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 Mi dispiace [Noah]

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MessageSujet: Mi dispiace [Noah]   Jeu 28 Jan 2016, 10:20


« Color my life with the chaos of trouble »



Noah & Enya
featuring

Cela faisait deux bonnes minutes que j’étais devant la porte, incapable de frapper à la porte. J’avais eu le courage de venir jusqu’ici après ma journée à l’hôpital, d’attendre qu’un voisin sorte pour entrer, mais maintenant que j’étais face au mur, je n’avais qu’une envie : faire demi-tour et ne jamais revenir. Alors que j’élevais le poing pour toquer, le souvenir de cette soirée, il y a deux jours, me revint.

-... En l'état actuel je... Je ne suis pas capable de t'aimer pour qui tu es, Enya. Mi dispiace...
C’avaient été les derniers mots de Noah, avant qu’il ne prenne ses affaires et ne passe la porte pour disparaitre une nouvelle fois dans la nuit. Sauf que cette fois-ci, je l’avais cherché. C’était moi qui m’étais énervée, moi qui lui avais fait des reproches. Pour la première fois, Noah avait tremblé, s’était avoué vaincu, s’était excusé. Le voir dans mon salon, les yeux embués de larmes, m’avait bouleversé cette nuit-là et me bouleversait encore chaque fois que j’y pensais. J’avais simplement eu confirmation de ce dont je me doutais depuis un moment. J’avais le droit d’être avec lui parce que je ressemblais à une femme nommée Aida, qu’il avait aimée plus que tout. Notre histoire était un mensonge, et nous ne faisions que vivre sur ce mensonge, nous faisant mal dès lors qu’il s’effritait ne serait-ce qu’un peu. Il aimait encore Aida. Il n’était pas capable d’aimer Enya.
Je frappai trois coups, en espérant qu’ils soient assez forts pour que Noah m’entende.  Je n’étais même pas sûre qu’il était chez lui. Pourquoi étais-je là, alors que je savais ce qu’il en était de ses sentiments ? Une personne sensée aurait tout simplement fait une croix sur sa relation, rayé la personne de sa vie, et serait passée à autre chose. Lorsqu’il était sorti de mon appartement, je m’étais recroquevillée près de l’évier et j’avais pleuré toutes les larmes de mon corps. Je m’étais endormie là, à même le sol, trop faible pour me trainer jusqu’à mon lit. J’avais pleuré la nuit suivante, et celle d’après, incapable de retenir ni les larmes ni les gémissements qui secouaient mon pauvre corps. Je ne devrais pas être ici. Je devrais être chez moi, à détester cet homme qui ne peux pas m’aimer, à trouver un moyen de le sortir de ma vie. Ou je devrais être chez quelqu’un d’autre, à boire de l’alcool jusqu’à oublier le visage de Noah Meadow, et raconter mes peines jusqu’à modifier l’Histoire. Mais je ne suis pas une personne sensée. Je suis là, et je suis toujours là lorsque la porte s’ouvre.

« Noah ». Il se tient là, debout devant moi. Mon sang se glace et mon cœur se serre. Je suis là parce que malgré toute la douleur que la vérité me procure, je ne peux pas m’enlever de la tête son visage. Je ne peux pas oublier les bons moments que l’on a passés ensemble. Je suis incapable de ne plus avoir envie de le voir. Prisonnière de lui depuis le jour où je l’ai rencontré. Prisonnière de cet amour indéfectible et déraisonnable qui me pousse à lui pardonner, chaque fois. Il était ancré dans chaque parcelle de mon corps et de mon âme, et pendant ces trois nuits où j’avais eu mal à en crever, c’était tout autant la douleur de savoir qu’il ne m’aimait pas que la simple douleur de son absence qui m’avait brûlée. Il avait dit que j’étais comme une drogue dure dans son organisme. Il était la seule chose qui faisait vivre mon organisme.

« Je suis désolée de te déranger chez toi, mais je…j’aurais voulu te parler. Après, je m’en irais, si tu veux. »
Mes yeux l’imploraient déjà de ne pas me fermer la porte au nez. Il en aurait le droit. Parmi toutes nos règles de fonctionnement, il y avait celle qui stipulait que je ne devais pas venir chez lui sauf en cas d’extrême urgence, et aujourd’hui ce n’en était pas réellement une. Et puis, toute cette histoire était de mon fait. Peut-être que j’avais encore besoin de lui, mais peut-être était-il de son côté une personne sensée. J’espérais simplement qu’il me laisse une chance de rectifier les choses. Une chance de ne pas se quitter sur ces derniers mots qu’il m’a adressés dans son accent italien, au moins. Une chance d’aimer encore cet homme que je ne connaissais pas, que je n’avais en fait jamais connu, même quand j’étais persuadée avoir eu accès à sa vie.



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Dernière édition par Enya Rivers le Jeu 07 Juil 2016, 14:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mi dispiace [Noah]   Jeu 28 Jan 2016, 13:22



Quand il était parti, cette nuit-là, il n'avait plus su ou aller. La pluie battait encore, fouettant son visage, noyant ses sanglots dans son vacarme régulier. Une pluie apocalyptique qui correspondait bien à l'atmosphère générale, gelant les derniers restes de chaleur de son vieux corps. Mais il était impossible de rejoindre son propre appartement. Il ne le voulait pas. Il n'y arrivait pas. Alors ses errances l'avaient mené, au beau milieu de la nuit, jusqu'au coupe-gorge qui servait de logis à Isak Eriksson. Ses jambes l'y avaient mené sans qu'il ne leur demande, son instinct mû par la volonté de préservation. Et qui disait préservation en moments aussi troubles disait Isak. Ce n'était probablement pas l'ami que tous souhaiteraient avoir, mais il avait été là. Il lui avait ouvert la porte, l'avait accueilli sans lui poser de questions. Avait glissé un de ses ingrédients magiques dans un thé brûlant, lui avait fait poser un temps son fardeau. Ils avaient parlé, probablement, sûrement même, mais Noah ne s'en souvenait plus vraiment. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il avait fini par s'endormir, épuisé, dans le canapé de son comparse, entouré par son odeur, gelé comme à Darkness Falls. Le lendemain, rien n'était effacé. Mais il avait pu repartir avec le cœur à peine plus léger, et cela même si Isak lui avait proposé de rester plus longtemps.

La vie avait repris son cours. Les patients avaient recommencé à se succéder, tous pareils, tous différents, dans un ballet incessant qui lui permettait de ne plus avoir à penser. Mais quand la nuit était tombée, quand la première journée après le grand chaos s'était achevée, il ne restait plus que lui et le souvenir de cette discussion. Ce déballage obscène, douloureux, vrai, qui l'avait poussé à franchir une nouvelle fois la porte de l'appartement d'Enya avec cette sensation désagréable que, oui, c'était probablement la dernière fois.
Après ce qu'ils s'étaient dit, après son propre aveu, il était impossible que la jeune femme tolère à nouveau sa présence. La vérité était crue, laide au possible, au point que toute personne sensée ou saine d'esprit la refuserait en bloc. Le refuserait en bloc. Après tout, à quoi bon aimer quelqu'un qui ne vous aime pas ? Ca relèverait de la pathologie. Et Noah, même s'il ne la connaissait que sous ces fragments d'Aida qu'il reconnaissait en elle, savait qu'Enya en aurait trop entendu. Peut-être que c'était la chose à faire. Peut-être qu'il devait la faire fuir elle aussi, avant qu'il ne soit trop tard.

Et pourtant ça le tuait à petit feu. Le rongeait au point que s'il avait la possibilité de revenir en arrière, il l'aurait déjà fait une bonne quinzaine de fois pour s'empêcher de dire tout ça. De tout déballer en bloc, de ses craintes à ses nécessités, manquant tout juste de trahir sa véritable nature. Ses poumons, ses yeux le brûlaient. Son corps était pris de tremblements instinctifs à chaque fois que le souvenir refaisait surface, et il se fustigeait de ne pas avoir pensé à demander à Isak de quoi se vider radicalement la tête pour les jours à venir. La fierté d'être son propre maître, cette belle connerie. Il la sentait passer, là, cette fierté. Elle lui brûlait les viscères, posait deux tonnes dans son estomac et serrait sa gorge. Même le goût de l'alcool était acre sur son palais, même le sommeil n'était pas réparateur.
Enya agissait comme une drogue dure sur lui. Sans même l'avoir voulu, il avait mis le doigt dessus. Avait réussi à mettre des mots sur une sensation de dépendance chronique qu'il voyait maintenant avec une clarté effrayante. Mais ce n'était pas d'Enya qu'il était dépendant. C'était de cette sensation de retrouver Aida, encore, et encore, dans quelques un de ses gestes, dans quelques unes de ses intonations. Mais maintenant, il ne la voyait plus. Dorénavant, il ne la verrait plus.
Aida ne serait plus. Son souvenir perdurerait à jamais dans son coeur, mais il n'aurait plus la possibilité de rêver, rien qu'une minute, en serrant ce sosie imparfait dans ses bras. Il n'aurait plus cette sensation de plénitude, de retour à des temps où la vie était nettement plus belle avec elle. Peut-être que c'était ça dont il avait besoin. Que pour une fois dans sa vie il prenne les armes et se batte contre cette tendance à l'obsession que Rafaele avait soulevée plus d'une fois, du temps où ils étaient encore des frères.
Peut-être qu'il était temps qu'il se sèvre, lui aussi.

Le temps avait passé, les journées avec. Il avait repris ses séances, avec plus de ferveur qu'il n'en avait jamais eue. Pas qu'il ait voulu aider vraiment ses patients. Mais se plonger corps et âme dans son travail lui permettait d'expier une part de sa culpabilité, et même infime, cela lui permettait de souffler. Alors quand il entendit les coups timides sur sa porte, quand bien même il venait tout juste de finir ses rendez-vous, il fut surpris. Il n'attendait plus personne. Peut-être était-ce Isak qui avait décidé de faire un détour par chez-lui pour vérifier qu'il ne s'était pas foutu en l'air. Le sorcier avait fini par aller ouvrir la porte pour montrer à son ami qu'il était toujours bien vivant, quand il comprit que non, ce n'était pas lui.
C'était Enya.

Un frisson glaça son corps en entendant sa voix, tendant chacun de ses muscles, crispant ses doigts sur la poignée qu'il tenait encore. La règle tacite qu'ils avaient eue de ne jamais se retrouver chez lui était rompue, mais il n'était pas sûr que ce soit cela qui le dérangeait le plus. C'était surtout de sentir son coeur tambouriner dans son torse, abrupt, violent, partagé entre l'envie de refermer la porte comme celle de la serrer dans ses bras.

-Enya.

Il n'avait pas envie de la laisser entrer. Pas alors que son appartement recommençait tout juste à lui sembler sécuritaire, pas alors que son sevrage était encore au stade embryonnaire. Ce n'était aider personne. Et pourtant les multiples contradictions entre son esprit et son corps eurent raison de ses envies. Il finit par desserrer la mâchoire et, d'un geste emphatique de la main, l'invita à entrer dans le vestibule. Lui laissant le soin de refermer la porte, toujours silencieusement, il ouvrit le passage vers son salon. Son cabinet. Elle voulait parler, alors il endosserait de nouveau son costume de psychiatre pour la laisser faire, taisant l'homme sous le professionnel.
Parce que c'était la chose à faire. Une fois qu'elle fut dans la pièce, il s'assit dans un des fauteuils et croisa les jambes. Puis les bras. Puis enfila une dernière fois un masque impassible, froid, tout aussi fermé que le reste de son être.

-Je t'écoute.


