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 Confide in me [Axl]

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Laugh like a jackal

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MessageSujet: Confide in me [Axl]   Lun 8 Fév - 14:32


«Avec du soleil, même un cimetière est gai.»



Axl & Mikkel
featuring

Habituellement, on considère, qu'il est de bon ton de dissocier le caractère trop personnel des émotions de celui plus rationnel du monde du travail. Quand on bosse avec des morts, on a tout intérêt à savoir faire la part des choses et à ne pas être trop émotif. D'abord parce que le simple fait de devoir manipuler des cadavres peut être choquant pour les âmes sensibles. Ensuite parce qu'en tant que professionnel, on est confronté en permanence à la souffrance des proches endeuillés et qu'il faut savoir gérer le tout. La plupart de mes collègues se tenaient à l'écart de la chambre mortuaire, ils trouvaient ça glauque, malsain, sale, presque honteux. De ce fait, ceux qui y bossaient étaient pratiquement marginalisés. C'était un monde à part, situé au fin fond de l’hôpital, près du local des poubelles et la majorité des soignants ne savaient même pas où elle se trouvait, dans un désir inconscient de s'en tenir le plus éloigné possible. Raison de plus pour moi d'y zoner.

Transporter les morts ne m'inspirait aucun problème particulier. Non pas que je sois un mec totalement insensible mais je parvenais à prendre la distance nécessaire pour ne pas me laisser atteindre. Sans doute que mon égocentrisme naturel y jouait pour beaucoup et ce n'était que tant mieux. Ce qui était cool avec les morts, c'était qu'ils ne parlaient pas et qu'ils se plaignaient encore moins. Ils étaient aussi très patients et, quand je profitais des transports pour faire un crochet au Bones et jouer un peu, les morts m'attendaient sagement dans ma caisse. Un luxe appréciable dont je profitais sans scrupules.

Toujours est-il que ce jour là, j'avais reçu pour mission de conduire quelques défunts à la morgue et m'assurer du bon suivi administratif de la livraison. Cela m'arrivait assez souvent et même si le Nord de la Nouvelle Orléans était un véritable coupe-gorge, je connaissais suffisamment le quartier pour ne pas m'exposer aux problèmes.

A la morgue, j'avais lié connaissance avec le personnel qui y bossait, notamment avec le fossoyeur, Axl N. Hartley. Nos relations étaient assez superficielles jusqu'ici et je ne connaissais pas trop sa vie personnelle mais en apparence, il me faisait l'effet d'être un mec plutôt méticuleux. Le genre de type assez maniaque qui faisait son job consciencieusement, presque avec art. Oh peut-être bien que je lui attribuais des qualités qu'il ne méritait pas ou que je surestimais un peu son professionnalisme mais évidemment, comparé à moi, il ne pouvait être que plus sérieux. Pourtant, ce jour là, je ressentais quelque chose de différent dans son comportement, un peu comme s'il était ailleurs et qu'il n'était pas du tout concentré sur son travail. De mon coté, je faisais que si je n'avais rien vu, après tout c'était pas mon problème. Tant que les conneries qu'il faisait ne me retombaient pas sur le dos en tous cas.

L'après midi touchait à sa fin et j'apercevais le soleil amorcer sa descente à l'horizon, par delà le mur de pierre qui entourait le cimetière. C'était la première fois que je mettais les pieds ici et je découvrais les vieilles sépultures aux stèles fatiguées dont la plupart des inscriptions avaient disparus. J'étais du genre cartésien et j'avais toujours eu tendance à me méfier davantage des vivants que des morts, ce n'était donc pas ce genre d'ambiance qui me faisait le plus flipper. Pourtant, je ne pouvais pas nier qu'il y avait un truc malsain qui flottait dans l'air, comme une sensation inexplicable qui me poussait à me retourner régulièrement et à fouiller les alentours du regard. Mais rien. Tout semblait paisible et aucun bruit ne se faisait entendre à l'exception de nos pas. On avait eu besoin de l'aide d'un brancardier pour amener un cercueil jusqu'à la fosse où il y serait enseveli, chose dont je m'étais acquitté sans trop rechigner. Par contre, je ne voyais pas de raison pour que ma présence s'éternise, d'autant plus que l'endroit serait sans doute encore plus craignos à la nuit tombée… Je n'avais pas envie d'attendre pour vérifier.

« Hey, j'suis sûr que l'endroit doit être très romantique au clair de lune mais si on pouvait finir avant qu'il fasse trop sombre... » Je m'éclaircis la voix en hélant le fossoyeur, fallait pas qu'il croit que j'avais la trouille, merde. « J'ai pas que ça à foutre. Axl ? Bon-sang mais… qu'est ce que tu fabriques ? » Je pigeais pas ce que ce mec avait dans la tête et je m'approchai de lui, lui lançant un regard perplexe. « Dis donc ça va pas toi aujourd'hui hein… C'est moi où tu cumules les gaffes ? Je sais pas si tu te rends compte que tu risques de foutre toute l'équipe dans la merde si tu continues. » Je décidai de le secouer un peu en utilisant des mots un peu forts, juste histoire de le faire réagir. Attrapant son épaule, je tentai de capter son regard, ne sachant pas au juste à quoi il pensait.




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MessageSujet: Re: Confide in me [Axl]   Sam 20 Fév - 10:13



confide in me

 
Storm after the Rain


Triste et fatigué. Les mots qui me qualifient le mieux. Tout se ressemble, tout se répète et tout est noir. Dans ma tête, le départ de Vixen prend doucement place comme une évidence. Dans mon cœur, l'abandon s'installe, saisissant enfin sa chance. Et puis il a cet écho, lointain mais présent, qui me rappelle le sourire sur le visage de Joshua alors que cette belle rousse était détruite. Mon monde n'est que mensonge, je ne suis qu'un monstre parmi les monstres. Je suis seul. Et je refuse de me lever. Je refuse de faire face à ce que je suis, à ce que le monde a fait de moi.

Je veux partir, je veux mourir. Je veux tout et je ne veux rien. Et puis il a bien fallu. Pire que vendre mon âme au Diable, je l'avais vendue à ma sœur. La mafia, tout ce monde là, un pas de travers remarqué et mon corps disparaissait. Je soupirais, lentement. Mon sweatshirt noir tâché enfilé, mes baskets à peine lacées chaussées. Je ferme la porte derrière moi et relit les ordres de missions. Aujourd'hui, je tue quelqu'un, à défaut de me tuer moi. Je ne dois pas lui abîmer les organes, ils tiennent à tous les récupérer. Alors je soupire, encore. Le seul plaisir que j'ai encore entièrement à moi est entaché. Je n'ai pas le droit de faire ce que je veux, comme je le veux. Mais c'est mieux que rien. Après tout, on verra bien. Alors je dépose lentement ma capuche sur mes cheveux bruns et mes yeux bleus percent l'obscurité pour se focaliser sur l'homme devant moi. Je le suis sans un pas, au rythme miraculeusement existant de mon cœur mourant.

Au détour d'une ruelle, un coup sec, précis. Ce soir, pas de violence inutile. Le crac de son crâne entre mes doigts me décoche un sourire alors que son corps tombe inerte entre mes mains. Je lève les yeux au ciel et respire un instant, le corps encore chaud contre ma peau. Un frisson parcours ma chair, je ne l'ai pas tué. Son pouls, lent mais là, bat contre sa nuque. Un rictus malsain se dessine sur mon visage alors que je le prends par l'épaule et nous dirige lentement vers le cimetière. Il ne faut jamais en faire trop, il ne faut jamais les tuer en pleine rue non plus. On ne sait jamais qui passe par là. Et si l'on ne peut jamais se considérer comme entièrement libre dans ce monde, il était de mise de prendre ses précautions. Sa respiration très lente m'agace et lorsque je l'étale par terre contre les tombes je le fixe en serrant les mâchoires.

Sale con. Ce type, dont je ne connais rien, me donne envie de le cogner jusqu'à ne plus pouvoir m'arrêter. Moi, conscient, vivant. J'ai besoin de sentir que je suis en vie, et après tout, le seul moment où je me suis senti mieux depuis qu'elle est parti, c'est quand j'ai cogné. Seulement, les coups maîtrisés dans une salle de sport ne sont plus suffisant. Je serre les poings. Je ne suis pas sensé faire ça. Je ne suis pas sensé abîmer l'homme face à moi. Mais il me provoque, par sa simple existence. Il m'énerve avec son air si paisible. Et sans plus réfléchir, je le cogne, une fois. Deux fois. Trois fois. Punching ball humain, plus ou moins vivant. Je ne retiens pas ma rage et ma voix fait taire les morts alors que les craquements que provoquent mes poings sur ses os sont de plus en plus enivrants. Alors qu'enfin, je me sens mieux, mon portable vibre. On m'attend à l'entrée pour un transporter un corps et l'enterrer. « Merde. » les dents serrées je regarde l'homme clairement plus en capacité de bouger, palpe son cou pour constater qu'il lui reste un semblant de vie avant de partir dans la direction opposée.

Je remonte mon sweatshirt pour cacher mes phalanges sans trop me préoccuper de l'allure que je peux avoir. Je rejoins Mikkel sans un mot et l'aide à porter le cercueil boisé jusqu'au trou déjà creusé. Je reste silencieux alors que l'autre moitié mort me trotte dans la tête et que je ne rêve que de l'achever. Distrait, j'observe le cercueil sans trop faire attention et allume une cigarette en ouvrant le cercueil pour observer le cadavre à la mine affreuse. Celui ci n'est pas de moi, pensais-je avec un sourire qui en aurait fait fuir plus d'un. Finalement, la voix du russe m'interpelle et je me retourne vers lui un sourcil arqué. Qu'est-ce que ça peut lui foutre ? Et finalement, il me met gentiment en garde. Je le regarde, souriant sincèrement, retenant un rire avant de tendre un bras pour montrer le terrain qui nous entoure.

« Tu crois vraiment que quelqu'un peut être mis dans la merde ici ? » Je tire sur ma cigarette tout en lui en proposant une. « On en a déjà rien à foutre des vivants, tu crois qu'on va s'inquiéter pour les morts ? » Ma voix se brise un peu alors que je claque le bois pour détourner les talons. Travail fini, bâclé, mais de toute façon, personne ne viendrait vérifier. Et l'autre con m'attendait. « Tu peux y aller, c'est pas à nous de le caler dans son joli trou. Ton job est fini, retourne à ta belle petite vie. » Mon ton est froid, triste. Mon ton est fatigué, comme moi. La fumée et les cendres m'accompagnent alors que la nuit tombe de plus en plus et je repose mon regard sur le brancardier.

« Peut-être que je cumule les gaffes, t'as raison. » Un regard rapide sur mes phalanges pour me rappeler que je viens d'abîmer mon précieux colis qui pourrait me coûter la vie avant de lui dire finalement. « Mais il faut bien mourir de quelque chose, et quand on a plus de raison de vivre, consciemment ou pas, j'crois qu'on tente d’accélérer le processus. »

Un petit sourire, comme si ce que je venais de dire n'était qu'un bonjour. N'était rien. Je m'arrête finalement de marcher pour l'observer. Alors qu'il est sensé aller dans une direction, je suis sensé prendre l'autre pour finir mon petit entretien. Cependant, au lieu de lui dire au revoir, sans attendre une réponse de sa part, je cesse simplement mes mouvements et fixe mes prunelles dans les siennes. Je ne sais pas ce que j'attends, ni pourquoi j'attends. Je ne connais pas grand chose de ce type, et pourtant, quelque chose me donne envie de ne pas le laisser. Peut-être que ce n'est pas lui, peut-être que c'est juste la compagnie. Ou peut-être justement, qu'il a ce quelque chose, peut-être que c'est son métier, peut-être que c'est son regard. Peut-être que c'est un pressentiment, tout simplement.

