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 The wonderful mess that we made [PV Louiza]

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MessageSujet: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Jeu 28 Jan - 2:38

The wonderful mess that we made

○When all of your flaws and all of my flaws are laid out one by one. A wonderful part of the mess that we made. We pick ourselves undone. All of your flaws and all of my flaws, they lie there hand in hand. Ones we’ve inherited, ones that we learn. They pass from man to man. There’s a hole in my soul. I can’t fill it, I can’t fill it. There’s a hole in my soul. Can you fill it ? Can you fill it ? You have always worn your flaws upon your sleeve. And I have always buried them deep beneath the ground. Dig them up - let’s finish what we started. Dig them up - so nothing’s left unturned. 


Le regard est éloquent, nul besoin de mots pour soutenir le propos. Elle réajuste sa position pour chercher à dissiper cette impression mais elle persiste quand elle relève le menton pour accoster à nouveau ses prunelles. Le journaliste retient ses soupirs avec une difficulté manifeste. A chaque entrevue, cette femme dresse un nouvel échafaud. Au moins, elle ne le préserve pas par pitié et ne tente pas de dissimuler la vérité. Mais il se passerait bien du jugement implicite qui émerge toujours d’une discussion pourtant posée sur les atouts détenus par la défense adverse. Leurs forces sont ses faiblesses, la somme de ses erreurs de jeunesse, ajoutées à celles commises il y a peu et qui ont conduit à ce procès. Le problème contre lequel l’avocate se bute inlassablement, se tient devant elle à chaque séance et la défie toujours plus de son insolence. Il sait qu’elle n’apprécie de lui que son argent. Un gouffre financier dont le damné se serait bien passé. Tous les traitements que son fils doit recevoir lui dérobent déjà tout ce qu’il possède. Cette affaire sordide pour la garde de Clementine l’achève. Bientôt, ses économies seront épuisées. Et il sait que Carley compte là-dessus. Il sait pertinemment qu’à ce jeu de fortune, elle gagnera. Comme si les charges ne suffisaient pas. Doit-il perdre espoir pour autant ? « M. Kaligaris, il nous faut ce témoignage. En avez-vous déjà touché un mot à votre sœur au moins ? A-t-elle donné son consentement ? » Le grec hausse des épaules. Elle pince les lèvres en froissant des documents à sa portée. Ce n’est pas un refus de collaboration. Simplement, un ensemble de contretemps. Et surtout, une appréhension certaine. Cette cause le vaut pourtant. « Vous ne conscientisez pas votre situation. Nous avons peu d’éléments positifs à apporter à votre dossier. Et de toute évidence, jouer sur vos remords vous semble toujours aussi compliqué. Bien que je ne doute pas qu’ils soient présents. » Ajoute-t-elle précipitamment avant qu’il puisse intervenir, s’emporter.

Une éternité semble s’être écoulée depuis qu’il s’est installé dans ce siège inconfortable. Avec des honoraires aussi rocambolesques, on aurait pu croire que le mobilier serait à la hauteur. Il n’en est rien. « Si vous n’êtes pas apte à nous fournir de l’affectif, il est d’autant plus nécessaire de l’obtenir d’une parente. Vous êtes proche d’elle ? » Le sourire d’Elias se brode d’ironie. « On doit se revoir dans deux semaines, c’est ça ? J’aurai peut-être la réponse à cette question d’ici là. En attendant, je crois que nous en avons fini pour aujourd’hui. » A ces mots, il se redresse, emporte sa veste d’un même mouvement avant de tendre une main vers la rouquine. La poignée de main est brève, les paroles teintées d’agacement mais ça n’importe pas. La seule chose à laquelle il doit se dédier désormais, c’est à cette tâche qu’il a, par tous les moyens, cherché à éviter. Murphy Gilmore manque très certainement d’objectivité mais elle n’en demeure pas moins convaincante et réaliste. Les échéances ont été outrageusement repoussées. Il ne trouve d’ailleurs pas la moindre excuse aujourd'hui pour retarder davantage sa visite chez Louiza. Relativement nerveux à la seule idée de se confronter à l’opinion de sa cadette, il décide d’envisager le détour. Rentrer chez lui, brièvement, grappiller un de ces antidouleurs qui n’apaise rien d’autre que la douleur trop souvent fictive de sa guibole défectueuse. Pourtant, il n’en fait rien. Il sait qu’il ne repartira pas. Il sait que sa belle bravoure à toute épreuve effleure sa limite dès qu’il s’agit de sa famille. Et plus particulièrement, quand il est question de Nora. Il y a tellement à dire, à réparer, à comprendre. Et pourtant, il y a si peu à tenter. Entre eux, les raisons s’alignent. Autant de piliers pour consolider d’instables fondations, autant de colonnes pour les distancer, les séparer. Entre les interstices, ils s’aperçoivent cependant. Mais peuvent-ils réellement s’atteindre ?

Le trentenaire met à l’épreuve ses préjugés. En connaissance de cause, il s’avance dans le quartier qu’elle hante toujours avec son misérable époux. Il réapprend un peu plus la précarité de sa situation dès qu’il la revoit. A-t-elle seulement goûté un jour à la quiétude ? La légèreté ? Il faut croire qu’être né Kaligaris soumet forcément les porteurs de ce patronyme à une étrange malédiction. Celle de l’insatisfaction, des tragédies à répétition. Dans leur sillage, une traînée de cadavres. La première Nora, Allison, Bran. Au moins, sa benjamine a cherché à se défaire du nom en endossant celui d’un autre. L’injustice atteint son paroxysme pour celle qui n’a eu pour vocation à la naissance que de remplacer un fantôme. Il respecte son besoin de se défaire de cet héritage tout autant qu’il répudie sa décision. Changer de prénom pour effacer les drames ? Il trouve ça trop simple. Peut-être qu’il l’envie aussi pour ça au fond. Elle est malheureusement synonyme de passé. Et ces derniers temps, regarder en arrière ne lui réussit vraiment pas.

Les doigts trouvent la porte, déclenchent le son indispensable pour alerter la propriétaire de son arrivée. Débarquer à l’improviste a toujours été risqué. Il ne veut surtout pas tomber sur Rhys. Venir jusqu’ici lui a déjà demandé bien plus d’effort qu’il n’y parait et faire face à son beau-frère serait sans doute la cerise sur le gâteau. Avant qu’elle ne vienne à sa rencontre, il compose son expression d'une neutralité tout à fait erronée. Acceptera-t-elle de l’aider ? Elle ne lui fait même pas assez confiance pour se confier à lui, pour le convier à l’enterrement de sa nièce. Les dents grincent. Comment pourrait-elle donner son consentement ? En sachant qu’il était ivre au volant ? En sachant que Bran est en train de mourir parce qu’il n’a même pas pris la peine de vérifier que sa ceinture de sécurité était correctement attachée ? Qui voudrait plaider sa cause ? Lui-même se déteste et ne se trouve aucune justification. Dans l’attente, il se surprend à espérer lamentablement reporter cette requête. Peut-être qu’elle n’est pas là ? Peut-être qu’elle est trop occupée ? Lâche, en plus d’être coupable. On ne peut pas dire que ses tares soient récentes. D'aussi loin qu'il se souvienne, il a toujours donné toutes les occasions aux autres et plus précisément, à ses parents de le mépriser. A cette époque pourtant, la haine et la colère semblaient préférable à l’habituelle indifférence qu’il leur inspirait. Désormais, il n’en est plus aussi certain. A quoi doit-il s’attendre de la part de Louiza ? Il le saura bien assez tôt.

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MessageSujet: Re: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Dim 31 Jan - 20:46

Tuuuduuuutuuuuduuuu.
Louiza était installée sur son canapé, l'ordinateur portable sur les genoux et cinquante livres et papiers éparpillés à ses côtés, sur la table basse, par terre, dans un périmètre qui était devenu son périmètre de travail quotidien, les jours où elle n'était pas à l'hôpital, les soirées après être rentrée de l'hôpital. C'était devenu une zone inaccessible pour toute personne qui n'était pas Louiza, véritable bordel jonchant le parquet, qu'elle ne prenait pas la peine de nettoyer lorsqu'elle s'absentait. A quoi bon, quand de toute façon elle allait y revenir ? Elle accumulait des témoignages de personnes ayant perdues des proches, attaquées par des zombies, ou ayant été elles-mêmes victimes, essayant de démêler le vrai du faux, du récit glorifiant et faussement élogieux des proches en deuil, dont la réalité était devenue distordue, des histoires plus terre à terre, des histoires qui pourraient, elle l'espérait, se rapprocher de la sienne. Elle refusait de croire qu'elle, qu'elles étaient les seules à être dans cette situation. Qu'Allie était la seule personne à avoir franchi le stade où on ne devient plus qu'un monstre, habité par une faim insatiable et épuisante, sans atteindre le seuil de la mort pour autant. Si elle avait appris quelque chose depuis son enfance, était qu'on n'était jamais unique.

Alors lorsque la sonnerie retentit, Louiza releva le menton, perplexe. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait plus entendu sa sonnerie, oubliant presque quelle mélodie elle jouait lorsqu'on venait appuyer sur le petit bouton blanc. Elle n'attendait personne, elle n'invitait plus personne, et elle espérait que personne n'ose s'approcher de chez elle. Elle voyait toute personne passant trop lentement devant chez elle comme une menace. Elle soupçonnait chaque personne qui semblait s'attarder sur leur maison de soupçonner de sombres affaires chez les Steinsson. Il y a des années de ça, Louiza aspirait à la vie tranquille clichée, petite fille en jupette fleurie, labrador, smoothie maisons et voisins auxquels on prête gentiment du sucre et des verres doseurs.
Maintenant, elle s'inquiétait à chaque fois qu'une personne osait s'approcher ne serait-ce qu'un peu de leur maudite pelouse.
Elle se leva, intriguée et peu rassurée par cette sonnerie, se rapprocha de la porte qu'elle entrouvrit très légèrement. Elle se pencha pour voir, dans la petite fente de vingt centimètres qu'elle tolérait, pour y découvrir Elias. Et pendant deux secondes elle resta silencieuse et hésitante, regardant son frère sans réagir. C'était une surprise que de le voir comme ça. Ils n'étaient pas ce genre de frère et sœur, pas le genre à se pointer sans prévenir juste pour le plaisir de voir la bouille de l'autre et prendre des nouvelles, ''parce que ça faisait longtemps'' ou ''parce que j'étais dans le coin''. Ils ne se détestaient pas, mais avaient développé cette espèce de relation où les rapports étaient très rares et où chacun d'eux semblait s'en satisfaire.

« Elias ? » lâcha-t-elle finalement, en guise de bonjour. Elle s'était légèrement redressée, l'ouverture de la porte était passée de vingt centimètres à peut-être quarante ou cinquante centimètres. Elle tenait toujours la porte avec une main, presque par habitude. Elle avait perdu celle où elle ouvrait facilement la porte en grand et discutait bruyamment avec ses invités. Louiza avait toujours peur désormais qu'on puisse jeter un coup d'oeil bien trop appuyé chez elle, et surtout, qu'on puisse entendre Allie. Ils avaient entrepris d'insonoriser le garage au maximum, paranoïaques à l'idée qu'on puisse entendre le cling cling des chaînes, ou qu'Allison se mette à hurler et attire l'ensemble du quartier.
« Qu'est-ce que tu fais là ? ...Je ne m'attendais pas à te voir... ? » Compte tenu de la relation qu'il entretenait désormais avec Rhys, il était clair qu'Elias ne venait pas pour lui. Alors il venait pour elle, mais la question était pourquoi ? Est-ce qu'il avait appris ? Que sa sœur et son beau-frère adoré s'étaient lancés dans de sombres affaires et sombres lubies ? Est-ce qu'il allait essayé de la piéger, jouer l'ignorant pour voir jusqu'où elle était capable de s'enfoncer dans son mensonge ? Et si c'était le cas, comment avait-il appris tout ça ?
Ce n'était qu'Elias, et malgré une relation qui était loin d'être idéale, elle savait que c'était son frère et qu'il serait là en cas de besoin. Mais ça ne suffisait pas pour la rassurer – et il n'avait fait que sonner à sa porte et apparaître devant elle jusque-là ; et elle commençait à s'imaginer les pires scénarios possibles.

