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 and if i seem dangerous would you be scared ? ▬ pv Vi'

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

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↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: and if i seem dangerous would you be scared ? ▬ pv Vi'   Jeu 7 Jan - 23:55

Elles ont une chaleur glacée toute particulière. Douceur au bout des doigts, surface immaculée de poussière, c’est toucher déroutant. Ma main glisse le long du clavier, mes doigts épousent la forme des reliefs, je découvre pour la première fois en quelques années déjà cet instrument placé dans un coin de ma villa comme un incontournable d’une décoration luxueuse. Constamment accordé, constamment révisé, voué au silence et à l’abandon dès les premiers jours de son existence. Mes yeux même ne se rappellent plus de sa silhouette, seuls mes doigts le redécouvrent et se perdent dans les détails de la technicité sous-jacente. Je finis par délaisser touches noires et blanches pour contourner l’ensemble de l’instrument et frôler ce qu’il cache en son sein. Aussitôt les sensations changent, les cordes ripent sur mon épiderme, frétillent d’une vibration grave qui ne demande qu’à s’exprimer. Je m’immobilise, la main posée à plat sur ces nerfs qui parcourent l’instrument. Un frisson dégringole mon bras, se pose sur la corde que mes doigts dérangent d’un léger mouvement. Plus qu’un son, c’est une onde qui se diffuse et effleure, chatouille plutôt, la pulpe de mon index. Une note, grave, qui résonne. Et une voix qui s’élève dans ma mémoire, au goût rance et amer. "Il n'y a rien à dire Rafael, vous l'avez dit vous même, vous êtes mon patient. Que voulez-vous dire de plus." Ma main se pose sur les cordes logées dans le cœur du piano, les griffent et les accrochent pour les faire résonner de toute part dans un accord discordant. J’ignore ce que je pouvais dire de plus, ce que je sais c’est que je l’ai laissée quitter ma villa sans la retenir et qu’elle n’est pas revenue. Je serre les dents, mon poing se crispe et s’abat sur le piano dans un mouvement rageur.

S’il y a bien une chose que ma cécité n’a pas arrangé, loin de là même, c’est mon incapacité à tolérer la moindre insubordination ou le moindre rejet. Et le loup de plus en plus présent me hurle qu’il ne faut pas laisser passer un tel affront. Il me hurle, aussi, que l’absence de Violet est aussi détestable que pouvait l’être sa présence, il me hurle que ses lèvres me manquent, que son attitude est offensante et qu’il serait en mon droit de retourner exiger d’elle ce que je mérite de plein droit : des explications. Mais mon arrogance me chuchote aussi que ce n’est pas à moi de me déplacer et que ce n’est pas à moi non plus de faire le moindre effort. "Il n'y a rien à dire Rafaël, vous l'avez dit vous même, vous êtes mon patient. Que voulez-vous dire de plus." Mes poings serrés quittent le piano qui s’essouffle encore de ses tonalités graves ; je me pince l’arête du nez et me laisse à nouveau glisser pour terminer le tour de l’instrument et revenir devant ce clavier incolore. Mon index se pose sur une note au hasard, exerce une infime pression, se perd dans un nouveau frisson lorsque la note claire, impersonnelle, irréelle et insensible s’élève. Je grimace, exerce une pression sur la touche adjacente, me concentre sur mon ouïe sans parvenir à trouver le moindre charme à ces tonalités vides d’émotion qui s’échappent de l’instrument. Je ne comprends pas la musique, je lui ai d’ailleurs toujours dénié le droit d’être un fragment d’art au même titre que cette peinture qui m’a transporté depuis mon plus jeune âge. Dites moi ce que vous aimez comme musique. Je n’aime pas la musique. Le regard dans le vide, ma cécité aidant, je pianote sur le clavier sans émettre le moindre son, tentant de savoir si je vais penser à cette petite insolente toute la journée ou si je vais parvenir à détacher mes pensées de sa voix et de sa silhouette.

La réponse me vient bien vite lorsqu’une vingtaine de minutes plus tard, mon chauffeur me dépose à quelques pas de ce que je sais être une maison et que l’un de mes hommes me guide sans la moindre hésitation jusqu'au pas de la porte, quelques marches de perron me permettant de me repérer. Nul besoin de chercher un nom, un numéro ou une clé, j’écoute sans y prêter attention l’expertise de mes hommes malmener la serrure et me déverrouiller l’accès à l’intérieur de la bâtisse. Il ne me faut qu’un pas pour sentir la détestable odeur d’un félin que le loup dédaigne d’un grognement méprisant. Un rictus agacé, en m’asseyant dans le premier fauteuil que l’on m’indique, dans un coin de la pièce, monsieur, on ne peut vous voir lorsqu’on rentre dans l’appartement, je persifle entre mes lèvres pincées un « Trouvez moi cet animal et enfermez le à l’extérieur je vous prie, que je n’aie pas à supporter sa présence et ses miaulements. » je capte un soupir, m’en désintéresse aussitôt. Dès l’animal mis dehors, mes hommes m’obéissent et quittent les lieux, refermant correctement derrière eux. Puisque Forester ne daigne plus se présenter chez moi et bien soit, je l’attendrai chez elle.

La clé tourne dans la serrure, la porte tourne sur ses gonds, se répand en lamentation et se ferme, j’entends ses pas avant même qu’elle ne me voie, je guette sa respiration et la moindre fluctuation. Son odeur atteint presque mon odorat, crispe mes muscles lorsque je décide qu’elle est suffisamment proche désormais pour me voir ; ma voix douce, calme et atone s’articule dans un murmure. « Et bien Forester, dois-je vous envoyer un plan pour que vous retrouviez le chemin de ma villa ou suis-je supposé comprendre que je ne suis désormais plus votre patient et vous devez reconsidérer désormais votre dernière assertion ? »


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MessageSujet: Re: and if i seem dangerous would you be scared ? ▬ pv Vi'   Dim 10 Jan - 18:04

Elle avait un demi-sourire professionnel sur le visage, le regard dans le vide, poser sur des dossiers qu'elle était supposer lire. Supposer était le bon mot. Elle avait passé la majorité de la journée, immobile, inutile, incapable de fournir un travail efficace. Enfin, cela faisait plusieurs jours qu'elle avait un peu de mal à savoir quoi faire de sa vie. Ses patients l'avaient bien remarquer mais, elle se contentait de leurs sourire en leur disant qu'elle avait juste mal dormi. C'était une réalité, son esprit ne faisait que cogiter, revenant sans cesse à ce qui c'était passer la dernière fois qu'elle était aller chez Rafaël. Elle porta instinctivement sa main à sa bouche, l'effleurant du bout des doigts avant de se la mordiller. Elle reposa les dossiers sur le bureau et dans un soupir, elle remonta ses jambes contre elle, dans une attitude presque enfantine. Les réminiscence de ce contact bref avec lui revenait la hanter dans un étrange sensation. Elle avait envie de s'en souvenir autant que de l'oublier, les battements de son cœur et la gêne qu'elle ressentait laissant derrière eux une impression confuse. La jeune femme n'était pas vraiment habituée à se poser ce genre de questions, à avoir ce genre de relations étranges. Elle regarda l'horloge, se rappelant avec difficulté qu'à cette heure là, elle aurait du être chez lui. Elle avait été incapable d'y remettre les pieds. Elle n'était pas sûre de ce qu'elle ferait en le voyant. Et puis, cela devait l'arranger non? Il ne pouvait pas la supporter. D'un autre côté, elle s'en voulait profondément. Par ce qu'elle s'était jurée de ne pas se laisser abattre, de ne pas laisser gagner ce grognon. Mais, elle avait besoin de se remettre les idées au clair. Elle y retournerait. Juste... Pas tout de suite, pas encore alors qu'une simple pensée la faisait rougir et lui donnait envie de se cacher dans un trou de souris. Le voir en chair et en os, se serait bien trop compliqué. Est-ce qu'il jouait? Qu'est ce qu'il cherchait? Violet était incapable de le savoir et cela la rendait particulièrement triste. Elle n'avait pas l'habitude qu'on lui fasse ressentir ce genre de choses. Elle avait bien eut un petit-ami, une fois, mais cela était bien différent avec Rafaël. Il y avait cette attirance qu'elle ne pouvait nier et qui donnait à ce baiser une dimension d'autant plus importante. Elle soupira, replongea dans ses dossiers et tenta de se sortir le bel acariâtre de sa tête.

