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 Dying to live (.nym)

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The Devil's own feat 5FDP • Animal feat Disturbed • My name is Stain feat Shaka Ponk • Do or Die - Night of the Hunter feat 30 STM • On my Own - Play Dead feat Killing Bono OST • Madness feat MUSE • Hustler feat JOSEF SALVAT •

↳ Citation : There's a battle between two wolves inside us all. One is Evil. It is anger, envy, jealousy, and ego. The other is Good. It is joy, love, hope, and faith. Which wolf wins? The One you feed
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MessageSujet: Dying to live (.nym)   Mar 24 Mai - 20:13

dying to live
Tell me this, is it lonely in the shadow of a masquerade for life you hide behind. What's the deal with your reasons to run away and let your feelings leave you undefined. Behind me now the winding road they sing of. I've come to stand before a silent wall. Finally a chance to find a question. To point out the right answer after all ...this time. So rid us of the plight, the plight of self affliction

Rien ne l’efface vraiment, cette douleur qui perdure. Elle reste là, accrochée à la semelle de ses pompes, couinant à chaque pas. La peur le prend encore au cœur, agite son corps et le pousse à se réveiller en sursaut dans une chambre qui n’est plus vraiment la sienne. Il a retrouvé le confort de son appartement, ces murs qu’il affectionnait à en crever sont devenus une nouvelle sorte de prison. Le réceptacle de sa lente agonie. Il s’arrache de son sommeil dans un spasme, la sueur sur la peau et l’angoisse dans la gorge. Scruter d’un regard apeuré les recoins de la pièce, sans rien y voir de plus que les ombres qui y dansent. Le souffle court, le loup se recouche pourtant, se roule en boule et tenter d’oublier. Les images restent ancrées à ses rétines, la violence, les salissures, ce qu’il a subit et ce qu’il a été contraint de faire pour survivre. Depuis sa sortie, il s’efforce de vivre à nouveau, mais il sait qu’une part de lui est restée quelque part sous sa couchette de merde. Derrière les barreaux qui ont manqué d’avoir sa peau. Il chasse la poisse qui s’agrippe à ses membres en essayant de se racheter une forme. Balayer la maigreur affolante en refaçonnant des muscles morts et inutiles. Les courbatures pour avoir l’impression d’être bien vivant, de retour pour de bon dans ce monde qui le débecte plus encore qu’avant. Parce qu’il se cogne le pif contre sa solitude, la stupidité de son existence vide de sens. Rentrer tous les soirs dans le silence pourtant empli de bruits de son terrier. Le loup se vautre dans son isolement, résume son monde à l’uniforme noir, tout ce qu’il représente et au néant qui sommeil derrière sa porte d’entrée. La croix rouge faite sur le reste de ses déviances, les hormones du gamin en pleine crise d’adolescence noyées dans la flotte de la cuvette au-dessus de laquelle il a tenté de se suicider. Lamentable échec qui se dresse tel un doigt d’honneur sur ses poignets mutilés.

Son rang de Shadowhunter lui a été rendu, comme une erreur que l’on répare à la hâte. L’uniforme balancé sans un regard. Pour les autres, il reste ‘le violeur’, l’abominable surnom qui lui colle au cul. Stain ne réplique pas, il encaisse. Ce serait perdre du temps à vouloir faire entendre raison à des cons. Ca le blesse, quelque part entre le poumon et la côte numéro six, là où reste pendu les fragments de son cœur en miettes. Le piteux organe qui restera en l’état jusqu’à la fin, parce qu’il n’a plus la force de recoller les morceaux. Il s’en fout maintenant. A être trop con, on se fait bouffer le nez. Il va rester con c’est un fait, mais un con dans sa forme la plus brute. L’abruti de base qui agit sans se poser de questions, suit les ordres avec froideur et se fout du reste. Qu’il reste un violeur et un taulard aux yeux des autres, si ça peut les pousser à baisser les yeux dès qu’il s’approche d’un peu trop près, foutre le camp devant son ombre pour ne pas s’attirer d’emmerdes, au fond, ça lui va. Le soldat n’a pas remis les pieds sur le terrain depuis sa sortie. Trop faible, ses supérieurs craignant qu’il s’envole au moindre coup de vent. La mission que l’on vient de lui filer est un essai. Un test afin de s’assurer que le déchet a retrouvé un peu de sa superbe. Il présente mieux qu’avant, c’est déjà un début. Moins flippant, plus humain surtout. L’ancien taulard doit sa chance à la Secte. Truc flippant dont il avait déjà vaguement entendu parler en prison sans vraiment y prêter attention. Dans sa boite d’acier et de briques, le reste du monde était pas super intéressant. A présent qu’il se retrouve confronté à la réalité de la chose, il en constate l’ampleur. Les marquages sur les portes l’intriguent. L’Inquisiteur y trouve des similitudes avec les traces que l’on pouvait apposer sur les portes dans les rues de Rome. Pour signaler les cas de Peste, la présence de juifs ou d’hérétiques. Les phalanges courent le long des lignes, elles en dessinent les contours tandis que les sourcils se froncent. Stain relève lentement le nez et laisse son regard se poser sur l’enfilade de portes, toutes marquées. Il lui faut un moment avant de réaliser où il se trouve. Le quartier dans lequel on l’a envoyé, l’immeuble qu’ils ont choisi d’inspecter. Un spasme lui déchire le bide lorsque le prénom vient s’apposer contre ses neurones.

« - Hey, le Violeur, tu bouges ton cul un peu ! Y en a d’autres à inspecter, magne et occupe-toi de celles sur ta gauche. » L’abruti désigne de la crosse de son flingue les portes marquées tout en continuant sa route. Sans le savoir, il vient de lui donner l’occasion qu’il attend. Stain s’autorise alors le droit de visiter certain logement. Celui de la chirurgienne plus que les autres. Il se faufile dans l’antre de la reine des glaces avec l’agilité du fauve, pour se faire cueillir par une espèce de paillasson sur pattes. Le machin lui aboie dessus, montre les crocs et joue des griffes sur le sol. « - Retourne te coucher, carpette. Si tu crois que tu m’impressionnes avec des grognements de chiot enrhumé. » Il avance d’un pas, la main tendue vers la bestiole qui tout en continuant de grogner s’autorise à renifler les phalanges. Un couinement marque la fin des hostilités, et la carpette trottine jusqu’à son panier, laissant au soldat tout le loisir de visiter les lieux. A mesure qu’il erre, il peut sentir les fourmillements de l’impatience lui racler la peau. La haine en écho contre son cœur. Il se racle la gorge et avec toute la délicatesse d’un derrière de rhinocéros, il vient se poser dans le sofa, s’y affale sans gêne. Les doigts tapotent alors contre l’accoudoir, au rythme du sifflement qui s’échappe de ses lèvres. Il a beau retourner la chose dans tous les sens, son plan a encore quelques lacunes. Des petites erreurs qu’il doit s’efforcer de combler avant que la propriétaire ne rentre. Cette vengeance qui lui détruit le bide depuis un mois. Ce morceau de sucre parfumé au venin qu’il n’a de cesse de mâchouiller depuis son réveil dans cette chambre d’hôpital. Le sifflement doucement en un murmure. Une petite chanson qui prend forme dans son cerveau. Salope en titre. Totalement de circonstance.

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MessageSujet: Re: Dying to live (.nym)   Dim 5 Juin - 21:58

Rien. Plus rien depuis des semaines. La partie s’est achevée avec deux perdants, et une part d’elle semble pourtant attendre la relance des dés. En le délivrant de sa cellule crasseuse, elle a renoncé à sa vengeance sinistre. La furie est supposée tirer un trait, rayer tant bien que mal l’animal indocile de son existence. Le raturer de sa mémoire jusqu’à rendre son prénom illisible. Elle n’y parvient pas. Elle a toujours l’impression qu’Il n’a pas assez souffert, mais aussi la sensation d’être allée bien trop loin. Elle se noie dans un entre-deux qu’elle ne supporte pas. A mi-chemin entre le pardon et la haine. Elle n’est faite que pour les extrêmes. Haïr furieusement ou aimer férocement. Pas pour cette confusion vaseuse, qui lui laisse un goût de métal en permanence dans la gorge. Elle ne peut pas s’acharner davantage contre Lui sans passer pour une pauvre folle. Mais elle ne peut pas non plus le laisser lui échapper, continuer Sa misérable petite vie impunément. Trop possessive pour le tolérer, pour accepter que sa créature ne lui appartienne plus.

Le dilemme continue de lui nouer les viscères, alors même qu’un autre s’approprie ses courbes avec fougue. Les phalanges indécentes glissent sous les étoffes, marquent l’épiderme laiteux qu’il a dévoré des yeux toute la soirée. Il n’attendait qu’un signe de sa part pour l’emmener loin, et elle avait fini par céder à l’invitation sulfureuse. Juste pour tromper sa solitude. Oublier l’espace de quelques heures le néant qui engloutit son palpitant. Oublier le seul capable de la faire vraiment trembler, se laisser posséder jusqu’à se rompre les reins. Se brûler jusqu’à ce que l’esprit cesse de fonctionner, d’alimenter la machinerie infernale. Mais même avec toute la meilleure volonté du monde, ce n’est pas son presque-amant qu’elle visualise. Les prunelles d’acier deviennent d’ébène. Les mèches ambrées virent au noir corbeau. C’est à Lui qu’elle s’agrippe. Dans ses délires lubriques, le toucher se transforme, devient plus brutal que celui qui malmène réellement la blancheur de son épiderme. Il faut dire que la sorcière s’agace, incite les serpents suaves à l’abimer davantage. L’horloge du plaisir déréglée. Trop habituée aux coups, aux entailles et aux morsures pour vibrer normalement. La sensation désagréable de revenir au point de départ, de fuir le milicien pour mieux revenir se heurter à son souvenir tranchant.

