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 Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins

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MessageSujet: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Ven 5 Fév - 10:36


« La liberté ne peut être que toute la liberté : un morceau de liberté n’est pas la liberté »



Liam P. Wiggins & Aslinn O’Brady
featuring

Aslinn rattrapa de justesse un livre qui tomba de la pile qu’elle était en train d’essayer de construire sur une des tables de présentation. Elle n’aimait pas quand les livres étaient abîmés, c’était un respect pour le lecteur selon elle. Oui, le lecteur. Elle n’avait pas de clients, que des lecteurs. C’était ainsi. Le thème de ce mois-ci tournait autour de la prohibition. Un agent du gouvernement était passé le mois précédent pour discuter d’un éventuel moyen pour promouvoir la prohibition, ou du moins lui donner un coup d’éclat moins… négatif qu’il n’y paraissait. Elle avait accepté. Pas qu’elle cautionnait. Bien au contraire. Mais si elle avait refusé, il était probable qu’elle n’aurait pas passé des jours aussi tranquilles récemment. Elle recevait d’ailleurs régulièrement des bouquets de fleurs qu’elle s’empressait de poser dans la librairie en guise de décoration.

Elle avait donc épluché son stock d’ouvrages pour faire ressortir ceux qui conviendraient au mieux au thème de la prohibition, de façon la moins négative possible, et en évitant les livres un peu trop subversifs pour les yeux si sensibles du gouvernement. Un de leurs auteurs avait récemment publié un ouvrage sur l’apologie de cette prohibition. Parfait, le livre figurerait directement en vitrine durant tout le mois. « Ordre et Paix : de la nécessité de la prohibition ». Le titre était pompeux à souhait et n’importe quel résistant aurait pu y mettre le feu si ce n’était pas contre nature de mettre le feu à un livre. Mais voilà, elle s’en lavait les mains.

Cela faisait donc quelques jours déjà que la vitrine avait été préparée et installée, et chaque matin, elle réarrangeait les exemplaires sur les tables avec des dispositions plus ou moins farfelues et équilibristes. Aujourd’hui, elle se battait avec ses livres pour créer une jolie pyramide au sommet de laquelle elle poserait un exemplaire debout. Mais l’ouvrage en question était bien loin de la thématique, ou en tout cas, elle prenait la thématique à rebrousse-poil. La veille, elle avait reçu un carton de livres d’un expéditeur anonyme. A l’intérieur, une cinquantaine d’exemplaires d’un ouvrage sur l’art de l’œnologie. Cela l’avait fait sourire et elle entreprit de lire le livre dans la nuit. Au petit matin, elle avait décidé de lui offrir une place de choix dans la boutique.

Sans trop pousser le bouchon, elle n’avait mis en vitrine qu’un exemplaire au milieu d’autre parmi sa sélection. Mais à l’intérieur, c’était la pyramide qu’elle construisait à présent. Rien dans ce livre n’allait clairement à l’encontre de la prohibition ni de sa pseudo nécessité, pourtant, cela restait un gigantesque pied-de-nez. En l’état des choses, on ne pouvait l’accuser de rien, et au pire… elle saurait jouer de toute la naïveté dont elle était capable.

Elle posait enfin le dernier exemplaire sur le haut de la pyramide lorsque la clochette de la porte d’entrée tintinabula. Elle se retourna vivement et offrit un sourire au nouvel arrivant en lui souhaitant la bienvenue. Son arrivée était plutôt matinale. En général, ses premiers clients arrivaient en fin de matinée, et en majorité, c'était l'après-midi. Mais il y avait toujours des exceptions et celui-ci en faisait partie. Ce n'était pas la première fois qu'elle le voyait dans la boutique et son instinct lui disait que ce n'était pas les livres qui l'intéressaient le plus. Il traînait, regardait, notait ses ouvrages en vitrine et peut-être même le nombre de clients présents. Sans doute un agent du gouvernement pour savoir si elle utilisait son bien à bon escient. Elle se doutait bien qu'ils ne lui avaient pas fourni une boutique et un toit pour ses beaux yeux et qu'elle devait garder une certaine "ethique" vis-à-vis de ses "bienfaiteurs". En espérant qu'ils ne se basaient pas sur le nombre de clients dans sa boutique car sinon, elle devrait fermer ses portes dès le lendemain. Mais elle avait des arguments, et les utiliseraient si c'était le cas. Au fond, avec cette thématique sur la prohibition de ce mois-ci, finalement, ce n'était pas étonnant de voir un agent pointer le bout de son nez.


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↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
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↳ Playlist : WOODKID - Iron ◐ METALLICA - One ◐ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ◐ COLDPLAY - Fix you ◐ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ◐ PINK FLOYD - Wish you were here ◐ BRITNEY SPEARS - Toxic
↳ Citation : "When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]" C. J
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MessageSujet: Re: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Ven 12 Fév - 4:14



le goût du vin

 
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Les dossiers s'empilaient et le temps s'écoulait lentement. J'étais distrait, perdu, obsédé par les souvenirs de mon frère dans mon bureau. Pourtant, c'est chez moi que j'étais, dans mon appartement. Étalé sur mon lit, Diablo venant ronronner contre moi. J'avais évité le bureau autant que possible et je cherchais toutes les excuses du monde pour en sortir. Aujourd’hui, j'en avais une bonne. De tous les métamorphes que l'on surveillait, il y en avait une qui me tenait particulièrement à cœur. Cette petite renarde, aussi innocente paraissait-elle, restait une renarde, et pour cela, elle avait certainement beaucoup plus qu'elle ne le laissait croire à offrir.

Lorsque le bureau et ma secrétaire temporaire m'a appelé pour me dire qu'il serait mieux que je rende visite à Mlle O'Brady, son étalage de vitrine n'étant pas du goût de tous, j'avais ri et accepté instantanémment. Quelqu'un pouvait s'en charger à ma place, avait-elle dit, et même si ces jours-ci, toutes les excuses étaient bonnes, personne n'avait jamais eu cette tâche à faire à ma place. Rendre visite à la demoiselle me plaisait, et je l'observais tout en restant discret. Alors je me levais finalement du lit, me rendais présentable et claquais la porte derrière moi.

Il ne m'a pas fallu longtemps pour me rendre dans la petite librairie. La chevelure de feu de sa propriétaire se baladait tandis que mes yeux jetaient un œil à la vitrine. Un sourire se dessina sur mon visage alors que je voyais l'ouvrage qui posait problème. Les mains dans les poches, je rentrai finalement sous le bruit doux de la cloche et sans un mot prenait le temps de me balader dans les rayons un instant. Elle était méticuleuse et amoureuse de ses bouquins. Il ne fallait pas être très malin pour le voir, l'attention qu'elle portait à tenir sa boutique à jour et renouvelée était époustouflante. Tant de passion dans notre monde n'était pas chose commune. Tout cela la rendait d'autant plus intéressante.

Son dossier ne cachait pas son âge, et si, j'étais conscient que l'alcool existait déjà à son époque, je savais que l'ouvrage qu'elle avait posé en haut de pile n'était pas si vieux. Alors que je m'avançai discrètement, le prenant avec délicatesse, et le feuilletant, je souriais. J'avais toujours adoré tout ce qui concernait l'alcool et ses saveurs. L'art de l’œnologie en particulier, tenait une place dans mon cœur. De part mes origines françaises, j'avais grandi entre bon vin et autre cognac. Et si je n'avais pas le droit d'y goûter, sauf peut-être une goutte au nouvel an, j'avais en tête se verre rougissant et l'air satisfait de mon père qui déposait ses narines au dessus du verre transparent. Parlant de robe et de saveurs qui me donnaient l'eau à la bouche, j'avais cette image d'un art noble et ancien. Les pages du livre se glissant sous mon doigt, je souriais à mes souvenirs, me rappelant combien tout était plus simple à l'époque.

Tout était si facile. Bien qu'aujourd'hui, j'ai une cave remplie de bons vins, il ne me restait plus grand monde avec qui la partager. Cette pensée me fît refermer l'ouvrage et chercher des yeux la rousse qui se trouvait à quelques rayons de moi. M'en approchant avec délicatesse, je lui tapotais sur l'épaule en lui tendant l'ouvrage. Tout sourire, je commençais. « Bonjour, Mlle O'Brady. » tournant les yeux pour observer la librairie encore vide, je continuai, de ce ton si simple que je n'adopte que peu. « Je ne crois pas m'être déjà présenté. Je m'appelle Liam Wiggins, et je travaille pour le Gouvernement. » Aucune raison de lui mentir, il ne fallait pas chercher très loin pour me retrouver. Et de toutes façons, pour les idées que j'avais en tête, il fallait instaurer un minimum d'honnêteté entre nous. Pour ce qui adviendrait par la suite, seul l'avenir nous le dira.

Toujours est-il qu'avant de parler d'un quelconque avenir, il fallait avant tout passer ce moment présent. La carte que je m'apprêtais à jouer était certes, quelque peu risquée, mais les jours qui venaient de passer ne m'avaient certainement pas donner envie de me prendre la tête avec toutes ces conneries et me pesaient suffisamment pour que je m'autorise un plaisir simple et ce, peu importe avec qui. Tant que l'espace d'une conversation, j'oubliais qu'il ne me restait plus grand chose. Aussi, ouvrant le livre devant elle, je finissais par continuer. « Alors comme ça, vous vous intéressez à l’œnologie ? » tournant avec respect pour l'ouvrage les pages, j'ajoutai. « Cet ouvrage, aussi bien écrit soit-il, n'est pas complet, vous savez. Auriez-vous quelque chose de plus précis sur le domaine ? » Un petit sourire joueur s'affichait sur mon visage. Lorsque quelqu'un du gouvernement commence à vous parler d'un sujet si délicat qu'un seul mot peut vous mettre dans l'illégalité, il est dur de savoir sur quel pied danser. Pour autant, la renarde face à moi, si elle était bien l'animal qui vivait en elle, devait avoir un côté joueur et je comptais bien m'en amuser un peu avant d'aller plus loin.

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SOUND OF SILENCE
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MessageSujet: Re: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Dim 14 Fév - 12:16


« La liberté ne peut être que toute la liberté : un morceau de liberté n’est pas la liberté »



Liam P. Wiggins & Aslinn O’Brady
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Préférant faire comme si elle n’avait pas vu l’homme entrer dans sa petite librairie, elle avait délaissé sa pile parfaite sur L’art de l’œnologie pour aller s’occuper des rayons et les remettre en ordre. Elle déplaçait un livre qui n’était pas avec ses comparses, elle arrangeait les piles pour qu’elles soient bien droites et que les livres soient bien alignés et elle en replaçait certains sur les présentoirs qu’elle possédait en peu de quantité mais cela lui paraissait suffisant.

