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 Living like we're renegade | (Elias)

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↳ Citation : « People should not be afraid of their governments. Governments should be afraid of their people »
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MessageSujet: Living like we're renegade | (Elias)   Mar 17 Mai 2016 - 20:58



❝ Living like we're renegade
Long live the pioneers. Rebels and mutineers. Go forth and have no fear. Come close and lend an ear. It's our time to make a move. It's our time to make amends. It's our time to break the rules. Let's begin....


Le vent de la folie hurle dans la foule. Il se glisse entre les corps qui se pressent les uns aux autres. L’artère d’un organisme en pleine crise, la vie qui s’écoule dans les viscères de la ville. La peur comme ancrée à la chair, son odeur embaumant les âmes malgré les effluves qui se veulent délicates. L’allégresse est une façade qui permet d’oublier. D’ignorer les tourments qui sévissent hors de ces murs, les barricades élevées pour protéger le peuple de son ennemi. Quand le véritable oppresseur se tient, droit et imposant, au-dessus du reste du monde, dans ces tours de verre et d’acier qui accablent de leur splendeur les yeux timides des passants. Ignorer la main qui s’enroule doucement autour de la gorge pour mieux vous étouffer, fermer les paupières et vivre dans le noir. C’est là le propre de cette humanité insolente. Celle qui tente de vivre quand l’existence n’est plus qu’un misérable ramassis de morceaux épars. De la survie, ni plus ni moins. Sans libre arbitre, l’être privé de son cerveau, suivant docilement le mode de vie qu’on lui indique sur l’étiquette de son emballage. Il est seul au milieu de la ruche. L’unique créature qui veut nager dans le sens inverse des flots. Ces vagues assassines engloutissant sous leur furie tyrannique, et le rocher de révolte auquel il s’accroche. Regan est une ombre, l’écho de la rébellion. Il a la résistance tatoué au corps, les cicatrices de sa vie passée, la mort pour la justice et la liberté. Dans les restes mutilés de son âme bat la force des idéaux qui sont les siens. Et ceux de bien d’autres. Ces êtres que l’on tente d’éradiquer pour ne pas voir l’ordre s’effondrer. Il sait, qu’il est facile de tout faire tomber. A la manière d’un coup de pied dans un édifice malhabile, il suffit d’une mèche, d’un seul mouvement pour que tout s’embrase. La révolution au corps, elle est l’argile qui a forgé sa vie. Le sang dans ses veines. Celui qu’il est prêt à faire couler, peu importe s’il met en péril sa propre existence. Le français n’a plus rien à perdre maintenant qu’il n’est plus qu’un défaut. L’illusion d’un homme, quand à l’intérieur il ne reste rien de plus qu’un champ de ruine. Du vide et de la chair suintant de haine et de souffrance. Le gouffre abyssal de son néant, celui qui n’a de cesse de lui tendre les bras dès qu’un nouveau jour se lève.

Alors au milieu de la foule, il est invisible. Un homme pressé comme tous les autres. Banalité d’une vie comme tant d’autre, personne ne lui prête attention. C’est à peine si on s’excuse lorsque les mouvements viennent à se heurter. L’ombrage reste dans sa gorge, l’écrou d’une main de fer tandis que dans sa poitrine, le calme se fait impérial. Nulle peur dans les yeux, seulement une froide détermination qui fait briller le vert magnétique de ce regard qui se pose sur le décor qui l’entoure. L’acte se prépare depuis des semaines. Une action commune qui s’est changée en une tentative solitaire. L’art de la mort entre ses doigts, l’élégance de la poudre qui s’embrase pour exploser les édifices. C’est dans les méandres d’un autre temps que Regan a appris à manier les explosifs. Faire preuve d’une infinie concentration, de la tendresse dans les gestes pour éviter les départs malencontreux. Ce n’est plus de la cendre qu’il s’est efforcé d’apprivoiser pendant ces derniers mois, mais un assemblage affreusement complexe de câbles et de matières inflammables. Le dispositif destructeur tient dans le creux de sa main. La beauté de la chose l’a laissé admiratif. Cette sensation étrange qui se distille dans les veines d’un père fier des progrès de sa progéniture, l’insurgé a de la fierté dans les veines, des frissons sur la peau en imaginant ce qui attend tous ces imbéciles.

C’est un client qui lui a donné le lieu de rendez-vous. Au cours d’une discussion mal placée, instaurée pour ne pas laisser planer le silence lorsque le rouquin en était venu à se perdre entre les cuisses du politicien. La honte au cœur, la nausée au bord des lèvres et le cerveau brisé par la voix harassante de l’autre homme. Une boutique de luxe de la ville gratifiée de la présence d’une ministre, le renforcement de la sécurité en conséquence de cette visite. Le luxe et la décadence, les ventres avides et les griffes tendues de ces puissants qui crachent sur le reste du monde. Ce n’est qu’un morceau de la tour d’ivoire, un acte de moindre importance il le sait. S’attaquer seul aux hautes sphères était du pur suicide, il s’est alors rabattu sur plus à portée. Tout en s’assurant que l’écho provoqué serait suffisant pour tous les ébranler. Une part de lui n’avait pas prévu la présence de l’uniforme rutilant de Peacekeepers. L’armée en chien de garde, en surnombre pour surveiller le troupeau et les monstres comme lui. Il sait maintenant qu’il n’a pas le droit à l’erreur, qu’un échec lui serait fatal. L’arène ou mourir dans le joyeux éclat de son explosion. La question ne se pose même pas, il a déjà fait son choix. Si l’objectif venait à périr, il s’exécuterait sans sourciller, emportant dans sa propre tombe quelques âmes innocentes, et celles rongées par le vice de ces politiciens détestables. Regan renifle, ravale son dégoût et tout ce que ce Gouvernement lui évoque. Ses traits se creusent sous le burin de sa haine, appose sur l’albâtre l’esquisse du ressentiment et la folie assassine qui s’empare de son être lorsqu’il se rapproche de son objectif. La voiture étincelante de la haute dame, sagement garée devant l’entrée surchargée de la boutique. Les imbéciles qui s’agitent devant les portes de verre rendent l’exercice plus ardu, l’approche affreusement périlleuse. Les précieuses secondes défilent dans le sablier de sa révolte, et il se surprend à hésiter. Le dispositif dissimulé sous le tissu bleu de sa chemise, le détonateur dans la poche, Regan est pris au piège. Glisser la charge sur le véhicule, à un endroit que personne ne viendrait regarder lorsque la politicienne monterait à l’intérieur. Se laisser le temps de s’éloigner tout en gardant la cible en vue, et presser la détente. C’était si simple, le plan parfait, monté dans sa tête et aisé à exécuter. La présence de la milice le déstabilise plus qu’il ne l’aurait cru. Dans la poche de son jean, Regan joue alors avec son alliance. S’il parvient à l’ôter sans aucune autre aide que celle de son pouce, alors il ne prendra pas le temps de s’éloigner. Abandonnera tout ce qu’il avait prévu pour se changer en martyr, faire s’effondrer un morceau de la tyrannie pour offrir un nouveau souffle, aussi léger soit-il à la Résistance.

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MessageSujet: Re: Living like we're renegade | (Elias)   Lun 23 Mai 2016 - 3:55

La beauté du décor transperce la rétine et heurte l’esprit. Dans ces allées apprêtées, inondées par un luxe criard et entêtant, difficile de trouver un coin où poser les yeux sans se sentir oppressé. Devant l’abondance, la carence se fait d’autant plus assassine. L’injustice expulse ses cris à chaque coin de rue à tel point qu’il est surprenant de voir les passants ignorer ses appels bruyants. A croire qu’ils évoluent  tous dans ce monde aussi aveugles que sourds. A défaut d’être muets. Quelques conversations surprises, des discussions superficielles, des opinions dérangeantes, des valeurs dérangées par l’argent possédé. L’humanité remplacée par le gain. Des bourgeois qui n’ont aucune réelle conscience des réalités. Qui ne semblent pas concevoir la misère des autres. Sans doute qu’ils en parlent parfois, pour la déplorer dans le meilleur des cas ou pour la mépriser de façon plus générale. L’hypocrisie en bannière pour contenter tout un chacun si le thème est abordé de façon inopinée devant un public non initié. Des capitalistes qui s’enrichissent sur le malheur des autres, qui profitent de l’apocalypse pour établir un empire abjecte. La fin du monde a juste accentué les évidences, grossit le trait de la monstruosité d’une société déjà défigurée bien avant l’avènement de ce gouvernement dictatoriale. Les souvenirs du grec se rassemblent très facilement, des rencontres l’ayant marqués plus que d’autres. Les parents de Carley pour commencer, ces parvenus qui reniaient jusqu’à leur situation antérieure, en avaient oublié les difficultés éprouvées par la classe moyenne et se réfugiaient négligemment derrière des apparences travaillées. Les premiers à courir dans des galas de charité et les derniers à tendre la main aux nécessiteux concrètement. Ce terreau de l’égocentrisme et du pouvoir a fondé ce qu’il observe en cet instant. Il a toujours nourri leur espèce. Et en temps de crise, il semble plus que jamais agir.

Elias sent ses propres idéaux s’enhardir à chaque nouveau pas effectué dans ce lieu dédié à la décadence financière. Le centre névralgique de la corruption. Un sourire se hisse sans mal sur ses lèvres sèches. A la seule idée de rencontrer un informateur ici, au cœur de toute activité gouvernementale, il ne peut s’empêcher d’éprouver une forme d’allégresse toute particulière. Se rebeller au nez des autorités lui procure un grand sentiment de satisfaction qui occulte sans mal la somme de problèmes qui l’accompagne et le poursuivra une fois l’entrevue terminée. Le damné se retrouve, se reconnaît dans cette lutte à mener activement. Pas aussi prestement qu’il le souhaiterait néanmoins. La résistance telle qu’il l’a connu, dans toute sa fougue et son impatience, lui manque parfois. Le besoin d’action, de réels sabotages. Etre sur le terrain, se sentir vivant tout en étant prêt à mourir pour ses idées.  Donner du sens à son existence, se battre pour créer un monde dans lequel ses gosses évolueront en toute sécurité, en pleine liberté. Sa gosse, seulement. Le cœur se contracte. Il y avait tellement de projets à construire, tellement de choses qu’il aurait voulu partager, faire comprendre à Bran. Tellement de promesses qu’il s’était fait quand il était né. Toute une vie gâchée et il se complait dans une douleur égoïste, partant de ses regrets, de ce qu’il voulait. Mais cet enfant est le seul à plaindre, il n’a pas eu le temps de se créer ses propres desseins, d’expérimenter ses premiers vrais échecs, de rencontrer quelqu’un, de tomber amoureux. Il n’aura plus la possibilité de goûter à tout ce qu’il restait encore à saisir sur cette terre dénaturée. Parfois, le père se dit que c’est peut-être mieux avec le chaos environnant. Souvent, il se dit qu’il est juste plus simple de le croire. Mais ça n’en élève rien à la culpabilité.