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MessageSujet: Re: Confide in me [Axl]   Mer 2 Mar - 17:04


«Avec du soleil, même un cimetière est gai.»



Axl & Mikkel
featuring

J'adorais provoquer les gens, c'était plus fort que moi, ça me venait aussi naturellement que le simple fait de respirer. Je n'avais pourtant pas de raison précise de critiquer ce mec, mis à part sa façon de traîner les pieds si tristement. Ce genre de comportement me donnait juste l'envie de l'attraper par les épaules et le secouer comme un prunier, ce que je me retins de faire, in extremis. Pour ma part, une multitude de jolis petits papillons colorés flânaient dans mon crâne comme c'était le cas la plupart du temps.  Je lui offris donc une bribe d'optimisme par le biais d'un sourire lumineux avant d'opiner du chef. « Bien-sûr que oui, les morts ont leur propre sensibilité qu'est ce que tu crois. Ils sont cap d'organiser une manif pour les droits des cadavres, tu ferais mieux de te méfier. » J'attrapai la clope qu'il m'offrait, la pinçant d'un geste leste entre mes doigts avant de me l'allumer posément. La répartie du fossoyeur me fit plisser les yeux, un rictus cynique plaqué sur ma face. « Génial. Faudrait pas me le dire deux fois. » Ma belle petite vie hein. Pourquoi il empruntait ce genre de ton si cassant du mec qui pense que tout le monde est heureux sauf lui ? Je n'en étais pas spécialement choqué et encore moins vexé mais sa répartie attisait en moi une franche curiosité. Je continuai à fumer en le dévisageant un moment, attentif à ses expressions. « J'ai toujours raison, mon brave... »

Je ne manquai pas de remarquer l'orientation de son regard et une vague moue s'afficha sur mes lèvres. Ses poings étaient marqués, souillés par des ecchymoses. Les traces étaient légères mais j'étais assez attentif pour les remarquer. Sans faire la moindre remarque là dessus, j'inclinai la tête de coté songeusement en inspirant une bouffée de clope. Ce gars là semblait vraiment dans le trente-sixième dessous et c'était rien de le dire. Son dernier commentaire était assez éloquent pour évoquer une attitude suicidaire, surtout en étant assorti de ce pauvre sourire qui lui donnait l'air d'un enfant blessé. Un léger silence s'installa entre nous. Une idée me traversa alors le crâne inopinément. Je dirigeai mon regard vers l'allée principale avant de reprendre, d'un ton léger, presque désinvolte.

« Toi, je sais exactement ce qu'il te faut. Justement, j'ai un truc dans mon coffre qui va te rappeler à quel point la vie est merveilleuse. Faut trop que je te montre, allez viens. » Sans plus de cérémonie, j'entourai chaleureusement ses épaules de mon bras pour l'emmener vers le centre du cimetière, sinuant entre les tombes. Il faisait encore clair mais à l'horizon, les couleurs du ciel changeaient pour se colorer de rose. Peut-être que ça aurait été joli partout ailleurs mais ici, cela faisait plus office de prélude à un film d'horreur. Le silence n'était brisé que par le bruit de nos pas sur les cailloux du chemin et parfois, par le croassement d'un corbeau. Je frissonnai. « Pas étonnant que t'aies le blues dans une ambiance pareille, putain. Quel métier franchement. » Râler, c'était toujours relaxant.

Je le libérai au bout de quelques pas, pour mieux fouiller dans ma veste à la recherche de mes clefs et actionner de loin l’ouverture automatique de ma caisse. Je ne savais même pas pourquoi je l'avais fermé, après tout on était complètement seuls ici et ce n'étaient pas les macchabées qui risquaient de me la voler. Ma petite camionnette était garée dans l'allée principale et nous attendait sagement. J'ignorais si Axl avait encore des choses à faire dans le coin où s'il comptait se tirer mais j'avais aucunement l'intention de le laisser partir tout seul dans cet état là. Je coinçai ma clope entre mes lèvres pour mieux ouvrir le coffre et soulever la plaque qui cachait le pneu de secours. Habillement dissimulé dans un vieux sac, se trouvait mon cher trésor. Je m'en emparai, regardant autour de moi dans un air de conspirateur. Personne d'autre que nous ne rôdait par ici, bien évidemment. Du bout de l'index, je fis signe à Axl de se rapprocher pour lui montrer avec une précaution toute exagérée ce qui se cachait dans mon sac à malice. Une splendide et miraculeuse bouteille de vodka. Délit parfaitement assumé.

« Je compte sur ta discrétion bien entendu. En fait, je comptais la déguster peinardement dans mon antre. Mais puisqu'on est seuls ici, autant se faire plaisir. En plus, nous les russes, on préfère bien mieux savourer ce genre de luxe en bonne compagnie. »

J'associai ma remarque à un regard caressant, levant la bouteille vers lui dans un geste accueillant. Pour ma part, la compagnie d'un aussi charmant garçon n'était sûrement pas pour me déplaire. Je le détaillai un moment du regard, notant la fatigue accumulée qui marquait ses traits réguliers mais qui ne lui enlevait rien de son charme. Tout au contraire, l'aspect mystérieux et nostalgique qu'il dégageait ne faisait que renforcer son attrait de beau ténébreux. Il possédait un visage intéressant et une stature assez haute, sa carrure laissant deviner un corps athlétique ce qui me poussa à l'imaginer dévêtu. Simple curiosité naturelle bien-sûr, même si elle passait parfois par des pensées un peu perverses sur les bords. Mais non, je n'avais pas d'intentions pernicieuses vis à vis de ce joli garçon. Non même pas. Le plaisir simple d'une conversation faisait mon bonheur, je n'étais pas très difficile et j'adorais discuter. Appuyant ma hanche contre la carrosserie, je l'observais dans un mélange de bienveillance et de douceur. « Allez, d'aussi beaux yeux que les tiens ne devraient pas être aussi moroses. Tu veux que j'te raconte des blagues ? Elles sont nulles mais la vodka les rend drôles, c'est assez épique comme association.» Bien que moi, j'aurais capable d'en rire, même sobre. Anyway. Je lui tendis la bouteille, l'invitant à l'ouvrir lui-même pendant que je reprenais une bouffée de cigarette. « A toi l'honneur. Et entre une blague et une gorgée, tu me diras peut-être ce qui te rend si sombre.»




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MessageSujet: Re: Confide in me [Axl]   Mar 8 Mar - 0:42



confide in me

 
Storm after the Rain


La cigarette dans les mains, la fumée dans les poumons, alors que tout était sans doute au plus sombre, que ma remarque en aurait fait fuir plus d'un, lui était là. Face à moi, de toute sa grandeur, me rendant mon regard sans tarder à parler. Je hausse un sourcil à sa remarque. La vie merveilleuse ? Avant de me le rappeler, il faudrait peut-être me l'appeler une fois. Et à moins qu'il cache le corps bâillonné de mon aînée dans son coffre je ne voyais pas trop ce qu'il avait de merveilleux à me montrer. Une bouffée d'air pur s'échappe de mes lèvres alors qu'il m'attrape par les épaules.

J'aurais du l'arrêter. Trouver une excuse bidon. Simplement dire que j'avais du travail, j'avais un travail qui n'attendait que moi. Et pourtant, je n'ai pas bougé d'un pouce. Sans un mot de plus, je me laissais entraîner. C'était étrange de se dire que les seuls contacts que j'avais eus depuis le départ de Vixen se résumaient à des coups ou des larmes. Mikkel était le premier à me toucher sans une catastrophe à l'horizon. Pire que cela, le garçon promettait monts et merveilles. Appelez-moi Idiot, mais une part de moi voulait y croire. Ce fond de rêve, ce pétillement dans ses yeux, je l'enviais. Peu importe ce qu'était son remède miracle, je n'étais pas vraiment apte à le refuser maintenant.

Au bout de quelques pas, je le sentis frissonner contre moi. Sa remarque me laissa échapper un rire entre les dents et je me voyais ajouter simplement. « J'aime bien le calme. » Douce ironie. J'aime le calme des morts, le croassement d'un corbeau. J'aime voler avec mes congénères. J'aime traîner dans l'herbe fraîche. Mais le calme ? Vraiment Axl ? Et le mec que tu viens de tabasser à mort et que t'as laissé agoniser comme une pauvre merde, il en pense quoi de ton calme ? Il en pense rien, il pense plus. Ma propre réflexion me laisse discrètement rouler des yeux. J'ai toujours cru qu'il y avait un monstre quelque part là dedans, qu'il fallait le cacher, l'enfouir. Mais si le départ de ma sœur chéri m'avait démontré quelque chose, c'est qu'il n'était pas de si mauvaise compagnie. Et puis lui, au moins, il était là.

Libérant son emprise pour fouiller ses poches, je profitai de l'instant pour sortir une deuxième cigarette. La posant contre mes lippes sans l'allumer j'observai les gestes de l'homme bien sûr de lui. Comme un magicien en plein show, à deux pas de m'illusionner. Remarque, j'aurais pas dit non à une petite illusion. Il pouvait tout aussi bien être un plus gros psychopathe que moi et m'offrir une torture sans nom qu'il trouverait jouissive. Honnêtement, sur l'instant, même la deuxième option ne me paraissait pas si mauvaise. Je restai éloigné, respirant lentement mon savoureux poison tandis qu'il me faisait signe de m'approcher. J'obéis sans chercher le pourquoi du comment. D'un pas nonchalant, je me retrouvais à ses côtés en un rien de temps. Et là, brillante de sa transparence, sa beauté invisible, l'objet tant convoité. Une bouteille de Vodka, vraisemblablement de qualité. Je ne pus m'empêcher de sourire en lui tapant gentiment l'épaule.

Ce mec était décidément plein de ressources. Et visiblement les bonnes. Accueillant sa remarque sur le partage d'un regard doux, une pensée ne put s'empêcher de s'échapper vers mes propres origines. Vers ma propre histoire. Mais sans amertume, avec une simple nostalgie. Mon pays me manquait, la simplicité des choses lorsque j'avais les pieds dans la neige me manquait. Sans me faire prier j'attrapai la bouteille qu'il me tendait, d'un « Merci » discret mais bien là, pour l'ouvrir et sous le bruit du bouchon qui se dévissait, je m'appuyais contre la barrière derrière moi avant de boire une gorgée.
Pinçant les lèvres alors que l'alcool brûlait ma gorge je regardais le brun appuyé contre la carrosserie blanche. Sa remarque flatteuse m'octroya une fois de plus un sourire alors qu'une nouvelle gorgée venait humidifier mes lippes. Lui tendant la bouteille, je le regardai un instant avant de me décider à parler.

La cigarette toujours fumante j'observais les cendres se former à son extrémité, me recentrant finalement en la tapotant avant de prendre une nouvelle bouffée. « Je ne sais pas pour tes blagues mais la Vodka est définitivement une bonne idée, tu as encore raison. Et elle est délicieuse, au passage. » Un sourire amical, une nouvelle bouffée et l'alcool qui coule lentement mais sûrement dans mes veines. Bien loin de l'autre agonisant, bien loin de mon esprit mourant. « Alors comme ça, tu es russe ? »

La question n'avait rien à voir avec ce qu'il avait suggéré en apparence. Pourtant, mes origines n'étaient pas quelque chose dont je parlais facilement. Peu de gens connaissaient mon enfance, et je crois n'en avoir jamais réellement parlé à des gens que j'avais rencontré depuis mon arrivée ici. Même Joshua n'avait pas les détails de ces histoires. Mais Mikkel était différent, on était pas si différents. Sans attendre une réponse de sa part je le regardai d'un œil plus précis avant d'ajouter. « L'Amérique t'a fait perdre ton accent ? Rassure-toi, tu n'es pas le seul à qui elle a enlevé ce qui comptait. »

Une nouvelle bouffée et la bouteille dans les mains, j'avalais une nouvelle gorgée. La prochaine passera toujours mieux que la précédente parait-il. Aussi, lorsque le liquide se fondait dans ma trachée, me brûlant une fois de plus sur son passage voluptueux, je regardai le russe dans les yeux, fixant ses prunelles brunes avant de lui dire, d'une main tendue. « Alors, gorgée pour gorgée, confidence pour confidence ? C'est comme ça que ça marche non ? » Un sourire joueur s'affichait sur mon visage.