Elle pourrait aisément le laisser la prendre là, dans le noir du couloir désert, mais l’idée de se faire surprendre par les voisins surpasse l’excitation de l’interdit. Elle a une réputation à tenir, ou du moins ce qu’il en reste après les fausses accusations dont elle s’est rendue coupable. Et certains ne se gêneraient pas pour dénoncer la dépravée, pour l’envoyer rôtir sous les feux des projecteurs du Colosseum. Elle laisse les doigts licencieux se glisser encore un peu contre sa lingerie, en attiser délicieusement la chaleur. Avant de se résigner à le repousser avec autorité, et de remettre à la hâte les tissus en place. Sa paume tâtonne à l'aveugle contre le mur, jusqu’à atteindre l’interrupteur. La lumière agressive du néon la fait ciller, rend au blond ses véritables traits. Si fades en comparaison de ceux de l’italien qu’elle en grimace et hésite une seconde à éteindre de nouveau. Les rétines azurées ne s’accrochent cependant plus à sa silhouette plantureuse, semblent fixer un point à côté d’elle. « - C’est quoi ça ? » Questionne-t-il en désignant la trace sombre sur la porte. La vision écarquille ses pupilles de surprise. Elle ne peut pas s’empêcher de toucher la peinture séchée, à la fois fascinée et horrifiée. Elle n’ignore pas ce qu’elle augure. Une mort effroyable, une maladie supposée disparue disséminée dans les veines. La Peste Noire. Celle qui hantait les rues de Rome, qui s’était emparée de certains quartiers sans jamais s’étendre jusqu’à sa prison dorée. Elle avait souvent espéré que son mari en crève, l’attrape à force de se vautrer dans les quartiers insalubres entre les cuisses des prostituées. Qu’il se fasse grignoter par un rat pendant ses ébats sordides. « - Les autres le sont aussi. » L’annonce la fait frissonner, alors que les billes claires détaillent les panneaux de bois. « - On ne devrait pas rester là. » Elle entend l’anxiété qui perce, qui se glisse sournoisement dans son timbre grave. Qui tétanise ses muscles bien qu’il tente par orgueil de faire bonne figure. Elle en ricanerait si l’inquiétude n’était pas partagée. Elle n’a pas envie de se montrer téméraire et de risquer de se faire assassiner par une bande de cinglés dans son sommeil. « - Laisse-moi juste récupérer mon chien et quelques affaires, et je te suis. » Elle n’a pas l’intention de laisser la pauvre bête subir un triste sort non plus, et ne laisse pas vraiment le choix à celui qui doit déjà regretter de l’avoir accompagnée chez elle. Elle fouille dans son sac à la recherche de ses clefs, s’étonne de devoir la tourner dans la serrure une fois de trop, comme si elle avait oublié de la refermer. L’incertitude lui noue l’estomac, la pousse à ouvrir avec précaution, comme si elle redoutait qu’un agresseur soit tapi dans l’ombre. « - Loki ? » Comme traumatisé, le griffon ne se fait pas prier pour accourir en couinant jusqu’à elle, interpellé par la voix de sa maitresse. Elle se penche pour tâter le pelage de l’animal un brin apeuré, alors que sa distraction nocturne s’aventure à sa suite et referme la porte derrière elle.

Son cœur se tord violemment dans sa poitrine lorsqu’elle relève le museau et aperçoit deux pieds en bas du sofa. Elle manque de faire un bond sur place et se redresse vivement, en proie à l’effarement. Sa main se pose contre sa bouche, étouffant un petit cri. « - Qu’est-ce que tu fiches ici ? » La langue claque contre le palais sèchement, alors qu’elle détaille la silhouette imposante dissimulée dans l’obscurité. « - Dégage de là. » L’ordre impérial est craché sans qu’elle ait besoin d’y réfléchir plus avant. Sa présence a beau combler un cruel manque, elle n’admet pas qu’Il se soit introduit sans autorisation dans son repaire. Qu’Il ait éventuellement fouillé dans ses affaires. « - A moins que tu ne fasse partie de cette secte d’illuminés ? Tu vas te changer en rongeur et m’infecter avec tes petites dents ? Je t’ai toujours trouvé plus de points communs avec ces bestioles hideuses qu’avec le loup. » Un sourire mesquin dévoile ses canines. Elle refoule hargneusement le trouble qui nécrose la chair, qui roule comme un glaçon sous la surface impassible.

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Between Iron And Silver
Twisting and turning, unable to sleep. Will the voices ever stop? My thoughts speak louder the more I resist. And they're driving me insane. Do they ever go? Inside. I'm a danger to myself. I'm a prisoner of my own hell.
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MessageSujet: Re: Dying to live (.nym)   Mer 8 Juin - 21:00


L’attente lui bousille les nerfs. Plus le temps passe, plus les doigts s’acharnent à tapoter sur l’accoudoir du sofa. La solitude et le silence le ronge, l’habitude perdu durant ces mois passés en prison. Les angoisses qui le prennent aux tripes dès que les bruits de la rue cessent de monter jusqu’à son appartement, lui filant des sueurs froides et des crises d’angoisses. Le fier soldat, tremblant seul dans le noir, les peurs au corps et le cœur en miettes. Les stigmates de son incarcération profondément ancrées dans sa chair, lentes à cicatriser et purulentes. Il en a honte, d’être aussi fragile, aussi peu résistant. Brisé aussi facilement après des mois derrière des barreaux, dans un Enfer qui l’a marqué au fer rouge. La jambe se met à trépigner, victime des sautes d’humeur de son propriétaire, l’agacement serrant sa mâchoire jusqu’à la cassure. Le soldat n’a même pas envie de faire un tour dans l’appartement de la chirurgienne. S’immiscer dans son univers lui retourne le ventre. La curiosité malsaine gratouille sa peau, mais la rancœur viscérale supplante tout. Il ne veut rien savoir de sa vie, qu’elle planque des strings ou des vieilles culottes dans ses tiroirs, il s’en moque éperdument. Ce qu’il veut, c’est qu’elle arrive enfin. Pour qu’il puisse se débarrasser de cette appréhension sourde qui lui broie la gorge. Les nerfs en pelote, il en est réduit à se bouffer l’ongle du pouce. La serpillère affalée sur le parquet est la première à relever le museau, bientôt suivit par le soldat dont les sens en vrille ont perçu le murmure de pas dans le couloir. Il se redresse dans son siège, les vertèbres encore un peu engourdies d’avoir frôlé à nouveau la paralysie.

La porte s’ouvre et un instant de flottement se lit sur son visage. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle soit accompagnée. Qu’un imbécile la suive et prenne la peine de fermer la porte comme s’il entrait chez lui. Surgissant du fin fond de sa carcasse, une étrange jalousie se colle à ses basques. Le souffle d’une chaleur dérangeante lui ravage les reins, la haine et la rancœur étouffant sans pudeur les brides d’un désir assassiné en prison. Alors que son regard se pose sur la chirurgienne, il se prend tout son ressentiment dans la gueule. Il se peint sur son visage, durcit les traits encore légèrement tirés par la fatigue et appose dans les prunelles noires l’ombre de tout le venin qui est en train de bouillir dans ses veines. Un claquement de langue pour briser le silence, et un ordre qui s’écrase à ses pieds. Stain reste impassible, superbement vautré dans le sofa, les yeux rivés sur Nymeria. Le regard inquisiteur détaille la silhouette avant de se poser sur celle de l’homme qui reste coller derrière la sorcière. Le pauvre typer lui fait pitié, éveille ses envies meurtrières, le besoin de cogner de la sale tronche pour se défouler et apaiser les démangeaisons qui lui déchirent les phalanges. « - Je suis là pour m’assurer qu’aucun illuminé ne traîne dans le coin. J’avais tort apparemment, tu en ramènes un chez toi. Ca aurait été presque surprenant, de te voir rentrer seule. » Il le lâche dans un soupir cynique, accompagne la tirade d’un sourire assassin, dévoilant les canines. Ca le fait marrer d’une certaine manière, que lui et les autres types en uniforme se retrouvent à courir après des cinglés qui jouent avec la Peste. Lui qui l’a connu des siècles plus tôt, quand elle courrait sur le dos des rats dans les ruelles insalubres d’une Rome crade et empoisonnée. A croire qu’en tant de siècles, rien n’a changé. Les sourcils se froncent un instant, perturbés par cette pensée avant qu’il ne la chasse d’un mouvement de tête. Le soldat joue du fessier sur le fauteuil, s’installe plus à son aise comme s’il était le maître des lieux et balance son museau en direction du blondinet pré-pubère.

« - Tu l’as ramassé où celui-là ? Pas dans une des jolies soirées où tu traînes vu sa tronche. Elle t’a prévenu, qu’elle aime quand c’est sanglant et douloureux ? Et qu’après coup, tu risques de te retrouver en taule pour viol, hum ? » Un ricanement acerbe s’échappe de ses lippes, le regard noir revenant se poser sur le bonhomme. S’il un regard pouvait bouffer quelqu’un, il ne resterait plus que les os nettoyés jusqu’à la moelle du pauvre type. En tas, à côté de ceux de la chirurgienne. « - Qu’est-ce qu’il raconte ? » Une moue penaude s’appose sur les lippes, et Stain penche légèrement la tête. Hausse un sourcil, jouant des paupières pour reporter toute son attention sur Nymeria. « - Ah, tu allais lui faire la surprise, désolé. » Le comédien d’une satire grotesque fait mine d’être désolé, peiné d’avoir gâché l’effet de surprise. Le temps d’un soupir et l’expression de parfait imbécile s’efface dans un raclement de gorge. Un battement de cœur qui bute contre son garde-fou et le soldat retrouve la stature froide qui le caractérisait avant qu’il ne bouffe le gravier d’une cour de pénitencier. « - Tire-toi Blondie, c’est pas ce soir que tu vas pouvoir conclure. » Stain agite les doigts en direction du blond, avant de lui montrer gentiment la porte qu’il a lui-même pris la peine de refermer. Avec un peu de chance, s’il n’est pas trop con et s’exécute sans faire d’histoire, les autres lui tomberont dessus. Une belle pluie noire, et des menottes passées au poignet, juste dans le doute. Parce qu’il a une bonne tête de con et de suspect.

