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 Most of the evil in this world is done by people with good intentions

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MessageSujet: Most of the evil in this world is done by people with good intentions   Jeu 28 Jan - 22:05



« we don't actually fear death, we fear that no one will notice our absence. »

Calyxte & Rachael
featuring

Dans la rue parée des couleurs de midi, le pire est tout d'abord ce calme si lourd qu'il en devient presque trop bruyant de par sa seule consistance. On marche sous les rayons d'un soleil jovial, la journée est belle mais lorsque l'on arrive aux abord de la maison, la chaleur s'envole, la mort est passée par là et cela se voit. Se sent : elle vous écrase de toute son atmosphère dense, suinte des volets fermés et de la porte close, murmure sa présence en écarlate sur le bois fatigué du battant.
La voiture est arrêtée sur le trottoir d'en face, détone dans le décor miséreux environnant. Dans la rue, les rats se sont planqués pour observer en sûreté : ils ont le bon sens de ne pas désirer avoir affaire avec les miliciens, non celui de bander les yeux à leur curiosité morbide. Ils savent, pourtant, ce qu'il se cache derrière cette façade vétuste. Tout le monde le sait. Ce n'est pas la première dans son genre.
Sûrement pas la dernière.

Dans cette baraque passée d'âge se trouve une famille. Un foyer fourmillant d'activités en tous genres dont le silence soudain a inquiété les alentours. Mais inutile de se voiler la face : il n'y aurait eu ce symbole sur la porte d'entrée que nul ne serait probablement encore intervenu, laissant à tout curieux téméraire le loisir d'explorer la bicoque en quête de réponses.
Il y a bien trop à faire à la Nouvelle Orléans pour faire des pauvres une priorité lorsque ceux-ci s'avisent de disparaître sans crier gare.

Rachael traverse la rue d'un pas souple, pousse le petit portillon en fer forgé et marque une pose devant l'entrée. D'ores et déjà elle sait pertinemment qu'elle ne vas pas aimer ce qui se trouve de l'autre côté et pourtant a-t-elle le choix de tourner les talons ? Ses yeux errent sur la marque écarlate qu'ils connaissent pour l'avoir déjà vue, mais ne comprennent pas pour autant en dehors du fait que cela n'augure rien de bon. Un petit foyer d'inquiétude niche derrière la façade impavide de son visage ; ne pas savoir face à quoi l'on se trouve n'est jamais bien agréable.
Un regard en biais jeté à l'homme qui l'accompagne mais aucune parole pour animer ses lèvres serrées tandis qu'elle porte la main à la clenche et tente d'actionner le mécanisme. Fermée, évidemment. Son passe se charge rapidement de rétablir l'ordre des choses et l'obscurité tapie derrière s'ouvre à eux.

La première chose, c'est l'odeur : épouvantable, elle saute à la gorge des nouveaux arrivants et son assaut est féroce, instantané. Un mélange de renfermé et de pourri idéal pour les odorats sensibles et les estomacs délicats. Elle porte instinctivement une main à son nez tandis que l'autre s'enfonce dans l'une de ses poches pour en ressortir un accessoire dont elle ne se départit jamais lorsqu'il faut investiguer un endroit douteux : un petit tube de crème dont l'odeur fortement mentholée inonde partiellement le système olfactif et amoindrit ainsi la puanteur environnante. L'expérience du métier lui a appris à prendre quelques précautions : il n'est pas rare, dans ce genre de cas, de voir un bleu rendre le contenu de son estomac à peine l'odeur parvenue à ses narines. Et même l'habitude ne parvient pas toujours à réprimer la nausée quand on ne s'y attend pas.
Quelques pas à l'intérieur, Dieu merci l'électricité n'a pas été coupée. Des pièces s'enfilent de chaque côté du corridor étroit et, au fond, un escalier à l'air branlant disparaît dans le plafond bas. « Je prends l'étage. » Les premières paroles décrochées depuis le début. Elles déforment le silence avant de s'y évanouir et, sans attendre de réponse, la femme commence déjà de s'avancer dans le couloir. Pas d'humeur bavasse, semblerait-il. Son attitude trahit clairement l'animosité qu'elle a pour son partenaire du jour mais le professionnalisme l'empêche de l'exprimer autrement.
Du moins, pour l'instant.

 


Dernière édition par Rachael Miller le Mar 2 Fév - 22:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Most of the evil in this world is done by people with good intentions   Lun 1 Fév - 20:31


Le silence se fait de plomb. A tel point qu’il a l’affreuse impression que les battements de son cœur sont assourdissants. Ils résonnent contre ses tempes alors que ses pas le rapproche de la demeure désormais aussi calme que cette rue qui l’indispose. Le Peacekeeper que l’on associe au Shadowhunter. Pour décharger l’un des tâches ingrates, et pour offrir à l’autre une protection dont il n’a pas besoin. Pas lorsque le soldat en question a déjà fait ses armes, il y a des années de cela. Cette aide qu’on prétend lui offrir, n’est que le résultat de la faiblesse qui se fait sienne. Il sent, sous la peau, que l’édifice flanche un peu plus chaque jour. Pour son plus grand déplaisir. Calyxte courbe pourtant l’échine, assume ses choix et ses erreurs pour mieux se plier à la volonté de ses supérieurs. Aucun mot n’a été échangé entre les deux soldats. Il n’a pas vraiment envie de faire la conversation à vrai dire. Il s’attendait à tomber sur n’importe qui, certainement pas sur un morceau de son passé. La présence de Rachael lui fait l’effet d’une décharge dans la colonne à chaque fois qu’il pose les yeux sur elle. Le milicien s’efforce pourtant de faire abstraction, et de se concentrer sur la mission qui est la leur. Les prunelles détaillent le décor alors qu’il franchit le portail à la suite de Miller. Loin de l’activité luxuriante du centre-ville, le quartier se fait infâme. Derrière chaque vitre sale, l’impression d’être épiée se fait plus forte. C’est le silence qui les accueille, celui qui plane avant la tempête. Celui qui ronge les sangs et tiraille les tripes pour mieux faire monter l’adrénaline et l’angoisse. Dans un geste purement instinctif, la main de Calyxte vient frôler sa cuisse et l’arme qui s’y trouve. Sagement à l’abri dans son holster. Et lorsque la porte s’ouvre, le cœur s’arrête un instant.

