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 /!\ Eros contre Thanatos ▬ Mikkel /!\

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↳ Opinion Politique : A voile et à vapeur, là où l'intérêt le porte, soit essentiellement le Gouvernement puisqu'il pourrait lui permettre une petite ascension sociale qui ne serait pas de refus.
↳ Niveau de Compétences : 4 avec une préférence pour la magie noire et les fessiers joufflus
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MessageSujet: /! Eros contre Thanatos ▬ Mikkel /!   Lun 23 Mai - 1:23


« Ce sont les événements qui commandent aux hommes
et non les hommes aux événements » ▬Hérodote


 
 
Mikkel & Noah
featuring

  Un mois. Le juge avait convoqué Noah séance tenante pour qu'il explique pourquoi ses conclusions quant à Mikkel Ievseï n'étaient pas arrivées en bonne et due forme sur son bureau, et pourquoi il avait reçu un courrier lui stipulant qu'une nouvelle séance serait à programmer pour les obtenir. Non sans humeur, Noah était allé le voir pour lui expliquer des détails qu'il aurait pu lire dans le courrier qu'il lui avait adressé, une magnifique lettre manuscrite avec une écriture aussi pompeuse qu'élégante, qui retraçait le malaise du patient et donc justifiait qu'aucune observation n'ait pu être faite au cours de leur entrevue. Grimpant quatre à quatre les marches du Palais de Justice, Noah avait maugréé. Non seulement il haïssait devoir s'expliquer, mais en plus il devait couvrir et Ievseï, et Wiggins. Et si la faute était la sienne, considérant qu'il était celui qui aurait pu falsifier facilement les conclusions pour éviter d'avoir de nouveau le jeune chacal dans son bureau, il considérait bien plus judicieux de tout nier en bloc.
Tout ça, c'était la faute de Mikkel. Ca ne pouvait qu'être sa faute. Un postulat qu'il mit tant d'ardeur et de discipline à exposer au juge que son Horreur finit par concéder, et lui accorder l'autorisation de procéder à une nouvelle séance d'observation. Inutile de faire des efforts de son côté : Ievseï serait convoqué directement dans son cabinet personnel, à son domicile, un mois jour pour jour après la date établie pour leur première séance. Après cela, ils seraient libérés l'un de l'autre jusqu'à la prochaine bévue du brancardier.

Noah avait ri jaune, intérieurement, quand le juge avait déclaré cela du haut de sa suffisance. S'il savait, ce sombre idiot. S'il savait ce qui s'était réellement passé dans son cabinet, cette soirée là, loin du regard des hommes et de Dieu. Le secret laissait une saveur aigre-douce sur son palais. Si le juge affecté à toute cette histoire avait été Oscar, Noah aurait pu tout lui expliquer, dans le moindre détail, en omettant seulement tout l'avant-rituel et sans mentionner non plus l'identité de Liam. Bien entendu. Mais Oscar, lui, aurait compris. Et il ne l'aurait pas fait chier, lui aurait tapé amicalement sur l'épaule et aurait parfaitement saisi qu'il était nécessaire pour le vieux sorcier de revoir le chacal afin de s'assurer qu'il aille bien.

Par chance, la convocation coïncidait, à peu de choses près, avec la pleine Lune. Quelques jours seulement après, Ievseï serait tenu de déambuler à nouveau dans son cabinet pour cette formalité, lui laissant tout loisir de l'observer pendant une heure. Liam lui avait prétendu qu'il se serait bien assuré de son bien-être lui-même, mais qu'il ne pouvait pas le faire à cause de sa position. Ce que Noah trouvait être une splendide connerie mais il avait serré les dents et accepté, conscient que leur victime allait avoir un gros, un énorme compte à régler avec eux. Avec lui, principalement. Ce n'était pas comme s'il avait pu apercevoir Liam au cours de leur petit rituel, ou s'il avait été en état de s'en souvenir. Tout juste si le sorcier qui l'avait effectivement transformé était un mirage, une réminiscence d'ombre, là, dans sa vision périphérique alors qu'il hoquetait de douleur, misérablement, à même le sol. Non, la seule personne qui devrait lui rendre des comptes ne pouvait être que Noah Meadow.
Noah Meadow qui n'en crevait pas le moins du monde d'envie, mais pourtant devait reconnaître éprouver une certaine once de curiosité quant aux souvenirs et impressions qui avaient pu traverser Mikkel depuis sa transformation. De quoi se souvenait-il ? Comment vivait-il à présent ? Qu'est-ce qui avait changé dans sa manière de faire, sa manière d'être ? En quoi l'animal transcendait-il l'humain, l'influençait-il ?

La curiosité, maîtresse première de ses agissements. Elle l'avait saisi le soir même de l'annonce, le poussant à lever ses yeux sur le plafond peint, au-dessus de lui, son esprit vagabondant dans des strates jusqu'à présent inexplorées. Il avait vu ses Frères, au Moyen-Âge, les avait vus obtenir le Don, les avait tous vus transfigurés et clamant chacune des petites différences qu'ils ressentaient jusque dans leur âme. Jalousement, il les avait écoutés, avait recueilli chacun de leur témoignage dans l'espoir de pouvoir les partager comme un pair, comme un égal, au jour de sa propre transformation. Mais le jour n'était jamais arrivé. Le Don n'avait jamais été donné.
De Don, il était devenu Malédiction, l'ire murmurée au creux de ses lèvres envers Rafaele. Le sang avait fini d'achever un autre type de transfiguration, celle de la vengeance, souillant définitivement le Don, et par là même son envie profonde de savoir ce que cela faisait. Mais justement, là était le problème. Rafaele ne lui avait jamais dit ce que cela avait changé chez lui. La tête de son créateur avait roulé dans un panier, rompant la connexion, anéantissant les espoirs que Noah avait fondés dans sa création. Un acte désespéré en avait entraîné un autre. Même dans les tréfonds de Darkness Falls, il avait senti la déchirure violente, abjecte, de la douleur que Rafael s'était infligé à lui-même. Mais il ne savait toujours pas ce que cela faisait, de se transformer.

Mikkel était la solution à tous ses maux, il le savait. Les arabesques qu'il avait peintes en céruse pâle sur les poutres semblaient danser devant ses yeux, avec la fatigue. Mikkel Ievseï pourrait être sa créature de substitution, cette connexion qui lui manquait avec Rafael. Le visage du jeune homme se mêla aux arabesques, flottant devant son regard fatigué, l'air de lui dire qu'il pouvait bien se mettre ses espoirs là où il le pensait. Pourtant l'idée était bonne. La sensation était bonne. Cette sensation d'appartenance, d'être à sa place, qu'il avait ressentie dans son bureau était bien réelle. Si profonde qu'elle l'avait troublé, après coup. Qu'elle le troublait encore. Loin s'en faut qu'il ait voulu voler le mérite à Liam Wiggins. Non. Mais il aurait, lui, le privilège de voir les premiers pas du chacal dans sa peau animale. D'assister à ses révélations, d'encaisser ses doutes et ses colères. Et si le jeune homme était trop ingérable, il n'aurait aucun scrupule à lui communiquer l'adresse de son véritable créateur.

Les arabesques avaient cessé leur tourbillon fantastique devant ses yeux, laissant place au seul visage de Ievseï, tordu dans un rictus sardonique. Le ventre du sorcier s'était tordu, annonciateur d'une tempête à venir. Il avait fermé les yeux, tiré la couverture et s'était tourné sur le côté, tentant de lutter contre la sensation, nauséeux comme à chaque fois. Le souffle de Ievseï se glissait sur sa peau, dans sa gorge, sa chaleur, fantomatique, revenait se coller dans son dos. Des mains imaginaires qui revenaient courir le long de son corps, obsédantes, entêtantes, effrayantes. Brusquement, le sorcier avait rouvert les yeux, s'était retourné. Et avait constaté qu'il n'y avait dans cette chambre que lui, son mauvais pressentiment, et la terreur qui saccadait sa respiration.


Un mois
. Un mois et il lui arrivait encore de faire le même rêve, celui de Mikkel et Rafaele, loup et chacal, finissant par fusionner l'un et l'autre pour devenir les deux côtés d'une même personne. Un rêve qui ne voulait strictement rien dire, même pour lui, qui savait les interpréter. La raison la plus crédible, tangible, qu'il avait trouvée était qu'il s'agissait de sa curiosité, associant malgré eux les deux hommes quand bien même rien ne pouvait les connecter l'un à l'autre. Sinon ce besoin inassouvi de vivre l'expérience de bout en bout.
Ou alors il s'agissait du signe avant coureur de sa propre chute dans la folie, et à ce moment là, il ne pouvait malheureusement rien pour lui-même.


Un mois. Un mois venait de s'écouler. Il était temps.
Il était temps, oui. Temps de savoir, de s'armer de patience, de persévérance, de lutter contre l'envie maladive de presser Mikkel de questions à peine le jeune homme entré dans son bureau. Temps de tout préparer, de concentrer toute son énergie dans l'élaboration d'une solution si jamais le chacal devenait trop curieux, lui-même, ou trop dangereux. Un mois que Noah préparait leur entrevue minutieusement dans son esprit, qu'il évaluait chacune des réactions que pourrait avoir le métamorphe, qu'il établissait des tactiques pour éteindre ses sens, sa méfiance, pour étouffer dans l'oeuf ses doutes et le convaincre qu'il n'était, au final, qu'un pauvre fou.
Un mois qu'il n'avait pas utiliser une seule particule de magie, afin de se réserver rien que pour cette séance. Car Mikkel était lui aussi une clé, celle de sa délivrance personnelle, celle qui lui permettrait de comprendre.

Un mois qu'il avait tout préparé. Sauf que quand la sonnette de son appartement retentit dans son bureau, ce soir-là, annonciatrice que la séance allait bel et bien avoir lieu, Noah réalisa subitement que tous ses beaux plans, toutes ses belles préparations, il les avait faites en n'ayant que Rafael en tête. Toutes les réactions sur lesquelles il s'était basé n'étaient autres que celles de sa propre créature. Mais de Ievseï il ne connaissait rien, sinon la saveur de sa peau.
Le psychiatre déglutit nerveusement. Il serait contraint d'improviser. Ce fut pour cela qu'après s'être assuré d'être irréprochable, d'apparence comme d'attitude, il était allé ouvrir la porte sur son patient.

-Bonsoir Mikkel, vous êtes en avance.

Le professionnalisme ornait à nouveau son visage tel un masque, alors que chacun des détails de son mensonge, un mois plus tôt, lui revenait en tête. Mettant volontairement une distance respectable entre lui et son client, Noah l'invita d'un geste de la main à s'installer dans l'un des fauteuils du salon, s'installant cette fois-ci volontairement derrière son propre bureau. Il avait feint la frayeur, un mois plus tôt. Il était logique qu'il ne soit pas friand de promiscuité, cette fois-ci.
S'éclaircissant la gorge, il porta son attention sur son patient, jouant distraitement avec un stylo du bout des doigts.

-Je dois vous avouer avoir été particulièrement surpris de voir que vous n'avez pas émis d'objections quant au fait que nous nous revoyons. Je me serais attendu à ce que le Juge Newman ne me missionne pas, compte tenue de votre... réserve par rapport à mes propos, lors de la séance précédente. Pourriez-vous signer ici, je vous prie ?

L'air de rien, il fit glisser la convocation officielle en direction du jeune chacal, et lui tendit son stylo en gage de bonne foi. Le parfum capiteux du jeune homme envahit à nouveau ses sens, mais quelque chose avait changé. Même Noah pouvait le sentir, une tonalité musquée supplémentaire, sous-jacente, terreuse. Animale. Une ombre de sourire passa sur le visage du psychiatre.

-Avec votre accord signé, nous pourrons donc reprendre là où nous nous étions arrêté.

Une invitation, une menace, un état de faits. Il attendait juste la signature de Mikkel pour que le jeu commence à nouveau. Un accord tacite entre deux adultes responsables. Ou une mise à mort, si nécessaire, de toute forme de raison.
Un mois. Un mois qu'il attendait de recroiser ce regard d'acier non sans une certaine excitation.
 



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Dernière édition par Noah D. Meadow le Jeu 27 Oct - 22:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: /!\ Eros contre Thanatos ▬ Mikkel /!\   Mer 15 Juin - 23:01


« We try to run from our past, but the truth we cannot hide »


Noah & Mikkel
featuring
Un sentiment diffus d'angoisse ne m'avait pas quitté pendant plusieurs jours suite à cette soirée chaotique. Une soirée où mes émotions m'avaient dépassés au point de me retourner l'estomac, comme à chaque fois que je subissais un gros stress. Sauf que ça s'éternisait. J'avais la sensation d'être devenu hypersensible à toute sorte de choses, notamment aux bruits et aux odeurs. Perpétuellement sur le qui-vive, les moindres aspects de ma vie habituelle me semblaient différents, bizarres, surprenants, au point de me sentir totalement déphasé au sein de mon propre univers. Moi, le mec qui se serait senti aussi à l'aise en tongs chez le marquis de la pointe du lac que je l'aurais été en costard dans une soirée hippie. C'était aussi déconcertant qu'incompréhensible. Si je réussissais à me convaincre qu'il était illogique que le monde ait soudainement autant changé, je ne pouvais qu'en conclure que c'était moi l'anormal. Un étranger dans mon propre monde, un intrus, un aliéné, un dingue ? C'était moi qui sursautais en entendant les ronchonnements murmurés du facteur alors qu'il se trouvait de l'autre coté de la rue. C'était moi qui reprochais à mon frangin de trop fréquenter cette meuf qui puait le parfum bon marché que j'étais le seul à détecter sur le col de sa chemise. C'était moi aussi qui étais devenu tellement tactile qu'un simple frôlement de la part de Jean-Pol l'aide-soignant me donnait le braquemart. Bon, je l'avais facilement assez solide en général, mais tout de même… Jean-Pol quoi !

J'avais beau donner le change et conserver mon humour sarcastique pour me faire rire tout seul, ma situation me faisait sacrément flipper, en vrai. C'était impossible pour moi de réussir à concevoir ce qui m'arrivait, peut-être que je ne voulais pas y croire ni même y penser. Comment j'aurais pu faire ça de toute façon ? Je n'y connaissais pas grand-chose en matière de mystère et de sombre magie. Mes souvenirs concernant les événements de ma séance d'observation chez le psy étaient toujours aussi nébuleux et j'avais beau tenter de trouver un sens à tout ce que le docteur m'avait raconté, ça me donnait juste envie de me cogner le front contre les murs.

Ce soir là, après avoir consciencieusement évité mon père, je m'arrêtai sur ce courrier à mon nom. Un courrier du Tribunal ? Lorsque je captai qu'il s'agissait de ma deuxième convocation officielle, mes yeux s'arrêtèrent sur le nom du psychiatre, dactylographié noir sur blanc, et ce sentiment désagréable de méfiance mêlée d'incertitude me reprit à la gorge. Noah D. Meadow. J'eus la sensation de vaciller alors que de multiples images valsaient devant mes yeux, avec le regard troublant du psy en avant plan, et dans un sursaut, je repliai le document. Fébrilement, je ne pensais qu'à le planquer et finalement, je décidai de le foutre au fond de l'armoire où je rangeais mes trucs perso. J'avais ni chambre ni intimité dans ce foutu appart mais au moins, je savais que personne ne touchait à ce placard dans le coin du salon. Un sachet de came qu'Isak m'avait donné, quelques souvenirs débiles, des lettres de menaces, des dés pipés… de charmantes choses que je dissimulais sous un tas de fringues et qui seraient donc rejoints par ma convocation pliée en quatre.

Plus je repensais à tout ça, plus je me sentais mal et ce n'était pas digne de Mikkel de se tracasser de cette manière. J'avais déjà assez avec cette tension difficile avec mon propre père pour me pourrir l'ambiance. Mieux valait donc tout oublier de cette foutue séance de psychanalyse et des questions que je me posais. C'est ce que je m'escrimai à faire les jours suivants, niant superbement mes symptômes en me vautrant dans la mauvaise foi pour me persuader moi-même que j'allais très bien. Parfaitement bien, oui merci pour moi. J'y réussissais assez correctement, dans la mesure où je sortais énormément pour ne m'offrir aucun répit en tête à tête avec moi-même et m'empêcher ainsi de penser. Je bossais, je racontais moult blagues débiles à mes pauvres collègues, je courrais toute la journée et puis, je zonais, je buvais, je délirais avec mes potes toute la soirée et enfin, je rentrais tard chez moi, très tard, pour m'affaler sur ma paillasse dans le salon et roupiller sans parler à aucun des membres de la famille. Un train de vie palpitant... jusqu'au jour où.

