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 au diable le bien et le mal et les sermons artificiels (Marie)

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MessageSujet: au diable le bien et le mal et les sermons artificiels (Marie)   Mer 6 Jan - 22:08



Samir rangea les dernières assiettes qu’il venait d’essuyer dans la grande armoire en bois de l’arrière cuisine. Le service du soir avait été, comme toujours, calme, rapide, silencieux. Il l’avait bien remarqué, les clients se faisaient rares. Personne n’avait le cœur à sortir, à dîner aux chandelles, à déguster un met appréciable, car personne n’était foncièrement heureux ou apte à s’autoriser ce plaisir au cœur de ces jours si lugubres. Quand ce n’était pas l’argent qui manquait, c’était tout simplement la vivacité, l’ardeur de vivre. La population entière, réduite à la Nouvelle-Orléans, broyait tout simplement du noir. Et Samir était le dernier à pouvoir donner ne serait-ce qu’une leçon, le moins crédible à faire la morale à ces habitants divisés, apeurés. Lui, le presque quarantenaire, qui guettait chaque instant de solitude et qui n’arrivait pas à se décider s’il fallait ou non mettre fin à ses jours. Trop faible pour quitter ce monde tel un lâche. Trop faible tout court. Si bien que prôner la pacification d’un monde basé sur la terreur lui paraissait bien moins fatiguant que de se tirailler éternellement entre une envie de mourir et un besoin de vivre.

Il essayait de relever la pente. Il mettait ses capacités au service de ce qu’il considérait être le bien. Il voulait juger de la justice. Si bien qu’il s’était intéressé avec profondeur à ces fameux noms, ceux qui trainaient sur cette fameuse liste, qui occupait ses pensées nuit et jour. Il avait mené ses propres enquêtes, discrètement mais sûrement. Il savait plus ou moins qui méritait une mise en garde, et qui n’appelait qu’à être bêtement livré. Samir déléguait ainsi le sale boulot. Lui, il se contentait de faire son commerce, de remplir la panse de ses clients avides d’informations croustillantes, et de dissimuler ses petits protégés, qui parfois ignoraient son existence à lui. Il s’imaginait justicier, se rêver sauveur. Un rôle prophétique qui renflouait l’idée qu’il se faisait de lui, à savoir quelqu’un dévoué davantage aux autres qu’à lui-même ; ce qui risquait malheureusement de causer sa perte.

Alors qu’il se servait un verre d’un whisky dissimulé sous une latte du plancher couvrant le sol du bar, elle entra. Elle, c’était Marie. Marie Armstrong. Surveillée depuis trois mois par les autorités gouvernementales, prostituée, travaillant pour une mafia. Samir n’avait pas étendu ses recherches pour l’instant. Il savait juste que Marie baignait dans de louches affaires, qui consistaient principalement à emmerder le gouvernement, et qu’il valait mieux pour elle qu’elle se fasse oublier quelques temps. C’était pour cette raison que Samir avait pris soin d’envoyer un Tobby, un gamin qu’il croisait de temps en temps, à qui il chargeait d’effectuer quelques courses quand le frigo venait à être trop vide. Tobby avait été voir Marie. Il lui avait simplement dit de se rendre à cette adresse, après minuit. A l’auberge de Samir. Et puis ce dernier avait donné un billet à Tobby.

Celui-ci ne l’attendait pas de si tôt, mais elle était venue. Et Samir voulait la sauver. Parce que sauver les bons, c’était se sauver lui-même, par l’espoir. « Bonsoir ». Il sourit en coin. Il l’avait déjà observée, et ne fut pas donc pas surpris par le charisme imposant que dégageait Marie. Il vint contourner le comptoir, accueillant son hôte en gentleman. Le silence pesait, mais Samir se sentait en confiance, persuadé que Marie ne lui ferait aucun mal. « Asseyez-vous, je vous en prie. Je suppose que vous avez beaucoup de questions qui vous taraudent, mais laissez moi vous offrir un verre. Qu’est-ce qu’il vous ferait plaisir pour encaisser ce que j’ai à vous dire ? »
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MessageSujet: Re: au diable le bien et le mal et les sermons artificiels (Marie)   Jeu 7 Jan - 12:15