La mort, on la contemple, on la côtoie puis on finit par s’y faire. C’est un pincement au cœur, une douleur dans la poitrine lorsqu’un homme tombe. Un plaisir honteux lorsque la victime est un ennemi. Le nez se plisse face à l’odeur qui règne dans la piteuse maison, et pendant un instant, le corps refuse de bouger. Il rejette l’attaque et s’efforce de faire ployer la raison afin de quitter l’endroit. Calyxte doit se faire violence pour reprendre le contrôle et progresser à la suite de Rachael. Les frissons dégringolent contre son échine sans qu’il ne puisse les arrêter. Dévorent la peau et accablent le flegme pourtant glacial du soldat. Il sursaute presque lorsque la voix de son acolyte s’élève dans le silence. Elle se brise au milieu du néant suspendu et il n’a pas le temps de répondre quoi que ce soit qu’elle est déjà partie. Le regard se perd un instant en arrière, effleure la trace laisser sur la porte. Les pupilles se font inquisitrices et détaillent la pauvre peinture écaillée sur laquelle trône la marque. Avant de s’en détacher pour mieux contempler le décor. Morne et poussiéreux. Vide et lugubre. La sensation d’oppression se fait plus intense dans sa poitrine alors que ses pas font craquer le plancher. Le malaise perdure sous la peau du soldat, s’échine à faire battre le sang contre ses tempes pour mieux le rendre sourd aux bruits alentours. Il n’y a rien à trouver dans un endroit pareil. Seulement les traces d’une vie défaite. La mort dans les recoins et sous les tapis. Il embrasse la cuisine du regard, la main à portée du revolver. Alors qu’il s’apprête à faire demi-tour, un bruit attire finalement son attention. L’arme s’extirpe du holster, le pouce en attente contre la sécurité. C’est un placard que l’ancien Major ouvre avec précaution, pour se sentir faiblir. Le gamin sursaute, à moitié conscient dans son agonie. Il pose un instant son regard sur Calyxte qui se sent perdu. Il hésite, les pupilles rivées sur la silhouette recroquevillée, à peine réveillée par se découverte que déjà elle replonge dans les brumes de sa torpeur. Il n’y a jamais eu de survivants. Toujours des cadavres que l’on déplace pour les entasser dans les couloirs froids de la morgue. Les marques de la Peste sur le corps et le teint gris. Le petit être abandonné dans sa cachette vacille entre deux mondes. Calyxte s’agenouille et laisse ses doigts effleurer le front brûlant du gamin. Une étrange tendresse s’affiche dans les gestes du soldat qui se déleste lentement de sa froideur.

« - Miller ! » La voix résonne dans le silence. S’écrase contre les murs décrépis avec autorité. Cette étrange nouveauté le laisse perplexe, incapable de savoir quelle attitude adopter. Quand la première option serait de sauver la victime, une autre bien plus sordide vient s’afficher devant ses rétines. S’il est porteur de la maladie, le laisser quitter les lieux serait une erreur. Du front, les phalanges glissent vers la gorge, écarte doucement le t-shirt sale pour tenter de trouver les traces sur la peau brûlante. C’est finalement de la compassion qui s’infiltre dans les pupilles grises, de la douleur pour l’orphelin abandonné à son sort, dans une maison où ses parents sont morts. La mâchoire se crispe, les dents se serrent et le soldat se relève enfin. Incapable de détacher son regard de sa triste trouvaille.

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MessageSujet: Re: Most of the evil in this world is done by people with good intentions   Mar 2 Fév - 23:33



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L'étage ne vaut guère mieux que le rez-de-chaussée : les lattes de bois craquent sous ses pieds et l'ampoule est probablement grillée. Jusqu'à quel point les habitants de la maison étaient engoncés dans la pauvreté ? Un œil de bœuf diffuse quelques rayons de soleil et ceux-ci se dessinent, bien distinct, dans l'atmosphère poussiéreuse. Pour un instant, elle se perd dans la contemplation des grains de poussière qui semblent danser avec indolence dans cet endroit désolé mais le devoir revient bien vite se rappeler à son bon souvenir par la porte entrebâillée sur sa gauche. Elle s'avance avec précaution, pénètre dans ce qui était la chambre parentale et y trouve là un premier cadavre. Une fenêtre restée ouverte en soufflet a donné droit d'entrée à un bataillon de mouche et tandis qu'elle sent son estomac se contracter, elle a cette fois bien du mal à réprimer un haut le cœur. Elle se force néanmoins à faire un tour de la pièce mais celle-ci ne présente rien à lui offrir en dehors des banalités communes à toutes les chambres. Le macchabé, quant à lui, n'arbore rien qui diffère des précédents corps retrouvés dans les autres habitations marquées. Evitant tout contact avec lui, la femme tire ses conclusions d'aussi près qu'elle peut l'approcher sans avoir à le toucher. Et le nuage d'insectes vrombissant qui ne cesse de revenir avec insistance dès lors qu'elle le chasse un geste de la main ne tarde pas  à lui porter sur les nerfs.

