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 Persona non grata

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MessageSujet: Persona non grata   Dim 17 Jan - 21:15



« Only those who will risk going too far can possibly find out how far one can go »

Isak & Rachael
featuring

Silencieuses, les cinq ombres noires qui se fondent dans l'obscurité de la nuit à l'heure où les loups rôdent et où les bonnes gens ont soigneusement fermé leur porte à clef. Les quelques rôdeurs persévérants ont le bon sens de faire profil bas face à ceux qui sont le bras armé du Gouvernement car on le sait tous très bien, il vaut mieux ne pas venir leur chercher des crasses et ignorer leur passage.

La mission à l'ordre de ce soir est plutôt délicate car si le Little Darlings n'est plus censé exercer ses activités, c'est pourtant à cet endroit précis que les miliciens se rendent. En toute connaissance de cause, nullement pour interférer avec ce qu'il s'y passe et est pourtant loin d'être licite. Le message a été on ne peut plus clair : ce qu'il se passe au Little Darlings, reste au Little Darlings. Ils ne sont pas là pour ça, ce n'est pas à eux de s'occuper du cas de la boîte de strip-tease.
Rachael comprend parfaitement ce que cela signifie, elle n'est pas idiote, ceux qui l'accompagnent non plus. Savoir que des supérieurs couvrent ce bordel – car c'en est un, dans tous les sens du terme – ne la met guère en joie. Alors l'atmosphère est tendue, prête à éclater au moindre travers. Savoir qu'il y a des pourris dans les rangs est une chose, en avoir la preuve juste sous le nez, une autre. Quant au fait qu'elle n'a pas la possibilité actuellement d'agir vis-à-vis de ça… mieux ne vaut pas en parler. Comme tout le monde, la shadowhunter a ses défauts et ses vices cachés mais ça ? Cautionner la dépravation, encourager ceux qui sont désireux de contourner les lois à se regrouper dans un seul et même endroit ?
Inadmissible.
Mais on ne lui laisse pas la possibilité d'en décider. Elle n'a qu'à obéir à ses ordres et s'en contenter, le reste ce n'est pas de son ressort n'est-ce pas ?

Bien renseigné, le groupe se dirige d'office vers la porte dérobée. A l'extérieur deux gardiens, évidemment. L'échange est bref, ils sont en infériorités numérique face à des chiens d'attaque surentraînés et savent leur place. L'un d'eux veut rentrer pour prévenir mais on l'en empêche : les miliciens se chargeront de l'introduction eux-mêmes.
Trois restent dehors pour patrouiller et monter la garde, les deux autres entrent d'un pas décidé dans la gueule à l'haleine puante de vices. A l'intérieur, on ne les remarque pas tout de suite et la raison en est évidente : toutes les classes fréquentent l'endroit. Pourtant, l'attitude clairement hostile des deux intrus finit tout de même par susciter quelques vagues. A leur passage, les plus proches s'écartent, quelques murmures s'échangent, des regards appuyés sur les silhouettes noires. On n'est pas rassuré, on craint pour sa peau peut-être ?
Plus tard, ils s'estimeront heureux de n'avoir finalement pas été la cible.
Mais Rachael, elle s'efforce de mémoriser chacun des visages sur lesquels son regard se pose.


« Eriksson ! » Bien qu'elle ne l'aie jamais vu auparavant, il ne lui est guère difficile de déterminer celui qui se pavane en son domaine en maître incontesté des lieux. Alors la voix fuse au-dessus des bruits divers, forte et autoritaire, tandis que sa propriétaire continue d'avancer en direction de l'homme. « Álvarez est ici. Inutile de nier, la source de l'information a été vérifiée. » Elle parle avec acrimonie, son visage affiche clairement la teneur de ses pensées à l'égard de l'endroit. Dégoüt et dédain mêlés pour ceux qui n'ont aucune pudeur à traîner leur vertu dans les pires recoins de la Nouvelle Orléans. « T'as le choix : tu peux coopérer bien sagement et nous donner en vitesse ce qu'on est venu chercher, ou bien on appelle les renforts et on fait une descente dans le coin. » Le tutoiement agressif est témoin de la maigre estime qu'elle a pour son interlocuteur.

 


Dernière édition par Rachael Miller le Mar 19 Avr - 22:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Persona non grata   Mer 3 Fév - 21:45

Le club de strip-tease glissait dans sa monotonie habituelle.  Isak avait vu passer les habitués, leur avait dit bonjour avant d’aller voir un peu dans son bureau s’il y était. Morose, les filles ne le distrayaient pas suffisamment ce soir. Les demoiselles n’avaient rien fait de mal mais l’homme était pour le moins capricieux et versatile. Personne n’était venu pour le déranger alors qu’il s’enfilait le rail destiné à lui faire tenir les quelques heures qu’il comptait passer dans cet antre de la luxure.  Finalement la bonne humeur revint aussi vite qu’elle avait disparue, et il repartir au milieu de la cours dont il était le maître. Isak n’avait pas particulièrement de talent de leader mais il aimait bien être le centre de l’attention. Il avait l’impression de récupérer un peu de l’égard qu’on lui avait dû toute sa vie. Enfant, on l’avait traité de vaurien, de menteur, de bâtard, on l’avait toujours rabaissé comme un moins que rien et atteindre même un semblant de statut quelque part  était bien plus de reconnaissance que ce qu’il s’était jamais cru en droit de mériter. Toutefois avec les responsabilités viennent parfois les ennuis. En l’occurrence les ennuis étaient apportés par un « Eriksson » lancé à la cantonnade.  Le monde ne s’arrêta pas de tourner mais tous se tournèrent vers lui alors qu’il observait la jeune femme prenant son air le plus calme. Décidément, lorsqu’une journée ne voulait pas s’améliorer, elle ne s’améliorait pas.

« J’aurais été enchantée de vous rencontrer mais il s’avère que vous avez omis de vous présenter. Vous ne savez donc pas que c’est grossier d’interrompre tout le monde, c’est dramatique ça c’est sûr, mais incroyablement malpoli. » Ses yeux se durcirent comme des diamants polis dardant leurs éclats sur le visage de la femme. Vu son physique, la femme avait du être réellement belle plus jeune,  toutefois avec les années comme bien des choses, elle s’était ternie un peu. Néanmoins, on constatait la femme qui s’assume et qui prend soin de son corps. Un policier dans son refuge ne pouvait jamais être un bon signe. D’ailleurs, elle mentionna un Alvarez. S’il était ici, le tenancier avait déjà oublié jusqu’à son prénom. C’était possible un nombre incalculable de mauvais garçons prenaient refuge ici. Le brun sourit malgré tout, il a attendu que la trouble-fête ait complètement fini son monologue pour sa remarque, et il se prépare à lui répondre avec autant d’aménité. Sa petite menace ne lui fait pas bien peur, parce qu’il connait suffisamment d’huiles qui viennent ici pour savoir que c’est uniquement du vent. Sa présence reste un problème parce que ça dérange la clientèle et ça peut tout aussi facilement la faire fuir. Les expressions de cette représentante de la justice dessinent un magnifique tableau de ses pensées mais ça n’est pas cela qui va vexer Isak. Pour lui ceux qui se comportent comme des saints sont ceux qui ont les plus noirs vices au fond du cœur. La différence entre elle et lui, réside dans le fait qu’ils sont chacun à deux extrêmes. Lui a cédé à toutes ses passions et tous ses vices alors que cette nana-là préfère venir intimider les gens qui travaillent à des heures indues pour les menacer.

