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 The game beggins [Mme Armstrong]

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MessageSujet: The game beggins [Mme Armstrong]   Lun 7 Mar - 19:25


« ...à u partir de ce jour, pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse et dans la pauvreté, dans la santé et dans la maladie, pour t'aimer et te chérir jusqu'à ce que la mort nous sépare... »



Mr & Mme Armstrong
featuring



« Excusez-moi, vous êtes ? » « Ministre »

Sans attendre, le ministre brise la sécurité imposée par l’hôtel en quête de prestige en cette soirée. Personne ne lui refuse le passage, au contraire, l’ensemble des muscles présents pour imposer le respect le laisse passer avec un hochement de tête. Des couches. Ce pantin devait les avoir enlevé depuis peu, sa posture n’est pas des meilleures, le nez enfoui dans ses papiers, incapable de relever le nez pour obtenir un visuel de la personne à qui il parle et, de toute façon, semble bien incapable de reconnaitre qui que ce soit. Crétin. Un… comment dit-on aujourd’hui ? Esclave ? Non … stagiaire ? Un débutant tout droit catapulté dans un univers où l’apparence, la prestance, la conviction et le sérieux sont de rigueurs et mise à part son costume trois pièces, il ne possédait rien de tout cela.  L’habit ne fait pas le moine la preuve est faite. Il s’excuse en osant un regard vers le ministre qui lui rend en hochant la tête, sourire aimable aux lèvres et clin d’œil pour la forme. Fustiger un enfant devant faire claquer un élastique contre sa peau pour limiter son stress tout en utilisant un déodorant à bille bas de gammes pour masquer une odeur ayant déjà aromatisé ses congénères, ne faisait pas parti de ses attributions. Quoique… Mais pas ce soir. La patience pour la stupidité du peuple n’est pas quelque chose d’intégré dans ses gènes, c’est certain mais se dominer est une nécessité qu’il exploite avec vigueur et sérieux. De plus, il n’irait jamais offrir la crainte comme première image à autrui. Non, lui, il joue avec les sens et perceptions des autres. Il offre ce que l’autre croit vouloir de lui et s’immisce assez près de leur croyance pour imposer sa volonté. Une manipulation qu’il affectionne particulièrement sans pour autant dénigrer des méthodes plus archaïque lorsque l’envie lui prend ou que, ma foi, un rappel de la « hiérarchie » semblerait inéluctable. En l’occurrence, cet enfant lui servira certainement bien assez tôt, enfin… s’il ne se fait pas virer d’ici demain. Après tout, ne venait-il pas de laisser entrer précisément la personne qu’elle ne voudrait jamais voir ici ? Les portes intérieures s’ouvrent alors sur lui, laisse entrer ce roi qui s’expose avec un faux air de modestie, octroie une posture humble et chaleureuse à chaque main serrée allant de pair avec une considération personnelle pour chacune d’entre elles. Il sait pertinemment que son poste nécessite une image allant avec le poste, ferme mais présent pour le monde qu’importe l’inintérêt qu’il porte envers ces gens.  Parce qu’il faut le dire, les seules personnes utiles à sa vie se trouvent déjà dans son cercle privé ou l’ont été. Ces nouveaux bourgeois ne sont ici que pour se pavaner et obtenir encore plus du plus qu’ils ont déjà. Le jeu en vaut la chandelle, il paraît. Son regard croise ceux de ses compères, tout autant attaqué par cette noblesse embourgeoisée, hypocrites et, il faut l’avouer, foutrement utile pour ses affaires.

Sa présence obtient sourire, remerciement et quelques regards hypocrites. On n’arrive pas à sa place qu’avec de fausses considérations, il s’avère que d’autres options s’offrent à ceux ayant de réels objectifs dans la vie. C’est son cas. Alors qu’importe si le respect s’est obtenu par un sourire ou par une menace, le tout s’avère être une douce caresse pavée de luxure. Son regard entame son tour d’analyse. De mémoire, c’est la première fois qu’il parcourt cet hôtel et celui-ci correspond parfaitement aux souvenirs de sa femme, chic, luxueux, grandiose. L’ambiance feutrée offre même l’illusion d’un lieu de confiance, pas au point du confessionnal mais non loin. Elle sait y faire, c’est certain. Sa clientèle nécessite de se sentir en confiance pour qu’elle puisse user de tous ses artifices et dans l’idée, ils ont simplement besoin de se sentir important ce qu’elle a parfaitement réussi à créer ici. Il doit l’avouer, ce bâtiment est un chef d’œuvre de l’humanité, l’architecture, les ornements, les peintures, les lustres et ce fabuleux mélange de texture qui chatouille sa curiosité… une vaste galerie pour un regard avisé. Le voilà qui aspirerait à plus de silence et d’intimité pour visite ce lieu. Ce qu’il compte faire de toute façon. Sa main glisse contre sa poitrine, où se trouve un bien dont il compte se débarrasser avec jouissance. Le temps s’allonge au contour d’un amusement qui ne que tient qu’à lui, cet étrange jeu d’observation et de déduction qu’il orchestre durant ces soirées mondaines. Une manie qu’il a bien vite retrouvé à sa sortie de l’enfer. Une manie qu’il avait longtemps partagée avec sa moitié aiguisée. Justement, il est temps. Ses doigts s’agitent contre son verre encore plein de son élixir du moment pendant qu’autour de lui une vaste fumisterie s’opère puis il s’éloigne sans rien éveiller dans les consciences. Une douceur laisse place à son absence sans un soupçon et le voila déjà dans les escaliers, grimpant sans se presser ce qui le sépare de son but. Avec une lenteur qu’il apprécie, Windsor s’applique à retenir chaque détail s’offrant à lui. Les décorations, les portes, leurs numéros, les traces d’une grande organisation pour cette soirée…. Il s’octroie le droit de fouiner, d’ouvrir quelques portes avant d’atteindre ce qu’il convoite : le bureau. Ses doigts s’enroulent autour de la poignée.

Windsor sait parfaitement pourquoi il est là. Il a son objectif. Il a son plan, ce nouveau jeu dans lequel il veut convier sa douce. Un jeu très attrayant fait de mensonges et duperies, un peu comme leur histoire et sa conclusion. Il veut jouer de nouveau avec elle et se satisfaire de sa descente en enfer. Il veut l’écraser avec lenteur, la faire douter, la faire craindre…. C’est bien simple, il veut la détruire à petits feux. La consumer avec tendresse et tout faire pour la maintenir en vie. Ôter ses espoirs et ses rêves. Briser ses croyances. Il veut jouer une nouvelle partie dans laquelle elle ne possédera pas le rôle de l’égale, de la partenaire, de la femme, de la maitresse… non mais celle de l’esclave qu’elle aurait dû continuer d’être. Sa main sursaute, il fronce les sourcils, tourne la poignée et entre. Perfore l’intimité qu’elle n’a jamais rechigné à offrir pour servir ses intérêts. Pourquoi s’inquiéter de pénétrer en son sein alors que la voie est parfaitement ouverte ? Bien indiqué par … qu’importe. Il referme la porte, laisse ses yeux prendre la température de ce lieu, reconnait celle qu’il a tant aimé dans chacune des aspérités que referme ce lieu consacré. Windsor parcourt l’antre de ce qu’il a perdu par un geste barbare, qui pourrait assimiler la violence de sa mort au fin regard de la propriétaire de ce lieu ?  Lui. Puisqu’il est le seul témoin de sa propre fin. Le ministre laisse ses doigts parcourir les meubles avant de s’intéresser à la vue. Cette place de choix. Il sourit, il aurait probablement choisi le même emplacement pour créer sa tanière. Un soupire s’échappe pendant que ses doigts attrapent un petit objet dans la poche interne de son veste. L’objet trouve immédiatement sa place sur son annuaire alors qu’il n’est qu’un faux parfaitement identique. Le mari retire cette fausse alliance, la lève au niveau de ses yeux et y lit son inscription. Sa main gauche reprend ses spasmes qu’il calme d’un poing serré, secoue une fois la tête vers la gauche et reprend son calme. Marie. La colère nait dans ses yeux pour se poser sur le bureau en même temps que l’alliance. De sa main anciennement tremblotante, il sort de la même poche un papier ayant fait son temps et le déplie à côté de l’alliance. Son regard s’étire sur le paysage qui s’offre à lui à l’instar de son sourire, convaincu de l’effet que cette vision aura sur sa femme.

Le jeu commence.






Dernière édition par L. Windsor Armstrong le Mar 8 Mar - 20:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The game beggins [Mme Armstrong]   Mar 8 Mar - 19:00


L’un des inconvénients de cette couverture, reste les soirées mondaines, dans lesquelles je refuse de mettre les pieds depuis la dernière. Certains penserait qu’il s’agit d’une honte, du aux évènements qu’il s’y est passé, cependant la raison est plus sombre encore. Je refuse d’y venir, simplement pour ne pas croiser la glace de son regard ou la froideur de son être. Mon cœur s’abime toujours un peu plus, lorsque je m’aventure à penser à lui et je n’ose imaginer ce que sa présence pourrait m’imposer. Alors je m’éloigne, me contente d’observer de loin, dans une obscurité toute relative, telle une espionne observerait le monde. Je veille simplement au bon déroulement de la soirée, juste d’un œil, avant de m’aventurer dans le sous sol de tous les désirs. L’activité cachée, secrète, qui bat son plein à l’instar de la soirée qui se déroule au dessus. L’argent entre, la luxure s’évade et j’en viens finalement à sourire, soudain plus détendu. Sa silhouette géante ne s’est pas montrée, mon cœur s’est apaisé à l’idée des richesses que la soirée promet et je ne peux que bénir le bon déroulement de toute cette soirée. Je préfère donc m’isoler dans mon antre, pour préparer la journée suivante, pour prétendre à une efficacité qui se fait progressivement légendaire.

D’escaliers en escaliers, je parviens enfin à mon étage, où se dispute dans une partie de l’aile, une chambre, un bureau et une salle qui se voudrait secrète. Toutes parfaitement aménagées, ces pièces sont mon sanctuaire et c’est à mon aise que je passe les différentes portes. A la dernière pourtant, je fige, me trouve incapable du moindre mouvement lorsque mon souffle se bloque. Chacun des muscles de son dos m’assaille, alors que je me remémore chacune de nos étreintes. Ses courbes, je les connais par cœur, je pourrais les dessiner tant elles me hantent. Mes yeux s’évadent alors que mon palpitant augmente lentement son rythme, jusqu’à résonner allégrement dans ma cage thoracique, soudain trop étroite. Le bruit du battement résonne dans mes tympans, alors que mes yeux se posent soudain sur sa main, négligemment proche de mon meuble. Il y a déposé quelque chose, mais la vue reste bouchée par sa stature entière. La curiosité se bat la première place avec la rancœur, avant que la colère ne vienne à son tour prendre possession de mes sens.

« Rappelle moi de renvoyer celui qui t’as laissé entrer dans cet hôtel ! » C’est à son dos que je m’adresse alors que dans ma discrétion légendaire, je suis entrée dans mon bureau. Mon ton sec a éclaté dans l’air et rompu son incursion dans ma vie privée. Ces quatre murs qui entourent un sanctuaire qu’il s’est cru malin de braver. Probablement a-t-il fouillé, fouiné et cette simple idée me hérisse le poil. Mes yeux, plus sombres encore que la normale, s’embrasent d’une colère non dissimulée alors qu’il ne daigne pas encore m’accorder tout son attention ni son visage qui m’a tant marqué, tant manqué. Dans un geste sec et rude, je referme la porte qui claque dans un résonnement sonore, m’enfermant du même fait dans la même pièce que mon ancien aimé, mon ancien amant. Ma colère doucement s’amplifie, ronronne au fond de mon cœur et ne demande qu’une étincelle pour s’embraser d’autant plus. Ma menace passé résonne dans mon esprit, traîne entre nous et je ne peux que deviner l’inquiétude qu’il pourrait nourrir. Pourtant le voilà, chez moi, en une évidente provocation, même si j’ignore encore la raison de sa venue. Le questionner semble hors de propos, l’attaque semble être la meilleure défense dans cette situation, qui me fait déjà vaciller. Dans l’optique de conserver un minimum de contenance, je finis par m’adosser à la chambranle de la porte et croise mes bras, dans cette nonchalante provocation qui me sied tant au teint. « Je suppose que tu n’es pas là pour te plaindre du service. » Je ne questionne pas, me cantonne à mon rôle d’emmerdeuse à la langue bien pendue, même si tout mon corps s’est tendu, dans une inquiétude réelle quand à sa présence ici. Cette réunion impromptue d’Armstrong ne peut que mal finir et c’est dans cette optique bien tangible, que je me positionne.