Elle arrivait dans la cour où se trouvait sa maison. Une boule de poil attira son attention, assise en plein milieu avec un air plein de désespoir. Que faisait Misty ici... Elle l'avait pourtant enfermé ce matin avant de partir. Aurait-elle encore une fois laisser une fenêtre ouverte par inadvertance. Elle n'arrivait pas à s'en souvenir. Mais, ces derniers temps, tout était trop flou. Elle s'approcha de son chat qui vint se frotter contre ses jambes en ronronnant. Au moins un qui était content de la voir, elle se baissa, l'attrapa pour le caler sur son épaule et dans le creux de son cou. Cherchant ses clés dans son sac, la bestiole faisait de l'équilibre sur ses épaules et sur la tête. La jeune femme était habituée a ce petit manège et elle n'y faisait pas plus attention que cela. Elle entra en soupirant, se disant que si cela se trouvait Eamon était là et il avait enfermé le chat dehors pour dormir. Avançant dans sa maison, Misty sur les épaules, elle eut tout un coup un véritable blocage quand la voix de Rafaël retentit dans ses tympans. Mysty eut un feulement et lui griffa la nuque en sautant pour s'enfuir et se carapater dans une autre pièce de la maison. Et elle, elle se sentait stupidement surprise. Son cœur avait commencé cette cavalcade infernale et le rouge de ses joues avait déjà atteint des sommets. Son regard se fixait sur lui, sur son visage, sur ses lèvres tentatrices. Mais... Qu'est ce qu'il faisait ici? Totalement surprise, la seule chose qu'elle trouva à répondre fut:

-"Comment êtes-vous rentrer? Enfin... Non ne me dite pas... Aïe!"

Elle avait enlevé son sac de son épaule et la griffure qui jusque là ne l'inquiétait pas s'était mise à saigner et à lui faire mal. Mince, Misty n'y était pas aller de main morte. Elle attrapa un mouchoir pour éviter de tâcher ses vêtements et posa rapidement son sac par terre. Elle essayait de retrouver contenance mais, c'était vraiment compliqué pour elle. Ne sachant pas quoi faire et sentant les reproches dans la voix de Rafaël, elle commençait déjà à perdre pieds. Elle lui devait peut-être des explications mais, c'était lui le plus incompréhensible... Lui qui voulait qu'elle sorte de sa vie, qu'elle déguerpisse, et le voilà assis sur son fauteuil. Aurait-elle raté un épisode. Probablement et ce ne serait sans doute pas la première fois. Elle se dépêcha d'aller chercher deux verres d'eau, seule politesse qu'elle pouvait se permettre, sa cuisine étant dans le prolongement de son salon. Le bruit de l'eau s'échappant du robinet, le tintement des verres lorsqu'elle les déposa sur la petite table du salon. Elle ne répondait pas à sa question, elle ne voulait pas lui répondre. Et puis, finalement, elle se jeta à l'eau. Par ce qu'elle en avait trop sur le cœur et la conscience. Par ce qu'elle ne savait plus comment faire pour le regarder, pour le côtoyer sans risquer de se perdre elle-même. Mais, elle voulait tellement l'aider que cela la déchirait de l'intérieur.

-"J'ai posé un verre d'eau juste en face de vous Rafaël. Et pour vous répondre, j'avais besoin de réfléchir avant de pouvoir vous revoir. Je n'étais pas certaine de ce que je devais faire."

Elle se mordait la lèvre d’anxiété, assise sur le canapé en face du fauteuil, se permettant de boire une gorgée d'eau pour faire passer la sécheresse de sa gorge et de sa bouche provoquée par la présence de son patient, le stress et la gêne.

-"Rafaël... Vous ne pouvez pas m'embrasser comme ça... Je sais que vous n'avez pas envie de me voir mais... aller jusque là. Je... Je suis votre thérapeute pas une conquête à faire."

Elle n'était pas assurée, sa voix tremblotait comme la flamme d'une bougie soumise à l'agressivité du vent, son pauvre accent mexicain ressortant alors légèrement, très légèrement. Sa timidité qui disparaissait lorsqu'elle était au travail comme par enchantement, réapparaissait subitement dans ce cadre pourtant si familier mais qui n'avait pas tarder à signaler à son esprit incongruité de cette situation.

-"Je... Je ne voulais pas vous mettre en colère ou vous manquer de respect. J'avais... j'avais simplement besoin de faire le point."

La jeune femme ne comprenait pas cette fascination et cette compassion qu'elle éprouvait pour lui. Cette attirance qui dès le départ lui avait fait comprendre qu'il ne serait pas un patient comme les autres. La bienveillance qu'elle avait en permanence à son égard, à presque pouvoir pardonner chaque mauvaise parole. Mais, un baiser. C'était différent, trop différent de paroles lancées. Beaucoup trop concret pour que cela n'ait pas un effet sur elle. Beaucoup trop.

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MessageSujet: Re: and if i seem dangerous would you be scared ? ▬ pv Vi'   Dim 17 Jan - 22:44

Attendre ne me dérange en rien. A dire vrai, il y a même quelque chose de plaisant dans ce silence temporaire, à la durée inconnue. Il y a quelque chose d’agréable à se retrouver confronté à ses propres pensées dans une solitude salvatrice qui panse les plaies formées par la présence continue d’imbéciles notoires. Ce n’est pas que je ne suis pas sociable, c’est que l’incompétence m’agace plus que l’attente, la stupidité davantage que le silence. Et là, assis sur un fauteuil dont j’ignore jusqu’à la couleur, dans une pièce qui m’est si étrangère que quitter mon îlot reviendrait à me noyer dans l’océan, je suis bien obligé de faire le point sur la raison de ma présence ici, sans moucheron pour me distraire. Un claquement de langue, mes doigts pianotent sur le bord du fauteuil, heurtent le cuir à un rythme angoissant, à un rythme entêtant, sur le rythme d’un autre temps. Que fais-je donc ici ? Mes lèvres se pincent de vexation, l’attente me semble brutalement insupportable à cette seule pensée qui heurte mon ego. Il me faut l’ensemble de la discipline que j’impose depuis des siècles sur mes réactions et mes pulsions pour que rien ne trouble mon attitude hormis un nouveau claquement de langue réprobateur.

Finalement, l’attente cesse. Elle échange sa place avec des clés murmurant dans la serrure, des pas se frayant un chemin dans la demeure. Je suis le déplacement à l’ouïe, la brise portée par l’ouverture et la fermeture de la porte transporte une odeur reconnaissable entre mille qui rend pleinement surfaite l’utilisation de la vue dans ce genre de situation. J’attends, quelques battements de cœur, un miaulement crissant à mes oreilles et manquant de justesse de me faire grincer des dents. Je déteste les félins. Ils me hérissent le poil, ils m’horripilent par leur simple existence. Son feulement lorsque je prends la parole m’arrache une légère satisfaction, invisible dans mon absence de sourire. Car si ma voix calme et posée résonne dans la pièce, elle résonne surtout d’indifférence, d’impassibilité et d’un léger sarcasme agacé. Ma colère, elle est bien présente mais tenue d’une main de fer. Perceptible mais contenue, palpable mais muselée. Et bien, Forester. Le vouvoiement, son nom de famille, tout cela a beau mettre une certaine distance entre nous, il n’en reste pas moins que je n’aspire qu’à une seule chose : comprendre. Et bien Violet, pourquoi avez-vous fui ? Le loup ne jappe pas, ne hurle pas. Il grogne, doucement, de ce grondement grave qui sort de ses babines comme une mise en garde. -"Comment êtes-vous rentré ? Enfin... Non ne me dites pas... Aïe!" Mes mains cessent de tapoter l’accoudoir pour se crisper instantanément, je ne contrôle que de justesse mon instinct qui me pousse à me lever pour aller m’enquérir de son état. Deux phrases, un mot, cette odeur de sang qui s’impose et devient rapidement omniprésente : il n’en faut pas plus pour que tout me porte dans sa direction. Sauf qu’il en est bien évidemment hors de question, je ne vais pas m’abaisser à me laisser aller ainsi à de si bas réflexes. Mes mains, donc, se contentent d’interrompre leur lent ballet musical. Je fais abstraction de cette blessure, de toute évidence causée par ce chat que je hais d’autant plus et me concentre sur ses déplacements. C’est à moi de mener la danse, bien évidemment, mais ce n’est pas pour autant à moi de mener la conversation pour le moment. La laisser parler, la laisser prendre ses aises avant d’installer le climat qu’il conviendra : un climat hostile, un climat tendu, un climat qui la poussera à me répondre sans mensonge, sans hésitation, dans une acceptation aussi logique qu’attendue de ma supériorité naturelle. Mon arrogance est un refuge dans lequel je me cache, mon narcissisme voilé de faux semblants est une armure dans laquelle je me drape pour combattre cette blessure purulente que personne ne parvient à soigner depuis la mort d’Azzura.