Bien occupée qu’elle était, elle oublia quelques minutes la présence de l’homme. Elle sursauta en sentant l’air se déplacer à l’entrée du rayon où elle se trouvait. Il s’approchait d’elle. Elle tourna les yeux vers son côté avant de sentir sa main sur épaule qui l’apostrophait. S’armant d’un sourire à toute épreuve, elle se retourna immédiatement vers lui. « Que puis-je faire pour vous, Monsieur ? » demanda-t-elle.

Il lui souhaita le bonjour, accompagné de son nom. Cela n’aurait pas dû la surprendre, pourtant cela lui faisait toujours un drôle d’effet d’entendre son nom entre les lèvres de quelqu’un qu’elle ne connaissait pas et à qui elle n’avait jamais au grand jamais donné cette information. Pourtant, elle fit mine d’être parfaitement sereine. Enfin. Enfin, il se présentait et lui disait ce qu’elle savait déjà, il travaillait pour le gouvernement. Toutefois, voilà une information utile, son nom : Liam Wiggins. « Enchantée » lui répondit-elle avant d’ajouter « Vous semblez déjà me connaître, vous… ». Bien sûr.

Et bien sûr, il avait remarqué son nouvel ouvrage sur l’œnologie. Il n’avait pas fallu beaucoup de temps au gouvernement pour réagir apparemment et elle se demanda l’espace d’une seconde si elle n’était pas allée déjà trop loin avec si peu. Sans se décontenancer, elle leva les yeux vers lui qui tenait le livre dans ses mains. « Je ne m’intéresse pas à tout ce dont parlent les livres que je vends Mr Wiggins. » commença-t-elle en souriant. Après tout, il lui fallait bien tâter un peu le terrain avant de savoir jusqu’où elle pouvait aller avec lui. Il avait bien le pouvoir de la jeter dans une cage et de la torturer jusqu’à ce que mort s’ensuive. Et c’était hors de question de lui faciliter la tâche si c’était là le but de sa visite. Il tournait les pages du livre avec un intérêt qui la surprit pourtant.

Elle en profita pour déposer sur une des piles de livres se trouvant sur la table devant laquelle elle se trouvait, les petits encarts conseils qu’elle avait rédigés la veille pour certains livres. Elle fut encore plus surprise de sa dernière remarque. Un ouvrage incomplet ? Mais comment pouvait-il se permettre une telle remarque ? A moins qu’il ne soit pas venu ici pour la jeter au fond d’un cachot sordide pour lui faire avouer une quelconque alliance avec la résistance… Elle se retourna une nouvelle fois vers lui pour lui prendre le livre des mains et jeter un œil sur l’index. « Incomplet ? Vous sous-entendez que je vends des ouvrages de mauvaise qualité ? » N’importe quoi. Elle était la meilleure libraire de la ville, faut dire qu’elle n’avait pas beaucoup de concurrence non plus. Mais elle était fière de pouvoir trouver des livres spécifiques sur commande de ses clients. Alors, bien évidemment, elle avait d’autres ouvrages, mais cela aurait été jouer avec le feu de les exposer en ce mois « Prohibition ». Elle pencha légèrement la tête sur le côté et regarda Liam avec insistance. Vu ses propos, elle n’avait pas forcément besoin de tourner autour du pot. « J’ai ce que vous recherchez. Mais j’ai trouvé un peu ça un peu grossier de les exposer durant le mois visant à promouvoir….enfin en un sens, la prohibition du gouvernement. Je tiens à ma peau. »

Elle referma le livre et le lui rendit avant de s’éloigner vers un rayon en particulier. Il se trouvait sur une étagère contre le mur et elle dut prendre un petit escabeau pour atteindre le dernier rayonnage. Elle était loin d’être petite, mais le plafond étant haut, elle n’atteignait pas les derniers rayons. Là, perdu au milieu d’autres livres, un exemplaire unique, sur l’œnologie présentant un chapitre spécifique sur les différents (et meilleurs) coteaux français. Elle redescendit de son escabeau et le lui tendit. « Ceci correspond-il mieux à vos attentes ? » avant de reprendre, plus bas, « Je n’aurais jamais cru qu’un membre du gouvernement s’intéresse à des livres sur de l’alcool. C’est interdit, Mr Wiggins. » Petit sourire. Une auréole sarcastique aurait pu s’éclairer au-dessus de la tête de la jeune femme en cet instant même.



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MessageSujet: Re: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Lun 7 Mar - 23:45



le goût du vin

 
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La répartie de la rousse me laisse un sourire fin sur les lèvres. Elle a les bijoux de famille qui manquent à certains. Vu sa carrure, la douceur qui émanait d'elle, la surprise était d'autant plus grande. Sous sourire, comme une caresse qui accompagne ses propos me laisse curieux de la suite. Le nom sur le papier m'avait semblé intéressant, mais ce qui se trouvait en face de moi l'était réellement bien plus. La vie était pleine de surprise, et mademoiselle O'Brady semblait en être une belle.

Le doigt toujours pointé sur l'ouvrage à son égard, je brûlais d'impatience de voir comment elle retomberait sur ses pattes. Elle n'était pas féline, mais bien maligne. Un renard savait voler des poules, ce renard là savait visiblement voler le gouvernement. Et finalement, ses fines mains venaient prendre l'ouvrage entre les miennes. Sans résistance je me laissais faire, le sourire en coin toujours présent, le regard planté dans le sien. Je ne lui réponds que par un haussement d'épaules. Je ne sous entends que ce que vous voulez entendre. La politique, l'art de manier les mots. Je n'ai rien dit, tout laissé à interpréter et je ne compte pas m'arrêter de sitôt.

Ce jeu est bien trop amusant pour ne pas en profiter encore un peu. Reposant mes mains contre ma poitrine, je l'observais visiblement piquée, l'objet du délit en main. Son regard devenant insistant, je me plaisais à l'appuyer un peu plus. Jusqu'où était-elle prête à aller. Après tout, difficile de savoir sur quel pied danser avec un membre du Gouvernement, pas vrai ? Et pourtant, sa réponse ne se fit pas trop attendre. Un sourcil haussé, le rictus s'affirmant peu à peu alors que ses mots venaient se fondre dans mes oreilles.

Je ne me décidais pas à parler tout de suite, l'observant simplement, un rire étouffé à sa remarque. Tenait-elle vraiment à sa peau ? Son jeu était pourtant osé face à moi. Me retrouvant à nouveau avec l'ouvrage dans les mains, je le tripotai du bout du doigt alors que la renarde disparaissait avec une grâce indéniable. Le regard la suivant, je ne pouvais m'empêcher d'admirer une seconde sa beauté, aussi douce qu'élégante. L'air satisfait, je me prenais à la suivre lentement, appréciant la vue et le moment présent. Ce n'était pas comme si la joie et la bonne humeur étaient les maîtres mots de ces temps, alors un simple moment était bien plus qu'appréciable.

Le livre toujours dans les mains, je l'observais s'allonger de tout son long pour attraper un ouvrage que même l’œil le plus aguerri n'aurait pas remarqué si il n'avait pas su où chercher. Je l'attrapai alors qu'elle me le tendait, calant l'autre sur une étagère avec soin avant de m'arrêter un peu plus sur l'ouvrage. Ses mots, plus doux, plus cachés, notaient désormais l'interdit de la situation. Sa dernière phrase me faisant lever les yeux de ma lecture, plongeant mes iris dans les siens, je lui rendais son sourire avant de dire.

« N'est-ce pas là tout l'intérêt, Mademoiselle O'Brady ? » Plaçant mes yeux sur l'ouvrage réellement plus complet, je tournais lentement les pages, laissant une pause notable avant de reprendre finalement d'un ton doux, sans enlever ce petit air joueur qu'elle avait naturellement instauré. « Cependant... les ouvrages sont bons, les vôtres sont d'ailleurs particulièrement tentateurs, décrivant les saveurs, les robes... » Tournant l'ouvrage dans ma paume afin de le diriger vers elle, je lui montrais une page avant de regarder ses lèvres puis ses yeux et d'ajouter.

« Ce Jurançon, aussi doux que fruité, se fondrait particulièrement bien sur vos lèvres par exemple. » Mes origines se ressentent rien qu'à l'évocation du nom du vin, mon accent reprenant lentement place dans mes mots. L'ascension politique et particulièrement la mise à mort de mon jumeau m'avaient éloigné de ces mots, ces souvenirs. Mais sans m'en rendre compte, par un simple jeu, le naturel revenait au galop. Je n'étais plus le politicien, plus le ministre. Je n'étais qu'un simple joueur Je referme l'ouvrage d'un geste vif avant de m'appuyer contre l'étagère face à elle avant de continuer mon petit discours. « Mais dîtes-moi, vous qui bravez les interdits par la simple présence de cet ouvrage dans votre librairie. Est-ce par pur esprit rebelle, ou vous intéressez-vous réellement au plaisir noble de l’œnologie ? »

Un haussement d'épaule surfait et une moue désolée plus que jouée pour ajouter. « Je dois vous avouer que si votre réponse est la première hypothèse, je serai bien déçu... Moi qui pensais enfin avoir trouvé quelqu'un avec qui partager une passion rare... » Le sourire prend à nouveau place sur mes lèvres et mes bras se croisent sur mon torse en attendant la répartie de ma partenaire. Tout ça n'est qu'un jeu, un simple jeu, et pourtant, une part de moi espère réellement que l'intérêt d'Aslinn pour le vin est réel. Il y a bien trop longtemps que ce présent n'est que sérieux et conneries, un peu de légèreté et de plaisir, comme au bon vieux temps ne pouvaient pas faire de mal.

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MessageSujet: Re: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Mer 9 Mar - 10:22


« La liberté ne peut être que toute la liberté : un morceau de liberté n’est pas la liberté »



Liam P. Wiggins & Aslinn O’Brady
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Il l’avait regardé en silence jusqu’à ce qu’elle lui tende le nouvel ouvrage. En silence. Pourtant, elle avait senti le poids de son regard le long de ses jambes et sa chute de rein lorsqu’elle avait le dos tourné. Elle aimait bien cette sensation. Même si cela ne représentait rien de plus. Mais si elle ne voulait rien de plus. Elle aimait être désirée. Sans doute avait-elle développé ce complexe depuis son mariage non consommé. Depuis qu’elle avait rencontré cet homme qui ne semblait ressentir que dégout pour elle. Peut-être que ça la rassurait lorsqu’un homme l’observait avec ce regard.

