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 I wanna hide the truth | Nataliya.

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MessageSujet: I wanna hide the truth | Nataliya.   Mar 22 Mar - 2:47



i wanna hide the truth

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Les yeux rivés sur le plafond je soupire. Voilà des jours que la confrontation avec Nolan est passée, une nouvelle secrétaire engagée, le bureau comme si rien ne s'était passé. Les yeux fermés, je tente d'arrêter ce monde qui avance trop vite pour moi. Je revis en boucle ces scènes, cherche comment tout aurait pu se passer différemment. Fatigué, las, je repose ma main sur mon front et réalise que la douleur de mes phalanges s'estompe à mesure que le temps passe. Et bientôt, il ne restera plus rien de ce jour que le souvenir d'un passé révolu et oublié.

Je resserre mon emprise autour de mes yeux. Aujourd'hui, je devrais me lever, faire un effort, sortir de mon lit. T'as du travail, Liam, t'as pas fait tout ça pour abandonner maintenant. La conscience est plus que juste mais je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à faire mon deuil d'un frère encore en vie. Je n'arrive pas à accepter que le monde tourne encore alors que pour moi rien ne va. J'ouvre à nouveau les yeux, laissant mes pupilles s'habituer à la lumière. La moitié de la journée s'est sans doute déjà écoulée. Encore indécis, je reste un instant là, sans plus penser, sans autre bruit que ma respiration. Et puis me voilà coupé par la porte et des tout petits bruits de pas. Je hausse un sourcil avant d'entendre un miaulement si doux qu'il me laisse un sourire au coin des lèvres.

Quelques secondes plus tard, un chaton plus petit que le creux de ma main se glisse sur mon lit et grimpe sur mon torse. Je joue avec lui quelques minutes, profite de la simplicité du moment pour me vider la tête avant de réaliser que mon petit troupeau se ramène, réclamant sa nourriture qu'il attend depuis trop longtemps. Si il y a bien une chose à laquelle je ne m'attendais pas mais qui me laisse oublier tout ce noir un instant, c'est ça. Les chats autour de moi. Stupide, sans doute, mais nécessaire. Juste de l'amour et des conneries sur pattes. Rien de méchant, rien de calculé. Je souffle calmement et fini par me lever. J'enfile un jogging et un sweat-shirt un peu délavé avant de nourrir les petits monstres et leur mère.

Je m'assoie sur le canapé et sans m'en rendre compte me met à travailler des dossiers que j'ai ramené il y a de ça quelques jours. Le temps est passé trop vite, j'aurais du me rendre au bureau ce matin. J'envoie un message à Nataliya pour lui dire que je m'excuse et que j'ai eu un imprévu mais qu'elle aura les dossiers à temps. Reposant mon téléphone, je réfléchis une seconde à la demoiselle. Je ne la connais que peu, mais elle a ce quelque chose que les autres n'ont pas. Je n'ai vu que quelques uns de ses sourires et pourtant, à peine son nom affiché sur mon écran et ils me reviennent. Peut-être était-ce parce qu'elle n'avait rien à voir avec toute ma vie, qu'elle était différente de tout ce que j'ai connu jusque là, qu'elle était plus douce. Plus vraie, plus sincère, et plus belle aussi. Un rire discret accompagne ma pensée avant que je la chasse d'un regard sur le travail. Si il y avait bien une chose pour laquelle je n'avais pas le temps, c'était de penser à quelqu'un de cette façon. Ce n'était pas le moment, et encore moins la personne idéale pour ça.

La journée s'avance, passe lentement, et mes doigts entre stylos, clavier et chatons restent aussi occupés que mon esprit. Je ne remarque pas la nuit tomber, ne réalise pas que le temps avance encore sans moi. Sans doute parce que je ne veux pas voir ça. Et tout aurait pu continuer sur ce chemin, peut-être même toute la nuit. Mais alors que je referme un dossier pour en ouvrir un second, la porte se fait entendre dans un bruit tendre, pas de ceux qui viennent d'ordinaire frapper à ma porte. Le concierge a des mains d'ours, et les coursiers ne viennent jamais jusqu'ici. Le dernier en date était Alistair, fier grand-père de notre portée féline, et celui-ci me prévient toujours lorsqu'il se ramène, maintenant.

Étonné, mais aussi un peu à l'ouest, je ne réfléchis pas trop et me dirige vers la porte. Il est quasiment impossible pour moi d'ouvrir dans cette tenue, barbe mal rasé et non coiffé. Mais en cet instant, j'ai complètement oublié mon apparence et alors que je déclenche la poignée, ouvre lentement la porte sur moi, mes yeux s'écarquillent et je ne cache pas ma surprise. « Nataliya ? »

Idiot. Tu sais pertinemment que c'est elle. Mais que fait-elle là ?. La question reste muette entre mes lèvres alors que je l'observe. Contrairement à moi, elle est belle. Plus encore que dans mon souvenir. Et surtout, elle est là. Face à moi, bien réelle. Mais pourquoi au juste ?. N'ayant pas le réflexe de me décaler pour la laisser rentrer, trop perturbé par l'inattendu de la situation, je reste quelques instants là, sans bouger et sans dire un mot. Réfléchissant à quoi sortir pour ne pas avoir l'air plus bête encore qu'à la suite de mes premiers mots. Mais avant que je n'ai pu dire quoi que ce soit, je sens un petit coup contre ma cheville et vois un chaton se glisser entre mes jambes près à se faufiler dehors.

Je l'attrape de justesse sur le pas de la porte, écarte un peu plus cette dernière, la bête agitée en main avant de m'adresser d'un regard à l'ukrainienne et lui dire d'une voix incertaine mais surtout précipitée. « Rentre ! Il ne faut pas qu'ils sortent ! » Alors ça, c'était de l'entrée en matière Liam. Pas un bonjour, pas un sourire charmeur. Digne de ton frère. Les pieds dans le plat, l'air d'un SDF avec une portée de chatons sous le bras. C'était vraiment, vraiment pas digne de mon image de ministre. Mais trop tard pour revenir en arrière et changer la situation. Trop tard pour porter un masque parfait, et étrangement, cela ne me dérangeait pas tant que ça. Peut-être parce que j'étais fatigué, peut-être parce que c'était elle, tout simplement.

Je me redresse, la boule de poils toujours dans la main, prêt à refermer la porte derrière elle, si tant est qu'elle veuille bien rentrer, quand la question s'échappe finalement de mes lèvres sans que je ne le réalise. « Pourquoi tu es là ? », mon ton est plus doux, mes yeux perdus à observer les traits fins de son visage, glissant lentement sur son regard afin d'essayer de voir ce qu'elle pense, ce qu'elle veut, ce qu'elle est. Même si pour le moment, la seule chose qui me saute aux yeux, c'est leur couleur, si particulière, qui me reste en tête depuis notre première rencontre.

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Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.


Dernière édition par Liam P. Wiggins le Lun 12 Sep - 4:00, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: I wanna hide the truth | Nataliya.   Ven 1 Avr - 14:18




Les phalanges se tirent et s’étirent. Les mains s’agitent et les doigts s’entremêlent. S’enroulent de temps à autres, autour d’une tasse de café toujours assez proche d’elle. Il est encore tôt mais cela fait déjà un moment qu’elle s’affaire à son bureau. Les tâches s’accumulent jour après jours mais, dans son grand professionnalisme, elle en vient toujours à bout. Un coup d’œil rapide sur l’horloge solidement accrochée au mur. Il est déjà presque midi. Une demi journée de plus écoulée sans que son but ne soit achevé. Elle soupire, désespère. Ne comprend plus très bien ce qu’elle fait là, ce qu’elle fait encore là, après tout ce temps passé à travailler pour celui qu’elle voulait voir six pieds sous terre. Le ridicule de la situation lui arrache un rictus amer, elle déglutit avec difficulté, secoue la tête avant de répercuter son regard vers la pièce accolée à son espace de travail. Un pièce qui demeure étrangement vide depuis plusieurs jours. La pointe d’inquiétude qu’elle peut sentir naître dans sa poitrine n’a aucun sens. Aucune valeur. Son patron ne daigne pas se présenter au travail, la cible qu’elle a tant souhaité atteindre s’éloigne. Pourtant, ce n’est pas la colère qui domine dans son esprit dérangé. Et ça la rend malade.

L’animal feule de l’intérieur, se languit de la faiblesse de l’humaine qu’il habite. De ses doutes aussi. Incapable de les contrôler, de les dominer. Elle rumine, le temps de quelques secondes, ne parvient pas à organiser ses pensées, pas plus que la pile de dossiers qui ne fait que s’agrandir non loin d’elle. Elle souffle avant de se remettre au travail. Le message de Liam reçu un peu plus tôt ce matin ne l’a pas rassurée. Ne serait-ce que pour des questions parfaitement professionnelles. Elle ne peut pas tout gérer toute seule et lui ne semble pas très efficace en matière de travail à distance. Une situation qui ne pourra pas durer éternellement. Certains cas deviennent plus qu’urgents et les délais qui s’allongent n’ont jamais rien apporté de bon à qui que ce soit. À mesure que son esprit chemine vers la rationalité, l’inquiétude laisse place à la frustration. Le visage fermé, elle accélère le pas. Achève ce qui doit être terminé. Clôture ce qui doit être clôturé. Rédige ce qui doit être posé sur le papier. La journée passe finalement ainsi. Quand elle relève les yeux, il fait sombre dans la pièce, la lumière du jour s’estompe rapidement. Elle presse l’interrupteur près d’elle. Se retrouve baignée d’une lueur beaucoup moins naturelle qui l’incommode. Une fausse clarté jaunâtre qu’elle n’apprécie que très peu. Elle grimace, réfléchit un instant, avant de se lever de sa chaise. Déjà, elle éteint la lampe à peine allumée, revient sur sa décision au profit d’une autre qu’elle juge plus opportune. Plus appropriée mais aussi plus risquée.

Elle s’éclaircit la gorge, prend un profonde inspiration avant de laisser ses phalanges s’écraser contre le bois dur de la porte, massive et imposante. Quelques coups retentissent, elle recule, laisse les secondes lui échapper sans qu’elle ne puise les retenir. L’idée qu’il ne lui ouvrira pas finit par germer dans son esprit. Le front plissé, elle questionne sa simple présence sur le pallier de son patron. Le verrou finit par tinter, un bruit métallique et elle entrevoit finalement le visage de son employeur. La surprise qu’elle peut lire sur son visage n’a d’égal que son propre étonnement à le trouver dans un état lamentable. Pas coiffé, mal rasé, à peine habillé. Elle n’est pas habituée à ce genre d’accueil et une certaine gêne ne tarde pas à s’installer entre eux. « - Bonsoir Liam » Elle brise le silence qui s’était installé, adresse au ministre un sourire léger en arborant un air plus ou moins naturel. Il a l’air complètement dépassé, submergé par l’inconnu. On ne lui laisse pas le temps de se poser plus de questions, quelque chose d’autre ne tarde pas à attirer son attention. Une boule de poils noirs qui menace de s’échapper, avant qu’on ne l’en empêche. L’invitation à entrer se fait assez stricte et précipité mais elle ne s’en offusque pas. Au contraire. La vision de ces petites bêtes en train de ramper sur le sol en miaulant lui arrache un petit rire. Le sourire s’élargit sur ses joues rosées. La surprise n’en est que plus grande. « - Je ne vous imaginais pas en ami des félins. Encore moins avec des chatons » Criante de vérité, elle s’avance dans la pièce et la porte se referme immédiatement sur elle. Son regard se promène de gauche et de droite, examine l’endroit. S’étonne de découvrir le foyer de son patron. Un foyer qu’elle n’aurait jamais imaginé ainsi. Elle se retourne finalement vers Liam qui l’interroge déjà.

