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 Quidlibet audendi potestas

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MessageSujet: Quidlibet audendi potestas   Dim 6 Mar - 20:22



Il est autorisé de tout oser

Ruth & Rachael
featuring

La nouvelle tombe en début d'après-midi alors qu'elle achève tout juste de boire son café noir. Une simple phrase, des mots durs et froids qui se frayent désagréablement un chemin jusqu'à ses oreilles. « Travis est mort. » Elle s'accorde quelques secondes pour ingérer la funeste nouvelle avant de se retourner vers son porteur et, forcément, de poser la question fatidique : « Comment ? »
Sans s'attendre, néanmoins, à la réponse à laquelle elle ne tarde pas à avoir droit.

Sans être un évènement courant au point de ne s'en émouvoir qu'à grand peine, la mort d'un milicien n'est pas non plus une rareté relevant du domaine de l'exception. La dangerosité apparente de leur métier, la véhémence dont font souvent preuve leurs opposants, tout cela résulte en une prise de risques parfois inconsidérée et qui a déjà plus d'une fois vu l'un des leurs passer l'arme à gauche. Un décès n'est jamais quelque chose à prendre à la légère car souvent lourd de ses conséquences.
Sauf à priori pour ces gens qui, bien au chaud et à l'abri entre quatre murs sécurisants, peut visiblement se permettre un droit de vie et de mort sur ses semblables.

Rachael n'a pas besoin de prendre la peine de demander : une mauvaise intuition lui souffle d'une petite voix pernicieuse qu'elle sait pertinemment qui est la coupable derrière cet acte. Néanmoins elle se garde bien de faire le moindre commentaire, renfermant entre ses dents serrées un juron guère courtois dont son vis-à-vis n'a pas à être le destinataire. La conversation se rompt donc ici tandis qu'elle balance le gobelet vide dans une poubelle et attrape ses affaires, quittant la pièce de repos dans la foulée pour retourner à son travail. Non pas qu'elle se fiche comme d'une guigne de ce qu'on vient de lui annoncer, bien à l'inverse, mais la colère suscitée par les causes de cet évènement n'a pas à être partagée avec son collègue.
Le reste de l'après-midi déploie des trésors d'inventivité pour se montrer d'une longueur exceptionnelle, tandis qu'elle ronge son frein et se fait violence pour chasser de ses pensées l'envie persistante de partir sur le champ toucher deux mots à certaine personne de sa connaissance.

Le moteur de la voiture cesse de ronronner lorsque, arrivée devant l'hôpital, elle met le véhicule à l'arrêt et se dirige d'un pas décidé vers l'entrée du grand bâtiment. Les heures écoulées n'ont pas tempéré l'état d'esprit de la milicienne car sans qu'elle-même le réalise vraiment, la mort de Travis est comme la goutte de trop qui vient faire déborder un vase déjà dangereusement rempli.
L'air assuré de celle qui a déjà maintes fois effectué un trajet similaire, Rachael enfile les couloirs sans prêter attention aux personnes qu'elle croise. Son uniforme noir, qu'elle n'a pas pris la peine de retirer à la fin de son service, pousse la plupart à s'écarter sur son chemin. Elle perçoit comme dans un rêve les murmures inquiets qui fusent sur son passage et pourtant non, elle n'est pas là pour quoi que ce soit qui relève de l'intervention des bons petits soldats du gouvernement. La raison purement personnelle qui l'anime n'est motivée que par sa propre colère et dictée par aucune instance supérieure. Pour preuve, l'absence criante de l'arme habituellement sagement rangée dans le holster attaché à sa cuisse.