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MessageSujet: Re: Mi dispiace [Noah]   Sam 30 Jan 2016, 14:41

J’ai cru qu’il ne me laisserait jamais entrer. Il s’est contenté pendant plusieurs secondes, interminables, de me dévisager. J’ignore si c’était la surprise, la colère ou le mépris qui emplissait ses traits. Et puis, enfin, il m’invita à le suivre dans son appartement. Tout doucement, je fermai la porte derrière moi et le suivit dans son salon. Mon cœur se serra lorsque j’entrai dans cette pièce. C’était là que tout avait commencé. Je me souviens, la première fois que je suis venue ici, j’étais terrorisée. J’ignorais si j’allais pouvoir parler, j’ignorais si cet homme qui était mon psychiatre pourrait m’aider. J’avais l’impression d’avoir un bagage trop lourd, trop de choses enfouies trop profondément. J’avais tout perdu, récupéré un peu. Mais Noah avait tout changé. Pendant des semaines, des mois, je lui avais tout dit, lui écoutant patiemment, avec empathie. Il me connaissait par cœur : je ne lui avais laissé aucune part d’ombre. Ni mes peurs, ni ma culpabilité, ni mes cauchemars. Et puis un jour, nous avions franchi la limite, avions cédé à la pulsion qui nous tiraillait, pour ma part depuis plusieurs semaines. Je ne sais pas exactement comment cela s’est passé. Je sais juste qu’à un moment, il était devenu le centre de mon monde, et j’avais besoin de le voir en permanence. Il m’avait embrassée, là, dans ce même salon, et le reste du monde avait disparu. Tout avait changé à nouveau.

Et voilà qu’il était de nouveau assis dans son fauteuil, bras croisés. Il était comme lorsqu’il était psychiatre et moi un nom dans sa liste de patientes. J’ignorais s’il avait fait exprès de nous mettre dans cette configuration ; le connaissant un minimum, je présumais que oui. Il prenait la plus grande distance possible, m’écoutant comme il y a plusieurs années, quand nous n’avions pas noué d’intimité. J’eus un sourire amer : je suppose que je l’avais mérité. Mais je refusai de m’asseoir. Je n’étais plus sa patiente, je ne voulais plus l’être. J’inspirai un grand coup, le regardai, et me lançai.
« Tu avais raison l’autre soir. Je ne suis pas dans ta tête, et je ne connais pas Aida. Je ne te connais pas, en fait. Tout est un secret chez toi, tu es blindé derrière une porte, et tu refuses de me laisser entrer. »
Je haussai les épaules. C’était une entrée en matière directe, mais au moins, c’était dit. Ce n’était même pas un reproche, loin de là. Je n’en étais plus aux reproches, pas aujourd’hui. Je disais simplement ce qu’il en était, aucune amertume.

« La vérité, c’est que je m’en fiche. Je suis prête à l’accepter. Parce que j’ai besoin de toi dans ma vie. Parce que je t’aime, Noah, même si ça fait mal, même si j’en crève, je t’aime, et je n’en ai pas honte. On en vaut la peine. Tu en vaux la peine. »
Ca faisait presque mal de le dire à voix haute, alors que je le gardais pour moi en général. Mais en même temps, ça faisait un bien fou. J’avouai ma faute. J’étais coupable, votre Honneur, j’étais idiote, et rêveuse, et peut-être même un peu masochiste tendance auto-destruction. Et pire que ça, je n’avais pas envie de m’en sortir. Je voulais sombrer aussi profond qu’il sombrerait. Dans un soupir, je m’assis enfin sur le fauteuil en face de lui. Pas pour redevenir sa patiente, mais plutôt pour éviter de chavirer sur mes jambes en prononçant ce qu’il y avait dans mon esprit.

« Sois honnête avec moi. Tu crois qu’un jour tu me laisseras entrer ? Tu crois qu’un jour…tu sauras m’aimer ? Pas demain, pas dans un an, mais…un jour. Je ne prétends pas remplacer celle que tu as perdue. Mais je…j’ai besoin de savoir si un jour j’aurais droit à ma place dans ce cœur que tu barricades si bien. Parce que si ce n’est pas le cas, peut-être vaut-il mieux que l’on arrête là. »
Je baissai les yeux. Mon cœur implosait à l’idée de repartir de cet appartement et de ne jamais revoir Noah. J’avais perdu ma mère, puis mon père et Casey. J’avais perdu tout ce à quoi je tenais dans ce monde. J’avais cru ne jamais me relever, persuadée de ne pas être assez forte. J’avais même tout préparé pour mon suicide, un jour que les cauchemars s’étaient faits plus persistants que les autres. Mais je n’avais jamais réussi à avaler ces fichues pilules. J’étais désespérément accrochée à la vie et à l’espoir qu’un jour j’irais mieux. Je n’avais plus jamais eu d’idée aussi noire une fois que Noah avait débarqué dans mon monde comme une balle de canon. L’idée de le perdre était devenue insupportable dès cet instant. Parce que si je le perdais, je perdais à nouveau tout ce que j’avais de plus cher. Sans lui j’étais seule au monde, ou tout comme. Personne n’importait plus que lui. Mais je n’étais plus prête à vivre dans un mensonge pour le restant de mes jours. Je devais avoir l’espoir d’être un jour pour lui ce qu’il était pour moi. Je ne pouvais pas continuer comme avant, maintenant que l’illusion était rompue. Mais je pouvais continuer une vie avec lui, j’avais envie de continuer. J’avais besoin de continuer. Il me suffisait d'une once d'espoir. D'une once d'amour sincère.

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MessageSujet: Re: Mi dispiace [Noah]   Sam 30 Jan 2016, 20:43



Un retour à la case départ. Lui, assis dans son fauteuil, les bras croisés, écoutant plus que ne participant. Elle, debout, faisant les cents pas et laissant les mots filer sans les retenir, sans en être capables. Comme à leurs débuts. Comme du temps où tout cela avait vraiment un sens, une signification aussi simple que le rendez-vous d'une personne troublée chez son psychiatre. Un véritable retour à la case départ, oui, sauf que cette fois ci les choses avaient changé.
Enya en savait beaucoup plus qu'elle ne l'aurait jamais dû, et c'était cela, cette petite nuance un peu abstraite, qui faisait la différence. Qui creusait un gouffre d'autant plus grand entre eux, entre la facilité des échanges qu'ils avaient pu avoir par le passé. Parce qu'elle s'était trop rapprochée de lui, s'était brûlée. Parce que lui avait trop projeté ses propres besoin en elle, et n'avait pas su s'en détacher. Tous deux pris au piège de ce cabinet, une nouvelle fois. Noah aurait pu la recevoir dans sa cuisine, nettement plus chaleureuse et moins formelle que son salon. Il aurait pu la faire monter dans le confort de sa chambre, assis tous les deux autour de sa petite table de lecture, à côté de la baie vitrée donnant sur le balcon et la rue en contrebas. Mais il n'en avait rien fait. Retrouver la configuration de leurs débuts était une façon de se rapprocher tout en se détachant. De constater, aussi, cruellement, à quel point leurs relations avaient été superficielles au cours de ces mois passés ensemble.
Une relation fondée sur des non-dits qui aboutissait en naufrage. Et aucun des deux être présents dans cette pièce ne pouvait se prétendre rescapé.

Mais si Enya était venue le coeur ouvert, prête à discuter, prête à faire changer le cours des choses, Noah n'était pas sûr d'en être lui-même capable. La chute avait été trop dure, trop intense. Il savait être responsable d'une partie du problème. S'ils en étaient là, c'était de sa faute, essentiellement. Incapable de tirer un trait sur ses amours passées, il avait poursuivi, encore et encore, à se fourvoyer dans la douce illusion qu'il pourrait en quelques sortes ressusciter Aida. Que ce monstre qu'il était en train de remodeler, de rendre à la vie, était aussi plausible que viable. Que si elle n'était pas tout à fait celle qui était aussi inestimable au coeur de Noah, elle pourrait changer. Changer et pas seulement lui ressembler. Au fait, il voulait qu'Enya soit Aida. Purement. Simplement. Aussi simplement que l'air qu'ils partageaient était vital, aussi purement que son risque provoquait des papillons dans son estomac, comme avant.
Mais un grain de poussière s'était immiscé dans les engrenages, brisant les roulements cycliques d'un moteur déjà bancal. Tout avait explosé, et là, écoutant poliment ce qu'Enya lui disait, Noah se rendait compte de ses propres erreurs. Il aurait dû tout arrêter avant. Tout détruire une bonne fois pour toutes. Tenir compte de ses attirances multiples pour d'autres personnes entièrement différentes, supposer qu'au milieu de tous ces corps il y avait une raison intrinsèque. Le besoin de changer. Le besoin de, lui aussi, évoluer.
Impossible de s'y résoudre, pourtant. Parce que le changement faisait peur. Parce que dans ce monde de chaos, Enya constituait par sa ressemblance à l'amour de sa vie ce soupçon de stabilité qui lui permettait de ne pas chuter. De ne pas avoir à se reconstruire. Ce n'était pas de la flemme ni même du bon sens, c'était de la crainte. Peur de devoir tout refaire une nouvelle fois, peur de devoir se tromper une nouvelle fois. Tout aurait dû être si simple...

Il soupira un peu en baissant les yeux devant son plaidoyer. Elle avait raison sur ce point. Du fait de ses craintes profondes, il refusait de lâcher quoi que ce soit. Avoir main mise sur ses relations, ses sentiments, était la nouvelle façon qu'il avait trouvée pour se défendre. Celle qu'il avait adoptée à Darkness Falls et qui, jusqu'à présent, fonctionnait bien. Mais il en était incapable avec Enya, aussi fort ait-il voulu contrôler cette relation-là.
Un poison qui menaçait de revenir, de se mêler à nouveau au sang dans ses veines, et le happer à nouveau même s'il avait trouvé un antidote temporaire...


-Les choses ne sont malheureusement pas aussi simples, se réduisant à seulement "je te connais, tu ne me connais pas". Cela va au-delà. Ce qu'il s'est passé l'autre soir est regrettable tant pour moi que pour toi. Mais effectivement, tu es allée trop loin.

C'était sa faute, ce qui était arrivé, ni plus ni moins. Elle avait prétendu des choses qu'elle ne connaissait pas, ne comprenait pas, et avait provoqué leur chute à tous les deux. Et rien que pour cela, Noah était encore plus sur la défensive qu'auparavant. Pourtant il se devait de rester calme. Là, chez lui, dans son domaine, il se sentait déjà nettement plus en sûreté que dans l'étroit appartement de la jeune femme. Mais il était également soumis à un piège qui ne lui plaisait pas. Soumis au fait qu'il ne pourrait pas partir aussi facilement, si le coeur lui en disait, que s'il était chez elle.
Prendre sur lui, à nouveau. Il ne la regardait pas directement pour ne pas sentir son coeur battre et se tordre dans son torse, ne pas sentir ses viscères se serrer, ne rien laisser au hasard ou au sentimentalisme. Juste la froide et rigoureuse logique. Sa logique.
Il pleurerait plus tard si nécessaire. Mais plus devant elle.

-Te rends-tu compte de ce que tu t'imposes à toi-même en me demandant cela, Enya ? Tu me demandes d'être honnête avec toi, de m'ouvrir à toi, juste après avoir dit ne pas te préoccuper de cela ? Ne pas te soucier de qui je suis ou du fait que nous ne nous connaissions pas réellement ? Tu te contredis en l'espace de quelques minutes, et tu me demandes la Terre et la Lune conjointement sans même t'en rendre compte...