« - Tu n'as rien à faire là, c’est une violation de domicile, elle t’a demandé de dégager. » Las, le loup soupire. Fatigué par ces faux téméraires qui lui font perdre son temps. Il n’est pas venu ici pour exploser de la Barbie, et ce contretemps est en train de lui arracher les nerfs au cure-dents. L’agacement se lit sur ses traits, danse dans ses yeux. L’oiseau de mauvais augure assombrissant tout sur son passage. Pour couper court, le soldat extirpe alors son arme de son holster. L’éclat du revolver en dernier avertissement, le cran d’arrêt qui menace de sauter au moindre faux pas. « - Tu veux qu’on compare lequel de nous est le moins à sa place ? Il y a toute une armée dans les couloirs, à ta place j’éviterais de faire le malin. Alors tu vas gentiment refermer ton fut’ et foutre le camp. » Le canon s’agite en direction du bide du blond. Il hésite un instant, l’inconfort suintant par tous ses pores, puant la trouille. L’appel du slip en perdition n’est pas assez fort pour contrer l’instinct de survie, et le benêt quitte l’appartement sans demander son reste. Le silence revient se poser dans la pièce, le poids du regard de l’ancien détenu pesant sur les jolies épaules de la chirurgienne. « - Avoue Chérie, je t’ai manqué. » L’injure qui se moque. Le sourire carnassier, séducteur à en crever en parfait contraste avec le froid polaire qui brûle dans ses yeux et qui tend ses cordes vocales. La main fermement posée sur son arme, comme une sécurité.

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MessageSujet: Re: Dying to live (.nym)   Dim 12 Juin - 20:20

Les prunelles profondément noires l’entaillent, écorchent chaque centimètre de peau. Des tremblements d’appréhension se promènent le long de sa colonne vertébrale alors que les lunes sombres l’égratignent impunément. Elle lui ordonne de quitter son domicile et il ne tressaille même pas. L’indocilité de l’animal lui donne envie de lui envoyer une brutale décharge d’électricité. Un vif rappel à l’ordre pour retrouver un semblant d’autorité. Ecraser l’insolence intolérable du mâle alpha. Dompter la bête sauvage pour lui faire mordre la poussière, s’écraser contre le sol en gémissant. Mais le voir se tordre de douleur sur le carrelage froid de l’infirmerie ne lui a pourtant pas procuré la jouissance escomptée. Il n’y avait plus que le froid et la terreur pour enlacer ses muscles alors qu’Il convulsait comme un misérable vers de terre à ses pieds. Toujours prendre garde à ce que l’on souhaite… L’intrusion intempestive ravive d’ignobles réminiscences, l’inflexibilité de l’autre loup ayant réduit à néant sa précédente vie. Cette fois-ci, elle ne peut pas dire qu’elle ne l’a pas mérité. Après l’avoir trainé dans la boue comme elle l’a fait, il fallait s’attendre à un retour de boomerang. A ce qu’il soit trop orgueilleux et fielleux pour la laisser s’en tirer sans broncher. A sa place, la crainte de retourner moisir entre les quatre murs d’une cellule n’aurait pas été suffisante pour qu’elle se résigne non plus. Elle sent son cœur battre entre ses tempes en imaginant le sort que son ancien amant lui a réservé. Loin de le montrer, elle toise le soldat avec tout son mépris.

Une lueur de surprise mord les sphères polaires alors qu’elle sent une once de jalousie poindre, incendier les billes d’ébène. Comme si toutes les braises n’avaient pas été soufflées par le vent de glace qu’elle avait abattu contre les reins en friche. La furie relève le constat avec amertume, et c’est une nouvelle lame qui se plante dans son palpitant. Quelle solution lui reste-il pour éteindre ses ardeurs, à part le castrer ? Le vulgaire cabot continue de se montrer possessif avec la chirurgienne, même après le terrible coup bas dont il a été victime. L’évidence crispe le myocarde mutilé, ronge les os jusqu’à la moelle. « - Serait-ce une pointe de déception que je perçois ? » Ricane-t-elle, avant que le soldat ne s’échine à faire fuir sa distraction éphémère. Elle ne peut pas nier ses penchants malsains, douteux. La brutalité qui s’imprime entre les cuisses, les ecchymoses tatouées sur l’épiderme laiteux. Le tableau cru qu’il dépeint ne laisse aucune place au doute. Il faudrait être masochiste pour persister avec elle. La bile qu’il crache sans vergogne la fait se sentir sale. Lui donne envie de frotter les formes souillées jusqu’à en arracher les lambeaux impurs. Elle ne confirme ou n’infirme pas toutefois. Elle préfère laisser planer le doute plutôt que de ternir davantage sa réputation. La proie qu’elle a ramené n’est pas de taille à résister, elle doit s’échapper avant de se retrouver piégée dans l’œil du cyclone. Le bel Apollon la surprend néanmoins en tentant sans grande conviction de prendre sa défense. Avant de se retirer la queue entre les pattes en voyant le fou furieux agiter son arme de service. Elle n’essaie pas de le suivre, suffisamment lucide pour savoir que l’inquisiteur ne lui permettra pas une telle audace.

Les mâchoires d’acier du piège se referment dans un claquement sourd et la carcasse pervertie est subitement violemment secouée de frissons. C’est irrépressible, elle ne parvient pas à les atténuer, même si elle doit avoir l’air affreusement pathétique. L’éclat métallique du flingue fait s’écouler la colère et la peur par tous les pores de sa peau. Elle baigne littéralement dans ce magma en ébullition. « - Tu es fier de toi j’imagine ? Tu te prends pour un roi sur son trône mais tu ne ressembles qu’à son bouffon, affalé sans autorisation sur mon sofa. » Elle n’élève pas la voix, mais l’arrogance empeste, tandis qu’elle cherche à remettre l’intrus à sa place. La voix qui se veut mesurée en toutes circonstances trébuche néanmoins, moins assurée que d’ordinaire. Le danger est réel, elle n’est pas assez en confiance pour l’ignorer. Le surnom faussement affectueux revient comme une gifle, certainement justement adopté parce qu’il ne manque jamais de la faire rugir. « - Tu crois ça ? Et qu’est ce qui m’aurait manqué exactement ? Ta propension naturelle à la connerie ? Ton irritante manie de te croire tout permis ? Oh, ou tes hormones dignes d’un adolescent en rut peut être ? » La dépendance est aussi inavouable que le désir de représailles a été incontrôlable. Elle préfère taire la folie qui ravage ses veines depuis des siècles, qui s’accroche à son âme et s’infecte au creux de ses entrailles. Celle qui n’a pas plus de sens dans cette enveloppe que dans la précédente, qui aurait dû se dissoudre dans l’air vicié d’une chambre baignée d’hémoglobine. Elle regrette qu’Il ne l’ait pas vue, cette vision morbide. Qu’Il se soit contenté des flaques pourpres sur les draps de satin et contre les murs blancs. « - Je pensais avoir été claire. Dégage de chez moi et n’y remets plus jamais les pieds si tu tiens à ton petit confort retrouvé. Tu veux que je te le répète en italien pour que ça te rentre enfin dans le crâne ? » Les nerfs sur le point de céder, la sorcière se dirige vers le buffet, en extirpe un verre et une bouteille de whisky. La main vacille légèrement alors qu’elle se sert. Renouant avec ce vice qui embrumait ses sens en permanence auparavant, qu’elle a troqué contre le sadisme et la luxure désormais. S’en souvient-il ? Se rappelle t’il qu’elle buvait parfois jusqu’à en oublier son propre nom mais qu’elle avait surtout sombré dans une forme d’alcoolisme ordinaire à force d’en consommer des doses excessives ? Celui qui détruit le foie mais se remarque à peine, donne presque l’illusion aux autres d’être parfaitement sobre. La liqueur âcre lui brûle la gorge, avant qu’elle ne le repose avec fracas contre la table basse.

La tension à couper au couteau serre sa mâchoire, la cisaille alors que les barrières de nacre s’entrechoquent et s’effritent. Il se pavane comme un coq en pâte, fanfaronne sur un territoire qui ne lui appartient pas, et elle lui referait volontiers le portrait pour ça. Il la fusille du regard et ses pupilles abyssales le lui rendent bien. C’est avec une langueur calculée qu’elle s’approche cependant du milicien, la sensualité suintant des courbes lascives. Celles qui l’ont séduit avec une aisance aussi déroutante qu’écœurante. Elle reste prudente, brise la distance doucement, consciente d’être à proximité d’un fauve. Une bête qu’elle a elle-même façonnée, avec ruse et cruauté. Qui gronde sans reconnaitre sa maitresse, indigne d’elle. « - Tu es venu ici pour quoi au juste ? Me faire regretter de t’avoir enfermé ? M’assassiner ? » Susurre la diablesse, austère et moqueuse. Sur un ton semblable à celui qu’on utiliserait avec l’idiot du village. Comme si elle ne le prenait pas au sérieux.

