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 How I needed you [PV Rachael]

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MessageSujet: How I needed you [PV Rachael]   Jeu 7 Jan - 1:18

How I needed you
○ Safe from them all. Those evil little motherfuckers at my door. Yes, I've kept score. And I believe they owe me more. Than life is short. Do you remember when nobody knew me. Man was life so simple then. But you knew my name and Lord knows it will never sound the same again.



La nuit n'ébruite pas encore sa noirceur sur l'horizon, elle ne s’agglutine que dans la prunelle sèche du journaliste alors que l’enfant serre son bras. Sa demande reste d’abord muette, elle se décompose au coin de ses paupières à demi closes. Elle ne pleure pas vraiment, elle mène une lutte acharnée contre les larmes tandis que ses doigts jouent inlassablement avec la veste de son père. Le cœur au bord des lèvres, l’adulte trace de drôles d’arabesques sur la joue de sa fille, du bout de son pouce pour apaiser son chagrin mais en vain. Dans quelques minutes, il devra s’éloigner, avant que Carley ne le surprenne et ne s’en serve au procès comme énième reproche à sa conduite. Cette guerre inlassable le fatigue et pourtant, son inquiétude n’est dirigée que vers le petit être qui s’échine à ne pas sangloter. Innocemment, Clémentine lui demande « C’est quand que tu reviens ? C’est quand qu’on rentre à la maison ? » Un réel rituel qui commence à peser autant sur les épaules du futur divorcé que de la petite fille. Toujours ces mêmes interrogations, toujours ces mêmes réponses qui ne trouvent jamais leur sens. Il a appris à les craindre, ces questions à la réplique instable. Mais il a plus peur encore qu’elles ne cessent. Que la petite écolière finisse par ne plus rien espérer ou attendre de lui, qu’elle se range à l’avis de sa génitrice. Ce rituel, c’est tout ce qu’il possède littéralement, tout ce qu’il lui reste. Si sa gamine lui tourne le dos, il ne sait pas s’il trouvera encore la moindre raison de se battre. Quand elle sera en âge de mieux comprendre les choses, quand l’adolescence lui ravira les dernières traces de candeur, qu’en sera-t-il de toute façon ? Tant qu’il le peut encore, il la serre contre lui, laissant sa joue accoster sa crinière ébène nouée en nattes. « Je ne peux pas, Clem’. Tu te souviens, nous t’avons expliqué tout ça. Tu dois rester avec maman pour le moment. » La voix se veut rassurante mais elle s’écorche contre une demi-promesse pratiquement mensongère. Pour le moment.

Elle semble réfléchir avant de placer ses petites paumes contre les pommettes de son géniteur, plongeant son regard dans le sien. « C’est à cause de Bran ? Maman a dit que je ne pouvais plus te voir parce que tu lui avais fait du mal et qu’elle ne voulait pas que tu m’en fasses. Mais tu me feras jamais de mal, je le sais papa. » La colère incendie les artères, la peine réduit le palpitant à néant et les remords allongent leur empire sur ses prunelles. La douleur se diffuse dans tout son être, péniblement, l’oblige à poser un genou à terre. Les mots se coincent dans son larynx. La loyauté de la fillette le fusille et répare d’une même onde, bon nombre de dégâts. « Tu reviendras mercredi prochain ? » demande-t-elle ensuite tout en passant ses doigts dans la barbe du damné. Il acquiesce, porte le front de sa progéniture jusqu’à ses lippes. « Je suis désolé. Je vais tout faire pour qu’on se voit plus souvent, je te le promets. » Et sans plus tarder, il se force à s’écarter d’elle après une dernière étreinte, quelques paroles réconfortantes et quitte la cour de récré en se composant un sourire factice pour rassurer l’enfant. D’un signe de tête, il remercie l’institutrice qui tolère sa présence en ces lieux, tait ses brefs passages à son ancienne épouse. Une étrange alliée qu’il a dû convaincre cependant. Elias s’échappe à temps et s’empresse de gagner la rue perpendiculaire, le thorax malmené par des battements irréguliers. Le tourment le poursuit jusqu’au seuil de sa demeure. Il vide les placards à peine rentré. Déchiré par diverses émotions, il n’hésite pas tellement à se jeter sur une bouteille planquée derrière les produits d’entretien. Le premier verre dévale son œsophage sans plus d'attente. Il se ressert encore et encore jusqu’à ne plus ressentir que cette sensation de flottement mais ça ne suffit pas parce que sa jambe meurtrie tiraille. Trop éméché pour réellement comprendre la portée de ses actes, il avale plus d’une gélule. Les murs dansent autour de lui, semblent se resserrer autour de sa carcasse. Il étouffe littéralement.

D’un bond, il s’élance sur la porte d’entrée,s’enfuit de cette maudite baraque, vacillant par moment, perdant le fil de ses pensées, glissant parmi les ombres sans savoir où et encore moins pourquoi. Il manque presque de sauter dans l’étendue d’eau alors qu’elle se présente abruptement à lui après une longue errance. Sa vue trouble le force à cligner plusieurs fois des paupières pour forcer le décor à se stabiliser tandis qu’il choisit un réverbère pour s’affaler, épaule contre métal. Son index cherche machinalement l’alliance mais ne la trouve plus. Il rigole avec sarcasme. Il n’y a plus rien à trouver. Ni ici, ni ailleurs. Quand s’en fera t-il une raison ? Il a sans doute oublié que le passé n'est jamais là où on croit l'avoir laissé.

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    Before all of this, what did I miss ? Do you ever get homesick ? I can't get used to it. I can't get used to it. I'll never get used to it. I'll never get used to it. I'm under that night. I'm under those same stars. We're in a red car, you asleep at my side. Going in and out of the headlights. Could I have saved you ?
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MessageSujet: Re: How I needed you [PV Rachael]   Jeu 7 Jan - 19:37



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Et il se met à pleuvoir.
Sans crier gare, de gros nuages noirs se sont amoncelés au-dessus de la Nouvelle-Orléans jusqu'à ce que la dernière parcelle de ciel bleu ait disparu à la vue de chacun. Peu après, les premiers grondements annonciateurs se sont fait entendre. Et ensuite, la pluie. Sale, drue, féroce. Les rues disparaissent bientôt dans ce flou incertain qui brouille les contours, transforme les passants en de simples silhouettes sombres qui se hâtent d'échapper aux intempéries et mêle les décors pour ne former au final qu'une bouillie conforme et grisâtre. On se dépêche de retrouver la chaleur d'un foyer ou l'abri salvateur d'un café, on veut éviter ces lames inquisitrices qui détrempent les vêtements et s'insinuent partout.
Pas tous.

Certains n'ont pas le choix du confort, certains ne savent même pas réellement ce qu'ils foutent là et ne cherchent donc pas à s'en tirer.  

L'un de ceux-là se discerne des autres individus sans visage de par son incapacité flagrante à se comporter comme un être normal. Dans son attitude, tous les signes évident de l'alcool : ainsi il hurle son péché à la face des autres, d'ailleurs se rend-il seulement compte comme il moque ouvertement les lois pourtant très strictes sur le sujet ou bien est-il déjà trop enfoncé dans son délire pour le réaliser ? Quoi qu'il en soit, on s'en offusque et la dénonciation fait sans tarder son cheminement jusqu'à ceux qui sont à même de réprimer cette rebuffade publique.

L'autre arpente les rues d'un pas décidé. Le visage est en partie masqué par la capuche qui le protège de l'averse, l'allure et les habits noirs clament leur fonction. Mais en deçà des frontières établies par la funeste et austère silhouette, il y a quelqu'un qui fulmine. Non pas à cause du temps – elle n'est plus une petite fille, elle n'a d'ailleurs jamais été en sucre et n'a donc aucune raison de redouter un peu d'eau –, mais à cause de son but.

C'est à ça qu'elle sert à présent, ou bien les journées sont-elles devenues si calmes qu'il faut songer à employer les shadowhunters à la première trace d'incident signalée ? A quand les ventes de glaces dans les camions ambulants pour donner un os à ronger aux manteaux noirs ?
Alors, oui, la colère l'habite. « Tu es la plus proche des coordonnées, vas-y » qu'ils lui ont dit là-bas… C'est sûr qu'arrêter un mec même pas capable de marcher droit ne risque pas de sortir de ses compétences, elle ne craint rien à s'y rendre seule.
Marcher lui permet tout de même d'évacuer un tant soit peu de son énervement. Comme des filaments suintant de sa personne et venant s'enrouler autour des passants qui croisent sa route, il émane d'elle une agressivité latente qui incite à ne pas s'attarder trop près d'elle.

La cible n'est pas vraiment compliquée à repérer. Dangereusement près du bord du lac, l'homme correspondant au signalement semble s'être pris d'amitié pour un lampadaire et ne manifeste aucunement l'envie de s'en séparer. Allons bon. Quelques foulées de plus, elle arrive dans son dos et lui attrape le bras sans douceur, pour le séparer ensuite plutôt rudement de son appui salvateur.

