AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Amazing Grace (Tristan)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 976
↳ Points : 664
↳ Date d'inscription : 01/07/2015
↳ Age : 26
↳ Avatar : Aaron Paul
↳ Age du Personnage : 32
↳ Métier : Ouvrier
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau max en tâches et théorie du complot
↳ Playlist : Woodkid - Run Boy Run ; C!NCC - Bipolar Mind ; The Used - The Bird and The Worm ; Enter Shikari - Destabilise ; ADTR - Paranoia ; Eddie Vedder - Society
↳ Citation : « Too late it was, for him, for them, the evil curse had won. The anger and the anguish overwhelmed his fragile soul, and caused a wicked tantrum that he never could control. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #C79F4B



Feuille de perso
↳ Copyright: Lux Aeterna + (she)wolf
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Amazing Grace (Tristan)   Lun 18 Avr - 0:54





Tout devenait de plus en plus familier. L’atmosphère puante, les regards pesant et même les murmures inquiétant. Sur le chemin du Weapon Shop, Vaas et Tristan marchèrent d’un pas régulier, sans attirer l’attention, sans être trop suspect et silencieux non plus. Deux types lambda qui avançaient sur les trottoirs de la Nouvelle-Orléans. Mais Vaas était fatigué. Épuise par tant de nuit sans sommeil. L’insomnie avait ses avantages qu’ils disent. Tu n’as plus besoin de dormir, tu as plus de temps pour faire ce que tu veux… Paradoxalement, c’était toujours ceux qui réussissaient à plonger dans un sommeil lourd et profond qui apportaient ce genre de discours. Vaas donnerait tout ou presque pour une nuit de sommeil réparateur, sans cauchemars et de réveil en sursaut tous les quarts d’heure. Il rêvait les yeux ouverts, une cigarette aux lèvres, d’une nuit sans remords, sans que son passé ne lui ronge les os jusqu’à la moelle. Cela se lisait sur son visage. De large creux sous ses yeux, de longues nuits sous les cieux étoilés à déambuler là où ses pas le menaient. Jusqu’à épuisement. Jusqu’à ce qu’il soit las.

La nuit était propice aux affaires clandestines. Mais surtout, la nuit était le moment idéal pour ne pas être vu. Idéalement comme ce soir-là, une nuit nuageuse était parfaite. « J’y vais. On s’rejoint ici quand c’est fait. Fais gaffe. » Vaas laissa son camarade Tristan derrière lui, au croisement d’un carrefour. Sans une certaine appréhension néanmoins, il n'aimait pas l'idée qu'il se retrouvait seul dans ce quartier en pleine nuit. Vaas espérait que les rues seraient aussi tranquille que maintenant dans une dizaine de minute lorsque tout sera terminé. Le Weapon Shop se trouvait à une trentaine de mètre plus loin. Entrer à deux dans cet établissement était risqué. Pour ne pas attirer l’attention sur eux, il valait mieux qu’un seul se mette en danger. Tristan se chargeait de surveiller les environs et de le prévenir si la milice débarquerait de manière imprévue. Vaas avait décidé d’emblée d’être celui qui allait récupérer un colis d’armes, d’une quantité assez importante. La variété des armes l’était tout autant. Rien que la façade de la boutique ferait faire demi-tour à n’importe qui de censé. Vitres sales, certaines étaient brisées, rien qui indiquait que le passant était le bienvenu. Vaas y était souvent passé devant sans jamais y entrer, bien que l’envie y fût très forte. Le recours à la violence de l’ouvrier se généralisait le plus souvent par la force de ses poings ou de n’importe quoi qui se trouvait à sa disposition et qui pouvait couper, trancher, frapper, voir s’enfoncer…

Une fois devant la porte, il soupira malgré lui assez nerveusement. Sa tête se tourna par réflexe. Un peu pour se rassurer, ou peut-être simplement pour s’assurer qu’aucun regard suspect ne s’attardait sur lui. Une main enfoncée dans la poche, il jeta négligemment la cigarette qu’il avait aux lèvres puis poussa la porte du magasin. Il avait sous les yeux un aspect poussiéreux semblant dater des années trente. Une forte odeur de bois humide se mélangeait à une autre qui semblait être de l’huile et d’autres molécules olfactives que Vaas n’arrivait pas à identifier. Un homme impeccablement chauve mais à la barbe fournie se tenait derrière le comptoir, la tête baissée vers un journal, seul ses yeux était levé et dévisageait Vaas d’une manière particulièrement malsaine ce qui eut le don de mettre Milligan immédiatement mal à l’aise. Cependant, il ne broncha pas. Malgré la fatigue évidente, il tenait à accomplir sa part du marché. « B’jour. » Vaas s’avança à pas lent vers le comptoir. Ses yeux avaient fait le tour de l’intérieur à une vitesse fulgurante, juste assez pour identifier les lieux. Il avait pris soin de ne pas s’attarder sur l’immense miroir installé près de la porte d’entrée, qu’il n’avait pas vu en arrivant. Milligan ne voulait pas perde le commerçant de vue. Pas d’armes de visible, les murs étaient nus. Le comptoir était d’un marron vieillot. Il ne s’était pas trompé d’endroit pourtant. Il lui fallait probablement lui demander cash le pourquoi du comment de sa visite. Bien que le monsieur chauve, au vu de ses énormes yeux gris insistant, se doutait probablement qu’il n’était pas rentré chez lui pour lui demander son chemin. Vaas sortit un papier plié en quatre d’une des poches de sa veste et la fit glisser sur le comptoir. Le vendeur l’ouvrit en gardant son regard planté sur l’ouvrier. Ce dernier refusait de céder à ce regard grisonnant de froid. Le barbu lit les quelques mots en à peine deux secondes. Sur ce papier était inscrit les armes dont certains résistants avaient besoin de toute urgence. Vaas ne savait pas pourquoi, il ne savait pas si Tristan non plus ignorait la raison. Mais si la résistance en avait besoin, c’était que le besoin était réel et immédiat. Le commerçant renifla bruyamment. Il se redressa et partit la tête haute franchir une porte dans le fond, sans doute verre l’arrière-boutique. Ce qui donnait l’occasion à Vaas de mieux apprécier l’endroit. Cependant, il avait beau chercher, il n’y avait pas grand-chose à apprécier. Des meubles délabrés, les murs étaient rapiécés. Pas d’armes visible, la prohibition instaurée par le gouvernement devait y jouer pour beaucoup.

Vaas n’attendit pas longtemps avant de voir re-apparaître le vendeur. Une caisse dans les bras, il la posa sur le comptoir sans dire un mot. Machinalement, Vaas y posa une main dessus. Soudainement, la main du vendeur vint se poser sur la sienne en la serrant brutalement. « On touche pas la marchandise sans autorisation. » Les sourcils de Vaas se tordirent en une forme non-identifiable tant l’expression de son visage fut étonner. « Euh… et j’fais comment pour les transporter. J’les enfonce dans mon cul ? » Les yeux du vendeur ne cillèrent pas. Vaas non plus. Malgré ça, il n’avait qu’une envie : les fermer pour réussir l’exploit de s’endormir, là, debout, sur ce comptoir.
L’homme chauve baissa les yeux vers sa main. Elle devenait rouge foncé, à la limite du noir. Elle se nécrosa chaque seconde un peu plus. Vaas poussa un gémissement d’effroi face à cette vision. Ce n’était pas la première fois qu’il voyait ça. Il mettait toujours cela sur le compte de la fatigue, des hallucinations que lui provoquait son cerveau malade. Il voulait retirer sa main de celle du commerçant mais il l’appuyait de plus en plus fort sur le carton dur. Vaas pouvait presque sentir les objets qu’il renfermait. Des armes pour sûr. Les armes qu’ils étaient venus chercher. Puis le vendeur le repoussa alors violemment si bien que Vaas tituba et manqua de s’écrouler à terre. « J’ai déjà rencontré des gens comme toi, espèce de monstre. » La situation devint confuse. La fatigue qu’il ressentait depuis le début de la journée se transforma en migraine atroce qui dessina une énorme veine sur sa tempe. Au moment où le commerçant lui avait lâché la main, il brandit un révolver d’en dessous du comptoir marron usé, droit entre les deux yeux de Vaas. Encore titubant, il avait tout juste eu le temps de lever ses mains en signe de pourparlers. Ses yeux cherchèrent la main nécrosée du vendeur qui semblait maintenant être impeccable. Il entendait à peine la voix grave de l’homme. « Mais maintenant, j’peux me défendre » « Hein, quoi ?! » Il déclenchait la sûreté du revolver. Vaas doutait de tout subitement. Il avait déjà eu cette vision d’un bout de chair qui se nécrosait. Les autres le voyait-il aussi ? Le jeune Milligan n’avait jamais imaginé que cela puisse être possible. Ce n’était que lui, son esprit malade qui le faisait voir des horreurs. Rien de plus. Ce n'était pas la main nécrosée qu'il avait vu. Cet homme n'était pas un résistant. Il devait travailler pour le gouvernement. Il était un agent-double ou une connerie du genre. Il ne pouvait s'agir que de ça...

Tétanisé par la surprise et la peur, Vaas Milligan habituellement provoquant n’arrivait à sortir aucun son de sa bouche, bien que ce ne fut pas l’envie qui manquait. Hoquetant maladroitement, toujours les mains levées en signe d’abdication, la possibilité de se retrouver le cerveau en bouilli dans un boutique miteuse du quartier nord de la Nouvelle-Orléans était loin d’être dans son optique de ses derniers jours sur cette planète. Il lui fallait trouver la phrase à dire pour peut-être éviter une catastrophe imminente. « O… Ok mon vieux, t’as pas à faire ça… On peut en parler, on… » Le regard de Vaas se décomposa lorsqu’il s’aperçut que tout ce qu’il dirait ne le ferait pas changer d’avis. Un énorme sourire se dessina sur les lèvres de l’abominable homme des armes.

_________________
COMMEDIA DELL'ARTE DELL'INFERNO
Dans un monde sans lumière s'avance l'armée des ombres. Secte au culte lunaire, marionnette, quelle est ton ombre ? Le bon sens est mis en quarantaine, où est passée la vérité ? Moyen-âge des temps modernes, bienvenue dans un monde dépassé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2888-fell-down-a-hole

Masculin
↳ Nombre de messages : 890
↳ Points : 167
↳ Date d'inscription : 15/03/2016
↳ Age : 22
↳ Avatar : Ezra Miller
↳ Age du Personnage : 215 ans & 23 ans.
↳ Métier : Danseur au Masquerade, professeur particulier et escort boy occasionnel.
↳ Opinion Politique : Pour la rébellion, n'en déplaise à son esprit chaotique.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Noir Désir - Le vent nous portera | Queen - Bohemian Rhapsody | Les Ogres de Barback - Le monde est dans ma poche | Lana del Rey - Summertime Sadness | Capital Cities - Safe and Sound | The Animals - The House of the Rising Sun
↳ Citation : "Ses secrets partout qu'il expose. Ce sont des oiseaux déguisés."
↳ Multicomptes : Mikkel G. Ievseï
↳ Couleur RP : darkseagreen



Feuille de perso
↳ Copyright: Nekomata
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Amazing Grace (Tristan)   Lun 9 Mai - 19:45


« I once was lost, but now I am found, Was blind, but now I see»



Vaas & Tristan
featuring

L'esprit de Tristan était serein et son corps détendu. Il ne se sentait ni triste, ni joyeux, ni d'une quelconque humeur en particulier. Ses pensées se limitaient à la conversation légère qu'il entretenait avec Vaas afin de donner le change alors qu'ils traversaient la ville. Il n'avait aucun besoin de se forcer pour conserver un visage impassible puisque aucune émotion ne le traversait vraiment. La force du vide est immense. Sous son manteau, il avait pris soin d'endosser le holster discret qui lui permettait de dissimuler son arme sous son bras. Un calibre léger et maniable qu'il emportait par réflexe, la plupart du temps. Il possédait également un cran d'arrêt, logé dans sa ceinture et également invisible grâce à la longueur confortable de son vêtement. Il était probable qu'il n'en aurait nul besoin, d'autant plus que la mission en cours consistait justement à récupérer une cargaison d'armes assez conséquente. Tristan avait compris que les rebelles projetaient une action audacieuse, en vue de libérer l'un des leurs, fait prisonnier par les autorités. Il ignorait de qui il s'agissait, tout autant que la date de ce coup d'éclat mais il avait deviné que la personne à sauver était importante pour le groupe. Valait-il la peine de mettre en péril la vie de dix individus dans l'espoir d'en sauver un seul ? Tristan en doutait mais il ne faisait pas partie des décisionnaires, il se contentait donc de suivre les instructions et d'apporter ainsi sa contribution à l’œuvre de la rébellion. A voir ce que tout cela donnerait mais c'était mieux que de rester inactif. L'inaction le rendait fébrile...

Engoncé dans son long manteau noir, Tristan suivit son partenaire du regard jusqu'à ce qu'il pénètre dans le vieil immeuble. Dès cet instant, il lui fut impossible de l'apercevoir, tant les couches de saleté rendaient les fenêtres opaques. Alors, Tristan se détourna pour observer le haut de la rue qui se perdait dans l'obscurité, les lampes des rares réverbères ne répandaient qu'une lueur diffuse, à peine capable de les éclairer eux-même. Il recula dans un coin d'ombre et s'assit à même le sol, contre la carcasse d'une voiture calcinée. On aurait pu le prendre pour l'un de ces sans-abris, contraint de dormir dans le caniveau, un gars paumé de plus dans ce quartier misérable. Cependant, Tristan ne perdait rien des allées et venues et, de sa cachette, il vit passer une voiture de police aux vitres brisées qui faisait sa ronde de nuit. Le regard de Tristan se durcit mais il ne bougea pas d'un cil. Le quartier était calme pour l'instant, il n'y avait pas de raison que les flics s'arrêtent et de fait, ils se contentèrent de passer devant lui, sans que leur sirène ne retentisse. Tristan cilla légèrement et retourna son regard dans la direction de la façade en ruine, juste en face de lui. Vaas se semblait pas revenir, que faisait-il ? Tristan attendit encore un moment, jusqu'à ce que la voiture de police repasse dans la rue, en sens inverse.

Tristan se raidit en voyant la voiture s'arrêter un peu plus loin. Un des flics en sortit pour se diriger vers le seul magasin encore ouvert de la rue, un genre de nightshop misérable, à la vitrine graisseuse. Tapi contre la tôle froide, Tristan entoura ses genoux de ses bras, observant les flics d'un œil discret, ombre maigre et sombre parmi les ombres. Il aperçu le peacekeeper sortir du magasin avec deux sandwichs et lorsqu'il revint dans la voiture, celle-ci ne démarra pas immédiatement. Si ces types avaient décidé de faire leur pause dans cette rue, ce n'était certainement pas le moment pour que Vaas rapplique avec une caisse d'armes entre les bras… Il fallait le prévenir. Tristan se redressa souplement et s'avança d'une démarche tranquille et presque nonchalante.