« Vous savez, maintenant que j’y pense, c’est encore plus rude de venir jusque chez moi pour me faire des menaces. Je ne connais aucun Alvarez, du moins ça ne me dit strictement rien. » Il se tourna vers son assemblée. « Hey les gars, vous connaissez un gars qui s’appelle comme ça vous ? » Ils répondirent tous en cœur d’un non sonore alors que quelques rires éparpillés montraient à quel point, ces êtres en perdition avaient oubliés le sens de l’autorité. « Vous voyez monsieur l’agent, j’ai au moins une trentaine de personnes qui peuvent certifier qu’on sait pas qui est ce gars. » Ses doigts se croisèrent en même temps que sa jambe droit passa au-dessus de la seconde avec un geste décontracté. « En revanche, j’oserais me permettre de vous dire que la coercition, c’est bien certes et je comprends que ça soit votre métier, toutefois, c’est quand même mieux lorsque ce qu’on  dit a une véritable chance d’arriver. Or ma chère, autant je peux vous trouver une petite place pour notre chaud du jeudi sur les MILF, autant je ne crois pas pouvoir faire grand-chose d’autre pour vous. Et vous, vous ne pouvez rien faire contre moi. Donc, je propose que vous preniez la porte maintenant, un accident est si vite arrivé dans ce genre d’endroits. Vous savez, ça n’est pas pour rien qu’on a dû embaucher du personnel de sécurité. On peut vous offrir un petit verre pour la route si vous voulez, et un petit spectacle pour les messieurs qui vous accompagnent. C’est ma tournée. » Souriant avec cette expression qui donne une folle envie de frapper, il continua de la dévisager curieux de voir ce que cette femme trop zélée allait faire de sa réaction de sale connard j’m’en foutiste.
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MessageSujet: Re: Persona non grata   Ven 5 Fév - 23:57



« Only those who will risk going too far can possibly find out how far one can go »

Isak & Rachael
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L'agacement s'inscrit en lettres capitales sur son visage alors qu'elle se voit obligée de subir les crâneries de ce coquelet imbécile qui, entourée de sa basse-cour admiratrice, fait le fanfaron et rit au nez de ses propos dans sa longue tirade qui résonne à ses oreilles aussi agréablement qu'un chapelet de grelots discordants. Ses poings se ferment et adressent une supplique muette à la milicienne, la permission d'aller s'écraser sur cette gueule d'ange moqueuse. Le bon sens l'empêche néanmoins de se livrer à la pulsion impromptue qui lui ordonne de poursuivre cette conversation d'une manière plus sportive.
Alors, en tant que personne presque parfaitement civilisée, Rachael ne se contente de rétorquer que verbalement. « C'est très bien de penser que quelques billets tendus à la bonne main suffisent à te rendre invincible, mais ce n'est pas exactement comme ça que le système fonctionne. Tu crois que sous le prétexte d'une protection émanant des hautes sphères tu peux te permettre d'entraver les investigations de la milice et nous cracher dessus en toute impunité ? » Elle déteste son genre, pour qui la corruption est comme un bouclier derrière lequel se retrancher en cas de pépin. L'attitude provocante d'Eriksson la fout en pétard : s'il pense pouvoir s'en tirer d'affaire aussi simplement, il se met le doigt dans l'œil jusqu'à pouvoir se gratter le vésicule biliaire du bout de l'ongle. « T'as tort de prendre ce que je te dis à la légère. T'es peut-être intouchable, et encore tu devrais pas trop t'accrocher à cette certitude, mais rien n'empêche ton joli troupeau de moutons bêlants de pâtir à ta place. »
Evidemment, elle n'est pas stupide au point d'en appeler à la bonne conscience de son interlocuteur car elle doute qu'il en possède une. Ses paroles, qu'elle lui balance d'une voix suffisamment claire pour que le petit attroupement  ne puisse les mésentendre, se destinent surtout à ceux qui sont vulnérables ici-bas. Semer le doute, faire comprendre que personne n'est à l'abri… quelques individus mis à l'ombre et, sans toucher à un cheveux d'Isak ou de son antre, sa belle petite sauterie risque vite d'arborer grise mine.

Bien sûr, Rachael se doute bien qu'il lui en faudra un peu plus pour amener cette tête d'âne où elle le veut. Toute cette histoire s'amorce mal et de son point de vue, ça ne va pas être du nougat. Ce qui ne l'empêche pourtant pas d'arborer une attitude confiance, bien que restant aux aguets de ce qui l'environne.
L'avertissement qu'il n'a même pas pris la peine de voiler reste à entacher son esprit lorsque, dans cet entourage dense, un instant d'inattention pourrait bien être un prix dur à payer.

« Alors, tu décides quoi Eriksson ? T'as envie de jouer au con encore un peu ou tu choisis d'être raisonnable et de t'arrêter là ? » Un mauvais rictus s'étire doucement sur ses lèvres. « Et tu ferais bien de garder tes chiens en laisse. Ça m'embêterait d'avoir à utiliser d'autres moyens de persuasion. » A vrai dire non, ça l'arrangerait dans la mesure où un peu d'action est bien plus distrayant, souvent également plus efficace, que de la parlotte à n'en plus finir. « Comme tu l'as toi-même souligné, un accident peut très bien survenir sans crier gare. » Voilà quelque chose qui serait bien malencontreux. « Je tiens pas à me faire tirer les oreilles pour une erreur tactique sur le terrain qui aurait contrarié quelques réguliers de ce charmant endroit, mais s'il faut en venir là, mieux vaut que tu te fourre dans le crâne que tes menaces stupides ne t'amèneront nulle part. »

Enfin elle se tait, mais sa main posée sagement sur la crosse de l'arme qui est toujours à reposer dans son holster - pour l'instant - appuie ses dires sans rien avoir à y rajouter. Elle n'aime pas avoir à gérer des cas comme le propriétaire du Little Darlings car il lui est toujours un peu compliqué d'avoir à trouver les bornes à ne pas dépasser, mais refuse pour autant de se laisser marcher sur les pieds par un péteux prétentieux qui se croit tout permis. Si ça ne tenait qu'à elle, ce problème ne ferait pas long feu et Álvarez serait déjà à se morfondre à l'arrière de son véhicule de fonction. La bride trop serrée lui insuffle l'envie de se rabrouer mais tant qu'elle n'a pas réellement de bonne raison pour le faire, la voilà bien obligée de rester au pas.  