Les pensées réarrangées, la démarche moins assurée, il se heurte à quelques personnes tout aussi distraites que lui. Il s’arrête un instant, glisse une main contre son visage. Son regard est attiré très rapidement par une silhouette familière à quelques mètres seulement de là. La perplexité s’allonge sur le visage du journaliste tandis qu’il s’avance naturellement vers l’anarchiste. L’une des dernières personnes qu’il aurait pensé croiser précisément en ces lieux. Après quelques enjambées empressées, l’appréhension le rattrape, le poignarde suffisamment violemment pour qu’il stoppe sa progression net. Sa relation avec le rebelle se tisse de contradictions, d’erreurs, de ressentiment et d’incompréhension. Leurs rares contacts sont liés au journal, pas même aux souvenirs. A une autre époque, tous deux arboraient de beaux sourires, portaient l’alliance. Tout du moins, c’est ainsi qu’il se revoit, lui. Toujours trop enjoué malgré les circonstances, certain de son avenir avec sa femme. Les yeux de l'éclopé s’attardent un peu plus longuement contre la nuque du français. Il peut comprendre sa révolte, entendre sa peine. Il ne peut pas tolérer sa vision de la rébellion, trop extrême, trop dangereuse. Anarchique. Le sang par le sang et peu importe sa provenance. Les innocents peuvent trinquer pour les autres. Ce raisonnement l’a toujours dérangé. Au plus profond de lui. Revoir Regan, c’est aussi se butter à cette scène abjecte. La mort de sa femme et tout ce que ça a impliqué. Rhys traverse son esprit, la déception le percute aussi vivement que l’impuissance éprouvée au moment où elle a été exécutée. Ses mains tremblantes se resserrant autour de son ami, pour l’empêcher de subir ce sort. Le poids d’une vie aux creux des paumes. Personne ne devrait avoir à faire ce choix mais pourtant, ils étaient plusieurs à l’avoir pris pour lui, à se jeter sur lui pour le retenir. Ils l’ont forcé à ne pas intervenir, forcé à survivre à ça. Et il sait que pour ça, jamais il ne pourra lui pardonner. Lui-même n’aurait pas pu l'accepter. Non content d’être en partie responsable de son malheur, le trentenaire lui rappelle ce fait constamment rien qu'en s’immisçant dans son quotidien de façon spontanée, en s’acharnant à vouloir conserver une vieille amitié trop abimée. C’est pour ça qu’il hésite à approcher. Mais sa curiosité semble toujours plus forte que tout, même que ce malaise qui survient et engourdit déjà ses membres.

Sa main s’élance, il la reprend aussi vite avant qu’elle n’atteigne l’épaule de son allié. Il se contente dès lors de la parole pour s’annoncer « Salut Reggy’ ! T’es bien la dernière personne que je pensais croiser dans cette partie du monde. » Ou peut-être pas mais il ne sait déjà plus ce qu’il raconte tandis qu'il se place face à son interlocuteur. Un examen rapide de son vis-à-vis lui fait déceler quelque chose d’anormal dans son comportement. Il ne sait pas très bien si ça provient de l’expression ou de la posture de ce dernier. « Tout va bien ? » Sans doute connait-il déjà la réponse. Mal à l’aise, sa paume glisse contre son cou, ses prunelles bifurquent vers la milice proche et il croit alors détenir la réponse. « T’es venu chercher les ennuis ? » demande-t-il d’un ton tout à fait détaché en se préoccupant pourtant de son comparse. Lui aussi rêverait de leur faire bouffer leur uniforme mais de là à passer le pas. Cet homme en est capable par contre. Lui qui ne semble déjà plus rien à avoir à perdre. Si ce n’est, sans doute, son âme. Mais vendre son essence pour ses convictions, qui y résisterait vraiment ?

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    Stuck along a road of sadness with nowhere to go. Here's hoping that the signs are real. And tomorrow with a spring in my heel. Somewhere on the road of sadness lies a better deal. I know that my hardened heart is beating still. I drove it to the point of madness just to feel something real.
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MessageSujet: Re: Living like we're renegade | (Elias)   Mer 25 Mai 2016 - 20:30


L’or roule contre la peau. Le contact grisant qui scelle dans son tourment tout un destin. Toute une existence. Il voue sa vie, ancre tous ses choix et ses déraisons dans le cercle de son alliance. L’écrin de ses promesses passées et futures, le sceau d’une éternité à vivre dans le reflet d’une bague jumelle. Elle a perdu sa sœur, arrachée aux cendres de ce monde amer. L’éclat s’est terni mais la chaleur perdure, elle s’infiltre sous la chair, dans les veines pour se ruer vers le centre névralgique de l’organisme en pleine perdition. Les pupilles fermement ancrées à l’opulence, la magnificence de toute une espèce vouée uniquement à chercher le profit. S’engraisser à grand coup de billets et de sourires aussi faux que les décrets qui ne cessent de s’extirper de la bouche des politiciens qui crachent sur le reste du monde. A défaut de se coiffer d’une couronne et de dominer du haut d’un trône, les nouveaux rois ne diffèrent en rien de celui qui aura eu le malheur de gouverner du temps de sa première vie. Du feu dans les veines et de la rébellion en guise de cellules, le français reste impassible au milieu de ce grouillement incessant. La fourmi qui a quitté son rang pour se reposer en plein labeur, désobéissant aux ordres quitte à attirer l’attention. Il sent, les œillades sombres de la milice en faction non loin de là. Comme si sur son front étaient logées les esquisses de son méfait. Du bout des cils, la résistance effleure la surveillance. Les uniformes gris dans son monde terne. Elles ne diffèrent pas de ce reste de monde cliquant et étincelant. Toutes ces nuances chaudes et variées, l’orgie de l’abondance une fois encore portée à son excès. Ici ou ailleurs, tout est pareil pour lui. Hormis les bâtiments qui s’élèvent, vertigineux, et les atours qui se font plus raffinés, les couleurs restent identiques. La rue recouverte d’une couche de cendre, le voile noir de sa haine accroché à ses rétines. Dans la poitrine, l’écho d’un cœur qui ne prend plus la peine de s’emballer. Parce qu’il n’a aucune raison de le faire, l’adrénaline qui s’empare doucement de son être n’est pas suffisante pour faire courir la folie dans son pauvre myocarde. Parce que la forteresse érigée autour de l’organe s’efforce de le rendre hermétique à tout ce qui peut se briser contre les parois de son crâne.

Elle se fait fielleuse, l’hésitation entre ses tempes. Il a encore le temps de faire machine arrière. Quelques pas avant de faire demi-tour et avorter la mission. Ce but qu’il s’est fixé, que les autres résistants ont approuvés. Approuveraient-ils son suicide ? Il n’en sait rien et ne veut pas le savoir. Il est le seul maître de son âme. Ce qu’il en reste du moins. Si la mécanique dans sa poitrine continue de battre irrémédiablement, ce qui en constitue l’essence même a déserté la cage depuis des années. Arrachée et piétinée par les sabots de sa douleur lorsque Rose lui a été enlevée. Regan survie, existe sans réellement le faire. Il est un fantôme qui erre dans le dédale de sa perdition. Son châtiment, une torture incessante qui reprend à chaque levé de soleil, à chaque nouvelle lune. L’alliance glisse, bute contre le repli de sa première phalange. Machinalement, le résistant retient son souffle, s’acharne avec plus d’urgence contre la bague. Elle est un indicateur, la maîtresse de ses gestes, mais à ce moment précis, elle est surtout une excuse. Une habitude dont il ne peut se défaire. Qu’elle quitte son annulaire ou non, sa décision est prise. D’un commun accord entre son esprit et son corps, les muscles se tendent, redressent l’édifice de quelques maigres centimètres. Prêt à s’élancer vers la fin de son errance. Le fauve pris au piège qui dans sa détresse, décide alors de tout tenter pour se sortir de la mauvaise passe dans laquelle il se trouve. Quitte à rendre son dernier souffle. Tout perdre plutôt que de dire adieu à sa liberté. La main libre se lève, se glisse dans son autre poche pour en extirper le détonateur. La petite boîte dissimulée dans sa main et le pouce qui s’apprête à l’actionner avant d’abandonner l’idée. Le geste assassin figé par les notes familières d’une voix qui résonne dans son dos. Regan cille, le nœud de la déconvenue venant alors s’enrouler autour de sa gorge. La stupeur fait claquer les dents, crispe la mâchoire quand le visage se matérialise sous ses yeux. L’amitié bafouée, du sang sur ces mains qui se sont acharnées à le maintenir. L’obliger à reculer quand il n’aspirait qu’à avancer. Le surnom lui fait l’effet d’une claque, et appose des nuances polaires dans ses yeux verts. Du trouble dans la rétine, le français perd pied un bref instant. Dans son obstination, il prend la décision de ne pas répondre, d’ignorer le contretemps et de ne pas se laisser perturber. La dernière question détruit ses intentions. Le visage se tend sous l’impulsion de ses sourcils qui se froncent. L’amertume sur les lèvres, le résistant scrute la silhouette de son ancien allié. L’indigent qui a choisi la facilité, comme tous les autres plutôt que de lutter réellement.  

