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 Second night

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MessageSujet: Second night   Lun 8 Fév - 21:59


« Hello, It's ME »



Enya & Tim
featuring

Je ne comprends. Je lis. Lis. Relis. Encore. Et encore. Je ne parviens pas à comprendre ces mots, cet alignement de mots et de phrases. Rien n’a de sens dans ce dossier. Rien ne fait écho en moi. Aucun terme. Aucune information. Rien. L’ensemble coule sur moi, coule le long de mes yeux, s’étend contre ma peau, se déverse sur le sol. Je suis totalement imperméable à la moindre idée de géni. Pourtant, je sais. Je sais que ça cloche. Que ce dossier est vide de sens. Qu’il n’est pas réel. Que le mensonge parcourt ses traits. Mais qu’importe que je sache, que j’en suis intimement persuadé…. Sans preuve que faire ? Comment faire évoluer quoique ce soit ? Comment donner matière à certains d’utiliser ce dossier ? Ces informations ? Ce mensonge ? Ce faux ? Je n’ai aucune réponse si ce n’est mon instinct. Je grogne, me redresse en envoyant péter sur le mur mon verre qui s’explose contre le mur près de l’entrée. Je parcours la pièce tel le lion que je suis devenu depuis que j’ai entendu parlé de cette histoire. J’aurai aimé trouvé une erreur comme pour le dossier sur les deux jeunes résistants puis cobayes. J’aimerai pouvoir révéler une information, un point de détail quelque chose qui puisse me permettre de fouiner davantage et …. Et quoi ? C’est le troisième de dossier… les deux autres sont toujours sur ta table…. JE SAIS PAS PUT*** ! C EST… Je rage me tourne vers lui avec colère et me radoucit presque immédiatement lorsqu’il lève les mains en l’air. Je soupire, écrase mes mains dans mes cheveux et observe mon plafond. J’en sais rien… peut être que je saurai quoi faire de ça un jour… quand il le faudra… pour le moment ça … m’aide… Je soupire de nouveau, relâche mes membres et jette un coup d’œil au dossier étalé sur le sol puis aux deux autres mieux rangés. Il a raison. Je sais pas quoi faire de ce que j’ai trouvé jusque là. A qui en parler ? A qui donner ces informations ? En qui croire assez pour divulguer ces abus du nouveau gouvernement ? Gui ? Elle serait capable de mener une vendetta au moins pour les duex jeunes… Nolan ? Si seulement je savais ce qu’il faisait dans la résistance …. Elias ? Pourquoi aurais-je confiance en ce type ? Jordan ? Son nouveau mystère reste entier. Non pour le moment je m’offre cette thérapie. Thérapie ? Carrément…. Dire que je pensais être l’unique… Non, toi tu me pousses à la consommation d’alcool… et me colle la migraine… rien à voir … Je lui souris, conscient que derrière cette plaisanterie, il cache une autre question pour laquelle je n’ai pas de réponse à lui accorder. J’ai besoin de prendre l’air… Liant le geste à la parole, j’attrape mon sac à dos dans lequel je jette une bouteille d’eau, le portable du boulot, l’arme qui va avec et certaines pièces du dossier. Peut être que l’atmosphère extérieure m’offrira le minimum de lucidité dont j’ai besoin. Je sors de l’appartement, claque la porte et grimpe l’échelle d’un pas rapide.

Arrivé en haut, je laisse mes yeux s’accommodés de la vue que je connais par cœur aujourd’hui sans pour autant perdre de la superbe qu’elle dégage. Je bouge le sac dans mon dos, expire et court en direction du toit voisin, celui de l’entrepot légèrement en contre bas. Mon souffle se stabilise avec habitude au rythme de ma foulée rapide. Mes jambes s’articulent et propulsent mes pieds sur l’asphalte. Je souris avant même d’arriver au bout du toit. Avant d’appuyer mon orteil sur le rebord et me laisser emporter par les airs. La seconde est courte mais… intense. Je sens cette once de liberté. J’oublie. J’apprécie et… me réceptionne de l’autre côté d’une belle roulade que je ralonge d’une nouvelle course. Juste un instant. Juste 5 foulées. Juste le temps de percuter. D’entendre. De me retourner et de la voir là haut, sur le toit de mon immeuble. Elle.

Enya !?

La fermière, l’agricultrice…. L’interne. Mon sourire s’étend alors que je mets ma main en visière pour masquer l’effet du coucher de soleil. T’en as mis du temps pour le suivi médical tu sais ? C’est un peu tard ! Je ris légèrement, écarte les bras et effectue une danse prononcée en levant les jambes et tournant sur moi-même.




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MessageSujet: Re: Second night   Jeu 18 Fév - 22:22

J’inspire un grand coup en arrivant devant l’immeuble de Storyville. J’entre dans le hall et monte un premier étage. Vaas habite là. Je ne sais pas trop ce qui m’amène, en réalité. Je sais juste que je tournais en rond chez moi, le moral un peu en dèche, et que, sur un coup de tête, je me suis dit que j’avais besoin d’une oreille pour m’écouter et d’une épaule pour prendre appui. Et Vaas semblait être un bon candidat pour ces deux fonctions. Après tout, on se soutenait, d’une certaine manière. Relation un peu étrange, fondée sur le mal qui nous rongeait tous les deux de l’intérieur, et aussi une certaine envie de vivre, malgré tout. Vaas savait trouver les mots. Et en ce moment c’est ce dont j’avais besoin : de mots réconfortants. Parce que ceux que j’avais eu avec Noah ne l’étaient pas.
Nous étions de nouveau ensemble, certes. Comme avant. Un semblant de couple qui, au fond, nous convenait bien à tous les deux. Nous étions liés mais incapables de vivre cette situation normalement. Et au fond de moi résonnait encore un semblant de doute. Il ne m’aimait pas, ne m’aimerait peut-être jamais. Il n’avait pas fait beaucoup d’efforts pour me rassurer, lorsque j’étais venue chez lui. Une partie de moi, la plus forte, me disait que j’avais eu raison de repartir comme avant, parce que la vie sans lui ne valait pas la peine. Mais il y avait toujours cette petite voix qui me murmurait « à quoi bon ? ». A quoi bon continuer notre couple instable et prévoir la prochaine dispute, la prochaine douleur, le prochain déchirement avant les retrouvailles, inlassablement ? Je ne cherchais pas quelqu’un pour donner raison à l’une ou l’autre de ces voix. Je cherchais quelqu’un pour discuter comme deux personnes normales. Pour changer.

Pourtant, en arrivant presque chez Vaas, un mouvement attira mon œil. Quelqu’un partait en direction d’en haut. Du toit. Et je crus reconnaitre cette personne qui faisait le mur à une heure tardive. Discrètement, je suivis l’ombre, me glissant jusqu’au toit. Il était là. Son sac à dos sur l’épaule, éclairé par les faibles lueurs des lumières de la ville, sa silhouette se découpant dans la nuit. Intriguée, je m’avançai d’un pas, puis deux. Au moment où j’allais m’avancer franchement vers lui et signaler ma présence, pourtant, il s’élance. Vers le vide. Vers la chute. Mon cœur ne fait qu’un tour et je me lance à sa poursuite. Il est fou, il ne va quand même pas….Au moment où il s’élance dans le vide, je me fige, ouvre la bouche sans qu’aucun son ne puisse en sortir, horrifiée. Mon cœur s’arrête une seconde, interminable, où il semble figé dans les airs. Alors qu’il retombe, indemne, avec classe même, sur le toit d’en face, mon corps se remet en marche, et le cri sort de ma bouche.
« Timothée !! »
Au bord du toit, je le vois se retourner, me reconnaitre. Il me sourit, le même sourire qu’il m’avait servi cette nuit-là, à l’hôpital. Celui qui m’avait un peu fait craquer, avouons-le. La vie est parfois méchamment drôle. Après cette nuit où j’ai rencontré Timothée, où j’ai cédé, où j’ai fait un écart exceptionnel à mon code d’honneur sans tâche, je ne l’ai jamais revu. Je l’ai souvent guetté dans les couloirs de l’hôpital. Mais il n’est jamais revenu me voir. Avec les jours, j’ai laissé tomber. Il faut croire que je n’étais que l’histoire de quelques minutes. Et puis, j’avais déclenché une crise avec Noah, en partie à cause de ce que j’avais ressenti avec ce patient inconnu. Des mots difficiles, et Noah qui partait les larmes aux yeux. Noah que j’avais dû aller rechercher jusque chez lui après des nuits sans sommeil. Et maintenant que mon couple était retourné plus ou moins à la normale, voilà que je retombais sur Tim.

« T’en as mis du temps pour le suivi médical tu sais ? C’est un peu tard ! »
Je soupirai et levai les yeux au ciel. Il venait de me faire subir une des plus grosses frayeurs de ma vie, et il se permettait de me provoquer ? Il était visiblement toujours aussi taquin que lors de notre rencontre. Par contre, il semblait aller beaucoup mieux physiquement. Visiblement, ma suture avait été une réussite.

« C’est toi qui est jamais revenu, monsieur le patient modèle. Et puis, qu’est-ce que tu fiches là ? Tu ne peux pas passer par les rues, comme tout le monde ? T’es malade ou quoi ? »
J’avais élevé la voix un peu plus que ce que je voulais. Avais laissé paraitre ma peur un peu plus que ce que je voulais aussi. Je soupirai. J’avais vraiment du mal à donner le change avec lui. D’une voix plus douce, j’ajoutai :
« Tu veux pas…resauter dans l’autre sens ? Qu’on puisse discuter autrement qu’en se criant dessus d’un toit à l’autre. »
J’étais censée aller voir Vaas. Mais après tout, mon ami n’était pas au courant que j’avais eu l’intention d’aller le déranger en pleine nuit chez lui. Et puis, je voulais vérifier que Timothée allait bien. Peut-être, aussi, comprendre pourquoi il n’était pas revenu, après son petit manège. Sûrement, enfin, retrouver un peu cette sensation d’être différente des autres aux yeux de quelqu’un. Pour changer.

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MessageSujet: Re: Second night   Mer 24 Fév - 18:44

Enya. Cela fait plusieurs mois à présent que je l’ai rencontré, plusieurs mois que je ne l’ai revu. Ce n’est pas comme si les minutes passées avec elle furent déplaisantes, au contraire mais … Je ne sais pas. Enfin, si, je sais. Mes yeux dérivent vers Bastien à ma droite, il m’interroge du regard comme s’il ne l’avait jamais vu, comme s’il ne lui avait jamais parlé. Mon illusion est si parfaite. Comment pourrait-elle avoir souvenir d’Enya alors que ce jour là j’étais à mille lieux de savoir pour le décès de mon frère ? Un continent me séparait de la situation actuelle. J’avais cru stupidement que le pire était derrière nous, qu’à cet instant, il était possible d’agir pour faire du mieux. Quelle belle connerie. J’avais déjà statué sur l’alliance, me détestais de ma participation aux expériences et à mon travail au sein du 2nd gouvernement mais c’était sans compter la liste des morts parue le lendemain ou le décès, plus tard, de Maarten ou encore les accusations de Gui. Mes prunelles se posent de nouveau sur Enya après une seconde de prospection dans le miroir de mon propre regard. C’est dommage. Elle aurait mérité plus de temps, plus d’intérêt, plus d’échanges. Plus. C’est toi qui est jamais revenu, monsieur le patient modèle. Et puis, qu’est-ce que tu fiches là ? Tu ne peux pas passer par les rues, comme tout le monde ? T’es malade ou quoi ? Sa voix se répercute autour de nous avec une puissance légèrement en décroit et un ton amusé, choqué, outré, inquiète… Un mélange fort intéressant, amusant même. Je réponds d’un sourire plus étendu, me courbe d’une révérence pour le « patient modèle » et me redresse en riant légèrement.Malade ?! Moi ? Mais non…sinon tu sais bien que je serai allé voir la plus sexy des agricultrices… interne pardon… Je ris de nouveau, lui offre un clin d’œil qu’elle ne peut sans doute pas voir et pose une main sur mon cœur.