 
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MessageSujet: Re: Persona non grata   Mer 17 Fév - 19:40


Rien de rien, non vraiment cette femme ne comprenait rien. Isak soupira un long moment. Ce n’était pas facile de parler avec ces nanas qui faisaient des métiers d’hommes. Il fallait toujours qu’elles fassent du zèle persuadées que ça leur accorderaient gloire et honneur. La plupart du temps, les hommes les traitaient juste de garces aux dents longues dans leurs dos. Néanmoins, s’il ne fit pas de remarques particulières à ce sujet se contentant de l’écouter avec son sens de l’honneur à la con. Il n’a pas besoin de répondre à Rachael que le fait que d’autres personnes payent à sa place est un peu le cadet de ses soucis. Il voit son regard qu’elle est intelligente. Oh oui très intelligente, et elle-même connait les limites. Si elle voulait une réaction, la blonde devrait menacer Solveig ouvertement mais ça c’était également signer pour une longue et terrible pénitence pour obtenir la rédemption.  Peut-être ne s’abaisserait-elle pas à son niveau. C’était plus son truc que de menacer les membres des familles. Il repensait à Mikkel et à sa sœur qui bien que n’ayant rien demandé se retrouvait être un sujet de discussion intéressant.

« Je ne voudrais pas vous sembler irrespectueux, Madame l’agent de police qui ne daigne même pas se présenter,  mais il me semble que nous deux vous êtes celles qui est entré dans mon établissement sans y être inviter. Vous demandez de plus quelque chose de ma part, que je ne suis pas certain de pouvoir vous donner, mais je n’ai pas entendu de s’il te plait ou même un bonjour pour ce que ça peut valoir à ce moment. Du coup, je ne comprends pas bien en quoi je pourrais être dans une bonne disposition pour vous répondre, étant donné que tout ce que vous faites depuis le début s’avère menaçant, agressif ou un savant mélange des deux. Ça doit être difficile, hein ? » Il lui lance un sourire estampillé connard de l’année sur le visage. «  De devoir se restreindre alors qu’on a un tempérament plus expéditif. Heureusement pour moi, je n’ai pas ce genre de problèmes. »

Une personne raisonnable se serait tu et après avoir fait semblant de se rebiffer un peu, pour la forme vous voyez, aurait tout bêtement livré la personne qui était de trop dans ce coin. Le dealeur de drogues l’avait remarqué immédiatement car ce n’était pas un habitué. Or, il se targuait de connaître tous les clients sur le bout de ses doigts. Ce qui était un exploit vu que lorsqu’il avait pris trop de drogues, il n’arrivait même plus à savoir combien de doigts ornaient sa charmante main impie. Grisé par son public, il ne voulait pas se montrer trop coopératif ou faire pâle figure. Si bien qu’il en devenait un peu plus idiot à chaque minute qui passait. Si quelqu’un devait courber l’échine, ça ne serait certainement pas lui devant cette fliquette de merde qui l’observait comme le dernier des déchets. Cette femme ne savait rien de sa vie. En conséquence, il paraissait impossible et terrible insultant pour lui de se faire regarder de haut par une connasse mal baisée qui prenait ses fonctions un peu trop à cœur.

« Je crois que nous sommes dans une impasse. Tout le monde est libre au Little Darlings, personne n’a de colliers. J’imagine que ça doit être une chose bien difficile à imaginer pour un corps aussi bien organisé que le vôtre cela dit. Je n’ai pas à être tenu responsable des actions de ces gars, et je ne fais pas d’obstruction à la justice vu que je ne connais pas ce gars. Toutefois. » Il s’arrêta un long moment et découvrit ses dents dans un sourire carnassier. « Toutefois, je pourrais tout à fait faire marcher mon réseau d’informateurs mais évidemment il y a une condition. Rien n’est gratuit dans la vie, vous devez bien le savoir madame l’agent. » Ménageant ses effets, car décidément aujourd’hui il avait le théâtre dans le sang, ses doigts se croisèrent alors que ses jambes se campaient sur leur position signe d’une ferme détermination. « Lorsqu’on veut quelque chose dans la vie, il faut le demander. Ainsi, je pense être en mesure de trouver la personne que vous voulez mais il va falloir commencer par vous introduire avec politesse et par me demander un service. Evidemment, il ne faut pas oublier les trois mots magiques qu’on vous a seriné toute votre jeunesse. Je suis certain que vous êtes tout à fait capable de faire ça pour moi, n’est- ce-pas ? » Le ton restait agaçant. Isak faisait définitivement partie de ses personnes qu’on aimerait frapper jusqu’à ce que la tête explose et que la langue pende misérablement sur le sol. « Je serais ravi de pouvoir faire mon devoir de citoyen. »
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MessageSujet: Re: Persona non grata   Dim 21 Fév - 23:31



« Only those who will risk going too far can possibly find out how far one can go »

Isak & Rachael
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Visiblement, Eriksson semble bloquer sur le fait qu'elle n'a pas daigné lui dévoiler son identité. Les allusions subtiles quant à son manque de politesse s'enchaînent jusqu'à ce que finalement il en fasse une clause de son éventuelle coopérativité avec la milicienne. Qui hausse un sourcil face à ce qu'il lui demande, sans pouvoir réprimer un petit rire. Un individu comme lui obnubilé par l'absence d'un "bonjour" et d'un "s'il te plaît" ? Si ça n'est pas du foutage de gueule en bonne et due forme, alors rien ne l'est.
En soi, les réclamations du patron de l'endroit ne sont pas bien difficiles à satisfaire, mais Rachael et sa fierté mal placée refusent de courber l'échine devant cet homme qui semble n'avoir rien de plus intéressant à faire que se payer sa tête. A têtu, têtu et demie : elle peut tenir assez longtemps quand il s'agit de se montrer bornée et, de plus, elle dispose de tout son temps devant elle. Tout son temps et une patience relativement limitée. Mais qu'elle passe cinq minutes ou deux heures ici, cela n'influera d'aucune manière son boulot. Mais elle ne pliera pas face aux exigences imbéciles de son vis-à-vis.

