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 The day I betrayed you ∴ Regan

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MessageSujet: The day I betrayed you ∴ Regan   Mer 16 Mar - 22:01



Who is the third who walks always beside you?
When I count, there are only you and I together
But when I look ahead up the white road
There is always another one walking beside you.





Regan & Melvyn
featuring

La bibliothèque semblait tout droit sortie d'une autre époque et, rendons à César ce qui est à César, Melvyn s'était à vrai dire donné un mal fou pour la constituer telle qu'elle, d'après quelques fragments des souvenirs persistants d'avant son long emprisonnement associés à son goût personnel en matière d'agencement. Les rayonnages en bois grimpaient haut sur chacun des six murs de la pièce hexagonale, ne daignant s'écarter que pour laisser place à une large porte massive à double ventail. L'éclairage artificiel se faisait discret et tamisé, une lampe placée sur le bureau plus quelques autres situées de part et d'autre des étagères, éteintes pour l'instant car la lumière de l'extérieur se déversait encore via les carreaux situés dans l'interstice entre le plafond et les meubles dédiés aux livres. Ceux-là, de toutes tailles et de toutes hauteurs, étaient scrupuleusement rangés selon un ordre qui seyait au maître des lieux et qui lui permettait de s'y retrouver rapidement en fonction de ce dont il avait besoin. De larges rais de lumière faisaient danser la poussière de papier. Le silence était d'or.
Bien que n'étant pas la pièce à vivre dans la grande bâtisse que l'ancien comte anglais avait les moyens de se permettre malgré sa vie solitaire, la bibliothèque était indiscutablement sa préférée. Oppressante pour certains mais chaleureuse pour lui, il pouvait y passer des heures à étudier tel ou tel texte afin d'y dénicher les réponses souhaiter, ou bien simplement pour le plaisir d'une lecture sans autre but que celui de la distraction.
Le sorcier y avait été très occupé ces derniers temps. Depuis l'apparition des hellraisers au sein de la Nouvelle Orléans, il s'était trouvé fasciné au plus haut point par ces créatures qui abritaient dans leurs chairs deux essences différentes en lutte pour le pouvoir. Entre les études qu'il avait lui-même eu le loisir de mener sur quelques cobayes, les documents qu'il avait réussi à assembler et les connaissances que d'autres personnes lui avaient délivré de manière plus ou moins volontaire, il avait fini par se faire une idée relativement bonne de ce à quoi il avait affaire et de comment le traiter. Dès lors, l'envie de pousser encore plus loin l'avait taraudé mais il n'avait pour l'instant pas eu l'occasion de tenter ce qu'il avait en tête.
Ainsi lorsque Regan lui avait annoncé sa condition quelque temps auparavant, Melvyn y avait vu là une occasion en or à ne laisser filer sous aucun prétexte.
Lui avait-il fait part de ses intentions ? Non. Avait-il seulement évoqué l'idée d'un exorcisme dans les règles de l'art ? Pas le moins du monde.  Avait-il jugé que l'aval de l'autre sorcier ne pesait pas sur la balance ? Oui. S'était-il dit, tout imbu de sa personne comme il l'était, qu'il pouvait mener à bien cette affaire tout seul sans nécessiter personne d'autre ? Certainement.
Les deux hommes avaient longuement discuté à propos de l'état de Regan, Melvyn ne s'était pas caché de son intérêt ni des nombreuses recherches qu'il avait déjà fait à ce sujet, mais les choses s'en étaient tenues là entre eux et rien de plus concret n'avait été abordé. A sa décharge, il faut dire qu'il n'avait pris aucune décision à l'époque, car il lui fallait encore peser soigneusement le pour et le contre : dans l'éventualité où l'exorcisme se déroulait mal, il risquait de perdre un ami, un partenaire, un mentor.
Il ne lui était pas venu à l'esprit, cependant, que cette perte pouvait également subvenir dans le cas d'une réussite et qui, à défaut de s'incarner par la mort, le ferait via la rancœur et l'éloignement.

Lorsque la sonnette vint distordre l'ambiance calme, le sorcier sortit de sa concentration, quitta son fauteuil et la pièce pour traverser le salon et ouvrir la porte d'entrée sur celui qu'il s'attendait à recevoir. Darkness Falls les avait vu devenir proche et, depuis leur libération commune, ils avaient pris l'habitude de continuer à se voir régulièrement, bien que Regan eut toujours été celui qui se déplaçait chez l'autre, jamais l'inverse. « Entre. Je t'attendais. » Melvyn se fendit d'un sourire à l'égard du nouvel arrivant et s'effaça afin de le laisser passer, refermant derrière lui tandis qu'il le suivait dans la pièce à vivre. Il avait fini par se faire à l'apparence indiscutablement plus jeune de son aîné à force de le fréquenter lui et tous ses confrères sur lesquels le temps semblaient n'avoir eu aucune emprise, mais l'injustice de cet état le chatouillait parfois alors qu'il sentait chaque jour l'âge commencer à le rattraper insidieusement. « Ponctuel comme à ton habitude. Comment te sens-tu depuis la dernière fois ? » La question visait, évidemment, sa condition et l'état psychologique qui en découlait au-delà de la simple formalité d'une question banale traditionnellement échangée depuis des lustres en guise d'introduction au dialogue. « Tu veux boire quelque chose ? »

 
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MessageSujet: Re: The day I betrayed you ∴ Regan   Jeu 17 Mar - 20:37


Incendiaire entre les lèvres, la cigarette se consume lentement. Les braises apposant le reflet d’un éclat ardent dans les pupilles couleur d’émeraudes. Elles s’abandonnent dans la contemplation du pauvre fruit, délicatement tenu entre ses doigts. Sous la pulpe de ses phalanges, Regan en ressent le moindre détail. Le creux moelleux provoqué par un choc, l’aspérité qui effleure la surface là où la peau se trouve moucheté de taches sombres. Cette sensibilité à fleur de peau le fascine. Le pousse au contact, à ces effleurements étranges qui éveille ses sens. La cigarette s’enflamme lorsqu’il gorge ses poumons de nicotine. Le filet d’un mince sourire apposé sur sa bouche, la créature resserre sa prise sur le fruit. L’éclat chatoyant de sa peau luisante se ternit. Les yeux insensibles ne voient pas la couleur véritable de ce qu’il tient dans sa main, mais elle commence à perdre de son intensité. Le gris clair de ce qui pour les autres se rapproche d’un vert intense, chute dans des nuances plus sombres à mesure que la nécrose se répand sur la surface. Elle s’échappe de ses doigts, fripe la peau et s’insinue dans la chair. L’effort vient du fond de ses entrailles. Nécessite une extrême concentration qui pousse l’ancien sorcier à froncer les sourcils. Jusqu’à lors pourvue d’une détermination sans faille, sa main commence à trembler. Il s’acharne, repousse les limites de son corps qui s’épuise sous la concentration. Il a toujours été de ceux qui se démènent, poussent leur volonté dans ses plus intimes retranchements. S’élever pour éviter la chute et embrasser toute l’étendue d’une nature dont il ne fait qu’effleurer tout le potentiel. Les tremblements se font plus violents et dans un soupir, le fruit pourri s’écrase sur le sol. Lentement, les phalanges s’ouvrent. Elles se déroulent à la manière de serpents prêts à charmer leur proie, pour mieux venir s’enrouler autour de la cigarette. A présent pauvre mégot fumant, Regan l’écrase avec nonchalance contre le fond d’un cendrier déjà plein à craquer et s’extirpe de sa chaise, après un rapide coup d’œil à sa montre.

