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 Between Gods and Monsters [Aleksi]

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MessageSujet: Between Gods and Monsters [Aleksi]   Mar 15 Mar - 15:37



« Between Gods and Monsters »

Aleksi & Grayson
featuring

Une mèche fauve glisse devant ses yeux, qu’elle domestique immédiatement d’un geste implacable, la reléguant derrière son oreille, où la pauvre boucle se recroqueville craintivement. Je peux la voir classer méthodiquement les pensées dans sa tête, rangeant le sujet précédent dans un tiroir immaculé de sa mémoire pour passer au suivant.

— Bon. Et pour Lenaïk ?

Je lui oppose mon grognement le plus innocent, comme si je ne voyais absolument pas à quoi elle faisait référence.

— Quoi, Aleksi ?

Mais elle me perce tout de suite à jour, comme d’habitude, et ne me laisse pas l’occasion de m’en sortir si facilement. Sa main voltige avec agacement près de son visage tandis qu’elle me foudroie d’un regard clair derrière le voile de ses cils.

— Tu sais très bien de quoi je parle. Ce mec est un problème. Il est censé avoir repris le travail depuis plus d’une semaine maintenant, et rien, pas un passage. Tu l’as vu, toi ? On attendait une livraison lundi, il n’est pas venu. Je ne peux pas me permettre d’employer des types comme ça.

Je passe une main embarrassée sur mes joues rêches. Elle a raison. Bien sûr qu’elle a raison…

— Mh. T’en as parlé à Kyran ? Après tout, c’est un de ses gars. Elle secoue la tête, impatiente.
— Ça concerne le Bones, je peux parfaitement me débrouiller seule. Si les hommes de Kyran ne font pas ce qu’on leur demande, ça devient mon problème, et c’est à nous d’agir.

Je comprends la stratégie derrière tout ça. Comme souvent, c’est un jeu de pouvoir. L’alliance avec la Nemesis a été globalement positive, mais Moïra tient à rappeler régulièrement qu’elle tient les rênes. L’autorité n’est pas une compétence qui se partage aisément, et dans un milieu aussi trouble que celui de la mafia, ce genre d’accord est plutôt inédit. Pour l’instant, ça fonctionne. Ma boss et le norvégien semblent bien s’accorder. Mais les frictions sont inévitables, et je ne suis pas sûr qu’un tel arrangement puisse tenir vraiment longtemps. Et même si Kyran m’a beaucoup appris, ma loyauté ira bien sûr toujours à Moïra. Le jour où ça se cassera la gueule, je serai là. En attendant… Mon job consiste aussi à faire en sorte que cette heure vienne le plus tard possible.

— Ok, ok… Je m’en occupe. J’irai le débusquer sur son territoire pour causer un peu. De toute façon, faut bien que j’aille récupérer ces corps.
— Bien. Mais si ça ne fonctionne pas, c’est terminé. Je ne donne pas de troisième chance.

Un hochement de tête entendu vient conclure cet échange. Je sais qu’elle n’a pas le choix d’être implacable. Il en va de sa réputation, et dans ce milieu, ça fait tout. Surtout quand on est une femme. Mais je ne peux m’empêcher de vivre cet épisode comme un échec personnel. Le Daybreaker était censé bosser avec moi, et à vouloir bien faire, mes manières un peu trop brusques ont seulement réussi à le faire fuir. Je sais bien sûr que je ne suis pas responsable de son comportement, mais j’ai tendance à penser que j’ai aggravé la situation.

Aleksi a merdé, c’est certain. J’ai appris par Ty, qui se trouvait à son comptoir au moment des faits, qu’il s’était déchaîné sur Moïra, la dernière fois qu’elle lui avait reproché un truc parfaitement justifié. Heureusement pour lui, je n’ai eu connaissance de cet événement que plus tard, alors qu’il était déjà… absent. Heureusement pour lui, oui, parce qu’il n’aurait pas fallu me croiser dans les heures suivant cette révélation. J’ai beau apprécier le jeune homme, si y a bien un truc que je supporte pas, c’est qu’on s’en prenne à Moïra.