« Hm... Tu veux rentrer peut-être ? » marmonna-t-elle, peu convaincue. « Attends, attends, ne rentre pas tout de suite ! » s'écria-t-elle lorsqu'elle se retourna. Elle avait envahi le canapé et elle devait désormais rétablir un semblant d'ordre. Non pas pour le plaisir d'accueil son frère dans une maison rangée, car très sincèrement, elle s'en foutait, c'était Elias, mais parce que c'était des bouquins et des papiers qui en révélaient beaucoup trop. Elle essaya de former une pile avec l'ensemble, le plus rapidement possible, posant l'ordinateur au dessus de la pile qu'elle transporta dans la chambre, qu'elle prit soin de refermer. « C'est bon, tu peux rentrer. »
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MessageSujet: Re: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Jeu 4 Fév - 0:33

Les secondes sont assassines quand on dispose d’une imagination débordante. Sur le seuil de cette porte, il s’invente plusieurs scénarios, dévie de la réalité en s’immergeant dans une fantaisie de plus en plus abracadabrante. Mais la seule crainte à déplorer, refait brutalement irruption quand la porte s’entrouvre. L’idée que la paroi s’écarte davantage pour laisser entrevoir une silhouette masculine n’éveille en lui qu’une farouche appréhension au lieu du dédain qu’il aurait souhaité. Il serait plus simple de n’éprouver à son égard, que de l’indifférence plutôt que cette rancœur mêlée à la déception et sans doute, aussi, à la honte. Le grec recule instinctivement d'un pas pour jauger l’œil qui convoite son identité. La méfiance de son hôte défait ses traits si soigneusement tirés pour construire une perplexité grandissante. Va-t-on lui refermer la porte au nez ? S’il s’agit de Rhys, il n’en sera pas spécialement surpris. Leur dernière confrontation remonte à si longtemps qu’il n’en possède déjà plus aucun souvenir précis. Toutes leurs rencontres se ressemblent depuis plusieurs années, l’acidité, les reproches. Il perd le compte de vue. De toute manière, il n’y a plus rien à sauver entre eux alors à quoi bon y penser ? L’entrée dévoile progressivement la propriétaire des lieux. Elias cherche à se composer un léger rictus, la poitrine déjà serrée alors que les yeux traquent le visage familier. Son drame fait terriblement écho au sien et durant une poignée de secondes, il se sent doublement accablé. C’est sans doute une réalité qu’il veille à étouffer le reste du temps. Les poumons cueillent l’air avec difficulté tandis que la surprise fait du faciès voisin, son seul empire. Cette expression met d’autant plus le damné en défaut. Bien entendu, elle sait qu’il ne vient pas juste par élan d’affection. Il s’en voudrait presque. Presque.

A sa question pratiquement rhétorique, il ne peut s’empêcher de répliquer d’une façon ironique. « Lui-même. » La commissure de ses lèvres se redresse très succinctement. Pas de salutations, simplement un ébahissement quelque peu déroutant par sa spontanéité. Il ne peut pas la blâmer pour ça mais ça ne l’empêche pas d’en être à la fois irrité et embarrassé.  La position défensive maintenue par sa soeur n’annonce rien de réellement encourageant. « Je trouvais le quartier tout à fait charmant. Je me suis dit, tiens donc, c’est une excellente journée pour gambader joyeusement, admirer ces magnifiques pelouses. Regarde-moi donc cette couleur, cette régularité dans la tonde de l'herbe. » Déclare-t-il sur un ton tout à fait sérieux. «  Je t’aurais bien prévenue de mon arrivée mais depuis que tous les canaux de communication ont été coupés, c’est un peu difficile de s’annoncer. Certes, j’aurais pu louer les services d’un pigeon voyageur pour t’envoyer cette missive mais qui sait quand tu l’aurais reçue et lue. » D’un haussement d’épaule, il veille à marquer une nonchalance totalement factice. Sa nervosité l’oblige à jouer avec le flacon d'antidouleurs calé au fond d’une poche de sa veste. L’attitude de sa benjamine l’interpelle, le dérange par cette distance qu’elle leur impose toujours. Il doute être le seul à recevoir ce traitement néanmoins. Avec ce qu’elle a traversé, il peut comprendre. Viens ensuite, cette seconde interrogation totalement inutile à laquelle il s'efforce de répondre. « Ca ne serait pas de refus, oui. » Après avoir parcouru tout ce chemin, il aurait été regrettable de rester sur le perron.

Alors qu’il s’apprête à faire un pas dans sa direction, elle s’efface et le délaisse avec ses doutes au pied de la bâtisse. La curiosité piquée à vif, le reporter se débat avec sa conscience pour ne pas pousser le vice jusqu’à s’inviter tandis qu’elle range avec empressement sa demeure. Ce qui le retient tient sur une seule ligne. Sa requête. Il sait qu’il va sûrement flamber toutes ses opportunités sous peu, trop doué dans l’art du sabotage - surtout de ses relations familiales. Le feu vert l’écarte de ce train de pensées et il entre en déclamant d’une voix forte. « Je dérange peut-être ? » Sûrement, forcément. Mais tant pis. Il ne compte pas s’attarder de toute manière. Être en présence de sa cadette ne l’apaise que trop rarement et il sait que la réciproque doit également se confirmer. « J’espère que ce repli n’avait pas pour but d’enfermer ton merveilleux et adorable mari dans une des pièces, à l'écart ? Bien que je puisse apprécier cet effort et attention, ce n’était pas nécessaire, vraiment. » Sans oser prendre place dans le salon, il attend presque religieusement qu’elle l’y convie. Il se tient toujours debout au milieu du hall, comme le parfait étranger qu’il est et a toujours été en quelque sorte. « Il travaille, je présume et espère ? » Il n’a jamais cherché à masquer son aversion pour Rhys. Surtout pas à Louiza. Bien que leur relation ait toujours été plus ou moins instable, voir chaotique, il n’en demeure pas moins qu’il aurait souhaité la préserver de ses malheurs. La protéger des affres de la vie et de ce mariage totalement destructeur. Qui est-il pour juger ? Juste son frère. Le titre justifie à lui seul de telles excentricités. Du moins, il se plait à le croire.

Ses prunelles traquent le regard de la doctoresse. Il ne niera pas être inquiet à son sujet mais ne l’exprimera jamais. Ou du moins, jamais d’une façon cohérente ou correcte. «  Je te demanderais bien comment tu vas. Mais cette question n’a plus aucun sens ces derniers temps, pas vrai ? De plus, nous savons tous les deux que tu n’es pas spécialement encline à la confidence quand je suis dans les parages. » Le reproche à peine déguisé. Il détourne les yeux, soupire. « Je ne prendrai pas beaucoup de ton temps. » Pratiquement une excuse à son comportement. Il aurait aimé agir différemment, sans s’encombrer des différends qui les ont opposés depuis l’enfance mais malheureusement, il est un peu trop tard, semble-t-il, pour chercher à rectifier cela.

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MessageSujet: Re: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Dim 14 Fév - 23:00

Elle affichait un petit sourire, un peu crispé, un peu nerveux. La relation Elias-Louiza n'avait jamais été une relation fusionnelle, ils ne s'envoyaient pas des cartes pour témoigner de leur affection l'un envers l'autre et ne faisaient pas des soirées camomille-verveine et jeux de société ensemble. Ni de cuire leurs ennemis sur un grill de barbecue. Et si elle n'était pas impliquée dans la séquestration de sa propre fille – d'un point de vue tout à fait omniscient évidemment, car Louiza n'aurait jamais dit une chose pareille, elle aurait sans doute été plus réjouie de voir son frère frapper à sa porte. Même si Elias qui frappe à sa porte signifiait qu'il y avait une couille dans le potage. Il ne venait pas sans raison, il ne flânait pas devant sa maison pour le plaisir de respirer l'air qui l'entourait, et il n'admirait certainement pas les teintes de vert des différentes pelouses. En temps normal, elle lui aurait répondu, cinglante et ironique, mais elle n'en était plus capable. Plus maintenant. Elle était beaucoup trop terrorisée à l'idée de ce qu'elle pouvait avoir chez elle qui la trahirait.

« Non, non ! » s'écria-t-elle alors qu'elle ramassait dans la hâte toutes les revues et les bouquins qui traînaient pour les cacher dans la chambre. Elle avait la voix de celle qu'on avait démasqué et qui s'entêtaient encore dans son petit jeu. Du moins elle avait cette impression-là.
Voir Elias mettre les pieds chez elle la rendait terriblement nerveuse. Elle n'avait accueilli personne. Elle ne laissait personne traverser le seuil de la porte, abrégeait les conversations au possible en restant froide pour les inconnus qui venaient lui vendre des appareils à smoothie et prétextant être, et crevée, et occupée pour les personnes qu'elle connaissait davantage. Et ils se montraient généralement compréhensifs, car personne ne se sentait à sa place de lui dire qu'il fallait qu'elle aille de l'avant et qu'elle fasse son deuil. Les rares personnes étant au courant de ''la mort d'Allison'' n'osaient pas évoquer le sujet généralement, ils l'évitaient soigneusement, le contournaient avec tellement peu d'élégance que c'en était pire.
« Non, tu ne déranges pas. C'est juste que... je m'étais un peu étalée partout avec mes affaires. Il y a cinq minutes il aurait fallu que tu rases les murs pour te déplacer ou que tu apprennes à sauter habilement entre les revues et les bouquins. » Elle sourit, encore très légèrement lorsqu'il lui demanda si ce n'était pas Rhys qu'elle venait d'enfermer dans leur chambre. Si seulement. Si seulement l'enfermer pouvait résoudre tous leurs problèmes – quoique le connaissant, Rhys trouverait très certainement un moyen de faire chier son monde même enfermé dans une petite pièce. Il n'avait pas besoin de beaucoup d'espace pour démontrer son talent, c'était bien ça le problème. Être lui avait suffit pour la séduire, mais être lui devenait également suffisant pour qu'elle le déteste. « Non non, il n'est pas là. Il travaille... je présume et j'espère. »
Il rentrait tard et s'en allait tôt. Et elle savait qu'il n'était pas un grand fan de son travail, alors il serait étonnant de sa part qu'il y passe tout son temps. Elle ignorait ce qu'il faisait de ses journées, et n'avait pas nécessairement envie de savoir. Il y avait plus important, plus intéressant que de savoir comment Rhys usait son temps. « Tu ne risques pas de leur croiser à cette heure-là, si c'est ce que tu veux savoir. »

