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 Through the black | (Tristan)

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MessageSujet: Through the black | (Tristan)   Mar 17 Mai - 20:49



❝ Through the black
I've never been the type to turn my back and run. It's just never appealed to me to be the same as everyone. And every time I play with fire, I'm going to burn until I learn. And everytime I do it myself, I'm going to hate. It's time to get it straight.


Pendue à son bras, les réminiscences de sa bassesse. L’infection qui s’étend dans les artères à mesure que les rires se pressent au cœur de sa peau. L’indigente s’accroche du bout de ses ongles vernis, pétrit les muscles comme pour s’assurer qu’il ne part pas. Qu’il reste là, à soutenir le poids déroutant de son opulente poitrine, la mollesse qui s’agite au moindre soubresaut d’un éclat de rire forcé. Ecrasée contre la ligne du bras auquel elle se pend comme on enlace un trophée. Car c’est ce qu’il est. L’objet que l’on agite sous le nez des autres pour les rendre jalouses. Exposer son opulence, qu’importe le domaine et montrer que le mieux nous est entièrement réservé. Sans limite, ni pudeur, du moment que l’on a l’argent pour se le permettre. Les discussions vont et viennent, à la manière de vague, et il serait le récif contre lequel elles viennent se briser. Un sourire de circonstance apposé sur ses lippes, le regard pétillant d’un amusement de façade, il joue. Use et abuse de son charme indécent pour offrir l’illusion que tous ces visages vides attendent. La joyeuseté d’une soirée mondaine à laquelle il n’aurait jamais été convié s’il n’avait pas déjà pris la peine de faire rougir de plaisir les joues d’une pâleur poudrée de la femme qui l’exhibe. Entraîné dans une valse qu’il le dépasse, Regan suit docilement les pas de sa propriétaire. L’unique lueur d’un plaisir coupable résidant dans la flute qu’il tient entre ses doigts. Phalanges blanchies par l’inconfort, les bulles d’un champagne de mauvais goût pétillant joyeusement sur sa langue. Ce n’est pas la première qu’il vide sans sourciller. Elle ne sera certainement pas la dernière. Il ne devrait pas s’abandonner dans cette débauche qui l’engloutie à chaque fois qu’il y glisse les lèvres. Pas lorsque d’autre compte sur lui et qu’il se doit d’accomplir quelque chose de bien plus important que de jouer le pantin de service. La façade vacille un instant alors qu’il lève légèrement le menton tout en déposant distraitement son verre vide sur un plateau qu’un pauvre majordome lui tend. L’échange entre le vide et le plein, et de nouveau ce mauvais gout sur sa langue.

Le regard écrase chaque invité. Au milieu de la débauche de tenues hors de prix, l’éclairage trop criard à son goût réduisant ses pauvres rétines  en cendres. Aveuglé, l’insurgé plisse les yeux afin de s’offrir une meilleure vue. Conjuré le sort qui a pris possession de ses yeux à la naissance et s’efforcer de discerner les visages. Un flou artistique sur les rétines, il cille à plusieurs reprises et tente de reprendre son examen. C’est un visage familier qu’il cherche au milieu de l’inconnu. L’esquisse de traits qu’il abhorre et dont la seule présence en ce lieu fait courir des frissons de haine le long de son échine. La caresse de doigts de glace contre sa peau, se couplant avec les griffes de son inconfort lorsque la petite femme agrippée à son bras glousse, minaude en réponse à une plaisanterie affreusement mièvre et ridicule d’un de ses comparses. Contraint de devoir faire bonne figure, se montrer plaisant en compagnie d’êtres qui l’indisposent, Regan se voit aussi dans l’obligation d’ignorer son ressentiment envers celui qui l’accompagne dans cette mission. Un nom que l’on énonce au milieu de la liste d’information à retenir avant de se jeter entre les griffes de l’ennemi. Le venin de la haine qui émerge du néant, écrase le cœur et la volonté de bien faire. L’espace d’un instant, l’envie de renoncer. Refuser pour mieux disparaître. Le cœur en déroute face à un trop plein de sentiments différents. Deux siècles de douleur, la lame d’un adultère qu’il était pourtant près à tolérer si cela rendait Rose plus heureuse. Parce qu’il était le seul fautif dans leur mariage, l’incapable et l’insensible. Celui qui grignotait des brides de leur vie conjugale malgré tous ses efforts pour se montrer à la hauteur de son épouse. Piètre mari ayant poussé l’autre moitié de son âme dans les bras du démon. Il le déteste, ce misérable gamin et sa gueule d’ange. Cet imbécile qui a seulement osé poser ses mains sur ce qu’il avait de plus précieux. Après avoir passé les années de leur damnation à chercher à le détruire. La mâchoire se crispe sous la force du ressentiment, et les prunelles s’assombrissent le temps d’un soupir. Une inspiration douloureuse pour chasser le trouble, une nouvelle gorgée d’un alcool salvateur. L’ivresse en gage de carcan apaisant, pour alléger son cœur. La descente dans les enfers de ces effluves capiteux qui sont devenus ses derniers secours.

Le contact se fait enfin. Le vert croisant le noir. Au milieu des sourires forcés, la silhouette efflanquée de Tristan se dessine. L’insurgé ignore ce qu’il ressent à cet instant. Un écho de soulagement se presse contre son cœur, soufflé par une chaleur affreusement dérangeante. L’envie sourde de rejoindre le gamin pour mieux le briser. Se faire violence pour ravaler la haine et esquisser un infime mouvement de tête dans la direction de l’autre résistant. Comme un signal qu’ils sont les seuls à comprendre. L’accord tacite passé en silence, celui de mettre en route les rouages de la mécanique qui est la leur. S’éclipser quelques instants et se perdre dans les pièces désertées du bâtiment. Effeuiller le luxe et les vêtements abandonnés pour y trouver des miettes d’informations bonnes à distiller aux autres résistants. Le corps s’arque pour s’avancer vers le second, mais le geste s’avorte dans un soupir étouffé. L’esprit ancré vers son but, Regan en avait oublié l’insignifiante rutilante accrochée à son bras. Elle se hisse sur ses petits pieds, sa main libre venant se poser contre la mâchoire du rouquin pour mieux déposer une trace de rouge à lèvre humide sur son autre joue. Avant de se retourner, tout sourire, vers les convives rassemblés autour du couple. Avaler la bile avec l’amertume écœurante du champagne. Une nouvelle coupe qui se vide et qui s’échappe de ses doigts. Elle se brise en mille morceaux à ses pieds, fait sursauter l’assemblée et libère son bras de l’étau acéré dans lequel il était écroué. Obnubilé le temps de plusieurs battements de cœur par le verre épars sur le marbre, Regan finit par se complaire en excuses, évite d’un infime mouvement de recul les griffes de sa propriétaire du soir. Il relève un instant le nez pour tenter de retrouver Tristan, son regard ne s’échouant que sur du vide, là où quelques instants plus tôt, l’autre résistant s’était tenu.

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❝ Naufragé dans la nuit

On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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↳ Opinion Politique : Pour la rébellion, n'en déplaise à son esprit chaotique.
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MessageSujet: Re: Through the black | (Tristan)   Ven 27 Mai - 21:26


« Through the black »

Regan & Tristan
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Le vent soufflait sur les pensées, les drames et les songes. Ces rêves qui n'apportaient plus désormais que des symboles vides de toute substance, des objets en lévitation dans une âme privée de double-vue. Tristan dormait peu et lorsqu'il s'éveillait, il lui suffisait de chasser de son front les traces laissées par ses chimères, balayant du même coup ses larmes d'un revers  de manche. Tout comme la peine, les étoiles ne s’éteignaient pas comme par magie durant le jour. Elles étaient toujours là, même si le ciel était bleu et que l’on ne soupçonnait pas du tout leur présence. Le souvenir d'Helix était pareil à la plus lumineuse des étoiles mais le ciel diurne refusait la plupart du temps de le laisser y pénétrer. Alors ce jour là, comme beaucoup d'autres jours, Tristan avant plissé les yeux, le soleil avait réchauffé son visage et il avait continué à respirer. Son cœur battait lentement, ses membres se mouvaient vite, ses mots étaient soufflés avec modération et son corps l'avait porté mécaniquement jusqu'au bout de cette journée, sans effort.

Les milles facettes des imposants lustres de cristal miroitaient avec élégance. Sous eux, la large salle de bal s'étendait, délicieusement envahie des accords des violonistes. L'orchestre de musiciens en smoking était en effet composé des cordes mais également des bois et des cuivres et il agrémentait ainsi l'ambiance par son registre de musiques classiques. Le visage de Tristan était lisse alors qu'il s'avançait d'un pas mesuré au travers de la grande salle, ses longs cheveux retombant sur ses épaules, aussi sombre que le costume dont il était revêtu. Il concéda un regard placide à sa partenaire, une cinquantenaire aux joues rouges, aussi bavarde qu'exubérante, et la rassura de quelques paroles sobres, à peine murmurées dans le creux de son oreille. Maria camouflait son manque d'assurance sous une tonne de bijoux coûteux et une tendance aux rires suraigus. Elle s'accrochait au bras de son cavalier, vacillant sur ses talons trop haut alors que les bulles de champagne pétillaient dans ses yeux. Tristan se contentait de respecter les règles sociales d'usage avec une austérité robotique comme un ordinateur suivrait un programme. Aucune fausse note, sa diction était impeccable, ses réparties assurées et il refusait les coupes de champagne avec une sage politesse. Toutefois le ton de sa voix était sans doute trop neutre, le voile posé sur ses yeux ne renvoyait qu'une indifférence hautaine et ses trop rares sourires n'exprimaient aucune profondeur. Fort heureusement, on ne lui en demandait pas dans ce monde d'apparences.

La silhouette trop mince de Tristan paraissait encore plus haute aux cotés de sa cliente, véritable pot à tabac. Cependant, il ne se souciait guère de l'aspect si étrange de leur couple, si peu accordé. Son esprit reptilien était aussi vide d'émotion que de préjugés. Il soutint ainsi sans faiblir le regard curieux d'une collègue de Maria qui multipliait les questions déplacées concernant sa relation avec sa cliente. Cette personne s'était présentée à lui comme faisant partie du haut tribunal de la ville et semblait particulièrement friande de ragots. Elle paraissait en effet les dévorer avec autant d'appétit que les petits fours qui disparaissaient un à un entre ses lèvres. « Oh, ainsi vous êtes professeur de danse ? Peut-être me ferez vous le plaisir de la prochaine valse dans ce cas, si cela ne dérange pas Maria, bien entendu. » La magistrate était légère et gracieuse et lorsque Tristan l'escorta jusqu'au centre de la salle, leurs pas s'accordèrent avec facilité, suivant le rythme de la musique. Ce fut au cœur de cette danse entre deux phrases anodines que l'audacieuse formula sa demande sans plus de manière. « Que dirais-tu de poursuivre cette leçon de danse dans ma chambre ? » Peut-être voulait-elle coiffer Maria au poteau, qui pouvait savoir ? Il n'aurait pas été surprenant qu'une forme de rivalité séparaient les deux femmes, aux vus des regards aiguisés qu'elles avaient échangés en début de soirée. Tristan se tut et réfléchit.

