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 Cats in the Cradle || Andreï

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MessageSujet: Cats in the Cradle || Andreï    Dim 1 Mai - 0:41


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Andreï C. Ievseï & Roman A. Ievseï
Cats in the Cradle

Il avait arrêté de compter les jours, depuis le temps. Andreï avait laissé derrière lui une énième trace de sang, noire et poisseuse, sur le canapé et s'était tiré au terme d'une énième rixe. Rien ne changeait, jamais, sinon ce dégoût de lui-même qui n'en cessait jamais de croître. Héberger son père au sein de l'appartement minuscule n'avait pas été la meilleure des idées qu'il ait jamais eues. Il aurait pu faire avec si ledit père faisait son âge réel, était impotent et vaguement sénile. Il aurait même pu passer outre l'affront d'avoir à lui laver les fesses tous les matins, si tel était le cas, une aide-soignante étant trop chère pour les maigres finances de la famille Ievseï. Parce que c'était son père, malgré tout. Parce qu'il lui devait la vie. Rien que pour ça.

Mais l'homme qui s'effondrait dans son canapé tous les quatre matins, couvert de sang, des plaies encore béantes lui parcourant l'épiderme, cet homme n'était qu'un inconnu. Un nuisible. Un danger. Ce n'était pas faute d'avoir tout tenté, pourtant. D'avoir essayé de faire les choses correctement avec lui, d'avoir tenté d'arrondir les angles, d'avoir fait l'effort de mettre de côté ce qu'il ressentait profondément pour permettre une cohabitation peut-être pas optimale mais au moins vivable. Mais c'était une mauvaise idée. Peine perdue. Car pas un jour ne se passait sans que les pensées de Roman ne le lui clament haut et fort : son père, celui pour lequel Lara ne se répandait qu'en louanges, vantant ses innombrables qualités, ce père n'existait pas. Il était une illusion, un fantasme d'enfant rêvant d'un père héroïque, favorisée par sa mère, idéalisant un être qui n'avait au final rien fait de mieux que de foutre le camp en abandonnant femme et fils. Son père, cet Andreï fier et droit, à l'éthique aussi vitale que sa morale, était mort l'instant même où Andreï avait franchi le pas de sa porte, la première fois.
C'était la chose à faire. Roman avait été élevé dans un tel culte du Père qu'il n'avait pas réfléchi à deux fois lorsque l'opportunité s'était présentée de renouer avec cet animal mythique. Qu'il avait laissé la souillure prendre place sur son canapé, et qu'Andreï avait fini par assassiner définitivement ce père absent mais glorieux qui avait accompagné chaque instant de la vie de son fils.

Alors oui, il avait arrêté de compter les jours. Il avait cessé de croire, d'espérer qu'au fond, cet homme admirable qu'Andreï aurait du être n'existait pas. Une chimère, comme le Père Noël ou la Petite Souris. Mais baigné dans toutes ses illusions, il avait mis un moment à réaliser. C'était sûrement pour ça qu'il lui avait collé son poing en travers de la figure, la dernière fois qu'Andreï avait franchi la porte. Pour ça et pour tout le reste, pour être un parasite sur le dos de son fils aîné, favorisant ses propres errances, pour n'être que moins qu'un exemple aux yeux de Lizzie et Colin, pas même un grand-père digne, juste... Andreï. Et Andreï ne lui convenait pas.
Cet homme, ce n'était pas son père. Cet homme, un jour, il devrait le chasser de sa vie, définitivement, pour ne jamais plus le revoir. Le choix était rude mais s'immisçait progressivement dans son esprit embrumé par une bière de contrebande, qu'il sirotait vaguement, engoncé dans le canapé familial. Tenant le goulot entre le pouce et l'index, il agita mollement la bouteille, observant le dépôt s'agiter sans frénésie aucune dans le liquide ambré. Oui, il devrait le foutre à la porte. Le temps viendrait où il ne serait plus tolérable entre ces murs, et, à son grand regret, il approchait bien plus vite que prévu.
Cet homme était un inconnu. Cet homme devait être éradiqué de leurs vies une bonne fois pour toutes.

Dans un soupir, il passa sa main sur son visage et finit par se lever, faisant les cent pas dans le petit appartement étriqué. Mikkel non plus n'était pas revenu. Colin s'était enfermé dans sa chambre en invoquant une raison un peu vague comme quoi il avait des devoirs à faire, mais Roman avait bien vu à son regard fuyant qu'il y avait autre chose. Il y avait toujours autre chose quand Mikkel et Andreï étaient fourrés ensemble. Et un mauvais pressentiment lui fit comprendre que cette fois-ci, Colin avait pâti de leurs conneries. Son poing se resserra si fort à cette pensée qu'il entendit ses articulations craquer alors que ses ongles s'enfonçaient dans sa paume. La décision était prise. Il était temps d'agir, il avait laissé pisser la situation depuis bien trop longtemps. Au terme d'une profonde inspiration pour que sa voix ne soit pas trop tendue, il frappa à la porte de Colin pour lui dire qu'il serait de retour pour le souper. Son fils lui répondit approximativement, une voix qui l'apaisa juste suffisamment pour lui arracher un léger sourire et lui donner le cœur à son entreprise. Il était temps. Il n'attendrait pas la bouche ouverte que son père revienne, il allait directement le chercher, cette fois.

Le crépuscule approchait, baignant la ville dans des teintes rougeâtres, nappant les immeubles blafards, léchés par la pluie, d'une couleur écarlate comme du sang frais. Roman releva le col de sa veste pour échapper au vent comme aux regards, et s'enfonça dans les ruelles. Il y avait des coins, dans le quartier le plus mal famé de cette maudite ville, où il savait pertinemment qu'il pourrait trouver l'un ou l'autre des Ievseï. Des coins où il ne mettait lui-même jamais les pieds, mais où certains de ses patients lui avaient dit avoir remarqué le regard glacial, caractéristique, de son propre sang. Arrivé au coin de deux rues, il bifurqua vers la plus glauque plus par instinct que par réflexion. Porté par la colère et le vent frais de ce début de soirée, il finit par entendre des éclats de voix non loin.
Il savait se battre, oui. Il était un peu vieux, un peu rouillé, mais ça coulait dans son sang aussi sûrement qu'il s'appelait Ievseï. Enfonçant d'avantage ses poings dans ses poches, il finit par faire ce qu'il n'aurait jamais du faire.

