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 Left Behind ▬ Noah.

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MessageSujet: Left Behind ▬ Noah.   Jeu 28 Jan - 19:00



left behind

 
I hear the voice of rage and ruin


Je n'ai plus peur de mourir, seulement de ne pas avoir vécu. Je suis là, assis dans ma chambre, sur mon lit défait. Je suis là, face au mur que je fixe depuis des heures. Peut-être des jours. Je suis là, en vie sans l'être vraiment. Tout autour de moi est sombre, n'est rien. Tout autour de moi n'est qu'un résidu d'une tempête de laquelle j'ai miraculeusement fini rescapé. Ce qui est horrible dans tout ça, c'est que je n'ai jamais voulu en sortir vivant. Je n'ai pas voulu être là. Jamais. Je n'aurais pas du revenir. Pas du faire ces choix. Tout ce qui vit en moi, l'animal, le monstre, peu importe, tout le monde se tait, se terre. Il n'y a que moi face à mon reflet. Face à ma connerie, à la bêtise de toute une vie.

Et putain ce que j'ai mal. J'ai mal à m'en arracher le cœur, la peau. Je veux cogner quelque chose, me cogner moi. Je l'ai sans doute fait, je ne sais plus. Je reste immobile face à mon mur qui me fixe et j'observe sans voir les traces du déluge. Tout est retourné. Tout n'est que chaos et je suis là, simple oiseau perdu, au milieu d'une vie qui n'a jamais réellement été mienne. J'ai tellement mal. Mes mains sont liées l'une à l'autre sur mes genoux et mon visage inexpressif. Je n'ai plus la force de me battre. Je n'ai plus l'envie. Les accès de rage qui ont ponctué la découverte se sont calmés, je suis vidé. Les larmes ne coulent plus, ma voix ne se fait plus entendre. Il ne reste rien, rien de moi. Je n'ai jamais été quelqu'un, mais si j'ai cru le devenir un jour, aujourd'hui je sais que je ne suis rien. Qu'une erreur, le dernier. Fratrie trop nombreuse, je n'aurais pas du naître. Je me souviens du visage de Dixon qui me hurle que de toutes façons je ne suis qu'un accident. Il paraît qu'il y a des accidents heureux. Il paraît que la vie peut vous coller quelque chose d'inattendu et en faire le bonheur de votre vie.

Et puis il y a les autres. Le mortel carton dans le platane. Celui qui vous laisse des séquelles telles que vous souffrez, encore et toujours. Celui qui vous laisse une cicatrice qui brûle, qui de temps à autres vous colle un nouveau problème. Vous savez, comme les éclats d'une balle qui percent vos poumons dix ans après alors que vous vous étiez enfin remis de l'impact. Et bien ça, c'est moi. Celui qui a causé plus de problèmes que personne, que jamais. J'ai causé l'apocalypse, j'ai causé la fin du monde. Je ne suis que nuisance et violence. Je suis mauvais. J'ai toujours été mauvais. Mes mains viennent se poser contre mes tempes qui cognent de plus en plus fort pour les masser alors que je soupire. Comment tout cela a-t-il pu arriver ? Comment j'ai pu causer tout ça ? Je resserre mes doigts jusqu'à me faire mal et me lève finalement. Le mot qui ne m'a pas quitté depuis la découverte la plus sombre de ma vie se roule au sol et je l'ignore. Il n'est plus lisible, il ne veut de toutes façons rien dire.

Ce n'est pas toi, ne crois pas que tu as fait tout ça.

Bien sûr. Connerie. Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas amené alors ? Pourquoi est-ce que tu m'as laissé et que tu es partie avec ce connard ? On dirait une lettre de rupture polie. Le genre de truc qu'on dit pour ne pas avoir un suicide sur la conscience. Les mots qu'on écrit par réflexe mais qui ne veulent rien dire. Je ne valais que ça ? Un truc pré-écrit qu'on peut donner au premier venu ? Je valais vraiment si peu que ça. Peu importe. L'alarme de ma montre sonne et je l'arrête. Le docteur Meadow m'a demandé de venir le voir. Il sait. Il m'a dit qu'il voulait me parler. J'ai accepté, sans réellement savoir pour quoi. Je passe le pas de ma chambre, enjambe le bordel que j'ai causé et avec le cœur lourd et l'âme déchirée ferme la porte sur cette vie finie. Sur un futur anéanti. Une cage dorée qui m'oppressait et qui me laisse rempli de blessures, seul dans la nature. Pourquoi maintenant ?

On a pas le choix... Je suis tellement désolée.

Une larme coule sur ma joue alors que la serrure se ferme sur cette tornade douloureuse. Je l'essuie sans y prêter plus d'attention que ça. C'est une larme qui n'a plus de sens, je n'ai plus le courage d'être triste. Plus le courage de rien. Alors je marche, déambule en silence dans le monde qui vit comme si de rien n'était. Je n'entends pas les rires, je n'entends pas les pleurs. Je n'entends que le silence lourd qui pèse sur ma vie. Le poids de mon cœur qui bat encore alors que tout en moi meurt doucement. Je fixe le sol et me dirige sans regarder. Sait-on jamais, des fois qu'une voiture choisisse ce moment pour me rentrer dedans. Qu'un zombie débarque et me bouffe jusqu'à la moelle. Ne pas prêter attention à la vie, se laisser bouffer. Ce serait tellement plus facile, mais la triste vérité est que si l'on devient transparent, la vie ne nous prête pas non plus attention.

Je t'aime Axl. L'oublie jamais. Je reviendrai, je te promets.

Conneries. Conneries sur conneries. Je frappe finalement à la porte du docteur Meadow et lorsqu'il ouvre, je m'écroule au sol. Mes genoux claquent sur le parquet alors que les larmes roulent sur mes joues blanches. Je bafouille, m'étouffe et serre les poings. Mon regard embué se fond dans celui de l'homme qui se tient droit face à moi alors que les mots tirés, brisés, sortent d'entre mes lèvres. Comme un cri du cœur, un cri de l'âme qui n'a connu et déversé que douleur depuis la nouvelle. « Dîtes-moi que c'est faux ! Dîtes-moi que c'est une blague ! Je vous en supplie ! » Mes mains cachent à nouveau mon visage dans l'espoir qu'en dégageant mes yeux le monde soit à nouveau comme avant. « S'il vous plaît... docteur... » mon cœur se brise une fois encore, même si tout cela était inimaginable, inacceptable.

Et les larmes coulent, elles tombent comme des pierres au sol dans un bruit que seul celui de ma respiration saccadée coupe brusquement. Et les souvenirs remontent, trop. Il était bien plus facile d'être seul, de nier. Penser que ce n'était qu'un mauvais rêve. Que tout cela allait passer. Mais là, face à un autre être humain, la réalité me revenait en pleine figure. Elle me donnait le coup fatal, final. Elle me laissait à terre avec le rire de Vixen pour me hanter. Celui d'une maison au Danemark, d'un enfant innocent qui marchait à peine, suivant sa sœur partout. Courant dans son petit manteau et son bonnet qui lui tombait jusque sur le nez. Prononçant de son accent fragile, sa voix fluette écorche encore les mots et sa sœur en rit. Elle lui répète encore une fois son prénom et l'attrape par la main pour le faire courir dans la neige. Le petit s'étale dans ce manteau blanc et alors qu'une larme perle sur sa joue, la chevelure brune de son aînée lui cache le visage pour le serrer fort et rire aux éclats. Elle lui répète que ce n'est pas grave, et que la neige n'est qu'un symbole de douceur. Le petit renifle maladroitement et sourit finalement pour former un ange de ses petits membres. Leurs mains se joignent alors que les figures de l'hiver éphémère se dessinent sous leur corps les liant à jamais dans l'esprit du gamin.

Le contact sur ma peau me ramène à la réalité alors que je suis encore hanté par ce souvenir que je croyais éternel. Sans comprendre comment ni pourquoi, je suis encore en vie, encore là. La maison de mon psychiatre face à moi et toute une vie à reconstruire sans avoir même la force de me lever, et encore moins celle de partir. « Aidez-moi... » le murmure presque inaudible vient du plus profond de moi. Aidez-moi. Tuez-moi, faites-moi vivre, qu'importe. Je m'en fiche. Mais ne me laissez pas comme ça. Non, je vous en supplie, ne me laissez pas comme ça.

Prends soin de toi, petit Ange.

_________________
why do i keep coming back to you ?
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Dernière édition par Axl N. Hartley le Lun 1 Aoû - 19:36, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Left Behind ▬ Noah.   Sam 30 Jan - 23:02



Elle écrit à la hâte sur un petit morceau de papier. Ses mèches brunes, longues, glissent de ses épaules pour se placer entre son visage et son stylo, la gênant dans ses gestes. Elle les replace derrière ses oreilles, nerveusement, ses traits fins froncés sous la concentration. Une larme tombe de ses grands yeux marrons, s'écrase sur le morceau de papier. Elle jette un dernière coup d'oeil par dessus son épaule, vers une porte fermée, murmure quelque chose qu'il n'entend pas. Puis elle enfile la anse de son sac à dos, et part, la tête enfoncée dans ses épaules pour ne pas pleurer.

Un sentiment de tristesse monstrueux avait étreint le sorcier au point de le réveiller, cette nuit-là. Une tristesse sombre, profonde, celle qu'éprouvent ceux sur le point de s'en aller. De ne jamais revenir. Il avait ouvert les yeux vers le plafond, enfoncé sa tête et ses épaules dans les oreillers moelleux de son lit. La nuit illuminait le lambris au-dessus de lui alors qu'il se calmait, se reconcentrant sur le rêve qu'il venait d'avoir. Un pressentiment sourdait dans son estomac. Celui que ce rêve n'avait rien d'imaginaire. Celui que, depuis si longtemps qu'il n'en avait pas eues, il venait d'avoir une vision.
Il venait de voir Vixen Hartley, la soeur de ce jeune homme torturé et si intéressant qui était venu le voir en consultation il y avait de cela quelques semaines. Le jeune Axl n'avait plus franchi la porte de son cabinet à ce jour, à son grand regret, estimant probablement que la séance s'était si mal passée qu'il n'y remettrait plus les pieds. Un incident fâcheux s'il en était, mais si telle était vraiment sa décision, Noah ne comptait pas la remettre en question. C'était sûr, qu'il ne revienne plus était bien dommage. Mais cela lui faisait du travail en moins.
Le regard toujours posé sur le lambris peint, il suivit des yeux les nervures du bois, leur relief rehaussé par les rayons de la Lune. Axl Hartley entretenait une relation fusionnelle avec sa soeur. Une de ces relations d'amour tellement intense qu'elle pouvait s'avérer presque pathologique. Il allongea ses bras en croix de chaque côté du lit, le regard toujours rivé sur le bois, laissant les impressions s'effacer progressivement de son organisme, les imaginant couler de la pulpe de ses doigts alors qu'il modulait son souffle. Le pressentiment s'enfuit lui aussi, ne laissant plus qu'une vague sensation de torsion au niveau de son estomac. Apaisé, il laissa ses paupières se refermer, et le sommeil revenir.
Vixen Hartley allait partir.

Impossible de savoir précisément quand les évènements allaient se produire. Les visions des sorciers n'étaient pas une science exacte, et s'il avait pu expérimenter un peu par le passé, Noah n'arrivait toujours pas à les contrôler. Elles allaient et venaient, filaments de vies diverses qui passaient devant ses yeux, aussi abstraites que concrètes. La naissance de l'enfant d'une collègue, l'apocalypse, la mort de son Père supérieur. Des évènements parfois sans aucune incidence sur sa vie, d'autres fois si importants qu'il ne savait réellement s'il s'agissait de la réalité ou d'une imagination par trop débordante. Mais au fur et à mesure, il avait fini par apprendre. Connaître les signes qui prouvaient que l'une était imminente, que l'autre n'était qu'un rêve. Et dans cette situation, il savait que son instinct ne le décevrait pas.
Les journées passaient, se ressemblant, et grâce au fait que son cabinet subissait des travaux de remise à neuf par l'ouvrier Milligan, le psychiatre avait une raison de rester plus longtemps à l'Hôpital. Il traînait les couloirs bien après ses heures de travail, prétendant rester pour tailler une bavette avec Vaas, pour ensuite faire un détour par le service où œuvrait Vixen Hartley. Il guettait. Comme un pécheur lançant sa longue ligne, au milieu des courants, Silence et Patience comme alliés. Viendrait le moment où le poisson mordrait au hameçon, où la prédiction se réaliserait. Et il serait là au bon moment.

Quelques jours après seulement, la jeune femme fut déclarée aux abonnés absents. Alors qu'il errait dans les couloirs, une nouvelle fois, le psychiatre intercepta une conversation entre deux collègues de Hartley. Elle ne s'était pas présentée au travail ce matin-là, n'avait pas même appelé pour signaler qu'elle serait absente. Ses collègues râlaient de la surcharge de travail supplémentaire, et l'une d'entre elle avait ajouté qu'elle avait tenté de l'appeler plusieurs fois sur son téléphone portable, sans succès. Elle tombait à chaque fois sur le répondeur, le téléphone sonnant inévitablement dans le vide à chacun de ses appels.
Et Noah était rentré chez lui sur ces entrefaites. Il avait ouvert une bouteille de vin blanc, allumé un feu. Et avait trinqué en l'honneur de la Providence, une nouvelle fois. Car sans même qu'il n'ait eu à lever le petit doigt, elle lui remettait sous la dent cette friandise aigre-douce aux allures d'arme ultime qu'était Axl Hartley.
Lui qui prétendait que sa sœur ne l'avait jamais abandonné. Lui qui prétendait que sa sœur ne ferait jamais une chose pareille. Cette bonne blague.

