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 Éternelle avanie

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MessageSujet: Éternelle avanie   Lun 16 Mai - 13:53

Éternelle avanie

Le visage renversée en arrière par-delà le dossier de son siège de bureau, la ligne hiératique de sa mâchoire se serrait sporadiquement avec violence, alors que sa gorge déglutissait afin de reprendre une forme de contenance. Comme si son souffle lui manquait.
Il y avait de cela quelques minutes la rédactrice en chef de Weekly Unit venait d'envoyer paître l'un de ses journalistes.
Idiot...
Ses paupières étaient closes sous l'empire d'une exaspération plus que palpable, Mia ne cherchait pas simplement l'apaisement de ses émotions dans ce geste, elle voulait faire disparaître de son intellect cette donnée parasite. Elle était venue se greffer à elle comme une sangsue, engloutissant dans ses tréfonds sa stabilité mentale. Ses sourcils étaient froncés à l'aune de son agacement. Elle poussa un soupir brusque avant de redresser brutalement son assise. Ses talons claquèrent sur le sol et  le mobilier grinça sinistrement dans la soudaineté du changement de position.
Et Mia abattit âprement un dossier sur sa table, d'où s'échappa une volée de cliché mettant en scène un ensemble de personnes. Mais un de ces protagonistes l'atteignait particulier.
Idiot.
Ses paupières s'ébrasèrent, révélant ses sombres calcédoines où l'orage était à son zénith.
D'un geste rageur, elle tria les photos du bout de la pulpe d'un de ses doigts et envoya d'un mouvement vif par-delà son bureau les photos vides de sens. Pourtant, ils étaient tous des criminels, des ennemis du gouvernement et de ses idéaux, mais ils n'étaient que des noms pour l'intellect de la jeune femme, tous sauf un. Tous sauf lui.
Pourquoi ? Ce mot, cette interrogation revenait sans cesse dans son esprit. La question s'amplifiait en staccato, prenait de l'ampleur jusqu'à l'exaspération. Durement, elle appuya son coude sur le plateau de verre et pinça l'arrêt de son nez entre son pouce et son index.
La routine, c'était un bel espoir. Elle était inhérente et préférable à des événements où l'angoisse était à son summum.  Malheureusement pour l'heure son esperite était écartelé, elle avait tous pouvoir sur ce qui paraissait dans le quotidien du Weekly. C'était sa patte qui forgeait les informations que le quidam inconséquent de la Nouvelle-Orléans lisait. Lorsqu'elle partirait un autre changera peut-être le ton du journal, mais pour l'heure elle donnait les lignes globales et malheureusement cette triste découverte découlait d'une de ses demandes : en apprendre plus sur Nemesys...
Un papier sur cette mafia aurait été un coup, un fait de génie. Néanmoins, la tournure des événements n'allait pas dans son sens et elle avait dû envoyer son employé à d'autres sujets sous le prétexte fallacieux que tout ce qui étaient compilés mettrait en vue l'incompétence du gouvernement. En un sens c'était vrai, qu'une telle organisation sévissait encore était inconcevable. Mais, par des mots habiles ils auraient pu tourner autrement les faits. Cependant, elle ne le souhaitait pas, pas avec l'appui de tels clichés.

Ses carpes s'écartèrent les uns des autres et elle se redressa avant de ranger chacune des pièces du dossier. Méticuleusement, Mia les classait ainsi que d'autres informations, mais écrites. Elle ne le ferait pas disparaître. Mais il serait oublié comme bien d'autres investigations, néanmoins une certaine personne allait sentir ses plumes roussir et le poids de sa colère.
Fermant le dossier à l'aide d'élastiques, elle vint chercher son pardessus qu'elle déposa sur ses épaules avant de mettre sous l'un de ses bras les données compromettantes et de l'autre cotés, sur son épaule elle installa la lanière de son sac main. Elle partit. L'heure était plus qu'avancée et la soirée de beaucoup d'être était bien débutée. La jeune sorcière resserra frileusement autour d'elle l'attache de sa veste.

La colère ne l'empêchait pas de ne pas apprécier la perspective du voyage qu'elle allait faire pour joindre Loukas. Le métro était un lieu profondément déplaisant, mais il avait le mérite de fonctionner jusqu'à une heure avancée, surtout lorsque la population dans sa majorité possédait peu ou prou de véhicule personnel. Ainsi, entre son départ tardif et le temps de trajet pour atteindre l'Old Absinthe, sa silhouette arriva à vingt heures passées devant l'établissement.