Dans l'immédiat, il prétendit ne pas prendre la proposition au sérieux et se contenta de l'éluder sans s'y appesantir. Ce fut au moment où il achevait la danse, s'avançant pour rejoindre le buffet, qu'il croisa le regard d'un homme posé sur lui. L'Anarchiste au visage constellé de taches de son. Une lueur de cruauté s'alluma dans ses yeux trop sombres alors qu'il le fixait durant quelques secondes, un frisson d'envie glissant le long de sa colonne. Des envies malsaines, brutales, morbides. Des pulsions étrangères qui semblaient lui tomber dessus sans raison apparente mais non sans une certaine intensité. Il ne s'agissait pas de haine, aucune émotion de ce genre ne chatouillait ses entrailles, il l'observait comme un chat contemple sa proie. Avec un sadisme assumé qui ne demandait qu'à croître. Loin de s'interroger sur l'origine de ses ressentis inexplicables, Tristan les laissa couler sur lui avec complaisance, ses lèvres s'étirant dans un sourire cynique. Pauvre Regan. Ainsi, ce signe de tête scellait leur association pour ce soir, dans le cadre de cette mission aussi floue que désorganisée. Dans un ploiement de paupières, Tristan revint poser son regard sur le visage de la magistrate qu'il caressa doucement d'une œillade circonspecte tandis que son bras qui l'enlaçait encore jouait avec les pans de son écharpe. « Je regrette, madame, de vous abandonner là. Bonne soirée.»

Lorsqu'il se détourna sans y mettre plus de forme, il détenait entre ses mains la carte magnétique qu'il venait de subtiliser dans la pochette de cette dame. A le voir se faufiler pour s'éclipser si rapidement, la magistrate resta quelque peu pantelante de surprise, croyant tout d'abord avoir effrayé ou vexé ce jeune homme. Elle en vint à narrer sa mésaventure à quelques uns de ses proches amis, sensiblement éméchés, transformant naturellement l'affaire à sa convenance. Un prostitué, voilà ce qu'il était car qui aurait pu sincèrement s'intéresser à cette vieille guenon de Maria ! Cette dernière, piquée, ne perdit pas un mot de ces médisances et réagit aussitôt, moqueuse, en haussant le ton pour tous l'entendent très bien : « Seriez vous jalouse d'avoir été éconduite, ma chère ? » « Parce qu'il est évident que votre charme l'a conquis ! Allons Maria, ce garçon n'a-t-il pas l'âge de votre petit-fils ? C'est si drôle, vraiment...» Les conversations étaient légères, entrecoupées de gorgées de champagne, les visages souriants sous les piques si odieusement articulées. Ce fut sur le même ton qu'un homme leur proposa de vérifier leurs pochettes afin d'être sûr de ne pas avoir été volées. Que savait-on de ce garçon après tout ? Maria paru s'offusquer, défendant son si charmant professeur de danse jusqu'à ce que la conversation bifurque sur la qualité du caviar. L'insouciance avait du bon dans les soirées mondaines.

Gravissant les escaliers déserts, Tristan était déjà arrivé aux étages où il s'empressa de rejoindre la chambre de la magistrate. Au cours de leur conversation, elle lui avait révélé qu'elle séjournait de manière permanente dans cet hôtel où elle occupait une suite luxueuse. Il ne perdit pas de temps et chercha aussitôt dans les tiroirs, ouvrant les portes de chaque commodes pour fouiller dans les documents qui s'y trouvaient. L'organisateur de leur petit groupe de résistants ne lui avait pas donné beaucoup d'indices. Il s'était contenté de lui imposer Regan comme équipier, les chargeant de se faire inviter à cette réception pour soutirer des informations utiles auprès des membres du gouvernement. Mais lesquelles ? Les maigres révélations qu'il avait pu soutirer à cette magistrate concernaient un dossier mystérieux sur lequel elle travaillait. Elle avait bien sûr refusé de lui en dire plus, lui confiant simplement qu'il s'agissait d'une affaire gouvernementale top secrète. Sans doute ce thème devrait-il intéresser les résistants. Aussi, Tristan avait-il décidé de mettre la main sur ce fameux dossier, en espérant en découvrir au moins quelques bribes dans cette suite privée.

Durant ce temps, dans la salle, les convives profitaient de la fête, sans véritablement se soucier de la disparition de Tristan. Si Maria se languissait du retour de son cavalier, elle n'osait l'exprimer ouvertement et paraître ainsi trop pathétique. Toutefois, un homme de haute taille, à la carrure respectable, n'avait rien manqué de la conversation entre ces dames. Il s'agissait d'un membre de la milice dont la méfiance était éveillée en permanence. Par acquis de conscience, il décida d'aller faire une ronde aux étages et il traversa la salle d'un pas serein. En dépassant la position de Regan, il vérifia distraitement la présence de son arme de service, logée dans le holster, parfaitement dissimulé sous sa veste. Ce petit mouvement de paume contre son col, aussi insignifiant soit-il, n'attira l'attention de personne. A vrai dire, seul Regan aurait été en mesure de le voir mais l'homme ne se souciait pas de cet inconnu. Il s'avança assez rapidement pour emprunter les ascenseurs et rejoindre ainsi l'étage où se trouvait Tristan...



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Sur des escaliers de brume

On ne m'a donné ni arme ni larmes à mes yeux, Que ce cheval d'acier noir et ce corps sans visage. J'ai l'âme de l'enfant et la mémoire du vieux. L'éternité c'est long quand on marche sans cœur.
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MessageSujet: Re: Through the black | (Tristan)   Sam 4 Juin - 20:11


A la manière d’une vague qui se brise contre un récif, l’inconfort se fait intense sous la peau. Comme un souffle venu se heurter à la chair, il pousse les doigts à venir tirer légèrement sur le nœud de la cravate. Eviter l’asphyxie en éloignant d’un geste quelque peu malhabile la pression contre sa gorge. Il a perdu l’habitude des costumes et de tout ce qu’ils peuvent apporter. Le tissu bien coupé, parfaitement ajusté pour souligner un rang qui n’est pas le sien. Au milieu de tous ces atours, les envolées de cordes qui se répercutent jusque sous le plafond de l’imposante salle, le résistant n’a pas sa place. Il n’est là uniquement grâce au bon vouloir de celle qui se pend à son bras. Elle s’y agrippe de ses ongles peints, par peur de le voir disparaître au moindre courant d’air. Parce qu’elle a payé pour qu’il reste à côté d’elle, afin de pouvoir l’agiter sous le nez des autres, un sourire satisfait collé sur ses lèvres aussi rouges que son vernis. Elle s’agrippe à lui pour être certaine qu’il remplira son contrat jusqu’au bout. Qu’une fois la bienséance passée, les phrases de courtoisies échappées de son joli sourire de femme influente certaine de la place qu’elle occupe auprès de tous les autres, elle ne retournera pas seule dans la chambre qu’elle a réservé pour l’occasion. La promesse de ce qui l’attend la fait légèrement trépigner sur ses hauts talons. La caresse de cette peau couverte de tache de son, la chaleur d’une étreinte éphémère pour lui faire oublier rien qu’un instant le tumulte de sa vie. Le Gouvernement, la résistance, tous ses tracas qui apposent de vilaines rides sur son front. Elle qui aimerait rester jeune jusqu’à la fin de sa vie. Dépensant des sommes folles en crème et autres petites choses miracles supposées lui garantir la jeunesse éternelle. Elle fait pourtant affreusement tache à côté de son compagnon d’un soir. Trentenaire dans la fleur de l’âge qui semble pourtant fleurer la quarantaine bien passée.

Le fil de la discussion glisse entre ses doigts alors qu’il laisse son regard s’accrocher à son acolyte. Le temps d’un misérable souffle avant que tout ne s’étiole, le gamin retournant se poster près de l’influente qu’il escorte. Le murmure de son nom le ramène dans la conversation trop abruptement pour qu’il parvienne à apposer sur son visage cette expression de neutralité qu’il a collée sur ses traits depuis son entrée en ces lieux. Il est contrarié d’avoir été ainsi distrait, d’avoir perdu des yeux la silhouette du résistant. A présent aux abonnés absents au milieu de toutes les âmes errant dans cette salle. La politicienne est seule, privée de son trophée, dépourvue de son éclat dans l’océan d’opulence qui est en train de l’engloutir. Le pitoyable dans lequel se perdent tous ces êtres lui retournent le cœur. Né à un autre temps, la royauté et les fastes de la Cour en guise de luxe, le français ne peut s’empêcher de remuer les cendres de sa mémoire et de comparer cet instant à ceux passés. Il réalise à quel point le présent est bien fade en comparaison du passé. La modernité lui laisse parfois un arrière-goût amer sur la langue. Avec Rose, ce nouveau monde lui semblait facile, aisé à comprendre. S’acclimater et abandonner le temps qui fut le sien aux bras de son épouse, il en était capable. Seul, l’épreuve semble parfois insurmontable. La difficulté serre sa gorge, tord ses entrailles et lui fait regretter les parfums lourds, les velours et les rubans, la poudre sur les visages et les jupons aux couleurs miroitantes de ces soirées dans lesquelles ils se glissaient, son frère et lui. Lui ou son double féminin, bien plus souvent invitée dans les dédales de la cour et des palais privés. Les ongles s’agrippent plus fortement autour de son bras, malgré la veste de son costume et le tissu de la chemise, il peut sentir la marque des griffes contre sa peau. Il frissonne et s’efforce de rester de marbre lorsqu’elle s’autorise à presser son autre main contre sa hanche. La demande est évidente, flagrante lorsque l’indécence dévie vers la presque absente courbe de ses fesses. Les bulles du champagne ne pétillent pas assez fort pour ankyloser son pauvre cerveau, le rendre hermétique aux effluves nauséeux d’une luxure débordante. Dans les méandres de ses entrailles en désordre, la honte de ce qu’il est se fait cuisante. Elle se presse contre les lignes de ses pommettes, appose contre la pâleur de sa peau une teinte légèrement plus rosée qui ne rend que plus visible encore les taches de rousseur mordant la carne.

Dans le murmure d’une excuse polie, Regan se défait de l’étreinte et se traîne jusqu’au bar. La valse incertaine qui le mène jusqu’au temple de l’intempérance le pousse à frôler l’épaule d’un invité. Ce n’est qu’une fois les mains posées contre le marbre que l’insurgé jettent un regard par-dessus son épaule en direction de la salle. Du bout des cils, il perçoit la silhouette quittant la lumière pour se perdre dans l’ombre d’un couloir vide, le jeu de la veste qui revient se poser contre le corps. La curiosité appose un pli sur son front, pousse ses sourcils à se froncer avant que ses idées noires ne se voient chassées par le barman. L’appel des vapeurs de l’ivresse s’extirpe de ses lippes, alors qu’il quémande un verre du meilleur rhum de la maison. Le liquide ambré semble ne pas avoir de secrets pour le bonhomme qui se presse alors d’offrir à Regan l’historique de la boisson, invoquant le calvaire enduré par les esclaves dans les plantations de cannes à sucre, dans ces temps sombres où les droits de l’homme étaient aisément bafoués. Le français se mord la langue, se retient de dire au misérable professeur d’histoire que ce fameux texte invoqué, il a en vue les balbutiements et à participer à sa naissance. Imaginer l’incrédulité sur le petit visage pétrit de cet orgueil qu’ont les gens cherchant à se donner de l’importance appose sur les lippes l’ombre d’un sourire. Une dernière mise en garde envers la puissance de l’ambre avant que les doigts fins ne se saisissent du verre pour le vider d’une traite, le regard rivé à celui de l’historien de comptoir. Des langues de feu lui ravagent la gorge, assèchent son estomac qui se comprime sous l’attaque. Un feu d’artifice explose dans son crâne, écrase son cerveau qui se déconnecte le temps d’un souffle. Il cille avant de faire volteface, du feu dans le corps et le cœur hurlant contre ses côtes, les muscles engourdis par la chaleur et l’assurance un instant incertaine. Le résistant hésite alors à retourner se pendre aux bras de sa propriétaire. Ce qui l’intéresse c’est de retrouver la présence de Tristan. Et plus il s’abime les rétines dans la contemplation de la réception, plus il en a mal aux yeux. Les pupilles fragiles se cachent un instant derrière les paupières, laissant alors le temps au cerveau embrumé par les vapeurs d’alcool de faire le point. L’ébauche de l’ivresse en étendard, Regan souffle et presse ses doigts contre ses tempes. Repasse le fil de sa piteuse soirée, les visages rencontrés et les sourires échangés. Le heurt contre son épaule lui revient, et avec lui la douleur d’une menace invisible.