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MessageSujet: Re: The game beggins [Mme Armstrong]   Mar 8 Mar - 20:38

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Une mélodie s’infiltre en nous sans que nous nous en rendions compte. Elle s’enroule, se glisse, s’installe, se nappe. Elle s’extirpe de l’inconscience avec une lente progression, une impression légère, fluette. Elle prend possession d’une partie de notre âme et convainc dans un silence mensonger chaque fibre de notre corps. Elle est douce. Elle est belle. Elle est légère. Elle est silencieuse. Puis, soudainement, elle s’expose, cri sa présence, offre sa voix, sa force. Elle domine le silence, s’extirpe de totalement de l’inconscience pour conquérir ce qu’il reste de notre être. Abattre notre lutte. Galvaniser ce qui fait de nous des êtres pensants. Il l’a senti avec que ses notes se prononcent, avant que ses mots ne lancent ce nouveau combat, avant que la joute commence scellant cette mélodie dans une catégorie plus terne. L’intensité de sa présence ne s’éloigne pourtant pas, comment empêcher cette symphonie de conquérir un public qu’elle a déjà conquis avec tant de facilité ? La mélodie possède cette force de la connaissance, cette habitude sensorielle, ce gout invisible, ce fil tendu au dessus d’un précipice sur lequel se tiennent deux amants épris par une valse langoureuse. Elle a ces traits si harmonieux, cette âme du passé, si pure, si belle. Elle détient une vérité si vive, si tranchante. Tous ses sens décrivent déjà les contours d’une femme qu’il a tant aimé, aime toujours, si profondément. C’est encré en lui dans une brûlure encore rougeâtre. Même sa voix appelle à une paix nécessaire, le temps d’un souffle, le temps d’un battement de cœur qui fait écho à toute cette mélodie qui parcourt son corps. Un bouleversement interne de ce qui fut et de ce qui ne sera plus, jamais. Une parenthèse pour savourer l’espoir insolent d’un présent meilleur. Celle-ci se brise pourtant sur le contour de l’alliance posé sur le bureau, les vœux lui étant liés et tout le sens que leur présence implique. Le jeu commence. Cette guerre silencieuse qui s’acte tout simplement en cette confrontation malvenue. Une erreur. Elle n’aurait pas dû être là, pourtant… c’est un sourire qui apparait sur son visage lorsqu’il daigne éjecter cette mélodie pour une autre. Ses yeux se relèvent pendant que son corps se tourne d’un quart. Pourquoi lui offrir tout son intérêt en se plaçant face à elle ? Ce n’est pas l’imagine qu’il veut envoyer, mais tout l’inverse, qu’il s’en fiche. Qu’elle n’est rien. Ne l’est plus et n’aurait jamais dû l’être. Qu’importe la mélodie qui s’éveille et se tarie au rythme de leurs respirations. L’étrange impression que son souffle parcourt son épiderme, l’éloigne un instant d’un présent qu’il se veut dominer pour un passé qu’il pensait contrôler. Une étreinte. Un rire. Une confession dans une intimité pouvant se conjuguer à l’infini. Un bout d’éternité avec cette superbe aux courbes si délicieuses. Une éternité achevée dans un bain de sang. Un acte fou, une volonté vengeresse, une barbarie sans nom, passionnée, charnelle… définitive. Il tique, serre son pouce gauche au sein de sa peau avec discrétion. Devant elle, rien ne doit le trahir. Absolument rien. Je suppose que tu n’es pas là pour te plaindre du service.

Son sourire s’étend, ses doigts tapotent le tableau avec nonchalance pendant que ses yeux s’acquièrent les siens. La confrontation forme un étrange ballet, une tempête qu’ils savent tous deux dangereuses. Il se souvient de cette menace, les mots brulent sa poitrine, son épiderme, son être. Elle le sait, il le sait. Il n’est pas le genre d’homme à rester en retrait lorsqu’on lui marche sur les pieds tout simplement parce qu’il marche sur les autres et non l’inverse. Tout simplement parce qu’il s’est laissé berné par sa comédie, s’est offert dans une marche commune, une danse à laquelle il croyait. Pour en arrivé, là, précisément à ce duel. Cette électricité attractive et dévastatrice. Je t’enverrai un mémo dans ce cas, mais tu risques de t’alléger de tout ton personnel de sécurité. Je pourrais t’en recommander puisqu’il semblerait que tes années en lézard t’ait fait perdre ton œil avisé ? Le ministre se tourne enfin complètement, lui offre ce visage détestable, complaisant, amusé, narquois. Les personnes de confiance sont d’une grande rareté, la trahison si aisée. Il sent ces lames perforer sa peau, ses convictions, son amour. Il sent ces mains l’entourer, l’agripper, le posséder. Il voit cette haine, cette colère, cette jalousie. Il voit ce désir, cet amour, cette confiance, cette nécessité. La lame détruit ce qu’ils étaient et anime ce qu’ils auraient dû être. Il soupire dans un sursaut exaspéré. Ses doigts attrapent l’alliance, la pose en équilibre et la fait tourner avant d’enfoncer ses mains dans ses poches. Et pour tout te dire, j’espérai découvrir d’autres services plus à la hauteur de tes… capacités… Il agrandit son sourire, marque sa posture, dévalise les courbes et traits qui s’offrent à lui avec une délectation qu’il aimerait répugner mais ne fait que cacher. Quoiqu’il en dise. Quoique sa main gauche exprime. Quoique que son tic puisse exposer en lui. Elle est lui. Il est elle.  Imperceptiblement et impétueusement, il la désire et parade devant elle avec un masque de condescendance, d’assurance qui joue pourtant leur étreinte passée avec passion. Une dualité vivace. Dévorante. Aurais-tu perdu d’autres talents durant ces derniers siècles ? Pour une esclave sexuelle, ce serait si dommage... non ? Il tire sur un passé qu'elle a choisi de rayer tout en assumant cette partie de son histoire, ses talents à exposer pour de nombreux hommes. N'est-elle pas redevenue à avant-hier ? Qu'importe, là encore. Il connait sa force, connait sa hargne. Qu'importe son choix, elle doit sans doute assumer. Lui se contente d'exposer une petite carte d'un jeu qu'il sait consolider bien vite. Lui, se contente de marquer les contours de son nouveau terrain de jeu.


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MessageSujet: Re: The game beggins [Mme Armstrong]   Jeu 17 Mar - 18:27


Chacun de ses traits, je les connais par cœur et même lorsqu’il ne m’offre que son dos, je suis capable de retracer dans mon esprit les lignes tant aimées de son visage. Une seconde, je ferme les paupières pour visualiser un instant du passé, un sourire sur nos lèvres apposé, bien avant que le drame ne nous cueille et nous détruise dans un coup de couteau dans la chair. Dans un clignement, je me débarrasse de cette image trop dérangeante, me contente de resserrer mes bras sur ma poitrine lorsque négligemment je m’adosse au chambranle et lui offre ce visage désintéressé et trop neutre pour exprimer ce qui court réellement sous ma peau hérissée en mille grains de frisson. Je ne peux le laisser entrevoir tout ce que sa simple présence éveille toujours en moi. Tout comme je ne peux me laisser déstabiliser. Ce serait lui donner un ascendant que je ne suis pas capable de laisser échapper. La nonchalance est encore la meilleure arme que je peux utiliser face à sa perfidie, qui ne tarde à s’exprimer, au moment même où son visage s’impose enfin à moi. Il est exactement le même. Rien n’a changé. Ni son accent par trop britannique, ni son port trop altier, ni son visage trop harmonieux à mes yeux, ni même sa prestance qui pourrait presque me faire reculer d’un pas. Presque, car c’est dans un roc que je me tiens maintenant et inébranlable, je parviens même à étirer mes lippes en un sourire trop parfait pour être remis en cause. Le tourment est intérieur et doit le rester, si je désire conserver la moindre once de crédibilité. Une réponse se forme entre les fragments de colère et peine qui se dispute mon esprit, mais elle se trouve vite cachée par une autre et puis une autre, tant et si bien que je me retrouve bientôt incapable de prononcer le moindre mot. Le temps s’écoule, prend une dimension désagréable lorsque le silence vient faire grésiller mes tympans par son importance. Prétendre physiquement que sa présence n’est guère différente de celle des autres, est aisé. Parvenir à l’exprimer à voix haute est par contre beaucoup plus ardu et je déteste cette situation. Le maître des mots est face à moi et je ne réussis pas à trouver une répartie assez incisive pour le perturber juste assez. Pour effacer ce regard narquois et l’empêcher de parader comme un maître dans cet espace qui est pourtant mien.

Mes pathétiques tentatives pour trouver une phrase percutante se meurent lorsque mes yeux viennent finalement se poser sur l’or qui tourne soudain sur le bois de mon bureau. Ses éclats me percutent avant que, dans un réflexe, je vienne poser un œil sur un tableau, qui dissimule un coffre et mon propre exemplaire d’alliance, promesse d’un passé qui semble pourtant révolu maintenant. Rapidement pourtant, je reprends le fil de la discussion et ramène mon regard dans le sien, consciente d’avoir fait une erreur en orientant mon regard par là. Indice dont il n’a pas besoin pour me pourrir la vie, délibérément offert, en une erreur, stimulée par sa présence entre ces murs. Son regard lui, se fait délibérément licencieux, cherche probablement à me mettre mal à l’aise, quand je n’éprouve qu’un désir sous jacent. Une impression se dessine au fur et à mesure des secondes, les fils d’un piège se font sentir autour de moi, à chacune de ses phrases, de ses actions. L’homme sait jouer et user de ses talents invisibles à tout œil pour obtenir ce qu’il désire. Je suis pourtant au courant de ses façons, tout comme je connais l’animal. Et c’est soudain une méfiance qui vient s’ajouter au tumulte de mes sentiments. Chaque réponse que je vais lui imposer doit être mûrement réfléchie, pour ne pas devenir une arme contre moi après. Et c’est dans une pathétique tentative de le perturber, que je finis par lancer. « Je ne dois pas être la seule à avoir perdu mes talents ! L’enfer t’aurait il plomber la langue que tu sois plus capable d’aligner une réelle ignominie ? » Ma langue claque sur mon palais dès ma phrase terminée avant qu’enfin je n’avance vers lui. Contre toute prudence, j’efface la distance entre nous et viens plaquer la bague sur le bois, en même temps que ma main. Sous ma paume, la fraîcheur de l’anneau me fait frissonner une seconde. Juste une, avant que je ne daigne relever, et le poignet, et les yeux, que je plonge dans les siens.

Nous sommes désormais si proches que nos corps s’abreuvent de la chaleur de l’autre. Dans un bruit incisif, je laisse mon autre main agripper une lame, que je glisse d’un geste vif sur son torse. Elle s’arrête juste à l’endroit de la première incision que je lui ai infligée. Cruelle réminiscence que je lui impose. « Tu aimes toujours autant parler Luke. Comme tu le vois, je ne perds toujours pas de temps à le faire ! » Ce n’est qu’un murmure tandis que ma seconde main agrippe l’alliance et l’enfile sur le doigt gauche de mon époux, en un simulacre douloureux de notre cérémonie de mariage. J’appuie légèrement sur la lame, plus pour lui faire peur qu’autre chose, mais je me rends soudain compte de mon incapacité à planter plus avant cette lame vers son cœur. Ma mâchoire se crispe soudain et dans un cri de détresse, je finis par le lâcher et m’éloigner de lui. « Quels services désires-tu chéri ! » Finalement, dans une détente que je suis loin d’éprouver, je finis par entrer dans son jeu ramène mon regard dans le sien, comme pour prétendre que rien d’important ne s’est encore déroulé !

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MessageSujet: Re: The game beggins [Mme Armstrong]   Jeu 24 Mar - 0:40

Il veut assumer la maitrise d’un jeu dont il ne connait pas totalement toutes les pièces. Il a toujours apprécié jouer mais uniquement pour gagner. Ses talents lui servant d’armes aiguisées pour parvenir à ses fins sans se mouiller, sans s’exposer, collectant les informations petit à petit, minutieusement. Mais pour elle, ce n’est pas 3 coups en avance qui vont l’aider à la maintenir à terre. Elle connait ses tours autant qu’il connait ses forces. Elle lui a prouvé sa valeur, son intelligence, sa dextérité, son implacabilité, sa hargne. Par bien des aspects, plus qu’un couple, ils ont formé une équipe. Windsor n’a jamais hésité une seconde à lui faire part du contenu de ses affaires, la confiance était née dans un simple regard et s’était confirmé au creux de ses reins. Il lui a appris à voir avec curiosité, une attention qu’elle avait déjà et qu’il n’a fait qu’affuter à travers des jeux qui n’amusaient qu’eux. Son univers était devenu un duo et lorsqu’elle a éradiqué leur symphonie commune, Windsor a bien compris que le revers serait rude, violent, dangereux. Elle le sait également, le ressent autant que lui puisque la haine nait du désir profond de leur étreinte. Des souvenirs qui sont si encrés en eux qu’il est impossible de ne pas se croire insatiable. Il n’a qu’à lâcher prise qu’une microseconde sur ce visage dont il a dessiné les contours à mainte reprise usant de toute sa colère pour le détruire et l’aimer, encore, inlassablement.  Toujours cette dualité. Et si la tempête heurtant ses sens ne fait qu’altérer brièvement sa concentration, il n’en perd pas cet acte manqué. Ce reflexe humain. Ce reflexe qu’il sait qu’elle regrette déjà. Le tableau. Que s’y cache-t-il ? Cette pièce est également énigmatique, il reconnait là toute l’ingéniosité de sa femme, encore. Tout chez elle impose un respect qui ne devrait se muer qu’en une étreinte passionnelle, une étreinte dont ils sont le secret mais surtout… une étreinte qui n’aboutira qu’à une mort. Et cette fois-ci, ce ne sera pas Windsor. A vrai, ce ne sera même pas Marie. « Je ne dois pas être la seule à avoir perdu mes talents ! L’enfer t’aurait il plomber la langue que tu sois plus capable d’aligner une réelle ignominie ? »Mordante. Piquante. Poignante. Son rictus s’anime dans un petit rire narquois. Il hausse les épaules, répond de ce regard emprunté à une période révolue, une période ne figurant même pas dans les libres d’histoire, une période orchestrant la valse d’une anonyme et d’un géant, deux illustres inconnus des connaissances historiques. Deux illustres inconnus qui auraient pu ne pas l’être, ensemble. Un autre monde, déchu. Comme il l’a été de son propre royaume pour un enfer qui aurait pourtant tant sailli aux courbes de l’assassin. Cette femme. Cet amour.