« - Puisque vous ne semblez pas décidé à vous montrer au bureau, j’ai pris l’initiative d’amener le bureau jusqu’à vous » Elle sourit, croise les bras sur son abdomen, observe le ministre se débattre avec le chaton minuscule qu’il garde au creux de sa main. La vision lui paraît improbable, impossible. La douceur dont il fait preuve encore plus. Cette simple situation remettant encore plus en doute tout ce qu’elle s’était imprimé dans le crâne depuis tant d’années. « - J’espère que vous ne m’en voudrez pas. Je ne voulais pas vous déranger. J’ai pensé que je pourrais vous aider avec les dossiers que vous avez emportés la dernière fois » Un ton plus formel, professionnel. Plus adéquat. Et pourtant si contrasté par rapport à tout le reste. Elle se sent presque de trop dans cet environnement si lourd. « - Je voulais aussi prendre de vos nouvelles » La limite qu’elle s’interdit de franchir lui apparaît de plus en plus évidente. Un fil de coton qui s’étend entre leurs deux êtres, se désagrège avec le temps qui passe, avec l’usure. Comme une couture qui craque et qu’elle s’acharne à maintenir en place à la seule force de ses bras et de sa volonté de fer. « - Vous m’avez tout l’air d’être resté enfermé ici pendant plusieurs jours. Vous n’êtes pas sorti du tout depuis votre dernière visite au bureau, n’est-ce pas ? Est-ce tout va bien ? » Elle laisse enfin paraître la véritable inquiétude qui la hantait. Un sentiment qu’elle ne comprend pas. Qu’elle rejette. Mais qu’elle ne peut pas effacer. Le rictus se fane, doucement, jusqu’à disparaître. Une caresse le long de sa cheville, elle baisse les yeux vers le sol pour y trouver un nouveau né blottit contre sa jambe. Attendrie, guidée par son instinct animal, elle ne peut s’empêcher de le prendre dans ses bras. Elle se remet immédiatement à sourire de plus belle au contact du petit félin ronronnant contre sa poitrine.

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MessageSujet: Re: I wanna hide the truth | Nataliya.   Ven 1 Avr - 16:58

Le chaton dans les mains qui se débat, je ne tarde pas à fermer la porte derrière elle. Tout se bouscule, se mélange. Tous mes principes, tous mes masques sont posés là, non loin, mais pas sur mon visage. Je suis déboussolé, bousculé, incapable de savoir quoi dire ou quoi faire alors que la porte se referme derrière la blonde. Sa remarque me pique, non pas en mal mais plutôt parce que oui. On ne m'imagine pas ami des félins. On ne m'imagine pas ami tout court non plus. Et elle, elle me voit là, caressant une mini boule de poils, envahi par une armée de ces derniers et sans le moindre trait d'hostilité à leur égard sur mon visage. Je reste planté là, dans la situation gênante qui s'est installée avec chaton numéro un dans les bras tandis qu'elle observe mon appartement.

Il n'a jamais été très personnel, ressemblant plus à des pages de catalogues, mais depuis l'histoire de Nolan, depuis cette confrontation affreuse qui me reste en tête amèrement, j'ai pris place, moi, un peu plus dans cet endroit. L'idée qu'elle me découvre me terrifie et je tente de ne pas y penser plus que ça, cherchant tant bien que mal à noyer le poisson sans qu'un mot sorte d'entre mes lèvres. C'est finalement elle, qui justifie sa venue suite à ma question. Un peu perdu, entre le chaton joueur qui se décide à me mordre le doigt, m'octroyant une grimace dont je me serai passé et sa remarque je pense une seconde. Mon absence est trop remarquée, elle me voit dans cet état, ça ne peut plus durer. Mais pourtant, pourtant je suis loin d'être prêt. Je n'ai pas de solution, pas d'idée, pas de mots pour la convaincre que j'ai attrapé un rhume ou que j'avais juste aqua-poney pour ne pas venir au bureau. Rien de valable, encore moins des chatons.

Elle continue un instant, de sa douceur habituelle, de celle qui a percé quelque chose en moi à l'instant même où je l'ai vue. Lui en vouloir. Comment lui en vouloir d'être attentionnée ? Comment lui en vouloir d'être venue jusqu'ici sans obligation aucune ? Comment lui en vouloir de m'offrir son visage sans raison valable, pour le plaisir de mes pupilles ? « Je ne t'en veux pas non, vraiment. Mais tu n'as pas à faire ça tu sais, vraiment pas. » Sa phrase d'après me pince le cœur. Le travail mis de côté et juste elle et moi. Juste nous en tant qu'être humain et des nouvelles de Liam, pas du ministre. Je baisse les yeux, caressant la boule de poils encore dans ma paume avant de dire d'un ton un peu cassé, perdu lui aussi. « … Tu n'as vraiment pas à prendre de mes nouvelles tu sais, ça ne fait pas partie de ton travail. »

Je déglutis et détourne le regard vers mon appartement dans un piteux état. J'observe la bouteille de vin entamée sur la table et réalise que je suis vraiment le pire exemple du gouvernement qui puisse exister. Mais peu importe, au pire on réglera ça plus tard. Elle enchaîne finalement sur une vérité bien trop évidente. Je n'ai absolument pas bougé de mon appartement. Oh, je l'ai fait, les jours qui ont suivi notre altercation. J'ai engagé Nataliya, j'ai fait comme si de rien n'était. Et puis mon monde s'est écroulé peu à peu. Le masque n'est pas revenu en place, il n'a pas repris sa forme habituelle. Alors je me suis caché, je me suis perdu dans mes propres maux.

Le noir complet qui m'entourait ces derniers jours disparaît par sa simple présence, par cette simple lueur qu'elle a dans les yeux, cette étoile, minuscule, d'un doré doux et fin, qui se balade lentement contre sa pupille. Un peu comme si un ange l'accompagnait constamment, un peu comme si une étoile veillait sur elle, sur sa tendresse. Détachant cette pensée de mon esprit, ses mots heurtent enfin mes oreilles tandis que chaton numéro deux se retrouve dans les bras de l'Ukrainienne. Son sourire se reflète instantanément sur mon visage avant que je ne reprenne un peu de sérieux, posant mon propre chaton avant de lui répondre,  calmement, cherchant à lui expliquer, retenant de force une vérité qu'il m'est impossible de dévoiler. Sans mentir, sans pour autant tout dire.

« Oui, je suis resté là. Comme tu peux le voir, des chatons me sont un peu tombé dessus par magie. » Ma phrase s'accompagne d'une moue amusée avant que je ne continue, plus sérieux. « Je... je ne sais pas quoi te dire Nataliya. Non, je ne vais pas très bien mais ce n'est rien d'important et ça va passer. » Rien d'important, et puis quoi encore. « Enfin, tout ce que je veux dire c'est que tu n'as pas à t'en faire pour moi. Je vais me reprendre, je vais passer au dessus de tout ça. »

Je l'invite à s'asseoir sur le canapé que je débarrasse pour elle avant de me diriger vers la cuisine, redonner un peu d'eau aux chatons. Avoir les mains occupées pour ne pas se perdre dans les méandres de son esprit. Je me retourne vers elle, gardant une distance entre nous malgré tout. « Nataliya, je ne veux vraiment pas que tu te sentes obligée de venir travailler jusqu'ici, surtout le soir. Tu as sans doute mieux à faire que t'occuper de paperasse en compagnie de ton patron. Je ne déteste pas ma réputation d'homme froid et dur, mais je n'ai pas spécialement envie de passer pour un tyran à tes yeux, tu vois ? Alors n'hésite pas à partir, tu ne me dois rien, vraiment. »

Non, tu ne me dois rien. Rien du tout. Je te dois une goutte de soleil, un rayon de lune. Je te dois un sourire léger, un cœur apaisé, mais toi, toi tu ne me dois rien. Vraiment rien du tout. Alors va-t-en, trouve mieux à faire. Mais ce quelque chose au fond de moi, ce quelque chose qui ne veut pas que tu partes, qui veut ton sourire encore un peu, ton aura, ta douceur, ce quelque chose me pousse à dire, malgré tout, dans un espoir un peu perdu. « Tu aimes les félins ? Parce que je crois que numéro deux t'a adopté. » Je souris, attendri à ma remarque, de voir cette scène si calme dans le chaos qui entourait ma vie ces derniers jours, j'ajoute, sans même m'en rendre compte.

« Tu... veux rester manger avec moi ? T'as pas fait tout ce chemin pour rien. Et puis ça fera peut-être pas de mal aux chatons d'avoir un meilleur ami que moi dans les parages. Enfin sauf si tu as autre chose de prévu, ce qui me semblerait tout à fait logique... »

Et merde, Liam. Qu'est-ce que tu peux être con parfois. Je me décide à me taire, histoire de limiter les dégâts. J'attrape chaton numéro trois dans les bras, le sourire aux lèvres de le voir plus ressemblant à son père qu'à sa mère avant de le diriger vers la gamelle d'eau sur ses pattes peu sûres encore. Diablo, quant à elle, dort sagement dans le coin du canapé, usée de ses petits monstres. Mon regard se porte d'abord sur elle, puis sur Nataliya. Il y a peu de choses qui m'apaisent dans ce monde, vraiment peu. Et je n'aurais jamais cru qu'une femme aux yeux lumineux en ait le pouvoir.

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MessageSujet: Re: I wanna hide the truth | Nataliya.   Ven 8 Avr - 21:43




Les prunelles émeraudes divaguent, se perdent dans le camaïeu de couleurs pales, presque fades qui s’étirent et s’estompent sur le relief que lui offre l’endroit. Des courbes dessinées soigneusement, de la manière la plus impersonnelle qui soit. Elle distingue pourtant, ça et là, des traces de vie, des indices qu’elle ne peut ignorer. Qui la conduisent à une conclusion évidente. Des objets dérangés, d’autres éparpillés. Elle se désole presque du constat qu’elle se voit contrainte de faire, impuissante face à cet homme qui ne cesse de la troubler. Leurs regards se croisent de nouveau, elle s’y plonge quelques secondes, bercée par le timbre masculin si agréable à ses oreilles. Soulagée qu’il ne soit pas en colère contre elle pour avoir fait irruption chez lui à l’improviste, elle ne peut retenir un léger soupir. Une vision qu’elle n’aurait jamais pensé avoir l’occasion de contempler. Une chance, presque. De visualiser le ministre dans son élément, découvrir ses failles, ses aspérités. Un personnage à milles lieues de celui qu’elle s’était imaginé. Bien loin du monstre auquel elle s’attendait. Il lui paraît bien vulnérable, un chaton dans les bras, son costume rangé au placard. Au sein même de son foyer, il semble pourtant bien mal à l’aise face à elle. Et elle, ne peut s’empêcher d’arborer un rictus maladroit, décorant ses joues d’un rayon de lumière dans cette immensité bien sombre.

« - Je sais bien. Si ça peut vous donner bonne conscience, dites vous que je ne suis là que par pur égoïsme. Vous êtes mon supérieur, mon employeur, alors je préfère m’assurer que vous êtes en mesure de remplir vos fonctions. Sans quoi, je me retrouve à la porte » Le ton se veut faussement sérieux. Les regards se détachent et elle se concentre à nouveau sur le petit animal gigotant au creux de ses mains. « - Comme je vous l’ai dit, du pur égoïsme » Elle relève la tête un instant, un regard doucereux ancré sur le visage, le sourire s’étend. Elle n’aurait jamais pensé le contact avec un véritable félin aussi satisfaisant. La bête ronronne intérieurement, elle le sent à l’arrière de son crâne et par tous les pores de sa peau. Le timbre rocailleux ne tarde pas à venir percuter ses tympans à nouveau. Le sourire se fane, se métamorphose, prend des traits manifestant son inquiétude à demi feinte. L’annonce ne la rassure pas, ou qu’à moitié. L’absence qu’il impose à tout le monde ne peut plus durer. Un ministre ne peut pas échapper à son devoir, c’est son travail de s’assurer que ce soit le cas. Elle ne peut retenir une pensée morbide. Malsaine. Qu’adviendrait-il s’il venait à mourir ? « - Heureuse de l’entendre. Mais pour être tout à fait honnête, vous n’avez pas vraiment le choix. Votre absence commence à se faire remarquer. Et pas dans le bon sens du terme. Vous devez revenir au plus vite » Elle secoue la tête, se ressaisit. Chasse les pensées qui la hantent. Sa voix se fait plus douce mais arbore toujours cette pointe d’autorité involontaire. Un voile incandescent se dresse devant ses iris ambrées comme autant de doutes dans son esprit divisé.

« - Rassurez-vous, je ne vais pas venir ici tous les soirs. Certainement pas » La blonde prend place sur le canapé qu’il arrange pour elle avant de le regarder s’éloigner vers la cuisine qu’elle entrevoit. Le chaton remue entre ses doigts, elle le libère sur les coussins en jetant un œil au reste de la fratrie. Elle ne résiste pas bien longtemps et se remet à sourire. D’un sourire qu’on ne contrôle pas. Qu’on se contente de subir, avec gratitude. Elle lève les yeux vers le ministre qui s’adresse de nouveau à elle. Une distance bienvenue instaurée entre eux, lui permettant d’arranger ses pulsions. D’organiser ses pensées. La question la surprend, le temps de quelques secondes seulement. La réponse, quant à elle, lui parait plus qu’évidente. C’est pourquoi l’ukrainienne se contente de hocher la tête par l’affirmative en adressant ce même sourire incontrôlable à son patron. Elle détourne le regard, remue les doigts contre le tissus du sofa, incite le dit numéro deux au jeu. Ne peut retenir un éclat de rire cristallin quand le petit animal se décide finalement à sauter maladroitement sur sa main et grignoter doucement ses phalanges. L’entreprise se voit stoppée assez vite par l’invitation qu’elle n’attendait pas. À laquelle elle ne s’attendait pas. Ne se serait jamais attendue. Son regard émeraude se plonge dans celui de Liam, cherche à y déceler le mensonge, la ruse, la diablerie. Ce qu’elle avait toujours espéré affronter. En vain.