Soudain, son nom frappe à ses oreilles avec insistance et son regard se porte instinctivement vers l'entrée de la pièce. Un temps. Puis, face au silence qui suit l'appel, elle se décide à revenir sur ses pas et redescendre les marches branlantes. Trop heureuse de quitter cette pièce macabre pour retourner vers quelqu'un d'un peu plus frais et vivant, même s'il s'agit de Calyxte. Elle fait le tour rapidement pour le trouver finalement dans la cuisine, dos à elle, masquant par sa stature le spectacle qui semble l'accaparer. « Qu'est-ce que t'as brailler comme ça Breckenridge ? » Elle n'attend néanmoins pas sa réponse pour s'avancer dans sa direction et se fige tout net aussitôt que ses yeux se portent sur la silhouette enfantine. La surprise s'imprime en lettres capitales sur son visage lorsque son regard croise celui, vitreux, du gamin. Un juron très fleuri file d'entre ses lèvres. Mais la voix se durcit quand elle se tourne pour s'adresser de nouveau à son collègue. « Tu ne l'as pas touché j'espère. Dans la mesure où nous ignorons les moyens de transmissions et que nous n'avons pas le moindre équipement, ce serait plutôt malavisé. » Elle parle de l'enfant comme d'un objet, déshumanisant volontairement la créature si faible qu'elle pourrait bien leur passer entre les doigts d'un instant à l'autre. Evidemment, le dilemme quant à quoi faire de lui s'instaure rapidement dans son esprit. Se clamer bon samaritain et tenter de le sauver pourrait être l'acte à faire, d'autant plus que les médecins pourraient enfin se pencher sur un cas vivant et tenter d'endiguer ce mal étrange qui se répand selon des critères incompréhensibles.
De l'autre… il y a la possibilité de déclencher quelque chose de bien plus grave. S'ils sortent le mal de la maison qui le gardait confiné jusque-là, que va-t-il se passer ? De toute évidence, personne n'est protégé face à lui. Rachael, en ce qui la concerne, n'a plus que ça l'envie d'être à l'origine d'une propagation inattendue. Il y a une différence drastique entre déplacer des morts datant souvent de plusieurs jours et celui-là qui respire encore, qui continue d'entretenir par sa seule survie la maladie qui le ronge de l'intérieur petit à petit.

« Le risque est trop gros », déclare-t-elle abruptement sans daigner regarder son interlocuteur. « On ne peut pas se permettre l'éventualité qu'il pollinise un plus grand nombre. S'il est contagieux, on risque d'avoir de gros problèmes. Alors autant mettre un terme à tout ça avant qu'il ne soit trop tard. » Oui mais, insiste une petite voix contradictoire dans sa tête. Et s'il ne l'est pas, et s'il reste une possibilité de le sauver envers et malgré tout ? Elle choisit de l'ignorer et dégaine son pistolet d'un geste tellement répété qu'il en est devenu complètement machinal. Et s'il était déjà trop tard ? D'abord un cas de conscience, ensuite la fatalité qui s'invite à la fête. Depuis quand prendre une décision dans le cadre de son boulot est devenu aussi compliqué ? Tuer, oui, mais dans ces conditions ? Elle sait que ce qu'elle s'apprête à faire ici n'a rien d'habituel, pas pour elle en tout cas. Mais ça ne l'empêche pas de continuer, visiblement décidée d'aller au bout de son geste. Alors Rachael défait la sécurité et pointe la gueule aveugle du canon en direction de la petite tête. Une seule balle. Impossible de rater la cible quand on se trouve pratiquement à bout portant.

Comme si elle était réellement capable d'abréger la vie d'un enfant.

 
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MessageSujet: Re: Most of the evil in this world is done by people with good intentions   Jeu 4 Fév - 20:24


Le silence qui répond à son appel, lui brise le cœur. Démantèle sa belle prestance pour le laisser avec son malaise et la crainte qui le prend à la gorge. Le regard de glace ne peut se défaire de la silhouette, piteuse et fragile. Trop fragile pour être considérée avec le recul que la situation exige. Il n’est plus un soldat, mais un homme comme les autres. Brisé par la faiblesse et cet affreux sentiment d’impuissance. Ces morts se suivent et s’enchainent. Les reliquats d’un passé qui revient se heurter à la nouvelle génération, des siècles après les grandes épidémies. La Peste, on l’oublie pour mieux la redécouvrir une fois que l’heure de son retour a sonné. Calyxte recule d’un pauvre pas, s’efforce d’apposer de la distance entre l’enfant et sa propre personne. Le mal a déjà été fait pourtant. Et l’arrivée de Rachael ainsi que ses remarques ne font que le lui rappeler. Il a touché la mort. La peau baignée de sueur d’un être condamné. Des frissons dégringolent le long de son échine, se répercutent contre ses os pour le faire trembler d’horreur. Les phalanges se crispent, se ferment et s’ouvrent dans des spasmes visant à faire disparaître les miasmes qui auraient pu se glisser sur sa peau. La honte de sa bêtise lui racle la gorge et il esquisse un sourire amer pour tenter de dissiper sa gêne. Il ne répond pas, mais son silence sonne à ses oreilles comme la plus éloquente des réponses. Les dents du soldat se heurtent les unes aux autres lorsque la mâchoire se crispe. Sa propre erreur lui donne envie de rire. Ce genre de rire nerveux qui s’échappe sans que l’on ne puisse le retenir et qui marque à lui seul l’étendu du trouble qui s’agite sous la peau. La nervosité du soldat se fait palpable lorsque le cœur accélère sa morne course.