Enfermée entre les murs lugubres du nouveau QG de la Sakpata, je manie lentement un papier entre mes doigts, incapable de prendre une décision à ce sujet. Les mots sont imprimés dans mon esprit en lettres capitales, il est évident que je n’ai pas besoin de la feuille sur laquelle j’ai inscrit l’adresse, mais garder sa douceur m’apaise et m’aide à réfléchir. Je ne cherche pas des arguments pour y aller, mais plus ceux pour m’en empêcher. Bien entendu, ni Maks, ni Ezekiel, n’est là pour me dissuader et je ne parviens pas à me rationaliser de moi-même. Tout simplement parce que la curiosité est trop importante, que je voudrais rencontrer la personne qui a envoyé ce môme à ma recherche. Une adresse, que je sais être une auberge, pour être passée devant un peu plus tôt, dans une simple optique de reconnaissance. Je n’y ai vu personne, ce qui renforce étrangement mon envie d’y aller, mon besoin. Cela ne pourrait être qu’un piège, mais mon instinct me souffle de faire confiance à cet inconnu. Moi qui ne l’écoute que lorsque cela m’arrange, je prends enfin la décision. Celle de nourrir ma curiosité qui devient maladive au fil des minutes.

Avant de partir, je prends bien sûr soin de m’armer, équipant même l’unique arme à feu que je possède, habilement dissimulée dans le pantalon que je porte, presque exceptionnellement. Il est rare de me voir habiller mes jambes, mais pour cette rencontre… secrète, j’estime que ma tenue doit être des plus sobres. D’autant plus que cela me permet de m’armer plus généreusement. J’attache même es cheveux, toujours dans une optique de combat, que je redoute autant que je l’anticipe. Et finalement, il ne me faut qu’une minute de plus avant de quitter mon refuge et m’aventurer dans les rues de la Nouvelle Orléans. Ce pays familier, que je connais par cœur, mais qui parvient toujours à me surprendre un peu plus. Lorsque je viens de nouveau m’égarer devant la façade du restaurant, je fronce les sourcils une seconde. Parce que je ne connaissais pas cet endroit. Que je ne m’y suis jamais rendue et que je ne comprends pas pourquoi. Je hausse pourtant les épaules, pour me défaire de cette curieuse impression de faire une erreur et pénètre enfin dans ce lieu de rendez vous incongru.

La prudence guide mes pas et c’est lentement, en analysant chaque recoin, que je m’avance finalement. Cet endroit semble vide, si l’on exclue cet homme, qui se relève doucement dans ma direction, un verre empli d’un liquide ambré à la main. J’arque un sourcil étonné, surprise de voir de l’alcool dans un lieu à priori public. Une première surprise, plutôt bonne, qui ne me fait pourtant pas oublier la situation particulière. Alors toujours sur la défensive, je viens pourtant m’avancer, conservant une distance de sécurité raisonnable. Une seconde, j’hésite à suivre son injonction, préfère finalement rester debout pour l’instant, alors que mon intérêt pour l’homme grandit fortement lorsque ses mots s’alignent. Un homme galant, qui sait s’exprimer, cela est rare de nos jours et alors que mon corps entier me crie sa méfiance, je me sens pourtant immédiatement plus à mon aise, par ses mots pourtant simples. « Encaisser ? Ma curiosité se retrouve titillée par tant de mystère et de prévenance. Cela n’est guère prudent d’offrir un verre à une inconnue par les temps qui courent. Mais probablement ne suis-je pas qu’une inconnue… N’est ce pas ? » Finalement, au fil de mes paroles je suis venue m’assoir sur le comptoir, dans une optique de le déstabiliser, autant que parce que je n’aime pas les chaises. « Ce que vous avez dans votre verre me semble bien. » Et tout en venant poser mon pied sur le rebord, pour déposer mon coude sur mon genou, j’entreprends d’observer plus en détail mon vis-à-vis. Elégant, aux traits agréables, il pourrait tout à fait être mon type d’homme. Si j’étais une femme normale. « Bien ! Que fais-je ici ? Vous m’avez reconnue aussitôt, vous êtes donc l’homme que je viens voir. Vos mystères m’intéressent autant qu’ils m’inquiètent. » Je ne suis pour une fois la maitresse de la situation et cette situation, nouvelle, n’est pas des plus agréable pour moi, malgré la compagnie.

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MessageSujet: Re: au diable le bien et le mal et les sermons artificiels (Marie)   Lun 25 Jan - 23:36