« Ruth ! » La porte claque bruyamment dans son dos tandis qu'elle pénètre l'antre de la généticienne. « Il va falloir qu'on cause, toi et moi. J'crois bien que t'as certaines choses à m'expliquer concernant Travis. » Sa voix libère toute la colère contenue trop d'heures durant, ne faisant pas grand cas de l'éventuelle présence d'autres laborantins en dehors de celle qu'elle est venue voir. D'entrée de jeu, Rachael fout les deux pieds dans le plat et annonce la couleur de l'entrevue. Le fait qu'elle apprécie tout particulièrement Ruth n'entre pas en vigueur ici.
Pourtant lorsque son regard accroche enfin celle qu'elle est venue trouver ici, la stupeur balaie aussitôt toute autre émotion. Trois enjambées rapides l'amènent à sa hauteur et, dans l'instant qui suit, sa main vient arracher la seringue et l'envoie valser à travers la pièce. « Bon sang mais qu'est-ce que tu fous ? » C'est limite si elle ne lui gueule pas dessus alors qu'elle ignore jusqu'à la raison qui pourrait pousser la jeune femme à vouloir s'injecter quoi que ce soit.

 
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MessageSujet: Re: Quidlibet audendi potestas   Dim 13 Mar - 17:11


« Agnus dei. »



QUIDLIBET AUDENTI POTESTAS
Rachael Miller & Ruth C. Malone

Ruth soupira lourdement. La carcasse inanimée devant elle n'avait plus rien de comparable avec ce qu'elle fut autrefois. Quelques balafres titanesques la parsemaient désormais et, une petite poignée de mutation avait désarticulé sa gueule en une expression à la fois dérangeante et fascinante. La jeune femme releva ses prunelles hagardes vers la pendule qui, elle, s'évertuait à laisser filer le temps indéniablement. Elle ouvrit la bouche, prête à articuler l'une de ces inepties sans intérêt mais, aucun son cohérent ne daigna s'en extirper. Travis était la seule information qu'elle avait obtenu de ce pauvre homme. Aucunes données supplémentaires. Si ce n'est qu'il bossait, visiblement, aux côtés du Gouvernement. Une fraction de seconde, Ruth porta de nouveau son regard sur l'amas de chair purulente qu'il représentait maintenant. Sans doute aurait-elle quelques ennuis pour ne pas l'avoir traité convenablement. Mais, comme toujours, elle n'aurait le droit qu'à quelques remontrances illusoires. Le Boss comptait bien trop sur son intelligence croissante pour la réduire au néant. Elle balaya d'une main fébrile les quelques mèches revêches qui s'échappaient de leur attache, puis se laissa tomber nonchalamment sur un tabouret qui trônait là. « - Merde. », cracha-t-elle. Tous ses sujets finissaient, d'une manière ou d'une autre, par trépasser entre ses doigts. « - Aller, réveille-toi nom d'un tube à essai ! » Elle flanqua un coup dans la masse indistinct qui, elle, se contenta d'émettre un gargouillement répugnant. Elle leva les yeux au ciel en une moue peu emballée, puis vint poser son front contre la surface métallique de la table. « - Foutue journée. »

Comme elle l'avait prédis, la confrontation fut peu agréable. Certes, cela aurait pu être pire. Mais, la conclusion, elle, fut sans appel : elle devait trouver quelque chose, n'importe quoi et ce, rapidement. Plantée bêtement au milieu de son laboratoire désert, Ruth parcourait chaque outils sans réellement savoir où se poser. Le temps pressait et, cette putain d'horloge continuait de lui psalmodier son tic-tac assommant. Elle plaqua ses paumes contre ses tempes et gémit de frustration. Que pouvait-elle faire de plus aujourd'hui ? Rien, bien entendu. Il était bien trop tard - ou trop tôt - pour qu'elle puisse réclamer un autre cobaye digne de ce nom. Sans doute devrait-elle en profiter pour se reposer ? Du moins, toute personne normalement constituée sauterait sur cette occasion. Mais, Ruth, elle, réajusta ses lunettes sur le bout de son nez. Elle avait en sa possession quelques échantillons qui méritaient d'être davantage décortiqués. Et, il lui restait bien un élément pour tester ses effusions délirantes. Son regard croisa alors son propre reflet à travers la surface lisse d'une table d'autopsie. Les nombreuses et récentes cicatrices qui jonchaient son minois lui rappelèrent que certaines expériences n'étaient pas toujours bonnes à entreprendre. Elle papillonna des cils. Comme si elle se préoccupait de ceci. N'avait-elle pas été choisi parce qu'elle était, justement, prête à tout pour servir la science ? Sans nul doute. De toute évidence, tenter l'impossible semblait être sa seule option pour le moment. Elle s'assura que personne ne traînait dans les parages puis, se concentra sur ses recherches, un tantinet, plus personnelles. Si le Gouvernement lui lançait quelques directives, il ignorait, néanmoins, quelques unes de ses expérimentations. Rien ne servait d'alarmer toute cette populace, tant que celles-ci n'avaient pas d'intérêts concrets.