L’habitude guide ses pas. Le rituel inscrit dans les fibres de son être comme un rouage naturel. Les heures passées en compagnie de Melvyn lui sont devenues nécessaires. Parce qu’il est le seul qui le connaisse vraiment au fond. Pour faire partie de sa vie depuis plus d’un siècle. Pour l’avoir connu dans les méandres de la damnation. Comme une évidence pour l’insurgé, son attachement envers son cadet n’avait fait que se renforcer une fois l’horreur laissée derrière eux. Alors cette nouvelle essence qui le ronge, Regan ne l’a dévoilé qu’à Melvyn. Sans hésitation ni arrière-pensée, seulement poussé en avant par la confiance aveugle qu’il lui porte depuis tant d’années. Parce qu’à deux, il allait être plus à même de comprendre. D’apprivoiser cet autre et les étranges pulsions qu’il s’amuse à faire pulser sous sa peau lorsque l’ancien sorcier baisse la garde. Il bifurque entre deux rangées de clôtures. Se glisse en haut des quelques marches avec une légèreté empruntée à Lyn. Le défaut de la scission de son être. Qui attire le regard intrigué d’un voisin tordant alors la tête pour poser un visage sur la silhouette singulière. L’œillade appose l’esquisse de ce mystérieux sourire sur les lèvres du résistant. Pour se muer en une véritable manifestation de contentement lorsque la porte s’ouvre sur son ami. Il ne peut s’empêcher de jeter un coup d’œil à sa montre devant la remarque qui l’accueille. « - Ce serait peu correct de ma part de te faire attendre. » Lâche-t-il en se glissant à l’intérieur. Devançant le propriétaire des lieux, il  prend  alors possession de la pièce à vivre qu’il connait par cœur, s’installant dans le fauteuil qu’il occupe à chaque entrevue. Le regard parcourt un bref instant le décor avant de se reposer sur son hôte. « - Comme un charme. Hormis une légère migraine qui s’est installée depuis quelques jours. En partie renforcée par ma tendance à bouder le sommeil, je pense. Du classique en somme. » Il a fini par s’y faire, à ce petit défaut de fabrication qui lui cisaille le crâne. Ses nuits blanches à répétition n’arrangeant pas vraiment son cas. « - Un café serait parfait. » Toujours la même réponse à cette simple question. Ce n’est plus du sang qui doit couler dans ses veines, mais bien de la caféine. Après un silence au cours duquel Regan en profite pour croiser les jambes avec cette langueur étrange qui lui est propre, un infime froncement de sourcils vient perturber son front.

« - Je me suis toujours demandé… Mes réponses à cette éternelle question sont-elles consignées quelque part ? Au milieu de toutes les informations que tu accumules sur les créatures de mon genre ? Si c’est le cas, Melvyn dit le moi, je tiendrais un journal plus abouti de mes journées, ça te simplifierait peut être la tâche. » Le sourire se pose sur les lippes, une fausse candeur se glissant sur le visage de l’ancien sorcier. Mais derrière l’évident amusement de la tirade se cache pourtant une pointe de sérieux. Il a bien remarqué, combien son ami s’est retrouvé fasciné par l’émergence de cette nouvelle race. Une autre curiosité à apposer sur l’étagère poussiéreuse d’un cabinet pourtant déjà plein à craquer. Il a vu, à quel point Melvyn se suspendait à ses lèvres lorsqu’il en venait à évoquer ses dons et les autres choses étranges qui composaient les fibres de sa nouvelle nature. L’attrait de la nouveauté et de l’inconnu. Le propre de l’homme dont la curiosité ne s’encombre pas de limites comme le font la plupart des êtres humains. L’intérêt qu’un ami peut avoir pour l’autre, rien de plus.

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MessageSujet: Re: The day I betrayed you ∴ Regan   Ven 18 Mar - 20:55



the day i betrayed you

Un café, toujours un café. Au fond, la question n'avait été dictée que par la simple habitude du rituel dans la mesure où il savait déjà la réponse avant même de la demander. A vrai dire, Regan était le principal utilisateur et consommateur de l'excellent café que le sorcier parvenait à se procurer ainsi que de la cafetière allant avec. C'était dire s'il avait pris le pli depuis que leurs rencontres s'étaient installées dans la routine de leur quotidien respectif.
Melvyn s'éclipsa quelques minutes du salon, laissant ouverte la porte de la pièce adjacente afin que la voix de son ami lui parvienne encore. Il attendit pourtant d'être revenu, d'avoir posé café et thé sur la table basse et s'être installé à son aise en face de son invité, pour répondre à sa question. Le sorcier détestait avoir à élever la voix. « La franchise appelle à la franchise. » Un fin sourire étira ses lèvres tandis qu'il considérait Regan. Il reprit: « Je n'oserais pas te mentir en prétendant qu'il n'y a aucun intérêt camouflé derrière la platitude de cette simple question. Je n'ai, après tout, jamais cherché à te cacher l'intérêt que j'ai pour les êtres de ton espèce. Pour toi en particulier. » Bien sûr qu'il osait lui mentir, mais tout l'intérêt d'énoncer les demi-vérités résidait en ce qu'elles permettaient à l'interpellé de se focaliser sur la partie visible de l'iceberg et de continuer à ignorer tout ce que les eaux sombres lui cachaient sournoisement. « J'ai certes eu l'occasion, à quelques rares reprises, de pouvoir mettre la main sur d'autres sujets d'études, mais tous autant que vous êtes, vous montrez extraordinairement différent dans votre manière d'appréhender ce qui vous arrive. D'y résister. De s'y abandonner complètement. Bien évidemment, tu connais mon intérêt pour les énigmes. » Il allait sans dire que son aîné connaissait également cette manie qu'avait le sorcier de parler, toujours parler, extrapolant autour d'une simple question qui n'aurait nécessité qu'une simple phrase en guise de retour. Sa voix était riche et posée, calme, agréable à l'écoute, et il fallait au moins ça lorsque l'homme était lancé dans ses débats, bien qu'il n'en fut ici qu'à l'introduction. « Seulement toi tu es différent. De tous, tu es le seul que je connais réellement. Ainsi, de tous, tu es le seul chez qui les changements sont véritablement intéressants à observer car j'en saisis bien plus de nuances. Et à retranscrire, en effet. » Il s'interrompit le temps de porter la tasse à sa bouche, accueillant la saveur du breuvage chaud et parfumé le temps de quelques gorgées. « Devrais-je avoir honte d'agir de la sorte ? » Et dans ses yeux clairs qui soutenaient sans la moindre hésitation le regard de son vis-à-vis, on pouvait réellement y lire la quête de l'approbation de celui qui avait été son mentor en des années bien plus sombre que celle-ci. « De te traiter, en quelque sorte, comme un vulgaire cobaye en décortiquant la moindre de tes réponses et réactions face à moi. » Il cherchait l'approbation et pourtant sa décision quant à ses agissements futurs était prise et bien prise, et Melvyn ne lui avait rien demandé la concernant. Il s'était même toujours soigneusement gardé d'aborder le sujet, craignant  un refus, un rejet en bloc de ce qu'il avait à lui proposer. Or, pourrait-il vraiment lui imposer ce qu'il souhaitait faire alors même qu'il savait que ce n'était pas désiré ?
Il lui était plus facile, définitivement, de choisir le poids de ce secret et des conséquences qu'il ne manquerait pas d'engendrer.

Semblant pour l'heure rassasié de s'entendre parler, le sorcier entreprit de bourrer sa vieille pipe, lustrée à force d'usages réguliers. Des gestes qui signifiaient à son interlocuteur l'autorisation tacite qu'avait ce dernier de fumer s'il le désirait. Les portes fenêtres de la véranda étaient entre-ouvertes, laissant filtrer l'air frais de l'extérieur et quelques bruits distants du voisinage, mais au moins ne seraient-ils pas enfumés dans l'odeur désagréable des tabacs mélangés. Freyja, la chatte norvégienne aux longs poils cannelles, se faufila par l'embrasure et vint quêter un peu d'affection auprès de son maître avant de repartir vaquer à ses occupations. L'animal lui était venu avec la bâtisse, visiblement plus casanier qu'attaché à ses anciens propriétaires. Melvyn s'était fait un plaisir de l'adopter, accueillant cette présence discrète et indépendante comme une solution palliative à sa propre solitude lorsque celle-ci se faisait parfois trop pesante.  

La fumée s'éleva en volutes blanches et paresseuses qui s'étirèrent jusqu'à finalement se disperser et disparaître. Un cobaye, avait-il dit, mais le terme était-il réellement approprié à la situation ? A Regan, le sorcier n'imposait guère plus que quelques questions orientées, tout au plus quelques tests pas bien méchants. Jamais au grand jamais il n'aurait osé lui faire subir ce qu'il avait fait à ceux qui avaient durement gagné le qualificatif de souris de laboratoire. L'idée ne lui avait, à vrai dire, même pas traversé l'esprit car le respect qu'il avait à son égard était bien trop persistant pour cela.
En son for intérieur et sans réellement s'en rendre compte, Melvyn pensait que l'exorcisme était sa manière à lui de sauver son ami de la damnation, de lui retourner la faveur qu'il lui avait faite en l'aidant et l'épaulant dans la prison de ténèbres.

Fallait-il une autorisation pour tendre une main salvatrice ?