Dans les rues chaudes de Bourbon Street, Samir était à l’aise. Il se sentait chez lui. Il connaissait l’air chaud et parfois humides qui avait autrefois existé dans les rues d’Alep, et qui avait bercé son enfance. Au point que Samir avait trouvé dans la Nouvel-Orléans un nouveau chez lui. La vie n’était pas plus belle, mais il avait investi les lieux. Il avait pris ses repères, marqué son emprunte dans le paysage du quartier par son auberge, où il côtoyait les habitants. Il retenait chaque visage, chaque itinéraire, chaque mur qu’il avait visité. Dans son restaurant, il y avait mis un peu de lui. De l’élégance, des objets et des paysages qui lui rappelaient les terres d’orient, et une chaleur qu’il tentait d’instaurer, pour que chacun trouve sur ce parquet légèrement barbouillé de houmous et de fleur d’oranger, un havre de paix. Quelques livres occupaient les étagères qui bordaient bancs et tables où les couverts avaient été débarrassés et les chaises retournées, là où quelques heures plus tôt trônait une salade paysanne. Son restaurant l’avait réveillé de sa torpeur. Il s’y était créé un cocon dans lequel il se sentait en sécurité, et où il pouvait penser sans être vu, entendu, perçu. En ce moment il se sentait apaisé. Il avait des amis à qui se confier, des rêves de paix, son carnet pour écrire ses récits utopiques, s’inspirant de philosophes plus optimistes que lui.

Il avait ainsi laissé Marie rentrer dans sa cachette secrète. Il l’avait invitée, pour lui faire partager son monde, pour qu’elle aussi se sente en sécurité. Pour l’avoir déjà observée, il ne la craignait pas. Il ignorait comment lire dans les regards, dans les silhouettes, mais sentait chez Marie une sensibilité qui l’amènerait de son côté. Du moins il l’espérait. D’une voix d’où la crainte semblait absente, ses soupçons se firent entendre par un Samir qui resta presque interdit quand il l’observa se hisser sur le comptoir. L’impétuosité de Marie le fit sourire. A demi déstabilisé, il reposa ses yeux sur elle et acquiesça. « Je n’invite pas d’inconnus à une telle heure, donc je peux confirmer votre perspicacité. » Elle opta pour un whisky donc. Samir repassa de l’autre côté du bar. Ses gestes étaient fluides, loin des barmen novices. Il prenait son nouveau statut professionnel tant à cœur qu’il s’était donné du mal à apprend les astuces du métier. Il s’empara de la bouteille qui était restée sur le comptoir, sorti un verre qu’il venait de nettoyer, et le remplit à moitié de scotch à la couleur alléchante. Il posa une serviette en face de la silhouette de Marie, le pied sur le tabouret, l’ombre nonchalante, et plaça le verre au-dessus. Il s’empressa de remettre à niveau son propre verre d’alcool et trinqua. « A la votre Marie. » Enchainant deux traites, il expira presque grossièrement et s’appuya debout sur le bar en bois sombre. « Je m’appelle Samir Mansour, propriétaire des lieux. Enchanté en passant, vous êtes toujours aussi élégante. » Il marqua une pause, pendant laquelle ses yeux vinrent s’égarer en direction du plafond, alternant entre les poutres qui bordaient le contour de la pièce et le lustre façon art déco des années trente qui donnait un ton décalé à l’endroit. Il hésitait à lui révéler l’ampleur de son petit secret, anticipant des questions qu’elle était tout à fait susceptible de poser. Bien qu’il soit subjectivement assuré du silence de son invitée, il craignait une fuite. Si elle était arrêtée pour de bon, elle pourrait peut-être le trahir. Au fond il ne la connaissait pas, et seul son instinct lui confirmait la confiance presque aveugle qui lui dédiait.

Il décida d’omettre les détails fâcheux, et chercha à dissimuler son agacement, et sa rétention d’informations. Marie était visiblement impatiente, et son comportement des plus légitimes. Il porta à nouveaux ses yeux sur la peau hâlée de sa figure. « Je sais que vous êtes surveillée par le gouvernement. Je ne sais pas s’ils comptent vous arrêter, cela peut être demain, comme dans dix ans. En tout cas ils vous ont à l’œil, et vous n’êtes pas considérée comme étant passive dans le secteur d’activité où vous “travaillez”. Je voulais vous en faire part, et vous conseiller de vous faire oublier quelque temps. » Il ne voulait pas la brusquer en avouant cash qu’elle ferait mieux d’arrêter ses magouilles avec une des innombrables mafias qui s’étaient installées, le contexte étant des plus propices. Marie travaillait pour l’économie souterraine, l’argent sale, qui luttait à sa manière contre le marché officiel. Il ignorait la nature de ses agissements. Il savait à peu près avec qui qu’elle trainait, mais ne connaissait ses vraisemblables collègues que de visage. « Ecoutez, je sens que vous voulez changer le monde, leur mettre des bâtons dans les roue, les virer même, peut-être, mais pour ça, il faut rester vivante. »
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MessageSujet: Re: au diable le bien et le mal et les sermons artificiels (Marie)   Jeu 4 Fév - 15:52