Il poussa sa concentration au maximum, comme il avait appris à le faire, jour après jour, afin de lutter contre les phénomènes paranormaux que lui imposait son statut de monstre. Les flics le remarquèrent à peine alors qu'il pénétrait à son tour dans le Weapon Shop, poussant la vieille porte qui ne lui offrit aucune résistance. Une fois à l'intérieur, il la referma silencieusement et resta immobile dans l'entrée, observant les lieux. La scène qui se jouait dans cette boutique au décor si terne le fit froncer les sourcils. En effet, un vieil homme posté derrière le comptoir pointait une arme en direction de Vaas, lequel semblait décomposé, les mains levées en signe de reddition. Tristan n'avait aucun moyen de savoir ce qui avait pu se produire ni de comprendre la raison qui poussait le commerçant à menacer son équipier de la sorte. Il savait néanmoins que Vaas possédait le don de s'immerger dans les ennuis avec une rapidité redoutable et de plus, il avait bien évidemment remarqué à quel point la fatigue écrasait le rebelle. Sur tout le chemin, Vaas avait manifesté des signes de faiblesse assez évidents, un front lourd, un regard cerné, des épaules basses et une façon de marcher comme s'il devait supporter un poids faramineux. Tristan ne prit pas le temps de s'attarder sur sa propre surprise ni sur un quelconque jugement personnel. Il prit note des faits aussi rapidement que possible et s'écarta du miroir de l'entrée en deux pas. Pourquoi un miroir placé justement à cet endroit ? Seul un individu paranoïaque tel que Tristan pouvait appréhender le fonctionnement d'un autre paranoïaque. Ceux qui savaient. Ceux qui se méfiaient des monstres. Ceux qui posaient des pièges. Ceux qui surveillaient tout en permanence.

Il ne laissa pas le temps à Vaas de s'exprimer et se contenta de lui offrir un regard, comme il lui aurait jeté un bout de charogne, en s'adressant au marchand d'une voix basse. « Ne tirez pas. La milice est dans la rue. Pas de bruit. » Plongeant vivement la main entre les pans de son manteau, il en sortit sa lame qui brilla l'espace d'une seconde, en reflet à la lampe grésillante du plafond. Comme un rapace, il fondit vers son propre collègue désarmé, attrapa rudement l'une de ses mains levée pour lui faire une clef de bras, posant ainsi sa lame contre sa carotide. Son visage contre le sien, il fixait le barbu avec intensité, reprenant d'une voix toujours basse et calme, bien qu'autoritaire. « Que vous a fait cet homme, est-ce un traître ? Notre commerce ne peut en aucun cas être connu du gouvernement. Celui qui révélera le nom des rebelles devra être tué, vous le savez, nous ne pouvons pas admettre la moindre défaillance, il en va de la survie de la résistance... »

Tristan veillait toujours à aiguiser ses armes avec soin. Aussi, la lame qu'il posait sans ménagement contre la gorge de Vaas entamait déjà sa chair, laissant s'écouler un mince filet de sang. Devant lui, le vieillard avait perdu son sourire triomphant et un masque d’inquiétude s'était inscrit sur ses traits à l'évocation de la milice. Jusqu'ici, sa couverture était parfaite, parce qu'il avait toujours pris soin de se montrer extrêmement prudent mais il ne pouvait pas prendre le risque d'attirer les flics dans son magasin, surtout pas alors qu'il tenait une arme en main et qu'une caisse remplie d'un attirail meurtrier se trouvait sur son propre comptoir. Il reprit la parole, baissant le ton pour imiter Tristan et murmurer, de crainte qu'on ne puisse l'entendre. « Ce mec est un monstre… un genre de… démon. Où sont les flics ? C'est moi qui vais vous buter tous les deux si vous m'attirez des ennuis... »

Tristan répondit d'un air évasif du menton, désignant l'entrée. «Je m'occupe de ce monstre, comme vous l'appelez, bien que je n'ai aucune idée de ce dont vous parlez...  Je suis venu ici pour obtenir  une cargaison et je n'en ressortirai pas sans. Si vous baissez votre arme, j'ai une liasse de dollars à vous offrir. Alors ?» Le marchand hésita quelques secondes mais la tenue de son arme dans sa main était déjà moins ferme. Son regard dévia vers la porte d'entrée avant de revenir vers Vaas. «Je ne peux pas te laisser faire. On ne tue pas ce genre de créature aussi facilement, il faut… Ah merde. » Tristan le fixait avec la même intensité et  sa concentration rendait son regard plus sombre alors qu'il insufflait au vieillard des sentiments de désespoir profond, une douleur aussi grave que possible, exacerbant sa crainte et sa haine à l'égard de la milice. Cette manipulation des émotions ne durerait pas plus de quelques minutes mais Tristan comptait bien profiter de ce trouble qu'il venait d'insuffler à sa victime. Il poussa rudement Vaas contre le sol au moment même au le commerçant baissait son arme. D'un bond agile, il sauta par dessus le comptoir, frôlant la caisse, et se jeta sur le vieillard surpris qui retomba en arrière, les yeux écarquillés. « Je ne crois ni aux démons ni aux anges. Pousse un seul cri et je t'égorge, séance tenante. » Car désormais, la lame était posée sur la gorge du vieillard dont l'arme avait roulé un peu plus loin sous le choc. Au dehors, les fenêtres sales laissaient filtrer les gyrophares de la voiture de police et la sirène déchira le silence.  




_________________
Sur des escaliers de brume

On ne m'a donné ni arme ni larmes à mes yeux, Que ce cheval d'acier noir et ce corps sans visage. J'ai l'âme de l'enfant et la mémoire du vieux. L'éternité c'est long quand on marche sans cœur.


Dernière édition par Tristan K. Bellamy le Mar 7 Juin - 16:08, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3412-tristan-k-bellam

Féminin
↳ Nombre de messages : 976
↳ Points : 664
↳ Date d'inscription : 01/07/2015
↳ Age : 26
↳ Avatar : Aaron Paul
↳ Age du Personnage : 32
↳ Métier : Ouvrier
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau max en tâches et théorie du complot
↳ Playlist : Woodkid - Run Boy Run ; C!NCC - Bipolar Mind ; The Used - The Bird and The Worm ; Enter Shikari - Destabilise ; ADTR - Paranoia ; Eddie Vedder - Society
↳ Citation : « Too late it was, for him, for them, the evil curse had won. The anger and the anguish overwhelmed his fragile soul, and caused a wicked tantrum that he never could control. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #C79F4B



Feuille de perso
↳ Copyright: Lux Aeterna + (she)wolf
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Amazing Grace (Tristan)   Lun 16 Mai - 13:13



Il était étrange de considérer que cet instant fut probablement les derniers moments de Vaas Milligan. A dire vrai, ce n’était pas la première fois qu’il se retrouvait une arme pointée sur lui. Mais à chaque fois, le jeune homme avait en à peine une seconde des milliers d’images qui défilaient dans son esprit. Des images accompagnées de sentiments confus, sorte de cocktail de regrets et d’amertume de sa vie passée à fouler la terre de cette planète. Cependant, il ne s’agissait en rien des derniers moments de Vaas. Les aléas de la vie en décidèrent autrement pour cette fois-ci. Et cet aléas-là portait le nom de Tristan. Le bruit de la porte s’ouvrit et ce fut à cet instant que l’ouvrier aperçut son camarade, les sourcils froncés d’incompréhension face à cette scène tout sauf rassurante pour la suite des événements.

La milice était dans la rue qu’il disait. A cette indication, Vaas détourna le regard vers le commerçant. Il n’oserait pas tirer dans ces conditions, c’était beaucoup trop dangereux, pour eux comme pour lui. Vaas prit le risque de descendre peu à peu ses bras, lentement tout en gardant son regard fixement sur l’homme qui pointait toujours son revolver sur lui, mais avec manifestement beaucoup plus d’appréhension. Ce n’était qu’à cet instant que Vaas remarqua que sa fatigue s’était bizarrement envolé pour revenir à la seconde où il retrouvât un minimum de contrôle de lui. Comme si la peur l’avait maintenu éveillé. Alors que ses bras étaient encore à moitié levés, ce fut comme si un ouragan était entré dans la pièce. Sans avoir eu le temps de dire quoi que ce soit, Vaas comprit que Tristan bondissait sur lui pour lui offrir une séance de self-defense privée en empoignant un de ses bras et le maintint de telle sorte qu’il ne pouvait plus faire un geste « Putain, Tristan… A quoi tu… ! » La sensation glacée qu’il sentait contre sa carotide lui indiquait que son collègue était prêt à tout, ce qui rendit Vaas instantanément agacé et le fit taire instantanément. Lui, un traitre ? « Putain mais mec… » A peine bougeait-il que la lame se faisait plus insistante sur sa peau, menaçant de lui trancher la carotide et par la même occasion tout signe de vie dans ce corps malheureux. Même si une infime part de lui comprenait, sur le moment il était avant tout irrité par sa paralysie et la lame qu’il sentait mine de rien s’enfoncer de plus ne plus à chaque mouvement qu'il osait effectuer s'il venait à bouger. C’est qu’il est costaud en plus… Il était impossible de savoir avec exactitude si son irritation venait plutôt du fait que Vaas ne contrôlait actuellement plus rien de la situation où si c’était parce qu’un homme beaucoup plus frêle d’apparence que lui, lui faisait un mal de chien.

Le commerçant révélait Tristan la raison de son attaque armée envers l’ouvrier. Même discours. Même dénomination de « monstre ». L’ascenseur émotionnelle que ressentait Vaas était tout sauf plaisante et il sentit une sorte d’agressivité qu’il détestait pourtant monter en lui. Il sentit une goutte de sang couler sur son cou. « Tristan lâche moi putain, tu vois bien qu’il délire ! » Mais ce qu’il disait semblait être adressé aux murs de la pièce car le commerçant semblait maintenant troublé, il en vint à baisser totalement son arme. Tristan le lâcha ce qui fit plaquer Vaas contre le sol. Ce dernier entendit le bruit d’une chute derrière le comptoir mais il était trop occupé à se soucier de son propre sort pour avoir une idée de ce qu’il venait de se passer. D’un grognement agacé, il se releva en se passant les doigts d’une main sur l’endroit où Tristan avait enfoncé sa lame. Un fluide rouge et froid recouvrit ses phalanges « Merde mec… Y’a des fois où faut arrêter la parano putain... » Encore une fois, c’était comme s’il s’était adressé aux murs. Personne aux alentours, c’était alors que Vaas se souvint du bruit de chute entendu derrière le comptoir. Il détourna le meuble pour apercevoir Tristan sur l’homme les yeux écarquillés de surprise. Il ne fut plus étonné d’entendre Tristan le menacer. Cette gueule d’ange savait utiliser les mots -et les gestes pour sûr- à son avantage. Ce qui vu de l’extérieur lorsqu’on était son complice et non sa victime, présentait des avantages. Les yeux de Vaas se posa alors sur l’arme qui avait roulé un peu plus loin. L’esprit embrumé par la confusion et son bras encore endolori par la prise de Tristan, il prit le revolver qu’il coinça entre son pantalon et sa ceinture. Un coup d’œil au commerçant apeuré et tout d’un coup, des lumières aveuglantes traversaient les vitres sales de la boutique et le gyrophare de la milice se déclencha. En moins d’une seconde, Vaas se baissa prêt d’eux, et posa sa main contre la bouche de l’homme encore menacé par la lame aiguisée de Tristan. Les bruits de pneus de voiture grinçaient sur le bitume et leur gyrophare se fit de plus en plus lointain, sans totalement disparaitre. A l’affut d’une quelconque mission ou faisant leur ronde peut-être. Quoiqu’il en soit, ils n’étaient pas à l’abri. Vaas retira sa main du vieillard pour instantanément le prendre par le col. « J’suis un monstre alors, hein ? » Le coup de poing qu’il infligea à l’homme fut si nerveux qu’il le fit saigner de sa lèvre inférieure. Il n’avait besoin de personne pour lui rappeler quel genre de monstruosité il était. Malade, frêle, au bord du gouffre, il le savait. Il n’avait besoin de personne pour lui répéter ça. « Tu veux savoir à quel point ? » Un deuxième coup le fit saigner plus abondamment, ce qui étrangement le fit lâcher prise. Ils n’étaient pas venus pour ça. Sa conscience à peine perceptible avait pourtant suffi à lui faire tirer la sonnette d’alarme de son cerveau.

Malgré le gyrophare de la milice qui semblait faire des allers et retours dans tout le pâté de maison, Vaas prit le risque de se lever et de prendre l’énorme carton qui se trouvait sur le comptoir. Chose qu’il fit en quelques secondes, un peu étonné de premier abord qu’il ne soit pas aussi lourd qu’escompté. Il le prit par ses deux mains et le posa près d’eux. En ouvrant les rabats, il découvrit non seulement qu’il n’y avait aucune arme dedans, mais qu’en plus d’être inintéressante, il s’agissait d’un carton rempli de prospectus à l’effigie du gouvernement. La résistance avait besoin de ses armes. Ils devaient bien être aux alentours, sans doute dans l’arrière-boutique. Manifestement, le commerçant avait une toute autre idée de comment l’entretien allait se terminer lorsque Vaas était venu récupérer les armes. Jusqu’à ce que Tristan intervienne. Il eut des sueurs froides rien qu’à l’idée d’avoir pu effectuer cette mission seul. Il leur fallait ces armes. Mais Vaas avait autre chose en tête. Il empoigna la chemise du commerçant tout en lui crachant au visage. Il n’avait pas envie de prendre le risque de hausser la voix « Pourquoi t’as voulu m’buter ? C’est quoi ton problème, hein ? » Pour seule réponse, un rire rauque s’échappa du gosier du vendeur. « La ferme ! » laissa-t-il échappa d’un ton agressif accompagné d’un troisième coup, sur la tempe cette fois-ci. Ce coup eut pour résultat de faire perdre connaissance à l’homme, ce qui eut ensuite pour conséquence de faire soupirer d’un air las le jeune Milligan qui s'affala se laissa tomber sur ses fesses. Il se passa les mains sur son visage. En les baissant, ses yeux s'attardèrent sur Tristan, comme s'il attendait son jugement et sa leçon de moral. « Quoi ? » cracha-t-il en chuchotant en haussant un sourcil. Sa colère avait prit le dessus, mais il ne s'agissait que d'une petite altercation après tout. Il s'en sortira, avec juste un mal de crâne. Et de dents. Il sentit son cou le titiller légèrement, conséquence de l’altercation musclée de Tristan. Il se repassa sa main sur sa carotide dégoulinant légèrement. Le haut de son tee-shirt était devenu rouge. « Mec, la prochaine fois, mollo sur les menaces physiques. » dit-il le regard planté dans celui de son camarade.

Toujours accroupi, à l’abri des regards derrière le comptoir, il se mit en face du carton, faisant virevolter quelques prospectus à la surface. « Faut qu’on trouve le nôtre là-dedans. » dit-il en désignant l’arrière-boutique d’un signe de la tête. Le commerçant avait sans doute pris Vaas pour ce « démon » qu’il appelait, dès le premier regard. Il n’avait jamais eu l’intention de lui donner les armes. Mais la commande avait bien été effectué, donc ils devaient être en sécurité, quelque part dans ce beau bordel. Tout en prenant en compte la milice qui rôdait dans les parages, ils devaient être prudent. Ce n’était pas le moment de se faire prendre avec un homme inconscient sur le dos dans un magasin de vente d’armes.

