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 Bad Dream [PV Mikkel]

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MessageSujet: Bad Dream [PV Mikkel]   Jeu 31 Mar - 2:53

Bad Dream
○ Where will I meet my fate ? I'm a man, I was born to hate. And when will I meet my end ? In a better time you could be my friend. I wake up, it's a bad dream. No one on my side. I was fighting but I just feel too tired to be fighting. Guess I'm not the fighting kind.


Le premier pas se brode d’une assurance mal avisée. Le second fait tanguer la masse. Le troisième devient déjà une incertitude. Et le quatrième, quant à lui, l’amène à butter contre le jugement. L’heure de la suffocation, réarrangement temporel qui étend chaque seconde en minute et noie la bâtisse sous une vague de cris tantôt ténus, tantôt exacerbés. Plusieurs entrées à proximité mais il emprunte la plus encombrée. Les carcasses se pressent dans la salle d’attente, les épaules s’entrechoquent et les blessures s’amoncellent sur les chairs endommagées. Les maladies volent d’une gorge à l’autre, les échanges se muent en gémissements inconvenants. Dans ce lieu qu’il a cru, dédié à la mort, il s’est longtemps vu travailler au service de la faucheuse, placé quotidiennement dans son antichambre, ici, aux urgences. Désormais, quand son regard s’égare, il n'y trouve qu'une douloureuse forme de vie. Une lutte absolue à poursuivre des gestes à la parole. Ces souffrances contenues, ces espoirs entretenus et ces accablements ardus. Les émotions pulsent de chaque côté de la pièce. Elles sont difficiles à aborder, croiser et même effleurer. Son vide perpétuel s’accommode mal à cette débâcle d'émotions. Il les envie secrètement de pouvoir encore rire et pleurer de leurs petits ou grands malheurs. Lui peine à esquisser un sourire, ne parvient pas plus à relâcher des sanglots déjà taris dans sa poitrine fragmentée. Incapable de porter en bannière son humanité définitivement lacérée, pour ne pas dire totalement congédiée. Il ne sait même plus s’il doit cette perte à la couleur de son sang ou à ses propres décisions. Sa seule conviction réside dans la seule conclusion à tirer. Kitty n’aurait jamais dû le sauver. Son existence aurait dû s’éteindre là où il a vu le jour, là où il a grandi. Continuer de subsister actuellement n’a presque plus aucun sens. Le presque débute avec un prénom et s'achève contre des boucles brunes. Il s’en veut de penser à son trépas alors qu’elle dérange ses pensées. Elle ne mérite pas ça. Mais lui ne la mérite pas par-dessus tout.

Sa détresse s’impatiente tandis qu’il allonge ridiculement ses enjambées pour atteindre le prochain couloir. Oui, de multiples possibilités pour pénétrer dans cet hôpital mais il réemprunte toujours les mêmes allées, comme un rituel à exécuter presque religieusement. Son seul cadre pour équilibrer un désordre mental. Jusqu’à aujourd’hui cependant. Il ne s’attend pas à grand-chose. A l’exclusion définitive sans aucun doute. Il aurait pu lâchement décidé de ne plus revenir, faciliter le boulot de son supérieur en lui épargnant la scène du licenciement. Cependant, il déteste l’inachevé. Il veut que cette situation soit tirée au clair. Et plus important, il refuse de se déroger aux règles. Il doit se présenter et il se présentera pour assumer pleinement ses choix. Ce choix. Les premiers collègues rencontrés dévient leur attention de leurs tâches quotidiennes pour mieux fuir son apparition. Les chuchotements bourdonnent parfois sur son passage. Le dos vouté et le bout des cils pointé vers les dalles qu'il martèle, il évolue misérablement jusqu’au bureau convoité. Sa main appose deux coups contre le bois d’une porte. Tout résonne comme une fatalité. Pourtant, une part de lui souhaite secrètement que le dénouement soit différent. Qu’il puisse conserver sa place ici. Son assurance face à ce qu'il l'attend, de ne pas plonger la tête la première dans ce néant plus vorace encore qu’auparavant. Retrouver un contexte familier, une routine pratiquement appréciée à défaut d’être concrètement appréciable.  La stabilité en plein vertige, voilà ce que ce métier a toujours signifié. Néanmoins, il se tient là, au seuil de la fin avec rien d’autre pour plaidoirie que sa franche culpabilité au meurtre qu’il n’a pas commis. L’ironie pour la somme d’assassinats qu’il a orchestré et pour laquelle il n’a jamais payé. Ses deux condamnations ne sont que le fruit de complicité ou de manœuvres impulsives. Aleksi, Ellie. Il pouvait bien accepter le blâme pour eux.

L’issue lui est délivrée. Son chef fait figure forte durant les premiers instants mais trahit sa nervosité en lui demandant de laisser la porte ouverte et en ne l’invitant nullement à s’asseoir. Il ne veut pas être seul avec lui. Lui, le meurtrier récidivant. « Au vu de la situation, nous ne pouvons pas nous permettre de poursuivre notre collaboration. Votre présence n’est plus souhaitée ici et vous le comprendrez bien au vu des récents événements. C’est la seconde fois que cela se produit. J’ai bien voulu fermer les yeux sur le premier écart au vu de votre comportement pratiquement irréprochable en ces lieux… » Les sensations reviennent, marquent avec sarcasme les seules notes positives du monologue. Le pouls s’affolant dans sa paume alors qu’il extirpe l’énergie vitale  des mourants. Si cet homme savait, il n’oserait sans doute même plus le dévisager ou lui adresser la parole. « Vos collègues vous craignent davantage qu’ils ne vous respectent désormais. Votre professionnalisme n’a jamais, qui plus est, pu combler les lacunes évidentes au niveau de votre esprit d’équipe. J’ai reçu plus d’une plainte sur votre attitude peu amicale. Cela n’aide en rien votre cas. » Il se sent obligé d’allonger la liste. Obligé de l’accabler afin qu’il ne puisse se défendre. Mais il n’a jamais prévu de contredire la moindre vérité. Il n’a pas tiré la chaise, il s’est contenté de rester debout pour accomplir les volontés de son patron, les mains jointes, les bras tendus. Solennel. « Je vous demanderai donc de reprendre vos effets personnels au vestiaire et de ne plus vous présenter ici. » Sèchement, la phrase scelle leur entretien et pourtant, Ezra reste là. Il reste là et fixe son interlocuteur sans prononcer le moindre mot. Il réalise alors qu’il ne veut pas perdre ça aussi. Ce job, cet endroit. Sa seule issue à la monstruosité, son seul sanctuaire et sa seule activité. Il pense à l’argent que Kyran a outrageusement dépensé pour qu’il puisse sortir vivant de cette maudite arène. Il pense à cette somme qu’il devra, lui, débourser. Que fera-t-il pour combler les blancs ? Comment régler ses dettes ? Et comment parvenir à feindre l’humanité désormais ? Il ouvre la bouche mais les mots ne sortent pas. Parce qu’il ne peut rien dire. Rien qui ne le condamnera pas davantage. Ses poings se serrent, son souffle s’éparpille. Peut-être que lui aussi, il veut lutter. Mais sans doute que lui, il n’en a plus les moyens.

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MessageSujet: Re: Bad Dream [PV Mikkel]   Jeu 7 Avr - 14:31


« Certains diront que la loyauté inspire un espoir sans limite »



Ezra & Mikkel
featuring

Dans ma tête, résonnaient les échos de milliers de voix mais je ne parvenais à me concentrer sur aucune d'entre elles. J'avais sombré dans un style d'humeur bien particulier qui s'ancrait un peu trop régulièrement à mon âme. Une humeur fébrile, volatile, trop distraite. Dans ces cas là, j'appréciais la "simplicité" de mon boulot qui ne m'obligeait pas à trop réfléchir ni à faire un effort intellectuel trop important. Il me suffisait de pousser les brancards dans les méandres des couloirs de l’hôpital et de mener ainsi mes patients d'un point A à un point B. Un job très mal payé et pas très reluisant, certes. Sans compter que je m'exposais aux infections de toute sorte, peste y compris, surtout quand je transportais des cadavres. Cela étant dit, ce job possédait l'avantage de tolérer mon manque atroce de concentration. Je pouvais ainsi me perdre dans mille pensées différentes sans que ça ne cause trop de soucis. Et si les malades me posaient des questions, je me contentais la plupart du temps de leur sourire béatement ou de leur répondre de travers, sans m'en tracasser plus que ça. Qu'est ce qu'on avait à foutre du point de vue du brancardier, après tout ? C'était pas moi qui allait leur  apprendre quoique ce soit sur la nature ou l'évolution de leurs maux. Alors, en leur répondant de la merde, j'apportais bravement ma pierre à l'édifice de préjugés du style : les brancardiers sont tous des cons. Ainsi soit-il.

« Oh oui. Vous avez raison. »

C'était devenu ma réplique culte. Généralement, les gens étaient tous amplement satisfaits de cette réponse, quelle que soit la question ou le commentaire qui l'avait précédé – et que je n'avais pas écouté. Pendant ce temps là, je poussais le chariot et je méditais tout autre chose. Mon obsession : le jeu. Je gambergeais sur les différents paris que j'avais envie de faire, sur les stratégies à élaborer pour faire fructifier mes gains, sur les différents moyens pour éviter la colère de mes créanciers. En fait, je préférais ne pas trop penser à ce dernier point qui m'insufflait une sensation inconfortable. Alors, je revivais mes dernières parties de poker, comme dans un rêve éveillé, me rappelant de toutes les cartes sorties. Parfois, quand je jouais trop, j'avais l'impression de voir une pluie de piques, de trèfles, de carreaux et de cœurs voleter devant mes yeux.

« C'est grave, tu crois ? »
« Ouais, des fois j'me demande… Hum tu parles de quoi ? »

Je sortais tout à coup de ma torpeur, fixant une des infirmières de l'étage qui me faisait face. Le lit à roulette que je venais de ramener était vide, dans l'attente d'un patient que je devrais emmener faire une radio. En attendant qu'il finisse de manger, je m'étais tellement plongé dans mes pensées que je ne m'étais pas rendu compte que cette meuf me parlait. Elle me désigna le bureau du chef dont la porte était grande ouverte. Comme je l'interrogeais du regard, elle me répondit dans un simple soupir. « C'est Ezra. J'espère qu'ils vont le virer, c'est juste... » Elle s'interrompit dans une grimace. « Bon allez, j'ai du boulot, à plus Mikkel. » Je la regardai partir distraitement avant de me rapprocher de la porte d'où s'échappaient des paroles qu'on ne tentait manifestement pas de cacher. Je fronçai les sourcils, m'appuyant contre le mur, sans me faire voir. Pour le coup, ce qui se passait me sortait de ma distraction et j'écoutais pour de bon, avec une attention mêlée de curiosité. Alors, on s'apprêtait réellement à virer ce mec ? Putain… est ce qu'ils avaient fini par capter sa nature ? Je ne pris même pas la peine de réfléchir plus de dix secondes. J'avais toujours été du genre impulsif et puisque la porte était ouverte, ça n'était pour moi qu'une chaleureuse invitation à participer au débat. Chose dont je n'avais aucunement l'intention de me priver.