Il n'avait pas résisté bien longtemps et avait fini par l'appeler le lendemain. Sa voix volontairement grave, il l'avait invité à venir. Il n'avait qu'à peine entendu celle d'Hartley, mais du peu qu'il avait pu entendre, il avait compris. Compris que l'autre était complètement anéanti par la nouvelle. Compris qu'il était suffisamment à point pour une nouvelle séance, une nouvelle tentative. Qu'allait dire la créature qui sommeillait en lui, l'autre Axl Hartley, maintenant que les fondations mêmes de leur existence commune ne reposaient plus sur rien ? Noah trépignait d'impatience, la même que celle qu'il avait ressentie la première fois. La même que celle qui lui avait fait comprendre que, de tous les hommes qu'il avait pu rencontrer ces dernières années, celui-là avait un potentiel colossal pour s'adonner à de petites expériences comme ça, entre amis. Un homme qui pourrait sans problèmes assassiner ses ennemis dans leur sommeil. Sans broncher. Sans ciller.
Un monstre.

Il avait poussé une petite exclamation ravie en entendant la sonnette. Avait pris son temps pour venir ouvrir, pour ne pas avoir l'air trop guilleret, bien au contraire. L'heure était grave. L'heure était aux remords, à la culpabilité, au réconfort. Comme un acteur de théâtre, il s'était arrêté dans le vestibule, avait retenu sa respiration et endossé son masque de psychiatre compatissant aussi aisément qu'on enfile ses chaussettes. Il était prêt à le recevoir.
Prêt à ouvrir la porte pour le voir s'effondrer à genoux devant cette dernière, pleurant toutes les larmes de son maigre corps. Des larmes qui n'en finissaient pas de couler, la douleur ne cessant jamais s'extraire complètement du jeune homme. Le sorcier ne dit rien le temps que son patient s'épanche, ne bougea pas, attendit. Sa plainte sourde claqua dans le couloir sombre de l'immeuble, résonnant dans l'escalier en pierre, perçant même le cœur du psychiatre. Il fallait que ça sorte. Que tout parte, que l'abcès percé s'écoule autant que possible avant de remettre Axl sur ses jambes.
S'accroupissant à côté de lui, Noah tendit la main pour la poser sur l'épaule chétive du jeune homme, le poussant à relever enfin les yeux. Des yeux rougis par la peine, par la tourmente, dont les nuances rouges rendaient le bleu des iris surréel. A gestes mesurés, doux, le psychiatre intima au grand blessé de se redresser.

-Venez vous installer, nous allons parler de tout cela au calme.

Il lui adressa un léger sourire, plus un haussement de sourcils compatissant. Après tout, il était son seul soutient du moment. Autant qu'il ait l'air intéressé. Accompagnant chacun de ses mouvements avec douceur, Noah guida Axl jusqu'au cabinet-salon où les attendait une théière fumante. Son parfum aux notes rondes, fruitées, se diffusait agréablement dans la pièce, conférant à l'espace une sensation de chaleur, de douceur qui permettrait d'alléger un tant soit peu le fardeau de l'oisillon. Un thé qu'il avait lui-même agrémenté de quelques herbes de sa collection, susceptibles de calmer d'avantage Axl, sans toutefois l'assommer. Lui aussi allait en boire. Et il était hors de question de ne pas être en pleine possession de ses moyens.
Après avoir assis son patient dans un des fauteuils, Noah rapprocha le sien et se pencha dans sa direction. D'une voix empreinte de gravité, il se lança, observant les traits tirés de son interlocuteur.

-Je... viens d'apprendre la nouvelle par une de nos collègues communes, à votre soeur et moi. Et je crains que cela ne soit malheureusement la vérité. Votre soeur ne s'est pas présentée sur son lieu de travail, sans la moindre explication. Elle ne répond plus non plus au téléphone quand nous tentons d'avoir des nouvelles. Axl, je suis sincèrement navré...

Pas désolé. Pas brisé par la nouvelle. Contrit, oui, navré, peut-être, mais pas désolé. Bien au contraire. Noah tira la table basse dans leur direction, servit une tasse de thé fumante au jeune homme et à lui-même et les glissa en face de chacun. Il se doutait bien qu'Axl n'y toucherait pas. Il n'était pas en état. Mais il avait aussi mis une boite de mouchoirs bien en évidence sur le meuble pour que le jeune homme y pioche si nécessaire, comme à chaque fois qu'il recevait une personne susceptible de fondre en larmes dans son cabinet.

-S'est-il passé quelque chose qui aurait motivé son départ ? Vous a-t-elle laissé des indications quant à l'endroit où elle se trouverait ?

Feignant l'inquiétude, il tournait autour du pot comme un chat autour de sa souris. Méthodiquement. Patiemment. S'enquérir de ces petits détails allait permettre d'amener le gros, le noeud du problème en quelques minutes après avoir noyé la méfiance de Hartley. Puis d'attaquer sur sa solitude retrouvée.
C'était cruel, certes. Inhumain, un péché probablement aux yeux de Dieu que d'agir de la chose. Mais Dieu l'avait abandonné depuis si longtemps qu'il s'en moquait éperdument.

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MessageSujet: Re: Left Behind ▬ Noah.   Mar 2 Fév - 23:45



Les souvenirs comme les larmes prennent trop de place. Le poids de la réalité me déchire le cœur, encore. Le poids de ma vie me brûle jusqu'au tréfonds de mon âme. J'ai tellement mal. Je regarde sans le voir le docteur qui s'est mis à ma hauteur. Il est moins impressionnant lorsqu'il est flou, lorsque son visage est au niveau du mien. Il est moins impressionnant quand le fait d'être jugé n'est plus rien. Et pourtant, pourtant il me fait peur. Ma présence entre ces murs, sa voix qui semble si lointaine, comme venir d'outre tombe. Et les souvenirs, les rires, les larmes.

Je donnerais tout pour être dans ma maison d'enfance et revivre la pire des journées là bas. Je m'en souviens encore, j'ai cassé le nez de Dixon. Il était insupportable, et je l'ai frappé. Frappé, frappé, sans m'arrêter. Lorsque mon poing a été stoppé, j'ai détourné les yeux. Le regard de Vixen ce jour là ne montrait que de la terreur. Il faut te soigner, Axl. Les mots résonnent dans ma tête alors que mon cœur saigne. J'ai essayé. J'ai essayé toute ma vie de me soigner. J'ai essayé, chaque minute, chaque jour. J'ai voulu devenir quelqu'un de meilleur pour toi. J'ai voulu devenir quelqu'un de bien pour toi. Et pourtant je ne suis rien, rien qu'un moins que rien. Je suis celui qu'on laisse avec un simple mot, pas celui qu'on emmène. Celui qu'on quitte sans même se retourner. Je suis celui qui ne vaut pas les sacrifices, qui ne vaut pas la peur et les doutes. Je suis celui qui ne vaut pas ton amour, qui ne vaut pas d'amour.

Je suis encore en vie sans comprendre pourquoi, je suis encore là, sans savoir pourquoi moi. Et dans mon désespoir, celui de n'être plus rien, celui de vivre comme ce cafard qu'on arrive pas à tuer. Parasite de la vie dont elle n'arrive pas à se débarrasser. Poison qu'il faut fuir pour connaître le bonheur. Nocif, meurtrier, dans mon monde qui a perdu sa lumière, perdu son espoir. Sa raison de vouloir y croire. Dans cette nuit noire, sans lune, où la seule chose qui me reste est ma propre culpabilité qui me rit au nez, dans cette étoile dans laquelle je t'ai vue et qui m'a brûlée, dans ces pensées malsaines et suicidaires qui envahissent mon esprit et coulent dans mes veines comme le sang, se lovant contre les parois, attendant le moindre coup pour éclater et venir noircir ma peau d'une hémorragie. Venir me tuer, pour me renvoyer dans les tréfonds de la terre. Meurs en silence, ordure. Mes propres mots me heurtent de plein fouet et pour la première fois je revis les meurtres que l'autre moi a commis. Pour la première fois, je sens le sang sur mes mains. Je sens le mal dans ma peau. Je sens la haine comme un fléau.

Et j'ai tellement mal. Sans penser, sans comprendre, je me vois redresser, meurtri dans une douleur aussi physique que mentale. Mes articulations sont noircies, mon esprit est éteint. De toutes façons, pourquoi je me bats ? Tu n'es plus là. Je tremble en suivant les mots du docteur que je n'entends qu'à moitié, obéissant plus par automatisme et manque de force. Je ne suis plus rien, plus même un humain. Noah me guide comme on guide un aveugle, il me touche avec précaution, faisant abstraction des spasmes que je ne contrôle pas. Abstraction du manque de lucidité qui me laisse là, mourant mais bien vivant. Assis dans un fauteuil que j'avais épousé peu de temps auparavant, je ne ressentais plus la chaleur du lieu. Les pâtes, les souvenirs, tout cela était aussi loin que l'idée même du bonheur, et aujourd'hui, tout était froid. Le crépitement du feu était agressif, le coussin derrière mon dos ne servait qu'a me rappeler douloureusement ma peine, tout était noir. En moi, pas l'ombre d'un espoir, rien de tout cela ce soir.
Mes yeux se dispersent dans la pièce, cherchant désespéramment du réconfort là où il n'y en a pas. Et finalement, la voix du docteur enrobe la pièce de son ton amical, bienfaisant. Mes pupilles se fixent sur la boisson qu'il sert alors que je tente de me concentrer assez pour parvenir à le comprendre. Il répète la réalité et mon cœur se brise un peu plus. N'ayant pour autant plus de force pour réagir, je le regarde, le visage inexpressif au possible et j'encaisse. C'est vrai, dit-il. Il a vu des gens, dit-il. Je sais bien, docteur. Je n'ai vu personne et c'est bien pour cela que tout est vrai. Je ne réagis pas plus que ça et attend la suite, frigorifié, fatigué. Je tremble sans réellement tenter de prétendre que tout va bien et alors que la tasse de thé se glisse devant moi, m'enivrant de ses odeurs je la regarde sans la toucher. La voix du psychiatre ne tarde pas à se faire entendre à nouveau et à sa question je décide finalement de prendre la tasse entre mes doigts.

Oh non, je n'avais pas soif. J'avais simplement besoin d'un peu de chaleur, comme pour me rappeler que j'étais bien en vie, que tout cela avait quelque chose de réel, mais peut-être pas d’irréversible. Alors je me répète sa question en silence. S'est-il passé quelque chose ?. Docteur, c'est moi qu'il s'est passé. C'est moi, qui suis arrivé. J'ai tout bouleversé, j'ai tout bousillé. Vous savez, je fais partie de ces gens qu'on idéalise dans les souvenirs. Je fais partie de ceux dont on aime parler avec une certaine mélancolie, une pointe de regret et une larme pour la forme. Mais je fais surtout partie de ceux qui sont mieux en souvenir, mieux loin, mieux dans une larme autour d'un verre que dans un bar autour d'une bière. Alors c'est moi, qu'il s'est passé. J'ai cru faire le bon choix en laissant ma liberté, en offrant tout ce qui faisait de moi un être libre à ma sœur, et au final c'est elle que j'ai enfermée.

Je l'ai enfermée dans la cage dorée avec le monstre qui l'effrayait. Je l'ai rapproché d'elle et je lui ai demandé de lui faire face, chaque jour, chaque minute. Je lui ai montré mes vêtements remplis de sang, mon visage roué de coups. Je lui ai montré le monstre et je lui ai imposé le monstre. Et dans un sourire elle a cédé, jusqu'au jour où elle a craqué. Elle n'a pas pu supporter ce que j'étais vous savez. Docteur, il n'existe pas d'autre explication si ce n'est celle-ci. Elle a fui pour se protéger de moi, pour retrouver sa vie. J'ai motivé son départ.

Et puis il y a la question qui fait mal, celle qui, encore plus que les états-d'âme fait réaliser à quel point je ne vaux plus rien. Où se trouve-t-elle ? Sans doute là où je ne pourrais jamais la retrouver vous savez. Loin, très loin d'ici, très loin de moi. Elle a eu la gentillesse de laisser un mot, une note pour me dire qu'elle reviendrait. Elle est prévenante, vous savez. Elle ne voulait pas que je me sente coupable. Coupable de qui j'étais et de ce que je lui ai fait. De tout ce que j'ai fait.

La tasse réchauffe finalement un peu mes doigts, m'amenant à la serrer un peu plus, me raccrochant à elle à défaut d'autre chose avant de finalement ouvrir la bouche après un long silence. Ma voix, brisée et fragile, prend lentement place dans la pièce froide qui me semble encore sombre, sans réelle couleur. « Elle m'a laissé un mot. Enfin... plutôt une lettre d'excuses. » Je me racle la gorge avant de porter par réflexe la tasse à mes lèvres, comme pour me donner du courage dans un monde où plus rien n'a de sens. « Mais elle ne dit rien dedans, simplement que... elle n'a pas eu le choix. » Je pince mes lèvres alors que la chaleur du liquide vient brûler chaque parcelle de mon corps glacé, faisant rougir mes joues à coup sûr et me tirant une larme.

Quelle horrible sensation que celle d'être sûr d'être en vie quand on rêve d'être mort. « … Je... je crois qu'elle... elle est partie à cause de moi. » Les larmes coulent et je tente de rester calme alors que je continue, tripotant ma tasse sans en boire une gorgée de plus. Je crois, mensonge odieux. Je sais. Et je resserre un peu mes doigts avant de continuer. « Je... je ne sais même pas pourquoi je suis venu. C'était elle qui voulait que je vous vois et elle n'est plus là alors. » Je repose la tasse et pose mes mains sur les accoudoirs attendant que mes forces soient suffisamment présentes pour me permettre de me lever. Parce que tout à coup je suis en colère.

Je suis plus qu'en colère contre elle. Et je n'ai rien à foutre là, à parler à un autre putain de docteur pour me faire entendre dire un tas de conneries que j'ai entendues encore et encore. Parler à un sale con arrogant qui croit mieux savoir, qui a tout compris à la vie sous prétexte de quoi ? Qu'il a un parquet bien ciré ? J'ai fait tout ça pour elle et elle s'est barré. J'ai rien à foutre là, j'ai rien à lui dire. Je ne veux pas de ça, pas de lui. J'veux me casser de là. C'est tout ce que je veux. Être loin de ces conneries et retrouver ma liberté. Parce que personne valait ma liberté, pas même elle. Et c'est une fois encore, la rage domine vite. Pour disparaître dans une absence de force l'instant d'après. Ce flottement entre le néant et la haine. Ce flottement entre le manque et l'amour. J'ai mal, il me tue. J'en peux plus. Et les yeux remplit de larmes qui refusent de céder je regarde le docteur, toujours sur le point de partir pour dire, d'une voix plus fatiguée que jamais.

