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 "Si tu es dur et si tu comprends bien - Cette rue sera ton jardin" [Loukas]

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MessageSujet: "Si tu es dur et si tu comprends bien - Cette rue sera ton jardin" [Loukas]   Mar 17 Mai - 16:16

15 Mai 2016. Le retour du printemps, des petits oiseaux qui gazouillent, des couples se donnant la main dans les rares parcs existant encore et… l’absence totale d’alcool. Bordel, elle n’allait pas survivre une semaine de plus si son gosier ne faisait pas connaissance avec une goutte de bonheur liquide dans les plus brefs délais. Loukas était en retard et ça n’allait pas. Ouais, Cam’ n’avait pas eu le temps d’aller le harceler dans son bar, mais il était clair et net qu’il n’assurait pas une cacahuète sur ce coup-là. Ne savait-il donc pas que pour les gens comme elle, un peu de boisson les empêchait parfois de devenir littéralement dingue ? A croire que pour un barman, la psychologie de comptoir, ce n’était pas son truc. Elle qui pensait que c’était inné, comme un gène qui se déclenche tel ces mères droguées dans leur adolescence mais qui deviennent soudainement organisées et précautionneuses une fois leur mioche sorti du four.

La jeune femme se massa la nuque pour essayer de se calmer. Non, elle n’était pas énervée, et non, elle n’était pas accroc. Les addictions, c’est mauvais pour la santé, parait-il. Un rictus moqueur étira ses lèvres sèches alors qu’elle songeait combien elle avait du mal à se passer de chocolat. Certes, si elle le voulait vraiment, mais alors vraiment, elle pourrait se passer d’alcool, mais le fait était là : pour supporter ce monde de merde, elle avait besoin de se noyer métaphoriquement parlant. A la rigueur, le sexe aidait aussi. Mais ces derniers temps, Cameron n’avait cherché aucun partenaire. Elle se voyait mal demander de l’aide à Vaas pour ça, lui qui avait déjà ses propres préoccupations. Donc oui, ses dernières fréquentations sous la couette s’avéraient plutôt être du domaine du one shot. En somme, ça ne la dérangeait pas le moins du monde puisqu’elle-même n’aimait pas s’encombrer de meubles humains non nécessaires à la vie de tous les jours. Simplement, si l’alcool se faisait moindre, peut-être devrait-elle envisager de se trouver un ou une régulière. Tsss, voilà où les conneries de Loukas l’amenait.

Fouillant sa paperasse privée, Cameron retira un bout de papier chiffonné avant de déchiffrer l’adresse du barman. Il était temps qu’ils causent tous les deux. Ni une, ni deux, elle attrapa sa veste en cuir, les clefs de chez elle, ainsi que quelques pièces pour se trouver un truc à grailler en rentrant. Le frigo était vide – comme d’hab – et son ventre lui en voulait à mort. Vu les bruits qui s’élevaient parfois, il devait être en train de faire une manifestation en lui enfonçant des petits panneaux gribouillés de son mécontentement dans le bide. Au début, ça faisait foutrement mal et puis, c’est comme tout, on finit par s’y habituer.

Traversant la ville, profitant des quelques rayons de soleil dominical, l’ex-soldat laissa son regard errer sur les silhouettes qu’elle croisait, sur les façades des bâtiments qui tenaient bravement debout alors que nombre de leurs confrères de par le monde, avaient cédé. Est-ce que certains s’habituaient  à ce mode de vie auquel ils n’avaient pas le choix depuis 2013 ? Oui oui, ça faisait trois ans mais… Elle-même avait encore des difficultés à faire partie de ce tout. La Nouvelle Orléans était belle, c’est vrai, mais elle n’était qu’une ville. Seule pilier dans un océan de solitude morbide. Cameron avait eu de nombreuses occasions d’explorer les alentours, de manière illégale ou non d’ailleurs, et les images qu’elle en gardait étaient loin d’être ses préférées. Un sourire passa la frontière de ses lèvres alors que l’envie d’alcool se fit plus pressante. Accélérant le pas, elle finit par rejoindre l’adresse de Loukas. Elle monta les marches et frappa à sa porte trois fois. Lorsque celle-ci s’ouvrit enfin, la jeune femme offrit un sourire moqueur au brun face à elle. « Surprise. » Et sans attendre qu’il se remette de son étonnement – ou colère, ou agacement, enfin le mélange d’émotions sur sa tronche – Cameron franchit la barrière de son corps en passant avec souplesse sous l’un de ses bras. « Tu peux fermer la porte maintenant, je pense. » Sarcastique, nonchalante et clairement sans gêne, elle se détourna pour observer les lieux avec une pointe de curiosité bien cachée dans le regard. Ouais, un appart’ quoi. N’étant pas venu pour jouer les agents immobiliers, elle reporta son attention sur lui et haussa un sourcil. « Je t’ai réveillé ? » A moins que ce ne soit une sieste crapuleuse en plein dimanche après-midi ? Tendant l’oreille, elle essaya de percevoir la présence de qui que ce soit dans l’appartement avant de laisser tomber. Elle n’était pas là pour ça. « Je te ferais bien un café pour me faire pardonner, mais je ne suis pas chez moi, et… J’ai pas envie. » Esquissant un léger sourire sans aucune joie, elle plongea ses yeux dans les siens. « Est-ce que tu as rechargé tes stocks ? »

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MessageSujet: Re: "Si tu es dur et si tu comprends bien - Cette rue sera ton jardin" [Loukas]   Sam 28 Mai - 23:19


« Lève-Toi et Fais Face ou Sinon Cède ta Place »



Loukas & Cameron
Si tu es dur et si tu comprends bien. Cette rue sera ton jardin.

