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 Double vision from the blood we’ve shed | (rhys)

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↳ Playlist : Les anarchitectures – Autour de mois les fous - Les Infidèles - Que tout est noir, Saez ϟ Trouble, Halsey ϟ Mr . Brightside, The Killers ϟ One Last Song, Demon Hunter ϟ Ghostcity, Thomas Azier ϟ Shine, Years & Years ϟ Bad Blood, Bastille ϟ Children Of The Revolution, T. Rex ϟ Territorial Pissings, Nirvana

↳ Citation : « People should not be afraid of their governments. Governments should be afraid of their people »
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MessageSujet: Double vision from the blood we’ve shed | (rhys)   Lun 14 Mar - 21:25


 
❝ Double vision from the blood we’ve shed
You got the world on its knees. You’re taking all that you please. You want more, but you’ll get nothing from me. You’re like the burden we bear. You’re all the hate that we share. You started something that you just couldn't stop

Rien ne bouge dans la rue désertée. Quartier abandonné d’une Storyville malfamée, toutes les bâtisses encore debout ont été condamnées. Portes et fenêtres savamment camouflées derrière lattes de bois et autres matériaux visant à empêcher quiconque d’y pénétrer. Pour ceux qui savent, l’une d’entre elles reste pourtant ouverte. Asile de la débauche, maîtresse des expériences interdites, entre ses murs fatigués et fissurés, la Prohibition n’a pas sa place. Elle se heurte contre la porte toujours condamnée mais les habitués savent comment s’y faufiler. A l’image du couple qui prend possession de la chambre miteuse dans laquelle il vient d’entrer. Une fois la porte claquée, il n’y a plus d’échappatoire. Uniquement le gouffre dans le ventre et le calme plat dans la poitrine. La passion animale de l’un glisse sur le corps de l’autre. Hermétique, soumise à la volonté des mains qui s’emparent sans vergogne de sa silhouette, la rousse se fait docile. Il la pousse sur le lit, et s’empresse de venir l’écraser de tout son poids. La douceur n’existe pas dans les gestes de son partenaire. Elle n’est pour lui qu’une possession. Un objet dont il pourra disposer à sa guise pendant l’heure qui suit. Après tout, il paie pour profiter de ces charmes singuliers, pourquoi se gêner ? C’est le propre des hommes qui sollicitent ses services. De se croire en droit de trainer son corps plus bas que terre sous prétexte qu’il est à vendre. Parce qu’un être qui a décidé de ne plus s’appartenir, n’a plus le moindre orgueil. Et pas de limites non plus.

« - Putain, tu m’rends dingue ce soir. » L’aveu lâché dans un râle. Avant que les lèvres grossières ne viennent s’écraser contre leurs jumelles écarlates, le propriétaire fourrant sa langue dans la bouche de sa chose sans ménagement. Regan suffoque. Crève d’envie de quitter cette enveloppe misérable, le temps que le rustre apaise ses pitoyables pulsions. Ils sont tous pareils, des animaux dépourvus de sens commun. Comme si se montrer violent était un gage de plaisir plus intense. Les femmes que Regan côtoie sont différentes. Pour la plupart. Les mains baladeuses glissent sur les vêtements. Ecartent les cuisses sans la moindre douceur et s’empressent d’ouvrir les boutons du jean. Pour mieux se glisser sous le tissu et s’agripper à ce qu’il cache. L’homme grogne, une nouvelle fois puis revient malmener la bouche de sa partenaire. « - Tu devrais te décider à t’occuper de ça. J’connais un toubib qui ferait des miracles. » La découverte supposée gênante ne semble pas le déranger outre mesure. Il n’en devient que plus impatient. Le souffle haché et le corps tremblant d’un désir accru, puant la frustration. Sans s’annoncer, le poids mort pesant contre lui se défait. L’homme se redresse et avec une hâte qui lui donne la nausée, s’empresse de déboutonner sa chemise. « - Déshabille-toi. J’te paie pas pour reluquer tes fringues. » L’ordre claque d’une voix enraillée par la convoitise. Avec une lenteur toute calculée, suintant d’une sensualité à la limite de l’indécence et qui fait tressaillir le type, Regan se redresse. Coule avec langueur son corps svelte contre celui de son client. La bouche effleure la ligne mal-rasée de la mâchoire, volète jusqu’à l’oreille. Tandis qu’il glisse dans la ceinture du mufle, un petit emballage carré.

« - Respecte les règles si tu veux jouer. » Il le susurre tout en laissant ses dents mordre la chair. L’autre grogne une nouvelle fois, frissonne tout en hochant la tête avec dépit et râle dans sa barbe. En dernière provocation, Regan effleure du bout des doigts la grosseur à l’entrejambe de l’autre, lentement. Plongeant son regard d’émeraude dans les pupilles brumeuses. Il laisse ses lèvres caresser celles de son client, et avant qu’il n’ait le temps de s’en emparer une nouvelle fois, la rousse se retire. En silence, elle quitte la pièce pour se faufiler dans celle adjacente. Une salle de bain sale, défoncée dont seul un robinet fonctionne encore. C’est toujours le même rituel. L’instant de flottement et de solitude avant la déchéance. Celui qui lui permet de fermer son cœur et d’apposer une chape de plomb sur ses émotions. L’instant salvateur pour s’enliser dans l’insensibilité. La boite de cachets bleus que l’on dépose sur le lavabo avant de se résigner à en prendre un, afin d’offrir à son corps mort l’illusion de l’excitation. Et l’alliance que l’on retire avec toutes les précautions du monde. Regan la pose doucement sur l’étagère au-dessus du lavabo et laisse son regard s’accrocher à celui de son reflet. Sous la lumière vacillante du néon, son visage est impassible, mais le léger pli aux coins de ses lèvres témoigne des tourments qui le rongent. Mécaniquement, il entreprend de défaire les boutons de son chemisier. Des bruits de pas dans le couloir arrêtent le geste. Et le fracas d’une porte que l’on ouvre à la volée le fait sursauter. Dans la pièce d’à côté, des éclats de voix. Des ordres que l’on hurle et la voix de son client qui se perd dans des balbutiements pitoyables. L’arrivée de la milice fait s’éveiller la maison. Les occupants des chambres voisines eux-aussi sortis de leur plaisirs interdits.

L’amertume lui broie le cœur. C’est la promesse d’une belle somme d’argent qui s’envole. Prostitution, homosexualité, libertinage, travestissement… Cette seule liste lui laisse entrevoir ce qu’il va lui arriver s’il se fait prendre. Un jugement factice avec une seule sentence à la clé. La mort dans l’arène, devant les yeux brillants d’une foule d’animaux avides de sang. Abrutis par la promesse d’une justice qui n’est rien de plus qu’un meurtre déguisé derrière un mot dont le sens a été grossièrement dénaturé. Un frisson d’horreur dégringole le long de son dos. Mourir aussi stupidement. Sous le joug de la traîtrise, comme la première fois. L’insurgé ne peut s’y résoudre. Les voix continuent de faire trembler les murs, lui offrent l’occasion de quitter la pièce dans le plus grand silence. Alors qu’il s’apprête à descendre les marches fatiguées et effleurer la liberté, Regan se fige. Le geste est automatique. Le pouce qui vient caresser l’annulaire, comme il a si souvent l’habitude de le faire. Pour ne se heurter qu’à de la chair. Mortifié, il réalise que dans sa fuite, il en a oublié son alliance. De la glace recouvre sa peau, fige son cœur. Il se retourne et contemple le couloir vide, compte le nombre de pas qu’il lui faudra pour revenir se faufiler dans la salle de bain. Et le danger qu’il encourt à rebrousser chemin. Toute sa vie emprisonnée dans un simple anneau d’or. Ses plus belles années. Son âme liée à celle de Rose. L’époux déchu ne peut se résoudre à abandonner ce pilier de sa misérable existence. Alors, dans une profonde inspiration, Regan fait demi-tour et revient sur ses pas, avec la discrétion d’une ombre. Il ne fera rien pour son client. Dès l’instant où il a quitté la salle de bain, l’homme n’était plus rien à ses yeux.

_________________
❝ Naufragé dans la nuit

On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.


Dernière édition par Regan Faulkner le Dim 20 Mar - 20:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Double vision from the blood we’ve shed | (rhys)   Dim 20 Mar - 19:57

Le parquet miteux craque sous le poids de la petite troupe. La milice vient de s’engouffrer derrière les barricades de l’immeuble en ruine, longe les murs putrides. Un simulacre de discrétion pour que les débauchés ne réalisent l’arrivée de la cavalerie qu’à retardement. Juste le temps de les piéger comme des rats, sans la moindre échappatoire. Derrière les portes closes, les gémissements obscènes et les froissements de cuisses brisent le silence. La misère sexuelle qui s’étale. Il suffit de tendre l’oreille pour prendre part à la comédie grotesque. Pour entendre les râles de plaisir qu’on mime pour flatter l’ego démesuré des clients. Les soupirs chaotiques l’écœurent et broient ses nerfs. La prise de ses doigts se renforce contre la crosse de son arme. Faire semblant. Il excelle à ce petit jeu, en a peut-être même inventé les règles. Au point de parfois finir par se leurrer lui-même. Et pourtant. Depuis des semaines, le masque de glace se craquèle. Tombe en miettes. Il a bien du mal à ne pas se montrer affecté par la perte de son créateur. Le chagrin l’oppresse, torture le forcené entre ses côtes. Le cœur, stupide organe qui asservit les humains. Avec lui, on devient fou. Sans lui, on crève. La bête tapie en lui souffre, se terre, racle sauvagement les chairs. Elle ressasse en boucle les souvenirs endoloris, les moments qui n’appartiennent plus qu’au néant. Ceux qu’ils ont vécu, ceux qu’ils ont manqué, mais surtout ceux qu’ils ne vivront plus jamais. Le guet-apens offre une parfaite diversion à l’animal, et une trêve à l’homme. On ne lui demande que de se transformer en un soldat insensible, et d’exécuter mécaniquement les ordres. Assoiffé d’envies meurtrières. L’adrénaline sillonne son estomac, griffe ses viscères. Lui donne l’illusion d’une carcasse un peu moins morte. Un peu moins terne.

La meute se divise, certains chargés de bloquer les sorties et d’autres de pénétrer dans les pièces pour en déloger les pauvres occupants. Celles du bas s’ouvrent avec fracas. Dévoilent les scènes grossières, les orgies pitoyables. Les corps recouverts de sueur se divisent brutalement, interrompus de la pire manière. L’une des prostituées cherche à s’échapper, se heurte bêtement contre son torse dans la panique. L’islandais agrippe les boucles brunes, plonge ses phalanges rêches dans la chevelure emmêlée. L’odeur âcre du stupre se colle à sa peau, vrille désagréablement ses narines. Les rétines translucides toisent les courbes enjôleuses, la silhouette plantureuse qu’elle offre généreusement contre des poignées de billets verts. Il se rince l’œil sans vergogne, mais l’allure piteuse de la captive lui noue les entrailles. Elle n’a peut-être même pas la vingtaine, gamine dans la fleur de l’âge. Plus tout à fait une adolescente, mais pas encore une femme. Le milicien semble se délecter des frissons de peur qui la font affreusement trembler. Moins austère qu'il n'y parait, il se promet cependant que si elle lui donne le nom de son patron, il la laissera filer. « - Alors, on est pressée ? Où tu crois t’échapper comme ça ma jolie ? Va te rhabiller, t’auras besoin de tes fringues là où on t’emmène. » Rhys la relâche doucement, la pousse vers l’intérieur de la chambre en faisant signe à l’un de ses collègues de s’en occuper.

