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 Conjure the wind [PV Kyran]

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MessageSujet: Conjure the wind [PV Kyran]   Lun 25 Jan - 0:39

Conjure the wind
○ Somebody call out to your brother, he’s calling out your name. Hiding under the covers with no one else to blame. You couldn’t help out your own neighbor. You couldn’t tell it to his face. You were fucked up by the blame. You cower in the corner. Confide in your father. Let it out and say. You cower in the corner. Confide in your father. Let it break your day. Let it out and say. Wait there. Pull yourself out of this state dear. Acknowledge you were a fake here from there on you might just grow.



L'attache. Une ficelle pour la gorge, des liens sordides pour les poignets, les chevilles. Une raison pour un recul, un repli. Un exil. Aucuns barreaux mais assurément une prison. Celle que l'esprit cherche à déjouer. Cellule qui se réinvente à chaque battement du responsable. Criminel en rechute, hors-la-loi instaurant son régime sur l'entièreté de l'organisme. Il pourrait avancer, outrepasser ces limites fictives. Il pourrait scier chaque corde. Le pourrait-il vraiment ? Il a déjà essayé. Il a franchi la ligne à de nombreuses reprises. Par delà la cage, il a traversé le désert. Jugé par l'astre qui échaude la nuque, alourdit le pas et abat ultimement les vagabonds. N'avoir pour seul refuge que sa propre solitude. Aucune mémoire pour alimenter un réconfort chimérique. Les souvenirs sont restés là où ils le devaient. Dans ce carré qu'on ne quitte que par crainte d'une nouvelle douleur. Le sable contaminant la prunelle, s'appropriant les poumons. La mort remontant les artères, infectant le cœur. Alors que la contagion atteint les sens, les réminiscences surviennent et le renvoient au point de départ. A cette forme géométrique dans laquelle il subsiste encore. Il a appris à haïr chaque angle la composant mais il en prend soin pourtant. Tout ce qui le sépare de l'indifférence, tient sur ces droites imperceptibles. Et en les franchissant à nouveau, il sait à quoi il s'expose. La sentence ne semble même pas aussi fatale que le retour. Parce que non, il ne peut pas oublier. Il ne veut pas l'oublier. Il reste son seul repère, le dernier fil le rattachant à son instable identité. Gravée dans leur code génétique, cette appartenance le rattrape toujours. Aucun rejet, aussi vorace puisse-t-il être, ne viendra à bout des évidences. Kyran est et restera sa seule famille.  

Ce fait se manifeste d'autant plus quand l’âpreté oblige les phalanges à se fissurer. A chaque déception, chaque égarement, c'est vers lui qu'il aurait aimé pouvoir courir. Mais ses confidences se perdent dans un air perpétuellement vicié, avec pour seule oreille, celle de fantômes revenus le hanter. Les spectres alignent les cicatrices, récitent sans se lasser les crimes. Ils le clouent au sol sans autre dessein qu'une fin possible mais jamais tentée. Sa lâcheté le ramène jusqu'au pays condamné, à une année où tout était à déplorer. En temps de famine, les sourires se comptaient sur les doigts d'une main. Précieux, fugaces mais tangibles. Il y avait des raisons de se réjouir. Une épaule sur laquelle ramener et dissiper ses regrets, un bras à saisir pour devancer l'aube. Ils formaient une équipe. Un duo que rien n'aurait dû pouvoir scinder. Les remords arborent de multiples visages ce soir, comme toutes les nuits avant celle-là d'ailleurs. Des pistes à exploiter, des mondes à explorer et une seule quête à valider. La distance suggère la prudence mais l'urgence rend ses errances de plus en plus incohérentes. A chaque jour écoulé, une nouvelle aiguille pour perforer le thorax. Il ne peut pratiquement plus respirer à la seule idée que son frère s'en soit à nouveau allé. Terminer ce chapitre par cette altercation désastreuse, sur ces paroles qui prennent leur sens dans tout ce qui s'est bousculé. Pourrir dans les entrailles d'une ville qu'il exècre en sachant qu'il a souillé chaque parcelle de ce qu'ils ont pu partager. Il le maudira plus ardemment encore s'il apprend son trépas mais se détestera bien plus cruellement encore pour lui avoir offert un discours qu'il ne pensait même pas. Trop de tourment à endurer et surtout à assumer. Il ne sait pas s'il pourra réellement l'accepter.

Les rues se craquellent sous ses pieds, déversent une multitude d'allées dans lesquelles le traquer. Il ne faut pas qu'il le surprenne. Il n'a pas envie de lui adresser la parole. Il veut juste l'apercevoir, repartir avec cette certitude. Celle de le savoir en vie. Il se laisse guider par quelques rumeurs, des échos parfois douteux qu'il a pu grappiller afin de dénicher les quartiers que son aîné préférerait. Il ne croit plus vraiment à l'efficacité de cette méthode hasardeuse, il ne compte pas non plus sur la chance. Il se butte à sa seule volonté et finit par songer à l'abandon simple quand des voix l'alertent. En se faufilant entre les ombres pour jauger la situation, il fait face à deux hommes peu commodes guettant les allers et venues d'une avenue désertée. Ezra prétend passer son chemin mais cueille à la volée une sonorité qui l'oblige à immédiatement s'arrêter. Les molosses le dévisagent alors qu'il les observe avec calme avant de foncer sur la source du trouble. Avant qu'ils aient pu le rattraper, il a l'occasion d'admirer le massacre. Il ne peut pas jauger l'entièreté des dégâts mais la vue d'ensemble lui donne une bonne idée de la gravité. Les entrailles sont broyées par la vision, les transferts ne sont pas difficiles à opérer. Il s'est juré ce jour-là, en creusant la terre pour y loger son corps, de ne plus jamais revivre ça. Non, plus jamais, il ne veut voir ce sang couler à ses pieds sans pouvoir rien y changer.

De toute manière, les résonances deviennent incertaines car déjà, l'esprit se pare de blanc. Il ne perçoit que sa respiration erratique alors que ses membres agissent d'eux-même. Une transe qui congédie sa seule conscience. Dans la rage qu'il déploie, il ne s'entend même plus réfléchir ou même exister. Et quand elle se dissipe, il constate le carnage. Une arme à la main, de l'hémoglobine sur sa bouche, son cou, ses bras. De l'hémoglobine qui ne lui appartient pas. Un crâne percé d'une balle, celui du bourreau et deux ombres effondrées de chaque côté. Les a-t-il tué eux aussi ? Il ne veut pas vérifier. D'une main tremblante, il essuie le cruor de ses lèvres tout en posant un regard hésitant sur la carcasse qu'il a tenté de préserver. Il est terrifié à l'idée de se pencher, de prendre son pouls. Il est incapable d'exécuter ces gestes. « Kyran ? » se contente-il d'articuler avec difficulté sans même chercher ses prunelles. Il ne veut pas se heurter aux pupilles éteintes. Il ne peut pas. Il le sait maintenant. Il n'y survivra pas une seconde fois.

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MessageSujet: Re: Conjure the wind [PV Kyran]   Dim 31 Jan - 15:53

(Italique = Norvégien)

La douleur qui suinte du moindre de ses os, du plus infime centimètre de peau. Elle lui arrache des râles d’affliction, qu’il peine à étouffer entre ses dents. Il la sent qui lacère avec vigueur ses membres, le contraignant à un immobilisme affreusement dangereux pour sa survie alors que les coups pleuvent. L’organisme fragilisé n’a pas eu le temps de récupérer des excès de la veille. Les morsures s’étendant sur son épiderme rugueux n’ont pas complètement cicatrisé, elles se sont même réouvertes. Le venin continue de se distiller dans les veines, d’engluer la carcasse salement amochée. Complètement inconscient, il n’a pas pu se résigner à rester terré dans son appartement miteux le temps que les blessures disparaissent et il en paye désormais le prix. Le règlement de comptes entre mafieux tourne à la mise à mort, et il est incapable de véritablement reposter. Une sordide histoire de marchandise impayée. L’avantage numérique des escrocs ne joue pas en sa faveur. Pas plus que les illusions jetées par l’un d’eux, sorcier, et qui le clouent encore davantage au sol. L’esprit fracturé ne peut pas lutter. Il se sent sombrer. Toutes les tentatives pour les désarmer ont lamentablement échoué. Il ne compte plus le nombre de fois où ils l’ont envoyé se fracasser le crâne contre le bitume puant. Il cherche à serrer le poing mais c’est toute son enveloppe qui tremble, qui grelotte comme une statue de glace prête à imploser en mille morceaux. L’épuisement prend le dessus sur l’instinct de survie. Les fourbes assaillants ne se lassent pas de le démolir et seul, il est impuissant à les arrêter. Ce n’était pas pour rien qu’il s’entourait toujours de vigiles autour de son manoir. Pour protéger son trafic, certes, mais pas seulement. Désormais cruellement isolé, il n’est pas de taille à lutter. Fait comme un rat. Les ténèbres l’emportent, l’engloutissent dans leur marécage moribond.

C’est le premier coup de feu qui l’extrait des géhennes oppressantes. Le second lui fait l’effet d’un électrochoc mais il ne parvient même pas à ramper jusqu’à son arme. Il est trop loin pour participer réellement à la scène. Ses paupières sont encore trop lourdes pour contempler le carnage, elles semblent fondues dans du plomb. C’est le silence, glaçant, qui l’extirpe de sa torpeur. Il sent un liquide étranger sillonner contre son échine, imbiber ses vêtements. Le corps fracassé baigne dans une mare de sang. Ce n’est cependant pas le sien. Pas entièrement du moins. La substance noirâtre et pâteuse se mélange aux fluides écarlates des victimes. L’ensorcèlement a été rompu, mais il n’en reste pas moins vidé de ses forces. Son prénom, articulé avec une inquiétude palpable, le fait bouger. Il décolle son front de l’asphalte humide pour tourner son visage tuméfié vers le sauveur familier. La stupeur se dessine sur les traits de fer. Il ne pensait plus l’entendre cette voix, même après une longue année à s’éviter mutuellement comme la peste. Ses phalanges fracturées s’appuient comme elles le peuvent par terre, et il se redresse en grimaçant, les viscères en vrac. La valse endiablée qui se joue dans son thorax le torture. Il essuie l’hémoglobine qui s’est écoulé de sa bouche, qui ne cesse de se déverser hors de ses pores à chaque quinte de toux. Le scandinave cherche à se recomposer une allure décente, mais l’échec est cuisant. Il sait qu’il doit avoir l’air pitoyable, allongé là, impuissant. Les rétines claires évitent Ses sphères d’acier, sensibles au jugement sévère que leur propriétaire doit certainement porter sur lui. Tiraillé de frissons intempestifs, il parvient à s’asseoir, une paume contre le goudron ébène.

« - Sven. » Souffle t’il doucement pour le saluer, honteux de se retrouver dans une telle position de faiblesse devant le benjamin. Il n’a pas réfléchi en l’appelant par son ancienne identité, s’exprimant de la sorte par pur réflexe. Il a toujours trouvé idiot ce changement de nom, qui ne dilue pas le cruor des Hogan dans ses artères pour autant. Mais on l’identifie moins facilement à son frère, et c’est probablement suffisant pour contenter l’éternel petit ingrat. Une bouffée de rancœur le prend aux tripes et il ne peut retenir le sarcasme cinglant qui se presse inévitablement contre ses lippes. « - T’as failli être exaucé, t’aurais dû laisser faire. » Il n’a pas oublié l’offense, tout comme l’infirmier n’a sans doute pas effacé la sinistre gifle de sa mémoire. Il se déteste toujours autant pour son élan impardonnable de violence. Le souvenir atroce fait remonter son estomac au bord de ses lèvres. Les mois écoulés n’ont rien atténué. Les prunelles azurées détaillent les cadavres, la ruelle plus lugubre qu’auparavant. Ezra n’était pas obligé de s’en mêler. Il aurait pu le laisser se faire abattre comme un chien. « - Merci. » Glisse t’il sur un ton penaud, renouant avec leur langue natale. Les excuses rêvent de franchir la barrière de nacre, mais elles se dérobent perfidement. Sa bouche reste désespérément scellée, pleine d’amertume. Il espère qu’Il s’éloigne sans demander son reste, autant qu’il voudrait s’abreuver de Sa présence trop rare. Il a rempli le manque creusé dans ses entrailles de colère, de dédain, de haine, mais face à Lui, il ne ressent plus qu’une profonde tristesse. Il ignore comment les gamins si soudés d’autrefois ont pu en arriver là. Deux étrangers qui se connaissent par cœur, sur le bout des doigts.