Son ton n'avait pas varié, ne s'était pas teinté d'Italien, mais n'avait pour autant aucune chaleur particulière. Juste la froideur des mots, juste la froideur du jugement d'un homme qui ne se souhaitait pas chaleureux. Il n'avait pas envie de cette discussion, non, et si l'intention était belle, louable, si l'abattement manifeste de la jeune femme donnait envie à une part de lui de se lever pour la prendre dans ses bras et lui dire que c'était bon, tout était enfin réglé et terminé, la majorité de son être souhaitait un procès. Et avait gagné.
Il se pinça l'arrête du nez, massant le creux inférieur de ses yeux au passage. La fatigue, la douleur de ces derniers jours avaient rougi le blanc de ses yeux, les avaient asséchés. Il finit par pousser un soupir las, finit par enfin reporter son regard sur son amante.
Amante qui même là, alors que les rayons du soleil hivernal illuminant ses cheveux lui conféraient comme une sorte d'aura mystique, un peu comme quand le soleil Italien rayonnait sur les cheveux d'Aida, n'avait rien à voir avec elle. La déception avait brisé le rêve. Avait brisé la magie. Mais la nécessité fit qu'il répondit tout de même, malgré cela. Malgré qu'il ne soit même pas sûr que ce soit la chose à faire ou la chose à dire.

-Peut-être... Peut-être qu'un jour, oui, je pourrais t'aimer. Je ne peux pas le garantir pour le moment, pas alors que tout ça est trop récent. Pas alors que tu t'imagines pouvoir repartir dès à présent. Je ne suis pas prêt. Mais peut-être que oui, un jour, ce sera possible.

Il ignorait si tel serait un jour le cas, en réalité. Sept siècles avaient passé, et le souvenir d'Aida restait toujours là, vibrant, dans son coeur. Un souvenir inextinguible, inatteignable, qui l'enveloppait les soirs où il se sentait trop seul. Ceux où il se sentait trop faible pour réussir à se lever le lendemain. Enya avait eu cet effet sur lui, de faire perdurer le rêve alors qu'il passait à autre chose. Alors que d'autres bras, d'autres lèvres, avaient réussi à lui donner le soupçon d'espoir qu'un jour, peut-être, il parviendrait à aimer quelqu'un d'autre.
Et si rien n'était jamais définitif, il sentait que lui donner ce soupçon d'espoir n'était pas la meilleure idée qui soit. C'était se donner de l'espoir à soi-même, prétendre pouvoir tenir une promesse en croisant ses doigts derrière son dos. Car s'ils repartaient de plus belle, Enya aurait toujours ce petit soupçon d'Aida en elle. Car si elle riait une nouvelle fois, si elle lui ressemblait une nouvelle fois, il se fourvoierait lui-même dans les méandres d'une relation où, quoi qu'elle fasse, elle ne serait jamais trop ni jamais assez. Etait-ce le bon choix ? Il posa un regard perdu, perplexe sur la jeune femme. Tous deux connaissaient la réponse à la question de leur couple, et aucun des deux ne souhaitait entendre l'autre la prononcer.

-Comment peux-tu vivre avec ça ? Avec l'idée que rien ne garantit le fait que je t'aime, ou même celle d'être avec quelqu'un que tu ne connais pas ? Je sais tout de toi, et toi tu m'idéalises entièrement. Qu'est-ce qui te fait croire que tu vas être heureuse ?

Il ne voulait pas entendre la réponse, mais il sentait qu'il devait poser la question. Peut-être qu'Enya comprendrait d'elle-même où il voulait en venir, même s'il n'était pas sûr du but qu'il souhaitait atteindre en demandant ça. Le masque du psychiatre s'était mêlé à l'homme, indissociables faces d'une même pièce. Le drogué demandait à sa drogue quel bien elle pensait faire s'il prenait une nouvelle dose.

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MessageSujet: Re: Mi dispiace [Noah]   Mar 02 Fév 2016, 11:42

Les choses n’étaient pas aussi simples. Evidemment qu’elles ne l’étaient pas. Et je savais bien que j’étais allée trop loin, beaucoup trop loin. J’avais explosé les limites tacites que nous avions instaurées, j’avais jeté à la figure de Noah ses problèmes, je l’avais poussé dans ses retranchements. Et là, alors que nous étions chez lui, je regrettais tout cela. Je le regrettais du plus profond de mon être. Mais ce qui était fait ne pouvait plus être refait, et maintenant que nous en étions là, il fallait que nous mettions les choses au clair.
Mais Noah ne semblait pas être prêt à les mettre au clair. Au lieu de me répondre franchement, il pointa mes malheureuses incohérences de langage. Je ne réagis pas, mais en moi tendait à remonter une colère sourde. Il savait bien ce que j’avais voulu dire, il était loin d’être idiot. Mais il me reprenait comme un professeur reprend son élève. Il ne me regardait même pas. J’étais là sans être là, et c’était d’autant plus douloureux. J’aurais voulu pouvoir accrocher son regard, mais il fuyait, encore. Comment étions-nous censés arranger les choses s’il n’avait même pas le courage de me regarder ? Je l’avais blessé, j’en étais consciente. J’aurais donné n’importe quoi pour revenir en arrière et lui éviter cela. Mais lui aussi se contredisait, lui aussi me demandait la Terre et la Lune. Il me demandait d’être celle qu’il voulait, mais ne voulait pas ne serait-ce qu’évoquer Aida. Il voulait tout savoir, mais ne rien dire. Il voulait de l’amour sans être capable d’en donner lui-même. Il était parti des jours sans me donner un mot, un signe de vie. Mais je devais être là quand il en avait besoin. Et c’était à moi de me débrouiller avec cela. Je devais me débrouiller avec mes propres sentiments, sincères, qui me consumaient. Je devais me débrouiller avec son absence, ses silences, toutes ces choses qu’il me cachait. Quelle femme accepterait cela éternellement ? J’avais l’impression de l’avoir accepté déjà bien longtemps. Et pourtant, je replongeais, prête à accepter encore et encore. J’avais beau me dire, parfois, souvent, que c’était une voie sans issue, qu’il valait mieux tout arrêter et trouver quelqu’un qui saurait me rendre véritablement heureuse. Mais je ne voulais pas quelqu’un d’autre. Il n’y avait personne d’autre. Il n’y avait que Noah, et ce depuis des années.
Enfin, il me regarda. Ses yeux étaient fatigués, comme éteints. Il avait aussi mal dormi que moi, je suppose. Je ne sais pas si c’était une bonne chose, en réalité. Noah n’était jamais fatigué, il était un roc. L’avais-je ébranlé à ce point ? J’eus un mal de chien à tenir son regard, car chaque seconde me transperçait le cœur de savoir le mal que je nous avais fait. Mais je m’y obligeai, parce que je devais être forte, parce que c’était ma faute et que j’avais des responsabilités à assumer. Parce que je refusai de fuir ; si je fuyais, je le perdais.

« Peut-être... »
Peut-être. C’était tout ce que je pouvais espérer, au final. Il n’était pas sûr de m’aimer un jour. Il n’était pas prêt. Prêt à quoi ? A laisser partir une femme morte depuis des années ? A ouvrir son cœur à celle qui lui donnait sa vie ? La vérité faisait tellement mal. J’avais espéré une promesse, un geste. Je n’avais rien. J’inspirai profondément, chassant les larmes qui me montaient aux yeux. Il n’était pas question de pleurer. J’avais demandé une réponse honnête, je l’avais eue. A moi de la prendre comme telle et de décider en conséquence. Mais je savais pertinemment ce que j’allais décider. Peu importait sa réponse, au fond. J’avais besoin de lui. Je pourrais recréer l’illusion, presque comme avant. Je trouverais un moyen, puisqu’il le fallait. Je continuerais à tourner en rond. Nous n’avions pas le choix, et nous le savions. Peut-être que nous l’avions toujours su, mais qu’il avait fallu cette conversation pour l’exprimer.

« Comment peux-tu vivre avec ça ? Avec l'idée que rien ne garantit le fait que je t'aime, ou même celle d'être avec quelqu'un que tu ne connais pas ? Je sais tout de toi, et toi tu m'idéalises entièrement. Qu'est-ce qui te fait croire que tu vas être heureuse ? »
Je restai silencieuse plusieurs secondes. Je n’en savais rien. Je n’en avais aucune idée. Pourquoi aime-t-on ? Pourquoi restait-il désespérément accroché à Aida ? J’aurais voulu être autrement. J’aurais voulu ne pas l’aimer, être libérée de ce poids. D’ailleurs, l’aurais-je vraiment voulu, en fait ? J’aimais être amoureuse, même dans la douleur que cela causait. J’aimais ce sentiment qui s’emparait de mon corps tout entier lorsque je voyais Noah. Je n’étais pas sûre de pouvoir ressentir cela pour quelqu’un d’autre. Et c’était magique, de se sentir comme ayant besoin d’un autre. Personne n’avait jamais eu besoin de moi. Peut-être qu’au fond, je me complaisais dans notre relation bancale et irrationnelle. Et lui aussi.
« Je sais pas. Peut-être que je ne le serai pas. Peut-être qu’on va continuer à se déchirer et revenir l’un vers l’autre indéfiniment. Peut-être que ça, ce bordel, cette illusion de couple, c'est la seule façon dont on peut fonctionner toi et moi. Mais je n’arrive pas à faire autrement, je crois qu'en fait je ne veux même pas arriver à faire autrement. Je t’aime, c’est tout. Et toi, pourquoi tu reviens chaque fois, alors que tu sais que je ne suis pas celle que tu veux trouver ?»
Je haussai les épaules, et arrivai à esquisser un sourire las.
« Peut-être que nous ne sommes juste pas faits pour être heureux. Après tout, il parait que c’est vachement surfait. »

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MessageSujet: Re: Mi dispiace [Noah]   Mar 09 Fév 2016, 22:16



Ce n'est pas toi qui disait que la vie était une valse et qu'il fallait danser avec elle? Il faut être deux pour danser la valse.
Peut-être. Il n'avait pas de réponse plus satisfaisante à lui donner, et tous les deux le savaient pertinemment. Ce n'était pas une question de donner son âme, ou son coeur, c'était pour Noah une question d'arracher entièrement tout un pan de sa vie qui ne l'avait pas quitté même après 700 ans de survie. C'était tirer un trait sur ce qui avait été le meilleur de lui, qui avait été la seule fois où quelqu'un avait donné, donné l'intégralité de son coeur, de son être, à quelqu'un d'aussi laid que lui. Quelqu'un qui avait su faire, avec ce rire qu'il entendait encore, tomber toutes les défenses qu'il avait dû, et su, monter. Un rire qui lui avait donné envie de cueillir les étoiles dans le ciel, un rire qui lui avait redonné l'espoir, la vie, l'amour, l'humanité. Arracher toute cette partie de son être était impossible, ni en l'état actuel, ni dans un avenir proche. Et s'il l'avait tenté à plusieurs reprises, si certaines lèvres, certains bras, lui avaient monté qu'il était possible qu'il apaise son esprit sans se sentir coupable d'abandonner Aida, Enya était arrivée.
Cruelle, cruelle Enya, avec son rire à Elle. Avec sa façon de glisser une mèche de cheveux rebelle juste derrière de la même manière qu'Elle. Avec ce regard, cette lueur au fond de ses prunelles, qu'il n'avait jamais vue que dans les Siennes. Enya qui le renvoyait sans cesse dans ce temps où les cigales s'époumonaient sous le soleil du Frioul, dans ce Trecento idéalisé tellement beau quand il s'en rappelait. Des couleurs, des odeurs qui l'envahissaient encore et toujours pour peu qu'elle fit un pas de côté, dans un froissement de tissus, de la même manière qu'Aida. Qui lui rappelait qu'avant d'être un monstre il était un homme, et qu'un homme devait pouvoir aimer.