Personne, si on oublie ses lèvres et cette odeur dont je me languissais. Des déplacements sur lesquels me concentrer, des mouvements, hâtifs dont j’essaye de décrypter la teneur pour ne pas laisser mon esprit dériver dans d’autres directions. Elle revient, je le sais. Le loup tourne dans sa cage, grogne un peu plus fort devant ce silence qui s’éternise et ma patience qui s’amenuise malgré tout. Si mon mutisme est ma façon de donner le rythme et d’être le cavalier, cela n’exempt pas la cavalière des pas qu’elle doit exécuter de son côté. Finalement… -"J'ai posé un verre d'eau juste en face de vous Rafael. Et pour vous répondre, j'avais besoin de réfléchir avant de pouvoir vous revoir. Je n'étais pas certaine de ce que je devais faire." Mes muscles se détendent enfin, je me redresse dans des mouvements millimétrés, cachés derrière une souple désinvolture qui dénonce des années de pratique. Je n’étais pas certaine de ce que je devais faire. Soit. Cela n’est en rien une excuse et encore moins une justification recevable. Continuez, Violet, parce qu’en toute honnêteté votre défense est actuellement risible. -"Rafael... Vous ne pouvez pas m'embrasser comme ça... Je sais que vous n'avez pas envie de me voir mais... aller jusque là. Je... Je suis votre thérapeute pas une conquête à faire." Mes lèvres se tordent dans un rictus.

Vous ne pouvez pas. L’homme, le Seigneur, le loup, tous s’offusquent devant cette interdiction prononcée d’une voix si peu assurée qu’elle en devient redoutable. J’articule lentement, d’une voix toujours atone, ni glaciale, ni chaleureuse, comme une mise en garde. « Je ne peux pas ? » Pas une conquête à faire. -"Je... Je ne voulais pas vous mettre en colère ou vous manquer de respect. J'avais... j'avais simplement besoin de faire le point." Je m’humecte les lèvres, attendant quelques battements de cœur qu’elle poursuive. J’imagine que c’est maintenant à moi de prendre le rythme, que c’est à présent à mon tour de poser ma main sur ses hanches, de saisir son poignet et d’imposer nos déplacements. J’ai toujours vu les relations aux autres comme des danses, aussi complexes que minutées, aussi rigide de formalisme que souples d’improvisation. Nous ne cohabitons pas avec les autres, nous dansons avec eux dans un enchaînement de pas, dans une alternance continue de passivité et d’activité qui se répondent. Il y a quelque chose de beau, dans les relations que l’on a avec les autres. Seulement… le monde n’est désormais peuplé que de pauvres idiots, aussi insipides que déplorables.

Mes yeux clairs ont beau fixer le vide derrière ces verres teintés qui les cachent au monde, je tourne la tête dans la direction de la jeune femme dont je peine à m’imaginer l’apparence autrement qu’en termes d’odeurs et de sensations, de sons et de touchers. Vous ne pouvez pas. Le loup me hurle que j’ai tous les droits. Pas une conquête à faire. J’inspire lentement. Que fais tu ici, Rafael ? « Vous n’êtes pas une conquête à faire, Violet. » Devant l’incertitude de l’homme, c’est au loup de prendre les devants, tempéré malgré tout par le politicien. « D’ordinaire, d’ailleurs, je ne m’intéresse que peu aux autres. D’ordinaire, rares sont ceux que je côtoie qui aiguise de cette manière mon intérêt. » Je soupire, m’adosse au dossier du fauteuil, tâtonne une fraction de seconde à la recherche du verre d’eau et cesse presque aussitôt, conscient du ridicule de la situation. « Violet… » Je me rends brutalement compte que son prénom est revenu insidieusement, tout comme une certaine chaleur dans ma voix dont je me serais pourtant bien passé. Vous n’avez pas envie de me voir. Je ravale ce que je pouvais bien vouloir dire. Piqué au vif par cette allégation qui, si elle est juste, dans la droite lignée de mon attitude, n’en est pas moins fausse. Preuve est faite par ma présence ici. Ma voix est légèrement plus sèche lorsque j’achève. « C’est vous qui ne voulez pas me voir, aux dernières nouvelles. Ce n’est pas que vous m’avez manqué de respect, c’est qu’il est inacceptable de la part d’un personnel soignant de négliger à ce point ces patients. » Tout cela est bien loin de ce que j’ai envisagé, à un misérable instant, de lui dire. Vous n’êtes pas une conquête à faire, Violet, vous me plaisez, c’est tout et je ne me l’explique pas. couine le loup emprisonné. La danse se durcit, perd en cadence, perd en rythme, perd en douceur. Elle est trop conventionnelle, à des lieux de cette étreinte vers laquelle tout mon être tend sans que je ne puisse comprendre pourquoi. « En quoi le fait que je vous embrasse et que vous refusiez d’en parler excuse-t-il un tel manquement professionnel ? »


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MessageSujet: Re: and if i seem dangerous would you be scared ? ▬ pv Vi'   Jeu 28 Jan - 19:40