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MessageSujet: Re: Conjure the wind [PV Kyran]   Mar 9 Fév - 0:30

Phrases en italique = norvégien

A quel chiffre doit-on joindre ces similarités ? A l’année seule? Ne devrait-il pas additionner celles qui la précèdent également ? A force d’assigner perpétuellement son ainé au même procès, il en a perdu plus d’une fois jusqu’à l’importance de cette époque. L’ironie se joue de ses seules émotions. N’est-ce pas par égard pour ce cycle qu’il se sent apte à le condamner si facilement ?  Les séquelles resserrent chaque artère, l’air se fait assassin. Les secondes qui le séparent de toute réaction, s’éternisent. Elles sont ridicules pourtant, de vulgaires poussières dans l’espace-temps mais il leur prête une portée disproportionnée. Les fissures pourchassent déjà ses pas. Dans quelques instants, il sera englouti. La terre éventrée et la glaise à rabattre sur les paupières closes. Peut-être devrait-il également s’y enfouir cette fois-ci. Un songe macabre qui en appelle un autre. Et ils ne font que se multiplier alors qu’il envisage la flexion pour l’atteindre, vérifier l’état avant de ramasser les vestiges pour s'en construire un nouveau sanctuaire. Il ignore tout de cette duplicité d’ordinaire si facile à adopter. Plus que jamais, il se sent parenté à l’homme échoué. Les coutumes récentes se désagrègent totalement dans le premier son à filtrer. Hérétique en fuite. Le prénom chute, l’angle de chaque lettre se fiche dans le thorax. Trop spontané pour être blâmé, trop adapté pour qu’il s’en offusque. Sans doute qu’il ne pense même pas à renier cette identité alors qu’il ne l’a déjà que trop revendiquer. Hypocrite à moindre coût, pour ce soir du moins. Ezra attend le soulagement mais il ne se diffuse nullement. Des cadavres aux plaies ouvertes, l’hémoglobine règne et sature l’oxygène. Rappel constant du danger, de cette situation précaire privant son frère, de toute bonne santé. La notion même de culpabilité se dilue dans le sang roulant encore contre le pavé.  Querelles et reproches s’évanouissent dans l’affection sollicitée.

Mais Kyran tire sur les belles pensées, lui remet sans attendre les griefs entre les doigts et ça, dès les premières intonations. Même en raclant le bitume du menton, le mafieux ne peut retenir son fiel. Il vise la faute au moment le moins conseillé. Le norvégien éprouve cette profonde contrariété avec pudeur, il ne veut rien en montrer. Son ton acide ne résume d'ailleurs rien. Ni les derniers frissons d’effroi parcourant inlassablement son échine, ni la peur serrant ses tripes et conduisant ses cheminements en terrain depuis trop longtemps inconnu. « Il faut croire que je deviens aussi maso que ton petit Aleksi. Je tends l’autre joue pour me faire à nouveau frapper. » Un soupir d’exaspération qui camoufle mal son instabilité alors qu’il porte un regard succinct à l’arme toujours détenue. Sa dextre resserre sa prise durant un court instant. De nouveaux noms à ajouter à ses petits crimes. Le ténor érode le silence à toute vitesse, si empressé, si déterminé à camoufler chaque conséquence. « Franchement, c’est tout ce que tu trouves à me dire alors que je viens de sauver ta misérable existence ? Tu viendras encore pleurnicher en disant que tu n’es qu’une pauvre victime après. Ne me le fais pas regretter. » D’un geste brusque, il remet le cran de sécurité et rejette le flingue le plus loin possible, tentant par là même, de repousser le constat moral à plus tard. Il lui suffit de reporter son attention sur la carcasse désarticulée du scandinave cependant, pour oublier toute vertueuse considération.

En accostant ce rivage ensanglanté, il expérimente l'impuissance dans toute sa superbe conception. Et c'est sans mal que la tétanie ressurgit. Assez amoché pour que l’anxiété et la compassion surviennent, tissent leur influence sur les traits encore livides du damné. La mélodie l’extirpe de cette paralysie, broie ce qu’il lui reste de rythmique aortique. Très lentement, il s’accroupit afin d’être à sa hauteur. Cette proximité lui concède de nouvelles vagues de panique alors que déjà il pose sa paume sur les parcelles de chair non mutilées afin de poser un diagnostic efficace. Chaque mouvement se veut aussi prudent que possible et contraste sans la moindre difficulté avec la langue acerbe qu’il délie à nouveau afin de ne pas succomber à ce chagrin de plus en plus acéré. « Je n’ai pas besoin de tes remerciements. Tu peux les garder, Kyran. Je t’avais dit que je ne voulais plus te ramasser, ni te voir dans cet état. Tu vas continuer à foutre ta vie en l’air pendant encore longtemps ? Tu n’as vraiment rien appris de tes erreurs. Mais ça ne me surprend pas. Plus rien ne me surprendrait de ta part. Je n’en attends pas moins de toi, tu finiras par crever comme la première fois. En te vidant de ton sang dans une allée sordide. » La mâchoire craque, le squelette suit. Ce spectacle morbide lui en rappelle un millier d’autres. Panser de nouveaux coups. Sven s’est juré de ne plus jamais participer à ces excès, de ne plus jamais les encourager en soignant le porteur. « Tu n’es qu’un sale égoïste. » Parce qu’il ne peut s’empêcher de lui porter secours. Il n’a jamais su comment l’abandonner correctement de toute façon. « Il faut qu’on parte. A moins que tu n’aies l’envie furieuse d’assister ou de perpétrer de nouveaux drames ? De me voir abattu par la milice ou par des amis des victimes pour ce que tu m'as obligé à commettre ? Ma vie contre la tienne, toi qui attends toujours de belles déclarations de ma part. Puis, nous resterons au moins dans une certaine continuité. D'abord, Sanjana et puis, moi,   pas vrai, frangin ? Un autre mal pour un bien ?  » Provocation gratuite afin de dissiper toute esquisse de tendresse entre eux, pour amoindrir la délicatesse avec laquelle il s’occupe de lui en déplaçant rapidement des pans de textile pour découvrir de nouvelles blessures. « Tu as des plaies assez profondes et nous n’avons pas le temps. Alors dépêche-toi avant que je ne change d’avis. » Il relève sa manche et offre son bras encore tremblant au contrebandier. Dégoûté par cette perspective mais habité par cet inéluctable sens du sacrifice qui vient avec les gênes et s'entretient avec les souvenirs. Que ce démon puise dans le peu d'énergie qu’il a pu récemment collecter. Pourvu qu’ils puissent s'enfuir. Pourvu qu'il survive. Pourvu que cette fois-ci, il put être là à temps. Pourvu que cette fois-ci, il ne termine pas la nuit en s'accrochant à son fantôme, les phalanges égarées sur le cadavre avec rien d'autre pour habiller l'âme, que la douleur, la culpabilité. Et la conviction d'avoir à nouveau tout gâché mais surtout, tout perdu.

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MessageSujet: Re: Conjure the wind [PV Kyran]   Sam 20 Fév - 19:34

(Paroles en italique = Norvégien)

Quasiment immédiat, le regret s’infiltre dans ses poumons et vient vicier l’air. Même quand les attentions concédées sont bienveillantes, la mâchoire d’acier s’actionne par pur automatisme pour broyer la main charitable. Animosité et agressivité. Il ne connait aucune autre forme de dialogue. Il ne peut pas s’en empêcher. Le mécanisme de protection s’accroche si solidement à sa misérable enveloppe qu’il en tremble. Les remerciements concédés du bout des lèvres sont bien maigres, trop pauvres pour laver l’offense, il en a conscience. Le boomerang voltige, se plante dans la paroi aortique. Le sang gangrené ne fait qu’un tour devant la perfidie de l’attaque, ses viscères se tordent d’affliction. La marée nauséeuse le traverse, remonte jusqu’à le prendre à la gorge. Les relents de honte le martèlent, ravagent l’intérieur de la carcasse crevassée. Les mots vicieux s’infiltrent comme un poignard dans son torse et les dents claquent devant la vague de froid qui l’engloutit de la tête aux pieds. L’humiliation est totale. Elle lui donne envie de s’enterrer six pieds sous terre. Qu’Il soit arrivé une minute trop tard, son corps mort déjà éventré sur l’asphalte. Ou de perdre l’ouïe. Pas prêt d’assumer ses pulsions déviantes, et surtout pas face à son cadet. Il n’y a que dans l’intimité qu’il parvient à admettre qu’il a cruellement besoin de cette relation criblée d’imperfections. Le pas suivant vers l’acceptation a des allures de gouffre meurtrier. Il ne peut pas non plus nier l’accusation abjecte. Depuis l’enivrement du premier soir, Aleksi a probablement reçu plus de coups que de baisers de sa part. « - Le maso serait touché d’entendre la belle opinion que tu as de lui. » Maugréé le tyran, sur un ton aussi méprisant que celui employé par l’infirmier. Le roulement caverneux s’extirpe de sa trachée comme du gravier. Si cogner s’est presque mué en un moyen de communication avec le finlandais, avoir osé gifler ne serait-ce qu’une seule fois son petit frère le met au supplice. Il est incapable de se le pardonner.

Les échos de rancœur ricochent inlassablement contre son crâne alors que son sauveur l’assomme de critiques amères. Il n’est plus qu’un vulgaire cabot grondé par son maitre pour toutes les bêtises en son absence. Un gosse qui frisonne, anxieux de se confronter à l’autorité paternelle. Le plus jeune des deux et néanmoins le plus censé. Le scandinave ignore à quel moment exactement ils ont échangé les rôles. Depuis quand il n’incarne plus le protecteur, le modèle, la béquille. Mais la désillusion, le déchet, l’abîme. « - J’avais pas prévu de te faire assister à la scène. Qu’est-ce que tu crois, qu’on peut raccrocher quand on le veut, quitter ce milieu sans les pieds devant ? Dans quel monde est-ce que tu vis ? » Soupire t’il alors que les phalanges nerveuses s’affairent contre son torse ensanglanté, appuient contre les chairs déchirées pour évaluer l’ampleur des dégâts. Le pantin désarticulé se laisse faire, grogne à peine. Il s’abreuve de Sa présence tant convoitée. Tant regrettée. S’il s’était coupé un doigt pour le revoir, il regrette presque de ne pas avoir eu l’idée de se faire tirer dessus plus tôt. Il n’y a qu’en se mettant en grave péril qu’il parvient à attirer Son attention. Il n’en arrache que de précieuses miettes à chaque confrontation. Si elles ne sont pas suffisantes pour combler le vide et le manque abyssal qui lui dévorent le ventre, elles n’en restent pas moins essentielles. Sans Lui, il dépérit. Mais la suite du monologue le terrasse. Son torse vibre de haine à l’entente du prénom de l’indienne sacrifiée. Sa plus fidèle alliée. Ce qu’il a laissé faire le hante, il ne s’en est pas remis. Les remords ébrouent son squelette, aggravent les frissons qui le tiraillent de part en part.

« - T’as pas le droit. » Le timbre écorché, le mafieux aboie son chagrin et repousse hargneusement la poigne qui se tend. C’est piteusement mais seul qu’il parvient à se relever après un effort laborieux. Il tangue comme un ivrogne, le sol semble se dérober sous ses pas. Il piétine les cadavres perforés, s’appuie comme il le peut contre le mur le plus proche. L’épaule percute avec vigueur le morceau de béton alors qu’il sent ses jambes sur le point de s’effondrer. Une grimace déforme les traits abimés, la douleur intense lui coupe littéralement le souffle. Son bras se tend cependant, agrippe le col de Sa veste avec toute la force qui pulse encore dans ses veines. Autant une pathétique menace qu’une manière maladroite de conserver l’équilibre. Les rétines azurées cherchent leurs homologues, s’y amarrent fiévreusement. « - Je t’interdis de parler d’elle. Tu crois que sous prétexte que t’as voulu te la sauter ça fait de toi un proche endeuillé ? J’ai aucune leçon à recevoir de toi, t’étais rien pour elle. Juste un amuse-gueule qu’elle aurait volontiers foutu dans son pieu. Navré si le fantasme allait au-delà de ton côté, fallait saisir ta chance tant qu’elle respirait. Tu ne sais rien de ce qui s’est passé, tu ne fais que juger depuis ta haute tour d’ivoire. » La prise se raffermit dangereusement. L’intrus entre ses côtes cherche à s’échapper de sa prison écarlate, bat si fort qu’il en a le vertige. Les prunelles polaires se durcissent, s’efforcent de recouvrir de glace l’océan de peine qui s’y déchaine pour asséner le coup de grâce. « - J’attends plus rien de toi, va emmerder quelqu’un d’autre avec tes leçons de morale. J’en ai plus qu’assez de tes reproches incessants et de tes plaintes. J’en ai rien à foutre que tu changes d’avis, non mais pour qui tu te prends ? Pardon d’avoir amputé sa Majesté d’un temps précieux, j’irai faire une offrande aux dieux si je survis pour les remercier de cet honneur. » Un ricanement acerbe perce le gosier, s’épanouit dans l’atmosphère pesante. Le rouleau compresseur écrase la volonté pourtant vitale de se réconcilier. « - Je vais me débrouiller. Comme toujours. J’ai pas besoin de ton aide. File te cacher de la milice comme une poule mouillée. Ou va te dénoncer tiens, tu pourras honorer le système et leur prouver ta dévotion extrême comme ça. Va cracher ton venin ailleurs. » Il relâche enfin le benjamin, lisse le vêtement froissé auquel il s’est accroché. Les serpents amochés se posent à plat contre le poitrail, le repoussent avec une douceur qui tranche sévèrement avec la sévérité des propos. L’inaltérable tendresse fait sombrer la colère irrationnelle dans les méandres de l’oubli.  « - Bon retour. » La sentence est lapidaire. Certainement punitive. Surtout gorgée de l’orgueil nocif qui le caractérise.

