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 Never know why it's coming down [PV Aleksi]

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↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
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MessageSujet: Never know why it's coming down [PV Aleksi]   Jeu 5 Mai - 2:34

Never know why it's coming down


○ Not ready to let go. Cause then I'd never know what I could be missing. But I'm missing way too much, so when do I give up what I've been wishing for ?  I shot for the sky, I'm stuck on the ground. So why do I try ? I know I'm gonna fall down. I thought I could fly, so why did I drown ? Never know why it's coming down, down, down. I am going down, down, down. I can't find another way around and I don't want to hear the sound, of losing what I never found.


La sensation éclot hasardeusement entre ses côtes, un poignard invisible se coinçant entre les os. Impossible à remuer. Impossible à ôter. La pointe infecte la chair, poison avide et empressé parcourant le réseau veineux. Parasite sabotant la constance du flux sanguin. La douleur grimpe, contamine le thorax tout en entier. Il ne peut déjà plus respirer. Ses bras s’agitent, il renverse quelques flacons face à proximité. Les uns après les autres, ils se fracassent contre le sol glacé, dispersent leur contenu sans plus d’émoi. Ezra bascule vers l’avant, se rattrape de justesse à l’évier tandis que ses jambes succombent elles aussi à l’onde destructrice. Le désespoir l’étreint sans plus de réserve, une accolade macabre qui l’oblige à suffoquer, à agoniser d’un mal qui ne peut se définir correctement et qui ne possède surtout ni odeur, ni couleur, ni apparence. Que l’expression arborée maladroitement par le souffrant. Ses yeux heurtent le pitoyable reflet face à lui, se figent d'effroi. Il contemple sa propre détresse, la subit doublement. Sa  lividité souligne des traits rendus plus anguleux par l’épreuve. Aucun éloge pour sa candeur grossièrement conservée jusqu'ici. Les cernes s’incrustent dans la peau, congédient l’azur et dispersent cette misère émotionnelle entretenue dans l'insomnie. Visage insipide pour âme corrompue. Le résultat d’une existence misant sur l’ordre et se retrouvant à servir le chaos. Chaque heure passée à assister à l’extraction d’organes, chaque minute écoulée dans cet antre du diable, chaque seconde consacrée à l’épanouissement de cette organisation mafieuse, l’enterre un peu plus. La terre dégringolant le larynx, le regard à hauteur du sol qui se replie. Un goulot pour la gorge, un étau pour le cou. Une nécessité pour la survie. Un mal pour un bien. Il n’en est plus si certain. Il se cramponne plus voracement à la porcelaine, jusqu’à entendre ses phalanges craquer, jusqu’à s’écouter penser. Elles s’articulent en silence. Les pinces grignotant la cervelle, la toile se formant autour du cœur. Les araignées se nichent en son sein depuis des décennies. Elles sont là depuis pratiquement toujours. Il le sait. Mais pour la première fois, il est vraiment tenté de tendre l'oreille, d'écouter ce qu’elles ont à lui suggérer.

Il serait facile, pratiquement tentant de pousser le vice. Les laisser comploter et puis, obéir. Ne plus réfléchir. Ne plus devoir prendre de choix par soi-même. Juste laisser faire. Le norvégien défait sa prise, se redresse. Ne plus raisonner, avancer. Il se sent déjà plus léger tandis qu’il se penche pour attraper ce qu’il planque au fond de sa commode. La crosse du flingue dans sa paume semble peser plusieurs tonnes mais il parvient à la soulever assez haut pour pouvoir faire partir le coup. Bref, instantané. A qui manquerait-il ? Le monde se porterait mieux sans lui. Ellie serait mieux sans lui. Et Kyran, il s’en remettrait. Forcément. Il n’a jamais fait que le blesser, le rejeter. L’éliminer de sa vie. Et puis, de toute façon, des autres, il n’en a déjà plus rien à faire. Il veut juste que ça s’arrête. Et ça peut s'arrêter. Fini la mascarade, fini l'anxiété. Fini le vide. L’index reste bloqué, l’air aussi. Les paupières se referment, les mains tremblent. Une seconde d’hésitation. Un seul mais et c’est tout son projet qui s’écroule. Qu’est-ce qu’il est en train de faire ? Il relâche l’arme, recule de plusieurs pas. A quoi pensait-il ? Il ne peut pas les abandonner. Il ne peut pas leur faire subir ça. L’échec désemplit sa poitrine un peu plus. Pas un cri, pas un sanglot. Rien. Il crève simplement de désespoir sans le moindre témoin. Sa démence aphasique prend fin quand il s’arrache l’épiderme de ses ongles, juste sur le bras gauche. Il racle la peau jusqu'à en saigner. Il doit trouver de l’aide. Il doit voir quelqu’un. Il faut qu’on lui rappelle ce qu’il est, pourquoi il est encore là. Pas la première déroute, pas le premier cauchemar mais la première fois qu’il décide d’abolir toute pudeur, tout orgueil. Plus rien ne semble avoir d’importance dans cette crise. Sauf le début. Et tout ça n'a commencé qu'avec une seule et unique personne. Il a besoin de son frère.

Dans un spasme, il bondit sur la porte et se met à marcher aussi vite que possible. Ses membres le soutiennent à peine, seuls les souvenirs le maintiennent. A chaque pas, il s’oblige à replonger dans le passé, à s'accrocher au meilleur. A ces sourires dérobés, à ces jeux de gamin qu'ils s'inventaient, à ces sales tours qu’ils jouaient aux autres. A la Norvège et ses paysages gelés, au feu qui les cueillait quand ils parvenaient à se faufiler dans un endroit couvert, isolé. Au givre contre les vitres, à ces formes improbables auxquelles il tentait vainement d’assimiler une signification. A la neige qu’il appréciait les jours où le froid ne le dérangeait pas. A l’odeur du pain frais qu’ils étaient parvenu à dénicher. A toutes ces victoires muettes, à toutes ces sensations intenses éprouvées mille fois sur la même journée. De la peur à l’action qui lui permettaient de savoir qu’il était là. Qu’il était là en vie. Il veut retrouver tout ça. Il veut se rappeler de ça. De ce bonheur qui fait mal.

Il court dans les escaliers, tambourine abruptement la porte convoitée puis, il espère follement. Qu’il soit là, qu’il lui ouvre. Qu’il comprenne sans même que son cadet parle. Que tout s’efface, le chagrin, la solitude, le péril. Que tout redevienne comme avant, juste pour cette fois. Juste le temps de retrouver la raison, le sens, de savoir ce qu’il a failli oublier. Ce qu’il a failli perdre. Ses poings frappent le bois jusqu’à ce qu’on lui ouvre, jusqu’à ce qu’on le délivre de ce maudit silence qui meurtrit davantage ses songes déjà trop noirs. Il lui dira tout. Il se le promet. Il lui dira du début à la fin que rien ne fonctionne. Et qu’il s’est trompé. Il s’est trompé sur toute la ligne. Sur lui, sur eux. Une chance de se racheter, une opportunité pour rendosser sa véritable identité. Sven mise tout sur le visage qui vient lui faire face. La déception est immédiate. Il s’affaisse pratiquement sur place, misérable. « Où est Kyran ? » s’entend-il réclamer d’une voix trop rauque, trop brisée, trop sèche. L’univers s’effondre une seconde fois, emporte avec lui, les derniers relents de toute humanité. L’espoir s’émiette à leurs pieds tandis qu’il compte les secondes machinalement. Un compte à rebours. Celui de sa fin.

_________________

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MessageSujet: Re: Never know why it's coming down [PV Aleksi]   Ven 6 Mai - 20:32


Comme un arrière-goût d’usure sur la langue. Celui de la fêlure qui prend au corps lorsque l’instant se perd dans le néant du souvenir. J’ai les échos du soupir dans les oreilles, les battements d’un cœur en déroute à présent privé de son jumeau. L’éclat d’un plaisir fragile qui meurt dans un souffle brûlant contre la peau en fusion. L’enlacement des contraires qui s’accordent pour mieux se déchirer une fois la folie passée. L’oubli sous la couette. La créature étreinte que l’on rejette. Lui tourner le dos pour oublier l’opprobre qu’elle appose et fait couler sur les muscles qui se détendent. Les phalanges se perdent pourtant dans la tignasse, comme une caresse que l’on offre pour excuser ce qu’il vient de se passer. Faire glisser la perdition encore un instant sur les épaules de cet autre qui nous indigne. Les frissons se heurtent et se blessent, le long de mon échine en miette. Les paupières closes pour se raccrocher à cet instant déjà disparu, s’enivrer de cette odeur qui vient effacer la mienne. Le goût de l’autre sur la langue qui ne s’efface pas, comme une injure que l’on refuse de prononcer à haute voix par peur de se faire réprimander. Tourner le dos à l’autre pour ne pas sentir la faiblesse, l’envie déroutante de venir se heurter contre lui. Se blottir contre la chaleur fauve pour effacer le froid qui prend déjà possession de ma carcasse solitaire. C’est un besoin qui se fait pressant mais rien en sommeil, me pousse à m’échouer dans la glace de la place qui est la mienne. Loin du bord, la main contre le mur pour se raccrocher à quelque chose à défaut de pouvoir s’accrocher à lui. La couette en réconfort pour accueillir l’écueil d’une satisfaction amère. Elle meurt déjà dans la poitrine, comme à chaque fois la chute est redoutable. Elle entraîne toute la mécanique à sa suite, transperce la poitrine de la poupée de chiffon de toutes ses redoutables aiguilles. L’instant d’égarement qui précède l’éloignement. Au lever du jour comme pour annoncer le début d’une nouvelle journée. Se retrouver pour mieux se séparer et attendre avec le vide dans le ventre le moment où le néant se fera à nouveau écraser par cette complicité malsaine qui nous caractérise.

