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 Second Life | ft. Roman Ievseï

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MessageSujet: Second Life | ft. Roman Ievseï   Lun 15 Fév - 18:45


« La nature ne pardonne pas, n'oublie rien... Des coups, elle peut en supporter mille et rendre soudain non pas oeil pour oeil mais apocalypse pour chiquenaude. »



Roman Ievseï & Aslinn O'Brady
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Courir. Ne pas s’arrêter. Courir. Sentir. L’odeur est toujours là. Je me rapproche. Les feuilles mortes sous mes pattes ne m’arrêtent pas. Elles couvrent le bruit de mes pattes quand je ralentis. Ma proie est là. Je la sens fébrile. A l’affût. Le jeu en vaut la chandelle. La faim me tord le ventre. Cette gerbille sera un maigre réconfort, mais un réconfort quand même. A pas feutrés, j’avance. Le silence envahit les alentours. Je sais comment faire pour ne pas froisser l’air trop fort autour de moi. A quelques centimètres de ma proie, je patiente. Son regard est dirigé vers moi, mais il ne me voit pas. Un bruit un peu plus loin attire son attention. Je bondis. Leste et souple sur mes pattes arrières. Et je retombe sur la gerbille. Un coup de patte suffit à lui briser la nuque. Que j’ai faim ! C’est bon ! Un poulet aurait été meilleur. Je ne m’en approche plus depuis longtemps.

Je délaisse la carcasse de la gerbille et cherche un creux entre les racines d’un arbre. Je trouve. Je gratte un peu les feuilles mortes. Je m’installe en boule. Le museau entre mes pattes avant. Je m’endors. L’estomac à moitié plein.

Un coup de tonnerre éclate. Je me réveille en sursaut. Debout sur mes quatre pattes. J’attends. A l’affût. Jamais je n’ai entendu un tonnerre aussi fort. La pluie se met à tomber fort. Une douleur s’attaque soudain à mes membres et me terrasse. Je tombe. Secouée par des frissons et des spasmes. Je ne contrôle rien. Je hurle de douleur. Pire qu’une patte prise dans un piège. Pire qu’une cage. Pire que les bâtons des hommes. Je hurle encore. Noir.

Un nouveau coup de tonnerre éclate. Il pleut des trombes d’eau. Combien de temps j’ai dormi ? Je ne m’en souviens plus. Je me redresse sur mes pattes arrière et je cours. Il faut que je trouve un abri. J’ai si mal. Mes muscles me font si mal. J’ai l’impression d’avoir une centaine d’aiguilles me transperçant de part en part. Je n’y vois rien. La pluie battante me brouille la vue. Et cette sensation que le monde est en train de s’effondrer. L’apocalypse. C’est sûr. Je ne veux pas mourir !


Elle sort des bois. Elle a l’air complètement perdue et tient à peine sur ses jambes. Par moment, elle se remet à quatre pattes pour courir. Tout autour d’elle c’est le chaos. Elle ne sait même pas où elle se trouve. Elle est perdue. Elle court encore, debout, à quatre pattes, debout. Le sol d’herbe semble disparaître. C’est une matière qu’elle ne connaît pas. C’est dur. C’est noir. Ça pue. Elle déteste cette sensation.

Et puis, elle s’arrête. Deux lumières monstrueuses ont surgit à sa gauche. Elle s’est arrêtée. Comme si la lumière l’avait pétrifiée. Elle regarde, effrayée, ces lumières se rapprocher. Et puis c’est le choc. Pas si fort que ça. Mais suffisant dans son état. Elle sent qu’elle a mal. Elle sent qu’elle a froid. Elle se met même à grelotter. Est-ce que c’est ça l’apocalypse ? Ses yeux tournent encore pour essayer de se raccrocher à quelque chose, une image qu’elle connaît. Mais rien ne vient. Sa respiration saccadée devient discrète et elle ferme les yeux. Noir.



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MessageSujet: Re: Second Life | ft. Roman Ievseï   Dim 21 Fév - 2:37



Maman est partie.
Lizzie avait émergé, les yeux encore gonflés de sommeil, et avait claudiqué jusqu'au canapé où s'était assoupi son père. De sa petite main, elle avait effleuré l'épaule de Roman. Elle lui avait dit avoir cherché sa mère, mais la chambre était vide. Du haut de ses treize ans, Lizzie faisait déjà la figure d'une sage dans la famille. Elle lui avait dit ces trois mots. Maman est partie. Lourds de sens, et pourtant encore assoupi qu'il l'avait été, Roman n'avait pas compris. Il s'était redressé, avait frotté son visage de la paume de ses mains. Avait serré sa fille dans ses bras. Lui avait intimé de se recoucher. Et Lizzie avait levé ses yeux clairs sur lui, et avait secoué la tête.
Maman est partie.
Il finit par comprendre ce qu'elle voulait dire, quand, trois jours après ça, sa femme n'était toujours pas revenue. Pas de signe de vie. Pas de message, ni d'appels. Quelques uns de ses vêtements manquaient dans la penderie, mais trois fois rien, rien en tout cas qui ne puisse annoncer que sa compagne se fut envolée. Et quand la vérité l'avait giflé en plein visage, que Roman avait enfin compris, c'était son monde tout entier qui s'était effondré.
Maman est partie.
Deux semaines. Deux semaines qu'il avait secoué ciel et terre pour retrouver Laura, deux semaines que Lizzie et Colin étaient inconsolables. Rachael menait une enquête sans succès, sans aucune piste concrète à se mettre sous la dent. Laura était une femme sans histoires, sans reproches, du moins de ce que Roman pouvait avouer. Elle avait bien un secret, celui qu'ils partageaient tous les deux, mais de là à dire qu'elle avait une raison pour s'enfuir dans la nuit noire...
Il ne dormait plus. Ne mangeait plus. Consacrait toutes les forces qu'il avait encore après le boulot à assister Rachael comme il le pouvait dans ses recherches, au risque d'être parfait trop présent. Trop pressant. Pour la première fois de sa vie, Mikkel avait vu son père pleurer, prostré dans un recoin, derrière le comptoir de leur minuscule cuisine américaine. Il s'était approché, avait regardé Roman pendant une longue minute, et s'était enfui sans un mot.
Maman est partie.
C'était la merde, là, dehors. Mais elle n'était pas aussi épaisse, aussi noire, que celle qui régnait dans leur appartement trop étroit. Lizzie avait pris sur elle, propulsée d'elle-même au rôle de petite femme du foyer. Elle préparait des cafetières par cargaisons entières, consciente que c'était le seul moyen pour permettre à son père de rester à peu près droit sur ses guiboles. Colin, Mikkel, lui avaient hurlé dessus. Va te reposer, sombre idiot. Passer ta vie à la chercher ne règlerait pas la situation. Mais il ne les avait pas écouté, trop entêté, peut-être aussi trop désespéré.