« - J’ai libéré ma soirée. Merci pour l’invitation, que j’accepte avec plaisir » Comme si elle avait autre chose à faire. Elle se lève, retrouve l’équilibre de ses jambes, rejoint le ministre dans sa cuisine. Le rictus amical qu’elle ne peut s’empêcher d’esquisser la rend presque mal à l’aise. « - J’espère que vous savez cuisiner ? Ce ne serait pas digne d’un ministre d’inviter une femme à rester dîner pour que ce soit elle qui finisse derrière les fourneaux » Elle s’accoude au comptoir alors que les prunelles entament leur examen rituel de l’endroit. Un rire à peine audible échappe à ses lèvres alors que ses orbes claires se posent sur cet homme à l’air désemparé. « - Cela dit, vous n’iriez pas bien loin avec moi. Tout ce que je sais faire se résume à découper des aliments et les mélanger en salade » L’ukrainienne hausse les épaules face à ce constat criant de vérité. Elle se perd dans ce qu’elle entreprend. Ne distingue plus le vrai du faux. Se laisse prendre à son propre jeu. Elle voulait l’atteindre, le faire sombrer. La voilà plus proche que jamais, une opportunité parfaite. Une chance qu’on lui offre sur un plateau d’argent. Il ne se doute de rien, ne soupçonne pas le pire. Plus proche que jamais, et pourtant hésitante. « - J’étais certaine que vous aviez une meilleure excuse pour ne pas venir travailler. Meilleure que de miraculeux chatons » Elle secoue la tête, sourit, chasse les nuages, le brouillard épais qui s’était accumulé autour d’elle. « - Pourquoi vous ne m’avez pas appelée ? Je vous aurais débarrassé de tout ces dossiers qui traînent. Il n’était pas nécessaire que vous les gardiez. J’aurais pu m’en charger, du moins, j’aurais pu essayer » Un regard compatissant empli de cette douceur caractéristique qu’elle se met à détester. Elle joue avec ses doigts, contient la frustration intérieure. L’animal se désespère de la faiblesse de l’humaine, n’aurait pas attendu plus longtemps pour achever sa volonté, n’aurait pas hésite à lui sauter à la gorge. Mais tout est plus compliqué dans l’esprit de la blonde. Tout se superpose et s’additionne. Jusqu’à ne plus distinguer son désir de son devoir.

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Dernière édition par Nataliya Clarke le Dim 24 Avr - 11:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: I wanna hide the truth | Nataliya.   Lun 11 Avr - 22:17

La voix de la blonde, douce, résonne en écho à la mienne. Elle me répond, de cet air qu'elle a depuis le premier jour. Elle a toujours ce truc qui a fait que c'était elle et pas une autre. Il y avait une voix, une toute petite voix au fond de moi qui me disait que ce n'était pas le moment de choisir une nouvelle assistance. De faire traîner. Que la choisir si tôt, si vite, ça me retomberait dessus. Parce que j'étais à vif, ouvert. Que mes blessures trop grandes et mon masque cassé allaient la laisser rentrer. Que j'allais choisir avec le cœur et pas la raison.

J'aurais sans doute du m'écouter. Mais c'était trop tard, et pour rien au monde je n'avais envie qu'elle fasse demi-tour. Qu'elle me parle de plans prévus ou autre. Je me mordillais la lèvre dos à elle. Putain Liam, sérieux quoi. C'est ridicule, absolument ridicule. Mais peut-être que c'était seulement une des conséquences de la solitude. Je me retourne vers elle et l'observe avec les chatons. Le sourire qu'elle a en cet instant, ce moment. Je souffle. Lentement. Je respire, profite de la simplicité. J'en oublie même qu'elle va sûrement franchir le pas de cette porte d'un instant à l'autre. Mais son rire me sort les mots de la bouche, parce que je ne veux pas qu'elle parte. Vraiment pas. Et l'invitation se fait toute seule. Tant pis.
Gêné, j'occupe mes mains comme je peux, brasse de l'air, attendant son refus poli et doux comme elle. Mais ses yeux dans les miens c'est finalement ses fines lèvres qui s'ouvrent à nouveau pour une réponse à laquelle je ne m'attendais pas. Je ne peux cacher un peu de ma surprise, me reprends vite comme je peux, sourire taquin sur les lèvres. « Si c'est avec plaisir alors. »

Stupide. Mais rattrapé. C'est au moins ça. Puis ses pas, furtifs, un peu félins d'ailleurs, me rejoignent rapidement. Mon regard se plante dans le sien et tente de ne pas s'y perdre. Pourtant, ses étoiles qui y dansent lentement dans cette émeraude ont tout d'envoûtant. Mais sa voix me ramène à la réalité, me laisse échapper un rire, doux, un rire tendre. De ceux que je n'ai plus connu depuis des lustres avec quelqu'un qui ne me connaît pas d'avant. Un de mes sourcils se hausse et je la regarde avec attention avant de répondre, d'un ton faussement blessé, d'un acteur qui joue plus mal que dans un de ces SOAP Opéra qui passaient à la télévision lorsqu'on était gosse. Une main sur le cœur, avant de répondre dans la foulée. « Tout d'abord, me voilà affreusement blessé de cette insinuation. Sous prétexte que j'ai un joli costard je ne suis bon qu'à rien d'autre que sourire ? Nataliya, vraiment, je pensais qu'on avait dépassé ce stade toi et moi. » Je m'arrête une seconde, son rire en tête. Je me détourne finalement d'elle pour ne pas vraiment perdre consistance. Sérieusement Liam, t'as beau être fatigué, va falloir faire quelque chose là.

« Mais il y a de très bonnes salade, ne te dévalorise pas comme ça. » ma remarque est bien plus profonde que je ne l'aurais voulu, je me rattrape, rapidement. « En tous cas, je sais cuisiner, et plutôt pas si mal. Donc demande moi ce que tu veux, et on va voir si on peut en obtenir un résultat mangeable. » Je souris, ouvre les placards et le frigo, je lui montre mes petits trésors, m'ouvre un peu trop. Il existe peu de gens en cette réalité avec autant de nourriture variée. Je lui montre clairement que j'aime vraiment ça. Mais étonnamment, je m'en fiche un peu. « Mais j'espère que tu sais utiliser un couteau ou autre, je risque d'avoir besoin d'un commis si tu as des goûts un peu luxueux. » Ma remarque s'accompagne d'un sourire franc, j'en aurais presque oublié la raison de sa venue.

Le commencement de tout ça. Mais très vite elle me ramène à la réalité alors que je commence à sortir un peu tout et n'importe quoi pour préparer de quoi cuisiner. Une meilleure excuse. Une moue s'affiche sur mon visage. J'en ai une oui, une tellement bonne qu'elle aurait pu me tuer, mais les chatons c'était un peu mieux. Et puis elle continue. Et je stoppe mes gestes. Mes mains s'écrasent lentement sur le plan de travail et mon regard fuit le sien.

Je souffle une seconde, mes pupilles se perdent dans le vide. Dans ma tête je cherche. Je cherche, mensonge, excuse. Je cherche mon sourire, je cherche mon masque. J'ouvrirais tous les tiroirs, mettrais mon appartement à sac pour le retrouver. Et pourtant je sais qu'il n'est pas encore là, qu'il n'est pas revenu. Je sais aussi que je ne peux pas passer sous silence et éviter les sujets éternellement. Après tout elle est venue pour ça. Je referme lentement ma main et me retourne vers elle. Un instant, bref, mais si important, je me plonge dans son regard plein d'astres que je ne comprends pas, mais qui me fascine. Ce regard qui me donne un certain courage, celui d'être un peu plus moi sans une réelle honte. Qui me donne l'impression de me voir tel que je suis sans que je sache pourquoi. Et puis je détourne mes yeux, et j'ouvre la bouche le regard sur les chatons qui se bataillent gentiment.

« Je sais bien que tu aurais essayé Nataliya. Je ne doute pas de toi, je n'ai d'ailleurs jamais eu aucun doute sur toi pour être honnête. Mais c'est compliqué. » C'est surtout bien trop douloureux, bien trop profond pour que tu en tires la lame comme ça, et ce, malgré tes yeux. « Je ne me suis pas éloigné du bureau que pour les chatons, tu t'en doutes bien. Mais je ne peux pas vraiment en parler. » Je passe une main sur ma mâchoire, j'hésite. Les mots se battent dans ma gorge pour sortir et moi je me bats, avec les morceaux cassés du masque pour ne pas tout ruiner. « Il s'est passé quelque chose au bureau et tu le sais, c'est d'ailleurs pour ça que tu as été engagée. Mais Nataliya, ça m'a vraiment affecté. Je ne peux pas en parler, parce que ça ne te mettrait pas en sécurité. Et puis de toutes façons ça ne changerait rien du tout. Mais je vais me reprendre. On va bosser ce soir, et je reviendrai. Peut-être pas tous les jours, pas encore, mais je vais revenir. »

Je marque une pause, sors encore quelques ustensiles, j'occupe, je m'occupe, je ne sais même pas pourquoi je lui dis tout ça. Dos à elle je m'excuse, lamentable. « Tu devrais pas être au milieu de tout ça. » Mes mots se perdent dans mon brouhaha volontaire et je reprends finalement mon sourire, mon visage de ministre – enfin presque, et me retourne vers elle.

« Bon, alors, sans vouloir te mettre la pression, le repas dépend un peu de toi là, et je commence à avoir faim, alors si tu veux bien te décider et qu'on s'y mette ? » Mon sourire se veut doux, cachant les blessures qu'elle a doucement rouvertes et qui saignent un peu à l'intérieur. Et puis je la regarde à nouveau, tournant la tête un peu de côté pour l'observer et réalise que la meilleure solution pour éloigner tout ce que je suis, toutes mes blessures d'elle, c'est encore celle ci.

« Bon, et dans la mesure de tes fonctions, puisque c'est ce qui t'amène ici et rien d'autre, aïe Liam, te donner des coups à toi-même, c'est pas nouveau mais c'est peut-être pas le moment, t'es vraiment en mesure de les recevoir tu crois ? C'est pas le moment de penser aux conséquences de mes conneries. il s'y passe quoi de mordant ? Tu me dis que je dois revenir mais faut pas pousser, mon absence a pas pu être tant remarquée que ça, Nataliya. Tu sais comme moi qu'à part leur cul, ils s'occupent de pas grand chose là haut. »

La remarque est franche. De toutes façons, Nataliya n'est pas stupide et a vu dès l'instant où je l'ai engagée que je n'étais pas vraiment la figure parfaite au fond. Elle m'a vue avec ce masque moitié brisé, et au fil des mois elle a décelé que j'aurais pu faire des élections de « Mister Sourire Parfait » mais qu'au fond, ce que j'en pensais était plutôt différent, et jusque là, ça n'avait pas eu l'air de la déranger. Alors ce soir, je n'allais pas faire un effort de plus pour raconter des conneries.
Non.
Pas ce soir. Et la raison ? Je crois que je n'avais pas vraiment envie de me l'avouer, alors on passera outre. C'était pas l'important. Tant qu'il y avait l'instant présent.

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SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.
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MessageSujet: Re: I wanna hide the truth | Nataliya.   Mar 10 Mai - 21:04




Un sourire à peine forcé ancré sur son visage. Les traits fins s’illuminent, les prunelles renvoient la clarté qu’elles peinent à dérober. Se parent d’un voile de lumière brisant le contraste redoutable de l’obscurité ambiante. Des esquisses à l’allure grossière, mal dessinées, de ce qu’elle aimerait réellement montrer. La dualité qui s’opère à l’arrière de son crâne la rend folle et elle peine à dissimuler le combat qu’elle mène intérieurement. Les lèvres s’étirent en permanence comme le masque qu’elle s’impose pour ne pas perdre contenance, une armure qu’elle se constitue pièce par pièce. Ajoutant de la distance entre eux, entre leurs deux êtres. Le garder éloigné, le plus loin possible, l’empêcher d’atteindre ce qu’elle redoute le plus. Elle doit avoir l’air d’une idiote à sourire comme ça. Et pourtant, elle se complaît à entretenir cette image de la petite secrétaire blonde débordant de gentillesse. Une image, pas tout à fait éloignée de la réalité, mais qu’on ne soupçonne de rien. De laquelle on attend rien. Rien de profondément mauvais. La bête grogne, retourne ses entrailles. Elle baisse la tête un instant pour se reprendre, le temps de quelques secondes. Juste quelques secondes pour souffler, laisser échapper ses pensées morbides, auxquelles elle pourrait aisément se soumettre. Ou peut-être pas. Peut-être n’en est-elle tout simplement pas capable. Elle se l’était promis pourtant. Elle s’était juré de réduire l’assassin de son frère à l’état de poussière. Poussée par la haine et la colère, elle s’est lancé ce défi qui aujourd’hui, lui paraît bien insurmontable. Inaccessible. A-t-elle vraiment cru pouvoir en venir à bout ? Le félin parle pour elle, formule sa propre réponse. Un feulement inaudible, crée pour la convaincre. Se convaincre elle-même. Et continuer de jouer.