J’ai l’envie de mourir dans le cœur. M’enrouler tel un ver dans les entrailles de coton et disparaître totalement. La force de rien, le cerveau en lambeaux. Remettre à plus tard l’inévitable. Cet instant où je devrais plonger le nez dans les dossiers ramenés de la morgue. La quête du cadavre parfait pour remplir les rangs du Bones. J’ai tiré sur la corde pendant trop longtemps pour ne pas faire les frais de mon inconsciente témérité. En me mettant Moïra à dos, c’est la colère de Kyran que je risque de récolter. Et si l’inconfort de la rousse me laisse de marbre, m’attirer les foudres du norvégien ne fait pas partit de mes plans. Dans un soupir, je m’engouffre plus encore dans mon nid de tissu, étouffe sous la chaleur qui m’emprisonne. Quand des frissons ne cessent de venir rouler sur ma peau, le ressac de vagues de glace qui fait claquer mes dents. Le corps se broie dans un spasme, sursaute lorsque le silence factice de l’appartement explose sous les heurts fracassant la porte. Treme n’est jamais calme. Qu’importe l’heure du jour ou de la nuit, la vermine ne se repose jamais. Elle refuse de se faire oublier, et lorsque la garde se baisse, elle revient frapper avec hargne. Je râle, grogne, les oreilles se cachent sous l’oreiller. C’est tout l’organisme qui refuse de répondre à l’appel. L’insistance me cisaille le crâne, effrite les nerfs. Elle efface la douce léthargie, le coma amoureux de l’amant abandonné à sa douleur. Au rythme du tambour, le cœur martèle contre les côtes. Le monstre blanc roule sur le côté, occupe la place de Kyran et les phalanges tâtonnent sur le sol. Récupèrent un pantalon informe qui se fait aussitôt happer par la gueule béante de l’édredon. La couette parvient enfin à se mettre debout sur ses pauvres pieds, et se traîne jusqu’à la porte. Je refuse de la lâcher, comme une sécurité à laquelle s’accrocher pour éviter les agressions extérieures. S’attendre à trouver à peu près n’importe qui derrière la porte malmenée. Du rat au dépravé notoire qui se roule dans la rue à côté. N’importe qui, mais certainement pas le visage défait de Son cadet.

« - Ezra… » La question me prend de cours. Appose le doute dans mon cerveau. Je vis avec, mais je suis incapable de savoir où il se trouve. Face à la stupidité de la chose, je manque de m’étouffer de honte. Le ventre en désordre face à l’injure. Je suis un tout et rien à la fois. « Je n’en sais rien, il est partit ce matin. » Je le lance, dépité, baissant le nez dans un examen furtif du nouvel arrivant. Son timbre m’a écorché les oreilles. Les échos brisés se plantant dans les rouages de mon cerveau. « - Tu vas bien ? Ne reste pas là, entre. » La question futile s’accompagne par une main qui s’extirpe de la masse blanche. Se tend pour venir se poser doucement sur le bras du scandinave. L’attirer à l’intérieur et refermer la porte avant qu’il ne s’effondre totalement sur le palier. Il ne va pas bien et l’évidence me broie le cœur. L’ami inutile face à la détresse de l’autre, je suis incapable de trouver quoi faire, alors je le laisse se poser sur le canapé bancal. Recule pour lui laisser de l’air, et contempler la destruction. Je l’ai désappointé en ouvrant la porte, l’éclat de la déception incendiant son regard fatigué. C’est un serpent qui s’enroule lentement autour de ma gorge pour mieux l’écrouer, quand mes doigts viennent se resserrer autour de la couette. Je me perds vaguement dans une excuse piteuse, l’abandonne le temps de disparaître dans la salle de bain. Laisser choir l’édredon protecteur et le troquer contre un t-shirt. Remettre de l’ordre dans la débandade de ma tignasse pour finalement revenir dans la pièce principale. « - Je suis navré, j’ignore quand Kyran va revenir. C’est un courant d’air dans cet appartement. » Je le lance la volée tout en me laissant tomber sur le bord du lit, face à Ezra. « - Ce n’est certainement pas la réponse que tu souhaitais j’imagine. » J’esquisse l’ébauche d’un sourire imparfait. Qui se veut réconfortant mais qui ne parvient pas à remplir sa tâche. Parce que la gêne s’insinue dans mes veines. Vicieuse elle vrille l’assemblage jusqu’à me pousser à triturer mes pauvres doigts nerveusement.

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Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
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MessageSujet: Re: Never know why it's coming down [PV Aleksi]   Mar 10 Mai - 0:56

Les ombres déchirent leur apparat pour l’amener à lui. Une silhouette distend les ténèbres, masquée par une masse incertaine insistant sur une fragilité omniprésente. Toujours trop frêle, trop souvent fébrile. L’ami, l’allié. A ses côtés, l’ingrat a pu se sentir miséricordieux, dispensant une affection qu’il ne porte d’ordinaire à personne. Pas même à son frère. L’ironie assiste la détresse. Les désillusions grossissent, entretiennent le mal être et le désespoir. Il aimerait fermer les yeux, tourner les talons. Oublier ces dernières heures et cette rencontre. Mais la terreur le préserve de la fuite, démantèle la lâcheté. S’il s’éloigne sans avoir obtenu ce qu’il est venu chercher, il serait à même de recommencer. D’achever le geste. La peur engendre de longs frissons massacrant l’échine. Il se crispe pour les accuser, tente de rester en place, de soutenir ce qu’il subsiste de son être fragmenté. La voix de son interlocuteur le fauche en plein silence. Son frère n’est pas définitivement pas là. Kyran lui semble tout à coup si loin, inatteignable. Hors de sa portée. La solitude éviscère le damné. Ses entrailles dévoilées, la douleur mimée sur son visage fatigué. Pas besoin de sons pour lui fournir la réponse à cette question pratiquement rhétorique. Il vient déjà lui porter assistance. En d’autres temps, cette main lui aurait porté un grand secours par son passage furtif. Avant, il n’aurait peut-être même pas pu conserver ses macabres cheminements pour lui. L’une des rares personnes qu’il apprécie. Appréciait. Il ne sait plus quoi penser d’Aleksi. Il ignore ce qu’il reste encore de ses bons sentiments, des excuses qu’il lui trouvait et des similitudes qu’il s’évertuait à observer entre eux. Sa seule présence amplifie le chaos bousculant ses pensées, précipitant ses mouvements. Sans trop savoir comment, il est déjà rentré. Sans même comprendre sa progression, il est assis sur le canapé, la tête calée entre les mains, le cœur bloqué dans la gorge. Pourquoi est-ce toujours si compliqué ? Pourquoi est-ce constamment une épreuve de respirer et d’avancer ?

Le regard percute le finlandais. C’est à peine s’il l’écoute s’excuser d’une situation qu’il n’a pas provoquée ou désirée. Ezra n’éprouve rien à le constater. Rien face à la maladroite sollicitude de son comparse. Le vide s’étend, remplace chaque organe par un néant vorace. Plus il se tait, plus il lui concède de nouvelles parcelles de son être. Fertiliser la chair, la rendre perméable au désordre, à l’absence. Au péril. Après plusieurs secondes de repli, de souffrance muette, il redresse le menton. Au début, les traces de leur amitié le dissuadent de poursuivre l’intention. Mais ensuite, le ténor de son aîné le rattrape. Ses confessions lui ramènent un semblant d’émotion. Juste assez pour enflammer sa carcasse trop froide, ses prunelles tristement éteintes. Destructrice, la colère remplace hasardeusement l’apathie. L’égaré s'y raccroche avec toute l’énergie dont il dispose. Ce n’est déjà plus qu’une question de survie avant d’être une histoire de rancœur. « On a rarement ce qu’on souhaite de toute manière, pas vrai, Aleksi ? Tu en sais quelque chose, non ? » Le ton sec, la hargne ponctuée par un ricanement morbide. L’infirmier réajuste sa position pour ne plus suggérer l’accablement qu’il abrite encore. Ses paumes se rassemblent, se retrouvent, se serrent. « Il ne reste pas ici ? Quelle surprise. Il semblerait que tes tentatives pour le retenir aient donc échouées. C’est moi qui suis navré que tu aies gâché des vies pour aucun résultat. » Les syllabes coulent d’elles-mêmes, fendent ses lèvres dès qu’elles les outrepassent. L’abattre pour mieux s’en tirer. Expulser ce qu’il a contenu, ce qui l’a longtemps rongé. Ces dommages provoqués par l’attente, par le peu d’idéalisme qu’il a pu mobiliser. Sa foi en l’humanité ébranlée et le peu d’espoir placé sur les relations pouvant s’instaurer avec autrui, consumé dans les révélations à consommer. Tout a toujours été évident, il a juste refusé la vision, il a abjuré ce qu’il contemplait. Un déni volontaire, nécessaire. Un réveil trop brutal. Encore irréel et pourtant.