_________________
COMMEDIA DELL'ARTE DELL'INFERNO
Dans un monde sans lumière s'avance l'armée des ombres. Secte au culte lunaire, marionnette, quelle est ton ombre ? Le bon sens est mis en quarantaine, où est passée la vérité ? Moyen-âge des temps modernes, bienvenue dans un monde dépassé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2888-fell-down-a-hole

Masculin
↳ Nombre de messages : 890
↳ Points : 167
↳ Date d'inscription : 15/03/2016
↳ Age : 22
↳ Avatar : Ezra Miller
↳ Age du Personnage : 215 ans & 23 ans.
↳ Métier : Danseur au Masquerade, professeur particulier et escort boy occasionnel.
↳ Opinion Politique : Pour la rébellion, n'en déplaise à son esprit chaotique.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Noir Désir - Le vent nous portera | Queen - Bohemian Rhapsody | Les Ogres de Barback - Le monde est dans ma poche | Lana del Rey - Summertime Sadness | Capital Cities - Safe and Sound | The Animals - The House of the Rising Sun
↳ Citation : "Ses secrets partout qu'il expose. Ce sont des oiseaux déguisés."
↳ Multicomptes : Mikkel G. Ievseï
↳ Couleur RP : darkseagreen



Feuille de perso
↳ Copyright: Nekomata
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Amazing Grace (Tristan)   Mar 7 Juin - 23:49


« I once was lost, but now I am found, Was blind, but now I see»



Vaas & Tristan
featuring
Les protestations du rebelle n'avaient éveillé aucun scrupule dans l'esprit froid de Tristan et il n'y avait absolument pas répondu, prétextant ne rien entendre. L'acharnement de Vaas à le convaincre de la folie paranoïaque du vieillard le faisait pourtant sourire intérieurement, dans un cynisme silencieux. Dans l'immédiat, il ne lui offrit aucun commentaire, restant concentré sur sa cible qu'il écrasait de son poids léger. Le désespoir qu'il avait insufflé dans l'esprit du commerçant chargeait le malheureux d'un accablement qui se lisait dans son regard. La lame aiguisée toujours posée contre sa cible, Tristan restait immobile mais il se crispa insensiblement sous les lumières qui pénétrèrent brusquement par les fenêtres, assorties de cette sirène caractéristique des flics. Orientant un regard de biais vers son compagnon qui les avait rejoint derrière le comptoir, il le vit ramasser l'arme avant de se rapprocher pour intimer au vieux de se taire. Tous se tapirent dans les ombres. Ce ne fut que lorsque la voiture de police se fut éloignée que Tristan roula souplement sur le coté, délaissant sa victime aux bons soins du "monstre". Le cran d'arrêt retrouva rapidement l'étui dans sa ceinture alors qu'il contemplait la scène, accroupi aux cotés des deux hommes, silencieux et attentif. Le visage creusé de cernes de Vaas paraissait encore plus furieux sous la lueur crue des gyrophares, alors qu'il laissait éclater sa rage par plusieurs coups de poings. Un spectacle qu'il aurait presque pu trouver beau, artistiquement parlant, les joues de Vaas éclairées par intermittence, jusqu'à ce que les gyrophares s'éloignent.

Une lueur joyeuse brilla dans les yeux de Tristan et le coin de ses lèvres s'étira dans une ébauche de sourire sans qu'il ne bouge de sa position, accroupi un peu en retrait. Il ressentait une sensation qui aurait pu paraître décalée dans une telle ambiance car elle s'apparentait à une forme de joie. Un peu comme un frisson qui chatouillait ses abdominaux pour remonter jusqu'à son diaphragme, lui donnant l'envie brutale d'éclater d'un rire malsain. Mais Tristan restait réservé comme toujours, muet et immobile, seuls ses yeux bougeaient pour suivre les mouvements de Vaas qui se redressait. Enfin, Tristan glissa doucement sur ses genoux pour rejoindre le gros carton que son complice venait d'aller chercher. Son visage neutre se marqua par la surprise en fronçant à peine les sourcils lorsqu'il contempla ces étranges prospectus qui remplissaient la caisse. A quoi cela rimait-il ? Le regard interrogatif de Tristan passa de l'un à l'autre pendant que son compagnon empoignait à nouveau sa victime dont les lèvres fendues saignaient abondement. Vaas semblait décidé à interroger le marchand de manière musclée sans pour autant le laisser véritablement répondre. Les rires du barbu semblaient décupler la colère du rebelle qui le frappa au point de l'assommer pour de bon. Son corps chuta lourdement sur le sol alors qu'un certain silence retombait dans la pièce, parfois interrompu par les bruits lointains de moteur.

Tristan inclina la tête sur le coté, sans émettre de commentaire, abaissant un regard condescendant vers son associé. Assis sur ses talons, les mains posées contre ses cuisses,  il lui offrit un sourire de Joconde lorsque Vaas accrocha à nouveau son regard. Les réparties agressives de l'homme semblèrent s'évaporer dans l'air entre eux car il ne leur opposa qu'un calme presque hautain. « Tu n'avais pas l'air d'avoir réellement envie qu'il parle. » Tristan lui offrit cette remarque d'un ton sobre, ses yeux se posant sur la gorge abîmée et le col souillé de sang avant de retrouver le regard du rebelle. « Je devais être crédible afin que cet homme me pense de son coté. Te prendre en otage est la première chose qui m'est venue à l'esprit. » L'ingratitude de son acolyte ne le dérangeait pas vraiment, et il ne chercha donc pas à se justifier ou à argumenter plus que cela. Par ailleurs, il ne songeait bien sûr pas un seul instant à s'excuser de sa violence à son égard. Il s'estimait juste assez généreux pour ne pas exiger de remerciements de sa part. Cependant, si Vaas ne pouvait avoir une vue sur sa propre gorge, Tristan s'apercevait que la fine blessure qu'il avait provoquée avec sa lame commençait à se nécroser. Il ne s'agissait que d'une fine entaille, très superficielle bien sûr, néanmoins, les bords de la plaie étaient devenus  d'un bordeaux virant vers le noir sur plus d'un centimètre.

Un des prospectus balayé par le mouvement d'humeur de son compagnon aboutit sur ses cuisses et Tristan le ramassa pour l'observer un moment. Y étaient inscrits quelques messages de propagande politique, assortis aux photos souriantes du premier ministre et de son équipe. « Le nôtre ...? » Sa voix douce semblait émerger d'un rêve alors qu'il posait sur Vaas un regard flottant, suivant son geste avant de froncer les sourcils. « Pendant un moment, j'ai cru que tu évoquais des prospectus à notre effigie. Cela aurait été assez fâcheux. » Il répondit d'un ton tranquille et sérieux, avant de se dire que Vaas évoquait sans doute leur véritable carton qui contenait leurs armes. « Mieux vaut que nos visages restent inconnus. Bien. Alors, il ne nous reste plus qu'à fouiller. Mais avant, mieux vaut ligoter et bâillonner cet homme délirant qui te prend pour un monstre... On ne sait jamais.» A ces mots, il se pencha vers Vaas, jusqu'à le frôler presque avant de se redresser souplement. « Tu peux commencer à inspecter la pièce voisine, pendant ce temps, je vais voir si je trouve de quoi l'attacher. »

A demi-courbé pour éviter que son ombre ne se profile au travers des fenêtres, Tristan se faufila vivement vers la porte d'entrée, sans un bruit, pour aller la bloquer au moyen d'une grosse planche qu'il posa en travers. Un coup d’œil furtif au travers du carreau sale d'une fenêtre lui apprit que la milice ne s'approchait pas de la maison pour l'instant. Une fois cette précaution prise, il décida de fouiller cette pièce aux murs nus, à l'exception de ce grand miroir posé à l'entrée. Il y avait bien ce vieux buffet démodé et recouvert d'une belle couche de poussière, mais lorsque Tristan l'ouvrit, il n'y découvrit que de la vaisselle de porcelaine ébréchée. En se redressant, l'idée de ligoter cet homme lui paru tout à coup aussi futile que naïve. Il savait en lui-même ce qu'il fallait faire, en vérité, afin de pouvoir être tranquille pour de bon. Une pulsion soudaine le fit frissonner.  Se retournant vers le comptoir, il surveilla la position de Vaas avant de revenir du coté où gisait le corps inanimé, contournant le meuble en silence avant de s'agenouiller doucement sur le sol. Le chauve n'avait pas bougé, ses paupières entre-ouvertes ne laissaient apercevoir que le blanc de sa cornée, il respirait à un rythme régulier. Tristan leva les yeux vers la porte qui menait vers l'arrière boutique. Vaas devait être en train d'y chercher la caisse d'armes qui leur revenait, il entendait le bruit de meubles qu'on repoussait, des bruissements, des signes que son compagnon se donnait du mal dans ses recherches. Cédant à sa pulsion, Tristan attrapa le crâne de l'homme évanoui, l'empoignant par ses oreilles pour le redresser et lui faire exécuter un brusque tournant vers la gauche, brisant net ses cervicales dans un craquement sinistre. Du travail propre.

Il se redressa doucement, avisant Vaas d'une voix impartiale. « Je n'ai pas trouvé de corde. » Les mains de Tristan ne tremblaient pas, même après un meurtre exécuté de sang froid. Il savait qu'il avait eu raison de le faire, ils ne pouvaient de toute façon pas quitter le magasin d'armes en laissant un témoin derrière eux. Un témoin qui aurait pu salir leur réputation auprès des membres de la rébellion, accusant Vaas d'être un démon, ce qui se justifierait par les coups qu'il lui avait administré, allant jusqu'à l'assommer. Tristan lui-même n'avait rien fait pour empêcher son comparse de torturer ce marchand, n'est ce pas ? Un marchand qui possédait peut-être la confiance du groupe des rebelles dont ils faisaient partie. Mais tout cela était réglé de manière définitive à présent. Il contempla le cadavre encore chaud quelques secondes supplémentaires, sans réellement se soucier de cette pulsion étrange qui battait encore dans son cœur. Il se sentait presque rassasié à présent, satisfait de son acte en terme d'émotion mais également de raison. Ainsi, il rejoignit son compagnon d'un pas tranquille, curieux de savoir s'il avait découvert quelque chose, sans même songer à lui fournir une quelconque explication concernant ses propres actions. Son regard se posa à nouveau contre la gorge de Vaas avant de lui parler posément. « Il serait plus prudent de sortir par l'arrière si c'est possible. Sais-tu s'il existe une porte de l'autre coté de la maison ? Par ailleurs… si la caisse à emporter est de la même taille que celle remplie de prospectus, elle sera sans doute un peu voyante à transporter à pied. »

Tristan ne savait pas réellement à quoi il s'attendait parce qu'on ne leur avait pas vraiment fourni de détails, tout était trop flou dans cette affaire. Il imaginait qu'on leur remettrait à chacun des paquets de dynamite qu'ils pourraient dissimuler sous leurs vêtements, ce genre de choses. Mais s'il s'agissait de mitraillettes ou d'armes plus lourdes, il était évident qu'il leur faudrait un véhicule pour les transporter de manière discrète. Interrogeant Vaas du regard, il poursuivit. « Il faudrait également que tu camoufles la blessure que je t'ai faite, compagnon. Je n'ai pas voulu te faire saigner, ma lame est sans doute trop aiguisée. » Plongeant la main dans la poche de son manteau, il en sortit un mouchoir qu'il présenta au rebelle. Il ne portait ni cravate ni écharpe lui même et n'avait que cela à lui donner. Son regard s'aiguisa pour le fixer, sans l'ombre d'un sourire. « Tu risques d'attirer l'attention d'autres chasseurs de monstres en t'affichant ainsi. »





_________________
Sur des escaliers de brume

On ne m'a donné ni arme ni larmes à mes yeux, Que ce cheval d'acier noir et ce corps sans visage. J'ai l'âme de l'enfant et la mémoire du vieux. L'éternité c'est long quand on marche sans cœur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3412-tristan-k-bellam

Féminin
↳ Nombre de messages : 976
↳ Points : 664
↳ Date d'inscription : 01/07/2015
↳ Age : 26
↳ Avatar : Aaron Paul
↳ Age du Personnage : 32
↳ Métier : Ouvrier
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau max en tâches et théorie du complot
↳ Playlist : Woodkid - Run Boy Run ; C!NCC - Bipolar Mind ; The Used - The Bird and The Worm ; Enter Shikari - Destabilise ; ADTR - Paranoia ; Eddie Vedder - Society
↳ Citation : « Too late it was, for him, for them, the evil curse had won. The anger and the anguish overwhelmed his fragile soul, and caused a wicked tantrum that he never could control. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #C79F4B



Feuille de perso
↳ Copyright: Lux Aeterna + (she)wolf
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Amazing Grace (Tristan)   Dim 19 Juin - 16:21



Bien malgré lui, les paroles du vendeur résonnaient comme un écho infini dans son esprit. Comme pour accentuer ses pires craintes et ses douleurs qui le tenaient éveillé chaque nuit. Le minuscule sourire imperturbable de Tristan ne fit que rendre celui de Vaas toujours plus tombant. Il reposa ensuite son regard sur le vendeur assommé. Tristan n’avait pas totalement tort. Vaas avait envie avant tout qu’il se taise comme s’il était la personnification de toutes ses voix en lui qui pourtant, encore à cet instant précis, s’accentuaient et rebondissaient à chaque recoin de son crâne. « Ouais… si tu l’dis… » Vaas n’avait pas la force ni l’envie d’argumenter face à lui. Finalement, Tristan restait fidèle à lui-même. Un parfait inconnu l’aurait probablement mal pris au début -voir pendant l’altercation tout comme Vaas l’avait fait. Mais au bout du compte, il ne lui en voulait pas. Il ne comprenait pas non plus, mais comprendre les faits et gestes de Tristan relevait d’un tout autre niveau. Vaas commençait à en avoir une petite habitude non sans séquelles, comme cette cicatrice sur sa gorge dot il sentait la fraicheur de son sang le rafraichir de la façon la plus désagréable qu’il soit.  L’ouvrier remarqua que son camarade louchait sur sa blessure. « T’admires ton œuvre ? » Il engouffra une main dans la poche de sa veste pour réaliser qu'il n'avait aucun mouchoir ou quelconque tissu pour tenter d'éviter la propagation de son sang sur le col de sa veste et de son tee-shirt.

Face à la remarque de Tristan, Vaas fronça davantage ses sourcils, mi- amusé mi-interrogateur. « Mouais… y’a mieux comme tronche pour représenter la résistance. » Vaas n’avait bien entendu aucun problème avec ladite tronche de Tristan. Mais quant à la sienne, il luttait encore tous les matins face au miroir pour ne pas briser la glace qui ne reflétait qu’une vision d’horreur sans nom. Il agita vivement la tête à la suite de la proposition du bâillonnement du vendeur. Il en avait fini avec cet homme. Vaas acquiesça sans dire un mot. Il se leva doucement, jeta d’abord un regard par-dessus le comptoir pour s’assurer qu’aucune silhouette n’inspectait la rue devant la boutique. Tristan eut une meilleure idée que l’observation en agissant : il bloqua la porte à l’aide d’une grosse planche en bois. Rassuré, Vaas détourna le corps du vendeur, non sans un regard dédaigneux. C’est avec une moue antipathique qu’il se dirigea vers l’arrière-boutique. L’obscurité de la pièce lui fit instantanément développer ses autres sens. Ainsi, son nez sentit une tenace odeur d’humidité. Mais c’était son corps entier qui en subissait les effets, comme une lourdeur infestée de puces et d’une atmosphère pesante qui tombait sur ses épaules. En avançant, il aperçut une porte qui semblait néanmoins bloquée par petit meuble posé devant. Des cartons étaient entassés les uns sur les autres un peu partout. En fouillant à l’intérieur, Vaas n’aperçut une nouvelle fois que des prospectus et autres objets sans intérêt. D’autres cartons contenaient des draps, et même des produits pharmaceutiques ? Comment cela pouvait-il être possible ? Tout cette mission aurait été saboté ? Vaas sentit un tiraillement nerveux dans le creux de son estomac l’agacer fortement. « Eh merde ! » laissa-t-il échapper en faisant tomber sur le sol une vieille boite en bois vide. Un bruit étrange attira son regard sur l’endroit où l’objet venait de tomber. Les pieds de Vaas marchaient sur un tapis. Tapis qui recouvrait un sol beaucoup trop métallique pour être un vrai sol. Il s’accroupit afin de retirer la carpette pour découvrir une trappe. Une tentative vaine afin de l’ouvrir avant de se rendre compte qu’il avait besoin d’aide tant cette trappe était lourde.