Il avait regardé le livre un instant avant de relever les yeux vers elle pour lui sous-entendre que l’interdit était intéressant. Il ne semblait pas aussi guindé que les autres membres du gouvernement. Qui aurait pu lui répondre des mots portant tellement atteinte à la prohibition ? Parce-que oui, bien évidemment, elle avait testé ce Mr Wiggins et il était rentré dans son jeu. Elle doutait toutefois du jeu caché derrière ses mots, était-ce une feinte pour avoir un prétexte pour la faire enfermer ? ou bien était-ce un jeu simple et amusant sur la futilité et l’inefficacité de la prohibition ?

Une nouvelle fois, son regard s’attarda sur ses lèvres qu’elle s’amusa à étirer en un léger sourire. Il semblerait qu’un Jurançon pourrait lui convenir. Convenir à ses lèvres pour être plus précise. Elle ne put s’empêcher de rire doucement. C’était de cette façon qu’il abordait les femmes ? Même Aslinn savait que c’était dépassé alors qu’elle avait grandi à une époque où la cour était indispensable. Mais c’était bien français. Elle ne savait pas vraiment ce que c’était que d’être français à ce jour, mais dans son esprit, les français étaient des coureurs de jupons libertins maniant les mots doux avec beaucoup d’habileté. L’accent qu’elle avait perçue dans ses paroles lui confirmait ses préjugés. Et alors qu’il refermait le livre avec une vivacité certaine, elle ne put s’empêcher de se sentir plus à l’aise. En tout cas, un peu moins sur la réserve. Certes, elle ne pouvait pas être trop franche avec un membre du gouvernement (ça ne se faisait pas), ça n’aurait pas été prudent. Mais elle sentait qu’au moins, elle pouvait jouer, car elle ne le sentait pas si autoritaire que le voulait sa position. Et puis, il semblait aimer ça alors qu’elle l’observait s’appuyer contre une des bibliothèques.

« Un Jurançon, vraiment ? » répondit-elle amusée. Il reprit son propos toujours aussi séducteur, dans son regard, son sourire, le moindre de ses gestes. Décidément, elle adorait ce petit jeu. Il en profita pour lui demander de manière assez directe si elle était une rebelle avec un esprit de contradiction ou si elle était réellement intéressée par la science du vin.

La moue qu’il lui adressa après son haussement d’épaule fit à nouveau sourire la libraire. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas autant sourit… Elle se demanda à quand remontait la dernière fois mais ne trouvant pas de réponse, elle préféra continuer la petite conversation qu’elle avait avec Mr Wiggins. Elle opta pour une grande part de vérité, ne craignant rien de ce point de vue-là. « Pour tout vous dire, Mr Wiggins, j’aimerais m’y intéresser. L’œnologie semble être un art passionnant et je me demande comment est-ce qu’il est possible de déterminer le nom, la région et l’année d’un vin grâce à sa seule robe. » Avec un petit sourire de jeune fille en fleur, elle se mordilla la lèvre inférieure avant d’ajouter « Malheureusement, ce n’est que pur fantasme pour moi. Je n’ai jamais trempé mes lèvres dans un tel liquide, encore moins un Jurançon… » Et elle n’avait pas menti. Elle n’avait jamais eu cette occasion. La bière, oh ça elle connaissait. Son père lui avait fait goûter alors même qu’elle faisait ses dents. Mais le vin, met plus délicat, plus rare lorsqu’il était de qualité et surtout plus cher, elle n’en avait jamais bu. Le peu de temps que son mariage avait duré, Melvyn refusait qu’elle en boive et interdisait aux domestiques de la servir. Pour quelle raison ? Peut-être simplement parce-qu’elle aurait voulu y goûter. Pour l’empêcher de faire quelque chose qui aurait pu lui plaire. Elle balaya ses souvenirs désagréables et se détourna de l’homme. Son sourire avait disparu à la seule pensée du Comte. Ça l’avait déstabilisée l’espace d’un instant et elle prétexta de ranger le livre précédent, reçu la veille, pour s’éloigner un peu et reprendre contenance.

Lorsqu’elle reposa le livre sur son présentoir, elle finit par se retourner. Membre du gouvernement ou pas. La vie avait toujours été injuste avec elle et elle n’eut pas peur de lui dire avec vivacité « Et vous savez quoi ? Je n’hésiterai pas une seconde. Si j’avais l’occasion d’y goûter. Au vin. Je n’hésiterai pas à le faire. Car j’y ai autant droit que n’importe qui d’autre. Amer, âpre, fruité. Que je le recrache ou que je boive mon verre cul-sec. Si je pouvais, je ne dirais pas non juste à cause de cette prohibition. » Les larmes étaient montées à ses yeux mais aucune ne coula sur sa joue. Cela aurait été idiot de pleurer pour du vin. Elle se mit à rire de son propre ridicule en en prenant conscience. Mais au final, le vin non-goûté n’était pas juste du vin non-goûté pour elle. C’était le symbole de ce qu’elle avait enduré, c’était la frustration d’un enfant à qui on refuse un bonbon tous les jours et qui a grandi dans celle-ci, perdant toute confiance en lui, imaginant le pire sur la raison de ce refus quotidien. Mais elle rit. C’était tellement ridicule qu’elle rit. « Excusez-moi…c’est une réaction stupide. » finit-elle par lui dire.



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MessageSujet: Re: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Sam 19 Mar - 1:20



le goût du vin

 
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Le sourire de la douce libraire vient en coller un sur mon visage en miroir. L'air si tendre dans ses yeux me plonge un instant hors du temps. Ici, dans cette vie, dans cette foutue réalité, peu de choses nous amènent à sourire, encore moins plus de quelques instants. Aussi, le jeu du chat et de la souris instauré entre nous, qui prenait lentement place entre les rayons me laissait un goût de satisfaction dans le palais. Et puis finalement, assez rapidement sa voix s'élève et prend place entre les pages. Mon regard lui offrant toute son attention, j'écoute attentivement ses mots, avide de sa vérité.

Les dires de la jeune femme, reprenant scrupuleusement les termes qu'elle avait du lire et relire me laissaient un petit air admiratif que je ne cherchais pas à cacher. Le gouvernement, le maintient de la terreur et toutes ces choses avaient coupé l'envie aux gens de s'intéresser aux interdits. Ils leur sucraient l'adrénaline, et le courage aussi. Vous me direz, à risquer de se faire tuer à quasiment chaque coin de rue, le courage avait une meilleure place ailleurs que dans ces plaisirs futiles. Pour autant, il était réellement bon de retrouver un peu de légèreté et de douceur dans ce présent trop noir. Les robes des vins, les goûts fruités ou non, tout cela semblait inutile, mais pourtant nécessaire aujourd’hui.

Le regard toujours sur son visage alors qu'elle continuait, jouant avec sa lèvre, je me voyais hausser un sourcil puis sourire de plus belle à son aveu. Elle n'avait jamais goûté de vin ? La prohibition n'était pas si vieille, et pour ce que j'avais lu du dossier de la jeune O'Brady, elle aurait eu toute une vie pour y goûter. La surprise laissant rapidement place à l'envie de saisir cette occasion pour parer à cette ignorance les idées trottaient dans ma tête alors que j'hésitais de moins en moins quant à la tournure de cette conversation. Mais j'attendais encore. Observateur du renard se glissant à son aise dans ses livres. Il fallait être sûr. Non pas que je risque grand chose, mais je ne voulais surtout pas gâcher mon vin pour n'importe qui.

Le silence qui prenait place entre nous n'avait rien de gênant. L'un observant, l'autre dans ses pensées. Ne voulant surtout pas la déranger, je gardais un œil sur elle, lisant sans un mot les tranches de livres posées derrière nous. Mais revenant à la réalité par son sourire disparu, je me voyais désormais curieux d'en apprendre plus ce qui avait bien pu la faire changer d'attitude en si peu de temps. Curieux oui, mais avant tout du vin. C'est pour cela que les questions attendraient, sans doute un long moment avant d'être posées.

La suivant calmement alors qu'elle rangeait le fameux livre, elle cassa à nouveau le seul bruit des livres pour y apposer son timbre de voix, bien plus vif cette fois. Ce revirement ne me laissant pas sans un léger choc me valut de faire un mouvement de recul discret alors que je l'écoutais se rebeller. Ses yeux embués me firent retrouver un sourire léger. Elle était réellement motivé, la petite rousse n'étais pas une simple rebelle cherchant à attirer l'attention. Elle était passionnée du monde et regrettait visiblement la connaissance qu'elle en avait eue. Perdu dans mes pensées, cherchant comment jouer encore avec elle tout en étant désormais sûr d'où tout cela allait nous mener, je fus surpris de l'entendre s'excuser.

M'avançant vers elle, lui offrant un sourire tendre je montrais sa joue du doigt sans la toucher pour autant avant de laisser s'échapper d'entre mes lèvres. « Vous savez, Mademoiselle, toute jeune femme laissant des larmes dans ses yeux à le droit à un verre de vin. » Ramenant ma main dans ma poche, je tourne rapidement les yeux alentours afin de vérifier que nous sommes bien seuls avant de continuer. « Et je me ferai un plaisir de vous l'offrir. » Haussant à nouveau les épaules, mes iris dans les siens et un sourire joueur je continuai. « À moins bien sûr que la proposition ne vous tente pas, ce que je comprendrais parfaitement. »

Je me recule et tourne les talons, observant sans observer, marchant sans marcher, juste histoire de montrer un peu de détachement à la situation, faisant doucement les pas vers la sortie avant de lui dire, cette fois-ci sans un regard pour elle. « Mais si le Jurançon vous tente, je vous assure que j'en ai un très bon qui n'attend que vos lèvres. » Je marque une pause, près de la porte de sortie, me retournant vers elle pour continuer. « Mais si vous avez envie de goûter un vin en particulier, j'ai sans doute de quoi vous satisfaire aussi... Alors, qu'est-ce que vous en dîtes ? Prête à enfreindre la loi pour de la liqueur sur vos lèvres ? »

Ma main se glisse sur la poignée de porte sans l'actionner. Le sourire toujours sur le visage et les pupilles défiant les siennes. Mon cœur s'accélérant lentement, poussée d’adrénaline à l'idée d'enfin faire quelque chose de normal dans ce monde de fous. L'idée de reprendre un plaisir que la vie m'a enlevé, d'oublier un instant et profiter du sourire d'une jeune libraire innocente qui ne rêve que d'apprendre. Partager enfin le savoir de mes ancêtres sans penser à mon frère à chaque instant. Me sortir toutes ces images de la tête, tous ces souvenirs qui me bouffent et me tuent, pour laisser place à un verre. Un reflet dans cette chevelure rousse. Voir son regard lorsqu'elle découvre le goût de l'interdit et remplacer tous ces monstres par un sourire. Au moins pour aujourd’hui, pour survivre un peu plus longtemps.