« Pourquoi vous m'avez appelé ? Il n'y a rien à gagner avec moi. Vous allez vous épuiser, vous allez vous torturer pour quelqu'un qui ne peut pas être sauvé. On a rien à gagner. Nous faisions tous les deux ça pour elle, pour nos raisons personnelles. Mais elle n'est plus là, alors pourquoi ? Pourquoi moi ? » Je ne suis rien, je ne vaux rien. Je n'ai rien à offrir, rien à apporter à un homme tel que lui, alors pourquoi, pourquoi moi. « Elle est partie... on peut arrêter tous les petits jeux de courtoisie polie. » Les mots m'arrachent le cœur une fois encore, parce qu'elle est bien partie, et tout le voile de douceur avec elle aussi. Et alors que je relâche un peu mon emprise sur les accoudoirs, pour me reposer une seconde, le temps d'avaler mes propres mots je dis, suppliant. « Alors ne jouons pas et oublions ça... je vais m'en aller, comme si de rien n'était. Et vous exercerez votre métier avec quelqu'un qui en vaut la peine. C'est mieux pour tout le monde. »

Parce que je ne devrais pas être en vie. Parce que je ne devrais pas être ici. Il n'y a plus rien à dire, plus rien à faire. Juste à accepter ce que je suis, et ça, personne ne peut m'y aider. C'est moi, et moi seul face à mes démons. Face à mon démon. Perdu sans son ange.

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Dernière édition par Axl N. Hartley le Dim 24 Avr - 23:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Left Behind ▬ Noah.   Dim 24 Avr - 17:08



Comme un gentil petit chien, Hartley avait répondu à son appel. Mieux, il était là, des larmes de crocodile dévalant le long de ses joues creusées par les mauvais traitements qu'il infligeait à son corps, en quête de réponses qui ne viendraient probablement jamais. Qu'en savait-il, lui, Noah Meadow, d'où était partie Vixen ? Il ne la connaissait qu'à peine, n'avait que quelque fois échangé un mot avec elle au détour d'un couloir, entre deux patients, avant de retourner vaquer à ses occupations. Elle n'était ni importante ni essentielle. Bon, clairement, elle l'était pour le larmoyant personnage qui s'épanchait devant lui, là, dans son bureau. Mais pas pour lui.
Quoi que. Maintenant elle avait acquis une forme d'importance qu'il ne lui aurait jamais soupçonnée : elle avait fait exactement ce qu'Axl craignait. Elle était partie, la Fille de l'Air, elle avait pris son baluchon sur son épaule et l'avait abandonné. Toutes les peurs les plus profondes d'Hartley qui arrivaient d'un coup, servies sur un plateau d'argent. Une aubaine, si l'on oubliait la propension du jeune homme à se répandre en larmes aussi intensément. Une partie, tout au fond de Noah, comprenait l'intention. Après tout, c'était un coup dur qu'il devait encaisser, le pilier de toute une vie de misères qui s'envolait d'un coup, fracassant tout ce qu'il avait pu construire. Tout ce qu'il avait pu prétendre ne pas être pour les seuls sentiments d'une seule personne. Mais était-il vraiment obligé d'en faire autant ?

Partagé entre l'envie de le secouer et celle de lui rire au nez, le psychiatre choisit une approche plus compatissante. Le jeune homme, malgré tout, avait un potentiel indéniable. Ce fut pour cela qu'il prit sur lui de le laisser s'exprimer librement, sans interjections, sans interventions, juste pour voir quelles conclusions il était capable de tirer de ce joyeux fiasco. L'air compatissant, grave, il poussa une boite de mouchoirs en papier qui trônait sur la table basse en direction de son patient, histoire de le pousser à se débarrasser de cette répugnante goutte de morve qui pendait au bout de son nez. A part cette goutte qui l'obsédait, il ne put pas s'empêcher de noter que les conclusions d'Hartley collaient miraculeusement avec ses intérêts personnels. Enfin, il réalisait. Qu'il n'était pas aussi parfait avec sa soeur qu'il l'espérait. Mais surtout qu'elle n'était finalement pas différente des autres. Elle aussi, elle avait fui. Fui sa nature intrinsèque, le danger, la schizophrénie qui le hantaient. La belle, douce et parfaite Vixen n'était pas à la hauteur des espérances de son frère. Elle était humaine, si diaboliquement humaine qu'elle alimentait le moulin du psychiatre d'une intensité qu'elle ne pouvait pas connaître. Parce que maintenant, il était le seul à avoir les cartes en main pour rebâtir les bases de l'existence d'Hartley. Sans le savoir, elle lui offrait une opportunité en or, celle de passer pour la tortionnaire, et ne plus être là pour protéger ce qu'il restait d'encore humain de son frère.
Mais il devait faire preuve d'encore un peu de patience avant de commencer à jouer avec son nouveau pantin. De tolérance, aussi, alors qu'il voyait déjà que l'autre commençait à lui filer entre les doigts. Pourtant, Noah soupira doucement, comme pour chercher ses mots. Pourtant il était là, dans son office, malgré tout ce qu'il prétendait. Pourtant il avait besoin de lui, d'une certaine manière. C'était bien pour ça qu'il était là, non ? Noah avait vu ce type de comportement plus d'une fois. Et ça n'avait pas empêché les patients les plus réfractaires à toujours le voir en consultation à ce jour. Alors le psychiatre baissa les yeux vers la tasse de thé qu'il tenait entre ses propres mains, cherchant l'inspiration dans le liquide ambré, avant de se lancer d'une voix contrite, compatissante.

-Je vous ai appelé dès que j'ai su la nouvelle, pour m'assurer que vous teniez le coup. Car outre notre relation de patient à psychiatre, je vous vois indépendamment de votre soeur. Vous êtes vous, Axl, et c'est vous que j'ai rencontré lors de la séance précédente. Un jeune homme avec ses doutes, ses craintes, ses sentiments, et c'est avec ce jeune homme que j'ai eu l'occasion de discuter. Alors quand j'ai su, je vous ai appelé, oui. Pour que vous ayez quelqu'un sur qui vous reposer si vous en ressentez le besoin, quelqu'un qui puisse vous soutenir dans cette épreuve.

Une voix sincère pour des paroles qui n'auraient pas été dénuées de sens, pour peu qu'elles l'eussent été également. Une chance pour Noah, il était bon acteur. Ayant usé et abusé de sa verve auprès de ses patients, s'échinant à leur faire croire qu'ils étaient uniques et dignes d'un intérêt complet et sans contrepartie, il savait pertinemment que son discours serait pris pour argent comptant. Plus qu'un professionnel, il s'imposait naturellement comme un ami. Un homme généreux prêt à offrir une épaule compatissante sur laquelle pleurer, prêt à offrir son dos pour porter les fardeaux d'autrui à leur place. Bien qu'il ne soit pas, au fond, cet homme.
Et bien que cette maudite goutte soit toujours là, au bout du nez aquilin d'Axl, déversant un éclair d'indignation dans son sang pendant une fraction de seconde. Restait que son expression n'avait pas changé. Son ton non plus.
Continue de jouer sur la sincérité, Meadow, il a trop de potentiel pour filer maintenant.


-Je comprends aisément que cela soit difficile à admettre, qu'un simple psychiatre veuille être présent à vos côtés. Après tout, c'est ce que tous pensent. Que me voudrait un psychiatre sinon mon argent, maintenant qu'aucun lien tangible nous retient ? Il rit doucement, comme désabusé, avant de poser le même regard empreint de compassion sur son patient. Je ne cherche rien d'autre que m'assurer que vous puissiez tenir le choc malgré tout, Axl. Pas votre argent, pas la satisfaction d'avoir fait mon travail en allant me coucher ce soir. Je veux juste que vous sachiez que je suis là pour vous écouter, vous soutenir, quand vous en éprouvez le besoin. Que vous en valez la peine. C'est... C'est ce que Vixen aurait probablement voulu de moi. Que je ne vous abandonne pas au moment où vous en avez le plus besoin.

Il baissa de nouveau les yeux, comme par respect et pour cette sinistre inconnue de Vixen, et pour la relation fusionnelle qui liait les deux Hartley. Pourtant, il s'en contrefoutait de cette relation. Ou du respect. Voire même des malheurs de Hartley. Aurait-il été moins délicieusement instable, il n'aurait pas cherché plus loin, lui aurait envoyé un bouquet de fleurs plein de commisération et aurait lu son suicide dans les tribunes du journal local. Rien que du positif. Mais la fin justifiait les moyens.
D'un air gêné, il finit par reposer sa tasse sur la table basse, l'air d'un enfant pris en faute. L'air de montrer l'homme sous le masque du psychiatre, celui qui avait passé une nuit sans sommeil, soucieux du bien être du pleurnicheur. Se frottant le visage d'une main enfin libre, il poussa un soupir résigné.

-Que vous souhaitiez cesser toutes entrevues peut parfaitement se comprendre, je vous l'assure. Vous connaissez mes raisons à présent, et êtes entièrement libre de franchir le seuil de ma porte pour ne plus revenir, si tel est votre désir. Mais avant que vous ne preniez une décision, j'ai une question à vous poser : pourquoi avez-vous répondu à mon appel, si vous n'avez aucune raison d'être ici désormais ?

L'attaque devait se faire subtilement. Un bon pêcheur sait parfaitement qu'il ne faut pas lancer trop brutalement sa ligne de peur de faire fuir le poisson. Venir progressivement, faire preuve de patience. Elle était la clé de tout. Et maintenant que le hameçon flottait à la surface, tout ce qu'il avait à faire était de donner un tout petit coup de collier, agiter l'appât pour ferrer sa proie.
D'où le regard grave, presque désolé, qu'il leva sur le jeune homme. Ne pars pas. Tu as besoin de moi, nous le savons tous les deux. Je suis ton seul ami dans cette vie, ne mords pas la main que je te tends comme ça. Sois pas ingrat, va. Petit con.

-Pourquoi êtes-vous venu, Axl, sinon pour avoir quelqu'un avec qui parler de Vixen ? Quelqu'un qui la connaît ?

Approche. Viens. Je suis là pour t'aider. La question resta en suspens dans la pièce, entre les deux hommes, tangible comme une tierce personne. Parce que c'était ce qu'elle était. L'écho de la présence de Vixen, un fantôme dans une pièce pleine d'illusions et de faux semblants. Mais surtout une invitation à rester, à ne pas fuir comme d'habitude. A se poser. A se recueillir.
Et à le laisser jouer avec ses émotions pour voir, ce soir là, jusqu'où il pouvait le pousser. Parce que c'était pour cette raison qu'il l'avait appelé. Pas par grandeur d'âme, pas par gentillesse. L'appât du gain, c'était à ce hameçon que sa joue à lui était accrochée. Et il avait l'intention d'y céder entièrement, pour peu que sa proie fasse preuve d'un peu plus de coopération.

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MessageSujet: Re: Left Behind ▬ Noah.   Lun 25 Avr - 8:25

Les mots du psychiatre m'atteignent sans m'atteindre. Dans mes tempes, mon cœur tape. L'autre se bat dans sa cage, il me hurle de me mettre en rogne. Je l'écoute pourtant, silencieux. J'écoute le discours du docteur qui prétend en avoir quelque chose à faire et mon cœur se serre. Est-ce que c'est vrai ? Le doute s'installe, mon cœur se calme, mais l'autre non. T'es tellement con de croire un énième discours. Tu l'as crue combien de temps l'autre conne avant de voir qu'elle se foutait de ta gueule ? Alors un docteur ? Tais-toi. Laisse-moi de l'espoir. Je me mords la lèvre, m'empêche de me parler tout seul. Je l'empêche de prendre trop de place. Je m'empêche de devenir fou. Je m'empêche d'accepter son rire qui se fout délibérément de moi alors que l'homme face à moi a sorti sa voix la plus sincère pour m'expliquer que je ne suis pas seul.

Mais j'ai toujours été seul, je serai toujours seul. C'est comme ça docteur. Parce qu'en colère ou non, on ne me soigne pas. On ne me soignera jamais. Ça marche pas avec moi. Le truc qui est cassé il est pas disponible à la vente. Et je continue de me taire tandis que l'autre parle. Il aurait pu être sur une scène tellement il était grand et moi petit. Il ne me prend pas de haut, il prétend comprendre ce que même moi je ne comprends pas. Son petit rire me fait sursauter du peu de forces qu'il me reste et je remonte mes pupilles vers lui alors que mon attention se veut entière. Alors que j'ai réussi un peu à faire taire l'autre partie de moi. Celle dont je ne veux pas.

Lorsqu'il baisse les yeux je l'observe. J'y crois. J'ai envie d'y croire. Je suis quelqu'un qui a besoin d'espoir, et ma source principale de ce dernier ayant mis les voiles je cherche désespéramment à me raccrocher à quelque chose. Alors j'ignore les rires, j'ignore les paroles qui se murmurent entre mes oreilles et je crois à tout ce qu'il dit. J'avale ses mots pour diminuer mes maux. Calme, le docteur pose sa tasse et moi, j'attrape finalement un mouchoir. Je m'essuie le visage. Je vois net, je respire mieux. Je respire juste, et j'y crois pour de vrai. Puis il ouvre à nouveau la bouche, et sa question me fait louper un battement. Je remonte mes yeux dans les siens. Pardon ? Je ne dis rien, je tente de tenir l'autre. Je me mords la lèvre. Je cherche une réponse. Une réponse qui n'est pas la colère, qui n'est pas la haine.

Une réponse qui vient de moi et pas de mon double. Son regard me fait baisser les yeux, et l'autre s'énerve de plus en plus. Il insiste, pose à nouveau la question. Et moi je déglutis. Je sens ma jambe se mettre à trembler, tapant sans le vouloir du pied. TOC nerveux, une fois encore. J'ai envie de lui dire d'arrêter. J'ai envie de lui dire merci et de m'en aller. Parce que je sens les barreaux lentement s'ouvrir et que j'ai pas la force de le retenir. Pourtant, je tente de parler d'un ton calme, qui s'avère au final bien plus emplit de rage que je ne le voudrais. « Je ne sais pas. » Les mots sont limite cracher, je serre les mâchoires, me force à me taire alors que l'autre est en train de jubiler, de profiter de l'ouverture. Je fuis son regard, je force avec ma main pour calmer ma jambe.

