AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 stay and play with me ~ pv Enya

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
↳ Nombre de messages : 1023
↳ Points : 1930
↳ Date d'inscription : 29/11/2013
↳ Age : 24
↳ Avatar : Jared Leto
↳ Age du Personnage : 36 ans - 788 ans
↳ Métier : Chef des Services Secrets et de la protection rapprochée du Gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Save me || Te he echado de menos || Ego
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
↳ Multicomptes : Andreï C. Ievseï, Nolan A. Wiggins
↳ Couleur RP : darkcyan



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) texas-flood.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: stay and play with me ~ pv Enya   Lun 28 Mar - 15:54



Les ombres sont devenues des formes, les mouvements ont fini par se découper en silhouettes. Mais si j’appréhende à nouveau mon univers en termes de couleurs et d’espaces, d’angles et de courbes, de distances et de proximités, mes migraines enflent et explosent dans mes tempes comme pour mieux me prendre au piège et me rappeler ma vulnérabilité constante. Je suis loup, je suis prédateur : je m’effondre sous la fatigue et la douleur et depuis quelques semaines ma lenteur affectée dans mes mouvements n’est pas la conséquence d’une maîtrise de moi assimilable à de l’art, mais belle et bien l’effet direct de maux de tête qui n’en finissent plus. Ecrasé sur mon fauteuil j’en viens même à respirer difficilement, mes index massant mes tempes sans que ça n’ait le moindre effet. Mes verres teintés apaisent légèrement, m’épuisent, me rendent volontairement aveugle pour que la lumière à laquelle j’étais déjà sensible avant ne m’épuise pas davantage. C’est peut être pour ça que ma patience s’effrite de plus en plus, que mon irascibilité bat au rythme des battements de mes veines qui gonflement ma jugulaire. Des mois que je suis aveugle, des mois qui me paraissent d’une douceur infinie comparés à ces jours passés depuis que les premières formes ont éclos dans mon champ de vision. Je ferme les yeux, tâtonne d’une main devenue experte à la recherche de la bouteille d’eau qui siège constamment sur mon bureau, à ma portée. Une gorgée m’éclaircit l’esprit. Une deuxième, je me laisse aller à m’adosser à mon siège, loin de ce port droit et altier qui est le mieux d’ordinaire. Une troisième, j’effleure le dossier posé sur mon bureau. Je m’apprête à m’intéresser à nouveau aux rapports hebdomadaires que je reçois de tous les départements que j’ai sous mes ordres lorsqu’une sonnerie stridente vrille mes tympans aussi violemment que mes migraines, n’aidant en rien. Mon ton est sec lorsque je décroche. Acide lorsque je réponds à ce secrétaire qui ne va pas faire long feu lui non plus. Je m’adoucis pourtant sans attendre lorsqu’il me confirme l’arrivée imminente des informations que j’ai demandées il y a maintenant une poignée de jours. Je me lève, ma main vient lisser ma veste de costume, ajuster ma cravate, réceptionner le dossier que l’on me confie dès que je franchis la porte de mon bureau. D’un pas sûr, je me fis aux sons et à ma mémoire pour me repérer dans cet étage intégralement consacré à mes départements. Dans des murmures audibles et clairement articulés, on me résume le contenu du document. « Enya Rivers, monsieur. Etudiante en médecine, exerce à l’Adventist Hospital. Inoffensive, pas très intéressante. Son dossier fait état de consultation chez le psychiatre que vous nous avez demandé de surveiller. Relation relativement certaine mais difficilement définissable. Amie avec l’ergothérapeute que vous avez placé en liste prioritaire d’alerte aussi. » Je reste impassible, l’invitant par mon silence à poursuivre son compte-rendu. Ses mains parcourent en vitesse le document dans son intégralité. L’avantage qu’il y a à soi même recruter tous les hommes de son service, c’est que l’on sait très exactement à quoi s’attendre et je sais qu’il me fera un résumé clair et concis de ce que j’ai à savoir dans l’immédiat. Il reprend d’ailleurs sans plus tarder à l’instant même où nous nous plaçons dans l’ascenseur qui nous mènera au rez-de-chaussée. « Plus de famille connue, frère décédé, mère et père décédés eux aussi. » J’écoute sans le regarder, enregistrant les informations, les soupesant, les classant selon leur intérêt et surtout leur impact sur la suite. « Et vis-à-vis de l’ergothérapeute, Forester ? » L’emploi du nom de famille de Violet n’a pour but que de me laisser impassible, glacial, indifférent à cette jeune femme que j’évite soigneusement sans parvenir à la chasser de mon inconscient. « Amitié, monsieur. Elles sont… » « Bien, merci. Vous pouvez disposer. » Ma patience s’est subitement volatilisée. Amitié. Violet a donc des amis. Le loup grogne dans un élan de possessivité, je me crispe, ma voix claque. J’ajuste mes lunettes de soleil, m’efforce de me détendre.

Il est étrange de voir qu’au final, toutes mes recherches d’information et de points de pression se cristallisent en une seule personne, aussi faible, insipide, aussi ordinaire que cette interne. Le mépris colle à ma peau, associé à un soupçon de compassion pour la petite créature dont il est question. Rivers, donc. Qui a le malheur d’être rattachée aussi bien à l’un de ceux que je désire voir brûler et souffrir des heures durant qu’à Violet. J’entends mon subordonné se plonger dans une lecture plus attentive des documents le temps que les portes de l’ascenseur s’ouvrent sur le hall d’entrée, le bruit, les va-et-vient et la circulation me décontenance une fraction de seconde, le temps que sa main se pose sur mon épaule et qu’il m’indique d’un seul mouvement la direction adéquate. Je trie les sons, les yeux fermés, lunettes opaques pour filtrer la lumière qui m’irrite les rétines. Une inspiration.

Une vingtaine de minutes, posées en toute confiance entre les mains de Duncan et de mes hommes, et nous voilà l’hôpital, passés par la petite porte et dans la discrétion que j’ai exigée. J’envoie un homme convoquer la jeune femme, m’entretenant à mi-voix avec Duncan pour lui faire un topo de la situation. Je veux parler seul avec la jeune femme. Sans être dérangé. Sans être remarqué outre mesure, aussi : il serait bien regrettable que Noah ou Violet apprennent dès à présent que non content de les mettre sous surveillance, je me renseigne de surcroit sur leurs fréquentations. On m’amène dans une aile peu usitée du bâtiment, on me guide vers une chaise, une table, j’inscris la disposition de la salle dans ma mémoire comme Violet me l’a si souvent conseillé. Et finalement, la porte s’ouvre. Je prends une inspiration pour poser ma respiration, dénouer mes muscles. Il me faut simplement considérer cela comme un simple entretien venant apaiser ma curiosité et mes inquiétudes. Une voix sèche sans l’être trop, rigidifiée par mon port altier que je ne force pas. Pas d’agressivité, juste l’attitude du politicien que je suis. Politicien d’un autre âge, homme grave, au sérieux renforcé par un charisme glacé. Je ne cherche pas à l’effrayer, je suis juste incapable d’être doux, chaleureux ou quoique ce soit que puisse être Violet en comparaison. « Rivers, c’est cela ? Pardonnez la convocation quelque peu inattendue, j’espère qu’Andrew ne vous a pas trop brusquée. » Un petit sourire naît sur mes lèvres, comme pour m’excuser, moi, de la rudesse que pourrait avoir eu mon subordonné. « J’essayerai d’être bref afin de ne pas vous retenir plus longtemps que nécessaire, d’autant plus que vous n’êtes pas la seule à être convoquée de la sorte. Voyez-vous… on m’a rapporté la présence de médecins aux pratiques douteuses et nous cherchons à connaître les ressentis du personnel afin de débusquer certains membres… d’une secte par exemple. » C'est un mensonge, bien évidemment: elle est la seule que je compte voir pour le moment. Mais rien sur mon visage ne le laisse paraître. Ton mesuré, question qui me tient à cœur. Mon grand-père m’a bien formé. Il m’a poli, sous la douleur, les sentences et autres maximes, m’a forgé à son image en exacerbant ma patience qui lui a toujours fait défaut.


_________________
big bad wolf
« Wolf father, at the door, You don't smile anymore
You're a drifter, shapeshifter, Let me see you run,
hey ya hey ya »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1062-rafael-a-morienv

Féminin
↳ Nombre de messages : 745
↳ Points : 729
↳ Date d'inscription : 27/04/2015
↳ Age : 22
↳ Avatar : Ellen Page
↳ Age du Personnage : 25 ans
↳ Métier : Interne en médecine aux urgences, animatrice d'une radio pirate
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Playlist : Ellie Goulding - Anything Could Happen
Damien Rice - Prague
Avril Lavigne - Take me Away
Nirvana - Litihum
Skunk Anansie - Hedonism
Damien Rice - The Box
AaRON - Blouson Noir

↳ Citation : L'échec est une formidable force de vie
↳ Multicomptes : Shae Thackery & Duncan Idaho
↳ Couleur RP : #99ccff



Feuille de perso
↳ Copyright:
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: stay and play with me ~ pv Enya   Jeu 21 Avr - 23:13

« Enya ? On te demande en salle de pause. »
Je lance un regard étonné à Grant, hausse les épaules et lui adresse un sourire.
« OK, j’arrive, je finis de changer le pansement de Madame Austin »
Grant s’en va et je me tourne de nouveau vers ma patiente. Qui peut bien me demander en salle de pause comme ça ? Sûrement pas Noah, ce n’est pas son genre de débarquer à l’improviste à l’hôpital. On sépare bien ma vie professionnelle de notre relation. Timothée ? Il a pu se blesser en courant de toit en toit, cet idiot. Vaas a peut-être un souci. Dans le doute, je termine mon pansement rapidement mais efficacement, me lave les mains et rejoins la salle de pause d’une marche rapide. L’homme qui m’y attend m’est complètement inconnu et il porte un costume beaucoup trop beau pour être honnête. D’un air méfiant, je m’approche de lui et me présente. Mais de toute évidence, il sait à quoi je ressemble. Visiblement, je suis convoquée pour une série de questions. Lorsqu’il me donne le nom de la personne qui me convoque, mon sang se glace. Rafael Morienval. J’ai déjà entendu ce nom, et il ne présage rien de bon. Ca y est, je suis finie. Il a découvert la radio, où que j’ai aidé Ezra, ou quoi que ce soit qui puisse m’envoyer au Colosseum. Je reste silencieuse alors que je suis Andrew, qui semble aussi aimable qu’un raton laveur enragé. Puis nous arrivons dans une salle de consultation quasiment inutilisée, où se tient un homme. Morienval, de toute évidence. Je fais l’effort de me tenir droite et de calmer ma respiration. Je dois rester calme.