Comme un gamin. Un gamin étranger qui trouve enfin un camarade de jeu qui ne le trouve pas bizarre. Comme le gamin que j'étais, ayant perdu tous ses repères, redevant l'étranger qu'il avait toujours été. Mais pas dans les yeux du russe. Pas dans ce regard pétillant, taquin, qui semblait avoir tant à offrir. Le reste pouvait bien attendre. Il m'avait promis des merveilles, et peut-être était-ce l'alcool, peut-être était-ce lui tout simplement, mais il ne m'avait pas menti, et mon corps se réchauffait déjà à l'idée de la conversation qui nous attendait. « Tu crois qu'on peut vivre sans cœur ? ». La question au milieu de rien, l'air de rien. La question qui n'attend pas spécialement de réponse, quasi-instantanément effacée par la suivante. « Bon alors, ces blagues, j'attends ? » Mon sourire se veut léger, comme si tout cela n'avait pas d'importance. Peut-être que ça n'en a pas après tout. Peut-être que rien n'en a à part l'instant présent.

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Dernière édition par Axl N. Hartley le Mar 12 Avr - 8:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Confide in me [Axl]   Ven 11 Mar - 17:22


«Avec du soleil, même un cimetière est gai.»



Axl & Mikkel
featuring

La carrosserie de la camionnette avait chauffé au soleil, je ressentais son contact tiède contre ma hanche. Les rayons dorés me caressaient et j'avais la sensation d'être un chat qui se baignait dans cette atmosphère douceâtre de la fin d'après-midi. Indolent, relax, épicurien. Si on faisait abstraction des tombes et de tout le coté lugubre de cette ambiance, on pouvait en effet en venir à apprécier le calme de l'endroit. Du moins, ça semblait être le cas de Axl. Pour ma part, j'avais du mal à me satisfaire du calme pendant plus de cinq minutes d'affilée. A dire vrai, je détestais le silence et tout ce qu'il sous-entendait d'ennui, de vide, voire d'angoisse. Malheureusement, il était désormais impossible de savourer un bon verre d'alcool sur une terrasse bondée, assortie de l'ambiance joyeuse et décadente que j'aimais. Il fallait donc bien se contenter de cet endroit qui, a défaut de me plaire, avait le mérite d'être discret. J'inspirai une bonne bouffée de clope tout en observant le fossoyeur se rincer le gosier. Il n'avait pas hésité une seconde, le brave gars, et ses gorgées étaient franches et honnêtes, un vrai régal pour les yeux. « Avec plaisir, vraiment. Ta façon de boire est très intéressante. C'est une chose qui me permet de savoir des tas de choses sur les gens, tu sais.»

J'attrapai la bouteille qu'il me rendait dans un sourire badin, la portant aussitôt à mes lèvres. C'était vrai qu'elle était délicieuse cette Vodka. Du tonnerre de dieu. J'en savourai donc une bonne lampée avant de la lui rendre, la gorge brûlante, me rattrapant sur ma clope dans une moue hésitante. Il me scrutait d'un regard attentif et pendant un instant, l'envie ridicule de modifier la vérité me vint à l'esprit. Si je n'avais pas d'accent, c'était parce que l'anglais était ma langue maternelle et que je n'avais jamais mis les pieds en Russie. C'était fou comme ça me semblait nul, raconté de cette manière. Je roulais des yeux. « Mouais. Et après on parlera du rêve américain hein. Bullshit. » Crachons sur l'Amérique en chœur. « Hum. Bien-sûr, je suis russe, les Ievseï sont originaires de Moscou, on a le sang aussi fort que la vodka chez nous. Et ça, ce n'est pas le genre de chose qui se perd, c'est donc le plus important.» Je me grattai un sourcil avant d'évacuer posément le trop plein de cendres qui s'accumulaient sur ma cigarette. J'ignorais de quoi il voulait parler en évoquant ce qui comptait pour lui et qui lui avait apparemment été arraché. Mais en tous cas, il n'avait pas l'air fermé à la discussion et ses sourires, bien que teintés d'amertume, semblaient sincères.

Avisant sa main tendue, je l'attrapai de bonne grâce avant de récupérer la bouteille du même mouvement. « C'est comme ça que ça marche, ouais, à ce qu'on dit ! On dit aussi que quand on partage un goulot, on partage aussi ses pensées. Alors, allons-y gaiement. » Là dessus, je m'offris une nouvelle rasade, savourant la sensation de chaleur qui me remplissait. L'ivresse trouverait facilement son chemin dans mes veines, j'en ressentais déjà les légers frémissements contre ma cornée et le feu dans mon cœur. De son coté, le fossoyeur possédait justement d'exquises idées en matières de débat. Originale comme question. J'arquai un sourcil en l'observant, inclinant doucement la tête de coté. Il semblait vaporeux, presque éteint, sa légèreté apparente ne me disait rien qui vaille. L'image de l'homme en fer blanc du magicien d'Oz me vint à l'esprit et je souris doucement. Il avait bien besoin qu'on lui raconte des blagues ce gars là. Malheureusement, je n'étais pas aussi optimiste pour croire véritablement que ce serait suffisant. Mais si mes conneries pouvaient le détendre un peu, avec l'aide de la vodka, ce serait déjà ça. Mes humeurs à moi montaient et descendaient parfois plus vite que les montages russes. Un trait particulier de caractère ou un trouble de la personnalité ? Rien à foutre. Lorsque je me trouvais sur une pente ascendante, lorsque l'allégresse me donnait la sensation d'être un géant, lorsque je me sentais si léger que je pouvais toucher les nuages… je n'imaginais pas que la chute pouvait exister. Je ne le concevais même pas. Alors, j'étais généreux et je partageais ma passion pour la vie de la même façon que je partageais la vodka. Ah la vodka !

Je tirai songeusement sur ma clope avant d'expulser la fumée sur le coté, sans le quitter des yeux. «J'te promets rien hein ! J'ai fait une blague à un parisien un jour, mais il a pas ri. » Bien bien bien. Je lui offris un regard profond, le temps qu'il capte mon jeu de mot pourri avant d’enchaîner. « Pour en revenir à ta question, si tu veux parler de manière concrète, je peux te certifier qu'il est possible de vivre sans cœur. Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai vu un zombie se faire arracher le sien dans un combat. Et, crois moi si tu veux, mais cette bestiole rampait encore et il essayait même de bouffer son assaillant avec une vitalité surprenante.... Bon alors évidemment, ils ne "vivent" pas véritablement mais n'empêche. » Je fronçai un peu les sourcils en me remémorant ce combat au bones. J'avais perdu cinq cents balles ce soir là. J'haussai les épaules, retrouvant aussitôt un sourire désinvolte en expulsant mes cendres d'une pichenette du doigt. « Enfin, tu ne pensais sûrement aux zombies en me demandant ça, j'imagine.» Ne pas avoir de cœur. Être insensible. Ne rien ressentir. Ne pas souffrir. Je n'avais pas envie de le presser de questions ni de le bousculer.  « Souffrir, c'est une preuve qu'on est encore en vie… Tu l'es. Ton cœur est bel et bien là. » Approchant ma main pour la poser contre son torse, je le tapotai doucement. Je rattrapais la bouteille sur ces bonnes paroles, m'offrant une gorgée d'inspiration avant de la lui rendre.

« Un jour, j'ai fait une blague au Carrefour aussi et elle a pas supermarché. M'enfin je ne désespère pas. » Pam pam pam. « Et plus sérieusement... » Si la vodka me permettait de l'être. « Pour te dire la vérité, j'suis pas né en Russie, j'y ai même jamais été. N'empêche que je suis russe dans l'âme. Et comme je te disais, on ne peut pas te priver d'un bout de ton âme, ni même de ton cœur. Ce sont des choses qui font partie de toi, de ce que tu es. Même si ces choses sont éloignées de toi par la distance. Tant que tu les aimes et que tu respectes leur souvenir, elles restent avec toi.» Philosopher dans le vide, ça pouvait paraître stupide mais ça ne l'était jamais avec une bouteille de vodka en main. Je ne savais pas de quoi il retournait ni quel était la source de la peine qui s'inscrivait dans les yeux de ce garçon. Mais l'ignorance ne m'avait jamais rendu silencieux. Alors s'il restait évasif, cela ne me découragerait sûrement pas de poursuivre la conversation. Rien ne me décourageait, à vrai dire. Au loin, le soleil descendait doucement. Derrière nous le ciel devenait plus sombre et devant nous, les nuages empruntaient des nuances plus orangées. Mon attention fut attirée par un craquement suspect, quelque part derrière les tombes mais ce n'était probablement que le vent. Je soupirais légèrement, mettant de coté cet inconfort stupide de me retrouver dans un cimetière à l'approche de la nuit.

« Et toi alors, est-ce que l'Amérique t'as volé l'accent de ton pays d'origine ? J'te connais pas trop Axl, je sais même pas si t'as de la famille ou une meuf ou… autre chose. J'imagine que tu as des proches autour de toi, tu passes quand même pas ta vie à rôder dans ce cimetière tout seul, même si t'adores le calme... ?» Je le surveillai du regard en inspirant une bouffée anodine. « Alors dis-moi, tu viens d'où ?»





Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Confide in me [Axl]   Mar 22 Mar - 4:11



confide in me

 
Storm after the Rain


Ma façon de boire était, d'après ses mots. Intéressantes. La remarque me tire un rictus, un peu intrigué. Mikkel n'avait pas tort, pour apprendre à connaître quelqu'un, les détails comptaient. Et il était vrai que la façon de boire, de fumer, peut-être même simplement de le regarder en cet instant, en disait plus long sur moi que tout mes mots. L'échange de bouteille, passant de main en main, prend vite un rythme auquel on se plie l'un et l'autre assez facilement.
C'était étrange, d'un côté. Je connaissais ce petit russe depuis quelques temps déjà, sans jamais avoir pris le temps de m'intéresser à lui. Visiblement, la Vodka brûlant mon palais à son passage me prouvait que tout cela était une erreur. Mais comme dans ce monde, chaque jour peut être le dernier, peut-être devrais-je m'estimer heureux d'avoir réalisé mon erreur avant de ne plus avoir l'occasion de la réparer.

J'acquiesce en silence à ses propos sur le rêve américain. Il n'avait pas tort, toute notre enfance on nous avait vendu du rêve sur ce fameux pays sans qu'on en voit jamais la couleur. Et selon moi, l'apocalypse n'avait rien à voir là dedans. J'avais posé mes pieds dans ces terres en espérant un avenir meilleur, sain, et qui serait capable d'étouffer le monstre en moi et me voilà tueur en série, laissant une victime agoniser dans un cimetière alors que je picole tranquillement en bonne compagnie. Son bullshit résonne salement à ma pensée et mon regard l'appui alors qu'il continue, parlant de ses origines à lui. L'idée du froid, du pays, me fait sourire un instant. Me rappelant la neige, les joues glacées et les jeux sur des lacs gelés. Un rire se joint à sa remarque. Si il y a une chose dont je n'avais jamais douté, c'était bien la chaleur du sang qui coulait dans les veines du russe. Il ne fallait pas l'observer longtemps pour lui reconnaître cette qualité.