Tu veux pas…resauter dans l’autre sens ? Qu’on puisse discuter autrement qu’en se criant dessus d’un toit à l’autre. Je fronce alors les sourcils, enfonce mes mains dans mes poches et ne trouve rien de mieux à répondre qu’un Queeeoua ? Qu’est-ce que tu dis ? Je cris presque, complétement amusé à l’idée de la faire répéter. Ce qu’elle fait une fois. Je reprends donc en criant plus fort, mimant de tendre l’oreille en posant ma main droite sur mon oreille droite. Je me rapproche du bord. Elle répète, je ris pour moi, en moi. Me fend d’un large sourire lorsque je saute sur le rebord sans regarder la distance qui me sépare du sol et la vitesse à laquelle mon corps pour la traverser avant de mourir. Ca fait longtemps que je n’ai plus peur du vide. Je crois que ta petite voix d’interne ne parvient pas à m’atteindre…. C’est dommage pour un doc de pas réussir à se faire entendre d’un patient…. Tu aurais vraiment dû poursuivre dans ton rêve de fermière… beugler d’un champ à un autre t’aurait entrainé à ce genre de situation ! Je ris alors, presque conscient qu’elle a compris que je me joue d’elle. Je ponctue tout de même. Tu veux peut être que je saute dans l’autre sens pour avoir le plaisir de me parler ? ….et de te faire entendre…. Mon sourire s’étend alors que je longe le rebord tel un équilibriste, levant une jambe après l’autre volontairement. T’es sûre ? C’est un peu… contre…productif de demander ça à ton patient modèle, non ? Tu es en train de … m’insister à  risquer de me blesser, non ? Je me retourne, marche encore sur le rebord puis saute sur le côté et recule. Je l’observe de l’autre côté, en hauteur. Ses cheveux s’agitent avec le vent mais je devine son sourire avec amusement. Je paris un baiser que tu vas fermer les yeux…. Mon sourire s’étend. [i]Tu perds pas de temps ….Qui te dis que je le rattrape pas ? Je m’élance, traverse les pas qui me séparent du rebord, prend appuie et me laisse transporter dans les airs un centième de seconde avant de me réceptionner sur l’escalier de secours. Mes bras se sont contractés à l’instar de tout le reste de mon corps sur l’armature de l’escalier.

Je redresse la tête, vois le visage de l’interne penché vers moi. Je n’ai aucun moyen de savoir si elle a fermé les yeux, mais qu’importe. Je suis tout de même amusé. Grimpant l’escalier quatre par quatre, j’arrive rapidement sur le toit où elle m’attend. Alors ? J’ai gagné un baiser ? Je lui offre le même sourire qu’à notre précédente entrevue, totalement volontaire à l’idée d’oublier le contenu de mon sac ou les raisons de mon agacement passé, de mon désir d’échapper à mon incompétence du moment. Je me rapproche, rond la distance de la friendzone avec une espièglerie dans le regard. Oh, j’ai compris… tu voulais que je me blesse pour avoir une autre bonne raison de me faire enlever mon tee-shirt ? Mes yeux s'enfoncent dans les siens, nos soufflent se contactent. Avoue L'injonction m'amuse plus encore que la situation. D'où vient-elle ? Pourquoi m'avoir suivi ? Comment va-t-elle ? Qu'est-elle devenue ? Autant de questions qui flottent autour de nous et qui devront obtenir des réponses à un moment ou à un autre. Pourtant, je ne suis pas pressé d'entrer dans les limites de la banalité avec elle. Loin de là d'ailleurs.

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MessageSujet: Re: Second night   Mer 2 Mar - 23:09

Il semble nonchalant. Insouciant, avec son sourire qui traverse son visage de gauche à droite et la petite courbette qu’il m’offre. La plus sexy des internes. Je ne sais pas pourquoi, ça me fait lever les yeux au ciel et sourire, légèrement. Quel dragueur. Le soir de notre rencontre je m’étais demandée s’il faisait son numéro avec toutes les filles ou si c’était juste avec moi. J’avais espéré que c’était juste avec moi. Mais ça semblait tellement naturel chez lui. Un dragueur professionnel. Tiens, est-ce que les coachs en séduction existent encore dans la vie post-apocalyptique ? Après tout, l’amour, c’est l’une des seules choses qui a persisté là où tellement de choses se sont brisées sous le coup de l’ouverture de Darkness Falls.

« Queeeoua ? Qu’est-ce que tu dis ? »
Je soupire. Ca s’annonce facile. Alors je répète ma demande à Timothée, en me sentant ridicule. Si quelqu’un passe dans la rue à ce moment-là, il pourrait voir deux péquenauds, sur deux toits, qui se hurlent dessus pour s’entendre. Manque de bol, il ne m’entend toujours pas. Alors je répète inlassablement. A la troisième fois, je commence à me dire qu’il est peut-être en train de me faire tourner bourrique. Si c’est le cas, je suis encore plus ridicule que je ne le croyais. Il est en train de se moquer de moi. Je suis risible, sérieusement. Cette situation est un grand n’importe quoi, j’aurais dû m’en tenir à mon plan initial et aller voir Vaas, laisser Timothée s’éclipser, et reprendre le cours de ma vie normale. Mon cœur s’emballe lorsqu’il saute sur le rebord. Un faux pas et il tombe. Quel sale gosse inconscient. J’ai l’impression qu’il va me faire mourir de peur à faire l’idiot à 2 centimètres du bord. Mais je me retiens de lui faire la morale, je ne suis pas sa mère. J’ai aussi beaucoup trop peur pour que le moindre son sorte de ma bouche. Je reste pétrifiée là, à le regarder et l’écouter lancer ses vannes. Même dans cette situation, il arrive à me faire sourire, et c’est ce sourire que je lui offre.

« Je paris un baiser que tu vas fermer les yeux… »
Je lève les yeux au ciel. « Rêve toujours ! », lui lancé-je. Mais le souvenir de notre baiser me revient comme un coup en plein poitrine. C’avait été inattendu. Intense. Surprenant. Plaisant. Hantant. Et très tentant de recommencer. Avec Timothée c’avait été différent de Noah. Je ne saurais pas vraiment dire en quoi. Moins empli de toute la passion que je ressentais envers Noah, mais aussi de toute la douleur dont notre histoire était faite. Plus serein. Mais là, à cet instant, je pouvais ressentir le souvenir du goût de ses lèvres.

Et le voilà qui saute. Je loupe un battement, mon sang se glace. Et malgré moi, je ferme les yeux, attendant avec effroi le moment où Timothée hurlera et s’écrasera au sol dans d’atroces douleurs. Mais rien ne vient à part un « boum » salvateur. J’ouvre les yeux et attend de voir le visage de Timothée qui apparait à l’extrémité du toit. Il a toujours le sourire aux lèvres. Je croise les bras et l’attend, laissant enfin le sang circuler de nouveau dans mon corps. Mon cœur, en revanche, ne s’est pas calmé. Déjà il s’approche et rompt la distance légale qui doit séparer deux connaissances. Mais sommes-nous juste deux connaissances, après tout ?
« Alors ? J’ai gagné un baiser ? »
Je ris mais ne décroise pas les bras. Sa proximité me perturbe. Je me sens déjà rougir. Bon sang, c’est pas possible d’être aussi ridicule qu’une adolescente en fleur, à mon âge.

« C’est un réflexe humain de fermer les yeux. Donc tu n’as rien gagné du tout, c’était un pari déloyal. »
Je hausse les épaules. Il ne va pas gagner aussi facilement. Je suis en couple. Un couple bancal certes, mais c’est le mien, et j’y tiens. J’ai déjà risqué beaucoup avec Timothée la première fois. Il faut que je lui fasse comprendre que je suis inaccessible. Il me lance une pique. Je suis inaccessible.
« Avoue »
Je suis inaccessible. Sauf que là, alors qu’il est devant moi, je suis comme aimantée. Par son sourire. Par ses yeux. Par ce quelque chose qui se dégage de lui et me fait un effet que je suis incapable de chasser de mon esprit et de mes tripes. Je rougis de plus belle, noyée dans ses yeux, et me met à bafouiller.
« Non, c’est pas….enfin, je…tu…merde. »
L’injure a fusé avant que mes lèvres ne puissent la rattraper. Je me pince les lèvres, lance à Timothée un regard désolé. Puis je ris franchement. C’est bête de se mettre dans cet état. J’inspire un coup et me détend. J’ai voulu le revoir après tout.
« Ce ne serait pas désagréable de te voir enlever ton t-shirt. Mais pas professionnel non plus. »
Je lui lance un clin d’œil. Ca y est, je redeviens une adolescente en fleur. Ca fait du bien, en fait. Je me sens déjà retomber dans cette sensation étrange que j’avais ressentie à l’hôpital. S’abandonner dans l’instant. Il est tentant, après tout.

« Et puis, j’attendais que tu reviennes faire ton suivi pour t’enlever ton t-shirt, mais visiblement, tu avais mieux à faire que de revenir à l’hôpital donc… »
Je fais une moue boudeuse et hausse les épaules. Je n’avais pas voulu mettre autant de reproche et de regret dans cette phrase. C’était sensé être juste une pique humoristique. Mais c’est sorti beaucoup plus sec que je ne l’avais prévu. Je baisse les yeux et remet une mèche rebelle derrière mon oreille.
« Désolée, je voulais pas….c’est juste que…je me suis inquiétée pour toi. »
Et que j’avais envie de te revoir aussi. Mais je ne l’avouerai pas comme ça.