Une pâle lune voguait dans un ciel incertain, des nuages lourds laissant présager l'orage. Il grondait déjà lorsque les premières douleurs se firent ressentir, ce qui contraignit le corps souffrant à sortir en titubant du bar où il se trouvait. Le cœur battait à cent à l'heure, des secousses violentes faisaient trembler les membres et un cri de douleur s'échappa de la gorge pendant que tous les os du corps supplicié se brisaient dans des craquements secs et lugubres. Alors, il perdit conscience, tandis qu'au dessus de lui, un torrent de pluie se déversait du ciel et que la lune, ronde et blanche, se dessinait entre les nuages sombres, moqueuse et cruelle. Le chacal mâchait le cœur de l'homme sans en concevoir la moindre pitié, broyant, mastiquant, déglutissant. Encore et encore. La soif de sang ne quittait pas ses babines sombres, avide de mort qu'il était, à mi-chemin entre un monde et un autre. Parce qu'il craignait la vie, parce qu'il se moquait des mortels, parce qu'il redoutait les vivants, parce qu'il en abusait. Les yeux élargis, il salua l'orage dans un glapissement. Qu'est ce que vous m'avez fait ? Noah, sale menteur…

Je n'avais pas prémédité de me retrouver là, sur ce seuil d'entrée de cette maison rouge, les muscles raides et le front moite. Cette convocation chiffonnée que j'avais dénichée le souffle court se trouvait entre mes doigts crispés. C'était bien aujourd'hui, à cette heure ci précisément que le rendez-vous était prévu, je l'avais tant relue sur le chemin que j'aurai pu en user le papier. Je n'avais même pas pris le temps de peser le pour et le contre, je m'étais simplement débarrassé de cette décision à prendre en cessant radicalement d'y penser pendant tout un mois. Bien-sûr, je me souvenais que j'avais eu le choix de refuser et d'exiger un autre médecin. C'était moi qui avait rétorqué que je n'y changerais rien, je le lui avais articulé d'une voix suave sur un coup de tête, par défi, par provocation, je ne me souvenais même plus de mon état d'esprit ce jour là ni ce que j'avais cru prouver. Néanmoins, si je ne regrettais rien, je ne m'en sentais pas moins déboussolé. Et en ramassant cette fichue convocation, la tentation avait été grande de sniffer cette dose de poudre qui me restait dans mon placard, histoire de chasser pour de bons mes derniers doutes. Mais non pas cette fois. Il ne pourrait pas mettre mes hésitations sur le compte de la came ce coup ci. J'inspirai profondément avant d’actionner la sonnette de son appartement, redressant le visage pour affronter mon hôte.

Une assurance hautaine brillait dans mes yeux clairs lorsque je découvris son visage affable. Je ne pris pas la peine de répondre à son salut, pénétrant dans sa demeure sans un mot mais en prenant cependant un plaisir cynique à le dévisager. Je connaissais désormais le chemin de son bureau et une fois à l'intérieur, je m'installais posément sur un des sièges qu'il me désignait, lui faisant face. Me retrouver à nouveau dans cette atmosphère m'offrait des sensations étranges et j'essayais de m'imprégner de cette ambiance, de manière à mieux affronter mes souvenirs,. Cette fois, on y était. J'avais presque du mal à me rendre compte que j'avais bel et bien franchi le pas et que cet homme se tenait juste devant moi. Ce mec que j'aurais sois-disant menacé. Ce mec qui m'avait forcément menti. Ce mec que j'aurais du logiquement craindre plus que tout. Pourtant, il s'était retiré à une distance prudente et si je ne parvenais pas à détecter ses réelles émotions dans son regard, je ne parvenais pas non plus à le sentir résolument hostile. Je délaissais ma lettre sur le bras du fauteuil, mon regard oscillant entre le visage du psy et le document qu'il me demandait de signer. J’arquai un sourcil, hésitant un court instant avant de poser les yeux sur le stylo tendu. Revenant à son regard, ma main fusa soudainement pour attraper la sienne. Sans réfléchir, dans un mouvement brusque, presque animal. Ma main était chaude. Je l'étais aussi. J'aurais pu briser ce stylo et ses doigts avec alors que je plongeais dans son regard, les lui serrant doucement.

« En gros, tu m'as pris pour un couillon. » Un rictus s'esquissa contre mes lèvres avant que je ne finisse par le relâcher, subtilisant le stylo au passage entre ses phallanges. « T'as cru que je me plaindrais au juge mais ça n'a pas été le cas. Même Isak n'a rien su de cette petite visite… sauf si tu lui en as parlé, évidemment. » Battant des cils, je me repris aussitôt dans une petite moue. « Oh pardon, le passage d'Isak, je ne sais plus si je l'ai imaginé ou pas. Il existe ailleurs que dans mes cauchemars ce mec ? Dis moi tout, n'aies pas peur de m'effrayer sur la gravité de mes hallu. C'toi le psy après tout, moi je ne sais rien. »

Ma voix restait douce et mon ton léger, bien que relativement sérieux. Je plissais les yeux dans une expression qui aurait pu être angélique, même si mes prunelles luisaient d'ironie. Saisissant le document officiel, je le parcourus rapidement du regard en silence, ne serait-ce que pour vérifier que je n'étais pas sur le point de signer un pacte avec le diable. Au bout d'un moment, je sortis mon briquet de ma poche pour l'allumer posément et faire courir la flamme à quelques centimètres sous le papier. Retrouvant le regard du psy, je lui offris un clin d’œil moqueur avant de reposer la feuille intacte sur le bureau et l'examiner un moment. « Tu connais l'encre sympathique ? Suffit de le chauffer pour le voir apparaître. Tu m'excuseras d'être méfiant mais je ne signe jamais n'importe quoi. » Ma mesure préventive avait plus pour but de me foutre de lui qu'autre chose et pourtant… Qui pouvait savoir de quoi ce type était capable après tout ?

J'ignorais encore la manière dont j'allais réussir à lui extorquer des explications sur cette malédiction dont j'étais frappé. Allait-il nier en bloc à nouveau ? Me convaincre que j'étais fou ? Je n'étais pas décidé à lui arracher des aveux de la manière forte, certainement pas. Et je n'avais pas plus envie de m'opposer frontalement à lui en lui posant des questions trop directes, au risque de me faire hypnotiser ou je ne sais quoi d'autre. Que faire alors ? Je n'en savais encore rien. Sans doute aurais-je dû avoir la frousse en considérant que ce mec était probablement un des plus terribles sorciers de la Nouvelle-Orléans. Des fourmillements parcouraient ma colonne vertébrale mais je ne l'en fixais pas moins intensément avant de concentrer mon attention sur cette fichue signature que j'apposai d'une écriture énergique. Mikkel Ievsëi scellait son accord.

M'adossant au fauteuil, je balançai le stylo sur le bureau d'une pichenette de l'index avant de reprendre.. « Très bien. Alors, reprenons où nous en étions arrivé comme tu dis. Le but est donc de me faire un joli rapport qui prouvera au Juge que je ne suis pas un danger pour la société. Aucune conduite addictive, pas de dérive, rien de malsain… Je suis prêt à coopérer, j'ai pas envie d'avoir d'ennuis. Alors donc, comment fait-on pour estimer la bonne santé mentale d'un mec, dis moi doc ? » Le sourire que je lui offris était désenchanté malgré moi et pourtant je poursuivais, d'un ton enjôleur et toujours agréable. « Faut-il que je te raconte mon dernier rêve afin que tu puisses en extraire les symboles inconscients ? Si jamais ils sont phalliques, c'est mauvais pour ma pomme, c'est ça ? Hum… bien bien...  On va éviter de trop insister sur certains de mes fantasmes dans ce cas, autrement si je me laisse trop aller, je risque de te harceler sexuellement, une fois encore. Tu en ressortirais totalement traumatisé, ce serait triste.»

Me léchant les lèvres, je me dopais moi-même avec mon insolence, retrouvant mon assurance au fur et à mesure de mes bavardages. Tout en le caressant du regard, je m'installai plus confortablement au fond du fauteuil, posant mon mollet contre ma cuisse opposée et balançant doucement mon pied botté avec nonchalance. Je laissai planer un certain silence, sans cesser de l'observer dans un demi sourire. Et puis soudain dans un murmure presque imperceptible, je prononçai le mot qui cherchait à s'échapper d'entre mes lèvres depuis un bon moment, se tortillant, gigotant, gesticulant contre ma langue pour enfin se faufiler dans un souffle, pulsant hors de ma bouche. « Un chacal. » Un frisson me parcourut. « Quel est le symbole de ce rêve ? Un chacal qui courrait sous la pleine lune... » ma main contre l'accoudoir du fauteuil en grattait doucement le tissus, mon pied bougeait plus vite, imperceptiblement la nervosité me gagnait.

Qu'est ce que tu m'as fait, pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi.


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MessageSujet: Re: /!\ Eros contre Thanatos ▬ Mikkel /!\   Mar 28 Juin - 1:08



Non il ne s'était pas attendu à le revoir passer la porte de son appartement, son parfum lourd, capiteux, sillonnant derrière lui comme le voile d'une mariée. Non, il ne s'était pas attendu à recroiser son regard d'acier, malgré l'envie qui lui rongeait la moelle de venir le chercher lui-même pour tirer toutes ses sensations de sa jolie bouche. Et pourtant Mikkel Ievseï avait relevé le défi. Il était revenu et se tenait là, droit, dans toute sa décadence et sa suffisance. Un gamin qu'il aurait eu envie de chasser aussi sec de son cabinet s'il ne s'était pas montré intéressant sous une multitude d'aspects différents. Et si ses traits réguliers restaient toujours aussi agréables à caresser du regard, c'était surtout le besoin de savoir comment il s'adaptait à sa nouvelle nature qui hantait le psychiatre.

Un besoin puissant, viscéral, si intense qu'il aurait tout aussi bien pu être vital. Et si l'avoir en face de lui réduisait cette illusion fantasmée, née de son esprit vicié, comme quoi il pouvait ressembler un tant soit peu à Rafael, il ne put toutefois pas s'empêcher de remarquer un changement infime dans l'attitude de son patient. Son regard était plus dur. Déterminé. Il n'avait surtout pas les pupilles dilatées qu'une consommation récente de drogue pouvait provoquer, ses pas étaient plus sûrs, son langage corporel encore plus persuasif qu'il ne l'avait été auparavant. Mais surtout, dans toute cette belle bravade qu'était le jeune Russe, il pouvait sentir la peur. La peur dans ses gestes brutaux, alors qu'il s'emparait si rapidement du stylo qu'il poussa le sorcier à esquisser un mouvement de recul un peu trop spontané, une main brisée récemment par Rafael de la même manière étant suffisante. La peur, dans ce surplus de dédain que traduisait sa moue boudeuse, dans ce regard bien trop franc qu'il venait de plonger dans le sien. Et si l'intention n'était pas réellement de terrifier son patient, Noah ne pouvait s'empêcher d'en éprouver un certain plaisir. Car même s'il n'avait aucun intérêt à provoquer la terreur chez sa clientèle, cette infime sensation de domination n'était pas désagréable.
Car les doigts de Mikkel étaient chauds sur sa peau, hérissant un frisson d'excitation dans son échine alors qu'il retirait aussitôt sa main, dès que la pression se détendit suffisamment pour qu'il lui échappe.

Sans grande surprise, le chacal mentionna une nouvelle fois Isak Erkisson. Noah pencha légèrement la tête sur le côté, le laissant divaguer. Décidément il ne lâcherait jamais l'affaire sur ce point. C'est beau la ténacité, même chez les imbéciles. Pourtant l'expression qu'affichait Noah n'avait rien à voir avec ce qu'il pensait, illustrant une légère moue contrite alors qu'il entremêlait ses doigts sur le bureau vernis, la défiance qu'il singeait vis à vis de Mikkel clairement énoncée par son langage corporel. Baissant les yeux, il déglutit un instant avant de répondre d'un ton grave, chacun de ses mots pesés pour laisser transparaître le léger malaise qu'il était supposé éprouver :

-Si vous faites référence au moment où vous avez fouillé dans mes dossiers pour trouver celui d'Isak Eriksson, et où vous avez tenté de me soutirer des informations sous le scellé du secret médical, alors oui, cet évènement s'est réellement produit.

Ses yeux se relevèrent pour croiser à nouveau les siens, s'ancrant avec fermeté pour lui rappeler que non, il ne cèderait pas. Et puis quoi encore ? Il ne fallait pas prendre des vessies pour des lanternes, et le prendre pour la moitié d'un con au passage. Et si Mikkel avait tout tenté pour le déstabiliser, il n'avait absolument aucune idée de ce que le psychiatre et le proxénète fabriquaient ensemble. Autant que ça en reste là. Il n'avait aucune intention de divulguer quoi que ce soit, et encore moins à Ievseï.
Pourtant son obstination avait quelque chose de rafraîchissant. Quand bien même elle était teintée d'une insulte sous-jacente à sa propre intelligence.
Son attention fut déviée par la flamme d'un briquet, qui se rapprocha dangereusement du document officiel. Un geste complètement gratuit qui surprit le psychiatre, au point qu'il adressa un regard interrogatif à son patient. La réponse ne tarda pas à venir, et, s'ils avaient été en bien meilleurs termes, Noah se serait ouvertement fichu de lui. De l'encre sympathique, mais bien sûr. La prochaine fois il penserait à lui donner un couteau sacrificiel pour qu'il signe avec son propre sang, ça serait drôle. Une ombre de sourire passa sur son visage, qu'il transforma en léger mouvement de la tête conciliant, presque poli. Après tout si vérifier qu'il n'y avait pas de petites lignes dans le document attestant qu'il n'était pas en train de lui vendre son âme pouvait le rassurer, qu'il en soit ainsi. Ce n'était pas la première crise de paranoïa qu'un patient faisait dans ce cabinet, loin de là.

-Il s'agit d'un document officiel, que je n'ai nullement le droit d'altérer, vous n'avez rien à craindre.

Mais tu as raison de te méfier, garçon. Prudence est mère de toute chose.
Au terme de longues minutes à se laisser jauger par son patient, avec une docilité feinte, le stylo finit par racler énergiquement le papier. Un nouveau frisson d'excitation dévala la colonne vertébrale du psychiatre alors qu'il l'attrapait pour le glisser dans un des tiroirs de son bureau, et reprenait le stylo pour le ranger commodément à sa place. Ca y était. Par sa signature hachée, le Russe lui donnait une nouvelle fois l'autorisation d'entrer dans sa tête. Un accord tacite, oui. Celui de se laisser une nouvelle fois enrouler dans un écrin de velours sombre et dense, tout en crachant toutes les réponses qu'attendait le sorcier. S'il savait que Ievseï était intelligent, Noah savait tout autant qu'il était lui-même suffisamment rongé par sa propre curiosité. Qu'il tenterait une nouvelle fois le tout pour le tout, ne serait-ce que pour se prouver à lui-même qu'il était capable de le faire parler. Une douce illusion, plus douce que le vin, avec les mêmes effets anesthésiants. Car s'il était malin, il avait en face de lui un être qui avait des intérêts communs, et bien plus d'amplitude pour obtenir une réponse à ses propres questions.

Ses nerfs comme ses muscles se détendirent alors que Ievseï prit place dans son fauteuil, lui faisant face. Assis derrière son bureau, il s'offrait le luxe d'une défense qu'il n'était plus obligé de tenir physiquement. La possibilité d'exercer non pas sa profession mais son propre pouvoir devenait dès lors plus grande, un petit bonus non négligeable si Mikkel reprenait ses marques et se montrait plus insistant. Maintenir une illusion, qu'elle soit physique ou magique, nécessitait de la concentration. Plus détendu, il pouvait réagir plus rapidement si la situation venait à s'envenimer.
Ce que clairement son patient cherchait à faire, son insolence reprenant fièrement du service, ses jolies lèvres s'ouvrant sur un flot de paroles si intense que Noah n'eut d'autre choix que répondre par la négative en secouant la tête à ses affirmations.

-Il ne s'agit pas seulement de cela, mais également d'assurer le juge que vous n'êtes pas potentiellement dangereux tant pour la société que pour vous-même. L'on peut très bien mener un train de vie parfaitement adapté même en ayant quelques fantasmes. Quant à ce qu'il s'est passé lors de notre dernière séance, je ne compte pas en tenir compte. Manifestement, vous n'étiez pas pleinement vous-même, contrairement à ce soir.

Et il y avait un peu participé avec ses illusions. Un fait dont, s'il n'en trahissait rien, il n'était pas prêt de regretter la moindre conséquence. Non seulement parce qu'il avait apprécié de jouer avec le chacal, mais parce qu'il avait été un sujet admirable pour l'apprentissage de Liam. Le sujet idéal. Celui qui n'a aucune idée de ce qu'il se trame, qui ouvre un regard entièrement vierge sur sa toute nouvelle condition. Sans parler de la plus-value qu'avait été leur fin de séance avant le Don. Cette pensée lui arracha un frisson et il releva les yeux vers les mares d'acier, son regard s'étant distraitement posé sur les lèvres ourlées du jeune homme.

-Faisons donc table rase du passé, et concentrons-nous sur la séance présente. Vous aviez l'air disposé à parler de vos rêves, voire de vos fantasmes. Vous pouvez prendre tout loisir d'extrapoler si vous le désirez.