On cogna à sa porte. Le bruit distinct eut pour effet de perturber la grasse matinée du daybreaker. Lui qui vivait surtout de nuit, il se permettait de rattraper les heures de sommeil qui lui manquait les dimanches, le seul jour où le Old ne l’attendait pas à l’ouverture. Or, une âme déterminée en avait décidé autrement aujourd’hui. Ouvrant les yeux difficilement, Loukas se sortit du lit machinalement, sans véritablement entamer une réflexion sur l’identité de l’individu qui pouvait l’attendre derrière sa porte d’entrée. Vêtu d’un simple boxer, sa chevelure un peu grasse et dépeignée, ses pupilles encore irritées par la lumière du jour qu’elles venaient de confronter, il traina un pas lourd devant l’autre jusqu’à son entrée. Enfin, il s’arrêta pour se questionner, remarquant  l’heure inopportune pour une quelconque visite. Baillant longuement et secouant la tête, il conclut rapidement que c’était surement Mia. Elle était la seule à lui faire ce genre de visite à l’improviste au seuil même de sa niche. Ses sens encore engourdis, il ouvrit enfin la porte pour se heurter à un visage qui n’allait certainement pas améliorer son humeur matinale écrasante.

« Surprise. » Le sourire railleur de l’humaine eut pour effet de faire retomber les quelques traits actifs sur le visage du jeune homme. Avant même qu’il ne puisse glisser un mot ou que la simple information qu’elle était à sa porte se rende à la tour centrale qu’est son cerveau pour l’analyser, Cameron se glissa sous son bras allégrement pour entrer chez lui sans invitation. Loukas était bousculé par la lenteur de ses neurones, son incompréhension et son agacement. Il n’allait nullement l’envie ni le temps ni l’énergie pour gérer Cameron aujourd’hui, maintenant, mais la jolie brunette ne semblait pas lui donner le luxe d’émettre une opinion sur le sujet. « Mais entre, fais comme chez toi.» Immobile, fixant le vide, Loukas murmurra pour lui-même alors que sa poigne sur sa porte se serrait. « Tu peux fermer la porte maintenant, je pense. » Souligna-t-elle, définitivement trop fière de son coup pour ne pas planter le couteau de l’humiliation un peu plus loin. Or, vu les capacités réflexes amoindries du jeune homme qui avait figé devant son portier, sa remarque, quoique légèrement condescendante, était presque appropriée. Suite à cette dernière, les dents de Loukas se plantèrent dans sa lèvre inférieure, exaspéré et gagnant doucement en frustration avant de refermer cette précieuse porte dans un soupir et de se tourner vers l’indépendante.

Sans aucun souci pour son espace personnel ou respect pour sa vie privée, Cameron scruta rapidement les premières pièces de son appartement de son habituelle démarche blasée. Son attitude nonchalante, son petit air hautain, sa moue qui se croyait tout permis, son regard complètement détaché d’empathie ou de considération pour autrui, ses choix égoïstes, ses propos sarcastique, son non-verbal provocateur… C’était à se demander pourquoi le daybreaker ne l’avait pas étouffé dans ses rêves lorsqu’il en avait eu la chance. Encore plus étrange, une petite fouille devrait s’effectuer dans sa petite tête pour comprendre comment il arrivait à la trouver charmante malgré tout le mépris qu’elle respirait pour sa personne. En faites, c’était plutôt facile à identifier, tous ses sympathiques traits de personnalité lui faisait penser à sa sorcière préférée, la première femme pour qui il aurait tout donné, Cordelia. Loukas avait le don pour affectionner les femmes qui étaient capable de profiter de lui, d’abuser des avantages qu’il pouvait offrir sans jamais questionner l’éthique d’un tel comportement, sans jamais l’accompagner de remords, ne serait-ce que partiel. Or, cette malédiction, il ne la devait qu’à lui-même.  