Dans un silence faisant écho au précédent, elle s’approche et le brise d’un simple geste. Comme elle a par le passé brisé leur partition. Son regard le transperce. Il pourrait reculer, pas par crainte mais par nécessité. Ce n’est plus la tempête qu’il craint c’est le calme soudain dans son esprit. Un calme olympien et perfide, malvenu dans une proximité qui ne fait qu’exprimer, dans un silence, toute la tension refoulée de ces décennies passées à distance. Windsor sent pourtant le toc arriver, ça le démange. Ce contrôle qu’il n’a plus. Cette illusion de l’homme qu’il était, qu’il veut être et se doit d’être à cet instant n’est qu’un leurre dans une réalité bien plus complexe qu’une attraction. Ils ont beau posséder une existence qui ne fait que les lier l’un à l’autre, leur histoire est l’expression même du drame shakespearien. Une existence aussi intense que destructrice et à cet instance, alors que reculer ne peut être que l’unique solution pour éviter de succomber à l’un ou l’autre de ses désirs, il n’en fait rien. Contrôle. Et le paroxysme de ce contrôle n’est en rien la domination qu’il veut et semble un instant presque capable de gagner sur elle mais bien la domination qu’il impose sur son propre rôle. Un masque d’une fragilité impassable en dehors de ses murs. Marie. Elle ne fait pas que représenter un amour passionnel, un désir perpétuel, une trahison et un assassinat. Non, elle est bien plus que cela. Elle est un tout bien plus dangereux pour l’homme qu’il est devenu et en cela, sa partie d’échec la plus intense. Celle qu’il n’aurait, au fond, jamais voulu jouer. Pourtant, elle a avancé un pion en éjectant du plateau tous les autres en un simple geste puis une multitude. Un acharnement qu’elle lui rappelle à cet instant, arme à la main contre la première blessure. Il ne peut contrôle un frisson et si le sourire n’est plus, son regard s’offre l’imperméabilité sur ce qui se trame en lui. « Tu aimes toujours autant parler Luke. Comme tu le vois, je ne perds toujours pas de temps à le faire ! » Loin du calme olympien maintenu, c’est l’ouragan qui s’étale en lui. « Luke » L’ouragan explose des barrières qu’il pensait consolider. Et d’un geste qu’il retient, manque d’attraper la lame pour se l’enfoncer lui-même. Simplement pour échapper à cette image provoquée par le désir de voir couler le sang de celle qui a fait couler le sien. Simplement pour garder le contrôle sur ce sombre personnage qu’il traine et répugne.  Il n’en fait rien, parvient à échapper à l’âpre exposition de ce qu’elle a fait de lui. Ce sauvetage il ne le doit qu’à elle, étrangement. La bague qu’elle enfonce sur son annuaire. Cette bague, cette fausse bague, qu’elle impose entre eux telle une déclaration de guerre cette fois-ci. Cette bague. Leur bague. Sa bague. Le regard du ministre s’étire un instant vers le tableau, sourit d’un pétillement probablement invisible et revient se nicher dans les prunelles de celle qu’il a tant aimée. La proximité échauffe toujours son être, corps aimanté qu’ils sont. Ils le savent tous deux, une distance se doit de s’imposer. Une nécessité pour qu’aucune explosion ne se produise. Pour qu’aucune attaque ne heurte, physiquement, l’autre. Une proximité qui fait douloureusement écho à leur dernier regard. Cette lame qui s’enfonce dans le corps de Windsor. Une fois. Deux fois. Trois fois. Combien d’autres ? Il n’en sait rien. N’a jamais voulu compter puisque le premier suffisait largement à alimenter sa haine, son désir de vengeance. La douleur des autres coups n’étaient rien après ce premier geste. Le sacrifice d’une étreinte qui fut meilleure. La fin d’une équipe. D’un amour. Enfin… la fin…. Rien n’est moins sûr. Il le sent dans ses tripes sans pourtant tolérer l’acception, tout comme sa main qui s’agite et qu’il masque dans sa veste.

Elle cri, frustrée et lâche l’arme qui rebondit aux pieds du ministre. Marie, elle, est déjà loin. Windsor, lui sent le froid de ce faux à son doigt. L’alliance le brûle dont la cause de mélange pour créer un mystère qu’il n’est pas sûr de vouloir résoudre. A quoi bon déterminer si c’est dû au simple souvenir de leur mariage allant à l’encontre de tous et de l’amour qui était accolé à cet acte ou au fait de savoir qu’il porte le faux de ce qu’ils étaient. Mystère. Pourtant, ce n’est pas la brulure qui l’arrête. Du tout. Il lève sa main, observe la bague du dos de sa main puis observe de sa paume, joue avec du pouce et étend son sourire en relevant les yeux vers elle en s’échouant dans son siège de bureau. Il s’installe. Prend ses marques. S’impose pour mieux se rendre détestable. Jouer avec sa femme. Elle aussi aime le contrôle et force est de constater que tous deux ont en face de l’autre de quoi briser leurs murailles. Il croise les mains devant lui, regarde les tiroirs et en ouvre un puis un second. « Ta mémoire défaille aussi ? Ne connais-tu pas mes gouts en matière de femmes ? » Windsor redresse alors le visage et transperce le regard de son épouse avec un regard narquois, dédaigneux et foutrement provocateur. Elle n’est pas la seule à connaitre les faiblesses de l’autre. Puisqu’après tout, il n’a jamais réellement avoué son gout pour les femmes comme une faiblesse, n’a jamais vraiment voulu le voir ainsi puisqu’à chaque fois, il n’avait d’yeux que pour elle. Marie. Perpétuellement. Chaque écartade ne faisait que le ramener vers l’amour de sa vie. La seule pour qui curiosité, risque, passion, affaire et  impulsivité pouvaient faire un cocktail des plus intenses. Un jeu mortel, certes mais dont il impute la responsabilité qu’à sa femme et sa possessivité maladive. Si faiblesse à propos des femmes il y avait, c’était sa femme qui en était détentrice, non lui.

Se redressant à son tour après avoir bousculer encore quelque peu l’organisation de sa femme, il traverse l’espace qui les sépare sans quitter son regard. Aussi énigmatique qu’il aurait pu l’être par le passé, il s’approche et offre la même proximité qu’elle leur a imposée et qu’il aurait voulu repousser. Qu’importe cette inconstance, ce risque, il veut la blesser, cueillir ce qu’il peut dès à présent et en faire l’un des files qui créera le pantin qu’elle sera bientôt. Son souffle s’approprie un épiderme dans l’arôme est aussi vif et réel qu’une brise d’été. Plus que le souvenir amer qu’il possédait toutes ces années, c’est la réalité. Brulante. Incandescente. Comment pourrais-je ne serait-ce qu’hausser le ton contre ma femme, celle que j’ai tant aimé ? L’ignominie ne peut traverser mes lèvres en ta présence… ne viens-tu pas de nous rappeler notre union, de la sceller de nouveau ? Il agite sa fausse bague. Ses prunelles quittent son regard un instant, le temps qu’il se penche davantage, effleure le cou de ce corps si parfait, tant aimé. Il murmure. J’ai fait vœux de t’aimer, te chérir et te respecter jusqu’à ce que la mort nous sépare…. Le ministre se redresse, agrippe de nouveau le regard de sa femme pendant ses mains effleurent un corps qu’il ne peut se permettre de toucher malgré l’incroyable maitrise qu’il expose à sa femme. Comme si…. Je suis sûr que ta vie de lézard t’allait à merveilles mais il semblerait qu’une forme d’éternité nous a remis sur le même chemin… faisant échouer ton… acte passionnel… Contrôle. Encore. Toujours. Il recule d’un pas, pas bien plus. Garde son regard rivé sur elle. Enfonce ses mains dans ses poches de pantalon et maque de nouveau cette dualité qui veut exprimer autant de violences et que de douceurs envers cette femme qui ne fait que ressurgir un tumulte destructeur au milieu de piste de danse.

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MessageSujet: Re: The game beggins [Mme Armstrong]   Mer 30 Mar - 16:21


Je n’ai pas terminé mon regard que je le regrette déjà. Lui, trop à l’assaut de la moindre erreur, l’a suivi et se délecte déjà de l’information. Il sait… Je cache quelque chose dans ce coffre dissimulé. Ce n’est pas que l’alliance, symbole de notre mariage, mais aussi d’autres choses, que je ne souhaite pas voir tomber entre ses doigts retors. Changer ma cachette vient de venir en haut de ma liste de choses à faire, mais je finis par prétendre ne pas m’intéresser à ce geste, cet acte manqué. Avec un peu de chance, il n’y pensera plus. C’est un espoir qui se sera pas exaucé, mais le duel à venir est trop prenant pour ne pas laisser ce détail de côté, pour l’instant. Le combat se fait plus intense, autant physiquement que psychiquement, lorsque j’ose reprendre ce geste du passé. La poignée du couteau brûle doucement ma paume, je sais que je suis incapable de recommencer. La colère de la femme bafouée n’a laissé place qu’à l’incapacité de prendre sa vie. A cause des sentiments passés, encore bien présents dans un coin de ce cœur que j’ai pris soin d’emmurer dans une cage de glace. Malheureusement fondue par d’autres sentiments, plus récents, qui sont venus heurter mon indifférence et me rendre plus faible. En général et maintenant face à lui, cet époux d’un autre temps, que je ne peux punir pour ses actes affreux, cette promesse bafouée. C’est ce qui motive mon cri rageur alors que je m’éloigne, que je lâche la lame au sol, dans une nouvelle erreur que je ne remarque même pas. Heureusement que l’homme n’est pas du genre à utiliser des outils pour imposer la douleur. Il est bien plus subtil que ça et me le montre bien rapidement. Lentement il monte sa main entre nous. L’éclat de l’or brille, me heurte et me blesse bien plus que je ne l’aurais cru. Il me renvoie l’erreur que j’ai pu connaître plus de 200 ans plus tôt. En donnant ma confiance et mon âme à cet homme sans foi ni loi, j’ai perdu une partie de moi-même, que je n’ai jamais été capable de récupérer. Et cette bague, que je revois à son doigt, est le meilleur détonateur pour une bombe que j’ai moi-même posée.

Dans une nonchalance que je lui maudis, il vient s’assoir sur mon siège et prendre ses aises sur mon bureau que je mets tant d’ardeur à ordonner. Son malin plaisir semble être de me rendre furieuse et dans son indécence, il fouille et s’impose, comme je sais si bien le faire dans mon entourage. Bien sûr qu’il est comme moi. Sans gêne et sans limites, il se permet des choses que le commun des mortels est trop poli pour faire. Ce n’est pourtant pas son attitude qui fini de me bloquer, mais bien ses quelques mots. Tout mon corps se tend, dans une optique visible de lui sauter dessus, pour lui faire avaler sa langue et stopper cet afflux de mots qui réveille une hargne et une haine que je ne me pensais plus capable de ressentir. Son regard, j’y réponds de prunelles plus noire encore et imagine mille morts et tortures pour le briser encore un peu. Juste une fois de plus. Je regrette soudain de ne plus avoir cette lame si près de son cœur. Il s’échine tant à me rendre furieuse qu’il réussira bien à ajouter une nouvelle menace sur sa vie.

