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 Weight beneath our sin {.pv}

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MessageSujet: Weight beneath our sin {.pv}   Jeu 21 Jan - 21:32


Rhys Steinsson & Calyxte Breckenridge
You stole my life. Left me here to die. It's the same old fucking story. The same old fucking lies. The same old fucking ending. With the fucking same good bye I can't believe... Now I know that I don't belong. I don't care. You're a scar burned into my skin. Can't hold on. Can't move on. You're the weight beneath my sin.


La cadence du souffle en unique rythme. Les échos du cœur contre les tempes comme une invitation à la perdition. La douleur en ancienne amie. Une alliée qui se répercute contre les parois d’une carcasse en proie à la terreur. En réponse à des questions silencieuses, les muscles se contractent. Hors de son contrôle. Un soupir exhale le trouble et une nouvelle contraction musculaire guide les phalanges contre la peau. Linceul de glace sur une chair en feu. Le tourment sur le visage tire les traits ravagés par le mal en train de prendre possession de son flanc. Calyxte contemple, impuissant la mort qui s’étend contre sa chair. La noirceur se répand, telle une menace. Meurtrissure et flétrissure sont les nuances du tableau se composant sous ses pupilles dilatées par l’horreur. Creusée par l’impact d’une balle perdue, la chair se décompose. Zébrée d’un écarlate qui glisse de l’embouchure béante, les veines se font de suie et propagent les morceaux de mort dans les tissus abîmés. Les doigts se crispent, endiguent les vagues et c’est tout son être qui se révulse. Repousse l’attaque dans un spasme qui lui déchire le ventre. Son cruor en horreur, le simple contact contre la pulpe de ses doigts parvient à faire germer la nausée sur sa langue asséchée. Le désert s’étend, ravage sa gorge serrée et le soldat ravale un râle. Le contrôle s’étiole. Il le sent. Pernicieux qui lui échappe à chaque nouvelle pulsation aortique. L’immaculée blancheur de la gaze se pare de reflets carmins, s’en imbibe jusqu’à l’excès. Inutile. Submergée par la tempête, la compresse achève de se noyer dans le lavabo, déjà débordant d’une eau fumante parsemée de fils écarlates. Alors qu’un nouveau pansement s’appose sur la peau à vif, il vacille. S’agrippe de sa main libre à la vasque. Il détourne le regard de cet amas d’immondices noirâtres et pose ses pupilles sur les contours de son reflet. L’horreur en réponse. Elle le contemple, impassible de ses orbites vides. La créature décomposée imite ses gestes, reproduit ses attitudes avec une perfection qui le met au supplice. Là où les coups l’ont détruit, le crâne s’effondre, disparaît en d’innombrables fractures sous la chair rance. Visage décharné dont les traits s’affaissent du côté droit, les os fracassés se mêlent à la peau déchirée, ravagée par les sillons de profondes cicatrices.

Suspendu à son souffle, le temps s’est arrêté. Figé, comme s’il souffrait lui aussi de cette vision abominable. Le cœur se contracte, réfute avec violence ce qui terrifie l’âme. L’apathie se flétrit. Se fane devant le souffle brûlant d’une colère forgée dans les fibres de sa haine. La brutalité en exutoire. Le geste se pare des couleurs de la violence, et le miroir vole en éclats. Le panneau pleure sous la force du choc, le bois se fendille lorsque le projectile chute lourdement dans le liquide fumant. Avant de heurter la céramique dans un bruit sourd. Des échardes viennent se poser sur le sol au milieu des débris de cristal qu’il piétine sans plus de sommation. Libérée d’un poids, c’est toute sa stature qui se redresse, renoue avec cette hauteur imposante et intimidante dans une seule inspiration. Et comme pour saluer cette domination nouvellement regagnée, on vient frapper à la porte. La plaie est masquée à la hâte sous un bandage de fortune, dissimulée par le tissu sombre d’une chemise qu’il referme avec précision. Le soldat clôt la porte de sa déchéance derrière lui et vient se poster près de son bureau, prenant soin de tourner le dos à la porte avant de lancer l’injonction.

Absorbé dans la contemplation du drapeau de cette Amérique déchue, le soldat laisse planer le silence une fois les pas figés dans son dos. « - Votre attitude est déplorable. Indigne de ce que vous représentez. Vous êtes des soldats, et non des gamins dans une cour de récréation. » Ferme et glacial, mais sa voix ronronne d’un calme assassin. Il n’a pas besoin de hausser le ton pour faire courir des frissons le long des échines, ni pour forcer le respect. Alors face à ces deux recrues récalcitrantes, il n’est pas question de changer ses habitudes. « - Neuf Peacekeepers. Deux blessés graves, un manquant encore à l’appel, des balles perdues… » Le compte rendu de l’échec qui l’accable s’achève dans un soupir lorsque Calyxte fait enfin face aux soldats. Les pupilles céruléennes frôlent le premier incriminé et se posent ensuite sur le second. La lueur perdue sous la glace change, vacille. Les traits se parent d’une profonde stupeur mêlée à ce qui ressemble à une frêle ébauche de tendresse. Le temps d’un battement de cœur, Calyxte perd pied. Il s’enlise dans les prunelles transparentes de celui qui fut son amant. Ressent à nouveau le trouble qui lui broyait le ventre à chaque fois qu’il avait le malheur de s’accrocher trop longtemps à ce regard. Et avec lui le feu de la rancœur qui lui brûle la langue. « - Je ne saurais tolérer une telle médiocrité dans mes rangs. Mettre en danger vos propres frères d'armes, et ceux que vous êtes tenus de protéger… » Un profond dédain s’ancre à ses traits alors qu’il reporte son attention sur le second Peacekeeper. « - Vous êtes tous les deux suspendus. Immédiatement. Et ce jusqu’à ce que votre conduite soit digne de la tâche qui vous incombe. Inutile de préciser que vous êtes tenus de déposer votre arme à l’armurerie avant de prendre votre congé. » Il accompagne le tranchant de ses paroles d’un signe de tête en direction de la porte à l’adresse du soldat qui s’exécute sans ajouter un seul mot. Refermant alors la porte derrière sa misérable carcasse pour laisser Calyxte seul avec son passé. Le doute en caresse contre sa peau. Le silence en poids sur ses épaules. L’ancien politicien en perd son éloquence. Ne sais par où commencer. Quoi dire, quoi faire face à cet homme qui a réduit sa vie en champ de ruines. Depuis le premier instant où il a eu le malheur de croiser ce regard aussi envoûtant que gênant.


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MessageSujet: Re: Weight beneath our sin {.pv}   Dim 24 Jan - 20:32

Convoqués comme de vulgaires gamins après une bêtise. Il en avait pris l’habitude dès le plus jeune âge, réprimandé à juste titre pour ses frasques en tous genres. Le plus souvent accompagné d’Elias, qui aggravait une fois sur deux la sanction en se montrant démesurément loquace. Il aurait été inimaginable à l’époque que l’un d’eux s’engage de lui-même dans un cadre aussi strict que l’armée, et cela conservait un côté surréaliste aujourd’hui. Il détestait toujours autant l’autorité. Devoir se plier à des ordres parfois complètement absurdes. Il n’était dès lors pas rare qu’il enfreigne les règles, au risque de se faire sévèrement réprimer. Un agacement vif se diluait dans ses veines à l’idée de subir un énième sermon, pour un écart de conduite qu’il jugeait parfaitement nécessaire et même totalement justifié. La mine sombre, il s’efforçait de ne rien laisser paraitre. A l’usure, il avait appris à encaisser sans broncher. A ne pas répliquer systématiquement avec insolence, même si ça le démangeait furieusement. Empreint d’une bonne volonté toute relative, il s’était ainsi rendu sans sourciller dans le bureau d’un supérieur inconnu au bataillon, des éclats de verre en travers des lèvres. Résolu à rester silencieux et stoïque, pour ne pas déclencher une hémorragie qu’il ne saurait endiguer.

Tout s’envola en fumée à l’instant même où il posa ses rétines claires sur l’échine du milicien. Les iris d’une mer métallique détaillèrent la carrure imposante avec stupéfaction, dérivèrent un peu trop longuement sur la chute de reins avant de se fixer contre la nuque. Même tournée, il aurait reconnu la silhouette écrasante entre mille, tant il l’avait souvent parcourue par le passé. De son regard fiévreux ou de ses phalanges indécentes. Un fragment de doute persistait pourtant, et le son de sa voix lui fit l’effet d’un coup de tonnerre. Affreusement calme, elle se parait d’accents meurtriers, grondait d’une colère sourde aisée à deviner. L’islandais sursauta, pétrifié comme s’il venait de voir un fantôme. Tout ce qu’il avait cherché à refouler, à enterrer profondément en lui, se débattait sous la surface abimée. Ses entrailles remuaient les cendres, se calcinaient au contact d’escarbilles qu’il croyait étouffées. Les griffes du félin raclaient la geôle de chair, s’y plantaient avec une telle hargne qu’il dût se mordre l’intérieur de la joue. Il prêta à peine attention au bilan désastreux de la mission, accaparé par ses grouillements internes. Le sang pulsait vigoureusement contre ses tempes, menaçant de lui donner le vertige. Il sentit le même flottement dans l’attitude de son ancien amant. La surprise ne quittait pas ses traits tendus, les imprégnant avec bien trop de force pour qu’il parvienne à les masquer comme le reste de ses émotions.

Jusqu’à ce que l’inévitable sentence lui vrille le crâne. Une douche glaciale assortie d’un coup de poing entre les deux yeux aurait eu le même effet. Les doigts croisés dans son dos se crispèrent, se tordirent nerveusement. Jouant avec l’alliance qui brûlait son annulaire gauche depuis qu’il était entré. Celle-là même qu’il avait sournoisement retirée lors de leurs premières retrouvailles. Prétendant être dépourvu de toute attache pour mieux attirer Calyxte entre ses reins. Cette fois-ci, il n’en fit rien. Elle lui rappelait simplement ce qu’être mis à pied signifiait. Passer davantage de temps chez lui avec sa femme, et endurer l’état de santé catastrophique de leur unique enfant. Ou devoir écumer les bars clandestins pour s’occuper l’esprit. Le malaise le prenait à la gorge, l’étranglait avec force. Les poils du métamorphe se hérissaient d’animosité. Les dents cependant serrées à s’en éclater la mâchoire, il n’esquissa pas un mot. Accueillant avec un mélange de gratitude et d’angoisse le départ de son infortuné acolyte. Ce n’est que lorsque la porte fut fermée avec soin qu’il s’autorisa à sortir de sa pénible immobilité, esquissant un pas en avant. Se retenant de briser davantage la maigre distance, irrésistible. Comme pour mieux détailler le visage fermé, les traits dessinés dans le moindre recoin de sa mémoire. L’azur de ses rétines acheva de ployer sous les assauts d’une rage bouillonnante, viscérale. L’acier noyé sous le flot des ténèbres qui envahissaient sa maigre carcasse.