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MessageSujet: Re: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Mer 13 Avr - 17:53


S’il y avait bien une chose que la libraire détestait, c’était de perdre le contrôle de ses émotions. Et la plupart du temps, elle y arrivait particulièrement bien, cachant ses pensées réelles derrière une attitude innocente, de grands yeux ouverts, des papillonnements de cils avec les hommes et avec les femmes une petite moue indiquant tout son intérêt. Inévitablement, la perte de contrôle survenait au moment où il ne fallait pas, avec la personne devant laquelle il ne fallait pas. Un ministre. Un ministre charmant en prime. Heureusement, elle avait réussi à se rattraper rapidement avec son petit rire. Ouf. C’était mieux que rien.

Elle eut un léger mouvement de recul lorsqu’il approcha son doigt de sa joue, sa méfiance instinctive ne la quittait jamais vraiment, encore plus lorsqu’elle était en face d’un membre du gouvernement capable de vous mettre la corde au cou au moindre mot qui pourrait déplaire. Pourtant ses mots à lui résonnaient comme une attirance vers l’interdit. Il l’invitait à boire un verre de vin… Il marqua une pause puis réitéra sa proposition sans plus d’ambiguïté. Oui, il lui offrait de goûter à cette boisson désormais défendue qu’elle n’avait jamais eu le loisir d’essayer. Le regard de la jeune femme sembla s’éclairer d’une lueur nouvelle, l’excitation de l’aventure. L’excitation de l’interdit. Sa méfiance lui susurrait qu’il s’agissait d’un piège pour l’enfermer dans une cage. Mais son instinct, lui, celui qu’elle écoutait en premier lieu, lui disait que cet homme aimait autant jouer avec le feu qu’elle, si ce n’était plus. Pourtant, elle ne connaissait rien de lui. Pas encore.

L’homme s’éloignait déjà vers la sortie sans même attendre une réponse de sa part. Enfin, c’est ce qu’il voulait laisser croire peut-être mais la lenteur avec laquelle il bougeait lui indiquait tout simplement qu’il lui laissait le temps de prendre sa décision et le rejoindre si elle décidait de laisser son excitation prendre le dessus. Il ne fallut guère de temps à la jolie rousse pour récupérer son sac et son manteau accrochés au porte-manteau. A peine avait-il posé la main sur la poignée de la porte d’entrée qu’elle-même posa la main sur son bras l’obligeant à se tourner pour lui faire face.

« Si vous m’assurez qu’il ne s’agit pas d’un piège pour m’arrêter…. »

Elle plongea son regard vert, animal dans les siens. Le sérieux et l’instinct de survie prévalait en cette seconde. Il lui suffisait de lui promettre qu’il n’y avait aucune fourberie dans sa proposition. Elle avait déjà enfilé son manteau, elle était prête, il pouvait le constater lui-même. En cet instant, elle était plus elle-même qu’à n’importe quel autre de sa vie de tous les jours. Cette volonté d’aventure et cet amour pour la vie sous toute ses formes, mais son instinct de survie suffisamment développé pour lui faire garder les pieds sur terre, consciente que dans ce monde, il fallait faire attention au moindre détail pour conserver cette vie si précieuse qui lui était octroyée après cent ans d’errance animale.

Elle leva les yeux vers lui. Il détenait la clé d’une vie plus légère. Il suffisait d’un mot.
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MessageSujet: Re: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Jeu 14 Avr - 0:14

La poignée de la porte entre les doigts j'observe la réaction de la rousse qui ne se fait pas vraiment attendre. À vrai dire, si j'avais cligné des yeux un peu trop longtemps, j'aurais pu la voir comme quand je suis arrivé et paf ! Un manteau, un sac dans la main. Comme ça, d'un claquement de doigt. Je souris, satisfait, tourne lentement la poignée qui refroidit mes phalanges à s'y lover si longtemps. Et puis finalement, son bras vient se poser sur le mien.

Mon regard se pose sur sa fine main, un sourcil se hausse et obligé de lui faire face, sans lâcher la poignée, je la regarde droit dans les yeux, fixant ses billes rondes alors qu'elle parle. Un sourire se dessine sur mon visage à sa remarque. Elle n'avait pas tort de se méfier. On faisait parti d'un monde où j'étais bien loin d'être le seul à prétendre. Certains étaient plus dangereux que d'autres. Et le jour où je ne prétends pas, je peux être le plus dangereux pour elle. Son sérieux me touche, sa peur et son honnêteté aussi. Cette petite a vraiment quelque chose. Je laisse mon sourire retomber, et lui rend son regard. Honnête, brun foncé sans avoir cette noirceur qui règne au fond de moi.

Parce que je ne suis pas Liam le ministre. Simplement le Wiggins. Je réponds d'une voix calme, douce mais réellement sincère. « Vous arrêter ? Je n'en ai aucune envie. Et sachez que si un jour, quelqu'un doit venir vous arrêter, ce n'est pas un Ministre qui se déplacera. Je ne dis pas que vous pouvez me faire une confiance aveugle, je ne vous le conseille d'ailleurs pas. Mais, non, ceci n'a rien d'un piège. » J'actionne la poignée de la porte et lui dis, toujours en la regardant. « Vous savez, Miss O'Brady, dans le monde dans lequel on vit, il m'est fortement déconseillé de donner mon adresse à quelqu'un dont je ne connais qu'un dossier poussiéreux. Le mensonge est partout et les gens contre le gouvernement aussi. Alors le fait que je vous invite chez moi, en cet instant, vous pouvez prendre ça comme mon gage de bonne foi. Ma confiance envers vous pour ne pas me vendre au premier venu et finir assassiné dans mon sommeil. » Un sourire se dessine sur mon visage.

Évidemment, ce n'était pas si simple. Si jamais elle me dénonçait à quelqu'un qui voulait ma mort, il faudrait bien plus que mon adresse pour me tuer, mais tout de même. La lui donner n'était pas forcément la chose à faire, je ne connaissais pas grand chose d'elle. Alors ce que je disais, les mots qui étaient sortis de ma bouche étaient plutôt vrais au fond. On ne peut pas faire confiance à grand monde, mais les petits instants comme celui-ci, d'un commun accord, une sorte de deal, c'était la confiance actuelle faut croire.

Je vois bien dans son regard qu'elle choisit de me croire. Sans doute parce qu'elle en a réellement envie, sinon, elle n'aurait pas aussi vite pris ses affaires. Je souris et actionne finalement cette poignée. Je la laisse refermer le magasin, réajuste mon costume et lui propose de marcher jusqu'à chez moi. Ce n'est pas si loin, et puis ça peut permettre de faire un peu connaissance. Il est évident qu'en pleine rue, ce n'était pas d'alcool que nous allions parler, de souvenirs par contre, rien ne nous l'interdisait. Marchant à ses côtés, toujours un regard posé sur le monde alentour je lance finalement la conversation calmement, tendrement.

« Vous connaissiez la France ? » Mon regard se porte sur la renarde avant que je continue. « J'y ai passé beaucoup de mes vacances lorsque j'étais enfant. J'avais de la famille là bas. » J'avais. Parce que le monde n'est plus, parce que la famille qu'il me reste n'est plus ma famille non plus. Mais ce n'était pas vraiment le moment de penser à tout ça, le but était de se changer les idées. De voir de la légèreté dans cette petite rousse au museau fin. « C'était vraiment joli. Et les français sont marrants, ma famille l'était. J'aimais beaucoup aller là bas. J'y ai d'ailleurs appris énormément. J'ai toujours été du genre curieux, d'autant plus que j'étais de ceux qui veulent jouer au grand. Alors je suivais mon père et j'apprenais. » Je parle encore un peu, pour elle ou pour moi, ça, personne ne le sait vraiment. « J'adorais apprendre, c'était vraiment une jolie époque, de beaux souvenirs. » Un sourire nostalgique s'étend sur mes lèvres et avant de passer dans la morosité je tourne mes pupilles brunes vers elle, observe ses cheveux se mouvoir dans la rousseur encore plus flamboyante au soleil.

Et finalement, j'ajoute, tranquillement. « Et vous, d'où venez-vous ? » ma question était simple et franche. Le dossier, j'en avais rien à foutre, ce que je voulais, c'était la sincérité d'une histoire, d'un visage que j'observais avec tendresse. Et puis finalement, on arrive jusqu'à mon appartement, après ces petites conversations qui font passer les minutes pour des secondes, qui évitent les gros malaises. Je souris au gardien et lui adresse le bonjour. « C'est Miss O'Brady, elle est dans les dossiers, si vous voulez vérifier. » L'homme m'adresse un sourire, parce qu'on se connaît bien Scott et moi avec le temps. Que je sais pertinemment qu'il n'ira pas vérifier. Il me laisse un peu faire ce que je veux depuis qu'on se connaît. Non pas qu'il se fiche de ma sécurité, simplement il me pense assez malin pour ne pas me faire avoir par un sombre inconnu – et aussi pour l'appeler au besoin d'un intervention quelconque.

On monte les quelques marches qui mènent à la porte de mon appartement et j'ouvre la porte sur ma vie privée à une inconnue. Un sourire aux lèvres je la regarde et lui sors un classique « eh bin, bienvenue chez moi. » Je m'avance, referme la porte derrière elle, caresse Diablo au passage et me dirige vers la cuisine ouverte directement, ouvrant un placard et sortant deux verres à vin.

Mon regard se plonge dans le sien et je lui dis. « Alors, les verres sont sortis, évidemment, je vais vous offrir à manger avec, je ne veux pas vous saouler. Quelque chose en particulier que vous voulez goûter ? » Avec ma question s'accompagne un geste qui la somme de me suivre dans une pièce que j'ouvre avec une clef, donnant sur une cave à vin, bien moins grande que mon héritage aurait du l'être, mais d'une valeur sans nom. Mon sourire nostalgique reprend place sur mon visage alors que j'allume la lumière et lui montre mon petit trésor.