Il aurait fallu qu'il les écoute, ce soir-là. Qu'il fasse preuve d'un peu moins d'obstination, et de beaucoup plus de tempérance. Mais il en était incapable. Rachael l'avait appelé, tard, cette nuit-là, pour lui dire qu'elle avait peut-être un début de piste. Maigre, mais elle comptait la remonter pour s'assurer que ça en vaille la peine. Pas mal de personnes avaient disparu, dans le chaos de ces derniers jours. Pas mal de personnes avaient réapparu, surtout, semant un trouble sans précédent dans la Nouvelle Orléans. Comme si ce n'était pas assez que le monde soit dans la merde jusqu'au cou, il fallait que de nouveaux s'engouffrent dans cette brèche. Mais ça ne l'avait pas empêché pour autant de sauter dans sa vieille voiture, pour rejoindre la périphérie, boisée, de la ville.
C'était quand il conduisait que la fatigue se faisait le plus ressentir. Au travail comme chez lui, il avait suffisamment à faire pour ne pas y penser. Mais quand il conduisait, que seule sa concentration était mise à l'épreuve, il avait nettement plus de mal à garder les yeux ouverts.
Tant de mal qu'il n'aperçut que trop tard la silhouette qui s'était dressée devant ses phares. Les pneus avaient crissé sur le bitume, cri strident de ses freins dans la nuit noire. Un éclair de feu, roux. Puis un choc, sourd, celui d'un corps contre inerte contre son capot.

-Merde merde merde merde !

Son sang ne fit qu'un tour, l'adrénaline lui octroyant la bonne claque qui lui manquait pour se réveiller complètement. Il bondit hors de la voiture pour aller aux côtés de sa victime, le coeur battant à tout rompre. Pourvu qu'il ne l'ait pas blessée. Ou pire, tuée. Il découvrit ainsi la silhouette d'une jeune femme à la crinière de feu, inconsciente, et nue comme un ver. S'agenouillant à côté d'elle, il vérifia son pouls, sa respiration puis palpa rapidement ses membres pour s'assurer qu'elle n'ait rien de brisé. Le choc ne s'était pas fait à grande vitesse, par chance, et s'il ne constata pas de dégâts apparents au premier abord, il y avait fort à parier qu'elle se soit fêlé une côte ou deux durant l'accident. Peut-être même plus. La recouvrant de son blouson, il la recueillit dans ses bras pour l'installer précautionneusement sur la banquette arrière de sa voiture. Sa formation, obligatoire, aux premiers soins lui avait appris qu'il était fortement déconseillé de déplacer les blessés. Mais il n'allait pas attendre une nouvelle apocalypse en pleine nuit, alors que sa pauvre victime risquait de mourir d'hypothermie le temps qu'une ambulance débarque.

C'était la chose à faire. Il manœuvra sa voiture pour repartir dans le sens inverse, reprenant la direction de la ville. Son regard se posait régulièrement sur le rétroviseur, guettant le visage arrondi de la jeune femme, à la faveur de la lune. Elle était toujours inconsciente. Et s'il se sentait particulièrement coupable de l'avoir percutée, il était tout de même soulagé de la savoir encore inconsciente. Cela lui éviterait de passer trop de temps à souffrir.

Mais qui était-elle, cette fille, au juste ? Et surtout que faisait-elle nue, dans les bois, en pleine nuit ? En l'auscultant rapidement, il avait remarqué que ses pieds comme ses mains étaient écorchés et salis. Aurait-elle couru à quatre pattes, comme une enfant ou une bête ? Il jeta un énième coup d’œil à son rétroviseur. Le visage de la gamine était sale, lui aussi, ses cheveux roux semblaient emmêlés, et avoir été peignés par la forêt toute entière, au vu des feuilles qui s'y étaient logées. Très étrange.
Le temps de rejoindre la Nouvelle Orléans, et il bifurqua vers les urgences. Il arrêta le moteur de la voiture, activa la sécurité enfant par prévention puis courut vers les urgentistes dubitatifs pour qu'ils viennent la chercher. Mais, surtout, pour qu'ils viennent la soigner.  

_________________

He would fall asleep with his heart at the foot of his bed like some domesticated animal that was no part of him at all. And each morning he would wake with it again in the cupboard of his rib cage, having become a little heavier, a little weaker, but still pumping. And by the midafternoon he was again overcome with the desire to be somewhere else, someone else, someone else somewhere else ×
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MessageSujet: Re: Second Life | ft. Roman Ievseï   Ven 26 Fév - 11:10


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Les instants qui suivirent lui parurent étranges. Les sensations, inconnues. Les ténèbres l’enveloppaient dans un cocon protecteur et sécurisant. Elle était habituée aux ténèbres. Mais d’habitude, elle sentait le tapis de feuilles sous son pelage roux, elle sentait la terre humide et l’herbe fraîche, elle sentait aussi l’odeur de la famille de belette qui vivait juste à côté. Mais maintenant, tout était différent. Aussi fort qu’elle le veuille, elle n’arrivait pas à ouvrir les yeux. Elle se sentait prisonnière d’un corps qui ne fonctionnait plus et qui ne répondait plus à son contrôle et ses envies. Elle le sentait vibrer d’une étrange manière. Elle sentait le tissu contre sa peau. Un tissu qui vibrer tout autant qu’elle. Ça l’effrayait un peu. Quelle sorte de prédateur pouvait bien arriver à faire vrombir sa proie comme ça ? Elle se souvint des deux yeux jaunes menaçant qui l’avaient percutée avant que tout devienne noir. Cette bête l’avait attrapé et allait l’éviscéré avant de s’en repaître. L’idée de la mort l’étonna, elle n’avait pas pour habitude d’y penser. Elle se souvint qu’à une époque, elle y pensait beaucoup et puis d’un coup, elle n’y avait plus pensé. C’était au jour le jour. L’appel de la nature. L’appel de l’estomac. L’appel du sommeil. Et la crainte des hommes.

Elle essaya de bouger un muscle du bras. Rien ne se produisit. De la jambe. Rien non plus. Elle n’était définitivement plus aux commandes de son propres corps même si elle ressentait tout. Le vrombissement en elle finit par s’arrêter. Une secousse accompagnée d’un son qui claque. Puis le silence. Et le froid. Un froid mordant, pénétrant, que le tissu sur elle ne parvenait pas à stopper. Elle aurait voulu se pelotonner, enfouir son museau entre ses pattes pour se protéger de ce froid. Sa fourrure avait disparue et ne la protégeait plus.

Et puis soudain. Le tumulte. Un son et le froid devient encore plus mordant. Des secousses désordonnées s’emparent de son corps. Elle vole. Quelques secondes. Mais ça lui fait peur. Elle n’a pas d’ailes comme les merles. Elle va s’écraser au sol. Mais non. Elle s’écrase en douceur sur quelque chose de moins dur que la terre. Un nouveau tissu. Moins agréable que le précédent. Mais le froid ne lui mord plus la peau. Délivrez-moi ! Délivrez-moi ! Elle essaye de crier, de bouger sa bouche, sa mâchoire, elle veut de nouveau ouvrir les yeux. Mais son corps est inerte et refuse de bouger. De nouveau, un vrombissement. Un peu différent. Plus sec. Plus de secousses. Un bruit étrange. Et un brouhaha de paroles autour d’elle qu’elle ne saisit pas.