La milice en civile au milieu du faste, l’évidence lui fait mal au cœur. Ses pas l’amènent vers la lisière de la salle, les yeux se levant instinctivement vers les étages. Trouver le petit insolent dans un tel dédale de pièces et de couloirs risque de prendre du temps. Alors il s’appuie contre le chambranle de l’imposante porte, les mains dans les poches de son pantalon, en proie à un affreux doute. Rester là et ignorer le danger que peut courir l’autre résistant. L’abandonner à son sort, tant pis s’il se fait prendre. Prier pour que le possédé oublie le nom du français. Ou bien prendre le risque de se faire à son tour repérer en allant au secours de l’inconscient. Un nouveau souffle s’échappe de ses lèvres, la contrariété accrochée à ses traits soudain fatigués. Il ne s’attend à rien lorsqu’il appelle finalement l’ascenseur. Il n’espère rien et pourtant il garde les yeux fixés sur le premier chiffre qui s’affiche. Un étage perdu au-dessus de la décadence, la route qui mène vers la résistance. Et lorsque les portes s’ouvrent, il hésite encore. Tiraillé entre vengeance et raison. Le corps est pourtant poussé en avant, mue par une force invisible qui l’oblige à gravir les étages pour se retrouver dans un couloir désert à courir après du vent.

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MessageSujet: Re: Through the black | (Tristan)   Jeu 16 Juin - 14:46


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Regan & Tristan
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Tout était calme dans cette suite luxueuse où des reproductions de tableaux de maître décoraient les hauts murs avec élégance. Tristan avait fouillé rapidement chacune des armoires, des buffets et des commodes qui s'y trouvaient. Mais malheureusement, il n'avait rien pu découvrir de consistant dans les affaires personnelles de la magistrate. Et si certains dossiers judiciaires se trouvaient effectivement rangés dans une grande armoire d'acajou, ils ne semblaient traiter que d'affaires de moindre importance. Qu'est ce que la rébellion aurait bien pu tirer de ces pauvres procès verbaux ? Tristan les avait parcouru rapidement mais aucun d'entre eux ne lui semblait particulièrement compromettant ni utile à quoique ce soit. Il soupira légèrement, se redressant pour se rendre dans la chambre où trônait un énorme lit à baldaquin. Contre le mur de droite, l'un des tableaux exposés – une reproduction de la balançoire de Renoir – semblait étrangement posé de travers. Dans une intuition, Tristan s'en approcha pour l'observer de plus près. Il l'ôta du mur, s'attendant presque à découvrir un coffre fort dissimulé derrière… Mais rien de tout cela. La tapisserie du mur semblait juste plus claire à l'endroit où se trouvait auparavant le cadre. Et pourtant… lorsqu'il orienta son regard vers l'arrière de celui-ci, son visage s'éclaira. Parce qu'une pochette en plastique avait été agrafée derrière la peinture et on devinait la présence d'un document mystérieux à l'intérieur.

Tristan s'était assis sur le lit pour inspecter le contenu de ce dossier secret, si bien dissimulé. Il s'agissait vraisemblablement là de cette affaire gouvernementale top-secrète mais lorsqu'il en lu les premières lignes, il fronça les sourcils car le texte était rédigé en langue française et il n'en comprenait pas un traître mot. Néanmoins, si cette magistrate avait pris soin de si bien cacher ces documents, c'était qu'ils possédaient une valeur particulière et donc qu'ils pourraient sensiblement intéresser les rebelles. Mais il n'eut pas le temps d'étudier plus d'une minute sa découverte. Un bruit le fit tressaillir dans la pièce voisine et il se raidit en entendant la porte s'ouvrir doucement. Quelqu'un venait d'entrer dans la suite et Tristan n'eut que le temps de se redresser. Sans doute aurait-il pu se cacher sous le lit et s'y rouler sans bruit, à moins de choisir la grande garde-robe pour s'y dissimuler. Pourtant, il ne pouvait se résoudre à un comportement de pleutre, sa fierté l'en empêchait. Non, jamais il ne pourrait faire cela. Il resta donc debout en silence à coté du lit, prêt à assumer les risques, quels qu'ils soient.

Le grand homme à la carrure respectable s’appelait Jon Kenneth. Il faisait partie de la milice  depuis de nombreuses années et son flair ne le trompait que rarement. Traversant le grand hôtel, il avait donc fait sa ronde, s'avançant au travers des couloirs vides jusqu'à parvenir directement à la chambre de Mathilda Gordon, la magistrate aux cheveux d'or. Si cette étourdie avait succombé au charme d'un gigolo-voleur, mieux valait vérifier que ce gamin n'était pas en train de cambrioler sa suite. Jon ne songeait pas aux rebelles, il ne s'attendait pas réellement à une intrusion de leur part. Il espérait simplement éviter à une dame que le champagne rendait trop peu méfiante de se faire dérober ses bijoux. Aussi, quand il poussa la porte entrouverte, il s'attendait déjà à tomber sur l'indélicat et sortit son arme de sa poche pour avancer prudemment, constatant que toutes les armoires étaient ouvertes.

Le face à face avec Tristan ne tarda pas, il n'avait pas bougé de sa position. Le document avait simplement rejoint les profondeurs de sa veste et il se tenait donc là, les mains vides, le regard neutre, la posture immobile. « Allons bon. Je suppose que tu as une bonne raison de te trouver là. Où sont tes larcins ? Pas de sac rempli de bijoux, on dirait. Dis moi ton nom.» Jon avait la cinquantaine, il estimait qu'il n'était pas nécessaire de vouvoyer un gamin, voleur qui plus est. Tristan ne répondit pas. Le flic s'avança doucement, le menaçant toujours de son arme. « Okay. On va sortir d'ici ensemble. T'as des ennuis, mon gars, allez, on y va.» Tristan se contenta de lever les bras en l'air avant de s'avancer docilement pour traverser la suite et rejoindre enfin le couloir, d'un pas léger. Jon sourit avec satisfaction, estimant peu nécessaire de le menacer de son arme, puisqu'il semblait bien peu dangereux. « Très bien. Pas la peine d'épouvanter les invités de cette réception, on va sortir de l'hôtel ensemble sans faire d'esclandre. »

Tristan restait muet, il baissa les bras sans montrer aucune résistance, demeurant placide et inexpressif. Pourtant, il n'avaient pas avancés de plus de quelques pas - le jeune homme en tête, le milicien juste derrière lui - que soudain, il exécuta un mouvement brusque. La souplesse de Tristan était parfaite. Sa rapidité tout autant. Ce coup de pied retourné faisait pratiquement figure d’œuvre d'art et il atteignit  Jon Kenneth en pleine tête. Ce dernier accusa le choc dans un juron pendant que le garçon se retournait. Il aurait pu fuir, il aurait pu fuir. Mais Tristan ne fuyait jamais.

Le flic avait beau être trois fois plus épais que lui, il savait où frapper pour faire mal. Il maîtrisait les techniques d'art-martiaux sur le bout des doigts. Il n'offrit pas le temps à Jon de récupérer et lui administra plusieurs coups bien placés avec une énergie assurée et maîtrisée. Mais Jon était coriace. Il rugit et fondit vers sa victime, l'empoignant à bras le corps pour le plaquer contre un mur, empoignant ses épaules pour mieux frapper sa tête contre le marbre. La douleur explosa et la vue de Tristan se brouilla. Il sentait qu'il risquait de perdre conscience lorsque derrière l'épaule du milicien, un peu plus loin dans le couloir, il perçu une silhouette se profiler. Celle d'un homme en costume, aux cheveux de feu et au visage constellé de tâches de son. Jamais Tristan ne s'abaisserait à demander l'aide de qui que ce soit. Et sûrement pas de Regan. Ce fut sa dernière pensée alors que le milicien au visage ensanglanté l'attrapait par la gorge. « Sale petite frappe... comment t'as appris à te battre comme ça ? Tu vas le sentir passer maintenant !»



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MessageSujet: Re: Through the black | (Tristan)   Dim 19 Juin - 21:09


L’escalade du doute. Elle s’achève alors que les portes de l’ascenseur se referment. La mécanique du diable s’ébranle, se répercute dans les limbes de son corps brisé. Dans les vapeurs qui l’enveloppent, l’insurgé chancèle, malhabile sur ces jambes soudain trop longues à son goût. Le ventre en feu, brûlé par l’ambre qu’il a ingurgité, les pensées noyées sous le flot. Ne plus savoir ce que l’on veut, pourquoi on se tient là, dans ce couloir déserté. Il a le cœur au bord des lèvres, l’ivresse en diable accroché à son cœur. Il s’effondre peu à peu sans garde-fou, se laisse bercer par cet état étrange. L’abandon dans les veines, l’esprit qui se fait de plomb tout en cherchant à se dégager des parois de son crâne en démolition. La perdition s’exhale dans un soupir, les doigts s’agrippant dans les mèches folles pour les déranger plus encore. Ils s’y accrochent en dernier recours, les autres cherchant le réconfort d’un appui précaire. Le mur contre lequel la pulpe de ses doigts s’abîment. Les braises de son hésitation se ravivent dans un souffle, le souvenir de sa présence se heurtant à son front. Il est venu se perdre dans les étages pour retrouver son associé. L’autre résistant venu se jeter dans les griffes du fauve. Le laisser mourir, le voir traîné au-dehors sous un ciel de cendres. Et admirer sa chute dans l’arène, il en tressaille d’avance. L’anarchiste en viendrait presque à aimer les lois et les échos de la tyrannie. L’ébauche d’un sourire assassin s’apposant sur ses lippes, s’étiole sous le fil de sa déraison. Une part de lui ne peut se résoudre à abandonner, s’extirper de la fange en solitaire et ignorer le danger. Rester en spectateur, regarder une apocalypse à laquelle il rêve de participer. Le mur vibre sous ses doigts alors qu’il secoue la tête, chasse les pensées noires parasitant son esprit embrumé. Dans une inspiration, Regan se redresse, appose un pied devant l’autre, la sensation d’avancer sur du vide. Les pas au bord du gouffre, la gueule béante du vide s’ouvrant devant lui, à la moindre hésitation, les bras du néant menaçant de lui saisir les épaules. Il accroche ses yeux sur l’horizon, l’assemblage de sang et d’ivoire qui se dessine devant ses pupilles lorsque le silence se fait chasser par les bruits d’une lutte.

Encore temps de reculer, faire machine arrière et disparaître. C’est sa haine qui ressurgit, entraînée dans son organisme par les vagues d’alcool. Toute son amertume qui lui caresse la langue. « - Votre absence commence à se faire remarquer. » Traitresses à ses envies, les paroles s’extirpent de sa bouche sous la force de leur propre volonté. « - Tire-toi, c’est pas tes oignons. C’est ton complice c’est ça ? C’est lui qui doit récupérer le magot ?  » L’imposant et son ton austère lui hérisse le poil. Sous la peau, l’insurgé s’enflamme. Les pupilles se font de suie alors qu’il brise la distance, un sourire factice pour qui sait y voir sur les lippes. « - Tu sais l’ami, je doute que la dame qui a invité ce cher petit à cette charmante réception, apprécie de le voir dans un tel état. J’ose imaginer que si elle a fait abstraction de la différence d’âge, c’est sûrement à cause de sa jolie gueule, non ? » Le milicien se redresse, entraînant sa proie dans le geste. Créature fébrile que le résistant désigne d’un geste désinvolte de la main. L’avancée s’achève lorsque les corps se heurtent. Le bras du rouquin s’enroule alors autour des épaules massives du soldat qui se voit contraint de lâcher le voleur. Dans l’étreinte, Regan l’entraîne, d’un pas en arrière, son autre main venant s’agripper fermement au col de la chemise. « - Mais entre nous, je dois avouer que j’aime beaucoup la manière dont tu l’as arrangé. Il me pourrit la vie depuis plus de deux siècles, ce petit retour de fortune est fort appréciable. » Penché vers l’ennemi, le résistant murmure l’injure à l’oreille. S’octroie le droit de laisser les prémices d’un rire amer se perdre dans le silence.