Ce visage envahit par des lunettes noire contenait toute l'interrogation, toute la violence d'un combat que Violet avait déjà mené des années auparavant. Et rien que d'être confrontée à nouveau à ce genre de sensations, de dilemme infini qui déchirait son cœur, la panique revenait la courser au galop. La dernière fois, elle avait fait le choix de la fuite. Par ce qu'elle n'avait alors plus rien à gagner que de l'épuisement face à un combat perdu d'avance. Alors, elle avait plié bagages, dit adieu à ceux qui lui avaient mentis et dont le cœur aussi sombre que la nuit n'arrivait plus à reprendre une quelconque couleur ou à se laisser éclaircir par la douce lumière de ses sourires et de ses bonnes intentions. Problème, dilemme, complication. Ces mots tournaient dans sa tête tandis que la culpabilité saisissait une fois de plus son cœur, entraînant dans cette déchéance la couleur rouge de ses joues et la déviation de son regard sur ses pieds. Il ne fallait pas qu'elle le fixe, il ne fallait pas qu'elle se rappelle ces deux contacts brefs qui quelque part avaient entraînés tout un chamboulement qu'elle avait tenté tant bien que mal d'ignorer si le jeune homme ne s'était pas constamment évertuer à le lui rappeler. Et il continuait de le faire, encore et encore, comme une infirmière replonge la seringue dans votre peau pour chercher à atteindre une veine qu'elle feint de ne pas trouver. Et Violet , en cet instant avait l'impression d'être ce pauvre patient capturé entre les mains du personnel médical et d'un vocabulaire qu'il ne pouvait pas comprendre. Violet n'était pas une sainte mais, elle était prude, discrète et n'avait jamais accordé trop d'importance à ce qui réglait les relations entre les hommes et les femmes. Elle n'avait que quelques amis et des patients. Mais, Rafaël n'entrait dans aucune des ces deux catégories, il était à part, inclassable, indéfinissable. Comme si rien ne pouvait s'accrocher à lui alors que tout semblait la faire inlassablement revenir vers lui. Il jouait, jouait de la conscience professionnel de Violet, continuait à la poursuivre, à la hanter même lorsqu'il n'était pas là. Alors lorsqu'il était en face d'elle. Elle ne pouvait pas s'empêcher d'avoir conscience d'à quel point elle voulait être près de lui, à quel point elle avait envie de sentir ses lèvres sur les siennes et d'entendre ses grogneries, ses réparties presqu'enfantine tant elle manquaient d'arguments pour être valable. Elle aimait son obstination à rejeter une quelconque aide tout en faisant indéniablement des petits pas vers sa future indépendance. Et qui était-elle pour freiner cela? Elle pouvait comprendre la colère sous-jacente, elle pouvait l'accepter mais, il était celui qui voulait en parler tandis qu'elle tentais toujours et toujours de lui échapper. Elle avait pourtant fait semblant la dernière fois essayé de lui faire comprendre par son attitude  que cela n'aurait pas du se produire. Mais comme un animal qui s'accrochait à sa proie, ah si elle savait combien l'animal était proche, Rafaël n'en démordait pas. Était-elle un hochet qu'il s'amusait à agiter quand bon lui semblait? Pourquoi lui accorder de l'attention à elle qui n'avait rien d'exceptionnelle? Il devait pourtant y avoir d'autres femmes bien plus complexes et mystérieuses pour satisfaire sa curiosité. Comment ne pouvait-il pas comprendre ce qui était problématique. Machinalement, elle s'était penché pour attraper le verre qu'il cherchait et attrapa doucement sa main pour lui glisser au creux de sa paume. Elle frissonna, simplement d'avoir une contact avec lui et se recula rapidement.

-"Le manquement professionnel était de vous laisser m'embrasser Rafaël, à partir de ce moment là, il n'y avait plus rien de professionnel. Déjà la première fois j'aurais du arrêter, j'aurais dû arrêter de vous prendre comme patient mais... Je n'ai pas envie d'arrêter. Je n'ai pas..."

Si la première phrase s'était voulut assurée, le reste de sa réponse semblait dévier de manière étrange et elle s'était interrompue en s'en rendant compte de ce qu'elle  était entrain de dire. Il fallait qu'elle se reprenne tout de suite. Elle ne voulait pas arrêter de le traiter. Par ce qu'elle croyait en sa capacité d'adaptation, en sa capacité à progresser. Et par ce qu'elle appréciait de le voir, elle appréciait cette personne dans toute sa complexité. Elle se mordait la lèvre, cherchant un moyen de rattraper ses paroles. Elle ne voulait pas laisser croire qu'elle appréciait réellement leurs séances. Si ces derniers temps, elles avaient tourné au vinaigre, cela n'avait pas toujours été le cas. Elle avait appris à apprécier son comportement, à chercher sur ce visage une once de satisfaction discrète qu'il tentait de lui dissimuler. Mais, aujourd'hui, en cet instant, elle sentait simplement qu'elle perdait pieds. Elle fit passer sa main devant son visage, se frottant les yeux. La fatigue de sa journée remontait à la surface en même temps que le stress de la présence de Rafaël. Mais quelque part, elle était contente de le voir ici. Même si c'était pour entendre des remarques froides et neutres qui savaient quoi dire pour la mettre mal à l'aise.

-"Rafaël, je veux sincèrement vous aider, sincèrement, du plus profond de mon cœur. Mais, je ne suis pas sûre de pouvoir le faire si... si vous m'embrassez de cette manière. Je suis sûre qu'il n'y a rien de bien intéressant chez moi, que... que... Oh! Je ne sais pas comment vous le dire Rafaël."

Elle n'avait jamais été bien douée pour les discussions de cette nature, incapable d'exprimer nécessairement sa gêne, les problèmes que cette situation soulevait. Si elle avait toujours été amicale avec ses clients, elle n'en était jamais arrivée à de tels... dérives.

-"Vous ne pouvez pas faire ça, si vous voulez que je continues à vous traiter. Ce n'est pas... déontologique. Ce n'est pas professionnel. Ce n'est pas que je refuses d'en parler, c'est que nous ne pouvons pas recommencer Rafaël."

Sa voix plaidait coupable tandis qu'elle essayait de se rattraper tout en faisant passer le message. Et pourtant, elle aurait voulu effleurer ces lèvres, toucher cette main, elle se retenait, décidée à faire passer le soucis de Rafaël avant une quelconque envie personnelle.

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MessageSujet: Re: and if i seem dangerous would you be scared ? ▬ pv Vi'   Mer 10 Fév - 22:44

Sa présence a un don pour me détendre, je sens des nœuds de tension présents jusque là dans ma nuque se délier à sa seule odeur. Une odeur de calme et de sérénité, une odeur de contrôle et de maîtrise, une odeur de terre connue et pourtant mystérieuse. Dire que je ne comprends pas Violet serait un euphémisme tant son fonctionnement et ses buts m’échappent et se faufilent entre mes doigts. Si ma colère et mon agacement ne sont pas feints, loin de là, ils sont étouffés dans cette voix atone dont je me pare, et amoindris par cette curiosité qui bat à mes tempes comme un écho de mon rythme cardiaque. Régulier. Vous ne pouvez pas m’embrasser comme ça. Mes sourcils se froncent, expressivité de l’aveugle qui malgré ses ténèbres ne peut oublier qu’il a vu. Mes lèvres se tordent d’un rictus, cet interdit qu’elle tente de m’imposer glisse sur mon ego sans y trouver la moindre prise. Je ne peux pas ? Ma question n’a rien d’une menace, elle se rapprocherait davantage d’un sarcasme amusé. Teintée d’une mise en garde. Je ne voulais pas vous mettre en colère… J’aimerais rétorquer un acide et bien c’est chose faite mais je refuse de tomber dans une provocation aussi stérile que mensongère.

Je ne suis pas en colère. Le loup l’est, bien évidemment, susceptible prédateur, mâle alpha auquel on ne doit rien refuser, animal aux instincts bas et primaires qui hurle son ascendant au reste des vivants ; mais l’homme ne l’est pas. Agacé, potentiellement. Curieux : bien plus encore. Un silence, quelques battements de cœur, je laisse mon instinct se saisir de la danse et poser sur la piste des pas assurés. Un, deux, trois-quatre Elle n’est pas une conquête à faire. Un, deux, trois-quatre Loin de là, même. Un soupir, mes doigts tâtonnent une fraction de seconde à la recherche du verre qu’elle m’a dit avoir posé à côté de moi. Conscient du ridicule, j’interromps presque aussitôt mon humiliation. N’est-ce pas elle qui refusait de me voir ? Son prénom glisse entre mes lèvres, comme une confidence. Sonorité contemporaine, signification si proche de l’azur que je m’y perds et que j’en tremblerais si je m’en accordais le droit. Le loup couine, mes mots se transforment en remarques et en reproches. La danse se durcit perd en spontanéité, en cadence. Perd de son charme, aussi. Et chute : une question, que l’on pourrait presque décrire comme agressive tant elle est maculée de vexation. Je ne comprends pas et je ne peux comprendre ce qu’elle me chante-là. Et je ne peux comprendre non plus une disparition aussi injustifiée que désagréable.