Soudain il se relève. Trop concentrée sur mes ressentis et ses mots qui résonnent encore entre mes tympans, je n’ai pas remarqué son mouvement et me retrouve bientôt trop proche de lui. Si proche que je peux sentir son souffle sur ma peau. Dans une cruelle réminiscence, je sens son odeur qui m’assaille et me rend folle dans le même temps. Je voudrais reculer et revenir dans le confort relatif d’une distance entre nous. Je sais pourtant ne pas être la seule perturbée par cette proximité et dans un mouvement volontairement lascif, je laisse mes hanches onduler contre les siennes. Juste une seconde, avant que ses mots ne me stoppent dans mon élan. De nouveau je me bloque et me retrouve incapable du moindre mouvement. Lorsque mon corps est ma force, la sienne reste dans ses discours percutant et incroyablement douloureux. Et dans ses mains qui m’effleurent sans me toucher, qui me perturbent quand ses paroles auraient suffis. Son combo pourrait me mettre à terre, mes jambes tremblantes peinant à maintenir mon poids. Debout, mais dans une faiblesse évidente, je ne peux esquisser le moindre mouvement lorsqu’il recule.

Lorsque je voudrais agripper sa veste pour me maintenir à flot, je reste bloquée dans une immobilité dangereuse. Mes yeux sont toujours dans les siens, incapables de se détourner de ses prunelles dont j’ai tant rêvé. De nouveau, je me perds dans une réminiscence, dans un baiser échangé des années plus tôt, dans une étreinte que je n’ai jamais retrouvé depuis… pas même dans ses bras. Et soudain dans un sursaut, je me débloque, m’élance et attrape enfin sa veste. Mes doigts serrent le tissu, s’y agrippent et dans la continuité, je reviens à proximité et laisse enfin ma main se détendre… pour que ma paume vienne épouser ce corps que je connais si bien. Doucereuse, je finis enfin par parler, d’une voix probablement trop enrouée pour sembler indifférente. « La mort, nous a séparé ! Cette promesse n’existe plus. Pour ce que tu en à faire des promesses de toute façon. » Cette tirade se meurt dans un sourire, qui vient s’imposer sur mes lippes. Celles qui s’empressent de rejoindre leurs jumelles, dans une provocation que je ne retiens pas. Peu importe les frissons que cela réveille en moi… Tant que son roc se fissure et laisse entrer la douleur. Je peux perdre des plumes au passage, ou bien des écailles, tant que lui prend conscience qu’il ne doit plus m’approcher, plus jamais. Ma main lentement, descend et s’égare, vient titiller des points de son corps qu’elle connaît par cœur. « Je ne laisserais jamais une de mes filles t’approcher Luke ! Un homme tel que toi ne peut avoir accès qu’à la meilleure… » et dans mon murmure, je passe lentement ma langue sur ma lèvre supérieure, toujours dans un titillement qui se fait de plus en plus pressant. Je le lâche pourtant, cesse tout contact et me dirige vers le bureau pour attraper la feuille qui accompagnait la bague… « Tu es vraiment le dernier des connards Luke ! Tu oses débarquer chez moi, déposer ces deux objets dans une provocation évidente. Nous ne sommes plus mariés. Nous ne sommes plus liés par nos promesses ! Tu as rompu les tiennes il y a des années de cela et viens encore te plaindre de ton décès… Tu m’avais promis Luke ! » Et je ne parle plus des vœux que nous avons échangés… Je parle bien sûr de la seconde promesse, celle qui lui donnait une autre chance à la fidélité… Celle qui lui a valu la mort…

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MessageSujet: Re: The game beggins [Mme Armstrong]   Lun 4 Avr - 21:43

Une piste brisée, comme ces notes de musique qui s’échouent dans un vacarme aux allures d’un silence ancestrale. L’espace dans lequel ils se trouvent ne fait qu’éveiller des souvenirs communs. Une étrange douleur qui ne fait que se répandre dans ses fibres s’atrophiant à chaque mot qu’il prononce. Une réminiscence de remarque acerbe qu’il ne lui a pourtant jamais adressée. Le simple fait de cracher ce venin lui rend la morsure. Apre. Féroce. Douloureux. Le ministre y a pourtant longtemps songé, à cet instant. Il s’y est préparé, s’est assuré de cette force retrouvée. S’est assuré que ce contrôle n’est autre que la réalité, loin de l’illusion qu’il sait pourtant reconnaitre dans le miroir. Il joue son plus grand rôle face à la femme qu’il a tant aimé, tant chéri pour qui il aurait probablement tout donné et tout accepté… sauf ça. Sauf la mort. Et encore, même cela il aurait pu l’accepter. Si seulement la mort avait fait place au néant et non l’enfer. Une destination dont elle ne connait probablement rien mais pour laquelle il sait qu’elle serait ravie de l’avoir envoyé. Malgré tout l’amour passionnelle qui les avait projeté dans une danse qu’ils semblaient maitrisé à deux…. Malgré tout ce qu’elle représentait pour lui… malgré tout ce qu’il était pour elle. Malgré tout. La danse n’est qu’un leurre qui s’agite autour d’eux, les emporte et leur offre un air pourtant raréfié, oxydé. Cette pièce n’est qu’une autre arme dont elle ne se doute pas posséder. Il revoit très clairement sa nonchalance contre le cadre de la porte de son bureau. Elle gronde un mécontentement bientôt dissimulé derrière un soupire, puis un sourire et une démarche dont il connait tous les secrets et tous les sous entendus. Elle se glisse contre lui, s’assoie sur son bureau, aiguise les sens de cet homme d’affaire. Leur complicité n’a d’égale que la passion qu’ils dégagent à chacune des notes communes. Elle l’attire à elle avant que ce ne soit lui qui l’agrippe, la serre contre lui et exige une nudité qu’il connait par cœur. Oui, ce bureau éveille ce qu’ils étaient. Ensemble. Ce duo. Et cette proximité rapidement brisé n’a de cesse qu’enfoncer cette arme dans cette plaie. Son corps brûle. Incandescent face à cette âme qu’il a si vite aimée et si douloureusement détestée. Pourtant cet autre feu est présent, cette chaleur irrespirable, cette faim constante et inassouvie, cette peur de cette nouvelle éternité, de désir de vivre simplement à cauchemar, ce sang sur sa peau orchestrant la fin et le renouveau de ce qu’il n’a jamais souhaité. Un feu d’une noirceur indicible. Deux feux qui s’étalent, brûlent ce qu’ils peuvent, tentent de dominer l’autre, d’imposer une même réalité. En face, sa femme n’est pas en reste. Il la connait si bien, l’aime, la déteste, la désir, la hait. Un tumulte qui s’échoue dans leur regard respectif. Une attitude qu’ils veulent tous deux dominer sans y parvenir réellement. Une illusion qui s’octroie mutuellement dans cette valse aux allures de champs de bataille et ce n’est pas la sensation de ce bassin contre lui qui l’empêche de se cramponner à cette comédie. Non, il n’en est que plus déterminé. Un bref instant. Un unique instant.

Sa main s’agrippe à la veste du ministre, s’impose, tente de dominer ce qu’il éveille en elle. Sans succès… en apparence. Le contact sonne une parenthèse dans la coulée de sang qui s’étalent autour d’eux et se veut destructrice. Le temps s’arrête. Il capte le moindre frémissement du tissu, la moindre sensation, le moindre souffle. S’enfonce dans ce regard noirci depuis l’évocation des autres femmes. S’il peut perdre pieds c’est bien nappé dans ces prunelles, sans les connaitre, sans pouvoir lire en elles, il pourrait être assez fou pour s’accorder une balade. Une longue balade, comme la précédente. L’époux n’y fait rien, serre davantage son poing, dérive son regard sur un cou qu’il a tant aimé parcourir de ses lèvres mais dont il rêve écharper l’épiderme avec une violence qui ne lui ressemble pas. Serait-elle horrifiée de découvrir le monstre qu’il est devenu et qu’il cache dans une cage si fragile en sa présence ? Elle, créatrice du monstre. Origine de l’horreur. Démon de ses nuits, de ses jours, de sa vie et de sa mort. Elle est l’amour et la mort. Deux entités si opposées, si nécessaires. L’unique note qui les lie à cet instant mue sa violence dans un simple contact, une caresse qui pourrait bien éveiller tout ce qu’il se confond à masquer. La mort, nous a séparé ! Cette promesse n’existe plus. Pour ce que tu en à faire des promesses de toute façon. L’arme n’est pas aussi solide que la précédente mais reste bien aiguisée. Sans s’en douter, il vient de ressentir la première rayure sur un verre qu’il s’évertue à polir et solidifier. La seconde fend celui-ci en deux sans pourtant le briser, marque une dualité à la verticale sur ce fichu miroir. Elles ont gardé le même arôme, envoutantes jusqu’à l’ultime seconde de contacte. Un geste éphémère et pourtant si éternel. Son cœur se serre un instant avant d’éjecter cet afflux sanguin, ses yeux se rouvrent sur les paupières d’une femme qu’il se doit de détester alors même que cette habitude nécessaire s’enhardisse à lui vouer le même amour. Il la hait. Il la hait pour ça. Ca. Le ministre retire sa main de sa poche, laisse son geste dans le néant pendant qu’elle extirpe de ses lippes une voix mielleuse. Il la hait. L’aime. La désir. La veut morte. Je ne laisserais jamais une de mes filles t’approcher Luke ! Un homme tel que toi ne peut avoir accès qu’à la meilleure… Accordant gestes et paroles, ses doigts délicats se glissent contre lui et jouent avec un corps qu’il sait parfaitement qu’elle désire autant qu’il la désire à cet instant. Leur jeu ne peut avoir plus de règles contradictoires. Chaque pion avancé n’est qu’une arme qu’ils se retournent contre eux même s’accommodant de la douleur dans le simple espoir que l’autre souffre également. Comme si, dans ce nouveau schéma, ils ne peuvent là encore rien faire sans l’autre. Vivre à deux. Vivre tout. Souffrir. Aimer. Détester. Souffrir. Encore d’une forme comme d’une autre, le jeu en vaut la chandelle. A priori. Ce prénom dans sa bouche est aussi douloureux qu’envoutant. Encore cette dualité, féroce, insaisissable.. Indomptable. A cet instant il pourrait enrouler ses bras autour de ce corps qu’il a tant aimé, la soulever et l’emporter avec lui dans cette symphonie que leur corps réclame ou bien, projeter ces courbes contre le mur, imposer cette force contre son épiderme et serrer ce cou dont il a perpétuellement dessiné les traits. Il pourrait. Elle s’éloigne.