Suivant avec attention chacun des mouvements de Mikkel du regard, il croisa ses doigts entre eux, posant ses mains sur la table. Quoi que l'autre dise, ce n'étaient pas ses rêves qui l'intéressaient à proprement parler. Et si son regard continuait de glisser discrètement sur le corps de son patient, il y avait autre chose. Ce petit soupçon de curiosité qui, nappé de tout ce rôle qu'il se donnait, continuait de pulser comme une lumière vive à travers ses propres pensées. De temps en temps, la lumière éclatait dans sa vision périphérique, lui rappelant puissamment qu'il attendait une réponse en particulier. Une réponse à ses propres questions, à ses propres attentes. Et si le jeune homme n'amenait pas le sujet lui-même sur le tapis, Noah était tout disposé à le faire.
Il n'eut pas l'opportunité de presser les choses pour autant. Au terme d'un silence surprenant, presque perturbant vu la verve de son patient, Ievseï finit par rouvrir la bouche. Deux mots, minuscules, désuets, qui pourtant provoquèrent une nouvelle vague électrique le long de son échine. Le psychiatre retint son sourire. Oui, un chacal. Ainsi il était donc conscient de son animal, d'une manière ou d'une autre. Se souvenait-il de sa transformation ou tendait-il une nouvelle perche en espérant que le psychiatre l'attrape par chance ? Noah retint son souffle, bien trop intéressé par ses paroles qu'il n'aurait dû le montrer. Car même s'il n'était pas supposé prendre cette opportunité pour rebondir, même si l'élément aurait dû être anodin dans leur conversation, il ne l'était pas. Et sa curiosité d'éclater à nouveau dans sa vision périphérique, plus intense, si vive que le psychiatre dût prendre sur lui pour ne pas assaillir directement son patient de questions au risque d'avoir l'air résolument suspect.

Alors il s'enfonça d'avantage dans son fauteuil, ses doigts en pyramide contre sa lèvre supérieure, l'air de réfléchir à ce que pouvait bien vouloir dire son rêve. Bien sûr, au fond, il le savait. La première Lune de Mikkel avait dû avoir lieu peu auparavant, lui-même avait ressenti une différence dans le magnétisme ambiant lorsque, pleine et ronde, elle avait illuminé la nuit quelques jours plus tôt. Une première Lune et tout ce qu'elle impliquait, de la découverte de nouvelles sensations à la transformation, apparemment douloureuse, en animal.
Au terme d'une réflexion calculée, il répéta doucement, sa voix, pourtant contrôlée, trahissant une légère fébrilité. Un changement difficile à percevoir à l'oreille humaine, si infime qu'il aurait pu être directement assimilé à un très léger chat dans la gorge.

-Un chacal courant sous la pleine Lune... Voilà un rêve particulier s'il en est...

Un soupir pour se contenir. Distraitement, il repoussa les documents placés sur son bureau afin de joindre à nouveau ses mains entre elles, se penchant dans la direction de son patient. Foutue retenue. Foutues apparences. Foutue curiosité. La réponse à toutes les énigmes de la transformation se trouvait là, devant lui, et il avait un rôle à jouer. L'occasion risquait de lui filer sous le nez s'il n'en prenait pas immédiatement cas.

-Je dois reconnaître ne pas avoir beaucoup de connaissances dans l'interprétation des rêves, toutefois je puis vous dire ceci : dans les civilisations Nord-Africaines, le chacal est souvent l'accompagnateur de la mort, de par sa nature. Qu'il courre sous la Lune pourrait avoir une valeur symbolique, traduire un certain stress, peut-être, selon les circonstances...

Parle, continue de parler. Sa gorge était sèche, si sèche qu'il regrettait amèrement de ne pas avoir cédé à ses propres caprices et préparé une théière avant cette consultation. Restait qu'il était trop tard, à présent. Et il devait soutirer le maximum d'informations à Ievseï tout en noyant le poisson. Un exercice auquel il était particulièrement rôdé, mais sa contribution à la transformation du chacal pouvait compromettre complètement sa position. Ou trahir ses propres intentions.
Une éventualité à ne surtout pas voir réalisée.

-Nous pouvons essayer de comprendre la valeur ou le message d'un rêve selon les circonstances qui l'entourent, voire les autres détails marquants qu'il comporte. Même les plus infimes. Vous souvenez-vous d'autres éléments ? Le point de vue par exemple, étiez-vous spectateur externe à la scène ?

Il avait nettement plus de notions en analyse onirique qu'il ne souhaitait le laisser entendre. Ses Pères avaient consacré une partie de son enseignement à comprendre les présages, à expliquer les prémonitions. Cette sensation qui se creusait progressivement dans son estomac, indescriptible, nauséeuse une fois associée à sa curiosité, il la lui avaient expliquée. Elle était le pressentiment qu'un évènement négatif arriverait. Ces rêves, ces visions qu'il pouvait avoir, parfois abstraites, d'autres fois d'un réalisme saisissant, eux aussi n'étaient que prémonitions.
Restait à déterminer si ce dont parlait Ievseï relevait du conscient ou de l'onirique. Restait à continuer de presser le fruit pour en obtenir la pulpe, sans toutefois l'écraser entre ses doigts.

-Est-ce un rêve récurrent, ou ne s'est-il produit qu'une seule fois ? Et que se passait-il ensuite ? Vous en souvenez-vous ?

Il ne poserait pas plus de questions, pour l'heure. Pas qu'il ne le veuille pas, bien au contraire. Il mourait d'envie d'en savoir plus, bien évidemment, mais il devait faire preuve de parcimonie. A trop insister il risquait trop gros. Un être tout juste transformé pouvait être capable du pire comme du meilleur, l'énergie de l'animal coulant avec une telle frénésie dans ses veines qu'elle pouvait exploser à tout moment. Et la douleur cuisante qu'il avait éprouvée quand Rafael avait usé de la force de la bête pour écraser ses os était encore trop sourde dans son esprit pour risquer que Ievseï en fasse de même.
Bien que, à l'exception de Rafael, le jeune homme n'ait aucune idée de quoi il était réellement capable, sous bien des plans. Sauf un. Dont il saurait user s'il y était réellement contraint.

Pourtant dans les faits, c'était lui qui était contraint et soumis aux réponses potentielles de son patient, et à la quantité d'informations qu'il serait disposé à lui donner. Noah comptait sur sa verve bravache, cette capacité à empiler les mots avec brio encore et encore, pour rassasier sa soif de connaissances. Sa frustration allait croissante, et si Mikkel n'était pas moitié idiot il saurait parfaitement comment retourner la situation à son avantage. Une nouvelle éventualité à considérer. Une nouvelle faiblesse que le sorcier mettait délibérément à jour, laissant soin à son hôte d'en faire ce qu'il désirait. Il trouverait toujours une parade, quel qu'en soit le coût.
Les muscles tendus, retenant sa posture d'apparence nonchalante, il attendit. Il pouvait sentir ses dents comprimer sa mâchoire alors que sa respiration s'était faite silencieuse, contrainte alors qu'il la retenait pour ne rien manquer de la réponse de son patient.

Parle, bordel, parle.

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MessageSujet: Re: /!\ Eros contre Thanatos ▬ Mikkel /!\   Mar 16 Aoû - 19:11


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Noah & Mikkel
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La voix du psychiatre était grave, presque solennelle, et je tentais d'en mesurer les moindre nuances, à l’affût de traces de mensonge dans ses yeux. Il répondait à mes sarcasmes de façon aussi sérieuse que s'il les prenait au pied de la lettre, sans trahir son satané professionnalisme. Conservant un sourire de façade, je sentais ma mâchoire se contracter d'énervement. Si j'avais su, j'aurais dessiné un smiley souriant sur une assiette en carton avant de venir, j'aurais pu ainsi me le plaquer sur la tronche sans que cela ne change quoique ce soit. Il m'aurait toujours regardé avec ce mélange de malaise et de politesse trop neutre, sans que je ne puisse décrypter ses véritables pensées. J’accueillis ses promesses d'un simple mouvement de sourcil circonspect.  J'avais autant confiance en cet homme que j'en aurai eu envers un serpent venimeux mais le pacte était désormais signé.

A ses réparties suivantes, je ne pus retenir un éclat de rire désabusé. Noah voulait-il réellement me faire croire que ce juge payé par le gouvernement visait mon bien-être personnel ? On aurait pu croire à une grosse farce si la situation du monde n'avait pas été aussi dramatique, si nous ne vivions pas sous la coupe d'un gouvernement hypocrite et tyrannique qui manipulait les esprits trop influençables par du bourrage de crâne. La prohibition était instaurée pour le bien de la population ! Et pour ceux qui ne rentraient pas dans le moule du citoyen normal et épanoui, il y avait la prison ou la mort. Je me mordis l'intérieur de la joue pour ne pas laisser exploser ma colère.  De toute manière, si ce psy devait réellement s’assurer que je ne sois pas un danger pour moi-même, il aurait du boulot…

Ainsi, dans sa grande mansuétude, Noah me proposait d'oublier mes odieuses tentatives de la dernière fois et de faire table rase du passé. Allons bon, devrais-je ressentir un élan de confiance pour mon thérapeute ? Malheureusement pour lui, je n'avais jamais cru à la charité désintéressée. Pourquoi me couvrir, pourquoi ne pas raconter la vérité au Juge alors qu'il était payé pour cela, pour poser un diagnostic sur mon compte. Sans doute pour me rappeler nos rôles, l'air de rien, pour asseoir le fait que je lui étais redevable, qu'il était l'homme normal et moi le taré. Mais surtout parce que lui-même avait des choses à cacher.  J'ignorais encore ce qu'il voulait soutirer de moi et cela n'allait pas pour me rassurer. A cette pensée, une nouvelle bouffée de colère resta prisonnière dans mes poumons.

Je décidai de ne pas relever son allusion à ma prise de came, me contentant de soutenir son regard. Celui-ci semblait parfois hésitant, comme s'il luttait contre l'envie de me dévisager. Est-ce que je me faisais des idées ? Cet homme était si difficilement déchiffrable… Pourtant, je le sentais bien plus attentif qu'il ne voulait le laisser paraître, alors que moi-même, je maîtrisais difficilement ma nervosité en évoquant ce fameux rêve. Et cette tension que mes paroles créaient dans ce bureau, était-ce aussi un fantasme ? Ce sujet était trop porteur d'émotions pour que je puisse totalement les éliminer du timbre de ma voix et celle-ci était devenue trop basse. J'aurais aimé qu'il ne s'agisse que d'une mise en scène dramatique de ma part, comme je savais si bien le faire de manière à mieux choquer mon interlocuteur et j'essayais à tout prix de m'en convaincre. Je contrôlais la situation. Noah ne pourrait pas mentir éternellement, il ne pourrait pas arborer ce masque de neutralité sans qu'il ne finisse par se fissurer en tant soit peu.

Un léger silence pesa entre nous sans que je ne le quitte du regard, troublé par l'intensité qui se dégageait du sien. En ce moment soudain, la précision de mes souvenirs était plus nette que jamais et je revoyais dans un flash la façon qu'il avait eue de répondre voracement à mon baiser. Dans les opales vertes qui me fixaient en cet instant, je revoyais le gouffre de ténèbres qui irradiait d'une sombre puissance et qui m'avait tant impressionné malgré moi. Il ne s'agissait pas d'une hallucination causée par la drogue, ce souvenir était bien réel et je n'en avais jamais été aussi sûr qu'à cet instant précis où le rappel des manières tactiles de l'italien me revenaient par vagues. Le désir s'alluma dans mon ventre en un fourmillement troublant alors que des idées diverses me traversaient. Tôt ou tard, il cesserait ce jeu ridicule de faux-semblant et il se montrerait sous son véritable jour, il me dévoilerait ce qui s'était réellement passé ce soir là, il m'avouerait ses véritables motivations !

Noah répéta mes paroles, comme pour mieux les soupeser et je crus déceler un trouble au son de sa voix. A moins que je ne sois réduit à interpréter le moindre soupir de sa part comme un début d'aveu, faute de mieux ? Car il ne lâcha rien. Mes muscles toujours crispés, je me forçai à rester silencieux et l'écouter sans l'interrompre, mon regard toujours accroché au sien, mes ongles griffant plus fort les accoudoirs du fauteuil.

« On peut difficilement trouver plus morbide comme symbole... »

Je réprimai un frisson d'effroi. J'avais envie de lui dire d'aller se faire foutre avec ses légendes africaines, de lui rire au nez, de balayer ses interprétations par une réplique moqueuse. Au lieu de cela, je ne pus faire autrement que de m'attacher à ses mots avec une curiosité avide, abandonnant mon attitude désinvolte pour lui offrir une attention bien plus sérieuse que je n'aurais voulu. J'avais interrompu trop brusquement les mouvements nerveux de ma jambe au moment où il évoquait le stress que traduirait mon fameux rêve. Je n'avais pas envie de lui donner raison et je m'agaçais moi-même de mon manque de contrôle. La colère gagnait du terrain, ravivée par le calme imperturbable du psychiatre, bien à l'abri derrière son bureau. Je me contentai de le fixer d'un regard sombre pendant qu'il me posait ces questions. Il me fallait maîtriser à tout prix mon impulsivité habituelle et dompter cette rage qui me donnait envie de hurler. Comment retrouver l'avantage, comment le pousser à parler ? Il était en situation de force et il en jouait. Ce mec était bien trop intelligent et surtout, il possédait une habileté effroyable dans l'art de la manipulation. Mais je possédais l'avantage de savoir que Noah Meadow était le plus grand menteur que j'aie jamais connu. Et que je remettrai donc systématiquement en cause, tout ce qu'il me dirait.

« Tous les psy doivent recevoir une formation spéciale en ce qui concerne les rêves, non ? Sois pas si modeste, j'ai confiance en tes compétences. Il est possible que je sois stressé, effectivement. Mais tu sais quoi ? Tu me donnes l'impression de l'être aussi. »

Caché ainsi derrière son bureau, m'offrant des moues embarrassées, des frémissements imperceptibles et des regards fuyants, autant de gestuelles qui contredisaient sa neutralité trop parfaite.  Doucement, je décroisai mes jambes pour mieux me redresser, l'envie me frôlant de vérifier si les réactions que je lui inspirais pouvaient s’accroître.

« Pourquoi donc la lune pourrait me stresser à ton avis ? Peut-être que je préférerais revoir la tienne. Oh… désolé, ça m'a échappé.»

J'ajoutai ces derniers mots en inclinant la tête de coté dans un sourire mutin avant de me relever doucement de mon siège. La lueur qui brillait au fond de ces beaux yeux verts me semblait plus aiguisée, me donnant de plus en plus la nette impression qu'il brûlait de curiosité. Je méditais sur ses paroles un léger moment avant de reprendre d'un ton plus sérieux, sans cesser de l'observer, de le respirer, de ressentir l'aura qui le caractérisait, ce flux invisible que je pouvais presque percevoir.

« J'ai énormément de détails à t'offrir, mes rêves sont toujours très riches mais ceux-là le sont particulièrement. J'aimerais beaucoup que tu m'aides à comprendre tout cela, en effet, d'autant plus que mes rêves ont des… répercussions étranges sur moi. Autant psychologiques que physiques. »

Me collant contre mon coté du bureau, je posai mes mains à plat sur ce dernier, me penchant légèrement dans la direction du psychiatre. Tout en parlant, je le caressais du regard, étudiant ses expressions avec attention. Le parfum de Noah me parvenait et excitait mon odorat exacerbé tout en me remémorant le plaisir de notre étreinte illicite avec plus d'intensité. Mais le bureau entre nous me rappelait qu'aujourd'hui, la situation était différente, comme si une barrière s'était érigée entre mes sois disant élucubrations de drogué et la réalité. Je reculai soudain pour me détacher du meuble et m'en éloigner de deux pas en arrière.

« J'ai fait plusieurs fois le même rêve mais la dernière fois, c'était… différent. Et je suis toujours acteur dans mes rêves. Ça doit signifier que je ne suis pas un mec passif qui se contente de subir les événements sans agir. Qu'en pense le psy ? »

Quelques minutes auparavant, j'avais cru être capable de me contrôler. J'avais sincèrement décidé de rentrer dans son jeu d'hypocrite, de suivre le cadre formel de notre séance et de feindre d'accepter le rôle du patient. Mais ça m'était impossible, il y avait trop de pression en moi, j'étais trop "im-patient", trop impulsif, trop colérique, trop… « En tous cas, oui, il y a une suite.  »  A ces mots, je fus douloureusement tenté de me laisser emporter par cet instinct primal qui me commandait de bander mes muscles et de bondir sans plus attendre pour fondre sur ma si belle proie. Aussi vif qu'un animal sauvage, je m'élancerais sur le bureau pour sauter par dessus, presque sans élan, m'abandonnant au plaisir grisant du défi. Un rictus carnassier sur le visage, je balayerais stylo et document sur mon passage avant de choir souplement sur ma cible, en l’occurrence le corps chaud et désirable de mon psy. Je t'en foutrai du cadre formel, docteur Meadow. Pourtant, je ne fis rien de tout cela.

