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 on ne peut plus coexister (noliam)

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MessageSujet: on ne peut plus coexister (noliam)   Mar 3 Mai - 22:04

On ne peut plus coexister
Liam & Nolan



C’est un poids réconfortant dans ma main. Réconfortant et angoissant. Définitif. L’arme, je me la suis procuré en tirant quelques ficelles dans les vestiges de la Résistance. L’arme a atterri dans mes mains pour me regarder dans les yeux et me demander si j’ai vraiment envie de faire ça. Sauf que… je ne sais pas si j’ai envie. Je ne sais même pas ce que je veux. Je sais juste que… il faut que je fasse quelque chose. Il faut que j’agisse, que je réagisse, que je lui montre qu’il est allé trop loin, cette fois. Je ne sais pas ce que je veux. Je ne l’ai jamais su et, quelque part, j’ai l’impression que c’est ce qui nous a amené à cette situation. Il faut que je fasse quelque chose, vraiment. Je ne peux pas rester indécis, je ne peux pas continuer à tourner en rond dans mon appartement, je ne peux pas continuer à hurler ma frustration et à m’exciter sur un sac de sable juste parce que je n’arrive pas à trouver de sortie accessible à cette situation. A cette colère que j’héberge, à cette rancœur qui me noie, à ce désespoir qui m’étrangle.

Il faut que je voie Liam. Il faut que je sache, il faut qu’il m’explique. Le tuer ? Il faut que je fasse quelque chose et très sincèrement, je n’arrive pas à trouver d’autre solution. Qu’est ce qu’il a dit la dernière fois que l’on s’est vu ? Que j’avais intérêt à être capable de le tuer la prochaine fois qu’on se verrait ? Le poids de l’arme tire sur mon bras, comme pour me supplier de mieux la déloger de ma main. Mais au contraire, bien au contraire, parce que j’ai toujours eu un sacré esprit de contradiction, je referme mon poing et d’un mouvement assuré, je la glisse dans mon dos et je remets mon tee-shirt pour mieux la cacher. Avant de la ressortir et de la poser sur la table de la cuisine. Je ne peux pas faire ça. J’essaye de respirer, j’essaye de me calmer. Sauf que j’en suis incapable. Il m’a volé ma vie. Il m’a volé mon travail. Il m’a volé ma famille. Il m’a volé ma réputation. Il m’a volé ma confiance en moi, il m’a volé mon avenir, il m’a volé mon identité pendant des années. Et maintenant, il me vole même Giu ? Sans m’en apercevoir, sans véritablement m’en apercevoir, je suis déjà en bas de mon immeuble. Décision prise, décision prise même fermement. Il n’est plus question de faire marche arrière maintenant. Un regard au soleil m’apprend qu’il est tard, un coup d’œil à mon téléphone m’apprend que mon frère est encore au Government Building. J’hésite.

A chaque pas, j’hésite. A faire volteface. A aller au Blackbird. A me réfugier chez Giulietta. A me réfugier chez Elias. A terminer dans un bar. Je ne me suis pas habillé pour devenir Liam. Je n’ai même pas l’intention de me faire passer pour lui. A chaque pas, j’hésite, je doute, je me remets en question. Indécis, déterminé, j’oscille entre cette fureur constante et mon incertitude habituelle. Et lorsque je franchis les portes du Gouvernement, lorsqu’on me reconnait comme étant mon frère, lorsque je me rends compte que non, mon signalement n’a toujours pas été donné, lorsque je me retrouve dans l’ascenseur sans exactement savoir ce que je fais, j’ai envie de partir. Sauf que… La prochaine fois qu'on se croise, tu ferais mieux d'être capable de me tuer si tu veux pas crever. Je vais le tuer. Il faut que je le fasse. Si je veux pouvoir vivre. Si je ne veux pas que ça se reproduise. Si je ne veux pas qu’il se mêle de ma vie, de celle de Giulietta. Mon apparence est ma seule garantie pour passer les barrages. Tee-shirt, jean, baskets, épis, cernes, traits tirés, je ne suis en rien les standings du bâtiment presque désert. A la seule question qu’on m’a posé, j’ai répondu sans réfléchir que j’ai oublié des papiers et que ce ne sera pas long. Mes mains tremblent, lorsque les portes de l’ascenseur s’ouvre à cet étage maudit. T'avais raison petit frère, je ne t'aime pas. Il ne m’aime pas. Pendant des années, je me suis donné corps et âme parce que c’était mon frère et il ne m’aime pas. Il faut que je me concentre dessus. Vraiment. Il faut que j’oublie le reste. Il ne m’aime pas ? Et bien moi non plus.

Ma main se pose sur la poignée, l’autre va chercher le jericho que j’ai réussi à me procurer. Ce ne sera pas long. Je rentre, je vise, je tire, je pars. Ce ne sera pas long. J’inspire, avec difficulté. J’essaye d’enlever la sécurité, comme j’ai pu le faire des dizaines de fois, met il faut justement que je m’y reprenne à dix fois pour parvenir à le faire, mes doigts tremblants bien trop. Je repose la main sur la poignée, m’écarte comme si elle était brûlante, m’adosse au mur en fermant les yeux. Je ne peux pas faire ça. Sauf qu’il a couché avec Giu. Sauf qu’il m’a promis de me tuer. Sauf qu’il ne s’arrêtera pas là. Il m’écrasera. Il me tuera. Et il s’approchera de Giu. Encore. Et d’Elias. Certainement. Mais est ce que ça justifie le fait de le tuer ? J’essaye de me persuader que oui. De toute manière… Je ferme les yeux. Inspire à fond. Désolé Elias, j’aurais peut être dû te prévenir. Peut être. J’ouvre la porte, tiens mon arme à bout de bras, cherche mon frère des yeux et ferme la porte derrière moi sans le quitter du regard. J’ai beau savoir tenir une arme, j’ai beau savoir m’en servir, ça a beau être visible… « T’aurais jamais du faire ça, Liam. » J’ai envie de m’excuser. J’ai déjà envie de m’excuser. Je le mets en joue, en me forçant à respirer. « Pourquoi t’as fait ça, hein ? Pourquoi tu ne m’as pas laissé tranquille ? » J’ai besoin de savoir pourquoi. Un mouvement, infime, ma nervosité monte d’un cran encore. J’aurais bien aimé embrasser Giu’ avant de venir. Sentir son souffle dans ma nuque, sentir son épiderme électriser le mien. « Pourquoi t’avais besoin d’aller la voir, elle, hein ? Qu’est ce que je t’ai fait, bordel, pour que même elle, tu me la voles ? »

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MessageSujet: Re: on ne peut plus coexister (noliam)   Sam 7 Mai - 23:37



on ne peut plus coexister

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Je suis retourné au bureau. Je suis retourné à ma vie. J'attends que l'épée tombe sur ma tête. J'ai toujours du mal avec ce bureau. J'ai beau avoir Nataliya, j'ai beau avoir changé la disposition des affaires. Il y a ton emprunte partout. Tes traces. Nos mots. Il y a tout, et moi, j'attends. Le revers de la médaille. J'attends de me prendre le retour de mes propres coups. Parce que ça va arriver, le pire, c'est de ne pas savoir quand. Ton procès, ta mise à mort, tout avait une date. La mienne n'en a pas. Et putain, j'aimerais l'avoir. J'aimerais savoir quand, comment. J'aimerais avoir un semblant d'idée. Mais non. Tout ce que je sais c'est que ça finira bien par arriver. Je travaille et tente de te sortir de ma tête. Pourtant, quand je regarde la porte, que je vois quelqu'un la franchir. Je te vois toi partir. Je vois mes regrets, la marque de mon coup sur ta joue. Je vois la marque de mon passé qui ne veut décidément pas se dissiper.

La journée passe et je reste dans mon bureau. Quelqu'un frappe, tout le monde s'en va. Je dis que je vais rester encore un peu. C'est étrange cette sensation. Je ne veux pas être là et je ne veux pas partir. Quand j'y suis, j'en suis incapable. Parce qu'il y a ta trace. Ton emprunte. Parce qu'il y a les restes de mon passé. Parce qu'il y a la fin de notre histoire. Et que j'ai beau la repasser en boucle dans mon esprit je suis incapable de voir une autre façon de terminer ça. J'aurais pu tout arrêter là, j'aurais pu laisser tomber ma faible quête de vengeance. J'aurais pu ne pas dépasser une autre ligne. Mais c'était renoncer à toi. C'était admettre qu'il n'y avait plus de moyen de t'atteindre. Admettre que je t'avais perdu pour toujours. Et j'en ai pas été capable. Alors j'ai franchi un pas de plus, celui qui te faisait me haïr pour de bon. Mais si tu arrives à me haïr, alors il y a une chance. La pire des choses, c'est l'indifférence.

J'ai tellement peur de ton indifférence. Je ne travaille absolument plus, je suis juste là, je me sors un verre, et regarde le liquide ambré danser en son cœur. Je me demande ce que ça fait de moi, préférer la haine à l'indifférence. Mais tu sais, j'ai toujours été incapable de te voir loin. J'ai toujours fait semblant de le supporter, cette distance entre nous. J'ai cru que j'avais changé, que j'étais devenu assez fort pour te laisser t'éloigner. Parce que t'es clairement mieux sans moi. Mais non. J'en suis incapable. J'y arrive pas. J'ai toujours été égoïste, et faut croire que ça changera pas. Même si j'ai tout donné pour un foutu geste de bonté envers la seule personne que j'aimais, j'ai pas été foutu de le respecter.

Mais je suis le dernier des connards. C'est pas nouveau. Je souris à ma propre pensée alors que le liquide se glisse entre mes lèvres. Perdu, concentré sur mes foutus souvenirs, incapable de tourner cette page à la con, je ne comprends pas tout de suite que la poignée est utilisée. Je ne m'attends de toutes façons pas à la scène qui est en train de se produire sous mes yeux. Parce que c'est invraisemblable. C'est impossible. Toi, face à moi, là, me pointant le canon d'une arme d'une assurance qui ne te va décidément pas. C'est pas tant la confiance qui te va pas, non, c'est juste celle là. Mon petit frère avec une arme au bout des doigts. Et moi, responsable de tout ça. Je te rends ton regard. Me plonge dans les yeux de mon double. Soulagé de te faire face, soulagé, de te voir encore là, terrifié, que tu ne sois plus vraiment toi, terrifié, que tu sois devenu moi. Et puis ta bouche s'ouvre, et nos timbres bien qu'identiques sont tellement différents. T'as toujours été différent. Et tu m'en veux.

J'ai ta haine droit dans les yeux. Celle que j'ai déclenché. Je te laisse parler, et j'attends une seconde ou peut-être deux. Parce que tout se bouscule. Parce que je ne sais pas quoi faire. Face à toi, je suis incapable d'avoir une décision rationnelle et posée. Face à toi, je suis incapable de faire le choix de la tête. Sauf que mes choix du cœur sont tous plus catastrophiques les uns que les autres. Et puis finalement, je ne choisis pas, c'est ma bouche qui s'ouvre. Comme elle fait toujours face à toi. « Alors elle a finalement avoué. » C'est une phrase accompagné d'un soupire. Fin, lent. J'attrape le verre sur mon bureau et bois une nouvelle gorgée. Je me demande si t'es capable de me tuer. Si je t'ai vraiment rendu comme ça. Après tout, je t'ai dit qu'il faudrait me tuer.

Et ce serait sans doute la meilleure chose à faire pour toi. Mais pourtant, le fait que t'aies parlé sans tirer, veut tout dire. Tes mots, ton regard. Ta nervosité que je sens jusque dans mes propres bras. Tout ça, ça me prouve que si je ne te pousse pas, tu ne le feras pas. Alors, Liam, c'est l'instant de vérité. Qu'est-ce que tu fais ? Encore l'égoïste, ou tu laisses la médaille se tourner et ton frère prendre sa revanche. Alors, Liam, est-ce que t'es vraiment capable de faire quelque chose pour quelqu'un d'autre que toi ?

Je reste incroyablement calme face à toi, je ne sens même pas mon cœur battre alors que ma vie peut se terminer d'un instant à l'autre. Et de mon ton froid, distant, je continue. « Tout n'est pas en rapport avec toi, Nolan, t'es pas le centre du monde. » Je marque une pause, mes propres propos me donnent envie de gerber. Je continue en appuyant ton regard, te montrant bien qu'il n'y a plus rien à sauver chez moi, ou de moi. Que ton frère est parti depuis bien longtemps et que tu vas devoir l'accepter, sinon c'est moi qui te ferais l'accepter dans tous les cas. « Tu prends bien mon identité pour avoir des renseignements, non ? Bin, j'ai fait pareil figure-toi. J'ai voulu des renseignements, t'étais la couverture idéale. Simplement. » Je pose le verre sur mon bureau, en sers un autre et le pose à l'extrémité du plateau de verre sur lequel nous nous reflétons une fois encore. « Et au cas où, elle avait couché avec moi bien avant de coucher avec toi, ta demoiselle. Et pourtant, pas foutue de nous différencier. C'est quand même con, tu trouves pas ? »

Je te regarde puis le verre que je t'ai servi. Comme une dernière conversation, ma mise à mort. Celle dont je connais enfin la date. Tout de suite et maintenant. « Allez, tu vas bien m'accorder un dernier verre avant de me tirer une balle en plein cœur, non ? » Je t'offre un sourire plus franc que je le voudrais. Demande égoïste, une fois encore. Demande pour moi. Demande ridicule. Je n'irai certainement pas au Paradis, je ne sais même pas si j'ai ma place en Enfer. Mais peu importe, je veux ce dernier verre. Je veux une dernière discussion. Je veux que tu ne me regrettes pas tandis que je passe une éternité à me dire que j'ai tout foiré. Je veux au moins essayer. Faire une bonne action avant de crever.

Celle de te libérer, te rendre le goût à la vie. « Sérieusement, Nolan, si tu veux me tirer sans rater, tu sais comme moi que t'as besoin de te calmer. Alors assieds-toi. C'est pas comme si j'avais vraiment prévu de me défendre, tu peux constater. Alors t'as quoi à perdre ? Pense à ça comme toutes les conversations qu'on a jamais eues. Sois honnête, t'as bien plus à me demander que pourquoi elle avant de m'envoyer six pieds sous terre. Alors profites-en. », je plonge à nouveau mon regard dans le tien, lève la main droite et pose la gauche sur mon cœur. « Je te jure d'être sincère. Plus de raison de te mentir, c'est ton tour petit frère. »

C'était la fin. Je voulais que cette putain d'épée tombe. Je voulais en finir avec ces conneries. Je voulais ne plus vivre avec cette amertume tout au fond de moi, parce que putain, c'est pas une vie. Et j'avais réussi à faire semblant. Pendant tellement longtemps, mais je ne pouvais plus, je ne voulais plus. J'étais fatigué, usé de me battre pour des conneries. Alors à quoi bon ? Autant laisser tomber pas vrai ? Parce que je ne peux plus supporter cette douleur dans tes yeux. Je ne veux plus voir ces maux dans tes veines. Je ne veux plus croire en toute cette haine. J'ai plus envie. J'ai plus envie.

Un dernier verre, et c'est fini. J'en suis capable. De te faire me haïr à ne plus regretter. J'ai juste à m'y tenir. Pour une conversation. Je l'avais bien entamée lors de notre dernière entrevue. Et si je devais appuyer sur cette gâchette moi-même à la fin du verre, peut-être que je le ferai, qui sait. Peut-être qu'il me restait un fond d'humanité assez grand pour me sacrifier.

_________________

SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.