Pourtant, l’adrénaline afflue, chasse le coma mental et ramène un peu de vie dans son corps malmené. La vicieuse sensation de trahison, la terrible impression d’abandon. L’horrible réalité dévoilée et acceptée dans ce moment de faiblesse, d’égarement. Cet homme qu’il a toujours voulu protéger, n’est pas celui qu’il connait. Il ne sait pas ce qu’il fait, a fait, fera. Il ignore ce qui passe par sa tête. Ce qui le motive vraiment à rester ici avec le tyran. Ce qui le pousse à foncer vers sa perte sans arrêt. Le norvégien rejette son impuissance, son empathie pour lui. Il gomme la moindre parallèle entre leur historique chaotique. Il décide de s’étouffer avec son égoïsme, de ne voir que sa peine, de n’écouter que son chagrin. Il n’y a déjà plus que ses cris dans sa tête quand il reprend la parole. « Dire que j’ai été assez naïf pour te croire. Assez naïf pour te trouver des excuses quand tu t’es tiré sans même m’en parler, pour te réceptionner aux urgences ensuite sans même te sonder. Je t’ai pardonné beaucoup de choses. Même le meurtre que tu m’as fait commettre. Je croyais que tu en valais la peine, qu’on était au moins amis. » La déception brise le timbre inflexible mais il embraie aussi vite et plus abruptement. « Comment tu as pu lui faire ça, leur faire ça ? Je ne te connais pas finalement, Aleksi. Je ne sais pas qui tu es. J’aurais jamais dû prétendre le contraire, j’aurais jamais dû penser que tu valais mieux que lui, que moi. En fait, tu n’es pas avec lui pour rien, pas vrai ? Kyran tient trop à se détruire. J’aurais dû m'en douter. J’ai été assez con pour penser que tu ne méritais pas ce qu’il t’arrivait. » Il dépasse sa pensée, piétine toute raison, s’enfonce tête baissée dans un mal qu’il ne peut exprimer. Qu’il ne peut nommer. Sa douleur prend une forme inattendue. La pire d’entre elles. « Alors dis-moi, tu dors mieux au moins depuis que tu sais qu’elle est morte ? T'es heureux de partager le lit de celui que t'as failli faire tomber avec elle ? » Qu’il soit blessé, qu’il souffre autant que lui. Qu’il réplique, qu’ils s’abiment dans une dispute violente. Qu’il ne lui reste définitivement plus rien. Pas même le réconfort d’un ami qu’il a si longtemps estimé. Qu’il perde tout pour de bon. Ses méprises et son besoin de croire en une amélioration. Tout est voué à l’échec. Il en est à lui seul, l’égérie du concept.  
 

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Dernière édition par Ezra S. Reilly le Sam 14 Mai - 0:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Never know why it's coming down [PV Aleksi]   Mer 11 Mai - 21:19


La silhouette en perdition, les murmures d’un cœur en proie à une douleur qu’il est le sent à connaitre. Ce qui s’affiche sous mes yeux me brise. Et me fige dans les glaces de l’inconfort. L’ignorance face à l’attitude à adopter, la faiblesse qui se rue dans les veines devant une détresse que l’on se sait incapable d’apaiser. Je m’en veux presque, de ne pas être capable de lui révéler l’endroit où se trouve son aîné. Claquer des dents sous le joug de l’irritation et laisser la mâchoire se crisper, le temps que le silence se fasse de plomb au-dessus de nos têtes. Les questions me prennent de court. Ce n’est pas le contenu qui me serre le cœur mais le ton utilisé pour les cracher dans l’air. La sécheresse, les cordes vocales qui vibrent d’un ensemble de choses qui me laissent interdit. L’accablement s’estompe, comme on enlève une poussière d’une veste abandonnée depuis trop longtemps sur une chaise. Je cille, stupidement, le sens des paroles proférées conservant tout son mystère. « - De quoi tu parles ? Je n’ai jamais cherché à le retenir. » Inconsciemment peut être. Par peur de me retrouver totalement seul. Le retenir pour ne pas chuter, parce que sans lui, tout s’écroule. C’est un besoin qui est devenu viscéral au fil du temps, les années scellant la destruction. Le malaise s’agite sous ma peau, il court contre les chairs pour mieux les racler au passage. L’inconscient qui dicte les règles et murmure de se méfier de l’éclat qui incendie les prunelles de l’homme assit face à moi. Je regrette presque d’avoir laissé ma couette dans la pièce d’à côté. Mon rempart de mousse et de tissu, en protection face à l’oppresseur. A ces mots qui m’accablent sans que je ne comprenne vraiment pourquoi. Pas immédiatement du moins.

Elle revient alors, souveraine, la rancœur de faits passés se glisse sur le plancher fatigué. A la manière d’un coup dans le dos, le cœur qui se serre et s’épanche de sa douleur pour mieux pleurer ses larmes amères sur le sol. La mémoire bafouée que l’on s’échine à triturer dans l’espoir d’en soutirer les derniers fragments d’horreur. Amis. Le terme s’échoue contre mon crâne, le heurte et en brise l’armure. Il ne l’était pas, aux prémices de cette relation qui se devait d’être viciée. Intéressée. A ce moment où je m’étais juré de ne jamais le considéré comme autre chose qu’une mécanique avec laquelle il me serait aisé de jouer. Pris dans les filets de ma propre perfidie, la bêtise en ligne de mire, l’affection venue enrayée les rouages. Il est certainement le seul sur lequel je peux apposer ce mot sans réfléchir. L’amitié remplaçant le vice.  « - Mais c’est le cas. Ezra, je suis sincèrement navré pour cette… Erreur que j’ai pu commettre. Je ne savais pas ce que je faisais à ce moment-là. Je ne me doutais pas que tu deviendrais aussi important. » Sa déception me fait mal. M’oblige à gigoter sur le lit, sans trop savoir qu’elle posture ou attitude adopter. Me lever pour le rejoindre, se rapprocher pour mieux lui faire comprendre qu’il a tort. Rester, et apposer une distance qui semblera être salutaire les premiers instants. Des doigts de glace remontent le long de mon échine, à contrecourant pour marquer la chair et me faire frissonner. « - Je suis avec lui parce que je l’aime. » En défense à l’accusation, les mots dépassent mes lèvres avant que je n’ai le temps de les retenir. Un aveu qui s’extirpe du fond de mon cœur en plein accès de de folie. L’évidence qui se fait réelle et qui me fige le temps d’un battement de cils. Se voiler la face pour mieux se prendre la vérité dans la figure quand elle viendra à se retrouver exposée. La mutilation pour se taire, je me mords la langue et me recroqueville piteusement sur moi-même. Les sourcils se froncent sous la force de la perplexité. Et la brume se dissipe dans un hoquet. Elle, l’indienne. Il sait. Je le fixe, incrédule. Brisé, gêné, victime de la tempête qui se rue joyeusement sous ma peau.

« - Je t’ai toujours dit que tu avais tort de me placer au-dessus de vous. » Le murmure m’échappe dans un soupir, tandis que je baisse les yeux. J’ai honte, d’avoir agi sous l’emprise d’une impulsion uniquement guidée par la jalousie. La peur de Le perdre, et la rage au corps de la voir si proche de Lui quand je n’obtenais alors que ses œillades froides et les élans d’une complicité honteuse une fois la porte de la chambre refermées sur nos deux âmes. « - Je ne suis pas fier de ça non plus. J’ai agi sans réfléchir, elle me pourrissait la vie. Ce que j’ai supporté pendant des mois sans sourciller. Ca ne pouvait plus durer. » Pris en faute après une énorme bêtise, le gamin hésite. Son regard se fait fuyant et ma jambe s’agite nerveusement. Je suis la victime de mon propre procès. Différent de ceux qui j’ai pu déjà connaître dans ma piteuse existence, le juge et le bourreau en la personne d’Ezra. Si le malaise reste présent, affreusement cuisant, l’irritation prend le pas sur l’abattement. L’indignation d’être si injustement accusé. Fracassé par la méchanceté gratuite d’un être que l’on ne cherchait qu’à aider quelques instants plus tôt. « - Je te croyais juste Ezra. Tu juges sans savoir. Je regrette d’avoir été l’instigateur de sa chute, tous les jours. S’il fuit cet endroit, je sais pertinemment que c’est de ma faute. Je n’ai jamais cherché à ce que prennes ma défense, que tu me considère comme le martyr de cette histoire. C’est toi qui l’as fait de ton plein gré. » S’épancher sur sa douleur, effacer la sympathie d’un revers de main pour répliquer sans apposer le moindre pansement sur la blessure qui se fait purulente. « - Que veux-tu entendre ? Que je regrette d’avoir venu son Indienne ? Pas le moins du monde. » Craché dans un relent de frénésie jalouse, la rancœur qui fait vibrer le timbre. J’aurais été incapable d’en supporter plus. De la laisser me détruire comme elle pouvait s’amuser à le faire. Je me suis persuadé que ce n’était qu’un mal pour un bien. « - Je regrette seulement de ne pas être capable de lui rendre son importance et ce qu’il possédait avant sa chute. » Le luxe et le respect. Une existence loin de se besoin atroce de se détruire, soir après soir dans les entrailles d’un club insalubre. Les poings arrachés contre de la peau morte. La peur au ventre à l’idée de Le perdre pour de bon.