Aucun effet. La haine monte. Parce qu'il cherche. Que tout ce que je crois, l'autre n'y croit pas. Et que la question, le fait de dire à voix haute son nom. Parce que ça marche, la moindre provocation. Que je n'ai même pas la force de me tirer d'ici alors que je le devrais. Mes pupilles se plantent dans celles du docteur et d'une voix cette fois plus lisse, mais très froide je lance. « Peut-être que je suis simplement venu pour savoir ce que vous vouliez. Idéalement, savoir si vous aviez des infos. » Je serre mon poing sur mon genou. Je retiens mon cœur de battre plus fort. Je me retiens de péter les plombs, sans même avoir une réelle raison. « Parce que le jeu du docteur qui en a quelque chose à foutre de son patient, il est, comme vous le dîtes, difficile à avaler. Et je voulais peut-être voir de mes propres yeux. Voir si c'était vrai. Si vous en aviez quelque chose à foutre ou si vous aviez un intérêt derrière tout ça. Parce que n'importe quel homme ayant du pouvoir sur un autre cherche un intérêt dans le plus faible. »

Je ris, malgré moi et enchaîne. « Je suis pas si con, vous savez. Je suis pas si con. » Je me sens à la limite, tous les deux face à face au bord de la cage, prêts à changer de place et je ne veux pas de ça. Au fond de mes yeux, je suis certain que le docteur le voit. Alors je fais un geste de la main maladroit avant de me lever et de regarder ce bon vieux docteur dans les yeux et lui dire, encore moi, encore dans une maîtrise qui va sans doute fuir à l'instant même où je vais sortir de la pièce. « Je suis désolé. C'est une mauvaise idée. »

Une mauvaise idée. Non. C'est de faire encore la victime qui en est une. Assume, connard. Bouge ton cul. Laisse-moi lui dire d'aller se faire foutre. Laisse-moi lui dire qu'on a pas besoin de lui. Je déglutis et je détourne les yeux, tremblant, n'ayant plus une once de larme sur mon corps. Plus une once de tristesse. Et je dis d'une voix cassée, de celle de l'autre qui tente de prendre ma place encore et toujours. « Je ne sais pas si nous continuerons les séances ou pas. Je ne sais pas ce que je veux, ce que je peux. » Je marque une pause, les yeux dirigés vers la porte alors que l'autre me maintient là, incapable de fuir, de partir. « Mais dans tous les cas je ne suis pas prêt, je suis navré. »

Et c'est sans doute les derniers mots qui peuvent sortir de ma bouche en tant que moi. J'espère du fond du cœur que le docteur va me dire de revenir plus tard. Parce que je ne suis pas moi. Parce que je ne retiendrai pas l'autre plus longtemps. Parce que j'ai donné mon maximum. Que tout se mélange dans ma tête. Que son regard quand il parle de Vixen me donne envie de gerber. Que rien que d'entendre encore une fois qu'elle est partie, que de rendre tout ça vrai. Que d'être face à un nouveau docteur, tout ça, ça lui donne une force que je ne suis pas apte à contrer. Pas pour le moment. Mes mots étaient vrais. Mes mots étaient sincères, suppliant. Je ne suis pas prêt. Je ne suis pas prêt à me battre avec moi-même, j'en ai pas la force parce que j'ai plus d'espoir, et qu'au fond de moi je l'écoute me murmurer ses conneries. Alors il faut que je parte. Il faut que je franchisse cette porte, parce que tous mes muscles, toute ma tête, tout mon être est en train de lâcher, et que je n'ai pas la force de le retenir.

J'en ai même pas envie, je crois. Et de toutes façons, ça ne dépend même plus de moi, parce que j'ai déjà baissé les bras.

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MessageSujet: Re: Left Behind ▬ Noah.   Dim 1 Mai - 19:41

Rien qu'à l'observer, Noah pouvait comprendre qu'un dilemme cornélien se jouait dans la tête du jeune homme. Non seulement il devait gérer le départ inopiné de sa soeur, celle qui constituait la base même de tout son monde, mais il pouvait voir à son regard fuyant, à tous ses tics nerveux qu'un autre combat se jouait sous la charmante tête brune. Un combat dont il n'avait aucune idée de la portée, mais dont toute la soirée allait s'avérer tributaire. Selon la décision qu'Axl prendrait, à savoir rester pour s'épancher ou partir pour se tirer une balle, il aurait ou non un nouveau pantin à agiter du bout des doigts. Et certes, s'il préférait que le jeune homme soit bien vivant pour pouvoir s'en amuser, il le regretterait un peu s'il en venait à se foutre en l'air. Juste un peu. Juste le temps de se dire que c'était bien dommage qu'il ne soit plus de ce monde, qu'il ne pourrait plus jouer avec lui. Mais en soit ça n'allait pas non plus le absolument inconsolable, loin de là.

Avec une déférence rare, tout à son simulacre d'intérêt pour Axl, il garda le silence le temps que la bataille sous les mèches brunes, dans les yeux fuyants du jeune homme, semble marquer un point d'arrêt. Il était amusant, Axl Hartley. Il agissait comme si deux personnalités distinctes se faisaient front constamment, comme si l'une menaçait à tout moment de quitter la barrière de son esprit pour prendre le contrôle et tout envoyer paître. Et s'il n'avait aucun intérêt pour Axl en l'état actuel, c'était cette deuxième personnalité, cette ombre toute de pulsions et de danger qui l'habitait qui intéressait profondément le psychiatre. Il avait un potentiel inégalable, Noah le voyait bien. Une force interne prodigieuse, un prédateur aux griffes acérées qui, pour peu qu'on l'amadoue suffisamment, serait une arme redoutable. Avant d'appeler Axl, Noah avait fait ses devoirs. Il avait étudié les derniers meurtres en date, avait jeté un oeil lointain sur les actions des Mafias locales. Il avait interrogé certains de ses patients, des petits criminels notoires, avait même relancé Isak pour qu'il glane quelques informations sur le sujet.
Il en était ressorti que le petit fossoyeur aux épaules tombantes n'était pas ce qu'il prétendait être. S'il n'avait pas eu le fin mot de l'histoire, s'il n'avait pas su exactement quelles prérogatives le jeune homme pouvait avoir, il savait à présent que lui et Vixen agissaient dans l'ombre d'une Mafia eux aussi. Et qui disait Mafia disait influence, pouvoir, et danger.

Une aubaine, qui semblait néanmoins reprendre du poil de la bête, là devant lui. Ses tics se faisaient plus intenses et son regard moins fuyant, une réaction qui n'empêcha pas de pousser Noah à redoubler de vigilance à son égard. Il allait fuir. Noah le sut avant même que l'autre n'ouvre la bouche, avant même qu'il ne lui annonce de lui-même. Mais tous deux savaient au fond que ça ne se passerait pas comme cela. Le sorcier ne le laisserait pas filer aussi facilement.  Dans un soupir calculé, il secoua lentement la tête, releva les yeux pour croiser ceux d'Axl. La compassion, profonde, étudiée, croisant la froideur d'un homme qui n'en a plus rien à foutre. Un acte qu'il avait joué plus d'une fois, dans ce rôle de psychiatre qu'il maniait si bien. Un rôle taillé sur mesure, au point que, lorsque sa voix s'échappa pour répondre, il ne reconnut pas même sa propre voix tant elle semblait lasse et pleine de sollicitude.

-Je comprends votre position, Axl, je la comprends sincèrement. Que pourrais-je vouloir de vous, effectivement, sinon une forme de pouvoir ou de contrôle ? Mais je vous assure que là n'est pas mon intention. Que ce soit difficile à avaler est concevable, et pourtant, les faits sont là : je me soucie de votre bien santé, comme de votre bien être.

Les patients réfractaires, en général, il les envoyait sur les autres. Mais il avait comme une vague idée de comment fonctionnait Hartley, à présent. La compassion lui faisait peur, la commisération le chassait, et pourtant la sincérité le gardait encore un peu à quai. Suffisamment pour semer les graines du doute et les laisser germer dans son esprit. Un complexe de l'abandon gros comme la ville entière, qui en plus de ça était nappé dans le déni le plus épais. Mais il avait besoin de Noah. Pourquoi serait-il resté, autrement, aussi longtemps ? Et tous deux le savaient. Tous les trois, s'il en jugeait l'éclair furieux qui transparaissait au fond des prunelles d'Axl, sourdant comme un feu étouffé malgré les paroles ou l'attitude de leur propriétaire. Et c'était à ce feu que Noah voulait s'adresser.
Une partie de lui, au fond, celle qu'il ne montrait pas du moins, ne put s'empêcher de pouffer intérieurement à la remarque. Je ne suis pas si con. Le répétait-il pour s'en convaincre ? Quelques fois l'espoir faisait ça. On se répétait une chose sans fondement, comme un mantra, jusqu'à ce que ça s'inscrive dans notre cerveau. Mais en ce qui concernait Hartley, le pauvre garçon pourrait le répéter autant de fois qu'il le lui faudrait, Noah n'en croirait rien. S'il n'était pas aussi con que ça, il saurait que son intérêt résidait en le fait de s'ouvrir entièrement au psychiatre. S'il n'était pas aussi con qu'il le disait, il aurait compris qu'il n'était en soit pas judicieux de venir ici. Mais l'espoir sourit même aux imbéciles. Bénis soient les simples d'esprit.

Pour autant, il ne répondit pas d'avantage quand l'autre menaça de partir. C'était comme ça, un adieu dans la bonne forme, mais le psychiatre ne l'entendait pas de cette oreille. Pas alors qu'il avait le moyen de le faire céder, maintenant qu'il avait allumé cette étincelle dans son regard. Pas alors qu'il avait compris que parler de Vixen était ce qui avait rallumé les braises, et qu'il avait l'intention de s'en servir. Sans se lever de sa chaise, il le regarda se redresser, suivant chacun de ses gestes du regard. Empreint d'auto-suffisance, Axl avouait tout sans même s'en rendre compte. Le signal qu'espérait le sorcier, et qui venait comme ça, déposé entre ses mains sur un plateau d'argent. Il était temps, il était prêt. Ou plutôt il n'était pas prêt, une autre manière d'avouer qu'il n'avait pas la force de lutter contre ce que Noah attendait maintenant depuis trop longtemps.
Non, le psychiatre ne se leva pas de sa chaise, mais il répondit avec suffisamment de force pour en donner l'impression à son patient, qui lui faisait dos, à présent.

-Pensez-vous réellement que c'est ce qu'aurait voulu Vixen, Axl ? Que vous partiez comme cela, que vous refusiez la main qu'on vous tend dans un moment aussi critique de votre vie ? Pensez à Vixen. Pensez à pourquoi elle vous a abandonné. Fort est à parier que cette lâcheté dont vous faites preuve a été un des éléments déterminants de sa fuite.

Si sa voix était dénuée d'expression, froide comme la mort, celle dans sa tête, celle du vrai Noah et pas ce pantin qui puait la commisération qu'il endossait, elle, elle ricanait. Elle riait à en perdre haleine devant le paradoxe ridicule de la situation, devant la faiblesse du jeune homme. Pour joindre l'emphase à ses propres mots, il croisa tranquillement ses jambes et frotta une tâche invisible sur la toile de son pantalon, l'air de ne se soucier de rien. L'air bien réel qu'il se contrefoutait des états d'âme du jeune homme, chercheur qu'il était de la faille qui le ferait céder, une fois qu'il l'aurait trouvée.

-Vous n'êtes pas prêt, et pour ainsi dire à vous entendre vous ne l'êtes jamais. Un état d'entre-deux permanent que votre soeur n'a clairement plus pu supporter. Vous êtes faible, Axl. C'est pour vous endurcir qu'elle m'a recommandé à vous, pour que vous cessiez l'auto-apitoiement et que vous preniez finalement vos responsabilités. Clairement, ça n'a pas fonctionné. Vous l'avez déçue, vous avez déçu Vixen, et ça ne vous saute même pas aux yeux que c'est à cause de cela qu'elle est partie.

Même lui savait pertinemment que ce n'était pas la raison du départ de Vixen, pour avoir eu la prémonition. Pour l'avoir vue faire ses bagages et s'engouffrer dans la nuit noire, pour ne plus jamais revenir. Mais il devait pousser Axl dans ses retranchements. Et quoi de mieux pour lui que de laisser filer son mépris, de le lui cracher à la figure pour le réveiller une bonne fois pour toutes ? Noah savait qu'il jouait avec le feu. Mais maintenant qu'il avait commencé, maintenant qu'il voyait son potentiel nouveau jouet juste à point pour être cueilli, il n'allait pas s'empêcher d'en profiter.

-Partez, dès lors, Axl. Fuyez votre responsabilité dans ce nouvel échec.



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MessageSujet: Re: Left Behind ▬ Noah.   Mer 4 Mai - 0:34

Navré. C'est bien le mot. Celui de la fin, qui me reste sur le bout des lèvres. Je suis navré. Pour moi, d'être un échec aussi cuisant. D'être incapable de faire cette voix à la con dans ma tête. Je suis navré de ce que je deviens et je me demande si ça vaut la peine. Je me demande sérieusement ce qui en vaut la peine. Et tu prends de plus en plus de place dans mes veines. Dans ma tête et dans mon cœur. Tout se noircit à vue d’œil, et je n'attends que de franchir la porte.

Parce que j'ai déjà baissé les bras. Parce que tu n'es retenu que par un semblant de force qu'il me reste. Laisse ce pauvre psychiatre en paix. Fous moi la paix, aussi. Mais ça, je sais pertinemment que tu ne le feras pas. Parce que j'ai déjà baissé les bras. J'ai abandonné tout espoir de me souvenir du reste de ma soirée. Je n'aurais que le goût amer de ta voix et sans doute du sang en plus sur les mains. Mais tant pis. Parce qu'il ne fait plus bon vivre de toutes façons. Et que je suis trop lâche pour mourir. Alors que toi t'es suffisamment imprudent pour nous faire tuer. C'est peut-être pour ça que j'ai déjà baissé les bras. T'es ma meilleure chance de mourir. Je suis notre pire chance de vivre.