« - Putain mais vous êtes quoi au juste ? » D’une bourrade, le milicien tente de se défaire d’une étreinte qui n’en devient que plus forte. « - Lui ? Un monstre. Moi, je suis aussi humain que toi. Juste un peu ivre je dirais. Le barman a un vieux rhum, mon ami tu devrais aller l’essayer de ce pas. Il te donne l’impression d’avoir des tambours dans la tête, un vrai voyage dans le temps. » Il le susurre, minaude contre ce visage qui le rebute. La proximité le dérange, active les réflexes et fait s’éveiller l’anarchie dans les entrailles. La flamme qui éclaire les restants de l’âme. « - Je suis pas payé pour boire. Vous allez me suivre les deux comiques, m’obligez pas à vous démolir tous les deux. » D’un mouvement d’épaule, sous la veste, l’arme se révèle. Et la main qui s’en rapproche agit comme un déclencheur. D’amicale, l’étreinte se fait assassine. Les ongles s’incrustent dans la chair meuble, agrippent et attirent. Pris au dépourvu, la surprise en alliée, le grand benêt se laisse docilement fracasser. Le nez qui s’écrase sur le genou savamment levé pour le cueillir au bon moment. C’est tout le corps qui s’éveille, la délicatesse du féminin entacher par l’ivresse. Le revolver glisse sur la moquette, se réfugie dans l’encadrement de la porte restée ouverte. Alors qu’il rampe, la face en sang, le français revient agripper le col de la chemise et tente au mieux de traîner sa proie dans le couloir. Le relever pour le contraindre à s'agenouiller à l’orée de la chambre et lui fracasser le crâne au rythme d’une porte qui se referme. Son cœur s’affole, bat à tout rompre dans la poitrine à mesure que les os craquent. Ce rouge, noir dans son monde gris, fait vibrer les cordes de sa folie destructrice. Il s’enlise dans la mort, claque une dernière fois le battant et admire le corps s’effondrer sur le sol, aussi inerte que le reste de la moquette.

« - Bon sang, tu devais attendre ! Tu as cru quoi, qu’en y allant tout seul tu t’en sortirais mieux ? Parce que tu fricotes avec le magistrat, elle allait t’ouvrir sa chambre sans se méfier ? »
La rage au ventre, il se retourne vers le second résistant. L’accable d’une œillade au brûle encore les flammes de la violence. Son souffle est mort dans sa poitrine, la respiration en déroute. « - T’as merdé, Tristan, tu t’occupes de le ranger. Si le reste de ses copains débarque… » Les doigts s’agitent en direction du corps et Regan esquisse quelques pauvres pas dans le couloir. S’éloigne des restes de sa crise afin de laisser couler la lave de sa rage et laisser le venin d’un calme fragile revenir se glisser dans ses veines. « - Et tu n’as rien trouvé j’imagine ? Evidemment, elle serait vraiment idiote de garder des choses importantes sans apposer la moindre sécurité à sa chambre. » Les paupières se ferment, en rempart face à la voix qui risque de lui répondre. Elle l’insupporte, et cette seule pensée fait déjà courir des frissons contre sa peau pâle. Ses doigts se pressent contre ses tempes, endiguent les heurts qui s’y brisent au rythme frénétique de son cœur en pleine perdition.

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On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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MessageSujet: Re: Through the black | (Tristan)   Dim 3 Juil - 18:54


« Through the black »

Regan & Tristan
featuring

Lorsque le crâne de Tristan avait été cogné contre le marbre si froid, la douleur lui avait fait perdre conscience durant quelques précieuses secondes. Un répit que le milicien avait bien espéré mettre à profit pour prendre le dessus. Pourtant, contre toute attente, voilà qu'un complice survenait pour contraindre Jon Kenneth a relâcher sa proie, laquelle s'échoua sur l'épais tapis du couloir. Il s'agissait néanmoins d'une aide que Tristan ne désirait pas et que du fond de son inconscience, il repoussa d'un trop faible soupir. Au prix d'un formidable effort de volonté, il redressa sa tête douloureuse, prenant appui sur son bras. Plissant les yeux, sa vision encore floue percevait les formes de deux hommes debout devant lui. Encore sonné, Tristan se frotta les yeux, fronçant les sourcil à l'écoute du mot qui se détachait de la conversation.

Monstre, voilà comment l'idiot le catégorisait, dévoilant sa nature à des oreilles qui n'auraient jamais dû l'entendre. Cette révélation acheva de le réveiller tout à fait et il se redressa souplement, sans un bruit, suivant d'un regard attentif la scène de combat. Nul geste pour s'interposer entre eux. Il les observait comme au spectacle, le visage neutre et le regard inexpressif, se contentant de réajuster le col de sa chemise et remettre un peu d'ordre dans sa tenue. L'ombre d'un sourire fugace apparu peut-être contre ses lèvres lorsque la porte s'écrasa avec fracas, fracturant le crâne de celui qui gisait au sol, le visage en sang. Mais ce fut tout. Et lorsqu'il retrouva les prunelles enflammées du rebelle, Tristan lui opposa une indifférence glacée, le dévisageant en silence pendant que Regan le réprimandait. A la fin de sa diatribe, le jeune homme se contenta de répondre d'une voix aussi pondérée que sérieuse. « Je ne fricotais pas, je dansais.» Une différence que même un rustre tel que Regan aurait dû noter.

Se détournant, Tristan s'avança pour ramasser l'arme du policier et la glisser dans sa propre ceinture, après avoir remis la sécurité. Un coup était si vite parti… Il ne répondit pas immédiatement à son acolyte, préférant se rapprocher du corps pour vérifier son état en pressant deux doigts contre l'artère carotide. Aucune pulsation, le milicien n'était bel et bien plus de ce monde. Si tel n'avait pas été le cas, il l'aurait achevé lui-même car Tristan ne pouvait tolérer qu'un agent se doute de son statut surnaturel, il estimait préférable que le moins de personnes possible soient au courant. Agenouillé devant la dépouille, son regard neutre se releva sur son compagnon à la colère toujours si ardente. La logique voudrait qu'il le tue lui aussi, afin que plus jamais le rouquin ne se risque à divulguer sa malédiction en public, et Tristan se plut à envisager froidement cette option, tandis que Regan lui balançait ses regards courroucés. Le visage de Tristan n'exprimait rien bien que sa voix basse se chargeait d'une infinie douceur qu'on aurait presque pu prendre pour une compassion véritable.

« Tu empestes l'alcool, mon pauvre ami. » Il se redressa dans un sourire volatile, lançant un regard aux alentours dans ce grand couloir désert. Se débarrasser du corps ne serait pas une mince affaire car bien-sûr, il lui faudrait traverser le hall pour sortir et celui-ci était rempli d'invités. Cependant, cet hôtel prestigieux possédait une blanchisserie au sous-sol dont Tristan avait eu connaissance lors de l'une de ses précédentes visites. Il savait que les femmes de chambre jetaient les draps sales dans un sas aménagé dans les murs et dont il apercevait l'ouverture un peu plus loin. Serait-elle assez large pour y faire passer le corps d'un homme aussi grand ? Il fallait l’espérer car c'était selon lui le moyen le plus rapide pour descendre le corps et comme Regan l'avait fait remarquer, ils n'avaient pas de temps à perdre, le risque que d'autres miliciens apparaissent étant bien réel. Sans se soucier d'offrir la moindre explication sur ses intentions à son partenaire, Tristan sortit de sa poche le document étrange qu'il avait découvert et le lui remit, effleurant ses doigts de ses mains gantées au passage.

« Tu te trompes Regan.»

Tristan lui offrit un regard complaisant, le laissant  prendre connaissance de sa découverte pendant qu'il retournait vers la porte de la chambre, sortant un mouchoir de sa poche pour effacer avec soin les traces de sang qui la souillaient et la refermer, après avoir écarté le corps qui la bloquait. Une fois la chose faite, il empoigna le cadavre et le chargea sur ses épaules, non sans une certaine difficulté. Le milicien était lourd. Il l'emmena jusqu'à la trappe et le fit basculer sans la moindre hésitation, écoutant avec une joie malsaine le vacarme que cette chute occasionnait, lorsque le corps cognait contre les parois métalliques. BOUM BOUM BOUM. Jusqu'au sous-sol. Évidemment, Tristan était conscient des risques que son choix induisait et il était prêt à les assumer en toute connaissance de cause. C était un homme de décision, lorsque son choix était fait, il ne perdait jamais de temps en hésitations ou en doutes. Le frisson du danger couru contre sa colonne dans un plaisir électrique alors qu'il se retournait vers Regan, le dévisageant avec hauteur, son regard autrefois vide, habillé à présent des étincelles du vice.

« Aurais-tu préféré attendre au bar indéfiniment et y noyer tes tourments ? Je t'ai offert un peu d'action pour agrémenter ton si morne quotidien d'humain... J'espère que tu m'en es reconnaissant.»

Une moquerie méprisante était perceptible dans le ton de sa voix toujours douce alors que Tristan époussetait ses épaules. Son costume se devait d'être impeccable lorsqu'il descendrait au rez-de-chaussée d'un pas digne et paisible. En attendant, il lança un regard au document qu'il avait remis au rebelle avant de retrouver son regard. « J'ai trouvé ce dossier camouflé derrière un tableau. La magistrate a probablement dû le cacher en vitesse, j'imagine que si les mesures de sécurité n'étaient pas plus efficaces, c'était par manque de temps. Des informations de dernière minute ? » Tristan questionna Regan du regard, ne sachant si réellement il avait été capable de traduire ces textes. Savait-il seulement lire et écrire ? Il arqua un sourcil condescendant, attendant ses réponses.

Mais juste à cet instant, un bruit se fit entendre à l'autre bout du couloir, celui de talons contre le tapis luxueux. Venant des ascenseurs, la silhouette gracieuse de Mathilda Gordon leur apparu, sa crinière blonde retombant en cascade contre ses épaules dénudées, ses longues jambes mises en valeur dans son élégante robe de soirée fendue jusqu'à mi cuisse. « Mon dieu… vous étiez donc ici ? » S'exclama-t-elle en reconnaissant le professeur de danse. Sans se démonter, Tristan se plaça entre elle et Regan, de manière à cacher ce que ce dernier avait entre les mains. « Hé bien oui, je vous attendais, Mathilda.» Le ton de Tristan était neutre et aucunement chaleureux. Il marcha vers elle lentement sans la quitter du regard, des idées de mort flottant dans les méandres de ses pensées. Loin de songer à la charmer, sa première pensée était de lui faire emprunter le même chemin que le grand milicien, afin que le bruit de sa chute résonne dans un doux chaos...