« Si vous avez des questions, ou quoi, dîtes-moi. Vous pouvez toucher les bouteilles mais faîtes attention, je ne voudrais pas qu'il arrive d'accident, vous comprenez leur valeur. » Je marque une pause, et la regarde à nouveau, hâtif de voir sa réaction, à cette femme qui semblait tant intéressée et puis me vient une remarque stupide qui ne peut s'empêcher de passer mes lèvres. « Vu nos petits secrets, on pourrait peut-être se tutoyer, vous ne croyez pas ? »

La question est sincère, n'a rien d'une obligation. Nos époques et traditions étaient différentes. Le but était de la mettre à l'aise, et non l'inverse, alors le choix du vin, du tu, du reste, pour le moment n'était que sien. Appuyé contre le cadrant de la porte je l'observe donc dans sa découverte, non pas du monde moderne, mais d'un plaisir bien ancien, avec un plaisir non feint.

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MessageSujet: Re: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Mar 26 Avr - 17:59


Alors que la question s’éloigne de ses lèvres, elle braque son regard vert dans celui si brun de l’homme qui se trouve face à elle. Ce sentiment de contradiction qui émane de lui, elle le ressent plus fort encore que lors de leur discussion précédente. Elle ressent le danger qui se dégage de lui, qui pulse à chaque battement de son cœur aussi calme que le jaguar traquant sa proie. Mais elle ressent aussi la douceur qui enrobe ce cœur impitoyable, tapie au fond de son esprit, pointant le bout de son nez quelque fois, sans qu’il ne puisse le contrôle. Elle sent tout ça. Et elle sent qu’il ne lui ment pas. Pas sur les choses qui importent. Elle sent qu’il n’est pas un danger pour elle et elle accepte cette simple affirmation de sa part qu’il ne s’agit pas d’un piège. Parce-qu’elle lit en lui, en partie. Elle ne connaît pas ses secrets. Mais en regardant au fond de son âme, elle sait qu’il n’est pas un danger et qu’elle peut accepter son offre.

Elle sourit légèrement, satisfaite des arguments du ministre, et libère son bras pour ferme la petite boutique. Elle a tourné la pancarte sur la porte indiquant qu’elle est fermée momentanément. Peut-être pour la matinée, peut-être pour la journée si elle abuse un peu trop du vin. Mais elle ne veut pas profiter de son hôte alors elle saura se tenir, déjà qu’elle tient assez peu la bière.

De façon aussi naturelle qu’un politique peut l’être, Liam Wiggins commence à parler de lui. Aslinn est surprise au début par la question du ministre qui lui demandae si elle connais la France. Question purement rhétorique, un art incontestablement maîtrisé par tout bon politicien, qui n’attend aucune réponse de la part de la jolie rousse. Alors elle se tait et l’écoute parler, levant parfois les yeux vers lui pour lui témoigner de son écoute. Ce n’est pas feint, elle est plutôt intéressée par son histoire. Réminiscence de souvenirs, de lieux et de gens aujourd’hui perdus. Elle comprend les moments de silence et les respecte avant que la question ne tombe à propos d’elle. Oui, d’où est-ce qu’elle venait ? Tout comme le ministre, d’un lieu qui n’existe plus aujourd’hui.

« Le nord de l’Angleterre, le Yorkshire… mais ce n’est plus vraiment ce qui importe aujourd’hui. Tout ces lieux, la France, votre France, mon Angleterre, ça n’existe plus aujourd’hui. Pourquoi penser à des choses qui n’existent plus ? Des choses perdues. Pensons plutôt à ce que nous avons aujourd’hui. C’est cela qui compte. Monsieur le ministre. »

C’est la nostalgie qui a parlé à la place de la renarde, quand elle s’en rend compte, elle prend conscience qu’elle a peut-être été impolie et elle lève les yeux vers la haute silhouette du ministre, pas si haute que ça puisqu’elle est grande, elle aussi.

« Si vous avez lu mon dossier, vous savez que l’Angleterre que je connais est celle du XIXe siècle…. N’est-ce pas ? »

Elle sent qu’il le sait de toute façon. Il n’agirait pas ainsi avec elle sinon. Et il sait également qu’elle est une métamorphe dont la forme animale est le renard, c’est dans son dossier du gouvernement.

« J’ai du tout apprendre lorsque je me suis retrouvée ici, à la Nouvelle-Orléans, dans un monde détruit. Mes derniers souvenirs des Etats-Unis, c’est une colonie d’Irlandais, des gangs qui se battaient pour une terre nouvelle regorgeant de richesses inconnues. »

Parce-qu’au final, ses souvenirs à elle, plus qu’une enfance de petite bourgeoise en Angleterre, c’est ce qu’elle est aujourd’hui qui la définit. Elle se rend compte avec cette seule question qu’elle n’avait jamais vraiment été elle-même avant sa transformation, à quelques exceptions près.

Finalement, ils arrivent devant des grilles immenses et le ministre parle avec un homme qui semble être le chef de la sécurité. Wouaouh. Elle va boire un verre chez un ministre. Rien que ça. Ou pas. Le titre, elle s’en fiche un peu tant qu’il n’est pas Roi d’Angleterre. Sauf qu’il n’y aura plus jamais de roi en Angleterre.

Il l’a fait enfin entrer chez lui et lui souhaite la bienvenue. Elle regarde la pièce principale dans laquelle elle se trouve avec de grands yeux. Elle va rarement chez les gens, elle est trop méfiante pour ça. Elle trouve la décoration jolie mais une odeur lui titille le nez et elle baisse les yeux sur un…. Chat. Dear Lord. Elle se recule un peu et le chat se met à feuler. Pas de problème le chat, reste à distance et je resterai à distance également, siffle-t-elle au chat tout doucement.

Liam Wiggins est un bon hôte. Il lui demande même ce qu’elle veut manger en ouvrant une porte secrète fermée à clé, comme si le vin était un bien précieux et rare. C’est un peu le cas avec la prohibition… Elle le suit donc ....

« Oh pour la nourriture ne vous inquiétez pas, je mange de tout, si vous avez des chips ou du pain et du fromage, crackers… peu m’importe. » Elle s’enfonce dans la cave froide. Quand il allume la lumière, elle découvre des étagères entières de bouteilles de vin. Ses yeux verts foncés s’écarquillent et sans s’en apercevoir, sa mâchoire du bas tombe légèrement. Impressionnant. Elle cligne des yeux et garde ses mains bien à l’écart malgré l’autorisation du ministre. « Incroyable » lâche-t-elle alors que le ministre lui propose un tutoiement. « Si je vous appelle Liam, vous m’appelez Aslinn ? » dit-elle en se tournant vers lui avec un grand sourire. Ils étaient rares les sourire, autant en profiter un peu. « Et pour le vin, comme je ne m’y connais pas, je vous laisse choisir… un vin fruité et pas trop âpre…. Et puis tu m’as donné envie avec ton Jurançon, Liam. » dit-elle d’un ton séducteur. Faut dire qu’il lui avait dit que ce vin se marierait bien avec ses lèvres, qui pouvait y résister ? Certainement pas un petit renard joueur.
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MessageSujet: Re: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Dim 1 Mai - 16:54

J'écoute les réponses à mes questions, sans plus de commentaire. Dans un acquiescement silencieux, j'entends la renarde se confier. Il ne fallait pas être très malin pour savoir que je connaissais évidemment les grandes lignes de son passé, cependant, son honnêteté me laisse un doux sourire sur le visage. C'est toujours intéressant de rencontrer les gens. Lire les dossiers n'avait toujours était qu'une belle connerie. J'avais toujours adoré écouter des histoires, j'avais toujours aimé entendre la vérité ; et de la bouche de la rousse en sortait une partie. Ses paroles me restent doucement en tête alors que nous sommes face à la cave à vin dans laquelle elle descend.

Son admiration agrandit mon sourire et chasse un peu les conversations d'avant. C'était très rare dans cette réalité, dans cette vie, dans ce présent de voir quelqu'un avec une réaction si brute. Non travaillée, non recherchée. Juste honnête, et mes bras croisés sur mon torse, adossé à la porte j'observe la demoiselle dans un environnement inconnu. Je regarde ses réactions un instant sans un mot, juste en profitant de l'instant. C'était décidément une bonne décision d'avoir ouvert ce dossier et d'avoir découvert le renard derrière le nom. Un peu de baume au cœur c'était vraiment énormément à l'heure actuelle. Sa gêne me laisse un rire que je tais, elle n'ose rien toucher, comme un gamin qu'on amène pour la première fois dans un magasin de jouer, et puis finalement elle ouvre à nouveau la bouche. Je cache difficilement mon sourire sincère et mon cœur qui se réchauffe un peu à cette vision. C'était raté pour le masque froid du ministre aujourd’hui, mais ce n'était pas réellement ce qui comptait.

Ce qui comptait c'était de voir qu'il existait encore un peu d'espoir dans ce monde. Qu'il restait des rêves et qu'on pouvait en réaliser quelques uns. Le fait d'en avoir réalisé un, même minuscule, me laissait une satisfaction que je n'admettrai surtout pas, mais quand même. Ça faisait du bien. La petite se retourne, et elle a de la répartie. Mon sourire ne s'enlève pas de mes lèvres et prend un air taquin d'un coup, et à peine sa phrase terminée je lui sors, « Deal. » tout en m'avançant vers elle voyant qu'il me faudrait attraper une bouteille, sinon, on resterait plantés là pendant des heures.

Je ne pouvais pas lui reprocher, pas sûr qu'à sa place j'aurais osé. Et puis elle me rappelait ma propre enfance à courir dans les caves les mains bien le long du corps pour ne rien toucher. Elle me rappelait l'innocence, et la première fois où j'avais attrapé une bouteille – que Nolan avait directement éclatée sur le sol. Je ravalais mes souvenirs et rigolais tendrement à sa remarque. Elle avait écouté, vraiment. Une fille avide d'apprendre et capable de voir autre chose que son nombril, ça risquait d'être intéressant. Je lui passais à côté en l'effleurant à peine, d'une main polie sur l'épaule pour ne pas la bousculer et attraper cette fameuse bouteille de Jurançon. Je cherche quelques seconde dans un des rayons et lui sors cette dernière afin de la lui tendre. La poussière sur l'étiquette m'arrachant un nouveau souvenir que je m'empêche de vivre et me retourne dans les pupilles vertes de mon invitée, la bouteille vers elle, tel un sommelier. Dans un sourire un peu nostalgique malgré moi je lui dis. « Et voilà, mademoiselle est servie. »

Me doutant qu'elle n'oserait pas prendre la bouteille de vin dans cet environnement, je lui propose d'un geste de la main de remonter à la cuisine. Et sans attendre de réponse, je me vois poser la bouteille sur le comptoir et me retourner vers le réfrigérateur. « On passera les crackers si ça ne te gêne pas, pour faire honneur à une bonne bouteille, il faut de la bonne nourriture. » Je passe un regard chercheur dans ce dernier afin de sortir de quoi faire une petite salade fraîche. Rien de bien fameux, mais de quoi relever le goût. Parce que c'était une des rares choses qu'il restait, le goût. Et que j'avais tout fait pour ne pas le perdre malgré les aléas de la vie. Lui offrant de quoi s'asseoir le temps de préparer le repas, je laisse la bouteille face à elle, imaginant qu'elle veut l'observer, peut-être même la lire ?