Dernière édition par Liam P. Wiggins le Sam 30 Juil - 8:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: on ne peut plus coexister (noliam)   Mer 11 Mai - 23:17

On ne peut plus coexister
Liam & Nolan



Je ne m’en étais pas aperçu avant aujourd’hui, avant hier, avant… avant que Giulietta me force à le remarquer, mais ma vie n’est au final qu’une succession de combats que je n’ai pas menés à terme. Qu’une succession de batailles que d’autres ont gagnées à ma place, une succession de batailles que j’ai fuies, que j’ai esquivées, que j’ai laissé gagner. Je me bats, à chaque fois. Je me bats mais jamais suffisamment longtemps, jamais suffisamment tout court. Et aujourd’hui… il faut qu’aujourd’hui y fasse exception. Parce que ça n’a trop duré, parce qu’il faut que je fasse quelque chose, il faut que je mène une de mes guerres à terme, il faut que je gagne. Contre moi, contre mon incapacité à prendre des décisions, contre mon incapacité à aller au bout de mes choix. Ce poids lourd dans ma main est un rappel constant de ce que je suis venu faire ici. Du caractère définitif de mon expédition. Mon frère est une nuisance, il faut que je m’en persuade. Mon frère est une menace, il faut que je le comprenne. Mon frère ne me laissera jamais tranquille de lui-même, il faut que quelque part dans mon esprit, j’intègre ça. Et il faut aussi que de mon côté, j’arrête d’osciller entre la rancœur et les remords, entre la colère et la culpabilité. Du nerf, Nolan. Il faut que je le fasse. La poignée brûle ma main lorsque je la rencontre une première fois, avant de me rétracter. De souffler. Et de revenir à la charge, déterminé. Si je le laisse s’en tirer comme ça, il reviendra. Et si je n’arrive pas à m’imaginer pire que ça pour le moment, j’ai confiance en mon frère pour trouver. L’ouvre la porte, la referme presque aussitôt pour mieux le mettre en joue. Il n’aurait pas dû faire ça. Il n’aurait pas dû se faire passer pour moi. L’arme ne tremble presque pas, au bout de mon bras. Presque. J’ai déjà tenu un flingue et plutôt deux fois qu’une. Je m’en suis déjà servi, aussi. Mais jamais pour tuer, jamais pour attaquer, juste pour me défendre et intimider. Je n’ai jamais été aussi déterminé, à faire du mal à quelqu’un, je n’ai jamais été aussi loin sur la brèche et chacun de mes mouvements retranscrit plus que fidèlement ma nervosité. Ma colère enfle dans mes questions qui grandissent à chaque reprise. Il n’aurait pas dû me faire ça. Pourquoi donc a-t-il fait ça ? Pourquoi m’a-t-il fait ça, pourquoi nous a-t-il fait ça, pourquoi elle ? « Alors elle a finalement avoué. » Ma mâchoire se crispe dès ses premiers mots, mes doigts se resserrent sur l’arme que je braque dans sa direction. Il faut que je tienne, il faut que je tire, il ne faut pas que je l’écoute. « Tais-toi… » Je siffle entre mes dents.

Parce que si je l’écoute… il a toujours eu ce talent de me faire douter, de me faire m’excuser pour quelque chose dont je n’avais même pas connaissance. Mes doigts tremblent, la sueur commence à perler à mes tempes, à rendre moites mes mains comme pour mieux faire s’enfuir mon arme et me laisser tomber à genoux devant mon frère jumeau. Un reflet, une réverbération sans défaut et pourtant, tout me prouve que nous sommes différents. Que je suis faible et lui fort, que je suis trop doux et lui trop violent. Que je suis lâche et lui… et lui un traître. Je tente de me concentrer sur le visage de Giulietta, sur ma colère, brutale. Je tente de la faire resurgir, d’ailleurs, comme pour l’exacerber et faire tomber mes inquiétudes. Je veux retomber dans cette fureur qui m’a fait dépasser les bornes, qui m’a poussé à prendre cette décision. Je veux perdre la raison à nouveau, je veux cesser de penser pour tirer et cesser d’hésiter. Mais… mais j’attends. Je ne sais pas ce que j’attends mais les secondes s’étirent et j’attends. Parce que je suis faible. « Tout n'est pas en rapport avec toi, Nolan, t'es pas le centre du monde. » Mon poing se resserre encore. « Tais toi, Liam. » Tu n’es pas le centre du monde. Comme si… comme si… Je ne dois pas l’écouter, il essaye de m’avoir, il essaye de me faire reculer. Je le sais, je le connais pas cœur. Il a peur, il faut qu’il ait peur. Je veux juste qu’il s’en veuille, je veux juste qu’il s’excuse, je veux juste… « J’te crois pas ! » J’ai l’air d’un gosse, à rester ainsi de l’autre côté du bureau, à le tenir en joue sans oser avancer, sans oser bouger. Je soutiens son regard alors que je n’ai plus qu’une envie : c’est m’enfuir, c’est de mettre fin à cette mascarade. Qu’est ce que je fais là, bon sang ? Il a couché avec Giulietta. Il faut que je m’accroche à cette idée. Il s’est fait passé pour moi. Comme avant. Comme lorsqu’on n’était plus qu’une seule identité, une seule personne lorsqu’il me mettait sur le dos toutes ses effractions. Tu prends bien mon identité pour avoir des renseignements, non ? Bin, j'ai fait pareil figure-toi. J'ai voulu des renseignements, t'étais la couverture idéale. Simplement. Et au cas où, elle avait couché avec moi bien avant de coucher avec toi, ta demoiselle. Et pourtant, pas foutue de nous différencier. C'est quand même con, tu trouves pas ? » Une claque.

Une foutue claque. Mes yeux filent en même temps que les siens en direction du verre qu’il vient de me servir. Pour revenir sur lui avec la violence de mon incertitude, de mes angoisses, de cette tension presque douloureuse qui tétanise tous mes muscles. « Comment ça, elle avait couché avec toi ? » Je sais que j’ai toujours été très expressif, incapable de maintenir un masque de faux semblant aussi bien que mon frère. Il n’y a que lorsque je me fais passer pour lui que j’y parviens. Mais face à lui, face à Elias, face au monde, on lit sur mon visage comme dans un livre ouvert. Ces crispations sur mes joues sont des hurlements, ma lèvre mordillée est une annonce publicitaire. Tout dans mon attitude clame la perte de repères. « Elle pouvait pas nous différencier, pas lorsque tu t’appliques à… » Je me force à inspirer. Avec une telle concentration que l’air qui pénètre dans mes poumons est assourdissant. « C’est pas sa faute, c’est la tienne ! » Mon accusation ne tient pas la route, je m’en doute bien, et il va sûrement la démolir avec minutie mais c’est tout ce à quoi je peux me raccrocher. Elle avait déjà couché avec moi. Et si… les doutes s’immiscent dans mes veines, plus sûrement que du poison, plus profondément que le plus fulgurant des venins. Et si c’était de Liam que Giu’ était amoureuse ? Et si c’était avec lui et pas avec moi qu’elle voulait coucher, à la base ? Après tout… elle ne m’a pas cru, cette fois là, au Gouvernement, lorsque je lui ai parlé de Liam. En arrivant ici, je suis parti du principe que Liam s’était servi de moi, de notre gémellité, pour approcher Giulietta. Mais… et si c’était moi qui les avais séparés ? Le canon du flingue s’abaisse légèrement avant de remonter, plus sûrement, braqué sur la tête de mon frère. Sur la tête de mon reflet. Non. Elle a dit qu’elle était désolée. Elle a dit qu’elle pensait que c’était moi. Elle… « Allez, tu vas bien m'accorder un dernier verre avant de me tirer une balle en plein cœur, non ? »

Lui tirer une balle en plein cœur. La froideur, le détachement, le sourire qu’il m’offre et auquel il me condamne me glace le sang. Parce que c’est bien ce que je suis venu faire, après tout. Tirer une balle dans son cœur. Le faire cesser de battre. Tuer mon frère. Est-ce que j’en suis seulement capable ? Non, bien sûr que non. Je suis Nolan, pas Liam. Je suis incapable d’aller au bout de mes décisions, je suis incapable d’aller au bout de mes colères. J’aboie, j’aboie, je grogne mais je ne mords pas. Surtout pas. Je suis un lionceau qui se prend pour un lion, je suis un couinement qui se prend pour un rugissement. Et le couinement, justement, s’étrangle dans ma gorge lorsque je regarde Liam dans les yeux avec une supplique aux bords des lèvres. Je ne veux pas te tuer. Mais tu ne m’en laisses pas le choix, Liam, tu comprends ? « Sérieusement, Nolan, si tu veux me tirer sans rater, tu sais comme moi que t'as besoin de te calmer. Alors assieds-toi. C'est pas comme si j'avais vraiment prévu de me défendre, tu peux constater. Alors t'as quoi à perdre ? Pense à ça comme toutes les conversations qu'on a jamais eues. Sois honnête, t'as bien plus à me demander que pourquoi elle avant de m'envoyer six pieds sous terre. Alors profites-en. Je te jure d'être sincère. Plus de raison de te mentir, c'est ton tour petit frère. » Le moindre de ses mouvements est en contraste avec les tremblements qui m’agitent de plus en plus. Qui fendillent ma détermination avec la lenteur contrôlée et implacable d’un tremblement de terre. Profites-en. « A quoi tu joues… » Ma voix perd en force. A quoi joue-t-il avec ce verre qu’il me propose ? A quoi joue-t-il avec cette insistance qui tourne en dérision la menace que j’aimerais dégager ? « Je vais le faire, tu sais. » Et du coup, qu’est ce que j’attends ? « Que j’accepte ton verre… » Je suis déjà en train de rendre les armes. C’est… si… c’est si moi, c’est si pitoyable. « Je vais te tuer, tu sais. Tu… tu m’as dit que la prochaine fois qu’on se verrait, il faudra que j’y sois prêt. Parce que j’avais raison, hein, tu sais. » Nolan qui tente de tenir tête à Liam, c’est risible. Et pourtant, je m’y obstine. Pour une fois. Je m’obstine dans ma folie, je m’obstine dans ma fausse assurance. « Je suis quoi pour toi, au final ? Juste… juste un moyen d’obtenir des informations ? De la chair à canon, un sosie pratique que tu jettes dès qu’il est abimé ? » Et qu’est ce que j’ai fait pendant des mois, moi ? Je ne vaux pas mieux que lui. Je vaux tellement moins. « C’est vrai que t’avais couché avec elle avant ? » Ma détresse est palpable. « Je m’en fiche que tu prennes mon apparence. » C’est faux, bien sûr que c’est faux. Ça me donne l’impression de ne pas exister, d’être à ce point interchangeable. « Mais pourquoi coucher avec elle, hein ? T’aurais tellement pas dû faire ça… tu me prends tout. Pour tes infos, tu aurais juste pu lui demander. Pourquoi t’as eu besoin de… j’avais pas besoin de ça, Liam ! » Je me fais l’effet d’être un gamin. Un gosse, juste un putain de gosse. Ce que je suis dans ce genre de situation. Je suis incapable de bouger, toujours de l’autre côté de la pièce. Sauf que… ça se sent dans mes muscles, ça se sent dans ma voix. Je veux comprendre. J’ai besoin de comprendre. De comprendre à quel point il me déteste. A quel point je ne suis rien à ses yeux. « Est-ce que… tu… l’aimes ? »

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MessageSujet: Re: on ne peut plus coexister (noliam)   Ven 13 Mai - 4:03



on ne peut plus coexister

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À quoi je joue. Je souris à la remarque malgré moi. Je ne joue plus, justement. Je n'ai jamais vraiment joué, j'ai cherché, j'ai manipulé, je me suis perdu dans mes propres mensonges. Mais aujourd'hui, je ne dis que la vérité. Tout ce foutu temps pendant lequel tu m'as cru encore et encore sans douter, et pour la deuxième fois où je suis honnête, t'es pas capable de le reconnaître. C'est ma faute, j'ai trop crié au loup. Je le sais pertinemment. Mais quelle ironie. Douce ironie. Triste ironie. Au lieu de me tirer une balle dans le crâne, tu me dis simplement que tu vas le faire.

J'acquiesce. Je sais, oui. Je sais. Et je sais également que tu essaies bien plus de te convaincre toi que moi. Mais pourtant, je ne me moque pas de toi, je ne cherche pas à te dire de prendre ton courage à deux mains. Non, j'acquiesce simplement parce que je veux mon dernier verre. Parce que je veux cette dernière discussion. Je sais ce que j'ai dit, Nolan. Je sais pertinemment ce que j'ai dit. Je m'en souviens mot pour mot, je me souviens de chaque seconde, de chaque moment, de chaque geste qui a eu lieu dans cette putain de pièce la dernière fois qu'on était face à face. Je me souviens de la couleur du sang mêlé à celle du Cognac. Je me souviens de la couleur de ta joue après que mon poing s'y soit enfoncé. Je me souviens de chaque chose, même de la chemise que tu portais.

Je me souviens bien trop de ce putain de moment, et je n'ai pas besoin que tu me rappelles ce que j'ai dit. Parce que je le sais pertinemment. Je le regrette à m'en bouffer l'échine. Je me déteste chaque jour de cet échange et du résultat qu'il a eu. Je me repasse en boucle chaque seconde pour savoir si il n'y avait pas une meilleure solution. Et j'en vois pas. J'en vois jamais. Et te revoilà, là. Une arme à la main. Prêt à me tuer. Tout ce que j'ai toujours voulu éviter, j'en ai causé le résultat le plus horrible qui pouvait arriver. Ta bouche s'ouvre encore et les conneries que tu débites me laissent un rire silencieux au coin des lèvres. Je lève le verre pour en avaler une gorgée et me forcer à me taire. Te laisser parler. Et tu parles.

Putain ce que tu parles. Pour tout dire et rien dire. Je présume que j'ai mérité ça, ton flot de questions que tu n'as jamais réellement pu poser. Je m'enfonce un peu plus dans mon fauteuil, le verre dans la main, laissant danser le liquide ambré en attendant que tu finisses ta petite et touchante tirade. Et puis, alors que je m'apprête à ouvrir la bouche, tu poses la question fatidique. Je l'entends à peine sur l'instant, je me redresse pour être sûr de tes mots. Je te regarde droit dans les yeux. Fixe ce que tu es toi, mon identique, si différent. Je vois ton innocence, ta pureté au fond de ses prunelles que l'on partage pour une raison qui m'échappe encore.

Tu n'as rien de moi. Cette idée ne me serait jamais venue à l'idée. Parce que c'est affreusement stupide. Mon regard s'appuie un peu plus dans le tien, il cherche littéralement tout signe d'une blague, d'une idiotie ou peu importe. Mais il ne voit rien, rien que de la sincérité. Et sans pouvoir me contrôler, je ris, d'un rire franc, froid, d'un rire dur, de ceux que tu as toujours détesté. Les mains posées sur le bureau, j'avance un peu plus le verre vers toi. « Sérieusement, Nolan, t'as besoin de ce verre. »

Je me recule dans mon siège, croise mes bras et mes jambes et te toise une seconde. Putain Nolan, ce que tu es innocent. Putain Nolan, t'as jamais été fait pour ce monde. Et pourtant, je suis énervé contre toi. Énervé que tu puisses croire ça. Tu me fatigues avec ta pureté et ta douceur. Tu me fatigues avec ton air de chiot à qui on veut tout pardonner. Je souffle et serre les mâchoires avant de me décider à te répondre. Toi et ta douce tirade qui me donne un ulcère à l'estomac.

« Non. Je ne l'aime pas. Vraiment pas, pour être honnête. Tu veux savoir ce que je ressens Nolan ? Tu veux qu'on la joue à ta façon ? On parle de nos sentiments et tout ? Bien. Tu vas savoir. Mais crois-moi, tu vas pas aimer ça. » Mon ton se refroidit à mesure que les mots sortent de ma bouche et mes yeux se noircissent en se plantant durement dans les tiens. « J'ai couché avec elle avant toi, oui. J'ai rencontré ta demoiselle parce qu'elle a tué mon meilleur ami. Oh, mais t'en fais pas, elle avait sans doute une très bonne raison de le faire. Je n'ai pas pu lui poser la question avant qu'elle se tire en douce, cependant. » Je marque une pause, bois une gorgée et pose le verre sur la table avec une violence latente qui commence à se faire de plus en plus ressentir, tant bien dans mon attitude que dans mes mots. « Enfin bref, j'en avais rien à foutre. Et puis t'es rentré dans l'équation. Foutu hasard, pas vrai ? Pour ton information, je ne comptais pas spécialement recoucher avec elle. Je voulais juste me servir de la confiance qu'elle te portait pour avoir mes réponses mais tu sais quoi, Nolan ? » Je serre le poing, me craque la nuque et continue sur un ton de plus en plus agacé. « J'ai craqué. Parce qu'elle t'aime affreusement trop, parce que c'était agréable de se sentir aimé, désiré. Alors j'ai juste craqué, j'ai laissé les sentiments l'emporter et j'ai couché avec elle parce que je me sentais bien. Petit problème, je me sentais bien parce que j'étais Toi, Nolan. »

Je ris, jaune, affreusement ironique et dur. Et je continue, retenant les larmes de colère qui pointent leur nez alors que cette histoire avec cette foutue blonde n'est pas le problème. Que je n'en ai rien à foutre. C'est le simple résultat de toute une vie. Une vie de mensonge, de jalousie, qui m'a éclaté à la gueule et m'a laissé plus blessé que jamais. « C'est ça le problème Nolan. C'est juste ça. Le problème c'est que je suis incapable d'être à ta putain de hauteur. Le problème c'est que je ne suis pas un millième de ce que tu es. Le problème c'est que je n'ai jamais été aussi bon que toi. Le problème, c'est que je ne serai jamais le bon jumeau. Je ne l'ai jamais été. J'ai jamais voulu être meilleur que toi, j'ai simplement voulu être comme toi. J'ai simplement voulu être assez bon pour toi. Que tu m'aimes pour ce que j'étais moi, qu'on puisse m'aimer pour ce qu j'étais moi. »

Je bois une nouvelle gorgée, la laisse passer et me détourne de ton regard pour ne pas craquer. Je déteste l'influence que tu as sur moi. Mais c'est la dernière fois, le dernier moment pour vivre ça. Et je ne veux plus faire semblant. Je suis fatigué de me battre contre ce que j'ai toujours ressenti. Ça ne m'a vraiment mené à rien, et toi non plus. Alors j'arrête. Je ne me bats plus.