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MessageSujet: Re: Conjure the wind [PV Kyran]   Mer 2 Mar - 0:49

A quoi ressemblent-ils ? Deux frères sans armes poussés au combat. De la rancœur râpant la langue, viciant l’air et brisant pratiquement les liens que l’hémoglobine ressert. La génétique porte une partie des châtiments, les souvenirs en détiennent davantage. Hanté par ce qui pourrait être. Avec Kyran, c’est une succession d’hypothèses pour un seul résultat. La distance qu’il a réduite, la loyauté qu’il vient de lui témoigner, toute cette approche aussi maladroite qu’incisive, tout ça ne lui ramène ni la complicité, ni même la fraternité. Agenouillé devant sa carcasse, penché vers les plaies, le cœur si proche du sang que son aîné laisse couler, il subit des douleurs abdominales ancestrales. Celles qui ont maintenu l’agonie dès la nuit où il est décédé, jusqu’aux jours suivants, aux mois passant. Ces souffrances qui emprisonnent et croissent dans la solitude, se réveillent au petit matin avec plus d'acharnement. Pratiquement biblique, cette scène regorge d’une symbolique déroutante. Ce jeu de couleurs et de lumières, cette prestance d’un homme déjà à terre qui n’a plus que l’orgueil pour ramasser sa dignité, ce ressentiment expié par les gestes bienveillants du sauveur et de l’assassin. Deux rôles pour un seul acte. Pourquoi l’a t-il protégé ? Parce que c’est ce qu’ils sont censés faire. Se protéger. Ça a toujours été le cas, comment changer ? Ce genre de serment tacite ne peut se résorber. Malgré les abus, malgré les déceptions, malgré l’isolement, malgré les coups, les insultes. Ils ont toujours été deux pour contrer le monde, pour survivre. Toujours. Ou plus jamais désormais. Mais l’idée d’éternité entraîne perpétuellement les membres, il court encore après ses chimères, après la présence de son seul parent. Leur famille ne se résume qu'à ça. Des coutumes à renier, à retrouver et cette maladie mémorielle, affective. Le vrai devient faux alors que le faux a toujours été vrai de toute façon.

Appuyer où les regrets se logent pour qu’il goûte à ses propres méthodes. Provoquer l’instabilité pour qu’il ne soit plus le seul à lutter contre la pesanteur. « Il sait très bien que j’ai raison. Il ne se voile sûrement pas la face, pas comme toi qui n’assume rien. Pas même ta relation avec lui, si on peut la qualifier comme telle ceci dit. » Abusive et dérangeante. Il sait que tout ça ne le regarde pas. Il sait qu’il ne cherche déjà plus qu’à le malmener pour lapider les faiblesses qu’il peine tant à ne pas divulguer. Le discours du mafieux n’arrache qu’un regard glacial de l’infirmier. «  Dans un monde où chaque personne est responsable de ses choix. Ne fais pas celui qui est piégé. Tu ne cherches même pas à en sortir de ton foutu milieu. Tu ne cherches aucune solution. Ça te plait, arrête de mentir. Ça te plait de passer ton temps à t’autodétruire. Je ne sais pas si c’est de l’attention que tu cherches si désespérément mais prendre des coups, ça ne sert aucune cause. Tu n’es juste que plus pathétique. » Le mépris se détache de l’expression autant que du ténor. Pourtant, il tend à nouveau la main, il veut le ramasser et lui permettre de se relever. Le rejet est immédiat. Il l’a bien cherché. Ce qu’elle représentait pour lui ? Il en a bien eu conscience quand Sanjana a évoqué ce qui l’unissait au trafiquant. A croire qu’ils n’étaient tous deux qu’une seule pièce. Pile et face.

Son corps reprend de la hauteur, Ezra l’imite, l’observe ensuite trébucher, vaciller avec une inquiétude qu'il veille à masquer. Les mains agrippent son col, le tire abruptement et il ne se débat même pas. Quand ses yeux basculent dans les siens, il y puise toute une détresse qu’il n’aurait jamais pu soupçonner. Durant un bref instant, elle lui coupe le souffle, le renvoie à sa propre impuissance, son propre gouffre. Il détourne un instant les prunelles, incapables de soutenir les siennes. « Serait-ce de la culpabilité que je perçois ? Est-ce possible ? »  Articule-t-il finalement en faisant preuve d’un sang-froid inhumain, réussissant à déguiser les failles derrière un timbre tranchant. Paré de marbre pour ne pas heurter à nouveau de plein fouet la multitude d’émotions dont son frère fait preuve. Le norvégien contient la rage autant que le chagrin. Pas le moment pour s’offrir à une discussion déplacée alors qu’ils sont tous deux en danger. Pragmatique, il attend qu’il le relâche, expulse ses dernières paroles avant de se rapprocher. « Finalement, j’ai peut-être compris pourquoi tu aimais tant que ça te faire frapper mais ça ne la ramènera pas si c’est le cas. Ça n’a jamais ramené personne. Et ça ne changera rien à ta culpabilité. Si du moins, tu arrives à réellement comprendre le concept. » Sans attendre qu’il réplique, il se joue de son incapacité à pouvoir réellement répliquer, physiquement diminué, pour glisser son bras autour de ses épaules et entourer sa taille afin de le soutenir. Non, il ne compte pas l’abandonner. Sinon, tout ça n’aura rimé à rien. Et le scandinave ne peut se résoudre à gâcher son accès de démence en obéissant scrupuleusement au souhait du blessé. Depuis quand devrait-il l'écouter de toute façon ? Ou lui fournir une explication.

Sans lui concéder le moindre mot, sans même lui offrir le moindre choix, il le traîne à travers la ville en veillant à maintenir sa poigne, évite hasardeusement les rondes de la milice, les quelques passants présents à cette heure tardive et atteint finalement son immeuble, essoufflé, harassé. Il sabote des années d’exil en donnant au tyran les moyens de s’immiscer dans sa vie privée mais peut-on appeler ça une vie de toute manière ? Tout dans cet appartement est dénué de chaleur et d'humanité. Il n’y a que l’utilitaire. Les seules excentricités reposent sur une étagère, une suite de livres aux thèmes variés. Il le fait entrer sans aucune cérémonie et le dépose le plus rapidement possible sur une des chaises de sa salle à manger, la plus proche de l’entrée avant de refermer derrière lui et de filer droit vers le placard contenant le matériel dont il a besoin. Il dépose une trousse de soins et un sac sur la table, tire les rideaux avant d’allumer tous les plafonniers pour jauger au mieux les dégâts. Le constat ôte toute teinte de son visage alors qu’il se tient à quelques pas seulement de la victime. « Tu as remplacé Aleksi par une de ces créatures ou ce n’est là que le résultat d’un suicide raté ? » Le sarcasme ne parvient pas à dissiper les tremblements de sa voix. Les morsures sont nombreuses et il n’en discerne qu’une partie seulement. Il ne veut pas imaginer l’étendue. « Tu as perdu l’esprit ? C’est la mort que tu cherches ? T’es complètement cinglé. Ça ne t'a pas suffit de te faire mordre la première fois ? Ça te manquait tant que ça ? » Les bras bloqués contre les flancs,  tétanisé par cette vision chaotique. Est-ce sa faute ? Est-il en partie responsable de ce qu’est devenu Kyran ? Il ne sait pas s’il veut connaître la réponse. Encore moins s’il pourrait vraiment la supporter.

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MessageSujet: Re: Conjure the wind [PV Kyran]   Mer 16 Mar - 12:46

Les limites de ce qu’il est prêt à entendre, à encaisser, sont allègrement dépassées. Les tirades moqueuses résonnent comme des lames acérées contre la carcasse fortement affaiblie. Des bleus à l’âme qui se propagent, qui la scindent en morceaux éparses. Sous la chair ravagée par les ecchymoses, les poumons tombent en ruine et les fibres de son palpitant se disloquent. La détresse au fond du cœur. Tout s’effondre sous le masque. La carapace d’acier qu’il s’est forgé peine à retenir le magma de chair en bouillie, à contenir sous forme solide ce qui voudrait s’éparpiller sur le sol putride pour ne plus avoir à réfléchir. Pour ne plus avoir à subir. Pour l’une des premières fois de son existence, et en dépit des mois qui les séparent, Kyran n’a pas envie de suivre son frère. Il va encore bien trop mal pour supporter son discours effronté. Pour endurer les vérités qui lacèrent si cruellement. La voix du benjamin ressemble à celle criarde de sa conscience, celle qu’il étouffe inlassablement sous des débris fumants. Moralisatrice à l’extrême, elle n’est porteuse d’aucun soutien, d’aucune sollicitude. Elle se contente de lui asséner la réalisation de ses vieilles prédictions, avec ce qui ressemblerait presque à de l’autosatisfaction. Celle d’avoir vu juste, de ne pas s’être trompé en augurant la chute. Il lui enfonce la tête sous l’eau, le noie sous un flot de mépris et l’en sort un millième de seconde avant l’asphyxie. Il peut à peine reprendre son souffle, avant que le manège ne recommence. Le mafieux s’interroge sur le but de l’opération. Contrairement au finlandais, que ce soit par dévotion ou par masochisme, Ezra ne l’aimera jamais tel qu’il est. Il ne s’échine pas à le tolérer, encore moins à l’accepter. Et même s’il changeait, Il ne serait pas là pour le croire et encore moins pour l’admettre. Rangé depuis près d’un siècle dans la case des dépravés à jeter.

Mais l’infirmier est plus borné que lui. S’il ne le suit pas, il faudra lui avouer qu’il habite à deux pas. Peut-être le faire entrer dans son studio minable, supporter de voir ses prunelles rouler et s’écarquiller devant le désastre. Constater qu’il a renoué avec cette infamie dans laquelle il s’était juré de ne plus jamais se vautrer. Et réaffirmer combien cela ne l’a rendu que plus pitoyable, que plus pathétique. Plus qu’une promesse, il y a consacré sa vie entière. Il a perdu pied pour ses rêves de luxe et de grandeur. Le scandinave n’est pas non plus prêt à assumer pleinement la cohabitation avec son amant. L’unique lit qui ne laisse place à aucun doute, la surface exiguë qui entérine les dernières suspicions. C’est un refus farouche qui s’appose dans son esprit brisé. Les morceaux s’assemblent vers la même finalité. Le blessé se laisse donc trainer sans broncher, sans desserrer les dents pour s’exprimer. Seul le silence répond à la question rhétorique, laissant libre le moralisateur de l’interpréter comme il l’entend. Profondément vexé qu’Il ose le comparer à un être dénué du moindre scrupule. Qu’Il ose mettre son grain de sel dans cette trahison douloureuse, ce deuil qui creuse son ventre d’horreur. Il n’a même pas pu récupérer son corps, l’enterrer dignement. Elle pourrit quelque part dans l’une des fosses communes du Gouvernement, rongée par la vermine. Jusqu’au bout il n’a pas été à la hauteur de la loyauté sans failles qu’elle lui vouait. Il sait qu’elle a dû espérer jusqu’au dernier moment la preuve que sa fidélité n’était pas vaine. Un sublime coup de théâtre pour la sauver des géhennes.

Il a quasiment l’impression de débarquer dans un sanctuaire en entrant dans le domicile du norvégien. Il fait désordre, sa simple présence tranche sévèrement avec la blancheur immaculée des lieux. Chaque chose à sa place, et une place pour chaque chose. Mal à l’aise, il se laisse guider sans protester, s’installe docilement là où on lui ordonne implicitement d’aller. Il veut seulement en finir rapidement, et si possible ne plus lui adresser la parole. Mais c’est sans compter sur la verve intarissable de son sauveur et l’obsession qu’il semble avoir développé pour ses penchants de travers. Les diatribes impudentes se succèdent et une montée acide vient tordre ses viscères. Le feu crépite et incendie ses veines viciées. Son poing se serre et vient hargneusement frapper contre la table. Il y met suffisamment de force pour la faire trembler. Mieux vaut le morceau de bois que sa pommette à nouveau. Il ne se lève pas pour lui refaire le portrait ou empoigner son col, il reste assis. La menace n’est pas réelle, bien qu’elle puisse paraitre palpable. Il n’a aucune intention de cogner sur Lui, même si ce n’est pas l’envie de le rendre muet ou de devenir sourd qui lui manque. « - Je n’ai remplacé Aleksi par personne, mêle toi de tes oignons putain ! » Crache-t-il, le visage déformé par la colère. Il ne les supporte plus, ses petites piques lancées l’air de rien dans l’air, juste pour tâter le terrain et écorcher son ego démesuré au passage. « - Décidément, ça te travaille à ce point pour que tu me le ressortes à toutes les sauces ? C’est un adulte, consentant par-dessus le marché, alors fous-moi un peu la paix. » Naïvement, il avait espéré après leur dernière confrontation que la conversation ne reviendrait plus sur le tapis. Par gêne, mais aussi par intelligence, et éviter que le tyran ne décharge ensuite sa mauvaise humeur sur son employé. « - T’as pas à te demander pourquoi il s’est tiré de chez toi sans même te l’annoncer, s’il devait s’infliger tes jugements médisants sans arrêt. » Maugréé t’il, en aplatissant sa paume tremblante de rage sur la surface plane pour dissiper la menace.

Ses sphères d’acier évitent soigneusement les pupilles familières. Honteux d’avoir cédé si facilement à un élan de violence. Il ne présente pas d'excuses pour autant. Les billes claires se baissent vers les blessures béantes, assez nombreuses et purulentes pour être impressionnantes. L’ours bourru se racle la gorge, cherche les mots pour relativiser l’aspect immonde des plaies, avec l’inconscience du suicidaire qui provoque la faucheuse sans mesurer le danger. « - Seule la première morsure est dangereuse. Les suivantes ne font que ralentir le processus de guérison, c’est tout. C’est rien. Sans ces sales connards, ça serait déjà cicatrisé. Ils m’emmerderont plus au moins maintenant. » Une lueur sadique caresse les iris à ce constat. Il aurait préféré les achever lui-même, mais il n’est pas mécontent d’en être débarrassé. « - Je t’ai pas demandé ton avis, tu peux pas comprendre de toute façon. Tu trouves que t’as réussi ta vie pour la ramener constamment  sur ce que je fais de la mienne ? T’as pas mieux à foutre ? » Grogne t’il en tirant sur les guenilles recouvrant son torse pour cacher la misère. Il se redresse sur la chaise inconfortable avec une grimace, la peau tiraillée par les affligeantes déchirures.