Elle se tenait en plein milieu, à quelques pas du canapé, à quelques pas de la table à manger, les bras ballants. Elle ne savait pas quoi faire de ces foutus bras, ni de ces jambes. Elle ne savait pas comment se tenir pour donner l'impression qu'elle était à l'aise. Tout lui semblait lourd. Le poids de ses membres, la courbure de son dos. La position de ses pieds, tout semblait lui gueuler que sa posture était celle d'un imposteur.
Elle ne répondit rien, lorsque Elias lui dit que lui demander comment elle allait n'avait plus de sens. Elle se contenta de hausser les épaules, silencieuse, avant de se diriger vers le canapé où elle s'assit. Non, cette question n'avait plus de sens et elle avait l'impression qu'elle n'en aurait plus jamais – ou alors seulement lorsque Allison ira mieux. Elle voulait croire en une cure, un traitement pour améliorer son état, quelque chose. Quelque chose pour retrouver sa petite fille, parce qu'elle refusait de constater qu'elle n'avait plus que de mauvais souvenirs rattachés à Allie.
« Qu'est-ce qui t'amène ? Comment tu vas? » Louiza n'avait pas la moindre idée du quotidien d'Elias. Elle n'avait pas pris la peine de lui demander, supposant que tout allait relativement bien. Pas de grands drames ni de grandes joies a priori, car personne ne lui avait dit quoique ce soit. N'était-ce pas un signe que tout allait bien ? De belles foutaises.
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MessageSujet: Re: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Lun 22 Fév - 2:22

Les méprises crépitent entre eux, acheminent sans mal le malaise. Tout dans l'espace à conserver entre eux, lui rappelle qu'ils n'ont pratiquement plus que la génétique pour les relier. Naïvement, il aurait pensé que les épreuves les rapprocheraient là où toutes les circonstances les ont toujours tenus éloignés. Il aurait été le premier à vouloir être là quand Allison est décédée. Le premier à la soutenir quand le reste du monde lui a servi cette pitié abjecte de regards insistants ainsi que cette compassion hypocrite des premiers instants. Cette rancœur qu'il lui a toujours voué pour avoir été la favorite, la préférée des parents, ne signifie plus grand chose depuis désormais une multitude d'années. Le rapprochement ne s'est pourtant jamais effectué. Leur relation semble avoir été bien trop intoxiquée par la pression parentale. Trop bousillée pour être réparée. Il a cru que les choses s'arrangeraient avec le temps, l'âge mais ils en sont là. Elle, trop nerveuse pour paraître sincère et lui, trop butté pour ne pas se montrer plus aimable. Elias demeure sensible à la détresse de sa cadette mais l'impuissance se multiplie dans tout ce qu'elle n'a jamais voulu lui confesser, dans le rôle qu'elle ne lui a jamais laissé. Louiza a érigé un rempart autour d'elle, a renié son nom et son héritage avec assez d'ardeur pour qu'il se sente tout autant écarté. Il se mentirait s'il disait qu'il ne souhaitait définitivement plus l'atteindre, franchir ses murs et son silence. Avoir enfin l'impression qu'il s'adresse à sa soeur et pas à une vague connaissance connue durant l'enfance. Sont-ils des étrangers l'un pour l'autre à ce point ? Le constater défait davantage les traits si soignés du damné. Plus que jamais, il aurait aimé rectifier ses défauts et le passé. Mais il n'est pas certain d'en avoir le droit et encore moins, qu'elle ne veuille lui octroier de toute manière.

Un sourire un peu forcé émerge tandis qu'elle se justifie. Ne fait-il pas tout de travers ? Sans doute que si. Il a l'habitude de manier les mots pour garder un semblant d'emprise sur la situation mais avec sa benjamine, rien ne se passe jamais comme prévu. « Je suis plutôt habile en matière de pirouettes et maîtrise l'art du chaos ménager, il ne fallait pas t'en faire pour ça. » Toujours plus ou moins crispée, son expression se durcit davantage par la suite. Il regrette déjà d'avoir mentionné Rhys dans la conversation bien qu'il est soulagé de pouvoir le tirer partiellement de son esprit pour mener cette entrevue. « Je vois. On devrait peut-être songer à allumer un cierge dans ce cas, histoire de bousculer davantage la chance et entretenir cet espoir. » Il retient son ricanement et se contente de hocher de la tête en recevant la certitude que le milicien ne se mêlerait nullement à leur conversation. Quelques instants mutiques leur échappent. A ne pas savoir où se placer dans cet environnement étrange, l'embarras se tisse, met à mal le trentenaire d'ordinaire si peu enclin à de telles sensations. Cette absence de bruits le rend partiellement fou, comme toujours. Il se surprend à fredonner une mélodie totalement hors de propos pour combler les blancs qu'il ne sait déjà plus comment éradiquer de sa voix.

Le salon accueille sa carcasse tandis qu'il s'assied sur le premier siège à sa portée, conservant sa veste pour valider sa promesse antérieure. Pourtant, maintenant qu'il est installé là, il n'a plus spécialement envie de partir à toute vitesse. Le poids de son anxiété semble peser plus lourd que jamais. Isolé du monde, en compagnie d'un membre de sa famille, il se prêterait presque au jeu des confidences, si seulement elle pouvait participer à cette partie. Les questions de son interlocutrice sont légitimes et innocentes, voir bienveillantes. Cependant, elles déclenchent immédiatement le mépris du divorcé. Cette interrogation qu'il évite sciemment, qu'il craint à chaque rencontre, qu'il esquive trop souvent pour ne pas avoir à mentir. Il aurait pensé qu'elle, plus que tout autre personne, lui aurait épargné ça. « Comment ça va ? A merveille. L'état de mon fils se dégrade de jour en jour, mon ex-femme tente de me dépouiller de mon fric jusqu'au dernier centime et ma foutue guibolle me fait un mal de chien,  la routine. » Les mots claquent avec une hargne certaine. Sans doute, qu'il lui en veut aussi pour son manque d'implication dans sa vie. Il est à blâmer pour ça. En partie.

A peine le point posé, il baisse les yeux au sol, bascule vers l'avant pour se réceptionner maladroitement, les coudes contre les genoux, les mains jointes devant lui. La honte lui tord les entrailles. « Pardon. C'était inutile. J'ai eu une journée merdique mais tu n'as pas à payer pour ça. » Il ponctue ses excuses d'un geste lent, fatigué, glissant sa main contre son front avant de prendre une longue inspiration. Il relève alors le menton pour accrocher les prunelles voisines. « J'ai besoin de ton aide en toute franchise. Je reviens de chez l'avocat. Entre mon casier judiciaire de parfait petit délinquant, mon affiliation passée à la résistance, le fait que j'étais saoul quand j'ai... Enfin quand l'accident s'est produit... Bran qui... Bref. Je pars perdant pour la garde de Clementine. Carley fait tout pour que je ne puisse plus l'approcher à vrai dire... Mais je t'épargne les détails. » D'une main, il balaie tout commentaire futile, se concentre sur l'essentiel et parle aussi vite que possible afin d'éjecter sa requête le plus rapidement possible, passer à autre chose. « J'ai besoin d'une lettre de référence, quelqu'un de proche qui me connaît depuis aussi longtemps que possible. Je me suis dit que tu étais la plus indiquée. » Les épaules se relèvent, retombent. Son manque de foi n'a jamais paru plus évident. « Je sais que je ne suis pas en position de te réclamer la moindre faveur, qu'on a jamais eu une relation idéale, pour ne pas dire une vraie relation tout court, et que tu préfères sans doute oublier qu'on appartient à la même famille mais... Il serait ridicule de ne pas te le demander, pas vrai ? » L'amertume teinte ses dernières paroles malgré lui. Pas vraiment de reproches, simplement un constat qu'il regrette toujours amèrement. A croire que chacune de leurs décisions les ont entraînés sur ce terrain miné. Là où aucun d'eux ne se sent suffisamment en confiance pour avouer à l'autre, tout ce qu'il y a à cacher, à confesser.

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MessageSujet: Re: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Ven 26 Fév - 22:56

Elle avait posé la question sans réfléchir. Comme on dit bonjour, comme on pouvait le considérer comme un synonyme de bonjour. Elle n'avait pas réfléchi. Elle ne s'était pas dit que la question n'avait plus de sens pour elle, et qu'elle pouvait ne plus en avoir pour les autres non plus. Le cynisme grinçant d'Elias lui fouetta le visage alors qu'il traversait ses lèvres. Elle avait l'impression de se prendre un gros mur dans la gueule, obstacle inattendu sur son chemin. Comme un pavé qui tombe d'un coup, sans crier gare ni vous laisser le temps de vous étonner. Elle n'était pas étonnée de ce qu'il résumait ici en trois mots, elle n'était pas étonnée que d'autres, que son frère, pouvait être dans des emmerdes. Elle ne l'avait simplement pas vu venir, trop obnubilée par son propre malheur, par sa propre colère. Aveuglée, elle avait oublié qu'il y avait tout un monde qui tournait autour d'elle. Ou non, justement, il ne tournait pas autour d'elle, elle n'était le centre de rien, il y avait tout un flux en mouvement duquel elle faisait partie, elle n'était qu'un petit grain de sable noyé dans une plage à perte de vue.
Elle entrouvrit la bouche, prête à s'excuser au moment où Elias bredouilla des excuses à son tour. Initiative avortée, elle recousu ses lèvres et laissa Elias parler. Lui expliquer avec trois mots de plus que précédemment ce qui se passait de son côté, lui révéler finalement une quantité d'éléments qu'elle ignorait. Et qu'elle n'avait jamais cherché à savoir.

Elle absorbait chacun de ses mots, se sentant honteuse à chaque fois qu'il en rajoutait un. Et lorsqu'il eut terminé, elle prit quelques secondes avant de répondre : « Je suis désolée... Je ne savais pas. Comment vous en êtes arrivés-là ? Je veux dire, depuis quand, comment ?  » Elle réalisait à quel point elle s'était montrée égoïste, depuis Allie. Elle avait l'impression que personne ne pouvait comprendre ce qu'elle traversait, à part Rhys, peut-être. Parce qu'ils ne connaissaient pas la douleur de perdre un enfant, et de le perdre à cause de soi. De le perdre, de le maintenir dans l'espoir de trouver quelque chose qui pourrait La sauver. Et pourtant, Elias vivait la même chose et elle avait été aveugle et sourde.

Et pourtant, encore de cette situation-là, c'est à dire désastreuse, aussi bien pou l'un que pour l'autre, ils ressassaient ce qui les séparait. Il ressassait ce qui les séparait, et ça paraissait absurde. « T'es con, Elias. » commença-t-elle. « Je la ferai cette lettre, et t'es un véritable idiot si tu en as douté ne serait-ce qu'une seconde. Je sais qu'on n'est pas les frère et sœur qui sont affichés dans les pub de Toys'r us mais... » Elle avait commencé sa phrase sûre d'elle, la voix claire et le ton franc. Et au fur et à mesure qu'elle parlait, elle sentait sa voix se fragiliser, les mots se bloquer. Elle ne voulait pas parler de ça. Elle ne voulait pas parler du pourquoi de leur relation, de la famille malsaine dans laquelle ils avaient grandi. Elle ne voulait pas s'excuser d'avoir renié son nom et celui d'Elias par la même occasion, car elle en avait désespérément besoin, besoin de se laver de toute cette boue, ou au moins prétendre. C'était comme couvrir une odeur nauséabonde sous un parfum puissant. C'était ce qu'elle avait fait, en changeant son nom. Elle voulait se débarrasser de ce qui la liait à ses parents à et leurs choix immondes, mais elle ne voulait en aucun cas renier Elias. C'était son frère, depuis toujours, et il le resterait. Mais renier sa famille en refusant d'en renier une partie n'était peut-être pas si facile que ça. Ni même possible.