« Si tu veux que je te lise quelque chose de l'étiquette, tu me le dis. N'hésite pas. Je n'ai peut-être pas du tout apprendre une seconde fois dans ma vie, mais je mets un mot d'ordre à ne pas perdre le passé dont je me souviens encore. » Je m'active dans la cuisine tout en parlant. J'avais salement perdu, le français était loin, et je ne l'avais pas parlé depuis des lustres. Trop de souvenirs, et puis mon frère aussi. La personne avec qui j'ai appris, la personne avec qui j'ai appris toutes les langues, même celles que l'on s'était inventé, et avec qui aujourd’hui ; la seule langue qu'on parle est celle du silence. Alors j'avais du mal, et je me forçais. Pour un héritage, un peu de passé dans ce présent. Un espoir d'un futur meilleur. Que des conneries qui me rappelaient que je n'étais pas si différent de mon jumeau.

J'aurais du tout laisser derrière moi. Mais j'y arrive pas. Peu importe, je me souviens de ses mots à elle, et préfère largement diriger la conversation sur sa vie plutôt que la mienne. « Une colonie d'Irlandais ? Ça ne devait pas être trop beau à voir ça dis-moi. Et tu faisais quoi, toi, parmi ces hommes qui se battaient ? Tu tentais de les frapper à coup de livres ? » Je lui offre un large sourire joueur tout en lui tendant une cuillère pour qu'elle goûte la sauce que je suis en train de faire. Je la charrie, beaucoup sans doute pour quelqu'un que je n'ai rencontré il n'y a que quelques heures. Mais le temps n'était plus le même qu'avant. Que ce soit mon passé ou le sien. Les temps avaient vraiment changé, et chaque minute comptait. Elle pouvait être la dernière. Notre rencontre pouvait être la seule, il pouvait ne pas y avoir de suite. Il pouvait ne pas y avoir de demain d'ailleurs.

Alors autant profiter. « Aslinn..., petite pause dramatique pour bien capter son attention, Je te laisse l'honneur d'ouvrir la bouteille, tu veux ? » Je lui tends le tire bouchon, prêt à donner un coup de main au besoin. Il fallait se concentrer sur l'instant. Profiter, et oublier le passé. Laisser les souvenirs derrière, et ne pas vraiment en créer de nouveaux non plus. Parce qu'il valait mieux ne pas s'attacher, parce qu'il n'y avait pas vraiment d'espoir. Je chasse mes pensées en plantant mes yeux bruns dans les siens et me concentrant sur elle. Oublions le monde, vivons dans la légèreté, Nolan aurait pu me la sortir celle-là.

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MessageSujet: Re: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Mer 18 Mai - 22:29


Non. Décidément. Elle n’ose rien toucher dans cette cave. Elle a beau avoir de la grâce et des réflexes bien plus développés que le commun des mortels, elle a trop peur de casser une de ses précieuses bouteilles. Alors elle laisse Liam attraper le Jurançon et le ramener dans la cuisine. Eviter les crackers avec les bons vins. Elle note ça dans un coin de sa tête car elle adore ce genre de chips et autres bêtises qu’elle trouve encore dans les petits supermarchés. Roman lui avait dit qu’ils étaient bien meilleurs avant l’apocalypse et elle préférait ne pas en avoir goûté, déjà qu’elle pouvait se faire un repas avec ceux-là. Elle le voit sortir des légumes, elle grimace un peu préférant le poulet mais elle s’est réhabituer à en manger un peu. « Si tu as des toasts, je peux peut-être improviser quelque chose… »

Elle dédaigne le siège qu’il lui propose et le rejoint dans le coin cuisine où elle ouvre les placards. Peut-être agit-elle un peu trop comme chez elle ? Elle ne s’en rend pas vraiment compte, sa nature animale la poussant à l’instinct pour certaines choses, si ce n’est la plupart des choses de sa vie. Elle trouva un sachet de pain de mie, c’était parfait. Dans le frigo, elle dénicha du parmesan (apparemment un fromage italien, elle ne connaissait pas du tout et se demandait même comment il avait pu se procurer du fromage italien) et des œufs. Elle se mit à l’ouvrage écoutant Liam en même temps parce-qu’il aimait bien parler et qu’elle aimait bien l’écouter.

« J’adorais le français…avant. Mon précepteur avait commencé à me l’apprendre. Mais j’ai tout oublié depuis le temps. Ce n’est pas une langue facile d’accès… » Mais le sujet semble délicat et elle sent une certaine tension monter dans le sang de Liam. Il change de sujet et elle ne le contredit pas en écrasant l’intérieur des tranches de pain de mie qu’elle dispose sur une plaque de cuisson. Elle casse un œuf dans chaque tranche et les saupoudre généreusement de parmesan avant de les enfourner dix minutes. La remarque de Liam sur les irlandais des Etats-Unis la fait rire. N’avait-il jamais ouvert un livre d’histoire ? Pour sa défense, tous ne parlait pas de l’implantation des européens dans ce nouveau monde.

« J’ai suivi mon père une fois… quand j’étais petite. Il voulait établir de nouveaux partenariats avec cette nouvelle colonie et j’ai insisté pour le suivre. Il ne voulait pas vraiment au début et puis il a fini par accepter. Il en avait marre que je bourre ses chaussures de tissus tous les matins. » Elle rit doucement en surveillant la cuisson des toasts. Il lui tend la cuillère pour qu’elle goûte et en souriant, elle s’exécute. « Mmh !! Délicieux ! » lâche-t-elle avec moins de réserve qu’elle n’aurait aimé en avoir. Etrangement, elle se sent bien avec Liam. Son instinct n’a jamais allumé le bouton danger depuis qu’elle l’avait vu un peu plus tôt et il lui semblait le connaître à présent depuis déjà des années. Leur situation même actuelle le laissait sous-entendre. Et c’était un sentiment apaisant qu’elle n’éprouvait pas souvent, toujours à l’affût du moindre danger ou de la moindre réapparition de Melvyn. Avec Liam, c’était simple, et aussi amusant.

Finalement, il arrête tout et prend une pause théâtrale en prononçant son nom. Pour un peu, il lui annonce le décès de son chat alors qu’il ronronne sur une chaise du salon. Il veut qu’elle ouvre la bouteille de vin. Elle lui sourit. Il est sérieux ? Elle qui n’a jamais ouvert une seule bouteille de vin de sa vie ? « Je n’en ai jamais ouvert…..mais je veux bien essayer. » Toujours partante pour les nouveautés, la renarde attrape le tire-bouchon que Liam lui tend et avec méthode s’occupe de déboucher la bouteille de vin.

Le « pop » romantique retentit dans la pièce et elle sourit, fière d’elle-même. « Et voilà ! » dit-elle en français. Elle verse le liquide rouge sombre dans les verres sortis par Liam puis se précipite vers le four pour sortir les toasts un peu trop rôti mais qui ont l’air délicieux. Avec la salade, ce serait parfait. Elle en dépose un dans chacune des assiettes dressées par le ministre et s’installe enfin. « Il va falloir m’apprendre à le boire ce vin, je sais qu’il y a tout un rituel et je ne voudrais pas lui manquer de respect…. D’abord l’odeur, la couleur puis le goût ? si j’ai bien retenu la théorie…. »

Elle prend le verre à pied dans ses doigts délicats et sent le breuvage enchanteur. L’odeur est aussi bonne, si ce n’est plus que dans ses souvenirs, lorsque le majordome le servait à Melvyn et qu’elle s’amusait à le sentir. Elle finissait toujours par se rasseoir en catastrophe en entendant le pas de son mari et c’est aussi pour cette raison qu’elle n’y avait jamais goûté. Mais cette fois, pas de Melvyn. Juste Liam et le lien complice qui semblait naître entre les deux individus.
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MessageSujet: Re: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Ven 20 Mai - 4:25

La bouteille de vin tendue vers la demoiselle, le sourire aux lèvres, j'en aurais presque oublié réellement le monde qui est en train de tourner, surtout pas rond, autour de nous. Sa délicatesse dans les yeux, sa réponse douce, comme un enfant qui voit un petit rêve s'accomplir me soulage le cœur. J'acquiesce sans un mot. Évidemment que je suis sérieux, plutôt deux fois qu'une.

Il était extrêmement rare de voir une telle simplicité dans cette réalité. Et c'est peut-être pour cela que le courant passait si bien avec la rousse. Aucun rapport avec le monde actuel où son état, aucune gravité entre nous. Juste une vie simple, comme avant. Ce goût de depuis toujours qui règne entre nous enlève un poids qui pèse sans doute tous les habitants de la Nouvelle-Orléans au quotidien. Je la regarde faire avec un regard fraternel, prêt à aider si elle en a besoin, sans m'imposer pour ne pas la faire se sentir incapable. Si seulement j'avais été aussi fin avec mon vrai frère.

Mais c'était trop tard. Et si la relation avec Aslinn avait tout de nouveau, tout à construire, celle avec Nolan était plus que détruite, et il était bien trop tard pour qu'il voit cette facette de moi. Le bruit du liège qui quitte son lit de verre me ramène à la réalité et non sans une certaine fierté je tire ma révérence à la demoiselle qui ajoute même une note de français. Décidément, tout cela était bien trop beau pour être vrai. Un rire du bout des lèvres m'échappe alors que le liquide bordeaux se love dans les verres à pieds. J'apprécie l'instant, une pointe de nostalgie dans les yeux tandis que la demoiselle me passe entre les jambes pour se précipiter vers le four qu'on avait oublié.

D'une moue désolée je regarde les toasts un peu cuits avant de hausser les épaules. Elle avait évité la catastrophe, ce n'était pas foutu, loin de là. Je la regarde faire comme chez elle, nous préparant les assiettes avec un œil admiratif. La demoiselle avait du cran, et elle était bien décidée à ne pas laisser ce moment lui passer sous le nez. Je m'assoie à ses côtés, face à l'assiette tout juste servie et au vin qui embaume la pièce de son parfum alors qu'elle me récite sa leçon comme une très bonne élève.