 


Dernière édition par Melvyn B. Queensberry le Mer 23 Mar - 20:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: The day I betrayed you ∴ Regan   Dim 20 Mar - 20:13


Le temps a filé. L’absence de son hôte à peine remarquée. C’est un frisson qui parcourt son échine lorsque les effluves familiers viennent se couler jusqu’à ses narines. Cette odeur qui doit certainement faire partie intégrante de la sienne à présent. L’ébauche d’un sourire sur les lèvres, Regan se saisit de sa tasse pour mieux revenir se couler dans son siège avec la souplesse d’un félin. Les doigts fermement agrippés à son trésor, il laisse la chaleur du liquide les réchauffer. Noir sur blanc, les seules couleurs qu’il voit. Le café brûlant contre la porcelaine immaculée. L’ancien sorcier se perd un instant dans la contemplation de ce tableau qui résume à lui seul l’éclat morne de son monde monochrome. Habitué aux tirades de son ami, l’aîné laisse couler cette voix chaleureuse sur ses épaules sans l’interrompre. Il se contente d’acquiescer à la première remarque d’un hochement de tête entendu. Le silence est son unique réponse, mais ses propres réflexions s’apposent sur son visage. Les pupilles vacillent d’un point à un autre, alimentant la mécanique de ses pensées tumultueuses. Machinalement, il souffle sur son café avant de le porter à ses lèvres. Le laissant lui brûler la trachée pour mieux fermer les paupières de délice. La descente du camé obtenant enfin sa dose. Celle dont il ne pourrait plus se passer même avec tous les efforts du monde. Parce qu’elle le tient éveillé quand tout semble vouloir le plonger dans le sommeil. Une perte de temps. Un luxe qu’il ne peut plus s’offrir quand d’autres payent pour se l’offrir, lui. Lui ou Lyn, peu importe, les deux ne formant qu’une seule personne. Le poids du regard de Melvyn qui pèse sur lui sort Regan de ses pensées. Il cille puis lève les yeux vers son vis-à-vis.  

« - Un vulgaire cobaye… ? Le terme est loin d’être plaisant à porter, mais à ta place j’agirais certainement de la même manière. Pour satisfaire un élan de curiosité et le besoin de comprendre. » Il le concède dans un sérieux quasi-professionnel. Avant de se pencher légèrement en avant, comme s’il cherchait à réduire la distance les séparant. « - Mais entre nous, je dois aussi avouer que l’intérêt que tu me portes titille mon égo. » Dans un sourire entendu et l’ébauche d’un infime éclat de rire, l’insurgé revient se couler contre le dossier, un amusement certain peint sur la finesse de ses traits et dans la légèreté de ses gestes. Son annulaire tapote contre la tasse, l’alliance frappant contre la porcelaine émettant un léger tintement. Un rythme qu’il est le seul à connaître et qui lui permet de retracer le fil des élucubrations du sorcier. Une nouvelle gorgée de café, moins chaud à présent, et l’autre main qui se détache de la tasse pour s’élever dans le vide. Les phalanges tendues vers Melvyn comme le signal d’une révélation qui s’apprête à venir. Regan pèse ses mots, les met en ordre pour éclaircir au mieux le fil de ses pensées aussi anarchiques que son opinion politique. « - Il y a toujours une part de résistance, elle revient. A chaque fois que l’abandon semble être total, elle frappe à nouveau. C’est sûrement ça le pire dans toute cette nouveauté, cette incapacité à lâcher prise. Comme un sursaut de conscience avant la catastrophe. Si je me suis, en quelque sorte, acclimaté à cette nouvelle énigme, ma véritable nature me manque. » Il soupire la fin de sa phrase et l’ombre d’une triste nostalgie vient se peindre sur sa figure. Regan se renfrogne dans un battement de cils. Un reniflement dédaigneux qui le vise lui, et lui seul. Il accable ce qui le ronge de l’intérieur, ce qui lui a volé son identité. Ce qu’il a toujours été depuis sa naissance. Car c’est ce qu’est sa nouvelle nature, un vulgaire cambrioleur rien de plus. Le vol d’un ordre établi et savamment maîtrisé. Pour ne laisser que désolation et désordre. « - La magie, elle est là, depuis le début... » Du bout des doigts de sa main libre, il vient tapoter sa poitrine, au niveau du cœur. « - Il suffit d’apprendre à la maîtriser, de la laisser prendre son essor  sans résistance. Mais ça, il n’y a rien pour en rendre l’apprentissage plus facile. Ce mystère si fascinant, est aussi une véritable torture. J’ai parfois l’impression d’être vide, comme si rien n’avait remplacé ce que j’ai pu perdre. Belle connerie ce sort si tu veux mon avis… Après réflexion s’entend, sur le moment, c’était pourtant la meilleure chose à faire. » Auraient-ils agit différemment s’ils avaient été conscients des risques ? Il l’ignore et quand bien même, il en doute. Les grands actes sont toujours porteurs de gloire et de revers. Les deux, aussi différents soient-ils, sont toujours étroitement liés.

« - Paradoxal aussi, parce que je ne parviens pas à me défaire de cette étrange sensation. Vide à l’intérieur et à la fois habité par quelque chose d’affreusement envahissant, c’est très dérangeant quand on y pense. » Un froncement de sourcils en conclusion, et la tasse qui se vide d’un trait pour revenir se poser sur la table. Le silence retombe, à peine brisé par les bruits extérieurs. Distraitement, Regan joue avec son alliance, s’absorbe dans la contemplation du parquet lustré avant de reposer brusquement son regard sur le sorcier. « - Ai-je à ce point changé Melvyn ? » Il le lâche dans un murmure. Il a changé. Son seul reflet le lui prouve chaque matin. Cette horreur qui le poursuit à chaque fois qu’il croise sa réflexion. Rose ne le reconnaîtrait pas si elle le voyait aujourd’hui. Emile, oublié et enterré, le sorcier remplacé par une chose affreuse. Et c’est bien ça sa plus grande souffrance. De se dire qu’elle ne le reconnaîtrait pas. Rien n’a changé sur la surface, mais sous les taches de rousseur, il n’a plus grand-chose en commun avec celui qu’il a été.

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MessageSujet: Re: The day I betrayed you ∴ Regan   Mer 23 Mar - 22:31



the day i betrayed you

« La meilleure chose à faire, tout dépend du point de vue. En un sens, je dois m'estimer heureux que votre petite idée ait fait naufrage, car qui sait ce qu'il serait advenu de moi autrement. Pour ce que l'on en sait, peut-être que nos rôles seraient inversés à l'heure actuelle et encore, j'imagine là le plus clément des scénarios pour n'avoir aucune idée concrète de ce que vous nous réserviez à ce moment. » Mais nulle rancœur dans les paroles, car Melvyn n'en entretenait pas la moindre pour son comparse. Ils étaient dans des camps opposés, c'était un fait qui n'avait jamais été maquillé et le sorcier savait qu'il aurait été capable d'agir de la même manière à sa place. Sinon pire. Après tout, lui-même ne s'était rangé dans les rangs du Gouvernement plus pour la sécurité et la facilité d'agir à sa guise que parce qu'il cautionnait réellement leurs faits et gestes. Si l'aisance que lui conférait ce choix lui permettait de mener à bien ses expériences sans risquer d'être inquiété par la milice, et ce quelle que soit la nature de ces dernières, elle n'oblitérait pas pour autant le souvenir de sa condamnation et de ceux qui l'avait jeté dans une prison infernale. Différents lieux, différentes époques, mais la loi et le pouvoir en place ne changeait jamais réellement.
Néanmoins, Melvyn était las des prises de risques et des dangers inconsidérés, il y avait eu droit plus qu'à son tour durant ce siècle écoulé. Dès lors, peu lui avaient importé la teneur de ses pensées à l'égard de la tête de la ville : s'il comprenait – partiellement – les raisons qui avaient jeté Regan dans la résistance, lui-même avait préféré le confort facile.  

Melvyn était presque un enfant devant le conteur du village quand il écoutait son ami détailler sa situation. Sa curiosité prenait le pas sur tout le reste et il aurait encore pu l'assaillir de mille et une questions s'il n'avait pas été habité d'un minimum de bienséance.
Dérangeant disait-il, ça il n'avait aucun mal à le croire. Qu'importe les bénéfices que cette possession pouvait bien avoir, et encore fallait-il pouvoir considérer comme tel les modifications apportées à l'essence de l'être, les faits n'en étaient pas moins dénonciateurs : tout cela n'était que le fruit d'un vulgaire parasite, d'un résidu démoniaque qui s'accrochait à l'âme à la manière d'une sangsue et refusait de lâcher prise. Regan était un parmi les nombreuses victimes de ce sortilège raté et, s'il ne l'admettait pas à haute voix devant lui, le sorcier éprouvait quelque peine à le voir transformé de la sorte. Pis, il redoutait le jour où son ami succomberait définitivement à ce mal pernicieux et, même s'il donnait l'impression de se tirer tout à fait honorablement de cette lutte sans répit, Melvyn savait pertinemment que cela finirait par arriver à un moment.