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MessageSujet: Re: Conjure the wind [PV Kyran]   Jeu 24 Mar - 0:47

Les ombres ne rendent aucun hommage à cette présence chaotique. Au centre de la pièce, égaré au milieu de l’austérité apparente, l’anomalie respire encore. Encore, pour le moment. En perte de repères, il chute. Les organes échouent à ses pieds. Il les piétine à répétions en se frayant un chemin du bout des cils jusqu’aux plaies. Son regard succombe à chaque meurtrissure, les paupières se replient à plusieurs reprises pour le préserver de cette vision irrémédiablement dérangeante. Au jeu des époques, ils n’ont rien pratiquement rien échangé, rien troqué contre ces années presque dorées et ils se retrouvent piégés dans une temporalité cruellement prévisible. L’un, blessé et l’autre, inquiet. Un suicide sans geste décisif, un appel à la mort pour aspirer la vie. Comment qualifier un tel dévouement à cette souffrance physique ? Quel remède croit-il collecter en flirtant aussi dangereusement avec la faucheuse ? Marquer sa chair à ce point, se prenant presque pour du bétail à sacrifier. Ezra sait que son frère ne court même pas après une sordide rédemption. Cela n’enlèverait rien à l’horreur même si c’était le cas de toute manière. L’adrénaline doit lui permettre de subsister et ça, le norvégien peut le comprendre. Jusqu’à un certain point. Les douleurs se manifestent de part et d’autre de son thorax, ce mal qui ronge les os jusqu’à la moelle, qui démantèle le squelette et qu’il ne peut exprimer ni avec des gestes, encore moins avec des mots. L’anxiété, la détresse et l’affection qu’il contient autant par habitude désormais que par crainte de ne pouvoir s’arrêter, d’en attendre trop, de vouloir trop. De regretter ensuite. L'orgueil comme rempart. Il songe à s’approcher pour débuter les soins mais il ignore même par où débuter l’assistance. Les réminiscences prêtent à chaque mouvement anticipé une portée si symbolique qu’il en devient l’égérie d’une cause perdue. Perdue depuis des siècles.

Le poing s’abat, le cœur cogne. Il sursaute. La rage habite la pièce, contamine ses traits. L’hostilité voisine l’oblige à se ratatiner sur place, à craindre la seconde suivante. Redevenu cet enfant trop petit, trop maigre et trop maladroit qui ne voyait le monde qu’à travers les yeux de son aîné. Emmailloté dans les vêtements trop grands de ce dernier, égaré dans un textile trop large, encombrant. Si minuscule qu’il a du mal à voir par-dessus l’épaule de Kyran. Tout ce décor si vaste qui l'effraie. L’effet que produit le tyran sur lui, agit comme un anesthésiant sur ses nerfs, il est paralysé. Leur dernière rencontre n’est pas étrangère à cette conséquence direct de leur complicité oubliée. Le souvenir de la gifle lui rappelle pourquoi il ne doit pas se laisser intimider. Pourquoi il ne doit pas lui octroyer ce pouvoir, cet ascendant. « Ma table ne t’a rien fait à ce que je sache. » réplique-t-il alors froidement en redressant l’échine. « Tu sembles éprouver des difficultés niveau gestion des émotions, particulièrement de la colère, on ne te l’a jamais dit ? » Son sarcasme claque dans l’air avec un mépris qu’il a exagérément amplifié pour camoufler toute dualité. « Ne t’en fais pas, mes petits jugements médisants ne sont principalement dispensés qu'en présence de mon frangin adoré. Tu es une source d’inspiration intarissable avec ton agressivité congénitale et ton incapacité à supporter le prénom de... De ton amant ? Ta chose ? Ton punching-ball ? Choisis le terme que tu veux. Ce ne sont pas mes oignons après tout. » L’acidité exprimée s’estompe dès qu’il se poste enfin à ses côtés.

Les explications se noient dans l’esprit fragmenté de l’infirmier qui examine de plus près les morsures. « Ne sois pas soulagé. D’autres les remplaceront. Parce que c’est ce que tu fais tout le temps, pas vrai ? T’attirer des emmerdes, énerver les mauvaises personnes. Te faire tabasser, pratiquement tuer… Si ce n’est pas eux, ça sera d’autres gars. Ne compte pas sur moi pour butter tes ennemis la prochaine fois. » Il ouvre la trousse de secours, tire une chaise vers lui mais avant de s’asseoir, il prend le temps de répondre aux provocations adverses, canalisant les vagues de hargne qu'il suscite en crispant ses phalanges sur le bois qu'il tient encore. « Je ne peux pas comprendre, vraiment ? » Un sourire ironique tord ses lèvres. « J’avais oublié… Le petit Kyran, le pauvre petit martyr qui souffre, si seul, si malheureux. Bouhouhou. Ne me fais pas pleurer. Tu pourras la ramener quand ça sera moi, en sang sur cette chaise et toi à ma place. En attendant, je te conseille de serrer les dents. Parce que, de toute évidence, j’ai pas mieux à foutre que de te soigner. Encore une fois. Alors t’arrête de remuer et retire-moi ça pour que je puisse réparer tes conneries. » Du bout du doigt, il pointe le buste encore partiellement recouvert du blessé avant de s’asseoir finalement, de trainer son siège le plus près possible de son patient. Ses doigts s’emparent des compresses et de l’alcool. Il dispose le matériel face à lui, contemple ses propres paumes pendant quelques instants.

Le silence ramène inéluctablement cette foule de questions qu’il aurait voulu lui poser. Ces mystères qui l’ont tenu éveillé trop souvent durant cette année tissée d’absence. Ne voulant se dévoiler entièrement, il débute par le bas de sa liste. « Tu as récupéré son corps ? » Sa voix semble faible, presque évanouie. Elle est aussi instable que chargée d’émotions incertaines. « Sanjana. » Précise-t-il ensuite avec plus d’assurance avant de se souvenir du dialogue qu’il a écarté par simple pragmatisme un peu plus tôt. « Ça va ? J’ai le droit d’en reparler ou tu vas me fracasser le mobilier ? Ou la gueule ? » Il n’ose toujours pas accrocher ses prunelles de peur de se dégonfler. « J’étais peut-être pas son soleil ou sa lune ou son âme sœur ou je ne sais quoi mais je la connaissais. Et la prochaine fois, je te prierai de ne pas me confondre avec toi. Tout ne se résume pas à foutre une personne dans son lit. Garde tes frustrations pour toi, ne les projette pas sur moi. » La sécheresse du timbre contraste avec son attitude. Recroquevillé malgré lui, le regard fuyant et les mains levées vers le plafond, impuissantes, encombrantes. Tant de réponses à obtenir et si peu de courage pour les acquérir.

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MessageSujet: Re: Conjure the wind [PV Kyran]   Jeu 14 Avr - 21:14

L’élan de violence est irrépressible. Il ne parvient pas à le retenir, tant l’irritation tiraille ses nerfs. La fissure s’agrandit, abime davantage leur fraternité chaotique. Il le sent dans la posture de son petit frère. Le brusque sursaut démolit le squelette et l’assurance de façade l’espace d’un instant. Une bouffée de honte le prend instantanément à la gorge. Si le mafieux fait tout pour intimider ceux dont il croise la route, il s’est au contraire toujours efforcé de se montrer protecteur avec Lui. Il était celui qui apaisait les terreurs nocturnes, qui soignait les blessures. La douceur était une évidence à l’époque. Il n’aurait jamais haussé le ton, et encore moins levé la main sur le cadet. Il n’aurait jamais cru qu’ils en arriveraient là, jusqu’à ce douloureux point de non-retour. Le sermon médisant de son vis-à-vis lui serre la trachée, lui donne envie de disparaitre. Il creuse sa tombe et chaque reproche est semblable à une poignée supplémentaire de terre au-dessus de sa carcasse à l’agonie. Le norvégien n’y va pas de main morte, ne lésine pas sur les arguments pour lui dévoiler toute l’ampleur de son animosité envers lui. Qu’il n’est qu’un illustre raté doublé d’une brute avide de fureur. Peut-il vraiment le contredire ? Le portrait désastreux qu’Il brosse est blessant justement parce qu’il s’appuie sur une peu reluisante vérité. « - Et toi, on ne t’a jamais appris à tourner ta langue sept fois dans ta bouche avant de parler ? Tu le prendrais sereinement peut être si je balançais ne serait-ce que la moitié de ce que tu m’assènes en pleine gueule constamment ? » Peste-t-il, en tentant vainement de contenir son agressivité pathologique. C’est dans ses veines, dans son sang, dans ses os viciés jusqu’à la moelle. Le parasite transmis par le patriarche lui ronge les chairs, creuse son sillon d’ébène pour gratter à la surface. Un soupir de lassitude filtre à travers la mâchoire comprimée alors qu’il tente de s’expliquer. De se calmer pour ne pas risquer de déraper. Il ne se fait plus confiance depuis l'impardonnable gifle. « - Ce n’est pas son prénom, c’est le venin que tu distilles en le prononçant. En quoi ça te regarde ? Tu m’as bien répété que tu préférais me renier alors pourquoi tu réagis comme si t’étais vexé de ne pas en avoir été le premier informé ? J’ai aucun compte à te rendre. » Ni aucune envie de mettre une étiquette sur son histoire avec le finlandais. Le plus lamentable est qu’elles pourraient toutes coller, qu’elles ont toutes illustré au moins une fois leur liaison sulfureuse. Mais Aleksi représente surtout infiniment plus, pour qu’il ne l’ait pas éradiqué purement et simplement de son existence.  Il aurait été bien plus simple de le liquider. Éclater sa charmante tête contre un mur et ne plus aborder le sujet. Gommer l’humiliante erreur de parcours avant que la rumeur ne s’ébruite. Ce n’était pas l’envie qui lui avait manqué. Ni les occasions. Le besoin irrépressible de s’abreuver de sa présence l’en avait dissuadé. Entretenir leur relation malsaine meurtrit pourtant son ego, l’assassine rageusement.  

Les menaces heurtent hargneusement ses tympans, écorchent les bords de sa cage thoracique. L’abject écho n’en finit plus de percuter sauvagement son crâne. Psalmodiées en boucle, comme pour permettre à l’infirmier de s’en persuader autant que la cible de son courroux. Le tyran le laisse terminer sans broncher, consent même finalement à retirer son haut déchiré. Les haillons achèvent leur triste course sur la table immaculée avant que ses rétines d’acier ne partent traquer leurs jumelles irritées. « - Ce n’est pas déjà ce que tu m’avais promis ? De me laisser crever sur le trottoir comme un misérable cabot si ça devait se reproduire ? » Ironise t’il après un bref silence, au risque de s’attirer davantage les foudres de son cadet. « - Mais c’est pas ce que t’as fait, et quand je repense à ton absence d’hésitation dans la ruelle, je doute que t’en sois vraiment capable. Tu peux changer de nom, m’éviter comme la peste, m’insulter copieusement pour te persuader du contraire, on sait tous les deux que tu tiens encore à moi. » Le ton est étonnamment placide, sans doute trop épris d’une confiance déplacée. Le scandinave peut bien nier, le mal est fait. Il sait qu’Il reste attaché à lui. Autrement, Il ne lui serait pas venu en aide. Il ne s’acharnerait pas à lui rabâcher ses lancinantes critiques non plus. « - Mais tu vois, je progresse. Je t’ai laissé tout l’espace que tu voulais pendant un an. Ya encore quelques temps, j’aurais été prêt à me poignarder moi-même juste pour espérer attirer ton attention. » Voire à me sectionner un doigt. L’aveu implicite caresse ses lèvres gercées. La pathétique confession est passée sous silence, conscient qu’Il le prendrait pour un pauvre fou. Qu’elle ne l’attendrirait pas.

La mention de l’indienne enfonce le couteau dans la plaie. Purulente, infectée, elle dégouline par tous les pores. Le chagrin perle dans ses pupilles claires, et il est forcé de détourner le regard pour ne pas flancher. « - C’est vrai, toi t’es au-dessus de ça, tu lui tournais autour dans un but absolument platonique. » Ricane le mafieux, davantage pour jouer la montre que pour réellement se moquer. Les sphères métalliques retournent se fondre dans les Siennes, et un amusement furtif les traverse en analysant les mots absurdes employés. « - Son soleil, sa lune ou son âme-sœur ? C’est quoi ces conneries ? Je ne te savais pas devenu poète. Tu lis de la littérature pour jeunes filles en fleur pour te bercer le soir ou comment ça se passe ? » Il ignore d’où il sort des absurdités pareilles, n’est pas certain de vouloir l’apprendre. L’instant de légèreté s’évapore dans l’air étouffant aussi rapidement qu’il s’est envolé dans l'obscurité. Il hésite presque à mentir, pour esquiver l’inévitable blâme. Ses dents grignotent l’intérieur de sa pommette anxieusement avant qu’il n’ose lâcher d’un trait le morceau. « - Non je n’ai pas pu le récupérer. Si j’avais essayé, le mien aurait terminé dans la même fosse commune. » Les cadavres ne valent rien, seuls les vivants comptent. Alors pourquoi se sent-il si coupable de ne pas avoir pu offrir à sa plus fidèle amie une sépulture décente ? Certainement parce qu’il est celui qui a précipité sa chute. Qu’il partage son lit avec le traitre qui l’a sournoisement dénoncée aux autorités. « - Je sais ce que tu vas me dire, te fatigue pas. Je m’en veux bien assez comme ça. » Il est trop épuisé pour le supporter. Les épaules voutées, il quémande à son frère un semblant de répit. Vaine tentative pour éviter l’effondrement de l’édifice complet.