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MessageSujet: Re: Second night   Sam 5 Mar - 18:35

Loin de là. Elle ne fait pas partie de ces personnes que je côtoie et qui semblent toujours sur le point d’exploser ou de se liquéfier. D’être sur le fil du rasoir. D’attendre qu’on les pousse d’un côté où de l’autre. Non, rien de tout ça. Déjà, on ne peut pas dire que je la « cotoie » mais aujourd’hui face à elle de manière totalement improbable, je ne ressens aucune gène vis-à-vis de nos précédentes rencontres. Aucun agacement de la trouver ici, sur mon toit. Je ne m’offusque pas qu’elle puisse connaitre une activité qui ne regarde jusque là, que moi. Nous ne sommes pas amis. Nous ne sommes pas amants. Nous ne sommes pourtant pas plus des connaissances. Quelque chose existe ici, entre nous qui n’a pas de mot, de définition et qui, pourtant semble faire son effet. Je vois encore le mouvement de ses cheveux lorsqu’elle m’aide à marcher jusqu’à la salle de consultation. Je vois encore l’air qu’elle tente de conserver pour intimer cette relation professionnelle. J’entends le rire léger qu’elle exprime dans un sursaut de franchise. Le temps n’était plus de mise ce soir là et, il est certain, que nous avons tous deux pensées que c’était l’impromptu d’une première rencontre, le facteur X, l’inconnu de la variable pourtant…. Bien incapable de désigner notre relation, elle existe avec une simplicité qui se dégage dans son attitude : le sourire qu’elle devrait rechigner à m’offrir mais qui s’expose, le maintien défensif alors qu’elle rit, l’agacement dans ses yeux à côté de l’intérêt qu’elle me porte. C’est amusant. La bulle existe-t-elle toujours ? C’est un réflexe humain de fermer les yeux. Donc tu n’as rien gagné du tout, c’était un pari déloyal. Mon sourire s’étend, fait la moue en haussant un sourire. Ouh mauvaise perdante … je vois… Je m’amuse déjà ma plaisanterie, de sa réaction. Je ne la connais pas, faut dire ce qui est mais, l’étrange de la situation, mon envie de taquinerie, la simplicité de l’évènement, l’oublie du reste… tout me donne à vivre cette impression de normalité. Comme si… Elle défaille un bref instant et brise ce qu’elle tente de construire. Croit-elle que j’ai oublié sa déclaration ? Elle est en couple. Oui. Enfin l’était, l’est encore à voir sa réaction, toute sa concentration pour imposer une limite que je traverse avec grand plaisir. Non, c’est pas….enfin, je…tu…merde. TouchéGagné… Satisfait et amusé à la fois, je réponds à son rire lorsqu’elle le laisse enfin s’échapper avec plus de légèreté. C’est toujours plus agréable lorsqu’il n’y a plus de pression, alors je recule d’un pas avec un regard entendu. Explique Quoi ? Elle a quelqu’un…Tu veux te la jouer grand seigneur maintenant ? Mon attitude argumente une certaine confiance en cette rencontre sans que je ne puisse vraiment m’avouer ce qui se trame au fin fond de ma caboche. Qu’importe, non ?

Ce ne serait pas désagréable de te voir enlever ton t-shirt. Mais pas professionnel non plus. Je tique, redresse le visage et plonge mon regard dans le sien avec amusement. Je crois que le professionnalisme a fait tapis il y a plusieurs mois… puis… tu n’es pas là pour me soigner… que ce soit tentant ou non …Là. Voilà. Ca c’est le contenu de notre précédente rencontre. Une ouverture vers un possible qui, certes, ne l’était pas totalement. Mais qu’importe, cela m’avait assez amusé pour me détourner de ma blessure, de mes actes et poussé vers une forme d’acceptation. Aller de l’avant. Un désir qui a perdu son sens dès le lendemain mais qu’importe, aujourd’hui est un nouveau jour. C’est l’autre lendemain de cette nuit de septembre. Et puis, j’attendais que tu reviennes faire ton suivi pour t’enlever ton t-shirt, mais visiblement, tu avais mieux à faire que de revenir à l’hôpital donc… J’hausse les épaules, écarte les lèvres pour laisser échapper un « aaah » muet puis secoue la tête avec lenteur. Joli… vous êtes raccords c’est fou… Mes yeux dérivent vers Bastien, juste à droite qui observe avec attention ce qu’il se trame, cherchant probablement le début de l’histoire au milieu de ces regards qui en disent aussi long qu’ils ne retirent leurs paroles. Elle s’excuse du ton employé alors que je trouve cela plutôt mignon, intéressant même. Elle se trahit. Alors, je brise de nouveau la friendzone avec sérieux, hausse un sourcil. Est-ce que tu t’inquiètes ainsi pour tous tes patients ou …. ? Mon sourire s’affiche avec délicatesse et après une hésitation, je m’éloigne, tourne la tête. Bien… maintenant que nous connaissons la vérité et que le côté professionnel peut rester au placard…. Un peu de malice dans mon verbe, j’attrape sa main et l’embarque dans mon sillage vers la face sud du bâtiment. Autant profiter de la ve non ? Ca change des plaies par couteau … Amusé, je lâche sa main grimpe sur le rebord et le longe jusqu’à l’espèce de maisonnette cachant le système électrique de l’immeuble. Sans hésiter je grimpe dessus, lui fais signe de faire de même sans se soucier une seconde du vide si proche. Allez, tu es interne tu as vu pire… Un regard, un silence, je souris et saute à son côté avant de lui proposer de lui faire la courte échelle sur une face du promontoire moins proche du bord. ….c’est comme tu le sens, je te lâcherai pas, promis. Après tout, tu me dois toujours un baiser, je vais pas te laisser t’écraser sans l’obtenir…


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MessageSujet: Re: Second night   Lun 14 Mar - 22:49

Il y a des personnes qui se pointent dans nos vies, et à l’instant où on les voit, on sait qu’on ne devrait pas les laisser entrer. On le sent, au plus profond de nous-même. Et pourtant, malgré tout, on les laisse entrer. Et quand ils entrent, ils laissent entrer avec eux une tornade qui fout en l’air tout cette petite vie bien rangé qu’on s’est efforcée de construire. Je crois que j’ai un chic pour laisser entrer ce genre de personnes. Et Tim était l’une d’elles. Mon patient maudit, ce grand mec et son sourire nonchalant qui auraient pu n’être que de passage, un patient parmi tous les autres. Qui ont juste foutu un bordel monstre dans ma petite vie. Et pourtant, malgré tout, j’y retourne, je le laisse entrer ce soir. Je ne devrais pas. Mais je crois que je suis juste incapable de le laisser partir. Appelez ça comme vous voulez, mon psychiatre m’a dit que je développais facilement une dépendance aux gens. Je suis peut-être juste un cas psychiatrique. Ou alors c’est lui, peut-être qu’il est spécial.

Mauvaise perdante, sûrement. Très mauvaise joueuse en fait, surtout à ce jeu-là. Quelque part en moi je crève d’envie de lui donner, son baiser. De goûter une nouvelle fois à cette sensation qui m’a enveloppée lors du précédent, une sensation toute douce et rassurante. Mais la dernière fois, c’était une erreur. Une erreur que je ne peux pas me permettre de réitérer. Ou le puis-je ? Après tout, suis-je assez naïve pour croire que Noah ne va pas goûter d’autres lèvres quand il part en trombe de chez moi ? Mais je ne suis pas Noah, pas vrai ? Si je ne m’accroche pas moi-même, je ne peux pas espérer qu’il s’accroche. Et j’ai trop besoin qu’il s’accroche. Mais Tim semble bien le prendre et son rire accompagne le mien avant que l’ambiance se détende réellement. Il a toujours ce rire mignon qui accompagne son éternel sourire. Il donne envie de sourire. Ou bien est-ce qu’il ne fait cet effet qu’à moi ?
« Je crois que le professionnalisme a fait tapis il y a plusieurs mois… puis… tu n’es pas là pour me soigner… que ce soit tentant ou non »
Je souris. Je ne peux pas lui donner tort. Mon professionnalisme légendaire a pu aller se rhabiller avec l’arrivée de Tim. Heureusement qu’aucune de mes collègues ne m’a surprise en train de glousser et de rougir comme une adolescente. Je crois que c’est ça, en fait. Tim et moi, on est deux adolescents ligotés par les règles et leur situation personnelle, mais irréversiblement attirés d’une manière un peu étrange et maladroite l’un vers l’autre. Ne manquait plus que quelques violons et un bal de promo et on faisait le téléfilm parfait. Et comme s’il avait compris exactement la même chose que moi, Timothée rompt la distance qu’il avait à peine reprise quelques instants plus tôt.
« Est-ce que tu t’inquiètes ainsi pour tous tes patients ou …. ? »
Non. Bien sûr que non. Et il le sait, à voir le sourire qui s’élargit sur son visage. Mais lui, ce n’est pas juste un patient. C’est Timothée. Et je l’ai attendu des semaines dans le hall de l’hôpital. Je ne m’inquiète pas pour lui en tant que patient. Je m’inquiète pour lui tout court parce que, en une nuit, une heure à peine, il a réussi à compter. Je me contente de hausser les épaules, ne pouvant pas me résoudre à énoncer cette vérité à voix haute. Autant ne pas rendre les choses plus compliquées qu’elles ne le sont déjà. Il s’éloigne déjà et m’attrape la main. Je devrais la retirer ; je la lui abandonne et le suit sur le toit, jusqu’au système électrique. Avant que j’ai pu faire quoi que ce soit pour l’empêcher, il est déjà dessus. J’ai encore fermé les yeux au moment où il s’est hissé. Plus fort que moi. J’espère qu’il ne l’aura pas remarqué. Il me propose de le rejoindre. Pour toute réponse, je regarde le rebord près. Très près. Bon, ça s’annonce bien. J’étais juste venue parler à Vaas moi. Pas jouer aux acrobates. Je reporte mon regard sur Tim, pas franchement à l’aise. Il descend alors et me propose la courte échelle. La courte échelle ? Je suis quoi, une naine ? Bon ok, peut-être pas très grande. « Ca ne me rassure pas plus pour être franche…. ». J’avise le mur devant moi et le vide pas très loin, et soupire. Puis je souris, regarde Tim, hausse les épaules et m’élance. Je suis peut-être un petit bout de femme, mais je m’escrime assez souvent à faire du sport pour que cela me serve pour faire des trucs marrants de temps en temps. En deux mouvements j’ai agrippé le rebord et je me hisse. Sans attendre Timothée, je me mets debout.

Wow. La vue est à couper le souffle. Je jette sur la ville étendue devant mes yeux. Les lumières de la Nouvelle Orléans, et puis, plus loin, l’obscurité qui s’étend à perte de vue. C’est beau, triste, poétique, magique, tout ça à la fois. Je ne m’étais pas sentie aussi émerveillée depuis longtemps. Un grand sourire serein se peint sur mon visage alors que je sens Timothée se relever près de moi.
« C’est beau », je dis dans un souffle sans le regarder, le regard rivé sur la vue. Puis j’arrache mon regard à l’obscurité et je l’adresse à Timothée, le sourire toujours aux lèvres. « Je ne pourrai pas dire que tu ne m’as jamais emmenée quelque part ». Le ton est amusé, et je remet une mèche de cheveux derrière mon oreille avant de jeter un nouveau regard sur l’horizon.
« Alors c’est ça que tu fais au lieu de venir te faire soigner par ton interne préférée ? Je peux comprendre que tu préfères cette vue-là. » Je hausse les épaules. J’aimerais bien avoir ce genre d’échappatoire tiens. Au lieu de ça je fais la maline derrière ma radio. Et j’arrose un cactus nain en espérant le voir grandir.
« J’étais réellement inquiète pour toi, Tim. Je t’ai pas demandé comment tu t’étais blessé quand tu es venu à l’hôpital, mais je sais reconnaitre une plaie par arme blanche. Alors quand tu n’es pas revenu, j’ai cru d’abord que tu t’étais fourré dans de sales draps. Mais comme je n’ai pas vu ton nom dans les registres de la morgue –oui parce que j’ai regardé- je me suis fait une raison. »
Je ris. Je me revois en train de vérifier les registres du sous sol en prétextant une excuse bidon quand on me surprenait à la morgue. C’était assez drôle de jouer les internes en mission secrète.
« Tu n’as pas d’ennuis au moins ? Je veux dire, tout va bien ? A part que tu joues à Spiderman à sauter de toit en toit. »

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MessageSujet: Re: Second night   Mer 23 Mar - 20:10