Le risque est trop gros c’est un fait. Et la suite des événements qui se déchaînent sous ses yeux le laisse sans voix. Elle en parle comme s’il n’était rien. Rien de plus qu’un meuble branlant que l’on s’apprête à jeter à la rue pour qu’il soit récupéré et démantelé. Elle dégaine son arme. C’est un élan d’indignation qui sévit sous la peau de l’ancien Major. La réflexion se fait morte dans son cerveau et déjà le corps s’agite. Il agrippe d’une main de fer le poignet assassin et oblige sa collègue à baisser le bras. Choisir le sol pour cible plutôt que la pauvre créature si aisément condamnée. Il s’impose face à la volonté de celle qui est censée être son supérieur. Refuse les ordres et la hiérarchie sans réfléchir un seul instant. « - Le risque est peut-être trop gros, mais condamner de la sorte, est aussi une forme de risque. » Inflexible, la voix vibre contre les murs défraichis et le regard du soldat se fait pesant. Pour la première fois depuis qu’ils sont partis en mission, Calyxte s’autorise à regarder Rachael droit dans les yeux. D’oublier ce froid qui se glisse entre eux au moindre croisement, à chaque parole qu’ils se lancent avec une distance qui les rend étrangers malgré ce qu’ils ont vécus. « - Ce n’est qu’un gamin. » L’écho d’une infime faiblesse fait vibrer les cordes vocales. Se ressent dans la prise de sa main contre la peau de Rachael. Il la relâche, et avance d’un pas en direction de ce placard morbide. Comme pour créer une protection. Une chose infime qui permet de gagner du temps quand le doute subsiste. C’est un risque qu’il choisit de courir. Pour peut-être offrir une explication à cette épidémie qui n’en finit plus. A ces marques étranges qui sèment la mort et le chaos dans les rues de la ville. « - On nous a envoyé ici pour trouver des réponses. Les cadavres n’ont rien révélés d’intéressant, mais lui. Lui est peut-être une réponse, une explication à cette épidémie. » Trop prompt à condamner sans preuve, il se fait pourtant l’avocat d’une cause perdu. Achevé des adultes, coupables ou non, sans défense ou armé, il s’en fiche. Détruire l’existence d’un gamin qui a vu mourir ses parents, il n’en est pas capable. Et refuse d’assister à une telle mise à mort sans agir.

« - Si vous jugez que sa mort est une utilité et un bien, dans ce cas, faites ce qui vous semble être juste... » Le retour de la raison dans le cerveau d’un fou. Il ne bouge pas pourtant. Frissonne quand les échos de la respiration sifflante du gamin s’infiltrent à ses oreilles. Affreusement fragile. Et cette faiblesse attise la chose qui s’est ancrée à son âme. Ces élans de violence purs qui lui déchire le corps viennent se fracasser contre son cœur avec rage. La soif de destruction s’élève à mesure que le sifflement emplie les tympans. L’appel grouille sous la chair du soldat, dont l’essence, dans cette brutale manifestation, lui fait horreur.

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MessageSujet: Re: Most of the evil in this world is done by people with good intentions   Sam 6 Fév - 23:11



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Calyxte & Rachael
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Le coup part dans le mouvement soudain qui est imposé à son poignet, et la balle s'enfonce dans le sol devant eux, entre le gamin et les deux miliciens. Le bruit de la détonation sonne encore dans ses oreilles lorsqu'il lui coupe l'herbe sous le pied en parlant avant qu'elle n'ait eu le temps de lui asséner quelque remontrance quant à la stupidité de son geste. Prête à faire feu, il n'aurait pas fallu grand-chose de plus pour qu'elle se tire dans le pied. Ou dans celui de son partenaire, pour ce que ça changerait…
Pourtant, la part d'elle qui ne souhaitait pas voir ce geste accompli, celle qui est plus humaine que rationnelle, se sent soulagée. La relaxe de ses épaules, infime, le dénonce pour qui a de l'attention à perdre sur les détails.

Devant l'opposition véhémente de Calyxte, l'agacement supplante momentanément la sensation d'avoir été délivré d'un poids trop lourd à porter. Force lui est de reconnaître qu'il n'a pas tort dans ce qu'il énonce mais de là à l'assumer à haute voix, il y a tout un monde, un monde de mauvaise foi et de rancœurs accumulées au fil des ans. Elle pourrait facilement passer outre et réitérer le choix qu'elle avait décidé de faire, ordonner au milicien de dégager et ne pas manquer son tir cette fois. Seulement, Rachael est tiraillée elle aussi : face à ce dilemme cornélien, il n'y a pas de bonne ou de mauvaise décision ; il ne s'agit pas simplement de tuer pour contenir l'épidémie ou épargner et avoir peut-être l'occasion de trouver une parade mais aussi de tuer pour étouffer cette chance dans l'œuf ou épargner et courir le risque d'une contagion plus grande encore.

« Ce qui me semble juste ? » Après un court silence qui aurait aussi bien pu durer un siècle vu son poids, elle se décide enfin à répliquer en reprenant sa dernière phrase. Un sourire désabusé aux lèvres et le regard planté dans celui de l'homme qui lui fait face et s'interpose toujours entre l'enfant et son bourreau auto-proclamé. « Y a-t-il encore quelque chose qui le soit, ici ? Ces gens ont crevés comme des rats et personne ne s'est soucié d'eux avant qu'il ne soit trop tard. » Elle ne dénonce pas, elle n'oserait pas quand elle sait pertinemment faire partie de ce "personne" elle aussi. Mais le constat reste tout de même là, clair. « Lui peut au moins avoir la chance d'une mort rapide. Pour peu que l'on puisse encore parler de chance vu les circonstances… » L'ironie cisaille le ton de sa voix mais Rachael a tôt fait de la rejeter lorsqu'elle reprend après une pause. « J'essaye simplement de faire ce qui me paraît le mieux, ou le moins pire si tu préfères, et même maintenant tu trouves le moyen de t'interposer. »
Mais qui est-elle, elle, pour savoir ce qui est le mieux à faire ? Rien qu'un clebs obéissant au flair duquel l'on se fie afin de prendre la bonne décision. Et si elle se trompait, si lui avait raison ? Devant l'éventualité de cette hypothèse, elle préfère choisir de montrer les crocs et grogner un bon coup.

« Et toi Breckenridge ? Tu m'as pas répondu tout à l'heure… t'as pas pu t'empêcher de faire la connerie pas vrai ? Il en faut toujours un pour faire le seul truc à éviter. Qu'est-ce que je dois faire de toi, alors ? Te laisser sortir d'ici comme si de rien n'était ? Vu sous cet angle, c'est sûr que ça t'arrange bien que le mioche garde la vie sauve, parce que t'es sûr que tu risques rien pour ta peau toi aussi. » Du coup c'est sur lui que le pistolet se pointe à présent, bien qu'elle ignore, forcément, que l'arme ne représente pas de réel danger pour Calyxte.