« Un pas de travers et vous piquez une tête. Je n'irais pas vous y récupérer. » Curieusement, au vu du temps et de la réputation de l'endroit, la femme a tout sauf l'envie d'une baignade à l'improviste. « Quoiqu'au vu de votre état déplorable, cela vous ferait sans doute le plus grand bien. »

 


Dernière édition par Rachael Miller le Jeu 14 Jan - 19:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: How I needed you [PV Rachael]   Jeu 14 Jan - 0:01

L’ironie ne tarde pas à laisser son empreinte sur les traits contractés du damné. D’un léger sourire forcé, il se voit admirer son emplacement. Au milieu de la noirceur apparente, il n’a rien trouvé de plus confortable qu’un éclat de lumière pour subsister. Pourtant, il s’est rarement senti aussi égaré et aussi peu réceptif à toute forme de clarté. L’esprit emmêlé par l’ivresse, le cœur démantelé par le remord et la fatigue abattant les épaules. Il n’aime pas être et se savoir dans cet état, le souvenir demeure toujours plus vivace quand il cherche à le distancer. La seule odeur de liqueur devrait le dissuader. Il aurait d’ailleurs cru ne jamais plus réussir à toucher à la moindre goutte. A l'inverse, il s'est surpris plus régulièrement à en abuser. Mais de toute manière, il n’a plus de voiture. Et plus vraiment d’enfant à mettre en péril maintenant que sa benjamine lui a été retirée. Les doigts se rassemblent contre les paupières, massent le front en suite pour chasser le chagrin. La prise de médicaments a été peut-être un peu excessive. Ce mélange incongru fait éclore sous ses yeux de drôles de formes, d'étranges hallucinations qui l’amuseraient presque. Entre deux mirages, il perd pied. La tête roule quand la nausée survient. A quoi pensait-il ? Sûrement à tout sauf rien. Parce qu’on ne peut pas se foutre en l’air pour du néant. Il se déteste dans ces phases creuses. Elles sont sans doute inévitables. Quand il est seul, il est prompt à la décadence, prompt à l'inconscience et à l'oubli. Il ne distingue plus vraiment ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Tout sonne faux dès qu’il est isolé. A commencer par le son de sa respiration, trop encombrante, trop concrète. Il donnerait tout ce qu’il possède pour échanger sa place avec Bran. Absolument tout.

La mélancolie fait traîner son regard sur les ombres inquiétantes des nénuphars au fond du lac. Il y discerne des visages mais ce n’est que le produit de son imagination, de son ébriété et des pilules. Pas vrai ? Il déglutit difficilement. Plus rien ne le surprendrait. La crainte insinuée dans les veines, il frôle pratiquement l’arrêt cardiaque quand subitement une main le tire de son point d’appui. Il manque de crier mais s’en sort seulement avec un pouls irrégulier. Son regard traque l’inconnue contre laquelle il doit pratiquement s’appuyer pour ne pas s’effondrer et pas uniquement à cause de son état. Il la détaille longuement et déduit à l’uniforme, la raison de sa présence. Il soupire. Il ne peut décidément plus sortir sans craindre le courroux de la milice. Puérilement, il prend une moue boudeuse pour répliquer. « Ha bon ? C’est donc là que s’arrête l’héroïsme de la milice ? Me voilà attristé, que dis-je, accablé devant ce manque de grandeur ! Je suis scandalisé, outré. Bafoué. Moi qui pensais que vous étiez du genre à vous battre pour la veuve et l’orphelin, vous me laisseriez crever au fond du lac ? » Sa dernière rencontre avec Calyxte ne lui aura donc rien appris. L'insolence pour seule attitude. « Proposition alléchante. Mais après vous, je suis un douillet. L’eau froide, très peu pour moi. » Il vacille, s’accroche définitivement au bras de la femme. « Vous êtes venue m’arrêter ? A quel moment aura lieu l’exécution ? J’espère pas à l’aube, je trouve ça d’une tristesse. ‘Voyez, le recommencement alors que c’est une fin… Tout ça, tout ça…» De sa main, il exécute d’étranges arabesques comme pour marquer son point. Ses mouvements semblent tracer dans l’air de longs sillons dorés. Bon sang, il est complétement défoncé. Il cligne plusieurs fois des paupières avant de revenir poser son attention sur l’arrivante.

C’est là que ça le frappe. Elle ressemble à quelqu’un. Mais à qui ? Plus il la détaille, plus il sollicite sa mémoire mais elle est terriblement éprouvée par tout l’alcool ingéré. Ne réfléchissant pas tellement à la situation, il agrippe abruptement le menton de la quarantenaire pour mieux l’observer. « On est censé se connaître ? Votre visage m’est familier. » La frustration l’oblige à plisser les yeux avant qu’il ne relâche sa prise sur son opposante. « Enfin bon, je me suis mis à peu près toutes les forces de l’ordre à dos. C’est peut-être pour ça… A force de vous voir et de vous emmerder... » Il hausse des épaules mais ne se départit pas de sa détermination, la fixant encore plus intensément. « J’ai l’impression que ça remonte à plus loin pourtant. » Marmonne-t-il dans ses dents. Sa curiosité se mue très facilement en obsession. Il tente encore en vain de secouer ses méninges pour dénicher la vérité au creux de son amnésie. Peut-être qu’il ne la voit pas vraiment clairement, qu'il invente ses traits à partir d'un souvenir. Après tout, c’est à peine s’il parvient à garder les yeux ouverts et à ne pas vider le contenu de son estomac sur le bitume alors bon… Mais il est prêt à gaspiller toutes ses dernières forces pour résoudre ce mystère. Il sent que c’est important. Il le sent mais ignore encore en quoi ça l’est.

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MessageSujet: Re: How I needed you [PV Rachael]   Jeu 14 Jan - 20:48



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Elle ricane face aux élans pseudo-poétiques de l'étranger qu'elle a tiré de sa torpeur. Très sèche dans son attitude comme dans ses paroles, le rire se coupe néanmoins tout net après quelques instants. « L'héroïsme n'est bon qu'à ceux qui ont soif de lumière et de reconnaissance. La Milice n'existe pas pour ça, je n'existe pas pour ça et quant à vous… oui, vous pourriez bien crever dans ces eaux, un cadavre de plus ou de moins ici-bas, qui s'en souciera ? » Quand c'est de la vermine qu'on retrouve les tripes à l'air dans un caniveau, il est plus aisé de fermer les yeux et passer son chemin. Or cet homme qui s'appuie sur elle comme si elle ne valait pas mieux qu'une vulgaire canne représente exactement ça à ses yeux : un rat, un parmi la multitude qui court les rues de sa ville. Son agacement latent plus la désinvolture et le manque de respect dont fait preuve son interlocuteur ne l'aident pas non plus à désirer se montrer aimable.
Son attitude atterrante la consterne, elle ne comprend même pas comment l'on peut arriver à se dégrader de la sorte en public. Bien sûr qu'elle a déjà consommé de l'alcool, qu'elle en consomme même toujours d'ailleurs, mais en dose bien moindre, qui ne risquent certainement pas de la mener dans un état tel que le sien.
Et sûrement pas sur la voie publique.

Alors qu'elle croyait les badineries terminées, c'est tout soudain qu'il esquisse un mouvement vers elle. Prise au dépourvu – voilà qui lui apprendra de baisser sa garde face à un alcoolique –, elle n'a pas le temps de l'intercepter et sa main enserre, mais trop tard, le poignet de l'homme. Les propos qui suivent l'interpellent, suffisamment pour qu'elle ne se rétracte pas tout de suite. Mais ensuite, le silence n'a pas le temps de s'installer entre eux que la réalité reprend son cours, qu'elle accentue la pression de ses doigts et dégage avec brusquerie la main enserrant son menton. Son arme de service, qui jusqu'à présent dormait sagement dans le holster contre sa cuisse, en est délogée dans le mouvement puis pointée à bout portant contre le bas du ventre. Si le cran de sécurité est toujours en place, son pouce posé dessus la chatouille méchamment.

« Félicitation ! Vous alourdissez encore votre dossier avec ça. Si vous êtes si familiers avec les miliciens que vous le prétendez, vous auriez pu vous douter que réagir de la sorte était une mauvaise idée. » Il ne lui en faut guère plus pour décréter l'outrage à agent, c'en est presque heureux qu'elle ne soit pas du type à avoir la gâchette facile. Pour l'heure, le flingue n'est qu'un avertissement au premier stade, un message pas si subliminal que ça comme quoi mieux vaut se tenir à carreau dans l'immédiat.


Bizarrement, à la vue de l'arme qu'elle n'a pas fait l'effort de dissimuler, les quelques badauds à traîner dans le coin se sont évaporés. Retirés dans quelques endroits plus sûrs d'où la curiosité les poussera probablement à regarder la scène dans l'attente que quelque chose se passe.