« Je t’ai réveillé ? » Demanda-t-elle alors, démontrant pourtant clairement par son ton, qu’elle n’en avait rien à faire d’avoir perturbé son indispensable sommeil. Passant sa main sur son visage d’un air découragé et amer, Kylian regarda l’intrus un sourcil arqué, n’effectuant aucun effort pour camoufler le désagrément de ses traits. Elle l’emmerdait, sa présence était désagréable et il lui exprimait amplement sans avoir à ne prononcer aucun mot. Il la fixa ou plutôt la dévisagea alors dans un silence, ne voyant aucunement la pertinence de répondre à sa question. « Je te ferais bien un café pour me faire pardonner, mais je ne suis pas chez moi, et… J’ai pas envie. » À sa dernière remarque, Loukas laissa échapper un rire âcre et pourtant sincère, choisissant de refouler son impulsivité agressive par l’humour feinte. « Qu’est-ce que tu fais ici, Cameron? Qu’est-ce que tu veux? »Loukas resta calme et passif, du moins, pour l’instant, lui offrant même un sourire en posant ses questions. Il ne la questionna pas sur la façon dont elle avait eu son adresse. Il ne souleva aucune de ses interactions désobligeantes, il alla droit au but, dans une coopération qui pouvait être presque décevante ou plutôt palpitante. Le jeune homme voulait seulement qu’elle lui dise ce qu’elle venait chercher pour qu’il lui donne et qu’elle le laisse tranquille, c’était ainsi qu’il voyait les choses.

Seulement, Loukas semblait avoir oublié l’essence même de leur relation. Car ce que Cameron voulait de lui, c’était toujours la même chanson. Elle voulait à boire. Elle ne lui avait jamais rien demandé d’autres, pourquoi ça changerait maintenant? « Est-ce que tu as rechargé tes stocks ? » Sa demande, pourtant si prévisible, avait échappé à l’esprit du Daybreaker qui, enfin confronté à la réalité, redoubla d’agacement à réaliser qu’il ne pouvait pas mettre son plan initial en branle. Malheureusement pour lui, il n’était pas en position de lui donner ce qu’elle voulait pour se débarrasser d’elle au plus vite et retourner dans son lit. Les faits étaient que ses présentes réserves de Moonshine étaient comptées pour la Nemesis, il n’avait pas une goutte de trop qu’il pouvait lui offrir et celles-ci n’étaient même pas sous son toit. Sa seule option de soumission restante était qu’il lui partage son baril de whisky personnel et ça, il ne pouvait se le permettre. Si Cameron découvrait l’existence de cette réserve qu’il gardait si égoïstement et précieusement, elle lui en redemanderait encore et encore jusqu’à ce qu’ils en atteignent le fond. Loukas était dans une impasse, car Cameron semblait bien déterminée à obtenir ce qu’elle voulait et n’accepterait certainement pas de repartir bredouille. Plus dérangeant encore, l’humaine possédait un argument de poids contre le daybreaker qui lui permettait de la manipuler à sa guise : son père. Soutenant le regard de sa cliente préférée, Loukas semblait se réveiller suffisamment pour prendre sa requête au sérieux. « Présentement je suis à sec. On me surveille. Je dois redoubler de précaution si je ne veux pas me faire chopper et ça ne prend pas deux minutes à faire, malheureusement. » Loukas s’improvisa un petit mensonge qui glissa sur sa langue comme l’eau sur le dos d’un canard. Bien évidemment, s'il voulait se débarrasser d’elle, il devait bien falsifier un peu la réalité pour alimenter sa crédibilité. Le coup de la surveillance, c’était tout de même pas mal. Faisant quelques pas vers elle, Loukas continua, toujours aussi tranquille. «Alors, si tu veux te faire un café ou vider mon frigo, sens-toi bien à l’aise. Mais j’ai rien d’autre à t’offrir pour l’instant et ton joli minois ne pourra rien y changer. »




Dernière édition par Loukas K. Kilverstone le Ven 16 Sep - 16:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Si tu es dur et si tu comprends bien - Cette rue sera ton jardin" [Loukas]   Mer 13 Juil - 21:23

La nonchalance et le côté sans gêne, en général, ça en énerve plus d’un. Pas que ça empêche Cameron de dormir non plus, mais parfois, elle aimait à observer les réactions des gens pour savoir dans quelle catégorie les placer. Les sages ? Les bien penseurs ? Les sanguins ? Comment agirait Loukas face à ses manières dites déplorables ? Le garçon était barman après tout, il devait en voir des belles tous les soirs. Sans compter que ce n’était pas la première fois qu’ils se faisaient face. Il avait déjà eu l’occasion de se frotter au caractère merdique de la demoiselle. Néanmoins, une rencontre directement à domicile, on changeait carrément de level. Encore heureux qu’il ne sache d’ailleurs pas où elle créchait ou il serait bien capable de lui rendre la pareille.

En tant que daybreaker, il avait quelques cordes à son arc qu’elle n’était pas suffisamment idiote pour ignorer. Jamais elle ne serait venue le confronter sans arme. Je m’en foutiste, certes, mais avec quelques neurones en état de fonctionner. Le regard de l’ex-soldat glissa sur le corps quasi nu de son hôte forcé, sans qu’elle ne montre une once de gourmandise. Il était bien fait, mais elle n’était pas là pour cela. En plus, draguer un barman, ce serait comme passer après les 56 tentatives féminines de la semaine. Sans façon. L’alcool semblait bien plus alléchant en cet instant.