Et puis soudain. Quelque chose lui pique le bras. Ça fait mal. Elle aurait crié si elle avait pu. Elle se serait défendue contre ce prédateur qui voulait la manger. Mais alors qu’elle essaye de se raccrocher à ce corps qui ne lui répond plus, il lui semble glisser entre les pattes. Ses griffes ne s’accrochent plus à rien et les sensations s’atténuent jusqu’à devenir néant. Plus de bruit. Plus de brouhaha. Plus de sens. Plus rien.



Quand elle ouvre les yeux, elle est aveuglée par une lumière trop vive. Elle revoit les yeux étincelants du prédateur. Quelqu’un parle a côté d’elle mais elle ne déchiffre pas encore les paroles. Cela fait si longtemps qu’elle n’a pas entendu parler. Il va lui falloir un temps d’adaptation. Elle referme les yeux et vient poser une patte sur sa tête qui la fait souffrir. Une patte ? Elle rouvre les yeux pour la regarder et elle sursaute. Une patte toute blanche, sans poil avec cinq doigts. Elle bouge les doigts. Apparemment, il s’agit bien de sa main à elle. Elle a vu la même chose sur les humains dont elle se méfie et sur…. Sur elle-même. Il y a trop longtemps. Elle s’en souvient à peine.

Elle lève les yeux. Un homme, tout habillé de blanc, est penché sur elle, il a posé un cercle métallique glacé sur sa poitrine. Elle a un mouvement de recul. Il va la tuer ! Quand il s’en va, il parle à un autre humain dans le couloir. Elle soulève les couvertures et essaye de retrouver le sol ferme mais elle glisse et sent une douleur vive dans le bras. Un tuyau pendouille et du liquide incolore s’en échappe. Elle a mal. Elle n’a même pas la force de se relever. Alors elle se cale contre un mur et essaye de lécher la plaie de son bras.

Sa gorge est sèche mais un gémissement s'écoule de ses lèvres « Je…pas….mourir… »




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MessageSujet: Re: Second Life | ft. Roman Ievseï   Ven 4 Mar - 0:53




L'attente. L'attente avait été interminable, depuis qu'il avait garé la voiture en catastrophe devant l'entrée des urgences. Depuis que la jeune femme avait été prise en charge par ses collègues en blouses blanches, chargée sur un brancard, plus morte que vivante. La panique avait étreint chacun de ses sens, et il avait peut-être un peu haussé la voix dans les couloirs d'admission quand un des urgentistes lui avait formellement interdit de les suivre. Une indignation qui avait retentit comme le tonnerre contre les murs blancs, attirant les regards sur un Ievseï gesticulant à la hauteur de sa réputation de caractériel. Ievseï qui avait fini par se faire raccompagner sagement jusqu'à la salle d'attente, s'offusquant du manque de confiance manifeste de ses collègues. La fureur sourdant dans son regard, il avait cherché Enya au détour des nombreux couloirs attenants. La jeune femme aurait pu l'aider, elle. Elle aurait pu se porter garante de sa bonne foi. Elle aurait pu lui permettre de rester au chevet de la blessée, elle aurait pu les convaincre qu'il ne serait pas un obstacle aux soins. Elle aurait pu, en outre, le rassurer quant à l'état de santé de sa victime. Elle aurait pu apaiser sa panique, sa fureur, son incompréhension. Elle aurait pu... Elle aurait pu...
Mais elle n'était pas là.

Alors il fit les cent pas dans cette salle trop étroite, l'inquiétude lui ceignant le ventre, avant de finir par abdiquer pour aller fumer une cigarette sous la nuit d'encre. Une main tremblante passa dans ses cheveux, avec la sensation poisseuse du sang sur sa peau, quand bien même il n'y en avait pas. Bordel, cette gamine avait l'âge de Mikkel, peut-être même celui de Colin. Il n'avait pas bien vu, mais il en était persuadé. Il avait percuté une enfant, et la culpabilité s'ajouta dans l'équation déjà bien trop importante de ses propres maux. Et qu'est-ce qu'elle fabriquait nue au beau milieu de nulle part ? Venait-elle d'échapper à encore pire que l'accident ? Il avait fini par s'accroupir, tentant de rassembler ses esprits, sa cigarette pendant au bout de ses doigts, au bout d'un bras tendu dans le vide au-dessus de ses genoux. Sa main libre avait fourragé dans sa poche, à la recherche de son téléphone. La photo de ses enfants et Laura en fond d'écran, souriants, solaires, en seule guise de réconfort. Pour la énième fois depuis ces derniers temps, il laissa un message sur le répondeur de sa femme. Juste quelques mots, qu'elle n'entendrait peut-être jamais. Et jeta la cigarette pour retourner à l'intérieur.

Les minutes s'étaient transformées en heures, lorsqu'une infirmière finit par l'appeler du fin fond de son habitacle. A grandes foulées, il rejoint la chambre dans laquelle "Jane Doe" avait été admise, interpellant un infirmier juste devant la porte pour lui demander ce qu'il en était. Et pourtant il n'écouta les conclusions qu'à moitié. Oui, il avait vu qu'elle avait des os fracturé. Oui, il savait qu'elle était contusionnée. Il acquiesça sagement à chacune de ses paroles, attendant le moment fatidique où il aurait le droit d'entrer dans la pièce comme le Messie.

Puis il vint. Sans attendre, il s'était engouffré dans la pièce, sur la pointe des pieds, et avait refermé la porte. Et s'était arrêté, la main encore posée sur la poignée, surpris. La rousse était manifestement réveillée. Et... Elle se léchait le bras, lapant le bandage, ses perfusions ayant pour la plupart déclaré forfait alors qu'elle s'adossait au mur le plus proche du lit.
Comme une bête sauvage. Cette fille était une bête sauvage, il ne voyait rien d'autre.

Rapidement, il rompit la distance qui les séparait, l'instinct motivant d'avantage ses gestes que la perplexité qu'il éprouvait devant son attitude. Sans brusquerie, les mains rugueuses du kinésithérapeute se posèrent sur la peau diaphane, dans une incitation à lui faire rejoindre son lit. La voix râpeuse de la jeune femme, un grognement, lui attira un léger sourire. Presque tendre. Presque mélancolique.

-Tu ne vas pas mourir, ne t'en fais pas.

Il pouvait sentir une énergie particulière émaner de la rousse, une sorte de puissance étrange qui allait former une sensation singulière au creux de son estomac. Comme une sorte de pressentiment. Laura lui avait parlé, au cours de leurs petites séances particulières, de ces créatures qui étaient autrefois des hommes, des femmes. Elle lui avait expliqué qu'eux, sorciers, pouvaient sentir ces personnes-là comme différentes du reste de l'Humanité. Il n'en avait jamais vues, jusqu'à présent. Et pourtant il percevait ce pressentiment que la jeune femme qu'il guidait jusqu'à son lit, patiemment, doucement, n'était pas aussi humaine qu'elle en avait l'air.
Mais surtout, il sentait qu'elle avait besoin de nettement plus d'aide qu'elle n'en avait l'air. Sans parler de ses blessures, celles qu'il lui avait provoquées.

