AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 What is it?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: What is it?    Mer 20 Jan - 11:08

Cadeau:
 

Le réveil de Moïra est rythmé par des coups de marteau régulier. La rousse s'est habituée à cette gêne, tous ses réveils sont ainsi rythmés par des douleurs lancinantes depuis des années. Elle se passerait bien de ce désagrément, mais ne peut se contenter que d'en atténuer les effets avec les dolipranes. L'esprit brumeux, elle tend la main à la recherche de son tube dans le tiroir de sa table de chevet. Rituel de chaque matin, 2 cachets suivis d'un grand verre d'eau et direction la douche. Mais c'est un tube vide qu'elle secoue entre ses doigts. Moïra ne se souvient pas l'avoir vidé la veille, pourtant, ça ne l'étonne guère étant donné la vitesse où elle les ingère.

Ses paupières s'ouvrent, fâchée, frustrée. Elle recommence à se ruiner depuis qu'Isak ne la fournit plus, elle doit chercher ailleurs et encore devoir payer le triple pour obtenir sa ration quotidienne de paracétamol. En marmonnant, elle quitte le cocon confortable de son lit et claudique jusqu'à sa salle de bain. Le jet d'eau de sa douche achève l'état comateux de Moïra qui se sent déjà plus revigorer, à défaut de faire disparaître la douleur lancinante. Les cheveux enturbannés dans sa serviette, elle part tout de même à la recherche d'un quelconque tube qu'elle aurait délaissé, avec de la chance.

Ses pieds manquent de peu d'envoyer valser le vison qui se faufile entre la porte entrouverte, Moïra la referme pour laisser de l'intimité à Marissa de reprendre forme humaine et repart dans sa quête. En vain, constate-t-elle, en poussant un long soupir. Elle devra attendre le soir avant de pouvoir s'en procurer, il devient de plus en plus important et urgent qu'Isak et elle règlent leur différend, il est le seul à pouvoir lui offrir sa ''came'' au meilleur tarif.

« Qu'as-tu découvert ? » S'enquit-elle auprès de Marissa lorsqu'elle entend cette dernière dans son dos. Moïra l'observe par-dessus son épaule, blonde au regard azur, son joli visage inspire la confiance, mais la rousse sait ce que cache sous ce minois. Sournoise, fourbe, sadique, la skinchanger ne possède pas que des qualités. « Que le vieux croûton se tape toujours la même callgirl. » Lui répond-elle. Elle le sait déjà, encore faut-il obtenir des preuves, au cas ou elle en aurait besoin si le ministre se montre trop curieux de ses affaires. « Tu ouvres la boutique ? » Marissa s'approche et referme la fermeture éclair de la robe de Moïra dans son dos. D'un sourire, la rousse la remercie.

« Occupes-t-en, je prendrais ta relève plus tard. » Il faut bien faire tourner sa librairie pour légitimer sa couverture, Marissa l'aide dans cette tâche. D'autant que, depuis la prohibition, ils n'ont plus grand chose d'autres pour s'évader. Elle ne compte des milles et des cents de clientèle, juste assez pour justifier que sa librairie ne fera pas faillite dans l'immédiat. Son commerce le plus florissant se situe ailleurs, sous la boutique. Suffisamment grand pour accueillir une centaine de personnes, c'est ce qui l'avait convaincu de s'offrir le petit immeuble. « Ok patronne, j'y vais. »

Avant de passer du côté visible de l'iceberg, la rousse veut voir Grayson. Dernièrement, c'est plutôt fréquent, elle ne se l'explique et n'a d'ailleurs aucune raison de devoir justifier ses visites inattendues. Le temps de se chausser et elle descend au sous-sol, ses talons claquent sur le bitume. En toute circonstance, la rousse quitte rarement ses habits chics. Ce n'est pas parce qu'elle a quitté le Gouvernement, qu'elle allait abandonner la garde-robe qu'elle s'était constituée en 4 ans, elle leur porte une affection bien particulière.

Elle atteint la tanière de son fidèle ami, les cages renfermant les rôdeurs qu'il chasse pour les combats illégaux du Bones. C'est bien ici qu'il passe le plus clair de son temps, l'odeur y est nauséabonde malgré l'entretien régulier des lieux, comme si les effluves des cadavres s'imprégnaient dans les murs, tenaces. L'odeur est exacerbée par sa migraine et lui fait froncer le nez.