« Mais repartons sur de bonnes bases. » Sauf que rien dans son ton ni son attitude n'indique qu'elle pense un seul de ses mots. « Vous me déclinez votre identité fissa. Je veux voir vos papiers. » Et le canon de l'arme appuie avec insistance ses propos sur les vêtements de son vis-à-vis. « Ensuite vous m'accompagnez gentiment jusqu'à mon véhicule de service. Il vaut mieux pour vous que vous n'essayiez pas de jouer au plus malin. Bon vous vous démerderez avec les conséquences sinon, pas besoin de vous faire le topo j'imagine. »

 


Dernière édition par Rachael Miller le Mer 20 Jan - 19:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: How I needed you [PV Rachael]   Mer 20 Jan - 2:14

Qui prendrait le temps de s’arrêter pour se défaire de son rôle quotidien ? Sortir de sa case, oublier les rangements et les catégories auxquels l’espèce humaine attache tant d’importance ? Il suffit simplement d'exécuter un pas vers l'arrière, ça ne nécessite qu'un recul furtif pour apprécier la vue d’un tout nouvel angle. Redevenir ce que l’humanité a oublié, égaré en cours de route. Aucune supériorité, aucun ascendant, juste deux personnes conversant, s’attardant quelques instants pour développer des concepts insaisissables. Offrir une chance à ce qu’on ne peut comprendre ou déchiffrer. Ce n’est pas qu'une seule utopie qu’il dessine d’une main rendue malhabile par son esprit embrumé mais une multitude qu’il réinvente chaque jour, même quand l’alcool ne s’est guère invité dans son réseau sanguin. Quand on ne peut plus rêver, rien espérer et attendre, pourquoi subsister ? Il s’accroche à tous ses espoirs les plus fous. Et à cet instant, plus que jamais, il se permet de croire que tout est possible, s’enlisant dans un excès qu’il contrôle avec plus de subtilité en temps normal. Bien que la normalité a tendance à ne plus vraiment se définir depuis quelques mois. Les convictions les plus basiques se dispersent. Les seules à subsister l’obligent inéluctablement à s’opposer à toute forme d’autorité mais aujourd’hui, ce n’est pas ce qu’il convoitait pourtant. Il a simplement été bercé par sa folie du pacifisme absolu, convaincu que l’humour désamorce les conflits mais néanmoins contredit par la douce réalité. L’honnêteté de la milicienne sectionne immédiatement ses pensées charitables. Tellement de dureté dans sa voix qu’il pourrait presque en trébucher. Un pavé balancé directement dans l’estomac et tellement de colère en arrière-plan qu’il refoule habilement par vagues de détresse. L’injustice qu’il ne tolère plus et pourtant. Pourtant, on ne peut pas toujours dire qu’il ne l’a pas cherché. Actuellement, il s’est montré imprudent et tout aussi sûrement stupide. Ce n’est pas pour autant qu’il songe à s’arrêter.

Le sourire nargue les lèvres, il doit prendre sur lui pour conserver un certain détachement dans le ton et ne pas laisser à son agressivité latente, le droit de s’adonner à toutes ses nuances. « Excusez-moi, j’oubliais que vous étiez là uniquement pour traquer les innocents et les victimes de cet intraitable gouvernement. L’ordre vous intéresse très certainement, la justice, c’est une autre histoire. Mais où avais-je la tête ? Depuis le temps, j'aurais dû le savoir. » Nonchalamment, il soulève ses épaules en signe évident de lassitude. Il apprécie la franchise aussi belliqueuse soit-elle. Les monstres déguisés en agneaux sont toujours les pires après tout. Puis peut-être que le sentiment qu’elle lui inspire inconsciemment le pousse à la confession, le met suffisamment en confiance pour qu’il se permette cette exubérance de plus en plus marquée. A moins que ça ne soit lié qu’à la liqueur ingérée ? Pour ce qu’il en sait. Quand l’arme remonte jusqu’au ventre, Elias ne peut contenir son soupir. « C’est vrai que je suis une menace ultime. Vous n’avez pas besoin d’arme pour m'immobiliser au sol. Je tiens à peine sur mes guiboles, une petite claque suffirait à me mettre K.O. Et puis, l’intimidation, vous m’excuserez mais elle inciterait n’importe qui à se montrer excessif voir désespérément agressif. C’est dommage de l’employer pour si peu… » L’ébriété a défait le filtre entre les pensées et la langue. Déjà bavard à jeun, carrément enclin à la discussion effrénée désormais. « Je suis du genre à collectionner les mauvaises idées. On peut même parler de talent dans mon cas. » croit-il bon de préciser. Conscient de son insolence et honnête par choix.

Tandis que la tension s’épaissit, que l’endroit se vide de ses occupants, le mystère n’a de cesse de le hanter. Il ferait tout pour gagner du temps afin de déchiffrer l’énigme que cette femme représente. « Ha mais je suis tout à fait d’accord pour instaurer de meilleures bases, voyez m’dame, je suis coopératif mais j’ai du mal à songer au meilleur alors que votre canon me vise toujours et que mes entrailles risquent  de retapisser, d’un instant à l’autre, le bitume et vos chaussures par la même occasion. » Son regard glisse du visage au flingue braqué sur lui. « Décliner mon identité ? Je suis un habitant de cette planète, tout comme vous. Est-il nécessaire de mettre un nom sur un visage alors que nous appartenons à la même espèce ? Qui sommes-nous ? Nous définissons-nous par nos actes ou par nos antécédents familiaux, notre passé ? Par cette identité qu'on nous a forgé malgré nous ? » Ses petites provocations cessent dès l’instant où sa fille s’impose à son esprit. Il ne peut pas se faire bêtement abattre. Sa coordination bancale l’oblige à s’y reprendre à plusieurs fois mais il réussit à enfoncer sa main dans la poche de sa veste pour en sortir ses papiers. « Avec un peu de chance, vous vous rappellerez où on s’est déjà croisés. Vous connaissiez peut-être ma merveilleuse épouse. » Le sarcasme claque. Ancienne épouse, ancienne se répète-t-il mentalement. « J’avoue avoir toujours éprouvé énormément de difficultés à retenir le nom de ses fréquentations. Si je me souviens de vous, c’est qu’il y a une raison. Ceci dit, vous êtes du genre à faire forte impression à n’en pas douter. » Ses prunelles retombent sur l’arme alors qu’il tend les documents à la blonde. « Ne faites pas trop attention à la photo, ce n’était guère mon meilleur profil. Et ne parlons pas de l’éclairage, tout à fait déplorable. » Il ne sait plus lui-même l’intention derrière l’audace. La fatigue ralentit d’autant plus les rouages de sa cervelle que l’ivresse s’attarde. Les vertiges rendent sa position instable et réveillent lentement quelques douleurs inconvenantes à sa jambe atrophiée. « On pourrait peut-être déjà rejoindre le fameux véhicule pendant que vous analysez ces informations. Mon signe astrologique est lion, ce n’est pas indiqué à mon plus grand regret. » S’asseoir devient une priorité essentielle. Mais quelque chose lui dit que sa tortionnaire n’est pas vraiment encline à la négociation ou à l'entente cordiale. Dommage.

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MessageSujet: Re: How I needed you [PV Rachael]   Mer 20 Jan - 22:55



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La justice ? Cela fait bien longtemps qu'elle n'existe plus guère ici, même elle qui travaille pour le Gouvernement n'est pas aveugle au point de ne pas s'en apercevoir. Sauf qu'elle s'en contrefout. On ne peut plus parler d'équité à partir du moment où les différentes races co-existantes ne peuvent être jugées sur un pied d'égalité alors pourquoi s'embarrasser de justice ? « Bienvenue dans la triste réalité. La vie est injuste, première nouvelle ! J'espère que le choc n'est pas trop dur. » Un sourire moqueur retrousse ses lèvres pour accompagner le sarcasme, mais disparaît bien vite, enseveli sous la diatribe soudaine de l'homme.
Elle se tait et serre les lèvres, s'enferme entre les murs de son silence cependant que son vis-à-vis se répand en une diarrhée verbale aux relents de philosophie rance. L'alcool le rend incroyablement bavard, un peu trop pour son propre bien d'ailleurs, à moins qu'il ne soit comme ça même dans ses moments de lucidité ?
Malgré elle, elle ne peut s'empêcher de s'accorder avec certains de ses propos, bien qu'elle ne risque pas de l'admettre à haute voix. Il vaut mieux éviter autant que faire se peut de saboter sa propre autorité.

Rien que pour le faire taire, elle serait capable de tirer. Heureusement que sa bonne conscience est là pour lui taper sur l'épaule et lui rappeler qu'il reste tout de même des limites qu'il faudrait éviter de dépasser. Elle subit en silence et le pistolet reste tout aussi fermement appuyé contre l'individu ; quant à la main non armée, celle-ci se serre en poing mais résiste encore pour l'instant à cette envie peu orthodoxe qui l'habite et la démange de plus en plus. Elle sait que les apparences sont souvent trompeuses, elle sait qu'elle n'a plus le droit de relâcher sa vigilance car un seul faux pas suffirait et pourrait lui être fatal. L'expérience le lui a appris. Le fait flagrant qu'il peine réellement à se tenir debout sans aide ne lui inspire pas la moindre flammèche de pitié à son encontre. Il ne fait que récolter ce qu'il a semé, après tout.
Et elle, elle se contraint à la patience bon gré mal gré jusqu'à ce qu'il semble être enfin à court de mots.