Les marches de l’escalier sont montées quatre à quatre alors que le rez-de-chaussée se fait évacuer. Le premier panneau de bois de l’étage s’ouvre à la volée, mais ils ne tombent que sur un imbécile seul sur le matelas décrépi. Les fesses à l’air, en train de s’affairer à recouvrir d’un morceau de latex sa répugnante virilité. Un ricanement moqueur s’extirpe de ses lèvres assassines. Le malheureux ne comprend pas ce qui lui arrive, toujours embrumé par les vapeurs enivrantes du désir. Esclave de basses pulsions. Le dépravé n’obtempère pas immédiatement aux injonctions hurlées, couine des excuses lamentables et inutiles. « - Excellente habitude de sortir couvert, on est jamais trop prudent. Tu risques déjà de choper des tiques en trainant dans le coin, autant éviter d’y rajouter des morpions, t’as raison mon gars. » Persifle t’il, jetant un regard circulaire pour trouver la partenaire de débauche de l’énergumène. Il les plaint plus qu’il ne les blâme, celles qui sont contraintes d’accueillir entre leurs reins des êtres aussi répugnants pour finir le mois. « - Arrête de te pisser dessus et remets ton froc, on a pas besoin de voir ça. Elle est où ta copine ? » Crache t’il, passablement agacé, avec toute la finesse qui le caractérise. Le type marmonne qu’il était seul, sur un ton qui ne convainc absolument personne. Son sang ne fait qu’un tour et il rompt la distance précaire, pour envoyer son poing se fracasser contre le nez du menteur. La patience et le flegme aux abonnés absents depuis l'annonce de la mort de Calyxte. Un craquement sordide lui signale qu’il est certainement parvenu à fracturer l’os. « - Et maintenant Ducon, tu veux toujours pas me dire où elle est ? Je dois viser plus bas pour te débloquer le cerveau ? » Assez apeuré pour ne pas réitérer son instant de bravoure, l’imbécile avoue qu’elle est partie à côté, supplie pour ne pas se faire arrêter. « - Je vais aller vérifier ça. » Le peacekeeper qui l’accompagne s’occupe de lui mettre les menottes pour l’embarquer, alors que le militaire s’éloigne à la recherche de la demoiselle. Il pénètre dans la salle adjacente, tombe sur une rousse de dos.

La vision le fait tiquer, comme s’il la connaissait déjà. Il cille légèrement, cherche à mettre un nom sur la posture supposée lui être étrangère. L’effluve capiteux qui chatouille l’odorat et fait tâche, au milieu de toutes les senteurs ignobles qui imprègnent les lieux. Même sans voir son visage, il se dégage d’elle une sensualité palpable, curieusement familière. Une sensation singulière qui lui noue cruellement le ventre. Ses tripes en vrac cherchent à le mettre en garde, à l'avertir du péril imminent. La fièvre le gagne petit à petit, s’insinue en lui comme un poison. Son palpitant tambourine contre sa poitrine à en faire péter les cloisons. Il s’efforce cependant de ne pas perdre son assurance de fortune, et chasse le mauvais pressentiment à coup de cynisme mal placé. « - Voici donc l’heureuse élue. Tu vas être mignonne la rouquine, et me suivre sans faire d’histoires, merci. » Son timbre est polaire, dénué de chaleur. Il pointe son colt dans sa direction. Le cliquetis mécanique de la sécurité qu’on retire tend à impressionner la criminelle pour qu’elle obéisse sans rechigner.  

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I hear my poisons in the multitude. Why was I damned a human deemed too rude? Somewhere between the madness and my mind. I live with lesions called the human kind. I wander aimlessly amongst the herd. Infesting shadows, I am undeterred. My head explodes, my soul berates.
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MessageSujet: Re: Double vision from the blood we’ve shed | (rhys)   Lun 21 Mar - 21:30


Ses pieds nus sur le plancher râpé n’émettent aucun son. Elle se faufile le long du mur à la manière d’un fantôme, reste sourde aux bruits qui résonnent dans toute la bâtisse. Masure misérable qui tremble sous les assauts d’une troupe d’intrus venue semer la pagaille. Elle tremble elle aussi. De rage et de dégoût. A l’unisson, Regan et Lyn s’insurgent. Laissent la bile caresser leur langue, alors que leurs phalanges se crispent nerveusement contre le mur servant d’appui précaire. Parce que les jambes vacillent sous le poids de la crainte et de cette adrénaline folle qui se rue dans les veines. Les réflexes du révolutionnaire brûlent de le pousser en avant. Le confronter à la menace quitte à tout perdre. La témérité en écho contre sa poitrine qui se retrouve assassinée par la raison. Si la rousse prend le risque de revenir sur ses pas, c’est uniquement pour sauver le dernier morceau de son ancienne vie. Ce bout de cœur qui le raccroche encore à un semblant de logique et d’humanité. Ses efforts pour rester neutre face à la situation sont en train de partir en fumée. A mesure que les pas la rapprochent de la salle de bain, son cœur cogne avec hargne contre sa poitrine. Elle retient son souffle, joue des phalanges pour ouvrir dans le plus grand silence la porte. Les voix lui parviennent mais elle n’entend pas grand-chose. Son client, et deux autres hommes. C’est le propre des soldats, de se séparer pour mieux faire régner la panique. Emmenés par un leader au charisme plus élevé que celui des autres furets lui servant d’escorte. Un pauvre petit pantin qui s’agite en tous sens pour se faire respecter. Elle plisse le nez de dégoût, l’ombre de la haine s’apposant sur ses traits avant qu’elle ne pousse doucement de l’épaule contre le panneau de bois pour mieux se faufiler à l’intérieur.

Elle trône, ostensiblement là où elle l’avait laissé. Son alliance qui brille d’un éclat fascinant au milieu de toute cette ruine. La beauté de l’objet d’une simplicité enfantine qui lui rappelle à quel point il est tombé bien bas. A se perdre dans une bouge du fin fond du quartier le plus sordide de la ville. A offrir son corps aux mains d’un porc, indigne de le toucher. Des frissons de répulsion lui lacèrent l’échine, la nausée le prend à la gorge et l’oblige à serrer les dents pour ne pas recracher ses pauvres entrailles dans le lavabo miteux. C’est l’ignominie de sa vie qui refait surface au plus mauvais moment. Alors qu’il croise son reflet dans le miroir craquelé et sale. Les yeux verts à l’éclat brisé, le rouge à lèvres à moitié effacé par la sauvagerie de l’autre benêt. Les traces plus sombres sur le blanc de sa gorge, là où les phalanges se sont agrippées pour mieux la soumettre. Lyn en oublie l’urgence. Se perd dans la contemplation de cette image pitoyable, la brillance de ses larmes venant illuminer ses cils au risque de faire couler le mascara. Elle s’en fiche, et dans un reniflement silencieux, elle se reprend. Attrape sans plus de fioritures son alliance qui retrouve la place qui est la sienne. Le métal contre la peau, l’ordre d’une vie chaotique rétabli, la rousse s’apprête à tirer sa révérence quand la porte dans son dos s’ouvre. Elle se fige en plein geste, son cœur accélérant plus encore sa folle cadence. Le nœud de l’appréhension lui noue la gorge, mais au-dessus de ça, c’est la voix qui vient de se glisser à ses oreilles qui lui broie la trachée de stupeur. Trop familière pour qu’elle ne la reconnaisse pas. Lentement, la rousse ferme les paupières. Et dans son ventre s’élève le feu de la haine. Viscérale, elle gratte sa peau, la déchire de ses griffes empoisonnées. La douleur d’une rancœur sordide pour ignorer ce qui caresse perfidement ses reins. Le tintement du cran de sécurité que l’on ôte fait vaciller son aplomb. Laisse des frissons d’angoisse glisser sur sa peau d’albâtre. La panique menace de la broyer. Cette sensation fourbe qui la prend aux tripes à chaque fois qu’elle se retrouve face à ces armes abjectes. Le feu de la morsure des balles sur son torse, les cicatrices qui sortent de leur sommeil pour mieux lui rappeler la fureur des lésions qu’il a subi.

L’instant de flottement s’efface dans une inspiration. L’air affluant dans les poumons pour offrir à la rouquine une nouvelle ligne de conduite. Elle recompose son masque, esquisse sur la ligne de sa bouche ce sourire singulier, les cils masquant les pupilles qui se posent sur le sol. « - Les chatons du Gouvernement venus déloger les souris de leur trou. En espérant que ce brave propriétaire les a pourvus de colliers anti-puces et des vaccins adéquats. Au cas quel cas, je pleins ces pauvres bêtes. » Elle le susurre, cynique. Sa voix, sensiblement plus délicate que le timbre habituel de Regan, se fait sensuelle. Ronronne de cette féminité qui le dévore de l’intérieur. Lentement, Lyn lève une main. En signe de soumission, comme elle l’a vu faire un nombre incalculable de fois. Se cacher derrière une simple main levée, dans l’espoir d’arrêter les balles si jamais elles venaient à ne pas apprécier la rémission du geste. Avec cette même lenteur toute calculée, la rouquine fait volte-face. Force ses mouvements à se parer de cette sensualité féline pour mieux camoufler ce qui la ronge. L’appréhension qui lui broie le ventre, le cœur au bord des lèvres. Le regard s’échine à rester ancré au sol encore un moment, avant de venir se poser sur le visage de l’homme. Le vert s’ancre aux nuances pâles. Ce gris qui pour lui se rapproche certainement d’un bleu délavé. Intense et affreusement fascinant même dénué de sa couleur véritable. Regan frissonne, sa bouche s’affaisse dans une expression de profonde contrariété le temps d’une infime fraction de seconde. La perdition effacée dans un battement de cils enjôleur.

« - Etonnant, qu’il vous ait fallu autant de temps avant de venir tout mettre à sac. Vous et votre pitoyable besoin d’exhiber vos rutilants joujoux. C’est plaisant n’est-ce pas ? Cette sensation de pouvoir, contenue dans un simple uniforme. Tout faire basculer, d’une unique balle, savamment placée… » Ses cordes vocales vibrent de chaleur, d’une lascivité qui les charme tous. Elle sait, le trouble qu’elle provoque chez les hommes. Pour l’avoir exacerbé sans même me vouloir dans les veines de son beau-père jusqu’à le pousser au pire, alors qu’il n’était encore qu’un adolescent. Insolente, elle s’avance, jusqu’à laisser ses doigts effleurer le canon de l’arme d’un geste langoureux,  affreusement suggestif. « - Et si je fais des histoires ? Qu’est-ce que tu feras ? Tu vas m’obliger à te suivre de force ? Me montrer l’étendue de ta supériorité, en parfait petit soldat que tu es ? » Les traits séduisants se froissent de dédain, le regard se faisant incendiaire. Lyn mène la danse, caresse de ses paroles amères la peau du soldat. L’écrase de tout le ressentiment que peut éprouver Regan à son égard.

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MessageSujet: Re: Double vision from the blood we’ve shed | (rhys)   Dim 27 Mar - 21:54

Empreinte d’un cynisme qui se veut acéré, la voix se fait pourtant de velours. Les intonations sont doucereuses, en parfait contraste avec le venin distillé. Empreint d’un profond ressentiment, le timbre sensuel fait frémir le milicien. Il ne lui faut pas plus de quelques secondes de stupeur pour y apposer le nom de sa traitrise la plus ignoble. Celle qui le ronge, qui le grignote insidieusement. Même altérées, transformées, les notes font écho dans sa mémoire. Les prunelles claires se plissent, détaillent la silhouette travestie par les parures féminines. D’ordinaire bien pendue, la langue interroge cette fois-ci en silence. L’instant de flottement perdure face à la silhouette sulfureuse. L’arme s’abaisse légèrement sous sa poigne tremblante, mais la menace ne s’efface pas pour autant. Tant bien que mal, l’islandais recompose son masque de fortune, rend à ses rétines leur éclat insondable. Les émotions naviguant dans ses artères doivent rester insaisissables, plus encore face à un être qu’il sait plus rétif encore que lui à l’autorité. La créature des bas-fonds se retourne, et le doute n’est plus permis. Les iris d’une mer d’acier se font engloutir par les prunelles d’émeraude, consumées par un mépris flagrant. La confiance et l’affection d’antan réduites à néant, noyées dans le carmin de l’épouse froidement fusillée. Les rétines curieuses dérivent, embrassent les courbes graciles de la prostituée. S’attardent sur la finesse des jambes. La délicatesse des hanches. L’image piteuse qu’elle renvoie, en dépit de son charisme saisissant. Il n’est qu’à moitié étonné par le changement. L’ambivalence entre les deux sexes crève les yeux depuis le début, s’impose comme une évidence. Il a toujours trouvé que cette ambiguïté latente faisait son charme, peu scrupuleux s’agissant des genres. Loin de s’enfermer dans la cage des esprits étriqués. Le mélange de deux entités supposés être diamétralement opposées ne rend le français que plus fascinant.