Il prit une inspiration. Leva le nez. Et hurla, à s'en décoller les poumons, faisant montre d'un coffre qu'il n'aurait jamais cru avoir :

-IEVSEÏ, SORS DE LA ESPECE DE SAC A MERDE !

Sans grande surprise, le bourdonnement des voix cessa aussi sec sous l'intensité de son hurlement. La colère voilait suffisamment ses pensées pour qu'il ne se rende compte que, si l'idée pouvait être bonne sur le papier, elle pouvait s'avérer létale en application. Restait qu'il avait bon espoir que l'un de ses proches finisse par venir, que ce soit Mikkel ou Andreï. Tout le monde ne s'appelait pas Ievseï. Tout le monde n'avait pas ce privilège d'appartenir à une lignée maudite d'incapables, dont seule la toute dernière génération pouvait être encore sauvée.

Le coeur battant à tout rompre, pulsant dans sa tempe comme contre ses tympans, il attendit. Au loin, à l'angle de la rue, il pouvait déjà entendre les bruits de pas qui approchaient de lui. Restait à espérer que ce soit bel et bien un des siens plutôt que quelqu'un qui aurait des comptes à régler. Et il était venu sans être armé, respectant l'édile de cette foutue Loi de Murphy. Alors il attendit. Le bruit approchait, et ses jambes menaçaient de se dérober. Pourvu que ce soit Andreï...

 


 

_________________

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MessageSujet: Re: Cats in the Cradle || Andreï    Jeu 5 Mai - 21:12

Cats in the Cradle

Andreï & Roman

Des conneries, j’en ai faites un certain nombre dans ma vie. Vraiment. A commencer par celle de lier mon destin à celui du KGB et d’accepter, voire de réclamer, ma transformation en Skinchanger. Des conneries, j’en ai faites un bon paquet et jusque là, je n’en avais pas regretté des masses. Mais… mais mettre en danger mes petits-enfants, c’est une nouveauté. Une sacrée nouveauté même. Dont je ne suis pas fier. Pas du tout. Je n’ai pas osé refoutre les pieds dans l’appartement. Pas immédiatement du moins. J’ai préféré… errer. Comme un crétin. En liberté, comme un chien errant, comme un chat famélique, avec cette envie brutale, ce besoin primaire de voir Seraphina pour l’embrasser, me perdre dans ses courbes, me perdre dans son odeur et cesser de penser. Je ne compte pas le nombre d’erreurs que j’ai pu faire en soixante-dix ans mais… Je me passe une main sur le visage, glisse mes doigts dans mes cheveux et y délaisse quelques plaques de sang séché, un sang noir, poisseux, bien trop dense pour provenir d’un humain normal. Et à mes pieds… forcément je me suis vengé. Mais trop tard. Je l’ai traqué, celui qui a voulu m’envoyer un message en s’en prenant à ma descendance. Je ne l’ai pas trouvé, mais j’ai trouvé son fils. Et il ne sera pas capable de le reconnaître. Plus capable. Je m’accroupis, contemple le résultat de ma colère, de ma frustration, de ce besoin bestial de me défouler sur quelqu’un sans savoir exactement pourquoi. Ma colère, finalement, n’est dirigée que vers moi, que dans ma propre direction et si j’étais capable de me dédoubler pour me passer à tabac, je le ferais sans hésiter. Avant de me tuer. Bien sûr. Parce que je suis incapable d’accepter de perdre, parce que j’ai été forgé pour tuer, parce que mon endoctrinement qui me poursuit et me taraude m’interdit la lâcheté du suicide. Et qu’il n’en est même pas question. Accroupis, je retourne le corps du pauvre gosse, ne trouve qu’un visage lacéré, un ventre martelé, une grimace de douleur et de stupéfaction. Pauvre gamin qui n’avait rien demandé, pauvre gamin qui ne tenait aucunement de son père, qui n’avait hérité que de son fric, de son nom, de mon passif avec sa famille. J’ai agi impulsivement, sans réfléchir, juste pour avoir l’impression de faire quelque chose cette fois et de ne pas laisser traîner cette affaire. Mais je me rends bien compte que tant que le gros lard ne sera pas mort, la guerre entre les Ievseï et sa petite mafia ne fera que croître. Enfler. S’envenimer. D’une pichenette, je repousse la joue du cadavre, essuie mes mains sur ses vêtements et entreprends de faire ses poches, pour trouver un indice même quelconque sur la localisation de son trouillard de paternel. Qu’il me renseigne, qu’il m’aiguille, qu’il justifie, quelque part, son meurtre gratuit.

Un portefeuille, des clés, pas grand-chose plus tard, je me laisse glisser contre le mur et repousse du bout du pied son torse trop proche de moi. Je n’avais pas de vraies raisons de le tuer. Je le sais. Il n’avait rien à voir avec toute cette histoire, j’en suis certain. Mais… mais comme lorsque Seraphina a été blessée, j’ai perdu les pédales. Et maintenant… je viens clairement d’exposer mon fils, la chair de ma chair, aux mêmes représailles. En voulant faire mieux, je fais pire, en voulant faire pire, je fais… pire encore. Et le problème c’est que lorsque je m’aperçois que je n’ai pas été forcément très malin, la plupart du temps il est trop tard. Beaucoup trop tard. Et je ne peux même pas ressusciter le gus, ce n’est pas vraiment dans mes capacités. A la rigueur le rendre encore plus méconnaissable, ce serait possible, mais il faudrait que… IEVSEÏ, SORS DE LA ESPECE DE SAC A MERDE ! Je bondis sur mes pieds par réflexe, juste avant que je reconnaisse la voix de mon fils. Qu’est ce qu’il fout là ? Je reste tétanisé une fraction de seconde. Il va se barrer. Il va forcément finir par se barrer. Jamais il ne supportera de rester dans le coin bien longtemps : si je ne le connais pas, j’ai au moins compris ça, à force. Si je reste terré dans mon coin, il va se lasser, aller traiter un autre Ievseï de sac à merde et retourner à sa petite vie d’homme parfait et de père de famille parfait et de connard et il me laissera tranquille. Sauf que… avec un peu de malchance, voire beaucoup, il peut aussi rester planté là comme un couillon et attendre qu’on lui tombe dessus pour m’envoyer d’autres messages. Parce que dans ce genre de quartier, Ievseï ne rime pas vraiment avec soleil. Et je plaide coupable, avec circonstance atténuante vu le petit fils que je me traîne. Et le sang que je charrie. Et ces jurons que je lâche par ribambelle. Et merde, je ne peux pas le laisser risquer quoique ce soit, cet incapable naïf pour lequel je laisserais tout en plan sans la moindre hésitation. Traînant le cadavre du gosse sur quelques mètres, je le balance dans une poubelle histoire que personne ne trébuche dessus et je finis par me décider à aller voir mon fils.