« - Mangeable ? » L’ukrainienne hausse un sourcil, faussement surprise. Elle secoue la tête, soupire, ce sourire qu’elle se met à détester toujours au coin des lèvres. « - Décidément, vous ne feriez pas un très bon commercial. Je vous conseille de rester ministre, vous êtes bien meilleur. Mais quoi qu’il en soit, j’ai hâte… » Les mots échappent à son contrôle, elle se laisse guider par l’habitude, cette routine dans laquelle elle s’est embourbée, sans vraiment s’en rendre compte. Elle se tient là, devant celui qu’elle a toujours cherché à atteindre, d’une manière ou d’une autre, souriante au possible. Presque niaise à en vomir. Elle se trouve au bord du dégoût, ne laisse rien paraître. Ce n’est pas elle. Elle ne se reconnaît plus. Elle ne reconnaît plus la jeune femme désireuse de venger son aîné, de parvenir à ses fins, quoi qu’il lui en coûte. Celle qu’elle a appris à apprivoiser, tout comme elle est parvenue à apprivoiser sa seconde nature des années auparavant. Mais cette femme la, qui s’abaisse à la tromperie, se pare d’artifices et abuse de la confiance d’un homme, elle la répugne. Du moins, c’est ce qu’elle voudrait. La vérité n’est peut-être pas si évidente. Si facile à digérer.

« - Je ne veux pas connaître les détails. Ce n’est pas mon rôle, vous n’avez donc pas à m’en parler. Tout ce qui m’importe vraiment c’est que vous reveniez travailler dans de bonnes conditions. Un jour ou l’autre » Elle s’approche alors qu’il s’acharne à fuir son regard. Les talons résonnent sur le plancher, rythment sa respiration alors que le sourire se fane puis retrouve de sa splendeur en l’espace d’une seconde. « - Si c’est le bureau en lui-même qui vous pose problème, ça peut facilement s’arranger, vous savez » Un air convaincu prend possession de ses traits finement dessinés. Elle hoche la tête pour appuyer ses propos, oublie peu à peu sa volonté malsaine. Se laisse de nouveau gagner par l’homme qu’elle contemple et la fragilité qu’il affiche. Des aspérités auxquelles elle ne s’attendait pas et qui sont certainement la raison même de son tourment. « - Faites ce qui vous fera plaisir, je ne suis pas difficile et je ne vais certainement pas me plaindre » Il s’affaire de nouveau, brasse beaucoup d’air mais elle ne s’en offusque pas. Y trouve même une sorte d’aspect comique. Un rire cristallin échappe à ses lèvres rosées. Elle, s’éloigne de quelques pas. Ne préférant pas le gêner ou s’interposer dans ses grands gestes à peine maîtrisés. La question la frappe. La ramène à la réalité. Cette fausse réalité qu’elle avait mise de côté. La raison de sa venue totalement factice se rappelle à elle, poussée par les interrogations de Liam. Elle inspire profondément et finit par laisser échapper la première chose qui lui passe par la tête.  

« - Vous n’avez pas tort… Tout ce qu’ils remarquent c’est la pile de dossiers qui s’accumulent dangereusement sur votre bureau. Des dossiers qui menacent de se retrouver sur le leur si ils venaient à trop traîner » Une moue faussement désolée s’empare de son visage. « - Et ça, vous le savez aussi bien que moi, c’est inconcevable » Le mensonge s’efface et laisse place à la triste vérité. Elle rit intérieurement, de plus en plus fort à mesure qu’elle se remémore des scènes auxquelles elle a pu assister au sein du Gouvernement. Tellement fort que ses extrémités la démangent. « - En clair, votre absence prolongée pourrait leur donner du travail en plus. Vous imaginez un peu ? C’est la seule chose qui les inquiètes » Heureusement. Il y aurait tellement mieux à faire, et pourtant. Elle baisse la tête, cherche un peu plus loin dans ses souvenirs. Quelque chose d’assez consistant, d’assez palpable pour rassasier son patron. « - Pour être tout à fait honnête, tout est étonnamment calme ces derniers temps. S’en est même devenu étrange » Elle, qui parle d’honnêteté, quand elle n’est pas capable de l’être avec elle-même. S’en est risible tellement est est devenue ridicule. « - Il y a des rumeurs. Des bruits de couloirs, concernant les actions du Gouvernement. Il paraît que certains de ses membres ne sont même au courant de rien. Je ne sais pas de quoi il s’agit mais c’est le brouillard total » Elle continue pourtant. Déballe tout ce qu’elle a. Tout ce qu’elle a accumulé pendant l’absence du ministre à son bureau. Le lynx se moque de l’enveloppe charnelle qui se débat avec sa multiplicité. En vain. « - Tout se passe en souterrain. Du moins, c’est l’impression que ça donne. Plus personne ne parle à voix haute, il n’y a que des murmures échangés derrière des portes fermées à double tour. Des conversations contrôlées, surveillées » La blonde se redresse, tout ses sens en alerte, rejoint Liam de l’autre côté du comptoir. S’approche dangereusement de ses pas félins qui la caractérise. « - Et je crois que vous devriez en faire partie » Les prunelles ambrées se plantent dans celles du ministre. Ne lui laisse pas le choix que de les croiser. Forcent le passage jusqu’à lui. Elle n’a pas menti. Pas une seconde. Pas un mot. Ce n’est pas ce qu’elle aurait aimé lui dire. Mais elle n’a pas menti. Et n’as pas non plus soulagé sa conscience.

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MessageSujet: Re: I wanna hide the truth | Nataliya.   Ven 13 Mai - 2:55

Je souris face à la bienveillance de ses remarques. Elle cherche des solutions pour m'arranger, ne se montre pas du tout intrusive. Et moi, je tombe de plus en plus sous le charme de ses cheveux blonds, que je veuille me l'admettre ou non. Je laisse mes yeux se perdre sur elle sans la fixer et commence finalement à préparer un plat, attraper les ingrédients ci et là.

J'aurais pu lui sortir les plus anciennes recettes, de quoi l'impressionner et garder mon image. Pourtant, sans réfléchir j'attrape les ingrédients les plus simples du monde pour me voir sur le point de faire une omelette. La seule recette de mon enfance, celle que j'ai faite et refaite, qui m'a appris à cuisiner, et faire attention aux herbes et aux ingrédients. Un plat qui me rappelle l'odeur d'une vie plus simple et d'un bonheur oublié. Qui me rappelle Nolan et ses yeux absolument ratés. Je n'ai jamais plus cuisiné d'omelette, pas jusqu'à ce soir. Pas jusqu'à elle. Parce qu'elle était différente, et me faisait sentir plus moi-même que je ne l'avais jamais été sans même qu'elle le sache.

Et puis on passe au plus sérieux. À la question qui m'a donné envie de me frapper seul pour l'avoir dite. Et la voilà qui répond. Un rire s'échappe de mes lèvres alors qu'elle appuie l'égoïsme de nos partenaires de travail et les seuls inquiétudes qui peuvent les toucher. J'acquiesce sans parler plus que par des gestes inutiles et continuer à cuisiner alors qu'elle continue de parler. Je m'arrête un instant pour l'écouter avec plus d'attention alors qu'elle se plonge un peu plus dans un sujet qui me passe largement au dessus de la tête. J'en ai rien à foutre de tous ces cons. Le couteau toujours dans la main, je pose la lame à plat et laisse un rire plus franc m'échapper. « J'imagine parfaitement, oui. Les pauvres petits malheureux. » La phrase est sortie plus vite que je ne l'aurais cru. Mais Nataliya avait parfaitement raison, c'était la seule chose qui les inquiétait. La réciproque étant vrai, je ne m'en offusquais pas.

Alors que sa bouche fine s'ouvre à nouveau, tout ce qui me vient en tête c'est de parler d'autre chose. Je rêve de la connaître, d'en savoir plus, de la trouver plus, de comprendre pourquoi elle m'atteint autant. Et pourtant, je me fais violence, parce qu'aussi belles soient ses courbes, aussi tendres soient ses regards, aussi chaleureux soient ses rires et ses sourires, il m'était impossible d'autoriser ça. Rien que penser ça était inadmissible. Je me concentre à nouveau sur sa voix, le présent, chasse mes idées et mes pensées. C'était calme au gouvernement ? C'est toujours calme au gouvernement. Une bande d'incapables qui se tirent dans les pattes à longueur de temps. J'avais réussi à taire cette phrase là, au moins. Et finalement, elle continuait.

Des rumeurs. Mes yeux se roulent sans même que je m'en rende compte. C'est pire qu'une réunion de collégiennes en manque de ragots entre ces murs. Tout se passe en souterrain, tout se passe toujours ainsi. C'est par des poignards dans le dos qu'on avance ici. C'est par des coups de poings décidé, paramétrés, que l'on progresse dans ce monde. Et puis finalement, la voilà près de moi. À quelques centimètres à peine. Mon cœur s'arrête et elle me force à planter mes prunelles brunes dans les siennes. Elle me force à voir les étoiles au fond de ses pupilles, elle me force à observer ce phénomène qui me fascine. Et je suis bien trop pris, bien trop fondu de ce sentiment qui m'envahit que mes expressions me trahissent. Il n'y a pas de faux semblant, même pas de masque un peu brisé. Rien de faux, elle a tout fait tomber par son regard et sa voix. Elle a tout effondré par ses foutues étoiles qui s'incrustent dans ma peau avec violence.

J'ai beau rejeter, j'ai beau essayer, rien n'y fait. Je n'y arrive pas. La fatigue, la pression, le monde qui s'écroule, tout ça cumulé fait que je suis incapable de nier. De résister. Peu importe à quel point ça brûle, à quel point ça me blesse de ressentir à nouveau quelque chose. Mon cœur s'en fout, il ne me laisse pas le choix. Ses yeux à elle, ne me laissent pas le choix. Je soupire, blasé de mes propres pensées. De ces sentiments, ce semblant de sentiment ridiculement naissant.

Comme si j'avais le temps.
Comme si je valais un peu de son temps.

Et je pose le couteau, serre mes bras sur ma poitrine et n'enlève pas mon regard du sien. Mon sourire est tellement fin qu'il en est presque invisible quand ma bouche s'ouvre finalement. « Nataliya... Je ne sais même pas quoi te dire. Un rire s'échappe de mes lèvres, je ne suis décidément pas doué en sa présence. Je ne doute d'absolument aucun de tes mots. Je sais très bien comment ça se passe au bureau, j'ai eu énormément de temps pour les observer avant de devenir Ministre tu sais. » Ne supportant plus le poids de son regard, des émotions qui l'accompagne, je me retourne sur mon couteau pour reprendre mon plat et continuer à lui parler, des coups d’œil inutilement dissimulés vers elle.

« Mais je ne sais même pas si je veux en faire partie Nataliya. Leurs conspirations m'ont toujours exaspéré, et aujourd'hui, j'en ai simplement plus rien à foutre. » Classe, distingué. Bravo Liam. « Enfin... non peut-être pas à ce point mais franchement, j'ai des problèmes bien plus grave que leur cul. » Continue, tu vas finir par dire pire que ce que ton frère pourrait sortir dans la même situation. Je souris à ma propre remarque et me frotte le front du dos de la main avant de la regarder d'un air assez désolé.