« - Je te croyais mort. » Lâcha-t-il abruptement, sans faire preuve de la moindre once de tact. Sans prendre la peine non plus de s’astreindre au vouvoiement de rigueur. On aurait presque pu y saisir là une forme de déception, et il ne fit rien pour gommer l’impression assassine. L’affirmation cruelle était en vérité gorgée de reproches purulents. Les nerfs trop effrités et sur le point de céder pour parvenir à renouer avec un semblant de douceur. Son cœur s’était déchiré en même temps que le lien du maitre à sa créature, broyant littéralement l’amas de chair entre ses côtes. Réaliser qu’il avait souffert de cette perte pour du vent le rendait mauvais, en plus de se teinter d’une incompréhension flagrante. Le poids qui se libérait de sa poitrine maltraitée était salutaire, mais le revoir en vie ne soignait pas pour autant les parois infectées de son piètre palpitant. Handicapé des rapports humains, il n’aurait de toute manière pas pu réagir autrement. Préférant blâmer le séduisant peacekeeper plutôt que de souffler son soulagement ou d’admettre le manque qui lui avait tiraillé le ventre après la rupture. « - Mais je suis rassuré, te voilà seulement converti en un de ces soldats tire-au-flanc qui aboient des ordres sans daigner se déplacer sur le terrain. » Cracha t’il, terriblement méprisant. « - T’étais là peut être pour juger du prétendu amateurisme de tes chères recrues ? T’as pas conscience du bourbier dans lequel on s’est enfilés, on était dans la merde jusqu’au cou. C’était un carnage, à quoi ça servait qu’on reste sur le terrain ? » Il voulait s’en persuader, qu’il avait fait le meilleur choix, tout comme il s’était convaincu des années auparavant qu’il aurait amèrement regretté de quitter Louiza. A tort ou à raison, l’autruche creusait son trou. « - Joli discours d’ailleurs. T’avais répété devant le miroir ? Digne de la tâche qui nous incombe, putain ce qu’il faut pas entendre comme conneries… » Grogna la tête à claques, levant ostensiblement les yeux au plafond avant de les reposer sur la figure troublante. « - Et plutôt vague non comme terme ? Si tu veux que je sorte de cette pièce, il va falloir être plus précis. Je t’écoute, je ne vis que pour être dans tes bonnes grâces. » Sa voix venimeuse ondulait. Se parait de cette ironie acide qui lui collait à la peau, de cette insolence infernale qui lui avait si souvent valu de rallonger la liste de ses corvées. La moquerie était évidente, camouflant sa gêne. Un mécanisme de défense parfaitement rôdé, mais hélas facile à démasquer quand on le connaissait aussi bien que l’américain. « - Quant à rendre mon flingue… Compte là-dessus. » Pour illustrer ses propos railleurs, il avait sorti à moitié l’arme de son holster pour feindre d’obtempérer, avant de l’enfoncer davantage contre sa cuisse. Tout était bon pour provoquer.

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I hear my poisons in the multitude. Why was I damned a human deemed too rude? Somewhere between the madness and my mind. I live with lesions called the human kind. I wander aimlessly amongst the herd. Infesting shadows, I am undeterred. My head explodes, my soul berates.
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MessageSujet: Re: Weight beneath our sin {.pv}   Mar 26 Jan - 20:02


Il n’a pas réfléchi. Pas un seul instant. Qu’en congédiant le soldat, il se retrouverait seul avec le second incriminé. Il n’a pas pensé aux conséquences d’un tel isolement. Au trouble étouffant que la soudaine intimité allait distiller sous sa peau. La carcasse tressaille et se fend en plusieurs endroits. Le cœur se fragilise, ne parvient pas à retrouver les notes de sa morne symphonie. Il s’emballe et frappe trop fortement contre les côtes. La souffrance passe un instant sur le visage fermé de Calyxte, elle le dévore de l’intérieur. Et sur son visage, les cicatrices se font de feu. Elles le brûlent, démangent la chair pourtant refermée depuis des années. C’est un retour en arrière qui lui fait affreusement mal. Et déjà des frissons de crainte dégringolent le long de son échine. Malgré la peur, la rancœur et ce souffle de désir violent, il s’efforce de rester impassible. Joint les mains dans son dos pour dissiper les infimes tremblements de sa main droite. Le début de la chute. Toujours le même commencement, la main qui tremble, et devient difficile à contrôler. Puis l’aiguille qui pénètre la chair, juste sous l’oreille droite. Bientôt rejointe par une autre dans la tempe. La migraine qui se fait souveraine contre son pauvre cerveau. Péniblement, Calyxte avale sa salive, s’efforce de ne pas se projeter, espère que cette fois ce sera différente. Le silence lui vrille le ventre et tiraille ses pauvres nerfs. Lui laisse tout le temps de redécouvrir ce visage qu’il connait pourtant par cœur. Inconsciemment, le regard du soldat s’attarde sur les contours des lèvres de son ancien amant. En dévore les lignes et les redessine avant de se heurter aux pourtours grossiers d’une cicatrice lui barrant la gorge. Le malaise tord le cœur et oblige les pupilles inquisitrices à revenir se heurter à celles de l’islandais.

Je te croyais mort. L’ombre d’un sourire amer s’appose sur les lèvres de l’ancien Major. Heureux de te revoir aussi. L’esquisse se fait plus assassine et Calyxte s’autorise un infime haussement d’épaule. « - Navré de te décevoir. » Il n’a pourtant pas été loin de l’être. Considéré comme mort au bout d’un mois par les médecins, c’est la ténacité de sa mère à ne pas vouloir le débrancher qui lui a valu son salut. Il n’en est pourtant plus loin non plus. Presque mort physiquement, assassiné moralement depuis leur séparation. Il est habitué à cette absence de tact. Cette franchise douloureuse qui fait partie de ces choses qui font le charme de l’islandais. Il y est habitué mais quelque part, le côté abrupt de la chose lui fait mal. La mâchoire se crispe, et Calyxte reste de marbre face aux paroles assassines qui s’écrasent à ses pieds. Il toise l’insolent, l’écrase de toute sa hauteur. La différence de taille pour asseoir une autorité trop aisément bafouée par l’audace du soldat fautif. La provocation lui fait l’effet d’une décharge électrique. Elle court le long de sa peau et martèle son cœur. Fracasse ses reins, dont les pauvres cendres retrouvent un semblant de chaleur. « - Range ton ironie. Elle ne prend pas avec moi, tu devrais le savoir. Quant à ta petite provocation, j’ai bien peur qu’un refus d’obtempérer de ta part, ne m’oblige à me reporter à une autorité qui sera à même de te contraindre. Simplifie les choses pour une fois en te comportant en adulte, et non pas en gamin. » Il le lâche dans un souffle. Glacial. Aussi tranchant que les moqueries ridicules de l’autre soldat. Si prétendre a été une partie de plaisir avec les autres, le rôle dans lequel Calyxte s’enlise depuis des mois lui fait affreusement mal face à Rhys. Les contradictions s’enchaînent et s’affolent sous sa peau. Le mettent au supplice, et font vaciller le temps d’un battement de cœur ce qu’il s’efforce de maintenir intact depuis l’entrée dans la pièce des deux soldats. Le regard fuit un instant les pupilles dangereusement fascinantes, et l’ancien Major serre le poing lorsqu’un spasme agite les doigts de sa main droite. C’est tout ce qu’il s’est efforcé d’étouffer depuis quatre ans qui lui revient dans la figure. Toute la passion dévorante, le cœur offert délibérément et la rancœur. La blessure nécrosée qui lui barre le flanc n’est rien en comparaison de celle, purulente, qui gangrène son cœur.

« - Pour ta gouverne, j’étais présent. Appelé en renfort pour essayer d’endiguer l’hémorragie provoquée par votre pitoyable désertion. A toi et à ton copain. Alors oui, je peux me permettre d’appeler cela de l’amateurisme. » Les mots lui arrachent la gorge. La déchire pour faire vibrer sa voix d’un dédain troublant. Les traits se tirent et alors que le regard dérive sur le décor, les pupilles se font incendiaires. Le soldat a toujours eu horreur de l’échec, d’un ordre préalablement établi et si aisément bafoué. Encore plus lorsque les cartes s’effondrent par bêtise. L’orage s’annonce, assombrit les iris gris qui reviennent se poser sur le trouble-fait. « - Quand on décide de s’engager pour protéger des innocents, les bourbiers et les carnages font partie du contrat. » Il le lâche avec froideur, les mots se font incisifs. Pour étouffer la souffrance qui le ronge. Plus les minutes passent, plus la douleur se fait intense. Se tenir là, face à son ancien amant est un supplice. Une chose qu’il ne pensait pas revivre à nouveau, qu’il avait délibérément rayé de son esprit pour ne plus ressentir cet accablement déroutant. De la peine dans sa forme la plus brute. Sans anesthésiant, seulement la déchirure et les chairs à vif. Rongées par la rancœur, l’amertume et ce goût affreux d’inachevé sur la langue. Son sang se brise contre ses tempes, et avec lui, les questions qui restent sans réponses. Calyxte aurait tant de chose à dire. Pour délester son cœur fatigué de ce poids qui le fragilise encore plus. Dans un raclement de gorge, l’ancien Major se reprend, esquisse un pas de côté pour laisser le bureau se glisser entre eux. Le pas en avant de Rhys, l’a mis mal à l’aise. Il s’est contraint à l’immobilisme, s’est fait violence pour ne pas reculer. Parce qu’il meurt d’envie de voir cette maudite distance se briser. Parce qu’il a peur d’une proximité trop importante. Le paradoxe l’écartèle, lui lacère le ventre et fracasse ses pauvres reins. La gorge se fait aride, désertique et des lames acérées viennent s’incruster dans sa trachée. « - Je constate à regret que ton séjour aux archives t’a rendu trop fragile et enclin à la fuite facile. » C’est un reproche. Teinté d’amertume. Envers sa femme surtout. Envers Lui pour avoir accepté d’abandonner sa propre carrière pour satisfaire les lubies d’une autre. Un enchaînement qu’il n’a jamais vraiment compris. Il l’a effleuré du bout des doigts pourtant, la promesse d’un mariage fait pour durer. Avortée avant qu’elle ne soit scellée. Il n’est pas fait au fond, pour se ranger. Pas plus qu’il ne croyait Rhys capable d’une chose pareille. Rhys… Le nom qu’il se refuse de prononcer n’a de cesse de se cogner contre son crâne. Les quatre pauvres lettres roulent sur sa langue, sans parvenir à s’en extirper. Le refus du cœur sur la raison. Calyxte s’entête alors à maintenir érigées les barrières autour de son piteux palpitant. Pour ne pas sombrer, une nouvelle fois.