Je passai donc ma tête dans l'encadrement, dans une fausse timidité à oser imposer le reste de mon corps, toujours planqué derrière le mur. « Salut, ça va ? Hum » Non, en fait, ça n'allait pas. J'apercevais le patron, assis à son bureau, le regard sévère et impitoyable du type qui cherche à écraser son interlocuteur. En face de lui, rigide et digne, l'infirmer se tenait debout, accusant les reproches et les menaces comme un rocher soumis à la force des vagues. Ezra ne bougeait pas, je n'avais même pas entendu le son de sa voix, il n'avait même pas l'air de chercher à se justifier ou à plaider sa cause. Est ce qu'il était sonné ? Impressionné par la situation ? Ou peut-être trop bouleversé pour réussir à articuler le moindre mot pour sa défense ? Le chez esquissa un geste agacé en m'apercevant, redressant la tête vers moi dans une mine mécontente. « Oui ? » Me demanda-t-il sèchement. Visiblement, il s'était attendu à se débarrasser rapidement de cet entretien et la porte ouverte désignait juste la sortie à Ezra qui aurait sans doute dû filer comme le vent. Or il ne l'avait pas fait.

En deux pas, j'étais déjà dans la pièce, sans avoir pris la peine de demander à y être reçu. « Vous savez qu'on vous entend depuis le couloir ? » Le chef roula des yeux pendant que j'empruntai une expression grave. « Bon, j'peux pas faire semblant de rien, je suis sincèrement désolé de vous déranger comme ça. » Je ne l'étais absolument pas. « Mais avant que vous ne me disiez de sortir et de me mêler de mes affaires, écoutez au moins ce que j'ai à dire, par la grâce de dieu. » Ou du diable. « C'est une question d'honnêteté, je DOIS vous parler. » M'avançant aux coté d'Ezra, je plaçai une main chaleureuse contre son épaule, la frappant vigoureusement en signe de solidarité. Je me pinçai les lèvres avant de poursuivre, d'une voix concernée. « Alors, oui j'ai entendu que vous évoquiez certains collègues qui se seraient "plaint" de ce mec, mais laissez moi vous dire que je ressens tout l'inverse. Parce que oui, c'est important d'entendre aussi un autre son de cloche ! C'est ça la justice, la VRAIE justice, je veux dire. Donc voilà, Ezra est un type très sérieux qui fait son boulot avec un professionnalisme exemplaire, jamais de retard ni d'absence, toujours à son poste, toujours méticuleux dans tout ce qu'il fait. Vous l'avez reconnu vous même, son comportement a toujours été irréprochable ! Alors, vous n'allez pas vous laisser convaincre par quelques ragots, hmm ? Entre lui et moi, l'esprit d'équipe a toujours hyper bien fonctionné en tous cas, on s'entend au poil. Et ce n'est pas parce qu'un infirmier est un peu taciturne ou qu'il paraît plus froid qu'il bosse moins bien, au contraire ! Il est hyper bien concentré sur ce qu'il fait, voilà le truc. Si vous tenez en compte les plaintes de certains collègues trop sensibles, n'en faites pas une généralité. Voilà ce que j'avais à vous dire, monsieur, merci de m'avoir écouté ! »

Il n'avait pas eu le choix, de toute manière, puisque j'avais tenu le crachoir sans laisser à qui que ce soit le temps de dire ouf. Je renvoyai vers Ezra un regard confiant, sur une dernière tape dans le dos avant de reporter mon attention sur le chef. Il tirait une sale gueule mais à vrai dire, je l'avais toujours trouvé assez moche donc ça ne signifiait rien de plus pour moi. J'ignorais si ma harangue pourrait servir à quelque chose et permettre au dirlo de réviser son jugement concernant le licenciement d'Ezra. Ce mec était un foutu grognon qui possédait un caractère assez difficile et je devais avouer que malgré mes efforts, je n'avais jamais vraiment réussi à lui soutirer le moindre éclat joyeux. Toujours était-il qu'on avait notre deal, il avait accepté de ne pas me vendre lorsqu'il m'avait surpris en train de faire les poches à un patient. Et de mon coté, je n'avais jamais révélé à personne son inquiétant statut. Un deal était un deal alors j'allais jusqu'au bout et… advienne que pourra.



_________________
The Jackal comes, blood lust on his lips. He craves the dead, our lives in his grips. He's after our hearts, he'll chew and swallow. Blood pours from his mouth, our lives will soon follow. Death comes to those who wait, He feels this. Eyes wide. We try to run from our past, but the truth we cannot hide.
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MessageSujet: Re: Bad Dream [PV Mikkel]   Jeu 21 Avr - 22:48

Le silence engrange un embarras. Il ne se conjugue qu’au singulier parce que lui ne flanche déjà plus sous le regard accusateur que l’autre homme pointe sur lui. Cette vicieuse rage lui noue les tripes. Ces incroyables enchaînements de pacotille, ceux qui l’ont mené droit à la perte. Où dénicher un semblant de stabilité ? De quel côté regarder avant de traverser ? Sur chaque chaussée où il a posé le bout du pied, un véhicule l’a renversé. Tôt ou tard. Il n’atteint jamais le bas-côté. Il n’est jamais en sûreté, jamais rangé dans la marge comme tous les autres. Ces autres qui ont des rires gras et des sourires enjoués qui avancent, confiants, qui ne craignent pas la collision. Ceux qui marchent au lieu de courir, qui savourent le voyage. Qui ignorent  encore que la vie édulcore son goût pour duper. L’amertume se cale contre le palais du scandinave, les papilles se décomposent depuis des lustres désormais. Tout devient insipide. A commencer par le décor. Des nuances de gris pour cogner la rétine. Et aujourd’hui, du noir pour souligner la violence, un néant dérangeant dans lequel le norvégien peine à ne pas sombrer. La colère noie ses songes, l’héritage incertain de ses géniteurs disparus. Sa voix ne supporte pas son exaspération. Les sons n’affluent pas, il reste aphone. Aphone face à l’impatience d’un homme de plus en plus confus, de moins en moins rassuré. Il sent sa peur, il la laisse le contaminer d’un peu d’assurance. Il pourrait le menacer, ça fonctionnerait peut-être. Les poumons se gonflent d’air pesamment. Quand il expire, il réalise son raisonnement. Les frissons remontent son échine. Qu’est-ce qu’il devient ? L’équilibre menacé et déjà si proche de la rupture. Que va-t-il devenir une fois que tout aura vraiment volé en éclats ? Son anxiété est rattrapée par une nouvelle tonalité. Un coup d’œil avisé lui apprend qu’ils ne sont plus seulement deux à se toiser.

Mikkel déchire la tension, s’y insinue sans même s’en encombrer. Ezra lui a toujours envié cette nonchalance. Ses propos sont tout à fait malvenus, ils dérangent immédiatement le patron. Un énième contretemps à ce licenciement. Un énième perturbateur. L’infirmier fronce les sourcils et observe prudemment son collègue se placer au centre de l’attention. A quoi joue-t-il ? L’introduction à sa plaidoirie dérange les traits jusque-là fermés du damné. Il veut l’arrêter mais il n’a pas le temps d’articuler sa pensée. Une main s’abat dans son dos, il sursaute à moitié. Il n’est pas habitué à de tels élans de camaraderie et pour cause, on ne peut pas dire qu’il soit populaire, ni même sociable. Pas assez pour se faire des amis, il n'en veut pas de toute manière. D’un regard sévère, il tente de dissuader son allié d’infortune mais c’est peine perdue. Il l’entend aligner des arguments et bien vite, il ne sait plus s’il est agacé ou reconnaissant. Un mélange des deux, à part égale. Bien que pourquoi prendre sa défense ? On ne peut pas dire qu’il ait mérité que quelqu’un joue ce rôle. Surtout pas avec cet homme dont la relation ne repose que sur un chantage mutuel. Ou plutôt un pacte de confiance ? Il n’en sait rien. Trop souvent, le métamorphe a causé l’irritation de l’urgentiste, cherchant à forcer une amitié dont il n’a jamais voulu. Il n’a rien contre lui au fond malgré ses premiers aprioris négatifs. Non, il s’est même montré d’une loyauté étonnante. Trop exubérant pour lui sans doute, trop enjoué, trop... Trop. C’est ce que la seconde frappe contre son épaule souligne d’ailleurs. « C’était un beau discours M. Ievseï mais tout ceci ne vous regarde pas et votre avis n’a pas été réclamé. Retournez à votre poste. » déclare froidement leur patron. Désormais affreusement confus face à cette intervention impromptue et déterminé à ne pas laisser son acolyte surenchérir, le licencié se redresse juste le temps d’offrir ses derniers mots à son ancien employeur. « Merci de m’avoir offert cette opportunité. » D’un mouvement de tête raide, il salue une ultime fois son supérieur et sort non sans avoir attraper le bras du changeur au passage, convaincu qu’il ne se délogera pas de là tout seul et qu’il risquerait tout autant d’aggraver leur cas en reprenant la parole.

Une fois dans le couloir, il le relâche, fait quelques mètres de plus pour distancer l’entrée du bureau et fixe ses yeux dans ceux de son interlocuteur. Ses émotions s’emmêlent, projettent sur son faciès l’hésitation, la lassitude et surtout, l’incompréhension. Démantelé par le chaos, achevé par cette interruption inespérée, il ne sait déjà plus sur quel pied danser. « Je peux savoir pourquoi t’es intervenu ? T’as envie qu’il te vire toi aussi ? Tu n’avais pas à faire ça. » Sa voix se brise à mi-chemin. Le peu de contrôle qu’il possède s’émiette. Déjà noyé dans ses ennuis, déjà égaré dans sa mélancolie et écroué à sa maudite solitude. Du plomb sur les épaules et dans la poitrine. Comme pour rejeter ce mal être sur quelqu’un d’autre, comme pour justifier ce renvoi, pour être celui qui mérite d’être viré, celui qu’il a toujours été. L’ingrat ou plutôt le taciturne pour reprendre les qualificatifs de son sauveur. « Ça t’a amusé de te moquer du patron en employant de si grands mots ? Non mais par la grâce de Dieu, la justice, des ragots, tu t’es écouté parler ?  Laisse-moi rire, c’était digne d'une mauvaise comédie. On n’aurait pas pu déterminer si t’avais juste perdu la tête ou si t’essayais vraiment de m’aider. » Il ne veut pas miser sur sa sincérité. Il n’arrive plus à croire que ça soit encore possible. L’honnêteté. Encore moins qu’on la lui serve à lui.  C’est tellement plus simple de partir en mauvais termes, tellement plus facile de le repousser pour ne pas accepter la déception de cet échec et le vide qui se forme à chaque seconde un peu plus. Les paroles sont de plus en plus tranchantes, injustes. Elles lui donnent la nausée dès qu’elles outrepassent ses lippes. « L’un dans l’autre, je n’avais pas besoin de ton aide. C’était inutile de mentir pour me tirer de là. On sait toi et moi que je n’ai pas ma place ici de toute manière. Ton secret sera mieux gardé maintenant que je ne serai plus là. Tu devrais plutôt te réjouir, t’es libéré d’un poids, non ? »  Sa propre acidité le déroute. Il s’adosse au mur le plus proche en soupirant. Il se sent stupide. Extrêmement stupide.

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MessageSujet: Re: Bad Dream [PV Mikkel]   Mer 11 Mai - 15:29


« Certains diront que la loyauté inspire un espoir sans limite »



Ezra & Mikkel
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Je m'inclinai légèrement devant le patron, tel un acteur dramatique à la fin d'une pièce de théâtre. Bien évidemment que mon discours était beau, je ne le lui faisais pas dire ! Toutefois, force était d'observer qu'il n'avait servi absolument à rien jusqu'ici, ce qui était fâcheux mais qui ne me décourageait pas pour autant. Mon visage n'affichait pas la moindre déception et mon inclinaison de tête, faussement perplexe, ne trahissait qu'une arrogance nullement dissimulée. J'allais donc poursuivre sur ma lancée, sans avoir été refroidi d'un poil, et j'ouvrais déjà la bouche lorsque je fus interrompu par le principal concerné. L'infirmier lâchait l'affaire, dans une conclusion d'une sobriété déconcertante. Oh quoi ? Pour une fois qu'on s'amusait dans cet hôpital, il fallait déjà se tirer ? Je cédai pourtant au geste de mon collègue, qui m’entraînait déjà hors du bureau avec un empressement un peu nerveux. Après tout, si c'était ce qu'il désirait, je ne pouvais pas le contraindre à plaider sa cause plus que ça et je me laissai donc emmener avec grâce, saluant le chef d'un vague geste de la main.