Tu es vraiment le dernier des connards Luke ! Tu oses débarquer chez moi, déposer ces deux objets dans une provocation évidente. Nous ne sommes plus mariés. Nous ne sommes plus liés par nos promesses ! Tu as rompu les tiennes il y a des années de cela et viens encore te plaindre de ton décès… Tu m’avais promis Luke ! Là. Une réaction immédiate. Puissante. Sans calcul, elle étale ses songes, cette colère, la rage qu’elle ne devrait pas posséder. Non, la reconnaissance devrait gravir ses prunelles, la culpabilité s’échouer dans celle du ministre. Ses hanches devraient se coller à ses jumelles uniquement pour l’aimer et non armer ce qui a fait d’eux beauté et obscurité. Elle le connait si bien. Marie. Luke. Le sang pourrait perler de ses tympans. Il se refuse de se faire appeler ainsi. Luke est mort. Elle l’a tué. Semble presque désireuse de réitéré mais qu’importe ce n’est pas sa rage qui l’inquiète. Non, c’est ce qu’elle est malgré tout. Malgré le sang qu’il sent encore sur ses mains. Malgré les coups qui le bousculent. Malgré le regard qu’elle pose sur lui. Il hausse imperceptiblement les épaules, soupire pour ne pas laisser sortir la colère qui sommeille en lui depuis bien trop longtemps. Elle n’était rien. Rien. Rien. Il se le répète, inlassablement. Une berceuse comme on en fait plus. Je t’ai promis de tout t’offrir, de te chérir, te respecter et t’aimer. A chaque mot, il s’est avancé, à présent ses lèvres sont chatouillées par la cascade de cheveux de son épouse. Il inspire, hume ce parfum qu’elle est la seule à posséder. Je t’ai tout offert, j’ai tout partagé avec toi, je t’ai offert ta liberté, une identité, une place dans un monde qui ne te voulait qu’au fond d’une cage… j’ai fait de toi celle que tu es. Je t’ai respecté, tout appris, tout exprimé et puis… Avec un doute refoulé, une hésitation écartée, ses doigts se posent sur ses épaules nues et caresses dans une respiration qu’il tente de maitriser, toute sa peau. Même ses doigts semblent gouter à sa peau, insatiable eux aussi de ce contact. Alors le visage du Ministre s’enfonce au milieu de l’amas de cheveux, inspire encore, dépose ses lèvres contre sa nuque. Aimé… je t’ai aimé… à chaque instant, chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde… Sa main s’égare contre le bassin de sa femme, s’approprie de nouveau ce corps et ouvre la cage qui bloquait ses souvenirs. Tu sens ? Un mort peut-il t’électriser ainsi ? …. Je ne suis jamais mort Mme Armstrong. Jamais. Son autre main entoure celle de sa femme, celle qui aurait dû porter la bague et d’un geste la fait basculer, la retourner pour lui faire face. Il lâche la main dans le même temps et la pousse contre le bureau sans la quitter du regard. Ses doigts s’imposent sur son corps, grimpent dans des gestes qu’elle reconnait déjà avant que l’une, la plus indomptable s’approche de son cou. La caresse ressemble tant au passé mais, lui, il le sait, l’envie n’est plus la même. Briser, c’est ce qu’il veut. Tu m’as trahi… Briser ce qu’il a tant aimé. Brisé ce qui l’a trahit. Tu as bafoué ton lot de promesses. Notre mariage n’a jamais été qu’une grande fumisterie, un amusement … une distraction que nous avons agrémenté d’autres plaisirs… Son sourire se veut détestable et y parvient grandement. Le ministre secoue alors la tête avec lenteur, appuie un peu plus sur cette gorge qu’il a si souvent parcouru. Les feux s’offrent un combat sans aucune frontière, il semblerait même qu’ils s’étendent au milieu de cette pièce, entre eux, autour d’eux, en eux. Alors dans un sursaut, il serre davantage ce qu’il a aimé et impose par-dessus ses lèvres. Son corps entier s’embrasse, s’octroie une place sur une peau qu’elle voulait laver de son nom et déverse toute la colère qu’il a contre elle dans une tumulte de gestes aussi brusques que doux. Elle pourrait tout autant le repousser que l’attirer, il n’y verrait que du feu. Trop absent. Trop présent. Trop…il ne sait pas. Le contrôle, il est loin. Il s’échappe. Son corps se sait en sursit, approuve et se délecte de chaque geste avec une passion qui les dévore tous les deux. Pourtant au milieu de cette perdition qu’il aimerait se croire dominé, la noirceur du second feu explose. D’un geste, il attrape de nouveau son cou, éloigne ses lèvres de son contact et au bout d’un autre effort, recule. Souris en passant sa langue contre ses lippes. Son rôle s’est fissuré, un instant semblant minutes mais sa maitrise est si parfaite, s’orchestre si bien que même lui oublie cette main qui tressaute dans la poche de son pantalon. Le calme avant la tempête vient de s’allonger sur un après dont il ne saurait deviner les contours. Dont il n’est pas sûr de vouloir écrire les contours. Jamais. Une frustration se camouffle en son être alors qu’il pose des yeux sûr de lui contre sa femme. Je te jure de n’aimer que toi, encore et inlassablement. Je t’ai donné mon âme une fois, je te la donne encore et te promets fidélité. Aujourd’hui tu es libre de ta décision, je ne suis ni ton maitre ni ton ami mais ton époux. Tu es libre de faire ton choix mais tu es moi et je suis toi. Nous sommes une équipe, un torrent qui s’écoule ensemble et domine le monde. Je te le jure mon amour… Tu es tout pour moi. Mot pour mot, il lui offre la même douloureuse réminiscence de cette promesse. L’attaque se veut violente mais le ministre le sait, s’il s’en souvient si bien c’est qu’il a eu milles occasions de regretter ces mots. Des paroles auxquelles il croyait, plus que tout. Il l’aimait. Elle était tout pour lui alors qu’elle n’était rien pour l’univers. Rien. Rien.

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MessageSujet: Re: The game beggins [Mme Armstrong]   Ven 22 Avr - 15:42


Dans ce baiser je me perds et en viens même à regretter la tempête que j’ai moi-même déclenché. Provocation, besoin de le perturber et briser cette image trop parfaite qu’il renvoie, ce geste ne devrait être que ça. Il me renvoi pourtant dans un passé. Si lointain qu’il ne devrait plus être qu’une vague réminiscence. La chaleur de ses lèvres contre les miennes, me fait pourtant me perdre dans ces souvenirs, que j’ai si souvent enfermés dans une partie bien sombre de mon être. Ces parties de ma vie que j’ai scellées pour ne plus jamais les sortir et qui éclatent maintenant en maintes lumières explosives. Ce sont soudain des lippes d’un autre temps que je caresse des miennes, lorsque nous étions une vraie équipe, un duo inébranlable et impossible à stopper. Lorsque nous étions les Armstrong parfaites… Bien avant que sa trahison n’ébranlent mon être et que la mort nous sépare. L’échec scintille devant moi lorsque je finis par me détacher de lui, lorsque je remarque la fébrilité qui m’agite entièrement. Le but premier étant de sortir indemne de cette rencontre, s’éloigne de plus en plus, jusqu’à ne ressembler qu’à un point dans le lointain. Je me dois maintenant de limiter les dégâts, même s’il semble évident que cette rencontre laissera des séquelles indicibles en moi. A moi de faire en sorte que des jumelles s’imposent chez lui.

Ma main s’égare et se pose sur ce corps qu’elle connaît tant. Ces lignes, elle les a parcourues pendant des années. Chaque point sensible sait être stimulé par son expertise et mes yeux restent posés sur son visage, prêts à s’imposer dans chaque brèche visible. Rien ne vient, seul l’indifférence semble répondre à mes attaques et c’est frustrée, que je finis par le contourner et m’éloigner. Incapable de m’imposer en gagnante, de gagner une manche pourtant facile, je laisse la rage et la colère prendre entièrement possession de moi. J’éclate, en mille mots qui auraient pourtant du rester cachés. Je lui offre une réaction facile à contrer. Je lui donne des munitions pour m’abattre et cette erreur renforce encore ce sentiment désagréable qui me prend entièrement. Je perds pied une demi-seconde et m’égare dans son regard, si clair… Deux autres prunelles, d’un azur parfait viennent s’y superposer avant que l’image ne s’échappe. Je ne cherche pas vraiment à comprendre et préfère me camper sur mes pieds, en attente d’une attaque qui semble si évidente maintenant. Mon corps s’est tendu et attend la suite dans une fébrilité qui ne me ressemble pas vraiment. A son image, je me pare d’un contrôle de mes émotions et de mon corps, mais ce dernier s’échappe totalement en la présence mon ancien amour. Pourtant tendue, je finis par ramener mon regard vers le mur fac à moi et tente d’ignorer sa présence si imposante non loin de moi.

C’est dans un sursaut que j’accueille sa venue près de moi et juste un peu plus, mon être se tend et doit maintenant ressembler à une planche. Ses mots s’impriment en moi, l’un après l’autre, en lettres capitales et je sens mes lèvres former un rictus colérique, en l’entendant se prétendre mari parfait. Il continue, s’enfonce dans un discours qui me débecte aussitôt. Je ne bouge pas, tente de démêler tout ce qu’il me dit, pour simplement ne pas réagir comme il s’y attend. Il me semble impossible de laisser mes émotions dicter mes actes, pas face à lui. Alors je réprime cette colère insatiable, qui s’intensifie à chaque seconde, pour conserver une neutralité que je ne me croyais pas capable de posséder. Il fini par déposer ses mains sur moi. Je les connais, les ai aimé comme le reste de sa personne, mais à cette seconde, je voudrais qu’elles brûlent pour ne pas les laisser grignoter mon âme de leur toucher. Demeurer impassible devient d’ailleurs toujours plus difficile, lorsqu’il reprend la parole, toujours plus intensément. Son discours, il le maitrise parfaitement et je me sens un instant prise au piège dans ce tourment de mots qui m’encerclent et me blessent chacun un peu plus. Et enfin, c’est son appellation qui achève de me briser. Mes yeux se ferment, incapable de retenir ce regard brisé qu’il aurait pu entrevoir lorsque dans un mouvement, il me tourne vers lui. Mes paupières sont toujours abaissées, je ne veux pas le laisser voir qu’il m’a touché. Il me faut plusieurs secondes pour reprendre contenance et enfin laisser mes prunelles plonger dans les siennes.

Enfin l’accusation… Elle tombe sur moi comme un couperet et c’est un sourire, puis un rire, qui l’accueille. Il a osé. Lui qui dans sa mansuétude, m’avait jusque là épargné d’une réelle attaque, vient soudain planter une lame virtuelle dans mon cœur. Il ose prétendre qu’il est le bafoué. Il ose se croire la victime et je ne peux qu’en rire, de peur d’en pleurer. Et finalement, il en vient à menacer, dans un geste que je n’ai même pas vu venir. Tellement loin de ce qu’il est, tellement incongru, que je perds mon souffle. Cela ne dure pas bien longtemps, mais demeure le regard surpris. Et cette main sur ma gorge alors qu’il m’embrasse à son tour. L’erreur a été commise. Je l’ai sous estimé. Je le connais pourtant et sais à quel point il peut être retors, mais dans cette partie, je me suis laissée emporter par le tumulte de ces retrouvailles jusqu’à devenir imprudente. Et ce sont ces lèvres et cette main, qui me rappellent à quel point j’ai été idiote de le laisser m’atteindre de cette façon. Toute perdue que je suis dans mes états d’âme, je ne remarque pas une seconde à quel point il peut être atteint lui aussi. Je ne prends ça que comme une défaite, lorsque nous semblons pourtant toujours à égalité dans cette lutte sans merci. Encore des mots, encore cette cruauté visible… Cette fois, je laisse échapper un long grognement de fureur, avant de sauter sur lui. Ses lèvres je les prends de nouveau, avec sauvagerie, mais ce n’est pas un baiser qui nous anime cette fois. Cruelles, mes dents viennent déchirer sa lippe et je sais que cette fois, mes dents laisseront leur trace. Son sang coule le long de mon menton, lorsque je finis par ouvrir la bouche.

« Foutu hypocrite. Sale menteur. Manipulateur de mots. Tu t’arranges toujours pour faire ressortir de tes mots ce que tu désires faire entendre. Ca ne marche pas avec moi parce que je te connais par cœur. Je t’ai trahi parce que je t’ai tué ? Faux ! Je n’ai fait que répondre à ton mensonge. » Je commence les cent pas et laisse la colère dicter mes mots. Tout ce temps, je me suis retenue, pour laisser maintenant échapper ma fureur, qui lentement vient déchirer son âme. « Je suis censée t’être reconnaissante de m’avoir tiré de mon trou ? Soit pas si stupide chéri ! Tu as été égoïste. Tu m’as sauvé, pour m’avoir pour toi uniquement. Tu m’as libéré, pour me donner confiance en toi. Tu m’as épousé, pour te faire passer pour le bon samaritain. Tu m’as appris des choses, parce que tu avais besoin de mains pour accomplir ce que tu es incapable de faire. Tu avais besoin de quelqu’un pour pallier à ton non-violence. » Tout ce que je dis maintenant, j’y crois dur comme fer. Probablement pense-t-il m’avoir fait des faveurs, mais je sais qu’il n’en est rien. C’est à lui, qu’il a rendu service, tout simplement. « Tu as raison sur un point, notre mariage n’a toujours été qu’une fumisterie, parce que tu ne lui as jamais accordé l’importance nécessaire. Tu m’as trompé. Continuellement. J’ai toujours eu besoin de t’avoir que pour moi. Seulement dans ton égoïsme, tu n’as écouté que tes bêtes instincts ! » Je m’ouvre, laisse échapper des siècles de frustration et de silence, pour l’abreuver de vérités auxquelles je crois. « La seule chose vraie dans toute notre vie, a été l’amour que nous avons éprouvé l’un pour l’autre. Mais je t’en conjure… Ne m’accuse plus jamais d’être responsable de l’échec de notre mariage. Il était mort bien avant que les lames ne viennent transpercer ta chair ! »

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MessageSujet: Re: The game beggins [Mme Armstrong]   Mar 10 Mai - 22:08

L’univers savait-il qu’elle existait ? Connaissait-il son nom ? Susurrait-il son prénom ? Dessinait-il son visage lorsqu’il était incapable de la voir ? Se languissait-il de son absence ? Espérait-il l’entendre ? Elle n’était rien pour l’univers. Tout pour lui. Il était l’homme qui l’espérait, se languissait, la dessinait, lui susurrait, la connaissait …. Il était l’homme qui avait préféré la libérer que de se leurrer dans une existence où ses courbes ne lui appartenaient pas. L’idée qu’un autre puisse se jouer d’elle. L’idée qu’un autre la brutalise. L’idée qu’un autre l’attire à lui. L’idée qu’un autre puisse agir à son encontre…. L’idée même qu’elle ne soit pas avec lui était impensable. Une impossibilité physique, temporelle voire existentielle. Comment tolérer qu’un autre caresse son épiderme, embrasse ce corps qu’il a voulu dès un simple regard ? Lui, Luke, qui n’a jamais été attiré par ces êtres infectes, ce bas du monde, ces déchets… Lui, Luke, qui ne prônait pas l’esclavage mais se jouait bien souvent des règles pour son propre profit. Lui, Luke, qui n’avait jamais désiré de peau brune. Lui, Luke, qui n’avait jamais eu à demander une telle faveur pour passer une nuit avec qui que ce soit. Elle n’était pourtant rien et cette nuit là, elle devint un astre autour duquel graviter semblait tout aussi naturel qu’être un sorcier. Son esprit, sa beauté, sa malice, sa joie, sa force, son intelligence… tout faisait d’elle une femme exceptionnelle comme si une âme s’était perdue dans un corps appartenant à une population dénuée d’intérêt. Comme si une âme s’était associée à un corps dessinant les contours d’un désir ultime, nécessaire. Elle n’était rien. Elle était devenue tout. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’une meurtrière. Une folle ayant brisée une promesse et chaque mot qui faisait d’eux, des êtes uniques. Ils étaient deux feux de forêt dépassant les bras d’eaux pour se rejoindre. Ils étaient la terre, le ciel. Aujourd’hui l’astre s’éveille la nuit pendant qu’il domine le jour. Ils se cherchent, inlassablement, ne peuvent exister sans l’autre et pourtant, son incapable d’exister ensemble. Ses prunelles provoquent autant de raz de marée qu’une lune bleutée sans pourtant effacer sa méfiance. Il le sait, il vient de commettre un irréparable, un forfait de langage. Il le sait puisque lui-même essuie les plâtres dans son être, écrase ce qui lui reste de Luke pour asseoir sa volonté. Ce n’est pas bien dur pour lui, il lui suffit de laisser revenir ses deux derniers siècles de souvenirs et la raison de ses paniques nocturnes pour raviver la haine qu’il porte à son égard. Le sang qui perle sur leur menton n’est rien qu’une piqure face à cette similarité que le ministre lit en elle. Dire qu’auparavant leur complicité faisait d’eux les meilleurs dans tous les domaines, leur vie personnelle, leur vie professionnelle… Ils se complaisaient dans une mélodie s’accordant qu’à leur simple sourire, une facilité s’étant écrasée avec lourdeur, l’épouse signant la disparition de l’époux.