Vaas leva les yeux lorsque Tristan lui avoua qu'il n'avait pas trouvé de corde. Sa voix semblait relativement sereine, c'était que le vendeur était sûrement toujours dans les tréfonds du coma. Ne se doutant de rien, il avait suffisamment confiance en Tristan pour analyser ce genre de situation. Son camarade nota ensuite avec sa logique implacable le besoin de sortir autrement que par la porte d'entrée. Il avait néanmoins raison, et Vaas lui indiqua du doigt laporte qu’il avait aperçu mais qui était néanmoins bloquée par un meuble. « Là regarde. Ça nous fera atterrir de l’autre côté d’la rue. On pourra plus facilement contourner l’avenue principale. » Alors qu’il voulait faire part de sa découverte à son camarade, il fut stoppé par sa proposition d’aide pour soigner sa blessure. Sa recherche pour les armes suivie de la déception puis de la surprise lui avait fait oublié son égratignure. Vaas prit le mouchoir que lui tendit Tristan. « Sans doute ouais, j’te l’confirme. » Il appuya contre son cou et ce n’est qu’à cet instant qu’il se rendit compte qu’il avait peut-être négligé son saignement. Rien qu’une légère pression et le mouchoir absorba une quantité inquiétante de sang. Face à cette vision, il remit de plus belle sa main sur son cou, comme pour lui éviter cette vision dont il se serait bien passé. Quant à attirer l'attention, Vaas s'en moquait, même s'il le concevait, ce n'était pas du tout le bon moment pour se faire remarquer. Ils n'étaient pas dans un bar clandestin, il fallait être discret. Il haussa les épaules face à la dernière remarque du grand brun. « Qu’ils viennent ces enculés. Eh, regarde un peu. » Une main toujours plaqué contre son cou, il lui montra la trappe qu’il avait laissé derrière lui. « Elle est putain d'lourde, viens m’aider à la soulever. »
Il rangea le mouchoir dans une des poches de sa veste avant de se joindre à Tristan pour tirer sur la poignée en métal de la trappe. Après quelques secondes d’effort, elle s’ouvrit dans un bruit sec que la pièce semblait connaitre. Il suffit d’un regard pour comprendre à Vaas de quoi il s’agissait. Tout était entreposé ici, à l’abri de tous. Le peu d’éclairage que laissait échapper la porte de l’entrée principale n’était pas suffisant pour en être certain, mais l’on pouvait déjà apercevoir des fusils et des mitrailleuses entreposés contre le mur de ce sous-bassement. Vaas se leva en tapant amicalement le dos de Tristan. « Prêt à partir à la cueillette ? » Il prit les devant en empruntant l’échelle qui permettait de descendre jusqu’à cette exposition d’arme. Une fois le pied à terre, son premier réflexe fut de chercher un interrupteur. Il tapota le mur proche de lui jusqu’à tomber sur ce qui semblait être un bouton. Or, ce n’était pas la lumière qui s’alluma lorsqu’il appuya dessus. Une lame surgit de nulle part vint transpercer les airs, frôla la joue de Vaas puis atterrit sur le rebord de l’étagère qui faisait tout le tour de ce sas. Abasourdi, l’ouvrier leva la tête vers Tristan, la bouche entre-ouverte de stupeur. « Mec... il s’passe quoi putain... » Le cœur explosant comme une batterie surexcitée, sa respiration fut haletante. Il essaya de se calmer tout en reposant son regard autour de lui, passant ses doigts sur la joue qui avait accueilli la visite surprise de la lame vengeresse. Il sentit une fine ligne de sang lui salir les doigts. La pièce devait être rempli de pièges que seul le propriétaire connaissait afin d’éviter les visiteurs inattendus comme eux de se servir librement. Il leur faudrait probablement de la lumière mais les armes étaient présentes. Armes à feu, armes blanches, et des boites qui contenait à première vue des munitions. Tout était bien là. Il leur fallait maintenant en déplacer le plus possible et le plus précautionneusement du monde afin de les rapporter à leur camarade.

_________________
COMMEDIA DELL'ARTE DELL'INFERNO
Dans un monde sans lumière s'avance l'armée des ombres. Secte au culte lunaire, marionnette, quelle est ton ombre ? Le bon sens est mis en quarantaine, où est passée la vérité ? Moyen-âge des temps modernes, bienvenue dans un monde dépassé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2888-fell-down-a-hole

Masculin
↳ Nombre de messages : 890
↳ Points : 167
↳ Date d'inscription : 15/03/2016
↳ Age : 22
↳ Avatar : Ezra Miller
↳ Age du Personnage : 215 ans & 23 ans.
↳ Métier : Danseur au Masquerade, professeur particulier et escort boy occasionnel.
↳ Opinion Politique : Pour la rébellion, n'en déplaise à son esprit chaotique.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Noir Désir - Le vent nous portera | Queen - Bohemian Rhapsody | Les Ogres de Barback - Le monde est dans ma poche | Lana del Rey - Summertime Sadness | Capital Cities - Safe and Sound | The Animals - The House of the Rising Sun
↳ Citation : "Ses secrets partout qu'il expose. Ce sont des oiseaux déguisés."
↳ Multicomptes : Mikkel G. Ievseï
↳ Couleur RP : darkseagreen



Feuille de perso
↳ Copyright: Nekomata
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Amazing Grace (Tristan)   Ven 8 Juil - 12:32


« I once was lost, but now I am found, Was blind, but now I see»



Vaas & Tristan
featuring
Sur le moment, Tristan n'avait pas relevé le dénigrement de son compagnon concernant leurs visages. Pourtant, alors que Vaas usait du mouchoir pour éponger son propre sang, il continua à l'observer en silence pendant une poignée de secondes, vaguement méditatif. Que savait Vaas au sujet des Hellraisers ? Était-il conscient de l'état de sa blessure ? De son coté, Tristan n'était pas au courant de la nature de son acolyte avant ce soir, lorsqu'il avait entendu le marchand le traiter de monstre. Certains indices dans la magasin, tel que cet imposant miroir près de l'entrée, suggérait que le vieil homme était au courant des effets de cette malédiction, encore si peu connue. De son coté, Tristan se montrait toujours extrêmement prudent, ses mesures obsessionnelles frôlant la paranoïa. Il désirait que le moins de monde possible soit au courant de son statut, c'était ainsi qu'il portait par exemple des gants en permanence, pour éviter de nécroser les chairs d'autrui et de se faire ainsi repérer…

Dans un premier temps, il n'ajouta donc rien sur ce sujet, se contentant de regarder la porte que lui désignait Vaas. Ce dernier semblait prêt à en découdre avec de potentiels agresseurs et son commentaire plein de hargne attira un bref sourire sur les lèvres de Tristan. En dépit des problèmes que son impulsivité lui attirait parfois, il appréciait ce trait de caractère chez Vaas, ce côté fonceur et rentre dedans. Avisant ce passage secret dévoilé sous le tapis, il interrogea son camarade du regard tout en le rejoignant. « Ton courage est apprécié, compagnon. Tu me donnes envie que des ennemis surviennent pour de bon, rien que pour admirer ton enthousiasme à les démolir comme tout à l'heure... » Il l'observa dans un demi-sourire avant de hocher la tête. « Voyons voir cette cachette... »

Vaas aurait dû utiliser le mouchoir comme foulard, sans se soucier du coté esthétique car le but de Tristan était de camoufler sa nécrose. Mais peut-être n'en était-il pas conscient. Tristan renonça à lui en faire la remarque dans l'immédiat puisqu'ils étaient seuls de toute façon. Il se contenta de se baisser vers la porte de la trappe pour aider Vaas à la soulever et libérer ainsi le passage. En effet, elle était assez lourde mais au bout d'un moment, ils purent apercevoir le gouffre sombre qui s'offrait à eux, dans un petit nuage de poussière. Tristan plissa les yeux, essayant de distinguer ce qui était exposé là au travers de la pénombre mais Vaas le dépassait déjà avec son impulsivité habituelle pour plonger dans l'inconnu. Comment songer à le retenir ? Tristan avait beau être méfiant, il n'aurait pu imaginer ce qui les attendait en bas… « Parfait, j'espère que la récolte sera fructueuse... » Il attendit donc que son acolyte soit descendu de l'échelle, cette dernière n'étant sans doute pas assez solide pour supporter le poids de deux hommes à la fois.

Tristan allait descendre à son tour lorsque quelque chose fusa dans la pénombre pour frôler la joue de Vaas et se planter contre la paroi de bois. Il écarquilla les yeux dans un réflexe, scrutant les ténèbres pour apercevoir le visage épouvanté de son compagnon. Ce dernier avait manqué de peu de se faire transpercer et Tristan fronça les sourcils en apercevant le sang sur son visage… Cette balafre était superficielle mais la peau de Vaas commençait déjà à se nécroser un peu, Tristan devinait la couleur plus sombre de sa peau en dépit de l'obscurité de cette cave. Il se pinça les lèvres. « Ne bouge plus. » Tristan murmura, attentif aux moindres bruits mais il ne percevait rien de particulier. Il comprit rapidement que cette attaque ne provenait pas d'un assaillant caché quelque part mais d'un piège qui se déclenchait automatiquement. Les armes étaient trop rares et précieuses pour laisser des voleurs s'en emparer, les responsables avaient donc dû s'organiser comme ils pouvaient. Visiblement, Vaas avait essayé d'allumer la lumière… « C'est donc cet interrupteur… ?  Ne touche plus à rien, je te rejoins.»

Tristan descendit rapidement à son tour au sous-sol, s'arrêtant en bas de l'échelle avant de fouiller ses poches. En cherchant la corde tout à l'heure, il n'avait aperçu aucune bougie dans cette maison. Cependant, il possédait toujours le porte-clefs de sa moto dans l'une des poches de son manteau et celui-ci était équipé d'une petite lampe. Il l'alluma donc pour en balayer la pièce du faible faisceau lumineux. Ce n'était pas grand-chose mais c'était mieux que rien pour y voir un peu plus clair… « Tant pis pour l'éclairage, nous devrons nous contenter de ça, je n'ai rien de mieux. Et toi… ? Bon... Possible qu'il y ait d'autres pièges. Je suppose que cette bâtisse est trop vétuste pour être équipée de ces systèmes modernes invisibles. » Tristan interrogea Vaas du regard. Il ignorait comment on nommait ces choses mais il savait qu'il existait des rayons invisible à l’œil humain qui permettaient d'enclencher des alarmes et vraisemblablement des pièges. Toutefois, au vu de l'ambiance rustique et ancienne des lieux, ainsi que de ce premier piège mécanique, il semblait peu probable que la cave en soit équipée. Tristan n'était pas à l'aise avec certaines choses du monde moderne auquel il ne se sentait pas appartenir, cependant il ne restait qu'à espérer que son intuition soit bonne. « Il s'agit simplement de prendre garde où nous mettons les pieds. » Pas question d'abandonner, c'était une évidence et Tristan n'évoquait donc même pas la possibilité de faire demi tour. Il était certain que Vaas serait décidé lui aussi à aller jusqu'au bout de leur mission et il balaya le sol devant eux du mince faisceau lumineux, dévoilant toutes ces armes entreposées.

En étant plus attentif, il put alors se rendre compte que des fils étaient tendus à quelques centimètres au dessus du plancher, juste devant les coffres et il les désigna à Vaas. « Qui sait si une hache ne viendrait nous trancher la tête en cas de rupture de ce fil… Mieux vaut ne pas s'y risquer. » Tristan songea que le marchand aurait put leur divulguer la présence de ces pièges… tout du moins auraient-ils pu le contraindre à avancer devant eux à leur place et éviter ainsi de se prendre une lame volante dans la tête. Mais l'homme était mort et ne leur servirait plus à rien. Qu'importe, Tristan ne perdait jamais de temps à regretter quoique ce soit, ce qui était fait, était fait. « Je ne pense pas que le propriétaire du magasin aurait pris le risque de piéger cet endroit avec des explosifs et détruire ainsi la bâtisse en même temps que les éventuels voleurs… » Mais de quels genre de pièges devraient-ils se méfier dans ce cas ? C'était très difficile à définir...

Tristan s'avança vers l'un des murs, contre lequel était posées plusieurs mitraillettes automatiques. Aucun piège à première vue et il en ramassa deux qu'il passa en bandoulière sans que rien ne se passe. Il croisa le regard de Vaas, éclairant les caisses de sa petite lampe pour permettre à son compagnon d'y voir plus clair et ne pas toucher ces fils étranges. Ainsi ils pourraient remonter avec précautions ces caisses à l'étages et Tristan s'occupa ainsi de déposer les armes ramassées, remontant rapidement à l’échelle avant de redescendre pour aider son acolyte.

Sans cesser d'éclairer les caisses, Tristan les contourna, enjambant les fils, pour aller chercher les munitions placées dans le fond de la cave. Il allait y aboutir quand soudain, la planche sous son pied droit bascula. Déséquilibré par la surprise, il allait se dégager souplement quand une douleur implacable se referma sur sa cheville, le faisant réprimer un juron dans une grimace. Une gueule d'acier munie de dents tranchantes lui avait mordu la jambe. Un piège à loup dont les pointes traversaient le tissu de son pantalon pour s'enfoncer cruellement dans sa chair, laissant s'écouler son sang avec abondance. Tristan s'agenouilla, laissant retomber  à ses cotés les armes qu'il portaient ainsi que son porte-clefs et la petite lampe torche sur le sol. Il ne dit pas un mot, s'efforçant de se libérer de cette morsure de lui-même mais les mâchoires d'acier étaient extrêmement dures à rouvrir et il n'y parvenait pas. Demander de l'aide le répugnait, d'autant plus que sa propre chair se nécroserait suite à la blessure et qu'il se refusait à laisser Vaas s'en rendre compte…  Tristan se concentra sur sa respiration pour contrôler la douleur, inspirant profondément avant de ramasser sa lampe, Vaas devrait avoir besoin de lumière pour ne pas tomber dans un piège lui aussi…

Il éclaira les lieux pour chercher la silhouette de son compagnon dans la pénombre et dès qu'il l'aperçu, il le héla. « Prend garde au plancher, des pièges sont dissimulés sous certaines planches plus claires. Je te rejoins dans quelques minutes. » Le temps de se libérer de ce maudit piège…  Au prix d'un effort supplémentaire, Tristan força encore une fois l'ouverture du piège dans un grognement de souffrance. Ils devaient se dépêcher, un peu plus loin, dans la rue, il croyait entendre des éclats de voix. Quelqu'un essayait-il de pénétrer dans la maison ? Il se félicita d'en avoir bloqué l'entrée mais la planche n'empêcherait pas les importuns de rentrer éternellement...