Ezra s'évada avec prudence de la zone mortifère et je le suivis d'un pas leste dans le couloir, examinant son visage avec curiosité. Il semblait profondément las, ses traits semblaient marqués par une certaine fatigue, à moins qu'il ne s'agisse d'accablement. En même temps, il y avait de quoi être paumé dans cette situation, se faire virer n'était pas une chose très marrante, quelle qu'en soit la raison. Les questions ne manquèrent pas de fuser, de sa voix rude, rendue un peu plus vacillante par la tonne d'émotions qu'il semblait contenir. Je haussai un sourcil, faisant mine de réfléchir pendant que les mots d'Ezra me tombaient dessus comme des flèches. Je n'étais pas surpris par sa réaction brutale, je connaissais l'animal et son foutu caractère de dragon. Parvenir à m'entendre avec ce type était cependant un pari que je m'étais lancé à moi-même quelques mois plus tôt. J'aimais le jeu, j'adorais les challenges et il m'arrivait très souvent de m'auto-provoquer en me créant des défis aussi divers que bizarres. Et je comptais bien gagner celui-ci. Sur un sourire, je roulai un peu des yeux.

« Je t'en prie, mon vieux, c'est tout naturel, ne me remercie pas. J'aurais sûrement pu réussir à le convaincre si tu m'avais laissé continuer mais tu t'es montré si humble… Ah le respect de l'autorité hein, y'a que ça de vrai. »

D'accord, je me foutais de sa gueule et c'était pas sympa, compte tenu de sa situation. Le regardant s'adosser au mur, comme s'il avait besoin de soutien, je le rejoignis en y posant mon épaule, juste à coté de lui, le corps tourné dans sa direction. Son ingratitude et ses reproches cinglants ne me dérangeaient pas. A vrai dire, je les trouvais pleinement justifiés puisqu'il avait tout à fait raison : j'étais un fouteur de gens et oui, ça m'avait grandement amusé de me moquer du patron en surjouant à ce point. Je devais d'ailleurs me contenir pour ne pas afficher un franc rictus de chacal sur ma face. Bon, en fait, je ne me retenais pas tant que ça. Ma compassion envers les autres, bien que sincère la plupart du temps, n'empêchait pas le plaisir égoïste et parfois immature de m'amuser d'un rien. Ainsi, ma façon d'aider se voyait parfois entachée d'un humour lourdingue et parfois malvenu mais ô combien savoureux. Mais je préférais rire que d'afficher une mine attristée assortie de mots de réconforts niaiseux. La pitié, c'est chiant. D'ailleurs à sa place, si on avait fait mine d'en éprouver pour moi, j'aurais juste offert un grand coup de boule au premier gus qui serait venu m'emmerder alors que je morflais. Quand j'étais de mauvais poil, il ne fallait juste pas me parler et je comprenais donc Ezra, bien plus qu'il ne pouvait l'imaginer. Je secouai doucement la tête, reprenant du ton léger et chaleureux qui était le mien.

« Je suis intervenu parce qu'on est potes toi et moi, bien sûr ! » A force de le répéter, il finira bien par s'en convaincre. « Et non, je n'ai pas spécialement envie d'être viré mais si on se mettait à virer les gens parce qu'ils osent dire ce qu'ils pensent, avec tact et politesse, ce serait plus un hôpital mais une tyrannie. Faut pas déconner non plus. T'inquiète va, si tu veux, j'y retourne...»

En regardant Ezra, j'avais l'impression qu'il était sur le point de dégueuler. Son visage était un peu trop pâle et sans doute qu'il semblait encore plus austère et renfermé qu'à son habitude, ce qui n'était pas peu dire. De plus, j'étais sensible à sa façon de me parler en évoquant son éternelle solitude, celle du type qui n'a besoin de l'aide de personne, celle du pestiféré qui n'a sa place nulle part.  Il m'imposait d'ailleurs cet état de fait comme si j'en étais moi-même persuadé, me chargeant de pensées qui n'était pas les miennes comme pour mieux se convaincre de son isolement. Lui, il ne surjouait pas, ses émotions si rudes transparaissaient dans l'agressivité de ses mots. J'esquissai une légère moue lorsqu'il mentionna mon propre secret, à savoir ma tendance aux larcins. Avec son départ, je me débarrassais en effet du seul témoin connu de mes filouteries mais à dire vrai, je n'avais jamais considéré sa présence comme un poids. D'abord parce que j'étais trop désinvolte pour m'encombrer d'un tracas plus de cinq minutes et puis ensuite, parce qu'on avait ce deal. Ma moue reprit la forme d'un sourire en coin tandis que je poursuivais.

« Okay, j'avoue, mon intervention c'était du lourd. Si j'avais pu deviner plus tôt que t'allais te faire virer, j'aurais employé des moyens plus subtils et j'aurais trouvé l'occasion de travailler le chef au corps. Mais bon, là, j'ai dû improviser, c'était chaud. Hé je savais même pas dans quels ennuis tu étais ! T'aurais dû m'en parler hein, on aurait pu élaborer une stratégie pour éviter que ça dégénère. Ça aurait été du grand art, dommage. Enfin ! »

Malheureusement pour Ezra, ses rebuffades ne m’atteignaient pas le moins du monde. La susceptibilité ne faisait pas partie de mes défauts, les insultes et les piques de tous les styles glissaient sur moi comme l'eau sur les plumes d'un canard. Sauf celles de mon père mais c' était une autre histoire. Autre manque de bol pour l'infirmier, j'étais également extrêmement obstiné et je n'étais sûrement pas prêt à laisser tomber. Ainsi, il pouvait toujours m'envoyer me faire foutre, je lui offrirai néanmoins toujours le même visage faussement candide, respirant la fraîcheur et l'innocence. Je n'avais pas relevé ses dernières paroles concernant mon sois disant soulagement, ignorant superbement ses provocations. Le détromper là dessus ne se ferait pas si facilement, surtout pas dans ce couloir, entre deux portes et j'en étais bien conscient. Pour réussir à échanger une conversation plus amicale avec ce mec, il faudrait installer une ambiance plus propice à la confiance, plus sereine et bien sûr, moins stressante que cette scène où il se sentait si peu à sa place. Je me redressai donc pour me placer face à lui et me laisser à lui faire une proposition qui venait juste de naître dans mon esprit.

« Bon. Manifestement, t'as pas envie de te battre pour garder cette place. Si tu te fais chier ici, je peux le comprendre et quelque part, c'est sans doute mieux pour toi ! Alors, voilà ce que j'te propose. Je finis bientôt. Alors le temps que tu ramasses tes affaires, je termine et puis on s'en va fêter ta libération… J'te promets que je connais des endroits extra. Ça attise ta curiosité hein, avoue ! »

Connaissant l'énergumène, il risquait plus que probablement de refuser et je m'y attendais plus que jamais. Mettant mes poings contre mes hanches, je l'observais en réfléchissant à la manière de le convaincre plus efficacement.

« Sérieux, mec, ça me dérange pas que tu sois d'une humeur de dogue. Si tu veux qu'on s'en aille cracher ensemble sur les connards qui dirigent cet hôpital, je t'y accompagnerai joyeusement. Ce genre de truc, c'est plus marrant à deux que tout seul, non ? »




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MessageSujet: Re: Bad Dream [PV Mikkel]   Ven 13 Mai - 2:47

Les mondes s’entrechoquent, déraillent sous l’affluence de forces contraires. Depuis le début, les différences sont notables, assez criardes pour qu’ils n’aient nul besoin de les souligner de quelques paroles bien pensées. Tout les sépare du caractère à la moralité. Dès le départ, Mikkel a provoqué une sorte d’admiration et d’agacement entretenu chez Ezra. La première conséquence fût sans le moindre doute la plus tardive à poindre. De façon bien singulière, le changeur possède bon nombre de qualités que le norvégien ne pourrait acquérir ou a perdu au fil du temps. Il lui envie sa capacité de détachement, sa nonchalance et cette sorte d’optimisme, semblerait-il, à toute épreuve. C’est du moins ce qu’il a cru percevoir chez lui. Enjoué, insolent, le brancardier se tient de toute évidence à l’autre bout du monde dans lequel l’infirmier est perpétuellement piégé. Dans ce contexte politique, au milieu de cette apocalypse, l’urgentiste ne remettra pas vraiment en cause les épreuves que cet homme a sûrement dû traverser comme tout citoyen de cette ville. Et pourtant, il ne peut s’empêcher de le penser suffisamment fourbe pour arranger les réalités à sa convenance, pour avoir surmonté ou peu ressenti les difficultés rencontrées. N’est-il pas le genre de personnage à se sortir de toute situation difficile d’une pirouette ? Qui ne se préoccupe pas des autres, pas du reste et vit sans jamais s’encombrer d’une opinion, sans chercher à gagner une estime ? Rien ne l’atteint, rien ne peut écailler ses sourires dissipés. Une force de caractère que le scandinave ne peut que saluer. Il n’en possède même pas la moitié. Et même si ce chapardeur l’irrite par son attitude, la jalousie s’invite trop souvent dans cette contrariété permanente. Tout autant que le mystère que son interlocuteur entretient sur ses réelles motivations. Le damné ne peut se résoudre à le prendre réellement sérieux sur cette prétendue amitié qu’il paraît rechercher. Il ne voit pas ce qui l’encouragerait ou lui donnerait ne fusse que l’envie de partager le moindre instant avec lui.

La proximité soudaine de son ancien collègue le dérange. Cette sensation de suffocation permanente, éprouvée depuis la sortie de l’arène, s’amplifie dans le manque de distance pris avec autrui qu'elle soit concrète ou simplement psychique. Ses inspirations se font pesantes. La fatigue l’oblige à courber un peu plus les épaules. Tellement d’erreurs alignées, tellement de questions pour la suite. Il n’arrive pas à réfléchir, parasité par son affliction et par la langue trop pendue de son comparse. Son discours acide n’aura pu éroder cette assurance manifeste, il n’a même pas réussi à l’ennuyer suffisamment pour que lui aussi ait envie de répliquer avec autant d'agressivité. Quand bien même son acolyte se montre impertinent ou use de sarcasme. Est-ce qu’il ne peut s’empêcher de jouer un rôle ? C’est ce qui a toujours déstabilisé le nordique. Il n’a jamais  réellement pu le cerner. « Excuse-moi, c’est sûr qu’en mentant effrontément comme tu l’as fait ou mieux en s’emportant, on obtient gain de cause. T’as juste gaspillé ta salive. Je ne vois pas pourquoi je devrais te remercier, je ne t’ai jamais demandé de venir intervenir. » N’était-ce pas déjà assez humiliant comme ça après tout ? Sans témoin. « T’es d’une naïveté époustouflante, dis-moi. Jusqu’à preuve du contraire, il y a une hiérarchie ici et je suis désolé de t’apprendre que tu ne peux pas toujours dire ou faire tout ce qui te passe par la tête. C’est déjà surprenant que tu sois encore là quand on voit les libertés que tu te permets. » Le provoquer, l’obliger à sortir de ses gonds. Ce n’est déjà plus que de ça qu’il s’agit. Cette attention que le métamorphe lui porte, érafle un peu plus l’estime qu’il a de sa propre personne, dérange les résignations du monstre qu’il a toujours été.