Mon fils. Prunelle de mes yeux, éclat de rire, incompréhension la plus complète. C’est la dernière chose qu’il me reste de Lara, c’est la dernière chose qui me rattache à la Russie. Et c’est à la fois la pire déception de ma vie et la plus grande satisfaction que je puisse avoir. Avec les trois mouflets qu’il a réussis à avoir, bien sûr. Je sors de la ruelle, arrivant dans son dos, me compose un petit sourire moqueur, ouvertement provocateur, aussi. Après tout, vu la tronche que j’ai, vu l’allure de mes habits, je sais que ça va le rassurer de me voir à ce point fidèle à moi-même. Et toujours autant couvert de sang, que ce soit le mien ou celui d’un autre. « J’ai cru entendre ta douce et mélodieuse voix clamer tout ton amour pour ta famille. C’est moi que tu cherches ou tu espérais voir Lizzie débarquer la bouche en cœur ? » Je me détache de l’obscurité pour m’empresser de le saisir à l’épaule et le pousser en direction de je-ne-sais-où mais surtout pas de la route principale. Mes doigts serrent ses articulations, se crispent sur ses clavicules et l’envoient heurter un mur. « T’as rien à foutre là, Roman. C’est pas ton milieu naturel, tu risquerais de te casser un ongle. »

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MessageSujet: Re: Cats in the Cradle || Andreï    Lun 23 Mai - 16:09



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L'anxiété avait repris possession de ses esprits, de ses sens, alors qu'il avait entendu les pas se diriger vers lui. Non, il n'était pas un grand habitué de ce type d'espaces, loin de là même. Il avait eu l'occasion d'y rôder une fois ou deux à cause de Callum, lors de leurs petites entrevues, au détour d'une ruelle, pour que l'un et l'autre repartent tranquillement chacun de leur côté au terme de quelques minutes bien trop longues pour le père de famille. Car si même le sang des Ievseï, celui d'Andreï, coulait dans ses veines, celui de Lara l'avait nettement édulcoré en Roman. Ne restait que l'impétuosité, la grande gueule, mais pas le besoin de se mouiller pour une cause inutile. Et quelle qu'ait pu être celle qui avait poussé son père à jouer les Filles de l'Air, Roman n'y aurait pas prêté la moindre once d'attention si Colin n'en avait pas fait les frais.
C'était ça, le fond du problème. Andreï pouvait faire toutes les conneries qu'il voulait que ça ne posait aucun souci majeur à son fils. Pire, s'il pouvait en prendre un peu plus, du plomb, peut-être qu'un jour il finirait par atteindre sa cervelle, s'y loger, et l'assagir un minimum. Mais ici son fils, son propre fils, avait été touché par ses magouilles. Pire, il avait jugé bien meilleur d'éviter d'en parler à son père. Et ça, Roman était complètement incapable de le tolérer.
Le problème de fond, oui, c'était Andreï. Depuis son retour dans la famille, il n'avait fait qu'amorcer une longue descente aux Enfers dont la pente était tellement raide qu'ils progressaient tous à toute vitesse, sans frein, sans attaches. Une descente aux Enfers qui foutait et la vie de sa marmaille, et la sienne, en danger.

Alors quand le principal intéressé finit par arriver, la démarche hasardeuse, couvert de sang comme à son habitude, Roman l'avait toisé de tout son haut. Sac à merde, oui. Dire qu'il avait considéré cette abjection comme son idole pendant toute son adolescence. Tant de naïveté, à présent, lui donnait envie de vomir ou de lui coller son poing en travers de la face. Au choix. La pensée l'avait fait ricaner. L'apostrophe de son père, elle, avait ravivé cette fureur que la nervosité avait réussi à étouffer.

-Tous les Ievseï sont capables d'utiliser une douche, sauf toi, fais le calcul.

La rapidité d'Andreï, malgré son âge, le perturbait toujours autant. Et il n'avait pas été suffisamment sur ses gardes pour ne pas se laisser surprendre par son geste, sa tentative de l'attirer ailleurs que là où ils se trouvaient. Sauf que Roman ne l'entendait pas de cette oreille. Un sourire sardonique s'étira sur ses traits alors qu'il campait sa position, les pieds insolemment arrimés au sol, concentrant tout son poids pour ne pas bouger d'un iota. Andreï avait beau être fort, il n'était pas aussi borné que son fils. Et ça Roman le savait. D'autant qu'il n'avait aucune intention de se tirer. Non, ils étaient bien là où ils étaient.
On s'en foutait du reste.

-Si je me casse un ongle, c'est que je t'aurai foutu mon poing en travers de la gueule. Deal.

Poing qui se resserra le long de sa cuisse, alors que de son autre main il empoignait le bras de son père pour se débarrasser de son étreinte. L'odeur ferreuse du sang envahissait les narines du kinésithérapeute, alourdissant sa tête, mettant tous ses sens en alerte. Quelque chose de pas net venait encore de se produire. Quelque chose qui impliquait forcément la mort d'une autre personne, restait à savoir qui, comment, et pourquoi. Jusqu'à ce que le regard craintif de Colin lui revienne en mémoire, clair comme un flash, et le pousse à faire un pas de côté pour retourner la situation à son avantage, profitant de son allonge pour attraper Andreï et le pousser brutalement contre le mur le plus proche.
Roman s'était toujours cru relativement pacifiste, avant. Mais ça, c'était avant. Avant que son putain de parasite de père ne refasse surface, anéantissant les dernières bribes de sa patience.