La suite de sa phrase par ailleurs, me laisse à baisser le regard. Il avait sans doute raison, mais pour ma part, il ne me restait vraiment plus rien. Continuant à alterner les gorgées de liquides avec celle de fumée, je le laisse parler, incapable de savoir comment réagir. Il faut dire que tout cela était encore très frais dans ma tête. Je n'avais jamais été trop bavard quant à ma famille et mes origines, mais j'en avais toujours été fier. Aujourd'hui, j'en étais un peu moins sûr. Fallait-il être fier de tout ce qui était perdu, tout ce qui avait été vain, effacé d'un simple petit mot rédigé à la main ? Mais le brun rentre dans mon jeu, peut-être un peu trop enthousiaste à cause des premiers effets de l'alcool. Partageons, partageons, sans savoir quoi partager, je laisse le temps s'écouler, profitant pour le moment des plaisirs interdits que nous nous offrons.

Mais mes mots étaient déjà hors de ma bouche alors que je me demandais si tout cela était vraiment une bonne idée. Il faut croire que la vodka avait décidé pour moi, alors derrière mon sourire je me demande si il va falloir écourter l'échange, passer à autre chose. Je me demande si Mikkel est prêt à parler de ça, et d'autres, ou alors si personne ne l'est. Désormais muet, son sourire en miroir au mien me réchauffe tout de même le cœur. C'est étrange, de voir ça. Dans ses yeux il n'y a pas de pitié, peut-être un peu de compassion, mais il ne semble pas me voir comme un pauvre petit oiseau malade. Pour la première fois, depuis ma naissance, quelqu'un à qui je sors une phrase sans y penser, ne me rejette pas instantanément. Cachant ma surprise à cette réaction, je laisse les vices prendre place dans mon organisme alors que le russe ouvre à nouveau la bouche. Une blague, simple mais efficace. Mettez ça sur le compte de la Vodka, ou de la vie pourrie que l'on mène ici, cela m'importe peu, je lui offre un rire sincère mais discret. Les yeux dans les siens, les pommettes tendant à montrer leur plus beau rose à cet instant, je reste silencieux alors qu'il enchaîne, plus sérieusement, sans être trop sérieux.

J'écoute son histoire, le sourire toujours aux lèvres, la cigarette en main, et lui offre un simple, « Certes, vu comme ça, t'as pas tort. » en réponse, discrète mais bien réelle. Et c'est vrai, qu'il avait bien raison. On vivait dans un monde où vivre sans cœur n'avait rien d'extraordinaire, vous me direz, on vit dans un monde où se changer en animal n'avait rien de magique non plus. Je lui offre un regard approbateur à sa remarque. Il était évident que ma question n'était pas si terre à terre, cependant, sa réponse aidait à relativiser, et pour ça, je le remerciais d'une moue toujours un peu joueuse. Quand il s'approche finalement de moi, liant ses paroles à ses gestes, j'observe son doigt, ne le quittant pas des yeux. Je suis en vie. Une réalité que j'ai encore du mal à admettre, mais peut-être était-ce par son contact, peut-être était-ce la Vodka, un peu tout ça, sans doute, mais ses mots me percutaient plus que je ne l'aurais cru.

J'étais en vie. Réellement en vie. Mon sourire disparaît à cette pensée. Ne sachant toujours pas si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Il était certain qu'en cet instant, la première idée semblait la bonne, mais elle ne rentrait pas. J'étais incapable de me dire qu'être en vie, là, maintenant, était la meilleure chose pour moi. Avant que mon esprit ne s'enfonce trop profondément dans des idées plus sombres les unes que les autres, mon comparse de boisson m'offre une nouvelle blague qui me redonne le sourire. C'était peut-être inquiétant, d'être capable de sourire autant à une blague, soyons honnête, pas si drôle que ça, mais je n'en avais pas grand chose à faire. Je n'avais pas beaucoup de distractions, et encore moins qui pouvaient me coller un sourire franc sur les lèvres, alors ces dernières étaient plus qu'appréciées.

Finalement, il se relance sur une note un peu plus sérieuse qui me vaut de l'écouter aussi attentivement que possible. J'étudie ses propos dans un silence calme, quelques instants tout au plus, mais suffisamment pour que ma cigarette s'éteigne entre mes phalanges. La rallumant, je me décide finalement à ouvrir la bouche, ne voulant rien rendre trop pesant. « C'est sûr que tu as tout d'un russe. Tu l'es même bien plus que certains que j'ai pu voir qui étaient nés là bas. T'as rien à leur envier, mec. » J'accompagne ma remarque d'un rictus sincère avant de poursuivre un peu. « Mais t'as sans doute raison, on peut pas nous retirer ce qu'on est. Ni cœur, ni âme. Quoique, y a sans doute des trucs capables de nous les enlever par ici. » Mon regard dans le vide, j'observe le soleil se coucher et me dit silencieusement que des gens comme Vixen, eux, sont sans doute capable de nous retirer toute âme et tout cœur, vu ce qu'ils étaient capable de faire, vu ce qu'elle m'avait fait.

Je bois une nouvelle gorgée alors que le russe s'intéresse à moi. Je baisse les yeux à ses questions, les redoutant plus que les créatures de ce monde. Une nouvelle gorgée, plus grande, plus rude, plus brûlante aussi, pour me donner finalement du courage pour lui répondre tandis que je lui tends à nouveau cette dernière. « Je ne passe pas ma vie ici, non. » Un sourire fin se dessine, sincère mais fragile. Ma phrase aurait pu continuer, je ne quitte pas cet endroit pour rejoindre des êtres chers, non. Je le quitte pour plus de solitude, mais passons. « Je viens du Danemark, j'y ai passé toute la première moitié de ma vie. Et puis, finalement, ma famille a décidé de déménager ici, pour ce foutu rêve américain, justement. Mais bon, tu le sais comme moi, le rêve était bien sur le papier, la réalité, on sait tous les deux ce que ça a donné. » Je frotte mon visage d'une main, avant de sentir la Vodka prendre un peu trop de place, décidant de me rendre un peu trop bavard à mon goût.

« Mais je n'ai pas réellement perdu mon accent, c'est surtout que lorsque je parle la langue d'ici, il se fait discret. Mais crois-moi, si on continue à boire, tu vas l'entendre bientôt. Il n'est jamais très loin ! » J'avale une nouvelle bouchée de nicotine tout en continuant sur ma lancée. « Mais tu sais, j'ai plus personne. Ma famille, tout ça, tout le monde s'est tiré. J'me suis retrouvé comme un con, planté là. Alors franchement, entre être seul ici et être seul à la maison, je ne sais pas trop ce qui est le mieux... ou le pire. » Je lui accorde un regard avant de reprendre. « Mais bon, c'est la vie, faut faire avec. J'ai malgré tout d'autres occupations que cet endroit. » Comme être celui qui les amène à finir là. Heureusement, j'arrive encore à taire certaines de mes pensées.

« Mais toi, ta famille est ici ? Ne me dis pas que tu passes tes loisirs à sauver les âmes en peine dans un cimetière en leur sortant la carte de comédien ? Parce que, vraiment Mikkel, on ne se connaît pas beaucoup, mais tu vaux mieux que ça, je n'en doute pas. » Ma remarque s'accompagne d'un rire un peu plus grand que prévu. La Vodka se joignant à mon écho. Il allait falloir être prudent, ne pas déraper, ne pas en dire trop, que le sang qui chauffent sous ma peau reste maîtrisable et sage.

« Tu crois qu'on est forcément bon ou mauvais ? J'veux dire, tu crois que, si on tue quelqu'un, on est obligatoirement quelqu'un de néfaste ? » Raté. Bien raté. Mes phalanges noircies ne sont plus du tout cachées, et même si elles guérissent, l'alcool ralentit le processus et ne nettoie de toutes façons pas le sang de l'autre abruti qui crève dans un coin. « Fin, j'sais pas. On est quand même dans un putain de monde où être assassin, être capable de devenir quelqu'un d'autre, ou même les zombies, sont normaux, alors tu crois qu'on peut encore distinguer le bien du mal ? Tu crois qu'on doit être capable de se confier aux autres ? Apprendre à faire confiance, partager, tout ça ? Ou alors on est destiné à finir seul, parce qu'on se méfiera toujours de l'autre, se demandant si il va pas nous achever dans notre sommeil... » Et merde. C'était définitivement trop tard. Et réellement foutu. Je haussais les épaules, tentant de me rattraper comme je pouvais, même si, il fallait bien l'admettre, si Mikkel ne prenait pas peur et ne faisait pas demi-tour, prétextant qu'il avait une plante à aller arroser, cela relèverait vraiment du miracle.

Mais un petit miracle dans une vie, c'est encore possible, non ?

HJ:
 

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Dernière édition par Axl N. Hartley le Mar 12 Avr - 8:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Confide in me [Axl]   Mer 23 Mar - 19:34


«Avec du soleil, même un cimetière est gai.»



Axl & Mikkel
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Ce garçon m'offrait une compagnie sympathique, en dépit de la lourde peine qu'il traînait avec lui. Tout en parlant, je l'observais, et je remarquais ainsi la profondeur de ses regards, la délicatesse de ses sourires silencieux ou même de ses rires légers. J'étais touché par sa faculté de se montrer si bon public face à mes conneries et qui laissait entrevoir une certaine douceur de caractère. Pour ma part, lorsque je souffrais, j'avais tendance à transformer ma douleur en colère et de cracher à la gueule de tout ceux qui osaient m'approcher. Un réflexe ingrat et peu constructif, certes, mais qui avait au moins le bénéfice de me défouler un peu. Quoiqu'il en fut, Axl paraissait aussi attentif que sensible à mes propos, bien que je n'avais aucune idée de la manière dont ils résonnaient en lui. Son regard m'échappait parfois quand l'ombre d'une pensée venait l'obscurcir, même si nous restions à la surface des choses. J'inclinai légèrement la tête, comme un salut de l'artiste face à ses rires désenchantés. Il était rare que je sois sérieux, même quand j'en avais l'air, tout n'était pour moi qu'ironie, légèreté, déconnade. C'était un genre de réflexe, à peine conscient, mais quand un mec prêtait une importance quelconque à mes délires, ça me surprenait toujours un peu. En plus, il cherchait à me rassurer en validant mes origines avec un tact appréciable. Sacré lui hein. Bien sûr que j'avais rien à envier aux autres, ho ! Je n'avais pas besoin de ça pour en être intimement persuadé mais allons, c'était mignon de sa part. Ainsi, je le couvai d'un regard complaisant, partagé entre la curiosité et l'amusement.

« Je ne te le fais pas dire, je suis très typé russe, même dans ma démarche ou ma façon de parler. D'ailleurs, quand je chante notre hymne national, ça fait chialer les gens d'émotion. Les américains en sont jaloux, j'te jure. » J'esquissais un geste léger de la main, faisant voltiger ma clope entre mes doigts dans une moue modeste avant de reprendre une savoureuse gorgée de vodka. Mon regard se plissa néanmoins au moment où Axl mentionna les trucs chelous, susceptibles de nous voler nos âmes. Ou nos cœurs. Rien de très réjouissant en tous cas. « Nan mais… dis pas de connerie toi, tu me fais presque peur... » Et même carrément. « Hum. » Dos au véhicule, je fis deux pas de coté pour me rapprocher du coffre toujours ouvert et m'asseoir posément sur le bord, profitant ainsi de la sécurité relative de l'habitacle. On ne sait jamais. De son coté, Axl semblait bien plus préoccupé par mes propres questions – pourtant assez banales, selon moi -  et je le regardai siffler une quantité impressionnante de vodka avant de trouver le souffle pour me répondre. Je récupérai la précieuse bouteille, manipulant songeusement ma clope de ma main libre pour la porter ensuite à mes lèvres dans une inspiration pensive. Alors, lui aussi venait d'Europe. Pour le coup, on se comprenait et je ne pouvais qu'imaginer à quel point la déception avait été dure à encaisser pour sa famille, avec toute l'amertume que ça sous-entendait. Putain, oui, j'imaginais tout à fait la lourdeur dans les fronts de ses parents. J'expulsai doucement ma fumée avant de me décider à balancer mon mégot, devenu trop court entre mes doigts. C'était toujours comme ça, lorsque nos rêves étaient mis à mort, on saignait énormément. Je soupirai un peu.