« - Nullement. Je ne fais qu'admirer l'opulence et l'éclat de la tyrannie. » L’ancien journaliste lâche les mots avec toute la neutralité du monde. De la candeur sur le bout de la langue et les phalanges qui se resserrent autour de boitier noir du détonateur. « - Retourne à ton journal, tu auras de quoi écrire d’ici ce soir. Si tu es suffisamment censé pour ne pas rester. » C’est un avertissement qu’il ne pensait pas entendre. Voir un quelconque intérêt pour le traître franchir le seuil de ses lèvres. Regan a encore la sensation malsaine de ses mains agrippées à son bras. L’étau mortifère pour le tenir en arrière. Lui et les autres, qui ont pris la liberté de décider pour lui. Le priver de son libre-arbitre et le laisser pour mort, assister à la destruction de son mariage. Ils avaient survécu à la séparation, deux siècles d’éloignement pour se retrouver sous un nouveau jour. Abandonner les petits français qu’ils étaient pour se forger une nouvelle existence, plus reluisante que la première. Il a du sel contre les paupières, un nœud dans la gorge et le souffle qui s’accroche difficilement aux parois de ses poumons. La haine dans le cœur, il vacille au bord du vide. Meurt d’envie d’activer le mécanisme assassin dans l’instant, disparaître et entraîner tous ceux qui ont détruit son monde. Elias, les âmes stupides errant autour d’eux, la milice et les adeptes de la tyrannie. Réduire la rue en champ de ruines, du sang sur les pavés. Le frisson contre l’échine, les doigts de la mort qui caressent sa peau avec douceur. Regan soupire, esquisse un infime pas de côté, prêt à dépasser l’ami oublié pour se rapprocher un peu plus de son objectif. A l’instant, la porte de la boutique s’ouvre sur le claquement de talons et la voix fluettes de la ministre. Flanquée entre deux bonhommes à la carrure impressionnantes, elle se dandine jusqu’à son véhicule au milieu des passants qui sortent soudain de leur apathie pour poser sur elle des yeux hagards et envieux. La beauté de la stupidité, l’attrait du rien dans toute sa splendeur. Il en vomirait ses entrailles si son ventre n’était pas aussi noué. L’appréhension, l’adrénaline, la sensation d’être pris au piège. Agir, maintenant avant qu’il ne soit trop tard. En guise d'accord, l'alliance ripe et menace de glisser de son doigt. Rattrapée au vol par le pouce qui vient la remettre à sa bonne place, l'hésitation est effacée dans une inspiration. « - Tire-toi Elias. » Le dernier soupir, entaché par les notes d’un attachement étrange. La voix glaciale et les prunelles rivées sur l’ennemi, l’insurgé pousse le journaliste sur le côté. L’éloigne dans une bousculade qui ne lui sauvera certainement pas la vie en cas de réussite. Mais peu importe, au milieu des bourdonnements assourdissants qui règnent dans ses oreilles, Regan se perd dans les méandres de sa folie criminelle. Pour venger Rose, à défaut de pouvoir détruire son assassin, il se contentera d'écraser un morceau de ce qu’il cautionne et chérit.

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MessageSujet: Re: Living like we're renegade | (Elias)   Mer 1 Juin 2016 - 1:45

Calé dans ce cadre dérangeant, encerclé par l’opulence, les miliciens et l'insouciance, le malaise se forme sans aucunes entraves. La situation devient très vite inconfortable. Il en attribue d’abord le mérite à cette étrange relation mêlant rancœur, culpabilité et tout aussi sûrement, incompréhension. A cette indifférence que son acolyte manifeste dans un premier temps qui le renvoie davantage à ce jour précis. Plus que jamais, le grec peut comprendre le ressentiment. Broder son existence autour d’un événement, le prendre pour le centre de sa ligne temporelle. Faire des cercles autour de ce point, le laisser régir la suite. Plus de droite annonçant le futur, plus d’horizon. Seulement ce foutu repère autour duquel la révolution se perpétue inlassablement. Parfois, on s’y rapproche quand les souvenirs se font un peu plus vivaces. Plus on se soumet à cette force gravitationnelle, plus on entretient la captivité. Prisonniers d’une date, d’un acte. La mort de sa femme pour Regan. L’accident de voiture pour Elias. Condamnés à revivre quotidiennement l’horreur, à la côtoyer dans l’absence, les changements opérés par ce seul fait. Si le trouble alimente l’esprit fragmenté du damné alors dès qu’il croise sa route, il ose à peine imaginer les ravages émotionnels pour son vis-à-vis. Le journaliste sait ce qu’il éprouve quand il est au chevet de Bran, quand il rencontre une personne qui lui rappelle ce soir-là, le renvoie à son crime. Vaas, notamment. Carley, principalement. Tout se matérialise à nouveau, comme si la scène venait de se reproduire. Comme s’il devait en repasser par chaque étape. Du déni à la tristesse. Un deuil sans fin qu’on l’oblige à revivre. Comment ne pas détester les visages associés malgré eux à cette souffrance ? Dans ce cas-ci, les faits sont aggravants. Il n'a pas été qu'un témoin, il a clairement agi au devant de la scène macabre, l’a privé d’un choix. Un spasme, un réflexe, celui de le préserver. Egoïsme impulsif peut-être bien mais qu’auraient-ils pu faire d’autre ? Le laisser courir et crever avant d’atteindre la position de son épouse ?

Leur réaction a été aussi rationnelle qu’affective. Tout comme le divorcé aurait parfois préféré avoir succombé à cette épreuve, ne pas y survivre, il se doute que le veuf aurait voulu y laisser sa peau. Il sait que quand leurs prunelles s’entrechoquent, il le blâme pour cette survie dont il se serait bien passé. Il l’accuse d’une existence âpre, injuste et sans sens, qui aurait dû prendre fin à la seconde où sa moitié a poussé son dernier soupir. Oui, tout ça, le trentenaire le devine. Et il l’assume tant bien que mal. Parce que pour rien au monde, il n’aurait pu participé à ou souhaité sa mort. Si c’était à refaire, il sait qu’il le referait sans hésiter. Cette certitude lui permet de chasser un peu de son indisposition à cette conversation que son interlocuteur n’a de toute évidence, pas envie de mener. Juste à temps, quand la voix adverse propage quelques curieux sons. La réplique se fait incisive, roulant contre ses lèvres avec justesse. Une vérité que l’éclopé accuse d'un haussement d’épaules. « Fais gaffe à pas trop le fixer, cet éclat. Paraît que ça finit par aveugler. » Son faux détachement se fissure dès que son ancien ami surenchérit. Une menace qui plane, réarrange le train de ses pensées. Sa mélancolie se mue en curiosité, en perplexité alors que son regard se fixe pour de bon sur son comparse. La bouche s’entrouvre tandis que le rebelle s’écarte de lui abruptement, mettant en forme l’avertissement. Tout se bouscule ensuite, une tête s’extirpe d’une boutique à proximité. Facile à reconnaître, à identifier. Encadrée par deux molosses peu commodes, sa seule présence justifie l’abondance de la brigade. Voilà donc la raison à toute cette mascarade. L’extrémiste suit les mouvements de la ministre avec trop d’intérêt pour ne pas achever les soupçons de l’ancien résistant. « Attends, qu’est-ce que… » L’ultime ordre de l’insurgé lui fait l’effet d’une gifle, son geste précipite l’adrénaline dans les veines du possédé. Surpris, déséquilibré pendant un bref instant, ce dernier titube avant de repartir de plus belle vers l’avant.

Avant de réellement comprendre ce qu’il mijote concrètement, sa main l’empêche de mener à bien son entreprise, il le tire avec force vers lui pour lui glisser quelques mots à l’oreille sans attirer l’attention des autorités proches. « Qu’est-ce que tu fous ? Tu veux tuer cette femme, c’est ça ? Et ensuite ? Ce n’est qu’une tête parmi tant d’autres, un nom qu’ils remplaceront en quinze secondes à peine. Ce ne sera pas une grande perte pour eux. Mais toi, tu mises trop gros. » Rationaliser pour lui amener un semblant de lucidité dans ses cheminements, de toute évidence, trop chaotiques. Sa prise se fait plus ferme, plus assurée. La peur au ventre, la volonté de ne pas participer au massacre indirectement, en s’en rendant complice. « Regarde un peu ce qui l’entoure, c’est tout un escadron. Pense aux balles perdues, à ces gens innocents qui deviendront des victimes,martyrs d'un acte terroriste. Ça leur fera de la pub gratuite ! Ces hommes s’en fichent des dégâts collatéraux. Ils ne vont pas différencier les civils des terroristes. Ils vont tirer sur tout ce qui bouge et blâmeront la rébellion pour ça. » L’idéaliste énumère les raisons qui l’auraient  empêché d’accomplir un tel acte au cœur de la ville en oubliant tout aussi sûrement qu’il ne s’adresse pas à quelqu’un qui partage un peu de son pacifisme.

Les yeux traquent les silhouettes tandis qu’il cherche à l’éloigner plus férocement de la représentante du gouvernement. «  Tu comptais t’y prendre comment ? Tu es seul jusqu’à preuve du contraire ? » Son attention se porte sur toutes les carcasses proches. Il ne distingue rien qui puisse lui donner tort. Qui s'attaquerait ainsi de front à une bande de militaires armés jusqu’aux dents, sans le moindre renfort ? La réponse devient tellement évidente qu’elle lui glace le sang. « A moins que ça ne soit une opération kamikaze ? » chuchote-t-il avec incertitude et effroi. Avec toute l’énergie dont il dispose, il le traine aussi loin que possible de l’agitation. « Je ne peux pas te laisser faire ça. » Il ne peut pas mourir. Pas comme ça, pas maintenant. Aussi simplement. Dire que le dément s’attend à ce qu’il rédige un article sur sa folie. La colère pulse par vagues, l’oblige à serrer les dents. « Puis, merde Reg, y a des gosses dans cette rue. Ils ont rien demandé à personne ces mômes ! Ils ne sont pas responsables de ce monde de merde. Tu peux pas les priver de leur futur. » Est-ce qu’il s’en soucie encore seulement ? Est-ce qu’il l’entend vraiment ? L’idée de mentionner Rose lui traverse l’esprit mais il rejette tout aussi sûrement cette possibilité. Bien conscient qu’elle réveillerait davantage l’instabilité de son allié et le pousserait sur la voie du désespoir. Car il ne voit que ça dans cette action totalement suicidaire. Un macabre anéantissement de l’âme, la douleur pour seul moteur. Pas un pas vers la liberté. Simplement vers la mort.