« Foutu hypocrite. Sale menteur. Manipulateur de mots. Tu t’arranges toujours pour faire ressortir de tes mots ce que tu désires faire entendre. Ca ne marche pas avec moi parce que je te connais par cœur. Je t’ai trahi parce que je t’ai tué ? Faux ! Je n’ai fait que répondre à ton mensonge. » Ses propres sourcils se froncent, ses phalanges exercent une pression à peine dissimulée dans ses poches et c’est avec un effort ultime qu’il conditionne sans corps à ne pas agir. Si elle est prête à se laisser déborder par la rancœur, si elle est prête à lâcher les armes, il est loin d’y consentir. Puisque oui, même si les mots sont des balles qui tentent de percer le corps du ministre, dans les faits, à leur échelle elle ne fait qu’abaisser sa garde. Elle offre leur passé sur un plateau. S’expose. Lui, n’est prêt à rien. Il ne lâchera pas. Sa simple présence ici parle pour lui. La guerre vient d’éclater et la colère qu’elle exprime ne fait qu’attiser son désir de l’enfoncer plus bas que terre. Une volonté si ancrée en lui qu’à chacun de ses mots, son sourire ne fait que s’agrandir. Elle se brise. Marie. Ses vagues si puissantes se fracassent contre les tympans du ministre qui font barrages d’une simple danse. Il élude. Oublie. Occulte. Evite. Il évite ce qu’il est bien incapable d’entendre. Comment lui concéder ses propres torts ? Rien ne mérite la mort. Pas lui. Pas elle. Pas entre eux. La mort si elle devait sévir c’était autour d’eux et non en eux. Une règle qu’il croyait aussi vrai que l’amour qui les animait. Son épouse l’a brisé et pour ainsi dire, n’a fait qu’orchestrer sa propre défaite. Ce n’était qu’une question de temps. Et le temps, lui, s’égraine de nouveau entre eux dans un silence obscurci par l’absence de regret. Aucun d’eux ne changera de position. Borner ils le sont tous les deux. Abrupte, violent, destructeur, insaisissable, hypocrite, menteur… ils le sont tout autant. L’hymne qui les liait a-t-elle seulement réellement existé ? Comment deux êtres si similaires, si explosifs pouvaient parvenir à cohabiter ? A priori, ils ne pouvaient tout simplement pas. La passion était une batterie, l’amour l’essence, la hargne de vivre les rouages et ce qui faisait d’eux un tout … la panne. Elle croit qu’il est le seul à manier les mots pourtant les balles qu’elle tire ne font pas que l’effleurer. Elles dessinent de nouvelles marques par-dessus les lames. S’approprient un espace qu’il espérait imperméable et déposséder de toute influence de sa femme. Il était si loin de la vérité, encore un leurre de son esprit. Il est percuté, souffre en silence d’une peine indéchiffrable s’animant par les battements de cœurs qui lui rappellent à quoi il doit la vie. Ce n’est certainement pas elle. Elle ne fut pas son moteur. Plus depuis sa trahison. Elle n’a été que le réceptacle de toute sa haine, encore inlassablement. Une haine doublée d’une rancœur qu’il ne parvient pas à exprimer trop ancré dans l’absolue nécessité de dominer leur échange. Il veut croire en son renouveau. Il veut effacer les lames. Il veut effacer les derniers instants de sa première vie et tous les autres de sa seconde. Il veut éradiquer ce qui a fait de lui un monstre. Rattraper ce qu’il fut. Revenir en arrière, ne plus la rencontrer, l’achever au lieu de l’aimer. Il veut qu’elle disparaisse. Pire, il veut qu’elle souffre autant qu’elle l’a fait souffrir. Il veut qu’elle pleure, qu’elle se vide de tout espoir, de ce qui fait d’elle, celle qu’il a aimé et tant respecté. Il veut voir disparaitre cette lueur qui fait d’elle, Marie, encore et toujours, Marie. Pourquoi serait-elle encore Marie alors que lui, n’est plus Luke ? Sa croyance est tout autant obscurcie que celle du ministre et la danse qui se joue n’est qu’une pâle copie des précédentes. Les pieds se chevauchent, s’écrasent, s’enroulent, se heurtent dans cette nécessité d’accuser l’autre des torts d’un couple. Elle défend sa position, se place à son tour en victime, encore. Il pourrait grogner, laisser place à sa colère, exploser sa tête contre la table, lui prouver ce qu’il a perdu. Ce n’est pas la vie qu’elle a fait disparaitre mais l’homme, l’humain qui se cachait derrière ses prunelles. Cette part qu’il n’avait jamais concédé à abandonner même au profit de ses affaires. Elle lui a retiré ce qu’il y avait de plus beau en lui, ce qu’elle avait aimé.

A l’évocation des lames, c’est une certitude qui s’empare de lui et balaye la colère. Son sourire s’inscrire sur un visage qu’elle déteste, le même qu’il avait lorsqu’il s’apprêtait à donner le jugement final dans ses affaires. Sa tête se penche sur le côté, il se rapproche et passe une main prêt d’elle pour attrape ses vœux. Son regard se perd sur les mots couchés avant de lâcher un léger rire. Sa langue passe sur ses lèvres charcuté, goute le sang et sans s’y attendre, un spasme le heurte. Ses yeux se ferment d’un quart, sa main gauche se crispe sur le papier qu’elle froisse d’une poigne puissante. Dans la brume de son esprit, le ministre n’est plus qu’un être déchu. Il parcourt un monde qui n’a pas besoin de lui et tente de définir le verbe « vivre » là où le monde est peuplé de mort. Une belle ironie et un cruel rappel de ses exactions antérieurs. Une dure pénitence en rien mesurée face à ses actes. Puisqu’il est bien incapable de voir sa responsabilité dans les morts qu’il a causé. Le sang glisse sur ses doigts et lorsqu’il se redresse pour observer autour de lui, on lui frappe l’épaule. On le félicite. A cet instant, Luke est mort, le déchu s’octroie une place de choix, celle d’assassin. L’absence ne dure qu’une seconde pourtant son cœur a déjà volé aux éclats. Son visage s’assombrie une demi seconde avant que son désir de masquer les conséquences de sa mort prenne le dessus et impose à sa main gauche d’essuyer le sang autour de sa bouche par la relique de leur amour. Il s’autorise un sourire narquois alors même que son cœur saigne à son tour puis jette le papier au sol tel un vulgaire mouchoir. « A quoi bon conserver des reliques alors ? Tu as fait seule le choix de nous enterrer. Pervertir les raisons qui m’ont poussé à te sortir de ta niche ne changera rien à ce que tu as fait. La sentence que tu m’as infligé ne peut se faire pardonner par les jeux de langages que tu maitrises aujourd’hui. La mort n’y parviendra pas. L’amour dont tu parles ne devait être qu’un leurre pour que tu puisses briser ce que nous étions. Chéri, si nous sommes tous les deux morts, c’est de ta main. Tu as a tué notre mariage sans une hésitation. » Il observe sa femme, parcourt ses yeux, dessine ses lèvres. « Tu n’as jamais cru en nous. Jamais cru en moi. Jamais cru en mes raisons et je me suis trompé en croyant en toi. » Le ministre s’approche de nouveau, effleure les lippes de sa femme des siennes puis remonte jusqu’à son front où il dépose un baiser aux allures d’un passé commun. « Crois moi à présent, l’erreur ne sera plus faite. Aiguise tes couteaux, prépare toi parce que l’amour que je te porte encore, ne me fait plus peur. »

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MessageSujet: Re: The game beggins [Mme Armstrong]   Ven 20 Mai - 19:09


Chacun de mes mots est une lame de plus qui transperce sa chair, de cela j’en suis persuadée et pourtant, je ne peux que m’emporter, déclamer tout ce que j’ai sur le cœur, sans limite ni retenue. C’est à mon tour d’être égoïste et d’agir sans considération pour ses états d’âme. La rancœur que j’ai un jour ressenti à son égard ne s’est jamais tarie, faute d’avoir pu en parler, y remédier. Tout s’est achevé dans une cruauté et une violence inégalable. Mes sentiments se sont donc enfouis dans une part de mon âme que je me croyais incapable de révéler de nouveau. Les derniers évènements m’ont fortement affaiblie et fatalement, je me retrouve maintenant devant mon époux, en une position évidente de faiblesse. Je déteste chacune de mes paroles, qui s’entremêlent dans la colère et se révèlent être une arme parfaite pour le manipulateur de mots qu’il sait être bien trop souvent. Alors je me déteste, je le déteste tout autant et me retrouve incapable de la moindre rationalité. Et dans une complète opposition, lui semble se parer d’un calme olympien et c’est stoïque, qu’il prend toutes mes attaques. Ces réactions m’agacent d’autant plus que je me dévoile entièrement. Je lâche mes ressentiments, tous ceux des siècles passés, lorsque lui se plante dans l’indifférence. Au fond je sais… Je sais qu’il ressent, qu’il doit probablement fulminer de mes attaques, mais il n’en montre rien. En cela il est plus habile que moi et cette bataille est définitivement remportée par le brun. Je m’emporte et me dévoile, lorsque je voudrais pourtant n’être qu’un roc dans une tempête. Rien de tout cela, je ne suis que le bout de bois, ballotés par les flots et les sentiments toujours présents, que je peux avoir pour mon mari. Toujours cette fichue réminiscence, qui me perd dans le passé et me rappelle pourquoi je l’ai tant aimé.

En l’accusant d’égoïsme, je sais ne pas être tout à fait objective, puisque je l’ai été tout autant. Dans mon emportement, j’ai adhéré à chaque parcelle de sa personnalité, même son infidélité, que je lui ai maintes fois reprochée. Maintenant je l’accuse, d’être l’unique responsable de notre échec, lorsque je le suis tout autant. Je l’ai choisi, lui, avec ses qualités et ses défauts… L’un d’eux a été trop dur à supporter et cela, c’est ma propre erreur. Celle d’avoir cru pouvoir le changer. Tout comme j’ai voulu changer Calyxte, avec les conséquences désastreuses que ça a pu avoir encore une fois. Je n’apprends pas et me perds un peu plus dans mon discours. Jusqu’à finalement obtenir une réaction de sa part. C’est minime, un simple petit détail sans importance. Un simple visage qui se serre, juste une seconde. C’est assez pourtant, pour que je l’entrevoie et qu’un sourire se dessine, malgré moi, sur mon visage. Il fond, très vite, lorsque je me rends finalement compte que l’ouragan est sur le chemin. Lentement, je viens lécher le sang encore présent sur mes lèvres, pour cacher la nervosité que je peux ressentir en imaginant la suite. Mes doigts se tordent les uns contre les autres, avant qu’enfin, le son de sa voix se fasse entendre de nouveau.