« Vous avez fini ou bien vous me préparez encore une disserte sur l'injustice et je ne sais quelles autres conneries ? » La question n'attend pas de réponse et d'ailleurs elle ne lui laisse pas le temps d'en placer une. A priori, il pourrait réellement être capable de recommencer à s'épancher sur le sens de la vie pendant une dizaine de minutes. Elle préférerait probablement sauter elle-même dans le lac plutôt que d'avoir à l'écouter de nouveau. Quoiqu'il existe quelques solutions subsidiaires qu'elle pourrait tout aussi bien appliquer et dans lesquelles elle s'en tirerait à bien meilleur compte que lui… Mais qu'importe, elle reprend donc après avoir marqué un silence très bref : « Gardez donc vos belles paroles pour défendre votre cause, moi j'en ai rien à foutre de tout ça et je ne suis pas venue pour tailler une bavette avec un ivrogne même pas fichu de tenir correctement sur ses guibolles. Apprenez à la fermer à l'avenir, avant que quelqu'un ne le fasse à votre place. » Elle par exemple, elle se dévouerait à cette bonne action dans l'once d'une hésitation. Néanmoins, l'idée de s'abandonner à cette cause juste est remplacée par son sens du devoir : plutôt que de guetter la moindre parole qui oserait encore sortir de sa bouche afin de l'y renvoyer aussi sec, elle choisit de se saisir des papiers requis une éternité plus tôt dans un geste sec. Les ouvre. Ne tilte pas au survol rapide du nom. Relève la tête, ses yeux plantés dans ceux de son interlocuteur. Tout cela dans un intervalle entre deux secondes. « Bien. Inutile de nous éterniser davantage. » Et , à l'instant même où sa bouche s'apprête à moduler le nom de l'inconnu, elle s'interrompt brusquement, coupée dans son élan par un doute affreux qui la pousse à examiner les documents fournis une seconde fois. Fébrile, celle-ci.

Quant au constat, il est sans appel.

Lorsqu'elle relève de nouveau la tête pour le fixer, on ne peut pas ignorer la métamorphose de son expression, la disparition de  la colère, de l'agacement, au dépend de quelque chose d'indéchiffrable. Curiosité ? Surprise ? Défaite ? Il semble en effet qu'elle a l'air un peu perdu. Le silence est soudainement lourd, palpable. Jusqu'à ce qu'elle l'explose d'une voix un peu radoucie : « Il faut croire que ta mémoire est meilleure que la mienne. » Familiarité subite, sans explication. Elle lui rend les papiers et le ton durcit de nouveau, brusque : « Casse toi. Va décuver dans un coin sans te faire choper. Je trouverai bien une explication. » Rachael amorce un demi-tour, le poids de la révélation inattendue, trouvée au détour d'un misérable morceau de papier, l'accable plus qu'elle ne saurait le dire.  

 
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MessageSujet: Re: How I needed you [PV Rachael]   Jeu 28 Jan - 0:44

Le cynisme invite de douteux songes dans l’esprit empreint de perplexité du damné. A force d’observer leurs mots s’entrechoquer, il comprend pourquoi son raisonnement l'a conduit assez sournoisement jusqu’à Carley. La milicienne partage quelques traits de caractère avec son ancienne épouse. Est-ce pour ça qu’il la provoque outrageusement en déballant ses grands discours mirobolants ? Par simple transfert de son animosité à l’égard de son ex-femme ? Serait-il tombé aussi bas ? Les idées se démantèlent dans l’incohérence de ce qui s’étire et se rejoue devant lui. Toujours l’autorité pour pointer le doigt sur ses tares, toujours le pouvoir venant ramasser la misère pour l’entasser dans un coin. L’injustice sera toujours difficile à encaisser. Et à vrai dire, il ne sait pas pourquoi il devrait la subir sans chercher à s’en moquer ou à s’en défaire. Les combats sont nombreux. Lutter contre sa conscience vacillante, sa guibole défectueuse, son équilibre incertain. Mais c’est ailleurs que la bataille se déroule. Il sait qu’il a perdu avant même d’avoir débuté. Il le sait pertinemment, mis en défaut par son ivresse prohibée par cette tyrannie aux faux airs de démocratie. Elle n’a d’égalitaire que l’apparence qu’elle cherche à s’offrir. Tellement de dupes pour se mettre à genoux et baiser les pieds de ces dirigeants aveuglés par le pouvoir et sans doute, la folie pure. Qui est-il pour juger la démence chez autrui quand il ne parvient pas à gérer la sienne ? Elias sourit à cette pensée perdue au milieu de ce miasme de songes chaotique. Il n’y a aucune vraie fin à cette conversation, aucune conclusion à tirer. Ils ne vont nulle part. Sauf peut-être en cellule. Parce que c’est là qu’elle s’apprête à l’emmener, n’est-ce pas ? Ce ne serait pas la première fois, ni la dernière sans doute. Une ligne de plus sur son casier judiciaire. Une ligne à ajouter à la plaidoirie de son ancienne amante.

La réplique semble aisée pour cette femme et il ne peut s’empêcher de glisser de nouveaux mots. « Tant d’agressivité dans une seule et même personne. Je dois vous avouer que de nous deux, je suis sûrement le plus chagriné par cette confrontation. Moi qui pensais que nous pourrions nous écarter des formalités un instant pour prendre le temps de contempler le monde dans lequel nous vivons. Je suppose que l’uniforme doit être difficile à ôter, exercer ce genre de profession doit sans nulle doute vous faire perdre de vue les priorités. La vie est injuste, certes. Inutile d’en faire un enfer pourtant.» Sa morale se noie dans les circonstances. La fatigue se manifeste de seconde en seconde. Il craint déjà l’instant où le cocktail médicamenteux cessera de faire effet, où l’alcool désertera ses veines et l’abandonnera abruptement dans les bras du regret, de la culpabilité qu'il a cherché à évincer. Relâché sur des rails, prêt à être percuté par le premier train de passage. La réalité le heurtera une seconde fois aujourd’hui. Il ne sait pas s’il pourra encaisser le choc. Son attention décroche comme trop souvent et quand enfin, son interlocutrice le ramène au moment présent, il ne comprend plus rien. Qu’a-t-il loupé durant sa contemplation nébuleuse du lac ? De toute évidence, absolument tout. La familiarité le met étrangement mal à l’aise. Il déteste être le dernier au courant. Le changement semble si brutal qu’il remet immédiatement en cause sa première hypothèse. Le journaliste ouvre la bouche, la referme aussi vite avant de bondir en avant pour rattraper la fuyarde. Ses doigts accrochent le bras de l'américaine. « Quoi ? Non. Mais attends, on se connait d’où ? Pourquoi tu pars comme ça ?» Bredouille-t-il, incrédule.

Le grec fronce les sourcils, réalise à peine que ses papiers sont toujours blotti dans le creux de sa paume. L’obsession ne cesse de s’amplifier alors qu’il est si proche de la vérité. « Tu ne vas pas partir sans me dire qui tu es. Les mystères irrésolus ont tendance à me donner des insomnies. Et comme tu peux le constater, une bonne nuit de sommeil ne me ferait pas forcément de mal. Ta charité et ta bonté d’âme peuvent s’étendre jusqu’à cette révélation tout de même. » Il plisse les yeux tandis que le décor tourne un peu plus autour d’eux. Il réajuste sa prise sur l’inconnue pour pouvoir s’appuyer sur son épaule afin de ne pas chuter. Les paupières basculent, il n’arrive plus à supporter les vertiges. « De toute manière, sans vouloir abuser de ta gentillesse, je crois que je vais vraiment avoir besoin d’un petit tour en voiture là. Parce que tu vois, j’ai un peu du mal à l’heure actuelle à distinguer le sol du ciel. C’est plutôt handicapant.» Il hausse des épaules pour nuancer son récit déplorable par une nonchalance totalement factice. Il ne tolère déjà plus du tout le silence, sentant une urgence terrifiante le bousculer sur le chemin des confessions. « Alors, c’est quoi l’histoire ? T’es une ex dont je ne me rappelle pas et que j’ai relativement traumatisé ? Au point que tu prennes tes jambes à ton cou ? Donne-moi une chance de m’excuser au moins, je sais pas. Ça doit forcément remonter à une époque révolue pour que je parvienne plus à remettre ton nom et pour que tu ne me replaces pas sans les papiers. Tu es d’ici ? » Ses méninges accentuent le travail laborieux de mémoire mais en vain. « Ne m’oblige pas à te poursuivre sur plusieurs kilomètres, je ne suis pas spécialement en état. Si t’es prête à ne pas m’inculper pour ébriété, tu peux au moins me donner ton nom. C’est tout de même moins grave pour toi de me décliner ton identité que de m'aider à m'en tirer. Enfin, je suppose ? » L’incompréhension oblige ses traits à se crisper un instant. A moins que ça ne soit la nausée ? D’un revers de main, il essuie maladroitement la sueur sur son front. Il ne donne pas cher de sa peau dans les heures à venir. Mélanger gélules et liqueur. Il se prend pour une diva névrosée en mal de célébrité ou quoi ? Cette image le ferait presque rire. Presque.  