_________________
Sur des escaliers de brume

On ne m'a donné ni arme ni larmes à mes yeux, Que ce cheval d'acier noir et ce corps sans visage. J'ai l'âme de l'enfant et la mémoire du vieux. L'éternité c'est long quand on marche sans cœur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3412-tristan-k-bellam

Féminin
↳ Nombre de messages : 976
↳ Points : 664
↳ Date d'inscription : 01/07/2015
↳ Age : 26
↳ Avatar : Aaron Paul
↳ Age du Personnage : 32
↳ Métier : Ouvrier
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau max en tâches et théorie du complot
↳ Playlist : Woodkid - Run Boy Run ; C!NCC - Bipolar Mind ; The Used - The Bird and The Worm ; Enter Shikari - Destabilise ; ADTR - Paranoia ; Eddie Vedder - Society
↳ Citation : « Too late it was, for him, for them, the evil curse had won. The anger and the anguish overwhelmed his fragile soul, and caused a wicked tantrum that he never could control. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #C79F4B



Feuille de perso
↳ Copyright: Lux Aeterna + (she)wolf
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Amazing Grace (Tristan)   Mar 2 Aoû - 17:24



Tristan n'avait pas à répéter deux fois son conseil. Immobile telle une statue de marbre, Vaas n'osait plus rien toucher. C'était à peine s'il osait respirer tant la lame qui lui avait frôler la joue l'avait surprise. Il se maudissait alors d'être aussi tête brûlée, ne réfléchissant jamais ou lors très peu aux conséquences de ses actes. Si ses pas avait décidé de le placer ne serait-ce que vingts centimètres plus à gauche, cette lame lui aurait transpercé la joue. Et ce n'était pas une simple égratignure qu'il aurait eu en guise de souvenir de cette mission. Vaas sentait un liquide froid glisser le long de sa joue pour finir son trajet jusqu'à sa mâchoire. Il entendit Tristan emprunter la même échelle que lui il y avait quelques secondes à peine. Une fois sur pied, il sortit de sa poche une minuscule lampe qui semblait être associée à un porte-clefs s'il en croyait le tintement métallique qui émanait de l'objet. Vaas secoua vivement la tête de gauche à droite afin de faire comprendre à son camarade qu'il ne possédait aucun autre objet pouvant les aider à y voir plus clair.  « Tu... supposes ? » L'ouvrier leva les yeux au ciel puis tout autour de lui, comme dans l'espoir que les mystères de cette pièce se dévoilent d'elle-même. Le bâtiment était effectivement plutôt ancien. Si le propriétaire avait dû élaborer des systèmes perfectionnés, les murs seraient probablement un peu plus moderne. Mais Vaas avait tout sauf confiance en ce monde qui était traître.  « Si y'avait des systèmes de laser à infra-rouges, on serait sûrement déjà morts avant d'avoir pu entrer dans cette pièce. » Il aurait fallu des bombes à spray afin de pouvoir visualiser les lasers invisibles dispersés tout au long d'une pièce. Mais Tristan avait raison, et si la pièce disposait effectivement de ce genre d'outillage, les deux résistants n'auraient pas fait long feu face à cette technologie. Vaas acquiesça cette fois-ci sa tête de haut en bas. Ils devaient être prudent, c'était l'unique solution qui leur restait. Leur but était tout proche, et la précaution la qualité majeure dans cette entreprise.

Avoir Tristan à ses côtés dans cette minuscule pièce rassurait un peu l'ouvrier. Son pragmatisme l'aidait à reprendre ses esprits plus facilement, et il tenait à mener à bien cette mission autant que lui, peu importait les dangers. Vaas délia ses membres petit à petit en reprenant une respiration normale et en tâchant de ne plus crisper ses muscles. Il osa timidement porter ses doigts à la nouvelle égratignure sur sa joue. Son index et majeur furent imbibés du liquide rouge vital à tous qu'il éparpilla avec son pouce sur l'intégralité de ses doigts. Ses sourcils se froncèrent en une ligne disgracieuse d'inquiétude. Il reprit le mouchoir qu'il avait engouffré dans sa poche précédemment. En épongeant minutieusement ses doigts fraîchement ensanglantés puis sa joue,  il observa ce que Tristan désigna. Des fils étaient suspendus devant plusieurs coffres disposés à terre. Vaas acquiesça une nouvelle fois à ses conseils, ce n'était pas le moment idéal pour recevoir la maîtresse des lames après avoir accueilli son amuse-bouche à pleine joue.  « Ou peut-être qu'il peut le faire... manuellement. Il est toujours inconscient, hein ? » Vaas désigna le plafond d'un coup de tête, vers l'endroit où ils avaient laissé le commerçant inconscient. Innocent du destin que lui avait réservé Tristan, il lui faisait néanmoins entièrement confiance. S'il n'avait pas trouvé de corde comme il l'avait dit, il avait bien trouvé autre chose pour le tenir écarter pendant qu'ils faisaient leurs courses aux armes songea-t-il.

Tandis que Tristan s'occupait de récupérer plusieurs mitraillettes, Vaas profita de son éclairage des caisses pour analyser minutieusement leur disposition afin de ne toucher aucun fil lorsqu'il les soulèvera. Il devait prendre en compte leur poids et leur dimension. La taille n'était pas un problème, mais leur poids restait un mystère. Tout d'abord, l'ouvrier s'approcha doucement afin de tenter de les ouvrir, pour se faire une idée de leur contenu et de ce fait, se faire une idée également de leur charge. Il n'eut aucun mal à soulever la planche qui recouvrait la première caisse devant lui. Après avoir soulevé un voile blanc qui recouvrait les objets, devant lui se trouvait un échantillon impressionnant de grenades, filets, cordes et diverses objets utiles et facilement transportable. Refermant précautionneusement la caisse, Vaas se mit à genoux afin de la soulever, et la prit fermement dans ses bras. Ne bénéficiant plus de la lumière de Tristan, il prit son temps afin de se diriger vers l'échelle pour remonter le paquet. C'est alors qu'un bruit sec paralysa Vaas de surprise. Il s'immobilisa mais la voix de Tristan s’exclamant par un juron le fit retourner sur lui-même.  « Tristan ? Ça va ? Qu'est c'qu'il s'passe ? » Une faible lueur éclaira le sol, signe que son camarade avait lâché sa petite lampe de torche.  « Merde... » laissa échapper Vaas d'une voix inquiète. Il posa le paquet à ses pieds, c'est alors que la lumière de Tristan l'éclaira de nouveau. Soulagé de le voir en un seul morceau, ses propos ne le rassurèrent pas pour autant. D'ailleurs, le voir sur le sol le rassurait encore moins, d'autant plus qu'il se trouvait agenouillé sur ce même sol dont il le mettait en garde.  « Hein ? Attends, pourquoi dans quelques minutes ? T'es tombé sur quoi ? » Le double sens de la phrase de Vaas était involontaire, mais sans doute l'inconscient jouait pour lui. Soit Tristan venait de tomber sur un piège dont il pensait pouvoir passer à travers afin de s'approprier une arme, soit il venait de tomber sur un piège tout court. Au fond de lui, Vaas espérait qu'il s'agissait de la première option, mais il craignait que le conseil de prendre garde au plancher était lié à l'étrange bruit sec de bois cassé et du juron qui en avait suivit. A peine eut-il le temps de s'inquiéter de la situation que Vaas entendit des voix au-dessus d'eux. Instantanément, l'ouvrier s'immobilisa en restant aux aguets. Les voix semblaient venir de l'extérieur. Il était impossible de discerner ce qu'elles disaient, mais leur présence était réelle. Un bruit sourd se fit retentir. On voulait rentrer dans la boutique, pas de la manière la plus gracieuse qui fut si l'on en croyait leur tapement sur la porte d'entrée.  « Et merde. » Ils n'avaient plus beaucoup de temps. Vaas pourrait jeter un œil sur ses nouveaux visiteurs, mais une petite voix dans sa tête lui disait qu'ils n'étaient pas venus pour partager une bière fraîchement brassée. Il devait s'assurer que son camarade allait bien.

Sans perdre plus de temps, il enjamba la caisse qu'il avait posé à ses pieds et prit soin d'éviter les fils ainsi que les planches qui lui semblaient plus claires que d'autres. « Mec, j'crois va falloir raccourcir not' liste de butin à ramener au bercail. » Arriver à sa hauteur, ce qu'il vit n'arrangea rien quant à son inquiétude vis-à-vis de la situation.  « Putain de merde... » Il s'agenouilla près de lui et reconnu un piège à loup qui avait emprisonné la jambe de Tristan. Cependant, ce n'était pas la raison pour laquelle sa respiration commença de nouveau à s'accélérer. La chair autour de la blessure se nécrosait, et il maudissait son esprit et son âme d'être rongé par ce mal qui le détruisait et le rendait fou. Pourquoi ici, pourquoi maintenant ? Pourquoi chaque blessure qu'il avait sous les yeux se transformait en une abomination ? Il ne voulait pas montrer son angoisse face à Tristan, il fallait garder la tête froide. « Ok, on va te libérer... A trois, on écarte les mâchoires de cette sale bête ensemble. » Il renifla péniblement, tenta de poser ses yeux n'importe où sauf sur la blessure. Il regarda le métal grisonnant et brillant du piège, y posa ses mains, prêt à écarter les pointes qui emprisonnaient Tristan.  « Un, deux, trois ! » Malgré leur quatre mains, il fallut à Vaas une bonne partie de sa force pour libérer la jambe de Tristan. Une fois libérée, le sang s'écoula de plus belle, et la chair n'en fini pas de se nécroser. Vaas respira avec difficulté. C'est dans ta tête, c'est dans ta tête, reste calme. Il lui fallait panser sa blessure avant de songer à le déplacer.  « Attends deux s'condes, bouge pas. » Il se leva doucement en restant voûté, comme craignait que ses pas se fassent entendre. Parmi les autres caisses sur le sol, il en ouvrit une et prit le tissu blanc qui recouvrait les objets disposés à l'intérieur. Il se retourna sur lui-même puis donna le tissu à Tristan avant de s'agenouiller de nouveau près de lui.  « Mets ça autour de ta blessure. Tu pourras marcher ? » Vaas ne connaissait pas la gravité que pouvait provoquer un piège à loup de cette sorte. Peut-être avait-il l'os brisé, il fallait s'attendre à tout. Les coups sur la porte d'entrée se firent de plus en plus insistante. Vaas se ressaisit, essuya une ligne de sueur qui était apparu sur son front tout en plaçant son regard vers le plafond, de là où résonnait les bruits de porte et voix éparses.  « On peut pas rester ici plus longtemps. Chope les mitraillettes, j'prend une caisse sous le bras et on décolle. »

Vaas prit l'initiative de prendre la petite lampe des mains de Tristan. Tandis qu'il installa les armes autour de lui grâce à leur lanière, il éclaira le court chemin jusqu'à l'échelle où la caisse qu'il avait prit était encore entreposée. Vaas prit le bras de Tristan pour le placer sur ses épaules et l'aider à enjamber les fils ainsi que quelques planches suspectes. Alors qu'ils étaient au pied de l'échelle, un bruit sourd et fracassant se fit retentir au-dessus d'eux. Ils ont pété la porte ! Il regarda Tristan les yeux exorbités. Sortir maintenant n'était plus envisageable. Très vite, Vaas monta les quelques marches de l'échelle et en sortit uniquement le haut de sa tête dans l'espoir d'apercevoir les nouveaux convives, ou du moins espérer en apprendre plus sur leur agissement. Il ne pu en apercevoir un de dos, agenouillé près de l'endroit où ils avaient laissé le commerçant. Des phrases comme « Il est mort... » ; « Ils ne doivent pas être loin ces petits fils de pute » eurent raison de l'intrépidité du jeune Milligan. Si bien qu'il renferma la trappe le plus silencieusement qu'il le pouvait, tout en sachant pertinemment que l'ouverture ne serait pas aussi bien cachée que lorsque Tristan et lui l'avait découvert. « Ok, on est dans la merde. Des peacekeepers. » Il avait reconnu leur uniforme et certaines de leurs armes caractéristiques. Vaas se contenta de chuchoter, n'étant pas certain de l'insonorité de la pièce. Il se passa nerveusement une main de son front jusqu'à l'arrière de son crâne pour finir à gratter de ses ongles sa nuque, à en laisser des traces rouge.  « Le vendeur est mort... C'est toi ? » Vaas n'était pas certain si une réponse négative le rassurerait ou non. Mais le plus important, c'était de trouver un moyen de sortir sans se faire repérer. Devraient-ils en arriver aux mains ? Non, aux armes. Ils étaient dans une pièce remplie d'armes et de munitions. Se défendre n'était pas un soucis. La seule question nécessaire était de savoir s'ils devaient passer à l'acte. Les pas au-dessus d'eux étaient rapides. Vaas crut entendre deux voix différentes lorsqu'il avait passé la tête par-dessus la trappe, mais à l'écoute des pas, ils devaient être trois ou quatre. Ils étaient à l'abri pour l'instant. Jusqu'au moment où l'un d'entre eux décideraient d'ouvrir la trappe. Une force qu'il ne connaissait que trop bien surgit du fond de son estomac. Cette force lui fit placer son regard vers la caisse qu'il avait prise et qui se trouvait à leur pied. Une grenade en moins ne ferait pas de grande différence si elle parviendrait à les sauver. Il en attrapa une puis plaça son regard au fond des pupilles de Tristan. Il éclaira de la petite lampe la grenade qu'il tenait dans la paume de sa main.  « J'prend la responsabilité de tout mec... Faut qu'on sorte d'ici en vie, on compte sur nous. »

Les connaissances de Vaas en armes offensives et défensives n'étaient pas poussées mais il savait néanmoins reconnaître les différentes types de grenade. Celle qu'il avait en main faisait partie des grenades à fragmentation, celle destinée à détruire leur cible. Si la situation aurait été autre et qu'il n'était pas certain de la nature de ses ennemis, il aurait pu douter. Du temps où il était hacker, il aurait pu douter. Mais l'époque dans lequel ils vivent ne permet plus de laisser place à l'hésitation. Celui qui ne prenait pas une place dans ce combat était un menteur. Tous, ils avaient leur mot à dire sur le Gouvernement. Tout comme Vaas. Il enleva la goupille de sécurité. Sans plus attendre, il souleva la trappe de toute ses forces et lança la grenade au loin. Il eut juste le temps d'apercevoir des silhouettes grises armées. Vaas s'abaissa sans demander son reste, la trappe se ferma derrière lui. Il prit Tristan par les épaules et le planqua contre le sol, une main se tenant l'arrière de la tête. Jusqu'à ce que la détonation retentisse et que la pièce tremble. Les pièges putain... Faut pas qu'ils s'enclenchent, faut pas qu'ils s'enclenchent...

_________________
COMMEDIA DELL'ARTE DELL'INFERNO
Dans un monde sans lumière s'avance l'armée des ombres. Secte au culte lunaire, marionnette, quelle est ton ombre ? Le bon sens est mis en quarantaine, où est passée la vérité ? Moyen-âge des temps modernes, bienvenue dans un monde dépassé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2888-fell-down-a-hole

Masculin
↳ Nombre de messages : 890
↳ Points : 167
↳ Date d'inscription : 15/03/2016
↳ Age : 22
↳ Avatar : Ezra Miller
↳ Age du Personnage : 215 ans & 23 ans.
↳ Métier : Danseur au Masquerade, professeur particulier et escort boy occasionnel.
↳ Opinion Politique : Pour la rébellion, n'en déplaise à son esprit chaotique.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Noir Désir - Le vent nous portera | Queen - Bohemian Rhapsody | Les Ogres de Barback - Le monde est dans ma poche | Lana del Rey - Summertime Sadness | Capital Cities - Safe and Sound | The Animals - The House of the Rising Sun
↳ Citation : "Ses secrets partout qu'il expose. Ce sont des oiseaux déguisés."
↳ Multicomptes : Mikkel G. Ievseï
↳ Couleur RP : darkseagreen



Feuille de perso
↳ Copyright: Nekomata
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Amazing Grace (Tristan)   Lun 19 Sep - 20:18


« I once was lost, but now I am found, Was blind, but now I see»



Vaas & Tristan
featuring
Tristan s'était contenté de hocher la tête à la question de Vaas concernant le marchand. Certes, il était toujours inconscient et il le serait même éternellement. Si Tristan avait misé sur sa vigilance associée à une bonne part de chance pour éviter les pièges, il semblait que cette dernière lui ait fait défaut. La douleur qui étreignait le bas de sa jambe était cuisante et il se mordit la joue face à l'insistance de son compagnon. « Ça va aller. Remonte les armes, je... » Je n'ai PAS besoin de ton aide ! Mais Tristan n'eut pas le temps de cracher cette réplique que des coups répétés se firent entendre. Il avait nourri l'infime espoir que ces voix n'appartiennent qu'à de banals passants mais ces gens semblaient bel et bien décidés à rentrer dans la bâtisse.