À la question de Regan succéda un silence lourd de signification, lourd de la réponse qu'il n'avait pas encore donné et qui pourtant, ils le savaient tous deux, était évidente. « Tu ne le réalises sans doute pas aussi bien que moi », finit-il par déclarer après avoir tiré une bouffée. « Tu vis ces changements pas à pas, chaque jour un peu plus et cela doit parfois te paraître infime. Alors que pour moi, qui ne suis que spectateur et ne fais pas partie de ta routine quotidienne, la différence me saute aux yeux à chaque fois que je te vois. » Il marqua une brève pause afin d'exhaler la fumée puis reprit juste après sur un ton plus léger, avec un coin de sourire au bord des lèvres : « En fait, il faut voir ton état comme une belle illustration de l'allégorie de la grenouille. Non pas que j'ose te comparer à un batracien, remarque, mais dans le fond l'idée est la même. » Et si son vis-à-vis n'allait pas mourir d'être possédé, la finalité n'en serait pas forcément plus joyeuse au vu de ce qui l'attendait au tournant. « Alors oui, tu as changé  à ce point. » Voilà que la gravité s'était de nouveau invitée dans son regard et le ton de sa voix. « Et je crains de voir jusqu'où cela peut encore aller. Vois-tu, l'intérêt que je te porte n'est pas uniquement professionnel. Tu es un ami avant tout, cher à mon cœur pour ce que cela vaut. Pour avoir constaté les dommages sur ceux qui, dans une condition similaire à la sienne, n'ont pas eu la force de lutter, je redoute de te savoir un jour dans ce chemin-là. » L'aveu est fait.

Reposant la tasse désormais vide sur la table basse, Melvyn se renfonça dans le dossier confortable de son fauteuil, l'air méditatif. Il savait qu'il allait lui falloir agir incessamment sous peu mais n'avait pas l'envie d'interrompre cette conversation. Pas tout de suite du moins. Lorsqu'elle viendrait à sa fin naturelle, Regan ne tarderait pas à prendre congé de lui. Et s'il le laissait partir comme il l'avait fait toutes les autres fois précédent celle-ci, il doutait d'avoir la force d'agir pour leur prochaine rencontre. A trop remettre les choses à plus tard, l'on finissait par louper définitivement le coche.
Or le sorcier ne pouvait pas laisser passer cette occasion.
La conscience aiguë de savoir l'échéance de plus en plus proche distillait une once de nervosité qu'il se faisait fort de masquer derrière un calme de façade. Malgré sa confiance quasi aveugle dans ses talents, il savait qu'il n'allait pas tarder à s'engager sur un sentier périlleux. Chaque possibilité de réussite se trimbalait son lot de "et si… ?" et son potentiel d'échec proportionnellement élevé à la difficulté du sortilège – autant dire qu'ici, il atteignait des sommets. En soit, son partenaire était d'ailleurs un exemple flagrant des conséquences inattendues lorsque tout ne se passait pas comme prévu.

 
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MessageSujet: Re: The day I betrayed you ∴ Regan   Ven 25 Mar - 20:33


Lmutisme de l’ancien sorcier en guise de réponse. L’ébauche d’un sourire mutin sur ses lippes et un éclat assassin dans ses pupilles. Ils avaient pourtant si bien préparé leur coup. A croire que toutes les tentatives pour faire cesser cette sombre mascarade ne sont vouées qu’à échouer. Il en reste un arrière-goût amer sur la langue du résistant. La défaite inscrite dans les fibres de son cœur qui ne cessera pourtant pas de battre pour restaurer l’ordre juste de cette existence de misère dans laquelle la race humaine s’embourbe. Un autre que lui aurait choisi de baisser les armes et courber l’échine. A la manière de Melvyn, s’enrôler du bon côté et vivre dans la sérénité. Il ne lui en veut pas d’avoir choisi cette voie, et il est bien le seul à pouvoir se vanter d’obtenir son entendement. Tous les autres sont des moutons. De viles créatures stupides, uniquement bonne à suivre les belles paroles distillées par une bouche enjôleuse. Président, monarque, c’est un autre nom qui ne sert qu’à cacher derrière des dorures la saleté et la lâcheté. Deux siècles après celui qui a vu le jour de sa naissance et rien n’a changé. C’est ça qui le dépite et fait rugir le sang dans ses veines. Que tout soit resté identique à ce qu’il a déjà connu. Le progrès, aussi séduisant soit-il, n’est pas suffisant pour masquer le niveau dégradant où tout à stagner. L’ombre d’un dédain évident s’appose sur le visage de l’insurgé. Il dissimule le pli marquant le coin de ses lèvres derrière sa main. Les lippes effleurant l’acier de son alliance avec tendresse. Les paupières closes et le contact qui ne dure qu’un instant parviennent à terrasser le feu de la révolte venu se nicher dans sa poitrine. Comme un rempart contre la colère, la voix de son vis-à-vis le berce. Il écoute, avec ce calme qui lui est propre. Et esquisse un nouveau sourire lorsque les mots lui chatouillent les tympans.  

« - De cobaye, voilà que je deviens une grenouille. » L’amusement tinte son timbre, il vibre d’un rire retenu et le regard que Regan peut poser sur Melvyn brille de ce même amusement. La légèreté cède pourtant sa place à une gravité qui vient figer ses traits. Les paroles de son ami le dérangent. Parce qu’elles recèlent une part de vérité. Une chose à laquelle il ne pense pas. Qu’il préfère ignorer. Il n’en sait rien, de ce qui arrivera le jour où il abandonnera la lutte. Quelques cas abandonnés dans des caves insalubres ne peuvent pas être les étendards de toute une race. « - Je ne fais pas réellement attention. Ou du moins, j'essaie de ne pas trop y porter d'intérêt. C'est douloureux parfois de se dire que j'ai survécu à l'enfer en restant ce que j'étais. Et qu'il aura suffi d'une ridicule bévue pour tout perdre. » Lâche-t-il dans un souffle. La voix plus tendue et rêche qu’il ne le voulait vraiment. La partie qui se joue entre ses tempes le coupe un instant du monde. Le plonge dans sa réflexion et voilà qu’il se remet à jouer avec son alliance. Pour dissiper le malaise, faire tourner l’or contre la peau de son annulaire. Le manège s’immobilise d’un seul coup, quand la conclusion s’appose contre son front. « - Je ne nie pas le fait que l’ignorance de ce qui m’attend ne m’effraie pas. Lâcher prise face à l’inconnu, c’est aussi terrifiant qu’attirant. Peut-être que le résultat de cet abandon est différent pour chacun d’entre nous. Ce que tu as vu chez d’autres, ne se produira peut-être pas chez moi. » Un haussement d’épaule désinvolte pour mieux faire passer la pilule. Regan se redresse, abandonne le confort du dossier de son fauteuil pour se pencher légèrement en avant, les deux pieds sur le sol. « - Ton inquiétude me touche Melvyn, sincèrement et tu le sais. Mais si je dois un jour terminer comme ce pauvre batracien, tu ne peux rien y faire. Même un simple humain peut finir terrassé par ses travers. Nous avons déjà déjoué la mort une fois, je doute qu'elle accepte de se faire encore avoir. » Plus mortel que jamais, l’idée de plus avoir d’échappatoire fait courir d’irrépressibles frissons d’angoisse sur sa peau. Seule la pensée de pouvoir retrouver Rose, qu’importe l’endroit, parvient à apaiser ses craintes. Une éternité à se damner à ses côtés. Le silence retombe dans la pièce, figée dans l’instant d’une rencontre comme il y en a eu tant d’autres. Comme il y en aura encore une fois celle-ci achevée.