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MessageSujet: Re: Never know why it's coming down [PV Aleksi]   Sam 14 Mai - 13:15

Le lieu qui l'abrite, n'effleure pratiquement pas sa conscience. Ses yeux restent douloureusement fixés sur la cible. La proie de son petit jeu de rancœur. Le coût du désespoir, le scandinave ne se voit pas le payer autrement qu'en versant son propre sang. Sa seule échappatoire réside dans la haine à vouer à cet homme, rejeter les fautes ailleurs. Les erreurs se sont accumulées, les décalages, les déceptions. Trop longtemps, il a conservé son ressenti. Trop longtemps, il a pris sur lui. Sans doute que sans l'instabilité accrue des derniers jours, il aurait pu mener cette discussion plus calmement, avec le recul nécessaire. Peut-être qu'il n'aurait pas cherché à l'acculer directement dans cette hargne insolite, qu'il aurait peut-être même voulu comprendre. Lui offrir une réelle chance de s'expliquer. Mais dans la douleur éprouvée, il s'octroie le droit de tout bafouer, de laisser les émotions brutes l'encercler, propulser des propos qu'il ne pense parfois qu'à moitié. Sa haine envers la vie se transfert à cette situation et sans le savoir, Aleksi paie pour tout le reste. Jamais, le norvégien n'avait réellement élevé la voix devant lui. Jamais, il ne l'avait même jugé sévèrement. En sa présence, l'infirmier redevenait étrangement le gosse naïf à la générosité intarissable. Sa loyauté avait trop souvent évincé Ezra au profit de Sven. Peut-être que pour ça, il lui avait été reconnaissant aussi. Peut-être que pour ça justement, il lui en veut davantage. Il en a oublié sa méfiance naturelle et tout bon sens. Une des rares relations qu'il s'est autorisée, une des rares personnes à qui il a offert sa totale confiance. La trahison éprouvée n'en est que doublement renforcée. Chaque collision rencontrée avec les prunelles voisines le lui rappelle sournoisement.

Le malaise du finlandais ne l'atteint pas, il l'observe se tortiller sur le matelas avec une indifférence féroce tandis que la tempête continue de détruire sa cage thoracique, de réduire à néant toute faculté de réflexion. Les paroles s'échappent toujours plus rapidement, plus sèchement tandis que les mots de son interlocuteur l'écorchent un peu plus à chaque fois. Il se dit qu'il ment. Qu'il est comme tous les autres, un usurpateur. « Important ? Laisse-moi rire. Tu t'es bien servi de moi du début à la fin. » Le mépris réarrange ses traits quand la confession s'égare entre eux, il n'y accorde pas la moindre importance. Cet homme pourra se justifier autant qu'il le souhaite, le norvégien n'est déjà plus là pour l'écouter. Il ne veut qu'accuser, qu'abattre. Le reste ne l'intéresse pas. Mais le légiste a raison et il le sait. L'image qu'il a construite de lui, a été idéalisée, édulcorée sans doute par nécessité. Dans un déni inquiétant à son propos, par besoin de croire en quelqu'un, juste pour une fois. En le sauvant lui, il pensait aussi se sauver quelque part. Aucun salut pour deux âmes corrompues. Cette relation amicale a fait ressortir tout ce qu'il avait de mieux en lui pour après tout ravager à nouveau. Quand comprendra-t-il enfin la leçon ? « Agir sans réfléchir ? Si tu avais agis sans réfléchir, tu l'aurais tué de tes mains accidentellement ou dans un accès de colère. Tu ne l'aurais pas envoyée crever de cette manière, ça me semble plutôt réfléchi au contraire. Kyran aurait pu faire quelque chose de stupide, il aurait pu mourir par ta faute. » La voix se brise devant une évidence qui le tourmente. Il se relève quand la rage le bouscule, pointe un index accusateur sur son hôte. « C'est comme ça que tu traites les gens que tu aimes, Aleksi ? Je commence à comprendre bien des choses. » Sa tête vacille de gauche à droite, ses jambes frémissent. Sa hargne s'estompe juste assez pour qu'il se résigne à se rasseoir, encore trop faible, encore trop décomposé pour parvenir à soutenir correctement la démence.

Le crâne revient se poser entre ses paumes, le temps de gérer le vertige. Il repose son attention ensuite sur la carcasse piégée dans ce conflit. La posture du hacker déstabilise juste un instant son courroux. Une douleur vive lui percute la poitrine mais il l'ignore sciemment. « Elle te pourrissait la vie à ce point ? Drôle que ton masochisme ne t'ait pas permis d'apprécier ça. T'es sûr que c'était pas de la jalousie mal placée ?» Sa méchanceté claque, l'oblige à se crisper. Quelque part au milieu de cette déroute, il sait qu'il n'assumera pas ça dans une heure, un jour, une semaine quand il se souviendra de son emportement et son entêtement. Cependant, la riposte soudaine de son acolyte défait les prémices de sa culpabilité. Le ton monte d'un cran, il hurle presque. « C'est toi qui oses me parler de justice ? Vraiment ? Je dois encore te rappeler comment tu t'es tiré de chez moi sans un mot ? Je t'ai cherché, j'ai cru que... Que t'étais parti pour en finir, te tuer d'une façon ou d'une autre. Je me suis inquiété, j'étais paniqué, j'ai couru dans tous les sens pour pouvoir t'en empêcher pendant que tu le retrouvais joyeusement de ton côté. Tu trouves ça juste, toi ? Tu apparais et disparais quand ça te chante, quand t'as juste besoin de moi, quand je te sers à quelque chose puis tu me balances comme une vulgaire chaussette. C'était ça, non le but du rapprochement que je sois ton foutu pantin pour atteindre Kyran ? T'es content, t'es fier ? Je me suis fait avoir comme un débutant. J'ai accepté tellement de choses parce que je pensais vraiment que tu le méritais. Je croyais... Je ne sais pas ce que je croyais. Je pensais que je pouvais avoir confiance en toi. » Les intonations se craquellent jusqu'à disparaître dans un couinement craintif. L'urgentiste replie ses bras contre lui, cherche son souffle un instant.

Quand il reprend, son timbre semble plus stable, un peu moins agressif. « Parce que tu penses comme lui aussi ? L'argent, le luxe, le pouvoir, toutes ces conneries, ça ne rend personne ni plus heureux, ni meilleur. Que du contraire dans le cas de mon frère. Tout ce qui te préoccupe c'est le fric alors ? Tout le mal que tu as fait à Kyran » et à moi. « En tuant Sanjana, ça n'a pas d'importance ? Tu t'en fiches totalement. Kyran qui se laisse, de toute évidence, bouffer par des zombies, ça te laisse aussi indifférent ? Qu'il se fasse tabasser à mort dans une ruelle sordide, ça aussi, t'en as rien à foutre ? Pourvu qu'il récupère son petit manoir, hein ? C'est le confort que tu cherches ? La gloire ? T'es sûr que c'est par amour que t'es avec lui ? » Son offense ne vise qu'un seul but et il le sait. Il sait très bien ce qu'il cherche. Et se retrouve sans doute à comprendre son frère dans cette démarche. Ils se ressemblent plus qu'il ne pourra jamais l'imaginer. « Vous aviez une chance tous les deux de repartir à zéro, de faire autre chose de vos vies... Il va finir par crever et si ça arrive, je te tiendrai aussi pour responsable. » Aussi. Parce que lui-même se sait en partie coupable de cette déchéance entretenue. Il en est viscéralement convaincu.

La tête de l'invité se redresse abruptement, son regard met au défi celui de son vis-à-vis. La sentence outrepasse sa rétine, elle s'élance vers l'avant, soutenue par les syllabes projetées pour cogner la frêle silhouette lui faisant face. « Tu as raison, j'ai eu tort de croire que tu n'étais qu'une victime. Que je devais faire en sorte de t'aider, te sortir de là. Je crois que vous vous valez bien avec Kyran. Encore que lui, il aurait eu la décence de faire le sale boulot lui-même. Il n'aurait pas demandé l'aide du gouvernement pour ça. Kyran n'est pas un lâche, on peut lui reconnaître ça. » L'ultime affront. Et il attend alors, que la foudre l'anéantisse, que la colère survienne et le batte de la main qu'il croyait jusqu'alors amie.