« Je pense que nous nous sommes mal compris, Eriksson. » Elle le gratifie d'un sourire qui est tout sauf amical. « Je ne suis pas venue ici dans le but d'échanger quelques politesses hypocrites autour d'une tasse de thé, crois-moi je suis profondément désolée que tu aies pu penser l'inverse. Néanmoins, je te demande pas d'être dans de bonnes dispositions ou d'être ravi de faire quoi que ce soit pour moi, à vrai dire je me fous totalement de ton état d'esprit. »
Inconsciemment, elle s'est avancée de quelques pas vers Isak et se retrouve désormais nez-à-nez avec lui, son regard toujours fermement verrouillé au sien. « Mais si ton temps est si peu précieux que tu tiennes absolument à le perdre en ma compagnie, ça n'est pas mon problème. Je ne suis pas pressée. » Non, juste passablement agacée. Vous n'aviez pas remarqué ?

Autour d'eux, le brouhaha est presque complètement éteint et la plupart des personnes présentes, en dehors de ceux qui sont déjà trop ravagé pour s'occuper de quoi que ce soit, prêtent leur attention à la scène qui prend lieu en plein milieu du Little Darlings. Des bêtes de cirque, voilà tout ce qu'ils sont à l'heure actuelle. D'un côté celui qui refuse de faire pâle figure devant sa clientèle en pliant le genoux devant les autorités, de l'autre celle qui n'a rien à faire ici et tient tout de même à faire entendre sa loi. Rachael est comme un chien qui a mis les dents sur un morceau de carcasse et qui refuse de laisser partir le morceau quels que soient les moyens employés afin de lui desserrer la mâchoire.
Alors elle continue de se dresser devant lui, fière et obstinée - stupide aussi, c'est accordé, car plier un peu son amour propre et donner à Isak ce qu'il veut ne va pas non plus la tuer - et reprend sur un ton toujours aussi chaleureux et amical : « A qui veux-tu faire avaler ton petit baratin, hm ? C'est tout à fait louable de ta part de me prendre pour une conne, mais tu ferais aussi bien de t'arrêter tout de suite. Je pense que tu sais parfaitement qui est la personne que je veux et où elle se trouve. Plus vite tu fais ton "devoir de citoyen", plus vite on dégage d'ici, plus vite tu peux reprendre ton petit bordel là où tu l'as laissé. » Les doigts de sa main droite pianotent sur la crosse de son pistolet, avec une nervosité qui relève plus de l'envie de céder à ses pulsions plutôt que d'un stress hypothétique quant à la suite des opérations. « Ou alors t'as pas envie qu'on foute le camp ? Parce que si ce n'est que ça, on se fera un plaisir de bloquer les portes et faire un petit contrôle d'identité sur l'ensemble de ta si charmante clientèle. M'est avis que l'on fera quelques bonnes trouvailles dans le tas en sus d'Álvarez. » M'est avis que j'ai bien envie de te faire avaler ton sourire et de te refaire la façade, clament les iris bleus qui ne se détournent toujours pas de l'adversaire. La milicienne arrive au bout de sa réserve de sang-froid, ce n'est pas bien compliqué à le remarquer dans son attitude. Une bravade en plus et peut-être qu'elle fera fi de certaines choses qui lui ont été communiquées à propos de ce qu'il convient de respecter dans l'établissement. Est-ce utile de préciser qu'elle n'attend que ça ?

 


Dernière édition par Rachael Miller le Mer 24 Fév - 20:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Persona non grata   Mar 23 Fév - 14:24


« Je pense que nous nous sommes très bien compris, mais qu’on va avoir du mal à se mettre d’accord. » Si Solveig avait été là, les choses auraient été bien différentes. Sa voix douce lui aurait simplement conseillé de ne faire attention et d’arrêter de faire le malin avec un agent de police. Isak avait déjà suffisamment d’ennemis, il aurait dû être rationnel et savoir qu’en rajouter un dans les forces de l’ordre c’était d’une stupidité sans nom. Toutefois, on ne pouvait mettre qu’une négation dans une phrase qui recoupait Isak et rationnel. De plus, sans savoir pourquoi, l’homme était piqué au vif par le manque de respect criant dont on faisait preuve à son égard. Lui non plus n’était pas pressé  bien qu’il sentit avec le temps qui passait que la situation n’allait pas se décanter à son avantage. La blonde en face de lui semblait à deux doigts de lui ouvrir le crâne comme une boîte de conserves. Ses traits s’étaient crispés, et ses mains paraissaient habitées par le stress.

« Se moquer d’un agent de police en service, je n’oserais pas voyons ». Le ton employé montrait bien qu’au contraire il oserait, et qu’il s’en délecterait en prime.  Discrètement, il ravala un peu sa salive de travers. Un contrôle d’identité allait clairement faire partir un bon nombre de ses clients. Ce battage de toute manière n’était pas réellement bon pour les affaires. C’était déjà suffisamment dur de faire du chiffre, si en plus les flics trop zélés se mettaient à s’y mettre, on n’était pas sorti de l’auberge.

« Vous êtes certaine d’avoir tous les droits hein ? Vous vous croyez meilleure que tout le monde ici parce que vous êtes du côté de la barrière qui brille ? » Il se leva brusquement de son fauteuil et se redressa pour se mettre à sa hauteur parlant relativement lentement et distinctement. « Vous venez avec vos gros sabots en pensant qu’on va vous donner le monde sur plateau. Vous exigez, et vous vous énervez si on ne vous donne pas. Qu’est-ce qui vous faire croire que vous êtes si différent de moi, alors ? Vous faites pareils mais vous pensez que c’est mieux parce que c’est légal. » La décision avait été prise, et ça n’était pas celle de la tentative de pacification. Bien loin de là en vérité. Les hostilités étaient lancées et le but à présent serait de la pousser à la faute. La femme ne se trouvait plus très loin de sa limite et ça, ça c’était très amusant. Le drogué, malgré sa stupidité tout à fait affichée, ne se savait pas assez idiot pour lancer un coup à la cantonade au milieu des gens armés. Il fallait donc que ce soit la belle Rachel qui s’y colle.