Pendant ce temps, c'est un véritable champ de bataille qui prend lieu à l'intérieur de sa boîte crânienne. Le répit que lui a imposé de force le peacekeeper l'a poussé, bien malgré elle, à reconsidérer sa position face à ce que l'on attend d'elle qu'elle fasse – ou s'en abstienne. Malgré son agressivité apparente elle n'est en réalité plus sûre de rien.
Alors quoi, admettre son incertitude à haute voix ? Plutôt jouter.

 


Dernière édition par Rachael Miller le Jeu 11 Fév - 22:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Most of the evil in this world is done by people with good intentions   Jeu 11 Fév - 20:20


La détonation crève le silence. Achève de briser les tympans déjà malmenés par le silence affolant régnant dans la maison. Le coup part pour venir mourir contre le sol défraichis, si proche que la sensation d’avoir frôlé la catastrophe se fait grisante sous la peau du soldat. Les doigts se resserrent un instant contre le poignet de la jeune femme. Une contraction nerveuse qu’il ne contrôle pas. La résultante d’une frustration qui se fait souveraine sous la peau brûlante. L’appel de la folie d’un être possédé par le mal. Une part de lui s’en veut d’avoir évité la mise à mort. L’autre s’insurge. Incapable d’achever la vie d’une pauvre créature aussi fragile. D’un gamin à présent orphelin. C’est peut-être cela le pire, de savoir qu’il sera seul si jamais il s’en sort. Rejeté des autres pour sa différence et ce qu’il a enduré. Le cœur du peacekeeper se serre dans un spasme douloureux et Calyxte relâche sa proie. Le sourire qui s’appose sur les lippes de Rachael le laisse de marbre. Et la réponse qu’elle lui offre fait naître un écho de ce rictus sur ses propres lèvres. Elle a raison, il n’y a de juste dans cette situation. Seulement une réalité sordide, à laquelle ils sont contraints de venir assister. Rendre des comptes pour témoigner de l’ampleur de la crise. De cette panique qui se rue dans les veines des plus superstitieux. Sa seule réponse se résume en un infime hochement de tête. Une négation qui ne trouve pas vraiment de mot. Parce qu’avouer à haute voix serait remettre en cause l’ordre pour lequel il se bat. Avouer qu’il y a eu un souci dans une mécanique supposée bien rodée. Avouer que la situation les dépasse, tous sans exception. « - On ne m’a pas entraîné pour achever aussi facilement. » Lâche-t-il sans un souffle amer. Haussant légèrement un sourcil par la même occasion. Si tel avait été le cas, sa coéquipière ne serait plus là. Il n’aurait pas pris la peine de la sauver il y a des années de cela. Achevant la blessée sans sourciller, sans penser à la possibilité d’une rémission quelconque. La réplique cinglante s’apprête à quitter la chaleur de sa langue, mais il se ravise au dernier instant. Muet par le geste qui suit les paroles amères.

La cible change, et la menace de l’arme fait courir de légers frissons contre sa peau. Lentement, le soldat lève une main. L’interpose entre le canon et sa carcasse, tout en sachant pertinemment qu’elle ne pourra pas le sauver. Le cœur accélère sa morne course contre ses côtes, fracasse les os d’une angoisse qui se mue peu à peu en adrénaline. « - Ce serait la solution la plus logique effectivement. » Il y a des notes d’un amusement évident dans son timbre. La chaleur d’un cynisme qui ne demande qu’à venir s’écraser sur les épaules de Rachael. Le soldat penche alors légèrement la tête sur le côté, joue des pieds sur le lino fatigué tout en agitant les doigts en direction de sa coéquipière. « - Sauf que, si on réfléchit un peu. Si tu m’achèves, tu devras en faire de même avec toi. Je t’ai touché. Si je suis contaminé, alors logiquement, tu l’es aussi. » L’évidence le pousse à avancer d’un pas. Un pauvre pas qui réduit la distance entre la menace et la sécurité. La main reste en l’air quand l’autre se crispe, les phalanges se refermant sur elles-mêmes pour laisser les ongles meurtrir la chair de sa paume. « - Je n’ai pas pu m’en empêcher. Mais entre nous, si je n’avais pas fait cette connerie, tu ne serais peut-être plus là. Si on m’avait appris à tirer des conclusions aussi hâtives, tu ne serais pas là pour faire étalage de ta délicieuse bonté. » Il provoque ouvertement la mémoire d’une vie sauvée. Cette reconnaissance qu’elle lui doit et qui est supposée lui sauver la mise. « - Mais il semblerait que tu ais oublié tout ça, Rachael. » La familiarité tombe. Son prénom qui résonne au-dessus de leur tête. Toujours évité jusqu’à présent pour la proximité qu’il instaurait entre eux. Quand il est évident qu’ils n’ont plus grand-chose de ce qu’ils furent. La froideur reste malgré tout, ancrée dans les prunelles du cadet qui s’autorise alors à toiser la shadowhunter sans la moindre hésitation.

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MessageSujet: Re: Most of the evil in this world is done by people with good intentions   Ven 12 Fév - 0:12



« we don't actually fear death, we fear that no one will notice our absence. »

Calyxte & Rachael
featuring

La justesse des arguments de Calyxte fait à Rachael l'effet d'une douche glacée. L'ironie de la situation lui apparaît clairement à présent et laisse échapper un rire jaune dont les brefs éclats tombent de ses lèvres pour s'écraser dans un climat inhospitalier. Alors quoi, on organise une petite sauterie au cours de laquelle on se fait tous joyeusement gicler la cervelle pour piétiner jusqu'au plus petit des risques ?
Evidemment, maintenant que sa propre vie se trouve sur la balance, la milicienne se trouve réluctante à presser la gâchette et mieux disposée à considérer leur situation avec moins de fatalisme. Il le sait pertinemment, elle en est sûre, car sinon quel aurait été l'intérêt de sa réplique ?
« Va te faire foutre Calyxte. T'es vraiment qu'un con. » Les mots sont gras du fiel dans lequel elle les a enrobé avant de les lui balancer au visage, passant outre la familiarité qu'il a employé à son égard pour la lui envoyer en même temps. Sauf qu'il a gagné : elle baisse son arme, comme à regret. Son bras retombe doucement le long de son corps et reste là, sage, quoiqu'il ne remet pas le flingue dans son holster pour autant. On est jamais sûr de rien.