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Dernière édition par Elias S. Kaligaris le Ven 29 Jan - 12:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: How I needed you [PV Rachael]   Ven 29 Jan - 11:01



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Et de toute façon, qu'espère-t-elle au fond ? Pouvoir repartir comme elle est venue, tirer un trait sur ce qu'il vient juste de se passer, tout oublier pour reprendre le train de sa vie normalement ? Comme si cela lui était seulement envisageable…
Ainsi c'est presque un soulagement lorsqu'elle l'entend se mouvoir dans son dos et qu'elle peut deviner ce qu'il va faire ensuite. La main qui se referme autour de son bras arrête sa marche, ses paupières se closent un instant tandis que la voix de l'homme se fait à nouveau entendre. La voix d'Elias, qui à son tour bascule dans la familiarité alors qu'il n'a pas encore compris qui elle est. Cette fois, Rachael laisse faire sans broncher : le contact, le flot de paroles qu'elle n'a pas le temps de démêler et de trier tant il en arrive encore et toujours. Pendant qu'il s'égare de nouveau dans ses grandes envolées verbales, elle se retourne face à lui et scrute avec une attention renouvelée les traits de son faciès. Retrouver le gamin de onze ans dans cet homme mûr n'est pas chose aisée et pourtant… pourtant à bien y chercher elle finit par saisir la ressemblance. Mais plus elle fouille dans ses lointains souvenirs afin d'excaver une image précise et plus la culpabilité de l'époque se ravive. A trop attiser les cendres qu'elle avait pensé froides, la voilà qui risque de s'en mordre les doigts à présent.
Un ersatz de sourire pâlichon étire les commissures de sa bouche lorsqu'il parle de s'excuser. Oh l'ironie !  Un rire jaune déborde de ses lèvres face aux propos qui, pour elle, ne sont que non-sens absolus. « Une de tes ex, mais qu'est-ce que tu ne vas pas chercher comme connerie. C'est presque insultant. » Toutes ces questions qui se bousculent et elle, elle les a ces réponses, mais l'indécision la confine au mutisme et la facilité de se reposer sur les tirades incessantes de son vis-à-vis est une lâcheté de sa part dont elle ne se cache même pas.
Pourtant vient un instant où il finit tout de même par se taire et où l'obligation de prendre une décision s'expose clairement.

Un temps. Un soupir.

« Suis-moi », finit-elle par lâcher sans se soucier de ce que sa voix peut laisser transparaître quant à son conflit intérieur. « C'est pas le genre de conversation que j'ai envie d'avoir ici. La voiture n'est pas loin. » Le ton reste ferme mais néanmoins bas, destiné qu'à lui. Les oreilles ne s'éloignent jamais vraiment et les rumeurs ici se répandent plus facilement qu'une armée de cafards dans un taudis insalubre.

Rachael se dégage finalement de l'emprise sur son bras, réalise alors presque avec surprise que sa dextre n'a pas cessé de serrer la crosse du pistolet. Perturbée à ce point ? L'arme retourne prestement dormir dans son nid douillet et la femme empoigne Elias pour l'escorter jusqu'à son véhicule : autant donner un semblant d'illusion.
Le trajet voit ses lèvres rester obstinément serrées : si elle imagine sans peine l'impatience de son compagnon à savoir le mot de la fin, elle-même ne sait trop comment l'annoncer. Un simple nom, ce n'est pourtant pas si difficile que ça à prononcer non ? Elle se lance à elle-même un ultimatum et lorsqu'ils arrivent enfin à la voiture, elle  sait qu'elle ne peut plus guère se défiler.
Machinalement, ses gestes dictés par l'habitude, elle le fait asseoir sur le siège arrière puis s'installe au volant. Le ronronnement de l'engin meuble presque agréablement l'absence de dialogue et la pousse à l'eau. Là, enfin, elle décline enfin son identité et son propre nom se pare d'une saveur amère dans sa bouche. « Ça t'évoque quelque chose ? T'étais guère plus qu'un morveux, t'as pas mal poussé depuis. » Elle se tait brièvement mais, craignant presque sa réponse,  reprend d'une voix un peu moqueuse « Va pt'être falloir solliciter tes méninges un peu plus activement mais bon vu ton état l'exercice risque d'être compliqué. T'es pitoyable. » Ce qui n''est pas compliqué en revanche, c'est de se montrer désagréable envers lui, et si elle réagit ainsi ce n'est que pour se protéger, égoïstement, des conséquences qu'elle redoute. Au final elle ne sait pas ce qui est le pire, qu'il se souvienne ou qu'il l'ait rayé de sa mémoire. Difficile, dès lors, de se montrer agréable et encline à la conversation.
« J't'en foutrais moi, de ces rencontres improbables. Putain. » Elle marmonne surtout pour elle-même tout en s'insérant dans la circulation. Des questions elle en a une multitude elle aussi, sauf qu'elle ne veut pas être la première, et qu'elle ne sait encore trop quoi penser de ce qu'est devenu le mioche dont elle avait l'habitude. « Alors, heureux d'avoir eu ta réponse ? » Acerbe. Un coup d'œil jeté au rétroviseur intérieur, elle observe ses réactions tout en poussant un peu le moteur de la voiture. En attendant de savoir qu'en faire, elle balance son trop plein d'émotions dans la vitesse pour une direction qu'elle-même ignore ; chaque chose en son temps.

 
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MessageSujet: Re: How I needed you [PV Rachael]   Lun 1 Fév - 2:41

Un labyrinthe dans lequel il s’est plus d’une fois enfuit ces derniers mois. Un dédale fait de pierres, de montagnes imperturbables à grimper ou à dévaler, la tête la première. La mémoire est un abri étrange qui n’a que des regrets à offrir à son compagnon désorienté. De l’escalade à la pente, pour l’esprit le plus fragmenté, il n’y a que très peu de réels refuges, peu d'euphorie à se rappeler. Pourtant, il a collectionné une multitude de ces instants en vivant aux côtés de Carley. Du début de leur idylle à la naissance de son fils, de sa fille. Mais la solitude en amoindrit la tangibilité, les sourires semblent de plus en plus faux et la douleur, de plus en plus concrète. Des éboulements à répétition, des moments hors de portée, des souvenirs qu’il ne mérite peut-être plus. Cette inconnue en fait partie ? Elias se soumet aux probabilités. Combien de chances pour la deviner parmi ces réminiscences fugitives ? Il pourrait blâmer ce manque d’informations sur les gélules et l’alcool. Il pourrait mais il sait qu’il se mentirait. A force de consacrer son temps aux commémorations silencieuses, il ne vit plus que sur un seul et même fil. Celui qui sépare l’avant et l’après, une ligne seulement occupée par cette famille qu’il a construite et qu’il a démolie. Il y a l’avant. Avant qu’il rencontre son ex-femme et puis, l’après, l'accident. Ces deux époques sont incertaines. Il n’arrive plus vraiment à entrevoir le passé lointain, ni à appréhender le présent. Si elle ne l’aide pas, il ne pourra sans doute jamais remettre un nom sur son visage. Sa frustration semble atteindre son apogée quand elle réplique sans jamais donner le moindre indice. Les doigts glissent sur le front, collectent toujours plus la sueur. La chute sera abrupte quand elle débutera.

Le soupir amorce la victoire sans qu’il ne le sache encore. Elle se tient là, l’arme toujours au poing, une certaine férocité sur les traits bien qu’il ne la connaisse pas encore assez pour pouvoir se prononcer sur ce point. Pendant un bref instant, il s’attend même à ce qu’elle le repousse. Mais  les paroles dénouent l’intrigue. Ou du moins, lui concèdent cette promesse. Sa remarque pousse de plus en plus le damné à s’interroger. « Bien que je ne doute pas que la charmante compagnie qui pourrit en ce moment-même au fond de cet eau, puisse être divertissante, je ne peux que me rallier à ton jugement. Tu es garée où ? » La réponse ne se fait guère attendre. Elle le saisit et il ne cherche même pas à lutter, son équilibre instable ne lui permet pas, de toute manière, de se passer de cette poigne. Alors qu’elle le force à s’asseoir à l’arrière, il ne peut s’empêcher de s’amuser de cette grotesque situation. « Je vais avoir droit aux menottes aussi m'dame ? » Son léger rire s’estompe brutalement dès l’instant où la porte claque. Les mains serrées sur ses genoux, toute son insolente attitude bascule pour se vêtir de sévérité. Le malaise se poursuit quand la conductrice pose ses paumes sur le volant. Enfin assis, certes. Dès que le moteur se met en route, l’estomac se contracte pourtant. Il tente de passer sa ceinture de sécurité mais entre sa maladresse actuelle et son état pratiquement grippal, il ne parvient pas à la boucler. Il laisse tomber en songeant qu’il mériterait sans doute de se fracasser le crâne contre le pare-brise. Son accident hante tout l’habitacle. Il tolère à peine les trajets en voiture, n’envisage même pas de pouvoir un jour reconduire lui-même.  Heureusement, la milicienne l’arrache à sa souffrance mentale en dissolvant le mystère.