« La réalité est une pute borgne. Tuons là à coups de vodka. Santé ! » J'en savourai une gorgée sur ces bonnes paroles, me frottant ensuite les lèvres du dessus de la main, dans un léger sourire à ses promesses alléchantes. Si Axl me racontait des blagues avec l'accent danois, ça risquait d'être poilant. Je lui demanderais peut-être plus tard... Je reposais la bouteille à coté de moi, à sa disposition, changeant de posture pour m'asseoir en tailleur, plus confortablement. Il était donc seul, sans famille ni quoique ce soit. Cette annonce m'inspira un léger plissement du front sans que je ne le lâche d'un regard attentif. Dure réalité encore une fois. Pourtant, j'imaginais difficilement qu'un mec de son âge se retrouve enfoncé à ce point dans la solitude, au point de comparer sa piaule avec un cimetière. Quelque chose ne tournait pas rond dans son histoire. A cet instant, j'étais persuadé qu'il avait dû vivre un drame particulièrement cruel et qui était probablement assez récent. Je ne voyais que ça pour justifier la totale disparition de sa famille et de ses proches. Mais je n'étais pourtant pas assez saoul pour oser lui poser la question abruptement et de toute manière, il déviait déjà le sujet de conversation pour me le retourner... A ses réparties, je pouffais doucement, non sans remarquer la sonorité un peu nerveuse de son rire. Mes talents de comédien hein ? Je haussai les épaules, me grattant la joue avant de reprendre.

« Ne rabaisse pas mon job de héros, s'te plait, c'est un peu comme si tu disais à Bruce Wayne que la batmobile n'est pas assez classe pour lui. Sauveur d'âmes, ça en jette à mort. Quoique là, je triche, vu que j'imbibe surtout ton âme de vodka. » J'inclinai doucement le goulot de la bouteille vers lui, de la pointe de l'index. Aucun regret. Je poursuivis sur le même ton léger, pas désireux de lui offrir une mine apitoyée, trop pas mon genre. « Je vis avec la famille Ievseï au complet, ouaip. Papy, papa, le frérot, la frangine et le Mikky. Tous réunis dans leur doux logis, minuscule mais chaleureux, et où il fait si bon vivre, serrés les uns contre les autres. On s'emmerde jamais chez nous au moins, ambiance garantie ! » Je roulais un peu des yeux dans un rictus sardonique. Okay, j'aimais ma famille mais c'était pas toujours si facile à vivre que ça et puis bonjour la promiscuité. Dans le fond, Axl et moi, on subissait des problèmes diamétralement opposés à ce niveau …

Une légère moue s'afficha sur mes lèvres alors que je reprenais la bouteille pour m'offrir un peu d'inspiration. Les questions de Axl étaient décidément très interpellantes, assez étranges pour titiller ma curiosité, assez larges pour satisfaire ma passion du bavardage. Bon certes, elles étaient assez inquiétantes aussi.  Surtout si on tenait compte de l'état de ses mains, séquelles probables d'un combat à mains nues. Un combat à mort ? Je méditais quelques instants là dessus, lui offrant un nouveau regard scrutateur avant de reprendre une gorgée un peu plus longue. Dans l'immédiat, il n'avait pas l'air de ressembler à un tueur en série. Et il semblait davantage motivé à discuter qu'à me fracasser la tête avec ma pauvre bouteille de vodka. Je ne savais même pas pourquoi cette image saugrenue m'apparaissait à l'esprit. Mieux valait égayer un peu l'atmosphère. Je haussai un peu les sourcils

« Alors... c'est l'histoire du p'tit dej. Tu la connais ? » Le soleil disparaissait peu à peu derrière les arbres mais il faisait encore assez clair. Je plissai les yeux pour lui offrir un regard mutin. « Non ? Pas de bol. » La vodka m'autorisait à dire de la merde. De toute façon, j'avais jamais besoin de raison pour le faire. Je tendis le bras pour lui rendre la bouteille. Il en avait bien plus besoin que moi ce soir, c'était net. « Sinon, il y a celle du nain aux 26 enfants. Elle est courte mais elle est bonne. » J'esquissai un sourire exagérément niais. « Ouais, c'est de la blague vaseuse. Mets tes bottes. Et puis y'a aussi, l'histoire de l'eunuque décapité. Une histoire sans queue ni tête. » Je pris une grande inspiration avant de poursuivre, fermant les yeux une seconde avant de me lancer. « Bon. T'sais quoi ? Axl mon gars, on va arrêter de parler par allusions, ok ? Bois un grand coup et lâche-moi le morceau. T'as buté qui ? » Je me repris au dernier moment, secouant mes mains devant mon visage en dodelinant de la tête. « Nan, laisse. En vrai, je m'en fous de son identité hein, c'est pas mes oignons. C'est juste que... » Je n'avais pas envie de foutre le camp, non. Les mecs craignos ne m'avaient jamais fait fuir, sans doute malheureusement pour moi, c'était plutôt l'inverse. Je restais donc là à le contempler, sans même me sentir particulièrement mal à l'aise. J'étais trop nonchalant parfois. Je m'approchais un peu de lui, tendant la main pour lui tapoter le bras. Réflexe tactile, je l'avais toujours été aussi.

« Y'a pas de "bon" ou de "mauvais", je t'apprend rien, on vit pas dans un monde peuplé d'anges et de démons. On est juste des gars qui vivent dans un monde de merde et qui se débrouillent comme ils peuvent. Le truc c'est que… faut oublier le monde "normal", ce sera plus jamais pareil maintenant, on est obligé de faire avec. Mais c'est pas pour autant qu'on est obligé de se plaquer une étiquette de gros bourrin insensible sur le front, tu vois ? J'veux dire, on est des humains nous, on n'est pas comme ces cons de zombies qui pensent juste qu'à bouffer sans se poser aucune question… Ils peuvent bien vivre sans cœur eux, mais pas nous. Nous on a des émotions, on n'est pas fait pour être seuls, ce serait carrément invivable de faire jamais confiance à personne. J'dis pas que c'est facile. Mais c'est juste pas possible de se fermer complètement, autant crever sinon hein. » Je désignais d'un geste du menton ses poings abîmés, inclinant le visage de coté. « Alors, même si t'as buté quelqu'un, c'est pas pour autant que t'as viré pour toujours du coté sombre de la force. Tu crois que t'es sans cœur à cause de ça ? C'est les scrupules qui te rendent aussi... triste ? » J'avais toujours tendance à parler énormément mais la vodka multipliait mon énergie verbale par dix. Pas grave. Je lui offris un sourire encourageant.





Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Confide in me [Axl]   Lun 4 Avr - 2:39



confide in me

 
Storm after the Rain


Les remarques de Mikkel accompagnent mes questions, mes phrases. Le temps coule lentement avec la Vodka. Le ciel s'assombrit à mesure de mes pensées et lui, ne le remarque peut-être pas. J'oublie le temps, j'oublie un peu tout. J'écoute sagement, j'écoute de tout. Et j'imagine. J'imagine la Russie. J'imagine le froid. Je me demande ce que cela fait, d'avoir encore aussi froid. Parfois, j'aimerais aller à New-York, juste pour avoir froid. Mais je ne reviendrai pas, je n'irai sans doute même pas jusque là bas. Et puis de toutes façons, le froid de New York, apocalypse ou non, n'est pas le froid de chez nous.

Le froid de l'Est a une saveur. Une odeur, il a ce petit quelque chose qu'ont nos alcools et nos caviars. Il a ce quelque chose que les autres n'ont pas. Peut-être parce qu'il est à nous, simplement. Vous savez cet effet, d'avoir le même jouet que celui de quelqu'un d'autre, mais pourtant le nôtre n'est pas le même. Il ne sera jamais le même. Simplement parce qu'il a notre odeur, notre histoire. Et bien je crois que notre froid, c'est un peu ça. Et même si la Vodka réchauffe mon corps, notre discussion elle, le refroidit. Elle me plonge dans une nostalgie que je ne peux plus nier lorsqu'il me parle de sa famille. Je ravale mon amertume et j'écoute simplement. Une grande famille, de chez nous. Des petits russes qui courent partout. L'idée me laisse un sourire léger sur les lèvres rien qu'à y penser. Il y a longtemps, bien trop longtemps, j'ai connu ça. Notre maison était modeste, et quand Dixon est arrivé il a fallu se tasser un peu plus. Mais c'était pas grave. Rien n'était grave. Parce qu'on était ensemble, parce qu'on était nous.

Mais c'était loin tout ça, aussi loin que le froid du pays. Et puis comme s'il avait vu, senti, ou je ne sais quoi, au lieu de continuer sur le même chemin, il sortait une nouvelle blague. Un nouveau rire, un beau rire, doux, un rire alcoolisé sans doute permis. Et il enchaîne, mon rire l'accompagne. Il me fait oublier, comme ça, par bribe. Il me fait tout oublier, la peine et la douleur. Par des blagues, avouons-le, pas si drôles, mais pourtant, sur l'instant, rien n'aurait pu me rendre plus heureux que ces dernières. C'était sans doute un mélange de tout. La Vodka, oui. Le Russe, oui. Mais la simplicité, la facilité de sa blague dans ce monde bien trop compliqué. Et il continue. Une minute ou dix. Ça importe peu. Ça arrête la nuit. Ça arrête les maux qui rongent. Alors je profite, et je sors une nouvelle cigarette. Je laisse mon paquet entre nous. Qu'il se serve quand bon lui semble. Entre nous, les vices sont des amis. Et les amis de mes amis, sont mes amis, ou quelque chose comme ça.

Mes pensées se perdent et il reprend son sérieux. Il me parle, non pas froidement, mais plus franchement. Je le fixe, ne détourne pas le regard, et silencieux, j'écoute. J'ai buté tellement de gens, si tu savais. Je retiens mes mots. Il a raison, ça n'a pas d'importance. Parce que je ne connaissais pas ces gens. Ils n'ont pas de noms, ils n'ont même plus de visage. Je ne sais rien d'eux. Jamais. J'obéis. Je fais. Je fais pour ma sœur, celle qui n'est plus là. Je fais parce qu'on m'a dit que c'était pour le bien, qu'il le fallait. Je fais parce que j'ai peur d'arrêter. On me donne une raison de tuer, d'être qui je suis. Et puis je me demande si je suis capable de m'en passer. J'ai toujours été un monstre. Je serai toujours un monstre. Seulement là, c'est un travail. Une excuse pourrie, un lien dégueulasse. Mais un truc qui me fait encore tenir debout quelques temps, encore un peu. Peut-être plus pour très longtemps.

Et puis il marque une pause. Une pause qui met mal à l'aise. Celle qui dit que je suis peut-être allé trop loin. Mon regard se plonge dans le sien. Je ne lui ferai aucun mal, jamais, je n'ai aucune raison de lui en faire. Mais il hésite, un seul instant, dans ses yeux. Je ne peux pas lui en vouloir. Comment pourrait-on en vouloir à quelqu'un de réagir d'une telle façon ? Il pourrait tout aussi bien se barrer en courant. Et pourtant il reste, là. Malgré tous mes mots, mes maux, il reste. Face à moi. La fumée, l'alcool entre nous. Puis ses lèvres s'ouvrent, sa langue claque et il parle. Et moi, je reste là. J'inspire lentement la nicotine qui se glisse dans mes poumons, s'installe avant de laisser sa trace et repartir. Le regard fixe sur le russe, le bleu perçant de mes yeux se perdant dans le noir grandissant. Et ses mots me touchent, un à un. Ils me prennent aux tripes. Ils sont trop vrais, trop forts et trop durs. Plus rien ne sera jamais comme avant. Il a raison.