S'assurant d'un coup d'oeil que les perfusions soient encore bien installées, malgré que la jeune femme ait bougé, Roman s'était assis sur la chaise à côté du lit, réservée aux visiteurs. Il avait posé ses mains sur ses cuisses, bien en évidence, comme il l'avait plus d'une fois fait avec certains de ses patients les plus délicats. Une preuve de bonne volonté, de trêve. Elle ne risquait rien, c'était ça qu'il voulait lui dire.

-Je m'appelle Roman, je... c'est moi qui t'ai amenée ici. Tu comprends ?

Il aurait eu envie de lui dire tout de go qu'il était coupable de sa situation, mais il s'abstint, toutefois. Quel bien pouvait-il tirer d'une telle révélation, quand clairement ce n'était pas une bonne nouvelle qu'il admette ses torts immédiatement ? Il n'était pas lâche, pourtant, comme homme. Mais ce mensonge était apparu comme une évidence.
Un mensonge par omission ne pouvait pas être aussi mauvais qu'un mensonge pur, si ?

-Tu as été blessée par une voiture, tu vas devoir rester ici un peu de temps avant de pouvoir repartir. Mais tu es en sécurité ici. Tu ne risques plus rien.

Aborder la jeune femme était difficile, avec cette impression qu'il avait de parler à une bête sauvage. Autant tenter de communiquer avec un renard. Et pourtant, il insistait, cherchant vainement peut-être à continuer de faire parler sa victime. Cherchant, probablement, à expier ses torts d'une manière ou d'une autre. Son ton toujours calme, chacun de ses mots posés sur une tonalité pas trop forte, il poursuivit.

-Je t'ai trouvée à côté d'un bois, sans vêtements, rien... Comment t'es-tu retrouvée là ?

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MessageSujet: Re: Second Life | ft. Roman Ievseï   Sam 5 Mar - 15:35





C’était à n’y rien comprendre. Quand elle voyait les lèvres de ses interlocuteurs bouger, elle pensait ne rien comprendre. Et puis quelques secondes après, elle finissait par hocher la tête. Etrange. Prononcer les mots avait été plus difficile. Former des phrases grammaticalement correctes  relevait encore de l’exploit. Mais le fait est qu’elle comprenait et c’était déjà énorme. Des flashs lui revenaient parfois d’un château. Un petit château. Mais suffisamment grand pour s’y perdre un peu. Le visage méprisant et ricanant d’un homme. Et dans un miroir, le visage d’une jeune femme aux traits ronds comme un visage de poupée qui ne voulait pas devenir une femme. Ce visage rond était encadré par une tignasse rousse relevée en un chignon. Ce chignon, c’était sa femme de chambre qui l’avait fait après lui avoir peigné ses longs cheveux ondulés. Elle était une femme à cette époque. Elle n’était pas une renarde. Et il semblait bien qu’elle soit de nouveau une femme. Sa peau lisse sous sa langue lisse aussi le lui confirmait. Alors elle s’arrêta. Quelque chose lui disait qu’une femme ne se léchait pas les bras.

Quand de nouveaux mots vinrent frapper son oreille, elle leva subitement la tête. Un homme se trouvait tout proche d’elle et elle eut un mouvement de recul. Mais ses yeux n’exprimaient aucun mépris et le ton de sa voix aucune méchanceté. C’était de la douceur qui émanait de lui et elle eut moins peur alors qu’elle comprenait ce qu’il lui disait. Elle n’allait pas mourir. Il ne fallait pas qu’elle s’inquiète. Alors elle le laissa la relever et la conduire jusqu’au lit blanc. Elle s’y installa et elle le regarda de nouveau fixement, comme pour lui témoigner de la gratitude.

Elle le regarda s’asseoir sur une chaise, proche du lit. Et finalement, de nouveaux mots sortirent de sa bouche qu’elle comprit un peu plus rapidement que les précédents. Peut-être qu’elle s’habituait ? Il lui donna son nom. Il lui expliqua que c’était lui qui l’avait amené ici. Avait-elle compris ? Elle hocha doucement la tête en le fixant toujours avec attention. Si c’était lui qui l’avait amené ici, alors ce quelque chose qui lui « parlait » lui disait qu’elle ne craignait rien ici. Son instinct semblait tenace. Et son instinct lui disait que cet homme était sincère. Les mots suivants confirmèrent ce que son instinct lui disait. Pourtant, il y avait des choses qu’elle ne comprenait pas. Une voiture l’avait blessée ? Un cheval ce serait arrêté de lui-même s’il avait aperçu un obstacle sur sa route…. Sauf si elle avait surgit et que le cheval n’avait pas pu faire autrement ?

« Cheval… vivant ? » demanda-t-elle avec difficulté, inquiète pour l’animal qui devait conduire cette voiture.

Sa voix était encore rauque et les mots sortaient laborieusement, mais ils lui semblaient cohérents. Du moins, le croyait-elle. L’homme, Roman, continuait et lui demandait comment elle s’était retrouvée sur cette route. Elle soupira, c’était beaucoup de mots à prononcer pour pas grand-chose. Elle fronça les sourcils en tentant de se souvenir de ce qu’il s’était passé mais des morceaux lui échappaient. Elle se força toutefois à parler, à présent qu’elle était une femme, elle se devait de communiquer avec ceux de son espèce.

« Les. Souvenirs… » commença-t-elle en se souvenant le rôle des déterminants « …confus. » poursuivit-elle. La conjugaison mettrait probablement plus de temps à revenir, ou pas. « Je entendu… tonnerre. » Elle cherchait encore ses mots, mais ils semblaient se matérialiser de plus en plus vite dans son cerveau à mesure qu’elle voulait raconter le peu dont elle se souvenait. « Je…. Mal. J…J’ai perdu conscience… Je me réveille dans les bois…. Avec ça. » Elle montre son corps. « Le Yorkshire, c’est….loin ? » finit-elle par demander, désireuse de revoir ses parents. Son instinct lui disait qu’elle n’y était plus, dans le Yorkshire. Elle ouvrit plus grand les yeux, fixant toujours Roman, prête à l’écouter.




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MessageSujet: Re: Second Life | ft. Roman Ievseï   Jeu 24 Mar - 2:17

La réaction de la jeune femme avait été instantanée à la mention de la voiture, comme si elle avait une vague idée de ce que le terme signifiait. Pourtant sa question déstabilisa quelque peu Roman, qui fronça les sourcils le temps d'essayer de comprendre où elle voulait en venir. Un cheval ? Quel cheval ? A priori, le choc avait été plus important qu'il ne l'aurait cru de prime abord. Aurait-il frappé plus fort qu'il ne le pensait, au point de chambouler entièrement ses fonctions cognitives ? Il ne l'espérait sincèrement pas. Pas seulement parce qu'il n'en avait pas besoin, là, dans la situation actuelle. Mais aussi parce qu'il allait s'en vouloir jusqu'à la fin des temps.
Pourtant, la logique de la question, comme sa légitimité, finirent par lui sauter aux yeux. Il suffisait de tourner l'ensemble de la situation dans un autre sens, de tout voir sous un autre angle. Et là, c'était normal qu'elle lui pose la question. Elle voulait savoir dans quel état était la voiture, non ? Tout du moins c'était ce que Roman comprenait, maintenant qu'il y réfléchissait bien. Un léger sourire s'étira sur ses traits fatigués, l'amusement provoqué par tant d'innocence illuminant brièvement ses yeux, alors qu'il répondait toujours sur le même ton doux qu'auparavant.