L'évocation de son passé et plus particulièrement de cet évènement précis est une piqûre de rappel douloureuse pour Rachael. Elle doit sa vie à l'homme qui lui fait face et ce qui était au début une gratitude voilée est devenue avec les ans plus un fardeau qu'autre chose. Difficile d'accepter les faits quand on éprouve le plus grand mal à supporter le responsable de cet acte charitable.
D'autant plus quand il n'a pas la moindre vergogne à l'utiliser contre elle.
Ainsi c'est la colère qui l'aiguillonne quand elle reprend, et qui se devine derrière quelques accents de la voix encore maîtrisée. « T'as pas mieux à faire que dépoussiérer des vieilles histoires ? Tu veux que je me tire une larmichette d'émotion et te remercie pour m'avoir sauvé la vie ? Compte là-dessus. » Elle ricane, amère, incapable d'assumer qu'au fond elle lui en veut d'être aussi détestable parce qu'elle ne sait pas quoi faire de cette reconnaissance qui lui pèse sur les bras. « J'ai rien oublié, ça ne risque pas. » Le regard se dérobe un instant et le ton baisse d'un cran, comme si les mots n'étaient pas sûr d'avoir l'envie de se faire entendre.

Derrière Calyxte, l'enfant se rappelle aux deux miliciens. Le reste de conscience qui l'anime encore semble faiblir de minute en minute et pourtant il lutte encore, il s'accroche à sa vie qui se consume de toutes ses forces défaillantes. A l'observer ainsi dans son agonie, les mots durs du peacekeeper reviennent moquer la femme et ramènent bien malgré elle quelques réminiscences de son accident. En d'autres temps et d'autres lieux mais la même envie de vivre dans le fond, la même lutte pour une cause jugée perdue d'avance. A tort. Aujourd'hui, c'est elle qui occupe la place du juge, celle que son partenaire a eu jadis vis-à-vis d'elle. Dans ce genre de circonstances, une vie humaine tient à bien peu de choses…

A ce moment précis, Rachael se met à détester le gamin pour ce qu'il lui évoque.

« Très bien, alors pour ce qu'on en sait nous voilà potentiellement voués à clamser grâce à ta brillante stupidité. » Le moment d'égarement envolé, elle se détourne du pestiféré pour faire de nouveau face à son compagnon. Voix sèche et yeux durs. « J'imagine que puisque tu t'ériges en fervent défenseur de la veuve et de l'orphelin, tu as sûrement une très bonne idée pour ce qu'il convient de faire désormais. » Le sarcasme ne peut pas s'empêcher de venir pointer le bout de son nez, encore. Elle tente d'imaginer ce qu'il adviendra d'eux s'il s'avère qu'ils n'ont pas été épargné. Ici encore, le rire au bord des lèvres menace de s'échapper : elle lui doit la vie et peut-être lui devra-t-elle la mort sous peu. Si ce n'est pas risible…  

 
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MessageSujet: Re: Most of the evil in this world is done by people with good intentions   Dim 14 Fév - 21:37


L’insulte appose un sourire sur les lippes du soldat. Il a visé juste et il le sait. Ces simples paroles le démontrent. Il accueille le  compliment d’un simple hochement de tête, et ne peut réprimer d’infimes frissons lorsque la Hunter s’avoue vaincue. Une victoire bien faiblarde, compte tenu des arguments utilisés mais il s’en fiche. C’est un sursit qu’il vient de gagner. Pour le gamin qui lutte dans son dos. Le temps de trouver une solution qui ne vient pas. Si le geste était affreusement spontané, le soldat se trouve à présent à côtoyer la douleur de l’hésitation. L’énonciation de leur passé attise les braises. Calyxte hausse un sourcil, un brin perplexe devant l’amertume de Rachael. « - Si c’est tout ce qui peut marcher pour éviter les effusions de sang inutile, ma foi, je n’ai rien d’autre à faire. C’est un peu tard pour jouer les émotives reconnaissantes non ? » S’il se moque et si une part de lui se doute que le remerciement se trouve quelque part dans les pensées de sa collègue, une autre part ne peut s’empêcher de lui en vouloir pour ce manque de reconnaissance. Regrette parfois d’avoir mis sa propre vie en péril pour épargner celle de Rachael. Et pourtant si c’était à refaire, il agirait de la même manière sans réfléchir. En ce temps, où il n’était pas encore trop dévoré par son égoïsme suffisant.

La suite le fait sourire plus encore. L’ébauche d’un infime rire sarcastique s’échoue contre ses lippes. « - Ma brillante stupidité ou les ordres qui nous ont poussés à venir ici. Franchement, envoyer des recrus en terrain contaminé sans leur offrir de quoi se protéger, c’est les envoyer au casse-pipe. » Quand on connait les moyens de transmission de la Peste, c’est une belle fumisterie que d’avoir agi de la sorte. Le fataliste qui résonne entre ses côtes ne s’en formalise pas plus que ça. Entre l’arrête cardiaque ou la mort par infection, dans les deux cas les options sont aussi détestables l’une que l’autre. Affreusement fatales aussi. Il hausse les épaules, une réplique silencieuse qui s’ajoute à celle déjà énoncé. Et qui balance à la figure de l’autre qu’au fond, il s’en fiche. Le sarcasme lui fait l’effet d’une gifle. Les prunelles d’acier vacillent et se détournent un instant. S’échouent sur les contours de la pièce dans laquelle ils se tiennent comme si elle pourrait lui donner des indices sur la conduite à suivre. La priorité, c’est le gamin. Le sortir de là et l’emmener à l’hôpital pour qu’on lui dispense les soins nécessaires. Sauf qu’ils ne peuvent décemment pas se séparer. En laisser un sur place pendant que l’autre s’improvise sauveteur d’âme en peine. Alors le dilemme s’appose sur ses traits, plisse son front tandis qu’il s’enlise dans sa réflexion. « - Il faut le sortir de là. » C’est un murmure qui s’échoue dans le vide devant lui. Prononcé plus pour lui que pour elle. La résultante logique de ses pensées morcelées. Et comme pour donner plus d’ampleur à ses paroles, Calyxte fait volte-face et s’agenouille à côté du petit corps. Le souffle est fragile, il peut le sentir tressaillir à chaque inspiration. Aussi fortement que son cœur pour se heurter avec hargne contre ses côtes. Les mains ne tremblent pas pourtant lorsqu’elles viennent se poser sur la silhouette fragile. Le gamin ne réagit pas, et lorsque le soldat s’apprête à le soulever de terre, il s’arrête dans son geste. Ses doigts viennent d’effleurer le dos fragile, s’apposant dans une humidité douteuse qui ne laisse pas de place au doute. Du sang. Le contact fait dévaler des frissons d’horreur contre la peau de l’ancien Major.