Ca ne me rassure pas plus pour être franche…. Je lui souris, pince les lèvres en haussant les sourcils puis les fronce, et mîme de mes mains un coup de couteau dans mon cœur. Un rire s’échappe alors qu’elle semble se donner un maximum de courage pour escalader l’espèce de cabanon, ce qu’elle finit par faire. Je me rapproche, me place sous elle pour la rattraper ou l’aider si elle a besoin bien que l’idée de poser mes mains sur ses fesses dans une situation pareille me met presque dans l’ambarat. J’y crois pas…. L’exaspération semble amusée du côté de mon frère alors que je secoue la tête pour m’ôter toute image qui pourrait m’inciter à rompre une barrière que nous jouons à franchir avec un respect bien maitrisé. Un genre de jeu brisé à deux reprises, pensant certainement ne jamais la revoir. Mais voila, elle est là. Sur mon toit. Je grimpe et l’observe avec des sourires dans le regard. Ca s’apprécie, cette vue. Ca s’apprécie de constater que l’être humain peut encore se satisfaire de quelque chose d’aussi banale qu’un soleil couchant sur une ville qui respire pourtant la misère. Ca s’apprécie de voir la beauté à travers deux prunelles qui découvrent pour la première fois, l’essentiel. Ca s’apprécie de la voir, elle, ici. Je sourire donc, et finit par tourner mon regard vers cette vue qui lui semble si belle. Je ne pourrai pas dire que tu ne m’as jamais emmenée quelque part. Je souris avec un petit rire, enfonce mes mains dans mes poches. Et après ne m’accuse pas de faire tourner ça en rencard… Amusé je cache mon sourire dans l’obscurité et passe une main contre ma joue avant de la ranger de nouveau. …. Je peux comprendre que tu préfères cette vue-là. Mes pupilles s’accrochent à l’obscurité qui entoure son visage et bien qu’un trait de l’esprit serait parfaitement le bien venu, je n’ouvre pas la bouche. Souris simplement et inspire profondément en observant au devant. De là, on voit facilement l’hôpital, et ne parlons pas du gouvernement qui s’est octroyé le plus imposant et magnifique bâtiment de la ville. La seule tache de la vue étant ce qui rend le spectacle le plus beau. Une architecture qui n’inspire plus le respect envers une population humaine douée dans l’artisanat mais imposant une autorité destructrice. Ils ont réussi à s’approprier le beau pour en faire une forme d’arme.

Je ne rends pas compte à ce moment là de ma crispation, mon sourire s’étend envolé, le regard fixé sur un monument que je pourrais presque détester, mâchoire serré. Et ce n’est pas Enya qui va m’ôter de ces pensées. Au contraire, elle m’y projette malgré elle. Mon visage se tourne d’un quart vers elle, distingue ses traits, interprète la vérité dans la sonorité d’une voix que je connais à peine et apprécie une attitude que j’ai vaguement l’impression d’avoir adopté en une heure de temps. Pourtant, je ne parviens pas à m’attendrir, ne le souhaite peut être pas puisque mon esprit s’est déjà catapulté au milieu d’une révolte qui a causé de plus de mort en une journée que trois mois d’expériences. Je suis là, au milieu d’un débordement pour lequel je crois, j’ai ce désir de ne plus vivre sous les ordres de ce gouvernement, de ne plus me sentir obliger de faire subir des monstruosités sur des inconnus… des êtres humains. J’y croyais. J’ai participé, à ma façon. Et voilà, où nous en sommes… Outre le fait d’être en charmante compagnie pouvoir m’offrir le luxe d’une libération de l’esprit… je suis davantage cramponné à l’idée que si je me trouve ici, à la base, c’est surtout pour fuir mon incapacité à trouver ce qui cloque dans un dossier. Incapable de trouver une réponse. Une réponse juste. Une vérité. Toujours elle. Cette saloperie qui m’échappe, constamment. Comme si c’était un jeu pour elle, de s’agiter devant moi, juste pour voir si je suis capable de la voir. Juste pour voir si je peux la comprendre. L’interpréter comme il faut…. Voir si je ne serai pas capable de faire la même connerie qu’avec Bastien. Merci de ne pas me mettre dans tes histoires de conscience… j’ai rien à voir avec ça… Si sa voix me touche, elle ne fait que m’effleurer et c’est davantage un mouvement d’Enya qui me rappelle à la réalité. J’en sursaute presque et soupire pour dissimuler vainement la profondeur dans laquelle je me suis enfoncé. Je la regarde un moment sans rien dire, et finit par sourire, rire même, avec légèreté et m’approche du bord pour m’y asseoir. Tu t’es infiltrée à la morgue juste pour moi ? Je l’invite à s’installer à mon côté, le rebord n’étant pas très épais nos fesses sont plus installés sur le toit que le rebord. Passons. Mon sourire s’étend, taquin en m’approchant d’elle. C’est un peu glauque mais … je suis sûre que tu ne ferais pas ça pour ton copain….

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MessageSujet: Re: Second night   Mer 30 Mar - 23:02

« Et après ne m’accuse pas de faire tourner ça en rencard… »
Je souris. C’est vrai que la phrase a un sous-entendu. C’était un peu fait exprès. Je ne devrais pas jouer avec ça, surtout pas après ce qui s’est passé la dernière fois et ce que j’ai dit à Timothée. Mais cette vue, cette hauteur sur la ville, tout ça me procure un doux sentiment d’euphorie que je ne peux pas m’empêcher de communiquer.
Je suis tellement subjuguée par la vue, tellement impliquée dans ce que je lui dis, que je ne me rends pas compte qu’il s’est lui aussi perdu dans ses pensées. Je ne réalise cela que lorsque je le vois sursauter légèrement, tentant de masquer cela sous un soupir. Dans quel genre de pensées s’est-il perdu à ce point ? Est-ce que la vue lui fait cet effet là ? Ou est-ce autre chose ? C’est étrange de voir Timothée sans son éternel nonchalance. Pendant une fraction de seconde, je peux voir la fissure derrière le sourire. Ca me serre le cœur, parce qu’il semble si triste et pourtant, il me ressort son sourire charmeur juste après. Comme quoi, on a tous nos démons à trainer. Et on les cache très bien, au final.

« Tu t’es infiltrée à la morgue juste pour moi ? », lance-t-il avec un rire. Je hausse les épaules et souris, gênée, pendant qu’il s’assied sur le rebord, pieds dans le vide. Je le rejoins vite, faisant danser mes pieds dans le vide. On dirait encore une fois deux ados qui se sont donné rendez-vous sur un toit pour admirer la nuit avec les pieds dans le vide, comme pour se sentir un peu en danger.
« C’est un peu glauque mais … je suis sûre que tu ne ferais pas ça pour ton copain…. »
Je ris. Je me verrais mal aller en ninja jusque la morgue pour aller vérifier que le nom de Noah n’y est pas, c’est sûr. D’un autre côté, Noah n’est pas du genre à se faire taillader. Quoique. Qu’est-ce que j’en sais au fond. Il n’a jamais réagi au fait que je tenais une radio pirate, mais il pourrait très bien être investi dans toutes sortes d’opérations illégales, et il ne me le dirait pas. Je sais peu de choses de lui. Néanmoins ce n’est pas le genre de choses que je peux sortir comme ça à Timothée. Après tout, je ne le connais pas, lui non plus. Et il faut que j’arrête de faire confiance à tous les mecs un peu mignons qui sont sympas avec moi.

«  Mon copain n’est jamais venu me voir avec un coup de couteau infecté dans le flanc. Il est plus sage que toi, de toute évidence. »
Je souris, puis mon sourire disparait. A quoi bon faire semblant, de toute façon ? Je n’aime pas mentir de base. Et le regard de Timothée me pousse à être honnête avec lui. Après tout, j’étais venue ici pour parler en toute sincérité à la base. Autant ne pas perdre cette bonne résolution.
« En fait, je l’ai fait pendant un moment. Mon copain, tu vois, il disparait pendant des jours entiers, sans donner de nouvelles, et puis il revient l’air de rien. C’est sa façon de fonctionner. Alors au début je passais mon temps à vérifier qu’il n’était pas dans un lit d’hôpital ou à la morgue. Et puis j’ai fini par arrêter. Je me suis faite à l’idée qu’il s’en sortait très bien , qu’il avait juste…pas besoin de moi pendant ces jours-là, tu vois. »
Je remets rapidement une mèche de cheveux derrière mon oreille et adresse un petit sourire à Timothée. Le genre qui veut dire « c’est la vie, je m’y suis faite, même si c’est pas ce que j’aime le plus ». Puis je continue.

« Je ne le fais pas pour tous mes patients non plus. Même pas pour ceux qui m’avaient dit qu’ils reviendraient. Je l’ai fait juste pour toi, en fait, depuis. Parce que…eh ben….je suppose que tu n’es pas n’importe qui. »
Je lui lance un clin d’œil et un sourire amusé.
« C’est pas tous les jours que j’ai des patients qui m’appellent Catwoman et s’en vont en m’offrant un baiser. Enfin ceci dit, j’ai des patients, vu leur tête, heureusement. Je veux dire, Bruce, 70 ans, admis pour une phlébyte, je préfère qu’il quitte l’hôpital avec un gentil sourire. »
Je dis n’importe quoi. Est-ce parce que Timothée est tout proche ou parce que je suis gênée d’avoir évoqué notre baiser, aucune idée. Je suis encore perturbée à l’image de ce souvenir. Il m’a vraiment retourné les tripes ce soir-là. Personne ne s’était jamais comporté comme ça avec moi. Je devrais être un peu moins gênée, après tout, ça arrive, des inconnus qui s’embrassent sur un coup de tête, non ? Mais je prendrais bien un trou pour m’enterrer dedans, là tout de suite. Je m’arrache aux yeux de Tim et les baisse vers le vide, espérant qu’il ne me trouve pas trop pitoyable avec mes blagues foireuses.

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MessageSujet: Re: Second night   Mer 6 Avr - 23:18

Mon copain n’est jamais venu me voir avec un coup de couteau infecté dans le flanc. Il est plus sage que toi, de toute évidence. ton copain ne sait pas du tout comment éveiller un nouvel intérêt chez toi … J’étends mon sourire, tape son épaule de la mienne et pose les paumes de mes mains derrière moi. Je suis ravi d’être cette rencontre unique, cette anecdote qui ne regarde que nous et n’est connu que de nous. Cela rend cette histoire encore plus sympathique, plus folle, plus improbable. Cela rend la parenthèse plus attrayante. J’apprécie la bulle qui s’est de nouveau créé autour de nous avec un soupire qui aurait presque tendance à m’apaiser, sans pour autant, y parvenir vraiment. Mes yeux sont de nouveau vissés sur le bâtiment du gouvernement. Là bas aussi, j’en ai plein des anecdotes mais je ne suis pas sûr qu’elle soit ravie de les entendre. Je ne la connais pas. Elle ne me connait pas. Je n’ai pourtant pas envie qu’elle puisse être déçue de la personne qu’elle croit avoir vu en moi dans cette chambre d’hôpital. C’est stupide mais cette bulle est imperméable à notre réalité, en partie du moins. Mon regard se pose de nouveau sur elle. Je cherche un instant son approbation à mes pensées, ne la trouve pas. En même temps seul Bastien peut suivre ce fil qui traverse mon esprit. Il est le seul à le comprendre sans pourtant en accorder énormément de sens. Je sais qu’il tente d’éveiller en moi la même volonté, le même constat que celui que j’avais moi-même tiré dans cet hôpital. Mais si je m’y remets vraiment, si j’avance réellement qui vais-je perdre avant de pouvoir m’excuser ? En fait, je l’ai fait pendant un moment.[…] e me suis faite à l’idée qu’il s’en sortait très bien , qu’il avait juste…pas besoin de moi pendant ces jours-là, tu vois. Une partie de la bulle se perse juste pour cette vérité qui percute Enya plus que moi. Quel est le repos à avoir cette conversation ? Quel est le repos dans le constat de cette relation ? Quel est le repos à me sourire en essayant de se convaincre que c’est normal ? que c’est bien ? que ça va aller ? que cela convient ? Quel est le repos pour elle d’exprimer à voix haute ce qui la blesse ? Comment je le sais ? Ca se voit. Ce regard. Cette expression. Je ne la connais pas. Non, pas du tout mais dans cette bulle, je m’en fous et je me laisse y croire. Alors… j’y crois.