Le discours de son allié d’infortune lui arrache de nombreuses grimaces. Il retient ses commentaires durant un certain temps, fait semblant de ne pas voir ses expressions grotesques qui n’amènent que plus d’antipathie à son égard. La conclusion à cette conversation sans sens, le désarçonne. Captif de sa vulnérabilité et définitivement, happé par son instabilité, il divulgue durant plusieurs secondes sa surprise, la placardant à son visage crispé. Il ne comprend pas sa démarche et l'associe très vite à une curiosité mal placée. «  Je n’ai pas envie de cracher sur qui que ce soit. Il faisait juste son boulot. » répond-t-il alors sèchement en cherchant à se redresser autant que possible pour paraître moins misérable. « A quel point est-ce que tu prêtes attention à ce qu’il se passe autour de toi, hein ? T’es le seul à ne pas avoir anticipé mon renvoi et de toute évidence, t’es le seul à ne pas savoir ce que j’ai fait. C’est la seconde fois que je me fais choper pour meurtre en moins de deux ans. Tu crois que ça les intéresse de conserver un assassin pour soigner des gens ? » Dire qu’il se fait virer pour les deux seuls meurtres qu’il n’a pas commis. Cette ironie lui arrache abruptement un rire nerveux, macabre et tout aussi sûrement, triste. Quand il retrouve son sérieux, il se tourne vers Mikkel. « Alors je t’ai fait passer l’envie de me parler, pas vrai ? Tu peux faire comme tous les autres, Mikkel, détourner le regard et prétendre que j’ai jamais mis les pieds ici. De toute façon, il n’y a rien à fêter, je me retrouve sans le moindre boulot, avec une réputation de merde et une foutue... » Dette. Ca lui a presque échappé. La dette que Kyran a contractée pour le tirer vivant de l’arène. Celle qu’il ne va jamais pouvoir rembourser maintenant qu’il est privé de son travail. Sa main glisse contre son front moite. Il déteste se donner en spectacle, se lamenter en public. Surtout devant une personne qu’il ne peut ni vraiment détester, ni totalement apprécier au point de lui céder sa confiance. La confusion transforme à nouveau ses mots en attaque. « Puis c’est quoi ton problème à la fin ? T’as quelque chose à me demander ? Un service peut-être ?  Tu me défends sans mesurer les conséquences, tu me proposes de prendre l’air avec toi. Tu joues le bon samaritain du reclus ? T'aimes juste aller à contre courant ? Tu cherches juste à te foutre de ma gueule ? » L’offensive s’arrête nette, abruptement. Sa voix se fait murmure. Comme un dernier souffle, une dernière envie de le croire sans doute. De penser qu’il s’intéresse vraiment à son cas quand personne d’autre ne s’en encombrerait. « Pourquoi ? Pourquoi tu fais ça ? » Le doute se dissipe aussi vite. Qui voudrait réellement se pencher sur ses ennuis et l’aider à s’en détourner ? Sûrement pas ce voleur qui a tout de l’arnaqueur et rien de l'honnête.

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MessageSujet: Re: Bad Dream [PV Mikkel]   Mar 24 Mai - 15:36


« Certains diront que la loyauté inspire un espoir sans limite »



Ezra & Mikkel
featuring

J'avais souvent remarqué que notre façon d'occuper l'espace en présence d'autrui dépendait du caractère et sans doute des humeurs de chacun. Personnellement, j'avais toujours eu tendance à me montrer trop proche des autres, motivé par ma nature chaleureuse et tactile, j'y allais franco, avec toute la spontanéité qui m'était propre. Je parlais beaucoup, je me mêlais de ce qui ne me regardait pas, j'étais envahissant. Peut-être que je ne m'en serais jamais rendu compte si je n'avais pas été souvent rabroué par certains, choqués que je m'impose trop brutalement dans leur périmètre de sécurité. C'était un phénomène psychologique très intéressant et depuis que j'en étais conscient, je m'amusais à l'observer chez les autres. Dans la situation actuelle, je m'étais naturellement rapproché d'Ezra, sans vraiment réfléchir, pour me poser tout près de lui contre le mur du couloir. Et c'était en observant les signaux de son corps qui se courbait sur lui même, sa manière si difficile de respirer, que je me rendais soudain compte que nos postures coïncidaient parfaitement à nos caractères : lui en retrait, moi en avant. Amusant, non ? Si j'étais très attentif à autrui, cela ne me motivait pas pour autant à reculer, soyons clair, indisposer ce pauvre garçon ne me gênait nullement. J'avais probablement envie de provoquer quelques réactions chez lui. Sans doute n'avait-il pas l'habitude de cela parce que, inconsciemment, la distance va être différente selon l'image qu'on se fait de l'autre, on se place plus loin d’une personne si l’on est préalablement avertie qu’elle est plutôt froide et inamicale comparativement à une personne que l’on nous a préalablement  décrite comme chaleureuse et amicale. La réputation d'Ezra creusait donc naturellement l'écart entre les autres et lui-même, dans un cercle vicieux des plus toxique.

Je songeais à tout cela en l'écoutant me répondre ou plutôt me cracher ses commentaires. Je me contentai de hausser un sourcil sarcastique lorsqu'il me fit la grâce de m'offrir sa vision de la hiérarchie. Ah oui, je ne peux pas toujours faire ce que je veux ? Merde alors. Mais je vais continuer à le faire quand même, tiens. Un sourire s'étira sur mes lèvres lorsqu'il évoqua sa surprise que je garde ma place en dépit de mes manières sois-disant trop libérales. L'envie de lui confier d'un ton serein que je couchais pour réussir me chatouilla le palais. C'était faux bien-sûr, je n'avais pas eu besoin d'offrir mes fesses pour obtenir - ou même conserver- ce  job merdique, encore heureux. Mais ça aurait été marrant de voir la tête qu'il aurait tiré à cette annonce. Cependant, je préférai garder cette connerie pour moi, me marrant intérieurement en le laissant poursuivre dans un simple haussement d'épaules. Sa surprise face à mon invitation se peignit nettement sur ses traits emprunts de lassitude. Pour ma part, la sécheresse de son ton ne m'étonna pas venant de lui, je ne m'attendais pas à ce qu'il accepte de me suivre si facilement. La partie n'était pas gagnée d'avance et c'était ce qui rendait le jeu encore plus exaltant. Cependant, je n'étais pas vraiment préparé à ce qu'il m'asséna, se redressant de toute sa hauteur pour laisser échapper un rire aussi sinistre que désenchanté. Un assassin…

« Woh...merde Ezra, mais attend... p'tain… ouais, j'aurais dû me douter que ça arriverait...» Non, je ne le savais pas. Ma distraction était vraiment décoiffante à ce point pour que je passe à coté d'une info pareille ? Il fallait croire que ma technique de penser à autre chose pendant qu'on me parlait fonctionnait un peu trop bien. Pourtant c'était vrai, j'aurais du me douter qu'il finirait pas se faire choper, tout comme je l'avais fait moi-même, ce jour là. Mais si la nature d'Ezra le poussait à voler l'énergie des gens, il ne se servait que sur des mourants, du moins c'est ce que j'avais cru constater. Jamais je ne l'avais considéré comme un psychopathe et si les soupçons du dirlo étaient véridiques, je pouvais à présent comprendre la raison pour laquelle il ne cherchait pas à se défendre. Même si, sans preuves, il aurait pu tout nier en bloc, le risque de se retrouver en taule ou pire, d'être exécuté, devenait de plus en plus périlleux.

Je fronçai les sourcils, le visage un peu plus grave en le regardant se retourner vers moi et poursuivre sur sa lancée sur le même ton agressif, son regard vacillant quand il s'abandonna à trop se dévoiler. Ainsi, il me donnait l'autorisation de me détourner de lui, pire, il m'ordonnait de le faire, un peu comme dans une séance d'auto-destruction où il exhorterait les autres à le rejeter avec un enthousiasme morbide. Je me grattais doucement la joue, un peu méditatif, mais Ezra ne me laissa pas l'opportunité de prononcer quoique ce soit. Sa colère avait l'air de le doper d'une énergie nouvelle lorsqu'il me balança un flot de questions cinglantes qui ne firent que me démontrer l'intensité du bonhomme que j'avais en face de moi. Je devais avouer qu'il m'épatait parce qu'il dépassait de très loin le niveau de difficulté auquel je m'attendais et j'écartais doucement les bras en signe de paix. Je ne cherchais pas à l'interrompre, s'il avait besoin de gueuler, ça ne pourrait lui faire que du bien mais par contre, je n'avais aucune envie de me lancer dans un débat houleux sur mes motivations. Le laisser me placer dans le rôle de l'accusé n'aurait servi à rien et je laissai donc passer l'orage en enfonçant mes mains dans les poches de ma blouse, le visage toujours serein. Il s’interrompit tout net de lui même et lorsqu'il reprit, de ce ton plus bas et hésitant, je sentis dans cet instant de flottement une minuscule possibilité de véritable dialogue. Envisagerait-il de me faire confiance, l'espace d'une micro seconde ? Peut-être...

Je plissai les yeux d'un air circonspect, faisant mine de réfléchir intensément avant de secouer la tête. « Parce que ? » Genre, "parce que", c'était toujours une excellente réponse, celle que les gosses offrent à l'école maternelle pour clore un débat. Même pas honte. J'inclinai la tête avant de reprendre.

« Bon. Comme tu vois j'suis toujours là et tu ne m'as pas fait passer l'envie de te parler, pas de bol pour toi. Pourtant t'y as mis du tien, j'avoue. T'es coriace, tu l'sais ça ? Allez, sans déconner, viens on avance, on va pas rester plantés dans ce couloir, non ? »

Dans un geste impulsif, je sortis ma main de ma poche pour m'avancer d'un pas vers lui et la  poser contre son épaule, tout bonnement. J'allais poursuivre sur ma lancée et l'entourer carrément de mon bras, dans le but de l’entraîner à marcher dans le couloir. J'avais cependant à peine esquissé mon geste que je me retins in extremis, levant les mains en l'air comme un voleur pris en flagrant délit par la flicaille. Faudrait pas que je me prenne un pain dans la face, non plus. « Oups ! C'est bon ! Me casse pas la gueule tout de suite, je tiens à mes dents !» Je reculai d'un pas vers le couloir, espérant l'encourager à me suivre par un signe léger de la main. Il n'avait pas réellement le choix de toute façon puisque c'était la direction des vestiaires et qu'il serait obligé d'emprunter cette voie. Il n'allait pas moisir ici tout de même ! « Marcher, c'est bon pour la circulation et les idées. Ça me laissera le temps de te convaincre… à moins que tu n'aies décidé de planter ta tente ici ?  Hum. »

Moi-même, ça m'aurait un peu emmerdé de rester sur place et de montrer ostensiblement que je flemmardais. On risquait quand même d'attirer l'attention à discuter comme ça en plein milieu d'un couloir. J'étais censé bosser moi, ne l'oublions pas et, Ezra avait beau dire, j'essayais autant que possible de ne pas me foutre mal vis à vis de la direction ou de recevoir un blâme pour fainéantise ou manque de rigueur. Si je marchais dans les couloirs, je pouvais toujours prétexter me rendre quelque part dans le cadre du boulot. Poussant le vice jusqu'à ramasser une charrette abandonnée, je m'auto-attribuai la tâche d'aller la ranger à l’accueil, ce qui m'occuperait les mains joliment et me donnerait l'air occupé. Me tournant vers l'ex-infirmier, je repris d'un ton plus sobre, bien que non dénué d'une bonne charge d'ironie. « Tu n'as qu'à me prendre pour le chevalier blanc, armé de sa naïveté sans limite et de sa foi en l'humanité. Et puisque tu n'as pas envie de cracher sur notre brave patron, on pourra brûler un cierge à sa toute puissance... » Je levai les yeux au ciel d'un air de dévot inspiré avant de retourner mon regard vers lui. Dur de m'empêcher de déconner mais tout de même, un peu de sérieux. Ainsi, je lui offris une expression plus posée, attendant qu'il me rejoigne.