« Rivers, c’est cela ? Pardonnez la convocation quelque peu inattendue, j’espère qu’Andrew ne vous a pas trop brusquée. »
« Aucun souci. », répondis-je avec un sourire. Je n’avais pas franchement envie d’être sympathique avec cet homme. Ce qui se disait sur lui n’attirait absolument pas la sympathie. On le dépeignant comme un homme cruel, insensible, qui enquêtait sur les gens et les faisait arrêter dès qu’ils devenaient dérangeants. Le genre d’homme que j’essayais de combattre avec mes mots, la seule arme que j’avais. Mais maintenant que j’étais devant lui, je me sentais désarmée, et toute petite, insignifiante. Il dégageait une aura charismatique, dangereuse mais aussi de celles qui attiraient la curiosité et le respect, indéniablement. Pas étonnant qu’il soit aussi haut dans le Gouvernement. Je n’osais pas m’asseoir, restais debout. Si je m’asseyais, je n’aurais peut-être pas le courage de me relever. Et puis, s’asseoir, c’était être en position de faiblesse.
« on m’a rapporté la présence de médecins aux pratiques douteuses et nous cherchons à connaître les ressentis du personnel afin de débusquer certains membres… d’une secte par exemple. »
Je sentis mon souffle se couper et mes yeux s’agrandir. Je ne m’attendais pas à cette question. J’étais hébétée. Des membres de la Secte, ici ? Des médecins qui auraient propagé la Peste qui tuait tous ces patients ? L’idée ne m’était jamais venue à l’esprit. C’était impossible. Les médecins voyaient tous les jours les ravages de la Peste. Ils ne pouvait pas cautionner ça. Mais si….aurais-je manqué quelque chose ? De surprise, je finis par m’asseoir tout de même.
« Vous pensez qu’il y a des médecins dans la Secte ?"
Je me tus, réfléchissant à toute vitesse. Je ne voyais pas qui pouvait être impliqué. Nous avions des médecins qui développaient un certain syndrome de Dieu, mais pas au point de propager une maladie incurable.

Je reportai mon attention sur Morienval au bout de quelques secondes, méfiante.
« Est-ce que je suis accusée de quelque chose, monsieur ? Suis-je réellement une interne convoquée parmi d’autres ? »
Je croisai les bras devant moi. Je ne lui faisais pas confiance. Je ne le croyais pas. Il était un pion du gouvernement.  Un de leurs meilleurs pions d’ailleurs. Et moi, je n’étais qu’une interne. D’ailleurs, pourquoi venait-il ici, au milieu de l’hôpital ? Pourquoi n’avais-je pas été convoquée au bâtiment gouvernemental ? Il y avait quelque chose dans mes tripes qui me criait que quelque chose clochait dans cette histoire.
« Ecoutez, monsieur Morienval. Si je dois répondre d’une telle accusation, j’aimerais autant un peu d’honnêteté. Et sachez que je n’ai rien à voir avec cette Secte, d’ailleurs. J’aime mes patients, je ne leur ferais jamais ça. J’ai un dossier propre. Et je n’aime pas beaucoup les manigances. »
Je savais que je ne devrais pas lui parler comme ça. Je savais qu’avec ce genre de personne, il fallait être diplomate, montrer patte blanche, faire son plus beau sourire et jouer l’ingénue. Mais je ne pouvais pas accepter ce comportement. M’attirer dans une salle pour me passer un interrogatoire, c’était illégal, c’était irrespectueux, et je détestais l’aura qui se dégageait de cet homme. Je détestais me sentir en danger.

_________________


I don't wanna beg you pardon
I don't wanna ask you why
But if I was to go my own way
Would I have to pass you by?


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2422-enya-i-don-t-rea En ligne

« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
↳ Nombre de messages : 1023
↳ Points : 1930
↳ Date d'inscription : 29/11/2013
↳ Age : 24
↳ Avatar : Jared Leto
↳ Age du Personnage : 36 ans - 788 ans
↳ Métier : Chef des Services Secrets et de la protection rapprochée du Gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Save me || Te he echado de menos || Ego
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
↳ Multicomptes : Andreï C. Ievseï, Nolan A. Wiggins
↳ Couleur RP : darkcyan



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) texas-flood.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: stay and play with me ~ pv Enya   Dim 24 Avr - 19:53



Cette femme a le malheur d’être un carrefour. Le croisement entre plusieurs données, le point de contact entre plusieurs univers. Ce n’est clairement pas de sa faute mais… mais elle va forcément en subir les conséquences à un moment ou à un autre. Tout dépendra de son attitude, tout dépendra de ses réponses. Et de ma patience. Mes doigts sont posés sur le dossier de la chaise, rythment une pavane des temps anciens, ma respiration s’apaise. Tranquille. Si ma migraine pulse encore à mes tempes, mes pensées sont bien trop maîtrisées et orientées sur un seul sujet pour que cela n’empiète sur ma concentration. Dans le silence troublé par ma seule respiration, j’entends des pas, des éclats de voix. La porte s’ouvrir et des respirations se mêler à la mienne. D’une écoute attentive, je la situe à défaut de la voir, je la sens se calmer, comme intimidée ou tendue en ma présence. Ce qu’il y a de plus normal. Une poignée de secondes, voilà le silence que je laisse s’étendre entre nous avant que ma voix sèche sans être totalement hostile se pose entre nous et place correctement la situation et surtout la raison de notre présence dans cette aile de l’hôpital. « Aucun souci. » Je retiens sans le montrer un claquement de langue réprobateur. La voix de mon grand-père tonne à ma mémoire, toujours aussi présente malgré les siècles. Toujours aussi insistante. Ecrase-la, me hurle-t-il. Impose toi, écrase la, qu’elle s’excuse de vivre et te supplie de l’épargner. Je réajuste ma cravate, tire sur les manches de ma veste avant de m’adosser au mur le plus proche dans une nonchalance affectée. Naturelle. Puisqu’il n’y a aucun souci, continuons. Un sourire posé sur mes lèvres, l’expose en quelques mots la situation, semi-factice, composée pour provoquer cette rencontre. J’avance à pas prudent, établissant mes mensonges sur des vérités, entremêlant le tout dans une toile finement dessinée. Ma voix articule sans y penser, mes oreilles quant à elles, ne s’intéressent qu’à la respiration de la jeune femme. Respiration qui se coupe, une fraction de seconde, attisant mon intérêt pour cette conversation. Rivers est un carrefour, le point névralgique, le point de jonction entre Violet et Noah, mais elle est de toute évidence bien plus que cela. La chaise racle, mon visage reste de marbre, mes traits avortant un sourire avant même qu’il ne puisse songer à naître sur mes lèvres. « Vous pensez qu’il y a des médecins dans la Secte ? » Je ne prends même pas la peine de répondre à cette question proprement stupide.

Je ne pense rien, j’établis des hypothèses. J’envisage toutes les possibilités. Et qui de mieux qu’un médecin, vecteur de vie autant que de mort, pour contaminer des êtres sains et les relâcher en liberté dans la population ? Je me contente donc de soupirer, peu enclin à me montrer pédagogue actuellement. Je préfère laisser le silence faire son travail, l’interne réfléchir et poser à son tour des hypothèses quant à ce que je veux lui dire. « Est-ce que je suis accusée de quelque chose, monsieur ? Suis-je réellement une interne convoquée parmi d’autres ? » Un froissement de tissu, il est évident à mes sens qu’elle est mal à l’aise. Bras croisés, vraisemblablement. Qu’elle continue donc de parler, je suis très attentif à ce qu’elle peut me dire. Mon intérêt est titillé parce qu’elle dit. Elle a toute mon attention, bien plus que ce qu’elle pourrait croire, d’ailleurs. « Ecoutez, monsieur Morienval. » « Je vous écoute très attentivement. » Ma voix est glacée, atone. J’articule, je détache les syllabes avec un calme que je sais être angoissant. Si je dois répondre d’une telle accusation, j’aimerais autant un peu d’honnêteté. Et sachez que je n’ai rien à voir avec cette Secte, d’ailleurs. J’aime mes patients, je ne leur ferais jamais ça. J’ai un dossier propre. Et je n’aime pas beaucoup les manigances. » Mon impassibilité s’affirme, je refuse de lui concéder la moindre crispation, le moindre tic pouvant retranscrire l’agacement qu’elle fait naître par sa seule impertinence.

Une seconde. Deux. Je laisse le silence reprendre place entre nous avec la patience de loup qui prépare son attaque. Je décortique ses mots, j’analyse ses non-dits, je palpe avec précaution la moindre syllabe de ses déclarations pour en percevoir tous les points faibles que j’ai déjà trouvés. Une évidence. Et lorsque je me décide à parler, c’est avec une acidité que je garde sous contrôle, présente dans l’unique but de faire comprendre à cet insecte qu’il n’est pas de bon ton d’exiger de moi quoique ce soit. Mes poings s’écrasent sur la table, sans violence, pour mieux la surplomber. « Vous n’aimez pas les manigances, Rivers ? Voilà un point sur lequel nous nous comprenons. » Je persifle, avec tous les menaces que je peux faire suinter en quelques mots. « Comprenez bien une chose : je vous déconseille fortement de vous croire d’une importance quelconque. Et je vous conseille aussi de ne jamais vous revêtir de la moindre importance à mes yeux, sans quoi j’aurais très certainement le regret de vous conduire devant la justice. Les seules personnes qui sortiront du lot des médecins de cet hôpital seront ceux dont je pourrais prouver l’appartenance à la Secte grâce à votre témoignage. Et j'espère fortement, dans votre intérêt, que vous n'en ferez pas partie. » Acide, je tiens à mettre les choses au clair. Je me détache de la table, décrispant mes points dans des gestes contrôlés. « C’est à vous de m’écouter à présent. Si j’avais voulu vous accuser de quoique ce soit, ce n’est pas dans une aile désaffectée de ce bâtiment que je vous aurais fait convoquer, c’est dans un endroit un peu plus lugubre et insalubre et votre position serait bien moins confortable qu’actuellement. Donc cessez de vous prendre pour une victime sans quoi je risque de penser que vous avez effectivement quelque chose à vous reprocher. » Son nom est gravé dans ma mémoire, la défense paniquée qu’elle vient de brandir est notée dans mon esprit. Elle a de la chance, la petite Rivers, que mon enquête ne soit aujourd’hui pas prioritaire sans quoi… et bien sans quoi, elle aurait rapidement eu raison de se sentir acculée. J’inspire lentement, marquant clairement un changement de ton dans notre discussion.