Le regard de l’ancien sorcier dévie et vient se poser sur sa montre. Le rappel à l’ordre lui fait l’effet d’une aiguille chauffée à blanc dans la nuque. Il en sursaute presque et se racle la gorge pour dissiper la gêne. « - Je suis profondément navré mon ami mais il va falloir que je te laisse. Je ne voulais pas annuler notre entrevue mais un contretemps de dernière minute m’oblige à l’écourter. A notre prochaine rencontre, je te donnerai un compte-rendu plus détaillé de mes journées pour alimenter tes recherches. » Il accompagne la tirade d’un sourire entendu avant de s’extirper de son fauteuil à la manière d’un chat s’éveillant de sa sieste au soleil. Il aurait préféré l’ignorer, cet imprévu. Faire s’étendre la sérénité de cette entrevue plutôt que de devoir retourner se vautrer dans l’indécence de sa vie malsaine. L’habituée en manque d’affection qui dispose de son jouet comme elle l’entend. Se moquant bien qu’il puisse avoir une vie en dehors des moments qu’il passe avec elle. Un poids s’écrase contre sa poitrine, celui de la résignation. Et la gorge se noue alors qu’il se traîne vers la porte, s’arrêtant un bref instant pour venir gratter le haut du crâne du chat, siégeant dans l’encadrement comme s’il en était le gardien.

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MessageSujet: Re: The day I betrayed you ∴ Regan   Lun 28 Mar - 23:39



the day i betrayed you

Regan avait peut-être raison, il n'était pas impossible qu'il réagisse différemment des autres. Afin d'établir une certitude quant à la finalité de cette nouvelle espèce, il fallait un nombre de cobayes suffisamment élevé pour être en mesure de constituer une moyenne. Melvyn avait certes eu l'occasion de quelques expériences, mais ce n'était pas assez pour avancer des conclusions. L'échec de ce sortilège était encore trop récent, la blessure trop fraîche pour avoir déjà des acquis la concernant.
Regan avait peut-être raison et peut-être que cela ne se manifesterait jamais en lui, ou alors pas avant un nombre d'années conséquent.
Regan avait peut-être raison mais ce n'était là qu'une hypothèse vacillante et le sorcier refusait de prendre ce risque.

Lorsque son aîné annonça la fin de l'entrevue, un éclair de surprise traversa fugitivement le regard de Melvyn. Déjà ? Il s'était attendu à ce que la discussion se prolonge encore un certain temps, des minutes précieuses durant lesquelles les quelques herbes médicinales soigneusement dosées et mélangées au tabac qu'il fumait aurait pleinement effectué ce qu'il attendait d'elles : un calme parfait, une relaxation optimale afin de se glisser dans son art sans risquer la moindre anicroche au moment venu. Un exorcisme était tout sauf un exercice aisé et intuitif, or le sorcier s'y apprêtait ici pour sa première fois et n'avait pas le moindre droit à l'erreur. Il avait, de ce fait, jugé judicieux de recourir à cette petite astuce afin d'empêcher une nervosité mal venue de venir le visiter à l'improviste.
Pris de court, donc, sa main gauche agrippa le pommeau de sa canne sur laquelle il s'appuya un peu lourdement, se relevant à la suite de Regan. La pipe, quant à elle, fut délaissée sur la table basse. « Voilà qui est abrupt, je ne m'attendais certes pas à une visite aussi brève. » Melvyn le raccompagna néanmoins jusque dans le corridor de l'entrée, s'arrêtant dans l'embrasure de la porte du salon et le laissant parcourir les derniers mètres seuls. Dans ses veines, il sentait déjà l'adrénaline affluer et l'électriser, lui procurant un afflux soudain d'énergie difficilement contenue dans l'appréhension de ce qu'il s'apprêtait à faire. « Et si tu te trompais, Regan ? » Sa voix restait maîtrisée, maquillant admirablement ce qui se jouait derrière le masque, l'effervescence soudaine de ses pensées en ébullition. Son regard était rivé au dos de son ami, présentement occupé à gratifier Freyja de quelques cajoleries. « Si je pouvais effectivement y faire quelque chose ? Toi plus que les autres tu devrais savoir que je ne suis plus un novice depuis longtemps. » Parler l'aider à se recentrer sur lui-même, laissant l'assurance prendre possession de ses gestes et paroles. Il pouvait y arriver, devait y arriver et n'avait de toute manière plus aucune raison de repousser sa décision. « Au cours de mes recherches, je n'ai trouvé qu'une solution viable pour pallier à ton état. Une seule, mais nous n'avons pas besoin de plus du moment qu'elle est efficace n'est-ce pas ? » Melvyn pouvait lire dans l'attitude de son compagnon que celui-ci commençait à comprendre mais il prenait son temps, redoutant par-dessus tout qu'un excès de hâte fasse tout capoter. De toute façon, Regan ne pouvait guère jouer la fille de l'air : un vieux relent paranoïaque poussait le propriétaire de la maison à systématiquement verrouiller la porte d'entrée, qu'il soit de sortie ou présent à l'intérieur de son domicile. Aujourd'hui encore plus que de coutume, le sorcier n'avait pas oublier de d'activer convenablement le loquer, mais le geste était tellement ancré dans ses habitudes que son invité ne l'avait certainement pas notifié tout à l'heure alors que la porte se refermait derrière lui.  

Au langage commun succédèrent les mots latins savamment orchestrés, appris et répétés maintes et maintes fois au cours d'exercices visant à éliminer toute hésitation, tous défauts de prononciation et autres parasites susceptibles de faire obstacle et gêner le bon déroulement de l'incantation.
Une pensée fugace visita le sorcier avant qu'il ne se ferme à tout ce qui n'était pas relatif à l'exorcisme : n'aurait-il pas dû pallier à toute éventualité, piéger son mentor dans un cercle de Salomon afin d'éviter la moindre rebuffade ? Il était trop tard à présent pour s'en soucier et Melvyn se fit sourd à toute plainte émanant de Regan, se concentrant plus sur les réactions qu'avait ce dernier en regard de ce qu'il lui faisait subir. Dans sa bouche, la parole avait une fluidité qu'il ne devait briser sous aucun prétexte tandis que ses pas l'amenaient à accentuer progressivement la promiscuité de leurs deux corps, avalant sur le fil des mots les quelques mètres de distance. Toute notion du temps disparut, tout ce qui n'était pas eux plongea dans un arrière-plan brumeux. Brusquement, l'incantation prit fin.

La respiration courte, saccadée, le sorcier sentit son monde vaciller alors qu'un étourdissement passager le poignardait sans douceur. Son épaule heurta un des murs du corridor et il s'y appuya l'espace d'une poignée de seconde, ses yeux refusant de quitter l'être effondré dans son hall d'entrée. « Regan… » Le prénom sortit dans un souffle alors qu'il récupérait suffisamment de son équilibre pour faire un dernier pas vers lui et lui tendre la main.

 
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MessageSujet: Re: The day I betrayed you ∴ Regan   Jeu 31 Mar - 21:23


Abrupte, la fin de l’entrevue lui laisse un arrière-goût amer sur la langue. Souffle une brise de souffre contre son cœur lorsque la question vient s’infiltrer dans ses oreilles. Les doigts de l’ancien sorcier cessent de déranger les poils du félin. Regan se fige un instant, refusant seulement de croire que les mots qu’il a pu entendre ont bien le sens qu’il est en train de leur donner. Il se relève, lentement et serre le poing pour ne pas se voir trahir par les tremblements qui agitent ses doigts. Le flot de parole lui broie le cœur. Piteux organe prisonnier entre ses côtes, qui ne fait qu’accélérer sa course. Poussé en avant par le fol espoir de pouvoir fuir pour ne pas être victime de l’orage qui s’annonce. « - Melvyn… N’y pense pas une seule seconde. Tu perds ton temps, il n’y a pas besoin de solution pour palier à mon état, tout va très bien. » C’est une menace qu’il murmure avec toute l’autorité dont il est doté. Un soupir rauque qui s’échappe de sa gorge sèche alors qu’il ose prendre le risque de faire face à son ami. L’allié des temps obscurs, le disciple auquel il a appris certaines de ses talents de sorcier sans réfléchir. Celui à qui il s’est lié plus que de raison dans les entrailles de l’Enfer. Qu’il puisse seulement le trahir lui retourne l’estomac. Le fait chuter pour mieux s’écraser au milieu de cendres encore fumantes. Il retient son souffle, espère que ce n’était rien de plus que des paroles lancées avant de le laisser partir. Que d’un instant à l’autre, Melvyn va s’avancer pour tourner la clé dans la serrure et lui rendre sa liberté. Les secondes s’égrainent et rien de ne change. D’un langage commun, la discussion s’oriente alors vers les notes d’une langue oubliée. Des frissons d’horreur dégringolent le long de son échine. Son cœur se fige, puis repart de plus belle, et l’indignation souffle sous la peau à présent glacée de l’ancien sorcier. « - Arrête ! Immédiatement…Tu commets une énorme erreur. » Il le souffle avec difficulté. Tiraillé entre la colère et la peine. Le tourment devient profond, s’insinue dans les fibres pourries de son être qui se révulse. Les muscles se crispent avec violence, et la chose sous la peau s’agite. Elle s’agrippe à la chair, griffe et racle. De concert, l’esprit et Regan luttent pour conserver leur unité. Rejettent, l’un comme l’autre, l’agression qui en train de s’échiner à vouloir les dissocier.