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MessageSujet: Re: Conjure the wind [PV Kyran]   Ven 22 Avr - 1:48

L’incohérence maintenue pour préserver des apparences déjà brimées par une éternité d’errance. Des paroles aux gestes, ils se brisent et se rabibochent. Lequel de ces deux schémas est voué à la répétition ? Trop souvent, il mise sur le premier quand le second parait pourtant évident. Scindés par les décisions, les circonstances mais réunis par chaque souvenir, chaque trouble. Des aveux qui tardent, des confessions qui se morcellent en vérités ténues, un lien qui se ressent mais ne s’avoue jamais. Il y a tant à taire et tellement à montrer. Aucun équilibre pour stabiliser les fondations, aucun code pour régir ces échanges. Ils se balancent d'un pied sur l’autre, effacent les traces de craie sur le bitume, réinventent les enchâssements. Et quand l’un tombe, l’autre ne le rattrape pas. Pas toujours du moins. Il y a bien des esquisses, un bras qui se redresse, un pas qui s’empresse mais trop souvent, la main n’atteint pas le destinataire.  Une distance déconstruite actuellement pour une proximité maladroite. Entre l’acide et les braises entretenues, évoluer ici revient à butter contre chaque obstacle. Plus de chemin, plus même d’espace, deux fous internés par le passé dans ce présent. A se cogner la tête contre les murs, à se moquer de l’autre, à pointer du doigt des inepties, à perdre la tête, à perdre l’estime qu’elle soit pour soi ou pour l’autre. La fatigue pèse. Ezra est fatigué de lutter. Fatigué d’entretenir cette haine qu’il n’a jamais souhaité au fond. C’est lui pourtant, le premier à l’avoir invoquée. Le choc des retrouvailles, les épreuves multipliées et Kyran, plus brisé, plus enragé que jamais. Changés tout deux et il ne supporte pas ça. Plus du tout. Surtout pas maintenant qu’il est là, fracassé par ses déroutes, acculé par ses démons et détruit par sa débauche. Le norvégien cherche à étouffer sa compassion mais elle subsiste. La garce.

Les vérités déliées, il ne reste pas beaucoup de place pour l’embarras. Il ne s’en encombre dès lors pas. « C’est vrai que tu es tendre et chaleureux toi aussi. Encore en train de jouer la victime, c’est vraiment devenu une maladie décidément. » délie-t-il froidement, conscient de sa mauvaise foi. Il se referme ensuite, accuse chaque phrase, chaque geste comme il peut. Son frère placarde la réalité à coup de clous dans la rétine, démantelant les raisonnements de plus en plus confus du damné. Ses traits se crispent à plusieurs reprises, mimant la douleur interne, celle qui se diffuse dans ses membres à l’évocation de son attachement inébranlable, sa loyauté incommensurable. Il sait très bien qu’il en crèverait de le reperdre. Mais ça ne change rien à ce qu’ils sont et ne sont plus. En cherchant à reprendre consistance, il se force à propulser un ricanement, masquant par ce seul son, le trouble autant que la confession. « Ne sois pas ridicule. Te poignarder ? Tu te crois dans une tragédie shakespearienne ? T’es pas capable de penser à autre chose qu’à toi, ne fais pas comme si je pouvais passer avant toi. Ta précieuse vie a plus d’importance que ton ingrat de frangin, non ? Après tout, je suis médisant et effroyable. Qui se sacrifierait pour moi, je me le demande bien ! » Son ténor faiblit dans l’irrégularité de son pouls. Aucun d’eux ne peut supporter cette conversation mais l’infirmier s’acharne. Par habitude ou par crainte du silence. L’absence de sons provoque immanquablement les succubes. Moins il y a de bruit, plus les souffrances sont assourdissantes.
 
Les répliques du mafieux arrachent un léger rire ironique au cadet. « C’est ce qu’elle m’a sorti quand elle a su que t’étais mon frère. Apparemment, tu lui inspirais de grandes choses. On pourra au moins te reconnaître ça, tu lui as fait perdre la boule au point qu’elle te confonde avec la lumière divine. J’espère que ça en valait la peine pour elle. » La dernière phrase se fait murmure, s’évanouit dans une nuée de pensées mélancoliques. Sanjana n’a pas mérité ce sort et son aîné le sait. Il le sait assez pour se ratatiner sur son siège, porter sa mort sur ses épaules. Alors il n’a pas besoin d’en rajouter, pas besoin de l’aider à se décomposer davantage. Lui qui n’a déjà plus aucune dignité. L’urgentiste se penche sur les plaies à soigner, les compte machinalement en les désinfectant, en les refermant parfois. Il prolonge son mutisme, s’absorbe dans sa tâche et se noie dans la peine éprouvée à contempler tout ce gâchis.

A la dixième meurtrissure rencontrée, ses nerfs rompent abruptement. Il ne peut plus supporter ce spectacle, ne peut plus feindre l'indifférence. La quiétude factice achève ses résolutions. «  Merde Kyran, c’est exactement pour ça que je ne veux plus te revoir. T’as vu dans quel état tu te mets ? Si c’était moi qui était assis là, couvert de toutes ces cicatrices ? Tu me dirais quoi franchement ? Bien sûr que je ne vais pas te regarder crever dans une ruelle. C’était ce qu’Il souhaitait lui. Mais je ne suis pas lui ! » Leur père. La personne à ne pas imiter, à ne pas suivre. Sven ne peut s’empêcher de croire que le tyran le compare. Et il a peur des conclusions qu’il pourrait tirer. C’est peut-être la motivation de départ. C’est peut-être le prétexte mais il abandonne les faux semblants, se laisse emporter subitement par une détresse provoquée et entretenue par l’attitude de son invité. « Je ne veux juste pas que ça se reproduise, je ne peux pas le tolérer, c’est quand que tu vas l’entendre et l’accepter ? Tu ne pourras jamais comprendre de toute manière, tu ne m’as pas vu mourir, tu n’as pas dû m’enterrer. Tu n’as pas dû survivre à ma disparition. Tu ne sais définitivement pas ce que ça fait. Je me suis retrouvé seul, j’avais pas un rond, j’avais pas de toit, j’avais rien et surtout, je ne t’avais plus, toi. Je ne voulais pas survivre à ça. Et je n’aurais pas dû y survivre de toute façon. Sans toi, plus rien n’avait... n'a de sens. Je suis mort en même temps que toi. Et tout ça, tout ça, ça n’a… »  Sa paume n’a pas encore désertée la chair meurtrie du blessé. Une erreur de débutant tandis qu’il se livre à des confessions inopinées. Les émotions déchirent toute prise sur ce qu’il est et sa nature en profite pour s’insinuer entre les brèches qu’il a lui-même provoquées. Elle jubile quand il baisse sa garde, se joue de ses faiblesses et c’est sans le vouloir qu’il dérobe abruptement l’énergie du trafiquant. Effrayé, il se relève d’un bond, coupe le contact dès qu’il s’aperçoit de cette perte de contrôle et recule même d’un pas. Les excuses se pressent contre ses lèvres sans les franchir pourtant. Il ne veut pas confirmer ce qu’il vient de se produire. Kyran n’était pas supposé savoir. Il ne veut pas savoir lui-même ce qu’il en pense. Lui qui prétend tellement et qui n’est rien. Rien d’autre qu’un monstre, un monstre bien pire que celui qu’il accuse sans arrêt. C’est plus facile de prétendre l’inverse et de lui en vouloir. Tellement plus facile.

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MessageSujet: Re: Conjure the wind [PV Kyran]   Sam 30 Avr - 10:47

Un égoïste insensible. Le portrait désastreux brossé par son frère peut se résumer à ces mots cruels. Ceux de trop. Ceux qui le ravagent de l’intérieur. Qui le font saigner jusqu’à l’hémorragie interne. Les digues érigées autour de son palpitant s’effondrent et il a l’affreuse impression que le forcené se fait arracher à mains nues de sa cage thoracique. Il le voit battre entre les phalanges assassines du norvégien, s’effriter entre ses doigts jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. Juste une mare écarlate qui n’en finit plus de s’étendre, de souiller leur complicité enterrée. La pièce n’est pas seulement chargée d’électricité, elle l’est aussi de tous les démons de leur histoire chaotique. Ils tourbillonnent, s’agrippent à ses membres, s’infiltrent dans sa chair. Peut-être qu’Il a raison. Peut-être qu’il n’a pas fait assez attention à son bien-être, qu’il s’est simplement persuadé du contraire. C’est pourtant pour Lui qu’il a changé. Le gamin faible et réservé ne pouvait pas le protéger, ni subvenir à leurs besoins. Il ne voulait plus être l’ainé incapable d’arrêter leur ivrogne de père, tout juste apte à s’interposer parfois. Il ne voulait plus jamais lire de la terreur dans Ses rétines azurées. Il avait été contraint de renier une part de ce qu’il était, de la briser en mille pour espérer y arriver. Mais on ne sacrifie pas ainsi ce qu’on est sans un lourd tribut à payer. Sans s’enfoncer irrémédiablement dans les ténèbres.  « - C’est moi la victime ? Tu t’entends geindre un peu ? C’est vraiment ce que tu penses ? Je crois que tu ne me connais vraiment plus Ezra. » Il insiste volontairement sur le prénom mensonger, celui qu’il abhorre, celui qu’il déteste. La voix blanche, cassée. Il pourrait rajouter qu’Il se trompe lourdement. Qu’il l’aime plus que n’importe qui d’autre, plus que sa propre vie. Que personne ne l’aimera d’ailleurs jamais autant que lui. Au-delà de tout ce qu’Il s’imagine. Même s’Il passe son temps à le meurtrir, à se comporter effectivement comme un petit ingrat. L’affection qu’il lui porte est sans limites, sans conditions, sans concessions. Si se faire rejeter sans cesse le fait horriblement souffrir, si son attitude le débecte, ce n’est pas pour autant que l’attachement s’amoindrit. Mais à quoi bon ? La déclaration ne l’attendrirait pas, Il ne l’entendrait pas. Il le traiterait de menteur, de beau-parleur. Ou lui assènerait simplement qu’ils ne sont plus des enfants, que ça ne suffit pas.

Le benjamin se fait l’avocat du diable, continue de défendre avec ferveur une terroriste. Que croit-Il ? Qu’il l’a endoctrinée, qu’il étouffait ses convictions pour lui imposer les siennes ? L’indienne était certainement moins extrême et obsédée que lui, mais l’union contre la dictature n’aurait pas pu se faire plus naturellement. Même sans lui, elle se serait engagée. Dans une autre organisation mafieuse ou plus certainement auprès de résistants. « - Probablement pas non. Pourquoi tu me racontes ça ? Pour me faire culpabiliser encore plus ? Elle avait choisi cette vie-là, je ne la forçais pas. Elle aspirait peut être moins au pouvoir, mais elle n’était pas aveuglée ou dominée pour autant. Elle était mon égale. » Le scandinave n’est aussi machiste qu’on pourrait le croire. Le sang nordique qui coule dans ses veines l’a toujours rendu enclin à mettre les femmes de caractère sur un piédestal et à ne pas les sous-estimer. Sanjana avait l’âme d’une guerrière, et toutes les qualités pour être son bras-droit. Plus forte, rusée et courageuse que bien des hommes. Il l'admirait. « - J’aurais simplement dû la tenir éloignée d’Aleksi. » Marmonne-t-il entre ses dents. Il n’aurait pas dû jouer tant avec le feu, imposer à ses deux amants de cohabiter parce que la présence du finlandais était devenue trop vitale. Le piratage informatique comme prétexte pour l’imposer à sa plus fervente alliée.  