Son genou bute contre le sien, se plie pour s’appuyer contre l’assise moelleuse du coussin. Instaurant un équilibre précaire. Aux aguets, les azurs ne lâchent pas les rétines ténébreuses, guettant le moindre signe d'attaque pour réagir. Les phalanges enjôleuses effleurent le bras armé avec une lenteur frôlant l’indécence. Attrapent le poignet plus rudement, la hargne latente ne demandant qu’à éclater à la figure du tortionnaire. Les ongles carmin s’enfoncent dans la chair affable comme dans du beurre, s’enroulent férocement autour des doigts pour le contraindre à éloigner la menace. « - Tu ferais mieux de t’asseoir sur ta petite vengeance pathétique si tu ne veux pas retourner croupir en taule. Ils t’ont condamné sans témoin, alors imagine un peu si Blondie est là pour confirmer cette fois... » Il atterrira directement dans l’arène, sans passage par la case prison. Mais encore fallait-il que le blond éconduit ose témoigner. Rien n’était moins sûr. « - T’as assez tiré sur la corde. On est quittes. » Son souffle se perd contre les traits tirés par la haine du traitre. L’allusion n’aura pas de prise sur lui, elle le sait. L’évidence s’étale sous ses yeux depuis le début, et Il n’y voit que du feu. Il se focalise sur l’apparence trompeuse, sans repérer les dysfonctionnements visibles. La gestuelle, la façon de se comporter. La démarche féline qui diffère, même si elle a hérité de la prestance de la harpie hautaine. Le caractère volcanique qui tranche sévèrement avec la retenue glaciale de l’irlandaise. Qui gratte compulsivement sous la couche pourtant monstrueuse de givre. Pauvre imbécile.

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MessageSujet: Re: Dying to live (.nym)   Mer 15 Juin - 20:32


Reformer l’improbable duo pour ne laisser que de la cendre sur la langue. Maintenant que le jouet du soir a quitté la pièce, un vent froid vient souffler contre la peau brûlante du loup. Il frissonne et joue des épaules pour faire partir la sensation dérangeante. Cette glace qui lui a collé à la peau pendant des mois, tout au long de son séjour à l’ombre et bien avant. Ce froid à l’intérieur qui donne l’impression d’être mort quand la vie s’accroche encore à certains morceaux qui refusent de se détacher de l’édifice. Toujours en vie, à respirer un air qui lui brûle les poumons à chaque inspiration. Il s’y fait, a compris qu’en étant le pire, il serait le dernier debout. La mauvaise herbe que rien ne pourra arracher, parce qu’il est né pour emmerder. Le fils tant désiré extirpé des cuisses d’une vulgaire pute, la honte d’un père et de toute une famille. Il est celui que l’on ne veut pas mais dont on ne parvient pas à se débarrasser. Le constat aurait pu avoir quelque chose de plaisant, et d’une certaine manière Stain en retire une vague fierté. Mais il laisse de l’amer dans sa gorge. Cette impression que, quoi qu’il fasse, il sera toujours seul. Et à bien y réfléchir, il aurait certainement préféré crever dans sa cuvette de chiotte plutôt que de continuer à traîner des pieds dans une ville qui lui semble affreusement dégueulasse depuis qu’il y erre seul. Les phalanges se crispent contre le dossier, se resserrent autour de la crosse de son arme. C’est une impatience folle qui agite joyeusement ses veines. Appuyer sur la détente maintenant, lui faire exploser sa petite cervelle à sa jolie salope. Et en finir pour de bon. C’est de l’hésitation douteuse qui retient le geste. Parce qu’il n’est pas sûr de lui, de ce qu’il ressent vraiment. Ce foutu trouble qui revient lui gratouiller le ventre, lorsque les griffes du fauve entreprennent de creuser le tapis mou de ses entrailles. Le loup a compris, depuis longtemps que l’autre n’est pas celle qu’elle prétend être. L’homme, lui, préfère se voiler la face et rester aveugle. Hermétique dans sa désillusion, incapable de supporter une énième déception. Il préfère de loin considérer la chirurgienne comme une étrangère, la cause de sa chute et de toutes les merdes qui lui tombent sur la gueule. Elle sera un entraînement. Lui faire exploser la tête dans les règles de l’art pour ne pas se foirer lorsque le flingue sera pointé sur Rafael.

« - Je n’ai jamais eu la prétention de me prendre pour un roi. Trop de responsabilités et d’emmerdes, les bouffons sont plus tranquilles. J’aurais aimé avoir ton autorisation, mais l’invitation à venir me vautrer chez toi a été perdu je crois. » Il le minaude au milieu du silence, esquisse un sourire de parfait crétin sur ses lèvres. Injure envers l’éclat qui incendie ses yeux noirs. La moquerie n’atteint pas les pupilles sombres, étrangères à la connerie dont il se pare, d’un sérieux à faire peur tant il peut lui être étranger. L’avantage de jouer au con, c’est que quand les choses deviennent sérieuses, personne ne le croit capable d’être autre chose que le crétin de service. Le brave imbécile qui ne comprend rien et qui passe son temps à débiter un flot incessant de blagues et de paroles libidineuses. Elle en est la preuve parfaite, la chirurgienne qui vient de dépeindre son plus beau portrait. Il en bombe presque le torse, comme si les injures étaient les plus beaux compliments à ses yeux. « - Un peu de tout ça je dirais. Ca se trouve plus de nos jours un si beau mélange. » Lâche-t-il avec malice. Avant de froncer les sourcils lorsque l’ordre revient claquer contre ses oreilles. Il tique sur la mention de sa langue natale. L’agacement sur les traits se mue en un intérêt étrange, un sourcil se haussant légèrement. « - Je suis en mission, j’ai le droit d’être là. Encore faut-il que tu saches le parler. T’es trop polaire pour ça, et l’esquimau, je le comprends pas. L’italien aussi d’ailleurs, pas de bol. » Il agite les doigts dans la direction de la brune, papillonne des cils sur le décor avant de reporter son attention sur elle lorsque le tintement du verre lui parvient. « - Et en plus tu bois, t’as tous les défauts ma parole. J’espère que t’es plus aimable quand t’es ivre, parce que sinon arrête la bouteille de suite, ça sert à rien. » Railleur et cynique. Il efface le malaise dans la satire. Oublie qu’une autre avait adopté cette habitude dérangeante. Noyer sa peine dans l’ambre et les vapeurs d’alcool. La gêne s’efface dans un raclement de gorge et le souffle se suspend dans ses poumons lorsque l’irlandaise vient empiéter sur son espace vital. Proche ou loin, le résultat est le même, le loup reste aussi hermétique qu’une huitre.

« - Non, je voulais juste te faire la surprise et te remercier de m’avoir fait sortir. T’as du passer pour une belle abrutie en revenant sur ton accusation, j’aurais tellement voulu voir ça. Le prochain coup, personne te croiras au moins. » La réponse se calque sur les mêmes notes que la question. Moqueuse à en crever, l’ébauche d’un sourire en parfait accord sur les lèvres. Le soldat la lâche des yeux et laisse ses pupilles dériver vers les doigts qui s’enroulent autour de son poignet. Des frissons d’une violente répulsion viennent se heurter contre sa peau, électrise le contact et vrille ses traits. L’insulte lui brûle le bras, la douleur en mode silencieux sous les ongles rouges. La main brûlée reste insensible à ce que la harpie est en train de lui faire subir, obéît docilement à l’ordre et s’éloigne du revolver. Lâcher son arme, sa sécurité, pendant une infime seconde, Stain a l’impression d’être à poil sans son flingue. Privé de la lumière de sa vengeance, voilà qu’il oscille à nouveau entre détermination et doute. « - Blondie dira rien. Il chiait dans son froc avant même de me voir. La peinture sur la porte peut-être. Je dirais que tu faisais partit de la Secte, légitime défense, ça passera sans problème. » Il ricane, dévoile ses canines  puis se mord la langue pour ne pas lui éclater franchement de rire à la tronche. La blonde a foutu le camp et doit déjà être en train de se chercher une nouvelle dinde à fourrer pour la nuit. Une plus docile aux fantasmes moins violents et salissants. Le loup manque s’étouffer avec sa salive lorsque la réplique vient lui exploser sous le museau. Il bat des cils, comme pour être sûr qu’il n’a pas rêvé. L’injure lui fait mal au bide, arrache les restants de son cœur qui cogne contre sa poitrine. Lui file la gerbe et l’envie acide de cogner. Je m’en branle que ce soit une femme. La frapper jusqu’à ce que son joli minois ne ressemble plus à rien, des bouts de sa peau accrochés à ses poings. Et la planter là, en espérant que la serpillère sur pattes lui bouffera les joues pour rendre son travail encore plus méconnaissable. Mais vu la dégaine du clébard, il en doute.

« - Quittes ? Tu t’en sors avec une réputation un peu entachée, et tu imagines qu’on est quittes ? Ca marche pas comme ça Grimes. » Le fauve se redresse dans son assise, se rapproche de la chirurgienne et laisse sa main libre venir s’écraser contre sa nuque. L’étau se fait de fer, l’attire plus près encore jusqu’à ce que les souffles se mêlent. Ca lui file la gerbe, cette proximité dérangeante. Et ça le rassure. De voir que la jalousie n’était qu’un reste d’une attirance étrange et dégueulasse, affreusement mal placée. Qu’elle n’est maintenant plus qu’un truc à dégager. La faire sortir de sa vie comme on se débarrasse d’une tique avec un peu d’éther et une pince à épiler. « - A ta place j’enlèverai tes pattes, et je m’éloignerais. J’ai plus envie de jouer à ce jeu-là. » Il relâche sa proie avec brusquerie, la repousse sans ménagement. Les muscles tendus à l’excès, le corps en friche, Stain se lève avec la souplesse du loup. Les gestes délivrés de la gaucherie provoquée par ses mises à mort ratées, la mécanique à nouveau sous les ordres de sa conscience et non plus en roue-libre. Le soldat s’éloigne, appose de la distance entre eux, l’index caressant la gâchette, le pouce poser sur le cran de sécurité. Il a le cœur au bord des lèvres, la détermination du fou agrippé à ses mains. Celle qui les empêche de trembler et les enferme dans une assurance assassine. L’italien renouant avec les morceaux de l’Inquisiteur, la froideur collée sur la gueule et le feu d’un plaisir intense dans le ventre et dans le noir de ses yeux.