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MessageSujet: Re: Living like we're renegade | (Elias)   Lun 6 Juin 2016 - 20:21


Valse de la foule en unique rythme dans les veines, la haine pulsant contre le cœur à mesure que les pas rapprochent la victime de son bourreau. La mort lui tend les bras, ancienne amie revenant se pavaner devant ses yeux embrumés. L’humide des pupilles qui tremblent sous le joug d’une peine impossible à refouler, le français avance vers sa perte, la volonté d’un fou ancré à ses jambes, les doigts crispés contre le détonateur qu’il activera après avoir fendu la foule restante pour se heurter contre la carlingue du véhicule. Le nom se perdra une fois de plus dans l’oubli, résonnant peut être encore dans les esprits de ceux qu’il a connu. Un murmure qui s’efface, les flots du temps emportant la mémoire. Ces couleurs qu’il ne voit pas et qui n’ont aucun sens pour lui. Seulement des noms qu’il a appris à connaître, à associer avec telle ou telle teinte de gris. Seules les nuances qui composaient le visage de Rose restent inscrites contre ses rétines, étincelantes. Aussi réelles que pour tous ces gens dont la vision n’est pas altérée. L’avancée se freine, brisée par la volonté d’un autre. Main salvatrice apposée contre son bras en une alerte. Une mise en garde qui fait écho à la sienne. Les dents claquent sous un assaut de fureur, l’épaule se rabattant durement vers l’arrière dans l’espoir de recouvrer sa liberté. « - Lâche-moi. Si tu tiens tant à t’enfermer dans ta joyeuse résistance passive, fait-le donc. » Lâché dans un souffle, le visage à peine tourné vers l’insolent, Regan ne lâche pas sa cible des yeux. Le corps et la raison luttent pour s’offrir le droit d’être libres à nouveau. S’émanciper de la prise d’Elias et s’écraser contre l’ultime folie. Plus il s’échine et plus la distance se creuse. Elle s’étend à la manière d’un corps mort entre le véhicule et lui. Dans un râle, les entrailles se crispent. L’insurgé souffle puis serre les dents, ravale sa haine dans une inspiration hasardeuse. La politicienne s’engouffre dans le véhicule, suivie par ses gardes du corps. Le temps d’un battement de paupières fébriles, la caresse d’une aile enflammée et tout disparaît. Scellée, la fin de son entreprise suicidaire dans le ronronnement du moteur qui s’embrase. Hagard, Regan admire la fuite, le corps vidé, il se laisse tirer en arrière, tremblant de fureur et d’une frustration sourde.

« - Elle a filé… Merde,  Elias, elle vient de foutre le camp ! » Sa voix se perd dans sa trachée, retenue prisonnière par les griffes de sa consternation. L’échec, agité lamentablement sous son nez. « - C’est une manie chez toi, d’empêcher les autres d’agir comme ils l’entendent ! » La rage au ventre, le français se défait de la prise de son ancien allié. Appose de la distance entre le traitre et ses meurtrissures, tout en jurant dans sa langue natale. Incendiaire, il pose un instant son regard en direction d’Elias avant de reporter son attention sur le détonateur. Fébrile, il fait alors preuve d’une incroyable concentration pour parvenir à désamorcer le mécanisme. Le souffle prisonnier dans la poitrine, il s’autorise à respirer une fois la tâche accomplie. Noyé sous les paroles du journaliste, le résistant refait lentement surface, repasse les fils de ces mots inutiles dans les méandres de son cerveau abîmé. « - Evidemment que ce n’est qu’un nom qu’ils auraient remplacé dans la foulée. Mais c’est aussi une faille dans leur beau système. La sécurité fragile qui s’ébranle au moindre heurt. Tu imagines quoi ? Qu’il faut rester planté là et attendre d’avoir uniquement les politiciens à portée de main ? Dans quel monde tu vies exactement ? Des martyrs il y en a toujours et il y en aura encore. » Le calme fragile du début de sa tirade cède sa place à mesure que l’envolée irascible gagne en force. Il agite la main en direction d’Elias, du dédain dans les doigts, le cynisme ancré à ses pupilles assassines. Il y pense aux balles perdues, aux victimes innocentes. A celle qu’il a été, deux siècles plus tôt, fauché par la traîtrise de belles paroles aisément souillées. Ces fusillés du champ-de-Mars, lui et tous les autres, un bien joli nom qui vient embellir les pages truffées de vides de ces livres d’histoires que plus personne ne cherche à lire. Combler les manques à l’aide d’inventions tout droit sorties des lubies de l’auteur. Qu’il soit à son tour le traître, le faiseur de martyrs, une infime part de lui s’en insurge, refuse de s’agenouiller dans les rangs de ceux qui l’ont assassiné. Douleur et peine, en alliée, démolissent les bonnes intentions, assassinent la raison et les regrets. Le mortier de son ressentiment, trop sec à présent pour permettre à la pureté de se glisser entre les interstices.

« - Si tu savais comme je m’en moque, innocents ou coupables, ils sont tous pareils. Ceux qui tiennent les armes affichent clairement leur camp, c’est tout. Ils se privent eux-mêmes de leur futur. Je ne fais que les empêcher de marcher sur les traces de leurs chers parents. Ils privent eux aussi des gens qui n’ont rien demandé de leur futur. » Murmure étouffé, écrasé par les pas alentours. L’ombre dans laquelle ils se sont glissées le dévore tout entier. Appose sur les traits fatigués la caresse du tourment qui le ronge à l’intérieur. La peau qui s’embrase pour mieux mourir dans un soupir. Les pupilles s’engagent dans un ballet qu’il ne contrôle pas, revenant sans cesse se perdent contre le vide laissé par le véhicule. Les soldats toujours présents aux alentours du bâtiment, stupides créatures juste bonnes à rester sur place, aussi droite que les idéaux qu’ils servent. Sans cervelle pour guider les gestes, seulement des ordres. « -Tu fais erreur, je ne misais rien. Si tu ne t’étais pas tiré comme un lâche, tu serais un peu plus informé. C’était prévu, qu’elle meurt aujourd’hui. Grâce à toi, la mission est un échec. » Blâmer le journaliste pour ne pas affronter sa faiblesse. A la manière de cette nuit qui lui a volé sa vie, Regan ne s’inquiète pas de son sort. Reste aveugle au geste qui vient une fois de plus de lui éviter la mort. Ce n’est qu’une entrave à ses yeux, une erreur trop souvent commise qu’il aurait préféré réparer dans cette artère grouillante de monde.

Dans un soupir, il expulse sa rancœur, presse ses phalanges tremblantes contre ses paupières. Le sang bat à tout rompre contre ses tempes, agite son cœur et fragilise l’édifice. En fuite, l’adrénaline le libère de son étreinte, fait peser sur ses épaules le poids de ses nuits d’insomnie. De toutes ces horreurs qui viennent se glisser contre l’écran de ses paupières dès qu’il se laisse tomber dans les bras d’un sommeil morcelé. Ne plus dormir pour ne plus souffrir. Pour cette même raison, il a effacé les âmes ayant fait partie de leur vie commune, à Rose et à lui. S’amputer du membre qui fait souffrir, ne plus le voir pour ne plus y penser. Elias est une erreur de parcours qui lui rappelle ce qu’il a perdu. Dans un nouveau soupir, le corps se coule contre l’angle d’un mur, la main retombant mollement contre le flanc. « - Se planquer derrière des mots et du papier… Et s’octroyer le droit de décider pour les autres, ton rôle de rédacteur en chef te monte à la tête Elias. Prend garde à ce qu’elle n’explose pas un de ces jours. » Il esquisse un infime sourire, l’énigme qui s’appose sur les lèvres. Le regard qui se fige et s’accroche aux pupilles noires de l’autre.

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❝ Naufragé dans la nuit

On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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MessageSujet: Re: Living like we're renegade | (Elias)   Dim 12 Juin 2016 - 21:43

Cette rage, il lui envie quelque part. Une force nécessaire à la survie. Être celui qui subsiste sans savoir réellement pourquoi. Vivre avec cette culpabilité, le cœur alourdit par un raisonnement tordu. Usurper l’existence de l’autre, celui qui a perdu la vie. Piège mémoriel qui capture l’âme et ne la relâche jamais tout à fait. Devenir l’anomalie qui s’incruste dans les décors rencontrés, fouler le sol comme un fantôme en quête du paradis. Perdre la raison, oublier le but, l’importance. S’offrir à l’apathie sans aucune échappatoire aux cris qui percent le crâne, entretiennent la migraine, l’insomnie. Endurer passivement sa condition, être rejeté sur le bas-côté d’une chaussée embourbée. Toujours là, les pieds piétinant la vase, à observer les voitures projeter davantage de boue sur le vagabond, les pneus raclant la rigole. Aucune portière pour s’ouvrir, pour inviter l’égaré à reprendre sa route dans de meilleurs conditions. Regan est de ceux qui se placent sous les roues s’ils le peuvent, qui forcent le véhicule à s’arrêter au prix de leur existence. Peut-être même qu’il pourrait en dépouiller le propriétaire pour aller ensuite s’encastrer dans un mur tant qu’il peut emporter avec lui le plus de monde possible. La haine le ronge. Une force et une faiblesse. Plus facile de s’y adonner quand la cause à cette descente aux enfers provient d’une injustice. Peut-être qu’Elias se tiendrait à la même place s’il avait vécu un drame de cet ampleur. Peut-être que lui aussi serait enclin à l’extrémisme si le gouvernement avait été responsable de son accident. Mais le seul coupable soutient son regard tous les matins dans la glace. L’entité lui permettant de ne pas se reconnaître réellement mais lui rappelant tout aussi sûrement l'abjecte créature qu'il est devenu. Alors il pourrait se jeter aussi sur l’asphalte, non pas pour interrompre le flux des insensibles mais pour tuer le fondement de sa perte. Pas assez courageux. Et surtout pas assez égoïste pour priver Clementine de père.