Des grimaces d’affliction tiraillent ses traits à mesure que les plaies béantes se font recoudre. Elles se superposent aux stigmates argentés qui se nichaient déjà sur son torse. Traces indélébiles des multiples coups de lame du viking enragé. L’épiderme malmené, de nouveau déchiré avant d’avoir pu correctement cicatriser, lui inflige de violents tourments. Dérisoires néanmoins face à ceux qui lui lacèrent l’âme lorsque l’urgentiste craque. Les critiques et les aveux se déversent hors de la bouche fielleuse, le font se sentir plus minable qu’il ne l’est déjà. « - Je sais que tu n’es pas lui… » Souffle t’il, décontenancé par l’emportement du plus jeune. S’il les a déjà comparés, il ne le pensait pas. Pas complètement du moins. Il voulait seulement le blesser, le faire réagir. Provoquer l’électrochoc tant espéré. « - Je te passerais un savon. Peut-être que je te séquestrerais quelques temps pour t’empêcher de recommencer. Mais jamais, jamais je ne te claquerais la porte au nez comme tu l’as fait. Tu ne m’as même pas laissé une chance. T’as décidé que j’en valais plus la peine d’emblée et t’as tout mis en œuvre pour me le prouver. T’aurais pas pu davantage m’encourager à reprendre là où je m’étais arrêté en Norvège. » Ce n’est pas une accusation, il ne le rend pas responsable de sa débauche. Il vide simplement son cœur gangréné par Son intolérable absence. Le récit le touche, l’attriste profondément, mais résonne comme une terrible injustice. Il a payé pour ses crimes. Suffisamment à ses yeux. Le châtiment démesuré l’a marqué au fer rouge, l’a rendu plus hargneux et en colère contre le monde entier qu’auparavant. Il n’avait pas besoin que son petit frère lui inflige des maux supplémentaires. « - Tu crois vraiment que ma place était plus enviable ? A choisir, t’aurais échangé pour aller en Enfer ? T’as idée de ce que ça fait, de croire qu’on va passer toute l’éternité à crever de douleur là-bas ? Toi tu pouvais encore espérer que la mort te soulagerait. Moi j’avais plus rien. J’étais aussi détruit que toi… » Le boomerang voltige, transperce la piteuse carcasse pour mieux retourner s’encastrer dans celle de la deuxième cible. Ils ne font que se renvoyer la balle. Chercher à se faire plaindre, forcer l’autre à compatir. Sauf que c’est ridicule. Malsain. Jauger leurs peines respectives ne mène à rien, si ce n’est à agrandir le gouffre vertigineux entre eux. Qu’elles se valent ou non, elles n’ont pas pour vocation d’être mesurées.

La maigre énergie dont il dispose s’évapore, se désagrège pour changer ses muscles en coton. Une chape de plomb s’abat sur ses épaules, le rend lasse de la guerre inutile qu’ils se livrent depuis des années. Le tyran ne saisit réellement ce qui lui arrive qu’en voyant son cadet faire un bond en arrière. Interdit, il dévisage longuement le coupable, s’attarde sur les nuances paniquées de ses sphères de glace. Un courant alternatif ondoie le long de sa colonne vertébrale, la paralyse l’espace d’un instant avant de se répercuter en âpres frissons contre son enveloppe engourdie. « - Depuis quand ? » Particulièrement surpris, il ignore comment la question parvient à se frayer un chemin hors de ses lippes. La stupeur se dessine sur son visage alors qu’il détaille le Daybreaker sous un angle inédit. Sans savoir comment le prendre, comment réagir. L’ironie acerbe qui le caractérise est la facilité. « - Laisse-moi deviner… Tu fais partie de ceux qui rechignent bêtement à se nourrir ? C’est de ne pas te contrôler qui peut faire de toi un danger public. » Les représentants de son espèce le démoralisent pour la plupart. Fébriles et complexés, il ne voue à ces énergumènes qu’un vif mépris. C’est cependant un tout autre sujet qui continue de le tarauder. Il ne peut pas éclipser le discours de l’infirmier. Les paroles amères tournent en boucle dans son crâne, s’y fracassent rudement. Il a besoin de savoir. Désespérément. « - Est-ce que ça marche au moins ? T’es mieux sans moi ? Ça te fait moins mal de me voir dans cet état en t’étant à ce point éloigné de moi ? Ou l’intérêt est juste de me punir de ne pas avoir été invincible ? » Le malfrat envisage presque de disparaitre définitivement de son existence si la réponse aux premières interrogations est positive. De ne plus le harceler, le poursuivre sans répit. Presque.

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MessageSujet: Re: Conjure the wind [PV Kyran]   Lun 2 Mai - 1:13

(Paroles en italique = norvégien)

L'affliction s'élance. Une main invisible pour serrer le cœur, griffer chaque artère, décaler les côtes et heurter les poumons. Le mal poursuit son ascension, il irradie dans chacun de ses membres et fait de son hôte, un vulgaire pantin soumis à son bon vouloir. La vérité entache la rétine, encrasse l'organisme. Il n'est déjà plus qu'un déchet dérangeant le parquet. Une ombre chassée par la lumière. Un enfant pris en faute par un parent. Il ne rêve déjà plus que de fuir, loin, vite avant que Kyran ne prenne la parole, annote ce désastre. Toute opinion sera douloureuse qu'elle soit néfaste ou non. Il pourrait échapper à tout jugement, il pourrait s'adonner à la lâcheté, quitter la pièce mais son peu de dignité l'en préserve. Tout autant que l'état précaire de son frère. Il aimerait au moins se soustraire à ses prunelles inquisitrices, dénicher un coin de pièce reculé, suffisamment isolé pour parvenir à se déloger de tout champ de vision. Pour que son interlocuteur tire les conclusions sans qu'il assiste à la portée de sa révélation, voir ses traits basculer au moment de la compréhension. Le cadet ne remue pas, respire à peine. Il ignore ce qui serait le pire. Sa déception, sa colère. L'amertume, la moquerie. A moins que ça ne soit la fierté ou la jubilation. Tout un panel d'émotions pour aucune solution. Peu importe ce que son frère compte lui renvoyer, cela ne fera forcément que des dégâts. Un tord que le mafieux ne peut éviter parce qu'il ne s'agit déjà plus de ce qu'il pense mais de ce qu'il sait. La réalité placarde sa monstruosité contre le visage crispé du damné. Déjà plus qu'une question de secondes avant que son aîné ne dévoile le fond de sa pensée. Il inspire comme il peut et attend la sentence.

La surprise étend alors son influence, affaisse la posture du norvégien. Les années se sont envolées, rallongées dans l'épreuve, rétrécies dans le déni. « Trois ans. » L'instabilité de sa voix le désarçonne autant que le constat. Déjà tout ce temps. Il ne maîtrise toujours rien, n'accepte toujours pas. Il en est resté à se demander ce qu'il faisait encore là, plus ou moins vivant. Les remarques du tyran le piquent à vif, visent en plein dans sa vulnérabilité. « Ça va, j'ai pas besoin de tes conseils. T'as peut-être aucun scrupule à tuer des gens pour te nourrir mais... » Mais moi, oui ? Hypocrite. Tellement hypocrite qu'il ne parvient même pas à achever sa phrase sans en crever de honte. Il vient d'offrir un excellent exemple de son manque d'humanité en abattant ces hommes dans cette sordide ruelle. Sa paume glisse contre son front, chasse quelques mèches de cheveux s'y étant égarées. Le trouble se poursuit tandis que le blessé enchaîne sur un tout autre sujet. Pas moins douloureux, pas moins complexe. Sven prend le temps de la réflexion, se rassemble juste assez pour se rasseoir, poser ses paumes face à lui contre la table. « Je te pensais à même de tirer ces conclusions toi-même. Je viens d'abattre plusieurs hommes pour toi. Ça ne peut prouver que deux choses. La première, c'est que dès que tu es impliqué, je finis toujours par ajouter un crime à la liste de mes pêchés. La seconde... C'est que je suis incapable de te renier correctement. Est-ce que ça fonctionne ? J'en sais rien. » Un haussement d'épaules, un soupir, le regard vagabond et l'âme en fuite. Les coudes prennent appui sur la surface plane, la tête bascule abruptement vers l'avant. « J'en viens à me demander si c'est pas moi le plus néfaste de nous deux de toute manière, quand bien même tu parles de séquestration sur un ton anodin. » Un murmure, un frisson. La fatigue l'assaille. « Je sais que t'as pas eu la belle vie. Après, ce sont aussi tes choix qui t'ont mené en enfer comme tu le dis. Tu méritais peut-être pas ça. Ni l'enfer, ni mon déni de fraternité mais tu ne sais pas par quoi je suis passé toi non plus. Ce n'est pas un concours. Mais j'ai fait ce que j'ai pu pour tenter de survivre. De me protéger. Et arrête un peu avec ton chantage affectif de supérette, que je sois à tes côtés ou non, ça change quedal. Je sais que ça te suffira pas, Kyran. Je suffis pas, tu ne m'écoutes pas. T'as trop d'ambition, t'éprouves le besoin irrépressible de te détruire, de te prouver je ne sais pas trop quoi. Je n'ai jamais fait la différence que ça soit ici ou en Norvège. Ne me fais pas culpabiliser inutilement.» Un peu d'acidité qui s'estompe aussi vite. La colère déserte finalement. Ne reste que les vérités ténues, celles qu'il connaît par coeur mais qu'il ne divulgue pas.

Projeté dans sa fragilité depuis l'annonce de la nature, depuis qu'un pan s'est levé et qu'il se sent à nu désormais devant l'un des derniers membres de sa famille. Le plus important de surcroît. Le seul à l'avoir connu tel qu'il était, tel qu'il devrait être encore aujourd'hui. La meilleure version de ce qu'il est. Ses paumes s'agitent un peu, ses yeux se baissent toujours plus pour butter contre le bois qui lui fait face, l'échine irrévocablement courbée. Battu par la gravité, battu par l'adversité, battu par ce qu'il reste encore à avouer. « J'étais pas là par hasard ce soir, je te cherchais. Alors non... Ça ne fonctionne pas l'éloignement parce que je m'inquiète encore pour toi et que ça ne change rien à la douleur. Je ne supporte pas de te voir dans cet état et je n'arrête pas de me demander ce qu'il se serait passé si j'avais pas été là. Je regrette même pas de les avoir tués. J'ai pas hésité, j'ai pas réfléchi. C'est comme si... C'est comme si, mon esprit était devenu blanc quand je t'ai vu là... A terre... Peut-être mort... J'ai pas réfléchi et ça ne m'effraie pas plus que ça. L'idée de te ramasser à nouveau mort, de devoir te creuser un autre trou et de vouloir y mourir est bien plus terrifiante.» L'air lui manque. Ses poings se serrent, le chagrin le domine, l'enferme dans une démence manifeste. « Et si je devenais comme lui, comme notre père ? Qu'est-ce qu'il me resterait à faire, hein ? » L'infirmier tente de mimer la nonchalance et échoue lamentablement. Sa voix se brise, il se replie un peu plus sur lui-même. Un rire nerveux, triste, désespéré éclot, meurt aussi vite. Tous ses craintes se sont échappées, n'ont peut-être pas trouvé la meilleure oreille mais au moins, a-t-il réussi à se montrer sincère avec l'homme qui l'a vu grandir et l'a protégé de maintes façons au péril de sa vie. Leur récente relation chaotique assure la continuité d'une certaine façon, de l'ancienne. Ils arrivent encore à sauver l'autre. Le coût est salé. Mais Ezra ne pourra jamais prétendre que ça n'en vaut pas la peine. Rien n'aura jamais autant de valeur que la survie de son frère. Pas même son âme fragmentée, pas même sa stabilité mentale. Pas même son peu de vertu.

Le reconnaître même silencieusement l'afflige un peu plus. Dans un vague espoir de le détourner de sa peine, il s'entend demander précipitamment et sans transition. « Qu'est-ce que tu racontais ? Qu'est-ce qu'Aleksi a à voir avec la mort de Sanjana ? » Incertain quant à l'effet suscité, de sujet douloureux en sujet compliqué. Tout est bon à prendre pour s'éloigner de ses vérités et se rapprocher de celles des autres. Tout est à prendre. Même le pire. Surtout le pire.

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MessageSujet: Re: Conjure the wind [PV Kyran]   Lun 9 Mai - 1:21

(Dialogues en italique = norvégien)

Trois ans, pour autant de grains de sable envolés, de moments gaspillés. Plus que la révélation de l’essence funeste, c’est la notion du temps écoulé qui le démolit. Il y a longtemps qu’il a cessé de compter, certainement pour se préserver. Son frère a manqué de mourir, de succomber à la fièvre, et il n’était pas là. Plus occupé à gérer ses affaires douteuses, à se faire dévorer par ses ambitions malsaines, qu’à veiller sur Lui. Le norvégien ne lui avait certes pas laissé le choix, mais depuis quand cela l’arrêtait-il ? Le poids de la culpabilité écrase son palpitant comme une enclume, exerce une pression telle qu’il suffirait d’un battement raté pour faire imploser l’organe strié d’écorchures. « - Tant que ça… » Articule t’il faiblement, marmonnant dans sa barbe. Le constat est pénible, douloureux. Il est difficile d’admettre qu’il a été à ce point aveugle, ignorant et incompétent. « - Non c’est sûr, je vois que tu gères ça très bien, la preuve. » La langue claque férocement contre le palais, plus sèchement qu’il ne le voudrait. J’ai pas besoin de tes conseils. L’affront n’a rien d’étonnant, mais il n’en reste pas moins offensant. L’écho résonne et fracasse les rebords de sa cage thoracique. Il regrette l’époque où le petit garçon qu’Il était ne rechignait pas à les entendre, et encore moins à les appliquer. Il vouait à son ainé du respect, de l’admiration. Il n’incarnait pas l’archétype de tout ce qu’il faut absolument éviter de reproduire. « - Continue de n’en faire qu’à ta tête, ce n’est pas comme si je maitrisais le sujet depuis plus longtemps que toi. » Tout ce qu’il peut lui enseigner n’est pas forcément bon à jeter aux ordures. Il ne peut pas nier qu’il se moque généralement bien de voir les cadavres de ses repas s’entasser. Mais il sait aussi comment l’éviter. Il n'y parviendra pas en reniant ses dons. Jouer à l’autruche ne sert qu’à empirer les ravages. Ce n’est pas par bonté d’âme que les paroles avisées se sont extirpées de sa trachée, mais parce qu’il en crève de n’être plus qu’une ombre dans sa vie. Une souillure si incrustée qu’on ne parvient plus à la détacher du blanc immaculé. Ce n’est pourtant pas faute pour Ezra d’avoir frotté agressivement pour l’effacer. Le mafieux n’aspire qu’à retrouver son utilité, à défaut d’être en mesure de regagner un jour l'estime du plus jeune.