Mais elle, elle... Il ne le pouvait pas. Il n'y arrivait pas, aussi fort qu'il l'ait tenté, aussi éperdument qu'il s'y soit jeté. Il n'arrivait pas à l'aimer, elle, Enya, même malgré ses larmes, malgré ses gestes, malgré ses suppliques. Il avait de l'affection pour elle. Il avait de la tendresse pour elle. Elle lui manquait, effrontément s'il en était, comme la terre ferme manque à l'oiseau. Difficilement, irrémédiablement, pour se poser une nouvelle fois et reprendre des forces avant de s'envoler à nouveau. Elle était une échappatoire, avant de se transformer en la vraie cause. Celle qu'il ne lâcherait pour rien au monde, à laquelle il se raccrocherait désespérément pour ne pas sombrer.
Mais inéluctablement celle à laquelle il se raccrochait restait Aida. Et tant que la ressemblance serait aussi frappante, aussi intense, Noah savait qu'il serait incapable de plus.

Si seulement elle ne lui ressemblait pas autant.
Si seulement elle était blonde, grande, des yeux bleus et une bouche charnue, croquant le monde et les hommes avec une effronterie sans limites. Si seulement elle était rustre, vulgaire, ou au contraire d'un raffinement sans pareille, presque minaudante. Si seulement elle était rousse, ses cheveux de feu embrasant jusqu'au soleil, son caractère résonnant comme un écho avec la chaleur de sa crinière. Si seulement elle était un homme, aux bras solides, à la voix profonde et envoûtante. Si seulement elle n'était pas elle, et par extension potentiellement Elle.
Une nouvelle fois il baissa les yeux. Une nouvelle fois, il n'avait plus les mots, plus l'envie, plus la force d'affirmer sa propre puissance. Il n'y avait pas d'Aida dans ce monde. Il devrait s'y résoudre. Mais son fantôme le hantait, si bien qu'il voyait tous les édifices qu'il commençait à bâtir avec Enya tomber inexorablement comme des châteaux de cartes. A croire que le destin avait envie de cela. A croire qu'il ne pourrait lui-même pas être heureux, qu'elle ne pourrait pas l'être, comme elle l'avouait elle-même. Alors à quoi bon, au fond ?

-Pourquoi t'infliger ça au nom de l'amour ?

Il lui avait posé la même question, à Elle. Quand la nuit était tombée, les enveloppant de son linceul sombre, cachant leur relation des yeux de l'Humanité. Une relation décriée de tous. Un curé et une putain. L'opprobre. Et elle l'avait regardé avec cet éclat de malice qui sourdait constamment dans ses prunelles magnifiques. Les rayons avaient conféré une aura mystique à cette petite fossette qui se creusait dans ses joues quand elle souriait. Et elle avait invoqué les mêmes raisons qu'Enya lui donnait à présent. Au nom de l'amour, on oserait tout, même l'insensé. Au nom de l'amour on se perdrait, on se refuserait le droit au bonheur tant qu'on était avec l'autre. Un masochisme borné qu'il avait connu lui aussi. Pire, qu'il comprenait.
Partiellement, c'était pour cela qu'il n'avait pas répondu à cette question. Parce qu'elle le savait, elle aussi. Elle connaissait à présent ses raisons, elle était suffisamment maligne pour additionner deux plus deux et comprendre ce qu'il en était. Peut-être qu'elle prendrait son silence pour une forme d'amour, lui qui n'exprimait jamais ses sentiments. Une pudeur qui lui avait toujours servi jusqu'à présent. Et qu'il conserverait, même acculé.

Cela faisait trois jours. Trois jours qu'il avait commencé son sevrage d'elle, qu'il avait décidé de tirer un trait sur cette relation. Passer à autre chose, d'Enya aussi. Et elle faisait un trait d'humour qui, bien malgré lui, étira un léger sourire sur son visage fatigué. Qui, bien malgré sa volonté, le poussa même à répondre, du tac au tac.

-Nous avons toujours eu le don d'aller à contre-courant, après tout.

Une complicité qu'ils avaient nouée bien avant que leur ciel se teinte de gris. Bien avant que la nécessité prenne le pas sur la raison, que le besoin de la façonner ne lui serre tellement la gorge qu'il ne pouvait respirer sans voir Aida dans le moindre de ses gestes. Un temps passé, lointain, où ils étaient proches. Et où Noah voyait encore Enya comme la femme qu'elle était vraiment.
Il finit par soupirer. Par se relever. Par approcher à nouveau d'elle, lentement, pacifiquement. Et alors qu'il brisait la distance qui les séparait, il put entendre le vague écho du chant des cigales.
C'est vrai. Aida aussi avait de l'humour.
Sa main droite approcha doucement, délicatement, du visage de la jeune femme. La pulpe de ses doigts en effleura la joue, la chaleur de sa peau la picotant par à-coups. Son cœur s'était remis à battre, par cette proximité. Ses yeux recommençaient à voir, lors que les cigales fredonnaient à nouveau.

-Peut-être que le bonheur est différent selon les personnes. Qu'il est là, présent, réel, quand nous nous retrouvons. Que notre conception du bonheur sort elle aussi des sentiers battus. Cela ne fait aucun sens que nous nous retrouvions si nous n'en sommes pas un tant soit peu heureux, tu ne crois pas ?

La question était rhétorique. La chaleur de son ton réelle. Après tout, pourquoi pas ? Pourquoi ne pas tenter à nouveau, voir, créer, et se recréer une nouvelle fois ? Noah savait qu'il n'en réchapperait pas, de toutes manières, de cette discussion. Et qu'il ne suffirait au final pas de grand chose pour retrouver la quiétude de leur couple avant la tempête.
Il ne suffirait que de trois mots. Trois misérables mots qu'il était incapable de dire et qu'elle attendait désespérément. Trois petits mots ridicules, désuets, qui ne sortiraient pour autant pas de sa bouche. Son esprit avait repris le pas sur ses sentiments. En tout pragmatisme, si elle acceptait jusqu'au fait de ne pas être heureuse, elle le serait déjà beaucoup de l'avoir plus proche.

-J'aimerais reprendre où nous en étions, avant la crise. Qu'en penses-tu ?

Tendre. Tendre sa voix. Tendres ses gestes. Mais au fond, il s'agirait toujours de la même mascarade. Le même simulacre d'amour, à demi-mots, à demi-gestes, jusqu'à ce qu'il se lasse. Ou jusqu'à ce qu'elle fuie.
Si c'était ça, leur bonheur, il était prêt à y revenir.

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MessageSujet: Re: Mi dispiace [Noah]   Mar 16 Fév 2016, 21:10

« Pourquoi t'infliger ça au nom de l'amour ? »
Je n’en savais rien. Je m’étais souvent posée la question. Etais-je désespérément en manque d’attention et d’affection, au point de me planter un couteau dans le cœur volontairement ? Etais-je à ce point un débris pour m’attacher autant à un homme qui, avouons-le, ne me le rendait pas très bien ? Ou étais-je simplement déjà trop amoureuse pour voir autre chose que la vie avec lui ? L’amour valait-il la peine ? Au fond de moi, la réponse était oui. Cela faisait tellement cliché, tellement guimauve. Mais c’était vrai pourtant. L’amour que j’éprouvais pour Noah valait toutes les peines du monde. Et même si, au fur et à mesure, je commençais à ouvrir les yeux sur le ridicule de notre relation, le gouffre dans lequel nous nous enfoncions joyeusement, le caractère désespérément sans fin heureuse de notre histoire, j’étais décidée à la vivre jusqu’au bout. Jusqu’à la dispute de trop, celle qui ferait éclater notre belle illusion en éclats ; ou jusqu’à la délivrance, lorsque Noah oubliera un peu son Aida et qu’il verra la femme qui lui offre sa vie. D’une façon ou d’une autre, la relation que nous avons là se terminera, et laissera la place à une autre, meilleure ou pire. En attendant, je m’infligeais cela autant qu’il se l’infligeait. Au nom de l’amour. Au nom de l’espoir. Au nom de l’addiction à laquelle nous étions soumis.
« Je ne sais pas » fut ma seule réponse.

Enfin je vis un sourire s’esquisser sur le visage de Noah. Ce simple geste vit mon cœur s’emballer dans ma poitrine. Un poids se libéra soudain, comme si sa façade froide et distante s’était un tant soit peu craquelée pour laisser entrevoir le Noah que j’adorais. Celui qui riait à mes remarques et y répondait avec un trait d’esprit, comme il le fit juste après. Nous avions, au cours des séances, développé un petit jeu de joutes oratoires. Nous nous comprenions et nous répondions dans notre ironie et notre cynisme. J’avais découvert, avec le temps, un Noah plein d’intelligence, mais aussi plein d’humour, et surtout plein d’audace. Je crois que d’une certaine façon, il m’avait séduite par ses remarques et ses réponses, dans une subtilité qui lui était propre. Il m’avait eue rapidement. Il faut croire que j’étais sensible aux hommes qui présentaient ces trois qualités. Peut-être pour ça que Timothée m’a séduite en une soirée. Comme quoi, moi qui me voulais forte et indépendante, j’étais comme toutes les femmes : j’avais un type de mec. Encore heureux que j’aie dépassé mon complexe d’Œdipe et que je ne cherche pas un type qui ressemble à mon père.

Je souris doucement à sa remarque. Oui, nous étions à contre-courant. C’était ce qui faisait que notre histoire était douloureuse, sûrement. Nous avions beaucoup d’obstacles à franchir. Mais c’était aussi, j’en étais persuadée, ce qui faisait qu’elle était belle et unique. Je me noyai dans ses yeux alors que Noah s’approcha de moi. Mon cœur cognait de plus en plus forte, mes tripes se retournaient, et il s’arrêta près de moi, si près. Sa main effleura mon visage et je fermai les yeux, m’imprégnant de cette sensation de feu qui me prit le corps. Il avait toujours cet effet là sur moi. L’impression de brûler de l’intérieur tout en ressentant une plénitude totale. Peut-être que le bonheur était différent selon les personnes. Peut-être que le nôtre, de bonheur, ne s’expliquait pas aussi facilement que celui des couples normaux. Peut-être qu’il n’appartenait qu’à nous. Car là, alors qu’il se tenait près de moi, j’étais heureuse, la plus heureuse des femmes. Je ne demandais que ça, d’être avec lui, d’être heureuse, de le rendre un peu heureux, ne serait-ce qu’un peu, ne serait-ce qu’assez pour qu’il me garde près de lui encore un temps.

"J'aimerais reprendre où nous en étions, avant la crise. Qu'en penses-tu ?"
J’ouvris les yeux, les plongeant de nouveau dans son regard, me perdant dedans. C’étaient les mots que j’attendais depuis trois jours. J’avais prié tous ces dieux auxquels je ne croyais plus depuis longtemps, j’avais pleuré pour qu’il revienne, pour que l’on puisse retourner en arrière et effacer ce qui s’était passé, ce qui avait été dit. Je souris, d’un sourire sincère et plein de gratitude, puis je me levai d’un bond et vint me réfugier dans ses bras. La tête contre son torse, j’écoutai quelques secondes son cœur, silencieuse. Quand je relevai la tête, mon sourire n’avait pas quitté mon visage.
« J’en pense que c’est une excellente idée. »

Et je passai un bras autour de sa nuque avant de l’embrasser, avec tout l’amour, toute l’affection et toute la passion dont j’étais capable de faire preuve envers lui. Un baiser pour sceller cet épisode malheureux et repartir sur des bases plus saines. Enfin, peut-être pas saines, mais en tout cas moins douloureuses. Nous n’étions pas faits pour des bases saines. Je m’en fichais. Je nous voulais, nous ; je le voulais, lui. Mon cœur cognait dans ma poitrine, comme exprimant la joie que mon âme ressentait, comme s’il faisait la fête dans mes entrailles. Au bout de plusieurs secondes, je me détachai enfin de ses lèvres mais restai collée à lui, comme si mon corps refusait de se séparer du sien. Je me pinçai légèrement les lèvres et remis une mèche rebelle derrière mon oreille.
« Tu veux peut-être que je rentre, que je te laisse tranquille ? Tu pourras passer, quand tu auras le temps, si tu veux. »
Je ne voulais pas faire durer mon intrusion plus longtemps. Nous avions décidé de repartir comme avant, cela incluait nos règles tacites de fonctionnement, et je me refusais à le mettre mal à l’aise en m’incrustant chez lui. C’était son espace privé, et il y tenait. Bien que chaque cellule de mon corps souhaitait rester au plus proche de lui, j’étais prête à l’attendre, encore.