Je la connais.

Je ne le fais pas pour tous mes patients non plus. Même pas pour ceux qui m’avaient dit qu’ils reviendraient. Je l’ai fait juste pour toi, en fait, depuis. Parce que…eh ben….je suppose que tu n’es pas n’importe qui. Mon sourire s’élargit de nouveau pendant qu’une main touche mon cœur dans un geste théâtrale que je ponctue d’un clin d’œil. La confirmation est là. Simple. Vrai. Elle la voit, cette bulle. Elle la sent. Beaucoup de temps est passé. Beaucoup de choses se sont produites. Beaucoup. Beaucoup trop certainement et ce à des degrés différents mais il semble qu’à cet instant, on se retrouve presque au même moins. Presque. Toute la nuance est tout de même là. Là au milieu d’une bulle percée par une vérité qui va finir par la blesser gravement. C’est pas tous les jours que j’ai des patients qui m’appellent Catwoman et s’en vont en m’offrant un baiser. Enfin ceci dit, j’ai des patients, vu leur tête, heureusement. Je veux dire, Bruce, 70 ans, admis pour une phlébyte, je préfère qu’il quitte l’hôpital avec un gentil sourire. Regard. Clin d’œil. Gène. Elle détourne son regard alors que je fixe le mien sur la mèche de cheveux qu’elle a rangé il n’y a pas une minute. Mon sourire n’a répondu au sien que par un reflexe lointain. Mes songes ne sont plus avec elle. Plus vraiment. Je me demande qui elle est, ce qu’elle veut, ce en quoi elle croit. Je me demande ce que la bulle me cache. Je me demande si la confiance n’est pas un leurre. Si la vérité peut s’étaler ici comme on tartine du nutella sur une tartine en essayant de se convaincre que ça ne finira pas sur le petit bedon si masculin et sexy. Plaisir coupable. Pouvait-elle être mon plaisir coupable ? Puis-je être le sien ? Un gars qui n’est pas que les jours pairs ou impairs ? Un gars qui fonctionne presque normalement… presque. Toujours ce presque. Toujours ce verre jamais plein, jamais vide. Si seulement on pouvait l’exploser contre un mur, ça réglerait bien des problèmes. J’agite avec lenteur ma tête de bas vers le haut, soupire quelque peu en osant un sourire qui vient d’une réflexion que je ne saisis même pas. Ravi de ne pas être rangé dans la catégorie vieux-phlébyte… J’avoue que je l’aurai un peu mal pris… après tout un coup de couteau ça donne un charme fou… un peu rebelle de la forêt… pâle… okay mais … mystérieux non ? Les filles aiment les hommes ténébreux et mystérieux… ? Je tourne de nouveau mes yeux vers elle, fronce les sourcils en pinçant les lèvres dans une mimique de tombeur à peine sur exagéré puis lâche un rire léger avant de l’atténuer en captant son regard. Ton copain est un con. Constat. Là encore, un constat. Autant appeler un chat, un chat. Un vrai con. Quoi ? Me regarde pas comme ça…. Tu le sais aussi, je le sais donc bon… il est con. Faut le dire. T’as le droit de le dire tu sais ? Je me redresse, agite les mains avec un demi sourire lorsque je vois sa réaction. Je me redresse d’un bon, soulève mon sweat et expose une partie de mon torse. Déjà il n’est pas venu se faire soigner pour ça… vu ce que ça a eveillé chez toi, c’est con. Très con. Notre petite pause n’aurait peut être jamais eu lieu s’il n’était pas con, je ne t’aurai peut être jamais embrassé… Mon sourire s’étend d’un clin d’œil. Ca aurait été dommage n’est-ce pas ? Je ris légèrement, passe une main dans mes cheveux en relâchant le bout de tissu puis me tourne vers la vue. On a tous besoin de quelqu’un Enya… s’il n’a pas compris que tu es cette personne… je ne sais pas… J’hausse les épaules et souris avant même de continuer. ..plante lui un couteau dans le flan… Je ris, tourne le visage vers elle et secoue la tête. Oh puis merde, viens, monte sur le rebord et lâche-toi un peu. Dis le que c’est un con. Balance la vérité, personne ne t’entendra sauf moi…tu as déjà eu l’air stupide tout à l’heure à beugler pour rien, autant recommencer et lâcher la pression… Oui, on a tous le droit. Tous. Peut être quelle sert à ça, cette bulle. A exploser. Faire éclater en mille morceaux ce qui nous enfonce tous les deux dans nos vies actuelles avec l’étrange impression de suffoquer, de ne pas savoir quel chemin choisir. C’est une bulle, et toute bulle qui se respecte se doit d’être explosée par le doigt amusé d’un enfant. Soyons celui-ci. Un instant. Un simple instant qui nous appartient comme le précédent ayant eu lieu si tôt. Croyons en ce que nous ne croirions pas en d’autres circonstances. Oublions ce que notre esprit et même notre corps ne peut oublier. Espérons ce que nos rêves nous soufflent sans que la réalité ne daigne s’y accorder. Qu’elle puisse gueuler, avoir l’air conne, se sentir vivre, entendu. Respectée.

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MessageSujet: Re: Second night   Mer 11 Mai - 23:35

Il me sourit alors que je parle. Que je lâche presque malgré moi bien plus que ce que j’avais prévu de dire. Qu’à demi-mot j’évoque mes problèmes relationnels, et le trouble qu’il a causé en moi depuis ce soir-là. Il pourrait me sourire par pure politesse. Mais je sens quelque part –ou je me voile la face en y croyant- qu’il est sincère dans ses sourires. Et ça me fait du bien, d’avoir quelqu’un de sincère en face de moi. De me sentir en sécurité. D’avoir une conversation simple. C’est difficile dans un monde comme celui-ci d’avoir une conversation simple. Tout est compliqué. Les gens, les choses, on ne sait jamais à qui faire confiance. Certains ne font confiance à personne. Moi, je continue à faire confiance aveuglément, peut-être à tort. Et je fais confiance à Timothée, d’instinct, sans savoir qui il est, quelle est sa facette compliquée. Et là, alors que nos pieds sont dans le vide, qu’on s’est rapprochés physiquement, qu’il me bouscule de l’épaule pour me taquiner, les choses sont simples. Je ris alors qu’il me remercie de ne pas le ranger dans la même catégorie que mon vieux à la phlébyte et vérifie que les idéaux féminins sont les mêmes qu’à la sortie de Vampire Diaries.

« Ton copain est un con. »
Il m’a dit ça droit dans les yeux, son sourire pas encore éteint. J’en reste bouche bée et lui lance un regard mi-choqué, mi-réprobateur. Mais il maintient son affirmation, avec beaucoup d’entêtement. Comment peut-il dire ça ? Il ne connait pas Noah. Noah n’est pas un con. Il a ses défauts, mais ce n’est pas un con. Quoique. Parfois moi aussi je trouve que Noah est un con. Mais c’est parce que mes sentiments s’en mêlent. Lui, il n’en sait rien.
« Notre petite pause n’aurait peut être jamais eu lieu s’il n’était pas con, je ne t’aurai peut être jamais embrassé… »
Et revoilà ce sourire. Je ne lui renvoie pas, pensive. Il a raison. Si je n’avais pas été en détresse ce soir-là, si Noah n’était pas parti sans me donner de nouvelles pendant dix jours, si je n’avais pas été en colère contre lui, rien ne se serait jamais passé avec Timothée. Dommage ? Je n’en sais rien. Ca m’aurait évité la culpabilité, l’impression d’avoir franchi une ligne sans possibilité de revenir en arrière, l’impression d’avoir trahi l’homme que j’aimais. D’un autre côté, ce baiser avait été une libération, parce qu’il m’avait fait me sentir aimée, désirée, à un moment où je me sentais abandonnée. Alors oui, peut-être aurait-ce été dommage. Je hausse les épaules pour toute réponse ; je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas encore comment je me sens par rapport à cette rencontre et à ce baiser volé. Je ne sais pas si j’aurais une réponse un jour. Mais Timothée semble s’en contenter et se tourne vers la vue. Les affirmations se font plus sérieuses.
On a tous besoin de quelqu’un. Encore plus dans ce monde. La solitude est beaucoup trop horrible à vivre. Mais suis-je cette personne pour Noah ? A-t-il besoin de moi ? Des fois, quand il me regarde, quand il revient inlassablement après chaque crise, je me dis que oui. Et quand il repart, cette certitude vole en éclats. Je sais que j’ai besoin de lui ; l’inverse est clairement moins vrai. Je crois que lui-même ne sait pas s’il a besoin de moi ou pas. Je ne suis pas sûre de vouloir en arriver au jour où il saura, parce qu’il risque de se rendre compte qu’il n’a en fait pas besoin de moi et de partir définitivement. Je devrais peut-être lui planter un couteau dans le flanc oui, histoire qu’il se décide. Je ris en m’imaginant saisir un couteau et blesser Noah. Je serais bien incapable d’aller jusqu’au bout. Au moins, Timothée a toujours le mot pour m’arracher un rire. Ce serait peut-être plus simple si la personne dont j’avais besoin était plutôt comme Tim que comme Noah. Quelqu’un de moins volatile, de plus conscient de ce qu’il avait en face de lui. Quelqu’un qui m’emmènerait sur un toit en pleine nuit pour refaire le monde.

« Oh puis merde, viens, monte sur le rebord et lâche-toi un peu. Dis le que c’est un con. »
Je secoue la tête. Hors de question. Je ne suis pas ce genre de personne. Je ne beugle pas sur les toits que mon copain est un con. Bien que de son petit appartement du french Quarter il ne pourrait pas m’entendre. Mais j’en suis incapable. Je me cache pour cracher mon venin, derrière ma radio. Je n’ai pas le courage de l’assumer.
« Tu es complètement fou. », dis-je en souriant à Tim. Oui, complètement fou. Une bonne folie, celle qui fait du bien. Celle que j’envie parfois aux autres. Je le regarde longuement, pensive. Je devrais être un peu complètement folle aussi, parfois. Je devrais oser.