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MessageSujet: Re: Dying to live (.nym)   Dim 3 Juil - 15:41

Le roi des cons. C’est tout ce qu’il est et restera à ses yeux. Un putain de môme doté de la cruauté acérée de ceux qui ont grandi trop vite. Cette espièglerie malsaine qu’il utilise pour inventer constamment des jeux perfides. Elle sait qu’elle vient de se faire piéger en plein milieu d’une partie aux dés pipés. Qu’elle ne maitrise plus rien, même en se trouvant en terrain connu. Elle n’est pas la seule à maitriser les rouages macabres de la vengeance. Peut-être que c’est dans leur sang. Peut-être que c’est de famille. Elle a acculé son animal dans une impasse, l’a piégé jusqu’à ce qu’il n’ait plus d’autre choix que de montrer férocement les crocs. Sauf qu’il ne s’agit plus de se défendre. Mais bien de réduire la maitresse indigne en charpie. Elle ignore néanmoins jusqu’où Il compte aller. Il pourrait se contenter de l’agresser sauvagement, d’injecter à ses veines glacées le tourment de ne plus se sentir en sécurité dans son propre domicile, et perpétrer sans le savoir l’œuvre de Rafael. Il pourrait la rendre incapable, impotente. Comme il avait menacé de le faire alors qu’il caressait ses courbes au-dessus du vide, le désir ancré aux reins qui se brûlaient contre ses hanches. Il pourrait simplement la défigurer, taillader son visage jusqu’à ce qu’elle n’ose même plus se montrer en public sans défaillir de honte. Il pourrait la torturer de mille et une manières bien plus abominables qu’une fin radicale. « - Ça doit être parce que tu ne l’as jamais eue cette fameuse invitation. » La harpie crache son venin sans hésiter, en dépit du danger qui se profile. Par bêtise, par orgueil. Par nécessité. Elle ne doit pas faiblir devant lui. Jamais. Ne pas montrer à l’inquisiteur que sa présence la met mal à l’aise. Un ricanement amer perce même la trachée alors que le soldat se glorifie de ses attributs honteux. « - Encore heureux, ce n’est certainement pas par hasard que le moule a été cassé. » Elle l’aime autant qu’elle le déteste pour tous ses défauts horripilants. Toutes ces petites choses qui le rendent unique mais qui la blessent, qui l’exaspèrent. La cigüe qui infecte sournoisement les veines mais qu’on veut boire jusqu’à la dernière goutte, tant elle est savoureuse.

L’ordre tombe dans l’oreille d’un sourd, superbement piétiné par le toutou du gouvernement. Le bâtard mal dressé dont on a oublié de remettre la muselière. « - Me fais pas croire qu’ils ont posté un milicien dans tous les appartements. T’as jamais reçu l’ordre de squatter mon canapé. » Une part d’elle espère qu’à force de semer des indices, les connexions finissent par se faire toutes seules. Mais le mâle dominant s’enferme dans son ignorance, se gave d’insolence sans réaliser à qui il parle réellement. « - Et tu ne te plaignais pas de mon côté polaire quand t’as ‘battu ton record’, ça semblait même salement t’exciter la banquise. » Le souvenir scabreux la fait frissonner, autant que le contraste entre la liqueur brûlante et les sillons glacés qui la creusent de l’intérieur. C’est toujours aussi écœurant, abject, douloureux. Mais prétendre que ça n’avait pas été également délicieusement plaisant aurait été un affreux mensonge. Détraquée au point d’apprécier la violence brute déversée dans leurs ébats, de ne plus vibrer que pour ça. « - C’est le débauché compulsif qui me donne des leçons ? Va te faire foutre Stain, c’est encore surement ce que tu sais faire de mieux d’après certaines sources de la prison. » Susurre t’elle, un rictus moqueur étirant les lippes aguicheuses. Elle n’a pas oublié les fanfaronnades ignobles du maton. Le récit des exploits du chien galeux. Envahissante, elle part s’égarer dans l’espace vital du traitre, se montre presque enjôleuse pour le plier à sa volonté. Pour avoir été bien trop souvent réduite au rang de femme-objet dans son autre vie, elle sait que la séduction demeure probablement sa meilleure arme. Celle qui peut endormir la vigilance des libertins comme lui plus aisément et facilement qu’en usant d’une force physique qu’elle ne possède de toute manière pas. Qui pourrait la sauver. Naïvement, elle espère parvenir une énième fois à embrumer les sens du dépravé, mais se heurte à son dégoût purulent. L’inconfort se répand le long de sa colonne vertébrale alors qu’il enserre brutalement sa nuque, mêle leurs souffles suaves sans pour autant pousser le vice jusqu’à pleinement les lier. Sa respiration se suspend, autant de soulagement que de crainte. Et d’une pointe de déception qu’elle n’assume en rien. La fièvre qui annihile la rancœur, qui l’emprisonne dans une asphyxie étrange. Le manque la fait souffrir à vouloir s’arracher la peau, lui donne l’horrible sensation d’être recouverte de plaques d’urticaire. Le laisser indifférent la torture autant que d’attirer sa convoitise. Le mélange explosif lacère ses viscères, écrase ses organes. Ecartelée entre les besoins impérieux de son enveloppe et la jalousie démesurée de son âme meurtrie. L’envie de mordre les lèvres de l’assassin au-delà du sang. Les déchiqueter pour les enlaidir, se repaître du goût acre à n’en plus finir. « - Dommage pour toi, personne n’a eu l’idée de filmer. Mais ça ne valait surement pas la tienne quand on t’a jeté dans cette cellule crasseuse. » Elle regrette de ne pas avoir été sur place. De ne pas avoir pu se délecter en personne de son affolement, de son infamie. Elle aurait voulu qu’il y ait un procès, juste pour le voir se décomposer à l’annoncer du verdict. Admirer son faciès prétentieux épouser toutes les nuances d’écarlate et de gris.

Rejetée avec vigueur, elle perd l’équilibre, trébuche en arrière en manquant de s’affaler lamentablement par terre. Les billes d’acier se veulent d’ébène, poignardent les rétines ténébreuses hargneusement. La perte de contrôle la dérange depuis qu’elle a ouvert la porte. La fine tacticienne habituée à avoir toujours deux coups d’avance sur ses adversaires n’a rien venir cette fois. Sans doute parce qu’elle ne parvient à tort toujours pas à le considérer comme un ennemi. La créatrice a terriblement mal éduqué sa créature, mais elle lui a au moins appris à ne pas se retourner contre elle. A la protéger plutôt qu’à l’attaquer. « - Ce serait bien une première. » Persifle-t-elle, avant de remettre un semblant d’ordre dans ses vêtements, comme souillés par la proximité avec le fauve. « - Tu es peut être plus branché géant albinos maintenant remarque… » Faussement désinvolte, elle hausse ses jolies épaules, se pare d’une assurance suicidaire en appuyant sur un point qu’elle imagine sensible. L’alpha machiste contraint de ployer à genoux devant une grande brute pour ne pas se faire fracasser par d’autres détenus. Elle devine aisément combien la blessure d’amour-propre doit être profonde et fraiche. Dessinée par ses soins, taillée à la serpe sur la chair à vif. La vision d’horreur la révulse, mais elle n’en montre rien. N’affiche en apparence qu’une satisfaction mesquine et déplacée. Loin de la réalité qui écorche son palpitant.

Les gestes qui animent les phalanges meurtrières sont précis. Il semble caresser presque amoureusement la gâchette, trépigner d’impatience à l’idée de se délivrer enfin de la tentation sordide. La sorcière en mène de moins en moins large, commence à prendre au sérieux la menace. Il porte en lui la détermination de celui qui n’a absolument plus rien à perdre. A part son temps, qu’il gaspille en futilités en lui octroyant le droit de parler et de provoquer ses vils instincts. La déglutition lui égratigne la gorge, fait remonter des relents acides jusqu’à son palais. Elle ne veut pas mourir à nouveau fusillée par un fou furieux, si stupidement. Pas encore à cause de son amant. « - Tu comptes m’exploser la cervelle ? T’as décidé de prendre exemple sur celui qui t’a arrachée ta femme ? Aussi lâchement ? T’as pas plus de fierté que ça ? » Le terme possessif s’extirpe naturellement de ses lèvres, sans filtre. Elle aurait pu utiliser d’autres, choisir celui plus incestueux de cousine, mais l’instinct a opté pour le plus fidèle. Elle n’en mesure qu’à moitié les risques, sait que parler de Cora peut le faire tiquer comme l’énerver davantage. Le timbre grave de sa voix s’émiette, moins suffisant qu’auparavant. « - Je ne me souviens pourtant pas de te les avoir coupées durant une de tes multiples opérations mais tu passes tellement de temps à te les tripoter, elles ont peut être fini par tomber... » Un simulacre d’humour noir pour faire disparaitre l’angoisse qui lui déchire les entrailles. Elle cherche du regard une issue, avec la sensation qu’il n’hésitera pas à lui trouer le corps au moindre mouvement brusque. A la première tentative pour s’échapper. « - Tu ne pourrais pas faire quoi que ce soit de plus stupide. Et tu t’en rendras compte à l’instant même où tu appuieras sur la détente. » Tente t’elle, suppliante. Les traits plus doux que le masque de givre qu’elle lui a offert jusqu’ici. La déchéance de l’un entrainera celle de son double, c’est ainsi que sa création a été conçue. Elle se sent trop fébrile pour lui envoyer une décharge électrique, redoute une balle perdue. Elle ne fait pas confiance à ses dons non plus, au niveau le plus bas depuis son changement d’enveloppe. Des années de pratique gâchées par une sphère d’acier dans le crâne. La manipulatrice ne peut que jouer sur les intonations, essayer de se montrer persuasive pour qu’il lui laisse le bénéfice du doute. Prenne enfin conscience des nuances dans le comportement de la chirurgienne. Des petites anomalies qui la rapprochent davantage de l’italienne incendiaire que de l’iceberg vivant.