-La voit... Le cheval va bien, il attend sagement dehors.

Il ne connaissait pas suffisamment les créatures mi-hommes, mi-bêtes pour vraiment connaître la portée de l'interrogation de la jeune femme. Tout ce qu'il pouvait constater était essentiellement que son comportement humain s'affirmait progressivement, bien plus que lorsqu'il était entré dans la pièce. Ses paroles étaient moins confuses, moins gutturales. Et son attitude générale s'imprégnait progressivement d'une dignité qu'il ne lui aurait pas imaginée à première vue.
Sa curiosité piquée par ses progrès exceptionnels, il écouta attentivement chacune de ses tentatives. Au cours de son boulot, il avait eu l'occasion de voir des personnes bien plus atteintes buter sur les mots avec nettement plus de difficultés que la jeune femme, la frustration croissant avec l'incapacité de s'exprimer. Et si sa diction n'était pas fluide, il parvenait à distinguer une réelle volonté chez elle, une force de caractère qui rendrait la discussion plus agréable au fur et à mesure que sa langue se délierait. Il avait espoir que d'ici la fin de la soirée, elle soit capable de constituer des phrases entières. Voire de lui révéler son identité.
Il attendrait. Si sa patience était loin d'être vantée par ses proches, il en était tout à fait capable. Les mains jointes, ses doigts emmêlés les uns aux autres, il continua d'écouter, hochant la tête pour l'encourager. Et si ses quelques phrases étaient confuses, bien malingres, elles révélaient une source inattendue d'informations. Déjà, la dissociation du corps et de l'esprit. Pas étonnant qu'elle ait eu autant de mal à maîtriser ses gestes voire qu'elle se soit retrouvée, à moitié à quatre pattes, devant sa voiture. La sensation crut dans son estomac, confirmant ce ressenti qu'il avait eu la première fois qu'il avait effleuré sa peau claire. Une femme mi-bête, mi-humaine. La première qu'il rencontrait en chair et en os. Si Laura avait été là, elle aurait eu cet éternel sourire énigmatique qui voulait dire "je te l'avais bien dit". Mieux, elle aurait su quoi dire à la jeune femme. Tout ce que Roman avait à dire, lui, était soit des banalités, soit se raccrocher aux autres informations qu'elle pouvait lui donner.
La compassion avait, malheureusement, des limites.

-Le Yorkshire ? C'est de là que tu viens ?

C'était donc ça, ce petit soupçon d'accent britannique qu'il entendait. Mais dans ce cas que faisait-elle ici, à la Nouvelle Orléans ? Aux dernières nouvelles, l'Angleterre avait été effacée de la surface de la Terre, tombée dans le chaos avec le reste du monde. Si elle s'attendait à renouer avec ses racines, tout ce qu'elle trouverait en serait qu'un champ de ruines. Désolation.
Peut-être était-il prématuré de le lui dire. Vus les progrès qu'elle faisait, cela risquait de la plonger dans un état de choc, voire de la faire régresser. Et là n'était pas le but. Il fallait envelopper la nouvelle. Ne pas tout lui dire. C'était pour son bien.

-Tu te trouves à la Nouvelle Orléans, sur le continent Américain. J'ai peur que ça fasse un peu loin pour y aller dans la soirée, disons.

Non, vraiment, que faisait-elle là si elle venait d'aussi loin ? Il devait bien y avoir une raison, profonde, intrinsèque. Il avait remarqué plus d'une personne errer dans la Nouvelle Orléans, ces derniers temps, qui semblaient venir d'un autre temps, d'un autre continent. Mais c'était la première fois qu'il se trouvait face à une de ces personnes. Laura l'avait mis en garde. Les apparences sont parfois trompeuses. Et Dieu seul savait ce que cette jeune femme avait vécu pour en arriver là.
Il lui laissa quelques minutes, le temps d'assimiler l'information. Peut-être n'était-elle même pas encore en état de comprendre ce qu'il venait de lui expliquer. Il l'espérait, toutefois. Le choc initial passé, il en profita pour lui poser d'autres questions.

-Tu te souviens d'autres choses ? De ton nom, par exemple ? Ou de comment tu es arrivée en Amérique ?

La guider. L'aider à s'ouvrir. Si elle ne se souvenait pas encore de son prénom, cela pourrait toujours venir plus tard. L'essentiel était encore de la pousser à se souvenir d'un maximum de détails, même les plus insignifiants. La moindre petite information était capitale, ne serait-ce que pour réveiller d'avantage son humanité. Et elle était la clé de son adaptation, qu'elles qu'aient été les épreuves qu'elle ait pu vivre.

Son téléphone vibra dans sa poche alors qu'il attendait que la jeune femme rassemble ses esprits, et il le tira distraitement de sa poche pour regarder. Colin était en train de l'appeler, se demandant probablement où il pouvait bien être parti. Avec un pincement au coeur, il dirigea l'appel sur le répondeur et régla le téléphone sur silencieux, reportant son attention sur la rouquine. Il appellerait son fils quand ils en auraient terminé. Mais ce n'était clairement pas pour tout de suite.

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MessageSujet: Re: Second Life | ft. Roman Ievseï   Mer 13 Avr - 20:30


Les pensées s’entrechoquaient avec force dans l’esprit de la jeune femme. Un tourbillon de mots et d’images qui remplaçaient peu à peu des odeurs et des sons. Sa tête la faisait souffrir et elle avait la nausée à cause de tout ce remue-ménage à l’intérieur de son cerveau. Première chose à faire, éviter de bouger trop la tête et les yeux et c’est ce qu’elle entreprit de faire devenant par la même occasion beaucoup moins fébrile. Elle se décida à poser son regard sur l’homme qui l’avait sauvé, et ne changea plus de direction. Ses cheveux, ses pupilles, son nez droit…. Elle passa le moindre détail en revue pour canaliser son attention. Elle se rendit alors compte qu’en regardant son interlocuteur, elle saisissait bien mieux ce qu’il lui disait et elle en fut presque rassurée. Déjà qu’elle se sentait complètement perdue, si en plus elle n’avait pas pu communiquer avec quelqu’un, elle serait devenue folle.

Selon l’homme, le cheval allait bien et attendait tranquillement le retour de son maître. Bien, c’était une bonne chose car elle aurait détesté avoir été la cause de l’abattage de cette pauvre bête. Elle sourit en guise de réponse le laissant continuer de parler tandis que ces pensées ralentissaient à peine l’allure sous sa tignasse flamboyante. Elle hocha la tête tout doucement à sa question. Oui, elle venait bien du Yorkshire, si on oubliait qu’elle était née en Irlande alors que sa mère rendait visite à sa belle-famille. Sa réponse la laissa encore plus perdue. Elle était sur le « continent américain » de ce qu’il disait, à la « Nouvelle Orléans ». Le nom de la ville ne lui disait absolument rien, elle n’était pas assez instruite pour connaître l’existence de la Louisiane, un territoire nommé après Louis XIV, un très grand roi de France. C’était bien tout ce qu’elle connaissait de la France, le nom de ses rois. La politique coloniale de son propre pays était déjà suffisamment complexe sans qu’elle y ajoute celles des pays dans lesquels elle n’avait jamais mis les pieds. Elle situait toutefois assez bien le continent américain et fit le rapprochement avec ce qu’elle appelait le « Nouveau Monde » la dernière fois qu’elle en avait discuté avec son père. Ainsi c’était ça…. La traversée en mer prisonnière, encore, d’une cage dont elle se souvenait par bribe alors qu’elle était la petite renarde. La première et seule fois où elle s’était faite capturée par un humain, il l’avait amené en Amérique.