Le prénom et le nom rassemblent sans la moindre difficulté les trainés mémorielles semées aux quatre coins du vent. L’expression se fige d’abord sur la surprise bien que les pièces se remettent peu à peu en place. La rancune fait le reste du chemin. Un rire ironique fleurit et succombe à l’âpreté que cette rencontre provoque. Enfant, il avait rêvé de ces retrouvailles.  Il s’attribuait toujours le bon rôle dès qu’il s’inventait son retour. Il l’avait espéré assez longtemps pour finir par ne plus l’attendre, la déception au cœur et la raison pour seule alliée. De retour pourtant et au plus mauvais moment, alors qu’il est effectivement pitoyable, qu’il vient de foirer toute son existence et qu’il s’exerce à l’étaler en se rendant aussi pathétique sur la voie publique. Elle parle, il l’écoute mais ne réplique pas pour une fois. Il a besoin d’encaisser le choc, de rassembler le peu de dignité qu’il lui reste pour respecter les volontés de l’enfant qu’il a pu être. Après de longues secondes à gérer les émotions contradictoires, il s'entend enfin répondre à la révélation. « Rach… qui ? » articule-t-il d’une voix trop instable pour que l’idée d’indifférence passe réellement. Sa joue tressaute nerveusement. « Je suis censé me souvenir de toi, tu penses ? » Les bras se croisent instinctivement sur la poitrine. Au temps révolu, elle avait été une sorte de pilier dans sa vie chaotique. Il la considérait alors pratiquement comme sa sœur et sûrement qu’il l’idéalisait en ce sens. Toujours à la recherche d’attention ou d’affection, d’approbation sans doute aussi. Il ne sait pas s’il trouvait réellement toutes ces choses en Rachael, peut-être. Sans doute. « Perplexe serait un terme plus adapté. J’avais oublié à quel point l’ironie se jouait de moi depuis quelques temps. J’aurais dû relier le départ pour l’armée à l’uniforme actuel. Je vois que t’as pris du grade en quelque sorte. Toutes mes félicitations, on t’a officiellement lavé la cervelle. Ça fait quoi d’être devenu un des petits patins du gouvernement, dis-moi ? » L’acidité remonte l’œsophage, irrite la gorge. Il ne parvient plus à différencier son état physique de la colère mentale. C’est ridicule d’en vouloir à quelqu’un qui est parti il y a plusieurs décennies, non ? Ridicule de posséder des griefs d’enfant. Ridicule de l’avoir pensé membre de sa famille alors qu’elle ne faisait que s’occuper d’eux pour de l’argent. Il aurait dû le savoir. Il devrait le savoir. Mais par procuration, il ne peut s’empêcher d’éprouver toujours cette déception aiguë. Elle était censée être différente des autres. Mais elle aussi, elle avait fini par l'ignorer.

Quand il reprend la parole, il a l’impression d’avoir à nouveau une dizaine d’années au compteur. « T’as pas changé d’un iota, pas étonnant que je me souvenais de toi. Ce qui l’est en revanche, c’est que tu te souviennes encore de mon nom. Je ne pensais même pas posséder encore le mérite de loger quelque part dans tes souvenirs après que tu sois partie aussi... Rapidement ? » C’est tellement puéril qu’il a envie de se gifler bien qu’il n’en fasse rien. Au contraire, il poursuit. « Le retour au bercail a pas été trop violent ? Tu la trouves pas magnifique ta ville natale, remplie par de monstres et de tarés. Remarque, la faune et la flore par ici ont toujours été particulières. » Un ricanement suivit d’un soupir. La lassitude reprend tout le terrain alors qu’il laisse sa tête basculer en arrière. « Tu me ramènes chez moi là ou t’as changé d’avis ? » Le crâne s’enfonce dans le siège alors qu’il aspire pesamment l’air, en se passant une main sur les yeux. Les effets de tout ce qu’il a ingurgité semblent s’amoindrir drastiquement pour lui offrir ce mal être implacable. La mélancolie s’allie à cette nouvelle et il sombre dans des pensées qu’il aimerait croire étrangères.  

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MessageSujet: Re: How I needed you [PV Rachael]   Lun 1 Fév - 21:38



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Tandis qu'elle observe comment l'expression d'Elias se transforme et trahit ce qu'il se passe à l'intérieur de sa boîte crânienne, Rachael sent le vent qui se lève, annonciateur de l'orage imminent. Lorsqu'il réplique, chacun de ses mots est comme une minuscule aiguille qui vient se ficher dans sa culpabilité refoulée ; il gratte la croûte d'une vieille blessure jamais réellement refermée et la saupoudre de son sel rancunier. Elle, elle serre les dents et encaisse, mais l'irritation grimpe au fur et à mesure qu'il en rajoute. Comme un animal blessé, elle se réfugie dans l'agressivité. A l'amertume, elle répond par la vulgarité. « Et toi ? Ça te fait quoi d'être devenu une sous-merde pas capable de tenir sur ses jambes sans aide ? » Mille fois elle avait rêvé de revenir et s'excuser, ou simplement envoyer une lettre, justifier son départ précipité, trouver des raisons valables à son comportement. Des brouillons froissés, raturés, rageusement déchirés et toujours la même excuse : plus tard, quand j'aurais plus de temps.
Mais le temps n'était jamais venu et le "plus tard" avait fini par devenir un "trop tard", créant un cas de conscience qu'elle avait soigneusement choisi d'oublier en allant s'enterrer dans le feu de l'action et sous le chant des balles.

Alors aujourd'hui les mots sont lourds du passé et elle a beau se savoir seule responsable, elle refuse de rendre les armes et courber l'échine. Prisonnière du carcan rigide de sa lâcheté, elle réplique avec acidité et regrette chacune de ses paroles avant même de les laisser tomber. « Ferme-là. Tu sais rien de ce qui m'a motivé à partir. T'as pas le droit de me le reprocher maintenant. Grandis un peu, merde ! Tout ça c'était il y a des années alors qu'à t'écouter j'ai juste l'impression d'entendre un chiard qui se plaint d'une punition injuste. » Piètre défense, quand elle lui offre elle-même les armes pour continuer de l'accabler n'est-ce pas ? Parce que cracher le morceau et avouer tout ce qui lui pèse sur le cœur serait trop facile : elle a beau refuser de l'admettre, elle ne peut pas pour autant rester sourde et aveugle à ses propres émotions. Au fond d'elle, elle sait. Elle en a besoin, de cette confrontation, de se faire arracher les aveux et de laver son linge sale sans en avoir l'air de le désirer.

« Je n'ai jamais prétendu te ramener chez toi. Je ne sais même pas où tu habites, à moins que tu continues de moisir dans le même trou après tout ce temps ? » Une brève pause le temps de bifurquer à droite sur un croisement puis elle attaque de nouveau : « Est-ce que c'est ça le fond du problème ? Je suis partie et t'es resté à te faire chier ici. Et maintenant que tout est devenu un joyeux bazar, y a plus vraiment d'autre choix que celui de stagner dans cette ville de monstres et de tarés, pour reprendre tes termes si fleuris. » Elle rit. Jaune. « Enfin t'as pas l'air trop à plaindre, puisque tu peux visiblement te payer le luxe d'exposer tes vices au su de tout le monde et songer t'en tirer derrière sans la moindre anicroche. »

Un coup de klaxon la ramène bruyamment à la réalité de la conduite. Les pneus hurlent tandis qu'elle écrase la pédale de frein puis fait une embardée violente sur la gauche pour éviter le véhicule qu'elle n'a pas vu venir. A trop parler et s'intéresser à son passager, la concentration a fini par en pâtir. Rachael ne s'en excuse pas cependant, car cela risquerait bien de lui arracher les lèvres. Mieux vaut s'adresser à un mur plutôt qu'essayer de faire reconnaître à quelqu'un sans aucun sens du danger qu'il a risqué de vous faire tuer. Et cela est d'autant plus vrai lorsque le quelqu'un en question se trouve être une personne de mauvaise foi et fine énervée.
Ce pourquoi elle continue dans sa conduite sportive sans paraître le moins du monde ébranlée par ce qu'il vient tout juste de se passer. Momentanément muette, cependant. Mais cela a une toute autre raison : la réalisation qui vient lui donner un gentil coup de poing en pleine face. Parce qu'elle finit enfin par reconnaître les alentours, Rachael, et qu'elle se rend compte de sa destination pas si hasardeuse que ça.
Cette fois, impossible de jeter la faute sur ce mauvais plaisantin qu'est le destin car c'est son subconscient qui vient s'en clamer seul responsable. Devant l'avalanche des souvenirs qu'a provoqué Elias, la femme s'est orientée vers leur passé commun alors même qu'elle était occupé à lui cracher au visage. Le quartier résidentiel dans lequel ils roulent désormais à une vitesse plus réduite les a vu grandir. Elle, elle s'afflige devant ce qu'elle vient de faire inconsciemment. « Eh bien si tu veux ressortir les albums photos et parler du bon vieux temps c'est le moment. » Le cynisme est à peine voilé alors que ses lèvres s'étirent sur un sourire sans joie et que ses yeux se posent sur la bâtisse familiale dans laquelle, elle le sait, vivent encore ses parents.
Eux non plus, ne sont pas au courant.