La rousse incendiaire s’avance, la démarche empreinte d’une lascivité désarmante. Toute la gestuelle s’inscrit dans une brûlante provocation, tend à attiser sournoisement ses sens. De prédateur, il devient presque la proie. Après autant de semaines d’abstinence, il ne peut prétendre que le manège puéril le laisse indifférent. Il n’est qu’un homme comme les autres. Stupide et malléable. Impérieux, le trouble mord ses reins, caresse son échine d’imperceptibles frissons. Le rend bien plus sensible que d’ordinaire au moindre frôlement. Le désir qu’il s’est efforcé d’étouffer lorsqu’ils étaient encore alliés gratte la surface, s’extirpe des décombres pour mieux le torturer. Mais l’insupportable insolence de la dépravée lui tord le ventre pour une autre raison, qui supplante le reste. Elle le ramène à son propre comportement, à l’immaturité dont il a fait preuve dans le bureau de Calyxte. Le reflet déformé lui éclate à la figure, entaille son palpitant de verre tranchant. L’abjecte réminiscence lui fait affreusement mal. Lui rappelle la cruauté de ce qu’il a perdu. Le chagrin qui lui broie le cœur depuis que l’abjecte sentence est tombée. Laissant un gouffre immense au creux de sa cage thoracique. Les derniers instants qu’ils ont pu partager le hantent, tapissent son palais d’effroyables regrets. Il regrette les excuses toutes faites qu’il a pu lui servir sur un plateau d’argent. La retenue qu’il s’est imposé, au lieu de renouer avec celui qu’il n’était jamais tout à fait parvenu à oublier. Ses muscles se crispent dans sa nuque, braquent ses épaules. Les ténèbres viennent ternir le sang, durcissent les sphères polaires. Les mots éclatent entre ses omoplates, le rendent plus tendu qu’il ne l’est déjà. Il se nourrit de la haine redoutable de son voisin pour ne pas flancher, chasse les élans de faiblesse parasites. « - Pas assez efficaces à ton goût ? Estime-toi déjà… heureuse. On aurait pu être encore plus lents, et débarquer lorsque vous étiez en pleine action, ton client et toi. Il était prêt à te faire ta fête d’ailleurs. T’avais besoin de te repoudrer le nez ? Ou bien une envie pressante de te faire vomir ? » Un ricanement fourbe s’extirpe des commissures de ses lèvres, relevées en un rictus moqueur. L’amusement n’est que factice.

Le soldat esquisse un pas en avant et sans prévenir, le canon du pistolet vient se loger sous le menton de l’impure. Le métal froid s’y appuie avec force, y insuffle un avertissement muet. « - Tu sais très bien ce que je ferai. T’as besoin que je te fasse un dessin Regan ? Tu tiens réellement à ce qu’on en arrive là ? M’oblige pas à employer la manière forte, aucun de nous deux n’y trouvera son compte. » Susurre t’il, sur un ton égal et glacial. Il ne compte pas sur la docilité du débauché, mais l’espère néanmoins. Un conseil articulé comme un ordre.  « - Tu crois que c’est un jeu ? T’essaie de m’aguicher pour que je te laisse partir ? Tu me prends vraiment pour un con. Je suis pas attiré par les planches à pain, et faudrait surtout virer toute la couche de crasse que t’as sur la gueule. Tu t’es maquillé dans le noir ou quoi ? » Le sarcasme est cinglant. Le foutage de tronche dans toute sa splendeur, doublé d’une ironie un brin féroce. Et d'un mensonge honteux.

Contre toute attente, le félin éloigne son colt, et ses phalanges viennent agripper fermement la mâchoire dévorée par les taches de rousseur. La tournent sur le côté, pour suivre les marques de rouge essuyées par la bouche avide du rustre. Les traces écarlates contre le cou, qui hérissent ses nerfs de colère. Son souffle se perd contre la ligne ciselée, et il finit par libérer le rouquin et réinstaurer une distance de sécurité entre leurs deux corps. Un profond soupir s’arrache de sa gorge. Il abandonne son rôle austère de militaire borné pour afficher un désarroi sincère. Même s’il n’a plus le droit de s’inquiéter pour lui, le sort de son ancien ami lui importe. « - C’est tout ce que t’as trouvé comme reconversion ? Te faire pilonner par des sales porcs dans des baraques miteuses, travesti en vulgaire putain ? Tu sais ce qui t’attend si je t’emmène avec moi ? T’as toujours été un peu inconscient mais là ça dépasse tout… Et vu le lieu de rendez-vous ou l’allure de ce type, me fais pas croire que c’est pour le fric. » Il ne donne pas cher de sa peau, s’il l’embarque avec ses collègues. Les charges sont trop nombreuses pour éviter un passage dans l’arène. Rhys n’approuve que partiellement le système, mais son existence n’est vouée à rien d’autre. Faire appliquer des lois qu’il bafoue parfois allègrement, pour oublier l’atrocité de sa condition. Le vide effrayant qui le happe chaque fois qu’il pose un pied chez lui. Qu’il se heurte à l’hostilité et à la rancœur de sa femme. Au désastre de leur vie commune. A leur incapacité à préserver leur fille, seul joyau de leur misérable existence. Prendre le temps de s’arrêter et de réfléchir à ses choix reviendrait à laisser l’édifice s’effondrer. Se briser pour ne plus être en mesure de se relever.

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MessageSujet: Re: Double vision from the blood we’ve shed | (rhys)   Jeu 31 Mar - 20:40


Elle frémit sous le poids du regard inquisiteur qui la détaille. D’une aversion sans limite, à laquelle s’entremêlent ces étranges frissons que les prunelles d’acier ont toujours su faire courir sur sa chair. Lyn reste impassible, trop habituée à être contemplé avec intérêt ou avidité, comme une simple possession qu’il est aisé de déloger de son étagère pour un peu que le prix affiché soit donné en échange. Le masque sur le visage reste de glace, mais dans les veines de la rouquine roule le feu du dégoût. Se rapprocher pour mieux se brûler les doigts. Le froid de l’arme contre la pulpe de ses phalanges fait frémir le coin de ses lèvres. Elle ravale sa peur, contrôle les vagues d’angoisse qui viennent s’écraser contre son cœur qui n’en peut déjà plus de battre avec autant de frénésie. Le ricanement la fait ciller.  Avec une fausse candeur, elle esquisse son plus joli sourire. Celui qui se dérobe et qui s’accompagne d’un infime regard vers le bas. « - Oh alors, je vais m'estimer heureuse. Remercier votre lenteur et votre merveilleuse idée de venir fourrer votre nez là où il ne faudrait pas. C'était le but, et votre petit numéro de mégalomanes à deux centimes vient de me faire perdre un bon paquet de billets... » Elle le souffle les dents serrées. Ravale la colère qui la fait frissonner. C’est sa haine envers le Gouvernement qui se fait plus virulente face à celle qu’elle peut éprouver envers l’homme qui se tient devant elle. Tout ce que la rousse vient de perdre, en même temps que ce client qu’elle ne reverra certainement jamais. Une part de son cœur n’en est que soulagée, les idées démentes du rustre auxquelles elle était contrainte de se plier ne marqueront plus sa peau. En contrepartie, c’est la promesse d’une importante rémunération régulière qui disparaît avec la paire de fesses du bonhomme. Lyn en plisse légèrement le nez d’inconfort.

Elle ne voit pas venir le pas en avant qui brise toute distance. Et un hoquet de stupeur s’échappe de ses lèvres écarlates lorsque le canon vient se poser sous son menton. La lutte s’est achevée dans ce misérable hoquet. La peur s’insinue dans les fibres de son être. Traumatisé par la cruauté des armes à feu et de ceux qui appuient sur la détente, Regan perd pied le temps de plusieurs battements de cœur erratiques. Machinalement, il relève sa main. Lentement, et son assurance se voit brisée par les tremblements qui agitent les phalanges. L’ombre de la paralysie s’affiche sur ses traits, ils se disloquent et dans les prunelles vient briller la lueur de l’effroi. Il aurait cédé à ses tourments si les sarcasmes du soldat n’étaient pas venus lui égratigner les tympans. « - Avec quoi ? Mon sang ? En éclaboussure sur le mur, pour prouver à tes supérieurs que tu maîtrises la situation ? Je ne suis pas celui qui a commencé ce jeu stupide. Et j'ai bien peur que nous en soyons déjà là. » La voix tremble, la crainte estompant légèrement les notes féminines. Sans pour autant se départir de cette langueur déroutante. L’insurgé s’y raccroche, parce qu’à côtoyer toutes les variantes de la gent masculine, il a fini par savoir que le ronronnement suave d’une voix enjôleuse est sa meilleure arme. Il s’y agrippe pour mieux masquer sa panique. « - Parce que ce n'est pas une distraction pour vous ? Je le croyais. » Venimeuse, Lyn se raidit un peu plus. Les muscles crispés sous la menace et le souffle suspendu dans sa poitrine. Le changement d’attitude du soldat la prend de court. La respiration libérée de son carcan d’appréhension, le contact de ces doigts contre sa peau lui retourne l’estomac. Exacerbe son envie de lui mordre la main jusqu’à la faire saigner. Et attise les braises nichées entre ses reins. C’est une étrange sensation qui lui réchauffe le ventre. Elle en fronce les sourcils et se plie une nouvelle fois à l’examen. Docile, la rouquine se sent frémir lorsque le souffle de son voisin vient lécher la ligne de sa mâchoire. Pour mieux chuter lorsque le contact se brise. Elle cille, à plusieurs reprises comme pour effacer les fils de cet étrange frôlement. Le changement d’attitude chez le milicien est flagrant mais elle ne le perçoit pas vraiment. Trop occupée à faire face à ce dérèglement douteux qui la laisse interdite. Les jambes menacent de flancher, l’obligent à reculer jusqu’à ce que le métal de son alliance ne bute contre la céramique du lavabo auquel elle finit par s’accrocher.

« - Non, bien sûr que non, je fais ça pour le plaisir. Evidemment que c'est pour l'argent. Je visais le poste de Président, mais le rôle étant déjà pris, j'ai dû revoir mes prétentions à la baisse. » Un haussement d’épaule accompagne le faible murmure, moqueur et cynique au possible, qui s’échappe de sa poitrine en lambeaux. Sa main libre vient s’y poser doucement tandis que ses pupilles se perdent sur le sol, devant les pieds de Rhys. Le silence en écho, comme pour faire taire le raffut de son sang qui se fracasse contre ses tempes. Elle se perd dans ses pensées, hausse un sourcil puis relève brusquement la tête pour reporter toute son attention sur Rhys. « - Pas attiré par les planches à pain, hein? Et ta belle erreur de parcours, il avait de la poitrine peut-être ? Vous êtes tous les mêmes, Rhys. Je ne suis pas stupide, le désir, l'attirance, appelle ça comme tu veux, ça se voit. Et ce que j’ai pu lire dans tes yeux... Je doute que Louiza ait eu le privilège de l'apercevoir récemment. » La tirade s’est extirpé de ses lippes dans un ronronnement suave. Sa langue claque contre son palais, et mutine, Lyn se mord la lèvre. Une nouvelle provocation venant s’ajouter au tas encore fumant de toutes celles pratiquées depuis l’entrée en scène du soldat. Les pupilles d’émeraudes s’accrochent une dernière fois à celles de glace, avant que la rouquine ne fasse volte-face. Elle se penche par-dessus le lavabo et extrait un mouchoir de la boite trônant sur le meuble bancal. La médiocrité de son reflet la fait frémir. De honte. Alors elle efface l’injure de ce rouge étiré sur sa joue à l’aide du pauvre morceau de papier. Arrange un maquillage détruit par ses tourments pour se refaire une image plus agréable à contempler. « - Ce qui m’attend si tu m’emmènes… Un procès qui n’en a plus que le nom. Une mise à mort ridicule en guise de plaidoirie. En somme une belle pitrerie devant de pauvres imbéciles. » Elle le lance entre deux démaquillages, estompe le noir sous ses cils jusqu’à esquisser un léger sourire à l’adresse de son reflet une fois le résultat satisfaisant. Le mouchoir jeté dans le lavabo, Lyn remet avec délicatesse une mèche rousse derrière son oreille. Et finit par se retourner, s’appuyant contre la céramique, le poids de son regard pendu à celui du soldat.