Mais ses yeux s’agrandirent soudain et une question lui traversa soudain l’esprit avec tant de force qu’elle vint s’imposer à toute autre pensée.

« Quelle année ? … Aujourd’hui… quelle année ? » demanda-t-elle pressentent qu’elle n’allait pas apprécier la réponse. Mais elle devait savoir. Son instinct ne lui avait jamais menti lorsqu’elle était renarde, pourquoi lui mentirait-il à présent ?

Les questions de Roman n’étaient pas si complexes, elle avait les réponses, le plus difficile étaient de les formuler suffisamment clairement pour qu’il la comprenne. « Je… m’appelle…. Aslinn. Je…. J’ai…traversé ? la mer…. en bateau. Dans une cage. J’ai dû…. arriver comme ça… en Amérique. » Elle inspira doucement et ferma les yeux pour calmer une nausée. Ce rassemblement de mots étaient un exercice difficile qui lui demandait énormément de force et de concentration. Toutefois, elle était motivée par la rapidité avec laquelle tout lui revenait. Elle était humaine après-tout. Elle avait seulement passé un peu trop de temps dans la peau d’un animal….

« Vous… m’avez sauvée… Merci…Roman. » finit-elle par dire en le regardant à nouveau.
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MessageSujet: Re: Second Life | ft. Roman Ievseï   Dim 1 Mai - 0:52

A mesure qu'ils parlaient, il pouvoir voir dans le regard de la jeune femme que les souvenirs revenaient en même temps que sa capacité à communiquer. A mesure qu'elle ouvrait la bouche, son accent s'affirmait, chaque mot plus vibrant que le précédent, la preuve immuable qu'elle était bel et bien originaire du Royaume Uni. Une surprise s'il en était, le pays étant aux abonnés absents depuis l'Apocalypse. De ce qu'il en savait, les seuls endroits encore civilisés disséminés de par le globe n'étaient pas encore entrés en contact les uns avec les autres. Et un pressentiment au fond de son esprit le laissaient penser que c'était probablement parce qu'ils tentaient de survivre dans les mêmes conditions qu'eux, à la Nouvelle Orléans. En conséquence, il ne savait que penser de la britannique aux cheveux flammes devant lui. La voix douce de Laura, ce feulement qu'il pouvait entendre avec autant de clarté que si elle était dans la pièce, résonnait dans son esprit "tu sais, il existe des gens qui sont d'un autre temps, d'une autre époque. Ils parcourent la surface à quatre pattes, plus animaux qu'humains. Mais nombre d'entre eux viennent d'une époque qu'on ne peut même pas, nous, quantifier". Si seulement Laura était là. Par réflexe, il était tenté de l'appeler. De lui demander de l'aide, comme il lui était déjà arrivé de faire plus d'une fois, mettant de côté sa belle et épaisse fierté mal placée pour qu'elle le guide avec cette facilité dont elle savait faire preuve. Laura était une sage, un phare dans les errances de la vie. Mais Laura... La lumière qu'elle dégageait s'était éteinte, avec sa disparition soudaine.

Il sortit de ses pensées et se focalisa de nouveau sur sa protégée, entendant sa question, encore trop embrumé dans ses propres divagations pour saisir l'ampleur de la réponse qu'il allait lui donner. Vaguement, il caressa les petits cheveux de sa nuque et répondit d'une voix pâteuse :

-On est en 2012, l'année de la fin du monde selon le calendrier Maya. Et c'est un peu c'qu'il se passe dehors, pour être honnête. La fin du monde.

En temps normal il aurait laisser couler le sarcasme sans faire attention à son impact, sans se préoccuper de la réaction de l'autre personne en face de lui. S'il y avait quelque chose qu'il enviait à son fils aîné, c'était cette faculté à toujours savoir placer ses mots dans ses phrases, de sorte à ce que chacun ait réellement l'intention qu'il souhaitait lui donner. Lui en était franchement incapable.
Et il venait tout juste de se rendre compte de la bourde qu'il venait de faire. Profondément désolé pour la jeune femme, qui, si elle venait d'une autre époque -et il réalisa que c'était le cas, vu qu'elle lui avait parlé d'un cheval-, devait être complètement perdue, il tendit une main pour la poser sur son bras, se voulant rassurant.

-C'est peut-être difficile à avaler... Je suis vraiment désolé...

D'habitude, il faisait preuve de beaucoup plus de tact, à vrai dire. Mais cette soirée n'avait rien d'habituel, entre la disparition de Laura, la piste de Rachael et l'accident. Au moins la jeune femme semblait, elle, vouloir aller de l'avant et avait continué de vouloir communiquer. Elle lui servait de point d'ancrage pour ne pas devenir fou, avec cette volonté, cette force qui l'habitait. Il lui en était reconnaissant, d'une certaine manière. Ou alors il se servait d'elle pour expier ses propres inquiétudes. Que pouvait-il en savoir ? Il n'était pas psy. Mais au moins ça fonctionnait.

-Une cage ? En bateau ? Et après, tu t'en souviens ?

La pauvre. Le voyage avait dû être difficile, si elle était sous forme animale. Et s'il ignorait quelle était son époque d'origine, il n'osait même pas imaginer le calvaire qu'elle avait dû vivre, enfermée pendant des semaines dans une cage, terrifiée, en proie aux hommes et à la marée. Ses doigts pressèrent doucement sa peau alors qu'elle le remerciait, ce à quoi il répondit d'un mouvement négatif, lent, de la tête.

-T'as pas à me remercier. Vraiment.

Non, elle n'en avait pas besoin, parce qu'il était celui qui l'avait mise dans cet hôpital en premier lieu. L'homme responsable de son accident. Et il n'osait pas le lui avouer, lui dire que c'était parce qu'il avait la tête complètement ailleurs qu'elle avait fini heurtée par sa voiture. Même si la culpabilité lui donnait envie de tout lui annoncer maintenant, surtout devant ce remerciement d'une innocence désarmante, quelque chose le retint. La culpabilité, cette fois, de lui avoir déjà annoncé qu'elle se trouvait projetée dans une époque qui était loin d'être la sienne, celle de l'avoir jeté lui-même dans cette pièce aseptisée, au milieu de toutes ces machines, en proie à la douleur. Douleur dont elle semblait déjà beaucoup moins souffrir. Le sourire énigmatique de Laura passa devant ses yeux, à cette réalisation. Un sourire qu'elle lui réservait à chaque fois qu'il lui posait une question, anticipant la leçon suivante.
La leçon suivante. C'était quoi déjà ? Roman se creusa la tête, avant de demander, une certaine insistance dans la voix :

-Tu crois que tu peux bouger ?

