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 fire and ice ○ moira

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MessageSujet: fire and ice ○ moira   Jeu 21 Avr - 3:08

Sept jours. Il y avait déjà sept longues journées et sept aussi longues et noires nuits qu’il l’avait retrouvée. Ça avait été plus simple qu’il l’avait imaginé, mais on ne rate que difficilement une telle beauté dans la foule, une telle crinière, un pareil regard. Il l’avait vue entrer dans un édifice vertigineux quelques heures avant le coucher du soleil et n’en ressortir qu’une fois la nuit tombée. Il avait attendu, patiemment, dans l’ombre, puis l’avait suivie jusqu’à une librairie sans oser y entrer à sa suite. Pourquoi diable hésitait-il tant à se révéler à sa propre sœur, à la seule personne qu’il estimait encore, la seule personne qui avait motivé le moindre de ses actes depuis son déplorable exil? La confusion, des hésitations puériles, des doutes vagues et éphémères qui mouraient lorsqu’il posait sa tête sur l’oreiller pour se renflammer à son réveil, inévitablement. La peur qu’elle ait continué à travailler pour le gouvernement, qu’elle le dénonce, le cerveau lessivé par les belles paroles de leurs autorités illégitimes. L’angoisse qu’elle l’ait oublié, même s’il sait qu’on n’oublie pas sa famille – lui, n’avait pas oublié, en tout cas.

Il s’extirpe d’un sommeil agité dans le lit de motel qu’il parvient à peine à louer. Comme tous les matins depuis sept jours, il se campe devant la librairie dans une ruelle sombre, observant les allées et venues de Moïra. À au moins deux reprises, il ne l’a pas vue, comme si elle n’avait pas quitté le petit commerce nostalgique de toute la journée. Ça le fait angoisser, mais il persiste – et à l’aube du huitième jour, elle glisse hors de la librairie. Il sait où elle se dirige : ce n’est pas la première fois qu’elle marche jusqu’à cet édifice autrement banal. La seule chose qui le distingue de tous ceux qui le flanquent, c’est sa hauteur – deux, trois voire quatre étages plus haut que tout ce qui se trouve dans les environs. Sa silhouette disparaît derrière les portes d’entrée et Matthew la suit, discret, à une distance sécuritaire. Il avait l’habitude, après tout. Surprenant que son aînée n’ait pas déjà découvert le pot aux roses, qu’elle ne se soit pas manifestée à cet inconnu qui l’observe de loin – elle avait toujours été la plus inquisitrice des deux, à l’époque. Aujourd’hui, elle, magnifique, et lui, émacié, pouilleux – le temps avait été plus clément à l’égard de la rousse, mais il préférait largement subir le courroux du Destin plutôt qu’il ne s’abatte sur elle.

La cage d’escalier, tout écho, le contraint de s’arrêter, de laisser Moïra le distancer. Il écoute, nostalgique, le rythme de ses pas alors qu’elle gravit les marches, comptant mentalement les paliers pour savoir à quel étage la rattraper. Mais elle monte, monte, sans arrêt, jusqu’à ce qu’un lourd grincement parvienne aux oreilles de l’homme. Il entreprend à son tour la longue ascension, sautillant d’une marche à l’autre comme pour se hâter, mais terrifié à l’idée de se retrouver face à face avec son aînée. La porte n’est pas très discrète et malgré la lenteur de son ouverture, les gonds rouillés trahissent inévitablement sa présence. Tant pis; il ne peut plus faire marche arrière, désormais. La lumière du soleil fait doucement scintiller la chevelure de Moïra alors qu’elle regarde au loin, au-delà du mur, la dernière frontière. Bien qu’elle lui tourne le dos, il sait qu’elle finira par poser son regard clair sur le misérable corps qu’est devenu son frère, toutefois, il est prêt. Il s’avance de quelques foulées lentes avant de s’arrêter, à quelques pas d’elle. Mais aucun mot, aucun phonème ne sort de sa gorge.
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MessageSujet: Re: fire and ice ○ moira   Ven 22 Avr - 2:25


« There's something inside me, it's hard to explain. »