Les jambes flanchent, se brisent sous le poids d’une volonté plus force que la sienne et Regan tombe à genoux devant le traître. Ses phalanges se raccrochent, raclent le sol dans l’espoir de se maintenir à flot. Le goût du sang contre le palais et sa texture poisseuse sur la langue, il filtre aux coins des lèvres et goutte à terre. Ses soupirs de douleur rythment les psaumes, à mesure que le corps rejette l’intrus. C’est un morceau de son âme que le sorcier est en train d’arracher. Cette affreuse sensation d’être expulsé de sa propre enveloppe, soudain devenue trop étroite pour tout contenir. Le crâne en feu, fendu à de multiples endroits, les élans de douleur qui l’assaille de toute part achèvent ses dernières résistances. Il râle, crache sa souffrance et les morceaux du parasite qui le rongeait. Hurle le mal-être qui le comprime avant de s’effondrer au sol dans un dernier spasme. Le dernier rejet d’un organisme malade. Le corps en friche, le cerveau en feu, Regan ne bouge plus. Du désordre dans la poitrine et dans les poumons, ses paupières sont closes pour mieux lui épargner la vision de ce qu’il vient de perdre. Sa magie, un morceau de lui. Au même titre que sa femme, sa vie d’hier et d’aujourd’hui, il n’est plus rien. Juste un tas de chair douloureux, étendu aux pieds d’un félon qui fait germer dans sa trachée les graines de la haine. Péniblement, il ouvre les yeux et frissonne lorsque la main se tend dans sa direction. « - Ne me touche pas… » Rauque et brisée, sa voix s’extirpe avec difficulté de sa gorge serrée. Il tente de reprendre son souffle, d’émerger des brumes qui l’entourent. La mort au bout du chemin, il l’a frôlé, le froid qui dévore sa peau en est le témoin. Une nouvelle fois. Si l’acte de Melyvn tient de la bienveillance, l’insurgé, lui considère la chose sous un angle tout autre. Avec toute la peine du monde, Regan se redresse. Pitoyablement, il chancèle sur ses jambes trop fragiles pour supporter son poids. Il se raccroche au moindre appui passant à portée de ses doigts.

« - Qui t’a donné le droit ?! Tu n’avais pas à prendre une décision pareille sans m’en parler au préalable. As-tu seulement imaginé que je ne voulais pas être ‘sauvé’ ? Que cette situation me convenait ? » La rage fait vibrer ses cordes vocales. Se mêlent à la fragilité. Incendiaires, les pupilles d’émeraudes se braquent sur la silhouette du sorcier. « - Tu n’as pas fait ça pour m’aider, Melvyn, tu l’as fait pour satisfaire ton égo. Te prouver que tu es un puissant mage. Bravo, tu l’es. » Il le concède dans un ricanement cynique. Ravale sa bile du mieux qu’il peut. Et tente au mieux d’effacer la peine qui lui broie le cœur. C’est sa confiance que Melvyn vient de perdre. C’est un ami qu’il a condamné sans plus de réflexions. Piétiné à ses pieds comme un vulgaire insecte. « - Je te faisais confiance… » Il le souffle avec amertume. Chancèle sous le poids de mots qui l’écrasent.

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MessageSujet: Re: The day I betrayed you ∴ Regan   Jeu 7 Avr - 0:32



the day i betrayed you

La réaction de Regan n'était pas celle qu'il avait espérée quand bien même le sorcier n'avait pas trop su ce qu'il devait expecter venant de quelqu'un qui venait de se faire arracher sans pitié un morceau de lui-même. Un morceau intrus, certes, malvenu – selon son avis –, mais quelque chose qui s'était incrusté si profondément dans la nature de son ami que cela n'en pouvait partir sans dévaster son hôte au passage.
Néanmoins il n'avait pas pensé que c'était la rancœur furieuse qui l'attendrait à la toute fin : dans chacun des scénarios qu'il s'était plu à imaginer, jamais cette réaction n'était venue figurer au programme.

Melvyn se plia à l'injonction du sorcier et son geste fut avorté, la main désireuse d'aider s'arrêta à mi-chemin pour faire marche arrière et retourner à sa place initiale. L'autre était toujours crispée sur le pommeau sculpté de la canne, le serrant tant que les articulations avaient pâli. L'épreuve, harassante pour l'un, n'avait pas non plus été une partie de plaisir pour le second. Le sorcier se sentait vidé de toute sa force, épuisé, et repoussait le besoin nécessiteux de s'asseoir pour combattre un vertige persistant. Le sentiment de triomphe suffisait pour l'heure à le tenir debout, fier sans oser réellement l'admettre dans son attitude, victorieux sur le démon qui avait pris possession du corps de son mentor.

Dire qu'il déchanta vite serait un réel euphémisme : aux premières paroles, Melvyn chuta avec rudesse du piédestal doré sur lequel il s'était octroyé lui-même le droit de s'installer.

L'incompréhension se fraya un chemin parmi les pensées encore embrumées par l'exorcisme. Regan l'accablait, Regan refusait d'admettre que son vis-à-vis s'était lancé dans ce sort périlleux afin de l'aider – en partie – à se tirer de cette situation, n'exposant que sa cupidité et sa soif de puissance. Le sorcier fut froissé dans son amour-propre en ne trouvant pas une seule once de reconnaissance dans l'attitude et le verbe de son vis-à-vis. Ne lui avait-il pas sauvé la vie ? Non, il ne voulait pas être sauvé, il venait de le dire. Il refusa d'être rejeté, perdit un peu du calme qui lui avait été si précieux lors de l'incantation un instant plus tôt et fit face à la colère de son partenaire. « Comment peux-tu affirmer ça ? Que sais-tu des motivations qui m'ont poussées à agir de la sorte ? » Il ne l'admettait pas, mais la réplique acerbe avait frappé là où le bât blessait. Evidemment qu'il l'avait fait pour son ego. Mais pas que. Et surtout, il s'était persuadé lui-même que garder le secret autour de ce projet n'avait rien à voir avec la simple crainte qu'on lui refuse cette épreuve de sa puissance. « Comment peux-tu seulement insinuer que je n'avais aucun désir de t'aider ? Après tout ce temps partagé à s'épauler, avec tout ce que je te dois, me connaîtrais-tu si mal pour songer que je n'aurais pas voulu te rendre la pareille si une occasion m'était donnée ? » Le ton avait forci, Melvyn ne rendrait pas les armes sans se battre au préalable. « Le fait est que cette occasion, la seule que j'aurais peut-être jamais, s'est présentée à moi le jour où tu m'as avoué ton état. Et tu me dis maintenant qu'être comme cela te convenait ? Quand toutes nos discussions sur le sujet tendaient à laisser penser le contraire ? Foutaises ! Le fait est que je t'ai sauvé d'un mal qui rongeait ta vie, ne peux-tu pas au moins le reconnaître ? »

Alors que le début de l'entrevue avait commencé sur une note chaleureuse, le corridor de l'entrée menaçait à présent de se transformer en une lice destinée à la joute verbale de ceux-là qui avaient pu se prétendre amis pendant aussi longtemps. Pourquoi fallait-il qu'ils en arrivent là ? Parce qu'il n'avait rien dit. Regan avait raison, qui était-il pour s'octroyer le droit de la décision quant à ce qu'il convenait de faire ?
Sauf qu'aux yeux de Melvyn, ce n'était pas pour ça qu'il convenait d'être troublé.