 
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MessageSujet: Re: How I needed you [PV Rachael]   Lun 15 Fév - 2:59

Les lumières de la ville accrochent sa chair, diluent les ombres, en propagent de nouvelles à l’angle de son ossature. La tête roule jusqu’à rencontrer la vitre. Entre la houle et les vents contraires, il subsiste difficilement. Le bruit du moteur entretient la migraine latente, la nausée qui s’accentue dans l’appréhension de l’instant suivant. Quand il ferme les yeux, il a l’impression que tout se réinvente. Que tout est à refaire, à revoir, à revivre. Plutôt absurde de perdre pieds pour un trajet quelconque. Plutôt ridicule de retrouver une case préétablie pour la juger et pour s’exprimer. Elias se sent divaguer, quitter l’habitacle en pensées pour s’acheminer vers de nouvelles alternatives, de jolis futurs qu’il brode dans les erreurs à dissiper. Toute cette pure envolée psychique est éphémère mais pendant une poignée de secondes, elle est absolue et elle lui permet de tenir la distance. Les fracas du présent enchevêtrés au passé lointain ne lui concèdent que des douleurs à la poitrine. Il associe les plaies et les peines, multiplie par ce seul fait, les effets néfastes de son ébriété retombée. Le front brûlant déserte à regret la fraicheur du carreau alors que son acolyte s’approprie l’air pour créer de nouvelles bombes. La violence des rafales force Elias à courber l’échine. La hargne déserte ses membres à mesure qu’elle s’exprime et replace le cadre autour de sa carrure. Jugé à raison, tout comme il s’est permis de le faire avec elle. Juste retour des choses. Sa si grande fierté éventrée en si peu de syllabes et sa belle répartie décomposée dans sa bouche trop sèche. Un comportement incongru induit par le ressac des souvenirs et la descente aux enfers. Les dernières chimères chimiques se dissipent lentement dans ses veines. Dernières traînées de poudre sur les hématomes. Le spectacle touche à sa fin alors que toute son existence n'est d'ordinaire qu'une seule et grande représentation. Que restera-t-il s'il perd jusqu'à son masque ?

Tout ça n'est qu'une terrible erreur. Rachael ne doit être que le fruit d'une hallucination, l'expression d'une détresse incontrôlée en ce jour. Il est peut-être même assis à l'heure actuel dans son vieux canapé élimé. Il a abusé des médicaments, de l'alcool. Il plane sans doute. Il lui suffirait de fermer les paupières pour les rouvrir sur le bon décor. Un soupir répond pathétiquement à la tirade de la milicienne tandis qu'il aspire l'air avec force avant de trouver ses mots. Ses yeux retrouvent l'horizon quand des phares les surprennent. Son coeur se décale, il grimpe dans sa gorge pour atteindre ses lèvres. Sa main attrape abruptement la poignée de la porte alors que son pied cherche inutilement le frein. Il beugle le prénom de la conductrice tandis que cette dernière redresse déjà les roues. Le vacarme perpétré par l’automobiliste adverse fracasse encore ses tympans sur plusieurs mètres. Les doigts crispés sur le siège, il expérimente une atroce tétanie. L'adrénaline a évincé définitivement les moindres relents d'euphorie médicamenteuse. La peur devient panique. Le moindre coup de volant le propulse dans un affolement pathologique. Il est littéralement dominé par l'irrationnel. Pris aux pièges dans un traumatisme répété. « Arrête-toi. » Un murmure qu'elle ne perçoit même pas. La voix aussi frémissante que le corps. La sueur froide dégringole ses tempes, elle force quelques mèches de cheveux à s'accoler à la nuque de manière désagréable. Il ne supporte plus le bruit de l'asphalte sous les pneus, ni les paroles de son interlocutrice. La nausée s'accentue, l'oxygène se raréfie. Les douleurs à la poitrine débutent et il ne possède rien pour les apaiser. Il s'était juré de demander quelques calmants à Mackenzie. Il s'était juré de trouver une solution mais il nie toujours voracement le problème en même temps. « Arrête cette foutue bagnole. » hurle-t-il ultimement en ouvrant la portière avant qu'elle ne se soit totalement stoppée.

Il pose ses pieds sur le bitume dès qu'il le peut mais la bourrasque au dehors ne parvient pas non plus à atteindre correctement ses poumons. Fébrile, il se redresse, titube maladroitement jusqu'au mur le plus proche. Il s'y appuie pour exécuter plusieurs enjambées, cherche à distancer le vertige alors que ses entrailles se resserrent, que sa gorge ne fait plus filtrer du tout l'air et que ses artères se contractent jusqu'à imiter avec voracité la crise cardiaque. Le grec plie sous la douleur, une main ramenée sur le thorax pour comprimer le centre de cet organe défaillant. A moins qu'ils ne soient multiples, sabotage interne. Parfaite mutinerie. Son estomac se soulève violemment à deux reprises avant qu'il ne finisse par régurgiter de la bile et des restes de son cocktail médicamenteux sur le trottoir. Ça n'empêche pas les images de lui revenir en plein visage, ni la culpabilité de l'abattre mais au moins, ça lui libère la cage thoracique. Il recule de plusieurs mètres et accole son dos à la façade d'un bâtiment sans doute inoccupé, proche du véhicule qu'il a déserté.

Ce quartier, oui, il le connaît par cœur. Il peut citer au moins cinq anecdotes rien qu'en fixant un point droit devant lui. Ces années à errer dans le coin, Rhys à ses côtés. L'insouciance, la magnifique, à traquer et à conquérir à l'angle de chaque rue. Tout se mélange, la fatigue, le passé, Bran, cette rencontre. Sa tête se fait tellement lourde qu'elle roule sur ses épaules, le menton rejoignant le torse. Les mots s'échappent pour atteindre l'acolyte, ils sont à peine supportés par ce ténor enroué. A croire qu'il doit conclure cette horrible mascarade le plus rapidement possible, qu'elle le laisse à ses tragédies et emporte la sienne. Il n'a pas envie de compatir, ni de comprendre qui que ce soit ce soir. Encore moins de pardonner. « Parler du bon vieux temps, hein ? Je ne suis pas certain que tu veuilles réellement parler avec... Comment l'as-tu exprimé ? Ah oui... La sous-merde ici présente, et oui je sais que je suis pathétique, je n'ai pas besoin de toi pour le conscientiser, je te remercie. De toute façon, vu que tu es partie à toute vitesse sans prendre le temps de te retourner, je doute que ce bon vieux temps ait été assez glorieux pour que tu aies envie de l'évoquer. » L'amertume se tisse de lassitude. Il dépose les armes au sol, il abandonne définitivement l'énervement pour ne garder que ce qu'il lui reste. La honte et la déception. « Ouais, t'as raison, Racha. Je ne sais pas pourquoi t'es partie. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu n'as pas pris le temps de me l'expliquer. Mais en effet, qui étais-je pour réclamer une explication ? Un morveux qui te permettait juste de te faire un peu d'argent de poche. Alors oui, je n'ai pas le droit de faire l'enfant et ni de faire preuve d'autant de naïveté à plus de trente balais. T'étais payée pour nous garder, on te payait pas pour que tu t'attaches émotionnellement après tout. Ce n'est pas ta faute si le gamin Kaligaris s'est mis à t'apprécier. Loin de moi l'idée de m'octroyer des privilèges qu'on ne peut acquérir avec une poignée de dollars. Tu n'as pas à te soucier de moi, il est vrai. Et tu n'es donc pas obligée de faire preuve d'indulgence à mon égard, ni de prendre un faux air affecté. On est des étrangers après tout. On l'a toujours été, semble-t-il. » Même plus un reproche.