« - La manière forte est certainement le seul moyen que tu possèdes pour me contraindre de te suivre. Si tu as l’intention de me donner en pâture à ton Gouvernement, fais-le, je t’en prie. Nous savons tous les deux que tu adores ça. » L’esquisse d’un sourire carnassier s’appose sur les lippes, s’accompagne d’un haussement de sourcil entendu dépourvu de la moindre compassion. Et le silence revient se poser dans la piteuse salle de bain. Calme  de fortune soudain brisé par le couinement assourdissant de son nom. Lyn sursaute, se rappelant la présence de son client dans la pièce d’à côté. Des bruits de lutte, puis de pas et le temps qui se suspend à nouveau. Elle serre les dents et lentement, avec cette langueur féline, la prostituée se coule loin de son appui. Effleure du bout des pieds le carrelage miteux pour venir se glisser contre son ancien allié. « - Autrement, il est possible de trouver un arrangement. Vous oubliez ce que vous avez vu, dans votre rapport il n’y avait qu’une ruine poussiéreuse, totalement désertée. Et en échange, nous nous ferons un plaisir d’apaiser vos charmantes frustrations… » La bouche caresse la ligne de la mâchoire, posée tout contre la naissance de l’oreille. Le bout de ses phalanges volètent tout contre l’entrejambe de l’islandais. Une caresse éphémère qu’elle achève dans un soupir. Les frissons de répulsion courant sur sa peau laiteuse, et les reins qui s’échinent à la plonger dans un douloureux état d’errance.  

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MessageSujet: Re: Double vision from the blood we’ve shed | (rhys)   Lun 11 Avr - 23:01

L’écho de sa haine résonne avec une justesse terrible contre ses tempes. Il sent l’aversion démesurée de sa proie, la rancœur maladive qu’elle lui voue. Toutes les fibres de sa chair crépitent, consument l’enveloppe frêle. C’est un droit qui lui revient, un droit plus que légitime. Une réalité avec laquelle il est pourtant douloureux de composer, intimes comme ils l’ont été par le passé. Les remords s’infiltrent à l’intérieur de sa misérable carcasse à chaque souffle qu’il inspire. La toile informe aux fils mal tissés craque, les débris cognent contre les parois de son crâne. Il n’a pas besoin de demander à son ancien allié ce qui lui est arrivé, il le sait. C’est par sa faute s’il en est là, s’il se vautre dans la débauche en échange de billets verts. « - A ta place, je ne m’inquièterais pas trop pour ça. La poignée de fric que tu viens de perdre devrait vraiment être le cadet de tes soucis. » Persifle-t-il, retenant une grimace en imaginant la prostituée ployer sous les assauts fiévreux de son client. Les lubies dérangeantes qu’elle a certainement dû assouvir. Il peine à imaginer la somme d’argent qui pourrait justifier un tel sacrifice. De donner son corps à un rustre répugnant, de mimer une jouissance factice. Plutôt crever la gueule ouverte.

L’expression de terreur qui traverse les prunelles de la rouquine lui broie le cœur. En dépit de ce qu’elle peut certainement penser de lui, il n’en retire aucun mérite. Lui retirer son assurance de façade si facilement s’apparente à une vulgaire tricherie, donc il est loin d’être fier. Les pupilles impassibles se figent dans les siennes. La pâleur griffe le teint déjà livide, s’accroche aux tâches de rousseur. Un frisson glacial vient broyer son échine, piquetant ses nerfs jusqu’à la pulpe de ses doigts. Ce n’est pas pour autant qu’il éloigne la menace, qu’il se ravise. Il ne doit pas lui montrer que son état l’affecte pour la contraindre à obtempérer. Ou du moins, essayer. L’effroi du résistant l’atteint plus qu’il ne le devrait. Plus qu’il ne le voudrait. Le français belliqueux n’en perd pas sa répartie, lui fait esquisser un rictus amer. « - Par exemple. Je n’ai rien à prouver, je me contente de faire mon boulot. » Qui essaie t’il de convaincre ? Il ne trompe personne et certainement pas lui. Il a fait du zèle en devenant si proche du résistant. Il aurait dû abandonner la mission dès que les premiers soupçons avaient émergé, et même bien avant. Dès qu’il avait commencé à s’attacher plus que de raison au couple singulier, au mari en particulier. « - Ça t’arrange de nous diaboliser, mais vos méthodes n’ont rien à envier aux nôtres. » Les sévices infligés honteusement à son épouse restent gravés derrière ses rétines. Le renégat en tremble encore de colère, chaque fois qu’il y songe. La menace s’efface dans un soupir, prend les traits d’une étrange inquiétude. Il se sent ridicule de ne pas parvenir à se montrer aussi détaché qu’il le faudrait. De s’inquiéter de son sort alors qu’il est supposé le coffrer. Signer son arrêt de mort. « - Tu n’as rien trouvé qui payait mieux ? Tu ne me feras pas avaler ça, tu as forcément un autre dessein derrière la tête. » La plume affutée du journaliste a été remplacée par des manœuvres plus sournoises, mais les armes employées visent à détruire la même cible. Les puissants sur leur trône doré.

La mention de Calyxte fait rugir le carmin dans ses veines. Le cruor bouillonne comme de la lave en fusion. Subitement, le charme se rompt. Le chagrin broie la gorge, les tripes. Le douloureux sursaut de conscience heurte son myocarde comme un boomerang. La peine n’a de cesse que de revenir par vagues, de l’engloutir sous le ressac des souvenirs. Les sphères d’acier se voilent, sa mâchoire se crispe de contrariété. Il a subitement envie de mettre un terme à ces bavardages qui ne riment à rien, sinon à gagner du temps. De faire ce que le Major aurait certainement attendu de lui. Accomplir son travail correctement, sans se laisser stupidement attendrir par un dépravé notoire. L’américain n’aurait certainement pas hésité à sa place, trop exemplaire et droit pour avoir tant de scrupules. « - Non. Mais il avait des arguments autrement plus convaincants que les tiens. N’essaie pas de te comparer, tu ne lui arrive pas à la cheville. Et laisse ma femme en dehors de tes fantasmes, ça vaudra mieux. » Rugit-il, sa voix ronronnant néanmoins d’un calme assassin. Employer le passé lui fait l’effet d’un coup de poignard inséré en plein cœur. Il contient les éclats de voix qui pourraient jaillir de ses lippes, s’efforce de maitriser ses pulsions furieuses. L’islandais a horreur qu’on se mêle de sa vie conjugale, qu’on appuie impunément sur ce qui fait mal. Tellement mal. S’épancher en confidences sur son mariage chaotique afin d’obtenir la confiance du rebelle n’était qu’une terrible erreur de débutant. Il se trompe cependant. Il désire encore Louiza, même s’il n’est pas certain de toujours l’aimer. C’est lui qui la débecte, lui qu’elle n’identifie plus qu’à un vulgaire raté. Un homme pour lequel elle a gâché sa vie, qui a réduit ses rêves et ses espoirs en ruines.

Le manège devant le miroir l’amuse et l’irrite à la fois. Captivé malgré lui par le spectacle, il n’arrive pas à détacher son regard polaire de ses gestes si délicats. Le contraste avec la virilité assignée à la naissance est saisissant. Il découvre une facette qu’il se contentait auparavant de soupçonner, et dont il sous-estimait l’ampleur. « - Tu te refais une beauté pour les caméras de l’arène ? » Le ton est grinçant, cruel. Il imagine la silhouette frêle cernée par les vautours. Ne visualise qu’un bain de sang. Les formes enjôleuses en charpie, les membres et les entrailles dispersés grossièrement. La vision d’horreur le fait frémir, distrait suffisamment son attention pour qu’il se perde dans ses pensées macabres. Il manque de sursauter lorsque la créature sulfureuse se colle contre lui. Sensuelle et mesquine, elle attise les braises de ses reins avec une insolence insupportable. Son souffle suave caresse le lobe de son oreille, alors que les serpents indécents s’aventurent en terrain interdit. Les paupières se referment furtivement sur le néant, emprisonnent les iris dans les ténèbres pour ne plus voir le monstre qu’il a enfanté. Un spasme meurtrier lui déchire le ventre, tiraille le moindre de ses muscles. L’aversion viscérale qu’elle lui voue écorche son épiderme, le fait frissonner d’inconfort. Ses talents d’actrice sont bien insuffisants à masquer le dégoût impérieux qui croule sous l’opale de la peau. Qui supplante largement l’attirance d’antan. Si puissante qu'elle lui donne la nausée.

Les billes d’un bleu renversant se fondent dans les émeraudes tentatrices, en sondent les multiples nuances. Il sent que sa proposition licencieuse n’est qu’un coup de bluff, une ultime provocation à ajouter à la longue liste des précédentes. Contre toute attente, le milicien revêche décide d’entrer dans son jeu. Ses phalanges curieuses se glissent contre ses hanches, s’en approprient la courbe délicieuse. Les autres remontent contre l’abdomen, se coulent entre la naissance de seins inexistants. Viennent effleurer la jugulaire avec une douceur suspecte. Son bassin épouse le sien dans un mouvement suggestif, contraint son allié trahi à reculer. Ses lèvres mutines brûlent son cou offert, sans aller jusqu’à réellement la toucher. « - Vraiment, tu te crois si irrésistible ? » Susurre-t-il, faussement espiègle. Rapprochant plus encore le creux de ses reins de la main restée égarée trop bas. Il feint de se moquer de l’écœurement qui creuse sa propre chair tant il est virulent. Il n’a pas besoin de mots pour deviner combien il la révulse, combien elle abhorrerait s’offrir à lui. La poigne contre sa gorge se resserre, prend la forme d’un étau étouffant. La lueur malicieuse qui dansait dans ses azurs s’éteint. « - Tentative de corruption d’un milicien, de surcroit celui qui adore jeter les biches comme toi en pâture aux lions. Est-ce bien malin de rallonger la liste de tes écarts devant le juge ? J’irai pas vérifier mais regarde-toi Regan, t’es en train de faire dans ton froc à la seule idée que je te fasse honorer ta part du contrat. Que de la gueule. » Un ricanement sarcastique déchire l’air vicié, avant qu’il ne relâche subitement le délinquant. « - T’es encore plus pathétique que ton client qui bataillait tout à l’heure pour enfiler son morceau de latex. Tu me fais pitié. » Méprisant, il esquisse plusieurs pas en arrière, lui rend sa liberté précaire. « - Mais je vais saluer l’effort et te laisser virer ta perruque ridicule et procéder au ravalement complet de ta tronche. Un chef d’accusation supprimé, crois-moi c’est toujours ça de pris. Pas la peine de me remercier, c’est gratuit. » Il ne sait même pas pourquoi il l’aide, alors que le résistant ferait tout pour lui nuire s’il en avait l’occasion. Mais il ne parvient pas à entrer dans la peau du soldat froid et insensible. Pas après avoir bafoué leur amitié précieuse, pas alors qu’il ne se passe pas un jour sans que sa présence chaleureuse ne lui manque depuis. Sans qu’il ne regrette son effroyable crime. Hanté par son ignoble traitrise.