C'est fini.
C'est bel et bien fini, et il faut que je me rende à l'évidence.
Elle ne reviendra pas.
Il ne reviendra pas.
Le monde non plus ne reviendra pas.
Et ça fait mal, ça fait affreusement mal.

Et puis il montre mes poings qui ont oublié de se cacher un peu plus longtemps. Et il continue. Il me rassure, comme il peut. Avec ce qu'il sait, et surtout ce qu'il ne sait pas. Et sans comprendre ni comment, ni réellement pourquoi, les mots se jettent hors de moi, parce que eux aussi, n'attendaient que ça. « On vit dans un monde peuplé de zombies, de gens capables de faire de la magie, de se changer en animaux et d'autres trucs encore si on en croit les rumeurs. Est-ce que tu crois que c'est vraiment mieux que des anges et des démons ? » Je marque une pause, et lui montre réellement mes mains. « Je n'ai pas tué qu'un type, et j'en tuerai des tas d'autres. Parce que c'est mon métier. Parce que je suis trop con Mikkel. Parce que j'ai fait la connerie d'aimer. J'ai aimé à en être aveugle. J'ai voulu être le frère parfait, je me suis battu pour être toujours meilleur, toujours plus grand. Je me suis battu pour plaire toujours plus. Lorsqu'on m'a dit qu'il fallait que je sois ci, alors je l'étais, lorsqu'on m'a dit qu'il fallait que je sois ça, alors je l'étais. J'ai vendu mon âme, Mikkel. Je ne l'ai pas vendue au Diable, je l'ai vendue à ma sœur. »

Les mots m'arrachent tout ce qui peut exister à l'intérieur de moi. Ils me brisent, me torturent. Ils sont trop vrais, trop forts, et ils sortent trop violemment d'entre mes mâchoires abîmées. Mais je continue, malgré tout, faute à l'alcool, faute à pas d'bol. « Alors ce serait peut-être plus facile d'être sans émotion. Parce que sans émotion, j'aurais jamais fait tout ça, je ne ferais pas tout ça. Je ne serais pas parfait, je ne l'ai jamais été. Mais je ne serais jamais devenu si mauvais, si monstrueux. Alors pourquoi on a des émotions ? Pour souffrir ? Pour se faire du mal ? Pour aimer, aimer les mauvaises personnes, faire les mauvais choix ? On ressent pour quoi putain ? » Je viens de dire, à voix haute que ma sœur était une mauvaise personne. Je viens d'imploser, mon intérieur me brûle plus que jamais. L'oiseau se débat, veut me faire taire. Il souffre autant que moi. Tout a pété. Tout. Parce que j'ai trop parlé, et les larmes coulent. Elles coulent et mon pied frappe dans le vide alors que mon poing encore ensanglanté cogne contre le mur derrière moi, laissant mon sang couler peu à peu. Et je pleure, ma respiration se coupe.

Non. Calme-toi. Calme-toi. C'est pas le moment. C'est jamais le moment. Tu ne sais plus ce que tu dis. Ta gueule, ferme ta gueule. Je ne veux pas penser ça. Mais c'est pourtant une connasse, elle t'a rendu plus mauvais que jamais, et elle t'a abandonné lâchement, là, monstrueux, trop pour elle, parce qu'elle ne voulait plus de toi. Ta gueule. Mais ferme ta putain de gueule. C'est des mensonges. Des mensonges odieux, c'est la Vodka. C'est la Vodka qui parle, c'est pas moi. C'est pas vrai tout ça, rien n'est vrai.

Je m'écroule au sol, les mains dans les genoux, et je me calme, lentement, tremblant. Je pleure encore mais je me calme lentement, retrouve mon souffle et regarde le russe, là, devant moi, le bleu perdu dans un océan flou avant de parler d'une voix brisée. « Putain Mikkel... j'suis pas quelqu'un de bien. Tu devrais même pas rester là, à parler avec moi. Tu sais, je vais te raconter un truc qui va te paraître complètement stupide. Mais j'ai jamais été fait pour ce monde. J'ai jamais eu ma place. Et tu vois, quand j'entends ta famille, je me doute que c'est pas tous les jours parfaits. Je me doute que c'est pas forcément l'amour à s'en rouler des pelles, mais tu les aimes et ça se lit dans ta voix et dans tes yeux. Et ça me manque. Parce que aujourd'hui, mes sentiments ils ne me servent qu'à être violent. Comme un souvenir que je ne veux pas lâcher. Comme un passé que je ne veux pas abandonner. »

Je fume, fume sans m'en rendre compte et étalé par terre, ma blessure qui se soigne à nouveau seule sans même que je réalise, je continue. « J'ai donné ma liberté pour elle tu sais ? J'ai donné mon humanité. Elle a fait de moi une bête, mi homme-mi animal. J'ai du apprendre à vivre avec quelque chose en moi, quelque chose qui a une identité propre, une volonté. Il a fallu qu'on s'entende, qu'on s'apprivoise. Tu connais Le petit Prince ? Bin c'est un peu pareil, mais je n'ai rien d'un prince, et c'est un oiseau. Et ce n'est pas que je ne l'aime pas, tu sais. On s'est habitué l'un à l'autre. On vit ensemble, on trouve des terrains d'entente. Parfois, je crois même qu'il s'inquiète pour moi. Mais tu vois Mikkel, c'était pas un choix. C'était pour qu'elle soit fière de moi. Parce que je n'ai jamais vécu pour quelqu'un d'autre que pour elle. La rendre fière et heureuse. Et regarde ce que je suis devenu ? Je ne suis plus rien. Pas même un homme, pas même une bête. Et elle, pour qui j'ai tout abandonné, absolument tout, elle m'a abandonné moi. »

Je marque une pause, me relève doucement et ajoute, ayant retrouvé un semblant de force pour tenir sur mes jambes, inhalant encore et toujours le poison d'entre mes phalanges et finis par dire. « Alors dis-moi, Mikkel, aujourd'hui, est-ce qu'il reste encore réellement quelque chose de bon en moi ? »

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MessageSujet: Re: Confide in me [Axl]   Jeu 14 Avr - 15:37


«There are things known and there are things unknown, and in between are the doors of perception.»



Axl & Mikkel
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Je sentais qu'il m'écoutait vraiment. Et je voyais presque ses émotions voltiger dans ses prunelles trop dilatées, à la manière de flammèches vacillantes. L'alcool est un poison mais également une clef qui ouvre les portes de la perception, comme le sont les drogues, j'en ai toujours été persuadé. Étrangement, je me sentais prêt à accueillir ses confidences avec l'esprit ouvert et serein, quelle que soit leur nature ou leur degré de gravité. Quand il explosa, je restai immobile et attentif, recueillant ses mots, ses maux. Ses émotions me traversaient, j'en reconnaissais les couleurs et les formes, je pouvais comprendre. Mais elles ne resteraient pas en moi parce que je n'avais jamais été ce genre de personne qui s'imprègnent des douleurs des autres comme des éponges pour souffrir avec eux, dans un excès d'empathie. Ainsi, j'étais capable de rester assis là devant lui, une présence tangible et solide qui ne serait pas emportée par ce torrent de douleurs. Je me contentai de ciller légèrement quant il évoqua les métamorphes dont je faisais partie. Il ne pouvait pas le savoir. Bien-sûr que toutes ces histoires surnaturelles étaient flippantes, je lui accordais bien ça. Tout ce que je pouvais faire était de secouer la tête dans un sourire plein d'ironie. J'aurais voulu lui dire que même ce genre de bestioles n'étaient pas forcément mauvaises, on ne vivait pas dans un monde manichéen. Mais il le savait bien, ça. Je sentais juste qu'il avait besoin de parler, alors je le laissai faire, sans l'interrompre.

Ce mec était bel et bien un tueur et je recueillis cette nouvelle sans broncher, mon regard glissant sur ses mains abîmées. De nos jours, le meurtre était plutôt monnaie courante et c'était assez atroce de se dire qu'on en venait à le banaliser. Je me contentai de me pincer les lèvres, hochant doucement la tête. Son métier. Il appartenait peut-être à une mafia ou un groupe de rebelles… Le fait qu'il me l'avoue tout net me renseigna sur l'intensité de son trouble. Mais à sa décharge, si je lui offrais de la vodka, il devait bien comprendre que je ne serais pas celui qui le dénoncerait aux autorités. L'entendre parler de cet amour démesuré me toucha sur le moment parce qu'on ne pouvait pas faire autrement que ressentir cette intensité qui faisait presque trembler sa voix. Pendant une seconde, je cru qu'il évoquait une histoire de passion amoureuse mais c'était tout autre chose. « Ta sœur ? Attend mais arrête Axl, une âme ça se vend pas, c'est pas... » Je m'interrompis en apercevant les larmes qui coulaient sur ses joues. Il expulsait sa douleur en me posant des questions sans réponses, celles d'un homme hanté par sa peine et sa culpabilité. Je me redressai en le voyant frapper le mur, sortant vivement du coffre pour le rejoindre et l'attraper spontanément par les épaules. « Arrête mec, tu te fais du mal… faut pas... » Et c'était moi qui disait ça. Mais c'était toujours plus simple de conseiller les autres que soi-même.

Lorsqu'il se laissa tomber au sol, je le regardai sans trop savoir comment réagir. Je l'aurais bien pris dans mes bras mais certains mecs n'aimaient pas trop qu'on les tripote, surtout pas quand ils chialaient et surtout pas par un autre mec... Alors je me retins, pour ne pas le choquer. J'le savais, il y avait toujours cet espèce d'orgueil masculin ou ces stéréotypes macho qui avaient de la valeur pour certains. Encore plus avec la prohibition de l'homosexualité évidemment, faudrait pas se laisser aller à faire des câlins comme des lopettes. Merde. Tout ça, ça cassait un peu la spontanéité. Je soupirai en allant rechercher la bouteille et le paquet de clopes, l'écoutant toujours me parler. Ses questions étaient sacrément interpellantes mais il ne me laissait pas vraiment le temps d'y répondre. A présent que les vannes s'étaient ouvertes, il en profitait pour se décharger et j'imaginais que ça ne pourrait que lui faire du bien. Il fallait qu'il parle, qu'il sorte tout ce qu'il pouvait et c'était sûrement pas moi qui allait l'en empêcher. Le soleil avait disparu, il commençait à faire sombre et pourtant j'étais là, en plein milieu d'un cimetière sinistre, sans aucun moyen de défense. J'avalai une bonne et grande gorgée de vodka pour me donner du courage, revenant vers Axl qui se relevait doucement.

Je me sentais quand même ivre maintenant, je tanguais un peu et sans doute que mes joues devaient être plus rouges mais dans la pénombre, ça ne se voyait pas. Sa question m'arracha un sourire alors que je lui fourrais la bouteille dans la main. « Mec, si y'avait plus rien de bon en toi, tu chialerais pas comme ça. » Je lui tapais sur l'épaule avant de l'attraper par le bras et l'attirer soudainement vers moi. Oh et puis merde, au diable les conventions, je lui ferais un câlin si j'voulais après tout ! Mes bras entouraient ses épaules, je le plaquais contre moi dans une étreinte solide et chaleureuse, ma joue contre la sienne, je lui caressai le dos avant de lui offrir quelques tapes amicales. Son odeur était agréable, un peu étrange, différente des autres sans que je sache pourquoi. Je murmurai. « J'ai pas tout pigé ce que tu m'as dit, t'avoueras que ça fait énormément de choses d'un coup, mais c'est pas grave. T'as rien d'un monstre, t'es un homme bien, Axl.»