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MessageSujet: Re: Mi dispiace [Noah]   Sam 20 Fév 2016, 03:34



Et le monde redevenait monde. La planète redevenait ronde, belle, colorée, alors que le chant des cigales résonnait à nouveau dans le creux de son oreille. Alors que le sourire revenait sur le visage rond de sa compagne, qu'il avait encore une fois ces faux airs de souvenir. Qu'il revoyait une nouvelle fois, ni la première, ni la dernière, celle pour qui le monde méritait de tourner. Qu'elle revenait, ses bras fantomatiques enroulant ses épaules alors qu'Enya posait sa tête contre son torse. Il pouvait le sentir à nouveau, ce frisson d'excitation palpable, à chacun de leurs contacts. Il retrouvait l'odeur de ses cheveux, ce parfum qu'il ne connaissait qu'à deux personnes dans toute son existence. Deux personnes qui sans même l'avoir cherché, sans réellement l'avait voulu, avait réussi à s'infiltrer sous sa peau, jusqu'à son cœur. Et si Enya était bien trop proche de ressembler à Aida pour qu'il soit vraiment sûr de ce qu'il ressentait, il savait que là, en ce moment exact, si son cœur battait ce n'était pas parce qu'il avait peur. Il n'avait pas peur, là, dans ses bras. Il en était proprement incapable.
Après avoir tant cherché ce contact ces derniers jours, avoir tenté de s'en passer avec le désespoir de l'accro en plein sevrage, il ressentait à nouveau cette douce sensation de chute tout contre elle. Celle de se laisser emporter consciemment par une vague bien trop forte pour lutter contre elle, et de sombrer peu à peu dans les abysses, là où personne ne pourrait jamais vous faire remonter.
C'était un peu ça, aussi, leur relation. Un gouffre sans fond dans lequel il se jetaient sans vraiment y réfléchir, parce qu'ils ne savaient rien faire de mieux. Parce qu'au fond ils ne valaient finalement pas mieux. Il était heureux, d'une certaine manière. Heureux qu'elle ait accepté aussi facilement de céder, de le reprendre, qu'il n'ait pas eu à jouer des pieds et des mains pour retrouver grâce à ses yeux. Et si ses pulsions n'étaient pas contrôlées, si ses errances ne le seraient pas plus, il était heureux présentement.

Ses lèvres avaient le goût de la rédemption. Électriques, elles secouèrent tout son corps dans ce nouveau frisson, cette nouvelle envie de sombrer encore plus loin. De croire, croire qu'il pourrait y avoir quelque chose, quoi que ce soit, de positif qui puisse sortir d'eux. La douceur qui se dégagea dans tout son corps le poussa à glisser ses mains sur les joues d'Enya, fermant les yeux alors qu'il prolongeait de lui-même l'échange, bien moins distant qu'il ne l'avait été tout au cours de leur discussion. A quoi bon lutter contre l'addiction ? De toutes façons, il y reviendrait toujours, lèvres contre lèvres, leurs haleines emmêlées, narguant le divin. Ils étaient deux enfants fous, capricieux, qui loin de savoir ce qu'ils voulaient le désiraient toutefois ardemment. Et là, lové dans ses bras, balayant les derniers fragments de doute que la jeune femme aurait pu encore avoir malgré ses propres gestes, il se sentait entier. Jusqu'à la prochaine erreur. Jusqu'au prochain coup, à la prochaine fois qu'il partirait de quelque part en claquant la porte.

Revenant lentement à ses sens, les yeux encore mi-clos, il secoua doucement la tête à la suggestion de son amante. Non, il ne voulait pas qu'elle parte. Plus maintenant. Il voulait la garder contre lui, le plus longtemps que possible, sa douce Aida. La conserver contre sa peau, contre son cœur, jusqu'à ce que l'apocalypse éradique définitivement toute forme de vie à la surface de la Terre.

-Non, ne pars pas.

Enfant capricieux, il se rapprocha d'avantage de sa compagne, pressant son corps contre le sien. Non, il ne voulait pas qu'elle parte, contre tout sens critique ou moral. Pas maintenant qu'il la retrouvait. Pas alors que la magie était revenue. Et pour que sa voix n'ait pas l'air d'une supplique, il ajouta, à demi-mots.

-J'ai un rendez-vous prévu dans deux heures, cela nous laisse l'occasion de rattraper un peu le temps perdu.

Ses doigts encore posés sur ses joues les caressèrent presque timidement, alors qu'un sourire tendre affleurait enfin sur son visage. Il ignorait si tout cela en valait réellement la chandelle, mais elle était là, alors autant essayer. Tenter le tout pour le tout et voir où cela les mènerait. Les règles n'étaient-elles pas faites dans le but de les briser, ou de s'en détourner ? Bien sûr que si. Et il allait déroger à sa propre règle, celle qu'il lui imposait depuis un an, juste parce qu'il le pouvait. Ses lèvres allèrent se poser sur le front de la jeune femme, puis effleurèrent doucement son nez, pour finalement cueillir une nouvelle fois les siennes. Douces, douces comme du miel, addictives comme la plus puissante des drogues. Il s'y brûlait constamment mais n'aurait de cesse d'y revenir, encore, laissant les minutes devenir des heures, l'intensité se faire infinie.
L'échange se rompit naturellement pour laisser place à la respiration, le retour à la réalité se faisant moins pesant que la fois précédente. Son coeur ayant repris un rythme plus normal, Noah se détacha un peu de la jeune femme, sans toutefois abandonner la douceur de ses joues, ou la beauté de ses prunelles auxquelles il était enfin accroché.

-Est-ce que tu as besoin de quelque chose ? Un thé peut-être ?

Il ne lui décrocherait jamais la lune, ni même les étoiles. Il ne se sacrifierait jamais pour elle, ne se plierait quasiment jamais à ses exigences. Il ne la verrait peut-être jamais en tant qu'Enya, en tant qu'elle-même. Mais là, maintenant, il voulait tout faire pour qu'elle continue de le gratifier de ce sourire magnifique chargé de soleil, qui provoquait tant d'embruns.

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MessageSujet: Re: Mi dispiace [Noah]   Lun 29 Fév 2016, 13:14

« Non, ne pars pas. »

Noah pouvait me tuer avec ses mots. Parfois dans le mauvais sens du terme. Parfois, comme à l’instant, dans le bon. Moi qui étais déjà en train de me préparer psychologiquement à la séparation, une fois de plus, j’avais un sursis. Et quel beau sursis. Lorsqu’il fit un mouvement pour se rapprocher encore, je le serrai d’autant plus. S’il avait pu être dans ma tête et dans mon corps à cet instant, il aurait vu une pauvre fille en train de perdre pied tellement elle était heureuse. Il venait de briser une règle. C’était peut-être pas grand-chose, dans l’absolu, trois fois rien. Mais pour moi cela avait de la valeur. Il avait brisé une règle, pour moi. Pour rester avec moi. Etait-ce un premier pas vers ce que j’espérais depuis des mois ? Pas sûr. Mais c’était déjà ça de pris. C’était un moment exceptionnel et je le chérissais comme tel.

Deux heures. Nous avions deux heures. Deux petites heures, passées si vite. S’il te plait, toi, l’autre là-haut qui ne m’a pas franchement gâtée, pourrais-tu arrêter le temps ? Le ralentir ? Transformer ces deux petites heures en quatre, en dix, en une éternité ? S’il te plait. S’il te plait. C’est ce à quoi je pense alors que ses doigts effleurent mes joues. Sa douceur tranche tellement avec la froideur dont il a fait preuve depuis que je suis entrée. Comme si nous avions crevé l’abcès et que cela suffisait. Le simple fait d’exprimer à voix haute que nous voulions retourner à notre situation d’avant avait suffi à me faire regagner mon Noah, celui qui me regardait comme s’il lisait au plus profond de mon âme, qui avait tous ces gestes tendres et qui me souriait, discrètement, comme s’il savait que cela me faisait fondre et brûler. Je fermai les yeux et lui offrit mes lèvres sans broncher. J’aurais pu l’embrasser toute la journée. Juste immensément heureuse de le retrouver. De retomber dans notre valse bancale, dans notre précieuse illusion. Je savais, quelque part au fond de moi, que l’euphorie laisserait bientôt place à la colère. C’était une question de jours, de semaines tout au mieux. Il finirait par me trouver trop ceci, pas assez cela. Pas assez parfaite. Pas assez elle. Et il m’abandonnerait, le temps de calmer sa colère d’une façon que j’ignorais, et que je ne souhaitais pas forcément connaitre. Je savais que le sourire deviendrait rictus, qu’il me briserait le cœur. Qu’il reviendrait pour le réparer. Et que j’accepterai, encore, toujours. Je n’étais bonne qu’à ça. Je n’en avais rien à faire. Tant que je l’avais, lui, j’acceptais les conditions. C’était notre marché, qui ne satisfaisait aucune des parties mais auquel on ne trouvait pas d’alternative. Je laissai mes yeux se perdre dans les siens alors qu’il se détachait, doucement.

« Est-ce que tu as besoin de quelque chose ? Un thé peut-être ? »

Je ris doucement. Quelle drôle d’idée. Le thé ne semblait pas nous réussir. C’était avec une tasse de thé que j’avais brisé notre illusion. Et il m’en proposait une, avec la gentillesse et la nonchalance de l’innocence. Je haussai les épaules.

« Pourquoi pas. Ce sera notre calumet de la paix. » ajoutai-je avec un clin d’œil.

Et alors qu’il s’éloignait un peu, je jetai un coup d’œil circulaire à la pièce. Il y avait tant de souvenirs ici. Des bons, des mauvais. Surtout des bons, en fait. La première fois que Noah avait brisé ce mur que j’avais érigé entre nous pour me protéger. La première fois que j’avais parlé de Casey. La première fois que je m’étais sentie drôle depuis longtemps. Son premier compliment. Nos premiers regards discrets mais sans équivoque. Notre premier baiser avait eu lieu dans cette pièce. La première fois que nous nous étions abandonnés l’un à l’autre, dans une pulsion passionnelle irrépressible, aussi. Je souris bêtement, et, me retournant vers la silhouette de Noah qui me tournait le dos, je me pinçai les lèvres. Comment aurais-je pu résister à un homme pareil ? Comment pourrais-je jamais résister à un homme pareil ? Tout, dans sa façon de tenir, était empreint d’une aura fascinante et attirante. A pas légers, je m’approchais de lui et vint me placer à côté de lui. L’envie de le serrer contre moi était quasiment insupportable tant je devais lui résister.

« Tu crois que le thé pourrait attendre un peu? », lançai-je à voix basse, innocemment. Mais le regard que je lui lançai ne laissait aucune place à l’interprétation. Il était brûlant de cette passion qui m’avais animée ce jour-là. Notre relation avait démarré comme cela, en réalité. Les sentiments étaient arrivés après. Peu après, mais tout de même. Noah, c’était d’abord cet homme inaccessible qui me rendait folle quand je pensais à lui, sans savoir que je lui faisais le même effet. C’est ensuite qu’il était devenu ma drogue, mon oxygène. C’est ensuite seulement que les choses étaient devenues compliquées, que l’illusion s’était mise en place, et que nous avions commencé notre manège. C’est drôle comme les sentiments peuvent venir foutre un bordel monstre dans une relation. Ce serait peut-être plus simple si je ne ressentais rien. Si nous n’étions que deux êtres qui se voyaient parfois pour se serrer l’un contre l’autre et venir chercher l’affection qui leur manquait.