« Je ne suis pas sûr que tu aies fait le bon choix en acceptant ce boulot, je ne suis pas exactement le patron idéal. Je marque une pause, et me mords la lèvre pour retenir les mots qui finissent de toutes façons par sortir. Et d'ailleurs, puisque mon rôle est réellement discutable ces derniers temps, et en particulier ce soir... Arrête de me vouvoyer tu veux ? Ici, pas de fioriture. Sérieusement, t'as vu l'état de mon appartement... mon état ? »

Je me concentre de plus en plus sur la cuisine, faisant chauffer les poêles pour y mettre ce qui s'accumule dans le bol et sur le plan de travail et reprends un semblant de conscience. « Sérieusement, j'en ai marre de ces conneries. Tu veux bien m'accorder une soirée en tant... qu'amie ? » Stupide. Complètement stupide Liam. Tout ce que tu cherches à faire ne marchera certainement pas de cette façon et tu le sais pertinemment. Alors ferme la, avant de sortir une connerie encore plus grosse, une excuse encore plus stupide ou que-sais-je-encore.

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MessageSujet: Re: I wanna hide the truth | Nataliya.   Dim 22 Mai - 15:09




L’obscurité la gagne, étend son influence jusque dans les interstices les plus infimes de son esprit tourmenté. Elle s’engage s’en même s’en rendre compte sur un terrain glissant. Une pente qui menace de s’écrouler à chaque instant, comme les coutures de son armure déjà si usée menacent de se déchirer. Elle ne contrôle plus vraiment ses faits et gestes. Se contentent de sauver les apparences du mieux qu’elle peut ; pour ne pas risquer de perdre ce qu’elle a mis tant de temps à obtenir. Pour ne pas briser en milles morceaux cette fausse relation qu’elle a tant désiré, pour mieux la voir s’effondrer. Des fondations de moins en moins solides, si tant est qu’elle ne les aient jamais été. L’érosion commence son œuvre, ne se fait pas prier, grignote ces bases qu’elle s’était imposées à elle-même, les ronge jusqu’à la moelle. Jusqu’à ce qu’elle se retrouve à nu. Sans plus rien à cacher. Plus rien à protéger. Que sa piètre fierté à entretenir.

Elle le toise mais ne le voit pas. Les prunelles émeraudes verrouillent leur cible mais n’y prêtent pas vraiment attention. Il s’agite, s’affaire. Mais ce n’est que le vide qui imprime son reflet sur ses iris dorées. L’aisance avec laquelle elle a pu s’exprimer quelques secondes auparavant n’est qu’une façade. Un masque cachant ce qu’elle s’efforce à ressentir. Une vérité douloureuse qu’elle n’est pas certaine de pouvoir accepter. Qu’elle n’est pas sûre de vouloir encaisser. Le sérieux de l’échange n’est pas plus véridique que le reste. Elle s’enlise dans ce rôle qu’elle a cherché à obtenir, mais peine à trouver des excuses suffisamment consistante pour le garder intact assez longtemps. Elle se trouve à court d’idées, à court de patience. De volonté. À court de tout. Un manque qui se fait de plus en plus remarquer. Elle le craint comme elle l’envie. Espérant que rien de toute cela ne se mettra en travers de son chemin. Tout en hurlant son désir intérieur de la voir s’évaporer. Elle se fait violence pour ne pas succomber. Pour ne pas oublier. Ne pas se laisser aller. S’abandonner à cette empathie qu’elle exècre en de telles circonstances. Elle aimerait être capable de la mettre de côté, juste le temps de parvenir à ses fins. Juste le temps d’un instant. Pour justifier l’impensable.

Les regards s’entrechoquent avec fracas. Une passion ridicule qu’ils entretiennent sans se l’autoriser pour autant. La lame du couteau qu’il tenait habilement entre ses doigts résonne contre le plan de travail, le bruit métallique vient frapper son ouïe sensible avec violence. Elle grimace. Plisse le front. Se rend compte qu’elle est sûrement allée trop loin. Qui est-elle pour s’adresser à son patron de cette façon ? Elle n’a pas su trouver les bons mots. La sûrement percuté plus qu’elle ne l’aurait souhaité. L’a atteint plus fort qu’elle ne l’aurait voulu. Sans même s’en rendre compte. C’est dire à quel point elle se perd au milieu de cette situation insolvable. Elle ne sait plus comment elle doit agir, comment se comporter. Comment lui parler. Tout se mélange. Supérieur. Ami. Ennemi. Cible. Poison. La silhouette est de plus en plus floue. De plus en plus difficile à discerner dans la noirceur qui les entoure. Elle baisse la tête, l’air désolé. Presque blessée. Les iris de l’animal rencontrent par hasard les lignes brillantes du couteau laissé là par son propriétaire. Des pulsions s’éveillent. Se réveillent. Elle fronce les sourcils. Hésite longuement alors que les phalanges glissent machinalement sur le comptoir, se dirigent vers l’arme sans la saisir. Une seconde plus tard, l’ukrainienne reprend conscience. Comment pourrait-elle ? Là, maintenant. C’était peut-être sa meilleure occasion d’achever ce qu’elle a commencé. La seule vraie bonne occasion qui se présentait à elle. Une occasion comme il n’y en aura sûrement plus d’autres. Pas avant longtemps. Et elle l’a laisse filer. La laisse lui glisser entre les doigts, littéralement. Elle s’éloigne du ministre. De la lame qui l’attire comme un aimant. Instaure de la distance entre le lynx qui grogne et sa proie. Se ravise bien vite ; enfouit ce désir brûlant encore un peu plus profondément.

« - Je suis désolée, je… Je n’aurais pas du vous dire ça » L’inspiration se relâche, comme pour se redonner du courage. Une volonté nouvelle qui ne vient pas. Qui ne fait que s’égrener jusqu’au néant. Elle finit par relever la tête, se penche de nouveau vers lui alors qu’il reprend ce qu’il avait commencé. Il sourit mais ce n’est pas ce qu’elle perçoit. Elle entrevoit plutôt une grande lassitude. Des nerfs mis à rude épreuve et un état de stabilité qu’il ne parvient pas à retrouver. Tout ça dans un regard. Le sien, qu’elle ne quitte à nouveau plus alors que ses tripes lui crient de s’enfuir. Un léger rictus se dessine enfin sur son teint de poupée. Un sourire qu’elle ne peut réprimer, face à ce caractère si particulier qu’il laisse apparaître. La requête qu’il lui adresse lui semble accessible. Tout à fait à portée. Mais c’est une nouvelle proximité qu’elle n’est pas sûre de pouvoir supporter. Pas comme elle le devrait.

« - Je n’ai pas accepté ce travail parce que je pensais que vous… » Elle s’interrompt, secoue la tête en souriant. « - Que tu étais le patron idéal » La rectification lui paraît injuste mais elle se force quand même à la faire, dans un souci de courtoisie. « - Tu n’as d’ailleurs aucune idée des raisons qui m’ont poussée à travailler pour toi. Mais crois-moi, ça n’a rien à voir avec tes convictions ou non-convictions envers le Gouvernement. Ça ne change rien pour moi » C’est à son tour d’éviter le regard du ministre. Elle promène ses yeux un peu fatigués dans la pièce, dans celle d’à côté. Examine ce fameux état qu’il lui décrit si minable, sans en faire le constant elle-même. Il s’agite non loin d’elle, semble doucement perdre patience alors qu’elle reste là, impuissante. Incapable de tout. Capable de rien. Comme du pire. Un nouvelle requête qu’il lui adresse alors qu’il paraît de plus en plus agacé par de foutus faux-semblants. « - J’imagine que oui. Je vois mal comment je pourrais te refuser quoi que ce soit » Elle touche le fond alors que les mots échappent à ses lèvres, s’évadent plus vite qu’elle ne le voudrait. La blonde s’éloigne un peu plus, contourne le comptoir en y laissant glisser ses doigts fins. « - Si je suis ton amie, je peux te parler ou te poser des questions sans craindre un renvoi, pas vrai ? » Elle lui jette des coups d’œil rapides, un air joueur prenant possession de son visage. Le sourire taquin s’élargit, effaçant les précédents pour ne laisser que celui-ci. « - Ce que je veux dire par là c’est que, c’est ce qu’on fait entre amis, non ? Est-ce qu’on peut vraiment être amis si je ne sais rien de toi ? » Elle appuie volontairement ses termes, prenant vaguement de leurs conséquences. La blonde s’arrête, plante ses iris ambrées dans celles du ministre. Elle abandonne peu à peu son masque de pierre. Jusqu’à le briser définitivement. Elle s’inflige ce supplice invisible sans s’apercevoir de son erreur. Une erreur qu’elle paiera sans doute plus tard.

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MessageSujet: Re: I wanna hide the truth | Nataliya.   Mer 25 Mai - 22:04

Je soupire, serre les dents. Pourquoi est-ce si différent face à elle ? Pourquoi est-ce qu'elle me fait perdre tous mes moyens comme ça ? Pourquoi elle plus qu'une autre ? Qu'est-ce qu'elle a de si différent ? Ce petit truc que je n'arrive pas à saisir ni à attraper. Ces petits bouts d'étoiles qui se baladent et me transpercent un peu plus à chaque instant. Elle me fait mal, avec ce doré qui virevolte dans ses yeux. Elle me brûle de l'intérieur avec ce cœur qu'elle tient à vif dans ses mains. Comment est-ce possible ? Qu'a-t-elle fait de l'image que j'ai passé ma vie à construire ? Je déglutis. Je lui ai demandé d'être mon amie, alors que même moi, je ne peux pas me supporter pour une soirée complète.

Pourquoi oser ? Pourquoi désirer quelque chose d'impossible, que la vie ne m'apportera jamais ? Pourquoi faiblir devant cette fille aux cheveux d'or alors que j'aurais pu en avoir tant d'autres. Et puis elle parle, elle répond. Sa voix douce percute mes tympans, ses mots me glacent le sang. Elle me tutoie, elle fait ce que j'ai demandé, et moi, je ne sais plus où me mettre. Je ne sais plus quoi faire et quoi dire. Maintenant qu'elle a accédé à ma première requête, est-ce que je suis plus avancé ? Pas pour un sou. Le seul effet que cela produit est de serrer mon cœur un peu plus fort. Couper une distance de sécurité pour ne pas m'effondrer, ne pas tomber les résidus de masque que je maintiens avec difficulté. T'es con Liam. Réfléchis la prochaine fois avant de parler.

J'écoute avec attention chacun de ses mots. Je n'ai aucune idée de ce qui a pu la pousser à rejoindre mes rangs. C'était vrai. Je ne savais rien d'elle après tout. Un sourire se dessine lentement sur mon visage. Je ne sais rien d'elle, et pourtant, je perds toute contenance. C'est ridicule. Elle peut me haïr du plus profond de son être, être dans le gouvernement pour le compte de la résistance et moi je n'y ai vu que du feu. Parce que j'ai préféré regarder ses yeux. C'est stupide. Tellement stupide. Comment j'ai pu être aussi bête ? Faire des choix aussi irréfléchis alors que tant est en jeu ? Je la regarde discrètement alors qu'elle me dit que ça ne change rien. La face de moi qui n'est pas fan du gouvernement ne change rien. La révélation n'est pas vraiment rassurante quant à mon choix de secrétaire et pourtant.

Pourtant je ne peux que tomber un peu plus pour elle. Lentement, sûrement, sans être capable de l'admettre. Parce qu'elle ne fait pas partie de ceux qui boivent leur parole, de ceux qui croient que le monde va être sauvé grâce à cette tyrannie dont je fais joyeusement partie. Je l'observe m'éviter, mords l'intérieur de ma lèvre avant de me concentrer à nouveau sur ce que je fais. Ne pas perdre la tête. Ne pas laisser tomber les dernières défenses. C'est des idées basique que n'importe qui doit avoir en tête dans cette réalité, et pourtant. Pourtant je n'ai qu'une envie, c'est de lui balancer la vérité en pleine figure. Arrêter de jouer. Pour une fois. Pour un instant. Pour ses yeux perçants.

Je tique sur sa remarque. Elle ne peut pas me refuser quoique ce soit. Une part de moi se sent abusif, profitant de ma position pour obtenir ce que je veux du bout des doigts. Mais pourtant, ça ne peut pas être que ça. Parce que ce n'est pas moi qui l'est fait venir là. Ce n'est pas moi qui lui ai dit de frapper à ma porte comme ça. Alors je ne peux pas être totalement responsable de la situation face à moi. Du moins je ne l'espère pas. Je ne le veux pas.

Du coin de l’œil, j'observe ses mouvements gracieux et ferme un instant les yeux. Arrête Liam. Arrête. Sa question me fait finalement lever les yeux sur son visage pour l'analyser une minute. Ne pas m'arrêter sur ses prunelles, agir méthodiquement pour savoir ce que cette question cache. Mais aveuglé, incapable de voir les choses clairement, objectivement, mes lèvres laissent échapper la remarque avant une quelconque pensée mesurée. « Bien sûr que oui. » Les paroles devraient être regrettées, rectifiées. Et pourtant, mes yeux bruns se plantent dans les siens, mes mâchoires se scellent en attendant ce qu'elle a bien à dire. Parce que peu importe, je veux savoir. Peu importe dans quel camp elle est, ou ce qu'elle pense au fond d'elle, c'est plus important que mon poste, que mes responsabilités.