C’est ça qui les différenciera toujours de toute manière. Le grec a toujours un point d’ancrage, une raison de ne pas courir après le danger à cette extension. Fait d’autant plus avéré depuis qu’il a perdu à tout jamais l’un de ses enfants. Le résistant cherche à se défaire de sa prise, il tient bon, accusant le coup d’épaule. Sa voix revient plus âpre que jamais. « Ce n’est pas un acte de résistance, ça, Regan. C’est une exécution publique, à l’aveugle. Une opération suicide. » L’intransigeance de son ton le désarçonne. Il le manie généralement plutôt maladroitement. Il n’a éprouvé aucune difficulté pourtant à l’employer pour se faire entendre. La panique le pressant, la conscience tout autant. La poigne du damné se resserre autour du mortel tandis que la ministre s’engouffre dans son véhicule. Même quand elle est hors d’atteinte, le trentenaire n’ose défaire sa prise sur son allié, convaincu qu’il est assez aliéné par son chagrin et sa hargne pour aller au bout d’une mission déjà gâchée. Avec la peur au ventre, le journaliste se mord la langue pour ne pas répliquer immédiatement, lui offrant le loisir de calmer ses nerfs écorchés par l’avortement de sa tâche. D’autant plus vrai s’il comptait en finir avec la vie. L’inquiétude se fait impérieuse sur les traits du pacifiste. Comment peut-on sauver quelqu’un contre son gré et contre lui-même ? Aucune réponse valable, son esprit se démantèle à cette conclusion.

Il obtempère néanmoins quand le rouquin le repousse définitivement, recule même d’un pas sans jamais le quitter des yeux toutefois. La réplique acide a visé juste et la culpabilité le fait légèrement flancher une demi-seconde. « Excuse-moi de t’apprécier suffisamment pour ne pas vouloir ta mort. » se justifie-t-il d’une voix dématérialisée, blanche. « On combat rarement le feu par le feu. Je ne vois pas pourquoi il faudrait s’abaisser à leur niveau pour remporter la partie. Tu veux rajouter des noms à la liste qui s’allonge de jour en jour ? Tu ne crois pas que c’est le boulot de la milice ça ? Une faille de quelle sorte ? Ça n’insufflera aucun espoir à la population, au contraire, ça les dissuadera de se rebeller. Ça leur montrera la cruauté d’une rébellion prête à tout pour obtenir le pouvoir. Les idées politiques extrêmes finissent toujours en dictature, Regan. Et puis, l’acte aurait été isolé, il n’aurait servi aucun dessein si ce n’est le tien. Celui d’assouvir une vengeance. Ce n’est pas pour la liberté que tu te bats, c’est pour te venger. Tu ne récupéras pas ce que tu as perdu, pas plus que tu ne peux réellement toucher les véritables responsables comme ça. » Le cœur se serre à cette seule pensée. S'il assassinait Rhys pour ça... Ce songe l’effraie. Il l’aurait mérité. Pourtant, il n’arriverait jamais à le souhaiter. Ou même à supporter cette seule idée.

Le trouble s’amplifie dans cette constatation. Peut-être que son comparse a raison au fond. Il est trop passif. Avec l’âge, sa passion s’estompe, fait place à un pacifisme inouïe et à un besoin de défendre ses idéaux d’une manière totalement utopique. Idéaliste de tous les instants. Il se trouve ridicule en y réfléchissant mais n’en montrera rien à son acolyte dont le sang froid s’effrite de seconde en seconde. L’insurgé avance des arguments irrecevables pour le rédacteur. Les sourcils se froncent, un léger rire nerveux et sarcastique lui échappe. « Ces gens sont victimes de la propagande mais ils n’ont jamais posé un flingue sur la tempe d’un autre, ils n'ont pas versé le sang. Ils sont innocents, ils ne savent peut-être même pas quelles sont les conditions de vie pour les autres. Ils sont manipulés, bordel ! Tout le monde n’a pas la chance ou l’opportunité de développer son esprit critique, de pouvoir avoir le recul nécessaire pour réaliser. Puis ils ne sont pas tous pourris jusqu’à la moelle. Le monde ne se scinde pas en deux catégories, les bons et les mauvais. Tu t’écoutes parler ? Tu tiens le même discours qu’en face à peu de choses près. » La langue claque, la dureté s’empare de son faciès tandis qu’il grogne à moitié, glissant ses doigts dans sa barbe.

Les propos décousus de son vis-à-vis finissent par amener un rictus crispé sur sa bouche. « Comme un lâche hein ? C’est la résistance qui a été lâche de tuer tout ce qui passait à sa portée. C’était un acte impulsif, irréfléchi. Irrationnel même. C’est plus facile de tuer que d’agir avec intelligence et prudence. Bien plus facile de ne pas utiliser sa cervelle et de faire autant de dégâts que possible. Ça tient plus de l’animal que de l’humain. Et je ne souhaitais pas que le gouvernement fasse indirectement de moi, une bête. Quant à ce que tu racontes, je ne pourrais m’en soucier moins. Si on te cherche des noises, tu n’auras qu’à pointer le doigt dans ma direction. Je m’en fiche. » Un haussement d’épaules nonchalant. En comparaison à ce qui aurait pu se produire ici, ce détail semble insignifiant. Un soupir lui échappe tandis qu’il observe son interlocuteur perdre un peu plus pied, adoptant une attitude témoignant de son égarement mental.

Le possédé fait un pas en avant, se rétracte. Sa compassion serait mal venue pour l’instant. Il retient à regret cette main si prête à soutenir l’épaule voisine et se contente de demeurer là, au seuil de ce qui aurait pu être sa perte. « Et c’est celui qui voulait devenir un martyr qui me dit ça. Tu allais littéralement te la faire sauter ta cervelle au nom de quoi au juste ? Tu as plus de valeur vivant pour cette résistance que mort. Ton acte n’aurait jamais abouti à quoique ce soit de concret. » L’agressivité à peine contenue se métamorphose aussi sèchement en douceur impromptue alors qu’il relève le regard vers l’autre homme pour capter son attention. « C’est renverser le gouvernement que tu voulais ou mourir très sincèrement ? » Une question qu’il n’aurait peut-être pas dû poser mais son anxiété a repris le dessus. Attaché malgré lui à celui qu’il continuera de gratifier du terme d’ami.  Les prunelles de l’éclopé balaie la rue, embarrassé par son audace. Il s’attarde sur la brigade qui semble toujours aux aguets. Certains les observent même, il a cette désagréable impression d’être épié. « On devrait peut-être baisser d’un ton et ne pas chercher à se faire remarquer. » fit-il remarquer en rangeant ses mains dans ses poches pour se donner un air faussement décontracté avant qu’on ne se penche sur leurs postures défensives et leurs joutes verbales offensives. Inutile de préciser qu’il ne souhaiterait pas être jugé comme complice d’un acte terroriste loupé. Le pire motif pour une condamnation. Assurément.

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MessageSujet: Re: Living like we're renegade | (Elias)   Jeu 16 Juin 2016 - 20:28


N’entendre que d’une oreille. L’esprit brisé par la chute, lapidé sous les pierres de l’échec. La haine en ligne de mire, elle brûle dans les yeux verts, ravive un éclat d’ordinaire bien terne. Il n’y a que dans sa rage qu’il existe à nouveau. Il ne vit plus, comment le pourrait-il alors qu’il ne lui reste plus rien. Lui qui n’a jamais vécu seul de toute sa vie, quand Rose a été son monde et sa raison pendant plus de vingt ans. Le cœur mort dans la poitrine, la rage au ventre, il n’y a que lorsque l’adrénaline pulse sous sa peau que tout prend à nouveau son sens. Dans un murmure, le souffle de celle qu’il a perdu revient caresser sa peau. Sa présence se fait mensonge, mais il peut presque la toucher du bout des doigts. Ce visage qu’il ne parvient pas à effacer des méandres de sa mémoire assassinée. Son orpheline dans toute sa splendeur, sa beauté effrontée affichée sur l’écran salé de ses paupières. Elle l’effleure et appose le sucre de ses lèvres contre sa joue, le temps d’un battement de cœur et lorsqu’il tourne la tête, elle s’évanouit dans un soupir. Ne laisse que le vide et le feu du manque dans sa poitrine. La lame chauffée à blanc qui n’a de cesse de venir se planter dans le myocarde à l’agonie. La danse de l’illusion qui le fait s’élever pour mieux tomber, l’emprisonne dans un perpétuel état de manque. Une dépendance dont il ne parvient à se défaire, s’enlisant plus avant dans ses délires à chaque nouvelle apparition. D’une manière différente de Lyn, Rose fait partie de lui. La sorcellerie leur a forgé une nouvelle âme, une seule entité venue se ficher dans deux corps étrangers pour n’en faire qu’un. L’unique qui se meurt si l’un de ses composants vient à disparaître. Et des deux, le français a toujours été le plus faible. Sous l’assurance et le magnétisme, Regan n’est qu’un amoncèlement de fêlures. L’édifice de la malfaçon, construit par des mains tremblantes et indécises. Sa femme maintenait la construction en un seul morceau, les mains en rempart autour des brisures. Sans les renforts, il n’y a plus de sécurité et tout s’effondre. Le plus gros est tombé sur cette île, sous l’exécution froide du second morceau de son âme. Les écueils survivants s’étiolent au fil des ans, chutent les uns après les autres dans un océan de douleur. C’est des bouts de son être que l’on arrache, le sang et la chair qui se décrochent des os pour se jeter à ses pieds. Il l’a vu, dans le reflet de son miroir, la décrépitude de son être, son chagrin matérialisé sous les traits d’une charogne.