-Qu'est-ce que t'as encore fait comme connerie, hein, Andreï ? Mikkel a disparu de la circulation. Colin est même pas foutu de me regarder en face. Ca pue tellement la merde que c'en est même plus drôle. Tu leur as fait quoi à mes gosses ?

L'avant bras en travers des épaules de son géniteur, Roman poussa ce dernier de tout son poids contre le mur, avec, peut-être, l'espoir inconscient de l'y encastrer une bonne fois pour toutes. Ou de l'étouffer. Probablement les deux, une nouvelle fois. Il n'avait pas vraiment les idées claires quand on en venait au sujet de la famille. Ce qui ne l'empêcha pas de continuer, son coude s'enfonçant progressivement dans l'épaule du Daybreaker sans aucune considération pour son état général déjà déplorable. Au contraire. Le plus faible Andreï se trouvait être, le plus d'amplitude Roman pouvait avoir. Amplitude qu'il prit largement, sans se soucier de toutes les ouvertures qu'il laissait à son père s'il souhaitait riposter.
La défense n'était plus à l'ordre du jour, cette fois-ci.

-T'es un putain de parasite, Andreï. Un putain de parasite qui s'est infiltré dans ma famille, et qui va tous nous tuer avec tes putains de conneries !

Son poing libre partit aussi sec, allant se ficher d'emblée à quelques centimètres à peine du visage déjà abîmé de son père. Un coup de semonce préventif, un dernier message d'alerte avant que le flot de colère finisse par envahir les dernières onces de conscience ou de réflexion qui lui restaient. Avant que la situation s'envenime encore plus, les poussant l'un et l'autre à faire parler leurs poings plus vite que leur langue respective, cet infime point de non retour qu'ils ne franchissaient que trop facilement.
Sentant l'haleine chaude d'Andreï sur son visage, Roman finit par lâcher, d'une voix rocailleuse, entre ses dents :

-T'as buté qui pour que mes gosses soient visé, sombre merde ? Parce que si c'est ta putain de face de rat qu'ils veulent pour se calmer, je vais finir par la leur amener moi-même.



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MessageSujet: Re: Cats in the Cradle || Andreï    Dim 5 Juin - 16:13

Cats in the Cradle

Andreï & Roman

Les effets personnels du gamin, du cadavre, finissent rapidement dans ma poche, après un tri entre ce qui sera revendable et ce qui risque de me compromettre. Je traîne le corps comme je peux, je le balance dans une poubelle avant de me décider à aller voir mon crétin de fils qui est venu traîner ses miches dans le coin pour une raison qui me dépasse. Ou pas. Si Colin m’a obéi, il s’est enfermé dans sa chambre mais pas plus que Lizzie il n’a dû réussir à mentir plus d’une poignée de minutes à son père. C’est presque certain, c’est presque prévisible et pourtant… je ne peux pas m’empêcher d’être surpris de le savoir là. De le savoir dans le coin. De le savoir dans les bas quartiers de la Nouvelle Orléans alors qu’il m’a bien fait comprendre qu’il était clairement allergique à cette partie de ma personnalité, à cet héritage qu’il charrie bien malgré lui. Que je sorte de ma cachette ? Je prends mon temps, à chercher comment j’ai pu avoir un fils comme lui. Ce n’est pas possible et si je n’étais pas absolument certain qu’il était de moi, je suis sûr que je douterai de la fidélité de Lara. Parce qu’à le voir, avec trois mouflets, un métier honorable et une façon un peu étrange et déstabilisante de suivre les lois, c’est mon antithèse sur bien des points. Y’a pas à dire, je l’ai complètement raté ou alors ma femme a carrément sauvé les meubles avec lui. Pendant un instant, je reste calé dans l’ombre, discret pour une fois. Pendant un instant, je l’observe dans ce milieu qui ne lui ressemble pas, avec un mélange de fierté à l’idée que ça, ce soit mon fils, et de honte à l’idée que ça, ce soit mon fils. Et je me coule dans une démarche nonchalante et provocante lorsque je sors de l’ombre. Alors, il me cherche ? Tous les Ievseï sont capables d'utiliser une douche, sauf toi, fais le calcul. J’ai envie de jouer au con. Et pour tout dire… je n’ai même pas envie de me retenir. « Dans ce cas là, c’est pas tous les Ievseï. » je rétorque, avant de le dégager de la rue principale et de l’envoyer heurter un mur sans aucune douceur. Il n’a rien à foutre là. Vraiment rien. Si je me casse un ongle, c'est que je t'aurai foutu mon poing en travers de la gueule. Deal. J’hausse un sourcil. Parce qu’avec sa volonté à deux balles, il pense sincèrement faire le poids contre moi ? Vraiment ? Je resserre ma poigne par réflexion lorsqu’il enserre mon bras, sûrement dans l’idée de me faire lâcher prise. Je le fixe avec colère, comme pour mieux lui faire comprendre que… j’aurais pu esquiver. Vraiment. J’aurais pu esquiver, le frapper, le mettre à terre, aspirer son énergie pour le laisser chancelant. Quelque chose dans son attaque, si on peut appeler ça attaque, est maladroit, naïf. J’aurais pu. Mais pendant un instant, j’ai vu mon fils et pas Roman et mon temps d’arrêt s’est joué de moi pour m’envoyer contre le mur le plus proche dans un grognement. Qu'est-ce que t'as encore fait comme connerie, hein, Andreï ? Mikkel a disparu de la circulation. Colin est même pas foutu de me regarder en face. Ca pue tellement la merde que c'en est même plus drôle. Tu leur as fait quoi à mes gosses ? Sans tenter de riposter, je le laisse se sentir maître de la situation. Avec son avant-bras pour me retenir, il va aller lui. C’est d’ailleurs drôle de le voir avoir des réflexes dans ce genre, alors qu’il n’a pas tellement l’air d’être porté sur la violence, le petit. Je le laisse faire, alors, le sentant presser contre mon épaule où subsistent des restes de blessure résorbées en partie avec le temps. Ce que j’ai fait à ses gosses ? Je les ai clairement mis en danger. Mais qu’il soit content : lui aussi il a sa part de merde qui vont lui tomber sur la gueule si je ne règle pas le problème comme un grand. Ce que j’ai fait à ses gosses ? Qu’il me demande plutôt ce que j’ai fait moi. Pas que je lui dirai la vérité s’il le fait mais… mais il ciblerait un peu mieux le problème. En attendant, si je suis conscient de ce que j’ai fait à ses gosses… « J’ai pas touché à tes mômes, Roman ! Fais pas chier, je leur ai rien fait ! » Le pire, c’est qu’en soi, ce n’est même pas un mensonge. T'es un putain de parasite, Andreï. Un putain de parasite qui s'est infiltré dans ma famille, et qui va tous nous tuer avec tes putains de conneries ! J’ai un mouvement de recul, instinctif, presque animal, lorsque le poing de Roman se fiche à quelques centimètres de ma tronche. Je suis obligé, d’ailleurs, de prendre sur moi pour éviter de donner un coup de genou qui l’empêcherait de me donner d’autres petits-enfants. : mes ongles se lovent dans ma paume, poings serrés. « Lâche moi, Roman, lâche moi tout de suite, là. » Le fantôme du rat couine des menaces, l’assassin laisse la colère rendre insupportable la pression de son coude sur mon épaule et la menace qu’il fait peser sur moi. T'as buté qui pour que mes gosses soient visés, sombre merde ? Parce que si c'est ta putain de face de rat qu'ils veulent pour se calmer, je vais finir par la leur amener moi-même. Il ne se recule pas assez vite, mon poing percute sa rate avec violence pour que j’inverse la situation. Sans la moindre douceur, sans la moindre retenue. Je viens de tuer et tabasser pas mal de gus donc la mesure et moi… on ne se connait plus. Ou du moins, encore moins que d’habitude. « C’est bon, t’as fini ta petite crise ou tu veux pisser par terre et te rouler dedans pour mieux me faire comprendre que tu n’es pas content-content ? » Il pressait mes épaules ? D’un bras je bloque ses mains, de l’autre, c’est sur sa pomme d’adam que j’appuie pour mieux lui murmurer un « N’essaye même plus de me toucher, Roman, compris ? » avant de me forcer à reculer de quelques pas pour ne pas céder à la tentation de frapper un peu plus fort et un peu plus de fois. « Ce que je fais, ça ne te regarde pas. Et t’en fais pas, tes deux mômes sont en un seul morceau contrairement à ceux qui ont eu l’idée de merde de les approcher. Alors de un, tu te calmes direct et tu fais profil bas devant ton père, de deux, tu me remercies de leur avoir sauvé la mise parce qu’en dehors de leur foutre ton stéthoscope dans le fion t’aurais pas pu faire grand-chose et de trois, si tu veux pas qu’on touche à leurs cheveux, t’as qu’à leur apprendre à se défendre au lieu de faire ta lavette dans ton coin. » Je crache par terre, avant de continuer. « Et le parasite, c’est ton père et il t’emmerde. Tes gosses étaient déjà pourris jusqu’à la moelle avant que je débarque, tu refuses juste de voir que tu charries mon sang et que tu leur as transmis. Alors arrête de faire ta majorette et admets que s’il y a un parasite dans la famille, c’est le sang Ievseï donc ça te concerne toi aussi. »