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MessageSujet: Re: Dying to live (.nym)   Mer 6 Juil - 20:31


Elle crache son venin comme on balance son linge sale. L’accable de ses piques acerbes pour mieux lui déchirer les nerfs. Il a la patience qui s’effrite, commence à se dire que c’était une erreur que de venir ici. Seul. Un autre aurait dû s’occuper de ce coin-là, n’importe qui, mais pas lui. Elle provoque, et l’attitude lui rappelle affreusement celle de sa cousine. Cette habitude dérangeante qu’elle avait de le pousser dans ses limites, dès le début de leur existence. Le sarcasme ancré dans les veines, dans le sang comme pour mieux les détruire de l’intérieur. La ressemblance malvenue le dérange, fait se tordre ses pauvres entrailles pour lui coller mal au bide et lui chatouiller le gosier. Nerveuse, sa jambe se met en mouvement de son propre chef, s’agite sous le joug d’un doute qui se presse contre son pauvre cerveau. Ce n’est qu’un morceau de vent, une brise qui lui caresse les neurones pour se voir aussi chassée. Parce que c’est stupide. Que son horreur pour la magie l’empêche de chercher plus loin. Quand il sait qu’un changement de corps est possible, Joan en est la preuve. Il a encore tellement du mal à croire qu’une de ses cousines se trouve enfermée dans le corps de sa camionneuse favorite qu’imaginer Anna dans une autre, c’est au-dessus de ses forces. Parce qu’il la déteste, la chirurgienne. Sans demi-mesure, de tous les restants de son âme fracassée. En l’envoyant en prison, elle a piétiné les derniers morceaux de ce désir puant qui pouvait stagner dans son bas-ventre. Elle s’est rendue ignoble à ses yeux, détestable. Juste bonne à être jetée et oubliée.

« - Seulement dans ceux qu'ils jugeaient trop suspect. Le squattage de canapé est un supplément, j'allais pas faire le poireau à côté de ton porte-manteau jusqu'à ce que tu daignes ramener tes fesses à la maison. » Il balaye l’air de ses doigts, désigne un coin près de la porte. L’ombre là où s’était terré son clébard pleurnichard. Personne lui avait demandé de venir là, l’initiative venue de son cerveau en déroute. De ce besoin pressant qui lui dévorait le bide. La sensation de marcher près du vide le rendait fou, et la seule solution qu’il a trouvé pour être tranquille, c’était de la supprimer. Son cauchemar, sa belle salope. Il s’efforce de se dire depuis sa sortie de prison, qu’il sera mieux sans elle. Que le vulgaire transfert qu’il s’est amusé à faire n’était qu’une lubie de passage. La chirurgienne n’a après tout, rien à voir avec sa cousine. A peine une pâle copie, qui ne parvient même pas à la cheville de l’originale. Alors qu’il y repense, le chagrin vient s’apposer dans le noir de ses pupilles. Il embrume les sens et la raison, et pendant un instant, Stain se défait. Il fond comme cette neige qu’il affectionne tant sous le soleil brûlant. Se perd dans sa douleur et la laisse lui déchirer la gorge. Il exalte le mal dans un soupir rêche, racle les chairs abîmées pour essayer d’en décoller la couche de crasse qui manque de l’asphyxier à chaque fois qu’il y pense un peu trop. « - Tes sources sont fausses, elles t'ont raconté n'importe quoi. » Les traits du loup se cisaillent sous l’injure et il crache son venin, l’accompagne d’une œillade noire qui dissipe le trouble. La proximité l’insupporte, fait courir des frissons de répulsion contre la pulpe de ses doigts en contact avec la peau de porcelaine. Un sourire s’esquisse sur les lippes du fauve, dévoile les canines et l’amusement se fait de façade dans son regard. « - Ca t'aurait tellement fait plaisir d'être là. D'admirer ma chute, et de t'en lécher les doigts. » Souffle-t-il avant de la repousser sans vergogne. S’éloigner pour éviter cette chute qui se rapproche dangereusement de ses pieds fatigués. Il chancèle près du gouffre de sa volonté, et les phalanges contre le revolver ne sont que la preuve des tourments qui l’habitent. « - Ils savent se montrer plus démonstratif que les putes du grand nord. Il y a plus de matière à exploiter, tu vois. » Il se veut désinvolte dans ses paroles mais le froid incrusté dans son timbre jure affreusement. La blessure du mâle, encore purulente et sanglante. Cette honte qui se colle à sa peau et lui tire les nerfs à chaque fois qu’il y repense. Il en frissonne, comme si la température de la pièce avait violemment baissé. Le vers qui rampe au pied du corbeau dans l’espoir de ne pas se faire dévorer. L’opprobre à son plus haut, et elle le lui crache à la gueule sans pudeur. Sans le savoir, elle vient d’unifier sa raison et sa déraison. D’apposer un point final à son hésitation. Lui balancer ce qu’il a été contraint de faire, et mentionner Cora, les deux éléments incompatibles qui précipitent la chute.

« - J'en ai plus, grâce à toi. Elle a été enterré à mon entrée en taule, quand j'ai du plier le genou devant la pire merde de ce trou pour ne pas me faire fracasser par des types que j'ai moi-même foutu derrière les barreaux. Ma fierté, elle est aussi morte que ma femme. » Blessé jusqu’à la moelle, le timbre vibre. S’écorche contre les récifs de sa douleur et de sa haine. La main tremble, et contre toute attente, le soldat cesse de jouer avec son arme et la range dans son holster. Il déplie et referme ses phalanges, concentré dans la contemplation de ce petit manège comme si cela parviendrait à apaiser les tremblements qui lui ravagent la main. « - Tu ne mérites rien de mieux que la lâcheté et les coups en douce. Personne te pleurera, même pas ton délicat frangin. Pauvre Eamon, il vivra mieux sans toi. » Il le lâche dans un souffle. Vidé, à peine un murmure. Comme si elle ne devait pas l’entendre. Le poing se refermer brusquement, tremblotte encore un peu alors que le loup fait doucement volte-face. Il hausse une épaule, comme s’il venait de trouver la réponse à une question silencieuse venue se glisser dans son cerveau en ébullition. Ses pas raclent le sol alors qu’il se rapproche de la sorcière, dévient légèrement pour donner l’illusion qu’il s’apprêter à quitter la pièce. La laisser seule avec son ombre et ses relents d’alcool. Il y pense, pendant une fraction de seconde et se ravise au dernier instant. Le corps du fauve se tend, il se heurte les hanches contre celles de la chirurgienne, la force à reculer tandis que ses doigts s’enroulent autour de sa gorge avec hargne. Il agrippe la trachée de sa main valide, écroue les chairs dans un étau de fer. « - Il serait temps que tu apprennes à fermer ta gueule. Ca te donne l'impression de dominer ton monde, de le rabaisser sans arrêt ? Tu te sens si peu sûre de toi que t'es obligée de jouer des nichons et des paroles acerbes pour qu'on te respecte, c'est ça en fait ? » Les réponses sont dérisoires, questions rhétoriques crachées sous le coup de la haine. Dans une secousse assassine, Stain laisse sa main morte rejoindre sa jumelle et resserre sa prise. La priver d’air jusqu’à ce que sa jolie figure change de couleur. Il veut la voir se débattre, lui griffer les bras avec la folie du désespoir dans ses yeux pâles. Qu’elle lutte pour sa vie misérable. Et qu’elle ne devienne rien de plus qu’une pauvre poupée de chiffon entre ses doigts, pour qu’il admirer son corps venir se fracasser contre le sol.

« - Je te déteste, chérie… Putain si tu savais combien je te hais. » Il le murmure tout contre son visage, l’ébauche d’un sourire sadique sur ses lèvres et l’éclat assassin du fauve affolé par l’odeur du sang dans la pupille. Les hanches se coulent contre celles de la sorcière, l’effleurement des corps pour mieux griser celui du soldat. Laisser passer les frissons de la mort d’une carcasse à l’autre jusqu’à les changer en tremblements d’un plaisir fourbe. Il exulte, les reins en feu, l’excitation de la vengeance prête à trouver sa finalité. Les ombres de son supplice en prison s’effaçant à mesure qu’il La sent faiblir sous ses doigts. Et plus il s’enlise dans sa frénésie assassine, plus le loup hurle sous la peau. L’avertissement du fauve qui sent sa fin aussi proche que celle de la sorcière. La plainte déchirante que l’homme refuse d’entendre, lui qui se borne dans sa haine, l’attachement piétiné et abandonné quelque part derrière les barreaux de sa cellule dégueulasse. Qu’elle crève c’est tout ce à quoi son pauvre neurone peut penser en ce moment. Alors pour conférer à cette idée plus de force, il agrippe avec encore plus de hargne sa pauvre proie, laisse ses ongles s’enfoncer dans la peau jusqu’à sentir les effluves ferreuses du sang. L’instinct de mort contenu dans cette odeur toute simple, celle qui fait se tordre ses entrailles jusqu’à lui coller mal au ventre.

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MessageSujet: Re: Dying to live (.nym)   Jeu 14 Juil - 15:08

(Dialogues en italique = italien)

Appuyer là où ça fait le plus mal et regarder les plaies déborder, y jeter de l’acide et les admirer s’enflammer. Ils ne savent rien faire d’autre, seulement se déchirer, se haïr à en crever. Ils ne prennent même plus la peine de recoudre les blessures. A quoi bon, quand ils savent qu’elles seront aussitôt réouvertes par leurs crocs acérés ? Qu’ils arracheront toujours la croute avant que le sang n’ait pu pleinement coaguler, avant que les entailles n’aient pu cicatriser. Ils ne font plus cet effort, chacun pour des raisons différentes. Elle parce qu’elle estime qu’il n’a pas encore assez trimé. Lui parce qu’il ne voit en elle qu’une vulgaire étrangère. Une séduisante sadique juste bonne à assouvir des pulsions sordides avant d’être jetée. Une obsession malsaine. Elle ne représente que ça depuis le début. Une plastique avantageuse et un esprit aussi dérangé que le Sien. Une catin dangereuse à laquelle il aurait certainement continué de se frotter si elle ne l’avait pas remercié en l’envoyant croupir derrière des barreaux. Elle sent qu’elle n’a pas écorché le dépravé à moitié, le chagrin qui l’habite fait trembler ses cordes vocales, remue ses propres viscères. Sa peine la touche plus qu’elle ne voudrait, elle l’affaiblit. Mais la mention de son frère vient balayer la compassion, en extermine la moindre miette. Il ne méritait pas de payer pour les erreurs d’un autre, de subir la même punition. Elle sait combien l’ainé des irlandais doit d’ailleurs la blâmer pour ça, en plus de la maudire pour son inexplicable silence.