« - Combien de corps y avait-il là-haut ? » C’est un doute stupide, mais pour un ancien sorcier adepte de la nécromancie, la menace se fait maligne. La blessure n’a rien à faire là. C’est elle qui absorbe la vie de l’enfant et pas la maladie. Maintenant qu’il en effleure les contours du bout des doigts, il en a la certitude. « - Ce n’est pas l’infection qui le détruit. Il a été blessé. » Il se fait l’analyste du diable. Fronce les sourcils tout en prenant le risque de faire basculer le corps fragile, soulevant le vêtement souillé pour mieux voir le stigmate. La blessure n’est pas la résultante d’une morsure ou d’une griffure. Blessé par une arme. Le constat appose de nouvelles questions dans la tête du soldat. Le cœur se serre quand l’esprit comprend qu’il n’y a plus grand-chose à faire. Que le sursit n’était au fond qu’une erreur. Un soupir brise le silence et alors que Calyxte s’apprête à se relever, les petits doigts viennent s’agripper faiblement contre le tissu de sa manche.

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MessageSujet: Re: Most of the evil in this world is done by people with good intentions   Mer 17 Fév - 20:19



« we don't actually fear death, we fear that no one will notice our absence. »

Calyxte & Rachael
featuring

Le sortir de là, oui, c'est bien le nœud du problème. Une remarque désagréable, encore une, manque de s'échapper d'entre ses lèvres mais les évènements se bousculent et l'empêchent finalement de se faire entendre. Avant même que Calyxte ne dise quoi que ce soit, sa partenaire comprend aussitôt que quelque chose ne va pas. Sa mine se fait perplexe devant le changement d'attitude de l'ancien soldat et ses propos achèvent de l'éclairer. Voilà qui vient changer la donne, mais elle n'est pas bien sûre de savoir dans quelle catégorie classer cette nouvelle.
« La blessure est récente ? » Sans attendre la réponse, elle s'accroupit à côté de lui pour à son tour examiner la plaie. Et grimace : ce n'est pas beau à voir. Le gamin a déjà perdu beaucoup trop de sang, et un début d'infection n'est pas à exclure. Vu l'état de la baraque, en même temps, ce n'est guère surprenant.

« On peut pas le transporter dans son état, il ne le supporterait pas », elle reprend après un temps, désolée devant le constat affligeant qu'elle a sous les yeux. La voix, l'attitude beaucoup plus calme. La découverte de son partenaire a canalisé et refroidi de manière surprenante le brasier de ses émotions colériques. « Enfin de toute façon, je ne pense pas qu'il en a encore pour bien longtemps. » Comme il l'a très justement souligné, ils sont tous sauf équipé pour faire face à ce qui les attends. Et après tout pour quoi faire ? Ils ne sont que de bons petits pions, une denrée périssable qui sera aisément remplacée en cas de perte. Elle, elle n'ignore pas cette situation et s'en contrefout royalement dans la mesure où elle trouve ce dont elle a besoin dans les ordres de mission qu'on lui donne ; être au courant n'aide pas à faire passer la pilule plus facilement pour tout le monde. Parce qu'ici on ne les envoie que pour récolter des informations, non des individus encore vivants. Effectivement, ils n'ont même pas de quoi se protéger alors pour ce qui est d'avoir un kit quelconque afin de pallier aux blessures… on n'envoie pas la Milice pour sauver des vies ou en tout cas pas pour celle, misérable, qui est en train de s'étioler sous leur yeux impuissants.
Pour autant, peut-on refuser définitivement tout espoir à ce corps minuscule qui continue à se battre et refuse de lâcher prise ? Mais il n'y a pas grand-chose qu'ils puissent faire dans leur situation : les minutes, précieuses, ont été perdues à se quereller sur ce qu'il convenait de faire de l'enfant lorsqu'ils ne le pensaient que malade. La culpabilité vient lui chatouiller la conscience et lui laisse un arrière-goût âcre au fond de la gorge.

La maison est vieille et le silence lourd. Le bois, vivant, peut parfois craquer sans raison. Le bruit qui se fait pourtant entendre alors que personne ne parle n'a, sans équivoque, rien de naturel. Rachael se relève subitement et lève les yeux vers le plafond, vers ce qu'elle a interprété sans hésitation comme étant un déplacement. Guère plus d'un pas ou deux, qui auraient aisément pu passer inaperçu s'ils étaient advenus une poignée de secondes plus tôt.
La shadowhunter, tous sens en éveil, braque de nouveau son regard sur son partenaire et entreprend alors de répondre à la question passée à la trappe quand Calyxte a signalé la blessure du garçon. « Je n'ai trouvé qu'un corps à l'étage tout à l'heure. » Elle omet de préciser l'état de décomposition avancé de ce dernier, jugeant le détail inutile. « Mais je n'ai pas eu le temps de vérifier toutes les pièces, étant donné que je suis redescendue à ton appel. » Elle se tait l'espace d'un instant, semble rechercher une information réticente à se manifester. « Le dossier faisait état d'une famille de quatre personnes non ? »

Machinalement, la tonalité de sa voix s'est faite plus basse. Inutile vu les circonstances étant donné que si tierce personne il y a, cette dernière est forcément au courant de leur présence en ces lieux, mais est-ce nécessaire d'admettre à haute voix qu'on l'a remarqué ? « Le responsable est peut-être encore ici. » Lui ou quelqu'un d'autre… ce qui importe surtout, c'est de savoir que la maison leur réserve encore quelques surprises à priori. Reste à savoir de quel genre mais au vu de l'avancée de leur situation, Rachael quant à elle ne s'attend à rien qui les réjouisse.
 