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MessageSujet: Re: Never know why it's coming down [PV Aleksi]   Lun 16 Mai - 20:05


Le mépris se fait hostile. Tranchante, la lame déchire la chair et n’y laisse que la marque d’odieux frissons. Des tremblements d’inconfort et de désespoir. Dans mon tourment, je me surprends à jeter un bref regard en direction de la porte. L’espoir de la voir s’ouvrir sur Kyran accroché au cœur. Rien ne bouge, le décor reste le même. Piteusement empli par la véhémence d’Ezra. Les épaules s’affaissent dans une vaine tentative de protection. L’air se comprime dans les poumons, se fait absent d’un système en pleine perdition. La défense est malhabile, et qu’importent les efforts, elle ne servira à rien. Se heurter face à un mur d’acier et ne rien pouvoir faire pour le voir ployer. Je secoue la tête, lentement, baisse le menton pour m’enliser dans la contemplation du plancher abîmé. Les reproches m’accablent, exposent devant mes yeux aveugles les risque que j’ai encouru en vendant l’indienne au Gouvernement. Je l’avais peut être préparée cette trahison, avec l’assurance d’un fou. Que rien ne pourrait Lui arriver quand elle tomberait. La confiance en une idée stupide et dangereuse, persuadé qu’elle ne dirait rien. Emporterait sa fidélité envers le norvégien dans son enfer, gardant le silence pour le préserver. Parce que j’aurais agi de la sorte. Me taire pour le sauver. Endurer sans jamais ployer. Un sursaut accueille le geste de l’invité. Le repli en écho sous la peau pour éviter qu’il ne s’approche. Une ridicule position de faiblesse qui ne fait qu’accroitre mon malaise face à la rancœur qui se dresse à présent sur ses deux jambes. Secouer une nouvelle fois la tête pour démentir. Ravaler la douleur qui lacère le cœur et faire craquer mes doigts pour oublier les autres élans amers qui s’incrustent dans ma chair. « - Je ne sais pas de quelle manière les traiter, je ne fais que les perdre… » Le constat s’extirpe dans un souffle de la sécheresse de ma gorge. L’habitude qui me poursuit. Qu’importe la distance, lorsque l’affection s’en mêle, tôt ou tard, les choses finissent mal. Je gigote encore une fois sur le matelas, effaçant dans un raclement de gorge étouffé la panique qui s’engouffre dans la brèche. Les perdre… Fatalement, c’est ce qui risque d’arriver avec Kyran. Comme tous les autres, il va disparaître. S’effacer de ma misérable existence pour ne laisser qu’un vide dans la poitrine.

Les traits se crispent et l’amertume vient s’y apposer. Visible sur la nervosité du visage, l’aversion que la seule mention de l’indienne peut m’inspirer. « - Il a ses limites, et elle les avait allégrement dépassé. Ce n’était pourtant pas faute de faire des efforts. » Lâché dans un soupir, l’aveu se fait déchiqueter par les dents serrées. Les accusations se suivent et s’entassent dans mon crâne. Le cerveau peine à analyser les données, fonctionne au ralentis. La mécanique qui surchauffe et qui ne parvient pas à déterminer quelle attitude adopter pour éviter la pluie acide. « - Je ne voulais pas te causer d’embarras. J’ai mal agi en partant comme je l’ai fait, j’en suis sincèrement désolé. Ce n’est pas vrai Ezra, et tu le sais. Au début, c’était le but oui. Mais au début seulement. Je me suis fait prendre à mon propre piège, je ne pensais pas finir par te considérer comme un véritable ami. Tu te bornes à ne pas vouloir me croire, mais c’est ce que tu es à mes yeux. » L’ébauche d’un sourire sincère s’appose sur mes lèvres, s’accompagne d’un regard lancé dans sa direction. Pour s’effacer aussitôt, ruiner par l’expression qui s’affiche sur les traits fermés d’Ezra. L’accablement se morcelle face à l’injustice, et les nerfs commencent à se tendre au rythme des battements qui résonnent dans ma poitrine. Je m’efforce de m’enliser dans ma passivité, d’ignorer les murmures qui viennent caresser mes oreilles. Ceux qui veulent me contraindre à répliquer. M’élever au même niveau d’injustice que celui dans lequel se complait le norvégien. « - Je me moque du luxe et de tout ce qui va avec. Tu n’es pas là, tu ne sais pas. Ce n’est pas qu’une question de luxe mais de réputation. » Le timbre se fait plus acide. Le froid d’une colère naissante s’enroulant autour de mes cordes vocales. C’est une lutte que je suis en train de perde. Réplique acide alimentée par l’attitude assassine d’un patron au caractère exécrable. La barricade qui s’effondre lorsque les questions s’écrasent contre mes tympans. La bouche s’ouvre sous le joug de l’impulsivité, puis se referme. Le tourment se fait violent, crispe les entrailles et le cœur. Les dents se serrent pour mieux se délier dans un claquement.

« - Le seul fait de le savoir dans cet endroit sordide me détruit. Je ne le supporte pas. Qu’est-ce que tu crois ? Que ça m’amuse de le voir rentrer couvert de sang et de blessures répugnantes ? J’ai essayé de le faire arrêter, mais il s’en moque. Le voir se détruire comme il le fait… » La voix vacille, vibre des élans de cette colère qui s’efforce de rester tapie sous la peau. Mon incapacité à le sortir de ce méandre dans lequel il se laisse aspirer me désole. Ecartèle le piteux morceau de chair emprisonné entre mes côtes. Eveille la peur, l’angoisse de ne plus le revoir passer cette porte. Qu’il aille trop loin et que les blessures deviennent irrémédiables. La crainte sourde de voir son corps arriver à la morgue, étendu dans un de ces sacs qui rythment mon quotidien. J’en ravale un hoquet d’horreur, me renfrogne et serre les poings jusqu’à sentir les ongles abîmer la chair. « - C’était elle ou moi. » Je le lâche dans un soupir sombre avant d’esquisser un sourire amer à l’adresse du norvégien. « - Etre lâche est un de mes défauts, je pensais que tu l’avais remarqué. » Un haussement d’épaule qui se veut désinvolte pour achever la réplique. Dans un sursaut, tout le corps se redresse. Abandonne le confort misérable du matelas pour prendre de la hauteur, et ne plus se faire dominer par l’injustice de la situation.

« - Il y a un but à tout ça ? Je dois me complaire en excuses et pleurnicher pour ton pardon ? Si tu étais le frère aussi exemplaire que tu prétends être, tu ne lui aurais pas tourné le dos. La critique est facile lorsque l’on arrête de bouder pour blâmer les autres. Tiens-moi pour responsable si ça peut te permettre d’alléger ta conscience, mais tu participes à sa chute. Il s’est ruiné pour te sauver. » La main s’agite en direction d’Ezra. Désigne l’opprobre, l’ébauche d’un dédain s’apposant sur les traits. Fatigué d’encaisser sans broncher, une part de l’âme vient de se briser. Le morceau de verre qui explose en mille morceau et libre le vent d’une irritation trop difficile à contenir. « - Blâme-moi pour la mort de l’indienne, mais tu n’as aucun droit de me reprocher quoi que ce soit d’autre. » Le timbre se fait de glace et le regard vient s’ancrer aux rétines fatiguées. Le froid en guise de protection. Attaquer sans réellement le faire. Parce qu’il m’est difficile de le voir comme un ennemi. Malgré tout ce qu’il pense, toutes mes erreurs qui entache la toile de notre étrange relation. Il reste un être important pour moi. Pour Lui. « - Le rôle de martyr te va bien, Ezra. » Le constat se meurt dans le battement de mes bras qui retombent contre mes flancs. La conclusion évidente venue s’apposer contre mes tempes. Blâmer l’autre pour ne pas affronter ses propres erreurs. L’aisée face à la difficulté, le chemin le plus simple à emprunter.

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MessageSujet: Re: Never know why it's coming down [PV Aleksi]   Ven 20 Mai - 1:20

Tout se renverse. Si abruptement qu'il n'a rien compris. Aleksi, déjà debout, le ton démantelé par l'acidité recherchée. Ses mots se bousculent, se rassemblent, le compriment. La réplique se fait assassine. Il a récolté ce qu’il a si maladroitement semé. Les apparences entretenues des deux côtés se fendent, volent en éclat dans le cas d'Ezra. Il ne reste déjà plus que ce qu'il voulait dissimuler. Cette haine viscérale pour tout être, toute chose, ce refus de compréhension, ce rejet de toute humanité. Ne demeure que l’héritier légitime de la dégénérescence familiale, le fruit pourri d’un arbre déraciné. La honte s’insinue fébrilement dans ses entrailles tandis qu’il l’observe se décomposer et se renfrogner finalement, riposter. Très vite, le norvégien comprend qu’il a provoqué ce qu’il ne pourra pas supporter. Son empressement à susciter la confrontation a été une erreur qu’il a commise sciemment et qu’il ne peut déjà plus assumer. Dès que le finlandais lui renvoie la pareille, il se sent tellement misérable qu’il ne lui reste pratiquement rien comme dignité. Des tremblements agitent ses membres, déchirent sa pelure terne, dangereuse au toucher. Il se sait trop près de la brèche, trop instable pour pouvoir contrôler cette nature qui l’empoisonne jour après jour. Il craint déjà un débordement, une rupture nette avec ce vague contrôle exercée sur son ombre qui s’allonge de seconde en seconde à ses pieds. Le pouls s’accélère, la respiration se disperse de manière erratique. Il va devoir trancher entre l’affliction et la hargne démesurée. S’il n’a fait que miser sur la seconde, la première option devient bien plus impérieuse dans les reproches à accuser. Lui qui se moque toujours ouvertement de Kyran et de ses plaintes, son petit jeu du plus grand malheureux. N’en fait-il pas lui aussi un piteux spectacle ? Le qualificatif résonne, détruit davantage ce qu’ils ont tissés. Du moins, l’endommage-t-il un peu plus.