L'enfant voulait croire qu'il pouvait dénicher sa propre famille. Entre Rachael et Rhys, l'avenir l'a amèrement détrompé. Mais Carley et ses gosses, eux, ont donné raison à ces abandons. Peut-être qu'il ne les a jamais mérité en premier lieu. Peut-être qu'il aurait dû s'en rendre compte dès le départ. Il n'est né que pour sauver quelqu'un. Quelqu'un qui est mort de toute façon. C'est ridicule comme il cherche à s'imposer dans la vie des autres. Ridicule comme il bousille toujours tout. « Tu peux rentrer chez toi. Je préfère rentrer à pied, risquer de me faire incarcérer par un de tes collègues plutôt que d'être réduit en charpie sur le bas côté d'une route. Tu devrais apprendre à regarder devant toi quand tu conduis. » Tellement déplacé de sa bouche qu'il se donne envie de gerber une seconde fois. Le dos de sa main ramasse les perles sur son front alors qu'il ferme les yeux, serre la mâchoire. « Tu ne me dois rien alors... Oublie qu'on s'est croisés et va te coucher ou patrouiller ou priver un citoyen de ses droits les plus fondamentaux. Ça ne me regarde pas de toute manière. » Il ignore comment il fera pour rentrer. Peut-être qu'il attendra, juste là, que le malaise passe ou que l'aube débarque. Personne ne l'attend de toute manière. Cette vérité a encore du mal à résonner mais pourtant, elle est implacable. Plus personne ne l'attendra à l'avenir.

_________________

    Before all of this, what did I miss ? Do you ever get homesick ? I can't get used to it. I can't get used to it. I'll never get used to it. I'll never get used to it. I'm under that night. I'm under those same stars. We're in a red car, you asleep at my side. Going in and out of the headlights. Could I have saved you ?
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MessageSujet: Re: How I needed you [PV Rachael]   Sam 20 Fév - 5:11



« Let's not be narrow, nasty, and negative. »

Elias & Rachael
featuring

Surprise est un moindre qualificatif pour décrire Rachael face à la réaction de son passager qui s'est éjecté de la voiture comme un diable de sa boîte. Le véhicule arrêté dans l'instant qui a suivi la sortie précipitée, elle s'en extirpe à son tour et se pose en spectatrice devant le tourment visible qui s'est emparé d'Elias. Muette et immobile, une main posée sur le haut de la portière qu'elle n'a pas encore refermée, le corps tendu dans l'expectative d'un mouvement en avant. Un soupçon d'inquiétude s'autorise un passage express dans ses émotions. L'idée qu'il puisse avoir besoin d'aide lui effleure l'esprit l'espace d'une seconde, la certitude qu'il la rejettera s'il elle s'approche un peu trop prend le dessus. Que pourrait-elle faire, de toute façon ? Alors elle se contente d'observer sans l'esquisse d'un geste ou d'une parole dans l'attente interminable que tout cela cesse.
Ensuite, elle subit.
Chaque mot file à toute vitesse et vient se ficher profondément en elle. La colère afflue d'abord, encore, et avec elle l'envie de le faire taire. Trop impulsive, elle se retient de briser la distance qui les sépare et de céder à l'envie subite et soudaine de lui en coller une mais la part de lucidité qui perdure encore vient lui souligner la stupidité d'un tel acte. Agir avant de réfléchir, mieux vaut éviter : déjà trop de paroles ont été dites qu'elle souhaiterait reprendre. Est-ce bien utile de chercher à aggraver son cas ? Sa fierté ridicule est encombrante à refuser de la reconnaître fautive et à agiter toutes ces émotions négatives chez la milicienne. Des cent façons de procéder qui se sont présentées à elle, il a fallu qu'elle choisisse une des pires. D'une certaine manière, c'est plus simple comme ça pour elle, mais dans le mauvais sens du terme malheureusement.

Cependant bien lui en prend de se contraindre à ne rien faire. Ni geste ni langue acérée, rien sinon son attention qui recueille les propos de son interlocuteur et qui les accepte pour ce qu'ils représentent : la vérité. A contrecœur mais forcée de l'admettre, Rachael mérite tout ce qu'il est en train de lui balancer au visage. Ce n'est certes pas agréable à entendre mais, paradoxalement, plus il avance et plus il balaye le cynisme de la milicienne, éparpille aux quatre vents son agressivité injustifiée. En s'attaquant à leur relation passée, Elias touche une corde sensible. S'en rend-t-il seulement compte ou bien est-il trop obnubilé par l'envie de lui rendre la monnaie de sa pièce pour réaliser les expressions qui défilent sur le visage de la femme ? De l'accuser de n'avoir eu pour lui aucun sentiment, aucun attachement, il la blesse plutôt durement et elle-même, elle s'en rend compte à ce moment, ne s'attendait pas à recevoir cette remarque aussi difficilement. Petit bout par petit bout, l'homme qui lui fait face ébranle la barricade derrière laquelle elle se retranche. Des étrangers, eux ? Difficile à croire lorsque certains de ses meilleurs souvenirs de jeunesse s'accrochent à ce trio dont elle avait la garde. Néanmoins, celui qu'elle affronte aujourd'hui n'a plus grand-chose de l'enfant qu'elle a gardé précieusement dans un coin de sa mémoire.

Maintenant si elle ne dit plus rien ce n'est pas parce qu'elle retient une quelconque réplique venimeuse dictée par son amertume irrationnelle, mais plutôt parce que les mots lui manquent pour exprimer ce qu'elle ressent. A moins que ce soit le courage de faire front, encore lui, qui refuse de montrer le bout de son nez et préfère continuer de se terrer bien au fond, quelque part parmi les regrets divers et variés qui se sont amoncelés au cours de sa vie. La réplique quant à sa conduite, hors sujet brutal après cette longue tirade transpirant d'une déception lourde à supporter, lui arrache un rire jaune qu'elle se fait fort d'étouffer rapidement. Et lorsqu'il se tait finalement, elle ne se manifeste pas tout de suite, goûtant au soulagement du silence après que les derniers mots aient achevés de se dissiper dans l'air.
« Tu as tort. » Une éternité de secondes plus tard, sa voix se fait à nouveau entendre. Posée mais tout juste assez forte pour se faire entendre de son destinataire, vidée de tout courroux, presque incongrue après ce qui vient de tomber. « Je te dois plus que tu ne le pense. » Facile à dire, maintenant qu'il ne pense plus grand-chose d'elle pas vrai ? Pour autant elle n'y ajoute pas la moindre précision, garde la suite de la tirade bien cloisonnée dans ses pensées.
Après tout ce qu'il vient de lui déverser, elle en vient presque à craindre qu'Elias démonte impitoyablement la moindre tentative de faire un pas en avant de sa part. Elle se fait violence pour continuer, ses yeux s'accrochent à ceux de son compagnon mais n'y trouvent rien sur quoi s'appuyer. Encore un effort. Il ne s'agit pas de réparer les pots cassés mais de faire un aveu, un seul, sans rien attendre en retour. La tentation de se montrer inutilement dure et d'aller dans le sens de ce qu'il a déclamé à son sujet lui chatouille méchamment la langue mais Rachael se refuse à céder et devenir définitivement la femme qu'il a dépeint. « Toi, Rhys, Louiza… vous étiez la famille que j'aurais souhaité avoir. » Elle s'écorche le palais à le lui dire bien en face après tout cet échange houleux entre eux deux ; en son for intérieur, elle ne peut que se moquer d'elle-même pour être aussi peu dégourdie lorsqu'il s'agit de s'attaquer à ses sujets de vulnérabilité. Sa main libre se crispe sur un poing et elle sent les ongles de ses doigts qui s'enfoncent dans sa chair sans lui apporter le moindre réconfort. Ce soir, Axl aura à subir les émotions rabrouées lorsqu'elle leur permettra enfin d'exploser et de s'exprimer autrement que par des mots.

« J'aimerais te dire que je suis désolée. » La sincérité se détache nettement dans chacune des syllabes alors que la fin de ce tête à tête commence doucement de s'ébaucher. « Mais il est trop tard pour ça, ça n'a plus la moindre importance maintenant. » Son regard quitte Elias pour balayer les environs, grappillant quelques souvenirs épars au passage. Sur ses lèvres un rictus indéchiffrable, que la milicienne se dépêche d'effacer. Elle frissonne dans ses vêtements trempés par l'averse brutale de tout à l'heure.

Quand son attention se repose sur l'homme, Rachael a remis son masque et lorsque la voix se fait entendre une dernière fois, la froideur se glisse dans sa voix. « J'imagine que nous nous reverrons. Mais rassure-toi, je t'épargnerais le fardeau d'une promenade de santé et t'auras le loisir d'aller croupir directement au Central. » Le ton dur que l'on emploie à l'égard des étrangers, teinté d'un soupçon d'amertume. Elle se décide à lui tourner le dos pour se réinstaller à l'intérieur de l'habitacle du véhicule, dont le moteur à continuer de tourner durant toute la confrontation, et claque la portière. Quelques instants plus tard, la voiture s'éloigne et disparaît à la vue à la faveur d'un virage.

 

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TOPIC TERMINÉ
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