Elle me rappelle un peu moi, au final. À vouloir tout faire parfaitement pour apprécier et surtout ne pas se tromper. Ne rien gâcher. Ne pas essayer tant qu'elle n'est pas sûre. Je l'observe attraper son verre et le sentir. Ses petites narines s'ouvrant alors qu'elle en découvre la saveur de son odorat certainement bien aiguisé de part sa forme animale. J'attends une seconde, la laissant profiter, silencieux et mon propre verre entre les doigts avant de finalement prendre la parole.

« Il y a en effet tout un rituel si on peut dire. Tu ne lui manques pas du tout de respect et je crois que tu l'as mieux retenu que bien des gens. Cependant, si tu veux mon avis, les rituels, c'est bien beau, mais l'important c'est de l'apprécier comme on en a envie. »

Je souris et bois la première gorgée de ce vin qui fond sur mes papilles, libérant les différentes saveurs qu'il renferme. Après une petite appréciation de ce moment, plein de nostalgie et d'histoire, plein d'une vie qui est lointaine maintenant je poursuis finalement.

« Si tu as envie de boire de grandes gorgées, de petites gorgées, de le sentir entre chaque, tu peux. L'important étant que tu te l'appropries. Le vin a beau avoir une appellation et des tas de noms, il doit perdre tout ça pour toi. Tu ne dois pas le boire pour ce qu'il te montre, mais pour ce qu'il te fait ressentir. »

Mes phrases auraient fait rire n'importe qui, je les aurais d'ailleurs tues pour la plupart des gens. Mais pas pour elle, parce qu'étrangement, je n'avais pas peur qu'elle me juge, se moque de moi pour ma façon d'apprécier un plaisir si futile ou peu importe. J'étais à l'aise, je me sentais bien. J'avais l'impression de partager enfin réellement avec quelqu'un. Sans aucun jugement de valeur. Pas question d'âge, de race, de pouvoir. Rien, juste elle, pour ce qu'elle était. Et c'était ça qui comptait.

J'attrape un toast et même s'il me brûle un peu les doigts, je le croque avec un sourire aux lèvres. C'est délicieux, j'affiche un air satisfait à l'égard d'Aslinn avant de boire une nouvelle gorgée et de lui dire sur le même ton, doux, sans la prendre de haut, juste en lui expliquant, prêt à écouter son expérience en retour.

« Il y a des gens qui n'apprécient pas le vin en mangeant. Ils trouvent que le goût est masqué, ou changé. Personnellement, je trouve qu'avec la bonne nourriture, le vin trouve de nouvelles saveurs. Et c'est là toute sa beauté, il n'a jamais fini de nous étonner. »

Je reste avec mon sourire aux lèvres. Comme cette journée. Je tais ma phrase avant de me retourner vers la libraire. Elle était sans doute la meilleure décision que j'avais prise depuis des mois. Étonnant, comme le hasard peut parfois nous faire de belles surprises alors qu'on pense qu'il n'y a plus rien à découvrir dans le monde. Évidemment, elle n'était pas la seule chose positive dans cette vie, évidemment, il y avait des sourires à trouver à droite à gauche. Mais un plaisir si simple, sans masque, sans double jeu. C'était étonnant. Elle m'aurait presque redonné foi en l'humanité.

Moi qui venais à peine de renvoyer ma secrétaire, en cherchant une nouvelle. Il était finalement possible que j'en trouve une qui ne me verrait pas pour celui pour qui je me fais passer, mais celui que je suis ? Aslinn était la preuve que ces gens là existait, qu'il ne fallait pas abandonner. D'un soupire satisfait, je l'observe vivre à côté de moi simplement avant de dire, avec un sourire plus que franc.

« Alors, pas déçue de ta découverte petite renarde ? J'espère que ça a meilleur goût que l'eau que tu peux boire et sentir avec ta truffe. J'avoue que je serai un peu vexé si tu me disais que non. »

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MessageSujet: Re: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Mer 25 Mai - 21:46


Je souris, la réponse de Liam me plaît. Je ne suis pas du genre à aimer les règles, je ne l’ai jamais été et il fallait croire que c’était une chose que ma vie en tant que renard ne m’avait pas retiré, bien au contraire. Apprécier le vin comme je l’entendais, ça c’était tout à fait dans mes capacités. Encore une fois, je porte le verre à mon visage pour en respirer l’arôme. Je sens des notes fruitées plutôt du côté des fruits rouges acides, je sens un peu la myrtille et la mûre, la groseille aussi. Je sens également l’odeur fort de l’alcool mais adoucit par un fumée plus sec et brut. C’est étrange, je n’arrive à l’associer à aucune autre odeur que je connais, mise à part peut-être l’odeur de l’herbe fraîchement taillée dans un jardin. Finalement je me décide à boire une gorgée. Les goûts de tout ce à quoi j’ai pensé pour l’odeur éclosent les uns après les autres sur mes papilles et je ferme un instant les yeux pour apprécier. Je n’ai pas ressenti un tel bonheur depuis longtemps. J’avais passé la plupart de mes journées soit avec Roman à rattraper mon retard sur ce monde, soit dans la boutique et je dois dire que ce petit écart avec Liam, cette nouvelle découverte m’excite beaucoup.

Je laisse le vin se glisser le long de ma gorge avant d’en reprendre une gorgée et de rouvrir les yeux. Liam a croqué dans un toast et je lui souris. C’est ma maigre contribution à cette belle aventure. Et puis il faut le dire, c’est une chose on ne peut plus simple à faire, mais j’ai pensé qu’avec la salade et le vin ce serait parfait. Oui, il n’a pas tort, après avoir essayé, je peux le confirmer. Moi aussi j’aime le vin et la nourriture. C’est agréable. Cela rend la collation tellement plus importante. Ce n’est plus seulement se nourrir, c’est profiter et apprécier un moment privilégié. Si j’avais su ce que cette journée me réservait en me réveillant ce matin, je ne l’aurais pas cru. Un ministre qui vient me rendre visite et m’offre du vin… Lorsque je l’observe, je n’éprouve aucun danger. Etrange car il semble être une personne vraiment dangereuse. Mais je fais confiance à mon instinct.

« Comme tu dis, c’est une expérience très personnelle de boire du vin. J’aime beaucoup ta façon de penser, que l’on doit se l’approprier et ne pas suivre une règle stupide qui rigidifie et glace tout le plaisir. Parce-que c’est ça que j’ai ressenti en buvant, du plaisir. »

Je le taquine. Même en le connaissant si peu. Je n’agis pas forcément comme ça avec tout le monde mais avec Liam, c’est une chose qui m’est venue tout naturellement dès que j’ai été certaine de l’absence de menace pour moi. J’ai l’impression que ça ne le dérange pas non plus, ses regards me disent tous le contraire. Faut dire qu’il est pas mal même si la tension sexuelle dans la pièce frise le -1. Non, en fait, j’ai l’impression qu’il fait partie de ma famille. Je réfléchis un instant, après tout, j’avais une sœur et un frère à l’époque, peut-être que… mais non, les origines de Liam sont françaises. C’est peu probable. Je souris quand même en y pensant.

Je m’étouffe presque en l’entendant parler de ma truffe. Je n’ai pas encore l’habitude de parler aussi ouvertement de ma double nature, mise à part avec Roman, et prendre conscience qu’il est au courant de ça me perturbe un peu. Certes, ça ne m’étonne pas vraiment. Après tout, le gouvernement m’a repéré dès ma transformation après l’apocalypse… J’ai passé suffisamment de temps à l’hôpital pour voir débarquer un de leur secrétaire gratte-papier. Je n’ai pas dit grand-chose, mais c’était un fait, ils savaient pour le renard et c’est pour ça qu’ils m’avaient promis la boutique en échange de ma docilité. J’avais accepté. La docilité je m’en fichais, mais la boutique était sacrément avantageuse pour moi qui n’avait rien dans ce monde-ci. Je balayais cette pensée pour sourire à Liam. La salade n’avait pas fait long feu dans mon assiette et je sirotais mon vin avec un plaisir non feint et une élégance un peu démodée, celle que l’on m’avait enseigné 1800 et des brouettes.

« Absolument aucun regret Liam. Je te remercie sincèrement pour cette découverte. Je ne crois pas que tous les ministres soient aussi coulants en la matière. D’ailleurs…. C’est étrange mais tu ne ressembles pas vraiment à un ministre… Bon d’accord tu parles bien, mais je t’aurais plutôt vu comme… je ne sais pas….officier… oui officier dans l’armée. »

Je crois que le vin me monte un peu à la tête. Je lui parle vraiment trop naturellement, si je continue, il risque de ne pas apprécier et me ficherait dehors. Mais cette petite voix en moi me dit qu’il ne le fera pas. Les traits de son visage se durcissent à peine, il n’a pas l’air tendu. Est-ce que j’aurais trouvé un ami dans ce monde incendié et brutal ? J’aimerais bien… Je termine mon verre avant de nous resservir encore un peu.

« Je suppose que maintenant que la bouteille est ouverte, il faut la terminer ? Je m’en voudrais de gaspiller un si bon cru…. Enfin…. Je n’ai pas vraiment moyen de comparaison… mais tu m’as compris non ? »

Je croque dans le toast et la bouche encore pleine, je demande : « Alors dis-moi, être un homme politique, c’était ton rêve quand tu étais petit garçon ? »
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MessageSujet: Re: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Ven 10 Juin - 6:21

La démarche de Miss O'Brady me plaît beaucoup. Très à l'écoute, très douce et surtout, très respectueuse. Je n'ai pas l'impression qu'elle se sente stupide, ou prise de haut, et pour une fois, j'ai l'impression d'avoir réussi à dégager l'impression que j'espérais. Peut-être était-ce parce qu'il s'agissait du vin, peut-être simplement parce que j'étais fatigué de faire semblant et que j'avais laissé lentement le masque s'éloigner. Faisant transparaître légèrement qui je suis vraiment.

Cette manière d'être aussi à l'aise sans demi-mesure avec la demoiselle est étrange. D'autant plus dans cette réalité. Et même si une part de moi se dit que c'est justement parce qu'avec la mort qui nous tapote l'épaule sans arrêt, une autre se dit qu'il y a quelque chose d'autre. Une alchimie inexpliquée, peut-être inexplicable mais qui me plaît. C'est comme retrouver un peu de famille dans ce monde où l'on est toujours plus seul. Je ne peux pas me plaindre de ça, au contraire. Cette dégustation me ramène dans un souvenir de bien être qui me manque, et sa compagnie l'accentue.