Au lieu de cela, je me détournai carrément de lui pour lui présenter mon dos alors que j'avançai dans le bureau avec une nonchalance appliquée. Je fis mine d'admirer un tableau qui ornait le mur, comme s'il attirait subitement mon intérêt plus que toute autre chose, laissant ainsi s'imposer le suspens de ma narration. Cette pause me permit de mieux maîtriser mes émotions, à présent que je ne le regardais plus, et de retrouver un ton plus léger, presque détaché, tout en plaçant des temps de silence appliqués entre chaque phrase. « J'avais oublié à quel point j'aimais la déco… d'ailleurs, ce bureau était la scène de mes premiers rêves. Il y avait plusieurs personnages principaux : le chacal et deux hommes énigmatiques. C'était moi… dans la peau du chacal. L'un des deux protagonistes était un séduisant italien aux yeux verts... Étrange comme rêve, non ? » Lui offrant une œillade enjôleuse par dessus mon épaule, je me perdis à nouveau dans ma contemplation, sans plus le regarder. « Il était fort tactile cet italien. Et il me proposait des deals intéressants. Dommage qu'il ne s'agissait que d'un rêve, ma foi. »


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MessageSujet: Re: /!\ Eros contre Thanatos ▬ Mikkel /!\   Mar 13 Sep - 13:54

Sèche. Sa bouche était vraiment trop sèche. Ses paumes étaient trop moites, et sa bouche était trop sèche. Et Noah de maudire son propre corps pour refuser de maintenir cette pseudo stabilité, cette apparence imperturbable qu'il souhaitait se donner. Il avait un rôle à jouer, celui du psychiatre neutre et impassible opérant entre deux eaux, détaché tout en restant compatissant. Pourtant son propre corps transpirait de cette légère tension, omniprésente, qu'avaient provoqué quelques mots que Ievseï avait prononcés. Un rêve. Un chacal. S'il savait, ce pauvre fou, s'il savait que ce rêve n'avait absolument rien d'onirique et tout du concret. S'il savait qu'en ce lieu même où ils se trouvaient aujourd'hui, à échanger des banalités sous le joug d'une pseudo décision de justice qui n'arrangeait pas leurs affaires ni même leur vie, s'il savait que son rêve avait pris une tournure bien plus réaliste qu'il ne l'aurait jamais cru. D'un humain à la banalité affligeante, qui n'avait pour lui que ses charmes, il était devenu un être supérieur. Il avait reçu un don au prix inestimable dont il n'était même pas à même de mesurer l'étendue, voire l'importance, pour le moment. Et pourtant. Pourtant quelque chose avait transparu dans le ton de sa voix. Un tout petit vibrato, altération aussi fugace qu'insaisissable. Rien que l'oreille humaine puisse distinguer, et pourtant il avait eu l'idée que sa propre voix l'avait trahi en cet instant même. Inutile de chercher à poursuivre, pour autant. Le message était bel et bien passé dans son simulacre d'analyse onirique.
La balle était dans le camp de Ievseï. Parlerait-il ? Le ferait-il à nouveau tourner en rond ? L'occasion était belle, mais il n'était plus de son ressort de décider de l'issue de leur entrevue.

Mikkel Ievseï. Un être tout en ressort, tout en nervosité, qui faisait preuve d'un contrôle détonnant par rapport à ce que Noah avait eu l'occasion de constater lors de leur dernière séance. Un être qui mâchait à présent ses mots, bien loin de ce qu'il reflétait la dernière fois. Et la frustration de grimper de plusieurs crans alors que, très clairement, la bravade était de retour. Le psychiatre se tut à la remarque, se refusant au moindre commentaire. Il avait décidé de ne plus rien laisser transparaître, de se refermer autant que possible, le jeune homme étant bien plus observateur qu'il ne le laissait entendre. Alors lui répondre ? Un énième piège pour tâter le terrain, une autre caresse à son égo pour qu'il se dévoile lui aussi. Mais ce n'était ni son rôle, ni sa place, ni même ce qu'il avait décidé. Il était maître de la situation, décideur de la conversation. Et si les paroles de Ievseï partaient, encore, dans tous les sens, il n'allait pas tenter de les rattraper au vol. Pas tant que l'information dont il avait besoin, qu'il attendait réellement, ne serait pas encore sortie de ces belles lèvres ourlées.
Lèvres toujours aussi désirables, s'il en était. Qui s'ouvraient à nouveau sur une vulgarité, étirant une ombre de sourire au creux des lèvres de l'Italien. Lèvres qui avaient su se montrer aussi habiles à la discussion que d'autres types de pratiques, qui lui restaient, encore vives, en mémoire. Mais le sourire ne dura pas plus d'une fraction de seconde, alors que son regard suivait le moindre mouvement de son patient. Alors qu'il restait résolument planté dans ses iris acier, son attention rivée sur les paroles qui s'échappaient encore et encore de ces belles lèvres.

Le silence s'instaura à nouveau entre eux alors que Mikkel s'était rapproché du bureau, sa position dévoilant la naissance de son torse sous sa chemise. Noah s'humecta les lèvres, ne cillant qu'à peine, bien conscient que c'était la créature qui était en position de force et non pas le créateur. Bien conscient que toutes ces mimiques sensuelles cachaient une volonté profonde, intrinsèque : le faire bien chier. Le faire attendre, encore et toujours, jusqu'à ce que la frustration soit trop intense et qu'il finisse par imploser à son tour. Restait à savoir quel type d'implosion le jeune homme recherchait, en vérité. Mais Noah n'eut pas le temps de chercher à répondre à cette énigme, les lèvres ourlées reprenant du service. Qu'en pensait le psy ?

-Le point de vue peut certainement prouver une sorte de besoin de contrôle, même dans le cadre de vos rêves. Vous ne me semblez pas être le type de personne à se laisser aller facilement, quand bien même vous êtes, comme tout un chacun, sujet à vos pulsions ou vos envies. Le fait que vous soyez acteur, le chacal, de ce que vous venez de me dire, pourrait signifier que vous cherchez éventuellement à vous libérer d'un carcan qui vous opprime. D'où l'image de l'animal, sauvage et sans limitations aucunes, courant à la faveur de la Lune. Reste à déterminer si le rêve s'achève sur cette sensation de liberté, ou s'il y a une suite...

Voilà ce qu'il en pensait, le psy. Outre le sous-entendu salace de la domination et de la passivité, Noah espérait noyer ses soupçons en babillant des paroles sans fonds, cette fois-ci non pas tirées de revues scientifiques mais bien de sa propre imagination. L'interprétation des rêves, cette vaste fumisterie. Les rêves, les symboles, tout ce qui faisait de l'abstrait qu'il était, justement, abstrait, ne relevait d'aucun code ni d'aucune explication. Alors tenter de donner du sens aux pérégrinations d'un esprit, sous quelque substance qu'il soit, était une supercherie sans bornes.
Restait qu'il avait besoin de savoir. Savoir si dans cette sensation de contrôle, Mikkel arrivait à définir s'il faisait corps avec le chacal ou s'il le considérait comme une entité à part, comme il avait pu entendre maints de ses frères définir leur personnalité animale.
Un alter-ego, une nuisance, un plus, eux-mêmes. Les versions avaient été toutes aussi différentes de l'un à l'autre, restant sur la base commune qu'une fraction de leur personnalité semblait s'être divisée pour devenir une entité réelle, présente, dans leur subconscient. Comme un instinct qui se rajoutait à celui pré-existant, et qui finissait par vocaliser ses propres pensées, interférant avec la psyché de leur hôte. Un dilemme que ceux qui n'avaient jamais reçu le Don ne pouvaient qu'imaginer de loin, dans une version édulcorée de ce qu'ils ressentaient à proprement parler. Des impressions que Rafael partageait quotidiennement avec Mikkel, et que ce dernier refusait catégoriquement de partager avec lui. En était-il seulement conscient ? Le psychiatre sentit une nouvelle vague de frustration, d'impuissance haïssable, le parcourir.

Et il lui sembla recevoir un coup de poing dans l'estomac alors que l'autre finit par admettre, par une minauderie, qu'il y en avait plus. Qu'il y avait une suite. Mais parle, parle, connard. Parle.
Sa nervosité se faisant si intrusive qu'elle en devenait douloureuse, le sorcier finit par se redresser à son tour, juste pour contourner son bureau et s'asseoir sur le rebord, les bras croisés sur son torse. Forcément, ce cazzo de Ievseï avait repris ses bonnes vieilles habitudes, à savoir louvoyer dans son bureau sans piper mot rien que pour jouer du piano sur ses nerfs. Maestro dans cette forme d'art, il finit par lâcher l'information que Noah espérait ne jamais entendre sortir de ses lèvres pécheresses.
Il savait. Il se souvenait de ce qu'il s'était, et si pour lui les évènements étaient vagues, flous, il était tout de même conscient de leur réalité. Ancré dans le réel, il se souvenait de sa forme animale. Pire, il se souvenait d'eux, de Liam et de lui. Et ça, procéder au rituel sans masquer leur visage, c'était probablement la plus belle connerie qu'ils aient eu l'occasion de faire ces derniers temps.

Merde. Les pupilles dilatées, il croisa le regard enjôleur de Ievseï, les images de cette soirée pour le moins riche en émotions s'emmêlant dans son propre esprit. La chaleur de son corps, l'odeur musquée de sa peau, l'ivresse, là, à l'endroit même où il s'était adossé pour rompre la distance entre lui et son patient. Puis les préparations, Liam, l'incantation. La transformation s'était passée sans heurts ni dégâts, le sujet ayant fait preuve de suffisamment de force malgré les onguents qu'il lui avait administrés pour résister à l'investiture de son alter-égo animal. Il sentait encore le poids de la tête du chacal pesant sur ses cuisses alors qu'il glissait les doigts dans son épaisse fourrure, guettant ses signes vitaux, s'assurant qu'il n'ait pas besoin de lui tordre le cou. Des images pêle-mêle qui le gonflaient d'orgueil tout en laissant monter l'angoisse, alors que Mikkel poursuivait ses allégations.
Qu'il y avait-il à répondre à cela ? Il savait. Il se souvenait. Même la plus intense des illusions ne serait pas suffisante pour lui laver le cerveau, pas alors qu'il avait une très claire notion de ce qu'il était capable de faire. Et quand bien même c'était Liam son créateur, l'homme qui avait prononcé la formule, c'était de Noah que le chacal se souvenait. Resserrant ses bras sur son torse, ses mains dans le creux de ses coudes pour mieux en maîtriser les tremblements, le psychiatre baissa légèrement le nez vers le plancher pour mieux réfléchir à une parade. Son bureau ne manquait pas d'objets contondants, il avait déjà eu l'occasion de s'en servir la première fois. Restait que Mikkel pouvait être bien plus prompt à réagir, n'étant d'une plus sous l'effet de psychotropes, et de deux investi par l'animal. Un facteur de plus à considérer, qui jouait en faveur du jeune homme. Sans parler du fait que cette fois-ci, il était clean. Il était donc impossible de l'empoisonner sans qu'il ne s'en rende compte.
Tout nier en bloc n'arrangerait rien non plus. Pas alors que l'accusation était fondée et réelle. Pas alors qu'il se souvenait parfaitement de lui, de leur potentiel deal, pas alors qu'ils avaient encore le goût de la peau de l'autre affleurant leurs lèvres respectives.

Une de ses mains rejoint la surface vernie du bureau, ses doigts se resserrant sur le rebord du plateau, avant que l'autre ne fasse de même. Son menton se leva alors qu'il considérait plus froidement le jeune homme, s'humectant à nouveau les lèvres, lui offrant presque son cou pour peu qu'il se retourne à nouveau. Il y avait bien une dernière solution, qui si elle serait profitable pendant une bonne heure ne serait pas suffisante pour noyer ses soupçons. Pire, elle justifierait ses allégations premières, à savoir qu'il était effectivement un homme tactile.
Il était acculé. Aucune des solutions auxquelles il pouvait penser n'était bonne, aucune ne suffirait à effacer les soupçons, fondés, de Ievseï. L'éliminer était hors de question, tant il avait besoin d'entendre ses réponses au grand mystère qu'était la transformation.
Alors il était temps de parler. Quitte à se trahir un peu. L'index de sa main droite caressa doucement le bois avant qu'il ne baisse à nouveau les yeux, un léger rire libérateur secouant ses épaules.

-Je vois que votre esprit est bien plus acéré maintenant que vous êtes en pleine possession de vos moyens, Mikkel. Il n'est manifestement plus nécessaire de vous cacher ce que vous savez déjà, à savoir qu'il s'est effectivement passé quelque chose entre nous, lors de votre précédente visite. Quelque chose d'instinctif, de primal, mais que nous avons clairement apprécié autant l'un que l'autre.

Il laissa sa phrase en suspens, continuant de tracer des arabesques sur le bois poli, l'air de considérer leurs ébats comme un souvenir positif. L'air de ne pas être en train de réfléchir à la façon de tourner les choses pour noyer le poisson en admettant un tort, plutôt que la vérité entière. Son ton lointain, un sourire évanescent mais soulagé sur le visage, il continua.

-Mais tout aussi agréable qu'ait été notre étreinte, vous comprendrez que je sois obligé de jouer mon rôle de psychiatre avec détachement. Après tout il en va et de ma réputation, et de votre statut aux yeux du juge. C'est pour cela que j'ai été obligé de singer une potentielle frayeur à votre encontre, ou vous raconter des mensonges quant à votre comportement passé. Il n'est ni de bon ton, ni de bonne augure, pour vous comme pour moi, que le juge ou le reste du monde soit au courant que nous avons péché. Quand bien même l'Italien tactile de votre souvenir a du mal à retenir sa nature en votre présence.

Faute avouée à moitié pardonnée, certes. Mais faute à moitié avouée pouvait-elle être entièrement pardonnée ? Là était toute la question.
Pourtant il soulevait une nouvelle piste de pensée qu'il remarquait tout juste alors qu'il croisait de nouveau le regard de Mikkel. Ses muscles se relâchant un peu, faisant preuve de plus de confort qu'il n'en avait jamais montré en présence de son patient depuis le début de la séance, il s'assit sur le rebord de son bureau et croisa ses mains entre ses cuisses, l'observant intensément. Une nouvelle ligne de pensée. Qui lui permettrait de nier la suite.

-Je crains toutefois que les circonstances ne soient pas exactes, dans votre rêve. Il n'y avait bien que nous, nos désirs et nos besoins, dans ce bureau. Peut-être est-ce pour cela que vous vous figurez en chacal, dans votre rêve. Vous êtes après tout celui qui a fait le premier pas, et si j'étais résolument consentant, les faits restent les mêmes : c'est de votre impulsion qu'a découlé le reste. Un instinct animal traduit par un animal. L'inconscient fait merveilleusement les choses, vous ne trouvez pas ?

L'aveu concédé, il pouffa doucement, une étincelle de connivence luisant dans son regard. A côté de lui, le vieux réveil dont il se servait pour les séance égrenait encore bruyamment les secondes, lui rappelant que le temps filait aussi vite que les paroles qui sortaient de sa propre bouche. A sa sonnerie, il sera libre. Débarrassé officiellement et pour de bon de Mikkel Ievseï. Tant pis pour sa curiosité maladive, il devrait s'en passer pour protéger le secret de sa transformation. Pour protéger l'identité de Liam, qu'il continuait de nier comme si sa vie en dépendait.

-Mais détrompez-vous, Mikkel. Quoi que la substance que vous aviez prise avant de me voir vous ait fait imaginer, il n'y avait que nous au moment de votre séance. Et si j'ai encore le goût de vos lèvres sur les miennes, je ne suis pas encore assez dépravé pour vouloir qu'une tierce personne assiste à nos ébats, passés ou futurs.



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MessageSujet: Re: /!\ Eros contre Thanatos ▬ Mikkel /!\   Lun 10 Oct - 21:31


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Noah & Mikkel
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Je me contentai de ployer les paupières, acquiesçant avec une indulgence moqueuse aux interprétations du psychiatre. Si malgré moi, je soupesais ses paroles, je m'escrimai à n'en rien laisser paraître. Est-ce que j'avais besoin de contrôle pour de vrai ? Est-ce que j'avais peur de me laisser aller ? Quel serait ce foutu carcan qui m'opprimerait ?
Un tic nerveux fit palpiter une veine au niveau de ma tempe quand l'image de mon père s'imposa à mon esprit, me donnant l'affreuse sensation d'une boule dans la gorge qui me priva de parole durant quelques secondes. Je la chassai dans un pouffement désinvolte, les yeux rieurs, les épaules haussées.

Bien-sûr qu'il y avait une suite à ce rêve et je sentais que Noah était bien plus intéressé qu'il n'avait envie de me le montrer. Quant à moi, je n'avais aucune limite, contrairement à ce qu'il tentait sournoisement de me faire croire, pour me déstabiliser.  Oh non, je ne tomberais pas dans ce piège construit par un menteur professionnel, et si ma mauvaise foi pouvait m'être d'un secours providentiel, je m'y abandonnai en toute décadence. Le moment n'était sûrement pas venu de sombrer dans mes abysses et de me laisser empoisonner par mes sombres cauchemars, pas avec lui. Je les nierais avec d'autant plus de force !! Je me plus donc à lui offrir un sobre sourire narquois sans rebondir immédiatement sur ses commentaires et poursuivant sur ma lancée, me détournant de lui pour mieux attiser sa frustration. Avais-je gagné en misant la-dessus ? Si j'ignorais la raison de sa curiosité, je pouvais presque l'imaginer en train de hurler dans ses yeux.

J'eus alors la sensation que Noah fut piqué par un insecte alors qu'il se redressait pour abandonner la protection que son bureau lui offrait. Désormais, il choisissait de se mettre en péril, me démontrant ainsi l’intensité de sa demande alors que sa position devenait tendue vers moi, comme un appel. Le regard que je lui consentis pour quelques brèves secondes était radieux alors que ma confiance en moi s'envolait encore plus haut, ravivée par cette réussite. Je jubilais tout en surjouant l'indifférence totale en lui tournant le dos à nouveau, décidé à le laisser s'empêtrer dans ses hésitations sans lui offrir autre chose qu'un dédain clairement affiché. Je bénissais ma sagesse en l'instant présent qui m'avait permis de maîtriser mon tempérament fougueux et m'avait conseillé de ne pas le prendre de front. Si j'étais impulsif la plupart du temps, j'étais capable du pire lorsque je décidais de manipuler les autres et dans ce cas-ci, j'essayais de garder la tête froide autant que possible, en dépit de ma véritable émotivité. Je resterais patient. Je ne me retournerais pas. Non. Non. Non. Je laisserais peser le silence aussi longtemps que nécessaire, me concentrant sur le bruit lancinant du réveil. C'est toi qui va me courir après, Noah !