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MessageSujet: Re: Double vision from the blood we’ve shed | (rhys)   Ven 15 Avr - 20:53


Rejeter la faute sur le camp adversaire. La tactique reste la même, malgré les siècles qui s’écoulent. Le Gouvernement en horreur, le résistant s’en retrouve aveuglé par la cause qu’il défend. Elle est juste à ses yeux. Parce qu’elle s’efforce de redonner une liberté à des êtres opprimés. Et la violence n’appelle que la violence, le sang des résistants en échange de celui des traîtres. Que les méthodes se ressemblent, il s’en moque. Alors Lyn hausse doucement une épaule, faussement désinvolte. Affiche son plus joli sourire, celui qui se pare d’une candeur angélique, alors que les prunelles restent de glace. « - Les méthodes se ressemblent peut-être, mais pas leur but. » Elle le glisse du bout des lèvres, mutine. Elle sait les tourments qui ont frappés le couple. Ce que l’épouse a enduré pendant que le mari arrachait un morceau de son âme. Son cœur tout entier pour mieux le jeter aux pieds d’un manoir en ruine. Elle sait, et pour elle, ce n’est qu’un faible morceau de la justice qu’elle attend. Une souffrance trop légère en comparaison de celle qui la brise à chaque nouvelle journée. A chaque fois qu’elle se réveille dans ce lit vide. Seule. Affreusement seule. Quand Rose a été le pilier de son existence pendant plus de vingt ans. Lyn bat de cils pour assécher les larmes menaçant de s’y agripper. Elle secoue la tête, et laisse s’échapper l’ombre d’un léger rire. « - Evidemment, pour faire durer le plaisir aussi longtemps, c’est évident que ses arguments étaient convaincants. Me comparer à un brave soldat, juste bon à obéir sans réfléchir… Loin de moi cette idée. » La seule façon dont Rhys a fait mention de son ancien amant lui fait comprendre qu’il compte toujours. Que la plaie est béante dans la poitrine. Trop fraîche. Le constat l’intrigue, la pousse à se perdre plus que de raison dans les pupilles translucides. A la recherche de réponses aux questions qu’elle n’osera jamais lui poser. Alors elle se détourne. Remet de l’ordre dans une apparence trop piteuse à ses yeux. Un sourire s’appose sur ses lèvres, plus charmeur cette fois. Dans le miroir, le regard dévie vers le soldat. « - Si je dois devenir l’objet de toute les attentions, autant avoir l’air un tant soit peu présentable. » Elle s’astreint à la légèreté, mais dans sa poitrine, le cœur frappe. Martèle les côtes et distille la légère chaleur de la crainte.

Le silence en allié, la rousse revient se briser contre le soldat. Appose sa dernière carte. Elle se convainc qu’elle y arrivera, si les choses venaient à emprunter le chemin qu’elle vient de suggérer. Mais quand Rhys sort de son immobilisme, lorsque les mains viennent s’approprier ses hanches, elle frissonne. Les muscles se crispent malgré elle. L’instant de flottement perdure, avant qu’elle ne se reprenne dans un battement de cils enjôleurs. Tu te crois si irrésistible ? En guise de réponse, Lyn penche légèrement la tête, lui offre son sourire le plus magnétique, puis vient déposer la caresse d’un baiser au coin des lèvres du soldat. Prisonnières entre ses hanches et celles du soldat, les phalanges se font plus pressantes. S’accrochent doucement à l’interdit, embrassent l’empreinte d’un corps qu’elle connait déjà par cœur sans jamais l’avoir touché. La sensualité exacerbée à son plus haut degré, les traits de la rousse se parent malgré tout d’une aversion difficile à camoufler. « - Si c’est le prix à payer pour éviter de tous nous condamner, et même si la simple idée m’écœure à un point que tu ne me peux même pas imaginer, je le ferais. » Elle le lâche les dents serrées. Accablant le soldat du regard. Elle frissonne, de répulsion. D’une envie étrange. Celle qui lui broie le ventre et lui fait perdre pied. Si elle répugne à imaginer qu’une quelconque étreinte avec son ancien allié parviendrait à leur éviter l’arène, une part d’elle s’enflamme. L’embrasement des reins, la sensation singulière qui a un goût de curiosité pour le résistant. Et le feu dans le vert de ses yeux. La langue claque contre le palais, un rictus amer s’apposant sur les lèvres de la rousse. Elle secoue doucement la tête, les paupières mi-closes. « - Parce que tu es seulement capable d’en ressentir ? » Un haussement de sourcil accompagne la question. Elle n’attend pas de réponse. Son mépris lui fait mal. Parce qu’il lui rappelle ce qu’elle est devenue. Cette ombre qui se faufile pour mieux disparaître. Celle que l’on remarque pour mieux l’oublier après l’avoir souillé. La distance à nouveau apposée entre eux permet à Regan de se reconstruire. Il se cache derrière les remparts érigés à la hâte autour de son cœur et se ferme. S’oblige à ignorer tout ce qui peut gronder sous sa peau. Les tourments de sentiments contradictoires pour ne se concentrer que sur sa haine. Cette colère froide qui lui colle à la peau depuis des années.  

Elle se laisse accabler par les sarcasmes. Tout le venin qui s’échappe des paroles du soldat. Le temps d’un pitoyable battement de cœur, elle baisse les yeux. Avant de relever la tête dans une inspiration. « - Je dois bien le reconnaître, tu joues ton rôle de petit soldat obéissant bien mieux que celui du résistant modèle. Au fond, c’était évident, tu n’es qu’un pion. Tu te ranges du meilleur côté lorsqu’il est au plus haut, choisis le confort d’une vie sans encombre. » Les reproches font vibrer les cordes vocales. La voix féminine renoue lentement avec ses notes masculines. Elle se perd entre les deux mondes qui se déchirent son être, incapable de choisir quelle entité est la meilleure en cet instant. Ecartelé plus que jamais entre ces deux lui, Regan oscille dangereusement. Il s’efforce de maintenir Lyn à la surface, parce qu’elle est capable de se montrer plus mesurée que le mari déchu. « - Je pourrais être le plus innocent du monde que ça ne changerait rien. Tu crois vraiment qu’ils cherchent à savoir si les accusations sont véridiques ou non ? Du moment que la promesse de sang est là, le reste est dérisoire. C’est là le propre des puissants. » Les temps ont changés mais les tyrannies restent des tyrannies. Monarchie ou Gouvernement salvateur, tout est pareil à ses yeux. Il les déteste tout autant l’un l’autre, ceux qui pensent et ceux qui agissent en ce nom exécrable. Le coin des lèvres s’affaisse un instant alors qu’elle se perd dans ses pensées, croisant les bras contre son torse.

« - Le mépris te va si bien Rhys. » Elle le lâche dans un soupir. Sortant de son immobilisme, elle récupère la boite de pilules posée sur l’étagère avant de  quitter la pièce et de se glisser dans la chambre à présent déserte. Miteuse, le désordre qui y règne la rend encore plus misérable. La délicatesse des gestes de la prostituée s’efface peu à peu. Sans parvenir à totalement abandonner sa place. Au passage, Regan se baisse, récupère ses talons qu’il pose sur le matelas miteux avant de tomber à genoux à côté du lit. Extirpant de sous le sommier un sac noir. Une fois ouvert, il prend alors soin d’enlever les boucles rousses. Rangeant les mèches écarlates dans le sac, il passe la main dans ses cheveux, les ébouriffant plus qu’ils ne pouvaient déjà l’être. Les restants de maquillage s’effacent avec une insistance frôlant la nervosité. Les phalanges se font tremblantes alors qu’il entreprend de défaire les boutons de son chemisier, pour le fourrer dans le sac plus violemment que prévu. Les doigts agrippés à ce qui ressemble à un pull à rayures aux couleurs mal assorties, Regan se fige. Il le chiffonne, s’acharne à le rouler en boule, les yeux rivés sur son massacre. L’émeraude se fait de glace, s’allume d’une lueur assassine. Les dents se desserrent enfin après de longues minutes de silence. « - Te remercier pour quoi exactement… Pour essayer de me sauver ? Quand tu as fait de ma vie un misérable champ de ruine ? C’est de ta faute, si j’en suis là. Tu as tout détruit, tu savais que sans elle, tout allait s’effondrer. J’allais m’effondrer. Tu savais mais tu n’as rien fait. » La voix tremble, malgré ses efforts pour rester le plus hermétique possible au mal qui le dévore. « - Tu veux que je te dise ? Le seul fantasme que je peux avoir avec ta pauvre femme, c’est celui de ta mort. Qu’elle y assiste comme j’ai pu être témoin de la froide exécution de Rose. Que sa vie se démantèle pour de bon, et qu’elle se retrouve seule dans ce monde déplorable. » Lentement, l’insurgé reporte son attention sur le soldat. L’accable d’un regard qui se veut indifférent mais qui brûle d’un mélange de trop de choses contradictoires. Rose. Le simple fait d’avoir prononcé son nom lui brise le cœur. Fait briller ses pupilles de l’éclat de larmes qui refusent de s’assécher malgré les années.

« - Vous êtes méprisables, tous autant que vous êtes. » Il le crache dans un souffle. Renifle et vient presser une de ses mains contre ses paupières. L’insurgé se perd un instant dans sa cécité, lutte contre sa douleur. Elle se noue autour de sa gorge, broie son pauvre cœur et affaiblit le corps. La lassitude et la fatigue qu’il accumule se ruent dans ses veines pour mieux l’accabler. Pendant un bref instant, Regan est impuissant. Incapable de cacher l’être fragile et pitoyable qu’il est devenu. La forteresse parsemée de fissures impossible à colmater.

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MessageSujet: Re: Double vision from the blood we’ve shed | (rhys)   Dim 17 Avr - 20:28

Les lèvres fines s’étirent en un sourire qui se veut frivole, innocent, enjôleur. L’insolence de la garce lui donne envie de tailler ses joues au couteau. D’écorcher le rouge carmin pour qu’elle régurgite son propre sang, s’étouffe avec son dédain flagrant. De la gifler pour qu’elle s’effondre. Faussement impassible, il se contente de serrer les dents. D’empêcher les vagues de colère de s’écraser sur sa misérable carcasse comme sur du sable. Les tyrans ou les opprimés, aucune des deux causes ne lui sied. Profondément sceptique, il trouve des tares aux deux. La seule véritable différence repose dans le fait que les uns ne cachent pas leur soif dévorante de pouvoir, tandis que les autres la déguisent derrière des ambitions plus nobles. « - C’est de la pure hypocrisie. Vous feriez pareil, voire pire, à leur place. » Leur place. L’automatisme est présent, bien ancré. Même dans ses propos, il préfère se distinguer de ses supérieurs, alors qu’il les sert. Le métamorphe regrette de ne pas être aussi catégorique que son créateur, d’être incapable de leur obéir avec la même dévotion. L’aveuglement sans bornes qu’il était le premier à mépriser. Incapable de penser à son amant sans sentir sa gorge se serrer douloureusement, il préfère ne pas riposter. Ne pas défendre le leader qu’il admirait sans le montrer, pour éviter de se trahir davantage. De montrer à quel point sa seule mention le brise, l’affecte. Regan n’a pas besoin de le savoir, de fouiller sadiquement à l’intérieur de sa cage thoracique pour lui faire mal. Il cherche à éviter la déchirure aortique.