Un silence, une odeur insistante. Je sais qu’elle s’est rapprochée de moi avant que les sons ne me parviennent, avant qu’elle ne glisse dans ma main le verre que je cherchais. Et avant que je ne puisse fermer mes doigts sur son poignet, elle s’est déjà enfuie. -"Le manquement professionnel était de vous laisser m'embrasser Rafael, à partir de ce moment là, il n'y avait plus rien de professionnel. Déjà la première fois j'aurais du arrêter, j'aurais dû arrêter de vous prendre comme patient mais... Je n'ai pas envie d'arrêter. Je n'ai pas..." Je serre les dents, contracte la mâchoire. Cette réponse n’est pas recevable, cette excuse n’est pas acceptable. Ce n’est en rien une justification, c’est une fuite, voilà tout. -"Rafael, je veux sincèrement vous aider, sincèrement, du plus profond de mon cœur. Mais, je ne suis pas sûre de pouvoir le faire si... si vous m'embrassez de cette manière. Je suis sûre qu'il n'y a rien de bien intéressant chez moi, que... que... Oh! Je ne sais pas comment vous le dire Rafael." Je me lève, avec une lenteur exagérée, comme pour amplifier la menace que le loup fait suinter de mon être. Je sens un malaise dans sa voix mais je refuse de tenter de l’éteindre. Je sens la fatigue dans son ton, mais je refuse de la soulager, de l’aider. Je sens sa gêne qui enfle lorsqu’elle se perd dans des excuses et des explications, mais je ne tendrais aucune main secourable. -"Vous ne pouvez pas faire ça, si vous voulez que je continue à vous traiter. Ce n'est pas... déontologique. Ce n'est pas professionnel. Ce n'est pas que je refuse d'en parler, c'est que nous ne pouvons pas recommencer Rafael." Ma tête se penche légèrement sur le côté, comme le loup qui écoute les pépiements des moineaux qui tentent de l’attendrir. « Vous êtes lâche, Violet. Vous vous réfugiez derrière des mots qui ne sont porteurs d’un sens que parce que vous le souhaitez. » Professionnel. Déontologique. Il n’y avait nulle déontologie au treizième siècle et nous ne nous en portions pas plus mal. Je fais, un pas en avant, la main serrée sur ce verre d’eau que je ne bois pas. Il m’encombre, ce verre, dont je ne voulais pas finalement. Vous ne pouvez pas faire ça. Le loup grogne. Nous ne pouvons pas. « Vous entendez-vous parler, Violet ? Vous masquez votre couardise par des interdits que vous agitez devant vous, comme des fanions indestructibles. » Ma voix se tend de colère, petit à petit. Je déteste lorsqu’on me refuse quoique ce soit, d’autant plus lorsque je n’y vois aucune logique. Les lois sont les lois et sont faites pour être respectées. Mais jusqu’à présent, on ne m’en avait pas sorti de plus sotte que celles-ci. Le verre m’encombre, je le lâche sans aucune gêne, n’allant pas perdre de temps à tâtonner à la recherche d’une table quelconque. Ma main cherche un contact, se pose sur son vêtement, remonte sans tarder à son épaule pour cueillir sa nuque, pouce caressant sa clavicule. « De quoi avez-vous peur, Violet ? Est-ce d’ailleurs réellement de la peur ? Autre chose ? » Mon arrogance est là, suintante de mes mots, électrique sur ma peau. Je ne peux concevoir qu’elle puisse me fuir par dégoût, il y a donc une autre raison derrière ce que je considère comme de la lâcheté et une mauvaise foi évidente. « Soyez honnête avec moi, Violet, comme je le suis avec vous. » Dans la mesure de mon arrogance et de la façon que j’ai de retourner les choses à mon avantage. Nulle douceur dans ma voix désormais, nulle douceur dans cette main posée sur son épaule. Il n’y a que le loup, il n’y a que l’homme blessé. Et un peu de cet homme désespéré aussi, de retrouver un jour un support stable pour l’empêcher de sombrer davantage dans les ténèbres qui l’étouffent et qui vicient son sang. Nulle douceur, juste une voix pressante, presque agressive. Une menace implicite, aussi. « Et rayez de votre vocabulaire déontologie et professionnalisme, ces mots n’ont pas de sens. Que voulez-vous, Violet ? Que désirez-vous ? »

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MessageSujet: Re: and if i seem dangerous would you be scared ? ▬ pv Vi'   Dim 27 Mar - 10:13

Tout était-il aussi simple dans son monde? Pourquoi avait-elle l'impression que toute une dimension de son raisonnement lui échappait totalement. Oh, Rafaël avait toujours été et était toujours une énigme pour elle, une énigme qu'elle avait essayé de percer autant que possible mais, jamais il ne l'avait été autant qu'en ce moment. Il était comme cette eau que l'on cherchait désespérément à attraper entre ses doigts mais qui en profitait en même temps pour s'échapper par chaque petit creux que vous ne pouviez combler. Pourtant, elle s'amusait à effleurer continuellement votre peau, jouer avec vos nerfs. Rafaël était exactement comme ça. Tout du moins du point de vue de la jeune femme. Que ne saisissait-il pas sur la situation...elle n'arrivait pas à le voir. Alors elle se contentait de garder les yeux et les oreilles grands ouverts, son cœur battant à la chamade dans sa poitrine autant par ce qu'il lui faisait peur, que par ce qu'elle le trouvait attirant. Et que se soit l'un ou l'autre, elle ne voulait pas se l'admettre par ce que l'un comme l'autre ne devraient pas traverser son esprit. La neutralité, elle devait retrouver de la neutralité, reprendre le contrôle de la situation. Comme si la jeune femme avait un jour contrôlé quoi que ce soit. Elle se raccrochait à l'illusion qu'en quittant sa famille, elle avait gagné une pitoyable liberté, une liberté qu'elle savait feinte mais... elle avait besoin d'y croire. Rafaël lui montrait le défaut dans son raisonnement, passait par ces petites failles qu'elle n'avait pas encore réussit à boucher même avec le temps. Elle était fragile la petite, fragile comme un oiseau entre les crocs du prédateur. La chute du verre sur le tapis la fit sursauté. Elle le regarda rouler sur le sol, surprise, indécise. La main sur son épaule qui remonte le long de son bras pour venir saisir sa nuque. Que voulait-elle cette main? Que faisait-elle? Lâche? C'était ainsi qu'il comprenait ses tentatives pour instaurer une distance qui n'aurait jamais du disparaître. Elle était trop gentille la demoiselle, trop habituée à ses petits écarts, sa colère. Mais, aujourd'hui, elle y était encore plus réceptive et cela lui faisait encore plus mal. C'était mal. Elle le savait. Elle ne pouvait pas. Ce qu'elle voulait? Ce qu'elle voulait c'était l'embrasser encore une fois. Parce qu'elle avait aimé ça, parce qu'elle l'appréciait et qu'elle voulait faire disparaître cette colère et cette douleur qu'elle avait tant de fois entre-aperçue lors de leurs séances. Mais, Violet ne s'attachait pas, pas vraiment. Elle offrait un toi, offrait sa gentillesse, sa douceur, elle n'offrait pas son cœur, elle ne savait plus faire ça, elle avait trop peur de le faire. Sauf que si elle cédait à Rafaël, elle avait l'intime conviction qu'il le prendrait ce cœur, et qu'il pourrait jouer avec sans aucuns problèmes. Elle le savait parce qu'il avait déjà commencé à le faire. Rien que par le doute, la gêne, les questions qu'il provoquait, elle savait qu'elle avait déjà perdue. Était-ce vraiment que de la couardise que de se raccrocher aux dernières racines de bon sens qui la traversait?

-"Ce que je veux? Ce que je désire?"