FIRE AND ICE
Matthew & Moïra

Moïra tire sèchement sur le rideau de sa vitrine, coupant court à la vision qu'elle avait de la rue. Ou du moins, elle privait toute vue sur son intimité et sa personne. Elle se donne l'illusion d'être en sécurité, ainsi cloitrée dans la pénombre. Les bras contre sa poitrine, elle s'agrippe comme pour former un bouclier invisible et se réfugier derrière. Elle aimerait supplier quelqu'un pour que ça s'arrête mais elle doit se faire à l'idée qu'il n'y a qu'elle. Qu'elle est désespérément seule. Et elle ne sait pas ce qui fait le plus mal. Sa solitude ou l'omniprésence de son frère qui la hante depuis quelques jours ? Si seulement l'espoir pouvait naître de ce sentiment. Mais il en est rien. Moïra imagine son frère à chaque fois qu'elle a le dos tourné et elle souffre chaque fois qu'elle se retourne. Il est comme un fantôme. Il la terrorise parce qu'il n'est pas réel et qu'elle aimerait qu'il le soit. Elle hait son cœur qui s'emballe à l'idée de le retrouver et elle hait sa raison qui tue tout espoir à coup d'atroce réalité. Elle en était venue à la conclusion qu'il était mort. Sauf qu'en cherchant une ou des explications à ses hallucinations, la douleur se fait plus vive.

C'est un vrai cauchemar qui dure depuis presque une semaine. Il y a quelques jours de cela, ça ne faisait que l'irriter. Les employés du Bones en avait d'ailleurs fait les frais. Puis vint la migraine et l'insomnie qui l'accompagne. La veille, cependant, elle s'était cloîtrée à l'étage et dispensa sa présence au Bones. Peut-être était-ce même la première fois qu'elle n'assistait pas à une soirée. Elle n'avait pas besoin qu'on lui dise pour savoir qu'elle avait une mine atroce. Tout ce qu'elle voulait savoir à propos de son visage, c'est à quel point on ne pouvait s'en lasser. Moïra se montrait forte ou ne montrait pas du tout. Elle avait définitivement besoin d'affronter ses démons ce soir ou elle sombrerait avec.

La vue de sa peau s'effritant dans une noirceur maladive la met hors d'elle. Il est dur d'affronter la chaleur de la Nouvelle-Orléans avec des manches longues. Pourtant elle n'hésite même pas et décroche un long manteau pour se couvrir jusqu'aux chevilles et faire disparaitre sa crinière sous un épais col. Elle ne connait qu'un endroit pour le rencontrer.

Maintenant qu'elle fait face à l'immensité du monde, elle comprend mieux. Peut-être que tout avait démarré ici. Sur le toit d'une dizaine d'étage, Moïra aime se perdre dans un monde qui n'appartient qu'à elle, et parfois à son frère disparu. Au-dessus de tout, dépendante de rien, si ce n'est d'une apparition de son cadet. Depuis des mois qu'elle vient ici, elle a toujours prié pour le voir au-delà des murs. Chaque fois un peu plus elle se réconfortait dans l'idée que, robuste comme il était, il avait pu survivre. Après tout, elle en avait vu des gueules cassés, mais jamais celle de Matthew. C'est avec ce genre de souvenir qu'elle aime se réconforter. Mais il faut croire que ce temps est révolu et que même les fantômes devaient mourir.

Il ne faut que quelques minutes pour que la porte s'ouvre à nouveau. Moïra se retire du petit bloc de béton sur lequel elle s'était tant assise. Parfois des heures durant. Elle n'ose pas se retourner, de peur qu'il disparaisse et qu'il lui échappe. Tout son corps tremble car, malgré tout, elle sait qu'il est là. Et ça en est plus que douloureux. « Suffit. » Seul ses épaules s'agitent, ses sanglots eux demeurent silencieux. « Ça suffit. » Un nœud se forme dans sa gorge, ça la brûle. Sa main plonge dans la poche de son manteau et sort, armée. Ce n'est qu'un ridicule poignard. Une lame qui se rabat qui se rabat sur un manche en bois bien taillé. Le genre d'arme qu'on passe plus de temps à contempler qu'à sortir. L'envie d'en finir l'emporte. Dans un élan d'agacement elle fait volte-face, la lame en avant. Moïra est prise d'un hoquet, tétanisée par  la figure de son frère qui se tient à quelques pas d'elle. Ou du moins, ce qu'elle pense être lui. La lame tendue vers lui sert plus à la protégée elle qu'à le menacer lui. Pour qu'il la laisse tranquille. Elle ne voulait pas vivre ainsi.

