait de sombrer de dissipa peu à peu. C’était presque irréel. Il ne croyait pas à ce qu’il ressentait. Il devait réagir. Peu importait ce qu’elle faisait, cela allait au-delà des compétences de la compréhension de Vaas. Il se savait en retard pour beaucoup de chose. Malin, il était loin de l’être. Mais cette chaleur écrasante qu’elle semblait faire pénétrer par ses mains dans toutes les particules de son corps étaient à la fois douloureux et réconfortant. Pourtant, c'en était assez pour semer la confusion chez Vaas. Mais il ne pouvait pas parler. Se contentant de suffoquer un râle rauque et imperceptible, rien de concret ne pouvait sortir de sa bouche. Elle te sauve la vie abruti, ne bouges pas, ne BOUGES PAS ! Il voulait hurler sa rage et son désespoir, mais ne réussit qu’à se prendre la tête entre ses mains pour faire taire cette voix criarde qui même dans ses derniers instants ne la laissait pas en paix.

Ce n’était qu’en lui saisissant la gorge que Vaas pu enfin la voir. Trop occupé à observer le plafond pendant qu’il agonisait, la svelte blonde bougeait ses lèvres mais Vaas n’entendait rien. Il n’avait conscience de rien. Ni du wagon qui roulait toujours, ni de cette jeune femme tentant manifestement de mettre fin à ses souffrances. Or ce ne fut seulement lorsqu’elle le lâcha et qu’elle s’affala sur le dos proche de lui qu’il se rendit compte. Elle ne mettait pas fin à ses souffrances. Elle le sauvait. A l’instant même où elle décolla ses mains de sa gorge, Vaas respira si fort qu’il avait l’impression de prendre sa première bouffée d’air de toute sa vie. Il inspira et expira longuement, se délectant de ce simple geste sans qui il serait impossible d’exister. « On est quitte » finit-elle par dire. L’instinct fit tourner ce qu’il restait de tête à Vaas afin de poser les yeux sur son interlocutrice. Elle semblait autant épuisée que lui. La formule « avoir la tête dans le cul » n’a peut-être jamais trouvé une situation plus adéquate que celle-ci. Il ne savait pas comment mais il avait les bras en croix, comme s’il venait de s’écrouler après avoir couru un marathon. Excepté que le marathon se faisant malgré eux via ce wagon infernal. Vaas se passa une main sur le front comme pour vérifier s’il ne s’agissait pas là d’une hallucination dont son esprit connaissait malheureusement si bien le secret.

« Il s’est passé quoi putain ? C’était quoi ça ? » Il agita sa main libre comme un pauvre fou vers Sabetha, sa voix enrouée d’incompréhension. Vaas détestait ne rien comprendre. Mais il n’eut pas le temps de faire part de sa frustration à la jeune femme. Les portes s’ouvrirent et Vaas saisit que deux hommes étaient sur le point de faire leur entrée. Il lança un regard inquiet vers Sabetha qui lui fit signe de se taire. Il n’eut pas le souvenir d’obéir si bien aux ordres qu’à cet instant précis. Puis il la vit remuer ses lèvres en parlant encore une fois d’une manière indistincte. Que disait-elle ? Et le pire dans toute cette histoire fut que Vaas obtempéra. Ne devait-il pas au contraire réagir ? Il avait mille et une questions en tête, à commencer par l’étrange réaction de la jeune femme. « Mais putain de merdre, tu fous quoi ? » chuchota-t-il en remuant grossièrement les lèvres et en fronçant sévèrement les sourcils. Un frôlement de chaussures lui caressa le sommet du crâne ce qui eut pour effet immédiat de le tétaniser. Il resta le plus immobile possible et leva les yeux pour observer l’un des hommes à la silhouette massive et au visage impossible à distinguer à cause d’un masque à gaz qui couvrait son visage. Il semblait chercher quelque chose sur le sol. Vaas cru que son cœur allait exploser en dehors de sa poitrine lorsqu’il croisa le regard brumeux de l’homme qui s’était maintenant accroupi tout près de lui. « T’entends pas d’la musique ? » Vaas tourna brusquement la tête vers Sabetha. Un fond sonore étouffé retentissait effectivement dans ses oreilles, mais cela était à peine imperceptible. Fallait-il prendre le risque de bouger et briser ce qui semblait être un charme ou un sortilège qui les rendait invisible ? Et puis merde. Sans bouger de positon, Vaas attira seulement sa main vers les écouteurs qui reliait le baladeur qui se trouvait dans la poche de Sabetha et tira le fil afin de briser tout contact pour que la musique ne passe plus. Une fois fait, il reposa un regard inquiet vers l’homme masqué qui était définitivement beaucoup trop proche d’eux pour que Vaas n’ose même respirer.