Son sourire me fait louper un battement. Je me frotte le visage d'une main incertaine pour cacher une légère gêne alors qu'elle finit par continuer, insistant sur les mots que j'ai moi-même utilisé. Et elle remarque le point tristement vrai que ne rien savoir d'elle est une réciproque indéniablement vraie pour mon côté. Je laisse son regard dans le mien, ne détourne pas les yeux. Pour une fois. Je réfléchis, un instant, un instant de principe. Histoire de dire que je n'ai pas fait ça sur un coup de tête. Remis toute ma vie en jeu, mon avenir et mon passé offert sur un plateau d'argent à une fille qui me fait perdre la tête. Tout ça sans considérer le risque bien présent qu'elle pourrait me tuer à tout moment. Parce que je ne sais pas qui elle est.

Sous ses yeux ravageurs, sous ses astres tueurs, il peut y avoir mon pire ennemi, et je n'en saurais rien. Alors la logique veut que je me taise. Que mon masque si durement forgé prenne la place et transforme la réalité. Que ma vie s'en tienne à un parfait plan du gouvernement, un dossier bien préparé. Tout ça sous des mots travaillés et retravaillés pour en apprendre plus sur elle en réalité. Mais je ne fais rien de tout ça. Parce que je suis fatigué de me battre. Et que pour la première fois mon cœur bat, et pas parce que je suis Nolan, non, bel et bien sous mes traits à moi.

Et je ne peux pas laisser passer ça. Que ça mène à ma perte ou à ma réussite m'importe peu. Elle m'aura fait sentir vivant au moins un instant. Me laissera une saveur sur les dents que je n'oublierai jamais. Alors après un rire lent, et un sourire en retour. Mon regard se fait joueur, mais surtout vrai. Mes pupilles brunes prenant une couleur enfant vraie. Ma voix semble changée, plus que je ne le voudrais. Mon ton moins précis, moins travaillé.

« Bien joué, t'as joliment retourné mes paroles contre moi. » Je marque une pause, prends mon souffle comme un gamin prêt à passer son premier examen avant de me lancer. « Tu veux savoir quoi exactement ? Parce que sans dire que ma vie n'est pas intéressante, je doute que tu n'aies pas une idée en tête en posant ta question, Nataliya. » Mon sourire se forme plus que je ne le voudrais, le vrai moi reprenant place dans une peau qu'il ne connaît plus vraiment.

« De plus, j'imagine que contrairement à moi, tu sais un minimum de chose sur mon histoire. Alors autant je veux bien te dire la vérité, sur le Liam hors gouvernement, celui qui n'est pas un dossier et loin du costume, autant les informations ont un prix, Mademoiselle Clarke. »

Une pause, alors que les plats sont au four. Face à elle, j'appuie mes coudes sur le comptoir et la dévisage une seconde avant de lui dire, d'un ton bien plus joueur, mais aussi tellement franc. « Donnant, donnant. » Il n'y avait pas vraiment plus à dire. C'était l'occasion ou jamais. Les murs du gouvernement loin derrière et les deux humains face à face. Le fond de vérité qui peut tout briser d'une relation bien étudiée. Et pourtant, j'en rêve. Je ne rêve que de ça.

Peu importe les conséquences, les répercussions. Je ne veux que ça. Elle, vraiment elle. Et rien d'autre. « Alors, je te propose ça, une information, une question. Deal ? » Un rire discret s'échappe de mes lèvres, et j'ajoute en me redressant. « Pour prouver ma bonne foi, je vais commencer en te donnant une information sans même que tu aies à la demander. Un petit avantage pour une amie»

Je réfléchis, me mettre à nu, exposé à toutes sortes de questions sur mon passé, mes conneries, jurant à moi-même de ne pas mentir. Oui, mais quoi lui dire ? « J'ai un frère jumeau, Nolan. C'est... une bien meilleure version de moi si tu veux mon avis. », je marque une pause, une pensée pour mon frère sensé être décédé et bien vivant en réalité. Bien plus que moi, que je ne l'ai été depuis bien des années, depuis que je l'ai tué. Avant de ne me perdre dans mes idées, je demande, d'une douceur qui me surprend moi-même. « Et toi, tu as des frères et sœurs ? » Une question banale. Innocente. Une question pour commencer le jeu en douceur, avant de s'enfoncer dans une vie de regrets que je suis finalement prêt à assumer.

Tout ça pour des yeux aux étoiles dorées. Tout ça pour un sourire qui me fait vibrer.

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MessageSujet: Re: I wanna hide the truth | Nataliya.   Lun 30 Mai - 12:37




Le changement en est presque radical. Elle dérive, s’éloigne de ce qu’elle voulait instaurer dès le départ. Comme deux personnalités bien distinctes se battant l’une contre l’autre. La première, glaciale et professionnelle. La seconde, instable et au bord de la rupture. Les deux se mélangent pour donner un résultat auquel elle ne s’attendait pas. Qu’elle ne souhaitait pas. Qu’elle ne comprend pas bien non plus. Alors qu’elle instaure une nouvelle distance physique entre leurs deux organismes écorchés, elle en réduit une autre. Une autre distance, intangible. Imperceptible. Cette distance dessinant des limites à ne pas franchir, des frontières à ne pas outrepasser. Une distance immatérielle et pourtant bien réelle. Qu’elle fait éclater sans se poser de questions. Réduisant en miettes le bouclier qu’elle s’était si durement forgé. Les parcelles de ce qui reste de son armure s’écrasent au sol, résonnent à ses oreilles comme le détonateur d’une bombe qu’on enclenche. Une arme si puissante qu’elle causerait sa fin.

Des mots qu’elle ne se pensait pas capable de prononcer échappent pourtant à sa bouche, passent au travers de ses lèvres rosées sans autorisation. Elle ne contrôle plus rien. Se laisse tout simplement guider par sa raison qui semble avoir changé de camp. La scène lui paraît irréelle. Impensable. Inimaginable. Est-elle vraiment en train de nouer ce genre de relation avec Lui ? Elle pourrait être en train de jouer, de mentir ouvertement. Abattre une autre de ses cartes et continuer le manège sur lequel elle a embarqué depuis l’assassinat de son frère. Mais la vérité, la triste vérité, c’est qu’elle ne pourrait être plus sincère qu’à ce moment précis de leur entrevue. Peut-être n’a-t-elle jamais été aussi sincère qu’à cet instant. Et ça la ronge de l’intérieur. La haine qu’elle éprouve ne pourrait être plus réelle. Si pesante qu’elle a l’impression de pouvoir la toucher et la tordre dans tous les sens. Le sourire qu’elle arbore sans cesse transpire l’honnêteté. Elle ne s’en déteste que plus pour ça aussi. Elle joue avec le feu, caresse du bout des doigts son objectif. Celui qu’elle s’était fixé des années plus tôt. Avant de reculer, de tout laisser tomber. Au profit de flammes orangées qui l’attirent indéniablement. Des flammes dans lesquelles elle aimerait se noyer, jusqu’à ce qu’elles se consument et la dévore, pour mieux la plonger dans l’oubli. Et le remord.

Elle se pince un peu plus la lèvre à chaque mot qu’elle prononce. Les regrettes instantanément. Comme si des aiguilles se plantaient dans sa gorge à chaque syllabe. Elle grimace intérieurement, retient autant de soupires qu’elle ne peut se permettre. La colère gronde et le lynx feule. Ses doigts tapotent sans cesse sur le marbre froid recouvrant le plan de travail de la cuisine. Un tique traduisant sa nervosité, qu’elle aimerait plus discret mais qu’elle ne peut s’empêcher d’effectuer. Il entre facilement dans son jeu. Plus facilement qu’elle ne l’espérait. Ça lui aurait tellement simplifié la tâche qu’il se braque, se referme sur lui-même et la renvoie sur le champ. La mette dehors. Ça lui aurait donné une raison de plus de reprendre ce qu’elle avait commencé. La mission qu’elle s’était donnée. Un prétexte de plus d’accomplir ce qu’elle avait entamé avec tant de volonté aujourd’hui effacée. Mais le voilà qui joue à son tour. Il lui sourit, le dîner n’a même plus d’importance quand il lui sourit comme ça. Plus rien n’a d’importance. Mais pourquoi agit-elle de cette manière ? Elle se permet des choses, s’autorise des gestes, des paroles qu’elle ne veut pas dire. Ne veut pas faire. Incapable d’y résister. De Lui résister.

« - Ce n’est pas faux, sans être tout à fait vrai non plus » Elle secoue la tête, élargit son sourire sans même s’en rendre compte. « - J’imagine que si je te dis que j’aimerais tout savoir, ce n’est pas une bonne réponse, pas vrai ? Du moins, une réponse insuffisante pour l’homme que tu es »  Elle se redresse doucement, ses muscles douloureux d’avoir trop résisté à l’évidence. Le contre coup se fait plus violent, bien moins attendu. Elle se perd un peu plus à chaque seconde qui s’égrène. Les mots résonnent à l’intérieur de son crâne, sans qu’elle ne prenne le temps de les analyser. De les utiliser. Une fois de plus, elle s’abandonne complètement, sans être certaine de retrouver cette ferveur qui l’habitait il y a seulement quelques minutes. « - Ton prix sera le mien, Monsieur Wiggins » Elle l'imite, joue de son reflet. Les talons claquent sur le plancher alors qu’elle s’approche de nouveau de son patron. De son ami en devenir. La stupidité de ses actes la frappe au visage mais pourtant, elle n’a aucun désir de s’arrêter. S’enfonce un peu plus dans les idioties qu’elle s’efforce de commettre. Bien consciente que cela ne la mènera nulle part. Elle s’acharne à se torturer l’esprit, comme si elle en retirait un quelconque plaisir. Une satisfaction bien pâle, à l’image de sa détermination qui s’effrite de plus en plus. Jusqu’à devenir un petit rien qui ne compte plus vraiment.

Il se dévoile finalement, sans qu’elle n’aie à demander quoi que ce soit. Elle sourit face à la révélation qu’il lui offre sur un plateau d’argent. Une chance qu’elle devrait prendre au sérieux. Qu’elle devrait considérer à sa juste valeur. Mais tout se mélange. Le vrai et le faux. Le réel et l’irréel. Le tangible et l’impossible. Elle baisse la tête une seconde, reprend ses esprits, s’apprête à jouer à son tour. Mais la question qu’il formule, lui balance en plein visage, la brise toute entière. Elle ne s’attendait pas à ça. Elle aurait du, pourtant. Puisqu’il lui parle délibérément de son jumeau, elle aurait pu se préparer à l’éventualité qu’il lui pose cette question. Qu’il aborde ce sujet. Son sujet de prédilection. Elle se racle la gorge, hésite un instant. Répondre ou prendre ses jambes à son cou et s’enfuir. Éviter ce qu’elle redoute depuis le début. Mais c’est trop tard maintenant. Elle s’est enfoncée trop loin dans ce petit jeu malsain pour tout arrêter. Ce n’en serait que plus flagrant. « - J’avais un frère aîné. Il est mort il y a quelques années » Son dos s’affaisse, elle appuie de nouveau ses coudes sur le comptoir. Ça fait toujours aussi mal. C’est toujours aussi douloureux de le dire. De l’admettre. Un nouveau coup derrière la tête alors que la réalité se rappelle à elle de la plus cruelle des manières.

« - À mon tour » La blonde retrouve brusquement son sourire. Plus fade, plus forcé que le précédent. Mais toujours aussi sincère. De cette sincérité qu’elle exècre. « - Ton jumeau, c’est à cause de lui que tu viens plus au bureau ? Est-ce que ton frère est la raison pour laquelle tu es… Dans cet état ? » Elle trouve difficilement ses mots. Parvient à peine à articuler sa question de manière audible alors que la déduction lui vient automatiquement. Plus affectée par la précédente qu’elle ne voudrait le montrer. Elle tente, tant bien que mal, de maintenir les apparences. En vain. Le masque se fendille de plus en plus. Jusqu’à laisser totalement apparaître son vrai visage. Celui qu’elle cache depuis si longtemps. Elle lutte pour ne pas éclater. Ne pas tout gâcher. Pas déjà. Au bord de la rupture, elle se redresse. Et finalement, elle déchante. « - Je peux pas faire ça je suis désolée » Elle secoue la tête, agacée. Énervée. Ne jette pas un regard vers son hôte. La partie est finie, elle ne joue plus désormais. C’était la question de trop. Elle ne veut pas parler de tout ça avec lui. Pas maintenant. Jamais. Elle se détourne du ministre alors qu’il reprend peu à peu la forme d’un monstre à ses yeux. Ses pas résonnent à nouveau dans la pièce alors qu’elle quitte la cuisine précipitamment. « - J’aurais pas du venir, j’aurais pas du accepter » Elle se maudit en remettant sa veste et son sac sur ses épaules. Prête à quitter cette demeure de malheur. Désireuse de s’en éloigner le plus possible, le plus rapidement possible. Mais encore inconsciente que ce n’est plus envisageable. Trop occupée à se perdre dans les yeux de Liam, elle ne s’est même pas aperçue que dehors, une tempête fait rage.