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MessageSujet: Re: Weight beneath our sin {.pv}   Ven 5 Fév - 22:01

Le mépris. Viscéral, impérieux, cuisant. Il cinglait sa peau avec force, transparaissait dans les prunelles claires comme de l’eau de roche. La première chose qu’il avait farouchement détestée chez Lui. Ce petit air hautain qui semblait en permanence greffé à son visage, qui se renforçait jusqu’à en devenir insultant chaque fois qu’il se trouvait dans les parages. Jumeau en tous points de celui exprimé par son demi-frère. Différents dans leur comportement et pourtant affreusement semblables. Le sentiment amer d’être un moins que rien qui lui rongeait les tripes en leur présence. Les jugements de valeur qui se dessinaient sur les lèvres pincées même lorsque les assassines restaient scellées. Mutuellement rongés par les préjugés dégradants. Les retrouvailles amères le ramenaient des années en arrière, bien avant que l’américain ne cède à ses avances puériles. Toute once de chaleur semblait avoir été étouffée, soufflée par un vent de glace. Calyxte le déconcertait toujours par son flegme et sa maitrise, et il l’avait maintes fois imité sans réellement parvenir à surpasser le maitre. Il déguisait moins facilement les émotions volcaniques naviguant dans ses artères. Trahi par une veine saillante de rage sur sa tempe ou une lueur meurtrière dans les rétines supposées rester insondables. Les immenses progrès accomplis depuis l’adolescence restaient incomplets. Le besoin carnassier de répliquer continuait de lui porter préjudice. Perceptible, l’ouragan roulant sous la chair affleurait la surface, suscitant la méfiance même lorsque Rhys s’efforçait de ne rien extérioriser. Il cherchait à se persuader que l’austérité apparente affichée par son ancien amant le laissait de marbre mais des aiguilles acérées transperçaient son palpitant. Bourré d’analgésiques, le piteux organe les ressentait pourtant avec une précision redoutable. Ce qui n’était pour l’instant qu’un vulgaire pincement menaçait de se muer en une plaie béante à tout moment. Sinuant au travers des coutures mal refermées.

Infantile, sa petite bravade l’était. Le milicien en était parfaitement conscient et en jouait, renouant avec l’un de ses défis favoris. Faire sortir de ses gonds l’ex Major et taillader les nerfs d’acier jusqu’à les voir plier. Loin de se laisser impressionner par les grondements qui s’échappaient de la bouche du soldat, l’irritation le rendait plus teigneux et insolent encore qu’auparavant. « - Et tu devrais savoir que les tentatives d’intimidation ne prennent pas sur moi non plus. » Siffla-t-il, balayant l’air de la main avec dédain, un rictus mauvais remontant le coin de ses lippes. « - Serait-ce un aveu d’impuissance de ta part ? » La voix de l’islandais prenait des accents plus enjôleurs, donnant à l’interrogation venimeuse un sens plus pernicieux et sulfureux que la réalité. Entretenant volontiers une ambiguïté qui n’avait normalement plus lieu d’être entre eux. « - Tu as besoin de te référer à la hiérarchie pour te faire obéir maintenant ? Les temps doivent être durs si tu ne parviens même plus à te faire respecter par toi-même. Je suis navré que tu sois désormais forcé de cafarder pour asseoir un semblant d’autorité. » Il afficha une moue contrite, feignant d’être réellement désolé pour lui. Le suicidaire avait le plus grand mal à s’arrêter, au risque d’aggraver la sentence, alors même qu’il ne se serait probablement pas permis la même familiarité avec un parfait étranger. La rancœur dictait les règles de sa piètre conduite, rongeant ce qui restait de sa pauvre cervelle sans en laisser une seule miette. Lui faisant perdre de vue qu’il n’était plus en mesure d’amadouer le militaire comme autrefois. Secouant légèrement la tête, il s’efforça de chasser ses sombres fantasmes, se focalisant sur le sermon des plus désagréables.

Rester sur le terrain en attendant de se faire tirer comme des lapins n’aurait aidé personne. Pas plus les civils que ses frères d’armes. Le métamorphe n’en démordait pas et l’obstination de son créateur à affirmer le contraire lui faisait serrer les dents. « - Protéger les innocents ? C’est vraiment ce qu’on fait tu trouves ? Tu as enfin réussi à te dégoter un sens de l’humour on dirait. » Il avait bafoué la Résistance, mais pas tous ses idéaux. S’il jugeait les rebelles trop extrêmes, désorganisés et à leur manière tout aussi dangereux que la dictature en place, les nouvelles normes le rendaient profondément sceptique. « - Heureusement que l’armée, que dis-je la nation entière, peut encore compter sur des moutons héroïques et dévoués tels que toi. Tu arrives après la bataille et tu te permets de juger sans avoir tous les éléments en main. Qu’est-ce que tu aurais voulu ? Un bilan des pertes encore plus lourd ? » Le ton devenait de plus en plus grinçant, sans qu’il soit en mesure de s’en empêcher.

Les accusations l’irritaient depuis le début mais l’insinuation finale l’acheva. L’ignominie de l’attaque détruisait la moindre envie de faire profil bas. Il en voulait à sa femme de lui avoir imposé un tel sacrifice. Mais il s’en voulait plus encore à lui-même d’avoir accepté, d’avoir renié ce qu’il était pour au bout du compte piétiner délibérément leur mariage. La colère écorchait hargneusement son épiderme, le dépossédant de sa nonchalance couche par couche. La brûlure gravissait son œsophage pour venir serrer sa gorge, raffermissant l’emprise invisible contre son cou. Il haussa un sourcil lorsque le peacekeeper recula, comme pour se mettre à l’abri du dépravé derrière son bureau. Un ricanement bref agita sa misérable carcasse. Le sentir suffisamment mal à l’aise pour s’éloigner de la sorte le blessait autant qu’il se délectait de l'esquive en arrière évidente. « - Le séjour aux archives ne semblait pas tellement t’importuner à l’époque. D’ailleurs je ne compte pas te sauter dessus, rassure-toi, mais c’est mignon de croire qu’un morceau de bois m’arrêterait. » Presque une menace. Fouillant dans les poches de sa veste en cuir, il en tira une cigarette et un briquet, optant pour l’arsenic qu’il consommait à longueur de journée. Sans évidemment daigner demander la permission. Quitte à imprégner définitivement les murs de l’odeur tenace et à asphyxier la pièce. Une sale manie dont il n’avait jamais su se défaire. Il en tira une longue bouffée, s’approchant de la silhouette écrasante par pur esprit de provocation. Cherchant à déstabiliser le colosse qu’il soupçonnait d'être faussement impassible. « - Tu permets ? » Glissa-t-il, les phalanges suspendues au-dessus du verre d’eau trônant sur le bureau tandis que ses prunelles tempétueuses poignardaient celles de l’homme imposant. Il n’attendit pas la réponse, et la sphère incandescentes quitta ses lippes pour envoyer les cendres mourir dans l’eau. A l’image de leur relation passée, gâchée, bousillée. Des escarbilles brûlantes noyées, ne formant désormais plus qu’une masse ténébreuse et indistincte sous leur torse abimé. « - C’est vrai qu’en tant que spécialiste de la fuite facile, tu peux te permettre de reconnaitre tes congénères et de donner des leçons. » Lâcha-t-il mesquinement du bout des lèvres, usant à son tour d’une allusion douteuse. Si la rupture l’avait bien arrangé, lui évitant d’avoir à faire un choix douloureux, il n’avait pas apprécié de l’apprendre par son ennemi naturel. Par un message impersonnel sur son répondeur de surcroit, révoltant et froid. Il estimait mériter mieux que ça. Les pierres métalliques retournèrent se perdre dans les billes placides. Guettant avidement sa réaction alors que le bâton ardent revenait noircir ses poumons. En quête d’explications qu’il n’était qu’à moitié certain de vouloir obtenir.

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MessageSujet: Re: Weight beneath our sin {.pv}   Dim 7 Fév - 21:36


Il le sait mais il ne parvient pas à agir autrement. C’est un automatisme qui dicte les règles et détruit la raison. Il le sait mais ne peut s’empêcher de jouer la carte de l’intimidation Pour faire ployer l’insolence de son homologue. Briser l’échine de sa créature pour la remettre à la place qui est la sienne. Exactement comme il avait vainement tenté de le faire des années plus tôt. Alors qu’ils n’étaient encore que de pauvres gamins pétris d’orgueil. Peut-être est-ce parce que la situation lui en rappelle une autre que Calyxte s’efforce de maintenir de la distance entre eux. Parce qu’il a peur de céder au doucereux appel d’un passé qui le fustige à chaque fois qu’il s’octroie le droit d’y repenser. Et les accents sulfureux qu’il perçoit dans les insinuations douteuses de Rhys n’arrangent rien. Les traits se crispent et le soldat s’astreins au silence en se mordant la langue. Ravaler sa bile et la faiblesse qui lui tiraille les nerfs pour ne pas donner l’impression à l’autre qu’il est à un pas de flancher. Une fausse manœuvre et c’est la chute. Si lui se mure dans la froideur, l’attitude de défense de Rhys est bien différente. Il la connait par cœur pour l’avoir tant de fois admiré. Cette audace désinvolte qui lui fait cruellement défaut. Ce petit morceau de ce caractère de merde qu’il avait fini par aimer plus que de raison. Un soupir s’échappe des lippes de l’ancien Major alors qu’il ferme lentement les paupières un bref instant. Les battements de cœur se suivent mais ne se ressemblent pas. Ils butent face aux obstacles que l’islandais balance sur sa route. Les morceaux de souvenirs douloureux et d’envies contradictoires. « - Face à des recrues aussi peu enclines à se plier à l’autorité, il faut bien employer les grands moyens. J’ai bien vu ce que mon autorité peut donner sur les plus retors, autant éviter de reproduire les mêmes erreurs. » Le doute n’est pas permis lorsque les mots franchissent enfin ses lèvres et qu’il pose les yeux sur son métamorphe. Comme si ce qui avait pu se passer était un amer regret. Comme si cette flamme venue se frotter d’un peu trop près à de la poudre n’était à présent plus qu’une trace de brûlure sur la peau. Ignoble à regarder et douloureuse.

La dévotion du cadet envers le Gouvernement en place n’est plus à prouver. Même s’il s’enlise dans un déni affolant. Les guerres n’ont jamais été des causes totalement justes. Il en a fait les frais, a assisté à des horreurs qui le tétanisent encore lorsqu’elles reviennent se heurter devant ses paupières closes. Alors pour se simplifier les choses, Calyxte évite de remettre l’ordre établi en question. Il se borne à se dire que ce qui peut être accompli est la meilleure chose qui soit. Pour tout le monde. L’aveuglement engendré par l’opportunisme. La vénalité en masque sur les yeux pour rester aveugle. « -  Plus de professionnalisme aurait été le bienvenu. De la réflexion avant de se jeter tête baissée dans le conflit. Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Que tu as eu raison de quitter le terrain la queue entre les jambes ? Que c’était la meilleure chose à faire ? S’il n’y a que ça pour te faire plaisir alors soit, tu as eu raison. » Lâche-t-il, amer. « - Quant à ton scepticisme, il serait peut-être plus judicieux de ta part de réfléchir à un autre choix de carrière. » Il le souffle tout en levant légèrement un sourcil à l’adresse de l’incriminé. Fait flotter dans sa voix les accents d’un doute écrasant face à l’honnêteté du trouble-fait. Il s’est réfugié derrière son pauvre bureau mais les frissons continuent de lui lécher la peau. Ils redoublent d’ardeur lorsque les mots se frayent un chemin jusqu’à ses oreilles. Caressent les reins pour mieux les mettre au supplice. « - Je ne crois rien. Ne va pas t’imaginer que tes possibles délires m’inquiètent. » Ce sont les siens qui le dérangent. Il ne peut s’empêcher de suivre du regard le moindre geste de son ancien amant. Grimace bien malgré lui lorsque la cigarette s’extirpe de la poche et s’allume. La mauvaise habitude perdure et avec elle c’est un spasme de répulsion qui vient tordre les entrailles de l’américain. Un froncement de sourcil accueille la dernière attaque. L’accusation lui poignarde le cœur et crispe son visage.