Moïra doit pourtant s'y faire. Il se tient devant elle, il n'a pas disparu comme toutes ces autre fois. Mais pourquoi diable ne parlait-il pas ? Pourquoi ne courait-il pas à ses bras ? Dieu qu'elle avait envie de l'enlacer. Elle se veut rassurer mais la panique et l'angoisse la paralyse. « Rendez-le-moi... » Perdue, plus que perdue, la rousse recule d'un bas, à quelques centimètre du bord. « Rendez-moi mon petit frère... » S'il y avait bien une personne pour laquelle Moïra était prête à se mettre à genoux et à supplier, c'était bien pour son frère. Elle bute contre le rebord, dans un autre sursaut. Bientôt le vide lui parait comme une solution. Si le spectre devant elle ne se veut que l'ombre de son frère tant aimé, elle était prête à tomber pour le retrouver dans un meilleur monde.




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MessageSujet: Re: fire and ice ○ moira   Ven 22 Avr - 19:03

Il ne s’imaginait pas qu’elle puisse être armée. La surprise de Matthew paraît dans son visage, éphémère, mais ne montre rien lorsque Moïra se retourne. Le conflit fait rage dans la poitrine de l’homme. Doit-il faire demi-tour, quitte à faire souffrir la rouquine encore plus que ne le trahissent ses traits tirés, fatigués? Non. Il doit garder le cap. Il a trop fui par le passé pour laisser cette mauvaise habitude refaire surface à cet instant critique. Le pas de recul qu’elle fait lui brise le cœur. Jamais il n’aurait voulu que sa sœur, la seule famille qu’il avait, ait pour seule réaction en le voyant un éloignement dégoûté, effrayé. À son tour, par réflexe, il s’avance, posant lentement un pied devant l’autre. Il était temps de mettre fin à la détresse de Moïra, malgré ses hésitations, ses craintes. « Moïra… » L’accent michiganais se décèle aisément, nostalgique, familier; rien à voir avec le coloré patois néo-orléanais. S’il a changé physiquement, éprouvé par la rigueur des jours de l’autre côté du mur, sa voix demeure intacte.

Il sait qu’elle est au bord du gouffre – et il ne la laisserait jamais y plonger. Elle l’avait fait une fois et il sait qu’elle le referait sans hésiter. D’un mouvement rapide et précis, il fait quelques pas, attrapant l’avant-bras tendu de sa sœur pour l’attirer contre lui et l’enlacer. Il avait rêvé de ce moment depuis l’instant où il avait croisé son regard, par hasard, dans les rues de la ville. S’il s’était imaginé des retrouvailles moins dramatiques, il n’en reste pas moins qu’il regrette désormais ses hésitations. En silence, il profite du contact rassurant, se remémore le parfum préféré de Moïra – indéniablement similaire à celui que portait leur mère. Dans un soupir soulagé, il se sépare de la demoiselle, ses mains demeurant toutefois sur les épaules de la rousse, comme pour l’empêcher définitivement de s’offrir au vide. « Désolé si je t’ai fait peur. » Un murmure, les yeux ancrés dans ceux de sa sœur; des excuses sincères pour lesquelles l’explication ne tarde pas. « J’ai… Je suis pas exactement censé être de retour. J’ai dû faire attention. » En espionnant sa sœur. Des méthodes déplorables, mais qu’elle saurait lui pardonner – ou du moins, il l’espère. S’il était advenu que Moïra soit toujours en contact avec le gouvernement, il aurait rapidement fait volte-face, quitte à se livrer à nouveau aux autorités pour en finir. L’espoir l’avait fait vivre jusqu’à maintenant et s’il avait été détruit, alors rien ne l’aurait attaché à cette Terre.