« Mais je n'ai jamais été à la hauteur. Je n'ai jamais valu la peine putain. Nolan, la seule façon pour moi d'avoir ressenti de la joie, et tout ce que tu veux de positif, c'était en étant toi. C'est pas pathétique, ça ? Parce que c'est pas toi qui a rien dans ta vie. T'as jamais rien eu dans ta vie, dans n'importe quelle circonstance. C'est moi. Il n'y a rien à l'intérieur de moi qui soit bon Nolan. Rien. »

Je craque, mes mains tremblent et je finis mon verre cul sec. J'en ai marre de parler de ça. Je n'ai pas envie que ma dernière conversation soit celle-ci. Alors je me sers un autre verre, en bois une gorgée pour reprendre, plus calme mais tout autant cassé. « Tu veux vraiment que ce soit ça notre dernière conversation ? Elle ? Putain Nolan. S'il te plaît, parlons d'autre chose. » Je soupire, te regarde alors que je me calme, que mon cœur s'apaise et que je passe une fois encore dans une phase de déni. Une douce phase où je me force à ne rien ressentir, comme d'habitude. Une phase plus acceptable, plus facile. Un masque qui me sied bien mieux, les années passées pour témoins.

« J'en ai marre Nolan. On s'engueule, on tourne en rond. Je m'énerve et tu t'énerves. Ça ne mène à rien. Il nous reste une conversation. Un verre. Et après, tu n'auras plus à t'énerver contre moi. Alors on arrête les trucs futiles, les trucs qui sont un résultat d'un problème qui dure depuis des années. On arrête tout ça, et on parle de ce qui importe. Vraiment. » Je laisse le verre tourner sous mes doigts et avec les larmes au fond de la gorge je me mets à parler sans plus te regarder, fixant le vide pour ne pas les choses déraper.

« Tu veux savoir ce que tu es pour moi, petit frère ? Mon plus gros échec. Mes plus grosses erreurs et ma plus forte haine. Pas envers toi, envers moi. Parce que j'ai absolument tout raté avec toi. Depuis le début, jusqu'à notre dernière rencontre. J'ai tout foiré, de bout en bout. T'as été mon exemple, mon but. T'as été tout ce que j'ai rêvé de devenir, celui que j'ai voulu impressionner depuis le berceau. T'as été tout ce que je n'étais pas. J'ai essayé, tu sais. J'ai essayé d'être comme toi. De voir ce que tu voyais, voir à travers tes yeux. La beauté, la douceur, ces choses là. Mais j'ai eu beau essayé, j'ai jamais vu comme toi. J'ai tout fait pour devenir toi, tu le sais mieux que personne, sans jamais t'arriver à la cheville. Pourquoi ? Parce que je n'ai rien de toi, de ta gentillesse, de ton innocence. Rien. Et ça, c'est mon plus gros échec dans la vie. Celui qui me fait regretter chaque jour de ne pas avoir mieux essayé. Parce que t'es la personne que je respecte et admire le plus dans ce monde. On a beau avoir exactement le même visage, les mêmes expressions. On a pas le même cœur. J'ai espéré, rêvé, j'ai même étudié pour avoir un tout petit morceau de ton cœur. Mais ça n'a jamais marché. Et je déteste ça. Je me déteste, de n'avoir jamais pu être capable de t'aimer comme j'aurais du. »

L'honnêteté me brûle, elle me fait mal. Elle me tue, me ronge et se délecte de m'entendre dire ça à voix haute pour la première fois. Elle se rit de me voir le dire trop tard pour que ça change quoi que ce soit. Foutue fierté, foutue vie ruinée. Je soupire, baisse les yeux et avale une nouvelle gorgée. Ma voix est brisée, et je n'ai plus rien à dire. Je ne veux plus rien dire. Parce qu'il n'y a pas d'intérêt à ces choses là. Parce que c'est trop tard, il n'y a plus rien à rattraper, plus rien à changer. Tout ce que je veux c'est que ça s'arrête. Je veux juste qu'on en finisse. Et que tu sois libéré du fardeau que j'ai toujours été.

Parce qu'il ne reste plus que ça à faire. Te libérer. Parce qu'on aurait jamais du être jumeaux. Parce que j'aurais jamais du naître et exister dans ta vie. Parce que je n'en valais pas la peine. Je n'avais rien, rien qui justifiait un jumeau comme toi. Et qu'aujourd'hui, je ne supporte plus qui je suis. Ce que je t'ai fait. Toutes ces années. « Je suis désolé, tu sais, vraiment désolé. » Les mots sont arrachés, torturés, et ils ne sont surtout pas là pour changer quoique ce soit. Juste parce qu'ils sont vrais. Pour une fois, plus vrais que jamais.

_________________

SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.


Dernière édition par Liam P. Wiggins le Sam 30 Juil - 8:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: on ne peut plus coexister (noliam)   Lun 23 Mai - 23:00

On ne peut plus coexister
Liam & Nolan



A quoi joue-t-il ? Ce n’est pas la question. Ce n’est vraiment pas la question à poser. Parce que… au final… la véritable question, ce serait plutôt à quoi je joue, moi ? A quoi je joue, avec cette arme dans ma main, cette arme qui tremble qui tremble encore, qui tremble toujours. A quoi je joue, avec cette vengeance que je veux, cette vengeance que j’attise, cette vengeance qui n’est qu’une vaste fumée destinée à ne cacher, au final que ma seule lâcheté ? A quoi je joue, à le laisser parler, à le laisser fendiller ma volonté fragile ? A quoi je joue, à l’écouter, à le croire, à vouloir saisir ce verre pour mieux le boire, le remplir, le boire encore, à vouloir finir sa bouteille, finir ses bouteilles pour oublier… juste oublier ? A quoi je joue ? J’ai beau tenter de me convaincre, je sais que j’ai déjà perdu. Que j’ai perdu à l’instant même où j’ai hésité, à l’instant même où j’ai pris la décision de venir confronter mon frère, à l’instant même où je l’ai laissé parlé. Parce que je suis faible. Désespérément faible. Parce que je n’ai aucune volonté qui me soit propre, parce que je suis incapable de combattre pour moi-même. Je vais le faire, tu sais. On sait l’un comme l’autre que je ne vais pas le faire. Que je ne vais pas pouvoir le faire. J’essaye, pourtant. J’essaye de réveiller le Nolan qui a hurlé au Blackbird. J’essaye de me mettre en colère, encore. J’essaye de me remettre en colère, j’essaye de me montrer convainquant. Que faut-il que je fasse, en même temps ? Je n’en sais strictement rien. C’est bien ça, le problème, dans un sens. C’est que je ne sais pas ce que je suis supposé faire et que je me raccroche à une décision prise au comble de la fureur avec l’énergie du désespoir pour mieux me donner un cap. Mes questions sont des tâtonnements, mes questions sont des appels au secours que je lui lance pour qu’il me donne une bonne raison de pencher d’un côté ou de l’autre. Une bonne raison d’appuyer sur la gâchette, une bonne raison de jeter mon arme au loin pour le prendre dans mes bras. Une bonne raison de faire un choix, quelqu’il soit, une bonne raison de déléguer, tout simplement, une décision que je refuse de prendre. Que je suis incapable de prendre.

A quoi je joue ? A l’autruche, de toute évidence. J’ai joué à l’autruche pendant des années. A tout accepter, à tout faire juste pour ne pas aller à la confrontation. A quoi j’ai joué ? Au lâche, très certainement. Et à quoi je joue maintenant ? Au courageux. Sauf que je ne le suis pas, je suis loin de l’être, je ne l’ai jamais été. Mon courage, ça n’a toujours été que ma lâcheté et mon incapacité à accepter de dire non. Ce n’est pas du courage que de se prendre des coups pour quelqu’un, ce n’est pas du courage d’accepter de se prêter à une mascarade juste pour faire plaisir à quelqu’un. Il sourit, il acquiesce. Tout en lui ne fait que respirer l’assurance, au final, tout en lui ne fait que respirer ce qui m’asphyxie par son absence. Ying, yang, blanc et noir, nous sommes si dissemblables à cet instant que je me demande pourquoi est ce qu’on se ressemble autant. Mes questions dégringolent de mes lèvres comme ma volonté. Corrosives, elles m’affaiblissent. Tout, absolument toutes mes pensées sont palpables, je le sais, je ne le sais que trop bien. Ma détresse est affichée, ma voix cassée est loin d’être aussi en colère que je ne le voudrais. En fait, je ne sais même pas dans quel état d’esprit je suis, je sais juste que… Je n’ai rien à faire ici. Et pourtant je m’obstine à être là parce qu’au moment où j’ai refermé la porte derrière moi, je me suis condamné à rester, je me suis condamné à le regarder droit dans les yeux. Je me suis condamné à supporter son sourire, sa présence, ce mélange diffus de confiance brisée et d’affection fusionnelle qui le lient à lui. A mon reflet. A mon frère. A mon jumeau. A cet homme que je connais sans connaître, à ce ministre souriant qui me fait face et devant lequel je ne sais pas qui être. Tout ce que je veux, c’est que notre destruction cesse et que l’on redevienne des gosses, de putain de gosses qui ne cherchaient pas à se battre, à s’utiliser. Qui ne se faisaient passer l’un pour l’autre que dans le seul but d’éviter à l’autre une punition méritée à la suite d’une bêtise. Mais… il y a une différence. Violente. Il y a une différence entre ce que je veux et ce que j’ai, ce que je veux et ce que j’obtiens, ce que je veux et ce que je cherche. Je ne suis pas un gosse innocent, ce serait bien triste qu’à trente-deux ans je le sois encore. Mais je suis ce qui s’en rapproche le plus : un adulte qui peine à supporter de regarder dans les yeux ce que sa vie est devenue. Cette question qui m’échappe en dernière, avec un temps de retard, est une supplique. Une question que je regrette à l’instant où elle franchit mes lèvres. Cette question qui signe ma décadence, qui cristallise ma détresse, qui fait perler à mes yeux des larmes de reddition, cette question qui brandit en espoir la source de mon désespoir, je n’aurais pas dû la poser. Parce que face à Liam, je ne peux pas me permettre ce genre de sincérité nue et naïve. Est-ce qu’il l’aime ? Sa réponse, quelle qu’elle puisse être, sera la pire. Parce qu’il l’aime ou non, je m’effondrerai, je le sais un peu trop bien. Je la regrette, cette question, mais j’ai besoin de savoir.

Besoin de comprendre. Pour accepter, pour agir, pour faire un choix, pour savoir une vision plus ou moins claire de la situation, pour faire tomber ces lambeaux d’illusion qui me maintiennent hors de l’eau mais à distance de la côte. Pour me dépêtrer de ces restes de fraternité dans lesquels je me suis enroulé pour ne pas lâcher Liam, même après tout ce qu’il a pu me faire, me forcer à faire, même après tout ce que j’ai accepté de faire pour lui. Son rire est une multitude de piqûres de frelons qui se jettent sur tous les morceaux dénudés de mon corps. Des brûlures, des torrents d’acide qui se déversent dans mes veines. Son rire est froid, dur, mes mains se resserrent autour de mon arme pour ne pas la lâcher, pour stabiliser mes bras et effacer mes tremblements. « Sérieusement, Nolan, t'as besoin de ce verre. » « Te fous pas de ma gueule, putain » J’ai besoin de ce verre. J’en ai même besoin de deux, de trois, de toute sa bouteille. Son calme est un contraste permanent avec cette agitation qui se condense dans mes muscles, cette nervosité qui accentue mes tremblements. J’ai besoin de bouger. Mais j’en suis incapable. « Non. Je ne l'aime pas. Vraiment pas, pour être honnête. Tu veux savoir ce que je ressens Nolan ? Tu veux qu'on la joue à ta façon ? On parle de nos sentiments et tout ? Bien. Tu vas savoir. Mais crois-moi, tu vas pas aimer ça. » Le soulagement dû à son aveu se noie dans ma terreur. Tu ne vas pas aimer ça. Alors tais-toi, Liam, tais-toi. Epargne-moi. Epargne ton petit frère. Sois gentil, Liam, sois gentil pour une fois, aide moi, rassure moi, protège moi. S’il te plait, mens-moi. Convaincs moi que je fais le mauvais choix, que je me suis trompé, excuse-toi que je puisse te pardonner. Je ne l’aime pas. Soulagement brutal, souffrance infinie.

Son ton glacial me pénètre jusqu’à l’os. J’aimerais me durcir moi aussi, j’aimerais lui répondre en miroir, j’aimerais le fixer d’un même regard noir mais j’en suis incapable. « J'ai couché avec elle avant toi, oui. J'ai rencontré ta demoiselle parce qu'elle a tué mon meilleur ami. Oh, mais t'en fais pas, elle avait sans doute une très bonne raison de le faire. Je n'ai pas pu lui poser la question avant qu'elle se tire en douce, cependant. » Immanquablement… il est lancé. Dans ses réponses à mes questions. Et immanquablement, le canon de l’arme s’abaisse, glisse entre mes doigts pour n’être maintenu que miraculeusement par mon bras baissé. Je ne peux pas m’avancer chercher ce verre mais tout en moi hurle l’envie de le prendre pour le boire cul-sec. Et si je reste muet, tout mon corps parle pour moi. De mon regard inquiet à cette sueur qui commence à plaquer mes cheveux sur mes tempes en passant par cette nervosité qui parvient enfin à faire s’agiter mes jambes, à me faire balancer d’une à l’autre dans un basculement infime de mon centre de gravité. Et ma respiration… c’est la plus éloquente. Difficile, sonore, ma cage thoracique se lève, s’arrête, se bloque, se vide, recommence son ballet dans un rythme inexistant de panique. « Qu’est ce que tu racontes ? Giu’ n’a tué personne... » Qu’est ce que j’en sais ? Absolument rien, bien évidemment. Mais par principe… « Enfin bref, j'en avais rien à foutre. Et puis t'es rentré dans l'équation. Foutu hasard, pas vrai ? Pour ton information, je ne comptais pas spécialement recoucher avec elle. Je voulais juste me servir de la confiance… […] » De la confiance. Je pâlis. J’ai du mal à respirer. « Tu t’es servi de moi pour… juste… t’es qu’un pauvre enfoiré, Liam, t’es qu’un gros putain d’enfoiré… » La colère est là. Enfin. Maîtrisée, timide, titubante, mais elle est là. « Tu te rends compte que… pourquoi, putain, pourquoi ? » Je veux que mes pourquoi hurlent à ses oreilles comme des coups de marteau sur sa cage thoracique. Je veux être capable de lui percuter les côtes, de les lui briser en mille morceaux, je veux être capable de le frapper avec mes interrogations. Je veux avoir la puissance de ce rire qu’il m’assène et qui me brise les tympans. Je veux être lui, à cet instant, je veux pouvoir lui faire mal, lui faire mal comme jamais, je veux être lui, je ne veux plus être moi. Je veux être capable de le blesser, je veux être capable de… « C'est ça le problème Nolan. C'est juste ça. Le problème c'est que je suis incapable d'être à ta putain de hauteur. » Je dégringole. Je ne suis pas un millième de ce que tu es. Je ne serais jamais lui. Parce qu’il lui suffit d’une phrase pour me mettre en colère, il lui suffit d’une phrase pour souffler cette fureur et me faire tomber. « Que… quoi ? » Il parle, il parle. Il boit une gorgée, il parle encore. J'ai simplement voulu être assez bon pour toi. Je plisse les yeux. Je ne comprends pas. Désillusion. Détresse. Incompréhension. Je suis venu le tuer, pas… pas… pas ça. « Qu’est ce que tu racontes, là, Liam ? » Qu’est ce qu’il est en train de me dire, bon sang ? Qu’est ce qu’il cherche, qu’est ce qu’il veut, qu’est ce… « Liam ? Qu’est ce que tu fous, bordel ? Regarde moi ! » L’arme s’échappe de mes mains tremblantes, mais je n’en ai rien à faire. J’ai les yeux fixés sur lui. « Mais je n'ai jamais été à la hauteur. Je n'ai jamais valu la peine putain. « Mais… à la hauteur de quoi ? » « Nolan, la seule façon pour moi d'avoir ressenti de la joie, et tout ce que tu veux de positif, c'était en étant toi. » « Quoi ? » « C'est pas pathétique, ça ? Parce que c'est pas toi qui a rien dans ta vie. T'as jamais rien eu dans ta vie, dans n'importe quelle circonstance. C'est moi. Il n'y a rien à l'intérieur de moi qui soit bon Nolan. Rien. » Je m’avance. Encore. « Comment ça, rien ? C’est… » J’oublie. J’oublie qu’il a couché avec Giu’. J’oublie qu’il m’a condamné à mort. J’oublie qu’il m’a frappé. J’oublie que ce n’est qu’un pauvre enfoiré. Parce qu’il craque, parce qu’il tremble, parce que pour une fois d’en ma vie, je m’en aperçois, je le vois, je veux l’empêcher de se prendre un autre verre mais je suis encore trop loin. Trop timide. « Tu veux vraiment que ce soit ça notre dernière conversation ? Elle ? Putain Nolan. S'il te plaît, parlons d'autre chose. » Elle ? Giu’ ? Mais pourquoi est ce que ce ne serait pas elle notre dernière conversation, hein ? « T’as couché avec elle… » C’est ma raison, c’est ma justification. Je tremble, je ne sais pas quoi faire, je ne sais plus quoi dire. Je ne serai jamais le bon jumeau Qu’est ce qu’il raconte, bordel, il pense vraiment ça ? Il le pense ? Je veux qu’il mente mais je ne peux que me rendre compte qu’il n’a jamais été aussi sincère avec moi. J’ai mal, putain, j’ai mal de le voir comme ça. « J'en ai marre Nolan. On s'engueule, on tourne en rond. Je m'énerve et tu t'énerves. Ça ne mène à rien. Il nous reste une conversation. Un verre. Et après, tu n'auras plus à t'énerver contre moi. Alors on arrête les trucs futiles, les trucs qui sont un résultat d'un problème qui dure depuis des années. On arrête tout ça, et on parle de ce qui importe. Vraiment. » Il y tient, visiblement, à ce dernier verre. A ce verre qui m’attend, à quelques centimètres de mes doigts. A ces verres qu’il s’enfile sans hésitation depuis tout à l’heure. « Qu’est ce que tu veux dire, là, Liam ? Où tu veux en venir ? C’est quoi cette histoire de… de être à la hauteur, hein ? » Il est où, mon frère ? Il est où celui qui me tue, il est où celui qui est maître de lui ? Il est où le ministre, il est où ? « Tu veux savoir ce que tu es pour moi, petit frère ? » Je ne suis pas certain de vouloir savoir mais ma curiosité est là et m’empêche de l’interrompre. Une curiosité maladive. Mon plus gros échec. J’ouvre la bouche dans un énième pourquoi ?, je tais mon comment ça qui éclot sur mes lèvres. Je le laisse parlé. T'as été mon exemple, mon but. Son exemple ? Je pourrais en rire tellement ça me semble stupide, tellement ça me semble surréaliste. Ce n’est pas possible, il ne peut pas dire ça, il ne peut pas être sérieux. Il a bu, il est saoul, il… De voir ce que tu voyais, voir à travers tes yeux. La beauté, la douceur, ces choses là. Quelle douceur, quelle beauté ? Qu’est ce qu’il raconte ? Je ne comprends pas. Vraiment. Je ne comprends plus rien parce que… « Et je déteste ça. Je me déteste, de n'avoir jamais pu être capable de t'aimer comme j'aurais du. » Mes doigts parviennent enfin à attraper le verre, j’essaye de le porter à mes lèvres mais les tremblements de mes mains m’en empêchent et tout ce que je parviens à faire, c’est à tâcher mon tee-shirt. Well done, Nolan. Je repose le verre un peu brusquement, attendant la suite. Sauf qu’il n’y a pas de suite. Mon frère se tait. Et moi, je cherche ses pupilles. « T’es mon frère… » Pire que mon frère : c’est mon jumeau. Mon frère jumeau. « Je suis désolé, tu sais, vraiment désolé. » Je déglutis. « Arrête… Liam, dis pas ça… » Je ne réfléchis pas, j’essaye juste de…