« Sincèrement Ezra, j'ai rien à te demander. Des fois, faut juste pas chercher midi à quatorze heure, j'te propose de sortir parce que j'en ai envie et voilà, parce que j'aime bien discuter, connaître de nouvelles personnes, savoir comment les gens fonctionnent et tout ça. Et puis,  j'pense que c'est mauvais pour toi de te renfermer à ce point alors que j'suis sûr que tu gagnerais à être connu et que t'as pas de raison de morfler tout seul dans ton coin, en prenant un malin plaisir à justifier ta réputation de vieil ours mal léché ! C'est dingue quand même comme tu t'obstines à t'ancrer dans ce rôle mais j'ai pas envie de t'y encourager, désolé ! » Et parce que le candide plaisir tout simple de réconforter autrui était tellement beau, cela fleurait bon le parfum des pâquerettes ce que je racontais. Il y verrait certainement du foutage de gueule avec sa foutue paranoïa et je ne lui en aurais même pas tenu rigueur. Je méditais quelques secondes sur ce qu'il m'avait dit avant de poursuivre. « Possible que j'aime aller à contre-courant, j'en sais trop rien. J'avais pas vraiment pensé à ça mais la question est interpellante… » Je haussai les épaules, je n'avais pas l'habitude d'analyser mes propres comportements, pas besoin. « Mais tu t'en fous de mes motivations dans l'fond non ? Quelle différence ça fait, je pourrais pas t'apporter plus d'emmerdes que t'en as déjà alors tu risques quoi à prendre un verre avec moi ? Tu risques juste de pas te morfondre tout seul, voilà tout. » J'esquissai une légère moue, faussement désapprobatrice avant de reprendre, d'un ton plus léger. « Tu l'sais bien qu'on est pote, dans l'fond de toi-même. Tu l'avoueras bien un jour, va. »

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MessageSujet: Re: Bad Dream [PV Mikkel]   Mer 8 Juin - 0:59

Les quelques malheureuses carcasses défilant dans ce couloir, ne s’arrêtent jamais, elles continuent d’avancer sans s’attarder réellement sur la présence des deux protagonistes. Ezra pose ses yeux sur les silhouettes mouvantes sans vraiment les voir. Il sait qu’elles sont là à remuer en tout sens, à prêter une oreille distraite parfois à la conversation insensée qu’il mène avec Mikkel. Il sait que les quelques personnes à connaître son identité et son crime, le dévisagent dès qu’il détourne son attention. Il sait que le cycle se répète. Après son premier passage en prison, le quotidien ressemblait à cela. Le job en plus. Cloitré dans les bureaux, un infirmier déchu de sa tâche la plus élémentaire, relégué au rang de secrétaire, traitant des dossiers des patients. Ce métier n’a jamais été vraiment une vocation et de bien des façons, personne n’a dû comprendre ses motivations. Aucune fibre sociale, aucun besoin viscérale de venir en aide à autrui, de les apprécier, de se sentir valoriser par cette activité. Elle est juste aisée car ne nécessite que la connaissance et la concentration, une bonne maîtrise de son sujet. Le premier moteur n’a pas été l’argent cependant comme il pourrait le laisser croire. La rédemption tout de même. Après la violence perpétrée en revêtant l’uniforme de la milice, il a fallu se pencher sur la guérison. L’opposé, pour croire améliorer ce qui s’est déjà trop détérioré dans le temps, dans l’absence, dans les douleurs à multiplier. Dans cette nature qui prend assez de place pour l’obliger à craindre ses humeurs. A chaque battement, la terreur côtoie l’imprudence. Assez instable pour jeter des coups d’œil nerveux à l’ombre s’aplatissant contre le carrelage de l’établissement hospitalier. Assez réaliste pour ne pas se faire confiance. Peut-être qu’ils ont raison. Il est trop dangereux pour continuer à errer dans ces lieux. Mais pas pour les motifs invoqués. Il est pire que ce qu’ils pensent. Bien pire.

L’infirmier se sent incroyablement satisfait d’avoir réussi à déstabiliser son acolyte. Cette sensation de victoire finit cependant par se flétrir très vite. Il se sent alors tout petit, si petit qu’il doit se forcer à redresser la tête pour ne pas la laisser rencontrer le sol abruptement, trop facilement. Il y a si peu de distance entre lui et le plancher qu’il sent déjà la gravité l’interpeller dangereusement. Des vertiges le surprennent tandis que la réplique adverse fait tanguer un peu plus l’endroit autour de lui. « Te douter de quoi ? Que j’allais butter quelqu’un ? Parce que j’avais tout du profil de psychopathe ? C’est ça ? Merci de souligner les évidences, Mikkel. Merci beaucoup. Je sais très bien ce que je suis. » Aboie-t-il férocement avant de s’accrocher plus brutalement à la paroi qui le retient d’une chute mal venue. Pas assez nourri, pas assez dormi. Une carence généralisée. A commencer par cette humanité refoulée, détruite. Un constat simple évoqué par la surprise avouée de son vis-à-vis. Un énième jugement à encaisser et la honte plus vorace pour dévorer l'expression, les entrailles. Il déguise les ombres, les habille d’un mépris qu’il crache toujours plus effrontément. S’il s’arrête de crier, s’il délaisse la haine, il tombe. S’échoue et finit en morceaux. Tout ce qu’il lui reste, c’est ce sentiment pour le maintenir encore debout, pour l’obliger à perpétuer cette mascarade. Toujours plus facile d’écarter les autres que de cueillir leurs attentes pour ensuite, les décevoir. Lassé de devoir supporter les états d’âme des autres sur son propre comportement. Épuisé de se justifier. Il pense en voyant le métamorphe relever les mains qu’il n’osera rien répliquer, qu’il finira même par partir. Mais comme d’habitude, le jeune homme le surprit.

Pas de peur, pas de dégoût, le changeur n’a même pas adapté sa posture, n’a pas réarrangé ses traits. Il est resté le même. Cette réaction déstabilise un peu plus le damné. D’autant plus perplexe quand sa main se pose sur son épaule. Ne devrait-il pas prendre ses jambes à son cou ? La passivité soudaine de l’urgentiste le prive de tout recul, il ne rejette même pas la paume qui s’est échouée là et accuse l’anticipation adverse avec incompréhension. Un peu déboussolé, il s’écoute délier une vérité insensée. « Vous avez tous un souci avec l’instinct de survie dans ce foutu hôpital ! » Il pense à Ellie et Enya qui partagent assurément le goût du risque de Mikkel. Ses paupières basculent tandis que sa voix supporte à peine son discours. « Enfin au moins, t’as eu un léger sursaut de bon sens pour une fois. Même si je ne comprends toujours pas pourquoi tu t’acharnes. Je viens de te confirmer que je suis une pourriture. T’es même pas capable de me fournir une explication valable. T’as fait un pari avec quelqu'un ou quoi ? » Sa détermination flanche autant que son enveloppe corporelle se recroqueville sur elle-même. Il observe distraitement son comparse remuer, s’attribuer soudainement une tâche. « Qu’est-ce que tu fiches ? » La question devient déjà un murmure. Ses forces l’abandonnant tandis qu’un soupir lui échappe tout aussi sûrement. « Je ne crois pas aux héros. Et encore moins à la charité, générosité ou appelle ça comme tu veux. » La nuque se redresse, le crâne rencontre le mur. Le monologue de son interlocuteur lui dérobe toute son attention abruptement. Cette candeur le désarçonne une fois de plus, fait naître une nouvelle onde de rage sous sa peau. « Mais c’est quoi qui tourne pas rond dans ta tête ? Tu sais que je suis dangereux. Tu sais pertinemment que je ne peux rien t’apporter. Tu te prends pour un psy ou quoi ? C’est ton trip de décortiquer la cervelle des gens ? » Cependant, la hargne déserte plus vite encore que précédemment. « De toute manière, je ne veux et ne peux pas boire. Tu sais ce que je suis… » Le métabolisme fracassé par le virus, la nourriture devenant cendre contre la langue. Et de toute manière, il refuse de se retrouver dans un bar, à côtoyer des soulards qui ne lui rappelleraient que sa désastreuse enfance. Il a toujours peur de replonger dans ces vices, de les emprunter à son père trop violent. Un frisson d’effroi le parcourt à cette idée.

Il se décolle progressivement de son point d’appui, les mains moites, le cœur désarticulé par la confusion. « Je m’en fiche pas de savoir ça, non. Je ne te comprends juste pas mais je devrais peut-être arrêter d’essayer. On n’appartient pas au même monde. Tu n’as rien à gagner à traîner avec moi. Tu risques de salir ta réputation ici aussi. » De simples constatations qu’il est déjà usé de répéter. L’obstination de son opposant a raison de lui juste un bref instant. « T’es pas censé travailler là en plus ? T’as vraiment aucune conscience professionnelle. » déplore-t-il en ayant pourtant déjà baisser d’un ton. En débutant sa marche, il s’entend lui demander un service. « Aide-moi à trouver un carton pour rassembler mes affaires si tu veux te rendre utile. Mais ne compte pas sur moi pour me morfondre sur ton épaule. » Trop faible pour fouiller tout l’établissement. Déjà pour avancer, sa démarche se fait de plus en plus hasardeuse. Il n’ose pas compter le nombre de jours le séparant d’un vrai repas en énergie vitale. Il ignore comment il fera maintenant pour parvenir à combler ces besoins oppressants, cette faim entêtante qui l’insupporte. « Puis si t’es si dévoué, pourquoi pas pousser le vice à me filer de ton énergie, t’as l’air d’en avoir à revendre. » ironise-t-il alors après s’être assuré que personne ne les observait ou ne hantait le couloir. Sans lui laisser le loisir de répliquer, il vacille dangereusement vers les vestiaires, conscient de perdre en force de seconde en seconde. Cette confrontation a brisé le peu d’apparences qu’il a réussi à mobiliser. Des failles dans lesquelles il serait mal avisé de laisser Mikkel s’insérer.

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MessageSujet: Re: Bad Dream [PV Mikkel]   Mar 21 Juin - 17:27


« Certains diront que la loyauté inspire un espoir sans limite »



Ezra & Mikkel
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Il ne fallait pas être devin pour comprendre à quel point Ezra souffrait de son statut. La pâleur de son visage semblait soudain s'accentuer et s'il ne bénéficiait pas du soutien du mur, j'aurais parié qu'il se serait écroulé au sol. Sous ma surprise, j'avais en effet laissé échapper des commentaires qui l'avaient profondément heurté et je m'en rendis compte en le voyant réagir de façon si féroce. Car il avait beau fulminer, ce n'était pourtant pas sa colère qui me frappait le plus parce que, au-delà de ses mots, je percevais la douleur qui s'accrochait à ses prunelles et qu'il exprimait avec une impulsivité crue. Non, son regard n'avait rien d'un psychopathe. Mais si les collègues qui nous lançaient des regards clairement méprisants le considéraient comme tel, j'imaginais sans peine qu'Ezra me foutait dans le même sac qu'eux. C'était logique. Quand un mec clame des affirmations telles que : "je suis un psychopathe, détestez-moi", les gens se contentent d'obéir avec une saloperie de docilité. Mais les gens sont des moutons et l'effet de groupe y est pour beaucoup.