Je m'écartai pour retrouver son regard un moment.  «Et un bien bel homme si j'peux me permettre. Ouais, j'me le permet. » Je lui offris un clin d’œil avant de reculer, pour mieux sortir une cigarette du paquet écrasé que je tenais toujours en main. La fichant au coin de mes lèvres, je me l'allumai avant de reprendre. « Évidemment que ce serait plus facile si on savait contrôler ses émotions, on ne souffrirait plus. Mais tu sais quoi ? On ne serait pas heureux non plus. C'est ça la vie, c'est aimer, c'est être passionné, sourire, rire, hurler ! La vie, c'est prendre des risques. Et puis, c'est recevoir aussi, profiter des émotions des autres. Tu pourrais pas les savourer si toi t'en avais pas. Et j'te promet que tu trouverais vite ça chiant. » J'inspirai doucement une nouvelle bouffée en lançant un regard autour de nous, sur ces alentours lugubres et si paisibles. « En tous cas, t'inquiète, la plupart de mes potes ne sont pas des enfants de chœur, loin de là. D'ailleurs, moi non plus, j'en suis pas un. Même que ton job pourrait m’intéresser si jamais hein. T'sais, j'ai pas mal d'ennemis alors... » Je disais ça à moitié pour de rire mais après tout pourquoi pas. Je fis un geste léger de la main pour repousser cette idée, comme une boutade, avec une grimace rieuse. « Plus sérieusement... Pour ce que tu m'as dit, c'est pas stupide, sans déconner, j'suis désolé que t'aies ce genre de pensées mais c'est carrément faux, tu as ta place… Peut-être bien que ça n'a pas de valeur si c'est moi qui te le dis, t'aurais sûrement plus besoin de parler avec ta famille mais… si je comprends bien, ils ont tous disparus ? C'est sacrément dur et j'sais pas trop ce que je ferais à ta place, je morflerais un max, ça c'est bien certain. » Non, ce n'était pas tous les jours roses chez les Ievseï et il suffisait que je pense à mon père pour avoir le moral plombé. Mais si jamais il disparaissait, putain… Je préférais ne même pas y penser.

Je me sentais vaporeux, assez saoul pour rester dans ce cimetière alors qu'il faisait de plus en plus noir et que des bruits étranges nous parvenaient, parfois. Mais assez  conscient pour comprendre que Axl m'avait fait une fameuse confidence concernant cet étrange oiseau qu'il apprivoisait. J'avais dit que je n'avais pas compris, mais sans doute que j'avais surtout peur de comprendre. Ce sujet de conversation me mettait en vérité bien plus mal à l'aise que les histoires de mafias ou de meurtres. Parce que ça me renvoyait à mon propre secret, à ma propre malédiction. Je soufflai doucement la fumée avant de poursuivre, d'un ton prudent. « J'sais pas trop ce que t'entend par perdre ton humanité et puis… ce volatile c'est quoi hum… t'as un canari ou bien ? » Je roulai un peu des yeux. « Nan parce que t'sais bien ce que le canard dit à sa cane… ricane… et alors.. hum. » Je toussotai avant de relâcher à mi-voix, comme dans une impulsion irréfléchie. « J'ai connu un gars qu'on avait maudit, enfin j'sais pas si c'est de ça dont tu parles hein mais ce gars là… ben c'était pas rien qu'un sale chacal... »

Sans réfléchir, ma main libre vint à la rencontre de la sienne pour la lui prendre. Je n'arrivais pas à faire autrement que de toucher les gens et même si je ne savais pas comment il avait pris mon accolade ni si ça l'avait contrarié ou mis mal à l'aise, je serrais ses doigts. « Allez, petit prince. Tu méritais pas d'être abandonné, crois pas ça. Maintenant il faut que tu apprennes à vivre pour toi et pas dans l'ombre de ta frangine… j'sais que c'est dur mais ce sera vachement plus sain, tu sais... Et puis, si tu te sens seul dans ton appart, j'peux venir squatter chez toi quand tu veux. J'amènerai la vodka et mes conneries, je te chanterai des berceuses russes ou des chansons grivoises, à toi de voir, et puis, tu pourras aussi me raconter des blagues en danois.» Je lui désignai la bouteille du regard dans un roulement d'yeux. Elle était méchamment entamée, à nous deux on en avait déjà sifflé plus des trois-quarts.




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MessageSujet: Re: Confide in me [Axl]   Ven 15 Avr - 8:53



confide in me

 
Storm after the Rain


La phrase de Mikkel m'arrache un sourire sur mon corps encore faible et tremblant, tenant à peine debout. En aucun cas capable de réagir à son acte qui suivit. Une tape sur l'épaule, quelque chose de commun. Ce qu'on connaît tous. Le poli tout ira bien, mais lorsqu'il m'attrape par le bras et m'attire contre lui, mon cœur loupe un battement de surprise. Je suis saoul, incapable de réagir correctement. Je viens d'avouer à un inconnu que je tuais des gens. Il aurait pu cacher un couteau, il aurait pu me le planter droit dans le cœur, profiter de la surprise, se sauver.

Il aurait pu se sauver tellement de fois.

Mais finalement, il est juste là, sa joue fraîche contre la mienne, nos corps l'un contre l'autre et ses bras qui m'entourent. Incapable de lui rendre la pareille, le cœur trop compressé par le mouvement qu'il vient d'entreprendre. La seule amie que j'ai, qui me connaît n'est pas très tactile. Non pas que je le sois spécialement, au contraire. Mais là, cet instant, me soulage. Je ferme les yeux, les mains dans le vide, le poison devenant cendres et mes poumons respirant un air plus pur que ces dernières minutes. Une larme se verse encore sur mon visage. Différente. Une larme de soulagement. Le moment, comme tous ceux du genre, semble éternel. Je respire doucement alors qu'il s'éloigne de moi. Un sourire discret, cassé sur le coin des lèvres. Un genre de merci qu'on ne peut lire que dans mes yeux mais que ma bouche est incapable de confesser.

Mes lèvres prennent un peu plus de place sur mes joues alors qu'il parle encore. Décidément, ce russe avait choisi de ne pas me laisser, ni tout seul, ni dans ma pensée. Il s'écarte et lentement mes yeux rejoigne les siens. Sa remarque m'esquisse un rire discret, d'homme saoul qui ne le retient pas, qui retrouve l'alcool comme il devrait être, joyeux, pas triste. Je le regarde bouger avant d'observer le monde s'éteindre autour de nous, il ne faudrait pas qu'on s'éternise. Je suis très bien capable de sauver mon cul, même saoul, l'oiseau peut m'éloigner des zombies rapidement. Et si l'odeur que j'ai senti chez lui m'a définitivement prouvé qu'on était de la même espèce, je ne savais pas pour autant de quoi il était capable, son propre animal. Et puis même, qu'importe les animaux. D'homme à homme, je n'allais pas risquer la vie de celui qui me donnait du baume au cœur sans raison particulière, sans rien attendre en retour, sans n'avoir rien connu de moi jusqu'à lors que mon nom.

Je suis son geste un miroir et reprends la fumée dans mes poumons alors que c'est à son tour de parler. Il avait bien le droit de me faire un monologue d'une heure si ça lui chantait, je lui devais bien ça. Mon attention d'homme saoul à son maximum, mes prunelles bleutées dans les siennes je l'écoute avec le sourire au coin d'une lèvre. La fumée toxique entre nous. Prendre des risques, j'avais envie de lui demander si le simple fait d'être en vie aujourd'hui n'en était pas un mais je préférais me taire, encore fatigué de mes propres mots, alors que mes maux physiques, eux, guérissaient lentement. Je remarque son regard un peu fuyant. Je suis habitué au cimetière, je suis habitué à ces nuits, visiblement pas lui.

Sa remarque d'après me fait froncer un sourcil. Mi-sérieux, mi-marrant. Mikkel ne me connaissait pas assez pour savoir que si l'on devenait réellement amis, et, entre nous, après ce moment, il y avait peu de chance pour que notre relation s'arrête à ça, le moindre ennui qu'il aurait finirait le cou tordu, une plume entre les dents, souffrant plus ou moins selon ce qu'il aurait pu lui faire subir. Mais l'idée de le voir souffrir ne m'est pas réellement supportable en l'instant alors je regarde sa main se lever et lui dis dans une bouffée de nicotine. « Espérons que tu n'aies jamais à m'appeler pour autre chose que de la Vodka. » Ma phrase s'efface avec la fumée tandis qu'il continue et revient sur mes propres paroles.

Peut-être que les mots auraient plus de valeur de la bouche d'un membre de ma famille. Je plante mes pupilles dans les siennes et mon cœur se stoppe un instant. S'il savait à quel point il avait tort. S'il savait à quel point, ses mots à lui, en cet instant, avaient une valeur inestimable. Parce que justement, ils venaient d'un presque inconnu. Un mec qui aurait pu me juger mille fois et qui choisi de rester là, face à moi, me disant que j'ai ma place. Quelqu'un qui sait qui je suis, tout au fond, qui vois le massacre humain, ce qu'il en reste du moins, et qui me dis que je ne suis pas un monstre. Je tais les mots, alors qu'il ajoute ne pas savoir quoi ressentir à ma place. Réflexe presque instantané alors qu'il ferme la bouche et la mienne ajoute. « Ne cherche pas à savoir, et ne le ressens jamais. » Les mots sont sortis vivement, mais avec douceur, d'une certaine protection que je suis incapable de retenir en l'instant. Parce que non, je ne veux pas que quelqu'un ressente ce que je ressente.

Je ne veux pas que l'homme, qui a l'heure d'aujourd'hui, en l'état actuel des choses, a choisi de me prendre dans ses bras après que je lui ai dit être un meurtrier. Je ne veux juste pas. J'observe la nuit prendre sa place, le corbeau s'agite en moi, il n'a pas envie qu'on traîne ici. Il en a marre que je fasse n'importe quoi et de morfler autant que moi. J'ai compris. Le temps de mes propres pensées, c'est le brun qui ouvre à nouveau la bouche et je le regarde avec douceur, comprenant ce qu'il cherche à aborder sans le faire. J'aurais voulu garder mon sérieux, mais son histoire de canari me fait pouffer idiotement de rire, stupide alcool. Il a gagné la course à la réaction, et l'autre en rajoute une couche alors que mon rire s'accentue.

Ce mec ne s'arrête jamais, peu importe les confidences. Il a tout d'un ami en or. Les cigarettes, je ne saurais plus dire la combientième dans la main, je remarque qu'on voit presque mieux la fumée que nos propres visages. L'oiseau lui, y verrait très bien. Mais peu importe. Il finit par cracher le morceau, celui qui semble lui faire bien plus peur que tout ce que j'ai pu dire. Il a connu un gars. Faut croire que je le connais aussi. Je fixe son regard, lui accorde un sourire délicat mais préfère me taire.

C'est une conversation qu'il va falloir avoir, parce qu'il est visiblement loin d'être à l'aise avec son propre animal, son propre habitant. Et si aujourd'hui je n'ai plus personne, j'ai eu le temps d'apprendre, mais avant tout de comprendre. Et si je lui devais une chose, c'était lui offrir la compréhension de qui il était. Qui ils étaient. Il attrape ma main, me sort de ma pensée une fois encore et je resserre doucement son emprise sur moi, en écho à ses doigts. C'est étrange à dire pour moi, surtout là, mais j'avais besoin d'un contact humain. De celui d'un ami, qui me ressemblait bien plus que ce que je n'aurais pu croire. Mes tremblements se calment, ma main dans la sienne et ses lèvres s'ouvrent à nouveau.