Les traits visiblement tendus, Ruth observait le liquide d'une teinte improbable stagner au sein du réservoir d'une seringue. Elle déglutit, peu assurée sur la marche à suivre. Elle n'était pas de celle à trembler pour un rien cependant, elle n'avait pas la moindre idée des effets de ce nouveau sérum. Il était - logiquement - censé inverser la tendance: modifier les gênes d'un être humain. Si cela fonctionnait, le Gouvernement pourrait, facilement, se créer une parfaite armée d'être surnaturels bien asservis. Bien entendu, Ruth serait la première à bénéficier de ce fameux traitement. Elle mit en place le dispositif autour de son bras afin que l'une de ses veines ne ressorte, puis en approcha l'aiguille fébrilement. Mais, au moment où elle allait enfin en avoir le cœur net, une intrusion extérieure fit fureur dans la salle. Non sans sursauter, la jeune femme releva sa petite tête déconfite vers la nouvelle arrivante. Rachael. Elle n'eut pas réellement le temps d'assimiler la totalité de ses paroles, que déjà cette dernière lui arrachait l'engin des mains. Le récipient se brisa alors sur le sol, laissant le produit se répandre vulgairement. Ruth écarquilla ses petites mirettes. Elle ouvrit la bouche à mainte reprises, avant de beugler de manière totalement désordonnée : « - Mais. Le sérum. Par terre. Trois heures dessus. Tu. Va falloir que je le refasse. Encore. » Elle s'agita quelques secondes, brassant l'air comme si cela pouvait changer quoi que ce soit à la situation. Mais en vain. Elle fit enfin véritablement face à la blonde, les bras croisés contre sa poitrine, visiblement peu encline à la conversation. « - Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? Tu ne t'inquiétais pas de savoir ce que je faisais quand tu as disparu sans préavis. » Aussi sec, Ruth se détourna de son interlocutrice pour ramasser les quelques dégâts qu'elle avait causé. « - Que me vaut donc l'honneur de ta présence ? », grommela-t-elle entre ses dents.


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MessageSujet: Re: Quidlibet audendi potestas   Mar 15 Mar - 22:19



Il est autorisé de tout oser

Ruth & Rachael
featuring

Aux éclats de voix succèdent d'autres éclats de voix, Ruth refusant de se laisser gentiment incendier par la milicienne débarquée dans le laboratoire avec autant d'élégance qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Passé les premières secondes de confusion durant lesquelles la milicienne a le temps de saisir quelques propos à propos d'un sérum quelconque, la répartie fuse, acerbe. Loin de couper le sifflet à son invitée surprise, celle-ci la saisit au vol pour ce qu'elle vient jeter davantage d'huile sur le feu. L'objet de sa visite, ravivé par la dernière question de la généticienne, passe momentanément à la trappe tandis qu'elle réplique aussi sec d'un ton qui se veut lapidaire. « Pardon ? Tu ressasses encore cette vieille histoire ? Ça fait des années. Il serait temps de te chercher une autre excuse si tu veux continuer à me balancer ta rancœur. Ou bien je dois encore une fois te demander pardon pour avoir jugé que la guerre du Golfe était plus importante que ta petite personne ? » Un sarcasme mordant achève la question qui n'attend pas réellement de réponse. C'est presque vrai ce qu'elle dit. Presque. Et bien que le sujet ait déjà été abordé plusieurs fois entre elles depuis le retour de Rachael à la Nouvelle Orléans, la véritable réponse quant aux raisons ayant motivé son départ précipité n'a jamais été abordée, même de très loin et il va sans dire qu'elle ne le sera très certainement pas davantage aujourd'hui, le sujet n'étant pas prévu au menu du jour avant que Ruth ne daigne l'évoquer.