Les manœuvres aguicheuses de la prostituée sont une distraction salutaire. Elles chassent l’ombre de la mort qui plane, l’enlisent dans un état fiévreux. La bête s’abreuve de son souffle brûlant, s’approprie la courbure enivrante de ses hanches. Les attentions féminines se veulent agréables, mais se teintent d’un arrière-goût amer. La répulsion qu’il devine le fait frissonner à l’unisson avec elle, jette de l’huile sur le feu de ses entrailles. Le désir coupable qu’elle exacerbe avec une sensualité démesurée est infime en comparaison de la douleur qui lui martèle la poitrine. Qu’elle puisse le croire capable de s’abandonner à ses avances juste pour se vider en elle le fait se sentir encore plus minable qu’il ne l’est déjà. Il ne veut pas de son contrat. Le simple fait qu’elle puisse lui proposer de s’offrir en échange de sa liberté le révulse, recouvre ses reins de glace. « - Ton altruisme sans limites te perdra. C’est comme ça que tu me vois maintenant ? Une enflure frustrée au point de te violer pour assouvir ses pulsions ? » Si les intonations se voulaient suaves à la première réplique, elles n’ont plus que l’allure de crachats vexés lorsqu’il termine. « - Redescends un peu sur terre. Si je voulais à nouveau la tromper, ce n’est pas avec une putain des bas-fonds que je le ferais. » Le milicien y va trop fort, exagère la réalité. La rousse volcanique reste des plus séduisantes en dépit de l’autoroute qui traverse ses cuisses. Elle conserve le charisme déroutant du journaliste déchu, l’once de charme qui ne se trouve pas à tous les coins de rues. Pourtant, en cet instant, elle le débecte réellement. Presque autant qu’il peut la respecter, d’envisager de coucher avec lui pour les sauver. Elle et les créatures de petite vertu qui se pressent à Storyville comme des mouches au-dessus d’une décharge publique. « - Si ça peut te consoler et te faciliter la vie de me voir comme un monstre insensible, grand bien te fasse. » Tout n’est pas aussi blanc et noir, et il est le premier à le déplorer. Il préfèrerait n’être que le salopard cruel dont elle a hargneusement façonné le portrait. Un assassin sans scrupules, qui ne souffre pas d’ôter la vie à des femmes telles que Rose. Qui ne suffoque pas de honte en observant tout le cruor sur ses mains. L’écarlate qui ne disparait pas, jamais. Qu’importe tous les efforts pour l’effacer, gratter la chair jusqu’à se l’arracher. Il voudrait être ce qu’elle semble décrire, une brute insensible apte à abuser d’elle sur le matelas miteux pour satisfaire un appétit abject. Un être sinistre loin d’être touché par la détresse évidente de la rouquine, d’être dépassé par sa reconversion sordide. Un simple opportuniste, qui ne souffrirait pas d’avoir gâché leur amitié comme il a saccagé la moindre de ses relations passées. Tôt ou tard, il finissait toujours par détruire les liens construits et chéris. Son entente singulière avec le français n’avait pas fait exception à la règle. Une fatalité difficilement supportable.

Les critiques fusent, éraflent ses membres. Le félin ne riposte pas cette fois, il encaisse tout en la suivant dans le couloir puis dans la chambre attenante. Le vacarme à l’étage inférieur se fait plus diffus, alors que les derniers soldats embarquent les criminelles pour les emmener dans les fourgons blindés. Aux aguets, il prête attention aux éclats lointains de voix qui se répercutent contre les murs. Sans l’admettre, une part de lui redoute que ses collègues remontent. Tombent sur la criminelle en réduisant à néant ses chances de s’échapper. Le libre-arbitre qui lui permet encore de rebrousser chemin en faisant semblant de ne pas l’avoir trouvée. Fébrile, il finit par s’adosser dans l’encadrement de la porte, suit de ses rétines polaires les gestes empressés du rebelle. Les atours racoleurs disparaissent pour céder leur place à l’homme. Probablement le plus dangereux des deux entités qui se partagent son corps. Le désespoir de l’insurgé le blesse. Son ironie se dissout pour ne lui asséner que de terribles vérités. Révèle l’horreur abominable du meurtre qu’il a commis. « - Vous ne m’avez pas laissé le choix. Qu’est-ce que j’aurais dû faire ? Embrasser pleinement votre cause ? Sacrifier la vie de ma femme, que tes petits copains venaient de passer à tabac gratuitement juste avant ? Au nom de quoi ? » Persifle t’il, irascible. Le félon est impardonnable. Il reste convaincu, néanmoins, qu’aucune autre issue ne lui était accessible. Qu’il ne pouvait pas agir autrement, sous peine de perdre sa famille. C’était elles ou eux, et il n’avait pas eu à hésiter longuement avant de se décider à tirer sur la gâchette. « - Je n’ai pas voulu… J’avais pas prévu que ça serait si difficile de jouer sur les deux tableaux. Que vous me feriez autant douter, elle et toi. Mais ça commençait à se voir. J’avais accumulé trop d’erreurs, à force d’osciller entre les deux camps. J’avais encore quelque chose à perdre à l’époque, ils s’en seraient pris à Louiza et… » Le prénom de son enfant se meurt dans sa trachée, la lacère si violemment qu’il déglutit de travers. « - Et surement à Allie. » Ce n’est qu’un murmure, chargé de tout le tourment qui submerge aussitôt son palpitant. Penser à elle attachée dans sa cave le fait frémir. Visualiser ses yeux vitreux, ses traits déformés, est un supplice. L’atrocité s’enfonce dans son cerveau. L’islandais se reprend comme il le peut, se raidit pour retrouver vainement sa posture sévère et austère. « - Pour ce que ça vaut, je regrette tout ce gâchis. » Des explications qui ressemblent vaguement à des excuses. Indigestes et bancales. Elles ne lui ramèneront pas l’amour de sa vie, il le sait.

Les sphères métalliques fixent le résistant avec insistance. Ses tripes s’emmêlent, se tordent, s’enroulent sur elles-mêmes. La nausée remonte et noie sa raison sous un flot de bile et de rage. Subitement, le bourreau rompt la faible distance qui le sépare du lit, se défait de son arme de service. Il prend soin de retirer le chargeur avant de jeter les deux morceaux du pistolet sur les draps. Son portable, privilège des matons du Gouvernement, rejoint la pile juste en face de son compagnon d’infortune. « - Fais-le. Si tu y tiens tant. Tire-moi dessus et appelle mon épouse pour qu’elle vienne admirer le spectacle si ça peut te soulager. Ta vengeance, tu l’attends depuis des années. » Une lueur masochiste incendie les iris farouches alors qu'il provoque ouvertement les nerfs en lambeaux. C’est un coup de bluff, un moyen prétentieux d’en finir avec ses menaces incisives. De remporter le duel acéré. Mais derrière les nuances impétueuses, se dissimule en filigrane la crainte. Celle que son ennemi ne saisisse pas cette opportunité inestimable de le réduire définitivement au silence. Qu’il l’épargne encore, lui impose le pire des calvaires. Survivre un jour supplémentaire à la perte effroyable de sa fille. Continuer à ramper le long des steppes glacées en attendant de pouvoir se jeter dans les flammes des géhennes. C’est pour cette raison qu’il doute qu’il obtempère. En dépit des apparences, il ne fait pas l’erreur de le sous-estimer. Il n’abrégera pas les souffrances de l’animal mutilé. Pas comme ça, pas de manière bâclée.

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MessageSujet: Re: Double vision from the blood we’ve shed | (rhys)   Lun 18 Avr - 22:04


Il la blesse plus qu’il ne peut l’imaginer. Brise son bel aplomb pour ne laisser qu’un tas de cendres derrière les sourires et les regards enjôleurs. Lyn se défait doucement sous les paroles du soldat. Ses blessures les plus intimes s’ouvrent à nouveau face à la violence de certains mots. « - Je ne sais plus comment te voir. Tu ne serais pas le premier à te comporter de la sorte. Mais tu as raison, tu as plus... D'honneur que ça. » Elle le murmure avec amertume, le regard se faisant fuyant pour cacher sa honte. La rousse a appris à vivre avec ces éraflures. La souillure laissée au creux de son âme par les reins de son beau-père, comprimée par ce besoin latent de ne rien ressentir. Même si elle s’efforce de conserver son flegme, elle tremble à l’idée que le soldat puisse se montrer aussi détestable que la plupart des hommes qu’elle croise. Parce qu’une part d’elle s’échine à le considérer comme un être à part. Malgré ce qu’il a pu faire, ce meurtre indigne qui à ses yeux surpasse le viol de sa pauvre chair. Elle s’éclipse pour dissimuler la blessure. Cette discussion qui prend une tournure bien trop douloureuse à son goût. Lyn abandonne la lutte, cède sa place au vrai propriétaire de ce corps brisé. Il est pourtant incapable de choisir son camp. L’obscur ou la lumière, la haine ou la tristesse. L’ensemble se brise contre les fibres de son cœur, caresse la peau. Distille dans les veines un étrange mélange qui le met au supplice. Il se moque éperdument de ce qui a pu arriver à Louiza. Il n’y a aucun regret. Ni pour ça, ni pour l’état dans lequel se trouve la petite Allie. Il se persuade que ce n’est là qu’un morceau de la justice qu’il attend. Un faible écho de ce qu’il éprouve encore aujourd’hui. Il s’en persuade parce qu’une part de lui est restée attachée à cette petite. Ce reflet de la fille qu’ils ont perdu. De cet enfant qu’il n’a pas su offrir à sa femme. « - Ce n'est pas à moi de te dire ce que tu aurais dû faire. La seule chose à laquelle il aurait été utile de songer, c'est choisir ton camp dès le début. » Les yeux accrochés à son pauvre pull, le chagrin fait vibrer sa voix. Il s’efforce d’esquisser une ombre de sourire, le même que celui de Lyn, celui qui apparaît un bref instant pour mieux disparaître dans un souffle. Les paroles le laissent perplexe. Il a l’impression que l’islandais est en train de se perdre dans des excuses lamentables. Elles ne lui conviennent pas, le poussent à froncer les sourcils et à se rendre le plus hermétique possible. Plus le discours se fraye un chemin dans ses oreilles, plus l’amertume lui englue la langue. Les phalanges se crispent contre le pull, le jettent brusquement sur le matelas et Regan se relève, fusillant le soldat du regard.

« - Tu n'avais pas prévu ? Tu me prends pour un imbécile ? En nous ouvrant la porte de ta maison, en nous confiant ta propre fille tu croyais pouvoir continuer ton petit manège sans que rien ne change ? Mes petits copains ont agi de la même manière que les tiens. Les regrets arrivent trop tard. Tu as précipité ta propre chute avec ta maudite versatilité. » La rancœur s’invite dans le venin. La voix vacille, tremble alors qu’il bute sur un nous qui n’existe plus. Sur tout ce qu’ils ont perdu, tous les deux. Il se borne à penser le contraire, mais la présence de Rhys lui manque. Son opposé et ce trouble aussi déroutant qu’attirant. L’immobilisme et la distance en protection. L’insurgé ne s’attend pas à ce que le milicien se risque à briser l’espace imposé entre eux. La surprise lui tenaille le cœur lorsque les pas raclent le parquet. Nerveusement, il contemple l’approche. Le revolver qui échoue sur le matelas, suivit par le téléphone. Il lui suffit de tendre la main pour s’en saisir. Remonter l’arme et lui exploser le cœur. L’insurgé examine l’objet, tiraillé entre sa peur et l’appel viscéral de sa vengeance. Le coin de ses lèvres se plisse alors qu’il tend doucement le bras. Sans accorder le moindre regard au soldat, le résistant se saisit avec délicatesse du revolver. Ravale la crainte qui lui comprime le ventre, s’oblige à ne pas trembler. Lentement, il fait glisser le chargeur dans son encoche, et effleure le cran de sureté du pouce. Avec une étrange tendresse, la douceur d’un être prêt à satisfaire son désir le plus brûlant. Le cœur s’emballe, la respiration s’accélère lorsque la main se lève et le milicien devient la cible du canon. Il ne parvient pas à détacher son regard de l’arme. Cette horreur qui le pétrifie, fait courir dans ses veines un sang de glace. Avec une froide détermination, le pouce fait glisser le cran d’arrêt. Des frissons dégringolent le long de son échine lorsque le déclic résonne à ses oreilles. Les secondes défilent avant qu’il ne daigne sortir de son mutisme.