« - J’ai eu la chance de voir un maitre dans la matière exercer ses talents. Je ne fais que m’inspirer de son génie. » Il y a du mépris dans la voix. Et une douleur bien plus profonde. Si Rhys lui en veut pour une rupture dont il n’est pas à l’origine, et dont il ignore tout, Calyxte lui en veut pour la même raison. Cette séparation gratuite. Ce rejet pur et simple d’entendre parler de l’homme condamné pour avoir eu l’audace de l’aimer. L’horreur de son agression n’en avait été que plus intense. Détruit pour un type qui s’en fichait royalement. Totalement. La douleur se fait souveraine sous sa peau et la distance finit par se rompre. Calyxte agrippe le col de la veste et de l’autre main éloigne la cigarette des lèvres de l’islandais. Pour mieux laisser les siennes venir s’y écraser. Le geste est brutal, chargé de toute cette frustration qui le fait frissonner de délice lorsque le contact gagne en force. La langue qui vient effleurer sa jumelle assassine. La pression contre le cuir se fait de fer et l’autre main s’agrippe contre la chute de Ses reins. Approche le corps ennemi contre le sien pour l’étouffer dans les flammes d’un désir qui lui incendie le ventre et les reins. Il redécouvre une saveur qu’il pensait ne jamais oublier. Réalise à quel point elle lui avait manqué. L’étreinte se fait violente. Il se penche plus encore pour réduire l’écart, intriquer les deux pièces rivales pour qu’elles se fondent l’une à l’autre. Le souffle vient à manquer dans ses poumons, obligeant Calyxte à reculer. Et lorsqu’il ouvre à nouveau les paupières, il n’a pas bougé. Il est toujours là, debout derrière son bureau. Il n’y a que la chaleur contre ses reins et dans son bas-ventre qui témoigne de la réalité crue de ce qui vient de se passer. De ce fantasme honteux venu s’ancrer à son cerveau pour mieux le briser. Et comme pour mieux lui faire comprendre que tout ceci n’était que le fruit de ses envies les plus malsaines, la montre sonne. Un simple bip, témoignant du désordre régnant dans sa poitrine.

La frustration dans les veines, Calyxte finit par s’assoir avec lenteur. Imposant à ses gestes une retenue toute calculée visant à effacer le trouble venu se glisser sur ses traits de fer. Le visage redevient impassible mais dans les prunelles, le brasier ronronne. Avec cette même maîtrise factice, il farfouille dans un tiroir pour en extirper un cachet qu’il avale sans plus de sommation. Pour apaiser cette horrible migraine qui lui détruit le crâne et le feu qui lui déchire le flanc. Les phalanges frôlent la tempe brisée et le regard se perd dans la contemplation du bureau. « - Vous pouvez disposer, Steinsson. » Le murmure se veut autoritaire, mais la voix tremble. Les cordes vocales vibrent sous la force de l’émoi qui le dévore. Facile à décerner quand on a appris à lire derrière le masque. Il s’en veut, d’être aussi ridiculement vulnérable face à Rhys. Et même en apposant une froide distance entre eux, il n’est pas capable de lui donner tout le poids qu’elle devrait avoir.


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MessageSujet: Re: Weight beneath our sin {.pv}   Dim 14 Fév - 9:46

Une regrettable erreur. L’islandais ne cilla pas lorsque la tirade percuta froidement ses tympans, en dépit de la volonté évidente de lui faire mal. Il ignorait si le soldat était sincère ou non, mais il n’aurait lui-même pas qualifié autrement leur liaison. Une sublime erreur, qui n’en restait pas moins l’une des plus monstrueuses qu’il avait pu commettre. Il se faisait horreur, d’avoir embrassé tous les stéréotypes écœurants des infidèles notoires. D’avoir bafoué les rares principes qu’il pouvait avoir par ennui, par vengeance, par envie. Pour toutes les mauvaises raisons qu’on invoquait dans ces circonstances, en tentant vainement de gratter sous la surface de crasse. Et pourtant. S’il avait pu revenir en arrière, il n’aurait probablement pas pu se résigner à l’effacer complètement. Trop égoïste pour s’en priver. Il l’aurait imprimée avec la même force au creux de sa chair, jusqu’à s’en faire saigner le cœur. Le quotidien devenait moins terne, moins oppressant en présence de son amant. L’adultère évacuait l’impression d’avoir mis un pied dans la tombe en se mariant. C’est plutôt cette décision-là qu’il aurait changée. Il aurait préservé Louiza. Il aurait évité de la bousiller, de la rendre aussi cabossée que lui. Le beau-parleur se serait abstenu de lui courir après, et de lui faire des promesses qu’il n’était pas en mesure de tenir. Elle méritait un homme droit et intègre, et pas une abjecte vermine telle que lui. Mais il avait été trop égocentrique pour l’admettre, et trop lâche pour partir. S’il avait pu revenir en arrière, il ne se serait pas plus engagé avec l’un qu’avec l’autre. Même si ça signifiait ne jamais concevoir, rencontrer Allie. Renoncer à la seule chose qui avait eu du sens au cours de sa misérable vie.

Changer de carrière n’était pas une option. L’idée aurait pu lui traverser l’esprit s’il n’avait pas déjà subi les ravages d’une telle décision par le passé. Il n’était voué à rien d’autre, pas en ayant abandonné ses études si tôt pour s’engager dans l’armée. Le militaire avait besoin de l’adrénaline grouillant dans ses veines à chaque mission autant que d’oxygène. Pleine de sarcasme, accordée seulement pour avoir la paix, la réponse de son supérieur était loin de le satisfaire.  « - Parfait, puisque tu es du même avis, je ne vois pas de raison de maintenir plus longtemps la sanction. » Persifla-t-il, s’évertuant à jouer au plus malin alors qu’il était évident qu’aucun pouce de terrain n’allait lui être concédé. « - Merci du conseil. Je crois que je vais m’abstenir mais je t’en prie, ne te prive pas si tu as des idées brillantes de reconversion à me soumettre. » L’acide rongeait hargneusement les lèvres abimées, distillait son venin sur les assassines craquelées à une vitesse fulgurante. Tordait les entrailles du félin de mécontentement.

Impérieux, la frustration et le sentiment d’injustice raclaient l’épiderme à vif. Ce fut pourtant un sourire sincèrement amusé qui se glissa sur ses lippes lorsque le milicien nia l’insinuation sulfureuse. « - Tant mieux, de toi à moi tu te fais un peu vieux pour être encore crédible dans le rôle de la biche effarouchée. » Ronronna-t-il sur un ton délibérément aguicheur. Les prunelles translucides se plantèrent dans celles de l’américain, en caressèrent les nuances envoûtantes avant de dériver vers la barbe fournie. Puis de descendre le long de la silhouette imposante. De dévorer la carrure intimidante, jusqu’aux hanches puissantes. Pour mieux se rendre compte que les souvenirs séduisants conservés ne rendaient pas réellement justice à la réalité. Il pouvait sentir les picotements effriter le masque de glace, sinuer le long de l’échine raide comme un piquet. Les rétines azurées qui ne perdaient pas une miette du plus infime de ses mouvements. L’étrange retour dans le passé. L’austérité en barrière, supposée le dissuader de s’approcher de trop près. Le gamin effronté n’avait pas su résister à un défi si alléchant, en dépit des frissons d’aversion qui égratignaient alors rudement ses reins. Tout n’était qu’un vulgaire jeu pour lui. Un moyen savoureux de flatter son ego, d’assouvir de basses pulsions et de rendre furieux son cher demi-frère lorsqu’il l’apprendrait. La combinaison gagnante. Loin de se douter qu’il se ferait prendre à son propre piège. Il regrettait la légèreté évaporée, la désinvolture réduite en cendres. Ce n’était pas l’envie de tester les limites comme un enfant pourri gâté qui lui manquait. D’agir comme si toutes les années de séparation n’avaient pas compté. Comme s’il ne représentait qu’une conquête sur son tableau de chasse, sans lourd passif derrière eux, et qu’il pouvait s’octroyer le droit de flirter avec impudence. Mais l’enclume qui lui servait de cœur l’en empêchait, retenait le fauve en cage. Feindre la nonchalance s’avérait affreusement douloureux, plus qu’il ne l’aurait cru. La nicotine noircissant ses poumons ne l’apaisait que partiellement. La gêne restait profondément incrustée.

La surprise se peignit sur ses traits lorsque l’accusation vrilla ses oreilles, l’arrachant à son manège avec le cendrier de fortune. Il resta interdit l’espace de quelques secondes, cherchant à remettre de l’ordre dans ses pensées embrumées. « - T’as pas l’impression d’exagérer un peu là ? » Le grognement fut lâché sans la moindre once de tact, comme à l’accoutumée. Pour ne se heurter qu’au calme absolu et à des prunelles vides, qui ne semblaient pas réellement le voir. Une minute interminable s’écoula avant qu’il ne semble reprendre ses esprits. Le bip caractéristique de la machine déchira ses tempes, le faisant sursauter. Il l’avait oublié ce son, et ce qu’il signifiait. La menace d’attaque imminente. L’angoisse qui le rongeait à chaque crise, mais qu’il s’efforçait néanmoins toujours de camoufler derrière son humour minable ou des tirades artificielles. La bombe à la place du palpitant. Le temps qui se consumait comme les cigarettes enchainées jusqu’à se ruiner la santé. Compter les jours gagnés, puis finir par ne plus voir que ceux qui restaient. Il n’ajouta rien, se contentant de suivre les gestes du regard, en se recomposant laborieusement un visage neutre. Avant que l’ordre tranchant ne claque dans l’air. Les éclats de verre s’y plantaient, en atténuaient le caractère autoritaire, mais la rancœur maladive continuait de dicter les règles. L’incitant à obéir plutôt qu’à creuser inutilement. Le vouvoiement glacial en rupture, qu’il jugea parfaitement ridicule.

« - Comme tu voudras. » Le cylindre enflammé acheva sa folle course dans l’eau sale. Malgré lui, un semblant d’hésitation cloua ses guiboles traitresses au sol, et il fixa son interlocuteur avec insistance pour lui donner l’opportunité de revoir sa position. Face au néant, il se décida finalement à reculer, tournant le dos aux fantômes d’une époque révolue. Ce fut le second bip, alors que sa main se trouvait déjà sur la poignée, qui fit s'emballer la ferraille dans son torse et l'immobilisa de force. Une grimace déforma ses traits tirés et il se retourna vers le colosse affaibli. « - Tu m’éjecte de la pièce pour y crever sans témoin ou quoi ? T’es pas un peu inconscient ? »  Il n’avait pas la force de rompre à nouveau la distance. Et d’une certaine manière, il ne se sentait pas légitime à le faire. « - C’est tout ce que t’as à me dire Calyxte ? Je vois bien que t’es pas seulement en colère pour mes exploits sur le terrain. Je ne te comprends pas, c’est pas ce que tu voulais ? C’était voué à l’échec avant même que ça débute de toute façon. Ce n’était pas sérieux, ça ne pouvait pas l’être. » L’énoncer à voix haute ne réussissait pas davantage à le convaincre qu’ils n’avaient pas formé un couple à part entière. Quelques égarements ponctuels pouvaient être qualifiés de passade, de coucheries sans importance. Mais pas quelque chose d’aussi régulier, d’aussi suivi. D’aussi viscéral, fusionnel. Rhys avait beau se leurrer, se répéter en boucle ce qu’il avait affirmé à sa femme, il connaissait la vérité au fond de lui. Ils avaient partagé trop de choses, au-delà des étreintes charnelles, pour qu’il soit en mesure d’affirmer le contraire sans mentir. Il aurait mieux valu s’enliser dans la luxure avec une personne différente chaque soir, plutôt que d’inscrire le péché dans la durée avec la même. Même en atténuant considérablement sa faute pour ne pas perdre son épouse, le constat amer était cependant sans appel. Elle ne lui avait jamais pardonné l’affront.