A la question, elle tourna les yeux pour détailler son visage. Il se maitrisait plutôt bien, alors que Cameron se savait plus qu’agaçante. Pourtant, au-delà de l’envie naturelle de l’étriper, il semblerait qu’il ait fait le choix de l’écouter… Etonnant. Et presque décevant. Pas de joute verbale pour bien commencer son dimanche alors. La jeune femme hocha la tête, plus que pour elle-même que pour Loukas, et observa à nouveau les alentours, pensive. Quand elle lui fit part des raisons de sa présence, elle sentit le corps du jeune homme à quelques mètres vibrer d’énergie avant qu’il ne finisse par répondre. Ah. La déception se mêla à la lassitude, qui se ternit bien vite d’une dureté insensible. Ce monde était parti en vrille voilà bien longtemps et l’un des derniers remparts contre sa folie était aux abonnés absents. Souplement, elle étira ses bras en avant, et se massa à nouveau la nuque. Son corps était sec, noueux, musclé comme celui d’une femme qui a passé des années à se battre. Pour les autres, pour elle-même, pour ces fantômes qui n’ont même pas eu la décence d’errer dans le coin. Aujourd’hui, il n’y a plus grand-chose qui vaille le coup que l’on prenne les armes. Alors chacun traine sa carcasse comme il peut, tire les ficelles qui lui sont accessibles et subit les plus puissants que lui.

Quand il bougea, Cameron reprit contact avec la réalité. Sa silhouette lui fit face, droite et silencieuse alors qu’elle ne le quittait pas des yeux. Les paroles qui suivirent bien vite les premières glissèrent sur elle sans provoquer la moindre réaction. Café ou frigo ? Non, elle ne s’était pas levé un dimanche matin pour venir piller le garde-manger d’un mec qu’elle faisait chanter une fois de temps en temps. Il ne s’en rendait probablement pas compte mais ce qu’il pouvait lui offrir était bien plus précieux que tout ce qu’il aurait pu proposer d’autre. Alors, un sourire vint étirer doucement ses lèvres. Ses prunelles ne quittèrent pas celles de son vis-à-vis, tandis que la distance entre eux s’était amoindrie. Dans son dos, une lame. A la jambe, son Beretta. Et au bout de ses bras, ces mains qui en avaient fait saigner plus d’un. « Je vois. » Le ton doucereux laissait résonner dans la pièce la promesse que la fin n’était pas encore venue.

Cameron fit un pas en avant, entrant dans le périmètre personnel du barman, sans faire montre du moindre remord. « Comment savoir que tu ne mens pas, Loukas ? » Après tout, c’était devenu monnaie courante de vendre une vérité qui nous est propre. Elle ne comptait plus le nombre de mensonges qu’on lui avait servi ces trois dernières années. En général, les plus inventifs restaient ceux qu’elle visitait lorsqu’ils devaient payer une dette. A ses oreilles, retentissent encore les cris mêlés de ces mots fallacieux qui ne provoquent aucune honte chez leurs créateurs. Qui sait, peut-être que Loukas est de ceux-là. Ces inventives anguilles qui parviennent à se faufiler dans les circuits illégaux sans y laisser leur peau. Après tout, il était bien contrebandier, non ? Pourquoi croire en ses paroles ? Et puis, ce serait un juste retour des choses que de lui jouer un tour, si on considérait le fait qu’elle n’y avait pas été par quatre chemins pour lui faire du chantage.

La jeune femme glissa le long du flanc droit de son hôte sans le toucher, venant se rendre dans son dos. « Et si tu ne mens pas… Dis-moi où sont stockées ces réserves. » S’il faut en passer par là, Cameron dépasserait Loukas pour parvenir en palier suivant. Il n’était pas question de voler tout ce qu’ils faisaient. Ou même de découvrir qui était ce « ils », puisqu’entre parenthèses, elle n’en avait pas grand-chose à carrer. Mais juste de dérober une jolie bouteille qui l’aiderait à noyer les heures sombres auxquels le commun des mortels était vulnérable. « Allez… J’aurais ce pour quoi je suis venue, et en prime, tu serais débarrassé de moi. N’est-ce pas tentant ? » Un sourire aux lèvres, toujours cette moquerie perpétuelle, et un jeu de tentation qui s’installe. Ce que tu ne ferais pas pour un peu de bibine, Cam. Ouais, ma vieille, à la guerre comme à la guerre.

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Dernière édition par Cameron E. Falls le Sam 24 Sep - 19:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Si tu es dur et si tu comprends bien - Cette rue sera ton jardin" [Loukas]   Jeu 4 Aoû - 21:56


« Lève-Toi et Fais Face ou Sinon Cède ta Place »



Loukas & Cameron
Si tu es dur et si tu comprends bien. Cette rue sera ton jardin.