« Je ferai cette lettre, évidemment. Faudrait que tu m'expliques tout, en revanche...Et que tu me dises ce qui pourrait t'aider. » Mais elle s'inquiétait déjà pour lui. De ce qu'il disait, rien ne semblait bon. Il n'avait pas eu une adolescence facile et sans problèmes, Bran semblait avoir été impliqué dans un accident alors que Elias était saoul, il avait trahi le gouvernement pour se rallier à la Résistance... couplé à leur histoire familiale catastrophique qui ne pouvait que se traduire par une instabilité, un sentiment de rejet de la figure paternelle, une incapacité à évoluer dans un cadre familial de façon saine. Elle ne savait pas sous quel angle elle pouvait l'aborder pour lui donner une chance. Elle avait peur d'appuyer son échec, mais ce serait ridicule de ne pas tenter sa chance. « Je suis vraiment désolée, tu sais. Pour tout. » Elle s'était rarement sentie aussi mal pour quelqu'un ces derniers temps.
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MessageSujet: Re: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Mer 9 Mar - 1:50

Les mains serrées l’une contre l’autre, ces deux menottes qui ne font que retenir un néant entretenu par ses erreurs. Le vide l’oppresse, ici, ailleurs. Il est absolu depuis qu’il doit réapprendre à conjuguer le reste de sa vie à la première personne du singulier. Personne pour se joindre à ce je cruellement narcissique et sournoisement solitaire. Il aimerait pouvoir gommer ces deux lettres, les faire disparaître pour de bon. Ne plus avoir conscience de sa propre existence, un beau pari, une belle folie, une réelle envie. Mais il est là pourtant, consomme l’oxygène, occupe l’espace comme un parasite et se nourrit allégrement des échanges silencieux qu’il mène avec son interlocutrice entre deux discours décousus. Il survit dans les regards qu’ils se jettent, se raccroche à ce qui n’a jamais semblé évident entre eux.  Plus aucune mascarade à jouer, aucun masque derrière lequel s’emmurer. Sincère avec elle autant qu’avec ce qu’il reste de lui. La subtile fragilité qui émane de manière constante de sa sœur, l’invite d’autant plus à l’honnêteté. Tous deux brisés, tous deux désorientés. Qui sont-ils pour se juger ? Bien qu'il ne se soit jamais gêné pour donner son opinion sur ses choix. En commençant par son mariage. Si disposé à critiquer ses décisions pour pouvoir gagner un jeu déjà perdu à la naissance. Cette rivalité fraternelle, il est si déterminé et empressé désormais à l’oublier. Mais les dégâts s’allongent et font que la surprise bouscule les traits de la brune quand il lui annonce des nouvelles vieilles de plusieurs mois déjà. Peut-il la blâmer ? Sûrement pas. Cependant, il lui en veut juste assez pour ne pas vraiment accepter ses excuses. Il n’en dit rien, se contente de réajuster sa position sur le siège qu’il occupe.

Une de ses paumes se presse contre son front tandis qu’il rassemble péniblement le fil de ses pensées. « Ça a toujours été plus ou moins évident depuis le début. Je veux dire, je ne m’attendais pas à ce qu’elle me pardonne pour ce que j’ai fait. Je savais très bien qu’on n’allait pas pouvoir surmonter ça, elle s’est montrée très claire dès le départ. Peu de couples se remettent de la perte d’un enfant. » Perte. Il l’enterre déjà alors que ce gosse aspire encore l’air qu’on lui insuffle désespérément. Un combat inutile mais qu’il bafoue en anticipant l’imparfait. Le remord lui agrippe la poitrine et durant une poignée de secondes, il n’émet plus le moindre son et ne remue même plus. Il a l’impression qu’il va se démanteler s'il se manifeste trop vivement. Quand la vague de douleur s’estompe, il redresse prudemment ses yeux pour accrocher ceux de sa cadette. « Il faut croire que malgré tout, Rhys et toi êtes plus … Persévérants. C’est assez ironique au fond. » Un soupir. Il ne sait pas quoi penser d’eux, il n’a rien à penser de toute manière. « J’espère qu’il te traite mieux au moins depuis… » La mort d’Allison. « … Enfin tu sais. » Il bascule vers l’avant à nouveau, accuse les nouveaux propos de son acolyte dans un mélange d’amertume et de soulagement.

Ses remerciements se calent dans sa gorge et y pourrissent. Il a l’impression que ça lui écorchera la langue de les expulser. Tout ça semble trop simple. La tristesse s’empare de sa bouche, l’étire en un rictus tordu et contamine aussi vite ses prunelles. « Tu n’as pas à t’excuser, Nora. » Le prénom lui échappe, il décide très vite que ça n’a pas d’importance. Il la voit uniquement comme sa benjamine en cet instant et pas comme l'épouse de son ami d’enfance. C’est à elle qu’il vient se confier et pas à cette image qu’elle veut chercher à imposer. « Les choses sont ce qu’elles sont. Je n’aurais peut-être pas dû, il est vrai, douter de ta sollicitude mais tu as décidé de rejeter jusqu’à ton identité et je ne sais plus moi-même ce que je suis censé faire ou même être avec toi. C’est sûr qu’on n’aurait jamais fait la couverture d’un magazine familial mais depuis que tu t’es tirée avec lui, tu as tout fait pour écarter le passé. Ou tu m’en as donné cette impression en tout cas. Regarde-nous, on traverse l’une des pires épreuves qu’il puisse exister et on n’est pas fichus de se serrer les coudes. C’est ça pour toi la famille ? Je n’étais même pas en haut de ta liste quand il a fallu annoncer le décès d’Allie. » Si les premiers mots sont déliés avec une neutralité surréaliste, le ton change très vite et dévoile les failles. Envolées ses belles précautions, sa jolie réserve. La mâchoire serrée, l’esprit de plus en plus confus, il se force à aspirer de longues bouffées d’air pour apaiser son instabilité. Il ne sait pas ce qui le chamboule si soudainement et ce qui l’effraie tout autant. Sans doute de la constater plus proche qu’il n’aurait pu le penser. « Et pourtant, je viens quand même réclamer misérablement ton aide parce que tu es sans doute la dernière personne à me regarder avec un semblant de pitié et pas de jugement. Je ne sais pas ce qui est pire ceci dit. Tu n’as pas à me plaindre en tout cas, ni à présenter tes excuses.» Haussement d’épaules. Nonchalance vaine mais nécessaire.

Il se recentre, croise les bras sur la poitrine. « Qu’est-ce que tu veux savoir ? Ce qui pourrait m’aider, c’est qu’on ne me dépeigne pas comme un adulte irresponsable, ce serait déjà un bon début, je suppose. Mon avocate veut de l’affectif en tout cas, susciter l’émotion et je me sens tellement ridicule de te demander ça. Tu ne dois pas te sentir obligée. Je sais que ce n’est pas facile pour toi en ce moment. Que tu as d’autres choses à penser. » Et qu’il ne le mérite pas de toute manière. Il s’y prend de la pire façon qu’il soit, se perd dans les ressentiments pour ne pas s’avouer le plus évident. Il a besoin qu’elle soit son alliée et pas uniquement pour gagner ce stupide procès. Il a peut-être juste besoin qu’elle soit de son côté, qu’elle comprenne. Et cette nécessité le terrorise au fond parce qu'il continue de croire qu'elle ne peut déboucher que sur une nouvelle déception.

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MessageSujet: Re: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Jeu 10 Mar - 23:50

Peu de couples se remettent de la perte d’un enfant. Louiza n'était pas le sujet de conversation, et pourtant elle ne pouvait que prendre ces quelques mots très personnellement. Elle ne pouvait qu'approuver, même si elle ne montra rien de ça. Elle ne bougea pas, ne cilla pas. Elle ne lui adressa pas le moindre regard à ce moment, prenant soin de fixer ses petites mains qui s'agitaient doucement, légèrement, presque imperceptiblement. Elle crevait de nervosité mais essayait de se contenir. Elle ne pouvait qu'approuver ses paroles, bien qu'elle aurait souhaité le contraire – ne jamais avoir à connaître cette douleur, ou bien l'avoir connue et vécu un miracle.
Des deux, Elias était la pipelette. Il lui donnait l'impression d'avoir plus de courage, d'arriver à poser des mots sur ce qu'il vivait, même si chacune de ses syllabes était teintée d'un cynique criant.
Elle continuait à encaisser silencieusement chacune de ses phrases, ses remarques. Ses remarques toujours pleines de sous-entendus et de non-dits, des non-dits gros comme une maison, qui étaient là en train gigoter leur venin. Elias était une pipelette, et parfois il y avait le mot de trop, celui qui ne manquait pas l'occasion de venir remuer le couteau dans la plaie déjà purulente. Ici, c'était l'appeler Nora. Ici, c'était l'appeler par le prénom qu'on lui avait donné, celui avec lequel elle avait grandi, celui par lequel il l'avait appelé toute sa vie, celui par lequel ils l'avaient tous appelée.
Elle serra les dents, incapable de masquer l'expression de gêne qui s'étalait sur son visage, pas la gêne douce et délicate des filles en gilet de coton blanc cassé et aux fleurs de lilas tressées dans les cheveux couleur blé ; la gêne de la vieille dont l'articulation coxo-fémorale est en train de se faire bouffer par son arthrose et qui n'est plus capable de se relever avec sa légèreté d'antan.
Elle ne dit cependant, car il enchaînait déjà avec des reproches. Louiza les entendait comme ça, comme des reproches. Être partie avec Rhys, avoir pris son nom pour mieux délaisser le sien, délaisser les siens. Elle le regardait avec ses grands yeux cernés, partagée entre le sentiment d'être désolée, désolée d'avoir pu lui causer autant de torts, et désolée qu'il l'ait pris de cette manière. Mais également brûlante de colère, car elle ne comprenait pas que de tous, il ait l'insolence de lui faire remarquer ses choix.

Elle essaya de changer de sujet, se recentrer sur la raison de sa venue, c'est à dire comment Louiza pourrait l'aider dans ses démarches et faire dépeindre un portrait un peu plus généreux de sa personne face à celui de l'avocat de sa femme. Mon avocate veut de l’affectif en tout cas, susciter l’émotion. Comme il le disait si bien, c'était ridicule. C'était ridicule pour Louiza d'associer ces termes à leur relation – leur famille plus généralement, car la première n'allait malheureusement pas sans la deuxième. Il n'était pas un mauvais frère, il était le frère lambda des familles lambda, celui qui n'avouera jamais à haute voix qu'il aime sa sœur, qui la surnommait sournoisement et avait comme activité favorite de montrer introuvable lorsqu'elle essayait, plus chiante que jamais, de trouver son frère pour le forcer à jouer avec elle. Elle n'avait pas de torrent d'émotions à servir à quiconque – seulement celui de leur triste naissance. C'était la corde sensible, celle qui touchait, celle qui apitoyait, mais celle qui allait sans doute avaler les maigres chances qu'Elias avait.