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MessageSujet: Re: I wanna hide the truth | Nataliya.   Dim 12 Juin - 3:25

Tout savoir. Ses mots me restent dans la tête. Elle aimerait tout savoir. Mais pourquoi ? Je suis loin d'être intéressant, encore moins à ses yeux et je le sais. Alors pourquoi ? Je l'observe continuer dans mon jeu, ne regrette pas mes mots. Cette peur de me confier qui passe doucement, et je commence à me dire que ce n'est pas un mal. Elle mérite de savoir, de connaître.

Elle mérite de juger par elle-même. Oui, mais pourquoi elle ? Le fait d'avoir parlé de Nolan me laisse cet air songeur au coin des lèvres. Mon frère est une chose aisée à prononcer, beaucoup moins à accepter. Et ce n'est pas derrière cette pseudo révélation que j'ai dit quoique ce soit. Sans avoir parlé du fait qu'il était vivant ou mort, sans savoir quoi dire sans finir par choisir le mensonge de la vérité, je me perds. Je sens ma gorge se serrer et l'angoisse monter. Comment m'en sortir ? Comment les choses vont tourner ? Je n'en ai pas la moindre idée. Je pourrais me dire que ma simple question suffira à poser les yeux sur la blonde et non plus sur moi. Sauf qu'elle veut tout savoir. Et quelque chose me dit que la conversation ne sera pas si simple, que les choses n'en resteront pas là.

Son visage qui se perd, ses cheveux qui tombent sur son visage me font hausser un sourcil. J'ai du toucher une corde sensible. J'ai du faire une erreur. À la première question, c'était bien joué. Je me mords la lèvre, sens le politicien en moi me rattraper et cherche de quoi me racheter. Dans une moue désolée, je l'observe changer d'attitude sans réaliser le pourquoi du comment. Silencieux, plus détaché, je reste là à observer ses gestes, ce raclement de gorge qui ne lui ressemble pas. Incapable de prédire sa réaction, loin de la connaître suffisamment pour ça, je me prépare au pire sans savoir ce qu'il peut être.

Et finalement ses fines lèvres s'entre-ouvrent et les mots qui en sortent me glacent le sang. Son attitude change instantanément, elle se referme, éloigne le peu de contact qui pouvait nous lier. Et moi ? Je m'en veux. Je me sens comme le dernier des idiots. Je passe une main dans ma nuque avant de la reposer sur le comptoir. Un instant, un court instant, je pense à lui attraper la main, lui dire que je suis désolé, que je n'aurais pas du parler le premier. Cette pulsion de réconfort que je stoppe à peine pensée. Ce serait trop. Peu importe ce que je vois en elle, peu importe ce que je pense d'elle, ce n'est pas réciproque. Je le sais. Parce que personne ne peut m'aimer, parce que personne ne me connaît.

Baissant simplement les yeux dans un respect silencieux, je n'ai pas le temps de trouver mieux à faire ou dire pour la voir parler. Le sourire sorti de nouveau, la voilà joueuse. Sans trop comprendre, j'accepte, sachant tout au fond de moi que les sujets compliqués peuvent nous amener à changer brutalement d'attitude. Je me calque sur son visage, rassuré de voir que je n'ai pas tout gâché, prêt à laisser ce moment de côté pour ne pas la brusquer. Et elle parle. Dit des mots que je redoute. Dit tout ce que j'aurais pu imaginer en pire. Mes yeux fixent les siens, se demandent comment elle peut savoir. Mes pupilles brunes se fondent dans ses iris et cherchent la réponse dans ce doré qui les habitent. Je cherche ce qu'elle veut, ce qu'elle a.

La paranoïa monte d'un cran, dans une poussée d'angoisse que je dissimule à peine. Je me suis laissé aveuglé, j'ai toujours vu en elle le bon, le beau, et je n'ai jamais pensé à ce qu'elle pouvait être, à qui elle pouvait être. J'ai été imprudent, tout ça pour des yeux bordés d'or perçant. Je fixe le marbre, regarde ma main, et cherche à me calmer. Me rationaliser. Elle n'est pas stupide, parler de mon jumeau, ma simple phrase, les rumeurs qui ont du courir dans le bureau. C'est une simple déduction, je n'ai pas à chercher plus loin. Je ne dois pas chercher plus loin. Je ne veux pas chercher plus loin.

Dans un souffle de courage, je m'apprête à répondre finalement, déterminé à laisser ma langue se délier, peu importe la vérité qui peut s'en révéler. Et avant même que mes mâchoires s'écartent l'une de l'autre, la voilà qui parle à nouveau. Coupe toute conversation. Surpris, j'esquisse un mouvement de recul, cherche à savoir ce que j'ai manqué, pourquoi je l'ai manqué. Je réfléchis encore trop, reste dans mon mutisme alors qu'elle s'écarte de moi, que je la vois partir sans savoir comment la retenir.

Et c'est comme un souffle que je ne peux pas arrêter, c'est comme cette fumée que j'ai sentie m'approcher sans pouvoir l'attraper. Désormais elle s'en va, elle part et je n'ai pas de quoi la retenir. Je me frotte le visage, force mon esprit à arrêter de penser, force mon cœur à prendre le relais. Ça suffit la réflexion, ça suffit les gestes de ministre. C'est pas comme ça que j'arriverai à quelque chose, c'est pas comme ça que j'ai réussi à quelque chose.

Cette sensation dans mon cœur qui se serre, se brise à l'idée de la perdre pour toujours, me force à me donner cette claque sur la joue alors qu'elle ajoute une nouvelle phrase. Elle est déjà presque partie, presque plus là, et j'enchaîne finalement les pas. Il ne me faut pas longtemps pour la rattraper, et dans un geste bien plus doux que je ne l'aurais imaginé poser ma paume sur son épaule. Sans emprise, juste pour marquer ma présence. Ma voix s'élève enfin, douce, presque dans un murmure, juste pour elle, alors que les distances qui nous séparent sont plus faibles que jamais.

« Nataliya, ne t'en va pas, s'il te plaît... » Ma main glisse le long de sa veste, rejoint la sienne pour l'attraper doucement. Dans un souffle de désespoir, dans cette tristesse qui m'accompagne depuis quelques temps j'ajoute. « Je n'ai pas voulu te blesser... je suis vraiment navré... » Les mots sont plus sincères que jamais, et les gestes que je ne maîtrise plus me font m'approcher d'elle, casser ce qui nous sépare pour me poser derrière elle.

Son odeur enivrant mes narines, et son visage se dessinant enfin plus clairement sous mon regard. J'avance ma seconde main vers sa joue sans être capable de la toucher, et regardant ses lèvres plus que je ne le voudrais, trouvant comme seule réponse pour me rattraper cette honnêteté que je rejette depuis des mois, je continue finalement. « Je ne veux pas que tu t'en ailles. On peut parler d'autre chose, ou même juste bosser si tu veux, je ferai ce que tu veux... » je baisse les yeux, me mords la lèvre, retenant toujours ma main à quelques centimètres de sa joue pour finir par dire en me décidant à ne plus trop penser.

« Vraiment, ce que tu veux. Je ne veux pas te faire du mal, surtout pas à toi. »

C'est étrange, ce sentiment. La blonde dont je ne connais quasiment que le nom, qui perce toutes mes barrières. Que je retiens alors qu'elle pourrait disparaître. Cette importance qu'elle a prise sans même que je m'en rende compte. Incapable de repousser ce sentiment, incapable de laisser fuir celle qui me fait me sentir vivant. Je retire lentement ma main de la sienne, réalisant que j'ai sans doute abusé de ce contact sans lui demander, dans cette douceur qui reste en moi depuis quelques minutes, j'appose une nouvelle distance entre nous. N'assume pas d'avoir laissé parler mon cœur comme j'ai pu le faire, n'assume pas de lui avoir montré tant de faiblesse en moi. D'une voix légèrement cassée, je soupire dans cette souffrance que je m'impose après m'être enivré. « Excuse-moi... »

Excuse-moi de ne pas être assez bien, excuse-moi de ses sentiments que je ne comprends pas. Excuse mes gestes, excuse celui que je suis. Ne m'excuse pas, mais ne t'en va pas. Je ne veux pas passer cette soirée sans toi. J'ai besoin de toi.

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SOUND OF SILENCE
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MessageSujet: Re: I wanna hide the truth | Nataliya.   Jeu 16 Juin - 12:25




Le cœur qui se serre alors qu’elle s’éloigne volontairement de la cause même de son mal être. La poitrine creusée de ce trou béant, une cicatrice qu’on ouvre pour la millième fois. Elle se sent défaillir, perdre pieds dans cet univers qui lui paraît soudainement si sombre et si pâle à la fois. Un environnement complètement vide, qui perd tout son sens puisqu’il n’en fait plus partie. Tout ça à cause de lui. Lui, le ministre. La distance opère brusquement ses fonctions salvatrices. Lui rappelle la raison de sa présence. L’objectif qu’elle s’était fixé. Le pourquoi d’un comment qui retrouve de sa netteté. Comme si après avoir été aveuglée pendant si longtemps, sa vue se réajustait à la luminosité ambiante. Pour lui faire voir tout ce qu’elle avait choisi d’occulter, sans vraiment s’en rendre compte. Sans vraiment le chercher. Sans vraiment le vouloir. Et pourtant, il lui a vendu une perspective à laquelle elle ne s’attendait pas. Et là voilà affaiblie et incapable d’accomplir sa tâche. Son devoir. Puisque c’est bien d’un devoir qu’il s’agit.

Elle s’agite pour occuper son esprit tourmenté. Balayé par des vents contraires auquel elle ne peut résister. Tiraillée entre sa raison et sa douceur. Jamais elle ne s’était sentie si pitoyable. Si pathétique. À quoi bon se donner autant de mal si à la fin elle n’appuie pas sur la détente. À quoi bon jouer à celle qu’elle n’est pas si au final sa nature reprend le dessus sans qu’elle ne puisse la contrôler. Elle peste intérieurement, se trouve ridicule. La blonde rassemble ses affaires le plus vite possible. Elle ne veut pas s’attarder, ne veut pas passer une minute de plus dans cet appartement toxique. Dans cet endroit qui lui ronge l’esprit. Surtout pas avec lui. Elle ne peut pas risquer de croiser son regard, ses pupilles assassines. Pour ne pas retomber dans cet état de faiblesse qui la rend folle. Elle n’aurait pas du s’en approcher aussi près. C’est comme vouloir trop s’approcher du Soleil, on finit par se brûler. Se laisser consumer par sa beauté et ses aspérités. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien.

Elle tressaille quand il parvient à réduire la distance qui les sépare, jusqu’à oser poser une main sur son épaule. Quand il prononce son prénom. Brusquement, elle se redresse, esquive son regard. Entend les mots qu’il prononce maladroitement mais ne les écoute pas. Le temps d’une seconde, elle ferme les paupières, souffle longuement en se plongeant dans un mutisme significatif de son état. Elle se retourne finalement quand leurs deux mains entrent en contact. Celle du ministre, douce et charnue, contre celle de la blonde, fine et amorphe. Elle ne réagit pas. Se laisse guider en déplorant la situation. La voix masculine percute ses tympans, elle secoue la tête. Ne doute pas de sa sincérité. Ne doute pas qu’il soit vraiment navré. Ne doute pas qu’il n’ait pas cherché à la blesser. Et c’est ce qui la ronge le plus. De savoir que celui qu’elle pensait être un monstre puisse en réalité être un homme comme lui. Un homme sincère. Il s’approche un peu plus, réduit encore cette distance factice qui les sépare. Les éloigne. Elle, ne peut que baisser la tête quand les iris se croisent brièvement. Incapable de soutenir le regard du ténébreux plus d’une seconde. Elle perçoit une main proche de son visage, non loin de sa joue. Elle la sent mais c’est un contact lointain, qu’il n’ose pas achever. Grand bien lui fasse. Elle se pince les lèvres, retient la rage qui lui tiraille l’estomac. Aimerait lui hurler au visage tout ce qu’elle contient depuis qu’elle le côtoie. Finit par se raisonner en préférant ne pas gâcher tout ce pour quoi elle s’est battue jusque là.