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MessageSujet: Re: Mi dispiace [Noah]   Jeu 03 Mar 2016, 23:52



Juste parce qu'il le pouvait. Parce qu'ils le pouvaient. Parce que cette pièce n'était pas rien pour eux, rien dans leur histoire. Elle était le début de tout, serait peut-être la fin, d'ailleurs, mais ils n'en étaient pas là. Pas alors que la magie avait repris ses droits, baignant leurs cœurs encore tremblants dans sa douce chaleur. Nappant leurs sensations d'un idéal fantasmé qu'ils ne souhaitaient que mettre en application, parce que c'était plus simple que de se confronter à la dure réalité des choses. A la dure réalité de leurs sentiments. Pas de rixe, de confrontations, plus maintenant. Peut-être qu'elles reviendraient, sûrement même. Cela faisait également partie d'eux, ce besoin de conflit, cette nécessité absolue de se perdre, de se déchirer, pour mieux se retrouver. Pour mieux faire filer la métaphore d'un amour impossible, puisque basé sur des mensonges et à l'un, et à soi-même. Et pourtant.

Pourtant cette pièce avait recueilli leurs premiers soupirs, leurs premiers sourires, leur premier baiser. Cette pièce avait été l'écrin de leurs premiers émois, bien avant que les sentiments ne viennent se joindre à la danse de deux corps par trop attirés l'un par l'autre. Bien avant que l'image d'Aida ne s'appose sur le visage d'Enya, bien avant que le souvenir devienne concret. Devienne nécessité. Une pièce aussi chargée de souvenirs passés que de ceux qu'ils pouvaient encore façonner durant ces deux heures qu'ils avaient devant eux. C'était fou, cette facilité à retrouver les habitudes, à se raccrocher presque désespérément à ce semblant de stabilité dans leur vie. Cette nécessité qu'avait éprouvé Noah à proposer une boisson à Enya, alors qu'il n'avait pas franchement envie de quitter la pièce, pas alors que les bras de la jeune femme l'appelaient encore. Il se fendit d'un sourire, s'arrêtant alors qu'il allait en direction de la cuisine, et marqua un pas en arrière pour revenir, rien qu'un peu, dans sa direction.

-Je peux allumer le feu, pour que nous fassions un pow wow

Il orienta son regard en direction de la cheminée éteinte, son bureau n'étant après tout rien d'autre qu'un salon remanié. Une cheminée qui avait crépité plus d'une fois au cours de certaines de leurs séances, et avait assisté à plus d'une réunion. Si les murs de ce cabinet avaient une voix, ils pourraient raconter tout ce que leurs oreilles ont entendu. Et ils en avaient, des histoires à raconter, sur eux notamment. Sur la façon qu'avaient eu leurs lèvres de se trouver la première fois, sans crier garde, alors que leurs corps s'étaient lovés dans la chaleur de l'autre. Alors que rien de plus que l'envie de se trouver n'avait appelé un tel comportement, juste l'appel charnel, et rien de plus. Avant, ni l'un ni l'autre n'était aveugle. Et le regard que lui lançait sa compagne était celui d'Enya, déterminé, chaleureux, prometteur, pas celui d'Aida. Celui qui avait intrigué Noah, qui lui avait donné envie de voir. De tenter. De goûter.

Il passa sa langue sur sa lèvre inférieure, offrant toute son attention à son amante, ne décelant aucune de l'innocence de sa voix au fond de ses prunelles. Bien au contraire. Un sourire amusé s'étira sur ses traits alors qu'il rompit la distance, la frôlant à peine, décelant toutefois sa chaleur.

-As-tu une autre idée en tête ?

Il feignit l'innocence à son tour, alors que sa main se glissait le long de la hanche de la jeune femme, pour finalement étreindre sa taille et l'attirer jalousement contre lui. Pour finalement céder à cet appel, celui de l'avoir à nouveau contre lui. Avec lui. Et la posséder, comme la toute première fois qu'elle avait posé ce regard insistant sur ses lèvres. Il ne les lui accorda toutefois pas, les glissant le long de sa joue, redécouvrant par leur biais son visage comme la toute première fois. C'était, après tout, comme cela qu'il avait découvert Enya. Comme ça qu'il souhaitait la retrouver, maintenant qu'ils étaient de nouveau un nous aussi vibrant que fragile.

-...Parce que si c'est le cas, le thé peut effectivement attendre un peu...

Aussi caressantes qu'autoritaires, ses mains se posèrent sur ses hanches alors que ses lèvres, elles, papillonnaient, inconstantes, fleurant celles de sa partenaire. Ils avaient deux heures à tuer, deux heures pour se retrouver, pour laisser leurs corps imprimer un nouveau souvenir dans cette pièce vivante de leurs soupirs. Leurs corps, déjà, se balançaient lentement, mus par un rythme connu seulement de leurs esprits. Il acheva la latence, y mettant un point en reprenant les lèvres de sa compagne, d'un baiser joueur, frustrant, bien trop court pour être vrai. Pour être chaste. Restait à savoir s'ils avaient la même idée en tête, si leur complicité se retrouvait jusqu'à ce point.

-...parce que pour être entièrement honnête, je n'ai aucune envie d'aller jusqu'à la cuisine, et encore moins de mettre la bouilloire sur le feu

Des mots murmurés, avec, pourtant, du rire dans la voix. Depuis quand ne lui avait-il plus parlé comme ça ? Bien trop longtemps, tellement de temps qu'une part de lui avait honte d'avoir laissé la frustration et le dépit prendre le pas sur cette complicité durement acquise, volée à la surface du monde. Raffermissant son étreinte, il noua ses bras autour de sa taille, revenant avec elle vers le centre de la pièce. Ils marchaient tous les deux sur une corde raide, les yeux bandés, et il attendait juste le moment où Enya chavirerait pour sombrer avec elle.


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MessageSujet: Re: Mi dispiace [Noah]   Sam 12 Mar 2016, 21:31

Noah s’arrêta et revint légèrement vers le salon. Le sourire qui allumait son visage ne me laissa pas d’autre choix que d’y répondre. Je sentais que j’avais touché quelque chose chez lui, en lui, dans ses tripes. Noah ne s’arrêtait jamais dans sa lancée.  

-Je peux allumer le feu, pour que nous fassions un pow wow

Un pow wow ? Etait-ce encore seulement une expression existante ? D’ailleurs, le simple fait d’avoir une cheminée était bizarre selon moi. C’était un truc de vieux, de l’ancienne époque. Un truc de snob aussi, un peu. Il n’y avait que les riches pour gâcher du bois dans un creux du mur afin de dégager un peu de chaleur. Noah était un peu snob, parfois, il fallait l’avouer, avec ses cardigans, ses lunettes, ses discours de psy et son bel appartement dans l’un des meilleurs quartiers de la ville. Moi, avec mon petit studio au cœur de Treme, l’un des quartiers les plus mal famés, j’avais l’air bien ridicule à côté. Encore une chose qui nous séparait radicalement, lui et moi. Mais ce n’était clairement pas le moment de penser à ça. Nous avions tous les deux autre chose de beaucoup mieux à faire. Et j’oubliai vite la cheminée et le snobisme lorsqu’il s’approcha un peu plus de moi, m’effleurant comme en le faisant exprès, dans un espèce de teaser presque indécent.  

Bien sûr que j’avais une autre idée en tête. Il le savait pertinemment, et se montrait d’une fausse candeur bien supérieure à celle dont j’avais fait preuve juste avant. Déjà il m’attirait contre lui, et mon corps tout entier en frémit, se laissant attirer sans aucune forme de résistance. Sa main contre ma hanche brûlait, du genre de brûlure qu’on aime et qu’on recherche, dans les élans masochistes dont seul l’être humain peut faire preuve. Masochiste, je l’étais, nous l’étions, et quelque part nous en profitions, comme il en profita en laissant glisser ses lèvres le long de ma joue. Mon corps tout entier mourait d’envie de se jeter sur lui et de trouver ses lèvres. Mais ce n’était pas à moi de décider, plus maintenant. Noah venait de prendre les commandes, il était en charge. Et à partir du moment où il prenait les commandes, je le laissais faire, je n’avais plus qu’à m’abandonner. Ce que je faisais sans trop me plaindre d’ailleurs. Je me contentais de laisser mon corps prendre le dessus sur mon esprit, et je me serrai un peu plus contre lui tandis qu’il continuait à me refuser ses lèvres, les laissant danser autour des miennes. Ses mains sur moi, les miennes se placèrent comme par réflexe autour de son cou, et comme mûs par une force qui était bien au dessus de nous, nos deux corps se mirent en mouvement, un mouvement un peu chaotique, mais harmonieux en même temps, une danse lancinante qui n’avait en général qu’une seule issue.
Noah mit enfin un terme à son jeu et mes lèvres purent goûter aux siennes, passionnément, follement. Rapidement. Beaucoup trop rapidement. Il se détacha et chacune de mes cellules en demandait encore. C’était une torture. Quand je disais qu’on était un peu masochiste quand on était humain. On l’était encore plus lorsqu’on aimait. On l’était totalement lorsqu’on était passionné.

-...parce que pour être entièrement honnête, je n'ai aucune envie d'aller jusqu'à la cuisine, et encore moins de mettre la bouilloire sur le feu

Je soupirai. Cet homme me faisait chavirer avec des mots aussi simples. Bon sang ce qu’il était doué. Mes mains le serrèrent un peu plus et mes yeux se plantèrent dans les siens, deux secondes à peine, deux secondes pleines de sens et d’envie. Quand j’étais ado, je m’étais imaginée le prince charmant, comme toutes les adolescentes je suppose. Il ne ressemblait pas à Noah. Genre, pas du tout. Il avait mon âge, déjà ; si on m’avait dit que je tomberais amoureuse d’un homme de 10 ans mon aîné, j’aurais ri puis probablement fait une syncope. Et puis, il n’était pas psychiatre, il était plutôt quaterback ou guitariste d’un groupe de rock. Ou avocat, c’était classe un avocat. Et il ne partait pas en furie au milieu de la soirée pour un mot de travers. Bref, c’était un mec normal. Noah n’avait rien de normal. Noah m’était tombé dessus au moment où je ne m’y attendais pas, il s’était immiscé dans mon esprit puis dans chaque parcelle de mon être jusqu’au plus profond de mon âme. Et alors que nous étions là, à revenir subtilement vers le salon et sa cheminée snob, c’était comme si mon prince charmant avait toujours été là, devant moi. Je répondis, avec une voix presque murmurée :
« C’est dommage, j’avais bien envie d’un thé. Mais je crois que je pourrais m’en passer pour cette fois. »
Et je laissai mes lèvres déposer un baiser dans le cou de Noah, puis deux, puis elles descendirent jusqu’à l’endroit où sa chemise démarrait. Beaucoup trop haut d’ailleurs. Puis elles revinrent vers son cou jusqu’à l’arête de sa mâchoire. Je lui adressai un sourire malicieux alors qu’une main descendit jusqu’à sa chemise et, d’un geste presque innocent tellement il était rapide, défit son premier bouton. Au moins les choses étaient-elles claires. Je me mordis la lèvre tout en regardant les siennes, imaginant les embrasser encore et encore jusqu’à en mourir.  
« Non vraiment, laisse tomber le thé. Embrasse-moi plutôt », ajoutai-je en reportant mon regard sur le sien, ma seconde main restée sur son cou remontant légèrement pour passer dans ses cheveux.

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MessageSujet: Re: Mi dispiace [Noah]   Jeu 17 Mar 2016, 20:55



-Si tu peux te passer de thé pour le moment, j'aurai toujours l'occasion d'en faire plus tard...