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MessageSujet: Re: Through the black | (Tristan)   Sam 9 Juil - 21:04


Se mélanger au feu brûlant le sang pour incendier les veines. L’irritation se déploie dans le système du français. Elle se déverse par les vannes ouvertes, renforcée par cet afflux soudain d’alcool fort. Lui qui se perd dans l’ivresse depuis près de trois ans. Noyer le deuil sous le flot d’une addiction aussi honteuse que délicieuse. A s’en faire exploser le cœur et le corps, l’âme salie par la fange dans laquelle on ose la rouler sans pudeur. Ses pupilles vides s’abîment dans la contemplation de la mort à ses pieds, le charnier dont il est à l’origine. Et une part de lui en exige plus. Pour parfaire la descente, se laisser glisser sur le sol de sa démence juste le temps d’une pauvre soirée. L’horreur camouflée sous les plis d’un costume suintant le même luxe que cet hôtel. « - Charmante nuance. Pour un œil moins avertit cependant, les deux choses se ressemblent. La faute à leur finalité commune je pense. » Désinvolte et cynique, il hausse les épaules pour s’éconduire dans une attitude détachée, laisser le sous-entendu planer au-dessus des épaules de Tristan. L’immobilisme aux abonnés absents, Regan tourne tel un lion en cage dans le misérable couloir. Les pupilles embrumées se perdant de temps à autre en direction du cadavre à côté duquel le gamin avait fini par s’agenouiller. Le constat lui arrache l’ébauche d’un rire amer. Du venin sur la langue et du sel dans le cœur, le français se fait violence pour ne pas répliquer. C’est la honte qui le prend aux tripes, celle de se trouve dans un état fort peu reluisant face à l’ennemi. L’ivresse en unique maîtresse, avec l’espoir d’être suffisamment enivré pour parvenir à supporter la présence de son allié de fortune. S’agenouiller dans la fange de ses dérives et rendre l’horreur de ce monde détestable plus agréable sur la langue. Remplacer le goût amer du venin par quelque chose de plus doux. L’amertume reste présente, racle les chairs et lui fait comprendre que ce qui se rue dans ses veines et rend ses jambes pantelantes n’est pas suffisant pour laver l’affront. Lui faire oublier ce que cet autre a eu l’impudence de convoiter. La douleur de ces siècles de torture aurait été tellement plus aisée à oublier.

Il cille, sa main venant mécaniquement se rattraper au papier que lui offre le résistant. Il se moque éperdument de ce qu’il peut être en train de faire. Ce corps gît là par sa faute. Le français se borne dans cette option, se mure dans le silence alors que résonnent les heurts du corps s’enfonçant dans les entrailles de la bâtisse. Un sursaut agite la carcasse lorsque la voix s’élève à nouveau. Les phalanges se crispent contre le papier et l’insurgé repose son regard sur la vermine. « - Peut-être aurais-je préféré cette solution oui. Plutôt que d'avoir à souffrir de ta compagnie. » Lâche-t-il avec froideur, accompagnant les mots d’un sourire factice. « - Ton sarcasme est affreusement puéril. » Le murmure s’arrache avec difficulté de sa gorge sèche. Ecroué dans les fibres de sa trachée, noyé sous le flot de ressentiments venu se fracasser sur sa langue. Humain, le mot sonne comme une horrible injure même s’il n’est que le dur reflet de sa piteuse existence. Un spasme comprime les muscles, pousse le corps à se maintenir dans un immobilisme douloureux afin de ne pas laisser libre court à la haine qui est en train de l’envahir. Regan se borne, s’enlise du mieux qu’il peut dans cette insensibilité qui lui colle à la peau, s’efforce de ne rien laisser paraître sur les traits pourtant tirés de son visage. Le dossier s’ouvre enfin et il en extirpe doucement les feuillets qu’il contient. Sous ses yeux, les mots s’affichent dans un étrange brouillard. Le résistant bat des cils, fronce les sourcils, perplexe. Il lui faut quelque seconde avant de comprendre. De reconnaître. Cette langue qui a été la sienne durant sa première vie, qui a continué d’exister aux prémices de sa deuxième existence. Avec Rose, une fois la porte de la maison refermée. Un bout de cette France disparue, accroché aux cœurs et aux lèvres. Ce n’est pas le français qu’il a connu, et c’est peut-être pour ça qu’il a tant hésité avant de le reconnaître.

« - Pour le laisser dans un tel endroit, il semblerait qu'elle est été prise de court en effet. Je ne comprends pas pourquoi elle a pris le risque de le laisser là, c'est une cachette affreusement facile à deviner. Bien que de la part d’une politicienne ce ne soit pas si surprenant. » Le cynisme dans un souffle qui s’écrase aux pieds du second résistant quand le regard continue de parcourir les lignes. Et sentir le feu d’une indignation souveraine prendre son essor dans ses veines. Il est question d’un renforcement de la Prohibition. Agenouiller le peuple, pendant que les faiseurs de lois se vautrent dans ces vices qu’ils punissent et interdisent. « - Il me faudrait plus de temps pour parvenir à tout parcourir… » La phrase se meurt contre la langue quand une autre se délie. Un sursaut embroche le cœur alors qu’il relève brusquement la tête. La diversion de Tristan lui offre l’occasion de remettre grossièrement les documents dans le dossier et de le faire disparaître sous les plis de sa veste. Coincé au mieux contre son flanc, sous la bride de sa ceinture. Cette arrivée impromptue appose une nouvelle couche d’irritation sur les cendres qui tapissent son être. Les nerfs à vif, écartelés par le seul fait de se trouver dans un tel lieu. Et en pareille compagnie. La dénommée Mathilda esquisse un sourire à l’adresse de Tristan avant de tendre son joli cou en direction de celui qui est resté en retrait. « - Oh... Vous accompagnez Gloria c’est bien ça ? » Lance-t-elle, une main posée sur le bras du gamin, alors qu’elle esquisse un pas dans sa direction. « - C’est bien ça. D’ailleurs, je me suis absenté que trop longtemps, je vous prie de m’excuser... Il faudra néanmoins que tu trouves le temps, pour qu’on puisse terminer cette discussion. » Regan reprend son rôle, l’attitude de l’homme aux bras duquel on se pend pour une poignée d’or vert. Se montrer courtois, avec elle et avec son ennemi, pour ne pas attirer l’attention. Et s’avancer avec flegme en direction des ascenseurs pour laisser au duo la solitude dont il semble avoir besoin.

Mathilda abandonne le bras de l’un, et joue de ses talons sur le luxueux tapis pour venir papillonner près de l’autre. « - Vous savez, elle m’avait l’air plutôt occupé quand j’ai quitté la réception. Elle supportera quelques minutes de solitude supplémentaire, j’en suis certaine. Tristan, j’ai très envie que notre jeune ami… ? » Un haussement de sourcil en guise de question, et l’ébauche d’un sourire enjôleur sur le carmin de ses lèvres. « - Regan. » Il a eu de l’hésitation sur la langue, celle qui pousse à vouloir donner un autre nom, par sécurité. Les présentations faîtes, aussi soient-elles, offrent à Mathilda le droit de laisser courir ses doigts contre la veste sombre. « - Regan, se joigne à nous pour cette leçon de danse si abruptement avortée tout à l’heure... » Le sous-entendu et la proposition qu’il contient est d’une telle évidence qu’il est impossible de passer à côté. Elle sait ce qu’il est. Ce qu’il n’est décemment pas en droit de refuser. Et cette seule pensée lui déchire le cœur. Il n’est pas assez ivre pour supporter l’idée de partager le même lit que celui qui a osé poser ses mains sur Rose. L’affront impossible à oublier, celui qui se marquerait au fer rouge sur sa peau et dans son âme. L’éclat du désaccord passe dans l’ombre de ses pupilles, chassé par un battement de cils pour rendre aux iris leur froide neutralité alors qu’elles viennent chercher celles de Tristan. Dans sa poitrine, le cœur s’extirpe de sa morne torpeur pour battre légèrement plus fort. Les caresses de Mathilda le mettent mal à l’aise. Chargées d’une luxure qui lui retourne le ventre et d’une menace qui se fait plus pressante. La peur au ventre, celle qui court le long de l’échine pour n’y laisser que des griffures de glace. Il redoute qu’elle finisse par aller trop loin, que les indécentes ne viennent se perdre sous la veste et s’apposent sur l’enveloppe grossièrement dissimulée.

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MessageSujet: Re: Through the black | (Tristan)   Ven 16 Sep - 19:38


« Through the black »

Regan & Tristan
featuring

Le voile d'innocence posé sur le visage de Tristan ne paraissait aucunement surjoué. Et lorsqu'il soupesa la répartie de son compagnon, sa curiosité surmonta l'offense. A quoi donc songeait Regan en comparant la danse et les manigances ? Si Tristan aurait été intéressé de le questionner sur le fond de ses étranges pensées, il était tout de même conscient que ce ne n'était guère le moment pour un débat. Il lui répondit du ton calme de celui qui corrige les élucubrations d'un sot et clôture ainsi la controverse. « La danse n'a d'autre finalité que la danse. » Dans un léger haussement d'épaules, il poursuivit ainsi son nettoyage, appréciant les réactions amères de Regan qui témoignaient si crûment de la honte qui l'étreignait. Il n'était que trop évident que la flèche avait touché sa cible, même si l'alcool aidait sans doute le pauvre humain à afficher un sourire jaune. Ressentir la frustration de Regan était jouissif, l’importuner par sa compagnie n'était qu'un pur régal ! Les yeux en amande se plissèrent dans un sourire juvénile, confirmant dans son apparence la puérilité dont l'autre le taxait. « T'aurais-je vexé ?» Le plaisir de la cruauté le faisait vibrer et il se prélassa dans ces pensées malsaines tout en observant Regan parcourir rapidement le dossier.

Tristan ne s'attendait certes pas à ce que Regan le félicite de sa trouvaille, ni même qu'il ne revienne sur ses reproches précédents. Mais il s'amusa de l'insistance sur "l'affreuse facilité" de cette découverte car s'il s'agissait d'une petite mesquinerie visant à amoindrir la valeur de sa réussite, elle ne prouvait que la jalousie de Regan à son égard. Tristan se contenta d’approuver en opinant du chef et d'incliner la tête au commentaire méprisant sur la politicienne. Il se sentait très curieux de savoir de quoi traitait ce mystérieux document. Le rouquin semblait déchiffrer le texte et le comprendre, à en voir le mouvement de ses prunelles et l'indignation qui semblait luire dans son regard. Mais le temps leur manquait et Tristan n'eut pas l'opportunité de l'interroger. Déjà, Mathilda apparaissait et il n'eut que le temps de s'interposer, laissant le soin à son complice de dissimuler le dossier. Offrant son bras à la blonde, celle-ci y glissa le sien et lorsqu'elle interpella Regan, ce dernier prit congé avec une subtilité appréciable. Tristan s'inclina vers lui en guise de réponse mais il fut surpris par le mouvement leste de sa cavalière et par la proposition singulière qui s'ensuivit.

Perplexe, le visage de Tristan se mua en point d'interrogation alors qu'il restait en retrait, observant les interactions entre les deux personnages comme s'ils communiquaient dans un langage inconnu de lui. Tristan ne manquait pas d'intelligence comme le prouvaient son éloquence, ses excellentes performances ou ses connaissances étendues dans des domaines spécifiques. Mais son handicap social le plongeait parfois dans un inconfort très profond, lorsque le monde n'était pour lui qu'un spectacle chaotique et nébuleux où sa différence se rappelait à lui. Depuis toujours, les gens normaux l'effrayaient, il essayait d'oublier cela mais cette souffrance le rattrapait à chaque fois. Il fronça les sourcils sans comprendre le sous-entendu, sans savoir pourquoi il percevait un genre de connivence entre Mathilda et Regan. Ce dernier demeura silencieux et lorsque leurs regards se croisèrent, Tristan ne put déceler que le vide dans les iris de son compagnon, rien qui ne puisse l'aider à y voir plus clair. Bien-sûr, il ne s'attendait à aucune espèce de soutien de la part de cet homme. Néanmoins, la magistrate frôlait le rebelle de bien trop près, chose dangereuse étant donné ce qu'il dissimulait sous sa veste. Sa loyauté pour la rébellion et son groupe fut la plus forte et ce fut sans tarder que Tristan s'avança vers eux, luttant contre son malaise pour envelopper de son bras les épaules féminines, l'attirant ainsi à lui pour la distraire.