« D’un côté, je vous comprends, vous êtes de la vieille école comme on dit. Disons, que c’est difficile de ne pas le voir. Vous êtes une femme forte qui n’a eu besoin de personne pour se forger. Pour un peu ça serait touchant. » Ses yeux se firent mauvais, méchant, révélant le fond noir qui se cachait derrière le visage potentiellement agréable. «  Vous voulez Alvarez, je vous laisse le plaisir de le trouver toute seule. Si vous n’êtes pas capables de faire preuve de politesse, je suis sûr que vous serez très heureuse de faire du zèle. Je vous conseillerais néanmoins de ne pas trop faire de vagues, j’ai ouï dire que le gouvernement n’appréciait pas toujours les excès de zèle. Cela dit, qui suis-je, pauvre vermine dans votre sillage, pour me permettre de vous répondre ainsi. » Levant les mains en faisant celui qui acceptait de coopérer, il prit un ton goguenard pour rajouter. «  Vous pouvez me fouiller pour vérifier mon identité, mais soyez douce, c’est que c’est ma première fois. » Les autres autour de lui s’esclaffèrent comme des bons suiveurs. La plupart d’entre eux utilisaient cela en façade. Par ses simagrées, l’irrévérencieux espérait que certains pourraient s’éclipser bien qu’il ne douta pas du fait que le bâtiment fut bien encerclé. Malgré cela, il prenait le risque de se faire emmener au poste pour obstruction à une enquête de police. Son seul espoir résidait dans le fait que cette femme qui ne voulait pas dire son nom craque moralement et lui mette une sacrée poire.
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MessageSujet: Re: Persona non grata   Ven 26 Fév - 17:19

HRP :
 



« Only those who will risk going too far can possibly find out how far one can go »

Isak & Rachael
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Si d'aventure la milicienne avait entretenu quelques espoirs quant à l'hypothétique bon sens d'Eriksson, ceux-ci volent en éclats aussitôt que l'homme reprend la parole et continue d'affirmer ce qu'elle juge comme étant de la bêtise pure et simple. Lorsque celui-ci se relève d'un bond du fauteuil dans lequel il était jusque-là confortablement assis, elle marque un infime mouvement vers l'arrière et se fustige aussitôt pour cette réaction de recul lorsqu'elle aurait dû rester aussi immobile qu'un roc face à ce que son vis-à-vis s'apprête à lui servir.
Visiblement, il est de ceux qui n'aiment pas ne pas avoir le dernier mot dans une conversation. Malheureusement, Rachael n'est pas différente de lui sur ce point et se trouve en plus être, des deux, la personne investie de l'autorité gouvernementale. Néanmoins, elle serre les dents et se contente d'observer un silence religieux pendant tout le temps que dure la tirade qui se déverse sur elle en flots de mots qu'elle se retient à grand peine d'interrompre. Plus il la provoque, et plus il lui fournit des bonnes raisons pour ne pas faire ce qu'on lui a intimé de faire.
Ce qui ne lui effleure pas l'esprit en revanche, c'est que c'est peut-être exactement dans ce but-là qu'il continue de l'asticoter malgré les avertissements qu'elle ne s'est pas privé de lui donner.

Lorsqu'Isak décide finalement de fermer sa grande gueule, il ignore encore – mais pas pour longtemps – qu'il a gagné son petit jeu de provocation. Énerver Rachael ne figure guère au rang des exploits difficilement atteignables et c'est donc sans fanfare qu'il lui est décerné quand un poing vient sans prévenir le cueillir juste en dessous du menton. Comme elle n'est pas vraiment censée avoir le droit de l'abîmer, elle a retenu son coup mais espère tout de même qu'il se sera mordu la langue dans la manœuvre. Est-ce que cela suffira pour qu'il se calme, elle en doute, mais au moins ça lui fait une belle entrée en matière et la preuve que non, toutes ses jolies paroles ne sont pas simplement du vent. « Tu devrais savoir à quel moment il devient judicieux de se taire. Mais puisque t'as l'air d'aimer dépasser les limites, j'vois pas pourquoi j'devrais m'en priver moi aussi. » Suivi d'un uppercut gentiment envoyé dans l'estomac avec toute l'élégance et la douceur qui ne la caractérisent pas. Puis, sans se retourner et courir le risque de le quitter des yeux ne serait-ce qu'un instant, elle s'adresse par-dessus son épaule à l'autre milicien descendu avec elle dans le club. « Sanders, assure-toi que le périmètre est bouclé. Je ne veux pas qu'une seul de ces drôles se tire de là sans passer par nous au préalable. » Là-dessus, elle laisse son partenaire, témoin de la scène, donner les instructions plus détaillées via son talkie-walkie. Hors de question de l'envoyer rejoindre les autres et prendre l'initiative de se retrouver toute seule dans l'arène avec les fauves, d'autant plus alors que son interlocuteur ne semble toujours pas bien décidé à coopérer : c'est avec une surprise mêlée de déplaisir que Rachael encaisse un coup qui s'écrase sur sa mâchoire alors qu'elle vient tout juste de s'adresser à son subalterne. Bien que n'ayant pas évité le coup à temps, son absence de réaction à la douleur lui permet une réplique rapide et elle attrape le poignet à la volée, tirant sèchement vers le bas et l'arrière afin de déstabiliser son adversaire déjà porté vers elle par son attaque. Sa main restée libre se porte machinalement à la zone frappée, qu'elle devine déjà enflée en tâtant du bout des doigts. Un bel hématome en perspective, et la chance qu'il soit trop défoncé pour avoir mis toute sa force là-dedans.

« Tout cela était très instructif, Eriksson, mais il y a quelque chose sur laquelle tu t'es trompé. J'ai pas tous les droits parce que je suis du bon côté, mais simplement du plus fort. » Même elle n'est pas stupide de penser que le Gouvernement en vigueur est une entité dotée de bonnes intentions. Cette barrière qui brille dont a parlé Isak n'existe pas, que ce soit chez les puissants ou leurs opposants. « Donc oui, je suis en droit d'exiger qu'on me donne ce que je demande. Justement parce que, comme tu l'as toi-même souligné, la loi est de mon côté et pas du tien. » Même si ladite loi est grassement payée pour fermer les yeux sur certaines activités que l'on retrouve en nombre ici-bas. « Et ta précieuse protection ne vaut plus rien désormais. T'aurais été mieux avisé de te taire, parce qu'on va quand même trouver ce qu'on veut sans ta coopération. Par contre tu vas aussi repartir avec nous. » Rachael ne se voile pas la face et sait pertinemment qu'il aura vite fait d'être libéré, mais refuse de se priver du plaisir de l'emmener faire un tour au frais.

 
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MessageSujet: Re: Persona non grata   Mer 16 Mar - 0:07


Cet enfoiré d’Isak savait bien qu’il aurait du se taire mais c’était plus fort que lui de jouer au plus malin. Les coups qui pleurèrent sur lui le laissèrent un peu pantois. Même si c’était une forte tête verbalement, la drogue n’empêchait pas sa lucidité de se dire qu’il ne pouvait pas être dans la merde pour avoir taquiné un peu fort un officier de police mais que la frapper c’était autre chose. Petit con mais pas, encore complètement fou. Malgré tout, le fiel sortit de sa bouche comme un torrent de lave, impossible à arrêter et violent.