Loukas faisait partie de ses hommes qui n’avaient peur que de deux choses : ce qu’il ne peut contrôler et ce qu’il ne peut prédire. Pour pallier à cela, Loukas s’est avéré être un homme perfectionniste et minutieux. Un controlfreak, en gros. Généralement, ce genre de visite à l’improviste, peu importe de qui ça vient, c’est le genre de chose qui le dérange. Loukas préfère être prévenu, être au courant de tout, il déteste les surprises, même les bonnes. Or, dès qu’il se retrouve face à quelque chose sur laquelle il ne peut exercer aucun contrôle, ça le rend particulièrement anxieux et le daybreaker trouve généralement un moyen de contourner son malaise, d’éliminer l’agent néfaste, de trouver un compromis. Concernant ces choses qu’il ne peut prédire, l’inconnu, Loukas a développé son intellect, mais mieux encore, son sens de l’observation. Il devint capital pour lui, avant d’entrer en contact avec les autres, de les observer, de les comprendre par leurs comportements, de les analyser pour ainsi prévoir leurs prochains gestes.

Il gardait un oeil attentif sur elle, sur chacun de ses mouvements. Cameron était une source de stress insupportable pour Loukas. Une pression qu’il avait de la difficulté à gérer. Elle faisait partie de ses électrons libres qui se permettaient d’interagir avec son système, sans son consentement et qui refusait de se conformer aux règles. Cameron avait un pouvoir énorme sur lui de par la relation qu’elle prétendait entretenir avec son père, l’homme qui veut l’abattre. Loukas savait que la seule façon de régler le cas Falls, c’était en se débarrassant d’elle. Il était déjà arrivé à cette conclusion par le passé. Il avait tenté de poser le geste raisonnable, égoïste, logique, mais Loukas fut incapable de le compléter. Ainsi, elle faisait partie de ses facteurs qu’il ne contrôlait pas, quoiqu’il arrivait normalement à prédire. Bien évidemment, il pouvait blâmer la fatigue pour son manque de perspicacité, mais il pouvait également remercier sa faiblesse physique de le rendre plus passif. Je vous avais bien dit que Loukas avait un côté contrôlant. Cette facette de sa personnalité se démontrait particulièrement dans sa demeure excessivement propre. Il n’y avait pas une once de poussière au sol. Chaque chose possédait une place, rien ne trainait lassement, tout était parfaitement rangé. Alors vous imaginez bien que le daybreaker aurait normalement tendance à sauter au plafond lorsqu’on entre ainsi dans son intimité, dans sa maison, sans invitation. Oui, normalement, ce serait suffisant pour lui faire perdre patience, mais sa fatigue lui servait bien à rester docile. Elle observait les pièces, touchait à quelques trucs, mais elle n’avait pas encore commencé à foutre le bordel, alors il arrivait à rester calme et rationnel.

Le daybreaker devrait redoubler de patience et d’imagination pour gérer la situation. Malheureusement, la ruse, ce n’était pas vraiment sa tasse de thé. La patience, encore moins. Oui, il avait réussi à formuler un mensonge sans fauter, mais celui-ci ne faisait que falsifier légèrement la réalité. Les vrais mensonges, ceux des hypocrites, ceux qui permettent la manipulation, Loukas ne les maîtrisait pas. « Je vois. » Face à face, leurs regards ne se lâchèrent pas une seconde, leurs prunelles s’observaient, se scrutaient, se défiaient, ils étaient alertes à l’apparition de toute faiblesse. Cameron sourit, n’ayant pas du tout hésité à refuser son offre, Kylian le sut tout de suite, c’était insuffisant, bien insuffisant pour elle. Elle fit un pas de plus vers lui, pénétrant dans sa bulle personnelle, Loukas resta immobile, droit, malgré que la proximité le rendait franchement inconfortable. Ses traits devinrent plus durs, sa respiration moins soutenu, le malaise transparaissait. Ah, ces femmes. « Comment savoir que tu ne mens pas, Loukas ? » Face à sa question, le brun ne broncha pourtant pas, il arqua un sourcil, légèrement insulté par l’accusation. Loukas était un homme honnête selon ses standards, alors se faire traiter de menteur, ça lui piquait l’orgueil.  « Parce que j’ai aucune raison de le faire. » Elle glissa sur son côté droit pour se rendre derrière lui, agacé de perdre son contact visuel sur elle.  « Et si tu ne mens pas… Dis-moi où sont stockées ces réserves. » Loukas avait l’impression que ses paroles étaient tel un serpent qui rampait sur sa peau, montait le long de ses chevilles, s’enroulait autour de ses jambes et montait, lentement, mais surement, jusqu’à sa tête. Elle lui offrait une étrange petite danse envoûtante où elle tentait de s’implanter dans son esprit. Son jeu était simple pourtant, pas très agressif, ni tant confrontant, mais tellement sinueux. « Allez… J’aurais ce pour quoi je suis venue, et en prime, tu serais débarrassé de moi. N’est-ce pas tentant ? » Il pouvait presque la sentir passer ses mains sur son corps, le frôler là où il pouvait frissonner. Et pourtant, elle ne le touchait point. C’était ses mots, sa présence qui le tentait, tel un fruit interdit. Et pourtant, la pomme était définitivement empoisonnée, elle ne se cachait même pas, elle pourrissait sous ses yeux. Malgré tout, la manipulatrice arrivait à la rendre alléchante, alors qu’il n’avait rien à gagner à croquer sa chair.