Elle murmurait interdite ces paroles. Depuis combien de temps n'avait-elle pas céder à ses propres désirs. Des années... Parce qu'elle considérait qu'elle ne méritait pas vraiment d'être heureuse parfois. Elle devait offrir à son prochain tout ce que ses parents avaient fait de mal. Pour les racheter, pour faire disparaître la culpabilité d'avoir été aussi aveugle. Ce qu'elle avait envie? Assise sur son canapé, elle restait presque étonnée devant ce qu'elle venait de comprendre. S'était-elle toujours punie de la sorte? Ou alors la peur de devoir tout laisser derrière elle pour fuir un jour l'avait-elle empêcher de profiter de sa vie? Elle ne savait pas, n'osait pas chercher la réponse plus loin. Elle posa sa main sur celle vindicative de Rafaël, celle qui dans son cou lui intimait une réponse, la pressait sans douceur, lui rappelait sans cesse qu'il était là, en face d'elle. Oh, et puis que risquait-elle réellement? A part de se faire radier de son métier, un scandale et surtout, de se faire piétiner le cœur. Sauf qu'elle n'avait plus envie de voir cela, elle voulait juste faire disparaître sa colère et arrêter de se mentir à elle-même. Même si elle allait culpabiliser, même si elle serait sans doute mal plus tard, une fois seule, tant pis. Elle se leva. Ils étaient proches, leurs visages, leurs corps, proches trop proches. Son cœur battait trop vite, ses joues étaient rouges et elle posa ses lèvres sur les siennes timidement, doucement, se raccrochant à ses vêtements pour ne pas tomber. Elle n'avait pas d'équilibre, même lorsqu'elle embrassait. Elle faisait ce qu'elle avait envie de faire, ce qu'elle avait voulut faire dès le moment où elle l'avait vu dans la pièce. Elle se recula légèrement, cessa de l'embrasser. Elle avait été vive, profitant d'un instant d'égarement. Elle murmura:

-"Je voudrais vous voir sourire, aller mieux. Je voudrais beaucoup de choses quand il s'agit de vous Rafaël et sincèrement, j'ai peur. Parce que je ne devrais pas être comme ça avec vous. Et que pourtant, je ne peux pas m'en empêcher."

Oui, ses paroles n'avaient vraiment de sens que pour elle même. Oui, tout cela restait étrangement flou. Mais ses yeux cherchaient une réaction, une réponse, quelque chose à savoir.

-"Qu'est-ce que vous pouvez bien voir chez moi... Je me le demande."

Violet ne comprenait pas cet intérêt, elle n'y voyait rien de logique. Peut-être le caprice d'un homme puissant, sans doute qu'elle s'en mordrait les doigts bien rapidement mais, tant pis. Tant pis pour ça, tant pis pour elle.


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MessageSujet: Re: and if i seem dangerous would you be scared ? ▬ pv Vi'   Jeu 31 Mar - 21:41

Une inspiration, son odeur se cristallise à mes sens, omniprésente. Constante. Enivrante. Elle a quelque chose de particulier, comme un appel à l’impulsivité, comme un appel à la confiance. Elle a ce petit quelque chose de poivré, de frais, de calme, comme agi sur mes nerfs avec lamême force que sa voix. Sans son odeur, sans son timbre si caractéristique, ses interventions auraient déjà fait naître sur mon visage un masque de glace et une colère létale. Aucune de ses justifications ne me convainc, aucune de ses hésitations ne me fait naître chez moi de compassion. Il n’y a que la déception, l’agacement, les hurlements outrés du loup qui n’accepte pas d’être ainsi bafoué, rejeté, ignoré sous le simple prétexte qu’elle n’est pas sûre, qu’elle ne peut pas, qu’elle ne sait pas. Tout autant d’interdictions qui n’ont aucun sens à mes oreilles. Il n’y a que la déception, l’agacement, la colère, tous contenus sous un maillage formé de son odeur et de son timbre. Je me redresse, lentement. Qu’elle chancelle sur ses hésitations, qu’elle tende la main dans ma direction pour que je la soulage, que je l’aide, que je l’apaise : elle ne recevra de moi qu’un silence. Eloquent. Et finalement sa conclusion tombe. Nous ne pouvons pas recommencer, Rafael. L’interdiction grince à mes oreilles comme une lame ripant sur la pierre avant l’exécution, éméchant le fil déjà trop abimé. Debout, elle se tait. Et après une respiration, c’est à mon tour de m’exprimer. Le mot tombe, une première fois. Lâche. Elle est lâche, à ainsi se réfugier derrière des mots qui n’ont pas de sens pour un homme du treizième siècle. Couardise rejoint lâcheté, comme pour l’appuyer, comme pour insister. Et finalement, c’est ce verre à peine entamé qui tombe, se brisent en multiples fragments alors que ma main vient au contact, se glisse sur son bras, cherche ses clavicules, se pose dans sa nuque. Mes questions viennent par vague, au rythme de mes pensées. La mer se retire, le loup jappe, acerbe, acide. La mer revient, se déverse en mot, cristallise en phrase la bile de l’animal. De quoi a-t-elle peur, que désire-t-elle ? Nulle douceur, nulle gentillesse, c’est le loup qui s’exprime et non l’homme, c’est le bourreau qui questionne et non l’humain, c’est le Seigneur qui m’enveloppe et non Rafaele. Ma main impose sa présence sur l’épaule de Violet, mon ton est pressant, insistant, agressif et glacial. La menace, elle est omniprésente, comme peut l’être la jeune femme dans mes pensées. Que veut-elle, qu’attend-elle ? "Ce que je veux? Ce que je désire?" Cette manie de répéter mes questions dépose des gouttes d’acide sur la patience déjà étiolée de l’animal. Son murmure est un cri à mes oreilles, un hurlement, une provocation. Il me faut plus de sept siècles de contrôle et de maîtrise de moi-même pour ne pas me crisper de colère en réponse à ce que le loup considère comme une insolente agression.

Son corps s’échappe de mes mains, je la sens s’asseoir mais reste debout, à la surplomber sans le moindre scrupule. Je ne la vois pas, ma carrure n’a rien de l’imposante présence de mes gardes du corps mais mon regard, perçant, je le sais, compense sans peine tout cela. Ma main, en revanche, a conservé un contact intrusif sur son épaule, comme pour ne pas la quitter, comme pour ne pas la perdre dans ces ténèbres qui m’entourent et me sont devenus familiers. Un frisson électrise mon épiderme lorsque ses doigts rencontrent les miens. Silencieux, je patiente, concentrant toute mon attention sur les battements de mon cœur, sur les battements de son cœur, rythme décalé, rythme effréné, rythme accéléré. Dans ma cage thoracique, mon cœur s’emballe à l’instant même où je la sens se lever. Trop vite, trop pressant. Des battements sourds, des battements lourds, des battements essoufflés :mon cœur a rejoint le sien, sans dissonance, sans décalage, ses lèvres rejoignent les miennes. A ses mains qui s’accrochent à mes vêtements, je réponds par mes mains dans sa nuque. A son corps qui se rapproche du mien, je réponds par une inspiration, par mon corps se rapprochant du sien, par mon… mon souffle s’étrangle, elle n’est déjà plus là. Et nos cœurs quittent leur unisson, s’emballant chacun de leur côté, dissonant à nouveau pour mieux se séparer. Son murmure se fracasse à mes oreilles affinées, sature mon ouïe concentrée sur sa respiration et sur son palpitant. -"Je voudrais vous voir sourire, aller mieux. Je voudrais beaucoup de choses quand il s'agit de vous Rafael et sincèrement, j'ai peur. Parce que je ne devrais pas être comme ça avec vous. Et que pourtant, je ne peux pas m'en empêcher. Qu'est-ce que vous pouvez bien voir chez moi... Je me le demande." Un sourire timide effleure mes lèvres, dégivre mon visage.