Et ma voix, justement, joue le jeu en tentant de s’adoucir. Légèrement. « Rivers, comme je vous l’ai dit, et je pensais avoir été clair, la seule chose qui m’intéresse présentement, ce sont vos ressentis quant à vos pairs. En interrogeant les membres du personnel dont on peut douter le moins J’insiste très légèrement sur le terme, comme pour pointer du doigt la paranoïa culpabilisante de la jeune femme, … et en croisant leurs témoignages, nous pourrons non seulement détecter potentiellement des comportements suspects mais aussi réduire nos recherches ou du moins, les affiner et les compléter. Comportez vous donc en alliée et non en petite proie acculée, cela nous rendra service à tous les deux. » Je ne baisse pas un seul instant les yeux, quand bien même ma cécité et mes verres opaques ne me permettent pas de voir, lorsque mes doigts ouvrent le dossier intégralement écrit en braille et en parcourent les premières lignes pour donner l’illusion que je le lis. Mes doigts s’arrêtent sur un nom. Et un prénom. « Tenez, je lis là que vous êtes relativement proches d’une certaine… Forester. Violet. Ergothérapeute. Que pouvez-vous me dire à son propos. » Un soupçon d’émotion a failli percer ma carapace lorsque je n’ai pu m’empêcher de prononcer son prénom, qui se superpose de plus en plus, dans mes pensées, à celui d’Azzura.


_________________
big bad wolf
« Wolf father, at the door, You don't smile anymore
You're a drifter, shapeshifter, Let me see you run,
hey ya hey ya »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1062-rafael-a-morienv

Féminin
↳ Nombre de messages : 745
↳ Points : 729
↳ Date d'inscription : 27/04/2015
↳ Age : 22
↳ Avatar : Ellen Page
↳ Age du Personnage : 25 ans
↳ Métier : Interne en médecine aux urgences, animatrice d'une radio pirate
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Playlist : Ellie Goulding - Anything Could Happen
Damien Rice - Prague
Avril Lavigne - Take me Away
Nirvana - Litihum
Skunk Anansie - Hedonism
Damien Rice - The Box
AaRON - Blouson Noir

↳ Citation : L'échec est une formidable force de vie
↳ Multicomptes : Shae Thackery & Duncan Idaho
↳ Couleur RP : #99ccff



Feuille de perso
↳ Copyright:
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: stay and play with me ~ pv Enya   Mar 17 Mai - 22:04

J’aurais dû me taire. Je n’aurais jamais dû ouvrir ma grande bouche et jouer les rebelles devant un homme tel que Morienval. Mais je m’en rend compte  trop tard, alors que ses yeux me percent et me glacent le sang, alors qu’un silence de mort s’installe et m’effraie, alors que ses poings s’abattent sur la table en douceur, encore plus porteurs de venin que s’ils s’y étaient écrasés avec force. Je comprends mon erreur mais je n’ai aucun moyen de la réparer. Alors je l’écoute cracher son venin à mon encontre, calme comme s’il me lisait le bottin, d’un calme qui me file la chair de poule un peu plus à chaque phrase. Non, je n’ai pas d’importance. Et je préfère ne pas en avoir. Je comprends, avec horreur, que si jamais cet homme décide de me faire rayer de la carte, il en a le pouvoir. J’ai été confrontée aux horreurs et à la puissance destructrice du gouvernement. Mais cet homme-là les canalise, il canalise tout ce que le gouvernement peut faire à un être humain, l’absence de pitié et de scrupule, la détermination sans faille prête à écraser tout obstacle. Et moi, je suis là, à attirer l’attention sur moi, à me placer comme une grande en tant qu’obstacle sur sa route. Idiote. Je m’enfonce dans ma chaise, espérant par quelque miracle extraordinaire me rendre invisible et pouvoir m’enfuir loin d’ici, loin de cet homme et de tout le mauvais qu’il dégage. Mais je reste là, et il parle, et parle encore, tellement que je crois qu’il ne s’arrêtera jamais. Alors quand il se tait enfin et reprend son calepin, je me rends compte que j’ai cessé de respirer depuis qu’il a pris la parole, et j’inspire un grand coup. Bien, je suppose qu’il serait judicieux de la jouer plus finement, Enya. Evitons de se retrouver au Colosseum, veux-tu ?

« Tenez, je lis là que vous êtes relativement proches d’une certaine… Forester. Violet. Ergothérapeute. Que pouvez-vous me dire à son propos. »
Violet ? Mon cœur prend un nouveau coup. Relativement proche. De toute évidence, il a déjà mené son enquête sur moi et sur les gens que je fréquente. Et s’il l’a fait pour les gens que je fréquente à l’intérieur de l’hôpital, il pourrait très bien l’avoir fait pour ceux que je fréquente en dehors. Je me sens tout à coup vide. J’ai perdu d’avance. Quoiqu’il puisse en dire, je suis déjà au centre de l’attention. Je pense à Noah, Timothée, Ellie, Vaas, Roman, tous les gens que je chéris. Même cet idiot d’Ezra traverse mon esprit. Tous les gens auxquels je tiens. Suis-je menacée ? Sont-ils menacés ? Je déglutis péniblement.
« C’est une bonne professionnelle. La meilleure ergothérapeute que l’on ait, à mon sens. Elle aurait fait un super médecin.»
Oui, d’accord, mais ce n’est probablement pas ce genre d’informations qu’il veut entendre. Donc il va falloir en dire un peu plus. Je réfléchis à toute vitesse. Pourrait-elle être un membre de la Secte ? Pourrait-elle cacher une personne machiavélique derrière son sourire d’ange ? Je secoue la tête. Pas Violet.
« On ne se connait pas très bien, je veux dire, pas depuis très longtemps. Mais c’est la personne la plus gentille que je connaisse. Elle ne peut pas être dangereuse. Ce n’est pas possible. Ou alors c’est la meilleure menteuse que j’aie jamais connue. Mais, je veux dire, non. Elle tient à ses patients, elle fait attention à tout le monde. Elle ne ferait pas de mal à une mouche. »
Pas comme toi, tu vois le tableau, Morienval ? Elle n’est pas comme toi. Elle est plus gentille que toi et moi réunie. Elle est plus gentille que toute la Nouvelle Orléans, à elle toute seule. Elle a plus de bonté dans son cœur que n’importe qui. Tu fais complètement fausse route, alors laisse-la tranquille. Laisse-les tranquilles, tous. Laisse-moi tranquille. Va mener ton enquête sans moi. Je ne cracherai pas sur quelqu’un que j’aime. Je ne te dirai pas ce que tu veux entendre.

« Mais peut-être qu’elle pourrait vous aider, du coup. Elle est toujours prête à aider. Vous l’avez questionnée déjà, peut-être ? Enfin, peu importe, excusez-moi. Avec tout mon respect, monsieur, elle n’est pas médecin. Je croyais que vous cherchiez des médecins. Parce que si on étend le périmètre, monsieur, je connais quelques membres du personnel soignant avec un sérieux syndrôme de Dieu. »
Oh oui, je suis prête à dénoncer. Du moment que cela évacue l’attention sur ceux auxquels je tiens, je suis prête à dénoncer ceux qui se disent soignants mais qui n’en ont pas l’âme. Des gens qu’il aurait fallu virer depuis longtemps mais que l’on garde faute de personnel. Des gens que j’ai déjà vu quasiment tuer des patients. Eux, ça ne m’étonnerait pas qu’ils soient dans un truc horrible comme la Secte. Mais pas mes proches. Eux, d’ailleurs, qu’ils y soient ou non, je m’en fiche pas mal.

_________________


I don't wanna beg you pardon
I don't wanna ask you why
But if I was to go my own way
Would I have to pass you by?


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2422-enya-i-don-t-rea En ligne

« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
↳ Nombre de messages : 1023
↳ Points : 1930
↳ Date d'inscription : 29/11/2013
↳ Age : 24
↳ Avatar : Jared Leto
↳ Age du Personnage : 36 ans - 788 ans
↳ Métier : Chef des Services Secrets et de la protection rapprochée du Gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Save me || Te he echado de menos || Ego
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
↳ Multicomptes : Andreï C. Ievseï, Nolan A. Wiggins
↳ Couleur RP : darkcyan



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) texas-flood.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: stay and play with me ~ pv Enya   Lun 30 Mai - 22:14



Il y a une certaine violence dans mon attitude, dans ces mouvements mesurés, millimétrés que je lui offre, dans ce ton et cette voix aussi contrôlés l’un que l’autre, dans le choix de mes mots, dans le choix de mes poings appuyés sur la table et ce visage impassible que je lui offre. Qu’elle comprenne, qu’elle comprenne donc à quel point je hais l’insubordination, l’insolence, la prétention et la provocation. Qu’elle comprenne donc dans quelle situation elle se trouve et le pouvoir que je peux déployer en un claquement de doigt. Qu’elle comprenne qu’à défaut de pouvoir vouloir être mon alliée, elle doit transpirer à la seule idée que je sois son ennemi, qu’elle doit craindre plus que tout de me décevoir, de me mécontenter, de m’agacer. Qu’elle comprenne, cette petite interne que le moindre de ses faux pas sera soldé non pas par une simple chute mais par une dégringolade dans un précipice au fond duquel ne l’attendra qu’une dislocation violente de son petit corps sur des falaises coupantes de mon agacement. Ce n’est pas à elle de donner des ordres, ce n’est pas à elle de remettre en question ce que je lui fais la gentillesse de lui expliquer, ce n’est même pas à elle de poser des hypothèses et de réfléchir. Elle, elle n’a qu’à obéir. Simplement obéir. Baisser la tête, baisser la voix, ployer le genou mais surtout obéir. Et si elle n’aime pas les manigances, voilà qui est bien dommage mais cela ne m’intéresse en rien, je ne suis pas là pour ménager sa sensibilité et encore moins pour m’en faire une amie. Qu’elle tremble, à la seule idée que je m’intéresse à elle d’une autre manière. Qu’elle angoisse à la seule crainte qu’elle ait le malheur de se revêtir davantage d’une quelconque importance à mes yeux. Qu’elle ne puisse plus trouver le sommeil à la seule pensée que j’enquête à son sujet. Même s’il est déjà trop tard pour elle, son empressement, sa défense paniquée injustifiée ont tous deux titillé mon intérêt et son nom est gravé dans ma mémoire, exacerbée par ma cécité. Le silence revient lorsque j’accepte de me taire et d’achever mes menaces voilées dans des conseils, parées de douceur acide et de violence domptée. J’en reviens aux faits, surtout, à la raison de ma venue, aux raisons officielles autant qu’aux officieuses, pour mieux me reconcentrer sur ce que je veux lui extorquer. Et la respiration qui siffle à mes oreilles comme une grande inspiration suffit à me faire comprendre qu’elle est enfin réceptive à mes questions et qu’elle s’y pliera avec une certaine diligence. Bien. Mes doigts effleurent une page de braille, déchiffrent avec difficulté des lignes que je connais par cœur. Un nom, un tressaillement. Un prénom, une curiosité. Mes oreilles captent ses battements, le rythme de son cœur dans sa cage thoracique. Irréguliers. Accélérés. Sa déglutition pénible est tout aussi sonore que le reste. Un pas en arrière, je m’adosse au mur le plus proche, croisant les bras sur ma poitrine pour mieux lui faire comprendre que j’attends sa réponse. « C’est une bonne professionnelle. La meilleure ergothérapeute que l’on ait, à mon sens. Elle aurait fait un super médecin.»