Il n'avait aucune envie de la laisser moisir dans ce maudit hôpital, du moins pas plus longtemps. Mais ça ne dépendait pas de lui.

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MessageSujet: Re: Second Life | ft. Roman Ievseï   Lun 16 Mai - 21:49


Le choc. Il n’y avait pas d’autres mots pour qualifier ce qu’elle ressent lorsqu’il répond à sa question. Une réponse banale, simple, pour lui. Mais pour elle, c’était bien différent. Le XXIe siècle ? Elle n’en avait entendu parler que par des savants farfelus qui prédisaient tout et n’importe quoi. Le futur. Un futur qu’elle n’aurait jamais cru connaître un jour, elle qui était en plein milieu du XIXe siècle dans une Angleterre monarchique. Pourtant, si elle avait envie de rire en entendant ça, son instinct lui murmurait qu’il s’agissait là de la stricte vérité car Roman avait répondu avec une réelle authenticité dans la voix. Qui pouvait inventer un mensonge pareil ? Et puis, il y avait d’autres choses : cet hôpital pour commencer, le lit dans lequel elle était allongée, les tuyaux en plastique plantés dans son bras, les meubles blancs et surtout les vêtements de Roman qu’elle trouvait vraiment étranges.

Il posa une main sur son bras en s’excusant, affirmant que la nouvelle était dure à avaler. Ah bon ? Nom d’une pipe à lunette, est-ce qu’elle aurait dû lui demander une pizza ? C’était quoi, d’ailleurs, une pizza ? Elle avait vu le moment écrit quelque part….Elle roula ses yeux et les reposa sur lui, son visage aux traits durs mais à l’expression douce et compatissante même s’il paraissait maladroit et empoté. Elle remua les lèvres mais ne sut pas quoi dire. Dire quoi ? Cela faisait près d’un siècle qu’elle avait « disparue » de ce monde, oubliant le compte des jours et des années sous sa forme de renard et si elle se souvenait de certains détails comme des outils agricoles, elle ne savait rien d’autre sur ce nouveau monde, dans tous les sens du terme. Alors il profita de son silence pour lui poser plus de questions et elle rassemble ses idées pour lui répondre au mieux dans un anglais de plus en plus fluide.

« Après le bateau ? La cage, encore… Et puis j’ai eu mal, la tête qui tourne. La cage tombe, des caisses aussi. Et la cage s’ouvre. Je suis sonnée mais je vois la porte ouverte. Je sors. Et je cours. Loin. Longtemps. Je ne m’arrête pas. J’ai faim, j’ai soif. Mais je ne m’arrête pas avant de trouver une forêt. Là je me cache. J’évite les humains, je ne fais pas confiance aux humains. »

Sa voix se brise, elle n’a plus l’habitude de parler et ses cordes vocales ne sont plus habituée. Elle attrape le verre d’eau sur la table blanche qu’elle trouve laide. L’eau est exceptionnellement bonne. Elle n’a pas le même goût de terre que dans ses souvenirs. Il lui demande si elle peut bouger. Elle repose le verre et hoche la tête. Encore heureux, elle hurlerait sinon. En guise de réponse, elle sort du lit et se met debout. Mais les tuyaux sortant de son bras la gêne. Elle suit du regard le tuyau vers la poche en plastique transparente, fronce le nez, puis arrache simplement le tuyau. Un peu de sang coule sur son bras mais le flot se tarit rapidement, plus vite qu’un humain, c’est certain.

« Je peux bouger. » affirme-t-elle. « On s’en va ? »

Mais la véritable question qui se pose, c’est « où ? » parce-qu’Aslinn n’a nulle part où aller. Une sonnette retentit avec force, lui vrillant les tympans et une infirmière entre vivement dans sa chambre.

« Mademoiselle ! Qu’est-ce que vous faites ? » Elle observe la situation et secoue la tête pour la remettre au lit. « Vous devez rester ici tant que le médecin ne vous aura pas autorisé à sortir. Cela peut prendre quelques jours vu votre état de choc. Un psychiatre doit également venir vous voir. » Elle se tourne vers Roman et lui fait les gros yeux. « Monsieur, vous devez la surveiller pour qu’elle n’arrache pas sa perfusion, je vais devoir la lui replacer. Elle a besoin de soin médicaux. Et nous avons encore des examens à lui faire passer pour être certains que…. tout va bien. Vous m’avez compris ? » Elle le regarde avec insistance. Derrière elle, Aslinn grogne et se relève, prête à attaquer pour défendre sa vie. Mais elle sent que si elle fait ça, elle est en danger alors elle recule vers un coin de la pièce.
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MessageSujet: Re: Second Life | ft. Roman Ievseï   Ven 20 Mai - 18:18




L'histoire de sa victime devenait plus claire à mesure qu'elle se souvenait, retraçant une existence animale faite de captivité et d'opportunités heureuses. Heureuses, probablement oui, mais pas sans leur lot de difficultés. Une créature livrée à elle-même, arrachée à son pays par la violence des hommes, et à présent emprisonnée à nouveau, parmi ses bourreaux, à cause de sa violence à lui. Roman se mordit la lèvre inférieure, baissant le nez sous les explications, le poids de sa culpabilité courbant d'avantage son échine. C'était de sa faute si Aslinn était là, dans cette maudite chambre aseptisée, après tout. Ce serait plus simple de lui dire, en soit, de reconnaître ses propres torts, mais le pouvait-il vraiment ? Elle commençait tout juste à se souvenir, recommençait tout juste à faire confiance sinon à l'Humanité toute entière, au moins à lui. Il ne pouvait décemment pas lui enlever ce léger soupçon d'espoir en lui avouant ses propres fautes.

L'idée avait germé dans son esprit avec un naturel dérangeant. La faire sortir d'ici, l'amener loin de ce maudit hôpital. Il pourrait toujours l'amener chez lui, à l'abri des regards indiscrets, où elle pourrait se remettre et s'adapter plus facilement à ce nouveau siècle. Oui mais comment ? Clairement plus réactive que lui, la rouquine s'était levée et avait arraché spontanément sa perfusion, provocant l'arrivée imminente d'une infirmière aussi autoritaire qu'insultante. Le kinésithérapeute avait soutenu son regard avec humeur, la laissant l'accabler de reproches, avant de lui rétorquer tout aussi sec, fouillant dans son blouson pour lui montrer son badge de l'Adventist Hospital.

-Je suis médecin, madame. Maintenant foutez-moi le camp, je peux remettre moi-même sa perfusion.