Éclairant toujours Vaas qui s'avançait vers lui, Tristan grimaça légèrement à son commentaire qui sonnait presque comme un aveu de défaite. Leur mission semblait pourtant simple à la base, ils ne devaient rien voler, ils n'étaient même pas censés se battre, juste récupérer une cargaison après un accord déjà conclu. Mais le marchand les avait trahi. Tristan croisa le regard de Vaas qui s'agenouillait auprès de lui, son complice paraissait horrifié face à ce qu'il apercevait. Le pantalon déchiré et imbibé de sang laissait apercevoir sa chair nécrosée, d'affreuses taches noirâtres marquaient la peau. Tristan observa son compagnon en silence, le fusillant du regard, partagé entre l'incertitude et un désagréable malaise. Vaas allait-il lui poser des questions concernant l'apparence de sa plaie ? Lui faire des reproches de s'être laissé avoir par ce damné piège ? En vérité, Tristan s'en voulait atrocement, il aurait voulu réussir à arracher cette chose de lui  d'un coup, au risque d'arracher sa chair et faire abstraction de la douleur, ne rien montrer de sa faiblesse. Réparer sa faute par tous les moyens. Une chose était certaine : il ramènerait le butin prévu, quoiqu'il lui en coûte, c'était une question d'honneur.

Vaas ne prononça ni question ni reproches. En lieu de cela, il lui proposa son aide et Tristan en fut vaguement troublé, peu habitué à en recevoir. Il se contenta de hocher la tête en serrant les dents, suivant le décompte de son acolyte pour mieux tirer avec lui sur les mâchoires d'acier qui leur opposaient une dure résistance. Lorsque les dents s'arrachèrent de sa chair, il se concentra pour ne pas laisser échapper le moindre son ou signe extérieur de souffrance, restant attaché au regard de Vaas comme par défi, le visage neutre. La douleur existait bien cependant mais il tentait de l'imaginer à l'extérieur de lui, comme si elle ne lui appartenait pas. Ainsi, il pouvait mieux l'analyser, percevoir s'il avait des os brisés ou si sa jambe meurtrie pourrait supporter le poids de son corps. Oui, elle le pourrait, ce ne serait qu'une question de volonté. Vaas respirait nerveusement mais ne perdait pas de temps en vains discours. Ou s'en allait-il ? Tristan avait bien l'intention de bouger, au contraire, et de se redresser. Mais il s'autorisa un léger temps de repos avant cette tentative, les yeux fermés durant quelques secondes, il se concentra ainsi sur une respiration lente et profonde.

Après un court instant, il sentit à nouveau la présence de Vaas près de lui et le dévisagea avec surprise. Un pansement ? Il pensait ne pas en avoir besoin, peut-être présumait-il un peu trop de ses forces mais il répugnait à l'admettre et soupira doucement. Pourtant, il ne protesta pas et entoura rapidement sa jambe avec le tissu dont la couleur blanche se teinta aussitôt de rouge. Il n'hésita pas à serrer fortement pour limiter l'hémorragie, répondant à Vaas d'un bref « Bien-sûr » aussi défiant qu'assuré et sans doute un peu sec. Fronçant les sourcils, Tristan leva les yeux en même temps que son compagnon vers le plafond. Il avait raison, il était temps de déguerpir et Tristan abandonna sa lampe à Vaas avant de ramasser les mitraillettes et se redresser souplement, s'appuyant sur sa jambe valide. Passant les armes en bandoulière, il posa son pied sur le sol pour tester la résistance de sa cheville blessée et constata qu'il n'avait heureusement rien de cassé. Son équilibre était pourtant un peu trop bancal pour bondir rapidement au dessus des obstacles et, en dépit de sa fierté, il ne repoussa pas l'aide de Vaas qui prenait déjà son bras avec autorité. Ils n'avaient pas le temps de discuter de toute façon, il fallait sortir de là avant de se faire repérer !

Tristan s'accrochait à peine à l'échelle de sortie qu'il entendit la porte se briser, manifestement leurs assaillants avaient décidé d'utiliser la manière forte pour s'imposer dans la place. Tristan soutint le regard de Vaas dans un léger hochement de tête, l'air de dire : paré au combat, compagnon, cette fois nous y sommes. Il se recula un peu pour laisser Vaas emprunter rapidement l'échelle et risquer un coup d’œil au dessus. Allait-il se jeter immédiatement dans la mêlée ? Il en aurait bien été capable. Tristan se tenait prêt à le suivre mais Vaas revint assez vite auprès de lui pour lui offrir quelques informations d'un ton murmuré qui furent accueillie par un silence méditatif.  Les peacekeepers qui patrouillaient dans la rue avaient donc décidé de fouiller cette baraque ? Tristan se mit à réfléchir à vive allure. Ils avaient de quoi tenir un siège dans cette cave, il devraient juste faire attention à ces satanés pièges. En tous les cas, si les miliciens voyaient leurs visages, il leur faudrait les éliminer, autrement leur couverture serait fichue. Il hocha doucement la tête à la question du rebelle, oui il avait tué ce marchand.  « Il ne parlera pas. » Cela faisait déjà un témoin en moins mais par contre, les miliciens avaient l'air de chercher des gens. Étaient-ce eux ? Le secret de leur mission avait-il été éventré ? Le moment n'était pas venu de se demander pourquoi.

De son coté, Vaas avait l'air de se décider à agir et Tristan suivit son mouvement du regard, ses yeux s'arrêtant sur la grenade dont il s'était emparé avant de retrouver les siens. Il semblait totalement résolu et Tristan ne chercha pas à instant à l'empêcher d'agir, se contentant de l'observer en silence, de goûter cette force qui brillait dans les yeux de son compagnon, ce désir de vaincre, cette certitude que ne possédaient que les fous ou les héros. Il ne servait à rien de répondre car le rebelle avait pris sa décision, alors Tristan resta aussi silencieux qu'il l'était bien souvent, tandis que Vaas s'élançait déjà à l'assaut de l'échelle. Tristan préférait être mort plutôt que de se faire capturer et il ne perdit pas de temps à décider si le choix de Vaas était bon ou non. Il fallait en faire un et ce serait celui là. Sans doute serait-il resté debout à attendre que le ciel lui tombe sur la tête, sans avoir le réflexe vital de se mettre à l'abri. Ainsi, il serait mort debout avec le plaisir de la destruction pour dernière vision. Sans doute aimait-il cette idée. Mais sans qu'il puisse le prévoir, il fut plaqué au sol par la poigne de Vaas qui le poussait ainsi loin de la trappe lorsque la détonation fulgurante retentit.

Il lui sembla que la maison entière tremblait sur ses fondations, les vieux murs vacillant dangereusement. Sous le choc, une masse de poussière et de plâtre tomba du plafond, une grosse armoire ébranlée et déséquilibrée par l'explosion s'effondra sur le sol, évitant de justesse les deux rebelles. Peut-être y-avait-il d'autres interrupteurs à ce niveau car on entendit alors des sifflements, suivis de petits chocs, comme si plusieurs projectiles avaient fusé au dessus d'eux pour aller se planter dans les murs opposés. Tristan ne voyait plus rien, l'air était devenu opaque en plus de l'obscurité et il respirait difficilement. Il ne savait pas où se trouvait la petite lampe. A l'aveuglette, il palpa Vaas qui l'écrasait à demi et lui avait servi de rempart. La cheville blessée le faisait souffrir mais il n'avait reçu aucun choc suite à cette explosion, en était-il pareil de son courageux compagnon ? Sa main toucha un nez, des lèvres, une gorge. La peau était chaude et Tristan sentit son souffle contre sa paume, il perçu également son pouls contre ses doigts. Ces informations lui parurent suffisantes. Il se décida à parler, avalant pour la peine une quantité de poussière qui lui irrita la gorge. « Tu n'as pas à prendre l'entière responsabilité. J'assume ta folie autant que la mienne. J'assume nos... monstruosités » Il insista sur ce mot qu'il lui glissa à l'oreille comme pour un secret et sourit dans le noir. « Écoute. » Murmura-t-il. Au dessus d'eux, on n'entendait que le bruit des murs qui souffraient encore d'avoir été tant ébranlés mais pas de trace de vie immédiate. « Il faut sortir à présent, charge toi du maximum que tu puisses porter. » Inutile de rester terré dans ce trou truffé de pièges plus longtemps.

Tristan se dégagea doucement pour mieux se redresser avec précaution, s'appuyant sur un genoux pour chercher l’échelle à tâtons. Si Vaas devait tenir une caisse à deux mains, il serait dans l'impossibilité de se défendre. De son coté, Tristan boitait et s'il se sentait capable de se déplacer, il ne serait jamais assez rapide pour fuir des assaillants éventuels, encore pire s'il était obligé de transporter des objets encombrants. Leurs rôles étaient donc clairs pour lui alors qu'il gravissait lestement l'échelle en se contentant de porter ses armes en bandoulière, se hissant à la force des bras pour pallier à la faiblesse de sa cheville. « Je te couvre.» Souffla-t-il. Il poussa la si lourde trappe au prix d'un effort de force, l'éclairage lui paru trop cru durant les premières secondes mais il aperçu trois corps allongés au milieu des gravats. Il perçu pourtant un bruit provenant d'un coin de la pièce dévastée. Un survivant ! Tristan prépara son arme de son bras libre et repoussa vivement la trappe pour l'ouvrir totalement et tirer une rafale, sans sommation. Un homme armé s'effondra au sol pendant que le rebelle sortait de son trou comme un démon des entrailles de la terre. Les deux miliciens qui gisaient au sol n'avaient été que blessés par la grenade et si l'un d'eux râlait douloureusement, baignant dans son sang, l'autre ne tarda pas à tirer. Les coups de feu résonnèrent. Heureusement, les blessures ankylosaient le milicien et gênaient sa précision, aussi, Tristan n'eut qu'à se jeter sur le coté pour éviter l'offensive et tirer à son tour sans attendre, achevant les deux blessés d'une nouvelle rafale tonitruante. « C'est bon, Vaas, viens ! »

Le souffle court, il prit appui sur sa jambe valide dans une légère grimace de douleur et se dépêcha de rejoindre la sortie, se plaquant contre le mur près de la porte. Il saignait toujours abondement et le bandage était imbibé de son sang poisseux. Tristan risqua un regard dans la rue sombre. Il n'y avait pas âme qui vive à cette heure mais il aperçu alors la voiture des peacekeepers, libre de tout occupant, garée à proximité. L'idée de profiter de l'aubaine pour transporter les armes le frappa tout à coup. Il chercha le regard de Vaas avant de s'adresser à lui d'une voix distraite et décalée. « Est-ce que tu sais conduire une voiture ? » A ces mots, il s'avança vers le centre de la pièce en vacillant et se laissa glisser doucement sur le sol pour fouiller l'un des cadavres. Il découvrit son insigne, ses clefs de voiture ainsi que quelques munitions qu'il empocha rapidement. Rajustant les lanières des armes sur son épaule, Tristan se redressa, interrogeant Vaas du regard. Les renforts n'allaient pas tarder, une explosion n'était pas anodine, même dans un tel quartier.



_________________
Sur des escaliers de brume

On ne m'a donné ni arme ni larmes à mes yeux, Que ce cheval d'acier noir et ce corps sans visage. J'ai l'âme de l'enfant et la mémoire du vieux. L'éternité c'est long quand on marche sans cœur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3412-tristan-k-bellam

Féminin
↳ Nombre de messages : 976
↳ Points : 664
↳ Date d'inscription : 01/07/2015
↳ Age : 26
↳ Avatar : Aaron Paul
↳ Age du Personnage : 32
↳ Métier : Ouvrier
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau max en tâches et théorie du complot
↳ Playlist : Woodkid - Run Boy Run ; C!NCC - Bipolar Mind ; The Used - The Bird and The Worm ; Enter Shikari - Destabilise ; ADTR - Paranoia ; Eddie Vedder - Society
↳ Citation : « Too late it was, for him, for them, the evil curse had won. The anger and the anguish overwhelmed his fragile soul, and caused a wicked tantrum that he never could control. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #C79F4B



Feuille de perso
↳ Copyright: Lux Aeterna + (she)wolf
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Amazing Grace (Tristan)   Dim 9 Oct - 13:28



Même habitué à la neutralité à toute épreuve de Tristan et sa nonchalance qui lui faisait concurrence, Vaas éprouvait un sentiment qui ressemblait à de l’inquiétude face au visage sans émotion lorsqu’ils écartèrent le piège qui avait emprisonné la jambe du grand brun. Pas un son, pas un gémissement qui aurait pu exprimer une certaine douleur face à la blessure qui semblait proéminente même si elle restait en partie cachée par le tissu de son pantalon. Bien qu’il fût inquiet, il n’en fit pas part à son camarade, le connaissant peu enclin à la discussion sur ses éventuelles faiblesses s’il en possédait. Chaque être humain en avait, Tristan faisait simplement partie de la catégorie de personne sachant bien mieux les cacher que les autres. Il respectait son choix -l'enviait même à certains moments- ne cherchant pas à imposer des confessions qui ne seraient pas honnêtes et véridiques.

A la réponse de Tristan lorsqu’il demanda implicitement s’il était responsable de la mort du vendeur, Vaas n’attendit rien. Mais il ne fut ni surpris, ni choqué. Il avait éliminé un témoin gênant. Vaas aurait préféré une autre manière, mais sans doute n’avait-il eut pas le choix. Il lui avait fait suffisamment confiance pour qu’il trouve la meilleure solution afin qu’ils les laissent faire leur provision. Chose que Tristan n’avait pas manqué d’accomplir, seulement la finalité n’était pas forcément celle qu’il avait escompté. Malheureusement, ce n’était pas sa première déception dans sa lutte contre le Gouvernement en place, tout comme ça ne sera pas sa dernière désillusion. Tout combat ne se faisait pas sans conséquence, quitte à ce qu’il y ait des pertes humaines. Comme maintenant. Comme ça serait encore le cas dans quelques minutes. Une fois qu’il aura mis son plan à exécution malgré la boule au ventre qui lui donnait la nausée et le battement de son cœur qui semblait vouloir perforer son torse. Les dégâts allaient être monstrueux. Mais leur choix était limité. Et surtout, ils manquaient de temps avant que les peacekeepers se rendent compte de leur présence et décident de passer à l’action. C’était à eux d’attaquer en premier. Ils avaient l’avantage de la position et des armes.

L’explosion ne tarda pas à accoucher de ses effets. Une armoire s’effondra non loin d’eux, faisant recroqueviller Vaas encore plus sur lui-même. C’est alors qu’il entendit des sifflements et des chocs provoquant des bruits sec et sourd à répétition, comme si des pointes de flèches atterrissaient sur les murs autour d’eux. L’ouvrier fut soudainement pris de paralysie, craignant que même sa respiration pouvait faire diriger ce qu’il ne voyait pas mais entendait, directement sur eux. Quelques gravats retombaient sur lui, il sentit notamment des masses assez importantes tomber sur ses jambes. Par miracle, aucun éboulis conséquent ne tomba au niveau de leur tête. Seule la poussière de la fondation de cette salle souterraine tombait en lambeaux sablonneux et toxique. Le silence s’installa et Vaas resta immobile, silencieux de même. Il ne savait pas s’il était blessé, il ne se sentait pas particulièrement mal. Il sentit en dessous de lui que Tristan donnait signe de vie en passant sa main sur son visage. L’entendre parler le rassura sur son état. Sa remarque aurait sûrement fait rire Vaas si la situation avait été telle qu’ils ne seraient pas couverts de poussière dans une pièce secrète d’une armurerie maintenant très probablement en ruine. « Cool… On va s’faire d’autres copains monstres et former un groupe de jazz. » A peine avait-il fini sa phrase que sa gorge fut agressé par la poussière environnante si bien qu’il se mit à tousser aussi fort que lorsqu’il fuma sa première cigarette. Il se releva péniblement, en ayant premièrement du mal à dégager ses jambes des gravats plutôt massif qui lui bloquaient les mollets. Forcer sur ses membres avait suffi à s’en dégager, mais pas à alléger la douleur qu’il sentit soudainement au cœur de ses muscles jambiers. Sans le vouloir, son corps avait dû beaucoup supporter le poids des gravats, et il en sentit les affres seulement maintenant qu’il en était libéré. Il força sa toux à se calmer dès que Tristan lui conseilla d’écouter les alentours. Pas un bruit d’humain dans les parages semblait-il. Ils avaient réussi à faire taire leurs opposants. Il se concentra ensuite sur les conseils de Tristan afin de prendre le plus d’armes qui lui était possible de porter. Il était maintenant urgent de sortir de cet endroit.