« - Non, Rhys... Ce serait tellement facile. Le temps qu’elle arrive, tu seras déjà froid. Et avec tes copains qui grouillent en bas, je risquerais de finir dans le même état que toi. » Lâché dans un soupir glacial, la sureté revient à sa place et le revolver se glisse sous sa ceinture. Regan recule d’un pas, oublie pendant un instant la présence du soldat alors qu’il s'apprête à se saisir de son pull. C’est l’éclat de son alliance qui ravive sa colère et fige le geste. Elle supplante sa douleur, fait germer une ombre dans ses yeux verts. Les phalanges abandonnent leur but et se replient sur elles-mêmes. Avec toute sa hargne, Regan envoie son poing se fracasser contre ce visage qui le déroute. Le premier coup de toute une série. Il frappe, insuffle tout son tourment dans ses phalanges. S’agrippe à la nuque du félon, pour le contraindre à rester debout afin de laisser son genou venir s’écraser contre son abdomen. L’islandais chute lorsque le résistant le relâche, pitoyable sur le plancher miteux. Il tombe à genoux, emprisonne les hanches entre ses cuisses et frappe une dernière fois. Les mains en morceaux, les larmes au bord des cils, Regan finit par enrouler ses phalanges autour de la gorge de son ancien allié. Il s’y accroche avec force, serre avec la hargne de son désespoir malgré les mains de Rhys qui cherchent à le faire lâcher prise.

L’erreur s’invite dans l’équation. L’inconscience le pousse à laisser son regard s’accrocher à celui de sa victime. Le temps de plusieurs battements de cœur frénétiques. Agrippant toujours le cou d’une main, Regan pose l’autre sur le plancher, en appui précaire. L’hésitation le prend à la gorge, mais ne parvient pas à étouffer le feu qui lui dévore les reins. C’est l’appel d’une curiosité malsaine qui le pousse en avant. Fait ployer le corps jusqu’à peser contre celui du soldat. Malhabile, encore tremblant de rage, le français laisse sa bouche se poser sur son ennemie. Le contact l’électrise plus qu’il ne l’aurait imaginé. Lentement, les serpents contre la gorge se défont alors qu’il se perd dans cette étreinte. Impure, elle l’écartèle entre deux sentiments affreusement contradictoires, et lui fait oublier ce qui les a amenés là. « - Capitaine, les dépravés ont été embarqués, je viens voir si… » Le retour à la réalité se fait dans un sursaut, ramené dans la chambre miteuse par la voix du Peacekeeper qui se tient dans l’encadrement de la porte. « - Debout. Montre tes mains. » L’ordre qui se crache et qui lui déchire les tympans. Regan se redresse avec lenteur, du défi dans ses pupilles embrumées. Alors qu’une main se lève, l’autre se replie et vient se saisir de la crosse du revolver. Dans une inspiration, le résistant tend le bras et tire. Ses tremblements lui font rater son coup, la balle explosant le chambranle. Il se fait violence pour ne pas flancher, l’affolement lui incendiant le cœur et la raison lorsque la brute s’apprête à riposter. Les déflagrations sont doubles. Résonnent au même moment dans la chambre insalubre. Le soldat s’effondre lourdement, un trou béant rongeant la naissance de sa gorge. Dans un spasme, Regan lâche le revolver, se redresse sous la force d’un élan paniqué pour mieux revenir se heurter au plancher, à quelque pas de Rhys. Son sang se rue contre ses tempes, les battements de son cœur sont assourdissants. Ce n’est pas le premier soldat qu’il exécute. Il est pourtant le premier qu’il assassine sans user de sa magie. Aucune illusion pour le faire sombrer, seulement la froideur de ces armes qui le rebute. Le souffle en déroute, il réalise enfin la brûlure qui lui dévore le bras. La trace écarlate au milieu des taches de rousseur, là où la balle a éraflé la peau. L'afflux violent de souvenirs qui le sont tout autant. L’exécution de Rose. Sa propre mort, fusillé sur des pavés arrachés. En écho à la douleur qui lui lacère le bras, les cicatrices endormies s'éveillent et le tiraillent.


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MessageSujet: Re: Double vision from the blood we’ve shed | (rhys)   Lun 25 Avr - 22:14

L’incroyable stupidité de son geste le frappe à l’instant même où le déclic métallique résonne contre ses tempes. Les rétines claires ne perdent pas une miette des mouvements du français, empreints d’une curieuse douceur. L’inexpérience avec ce genre d’arme se sent, se couple avec l’évidente répulsion à  s’en servir. La machinerie entre ses côtes devrait s’emballer, s’affoler jusqu’à rompre les parois de chair, mais reste pourtant affreusement calme. Il ne ressent qu’un vide effroyable au creux de sa cage thoracique. L’envie et le besoin d’en finir. Achever cette guerre intestine comme elle n’aurait jamais dû commencer. Dans un bain de sang. Lassé de se raccrocher à la vie comme un vulgaire parasite depuis sa maudite conception. Il regrette de s’être tant accroché, d’avoir survécu à sa naissance et forcé sa mère à enfanter son propre cauchemar. A haïr son bourreau à travers lui. Si la différence avec son abominable géniteur tient à l’honneur, il la trouve bien maigre, bien frêle. Presque dérisoire. Il semble avoir hérité son talent à détruire des existences en un instant. Ses paupières embrassent l’obscurité, s’y fondent l’espace d’une poignée de secondes. Avant que l’infime espoir ne s’envole en fumée. La voix redevenue grave s’élève pour débiter une tirade des plus prévisibles. Le félin se rembrunit encore davantage. « - Dis plutôt que t’as pas les couilles de tirer. Qu’est-ce que t’attends au juste ? La configuration idéale ? Elle n’existe pas. C’est juste des excuses que tu t’inventes pour mieux dormir le soir alors que son meurtrier survit. » Maugréé-t-il entre ses dents, avant de faire le tour du lit avec l’intention de récupérer son revolver. « - Et pour ta gouverne, ma femme se fout royalement de ce qui peut bien m’arriver. Tu lui rendrais peut être même une fière chandelle. De toute manière, elle n’a rien à voir avec tout ça. » La menace effleure le bout de sa langue, mais reste prisonnière de ses lèvres. Chercher à protéger Louiza ne servirait qu’à signer son arrêt de mort, il en a déjà trop dit. Il fait toutefois preuve d’une cruelle franchise. Il cohabite avec une étrangère, qui ne lui adresse plus la parole que pour lui cracher sa bile à la figure. Il est convaincu qu’une part d’elle serait soulagée de ne plus avoir à croiser l’ombre de celui qui était autrefois un époux aimant. Acide, le constat amer le meurtrit bien plus qu’il ne l’aurait cru.

L’attaque physique le surprend, et la stupeur l’empêche de riposter tant l’assaut est violent. Il titube, lève piteusement la main pour contrer les heurts acharnés. En vain. La rage contenue dans les poings du rebelle le sidère, le dépasse. Lui transperce le crâne. L’enveloppe élancée ploie sous les assauts entêtés. La douleur se propage dans tous ses membres, se diffuse dans les os qui se brisent sous la volonté du roux. Le squelette malmené lutte pour se reconsolider, rajoute une affliction supplémentaire à ses muscles. Le soldat a rarement livré un combat aussi pathétique en étant sobre. Un éclair de douleur lui cisaille l’abdomen, le fait chuter lourdement. Il n’a pas le temps de se dégager, l’ennemi l’entoure déjà de ses cuisses, déterminé à cogner. Le corps gracile parait peser des tonnes alors qu’il s’appuie contre son ventre en miettes. Les yeux verts emplis de défiance, de souffrance, le toisent et ce qu’il peut y lire l’effraie. Le cœur à l’agonie sursaute, trébuche sur ses battements. Les doigts délicats enserrent sa gorge avec une force inouïe, paralysent son souffle. Le réflexe de survie le pousse à s’agripper aux serpents tortionnaires, à les griffer sauvagement pour le contraindre à lâcher. Les tentatives répétées se soldent par un cuisant échec. L’air se raréfie dans ses poumons, le fait suffoquer. Pris au piège de sa misérable carcasse.

L’agression cesse subitement, aussi vite qu’elle a été initiée. Le brasier incendie les émeraudes, fait redouter à l’islandais une nouvelle salve de coups. La fureur et l'humiliation d’avoir été mis au tapis s’injectent jusque dans les prunelles d’un bleu acéré. Il regroupe ce qui lui reste d’énergie pour repousser son antagoniste mais la tentative est avortée de façon incompréhensible. Un hoquet de surprise s’échoue contre ses lèvres éclatées lorsque celles du rouquin s’y écrasent avec fougue. Le changement de comportement lui donne le vertige, le laisse pantois. Le brasier grimpe dans ses veines viciées, implose. La saveur inédite se mêle à celle de son cruor, se mélange avec la haine à son paroxysme. La peau abimée tremble de plaisir, de dégoût et de colère. L’intermède lascif fait désordre. Tiraillé entre des émotions extrêmes, il oscille entre le désir lui rendre son baiser et celui de lui éclater le front. L’étreinte de fer contre sa jugulaire se défait. Ses phalanges blessées se glissent dans sa nuque, s’y suspendent hargneusement. Hésitant à prolonger l’étreinte malsaine ou à la dissoudre rudement. A bout de nerfs, il s’apprête cependant à rejeter son assaillant lorsqu’une voix familière s’élève dans la pièce. Son pauvre palpitant tressaute vivement. Putride, la honte de se faire surprendre dans une position si compromettante l’enserre dans ses filets poisseux.

La suite s’enchaine trop rapidement pour qu’il puisse intervenir, empêcher le pire. Les déflagrations déchirent le silence fragile, lacèrent ses tympans. Son collègue chute dans un bruit sourd. Un trou béant à la place de la gorge. Les mains du milicien se pressent contre la sienne, ravagée par les ecchymoses. Une quinte terrible de toux le secoue. Des perles écarlates viennent tapisser le plancher. A vif, il se relève laborieusement. Pas encore mort, le fusillé régurgite son hémoglobine, s’étouffe en tentant de respirer. Des gargouillis immondes accompagnent l’effort puis toute la posture se raidit dans un ultime soubresaut. Des frissons intempestifs dégringolent le long de ses vertèbres, l’empêchent de retrouver son flegme. La vision d’horreur reste ancrée à ses rétines. Les sables mouvants l’entrainent vers le fond à chaque inspiration. La cervelle patine et s’enraille. Le désastre est entièrement de sa faute, et il le sait. Il n’aurait jamais dû laisser la tête brûlée s’approcher de son arme de service. L’acolyte qui vient de se faire tuer n’est qu’un malheureux dommage collatéral. Les sphères d’acier finissent par se planter sur la silhouette de l’assassin. Il hésite à le laisser là, patauger seul dans son jus avant que les renforts ne rappliquent, certainement alertés par le remue-ménage. Ses pas s’arrêtent juste devant lui. « - Lève-toi. » Ordonne-t-il, le timbre polaire. La patience enterrée, il ne lui laisse pas reprendre ses esprits, et se baisse pour attraper le bras amoché. Il le tire vers lui sans ménagement. Sans daigner s’inquiéter de la blessure ouverte non plus. Elle est superficielle, c’est tout ce qui importe. « - Allez putain remue-toi, faut pas rester là. » Il s’imagine déjà devoir se justifier pour le cadavre lorsque les recrues auront rappliqué. « - Bordel comment je vais expliquer ça ? Une prostituée m’a foutu sur la gueule et a réussi à me désarmer pour buter un autre militaire. Bonjour la crédibilité après ça. » Marmonne t’il, davantage pour se blâmer lui-même que pour asséner des reproches au tueur.  « - Abstiens-toi de tout commentaire et reste sagement planqué Faulkner, ou je te jure que je vais te rendre la branlée que tu viens de me foutre, et pas dans un sens agréable. » Il juge bon de le prévenir le résistant revêche  avant de le forcer à s’engouffrer dans l’armoire de la chambre.