La bonne-femme ouvrit la bouche pour rétorquer, clairement pas d'humeur à se cogner un macho prétentieux, mais le badge que lui agitait Roman sous le nez finit par la convaincre que ce n'était pas judicieux. Les lettres grasses, noires, du document stipulaient si bien son affectation qu'elle resserra son poing et finit par lui lâcher un "d'accord, Docteur" cinglant avant de repartir, la démarche nerveuse, clairement motivée pour lui mettre tout le corps médical et les conseils de discipline de la planète sur le dos.
Qu'à cela ne tienne. Achevant le geste d'Aslinn pour la débarrasser de sa perfusion, Roman, maintenant convaincu que se tirer était la seule conclusion possible de cette soirée, lui fit signe de se rassoir sur le lit. Tirant la chaise où il était précédemment assis vers le lit, il se pencha en avant, glissant tout bas à la jeune femme :

-Bon, on se casse, j'te ramène chez moi, on avisera ensuite. Par contre j'peux pas te faire sortir habillée comme ça, donc soit tu m'attends ici le temps que je trouve quelque chose dans les vestiaires, soit... Soit tu viens avec moi et on risque de devoir courir si elle revient et constate que t'as disparu.

Aucun des deux plans n'était bon, il le savait, mais ils n'avaient pas le choix. Si Laura avait été là, elle aurait pu maquiller leur départ avec une illusion. Sauf qu'elle n'était pas là. Et Roman n'était pas assez puissant pour convaincre tout le personnel qu'Aslinn était habillée normalement, se déplaçait normalement, bref, était tout à fait capable de sortir. La seule solution qu'il leur restait était la fuite, comme des sauvages, en bonne et due forme.
L'avantage, c'était qu'Aslinn n'avait pas révélé son identité à qui que ce soit d'autre que lui. Les Peacekeepers étaient bien trop occupés pour s'occuper de la disparition inopinée d'une énième Jane Doe pour se soucier de son cas, si jamais leur fuite était repérée. Restait qu'ils devaient quand même sortir de là.

Son téléphone sonna à nouveau, avant qu'Aslinn n'ait eu le temps de lui donner sa réponse. S'excusant, il décrocha rapidement pour entendre la voix pâteuse de son fils, Colin, de l'autre côté de la ligne.

-P'pa ? T'es passé où ? Lizzie est méga inquiète, elle fait que pleurer, et Mikkel a dit qu'il rentrerait pas ce soir...
-J'arrive dans une heure, Fils. Tu peux me rendre un service ? Mets le matelas de Mikkel dans la piaule de ta soeur, on a une invitée.
-Mais qu'est-ce que tu...
-T'occupes, fais ce que je te dis, je t'expliquerai tout. J'arrive.


Il hésita un instant à la fin de sa phrase, la laissant en suspension, l'envie de parler d'avantage à son fils, de lui dire de se calmer, de ne pas s'inquiéter, qu'il l'aimait et qu'il ferait le plus vite possible lui brûlant les lèvres. Mais il se tut, et finit par raccrocher une fois Colin ayant marqué son approbation d'un "okay P'pa" tout simple. Le téléphone rejoint rapidement sa place initiale dans le blouson alors que leur propriétaire poussait un soupir contrarié. Soirée de merde.

-C'est réglé, mes enfants préparent l'appart', on n'a plus qu'à filer.

Silencieusement, il interrogea sa protégée du regard pour savoir si elle le suivrait ou non pour aller lui chercher quelque chose à se mettre sur le dos. Un frisson d'excitation courut le long de sa peau alors qu'il espérait qu'elle veuille le suivre. Une pensée insoupçonnée, celle de l'appel du danger, dont il ignorait prodigieusement qu'elle vienne de son sang plus que de la situation en elle-même. Lui qui avait jusqu'à présent mené une vie relativement calme, il espérait après le danger comme un enfant attend le Père Noël.

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MessageSujet: Re: Second Life | ft. Roman Ievseï   Ven 27 Mai - 19:45


La rousse s’est rapprochée en entendant Roman répondre à l’infirmière. Il a l’air de savoir ce qu’il fait et il impose respect et autorité à la femme qui vient de faire irruption dans la pièce comme une harpie. Aslinn ne sait pas vraiment ce que fait Roman, ni qui il est, mais elle comprend qu’il s’agit de quelqu’un d’important. L’infirmière partie, elle se rassoit sur le lit comme le lui demande Roman. Elle sait qu’il va l’aider, tous ses gestes et son attitude le lui prouve. Il finit de lui enlever les tuyaux de son bras et lui explique son plan. Elle comprend qu’elle ne peut pas passer inaperçue habillée comme ça, puisque sa tenue est différente de celle de Roman, c’est sans doute une tenue pour malades. Mais elle n’a pas envie de rester seule ici, à la merci de l’infirmière acariâtre.

« Je viens avec toi. Je cours. » Elle le regarde dans les yeux, comme si c’était la seule façon de communiquer et de se faire comprendre. Elle n’a pas vraiment tout compris de ce que Roman lui a dit car elle ne sait pas vraiment comment ils pourraient se briser les os mais elle avait saisi l’essentiel : partir d’ici, aller chez lui.

Elle était pieds-nus, à moitié nue, mais peu importait, elle aurait un peu froid, voilà tout. Elle se lève et part voir si le couloir est vide. Elle referma brutalement la porte en entendant un bruit strident dans sa chambre. Elle se retourna vivement pensant qu’un nouveau tremblement de terre allait survenir et qu’elle se ferait griller comme un poulet par un éclair. Mais rien de tout cela ne survint, Roman sortit une boîte de sa poche et lui parla un moment. La rousse pencha légèrement la tête et fronça les sourcils. Qu’est-ce que c’était que cette chose ? Il rangea l’objet et lui affirma que tout était ok. Comment ? ça…. C’était une question qu’elle aurait tout le temps de se poser plus tard. Pour le moment il fallait se presser. Elle regarde à nouveau dans le couloir.

« Personne » affirma-t-elle. « Maintenant ! » Et elle suivit Roman au pas de course sur ses deux jambes. Ils passèrent rapidement devant l’accueil mais une voix derrière finit par retentir « STOP ! Arrêtez-les !! Il kidnappe une patiente !! » La furie acariâtre qui tenait lieu d’infirmière. Aslinn tourna la tête pour voir si elle les suivait mais son embonpoint la gênait et son sauveur et elle était bien plus rapide. La rousse sourit en regardant de nouveau devant elle, Roman l’avait un peu distancée et se trouvait déjà à l’entrée. Elle pensait déjà qu’elle était sauvée. C’est peut-être pour ça qu’elle ne le fût pas. Son instinct lui avait fait faux bond une seconde, suffisamment pour qu’un homme en uniforme se jette sur elle pour la stopper. Elle se débattit mais sans succès, l’homme était plus grand qu’elle et n’avait aucun mal à la maîtriser. Au loin, elle voyait Roman, repoussé par un autre homme en uniforme qui semblait prêt à devenir violent s’il le fallait.

Elle hurla de rage mais la seule chose que cela lui valut c’est d’être clouée à un lit, les pieds et les poignets entravés. Elle se débattit un moment avant de succomber aux doses de calmants que l’infirmière lui avait injecté. Elle se retrouvait seule dans cet endroit tout blanc et le seul qui voulait lui venir en aide en avait été empêché. Une chose était certaine, à présent, elle aller jouer avec beaucoup plus de finesse pour pouvoir sortir d’ici au plus vite. Peut-être même que Roman reviendrait si elle se conduisait bien ? Elle l’espérait fort…

TERMINE
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Second Life | ft. Roman Ievseï

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