Les bras croisés sous la poitrine, Rachael observe son interlocutrice qui s'est présentement détournée d'elle et s'emploie à récupérer les débris, son regard fiché sur un point indistinct de son dos. Elle ne fait pas mine de lever ne serait-ce que le petit doigt pour l'aider à ramasser les morceaux épars de la seringue qu'elle a elle-même balancée à l'instant.
Finalement, elle cède son immobilité contre quelques pas visant à évacuer l'agacement qui s'est agglutiné et ses yeux se détournent de Ruth pour accrocher le corps sur la table d'opération à quelques pas de là. Sa curiosité hameçonnée, elle délaisse temporairement l'autre femme pour s'en approcher et constater, après quelques secondes de stupeur mêlée à une vague de dégoût, qu'il s'agit de son collègue. S'agissait, se corrige-t-elle mentalement. Un juron lui échappe sans qu'elle ne s'en aperçoive tandis qu'elle assimile l'étendue des dégâts. L'individu est pratiquement méconnaissable, défiguré par quelque mutation avortée.
La milicienne finit par détourner le regard de cette vision difficilement soutenable. Ici comme à l'armée, son travail lui a appris à côtoyer les cadavres et fait cadeau d'un joli lot d'horreurs imprimées au fer rouge dans ses souvenirs, mais plus elle regarde le macchabée et plus elle se remémore Travis en tant que personne vivante et loin de cette créature difforme. « A quoi bon s'embarrasser d'une Résistance quand le personnel du Gouvernement arrive très bien à s'éliminer tout seul ? » L'amertume se mêle d'ironie, le constat est jeté sur une voix plus basse, plus pour elle-même que réellement adressé à sa compagne. La colère semble avoir reflué mais quiconque connait Rachael sait que ce n'est que temporaire, qu'elle ne s'est retirée uniquement pour resurgir de plus belle par la suite. D'ailleurs lorsqu'elle se retourne de nouveau vers Ruth, cela semble être déjà le cas. Oh bien sûr elle sait très bien qu'elle n'a pas à se mêler des affaires de la laborantine car elles ne la concernent en rien, mais la milicienne semble toute dévouée à faire l'impasse sur ce léger détail quand c'est une de ses connaissances et partenaires en mission qui a eu la malchance de se faire refroidir pour quelques expérimentations. Elle n'ignore pas non plus qu'ils sont plusieurs à animer leurs journées au dépens de cobayes humains, mais Ruth est la seule qu'elle a sous la main à l'heure actuelle.
La seule, également, qu'elle peut se permettre de déranger sans avoir à craindre des remontrances de ses supérieurs concernant son attitude inadaptée, pour ce qu'elles se connaissent, se fréquentent et s'apprécient malgré les engueulades depuis longtemps.

« Qu'est-ce que tu lui as fait ? » Quelques enjambées absorbent la distance entre elles tandis que Rachael revient faire face à Ruth. « Comment peux-tu avoir aussi peu d'égards pour d'autres êtres vivants ? Comment tu… » Elle s'interrompt brusquement en fixant le reste de la seringue entre les mains  de Ruth. « Et ce sérum, c'est quoi ? Qu'est-ce que tu étais sur le point de t'injecter avant que j'arrive ? » L'air soudain très inquisiteur. Trop de questions, aucune réponse.