Ces retrouvailles auraient pu être teintées d’un malaise palpable, mais il n’en est rien. Même leurs silences sont apaisants. Matthew profite d’une pause pour coincer doucement une mèche rebelle des longs cheveux roux de sa sœur derrière son oreille. « C’était encore plus dur, cette fois-ci. D’être si près et si loin à la fois », qu’il regrette, pinçant ses lèvres. Leurs séparations avaient toujours été déchirantes – d’abord lorsqu’il était parti à la guerre, puis lorsqu’elle s’était ôté la vie. Pendant son exil, rien ne les séparait sinon un mur et une fausse accusation, inventée de toute pièce. Une accusation qu’il avait toujours en travers de la gorge.
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MessageSujet: Re: fire and ice ○ moira   Jeu 28 Avr - 22:17


« There's something inside me, it's hard to explain. »

FIRE AND ICE
Matthew & Moïra

Moïra sent le vide l'attraper. Pourtant lorsque des bras se renferment autour d'elle, il n'y a que son frère. Combien de fois avait-elle désiré ses bras ? Les seuls dans lesquels elle pouvait véritable s'abandonner. Pourtant, aussi intense qu'était ce contact, la rouquine craignait de l'enlacer à son tour. Elle restait toute contre lui, les bras crispés dans un mouvement qu'elle n'osait pas finir. Si elle venait à le serrer, ne disparaît-il pas ? Aussi vrai qu'il puisse paraître, elle craignait qu'à tout moment il ne s'effrite, disparaissant dans un écran de fumée créer par son imagination torturée. Il se détache d'elle et c'est à ce moment que son cœur fait un douloureux bon. Elle se souvient à quel point ça lui fait mal de le voir s'éloigner. Cette fois, elle y croit et elle en pleure. Ses mains viennent s'agripper à son visage, elle redessine chacun de ses traits, ceux qu'ils partagent, et ceux qui sont plus marqués par une souffrance qu'elle ne mesurait pas encore. Il s'excuse mais elle hoche la tête, pardonnant déjà ce qu'il avait pu faire ou non. Elle voulait bien revivre ce cauchemar dix fois si elle était sûre de l'avoir à ses côtés après ça. Elle ne disait rien parce que Moïra avait le don de parler avec ses yeux. Même plein de larme. On y voyait la peur, la joie, le soulagement. Et tant de bonheur qu'elle n'avait pas connu depuis un moment.

Ses mains ne quittent pas son visage, comme si ce soudain retour n'était qu'éphémère. Après elle n'en savait rien. Ni ce qu'il s'était passé, ni comment il en était arrivé là. Mais elle n'avait aucun doute sur lui. Elle le savait persistant, fier combattant de la vie. Il avait cette hargne qui lui manquait à elle. Ses pouces balais ses joues couvertes d'une barbe qu'elle ne lui connaissait pas. Avait-il aussi changé à l'intérieur ? « Je sais. Qu'elle soupire. Je sais, Matthew. Mais c'est la dernière fois. » Soudainement sa prise se fait plus forte, elle le coince littéralement, le regard planté dans les yeux soudainement plein de rage. « C'est la dernière fois qu'on nous sépare, tu m'entends ? » Elle jurait que personne ne lui arracherait à nouveau son frère. Et si une prochaine devait arriver, elle tuerait.
Voilà pourquoi les deux Everett étaient si proches. En cent de vie, ils avaient passés trop de temps de séparer. Il était alors normal qu'à chaque fois qu'ils se retrouvaient, leur liens se resserrent.. Elle soupire, expire tout ce qui l'accablait puis elle redevient soudainement Moïra, fière et droite. Ses mains glissent le long de ses épaules, ses bras... « Matt tu es blessé. » Elle garde un certain calme sans pour autant se cacher de son inquiétude. Elle s'empare doucement de son bras et réalise alors qu'elle est à l'origine de cette entaille au bras. La rouquine pose sa main contre sa bouche, terriblement gênée. « Mon dieu, je suis désolée. On devrait rentrer, je... Rentrons. » Elle fouille quand même un instance dans ses poches mais elle se rend rapidement à l'évidence qu'elle n'a rien pour le soigner. Ils allaient rentrer. Là où il pouvait déjà se considérer comme chez lui.