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MessageSujet: Re: Weight beneath our sin {.pv}   Sam 20 Fév - 20:27


La mauvaise humeur de l’un se répercute sur l’autre. Comme un moyen de faire taire l’affection qui n’a de cesse de venir se heurter contre le cœur du soldat en perdition. De la souffrance à l’état brute le dévore. Attise les braises de ses reins tout en torturant ses nerfs et sa mémoire dans les affres d’une rancœur sans nom. Les persiflages de Rhys n’arrangent rien, et ramène le cadet des années en arrière. Quand il n’était rien de plus que la victime des caprices de l’islandais. Un jeu pour mieux détruire son petit univers et s’accorder les fruits de son triomphe. Alors Calyxte s’efforce au mieux de renouer avec le jeune homme qu’il était à lors. A se montrer le plus hermétique aux mesquineries de cet autre qu’il ne connait que trop à présent. Les années de séparation ont certes forgées un gouffre entre eux, mais le lien reste présent. Etiré jusqu’à la césure sans pour autant se briser. « - Il n'y aurait rien de plus radical pour me faire passer pour un supérieur faible et incapable de prendre une décision. » Il le lâche avec l’ébauche d’un sourire sarcastique. Insuffle dans son timbre les notes d’une moquerie évidente. Ce serait bafouée une autorité qu’il peine à maintenir face à Lui. « - Je ne suis pas le mieux placer pour te conseiller. De mémoire, ton épouse est plus douée pour cela. » Il hausse une épaule avec désinvolture, et jette du sel sur ses propres blessures. La joute verbale n’a pas de sens. Elle n’aura pas de vainqueurs tant les deux participants se tiennent à armes égales. La froideur de l’un face à l’arrogance de l’autre. Et même si en l’instant, l’attitude l’irrite, l’ancien Major ne peut nier qu’elle lui a aussi affreusement manqué. Ce petit morceau de ce tout qu’il s’est efforcé de rayer de sa mémoire. L’accident aurait pu morceler ses souvenirs. Effacer l’opprobre pour rendre la douleur plus légère à supporter. Oublier jusqu’au nom de cet homme qui l’a condamné sans vergogne. Oublier les années passées en sa compagnie et monter de toute pièce une autre réalité. Plus juste et moins amère que celle-ci qui a pourtant perduré dans son esprit.

Calyxte n’a plus vraiment conscience de la présence de son ancien amant. Perdu dans ses délires et les brumes de son propre cerveau, le soldat se retrouve piégé. Emprisonné dans les méandres de ses envies les plus honteuses. Il ravale la gêne dans un raclement de gorge hésitant. Fragile, comme il peut l’être en cet instant. Affreusement vulnérable quand sous la peau l’orage menace. Et le cachet qu’il vient de prendre n’arrangera rien. Le cisaillement qui lui déchire le crâne va s’apaiser, à terme c’est un fait. Mais la douleur qui lui détruit le cœur, elle va rester. Les battements se calmeront, d’eux-mêmes ou sous l’influence de la drogue qu’il vient d’ingurgiter, mais ils se calmeront. Une fois l’origine du tourment disparue. La respiration de l’américain s’est suspendue dans sa poitrine alors qu’il s’efforce de rester stoïque. D’éviter le regard du soldat qu’il vient de congédier par crainte de flancher. De revenir sur une décision douloureuse à prendre. Et pourtant nécessaire. La distance revenue se heurter contre leur deux corps étrangers pour mieux lui laisser un affreux vide dans la poitrine. Alors quand Rhys abdique, c’est tout le corps qui se détend. La respiration reprend ses droits dans les poumons flétrit. Jusqu’à ce que la montre n’émette un nouveau bip. Le bruit résonne aux oreilles du propriétaire. Sinistre et menaçant. La fuite tant espérée s’arrête et un soupir s’échappe des lippes de Calyxte. Il ferme lentement les paupières et la question appose sur son visage l’ombre d’un sourire. Inconscient, il l’est. Lui qui a pris la décision de ne pas chercher à trouver un autre spécialiste après le rejet de l’épouse de celui qui se tient devant lui. Avec pour unique recours, les médicaments prescrits depuis des années. Ceux qu’il obtient en usant des services d’un trafic qu’il est censé démanteler. « - Peut-être oui. » Le murmure est faible, tremblant comme la main droite du soldat qui se perd dans les tressaillements d’une faiblesse affolante. Les séquelles de son accident, aussi visibles que les cicatrices qui lui rongent le visage lorsqu’il oublie de les camoufler. Il serre le poing, pour se donner contenance et ravaler les tremblements, et les sourcils se froncent. Calyxte se perd un instant dans ses réflexions, incapable de vraiment comprendre le sens des mots qui viennent de lui être lancés à la figure.

« - Ce que je voulais ? Je n’ai jamais voulu que ça se termine de la sorte. J’aurais tellement aimé t’en vouloir pour avoir quitté le terrain sans réfléchir. Franchement, m’évincer de ta vie par un intermédiaire, faire comme si je n’étais rien à tes yeux... Je te savais gamin, mais pas aussi lâche. C’est ta soudaine paternité t’as remis sur le chemin de l’époux parfait ? » De fragile, sa voix a retrouvé de son éclat au fil de la tirade. Le ton reste neutre, mais le timbre vibre d’une colère contenue. Les pupilles de glace reviennent se heurter contre celles de l’accusateur. Le visage fatigué et détruit par le mal qui le ronge, ne parvient pas à renouer avec la froideur. Pas quand le brasier ravage tout sur son passage sous la chair. Lentement, pour maîtriser le geste, l’américain se lève. Non sans laisser sa main valide s’appuyer contre le bureau. Sa propre hauteur le plonge dans un malaise déroutant. Affole son cœur et les jambes se font fragiles. Sans appui c’est la chute, il le sait. Il le sent alors que sa hanche vient buter en renfort contre le panneau de bois. « - Tu as été le premier à précipiter l’échec. Tu as lancé la partie, je n’ai fait que suivre. Ce n’était qu’un jeu pour toi. Du début jusqu’à la fin, un simple moyen de passer le temps. » L’amertume du reproche les déchire la langue. Trop de choses viennent se fracasser contre ses tempes. Le sang et les pensées. Tout ce qu’il aimerait Lui dire mais qui reste emprisonné dans la cage de sa raison. Se perdre dans des explications est inutile. Il le sait. Mais l’injustice le consume. Cette séparation ridicule, transmise par Ethan à sa sortie du coma. Il a encaissé la nouvelle sans broncher, elle et celle de la naissance de sa fille. Pour laisser l’édifice déjà fragiliser faire face à la sentence de mort jetée à ses pieds par son chirurgien. Trois pauvres années de sursis. Le coup de trop qui lui avait donné envie de se rendormir pour ne pas se réveiller. « - Et maintenant tu essaies de te convaincre que ce n’était pas sérieux ? Trois ans, c’est une bien longue aventure dis-moi. » L’ironie est cinglante, mais dissimule difficilement la peine qui s’enracine sur sa langue. La respiration se fait chaotique, l’air aride dans ses poumons. Et à la douleur qui dévore le crâne s’ajoute la pointe acérée dans la poitrine. L’aiguille qui pénètre le cœur en déroute pour mieux le détruire. Un nouveau soupir brise le silence et le géant se tasse. Se défait devant les yeux de l’autre. Il n’a pas la force de continuer à prétendre. C’est peut-être pour ça qu’il voulait que l’islandais quitte la pièce. Pour se morceler sans être vu. Laisser sa faiblesse prendre le dessus pour mieux la maîtriser ensuite.

« - J’ai été condamné pour toi, Rhys. Pour un pauvre caprice. » Le nom condamné. Extirpé dans un souffle, plus pour lui que pour le concerné. Les frissons le dévorent, et la confession lui fait affreusement mal. C’est ridicule quand il y pense. D’avoir failli mourir pour une histoire sans importance. D’avoir été suffisamment stupide pour se dire qu’elle avait de la valeur à Ses yeux comme aux siens. L’ancien Major détourne le regard, cille pour effacer la brume venue s’accrocher à ses cils. Le sel de larmes de honte et de douleur qu’il ravale avec hargne. Quatre ans de froideur, balayés en quelques minutes. Tout un édifice qui s’effondre à cause d’une pierre mal posée des années en arrière.

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MessageSujet: Re: Weight beneath our sin {.pv}   Dim 21 Fév - 14:54

Semer le vent pour mieux récolter la tempête. Il a jeté les grains sans réfléchir, sans songer à la rafale qu’il se prendrait en pleine figure. Suffisamment massive pour enterrer son assurance de fortune. Statue de sel face à une tornade. Le militaire abandonne son rôle de composition, le stoïcisme imposé par son statut de supérieur hiérarchique. L’échange de faux-semblants et de malentendus parvient à son terme. A force de tâtonner à l’aveugle, l’insolent a l’impression d’être parvenu à ouvrir une vanne jusqu’alors solidement verrouillée, sans être certain que ce soit une bonne chose. Il est pourtant trop tard pour faire marche arrière. Pour éviter les mots qui fâchent, les explications qui déchirent. De s’entailler l’un l’autre à coups de tirades assassines, de palabres inutiles. Comme un virus, l’incompréhension se répand, suinte pour se déverser dans les recoins les plus fragiles de son cœur. La matière noire s’infiltre là où elle fait le plus mal, là où les dégâts promettent d’être le plus irréparables. Ta soudaine paternité. La souffrance s’enfonce comme un pic à glace dans son palpitant. Son cruor se répand dans sa gorge comme sur un morceau de coton. Le liquide ferreux imbibe sa langue et lui confère une saveur pâteuse. Incommodante. Désagréable. L’américain ignore certainement qu’il a touché le point le plus sensible. Droit dans le mille. Ce fardeau qu’il ne peut partager qu’avec sa femme, qu’elle seule peut comprendre, alors qu’ils se sont trop éloignés pour s’apporter un confort mutuel. Intimement blessé, il détourne son regard du milicien. Se mord l’intérieur de la joue pour détourner vainement l’affliction qui emprisonne ses muscles, les tétanise subitement. La mâchoire ciselée se bloque. L’envie de quitter la pièce se fait impérieuse et il en vient à regretter de ne pas l’avoir fait. De se soucier encore assez de Lui pour ne pas vouloir le laisser isolé dans son état. Il déglutit difficilement l’hémoglobine qui macule ses gencives, tente de remettre de l’ordre dans son esprit en vrac. Mais il ne peut décemment laisser l’épitaphe « lâche » s’inscrire en lettres fines sur la tombe que son ancien amant creuse à mains nues.