Elle s'était enfoncée dans le moelleux du canapé, les jambes croisées, très près du corps. « Est-ce qu'ils sont tous au courant pour... elle ? C'est sans doute plein de ce que ton avocate aimerait mais... j'ai peur que ce soit un argument qui se retournera contre toi dès lorsqu'il sera mis sur le tapis. » Elle les voyait venir, déjà. Comment ils allaient retourner toute leur histoire pour prouver par a+b qu'Elias était un mauvais père, et le serait sans doute toujours. Que c'était inévitable, qu'avec un environnement aussi malsain pour grandir, il ne pouvait que reproduire le même schéma. Et ils appuieraient leurs arguments en montrant que Louiza n'était guère plus douée dans sa vie de famille, prenant de grands raccourcis, ils concluraient que l'accident qui avait foutu Bran dans un lit d'hôpital n'était que le commencement, et qu'il était donc dangereux, physiquement comme psychologiquement, que la garde de leur fille soit confiée à Elias.
« Je ne pense pas qu'on ait une histoire familiale qui donne aux autres l'impression que... qu'on est capable de vivre sainement. » Il n'y avait qu'à les regarder dans leur famille respective, toutes les deux déchirées. « J'ai jamais voulu que tu prennes ça pour toi, tu sais. Je comprends pas pourquoi tu attaches autant d'importance à un prénom, pourquoi tu considères que j'ai rejeté mon identité et toi avec juste parce que j'ai décidé de changer de le changer. Je comprends pas pourquoi TOI tu ne comprends pas... parce que t'es bien la seule personne qui soit apte à comprendre. J'ai jamais réussi à faire quoique ce soit avec son nom, et TU LE SAIS et... égoïstement, j'avais envie d'être un peu plus, d'être autre chose que son espèce d'ombre... » Elle haussa les épaules, et rajouta, la voix sarcastique au possible : « On ne peut pas dire que ce soit une réussite, d'ailleurs. » Ni le nom ni le prénom ne semblait avoir d'impact sur comment elle menait sa vie, ce qu'elle en faisait. Elle n'était pas mieux maintenant avec un autre prénom, certainement pas mieux maintenant avec le nom de Rhys non plus.
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MessageSujet: Re: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Ven 18 Mar - 2:48

Le silence l’a toujours importuné. D’aussi loin qu’il se souvienne, il a toujours cherché à combler les blancs. La première raison à ses bavardages futiles et incohérents. Il ne supporte pas le vide, l’absence, les espaces gigantesques totalement désertés. Plus que l’isolement, au fond, il a toujours craint l’abandon. Il a appris à vivre avec cette panique manifeste dès qu'il devient transparent et craint toujours de n’être qu’un objet de plus dans une pièce quelconque. L’indifférence que ses parents lui ont toujours témoignée, a laissé des séquelles plus profondes qu’il ne le soupçonne encore. Dès lors quand Louiza se tait, il éprouve le besoin de s’exprimer, de s’emporter, de faire assez de bruit pour qu’elle relève le menton, qu’elle soit forcée de le regarder et de le voir enfin. Elle ne peut pas chasser sa présence elle aussi, elle ne peut pas répéter le schéma et fuir ces conversations. Le grec redevient le gosse infernal, provocateur et insolent. C’est une habitude qui se renforce dès qu’il est confronté à sa sœur. Une mauvaise habitude qui les éloigne davantage. Alors qu’elle se replie, qu’elle ne réplique pas une seule fois, qu’elle s’égare sans doute dans un miasme de pensées, il est rongé par l’angoisse et se taire même pour un bref instant, ne lui a jamais semblé plus éprouvant que maintenant. Maintenant qu’il lui offre sa pitoyable histoire en pâture. Peut-être qu’il aurait aimé qu’elle crie. Peut-être qu’il ne supporte pas sa retenue. Ne lui est-elle pas supérieure quand elle garde un tel sang froid et une maîtrise d'elle-même ? Il l’envie alors qu’il n’a rien à envier. Si ce n’est son courage. Celui de se tenir ici, le cœur émietté par le décès de sa fille, par les difficultés rencontrées avec son mari. Sa cadette qui a fait de brillantes études, qui s’est débarrassée de son nom. Oui, de bien des façons, il l’admire. Et ça le dérange quelque part. Quelque part, au niveau de l’orgueil.

Le journaliste la détaille longuement tandis qu’elle aspire l’air pour le propulser enfin. Parler de la première Nora a toujours été un sujet tabou dans la famille. Une frontière à ne pas franchir sous peine de voir les parents s’emporter violemment. Forcément, Elias adorait aborder le sujet juste pour qu’ils soient forcés de formuler concrètement leur colère, leur déception. Le conflit valait mieux que la guerre froide. Pourtant, il s’en veut presque qu’elle ait à l’évoquer, elle. Elle qui n’a jamais rien demandé à personne. « L’avocate sait. Eux, je n’en sais rien mais vu que Carley était au courant… Je ne sais pas si c’est ce que l’avocate veut mais je ne t’ai jamais demandé de parler de … De ça. De toute manière, je doute aussi que ça aide. Et plus important, ça ne les regarde pas. » Il dénoue les bras, glisse ses paumes sur ses cuisses alors que la douleur permanente se manifeste plus voracement dans sa jambe droite. Etrange que ça se produise quand elle se met enfin à répondre aux vraies accusations. Peut-être pas si étrange que ça. Chaque difficulté semble se ficher dans le centre névralgique de ses faiblesses, malmenant le corps quand l'esprit atteint es limites. Un léger rictus brodé d’ironie lui échappe. « Ce n’est pas que je ne comprends pas. Je trouve ça juste… Facile. Il te suffit de rayer un nom et voilà, tu es hors de cette famille. Tu n’es plus concernée. » Ses mains se lèvent succinctement dans les airs pour souligner ses propos. « C’est toi qui ne comprends pas. Ce n’est pas comme ça qu’on arrange les choses parce que rien de tout ça ne peut être gommé, ça fait partie de toi, de ton histoire. Vivre dans le déni, ça n’a jamais aidé personne. Son foutu fantôme est toujours là. Tu le portes encore et il est entre nous constamment. Plus on l’ignore, plus on lui donne de l’importance. Un nom ne te définit pas. Et heureusement d’ailleurs, vu celui que tu portes en ce moment. » Au fond, c’est ça son plus grand reproche. Qu’en plus de l’attention de leurs parents, elle lui ait pris celle de Rhys.

Toutes ces erreurs de discernement et ces puérilités l’ont tenu à l'écart de toute réflexion mature avant que l’évidence ne le frappe. « Et ne raconte pas de bêtises. T’es bien la seule réussite de cette famille de tarés. Ce qui t’es arrivé, tu sais, à l’heure actuelle, ça peut arriver à tout le monde et n’importe quand. Toi au moins, tu n’es pas à blâmer. Que ça soit pour Rhys ou pour… » Allison. Il relève prudemment les yeux pour accoster les siens. « Ça n’enlève rien à ce que tu as accompli jusqu’ici. » Il aurait aimé pouvoir faire comme n’importe quel membre d’une famille normalement constituée, dépasser la distance entre eux, avoir un geste de réconfort envers elle mais il s’en tient à ces quelques mots perdus dans une marée de réprimandes. Ses doigts se rassemblent contre son front à nouveau. « Tu sais ce que je déplore le plus au final ? C’est que quand … Ca s’est produit avec Allie, tu n’es même pas jugée bon de me prévenir ou de te tourner vers moi. S’il y a un échec quelque-part, pour moi, c’est celui-là. » Pas d’hostilité, juste l’écho d’un regret. « Tu mettras ce que tu veux dans cette lettre, si tu la rédiges. Tu as raison, ce n’est pas avec notre passif qu’on convaincra qui que ce soit. Et je ne vais pas te demander de mentir. De toute manière, il n’y a aucune bonne stratégie, je l’ai pas volé. » Non, il l’a bien cherché. Louiza s’est empressée de réinventer son bonheur et lui s’est acharné à écrire sa tragédie. D’eux deux, c’est lui, l’échec.

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MessageSujet: Re: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Lun 21 Mar - 17:46

Dans sa réponse, Elias donnait l'impression – peut-être n'était-ce pas qu'une impression, de dissocier les choix de leurs parents et ce qu'ils étaient devenus. Il venait de lui demander une lettre pleine d'affectif, une lettre écrite par sa petite sœur, qui avait grandi avec lui, qui pouvait donner à voir certains aspects de sa personnalité que personne ne prenait désormais la peine de préciser. Il espérait, ou son avocate en tout cas, espérait quelque chose qui puisse faire pencher la balance de leur côté. Du côté d'Elias. Et si lui parvenait à dissocier très clairement l'histoire de Nora, la première Nora, elle, la seconde, n'y parvenait pas. Car elle la voyait déjà venir, la contre-attaque. Car elle imaginait déjà chacune de ses paroles, chacune de ses phrases écrites, attaquées avec l'unique argument qui s'appelait Nora.
Et tout ce qui suivit ne faisait que creuser l'écart entre les deux perceptions. Il avait beau dire qu'il comprenait, et défendre un point de vue, le sien, Louiza ne pouvait que constater l'écart immense qui les séparait. Il ne comprenait pas, tout comme elle ne comprenait pas sa position. Et pourtant, ils se rejoignaient quelque part, quelque part où ils étaient d'accord qu'ils venaient d'une famille de tarés.
« Non, tu comprends pas Elias. Tu peux pas me dire que tu comprends et me raconter des choses pareilles, et me sortir des banalités aussi grosses. Ça ne te dérange pas que de t'appeler Elias, que de t'appeler Kaligaris ; pourquoi ça te dérangerait, hein ? Moi ça me dérangeait que d'avoir son prénom. C'était pas le mien, c'était le SIEN. Et s'il suffisait de changer de nom et prénom pour sortir d'une famille je... » elle ne finit pas sa phrase, pleine de venin. Elle la pensait pourtant, malheureusement. Elle faillit lui dire que s'il suffisait de changer son nom pour rayer sa part à la famille, elle l'aurait fait sans hésiter, des années de ça, et que si c'était à refaire elle réitérerait de bon cœur. Cela faisait bien longtemps déjà qu'elle détestait cette appartenance, à cette famille gangrenée. Et elle la détestait, cette Nora, cette sœur qu'elle n'avait jamais rencontrée, elle la détestait, elle la blâmait de tout son malheur, et même aujourd'hui elle avait du mal à se défaire de cette haine. Elle avait honte de détester une sœur morte, elle avait honte d'avoir honte de sa propre famille.
Mais elle ne pouvait se résoudre à lui balancer ça, car il était bien la seule personne qui ne méritait pas tant de haine. « Tu te fourres le doigt dans l’œil si tu crois réellement que signer trois papiers pour me faire appeler autrement a changé les trente dernières années. »

Elle vivait la rencontre comme une sorte de confrontation. Comme s'ils avaient des tonnes de choses à se dire, et qu'ils n'en avaient jamais eu l'occasion. Elle se sentait piégée, attrapée par la patte, coincée. Un lapin qui gambadait dans l'herbe et qui tombe dans le piège d'un vieux chasseur. Elle se sentait comme ça, incapable de s'échapper, et dans la lutte perpétuelle. Elle n'était pas un mignon petit lapin, et Elias n'avait rien d'un vieux chasseur si ce n'est la barbe. Mais elle se sentait obligée de lui faire comprendre les raisons qui avaient guidé ses choix. Elle se sentait obligée de lui expliquer, de se justifier.
Et lorsqu'Elias ne faisait que parler, exprimer ce qui lui passait par la tête sans nécessairement attendre à ce que Louiza lui fasse une argumentation aussi détaillée que complète, cette dernière avait le sentiment le lui devoir. Elle ne voyait un regret dans ses dernières paroles, elle entendait un reproche. Celui de ne pas l'avoir contacté pour Allie.
Elle ne pouvait se résoudre à lui avouer qu'elle était encore là, leur petite Allie, et qu'elle était attachée dans le garage devant lequel il était passé il y a quelques minutes. Qu'elle était là, et qu'elle ne ressemblait plus à la petite fille qu'il avait connue. Que ce qui était là dedans n'était plus sa petite nièce pleine d'énergie qui aimait autant se déguiser en petite princesse qu'en pirate cruel à la recherche de coffres dorés, qu'elle n'était plus celle qui se faisait mal aux joues à trop sourire, et qui s'endormait enroulée comme un petit pain aux raisins à la fin de la journée. Elle ne pouvait pas lui avouer qu'elle était devenue irritée et irritable, que sa petite langue d'oiseau, grande pipelette qu'elle était, s'était transformée en une visqueuse limace qui ne pouvait que faire claquer quelques sons et grognements. Elle ne pouvait pas lui dire qu'elle était en train de faire pire que leurs parents.