De mon coté, je sentais instinctivement que s'il gueulait comme ça, c'était par fierté, parce que la colère valait toujours mieux que d'exposer sa faiblesse. C'était ce que j'aurais fait à sa place, sûrement. Cependant, je renonçai à détromper Ezra en lui expliquant que ce n'était pas ce que je voulais dire. Il était rare que je me soucie de vexer ou de blesser les gens et encore pire quand ce n'était pas volontaire. De toutes façons, ce type n'était pas du genre à apprécier que je lui fasse un gros câlin pour le réconforter, fallait pas déconner. En voyant sa mine interloquée suite à mon esquive anticipée, je ricanais sans m'en cacher, surfant joyeusement sur la vague d'ironie, aussi amère soit-elle. « Parce que tu connais d'autres kamikazes qui ont déjà essayé de te tripoter ? Faudra me présenter, entre héros on pourrait former un club. Mais ouais, ça m'arrive d'avoir du bon sens une fois par décennie mais ça dure jamais longtemps, t'en fais pas pour ça. Allez, cherche pas à comprendre, va ! » J'inclinai la tête de coté dans une petite moue. « Y'a aucun pari, t'es fou ? Comme si c'était mon genre... » Je n'étais pas un mouton. Mais toute mon empathie ne m'empêcherait sûrement pas d'être moi-même. Moi j'étais un chacal. On se refait pas.

Sur un sourire rayonnant, j'empoignai donc la charrette en haussant les sourcils à sa question candide. Ce que je fichais, il le voyait bien non ? Je bossais, comme le brave brancardier soucieux de l'ordre que j'étais. Pendant un moment, je crus qu'il allait rester là, que ses membres n'auraient pas la force de se mettre en branle et de l'arracher à son immobilité. On aurait dit qu'une charge invisible pesait sur ses épaules et le forçait à garder ses pieds ancrés dans le sol, à courber son dos sous ce poids trop lourd qu'il portait tout seul, sans accepter l'aide de qui que ce soit. J'ignorais si sa fatigue était liée à son état physique ou mental mais si je lui avais posé la question, m'aurait-il répondu ? Rien n'était moins sûr. En tous les cas, il avait eu l'air de m'écouter, son regard chargé de méfiance s'attachait au mien qui restait toujours si rieur et désinvolte. Je me contentai de hausser les épaules suite à ses affirmations pessimistes. « Y'a aussi des gens qui ne croient pas aux fantômes, à l'astrologie ou à Dieu. Chacun ses croyances, mon frère. »

En voyant Ezra frissonner, je ne parvenais pas vraiment à déceler s'il allait faire un malaise ou me gueuler d'aller me faire foutre. Il semblait prêt à faire les deux et je me préparais déjà à lui proposer de s'installer sur la charrette. Puisqu'elle était là et qu'elle était vide, autant qu'elle serve après tout ! Mais quelque chose me disait qu'il prendrait mal ce genre d'invitation. Je levai les yeux au ciel à sa nouvelle salve où se mêlait rage et méfiance. Il n'avait pas tort dans un sens, tiens. Peut-être bien que c'était mon trip de réussir à comprendre la manière dont fonctionnait les gens, surtout ceux qui étaient très différents de moi ! Je méditais un peu là-dessus dans un demi rictus, le voyant à nouveau évoquer son statut qui l'empêchait désormais de consommer les mêmes trucs que les humains. Merde alors, j'avais pas pensé à ça et pourtant je le savais bien vu que mon propre grand-père était un mangeur d'énergie… Mon sourire se transforma en légère moue avant que je ne secoue la tête, retrouvant rapidement mon air jovial.

« Ouais, j'avais oublié ça… Pas grave, je boirai pour deux, c'est sacrément pas un problème pour moi. Et sinon, t'avoueras que c'est plus cool d'être psy que brancardier ! Par contre, tu te trompes, je ne décrète jamais qu'une personne ne peut rien m'apporter de prime abord, je suis trop machiavélique pour ça. Faut jamais rien laisser au hasard, peut-être bien que je pourrai profiter de toi un jour ou l'autre. Je suis un mec intéressé ET intelligent qu'est ce que tu crois toi. » Je pouffai dans un rire grave volontairement accentué avant de soupirer. « Mais non, j'déconne. J'suis juste un mec maso qui adore fréquenter les pourritures. »

J’agrandissais le regard, appréciant qu'il daigne enfin se mettre en branle et se décider à bouger. Il m'avait dit qu'il ne se fichait pas de connaître mes motivations et c'était bien ce que j'avais cru remarquer. Ezra semblait déterminé à essayer de me comprendre, sans doute à cause de son extrême méfiance. A quel point ce mec avait dû être trahi ou morfler dans le passé pour en arriver à se tenir sur le qui vive à ce point là ? Il essayait encore de me décourager, comme s'il voulait m'épargner, comme si ça le tracassait que je ne gagne rien ou que je risque de m'attirer une sale réputation. Je me contentai de le regarder dans un sourire en coin avant de m'esclaffer à sa remarque suivante. Décidément, tous les arguments étaient bons pour essayer de me convaincre de l'abandonner !

« Tu t'inquiète trop pour mon bien-être, mon ami. Et pour le boulot, j'crois qu'ils vont réussir à survivre sans moi t'sais, c'est pas comme si tout l'hosto allait se bloquer parce que le fichu brancardier n°78 était introuvable. » J'avançai donc en m'adaptant à la démarche fatiguée d'Ezra dont la voix me paraissait tout de même un poil moins rude. Peut-être qu'il avait la gorge sèche. A moins qu'il ne se soit lassé de me repousser. Mon sourire s'élargit en l'entendant me proposer de l'aider, de sa manière bourrue, bien à lui. Alors comme ça, il m'ouvrait une petite porte, l'air de rien, ce qui ressemblait bien à une victoire ! A la bonne heure ! Je conservai cependant un ton sobre, opinant du chef dans un simple : « Pas de souci. » tout en l'escortant dans les couloirs d'une démarche allègre. Nous n'étions pas bien loin des vestiaires quand il me lâcha sa petite proposition sinistre, histoire sans doute de me faire flipper à nouveau. J'étais en compagnie d'un mec dangereux, faudrait pas que je l'oublie sans doute. Il ne me laissa pas le temps de rétorquer quoique ce soit avant de rejoindre les vestiaires de son pas incertain.

Je soupirai en secouant la tête en le voyant disparaître dans la salle avant de me retourner pour aller ranger ma charrette à l'endroit approprié. Dans le hall, il y avait cet endroit où l'on rangeait des tas de trucs et entre autres, il me semblait y avoir vu les caisses vides qui avaient contenu les réserves de savons et de désinfectants du personnel soignant. J'allais donc y fouiner pour y dénicher assez vite un carton de taille raisonnable qui me semblait convenir.

Armé de ma trouvaille, je rejoignis donc les vestiaires pour y pénétrer à mon tour, découvrant avec plaisir que l'endroit était calme. Ce n'était pas l'heure du changement d'équipe, personne n'était donc censé s'y trouver en dehors d'Ezra. Je le repérai sans tarder et me rapprochai de lui pour déposer le carton sur un petit banc. « Monsieur est servi. » Je l'observai, repensant à tout ce qu'il m'avait dit. Nous étions seuls dans ces vestiaires, sans aucun témoin. Il avait déjà été viré et n'avait plus grand-chose à perdre. Je me rendais compte de plus en plus que cette lassitude et cette faiblesse qui souillaient ses traits étaient en grande partie due à un manque d'énergie. Quand Andreï en manquait, il avait du mal à tenir le coup et si mon grand-père ne se serait jamais nourri sur moi, Ezra aurait sûrement moins de scrupules à le faire. Étais-je réellement timbré de lui offrir sous le nez mon énergie vitale si alléchante ? Je ne pouvais faire autrement que de courir le risque, par curiosité, par défi, par folie peut-être. Mets tes doigts dans la prise, Mikkel, sérieux c'est cool de faire ça.

« Si t'étais vraiment un psychopathe, t'en aurais rien à foutre d'être une pourriture. » Je lui fis cette constatation d'un ton serein, m'installant sur le banc à coté du carton. « Les salauds n'éprouvent pas de culpabilité, ils morflent pas comme tu le fais. Qui t'empêcherait de me bouffer sur le champs si t'en était un ? T'es un mec à qui ça pose des problèmes de conscience tout ça, et ça prouve que t'es un mec bien, Ezra. Et tu le sais. J'ai pas peur de toi. » Bon, ça, fallait le dire vite. Cela dit, j'étais quand même persuadé de ce que je disais, ça restait très logique. Néanmoins, jamais j'aurai été assez con pour inviter un daybreaker à se servir sur moi pour son dîner. J'avais quand même pas une âme de martyre, fallait pas déconner. Pourquoi ce serait moi qui me viderait de mes forces pour ses beaux yeux ? Je risquais cependant un regard vers le distributeur de friandises posé à coté des casiers du personnel. J'en avais pas mal de l'énergie moi et je récupérais vite en général... Non, Mikkel, non, n'y pense même pas. Je cherchais son regard, le mien étant rempli d'un mélange de curiosité et de provocation mélangées, poursuivant malgré moi. « Quand tu piques de l'énergie à un mec, ça lui fait quoi ? »





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MessageSujet: Re: Bad Dream [PV Mikkel]   Mar 19 Juil - 2:30

Les mots adverses s’empilent dans le crâne de l’égaré tandis que le silence entoure sa carcasse éreinté. Quelques paroles pour dérouter son errance avérée, il se retourne sans même répliquer. Les vestiaires cueillent sa lassitude et son accablement, l’amplifient dans toute la familiarité retrouvée et bientôt désertée. Étrange fonctionnement que celui de l’être humain – si on pouvait encore le qualifier de tel. Perdre une chose pour en apprécier sa juste valeur. Cet endroit lui manquera. Un refuge au milieu de l’embuscade permanente, celle du monstre traquant l’homme. Un foyer imprévu qu’il s’est vu trop souvent maudire. Des collègues agaçants de normalité et de bons sentiments. D’autres animés par une haine farouche qu’il n’a toujours pu que partager et plus encore, comprendre. Malgré tout, ici, il ne s’est jamais totalement senti seul. Désormais exilé, il ne possède déjà plus que les débris d’une réalité bafouée à jamais. Un prix salé pour une cause qu’il continue de juger juste. Primordiale. Conserver le quotidien d’Ellie Wilson intacte, la préserver d’un chaos permanent. Il ne peut tolérer la seule conception d'un monde déchu de son existence. Supporter son absence. Être témoin de sa souffrance. Comme un caillou bloquant l’engrenage de cette mécanique aortique, ce songe entraine inéluctablement l’agonie. Au moins, elle ne hante plus les allées de l’hôpital. Un regret en moins à endosser quand il franchira ce seuil pour la dernière fois. De son pas chancelant, il gagne son casier et en analyse le contenu ridiculement mince. Quelques vêtements de rechange, de la paperasse. A son image. Ennuyeux, pragmatique et affreusement prévisible. Un rictus tord ses lèvres tandis qu’il s’assied en désespoir de cause sur un banc à proximité. La paume chasse la sueur de son faciès alors que la douleur se fait impérieuse dans le silence exacerbé. Lieu de tous les dangers, sanctuaire de cette idylle insolite avec la brune. Des carcasses ramassées, des plaies suturées. Même celles de son frère. L’inconscient s’entend-il penser. Venir ici dans cet état avec autant de sang vicié à portée de vue. Un soupir.