Mais la voix du psychiatre se laisse entendre et m'atteint de trop loin. Parce que c'est trop tard et que si la pièce de laquelle nous somme chacun une face est sur sa tranche elle est définitivement en train de tomber de ton côté. Et je n'ai plus réellement de force pour inverser la balance. Alors j'assiste, impuissant, à ta montée en puissance. J'entends les premières paroles du psychiatre, je ne comprends déjà plus la fin de sa phrase. Et merde. Trop tard. C'est trop tard putain.

C'est parce que t'as baissé les bras, connard.


Je prends lentement place dans ce corps qui n'est pas assez souvent le mien. J'écoute les mots de cet abruti de médecin d'abord de loin, puis de plus en plus près. Je reste d'abord dos à lui. Tant que t'es encore là. Je reste dos à lui tant que je ne suis pas tout à fait moi. Je ferme les yeux, et un sourire fin se dessine sur mes lèvres. Parle, vas-y, laisse-moi te détester encore un peu plus. Les premiers mots ne sont qu'un ramassis de connerie. L'autre abruti l'aurait cru, il aurait sans doute chialé aussi. Mais moi je sais, je vois. J'enlève ma main qui s'apprêtait à tourner la poignée. Je respire enfin l'air frais. Je profite de ma position pour laisser les mots effleurer mes oreilles et claquer de la langue silencieusement. Ce qu'elle aurait voulu ? Mais j'en ai strictement rien à foutre. Je me tais. T'es encore un peu là. Je t'entends chialer jusqu'ici. J'en ai tellement marre de toi.

Je le laisse parler, m'amusant grandement du jeu qu'il essaie d'instaurer. Tentant de faire culpabiliser l'autre abruti au possible, tentant de lui rappeler à quel point c'est une merde. C'est que le docteur en aurait perdu sa subtilité au fil des mots, en plus de ça. T'aurais vraiment pas aimé voir ça. Et moi, je laisse un rire échapper d'entre mes lèvres, un rire éteint, qui n'atteint pas les oreilles de Meadow. Mais un rire qui a quand même du faire remonter mes épaules. Je me retourne tandis qu'il a enfin fini sa longue tirade. Ça, pour parler, ça sait parler les psy. J'ai pas oublié cette capacité au long des années. Je reste près de la porte, croise mes bras sur mon torse et plante mon regard azur dans le sien.

Bonjour docteur.

Il sait pertinemment que c'est moi, je ne crois pas qu'il ait oublié notre petite entrevue de la dernière fois. Je laisse le sourire prendre toute la place sur ce visage qui est enfin complètement mien et les yeux droit dans les siens, j'applaudis. Lentement, sûrement. J'applaudis et le son claque dans la pièce de l'appartement. Parce que, franchement, ça méritait un tonnerre d'applaudissement ce petit discours sur mesure. Je soupire finalement et hausse les épaules avant d'ouvrir les lèvres.

« Je crois que le départ ce sera pour une prochaine fois. » Mon sourire se change en rictus joueur, le même que j'avais la première fois. Le même que j'ai assez souvent à vrai dire. Mais contrairement à la dernière fois, je n'ai aucune envie de tuer le bonhomme. Non, c'est fini ça. C'est fini la manipulation par derrière du chouineur en chef. C'est moi qui décide. Et moi, je veux parler sérieusement avec l'homme qui a été capable de dire qu'on était un échec. Ou peut-être que toi, mais peu importe. Il est pas si con, contrairement à toi, et j'ai bien envie d'en savoir plus sur l'homme qui est payé pour te sortir des trucs comme ça.

« Je présume que ce n'est pas utile d'insister sur la différence entre celui qui chouine et celui qui est face à vous, je ne vous ferai pas cette offense. » Je vous en ferai bien d'autres, sans doute, mais pas celle de vous prendre pour un con. Celle là, j'oserais pas. Même moi. Je m'avance lentement vers les sièges pour reprendre le fauteuil encore chaud qui épouse mes formes à merveilles.

Mes billes toujours dans les siennes, leur noirceur en premier plan, je prends une seconde pour admirer le décors, sérieusement clinquant. La première fois, je n'avais pas vraiment pris le temps. Et puis finalement, j'ouvre à nouveau la bouche. « Bon, maintenant qu'on peut parler d'homme à homme, vous me dîtes à quoi vous jouer ? Parce que, sans vouloir vous vexer, votre petit discours là, il avait beau être vrai, ce n'était pas vraiment ce qu'il fallait pour aider notre ami. » Je ris à ma propre remarque, tu parles d'un ami. « Mais, autant j'aime le voir torturé et ce genre de chose, autant j'ai besoin de lui en vie pour exister. Ça fait un peu partie de contrat. Alors si vous pouviez éviter de nous le pousser au suicide vous seriez bien aimable. »

C'est qu'on sortirait les grands mots. Mais il faut dire que c'est un grand jour. Le premier depuis bien trop longtemps pendant lequel je peux librement parler sans tordre le cou de mon interlocuteur. D'ailleurs, aujourd'hui, je remarque qu'il n'a même pas pris le soin de mettre une plume dans le sweat-shirt. Il croyait vraiment pouvoir passer une journée en se passant de moi ? Peu importe. Je me concentre à nouveau sur ce bon docteur, et d'un air franc, direct, tandis que j'attrape la tasse devant moi, je lui demande.

« Et donc, à part pousser vos patients au suicide, vous avez d'autres talents ? Parce qu'avec moi je ne suis pas certain que ce soit la bonne approche. » Un petit rappel du souvenir qui nous lie. J'ai bien plus de force depuis, l'autre en a beaucoup moins. Je ne me laisserai pas vider de mon sang, je ne perdrai pas mon sang-froid, oh non, pas cette fois. Vraiment pas. Alors c'était le moment de vérité. Savoir si j'avais raison de laisser une chance à celui qui avait été capable de me surprendre quelques minutes auparavant ou si je me méprenais complètement. Il faut dire que je côtoyais trop peu de vivants sur le long terme pour avoir une certitude quant à mes instincts. C'est pour cela, qu'en attendant une simple réponse, un début de vérité, une nouvelle facette de mon ami costumé, j'en profitais pour m'enfoncer dans ce siège bien confortable, me délectant du liquide entre mes lèvres. Les miennes. Enfin.

Et visiblement pour un bon moment. Puisqu'il a baissé les bras, et certainement pas moi.

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MessageSujet: Re: Left Behind ▬ Noah.   Mar 10 Mai - 1:06



Son regard était toujours posé sur le dos de son patient, sur le point de partir. Sur ces épaules fuyantes, sur cette colonne vertébrale courbée en avant sous le poids de toutes ses névroses, ses anxiétés, sa dépression. Il y avait fort à parier que s'il avait été seul, à proprement parler, cette carrure était celle d'un homme qui n'allait pas tarder à se foutre en l'air. Il suffisait d'un pas, d'un seul petit pas, pour qu'il sorte de l'appartement, s'enfonce dans la nuit noire, se trouve un pont suffisamment haut pour faire l'affaire et finisse par se jeter du haut de ce dernier, une dernière pensée fuyante, larmoyante, dirigée vers cette soeur indigne qu'il aimait tellement. Certes, ce n'était pas dans l'intérêt de Noah de laisser filer un patient dans un tel état, de le laisser seul, on pouvait le poursuivre pour négligence voire non assistance à personne en danger. Mais qui se soucierait d'Axl Hartley, maintenant qu'il n'avait plus sa sacro sainte soeur pour l'assister dans le moindre de ses actes ? Personne. D'autant qu'il n'avait pas non plus d'intérêt sur le plan financier. Axl ne lui payait aucune de ses séances, sa soeur s'étant arrangée pour prévoir un règlement à l'amiable qu'elle aurait assuré elle-même, au détour d'un couloir, lorsqu'ils se seraient retrouvés. Le problème étant que Vixen, sainte Vixen, maudite Vixen, avait disparu dans la nature et était probablement soit à l'autre bout du pays, soit en train de servir de buffet à volonté pour une kyrielle de bêtes, poissons ou insectes, à l'heure actuelle. Autant dire qu'il ne verrait jamais son argent.
Conséquemment, Axl n'avait aucune valeur réelle à ses yeux. Il avait donc le droit de le pousser dans ses derniers retranchements juste pour voir ce que ça pouvait donner, sans se soucier des conséquences. Un jouet, que le psychiatre s'amusait ainsi à briser dans le but de voir ce qu'il pourrait donner une fois libéré de ses dernières cordes. Une marionnette maintenant sans aucun liens qui s'était arrêtée sur le pas de la porte, réactive à ses mots, ses mensonges, de la manière la plus délicieuse qui soit.

Noah avait perçu un changement dans l'air, dans la stature même de ce dos qu'il fixait avec curiosité. Un mouvement nerveux, presque imperceptible, avait agité ses épaules, et il les avait vues s'affermir progressivement à mesure que le jeune dépressif se redressait. C'était ça, le spectacle qu'il attendait.
C'était lui qu'il attendait.

Bonsoir, Axl.

Un regard céruléen, glacial, se posa finalement sur le psychiatre, scrutateur, presque inquisiteur, provoquant un frisson d'excitation le long de sa peau. C'était lui qu'il voulait voir, oui. C'était lui qui l'intéressait, cet autre Axl, la deuxième facette de cette pièce, ce côté résolument plus sombre et puissant que celui qu'affichait normalement le jeune homme. Une aura destructrice entourait maintenant Hartley, la même qu'il avait ressentie lors de leur toute première entrevue. L'homme fontaine n'était plus devenu qu'homme, et l'homme n'était plus qu'animal, primaire. C'était lui, oui, lui qu'il voulait entendre, qu'il voulait disséquer jusqu'aux tréfonds de son abjecte âme, mû d'une jubilation si profonde qu'elle étira une ombre de rictus satisfait sur les traits fins de l'Italien.
Reprenant sa position de psychiatre avec un plaisir sans pareille, il suivit son évolution dans la pièce du regard, satisfait de le voir aussi intrigué que lui. Ainsi les deux faces étaient plus ou moins conscientes de l'autre. Lui, en tout cas, faisait preuve d'une perception à ce que vivait l'autre Axl sans pareille, encore jamais vue dans le domaine de la schizophrénie. Une entité à part entière, qui savait parfaitement tout ce qu'il se passait sans être nécessairement en contrôle. Il voulait le pousser, lui aussi, voir jusqu'où il pouvait aller. Aussi le laissa-t-il parler, se baignant de chaque mot, de chaque parole, sans intervenir. Seul ce léger sourire trahissait son état d'esprit. Douce satisfaction d'avoir enfin un pair dans cette pièce.

-Le pousser dans les tréfonds de l'abime était le seul moyen pour vous permettre de sortir, un mal nécessaire, malheureusement. D'autant que notre première rencontre m'a permis d'évaluer que son degré de conscience lorsque vous sortez est infime voir nul. Pour son intérêt, et vu son état d'esprit actuel, avec la disparition de votre sœur, il semblait plus judicieux de faire ressortir le côté combatif de sa psyché. Ergo : vous.

Pourquoi passer par quatre chemins maintenant qu'il avait un homme doté de raison et de suffisamment de détachement émotionnel pour ne pas se répandre en larmoiements à ses pieds ? Axl était une perte de temps considérable, pour tout psychiatre qui se respecte. Cet Axl là, en revanche, était nettement plus profitable à l'un comme à l'autre. Pour une fois que son discours n'était ni rôdé, ni empreint de commisération mais juste ses pensées véritables, il n'allait pas s'empêtrer de la même "compassion" dont il faisait montre habituellement. Savourant de le voir prendre autant ses aises, se réjouissant même de cette puissance sourde, nettement plus contrôlée, qu'avait son interlocuteur, Noah en profita pour se lover plus confortablement dans son fauteuil et croisa ses jambes. Ses doigts tapotèrent tout aussi tranquillement l'accoudoir à leur portée, alors qu'il écoutait. Pousser ses patients au suicide, s'il savait. Au moins celui-là était bien moins naïf que le principal, d'Axl. Plus rafraîchissant aussi.

-En toute sincérité, vous me fascinez. D'un point de vue purement professionnel, s'entend. Vous êtes parfaitement conscient de votre cohabitation avec l'autre Axl, et lui êtes diamétralement opposé. Je pense ainsi que votre présence actuelle peut profiter à toute l'assemblée, tant à vous qu'à moi, sans parler de votre autre personnalité. Vous semblez bien plus en mesure de vous contrôler que la dernière fois, d'ailleurs. J'en déduis que nous sommes donc résolument seuls, un état que j'entends vous aider à maintenir, si vous m'y autorisez.

Jouer cartes sur tables aussi tôt n'était probablement pas la bonne alternative. Mais Noah n'était pas du genre à attendre un troisième hypothétique rendez-vous pour conclure. Pas quand l'opportunité se présentait aussi rarement. Il comptait la saisir au vol, mais pour cela il avait besoin d'aiguiser la curiosité de son interlocuteur. Et quoi de mieux que de lui proposer directement ce qu'il désirait, sans apparente contrepartie ?
Bien sûr, il y en avait une. Et il se doutait bien que l'autre ne serait pas aussi dupe que son alter-ego, qu'il se méfiait suffisamment pour comprendre qu'effectivement il aurait également un prix à payer de son côté. Avec une lenteur désinvolte, le psychiatre se pencha pour attraper sa propre tasse de thé, la sirotant avec délice sans rompre le contact oculaire. Il savait qu'il avait son attention. Mais chaque chose venait à point nommé. Pas avant. Pas après. Il attendit ainsi que la porcelaine retrouve le dessous de verre, sur la table basse, attendit de reprendre sa position confortable avant de poursuivre ses élucubrations.