« - Je sais, oui. J’ai compris » Le timbre autoritaire, les mots lui échappent, presque inconsciemment. Elle s’éloigne. Esquisse quelques pas vers l’arrière, instaure de nouveau cette distance qui lui est devenue complètement nécessaire, bien qu’il retienne toujours sa main en otage. La secrétaire replace une mèche de cheveux derrière son oreille, nerveuse. « - Et c’est bien ça le problème » Un long souffle franchit la barrière de ses lèvres, elle fronce les sourcils. Peine à comprendre ce qui la pousse à agir ainsi. L’emprise qu’il exerce le long de ses doigts fins ne tarde pas à prendre fin, il relâche son bras, la laissant libre de croiser les siens contre son abdomen. Elle secoue la tête alors qu’il s’excuse. S’excuser de quoi exactement ? D’avoir provoqué tout ça ? D’avoir réveillé cette douleur ? Certainement pas d’avoir tué son frère. Et quand bien même il le serait que ça ne changerait rien. Elle espère que ça ne changera rien.

« - Tu comprends pas. T’es pas censé être comme ça. On ne peut pas être amis. C’est pas possible, c’est pas concevable qu’on devienne proches » Elle peine à formuler une phrase compréhensible. Prise entre deux feux, elle ne parvient pas à remettre ses idées en place. Le dos de sa main vient effleurer son front, un geste traduisant son état de demi panique, accompagné d’un nouveau souffle incontrôlé. Elle le fuit du regard. Prend soin de ne pas plonger ses prunelles irisées dans celles du ministre. Ne pas renouveler ce contact visuel qui la détruit. Lui rappelle chaque seconde ce qu’elle s’est promis de faire sans pouvoir aller au bout. « - T’avais raison. J’aurais peut-être pas du devenir ta secrétaire. J’aurais du me tenir éloignée. Me contenter de… » Elle s’interrompt. Avant d’en dire trop. Beaucoup trop. « - J’aurais mieux fait de rester loin de toi. On aurait évité tout ça » Elle ne sait plus quoi faire. Ne pas rester, pour ne pas se faire plus de mal qu’elle ne s’en inflige déjà. Ne pas partir, parce qu’il le lui demande. Ses pas la guident encore un peu plus loin, elle s’approche d’une fenêtre, balaie l’horizon du regard. Avant de s’apercevoir que l’horizon a disparu. Dehors, c’est la débâcle. Les éléments se déchaînent, lui arrachent un soupire de déception. La voilà prisonnière. « - On dirait que finalement je n’ai pas le choix. Je vais devoir rester » Elle soupire, contrariée de se retrouver coincée. Sans liberté de mouvement aucune, l’animal tourne dans sa cage. Piégée, privée de son indépendance, elle exècre cette situation. « - C’est pas la peine de t’excuser, ça ne changera rien » Elle revient sur ses mots. Les regrette un instant avant de replonger ses prunelles félines dans celles du ministre. Et que déjà, tout change. Tout s’efface. Se délétère. « - J’espère que c’est pas une odeur de brûlé que je sens… » La blonde inspire profondément, retrouve un peu de sa légèreté. N’aspire en réalité qu’à oublier ce qu’il vient de se passer. Comme on oublie un mauvais rêve.

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MessageSujet: Re: I wanna hide the truth | Nataliya.   Jeu 28 Juil - 18:25

La douceur de sa peau, si proche, s'éloigne presque brusquement. Trop pour moi, noyé dans mes excuses, de ne pas être celui qu'il faut, de ne jamais l'avoir été. Je déglutis, les yeux toujours baissés, elle comme une ombre à mes côtés. Je resserre ma main, me force à ressentir la douleur, même minime, pour rester dans la réalité, ne pas aller trop loin. Sauver des apparences qui n'existent plus depuis trop longtemps déjà. Mais elle parle, sa voix s'élève, alors que sa main est toujours dans celle qui me reste.

Le seul espoir, le seul contact, le fait qu'elle ne parte pas en fumée. Elle est là, sa main fine dans la mienne pleine de remords. Je remonte doucement mes iris sur sa peau, longe son corps avant de se stopper, elle parle d'un problème. Mon souffle se coupe alors que le sien prend toute la place. J'ai loupé une étape, et je n'arrive pas à comprendre laquelle. Je cherche, brusquement, durement. Je fouille ma mémoire en quête de réponse et ne trouve rien. Je relâche mon emprise, perdu dans ce flou qu'elle a instauré dans mon esprit sans même s'en rendre compte. Des excuses, des excuses vaines, des excuses d'être celui que je suis. Comme si ça pouvait changer quelque chose, comme si ça allait avoir un quelconque impact sur elle.

Elle parle à nouveau, perce le peau de vie qu'il reste en moi. M'éclate en mille morceaux. « ...quoi ? » Le mot est faible, presque inaudible. Mes cordes vocales refusent de coopérer, mon cœur blessé injustifiable se moque ouvertement de moi. Évidemment, qu'elle ne peut pas être proche de moi. Qui le voudrait ? N'importe qui d'un peu sensé dans ce monde, dans cette réalité, ne voudrait pas être proche du Ministre, face du gouvernement, horrible tyran qui autorise les coups bas et macabres à tour de bras. Elle a raison, la blonde, son jugement, le moindre de ses mots. Elle a raison. Ce n'est pas cette pseudo vérité qui émane de nulle part qui efface ce que je suis, ce que je fais.

Et je le sais. Je ne le sais que trop bien.

Un pas en arrière, dans un bruit sourd qui ne résonne qu'en moi. Un pas en arrière, plus loin de toi. De tes cheveux, de ton honnêteté, de ton innocence. Un pas en arrière, pour t'éloigner de moi, de tout ce que je suis et ne suis pas. Un pas en arrière, pour laisser tes mots faire leur chemin, prendre place et tout détruire sur leur passage. Parce que je ne suis pas quelqu'un de bien. Je ne sais pas ce qui a pu me passer par la tête, de croire bêtement que tout pouvait être effacé pour tes jolis yeux. L'égoïsme, encore bien présent, qualificatif même plus assez grand. Pas une seconde je n'ai pensé que je n'étais pas assez bien pour toi, seulement que tu étais trop bien pour moi.

Je fuis, cherche un échappatoire, une manière de casser la situation, revenir à la normale. Mais je me fous de qui au juste ? Il n'y a jamais eu de normalité dans ce monde, encore moins entre nous. Je ne sais pas ce que j'ai imaginé, je ne sais pas ce que j'ai cherché. Tout ce que je vois, c'est que j'ai encore tout foiré. Mais les mots percent le silence pesant, et m'assomment à nouveau de cette vérité que je n'avais surtout pas envie d'entendre. Je me tais, j'écoute. Je passe une main sur ma mâchoire dans un soupir las, et relève les yeux alors que la phrase n'est pas finie. Je me vois à nouveau fixant tes prunelles douces, cherchant ce regard qui me perd depuis le premier jour. En vain. Je ne le perçois pas, ne l'accroche pas. Mais les mots continuent, ils s'échappent de tes lèvres fines et me brûlent.

Je serre les dents, me force à me taire. Je n'ai aucun droit sur toi, sur ce que tu penses. Je n'ai aucun droit de te faire rester alors que tout ce que tu dis ne représente que la vérité. Et tu t'éloignes sans partir. Je laisse mon regard suivre tes mouvements, mon palpitant battant jusque dans mes tempes. J'ai mal au crâne. Je cherche mes mots, je cherche quoi dire. Je cherche la meilleure solution, alors que je la connais sans vouloir l'accepter.

Te laisser partir.

Je m'y refuse comme un idiot entêté, me masse les tempes à la recherche de la solution miracle. Me colle des baffes intérieures pour l'égoïsme dont je fais encore preuve. Mais ta voix s'élève à nouveau, fait taire le vacarme qui a pris place dans mon corps pour ne voir plus que toi. Je m'apprête à parler, sans savoir quoi dire, mais tu coupes mon élan. Tu parles encore et me mets un nouveau coup. « D'accord. » C'est la voix brisée, que le mot sort. Ce n'est pas la peine de m'excuser. Ce n'est sans doute plus la peine de quoi que ce soit. Je me résouds à accepter ta perte, me faire à l'idée que tout ce petit jeu, ce faux semblant de nuage sur lequel je me trouvais n'existera plus demain. N'existe déjà plus. Et puis il y a tes yeux. Tes yeux dans les miens.

Cette lueur qui les anime et mon cœur, cet idiot, qui bat à nouveau. Et je me perds, je me perds dans l'ivresse du moment, l'espoir stupide que les dernières minutes ne sont qu'une mauvaise blague, un cauchemar dont j'ai rêvé éveillé. J'y crois, comme un gamin. Et puis ta bouche s'entre-ouvre à nouveau, je hausse un sourcil. Les mots ne percutent pas sur l'instant. « Quoi ? » C'est plus fort que moi, les phrases à mot unique, ça devient une habitude. C'est tout de même con pour un ministre.

Je tourne les yeux, comme si mon cerveau avait compris avant moi, comme si j'étais encore dans cet entre deux, le cauchemar et ton sourire. Et j'observe la casserole. « Oh merde ! », je me retourne vite vers toi, comme pour ne pas perdre l'instant de calme, et je me rappelle, que non. Tu restes. Et c'est la bouffe qui risque de nous quitter. Mes yeux s'écarquillent alors que tout me percute violemment, comme un accident de voiture en plein dans ma figure. « Oh putain de merde. » Je n'ai jamais été aussi vulgaire, du moins pas face à toi. Mais sur l'instant, ça ne me paraît pas si déplacé que ça, je détale comme un lapin, cours à la cuisine pour rattraper les dégâts. Mes doigts brûlent alors que je sors les plats du four sans gants et les jette sur le comptoir avant de secouer vivement ma main et me retourner vers toi, d'un air réellement désolé et de soupirer avant de me décider à parler.

« C'est pas si catastrophique que ça... t'as eu du flair, pour nous éviter de manger tout cramer. », je marque une pause, observe ma main qui cogne brutalement. Je la cache, un peu honteux de ne pas avoir réfléchi avant d'agir et finalement, j'ajoute. « Merci, Nataliya. » Le prénom qui glisse sur mes lèvres et je me détourne, trop peureux de casser la distance, me retrouver dans le cauchemar d'il y a quelques instants. Je me retourne, attrape les couverts. Un instant, j'observe les verres à vin, leur éclat et me demande si je m'autorise à briser toutes les règles ou non. La bouteille qui était ouverte sur la table est encore là, et elle me verra de toutes façons l'enlever si elle ne l'a pas déjà vue.

Et puis, tout est déjà foutu, et mon rôle de ministre bien loin de l'image qui se trouve en face de toi. « Tu veux un verre de vin ? », je pose les assiettes et me décide à poser un torchon sur ma main qui commence à voir des cloques se dessiner pour ne pas hurler, avant de continuer dans un sourire plus détendu, plus fin. « Promis je ne le répéterai pas. » Je plonge à nouveau mon regard dans le tien, dans un souffle qui fait du bien.

Un simple cauchemar. Ne pas y penser. Profiter de l'instant présent. Profiter de la soirée à tes côtés. L'avenir n'a pas d'importance, il n'en a jamais eu. Et j'observe la table, le plat qui refroidit, j'attrape les assiettes et les dépose sur la table avant d'ajouter dans ce même sourire, cette légèreté qui soulage. « Tu veux bien qu'on passe à table ? Ce serait bête que ça refroidisse. »

La soirée peut rester sur ça, des mots simples, et un incident envolé, oublié. C'est sans doute le mieux, autant pour elle que pour moi. Le temps ne se calme pas, et elle va devoir passer la nuit ici. Il est hors de question qu'elle ne se trouve plus mal à l'aise qu'elle n'a déjà pu l'être. Alors, les yeux à demi-clos, comme un aveu que je n'ai pas réellement envie de faire, je dis simplement. « Je te laisse ma chambre, t'en fais pas, mon canapé est très confortable. Et c'est pas une suggestion. C'est comme ça. T'es pas obligée de rester avec moi après manger. Je vais lire les dossiers et sans doute m'endormir devant. » Je me retiens de m'excuser, ravale mes mots. J'obéis, ne m'excuse plus. Parce que ça ne changera rien.

Et il me restera toujours le souvenir de sa présence avant que le soleil se lève. C'est déjà ça. C'est beaucoup plus que ce que je ne mérite en tous cas.

| Terminé ♥

_________________

SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.
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I wanna hide the truth | Nataliya.

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