A première vu, aucune trace de Grayson, serait-il en train de prendre une douche ? Faut pas rêver. Un râle, provenant du fin fond de la pièce, accélère les battements de son cœur tandis qu'elle s'imagine le pire. Son pire cauchemar serait de le savoir comme eux, il y a réchappé de peu la dernière fois, et ça l'avait profondément changé. Elle s'imagine que ce râle est celui d'un Grayson transformé en rôdeur, c'est pourquoi elle s'y précipite pour en avoir le cœur net. La vision la laisse autant perplexe que soulager, ce n'est pas lui, mais cette chose n'a rien à faire ici non plus.

Un buste, de ce qui a été probablement une femme, se tortille jusqu'au barreau de la cage pour tenter de l'atteindre. Horreur ! « Grayson ! » Appelle-t-elle. Où qu'il soit, le cri est suffisamment puissant et sévère pour qu'il l'entende. La journée débute mal, aujourd'hui, sera de ces jours de merde qu'elle déteste tant quand tout ne se passe pas comme elle le souhaite.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: What is it?    Ven 22 Jan - 5:18



« What is it? »

Moïra & Grayson
featuring

Je ne l’ai pas entendue arriver. Je suis sûr pourtant que ses souliers ont claqué sur le béton, et si j’avais été attentif, j’aurais pu déceler, la précédant, l’effluve capiteux de son parfum. Mais j’étais trop focalisé sur mon ombre. Un petit exercice donné par Kyran… Il sait pertinemment que je ne m’intéresse qu’à la thanatologie, mais insiste lourdement pour que je ne néglige aucun aspect de son entraînement spartiate. C’est très pénible et je ne manque jamais de le lui faire remarquer… Mais nous savons tous les deux qu’en dépit de mes protestations d’usage, je m’astreindrai à cette discipline. Autant que ça m’arrache la gueule de l’admettre, Kyran n’est pas un mauvais mentor.

Et pour couronner le tout, après des heures d’intense concentration pour réussir à déplacer mon ombre et l’inciter à soulever un cendrier posé au sol, je commence enfin à capter les avantages de maîtriser cette capacité. Si je parvenais à contrôler totalement cette flaque de ténèbres, je n’aurais plus à m’emmerder avec des collets et autres lassos… Pour transférer mes rôdeurs de leur cellule aux cages de combat, il me suffirait d’enrouler la poigne de ce spectre obscur autour de leur gorge, et les guider ainsi sans contact et sans crainte de les voir m’échapper.

Pour l’instant, ma pratique est encore bredouillante : je suis capable de décoller l’ombre de la prise de mes pieds, arrive plutôt aisément à lui imposer des déplacements dans un périmètre restreint, mais dès lors qu’il s’agit de la faire influer sur la matière, comme soulever ce foutu cendrier, l’entreprise s’avère beaucoup plus hasardeuse. Ça fait près de deux heures que je m’acharne à faire bouger l’objet de métal et le transporter jusqu’à l’étagère à outils, à trois mètres de là… L’expérience n’a fonctionné qu’à trois reprises. Le reste du temps, j’étais incapable de maintenir assez longtemps le degré de concentration nécessaire et, à mi-parcours, le bibelot chutait au sol dans un fracas métallique.

La tête commence à me tourner et je sens la faiblesse caractéristique de l’appétit ramper dans mes entrailles, mais je choisis d’ignorer ces symptômes pathétique, poursuivant mes exercices jusqu’à ce que la voix de Moïra éclate soudain, puissante, autoritaire. Une fois de plus, le cendrier explose sur le ciment dans un bruit de casserole. Un juron m’échappe, mais je suis déjà sur mes pieds. Sans que j’y prenne garde, une sorte d’empressement enfantin s’est logé sous ma peau. J’ai tôt fait de le réprimer, retrouvant la démarche paresseuse du pseudo mâle alpha.

Mon corps se coule entre les cages, silencieux, avec la fluidité d’un vieux chasseur. Je veux la surprendre, voler le tableau de son apparition, avant qu’elle ne puisse à son tour poser les yeux sur moi et modifier son port en conséquence. Les femmes portent constamment sur leur silhouette le regard du monde. Dès leur plus jeune âge, elles sont contraintes à le subir tout en feignant de l’ignorer, et développent ainsi un réflexe, une tension particulière, le bouclier impeccable d’une apparence sans cesse décortiquée. Les femmes comme Moïra, joyaux d’une génétique aveugle, endurent doublement cette malédiction, car elles sont admirées.