« Mon ami Regan ne m'en voudra pas d'être sincère mais il n'est absolument pas doué en matière de danse. De plus, si nous sommes un nombre impair, il serait très difficile de vous apprendre correctement les pas pour les danses en couple. Mieux vaut nous passer de lui, pour cette fois... » Ce fut un rire gracieux, semblable à un tintement de clochette qui interrompit sa phrase quand la blonde le dévisagea avec amusement, riant de sa réaction. « Oh pauvre Regan, ce n'est pas très gentil pour lui. Vous êtes possessif, Tristan, c'est ça ? J'adore ce jeu : deux hommes se battant pour mes faveurs… Je sens que nous formons déjà un trio parfait. » Tristan cilla légèrement, il n'avait pas eu l'intention de jouer à un jeu quelconque et ne comprenait pas ce qu'elle voulait dire. Sa naïveté n'était malheureusement pas feinte. Ce ne fut que lorsque Mathilda glissa sans pudeur sa main sous sa veste pour palper son torse qu'il comprit enfin ses intentions. La stupeur s'inscrivit brièvement sur ses traits, comme quand on décrypte enfin une énigme insoluble dont la réponse est totalement inattendue. Le sexe ? Il hésita à poser la question tout haut, un peu déstabilisé et ne sachant comment réagir, il attrapa le poignet de la magistrate avec un peu trop de brutalité. « Non. » L'envie de le lui briser le tarauda, des pulsions contradictoires hantant sa conscience. Il n'était pas un prostitué, il ne désirait pas qu'elle le touche de cette manière ! Mais la rébellion était prioritaire, il ne devait pas oublier l'importance de la mission pour laquelle il s'était engagé. Il dû lutter contre ses envies sauvages qui l’exhortaient à la frapper avec violence. En lieu de cela, il se contenta de se dégager doucement dans un murmure qui ressemblait à de la timidité, son regard habillé d' un mélange de candeur et d’anxiété. « Je ne suis pas d'accord pour cela. » Tristan se sentait déstabilisé mais lorsqu'il rencontra à nouveau le regard de Regan, son embarras disparu aussitôt comme neige au soleil.

De son coté, la magistrate haussait les sourcils, ne sachant s'il s'agissait là d'un nouveau jeu de fausse jalousie entre ces deux gigolos ou si Tristan était un fou. Il souriait à présent, ses pensées corrompues lui faisant presque totalement oublier la rébellion. Les vagues de ses pulsions balayaient ses véritables émotions, les faisant disparaître d'un coup, comme si elles n'avaient jamais existé. Car ce qu'il percevait à présent en sondant l'attitude de Regan, en pénétrant dans les abysses de son regard, par delà son apparente indifférence, c'était la vérité de ses ressentis. Le pouvoir de Tristan ne mentait pas, lui. Il entendait presque l'âme tourmentée de l'humain hurler à l'intérieur de sa carcasse, il pouvait sentir sa colère, cette douleur innommable de devoir prétendre, de devoir singer l'aisance alors que la simple idée de partager un moment intime avec l'ennemi lui perforait le cœur. Il devinait cette souffrance passée, cette rancune accumulée que Regan tentait de masquer avec acharnement. Mais la souffrance était trop forte pour échapper à la vigilance de l'esprit maudit. Alors, la pulsion de cruauté que Tristan ne retenait jamais prit de l'ampleur, jusqu'à remplir tout son être, jusqu'à ce qu'elle soit si intense que des frissons le fassent frémir. Jusque lui faire oublier ses principes, ses valeurs, ses promesses.

Il reprit, de ce ton toujours bas et délicat. « J'ai d'autres idées de jeu. » Offrant à Regan un regard malsain, il saisit sa main et la serra dans la sienne sans lui laisser la possibilité d'esquiver. « Cet homme sera votre serviteur. » Attrapant la taille de Mathilda de son bras libre, il les attira tous deux à lui, les observant l'un et l'autre d'un regard de crocodile. Le timbre de sa voix était froid et ainsi en décalage total avec la légèreté qu'il aurait dû avoir pour ces moments libertins.« Quant à moi, je veillerai à le mettre en condition afin qu'il exécute les moindres de vos caprices. »

Un nouveau rire se fit entendre de la part de la blonde, un peu interloquée, alors que Tristan les attirait tous deux vers la chambre. La magistrate s'était procurée un double de sa propre carte magnétique et elle ouvrit donc la porte, sans se douter du meurtre qui s'était déroulé sur le seuil une dizaine de minutes plus tôt. Une fois à l'intérieur, elle posa son sac à main sur une commode et alluma un lampadaire qui offrit à la pièce une lumière tamisée. « Je prendrais bien un verre. Et vous ? » Proposa-elle dans un sourire. « Et n'oublions pas la musique pour la danse…  Je suis certaine que Regan est très doué en vérité. » Ajouta-t-elle en appuyant sur un interrupteur, se dirigeant vers le frigo bar. Tristan en profita pour se plaquer contre Regan et feindre de lui enseigner quelques pas. Il posa ses lèvres contre son oreille pour lui chuchoter quelques mots, ses mains posées contre ses hanches. « Me prieras-tu de te déshabiller moi-même ? Ou préfères-tu qu'on se batte… »



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Sur des escaliers de brume

On ne m'a donné ni arme ni larmes à mes yeux, Que ce cheval d'acier noir et ce corps sans visage. J'ai l'âme de l'enfant et la mémoire du vieux. L'éternité c'est long quand on marche sans cœur.
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MessageSujet: Re: Through the black | (Tristan)   Lun 19 Sep - 20:52


Lisible sur le visage et dans les pupilles sombres. La perplexité qui s’accroche avant autant d’ardeur que le trouble peut s’agripper à ses entrailles. L’amant du vice, l’allié de la luxure a déjà compris le sens des paroles légères. Lancées entre deux sourires enjôleurs. Il a l’écœurement au bord des lèvres, lui qui contemple le reflet de son existence. Le stupre infâme dans lequel il s’enlise, pour lequel on le paye sans réfléchir. Parce qu’il attire, fait naître l’envie dans le corps de ceux qui le touchent, s’enlisent dans ses pupilles. L’indécence dans le moindre recoin de son être, comme une réponse à tout ce qu’on lui promet. Retenir son souffle dans l’attente de la délivrance, quand cherche un quelconque secours dans les yeux de l’autre ne sert à rien. L’ennemi qui semble ne pas comprendre ce qui est en train de se jouer sous ses yeux. Une certaine irritation pointe dans la poitrine du résistant, se couple à l’aube du soulagement lorsque la proposition indécente se fait balayer par la candeur. Le rejet qui s’accroche aux gestes du brun, repoussant déjà la politicienne avec une détestable politesse. Les mâchoires serrées à se rompre, Regan assiste en silence à l’horrible métamorphose. La logique du fou, vrillée à ces pupilles poignardant les siennes. Revirement malsain de situation qui fait chuter la pierre dans sa poitrine. Elle écrase et roule sur le champ de ruines de ses entrailles. La main de l’autre, impétueuse venant s’agripper à la sienne comme un message funeste. Rétines abîmées s’arrachant dans la contemplation des peaux ennemies qui se touchent avant de venir se briser contre les pupilles ténébreuses. Il le déteste, plus que jamais, en cet instant. Alors que la silhouette gracile de la magistrate vient se heurter contre ses hanches, son rire en cristal au-dessus des paroles de Tristan. Vendu par un monstre aux griffes du pouvoir. Le refus s’opère sous la peau, alors que le trio sort de son apathie, guidé par la volonté du brun. Le malsain agrippé à ses rétines encore ancré à celles du français.

Pénétrer dans la chambre, un pas vers la perdition. L’asphyxie dans les poumons, le cœur mort dans la poitrine. Un poids lourd qui écrase, roule à chaque pas. Incapable de résister face à la volonté du brun, s’engouffrer dans l’antre de l’horreur sans pouvoir s’y opposer. Aussi pitoyable que cela puisse sembler, c’est une réputation qu’il se doit de maintenir. Celui qui se prostitue, courbe l’échine et le corps face aux envies des autres et qui n’est pas en droit de se refuser. Poids affolant sur des épaules soudain trop fragiles pour le supporter. L’envie de s’arracher les yeux pour ne plus voir, les paupières qui se plissent lorsque la lumière vient caresser la pièce. La douleur dans les rétines sensibles qui se répercute dans tout l’organisme. Seul avec le démon, la jolie blonde trop occupée à chercher de quoi se noyer la trachée et la raison. C’est ce qu’il lui faudrait. Des verres en plus, à poser sur ceux déjà ingurgités. Se souler le cœur pour désinhiber des envies mortes. Se faire l’esclave de cette sensualité écœurante qui s’accroche à ses gestes. Sobre ou non. Prompt à jouer ou non. Muré dans son silence, Regan retient péniblement un sursaut de répulsion lorsque la silhouette du brun vient se plaquer contre lui. Rejet qui s’opère dans l’âme, elle s’arrache, s’indigne devant l’audace. Morceau de plomb, le corps du français refuse de bouger, suivre les mouvements du fourbe. Aussi droit qu’il peut l’être, caché derrière un rempart qui n’existe pas. L’inconfort se fait intense lorsque le souffle effleure sa peau, les mains contre ses hanches. Enfermé dans un déni affolant, les mots le ramènent brusquement dans une réalité douloureuse. Ce qui menace de se dérouler dans cette pièce. Ce qu’il va être contraint de faire. Quand devant ses yeux s’accroche la vision obscène de ce corps indécent, langoureux contre celui de Rose. La peau mate se fondant à la blancheur du monstre, les contraires qui se lient. Il suffoque dans sa propre poitrine, le cœur au bord du gouffre. Dans une inspiration violente, Regan ferme un instant les paupières. Ravale sa douleur, sa peine, la jalousie malsaine et les pulsions brutes rugissant dans ses artères. Une inspiration pour tout effacer, s’enfermer dans sa propre enveloppe et devenir un rien, un gouffre de néant. Le désirable en surface et du vide en profondeur.