« Sale pute, tu vas crever ! » Le sang s’écoulait de sa lèvre car il s’était mordu sous la surprise du coup. Il avait envie de lui faire mordre la poussière, de faire sortir ses si jolies dents brillantes de leur axe. La destruction se lisait dans les yeux du chien avec tellement de hargne que ses poings suivaient le rythme. Ses jointures blanchissaient, il haletait comme un animal sur le point de frapper, comme un gars sur le point de refaire le portrait d’une femme accompagnée d’une trentaine de gars qui n’hésiteraient pas à le neutraliser. Idiot, tête brûlée, suicidaire fut un temps, sa vie comptait un peu plus à présent. La veine de son front palpitait d’une aigreur mal contrôlé. Faible se disait-il. Tu n’es qu’un faible, tu n’es même pas foutu de te redresser et de la remettre à sa place cette putain de garce. Regarde là plonger ses petits yeux suffisants dans ton regard. Sombre merde. Sa violence resta malgré tout assez vide de sens puisqu’elle fut aussi palpable que celle d’une adolescente qui trouve la bonne réplique après l’affrontement. Pieds et poings liés, le brun avait déjà suffisamment flirté avec la ligne. Les mecs du gouvernement refuseraient de le couvrir s’il faisait trop de grabuge. Se redressant avec le plus de superbe qu’il pouvait, comme un chat qui vient de tomber et fait celui à qui rien n’est arrivé.

S’époussetant une poussière invisible, il tenta de garder contenance se rapprochant pour se retrouver à dix centimètres de Rachael. « Je vais trouver ton nom et faire de ta vie un enfer. Ce n’est pas une menace ma chérie, c’est une réalité. Je ne frappe pas les femmes donc tu as juste de la chance. » Ses orbites crépitaient de veine rouges qui montraient son état secondaire et sa rage contenue. Tu as gagné pour le moment mais cet outrage ne restera pas impuni sache-le. Son expression indiquait peut-être présentement à la femme qu’elle venait de se faire un ennemi redoutable. Ses mots pourtant paraissent ne pas atteindre la blonde comme si elle s’en foutait. Pire c’était presque comme si des rires commençaient à fuser autour de lui. Impossible de déterminer s’ils les imaginaient ou non. Les voix s’élevaient de plus en plus forts pour devenir assourdissantes. Ses mains se posèrent sur sa tête parce que ça le brûlait presque. Ses yeux coléreux s’enfiévrèrent encore. Faites taire les voix, bon dieu, fermez vos gueules. Fermez vos putain de gueules. Les rires emplissaient à présent tellement l’air que ça en devenait insoutenable. Personne ne le regardait. Pourquoi le respect ne venait pas. Pourquoi la situation ne tournait pas à son avantage. Aussi cohérent que d’ordinaire, le visage de la femme inspectrice se superposa à tous ceux qui l’avaient un jour traités comme une merde. Il vit rouge. Son cerveau, sa capacité de raisonnement, tout ce qui faisait de lui un homme, s’envola pour laisser place à la bestialité d’un coup médiocre sur le visage de ce démon. Les rires cessèrent et ça ça faisait du bien. La suite des événements restaient un peu brumeuse. Hagard, il se rappelait vaguement qu’il avait été trainé dans un poste de police. Le chemin et toute la suite paraissait s’estomper. La drogue dans son organisme ne brouillait plus totalement les pistes alors il se trouvait là à se ressaisir un peu.

Depuis combien de temps se trouvaient-ils dans cette pièce austère et sombre ? Aucun moyen de s’en rappeler bordel.  Son corps réclamait déjà une petite dose de n’importe quoi pour se réveiller, un peu de cocaïne tiens. Il en avait cruellement besoin. Ses mains paraissaient commencer à trembler un peu, il se sentait instable sur une pente glissante. Pathétique dans sa représentation du cliché du junkie. On était bien loin du mec qui se la jouait cool dans son club de strip-tease. On se trouvait face à l’homme derrière la Bête. Perdu, déboussolé, il sursauta en entendant la porte s’ouvrir et la femme de toute à l’heure, du moins elle lui ressemblait beaucoup pénétra dans la pièce. Sa tête lui criait des insanités du genre, mais tu as vraiment pris n’importe quoi. J’en veux plus. Ce bruit me fait mal à la tête. Cette lumière me brûle la rétine. Epuisé, il se laissa tomber mollement sur le siège. Une salle d’interrogatoire. La réponse lui vint avant que la question ait pu être formulée de façon claire. Merde, on était chez les poulets là.

« Qu’est-ce que tu veux ? » articula-t-il d’une voix pâteuse. Moi je veux ma dose. Juste une petite dose et je te dirais ce que tu veux. Ma dose. Merde, je me sens pas bien, j’ai envie de vomir. Je veux juste un peu de poudre, est-ce que tu en as ? La voix dans sa tête continuait de s’agiter dans tous les sens. Cocaïne, LSD, MDMA, ecstasy tout était bon. Tout. La cohérence devenait de plus en plus difficile. « J’ai pas toute la journée, tu vas parler ou non ? » Moins de deux secondes avait dû passer entre ces deux phrases mais l’état d’agitation de l’homme le rendait impatient irascible irrationnel et dangereux. La femme devait le sentir car le junkie commençait déjà à gesticuler sur sa chaise. «  Tu vas me dire ton nom toi ? Pas comme l’autre pute de tout à l’heure. Rentrer comme ça chez moi comme ça. Aucune politesse. » Le discours par brides ressemblait d’assez prêt à de la cohérence mais il n’avait même pas reconnu l’agent. Du moins continuait à hésiter sur sa nature. « J’ai soif » finit-il. Il crevait de soif à présent, il se sentait étouffé aussi dans cette pièce. Les murs ondulaient de manière peu rassurante. L’hostilité de l’endroit promettait une mauvais redescente. L’absence de produits à consommer une très très mauvaise crise de craving. Le courage allait devoir être de mise pour Rachael.
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MessageSujet: Re: Persona non grata   Lun 21 Mar - 21:23



« Only those who will risk going too far can possibly find out how far one can go »

Isak & Rachael
featuring

Les menaces d'Eriksson, bien que soigneusement enregistrées et stockées dans un coin de sa mémoire, ne troublent pas le sommeil de la milicienne alors qu'elle rentre chez elle une fois son service terminé et la mission convenablement clôturée. L'heure très tardive l'envoie se lover dans l'étreinte de Morphée jusqu'à ce que le réveil sonne en bon annonciateur de la nouvelle journée à venir. Beaucoup trop tôt.
Rachael se trouve être de bonne humeur alors qu'elle vient prendre ses fonctions de bonne heure. Elle sait d'ores et déjà qu'elle va se prendre une soufflante pour son comportement de la veille vis-à-vis du patron du Little Darlings, mais cela ne vient en rien entacher ses bonnes dispositions : elle ne regrette en rien ses actes, et agirait sans aucun doute exactement de la même manière si d'aventure la situation venait à se reproduire. Les enflures du genre d'Isak ne méritent pas qu'on se prête à une pantomime quelconque afin d'avoir ce qu'on leur demande juste pour le plaisir de les amuser, et le peu d'estime qu'elle a daigné lui concéder hier soir est probablement bien au-delà de ce qu'il mérite, ou tout du moins est-ce là le fond de sa pensée.