Mais une fois la colère retombée, une fois le temps passé, je me suis retrouvé avec les mêmes questions. Qui était vraiment ce mec là ? Quel accord ou contrainte inconnue l’enchaînait encore au Bones, puisqu’il était si manifeste que tout dans notre organisation l’indisposait ? À l’origine, en voyant débarquer ce légiste, Daybreaker de surcroît, j’ai eu la naïveté de vouloir trouver en lui un confrère d’obsessions. C’était stupide, j’en ai conscience aujourd’hui et n’éprouve plus le besoin d’une quelconque reconnaissance ou validation de ma nature macabre.

À l’époque, ébranlé par les montagnes russes de mon nouveau statut, je cherchais probablement l’arrimage temporaire d’une compréhension mutuelle. Aujourd’hui, s’il était évident que nous n’avions jamais rien partagé, rien en commun, ou si peu, ma curiosité n’avait pas été entamée et tournait encore, intacte, comme un petit rouage dans un coin de mon esprit.



Plus tard, dans l’après-midi. Les cages pour les combats du soir sont prêtes, j’ai passé deux heures à m’entraîner sur mon ombre et à tenter d’aiguiser un peu plus mes sens, suivant à la lettre les injonctions d’Hogan pour mieux jouer au cancre quand je lui ferais mon rapport. Je suis aussi resté un moment avec mes rôdeurs, avec Norah surtout, pourrissant lentement dans son coin alors que de vieux morceaux de mon cœur – dont je n’avais presque plus connaissance – se détachaient en grosses gouttes huileuses de pétrole, pour plonger au fond de mes entrailles.

Je sais que ce n’est pas bon pour moi de la garder ici, au Bones, ultime souvenir d’un passé avarié. C’est faire entrer deux mondes en collision, deux espaces temps qui n’auraient jamais dû se croiser et écartèlent désormais ma conscience. Non, ce n’est pas bon. Au point de voir ma mission du jour comme un soulagement, un moyen de fixer mon esprit sur quelque chose d’autre.

J’attrape un tramway bringuebalant en direction du nord, un truc surpeuplé qui nous force à nous presser les uns contre les autres comme des harengs dans une boîte. Au niveau de mon torse, le visage brun et fripé d’une petite vieille toute endimanchée se fronce encore un peu plus. D’une main, elle maintient son chapeau sur sa tête, un truc violet – parme, dirait-elle sûrement – orné de fausses fleurs et d’une petite résille qui tamise ses yeux noirs. De l’autre, un livre des psaumes.

Le tram tombe en panne au niveau de Chartes Street, bloquant tout le reste de la ligne sur Canal Street pour une durée indéterminée. Ça arrive à peu près tous les jours, et il n’y a rien d’autre à faire que de marcher, ou prier pour trouver un bus en fonctionnement. Terminus, tout le monde descend. Je tends mon bras à la vieille pour l’aider à dévaler la petite marche de sortie, mais elle préfère saisir celui d’une jeune femme derrière elle, ce que je peux comprendre.

L'air est lourd et moite comme il ne devrait pas l'être avant un mois ou deux. Mon t-shirt me colle à la peau. Au loin, un mur de nuages enfle et se dilate, prêts à exploser comme des fruits trop mûrs. Un orage se prépare, un mauvais qui s'annonce doucement en agitant les branches des cyprès. Autour de moi, les passants portent leur main en visière, surveillant subrepticement l'avancée des nimbus. Katrina est encore bien présente dans les mémoires collectives, un traumatisme qui se manifeste parfois dans ces simples regards, une défiance instinctive envers les éléments.

Vingt minutes de marche plus tard, j’arrive devant la façade défraîchie de la morgue. Un gros type se tient à l’entrée, derrière une cabine vitrée qui n’a pas dû être lavée depuis quelques semaines. On est dimanche, mais les morts ne respectent pas le jour du Seigneur. Je sais que le légiste se terre quelque part là dedans.  

— Je viens voir Aleksi Lenaïk.
— Z’avez le formulaire ?
— Quoi ?
— IMM308. L’autorisation de visite, tamponnée par le bureau du coroner. Vous l’avez ? J’peux pas vous laisser entrer sans.

Non, évidemment que je l’ai pas, son papier. Mais c’est pas vraiment le sujet. Un tel souci de bureaucratie, dans ce bouge dont la réputation n’est plus à faire ? Cette morgue est une putain de passoire, et tout le monde le sait, à commencer par ce foutu gardien. Je serre un peu les dents, mais plonge une main dans la poche intérieure de mon blouson, pour en sortir un 50. Le Capitole paresseusement étalé sur toute sa longueur.