Oh.
Oh merde. Oh non. Je me passe les mains devant le visage en jurant dans toutes les langues que je connais. Ce qui limite à l’anglais et le français. Non… qu’est ce que je suis en train de faire, là ? « Liam… » Je secoue la tête. « C’est… c’est pas juste. » C’est complètement injuste, plutôt. « Tu n’as pas le droit. Tu m’entends, Liam ? Tu n’as pas le droit, putain ! » Je m’agite. Je recommence à m’agiter. Je recommence à m’énerver. Contre lui mais avant tout contre moi-même. « A chaque fois, putain ! A chaque putain de fois, tu me fais le coup ! » Je lui tourne le dos avant d’inspirer en regardant le plafond. Et de lui faire à nouveau face. « Comment est ce que tu fais, putain, comment est ce que tu fais pour à chaque fois, à chaque fois, détruire quelque chose et te trouver des excuses, des justifications ? » La voix commence à monter d’un ton. « Qu’est ce que tu racontes là ? C’est pas une compétition, bordel, il n’est pas question d’être un bon ou un mauvais jumeau, merde ! T’es mon frère, t’es moi, t’es mon jumeau ! Tu es MON FRERE ! Il n’y a pas de… D’où tu t’es mis ça en tête, hein ? Non, ne réponds pas, je ne veux pas savoir ! » Mes yeux effleurent le flingue qui traîne, l’évitent sciemment pour laisser mes pieds me faire faire les cent pas. « Je ne comprends pas… pourquoi tu me dis ça maintenant hein ? Qu’est ce que tu veux ? Comment veux-tu que… Tu n’as pas le droit, Liam ! Tu n’as pas le droit de me balancer ça comme ça, tu n’as pas le droit de me dire tout ça maintenant ! Tu es mon frère, comment… moi je t’aime comme t’es ! Enfin… » Enfin, c’est quand même un sacré mensonge ce que je viens de dire. Parce que c’est un beau salaud. « Tout ça c’est dans ta tête, Liam !: Il n’y a pas de pas assez bon, il n’y a pas de mérite ! Il y a juste… dans quel putain de monde, tu as cru tenter de bien faire en te servant de MON apparence pour aller chez MA copine, hein ? Dans quel monde tu as cru que… » J’arrête mes déambulations. « Qu’est ce que tu cherches à faire, là, hein ? Je ne veux pas te pardonner, je ne peux pas te pardonner, tu… tu ne te rends pas compte à quel point c’est frustrant, Liam ? Tu… tu me fais les pires crasses du monde, tu te comportes comme un salaud et tu te débrouilles toujours pour que je n’arrive pas à t’en vouloir parce que… parce que tu te cherches des excuses, bancales et parce que je suis con… putain que je suis con » J’insiste sur le mot parce qu’honnêtement, je m’afflige. « parce que je suis particulièrement con, ça marche ! Ca marche, Liam ! » Je crois que je commence à devenir hystérique. « Je… je n’arrive même plus à t’en vouloir, là ! Tu te rends compte de ce que tu arrives à faire avec moi ? Et après tu dis que t’en vaux pas la peine ? Tu es en train de me dire que je me suis fait viré pour rien ? Que j’ai fait de la prison pour rien ? Mais si j’ai accepté tout ça, c’était parce que tu en valais la peine, parce que je ne voulais pas te perdre ! Et là encore, j’ai juste envie de te dire que c’est pas grave juste parce que je ne supporte pas de te voir te détester comme ça… » Je franchis les quelques pas qui me séparent du bureau pour vider le verre cul sec et le reposer. J’aurais fini par le prendre, son verre. « Qu’est ce que tu comptes faire, maintenant ? Que t’as déballé ton sac ? Je peux pas te tuer, je peux pas ; je veux même pas ; Tuer, c’est pas moi. J’suis pas comme ça. J’suis incapable de te tuer, j’suis incapable de… qu’est ce que je suis supposé faire, là, Liam ? » Je me passe une nouvelle fois la main devant mon visage. « Qu’est ce qui ne tourne pas rond entre nous, Liam ? »

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MessageSujet: Re: on ne peut plus coexister (noliam)   Sam 4 Juin - 3:22



on ne peut plus coexister

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La vérité me blesse, elle me perce en plein cœur et me torture. Mon âme est pourtant déjà vendue, sur-vendue même. Et elle arrive quand même à me faire mal. Bien plus. Parce que ce reflet face à moi, le plus grand raté de ma vie, est sur le point de me libérer de mes souffrances. Mais à quel prix ? Quelle sera sa vie ? Ne suis-je pas encore égoïste de vouloir qu'il me tue. Je déglutis alors qu'il se met à jurer. Et merde.

Merde. Mon but n'a jamais été de le déstabiliser et pourtant j'y arrive plus que personne, plus que jamais. Sans doute parce qu'il y a eu du mensonge bien trop longtemps entre nous, bien trop souvent. La vérité nous déstabilise. Elle penche la balance dangereusement d'un côté puis de l'autre. J'ai passé un nombre d'années à ne plus savoir ce que je devais croire de moi-même, à ne croire qu'en ce que tu voyais en moi. Et le jour où tu as arrêté de croire, j'ai cessé de me voiler la face. Je ne suis pas quelqu'un de bien. Je n'ai jamais été quelqu'un de bien. Et encore aujourd'hui je suis trop lâche pour faire face. J'aurais pu prendre ma propre vie, te libérer des chaînes et des boulets que j'ai posé moi-même à tes pieds. Mais je n'ai pas voulu. J'ai préféré te voir. Encore une fois.

J'ai préféré une dernière conversation. Un dernier verre, un faux espoir. J'ai voulu voir une dernière fois dans tes yeux ce que je suis incapable de voir dans les miens. J'ai voulu voir une vie quand moi j'en ai même plus un semblant. J'ai voulu me prendre pour toi, une dernière fois, dans un souffle de vie qui me quittera. J'ai voulu tout ça, mais encore une fois, je n'ai pensé qu'à moi. Jamais aux conséquences que ça peut avoir sur toi. Je baisse les yeux sur ce bureau de verre qui m'insupporte et je ne soutiens pas ton regard. Parce que j'ai honte. De chacun de mes actes depuis trop d'années pour les compter.

Honte d'être le frère que tu dois te coltiner. Honte d'être celui qui t'a tué. Celui qui te fait jurer. J'ai honte d'être celui qui t'a fait perdre ton innocence, forcé à vivre dans un monde qui ne te va pas. Ce monde n'est pas pour toi, il te blesse, il te fait encore plus de mal que moi. Nolan, comment c'est arrivé tout ça ? Pourquoi tu subis ça ? Pourquoi tu me subis moi ? Je ne comprends pas comment tout ça à pu se goupiller ainsi, je ne comprends même pas pourquoi on en est là.

J'ai fait tout ça, j'ai créé chacun de tes problèmes et je les ai amplifiés. Et pourquoi ? Pour mon bonheur à moi ? Si seulement. Si seulement il y avait au moins ça. Mais il n'y a plus rien. Pas un bonheur pour moi, pas un choix de vie pour toi. Je suis stupide. Et toi, tu jures. Mon sourire se dessine discrètement mais naturellement lorsque le français passe tes lèvres. J'ai toujours adoré parler français avec toi. J'ai toujours adoré apprendre avec toi. Et aujourd'hui, on a plus rien. Plus que des souvenirs communs, rien de plus. Des souvenirs de plus en plus loin. Et moi ça me suffit plus, Nolan. Je peux plus. J'ai besoin de plus, j'ai besoin de mon jumeau. Mais je t'ai perdu à tout jamais. Pour une histoire débiles, ou un million d'histoires stupides. Peu importe le nombre, aucune n'en valait la peine.

Personne n'en vaut la peine. Parce que j'ai perdu ma moitié, ma meilleure moitié. Celle qui me montrait le chemin à suivre, me tenait droit sur les pavés. J'ai lâché ta main pour celle de la jalousie, celle de la fierté. J'ai cru que j'étais pas assez bon, que je te tirai derrière. J'ai cru que tu serais mieux sans moi, sans être capable de t'abandonner. J'ai cru bien faire alors que j'étais en train de tout gâcher. Et aujourd'hui, ton reflet a beau être là, face à moi, je t'ai perdu à tout jamais. Ce fil doré, si solide qui nous liait, s'est brisé en mille morceaux. Et je ne peux pas le recoller. C'est trop tard pour nous. Trop tard pour réunifier ce qu'on était.

Mon prénom passe tes lèvres et je n'ose pas lever les yeux. Tes mots d'après sont plus violents et je m'enfonce dans mon siège comme cet enfant pris en faute qui n'a rien à dire pour sa défense. Je ne suis plus l'avocat, encore moins le ministre. Je suis Liam, j'ai dix ans, je suis enfoncé dans ce fauteuil trop grand pour moi, dans ces vêtements qui ne me vont pas, et je me fais remettre en place, parce que j'ai détruit nos vies. Pour un prix ridicule, pour un prix qui n'existe même plus aujourd'hui.

Tu te détournes et mes yeux remontent vers toi. Je cherche un fond de courage, je cherche à te retrouver toi. Mes yeux s'agitent, et mes prunelles cherchent à se fixer sur ton corps sans y parvenir. Parce que j'ai trop peur de te regarder. Trop peur de ce que j'ai fait pendant toutes ces années. Tu m'accuses. De chercher des excuses, des justifications. Et je tente de parler, ironiquement de me justifier. « Je... » je ne cherche pas d'excuse, j'ai juste voulu dire la vérité. Mais ta colère t'emporte et ne me laisse pas parler. Je referme mes lèvres, m'en mords l'intérieur et je te regarde.

Sans savoir pourquoi, une part de moi cherche à garder contenance plutôt que tout éclater. Te montrer ce que c'est la vérité. Te montrer tout ce que je ressens au plus profond de moi. Mais j'y arrive pas. J'arrive pas à te montrer qui je suis. Face à toi, je suis incapable de finir sur la voie de l'honnêteté. Peut-être parce que j'ai trop honte du lâche que je suis et que je préfère te faire croire que je suis un connard. Que te voir dans cet état quand je commence à être vrai me bouffe et que mon instinct de survis me dit de remettre les boucliers.

Tu parles de boucliers. Ils sont pétés, éclatés au sol et toi tu continues d'en rajouter, sans me laisser parler. Tu poses des questions, tu ne veux pas de réponses. Tu t'énerves seul et moi, je te regarde, impuissant, face  à l'ouragan que j'ai engagé. Au moins, je l'ai mérité. Tu continues, tu parles, et moi je ne sais pas quoi faire. Pas quoi dire. Je ne sais même pas si tu veux une vraie réponse ou si tu parles pour parler.

Tu as toujours fait ça, parler pour évacuer, dire tout ce que tu penses sans chercher forcément le retour. Et aujourd'hui, je ne sais pas ce que tu veux. Parce qu'à mon grand désespoir, à mon plus triste regret, je ne te connais plus. Je ne suis plus ton frère, encore moins ton jumeau. Je ne ressens pas tes peines, pas même tes petits bobos. Je ne sais plus, je ne vois plus à travers tes yeux. Je suis un sombre inconnu qui a volé ton visage, rien de plus. Et puis tu parles de m'aimer. Pire que ça, de m'aimer comme je suis.

Mon sourire devient un rire jaune, discret mais bien là. Vraiment ? Tu m'aimes comme je suis ? C'est pour ça que tu pointes un flingue sur moi, c'est pour ça que tu dis que tu veux plus faire partie du même monde que moi ? T'es un mauvais menteur Nolan. Vraiment un mauvais menteur, mais l'intention est là, après tout.  Et puis tu t'énerves un peu plus. Tu parles d'elle, encore. Je roule des yeux. J'en ai marre. J'ai aucune envie de parler d'elle, parce que ce n'est pas le problème. Parce que je m'en fous. Parce que tu vaux mieux que cette malade qui a pété une bouteille de parfum au dessus de ma gueule. Que ce monstre qui a tenté vainement de m'attaquer par ses pouvoirs. Que cette nana que je pourrais dénoncer au gouvernement. Parce que tu serais mieux sans elle, bien mieux sans elle.

Que je suis sûr que quelqu'un qui t'aimes vraiment te reconnaîtra. C'est juste une gamine capricieuse qui se sert de ta bonté, et je la déteste pour ça. Je serre le verre dans ma main, et je tais mes mots. Parce que je n'ai rien à dire, que je suis mal placé pour te donner des conseils en relation, peu importe lesquelles. Et puis finalement tu parles de pardon, tu parles de ton pardon.