Tandis que les dernières traces de la fatigue se dissipent devant une tasse de café noir, les quelques mots échangés au détour d'une conversation avec un collègue informent la milicienne que l'infortuné tenancier se trouve être toujours parmi eux, bien à l'abri entre les quatre murs aveugles d'une cellule inhospitalière. A sa surprise de le savoir toujours ici, on lui révèle qu' "on" ne devrait plus tarder à lui ouvrir la porte de la cage.
Rachael se dévoue pour se faire l'annonciatrice de la bonne nouvelle.

Comme la plupart des pièces construites à l'intention des personnes de passage plus qu'à celle de ceux qui travaillent au Poste, celle dans laquelle est enfermée Eriksson est morne et suinte l'ennui à travers la grisaille déprimante de ses murs nus. L'homme, assis sur une chaise devant une table, est dans un état qu'elle a tôt fait de juger pitoyable. Au moins s'accorde-t-il très bien avec ce qui l'entoure présentement. « L'autre pute serait probablement plus encline à faire usage de politesse si son interlocuteur n'était pas visiblement un grand ignorant de ce mot. » Elle s'assied en face de lui et lui adresse un sourire très froid  seulement dicté par le ton sarcastique de sa voix. « Alors Eriksson, t'as pas apprécié le confort de ta piaule quatre étoiles ? Vu ta tronche, t'as l'air d'avoir passé une nuit affreuse. Où est passée ta belle attitude bravache, tu l'as remisée au placard parce qu'on t'a tiré de ta petite bulle de confort ? » Elle attend sûrement d'être mentionnée pour ressortir, lui souffle une petite voix moqueuse à l'oreille. Les mecs comme lui ne se laissent pas écraser après une seule nuit passée au frais.
Avalant les dernières gouttes de son café, elle pose le gobelet à présent vide sur la surface plane de la table entre eux deux. De toute évidence, elle semble pour l'instant décidée à ignorer la remarque de son interlocuteur quant à son besoin de s'hydrater. Puisqu'il ne s'est pas gêné hier soir pour lui signaler l'importance de mettre les formes dans une requête, elle attendra sûrement qu'il daigne appliquer ses propres méthodes avant de s'exécuter bien gentiment.

« Je te veux rien de spécifique, j'ai déjà eu ce dont j'avais besoin. Entre toi et moi, ça valait pas le coup que tu te fiches là-dedans pour un type comme Álvarez, t'as manqué une bonne occasion de te la fermer. En fait, je venais juste dire bonjour et m'assurer que ton séjour ici se déroulait pour le mieux. Rassure-toi, tu pourras aller prendre un bain de soleil bientôt si tu te comportes sagement. » Elle marque une petite pause avant de reprendre sans se cacher de cette impression qu'elle donne de le prendre pour un con : « A titre indicatif, traiter de pute l'officier qui est chargé de te foutre dehors n'est pas un exemple de bonne conduite. » Elle se l'avoue sans peine, Rachael profite allègrement de la situation et des rôles inversés. Ici, pas de foule amassée pour ricaner à chaque crânerie d'Eriksson et personne pour soutenir ses arrières au cas où les embrouilles pointeraient le bout de leur nez. Ils ne sont que tous les deux à présent, plus les agents de l'autre côté de la porte évidemment, mais leur petit face-à-face n'a pas d'autre témoin que les deux concernés par la discussion. C'est d'ailleurs ce qui lui permet de garder un calme olympien : savoir que, quoi qu'il fasse, quoi qu'il dise, il n'est pas en mesure de lui faire grand-chose ici.  

 
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MessageSujet: Re: Persona non grata   Jeu 14 Avr - 1:54


« Vous les flics, vous êtes vraiment tous pareils avec vos remontrances à la con. » Il avait une voix peu amène. Son temps passé dans ce trou commençait sincèrement à lui taper sur les nerfs. Le manque combiné à cela le rendait nerveux et potentiellement très agressif et dangereux. Certes, il ne pouvait rien faire de bien incroyable pour l’instant mais il pouvait toujours essayer. Sa tête le brûlait comme si on lui avait injecté des braises dans le crâne.  Isak ne ferait pas un putain d’effort d’aujourd’hui. S’il avait pu lui cracher au visage pour le lui faire comprendre, il l’aurait fait. Manque de pot pour lui, la déshydratation faisait que la salive ne risquait pas de s’échapper. « Vous êtes tellement supérieurs, ça me dégoute. Je préfère avoir passer la nuit dans ce trou à rats qu’une heure dans ta vie de merde. » cracha-t-il acerbement. Elle ne voulait rien, et bien lui n’avait pas à être agréable de toute manière. S’il avait connu le sens de la politesse à un moment, l’animal en cage qu’il était présentement l’avait complètement oublié. Cela lui attirerait sans doute des ennuis jusqu’au cou plus tard mais à cet instant, ça n’avait pas le moindre intérêt. Il espérait tout de même que Solveig ne s’inquiéterait pas trop. Il n’aimait pas que sa sœur chéri soit sans nouvelles de lui, elle pouvait toujours se dire que quelque chose de grave lui était arrivé. Souvent, trop souvent, la jeune femme avait raison. Ses doigts tremblaient à présente de manière visible et incontrôlable. Il ressemblait à ces animaux coincés devant les phares d’une voiture mais qui continuent de faire les malins.

Ses yeux avides se posèrent sur le gobelet observant l’abus de pouvoir dont faisait preuve la jeune femme. Malheureusement pour Rachael, à force de passer par les garde-à-vue on finissait par connaître quelques règles et par savoir en jouer. L’homme reprit le ton bravache que selon la jeune femme il avait perdu tantôt. « Tu crois que tu m’impressionnes ? » Il haussa les épaules. «  Tu peux faire la maligne mais tu peux pas me garder non plus très longtemps. Tu dois aussi me garder en bonne condition il paraît. » D’ailleurs, si tu pouvais me ramener un peu de drogue, ça me ferait réellement plaisir, s’il te plait connasse. Voilà que cela recommençait les quelques minutes de raison qu’il lui avait fallu pour continuer de jouer le connard n’avait pas suffi à le garder proche de la raison. Le manque s’insinuait dans chacune des parcelles de son âme. La colère grondait, elle était toujours un peu là de toute manière, grattant à la porte pour sortir. Sa tête commençait à le faire souffrir. La lumière lui donnait la migraine, il fut obligé de fermer les yeux. Son estomac menaçait de vomir de la bile d’un instant à l’autre. Ses bras lui semblaient lourds terriblement difficiles à maintenir en place.  Son irritabilité augmentait à mesure que ses signes se développaient. Son bras bouscula rageusement le gobelet pour le faire voler contre un mur. « Tu te penses meilleure que moi !? Vous vous pensez tous meilleurs que moi !? » Il se redressa brusquement mais les menottes qui le retenaient le firent retomber brutalement sur la chaise. Cela ne l’empêcha pas d’essayer de se redresser. Toutefois, ce ne fut pas un franc succès, il s’étala de nouveau contre la chaise. De la bave avait glissé au bord de ses lèvres alors qu’il avait hurlé. Ses yeux étaient rouges, on pouvait compter aisément toutes les veines qui s’y trouvaient. On aurait dit un chien fou.