Il y a donc un plaisir coupable et voyeuriste à saisir ces précieux instants, lorsqu’elle ne se sait pas observée, que sa posture se détend et cette zone de son esprit s’éteint momentanément. Les mouvements qu’elle esquisse alors sont l’expression naturelle de son essence, sans fard ni conscience de soi. Mes sens aiguisés traquent le froissement du tissu, une respiration, la friction d’une semelle sur le sol. Je l’aperçois bientôt, au détour d’une cloison grillagée. Ses cheveux sont détachés et ruissellent en ondulations cuivrées sur ses épaules. Elle se tient droite, un tressaillement d’impatience dans la cheville. Je ne distingue que son profil, l’expression sévère et perplexe naturellement adoucie par les courbes de son visage, puis réaffirmée par sa tenue de bourgeoise irréprochable.

J’aime bien quand elle descend sur mon territoire. Certes, c’est légalement le sien. L’espace du Bones réservé au public – le casino, le bar, les cages de combat – porte sa griffe dans les moindres détails, le vernis d’élégance soigneusement appliqué sur ce tripot sauvage… Mais je suis seul à avoir investi l’arrière salle, dédiée au stockage des zombies, des cadavres, et à mes expérimentations douteuses. Ma patte y est donc imprimée partout, et la présence de Moïra dans ce foutoir mortuaire semble toujours subversivement incongrue. Comme une fleur éclose sur un tas de fumier… Une farce cruelle qui ne fait que souligner nos différences, le gouffre entre nous.

Je consens finalement à me montrer – on ne fait pas attendre la boss – apparaissant à l’orée de sa vision, négligemment incliné sur mon avant bras, appuyé contre une cage vide, et l’ombre d’un sourire roublard aux lèvres. Avec ma concision habituelle, je réponds à mon prénom par le sien.

— Moïra.

J’allais m’enquérir de la raison de sa visite, jusqu’à suivre machinalement le trajet de son regard et tomber sur Norah. Comme pour souligner l’intensité dramatique du tableau, cette dernière  exhale un gémissement éraillé et se tend sur ses moignons, le tronc en appui précaire sur un bras décharné, l’autre cherchant à se faufiler entre les barreaux.

À ce moment, je perds un peu de ma superbe et juge bon de retrouver la stabilité de mes deux pieds, dans une attitude plus diligente. Un embarras irrationnel crochète ma tranquillité d’esprit et je me lance dans une explication aussi spontanée que coupable en me grattant l’arrière du crâne.

— Oh, elle, hum, c’est…

Merde, j’aurais dû dire ça. Ça, pas Elle. Achever de la déshumaniser, lui refuser toute identité. Je pourrais tenter un rattrapage bancal, mais l’éloquence n’a jamais été mon point fort, et je suis mauvais menteur. Entendons-nous bien, je n’éprouve ni scrupule ni difficulté à servir des salades à un peacekeeper, ou tout autre individu que je n’estime pas. Mais pas à Moïra. Même si j’essayais, elle me connaît suffisamment pour déceler mes bobards à la seconde où ils franchiraient mes lèvres.

Non, ma meilleure stratégie est désormais de rester dans le flou, et compter sur l’excuse de ma nature réservée et lapidaire. Sur un raclement de gorge, je me rapproche lentement de ma patronne, invitation silencieuse à détourner son regard de Norah pour retrouver le mien, et y imprimer toute ma force de conviction. Je sais à quel point il est difficile d’infléchir l’acier de ses prunelles. Ou même, parfois, de les soutenir.

— Mh, ramenée de ma dernière chasse. Une connaissance de… d’avant. Pas pu la laisser là-bas.

Mes intentions sont passées sous silence. Je sais bien qu’il faudra prendre une décision. L’achever, dans un avenir proche. Lui accorder ce mythique et intangible repos éternel, celui qu’elle mérite et auquel je ne crois plus. Qu’est-ce qu’on en sait, qu’elle sera mieux de l’autre côté ? Et d’abord, de quel foutu au-delà parle-t-on ? Incapable de poursuivre cette réflexion et d’envisager la possibilité de cette séparation définitive, je préfère tenter une diversion.

— Besoin de quelque chose ? Tu veux voir les champions de ce soir ? J’ai capturé de beaux spécimens…

 

 
Revenir en haut Aller en bas
 

What is it?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-