Rapidement, et nerveusement, elle se releva, se frottant les cuisses. « Tu veux un café peut-être ? J'ai besoin d'un café moi. » lui proposa-t-elle sans réellement le faire. A peine avait-elle eu une réponse qu'elle s'engouffrait dans la cuisine, presque soulagée de retrouver le froid carrelage à ses pieds, seule, avec ses petites tasses colorées. Elle glissait les capsules, sans réfléchir et la machine se mit à gronder comme elle le faisait d'habitude. Louiza prit peur d'un coup, affolée à l'idée qu'Allie réagisse au bruit. Il lui arrivait de se mettre à cogner et hurler, parce qu'un bruit s'était déclenché, sans pour autant qu'il soit une menace. Une tasse qui tombe, des voix qui montent lors des nombreuses disputes avec Rhys, parfois rien.
Louiza ferma les yeux un bref instant, priant intérieurement qu'elle soit sage aujourd'hui, maintenant.

Elle retourna enfin dans le salon avec les deux tasses à la main, une qu'elle déposa sur la table basse pour Elias avant de s'installer dans la même position que précédemment. « Je fais cette lettre dès que je peux... Et je passerai te la donner. » Elle trempa ses lèvres dans le café brûlant, se ravisant de boire. « On n'a jamais vraiment été très... proches, enfin, tu sais. » On n'a jamais vraiment été une famille, on ne sait pas ce que c'est que de se comporter comme une famille. En tout cas Louiza n'avait pas le sentiment de savoir. « Et c'est compliqué pour moi que de demander de l'aide. C'est bête hein, mais c'est juste difficile. Et je n'imaginais pas que ça puisse t'affecter à ce point... »
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MessageSujet: Re: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Mar 22 Mar - 0:51

Des années à rattraper, une centaine de mots ravalés, des déceptions conservées et une foule de regrets qui s’aligne dans la poitrine, se disperse dans le regard à projeter. Avec ses discours décousus, il ignore réellement ce qu’il cherche à susciter, après quoi il court exactement. Il aimerait briser cette incompréhension, dépasser chaque obstacle pour pouvoir enfin prétendre à un semblant de relation avec sa cadette. Pourtant, l’ironie veut qu’il ne manie aucunement sa joute comme il le devrait. La subtilité le déserte chaque jour davantage alors que les ennuis, eux, se multiplient de tous côtés. Il veut faire des efforts mais il en est incapable. Ou du moins, ils sont maladroits. Plus que jamais, il devrait l’approcher avec plus de douceur et moins de rancœur. Peut-être qu’il en vient à oublier qu’il n’est pas le seul à souffrir ici. Peut-être qu’il a besoin qu’elle articule son chagrin, qu’il prenne tout l’espace afin de ne plus contempler ou s’attarder sur le sien. Il n’en sait déjà plus rien mais cette conversation dérive en tous sens. Égoïstement, comme toujours, il s’approprie l’environnement sonore et parle autant que possible. Elle répond peu. Mais elle répond encore. Et encore, c’est suffisant pour croire qu’il y aura quelque chose à garder de ce qu’ils se balancent. Tout ce qu’elle lui concède lui rappelle à quel point ils sont différents. Même dans la douleur. Ou peut-être pas tellement. Mais de toute évidence, ils sont incapables d’aborder la situation du point de vue de l’autre. Pourtant, il a essayé plus d’une fois. De se mettre à sa place, de voir le monde à travers ses yeux. Mais c’est difficile de faire preuve d’empathie et d’objectivité avec elle, alors qu’ils ont évolué dans le même cadre familial, partagé une multitude de souvenirs. Trop de similitudes pour autant de disparités.

Un léger tressautement nerveux de la joue, un sourire ironique qui s’invite et se meurt aussi vite tandis que ses remarques piquent la patience du grec. « …Tu signerais immédiatement ? » complète-t-il avec froideur. Lui aussi, il le ferait mais il ne lui avoue pas. « Et donc tu crois que ça ne me dérange pas ? Non mais oui, pourquoi ça me dérangerait ? Je ne suis pas celui qui devait la remplacer, qui devait reprendre son nom. Non, moi, je ne suis que l’imbécile qui ne devrait même pas exister et qui ne l’a pas sauvé. C’est sans doute mieux de toute évidence. Moi non plus, je ne suis pas fier de porter ce nom mais à un moment, il faut savoir accepter les choses et les dépasser. » Sa soudaine arrogance le rend malade et le met tout aussi sûrement mal à l'aise, il ne sait plus comment se défendre alors il attaque. Il aspire l’air à nouveau pour calmer sa colère latente. Tout ça est ridicule. Il n’est pas dans son état normal, il est agacé, épuisé et usé. Il ne réagit pas de façon rationnelle et rejette toute sa frustration sur celle qui n'en a vraiment pas besoin, qui ne l'a pas mérité non plus. La réplique suivante l’achève et sa culpabilité semble battre comme un second cœur dans sa poitrine. Il se tait pour ne plus la précipiter dans ces débats stériles qui ne servent déjà plus à grand-chose. A la place, il se ratatine dans les coussins, la main désormais crispée sur le genou qui subit des vagues de douleur dérangeantes. Il accueille la trêve faite de caféine avec un soulagement manifeste. « Je veux bien, oui. Merci. » Sa voix redevenue douce, allégée de plusieurs décibels, souligne un calme bien trop trompeur. Louiza semble agitée mais il met cette nervosité sur le compte de cet échange et ne creuse pas plus loin sa fuite soudaine. La nuque rejoint le dossier du siège qu’il occupe, ses mains cherchent à lisser les rides sur son front, formées par l’inquiétude permanente et l’harassement quotidien. Un bruit lointain l’oblige à tourner la tête. Il soupire, se redresse, cherche la source du vacarme sans bouger néanmoins. Il tente d’identifier autant sa provenance que sa contenance. Du métal ?

Sa sœur revient déjà, il chasse cette drôle impression en réceptionnant sa tasse. Le breuvage roule avec âpreté dans son œsophage, lui brûle la gorge et la langue au passage. Il toussote légèrement avant reprendre une profonde inspiration. La sincérité de la brune le touche plus qu'il ne le montre. « Je peux comprendre ça… J’ai été aussi naïf de croire que les épreuves nous rapprocheraient. De toute évidence, dans cette famille, elles ont tendance à nous diviser. » Il le déplore réellement. A la fois confus et embarrassé, il oriente son regard pour dénicher celui de son interlocutrice avant de reprendre. « Ecoute Louiza, je suis désolé pour tout ça. Je ne suis pas du tout le mieux placé pour te dire ce que tu dois faire ou ressentir. Et je… » Les sons diffus reviennent, s’affirmant davantage cette fois-ci, l’interrompant en plein milieu des excuses à formuler. « Tu es sûre que tu n’as vraiment pas planqué Rhys ? Je crois qu’il cherche à s’échapper, le pauvre enfant. » Le journaliste a délié sa question très tranquillement sur un ton un peu trop amusé, tranchant sévèrement avec la tension mobilisée entre eux jusqu’alors. Le sérieux resurgit aussi vite néanmoins alors qu’il pense avoir reconnu une voix ou quelque chose s’en rapprochant. Il se convainc du contraire dans la seconde suivante mais n’en démord pas avec cette préoccupation. « Je crois que ça vient du garage. On dirait qu’un animal s’y est faufilé ou quelque chose comme ça. Il faudrait peut-être qu’on aille vérifier.» A ces mots, il repose son récipient sur la première surface proche et reprend de la hauteur, de plus en plus concentré et consterné par les tonalités perçues. Du gros gibier fonçant dans du matériel entreposé ? Son imagination façonne diverses possibilités en écartant pourtant, tout aussi, sûrement la vérité et la réalité. Il ne peut pas deviner ce qui se terre dans cette salle isolée. Non, même ses idées les plus farfelues ne peuvent lui fournir une piste censée, il ne peut se douter du secret scellé entre ces murs. La curiosité le pousse à aller voir par lui-même mais il s’en empêche et attend simplement une réaction de son hôte pour pouvoir poursuivre sa petite enquête. Innocemment, il fait un pas en ce sens et se retourne ensuite sur la maîtresse des lieux. « Tu viens ? »

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MessageSujet: Re: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Mer 30 Mar - 19:17

Elle guettait le moindre bruit, avec son oreille qui s'était habituée à ce petit son aigu, à la fois perçant et sourd, ce cling cling qu'elle pouvait produire lorsqu'elle commençait à s'agiter, lorsqu'elle remuait ses pieds et ses mains, encore silencieuse. Ce petit bruit métallique qui rappelait à Louiza qu'elle séquestrait sa fille comme... elle ne savait même pas à quoi comparer cette séquestration. Elle n'attacherait pas un animal, chouchouterait n'importe quel chat atterrissant dans son garage, recueillant n'importe quel chien à qui elle pourrait donner de l'affection. Elle ne savait pas à quoi elle réduisait sa petite fille en l'attachant comme ça, mais elle ne savait plus ce qui était celle qu'elle enfermait non plus, elle ne savait plus ce qu'elle était...
Elle posait la tasse d'Elias, cachant tant bien que mal sa nervosité, qu'elle arrivait encore à cacher. Mais cette petite bulle protectrice vola en éclat lorsque son frère se donna à un peu d'humour. Elle aurait aimé que ce soit Rhys. Qu'il soit celui qu'elle avait balancé dans le garage rapidement à la venue d'Elias, et ils auraient mis de côté leur malheureuse vie le temps d'une demie-seconde lorsqu'elle irait le libérer – sauf Rhys qui serait en train de jurer toute la vulgarité qu'il avait absorbé ces dernières années.
Elle feint un sourire, tenta de le rendre le moins crispé possible, lâcha quelques ha ha pour souligner l'humour dont Elias faisait preuve. « Non non, tu te doutes bien qu'il serait en train d'hurler comme en enragé si ça avait été le cas. » Elle se replongea dans sa tasse de café, en espérant que cette dernière, entourée de ses mains parvenaient à cacher suffisamment son visage pour qu'elle ne se trahisse pas. Après une longue gorgée, elle reposa ses yeux sur Elias qui semblait toujours très intrigué par ce son régulier métallique qui n'avait malheureusement pas cessé.
Louiza serra les dents, la nervosité allant crescendo. Elle se sentait comme un lapin pris au piège, sans défense et n'ayant nulle part où s'enfuir – ne pouvant s'enfuir.