Sa voix semblait raisonner dans le creux de son oreille, mais Loukas retrouva complètement ses esprits. Toujours dos à elle, il choisit d’effectuer une petite fouille par précaution, ce qu’il aurait dû faire depuis bien longtemps. Son ombre qu’il manipulait habilement compléta cette tâche bien simple, de survoler son corps et d’identifier ses défenses. La combattante était prête pour la guerre, semblerait-il. Mais pour Loukas, elle poussait l’insulte un peu trop loin, malgré que sa méfiance était plus justifiée qu’elle ne pouvait s’en douter. Serrant des dents, Loukas fit volteface. « T’as 5 ans, Cameron, pour ne pas comprendre quand on te dit non? » Oulà. La patience, ça n’a pas duré longtemps. L’impulsif refit rapidement surface alors qu’il prenait enfin son insolence personnellement. Il fonça vers elle, de quelques pas rapides. Puis, doucement, le jeune homme posa ses mains sur ses épaules, agrippant son haut en contenant son agressivité, la sachant en plein moyen de lui couper la gorge, le daybreaker voulait lui assurer qu’il ne représentait aucune véritable menace par la lenteur de ses mouvements. « Tu oses violer mon intimité, venir chez moi armée comme une assassine, me donner des ordres comme si j’étais ton chien et tu penses que tu vas obtenir ce que tu veux? Alors que, comme je t’ai déjà dit, je ne peux pas, même si j'avais voulu te le donner. » Le regard de Loukas s’assombrit. Son cœur battait plus vite, la haine le pompait, la rage s’interposait, sa voix tremblait. Le daybreaker était une bombe sur le point d’exploser. Mais alors que ses doigts se serrèrent davantage sur le tissu à mesure qu’il parlait, lorsque Kylian termina sa dernière phrase, il lâcha sa prise sur elle, recula d’un pas, puis deux, gardant les mains ouvertes quelques secondes, tentant de retrouver le calme.

« J’ai besoin d’un putain de café. » Loukas lui fit dos pour fouiller dans ses armoires et effectuer tous les préparatifs nécessaires pour mettre sa cafetière en marche. Derrière son comptoir, la paume de ses mains à plat sur celui-ci, il attendait que l’infusion se complète alors qu’il fixait Cameron, respirant rapidement et profondément par ses narines, gardant sa bouche solidement fermée.  
 





Dernière édition par Loukas K. Kilverstone le Ven 16 Sep - 16:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Si tu es dur et si tu comprends bien - Cette rue sera ton jardin" [Loukas]   Ven 16 Sep - 1:06


« Tu oses violer mon intimité, venir chez moi armée comme une assassine, me donner des ordres comme si j’étais ton chien et tu penses que tu vas obtenir ce que tu veux ? Alors que, comme je t’ai déjà dit, je ne peux pas, même si j'avais voulu te le donner. »

Déjà, la phrase précédente avait donné le ton. Loukas, pas content. Comment pourrait-il en être autrement d'ailleurs ? Cameron se pointait chez lui, avec le tact d'une baleine dans une piscine municipale et envahissait son espace personnel armée de cette nonchalance teintée d'insolence qui la caractérisait si bien. Loukas, bien que daybreaker, restait un humain doté de certaines pulsions. Le fait que son statut secondaire ait évolué ne faisait qu'ajouter davantage d'huile sur le feu, c'est tout. Un léger rictus aux lèvres, elle accueillait donc sa colère comme une brise glissant dans ses cheveux attachés. Il n'était pas le premier daybreaker qu'elle rencontrait et ne serait certainement pas le dernier. A ses yeux, il ne serait guère étonnant que l'on découvre que la moitié de la ville n'était plus totalement humaine. Avec tous les événements de ces dernières années, les mutations d'adn était monnaie courante. Alors Loukas ? Juste une victime de plus dans ce siècle pourrissant.

Les mains masculines sur ses épaules l'ont néanmoins, faite frissonner. Peu importe qu'elle soit en mesure de garder son calme dans nombre de situations laborieuses, son interlocuteur possédait des capacités dont elle était démunie. Attentive, Cameron écoutait donc son laïus colérique avant de pencher légèrement la tête sur le côté. « T'as fini ? » La provocation avait toujours eu cette nuance acide qui coulait dans ses veines pour en électrifier son corps. Une dose de vitalité dans un camaïeu grisâtre. Y en a qui se droguent, y en a d'autres pour qui la vie devient une sorte de jeu presque malsain. On passe le temps comme on peut.

Observer le visage de Loukas se moduler sous les affres de la rage était à la fois hypnotisant et curieusement excitant. Hey, Cameron reste une femme, quoi que l'on puisse dire sur son comportement. Un coup d'oeil à ses lèvres pincées, à ses jointures blanchies, et la demoiselle soupira brièvement. Bah, il lui suffit de songer au fait qu'il aimerait la voir morte pour effacer toute trace d'égarement. Ce fut instantané, et Cameron sentit son rythme cardiaque reprendre ses airs de jazz habituels, alors que son visage avait gardé son impassibilité coutumière.