Celui que je ne veux pas, parce que je ne le mérite pas. Je baisse à nouveau les yeux pour boire une gorgée. Et te voilà à t'insulter. Mes lèvres s'ouvrent à peine, et soufflent lentement « Arrête... », parce que t'es loin d'être con. Si t'es une chose, t'es généreux, trop pour le monde, trop pour moi, trop pour les pourritures qui nous entourent de partout. Mais t'es pas con, et tu l'as jamais été. Je déteste que tu puisses penser ça de toi. Ça m'énerve plus que je ne le voudrais. Tu insistes, tu continues. Tu t'insultes et mes mâchoires se serrent. Je ne supporte pas de t'entendre parler comme ça de toi, non, je ne supporte pas ça. Je pose mon verre, mets mes mains sur mon visage alors que tu continues de déblatérer, encore et encore. Tu me rappelles l'effet que je fais, tout ce que j'ai fait subir et tu veux me faire croire que j'en vaux la peine. Pour donner un sens à ta vie, que tes sacrifices n'aient pas été pour un connard sans cœur ni âme. Et pourtant. Je relève le visage alors que le bruit du verre que tu viens de vider claque lourdement sur le bureau. Mes yeux dans les tiens, je te laisse finir.

Et sans un contrôle, parce que tes mots s'ancre peu à peu dans ma mémoire et dans mon sang noir du poison qui me compose, je me lève, les bras bien droits sur mon bureau pour te fixer et répondre à ta question. Alors que je pleure de l'intérieur, que ce qui reste de nous, de moi, se brise, s'explose. Que ce lien doré qui nous unissait fond lentement dans ma noirceur, que l'amour que j'éprouve pour toi se déverse en haine. De la haine envers moi-même, d'être incapable d'être un frère, un humain décent. De la haine envers toi, de me faire t'aimer autant. Et alors que je voudrais retenir tous mes mots, claquer la porte, partir. Te laisser comme ça, ne rien empirer, c'est ma bouche qui s'ouvre sous le coup de la colère parce que je t'entends me répéter que tu es con de me croire.

Je ris, froid, distant. Je ris durement et je te regarde droit dans les yeux. Tes yeux si différents des miens. Et mes lèvres s'ouvrent enfin. « J'en ai sérieusement marre de toi Nolan. Marre de tes conneries. Tu te fous royalement de ma gueule, tu le sais ça ? Je te rappelle que c'est toi qui est rentré ici pour me tuer. Je t'ai pas demandé de le faire. Et là tu me demandes quoi ? Une raison pour appuyer sur la gâchette ? C'est qui le plus lâche de nous deux là, tu m'expliques ? »

Je sors de mon bureau pour me coller face à toi, à quelques centimètres. Je coupe toute distance entre nous pour te fixer, droit dans les yeux, te fixer bien profondément et te parler de ce ton qui me tue mais que je n'arrive pas à retenir. « Moi au moins, j'ai eu les couilles d'appuyer Nolan. Et tu sais quoi ? Le mec en face, il m'a donné aucune raison ! Alors, tu veux des raisons de me tuer ? Je vais t'en donner. T'es prêt, petit frère ? »

Je prends une longue inspiration alors que j'attrape ton bras, décalant ma bouche à ton oreille. D'un ton si froid qu'il en briserait l'air, si bas que seul le plus profond de toi peut l'entendre. « Je ne t'aime pas Nolan. Je te l'ai déjà dit. Mais tu sais quoi, pire que ça. J'ai aimé baiser ta meuf. Et crois-moi, elle a pris son pied. Tu veux savoir quoi d'autres ? J'ai aimé te voir là, le jour du procès, sur le point de crever. Le désolé que je t'ai murmuré, c'était un désolé pour ta petite conscience, que tu ne crois pas que t'aies fait tout ça pour rien comme tu dis. »

Je rejette brusquement ton bras, et plus rien en moi n'est en vie. Peu importe que tu tires ou pas, je suis mort de l'intérieur. De ses mensonges qui m'ont arraché la gorge, du sang qui voudrait s'extirper de mon corps, parce que même lui ne veut plus faire partie de moi. Mais je ne laisse rien paraître, et pire que ça, je continue. « T'as cru tout ce que je t'ai dit tout à l'heure ? Bin t'as raison, t'es sacrément con. Je peux faire de toi absolument tout ce que je veux. Je veux dire, je t'ai quand même envoyé à la mort et aujourd'hui, tu hésites à me tuer pour quoi ? Un petit discours mignon qui sort de ma bouche aussi naturellement que la politique que je fais tous les jours ? Nolan, t'ouvriras les yeux quand au juste ? »

Je marque une pause, te regarde de haut en bas, de cet air hautain qui me fait plus mal encore que mes propres mots et j'ajoute. « Il faut que je fasse quoi au juste, pour que tu comprennes que tu peux pas me sauver ? Parce qu'il n'y a rien à sauver Nolan ! Je suis pas bon, y a pas de bon en moi ! Nolan putain, tu veux quoi comme preuve, que je sorte de ce bureau et que je descende quelqu'un devant toi en te faisant accuser ? Mais je l'ai déjà fait ! Nolan, il te faut quoi ? »

Je m'écorche, me saigne, me tue et pourtant je continue. « Dis-moi, petit frère, il te faut quoi pour réaliser que ton frère n'aime que Lucifer ? »

Je ne peux plus, je n'ai plus de forces. Un mot de plus et tout s'écroule. Je ne suis même pas sûr des raisons de mes actes. C'est tellement maladroit, Nolan. Je suis désolé. Voilà ce que j'aimerais te dire. Je suis désolé. Ce n'est pas une excuse, ce n'est pas une justification. Je n'en ai pas, je n'en veux pas. Je n'aurais jamais du te faire subir tout ça, tu méritais tellement mieux que moi. Je ne veux pas de ton pardon, parce que je ne le mérite pas. Je te dirai bien que je pourrais le gagner, mais tu perdrais ton temps. Parce que c'est ça la vérité. C'est ça qui reste entre nous Nolan. C'est qu'il n'y a plus rien à sauver, parce que je suis trop profondément ancré dans la merde que je me suis créé. Tu ne peux pas me sauver Nolan, personne ne le peut. C'est quelque chose qu'il faut accepter. Toi et moi, il n'y a plus de nous. Il n'y a même plus de moi si tu veux savoir. Le Liam que tu aimes, celui que tu considères comme ton frère, il s'est tué. Le jour où il a tué cet homme, le jour où il t'a tué. Ce Liam là, il n'existe plus. J'ai essayé d'y croire, de le faire revenir. J'ai tenté de redevenir quelqu'un de bien, de me racheter une conduite.

Mais je ne peux pas, je suis trop lâche. Je suis trop écorché, plus assez humain, bien trop monstrueux. J'aurais du rentrer dans ces portes lorsqu'elles se sont ouvertes. Ça nous aurait évité bien des tourments. Ça t'aurait rendu la vie bien plus facile. Mais j'ai voulu y croire. Quand t'es pas mort ce jour là, j'ai voulu croire qu'il y avait encore quelque chose à sauver. Et pourtant, je me suis trompé. Je me suis salement trompé. Et j'en suis désolé. Désolé de t'avoir infligé ces années de malheurs juste parce que j'ai voulu essayer.

Mais c'est plus possible aujourd'hui Nolan. Je sais qu'il ne reste plus rien en moi. La seule chose de bonne, c'est toi. Et ma noirceur va te pourrir. Ma noirceur va t'atteindre et te faire du mal, et je ne peux pas supporter ça. Alors si tu ne peux pas tirer, déteste moi, et pars. Pars loin, laisse moi me tuer. Je le ferai. Pour toi, parce que tu vaux mieux que la vie que je t'ai obligée à vivre. Tu vaux mieux que ce que tu as aujourd'hui. Tu mérites le choix. Pas de vivre dans l'ombre comme un paria. Tu mérites de vivre tout simplement. De montrer que tu es en vie, à quiconque tu as envie. Tu mérites tout ce que tu veux. Mais tu ne mérites pas un jumeau comme moi. Ce reflet de toi qui te laisse croire que t'es con. Ce reflet qui te fait douter. Non, tu ne mérites certainement pas ça.

Alors je suis désolé Nolan. Désolé d'avoir créé tout ça. Désolé de t'en faire arriver là. Mais c'est la seule alternative pour te libérer. De ta plus grosse chaîne, de ton plus gros poids. Te libérer de moi et tout ce que je t'ai fait subir. Je n'ai été bon qu'à te donner un rein, et même ça, je ne suis pas sûr de l'avoir fait correctement. Je suis désolé, petit frère.

Désolé de ne jamais avoir été à la hauteur, désolé de ne jamais avoir vu la lumière même si tu as voulu me la montrer. Désolé d'être ton frère, d'être né le premier. Désolé de tout ce que j'ai fait, d'avoir volé ta vie, et surtout d'en avoir rien fait. Désolé, d'être l'horrible personne que je suis. Désolé. Juste désolé.

Je soupire, passe une main fatiguée sur mon visage, m'appuie sur le bureau derrière moi. Mes forces s'en vont. Et je ne sais pas combien de temps je tiendrai ce jeu. Ces mots qui doivent être dits, et ceux qui doivent être tus. Je ne sais pas combien de temps encore je peux te faire face et tenir me rôle. Je n'ai pas de réponse, mais je me sens sur le point de craquer, de tout briser. Et je ne sais plus quoi faire, ni comment. Alors je ferme les yeux juste un instant. J'enlève ton visage de ma vue, et je me rappelle pourquoi j'agis comme ça. Parce que tu as besoin de ne plus croire en moi.

Il ne te faut plus aucun espoir, pour avoir une vie meilleure, celle que tu mérites. Parce que tu as besoin de voir le monstre que tu persistes à croire que je ne suis pas. C'est pour toi. Pour le bien de ton futur. Parce que j'ai gâché ton passé, ton présent, mais il te reste l'avenir à présent. Et ça, je ne veux pas le gâcher. Je ne veux pas y mettre les pieds. Et pour ça, tu ne dois plus avoir un soupçon d'espoir que je puisse être ton frère. Celui avec qui tu as grandi. Tu dois regretter ton passé, te rendre compte que tu as misé sur celui qui n'en valait pas la peine. Et c'est à moi de te le montrer. Autant qu'il faut, autant que ça me brise.

Parce que je te dois bien ça. Une conversation qui m'éclate en petits morceaux pour un avenir que tu verras bien plus beau. Tu vaux plus que ça, mais c'est tout ce que je peux te donner. Alors je serre le poing, me donne un semblant de force pour toi, pour ne pas perdre mon objectif de vue. Et j'ouvre à nouveau les yeux pour fixer les tiens.

Ma langue, comme un serpent, claque entre mes dents pour sortir comme un point à mon discours lamentable. « C'est suffisant, ou je continue ? Parce que je peux tu sais, encore longtemps. » La phrase est froide, même glacée. Mes bras se referment sur ma poitrine et mon regard se veut insistant. Parce que je continuerais, encore et encore s'il le faut. Je continuerai jusqu'à ce que tu comprennes qu'il n'y a plus de place pour nous deux dans ce monde.

Il n'y en a jamais eu. Il n'y aurait du y avoir qu'un Wiggins. Toi. Je n'aurais pas du naître, pas du exister. Tout simplement. Je suis une erreur, et aujourd'hui, on doit la corriger. Toi et moi. Il faut qu'on corrige ça, que tu vives enfin pleinement cette vie qui n'a toujours appartenu qu'à toi. La nature a fait une erreur, elle n'est pas parfaite mais que veux-tu. Cependant, cette erreur a failli te tuer, un nombre trop important de fois. Et pour ça, on ne peut pas continuer comme ça. Ni toi, ni moi. Il faut que je meurs. Il faut que tu vives.

C'est juste ça, Nolan. Il faut que tu vives. Après plus de trente ans, j'ai assez trompé mon monde, gratté cette place qui n'a jamais été mienne. C'est ton tour Nolan. Récupère ce que la vie te doit. Ta place dans ce monde. Récupère ce que tu es et as toujours été. Alors s'il te plaît, ne me rate pas.

Et libère-toi.

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SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.


Dernière édition par Liam P. Wiggins le Sam 30 Juil - 8:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: on ne peut plus coexister (noliam)   Jeu 30 Juin - 22:01

On ne peut plus coexister
Liam & Nolan



Liam a toujours eu ce pouvoir sur moi. Le pouvoir de me briser d’une seule phrase, le pouvoir de me briser d’un seul mot. Briseur. Ça pourrait être son surnom, s’il n’avait pas déjà frère dans sa bibliothèque. Ma colère n’est que la conséquence directe de ma vulnérabilité, de mon inutilité éclatante. Beauté, douceur, il clame avoir voulu voir ça à travers mes yeux, je n’ai qu’une envie : lui cracher à la gueule ce que je pense de ses conneries. Mais je suis Nolan, et Nolan est indécis. Nolan est faible. Nolan est hésitant. Nolan est une bonne poire qui se laisse transformer en salade de fruits parce que même s’il a amené un flingue, il se liquéfie face à son frère, incapable de mener une quelconque action à termes, incapable de se tenir à une décision, incapable, incapable, incapable. Je ne comprends rien, je ne comprends strictement rien à tout son raisonnement, à ses aveux, à ce qu’il me dit, ce qu’il veut me dire, ce qu’il pense et ce qu’il veut me transmettre. Où est ce qu’il veut en venir, le con ? C’est quoi cette histoire de mérite, d’être à la hauteur, qu’est ce qu’il essaye de me faire croire ? Je suis faible, faible et stupide, je suis stupide, stupide et faible et mes mains tremblent lorsque j’essaye péniblement, si péniblement d’attraper le verre d’alcool qu’il m’a proposé. Mes tremblements s’accentuent, ses mots broient mes tympans comme des minuscules éclats de verre que l’on projetterait contre une toile d’araignée. Inutile de préciser à quel point elle termine mal. L’alcool jaillit hors du verre, dégringole mon tee-shirt : je repose sans aucune douceur le tout sur le bureau, incapable de le tenir plus longtemps. Jamais pu être capable de t’aimer comme j’aurais dû. C’est mon frère. C’est mon jumeau. C’est mon reflet. Je n’arrive pas à savoir si mes mots cherchent à l’excuser ou à l’enfoncer davantage, mais la détresse qui les teinte me fait l’effet d’avoir trois ans. Ou moins. Désolé, vraiment désolé ? Qu’il arrête, je ne lui en veux pas, je ne lui en veux plus, je veux tout simplement effacer l’ardoise, oublier, arrêter de…

Je pensais à une toile : je suis empêtré dedans. Totalement. Et l’injustice de cette situation est telle que ma maturité, déjà douteuse, touche les bas fonds du ridicule. C’est pas juste. Clairement pas. Rien de tout cela n’est juste, de son attitude à ce qu’il me confie en passant par l’influence qu’il a et qu’il aura toujours sur moi. Même dans des moments comme celui là. Il me prend tout, détruit tout massacre tout et malgré tout, il arrive à inverser la donne et à me faire culpabiliser moi pour ce qu’il a fait lui. La colère. L’agitation. Ma réaction face à tout ça ? La reddition. En quelque sorte. Parce que je m’énerve, parce que je hausse le ton, parce que je n’ai rien, strictement rien de son calme, de sa tranquillité, de son self-control. Ce n’est pas lui qui n’est pas à la hauteur, bordel, c’est moi, c’est juste tellement moi que ça en est désespérant lorsqu’on s’y attarde un peu. Ma colère prend le pas sur tout le reste, s’apitoie sur mon sort, envenime son implication, s’énerve, s’agace, tourbillonne au rythme de mon hyperactivité et de mon agitation. Je ne comprends pas, tu es mon frère, tu n’as pas le droit : je parle, sans m’interrompre, je suis un électron libre balancé dans un réacteur nucléaire, je suis n’importe quoi, au même titre que mes pensées, que mes déambulations, que mes mots qui s’entrechoquent et se percutent, se brisent en bord coupant, se détériorent, échappent à mon contrôle. Et ma connerie est là, ma connerie débarque, ma connerie s’impose et se juxtapose à tout le reste. Comme un vitrail. Pour colorer ma vie de mille couleurs, pour poser un prisme sur mes rétines et m’aveugler d’un arc-en-ciel et d’un paquet de licornes sous LSD. Je commence à devenir hystérique. Vraiment. Parce que je suis con, parce que malgré moi, il a beau user de la même méthode depuis des années, ça fonctionne, ça ne peut que fonctionner. J’ai tout accepté de subir pour lui, juste parce que c’était mon frère, juste parce que je refusais de le perdre, d’envisager de le perdre, d’envisager de l’éloigner de moi encore plus que cette cicatrice que je lui ai imposée. Ses mots, lorsqu’il tente de me couper, lorsqu’il tente de me répondre, je les rejette avec l’obstination d’un gosse qui plaque ses mains sur ses oreilles en chantant lalala dans l’espoir que ça l’isole du reste. Mais je l’entends. Forcément. Je l’entends commencer une phrase, puis me demander d’arrêter. D’arrêter quoi ? De parler ? De lâcher prise ? De me traiter de con ? Mais qu’est ce que tu crois, Liam, qu’est ce que tu crois sincèrement ? Ce n’est pas toi, l’imbécile des deux, ça ne l’a jamais été, ça ne le sera jamais et je ne t’en ai jamais voulu pour ça. Tu te lèves, je relève la tête. Je suis con, tellement con que tu n’as même pas ton mot à dire à ce propos. Et ce verre que tu as insisté pour que je prenne, ce verre que tu m’as servi comme pour me jeter à la tronche le ridicule de la situation, je le bois cul sec, sans même en savourer la moindre gorgée. Je le bois cul sec pour le finir, pour occuper mes mains, pour cramer mon œsophage. Et je me tais.