Les mots sont des charbons alimentant sa rage. Les flammes lèchent la peau, calcinent la raison. « - Parlementer avec les tyrans ne leur fera jamais entendre raison. Ils ne sont que des innocents qui participent à tout ça. Leur passivité engendre leur perte. Le pouvoir se doit d’appartenir au peuple, en aucun cas à quelques élus qui se croient tout permis. L'extrémisme ne vise qu'à leur rendre ce qui leur revient de droit. » Sa voix tremble, indécise qui oscille entre le besoin pressant de hurler sa douleur à la face du monde, faire la conversation à des fous. Et l’envie de se taire, s’agenouiller dans la fange de la nature humaine et se laisser ensevelir. Ravaler sa haine pour la garder jalousement comprimée dans sa gorge. Assister impuissant à la stupidité du monde dans lequel il a été recraché. Se dire que la cendre sur sa langue à un goût d’enfer, et qu’ici ou ailleurs, il est voué à être damné. A se battre seul contre cette lumière qui les attire tous et qui lui brûle les yeux. Il expulse dans un soupir un morceau de sa frustration, serre un instant la mâchoire dans une vaine tentative de ravaler sa bile. « - Je n'ai pas besoin de tes discours moralisateurs, Elias. J'ai choisi mon camp, peu importe qu'il soit trop radical à tes yeux. Ils ne savent pas, mais ils ne font rien non plus pour ouvrir les yeux. On leur sert des belles paroles qu'ils avalent sans sourciller, alors que tout autour d'eux s'effondre un peu plus chaque jour. Ils choisissent de ne rien voir. Et s’ils n’ont pas encore agit pour le moment, ça ne veut pas dire qu’ils resteront dociles jusqu’au bout. La peur rend inconscient, et il devient alors plus facile d’appuyer sur la détente, sans vraiment savoir pourquoi. » Il embrasse le décor d’un ample mouvement du bras. Du théâtre dans le geste, l’éphémère enveloppé sous sa manche. C’est un dialogue de sourd qui s’appose entre les deux hommes, l’ancien journaliste en a conscience mais il ne parvient pas à faire machine arrière. Les freins ont lâchés dans la pente, seul un heurt affreusement violent parviendrait à arrêter la dégringolade. « - Elle n'a fait que répondre dans une langue que le Gouvernement comprends. C'est leur lâcheté qui a entraîné ce qui a pu arriver par la suite. Dépeins-nous comme de parfaits idiots si cela te chante... » Lui ou les autres, ce nous auquel il se raccroche. Les rêves en guise d’étendard, ces morceaux de tissus qui finiront par se teinter du sang des tyrans. Ce nous qui sera l’accident en travers de la route de la dictature, l’enchevêtrement des corps pour faire comprendre aux aveugles qu’ils avaient tort.

« - Tu défends l'indéfendable. Ils  sont pires que nous ! Les politiciens, les juges, la milice, tous ces moutons, ils sont pires que nous. On nous sert une trêve, une alliance avec cette ancienne résistance. Mais jamais, ils ne nous accepteront en égal. Ils resteront les maîtres et eux, nous, les pions que l’on fracasse. C’est ce genre d’avenir que tu veux offrir à ta fille ? Que d’autres lui disent quoi penser et la force à fermer les yeux ? » La colère se crache, elle se décroche de sa langue dans les vibrations de ses cordes vocales. La voix venant du fond de sa gorge, enraillée par ce trop-plein de contradictions. Le ton qui se hausse dans les prémices de sa réplique pour mourir dans un soupir retenue par ses lèvres. Il invoque la douleur à la façon du grec. Le souvenir d’une épouse contre l’absence d’une fille. L’infâme traîtrise de l’insensible. « - Ce n'est pas mon genre de faire accuser quelqu'un d'autre à ma place. » Les lèvres s’étirent en un indescriptible sourire, la mort froide dans les rétines. « - Elle devait mourir au nom de cette liberté qu’ils bafouent sans gêne. Il suffisait de poser les charges et de s'éloigner, j'ai été pris de court par l'affluence. » Et l’aveu qui s’extirpe de sa poitrine. C’est son échec qu’il contemple, l’inutilité affichée sous ses pupilles fatiguées. Il cille et fronce les sourcils pour faire disparaître les ombres dansant devant ses yeux. La lumière le fatigue, fait monter l’ivresse de la migraine dans les limbes de son cerveau. Regan secoue la tête, se perd dans ses piteuses réflexions. Le vide s’appose sur ses traits tirés et malgré lui, il acquiesce, approuve les dires du grec, offrant un infime regard à la milice. Ce n’est pas les renégats que les monstres épient. Dans le silence des regards qui s’apposent contre les épaules, celui qui se vend reconnaît la silhouette d’un de ses clients. L’incendie dans les yeux qu’il efface dans un soupir las.

« - Le renverser pour les voir payer. Et mourir pour la retrouver. » Il le souffle avec faiblesse. Son cœur en cimetière piétiné, il avoue. Ses envies funestes, le besoin irrépressible de se mettre en danger pour se rapprocher de l’ultime sacrifice. L’attente du dernier jugement qui ne vient pas, l’espoir béant d’incertitude que le trépas les réunira. « - On ne me la rendra jamais, mais si je peux détruire ces chiens qui me l’on enlevé, je le ferais, même si je dois devenir à nouveau un martyr. Je n'ai rien à perdre, la mort ne m’effraie pas. » Dans une expiration, Regan renoue avec sa froide détermination. Appose le vert de ses yeux brisés contre les récifs sombres des pupilles de son ancien allié. Il jure, scelle sa promesse à la couleur de son sang sur un contrat qu’il est le seul à détenir. Le vertige du vide dont il est l’unique connaisseur, lui qui a oublié d’avoir peur de la mort.  

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MessageSujet: Re: Living like we're renegade | (Elias)   Dim 19 Juin 2016 - 12:48

Le malaise se poursuit, se pourchasse dans les visions à grappiller de l'autre côté de la rue, dans les yeux alliés, fauchés par un désespoir âpre, entier, vivace. Les bruits s'entrechoquent, les passants se pressent sur les trottoirs en ignorant la vérité qui aurait bien pu leur dérober la vie en à peine quelques secondes. A une époque, le grec se portait volontiers volontaire pour saboter les infrastructures du gouvernement. L'idée de poser des bombes ne le dérangeait pas outre mesure. Des dommages collatéraux, il en a provoqué plus d'un. Comme la plupart des membres de la résistance. Sauf qu'il était toujours plus facile de laisser les choses se mettre en place pour mieux courir ensuite sans toiser le carnage. Jamais il n'a pu être de l'autre côté du flingue et chercher à tirer pour tuer froidement. Il faudrait que son opposant soit une menace directe. Pour lui et surtout pour sa famille, ses proches. Et encore dans cette situation, il n'est pas certain de réagir avec l'efficacité nécessaire. La violence enfouie en lui l'a trop souvent encombré. Il aurait pu s'y adonner totalement plus d'une fois, basculer à un certain point. Peut-être qu'il a toujours eu peur de revenir sur ses pas, rendosser l'agressivité pour seule réponse. Sans doute qu'il ne veut pas être à cette image, image forgée par le climat familial. Il ne souhaite certainement pas laisser ses parents obtenir gain de cause à son propos. Aussi méprisable que possible, l'enfant dont personne n'avait besoin. Qui n'a jamais servi à rien. La bouche à nourrir de trop. Ses prunelles balaient les piétons, s'attardent sans trop insister sur la milice leur jetant sans arrêt des coups d’œil suspects. A moins que ça ne soit sa paranoïa qui invente cette machination. Il n'en sait déjà plus rien.

Là où Elias se butte à voir la complexité d'une situation politique critique, son comparse se contente de simplifier les schémas pour pouvoir assouvir la colère qui gronde dans ses entrailles, ébranle son squelette. Cette force destructrice est sans doute la seule chose qui lui permet de tenir sur ses guibolles, de se lever le matin. Le journaliste ne veut pas la lui retirer mais ne peut pas s'empêcher de contrer son discours rempli de raccourcis arrangeants et donc dérangeants. « Je ne te dis pas de parlementer avec. Je te dis juste de les cibler en évitant de butter les innocents. L’extrémisme n'apportera que le chaos et le sang. Un monde ne peut pas changer en débutant par une guerre civile. L'ennemi n'est pas dans le peuple justement. Il est à la tête. Tu viens de le dire. » De plus en plus nerveux, le trentenaire contient avec beaucoup de difficulté son inquiétude grandissante pour la brigade à proximité. « Justement, Reg', la peur que tu veux instaurer, elle va se retourner contre vous, nous. Tous les gens qui sont contre cette dictature. Au lieu de promettre la peur au peuple, il faut leur fournir l'espoir. Ou du moins, leur faire comprendre qu'ils seront en sécurité même après la chute, si on veut s'en faire des alliés. On a plus d'avantages à tirer d'une union générale entre toutes les classes sociales qu'en excluant une partie d'entre eux. Il y en aura forcément pour désapprouver, pour ne pas vouloir comprendre. C'est le risque à prendre. Des gens qui refuseront de voir ce que le gouvernement est, pas besoin de ne les chercher que par ici. J'ai déjà entendu des discours bien plus pro-gouvernement dans les bas-fonds. Les gens n'arrivent plus à se forger leur opinion. C'est d'abord à ça qu'il faut remédier... » Le rédacteur est convaincu que la communication demeure la clé de tous ces enjeux. Il rêve secrètement de pouvoir pirater les chaînes de télévision détenues par le régime dictatoriale, de diffuser des messages scandaleux pour réveiller la population. Retourner les armes médiatiques du gouvernement contre eux. Un beau projet ambitieux qu'il n'a confié à personne encore. De peur qu'on lui rit au nez, principalement.

D'un regard triste et à la fois résigné, il conclut juste après son acolyte « Ce n'est pas l'idiotie qui vous pousse à agir comme ça, c'est le désespoir. Et c'est d'autant plus dangereux d'ailleurs. » Un énième haussement d'épaules. Il sait qu'ils vont tourner en rond. Aucun d'eux n'en démordra. Quand Regan mentionne Clementine, le père se crispe, grimace. Il lui est difficile de parler de ses enfants depuis que l'un est plongé dans le coma et l'autre, repris par sa mère. D'un ton plus revêche et bien moins bienveillant, il s'adresse sans la moindre courtoisie à son interlocuteur. « J'ose croire que ma fille aura été assez bien éduquée pour forger sa propre opinion et ne pas être aussi malléable. Et j'espère qu'elle se défendra intelligemment contres les tyrans. » Comprendre différemment de lui. Lui, le martyr ayant perdu de vue des valeurs que le futur divorcé estime primordiales. Un soupir, une main qui coulisse contre le front. « Je n'ai jamais dit qu'il ne fallait pas agir, je crois juste que ce n'est pas la bonne façon de procéder. » La lassitude s'empare du faciès, du ténor. Ils ne vont nulle part. Et de toute manière, le plus important a été accompli aujourd'hui. Il a mis un terme à la folie adverse.