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MessageSujet: Re: Cats in the Cradle || Andreï    Mar 13 Sep - 23:21




Naïf. C'était un doux euphémisme vu la gravité de la situation dans laquelle il venait tout juste de s'embarquer. Non seulement parce qu'Andreï était physiquement plus jeune, plus apte, que lui pour recevoir ou esquiver des coups, mais parce qu'aussi cet homme qu'il tenait à bout de bras ne se battait pas comme les poivrots du coin. Et Roman avait beau avoir une bonne musculature, du fait de son métier, elle n'était pas suffisante contre les mouvements souples, élastiques, de son propre père. Douce ironie quand votre propre père est toujours capable de vous foutre la raclée de votre vie une fois votre quarantaine plus que bien sonnée.
S'il savait pertinemment ne pas faire le poids contre Andreï, il avait vu rouge. Si rouge qu'il n'avait pas réfléchi d'avantage ni à ce qu'il comptait réellement faire, ni même à comment il allait parvenir à faire comprendre à son parasite de géniteur qu'il avait dépassé les limites. Frustration de ne pas avoir suffisamment de vocabulaire, voire de courage, pour dire les choses telles qu'il les ressentait. Frustration, encore, de ne pas pouvoir se débarrasser de cette erreur monumentale qui pissait le sang contre ce mur défraîchi, dans cette ruelle mal famée, dans ce quartier qui ne valait pas qu'on y foute les pieds. Petit, si petit dans ce monde qu'il ne comprenait pas. Et pourtant, sa rage était, elle, colossale.

Suffisamment pour qu'il n'entende même pas les injonctions du parasite, le sang tambourinant contre ses tympans assourdissant les mises en garde d'Andreï. Il aurait dû le savoir, pourtant. Il aurait dû savoir depuis le temps qu'Andreï ne s'embarrassait pas de paroles avant de riposter, et que s'il était dans un état clairement amoindri, il n'en était pas moins dangereux. C'était pour cela qu'il n'avait pas réfléchi une seule seconde à l'ouverture qu'il lui avait laissée pour contre-attaquer. Et ce fut pour cela qu'il n'eut même pas le temps de s'endurcir pour encaisser le coup porté par son père, qui le scia immédiatement. Son estomac se contracta aussi sec alors qu'il tombait à genoux, lâchant sa prise. La bile s'écrasa aussitôt sur le trottoir déjà souillé, devant lui, hoquets gutturaux incontrôlables.
L'estomac qui avait tendance à vouloir se vider tout seul quand bon lui semblait, ça aussi, c'était l'héritage des Ievseï.