 
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MessageSujet: Re: Quidlibet audendi potestas   Lun 21 Mar - 20:13


« Agnus dei. »



QUIDLIBET AUDENTI POTESTAS
Rachael Miller & Ruth C. Malone

Travis. Pour quelle autre raison Rachael aurait pu lui rendre visite ? Ruth se pinça la lèvre, afin de ne pas en ajouter davantage. De toute évidence, la réplique relativement cinglante qu'elle venait de recevoir brutalement l'incita à grommeler simplement entre ses dents. Finalement, elle ignorait encore ce qu'elle cherchait en ressassant cette vieille histoire digne d'une mauvaise romance. Éprouvait-elle, encore aujourd'hui, ce sentiment indicible qu'elle s'était évertuée à ne pas analyser à l'époque ? Elle avait beau retourner la chose dans tous les sens, Ruth l'ignorait pleinement. Rachael était un tout dont elle ne pouvait vraisemblablement se détacher, mais ce que cela impliquait véritablement lui était encore inconnu. Elle passa une main peu assurée sur son visage déconfit. La blonde avait, de toute manière, toujours eu le chic pour mettre le doigt sur ses failles sans même le savoir. Se relevant après avoir ramassé les derniers vestiges de ses recherches, Ruth planta son regard dans celui de la jeune femme. Elle aurait voulu cracher à nouveau son venin, exprimer ces ressentiments qu'elle ne comprenait pas mais qui persistaient indubitablement seulement, la scientifique ne parvint qu'à souffler bruyamment. Elle connaissait que trop bien la blonde pour savoir qu'une petite partie de joutes verbales en sa compagnie ferait bien plus de dégâts qu'un ouragan. Evidemment, le jeu ne s'arrêtait pas ici. A dire vrai, il ne cesserait probablement jamais. Mais, à cet instant, l'important n'était visiblement pas là. Ses prunelles papillonnèrent en direction du pauvre macchabée qui, lui, gisait encore sur le plateau métallique. Il ne faudrait pas longtemps à son interlocutrice pour remarquer l'immondice qu'elle avait engendré à coups de seringue, promettant une guerre nucléaire inoubliable. Cela étant, Ruth ne fit rien pour détourner la jeune femme de sa quête. Dans un sens, ce genre de crise était, en tout point, les seuls moments qu'elle pouvait espérer avoir avec elle. De ce fait, lorsque Rachael se tourna enfin vers le tas purulent de son ancien compagnon, la scientifique se contenta de hausser nonchalamment les épaules. « - Tu es vraiment forcée de faire dans le mélodrame ? » La vie était une pierre précieuse que Ruth chérissait à sa manière. A dire vrai, regarder ses sujets trépasser n'était pas un fait qu'elle appréciait particulièrement. Cependant, la science passait avant tout.

Ruth fit quelques pas en direction de la blonde, puis recula finalement. Elle n'était pas adroite lorsqu'il s'agissait des rapports humains. Et, même si elles avaient été relativement proches par le passé, elle ne savait toujours pas par quel bout prendre cette femme au tempérament bien trempé. « - Ecoute Rachael... », commença-t-elle finalement à se justifier, « - ... je sais que ça te dépasse complètement, mais c'est mon travail. C'est ce que je suis. Alors oui, parfois ça ne se passe pas comme prévu, oui parfois il y a des effets inattendus. Mais je... ce n'est pas ce que je veux, et ce n'est pas par plaisir que je regarde ces... personnes mourir. Seulement, je n'ai pas le choix. Je ne suis pas seule à décider là-dedans. Et tu sais qu'Ils sont intransigeants. » Si jouer les petits rats de laboratoire amusait profondément Ruth, elle ne restait pas moins méfiante et, quasi-craintive lorsqu'il s'agissait du Gouvernement. Après tout, ce n'était pas réellement elle qui s'était tournée vers eux. Mais eux, qui étaient venus à elle. Certes, elle plaisait leur cause sans y être contrainte. Mais elle connaissait trop leurs influences, et surtout leurs méfaits pour être totalement tranquille. Qui pouvait lui assurer une existence sereine ? Et, qui pouvait lui affirmer qu'elle ne serait pas sur la sellette si elle ne servait à rien ? Après tout, dans cet univers, personne n'était irremplaçable. « - Et je suis désolée pour ton ami. », souffla-t-elle. Pour la énième fois, Ruth parcourra la carcasse d'un œil critique. Elle n'avait plus rien de la petite fille candide et naïve qu'elle fut autrefois. Elle était, désormais, une meurtrière. Cela dit, avaler la pilule était chose bien plus facile lorsqu'elle faisait passer cela sous le compte de la science et de ses supérieurs. Sans doute était-ce pour cette unique raison qu'elle n'avait plus de déboire avec sa propre conscience depuis longtemps.