« - Est-ce que tu ne te foutrais pas un peu de ma gueule, par hasard ? Et condamné par qui bon sang, de quoi tu parles ? Arrête avec tes énigmes, je suis pas d’humeur à les déchiffrer. » Le soldat se montre direct, lassé de tourner autour du pot. Ses sourcils se froncent alors qu’il se décolle du mur pour s’approcher du bureau, piètre rempart entre eux. La surprise se dépeint sur ses traits, parfaitement sincère. Les interrogations le taraudent, débris de coque flottant à la surface d’une mer morte, dérivant sur l’écume des malentendus. « - Ethan m’a laissé un message sur mon répondeur pour m’annoncer la rupture. Qu’est-ce que j’étais supposé faire ? Te supplier de ne pas me rayer de ta vie si facilement ? C’était quoi, un espèce de test tordu pour te prouver que je tenais vraiment à toi ? Je me suis dit que tu avais enfin pris la bonne, la meilleure décision. Celle que je n’ai cessé de repousser pendant trois ans. » Il ne ment pas, il ne triche plus. Il fait preuve d’une honnêteté douloureuse. Il n’a rien fait pour le retenir parce qu’il n’y avait rien à faire, et qu’il ne le voulait pas réellement non plus. Il ne pouvait pas tirer un trait sur huit années de mariage, renoncer à celle qu’il aimait depuis qu’il était gosse. Pas alors qu’elle venait de tomber enceinte. Et encore moins pour l’homme qui forçait ses os à se disloquer à chaque pleine lune, le transformant en un monstre de chair et de sang servile. Il en voulait terriblement à son créateur, même s’il lui avait sauvé la vie. Quelque chose s’était brisé entre eux cette nuit-là, quelque chose qui ne pouvait se réparer, même en dépit de toute l’affection qu’ils se portaient. Quelque chose était mort en lui, pour laisser sa place au félin carnassier. Même sans la manipulation vicieuse de son demi-frère, éternel ennemi naturel, il ne serait pas parti de son foyer de son propre chef. Masochiste préférant resserrer la corde autour de son cou plutôt que de saisir l’opportunité de la cisailler.

L’armure du colosse s’effrite sous ses yeux clairs, tombe en poussière. Les tremblements meurtriers qu’il décèle se répercutent contre sa propre enveloppe. La posture droite et fière s’affaisse et lui tord le ventre. Il s’en veut d’en être l’instigateur, d’être encore apte à détruire le masque polaire qui lui colle à la peau pour gratter les plaies coagulées derrière. Invisibles à l’œil nu en temps normal, elles luisent en cet instant d’un rouge vif. Infectées par l’injuste silence. Il aurait dû faire fi de l’injonction, chercher à mettre un terme à leur liaison dans les règles de l’art. Annihilant la distance, l’islandais se rapproche, agrippe le bras droit qui tremble contre le bois et pose ses autres phalanges contre le creux de ses reins. Le geste possessif reste affreusement familier, trouve son écho dans leur passé commun. Imposant au géant une proximité certainement déplacée mais surtout un appui précaire. La différence de taille légèrement amoindrie. Etonnamment s’agissant du dépravé, le semblant d’étreinte n’est pas une invitation sulfureuse. Il cherche réellement à consoler la carcasse affaiblie, sans attendre de compensation licencieuse. Il s’est trop souvent servi de leur attirance animale pour faire tourner les conflits à son avantage. L’évidence torture son myocarde avec un tison de feu. Il mérite infiniment mieux qu’une épave telle que lui. Qu’un opportuniste ayant favorisé son plaisir personnel en entretenant une relation avec deux personnes simultanément, sans choisir. Son épouse sous-estime à quel point il l’a trahi. Elle lui en veut à mourir pour ce qu’elle identifie à une vulgaire coucherie. Si elle l’apprend un jour, il sait qu’il en sera fini d’eux, et de tout ce qu’ils ont construit de manière tristement bancale. « - Assieds-toi s’il te plait, tu ne devrais pas rester debout en pleine crise. » Les sonorités se veulent tendres, marquées par l’accent nordique qui n’a jamais complètement disparu.

Petit à petit, son hypocrisie lui éclate au visage. La sensation venimeuse recouvre la matière grise comme du goudron. Les souvenirs amers défilent en accéléré, font des arrêts sur image brutaux pour mettre en exergue toutes les fois où il a regretté sa conduite. Pas seulement avec lui. Après lui aussi. Après lui surtout. Les remords monstrueux. Les idées reléguées aux oubliettes. Les coups de fil et les visites à l’improviste qu’il avait dû s’interdire de tenter lorsque le manque se faisait trop profond, trop viscéral. On ne tire pas un trait sur autant d’habitudes si facilement, du jour au lendemain. Son épouse n’était plus qu’une alliée hostile, douée pour lui lancer des œillades de travers. S’ils avaient fini par renouer avec un simulacre de complicité, il ne se sentait pas moins seul sans lui. « - C’est vrai, ce n’était pas rien Caly. C’était important. Plus que ce que je voulais bien admettre. Je ne me suis servi de toi pour me venger d’eux qu’au début. » La franchise maladroite, désarmante. Il ne pense pas à mal, ne réalise pas qu’il risque d’alimenter le brasier de sa colère. Il ne fait qu’exposer les faits, les décortique de façon chirurgicale sans peser les conséquences qu’ils pourraient avoir. La mauvaise interprétation qui pourrait en découler. L’honnêteté ne retranscrit pas pour autant ce qu’il ressent, ses sentiments. S’il l’a certes utilisé par deux fois pour assouvir des pulsions vengeresses, alliant les représailles à une brûlante convoitise charnelle, ce n’était que ponctuel. Il a continué à se glisser dans ses draps parce qu’il le voulait, parce qu’il en avait cruellement besoin. « - Ce qu’on avait me rendait plus vivant, plus libre. J’étais incapable d’y mettre un terme, même quand tu as fait de moi ce… Cette bête de foire. » Avoue t’il, trébuchant sur la formulation adéquate. Un souffle de fiel s’échappe de ses lèvres lorsqu’il évoque l’ignoble rituel. La rancœur maladive profondément ancrée dans ses veines. L’hémorragie n’attend qu’un raclement d’ongle pour s’épancher et déverser son flot de haine sur l’ex-sorcier. Son emprise contre la chemise blanche s’accentue, se mue en un étau de fer. « - Mais ce n’était pas suffisant. C’est surement vieux jeu, je ne suis certainement qu’un gamin fuyard doublé d’un pauvre salopard, mais je voulais voir grandir ma fille oui. Mieux que personne, je crois que tu peux comprendre ça. » Les iris glacés cherchent les prunelles entêtantes, les pierres embrumées résolument baissées pour ne pas flancher. Il essaie d'insuffler davantage de conviction à ses paroles en restaurant le contact visuel. L’explication ne servira à rien, elle ne pansera pas les blessures ouvertes, trop anciennes pour cicatriser. Elle ne les fera pas se remettre ensemble non plus. Mais il la lui doit. Elle permettra peut être d'achever correctement ce qu'ils ont laissé en plan.

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MessageSujet: Re: Weight beneath our sin {.pv}   Ven 26 Fév - 20:27


La réponse ne vient pas. Il aurait été tellement plus facile de se mettre à rire et admettre que tout ceci n’était qu’une belle moquerie. Un moyen d’user ses nerfs comme Il avait usé les siens. Un tressaillement agite le corps lorsque l’autre se rapproche. Et le reproche se fait plus fort contre ses tempes. Il aurait dû obtempérer. Disparaître avant que la situation n’empire. L’ancien Major aurait dû se douter qu’Il percevrait les signes. Pour les avoir vus des années plus tôt. Témoin maladroit de ces crises assassines. Allégeant la gravité de la chose par un humour détonnant, parvenant à faire germer sur les lèvres pincées l’esquisse d’un sourire amusé. Il n’y a que pendant ces infâmes instants de faiblesse que paraître devient secondaire. Le rôle s’effrite et l’homme reprend ses droits sur la machine hostile et glaciale. La suite le laisse sans voix. Ce n’est pas ce qu’Ethan lui a dit. Il n’a jamais pris la décision de rompre. N’en a jamais manifesté l’envie tout en sachant pertinemment que jamais Rhys n’abandonnerait sa vie pour lui. Calyxte secoue la tête, fronce les sourcils tant l’incompréhension se fait violente sous sa peau. Il s’autorise même un regard en direction de son ancien amant. Sonde les yeux de glace pour y chercher de la mesquinerie. Mais il ne se heurte qu’aux reflets troublants d’une étrange vérité. « - C’est toi qui lui a dit que c’était terminé. Alors qu’il essayait de te mettre au courant de la situation, tu n’as rien voulu entendre. Je n’ai jamais pris une telle décision, comment aurais-je seulement pu lui dire de faire une chose pareille alors que j’étais… » Sa voix s’étrangle dans sa gorge. Incapable d’avouer ce qu’il a vécu. D’ajouter une nouvelle couche de fragilité sur celles qui encrassent déjà sa stature et le forcent à ployer sous leur poids. Les mensonges se fracassent contre ses dents, mais il ne parvient pas à les laisser sortir. Dire qu’il était en mission. C’est ce qui aurait dû arriver s’il n’avait pas été brisé. A l’autre bout du monde. Il sait pourtant que s’il avait été en mission, Ethan aurait été avec lui. Son allié, son pilier. L’horreur de la guerre sans lui, il aurait été incapable de l’affronter.

Alors qu’il s’efforce de ne pas chanceler, la distance de brise. Le corps se fige et se crispe un instant lorsque les peaux se touchent. La main sur la sienne ne parvient pas à arrêter les tremblements désordonnés, et il s’efforce de ne pas se laisser aller contre l’appui que Rhys lui offre. Par fierté. Par peur de sombrer totalement. Il se raccroche à des morceaux de rancœur qui lui déchirent le cœur, mais il ne peut que se heurter au néant. Elle a perdu de son éclat, ternie par un attachement bien plus puissant que tout le ressentiment du monde. La honte lui brûle un instant les joues, et Calyxte finit par laisser sa main valide venir s’agripper contre l’épaule de l’islandais. Le surnom achève de le briser. L’affection contenue dans ce pauvre diminutif, seulement employé par les trois personnes ayant le plus compté dans sa vie. Un soupir fragile s’échappe des lippes du soldat, secoue les épaules d’un infime tressaillement. Calyxte finit par courber l’échine et par s’appuyer plus franchement contre le bureau. Sans pour autant lâcher l’épaule de Rhys. Sa main contre le cuir d’une veste qu’il a toujours adoré. Le contact d’une vie passée, l’affolement des sens, bridé par l’angoisse qui se rue dans les veines. Chaque attaque est une menace de mort. La moquerie d’un organisme qui se rebelle et lutte. Chaque faiblesse de ce cœur malade appose sa marque sur le visage déjà fatigué de Calyxte. Un sillon de plus au coin des yeux, un pli contrarié sur le front. Une nuance de faiblesse de plus dans l’abîme de ses pupilles grises. Malgré lui, il se laisse aller contre la proximité de Rhys. Laisse la chaleur de ce corps si souvent possédé réchauffer le sien. « - Ravi d’apprendre que je n’ai été un outil qu’au début seulement. » Lâche-t-il piteusement, l’ébauche d’un infime sourire sur les lèvres. Le reproche appose de l’amertume sur la sécheresse de sa langue. Sa plus grosse erreur aux yeux du métamorphe. Et à ses yeux, la meilleure décision qu’il ait prise dans sa vie. Le sacrifice d’un sorcier déterminé à ne jamais se lier à qui que ce soit. Arborant ce rituel pour tout ce qu’il représentait. Il n’a pourtant pas réfléchit un instant quand la situation s’est présentée devant ses yeux horrifiés. Oubliant la crainte d’échouer tant il était persuadé d’y arriver. « - Qu’aurais-tu fait à ma place ? J’aurais dû te regarder mourir sans rien faire ? Pour une pauvre bêtise ? Si c’était à refaire, je recommencerais de la même manière sans hésiter. Pardonne mon égoïsme, mais c’était plus fort que moi, je ne pouvais pas te regarder mourir sans rien faire. Tu te considères comme un monstre, mais il n’en est rien. » Il n’a pas la force de s’empêtrer dans la colère. Parce qu’il perçoit dans les accents de Sa voix, les éclats de la rancœur et de la haine. Perfides qui sont tout ce qu’il y a de plus juste.