Le corps encore secoué de spasmes, il n'entendit que des bribes de ce que lui racontait Andreï. Et s'il n'avait pas eu l'occasion de saisir la totalité de ses paroles, il en comprit suffisamment pour se faire une raison. Son père restait, encore une fois, un sombre con. Ah c'était sûr, il avait nettement plus de répartie que lui. A croire que rester aussi jeune aussi longtemps l'avait empêché de gagner aussi en maturité. Restait que les informations qui coulaient hors de ses lèvres n'étaient pas ce que Roman était venu chercher. Ce pour quoi il s'essuya la bouche rageusement avec la manche de son blouson, son estomac encore trop douloureux, trop enflammé pour qu'il ait la force de se redresser. Son regard noir levé vers ce visage qu'il connaissait par cœur pour l'avoir admiré au point de s'en brûler les rétines quand il était gamin, il cracha ses dernières gouttes de bile et de salive directement à ses pieds. Connard. Espèce d'immense, de colossal connard.

-Bravo, sombre con, t'as fait gerber ton fils unique comme une vieille merde. J'espère que t'es fier de toi. T'auras un mug Père de l'Année qui t'attendra au pied du sapin cet hiver.

Par pur esprit contradictoire, il avait pris la perche au vol et s'était surpris à répondre du tac au tac comme Mikkel le faisait si fréquemment avec lui. Sa gorge s'irritait à chaque mot qu'il prononçait, lui signalant douloureusement qu'il gaspillait sa salive, et pourtant. Pourtant il était incapable de se retenir. Quelque chose chez Andreï titillait chacune de ses terminaisons nerveuses, les pinçant et les retournant, le poussant à agir comme un gosse effronté qui aurait besoin d'une bonne raclée.
En l'occurrence celle qui venait de le clouer au sol. Encore fébrile, il se refusa toutefois toute faiblesse et puisa dans ses maigres forces pour se relever, s'appuyant contre le mur, son regard assassin toujours fixé sur l'autre Ievseï. L'autre Ievseï qui, clairement, était encore sur la défensive. Et si l'envie était encore vive de lui en coller une nouvelle, et s'il se sentait plus léger après toute la bile qu'il venait de recracher, il fit l'effort de se contenir. Tu es incapable de gagner ce combat, Roman. Plus maintenant que l'effet de surprise est passé.

-J'ai trois gamins, Ducon, mais clairement ça demande moins d'efforts de cogner que de compter jusqu'à trois. Et ils s'en sortaient très bien avant que tu débarques pour les foutre dans la merde jusqu'au cou. On s'en sortait très bien avant que j'aie la très mauvaise idée de reconnaître et accepter ton existence.

Il était en passe de laisser la colère retomber quand Andreï commit le seul faux pas à ne pas franchir. Celui d'insulter ouvertement sa progéniture. Un dérapage malheureux qui toutefois ne manqua pas de faire remonter sa fureur en flèche. Pourris, ses gamins ? Venant d'un type qui avait pas été capable d'élever le sien, c'était l'hôpital qui se foutait de la charité. La meilleure blague du siècle, et pourtant elle ne fit absolument pas rire Roman. Bien au contraire.

-Pourris, mes marmots ?

Son poing se serra, annonciateur d'un bouillonnement bientôt trop important pour être contenu. Annonciateur d'une tempête à venir qui, il le savait, serait difficile à maîtriser. Son père avait le droit de l'insulter autant qu'il le voudrait, ça ne changerait pas la face du monde. Mais là, c'était différent.

Pour une fois, sa colère ne se manifesta pas par des hurlements. Pour une fois, il avait envie de lui faire mal. Pas seulement physiquement, mais mal, dans les tréfonds de son âme, dans les confins de cet esprit étriqué, primaire, qui était celui d'Andreï Ievseï. Lui faire mal à en crever, l'en tuer même s'il le pouvait.
Son poing s'écrasa sur le crépi suranné, derrière lui, s'abattant dans un bruit sourd. Les aiguilles de mortier s'enfoncèrent dans ses chairs, mais la douleur n'était pas suffisante pour le détourner de sa propre fureur.

-Qui es-tu pour juger de mes marmots, hein, qui ???! Est-ce que t'étais là quand Laura a disparu, pour t'en occuper ? Est-ce que t'étais là quand Colin s'est pété le coude et que je pouvais pas aller à l'hosto pour être avec lui ? Est-ce que t'étais là quand Mikkel s'est fait kidnapper par sa pourriture d'oncle ? Est-ce que t'as été là quand ma mère s'est fait buter dans l'Arène ? Est-ce que t'as seulement jamais été là pour ta propre famille, hein ? HEIN ?!

Sa voix pourtant douce, éraillée, résonnait à nouveau avec puissance contre les murs de la ruelle étriquée où ils se trouvaient. A chacune de ses interrogations, un coup de poing qui s'abattait contre le crépi. A chacun de ses coups, une illusion, un quart de seconde avec toutes les émotions qu'il avait ressenties, qu'il projetait directement dans l'esprit d'Andreï. Les larmes de Lizzie et Colin, ce soir où il avait failli se foutre en l'air en voiture à la disparition de Laura. La profonde sensation de culpabilité quand Mikkel lui hurlait dessus car il passait plus de temps avec son frère blessé que son propre père. L'angoisse profonde, viscérale, une terreur vivace quand ses yeux s'étaient posés sur le regard vipérin de Shane, qui tenait fermement son fils par le bras pour l'empêcher de courir vers son père. Le choc, la souffrance la plus intense quand Lara s'était faite exécuter dans l'Arène, son corps sans vie touchant le sable souillé au terme d'une agonie sans bornes. Le cercueil en bois sombre d'Andreï Ievseï, un cercueil vide, ce qu'il ignorait à cette époque, qui s'enfonçait lentement dans la terre, et la sensation de la main de sa mère sur son petit dos alors qu'elle lui murmurait, la voix brisée, que tout irait bien.
Et à chaque fois, cette sensation qu'on lui arrachait les tripes à pleines mains. Une déchirure toujours aussi vive, toujours aussi intense, qui retournait et le cœur et l'estomac, qui plongeait tout sentiment de joie ou de confort dans un abime d'un noir d'encre. Une cellule de contention pour le coeur. C'était ça, d'être père. C'était ça de souffrir le martyre au nom de l'amour, celui qu'on éprouve pour sa famille. Une souffrance qu'Andreï ne pouvait même pas imaginer et qu'il était grand temps qu'il affronte à son tour.