Du haut de mon perchoir, j’observe les alentours, ainsi que chacun de ses gestes, qui ne trahissent pas la moindre nervosité. Au moins sait il ce qu’il fait et cette simple idée réchauffe mon esprit un brin inquiet pour la suite des évènements. La méfiance ne me quitte pas, malgré le sourire avenant que je lui offre, de bon gré. Habile manipulation que je maîtrise depuis des années, je me contente de lui donner cela, dans l’attente des confidences qui ne manqueront pas d’arriver. Sa répartie, son vocabulaire, me font néanmoins arquer un sourcil, même si j’apprécie largement la situation. Je n’ai plus guère l’occasion de me délecter de discussions bien construites. Du regard, je le suis, le regarde me servir des gestes experts d’un homme qui sait ce qu’il fait et de là découle un certain questionnement. Qu’est ce qu’un restaurateur, peut bien avoir d’intéressant pour se permettre de me convoquer. L’inquiétude revient, ainsi qu’une certaine colère, à l’idée de me laisser berner par ses belles paroles et ses belles manières, qui s’évanouit pourtant rapidement lorsque je me souviens des diverses armes dissimulées ici et là. Rasséréné, j’attrape le verre qui m’est destiné, non sans empêcher un frisson désagréable lorsqu’il m’appelle par mon prénom. Je déteste ça. Cette position de faiblesse qu’il m’impose, en semblant connaître ma personne, alors que j’ignore tout de lui. Il comble pourtant cet oubli rapidement et si mon visage n’exprime qu’une imperméabilité à toute épreuve, mes méninges semblent fonctionner à toute allure, comme pour me souvenir de lui, savoir quelque chose. Force est de constater que j’ignore tout d’un Samir Mansour et je me sens soudain comme une mafieuse au rabais. Je tente pourtant de ne rien laisser paraître, pour lancer, d’un ton probablement trop enjoué pour être crédible. « A la vôtre donc… Samir. » Le prénom roule sous ma langue, je fixe ses yeux d’un regard intense, dans la simple optique de le ramener sur un pied d’égalité. En le mettant mal à l’aise, probablement pourrais-je retrouver une certaine ascendance sur la situation et cesser le naufrage aussitôt.

L’homme semble chercher ses mots, laisse son regard éviter le mien pour s’égarer ici et là, geste que je salue d’un claquement agacé de la langue. Cette rencontre deviendrait presque grotesque et j’hésite une seconde à vider mon verre d’un trait pour quitter sa compagnie, que je viens à rejeter finalement. Il peut être bel homme, cela n’ôtera pas cette odieuse impression d’étouffer dans un piège à peine défini. Pourtant il revient vers moi et étonne son texte, dont chaque mot vient chasser le précédent d’une violence sans appel. Tout mon être se tend, pour ne devenir qu’une arme prête à agir, alors que les informations s’entassent dans un coin de mon esprit. Ce qu’il sait m’effraie et l’idée d’entrer en conflit direct avec l’étranger me semble être la meilleure. Pourtant, alors qu’il reprend sa litanie, dans une mièvrerie qui ne me ressemble en rien, je crois comprendre qu’il ne se dresse pas contre moi. Ce que j’ai pu prendre pour des menaces de prime abord ressemblent désormais plus à un conseil… d’ami. Je prends donc le parti d’en rire, moquant de ce fait la démarche de mon vis-à-vis. Mon éclat moqueur se prolonge juste assez pour le faire se questionner, avant que je ne saute de mon piédestal, juste à ses pieds. A contrario d’un hurleur, je prends ma voix la plus douce, la plus calme, la moins sonore, pour lui répondre. « Et vous savez cela parce que ? » Doucereuse, je m’approche encore un peu plus de sa personne afin de pouvoir toucher son torse, d’un doigt aventureux. « Changer le monde ? Vous êtes un bien drôle de bonhomme Samir, c’est cela ? Peu importe… Vous croyez pouvoir m’inviter ici… Déclamer ces paroles sans demi mesure, dans un but humanitaire ? Je ne mords pas. » De douce, ma voix s’est fait lentement plus agressive, plus dangereuse, tandis que l’écho de mes mots résonne une seconde dans la pièce vide d’une autre présence.

Sans ajouter un mot, je me décolle finalement de lui pour reprendre le verre, que je descends de deux gorgées avant de lui faire face de nouveau, les bras négligemment posés sur le comptoir, dans une attitude visiblement provocante. « Que voulez vous ? Comment être vous au courant… et dernière question. Dois-je vous tuer ? » Je me joue de lui par mes questions, cherchant par là à mieux comprendre sa démarche, même si je ne l’imagine pas une seconde comme une véritable nuisance. Mon instinct me crie de ne pas le considérer comme un ennemi… mais cela, il n’a pas besoin de le savoir.

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