Les poings serrés sur les genoux, il ne se résigne toujours pas à se relever pour faire face à son hôte, ne cherche pas à ne plus être acculé par sa hauteur retrouvée, au fond de ce canapé élimé. D’une étrange façon, ses intonations s’échappent plus froidement qu’il ne l’aurait pensé. « Je crois que tu remplis mieux le rôle de martyr que moi, Aleksi, de toute évidence. Je me suis fait prendre à mon propre piège. Pauvre de toi. C’était censé me réconforter à quel moment ? Puis sérieusement, tu ne voulais pas t’embarrasser d’un au revoir ? T’as eu la trouille, oui. De me regarder dans les yeux et de me dire que tu allais le retrouver. Mais ça aurait mieux valu que ton silence alors que je crevais d’angoisse. A quel moment est-ce que tu as agi déjà en ami avec moi, dis-moi ? J’ai déjà fini en prison à cause de toi. J’ai perdu mon boulot en partie à cause de toi. » A moitié vrai, à moitié faux. Le cumule des deux crimes l’a mis dehors. Deux meurtres qu’il n’a pas perpétrés. Injustement balancé pour combler les douleurs à la poitrine, entretenant le reproche à défaut de se pencher sur la peine qu’il provoque à le pousser dans ses retranchements. A force de chercher à couper le fil, il va tomber à nouveau. Mais de toute manière, qu’est-ce que ça changerait ? Qu’il chute de cette hauteur ou d’une autre, il ne fait que s’effondrer perpétuellement jusqu’à exploser son crâne contre le sol. Bientôt juste assez violemment pour que la cervelle explose. Le ton se fait plus sec encore, les phalanges craquent d’indignation tandis qu’il renforce la pression exercée sur ses doigts encore rassemblés. « Une réputation, ça t’apporte quoi comme bonheur ? Quoi comme chaleur ? Une renommée dans le milieu mafieux, c’est sûr que c’est le nirvana, de quoi être fier. Qu’est-ce qu’on en à faire de ça de toute façon, hein ? Je veux seulement qu’il reste en vie. Qu’il arrête ses conneries. Tu ne l’as jamais enterré, toi, alors ne prétends pas savoir non plus. » Les intonations se cassent en deux en touchant le point. Il baisse vivement les yeux, prend de longues inspirations, glisse à nouveau une main frémissante contre son front.

Le timbre se réarrange à chaque idée déployée, tantôt dans l’offensive, tantôt dans la faiblesse suggérée. « Je voulais le voir, c’était ça le but initial. Je ne pensais pas tomber sur toi. Mais je n’attends plus rien de toi, sois rassuré. Tu peux me rayer de ta liste, m’oublier. Comme ça, tu seras plus à même de me vendre si le besoin s’en fait un jour. » Un sourire mauvais veut poindre mais la force le déserte aussitôt ce nouvel affront porté. Les succubes se retirent et il regrette déjà pratiquement tout. Néanmoins, c’est trop tard pour commérer les remords. Il ne subsiste déjà plus que les justifications, les dégâts le préservant de toute autre forme de rédemption. « Puis, pour ton information, cette dette, c'est la mienne de toute manière et il était déjà ruiné avant ça de toute manière. Tu crois que j'allais le laisser gérer ça ? Je ne suis pas un lâche, moi. Je sais très ce que je lui ai fait et comment je l'ai traité ces dernières années et il n'a pas non plus été un frère exemplaire, je te signale. Mais il est ma famille. Et je n'ai jamais demandé à être sauvé de toute façon. » L’aveu s’échappe péniblement entre ses lippes serrées, les éraflent, il se recroqueville abruptement, le thorax déchiré par cette simple vérité.

La silhouette collée aux pieds du damné se détache sournoisement tandis que le vide s’ouvre à nouveau sous lui, elle agite le peu de mobilier à proximité, fait tomber une chaise avec fracas. Ezra cale sa tête trop lourde entre ses deux paumes misérablement frémissantes, cherche à se calmer. Il se surprend à se balancer légèrement d’avant en arrière, se bercer machinalement pour se rassurer, tout en se forçant à inspirer bruyamment. Il doit retrouver pleinement possession de son pouvoir, rappeler son ombre. Il a peur de lui faire du mal. Il en crève de trouille. Mais il est bien incapable de se lever pour l’instant, de traverser la pièce et de retrouver l’indifférence générale du monde extérieur. Qui continue de tourner sans avoir le moindre sens. Qui sait ce qu’il pourrait faire aux autres dans cet état ? « J’ai vraiment besoin de voir Kyran. » conclut-il d’une voix à nouveau brisée. Une supplique, déjà plus qu’une résonance du désespoir. Il relève péniblement les yeux vers le légiste. « Tu n’as même pas une piste à me fournir ? Il ne peut pas errer bêtement. Il doit forcément être quelque part, à un endroit précis. » Son ténor s'abime de plus en plus; les syllabes projettent le mal être à son insu. Réclamer son aide après toute cette scène ridicule, à quel point peut-il se montrer plus pathétique ? « Je dégagerai le plancher après. T’auras plus à me voir ou à me supporter. » Un murmure. Une promesse plus pour soulager son vis-à-vis que pour se soulager lui. La solitude le terrorise plus que jamais désormais. Le néant encombre sa poitrine, dérange ses traits, éteint ses prunelles et condamne son âme.

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Dernière édition par Ezra S. Reilly le Lun 30 Mai - 21:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Never know why it's coming down [PV Aleksi]   Lun 23 Mai - 20:20


La douleur s’extirpe d’entre les lèvres. Elle arrache des morceaux de chair et fait tomber le cœur à lambeaux. A chaque battement erratique, c’est un morceau supplémentaire de la bienveillance qui s’éteint. Elle s’étiole sous la peau à mesure que les relents d’une colère froide s’élèvent des cendres. La raison en déroute, les poings se serrent pour endiguer au mieux le flot de ressentiment venu se heurter contre mon ventre. Les mots se distillent sans me laisser le temps d’appréhender la situation. De réfléchir plus avant. Nul besoin de se montrer plus réaliste, il n’y a que cette envie déroutante de réponde à l’agresseur avec les mêmes armes. De s’enrôler sur le chemin de la destruction quitte à regretter ensuite amèrement ce qui résultera de l’instant. Un champ de ruines fumantes, des morceaux épars qu’il sera difficile à recoller. Piètre artiste, la minutie ne fait partie de mon vocabulaire que lorsqu’il s’agit de laisser courir un scalpel sur un corps mort ou mes doigts sur un clavier. Le norvégien use des mêmes artifices que son aîné. Pousse à bout des nerfs déjà érodés par des années d’errance. De douleurs sourdes que rien ne peut apaiser. Elles restent en sommeil, latente, je finis par les oublier parfois. Pour mieux sentir le revers de leur retour. Ce nœud dans la gorge et la main qui enserre les entrailles pour les voir se vider de leur sang. Le monstre sous la peau en écho à une souffrance contenue depuis des années. Jouer de reproches pour mieux faire vaciller celui qui se tient à bord du gouffre. J’ai abandonné l’appui du matelas pour surplomber l’indigent. Debout sur deux jambes qui menacent pourtant de se dérober sous le poids d’une peine assassine. Trop d’erreurs sont venues s’ancrer dans la mécanique. Un plan si savamment étudié qui s’est envolé en fumée lorsque l’attachement est venu se glisser dans l’équation. L’erreur  mathématique impossible à prévoir, même pour le plus alerte des esprits. Une bévue de plus que l’on appose durement sur le monticule de mes défaites. Un soupir pour laisser s’échapper la stupidité, et la salive qui tente de glisser contre ma trachée. La gorge nouée, asséchée par les regrets et les lames de l’exaspération.

« - Peut-être oui, j'ai eu peur de ta réaction, de te décevoir. Quand tu t’échinais à vouloir m’éloigner, en remerciement de ton hospitalité, voilà que je retourne vers celui que tu voulais me voir abandonner. Alors oui, j’ai eu peur et j’ai préféré tout abandonner plutôt que de voir de la honte dans tes yeux. Tu n'es pas le seul à avoir souffert, ne va pas croire que je ne m'en veux pas d'être partit aussi subitement sans prévenir. » L’aveu se fait douloureux. J’ai eu peur c’est un fait. De tellement de chose qu’il est ardu aujourd’hui d’en faire la liste complète. De voir de la déception dans ces yeux sombres. La trahison et la stupidité d’un être faible incapable d’accepter la main que l’on peut lui tendre pour lui venir en aide. Je n’ai au fond jamais voulu que l’on m’aide. Que l’on me sauve d’une situation dans laquelle je me suis jeté à corps perdu le premier. Parce que j’ai été l’instigateur de ma propre chute. L’attrait de l’interdit et du danger, gravés en lettres sombres sur Son front. Je n’ai peut-être jamais été fait pour le tranquille d’une vie banale. Tenter de refouler les élans étrangement dangereux qui s’éveillent parfois sous ma peau en les étouffant avec de bonnes intentions. La fragilité en porte à faux pour éviter les questions et les regards suspicieux. Parce qu’il est ardu de se méfier du fragile. Quand il peut se casser au moindre faux pas, au moindre mot trop fort pour qu’il le supporte. La part sombre trop aisément ignoré, je la sens, qui gratte les tréfonds de mon pauvre corps. Les tremblements se font pressants contre la peau, les frissons d’une étrange adrénaline fichés sur la chair affable. La perdition enclenchée dans un souffle fragile. C’est une sensation étrange qui se presse contre mon cœur. Le morcèlement de l’âme, celui qui précède chaque oubli. La mémoire en danger. « - Et tu imagines être le seul à vouloir cela ? » Je le lâche, cynique. L’ébauche d’un rire moqueur s’échoue contre mes lippes, s’accompagne d’une œillade amère.