— Ça t’ira, comme attestation ?

L’homme empoche le billet sans mot dire, en faisant coulisser le plateau sous l’hygiaphone, et m’indique la porte coupe-feu d’un mouvement de tête.

— Salle 203.

Je m'engouffre dans les couloirs anonymes et ne tarde pas à trouver la pièce en question, signalée par une petite plaque de plastique sur la porte entrouverte. Je peux apercevoir le jeune légiste, de dos, affairé à quelque tâche rébarbative. Ma grande carcasse ne semble pas faite pour le silence et la furtivité, mais les années de chasse l'y ont pliée. Je me glisse sans bruit par l'entrebâillement et ébauche quelques pas vers une civière, sur laquelle est étendue un corps enfermé dans un grand sac de plastique noir. Ma main court sur la poignée de caoutchouc entourant la glissière, puis plane au dessus du sac, saisissant finalement la languette de la fermeture éclair, que je tire d'un mouvement fluide, jusqu'au bout, en guise d'introduction à ma présence. Le visage cireux d'une femme, la soixantaine, apparaît entre les deux pans de bâche. Inutilisable.

— Si c'est tout ce que t'as à me fournir, j'comprends pourquoi t'as pas jugé utile de te déplacer jusqu'au Bones... J'pensais pourtant qu'y avait une épidémie.

Peut-être pas l'entrée en matière la plus aimable que je puisse envisager. Mais à le revoir, comme ça, le faible écho de ma colère passée s'est rappelé à mon bon souvenir. Je l'étouffe sans grande difficulté. Ce n'était qu'une réplique émoussée. Fouillant Aleksi d'un regard inquisiteur, je croise les bras sur mon torse. Dans ma tête, les phrases que je pourrais, devrais dire, roulent comme dans une essoreuse. J'ai dit à Moïra que j'essaierai d'arranger les choses. C'est-ce que je vais faire. Le braquer d'entrée de jeu n'apportera rien à personne. Au bout de quelques secondes d'un silence opaque, j'expulse un soupir tendu et reprends d'une voix plus basse.

— Écoute. Tu détestes bosser pour nous, c'est ton droit. Tu veux te barrer, poursuivre une carrière plus légitime, personne te retient. Mais là, tu vois, tu nous fous dans la merde.

Je décroise les bras, essuie machinalement les mains sur mon pantalon. Trop de mots, trop de paroles. Pénible. Mais les choses doivent être dites.

— Si tu veux partir, vois avec ton boss. Avant que Moïra le fasse pour toi... Mais si tu restes, fais ton putain de job. J'te demande pas d'être aimable, j'te demande pas d'aimer ça, j'te demande pas de faire du zèle ni même de m'adresser la parole si ça te débecte tant que ça. Juste... Fais ton boulot.

J'ai probablement pas été plus affable, mais ça a le mérite d'être clair. Je sais pas exactement quel rapport il entretient avec Hogan, mais connaissant l'animal, si Moïra est contrainte de lui faire un rapport ça risque de pas être beau à voir. Passant deux doigts distraits sur la pommette froide et raide de la morte, mes pensées sont déjà reparties vers mes sous-sols.  

— Bon, tu m'dois deux corps. Trois, pour compenser la faute de livraison. Et tu m'aides à les ramener avec le van, j'suis venu à pied. T'as quoi en réserve ?

À supposer que son boss le laisse faire, il pourra toujours démissionner plus tard. En attendant, je compte encore le mettre à profit. Et au passage, essayer de gratter la surface du mystère qu'est ce type. Je sais qu'on est pas vraiment partis du bon pied, lui et moi, et que je suis peut-être pas en train d'améliorer les choses, contrairement à ce que je souhaitais, mais j'ai pas pour autant l'intention d'abandonner déjà la partie.
 