« Tu fais la grande gueule que parc’que j’suis attaché ! » Ses yeux lançaient des éclairs. Il se serait sans doute rué sur Racha pour lui faire du mal s’il avait pu. Dire que tout cela avait commencé parce que l’homme ne savait tout simplement pas se tenir et faire ce qu’on lui demandait sans broncher. Son problème avec l’autorité lui permettait de connaître toute la gamme des merdes qui peuvent arriver. Il se rassied se prenant la tête entre les mains. Ses coudes se posèrent sous la table pour le soutenir. Sans prévenir, il commença à avoir des spasmes puis vomit de la bile, littéralement sur la table de la salle d’interrogatoire. C’était ce qu’on obtenait à trop jouer avec un homme drogué jusqu’à l’os. On finissait par punir les femmes de ménage à sa place. Si la femme ne s’occupait pas de lui, elle pourrait presque être poursuivie de non-assistance à personne en danger. Isak n’était pas non plus en danger de mort mais sa situation commençait lentement à se détériorer. « Tu aimerais qu’je meure de toute façon. Ça te ferait mouiller salope. » murmura-t-il à bout de force alors que la terre tournait autour de lui.
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MessageSujet: Re: Persona non grata   Mar 19 Avr - 22:55



« Only those who will risk going too far can possibly find out how far one can go »

Isak & Rachael
featuring

« Il paraît. » Dans une attitude nonchalante frôlant l'indifférence jouée face à la réplique d'Isak, Rachael ne cherche pas à le contredire et se complaît dans son silence. Il a raison, bien sûr, mais n'a-t-elle pas déjà enfreint les règles une fois en le ramenant ici après tout ? Alors quitte à se prendre une soufflante, autant continuer sur cette voie et la mériter jusqu'au bout. L'idée de refaire le portrait à son impertinent d'interlocuteur lui démange encore le bout des doigts rien qu'au souvenir de l'entrevue de cette nuit et il est peu dire que la première excuse qu'il lui donnera pour passer à l'acte sera saisie au vol.
Mais de toute évidence, l'homme n'a pas besoin de son concours pour s'énerver tout seul. Manque de bol pour lui, les menottes attachées à la table lui interdisent toute amplitude dans ses mouvement et le réduisent à donner l'impression d'un clown grotesque jaillissant de sa boîte tandis qu'il tente brusquement de se lever de son assise. Sans bouger d'un pousse, elle observe l'insuccès de ses deux essais sans se cacher de la moue moqueuse et amusée qu'a adopté son visage. « La question ne se pose pas vraiment. » Si elle se montre peu loquace dans ses paroles, son regard en trahit bien davantage : t'as été suffisamment con pour te faire mettre derrière les barreaux malgré ton statut d'intouchable, bien sûr que je suis meilleure qu'on abruti drogué comme toi. Elle ne voit pas l'intérêt, cependant, d'argumenter ce point de vive voix avec le détenu provisoire et sa vanité n'est de toute façon pas importante au point de s'exprimer aussi ouvertement. « Tu veux que je te détache et qu'on vérifie l'exactitude de tes propos ? » Elle le provoque mais lui comme elle savent parfaitement que cela ne risque pas d'arriver. Aussi reprend-elle assez rapidement, continuant sur un ton lapidaire : « Tu crois vraiment qu'un camé en pleine crise de manque représente réellement un risque pour moi ? Je te savais pas si utopiste, Eriksson. » Le mépris, toujours sous-jacent dans son attitude, laisse place à une mimique dégoûtée lorsque son vis-à-vis se pique soudainement de l'envie de repeindre la table. Elle se lève d'un bond de sa chaise pour s'écarter vivement de la zone à risques, écœurée. Eriksson a l'air de payer plutôt durement sa privation des drogues dont il dépend et le spectacle est loin d'être agréable à voir, encore moins à sentir car l'odeur de la bile se charge bien vite d'empuantir la petite salle. Heureusement Rachael a vu pire, suffisamment pour que son propre estomac ne se sente pas obligé de manifester son soutien. Néanmoins son incompréhension face à ce genre de dépendance frôle les sommets alors qu'elle observe Isak se crasher dans la réalité des personnes dont la stabilité ne dépend pas d'une consommation de stupéfiants quelconques. Comment peut-on s'attacher volontairement un tel boulet à la cheville ?
A ce stade, l'homme est tellement bas sur l'échelle de son estime qu'elle en vient presque à éprouver une once de pitié pour lui. Presque.

« Mélange pas tes désirs avec les miens. Si ta mort devait me faire plaisir, le problème aurait déjà été réglé depuis quelques heures. » Ou pas : il y a tout de même des limites que la milicienne ne dépasse pas. Tuer sans réelle motivation en dehors du fait d'aimer ça, par exemple, en est une. Quel que soit le degré de haine ou de colère éprouvé à l'égard de quelqu'un, elle escompte bien ne jamais franchir cette ligne rouge. Une fois qu'on a mis le pied de l'autre côté, on est complètement foutu : elle ne veut pas devenir ce genre de personne.

Sans un autre mot à l'attention d'Isak, Rachael se détourne de lui pour aller frapper à la porte verrouillée. Un de ses collègues ne tarde pas à lui ouvrir, et elle lui explique en quelques mots concis la situation à l'intérieur tandis qu'elle-même vide les lieux. Un membre du personnel médical est rapidement dépêché sur place et elle retourne à ses occupations sans se soucier davantage du sort de l'individu. Le propriétaire du Little Darlings sera mis à la porte dès que son état lui permettra d'enchaîner deux pas sans aide, rendu à son terrain de jeu et libre de retourner s'enfoncer dans ses débauches. Si elle est consciente qu'elle vient peut-être de s'attirer un nouvel ennemi en sa personne, cela ne semble pas la formaliser plus que ça. Quant à savoir si leurs chemins se recroiseront de nouveau, elle en est quasiment sûre : Eriksson semble du genre à avoir la rancune tenace.  

 

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