« - La description rend justice au modèle, je n’aurais pas dit mieux. Je le peux, et je ne t’en veux pas pour ça. » Aucun choix à faire, entre l’amant et l’enfant. Il ne peut qu’acquiescer et se soumettre. Et constater avec amertume que son meilleur ami s’est joué de lui. La parole de son frère de cœur contre celle de son ancien amant. Sa confiance devrait se poser sur Ethan, il le sait. Mais il a été trop souvent témoin de l’animosité vis-à-vis de l’islandais, des encouragements pour mettre un terme à leur liaison pour seulement se jeter à cœur perdu dans une vérité qui semble soudain bancale. Il n’a pas cherché à en savoir plus à l’époque, brisé par le passé et ce futur incertain qui se dressait devant lui. Et maintenant que l’évidence d’un possible mensonge vient se poser devant lui, l’américain se sent trahit. « - Je n’ai jamais dit à Ethan de te laisser ce message. » Il le souffle entre deux battements de cœur éreintés. Marque une pause le temps de remplir à nouveau ses poumons d’un air qui se fait fébrile. « - On m’a condamné à mort pour ce que nous avions. A cause de cet attachement devenu trop important pour être balayé aussi facilement. » La douleur n’est plus physique, elle devient mentale. Intime. Elle le détruit de l’intérieur, défait les restants de froideur apposés sur son visage pour ne laisser que du vide. Un gouffre dans la douleur de son regard. Les phalanges s’agrippent plus fortement contre l’épaule du soldat avant de s’en détacher. De glisser le long de Son dos pour finalement se saisir de la main qu’Il a posé sur la sienne. L’hésitation le ronge un instant. La crainte d’une réaction qu’il connaît déjà. Ce même dégoût qu’il éprouve à la vue de ces horribles marques. La pitié dans les yeux et les mots qui ne viennent pas. Parce qu’il n’y a rien à dire. Parce que ce ne serait qu’hypocrisie et faux-semblants. Il balaye le doute dans une inspiration et porte la main de l’autre jusqu’à son visage. Les frissons lui dévorent l’échine lorsque les phalanges effleurent les contours grossiers des cicatrices qui s’étendent sur sa peau. D’infimes secondes qui se suspendent dans le néant, avant que l’américain ne brise le contact, repoussant la main de Rhys pour mieux détourner le regard et éviter de croiser le sien.

« - Je ne suis jamais partit en mission. J’étais mort quand tu as reçu ce coup de fil. Une pauvre loque dans le coma avec le crâne en morceaux. » Il s’efforce d’insuffler de la légèreté à ses paroles, mais il ne parvient pas à faire disparaître le trouble. La douleur qui le brûle tout entier. « - Le mouton héroïque et dévoué a passé plus d’un an en convalescence. D’une certaine manière, il faut remercier celui qui a fait ça. Il a pris pour nous une décision trop difficile à prendre. » Il le lâche dans un souffle fébrile. Rempli de fiel, un maigre sourire amer sur les lèvres. Snow était loin de se douter qu’en le fracassant comme il l’a fait, il sauvait un mariage et détruisait pour de bon des espoirs futiles. Le bourreau s’improvisant sauveur de toute une vie en en détruisant une autre. L’ironie de la chose pourrait presque avoir quelque chose d’amusant. Mais les répercussions du drame sont pourtant trop importantes pour se permettre de les considérer à la légère.

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MessageSujet: Re: Weight beneath our sin {.pv}   Mer 2 Mar - 20:40

Un rictus amer vient ourler ses lippes en comprenant le rôle joué par Ethan dans leur rupture bâclée. En y réfléchissant, la manipulation opérée ne l’étonne pas. Qu’est-il pour lui depuis le départ, si ce n’est un misérable insecte à écraser ? L’accroc sur une toile de maitre. La preuve d’un crime abject à écrabouiller dans l’œuf. Un déchet qui n’aurait pas dû survivre à sa naissance. Son demi-frère l’a farouchement rejeté dès les premiers instants, et n’a eu de cesse que de l’écarter de son existence par la suite. Et comme un parasite, Rhys s’est infiltré dans sa vie. Désireux de noircir toutes les pages d’un album de famille dont il ne pouvait faire partie. Plus il se sentait indésirable, plus il insistait. Loin de s’imaginer qu’après avoir fait de son précieux ami son souffre-douleur par ricochet pendant des années, il finirait par s’en enticher. Au point de ne même plus vouloir l’utiliser contre son ennemi, de rechercher réellement sa compagnie. La machination fabriquée de toutes pièces ne représente que la suite parfaitement logique de leur relation exécrable. Un ultime coup de bluff pour rafler toute la mise. D’une certaine manière, l’islandais ne peut pas lui en vouloir pour ça. Il s’est contenté de faire ce qu’il estimait le mieux pour Lui. Leur imposant la décision qu’ils étaient bien trop faibles pour prendre d’eux-mêmes. Il devrait même lui en être reconnaissant. « - Alors que tu étais quoi ? Tu affirmes ça comme si tu y étais. La vérité c’est que tu n’en sais rien, mais que tu as toujours avalé n’importe quelle salade venant de lui. Comment se porte mon cher frère d’ailleurs ? Comme un charme j’espère ? » L’ironie suinte, se répand sur le lit de ses entrailles. Il a eu l’atroce sensation de se faire cribler de balles, le jour où ses parents se sont entre-déchirés pour sa garde. Dévoilant leur secret le mieux gardé au passage. L’adolescent avait bêtement cru que la progéniture de son géniteur l’aiderait à combler les failles, remplirait tout ce vide d’un semblant de réconfort et d’espoir. A défaut, il avait vainement tout misé sur Louiza, puis sur Calyxte. Avant de comprendre que personne ne pouvait le réparer. Qu’il fallait endurer la carcasse perforée, tous ces manques qui ne pourraient complètement se résorber. La douleur fantôme s’écoule toujours des morceaux de chair arrachés, aussi lancinante et vivace qu’au premier jour.

Le félin sauvage tapi au creux de ses viscères n’a rien arrangé. Il ne se sent que plus monstrueux, maudit à chaque pleine lune. Contraint de se plier à une volonté qui lui échappe. Il aurait préféré perdre la vie, se vider de son sang contre le bitume. Eviter toutes les épreuves qui avaient suivi. Le mépris abyssal dans les prunelles de son épouse. La perte définitive de son meilleur ami. Sa fille trop fragile, succombant à la fièvre. Il serait mort avant de connaitre cette souffrance intolérable et extrême. Celle qui emprisonne la moindre fibre de son être, sans lui laisser de répit. Il serait mort l’esprit délicieusement imbibé d’alcool, insouciant. Les lèvres encore imprégnées de la saveur entêtante de son amant. La légèreté cloisonnée sous les paupières. Presque heureux. Le bonheur touché du bout des doigts lors de leurs moments éphémères, volés. Justement parce que leur 'couple' n’était que ça. Une superposition d’instants interdits, destinés à s’interrompre même s’ils en avaient étiré démesurément le fil. Un frisson le lacère alors que le géant s’appuie contre son enveloppe frêle, serre le cuir qui recouvre son épaule avec force. La chaleur de l’étreinte et la répulsion intrinsèque se bousculent, lui tenaillent l’abdomen. Inapte à les départager, il ne se recule pas pour autant. « - Tu pouvais m’amener aux urgences. Laisser la science faire son travail. C’est ce que tu aurais fait sans sorcellerie. C’est ce que n’importe qui de normal aurait fait. Evidemment que j’en suis un. Mais ne te leurre pas, toi aussi. » Il pourrait mastiquer des clous, que ses gencives ne saigneraient pas davantage. La colère les érafle, en déchiquète l’émail. Il doit se retenir de lui cracher toute sa haine. Combien il le déteste de l’avoir enchainé ainsi à lui, sans lui demander son avis. Seule la faiblesse évidente de son vis-à-vis l’en empêche. Il ne veut pas tirer sur l’ambulance, mais il ne lui pardonnera néanmoins surement jamais.

Les phalanges se desserrent, caressent l’échine pour venir écrouer leurs jumelles. Le soldat n’oppose aucune résistance, se laisse guider avec un mélange d’appréhension et de curiosité. Les doigts de glace viennent dessiner les pourtours rugueux de la joue en broussaille, en effleurent les cavités peu visibles à l’œil nu. Il suit les lignes tracées à l’arrachée, creusées dans un sillon pourpre. Elles laissent deviner les sévices qui ont pu s’y fracasser, sans tout à fait leur rendre justice. Les serpents fascinés en tremblent, dépassés par les stigmates d’une violence effroyable. Ses sphères polaires n’en perdent pas une miette. Le regard troublant s’y accroche, s’y écorche. La main captive est finalement écartée, avec un empressement qui empeste l’avilissement du procédé. L’humiliation de se plier à une telle exploration. « - Tu n'as pas à avoir honte des cicatrices, seul le pauvre salopard qui t'a fait ça le devrait. » Sa poigne se renforce contre les reins son supérieur, pour lui apporter un réconfort qu’il sait d’avance insuffisant. « - Je suis désolé. Je l’ignorais. Je serais venu, si j’avais su, je te le jure. » Son timbre se brise, empli d’une culpabilité dévorante. Également blessé qu’il ait pu croire si longtemps le contraire. Les mots apposés sur l’horreur lui déplaisent cependant. « - Mais tu n’as pas été battu à mort pour ce que nous avions. Tu l’as été à cause de ce que tu étais. Si tu avais enchainé les aventures d’un soir avec d’autres hommes au lieu de perdre ton temps avec moi, le résultat aurait été le même. » La robuste cage des esprits étriqués cherche à éradiquer entre ses griffes toutes les déviances, qu’elles soient durables ou passagères. Le fruit d’une histoire sérieuse ou d’un attachement volage. « - Mon beau-frère l’a mise au courant. J’y étais contraint de toute façon. » Le glas de leur liaison avait été sonné à partir du moment où les rétines sombres d’Elias s’étaient posées sur une scène d’adultère qu’elles n’auraient pas dû voir. Le grec ne s’était pas fait prier pour en informer la principale intéressée, jubilant probablement de pouvoir achever de détruire un mariage qu’il désapprouvait.