Tandis que Tristan se munit de quelques armes, Vaas regarda autour de lui afin d’analyser ce qu’il serait le plus utile à transporter. Il y avait quelques caisses qui pourraient leur être d’une grande aide dans les combats à venir, mais il était impossible d’en transporter plus d’une, Tristan n'étant plus en état de soulever des poids lourds. Il fallait faire des choix, et vite. Alors que son camarade d’arme commençait à se déplacer vers la sortie, Vaas en était encore à trier ce qui serait le plus utile entre les grenades, munitions et autres armes de poing qui pourraient sauver ou retirer plus d’une vie. Il prit la caisse qu’il jugea la moins dégradée et la vida presque entièrement afin de rassembler les armes d’attaque et de défense les plus méritantes. Tristan montait déjà l’échelle qui amenait à la trappe que Vaas en était à remplir la caisse au maximum. Lorsqu’il lui informa qu’il le couvrirait, l’ouvrier s’équipa de trois fusils à pompe en bandoulière. Il acquiesça tout en chuchotant un « Ça marche. » non sans une pointe d’angoisse face à la vision qui allait s’offrir à eux à l’ouverture de la trappe. Vaas prit la caisse chargée à bout de bras, et laissa Tristan qui était déjà en haut de l’échelle à ouvrir leur porte de sortie. Sans qu’il fût préparé, il eut à peine le temps de se rendre compte que Tristan s’empoignait d’une des armes qu’il avait en bandoulière et tira par la petite fente qu’il venait d’apparaître en soulevant la trappe. Par réflexe, Vaas baissa la tête comme pour se protéger d’une attaque invisible. Des survivants ? Ou était-ce pour vérifier qu’il n’y en avait aucun ? Pour se prémunir ?

Lorsqu’il releva la tête, Tristan était déjà sorti, et la trappe fut grande ouverte. « Tristan ? » Il eut comme seule réponse un coup de feu suivit d’une rafale qu’il reconnut comme étant l’arme nouvellement acquise de son camarade résistant. « Merde… » La grenade n’avait pas semblé été suffisante pour achever d’un seul coup les membres du Gouvernement. Vaas n’osa pas imaginer l’agonie dans laquelle il venait de mettre trois hommes qui ont un jour été innocent de tout péché. Il n’était pas un tueur. Mais les années et les rencontres lui ont fait devenir un par la force des choses. L’injustice et sa terreur dont elle accouche lui ont fait devenir l’homme qu’il était. Il fallait maintenant vivre avec. Ce fût la voix de Tristan qui lui donna son aval pour venir le rejoindre qui le fit sortir de sa rêverie. La caisse prenant appui contre son torse, il s’aida d’une main pour grimper l’échelle et découvrit ce qu’il craignait mais qui était irréversible : un carnage et trois corps ensanglantés et défigurés par la déflagration.

« Merde, merde… » Son souffla s’accéléra et il en oublia presque qu’il portait une caisse chargée d’armes dangereuses dans ses bras. Il entendit des milliers de voix qui rugissaient en lui. Elles le tenaient pour responsable. C’était de sa faute. Mais ils étaient miliciens ! Et alors ? Eux aussi avaient des parents, des femmes, des enfants, des amis, de la famille. T’as tout arrêté d’un geste. Vaas commençait à voir trouble tant ses pensées l'engloutissaient subitement. Passage de sa vie qu’il redoutait à chaque instant, se retrouver en face de ce mal qui le rongeait le paralysait. Mais encore une fois, c’était une voix extérieure qui le retira de son agonie mentale. Son regard océan se posa alors sur le visage de Tristan « Hein ? » Il renifla bruyamment et se décida à enfin bouger ses pieds pour avancer vers la sortie. Ses pieds lui paraissaient peser chacun au moins une tonne. « Ouais, pourquoi ? » Il laissa Tristan passer derrière lui tandis qu’il étira son cou pour observer la rue à travers une des vitres brisées. Il y avait une voiture non loin, sans doute celle des peacekeepers. Elle était sobre, d’un gris unis. Parfait pour passer inaperçu. L’ouvrier su dès lors pourquoi Tristan lui avait posé cette question. « Ok, tirons-nous. »

Une fois de plus, il fallait faire vite. Vaas ne serait pas étonné de voir débarqué des renforts d’ici peu. Après un rapide coup d’œil de tous les côtés de la rue à travers la fenêtre, il se décida à franchir la porte. Cette voiture était une aubaine, et ils auraient peut-être pu prendre plus de caisse s’ils avaient su qu’ils auraient à disposition un moyen de transport à moteur. Mais il n’était plus question de revenir en arrière, le temps jouait contre eux. Une fois dehors, et sans un regard en arrière, Vaas se dirigea vers la voiture et tenta premièrement d’ouvrir le coffre. Coup de chance, il s’ouvrit sans demander son reste. L’ouvrier posa péniblement la caisse chargée et les fusils qu’il avait en bandoulière par-dessus et referma le coffre. Pile au moment où il referma, il aperçut droit devant lui des lumières au loin dont leur nombre l’effrayant au point de vouloir presque tout plaquer pour prendre ses jambes à son cou. « Et meeeerde. VIEUX ! FAUT QU’ON SE TIRE ! » Vaas fit quelques pas en arrière afin de tenir la porte à Tristan pour qu’il le rejoigne au plus vite dans la voiture. « T’as trouvé les clés ? Putain… on a p’t’être une chance. » Vaas n’avait pas envie d’attendre les curieux pour savoir s’il s’agissait uniquement de voisin avide de potins ou des miliciens prêt à dégainer leurs armes. Vaas prit les clés que Tristan avait récupéré et le suivit de près, le laissant s’installer à la place du mort. Une fois installé, il engouffrât les clés à l’endroit adéquat. Il ne fut jamais aussi heureux d’entendre le bruit d’un moteur.

La voiture possédant un système mécanique, il activa la marche arrière sur le levier de vitesse. Il appuya si fort sur l’accélérateur que le grincement fut assourdissant. « Attache pas ta ceinture, on fera vite d’toute façon ! » Le bon sens aurait voulu que Vaas recommande le contraire, mais il fallait à tout prix qu’ils trouvent refuge loin d’ici. Il passa par des endroits dont il n’avait aucune idée du sens de circulation. A dire vrai, il n’avait pas conduit depuis le début de l’apocalypse. Mais les réflexes étaient revenus presque automatiquement. Il décida de quitter le quartier. Sans non plus attirer l’attention. Une simple petite fille observant la rue par la fenêtre pouvait être un témoin potentiel de leur fuite. Il fallait rester discret. Les sirènes se faisaient de plus en plus nombreuses. Malgré ça, le calme semblait reprendre peu à peu ses lois dans l’atmosphère de la voiture milicienne. « Faut qu’on soigne ça vieux. » Il loucha sur les jambes de Tristan à ses côtés. Il n’avait pas oublié qu’il avait été grièvement blessé. Malgré son calme olympien, il restait un homme qui pouvait succomber à la plus infime des blessures si elle n’était pas prise en charge à temps. Aller à l’hôpital était hors de question. Fort heureusement, les résistants avaient quelques refuges de fortune où ils pouvaient se soigner en cas de crise. Ça s’appelait respectivement « l’appartement de tous et de chacun. » Les armes étaient récupérées. La mission effectuée. L’adrénaline encore présent dans le corps de Vaas le faisait tenir, mais il savait que la chute risquait de le faire sombrer, comme à la vue des corps décimés par la grenade.

Vaas garde un rythme normal, sans non plus traîner dans les rues. « On t’soigne ça, puis on dépose le chargement. » Il imposa l’ordre comme s’il s’agissait d’une évidence, sans savoir trop où aller. Retourner chez eux était peut-être encore trop risqué. Mais tourner indéfiniment dans toute la ville n’était pas non plus la meilleure des idées. Un contrôle pourrait très vite arriver.

_________________
COMMEDIA DELL'ARTE DELL'INFERNO
Dans un monde sans lumière s'avance l'armée des ombres. Secte au culte lunaire, marionnette, quelle est ton ombre ? Le bon sens est mis en quarantaine, où est passée la vérité ? Moyen-âge des temps modernes, bienvenue dans un monde dépassé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2888-fell-down-a-hole

Masculin
↳ Nombre de messages : 890
↳ Points : 167
↳ Date d'inscription : 15/03/2016
↳ Age : 22
↳ Avatar : Ezra Miller
↳ Age du Personnage : 215 ans & 23 ans.
↳ Métier : Danseur au Masquerade, professeur particulier et escort boy occasionnel.
↳ Opinion Politique : Pour la rébellion, n'en déplaise à son esprit chaotique.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Noir Désir - Le vent nous portera | Queen - Bohemian Rhapsody | Les Ogres de Barback - Le monde est dans ma poche | Lana del Rey - Summertime Sadness | Capital Cities - Safe and Sound | The Animals - The House of the Rising Sun
↳ Citation : "Ses secrets partout qu'il expose. Ce sont des oiseaux déguisés."
↳ Multicomptes : Mikkel G. Ievseï
↳ Couleur RP : darkseagreen



Feuille de perso
↳ Copyright: Nekomata
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Amazing Grace (Tristan)   Jeu 20 Oct - 14:09


« I once was lost, but now I am found, Was blind, but now I see»



Vaas & Tristan
featuring
Il était étrange cet homme qui lui parlait de monstres, joueurs de Jazz. Tristan soutint un moment le regard d'un bleu limpide de son compagnon qui le dévisageait dans un mélange d'horreur et d'incertitude. Bien qu'il ne le lui ait jamais confié, Vaas lui inspirait une rare estime. Car, bien que le journaliste ne puisse cacher l'émotivité ancrée dans ses yeux, bien que son corps soit plutôt frêle et peu taillé pour les combats, il démontrait une force de volonté peu commune. Tristan respectait beaucoup cette qualité. Lui-même avait apprit à tuer de sang froid dès son plus jeune âge, il n'avait pas seize ans quand lui avait mis une épée entre les mains pour la première fois. Il avait oublié depuis longtemps le regret qui se lisait dans les yeux de Vaas en cet instant, alors qu'il découvrait les cadavres ennemis, morts de son fait. Mais en dépit de son extrême froideur, Tristan ne prenait pas de haut les gens qui souffraient pour les vies volées. Car ceux qui banalisaient trop vite la mort et la violence en venaient tout aussi rapidement à abandonner leurs valeurs humaines. La loyauté, le respect, l'honneur… il ne voulait pas perdre tout cela et pourtant, il sentait qu'il glissait de plus en plus vers l'abîme, ce point de chute irrémédiable qui ferait de lui un monstre, pour de bon.

Dès lors que son compagnon répondit par l'affirmative, Tristan se contenta de lui répondre d'un signe du regard. En jetant un œil vers l'extérieur, Vaas comprit rapidement et Tristan profita de l'efficace réactivité de son compagnon pour reprendre son souffle. La douleur était cuisante, presque insoutenable à chaque fois qu'il était contraint de prendre appui sur sa cheville mais il s’obstinait à ne rien laisser paraître, la rage au ventre. Intransigeant envers lui-même, il ne pouvait se pardonner la moindre erreur mais à présent, il allait assumer et faire fi de cette satanée blessure.

Tandis que le blond franchissait la sortie, chargé de la caisse, Tristan s'avança en boitant à sa suite, prenant appuis contre le mur pour pallier au manque d'équilibre. Il regarda Vaas ranger la caisse dans le coffre avant de le rejoindre vaille que vaille. Le cri de l'homme lui fit vivement tourner la tête vers ces lumières qui illuminaient le fond de la rue et il gronda entre ses dents avant de se dépêcher de s’engouffrer dans la voiture. Vaas avait perdu quelques secondes en lui ouvrant la porte, tout cela parce qu'il était handicapé à cause de sa blessure. Dans un cas comme celui-ci, de simples secondes pouvaient faire toute la différence entre la vie et la mort ! Tristan donna rapidement les clefs au conducteur qui multipliait les jurons d'une voix blanche et s'accrocha à son siège alors que la voiture reculait dans un horrible grincement de pneus. Il hocha la tête, se concentrant sur sa respiration profonde et souffla dans un murmure à l'adresse de Vaas. « Je fais confiance à tes talents de pilote. » Il n'attendit pas plus longtemps pour ranger les armes encombrantes qu'il portait en bandoulière à l'arrière pour n'en garder qu'une seule qu'il maintint fermement entre ses genoux. En cas d'assaut, il faudrait être prêt à riposter !

Pourtant, si des sirènes se faisaient entendre, rien ne vint freiner leur course et lorsqu'ils s'éloignèrent du quartier, il sembla que personne ne les avaient vu fuir. Tristan cru bon de camoufler son arme en partie sous les pans de son manteau, afin de ne pas attirer l'attention, au cas où. En agissant de la sorte, il faisait également disparaître sa jambe ensanglantée et il prétendit l'oublier lui-même, son regard fixé sur la route devant eux. Pourtant, au bout d'un moment, Vaas reprit la parole et Tristan lui concéda un regard sombre. Il abaissa les paupières en guise de réponse, resserrant insensiblement sa poigne contre la crosse de son arme. Le ton du conducteur était calme, comme l'était sa façon de manœuvrer l'engin, Vaas parvenait à conserver sa maîtrise de lui-même et des événements. C'était une bonne chose.

Restant silencieux un moment, Tristan le soupesa du regard, évaluant les différentes options qui s'offraient à eux. Vaas lui exposait la suite du programme et s'il ne le contredit pas, Tristan sentait le sentiment bien connu de la méfiance l'envahir, l'étouffant presque et provoquant une boule douloureuse dans sa gorge. Il se mordit la lèvre alors qu'il percevait la tiédeur de son propre sang couler dans sa chaussure, imbibant également le tapis de sol du véhicule. Il avait besoin de points de suture, c'était une évidence, et malgré toute sa volonté, il ne pouvait empêcher ces tâches noires de voler devant ses yeux. S'il perdait conscience à cause d'une trop grande quantité de sang versé, de nouveaux problèmes seraient à craindre… Comment ferait Vaas, seul, avec son chargement d'armes ? Il inspira profondément avant de prendre enfin la seule décision cohérente : la franchise.

« Je ne peux faire confiance à personne. Toi, tu as vu l'état de ma peau, n'est ce pas ? Toi, tu es comme moi. Nous sommes maudits. Alors, tu sais pourquoi je ne peux me rendre dans un hôpital ni dans aucun centre de soin, pas même de ceux de la Résistance. » Tristan savait qu'ils ne pourraient pas rester à bord de ce véhicule de police trop longtemps.Tôt ou tard, ils finiraient par se faire intercepter par une autre patrouille et tout serait perdu. Il n'avait donc pas le choix, à son grand désarroi, et il hocha la tête dans un léger soupir. « Mais tu as raison, il faut que nous fassions une pause. Regarde, de ce coté... »  Il reconnaissait le quartier où ils se trouvaient à présent, un lieu où l'un de ces refuges de fortune était caché, non loin d'un terrain vague. Tristan le désigna d'un geste, effleurant le volant du bout des doigts pour signifier au conducteur d'y pénétrer. S'ils descendaient là, il leur faudrait cacher la voiture et en la garant hors de la rue, elle serait au moins hors de vue. Voilà qui leur permettrait de prendre le temps de faire le point, au lieu d'errer dans la ville. Il laissa à Vaas le soin de manœuvrer au mieux. Dans ce terrain remplis de ronces et de déblais en tous genre, situé entre deux grands immeubles et en partie caché par une large palissade, il lui semblait que personne ne les verrait.