Elle laissa quelques secondes au barman pour qu'il récupère un semblant de calme, observant distraitement l'appartement. En cet instant, elle avait intimement conscience de la présence de ses armes contre sa peau. Et comment pourrait-il en être autrement alors qu'il venait d'en faire mention ? La jeune femme savait pertinemment qu'il ne s'agissait ni d'un coup de bluff ni d'une réflexion logique concernant ses habitudes. Parce qu'il ne la connaissait pas suffisamment et parce qu'ils n'évoluaient pas dans le même monde. Ainsi, ses habilités avaient évolué au point qu'il devine ce genre de détails. Non, pas qu'ils devine, mais qu'il sache. Son ton avait été bien trop confiant pour qu'il doute de cette déclaration. Cameron se lécha les lèvres distraitement, avant de se masser l'intérieur de la main gauche avec son pouce droit. Jusqu'où irait l'évolution de Loukas ? Certains daybreakers n'agissaient pas aussi gentiment que celui se trouvant en face d'elle. Allait-il lui aussi perdre ce reste d'humanité qui survivait dans ses prunelles ?

L'ex-soldat tourna la tête dans sa direction et l'observa un instant. Elle n'avait cure du regard furibond qu'il lui lançait actuellement. Si à chaque fois qu'on la fusillait des yeux, elle passait l'arme  à gauche, franchement, elle serait le meilleur des SuperZombies.

Finalement, elle bailla à s'en décrocher la mâchoire, s'étira puis fit craquer ses doigts tout en avançant jusqu'au comptoir. Un coup d'oeil à la mâchoire serré, lui tira un sourire moqueur. « Avec cette tronche, t'as l'air encore plus constipé que d'habitude. » D'un geste souple, elle contourna le plan de travail pour se saisir d'une seconde tasse, laissée à l'abandon près de l'évier. Revenant à l'arrêt précédent, elle attrapa la carafe et remplit leurs deux récipients avant de se percher sur le premier siège venu. La tasse était chaude, revigorante et le fumet qui s'en dégageait avait des allures de paradis. Cameron souffla sur la surface sombre avant d'en prendre une petite gorgée. « Hum... Ça passe. »

Elle attendit encore un instant, avant de lever les yeux jusqu'au visage de Loukas. Une seconde, puis deux, puis enfin trois, s'écoulèrent dans un silence pesant avant qu'elle ne prenne à nouveau la parole. Cette fois, le ton de sa voix s'était fait plus sérieux, afin – peut-être – qu'il saisisse qu'elle aussi avait un cerveau en état de fonctionner. « Ecoute, t'en as marre de ce jeu, ce que je peux comprendre, et moi, je ne veux qu'une seule chose de toi. Si tu me donnes ces infos, tu seras débarrassé. Sois logique et rends toi la vie plus simple. » Déjà qu'il devait probablement ramer certains jours, qu'il s'octroie un peu de tranquillité la concernant, bordel.

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MessageSujet: Re: "Si tu es dur et si tu comprends bien - Cette rue sera ton jardin" [Loukas]   Sam 29 Oct - 22:36


« Lève-Toi et Fais Face ou Sinon Cède ta Place »



Loukas & Cameron
Si tu es dur et si tu comprends bien. Cette rue sera ton jardin.

Il grondait. Intérieurement surtout, mais c’était presque audible. Paumes sur le comptoir, Loukas respirait profondément, lentement, sans émettre un mot. On entendait son bourdonnement d’homme agacé. On entendait l’eau bouillir. On entendait la cafetière craquer. On entendait les gouttes de la boisson chaude qui coulait doucement dans la carafe. Mais rien d’autre. Loukas la fixa dans un silence, aucunement malaisé par l’absence prolongée d’interactions verbales. Au contraire, il avait besoin de ce moment et Cameron choisit de lui donner. Bonne idée. Et pourtant, son expression, si peu sensible à la colère du jeune homme avait de quoi l’irriter davantage. Elle ne réagissait pas, elle observait les meubles d’un air blasé, elle restait impassible. Sa nonchalance le dérangeait, comme elle l’avait toujours fait, mais celle-ci était également prévisible. Loukas ne s’attendait pas à mieux de sa part. C’était Cameron, après tout. Il ne pouvait prétendre véritablement la connaître, mais dans un tel scénario, ses comportements ne le surprenaient pas. Elle n’en avait rien à faire de ses états d’âme ou de ses malaises, elle voulait sa dose et c’est tout. C’était ironique au fond, mais le monstre avait plus d’humanité que l’humaine.