Je me délecte de mon propre verre, retenant malgré tout mes souvenirs de prendre trop de place, juste pour profiter de l'instant présent comme il faut. Il n'y en aura peut-être pas un second, encore moins un troisième, alors je ne veux pas gâcher ce dernier à me remémorer l'odeur de l'herbe fraîche de la France, qui n'avait pas la même odeur que celle d'ici, trop pourrie par les résidus de zombies. La douce répond à ma remarque avec un ton qui me fait tendrement sourire.

Mon prénom dans sa bouche sonne réellement différemment de ce que j'ai l'habitude d'entendre. Et ça fait du bien. Pour une fois, je ne me sens pas Ministre, je ne me sens pas accusé par mon frère, pointé du doigt par mes erreurs. Je me sens Liam, et mon souffle s'apaise à ce constat. Je l'écoute avec une attention toute particulière, le verre se reposant sur la surface plane devant nous. Un rire s'échappe de mes lèvres lorsqu'elle me parle de ce qu'elle m'aurait vu et ne pas vu faire. Décidément.

« Pour être honnête, je suis avocat avant d'être quoique ce soit d'autre. Je rêvais de défendre le monde contre les injustices, et regarde où j'en suis. » Ma phrase s'accompagne d'un geste légèrement exagéré me pointant du doigt dans un rire un peu jaune. Ils sont bien loin mes rêves d'enfant. Elles sont bien loin les discussions jusqu'au lever du jour pour un monde meilleur aux côtés de Shae. Ils sont bien loin les temps où tout ce que je voulais c'était que mon frère soit guéri, et devienne le héros qu'il a toujours été pour moi. Aujourd’hui, tout est loin, et il ne reste que moi, et mon égoïsme qui a gagné la partie d'échec de ma vie.

Sa seconde remarque me sort de mes pensées et me décoche un rire franc. La rousse n'avait pas la langue dans sa poche et surtout, appréciait visiblement réellement le vin entre ses doigts. Ce constat me faisait réellement plaisir et alors qu'elle finit par lancer la conversation sur ma propre vie, mon rire continue et alors qu'il s'arrête, je me vois apporter les assiettes et les verres autour du canapé, ce besoin de convivialité et de naturel se faisant de plus en plus présent entre nous.

Alors que je fais des allers-retours pour déplacer les affaires tout en invitant ma convive à s'installer je me mets à lui répondre simplement. « Il nous faudra peut-être plus d'une bouteille si l'on se raconte nos vies ma chère, la tienne étant particulièrement longue d'après mes petits papiers. », je souris à ma propre remarque, la taquinant comme si nous nous connaissions depuis toujours et alors que je viens m'installer sur mon fauteuil fasse au canapé, Diablo grimpé sur mes genoux, que je caresse d'une main distraite, et nos verres remplis, je reprends finalement la conversation qu'elle a lancée.

« J'étais loin, très loin de rêver de devenir un homme politique. Si tu veux tout savoir, quand j'étais petit, je rêvais de devenir médecin. » Mes doigts se perdent dans la fourrure noire du chat alors que je continue les yeux dans le vide et le visage de mon frère dans les pupilles. « Mon frère était malade, et je pensais que si je devenais médecin je réussirai à le sauver. Mais finalement, mon frère s'en est sorti sans moi, et la médecine s'est éloignée de mes objectifs. » Comme mon frère et moi. J'ai beau être à l'aise avec elle, je suis incapable d'en dire trop. Alors je continue du même ton. « Et je me suis naturellement dirigé vers le droit comme je te disais. Mais bon, faut croire que tous les rêves ne sont pas faits pour être réalisés. »

C'était assez impressionnant d'entendre un ministre de se « plaindre » de sa condition. Mais ce n'était pas tant le fait d'être ministre qui me dérangeait, mais bien les circonstances de mon poste. Et j'avais la vague impression qu'Aslinn comprenait. C'est pour cela que sans une précision de plus, je passe à la suite, après une nouvelle gorgée de vin et un sourire jusqu'aux oreilles.

« Et toi, petite renarde, que rêvais-tu de devenir quand tu étais enfant ? », je continue à alterner toast et gorgée tout en ajoutant, d'une curiosité douce sans aucune volonté d'intrusion. « Et tu as tout de suite voulu devenir libraire en débarquant dans cette merveilleuse apocalypse ? »

Aucun besoin de remplir des papiers du gouvernement, aucune envie malsaine de détails sordides sur cette pauvre demoiselle qui avait traversé un continent sans même le savoir et repris conscience dans une réalité qui n'était plus la sienne. Juste une question, comme un gamin qui demanderait à cette tante qui ne vit pas dans son village ce qu'elle voit, ce qu'elle vit, et pourquoi. Parce qu'au final, c'était comme ça que je le ressentais. Je voulais en apprendre plus sur elle, comme une tante que je n'aurais pas vu depuis des années.

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MessageSujet: Re: Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins   Lun 27 Juin - 19:21


Il y a des personnes comme ça. On les rencontre une fois. Et à la première seconde, on sait que quelque chose, quelque part, nous rattache déjà à eux. On a l’impression de les connaître depuis toujours. On les comprend peut-être déjà mieux que les autres. On reconnaît des mimiques. Un sourire. Un regard. Un geste. Et on sait que c’est la famille. On sait. C’est ainsi.

Cette impression, je l’avais ressentie très peu de fois. Deux personnes dans le Yorkshire. Qui se sont avérés être des connections avec mes vies antérieures. C’est ma mère qui me l’a dit après une célébration des feux de Beltane une année. Dans cette deuxième vie de ce corps-ci, c’était la première fois. Depuis mon arrivée à la Nouvelle-Orléans, même l’impression que j’avais eue avec Roman avait été complètement différente. Jusqu’à aujourd’hui. Lorsqu’il était entré dans la boutique. Lorsqu’il m’avait proposé du vin et que je savais déjà que je pouvais lui accorder ma confiance. Alors quoi ? Cela voulait-il dire quand nos vies antérieures avaient été liées ? Ou bien que nous partagions un même sang ? Les deux hypothèses étaient tirées par les cheveux et pourtant… l’une d’entre elle devait bien s’avérer exacte. Il me sembla que le plus logique était nos vies antérieures.

Avocat ? Il avait donc une formation d’avocat ? Non décidément, elle ne voyait vraiment pas en gratte-papier bureaucrate. Elle voyait en lui un homme de terrain. Un homme d’action. Et pour défendre les injustices, c’était mieux non ? Enfin, peut-être pas dans ce monde-là, ou plutôt dans le monde que je n’avais pas connu et que j’avais encore beaucoup de mal à saisir. J’étais peut-être un peu perplexe mais son rire me détendit et je lui souris en retour. Je serais toujours à temps de lui parler de mes légers problèmes de compréhension.

Liam décida soudain de déménager dans le canapé. Pourquoi pas ? Je ne voyais aucun inconvénient à rester dans la cuisine. Le salon ne me dérangeait pas plus. Si le ministre s’y sentait mieux, alors soit. J’attrapai les verres de vin pour le suivre alors qu’il s’occupait du reste et je m’installai dans le canapé qui m’engloutit presque tellement il était moelleux. « Mince ! » fis-je, surprise, en essayant de m’en décoincer. « Pour être confortable, on ne risque pas de souffrir de lumbago avec ce canapé ! » Un rire léger, facilité par l’alcool qui faisait enfin son petit effet.

« Bien qu’elle soit longue, ma vie n’en est pas si intéressante que ça… Comme l’est celle d’une jeune femme de la moyenne bourgeoisie mariée de force à un homme horrible. » Je souris…je me forçais à sourire plutôt. A chaque fois que je pensais à cette ancienne vie, c’est de l’amertume qui m’envahissait. Comme si on m’avait volé des choses auxquelles j’avais droit et qu’aujourd’hui, malgré une deuxième chance, je voyais toujours cette vie passer sous mon nez sans que je parvienne à y tremper un orteil. Je préférai que l’on parle de sa vie à lui. Et je souris bien plus franchement quand il évoqua son rêve de devenir médecin. Voilà quelque chose qui lui convenait beaucoup mieux pensais-je.

Un chat grimpe sur ses genoux et je ne peux réprimer un retroussement de nez dégouté. Les félins et moi n’avions jamais été bien d’accord, une évidence même…. Mais celui-ci ne semblait pas vouloir s’approcher de moi. Tant mieux. Je pouvais me décrisper. J’hochai toutefois la tête en reportant mon attention sur Liam qui expliquait son éloignement de sa vocation. Elle comprenait. Du moins en partie. Disons qu’elle comprenait que le destin pouvait parfois nous jouer de mauvais tour et que plus on tentait de le déjouer, plus on attirait des tours plus mauvais encore. J’en étais la preuve incarnée. Mais si j’adorais écouter Liam parler, il était inévitable que je parle également. Après tout, c’est comme ça que ça fonctionnait et je souris légèrement en entendant ses questions. Je bus une gorgée de vin, histoire de me donner un peu plus d’énergie avant de répondre.

« Oh tu sais, au XIXe siècle, les filles n’avaient pas vraiment de rêves d’avenir à part trouver un bon parti, se marier et avoir des enfants…. Je le reconnais, ce n’était pas du tout mon rêve. J’aurais aimé rester libre, continuer d’accompagner mon père dans ses voyages commerciaux, et trouver l’amour, simplement. »

Je ris un peu tellement je trouve ça cliché. Depuis mon retour, j’ai lu des centaines de livres traitant d’héroïnes de ce genre et j’avais finalement arrêté d’en lire tellement ça me rendait triste. Enfin, au moins, j’avais retrouvé le sentiment de tristesse grâce à ces livres car je ne ressentais plus grand-chose à mon retour parmi les humains.

« Libraire ? Si on veut. Disons qu’il me fallait bien vivre dans ce monde-ci et quand le gouvernement m’a proposé ce local…. J’ai pensé aux livres. Je ne sais pas faire grand-chose d’autre à part grimper dans les arbres. Mais j’ai passé beaucoup de temps dans la bibliothèque de Melvyn lorsqu’il partait en voyage. Alors ça m’est venu assez naturellement… »

Une autre gorgée de vin ? Non, finalement le verre entier. Rien que de mentionner son nom lui avait donné la chair de poule et elle réprima un frisson.
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Le goût du vin | ft. Liam P. Wiggins

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