Aussitôt, c’est un petit sourire de fierté qui effleure mes lèvres, comme un réflexe inconscient que je bâillonne bien trop tard. Un petit sourire qui n’a pas lieu d’être, un petit sourire auquel je ne m’attendais pas. Si Forester est la meilleure dans sa discipline ? Je n’en ai strictement aucun doute, cela m’a toujours semblé évident. Ou du moins, cela a commencé à me sembler évident à partir du moment où elle a su abattre mes défenses pour me forcer à l’écouter et, pire, à tenir compte de ses conseils plutôt pertinents. Mon sourire ne flotte qu’un instant sur mes lèvres devant la confirmation de ce dont j’étais déjà sûr, mais c’est suffisant pour calmer l’animal, calmer mon agacement. Et me rendre, à mon tour, plus attentif à ce que Rivers a à m’apprendre sans que mon envie de la plaquer contre un mur pour étranger sa petite gorge en réponse à son insubordination et à ses cachotteries ne prédomine le reste. « On ne se connait pas très bien, je veux dire, pas depuis très longtemps. Mais c’est la personne la plus gentille que je connaisse. Elle ne peut pas être dangereuse. Ce n’est pas possible. Ou alors c’est la meilleure menteuse que j’aie jamais connue. Mais, je veux dire, non. Elle tient à ses patients, elle fait attention à tout le monde. Elle ne ferait pas de mal à une mouche. » Meilleure menteuse. Je serre les dents, reste silencieux, tranquille. Je sais, intimement, que Forester ne ment pas. Qu’elle ne joue pas. Et c’est ça, justement, ça qui titille mon attention, c’est ça qui la rend si intrigante, c’est ça qui la rend si attirante, c’est ça qui… je reste muet, attentif. Je reste silencieux, je reste impassible, quand bien même la curiosité m’implore de poser davantage de questions, d’extirper de cette interne dont je n’ai rien à faire la moindre information sur Violet pour la connaître un peu mieux, la comprendre un peu, savoir comment elle fait pour rester en vie, pour rester aussi candide, pour rester aussi innocente dans ce monde gangrené. Je reste silencieux, attendant qu’elle poursuive, attendant qu’elle continue de me donner les informations que je cherche sans que je n’aie à les lui demander. « Mais peut-être qu’elle pourrait vous aider, du coup. Elle est toujours prête à aider. Vous l’avez questionnée déjà, peut-être ? Enfin, peu importe, excusez-moi. Avec tout mon respect, monsieur,… » Un petit rictus se dessine sur mes lèvres. Excusez moi, avec tout mon respect, ça n’est certainement que de la poudre aux yeux mais je savoure non sans délectation l’effet évident que j’ai eu sur elle un peu plus tôt. « … elle n’est pas médecin. Je croyais que vous cherchiez des médecins. Parce que si on étend le périmètre, monsieur, je connais quelques membres du personnel soignant avec un sérieux syndrome de Dieu. » J’arque un sourcil, cette simple révélation réussissant de justesse à éloigner mes pensées de Forester.

« Tiens donc… » Je suis intéressé. C’est évident. Lentement, je décolle le dos du mur en décroisant les bras, le temps de tâtonner à la recherche de la chaise mise à ma disposition pour mieux m’y installer. « Pour moi, toute personne travaillant dans cet hôpital au contact des personnes requérants des soins est un médecin, quelque soit ses qualifications, quelque soit sa formation. Il suffit de se soucier, ou de simuler du moins, de la santé des patients pour qu’à m… » Qu’à mes yeux ? Epargnons lui la tentation de penser à défaut d’oser prononcer, une remarque sarcastique. « … mon entendement, l’individu devienne pleinement un professionnel du domaine. Aussi, si cela n’était pas clair juste que là : vous êtes médecin, Rivers. Et Violet… » Le prénom vient en premier, fluide, naturel, je force à sa suite le nom de famille. « Forester est un médecin aussi. Compétent,… » Plus que compétent. « Si j’en crois vos propos. Donc n’ayez aucune hésitation à me donner tous les noms qui vous sembleront correspondre à ma demande. Qu’ils soient chirurgiens, urgentistes, pharmaciens ou encore… psychologue ? » Noah. Le deuxième centre d’intérêt qui gravite étrangement autour de cette jeune femme à la langue bien pendue mais à l’instinct de survie suffisamment vivace lui aussi pour qu’elle apprenne vite quelle attitude tenir face à moi. « N’ayez crainte, votre identité ne sera en aucun cas corrélée à celles des personnes que nous arrêterons par votre biais. » Un silence, le temps d’une respiration. « Pensez vous que questionner Forester serait… d’une grande aide ? Prête à aider, si je comprends bien, mais aurait-elle, à votre image, le cran de dénoncer et d’avoir potentiellement le… jugement brutal de certain sur la conscience ? » Dites moi, Rivers, dites moi en plus sur Violet, confirmez moi ce que je sais. Répondez donc à mes questions et même à celles que je ne pose pas.


_________________
big bad wolf
« Wolf father, at the door, You don't smile anymore
You're a drifter, shapeshifter, Let me see you run,
hey ya hey ya »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1062-rafael-a-morienv

Féminin
↳ Nombre de messages : 745
↳ Points : 729
↳ Date d'inscription : 27/04/2015
↳ Age : 22
↳ Avatar : Ellen Page
↳ Age du Personnage : 25 ans
↳ Métier : Interne en médecine aux urgences, animatrice d'une radio pirate
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Playlist : Ellie Goulding - Anything Could Happen
Damien Rice - Prague
Avril Lavigne - Take me Away
Nirvana - Litihum
Skunk Anansie - Hedonism
Damien Rice - The Box
AaRON - Blouson Noir

↳ Citation : L'échec est une formidable force de vie
↳ Multicomptes : Shae Thackery & Duncan Idaho
↳ Couleur RP : #99ccff



Feuille de perso
↳ Copyright:
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: stay and play with me ~ pv Enya   Dim 12 Juin - 19:58

Ma réponse semble convenir à Morienval. Il ne me mitraille plus de son regard vide –comment arrive-t-il à faire ça d’ailleurs, à croire presque qu’il simule son handicap pour mieux prendre les gens au dépourvu- et s’est légèrement décollé du mur. Il s’approche de moi par la même occasion, ce qui ne me rassure pas du tout. Il pourrait me tuer d’un geste, et je me sens comme une souris malheureusement tombée dans le vivarium d’un serpent très gros et pas vraiment amical. Il n’y a plus qu’à espérer qu’il ait déjà mangé aujourd’hui.
Tout le personnel soignant devient donc médecin dans la bouche de Morienval. Je ne relève pas ces propos mais n’en pense pas moins. C’est un peu facile de mettre tout le monde dans le même sac. Un aide-soignant ne fait pas le même métier qu’un kiné, monsieur. Est-ce que je vous met dans le même sac que vos gardes du corps et votre secrétaire ? Ca ne vous plairait pas, je pense. Mais peu importe, après tout, cet homme ne connait rien de mon métier ni de ceux qui se pratiquent dans cet hôpital. Alors soit, tout le monde est médecin et donc dénonçable à souhait. Pratique. Mais ma soudaine envie de me dépatouiller en déviant l’attention de Violet vers tout l’hôpital ne manque pas de se tourner contre moi. Aucune hésitation à dénoncer, c’est vite dit. Je n’ai aucune envie de dénoncer qui que ce soit. Comme si c’était facile, tiens, de dénoncer ses collègues, en sachant pertinemment que ce qui les attendait n’était absolument pas enviable. Lui ne doit avoir aucune hésitation à dénoncer les gens qu’il côtoie jour après jour, je n’en doute pas une seconde. Il a déjà envoyé probablement des dizaines de personnes à la mort. C’est son boulot, de se renseigner sur les gens pour se servir d’eux. Moi mon boulot, c’est de sauver des vies, pas d’en mettre en péril. Mais peut-être est-il incapable de comprendre cela, la loyauté, l’empathie.
Chirurgiens, urgentistes, pharmaciens. Psychologues. Mon cœur se serre. Il ne me faut pas une seconde pour comprendre de qui parle Morienval. Noah a beau être psychiatre et pas psychologue, pour lui c’est toujours dans le même sac. J’avais donc raison de me méfier quand il avait évoqué Violet. De toute évidence il sait que Noah et moi nous fréquentons. Sait-il jusqu’à quel point ? Est-il au courant de notre couple ? Je commence à me demander dans quelle mesure cet homme connait ma vie en général. Mes troubles bipolaires, ma radio, Casey ? Où s’arrête ce qu’il connait de moi ? Je ne connais rien de lui en retour. Juste ce qu’on sait officiellement. Rafael Morienval, responsable des renseignements, a perdu la vue en protégeant le Président. Il aurait mieux fait de le laisser crever la bouche ouverte, ça lui aurait évité le désagrément. Un héros selon les officiels. Un homme ayant vendu son âme au diable pour d’autres. Moi je n’étais qu’une interne en médecine, et de toute évidence, ma vie était étalée là, dans cette pièce, par un inconnu qui ne m’inspire que méfiance et peur. Je me fiche bien que mon identité ne soit pas corrélée aux personnes arrêtées par mon biais. Que de mots savants. On leur interdit de parler simplement, au Gouvernement ? On les oblige à débiter comme des bouquins ? C’est hypocrite à souhait.

Il pose sa question mais je ne l’entend qu’à moitié. Est-ce qu’on s’intéresse réellement à Violet ou à moi ? Pourquoi me laisser entendre qu’il connait ma relation avec Noah ? Quelle menace brandit-il sous mon nez ? S’attend-il à ce que je le dénonce ? A-t-il des soupçons ? En ai-je ? Non, Noah ne ferait jamais une chose pareille. Il peut se montrer étrange, égoïste, mais pas au point de jouer avec la vie des gens. Ce n’est pas ce genre d’homme. Et je ne courberai pas l’échine devant Morienval aux dépens de l’homme que j’aime.
« Violet ne dénoncerait personne non. Elle est trop gentille pour ça. Plus gentille que moi de toute évidence. Mais je suppose que vous le savez, non ? Vous avez dû enquêter sur elle aussi, comme sur moi ? »
Je ne devrais pas parler de ça. Je devrais me taire. C’est l’attitude raisonnable à avoir. Mais comment rester raisonnable devant un homme pareil. Il représente tout ce que je dénonce. Ce gouvernement pourri, la surveillance des citoyens, la population qu’on tente de garder en cage. Le manque total de scrupules. La tyrannie. Ca démarre par un rendez-vous impromptu dans une salle d’une aile presque abandonnée et une enquête sur ma vie, ça se termine par une surveillance étroite et l’interdiction de tout. Je dois me battre. Le vide qui s’était emparé de moi quelques minutes plus tôt laisse ressurgir la colère sourde qui grondait dans mes tripes. Si je ne le fais pas, personne ne le fera pour moi.
« Je vous donnerai des noms pour votre enquête si c’est ça que vous voulez. Mais n’attendez pas de moi que je vous parle de mes proches. Monsieur. »
Je souris. Aussi hypocrite que lui.