Et Mikkel est déjà là. Depuis combien de secondes ? Il ne saurait le dire. Le norvégien cherche à se redresser, à paraitre moins misérable tout en ayant conscience pourtant de ne plus pouvoir revendiquer une dignité qu’il ne possède pas. Aucun remerciement pour l’apport du carton et pour toute réaction, un haussement d'épaule succinct. Il demeure immobile. Les prunelles rivées sur un point quelconque face à lui, la détermination en miettes et la résignation difficile à encaisser. Les propos suivants du métamorphe tracent une énième incertitude sur ses traits fermés. L’incompréhension pourchasse ses cheminements désordonnés. Rien à répondre dans l’immédiat. Il se contente d’attraper la boite, de la caler sous son bras avec une lenteur exagérée avant de se relever et d’entasser le peu d’affaires dont il dispose au fond du contenant, accusant mal la proposition effronté du changeur. Il serait presque tentant de le prendre à son propre jeu, d’aller au bout de cette folie pour qu’il comprenne que le défi dépasse de loin l’entendement. Un ricanement s’échappe entre les lippes de l’infirmier. « Tu es là, à me parler de ma bonté. Laisse-moi rire. Je te dis que je suis un meurtrier et ça ne t’évoque que la compassion. Tu as raison, tu dois être maso. Ou naïf. Tes parents t’ont pas appris à te méfier des inconnus ? » Sa paume referme sèchement la porte en métal tandis qu’il se penche pour déposer la caisse remplie au sol. Troublé bien plus qu’il ne le laisse paraître par la sollicitude de son interlocuteur, il prend sur lui de n’être que le démon qui justifie cette succession d’échecs. Ingrat, provocateur à son tour et presque menaçant. « A ton avis ? Ca fait quoi d’être vidé de son énergie ? Tu crois que ça chatouille ? Qu'on peut prendre son pied ? Tu veux tester ? » Comme pour contrebalancer la vulnérabilité que son comparse a négligemment amplifié, il se fait plus sévère que jamais.

Le scandinave s’approche, pose ses doigts sur la main du brancardier, y plantant littéralement ses ongles pour ne pas lui laisser le choix. Pendant une demi seconde, il ne sait pas lui-même s’il osera aller au bout de sa comédie, lui dérober de quoi surpasser l’éreintement. Tentant. Tenté. Mais lucide. « J’ai oublié de préciser que je ne savais pas m’arrêter quand le processus était enclenché. Tu pourrais crever ici. Un énième nom à ma longue liste. Si tu savais ce que j’ai pu faire, tu arrêterais de balancer tes discours de bon petit samaritain. Tu n’as pas idée. La culpabilité ne changera rien. Je ne peux pas lutter contre ce que je suis. » Le ténor se fait impitoyable, sec alors que progressivement les doigts se retirent de la chair malmenée. « La conscience ne préserve pas des instincts basiques. La survie réclame trop souvent de la cruauté et de l’égoïsme. Elle demande aussi du pragmatisme. Pourquoi crois-tu que tu es encore en vie ? Si ton cadavre était abandonné ici, il ne leur faudrait pas deux minutes pour tirer la bonne conclusion. Et l’arène ne me manque pas spécialement, tu vois. » Un sourire mauvais se hisse sur ses lèvres sèches. Une mise en scène. Il veut l’effrayer et il y met toutes ses dernières forces. Son mensonge se consolide, l’espère-t-il, avec son expression insolente. Bien sûr qu’il ne veut pas se nourrir sur des innocents. De ceux qui n’ont rien demandé à personne. Pas que l’idée ne lui traverse pas la tête ceci dit. Mikkel peut parler, Ezra ne l’écoute pas vraiment. Bien trop angoissé à l’idée de le croire. De s’accrocher à une illusion entretenue par une lubie de son acolyte. Il ne peut pas tolérer une nouvelle déception.

Les bras ramenés contre la poitrine, croisés par habitude et rejet de cette discussion insensée, il poursuit. « A ta place, je ne m’amuserais pas à gaspiller mes chances de survie en proposant à la pire créature des environs de servir de repas. Ce qui m’amène à me demander perpétuellement ce que tu cherches à prouver ? Ce que t’attends de moi ? Si t’as envie de mourir, tu t’adresses à la mauvaise personne. Je ne tue pas sur commande. Pas encore du moins. » ironise-t-il ultimement avant d’attraper son cageot. Ses prunelles s’enfoncent dans celles de son comparse d’infortune, tentent d’y dénicher un semblant de raison et de logique. Il bat en retraite bien vite. « Tu aurais fait un psy pitoyable. Je te déconseille de changer de métier. Pour le bien de ton avenir. » élude-t-il sans parvenir tout à fait à quitter cette quiétude relative et le confort sécurisant que la pièce dégage sans grand mal pour l’ancien employé. A nouveau accablé par cette vérité, il recrache toujours plus son mépris. « Tu ne sais rien sur moi. Alors ne prétends pas le contraire. Ne te pense pas supérieur, à l’esprit de déduction infaillible. Je ne suis pas quelqu’un de bien. » Mais oui, il est comme ce qui se trouve au fond de son carton. Ennuyeux, pragmatique et surtout, prévisible. « Pas plus que tu ne l’es. Que quiconque le soit encore d’ailleurs. Les survivants actuellement ne sont forcément que de la pire espèce, non ? Pour être resté en vie, il a fallu sacrifier bien des choses. » Un murmure. Une détresse quasi organique, palpable. Indépendante. Elle circule partout entre eux et l’étreint ensuite. Il courbe l’échine alors afin de lui rendre hommage. Éternellement soumis à son règne. Habitué à sa compagnie. Enivré par sa prestance.

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MessageSujet: Re: Bad Dream [PV Mikkel]   Sam 20 Aoû - 19:57


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Ezra & Mikkel
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Installé sur ma banquette, comme au spectacle, j'observais les gestes d'Ezra d'un regard presque fasciné. Il n'y avait pas grand-chose dans son casier, du moins en comparaison du mien. Moi, contre l'intérieur de la porte métallique, j'avais attaché diverses photos, des post-it, des magnets, des caricatures potaches des médecins, des tas de choses qui me faisaient sourire dès que j'ouvrais mon casier parce qu'elles me rappelaient des moments agréables ou des choses drôles. C'était bien utile dans notre quotidien qui nous exposait jour après jour à la souffrance extrême de notre monde et à ses drames. Mais la porte d'Ezra était vierge et froide, dénuée de toute décoration personnelle. En l'observant, on ne dénichait ainsi aucune preuve que cet homme bourru possédait une vie privée ou même des émotions. Tout était caché, invisible.

Sa manière de vider son casier avait quelque chose de lugubre et de captivant à la fois, comme si chacun de ces rares objets symbolisait un souvenir différent qu'il emporterait avec lui pour toujours. Des vêtements, des documents, des choses anodines. Il avait peu d'effets personnels mais l'infirmier les rangeait dans la caisse avec lenteur, ce qui me donnait l'impression qu'il s'attachait à ses souvenirs plus qu'il n'aurait voulu l'avouer, qu'il ne voulait pas les laisser filer, que cette tâche lui pesait, non pas uniquement parce qu'il perdait son gagne-pain mais parce que cet endroit familier lui manquerait, tout autant que ses collègues ou ses patients. Mais peut-être que j’interprétais trop loin.

Son ricanement paraissait tout aussi sinistre que le reste de son attitude lorsqu'il résuma grossièrement notre conversation, s'acharnant à mettre en valeur l'absurdité de mes affirmations. Je me foutais éperdument qu'il me prenne pour un maso ou un naïf et si je le faisais rire, même jaune, c'était toujours ça de gagné. Pourtant, sa boutade suivante me fit sourire dans un mélange d'amusement et d'amertume. S'il savait combien de fois mon père m'avait mis en garde, quand j'étais gosse, au point qu'il ne me quittait plus d'une semelle, au point où il me surprotégeait comme si de méchants ogres pouvaient surgir à chaque coin de rue pour me dévorer. Ne parle plus jamais aux inconnus, Mikky, plus jamais. Cette époque était bien révolue aujourd'hui, le petit Mikkel était devenu grand et il se tapait les ogres, inconnus ou pas. Quant à ma relation fusionnelle avec mon père, j'avais l'impression de l'avoir rêvée. Ce souvenir fit apparaître une légère moue sur mes lèvres avant que je ne l'évacue rapidement, d'une réplique légère.

« Mais tu n'es pas un inconnu, Ezra, ça change tout. »

La porte du casier claqua dans un bruit désagréable sous son mouvement trop rude et je haussai les sourcils. Mon excès de curiosité semblait l'avoir encore plus courroucé et en voyant l'expression de son visage, je me raidis instinctivement, sans pour autant bouger de ma position. Peut-être que j'avais été trop loin pour ma propre sécurité... Ses menaces roulèrent vers moi et, alors qu'il se débarrassait de sa caisse pour mieux se rapprocher, je fus partagé entre l'appréhension et un rire spontané. Sa façon de parler de chatouille dans ces circonstances me paraissait si drôle et si décalée avec le reste que je pouffai malgré moi, envahi par une nervosité incontrôlable. Pourtant, ce n'était pas le moment de m'esclaffer comme un con et je le savais. Mon rire s'étrangla dans ma gorge au moment où il saisit ma main avec rudesse, une certaine angoisse s'inscrivant aussitôt dans mon regard.

« Hé ! Tout doux bijou… Non, attend mec, j'voulais pas me foutre de toi… sérieux Ezra j'te demandais ça par simple curiosité mais j'ai jamais dit que j'voulais… Hey, tu… tu vas pas faire ça ? »

Mais il n'écoutait pas mes plaintes, poursuivant ses menaces de ce ton si grave et intransigeant, sans que je ne puisse l'arrêter. Pendant un moment, je crus réellement qu'il allait s’exécuter séance tenante, l’anxiété fit battre mon cœur plus vite et je fronçai les sourcils, sans cesser de le regarder, de l'écouter m'exposer l'horreur de sa nature, de m'expliquer pourquoi il m'avait épargné tout en relâchant son étreinte sur ma main pour me libérer peu à peu… Il ne le ferait pas. Par peur de l'arène, de cette sentence qui s'abattrait immédiatement sur lui s'il était pris en flagrant délit, une retenue purement égoïste sans que sa morale ne s'en mêle. L'unique raison pour laquelle il me laissait la vie sauve ?

J'essayais de calmer ma panique en rationalisant, je ne voulais sûrement pas lui laisser croire que j'étais impressionnable. Si au début j'avais essayé de me libérer de son emprise, j'avais pourtant cessé de lutter au moment où j'avais compris qu'il ne me ferait rien. Non, car tout ce discours et cette mise en scène ne visait qu'à m'effrayer une fois de plus. C'était une technique qu'il utilisait systématiquement avec les autres pour les forcer à l'abandonner à son sort, par dégoût, par colère ou par peur. Mais il ne m'aurait pas à ce jeu là.

Néanmoins, je regardai le dessus de ma main où subsistaient les traces rouges infligée par ses ongles, un frisson me secouant malgré moi. « Merde, pour une fois que t'es tactile, t'y as pas été de main morte… Un jour, faudra que je t'apprenne comment on serre la main de ses potes sans violence. » En dépit de mon ironie, ma voix tremblait un peu. De toute façon, je pouvais bien dire ce que je voulais, il me paraissait clair qu'Ezra ne m'écoutait pas vraiment en cet instant, il paraissait trop plongé dans ses propres abysses, trop empêtré dans ses pensées pour m'entendre.