Par réflexe, d’un pas je recule, pour mieux observer chaque trait de son visage, puis la chute du papier au sol. Mes yeux suivent la relique de notre serment et je reste finalement bloquée sur sa présence au sol. Chaque mot résonne comme un estoc, je prends chaque coup, sans répliquer tant je me sens mal à l’aise soudain. Ce n’est pas mon habitude d’être ainsi, aussi vulnérable, mais seul Luke peut réveiller ces sentiments si contradictoires. Et alors que son flot s’écoule, en un monologue désagréable, je me prends à éprouver aussi soudainement qu’inexplicablement, un manque. Cet homme me manque et je voudrais me blottir contre lui, retrouver notre complicité passé et me perdre dans notre amour maintes fois éprouvées. Le moment ne dure qu’un instant, avant que la réalité ne reprenne ses droits. Non. L’anglais ne me manque pas. Ce n’est qu’une cruelle impression de mon esprit en entendant ses cruelles paroles. Alors je me refrogne, je m’empêche de repartir un peu plus dans le passé, pour me concentrer sur le présent et lui. Il me renvoie la balle et je me trouve soudaine lasse, incapable de continuer à me battre dans une bagarre perdue d’avance. Tout simplement parce qu’il maîtrise bien mieux ces jeux que moi. Et pourtant, je ne peux laisser ma langue au repos. « Se renvoyer la balle est inutile Luke. Et cela me fatigue. Tu es venu ici dans une provocation évidente, probablement pour voir si j’étais capable de te tuer de nouveau. Je n’en suis visiblement pas capable… Pas tant que… notre autre lien, ne sera pas rompu. » Je bluffe, lance une nouvelle menace, sans en avoir l’air, avec un regard acéré posé sur lui, avant de reprendre de ma langue experte. « Ne remets jamais en cause l’amour que j’ai pu éprouver pour toi. Tu es une belle ordure, mais tu es mon ordure… du moins tu l’étais. Tu n’es maintenant plus rien d’autre qu’un spectre. Lance ta guerre si cela t’amuse, mais je ne suis pas intéressée. »

Cette fois, j’habille mon minois d’une moue dédaigneuse, quand à l’intérieur, un tourment se fait ressentir de plus en plus intensément. Je préfère le laisser croire qu’il va se battre contre des moulins, quand je me sais pourtant assez faible pour répondre à chacune de ses attaques. « Si tu m’aimes encore Luke. Si réellement tu m’aimes encore, alors laisse moi tranquille. Laisse moi tranquille et ne reviens jamais dans ma vie… » Cette fois je baisse les bras. Pas entièrement, mais je lui demande, gentiment, sans agressivité, une paix. Je ne peux que tester cette solution, trop facile, trop évidente, à laquelle il n’accèdera probablement pas. Tout simplement parce que je suis déjà lasse des luttes entre nous…

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MessageSujet: Re: The game beggins [Mme Armstrong]   Mar 24 Mai - 15:54

La peur. Elle consume avec lenteur mais profondeur. Elle est froide jusqu’à atteindre le point culminant, celui de la raison qu’elle éradique pour mieux laisser entrer l’obscurité, la déraison, la douleur et ce feu incandescent qui brûle par cette température glaciale poussé à l’extrême. Le ministre la connait, cette peur. Elle s’est si longtemps immiscée en lui alors que ses yeux ne faisaient que découvrir des ruines plus grandes, du sable plus sombre, des terres plus arides, du ciel plus rouge, une mort plus présente. Mourir sur terre n’est difficilement pas aussi horrible qu’on pourrait le croire. Il le sait, il l’a vécu. Sa propre femme n’ayant pu trouver une solution plus humaine, plus réfléchis. Incapable qu’elle était de contenir l’arme d’un amour dont elle devait probablement ressentir que de pâles notions. Lui, l’avait aimé et n’avait obtenu qu’un enfer duquel la mort n’est qu’un clown attendant d’abattre sa dernière lame. Une attente infiniment longue, dévastatrice que nombre ont tenté d’écourter. Luke, lui n’avait rien d’un homme capable d’abandonner et là où ses yeux ne lui confirmaient que cet unique chemin, son corps, lui, le poussa à rouler sa bosse dans un monde où il était loin d’être maitre. La peur ? Elle était là, encrée s’accommodant de la haine naissant de cet amour trop grand pour ce monde. Cette peur qui s’anime chaque soir dans les draps du ministre alors que le passé s’évertue à devenir présent. Cette peur qui n’a de cesse de lui rappeler ce que sa femme lui a fait perdre. Ce que la trahison l’a conduit à faire puis devenir. Cette peur de n’être qu’un homme bestiale. Cette peur qui s’immisce le jour, dessine les contours de celle qu’il avait tant aimée. Cette peur qui consume sa vengeance autant qu’il l’anime. La simple crainte que la haine finisse par tarir l’amour qu’il lui porte et disparaisse à son tour. La simple crainte, au contraire, qu’amour fasse de nouveau son nid, débusque la haine, assainie ses armes et l’empêche de transpercer son cœur comme elle l’a pourtant fait. Crainte qu’elle le ramène, inlassablement à cette vision du passé, à ce trou de noirceur qui s’impatiente autour de sa propre âme. De l’amour ou du démon, il se convainc que ce visage si magnifique n’est que la façade du démon de son salut. Elle est le poison. Elle est le venin. Elle est sa mort, son démon. Irrémédiablement, pourtant… « Se renvoyer la balle est inutile Luke. Et cela me fatigue. Tu es venu ici dans une provocation évidente, probablement pour voir si j’étais capable de te tuer de nouveau. Je n’en suis visiblement pas capable… Pas tant que… notre autre lien, ne sera pas rompu. » chacun de ses mots s’approprient sa chaire comme si elle n’avait appartenu qu’à eux, qu’à elle. Une douloureuse sensation qui brise son assurance en une multitude de fragments. Il s’y coupe mais se force à ressentir chaque coupure pour mieux peindre le tableau qu’il fait d’elle. Il doit être prêt. Il doit y croire puisqu’il ne peut vivre sans elle et pourtant ne peut vivre sans que son sang coule.

« Ne remets jamais en cause l’amour que j’ai pu éprouver pour toi. Tu es une belle ordure, mais tu es mon ordure… du moins tu l’étais. Tu n’es maintenant plus rien d’autre qu’un spectre. Lance ta guerre si cela t’amuse, mais je ne suis pas intéressée. » Ses cicatrices ne sont rien face au regard qu’elle lui porte. Le simple fait de ressentir au centuple ces véritables qu’il hurle fausse n’est qu’une preuve de ce qui les anime encore. Si la danse s’est arrêtée, il semble toujours exister une mélodie qui les attire jusqu’à les briser. Windsor en a conscience et c’est bien de cela dont il veut jouer. L’amour qui s’effrite en tentant de rappeler son existence ne sera bientôt plus qu’une arme. Qu’importe sa force, qu’importe sa volonté, le ministre n’en fera qu’un outil pour l’écraser comme elle l’a écrasé. Qu’importe, de l’amant, du mari, de l’ordure, du spectre, il n’en sera plus que son monstre, celui qu’elle a créé et pour lequel elle donnera son âme. « Si tu m’aimes encore Luke. Si réellement tu m’aimes encore, alors laisse-moi tranquille. Laisse-moi tranquille et ne reviens jamais dans ma vie… » Si Il n’y a pas besoin de si dans cette phrase, pas à cet emplacement. Il n’y a pas de si dans les sentiments qu’il éprouve pour elle. Il y a simplement un « si » dans sa manière de vouloir ressentir cet amour. Et les éventualités n’en sont que de plus en plus minimes pour, bientôt, ne se résumer qu’à une simple possible. Se nourrir de l’amour de Luke pour que Windsor s’en empare et s’en délecter. Écraser sa moitié ne sera que la seule voie possible. Le seul chemin pour retrouver l’homme qu’il était. Qu’il ait tort, il s’en fiche. Ceci est en réalité totalement impossible, pour lui. Il ne veut plus la voir comme la femme de sa vie quand bien même elle le soit encore, toujours. Non. Elle ne peut vivre sans lui.

Sa vie lui appartient comme sa propre mort lui appartient à elle.

Le ministre brise une énième fois les centimètres qui les séparent. Il sourit. Si Luke l’aime encore ? Bien. Très bien. S’il y a des choses indéniables, il y en a d’autres dont se jouer est évident. Secouant la tête imperceptiblement, il recule. « Ce qui se joue entre nous, ne m’amuse pas. Je fais ce qu’il est nécessaire pour vivre. Tu es l’amour. Je suis la haine. Tu as voulu être l’arme qui fait de moi la plaie, aujourd’hui les rôles vont s’inverser sauf que je veillerai à ce que l’arme ne te tue pas. Je ne veux pas survivre mais vivre et cela passe par ton souffle dans un monde où tu perdras tout. Où tu ne seras plus rien. » Son regard s’est intensifié s’animant de toute cette rage qui sommeille en lui, de toutes ces nuits passées à revivre inlassablement ce qu’il est devenu, de toute cette hargne qui palpite dans son corps et de tout cet amour qui lui a explosé en pleine face. En cet instant, en cet unique regard, il lui hurle sa colère mais aussi sa souffrance. Il hurle son errance. Il hurle sa perte. Il hurle sa détermination. Il hurle son amour. Il hurle et pourtant le silence dure, imperméable au feu qui s’enflamme dans la noirceur et la froideur de son âme. Elle est son démon. Il deviendra son monstre. D’un pas, il se détourne, écrase leur vœux et contourne le bureau avant de s’arrêter et … « Tu te leurre. C’est parce tu resteras Marie alors que Luke est mort que je ne peux te laisser. » reviens sur ses pas. Pris des réminiscences des souvenirs passés qui s’infiltrent avec une facilité déconcertant, le Mari agrippe sa femme, glisse ses doigts autour de son corps et l’embrasse. Il l’aime. Il l’aime et en a crever. Pas qu’une fois, pas qu’une simple fois. Il l’a aimé dans sa vie. Il l’a aimé dans sa mort. Il l’a aimé dans son errance. Il l’a aimé dans la mort d’autrui. Il l’a aimé alors que son être entier lui vouait haine et mépris. Il l’aime. Luke l’aime. Encore, toujours. Mais lui, celui qui a du devenir un autre pour survivre n’a pas l’intention de se laisser dominer par le passé. Quel qu’il soit. Lui ne peut accéder à sa requête. Lui, la déteste. Veut, la détester. Il veut brûler ce qu’elle a de plus cher et piétiner ce qu’il restera. Alors avec joie, il se laisse reprendre par ce désir. Embrasse son épiderme avec passion, domine une relation qui aurait dû se sceller avant même de naitre.

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MessageSujet: Re: The game beggins [Mme Armstrong]   Dim 12 Juin - 18:19


Mes mots résonnent étrangement contre les parois de mon crâne, alors que les regrets viennent effriter le peu de volonté que j’exprime encore par le langage de mon corps. Je me sens en vérité totalement vidée par la situation et la présence de mon époux entre ces murs. Les minutes passantes n’aident en rien cette fatigue mentale qui s’accumule, jusqu’à me rendre de plus en plus imprudente. Insidieuses, mes paroles continuent d’attaquer mon esprit affaibli et je ne peux que reconnaître une chose maintenant. Il gagne. Il ne peut que gagner. C’est mon maître à penser, lui qui m’a tout appris des jeux de langages. Vaincre cet homme par les mots est impossible et je ne m’en rends compte qu’à l’instant, alors que la futilité de mes propos me heurte de nouveau. Ma demande est inutile, je sais qu’il n’y accèdera pas et je ne sais pas si je veux qu’il y accède. Le revoir est difficile. S’il est aisé de l’éviter, lorsqu’il n’est plus qu’un fantôme dans ma tête et dans ma vie, cela risque de s’avérer beaucoup plus compliqué maintenant qu’une discussion a eu lieu entre nous. Certes les mots ont été durs, les cicatrices se sont ouvertes de nouveau, mais cela n’influence pas une seconde la réminiscence qui s’incruste maintenant. Douloureusement, je me force à occulter ces souvenirs qui veulent m’assaillir, pour n’afficher qu’un regard lourd de résolution. Dans une volonté évidente de ne rien laisser paraître, je me durcis encore un peu plus, lorsque mon cœur s’affole à mesure de son approche vers moi. Il s’emballe tant que le souffle me manque une seconde avant que je ne l’exhale dans un soupir qui se voudrait discret mais qui résonne étrangement chaleureux à mon oreille. Stupide corps qui s’enhardit de la présence de son semblable, qui veut retrouver celui qui le connaît le mieux. De tous ceux que j’ai pu toucher, celui là reste le plus parcouru, le plus connu, le plus aimé et je retiens à grand peine ma main, qui voudrait se déposer sur son torse, juste au dessus de son corps. Je ne peux le toucher. Pas sans perdre le peu de superbe qu’il me reste encore.