Ruth ne cilla pas à cette nouvelle approche. Au contraire, elle en profita pour détailler les traits sévères de la jeune femme. Elle n'avait pas beaucoup changé. Ou si peu. Les années avaient quelque peu durcis ses traits mais, elle avait toujours ce charisme manifeste qui l'ébranlait en permanence. La scientifique secoua brièvement sa petite caboche, chassant par la même occasion deux/trois souvenirs, puis décida de porter toute son attention sur l'énorme pendule suspendue au mur. Cette dernière semblait, à l'instant, bien plus attrayante que son amie. Mais, à dire vrai, cela n'était qu'un indice supplémentaire de sa gêne. « - C'était un sérum pour... inverser la tendance. Je suis censée, à la base, trouver un remède contre le surnaturel. Enfin, pour rendre mortel un être surnaturel. Alors, j'essaye également de faire l'inverse. Je me dis que si je trouve dans l'autre sens, peut-être que je pourrai analyser le processus pour le contrebalancer. Et pour tester ça, il n'y a... que moi, alors... » Ruth inspira profondément. De toute manière, ses bras regorgeaient de cicatrices en tout genre ; elle n'en était pas à son premier essai. A son tour, elle osa finalement franchir les deux derniers mètres qui les séparaient encore. Si près, Ruth pouvait entendre et sentir le souffle un tantinet alerte de Rachael ; signe que la colère vrillait encore en elle. « - Toi aussi, tu fais partie de toute cette machination. Sauf que tu le fais différemment ou, du moins, d'un autre point de vu. Mais tu n'es pas meilleure. »


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MessageSujet: Re: Quidlibet audendi potestas   Sam 26 Mar - 2:02



Il est autorisé de tout oser

Ruth & Rachael
featuring

« Bien sûr que t'es désolée. » A l'entendre, Rachael donne l'impression qu'elle serait plus susceptible de croire à l'existence du lapin de Pâques plutôt qu'à la sincérité de cette excuse. « Désolée quand ça t'arrange. C'est sûr que c'est pratique : tu peux bien faire ce que tu veux si t'oublie pas le mot magique une fois que c'est fait. T'es désolée ? Ok pas de souci, j'comprends, on a qu'à passer l'éponge dessus. J'suis sûre que Travis serait du même avis. Enfin, s'il était encore vivant bien entendu… » La milicienne a bien du mal à bâillonner sa verve mais se tait finalement avant que son énervement ne finisse par lui dicter des paroles qu'elle pourrait bien finir par regretter. Evidemment qu'elle sait que son amie n'a pas forcément le choix dans ce qu'on lui demande de faire. Elle n'ignore pas non plus que les requins qui les dirigent sont intransigeants, comme son interlocutrice le souligne justement, et ne peut pas le nier pour le seul plaisir de laisser éclater sa colère un peu plus – à croire que celle-ci n'a pas déjà une pléthore de raisons pour s'exprimer. Le gouvernement ne la paye pas pour ça et ce qui se passe entre ces quatre murs n'a pas à faire partie de ses sujets de préoccupation.
Néanmoins elle ne parvient tout simplement pas à se résoudre de fermer les yeux, ne peut s'empêcher d'être révoltée par la manière affreuse dont a très certainement dû mourir son ancien collègue au vu de l'expression gravée sur les traits de son visage défigurée.