Je le voyais là devant moi, le visage fermé, continuant à me prodiguer des conseils de sa voix toujours menaçante, ses bras refermés lui aussi dans une posture qui me paraissait étrangement plus défensive qu'offensive. Je l'écoutai ainsi me reposer les mêmes questions sans pour autant me donner l'opportunité de lui répondre. Il ramassait déjà sa caisse comme pour me prouver qu'il comptait déguerpir bien vite, sans attendre mes réponses. Et pourtant, il restait là. A me parler encore et encore, plus qu'il ne l'avait jamais fait depuis que je le connaissais. Il m’assénait ses propres vérité, ses discours désespérés sur le monde, sur moi, sur lui-même, sur la vie. Je renonçai à rouler des yeux sur certains point de son monologue, me contentant de rester là à l'écouter sans l'interrompre, à le laisser me vider son sac, à me cracher son mépris, son agressivité, sa colère. Et lui prouver silencieusement, par ma simple présence, qu'il ne réussirait pas à me décourager ni à me faire fuir. Tout au contraire, je ressentais à ma propre stupéfaction, l'envie grandissante de le pousser à me voler mon essence. Par esprit de contradiction ? Pour lui prouver qu'il avait tort ? Ou parce que le danger m'excitait ? Je m'effrayais moi-même, parfois. Mais je réussis à maîtriser le timbre de ma voix, nimbé de mon assurance.

« Très bien. Tu viens de prouver l'inverse de ce que tu racontes. » Je me redressai doucement de la banquette pour me poser un peu plus loin, appuyant ma hanche avec nonchalance contre la rangée de casiers. « C'est peut-être uniquement par pragmatisme comme tu dis, mais t'as réussi à te contrôler, même si t'es en manque et que t'en crève au point d'avoir du mal à marcher ou à tenir debout. C'est flagrant, mon pote. Pourtant, moi je déborde d'énergie et de vitalité, tu ne le sens pas ? Hmmm... Elle est là, toute chaude, toute vivante, t'aurais qu'à te servir… la meilleur qualité d'énergie que t'aurais jamais vu de ta vie, un millésime ce cher Mikkel, un pur délice, un nectar. Ton instinct ne te le dit pas ça ?» Lui servant ces paroles d'une vois suave et provocatrice, je lui dédicaçai un regard de velours. Comment pouvait il seulement croire que je ne serais qu'un enième nom à sa longue liste, sincèrement ? Je lui offris un visage rayonnant assorti d'un sourire de chacal, restant toutefois attentif aux moindres de ses gestes, juste au cas où il me prendrait au mot...

S'il croyait me vexer, j'avais encore quelques bonnes couches de narcissisme à lui offrir en contre-partie, je ne m'en priverais sûrement pas. « Crois-le ou non, je ne suis pas suicidaire et je n'ai sûrement pas envie de te laisser me buter, ici ou ailleurs. Que ferait le monde sans Mikkel Ievseï ? J'oublie pas mes fans. Ce que j'attends de toi c'est que tu acceptes de te remettre en question un tant soit peu. Tu t'obstines à refuser mon aide, à me reprocher des motivations malhonnêtes, tout ça en te croyant froidement réaliste. Mais en réalité, tu te complais dans un pessimisme très malsain et tu refuses de me faire confiance parce que t'as peur, Ezra. Oui, tu crèves de trouille. Et c'est pas l'arène qui te fait flipper. »

Je reculais l'air de rien à mes derniers mots pour me rapprocher du distributeur de friandises et le tapoter du bout des doigts, les yeux brillants de défi. « T'inquiète pas pour mon avenir, je vais rester brancardier pour l'instant, j'adore soulever des culs, c'est un genre de passion. » Je roulais un peu des yeux dans un sourire torve. « J'vais essayer de ne pas me penser supérieur, ça va être dur de renoncer à la réalité mais… » Je fis claquer ma langue. « Sérieusement Ezra, j'ai jamais dit que j'étais un mec bien. Et toi, t'es bourré de défauts, j'te rassure, j'ai réussi à le remarquer. Ce que je voulais dire c'est qu'il y a un juste milieu, t'es pas un ange mais t'es pas un monstre non plus… Hé puis, entre connards, on est fait pour s'entendre, justement hum ? » Il avait l'air de se tasser sur lui même, tant la charge de désespoir pesait lourd sur son échine et je repris, sans cesser de soutenir son regard « Les survivants ne sont pas forcément les pires. On fait tous ce qu'on peut. Je connais des tas de gens cool et tu les verrais aussi si t'étais pas tellement occupé à te foutre des barrières. L'état du monde ne doit pas nous empêcher de vivre, mec. Moi ça ne m'en empêche pas et ça ne devrait pas t'en empêcher non plus. » Est-ce que ce n'était pas ça que je voulais prouver dans le fond ? Qu'on pouvait encore rire, avoir des amis, profiter de moments heureux ? Nan... moi je voulais juste me distraire avec mes paris, et puis merde. J'avais toujours détesté être sérieux, de toute façon.  

Fouillant mes poches, j'y dénichais quelques pièces que j'introduisis dans le distributeur. Cette conversation m'en rappelait une autre que j'avais eue plusieurs mois auparavant et cela me rendit pensif un léger moment. Je n'avais pas envie d'être un "bon samaritain" comme disait Ezra. Ni de changer le monde. Mes ambitions étaient bien moins nobles. Et si on pouvait juste profiter du moment présent ? La barre chocolatée tomba dans le réceptacle. « On pourrait te forcer à t'arrêter. » J'avais lancé ça sur une impulsion. « Si tu es incapable de t'arrêter à temps, une fois que le truc est enclenché... on pourrait t'aider à t’entraîner, à te contrôler.» A croire que j'étais vraiment dingue. « Je pourrais te forcer, moi. Je suis assez costaud pour ça. Je pourrais te pousser en arrière si tu vas trop loin. » Je pourrais faire ça, moi ? Mais bien-sûr que oui ! Ma confiance en moi n'avait que le ciel pour limite.

Spoiler:
 




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The Jackal comes, blood lust on his lips. He craves the dead, our lives in his grips. He's after our hearts, he'll chew and swallow. Blood pours from his mouth, our lives will soon follow. Death comes to those who wait, He feels this. Eyes wide. We try to run from our past, but the truth we cannot hide.
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MessageSujet: Re: Bad Dream [PV Mikkel]   Mar 20 Sep - 0:47

Une voie sans issue. Une allée qu’on a refermée sur ses pas pressés, un cul de sac. Des murs trop hauts, trop épais. Piégé. La sensation devient oppressante, le pousse à de dangereuses extrémités. Sur la brèche, si proche de la fissure, délaisser l’homme, amener la bête au-devant de la scène. Pour prouver son point. Pour briser jusqu’à la dernière brique de cette impasse. Mikkel s’échine à lui construire de nouvelles barricades, pour le rendre captif de ses propres cheminements. Il défait ses raisonnements, appuie sur les plaies à plusieurs reprises sans se soucier du mal qu’il achemine dans l’organisme du damné. Dès l’instant où la culpabilité s’amoindrira, Ezra sait ce qu’il deviendra. S’il tend l’oreille, ne fusse qu’une seconde, au discours porté par les bons sentiments adverses, il délaissera la retenue. Embrassera ce qu’il est. Il ne peut en supporter l’idée, se refuse de croire aux nuances que le métamorphe lui prête sans arrêt. Portrait incomplet, grossier qu’il dessine d’une main malhabile. Motivations toujours obscures d’un homme à l’ennui sans doute avéré. Pourquoi s’approcher de lui si ce n’est pour voir les minutes se décliner avec plus facilité ? L’infirmier ne pourra sans doute jamais le comprendre, jamais saisir ce qui se passe dans la tête d’un mortel né à cette cette époque néfaste. Il ne sait pas, n’a pas vu, n’a pas ressenti ce que lui-même a connu. Diamétralement opposés par leurs histoires qui ont toutes deux débutées à des siècles divergents, ils ne peuvent être branchés sur les mêmes ondes. Surtout pas quand le norvégien s’applique à les brouiller. La seule personne à pouvoir saisir l’ampleur du désastre partage son sang et à lui non plus, il ne prête pas l’attention. Il est une cause perdue d’avance. Une ombre qu’on craint la nuit tombée, l’angle d’un meuble contre lequel il serait simple de se fracasser. Il est un danger qu’on ne peut nommer, la frayeur irrationnelle qui froisse la peau. Il n’a jamais été et ne sera sans doute jamais ni le remède, ni la douceur. Jamais.

Il fait la sourde oreille, décide définitivement de ne pas ployer sous les mots employés. Quand bien même il suggère la provocation, outrepasse la menace pour bousculer toujours plus le sang-froid relatif de l’affamé. Un regard peu amène accueille la perspective que son comparse crayonne de sa voix travaillée. « Ne joue pas avec le feu, tu n’as pas envie de finir brûlé, Mikkel.» Il l’articule avec difficulté tant il doit réprimer la créature qui ne demande qu’à exécuter ce que l’insolent a insufflé. Chaque nouvelle parole s’apparente dés lors à une nouvelle épreuve pour son contrôle fragmenté. « Ne me façonne pas à ton image. Peur de quoi ? Des autres ? Laisse-moi rire. Tu ne sais rien de la vie, arrête de te croire au-dessus du monde. » Ses propres intonations résonnent mal dans son crâne. Si fausses qu’il cesse de revendiquer l’air. Il tourne en rond, impose à son acolyte une succession de sons déjà appris et répétés auparavant. Toute cette conversation ne mène nulle part, il sait qu’il doit partir mais oui, il a peur. Peur de connaître la suite, la prochaine aventure. Le prochain drame. Comment pourrait-il en être autrement ? Il reçoit la suite du monologue sans y répondre, déjà distrait par la douleur du départ se concrétisant toujours plus ardemment. Un grognement lui échappe pourtant. « Tu appelles ça vivre ? » Il se tait aussitôt la phrase arrachée à ses lippes serrées. D’un pas pesant, il s’oriente sans plus d’égard vers la porte, ne s’arrête que pour aviser une dernière fois la silhouette du brancardier. Les doigts pas encore sur la poignée mais l’esprit déjà en fuite.

Très prudemment, l’ancien employé dévisage son vis-à-vis. La confusion chiffonne ses traits, creuse de drôles de rides dans la chair. Sa joue tressaute, un sourire avorté. Il pourrait en rire s’il ne craignait pas de succomber à l’hystérie de ses nerfs malmenés. « Assez costaud ? Tu t’écoutes parler ? Après tu oseras me dire que tu ne te penses pas supérieur. Tu sais ce que j’étais avant d’être ici ? Je bossais pour le gouvernement, dans la milice. Tu crois que tu serais de taille à me maitriser ? Si en plus, je te vidais de toute ton énergie ? Non, Mikkel, tu ne peux rien pour moi. Rien du tout. Je suis désolé de contrarier ton joli petit projet d’avenir. Je ne serais pas ton expérience ou ta bonne action. Si tu as besoin de t’acheter une conscience, trouve quelqu’un d’autre. Je ne veux pas de ton empathie. Tu n’as rien compris. Je suis un danger. Et je ne me permettrais pas de l’oublier. Alors retourne à tes petites habitudes, ça vaut mieux pour toi. D’ici deux semaines, tu auras oublié jusqu’à mon nom de toute façon. » Un ricanement et déjà la dureté lui échappe. Il sait qu’il va quitter les lieux, ne jamais y revenir. A moins d’y être contraint. Alors il leur impose une conclusion plus reluisante que celle évoquée antérieurement. « Tu as été digne de confiance jusqu’ici, je ne te le retire pas. Peu de gens aurait pris ce risque à mon propos. Tu ferais mieux de faire attention à toi. J’exprime certaines réserves sur la non-existence de tes pulsions suicidaires. » D’un air résigné, il hoche de la tête pour prendre congés et s’éclipse sans plus de justification. Convaincu du bienfondé de sa décision, certain d’avoir effectué la bonne action en repoussant cette main secourable. Non, Mikkel ne savait pas dans quoi il se serait volontiers embarqué. Et Ezra veillerait bien à ce que jamais, il n’en prenne la mesure.

- Sujet terminé -

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    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
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Bad Dream [PV Mikkel]

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