« - Je ne prétends rien, mais je connais la douleur que la perte d'un proche peut engendrer. Ca n'apporte peut être pas du bonheur, mais un semblant de sécurité tout au moins. Ca lui éviterait de vouloir à tout prix se retrouver face à ces créatures pour avoir l'impression d’exister. » La seule évocation de ma sœur me fait mal. La douleur se peint sur mes traits et ma rancœur se fane le temps d’un soupir las. La perte est encore trop ancrée pour que l’édifice reste de marbre face à elle. La perdition se chasse dans un reniflement, l’esquisse d’un sourire condescendant s’apposant alors sur mes lèvres. « - Navré d'habiter ici. » La réplique s’accompagne d’un haussement d’épaule. Moqueur à en crever. Les explications et les mots creusent ma tombe. Achève de briser les derniers morceaux d’une amitié considérée comme factice. « - Tu n'as jamais demandé à l'être, mais tu viens de le dire, il est de ta famille. Tu savais, qu’il était ruiné et ça ne t’est pas venu à l'esprit qu'il ferait n'importe quoi pour te sortir d'une mauvaise passe? Quitte à s'endetter encore plus ? Tu n’es peut-être pas un lâche mais ton attitude laisse penser le contraire. » Je le désigne d’un geste agacé de la main. Fait un pas de côté comme pour me protéger d’une quelconque menace. Apercevant du coin de l’œil un mouvement au sol. Le jeu de la lumière contre le plancher miteux, l’illusion d’une ombre qui se déplace. Le sourcil se hausse comme pour accueillir le doute. L’attention se fait plus précise pour contempler la silhouette noire abandonnant son propriétaire. La nature de son essence me revient à l’esprit de la façon la plus douloureuse qui soit. Parce qu’elle me rappelle que je suis comme lui. Humain en-dehors, monstrueux en dedans. « - Il est inutile que je me justifie, tu as déjà forgé ton opinion. » Achever la discussion avant qu’elle ne tourne au drame. Sans faire d’efforts pour atténuer les braises qui menacent de prendre d’un côté comme de l’autre. L’abattement qui se lit dans son attitude me broie le ventre, et pourtant les murmures d’une voix fielleuse ne cessent de venir caresser mes tympans.  La soif insatiable du monstre pour un conflit qui n’a pas atteint son apogée, renforcé par la menace de l’ombre doté de sa propre raison.  

« - Pourquoi je répondrais Ezra ? Tu n'attends plus rien de moi, c'est bien que tu as dit.  Quitte à passer pour un monstre, autant le faire pour de bon en ne t'offrant rien de plus que ce que je t'ai déjà donné. »  Les bras s’éloignent, s’élèvent légèrement pour mieux retomber lourdement contre les flans. Il est peut-être au Bones. Certainement. Ou bien ailleurs… Vivre ensemble pour mieux se séparer. Devenir des ombres l’un pour l’autre et ne rien demander quand les routes se croisent à nouveau. A la tombée du jour ou aux premières heures de la journée. Profiter des instants ensembles sans s’embarrasser de compte-rendus, au fond bien dérisoires, de nos journées respectives. Seulement faire remarquer ma présence lorsque les coups et le sang viennent entacher Sa peau.

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MessageSujet: Re: Never know why it's coming down [PV Aleksi]   Mar 31 Mai - 1:57

Toute bienveillance se dissout. L’encre souillant l’eau, la peinture ravageant l’espace encore vierge. Couche après couche, le gris s’approfondit. Des nuances qui dérivent dangereusement vers la plus impeccable obscurité. Aussi noire que l’âme qui pourrit dans ce corps faussement juvénile. Combien d’années écoulées à se retrouver piégé dans cette enveloppe misérable, trop souvent haïe ? Sur ses traits, la malédiction familiale rejoue un air qu’il méprise. Des similitudes physiques écœurantes avec le géniteur violent, un regard trop azuré pour pouvoir correctement endosser cette nouvelle identité en toute impunité. Conçu par accident, subsistant par habitude ou par lassitude. Longtemps, il a pensé que le souvenir de Kitty suffirait à le maintenir vivant mais ce passé ne signifie plus rien désormais. Terrorisé à l’idée d’être à nouveau abandonné, continuant pourtant d'entretenir cette solitude détestée en repoussant toutes les mains à agripper. Kyran en premier. Et maintenant, Aleksi. Le rejeter, l’abattre de ces vérités qui dérangent le norvégien, qui érodent le thorax. Du sang sur les paumes, du sang à ses pieds. Que fait-il d’autre sinon saigner devant témoin ? Souffrir d’absences qu’il a provoquées ? Réduit à la seule condition d’orphelin égaré, isolé de l’humanité. Aucun conte captivant pour aucune fin satisfaisante. Pas la moindre morale à tirer, pas la moindre tragédie à savourer. Une succession d’erreurs, rien d’inédit, rien d’intéressant. Son existence se résume à quelques douleurs communes à l’espèce humaine, ne divergeant que par l'essence surnaturelle. C’est cette peine qui le différencie du monstre. Mais cette conclusion ne lui permet pas d’apprécier cet état pour autant. Alors qu’il perd son seul allié, il ne peut pas acclamer la source de ce chaos. Plus les mots s’empilent et plus, il succombe à cette évidence. La distance se forme, impose un comportement insolent, intransigeant à son comparse. La précarité de son invité ne l’intéresse déjà plus. A raison sans aucun doute. L’infirmier l’a cherché pour ne rien trouver. Les mots ont perdu leur sens, cette situation ne possède aucune substance. Rien ne justifie ce qu’il se passe. Si ce n’est un prétexte pour se défouler, lui qui ne possède déjà plus rien d'autre que sa voix.

Même plus propriétaire de son propre corps, même plus capable de contrôler ses dons infects. Ses paumes tremblent un peu plus tandis que le finlandais brise les dernières attaches. Ses ultimes remarques font l’effet d’une bombe, elles ravagent la lucidité et ne laissent pour seule trace qu’un bourdonnement encombrant pour les tympans blessés. Debout à nouveau, la hargne déferlant sur sa carcasse par vagues assassines. Les intonations sortent plus rauques, plus revêches. « Je n’ai pas voulu ça. » s’écrie-t-il plus fort encore. « Tu crois que j’ai demandé à être mis dans l’arène en premier lieu ? Et que j’ai voulu qu’IL soit au courant par-dessus le marché ? Je n’ai pas cherché à solliciter son attention. » Des justifications qui s’emmêlent, qui ne servent déjà plus aucune cause, ne répondent pratiquement pas aux accusations balancées. Tout le mépris de son hôte lui lacère la gorge, lui sectionne le larynx. L’air peine à alimenter les poumons, à porter le ténor de plus en plus fracassé. « Ce que tu m’as donné ? Tu ne m’as rien donné du tout ! Tu me dois cette réponse. Après tout ce que j’ai fait pour toi… Après tout ce que…» Une impression de déjà-vu lui saute à la figure, l’oblige à se taire. Il agit et s’exprime exactement comme son frère. Tandis que les réminiscences l’acculent, le fractionnent, son ombre, elle, remonte vers sa proie, étrangle son vis-à-vis abruptement. Ça ne dure que quelques secondes. Elles sont suffisantes pour que l’affolement survienne. Durant ce laps de temps, il ne sait pas s’il parviendra à arrêter le phénomène et ne peut qu'imaginer le pire. Paniqué, il recule, enfonce ses ongles dans sa chair, au niveau de l’avant-bras, l’écorche juste assez pour que des plaies se forment. Pour que les meurtrissures physiques rappellent la silhouette, pour qu’elle relâche le cou de l’informaticien.

La tétanie l’oblige à prolonger son mutisme. Le mal perpétré, l’horreur dévoilée dans toute son entièreté. La honte en bannière, Ezra fait un pas en avant, esquisse un geste pour porter assistance à l’homme qu’il vient d’agresser accidentellement et se ravise au dernier moment. Ses yeux ne savent déjà plus où se poser, craignent un énième jugement qu’il ne pourra pas encaisser. La peur chasse toute dureté, congédie définitivement la colère et sollicite la perdition dans toute sa plus belle et terrifiante simplicité. « Je … Je ne voulais pas... Pardon. » Son excuse se flétrit immédiatement devant la gravité de l’acte non désiré. Un pas en arrière et l’être frémissant devant la ligne franchie. La terreur d’un enfant qui voit l’adulte faire preuve d’une violence exécrée sur quelqu’un qu’il a toujours jugé proche. Même maintenant. Plus encore maintenant qu’il a outrepassé la limite. Comme une litanie macabre pulsant dans ses veines, des tambours appelant à l’héritage putride des Hogan. « Je te jure, je ne voulais pas… » Des sanglots dans la voix et le vide se refermant sur lui. « Faut que tu me crois. Je… » Marchant à reculons, les paumes relevées pour amender sa démence. La hanche cogne une chaise, il vacille.