« Bon, OK. Je ne vais pas le crier, mais je veux bien admettre. Mon copain est un con. Parfois. »
C’était dit. Et une douce sensation de victoire s’empara de moi alors que les mots franchirent mes lèvres. C’était ridiculement bénéfique, de le dire. De l’admettre. D’avouer que ma relation n’était pas celle dont je rêvais, et l’homme de ma vie bien loin du prince charmant. J’avais beau l’aimer de tout mon être, Noah était un con. Chacun son type de mec, après tout.
« Parfois c’est difficile d’être avec lui. Mais c’est comme ça. J’ai besoin de lui. Le reste, je crois que je m’en fiche un peu. »
Je reste pensive quelques secondes, les yeux sur la Nouvelle Orléans. Puis je hausse les épaules.
« Tu dois me trouver ridicule. Je me retrouve sur un toit à dire que mon mec est un con à un gars que je vois pour la deuxième fois et que j’ai embrassé la première avant de dire que j’étais en couple. Bordel, je fais vraiment n’importe quoi. Tu me fais faire n’importe quoi, Tim. Avec tes blagues et ton sourire de tombeur. Tu fais ça à toutes les nanas que tu croises, je parie. »
Intérieurement j’espère que non. Que je suis une exception pour lui comme il est une exception pour moi. Une espèce de fierté mal placée. Mais c’est vrai que je suis ridicule. Je devrais laisser Timothée là, reprendre mes esprits, retourner chez moi, oublier. Arrêter de m’exposer à la tentation comme une souris s’exposerait tranquillement à un chat, attendant qu’il bondisse et l’attrape de ses deux pattes pour la manger. Je n’avais jamais ressenti ça avant, cette tentation coupable, la conscience que l’on ne devrait pas aller plus loin mais l’envie de continuer et voir où ça mène. Je suis toujours là, je n’ai pas encore eu la force de faire machine arrière. La culpabilité est bien trop agréable à vivre. Elle me sort de mon quotidien, elle me donne le sentiment d’être plus drôle, plus jolie, meilleure. Je compte encore voir où elle mène.

« Ceci dit en passant, ta blessure a l’air de s’être bien résorbée. Tu as eu de la chance, vu comme elle était infectée quand tu es venu. Elle aurait pu s’aggraver. Mais tu as bien récupéré. Je suis impressionnée. »
Je souris et lui lance un clin d’œil. Je n’avais pas pu m’empêcher de regarder la cicatrice lorsqu’il avait soulevé son sweat-shirt. Réflexe de médecin, je vérifie mon patient d’un regard. Réflexe de femme face à un bel homme, je profite un peu de la vue en même temps.

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MessageSujet: Re: Second night   Sam 21 Mai - 16:04

Tu es complètement fou. L’affirmation se veut aussi douce qu’une caresse avec ce regard qui se pose sur moi. Je souris à la moue dubitative et amusée qu’elle m’offre avant d’observer la vue en haussant les épaules. Qui peut bien être considéré plus fou qu’un autre ici ? Croire au surnaturel est devenu monnaie courante, en être un également, voler l’énergie d’une personne est banale bien que déprécié, faire de la magie c’est presque la classe et se transformer en animal semble à la mode. L’humain n’est plus ce qu’il était et cela commence a ne déplaire qu’à une partie plus infime de la ville. Pourquoi pas après tout ? N’ai-je pas fini par me faire une raison et à éviter de me méfier que pour une question de nature ? Le fou ici, c’est surement le mec avec son déclencheur qui fait péter des bombes de temps en temps. Ou celui qui croit en ce putain de gouvernement, comme je l’ai fait pendant longtemps. Fou ou abruti, le pas est petit de toute façon. Si elle savait que tu me parlais… tu penses qu’elle te considérait comme un vrai fou ou … qu’elle trouvera ça séduisant ? Autant elle kiffe les mecs louchent… Mes yeux percutent ceux de Bastien sans que je ne réponde, mon regard transmettant très facilement le message. Suis-je fou à lui parler ou simplement malade ? Ca se rapproche peut être cela dit. Je ne sais pas, je ne veux pas le savoir en fait. En ce moment ma tête et les quelques neurones qui la peuplent ont bien autre chose à penser à vrai dire… comme ce que j’ai dans mon sac. … est un con. Parfois. Parfois ? … c’est un début… Je souris, quelque peu pensif et soupire en faisant disparaitre mon sourire. Parfois c’est difficile d’être avec lui. Mais c’est comme ça. J’ai besoin de lui. Le reste, je crois que je m’en fiche un peu. Mes pupilles clignent des yeux, se posent sur elle, parcourent ses traits alors qu’elle semble plonger à son tour au fin fond de ses pensées. Je ne saurai dire si la confession brise ou renforce notre bulle. L’idée qu’elle parle si facilement de son mec à un type qu’elle ne connait pas renforce l’idée de confiance mais le sujet, douloureux pour elle, ne fait pas de notre rencontre un instant volé au temps et à la pression extérieure. C’est dommage. Rire avec elle semblait pourtant plus facile que dans les rues qui pavent notre ville. Tu dois me trouver ridicule. Je me retrouve sur un toit à dire que mon mec est un con à un gars que je vois pour la deuxième fois et que j’ai embrassé la première avant de dire que j’étais en couple. Bordel, je fais vraiment n’importe quoi. Tu me fais faire n’importe quoi, Tim. Avec tes blagues et ton sourire de tombeur. Tu fais ça à toutes les nanas que tu croises, je parie. Ton sourire de tombeur ? tes blagues ? Accroche toi à elle parce que y en pas une deuxième qui va rire à tes blagues…. J’avais oublié que t’avais monté un onemanshow… Il parle, je ne l’écoute plus. Etait-elle ridicule d’agir ainsi ? Non. De se leurrer avec son mec ? Peut être. Trop amoureuse sans doute et pas assez forte pour comprendre qu’une relation se fait à deux et non seule. Toutefois le visage de Jordan m’apparait, et sans un mot, je me crispe sachant pertinemment que de sa disparition ne peut signifier qu’une chose : sa mort. Non, Enya n’est pas la seule mais c’est surement la seule en vie. Ce qui semble déjà pas mal.

Mes yeux se posent sur elle, à nouveau. Sa situation aurait-elle été différente si je m’étais représenté à l’hôpital ? Où en serait-elle avec ce type ? et moi ? Non, c’est stupide. Incroyablement stupide. Comme cette rencontre le confirme, il est possible qu’une seule soirée suffise à briser le magie de la première. Notre rencontre faisait tout simplement partie de ces moments étonnants qu’on ne s’explique et qu’on ne reproduit pas ? Les médicaments, la fatigue et la douleur ayant faits leur part du travail pour rendre le souvenir…envoutant. Ma main se pose par reflexe sur ma plaie à son évocation, je souris pour toute réponse et m’assoie de nouveau en laissant tomber mon sac à côté de nous. Satisfaite de pas avoir dû user de subterfuge pour me faire lever le tee-shirt pour mater ? Mon épaule touche la sienne comme précédemment. A moins que tu sois maintenant déçue de ne pas en avoir vu plus… Madame je-me-sens-ridicule-a-avoir-rendu-le-baiser-dun-inconnu.. Mes cheveux se dandinent au gré de mon hochement de tête pendant que j’attrape mon sac, l’ouvre et en sort une bouteille d’eau que je porte à mes lèvres. Tu veux ? Je lui donne la bouteille, essuie ma bouche du revers de la main et pose mon regard sur le dossier qui dépasse à peine de mon sac. Incapable. Je suis un incapable. Rageur, ma jambe se plie puis se détend vivement contre le sac qui manque de passer par-dessus le petit rebord. Les documents, heurtés, se laissent visible notamment un bout de photo que je ne peux décrocher des yeux. Je soupire, m’excuse et me redresse pour sortir et ranger le dossier sans faire attention à l’autre photo qui glisse et se pose entre nous. Pour me distraire de ce sentiment d’absolue nullité dans mon propre domaine de compétence, je me tourne vers elle, tente un sourire. Tu n’es pas ridicule, amoureuse surement, d’un con en plus mais bon ça arrive. Ce qui serait ridicule c’est que tu ne t’en rendes pas compte… quelque part tu es sur le chemin de la guérison… fin si tu veux l’être… et de quoi ? à toi de le savoir j’imagine. Veut-elle continuer d’aimer un con ? agir pour que la réciproque existe ? Abandonner et découvrir autre chose ? s’imposer ? Bref, c’est à elle de décider. Mes yeux se nappent dans les siens quand je tourne le visage vers elle, je lui offre un léger sourire et m’approche d’elle. Ce que je sais… c’est que tu me dois un baiser… mais… un c’est peu, n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Second night   Mer 1 Juin - 0:29

Les choses semblent tellement simples à dire, à expliquer à Timothée. On se connait à peine, mais quand je parle de Noah et de mes doutes, ça semble naturel. Je sais qu’il m’écoutera, lui. Quelque part, j’ai envie qu’il sache. Qu’il comprenne. Les confidences rapprochent les gens, à ce qu’il parait. Alors allons-y gaiement. Et Dieu merci, il ne me prend pas en pitié. Au lieu de cela, il fait une blague sur son t-shirt. Je n’ai pas maté, enfin presque, après tout, c’est lui qui m’a montré sa plaie. Le reste, c’est un réflexe malheureux de mes yeux. Rien de plus.
« A moins que tu sois maintenant déçue de ne pas en avoir vu plus… Madame je-me-sens-ridicule-a-avoir-rendu-le-baiser-dun-inconnu.. » Je souris, amusée. Et voilà qu’il se fout de moi maintenant. Je l’ai bien mérité, ceci dit. Il ne semble pas se formaliser de notre baiser comme moi. Peut-être que c’est lui qui est comme ça. Ou peut-être que c’est moi qui réfléchis trop et qui oublie de vivre entre deux. Il sort une bouteille et m’en propose. De toute évidence, ce n’est pas de l’alcool ; dommage, j’en aurais bien eu besoin. Mais je hoche la tête et lui prend la bouteille après qu’il ait terminé. C’est mieux que rien, après tout. Et puis, l’alcool est interdit maintenant, alors je suppose qu’un gars qui travaille pour le gouvernement ne va pas se trimballer un whisky dans son sac à dos. Dommage. La rébellion donne un côté sexy aux hommes.
Je lui tend de nouveau sa bouteille après avoir bu une gorgée, mais Timothée est trop occupé à donner des coups dans son sac à dos. Je hausse un sourcil : a priori ce pauvre sac ne lui a rien fait et n’a pas eu droit à un procès équitable. Mais je ne dis rien ; il n’était peut-être pas sur les toits pour rien, en fait. Je l’ai peut-être interrompu au milieu de quelque chose d’important. Je devrais peut-être m’en aller. Mais avant que j’aie pu proposer, Timothée parle de moi et de Noah. Amoureuse, oui, sans aucun doute. Amoureuse à en crever. Suis-je sur le chemin de la guérison ? Je n’en sais rien. Je ne sais pas si je veux guérir. Parce que guérir, cela voudrait dire ne plus avoir besoin de Noah. Et je ne veux pas de ça. Je me complais dans mon obsession, je me complais dans la sienne. Je ne sais pas si je suis capable de vivre sans lui, et de toute façon j’aime avoir besoin de lui, parce que lui aussi a besoin de moi. Oui, il peut être con, il peut faire mal. Mais il a empli ma vie et mon âme. Alors je ne sais pas si je guérirai un jour. Et je ne sais pas à quoi ressemblera ma vie si je guéris, si elle me plaira. Guérir me fait autant peur que d’être malade. Alors je me contente d’adresser à Tim un « J’imagine oui. Je te dirai quand je saurai ». Je n’ai rien de mieux. Je n’ai pas de solution. Mais je ressens de la gratitude envers Timothée pour ses paroles. Il ne m’a pas jugée, juste écoutée, et je lui en dois une pour ça.