 
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MessageSujet: Re: Most of the evil in this world is done by people with good intentions   Mer 24 Fév - 20:14


Il n’y a pas plusieurs façons de répondre à la question. Elle ne lui en laisse pas le temps et vient constater d’elle-même l’étendue des dégâts. Laissant au milicien l’occasion de retirer sa main tachée d’une hémoglobine trop sombre pour être récent.  La vision fait trembler sa main, appose dans son corps la marque d’un trouble qui le prend à la gorge. S’il fut un temps où contempler le sang n’était pas un problème pour lui, aujourd’hui c’est un tout autre constat qui le dévore. D’un geste malhabile empreint d’une certaine hâte, Calyxte s’échine à effacer la trace rougeâtre que le tissu gris de son pantalon. Sa collègue a raison, le gamin ne peut pas sortir d’ici. Pas dans son état. Le déplacer reviendrait à le condamner pour de bon. Mais le laisser sur place ne lui réserve pas un meilleur sort. Le dilemme se creuse et l’impuissance vient s’apposer sur le visage du soldat. Pris d’un élan de tendresse déroutant, le regard jusqu’à lors froid se réchauffe. Brille de l’éclat de la peine avant de retrouver sa neutralité dans un battement de cils. Quoi qu’ils fassent, il est évident à présent que le petit ne survivra pas. L’innocence gâchée. Assassinée par une maladie supposée disparue. Par de l’injustice à l’état brute. Il en a horreur de ces situations exécrables où le juste n’existe plus. Et cette impuissance dans laquelle ils s’enlisent attise les braises d’une colère sourde. Calyxte se relève, plus vivement qu’il ne l’aurait voulu. Trahissant par ce seul geste tout le ressentiment qui le tiraille. Il en veut à ses supérieurs. Pour la première fois dans toute sa vie de soldat, il répugne les ordres donnés. Leur stupidité face à une telle situation. L’absence de précautions prises, par certitude qu’il n’y aurait aucun survivant. Seulement des cadavres à décompter pour le rapport, avant que les légistes et nettoyeurs ne viennent prendre le relais. Les dents claquent et se serrent sous le joug de la bouffée de rage qui remonte dans la poitrine. Elle se déverse sur sa langue et le pousse à lâcher un râle d’inconfort.

Au milieu du silence, le bruit qui résonne dans la vieille maison fait courir de violents frissons le long de l’échine de Calyxte. D’instinct, les pupilles se lèvent vers le plafond et en scrutent la surface miteuse. Ses soupçons s’avèrent-ils juste ? Il aurait tant préféré que ce ne soit pas le cas. Et quand Rachael annonce qu’il n’y avait qu’un corps, l’espoir s’effondre. Il hoche la tête, acquiesce. Un examen complet des autres pièces de la maison aurait permis de tomber plus rapidement sur la menace. L’éliminer avant qu’elle ne se manifeste plus avant. « - Il me semble. » Lâche-t-il dans un souffle. Il n’a pas vraiment prêté attention aux détails de la mission. Le seul nom de son partenaire du jour avait suffi pour le désintéressé de l’affaire. Plongeant l’homme dans un état proche de la bouderie d’un gamin, frustré d’avoir été puni quand il aurait préféré pouvoir aller jouer dehors. La rancune trop tenace pour seulement s’effacer et faire place à un professionnalisme d’ordinaire à toute épreuve. « - Je doute que le responsable ait fait l’erreur de rester sur place. » Il ne regarde plus sa partenaire mais fixe la pièce d’à côté. Si la maladie est bien la seule responsable de cette hécatombe, il serait bien étonnant de trouver un être encore vivant ici. Et qui plus est responsable de la plaie causant l’agonie du gamin. Plus aucun son ne lui parvient. Le silence règne à nouveau en maître dans la maison, à peine troublé par leur respiration. Le milicien se moque de savoir s’ils sont seuls ou non. Il n’aspire qu’à quitter les lieux. Abandonner ce trouble qui lui ronge le cœur. Ce malaise grandissant qui lui tiraille les entrailles et le plonge dans un état affreusement dérangeant. Cette peine provoquée par la découverte qu’il n’aurait jamais dû faire. Qu’il n’ose pas regarder par crainte de ne pas pouvoir s’extirper de cette demeure vouée à s’écrouler.

« - Il n’a plus rien à voir ici. On a assez perdu de temps pour du vent. La mission est terminée. » Il n’est pas en droit de déterminer une telle chose, mais il s’en moque. Le timbre de sa voix n’appelle pas à la discussion, un travers de son ancien rang de Major. Calyxte n’attend pas non plus de réponse de la part de Rachael, il quitte déjà la pièce. La main sur la poignée de son revolver, par précaution. Il jette infime regard en direction de l’étage alors qu’il passe devant les escaliers. Le murmure glacial qui lui parvient fait courir d’horribles frissons le long de son échine et achève sa détermination. Dans un soupir, la silhouette passe la porte et respire à nouveau l’air moite de la rue. Loin de la mort et de ses relents détestables. Ses pas malavisés le mènent jusqu’au véhicule à côté duquel il attend sa partenaire. La langue de plomb et le cœur comprimé dans sa poitrine, il s’enferme dans le silence. Lutte contre l’envie assassine de retourner à l’intérieur pour prendre le risque d’extirper le gamin de son triste sort. La lutte incessante de la raison sur le cœur. Cette fois c’est elle qui l’emporte, dicte au soldat de rester sur place. Impassible dans l’attente du départ.

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