Brutalement. Je me tais, non pas parce que je n’ai plus rien à dire. Je me tais parce que j’ai le souffle court, parce que mon frère de debout face à moi et que j’ai fait l’erreur de m’arrêter de parler pour reprendre ma respiration. Je n’aurais pas dû. Vraiment. Parce que son regard me fait peur, parce que je veux reprendre mon discours, mes déambulations. Parce que je veux parler pour le laisser muet, parce que je ne peux plus que te fixer du regard, conscient d’avoir abandonné la parole pour te la laisser, conscient que maintenant, la balle est dans ton camp et que si je sais ce que j’ai peur d’entendre, j’ignore totalement ce que je veux entendre.

Un rire. Qui me transperce de par en par. Un rire, froid, distant, à des années lumière de ta confession. Qui es-tu et qu’as-tu fait à mon frère ? Qui suis-je, qu’ai-je fait à mon frère ? « J'en ai sérieusement marre de toi Nolan. Marre de tes conneries. Tu te fous royalement de ma gueule, tu le sais ça ? Je te rappelle que c'est toi qui es rentré ici pour me tuer. Je t'ai pas demandé de le faire. Et là tu me demandes quoi ? Une raison pour appuyer sur la gâchette ? C'est qui le plus lâche de nous deux là, tu m'expliques ? » Je réagis au quart de tour. D’un pas en arrière pour lui échapper, d’un crachat pour répliquer. « Quoi ? Tu me traites de lâche ? » Oui, il me traite de lâche. Et je n’arrive même pas à lui donner tort, parce que toute distance entre nous disparue, je me liquéfie. Comme un lâche. Un trouillard. Un faible, un incapable, un… « Moi au moins, j'ai eu les couilles d'appuyer Nolan. Et tu sais quoi ? Le mec en face, il m'a donné aucune raison ! Alors, tu veux des raisons de me tuer ? Je vais t'en donner. T'es prêt, petit frère ? » Je serre les dents, je garde la tête haute. Les lèvres de Giu’ se plaquent brutalement sur mes lèvres. Piqûre de rappel. « Tu ne me fais pas peur. » Je n’arrive pas à respirer. « Et je ne suis pas ton petit frère, je suis ton frère jumeau. » Je n’arrive plus à respirer. Qu’est ce qui ne tourne pas rond entre nous ? Lui, moi, nous, ce lien indéfectible qui nous lie et qui nous tue, cette dépendance l’un de l’autre, cette dépendance pervertie et létale ? Son ton est glacial, loin, si loin de ce brasier qui me consume. « Je ne t'aime pas Nolan. Je te l'ai déjà dit. Mais tu sais quoi, pire que ça. J'ai aimé baiser ta meuf. Et crois-moi, elle a pris son pied. Tu veux savoir quoi d'autres ? J'ai aimé te voir là, le jour du procès, sur le point de crever. Le désolé que je t'ai murmuré, c'était un désolé pour ta petite conscience, que tu ne crois pas que t'aies fait tout ça pour rien comme tu dis. » Mon bras est emprisonné dans sa main, je tire pour le libérer au moment même où il le rejette. Son poison m’asphyxie, poisseux, gluant, il s’infiltre dans tous mes pores, étouffe ma peau, m’étrangle comme un cocon. Son souffle brûlant dans mon oreille me tétanise alors que ses mots me font exploser. Littéralement. Mon cri se perd quelque part entre mes poumons et ma gorge, mon frère me rend muet par sa seule présence, son seul regard. Qui êtes-vous, qui êtes-vous ai-je envie de demander, et qu’avez-vous fait à mon frère, qu’avez-vous fait à celui qui me souriait, celui qui faisait mes devoirs, qui êtes-vous, qu’avez-vous fait aux Wiggins, qu’avez-vous fait aux jumeaux, que m’avez-vous fait ? « T'as cru tout ce que je t'ai dit tout à l'heure ? Bin t'as raison, t'es sacrément con. Je peux faire de toi absolument tout ce que je veux. Je veux dire, je t'ai quand même envoyé à la mort et aujourd'hui, tu hésites à me tuer pour quoi ? Un petit discours mignon qui sort de ma bouche aussi naturellement que la politique que je fais tous les jours ? Nolan, t'ouvriras les yeux quand au juste ? » Bien sûr que j’y ai cru. Bien évidemment. Pourquoi n’y aurais-je pas cru ? Tout était sincère dans tes mots, jusqu’aux cratères douloureux qu’ils creusaient dans ma chair martelée. Je fais un pas en arrière. « Jamais… » C’est une supplique. Les yeux, je les ai déjà ouverts. Une première fois quand il m’a tué. Une deuxième fois lorsqu’il a aimé baiser ma meuf. « Giu’ n’est pas ma meuf… » Je veux le corriger, le rectifier, la douleur fait trembler ma voix. Je vais pleurer. Encore. Pleurnichard. Mauviette. Lopette. Je parle, pour moi-même, je ne veux même pas qu’il me réponde. Giu’ n’est pas ma meuf, elle ne le sera jamais. Elle sera mon amie, peut être, un jour. Elle sera ma copine, aussi, peut être. Ma petite amie. Ma femme. Mon tout. Mon moi. Mon oxygène. Ma Giu’. Mais elle ne sera jamais aussi vulgairement ma meuf. Mais ça… ça, Liam ne le comprend pas, ne peut pas le comprendre. Ou alors il le comprend si bien qu’il s’en sert comme une lame pour mieux m’égorger. « Il faut que je fasse quoi au juste, pour que tu comprennes que tu peux pas me sauver ? Parce qu'il n'y a rien à sauver Nolan ! Je suis pas bon, y a pas de bon en moi ! Nolan putain, tu veux quoi comme preuve, que je sorte de ce bureau et que je descende quelqu'un devant toi en te faisant accuser ? Mais je l'ai déjà fait ! Nolan, il te faut quoi ? Dis-moi, petit frère, il te faut quoi pour réaliser que ton frère n'aime que Lucifer ? » Une claque. « C'est suffisant, ou je continue ? Parce que je peux tu sais, encore longtemps. » Petit frère. « JE NE SUIS PAS TON PETIT FRERE » Je suis le premier à être surpris par mon cri et surtout par sa force. C’est marrant ça, je reste tétanisé, hébété lorsqu’il insulte Giu’ mais il suffit qu’il me traite une deuxième fois de petit frère pour que je sorte hors de mes gonds. Il faut croire que j’ai un don pour choisir de défendre les causes les plus futiles et d’esquiver celles qui me tiennent vraiment à cœur. « Qu’est ce que tu veux, là, Liam ? Tu veux mourir, tu veux que je te tue, tu veux que je me tue, qu’est ce que tu fais, qu’est ce que tu veux, à quoi tu joues, bordel ? » J’ai frappé Liam. Et plutôt fort. Et je lutte, je lutte pour ne pas récidiver, pour ne pas m’excuser, pour ne pas le supplier de me pardonner. Je lutte, pour ne pas lui exploser à nouveau son nez à la con, pour ne pas le prendre dans mes bras. Je suis pathétique. Je secoue ma main pour la décrisper, sans pour autant le quitter du regard. Il se tait. Et moi aussi. Temporairement.

« Je ne te suis pas, Liam. » Je prends mon inspiration. M’accrocher à cette colère que j’exprime. M’accroche au filet de sang qui dégringole de son nez. J’ai bien frappé. Et bien visé. Merde. « Désolé, fallait que je te fasse taire. » Je bloque ma respiration. C’est bien Nolan, gonfle tes pectoraux, fais donc genre tu es une montagne de muscles. Tu n’as rien à cacher, rien à simuler, tu n’as pas à faire illusion : ton frère est devant toi, ton frère est comme toi. « Il n’y a pas de bon en toi ? Et t’es qui pour le décider, hein ? Tu es totalement incohérent, merde, vraiment ! Comment est-ce que tu veux que je te suive, comment est-ce que tu veux que je croie, comment est-ce que tu veux que je te pardonne alors que tu te comportes comme un… » Je ne trouve pas le mot… « Comme un… » Je m’agite, exaspéré. « Comme un… comme un putain de bipolaire ! » Mes paumes percutent ses épaules avec une force dont je m’ignorai possesseur. Je l’envoie balader contre son bureau. « Réveille toi, réveille toi bordel ! C’est pas à moi d’ouvrir les yeux, c’est à toi d’arrêter de jouer avec moi, compris ? » Je ne sais pas ce qui m’arrive. Je sais juste qu’il faut que je change, qu’il fait que j’arrête de verser dans l’apitoiement, dans l’auto-flagellation. Je sais juste que je suis venu pour une chose, et que mon frère me fait flancher. Et qu’il se moque de moi, qu’il joue avec mes nerfs. « Tu ne peux pas chialer des histoires de mérites, des histoires d’avoir voulu être comme moi, pour ensuite me tabasser mentalement, tu peux pas, je te l’interdis ! » Je suis bien mignon, tiens, à lui interdire quelque chose. Mais je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin.

Une nouvelle fois, je prends ma respiration. « Regarde moi. » Les lèvres de Giu’ se plaquent sur les miennes. Encore. Pour me convaincre que même si je vais regretter cette colère que je libère, et bien… je le fais pour une bonne raison. Quitte à ce que je le laisse me frapper en retour. « Regarde moi, Liam. » C’est un ordre. On fait la même taille, à quelques centimètres près. J’attrape son col, j’attrape sa cravate avec une certaine violence. Je ne suis jamais allé aussi loin. « Tu vas t’excuser. J’en ai marre. Alors tu vas t’excuser. Tout de suite. Et me dire la vérité. Sans faux-semblants. Sans jouer avec moi. Je ne suis pas ton petit frère, entre toi ça dans le crâne, je suis ton frère, point final. Et tu me dois des explications, sans moquerie, sans petit rire. Parce qu’au moindre foutage de gueule, je te fais exploser les dents. » J’essaye de me calmer, mais je n’essaye pas trop fort de peur de retomber dans mon éternel travers de mauviette. Il faut que je reste en colère. Mais pas trop tout de même. Il faut que je sois en équilibre sur un fil, et même si j’ai toujours été un pitre, je n’ai jamais voulu être acrobate. « Tout le monde me dit que je suis con de te défendre, de toujours te défendre même quand je t’insulte et que je hurle que je vais te tuer. T’as dépassé les bornes, Liam. Je veux pas te tuer. Mais putain, si faut que je te frappe pour te faire rentrer dans le crâne qu’il faut que tu arrêtes tes conneries maintenant, et bien je vais te frapper, Liam. Je te le jure. Parce que j’en ai rien à faire au final que tu m’emmerdes, ça, c’est une affaire entre toi et moi. Mais t’aurais pas dû impliquer Giu’, je te jure que t’aurais pas dû. » Parce que Giu’, je l’ai dans la peau. Pire qu’un tatouage. Et qu’à cause de mes conneries, à cause des conneries de mon frère, je l’ai perdue. « Alors tu t’excuses. » Mes doigts serrent toujours son col et sa cravate, mais ma force se dissipe et mes tremblements reviennent. Parce que mentalement, je ne peux pas menacer aussi longtemps mon frère de coups qui auront du mal à venir. « Et… et tu me dis sincèrement si… si je… » Je suis un bord de mer. Et ma colère est la houle qui s’abat sur mes falaises, à coup de flux et reflux, des vagues qui percutent la roche avec violence mais qui repartent aussitôt pour revenir, plus fortes encore. Et là… la colère s’est éloignée, me laissant asséché, exposant les brisures de roche et les résidus de sable, vulnérables. « Qu’est ce qu’il faut que je fasse pour que tu me laisses tranquille ? Pour que tu m’évites, pour que tu ne t’approches plus du moindre de mes amis ? De la moindre de mes connaissances ? Il faut que je te paye ? Il faut que je te lèche les bottes ? Il faut que je t’explose encore plus le nez histoire que tout le monde puisse nous différencier ? »

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MessageSujet: Re: on ne peut plus coexister (noliam)   Sam 30 Juil - 8:15



on ne peut plus coexister

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Je te fixe droit dans les yeux alors que tu hurles. Si au fond de moi tes mots me brisent, plus rien n'apparaît. Parce que je suis vide. Vide de tout. Vide de nous. Il ne me reste plus rien, rien du tout. Je souris à ta question, j'en ris même, froidement, plus froidement encore qu'auparavant. Ce que je veux ? Tu sais très bien ce que je veux, tu ne veux juste pas l'admettre. Parce que tu n'es pas foutu de voir que tout ce que je veux c'est que tu te débarrasses de moi, Nolan. Parce que t'es bien mieux sans moi. Deux partie d'un même œuf, tu parles. Une erreur surtout. Moi. L'erreur qui a ruiné ta vie, qui te ruine jour après jour. Celle qui n'est née que pour te donner un foutu rein. Celle qui ne sert plus à rien. Celle qui n'a jamais servi à rien.

Je soupire. Las. Agacé de ce jeu duquel personne ne sortira gagnant, c'est plus possible. J'en ai marre. J'en ai tellement marre. Je veux que ça s'arrête. Arrêter les voix dans ma têtes, les regrets et les remords. Arrêter toute cette merde et retrouver la place qui me revient de droit. Dans un putain d'Enfer. Et pas sur cette maudite Terre. C'est la tienne, et il n'y a de place que pour l'un de nous. Et j'ai fait illusion, j'y ai cru pendant des années, que j'avais ma place, qu'on l'avait tous les deux. J'y ai cru pendant des années qu'on pourrait être heureux. Qu'on pouvait vivre, et même pire, vivre ensemble. Quelle connerie. Quelle foutue connerie. On a jamais été deux. J'ai toujours été ton ombre. Ta version ratée. Celle qui n'aurait jamais du exister. Quelle connerie d'avoir cru que je pourrais creuser ma place en me faisant passer pour toi, en réussissant, en montrant mon image au monde entier.

Mais la vérité, la triste vérité c'est que je n'existe pas. J'ai jamais existé. Pale copie, foutue copie. J'en ai marre de cette merde, marre de cette vie qui n'est même pas la mienne. « Je ne joue pas, Nolan. » Les mots sont durs, comme tout le reste. Je suis un mur, froid, même plus vraiment un humain, encore moins ton frère. Je suis un reste, usé, lassé. Je ne suis plus rien. Et j'attends sagement la mort, la faucheuse qui est la seule qui peut régler ce problème. J'attends. C'est tout ce que je fais. Que la nature reprenne ses droits, et que ta place soit enfin là. Il en aura fallu du temps, pour que la vie fasse ce qui est juste. Cette salope aura bien pris le temps de nous ruiner tous les deux et pour quoi au juste ? Pour qu'on finisse dans un face à face ridicule, dans un monde ridicule, à vouloir s'entre-tuer ? C'est n'importe quoi. C'est juste n'importe quoi. Et je ne suis plus apte à supporter ça. Mon nez endolori par le coup que tu m'as donné ne me ramène qu'à cette putain de réalité. Je m'essuie le nez, crache le sang qui me tombe dans la bouche et te fixe alors que tout se met à cogner.

Enfin. Enfin t'as osé. Enfin t'as compris. Enfin t'as assimilé. Je touche mon nez du bout du doigt, tords mes lèvres sous la douleur et fixe ton regard qui fuit. T'es pas sérieux ? Tu regrettes pas déjà ? Sérieusement ? Je soupire, usé de voir que tu n'apprends jamais. Même après tout ce que j'ai fait, après tout ce que j'ai dit, t'arrives encore à fuir mon regard. Mais t'as peur de quoi au juste ? T'as peur de t'être trompé sur qui j'étais ? T'as encore un foutu espoir que je change ? C'est quoi le truc, Nolan ? Je reste silencieux, comme quand on était gosse. J'attends que tu parles. Que ce soit ton tour. Et je reste avec mes pensées qui t'atteignent sans doute un peu. Truc de jumeaux, paraît-il. Connerie. Connerie de déception oui.

J'arque un sourcil, j'oublie la douleur. Ta bouche s'ouvre à nouveau. Je te regarde et ne touche plus mon nez. Je te regarde les bras croisés, les gouttes qui glissent sur mon bras avant de s'écraser sur le sol. Je souris, je ris même, glacial à ta deuxième phrase. Fallait me faire taire. Comme si ça allait changer quelque chose. Comme si c'était mes mots le problème, comme si c'était cet instant. Naïf, t'es tellement naïf. Ça m'en fait presque mal au cœur que j'ai qui ne bat plus. J'observe tes mouvements, tes gestes, tes pseudos actes pour te donner du courage. De cet air hautain, je te prends de haut et te méprise.