-Je souhaite que ces entrevues nous soient aussi profitables à l'un qu'à l'autre. Votre soeur s'était engagée à me payer, et elle ne le fera manifestement plus, vue son absence. En revanche continuer à nous voir peut compenser ce manquement, même gratuitement, pour peu que ce soit avec vous que je puisse communiquer plutôt que votre alter ego. Lui n'a malheureusement pas le même attrait que vous. Je peux effectivement lui permettre d'aller mieux, mais cela ne serait bénéfique ni pour vous, ni pour moi. Le garder constamment sur le fil du rasoir, toutefois, peut être l'occasion de vous permettre de faire surface plus aisément, et ainsi servir nos intérêts communs.

Une fois de plus, il déballait l'éventail des possibilités sans toutefois s'arrêter sur le prix qu'il allait en coûter à Axl. A l'heure actuelle, il souhaitait surtout savoir si cette proposition pouvait intéresser son potentiel nouveau partenaire. Son jouet, plutôt. Si tel n'était pas le cas, il renforcerait Axl pour lutter contre lui, et le reléguer dans le plan de conscience où était sa place. Si par contre il acceptait, là, il aurait à payer un prix. Une loyauté indéfectible, sans fard, sur laquelle le sorcier pouvait facilement exercer sa domination.
Après tout, il n'était pas difficile de faire entendre des voix à un esprit torturé. Il n'était pas difficile non plus de provoquer l'illusion du crime le plus abject que pourrait commettre Hartley, comme... Mutiler complètement sa soeur bien aimée, encore vivante. Ce n'était là encore qu'un exemple.

Cessant de tapoter des doigts sur l'accoudoir, Noah finit par les entremêler sur son genou, adressant un sourire d'une sincérité profonde à son interlocuteur, bien loin des fausses expressions compatissantes qu'il servait d'ordinaire au pleureur.

-Je suis également curieux de savoir à quoi vous employez toute cette puissance qui vous caractérise. Il émane de vous une force incroyable, presque incontrôlable, qui m'intrigue résolument. Une force que nous pouvons à tous les deux canaliser si besoin est, pour ne la faire ressortir qu'aux moments les plus importants. Si vous êtes d'accord, bien évidemment.


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MessageSujet: Re: Left Behind ▬ Noah.   Mer 11 Mai - 18:35

Le psychiatre parle beaucoup. Il parle bien. Il utilise les mots avec un savoir qui me dépasse de loin. Je ne suis pas des plus à l'aise en société – j'ai pas non plus eu trop l'occasion de vivre en société, faut être honnête. Je lève ma tasse lorsqu'il me parle de mal nécessaire pour me faire sortir de mon petit trou sombre. Houra à ça. Il me parle d'intérêt mutuel, il me parle de Vixen. Il me parle de l'état du suicidaire et je souris.

Judicieux de me mettre en avant, c'était une grande première je dois dire. Personne ne m'avait fait ce compliment. Et puis l'homme continue, avec ses mots bien choisis, bien parlés. Je l'écoute, je suis fascinant, faut peut-être pas pousser. Il me lance des fleurs, j'espère qu'il en attend pas trop en retour, parce qu'à part lui offrir un cœur encore battant arraché de la poitrine du premier venu, j'ai pas grand chose à lui proposer. Je ne suis pas très fleur, comme mec. Et puis il fait la remarque qui tue. Je suis en mesure de me contrôler cette fois-ci. Je souris, plante mes prunelles bleues dans les siennes. « Touché. » Il était observateur, le bonhomme. Peut-être pas un excellent psychiatre pour l'autre tâche, mais un sacré bon observateur. Je continue à boire lentement le liquide qui coule avec une douceur que je ne connais que trop peu dans ma gorge, et puis finalement, alors qu'il ouvre à nouveau la bouche, je dépose la tasse et me réinstalle un peu plus profondément dans le fauteuil confortable pour l'écouter.

Un rire s'échappe d'entre mes lèvres. Le faire aller mieux ne nous serait profitable ni à l'un ni à l'autre. C'est assez pessimiste comme théorie. Moi qui croyais qu'on pourrait vivre tous ensemble dans un monde merveilleux. Je ne commente pas tout de suite, j'attends qu'il ait fini son discours. Il avait beau ne pas l'avoir travaillé, et moi ne pas en avoir entendu des tonnes, celui-ci valait son pesant d'or sans aucun doute. Et puis finalement, il s'adresse à moi, à qui je suis moi, à comment je fonctionne moi. Je frotte mes mains l'une dans l'autre, me délecte des sensations de la liberté pour finalement me racler la gorge et répondre d'une voix d'un calme froid, mais absolument pas distant. La voix qui me ressemble le mieux, à moi, et définitivement pas à lui.

« C'est un bien beau discours ça, Doc'. Personne peut le nier, surtout pas moi. Vous savez y faire avec les mots. C'est d'autant plus drôle après avoir entendu votre charabia monstrueux envers mon camarade. Alors soyons honnête, une toute petite seconde, pourquoi vous croire ? Qui me dit que vous ne cherchez pas juste à me manipuler, comme vous le faites si bien avec lui ? Je suis loin d'être aussi stupide que lui, mais loin d'être aussi malin que vous. Il faut dire que vous avez plus d'expériences en relation humaine que moi. »

Je marque une pause, croise mes genoux et avance mon buste pour lui faire un peu plus face et observer le moindre de ses petits traits avant de reprendre. « Vous savez, je n'ai pas grand intérêt à ce qu'il soit au bord du suicide, parce que même au meilleur de sa forme, il n'a aucune volonté, et comme vous l'avez souligné, le départ de l'autre conne ne va pas arranger sa situation. Mais assez parlé de lui, parlons de nous, c'est bien plus intéressant. Vous semblez capable de le pousser à bout assez facilement. C'est la première fois dans ma petite existence que je me retrouve face au même être humain deux fois d'affilé. On peut dire que vous l'avez sacrément bien cerné. Mais, excusez-moi, lorsque vous parlez d'intérêt commun, je ne vous suis pas. Certes, j'ai bien entendu le fait que j'étais fascinant – merci pour ça, mais j'imagine que je suis loin d'être le seul. Alors Doc', qu'est-ce que vous voulez réellement faire de moi ? »

Je reprends la tasse, bois une gorgée, me réinstalle, et lui souris tendrement. « Je suis déjà à la merci d'une personne, je n'ai pas spécialement envie de m'engager dans une nouvelle relation sans en savoir réellement tout. Alors, on va faire ça, vous voulez bien ? Je vais être totalement honnête sur qui je suis, sur ma façon de fonctionner et ce que vous voulez savoir, et vous, vous allez être honnête à votre tour. Si vous tenez réellement à ce qu'on fasse un bout de chemin vous et moi, c'est le mieux. Vous l'avez sans doute remarqué, j'aime pas trop qu'on me prenne pour un con. »

Un sourire un peu plus appuyé avant de revenir à la normale, je remets le sweat-shirt en place et soupire une seconde. Ce que ça fait du bien d'être seul, de sentir ce corps rien que pour moi sans que l'autre se batte pour reprendre la place. Me remettant les cheveux en place, je claque mes mains avant de les serrer l'une dans l'autre et de reprendre. Je crois n'avoir jamais autant parlé de toute ma vie.

« Puisque vous m'avez fait l'honneur de me faire sortir de mon trou, je vais commencer. Pour répondre à votre question, tout ce qui me caractérise, je l'utilise d'ordinaire à une violence délicieuse qui s'ensuit généralement d'une mort douloureuse. Vous savez, Doc', l'idiot et moi, on cohabite depuis toujours et il a jamais été un grand fan de moi. Des psychiatres et des thérapies, on en a suivi plus d'une – pas des comme la vôtre, assurément. Y a des périodes où il m'a plus accepté que d'autres. Mais globalement, il a toujours tout fait pour rester loin de la violence et ce qui pouvait déclencher de la haine en lui, parce qu'il savait que j'étais là. Mais ça, c'était jusqu'à ce que cet idiot décide de rejoindre la salope, sa sœur. » Je ris, jaune, serre les mâchoires. Je hais cette Vixen, je la déteste plus que n'importe qui dans ce monde. « Cette merveilleuse demoiselle connaît parfaitement la condition de son frère, je veux dire, elle est tout de même la première raison pour laquelle il ne m'acceptait pas. Et pourtant, elle l'a poussé à tuer. Elle l'a convaincu que c'était une bonne chose et que cette fois ça irait. Franchement, c'était assez ridicule. Lui, naïf comme il est, il a pas voulu la décevoir. Et évidemment, ça n'a pas exactement tourné à son avantage. »

Je marque une pause pour baisser les yeux. Si l'idiot avec lequel je cohabite m'agace au plus haut point, je ne l'ai jamais haï, je pense ne pas le pouvoir. Mais elle. Putain, pourquoi il s'est senti obligé de la rejoindre. « Du coup, ça a été le grand retour pour moi, mais il m'a encore plus rejeté qu'avant, de peur de sa réaction si elle se rendait compte. Et la suite vous la connaissez. Elle vous a demandé de le recevoir, et nous voilà aujourd'hui. Je secoue légèrement la tête avant de reprendre dans un soupir. Tout ça pour dire que je ne suis usuellement là que dans les moments de violence extrême d'Axl. Il ne supporte pas de devenir si mauvais, je prends ce rôle là. Mais depuis le départ de son abrutie de sœur, il ne se supporte plus tout court, alors mon influence est plus grande. Je prends plus le contrôle, et honnêtement, à part tuer des gens et apprécier la vue du sang, je ne sais pas faire grand chose. Alors je ne sais pas trop quoi faire avec ce nouveau statut. »

Et je n'avais jamais autant parlé de toute ma vie. Pas à quelqu'un d'autre qu'Axl. Jamais. Pas de tous les mots mis les uns à côté des autres. Je roule des yeux à cette pensée, qu'est-ce qu'on en a à foutre. Sérieusement, c'est bien des problèmes d'humains de s'inquiéter de sa vie sociale. J'en ai rien à foutre et je n'ai certainement pas envie que ça change. « Voilà, Doc', vous savez tout. Et donc, j'ai le droit à mon tour de savoir ce que vous cherchez vraiment avec moi ? Vous comptez me dire ce qui vous semble si intéressant chez moi ? Et surtout, vous, pourquoi vous, quel est vôtre intérêt dans tout ça ? Je suis tout ouïe. »

J'avais visiblement tout mon temps. L'autre ne faisait pas un bruit, pour peu, je me serai cru seul dans un corps qui n'appartenait qu'à moi. Mais ma mémoire n'était pas si courte, et j'avais passé bien trop de temps dans son ombre pour l'oublier. Alors là, j'en profitais, pour être le seul interlocuteur de la conversation. Le seul qui pouvait poser des questions, s'en souvenir, créer quelque chose. Et vu l'homme en face de moi, je n'avais aucun doute sur le fait que ce n'était certainement pas la dernière fois que l'on se verrait.

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MessageSujet: Re: Left Behind ▬ Noah.   Mer 1 Juin - 2:38



Il avait réussi à capter son attention, cette fois-ci. Pas à provoquer sa fureur, pas à réveiller son instinct de protection, mais bien à provoquer une once de réflexion dans cette personnalité ombrageuse. Un exploit s'il en était, et duquel il se gargarisait non sans plaisir, ayant été l'homme capable d'une telle prouesse. Car il se doutait bien que cet aspect là d'Axl ne devait pas ressortir très souvent, sinon dans des conditions données, particulières, surtout vu la violence qui le caractérisait. Et c'était lui, Noah Meadow, qui avait réussi à le faire ressortir par deux fois sans une seule fois risquer sa peau. Une fierté qu'il ne pouvait partager avec personne, bien que cela ne fut pas un inconvénient majeur dans sa victoire personnelle. Parce que, sans compter un pair à qui faire part de cette petite prouesse, il restait qu'il était maintenant l'occasion de faire de misère bonne fortune.
Il lui appartenait de définir des termes d'un contrat qui pouvait s'avérer aussi fructueux pour l'un que pour l'autre, pour peu que le deuxième Axl soit réceptif à ce type de négociations. Un aspect duquel il ne doutait pas une seconde. L'autre était bien disposé à discuter, en cet instant. Il était disposé à profiter de sa propre puissance, de sa domination sur sa personnalité principale. Alors autant le laisser prendre sa place. Le laisser endosser son costume de chairs, prendre toute connaissance de chacune des sensations, de l'étendue de son propre corps. De son propre pouvoir. Ca aussi, ça faisait partie du contrat que Noah souhaitait lui proposer. Toujours plus de place. Mais qui ne viendrait pas sans un prix.
Tout se négocie en ce bas monde. En tous temps, en tous lieux. Tout s'est toujours négocié, jusqu'aux corps, jusqu'aux âmes. Il n'y avait pas de raisons que cette soirée soit différente.

Manifestement, son nouvel ami avait l'intention de s'épancher comme de rester aussi longtemps qu'il le pourrait. Une intention partagée par le psychiatre, qui le laissa parler, écoutant attentivement chacune de ses paroles. La personnalité, outre son intérêt manifeste d'un point de vue professionnel, était distrayante. Le réalisme fracassant avec lequel elle s'exprimait, cette violence, sourde, se cachant à chacune de ses tournures de phrases, lui conféraient un potentiel sympathie non négligeable. Probablement parce que Noah ressentait ses idées d'une manière foncièrement similaire. Axl n'était pas méchant, en soit. Il était juste d'une médiocrité qui frôlait l'affligeant, avec un fort potentiel au pathos qui pouvait quelques fois porter sur les nerfs. C'était un euphémisme. Mais si Noah se délectait d'un fait en particulier, c'était du ressentiment qu'éprouvait son nouveau compagnon vis à vis de Vixen Hartley. Une créature toute aussi pathétique qui, souhaitant oeuvrer pour son propre bien, n'avait rien trouvé de mieux que confronter son petit frère déjà en difficulté à ses propres abjections. Ses propres démons.
Et l'autre stronzo qui était persuadé que sa Sainte Soeur ne pensait à lui qu'avec compassion et amour. Même pour quelqu'un comme Noah, qui n'avait pas particulièrement d'affection pour le genre humain, c'était une aberration. Mais il n'en attendait pas moins de quelqu'un qui s'appelait Vixen, sans jamais avoir osé changer son prénom à l'état civil une seule fois dans sa vie.
On n'a que ce que l'on mérite.