Mais Elias n'en démordait pas. Il semblait convaincu que quelque chose s'était introduit dans la maison, et la curiosité l'emportait. Louiza était tétanisée, car elle ignorait quelles étaient ses possibilités, quelles étaient ses solutions – y en avait-il ? Elle était restée immobile, prise d'une bouffée de chaleur subite, les doigts tremblotants qu'elle essayait de contrôler ou de dissimuler en agrippant fortement ses genoux. Réfléchis, putain, réfléchis. Mais Elias s'était déjà levé, apparemment en direction de la porte qui donnait sur le garage. Elle tourna rapidement la tête vers lui lorsqu'il lui demanda si elle comptait venir, avant de se précipiter devant son frère, l'agrippant aux bras, les yeux écarquillés : « Non, non, je... je t'assure que c'est rien, y a un truc qui est cassé et ça fait souvent du bruit... quand y a du vent, ça fait du bruit quand il y a du vent, c'est rien. » Elle essayait beaucoup trop. Elle avait le drame dans les yeux et la peur qui suintait de chaque pore, ses doigts claquaient contre sa peau d'Elias dans leur tremblement. Elle n'était pas crédible. Putain, putain. « Euhm... je... » Le désert qui se déversait dans sa bouche, cimetière des mots qu'elle voulait créer. Rien ne venait, elle ne savait pas comment détourner son attention, comment éviter le drame, comment le faire changer de direction, comment la faire taire, elle, comment...

« Je ne sais plus quoi faire, avec Rhys. Je ne sais plus quoi faire de... tout ça, de lui. » souffla-t-elle, dans un élan de désespoir. La voix prête à craquer, non pas par l'émotion que cet aveux lui faisait, mais par la lourdeur du secret qu'elle essayait de couvrir. Elle parlait de Rhys comme un d'un vase, un vase devenu un peu encombrant qui ne correspondait plus à la décoration intérieure du salon. Il faisait beaucoup trop tapisserie de grand-mère et n'allait pas avec cet esprit cocooning qu'ils essayaient de créer avec leurs murs blancs cassés et taupes, leurs tapis doux sous les pieds, et le canapé couleur sable. Elle parlait de lui avec détachement, elle parlait de leur situation chaotique avec détachement car elle avait mieux à penser à ce moment, ce doux secret, leur sale secret, terrible, malsain, fou. La dernière chose qui réunissait Rhys et Louiza ces derniers temps sans doute. Le petit fil qui les liait encore, fragile, prêt à rompre à n'importe quel moment. Ce qui le rendait si lourd, au delà du caractère complètement absurde et dépassé morale et sens, c'était le fait d'avoir parfaitement conscience qu'il dépassait morale et sens. Et ne pouvoir cependant s'empêcher d'y croire. Ce n'était pas raisonné, c'était simplement de la croyance, de l'espoir aveugle placé dans les mains de quiconque pouvant réussir à trouver un remède. Et lorsqu'on s'était enfoncé aussi loin dans l'absurde, il serait encore plus absurde de faire marche arrière.
« Ça ne va plus, depuis longtemps. Et... je ne peux pas dire que tu ne m'as pas avertie. » Elle restait accrochée à Elias, les doigts enroulés aussi fermement que possible autour de ses bras. Elle crachait ces mots petit à petit, à la recherche des prochains à venir. Elle essayait tant bien que mal de gagner du temps, grignoter l'attention de son frère pour qu'il s'écarte de la porte du garage. L’apitoyer. Triste à avouer, mais Louiza essayait désespérément de tirer sur sa corde sensible, bien qu'elle se sentait mal à l'aise dans ce rôle. Elle était maladroite, mauvaise actrice. Peu crédible, elle restait bien trop détachée, ou bien trop ailleurs. Car elle était réellement désespérée, réellement paniquée, mais simplement pas pour la raison qu'elle laissait couler de ses lèvres.


 
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MessageSujet: Re: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Mar 12 Avr - 0:07

L’hilarité feinte devient macabre tandis que les traits de Louiza s’affaissent. La nervosité s’accentue, elle la déploie dans chaque geste exécuté. Le sol se fait incertain sous leurs pieds, le plancher remue comme un animal indompté. Quelque chose s’écroule quelque part. Un lieu et un sujet à définir encore mais l’empire tissé de mensonges et de faux sourires, se démantèle peu à peu. Les répliques de sa sœur sont une pâle imitation de sa propre légèreté. Aussi pâle qu’elle peut le devenir dans ces derniers instants d’intrigue. Déjà plongé au cœur d’un mystère, le grec ne se voit pas reculer. Dans l’attente, il prolonge juste assez les silences pour l’entendre respirer. Le chaos se disperse, s’étend jusqu'aux confins de la pièce. Ce qui le pousse à se relever ? La curiosité ? Ou cette sensation dérangeante, ce malaise qui persiste ? Le drame s’est suffisamment invité dans leurs existences respectives pour réussir à ressurgir quand la trêve semble s’être vaguement prononcée. Déjà prêt à encaisser la prochaine tragédie ou presque. Parce qu’il la craint sans toutefois la deviner. Peut-être qu’elle ne conserve qu’un secret de plus, un secret de trop derrière cette maudite tasse. Un de ceux qui sont assez importants pour la tourmenter mais insuffisant pourtant pour être considéré comme d’une gravité sans pareil. Peut-être finalement que la frustration s’accentue dans ce qu’elle ne veut divulguer mais suggère tout à la fois et que c’est pour cette raison qu’il a repris de la hauteur, qu’il s’obstine dans une direction qu’elle ne souhaite pas le voir emprunter. Ces bruits deviennent le centre de leur attention, de la discussion. Sans savoir comment, ni vraiment pourquoi, tout ne tourne plus qu’autour de ça. Ces sons métalliques qui appellent à la ruine, à l’affolement tout aussi sûrement. Comment peut-on dédier autant de concentration à une succession de tonalités ? Il peut répondre à cette question depuis qu’il guette le chevet de Bran et savoure les battements de son cœur.

Son regard trouve péniblement son chemin jusqu’aux prunelles de sa sœur. « Tu lui as peut-être coupé la langue, allons. Nous savons toi et moi que tu es futée après tout. » Tenté de continuer cette mascarade à défaut de la voir fournir une explication ou une vérité. Il lui suffit de presser le pas pour que le restant de réserve s’abatte alors. Elle est déjà là, proche, trop proche pour mimer la moindre normalité. L'audace d'une peur qu'il ne comprend pas. Les doigts sur ses bras et les yeux dans les siens, une posture franche, incohérente et étrange. Elle devient un obstacle, elle devient un rempart. Elle protège l’entrée du garage. Un cerbère inattendu, un indice de plus sur une importance qui lui échappe. Tout se précipite, les mots dans sa bouche, les blancs entre chaque point, la terreur qui abime sa voix. Son attitude démonte peu à peu le flegme du journaliste, ne déverse sur son faciès qu’un désarroi grandissant. Une tentative d’esquive ou un début de réponse, il n’en sait rien. Il ne comprend pas ce trouble qui creuse sans le vouloir sa poitrine et le propulse dans une anxiété insoutenable. « Qu’est-ce qu’il se passe ? » Son timbre demeure stable malgré la courbe inquiétante qu’observent ses sourcils. Ses paumes se tournent pour serrer les coudes de sa cadette, raffermissant la prise qu’elle a sur lui, la proximité qu’elle a si soudainement instaurée. Il s’en sert comme il peut pour l’inviter à la confidence. « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? C’est lié à Rhys pour de vrai ? T’essaies de me détourner d’un truc ou de me dire ce que tu planques là ? »Son appréhension se mue en impatience, ses nerfs semblent sur le point de craquer alors que les résonances deviennent plus évidentes, plus persistantes, plus présentes. Il manque de la secouer tant la tension noue ses muscles, le rend partiellement fou. Ses yeux s’écrasent contre les siens. « Bordel Nora, qu’est-ce qui peut faire un boucan pareil ? Tu peux me faire confiance. Pour une fois, fais-moi confiance bon sang !? Dis-moi ce qu’il se passe.» Mais il sait pertinemment.

Il sait qu’elle ne dira rien. Parce qu’elle ne lui dit jamais rien. Et cette fois-ci, il refuse. Il refuse tout bonnement de se retirer, de faire comme si ça ne le concernait pas parce que ça le concerne. La peur mobilisée par sa benjamine le touche plus qu’elle ne peut l’envisager. Même si le lien fraternel ne semble pas évident au premier regard et même si trop souvent, ils ont été absents pour l’autre, Elias est tout autant blessé par ce qui peut l’atteindre, elle. Le sang confère cette étrange malédiction et il l’a entretenue toutes ces années durant. Il refuse de la nier. Il refuse de nier ce qu’ils sont l’un pour l’autre et refuse de se soumettre à cette distance qu’elle cherche toujours à imposer. Ses mains défont abruptement la capture opérée, il se défait d’elle, la bouscule presque pour avancer à grandes enjambées jusqu’à la porte. Il l’ouvre à la volée sans attendre. L’odeur le frappe avant même la vision. Les râles surviennent alors. La stupeur l’immobilise, la paume encore sur la poignée. « Mais qu’est-ce que… » Sa voix se brise immédiatement. Les cheveux épars divulguent les traits réarrangés par la mort du zombie entreposé. La chair se décompose sur ses joues autrefois si roses. L’estomac se retourne, la nausée s’entretient alors qu’il ne peut détourner son attention du cauchemar.

Il se revoit dans ces trop rares moments familiaux, partager un rire ou deux avec sa nièce. Il se souvient tout autant des quelques jeux innocents partagés entre cousins, Bran s’amusant à l’irriter juste pour s’amuser. Il se rappelle plus vivement la peine éprouvée quand il apprit tardivement son décès. Le choc le pousse pratiquement en avant, il fait un pas et le défait aussitôt quand Allison se débat pour approcher à son tour dans un vacarme fait de cliquetis inconvenants. Des chaînes, prisonnière. Prisonnière de sa nouvelle condition. La chose l’observe, tend pitoyablement les bras vers lui et projette plusieurs grognements sinistres à son encontre. Il ramène une main tremblante contre sa bouche, s’écarte sans refermer derrière lui, du seuil menant au garage. Son autre paume cherche frénétiquement une surface pour s’y appuyer. Ses jambes manquent de se dérober à plusieurs reprises, il finit par s’effondrer à moitié contre un meuble à proximité. Il ne trouve pas de mots, pas le moindre. Son esprit semble aussi vide que sa carcasse. L’effroi s’adonne à tout son art sur sa seule personne, les frémissements se changent progressivement en spasmes. Il en oublie de respirer, cherche l’air comme il peut sans le trouver. Affolé, il déniche sa sœur au milieu du décor rendu insolite. Il la fixe sans pouvoir encore l’interroger. La seule question qui vient et revient mais qui ne franchit pas ses lèvres. Pourquoi ? Pourquoi s’infliger ça ?

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MessageSujet: Re: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Jeu 21 Avr - 22:42

Elle essayait. Elle avait beau essayé de formuler ses plus beaux mensonges, tisser à partir de sa triste réalité une histoire assez belle et assez émouvante, il semblait qu'Elias préférait le doux son métallique qui résonnait à ses oreilles. Il était là, impatient, beaucoup trop intrigué par ce qui pouvait se cacher derrière cette porte, et alors que Louiza redoublait d'efforts pour l'en éloigner, elle ne faisait que piquer sa curiosité. La misère qui portait le nom de Rhys ne suffisait pas – mais n'importe qui, et jounaliste en plus, réagirait de cette façon. Il sentait qu'il y avait mieux derrière, qu'il y avait du croustillant, un scoop, quelque chose qu'on refusait de divulguer et pour cette raison précise, il avait besoin de savoir. D'assouvir cette faim qui venait de déployer ses ailes et battre contre la tempête.
Louzia resserrait ses doigts plein de sueurs contre les bras d'Elias, elle enfonçait ses ongles presque, et n'était plus capable d'articuler le moindre mot. Elle se savait foutue.
Elle le voyait, elle l'entendait, dans ses mots, dans son intonation, qu'il voyait bien à travers son petit jeu. Elle comprenait qu'elle n'avait pas d'échappatoire, et qu'elle s'était condamnée au moment même où elle l'avait invitée à rentrer.