Lorsqu'il se mit à rire, je me contraignis à l’immobilité, me concentrant sur un détail de la peinture qui ornait le mur pour conserver ma maîtrise. Bien-sûr que j'étais en pleine possession de mes moyens… il riait comme au terme d'une grosse farce dont j'aurais été la victime et dont je percevais enfin la réalité. On t'a bien eu Mikkel, la caméra cachée était là ! Je cillai, sans mot dire, jusqu'à la fin de sa diatribe, restant obstinément retourné. Ses aveux m'étaient si étranges à entendre que je n'aurais pu dissimuler mon trouble alors qu'enfin une part de la vérité m'était confirmée. Jamais je n'aurais réellement envisagé qu'il me l'offre ainsi alors que je n'arrivais pas à faire confiance à mes propres souvenirs. Ceux-ci me paraissaient toujours flous, en dépit des allusions que je lui avais effrontément susurrées, rien que pour le provoquer. J'en restais terrassé. Heureusement qu'il ne pouvait pas voir l'expression de mon visage alors que je découvrais enfin que je n'étais pas ce drogué obsédé qu'il avait dépeint. Bien-sûr que non ! Depuis quand Mikkel serait aussi désespéré que pour tenter de séduire un homme qui ne voudrait pas de lui  ou qui avait peur de lui ? Oh le bellâtre avait craqué devant le tentateur, parce qu'il ne demandait que ça ! Voilà qui était bien plus logique et cette confirmation me donnait envie de rire joyeusement. J'ignorais cependant si l'exaltation d'avoir vu juste surmontait mon angoisse... Car si je n'étais pas paranoïaque, si je savais différencier le délire du vrai souvenir, alors… alors tout, absolument tout pouvait être vrai. Même mes soupçons les plus effrayants… J'en tremblais en y pensant. Ce ne fut que lorsqu'il évoqua le juge dans une menace à peine voilée que je pivotai à nouveau sur moi-même, pour le fixer au fond des yeux. A cet instant, j'avais l'air sérieux, ma bouche n'était qu'une moue et je m’escrimai à prendre un timbre insensible. J'aurai voulu rire ostensiblement mais je n'y arrivais pas.

« Voyez-vous ça. Alors comme ça… tu avoues être un menteur. Intéressant. J'ai presque failli croire à ta trouille, tu sais, on devrait t'offrir un oscar. Mais tu n'avais pas le choix évidemment, oui je comprend, je comprend… Le juge hein. Quel salaud celui là. Hum. On se demande à quel point tu as apprécié...»

Enfin, je relâchai un soupir lascif, me déhanchant dans un infime gémissement tout en le couvant d'un regard aguicheur. Ma désinvolture naturelle reprenait le dessus alors que je me retrouvais l'envie de le draguer. « Ah. Cher Noah. » Je détestais qu'on se foute de moi. Il n'imaginait pas à quel point ça me donnait juste envie de lui en refoutre trois couches. Pour l'instant, j'ignorais totalement à quoi m'en tenir, ce que je pourrais réussir à lui extorquer comme explications et puis surtout, les dangers auxquels je m'exposais en insistant de la sorte. J'avais des souvenirs contradictoires de cette nuit là, je savais juste qu'il s'était produit des choses surnaturelles qui ne pouvaient qu'être liées à mon trouble actuel et à tous ces changements bizarres. Ces rêves de chacal n'étaient pas ordinaires et si j'en étais sûr, j'avais extrêmement peur de faire face à la vérité. En dépit de mon sourire de façade, je restais tendu, attentif à ses mots mais également aux moindres signes de mensonges dans sa tenue, son expression, son intonation. Il m'offrait à présent un nouveau discours où il reconnaissait nos rapports charnels tout en s'octroyant toujours le rôle de soumis, victime de la tentation honteuse que je lui avais imposée. Je papillonnai des cils à sa nouvelle interprétation du domaine de l'inconscient, restant fouteur de gueule jusqu’au bout, parce que tel était mon instinct à moi.

« Oh oui c'est merveilleux, comme tu dis. Enfin, c'est tellement délicieux de te voir te laisser aller. Laisser enfin tomber ton besoin de contrôle. Te libérer de ta saloperie de carcan. Hein Noah. » Parce que c'est toi, pas moi. « J'espère que tu ne m'en veux pas, d'être un tentateur… un chacal. »

Je roulais des yeux sans quitter mon sourire alors qu'il pouffait. Je me sentais extrêmement tendu, mon caractère colérique se faisant difficile à dompter en dépit de l'importance cruciale de ces échanges. Il me fallait à tout prix connaître la vérité et à présent que le bel italien m'en avait concédé une bribe, je m'y concentrais de toutes mes forces, pour mieux m'attacher à cette part de souvenirs, altérés par la drogue. L'homme était charismatique en diable, il se dégageait de lui une sensualité troublante à laquelle je n'étais sûrement pas indifférent. Je m'avançai doucement vers lui, sans rien préméditer, incapable encore de savoir ce que je ferais à la seconde d'après. Ma nervosité me faisait bouillir intérieurement, quand je m'acharnais à respirer posément, sans le quitter du regard. Arrivé à sa hauteur, je le dévisageai, caressant ses lèvres du regard avant de lever la main pour effleurer son torse, manipulant doucement le col de sa chemise.

« Oh oh. Tu évoques nos ébats futurs ? » J'inclinai la tête sous ce murmure, fermant les yeux une seconde avant de retrouver son regard. « Je pense que tu es… bien plus dépravé que tu ne veux bien l'avouer, Noah Meadow. En fait, je pense que tu es le mec le plus pervers et immoral que j'ai jamais rencontré.» Mon sourire s'élargit tandis que mes doigts s’immisçaient sous sa chemise. « J'aime beaucoup ça. » Le tic tac du réveil qui nous rappelait le terme de notre conversation - et surtout son caractère professionnel et délimité- eu raison de ma pauvre patience. Mes yeux s'étirèrent, juste avant que je ne cède à une foutue impulsion, mes nerfs vibrant comme sous l'assaut d'une décharge libératrice. Je perdais le contrôle alors que soudainement, j'attrapais ses épaules pour le détacher du bureau et le repousser durement sur le sol, l'y écrasant de mon poids alors que je bondissais aussitôt sur lui, sans lui laisser le temps d'attraper le moindre objet susceptible de m’assommer une fois encore. Mes gestes avaient été aussi irréfléchis qu'assurés, dictés par la pulsion du moment, celles auxquelles chacun était sujet selon ses dires. Je n'étais pas un homme brutal habituellement, loin de là, j'étais même contre la violence, d'aussi loin que remontaient mes souvenirs, et si j'avais eu envie de lui faire mal, c'était bien inconscient. Pourtant, cela n'avait pas été difficile de le jeter au sol et de lui tomber dessus, l'écrasant de mon poids en m'asseyant vivement sur lui, à califourchon contre ses hanches, mes poignes bloquant ses bras, mon corps penché vers lui, mon regard dans le sien.

« Tu aimes que je prenne le contrôle ? On s'en tape de la signification des rêves et de tous ces trucs psychanalytiques, on s'en tape complètement et tu le sais. On va arrêter ce petit jeu, parce que j'en ai foutrement marre. Rafraîchis ta mémoire.» Toi qui évoques le goût de mes lèvres, que dis-tu de ça ? De celles qui volèrent les siennes avec brutalité, quand je fermais les yeux pour mieux lui offrir un baiser des plus sauvages. N'était-ce pas ce qu'il désirait ? Qu' importait. Je savais, moi, ce que je désirais et c'était la vérité de sa part, c' était sortir de ce flou si horriblement frustrant, cette incertitude qui me donnait la sensation d'être fou, d'autant plus que je ne pouvais partager cet horrible secret avec personne. Savoir, être dans le contrôle, me retrouver, être seul maître de ma vie ! Oui, c'était ce que je voulais, parce que je n'avais jamais aucune limite, ni faiblesse, parce que j'étais indépendant moi, parce que j'étais sans attache, parce que je voulais impérativement savoir à quoi m'attendre et comment lutter contre ! J’agrandissais mes yeux en retrouvant son regard.

« Oublie ton foutu rôle de psychiatre, j'en ai pas besoin. Sois un homme. Agis selon tes propres envies. Dis moi, si t'as jamais été capable de sincérité dans ta vie, qu'est ce que tu as fait de moi. Dis-moi la vérité ou bien je t'en foutrai, de l'instinct animal... »  Je commençais à perdre pied, j’agrippais son col, elle s'était bien envolée ma belle maîtrise de moi-même, mais si en général je parvenais à la conserver, cette fois c'était trop, je ne pouvais pas attendre plus longtemps avant de savoir ce qu'il m'avait fait exactement, parce que j'en devenais dingue, parce que son odeur me ravivait d'autant plus des souvenirs enfouis… Son odeur putain, elle me faisait flipper autant qu'elle m'attirait, sans que je ne sache pourquoi, comme un stimulus étrange qui réveillait des sensations inconscientes, celles dont je ne me rappelais pas mais que j'avais pourtant vécues.

Dans un réflexe, je fermais les yeux, ne sachant si cela pourrait suffire à me protéger contre une attaque de sorcellerie. Car il était l'un d'entre eux, comme mon père, un type capable de magie et pas forcément bénéfique… Je l'avais ressentie ce soir là, cette puissance obscure et si effrayante, je me souvenais de cette peur que j'avais subie face à son aura. Et ce n'était pas la drogue qui avait intensifié mes émotions, non, je savais que ce mec était trouble. Je me collais contre lui d'autant plus, me droguant à son odeur, m'adonnant à ces sensations qui me dopaient dans des frissons vertigineux. Mes sens étaient trop éveillés. Ma bouche se posa contre son oreille gauche.

« Il y avait quelqu'un d'autre, je le sais. Pour l'instant, je m'en fous. Y'a que l'italien tactile qui attise ma curiosité… Alors, dis-moi tout sur lui, si tu veux que j'oublie le reste.»

Menteur, menteur, je n'avais confiance en rien de ce qu'il me disait. Mais je n'oublierai rien.


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MessageSujet: Re: /!\ Eros contre Thanatos ▬ Mikkel /!\   Lun 31 Oct - 15:51


La Vérité. Une notion bien abstraite pour peu que l'on y réfléchisse bien. Une notion qui dépassait l'imagination tout en la bridant extrêmement dans ses seules et uniques limites parce qu'elle était là, réelle et bien trop concrète. La Vérité. Celle qu'exigent les uns, celle que fuient les autres. Bien trop choyée à l'heure actuelle par Mikkel Ievseï, quémandée de la façon la plus insidieuse qui soit par des minauderies et des à peu près écoeurants.
Ô vérité, toi qui brises les rêves et écrase les chimères, seras-tu seulement bénéfique à qui que ce soit si tu venais à faire irruption dans ce bureau étriqué ? Non.
Non.
Bien sûr que non. Et cela, Noah le savait pertinemment. Et pourtant il avait décidé de jouer cette seule et unique carte, tissant un mensonge encore plus gros que le précédent sur une demi-vérité durement négociée. Une poussière de réel au milieu d'un désert entier de particules de mensonge. Ievseï était bien naïf en croyant qu'il parviendrait à lui tirer les vers du nez en ce lieu, en cette heure. Un doux rêve que le psychiatre se ferait un malin plaisir d'écraser au cœur de sa paume, ses doigts frémissant de l'extase d'avoir encore une fois réussi à faire se refermer ses lèvres désirables.

Lèvres qui s'ouvraient sur un ton bien trop neutre au vu de la révélation que le psychiatre venait de faire au Skinchanger. Et si Noah avait compris quelque chose de l'être qui lui tournait le dos, c'était que le calme n'était pas dans son tempérament. Un être changeant, tout sauf docile, fourbe et calculateur. A l'image de son animal. Mais aussi à sa propre image. Mikkel Ievseï toutefois n'avait ni la maîtrise ni l'âge de son interlocuteur. Deux éléments qui penchaient dans la balance en la faveur du sorcier, et son inexpérience l'avait déjà trahi par le passé. Mais pouvait-on réellement parler de trahison quand elle lui avait servi de si belle manière, à savoir qu'il avait reçu le Don de la part de Liam ? Une erreur qui s'était avérée finalement bien plus bénéfique que Mikkel pouvait le supposer. Un cadeau, que son inexpérience.

Mais voilà que le jeune homme tentait à nouveau de lui extorquer des informations. Sans lâcher sa posture apparemment détendue, Noah se tendit toutefois imperceptiblement en voyant son patient revenir vers lui. La souplesse avait repris ses droits dans les mouvements, la démarche de son patient. Comme si la Vérité à moitié avouée avait servi de catalyseur à son comportement, comme si elle avait débridé cet aspect sensuel, diablement entêtant de sa personne. Une attitude de félin pour un canidé. L'ironie des choses.
Il se dégageait pourtant une nouvelle sensation des geste de Ievseï. Une tension, un bouillonnement que le psychiatre pouvait observer au fin fond de ses prunelles malgré le flegme apparent de ses propos. Malgré le sourire qui s'étirait sur ses traits, un sourire aux dents pointues, longues, qui lui laissa une sensation douce-amère sur le palais. Bien sûr qu'il n'était pas dupe. Mais de là à dire que son sujet était heureux d'avoir la vérité semblait à des années lumières de la réalité des faits. Toutes choses considérées, Noah n'avait pas beaucoup de mal à se transposer à sa place, de se glisser dans ses chaussures. Quelqu'un lui aurait fait un coup comme ça, ne serait-ce que nier l'évidence alors qu'ils avaient encore l'odeur de l'un sur l'autre, lui aurait tout sauf plu. Ce qui ne l'empêcha pas de répondre avec son nouveau mensonge. Ce qui ne l'empêcha pas de se jeter à nouveau dans la gueule du loup, tout du moins du chacal, dans l'espoir de ne pas perdre trop de plumes.
Ce qu'il ne ferait pas pour Liam, toutes choses considérées.

Non, sa version des faits ne le satisfaisant bien évidemment pas, mais l'autre restait grand prince. Joueur. Cajoleur. Une attitude qui n'aurait pas pris dans d'autres circonstances, ou si la chose n'avait pas déjà été consommée une première fois. Et pourtant il ne put empêcher cette sensation électrique lorsque les doigts du chacal frôlèrent son torse, lorsqu'ils agrippèrent son col. Sans rétorquer quoi que ce soit à sa remarque, le psychiatre avait baissé les yeux vers les doigts susdits, un léger sourire ourlant le coin de ses lèvres. Un sourire qui masquait le mauvais pressentiment qui commençait à sourdre dans son ventre, l'étreignant à mesure que les mains de Mikkel se faisaient plus concrètes, plus invasives. Son instinct lui dictait de fuir, et pourtant son corps comme son esprit refusaient de bouger. Parce qu'il était trop proche. Parce que l'aura animale qu'il diffusait avait ce petit soupçon d'inconnu, ce léger substrat de sensualité auquel il était tout sauf indifférent.

Grossière erreur que de l'avoir laissé approcher. Sans qu'il n'ait eu le temps de réagir, ses défenses affaiblies par le parfum capiteux de son patient, il sentit deux mains puissantes agripper ses épaules et tout son équilibre foutre le camp. Son dos heurta le sol avec violence, lui arrachant un gémissement de douleur étouffé. Les yeux agrandis d'effroi, il n'eut pas la chance de pouvoir tenter quoi que ce soit que ses poings étaient déjà prisonniers, et le corps de Ievseï l'aplatissait au sol. La peur. La peur. La peur profonde et sincère de cette situation abjecte, la peur viscérale alors qu'il sentait son bassin écraser le sien, le dominant au sens propre du terme. Deux flashes lui revinrent en mémoire de cette même position en prison, deux flashes vifs et clairs qui avaient failli virer au vinaigre et dont il n'avait pu s'en sortir que par un heureux coup du hasard. De justesse. Il déglutit difficilement, son souffle erratique, alors que son cœur cognait violemment dans sa cage thoracique. Les mains de Ievseï écrasaient ses poignets, et si l'heure n'avait pas été aussi tardive et son bureau aussi bien isolé, il aurait probablement hurlé.
A l'aide. Mais il n'y avait personne pour l'entendre. Et il ne le savait que trop.