Je te méprise tellement en cet instant. Parce que je rejette mon humanité. Je rejette mon amour pour toi, je rejette toutes ces conneries là. Parce qu'on a essayé, on a essayé d'exister côte à côte, on a essayé de se rappeler qu'on s'aimait. Et ça marche pas, de toutes façons t'y crois même pas. Alors je nie en bloc. Je rejette tous mes sentiments, tout ce qui nous lie. Parce que c'est du vent. Une nostalgie idiote à laquelle on s'attache. On a le même sang mais pas les mêmes peines, pas même les mêmes veines. On a plus rien en commun, sauf notre foutu corps, faut être honnête. Et y a plus de place pour nous deux.

Et tu le sais. Tu veux juste pas l'accepter. Grandis Nolan, grandis. Et tu parles au lieu d'agir, tu cherches je ne sais quoi dans tes mots et je soupire alors que tu parles encore et encore. Je ris à ta remarque. Un bipolaire. C'est beau. J'agis comme quelqu'un de faible, comme quelqu'un d'incapable. Incapable de passer au dessus de ce qui nous lie, incapable de passer au dessus de ce qu'on est. Mais tu t'agites, tu gigotes comme un lapin en cage avant de me bousculer à nouveau. Tes paumes qui percutent violemment mes épaules et mon sourire qui ne dépérit pas. Mon bureau me retient, recule de quelques millimètres et mes mains se posent sur ce dernier. Sérieusement Nolan, tu veux faire quoi là. Et t'insistes, tu continues. Tu restes dans ton illusion de jeu, dans ton illusion que je ne suis pas le connard que je prétends être. Je te fixe, droit dans les yeux. Le corps douloureux et le palpitant absent. La froideur avec laquelle je te parle glace la pièce.

« Je ne joue pas, Nolan. »

C'est quand même pas compliqué à comprendre, si ? Je soupire. Je te regarde dans les yeux et éclate finalement de rire, bien loin des sentiments. « Tu me l'interdis ? » Je répète tes mots sans les commenter. Pas encore, pas tout de suite. Je te laisse évacuer ta rage, je te laisse être toi, faire ton petit moment de gloire. Sauver le condamné. Pauvre super héros raté va. C'est dommage, t'es mal tombé avec moi. Voilà que tu donnes des ordres. Relevant les yeux dans un soupir, je prends mon temps, pour fixer les prunelles qui nous sont communes. Je prends mon temps et toi tu te répètes, sur les nerfs. À vif. Mon sourire carnassier se dépose sur mes lèvres alors que mes yeux bruns sont droit dans les tiens. J'observe cette lueur de vie que j'ai longtemps cherché. Cette hargne qui ne m'a jamais habitée. Oh pourtant, j'ai regardé dans le miroir, je l'ai longtemps fixé. Et j'y ai vu que du noir. Comme quoi, on est vraiment différents finalement. Et j'attends. J'attends la suite, le pourquoi de cet ordre si viril.

Voilà que t'as des couilles, c'est pas le moment de les perdre petit frère. Je ne perds pas mon sourire, sadiquement amusé de te voir ainsi, prêt à tout, à ne plus être vraiment toi pour un pauvre mec qui en vaut pas la peine. Et sous quel prétexte ? Parce qu'il est ton portrait craché. C'est pathétique. Pathétique. J'écoute ton petit discours, tes petits ordres que tu débites plus vite que t'as jamais parlé. Et tu me sommes de te dire la vérité. Tu vas l'entendre. Et elle va pas te plaire. Tu vas entendre ma vérité. Pas celle de ton frère, celle de celui qui n'a plus de cœur. Celle de celui qui n'a plus rien d'un homme. Celle de celui qui a tout abandonné pour devenir celui qui est capable de te libérer. Je ne perds pas mon sourire. Et je te laisse finir.

Je te laisse évacuer cette rage que t'as accumulé tout le long de ta misérable vie. Je te laisse continuer, t'étais pourtant si bien partie. Et voilà que tu ramènes l'autre conne. T'as besoin de ta blondasse pour justifier tes couilles. C'est triste, pour une meuf pas foutue de te reconnaître. Mais c'est ton choix, et j'ai pas à juger. J'ai plus à dire quoique ce soit. Parce que j'ai pas envie. J'ai vraiment pas envie de faire quoique ce soit pour toi. Tout ce que je touche devient poison, et j'ai pas envie de pourrir le peu qui te reste. Alors j'y touche pas. Je la ferme. Et je me concentre sur nous. Sur ta vérité que tu désires tant. Sur tes mots que tu hurles, que t'ordonnes. À quelques centimètres de moi, tes doigts si près de mon col et mon regard toujours aussi haut, toujours aussi méprisant. Parce que j'en ai rien à foutre, de ta Giulietta, Nolan. J'en ai absolument rien à foutre de tout ça.

Et tu faiblis déjà, après toute cette haine, t'es pas foutu de la maintenir. T'es pas foutu d'aller au bout des choses. Et je suis fatigué de devoir faire à ta place. Je suis fatigué de devoir te mâcher le travail pour que tu trouves un courage au fond de toi. « Si quoi ? » J'insiste, les mots claquent sur ma langue. On va pas y passer la nuit à ta petite crise. Alors bouge ton cul, Nolan. Et ta dernière question m'arrache un nouveau rire. Sur le même ton que les précédents. Je fixe tes prunelles, j'attends une seconde et me décide à réagir. Après tout, je t'ai laissé parler.

J'approche mon visage du tien, et dans un sourire dangereux, à quelques centimètres à peine de ton visage, mon souffle dans le tien, je finis par parler, enfin. « Tu veux la vérité, tu vas l'avoir. Mais tu te plaindras pas de l'avoir demandé. » Aucun sentiment, aucun tremblement, mon nez a beau pisser le sang et faire un mal de chien, tes doigts ont beau être près de ma nuque, j'en ai rien à foutre. J'en ai plus rien à foutre.

« La vérité c'est que je suis le connard que tu crois Nolan. La vérité c'est que j'ai rien d'un bipolaire. Tous mes jolis discours qui t'ont fait craquer sur notre enfance et que sais-je encore, c'était juste pour te faire céder. Parce que t'es faible. T'es faible et tu l'as toujours été. Le moindre petit sentiment, et hop, tu me laisses en vie. T'oublies, et tu te dis que ton grand frère va revenir. J'ai jamais été celui que tu crois. J'ai jamais été un exemple ou je sais pas quoi. »

Je te repousse violemment et t'attrape par le t-shirt pour te retenir de tomber, à quelques centimètre du sol, mon sang te coulant dessus dans ce sourire malsain que je ne perds pas. « La vérité c'est que t'es trop con pour faire ce que t'as à faire, parce que t'as pas les couilles. T'as jamais eu les couilles pour faire quoique ce soit. T'as peur de quoi Nolan, dis moi ? »

Je te lâche brusquement et te laisse t'écraser au sol aux côtés de l'arme que tu avais lâchée pour continuer en la pointant du menton. « C'est toi qui est rentré avec une arme dans mon bureau, en me sortant que tu voulais me tuer. J'ai rien demandé moi. Oh si, pardon. Je me suis fait ta Giulietta. Ta belle et douce Giulietta. Et bien tu sais quoi ? » Une longue pause, et je regarde tes yeux bruns, comme un adieu aux sentiments, un pas que je vais franchir en sachant pertinemment qu'il n'y aura pas de retour. Un pardon que je ne mérite pas, que je n'aurais jamais. Des mots qui sont ma mise à mort. Enfin. Des années après. La mienne, celle qui aurait du exister il y a de ça trop longtemps. « Je ne suis pas désolé. Je suis tellement pas désolé d'avoir sauté ta salope de copine. Et tu sais quoi ? La seule chose pour laquelle je peux m'excuser, en toute honnêteté, c'est d'avoir profité de ta naïveté toutes ses années. Je suis même désolé que ce soit une petite salope qui te fasse pousser une paire. Mais bon, c'est toujours mieux que rien du tout. Pas vrai... »

Je m'éloigne de toi, te tourne le dos, m'essuie le nez. Dans un adieu silencieux, dans des mots que je ne dirai pas. Dans ce masque qui a tenu toute la conversation et qui commence à flancher parce que tu me manques déjà. Parce que je regrette déjà. Mais je suis incapable de dire quoique ce soit, pas plus de revenir en arrière. Parce que cette fois, je ne serai pas égoïste. Cette fois, je le ferai pour toi. Pour que tu vives enfin en paix. Que tu vives enfin sans moi. La vie que tu mérites. Et je ferme les yeux un instant, l'instant de vie, où mon cœur se brise jusque dans mes oreilles. Le dernier, avant de dire les mots qui s'apprêtent à franchir mes lèvres, ceux qui vont tout ruiner. Mettre fin à ce jeu morbide que tu qualifies toi-même de bipolaire. Mettre fin à tout ce qui fait de nous des frères. Peut-être que tout n'a jamais été rose mais il y avait d'espoir, et il va se briser.

Tout va s'éclater et il ne restera plus rien. Juste toi, loin de moi, qui ne me considérera plus comme celui à défendre, encore moins celui que tu penses aimer. Tu te souviendras d'un frère dans ton enfance, que t'as perdu, sans comprendre, sans savoir. T'auras plus la réponse à ces questions mais t'auras plus à te les poser. Parce qu'il n'y aura plus d'avenir pour nous. Il n'y aura plus de choses à savoir. Il n'y aura plus tout ça. Il ne restera finalement que toi, à cette place qui te revient de droit.

Lentement, je me retourne, je laisse les sentiments s'enfouir à tout jamais. Les adieux silencieux pour ce sourire horrible et cet air hautain, et d'un claquement de langue, qui résonne dans la pièce entière, je finis par conclure ma phrase du rictus qui grandit à vu d’œil, de mes yeux dans les tiens, d'une froideur et d'une sincérité qui m'en coupent le souffle sans que tu puisses t'en rendre compte. « … petit frère. »

C'est le point final et je le sais. C'est fini, tout ça. Fini les jeux, fini les sentiments. Fini les faux semblants. Fini tout ce qui nous lie. Tout ce qui fait de nous des jumeaux. Fini les souvenirs, la nostalgie. Je ne suis plus ton frère, je suis le connard qui a un rire glacial à ses derniers mots. Je suis le connard qui vient de te mettre plus bas que terre alors que tu lui laissais encore une chance. Je suis celui qui te provoque, te laisse toutes les raisons de croire que t'es qu'une merde. Je suis celui qui te fait sentir inexistant face à lui. Celui qui prend toute la place et te force à agir si tu veux exister. Celui qui vient de t'exploser le dos gratuitement. Je suis celui qui ressemble comme deux gouttes d'eau à ton frère mais qui n'a plus rien de lui. Je ne suis plus celui que tu aimes. Je ne suis plus rien, qu'une enveloppe de ton image. Une enveloppe insupportable qui te bouffe dans ce rire interminable, dans ce claquement de langue et ces mots qui résonnent encore durement à nos oreilles.

Je ne suis plus rien, et tu n'es plus mon petit frère. Tu n'es même pas mon frère. Et je ne suis même plus ton ombre. Juste un connard, un énième connard.

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MessageSujet: Re: on ne peut plus coexister (noliam)   Lun 8 Aoû - 1:40

On ne peut plus coexister
Liam & Nolan



Je dois être la personne la plus illogique du monde. Et la plus désespérante. Et la plus incapable, aussi. Je dois être, au final, une réelle calamité sur bien des plans. Parce que mon frère n’a vraiment besoin de rien pour me malmener, il n’a même pas besoin de me toucher, juste de m’effleurer de ses sifflements acides et sadiques. Une claque. Dans la gueule. Une douleur dans la poitrine, aussi, alors que mon regard perdu chercher un appui dans cette discussion de non-sens. Lui, pas bon ? Pas de bon en lui ? Je n’y crois pas, je refuse d’y croire, je secoue la tête alors qu’il me fout une claque tout en plantant un couteau dans ma poitrine. Et ça, avec des mots, juste avec des mots. J’en ai marre, j’en ai marre de moi, j’en ai marre de lui, j’en ai marre de ce rein défaillant qui ne s’est pas contenté d’empoisonner mon sang mais qui a aussi empoisonné mon frère, empoisonné notre gémellité. Une claque. Et une attaque. Petit frère. Il en faut peu, il en faut si peu pour me faire sortir hors de mes gonds, quand bien même j’arrivais à rester calme alors qu’il insultait Giulietta. A ça, je sais choisir mes combats, je ne prends que ceux qui ne valent pas la peine, que ceux que je peux perdre sans en mourir. Qu’est ce qu’il veut, merde, qu’est ce qu’il veut ? J’ai l’impression de passer ma vie à poser cette question mais je n’arrive pas à m’en empêcher. Parce que je ne le comprends pas. Parce que je ne le comprends plus. Parce que si je le frappe, là, c’est que j’arrive au bout de mes forces, que je commence à jouer avec mes limites. Mon poing a percuté son nez dans une violence sans nom.

J’ai frappé Liam. J’ai frappé mon frère. Ce n’est peut être pas une première mais… J’ai frappé mon frère. Et son regard, lorsqu’il s’essuie le nez, dégage le sang qui s’enfuit dans une ouverture, son regard qui me fixe m’empêche de détourner les yeux de ce que je viens de faire. Et me raccroche à la réalité. Je ne te suis pas, Liam. J’ai frappé mon frère. Et fort. Désolé, les excuses s’imposent, m’étranglent, s’émancipent, juste avant que je prenne mon inspiration. Il ne faut pas que je lâche prise, pas maintenant. J’ai frappé mon frère. Les battements de mon cœur, dans ma poitrine, tonne comme des coups de tonnerre, des coups de colère, des coups de connard. J’en ai marre, regarde moi, tu vas t’excuser, je n’y crois pas un mot. Mes doigts se saisissent de son col, attrapent sa cravate, reviennent au contact, percutent ses épaules, je me débats contre moi-même pour contrôler cette violence sauvage qui me consume et ne pas m’effondrer sous la culpabilité. Réveille ta colère, Nolan, vas-y, réveille la, attise la, ne la laisse pas s’éteindre sinon tu seras incapable de continuer. Il faut que je me calme mais pas trop, il faut que je m’énerve, mais pas trop, je tente de trouver un juste milieu sans la moindre réussite. Giu’, Giulietta, je me raccroche à elle parce que c’est pour elle que je fais ça, il ne faut pas se leurrer. Ou au contraire, il faut que je me suspende à cette idée pour ne pas tomber dans le vide. Je n’en ai rien à faire, au final, qu’il ne joue pas, qu’il se foute de ma gueule lorsque je lui interdis de me détruire, je n’en ai rein à faire, de ce qu’il peut me dire parce que je me raccroche à tous les branches que j’arrive à agripper histoire de ne pas m’exploser au sol, pour ne pas finir encore plus en morceaux. Son sourire, je vais le lui faire ravaler. Son regard, je vais le lui faire regretter. Sauf que c’est moi qui regrette, c’est moi le faible de nous deux, c’est moi, toujours moi, qui cède en premier, qui craque en premier, qui chute en premier. Toujours. Pas aujourd’hui. Toujours, Nolan. Ma bile me consume l’œsophage lorsque je commence à lâcher prise. Inévitablement. Je suis pas foutu de maintenir ma haine vivace, parce que ce reflet, devant moi, parce que ce sang qui goutte de son nez, parce que son regard, parce que c’est mon frère qui est devant moi et que je commence à peine à me rendre compte à quel point je suis incapable de… je suis incapable de gagner contre lui. Parce que même si un jour j’arrive à avoir le dessus sur Liam, je le laisserai gagner.