[…]

« - C’est bon tu peux sortir, la voie est libre. » La porte en bois s’ouvre sur le criminel recroquevillé. La dépouille a disparu, il n’en reste qu’une tâche sombre sur le sol sale. Les peacekeepers l’ont emporté, avant de se diviser en deux troupes. Ceux chargés d’emporter les dépravés et ceux supposés rechercher dans les ruelles insalubres une femme en fuite. Le leader est resté sur place avec un faux prétexte. « - Je t’ai sauvé la mise pour cette fois, la prochaine ça sera pas mon problème, t’iras crever dans l’arène. » Grogne t’il, hautain et méprisant. Qu’espère-t-il ? Qu’ils seront quittes avec ce qu’il vient de faire pour l’aider ? Ils ne sont pas prêts de l’être. A moins qu’il ne l’ait sauvé que pour préserver encore un peu le trouble qu’il fait naitre perfidement au creux de ses reins. Il le fait se sentir un peu moins mort. Un peu moins vide. Malgré lui et sa volonté de s'en moquer, les océans de glace sont inexorablement attirés par la plaie qui macule l'épiderme laiteux.

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MessageSujet: Re: Double vision from the blood we’ve shed | (rhys)   Sam 30 Avr - 21:33


Ce n’est qu’un pitoyable enchaînement d’éléments désastreux. Le regard rivé sur le soldat en proie à une affreuse hémorragie, la gorge ouverte et l’air en manque dans sa trachée. Des frissons d’horreur lui lacèrent le ventre, répercutent contre sa chair l’écho de sa propre angoisse. Les paroles de Rhys lui parviennent comme à travers du brouillard. L’insurgé tremble, se laisse faire sans opposer la moindre résistance. En lutte contre ses propres démons, il ne réalise l’endroit où il se retrouve comprimé une fois dans le noir. Les pupilles cillent, tentent d’effacer l’horreur qui y reste ancrée. Accrochée à ses paupières, la vision de l’agonie le hante. Il replie ses jambes contre sa poitrine, les enlace de ses bras et agrippe son jean de ses doigts malhabiles.  Le menton sur les genoux, Regan se perd dans les méandres de son traumatisme. A l’unisson, corps et âme lâchent. Privé de spectateur, sa déchéance est silencieuse, un gouffre sans fond dans sa poitrine duquel est en train de s’échapper le mal accumulé dans cette vie et la précédente. La prestance du résistant n’est plus qu’un murmure, un reflet altéré qui n’a rien à voir avec la créature effondrée. C’est sa propre mort qu’il revoie. Son agonie au milieu d’autres corps troués de balles. Elle fait écho à celle du soldat. A celle de Rose. Le sel de ses larmes lui incendie les rétines, roule contre ses joues sans qu’il ne parvienne à l’arrêter. Il n’y a rien à faire lorsque le cœur se défait comme il est en train de le faire. Il le sait, et l’agitation qui se fait entendre hors de sa sombre cachette lui offre tout le loisir de laisser libre court à sa douleur. Il a mal dans sa poitrine, comme un poids mort entre les côtes, les poumons qui se font de plomb et l’obligent à lutter pour respirer. Il en presque réduit à supplier pour que le soldat encore en vie s’en aille. Que les bruits étouffés qui lui parviennent vont finir par cesser pour céder leur place à un silence écrasant. Qu’on l’oublie tout simplement.

Les regrets lui lacèrent le ventre, font se crisper les muscles au rythme des heurts de son palpitant. Celui de ne pas avoir refusé le rendez-vous. Parce qu’il dépend de ces instants, aussi exécrables soient-ils. Dans une inspiration difficile, les phalanges s’agrippent plus fortement aux jambes. Une crispation qui scelle la fin de la crise. Parfaitement immobile, les tremblements s’estompent lentement et les larmes s’assèchent. C’est une mécanique qu’il a eu le temps d’apprendre à maîtriser. Contrôler l’ensemble pour s’emprisonner hors de son propre corps et ignorer ses tourments. Les éclairs brûlants qui fusent de la plaie ouverte sur son bras n’existent plus. Regan devient insensible à sa propre douleur. Celle qui dévore la peau et les autres, plus intenses et profondes, intimes, elles ne sont plus que des murmures dans son crâne. La porte de sa douleur et de ses sentiments se referme contre son cœur. L’isolement contraint et forcé pour ne plus se sentir tomber. Il se détache de ce tout ce qui a pu se passer depuis son entrée dans cette pièce. Parce qu’il ne peut pas contempler la mort atroce qu’il vient de donner sans en avoir la nausée. Parce que se regarder dans un miroir lui fait affreusement mal, et se tenir face à celui qui a brisé sa vie sans pudeur plante des lames chauffées à blanc dans son âme en lambeaux. Regan inspire, déploie le tissu fripé de ses poumons, détend le fil jusqu’à ce qu’il craque. Et dans le vert entêtant de son regard, les morceaux brisés se rassemblent. Se fondent et se mêlent pour former un ensemble aux nuances polaires, affreusement détachées et d’une inexpressivité déroutante. A mille lieux de ce qui peut d’ordinaire venir perturber l’éclat de son regard. Le résistant se mure dans de la porcelaine froide, comme il s’apprêtait à le faire avant de retourner se vautrer dans la honte avec son client.

La porte qui s’ouvre fait s’évader tout l’oxygène vicié. Il sursaute malgré lui. Le passage de l’ombre à la lumière lui brûle les yeux. Trop fort pour ses pupilles sensibles, le flux lumineux qui s’introduit dans ses iris le fait ciller, le pousse à garder les paupières mi-closes le temps que son monde gris retrouve ses véritables variantes. Et non ces images blanches où tout a brûlé. Avec la délicatesse d’un félin qui s’étire, l’insurgé s’extirpe de sa prison de fortune, vacille un instant sous l’impulsion de sa vue déviante. Les cils continuent de battre, chasse les têtes d’épingles venues se glisser sous les paupières et le regard se pose alors sur la tache écarlate maculant le sol. De joyeux frissons lui lacèrent le corps, mais l’hermétique reste entière contre sa peau. « - C’est l’habitude ? Tu le planquais dans l’armoire ton américain ? » Il le lâche dans un soupir moqueur sans détacher son regard de la trace sur le parquet. Le grognement du soldat lui arrache un sourire amer. L’ébauche d’un rictus à moitié assassin. « - Le Capitaine Steinsson et sa miséricorde m’épargnent l’arène et le bain de sang. Pitié, ravale ton mépris. Si tu t’étais contenté d’arrêter mon client, de nettoyer les lieux, rien de tout ça ne serait arrivé. Il serait encore en vie, je serais déjà loin et ta jolie gueule… Serait toujours intacte. » Les prunelles mortes se posent contre le corps efflanqué du soldat, alors qu’il agite doucement la main en direction du résultat de son massacre. Il ignore ce qui l’a poussé à agir. La rage sourde trop longtemps retenue. L’occasion de flétrir sa haine. Il a encore le goût de l’ennemi sur ses lèvres, l’intimité en déroute. La mécanique du cœur qui s’enraille et défaille. Il porte ses doigts à sa bouche, l’effleure comme pour en effacer cette saveur aussi dégueulasse que savoureuse.

« - Mis à mal par une vulgaire prostituée, ce n’est pas la crédibilité qui en prendrait un coup, mais ton égo. L’impétueux militaire à la merci d’un pauvre insurgé, ça fait mal. » L’ébauche d’un rire lui échappe, distille tout le venin. Toute l’ironie sadique qui a fait vibrer ses cordes vocales. « - Les conflits engendrent les dommages collatéraux. Ton collègue, Louiza, Rose… Ils ne sont que les martyrs du jeu ridicule instauré par ton Gouvernement pitoyable. » Dans un sursaut de conscience, l’insurgé refait surface. Il efface d’un mouvement vif du pied la prostituée, laisse le feu de la révolte incendier ses veines. Les écarter pour s’ouvrir le corps à au doux vent de l’insurrection. Sa vie d’hier et d’aujourd’hui. Sa mort passée et future. En lui sauvant la mise, Rhys ne fait que le pousser en arrière. Reculer pour mieux sauter lorsque le temps ce sera écouler et que l’échafaud sera sa dernière danse. La guillotine ou l’arène, aucune différence. La mort sous des yeux fantomatiques et pervers. Les traits se fripent sous le dégoût. L’ombre passe sur le visage, fait ressortir les taches de rousseur. Doucement, Regan secoue la tête. Nie ses propres pensées. Repasse dans le fil fatigué de son cerveau la discussion qui a précédé sa descente aux enfers. Son accès de rage incontrôlé qui lui a brisé les phalanges. Rougies et usées par le sang du traître, il ouvre et referme les doigts, sens fuser les éclairs d’une douleur à laquelle il reste hermétique. « - Même si tu mérites le plus ignoble, il n’y a rien de digne à mourir sous le crachat des balles. Mes nuits d’insomnie me servent à trouver des excuses pour te maintenir en vie, me contraindre à faire durer la médiocrité de ton existence le plus possible. » Désinvolte, il hausse une épaule. Penche la tête sur le côté et offre au soldat son sourire le plus charmeur. Le plus hypocrite aussi. Il scrute pendant de pauvres secondes le visage abîmé, en effleure les contours avant de détourner les yeux. La gêne en renfort contre son cœur, enfermée à l’intérieur sans pouvoir atteindre la surface. La langue claque sur un murmure. Une injure qui franchit les lèvres dans son vieux français maternel alors qu’il quitte son état de statue. Le parquet grince sous les pieds nus. Il contourne l’islandais sans lui accorder la moindre attention, se saisit de son pull qu’il enfile sans douceur. Pour ne plus sentir le regard cristallin lui grignoter le bras. Et effacer la plaie de son propre cerveau. Ses doigts referment le sac et s’enroulent autour de l’anse, prêts à le soulever du matelas miteux. Le geste se fige, suspendu à un fil invisible. « - Si je m’étais rendu, vous l’auriez épargné ? » Le murmure s’échappe de sa gorge serrée. Cordes vocales en fusion et le cerveau sur pause. La question qu’il se pose depuis cette horrible nuit. Si on l’avait laissé faire, sa mort aurait-elle pu offrir la vie à Rose ? Son trépas pour sauver l’autre moitié de son cœur.

Le silence le détruit. La force d’entendre la réponse s’estompe. « - Oublie-ça. » Dans un raclement de gorge, Regan efface le trouble, jette le sac sur son épaule et va se poster près de la porte. Irrémédiablement attiré par cette nuance plus sombre sur le parquet usé. Ce rouge qu’il ne voit pas mais dont il connaît à présent toutes les variantes. « - On se reverra dans l’arène. Tu seras au premier rang pour assister au massacre. » Il aurait pu énoncer le bulletin météo des prochains jours que son timbre n’aurait pas été plus expressif. Aussi vide que le regard qu’il pose une dernière fois sur son ancien allié. Pour mieux s’en détacher et quitter la pièce. Laisser derrière ses tourments et les battements de son cœur. Ses pas empruntent l’escalier de secours, le mènent jusqu’à la rue sombre et déserte. Le froid lui agrippe les épaules et il frissonne. L’ombre au milieu des ténèbres. Il ondule contre les murs sales, se fait aussi discret que le souffle d’un mort. Il ne rentrera pas dans le vide de sa maison. Pour ignorer le désordre de ses souvenirs, le trou dans son cœur, c’est dans le chaos de draps souillés de luxure qu’il prévoit de se perdre. La débauche physique en écho au néant sous la peau.

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On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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