Le timbre éraillé vibre, projette les doutes du rebut de l’humanité. Le scandinave a décelé une faille, une opportunité pour l’entendre s’exprimer à cœur ouvert, et il n’a pas pu la laisser filer. Les interrogations se précipitent, comme s’il craignait de voir l’instant passer. Il s’agrippe surtout à son courage tant qu’il s’en sent capable. Les questions fâcheuses éraflent ses oreilles aussitôt prononcées. Une part de lui redoute une réponse positive. D’entendre qu’il est le seul à souffrir le martyre en endurant cet éloignement forcé. Il ne s’attend pas à tant de sincérité. Le monologue inespéré le laisse interdit. Les vannes s’ouvrent, crèvent l’abcès. Son souffle se suspend littéralement aux lèvres de l’infirmier. Presque en apnée, comme si s’autoriser à respirer ou à produire le moindre soin risquait de tout briser. Il s’oblige à se taire, enregistre les aveux précieusement. Ce n’est que lorsque le silence reprend pleinement ses droits qu’il réalise combien il en avait cruellement besoin. Combien c’était vital. La détresse évidente de son vis-à-vis le meurtrit au plus profond de sa chair, l’entaille plus rudement que la plus acérée des lames. Maladroit, plus vraiment habitué à consoler les êtres qui lui sont chers, il hésite. Sa main abimée se lève, s’immobilise juste au-dessus de Son bras. Il la retire, s’insulte intérieurement, avant de finalement s’accrocher à la manche avec force. Le geste fébrile se veut rassurant, apaisant. Les prunelles grises cherchent leurs jumelles, tentent de s’y agrafer pour dissoudre les tourments meurtriers. Il n’est pas étranger au fait qu’Il se torture, il le sait. Il ignore qui est le plus néfaste des deux. Son cadet a au moins le mérite de se battre pour ne pas le devenir. « - Tu ne seras jamais comme lui. Jamais. Notre père n’était qu’un raté, un déchet. La pire des engeances. Un putain d’ivrogne qui n’éprouvait de l’affection que pour ses bouteilles. La misère intellectuelle dans laquelle il se vautrait le rendait incapable de voir plus loin que le bout de son nez. Tu n’es pas comme lui, tu n’as rien de commun avec ce sale type. » Crache t’il, méprisant. La bile brûle les lippes, tord les viscères. Repenser au comportement de son géniteur le révulse. Ce scélérat qui les battait parfois quasiment à mort, sans raison particulière. Juste pour les punir d’exister. Ils avaient grandi en ayant l’atroce impression de n’être que de vulgaires parasites. D’inutiles bouches à nourrir pour leurs parents. « - C’était puéril de vous comparer. Je voulais seulement te blesser parce que ton déni me faisait affreusement mal. » La confession  peinée se meurt sur les lèvres gercées dans un murmure plaintif. Il détourne ses sphères métalliques de celles du benjamin, se repositionne en arrière sur sa chaise.

La paume abandonne son appui et il la fixe obstinément en cherchant ses mots. Les informations à ingérer sont trop conséquentes. Il n’a pas le recul nécessaire. Il n’est plus habitué à tant de franchise de Sa part. « - Je ne te fais pas du chantage, je ne te fais pas croire que tu pourras me sauver si tu cesses de m’éviter. Je ne peux pas l’être de toute façon, je n’ai pas à l’être non plus. Ça fait partie de ce que je suis, j’en crèverais de devoir faire autre chose. Je ne sais rien faire d’autre d’ailleurs... Ne me force pas à te promettre d’arrêter pour te retrouver. » Il n’envisage aucune reconversion. Il se raccroche aux miettes de son trafic autrefois si lucratif depuis des mois, les dévore avidement en restant toujours aussi affamé. Son studio miteux le répugne, a un arrière-goût amer de régression. Le malfrat sautera sur la première occasion de retrouver son prestige, sa prestance. Ses hommes de main. Son manoir rutilant. Ce pouvoir qui le fait se sentir plus vivant, qui estompe la honte qui lui collait constamment à la peau enfant. « - C’est trop tard. Ce n’est pas une question de me suffire ou pas, ça n’a rien à voir. » Empreinte de son accent nordique, sa voix se fait presque suppliante. Il ne sait pas comment le faire revenir sur sa décision d’origine, même s’Il vient lui-même d’admettre qu’elle ne résout finalement rien. « - Mais c’est faux, ça change tout que tu ne sois pas là. Tout est plus insipide. Tout est plus terne sans toi. » Son existence a perdu de sa saveur depuis qu’Il n’en fait volontairement plus partie. Sa présence salutaire lui manque terriblement.  Les rétines claires retournent se perdre dans les pupilles azurées, s’efforcent de transmettre ce qui reste coincé dans son palais. « - Je t’assure que c’est plus impressionnant que ça ne l’est vraiment. Ça ira mieux quand les affaires auront repris. J’ai des dettes monstrueuses à rembourser, je me fais de l’argent comme je peux, où je peux. » Essaie-t-il de manière peu habile de se justifier. En désignant les plaies ouvertes d’un geste ample, il banalise ce qui ne devrait pas l’être. Minimise l’ampleur des dégâts. L’adrénaline qu’il ressent en frôlant la mort s’est muée en une véritable drogue, qu’il ne peut aisément supprimer.

La mention de son amant le fait frémir, fait courir des frissons d’aversion le long de son échine. La traitrise n’a été qu’imparfaitement pardonnée. Un poignard vient lacérer son myocarde chaque fois qu’il y songe. « - C’est lui qui l’a dénoncée aux autorités. C’est à cause de lui qu’elle a été arrêtée. » Déplore t’il, ses paupières se refermant furtivement sur les ténèbres pour chasser la vision de l’indienne exécutée. De sa promesse bafouée de ne jamais laisser qui que ce soit se mettre entre eux. « - Il aurait pu m’entrainer dans sa chute, c’est moi qu’ils voulaient. J’ai failli me rendre, mais je savais qu’ils nous tueraient tous les deux. C’était vain. » Le libertin ne peut blâmer complètement Aleksi pour autant. A Sa place, il n’aurait pas toléré le quart de ce qu’Il a docilement accepté. Trop possessif pour supporter de partager le finlandais. Trop jaloux pour que la cohabitation ne se solde pas immédiatement par un cuisant échec. Il n’a pas mérité d’être à ce point aimé. « - Je sais ce que tu vas dire, je sais que c’est de ma faute avant tout. Je l’ai poussé à bout. » Les intonations graves tremblent légèrement. Il doit se retenir de s’épancher davantage. De confier qu’à force de provoquer les instincts du tueur tapi au creux de Ses entrailles, il a fini par façonner un monstre de sang-froid. Un être sadique, barbare. Plus dangereux encore que les deux frères réunis.

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MessageSujet: Re: Conjure the wind [PV Kyran]   Mer 11 Mai - 2:40

(Dialogues en italique = norvégien)

Exposé à tous les vents, délivré sans pudeur aux tempêtes. Un corps déjà préparé à recevoir la foudre. La mort collant la peau, traquant le souffle. Disséqué par son regard, il appréhende les prochains coups de scalpel quand sa voix animera le chaos à peine effleuré. Un cadavre bientôt lancé à la mer, sans autre aspiration que celle de dériver directement, droit vers le fond, emporté par la houle. Evanoui, disparu. S’offrir ainsi au jugement, exprimer des peurs tangibles. Celles qui le tiennent trop souvent éveillé la nuit, le maintiennent terrorisé le jour. Pour une fois, il vient de poser directement l’arme dans les mains de son frère. Kyran détient tout le pouvoir. Il suffirait d’un seul mot, d’un seul terme, une seule étiquette. La confirmation de ce qu’il sait, sent et craint. Si même son aîné rejoint ses pensées, il ne pourra plus se défiler. La monstruosité se fait impérieuse avant même que le mafieux n’entrouvre la bouche. Le regret contrebalance cette sensation oppressante de délivrance. Prononcer l’horrible vérité, la regarder en face. La partager un peu. Ezra ne sait pas ce qu’il attend exactement du tyran. Il ignore si la confession nécessite une réelle réponse, s’il la désire même. Son esprit se scinde déjà en cheminements contraires. Les secondes se transforment en minutes avant que son interlocuteur ne lui apporte un affranchissement inopiné. Il devine le geste sans réellement le voir et relève les yeux quand les doigts atterrissent finalement sur son poignet. Le discours se pare d’or, une lumière aveuglante déchirant la noirceur constante. Sven redevient ce gosse conquis par les idées que son frangin exposait. Un sourire triste brise la déroute sur son faciès, accusant la douceur de leur fraternité brièvement recouvrée. La douleur s’amplifie néanmoins dans la mélancolie. Sa présence lui a manqué. Une carence qui lui sera d’autant plus fatale une fois que les normalités régneront à nouveau. Ce moment privilégié lui rappelle tout ce qu’il a perdu, tout ce qu’il a gâché.

Quand le trafiquant recule, l’infirmier retrouve sa solitude. Ébranlé par cette complicité retrouvée, par son absence de jugement et par son soutien inattendu, il décide de poursuivre sur le terrain de la sincérité. Il se penche à son tour vers l’avant, pose ses bras contre la surface plane et détourne, malgré lui, les yeux. « Je ne sais pas, Kyran. Je ne sais plus. J’ai l’impression que cette violence, sa violence a toujours été là. C’est une part de moi et de toi aussi, je crois. Je sais que ce n’est qu’une question de temps avant je ne finisse par passer des mots aux gestes, par perdre le contrôle. J’ai peur de ce que je suis capable de causer, de ce que j’ai déjà pu causer. C’est pire depuis que je suis… Ce que je suis. »  Le dégoût se manifeste, chamboule son expression légèrement adoucie. « Plus je cherche à renier ça, plus ça me poursuit. » confesse-t-il tout bas. Si bas qu’il espère presque ne pas l’avoir réellement dit. Parce qu’il donne raison à son acolyte. Il valide ce que ce dernier tentait de démontrer un peu plus tôt sur sa nature. Avec un peu de bravoure, le scandinave parvient à reposer ses prunelles dans celles de son allié imprévu. Le timbre redonne au passé, son présent. Ces quelques paroles sont esquissées avec la tendresse qu’il pouvait lui manifester autrefois. « Merci. Je ne méritais pas que tu reviennes sur tes paroles. » La hargne a déserté pour une fois. Elle guette la prochaine faiblesse mais se contient dans l’affection qu’il lui porte encore.

Ce statuquo est mis à rude épreuve très rapidement. Les excuses sonnent creuses, dissipent l’écho de sa bienveillance. Les stigmates de l’amertume reprennent avec précaution, leur place et engendrent de nouveaux remords. « Tu aurais pu devenir qui tu voulais. Tu ne réalises pas le potentiel que tu avais. Tu as toujours été le plus rusé, le plus débrouillard. C'est grâce à toi si on a survécu après qu'ils soient morts. Peut-être que tu as raison. C’est sans doute trop tard pour toi. Tu as pris goût à ces enfers. Je ne cherche plus à te faire arrêter, je n’ai pas ce pouvoir de toute manière. Mais ne me force pas à regarder alors. Si j’étais couvert de ces cicatrices, tu en crèverais toi aussi. Je ne peux pas l’accepter, ne m’oblige pas à accepter ça. Je ne pourrais jamais être la personne qui applaudit pendant qu’on te saigne. » Le chagrin comprime les cordes vocales. Les bras se rassemblent contre le buste tandis que son attention se reporte sur les plaies visibles du blessé. Tous ces aveux réveillent ce lien intarissable. Les remarques du rebelle serrent le cœur désarticulé de l’urgentiste, l’acculent dans une culpabilité de plus en plus vorace. « J’ai du mal à te croire. Surtout au vu de nos derniers échanges… » Le souvenir de la gifle se place entre eux. Assez lucide et réaliste pour ne pas le blâmer pour ça. Il l’avait cherché. « Je ne pense pas que je puisse améliorer quoique ce soit. Pas même tes perceptions. Je n’ai plus grand-chose à voir avec Sven et tu le sais. » Les épaules s'affaissent à ce constat. Il donnerait absolument tout ce qu'il possède et ne possède pas, pour pouvoir l’être à nouveau et poursuivre ce qui se passe miraculeusement entre eux à cet instant précis. Ses iris traquent les mensonges du criminel tandis qu'il réajuste sa position une nouvelle fois. « Tu ne me feras pas avaler ça. Quelqu’un qui veut de l’argent, quelqu’un d’aussi malin que toi… Il y a d’autres solutions. Tu aimes juste prendre des coups, c’est tout. Et ça me fait mal de réaliser ça. J’ai l’impression d’en être responsable. J’ai toujours l’impression d’être responsable de ce que t’es devenu. Si déjà là-bas, j’avais été moins pleurnichard, si j’avais pu t’épauler davantage, si je t'avais aidé à trouver d'autres solutions, si… » Les paupières basculent. «Peu importe. On ne peut plus changer le passé. Et je ne peux pas te changer. » La conclusion à tirer de toute cette conversation. L’impuissance pour seule compagne et la mémoire pour seul cauchemar.