Son sang coulait le long de son poing, la blessure sur sa main s'était ouverte à chacun de ses coups. Il n'avait plus de souffle. Il n'avait plus d'énergie. Ses pouvoirs en tant que sorcier n'étaient pas bien puissants, ne se dévoilaient que lors de moments de concentration extrêmes ou, en l'occurrence, lorsqu'il voyait vraiment rouge.
Mais il espérait, au fond, que les images, les sensations, seraient bien plus violentes que les mots. Parce qu'il savait qu'Andreï ne valait même pas la peine qu'il use de sa salive sur lui.

-T'as aucun droit de juger mes gosses. Aucun.

Il finit par baisser les yeux sur sa blessure, la main engourdie d'avoir été serrée aussi fort. D'avoir été frappée aussi vigoureusement sur le crépi. Et si la douleur le lançait, elle n'était rien comparé au torrent d'émotions qui coulaient dans ses veines. Il observa les gouttes de sang clairsemer rapidement le sol. L'engourdissement général que venait de provoquer sa petite démonstration de puissance lui laissait considérer la scène avec un détachement glacial. Il venait vraiment de perdre beaucoup de fluides corporels, ce jour-ci, se dit-il distraitement. Et il ne savait toujours pas ce qu'Andreï avait bien pu foutre.

-T'es qu'un connard. Mais au moins ça m'a calmé. Je peux savoir ce que t'as branlé, maintenant ?


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MessageSujet: Re: Cats in the Cradle || Andreï    Mer 28 Sep - 21:49

Cats in the Cradle

Andreï & Roman

Lâche-moi. Ma voix donne un ordre, Roman l’ignore : j’ai l’impression que c’est un résumé plutôt succin de notre relation à tous les deux. Le coup que je lui porte par réflexe lorsque la tension tombe rectifie le tir, achève le résumé, le rend complètement exhaustif. Et superflu. Parce que je n’en suis peut être pas fier, de ce coup qui l’assomme, qui l’étrangle, qui le plie en deux pour mieux le voir rendre son déjeuner, celui d’hier et jusqu’à la dernière goutte de bile sécrété par ses organes, je n’en suis peut être pas fier mais il l’a mérité. Il l’a cherché. Et je l’ai prévenu suffisamment de fois à mon goût pour être presque irréprochable sur ce plan là. Bravo, sombre con, t'as fait gerber ton fils unique comme une vieille merde. J'espère que t'es fier de toi. T'auras un mug Père de l'Année qui t'attendra au pied du sapin cet hiver. Qu’est ce qu’il croit ? Que je vais lui offrir un bonbon et un bisou magique ? Je crache, je ne me comporte pas comme un père mais comme un mec qui en a plus qu’assez de se prendre des coups et des reproches dans la gueule. D’abord Mikkel, maintenant Roman. Qui sera le prochain ? Seraphina peut être ? Ah non, elle c’est habituel. Colin, Lizzie ? Le premier rat venu qui me couinera des malédictions sur les sept prochaines générations des Ievseï ? Dommage pour lui, elles sont déjà maudites, ces générations, et chacune d’entre elles s’est pris une malédiction si corsée que je me demande si le rat aura de l’imagination pour les suivantes. Et je commence à réellement penser n’importe quoi, alors que mon fils est encore occupé à encaisser mon coup que je n’imaginais pas aussi violent. Ou aussi mal reçu. Je crache, je crache des attaques à la hauteur de ma réputation, je crache des menaces, je crache encore avant de répondre à son attaque et à ses reproches pour mieux les lui faire payer, pour mieux assimiler la culpabilité acide que Mikkel a déjà déversée dans ma gueule. Qu’il n’essaye même plus de me toucher parce qu’il n’y a aucune chance que je sois à nouveau aussi patient. Qu’il n’essaye pas non plus de tirer sur la corde sensible de la famille, parce qu’en ce moment, la corde est sacrément distendue, surtout lorsqu’on parle de mon fils unique qui est aussi lâche que mou, aussi décevant qu’exaspérant, aussi hors d’atteinte que détestablement proche de moi. J’ai loupé les années les plus importantes de sa vie et c’est définitif. Qu’il ne me fasse pas l’affront de croire qu’il est le seul à s’en rendre compte et à le regretter. Et qu’il ne fasse pas l’erreur non plus de m’en croire responsable. J'ai trois gamins, Ducon, mais clairement ça demande moins d'efforts de cogner que de compter jusqu'à trois. Et ils s'en sortaient très bien avant que tu débarques pour les foutre dans la merde jusqu'au cou. On s'en sortait très bien avant que j'aie la très mauvaise idée de reconnaître et accepter ton existence. Ma mâchoire crispée cueille avec le respect qu’il faut la remarque de mon fils. « Lizzie n’était pas dans la rue, ducon. Aux dernières nouvelles, je sais très bien compter jusqu’à trois, regarde : » J’ai trois doigts de dressés, le pouce, l’index et le majeur, je les baisse un à un en commençant par le pouce. « Un, deux, » J’insiste sur le dernier, au cas où la subtilité de la manœuvre lui aurait échappé. « Trois. Et la prochaine fois, t’auras qu’à y repenser à deux fois avant de ramasser un détritus dans le caniveau » Oui, je me compare à un détritus, mais en même temps…