Refusant de céder face à son vis-à-vis, il restait farouchement debout alors que son corps fatigué et vieillissant le suppliait de ne pas trop présumer de lui, s'appuyant de tout son poids sur la canne qui le supportait sans broncher. « Ce que j'ai fait, je l'ai fait pour ton bien », persista-t-il encore tout en laissant sa voix baisser d'un cran. « Tout ceci ne pouvait mener à rien de bon et tu le sais aussi bien que moi. » Le besoin insistant que son compagnon lui accorde la reconnaissance qu'il méritait pour ce qu'il venait de faire. Ou, tout du moins, qu'il croyait mériter ; la nuance avait son importance. « Ce n'était pas une erreur. » L'assurance transparaissait dans ses mots. Mais était-il celui qui pouvait en juger ? « Et la confiance n'a rien à voir là-dedans. » Au fond, peut-être était-ce là que résidait le nœud du problème.

 
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MessageSujet: Re: The day I betrayed you ∴ Regan   Dim 10 Avr - 21:38


Le monde se voile, vacille. Il chancèle sur ses jambes soudain trop fragiles pour supporter son propre poids. Malgré son appui, il a l’affreuse impression de se sentir chuter. Attirer vers le bas, irrémédiablement. Poussé hors de sa propre chair, le corps en vrille, détruit par ce qu’il vient de subir. Il n’ose imaginer les dégâts, le charnier qui doit sommeiller sous sa peau. Les chairs à vif, le cœur en lambeaux. Il a le goût du sang sur la langue, la texture contre le palais. Liquide écarlate qui s’échappe d’une de ses narines, pour mieux se faire effacer d’un revers de main tremblant. Fracassé de l’intérieur, il ne parvient pas à retrouver le contrôle de sa propre carcasse. Le souffle en berne malgré toutes ses tentatives pour retrouver un semblant de calme, Regan se noie dans son angoisse. Ce qu’il vient de vivre, ancré à ses rétines. Des images sombres qui se répètent devant ses yeux, malgré ses cils qui tentent de tout faire disparaître. Les phalanges s’agrippent contre les rebords du meuble lui servant d’appui. La voix de Melvyn le sort de sa torpeur. Fait flancher plus encore ses pauvres pensées. Parce qu’elle est à présent synonyme de douleur, cette voix d’ordinaire apaisante le fait grelotter d’angoisse. La traîtresse qui lui arraché son âme. Ce parasite venu se greffer à son être pour mieux le dévorer de l’intérieur. Cette chose, au début détestable, avec laquelle il avait appris à vivre. Elle lui offrait une nouvelle raison d’avancer. Quelque chose à contrôler, de quoi occuper son esprit pour lui faire oublier le néant de son existence.

« - Je n’en sais rien justement. J’ignore ce qui a pu te passer par la tête et te pousser à vouloir entreprendre une telle chose. Et en cas d’échec, qu’aurais-tu fait ? Que savais-tu des véritables effets d’un exorcisme ? Suis-je le premier, ou bien d’autres âmes en peine ont eu la chance d’obtenir ton aide avant moi ? » Sa voix tremble. Se brise sur des notes qui lui sont trop difficiles à prononcer. Parler le blesse, arrache de sa poitrine cet air qui se fait trop rare. L’oblige à reprendre son souffle, d’apposer des silences entre les mots et les phrases. Lentement, Regan ferme les paupières. Vacille un peu plus sur ses jambes, une violente vague de fatigue se brisant contre ses côtes. La bouche entre-ouverte pour laisser l’air se glisser dans ses poumons, il en effleure la commissure du bout des doigts. Là où le sang est venu se coller. S’accrocher à ses lippes avant de gouter sur le sol. Dans un faible raclement de gorge, l’insurgé tente de se reconstituer. Inutilement. La sensation de vide refuse de partir. Ecartelé entre le néant et un feu ravageant tout sur son passage. Il brûle de l’intérieur. Fronce les sourcils devant ce constat et serre les dents pour ravaler la douleur qui fuse dans ses veines. « - Le mal qui rongeait ma vie ? Elle n’est rien de plus qu’une suite de jours qui s’enchaînent les uns aux autres.  Du vide. Toi plus que quiconque, tu sais que je ne suis plus rien depuis des années. Ce n’était pas ma nouvelle nature qui était un mal. Mais bien tout ce que j’ai perdu avant elle. » Le souffle s’extirpe avec peine, englué à sa langue, noyé sous l’écarlate. Regan lève la tête, péniblement, pour poser son regard éteint sur le sorcier.

« - Je n’ai rien à reconnaître Melvyn, c’était une erreur. Tu n’as fait que me briser plus que je ne pouvais déjà l’être. » Amer, de l’acide sur la langue, il baisse les yeux. S’abandonne dans la contemplation du sol. Là où il se tenait quelques instants plus tôt. Misérable créature à genoux devant son tortionnaire. Le sorcier se borne, l’accable de paroles qui sonnent creux dans son crâne en désordre. Les phalanges se crispent contre le meuble, et l’autre poing se serre. La rage pulse contre son cœur, enflamme ses veines. C’est une colère sourde qui le ronge, quand il est d’ordinaire plus aisé de le ranger dans la case de ces êtres au calme à toute épreuve. Le flegme du français s’effrite, laisse miroiter les éclats d’un accès de ressentiment. S’il parvient le plus souvent à s’astreindre au calme, ses colères n’en sont pas moins redoutables. A bout de nerfs, celui qui n’est à présent plus rien lâche son appui, et vient se briser contre le corps de son ancien allié. Agrippant de ses phalanges tremblantes le col du sorcier pour le plaquer contre le mur le plus proche. « - Pour mon bien, tu aurais dû faire en sorte que ton sauvetage me détruise pour de bon. » Persifle-t-il, son visage proche de celui de Melvyn. Les pupilles ancrées à celles de l’assassin. La mâchoire se crispe une nouvelle fois. « - Cache-toi derrière ton assurance, si cela peut te donner bonne conscience. La première erreur, c’est celle que j’ai commis là-bas. J’aurais dû te laisser faire face seul, et me satisfaire du spectacle de ta mise à mort. La confiance n’a rien à voir là-dedans, tu as raison. C’est plus que ça. C’est une loyauté et une amitié que tu viens de piétiner allègrement. » A bout de souffle, Regan relâche sa prise. Lentement, les phalanges se déroulent malgré leur besoin de rester agrippées à un appui. Malhabile, l’insurgé recule, menace de s’effondrer. Dans sa poitrine, le cœur hurle. Il frappe avec hargne contre les côtes jusqu’à lui faire mal. Il grimace et pose une main sur son torse. Les pulsations erratiques lui donnent l’impression que des morceaux de lui se décrochent à chaque nouveau tremblement.

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MessageSujet: Re: The day I betrayed you ∴ Regan   Jeu 14 Avr - 22:44



the day i betrayed you

 Son dos heurta le mur avec suffisamment de force pour lui arracher un grognement de douleur. Incapable de réagir, incapable de riposter, l'idée lui traversa fugitivement l'esprit que cette confrontation entre deux êtres à bout de force devait être bien risible à un œil étranger. Sans sa magie, le sorcier n'était guère plus qu'un homme que l'aristocratie n'avait pas formé à la défensive, encore moins à l'attaque face à quelqu'un qui s'en prenait à lui au corps à corps. Or il était bien incapable d'en user à l'heure actuelle, pas après ce qui venait de se passer et sûrement pas contre Regan, aussi vindicatif que ce dernier pût l'être à son égard.  

Désarmé, donc, et presque prêt à recevoir un coup qu'il aurait probablement mérité. Rien ne vint cependant, rien sauf les mots crachés avec une telle virulence qu'ils valaient bien une attaque physique. Lesquels déchirèrent le masque bouffi d'assurance que Melvyn portait pour se frayer un chemin à coup de griffe vers ses sentiments. Il aurait préféré mourir que d'être sauvé. Son regard se chargea sans le moindre doute de trahir le choc accusé, mais il ne l'en détourna pas pour autant de son vis-à-vis tandis que ses paroles dures continuaient de le heurter et de répandre leur fiel dans la blessure ouverte. Pendant quelques secondes atrocement longues, il n'eut rien à y répondre, le sifflet proprement coupé par son mentor. La pression qui se relâcha sur son col lui permit de respirer mieux, de retrouver une position moins désagréable quoiqu'il restât adossé contre le mur, bénéficiant du soutien que lui procurait ce dernier maintenant qu'on ne le maintenait plus plaqué de force contre lui. Et tandis qu'il reprenait son souffle, un brasier naquit doucement en son sein. La colère pour répondre à la colère et l'acidité pour contrer l'amertume en lieu et place de toutes les excuses que Regan méritait bien d'entendre après ce qu'il venait de subir des mains de son cadet. « Ma loyauté est et va toujours au sorcier que j'ai connu il a de ça des décennies, celui qui m'a sauvé la vie et a gagné mon respect. Pas à celui qui s'est vautré dans la facilité de la soumission et a laissé son âme être pervertie par un démon sans rien engager à son encontre. » Il se braquait injustement, il le savait pertinemment, mais il lui était tout bonnement impossible de réagir autrement à ce que son compagnon venait de lui déclamer. L'âpreté de cette discussion houleuse les menait sur un chemin dangereux : pensées ou pas, aucune de ces paroles ne pourrait être effacée après avoir franchi la barrière de la langue.