Ouvrant les lèvres pour tenter de canaliser sa respiration, il allait rétorquer quoi que ce soit, n'importe quoi, pour tenter d'apaiser Ievseï. Tout était bon pour détourner son attention, pour tenter de se libérer de son étreinte, n'importe quoi. Peut-être même la vérité, celle qui impliquait Liam, son bureau, l'incantation. Peut-être qu'il aurait tout lâché si le chacal n'avait pas impérieusement volé ses lèvres. S'il n'avait pas plaqué un baiser rude, âpre, bestial, sur ses lèvres. Un baiser qui souleva son cœur autant que son estomac, bouleversant et ses sens, et son instinct, et ses pensées. Un baiser qui était aussi court qu'il avait duré une éternité. Et ravivait le souvenir d'une situation pas si différente impliquant les mêmes acteurs dans ce même bureau, un mois plus tôt, dans des circonstances nettement plus attrayantes. Sans qu'il ne le veuille, l'énergie qui coulait dans ses veines avait foutu le camp, s'échappant par vagues violentes de sa peau, comme un instinct de défense. Une aura qui trahissait tant sa nature que sa confusion, n'attendant qu'un signal, que sa propre impulsion pour envelopper Mikkel et lui faire payer pour cet affront.
Et si la révulsion face à ses agissements lui donnait envie de contre-attaquer immédiatement, il sentit qu'il serait plus bénéfique d'attendre. De patienter. Son tour viendrait d'agir, il le savait.

Et Ievseï de lui offrir l'opportunité sur un plateau d'argent, sans même s'en rendre compte. Libérant sa prise sur un de ses poignets, il avait attrapé son col, le soulevant légèrement du sol. Une fois de plus, il crachait son fiel. Une fois de plus, il lui laissait le flanc à découvert, tout en trahissant sa volonté profonde que le psychiatre reprenne tout en main.
Une ombre de sourire creusa les lèvres ourlées de Noah alors qu'il levait sa main désormais libre pour attraper le poignet qui le tenait, provoquant un réflexe de défense naïf de la part de Ievseï. Il fermait les yeux, si c'était pas mignon. Profitant de cet instant de faiblesse, il arqua ses jambes sous lui subrepticement, cherchant un angle d'appui pour ses talons. Son énergie continuait de s'échapper de ses pores, erratique, frissons électriques qu'il ne put s'empêcher de transmettre à ce poignet qu'il tenait entre ses doigts. Et si Mikkel croyait qu'il utiliserait ses pouvoirs cette fois-ci, alors qu'il plongeait de nouveau sur lui, il se fourrait un doigt dans l’œil jusqu'au coude.

Ah, il voulait qu'il soit un homme. Ah, il voulait qu'il reprenne le dessus. Soit. Profitant qu'il s'engorge de son énergie, ou de son odeur, clairement en transe, le sorcier finit par passer à l'assaut. Resserrant sa prise sur cette main qui le tenait, il poussa son bras dans la direction opposée, lui faisant perdre ses appuis. Puis il poussa sur ses jambes de toutes ses forces pour le soulever, et le faire rouler à terre sur le dos. Sans l'ombre d'une hésitation, il inversa les positions, enjambant les hanches de son patient pour mieux le maintenir. S'il savait que la taille et les muscles de Ievseï, clairement mieux servi de ce côté-là que lui, auraient un impact sur sa manière de l'immobiliser, il n'en était pas encore là. L'essentiel était de faire feu de tout bois. En l'occurrence d'imiter son patient, maintenir ses poignets de tout son poids, et se pencher au-dessus de lui. Parce que si Ievseï était fort, lui avait l'expérience. Il n'en était pas à son premier monstre musculeux aux dents pointues qui lui bavait dans le cou. Quel dommage que cette fois-ci ils fussent à terre. Et qu'il n'ait rien pour potentiellement assommer le jeune homme, une nouvelle fois. Qu'à cela ne tienne. Il trouverait autre chose.

D'un mouvement bref, il empoigna ses deux mains et les joignit brutalement au-dessus de sa tête, les maintenant de tout son poids d'un bras tendu. Son souffle était court. Son coeur battait la chamade, et ses sens étaient embrouillés. Mais il y voyait suffisamment clair pour savoir que ce qui permettrait de noyer tous soupçons était ce que Mikkel désirait, et non pas ce qu'il pensait être venu chercher.

-Il n'y a jamais eu d'autre homme, Mikkel. Jamais eu d'autre personne. Il n'y a jamais eu que vous, moi, ce bureau, et une configuration qui sans être celle où nous nous trouvons actuellement en était toutefois terriblement similaire...

Il leva brusquement sa main libre, l'air de vouloir le gifler. Se délectant de la réaction du jeune homme, il finit par l'abaisser aussi prestement qu'il l'avait levée, la laissant courir le long de sa gorge. Ses doigts s'enroulèrent autour de sa trachée, il pouvait sentir sa glotte se lever et s'abaisser sous sa paume. Il serait si facile de l'étrangler, dans cette position. Si facile. Pourtant sa main finit par dévier, s'immisçant sous les pans de son col ouvert. Dédaigneusement, il joua avec un bouton avant de se pencher au-dessus de son visage, cueillant son souffle entre ses lèvres. Lèvres dont un murmure chaleureux, ronronnant, s'échappa.

-Vous n'êtes pas venu parler de ces divagations quant à un troisième homme, ou des histoires abracadabrantes de chacal, en vérité, si ? Vous aviez juste envie de retrouver ce frisson déroutant, cette sensation de perdre pied, jusqu'à l'apothéose, quitte à vous perdre un peu plus dans la foulée.

Sans lui laisser le temps de rétorquer, il s'empara de ses lèvres, se redressant légèrement au-dessus de lui pour laisser sa main se faufiler le long de son torse jusqu'à son aine. Les fluctuations erratiques de sa propre énergie réchauffaient sa peau, embuaient ses sens. Et le parfum capiteux, lourd, terreux, de Mikkel, d'accentuer cette maudite fièvre qui l'envahissait à chaque fois. Cédant à son désir de retrouver le fameux Italien tactile, il joua momentanément de l'index avec la boucle de sa ceinture. Il pouvait sentir le chacal se manifester dans l'aura de Mikkel, pouvait sentir cette fluctuation purement animale, sauvage, maintenant qu'il n'était plus juste qu'un homme. Une aura qu'il avait sentie chez Rafael, une aura meurtrière qui le fascinait. Comment se manifestait-elle chez lui ? Et dans quelles occasions ?
Il aurait voulu la toucher du doigt. Aurait voulu provoquer la bête une nouvelle fois, pour la voir autrement que gisante, effarée, sur son plancher.

-La Vérité, c'est que vous me poussez au vice, Mikkel. Ce qui se dégage de vous, ce qui fait de vous ce que vous êtes. Je suis incapable de mettre un nom ou une définition dessus, et pourtant j'en suis attiré comme un papillon l'est par la lumière. Voilà qui est l'Italien tactile que vous voulez connaître. Il n'est qu'un homme, comme vous.

Un homme. Un aspect de sa psyché qu'il avait tendance à beaucoup trop oublier. Sauf quand il se trouvait en compagnie de cet incube, de cet objet de damnation, qu'il dominait actuellement. Une sucrerie interdite, qu'il ne devait pas toucher au risque de se brûler une nouvelle foi. Car tout ce qu'il disait croire de Mikkel, il le pensait également pour lui-même.
Et pourtant il y revenait. Pourtant il reprit avidement ses lèvres, les mordillant au passage, tirant effrontément sur sa ceinture de son index recourbé. Pourtant il s'offrit le dernier frisson, celui d'écraser à nouveau son bassin de son corps, avant de se redresser prestement. Le contact du chacal le brûlait toujours autant. Il était temps d'y mettre un terme, avant que la situation ne dérape à nouveau. Avant qu'il n'ait plus la tête à ses questions, et que Mikkel n'ait plus de réponses à lui donner autres que ses charmes.
Quand bien même il les aurait voulus, ses charmes.

D'un mouvement souple, rapide, il relâcha le jeune homme et se releva. Il esquissa deux pas en arrière, marquant une distance entre eux, quand bien même elle était infime. Et passa une main nerveuse dans ses cheveux pour les recoiffer, se donnant l'illusion d'une once de contrôle dans toute cette cacophonie de sens. Dans ce brouillon d'envies. Dans ce besoin viscéral de se rouler dans le stupre une nouvelle fois.

-Détrompez-vous. Vous me demandez d'être un homme, et c'est exactement ce que je fais. L'Italien dont vous parlez n'a pas sa place dans ce cabinet.

Il se doutait bien que cette esquive malheureuse ne suffirait pas au chien fou. Pire, il savait qu'elle le frustrerait, et le pousserait à agir de nouveau. A rompre la distance. A étouffer sa méfiance. Et tout son petit manège d'homme incertain, partagé entre la conscience professionnelle et les attractions réelles qu'il éprouvait pouvaient potentiellement faire pencher la balance en sa faveur.
Les endorphines avaient cela de magique qu'elles étouffaient la combativité. Il comptait bien sur Mikkel pour riposter avec toute la flamboyance dont il était capable.



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MessageSujet: Re: /!\ Eros contre Thanatos ▬ Mikkel /!\   Lun 7 Nov - 16:42


« We try to run from our past, but the truth we cannot hide »


Noah & Mikkel
featuring
Ils étaient intenses les tourbillons de stimuli qui affleuraient à mes sens. J'en m'en abreuvais sans en perdre une goulée, savourant les frissons d’anxiété qui secouaient ma proie. Un instinct sauvage s'allumait au fond de mes tripes, je le sentais vibrer en moi, cet instinct carnassier, ce plaisir sadique qui grondait dans mon ventre. Jamais je n'avais ressenti consciemment une telle jouissance alors que les battements frénétiques de ce cœur me faisaient frémir d'envie. Et puis, il y avait ces multiples odeurs, celles qui étaient inconnues des humains et que seuls les prédateurs carnivores reconnaissaient. Des parfums subtils dont je me gorgeais, les paupières closes, le visage enfoui contre sa gorge. Cette sueur froide aux volutes imperceptibles qui s'échappaient de ses pores traduisait sa peur. Une peur primaire, une émotion pure, une saveur surprenante. Jamais je ne me serais cru capable de savourer à ce point l'angoisse que j'imposais à un être, je me surprenais moi même de cette vague de cruauté qui étirait mes lèvres en un sourire impitoyable. Mais oui, j'adorais sa frayeur, et loin de m'émouvoir, elle ne faisait que raviver mes pulsions agressives, me donnant l'envie furieuse de le posséder sur le champs !

Quand à ma propre angoisse, elle s'était désagrégée, laissant place à l'excitation brutale qui dominait désormais mes émotions. Même ce flux d'énergie volatile que je sentais confusément s'éparpiller autour de nous ne m'inquiétait pas. J'en devenais trop confiant, un défaut lié à ma trop grande impulsivité sans doute, alors que j'inspirais le parfum de ma proie, dans un regain d'enthousiasme, presque insouciant. Mes yeux fermés ne me permirent pas de préméditer la suite en découvrant l'expression perfide du sorcier. Ce dernier se cabra alors que sa poigne contre mon bras se resserrait comme un étau implacable, m'imposant ce déferlement de frissons, comme s'il propageait sa propre énergie dans ma chair. Mon corps n'était que trop soumis à l'intensité de ce qu'il ressentait, sans avoir jamais eu l'habitude d'être confronté à un tel bouleversement de tous ses sens. L'étalon fougueux que je dominais jusque là ne manqua pas d'en profiter pour désarçonner son cavalier en une périlleuse ruade ! J'en poussai un grondement de surprise autant que de rage en me sentant si brutalement repoussé que j'en eus le souffle coupé. Ce sorcier était plus agile que les démons de l'enfer et sans que j'ai pu faire le moindre geste pour l'esquiver ou même le voir venir, il s'élançait déjà lestement pour m'écraser à mon tour et me contraindre à lever les bras pour mieux me les emprisonner de sa poigne. Il était bien plus fort que je ne l'avais prévu… et surtout bien meilleur combattant ! Si je l'avais pris pour un intello juste bon à soulever son stylo-bille, je me retrouvais bel et bien confronté à toute son assurance de maudit mage noir… Les yeux ouverts, mon souffle aussi court que le sien, je retrouvais ses billes vertes qui me fixaient comme celles d'un serpent hypnotiseur, prêt à m'emporter dans les pires perfidies. Je m'attachai à les fixer sans plus penser à m'y soustraire cette fois, détaillant ce visage qui me balançait des paroles auxquelles je réagis aussitôt dans un rugissement étouffé.

« Tu mens !! »

Mais déjà, sa main se dressait et, dans un  réflexe de protection, je clignais des yeux, retenant ma respiration, en m'attendant à recevoir une baffe bien sentie. Sale connard…. Mais rien ne vint et je relâchai mon souffle, juste ou moment où ses doigts se posaient contre ma gorge. Je déglutis, repoussant l'envie de me débattre pour mieux le dévisager dans une curiosité mêlée de colère. Voilà tout ce qu'il désirait, me pousser à bout, me faire sortir de mes gonds, jouir de ma frustration en guise de vengeance. J'ignorais sur le moment comment réagir à cela, passablement troublé par ses gestes mais plus encore par les réactions de mon propre corps qui réagissait un peu trop ardemment à ses caresses. N'étais-je pas pris à mon propre jeu ? Je cillai légèrement, impressionné malgré moi par son aisance à reprendre le contrôle de la situation, alors que j'étais si sûr d'en maîtriser toutes les règles. J'avais la sensation soudaine d'être confronté à des siècles d'expérience alors que je n'étais plus qu'un sale gamin trop présomptueux entre les griffes d'un démon. Qu'est ce que tu croyais Mikkel ? Tu pensais réussir à manipuler un mage noir ? Parce que c'était bien à cela que Noah ressemblait, avec sa voix chaude au léger accent italien, une voix qui aurait pu m'hypnotiser si je n'y prenais garde, une voix bien plus dangereuse que celle de n'importe quel serpent. Plissant les yeux en l'écoutant, je fulminais face à ses provocations, sentant le feu colorer mes joues de rouge. J'aurais voulu nier, l'envoyer se faire foutre ! Mais il m'en empêcha et ce ne fut qu'un gémissement étouffé qui m'échappa quand il me vola mes lèvres, m'imposant cette bouche que je désirais ardemment mais qui me pliait si horriblement à sa volonté !

L'exacerbation de mes sens ne faisait qu'accroître chacun de mes ressentis alors que le chacal m'insufflait ses pulsions de violence, m’exhortant à happer ces lèvres avec plus de hargne. J'ignorais dès à présent qui de nous deux était le manipulateur, qui était la victime, ne sachant plus ce que je désirais moi-même, perdu dans mes idées, mêlant le jeu, la provocation et mes désirs réels, confondant les mensonges et la vérité. Où était-elle dans tout ce chaos ? Je retrouvais le regard du beau parleur qui m'exposait SA vérité tandis que je frémissais sous le cheminement de sa main contre moi. Qu'il continue et il n'allait pas tarder à détruire totalement les quelques doutes qu'il pouvait encore garder sur ma prétendue indifférence. J'en rageais mais mon corps parlait pour moi. Si j'essayais de me reprendre, je n'arrivais à rien et encore une fois, il me prit de court, trop assuré qu'il était, ses lèvres aventureuses ne me donnant que l'envie d'en goûter davantage. J'étais déjà dur sous son corps avant que son bassin ne m'écrase à nouveau dans une bouffée de désir vertigineuse qui me fit frémir plus fort. Une dernière fois avant qu'il ne s'esquive, me laissant là, hébété, seul sur le sol pour ma plus grande frustration.

Piqué à vif, mes yeux écarquillés sur l'image de ce bellâtre qui se foutait de moi, je me redressais d'un bond, sans prendre le temps ni d'attendre ni de réfléchir. Mes pensées mélangées ne parvenaient plus à se focaliser sur aucun autre objectif que celui de rabattre son caquet à ce salaud ! Marchant vers lui, je fulminais contre moi-même, car mon corps me trahissait et il avait clairement pu s'en rendre compte en m'écrasant. Comment nier quoique ce soit à présent ? Le regard sombre et agressif, mon visage se marquait pourtant de mon trouble, paumé comme je l'étais.

« Si ce n'est que ça, sortons de ce foutu cabinet !»


Sans rien préméditer, je rétorquais impulsivement à ses dernières paroles, quand je l'attrapai par les épaules pour le pousser en arrière sans attendre, jusqu'à la sortie, le plaquant contre le mur. Dans un mouvement rude, je me détachai à peine de lui pour attraper la poignée de la porte et ouvrir celle-ci à la volée. Mes intentions étaient claires quand je me plaquai à nouveau contre lui pour écraser son bassin du mien et kidnapper ses lèvres. Je l'arrachai du mur, pour l'emmener avec moi, comme un prédateur enlève sa proie pour aller la dévorer dans sa tanière. Le repoussant ainsi dehors, sans que mes lèvres ne cessent de savourer sa bouche, je le maintenais fermement pour rejoindre ainsi le couloir si neutre de l'immeuble, le poussant de mes jambes contre les siennes, écrasant mes mains contre ses épaules, agressant sa bouche de ma langue vorace. Je ne la libérai que pour mieux chercher son regard, sans le relâcher de mon étreinte solide.