C’est ce que sont les Ievseï, par définition. Je crache, aussi littéralement que possible. Le parasite, c’est son père, le sang vicié, c’est le sien. Et ses gosses sont pourris, pourris jusqu’à la moelle, comme tous les Ievseï, comme mon père que je n’ai jamais connu mais qui a transmis dans les veines cette chair névrosée et cette violence qui me caractérise, qui caractérise déjà Mikkel, qui caractérise visiblement Roman, et dans laquelle sombreront un jour Lizzie et Colin, quoiqu’on puisse en dire, quoique l’on puisse faire, quoique l’on puisse espérer. Je n’ai aucun respect pour ma descendance, parce qu’elle est marquée par le pire des crimes. Et de toute évidence, Roman n’apprécie pas que je le lui rappelle. Pourris, mes marmots ? Quelque part, une petite voix me chuchote de faire marche arrière, de reprendre mes propos pour replacer ses putains de gosse au centre de l’univers, entre deux licornes et trois poneys. Quelque part aussi, le rat plante ses petits crocs dans la conscience à l’origine de cette remarque pour mieux la laisser gargouiller dans son sang. Je préfère renchérir, plutôt que m’aplatir. « Ouais, complètement pourris. » Je serre le poing, en réponse au sien. Tout mon corps réagi instantanément lorsque le bras de mon fils se précipite en direction du crépi, crispation aussi immédiate que brève : cette fois, ce n’est pas moi la cible. Je m’apprête à lui faire remarquer qu’il a visiblement hérité de mon intelligence mais sa fureur me coupe le souffle. Qui es-tu pour juger de mes marmots, hein, qui ???! A cette première question, je me contente de me crisper. Son père, je suis son père, celui qui accroupit l’appelait pour qu’il franchisse d’un pas, d’un premier pas, cet abyme qui le séparait de moi. Est-ce que t'étais là quand Laura a disparu, pour t'en occuper ? Non. C’est Lara qui est restée pour s’occuper de lui lorsque j’ai disparu. Est-ce que t'étais là quand Colin s'est pété le coude et que je pouvais pas aller à l'hosto pour être avec lui ? Est-ce que t'étais là quand Mikkel s'est fait kidnapper par sa pourriture d'oncle ? Non. Mes yeux répondent à ma place, se crispent à ma place alors que sous une influence extérieure qui ne peut venir que de mon fils, je juxtapose tout ce que j’ai manqué avec tout ce qu’il me force à voir. A ressentir. Je n’étais pas là, pour les fractures de Roman, je n’étais pas là, pour ses larmes, ses colères, ses déceptions, ses chutes, ses appels au secours, pour… Est-ce que t'as été là quand ma mère s'est fait buter dans l'Arène ? Est-ce que t'as seulement jamais été là pour ta propre famille, hein ? HEIN ?! Je fais un pas en arrière.

Je recule devant mon fils.
Non. Je recule devant ma femme, si âgée et pourtant si belle, si reconnaissable et pourtant si différente, je recule devant ma femme mise à mort sans que je ne puisse rien y faire. Son angoisse qu’il projette sur moi sans que je ne comprenne comme, sa souffrance, sa douleur, son choc, ce cercueil qu’on a mis en terre, cette main dans la mienne... accrochée dans ma barbe, une larme se débat pour disparaître, pour s’enfuir loin de ma paupière, loin de ses sœurs agglutinées qui n’osent pas faire le grand saut et la suivre à leur tour. Mon regard est perdu dans le vide, mon cœur s’acharne dans ma cage thoracique, pour en briser chacun de ses barreaux, pour s’enfuir, se nécroser, déchirer la chair de ma poitrine et s’exposer sous les yeux de Roman afin qu’il puisse sans le moindre effort le réduire en charpie. Parce qu’en charpie, il l’est déjà. T'as aucun droit de juger mes gosses. Aucun. C’est ce qu’il croit. T'es qu'un connard. Mais au moins ça m'a calmé. Je peux savoir ce que t'as branlé, maintenant ?

Je suis incapable de parler. Imprimée dans ma rétine, Lara vient de mourir une deuxième fois, une troisième fois, une énième fois. Je n’en ai rien à faire de ce que Roman peut me baver. Je n’en ai plus rien à faire de ces connards que j’ai étendu sur l’asphalte et les pavés, je n’en ai rien à faire du cadavre balancé dans une poubelle, de l’homme qui me traque et que je traque, de ces mafias que je me suis mis à dos. Je n’en ai rien à faire, parce que Lara est morte. Et qu’hier encore, il y a de cela un battement de paupière, un couinement de rat, un souffle dans ma nuque, je la tenais dans mes bras. Il faut que je parle, il faut que je dise quelque chose, il faut que mon visage décomposé retrouve le sourire, retrouve sa colère, retrouve quelque chose pour qu’il sorte de sa catatonie. « Va te faire foutre, Roman. » Mes mains tremblantes l’attrapent au col pour le plaquer contre le mur, sans même le laisser songer une seule seconde à riposter d’une quelconque manière. « Lara est morte. Mais ce n’était pas que ta mère, petit ingrat. » Mon avant-bras se plaque contre sa carotide, mon regard s’assombrit, sans la moindre retenue. « C’était ma femme, tu m’entends ? Et je suis ton père. Tu ne me respectes peut être pas, à tort ou à raison, il n’en reste que ce sang qui est le tien… » Je glisse deux doigts entre ses côtes, sans la moindre considération pour la douleur engendrée, puisant dans ma nature pour étrangler ses capacités, pour absorber un peu de son énergie et le maintenir sous mon contrôle. « … il vient de moi. Et de Lara. Et si je dis que tu es pourri, que tes gosses sont pourris. » Je crache ces mots, littéralement, à sa gueule. « Non seulement j’ai raison, mais en plus, je te mets bien au défi de me contredire. » Je le fixe sans cacher une seule seconde tout le mépris et la colère que je peux ressentir à cet instant, acres, amers comme l’écume décharnée laissée sur le rivage par le ressac de l’océan.

Cette écume qui enlaidie par une marée noire, qui asphyxie les côtes, qui drainent les immondices jetées dans le sable pour mieux les faire remonter à la surface. Sans aucune douceur, je relâche Roman en me retenant de justesse de lui flanquer un nouveau coup bien senti, dans le foie pour changer. « Ne me parle plus jamais de Lara, Roman. » Je n’ai pas besoin de verbaliser de menace, j’estime mon ton suffisamment explicite. « Et n’essaye plus jamais de m’interdire de quoique ce soit. Tu n’es qu’une lavette, Roman. Même un clébard neurasthénique serait plus intimidant que toi. » Elle est encore là. Gravée dans ma rétine. En train de mourir. Sans moi. Je secoue la tête. « Tu veux vraiment savoir ce que j’ai branlé ? J’ai oublié de buter un mec. Voilà ce qu’il s’est passé. Et ton petit con de fils est allé danser la gigue dans un bordel pour bien attirer l’attention donc il a bien fallu que je vienne le sortir de la merde vu qu’il savait très bien que toi tu allais en être incapable. Un jour, un de tes gosses se fera buter parce que tu n’auras pas eu les couilles de leur apprendre à étrangler quelqu’un, Roman. »

Citation :
Je suis pas hyper convaincue par mon post, donc si tu n'as pas de quoi rep, n'hésite pas à me le dire hum

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