Alarmé, démantelé par tout ce triste spectacle, par son résultat. « Je ne voulais pas te faire de mal, Aleksi. » répète-t-il désespéré, conscient de ne pas pouvoir compter sur la confiance adverse. Son acolyte ne lui accordera aucun crédit après ce qu’il lui a balancé. « Je… J’aurais pas dû venir. Je suis désolé. C’était une erreur. » Oui, c’en est une à tous les niveaux. L’effroi gagne en ampleur à mesure qu’il réalise ce qu’il s’est passé. Son trouble se mue en douleur, crispe péniblement les traits de son visage. « S’il te plait, ne dis rien à Kyran. Ne dis pas que je suis passé. » Il ne doit pas savoir. Ni ce qu’il a fait, ni ce qu’il est. Supporter la critique de l’aîné, le voir tracer les parallèles qu’il s’est appliqué à gommer lors d’une de leurs dernières entrevues. Ou solliciter son inquiétude au mieux pour le pire. Le scandinave s’est juré de ne plus jamais se reposer sur son frère pour avancer, promis de ne plus être le boulet qu’il devra trainer. Et pourtant, le voilà dans sa demeure. Croquemitaine venant gratter le parquet, dérober la patience et la nuque de son amant à défaut de pouvoir lui grappiller l’affection réclamée. Egoïste crachant son mal être à qui défile à ses côtés. Parade morbide à laquelle il l’a convié sans le vouloir réellement. « Je ne suis pas venu pour ça. Je voulais juste le voir. Je voulais juste qu’il m’aide. » Des chuchotements qu’il n’adresse déjà plus qu’à son esprit fragmenté. Ses bras se referment contre son buste tandis que le néant s’étend davantage. D’une seconde à l’autre, il va être englouti totalement. Incapable de retrouver pleinement ses démons, de faire face au silence. Il attend qu’on le chasse. Qu’on lui fasse comprendre qu’il ne mérite même plus de se tenir là.

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MessageSujet: Re: Never know why it's coming down [PV Aleksi]   Dim 5 Juin - 17:09


Personne ne demande à être mis dans l’arène. Le temps d’un piteux battement de cœur, l’organe se comprime. Agrippé par la main de la honte, je me défais un instant. Détruit par cette attitude qui ne me ressemble. Je partage la douleur du frère déchu, comprend les justifications qu’il invoque. D’une seule oreille, l’autre s’efforce de rester sourde à ces ressemblances qui pourraient pourtant nous rapprocher. Combler le vide que sa visite a creusé entre nous. Les dents viennent meurtrir la langue pour l’empêcher de se détendre, évité qu’elle ne laisse s’échapper de nouvelles paroles assassines. Le silence en guise de réponse, le regard qui se fait aussi froid que les mots s’apprêtant à venir une nouvelle fois écraser le norvégien. La douleur qui pulse contre mes paumes, là où les ongles viennent meurtrir la chair. Pour ne pas flancher dans mon océan de glace et d’indifférence, me contraindre à garder la ligne de conduite que j’ai décidé d’emprunter. Imbécile qui se borne à enterrer une amitié forgée sur des malentendus et de mauvaises intentions. Un pauvre spasme s’étend avant la déchirure. Le coin de l’œil attiré par un mouvement trop brusque pour rester discret. L’ombre au sol qui s’élance et s’accroche. Tentative ridicule et vaine d’un inconscient qui cherche à éloigner la prise venue s’enrouler contre ma gorge. Lutter contre du vide, ces dons communs qui se glissent hors du contrôle que l’esprit est supposé avoir sur eux. Un poids vient se poser dans ma poitrine, le cœur s’affole à mesure que les poumons se vides de leur air. Pauvres organes rachitiques, fripés sans oxygène pour en gorger les tissus. J’en perds la notion du temps, sens les grains de sable s’entasser à mes pieds quand le sol n’est plus qu’un morceau de rien. Un néant que je ne fais que frôler et qui grimpe pour mieux venir s’enrouler dans mon cerveau.

Les neurones ankylosés, la poitrine en feu, l’afflux soudain d’air me fait suffoquer. Trop brutal pour être accueilli avec plaisir, ma trachée s’enflamme. Une quinte de toux me brise, les jambes s’affolent et en viennent à se dérober, laissant la poupée malmenée se vautrer piteusement contre le matelas. Fébriles, les phalanges caressent la peau, cherchent les marques des mains assassines mais ne se heurte qu’à du vide. La trace fantomatique d’une attaque chimérique. L’excuse me fait sursauter. La voix me parvient comme à travers un voile, étouffée par le vacarme du sang affluant contre les tempes. Les bourdonnements dans les oreilles en rempart contre l’ennemi. Les mots s’entrechoquent sur ma langue, sautillent joyeusement contre les parois de mon crâne. Ils s’emmêlent et rien n’ose venir répondre aux excuses. Parce que ce qui gronde sous ma peau n’amènera rien de bon si je fais l’erreur de perdre le contrôle. L’attaque est une justification offerte à la réplique. Ecraser la douleur en la retournant contre son instigateur. Enterrer les restants de liens qui me raccrochent à lui en laissant le sang tâcher le parquet miteux. Les phalanges s’éloignent de la gorge, abandonnent les marques invisibles de l’attaque et retombent mollement sur le matelas. La stupeur hargneuse cédant sa place au vide. Le trouble se déverse de la carcasse en cendres, et la gêne me broie la gorge. La détresse me fait ciller, et me plonge dans un étrange état d’apathie. A mi-chemin entre l’intérêt et l’ignorance totale. L’attitude à adopter reste un mystère, refuse de se dévoiler et me plonge plus avant dans un étrange immobilisme. J’entends ses mots mais n’en comprend pas le sens. Nous sommes quittes est la seule chose qui vient se heurter contre mon crâne au rythme affolé des battements de mon cœur. Le jeu des ombres qui prend fin dans un misérable studio d’un quartier miteux. Le regret presque cuisant d’avoir voulu rester là, à mourir sous la chaleur de la couette. Ignorer le reste du monde et le froid de la morgue pour une journée. L’amertume caresse ma langue devant ce triste constat. Je n’aurais pas dû rester là. Suivre le norvégien et quitter le lieu pour ne revenir m’y écorcher les pieds qu’à la fin du jour. Eviter la rencontre et la déchirure qui vient de se faire sous la peau.

Sortit du néant, la volonté de se lever pousse le corps à abandonner le réconfort du matelas. Machine hésitante sur des jambes encore prisonnières du manque d’oxygène, les muscles ploient un  instant avant de retrouver un semblant d’aplomb. Jeté en avant pour mieux revenir se heurter à mes flans, la main tendue vers la chute d’Ezra abandonne l’idée d’aller lui porter secours. Parce que n’est pas la meilleure corse à faire. La rancune grouillant sous la peau, et la folle impression d’avoir perdu le droit de seulement s’inquiéter de ses humeurs et ses tourments. Dans un effort douloureux, je tente alors de me rendre hermétique à sa douleur. Quand d’ordinaire je deviens une éponge, l’empathie en premier écho. « - Tu le trouveras peut-être au Bones. C’est sûrement l’endroit qu’il fréquente le plus en ce moment. » L’information s’extirpe dans un murmure rauque, la voix encore brisée par la pression de cette main invisible contre ma trachée. L’air s’expulse de mes poumons fatigués, me donne la sensation de manquer à nouveau d’air. Dans une inspiration ridicule, la main fragile, j’esquisse un infime geste en direction de la porte. L’invitation tacite, la rencontre qui s’achève sur un silence. Pour camoufler au mieux le mal et la peine qui s’engouffre dans les brèches qu’il a creusées. Je suis voué à perdre tous ceux qui me sont proches, ma malédiction. Ce ridicule qu’il m’est impossible de contourner. Le dommage collatéral que l’on ne voulait pas voir s’éloigner sous peine de totalement s’effondrer. Il se relève avec peine, se traîne jusqu’à la porte en silence. Je m’efforce de ne pas le suivre du regard, le faire reviendrait à revenir en arrière. Céder, et tendre la main malgré l’offense. Essayer au mieux d’endiguer la destruction qui a débuté sous mes yeux.

« - Il ne saura rien Ezra. » Le secret de deux âmes qui se sont déchirées. Pour ne pas Le faire souffrir, plutôt que pour préserver Son cadet. Eviter les foudres d’une colère difficile à apaiser. La porte se referme sur l’amer et le vide. Seul dans la pièce où plane encore le poids d’une autre présence. Mon inutilité en étendard accroché sous mes yeux. Je ferme alors les paupières, m’enferme dans le noir pour ne plus admirer le champ de ruines qui s’étend à mes pieds. Dans la chute, pour atténuer la douleur, l’appel du venin se fait plus fort que jamais. Les genoux s’écorchent sur le plancher, la main cherchant sous le lit pour en extirper de quoi épancher le vide dans mes veines. La descente salutaire du camé. De la drogue dans les veines et le cœur pour oublier la douleur et effacer au mieux les souvenirs dérangeants que cette entrevue va laisser dans les recoins de ma mémoire.

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