Lorsque la porte s'ouvrit, faisant entrer dans la touffeur ambiante le courant d'air du crépuscule, elle resta interdite quelques instants à l'entrée cherchant le maître de ces lieux. L'ambiance tamisée de l'endroit n'aidait point à bien distinguer les silhouettes, mais Mia n'avait pas besoin d'être devin ou d'avoir une vision prophétique quelconque pour se douter d'où trouver Lou. La main maintenant le document vint se crisper sur le dossier que Mia avait obstinément maintenu contre elle pendant tous son voyage. Durant tout le trajet elle avait ruminé sa fureur, la contenant et au fur et à mesure des instants, celle-ci avait enflé dans sa poitrine jusqu'à un point de non-retour.

Lestement, la rédactrice en chef du Weekly Unit se dirigea vers le bar où elle trouva l'origine de son ire. Le regard dur, ses sombres calcédoines se juchèrent sur le galbe de Loukas avant d'abattre une gifle sur le visage de l'Hellraiser, sa mâchoire se serra avant qu'un sifflement sourd s'échappa de ses lèvres.

Conduits-nous immédiatement à un endroit où on pourra discuter, sans que ce je vais te dire détruise définitivement ta réputation.

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MessageSujet: Re: Éternelle avanie   Mar 24 Mai - 0:10


« Let's Go Down There Once Again»



Mia & Loukas
Éternelle Avanie

Avec la prohibition qui ne faisait plus de son établissement un lieu de rencontre pour étancher la soif, le café avait de la difficulté à surmonter la pente. La peste confinait les gens chez eux, effrayés. La traque des daybreakers s’accentuait avec la Purge qui fit rage. Plus rien n’allait à la Nouvelle-Orléans, il n’y avait que terreur. Les cadavres s’empilaient, on sentait la putréfaction partout où l’on posait les pieds. Le marché des loisirs battait de l’aile et le divertissement était le dernier des soucis des habitants qui ne pensaient qu’à leur survie. Ce soir, le gérant avait organisé une soirée candide qu’il avait fortement publicisée afin de redonner un peu d’espoir à ceux qui trouveraient le courage de sortir dans les rues. Il invitait la Nouvelle-Orléans à oublier les catastrophes qui les entouraient, à oublier les morts et à se rejoindre au Old pour danser et rire. N’y avait-il rien de plus rassurant que le déni, au moins, pour une soirée, pour reprendre un peu vie? Loukas trouva un artiste qui réchauffa la pièce de sa musique, interprétant des morceaux connus en grattant sa guitare, permettant à la foule de s’ancrer à un souvenir sûr de leur passé. Personne n’avait le temps ni le cœur pour cette soirée, c’était ce qu’on lui avait dit. Personne ne viendrait, c’était ce qu’on lui avait dit. Les gens ne se décristalliseraient pas de leur crainte pour une chanson, c’était ce qu’on lui avait dit. Or, Loukas sut créer un événement rassembleur et populaire, car son café se remplit et l’ambiance devient rapidement festive. À 20 heures, les places manquaient. Le gérant était fier et surtout, heureux d’avoir réussi à faire sortir les gens de chez eux pour oublier leur douleur. Ce soir, les différences étaient oubliées, la violence était assourdie. Loukas se reconnecta avec ce sentiment d’appartenir à une communauté, de trouver de la lumière chez les gens à travers la noirceur. Rien ne pouvait gâcher cette soirée. Malheureusement pour lui, il ne pouvait partager cet instant avec celles qui étaient le plus chères à son cœur. Ange ne pouvait s’exposer dans un tel lieu et Mia semblait bien trop occupée par son travail, ce moment précieux il le garderait pour lui et lui seul.