Les doigts posés en pyramide sur ses cuisses, il esquissa un sourire de connivence aux injures de son interlocuteur, trahissant le fond de sa propre pensée au passage. Pourquoi nier sa propre horreur de la jeune femme à un compère qui ressentait exactement la même chose que lui à son égard ? Et même. Peut-être que prouver qu'ils parlaient d'égal à égal de ce côté là pouvait lui être bénéfique, dans la négociation à venir. Unis contre elle, ils ne pouvaient qu'en ressortir plus forts l'un contre l'autre. D'autant qu'elle pouvait servir d'argument à chacun des deux partis pour convaincre l'autre personnalité d'Axl, plus faible, plus sentimentale, de lâcher prise pour faire ressortir son côté le plus intéressant.

Le monologue de son comparse toucha à sa fin, après de longues minutes qu'il avait clairement savourées autant que possible. Noah n'était pas surpris. Dieu seul savait combien de temps cet homme avait passé enfermé dans le corps de Hartley sans la moindre possibilité de s'exprimer avec qui que ce soit d'autre que son alter-ego. Ne sortir que pour tuer, pour se délecter de la vue du sang, puis revenir sagement dans sa cage. En tous points, le jeune homme était un animal sauvage, dompté à la force du fouet, contraint par lui-même comme le joug de Vixen Hartley. Un de ses deux prédateurs s'était lui-même évanoui de la surface de la planète, et les chances que Vixen revienne fondaient comme neige au soleil à mesure que les heures filaient. Noah n'avait aucun doute quant au fait qu'elle ne revienne jamais. Rongée par le remord. Quelle chienne.

Le psychiatre finit par s'illuminer d'un rictus et tendit ses bras pour attraper son propre genou, d'une attitude qui témoignait sa profonde délectation quant à la discussion en cours. Tout ce monologue avait été, en prime d'intéressant, extrêmement distrayant. De ce type d'amusement dont font preuve les psychopathes naturels, leurs récits toujours plus passionnants que ceux du commun des mortels. Conscient qu'il était à présent à son tour de parler, il prit son temps. Sa langue claqua de délice, et son regard clair, limpide, se vissa aussitôt à celui de son patient. Il souhaitait de l'honnêteté. Et Noah n'avait justement que cela à donner. Au moins ils étaient déjà sur un terrain profitable à l'entente.

-Vous avez clairement défini les conditions de notre discussion, aussi ne vois-je aucun inconvénient à être parfaitement honnête avec vous. Axl en l'état actuel est quelqu'un de faible, qui ne présente que peu d'intérêt d'un point de vue à la fois scientifique et personnel. Alors que vous, vous êtes un être en devenir, qui prend nettement plus de place et de potentiel dans ce monde.

Il marqua un temps de pause, le temps de rassembler ses pensées. Quand bien même il savait déjà où il voulait amener la conversation, il se doutait bien qu'il avait en face de lui un être intelligent, à l'esprit bien plus fin que son alter-ego. Les prédateurs n'ont, après tout, pas seulement la force de leurs griffes sur laquelle compter. Leur intelligence n'est pas à négliger. Jamais.

-Si j'ai bien compris, Vixen Hartley vous exploitait tant l'un que l'autre en ayant parfaitement conscience de votre dualité. Un point sur lequel nous pouvons jouer, vous et moi, pour provoquer votre prise de contrôle sur votre colocataire à un moment donné, et si nécessaire. Car ses trahisons répétées à son égard n'ont contribué qu'à la destruction complète de ses défenses, mais je n'ai pas besoin de vous en convaincre. Vous l'avez remarqué vous-même.

Son rictus s'élargit, dévoilant ses dents blanches, alors qu'il battait du pied dans l'air, à un rythme connu que de lui seul. Il pouvait la sentir, la palper, la puissance qui émanait du jeune homme. Une puissance qu'il voudrait exploiter au mieux.

-C'est votre nouveau statut qui m'intéresse tout particulièrement. Comme vous l'avez vous-même mentionné, vous êtes sous le contrôle de plusieurs personnes. Toutefois avec cette liberté conditionnelle que vous possédez à présent, vous avez la possibilité de vous libérer de leur joug respectif. En toute honnêteté, je ne pense pas que Vixen revienne un jour, cela l'enlève donc de l'équation, et enlève donc le contrôle qu'elle possède tant sur vous que sur Axl. Dès lors, que faire de vous-même ? Continuer de tuer sans but, ou chercher à canaliser cette puissance qui sourde en vous, afin de profiter de chaque instant, et de vous affirmer d'avantage ?
C'est là que j'entre en jeu. Mes intérêts sont tant scientifiques que personnels. Je ne souhaite en aucun cas vous contrôler comme Vixen a pu le faire. En revanche je souhaite vous proposer un arrangement qui puisse nous être profitable à l'un comme à l'autre.


Ce disant, le sorcier s'était penché dans la direction de son interlocuteur, ne relâchant pas une seule fois le regard clair de ce dernier. Une intensité voulue, sincère pour autant. Il n'allait pas lui mentir. Cela ne servirait à strictement rien.
Il prit une inspiration, et posa finalement cartes sur table.

-Vous l'avez remarqué, je ne suis pas un psychiatre conventionnel. Et si je suis reconnu dans ma profession, ce n'est pas le commun des mortels qui m'intéresse. Ils m'ennuient profondément, quand bien même ils sont ceux qui me font vivre. Il y a toutefois un aspect de ma personne dont vous ne vous doutez certainement pas...

Soulevant sa main pour attirer l'attention de son patient, il opéra quelques volutes graciles avec ses doigts avant d'abattre brutalement sa paume sur l'accoudoir. Sa concentration poussée au maximum, il créa de toutes pièces l'illusion de chacun des murs de l'appartement explosant sous l'onde de choc, les fenêtres, les bibliothèques volant en éclats. Une bourrasque de vent illusoire lécha les débris, les deux hommes avant d'éteindre la flamme du feu pourtant encore vif dans la cheminée. La fumée envahit la pièce, lourde, épaisse. Quand elle s'envola, le salon était revenu à la normale, et Noah se réinstalla confortablement dans son fauteuil, un léger sourire au creux des lèvres.

-Cela ne vous surprendra pas d'apprendre que je n'ai pas que des amis, du fait de cette petite aptitude supplémentaire. Là est ma requête. J'aurais besoin de quelqu'un comme vous pour assurer ma protection, en quelques rares occasions. Du fait de votre liberté tout juste retrouvée, je comprends aisément que la perspective de vous retrouver enchaîné à nouveau ne soit pas attrayante. Mais soyez assuré que ce n'est pas le but de ma proposition. Je suis certain que vous ne serez au sommet de vos aptitudes que lorsque vous serez en pleine possession de vos moyens, ce qui signifie également que vous canalisiez vos propres pulsions. Et ça, c'est mon domaine.
Voilà donc ma proposition : votre aide contre la mienne. Je prendrai soin d'Axl tout en garantissant votre place propre, en vous offrant une porte d'accès à votre propre corps de manière plus fréquente. Une toute petite faille dans sa psyché que vous comme moi pourrons exploiter à volonté, vous permettant ainsi de reprendre à votre guise possession de votre corps. En échange, j'aurai des cibles à vous donner pour laisser libre cours à vos pulsions, dans notre intérêt commun.


Compte tenu de tout ce que l'être avait déclaré plus tôt, Noah n'avait aucun doute quant à la teneur de ce que Vixen lui faisait faire. Mais se doutait-il seulement que la frustration qu'apportaient ses interventions sporadiques risquait d'amenuiser son propre plaisir ? Les pulsions. Les addictions. Noah appréciait tout particulièrement ce domaine, pour en pâtir également. On se laissait si vite griser par la sensation de toute puissance.

-Voilà donc les termes de l'accord que je vous propose. Une maîtrise de vos instants de présence, du plaisir qui découle tant de cela que de la canalisation de vos propres pulsions, contre quelques menus services sporadiques. Qu'en pensez-vous ?

Tout était dit, maintenant. Restait à ce que cet Axl finisse par prendre sa décision.



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MessageSujet: Re: Left Behind ▬ Noah.   Jeu 16 Juin - 4:29

Je restais incroyablement surpris de cette capacité à débiter tant de mots. Jamais je ne l'avais fait, et jamais je n'aurais cru que cela puisse me plaire. Peut-être était-ce simplement la présence du psychiatre et de cette aura si spéciale qu'il dégageait, ou peut-être était-ce parce que pour la toute première fois, j'étais complètement moi. Entièrement moi. C'était à la fois fascinant et déroutant. Je n'étais pas sûr de savoir appréciait ce sentiment à sa juste valeur et quelque chose me gênait sans comprendre quoi.

Le silence qui s'installe entre le docteur et moi me plaît. Cet instant de répit, de calme, durant lequel je retrouve finalement un terrain que je connais, que j'apprécie, me calme. Il m'apaise et réduit un stress que je n'ai jamais connu. Sans doute une des tares d'avoir un corps qui nous appartient. Peut-être un peu trop tôt pour le dire. Pourtant, c'est des questions qui me viennent en tête, que j'aimerais poser à l'homme face à moi sans oser. Je n'ai pas envie de me sentir humain, encore moins mortel. J'aime mon statut et ne ressent pas le besoin d'en embrasser un autre.

Je respire lentement, me délecte par ailleurs toujours autant de cette sensation de l'air qui rentre et s'étale lentement dans mes poumons alors que l'autre finit par ouvrir la bouche dans cet écho que je découvre. Je laisse mon regard dans le sien, observe le moindre mouvement, même infime sur son visage, découvre l'humain comme je ne le connais pas : vivant. Je comprends chacun des mots qu'il me dit, les réfléchis, les étudie et les décortique. J'ai besoin d'être sûr, de ne pas faire d'erreur. C'est comme un examen, celui de savoir si je peux être une évolution de ce que j'étais déjà. Les paroles qui parviennent à mon cerveau, les termes, être en devenir, m'étalent un sourire sur le visage. Un sourire que je découvre aussi, non feint, non joueur. Sincère, flatté. Quelqu'un croit en moi. Je ne me méprends pas, il en a sans doute des intérêts que je ne soupçonne pas, mais il n'empêche que c'est sur moi qu'il mise, en cet instant.

Et j'apprécie le sentiment. La pause qu'il marque m'interpelle. Je tourne légèrement le visage, cherche des signes sur ce dernier. Comprendre ce qu'il pense, ce qu'il peut bien se passer dans sa tête. Mais je suis loin d'être professionnel en relations humaines, aussi, je ne vois rien. Des micro-expressions que je me vois incapable d'interpréter. Aussi, lorsqu'il reprend la parole, je l'écoute encore un peu plus attentivement. Voulant être sûr de tout capter, tout attraper, quitte à le comprendre plus tard. Après tout, ce n'est pas du temps de réflexion qui me manque. Je ne l'interrompt pas, respecte son discours tout en acquiesçant ce que sa langue claque afin qu'il continue dans sa lancée.

Parce qu'il a raison, et il a beau être un très mauvais psychiatre pour mon double, il l'a, et nous a, très bien cerné. Cette facilité avec laquelle il jette Vixen dans les rebuts me procure un plaisir que je ne cache pas, l'autre pourrait très bien y réagir, d'ordinaire il l'aurait fait, mais je crois que le psychiatre l'a mis bien plus profond que je n'ai jamais pu l'être, ou bien il a baissé les bras pour ce soir. Pour notre survie. Il n'est pas si stupide après tout.

Mes yeux se posent un instant sur sa jambe qui bat en rythme, un instinct de protection, une sorte de pulsion, me donne envie de me retirer. Comme si il pouvait avoir un pouvoir sur moi sans que je ne comprenne quoi. Il me rappelle quelque chose sans que je sache quoi. Mais sans avoir le temps de fouiller dans notre mémoire, sa voix prend à nouveau toute la pièce et je suis le centre de son discours. Il parle de liberté, et mon sourcil se hausse. Il sait parler, sait quoi toucher. Il sait où taper pour me rendre attentif, et c'est d'une oreille absolue que je l'écoute désormais. Je croise mes bras sur ma poitrine, écoute ses théories, les analyses en silence, et attends la suite comme un enfant à qui l'on promet une sucette ou un nouveau jouet.

Je hoche la tête à plusieurs reprises, me pose certaines questions que je préfère garder de côté, toujours dans ce respect du discours de l'autre quand finalement il bouge, m'interpelle du regard et débite cette fois-ci des mots que je ne comprends pas sur l'instant. Ce qui semble être beaucoup plus impersonnel devient très vite l'inverse, et à cet instant, posé sur lui. Une révélation de son côté. Mon cœur s'emballe à cette idée, mais mon visage reste de marbre. Seule cette étincelle de curiosité vient piquer mon regard pour quiconque l'observe attentivement. Je suis son geste de mes pupilles bleues, arque à nouveau un sourcil sans comprendre, tout en aillant ce sentiment de déjà vu, et observe un sentiment nouveau, jusque là inconnu. Tout autour de nous explose, éclate, s'envole. L'apocalypse nouvelle version. Mon regard se balade dans la pièce, observe les objets, et ne s'arrête plus sur mon interlocuteur.

Fasciné, c'est le mot. Sans un sentiment de danger, pas même minime, je laisse les sentiments m'envahir et mes yeux se perdre sur le moindre mouvement anormal, jusqu'au feu de cheminée qui se tait brusquement. La fumée qui prend place autour de nous devrait me donner envie de tousser, de la dissimuler, mais rien n'y fait, je reste pantois, sans un mot, spectateur total du phénomène jusqu'à ce que le calme revienne, littéralement après la tempête, et le docteur dans mes iris bleutées encore marquées par ce qu'elles ont vu. Le rictus qui prend place sur mon visage ne ment pas, l'étincelle de curiosité étant devenue flamme dans mes prunelles, je le laisse parler à nouveau, encore intensément pris dans cet épisode qu'il m'a fait vivre.