Elle brisa le silence pourtant confortable qui avait réussi à apaiser le jeune homme d’un bâillement exagéré. Cameron craqua ses doigts, reprenant action comme un chat au levé de sa sieste. Loukas la suivit du regard alors qu’elle s’approcha pour le piquer une nouvelle fois. « Avec cette tronche, t'as l'air encore plus constipé que d'habitude.» Fermant les yeux, découragé par la délicatesse de son intervention, Loukas soupira longuement avant d’ouvrir les yeux. Un large sourire s’étira sur ses lèvres sans montrer une seule dent. Le sourire du daybreaker se voulait exempt de toute sincérité et il ne fit aucun effort pour qu’il en soit autrement. [color:3637=##009999]« Mieux? » Demanda-t-il alors avec sarcasme à son tour. Cameron leur servit alors à boire sous la supervision active du gérant. Tenant la tasse chaude entre ses mains, il ne se fit point attendre pour l’amener à ses lèvres et réchauffer sa gorge. Cette banalité quotidienne le remplit d’une satisfaction superficielle qui était la bienvenue en ce matin bordélique. Mais comme elle savait si bien le faire, Cameron brisa son infime moment de bonheur de ses commentaires impertinents. « Hum... Ça passe. » Loukas s’interrompit alors qu’il s’apprêtait à prendre une nouvelle gorgée de son précieux café. Ne pouvait-elle pas se la fermer? Vraiment? Loukas ravala sa langue, résistant à son envie pressante de répliquer à l’enfant qu’il avait sous son toit. Finalement, il compléta son mouvement et but de sa tasse une nouvelle fois, refusant de gaspiller sa salive pour si peu, malgré que ce n’était pas l’envie qui manquait à l’impulsif. Loukas ne gagnerait pas avec elle de toute façon, pas à son jeu. Alors à quoi renforcer cette inégalité?

« Écoute, t'en as marre de ce jeu, ce que je peux comprendre, et moi, je ne veux qu'une seule chose de toi. Si tu me donnes ces infos, tu seras débarrassé. Sois logique et rends toi la vie plus simple. » Mademoiselle était sérieuse maintenant. S’impatientait-elle aussi? Elle changeait de stratégie et revenait à la charge en allant droit au but. Loukas n’était pas dupe, il voyait clair dans son jeu et pourtant, il céda. « Bien. » Dit-il d’un air sec. Bien? Oui? Comme ça? Si facilement? Oui, c’était exactement ça. Ou presque bien évidemment, mais tout de même. Il n’avait pas envie de l’endurer une seule seconde de plus dans sa cuisine et considérant qu’il se refusait  de la réduire au silence par la violence, le daybreaker n’avait plus vraiment d’autres choix pour mettre fin à son supplice. « Je t’offre une verre de ma réserve, ma réserve à moi et après tu dégages.  » Loukas pesa bien ses mots, insistant sur son sentiment d’appartenance.  Il prononçait le «ma» avec une frustration déchirante et évidente. Partager sa bouteille, ce n’était pas chose commune, voire même qu’il ne l’avait jamais fait. Et voilà qu’elle obtenait ce privilège, elle, Cameron, ce moustique qu’il n’arrivait jamais à écraser. Il lui faisait une faveur énorme à contre-coeur. Loukas était en désaccord avec sa propre décision, mais maintenant qu’il l’avait exprimé de vive voix, il ne pouvait revenir en arrière. Il aurait dû l’aveugler et la bouffer, vraiment.

Terminant sa tasse de café, il s’éclipsa dans sa chambre pour revenir avec une bouteille de whisky dont il ne restait que le quart. « Je devrais te faire payer cher pour ça… » Dit-il alors, regardant son trésor avec une affection démesurée. Le daybreaker se força la main pour sortir deux verres, les remplit puis en glissa un à portée de son «invitée». Alors qu’elle s’apprêtait à le prendre, Loukas mit sa main sur le verre, couvrant son ouverture de sa paume, clouant le récipient sur le comptoir. « Pas si vite. T’as oublié le mot magique, la gamine?  » Il était prêt à casser le verre sous sa main si elle refusait d’au moins le remercier. Le daybreaker ne déconnait pas une seconde, elle allait au moins lui être reconnaissante, car cet offre était pour lui un véritable sacrifice. Il verserait surement une larme de gaspiller ainsi son alcool s’il n’était pas aussi énervé. Kylian attendit d’avoir ce qu’il voulait avant de libérer son verre et de s’attaquer au sien. Une nouvelle chaleur se fit sentir le long de sa gorge, mais une complètement différente que la précédente.  « T’as un copain, Falls? » Attends, quoi? Oui, oui, elle avait bien entendu. Il posait la question, comme ça, sans introduction. Loukas avait  choisi ce sujet de conversation, parce que c’était le premier qui lui était venu en tête et n’avait pas réfléchit plus loin. Après tout, il fallait bien qu’elle reste là encore un peu pour le boire ce verre, alors autant rendre le moment un peu plus agréable et discuter. « Regarde-moi pas comme ça. T’es chez moi, tu bois mon alcool, alors c’est moi qui choisit le sujet de conversation. » Et puis, si elle jouait le jeu, si elle feintait d’être sympathique, qu’elle alimentait cette conversation, peut-être qu’elle pourrait glisser un peu plus de liquide dans son verre sans qu’il n’hausse un sourcil. Elle le savait. Il le savait. Tous deux avait bien remarqué cette bouteille suffisamment pleine pour pimenter leur matinée. Cameron était maligne, elle en profiterait surement, Loukas avait calculé ce risque, bien évidemment. Le daybreaker espérait seulement qu’avec la baisse des inhibitions, que l’insupportable se transforme en charme.


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"Si tu es dur et si tu comprends bien - Cette rue sera ton jardin" [Loukas]

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