« Ce que je sais… c’est que tu me dois un baiser… mais… un c’est peu, n’est-ce pas ? ». En parlant d’en devoir une…j’éclate de rire. Il ose tout. Complètement fou, et téméraire en plus de ça. Et c’est cette folie douce qui me plait, qui fait que je me sens bien avec lui. Il est hors de ce monde plein de sérieux et de gravité. Le monde s’effondre et il vient réclamer un baiser d’une inconnue. Ca le rend attachant, attirant aussi. Il me sors de ma propre gravité.
« Déjà si t’en as un, estime-toi heureux. Je ne distribue pas mes baisers à tout de bras, seuls les privilégiés y ont le droit ». Je lui adresse un clin d’œil avant de rire doucement. Et avant que j’aie pu dire quoi que ce soit, la photo attire l’œil. Elle a dû tomber de son sac quand il s’est énervé dessus. Je m’en saisis et la porte devant mes yeux avant d’ouvrir la bouche de surprise.
« D’où tu sors cette photo ? »
Je connais la femme sur la photo. Mais dans mes souvenirs, elle ne baigne pas dans son sang sur un sol crasseux. Dans mes souvenirs elle sourit et me fait un signe de main. Je lève les yeux vers Timothée. Il travaille pour le gouvernement. Il est scientifique. Pourquoi a-t-il cette photo ? Est-ce qu’il travaille sur quelque chose en rapport avec elle ? Quand je n’ai plus eu de nouvelles de Ellen, j’ai su que quelque chose était arrivé. Et puis la nouvelle était tombée : meurtre. Mais l’enquête n’avait jamais donné grand-chose, comme si les enquêteurs n’avaient pas vraiment cherché. L’affaire avait vite été étouffée, et je n’avais jamais eu mes réponses. J’appréciais Ellen. On avait partagé une soirée quelques fois, à refaire le monde. Elle était gentille et généreuse, et elle ne méritait pas que sa mort soit étouffée.
« Je la connaissais. Tu sais qui l’a tuée ? Personne n’a jamais vraiment cherché à savoir. On l’a laissée tomber, elle n’aura jamais la justice qu’elle méritait. Tu vois, c’est juste une des manifestations de ce monde pourri. On nous cache un tas de trucs. Les mages, les métamorphes, maintenant la peste, la résistance qui s’allie au gouvernement… Quoiqu’on fasse, nous, on se sent comme pris dans un étau. Et des gens bien comme Ellen, la femme sur la photo, ils meurent et le gouvernement noie le poisson. Parce que je sais que c’est le gouvernement qui a empêché la résolution du meurtre, j’en suis sûre. C’est pas la première fois qu’ils le font, il y a des dizaines de cas ! J’ai fait quelques recherches en sous-marin, c’est vraiment inquiétant. »
Je me pince les lèvres. Je pourrais lui dire pour les recherches que je mène et que j’expose à ma radio. Après tout, j’ai envie de faire confiance à Timothée, même si ça signifie lui faire confiance avec ma vie, parce que s’il me dénonce, je suis bonne pour le Colosseum. Et pour être réaliste, j’ai une espérance de vie de trois secondes dans ce truc. Mais je me retiens : maintenant n’est peut-être pas le bon moment. Peut-être plus tard. Un jour.
« Tu vois, quand tu disais que t’étais pas forcément du côté du gouvernement. Moi non plus, au contraire. Je ne peux pas faire grand-chose à mon échelle, mais j’essaie de faire ce que je peux. », j’ajoute en souriant. J’ignore combien de gens m’écoutent en réalité lorsque je parle dans mon petit poste de radio. J’ose m’imaginer quelques personnes derrière leur poste qui écoutent ce que j’ai à dire, j’espère les faire réfléchir. C’est déjà pas mal. « On ne peut pas rester sans rien faire et accepter. La façon dont on vit, c’est pas normal. Mais personne n’ose se dresser contre eux, alors qu’on devrait. On devrait dénoncer la politique en place, réclamer un gouvernement décent, arrêter de se cacher pour des histoires de magie ou je ne sais quoi, et essayer, je sais pas…on a traversé l’Apocalypse quoi, merde. On devrait essayer de vivre en paix maintenant. Ou c’est peut-être moi qui suis ridiculement idéaliste. Encore un truc ridicule que je fais. ».

Je souris. Au moins, je fais quelque chose. Je montre que je ne suis pas d'accord. C'est toujours mieux que se taire, je suppose.
"Avec ce que je viens de dire, je ferais mieux de te le donner, ton baiser, histoire de m'assurer que tu ne me balances pas.", lancé-je avec un clin d'oeil.

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MessageSujet: Re: Second night   Lun 27 Juin - 19:57

Son clin d’œil, il me sourit. Je lui souris. L’échange se fait sur une micro seconde, mais un instant j’en oublie le contenu de mon sac et la raison de ma présence sur le toit. Ne voulais-je pas me défouler ? Oublier en courant jusqu’à en perdre le souffle ? Jusqu’à en oublier mes raisons ? Mes doutes ? Mon ignorance ? Courir pour ressentir une once de liberté là où mon souffle semble déjà disparaitre dans les tréfonds d’un gouvernement bien difficile à contre carrer de ma simple place. Qui suis-je pour espérer permettre quoique ce soit ? Personne. Du haut de notre promontoire on peut se sentir aussi grand qu’insignifiant, ce n’est qu’une question perspective. Une perspective qui tourne et oscille à chaque pensée, comme si je me devais de ne pas cesser de tout remettre en question. Un préalable à ce sentiment de liberté qu’il m’arrive de retrouver. Au cœur du regard qu’elle me porte, je pourrais presque croire que nous ne sommes pas tout à fait dans ce monde. Que la réalité de notre bulle est bien plus palpable que le monde dans lequel nous respirons difficilement. C’est presque amusant de voir comment autrui peut impacter nos vies, nos perceptions. C’est amusant, de se sentir soit lorsque la médiocrité et la culpabilité s’allient pour nous faire douter. C’est amusant de visualiser les contours d’une parenthèse, d’en dessiner les contours à la craie. D’où tu sors cette photo ? La question éradique la parenthèse, efface mes dessins, aggrave les sonorités de notre atmosphère. C’est un coup à l’âme, une attaque respiratoire ; presque une agression dans une forteresse qui j’aurai espéré plus solide qu’un château de carte. Je pose mes yeux sur la photo puis sur Enya. C’est une autre forme de tristesse qui apparait sur ses traits, rapidement muée en colère. J’entends le timbre de sa voix. Etre Einstein n’est pas nécessaire pour comprendre ce qu’elle ressent. Ne suis-je pas tout autant en colère alors que je ne la connaissais pas ? En colère contre le gouvernement, c’est certain mais surtout contre moi. J’aimerai pouvoir faire plus mais il est évident qu’il m’est impossible de pouvoir agir aujourd’hui. Pas ainsi. Pas seul. Du bout des doigts, je récupère la photographie sur le sol et l’observe une énième fois. Mes yeux pourraient rester fermé… j’en connais déjà tous les détails. Non, je ne sais pas qui l’a tué. Oui le gouvernement a noyé l’investigation. Oui nous sommes dans un étau. Oui cela arrive souvent. OUI. Mes doigts se crispent, resserrent la pression sur un malheureux papier photo qui montre rapidement sa faiblesse. Bientôt, l’image ne ressemble plus à rien si ce n’est à une boule que je voudrais jeter de l’autre côté de la terre. Si possible, vers quelqu’un capable de voir ce qu’il n’y a pas sur cette photo. Voir ce qu’il se cache derrière, l’élément qui révélerait l’essentiel. Pourtant, il y a de forte chance que cette affaire reste insoluble. Mon cœur s’emballe. J’aimerai pouvoir lui répondre. J’aimerai pouvoir rassurer celle qui a créé la bulle. Celle qui m’a rappelé que malgré tout, on pouvait peut être resté positif, rester humain, rester nous même. Je ne sais pas si elle en a conscience. Je ne sais pas si elle le ressent. Si elle le pense en regardant ce vestige de l’humanité qu’est notre ville. Je ne sais pas. Mais mes yeux, eux, le savent. Ils se posent sur son visage…

Cette colère. Cette tristesse. Cette rage. Ce sentiment. Cette volonté. Cette détermination. Je ne l’aurai pas cru, non. Loin de là. La force dont je lui offrais les contours est plus présente que dans de simples contours mal dessinés. Elle est investie, dévouée. Qu’importe ce qu’elle pense d’elle-même, qu’importe ses choix dans sa vie personnelle, Enya n’est pas ce qu’elle laisse paraitre. Elle est plus. Avec ce que je viens de dire, je ferais mieux de te le donner, ton baiser, histoire de m'assurer que tu ne me balances pas… Je ne réagis pas , fronce tout juste les sourcils après un instant. Je secoue la tête de gauche à droite, imperceptiblement et garde mon regard rivé sur elle. Elle veut laisser paraitre un peu de légèreté mais rien ne s’y prête. Notre échange précédent n’a plus d’intérêt. Il s’est mué en tout autre chose. Plus important ? Peut être. Je ne sais pas. Je vois encore dans ses yeux toute la conviction qu’elle a en ses paroles. Qu’importe cette stupide croyance d’être stupide. Je détourne le regard, soupire profondément, desserre mes doigts de la photographie. Mes prunelles dessinent déjà dans le ciel les traits de l’image macabre. Je sens qu’elle va reprendre la parole et me tourne vers elle. Rapidement, mes mains encadrent son visage et sans hésiter une seconde, j’attrape ses lèvres. L’embrasse. Son copain ? Je m’en fiche. Sa gêne vis-à-vis du précédent baiser ? Je m’en contrefous. A cet instant, mon cerveau est sur off. Ma retenue également. A cet instant, il n’y a aucune force pouvant m’empêcher d’embrasser cette femme. Si son copain est incapable d’apprécier ce qu’elle est, ce qu’elle représente ce n’est pas seulement un con… Ma main droite glisse dans ses cheveux et l’attire un peu plus vers moi avant de relâcher la tension présente. Mon visage reste près du sien, nos souffles se mêlent pendant que mon visage se secoue légèrement. Excuse-moi. Je… n’avais pas le choix… j’en avais très envie et.. je ne voulais pas que tu m'embrasses pour ta liberté … Mes prunelles ne se décrochent pas des siennes. Mon sourire s’étend. Elle est précieuse et ne sera pas en danger à cause de moi. Ta conviction est une force, ce n'est pas ça être ridicule d'après moi... mais de tourner en rond sans savoir quoi faire. Je me recule, l'observe et passe une main dans mes cheveux en faisant la moue. Quitte à ce que tu en sois éternellement déçue, le prochain baiser viendra de toi... volontairement. Je lui souris conscient d'avoir en parti éludé toutes ses questions initiales. Que puis-je lui dire de toute façon ? que je suis incompétent ?