Alors je serre le poing, conserve mon bras le long de mon corps tendu et me force à ne pas reculer d’un pas. Ce n’est pourtant pas son être, si près, qui me bouscule une fois encore, mais bel et bien sa sentence qui me fait trembler par son intensité. Je ne suis pas l’amour. Et pourtant, ce qui me perturbe maintenant n’est rien face à la menace qu’il laisse planer entre nous ensuite. Un monde où je ne serais plus rien. Est-ce donc là le vrai souci dont il est question maintenant ? Il ne supporte pas mon ascension ? Ne me supporte pas d’être égale à son fantôme ? Les questions éveillent mon regard curieux et interrogateur, mais je ne laisse pas les questions franchir le cap de mes lèvres et préfère les ouvrir pour un tout autre discours. « Epargne moi tes discours larmoyants s’il te plaît. Tu es et resteras à jamais le maître des mots. Il est hors de question que je sois à l’écoute de tes belles paroles. Je ne suis plus ta fan numéro une. Loin de là. » A dessein je tais ses menaces. Je préfère me laisser le temps de les analyser avant de réagir. Beaucoup trop de mes paroles actuelles ont été mues par l’impulsivité et je ne veux pas réagir ainsi pour celles-ci. L’enjeu est beaucoup trop important pour cela. Pourtant, je me permets une légère remarque, à demi voix, plus lâchée pour ma personne que pour lui. « Me détruire ne t’aide en rien à vivre mon amour… » Le surnom m’échappe, tout comme cette constatation qui résonne trop amèrement en moi. Il ne fait que se trouver des excuses, lorsque son but semble pourtant si évident. Sa vengeance, mon époux du passé la recherche, lui qui se trouve trop aveugle pour comprendre mon leitmotiv. Je ne remarque qu’à son retour qu’il s’est éloigné précédemment et si mon corps hurle vers le sien, je voudrais pouvoir le repousser. Je n’en ai pourtant pas la force. Trop douloureusement touchée par ses mots, je ne prends conscience que trop tard de sa présence si près de moi.

De même que lui, ce sont ses mots qui me touchent soudain et alors que ses lèvres parcourent les miennes je pose ma main enfin sur lui, sur son torse, dans une vaine tentative de l’éloigner de moi. L’organe sous mes doigts fins s’agite et parle plus que sa langue. Je comprends plus de choses en laissant ma paume sur son cœur qu’en ressassant ses mots si douloureux. Mon autre main agrippe sa nuque, ma jambe glisse entre les siennes alors que mes courbes viennent enlacer les siennes dans une parfaite danse maintes fois exécutée. Je le connais par cœur. Tout comme lui me connaît. Nous ne devrions pas nous déchirer ainsi, mais l’évidence crève l’écran. Nous ne sommes plus. Il n’est plus. Je ne suis plus. Lui croit que je n’ai pas changé et je n’ai pas la force de lui prouver le contraire. Je n’ai pas la force de lui montrer à quel point la situation m’a brisé moi aussi. Je ne fais qu’effleurer dans cette rencontre, le malaise de celui qui a partagé ma vie pendant si longtemps.

Alors que nos lèvres dansent comme jamais, je trouve enfin la volonté de le repousser, juste assez pour pouvoir murmurer contre ses lippes. « Tu es face à moi Luke. Tu n’es pas mort. Tu n’es plus mort. Peu importe comment tu te fais nommer aujourd’hui. Peu importe ce que tu as vécu ou cru vivre. Tu restes cet homme cruel. Tu restes cet homme cultivé. Tu restes cet homme incroyable. Tu restes l’homme dont je suis tombée amoureuse. Tout comme tu restes celui qui m’a trahi. Ne te crois pas plus à plaindre que moi. » Avec plus de force cette fois, je le repousse, assez pour me défaire de son étreinte, assez pour fuir à l’autre bout de la pièce ainsi que pour relever le menton fièrement face à lui. « Un tel monde n’existe pas. Je ne redeviendrais jamais l’épouse prête à attendre que tu sois assez attentif à mes besoins. Je te suis désormais égale, peut être même supérieure, et cela, jamais tu ne dois en douter. » Cela résonne presque comme une menace à mon tour. Probablement en est-ce une. Cependant je ne peux pas, à cette seconde, réagir aussi décemment qu’il le faudrait. Je ne peux que foncer dans le piège qu’il a si habilement tissé. Je ne peux que revenir derrière lui pour entourer sa taille de mes bras et enfouir mon visage dans le creux de son dos. Je ne sais qui j’ai pu tromper plus tôt. Il m’a manqué. Plus que je ne saurais jamais l’avouer.

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MessageSujet: Re: The game beggins [Mme Armstrong]   Dim 17 Juil - 20:02

Ses lippes susurrent le désir tant contrôlé, tant caché des ces centaines d’années passés à haïr et aimer. Sa main droite glisse contre sa hanche, agrippe sa cuisse gauche pour l’attirer contre lui, autour de lui. Il n’a pas besoin de réfléchir. Il n’a pas besoin de connaitre ses raisons. Il n’a pas plus besoin de calculer quoique ce soit. Ca, cette danse vit en lui depuis 237ans. Neuf ans à faire d’elle ce qu’elle est devenue. Neuf ans à aimer chaque fibre de son âme et son corps, approuvant la violence dont lui-même était incapable et épousant le moindre de ses mots. Non, attirer son corps à lui n’a pas besoin de fioriture, l’intensité suffit comme depuis toujours entre eux. Leur souffle s’entremêle et lorsqu’il la pousse contre le bureau pour l’y asseoir, Luke apparait. Fort, lucide, implacable, stratège éperdument épris par sa femme. Il laisse parcourir ses lèvres contre cette nuque si délicate et descend vers sa poitrine avant d’emprisonner de nouveau celles de sa femme des siennes. La contradiction que Windsor voulait étaler, le message qu’il voulait transmettre s’échoue dans le creux des reins de son épouse. L’amour s’étend, s’étire, domine ce qui reste de leur cendre et consume les convictions du Ministre. L’homme savait pourtant ce terrain glissant, l’orgueil venait de lui faire croire en ce leurre qu’est sa force. Il semble que Marie soit bien plus encrée en lui que la haine qu’il lui voue. Une réalité qui ne fait qu’attiser une sourde colère. Se sentir stupide et impuissant n’est plus tolérable pour un homme comme lui. C’est tout bonnement impossible, pourtant la passion s’articule dans une danse qu’ils ne sont que deux à connaitre.

Une bien belle partition pour deux âmes sœurs ayant déjà scellées leur destin. « Mon Amour.. » Sa main jette les éléments du bureau n’étant pas nécessaire. « Mon Amour.. »[/color] L’autre descend la fermeture éclair de la robe pour y glisser sa main. Un frisson parcourt son échine. Marie. Marie. [i] « Mon Amour.. » Marie. Ses cheveux chatouillent le cou du ministre, une caresse qui expose ses sens, explose son cœur, brûle son âme. « Chérie, si nous sommes tous les deux morts, c’est de ta main. Tu as a tué notre mariage sans une hésitation… » Ses doigts se contractent mais sa langue continue de jouer la même mélodie. « Mon Amour… » «Je ne veux pas survivre mais vivre et cela passe par ton souffle dans un monde où tu perdras tout. Où tu ne seras plus rien. » « Mon Amour.. » Sa main caresse sa cuisse droite. « Mon Amour » Marie. Sa peau. Ses doigts. Ses courbes. Son odeur. Ses caresses. Sa présence. « C’est parce tu resteras Marie alors que Luke est mort que je ne peux te laisser. » Luke. Luke est mort. Mort. Enterré. Détruit. C’est elle, elle cette femme qu’il embrasse, qu’il aime. Elle, celle qui a tant été à ses yeux. C’est elle qui l’a brûlé. C’est elle qui l’a poussé à tuer à son tour, devenir comme elle, devenir un monstre. « Tu es face à moi Luke. Tu n’es pas mort. Tu n’es plus mort. Peu importe comment tu te fais nommer aujourd’hui. Peu importe ce que tu as vécu ou cru vivre. Tu restes cet homme cruel. Tu restes cet homme cultivé. Tu restes cet homme incroyable. Tu restes l’homme dont je suis tombée amoureuse. Tout comme tu restes celui qui m’a trahi. Ne te crois pas plus à plaindre que moi. » Leur nez se touche, leur souffle se mêle, saccadés, instables, comme eux. Comme ils l’ont toujours été. Alors elle le repousse et s’éloigne. Juste à temps. Juste au bon moment. Une seconde et ses doigts se serraient appliquée à extirper le reste de vie qui parcourt encore ses poumons. Une seconde et « survivre » serait devenu son nouveau chemin de croix. Une seconde et Marie aurait découvert ce qu’elle avait fait de lui. Une seconde et elle aurait vu la mort et le véritable sens de cruauté. A l’époque il était si loin de la cruauté. Aujourd’hui le simple fait de le déterminer ainsi rend son contrôle très instable alors son poing il le serre et le rabaisse en la voyant s’éloigner. Il soupire, mâchoire serrée. « Un tel monde n’existe pas. Je ne redeviendrais jamais l’épouse prête à attendre que tu sois assez attentif à mes besoins. Je te suis désormais égale, peut être même supérieure, et cela, jamais tu ne dois en douter. » Et là, au lieu d’entendre le défi qu’elle tente d’imposer dans cette pièce catapultée dans une temporalité qui n’existe que pour eux, il l’entend encore cette mélodie : « Mon Amour.. » Cette mélodie ayant eu l’étrange idée de s’introduire dans un présent qui ne lui appartient pas, écorchant ses doutes, brisant ses barrières. Ce passé révolu qui se nappe de velours dans une phrase qui n’a pourtant que pour objet de rappeler à l’homme qu’il n’est qu’un homme. Aujourd’hui, comme hier, comme demain. Mais c’est la place de dieu qu’il veut. Il veut redevenir le seigneur de son monde. Le sien, à elle. Marie.

Le ministre dessine déjà les traits de son visage dans son dos, ressent les sentiments qui s’échappent des bras de sa femme autour de lui, guète ce souffle contre lui. Une habitude s’impose à lui. Une habitude qu’il répugne et piétine lorsqu’il ferme les yeux. L’apaisement qu’il ressent à son tour n’est pas dû à la symbolique de l’étreinte mais à l’enterrement de Luke. Celui retrouve sa place dans sa cage, creuse lui-même les contours de sa cellule en se laissant vaincre par le discours de Windsor. Elle est la cause. Elle est l’arme. Elle était l’amour, elle devient la haine. Son poison. L’amour n’est alors qu’une distraction qui ne rend que plus amusement ce qui se joue ici. Si Luke aimerait transformer la colère par un pardon qu’il se sent presque obligé de ressentir au fond de cette cage, ce n’est certainement pas l’avis du ministre. Celui qui sort de l’enfer n’est nullement prêt d’entendre ses torts, de concevoir la réalité de sa femme mais bien d’imposer la sienne. Il va alors lui offrir un cadeau précieux : la vie. Un cadeau qu’elle lui a refusé tout en espérant que ce jour n’arrive jamais. Elle devait pourtant s’en douter, le pardon n’était pas son fort. L’erreur, il ne la cautionnait déjà pas à l’époque alors aujourd’hui… Ses doigts se superposent à leurs jumeaux, se glissent entre eux puis les serrent un instant. Le ministre les voit, ces images qui défilent. Ces sourires. Ces rires. Ces longues conversations. Ces étreintes passionnées. Ces colères. Ces ententes. Elle est là, en lui. Elle s’accroche aussi fort en extérieur mais il n’est déjà plus là. Luke est loin. Le ministre la sent, cette fenêtre ouverte au milieu des barbelés qu’elle a voulus érigé. Elle lui laisse la possibilité d’entrer. Alors simplement, il écarte les mains de sa femmes, se dégage de son étreinte avec douceur et se tourne vers elle. Son regard s’installe dans les prunelles tant aimées. L’échange est silencieux et s’il y a combat ce n’est qu’en son propre corps. Un combat dont il connait bien vite le résultat.

Il sourit. Simplement. Comme il l’aurait fait plus de 200 ans plus tôt. Comme il lui aurait offert avant de l’aimer davantage. Il sourit. Sincèrement. « Il est temps de faire ton deuil… » Le ministre se penche, embrasse sa femme et recule. D’un geste, il retire sa bague, cette fausse bague et la repose sur le bureau témoin de l’amour et de la haine, du désir et du déchainement. Réminiscence d’un passé commun, d’un choix puéril, compulsif et au final, simple retour aux premières minutes de leurs retrouvailles. Son sourire s’est alors mué imperceptiblement en ce visage de confiance font seul Marie connaissait les conséquences. Celui d’une fin proche et certainement pas celle de Windsor. « Le déni n’est que la deuxième étape … » Hochant la tête, il se détourne et traverse la porte de son bureau. Dans son dos, le passé s’étiole, éclabousse leur présent et se nappe dans un futur qui ne pourra se jouer qu’à deux. Si cette fin semble avoir marqué sa haine c’est pourtant tout l’inverse qui vient de se jouer. Il le sait et elle le sait. A cet instant, en lui montrant son dos, il vient simplement de lui offrir le répit dont elle a besoin. Il vient simplement de baisser sa garde au milieu d’une tempête pourtant féroce qu’il aurait aisément gagné. Il vient simplement d’autoriser l’ouragan à créer un match nul en préservant l’illusion du contrôle. Il le sait pourtant, ce qu’elle anime en lui est bien plus fort que tout ce qui pourrait le pousser à la détruire. L’anneau sur le bureau marque simplement la fin de ce cycle, la fin de cette temporalité qui ne se jouait qu’à deux. C’est assuré …




Le jeu commence…. Mon Amour.

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