« - Tu t’octroies trop de libertés, Tristan... » Murmure arraché de l’aride sur la langue, les phalanges du rouquin venant s’arrimer à la nuque du brun. Crochets de haine y plantant leurs griffes sous le joug de son ressentiment. L’insolence d’un instant sur les lèvres, le timbre vibre des accents d’une luxure factice. Quand la répulsion se fait souveraine sur sa peau. Les frissons dégringolent, lacèrent et déchirent. « - Je le disais, notre trio est parfait. Tristan, vous avez été dur avec votre ami, il n’a certainement pas votre aisance, mais il se débrouille. » Elle glousse alors qu’elle vient se glisser entre eux, mutine. Une main revenant se réfugier contre la chaleur de la peau de son principal cavalier, la seconde glisse contre la jambe du français. « - Le moindre de mes caprices n’est-ce pas ? » La magistrate hausse un sourcil, se tortille légèrement pour laisser son regard se perdre dans celui du résistant. Lugubre vice accroché aux rétines, décadence soudée à ses hanches caressant les siennes. « - Ce n’est pas drôle si vous restez en retrait, Tristan. Tous les joueurs se doivent de jouer. Faites-moi plaisir, détendez-vous. Embrassez-vous. » Le tintement de son rire s’élève au-dessus de la musique. Ronronnement dérangeant, alors que ses talons raclent le sol. Elle virevolte et vient se poser délicatement sur le tissu hors de prix recouvrant le lit. Croisant les jambes, elle se débarrasse de ses escarpins dans un soupir lascif et reste là, impatiente, à se mordre la lèvre dans l’attente de ce qui va suivre. Ignorante du supplice qui se fait intense sous la peau, des déchirures engendrées dans les abîmes de leur passé commun. Du défi dans les pupilles, comme pour mettre en garde son vis-à-vis. Agir, obéir à cette lubie puérile, et le français abandonnera ses efforts pousse maintenir au-dessus de l’eau frémissante de sa haine. Un seul contact déplacé, et c’est le crâne du fou qui viendra se fracasser sur le sol devant les yeux avides de la magistrate. Son pied ripe sur le sol, l’éloigne d’un pauvre pas de la proximité malsaine. S’offrir un sursis avant que tout bascule. Il laisse ses doigts courir contre sa veste, qu’il finit par ôter pour mieux la laisser chuter sur le parquet.

« - Gloria a du vous promettre une importante rétribution pour que vous soyez hésitant comme ça. Dites-moi combien, j’offrirais bien plus… » Se faufiler pour mieux revenir, les doigts s’enroulent autour de sa cravate pour mieux l’attirer à sa hauteur. Sceller l’indécence dans la douceur de ces lèvres carmin contre les siennes. Le charme répulsif opère, éveille les sens pour mieux faire naître l’aversion dans son ventre. Les langues qui se lient dans un étouffement fou, pour mieux se séparer dans un soupir partagé avec le tintement d’un rire. Elle se hisse sur la pointe des pieds, s’agrippe aux épaules pour mordiller l’oreille et laisser ses pupilles vaciller sur le sol. Tombées innocemment sur les contours du dossier niché dans les pans de tissu sombre. Il sent la perplexité dans les gestes, les doigts qui se crispent contre la cravate dans un spasme, le souffle qui se fait fébrile. « - Comment vous… » La question meurt contre la paume du français. Ecrasante contre la bouche de la pauvre femme, il la maintient dans une étreinte de fer. « - Prévoir de renforcer la Prohibition, punir ceux qui cèdent, pour que vous puissiez mieux vous y vautrer. On vous réserve un tour au Colosseum, dites-moi, pour employer les services de putains ? » Aussi glaciales que ses pupilles, la voix s’arrache en un murmure vrombissant. De la haine dans le regard, l’ombre d’une folie mortelle sur le visage, les phalanges de l’infortunée s’agrippent aux épaules, luttent pour mieux se sortir du piège dans lequel elle est tombée. Le résistant la traîne jusqu’au lit, l’y jette pour mieux venir l’écrouer entre ses cuisses. L’asphyxie au bout de ses doigts qu’il enroule autour de sa gorge gracile, collier de perles qui explose dans la lutte.

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MessageSujet: Re: Through the black | (Tristan)   Mar 4 Oct - 16:35


« Through the black »

Regan & Tristan
featuring

Les ongles s'enfonçaient dans sa chair sans que le sourire de Tristan ne change d'un iota. Léger et aérien, d'une innocence angélique dans sa délicatesse. Mais son regard sans émotion n'était qu'un gouffre, pareil à un trou noir avaleur de matière. Il aurait pu dévorer sans la moindre pitié l'âme souffrante. Si une telle abstraction pouvait prendre forme, il l'arracherait hors de sa coque de chairs et d'os, l'aspirant comme l'eut fait l'ange de la mort. L'âme disloquée serait alors happée par la gueule impitoyable du démon qui la broierait entre ses puissantes mâchoires. Tandis que Tristan se lovait contre lui à la manière d'un jeune incube, la posture rigide de l'homme n'exprimait qu'un inconfort mêlé de colère. Quelles étaient les images qui se formaient dans l'esprit de Regan ? A quels tourments son imagination malsaine l'exposait lorsqu'il se retrouvait ainsi à la place de Rose, entre les bras du danseur ? Tristan en aurait oublié la magistrate si celle-ci ne s'était pas glissée entre eux pour se rappeler à son bon souvenir en quelques encouragements suaves.

Les yeux de Tristan se posèrent sur les lèvres pincées de l'homme en face de lui et il haussa les sourcils d'un air équivoque en retrouvant son regard. Le démon ne ferait pas le premier pas. Laisser sa proie se débattre seule face à cette situation embarrassante était bien plus jouissif. Le dilemme reposait entièrement sur les épaules alourdies de Regan quand Tristan se contentait de demeurer souple entre ses bras, prêt à accueillir ses réactions avec panache, qu'il s'agisse de baisers ou de coups de poings. Cependant, loin de choisir d'affronter l'épreuve, le rouquin fit un pas en arrière, se libérant de l'étreinte maudite. Un soupir blasé s'échappa brièvement des lèvres de Tristan aux pulsions chaotiques inassouvies. La déception prenait plus de place que la crainte lorsque son complice prit le risque d'ôter sa veste seul et d'ainsi mettre en péril la réussite de leur mission.

Sans doute n'était-il pas le seul à être déçu. Tristan dû s'effacer pour laisser sa place à l’ensorceleuse qui revenait déjà vivement chercher le baiser que Regan avait refusé d'offrir et qu'elle décida de s'approprier. Par la suite, les choses se passèrent trop vite pour que les rebelles puissent réagir. La veste échouée sur le sol cachait trop mal les documents enfouis entre ses pans. Impossible désormais de dissimuler le dossier, trop crûment exposé à la vue de tous. Même éméchée, Mathilda le reconnu immédiatement, son regard était assez explicite pour qu'ils puissent le comprendre à la seconde même. Alors sans attendre, Regan réagit par la violence, pour le plus grand plaisir des yeux de Tristan qui s’animèrent aussitôt, brillant d'une lueur affamée. Sans doute que la tension trop accumulée de Regan explosait, peut-être n'était-ce pour lui qu'une libération de se laisser aller ainsi et Tristan ne put que se délecter du spectacle, sans tenter une seconde de modérer cet élan de rage.

Il suivit des yeux les perles nacrées du collier qui roulaient sur le sol avant de s'avancer posément, s'asseyant sur le bord du lit, comme un spectateur décalé de la scène de meurtre qui était en train de se jouer. Il observa le visage de Regan en action, puis ses yeux frôlèrent ceux de la magistrate dont le visage devenait rouge cramoisi. Ils possédaient tous les deux des visages très expressifs à leur manière. La lutte faisait bouger le matelas sur lequel ils étaient tous installés, imposant au spectateur immobile le même mouvement de balancement, rythmé par la musique. Un sourire éthéré passa sur son visage dans une pensée ironique qu'il laissa échapper dans un murmure songeur. « Ce n'était pas ce genre de mouvement qu'elle imaginait pour notre trio, j'imagine. Tu fais un gigolo plutôt… original. » Tristan supposait cependant que d'ordinaire, Regan s'y prenait autrement avec ses clientes, du moins, il fallait l'espérer pour lui, sans quoi il aurait tôt fait d'attirer les soupçons de la milice. Quoiqu'il en soit,  il avait tout de même du mal à imaginer ce pauvre garçon si raide et si empoté, faire preuve de la moindre sensualité. Regan n'avait même pas réussit à danser avec lui, quel pitoyable élève ferait-il. Néanmoins, il faisait un tueur potable et Tristan croisa les jambes en contemplant la suite avec intérêt.

La poigne de Regan était dure, la magistrate avait beau lutter et tenter de se dégager, de se cabrer sous lui, de griffer son visage de ses longs ongles vernis, elle finit par cesser de se débattre. De cramoisi, son visage devenait mauve pâle, et bientôt, elle ne bougea plus du tout, son corps inerte reposant sur le matelas alors que son regard vide à la cornée striée de veines rouges, fixait le plafond. Au bout de quelques secondes de silence, Tristan leva ses mains pour offrir quelques applaudissements : trois claquements espacés pour clôturer le spectacle. Les voilà avec un nouveau cadavre sur le dos. Si leur mission était censée être discrète, ils se trouvaient sur la mauvaise voie. Il dévisagea Regan, inclinant la tête dans un regard sournois. « Deux meurtres à ton actif ce soir, voilà qui est parfait. » Il se redressa posément et se rapprocha de Regan, posant les yeux sur les marques de griffures qui rayaient sa joue. « Au moins, ta chair ne se nécrose plus. » Ces fines éraflures sur la peau claire, quoique visibles, attireraient tout de même moins l'attention qu'une peau noircie… Mais sans doute Regan aurait-il préféré conserver ces handicaps plutôt que de perdre ses pouvoirs. Tristan se détourna sans plus de commentaire pour aller ramasser le dossier qui gisait sur le sol. Il ne savait toujours pas ce qu'il contenait mais vu les invectives que Regan avait lancées à Mathilda, s'agirait-il d'un regain de sévérité concernant la prohibition ? Tristan se retourna vers son complice.

« Laissons là ici et sortons par l'escalier de service. Mais avant... »

Quelque chose ne satisfaisait pas l'esprit tourmenté de Tristan et alors qu'il s'avançait posément vers Regan, le fixant de son regard insensible, l'appétit de cruauté s'intensifia en lui, brûlant son ventre et lui inspirant un geste insensé. Il attrapa les épaules masculines, le ramena fermement vers lui et plaqua sa bouche contre la sienne, lui volant ses lèvres pour l'embrasser profondément. Il sentit la tension dans le corps de l'homme alors que lui-même ne songeait plus à rien, son propre esprit embrumé et vaporeux, totalement abandonné aux pulsions diaboliques. Elles hurlaient leur joie malsaine, résonnant en mille échos dans son corps hanté, lui faisant délaisser toute raison. La perspective d'une rixe dans ces circonstances s'annonçait désastreuse pour leur mission mais Tristan n'en était qu'à demi conscient. Lorsqu'il s'arracha de lui même à cette étreinte illicite, il affronta le regard de l'homme dans un mélange de défi et de vice. Les mêmes lèvres que Rose avait goûtée jadis lui souriaient avec démence.

« Nous savons que tu n'es qu'un homme objet soumis au bon plaisir des uns et des autres. Tu ne peux pas échapper à tes tourments, Regan, regarde-les en face. Le souvenir de Rose n'est-il pas plus vivace dans ta mémoire, grâce à moi ? »



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MessageSujet: Re: Through the black | (Tristan)   Dim 9 Oct - 20:34


La résistance face à la mort, ce déni qui s’accroche dans le corps proche de sa destruction. Poussé en avant par un sursaut d’égoïsme virulent, le cœur affolé par la perspective de s’arrêter pour de bon. Vaciller au bord du gouffre, cet inconnu terrifiant s’ouvrant devant les rétines qui se voilent. Elle lutte, la magistrate, le gracile de son corps tentant vainement de faire ployer la carcasse vide qui l’enserre, l’asservie à ses pulsions mortelles. Regan, du vide sur le visage, implacable dans son masque de froideur destructrice. Le feu violent d’un plaisir sordide et malsain dans le vert de ses pupilles. Elles s’accrochent à celles de la pauvre femme, le magnétisme des regards ennemis qui se cherchent pour mieux se fuir. Et ses mains qui s’enroulent autour de la gorge, pressent l’une et l’autre pour mieux empêcher le vital de se frayer un chemin jusqu’aux poumons. Il est allé trop loin pour reculer, elle parlerait trop, il peut le lire dans ses yeux. Les questions qu’elle se pose, au milieu de la peur qui l’engloutie. Les sarcasmes l’effleurent mais il préfère rester sourd, noyer sa haine dans le meurtre qu’il est en train de commettre de sang-froid. Se faire le juge et le bourreau, condamner sans tressaillement et mettre en œuvre la sentence. Mathilda comprend, qu’elle n’obtiendra rien de cet homme qui la domine, l’enferme dans un étau de fer signant sa fin. Alors comme tous les autres, tous ceux qui comprennent que leur fin ne fait que se rapprocher à vive allure, elle s’agite encore plus. La folie du désespoir, ses mains qui s’accrochent aux poignets du français. Les ongles arrachent, raclent, emportent dans leur folie instinctive des morceaux de chair. Ils laissent des traînées de feu sur la joue du résistant, le sang qui perle et glisse le long des lignes impassibles. Ce n’est qu’un picotement, une infime brûlure contre ses nerfs, elle se manifeste dans les limbes de son cerveau, lui fait savoir qu’il est blessé pour mieux disparaître. Soufflée par le mécanisme de son organisme, cette volonté cruelle qui le rend hermétique à la douleur physique.