L'homme se leva rapidement et s’adressa à son compagnon. « Fouilles les porte-bagages » Il désigna du doigt toute la rangée située en hauteur du wagon qui était destinée aux passagers pour y mettre leur sac ou autre objet encombrant. S’occupant chacun d’un côté, Vaas profita de leur dispersion pour se rapprocher de Sabetha. Il en profita pour respirer aussi. Il ne comprenait rien mais une chose qu’il avait bien saisit fut qu’il ne devait pas s’éloigner d’elle s’il tenait s’en sortir vivant.  « J’l’ai trouvé, on s’tire ! » « Attends ! » L’un des hommes fouilla la veste d’un individu tombé à terre, assez éloigné d’eux. Il sembla prendre quelque chose qu’il mit dans la poche intérieur de sa veste et fit signe à son camarade de sortir par la même porte qu’ils ont utilisé pour rentrer. La fumée, toujours opaque, se dissipa peu à peu. Mais il paraissait encore trop risqué de se lever. Vaas resta silencieux et attendit de ne plus entendre le bruit des pas des hommes masqués avant de prendre la parole. Une parole prise dans le plus grand des drames, avec les yeux exorbités d’incompréhension. Il se mit sur le ventre et s’accouda sur ses avant-bras, faisant face à Sabetha. Il agita les mains de façon désorganisé qui trahissait son ignorance totale des événements.

« Putain, tu nous as fait quoi ? Et… à moi, tu m’as fait quoi ?! » Il palpa sa gorge avec une de ses mains, comme s’il vérifiait qu’elle était toujours entre sa tête et son torse. Puis son regard se posa alors sur la porte menant au wagon suivant qui a été ouverte par les deux visiteurs, il fallait en profiter. « Viens, faut s’tirer d’ici. » Il avança en dodelinant des coudes et des genoux, mais il fallait bien cela pour progresser. Il était hors de question qu’il reprenne le risque de plonger dans ce nuage blanchâtre et épais. Une fois le wagon toxique derrière lui, il prit plaisir de voir que celui dans lequel il était ne comportait pas autant de brouillard, seul une vague grisâtre flottait près du plafond, résidu de l’incident sans doute. Ce n’était que maintenant que Vaas se rendit compte d’une chose primordial : le wagon ralentissait. Cela pourrait être l’occasion pour eux de sortir d’ici. Déambuler dans les tunnels du métro serait dangereux mais toujours moins que de rester sur place. Surtout que le nouveau wagon était totalement désert. Tout avait dû être prémédité. Le wagon visé, la personne dépouillée… Certains pillards aimaient préparer leur coup pour un résultat plus satisfaisant. Ils étaient si bien organisé qu'ils semblaient maintenant s'être évaporé. « Ils cherchaient quelque chose… Puis là, disparu. » Il passa ses mains sur son visage comme exténué. Son cerveau bouillonnait mais il était incapable de prononcer une phrase qui puisse exprimer ce qu’il ressentait. Une overdose de questions s'emparait de lui. « C'était quoi ? Hein ? Ils nous ont pas vu, on est d'accord ?! Oh putain... C'est toi, hein ? C'était pas que l'brouillard ! C'est toi qui, hum... » Le dire semblait trop surréaliste. Mais qu'en était-il vraiment ? Sorcellerie ? Invocation ? Caméra caché ? Rien et tout était possible à la fois. Ou peut-être que Vaas se faisait des idées ? Que les deux hommes étaient tellement aveuglés par l'épaisse fumée qu'ils les ont confondu avec deux cadavres de plus. Vaas opta pour le choix de ne pas se précipiter dans des conclusions hâtives et de trouver plutôt une solution pour s'en sortir. Il s’avança vers une vitre. L’autre côté était aussi sombre qu’une nuit sans lune. Mais Vaas ne voyait pour le moment pas d’autres moyens de sortir des souterrains.

« Faudra qu’on s’fraye un chemin dans l’tunnel. T’as une lampe ? Ou t’as du feu qui sort de tes ongles ? »

Il s'agissait là d'un impulsion plutôt qu'une réelle prise de décision de faire de l'humour, car Vaas aurait bien apprécié posséder une telle capacité à cet instant. Le wagon se faisait de plus en plus lent. Avec un peu de chance et de débrouillardise, s'ils arrivaient à trouver la prochaine sortie, ils pourraient peut-être revoir un jour le monde extérieur.

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Autour de moi les fous (Sabetha)

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