 
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MessageSujet: Re: Between Gods and Monsters [Aleksi]   Jeu 17 Mar - 19:58


L’ombre effleure le mur et se faufile en silence. Elle se coule hors du lit quand rien ne bouge dans la pièce. Eveillé depuis de longues minutes, incapable de replonger dans un sommeil qui n’a de cesse d’être troublé, j’abandonne la lutte et me résigne à quitter la chaleur des draps. Le réconfort de Son corps près du mien. Cette simple présence qui m’a cruellement fait défaut pendant ma pitoyable hospitalisation. On ne se remet jamais d’une chose pareille. Les contacts m’apaisent autant qu’ils me dérangent. Parce qu’une part de moi ne parvient pas à oublier la honte. Cette gêne malsaine qui se glisse sous ma peau et fait vibrer mes nerfs d’un inconfort dérangeant. Le temps que les blessures cicatrisent totalement. Si elles parviennent un jour à le faire. Seul devant la glace, à contempler d’un regard éteint un reflet qui semble ne pas m’appartenir, le vide me tiraille le ventre. La faim, assassine, revient gratter mes entrailles. Elle m’insupporte. Et tenter de l’ignorer revient à ressentir la présence plus intensément encore. Je regrette l’époque où il suffisait d’ouvrir un placard et d’en extirper un paquet de gâteau ou de faire passer la sensation à grand renfort de thé brûlant. J’ai oublié le goût de tout. Incapable de me souvenir la saveur de ces aliments que j’adorais il y a quelques années encore. Ma malédiction, qui me ronge un peu plus chaque jour. L’isolement dans la salle de bain s’achève dans un soupir. Reprenant mon rôle de fantôme, j’attrape  mon sac le plus discrètement possible et m’extirpe de l’appartement. L’enfermement ne me convient plus. Souffrant déjà d’une claustrophobie affolante depuis mon séjour en prison, l’isolement dans une chambre d’hôpital en territoire ennemi n’a fait que la renforcer. Etrangement, rester seul et enfermé dans ce petit studio m’est insupportable. Quand me réfugier dans le calme de la morgue m’est salvateur.  

Les rues aux aurores sont d’un calme apaisant. Vides de ce grouillement incessant. De ces gens qui se heurtent et se pressent. La vie normale d’une ville en pleine activité. Même en des temps aussi troubles que les nôtres. L’insouciance des habitants m’intrigue à chaque fois que je m’y retrouve confronté. Parce qu’elle est pour moi la forme la plus simple de bêtise. Celle qui pousse à courber la tête et à rester planté là, à regarder ses pieds. Ignorer la menace pour mieux continuer à exister dans son mensonge. Une joyeuse connerie. Le bâtiment impersonnel se fond dans les couleurs du décor. Aussi gris que le ciel au-dessus. Un infime signe de main à l’adresse du gardien à moitié endormi dans sa boite. Sa présence à mon retour m’a surpris. Ce renforcement étrange de la sécurité quand tout le monde sait que la morgue est aussi facile à visiter qu’un bordel clandestin. Une mesure ridicule, visant peut être à empêcher la disparation des cadavres. Il lui aura fallu une semaine entière avant de me considérer comme un véritable employé. Trop abrutit par les tasses de café qu’il n’a de cesse de s’enfiler à longueur de journée. Brave homme, charmant cliché du surveillant bas de gamme. Trop tôt pour croiser quiconque, un jour où normalement la mort est censée prendre congé, le calme qui m’accueille me fait frissonner de délice. L’échange de la veste pour la blouse blanche, et la porte d’une salle aseptisée qui s’ouvre sur le ronronnement de la ventilation. Tous ces petits éléments que d’autres trouveraient affreusement morbides, font partis de mon monde. De cet univers dans lequel je m’enlise, tête la première depuis mon entrée en ces lieux.