Et alors qu'elle mourrait à chaque seconde, pour retrouver la vie et mourir une énième fois, Elias fit un geste brusque pour la dégager de son passage, et une demi-seconde suffit à faire tomber son monde en morceaux. Il venait d'ouvrir la porte, et Allie se fit soudainement plus bruyante, plus vocale. Un souffle se propagea dans le salon, cette odeur de chair à laquelle Louiza avait presque fini par s'habituer. Elle lui parut cependant plus nauséabonde que jamais cette fois-ci. Comme si elle le découvrait avec la même réaction qu'Elias, comme si c'était la toute première fois, et elle crut recracher sa bile sur le parquet. Elle était restée plantée comme un grand bouleau au milieu du salon, incapable de bouger. Elle était terrifiée. Elle venait à se recroqueviller sur elle, les bras se croisant sur son ventre, son dos se courbant légèrement. Elle se sentait flancher.
Finalement, avec lenteur, elle réussit à faire quelques pas, se rapprocher de la porte pour la fermer, mollement, se retournant vers Elias avec cette même prostration. Elle était devenue soudainement vide, littéralement. Elle s'était vidé de toute l'énergie qui lui restait dans ces dernières secondes, et l'état dans lequel elle était depuis l'attaque, cette chose qu'elle était devenue, prenait cette expression très au sérieux. Elle se sentait affamée. Pas d'aliments, pas cette faim-là. Mais la faim qui résumait ses journées à présent, cette faim tenace qui semblait l'accompagner comme son ombre.

Louiza ne s'éloigna pas de la porte, elle s'y adossa quelques instants, avant de se laisser tomber par terre. Elle releva lentement la tête, remit ses boucles derrière les oreilles pour se dégager la vue, pour attraper la silhouette désemparée de son frère, pour relever le menton afin d'accrocher son visage. Elle finit par marmonner : « Je suis désolée... »
Elle ne savait pas pourquoi elle s'excusait, mais c'était ce qui lui était venu. Elle était désolée. Désolée d'être une personne si terrible, désolée d'être le monstre qu'elle était devenue, celle qui enfermait sa petite fille, celle qui la condamnait à une vie de fers et d'ombre, celle qui transformait son enfant en une petite poupée qu'elle gardait a fond de son garage pour aller la retrouver lorsqu'elle le désirait. « Je suis désolée... » répéta-t-elle, désolée d'être devenue l'horrible succession de leurs parents. Désolée de reproduire un schéma aussi fou, aussi malsain, aussi insensé.
« Je pouvais pas... Je pouvais pas la laisser, elle est encore... » et elle ne réussit pas à finir sa phrase. Elle voulait lui dire qu'elle était encore en vie, le convaincre que sa petite nièce Allie était encore là-dedans, malgré les apparences. Elle voulait qu'il comprenne, qu'il accepte, mais alors qu'elle essayait de prononcer ça, les mots butaient, têtus, ils refusaient de glisser facilement sur sa langue, car ils sentaient que rien de ça n'était vrai. Elle n'y croyait pas, du moins pas autant qu'elle voudrait le faire croire. Elle voyait bien que ce qu'elle avait enchaîné n'était plus sa fille, ce n'était plus sa petite Allison, elle n'était que ce qui restait. Mais l'accepter était une étape supplémentaire encore, et elle n'était pas prête pour ça.
« Je pouvais pas la perdre... Comprends-moi. Elle était encore en vie quand... elle était encore en vie, je m'en suis sortie moi, et elle, elle était encore en vie Elias. Je pouvais pas l'abandonner, je pouvais pas l'emmener à... parce qu'on me l'aurait prise, et elle était encore en vie, et je pouvais pas la perdre. Je peux pas la perdre. Et... j'avais peur que tu... Je sais pas, je suis désolée Elias, je suis vraiment désolée...»
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MessageSujet: Re: The wonderful mess that we made [PV Louiza]   Sam 23 Avr - 0:25

Le chaos s’imprègne du silence, il le sublime dans toute son imperfection, accentue la tragédie dès que les sons métalliques propulsent une nuée d’horreur sur l’assemblée. Les râles oppressent la poitrine du damné, ses paumes resserrent leur prise sur le meuble qui accueille sa déroute. Son estomac se soulève à plusieurs reprises, il craint de ne pas parvenir à calmer ses aigreurs d’estomac, de devoir recracher cette acidité qui afflue et retombe. Il se crispe si violemment qu’il en a mal à chaque articulation et son cœur bat si fort dans ses tempes qu’il ne parvient déjà plus à faire la différence entre le bruit des chaînes et son pouls affolé. Tout devient confus. Tout sauf Louiza. Il se raccroche à sa silhouette mouvante, se raccroche à son effroi, à son accablement qui survient aussi vite, l’abat abruptement. Il l’observe s’écrouler, rejoindre le sol. Détruite par cette vérité. Cette horrible vérité que son frère lui a arraché contre son gré. Les regrets divisent les contradictions. Qu’est-ce qu’il a fait ? Qu’est-ce qu’il a osé faire ? La boîte de Pandore ouverte, il n’y a plus aucun moyen de la refermer en toute impunité. Il voulait savoir. Il devait savoir. Mais s’il avait su, jamais il n’aurait agi de la sorte. Comment aurait-il pu se douter ? Se douter qu’Allison les appelait depuis le garage parce que la faim la ronge, que le trépas lui a fait perdre la raison. La laisser pourrir entre ces quatre murs. La regarder se décomposer. La voir lutter vainement pour une survie déjà gâchée. Qui souhaiterait s’infliger ça ? Qui aurait l’idée d’emprisonner la mort dans son foyer ? Des parents désespérés, des personnes suffisamment humaines pour ne pas accepter la fatalité. Pour subir les conséquences du décès à son maximum. La cruauté exacerbée autant que l'impuissance, l'injustice. La souffrance.

L’incompréhension laisse peu à peu place à un chagrin sans fond, sans fin. Ce spectacle a anéanti sa sœur, il l'a démonté tout autant. Cette image se placarde encore contre sa rétine, elle ne se décolle pas. Elle reviendra le hanter dans les jours, les mois, les années à venir. Celui de cette petite fille attachée, les os saillants, la peau craquelée. Les premiers mots sont douloureux et ils sont mal accusés, le grec se recroqueville. La détresse de sa sœur se diffuse sans la moindre irrégularité, constante, elle emplit la pièce. Plus aucun rempart pour la comprimer, aucun faux semblant derrière lequel se réfugier. Les malaises perçus possèdent désormais un visage, un nom. Il les connaissait déjà. Mais désormais, elle les nomme à son tour. Ses excuses nouent davantage les traits du journaliste. « Mais comment… Comment vous avez pu… Qui est au courant ? » Sa voix se brise avant d’atteindre la fin de l'interrogation. L’accusation à peine déguisée, suggérée, même pas supportée par son ténor abimé.

Le choc s’entretient dans la peine qu’elle communique. Elle le broie tout entier tandis qu’elle cherche à se justifier. Il n’en peut déjà plus d’absorber son désespoir, de le multiplier par le sien. D’être aussi loin en étant pour la première fois tout aussi proche pourtant d’elle. Il ne supporte plus ses suppliques. Il ne supporte plus sa honte. « Arrête de t’excuser. Je comprends. » Oui. Il comprend qu’on soit désemparé, qu’on soit assez désespéré pour ça. Il comprend qu’on ne veuille pas faire le deuil. Qu’on nie les évidences. C’est ce qu’ils font dans une moindre mesure avec Bran, en entretenant ces machines hors de prix, l’obligeant à respirer alors qu’il est condamné, qu’il décline à petit feu, qu'il est piégé dans son propre corps bien que l'esprit soit déjà évanoui. On est jamais prêts à affronter la mort d’un proche. Encore moins prêts quand il s’agit d'un enfant. De son enfant. Alors oui… « Je comprends. » On fait ce qu’on peut pour survivre. Les dents serrées pour s'empêcher de vomir ses tripes, la mâchoire crispée et les mots mâchés.

L’émotion l’étreignant, il chancèle quand il se déloge de son perchoir, ne supportant plus ces quelques mètres qui l’éloignent d’elle. Sa jambe droite s’apparente à un poids mort quand il se déplace, ce qui rend l’ensemble de sa progression incertaine. Il manque de tomber à plusieurs reprises mais il tient la distance. D’autres paroles lui échappent alors qu’il s’avance. « J’aurais pas dû… Mais… C’est pour ça que tu m’as rien dit de suite ? Pour ça que tu m’as écarté pour… L’enterrement ? Bordel… » Il n’y a pas eu d’enterrement. Elle est là et c’est cette maison, son cercueil. Une cérémonie funéraire sans fin. Quand il arrive à sa hauteur, il se laisse tomber à ses côtés. Ses paupières basculent. Il la revoit, encore et encore. Juste devant ses yeux et les sons qu’elle produit derrière cette porte, celle contre laquelle ils s’appuient, accorde un bon relief au souvenir visuel. Il la regarde alors. Cette femme qu’il a vu naître, qu’il a vu grandir. Il l’a vue triompher, s’égarer, perdre, abandonner, trouver. Il a connu quelques-unes de ses batailles, en a nié bien d’autres et en a ignoré une centaine de plus. Aujourd’hui, il la voit succomber. Succomber à l’absence. Une brèche dans les remparts qu’elle lui a imposé, un pont pour les océans qu’il a pu placé. Le bras de l’aîné glisse contre les épaules de la cadette, il la rapproche, pose sa tempe contre la sienne. Jamais, ils n’ont pu partager une telle proximité. Pas depuis l’enfance et encore… Mais il n’a jamais trouvé ça plus approprié. Parce que maintenant, il a une chance. Une vraie chance d’arranger les choses entre eux, de lui laisser la possibilité de lui faire confiance. « Je dirai rien. A personne. Ça restera entre nous. » Un murmure, une promesse, un serment. « Mais comment tu fais ? Comment tu fais pour… C’est… Je pourrais pas à ta place. Je pourrais pas la regarder comme ça et… » Pour elle, elle est toujours en vie. Elle ne voit pas la situation sous le même angle. Il respire pesamment et à chaque inspiration, les tiraillements éprouvés au niveau des côtes s'amplifient . Comme une mauvaise grippe qui ne passe pas, il se sent faible, fiévreux. Chacun de ses membres semble émettre des vagues de douleur. « C’était ton idée ? Rhys était d’accord avec ça ? » Sa compassion s’étend sans qu’il ne le veuille à son ami d’enfance. Il éprouve pour lui une peine qu’il n’aurait jamais pu soupçonner. De façon totalement malsaine, il voit dans ce drame entretenu, une forme d’humanité qu’il a trop souvent voulu ignorer chez l’islandais. Elle lui semble désormais incontournable et redonne à Rhys assez de nuances pour qu’il se souvienne de leur amitié qui tenait alors plus de la fraternité. Comment peuvent-ils vivre comme ça ? Comment peuvent-ils souffrir avec autant d’acharnement ? Oui, il avait raison. Ils sont plus persévérants. Plus entêtés. Plus forts que lui ne le pourrait.

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Dernière édition par Elias S. Kaligaris le Lun 9 Mai - 0:03, édité 1 fois
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The wonderful mess that we made [PV Louiza]

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