Son esquive devient sujet à tourments plus importants. Dès que le malaise survient, il dépasse son coin initialement attribué pour se loger dans l’organisme chamboulé du damné. L’incompréhension fait bien des ravages. L’ancien métamorphe glisse une main contre ses traits tirés, laisse le choc le dépouiller du peu de couleurs dont ses joues disposaient. « Quoi ? C’est à cause de lui si elle est morte ? Aleksi ? » Son incrédulité donne des accents désespérés à son ténor abimé. « Comment… ? Il semble toujours si… » Inoffensif ? Les doigts se fichent abruptement dans le bois de la table, rongent la paroi tandis qu’il bascule vers l’avant et affronte la vérité. «  Pourquoi il a fait ça ? Parce que vous couchiez ensemble ? Simplement par jalousie ? Tout simplement parce qu’il était jaloux ? Ou pour une autre raison ?» Excédé par cette confidence, il s’écarte du meuble, délaisse son siège pour faire plusieurs pas nerveux dans la pièce. « Comment a-t-il pu… ?  Te risquer toi en plus… Tu aurais pu mourir par sa faute… Si t’étais mort à cause de lui… » La fureur fait courir de longs frissons sur son épiderme, secoue son squelette. Son amitié pour le finlandais se démantèle vivement dès qu’il envisage cette option. Il tente de se calmer, respire pesamment pour chasser sa colère sourde. « Tu crois connaître quelqu’un et puis… Il n’y a vraiment plus rien de bon sur cette foutue terre. Tout est pourri. Absolument tout. » Le mépris concède de nouvelles dimensions à sa perte de foi. Il se met à remuer davantage, agite les bras et sent l’irritation râper ses nerfs plus ardemment. « Je ne sais vraiment pas ce qu’on fout encore ici. Cette époque n’est pas la nôtre, ce pays n’est pas le nôtre. C’est à peine si nos organismes nous appartiennent encore. On est même plus humains. Qu’est-ce qu’on fiche encore ici, hein ? T’es en train de te détruire, de crever à petit feu et je suis en train de… Je ne sais même pas ce que je fais. Sauver les apparences ? Croire que ça va s’améliorer ? » Un ricanement lui échappe. Il pose son regard sur le canapé que le légiste a occupé. « Je suis vraiment le plus con de nous deux. J’ai vraiment cru qu’il était innocent, je lui ai tellement trouvé d’excuses. » Cette sensation de trahison grossit alors que la réalisation chemine. Elle contamine ses membres. Les maigres espoirs qu’il a pu entretenir pour l’humanité, ne cessent de faiblir. Ne subsiste que la laideur. Ne reste que la personne qui l’accompagne fortuitement dans cette nouvelle déception. Pour une fois, Kyran se trouve à ses côtés et non, face à lui. Pour une fois. Et c'est tout ce qui fait la différence pour le moment. Qu'il soit là.

L'infirmier prend plusieurs inspirations, calme sa fureur suffisamment pour se rapprocher de la table, focaliser son attention sur son frère et ses blessures. Pendant de longues minutes, il entretient le silence, achève les soins à fournir à son aîné méthodiquement. Quand il a terminé, il relève les yeux et croise le regard voisin. « Tu peux rester ici, pour la nuit. Tu ne devrais pas... » Le norvégien soupire. Faire la morale ne le mènera nulle part et il le sait au fond. « Ca me rassurerait que tu restes ici. Que tu repartes quand tu seras plus en ... Etat. » Il détourne définitivement ses prunelles, range son matériel et prie en silence pour que Kyran entende raison. Qu'il reste, reprenne suffisamment de forces avant la prochaine chute. En espérant que la suivante ne lui soit pas fatale.

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MessageSujet: Re: Conjure the wind [PV Kyran]   Dim 22 Mai - 12:12

(Dialogues en italique = Norvégien)

L’instant se suspend hors du temps, applique un baume réparateur sur les chairs à vif. Ils sont conscients tous les deux que la trêve ne pourra pas s’éterniser, qu’ils ont atteint le point de non-retour il y a déjà bien longtemps. La fatalité le blesse, même s’il s’efforce de ne pas s’y attarder. De profiter seulement de ce que son frère veut bien lui concéder. De ces confessions dont il ne le jugeait plus vraiment digne. Ce n’est pas pour autant qu’il sait comment se comporter. Autrefois, il suffisait de lui conter des histoires pour chasser les cauchemars. Il savait apaiser les terreurs, diminuer les tremblements d’effroi alors que les pas lourds du patriarche craquaient contre le plancher miteux. Les choses sont moins évidentes désormais. Même les contacts physiques sont maladroits, laborieux. La complicité qu’ils possédaient s’est faite broyer par les mâchoires d’acier du ressentiment. Il est le plus mal placé pour l’empêcher de glisser dans les ténèbres de surcroit. Lui qui s’y prélasse comme un roi. Qui s’est marié à l’enfer depuis que le diable a quitté leur foyer, emporté par une maladie mortelle. La tendresse éphémère qui s’accroche aux rétines du cadet le désarçonne. Il regrette d’avoir retiré sa main, de ne plus être en mesure d’insuffler par des gestes le réconfort qu’il ne parviendra pas à communiquer à voix haute. Il ne peut pas le rassurer alors qu’il a embrassé l’un des pires travers de leur père. Cette brutalité farouche qui pulse dans ses veines comme une onde de choc, fissurant sans cesse les fondations fragiles de son esprit. Elle s’injecte partout, se dissémine à la manière d’un poison à retardement. Il ne peut pas le nier, elle fait partie de lui. Elle fourmille dans l’enveloppe putride. Mouille ses tempes, ronge ses os. Se visse dans ses muscles jusqu’à les crisper dangereusement.

Le portrait esquissé a le goût amer du gâchis, lui fait retenir un ricanement plus qu’il ne le flatte. Le mafieux ne veut pas entendre qu’il aurait pu réussir autrement. Il n’y croit absolument pas et ne ressent qu’un profond mépris en songeant à l’être chétif qu’il était enfant. « - Quel potentiel ? Celui de se faire exploiter toute sa vie sans broncher ? La légalité n’aurait mené à rien, ou en tout cas à pas grand-chose. On est nés du mauvais côté, et je ne peux pas croire que tu sois idéaliste au point de croire que la volonté suffit dans ce monde pourri jusqu’à la moelle. J’ai dû m’adapter. » La révélation de son lien de fraternité avec Ange avait sans doute provoqué le changement drastique de comportement. Constater qu’une sœur se vautrait dans le luxe pendant qu’ils crevaient la bouche ouverte en pataugeant dans la misère l’avait rendu fou. Lui avait donné la rage d’offrir au cadet ce qui aurait dû leur revenir de droit. « - Je ne t’ai jamais demandé d’applaudir, ni même de me soutenir. Juste de ne pas me tourner complètement le dos. Je ne suis pas toujours en sang ou couvert de plaies. J’étais même plutôt protégé pendant un long moment. » Avec tous les hommes de main chargés d’assurer sa protection, les guets-apens dans des ruelles sordides n'étaient pas légion. Il n’avait pas besoin non plus de se salir autant les mains. « - Je vais mourir un jour, c’est un fait. Que je continue comme ça ou non. Tu tiens vraiment à m’éviter tout le temps qui me reste jusqu’à la tombe ? » La perspective le fait frissonner de déplaisir, glace l’hémoglobine nichée dans ses artères.

Au vu de nos derniers échanges… La mention implicite de la gifle continue de les torturer tous les deux, comme une plaie béante qui ne se referme pas. La cicatrice écarlate brûle son myocarde, comprime son souffle. Qu’Il l’ait méritée ou non, il ne se la pardonne pas. « - Peu importe qui tu es devenu ou la façon dont tu te fais appeler, tu seras toujours mon petit frère. Tu es ce que j’ai de plus précieux et ça ne changera jamais, que tu veuilles de moi dans ta vie ou non, que tu te montres antipathique ou pas. » Il l’aimera toujours inconditionnellement. Les déceptions qui tenaillent le cœur meurtri face à son comportement ingrat n’y changeront jamais rien. Les affirmations de l’urgentiste se font happer par le chagrin. Un océan de peine semble engloutir les prunelles fatiguées, faire ployer le palpitant sous le poids des regrets. « - Tu n’étais qu’un gosse. Ce n’était pas ton rôle. » Le timbre rauque se fait broyer, se précipite hors des lippes pour le dégager de toute culpabilité. Le décevoir à ce point lui fait affreusement mal. Qu’importe la réussite matérielle, Il ne l’envisagera toujours que comme un vulgaire raté. Une épave qui a gaspillé ses chances de briller.  

Le sujet de discorde se déporte. La tête se baisse, comme pour se préparer à encaisser un nouveau coup. Il s’attend à son courroux, à ce que sa colère se déverse sur lui comme une pluie d’acide. Mais c’est contre une toute autre cible qu’elle semble se déporter. Le finlandais fait les frais de sa trahison, n’est pour une fois pas épargné. La réaction impulsive du benjamin le surprend, fronce légèrement ses sourcils alors qu’Il fait les cent pas comme un lion en cage. L’occasion de les diviser pour de bon, d’éloigner son frère de son amant, semble trop belle pour ne pas s’en saisir. Et pourtant. Il n’est plus aussi certain qu’avant de le vouloir. Faire le vide autour de Lui ne sert qu’à nourrir la bête nichée dans ses entrailles. Il la cajole, l’enivre, la renforce. Ils se ressemblent dans leur façon de procéder, d’entretenir la fusion malsaine qui les consume avidement. Trop possessifs et égoïstes pour ne pas aspirer à conserver jalousement l’autre à l’abri de la lumière. L’éloigner pour être certain de ne pas avoir à partager. Mais il ne veut pas non voir disparaitre les fragments d’humanité qui l’ont charmé. Ceux qui s’entrechoquent violemment, qui s’effritent à chaque meurtre comme une misérable peau de chagrin. Il ne veut pas troquer l’homme qu'il aime contre un monstre assoiffé de sang. Plus ils se rapprochent, plus la menace devient insidieuse. « - Toujours si quoi ? Faible ? Bienveillant ? Tu crois sérieusement que je… » Les mots butent contre la barrière de ses lèvres, ricochent contre sa trachée, roulent sur sa langue comme une injure. La déglutition est douloureuse alors qu’il s’apprête à assumer davantage leur relation chaotique. L’admettre lui fait honte, recouvre sa pitoyable carcasse de salissures impossibles à nettoyer. « - Que je serais avec lui s’il était si ingénu que ça ? Que j’arriverais à le supporter au quotidien ? Il n’a rien de l’agneau qu’il a voulu te faire croire. Personne n’est innocent, je pensais que tu le savais. » Le sarcasme claque, empli d’une exaspération qu’il ne dissimule pas. « - C’était un coup de poker. Il a joué et il a gagné. » Mais c’est un morceau de sa confiance qu’il a arraché avec sa victoire. Il ne le pensait pas capable de risquer sa vie, pas même pour éliminer une rivale de choix. Il aurait pu se faire fusiller avec elle. Désormais, il sait que ce genre de considération ne l’arrêterait pas. Qu’il pourrait parfaitement recommencer sous l’emprise de la haine. « - C’était pour ça oui, surement aussi parce qu’il la détestait, et qu’elle le lui rendait bien. Sanjana avait assassiné sa fiancée, c’était de bonne guerre. Les forcer à cohabiter était une terrible idée… » Le murmure s’adresse davantage à lui-même, chargé de remords qui éraflent l’intérieur de la gorge. « - Mais je ne suis pas mort. Et je l’ai assez puni pour ce qu’il a fait. Je ne cherche pas à l’excuser mais… Je ne crois pas que j’aurais pu en tolérer autant que lui. » Avoue t’il avec une franchise étonnante, sans vraiment comprendre ce qui lui prend de prendre ainsi la défense du traitre. « - Il n’est pas… Ce n’est pas une pourriture pour autant. Il n’a pas réfléchi aux conséquences, c’était plus simple d’aller la dénoncer et de s’en débarrasser d’un claquement de doigts. » Grogne t’il, contenant l’irritation qui rampe dans les viscères, qui les tord furieusement. La rancœur parasite reste, se love confortablement sous l’épiderme pour mieux le grignoter sadiquement. Et le norvégien sent bien que l’ancien milicien rumine de concert, laisse planer le silence en contenant difficilement ses griefs.

Les secondes s’égrènent alors que les blessures écarlates sont recousues méthodiquement. Son sauveur s’applique et il n’ose pas rompre l’harmonie précaire. Il se contente de s’abreuver de ses traits, de se repaitre de la proximité salvatrice de son vis-à-vis. Dès le lendemain, l’ordre cruel sera réinstauré. L’intermède n’est qu’une éclaboussure pourpre, une tâche sombre qu’il faudra frotter. Effacer avec l’acharnement qu’il lui connait depuis sa sortie des géhennes. Sans décrocher une parole supplémentaire, le tyran hoche docilement la tête. Touché plus que de raison par l’inquiétude qui perce la voix aux sonorités nordiques. Il se relève avec lenteur, hésitant. Les lippes s’entrouvrent pour ajouter quelque chose, mais il préfère finalement se taire. S’installer dans le sofa encore imprégné d’une flagrance entêtante et familière, jusqu’à s'endormir tant bien que mal dans les bras de Morphée. Chercher désespérément à retenir derrière les paupières closes les bribes d’affection de Sven, se persuader qu’elles ne seront pas les dernières. Se laisser bercer par les échos d’une tendresse trop rare pour perdurer au réveil.


| TOPIC TERMINE.

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There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
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Conjure the wind [PV Kyran]

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