Imperceptiblement, son corps amoché se rapproche de la silhouette éreintée, assise contre le bureau. Ses phalanges libres remontent contre la gorge offerte, agrippent la mâchoire imposante pour renforcer leur proximité. Son souffle brûlant se perd contre sa bouche, la consume sans la capturer. Le manège sensuel lui broie le ventre, tourmente ses sens grisés par une proximité si enivrante. Ses lèvres pourraient aisément venir consumer leurs partenaires assassines comme autrefois. Les embraser, goûter de nouveau à leur arome exaltant et sombrer dans ses anciens travers jusqu’à perdre pied. L’illusion est belle, magnifique, terriblement entêtante. L’exquise endorphine s’épanouit dans ses veines viciées. Lui susurre des insanités ô combien tentatrices, enjôleuses, aguicheuses. Mais elle n’est pas solide, pas réelle. Elle n’est faite que de poussières. Ses artères en sont encombrées et ses poumons viciés menacent d’éclater, d’étouffer. Lentement, surement, dangereusement. Cendres et ombres, elle se fracasse à leurs pieds. Il a trop joué, il faut grandir. Cesser de se comporter comme un gamin ignoble, puéril. Il n’a pas le droit. Son visage se recule dans un soupir et il libère son créateur. Un pas, puis deux en arrière.  « - Ça n’aurait pas pu marcher, même si elle n’était pas tombée enceinte et que je l’avais quittée pour toi. Pas plus que ça n’a fonctionné avec elle. Je n’essaie pas de m’en convaincre cette fois. J’en suis persuadé. Ne pas s’appartenir. C’était ça la clef. Et comme elle, tu méritais infiniment mieux que moi. » Assène t'il, à mi-chemin entre une foudroyante lucidité et un cruel déni. Il est trop tard avec sa femme, trop tard avec lui. S’il avait divorcé, cela aurait été pour s’engager avec l’américain, et il sait que l’échec aurait été cuisant. Il n’aurait pas supporté d’abandonner une routine meurtrière pour s’enfermer dans une autre. Ses relations ne sont vouées qu’à se noyer dans la rancœur et l’amertume.

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MessageSujet: Re: Weight beneath our sin {.pv}   Dim 6 Mar - 20:22


La vérité blesse. Incisive, elle tranche et déchire. Le cœur fragile qui s’emballe un peu plus dans sa pauvre prison de chair. Il n’en sait rien, mais il s’est borné à le croire pendant toutes ses années. Parce que son amitié avec Ethan était ce qu’il avait de plus précieux. Ce lien indéfectible, tissé dès leurs plus jeunes années. Parce qu’il a vu l’application avec laquelle l’islandais a fait son possible pour mieux agacer son demi-frère. Parce que depuis cette affreuse nuit où le sorcier lia son amant à lui, tout avait basculé. Leur dernière rencontre avec son supposé départ n’avait eu le mérite que de laisser un arrière-goût doux-amer sur sa langue. Un adieu, qui se fige dans les élans d’une réconciliation factice.  Derrière l’instant fébrile de tendresse se cachait toujours la rancœur et la colère. Calyxte a préféré croire son ami, parce que la douleur était la seule chose qu’il pouvait supporter après ces mois de coma. Pour se prouver qu’il était bien vivant, à même de ressentir le pire. Pour se croire ensuite capable de l’effacer. De le ranger dans une boite qu’il n’ouvrirait plus aussi longtemps qu’il effacerait le nom et le souvenir de l’autre. Un mince soupir s’échappe des lippes de l’ancien sorcier. L’ironie lui fait mal. Parce qu’elle lui rappelle que ce pilier sur lequel il s’est reposé pendant des années n’est plus qu’un nom. Un visage qui s’efface à mesure que les jours passent. De son fait, il a éloigné la dernière personne qui aurait pu l’empêcher de chuter. Ecarter le dernier morceau le raccrochant à son ancienne existence pour se plonger corps et âme dans la nouvelle. Calyxte secoue imperceptiblement la tête, le voile de ses cils amoindrissant sa vision lorsqu’il baisse la tête. « - Je lui faisais confiance. Je l’ignore. Je ne sais pas comment il peut se porter, ça fait bien longtemps que je ne l’ai plus vu. » Des années, des siècles. Il n’en sait plus rien. Et plus il se dit qu’il a fait une affreuse erreur en rayant le militaire de sa vie, plus l’acide lui ronge la trachée. Une autre erreur, magnifique, qui s’appose sur la longue liste de toutes les bévues dont est constituée sa petite existence. Le regret s’insinue, dans les moindres fibres de son être pour l’accabler plus encore. Les phalanges s’agrippent un peu plus contre l’épaule salutaire. Le dernier rempart avant la chute. Il vacille sur ses longues jambes, cannes fragiles faites d’une matière incapable de supporter tout le poids qui repose sur elles. Malgré l’appui contre lequel il se repose, il a l’impression que le sol est en train de se défaire sous ses pieds.

Et ce qui suinte des paroles de l’islandais n’arrange en rien cette sensation de perdition. La rancœur est tenace et il ne trouve pas les mots pour la contrer. Pas cette fois. Il n’a pas la force de s’engager sur ce terrain miné. L’explosion crèverait le silence à son premier pas. Il aurait pu l’emmener à l’hôpital. Un autre aurait pris cette décision sans même réfléchir. Dans la panique et sous le joug de la peur de le perdre, l’autre option a été à ses yeux la meilleure à prendre. Lui aussi. Un sourire amer s’appose sur les lippes serrées de l’ancien Major. Rhys n’a jamais été plus près de la vérité qu’en cet instant. Sorcier dépourvu de ces dons qui ont fait sa fierté. Humain seulement de nom et d’apparence, quand sous la peau c’est l’Enfer qui se déchaîne. La mort en réflexion. Des frissons lui lacèrent l’échine quand la pensée de l’affreuse vision venue s’ancrer à ses rétines juste avant l’entrée des soldats revient se heurter contre ses tempes. Les dents claquent dans un spasme, acclament la décision qui vient de se forger dans les méandres de la déraison du soldat blessé. Le contact de cette peau tant effleurée contre la sienne le fait frissonner. Laisse courir un sentiment de gêne intense contre sa peau. Parce qu’Il est le seul à effleurer les stigmates de son châtiment. De cette honte qu’il s’efforce de camoufler au mieux pour ne plus repenser à l’horreur à chaque fois qu’il croise son reflet. Pour ne plus voir cette lueur affreuse dans le regard de ceux qui posent les prunelles sur les cicatrices. Certaines dissimulées plus aisément que d’autres. La pression contre ses reins en écho aux paroles réconfortantes. Elle ne fait que renforcer cette odieuse impression de faiblesse. « - Il n’aura plus l’occasion d’avoir honte de quoi que ce soit. » Il le murmure du bout de la langue, sentant sa voix vibrer sous la force d’un ressentiment évident. Et d’une infime satisfaction. Celle d’avoir été le bourreau de celui qui a détruit sa vie. D’avoir conjuré la mort et d’en avoir été le spectateur. L’horrible destruction d’un monstre, dévoré par d’autres sur les landes glacées et désertiques de l’ancienne capitale.

Calyxte hoche la tête. Rejette les paroles de son ancien amant. Il doute qu’il aurait pris le risque de venir le voir. De faire les fils de leur pauvre rupture pour venir à son chevet. Pour se heurter à un corps mort, incapable de lui répondre. Comme il peut l’être en cet instant. Il écoute, sans rien dire. Se contentant de vaciller contre le corps de l’autre, tandis que les battements effrénés de son cœur commencent seulement à ralentir leur course folle. Le corps fatigué frissonne lorsque la proximité se renforce. Une part de lui se fige, laisse les phalanges s’agripper à sa mâchoire sans oser les repousser. Par peur des les voir disparaître pour de bon. Les muscles se tendent, et malgré lui, Calyxte se redresse. Ferme les paupières dans un soupir qui se mêle à celui de Rhys lorsque les lèvres s’effleurent. L’interdit sur le bout de la langue, il se fait violence pour ne pas céder. Les reins brûlent, se meurent de revenir se heurter contre leurs jumeaux. La débandade dans la poitrine, les échos de pulsations délicieusement douloureuse revient résonner dans sa cage thoracique. La douleur est insupportable. Affreusement enivrante. Il ne suffirait que d’un infime mouvement. Celui de son corps qui s’avance vers la silhouette ennemi. Une infime impulsion pour que les lippes se retrouvent et se scellent. L’envie le ronge, mais il ne parvient pas à y céder. Le soldat reste stoïque, placide à la surface quand en profondeur la tempête gronde. Abandonner, aussi aisément, après autant d’années d’éloignement serait de la pure folie. La même erreur que celle commise au tout début de leur relation chaotique. La bêtise fatidique et enivrante. Le souffle s’est suspendu dans ses poumons qui se font de plomb. Et dans une expiration, il recrache toute la tension accumulée sous sa peau lorsque l’islandais se recule enfin. Le laissant alors orphelin de sa présence. Toute la silhouette tremble, se raccroche au bureau pour ne pas se laisser submerger par tout ce qui se déverse sous sa peau. Calyxte cille, à plusieurs reprises pour effacer l’illusion. Revenir se heurter contre la dureté d’une réalité qu’il aurait tant aimé déjouer.

« - Il n’a jamais été question que tu la quittes. C’était suffisant. Tu en es persuadé, tant mieux pour toi. Mais tu te voiles la face, Rhys. Ca se sent dans le ton que tu emplois. Je méritais mieux… C’est une phrase si facile à utiliser pour justifier le résultat d’une relation chaotique. Tu ne trouves pas ? » Une réplique toute faite dont il a toujours eu horreur. Bien qu’il s’en soit lui-même servit. Les pupilles grises se perdent un instant dans la contemplation de la poussière voletant dans le rai de lumière filtrant de la fenêtre avant de revenir se heurter aux pupilles de glace de l’islandais. « - Ca ne fonctionne pas parce que tu te conviens qu’il ne pourra pas en être autrement. Cette manie que tu as de toujours voir les choses en noires. » Le reproche se pare des notes d’un léger amusement. Et le silence retombe. Le temps pour le soldat de s’accrocher aux nuances entêtantes de ce regard qu’il pensait ne jamais recroiser. Dans un raclement de gorge, Calyxte s’oblige à retrouver contenance. Un battement de cil, et il se rachète une attitude. Renoue avec la glace bien que la faiblesse et les élans douloureux de tendresse restent ancrés à ses rétines. « - Je ferais au mieux pour limiter la durée de ta sanction. » Lâche-t-il en revenant s’installer péniblement dans son siège derrière le rempart de son bureau. L’autorité du supérieur est bien amochée, réduite à un soupir tremblant. L’assurance d’une voix d’ordinaire capable de faire trembler les cœurs s’est effacée. Brisée par les échos de la crise qui vient de passer. Il n’ajoute rien. Se contente de s’agripper au regard de Rhys avant que celui-ci ne sorte de son immobilisme pour le laisser seul avec ses regrets. Et sa douleur. Une simple rencontre qui vient de tout détruire. Les fondations de son monde en sont ébranlées. Menaçant de s’effondrer au moindre heurt.  

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❝ Naufragé dans la nuit

On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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