Tout mon corps est brûlant, comme surpris par cette initiative, exposé au soleil, irradié d’un je-ne-sais-quoi. Mon souffle irrégulier, mes joues consumées, je me sens vivant pour la première fois depuis des mois. Qu’est ce que vous pouvez bien voir, chez moi ? Mon sourire s’affirme légèrement, mes doigts cherchent Violet, jouent avec une mèche de ses cheveux. « Strictement rien, Violet, voilà le propre de l’aveugle. Je pensais que vous le saviez… » De l’humour glisse hors de mes lèvres, comme pour s’enfuir, comme s’il sent qu’il n’y est pas à sa place. « Je l’ignore, Violet. Vous êtes… différente, voilà tout. » La braise s’éteint, redevient de glace. Un soupçon de doute s’infiltre dans mon esprit lorsque bien malgré moi je me mets à réfléchir. Que vois-je donc chez elle ? « Vous êtes une énigme, Violet, je vous l’ai déjà dit. Toute personne normale calcule, anticipe, manipule, détruit. Vous… vous n’êtes pas normale. » Ma voix s’affermit, tremble, se consolide. Mettre des mots sur des émotions primaires me semble primordial mais a la désastreuse conséquence de me détacher d’elle et de tuer dans l’œuf les tremblements de mon âme. Aussi brusquement qu’est venue la chaleur, la voilà réduite à un brasier restreint tandis que je me plonge dans un raisonnement analytique. « Vous êtes naïve, candide, légèrement sotte peut être mais aussi généreuse, altruiste, têtue et incroyablement patiente avec moi. Vous n’êtes pas comme les autres, voilà ce que je vois chez vous. Vous êtes mon opposée en tout point, vous êtes une énigme, tout simplement. » J’inspire, lentement. « Mais cela n’est en rien l’important, Violet. L’important, ce n’est pas ce que je vois chez vous, parce que je ne vois rien. » Pas d’humour cette fois, juste une insistance glacée, dénuée d’agressivité par la force de ma respiration. « L’important, Violet, c’est ce que je ressens en votre présence. » Je reviens au contact, mes pas avancent, sans que je ne puisse avoir conscience que je l’accule contre le canapé. Mes doigts trouvent leur place dans sa nuque, soulèvent ses cheveux pour se glisser sur ses omoplates et l’attirer vers moi. Autoritaire. Mes lèvres trouvent sa joue, glissent vers sa mâchoire, retrouvent ses lèvres sans lui laisser le choix. « Vous ne pouvez pas me guérir, Violet, mais vous pouvez faire mieux, je crois. » Un soupir, perdu dans sa nuque lorsque je pose mon front contre le sien.


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MessageSujet: Re: and if i seem dangerous would you be scared ? ▬ pv Vi'   Sam 21 Mai - 18:29

Violet ne comprenait pas pourquoi cet homme lui faisait autant d'effet. Si elle n'avait pas réussi à vaincre les barrières qu'il lui imposait, lui arrivait à détruire les siennes d'une simple action, d'un simple mot. La conscience de Violet continuait de lui souffler que c'était mal. Que ce qu'elle faisait était répréhensible. Étrange volonté, étrange désir, étrange fascination. Ce qui se cachait derrière ce sourire froid, ces mots tranchants d'une logique d'un ancien temps, elle avait envie de le découvrir, de le connaître. A force de vouloir soigner les autres, la jeune femme en avait oublier qu'elle aussi était un être vivant, qu'elle aussi ressentait des choses. A coup de frayeur, de crainte de devenir un monstre d'égoïsme , elle avait fait disparaître sa personne au profit des autres. Mais, Rafaël, parce qu'il lui portait une attention qu'elle n'avait pas connu depuis des années, il lui rappelait subitement qu'elle aussi était un être humain et pas une machine. Elle respirait son parfum, essayait désespérément de laisser derrière elle ses doutes pour profiter un instant de cette compagnie. Son cœur n'était plus rien d'autre qu'un organe dissonant qui refusait de lui obéir et de revenir à la raison. Elle se laissait entraîné dans le flux de sensations. Elle n'aurait jamais pensé l'entendre faire de l'humour. Il n'avait jamais tenté d'être drôle en sa compagnie et, même si cela était plutôt... logique, elle ne pu s'empêcher d'émettre un léger rire. Une adolescente fasse à ses premiers émois n'aurait pas fait mieux qu'elle. Son visage était d'un rouge presque indescent. Un incendie n'aurait pas fait mieux.  Ou peut-être qu'un coup de soleil aurait pu atteindre une telle couleur. Dans tous les cas, sa timidité semblait refaire surface dans cet instant, une timidité qu'elle tentait de ne pas laisser transparaître dans sa voix ou dans ses actes. Elle ne comprenait pas tout ce qu'il lui disait, elle avait l'impression que tant lui échappait à chaque parole qu'il prononçait. Son esprit était remplie de questions mais, elle savait pertinemment que si jamais elle les posait, il s'enfuirait, se réfugierait derrière son mauvais caractère. Elle ne voulait pas le braquer. Il l'acculait contre le canapé, l'empêchait de s'enfuir, son front contre le sien, sa main dans son cou. La jeune femme respirait difficilement, son cœur ne voulait pas cesser de battre comme un fou.

-"Ce... Ce que vous ressentez... Et dire que j'étais persuadé que vous me détestiez. Je dois bien avouer que je suis un peu perdue. Et je dois bien le dire, l'humour vous va bien."

Qui aime bien châtie bien? Était-ce ce qui s'était passé précédemment? Violet ne savait pas où poser ses mains, que faire avec son corps qu'il serrait contre lui. Elle glissa ses bras sous les siens, cherchant un point d'ancrage dans son dos. Elle le regardait, fixait son visage y cherchant une information, y cherchant à comprendre ce qui lui manquait. Elle frissonnait. Elle savait que quoi qu'elle dise, il ne la laisserait pas s'échapper. Le fait qu'il se soit permis d'entrer dans son appartement sans l'attendre, son autoritarisme permanent, cette façon qu'il avait d'agir en permanence. Cela l’inquiétait réellement. Cela lui faisait peur aussi. Elle avait l'habitude de sentir le danger, elle avait appris à le reconnaître. Et si cela ne la décourageait pas, ce n'est pas comme si elle n'avait pas quelques appréhensions. Si Rafaël ne se dévoilait pas énormément, Violet non plus n'était pas du genre à beaucoup parler de sa vie. Étaient-ils tous les deux des handicapés des discussions et des révélations? Cela promettait pour la suite. Cette sensation d'être prise au piège, de se jeter dans la gueule du loup, Violet ne semblait pas la saisir, elle était simplement perdue dans son inexpérience. Qu'était-elle supposé lui dire, faire maintenant? Elle avait céder à la tentation, elle avait fait ce qu'elle s'était interdite ces dernières semaines. Et immédiatement, elle se sentait coupable.

-"Je... Rafaël... je ne pense pas être à la hauteur de vos attentes. Je suis juste une jeune fille particulièrement ennuyeuse et casanière. Je me contente de rester chez moi et de travailler. Quand à savoir si je suis une énigme, je pense que Rafaël, vous avez gagné la palme du secret."

Elle le disait en riant doucement. Elle avait su, après sa première séance avec Rafaël, qu'il ne serait jamais un patient comme un autre. Il avait déclenché sa curiosité et son envie de faire toujours mieux. Mais, elle ne savait pas comment différencié cette relation professionnelle de ce qui se profilait devant ses yeux. Elle n'était pas à l'aise.

-"Humm... Est-ce que... Est-ce qu'on pourrait simplement mettre les choses au clair?"

Elle avait besoin de précision, pour arrêter de tergiverser, de se faire des idées. Elle était trop prompte à imaginer quelque chose qui n'avait rien à voir avec la réalité. La peur d'être blessée, d'être encore trahie. Cette peur immense qui ne la quittait jamais.

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MessageSujet: Re: and if i seem dangerous would you be scared ? ▬ pv Vi'   Mer 25 Mai - 21:41