« Voilà ! Maintenant, on oublie les rôle de psy et de patient, ils sont derrière nous. Tu vas pouvoir être un peu plus loquace… mais je vais t'aider à trouver tes mots, t'en fais pas pour ça. » Mes mains glissèrent le long de son dos pour se refermer sur ses fesses, sans relâcher ses yeux d'un vert si troublant, les miens brillants d'un mélange de curiosité et de provocation. « Je sais ce qui t'attire tant chez moi. C'est… cette bête qui rampe sous ma peau. » Ma gorge se serra malgré moi et je fermais les yeux une seconde à cette horrible pensée. Inutile de la nier désormais, j'étais perdu, m'accrochant à ma rage pour ne pas faiblir. « Elle se cache dans mes rêves mais elle existe réellement, je ne suis pas dingue et t'es le seul à le savoir… Le chacal est en moi !» Je me repris dans un sursaut, le relâchant abruptement pour faire un pas en arrière et mieux l'observer, le souffle court, les traits soumis à mes émotions, sans que je ne sois plus capable de rien dissimuler. Parce que je ne maîtrisais plus rien, ni mes pensées qui s'éparpillaient, ni mes sens qui provoquaient ces frissons d'exaltation mêlés d'angoisse. Mes multiples masques se fendillaient pour mon plus grand désarroi et je ne possédais que ma seule colère en rempart. Alors je n'avais plus qu'à me laisser porter par elle, à suivre mon intuition même si je ne parvenais plus à maquiller mon stress. Et je recouvrirais cet homme des vagues tumultueuses de mes délires, même si je devrais m'y noyer en même temps !

«Ce ne sont pas des histoires, arrête ça ! Je suis différent et toi-même, tu crèves d'envie de savoir ! Putain ouais, je ne suis qu'un gouffre de vices, alors si t'es vraiment l'homme que tu dis, viens, Noah, viens ! Plonge ! Qu'est ce que tu risques, t'as peur de te salir ? T'as la trouille de frayer avec le sale chacal vicelard ? Ce frisson dont tu parles c'est celui qui provient de tes pouvoirs, je les sens, je les sens...»

Peu m'importait l'endroit où nous nous trouvions, mais si c'était symbolique alors j'étais heureux d'avoir quitté ce bureau où le bruit lancinant du réveil me rendait fou ! J'en oubliais le fait que d'autres auraient pu pénétrer dans ce couloir, je m'en foutais tellement ! Le chacal hurlait dans mon cœur, mon corps tremblait sous les assauts de mes émotions alors que la douleur de l'incertitude me dévorait, alors que je dardais sur lui mon regard explosé. «Tu me mens depuis le début ! D'abord pour protéger ce salaud d'Isak et maintenant, cet autre mec… je l'ai vu dans un autre rêve, ce connard de ministre  ! On crevait tous les uns après les autres sur cette île bizarre et… et je... » Je secouais la tête, trop embrouillé, pestant dans un soupir sec. « Liam ! » Oui, je l'avais vu dans ce rêve si réaliste où j'étais mort moi aussi… et je ne pouvais pas ignorer des choses aussi dures que mon inconscient me renvoyait ! Peu m'importait que Noah suive ou pas le cheminement de mes pensées confuses, je reprenais aussitôt, la gorge écrasée. « J'sais pas ce qu'ils représentent pour toi ces mecs mais tu les protèges ! Tu… tu me mens par loyauté envers eux ! Jusqu'où t'es cap d'aller Noah ? Jusqu'où ? » Je n'avais pas la moindre preuve pour confirmer mes dires, juste de simples présomptions, mes soupçons, ma méfiance mais merde !!! Pourquoi Noah aurait réagit avec tant de rudesse quand je lui parlais d'Isak ? J'avais bien trouvé sa carte de visite chez mon dealer, je savais qu'il lui filait de la drogue, c'était obligé, j'en étais si sûr et je n'étais pas parano, ça non !  Et pourquoi nier aussi obstinément la présence d'un autre homme ce soir là alors que pourtant, pourtant… je me souvenais bien vaguement d'avoir aperçu une ombre. J'en devenais fou de me heurter à tant de frustrations, fou d'avoir la sensation de psychoter comme un véritable malade alors que mon instinct me hurlait que j'avais raison  ! « Putain mais okay ! J'ai rien à te donner, j'suis pas un pape de la mafia ni de ce foutu gouvernement mais pourtant j'ai quelque chose que tu crèves d'envie de posséder, j'en suis sûr...  Dis le ! Avoue-le !»

Non, je n'étais rien moi, je n'avais ni dollars ni prestige à offrir à ce psychiatre. Mais je m'accrochais à cet attrait que je lisais dans ses yeux, comme un damné en mal d'espoir, comme un dément à la voix éraillée sous l'impact de ses émotions mais qui redevenait rude, plus basse quand le chacal me rappelait ma force et cette malédiction, aussi flippante qu’extatique. « Parce que tu as fait de moi un monstre, Noah. Ose me mentir encore une fois et je t'arracherai tes aveux, même si je dois creuser à mains nues dans tes tripes.» Des menaces que je sentais valser dans mes pulsions violentes et m'effrayaient autant qu'elles m'étaient douloureusement sincères. Je ne me connaissais plus. J'ignorais qui j'étais désormais. Alors je m'évadais, déterminé à m'armer de preuves tangibles que je ne pourrais que découvrir dans ces lieux. Ne serait ce pas mieux que de risquer de lui faire du mal ? Me détournant de ma proie, je l'abandonnais pour traverser le hall et parcourir l'appartement en tous sens, ouvrant les portes pour m'engouffrer dans les pièces sans attendre d'invitation pour le faire. J'ignorais ce que je cherchais en vérité, une quelconque preuve que je pourrais découvrir et lui agiter sous le nez, dans l'espoir de le pousser à parler. Au fond de sa cuisine, une des portes verrouillées me résistait et je me reculais pour mieux tenter de la défoncer, comme un taureau furieux à bout de colère, me défoulant sur elle pour éviter de tabasser un être vivant. Je ne voulais pas ça, je ne l'avais jamais voulu.... Reculant pour mieux porter un puissant coup d'épaule dans un rugissement de rage. « Regarde ! C'est ça qui t'attire ! Cette force surnaturelle qui se dégage de moi ! J'ai même pas mal putain ! Regarde ça !  Et ouvre moi tes portes, ouvre, avant que je ne défonce tout, Noah ! »

La porte craquait déjà sur ses gonds sous mes coups, sans même que je ne ressente leur violence, tant la colère m'anesthésiait. Mes lèvres s'étiraient comme celles d'un beau diable alors que je me retournais vers celui que je désirais et que j'aurais pu défoncer avec autant de force. Mon cœur manqua un battement alors que je m'adressais à lui, toujours sous le coup de mon impulsivité qui rugissait dans tout mon être. « T'as assez de force pour me foutre dehors, n'est ce pas ? Alors fais-le, tant qu'il en est encore temps. Autrement, je découvrirai tous tes secrets et j'en m'en irai avec, sans que tu ne saches rien de moi, rien... »


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MessageSujet: Re: /!\ Eros contre Thanatos ▬ Mikkel /!\   Dim 13 Nov - 1:45

Il était partout et nulle part. Comme une ritournelle entêtante, Mikkel Ievseï avait le don d'être omniprésent, tant dans la pièce qu'autour de son corps. Dans sa tête. Noah avait parfaitement senti qu'il était tout sauf indifférent à ses mouvements. A ses caresses. Qu'il réagissait dans le sens que le sorcier désirait, à savoir qu'il était à deux doigts de se perdre à nouveau dans les méandres d'un désir impossible, insatiable, jusqu'à y perdre de nouveau la raison. Un point qui servait ses intérêts tout en liant l'utile à l'agréable. Car lui-même était tout sauf indifférent. Lui-même avait envie de sombrer une nouvelle fois dans ce chaos des corps, de retrouver la souplesse de son bassin, de sentir à nouveau son souffle sur sa peau. L'animalité qui se dégageait de lui était entêtante. Une manne d'énergie constante, vibrante, qui l'attirait avec autant d'intensité que de dépit. Parce qu'il n'y pouvait rien. C'était dans ses gênes, c'était dans son sang. Les métamorphes l'attiraient, constituaient le sel de son existence. Et s'il lui était impossible d'obtenir quoi que ce soit de Rafael, une part de lui se satisferait de Mikkel. A cela près qu'en plus de pouvoir répondre à ses questions, ce dernier pouvait aussi satisfaire les exigences toujours croissantes de son bas ventre.
Ah, douce agonie. Impuissance des chairs, malléabilité de l'esprit par l'appel du corps.

Il ne pensait pas que Mikkel prendrait toutefois ses paroles au pied de la tête. La solution paraissait tellement plus simple, considérée sous cet angle. Il ne put retenir un léger gémissement quand leurs lèvres se heurtèrent à nouveau, quand les mains puissantes de Mikkel l'amenèrent jusqu'à un mur exempt de bibliothèque. Se repaissant du contact électrique de sa peau contre la sienne, répondant avec autant d'ardeur aux siennes, il sentit toutefois de nouveau tout son équilibre alors qu'il se retrouvait emporté malgré lui jusqu'au vestibule de son appartement. Soit. En effet. Vu sous cet angle, le psy ne pouvait plus avoir ses lettres de noblesses, puisque techniquement ils n'étaient plus dans son cabinet. Enroulant ses bras autour de la nuque du chacal, il avait décidé d'en prendre son parti, répondant avidement à chacun de ses baisers, la chaleur se diffusant dans tout son corps. Sa propre énergie s'enfuyant de ses lèvres, de ses doigts qu'il enfonçait dans sa nuque. Ses reins se creusèrent sous ses mains baladeuses, juste assez pour manifester son intérêt manifeste. Jusqu'à ce que Mikkel se dégage une nouvelle fois, poussant le sorcier à lui adresser un regard courroucé. Quoi, maintenant ? Il hésitait ? N'était-ce pas ce pourquoi il était réellement venu ? Noah lâcha un grognement frustré en le laissant s'exprimer. Combien de fois avait-il assisté à ce genre de scènes ? Le déballage des pulsions, si beau, magnifique déferlement de sensations contraires jusqu'à l'atteinte du point culminant.
Puis le drame. Le moment où toute tension redescendait comme un soufflet pour ce moment qu'il aimait à appeler la "Prise de Conscience Subite". Les expressions se succédaient pèle-mêle sur le visage fin de Ievseï. L'incrédulité, la colère, le dégoût, l'incompréhension. Et pourtant l'éclair, l'éclair de vie sauvage, tout au fond de ses prunelles qui continuait de briller de cet éclat surréel. Alors le psychiatre prit sur lui de remettre de l'ordre dans ses pensées et dans ses vêtements, scrutant chacune de ses expressions. Prêtant une attention toute particulière à chacune de ses paroles. Spectateur silencieux du grand théâtre des sentiments, il soutint son regard quand l'autre le lui accordait, il n'esquissa pas le moindre mouvement dans sa direction. Il écoutait. Et ce même si la tension dans son bas-ventre lui rappelait douloureusement qu'ils avaient été à deux doigts de s'offrir un tout autre type de séance qu'il aurait préférée, et de loin.

Restait que dans ce déballage confus de pensées et de théories, son patient touchait juste. Il n'était pas aussi idiot qu'il en avait l'air, au final. Il avait compris certaines choses, sans toutefois avoir de preuves tangibles de leur existence. Noah sentit un frisson de satisfaction le parcourir quand Mikkel énonça ses pouvoirs. Celui d'être reconnu, enfin, comme un être supérieur à proprement parler. Car même s'ils n'avaient pas ce lien privilégié du créateur à la créature, il y avait tout de même participé. Que Mikkel le reconnaisse de lui-même ajoutait un peu de sel à son propre délire. Pourtant Noah n'en trahit rien, les bras croisés sur son torse, l'air de ne pas comprendre un traître mot de ce que son patient pouvait bien raconter.
L'air de le considérer comme plus fou qu'il ne l'était vraiment. Car du fin fond de sa paranoïa, Ievseï avait appuyé sur un autre point parfaitement exact. Entièrement légitime. Noah ne comprenait pas de quel rêve il pouvait bien parler. Certes, il avait lui-même fait un rêve de ce type, mais la compagnie n'était pas la même. Les circonstances n'étaient pas les mêmes. Et surtout, ni Liam ni Mikkel n'étaient présents. Et pourtant ce dernier se raccrochait à cette chimère avec tellement d'intensité que c'était comme s'il l'avait réellement vécu. Si bien qu'il était entièrement capable de prononcer le nom de Liam, qu'il n'avait pourtant jamais rencontré sinon lors de la nuit de sa transformation. Et, mêlé à celui de son ami, le nom d'Isak qui revenait. Il n'était pas difficile d'additionner deux et deux, dans ces circonstances. Il n'était pas plus difficile d'arriver aux conclusions que Mikkel faisait dès lors, que Noah puisse être lié d'une manière ou d'une autre aux deux hommes. Qu'il y ait un rapport dans tout, et une connexion universelle. Et pourtant. Pourtant il était si aisé de tout réfuter, de tout nier en bloc. Car justement tout ce qui se tenait dans la belle bouche désirable de Mikkel n'était que mirage. Ce n'étaient que des présomptions, avant de trouver la preuve, la faille, et le déclarer coupable, bel et bien coupable.
Mikkel ne serait pas son juge, c'était hors de question.

Un frisson de frustration teintée de surprise l'envahit toutefois sur les aveux de son patient. Encore une fois, il faisait preuve d'une clairvoyance rare, faisant un écho bien trop proche avec la réalité. Parce qu'il n'était pas sot. Parce qu'il avait très bien compris que quelque chose en lui attirait le psychiatre comme un papillon par la lumière, comme un homme chaste par une maison close. L'appel de cet inconnu qui le rongeait depuis la transformation de Rafael. Cette absence cruciale, dévorante, de connaissance en ce qui concernait l'évolution de l'homme à la bête, ce secret si profondément enfoui dans la psyché des métamorphes... Ce secret qu'il aurait voulu connaître, qu'il aurait dû connaître, sous d'autres circonstances. Si on ne le lui avait pas volé. Continuer de nier l'évidence était difficile, surtout maintenant que tous ses sens étaient en alerte. Maintenant que tout son corps était à vif. Il fut tenté d'approcher de Ievseï, de le captiver une nouvelle fois dans son regard pour le faire taire, mais n'en eut pas l'occasion.
Parce que des menaces venaient d'être proférées, avec une telle intensité qu'il put deviner le chacal, le prédateur, enfoui dans les yeux verts de son patient. Une vibrance électrique, qui transcenda jusqu'à l'espace, vrillant tout son corps comme un coup de poignard. Il ne le connaissait pas, non. Il ne le connaissait plus. Ce n'était plus un homme qu'il avait en face de lui, c'était un animal. Une pulsion sous forme humaine, un esprit détaché, déconnecté, un animal du nom de Ievseï. Le sorcier déglutit. Cette créature était magnifique. Tout bonnement magnifique.

Elle le fut un peu moins, quand le susnommé décida de mettre en application ses menaces, au sens propre du terme. A pas rapides, le sorcier le suivit dans ses divagations jusqu'à sa cuisine. La pièce fut rapidement saccagée dans une démonstration de force qui le convainquit de ne pas s'approcher à moins d'un mètre de lui. Jusqu'à ce qu'il décide de s'attaquer à la porte de son cellier, gardée délibérément sous clé. Clé qui était sagement remisée dans le placard à couverts, à côté de l'évier. Heureusement pour Noah, Mikkel était parti bien trop loin dans ses divagations pour penser vérifier tous les tiroirs. Cela lui laissait donc une nouvelle longueur d'avance sur le métamorphe. Une longueur d'avance dont il allait devoir s'emparer rapidement, vu la violence vertigineuse avec laquelle il se jetait contre la porte.
Les bras croisés sur sa poitrine, le sorcier le regarda faire. La veine palpitante sur son front, les joues rosies par la fureur. La peur, cette peur profonde de la vérité, qui sourdait au fond de ses yeux fous. Il en avait vues, des pertes de contrôle, dans ce maudit cabinet. Mais aucune n'avait eu la beauté, l'intensité de celle de Mikkel Ievseï.
Sur cet aspect-là, il était reconnaissant à Liam d'avoir participé à sa transformation. Même s'il allait probablement devoir changer de mobilier.

Le bois n'en finissait plus de gémir sous les coups de bélier du jeune fou. Il était temps de faire quelque chose. Rassemblant ses émotions, Noah s'efforça à faire preuve de détachement. Du moins en apparence. D'un feulement sourd, chaleureux, empreint de cette pointe d'accent qui roulait sur sa langue quand il était irrité, il prononça simplement :

-Quel est l'intérêt de détruire la porte d'un cellier, Mikkel ?

S'il savait pertinemment ce qu'il entreposait sur les étagères de la petite pièce étriquée, Mikkel, lui, n'en avait probablement aucune idée. Avec nonchalance, le sorcier se faufila jusqu'à la table en bois, épargnée, de la cuisine, et s'assit dessus. Les gonds de la porte émirent une plainte grinçante, alors que le bois commençait à craquer. Et Noah de penser qu'il allait devoir probablement investir dans des travaux de menuiserie supplémentaires. Battant des pieds dans le vide, dardant la scène d'un regard sombre, il frotta le bois vernis de la table du bout du doigt. Une illusion enveloppa aussitôt le cellier, alors que la porte cédait dans un dernière craquement de douleur, et que Ievseï s'engouffrait aussitôt dans la pièce. Un cellier tout ce qu'il y avait de plus banal, légèrement plus petit que ce qu'il aurait dû être, aux étagères chargées d'herbes aromatiques classiques, de boites de conserve et de réserves alimentaires. Noah l'entendit fourrager dans les ustensiles de cuisine, ausculter chacun des pots, sentir chacune des herbes. Il ferma les yeux pour transformer les odeurs, pour permuter les sens, pour maquiller les onguents en nécessaire inoffensif. Et quand Ievseï ressortit de la pièce, il lui adressa un haussement de sourcil intrigué.