Je ris à sa remarque sur le petit prince. Et continue sur la même idée à mesure de ses mots que je ponctue par rires et sourires. Par des regards qui disent merci, et puis je suis son regard, regarde la bouteille et lui offre une moue un peu triste. C'est vrai qu'on avait salement entamé la bouteille. Mais je n'avais pas vraiment envie d'arrêter l'instant, et sa main dans la mienne me soufflait que lui non plus, sa proposition de squatter mon appartement non plus, d'ailleurs. Alors, toujours les doigts mêlés aux siens, je parle finalement.

« Bon, voilà ce qu'on va faire. On va continuer ce petit moment chez moi, parce que même si je ne connais pas ton père, je présume que te voir rentrer saoul comme pas deux c'est pas son activité favorite et là, j'ai aucune envie de t'imaginer en train de te faire engueuler. » J'enlève mes doigts des siens après une dernière pression et me rapproche de lui pour le croiser, main sur l'épaule. Difficile de couper le contact sans vraiment dire pourquoi. « Je n'ai de toutes façons pas envie qu'on reste ici. Donc tant que tu es encore capable de conduire, et j'habite pas très loin, donc à nous deux, on vaincra la route, on va se casser. J'ai juste un truc à finir avant. » Je lui tape sur l'épaule et m'éloigne de lui, parce que je parle de l'homme moitié mort et que même si il a accepté qui j'étais, je n'ai aucune envie que nos contacts aient un rapport avec ça. « Alors ne finis pas la bouteille, je te laisse les clopes et dans une minute je suis de retour, d'accord ? »

L'espoir. L'espoir qu'il ne se barre pas se lit dans mes yeux. Je les détourne avant qu'il ne s'en aperçoive réellement. Et alors que je m'éloigne pour aller finir l'autre qui souffre depuis des lustres, je lui lance sans un regard en levant la main. « De toutes façons, t'as mon zippo, et j'y tiens. Alors te barre pas. Et puis, on a encore plein de choses dont on doit parler toi et moi, j'en doute pas une seule seconde. »

Remarque subtile sur le chacal, alors que j'ai déjà disparu. Je ne prends réellement qu'une minute pour lui tordre le cou, envoyer un message en traînant le corps de l'homme dans l'endroit habituel. Job fait. C'est un cadavre que je n'ai pas à amener jusqu'à la morgue, celui-ci sera récupéré par le service de nuit. On se croirait presque à l'épicerie. Je me frotte les mains, redresse mon sweat, roule des yeux aux tâches que je lui ai infligé et me rince les mains à l'eau froide alors que toutes mes blessures ont disparues. Je marche rapidement pour rejoindre le russe, en espérant qu'il n'ait pas fui à l'autre bout de la ville. Non pas que je comprendrais pas mais bon.

L'alcool me fait encore beaucoup d'effet malgré mes quelques efforts et alors que je le retrouve, un sourire de joie non dissimulé sur mes lèvres je me craque le cou, les doigts et lui demande, simplement, gentiment. « Bon alors, c'est parti ? Ou tu préfères rentrer chez toi ? Ne t'en fais pas pour les bruits, t'as encore le temps de te décider et rentrer en sécurité. » Je marque une pause tandis que je referme la grande porte derrière moi et ajoute en le regardant sincèrement.

« T'es vraiment pas obligé de poursuivre ta soirée avec moi, même pas besoin d'excuse. C'est ton choix, et dans tous les cas, j'le respecte. Tant que tu me promets d'être prudent pour pas finir dans un accident de voiture ou que sais-je encore en arrivant jusqu'à chez toi. »

Je souris, masque ma réelle inquiétude quant à la possibilité. Je m'inquiète réellement pour lui. Je m'inquiète réellement pour tout. L'alcool accentue tout, vos qualités, vos défauts. Je ne savais pas lequel c'était, mais dans tous les cas, je n'avais vraiment pas envie qu'il lui arrive quelque chose, qu'il choisisse de rester avec moi ou non. Je lui prends le paquet des mains, entame une nouvelle cigarette que j'allume, nous laissant pratiquement seuls avec cette lumière faible et mes pupilles dans les siennes j'attends sa réponse. Pas plus simple que ça.

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MessageSujet: Re: Confide in me [Axl]   Mar 10 Mai - 20:53


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Axl & Mikkel
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Je n'avais pas eu l'impression qu'on avait parlé "beaucoup" ou "trop", du moins ça me paraissait naturel, on avait des choses à se dire alors on s'exprimait, ce n'était pas plus compliqué que ça. De mon coté, j'avais toujours eu le don de prononcer les moindres conneries qui me venaient en tête, de façon impulsive, sans jamais tourner ma langue dans ma bouche, même pas une seule fois. Pas mal de personnes au cours de ma vie m'avaient déjà taxé de manipulateur et c'était sans doute inconscient pour une large part, au vu de ma spontanéité. Oh je n'avais jamais nié pas l'aspect vicieux de mon caractère ! L'histoire de Mikkel le vieux filou de chacal, c'était pas une légende. Bien-sûr que oui, j'aimais amener les gens là où je voulais et si j'en avais l'habileté, pourquoi s'en priver ? Cela étant dit, je n'avais rien prémédité concernant Axl et mon but en l'invitant à partager ma vodka n'était pas de le manipuler en vue de l'exploiter d'une manière ou d'une autre. Peut-être bien qu'au fond de mon crâne, j'avais envisagé de sonder son attrait pour la gente masculine.. hmm mui bon okay, j'avais toujours des idées perverses à la base. Cela étant dit, j'allais pas draguer lourdement un mec en train de chialer, on était pas des bêtes. Alors voilà, j'avais voulu lui parler au début parce que j'étais un mec sociable, tout simplement. Et que je détestais la solitude. Et puis, au fur et à mesure  de la conversation, je découvrais la profondeur de ce mec… ses émotions, ses anxiétés. Parce que je les ressentais très fort celles-là, je les devinais dans ses sourires mêlés de larmes, ses accès de rires devant mes blagues, aussi nazes soient-elles. Je ressentais sa crainte qu'il m'exposait si ouvertement, celle d'être un monstre. Un monstre fabriqué avec l'amour aveugle qu'il vouait à sa sœur.

Mes pensées allaient et venaient, bien que je restais aussi désinvolte qu'à ma chère habitude. Je me posais des questions sur les gens, sur les aléas de la vie, sur l'univers tout entier. Et sur ces ombres inquiétantes entre les tombes du cimetière. J'étais toujours surpris de voir à quel point mes blagues merdiques faisaient rire Axl malgré sa peine. Soit ce mec avait peur de me vexer, soit dans sa bonté, il voulait me faire plaisir. Soit il était complètement bourré. Peut-être était-ce un peu des trois mais ça n'en restait pas moins surprenant. Des mecs aussi chaleureux, ça ne courraient quand même pas les rues. Dire qu'il était un tueur… ça devait être sacrément lourd à porter. En l'écoutant me répondre, je libérais ses doigts dans un sourire. « Bah tu sais, le père Ievseï en a vu d'autres avec moi hein. Mais ouais, là rien qu'à sentir mon haleine, j'crois que la moutarde lui monterait assez vite au nez. »  Et après, j'en prendrais forcément pour mon grade, comme toujours. Axl était loin de se rendre que de toute façon, mon père avait une nouvelle bonne raison de me gueuler dessus tous les jours. M'enfin, si je pouvais éviter de ranimer les hostilités ce soir, pour une fois, ce ne serait pas du luxe. L'invitation du fossoyeur venait donc à point nommé et j'allais pas jouer les mecs polis qui refusent timidement, de crainte de déranger. Si ? Je haussai un sourcil. « Oh c'est trop sympa de ta part, mais vraiment… Bon d'accord. » Et sur un sourire colgate, je le laissai s'en aller à ses affaires mystérieuses, m'abandonnant ainsi seul dans les ténèbres.

Comme le silence était atroce. Les derniers mots du danois planaient encore dans mon esprit. De quoi il voulait qu'on parle ? J’espérais de toute mes forces qu'il évoquait les chansons grivoises. Ou bien des blagues porno. Merde, mais vraiment, il avait pas envie de creuser sur des histoires d'oiseau et de chacal, non ? Je grimaçais un peu, me sentant soudain inconfortable à cette idée. Je n'étais pas certain d'être prêt à me la raconter, surtout pas sur ce sujet précis. J'avais beau être un mec totalement dénué de pudeur, capable de lui faire un strip-tease s'il le voulait, juste pour rire, juste pour le plaisir des yeux, ou même plus encore mais pour le reste… Non, je n'aimais pas parler de mes maux, je n'avais même jamais réussi à le faire. A part à peu à Andreï évidemment mais lui, il appartenait à une autre génération. Ce mec avait beau avoir l'air jeune, c'était quand même mon grand-père ! Il ne pouvait pas vraiment comprendre, sa propre malédiction lui avait été lancée il y avait si longtemps… Comment il pourrait bien se souvenir de ce que ça faisait ? Je soupirai. Soudain, je me retournai brusquement en entendant une brindille craquer. Mes sens étaient devenus bien plus exacerbés depuis ma transformation, je n'avais pas encore vraiment l'habitude de gérer tout ça… Je cherchais une bribe de courage dans une nouvelle gorgée de vodka avant de fouiller les alentours. Rien. Ou plutôt si. La silhouette de Axl revenait déjà vers moi. Il avait fait vite ! J'en étais soulagé parce que j'avais sacrément aucune envie de rester une minute de plus dans ce foutu cimetière. La gentillesse des paroles du fossoyeur me fit sourire malgré tout, dans un pouffement déconcerté .

« T'es pas croyable toi tu sais ? Arrête de me respecter comme ça s'te plait, ça suffit hein ! Sois un peu plus rude avec moi, tiens, j'sais pas, crache moi dessus, vite ! » Non mais sérieusement, je déconnais mais il me faisait délirer. Sans doute parce que quelque part, ça me touchait mais en même temps, j'avais encore jamais vu quelqu'un d'aussi attentif et puis voilà, j'avais pas l'habitude qu'on s'inquiète pour moi comme ça. Alors forcément, je réagissais par des vannes, comme toujours, ce sacré vieux réflexe. Quand les gens m'insultaient, c'était cool, je savais comment réagir mais là… pour le coup ça m'en bouchait un coin. Hochant la tête d'un air grave, je l'observais d'un air mi-railleur, mi chaleureux. « J'te promettrai jamais des trucs pareils, je ne suis jamais prudent, absolument jamais, sache-le. » Suicidaire et fier de l'être, qu'on se le dise. J'attrapais une clope du paquet qu'il me tendait avant qu'on se partage son fameux zippo pour nous les allumer. J'inspirai une taffe tout en soutenant son regard quelques secondes. Sérieusement, je n'avais pas envie de rentrer chez moi maintenant. J'étais pas du genre à hésiter pendant six cents ans. « J'aimerais bien voir comment c'est chez toi, j'ai toujours été curieux. Alors lets-go. Et mets ta ceinture moussaillon, parce que ça risque de tanguer. » Là dessus, je m'embarquai à bord avec légèreté, mettant  aussitôt le moteur de la camionnette en route. J'attendis qu'il se soit installé pour démarrer sur les chapeaux de roues, dans un nuage de poussière. On sortit rapidement du cimetière pour nous retrouver dans les rues enténébrées de la ville. Ma conduite était nerveuse mais assez assurée pour éviter les obstacles sans aucun souci. « Je t'écoute, co-pilote, indique moi le chemin de ton palace. » Ainsi, suivant ses indications, je ne mettrais pas longtemps à parvenir en face de son immeuble, étant donné le calme relatif des routes que nous empruntions et la vitesse sensiblement illégale que j'imposais à ma caisse.




Spoiler:
 

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Confide in me [Axl]

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