Le tueur baisse son arme, mais le soulagement ne l’étreint pas pour autant. Elle ne soufflera pas tant qu’il ne sera pas sorti de la pièce. La respiration en apnée, elle devine que le milicien n’en a pas fini avec elle. Le prédateur se contente de jouer avec sa proie, de lui laisser croire qu’il bat en retraite pour mieux la piéger. Le bruit grinçant des pas contre le plancher la fait frémir d’anxiété, au point qu’elle ne prend pas la peine de répliquer à ses railleries odieuses. Elle ne peut de toute manière pas le détromper. Elle pensait valoir mieux que la chirurgienne, mais elle n’avait apporté que plus d’atrocités encore dans la vie d’Eamon. Elle disparaitra en ne laissant qu’une pointe d’amertume dans la mémoire de ceux qui se sont heurtés à son cœur de glace. Le soldat fait mine de quitter la pièce, tente une ruse qui ne la laisse pas dupe. Elle sait qu’il n’en a pas fini avec elle, qu’il n’existe plus aucune machine arrière. Elle le sait, mais elle ne parvient pourtant pas à réagir, à s’éloigner. Comme paralysée. Le corps svelte se fige, pendant que les battements de son myocarde s’affolent, cognent jusque dans sa tête. La violence inouïe du fauve lui fait échapper un cri strident, étouffé par la poigne d’acier qui enserre sa gorge. Les répliques ignobles lui vrillent le crâne, se tordent, s’emmêlent. Elles s’enfoncent dans son cerveau, le martèlent, se brouillent à mesure qu’il l’étrangle. La douleur la harcèle en continu, la transperce si fort qu’elle se sent quasiment tourner de l’œil. La furie se débat pourtant, de toutes ses forces, avec l’énergie du désespoir. Les griffes se tassent dans la chair, mais le loup renforce encore davantage sa prise. Les ongles raclent la peau fragile du cou, y tracent des sillons pourpres. Comme des serpents plantant leurs crochets empoisonnés dans de la viande froide. L’odeur métallique s’incruste dans les narines, refuse de s’en déloger. Elle le sent jubiler, fier de sa barbarie. Les frissons de jouissance et de haine passent d’une enveloppe à l’autre, se plaquent contre ses courbes sulfureuses. L’oxygène se raréfie, ses jambes se muent en coton. Les poumons meurtris exigent de l’air. La lutte inégale l’épuise, la vide littéralement. Elle glisse presque contre le mur, juste retenue par la hargne de son ancien amant.

Le sourire qui balafre son visage est abject, empli de la folie incurable et invasive qui lui dévore les tripes. Celle qu’elle renforce en se débattant, qui alimente tout le ressentiment qu’il peut éprouver à son égard. Il ne s’arrêtera pas avant de l’avoir tuée, alors dans un hoquet de terreur, elle cède. « - Ez… Ezio… Arrête ça… » Elle lâche la seule vérité qui pourrait l’empêcher de la détruire. L’en dissuader au moins le temps de s’écarter. La langue maternelle qu’il prétend ne plus connaitre s’extirpe de ses lippes sans qu’elle s’en aperçoive, mécaniquement. « - Je…suis… je suis Anna. » Ce n’est qu’un pauvre murmure, suffisant néanmoins pour qu’il lâche légèrement prise. Elle en profite pour le repousser et s’écroule d’un bloc à la seconde où son poids ne repose plus contre ses guiboles. Sa piteuse carcasse se brise en mille morceaux contre le sol. Elle sent encore les phalanges de fer entamer sauvagement la chair de sa jugulaire. Elle tousse, crache, tiraillée de spasmes. Utilise ses maigres ressources pour envoyer à l’italien une redoutable décharge électrique, et éviter ainsi qu’il ne revienne à la charge. Des trainées violacées parsèment son épiderme, y resteront incrustées plusieurs semaines si elle survit. Elle reste ainsi de longues minutes, face contre terre, ravagée par les tremblements de peur. Tétanisée. Traumatisée. A l’intérieur, toutes les barrières s’effondrent. Son palpitant semble vouloir se décrocher de sa poitrine à chaque inspiration. Il bat à lui crever les tympans. Les perles de souffrance ont roulé sur ses joues sans qu’elle puisse les retenir et les boucles de jais s’y noient. Ce qui n’était qu’une plainte silencieuse se mue en gros sanglots nerveux. Elle hoquète de terreur, claque des dents sans parvenir à s’arrêter. L’image pitoyable qu’elle lui renvoie lui fait aussi mal que les blessures physiques qu’il vient de lui infliger. Celles qui la renvoient des siècles en arrière, quand son mari la battait parfois jusqu’à lui faire perdre connaissance. Son affection pour Lui se désagrège, s’émiette en milliards de fines particules tranchantes.

Une quinte de toux lacère sa trachée aride quand elle tente de reprendre la parole. La sorcière se redresse pour coller son échine contre le mur à défaut d’être en mesure de tenir debout sur ses deux pieds. « - De…depuis… le… début. » Sa voix est horriblement rauque, déformée par le calvaire qu’elle vient d’endurer. Plus grave et basse que jamais. Elle attend un moment supplémentaire, ravale péniblement sa salive. Les prunelles brillantes de larmes se posent sur l’enveloppe du rustre, longent les muscles secs jusqu’à atteindre les billes noires comme jamais. Elle les fixe avec aplomb, désireuse qu’il les baisse de honte. «- Sur cette putain de rambarde, et encore après. Quand tes pattes crades n’arrêtaient pas d’aller et venir. Quand t’as rien trouvé de mieux que de la sauter dans ma propre maison. Me demande pas comment, je sais pas. » Le ton reste ébréché. Elle devrait se taire, ne pas abimer stupidement ses cordes vocales. Mais elle a des mois de mutisme à rattraper. Des mois à mentir, à se rendre malade en laissant pourrir tous les reproches qu’elle rêvait de lui lancer. « - Tu faisais ça Ezio ? Tu faisais ça souvent quand j’étais pas là ? Tu te tapais les putes du grand nord avant de venir salir les cuisses que j’étais assez conne pour t’ouvrir ? C’était quoi, un petit entrainement pour bander plus longtemps ? » Les questions rhétoriques lui arrachent le cœur. Les débris roulent, s'enroulent. S’entrechoquent au creux de sa cage thoracique. « - Rafael m’a tout dit juste avant de tirer. Comment t’avais tué Gemma, comment tu l’avais nargué ensuite. Ah tu t’en es pas vanté devant moi par contre. » Un rire nerveux l’agite, lui donne l’allure d’une poupée désarticulée, inquiétante, démoniaque. « - Alors non t’as raison, on est pas quittes. J’aurais préféré me mettre à genoux devant une sale brute pendant des mois, et que ma sœur soit encore là. Ça m’aurait pas tellement changé de mes habitudes avec toi d’ailleurs et je doute que ça ait tellement bouleversé les tiennes. Te soumettre dans des pièces glauques, ça a pas toujours été ce que tu préférais ? » La harpie se traine à quatre pattes jusqu’à son bourreau, trop faible pour le surplomber de toute sa hauteur. Elle lui assène une nouvelle décharge, pour s’assurer qu’il comprenne. Qu’il s’abstienne de retenter le diable. Ses doigts tremblants s’agrippent à ses boucles brunes, à sa nuque, pour envoyer sa figure se percuter contre les lattes ensanglantées. Avec toute la rage qui incendie ses veines, qui bouillonne et se démultiplie. « - Qu’est ce qui se passe chéri, ça t’excite moins les salopes qui te rendent la monnaie de ta pièce ? » Souffle-t-elle dans son oreille, la maitresse profitant allègrement de son autorité retrouvée sur sa bestiole indisciplinée. Le ton se veut moqueur, sensuel, mais il est trop endommagé pour faire cet effet. Les notes ressemblent à une symphonie hachée, grinçante, morcelée. A la partition ratée de leur union enterrée. « - J’avais plus que toi, j’avais confiance en toi. » Un hoquet d’affliction secoue son buste et elle rompt finalement tout contact, se laisse choir sur le dos près de l’amant maudit. Qu’Il la croit ou non n’a pas grande importance. Ce qu’elle a dit a surement été suffisant pour semer le doute dans les méandres de sa cervelle détraquée.