-En avez-vous fini avec votre visite de ma réserve culinaire, ou voulez-vous que je vous montre aussi le contenu de mes placards ? Une chance pour vous, j'ai refait les stocks récemment.

L'ironie mordante de son commentaire était voulue. Assumée. Montrer aux patients l'étendue du ridicule de leur réaction était une passion qu'il avait élevée au rang d'art. Et le regard qu'il posait sur Mikkel, léchant bien malgré lui chaque parcelle de son corps par trop désirable, s'arrêta de nouveau au fin fond de ses pupilles. Ses lèvres claquèrent une nouvelle fois, courroucées.

-Je crains que vous ne vous y preniez pas de la bonne manière pour m'extorquer des renseignements, Mikkel. Mais soit. Je peux consentir à répondre à une de vos questions. Celle concernant ce que je désire de votre part.

Sautant de la table, il se réceptionna sur ses deux pieds avec une bonhomie si détachée qu'elle en aurait pu être enfantine, dans d'autres circonstances. Mais son intention était autre. Il fallait qu'il le fasse sortir de la cuisine. Qu'il n'ait pas besoin de maintenir l'illusion bien trop longtemps pour son propre bien.
Et il avait aussi d'autres pensées bien moins délicates que le bien être de ses secrets en tête. Louvoyant jusqu'au fou, il rompit la distance entre eux, volontairement. Il pouvait sentir cette violence qui pulsait dans tout son être. Cet instinct animal, bestial, qu'il n'avait pas lors de leur première rencontre. Une aura vive, brute, qui provoquait de nouveau ce frisson vertigineux alors qu'il posait une main sur sa joue glabre. Alors qu'il se rapprochait à nouveau, s'imprégnant de ce lourd parfum capiteux, s'enivrant de la chaleur qui émanait contre son corps.

-Je me fiche du pouvoir, je me fiche de l'argent. Ils ne sont que matériaux dans la construction d'un monde qui n'aura d'éclat réel que la passion de ceux qui l'habiteront. C'est cette passion que je recherche. Cette violence, ce déferlement d'émotions brutes, rares, spontanées...

Son regard dériva lentement de ses yeux à ses lèvres ourlées, encore rosies par leurs baisers quelques minutes plus tôt, le poussant à se mordre l'intérieur de la joue d'appréhension. C'était un jeu dangereux auquel il jouait. Un jeu dans lequel il pouvait très bien finir par obtenir ce qu'il désirait vraiment, ou au contraire tout perdre. Le problème étant, la proximité de Ievseï changeait à nouveau l'optique, le sens et l'angle de vue. Et Noah ne savait plus réellement non plus ce qu'il désirait alors qu'il se hissait pour reprendre ses lèvres avec avidité, pressant sur sa nuque pour l'attirer à lui une nouvelle fois.
Rompre le carcan. Rompre les schémas. Eclater les dilemmes. Pulvériser les portes, et révéler ses secrets. L'idée était douce, sous cette vague de chaleur qui fit ployer son corps une nouvelle fois. L'idée était belle, alors qu'il attirait le désirable avec lui hors de la pièce, ses mains se faisant bien plus curieuses qu'elles ne l'auraient dû. L'idée était dangereuse, aussi. Car s'il crachait ses secrets à la face de cet homme, il était prêt à mettre sa main à couper qu'il ne lui foutrait plus jamais la paix.
Et pourtant. Pourtant l'envie prit le pas sur le reste. Pourtant la réflexion fut foulée au pied par ces mains vagabondes qui se serraient de nouveau sur ses fesses. Pourtant ses propres doigts couraient de nouveau le long des reins du jeune fou, venant se nicher contre son aine, manifestant clairement ses intentions par quelques rudes caresses. Pourtant le gémissement qui s'échappa de ses lèvres alors qu'il le relâchait laissait entendre que la raison pure n'était plus qu'un mythe, à ce stade. Et avec une voix un peu hésitante, un murmure, il finit par concéder.

-Vous pouvez avoir un aperçu de qui je suis, Mikkel. Mais je vous donne deux conditions absolues à respecter si tel est le cas. Plus aucune question de votre part. Et la vérité absolue si je vous questionne moi-même.

L'homme en face de lui était un chacal. Sans savoir précisément quel animal c'était, Noah sentait parfaitement que l'idée n'était pas bonne. Que l'animal était comme le rat ou le renard : une créature non fiable, connue pour sa perfidie. Pourtant. Pourtant pour la première fois depuis son retour parmi les mortels, il avait une opportunité de montrer au monde qui il était vraiment. De prouver qu'il était lui aussi un être de chairs, d'âme et de coeur. Ievseï était un témoin non pas de choix, mais d'opportunisme. Car personne ne croirait jamais ce qu'il pourrait raconter par rapport à ce qu'il aurait vu.
C'était une très mauvaise idée, il en était parfaitement conscient. Mais maintenant qu'elle avait été lâchée, déposée au creux des mains de Ievseï, il n'avait plus réellement le choix. Et espérait que son patient soit suffisamment ivre de désir pour se contenter de la table de la cuisine.


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MessageSujet: Re: /!\ Eros contre Thanatos ▬ Mikkel /!\   Jeu 1 Déc - 20:43


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Noah & Mikkel
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J'ignorais si l'attitude pondérée du psychiatre avait pour but de calmer ma colère ou d'exacerber ma frustration. Mais mon emportement était tel que rien de ce qu'il aurait pu dire ou faire n'aurait pu retenir cette extrême violence qui se dégageait de tous mes pores, me poussant à l'extérioriser sans attendre, dans une tempête destructrice ! J’appréciais de ressentir sa crainte alors qu'il demeurait à une distance prudente tandis que mes yeux brillaient dans un sourire carnassier, satisfait du chaos que je semais sur mon passage. Incapable de perdre une seconde à une fouille minutieuse de chaque tiroir, je me contentais de les arracher pour les renverser sur le sol, dans les tintements métalliques des couverts qui s'éparpillaient sur le carrelage.

Les obstacles sur mon passage furent impitoyablement balayés, jusqu'à cette porte secrète qui m'attirait obstinément. Sans prendre la peine de répondre à la voix chaude qui roulait derrière moi, je humais l'air, à l’affût de la moindre odeur, du moindre signal étrange qui aurait pu aiguiller ma quête insensée. Les parfums qui se dégageaient de ce cellier m'étaient inconnus et je m'obstinai à m'acharner sur cette paroi qui céda enfin sous mes assauts, me permettant de m'engouffrer dans cet antre si étroit… Le cœur battant, mes mains tremblaient d'une nervosité enragée alors que je fouillais fébrilement parmi ces foutus bocaux. Avais-je rêvé ? Plus aucune odeur suspecte ne flottait dans cet endroit et mon front se plissa, chargé d'un désarroi qui s'imprégna dans mes prunelles agitées. Faisant brutalement volte face, je ne pus cacher mon égarement, douloureusement marqué sur mon visage, alors que je contemplais ce beau diable, perché sur sa table. Je pestais, frappant le sol de mon talon dans un mouvement incontrôlable qui ne fit que signer l'intensité de ma frustration. Sa mine narquoise embrasait mon corps entier de fureur, comme si j'aurais pu m'immoler sur place de rage !

« Mais qui va enfermer à clefs ses boites de petits pois, nom de dieu ! Arrête de me faire croire que y'a rien d'autre que de la bouffe dans ta cuisine, parce que je sais que c'est faux ! »

Je m'en serais bien arraché les cheveux ! Je savais que mes idées n'étaient ni dingues ni ridicules comme il tentait de me le faire croire, du haut de sa condescendance dégueulasse ! Ce mec m'inspirait une colère extrême mais à la fois, je ne pouvais m'empêcher d'envier sa maîtrise de lui-même, ce détachement moqueur qu'il parvenait à conserver malgré les circonstances, tandis que moi… moi je me faisais l'effet d'être un pauvre gamin en pleine crise d'hystérie ! Quel con ! Mes ongles s'enfonçaient dans mes paumes sous la pression de mes poings, serrés à m'en faire péter les jointures. Le souffle court, je soutins le regard du psychiatre, à peine conscient de sa manière de caresser mon corps de ses yeux. Les miens s'arrêtèrent sur ses lèvres qui expulsaient de nouvelles paroles, des paroles qui résonnèrent en moi comme un gong, dressant aussitôt tous mes sens en alerte. Il allait me répondre ? Il allait vraiment me répondre ? Je le dévorais du regard, retenant mon souffle tout comme je tentais désespérément de contenir ma rage, dans l'angoisse affreuse qu'il s'interrompe. J'aurais tellement voulu me jeter sur lui et le mordre cruellement ! Oui le mordre à la jugulaire, comme un carnassier, cette veine vitale sur laquelle se posait mon regard explosé, le cœur encore palpitant d'un besoin de violence.

Ta gueule Mikkel, ta gueule chacal ! Ne dis rien, retiens ton souffle, retiens tes envie de dévorer cette proie ! Noah et son élégance gracieuse qui sautait de son perchoir presque joyeusement, Noah qui me faisait affront avec tant d'audace… Noah qui me donnait l'envie de l'égorger séance tenante. Et si ces idées aussi bestiales que sanguinaires m'horrifiaient, je ne sus comment je réussis à résister à ces délires cruels qui m'assaillaient, tandis qu'il se rapprochait de moi si imprudemment, osant même poser sa main contre ma peau brûlante. Ses mots me laissèrent sans voix alors que je tentais de les assimiler, d'analyser leurs sens abscons et si déroutant pour moi. Mes joues s’empourprèrent aussitôt quand ses lèvres se plaquèrent contre les miennes, m'embrouillant l'esprit et me faisant perdre pied, noyant ma colère dans un flot d'étourdissement. Je répondis à son baiser dans une ardeur irraisonnée, totalement perdu dans le chaos de mes émotions, la rage étouffée abruptement par un nouvel afflux de désir qui revenait avec plus d'autant plus de force que ma confusion était intense.

Les paupières closes, je le laissais m'attirer hors de la pièce en quelques pas vacillants, mon étreinte refermée avec spontanéité sur son corps. Mes mains trouvèrent le chemin de ses courbes, une fois encore, tandis que ses doigts m'imposaient des électro-chocs, me faisant aussitôt durcir contre la pression de ses caresses. L'envie de le prendre me rendait fiévreux alors que je mordais ses lèvres un peu trop fort, avide de sentir sa peau nue contre moi. Les gémissements n'étaient qu'une musique ensorcelante, un appel supplémentaire pour tout oublier et se laisser aller au désir des corps. Mais les murmures qui lui échappèrent soudain me firent frémir, pendant que j’enfouissais mon visage contre sa gorge, mes lèvres happant sa chair dans un baiser vorace. Dans un soubresaut, mon cœur tressaillit à cette proposition qui me figea un moment, mes lèvres collées contre son cou. Redressant lentement le visage pour retrouver son regard, mille pensées se débattirent à la fois dans mon crâne en une tempête dévastatrice.

Ces conditions me heurtèrent en priorité, excitant mon esprit naturel de révolte. Quoi ? Mais Quoi ? Jamais putain, jamais je ne pourrais accepter un deal aussi odieusement injuste ! Qu'il puisse me questionner infiniment alors que moi, je devrais m'étouffer avec mes interrogations ? L'envie de lui cracher mon scandale au visage me fit gronder comme une bête féroce, je n'étais pas un soumis ! Au prix d'un effort prodigieux, je restai pourtant silencieux, gardant mon regard lié au sien pendant que mes mains glissaient contre sa veste, à la découverte de son corps. Je n'étais pas cinglé, je ne me faisais pas des films, il y avait bien quelque chose et Noah semblait sur le point de me l'avouer.  Ma paume posée contre son cœur percevait ses battements, ceux de l'homme qui semblait être, fait de chair et de sang. Un homme comme il me l'avait assuré. Qui était-il ? Je remarquai vaguement contre ma main la forme d'un objet enfoui dans les profondeur de sa poche mais je n'y pris pas garde immédiatement. M'accrochant à ses murmures qui repassaient dans ma tête en boucle comme une litanie obsédante, l'angoisse de laisser s'envoler cette vérité me bloquait presque le souffle. Je ne pouvais pas la perdre ! Mes ongles se crispèrent contre ses pectoraux avant de glisser doucement vers son ventre, percevant la chaleur de son corps au travers du tissus de sa chemise. Laissant quelques instants de battement s'étendre entre nous, ma respiration un peu trouble, je finis par incliner la tête pour acquiescer avant de répondre, d'une voix rendue trop sourde par mon désordre émotionnel.

« Si tu me dis ce que j'veux savoir alors, je te répondrai moi aussi mais pas avant. Non, pas avant. Et pour ce que tu recherches… T'as intérêt à assumer parce que t'imagines pas ce qui risques de te tomber sur la face, si ça explose… Tu vas le sentir passer, Noah.»

Le visage tout proche du sien, mon souffle frôlait ses lèvres et je conclus ma tirade par une vive caresse de ma langue, vorace contre sa bouche si attirante. Sans attendre, j'entrepris de le dévêtir, là, dans ce couloir, alors que nous avions à peine dépassé le seuil de sa cuisine dévastée. On avait déjà assez attendu, putain ! Mes gestes étaient rudes et empressés, alors que je déboutonnais sa chemise, posant aussitôt ma bouche contre son torse tiède avec avidité. Chaque battement cardiaque m'était intimement perceptible tandis que je savourais le goût de sa peau, écartant d'un mouvement brutal les pans de sa veste pour la faire glisser le long de ses bras. Laissant le vêtement retomber sur le sol dans un bruit froissé, je perçu le son d'un objet métallique choir contre le parquet. J'avais encore du mal à distinguer les sons importants du reste, alors que mes nouveaux sens me fournissaient mille nouvelles informations à la fois. Mes paumes plaquées contre ses épaules, j'inhalais les odeurs qui émanaient de son corps dans une inspiration animale, le dévorant d'un regard affamé. Si les ondes invisibles qui s'échappaient de son corps me donnaient la sensation de m’électrifier, j'ignorais totalement ce qu'il s'apprêtait à me révéler au juste. La force de ma curiosité inassouvie se ressentait dans la lueur frénétique qui battait au fond de mes yeux. Elle se ressentait dans les frémissements nerveux de mon souffle, quand j'embrassais encore son torse, entourant l'un de ses mamelons de mes lèvres, le sentant durcir sous la pression de ma langue avant de le mordre un peu plus fort. Je fermais les yeux, retenant cette violence qui aurait pu me pousser à le faire saigner si je n'y prenais garde ! Reculant brusquement mon visage, effrayé par mes propres pulsions, mes mains passèrent à l'assaut de sa ceinture, ouvrant sa braguette d'u geste assuré pour y plonger la main, glissant aussitôt sous les barrières de tissus. Avec obstination, je vérifiai son ardeur que j'encourageais aussitôt de ma paume, le massant outrageusement.

« Quel genre de monde tu voudrais construire à coups de passion et de violence ? Dans quel but ? Comment ? »

Mes questions s'expulsaient hors de moi sans que je ne puisse les retenir plus longtemps, oubliant déjà les fameuses conditions exigées par l'inquiétant psychiatre. Ma voix se teintait nettement de cette rage extrême où je m'étais laissé emporter et que j'avais un mal atroce à faire redescendre, une nervosité accentuée par l'angoisse d'une possible déception qui aurait pu me fouetter à tout moment. Qui était Noah Meadow réellement ? Il semblait enfin décidé à me le dire ! A m'avouer qu'il avait bien usé de sorcellerie sur moi ce soir là, dans l'intimité de son foutu bureau ! Je n'éprouvais aucune espèce de rancune envers lui pour m'avoir brutalisé, ce n'était pas ce genre d'aveux que je recherchais et s'il voulait encore me faire croire que je m'étais assommé tout seul, grand bien lui fasse ! Mais qu'il cesse de prétendre que mes rêves n'étaient que des divagations et que la came me poussait aux délires ! S'il disait la vérité et que ni l'argent ni le pouvoir ne l'intéressaient, quel pouvait bien être ses liens avec Isak, un chef mafieux et Liam, une figure importante du gouvernement ? Je savais qu'il les connaissait tous les deux même s'il se refusait obstinément à le reconnaître. Pourtant, même si mes questionnements sur mon dealer étaient les tous premiers buts de ma visite initiale, j'étais prêt à les mettre de coté pour l'instant et à accepter de ne plus insister. Parce que le thème le plus crucial de mes cauchemars, ce chacal maudit, nous réunissait Noah et moi et que lui seul détenait la clef de ma guérison… et je scrutais intensément ses opales vertes, cherchant à décrypter les secrets dissimulés dans son regard.

« Très bien… je ne poserai plus de questions, on a un deal. » Me léchant les lèvres dans une promesse évasive, je m'apprêtais à lui offrir un peu plus de motivation à se montrer loquace et j'attrapai ses hanches avant de plonger mon regard vers le bas. Ce fut à cet instant que je l'aperçus. Cette clef, échappée de sa veste. Une clef assez importante pour qu'il la conserve sur lui, contre son cœur. A quels genre de secrets pouvait-elle bien mener ? Retrouvant ses yeux, je me rapprochais de ses lèvres dans un murmure. « Mais je ne veux pas qu'un aperçu, Noah. Je veux savoir qui tu es dans toute ton intégralité. »


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