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MessageSujet: Re: Second night   Sam 9 Juil - 16:11

Je ne parle que rarement de mes opinions politiques. Même si la nuit, derrière ma radio, elles sont bien affichées, le reste du temps je les garde pour moi. On ne sait jamais qui écoute, après tout. Peu de gens savent pour la radio, peu de gens connaissent mon ressentiment envers le gouvernement en place. Et pourtant, avec cette photo sous les yeux, et Timothée à côté de moi, c’est facile d’en parler. Naturel. Pourtant c’est idiot, il travaille pour eux. Il devrait être l’une des dernières personnes à qui parler de mon ressentiment. Mais il n’est pas comme les autres. Je ne veux pas croire qu’il est du côté du gouvernement. Je ne veux pas croire qu’il n’est pas digne de confiance. Alors que je lui lance un clin d’œil, je vois qu’il a compris ce que je lui disais, je sens que ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Il me comprend, peut-être. Il détourne le regard mais je laisse le mien sur lui. Cette photographie, Ellen, cette affaire, cela semble avoir de l’importance pour lui. Une importance que je ne comprends pas bien d’ailleurs. La connaissait-il ? L’appréciait-il, comme moi ? Ou alors est-elle une inconnue qui l’obsède ? C’est peut-être juste le meurtre qui le révolte. Ou la curiosité qui l’a emporté. Est-ce que ça importe vraiment, au fond ? J’apprécie de voir que le meurtre d’Ellen compte pour quelqu’un d’autre que moi, quelles que soient ses raisons.
Je m’apprêtais à lui poser une autre question sur Ellen, mais il ne m’en laisse pas le temps. Avant que j’ai pu ouvrir la bouche, je sens ses lèvres. Un nouveau baiser volé, et le temps s’arrête l’espace de cet instant. Il n’y a plus que ses lèvres, et sa main dans mes cheveux. Une seconde, deux peut-être, trop peu. Il s’éloigne à peine, et je tente de récupérer mon souffle et un battement de cœur normal.

« Excuse-moi. Je… n’avais pas le choix… j’en avais très envie et… je ne voulais pas que tu m'embrasses pour ta liberté … »
Excuse-moi ? S’excuser pour quoi ? Je ne vois pas grand-chose à lui reprocher. J’en avais envie aussi, sans le dire, en prétendant le contraire. Je n’aurais peut-être simplement jamais osé le faire. Parce que ce n’est pas correct. Parce que je suis en couple, et qu’on n’embrasse pas quelqu’un d’autre quand on est en couple. Parce que j’aime Noah de toute mon âme, et que quand on aime, on ne devrait pas avoir envie des lèvres d’un autre. Ce n’est pas correct. Et pourtant…pourtant j’en avais envie, pourtant j’ai encore le goût des lèvres de Timothée sur les miennes, pourtant j’ai envie de l’embrasser encore. Je suis ridicule. Je suis faible. Je ne suis pas correcte, de toute façon, ça fait longtemps que je sais que quelque chose ne tourne pas rond chez moi. Le culpabilité et le plaisir se mêlent dans un sentiment étrange qui me serre le cœur alors que le regard de Timothée s’accroche au mien. Il me sourit mais je ne lui renvoie pas son sourire, encore un peu sous le choc, encore en train de me demander ce que je suis en train de faire, là. Je ne devrais pas être là. Je devrais lui coller une baffe, lui dire que je suis outrée, partir, m’en vouloir pendant des jours et l’éviter jusqu’à la fin de mes jours. Alors pourquoi je reste scotchée là, à le regarder ?
« Quitte à ce que tu en sois éternellement déçue, le prochain baiser viendra de toi... volontairement. »
Le sourire se dessine malgré moi sur mes lèvres. Un sourire un peu gêné, un peu amusé. Il n’était déjà pas censé y avoir de second baiser. Alors un troisième….quoique, le proverbe dit jamais deux sans trois, je crois. On ne va tout de même pas faire mentir les proverbes, si ? Je refrène l’envie de l’embrasser, là, maintenant. Ce n’est pas correct. Merde. Comme si les choses n’étaient pas déjà assez compliquées avec Noah, voilà que je rajoute Timothée dans l’équation. Quoique, il y était déjà, depuis la nuit où je l’ai rencontrée. C’est en parlant de lui que j’ai déclenché une dispute avec Noah. C’est en parlant de lui que j’ai accusé Noah. C’est après cela qu’il m’a dit qu’il ne m’aimait pas, que mes sentiments étaient à sens unique. Est-ce que pour ça que je reste là ? Par vengeance ? Timothée ne serait qu’un mec sympa dont je me sers pour me venger de l’absence de sentiments de Noah ? Je serais donc cruelle à ce point.

Déjà deux secondes de silence se sont écoulées. Je détourne le regard de Timothée pour regarder la ville plongée dans le noir. Noah est quelque part, à faire sa vie. Sans moi. Sans me le dire. Une vie dont j’ignore tout. Je regarde de nouveau Timothée, sa gueule d’ange. Je ne suis pas cruelle. Je ne cherche pas à me venger ; je sais depuis longtemps que Noah n’a pas pour moi les mêmes sentiments que j’ai pour lui, même si je n’ai jamais voulu me l’avouer. Je l’ai accepté, la vengeance n’est pas au programme. C’est autre chose avec Timothée. Quelque chose sur laquelle je n’arrive pas à mettre un mot. Une affection toute particulière, empreinte de sentiments complexes et d’un désir presque innocent. Quelque chose que je repousse depuis notre rencontre et qui me poursuit malgré tout. Une chose à laquelle j’ai envie de céder, empêchée par ma conscience et la peur que ça devienne trop compliqué.  J’approche une main du visage de Timothée, doucement, presque tremblante. Lui attrape la nuque pour l’attirer doucement à moi. J’hésite encore une seconde, mon front contre le sien, ma conscience et mon cœur se livrant une dernière bataille acharnée dans mes tripes. Puis mes lèvres viennent trouver les siennes et nous échangeons un baiser. Volontaire. Pas un baiser volé, pas un instant fugace, mais un baiser fébrile du plaisir coupable que j’éprouve. Mon cœur s’arrête à nouveau, mon cerveau rend les armes, j’oublie pour quelques secondes Noah et ce qui se passera une fois que nos lèvres se seront décrochées. Lorsque je romps le baiser, le souffle court, et que je m’éloigne, mon regard dans le sien, je ne peux m’empêcher de sourire. Un sourire encore empreint d’un peu de gêne, mais surtout empreint de satisfaction.

« Voilà qui est fait. »
C’était simple, en fait. Consciente de n’avoir fait qu’amplifier le bazar dans lequel je m’étais déjà bien enfoncée, je rejette les centaines de questions qui me taraudent. Je chercherai à savoir dans quelle case ranger Timothée plus tard. Disons qu’il reste mon écart exceptionnel.  Je remet une mèche de cheveux en place, lui adresse un nouveau sourire.
« Tu n’as pas répondu à mes questions sur Ellen, ceci dit. Aussi plaisante que soit la diversion », ajouté-je avec un petit rire. « tu enquêtes sur elle ? Sur son histoire ? » Je fais une grimace. « Désolée, je ne veux pas te harceler avec ça. Je suis peut-être trop sensible. Je le suis toujours quand c’est des gens auxquels je tiens. Je n’ai plus de famille, alors…je m’attache à des amis, et je m’attache beaucoup. »
Je ris. Dit comme ça, c’est flippant. Il va s’enfuir en courant à force que je lui dise tous mes défauts.
« Tu sais, avec moi t’es tombée sur un sacré morceau d’emmerdes ».

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MessageSujet: Re: Second night   Jeu 28 Juil - 23:50

Voila qui est fait. Tout à fait. Tout à fait fait… on ne peut pas le nier. Je fronce les sourcils sans pour autant décrocher un sourire de mon visage. Je ne comprends pas ce qu’il vient de se passer ni ce qu’il se passe en sa présence. C’est totalement incohérent, inattendu. Ses yeux s’éloignent alors des miens, je le suis et me pose à mon tour sur la vue. Un frisson me parcourt sans raison. Un pressentiment ? Une alerte ? Simplement le froid ? Mon soupire s’étend à l’horizon, salut mes incertitudes et nargue mes incompréhensions. A croire qu’il en sait plus que moi-même, comme s’il était détenteur de ma vérité. De mes vérités. Si c’est le cas, pourrait-il me donner une indication sur le chemin à prendre et celui a éviter ? Est-ce réellement le temps de s’attacher à cette femme ? Elle qui semble perdu au milieu de ses sentiments, de ses envies, de ses instincts. La force qu’elle loue à ses convictions est admirable alors qu’une ruine s’échoue dans sa vie personnelle. Tout mon inverse. Bastien s’est éloigné mais je sais déjà ce qu’il me soufflerait, persuadé qu’il est que je ne laisse sa chance à personne. Mais quelle chance ce serait ? Pour quelles conséquences ? Tu n’as pas répondu à mes questions sur Ellen, ceci dit. Aussi plaisante que soit la diversion. J’entends sa question, mes yeux se tournent même à temps lire sur son visage mais je retourne à ma contemplation. Elle n’en démordra pas et je ne sais quoi lui dire. La vérité ? On la cherche tous alors…. Alors quoi ? Ne pas lui donner ? Ne pas lui expliquer que je ne peux pas l’aider à prouver quoique ce soit ? Que c’est un cas sans autre échappatoire que de rester définitivement classé dans un mensonge ? Je l’entends encore, je secoue la tête avec lenteur, comme pour éloigner un moustique trop insistant, ce son si dérangeant lorsqu’on veut dormir. Lorsqu’on veut oublier, se rassurer dans un monde qui semble bien plus sécurisé que la réalité. Pense-t-on du moins. Tu sais, avec moi t’es tombée sur un sacré morceau d’emmerdes. Ma tête cesse alors d’osciller. J’entends encore ses demandes, son besoin de réponse. Etrangement je n’y réponds qu’en me voyant essayer d’y répondre sans y parvenir. Je n’ai pas de réponse satisfaisante. Vas-tu cesser de te dénigrer ? Mon ton est devenu plus cassant, éclatant la bulle au passage. Je me crispe, ferme les yeux et finis par relâcher mes muscles dans un soupire. Mes prunelles cherchent les siennes avec une délicatesse qui retrouve difficilement son chemin. Je… excuse moi. Je passe mes mains dans mes cheveux et me tourne totalement vers elle. Après un instant à regarder son visage, ses avants bras, ses cuisses je pose mes mains sur celles-ci, ou plutôt les genoux. S’attacher aux gens n’est pas une faiblesse c’est une force, aimer aussi et avoir des convictions également… Crois-moi, on le sait lorsque le reflet n’est plus exactement le même... Je lui offre un faible sourire que je complète en retirant mes mains. Et puis, je ne suis pas tombé sur un sacré morceau… c’est plutôt moi qui suis tombé dans une poubelle… en sautant d’un toit…

Sourire. C’est simple. Y donner une profondeur c’est déjà plus compliqué. Aujourd’hui, je n’avais aucune raison de ressentir quoique ce soit de positif ni de vouloir transmettre quoique ce soit, pourtant… La vérité c’est que je ne peux pas te donner les réponses que tu attends. Je ne connais pas Ellen. Je ne connais que cette histoire, et non son histoire, que depuis sa mort. Et encore, j’ai beau savoir que tout ceci ne colle pas, je ne parviens pas à trouver l’erreur… Mes yeux se portent sur le sac, sur le dossier, sur ces images que je connais par cœur, sur ces mots qui n’ont pas de sens. Mes lèvres se pincent tandis que mes yeux évitent les siens. Je suis désolé Enya, je n’ai rien trouvé … pas pour elle. Je soupire puis me redresse rapidement, récupère mon sac et saute du promontoire. Une fois sur le toit, je me tourne vers elle, lui sourit. Allez, tu devrais rentrer … Je te rattrape. Oui. Avant de regretter. Avant de vraiment comprendre que je ne suis pas le type bien qu’elle croit voir. Avant de douter. Avant de changer de regard.

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