La notion du temps m’échappe. Perdu dans les rouages de mon travail, j’en ai oublié la course folle des aiguilles au-dessus de ma tête. Les phalanges glissent sur la peau déjà dure. Effleure les courbes et les marques. Ces étranges stigmates d’une maladie supposée disparue. Les zébrures rouges sur la gorge, les grosseurs sous les bras. L’homme dans la fleur de l’âge, séduisant la mort, je m’abîme dans la contemplation de ses traits. Laisse le regard dériver le long de la ligne de son ventre, à présent barbée de fil noir. La peau découpée pour révéler les entrailles, et satisfaire la curiosité engendrée par l’autopsie. L’aiguille s’extirpe de la peau pour la dernière fois, achevant la couture. Le contraste du fil sombre sur la peau blanche a quelque chose d’extatique. Je me perds dans la contemplation du corps quelques maigres instants. Cillant pour mieux effacer la vision de mes rétines et me glisser dans la pièce d’à côté. Un autre corps, enseveli sous le plastique noir d’un sac mortuaire. J’en perds le compte, l’épidémie ravageant la ville, offrant à la morgue son lot de cadavre. Il n’y aura rien de plus à tirer d’un nouvel examen que de celui que je viens d’achever. C’est avec un semblant de lassitude que je m’empare du dossier pour y lire les informations de routines. Absorbé dans ma lecture, je n’entends pas l’arrivée du visiteur. Les sens en bernes, affolés par les relents de la faim, j’en redeviens humain. Mortel privé d’une ouïe supposée accrue, je sursaute bêtement lorsqu’une voix s’élève dans mon dos. Et avec ce sursaut, des frissons me lacèrent l’échine. Le timbre m’est trop familier pour que je n’appose pas un nom sur son propriétaire. Dans un soupir, je ferme les yeux et repose le dossier. La fréquentation du Bones, et la livraison des corps voués à servir de combattants sont devenues accessoires depuis ma sortie de l’hôpital. Un besoin pressent de m’éloigner de ce monde pour ne pas frôler une nouvelle rechute. L’arène, une nouvelle fois, je serais bien incapable d’en supporter les désastreuses conséquences. Que Moïra se plaigne, je m’en fiche. Et pour le moment, Kyran semble ne pas avoir été mis au courant de ma petite grève improvisée.  

« - Ce n’était pas la peine de se déplacer. Le Bones sait visiblement où me trouver et où se réapprovisionner tout seul, comme un grand. » Je le lâche avec froideur, daignant alors faire volte-face pour poser mon regard sur le visiteur. Il y a quelque chose qui me dérange chez Grayson. Peut-être à cause de cette essence que nous partageons. Son attrait déroutant pour les zombies. Ces horreurs qui me révulsent plus encore maintenant que Kyran en devient la proie dans l’antre de ce club qui m’insupporte. Je rêve de sa chute, secrètement. Que toute l’organisation s’effondre et libère le norvégien de ces obligations ridicules qu’il a envers la rousse. « - Navré mais ce n'est pas vraiment mon problème. Vous me mettez dans une sale posture aussi, avec vos histoires de corps. Je risque gros à chaque fois que je m'autorise à les faire disparaître pour vous fournir... » Un haussement d’épaule accompagne les mots. Parvenu a évité les questions jusqu’à maintenant, je me retrouve néanmoins contraint de faire preuve de plus de prudence et de zèle pour faire disparaître les informations sur les corps qui quittent clandestinement la morgue. Les erreurs de parcours arrivent trop aisément pour que je me permette de me compromettre aussi stupidement. Surtout pour une femme qui m’insupporte et un business qui ne mériterait que de s’effondrer. « - Tout le monde n’a pas ta chance. Il faudra que vous fassiez avec, pendant quelques temps, je préfère faire profil bas. Avec l’épidémie justement, les cimetières explosent. Que ta patronne aille écumer les tombes, ce sera certainement plus rentable qu’ici. » Comme si la fière patronne du Bones serait seulement capable de prendre une petite pelle pour aller gratter la terre. Cette seule pensée appose un sourire un brin stupide sur mes lèvres. Qui s’efface bien rapidement pour céder sa place à une grimace de contrariété. Je lui dois ? Son audace me fait écarquiller les yeux. Je le fixe, un bon moment dans le silence, incapable de me décider entre exploser de colère ou le planter là, pour repartir à mon travail.

D’indignation, ma langue claque contre mon palais. Le dossier en main, j’abandonne mon coin de la pièce pour venir me poster près du corps. Face à Grayson, le cadavre entre nous comme une barrière infranchissable. « - Je ne te dois rien. Et je n’ai rien de plus en réserve. Bon sang, mais tu te crois où ? Au rayon surgelés d’un supermarché ? » Bêtise que ce que je viens de dire là. Je m’en mords la langue et m’agrippe à ma pauvre pochette de papier qui se froisse sous la force du geste. Sa présence m’insupporte et me dérange. Elle fait courir d’étranges frissons sur ma peau et me déstabilise.

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