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MessageSujet: Re: Dying to live (.nym)   Sam 16 Juil - 21:34


Il a la mort en ligne de mire. L’envie sourdre d’en finir et de peut-être pouvoir reprendre sa vie là où il l’a laissé. Même s’il sait pertinemment qu’il manquera toujours quelque chose. Le plus important, ce truc qui est censé se trouver à la place du vide qui lui bouffe la poitrine. Ce que sa cousine a emporté avec elle quand l’autre con a eu la bonne idée d’appuyer sur la détente. C’est parce qu’il n’a plus ses repères que Stain se raccroche à sa violence. Celle qu’il s’est efforcé de combattre durant toute sa première existence, et pendant un début de la seconde. Parce qu’elle est la seule qui le maintien en vie. Elle a baptisé sa venue au monde, elle sera la dernière qui l’accompagnera le jour où on le rangera dans une boite. Le corps mort fracassé par une vie d’excès. Il souffle et dans sa colère, serre plus fort. Elle lutte et se débat, attise les braises de sa folie et le pousse à s’enliser plus encore dans sa folie meurtrière. La terreur dans les pupilles, le corps qui se fait fragile et menace de rompre. L’assassin a appris à reconnaître l’arrivée de la mort, à la lire dans les yeux de ses victimes. La chirurgienne flanche et se rapproche dangereusement de cette ligne. Quelques pauvres secondes de plus et son enfer prendra fin. Le hoquet de terreur qui brise le silence lui déchire le corps. L’italien se crache contre ses tympans, transperce le cerveau et le cœur. Il en râle de douleur, et les pupilles se rétractent sous le joug de la stupeur.  Elle ne peut pas connaître son prénom, le vrai, celui qui l’a forgé sept siècles plus tôt. Et lorsque le surnom de sa cousine vient crever à ses pieds, Stain lâche doucement prise. Le cœur battant à tout rompre, la folie dans ses veines remplacée par le venin d’une surprise déroutante. C’est tout un arsenal de contradiction qui se presse sous sa peau. L’incompréhension, le déni, la douleur. Le chagrin qui lui revient dans la gueule, le deuil qu’il n’a jamais vraiment réussi à surpasser. Sa solitude qui éclate. Elle le repousse et lui chancèle sur ses pattes soudain trop frêles pour le supporter. L’illusion de la douleur ne fait que l’écraser plus encore et les genoux cèdent. Viennent se démolir contre le plancher. Ses paumes s’y abiment, tremblent contre le bois tout comme le reste de sa piteuse carcasse.

« - C’est une mauvaise blague, c’est quoi, un nouveau tour à la con pour me faire payer ma sortie de taule ? » Il le crache dans le silence, profite de la faiblesse de la chirurgienne avant qu’Elle ne reprenne. Les paroles glacent son sang, il peut le sentir qui se fige dans ses veines. Il alourdit le réseau fragile et prive le cœur de matière première. La mécanique bute, chute et tente de repartir. Le manège lui fait affreusement mal, c’est un poignard qui s’enfonce dans la chair à mesure que le silence se brise devant Ses paroles. Les questions crues pour exposer les vices dans lesquels il se vautre sans demi-mesure. Dépeindre un portait ignoble qui lui filerait la gerbe si tout son système ne s’était pas mis en pause. Le changeur a le corps en friche, l’homme qui lutte face au loup pour garder le contrôle. Le contre coup du retour supposé de sa créatrice éveille le fauve qui ne demande qu’à sortir. Stain râle, laisse s’échapper une plainte de douleur rauque et la carcasse s’affaisse. Les épaules brisées par la tension qui s’y amasse, le crâne déchiré en deux et les larmes aux coins des yeux. Il ne parvient pas à faire le vide. Parce qu’une part de lui refuse encore d’y croire. L’impossible réalité. Pas deux fois. Il a fini par se faire une raison et accepter l’étrange retour à la vie de Chiara. Précieuse, sa délicieuse emmerdeuse qui abrite sous sa peau de camionneuse l’âme de sa cousine. Il l’a accepté parce qu’au fond, il apprécie la milicienne. Sa haine envers Nymeria bride sa raison, enferme son cœur dans un étau de ronces et d’épines. Un nouveau soupir s’échappe de sa trachée asséchée, et il secoue la tête. Tressaille malgré lui lorsqu’elle s’approche et encaisse le heurt qui vient lui fracasser le crâne dans un râle de douleur. Le sang contre l’arcade explosée, le sillon vermeil qui souligne les traits démolis. Par réflexe ses doigts cherchent ceux de la sorcière, s’y agrippent avec la faiblesse d’un désespoir envahissant. Le venin qu’Elle distille contre ses tympans lui fait affreusement mal. Privés d’air, les poumons de plomb, Stain suffoque. Ses dernières forces soufflées par la révélation. L’énergie de sa haine s’est envolée et le laisse vide. Le corps fatigué tremble et s’étiole.

 « - Tu ne… » Sa voix tremble dans le silence, ravagée par les tourments qui le brise. « - Tu ne peux pas être là… Comment tu… » Il ne veut pas savoir, s’en fiche. Ca le dépasse ces histoires de malédiction, réincarnation et tout le bazar qui accompagnent l’existence des sorciers et leur magie. Il a été façonné pour les détester, les traquer et les éliminer. L’ancien religieux a appris à vivre avec le fauve dans son ventre, à l’aimer pour tout ce qu’il représente, mais le reste le met toujours autant mal à l’aise. Sur le plancher salit par son sang, le loup se traîne, s’éloigne du corps de la chirurgienne. Comme si son simple contact parvenait à le dégoûter. C’est un peu le cas au fond, parce qu’il n’a de cesse de voir les horreurs qu’il lui a fait subir. Ce comportement ignoble qui est devenu le sien. Il a violé sa cousine. Sa chair et son sang, celle qui le hante et le dévore depuis qu’il a été en âge de comprendre le sens du verbe aimer. Conjugué au mauvais temps, à leur manière, mais aussi fort que pour n’importe qui d’autre. L’épaule contre le sofa, il s’y appui pour ne pas rester amorphe sur le sol. Les paupières battent au rythme de son cœur affolé, un rempart pour lui éviter de poser les yeux sur la sordide vérité. Dans les méandres de son pauvre cerveau, un bout de ses neurones refuse d’y croire encore totalement. C’est trop énorme pour être possible. Si je crève, je vais me réincarner en ministre taré ? En éboueur ? C’est de famille en fait c’est ça ? La conversation se fait entre ses temps, sous le raffut du sang qui se brise contre les os. Putain ça fait mal, il pensait avoir tout encaissé. Se croyait prêt à tout supporter. Tout mais pas ça. Un rire amer, nerveux s’extirpe de ses lèvres alors qu’il laisse sa main morte venir se perdre dans sa tignasse. « - Tu m’as empoisonné… Pour me buter comme ton imbécile de mari. Pour la venger tu as été jusqu’à m’empoisonner… » Il le lâche dans un souffle, empreint de cet amusement froid et de façade. L’italien aurait dû s’en rendre compte, valider le doute pour en faire une vérité. Sa mort sur le lino pourri de la prison n’était pas un hasard. Certainement pas dû à sa pitoyable tentative de suicide foirée. Mais bien à l’action d’une empoisonneuse experte dans l’exercice.

Se prendre dans la gueule tout ce qu’il croyait ne jamais entendre. La désolation de la sorcière lui brise le cœur mais il n’a pas la force de s’approcher. Une part de lui n’en a pas envie. S’il est devenu l’assassin de la sœur aînée, elle a été sa perte. Sa destruction, accumulant les bavures comme il a pu le faire, quand il La croyait bien plus digne. Le vulgaire et l’impensable. La douleur qui lui éclate dans le cœur, le chagrin dans la gorge et accroché aux cils. Le détachement sur ses traits tirés. Il l’aime, encore, plus que jamais. Il crèverait pour elle, si elle venait à lui demander, il le ferait certainement. Mais quelque chose s’est brisé. C’est une étrangère que ses pupilles acceptent enfin de regarder.  Elles scrutent et analysent, cherchent les ressemblances mais ne perçoivent que les traits de glace de la chirurgienne. Le gouffre qu’elle a laissé dans son vide et dans les méandres de son âme déchirée. Il n’est plus qu’un loup solitaire, privé de sa créatrice même si elle prétend respirer à nouveau le même air que lui. Avec peine, Stain se relève, le sang affluant brusquement entre ses tempes et manquant de le faire vaciller. L’inspiration se fait difficilement et se vide dans un soupir. « - J’ai toujours eu que toi. Je l’ai tué avant qu’elle ne me bute. Elle l’aurait fait, depuis le début, elle s’est échinée à t’éloigner de moi. Je te l’ai pas dis, parce que je savais que tu me laisserais. Ton con de cousin, indigne de ta classe et ta droiture. J’ai jamais prétendu au titre du petit copain de l’année, tu savais dans quoi tu t’engageais. Tu savais mais t’en avais rien à foutre. T’as souffert ? Moi aussi. La différence c’est que j’ai jamais cherché à te détruire. T’as réussi Anna, tu l’as buté ton loup. » Il ne cherche pas à l’écraser du poids d’un regard qui vacille. Stain vide son cœur, ou ce qu’il en reste. Assume le meurtre de Gemma, ses vices et ses déviances. A armes égales, Elle vient pourtant de le dépasser. Passez un tour et allez directement à la case prison, c’est ça qui a tout foutu en l’air. La blessure ouverte et purulente, l’hémorragie qui ne cesse pas depuis qu’il est sorti. La peur au ventre et la honte collée à la peau. Il L’aime, mais il se sent trop abîmé pour rester  droit devant Elle. Il n’est pas prêt à encaisser la nouvelle, celle qui le prive d’air et fait vaciller son misérable palpitant. « - Tu te sens mieux ? Ca te fait plaisir de savoir que toi aussi, t’as participé à notre chute ? Considère-moi comme le connard du duo, mais je suis pas seul cette fois. » Il a conscience d’être en train de tout foutre en l’air. Mais il ne parvient pas à se la fermer. Les mots s’échappent et il ne fait rien pour les retenir. Alors comme pour arrêter le carnage, Stain se dirige vers la porte qu’il ouvre après une infime hésitation. « - Il n’y avait que toi et tu le sais. » Il se moque de savoir s’il s’adresse à Nymeria ou à Cora. Perdu, écartelé entre les voix qui se hurlent dessus dans son crâne. L’aveu n’attend pas de réponse, le soldat est déjà dehors, la porte se referme sur la trace de sa présence. Il ne court pas dans le couloir, mais c’est tout comme. Parcourant à grandes enjambées le tunnel désert, la rage au ventre, la peine en nœud dans la gorge. Il renifle, passe la manche de son uniforme sur sa tronche pour effacer au mieux le sang qui lui grignote la peau. Se racheter une tronche pour éviter d’attirer les questions de ses co-équipiers. Ranger la rencontre dans un coin de sa pauvre tête, laisser la migraine la bousiller pour y repenser plus tard. Quand ses angoisses le tiendront éveillé.

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