Pourtant, Ruth a cruellement raison : la milicienne n'est pas meilleure qu'elle, la concernée n'oserait même pas prétendre le contraire l'espace d'un instant. Ces hommes et ces femmes qu'on lui demande de traquer comme des bêtes pour la simple raison qu'ils sont d'une espèce déplaisant aux grands patrons, certains n'ont pas mérité le sort qui leur a été décerné par elle ou l'un de ses confrères. Certains étaient peut-être même meilleurs que celui qui gît sur la table d'opération non loin des deux femmes. Et que dire de la blonde et de sa soif inextinguible de violence ? Le débat mériterait d'être lancé, aurait d'ailleurs pu l'être s'il n'y avait eu les révélations de la généticienne quant à la teneur des expériences menées sur sa propre personne : celles-ci mettent immédiatement le reste sur la touche après le temps nécessaire à la réalisation de ce qu'impliquent les propos. « Attends… t'es en train de me dire que t'essayes des trucs sur toi sans avoir la moindre idée de ce que ça peut donner ? Après avoir obtenu ça ? » Elle désigne le cadavre difforme d'un geste sans quitter sa camarade du regard. « Ma parole mais t'as une sacrée araignée au plafond ! Tu cherches à mourir ou bien ? C'est quoi ton but au juste ? Réussir à devenir comme l'un de tes sacro-saints sujets de test et finir entre les mains de tes collègues en blouse blanche ? » Encore des reproches, toujours le même ton emporté. Avec cependant une légère nuance, indiscernable sûrement à qui ne connait pas suffisamment Rachael pour le comprendre, et de toute façon bien cachée même pour ceux qui, comme Ruth, peuvent lire entre les lignes s'ils en font l'effort : l'inquiétude. Bien camouflée sous la virulence de la voix et l'énervement affirmé, mais pourtant bel et bien présente.  
L'idée que la laborantine soit capable de se mettre en danger de la sorte, risquer sa peau pour des incertitudes et aucune garantie de résultat satisfaisant est loin de lui plaire. Bien qu'elle ne soit pas du genre à manifester clairement ses sentiments à l'égard de ses proches, la milicienne est loin d'en être dépourvue. Face à ce comportement qu'elle juge absurde, elle ne parvient pas à comprendre ce qui peut bien pousser son amie à mettre sa vie dans la balance dans le simple but de trouver un sérum hypothétique. « T'avais personne d'autre à te mettre sous la dent et tu pouvais pas attendre un jour ou deux supplémentaires ? Tu trouves que c'est judicieux de faire ça toute seule dans ton coin ? Ça t'es pas venu à l'esprit qu'au moindre problème t'avais personne pour t'aider à te tirer d'un mauvais pas ? » Et maintenant qu'elle est lancée sur le sujet, il semble plutôt évident que Rachael n'a pas l'intention d'en démordre aisément. « Après tout qu'est-ce qu'il pourrait bien t'arriver si ça foire, hein, sinon te retrouver dans un état similaire à celui de Travis… » Si le ton a daigné se calmer et retomber un peu, il n'en reste pas moins acerbe.
Il ne faudrait pas non plus qu'il exprime trop clairement l'attachement de la blonde envers sa comparse et ce que lui inspire la pensée de la trouver mal en point à cause d'une expérimentation ratée.

Dans ce laboratoire désert en dehors d'elles deux, le silence semble donner une envergure supplémentaire à la pièce tandis que les regards s'attachent. « Tu pourrais au moins avoir la décence de faire attention à toi à défaut de l'avoir pour tes cobayes. » Rachael semble répugner à s'adoucir trop et trop vite : pour une parole un peu plus sympathique que les autres, elle ne peut s'empêcher d'en rajouter une couche. De sa bouche, le mot cobaye semble avoir été craché, concentrant en lui seul l'idée qu'elle a se fait l'ensemble de ce programme d'étude. Quant au reste, c'est l'hôpital qui se fout de la charité car pour ce qui est de prendre soin de soi, la milicienne et son inconscience marquée se placent bonnes perdantes.  

 
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