Un fragment d'humour s'échappe de mes lèvres. Dissonant. Un fragment clandestin, un fragment impudent, un fragment qui se mue en léger sourire. Des vestiges, finalement, de cette rencontre aussi timide qu’assurée entre nos lèvres qui se cherchent. Dans ma gorge, ma respiration est douloureuse, erratique, instable et ô combien irrégulière. Un brasier s’est emparé de ma cage thoracique, déverse dans mes veines un torrent de lave qui brûle et consume chaque recoin de mon être comme pour le nettoyer de toutes les scories apportées par le sang et les larmes que j’ai pu faire couler. Mes mots sont hésitants, je ne parviens pas à rompre le contact que je lui impose sans pour autant réussi à le raffermir. En équilibre, nous sommes équilibre sur un fil, balancés, déstabilisés par la brise et maintenus malgré tout l’un grâce à l’autre. Elle est différente. Je ne peux expliciter davantage ce tourbillon qui s’emballe dans mes reins, je ne peux pas expliciter davantage ce qui broie ma poitrine sans lui laisser la moindre chance. Ce que je vois en elle ? Je trouve dans cette question un prétexte pour réfléchir, un prétexte pour respirer, un prétexte pour me détacher et me fondre à nouveau dans cette armure qui me protège et me coupe du reste. Lentement, je reviens à moi, je reviens en moi, perdu dans les ténèbres, réfugié dans ce contrôle que j’impose et qui givre mes mots. La glace revient, fige mon être, bloque que mes pensées et nettoie mon visage pour le rendre impassible. Je liste des mots, je liste de reproches, je liste des adjectifs, des qualificatifs, des raisons, des justifications, je liste et je déshumanise toutes mes pensées pour mieux les fragmenter et les dépersonnaliser. Le rythme de ma respiration s’apaise, muselé par cette volonté de fer que je fais ployer sur tout ce qu’il y a de sauvage et d’humain en mon sein. Seul le loup subsiste, seul le calcul froid du Renzacci a le droit de persister. Malgré le contact que je finis par renouer. L’important, ce n’est pas ce que je vois, finalement. Puisque je ne vois rien, puisque j’analyse. Je n’entends rien, je décortique. L’important, ce n’est pas ce que mes sens peuvent m’apprendre puisqu’ils sont les esclaves de ma raison, puisqu’ils sont les petits soldats de ce que je suis devenu, de ce que je suis au fond de moi. L’important, ce n’est que ce qu’elle me force à ressentir. Une carcasse brisée, abandonnée, une épave figée dans la glace, je ne suis rien d’un homme, je ne suis rien d’un animal, je suis quelque chose à mi-chemin entre les deux, perclus de douleur, de solitude amère et forcée, de violence difficilement contenu, assoiffé de sang et de pouvoir, assoiffé de quelque chose que je ne peux nommer, assoiffé de tout mais surtout assoiffé de ces petites gouttes qu’elle fait glisser sur ma peau par tout ce qui la constitue elle. L’important, ce n’est pas ce que je pense, l’important, c’est ce que je ne maîtrise pas, malgré tous mes efforts, c’est la présence qu’elle m’impose, ce sont ces doutes qui m’assaillent, ces pensées qui me pourchassent et que je n’arrive pas à mater. J’entends sont cœur qui se débat lorsque mes mains retrouvent leurs places, se logent là où elles veulent être. J’entends son cœur qui accélère, lorsque mes lèvres trouvent sa joue, trouvent ses lèvres, lorsque mon murmure glisse comme un souffle fragile et que mon front se pose contre le sien.

Vulnérable, le loup me chuchote qu’il lui suffirait d’avoir un poignard pour m’égorger, pour percer ma chair et répandre douleur et sang si ce n’est mort, pour se débarrasser de moi. Le loup me hurle de me méfier, moi, je préfère me complaire dans cette vulnérabilité qui frissonne sur mon épiderme. Je suis venu la chercher. Et elle ne peut pas me fuir. -"Ce... Ce que vous ressentez... Et dire que j'étais persuadé que vous me détestiez. Je dois bien avouer que je suis un peu perdue. Et je dois bien le dire, l'humour vous va bien." Je me détache dans un froncement de sourcil si léger et pourtant si présent que je ne sais si je dois le qualifier de calculé ou de spontané. « Que je vous détestais ? » Il n’y a aucune incrédulité, juste… je ne suis pas un homme particulièrement avenant, encore moins depuis que l’on m’a privé de ma vue, encore moins depuis que l’on m’a privé de ma femme, de ma famille, de ma vie. Il est donc normal qu’elle pense cela mais… « Vous devriez, vous savez… » Je me détache un peu plus, incapable de ne pas chercher son regard dans l’obscurité. « Ou plutôt… » Il n’est habituel de me voir perdre à ce point mes mots mais mes pensées ont du mal à s’agencer alors qu’elle se love ainsi contre moi, dans une sorte d’étreinte que je l’ai invitée à faire malgré moi. Je me raidis, le loup se sentant enfermé, l’homme se sentant acculé dans une situation qu’il a lui-même aidé à mettre en place. « Je… je doute que l’humour m’aille bien, c’était… déplacé » Un frisson m’électrise une nouvelle fois, je m’impose le silence pour ne pas m’empêtrer davantage dans un ridicule mortifère. Lentement, non sans une rudesse que je suis incapable d’effacer, je me dégage pour prendre mes distances, me heurtant à un meuble, me passant une main sur le visage, glissant mes doigts dans mes cheveux impeccablement coiffés. J’inspire. -"Je... Rafael... je ne pense pas être à la hauteur de vos attentes. Je suis juste une jeune fille particulièrement ennuyeuse et casanière. Je me contente de rester chez moi et de travailler. Quand à savoir si je suis une énigme, je pense que Rafael, vous avez gagné la palme du secret." Son rire est doux, sa voix est captivante, tout en elle la fait mentir bien plus que ce qu’elle ne peut penser. Ennuyeuse, elle l’est très certainement mais ce n’est en rien un défaut à mes yeux, c’en est même reposant. C’est plus… Ne pas être à la hauteur de vos attentes. J’écoute, j’analyse, j’essaye de comprendre mais mes pensées sont dans un brouillard si dense que je suis contraint de les faire taire et d’écouter mon instinct. Vous avez gagné la palme du secret. -"Humm... Est-ce que... Est-ce qu'on pourrait simplement mettre les choses au clair?" Mettre les choses au clair ? Depuis quelques minutes, tout s’accumule, ses questions, ses réponses, ses approches timides, sa respiration. Je me raidis, une nouvelle fois. Réaction de l’animal blessé qui veut se protéger sans aucun doute.

Mettre les choses au clair. Tout est pourtant limpide. Je veux le croire du moins. Limpide, sans que je ne puisse formuler le moindre mot, la moindre phrase pour éclaircir le tout. Limpide, tant que nous ne remuerons pas la vase qui se terre sous l’eau claire. Limpide, tant qu’on ferme les yeux. Je me ferme petit à petit, je me mure dans un silence songeur. Je détourne ce regard factice que je portais sur sa voix pour ne me concentrer, finalement, que sur mes pensées et pour les dompter, les mater, les briser et les soumettre à ma volonté. Le silence. Il s’apaise, en contraste avec le tumulte de nos cœurs battants à tout rompre dans nos poitrines. « Nous pouvons. » je finis par lui concéder, d’une voix aussi glaciale qu’impersonnelle. Maîtrisée. Comme ma respiration. « Que souhaitez-vous éclaircir, finalement ? Voyons ça comme un contrat, listons les différents points les uns après les autres pour les décortiquer et les creuser en profondeur histoire de ne rien laisser dans l’ombre. » Atone. Indifférent. Violent dans mes propos, ma voix qui reste stable et monocorde cache si bien qu’elle la dévoile une colère teintée d’errance. Je finis par céder, toutefois, au terme d’un nouveau silence, d’un nouveau soupir. « Je vous apprécie, Violet et vous semblez de toute évidence… m’apprécier aussi de votre côté pour des raisons qui me dépassent sans que je ne puisse m’en plaindre. Je ne vois rien à éclaircir dans tout cela… et je ne peux vous offrir rien de plus que… que cette affirmation. » Mon immobilité se fait sentir, le loup s’agite et la cage qu’impose un environnement inconnu se fait à chaque respiration un peu plus insupportable. « En revanche… » Je ne veux pas l’enfermer dans mon caractère que je sais difficile. J’essaye de prendre sur moi, j’essaye de formuler l’informulable. « Ecoutez, Violet… vous… Ne m’obligez pas à expliquer ce que je suis incapable d’exprimer. Vous… vous… » Un nouveau soupir. « Pourquoi vous sentez vous obligée de compliquer les choses avec vos questions ? Avec vos doutes ? Si un jour vous n’êtes pas à la hauteur de mes attentes, vous le saurez sans délai, ne vous en faites pas pour ça. Et peu m’importe que vous vous pensiez ennuyeuse ou que vous le soyez réellement, vous me hantez à votre manière, vous me poussez à… à ressentir, à m’intéresser à autre chose que moi, vous… » Je rends les armes dans un soupir agacé. « Vous êtes exaspérante. »


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