Comme une supplique, son corps s'était rapproché, guettant la chaleur de la jeune femme, quémandant le contact de la peau contre la peau. Ses sens s'étaient aiguisés, doucement, mais progressivement, pour en arriver à ce stade où les mains se font plus capricieuses, où les lèvres cherchent les lèvres avec cette onctuosité propre à l'amour. Etait-ce de l'amour, seulement, ou juste de la luxure ? Ils n'étaient pas en mesure de pouvoir le dire, ni même le quantifier. L'atmosphère s'était intensifiée suffisamment pour trahir que de leur complicité retrouvée naîtrait une nouvelle union, de celles que les meubles anciens jonchant la pièce connaissaient bien. Celle de deux êtres qui s'attendent, se cherchent, pour se perdre une nouvelle fois dans la chaleur de l'autre.
Elle n'était peut-être pas parfaite, cette retrouvaille. Elle n'avait peut-être pas le goût du miel, encore moins celui de la passion, mais avait ce petit soupçon de piment qui leur avait tant manqué depuis trop longtemps. Un petit soupçon de frissons, ceux qu'il éprouva au passage de ses lèvres sur sa peau, alors qu'il pressait une nouvelle fois son bassin à celui d'Enya. Que demander de plus, pour conclure tacitement leur accord, leur trêve ? Le thé attendrait. Ils avaient affaire plus pressante à régler pour enterrer, sinon définitivement, au moins temporairement la hache de guerre. Une affaire qui commencerait par leurs lèvres se retrouvant, après un sourire complice du psychiatre à la dernière remarque de sa compagne. Un baiser qui clôturait un chapitre pour en ouvrir un tout nouveau, tout autre. C'était ça, finalement, leur relation. Mieux se quitter pour mieux se retrouver.

Longue, longue descente. Celle de deux corps lovés l'un contre l'autre, se balançant à un rythme connu d'eux seuls, sans autre mélodie que celle de leurs soupirs mêlés les uns aux autres. Pas besoin de chœurs ou d'orchestres, nulle nécessité de public ou de maître de cérémonie. Ils étaient acteurs de leur propre perte, dans ce grand chaos de l'amour, leurs mains se cherchant pour mieux se relâcher, imprimant sur la peau des marques temporaires d'une passion croissante. Il l'allongea sur la méridienne, alors que leurs vêtements s'éparpillaient çà et là sur le planché vernis, alors que les baisers d'Enya avaient le goût de l'ivresse et du danger. Celui de risquer à nouveau la déception, au prix de l'extase. Et pourtant cela ne les empêcha pas de poursuivre leurs retrouvailles, pas de profiter de chaque seconde comme si c'était la première fois.
Sensations, ivresse, délicatesse de ces lèvres sur sa peau, empoisonnées, fugaces, presque futiles. Fragilité de l'instant, leurs corps cherchant le contact lorsque leurs coeurs, eux, jouaient aux équilibristes, perchés sur une corde au-dessus du Grand Néant. Si seulement elle n'avait pas autant de points communs avec Aida. Si seulement ses traits, magnifiés par l'extase, n'étaient pas similaires aux siens. Si seulement le fait de se lover une nouvelle fois dans ses bras, de retrouver sa chaleur pour mieux l'abandonner n'était pas aussi addictif, aussi vital. Cela serait peut-être plus facile pour l'abandonner. Même si pour le moment il n'y pensait plus, perdu, docilement, dans le creux de ses reins.

Les minutes s'envolèrent, lointaines, réduites en fragments de secondes entre leurs corps emmêlés. Et si le temps leur était compté, ils usèrent de chaque instant avec parcimonie, jusqu'à ce que, les sens rassasiés, les esprits apaisés, ils finissent par laisser la tension retomber, le sourire aux lèvres. A tâtons, il chercha la main de sa compagne pour emmêler ses doigts aux siens, alors que ses lèvres glissaient une dernière fois le long de sa mâchoire arrondie. La passion, c'était leur première arme à l'un contre l'autre. Le première preuve de compassion, leur première animosité, leur énième solution à tous les problèmes. Parce que qui irait poser les mauvaises questions quand les esprits étaient au second plan, alors que les corps s'exprimaient ? Inutile. Sans intérêt. Pas alors qu'ils se retrouvaient à chaque fois avec autant d'intensité que la première fois, pas alors que leurs baisers éreintés, finaux, avaient le goût du miel.
Pas alors qu'il entendait encore le sang tambouriner contre ses tympans, se mêlant au chant des cigales.

Dans un soupir, il glissa une nouvelle fois un baiser dans le creux du cou si délicat de sa compagne, contre cette peau trop douce pour le commun des mortels. Il avait envie de l'appeler. De dire son prénom. Aida. Je t'aime tellement, Aida. Mais l'odeur de ses cheveux après l'amour n'était pas la sienne. Mais l'illusion n'avait d'éclat qu'à l'apogée de l'extase, et s'affadissait quand le calme revenait. Et avec l'illusion, les sentiments perdaient eux aussi de leur splendeur, se ternissant d'un voile grisâtre, faibles comme une mauvaise copie. Pourtant, cette fois-ci, il n'eut pas de mal à rouvrir les yeux sur Enya. Peut-être le manque avait-il quelque chose à voir dans cette transcendance d'après ivresse. Peut-être le manque de son corps, de sa chaleur, de cette communion spéciale que ne peuvent avoir deux êtres que lorsqu'ils se sont perdus depuis bien trop longtemps. Sa main remplaça ses lèvres dans son cou alors qu'il se redressait sur un coude, lui laissant un peu plus d'espace sur la méridienne. Les brumes de la passion le rendaient déjà plus docile.
Avec un demi-sourire, il lui vola un dernier baiser, posant un regard voilé sur son visage. Ces traits qui le perdaient si souvent. Trop souvent.

-Le réveil de séance n'a pas encore sonné, cela signifie que nous avons encore un peu de temps devant nous avant l'arrivée du prochain intrus. Tu veux que j'en profite pour faire chauffer un peu d'eau, à présent ?

Il ne s'était jamais attardé sur les prouesses de ses partenaires, pas même avec elle. Malgré ses penchants, il avait toujours trouvé les remarques profondément inutiles, et estimé que l'expression des corps ne passait pas par l'approbation des capacités de l'un ou de l'autre. L'expression corporelle était divine. Ne méritait pas que l'on s'apesantisse dessus pendant des heures. Mais son regard prouvait le monde, à qui pouvait le capter. Prouvait qu'au fond, leurs retrouvailles avaient scellé une nouvelle chose, un renouveau dans leur relation par trop bancale. Avec une douceur renouvelée, il s'extirpa lentement de ses bras pour s'étirer la nuque, prêt à obéir au moindre de ses caprices.
C'était ça, sa façon de la remercier d'être restée.



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MessageSujet: Re: Mi dispiace [Noah]   Mer 23 Mar 2016, 18:32

« Si tu peux te passer de thé pour le moment, j'aurai toujours l'occasion d'en faire plus tard... »
Je me pinçai les lèvres. Le regard de Noah alors qu’il revenait tout contre moi voulait tout dire. Il reprit mes lèvres et je lui laissai. Nos lèvres se mirent à danser un tango effréné, se cherchant et se repoussant pour mieux se retrouver. Un peu comme nous, en fait. Je me laisse entrainer, contre lui, jusqu’à ce que la méridienne heurte mon mollet et m’entraine avec mon homme dans une chute lente et passionnée. Peu à peu, les corps se découvrent et les mans se font plus tremblantes, les baisers plus frénétiques, les regards plus intenses. J’en oublie ce pourquoi je suis là, ce pourquoi il est parti la dernière fois, ce pourquoi j’ai douté ces derniers jours. Il n’y a plus que lui, ses yeux sur moi, ses lèvres sur ma peau et les miennes sur la sienne.

L’envie finit toujours par gagner, et nous nous abandonnons totalement l’un à l’autre. Le monde aurait pu s’écrouler dehors, je m’en fiche. Il n’y a que lui et moi, lui en moi, dans une passion et une intensité que nous avions fini par perdre depuis un moment et que nos corps retrouvent comme s’ils y goûtaient pour la première fois. C’est de ça que nous avions été accro en premier lieu, lui et moi. Je ne sais plus combien de séances ont dérapé et se sont finies sur cette méridienne. Et nous tombons, une fois de plus, enivrés et heureux. Si c’est ça, notre bonheur, je me fiche de celui des autres. Et alors que nous nous séparons, et que mes yeux plongent dans ceux de Noah, qu’il prend ma main et lie ses doigts aux siens, je sais que tout ça vaut la peine. Les disputes, les nuits d’attentes, la douleur. Ca en vaut tellement la peine, juste pour ces instants où il prend ma main et me regarde avec toute cette affection. Dans ces moments, j’ai l’impression qu’il ne regarde que moi, juste moi. Pas le fantôme derrière mes traits. Il me déposa un baiser et je lui souris, avec tout l’amour que j’avais pour lui.

« Le réveil de séance n'a pas encore sonné, cela signifie que nous avons encore un peu de temps devant nous avant l'arrivée du prochain intrus. Tu veux que j'en profite pour faire chauffer un peu d'eau, à présent ?  »
Je restai silencieuse quelques instants. Je profitais de ses traits, chacun des détails sur son visage. Comme il était là, appuyé sur son coude, j’aurais pu partir pour un second round. Il était juste magnifique. J’avais juste envie qu’il reste là, à me regarder, son corps tout près du mien. Mais je passai une main dans ses cheveux, les ébouriffant un peu plus en souriant.
« Je crois que boire un peu ne peut me faire que du bien, oui. Tu crois que…tu aurais des biscuits ou des bonbons dans un placard ? Je tuerais pour du sucre. »
C’était cliché, mais j’avais faim. D’un œil furtif je regardai le réveil qui devait sonner le glas de ces retrouvailles. Si je l’attrapai et que je le réglai discrètement une heure plus tard, ou deux, cela ne se verrait pas, si ? Avec un peu de chance, le prochain patient ne se pointerait pas. Ou je pourrais l’effrayer, et passer le reste de la journée avec Noah. Ne pas le quitter, ne pas quitter cette pièce ou ce moment. Qui sait de quoi sera fait le prochain ?  Je me redressai sur la méridienne afin de me mettre assise. Je remis rapidement une mèche de cheveux derrière mon oreille et soupirai.

« Tu te rappelles la première fois que je suis venue ici pour ma séance ? J’ai bien dû mettre vingt minutes avant de réellement parler. J’étais un peu impressionnée, je crois. Tu peux être impressionnant, dans ton fauteuil avec ton bloc-notes. Je t’avais déjà trouvé séduisant ce jour-là. Un peu vieux, ceci dit », ajoutai-je en riant.
Ca semblait si loin déjà. Je venais de tout perdre, à l’époque. Mes parents, mon frère. Mon monde. J’étais comme tout le monde, totalement paumée, à la recherche de quelque chose à quoi m’accrocher. Noah avait été ce genre d’ancre. Avec son air sérieux, ses belles chemises et son bloc notes, son vieil appartement, sa cheminée, ses meubles sortis d’une telenovela, il semblait atterri tout droit d’un autre temps. Je l’avais trouvé bizarre, et trop sérieux. Et puis, en une heure de séance, il m’avait prouvé tout le contraire. Il me comprenait. Il ne m’avait pas fallu bien longtemps pour tomber sous le charme. Dire qu’il avait dix ans de plus que moi. Je ne suis pas sûre que Casey aurait approuvé ce couple un peu bancal. Quoique. Tout ce qui lui importait, c’était de me voir heureuse. Et je l’étais. Avec cet homme un peu sérieux, un peu grognon parfois, capable du pire comme du meilleur.
« Tu as dû me trouver ridicule ce jour-là… », je lui dis en haussant les épaules, un sourire aux lèvres. Des fois je me demandais ce qu’il me trouvait réellement.