« - Mais boucle la, bon sang ! » Crache-t-il, les nerfs à vif. En une symphonie cruellement irritante, la voix de son acolyte brise sa patience. Brûlure dans la trachée, le désordre d’une respiration folle, le seul désaccord entre le corps et la raison. Elle trahit le plaisir malsain qui se coule sous la peau, s’enroule autour d’un cœur retrouvant un rythme plus commun. Il s’emballe sous la promesse de la mort, s’apaise une fois la faucheuse disparue. En vieille amie guidant ses nuits et ses errances, celle à laquelle il se raccroche, amadouer l’autre monde pour s’y laisser glisser plus sereinement. Ses pupilles vacillent du corps gisant sur le lit, s’arrachent de la contemplation malsaine de son accès de rage pour se reposer sur la carcasse nonchalante du brun ramassant le dossier. De l’irritation dans les doigts, un rappel électrique valsant le long de la peau pâle, et du venin sur la langue, Regan hausse un sourcil devant la phrase qui se suspend, ce silence déroutant qui l’accompagne et les mains du démon qui s’accrochent à ses épaules. Son cerveau se fige, tout son corps se révulse devant le contact de cette bouche fielleuse contre la sienne. L’intime outrageusement violé par la volonté d’un autre. Des tréfonds de son être, le français se révolte, les muscles se tendent, vibrent de haine et d’une répulsion affolante. Sa descente aux enfers, il a de la haine dans le désordre de ses pensées, Rose catapultée sur le devant de sa perdition. Incontrôlable, la souffrance fait trembler le corps, pousse le sel de sa rage à racler contre ses paupières. Dans un souffle écrasé par les impudentes, le français sort de son immobilisme, s’apprête à repousser l’assaillant qui finit par s’écarter de lui-même. Ce sourire lui arrache le cœur, les restants de raisons raccrochés péniblement à son esprit malade. Le sursaut de rage pousse les mains à se tendre, elles s’agrippent avec une violence difficilement contenue à la mâchoire du monstre. Le bras tendu, Regan oblige le dément à reculer, fracasse les piteuses épaules contre le mur le plus proche de toute la puissance de son emportement.

« - Sale enflure ! » Le grondement s’arrache de ses lèvres en feu, les pupilles brûlantes d’animosité. « - Qu’est-ce que tu crois, que je me voile stupidement la face ? Que coucher avec toi, me donnera l'impression de la toucher à nouveau ? Ce n’est certainement pas le souvenir de mon épouse que tu ravives, mais toute ma haine à ton égard. Celle que je traîne depuis deux siècles. Je ne peux pas échapper à mes tourments, mais t’éliminer me libérerais de l’un d’eux. » D’une saccade, les doigts du résistant oblige sa proie à lever le menton, leurs jumeaux venant s’enrouler autour de la gorge. Frapper, jusqu’à s’en déchirer les mains, s’écraser les os contre ce visage qui le rend fou. Ivre d’une douleur qui le dévore, terrassé par les flots en furie de tout ce qui le ronge. Blâmer le danseur pour la faiblesse qu’il a fait naître dans l’âme de Rose, quand il est le seul responsable de cet écart douloureux. Regan ne lui en a jamais voulu, incapable de la considérer comme coupable. Il l’aimait trop pour ça. « - La résistance n’a pas besoin d’imbéciles dans ton genre. Sans toi, tout ce serait parfaitement déroulé, et ta pauvre magistrate pourrait encore glousser aux oreilles d’un autre crétin. » Se voiler la face pour ne pas affronter la réalité qui le déchire. Il pourrait en finir, maintenant, dans cette chambre. Assouvir les relents d’un ressentiment séculaire, effacer l’affront dans le sang du félon.

« - Et si je rajoutais une dose de perfection à cette soirée, avec un troisième meurtre ? Qu’enfin tu ravales ta suffisance misérable, et que tu paies pour ce que tu as eu l’audace de lui faire ? Je suis peut-être soumis au plaisir des autres, mais certainement pas au tiens. Donne-moi une seule bonne raison de te laisser continuer à afficher ce foutu sourire… » Souffle-t-il, resserrant sa prise, les pupilles accrochées aux abysses noires qui les dévisagent. Il suffirait d’un rien, un geste brusque et briser la nuque. Un pas de danse trop agressif et surplomber le corps décharné. Cracher sur la dépouille et l’opprobre pour mieux quitter la pièce sans un regard en arrière. Les pensées se bousculent contre son crâne, affolent la démence dans son regard, et déjà la main qui s’agrippe à la mâchoire l’oblige à se tourner violemment de l’autre côté. Se donner du recul pour mieux briser la nuque, savourer l’instant pour le voir se faire réduire en miettes par des voix dans le couloir. Au-delà de la porte, la vie qui continue, les menaces reviennent se heurter à sa raison et dans un feulement de rage, Regan abandonne. Libère Tristan non sans avoir pris la peine de le délester du dossier, pour ramasser avec hargne sa veste, à défaut de pouvoir frapper, c’est le tissu qui souffre de ses humeurs. Rester dans cette pièce devient impossible, enferme son cœur dans un étau de fer qui menace de faire ployer l'organe fatigué à chaque nouveau battement. Compromettre plus encore leur mission et céder à la tentation de fracasser dans les règles l'insolence de Tristan.

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MessageSujet: Re: Through the black | (Tristan)   Ven 14 Oct - 13:51

Rien d'autre que la plus extrême violence ne pouvait répondre à ses provocations, Tristan n'attendait confusément que cela car telles étaient les pulsions diaboliques que lui soufflait son âme damnée. Pousser Regan dans ses retranchements, le contraindre à libérer enfin toute cette tension, cette frustration accumulée qu'il n'exprimait jusque là que par des regards plus ou moins explicites. Les yeux de Tristan, quant à eux, luisaient d'une lumière trouble alors qu'il se laissait repousser sans réagir, jusqu'à se faire plaquer contre le mur de la chambre. Son visage n'exprimait rien mais ses yeux avides dévoraient avec intensité le visage courroucé de Regan qui crachait ses réparties colériques.

Un rire silencieux le secoua aux paroles de l'homme qui en venait enfin au fait. La mort, sanglante et libératrice, la pulsion de rage qui mettrait enfin un terme à sa stupide apathie ! Il le laissa s'époumoner, le menacer, la main meurtrière bloquant déjà sa gorge, comme si Regan était déjà prêt à tuer à nouveau par étranglement. Est-ce qu'il savourait sa position ? Les insultes glissaient sur Tristan comme de l'eau sur les écailles d'un crocodile. Et s'il ne réagissait pas, attendant que Regan aille plus loin que quelques bousculades, Tristan était persuadé que son aîné ne prenait même pas véritablement de plaisir à ce moment, alors qu'il parlait et parlait, cumulant les menaces dans l'espoir sans doute de faire naître la crainte dans les yeux de sa victime. Il refermait sa prise et si Tristan pouvait à peine respirer, il n'en demeurait pas moins arrogant, soutenant le regard de l'homme jusqu'à ce que ce dernier ne l'oblige à détourner la tête.

Quand il le relâcha, Tristan se vit délesté du dossier, symbole de leur mission. Une bagatelle dans l'histoire de la rébellion, peut-être bien peu de chose en vérité, des informations qui ne valaient probablement pas deux morts. Cependant, Tristan ne voyait incapable d'éprouver un quelconque regret et, alors qu'il arrangeait son col malmené, reprenant tranquillement sa respiration, il posa un regard toujours aussi insolent sur le rouquin qui semblait se défouler à présent contre sa veste. La misérable traîtresse qui n'avait pas été capable de protéger ces fameux documents. Tristan baissa le regard vers lui, reprenant de son ton éternellement délicat et d'une politesse hautaine, comme si leur altercation n'avait pas eu lieu.

« J'imagine que tu as trouvé une raison de ne pas me tuer. Peut-être devrais-je te remercier, mon bon prince ? » Tristan soupira et secoua doucement la tête, massant distraitement sa gorge meurtrie. « La vérité, c'est que tu te contiens trop et une fois encore, tu cadenasses tes tourments, comme un véritable masochiste en puissance. Je ne souhaitais pas te pousser à coucher avec moi, bien que cela n'aurait sûrement pas été désagréable, mais... » Il haussa les épaules, les yeux plissés dans un sourire moqueur, continuant de sa voix toujours douce.  «J'aurais aimé que nous crevions l’abcès d'une manière ou d'une autre, j'espérais te pousser à exprimer l' étendue de tes ressentiments à mon égard une bonne fois pour toute. Ne serait-ce pas plus sage que de continuer à rester aussi raide à chaque fois que tu te trouves en ma présence ? Alors que nous sommes censés coopérer ? Alors que nous sommes censés nous faire confiance et compter l'un sur l'autre dans des missions telles que celles-ci ? Au lieu de cela, tu t'aigris de plus en plus, ta rancœur te bloque et te pousse à commettre des erreurs lamentables. Si la magistrate est morte, ce n'est sûrement pas ma faute, Regan, c'est toi, oui toi qui a perdu le contrôle, toi qui a préféré céder à la violence plutôt que de feindre un rapprochement entre nous. Vois la vérité en face, pour une fois. » Il s'interrompit pour le regarder un moment avant de reprendre dans un mépris clairement affiché. « Remet toi en question, Regan. C'est ton orgueil qui te pousse à me haïr, parce que c'est plus simple de m'en vouloir à moi, plutôt que d'admettre que si Rose t'a trompé, c'était à cause de tes propres défaillances. Je ne l'ai forcé à rien. »

Était-il sincère ou voulait-il juste attiser un peu plus la douleur de Regan, en toute cruauté ? Il l'ignorait lui-même. Mais subitement, Tristan fut interrompu par des bruits de voix et il intima à Regan de se taire et de ne pas lui répondre. Des gens venaient. Il était temps de disparaître rapidement et Tristan lança un dernier regard à son complice, posant ses doigts contre ses lèvres dans un léger murmure. « Tu me frapperas plus tard. Viens, pauvre Regan, viens. » Il se détourna lestement avant de prendre la sortie et de se faufiler en direction des escaliers de service. Peut-être un autre jour auraient-ils l'occasion de poursuivre cette conversation. Peut-être Regan pourrait-il enfin assouvir cette envie de vengeance d'une façon ou d'une autre et se libérer des démons de son passé. Mais ce ne serait pas pour ce soir. Les rebelles s'enfuirent hors du grand hôtel à pas de loups, gagnant les rues chics de la Nouvelle-Orléans, leur butin en poche, et disparurent dans la nuit, se séparant pour bifurquer chacun dans une direction opposée…



FIN DE TOPIC

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Through the black | (Tristan)

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