_________________


I don't wanna beg you pardon
I don't wanna ask you why
But if I was to go my own way
Would I have to pass you by?


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2422-enya-i-don-t-rea En ligne

« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
↳ Nombre de messages : 1023
↳ Points : 1930
↳ Date d'inscription : 29/11/2013
↳ Age : 24
↳ Avatar : Jared Leto
↳ Age du Personnage : 36 ans - 788 ans
↳ Métier : Chef des Services Secrets et de la protection rapprochée du Gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Save me || Te he echado de menos || Ego
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
↳ Multicomptes : Andreï C. Ievseï, Nolan A. Wiggins
↳ Couleur RP : darkcyan



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) texas-flood.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: stay and play with me ~ pv Enya   Dim 10 Juil - 9:26



Les choses ont au moins le mérite d’être claires à présent. Je sens dans son ton, dans sa voix, dans son attitude et le choix de ses mots que le message est passé. Plutôt efficacement d’ailleurs. Et cela ne risque pas de calmer mon orgueil et mon arrogance, loin de là. Excusez moi, avec tout mon respect, il n’y a strictement aucun respect là dedans, je ne suis pas suffisamment stupide pour me faire avoir, mais j’ai au moins le plaisir d’apprécier l’efficacité de ma petite mise au point. Et je dois bien concéder que parler de Violet a un don certain pour apaiser la bête et me détendre, malgré tous mes efforts, malgré toutes mes réticences pour accepter cette faiblesse plus qu’évidente. Tiens donc, en quelques mots, elle a éveillé mon intérêt. Souplement, je laisse mes pas me rapprocher d’elle, la présence du loup suintant par tous mes pores, sans que je ne puisse le contrôler, omniprésent, envahissant. Là, tout simplement. Tous mes mouvements clament son existence, tous mes mouvements sont empreints de ce maintien qui me suit depuis ma naissance, naturel de base, mais amplifié par les coups de mon grand-père pour m’apprendre à l’assumer. Je suis né pour régner, je suis né pour être obéi, j’ai été élevé pour ça et désormais, même si j’avais l’idée saugrenue de ne plus le vouloir, je ne pourrais me défaire de cette arrogance tranquille et assumée qui me colle à la peau. Tiens donc. Les informations qu’elle semble encline à me fournir m’intéressent. Les nuances sémantiques comme celle qui existe visiblement entre médecins et personnel soignant, je les balaye sans plus tarder étant donné qu’elles n’ont pas le moindre sens pour moi. Ce n’est qu’un détail comparé au reste, qu’un détail supplémentaire inventé par cette société pour classer, ségrégé, différencier ce qui revient fondamentalement au même. Ça n’a aucun sens.

Tout comme chercher à justifier les meurtres d’un homme sous prétexte que ses cibles n’étaient que pire encore n’a pas de sens, j’en suis bien conscient. Ce que je fais malgré tout. D’un soupir, je chasse cette pensée, me concentre sur le principal. Violet. Non, pas Violet. L’autre centre d’intérêt que je peux avoir et auquel est reliée, une nouvelle fois, la jeune femme devant moi. Qu’elle n’ait aucune hésitation à vendre et trahir ses confrères, c’est ce que font tous les hommes depuis des siècles. Cette corruption, cette gangrène, cette pourriture qui vicie le sang de chaque être n’est, elle, en rien une nouveauté de cette époque. De tout temps, l’humain a cherché le profit en se plaçant en priorité dans sa vie, directement sous couvert d’un égocentrisme assumé ou par le biais de subterfuges cherchant à apaiser sa conscience et à anoblir ses actes. Qu’elle trahisse, qu’elle confesse dans le creux de mon oreille tout ce qu’elle peut savoir, donc. Peu m’importe que la honte la submerge après coup lorsque les traitres en question seront interrogés par mes soins, peu m’importe qu’elle soit capable, ou non, d’y faire face, tout ce qui m’intéresse, c’est de parvenir à mes fins. Comme toujours. Parce que je ne vaux guère mieux que tout le reste de la fange, parce que je ne vaux guère mieux que tout le reste. Chirurgiens, urgentistes, pharmaciens, psychologues, ces distinctions n’ont toujours pas le moindre sens pour moi mais si je les énumère dans un ordre bien précis, ce n’est pas pour rien. Noah. Je pourrais insister là-dessus, je pourrais même sans aucun doute jouer avec elle pour exacerber une petite paranoïa, jeter en elle un doute plus grand pour qu’elle se sente acculée, définitivement acculée, pour qu’à chaque mention que je peux faire de ses proches et de ce dossier presque exhaustif que j’ai sur elle, elle sente sur sa tempe le contact glacé d’une arme à feu, ou sur sa gorge la morsure brûlante d’un poignard.

Je pourrais et c’est ce que je comptais faire avec parcimonie. Mais… mais Violet. Sans crier gare, son prénom revient entre mes lèvres, sous couvert de son nom de famille, dans un besoin constant d’en savoir plus à son propos. Violet est gentille, douce, altruiste, aux antipodes de mon être et aux antipodes, aussi, de ce mépris que j’ai pour l’humanité. Et je ne peux m’empêcher de songer que quelque chose sonne faux, extrêmement faux, dans l’attitude de l’ergothérapeute. « Violet ne dénoncerait personne non. Elle est trop gentille pour ça. Plus gentille que moi de toute évidence. Mais je suppose que vous le savez, non ? Vous avez dû enquêter sur elle aussi, comme sur moi ? » Un claquement de langue agacé fait office de mise en garde. Vous allez trop loin, Rivers. « Je vous donnerai des noms pour votre enquête si c’est ça que vous voulez. Mais n’attendez pas de moi que je vous parle de mes proches. Monsieur. » Proches. Un rictus sabre mon visage, un rictus de colère. Saupoudré d’une pointe de jalousie. Proches. Se considère-t-elle vraiment comme une proche de Violet ? Comme une proche de Noah ? Son insolence m’est à peine supportable, le loup fourmille sur mon épiderme pour mieux me supplier de lâcher prise et de lui sauter à la gorge. Au lieu de quoi, dans un contrôle épuisant que je ne maintiens que par expérience, je lâche un soupir las. « Rivers… » Je détache les syllabes avec précaution. Et désapprobation. « Vous vous oubliez encore une fois, il me semble. » Je croise les bras sur ma poitrine, m’appuyant au dossier de ma chaise dans une nonchalance que seul quelqu’un en position de force peut se permettre d’afficher. « Mon métier, c’est enquêter sur les personnes, cela me semble évident. Mais ne craignez rien, cela m’empêche pas un seul instant de dormir sur mes deux oreilles que de savoir que je viole votre vie privée avec la délectation d’un récidiviste esclave de ses désirs. » Homme d’un autre temps, homme au dessus des lois : tout mon pouvoir ne tient qu’en une seule chose : ma dangerosité. Et cette puce dans ma chair qui me laisse sous le contrôle des puissants.

« Je n’attends pas que vous me parliez de vos proches, petite sotte, ne laissez pas votre paranoïa ridicule sous-estimer les capacités d’écoute de mes hommes. » C’est un mensonge, bien évidemment, mais ma voix cinglante ne peut le laisser transparaître. « J’attends simplement que vous vous montriez raisonnable, voilà tout. D’autant plus que cette Violet que vous tenez visiblement en grande estime, est peut être moins gentille que vous pouvez le penser. De qui, sinon, puis-je tenir des informations à ce point… pertinentes, sur Noah Meadow ? » Un nouveau mensonge, légèrement porteur de remords cette fois de par ses diverses implications. « Peu m’importe comment vous me voyez, Rivers, la réciproque se contentera d’être que je ne vous voie pas, mais que j’ai pour vous un profond mépris, comme pour toutes les autres personnes du genre humain. A la différence près que puisque vous pouvez m’être utile pour dénicher la vermine dans la population de l’hôpital, vous m’intéressez suffisamment pour que je tolère quelques écarts de votre part, mais n’abusez pas pour autant de ma patience. » Mon léger sourire, à peine une ombre sur mes lèvres, n’a rien, strictement rien d’hypocrite. Menaçant en revanche, il l’est. Totalement. « Si vous vous montrez coopérative, je peux même, moi, commencer à parler de vos proches. Voyez ça comme un… » Je fais mine de chercher le mot adéquat. « Arrangement à l’amiable ? » N’abusez pas de ma patience, en voilà un nouveau, de mensonge que je lui ai offert. Parce que si ma patience est redoutable, ma tolérance l’est bien moins. « Après, si cela ne vous convient guère, je peux toujours vous proposer que pour chaque nom donné, vous écartez l’un de vos proches, justement, de mon radar et leur évitez un fâcheux détour par les arènes. Je crains malheureusement que la gentillesse de Violet ne puisse guère lui servir face à des créatures affamées… » Je me lève, appuyant mes poings sur la table comme précédemment. Mon regard vide se pose dans sa direction, mes sens exacerbés se creusent sous sa respiration. « Vous savez quelque chose, Rivers, ou vous avez quelque chose à cacher. Dans un cas comme dans l’autre, j’ai le regret de vous apprendre que vous avez épuisé tous vos jokers. Cessez de montrer vos crocs de chaton et parlez. »


_________________
big bad wolf
« Wolf father, at the door, You don't smile anymore
You're a drifter, shapeshifter, Let me see you run,
hey ya hey ya »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1062-rafael-a-morienv

Féminin
↳ Nombre de messages : 745
↳ Points : 729
↳ Date d'inscription : 27/04/2015
↳ Age : 22
↳ Avatar : Ellen Page
↳ Age du Personnage : 25 ans
↳ Métier : Interne en médecine aux urgences, animatrice d'une radio pirate
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Playlist : Ellie Goulding - Anything Could Happen
Damien Rice - Prague
Avril Lavigne - Take me Away
Nirvana - Litihum
Skunk Anansie - Hedonism
Damien Rice - The Box
AaRON - Blouson Noir

↳ Citation : L'échec est une formidable force de vie
↳ Multicomptes : Shae Thackery & Duncan Idaho
↳ Couleur RP : #99ccff



Feuille de perso
↳ Copyright:
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: stay and play with me ~ pv Enya   Dim 17 Juil - 16:46