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MessageSujet: Re: Mi dispiace [Noah]   Lun 28 Mar 2016, 13:18



Lové contre sa chaleur, il n'avait pas particulièrement envie de bouger, malgré sa proposition. Le thé pouvait encore attendre un peu, maintenant qu'ils s'étaient retrouvés. Maintenant qu'ils avaient de nouveau cette complicité qui leur ressemblait tant, maintenant qu'il posait un regard neuf sur le visage tout en courbes de sa partenaire. Maintenant que son regard était de nouveau le monde, si semblable à celui que posait Aida sur lui après la passion. Un regard inoubliable, sans fard, juste l'affection profonde que quelqu'un éprouve pour une autre personne. Douce complicité. Il n'aurait pas cru, en partant sous la pluie glaciale quelques jours plus tôt, qu'il pourrait y goûter à nouveau. Un fruit défendu dans lequel il ne pouvait que croquer, une drogue douce qui refaisait effet, circulant maintenant dans ses veines en même temps que l'endorphine. Un shoot, et le monde était vibrant de couleurs une nouvelle fois. Enya avait décidément trop d'effet sur lui. Aida avait trop d'effet sur lui.

Un rire sibyllin secoua ses épaules sous la requête avant qu'il ne dépose un baiser amusé sur son front. Il pouvait tout lui promettre, même du sucre, au point où il en était. Surtout si elle était prête à se battre bec et ongle pour en obtenir. Une combativité latente, cachée sous des années de discrétion, qui lui avait plu quand il l'avait discernée au cours de leurs toutes premières séances. Pas seulement parce qu'elle était semblable à celle d'Aida, non. Mais parce que les personnes capables de se battre même pour les plus futiles des choses avait le don d'être rafraîchissantes. Plaisantes. Et, quelques fois, comme dans le cas d'Enya, séduisantes.

-Je dois pouvoir trouver quelque chose de sucré dans mes réserves, j'irai voir ça en temps voulu.

Mais l'heure de se lever n'était pas encore arrivée. Pas alors que le soleil faible de l'hiver formait un halo autour d'elle, depuis qu'elle s'était redressée, conférant à son geste pourtant anodin une grâce surréelle. L'illusion aurait tout eu pour être parfaite, si le chant des cigales avait été là, dans l'immédiat. Et pourtant il ne l'entendait pas. Il la voyait, la redécouvrait, cette femme qui avait su s'avérer plus importante, plus vitale qu'il ne l'aurait jamais crue. Une femme qu'il n'aurait jamais voulu voir devenir indispensable et qui pourtant avait su tracer un chemin directement sous sa peau, dans ses veines, rendant chaque retrouvailles aussi intenses qu'un battement de coeur. Sans l'imiter, profitant de ces instants de paresse d'après passion, il laissa glisser ses doigts le long de sa cuisse, se laissant imprégner par ses paroles. Un sourcil circonspect se haussa toutefois sur son visage à la mention de son âge. Vieux ? Il avait de beaux restes pour quelqu'un qui avait au bas mot 785 ans. Mais soit, il tolérerait cet affront. Après tout, elle était loin de se douter d'à quel point elle avait raison. Ses doigts suivant toujours la courbe de la cuisse, il les laissa remonter le long de sa hanche, puis de son dos alors qu'il se redressait pour déposer un baiser sur son épaule.

-Je me souviens de quand tu es arrivée dans ce cabinet. Ton visage était dur, fermé, et tu évitais systématiquement mon regard, ce que j'ai interprété au début pour un mécanisme de défense. Ce n'est que plus tard que j'ai compris que ça n'était pas seulement cela.

Elle avait fait comme tous ses patients, au cours de leur première séance. Elle était venue avec tous ses problèmes, ses anxiétés, ses préoccupations basiques et inintéressantes. S'il l'avait trouvée ridicule ? Peut-être, peut-être pas. De ça, il était incapable de se souvenir. Alors il ne dit rien dans ce sens, enroulant ses bras autour de sa taille menue pour se blottir dans son dos, profitant une nouvelle fois de sa chaleur. Peut-être aussi pour lui offrir un réconfort potentiel, la sentant filer dans les confins d'un souvenir qui n'avait rien de bien agréable.

-Tu es venue comme tant d'autres, les mains et l'âme encombrées de valises pleines de désagréments, que tu as déposées dans ce cabinet au fil de tes visites. Sauf que, contrairement à tous les autres, tu n'as pas seulement cherché à t'en décharger, tu as aussi voulu en savoir plus sur qui t'aidait à le faire.

Rapidement, leurs séances s'étaient muées en autre chose que de simples sessions de thérapie. Une compréhension mutuelle avait vu le jour, outre l'attraction primaire qu'ils avaient tous les deux ressentie. Une compréhension née non seulement de ce sentiment, mais aussi de la curiosité de la jeune femme, qui avait décidé de gratter au-delà de la figure du psychiatre. Et si Noah n'appréciait que rarement l'indiscrétion de la part de ses patients, quelque chose chez Enya l'avait poussé à accepter ce comportement. Ses questions. Sa curiosité. Un comportement qu'il avait trouvé amusant, de la part de la jeune femme. A l'époque, il n'avait été que trop aveugle pour remarquer tous ces points qui lui faisaient tant penser à Aida. Puis ils s'étaient affirmés, muant leur relation en ce qu'elle était devenue par la suite. Ses lèvres se posèrent sur sa tempe, doucement, dans un geste aussi fragile que cet instant de complicité partagée. Comme s'il avait la sensation que partir amoindrirait cette illusion si appréciable, il n'avait pas envie, encore, de la relâcher.

-Ce qui m'a le plus marqué, de nos premières séances, c'est le fait d'avoir su que notre relation serait tout sauf conventionnelle, la première fois que nos regards se sont croisés. Comme tu le dis si bien, les conventions sont surfaites. Et je ne te remercierai jamais assez de l'attention que tu m'as portée, même malgré mes mille ans de plus quoi toi.

Un sourire railleur s'étira sur ses traits à la dernière mention. Bon, sept cents ans et des poussières de plus, mais elle ne pouvait pas savoir. C'était peut-être même cela qui rendait la raillerie plus drôle encore, en son sens. Un secret qu'il se garderait bien de lui révéler, aussi longtemps qu'il le pourrait.
Sur ces bonnes paroles, il finit par relâcher son étreinte à regret pour se rhabiller. Ils avaient encore un peu de temps devant eux, quand bien même il serait compté. Des poignées de minutes qui s’égrainaient trop vite, et qu'il valait mieux utiliser à bon escient. Ou une raison de plus pour prendre une fuite calculée, afin de mieux pouvoir revenir.

-Je vais faire chauffer l'eau et chercher de quoi subvenir à tes envies de sucre.

Sur le ton de l'invitation, il avait pris sa main dans la sienne pour y déposer un baiser, avant de prendre le chemin vers la cuisine.

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MessageSujet: Re: Mi dispiace [Noah]   Lun 25 Avr 2016, 20:31

Son rire était magique. Il avait le pouvoir de me transporter très loin, loin du monde cruel et déséquilibré dans lequel je vivais, loin de mes propres démons qui me poursuivaient jour et nuit. Il illuminait tout autour de lui, et je crois que personne ne riait comme Noah. Personne ne me faisait cet effet là en riant.

Personne ne me faisait cet effet là d’une simple pression sur la cuisse, et mon corps entier résonnait de son contact. Alors je restai là, à le regarder, à lui sourire bêtement, espérant qu’il n’enlève jamais sa main de ma cuisse. Je le suivais du regard quand il se redressa et fermai les yeux quand ses lèvres frôlèrent ma peau. Ma peau était encore en demande de la sienne et de ses lèvres, alors même que nos corps venaient à peine de se séparer. C’était comme si elle me disait qu’elle n’en aurait jamais assez. Je m’en fichais, je pouvais rester comme ça éternellement, et au diable le patient qui arriverait d’un moment à l’autre, au diable les suivants, au diable le reste. Quand j’étais avec lui je ne voulais jamais partir.
« Je me souviens de quand tu es arrivée dans ce cabinet »
Je haussai un sourcil, surprise. Il se souvenait de moi ? Je croyais que les souvenirs guimauve était plutôt mon domaine. Mais cela me faisait plaisir, énormément même. Alors je l’écoutai raconter ma position défensive, mes yeux évitant les siens. Il y avait du mécanisme de défense là-dedans, c’est sûr. Il y avait surtout du trouble devant cet homme qui me faisait ressentir quelque chose de sauvage, d’animal, que je n’avais pas ressenti depuis bien longtemps. Jamais même, d’ailleurs. Je l’écoutais encore alors qu’il passait poser sa tête sur mon dos, mes mains entourant les siennes. La curiosité était un vilain défaut, pourtant j’y avais cédé, cherchant à connaitre mon psychiatre alors que je me fichais bien de ceux que j’avais eu avant. Mais lui semblait différent, spécial. Je voulais comprendre. Et il s’était plié à l’exercice sans trop rechigner, à l’époque. Par pur professionnalisme, pour gagner ma confiance, ou parce que lui aussi ressentait quelque chose qu’il n’aurait pas dû ressentir ?
« Et je ne te remercierai jamais assez de l'attention que tu m'as portée, même malgré mes mille ans de plus quoi toi. »
Le rire éclata, clair. Je l’avais bien cherchée, celle-là. Pourtant, mes yeux ne lui disaient pas mon amusement, ils lui disaient mon amour, mon émotion à ce qu’il venait de me dire. Notre relation n’était pas conventionnelle. Elle ne l’était déjà pas à l’époque où nous étions patiente et médecin, elle ne l’était pas plus maintenant que nous étions en couple. Elle ne le serait sûrement jamais. N’était-ce pas tant mieux, au fond ? On rêve tous d’avoir une relation exceptionnelle, même si l’exception n’est pas toujours là où on l’attend. J’avais la mienne.

Je n’avais toujours pas bougé quand il se leva, laissant mon corps froid de son absence, et se rhabilla, ce qui m’arracha un soupir malgré moi. Je m’assis sur la méridienne, avisant mes propres vêtements à terre alors que Noah se dirigeait vers la cuisine. Je poussai un nouveau soupir et attrapai mes vêtements avant d’aller rapidement à la salle de bains. J’en sortis rhabillée et recoiffée, tout à fait présentable. Je rejoins mon homme à la cuisine devant sa théière. J’allais déposer un baiser sur sa joue lorsque la sonnette retentit. Je me retournai brusquement vers la porte. Pas déjà ? Pitié, pas déjà. Et pourtant, si. Le patient était en avance. Le salaud ; il l’avait sûrement fait exprès. J’eus un petit gémissement réprobateur puis haussai les épaules et adressai un sourire déçu à Noah.
« Pas de thé finalement. »
Je me hissai sur la pointe des pieds et lui volai un baiser. Puis j’attrapai mon manteau et me dirigeai vers la porte. La trève était terminée. J’attendais déjà le jour où il viendrait frapper à mon appartement. Vite, j’espérais. Mais cela n’avait pas vraiment d’importance. Il viendrait quand il voudrait. C’était notre exception.
« Je suis désolée de te laisser avec un patient bien moins sympathique et joliment fichu que moi. », lançai-je à Noah avec un clin d’œil. J’espérais bien que ses autres patients ne lui faisaient pas l’effet que je lui faisais. Ou la méridienne devait bien souffrir. Je lui volai un nouveau baiser puis prit mon air le plus sérieux.
« Merci pour tout Docteur Meadow. On se voit la semaine prochaine à notre prochaine séance ! »
Quand j’arrivai en bas de son immeuble, je souris et rentrai rapidement chez moi. J’avais retrouvé l’homme que j’aimais. Tout allait bien. Enfin, je pense.

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