Melvyn pouvait déjà prédire les regrets qui viendraient s'insinuer une fois l'irritation calmée et la fatigue envolée. Cela pouvait advenir dans une heure ou dans un moins, mais il n'y couperait pas.
Pourtant, avoir conscience de cet état des faits ne changeait pas la donne, n'empêchait pas sa voix de gronder avec toute la force que son corps n'avait plus. Il restait persuadé, tout au fond de lui, que l'acte auquel il s'était livré était un acte juste, qu'il ait été désiré ou non, un mal nécessaire par lequel celui qui rejetait désormais en bloc le titre d'ami devait passer.
De fait, il pouvait tolérer une réaction négative, une colère méritée à l'égard de cette décision unilatérale et de cette prise de risque inconsciente au travers de laquelle le sorcier avait mis sans sourciller la vie de son comparse sur la sellette, dépendante de la réussite d'un sortilège laborieux et de la maîtrise infaillible de ses capacités.  

Ce qu'il refusait, en revanche, c'était accepter d'entendre Regan remettre en toute l'intégralité de leur alliance et exprimer ouvertement que lui, Melvyn, aurait eu meilleur temps de mourir ce fameux jours où ils s'étaient rencontrés. Cela, très précisément, faisait enfler en lui un courroux qui cherchait la revanche en voulant blesser à son tour. « Tu as raison, j'aurais probablement mieux fait de rater cet exorcisme. Regarde-toi Regan, tu es pitoyable. Tu crois être le seul ici à avoir perdu quelqu'un qui t'était cher ? A en avoir cruellement souffert ? Tu as toute ta vie devant toi et tu préfères t'apitoyer sur ton sort et ton passé. N'invoque pas la mort de Rose pour justifier ton abandon honteux à cette créature et ton refus face à la justesse de ce que j'ai fait, car ce serait ridicule. Tu es brisé ? Reconstruis-toi au lieu de geindre et accuser les autres de ta souffrance. » Il allait trop loin, il ne l'ignorait pas, mais les mots étaient libérateurs. Cette frustration refoulée face à l'absence de reconnaissance se concrétisait dans la dureté inutile et délibérée de sa répartie. Il s'attaquait à une zone sensible et il le savait, c'était une riposte facile pour contrer les propos blessant que lui avait tenu son invité. A ce stade, il ne lui importait désormais que très peu que cela puisse lever les hostilité et creuser un gouffre entre eux qui avait su être amis durant plus d'un siècle. Le voile rouge de la colère et de l'orgueil blessé brouillait complètement sa capacité de jugement. Melvyn était d'une nature bien trop entêtée pour reconnaître le moment judicieux où il valait mieux se taire et écraser, encaisser en silence et admettre ses erreurs.

 
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MessageSujet: Re: The day I betrayed you ∴ Regan   Dim 17 Avr - 21:05


Pitoyable. Le mot accuse et blesse. La sordide vérité d’une vie anéantie. Il tente pourtant de raccrocher les morceaux entre eux. De reconstruire l’édifice, mais l’absence de résultat le pousse à abandonner ses efforts. Du révolutionnaire au sourire charmeur et au charisme étouffant, il ne reste plus grand-chose. Seulement les ébauches d’un rictus forcé qui s’apposent sur les lèvres. Parce qu’il faut entretenir les apparences, emprisonner le mal quelque part et ne le laisser sortir que lorsque la solitude remplace la foule. Le sorcier a raison, il a choisi la facilité. Fasse à sa nouvelle nature, dans sa vie professionnelle. Parce qu’il a décidé qu’il n’était plus rien, Regan a tout abandonné. Quelques morceaux pourtant parviennent encore à lui donner l’illusion qu’il est bien en vie. Que ce qu’il a perdu n’a pas laissé qu’un gouffre béant dans sa poitrine. Melvyn faisait partit de ces éléments salvateurs. Et maintenant qu’il se retrouve à cracher sa haine au visage de ce précieux allié, l’insurgé vacille. Sa faiblesse n’est rien en comparaison du plomb qui vient lui embourber la poitrine. Ce poids affreux qui le tire vers le bas, comprime son torse et son crâne pour mieux le faire souffrir. Dans une inspiration hasardeuse, il le laisse une de ses mains venir s’accrocher à son t-shirt. Agripper le tissu pour ne pas sombrer. Tout comme il s’agrippe au coin d’un meuble venu buter contre sa hanche. Les sourcils se froncent et le visage se fait de fer. Les traits se crispent, et le regard se perd dans le vide. A mi-chemin entre la noirceur d’une colère sourde et la lueur d’une peine encore trop intense pour être aisément maitrisable. Il ne se cache pas derrière le décès de son épouse. Comme elle a pu faire partie de lui pendant longtemps, son absence le ronge. Elle a pris la place de ce morceau d’âme venu se greffer à la sienne dès que Rose est entrée dans sa vie. Stupidement, il a laissé le mal s’insinuer en lui sans chercher à le retenir. Parce qu’il pensait que ça lui rendrait ce qu’il avait si cruellement perdu. Il s’est abandonné sans sourciller, la créature brisée n’ayant plus rien à perdre. Plus rien à prouver.

« - Tes jugements sont admirables. Tu as terminé ? » Il le lâche dans un soupir, la mâchoire douloureuse à force de la crisper. Il retient son venin. S’efforce de ne pas rechuter dans un accès de colère qu’il peinerait à contrôler. Alors le résistant s’oblige à regarder ailleurs. Il refuse de croiser le regard du traitre, parce qu’il sait que cela n’amènera rien de bon. « - Mon passé… Je donnerais n’importe quoi pour le retrouver. » Pour s’y vautrer allègrement rien qu’une journée de plus. Revenir au temps où tout était plus simple. Retrouver Rose et son frère, l’effervescence de la Révolution et d’une Paris prête à imploser. Il en soupire, écrasé par le poids de ces souvenirs qui creusent encore un peu plus le vide dans sa poitrine. Aussi assassines que ses propres paroles, celles de Melvyn ajoute du seul sur les plaies à vif. Le venin s’est figé sur sa langue, amer il glisse le long de sa trachée. Le français a abandonné la lutte. La mention de Rose agissant comme un anesthésique. « - Ne t’est-il jamais venu à l’esprit que mon abandon était un moyen de me reconstruire ? Tu ne vois que le côté sombre de cette nouvelle engeance, parce que n’est qu’un spectateur. » Les reproches ne parviennent plus à faire vibrer ses cordes vocales. La voix qui s’échappe de ses lippes est vide. Froide et dénuée de toutes nuances. Ce n’est qu’un murmure vacillant, colporteur de pensées fatiguées et déchirées. « - Le sorcier que tu as connu n’existe plus Melvyn. Navré de te décevoir et de t’offrir une vision aussi miteuse de celui que tu as pu connaître. » L’ébauche d’un sourire amer s’appose sur ses lèvres lorsqu’il se force enfin à revenir poser son regard sur le sorcier. Aussi brisés l’un que l’autre, la scène doit avoir un air affreusement comique à celui qui y assiste en spectateur.

Maladroitement, Regan se redresse. Pèse de tout son poids contre le pauvre meuble, tout en essayant d’ignorer les tremblements de ses jambes. « - Ouvre- la porte » L’ordre claque, empli d’un charisme en perdition. Ce n’est au fond rien de plus qu’un soupir. La fatigue le rend plus fébrile qu’il ne peut déjà l’être. C’est une supplique. Le silence revient se glisser dans la pauvre pièce, Regan fixant d’un regard éteint le sorcier dans l’attente qu’il ne daigne le libérer de sa prison. Lui offrir l’occasion de refermer la porte derrière ce qu’il vient de perdre. Panser ses plaies et essayer d’oublier au mieux. Même s’il sait pertinemment que la trahison restera gravée dans sa poitrine. Chauffée à blanc pour se rappeler à son bon souvenir dès que l’occasion se présentera.

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The day I betrayed you ∴ Regan

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