Plus calmement, il reprend la parole en veillant à garder dans son champ de vision, les autorités de plus en plus remuantes. « Tu vis dans un monde de concepts, Reg. La liberté n'a pas nécessairement besoin de sacrifices humains pour être perçue. Le sang risque même de l'entacher.  » Aux révélations crues et sans détours de son camarade, le damné ne voit qu'une seule façon de répliquer. Attristé de l'entendre poser des termes aussi précis sur un état déjà deviné, perçu, il se voit franchir les limites, se rapprocher pour poser sa main contre l'épaule de son ami. « Moi, je crois surtout que t'as besoin d'un verre là. Je sais que tu ne supportes pas de m'avoir dans le périmètre. Je comprends que t'aies plus envie de me voir, sincèrement. Mais je sais pas, laisse-moi au moins t'aider, d'une façon ou d'une autre. » Avant que ce geste ne soit considéré comme déplacé, soit rejeté, il ôte ses doigts et les range dans les poches de sa veste, adoptant une attitude neutre qui n'a de but que de tromper les quelques membres armés du gouvernement. « Ceci étant dit, si tu veux le renverser, ce n'est pas en te faisant exploser pour toucher une de ses représentantes que ça fonctionnera. Je doute que ça soit aussi simple, comme déjà exposé. Tes intentions sont louables, je les rejoins en grande partie malgré ce que tu en penses. Moi aussi, je veux qu'il tombe. Et je veux que les dirigeants paient, tout autant que toi ! Mais pas comme ça. Et sûrement pas si ça implique que tu crèves. je sais qu'il faut pas faire parler les morts mais Rose n'aurait sans doute pas aimé t'entendre dire tout ça. Ne rejette pas la vie sans au moins ouvrir les yeux sur ce qu'elle a encore à t'offrir. Tu ne te bats vraiment plus pour la liberté, Reg. T'es toi-même captif de ton propre esprit. Ce n'est pas être libre que de n'avoir rien à perdre. Tu veux juste obtenir ta vengeance, c'est très loin d'être une lutte basée sur la liberté... Tu n'es plus impartial. Plus vraiment lucide. » Sa tirade s'achève d'un soupir tandis que plus loin, les détachements militaires se scindent, une partie semble vouloir venir vers eux, l'arme au poing. Le sang du possédé ne fait qu'un tour. Il se penche sur l'oreille de son allié d'infortune. « Merde, Reg'. Dis-moi que t'as rien sur toi qui pourrait nous mettre dans l'embarras ? Je crois que la milice vient vers nous. Ils nous observent depuis un bon moment. On a pas été discrets. » Il lui coule un regard anxieux avant de jeter un coup d'oeil discret à l'attention des hommes s'approchant toujours plus dangereusement de leur position.

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MessageSujet: Re: Living like we're renegade | (Elias)   Mar 21 Juin 2016 - 20:27


La milice en chiens savamment disposés, peu encline à abandonner le terrain qui lui a été confié malgré l’absence de l’âme à protéger. S’efforcer de ne pas y prêter attention. Ignorer la présence assassine tant elle pourrait se révéler dangereusement. Du feu et de la cendre dans les veines, la moindre brise serait suffisante pour relancer l’incendie. Le pousser à se heurter contre les traitres, aveuglé comme il peut l’être par sa douleur et sa haine. Apposer le visage de l’assassin sur tous ceux qu’il parviendra à détruire dans l’espoir d’apaiser la souffrance qui l’attire de l’intérieur. Gouffre sans fond, ses géhennes personnelles, uniquement présentes pour lui rappeler ce qui lui manque. Pourquoi s’extirper de ce lit affreusement froid tous les matins est devenu un supplice. Il évite ces instants où le sommeil se mue en une étrange tentation. S’échine à repousser l’épreuve pour ne pas affronter sa morne réalité. Elle reste pourtant là, l’ombre au tableau terne de sa vie. La malice dans ses pupilles éteintes, à se gorger de la souffrance du veuf. Le deuil collé à sa chair, l’abîme au bout des doigts mais jamais le vide ne lui offre le signe tant espéré. Il refuse d’appose ses pupilles sur les soldats en faction, pour ne pas affronter la honte dans laquelle il se vautre et le danger que sa seule présence ici représente. Le français se mure alors dans le silence. Les sourcils se froncent au gré des paroles qui l’emportent, le flot de la raison noyant les récifs de sa folie aveugle. Une part de lui à conscience de la démence qui est la sienne. Jurer que ce temps est similaire à celui qu’il a connu, que ses actes se calquent sur ceux du révolutionnaire qu’il a été. Ce n’est qu’un leurre. Des mots qu’il appose au mieux pour justifier sa conduite, quand le résistant n’a pas la noblesse du français déchu. Ce n’est pas la même cause qu’il sert, à se battre pour la liberté et la justice, il est aisé d’en retirer de la noblesse. Le combat est trop vieux pour qu’il puisse s’en sortir indemne. Il n’en a plus envie, aussi certain qu’il a choisi son camp, il a scellé son destin dans la vision du sang de son épouse. Ce noir immonde ancré à ses rétines aveugles à l’éclat des couleurs.

Regan se borne à ne pas vouloir entendre, admettre que son ancien allié à raison. Il simplifie la complexité, entasse les âmes de tous ceux qu’il abhorre dans le même panier pour mieux les sacrifier sur l’autel de sa rancœur. La nervosité de l’un déteint lentement sur l’autre. Les mâchoires se crispent à en devenir douloureuses et le regard se perd. Il dérive tout en prenant soin d’éviter les abysses sombres. Ce qui se joue autour d’eux n’est rien de plus que le reflet d’un théâtre de l’absurde. De l’insouciance dans sa beauté la plus exécrable, la foule qui s’en fout et garde les œillères qu’elle s’est collée au bord du visage. L’insurgé secoue la tête en négociation, et plus les instants passent, plus les mots se meurent dans sa tête. Le naufrage de sa raison s’est amorcé lorsque la main alliée s’est échinée à le faire reculer. Et plus le raisonnement tente de se faire, plus l’effort est vain. Il soupire, souffle et expulse sa frustration. Les phalanges se déplient et se referment dans un spasme nerveux, la caresse de l’inconfort venant malmener ses nerfs déjà bien à vifs. « - Ah je vois… Dans ce cas, j’espère pour elle que le Gouvernement aura changé d’ici là. » La raillerie s’extirpe de la sécheresse de ses lèvres, un haussement d’épaules désinvolte accompagnant la diatribe. Le venin lui brûle la langue, mais il ne fait que s’échouer à ses pieds, dépourvu de sa saveur. L’envie de lutter avec le journaliste s’est perdue, quelque part entre son cœur et sa raison. Capituler face à l’invisible, cet étau qui lui enserre la gorge. « - C’est le monde que j’ai connu. Les concepts défendus et qui ont prouvé leur efficacité. » Le souffle se racle de sa trachée, la voix y reste étranglée. Malgré lui, Regan tressaille lorsque la main se pose sur son épaule. Les mots le blessent, et dans une inspiration, le résistant ferme les paupières. Il camoufle sa haine derrière le rempart de ses cils, laisse l’instant s’accrocher à son visage et détendre ces traits affreusement fermés et tirés. L’éphémère engendré par le contact qui propulse le cœur des années en arrière. Crève l’écran de sa solitude pour mieux le mettre à genoux devant toutes les erreurs qu’il ne fait qu’entasser sur les ruines de son existence.

« -  Tu t’accroches à du vent, à des rejets qui auraient déjà dû te faire renoncer. Mais j’accepte la proposition. » La chaleur s’accroche aux graves de sa voix. S’y accrocher avant de disparaître et se faire assassiner par les lames de glace. Il hochement doucement la tête, la délicatesse de son double féminin dans le geste. Les pupilles se posent un instant sur le grec alors qu’il tente au moins de contenir les vagues de peine venant se fracasser contre sa poitrine. La mention de Rose le déchire. Expose sous ses rétines ce qu’il n’ose vraiment avouer. Qu’il a été son assassin, lui plus que ces soldats qu’il déteste. Il n’a pas été capable de la protéger de sa folie révolutionnaire, l’entraînant avec lui dans sa folie. Elle était libre de décider, mais il aurait dû l’empêcher de le suivre ce soir-là. La faute fait saigner le cœur. Le français ravale la peine et le noir de ses pensées dans un raclement de gorge. Se rachète une conduite pour ne pas s’effondrer aux pieds d’Elias. Alors il appose sur ses lippes l’ébauche d’un sourire cynique. L’énigme assassine ancrée au milieu des taches de rousseur et un sourcil qui se lève légèrement. « - On les place à chaque coin de rue pour mieux les laisser renifler le danger. De vulgaires vautours, attirés par le désordre. On m’avait demandé de faire sauter une ministre, tu t’imagines quoi ? Que j’allais le faire avec poignée de pétards ? » Il esquisse un infime geste de la main le désignant, lui et ce qui s’accroche à sa peau. Ce danger qui n’a pas eu l’occasion d’exposer toute sa menace face à ces yeux aveugles. « - Tu tombes avec moi s’ils nous arrêtent. » Les mots se veulent moqueur, mais dans l’instinct, il a sa main qui se pose contre le bras du journaliste. Il connait le terrain, la reconnaissance du fou cherchant une sortie si jamais sa mission venait à mal tourner. Les chemins détournés que personne ne viendra chercher, ces accès si ardus qu’ils en deviennent factices aux regards étrangers. Les phalanges s’agrippent plus fortement contre le tissu alors que les soldats peinent à se frayer un chemin au milieu des moutons. Le souffle de la panique affolant les cœurs et poussant les corps à se rapprocher. En rempart contre le danger, la bêtise humaine pour se protéger. Le corps s’élance, leste sous l’impulsion de cet étrange besoin de se raccrocher à la vie et à sa liberté malgré les mots et les actes. Le français entraîne le grec dans sa fuite improvisée, ne lui laisse pas le choix. Il abandonne derrière lui l’éclat de la boutique, le fantôme de sa ministre. On les hèle, les mots se brisant contre les échines quand les pas se font plus rapides et traînent les carcasses abîmées hors du ventre de l’artère. Sous l’ombre d’un passage dérobé, camouflé par le sale et la honte, l’abandon d’un bâtiment voué à être détruit pour se voir remplacer par une nouvelle ordure luxuriante. Le cœur battant à tout rompre entre les côtes, la course s’apaise lorsqu’ils débouchent à l’orée d’une nouvelle avenue. Regan prend enfin conscience de sa main agrippée à Elias, et le relâche avec une certaine brusquerie. De la pudeur dans le geste, comme s’il avait honte d’avoir agi de la sorte. A bout de souffle, le français se laisse glisser contre le mur suintant d’un vieux bâtiment.