Parce que je suis un putain de perdant. Pas un gagnant. Je bégaie, j’hésite, je perds. « Si quoi ? » Si quoi ? J’ai perdu le fil, mon regard se fait errant un instant, j’essaye de retrouver où je voulais en venir, j’essaye de jeter l’ancre dans la mer pour stabiliser mon esprit balloter par les vagues de l’inutilité. Mais non. Trop tard. La barque de ma colère se renverse, je suis trempé de pathétisme lorsque je relève les yeux et sors la tête de l’eau. Qu’il me dise, ce que je dois faire pour qu’il me laisse, qu’il nous laisse tranquille. Qu’il me dise ce qu’il attend de moi, parce que quelque part, je sais que quoiqu’il exigera, je le ferai. Je finirai par le faire. Forcément. Je me désespère. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine quand je finis par me taire, dans une proposition à laquelle je ne crois même pas une seule seconde. Et j’ai le souffle court, d’avoir trop parlé, d’avoir trop perdu. Je suis désolé, Giu’, je ne suis même pas capable de tenir tête à mon frère. C’est pitoyable. C’est tellement… moi… « Tu veux la vérité, tu vas l'avoir. Mais tu te plaindras pas de l'avoir demandé. » Je l’ai laissé approcher. Son souffle glisse dans mon oreille, me glace le sang. J’ai envie de le lâcher, j’ai envie de le repousser. J’exècre cette proximité. Qu’avons-nous fait de nous ? « Qu’as-tu fait de mon frère ? » c’est un murmure inaudible que j’articule. Non, je ne veux plus l’entendre, cette vérité. « La vérité c'est que je suis le connard que tu crois Nolan. La vérité c'est que j'ai rien d'un bipolaire. Tous mes jolis discours qui t'ont fait craquer sur notre enfance et que sais-je encore, c'était juste pour te faire céder. Parce que t'es faible. T'es faible et tu l'as toujours été. Le moindre petit sentiment, et hop, tu me laisses en vie. T'oublies, et tu te dis que ton grand frère va revenir. J'ai jamais été celui que tu crois. J'ai jamais été un exemple ou je sais pas quoi. » J’ai envie de pleurer. Encore. Lamentable. Parce que je n’arrive plus à discerner le vrai du faux dans tout ce qu’il me dit, parce que je n’arrive plus à savoir ce qu’il fait, parce que je ne suis certain que d’une chose, je… il me repousse avec violence, je me sens partir en arrière une fraction de seconde avant qu’il me retienne.

Et forcément… J’ai peur. Son sourire a quelque chose d’effrayant. Parce que nous avons beau être plus semblables que de raison… jamais, vraiment jamais je ne verrai ce sourire sur mes propres lèvres. Son sang perle, attire mon regard, explose sur ma joue tandis que je détourne la tête. Et le regard. Mes mains agrippent ses manches, désespérément. Je pourrais le frapper, je pourrais riposter, je pourrais me battre, au corps à corps, comme j’ai appris à le faire au sein de la résistance, mais… mais j’en suis incapable. Pas Liam. « Lâche moi… » Ridicule. « La vérité c'est que t'es trop con pour faire ce que t'as à faire, parce que t'as pas les couilles. T'as jamais eu les couilles pour faire quoique ce soit. T'as peur de quoi Nolan, dis moi ? » De quoi j’ai peur ? Je n’ai pas le temps de répondre que ma tête heurte le sol. Tête que je protège un peu tard. Sonné, j’essaye de m’asseoir. Deuxième fois que je le vois dans ce bureau, deuxième fois que je finis à terre. Il faut croire que ça va finir par être une habitude. « C'est toi qui es rentré avec une arme dans mon bureau, en me sortant que tu voulais me tuer. J'ai rien demandé moi. Oh si, pardon. Je me suis fait ta Giulietta. Ta belle et douce Giulietta. Et bien tu sais quoi ? » « Ta gueule ». Je ne sais pas ce qu’il cherche, mais il vient de me foutre une nouvelle claque, encore une. Et cette claque à un nom. Giu’. Encore. Toujours, même. « Je ne suis pas désolé. » « Arrête » Une menace. « Je suis tellement pas désolé d'avoir sauté ta salope de copine. » « Arrête… » Une supplique. « Et tu sais quoi ? » « Ta gueule, pitié, ta gueule… » Non je ne sais pas quoi. Je me recroqueville, mains plaquées contre mes oreilles. Pour ne plus l’entendre, pour ne plus l’entendre déverser autant de haine, autant de mépris, autant d’horreur sur la femme que j’aime. Non, je ne sais pas, non je ne veux pas savoir, non je ne veux pas l’écouter. Tétanisé, je refuse de le regarder, je ferme les yeux, je me bouche les oreilles, je me ramasse sur moi-même en refusant d’écouter. En refusant d’accepter la réalité. En refusant de voir la réalité en face. Mon frère est un monstre. Je suis tellement pas désolé d’avoir sauté ta salope de copine. Lorsque je relève la tête pour fixer son dos, lorsque je pose une main sur le sol pour me relever, lorsque je m’accroupis pour m’enfuir, j’ai les yeux que me brûlent. Et le visage déformé par la colère. Parce que la colère est la seule chose qui me permette de sortir de ma prostration.

Je pourrais me relever, comme ça, tranquillement. Sauf que lorsqu’il se retourne, son regard, son sourire, son air hautain sont si violents qu’ils me donnent un coup dans la poitrine et me renvoient au sol. J’ai peur. T’as peur de quoi, Nolan ? De toi. De moi. De nous. « … petit frère. » « TA GUEULE ! FERME TA PUTAIN DE GUEULE ! » Je n’ai pas le temps de reprendre ma respiration que l’explosion me vrille les tympans. Je ne sais pas exactement quand,

ni comment,
ni pourquoi,

mais ma main a trouvé son chemin vers l’arme, qui a trouvé son chemin vers Liam, qui a libéré sa balle. Pour le faire taire. Juste le faire taire. Je mets quelques secondes à comprendre. Que l’arme qui a tiré, c’est celle que je tiens. Que je tiens l’arme qui a tiré. Que j’ai tiré. Mes doigts libèrent l’arme à feu au moment où je comprends que je n’ai pas frappé mon frère, non. Je lui ai tiré dessus. Vraiment. Je l’ai fait. Vraiment fait. Paralysé, je vois éclore au niveau de son cœur une fleur carmine. J’ai tué mon frère. « Non… » Non, non, pas ça, non… « Non, oh non, non… » Je me mets debout comme je peux pour me jeter sur Liam. Le réceptionner, le faire glisser par terre. « Non… Liam, non, je voulais pas… non, non, regarde moi, je voulais pas, c’est pas, je… » J’essaye de comprimer sa blessure, mes mains rougissent un peu trop vite, se teintent d’un rouge sombre, brûlant, poisseux. « Non, c’est pas possible… » Je n’arrive pas à respirer, je déchire ses vêtements pour mettre à nu son torse, son épaule, dans ma précipitation je fais d’ailleurs sûrement plus de mal que de bien mais je panique. Vraiment. « Oh non, tout mais pas ça, non… » Je me prends la tête, entre les mains je me relève, tente d’essuyer le sang sur mes mains, me passe une main dans les cheveux avant de me rendre compte que je disperse davantage le liquide brûlant. Qu’est ce que je dois faire ? Qu’est ce que je peux faire ? « Liam, regarde moi, s’il te plait, ne m’en veux pas… reste avec moi, s’il te plait… » J’essaye de comprimer la blessure, sans succès, parce que je ne sais pas comment m’y prendre.

Et soudain, « Liam ! » des mains m’arrachent à mon « Liam ! » frère, sans que je ne comprenne ce qu’il se « Liam ! » passe, des mains m’envoient « Liam ! » contre le sol, me plaquent à terre. Il me faut une poignée de seconde pour me rendre compte que ce sont les Peacekeeper qui me menottent, qu’on me sépare de mon frère, que… « Liam ! Non, non ! Laissez moi ! »J’envoie ma tête en arrière, je me débats comme je peux, un coup dans la figure me dissuade de bouger. Face contre terre, je ne vois plus Liam. Et c’est ça qui m’angoisse. J’ai tué, Liam. Je l’ai tué. Je… je suis dans la merde, à un point… mais je n’en ai rien à faire, parce que j’ai tué Liam. Et que cette conviction me tue. Et me vide de toute énergie, si bien que je finis par me laisser faire, incapable d’articuler le moindre mot.

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MessageSujet: Re: on ne peut plus coexister (noliam)   Lun 8 Aoû - 3:28



on ne peut plus coexister

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J'ignore ta voix. J'ignore ta haine et j'insiste. Jusqu'à la sentence. Jusqu'à la phrase, au mot, au dernier claquement de langue. Celui qui sera forcément de trop. Parce que je te connais par cœur. Le miroir ne reflète plus dans les deux sens, tu ne me vois plus, mais je te vois comme au premier jour. Je te vois comme je t'ai toujours vu. La meilleure réflexion. La seule légitime. Celle qui était la seule qui avait lieu d'exister. Et je respire lentement, parce que je sais, je sais pertinemment que c'était le mot de trop. Et l'arme dans ta main, le bruit qui m'explose les tympans à la même seconde que les tiens. Nos expressions soudainement communes, et mon visage qui se brise dans un éclat. Tout se floute, tout s'embrouille. En une seconde la réalité n'est plus vraiment là.

Je ne ressens pas la douleur, je ne sens plus mon corps, qui lentement s'écroule alors que la vie qui n'était déjà plus de la partie ne semble pas vouloir se battre. Je ne veux pas me battre. Incapable de dire où tu as tiré, je me sens juste soulagé de t'avoir libéré. Du fardeau que je suis, que j'ai toujours été. Sois malin, fais toi passer pour moi Nolan. Sois malin, dis leur que t'as tué ton jumeau qui t'a attaqué dans ton bureau. T'as eu trois ans pour t'entraîner, c'est le moment. Fais le pour moi. Fais ça pour moi. Incapable d'articuler, je sens pourtant le sol moins violemment que je ne le devrais. Mon regard à demi-clos se tourne vers des bras, tes bras. Vers toi. Non, Nolan. Ne regrette pas. Arrête. Fais pas ça.

J'ai mérité tout ça. Nolan, arrête toi. Je sens tes mains, je sens la chaleur de ton corps sur le mien qui refroidit. Arrête tout ça. Nolan, je t'en supplie, ne t'inflige pas ça. Nolan, va-t-en. C'était la seule chose à faire, il ne reste plus rien de moi. Tu seras bien mieux comme ça. Mon souffle devient douloureux, et tes mains sur moi aussi. Je voudrais lever mon bras pour t'attraper, te dire d'arrêter. Pour une fois, je voudrais que la connection entre nous revienne. Que tu entendes et que tu comprennes. Parce que tu dois pas faire ça, Nolan. Tu dois arrêter tout ça. Ça suffit maintenant, c'est enfin fini. Je déglutis, tousse, sans doute du sang.

J'ai mal sans ressentir vraiment la douleur, tu t'éloignes et ta voix aussi. J'aurais aimé te dire tellement de choses tu sais, des choses que tu mérites d'entendre et de savoir. Mais j'ai pas pu, je peux pas, parce que t'aurais pas pu terminer ça. Et je t'inflige ça, parce que j'ai été trop lâche pour le faire seul. Une part de moi croit encore que c'était aussi pour ton bien, pour que tu tournes la page. Que tu ne me regrettes pas. Une part de moi pense que cet acte fera ton bien. Je veux y croire, j'aurais aimé y veiller, mais soyons honnêtes, il n'y a aucune chance que je puisse le faire, peu importe où j'irai. J'ai mal, Nolan. Et j'ai froid. Je commence à avoir vraiment froid, mais j'ai pas envie que tu le vois. Je suffoque, et je ferme les yeux. Je me coupe de toi.

Parce qu'on a plus rien à se dire, parce que c'est fini. Il te restera nos souvenirs, ce monde qu'on s'était si méticuleusement construit. Ta voix est presque inaudible, mais je sais que tu t'en veux. Parce que t'as peur de tout ça. Mais ne t'en veux pas, Nolan. Parce que je ne t'en veux pas. Je ne t'en veux vraiment pas. Si j'avais la capacité de sourire en cet instant tu le verrais, si je pouvais ouvrir à nouveau les yeux tu comprendrais. Que c'est un cadeau que tu nous as fait, que c'est cette foutue mascarade que t'as arrêté. Nolan, ne mets pas mon sang sur tes doigts. Éloigne toi. Va vivre ta vie, sois heureux loin de moi. C'est tout ce que j'ai toujours demandé. Prends tout ce que tu veux, tout ce dont t'as besoin, et vis, enfin.

C'est ton tour, Nolan. Le tien. C'est plus le mien. Le monde a tourné, et c'est ma tête qui est dans l'eau et la tienne à la surface. Mais t'en fais pas, la roue ne tournera plus, je compte m'y enfoncer à tout jamais. Et mon cœur ralenti, quelques secondes, ou peut-être quelques minutes. Un soulagement, la boucle est bouclée. Je n'ai jamais été condamné pour le crime que j'ai commis, et tu as perdu ta vie pour celui-ci. C'est ma sentence, de t'offrir cette vie volée, de finir là où j'aurais du aller. Parce que c'est comme ça que ça aurait du se passer. Depuis toujours, c'est comme ça que ça aurait du se passer. Je suis tellement désolé de t'avoir volé ces années, d'avoir fait tout ce que j'ai fait.

Je suis désolé de ne pas avoir été le frère que tu méritais. Je sens mes poumons s'affesser et mon corps retomber. Tu n'es plus là. Et je dois partir aussi. Toi dans la lumière et moi dans l'ombre. C'est comme ça que ça devait se terminer. Une vie pour une vie. La tienne pour la mienne. Tu vas enfin commencer à vivre. Le repos éternel, ou l'Enfer à n'en plus finir. Peu importe. Tout ce qui m'attend j'y suis préparé. Parce que t'iras bien et que c'est tout ce qui compte.

Et c'est fini.
Juste comme ça.
Une seconde, un souffle.
Et plus rien.
Le néant.

Ça devait s'arrêter là. C'était supposé finir comme ça. C'était pas bien compliqué, je ne demandais que ça. Mais pourtant, une douleur violente me prend dans la poitrine et mes yeux s'ouvrent sur mon bureau dans ce flou que je ne comprends pas. Tout est sombre, tout est loin. Mais t'es encore là, c'est le poids de ton corps sur le sol qui m'a fait ouvrir les yeux. C'est la réalité bien moins belle que ce que j'ai imaginé qui me ramène au lieu de me laisser tout foutre en l'air. Parce que j'aurais du savoir que tu pourrais pas faire ça. J'aurais du savoir que tu te ferais pas passer pour moi. J'aurais du savoir. J'aurais du.

J'ai mal partout, et je suis incapable de bouger, encore moins de parler. Ta voix me heurte, elle me cogne plus que tout ce qui me touche et m'entoure. J'ai mal pour toi et pour tout ce que j'ai raté. Même cette si belle fin que j'avais imaginé. J'ai mal, tellement mal de ton poids qui touche le sol avec brutalité, de ton besoin de savoir que tu m'as pas tué. J'ai mal de te savoir enchaîné loin de moi, j'ai mal de pas pouvoir te dire que je vais bien. « Wiggins ! Wiggins, restez avec nous. »

Mais ferme donc ta gueule toi. Va sauver mon frère. Vous avez pas le bon coupable. Laissez le partir. C'est quand même pas compliqué putain. C'est quand même pas compliqué. « Allez Wiggins, on va vous soigner. » Soigner quoi ? Ton ministre adoré ? Mais arrête. Tais toi. Laisse moi entendre Nolan. Laisse moi l'atteindre, lui faire comprendre que je regrette. Lui faire comprendre que c'est pas fini. Sors de ma vue, sors de ma peau, je m'en fous. Dégage de là. Laisse moi atteindre mon frère. Laisse moi le ressentir comme avant. Sors tes sales pattes de ma poitrine. J'ai rien demandé, connard. Ça vous regarde pas. C'est si compliqué que ça ?

Je veux serrer les mâchoires, je veux hurler. Je veux te parler, te dire que je vais bien et que ça va aller. Mais j'en suis incapable. Je suis en colère, je brûle de rage contre moi-même, et je t'entends hurler sans pouvoir te parler. Sans pouvoir te montrer. Même bouger un orteil j'y arrive pas. Je suis désolé Nolan. Je suis désolé de te laisser tomber encore une fois. Je suis désolé d'avoir merdé à ce point. Je suis désolé de ne rien pouvoir faire pour toi.

Mais je vais me battre. Je vais me battre pour toi. Je vais me relever, rapidement, et te sortir de cette merde. Je vais prendre mes responsabilités et te donner la vie que tu mérites. Je vais m'excuser, sincèrement, pour tout ce que t'as fait. Je vais faire mieux, et disparaître de ta vie. Sans aucune culpabilité pour toi. Je vais faire tout ça. Je te le promets. À la seconde où je me réveille, je cours t'aider. Tu m'entends ? Tu m'entends Nolan ? Je te promets, je te laisse pas tomber.

Une larme coule sur ma joue, et le monde redevient trop flou pour penser clairement. Je suis tellement navré Nolan, je suis tellement navré mais je vais devoir me reposer. Juste une seconde. Tiens bon, tiens bon j'arrive. Laisse-moi une minute. Juste le temps de reprendre mon souffle et je suis tout à toi. Tu vas voir, tu vas t'en sortir. Et cette fois ça se passera comme ça aurait toujours du se passer. Cette fois je laisserai rien t'arriver.

Tu m'entends, je te protégerai. Je te le promets, Mon Frère.
| Topic Terminé.

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