« Rivers… »
Je sais que ça ne s’annonce pas bien. J’ai dépassé les bornes une fois de plus. Mais cet homme me hérisse le poil, me prend aux tripes. Je ne peux pas rester là sans rien faire, à jouer la bonne petite citoyenne, oui monsieur, et tout le tintouin. Non merci. Pourtant dès que Morienval reprend la parole, je m’affaisse un peu plus dans mon fauteuil. Il me fait peur. Et ses mots sont cruels. Pour qui se prend-il à la fin ? Le roi du monde ? Parce qu’il travaille pour le gouvernement, parce qu’il est chef des renseignements ? Il me parle comme on parle à une gamine, sur un ton insupportable. Un ton qui me donne envie de me lever et de lui foutre une bonne baffe. Ce que je ne fais pas, trop paralysée par son ton et la menace implicite.
« D’autant plus que cette Violet que vous tenez visiblement en grande estime, est peut être moins gentille que vous pouvez le penser. De qui, sinon, puis-je tenir des informations à ce point… pertinentes, sur Noah Meadow ? »
Mon cœur s’arrête une seconde. Non. C’est faux. Ca ne peut pas être vrai. Je sais que c’est faux parce que Violet n’en serait jamais capable. Elle connait ma relation avec Noah, c’est vrai, on en a déjà parlé. Elle sait aussi que mon couple n’est pas toujours au beau fixe. Mais jamais elle n’irait le dire à un homme comme Morienval. J’ignore l’opinion de ma collègue sur le gouvernement ; c’est un sujet que j’évite. Mais de là à collaborer…pourtant le doute se fait dans mon esprit. Je la connais bien, mais pas réellement. Violet est du genre discrète. Elle aurait très bien pu avoir des relations nouées avec Morienval et avoir balancé. Si ça tombe, il m’interroge sur elle parce ce qu’il sait déjà très bien ce qu’elle sait, parce qu’elle le lui a dit. Je reste silencieuse mais mes muscles sont crispés.
« Si vous vous montrez coopérative, je peux même, moi, commencer à parler de vos proches. »
Je hausse les sourcils, perplexe. Voilà qu’il me propose un deal. Il doit avoir des tonnes de renseignements sur mes proches, s’il fait bien son boulot. La tentation est là. Savoir qui est réellement Noah quand il n’est pas avec moi, bien sûr que je le voudrais. Mais ce serait conclure un marché avec le diable, et je ne suis pas prête à aller jusque là. Morienval, par fourberie ou parce qu’il n’est pas si con que cela, men propose un second. Nettement plus intéressant celui-là. Ce serait toujours conclure un pacte avec le diable, mais cette fois-ci pour sauver ceux que j’aime. Alors, c’est un peu moins grave, non ?
« Vous savez quelque chose, Rivers, ou vous avez quelque chose à cacher. Dans un cas comme dans l’autre, j’ai le regret de vous apprendre que vous avez épuisé tous vos jokers. Cessez de montrer vos crocs de chaton et parlez. »
Je lui lance un regard noir. Pourtant il a raison. Je suis enfermée dans cette pièce avec lui, sans aucun moyen de sortir. Alors de toute façon, il aura ce qu’il veut. Avec ma coopération ou sans, dans la douleur ou de façon plus facile. Il m’offre une issue plus ou moins loyale. Ceci dit, rien ne me promet qu’il tiendra parole. Il pourrait tout aussi bien m’écouter et ne protéger personne au final. L’homme n’est pas digne de confiance. Et il vient de m’imposer un dilemme dont je me serais bien passée. Je soupire. Il sait très bien qu’il a gagné. Et malgré toute ma volonté de me battre, je sais très bien que j’ai perdu. Je suis en colère, tellement en colère.

« Vous voulez quoi ? »
Je hausse les épaules. Et ainsi, Enya Rivers rendit les armes.
« On peut oublier Violet, elle est trop gentille, ça je l’ai déjà dit. Et puis si ce que vous dites est vrai, vous la connaissez déjà, donc vous avez déjà votre opinion sur sa culpabilité. Je n’ai aucune certitude sur mes collègues. Je vois mal quelqu’un dont le boulot est de sauver des vies s’amuser à intégrer une Secte dont le boulot est de tuer des gens. Mais vous pouvez aller interroger Matthew Graves. Il est infirmier. Il a laissé entendre qu’il savait des choses, et il a un sacré syndrome de Dieu. »
Je déglutis péniblement. Me voilà une délatrice. La culpabilité me ronge en même temps que la colère. La colère, parce que je suis acculée comme un lapin entre un mur et le fusil d’un chasseur. Parce que je suis faible et incapable de m’en sortir. Je baisse les yeux.
« Vous avez un nom. Donc maintenant, laissez Noah Meadow tranquille. Vous ne le connaissez pas. Il n’est pas important pour vous. »
C’est ma seule consolation. La seule qui compte. Je protège quelqu’un que j’aime. Noah en premier, évidemment. J’espère que c’est le seul que j’aurais à protéger. Je veux sortir d’ici, que ça se termine, que Rafael Morienval sorte de ma vie et m’oublie aussi vite.

_________________


I don't wanna beg you pardon
I don't wanna ask you why
But if I was to go my own way
Would I have to pass you by?


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2422-enya-i-don-t-rea En ligne

« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
↳ Nombre de messages : 1023
↳ Points : 1930
↳ Date d'inscription : 29/11/2013
↳ Age : 24
↳ Avatar : Jared Leto
↳ Age du Personnage : 36 ans - 788 ans
↳ Métier : Chef des Services Secrets et de la protection rapprochée du Gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Save me || Te he echado de menos || Ego
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
↳ Multicomptes : Andreï C. Ievseï, Nolan A. Wiggins
↳ Couleur RP : darkcyan



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) texas-flood.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: stay and play with me ~ pv Enya   Dim 24 Juil - 8:43



La capitulation. Je la sens, je ne peux que la sentir dans le silence de Rivers lorsque je prends bien soin de détacher chacune de mes syllabes dans une articulation non pas exagérée mais appliquée, dans des mouvements lents, posés et contrôlés à la perfection. La capitulation, progressive, définitivement, devant ces pions que je place les uns après les autres, devant ces menaces que j’expose sans la moindre émotion, sans la moindre culpabilité, devant ces caresses que je dispense, cette marque de bienveillance que je laisse tomber d’un mouvement nonchalant sur la tableau. La manipulation est telle, est si dense qu’elle se prélasse chaque seconde un peu plus entre cette petite sotte et ma respiration. Qu’elle ne fasse pas l’erreur de sous-estimer mes hommes, qu’elle tombe bien au contraire dans le vice inverse, qu’elle se mette à transpirer à la moindre d’ombre dans les reflets de son miroir, qu’elle voie des micros dans tous les coins de rue, qu’elle sente dans sa chair s’exacerber la peur et de ses pores exsuder une terreur écœurante, si cela peut me permettre de lui arracher toutes les informations dont j’ai besoin. Sans le savoir, Rivers a attiré mon attention en se liant aux mauvaises personnes et je compte bien puiser en elle autant qu’il le faudra, même si je dois pour cela abandonner par la suite derrière moi un cadavre desséché, recroquevillé sur lui-même, un amas de chair et de tension déshydraté qui ne saura plus baver que des tremblements et des hallucinations paranoïaques. Ce n’est pas que je n’ai aucun scrupule à ruiner une vie ou une santé mentale, c’est que je perds petit à petit le sens des réalités et que les limites disparaissent dans un monde où seul le plus fort et le plus implacable peut obtenir ce qu’il souhaite de qui il souhaite. Mes mensonges s’entrelacent à des vérités, tissent soigneusement autour de moi, autour d’elle, des cocons de tension et une trame complexe d’une histoire inventée de toute pièce. Bien sûr que Violet ne trahit pas, bien évidemment que cette ergothérapeute ne s’abaisse pas à vendre des informations sur ses patients et sur ses amies pour quelques caresses, bien sûr que non. Mais l’important ce n’est plus ce qui est vrai, c’est ce que Rivers croit. Et sa respiration que je sens tendue, seule source d’informations dans ce monde de gris, d’éclats et de silhouettes qu’est le mien, me confie dans le creux de l’oreille qu’elle doute. Un arrangement, voilà sur quoi j’enchaîne sans la moindre interruption autre que ces légers sourires posés sur mes lèvres, plus menaçants que tous les regards. Coopérative, mon vocabulaire parle de lui-même. Je ne m’intéresse pas à du respect et encore moins à de la sympathie de sa part, si je les avais cherchés, je m’y serais pris autrement. Non, je ne cherche que de la coopération, de bonne volonté ou non, je ne cherche qu’une reddition, pleine et entière, de cette petite rébellion futile, stérile et immature, qu’elle a cherché à revendiquer dans son insolence.

Alors oui, qu’elle coopère, de gré ou de force. Mes poings se posent sur la table, je me redresse comme précédemment, lui donne finalement le droit à la parole dans une énième mise au point. Avant de lisser ma veste de costume, de tirer légèrement sur mes manches et de me réinstaller, sans quitter un seul instant du regard sa position approximative. Le silence. Il reprend ses aises entre nous, s’étire comme un animal. Langoureux, menaçant, nonchalant. Apaisant ou angoissant, tout dépend de quel point de vue on le considère. Et, finalement, un « Vous voulez quoi ? » concédé. Nul sourire sur mes lèvres, nul éclat dans mon regard ne vient appuyer le fracas dans lequel elle a déposé les armes. La capitulation. Amère. Défaite écœurante lorsqu’on est contraint de baiser les pieds du vainqueur, de s’étouffer dans son humilité pour se reconnaître en deçà du rapport de force de la confrontation. Ce que je veux ? « Tout » je persifle d’une voix qui a cette capacité à être douce et acide dans un même temps. « On peut oublier Violet, elle est trop gentille, ça je l’ai déjà dit. Et puis si ce que vous dites est vrai, vous la connaissez déjà, donc vous avez déjà votre opinion sur sa culpabilité. » Je reste impassible devant conviction dans sa voix. Violet, trop gentille, cette constante me laisse aussi perplexe qu’au premier jour, exacerbe encore le trouble que peut exercer sur moi l’impact de l’ergothérapeute. « Je n’ai aucune certitude sur mes collègues. Je vois mal quelqu’un dont le boulot est de sauver des vies s’amuser à intégrer une Secte dont le boulot est de tuer des gens. Mais vous pouvez aller interroger Matthew Graves. Il est infirmier. Il a laissé entendre qu’il savait des choses, et il a un sacré syndrome de Dieu. » Ma mâchoire se contracte. Syndrome de dieu. Instantanément, j’applique cette expression à tous les sorciers que je peux connaître, dans un amalgame et une haine que j’assume pleinement. « Vous avez un nom. Donc maintenant, laissez Noah Meadow tranquille. Vous ne le connaissez pas. Il n’est pas important pour vous. » J’arque un sourcil. Noah ? Oh non, non non, qu’elle ne pense pas protéger si facilement cette relique de mon passé, les cendres d’une amitié piétinées par les âges, ravivées par le feu, rassemblées au creux d’une confession que j’aimerais regretter mais qui se contente de laisser un goût douce-amère dans ma gueule. Il n’est pas important pour vous. « Encore une fois, et j’espère que ce sera la dernière, vous vous oubliez, Rivers. Peut être n’ai-je pas été assez clair, mais à aucun moment je ne me souviens avoir sous-entendu que vous choisiriez celui de vos proches qui aura la chance de ne plus voir au dessus de sa nuque osciller une épée de Damoclès. Non, vous écartez un de vos proches, mais c’est moi qui choisis lequel bien évidemment. Et comme je tiens à récompenser votre loyauté dans la protection acharnée de Violet, vous n’aurez plus à vous soucier de sa sécurité dès à présent. » Non, elle n’aura vraiment plus à se soucier de sa sécurité, loin de là. Parce que je ne laisserai rien arriver à Violet dans tous les cas, parce qu’en déplaçant ce pion, je protège mon affection naissante pour l’ergothérapeute en l’écartant fictivement de mes radars, parce que je maintiens mon viseur sur la nuque de Noah en cherchant comment le réduire à néant pour mieux calmer cette tempête qui me broie les tempes, et ravive chaque jour la douleur de ces pertes qui traînent dans mon dos comme des cadavres désarticulés. « En revanche, pour Meadow, j’ai le regret de vous annoncer qu’il me faudra un autre nom. Même si je doute que sauver un assassin pour en livrer un autre à la justice soit une excellente manœuvre. »