« - Je n’ai même pas été capable de la protéger. Elias, c’est de ma faute tout ce qui est arrivé ce soir-là. » La confession d’un corps qui s’esquinte. Elle brûle la langue et arrache le cœur, jeté au pied du journaliste, nu dans la poussière. La crainte dans la gorge et le mal sous la peau, Regan pose son regard sur son allié d’un instant. « - La proposition tient toujours ou être vu aux côté d’un ennemi public est trop risqué pour toi ? » Esquisse d’une sincérité fanée sur les lèvres, le français oscille sur le fil de ses envies.

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MessageSujet: Re: Living like we're renegade | (Elias)   Mer 29 Juin 2016 - 1:20

La panique déloge durant un bref instant toute autre émotion de la poitrine. Risquer sa tête pour la cause, une belle perspective quand la vingtaine le cueillait encore. Quand il n’avait à rien à perdre. Peut-être a t-il étendu les traits jusqu’à ouvrir les yeux sur la résistance. Jusqu’à foncer droit dans un mur. A voir qu’il est si facile d’ôter la vie. Et bien plus compliqué d’en assumer les conséquences. Il ne les souhaite pas à Clementine. Ni à Carley par extension. Sa mort projetterait trop d’ombres sur un décor déjà en ruine. Le danger qu’il se plaisait à côtoyer, sa témérité toujours présente mais affreusement mutilée par sa conscience grandissante, s’évanouit pour laisser place à la raison et à la prudence. Tomber pour une action qu’il n’a même pas entreprise ou cautionnée, n’y a-t-il pas plus risible ? Le sourire point sur la bouche du rebelle habité d’une démence qui peut parfois impressionner et inquiéter le grec. Ses maigres espoirs sur leur amitié mobilisés par le discours du rouquin, se dispersent tandis qu’il fait preuve d’une dureté insoutenable. Elias encaisse la réplique, fronce les sourcils et retient un ricanement sarcastique simplement pour ne pas prolonger la conversation alors qu’ils sont sur le point de se faire arrêter. Ses yeux échouent sur tout ce qu’ils peuvent entrevoir, en quête de ce que Regan a mentionné. Déjà trop tard pour ça. Et il se voit mal fouiller de toute façon, le corps de son ami devant assistance. L’agacement se manifeste sous la forme d’un soupir appesanti par la tension éprouvée. Le destin peu reluisant s'esquisse déjà quand la main de l’extrémiste se pose sur son bras. Pendant une fraction de seconde, il croit que c’est pour l’empêcher de fuir. Pour mettre à exécution la menace proclamée. Ce manque de foi lui fait honte dans les minutes suivantes. Quand ce même homme le tire du pétrin.

La fuite entretient allégrement la terreur du damné. Ils seront traqués, jugés coupables devant cette réaction impulsive. Y avait-il seulement autre chose à faire ? Sans doute pas. Forçant sans remord sur sa jambe atrophiée, le complice se laisse être emporté, suit son comparse sans se poser de questions, évitant de jeter des regards par-dessus son épaule, courbant même la nuque afin de masquer autant que possible son identité. Son manque d’audace le désarçonne, fait rire l’adolescent insouciant. Il se demande jusqu’à quel point ses récents traumatismes l’ont changé. Et à quel point il peut se permettre de détester ce constat. Pas la moindre minute à consacrer aux pensées assassines car le pire les talonne, les interpelle. Plus question de se retourner ou d’abandonner. Maintenant, ils sont la proie. La douleur se réveille progressivement dans la guibole de l’éclopé, il serre la mâchoire pour en accuser les lancements désagréables, en vient à s’accrocher, à son tour, au bras rattaché à la paume qui l'incite toujours plus à poursuivre cette course effrénée. Il s’en détache aussi brusquement quand son allié défait sa prise. Le cœur battant dans les tempes, le souffle égaré et la souffrance martelant le membre défectueux, il analyse vaguement le lieu accueillant leur errance, s’assure en jetant des coups d’œil frénétiques en toute direction qu’ils ont semés leurs assaillants avant de chercher avec plus d’ardeur encore les gélules miraculeuses de sa dealeuse préférée au fond de sa poche. S’ils doivent encore courir, autant s’épargner ce poids mort au maximum. Atténuer les conséquences désastreuses pour pouvoir jouer avec les limites plus facilement.

Son attention décroche immédiatement vers le français en proie à un désespoir bien plus tangible encore. L'hésitation s'empare de lui entre l'arrivée potentiel de leurs adversaires et la détresse de son sauveur. Le rédacteur finit par se mettre à sa hauteur, cédant à l'empathie. Il s’assied tant bien que mal à côté de lui. En ignorant autant que possible, le tourment propulsé par la chair ravagée, il cherche ses mots et pose prudemment ses doigts contre l'épaule de son acolyte. Sa sincérité survient dans la bonne mesure sans qu’il n’ait besoin de la surjouer. « Ce n’est pas toi qui as appuyé sur la détente, Reg. Pas toi qui l’as poussée dans ce bordel. Tu ne peux pas t’en vouloir d’avoir survécu. Ce n’est pas ta faute. Ça n’a jamais été ta faute. Ça aurait pu être n’importe qui ce jour-là. Absolument n’importe qui. Et je crains de ne devoir délier une évidence. Mais plus personne n’est à l’abri. Personne ne peut assurer la sécurité de personne à l’heure actuelle. Ce n’est pas une question de capacités, d’intelligence ou de volonté. C’est comme ça. » Son regard cherche celui de son vis-à-vis alors que la main se resserre sur la carrure du veuf. Les souvenirs affluent sans grand mal et le chagrin prend possession des traits. Il n’aurait jamais souhaité ce sort à ce couple. Il n’envie pas la position du révolutionnaire. Il sait qu’être le survivant surpasse de loin le fait d’être le mourant. La culpabilité inévitable même dans son cas. Alors qu’il n’est responsable de rien. « Je suis désolé. Elle ne méritait pas ça. Toi non plus. Mais tu ne peux pas te blâmer pour ce que ces salauds lui ont fait. » L’amertume crachée abruptement. Il ne pense pas pouvoir pardonner Rhys pour ça. Et ne peut pas non plus le renier totalement. Toujours cette conclusion. L’urgence de la situation le presse aussi vite. Il en a déjà presque oublié la milice.

Avec difficulté, il se relève, prend appui contre la façade pour se faire, retient plus d’un juron avant de sortir son flacon magique et de gober aussi sec deux sphères salvatrices. Rapidement, le remède fera effet. Jamais assez rapidement à son goût mais il ne peut pas trouver mieux sur le marché. Il le sait pertinemment. D’un revers de main, il essuie la sueur de son front et offre un sourire légèrement flétri par l’adversité à son interlocuteur. « Bien sûr. Je crois qu’on est deux dans cette galère maintenant de toute façon. Autant fêter ça autour d’un verre. » Les échos de leur relation bafouée n’ont jamais semblé résonner avec autant d'intensité qu’en cet instant. Au milieu de cette confusion et de cette folie, il a au moins pu dénicher un peu de cette amitié qu’il a toujours cherché à retrouver.

Prudemment, le père scrute l’avenue, ne note aucune présence ennemie et sent un soulagement précoce se diffuser dans son thorax. D’un air plus assuré, il se tourne vers l’échoué et lui tend une main secourable pour l’aider à reprendre de la hauteur. Mieux vaut filer tout de même. « Je crois qu’on ne devrait pas jouer avec notre chance et filer d’ici. Vire-moi les preuves tant que tu y es. Ca a un côté très tragico-romantique de tomber ensemble, très attrayant comme concept, je ne te le retire pas mais ça serait affreusement désagréable pour moi de crever pour le seul acte que je n’ai pas commis, vois-tu… » Un rictus amusé s'empare de ses lèvres sèches, altéré très vite par la réalité. Une fois qu’il sera à son tour debout, ils n’auront plus qu’à quitter ce quartier détestable, à distancer davantage la brigade et à faire profil bas pour le restant de la journée. Le journaliste en omet son rendez-vous initial, n’y repense même pas. Pour une fois, il s’est trouvé au bon endroit au bon moment. Il s’en félicite secrètement. Se concentrant sur ce seul fait pour affronter la marée humaine et triompher de ses flots afin de rejoindre un endroit plus intime. Plus approprié à une discussion entre deux alliés coincés dans des existences frustrantes. Elles seront déjà bien loin, les réminiscences de ce vagabondage impromptu. Quelques verres et ils auront oublié. Jusqu’à ce qu’Elias se rappelle de la démence adverse. Jusqu’à ce qu’il se souvienne que rien n’a vraiment été résolu ou gagné aujourd’hui. Le gouvernement se dresse toujours comme l’obstacle suprême entre eux et toute forme de liberté. Regan, quant à lui, pourrait très bien recommencer. Demain, dans deux semaines, un mois. Et il ne pourra sans doute pas l’arrêter. C’est ça au fond qui nourrit ses appréhensions. De continuer à être impuissant devant l'inévitable. La fatalité. Il n'y croit pas et pourtant...

- Sujet terminé -

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