« Il faudrait maquiller la voiture. Je ne pense pas que traverser la ville au volant d'un véhicule de la milice soit avisé. Nous avons déjà eu beaucoup de chance d'être arrivés ici sans encombre... » Serait-ce possible de faire ça rapidement ? Tristan ne s'était jamais retrouvé dans ce genre de situation mais il tentait de réfléchir le plus rapidement possible. « Retirer le gyrophare… camoufler l'insigne avec de la boue... Railler la peinture ? » Il se frotta les yeux d'un geste las, voyant toujours des mouches voler, la tête lourde. Tristan ne voulait pas s'accorder le temps de faiblir, surtout pas, il n'en avait pas le droit. A présent, il allait se redresser et aider Vaas à rendre cette voiture la plus discrète possible. Impossible de prendre le risque de conduire la milice jusqu'à un repaire de la résistance, autrement leur mission serait un fiasco total ! Peut-être même étaient-ils déjà suivis en silence et à cette simple idée, il se mordit l'intérieur de la joue.

Mais Tristan s'acharna à se concentrer sur sa respiration, attendant que le véhicule s'immobilise pour ouvrir la portière et essayer de mettre pied à terre. Son arme dans une main, il prit appuis sur la carrosserie de l'autre pour se contraindre à se redresser, prêt à balancer une rafale si jamais une troupe de miliciens bondissaient hors des ombres. Tout restait possible.... Son bandage était totalement imbibé de sang à présent. Mais il n'y jeta même pas un regard, se concentrant avec attention sur les alentours qui semblaient paisibles pour l'instant. Il se pinça fortement les lèvres, cillant des paupières avant de se retourner lentement vers Vaas, reprenant d'une voix posée.

«Il y a parfois des trousses de secours dans les voitures. » Plus que tout autre chose, Tristan haïssait demander de l'aide. Pourtant, il n'y avait que Vaas qui pourrait lui en fournir car il ne pourrait laisser qui que ce soit d'autre s'apercevoir de la nécrose qui abîmait sa chair, symbole de sa malédiction. Si jamais ils se rendaient dans l'un de ces "appartements de tous et de chacun", les risques d'y croiser d'autres résistants squatteurs seraient trop élevés. Sa malédiction devait rester secrète autant que possible, il haïssait déjà le fait que cet odieux Regan soit au courant, même si le rouquin était censé faire partie de ses alliés, il ne lui concédait pas un gramme de confiance. En boitant, Tristan se rapprocha de la portière arrière pour l'ouvrir et dissimuler son arme au pied des sièges. Il en profita pour chercher une trousse de secours providentielle qui lui épargnerait de devoir braquer une pharmacie… Mais rien. Peut-être dans le coffre ? Tristan n'était pas d'un naturel pessimiste mais s'il ne cédait pas à la panique, il était assez lucide pour concevoir la noirceur profonde de la situation. Il chercha le regard de Vaas.

« Est-ce que tu joues vraiment de la musique ? Je serais particulièrement charmé de t'entendre me fredonner un air en ce moment. »

Sa proposition se fit d'un ton anodin mais si l'humour pince sans rire de Tristan était incompréhensible d'autrui la plupart du temps, l'image lui plaisait pour de bon. Quoi de mieux que la musique, c'était la chose qui le reliait le plus à son humanité, qui lui faisait aimer la danse presque autant que les arts martiaux. Et Vaas ferait un monstre musicien très charmant d'ailleurs. Cette image lui inspira un sourire cynique avant qu'il ne se redresse, abandonnant sa quête de trousse pour le moment. Maquiller cette voiture était bien plus urgent que le reste… il tendit le bras vers le toit pour tenter de détacher avec soin le gyrophare, qui ne faisait heureusement pas partie intégrante de la tôle et était amovible. Tristan ne céderait ni à la douleur ni à l'angoisse. Elles étaient là cependant, assiégeant ses veines qui pulsaient douloureusement à ses tempes dans un rythme assourdissant. «Un requiem. » La situation était tragique, il saignait toujours, il aurait du mal à courir si jamais qui que ce soit venait les surprendre… Ils devaient faire vite. « Pour tous ceux que nous massacrerons encore. Une ode à la mort... » La voix de Tristan était basse alors qu'il parvenait enfin à détacher le gyrophare et le cacher dans les hautes herbes. Dans la rue devant eux, une voiture passa et Tristan retint son souffle, s'agenouillant vivement devant la portière ouverte, sa main déjà posée contre la crosse de l'arme. Si d'autres miliciens venaient vers eux, il tirerait dessus à bout portant, sans leur laisser le temps de rien comprendre, sans laisser aucun survivant. Il chuchota. «... à nos pulsions macabres. »



_________________
Sur des escaliers de brume

On ne m'a donné ni arme ni larmes à mes yeux, Que ce cheval d'acier noir et ce corps sans visage. J'ai l'âme de l'enfant et la mémoire du vieux. L'éternité c'est long quand on marche sans cœur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3412-tristan-k-bellam

Féminin
↳ Nombre de messages : 976
↳ Points : 664
↳ Date d'inscription : 01/07/2015
↳ Age : 26
↳ Avatar : Aaron Paul
↳ Age du Personnage : 32
↳ Métier : Ouvrier
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau max en tâches et théorie du complot
↳ Playlist : Woodkid - Run Boy Run ; C!NCC - Bipolar Mind ; The Used - The Bird and The Worm ; Enter Shikari - Destabilise ; ADTR - Paranoia ; Eddie Vedder - Society
↳ Citation : « Too late it was, for him, for them, the evil curse had won. The anger and the anguish overwhelmed his fragile soul, and caused a wicked tantrum that he never could control. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #C79F4B



Feuille de perso
↳ Copyright: Lux Aeterna + (she)wolf
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Amazing Grace (Tristan)   Dim 27 Nov - 16:13



La méfiance devait être un sentiment contagieux car Vaas avait la sensation de la ressentir face au léger silence qui s’installait dans la voiture. La tournure qu’avait pris les évènements était peut-être en leur faveur mais les conséquences étaient à double tranchant. Un commerçant tué, une boutique détruire et des hommes tués. En prime, les deux résistants étaient blessés mais les égratignures de Vaas n’étaient que des pattes de mouches face à la gravité de la blessure de Tristan. Le temps de réflexion du résistant n’aidait pas l’ouvrier à se sentir à l’aise dans sa périlleuse mission de conducteur de voiture avec pour bagages une multitude d’armes susceptible de les faire emprisonner et torturer.

Ce fut lorsque Vaas s’arrêta quelques instants à un feu que Tristan osa enfin briser le silence. La franchise de ses propos fit bondir son cœur tant il ne s’attendait pas à ce qu’il venait d’entendre. « Hein ? Que… Tu l’vois toi aussi ? » Il ne comprenait pas comment quelqu’un d’autre pouvait remarquer les abominations qu’il voyait malgré lui, à la simple vue d’une blessure. Mais à entendre Tristan, ils étaient pareils. Ils étaient « maudits ». En était-il de même pour le reste ? Lorsqu’il se regardait dans un miroir, faisait-il également face à une abomination qui faisait office de reflet ? Ça n’avait aucun sens, cela dépassait toute la logique que Milligan possédait même si elle n’était pas des plus élevée.

Il mit quelques secondes avant de réaliser le changement de feu. Il se remit en route, toujours cette idée que Tristan ait eu la même vision lorsqu’il l’avait aidé à mettre un bandage de secours sur sa blessure. C’était inconcevable, ça ne pouvait pas être réel. C’était son esprit malade qui créait ces illusions et le rendait faible. Ce n’était une maladie contagieuse, ce n’était pas un délire dû au choc visuel. « Tu… tu peux l’voir aussi… » répéta-t-il alors qu’il pensait à voix haute. Il ne savait pas s’il trouvait ça rassurant ou inquiétant. Etait-il soulagé ou effrayé ? Il était trop tôt pour le dire. Sans doute un peu des deux. Vaas dirigea on regard vers l’endroit qu’indiquait Tristan. Ce quartier ne lui était pas inconnu. Il y avait un refuge dans les environs, Vaas en avait entendu parler sans jamais y poser encore les pieds. Il lui arrivait de passer par ce quartier lors de ces déambulations nocturnes voir même en rentrant d’une journée de travail. Il ralentit la cadence et essaya de s’engouffrer dans un terrain vague d’apparence abandonné. Au moins, ils seraient hors de la rue et un peu moins au centre des visions de ceux qui pourraient marcher sur le trottoir malgré l'heure tardive. Ou un simple curieux pris d’insomnie à qui lui viendrait l’idée de prendre un café par la fenêtre. Le quartier était principalement constitué d’immeuble d’habitation et le terrain où Tristan et Vaas se réfugiait se trouvait entre deux immeubles d’apparence silencieux comme le pouvait être un cimetière, mais l’ouvrier mettait ceci sur le compte de l’heure tardive. Dans une dernière manœuvre pour garer la voiture en toute discrétion, il écouta les souhaits de Tristan quant à tenter de camoufler la voiture. Il n’avait pas tort, or Vaas craignait qu’il ne soit pas en mesure de faire quoi que ce soit avec les moyens du bord. Sauf qu’ils étaient dans un refuge de fortune justement. Peut-être qu’il y avait de quoi dépanner, en fouillant bien… Il fallait au moins cacher le plus gros. « Ouais, j’vais retirer les plaques. » Une fois la voiture plutôt bien garé dans le terrain vague, il coupa le moteur et ouvrit la portière pour se retourner vers Tristan un peu brutalement. Il ne pouvait cependant s’empêcher de loucher vers l’endroit de sa blessure, même si de la place du conducteur, il ne voyait simplement qu’un bandage imbibé de sang. « Eh, force pas d’ssus. »

Il sortit de la voiture non sans un léger regard inquiet vers son camarade. Ils ne devaient pas trop traîner. Se camoufler, puis prendre soin de la blessure. Dans cet ordre. Même si c’était un ordre à la con comme le qualifiait Vaas au fond de lui. Malheureusement, il ne put que l’admettre, car il y avait plus que leur propre vie en jeu. Il se plaça tout d’abord à l’arrière de la voiture. Il s’agissait d’une plaque gouvernementale et à sa vue, Vaas ressentit un léger haut-le-cœur. S’ils s’étaient fait attrapés, ils en auraient eu pour plus qu’une séance de torture. Il regarda autour de lui dans l’espoir de trouver un pied de biche qui pourrait l’aider à retirer la plaque, ou même tout simplement un tournevis afin de dévisser les écrous qui attachaient la plaque. Par contre, il leur fallait être silencieux. Il n’était pas certain que les alentours soit sûr, et démonter les plaques d’immatriculation d’une voiture n’étaient pas une action silencieuse. Tristan le questionna ensuite sur la possibilité qu’il y avait une trousse de secours dans la voiture. « Ouais, regarde dans la boite à gants à l’avant. J’fouille le coffre. » Rien. Vaas avait beau déplacer les armes qu’ils avaient posés comme des bourrins dans le but de fuir le plus vite possible, il n’y avait rien. L’ouvrier s’inquiéta. Il leur fallait des soins d’urgence pour la blessure de Tristan. Vaas sentit son estomac se serrer mais grinça des dents en ne faisant rien transparaître. En refermant le coffre, il regarda autour de lui. Son regard se posa sur ce qui semblait être un petit cabanon, prêt de la palissade qui les entourait. Il s’avança vers ce cabanon et de l’extérieur, il semblait si petit qu’il ne pouvait contenir à peine une personne adulte. En ouvrant la porte, ce fut bien le cas. L’espace était si étroit que Vaas pouvait à peine y entrer entièrement. Il lui fallu plisser les yeux pour s'habituer à l'obscurité et à la poussière qui voltigeait autour de lui. Les étagères étaient remplies d’accessoires rouillés et poussiéreux. Il lui semblait que personne n’avait ouvert cette porte depuis des années. Or, en baissant les yeux, il aperçut une caisse qui paraissait moins vieille que les planches en bois de ce cabanon. Il s’accroupit et ouvrit la caisse en bois non sans un grincement aigüe. Une boite en plastique blanche s’y trouvait. Un espoir absurde fit ouvrir la boite et Vaas soupira de soulagement en voyant qu’il s’agissait bel et bien d’une trousse à pharmacie.  

Cette petite accalmie provoquée par la simple découverte d’une trousse de secours redonna un léger baume au cœur au jeune Milligan. Il se leva, prit soin de fermer la porte du cabanon et de se diriger vers Tristan. Il le trouva en train de retirer le gyrophare et déblatérer quelque chose à propos de lui, jouant d’un instrument de musique. Ayant totalement oublié sa référence un peu plus tôt sur un groupe de jazz, Vaas trouva la question des plus surprenante mais ne le fit pas remarquer et se contenta de répondre posément. « Hein ? Oh… Non, non je… Je joue pas non. Mais qui sait, j'suis peut-être un génie à la batterie sans l'savoir. Tu sais jouer d'un instrument toi ? » Il plaça la trousse sur le siège passager de la voiture, attendant que Tristan finisse de détacher le gyrophare. La voix de son camarade continua de se délier, laissant le ton grave de sa pensée prendre possession du terrain, grave comme la situation, comme l’environnement qui les entourait, comme le fond de leur pensée qui ne présageait aucun optimisme à des kilomètres à la ronde. Un ton qui apaisait Vaas dans le réalisme morbide qui les entourait. Il entendit soudainement une voiture dans la rue. Il imita Tristan et s’agenouilla à ses côtés, cachés derrière la portière ouverte. Au bruit, on devina facilement que la voiture roula doucement. Vaas vit les phares éclairées la rue d’une lumière blanche aveuglante. La voiture passa devant le terrain vague sans s’arrêter ni accélérer. « Ils font une ronde. » chuchota-t-il. Pour l’instant, la chance était avec eux. En partie. Ils devaient continuer à être discret. Bientôt, ils pourront se libérer du poids des armes qu'ils transportaient.

« Vieux, on a d’quoi dépanner. » Toujours accroupi, il reprit en main la trousse d’urgence qu’il avait trouvé dans le petit cabanon. Il se plaça en face de la blessure de Tristan. Le bandage de fortune était imbibé de sang, il n’était de ce fait plus d’une grande aide. Ce fut non sans inquiétude en tentant de cacher le mieux qu’il pouvait ses tremblements qu’il enleva le nœud du bandage afin de l’enlever complètement. Il ouvrit la trousse et prit pour commencer la bouteille d’alcool et de quoi nettoyer la plaie par la suite. La nécrose qui lui faisait face était si apparente que ses sourcils se froncèrent au maximum de leur capacité. Il se souvint alors des paroles de Tristan et posèrent son regard sur lui, le front en sueur par ses visions qu’il n’arrivait toujours pas à digérer. « Tu vois ça comme moi ? » C’était comme si l’espoir dans sa forme la plus intime avait élu domicile dans les cordes vocales de Vaas pour lui donner assez de force pour formuler cette question. Serait-il possible que cela ne soit pas une vision de son esprit malade ? Tristan aussi voyait ce qu’il voyait ? Il n’était donc pas seul ?

_________________
COMMEDIA DELL'ARTE DELL'INFERNO
Dans un monde sans lumière s'avance l'armée des ombres. Secte au culte lunaire, marionnette, quelle est ton ombre ? Le bon sens est mis en quarantaine, où est passée la vérité ? Moyen-âge des temps modernes, bienvenue dans un monde dépassé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2888-fell-down-a-hole
 

Amazing Grace (Tristan)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Moment de grace
» The Amazing Race Montréal....
» The amazing Bulk - Trailer
» ouvrir un popup en Javascript grace à la méthode window.open
» Anywhere you want. One condition : It has to be amazing.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Third Chapter: New Orleans :: Northern New Orleans :: Weapon Shop-