_________________
big bad wolf
« Wolf father, at the door, You don't smile anymore
You're a drifter, shapeshifter, Let me see you run,
hey ya hey ya »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1062-rafael-a-morienv

Féminin
↳ Nombre de messages : 745
↳ Points : 729
↳ Date d'inscription : 27/04/2015
↳ Age : 22
↳ Avatar : Ellen Page
↳ Age du Personnage : 25 ans
↳ Métier : Interne en médecine aux urgences, animatrice d'une radio pirate
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Playlist : Ellie Goulding - Anything Could Happen
Damien Rice - Prague
Avril Lavigne - Take me Away
Nirvana - Litihum
Skunk Anansie - Hedonism
Damien Rice - The Box
AaRON - Blouson Noir

↳ Citation : L'échec est une formidable force de vie
↳ Multicomptes : Shae Thackery & Duncan Idaho
↳ Couleur RP : #99ccff



Feuille de perso
↳ Copyright:
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: stay and play with me ~ pv Enya   Dim 31 Juil - 18:51

Il veut tout. Le commun des mortels, dont je fais partie, est tout à fait conscient que dans la vie, on ne peut pas tout avoir. Mais pour Rafael Morienval, tout fait partie du champ des possibles, et il peut le demander, il peut l’exiger. Cet homme est intouchable, et il le sait. Et je le sais aussi, raison pour laquelle lutter est bien vain. Je le fais par acquis de conscience, parce que je refuse de rendre les armes, parce que mes idéaux m’empêchent de courber l’échine.

J’ai donné un nom. Je vais pouvoir protéger Noah. Je m’accroche à cette idée de toutes mes forces. Mais à peine mon cœur a-t-il intégré l’idée du mal pour le bien que Morienval balaie tout ceci d’un revers de main. J’ai été si naïve. J’ai cru que j’aurais le choix. Mais je n’ai aucun choix. Morienval a toutes les cartes en main, et avec un plaisir cruel et insensible, il écarte Noah de l’équation pour m’annoncer qu’il laissera Violet tranquille. Comme s’il allait lui faire du mal en premier lieu. Je ne suis pas complètement idiote ; il n’a jamais eu l’intention de faire du mal à Violet. J’ai bien vu comment elle me parlait de lui. J’ai bien vu qu’ils avaient une relation qui commençait à aller au-delà de la relation patient à soignant. Il ne m’offre rien. Il me prend tout et ne m’offre rien. Noah est toujours en danger, tous mes autres proches sont toujours en danger. Violet sera saine et sauve, ça me fait de belles jambes. Au risque de paraitre égoïste, je me fiche bien que Violet soit en sécurité par rapport à cet homme, si Noah, et Vaas, et Timothée, et les autres sont en danger. C’est horrible à dire mais c’est ainsi : sur ma liste, elle venait dans les derniers. Ou alors c’est la peur et la colère qui me font penser ça. Ce doit être ça. Parce que là, maintenant, j’ai réellement peur. Peur qu’on m’enlève ceux que j’aime à cause de cet homme devant moi, qui me transperce le cœur et l’âme sans poser les yeux sur moi. Suis-je si facile à déchiffrer ?

« En revanche, pour Meadow, j’ai le regret de vous annoncer qu’il me faudra un autre nom. Même si je doute que sauver un assassin pour en livrer un autre à la justice soit une excellente manœuvre. »
Je sursaute. Non pas parce que je dois donner un autre nom ; ça, je l’avais bien compris dès le début. J’avais bien compris que Morienval me manipulerait jusqu’à ce que je sois pressée comme une orange, vide de toute substance et de tout honneur. Non, je sursaute, horrifiée, à cause de ce qu’il dit sur Noah. Le silence se fait pendant trois, quatre secondes. Le temps que mon cerveau procède cette phrase. Il l’a prononcée avec tellement d’aplomb, tellement sûr de lui, comme s’il savait quelque chose que j’ignore.
« Pourquoi dites-vous ça ? »
Encore une manipulation. Juste une phrase pour me faire douter de Noah, de la personne que j’aime le plus au monde, une phrase pour me rabaisser et me détruire un peu plus. Juste une manipulation de plus. Il essaie de me faire cracher un nom, c’est tout. C’est tout ce qu’il veut.
« Noah n’est pas… »
Je me tais, le doute s’étant frayé un chemin jusqu’à mon esprit. Juste une manipulation de plus ? Pourtant son affirmation avait une autre couleur. Elle n’était pas cruelle ou pernicieuse. Elle sonnait différemment. Elle sonnait…juste. J’ouvre de grands yeux écarquillés.
« Vous le connaissez. Vous connaissez Noah. »
C’est évident maintenant. Il n’a pas parlé de Noah juste pour me faire du mal, ou me faire peur. Il m’a parlé de Noah parce qu’il sait qui il est. Il sait qui il est en dehors de mon petit ami. Il le connait. J’en suis persuadée, une de ces intuitions un peu inexpliquées. C’est impossible pourtant. Noah ne fréquenterait jamais une personne comme Morienval. Quoique….qu’est-ce que j’en sais au final ? J’ignore où est Noah quand il n’est pas avec moi. Il pourrait tout aussi bien fréquenter Morienval. Ce qui est sûr, c’est que l’homme en face de moi sait quelque chose que j’ignore. Quelque chose que je suis censée ignorer, quelque chose que Noah m’a soigneusement caché pendant tout ce temps. Quelque chose que je ne devrais pas demander, mais la curiosité l’emporte bien vite sur la retenue quand il s’agit de Noah.
« Qu’est-ce que vous essayez de me dire ? »

_________________


I don't wanna beg you pardon
I don't wanna ask you why
But if I was to go my own way
Would I have to pass you by?


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2422-enya-i-don-t-rea En ligne

« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
↳ Nombre de messages : 1023
↳ Points : 1930
↳ Date d'inscription : 29/11/2013
↳ Age : 24
↳ Avatar : Jared Leto
↳ Age du Personnage : 36 ans - 788 ans
↳ Métier : Chef des Services Secrets et de la protection rapprochée du Gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Save me || Te he echado de menos || Ego
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
↳ Multicomptes : Andreï C. Ievseï, Nolan A. Wiggins
↳ Couleur RP : darkcyan



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) texas-flood.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: stay and play with me ~ pv Enya   Dim 21 Aoû - 14:15


Ce que je veux ? Pourquoi serait-ce à moi de fixer des limites à mon enquête ? Tout est information, tout est pouvoir, tout est levier de pression, tout est utile, même les détails les plus infimes qui me feront sans nul doute persifler de mépris. Qu'elle s'épanche sur ce qu'elle sait, qu’elle ne filtre en rien ses pensées, qu’elle ne prenne pas la peine de faire le moindre tri, je m’en chargerai en temps voulu. En attendant, je veux la presser jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une chair desséchée, je veux lui extorquer tout ce qu’elle peut savoir, tout ce qu’elle peut m’apprendre, je veux extraire de ses lèvres insolentes toutes les confessions qu’elle cache. Un nom signifie une protection. Le marché est clair, elle le saisit et ne tarde pas à articuler un suspect dont je mémorise immédiatement l’identité. Matthew Grave. Syndrome de dieu. Comme si cette névrose n’était pas l’apanage de l’ensemble des médecins. D’une poignée de mots, je ramène l’insolente dans la fange qui doit être son milieu naturel, d’une poignée de mots je la gifle et je veux lui rappeler qui pose les conditions ici. Un nom, une protection oui. Mais ce n’est en rien à elle de choisir la personne qui échappera à mes menaces. J’écarte Violet. Naturellement. Je l’écarte alors qu’elle était déjà écartée. Incapable de songer à lui faire du mal, incapable de le concevoir, il n’y a pas eu à un seul instant dans mon esprit le moindre doute quant à cela. Tout comme il n’y a pas eu une seule seconde pendant laquelle j’aie pu envisager d’épargner Noah. C’est un meurtrier, un assassin. Si je suis un monstre, il n’en est pas de reste. Et le sursaut de Rivers, que j’entends à sa respiration soudainement désorganisée, est d’une éloquence déconcertante. Son sursaut, ses traits que j’imagine se déformer, elle qui avait jusque là la langue si bien pendue m’offre un silence qui se propage sur ses battements de cœur que je compte, patiemment. Sais-elle qui est réellement Noah Meadow ? La question ne m’avait pas traversé l’esprit avant cela. Elle ignore tout. « Pourquoi dites-vous ça ? » Un claquement de langue répond à cette question que je juge osée. Je n’ai en rien à me justifier, et certainement pas auprès d’elle. Ne l’a-t-elle toujours pas compris ? « Noah n’est pas… » Un nouveau claquement de langue, agacé. Elle se tait de justesse. « Vous le connaissez. Vous connaissez Noah. » Je ferme les yeux, aussi inutile que cela puisse-t-être dans ma situation. Si je connais Noah ? « Qu’est-ce que vous essayez de me dire ? » Ce que j’essaye de lui dire ? Ces questions que je répète dans mes pensées accentuent d’autant plus le ridicule de la situation. En d’autres circonstances, il me semble certain qu’un autre que moi en aurait profité. Pour sourire, pour se moquer, pour lâcher un sifflement de mépris destiné autant à mon interlocutrice qu’à la relation qu’elle noue avec mon vieil ami, une relation basée, de toute évidence, sur un mensonge ou ce qui s’en approche.