L'admiration ne me quitte pas, et je comprends finalement qu'il fait partie de ces gens là, de ceux qui peuvent faire de mon double et moi des hôtes pour animaux. Je ne dis mot, l'écoute, l'entends. Le ressentiment que j'ai envers Vixen n'est pas envers sa race. Après tout elle ne nous a pas imposé cette condition, l'autre l'a choisie. Et même si l'Oiseau et moi ne nous entendons que très mal, nous savons coexister. Et tout comme l'Autre, je ne suis pas sûr de vouloir vivre sans le Corbeau à présent. Les mots du docteur m'arrachent un rire silencieux.

Votre aide contre la mienne.

Si j'avais cru pouvoir aider quelqu'un un jour. Je souris à sa proposition. Une liberté enchaînée, mais une liberté quand même. Le psychiatre pose le deal, l'installe et le clarifie à nouveau, attend ma réponse. Une pause que je marque, lente, réfléchie, passant mes yeux dans les siens puis dans cette pièce que j'ai vue partir en lambeau quelques minutes auparavant. Je soupire, et m'avance sur le fauteuil, posant mes coudes sur mes genoux, ma tête entre mes mains. Mes yeux se plissent, comme s'ils cherchaient à le cerner. Chose que je ne ferai jamais complètement, la réciproque étant sans doute vraie.

« Vous êtes quelqu'un d'incroyablement fascinant docteur. Vraiment. Alors vous êtes un Sorcier. » Les mots sont clairs, ma langue se délie toujours avec cette infinie facilité. « Vixen était comme vous. Elle a fait de nous un métamorphe. Mais vous le savez sans doute déjà. » Je défais mon regard, m'installe plus confortablement et reprends. « De toutes façons, là n'est pas la question, n'est-ce pas ? Votre proposition me semble aussi honnête que nous le sommes, et elle me plaît. Je ne vois aucun inconvénient à ce que vous me proposer, cependant, j'ai une dernière requête. Une sorte de preuve de votre bonne foi si vous voulez. »

Je souris, me recule, plante mes yeux dans les siens avant de poursuivre. « Vous pouvez comprendre j'imagine, que vous laisser jouer avec l'esprit de notre ami commun, aussi jouissif cela puisse-t-il être, tant pour vous que pour moi, n'a pas été tout à fait à mon avantage jusqu'à maintenant, comme vous le savez désormais. Alors même si dans notre accord, vous dîtes prendre soin de lui, j'aimerais y ajouter un léger détail. »

Je m'enfonce un peu plus dans le fauteuil, m'étonne toujours de mon vocabulaire et mon énonciation tout en continuant. « J'aimerais, si cela vous est possible, que vous lui rendiez acceptable ma présence, et encore plus sa violence. Peu m'importe la façon. Mais je ne vois pas comment, si le petit réalise qui nous sommes dans son état actuel, nous pourrions rester en vie. Et étonnamment, je tiens beaucoup à rester en vie. »

Je souris à mes propos, et alors que tout semble réglé, les prochaines séances entre ses mains, l'accord accepté je demande, le plus simplement du monde. « Pouvez-vous me dire, comment vous comptez vous y prendre pour que nous puissions mettre tout cela en œuvre ? Cela fait-il aussi appel à vos capacités ? Et... par simple curiosité, votre liste est longue ? »

Je croise à nouveau les bras. L'autre commence à se faire sentir à nouveau. Légèrement, presque invisible si l'on n'y prête pas attention. Mais pourtant, il est là, se réveille, va vouloir reprendre sa place. Pas tout de suite. Mais notre temps est compté désormais. Le surplus d'émotion a du l'éveiller. Aussi, en toute honnêteté, je m'adresse au docteur, sentant la flamme dans mes yeux diminuer à mesure que l'autre respire. « Aussi malheureux soit-il, et aussi triste que j'en suis, croyez-moi, notre temps est compté. Il commence à se réveiller. »

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MessageSujet: Re: Left Behind ▬ Noah.   Dim 31 Juil - 20:10



Ses paroles, pesées, savamment disposées, ont fait mouche. Il le sait, il l'observe avec un intérêt grandissant, dans chacune des mimiques esquissées par son tout nouveau sujet. Une approbation d'abord silencieuse, seulement quelques hochements de tête pour prouver qu'il accordait une once d'intérêt même infime à ses paroles. De leur accord commun pouvaient naître de grandes choses, Noah n'avait absolument aucun doute de ce côté-là. Car avec tant de puissance cumulée entre eux, ils n'avaient au final pas tant de possibilités. Soit s'allier. Soit se détruire.
Et les jeux semblaient être faits avant même que le nouvel Axl n'ouvre la bouche pour confirmer haut et fort ce que tout son corps, toute son attitude semblaient affirmer en silence. Une approbation à peine contenue dans ce regard vipérin, glacial, à des années lumières des larmes constantes et méprisables de l'Axl originel. Le nouvel être était quelqu'un d'intelligent, bien plus que son alter ego. Il savait faire la part des choses, suffisamment du moins pour reconnaître la puissance quand elle venait le gifler en plein visage. Suffisamment pour savoir que dans un monde tel que celui où ils étaient contraints d'évoluer, il n'y avait qu'en s'alliant aux puissants qu'on le devenait, par extension. Pas autrement.
Une preuve de sagesse s'il en était. Et l'assouvissement d'un de ces rares caprices que le psychiatre s'offrait de temps à autres, en réponse à des éléments parfois un peu trop intrusifs dans sa propre vie.

Le gamin pourrait le protéger de potentielles attaques, et cela sans même sourciller. Et si Noah avait une vague idée de ses capacités, il ne put s'empêcher de se demander de quoi cette incarnation était réellement capable. Il avait trahi sa nature plusieurs fois dans le sein calfeutré, secret, de cet appartement. La douce ironie d'être un fossoyeur qui récoltait, d'une certaine manière et de façon purement inconsciente, ses propres pensionnaires. Mine d'or de la violence, il ne pouvait qu'être un allié de choix contre la créature du sorcier. Contre tous ses détracteurs, pour peu qu'ils fussent suffisamment stupides pour révéler ouvertement leur ressenti vis à vis du "respectable" Docteur Meadow.
Un frisson d'excitation dévala l'échine du psychiatre alors que la bouche du jeune homme s'ouvrait sur sa confirmation, scellant définitivement leur accord. Et s'il s'épanchait déjà sur une potentielle condition, Noah ne l'entendait plus que vaguement. Parce qu'il avait accepté. C'était ça l'essentiel, ce à quoi le psychiatre aspirait. Le reste n'était que du détail, une bagatelle sur laquelle il était prêt à passer l'éponge pour peu qu'ils maintiennent leur accord en bonne entente.

-Votre requête est parfaitement raisonnable, pour peu que l'on puisse qualifier notre accord de ce terme. Je suis prêt à y consentir, pour nos intérêts communs. Toutefois au vu de son état émotionnel, je crains que lui faire accepter votre présence, ou tout du moins la tolérer pour commencer, ne soit aussi risqué que de lui mettre directement un couteau aiguisé dans la paume. L'opportunité n'est pas encore tout à fait là, pour être parfaitement honnête avec vous. Mais elle viendra. Je saurai la provoquer, soyez-en assuré.

Oh oui. Oui, il saurait trouver la faille, trouver le tout petit point de rupture dans la psyché d'Axl, l'originel, pour lui faire accepter son alter-ego assassin. Et s'il n'était pas homme à faire preuve de modestie, c'était parce qu'il était en pleine connaissance de ses propres capacités. Axl était au fond du sceau. Au fond d'un gouffre sans fond, prisonnier, prêt à se raccrocher du bout des ongles à la moindre lueur d'espoir que l'on consentirait à lui accorder. Quitte à s'arracher lesdits ongles sur les parois de son gouffre, dans l'espoir naïf, médiocre, de remonter à la surface.
Lui faire miroiter qu'il était justement dans son intérêt, pour son bénéfice, d'accepter pleinement qui il était serait un jeu d'enfant pour le psychiatre. Non seulement car il avait besoin que jaillisse ce soupçon d'espoir, pas assez important pour pouvoir s'y plonger, mais juste suffisant pour le maintenir à flots, mais aussi car il savait pertinemment qu'il était inutile de lutter contre lui même.
On ne gagne pas une partie d'échecs contre soi-même. C'est tout bonnement impossible, tout aussi imprévisible soit l'autre parti de son âme qui manie les pièces de l'échiquier.

Se lovant plus confortablement dans son fauteuil, le sorcier esquissa un sourire amusé à la demande de son nouveau patient. Quelles solutions envisageait-il ? Elles étaient multiples. Variées. Elles comprenaient la parole, alliaient des psychotropes, peut-être même une très légère et infime dose de barbituriques pour faire vaciller ses forces et par là-même sa psyché toute entière. Il ignorait encore lesquelles il allait mettre à contribution. Mais elles seraient là, et les résultats en découleraient. Caressant le rebord ouvragé d'un accoudoir, du bout des doigts, il fit claquer sa langue. La satisfaction de leur accord nouvellement conclu coulait encore le long de sa gorge comme un grand cru, laissant une texture sirupeuse, moelleuse, sur son palais.

-Mes capacités pourraient entrer en jeu, pour peu qu'elles soient réellement nécessaires. Cependant je ne pense pas en avoir besoin pour l'instant, ni même à l'avenir. Les paroles, le regard des gens ont suffisamment d'impact sur votre alter-ego pour le faire plier comme un jeune roseau. Il n'a pas besoin d'illusions pour imaginer les pires scénarios, il en est parfaitement capable seulement avec un peu de persuasion. Alors ne vous inquiétez pas pour lui. Je le maintiendrai. Je l'aiderai, pour peu que l'on puisse qualifier notre arrangement d'aide. Et si votre seule condition est que votre présence lui devienne tolérable tout en restant vivable, alors qu'il en soit ainsi. Alea Jacta Est.

Théâtral, il acheva sa dernière phrase d'un mouvement emphatique de la main, un rictus s'étant étiré à la commissure de ses lèvres ourlées. Une attitude qui justifiait sa partie du deal, celle où cette version inédite d'Axl le protégerait. Car à trop jouer à Dieu il avait réussi à s'attirer les foudres de quelques personnes mal placées, bien évidemment. A trop gratter, on ne tombe pas toujours sur de bonnes surprises. Ou tout simplement les gens finissent par réaliser que leur seul intérêt réside en la malléabilité de leur subconscient.

-La liste n'est pas bien longue, non, rassurez-vous. Seulement quelques pions sur le grand échiquier du monde qui méritent d'être déposés au loin sur le rebord de la table. Même les plus malingres pions peuvent s'avérer dangereux pour la sécurité du roi. Ils me permettront essentiellement d'évaluer votre implication dans notre affaire. Pour peu que les résultats soient vraiment probants, il serait possible que je vous mette sur la piste de plus gros gibier.

Rafaele. Si Axl était aussi dangereux qu'il le prétendait, et s'il faisait ses preuves, il serait peut-être capable de s'attaquer même à ce pion là. La seule véritable épine enfoncée dans sa voûte plantaire, mais une épine suffisamment puissante pour que le sorcier sache pertinemment qu'il ne pouvait pas lutter seul contre lui. Caresser l'espoir du doigt d'enfin lui faire cracher sa dignité à gros caillots était un luxe que Noah pouvait à présent s'offrir. Et indirectement. Personne ne pourrait soupçonner quelqu'un comme Axl.
Personne.

Il finit par se redresser dans un soupir, foulant de nouveau le parquet suranné de son bureau. Ses mains croisées dans son dos, il chassa en quelques pas la chape de fatigue qui avait progressivement raidi ses épaules et sa nuque, après sa petite démonstration. Une tension addictive, plaisante, qu'il redécouvrait avec délice à chaque fois qu'il avait l'occasion de jouer aux illusionnistes. On ne se lasse pas du pouvoir. Tout du moins lui en était purement incapable.
Toutefois leur temps était compté, comme l'avait si bien dit son hôte. La décision était prise, de toutes façons. Le choix était fait, et leur destin scellé par la même occasion. Etait-il encore nécessaire de discuter des termes de leur accord, à présent ? Non. Alors le psychiatre pencha légèrement la tête de côté pour faire craquer ses cervicales avant de poser un regard félin, prédateur, sur son partenaire surprise.

-Nous aurons l'occasion d'approfondir les détails de notre agrément tôt ou tard. Je n'ai pas l'intention de le laisser s'enfuir ou mettre fin à ses jours, plus maintenant, disons. Qu'il s'éveille. Qu'il revienne. Nous aurons tout loisir de reprendre notre discussion où elle s'était arrêtée la prochaine fois que nous nous reverrons, je vous le garantis. Et en attendant, vous pouvez m'en laisser la garde. Je m'assurerai qu'il soit sauf, d'ici à ce que ma part du contrat soit remplie.

Une promesse. C'était une promesse faite de monstre à monstre, de dieu à créature. Il pouvait déjà apercevoir la volonté faiblir dans le regard glacial de son invité, voir l'étincelle combative s'éteindre à mesure que les secondes s'égrenaient, battues par le claquement sonore des aiguilles de son horloge.
Il était temps de renfiler le masque de la compréhension passive. De l'homme aimable et compatissant, de faire preuve d'une empathie sans limites qui frôlait quelques fois la complaisance. C'était cela dont avait besoin Axl Hartley, le premier du nom, en ce moment même. D'un masque d'une pitié sincère, humaine, auquel il pourrait s'attacher sans même se poser de questions.
Alors il serait cet homme, puisque c'était cela qu'on lui demandait d'être. Un psychiatre, un vrai, qui écoute et conseille. Pour le bien-être de son patient.

Cette belle connerie, la conscience professionnelle. Il observa la violence s'atténuer, cette droiture du prédateur s'étioler progressivement à mesure que l'autre regagnait du terrain. Il était temps, oui. Temps de repartir sur de bonnes bases, et d'observer à nouveau l'étendue de ce qu'il savait.
Et se rire de ce qu'il ignorait.

-Axl ? Axl, vous m'entendez ?

Son ton avait repris en douceur, repris en commisération alors qu'il se penchait vers son patient, le visage étreint d'une légère inquiétude alors qu'il le scrutait. Comme avant. Comme lorsque le premier "épisode" avait eu lieu.

-Vous m'avez semblé ailleurs quelques instants, vous sentez-vous bien ?



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