Kylian mettait la main à la pâte, derrière le bar, il ne trouvait aucun répit. Ses nouveaux cocktails non-alcoolisés semblèrent séduire, les clients semblèrent oublier leur situation économique précaire et il ne s’en plaindrai sûrement pas. Relevant la tête un instant, il reconnut une tignasse brune bien singulière se frayer un chemin parmi la foule. Mia. Surpris, Loukas sourit pourtant grassement à l’idée qu’elle fut capable de se donner congé. Elle, mademoiselle la rédactrice en chef, celle qui fait passer la performance et surtout celle de son travail avant toute chose, elle avait choisi de se libérer pour accepter de participer à cette soirée bien spéciale. Loukas était touché, peut-être un peu ému, qu’elle se permette une telle chose, mais peut-être avait-il réussi à l’atteindre en spécifiant combien cette soirée était importante pour lui. Le daybreaker la regarda alors s’avancer jusqu’au bar, mais elle ne s’arrêta pas là. Alors qu’il la voyait mettre les pieds sur le carrelage réservé aux employés, Loukas grinça légèrement des dents. Elle savait qu’il détestait lorsqu’elle venait derrière le comptoir, elle n’était pas une employée, mais miss King se croyait toujours tout permis. Or, ce soir, le daybreaker ne comptait pas lui faire remarquer sa désobligeance, sa simple présence en cette soirée la pardonnait d’avoir franchi cette frontière. Déposant le verre propre qu’il avait en main, Loukas se sécha les mains sur une serviette avant de déposer celle-ci sur son épaule et se retourner vers son amie qui fonçait vers lui. En se retournant, le jeune homme remarqua enfin ce regard de haine sur ses traits. La colère la défigurait. Automatiquement, il perdit son sourire d’enfant. Lui qui s’apprêtait à l’accueillir à bras ouverts et à lui exprimer sa joie de la voir présente, il perdit toutes traces de bonheur sur son visage alors qu’il constata la rage qui dominait les pas de Mia. À peine avait-il entrevu ses yeux noirs pour constater qu’elle n’avait pas le cœur à la fête, qu’elle lui mit une violente gifle au visage, le déstabilisant complètement. Loukas avait l’habitude de la violence de son amie, mais les autres, un peu moins. Autour de lui, les clients s’étouffèrent dans un silence, surpris et mal à l’aise. « Conduits-nous immédiatement à un endroit où on pourra discuter, sans que ce je vais te dire détruise définitivement ta réputation.  »

La guerre, c’était presque la routine entre ces deux-là. À chaque fois que Loukas faisait une connerie, Mia était toujours derrière lui pour le rattraper, pour le recadrer, pour le raisonner. Elle était nettement plus solide que lui et elle lui apprenait quelque chose de capital dans ce monde de fou, être égoïste. Ainsi, les claques qu’elle lui mettait aux visages étaient dans son intérêt… Généralement. Mia le poussait à devenir quelqu’un de meilleur, quelqu’un de plus fort. Or, la présente situation était hors de leurs habitudes, malgré la routinière crise de Mia qui précédait ses excès de violence. Malgré ce scénario aux allures très communes, cette fois, la rédactrice en chef allait frapper un mur. Elle ne le savait pas encore et lui, encore moins, ne connaissant pas la raison de sa visite, mais à la différence des jadis événements, Loukas ne se pliera pas aux exigences de la belle brune. Contrairement aux autres querelles, celle-ci tenait sur le seul et unique sujet qu’ils évitaient à tout prix : leur opinion politique. Pour Mia, aller à l’encontre de la loi et faire de l’alcool de contrebande ou pire encore, s’inclure dans une mafia, c’était de la folie pure et dure. Mais pour Loukas, c’était devenu une nécessité.  

La tête tournée, le Daybreaker serra des dents, restant calme. Il ne pouvait se permettre d’exploser devant ses clients. Prenant une profonde inspiration, il retourna son regard vers elle. « Comme tu peux le voir, ma réputation recommence tout juste à battre de l’aile et je suis un peu occupé à la faire voler. Tu ne peux pas me mettre des baffes un peu plus tard? » Dit-il alors en pointant du menton la salle, l’invitant à jeter un petit coup d’œil à son café rempli de clients, un café qui nécessitait définitivement sa totale attention. En plus, Mia était la mieux placée pour savoir combien les derniers temps avaient été durs pour lui économiquement. Elle était la première à l’entendre râler que le Old était vide, qu’il manquait d’argent, mais elle était aussi la première à savoir combien il aimait son café, combien il comptait pour lui. Or, Loukas n’eut pas besoin d’une seconde de réflexion supplémentaire pour constater que son amie ne lâcherait pas le morceau à n’importe lequel prix. Elle en avait rien à faire de ses arguments, pour elle, c’était maintenant et l’inflexible Mia ne s’accommoderait pas pour lui. Soutenant son regard impassible, Loukas soupira fortement, frustré et mal à l’aise d’offrir un tel spectacle à sa clientèle.  « Putain Mia, tu m’emmerdes. D’accord! Tu sais où est mon bureau, fais comme chez toi, comme tu le fais déjà si bien. » Siffla-t-il en lui pointant la sortie vers l’arrière-boutique, hâtif d’échapper aux regards, mais moins pressé de découvrir ce qui allait lui tomber sur la tête cette fois.  Une fois isolés des autres, Kylian s’empressa, il ne pouvait se permettre de s’absenter éternellement. « Qu’est-ce que j’ai fait, encore? »

Lui qui croyait que rien n’aurait pu gâcher sa soirée. Il avait eu tort. Mia avait ce pouvoir.



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