Elle ne lui avait pas laissé le choix. Même si sur ce toit ils étaient l'abris de beaucoup de regard -voir de tous- elle ne se sentait pas parfaitement à l'aise. Et il paraissait évident que la présence de Matthew en ville ne soit pas approuver de tous. Aussi, une fois dans les rues, Moïra rejoingit son quartier en évitant d'être trop exposé. Même en arrivant dans le quartier, elle ne prit pas la rue pour rejoindre sa librairie mais la rue adjacente qui amenait directement au Bones. Moïra était paranoïaque, elle serait encore plus maintenant qu'il était là. A l'arrière du bâtiment, à quelques marches d'atteindre la porte du Bones, la rouquine ralentit le pas, le regard fuyant sur tout ce qui pouvait les remarquer. « Tu auras beaucoup de question en rentrant. Mais laisse-moi être celle qui pose les questions en première. S'il-te-plait. » Elle s'était retournée face à lui pour glisser cette toute particulière. Il verrait le Bones, les tables, le bar... la fosse. Mais elle voulait entendre parler de lui, pas d'elle. Elle s'assure qu'il accepte, passant une nouvelle fois sa main sur sa joue puis, après coup, ouvre enfin la porte de son antre.


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MessageSujet: Re: fire and ice ○ moira   Mar 31 Mai - 22:43

La dernière fois. Chaque séparation était plus douloureuse que la précédente, et les retrouvailles plus douces; ils se promettaient chaque fois de ne plus laisser le destin cliver leur lien inébranlable, mais se faisaient constamment déjouer par leur sort. Cette fois, pourtant, il avait bon espoir. Après ce qu’il avait vécu, il était persuadé que plus rien ne pourrait lui résister, que rien ne viendrait encore saccager tout ce qu’il avait bâti, tuer dans l’œuf tous les projets qu’il avait en tête. Et celui qu’il envisageait désormais était le plus ambitieux de tous. « Promis », qu’il rassure Moïra dans un souffle.
Il arque un sourcil lorsqu’elle affirme qu’il est blessé; pourtant, il n’a rien senti. Toutefois, l’évidence est là, carmin, humide : son bras entaillé crache un flot constant de sang qu’il s’empresse de couvrir avec son vêtement lacéré. « C’est rien. » Il ne peut pas laisser Moïra découvrir son secret, même si ça semble inévitable, même s’il s’était promis de ne plus rien lui cacher. Même s’il sait qu’elle ne pourrait pas le repousser à la lumière de ces révélations. Il craint sa réaction, de voir la peur, le dégoût dans les prunelles claires de son aînée. Il a tout le trajet pour trouver une façon d’expliquer la plaie inévitablement nécrosée sur laquelle la rousse poserait les yeux lorsqu’elle insisterait pour corriger son erreur.

Il suit sa sœur dans un dédale de rues, quelques pas derrière, prudent. Il est primordial, pour lui, que personne ne le reconnaisse – et ne l’associe de ce fait avec la rouquine dont il retrace discrètement les pas. Lorsqu’elle ralentit, il la rattrape, prenant ainsi connaissance de son étrange requête, qu’il ne lui refuse toutefois pas. Il acquiesce d’un signe de tête alors que la main de Moïra se pose tendrement sur sa joue, puis la suit sans rouspéter lorsqu’elle ouvre la porte. Il s’engouffre dans l’inconnu, ignorant ce que sa sœur avait pu tramer pendant son absence – même si sa brève tentative d’espionnage avait su lui fournir quelques indices. Matthew ne doute toutefois pas que Moïra a su prendre soin d’elle-même. Désormais, toutefois, il serait là pour le faire également.

Ce qu’il voit le surprend, le stupéfait, même. Or, il est conscient qu’il a fait une promesse à Moïra et il compte bien la tenir. Il l’avait toujours fait, après tout. Ses yeux se posent çà et là sur les éléments du décor, aussi surprenants qu’impressionnants, lui arrachant même un sourire narquois. Il n’en attendait pas moins de son aînée. Laissé à lui-même, il fait quelques pas dans la pièce, non sans constater la pièce maîtresse du sous-sol sombre. Toujours silencieux, il finit par tirer une chaise, s’y laissant tomber dans un long soupir soulagé. Un peu de confort lui faisait le plus grand bien. Toisant la rouquine avec curiosité, il finit par ouvrir la bouche, haussant les épaules. « Je suis tout ouïe », qu’il lui signifie, la laissant, tel qu’elle le désire, poser les questions la première. À ce point, il a presque oublié le picotement caractéristique qu’il ressent au niveau du bras, trop curieux de savoir par quoi Moïra va commencer.
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fire and ice ○ moira

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