« Ce que j’essaye de vous dire ? Absolument rien, Rivers. » Je pourrais me taire. Je le sais. Je suis dans mon droit, depuis la première seconde de cet entretien, lorsqu’on sait que je maîtrise absolument tout ce qu’il se passe dans cette pièce. Lorsqu’on sait que je désire du moins que ce soit le cas. Je pourrais me taire, je pourrais dédaigner cette question, je pourrais creuser autour de ce Matthew Grave, réitérer mes menaces, saigner Rivers et l’acculer à nouveau dans un coin pour continuer à lui arracher des noms et des aveux, sans me soucier une seule seconde de ses propres questions auxquelles je ne suis pas sommé d’accorder des éléments de réponse. Je pourrais. Mais… « Pour la simple raison que je partais du principe que vous le connaissiez suffisamment pour savoir cette évidence. » Je me lève, mes mains lissant une nouvelle fois mon costume, tirant une nouvelle fois sur mes manches, replaçant une nouvelle fois mon col, dans un souci du détail et de la perfection qui ne frôle plus seulement la maniaquerie mais s’en fait le porte-drapeau. Plus les années passent, plus mes névroses s’accentuent, s’imposent et gangrènent mon comportement, à l’instar du loup que je contrôle de moins en moins, que je dissocie de moins en moins de Rafaele. Je prends mon inspiration, sentant l’air emplir mes poumons, tirer sur le fil de ma chemise. Pour mieux canaliser mes pensées. Contrôler mon rythme cardiaque. Maîtriser l’animal. Organiser mes mots. Articuler mes phrases. « J’imagine que mes propos ne vont être accueilli que par la défiance et le mépris, mais je suis désolé d’être celui qui vous apprend cela. Je connais… j’ai connu Noah, lorsque nous n’étions que des enfants, puis des adultes en devenir et enfin des adultes accomplis. Nous étions des… » Amis ? Complices ? Partenaires ? J’ignore quel terme employé, afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur notre relation. Un soupçon d’amertume teinte ma voix que je désire atone lorsque je reprends. « Nous étions presque frères, pour ainsi dire. Avant que les choses ne dérapent, qu’il ne s’avère être un menteur, avant qu’il ne me contraigne à des mesures drastiques, avant que je ne doive le poursuivre en justice… » Aussitôt, je sens à nouveau mes doigts se refermer sur mon épée, mes mouvements empreints de la puissance et de la maîtrise de l’héritier d’un Seigneur de guerre trancher des gorges, transpercer des torses, éclabousser mes habits d’éclats carmins. Mesures drastiques, le traduire en justice, contemporaine façon de dire que je n’ai eu d’autre choix que de massacrer ses proches sans la moindre hésitation, avec la violence d’un animal sauvage, d’un loup blessé, des années avant que l’on ne me maudisse. « Il a par la suite participé à l’assassinat de ma fille et de ma femme, marquant ainsi définitivement la fin de notre amitié. » J’inspire à nouveau, refoulant au loin ma rancœur, ma colère, plaçant sur elle une muselière. « Vous me voyez comme un monstre, mais croyez moi, Meadow ne vaut guère mieux. Là où il se traîne, il traîne des cadavres. Vous me méprisez, vous me haïssez pour ce que je suis, Rivers, et cela se justifie très certainement. Mais je vous conseille d’infliger le même traitement à cet hypocrite, si vous souhaitez conserver un tant soit peu de crédibilité et d’impartialité par la suite. J’ai peut être des siècles de sang sur les mains, mais il n’y a pas une seule goutte d’un sang innocent qui les maculent. Contrairement à celles de Meadow. Que vous me croyez ou non, posez lui la question la prochaine fois que vous le verrez. Demandez lui à combien de morts il a participé en presque huit siècles. »

Mon dos s’adosse au mur de la pièce, dont la fraîcheur s’infiltre dans mes habits pour venir se répandre sur mon épiderme trop sensible. Mes bras se croisent sur ma poitrine, au risque de froisser mes habits et de m’irriter par la suite si je m’en rends un peu trop compte. « Matthew Graves, donc. D’autres noms à me confier ? »

_________________
big bad wolf
« Wolf father, at the door, You don't smile anymore
You're a drifter, shapeshifter, Let me see you run,
hey ya hey ya »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1062-rafael-a-morienv

Féminin
↳ Nombre de messages : 745
↳ Points : 729
↳ Date d'inscription : 27/04/2015
↳ Age : 22
↳ Avatar : Ellen Page
↳ Age du Personnage : 25 ans
↳ Métier : Interne en médecine aux urgences, animatrice d'une radio pirate
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Playlist : Ellie Goulding - Anything Could Happen
Damien Rice - Prague
Avril Lavigne - Take me Away
Nirvana - Litihum
Skunk Anansie - Hedonism
Damien Rice - The Box
AaRON - Blouson Noir

↳ Citation : L'échec est une formidable force de vie
↳ Multicomptes : Shae Thackery & Duncan Idaho
↳ Couleur RP : #99ccff



Feuille de perso
↳ Copyright:
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: stay and play with me ~ pv Enya   Mer 31 Aoû - 0:03

« Ce que j’essaye de vous dire ? Absolument rien, Rivers. Pour la simple raison que je partais du principe que vous le connaissiez suffisamment pour savoir cette évidence. »
Mes tripes font un tour à l’intérieur de moi-même et reviennent emmêlées. Ma tête se met à tourner. Morienval a l’air tellement sûr de lui. Ca pourrait n’être qu’un mensonge destiné à me déstabiliser pour mieux me manipuler. Ca pourrait. Ca pourrait être aussi la vérité, lâchée avec beaucoup de cruauté. Et même si mon être tout entier voudrait que ce ne soit qu’un mensonge, une partie de moi, grandissante, sait que c’est la vérité. Que je ne connais pas Noah si bien que ça. Au fond, j’ai toujours su que je ne connaissais pas réellement Noah. Que je ne savais pas réellement qui il était. Mais là, on frôlait l’hallucinant. Noah était colérique, certes. Il pouvait être aussi froid comme la pierre. Mais il ne pouvait pas être capable de tuer quelqu’un de sang froid. Ce n’était pas lui. Ce n’était pas mon Noah. Sauf si mon Noah était une belle illusion créée rien que pour moi.
Pendant que mon moi intérieur traverse une tempête apocalyptique, Morienval en face est d’un calme absolu. Presque trop calme. J’aurais envie de le frapper pour qu’il soit un peu moins calme.

« J’imagine que mes propos ne vont être accueilli que par la défiance et le mépris, mais je suis désolé d’être celui qui vous apprend cela. Je connais… j’ai connu Noah, lorsque nous n’étions que des enfants, puis des adultes en devenir et enfin des adultes accomplis. Nous étions presque frères, pour ainsi dire. Avant que les choses ne dérapent, qu’il ne s’avère être un menteur, avant qu’il ne me contraigne à des mesures drastiques, avant que je ne doive le poursuivre en justice… »
Morienval et Noah, amis ? Frères ? La bonne blague. J’avais toutes les peines du monde à imaginer Noah passer du temps avec cet homme sans âme en face de moi, à lui raconter sa vie. Un part de moi se battait encore pour repousser les assertions de Morienval. Elle se battait pour que je n’y croie pas, pour que je refuse de croire que Noah m’aurait menti tout ce temps. Il m’aurait dit s’il avait connu un personnage comme Morienval. Il m’aurait dit s’ils s’étaient déchirés. Il me l’aurait raconté. Mais il ne m’a jamais rien dit. Et je ne sais plus qui croire, je ne sais plus à quelle partie de moi me fier.
« Il a par la suite participé à l’assassinat de ma fille et de ma femme, marquant ainsi définitivement la fin de notre amitié. »
Chaque phrase que Rafael Morienval prononce est un nouveau coup en plein dans mon cœur déjà meurtri. Je n’ose même plus le regarder, les yeux rivés sur la table, essayant de chasser les images qui arrivent dans mon esprit, toutes plus horribles les unes que les autres. Noah regardant une femme et un enfant mourir sans réagir. Noah trahissant quelqu’un qui lui faisait confiance autrefois. Noah dans le rôle du bourreau. Ces images s’entrechoquaient avec le Noah qui lui souriait, la prenait dans ses bras et la réconfortait de quelques mots. Un Noah aimant, affectueux souvent.

"Que vous me croyez ou non, posez lui la question la prochaine fois que vous le verrez. Demandez lui à combien de morts il a participé en presque huit siècles. »
Le coup final. Celui qui m’achève sans aucune pitié, sans sommation, sans prévenance aucune. Un coup de plus dans le cœur, celui de trop. Je relève la tête brusquement. Huit siècles ? Noah a 32 ans. J’ai lu Twilight, mais on ne peut pas vraiment avoir 32 ans depuis huit siècles. Huit siècles. Cela le ferait naître à la Renaissance. A l’époque où les rois gouvernaient encore, où Leonardo de Vinci peignait des femmes qui souriaient. C’est n’importe quoi. C’est forcément n’importe quoi. Et pourtant, cette partie de moi qui doute me rappelle que Noah agit étrangement avec la technologie, comme s’il la connaissait à peine. Qu’il n’a pas connu la même Apocalypse que moi, quand il en parle. Qu’il a cet accent italien encore bien prononcé. Je lutte encore, je lutte à m’en donner la nausée. Peut-être que lui connait Noah, et que je ne le connais pas du tout. Si ce que dit Morienval est vrai, alors Noah est un mage, ou une créature métamorphe. Alors il fait partie de ces gens qui sont sortis d’une dimension étrange lorsque l’Apocalypse a tué ce qui me restait de famille. Alors il a traversé les âges sans les connaitre. Il devrait être mort depuis longtemps. Si c’est vrai, alors Aida, sa Aida, celle qu’il voit en moi souvent, cette femme est morte il y a plus de huit siècles également. Il traine un fantôme avec lui depuis presque un millénaire. Je suis le sosie d’une femme morte sous la Renaissance. Et l’homme que j’aime m’a menti depuis que l’on se connait. C’est beaucoup trop pour mon esprit, beaucoup trop pour mon cœur. La question de Morienval arrive à mes oreilles mais elle arrive embrumée, comme de loin. Et honnêtement, je m’en fiche éperdument. Matthew Graves, la Peste, le Gouvernement, je m’en fiche. Je suis incapable de réfléchir convenablement. Alors je fais ce que je fais de mieux : je me cache. Je me lève de ma chaise brusquement, me trouvant debout face à Morienval. Je n’en mène pas large. Et pourtant je me bats assez pour parler.
« Je ne me sens pas bien. Il faut que je sorte. Aux toilettes. »
Et sans attendre de réponse, je sors de la salle et m’enfuis à toutes jambes. Loin de cet homme. Loin de l’hôpital. Je m’enfonce dans la Nouvelle Orléans et rentre chez moi. De toutes façons si Morienval souhaite me parler de nouveau, il me retrouvera sans peine. Alors je rentre chez moi et je m’écroule. Et je pleure toutes les larmes de mon corps. Je ne sais pas si j’arriverai à m’arrêter un jour.

_________________


I don't wanna beg you pardon
I don't wanna ask you why
But if I was to go my own way
Would I have to pass you by?


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2422-enya-i-don-t-rea En ligne
 

stay and play with me ~ pv Enya

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Satellite_Heart || Don't stay at her place.
» Play Doh, t'es plus malin avec tes mains :D
» One Piece Role Play !
» Trailer: Fate stay night
» Google Play bannit Ad Blocker et AdBlock Plus

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Third Chapter: New Orleans :: Eastern New Orleans :: Adventist Hospital-