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  Simple chance (PV Cailloux)

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MessageSujet: Simple chance (PV Cailloux)   Sam 28 Mai - 19:47

« Maîtreeeeesse ? »

Certains jours, je me demande où j'ai bien pu aller chercher ma vocation. J'ai fait pas mal de ratées dans ma vie, et beaucoup de connerie. Devenir prof est sans doute l'une des plus belles. Enfin non, pas à l'époque où je l'ai pondu. Parce que le travail consistait alors à expliquer à des plus jeunes, le fonctionnement d'un monde merdique certes, mais qui restait dans la normalité. Aujourd'hui, il s'agit plutôt d'essayer de donner une cohérence au bordel actuel. Répondre sans réponses. Le job de ma vie.

« Maîtresse ? »

Non ?

« Ma maman, elle m'a dit que l'Amérique ça existait plus ...»

Oh ça sent mauvais ça.

« Alors pourquoi on doit quand même apprendre le nom des états ? »

S'il vous plaît non.

« Moi aussi, ma maman, elle a dit que ça servait à rien. »

Elle est conne ta maman, mon enfant.

« On pourrait aller jouer dehors plutôt ? »

Han t'es malin toi. Bon...

« Bah les enfants, c'est important de savoir ce qu'il y avait avant, ce n'est parce que certaines choses ont disparu qu'elles ne peuvent plus exister. Il faut toujours s'appuyer de notre passé pour construire le futur. Vous comprenez ? »

Hochement de tête enfantin. Sauvée ! Pour parler franchement, j'en ai pas grand chose à faire des états d'Amérique moi non plus. Mais… c'était dans le programme. Enfin celui que je m'étais crée pour tenir le cap.

Parce qu'il faut savoir une chose. J'avais eu mon diplôme pour enseigner à des gamins de maternelle. Donc faire apprendre que le canard cancane et que la vache meugle, c'est une chose. Expliquer que « mince alors... le président des États-Unis est mort assassiné » à des élémentaires c’en était une autre. J'avais signé pour faire des spirales sur des cahiers de coloriage, pas pour parler de guerre et de mort.

Ce fut donc en plein débat géopolitique qu'un énorme fracas retentit dans le couloir. Une sorte de grondement, suivi d'un dégringolade. Toutes les têtes blondes devant moi sursautèrent de concert. Qu'est-ce que c'était que ça encore ? La panique précéda presque aussitôt à l'étonnement et les pleurs et les cris fusèrent.

« Maitresse qu'est-ce, c'est ? » « Je veux ma maman ! » « Maitreeesse »

Non de non. Le destin n'avait décidemment aucun respect pour mes nerfs.

« Calmez-vous ! Tout le monde reste calme ! »

Silence.

« Rien de grave ne va vous arrivez. Tout le monde reste à sa table, je vais aller voir. Le premier qui bouge aura le droit d'être exclu immédiatement de ma classe. »

Contournant le meuble de cuisine qui me servait de bureau. Je me dirigeai vers le couloir. Des hordes d'enfants apeurés se tenaient à l'encadrement des portes, et tout au bout un tas de gravats, de bouts de plâtre et de poussière accumulés. Deux jambes gesticulaient coincées au milieu des débris. Cette école avait toujours été un vrai gruyère, mais jamais les murs ne nous étaient tombés dessus. Je rejoignis à grand pas ma collègue qui se tenait près de l'éboulement. Elle semblait parler aux jambes.

« Tout va bien ! On va vous tirer de là. Les pompiers arrivent ! »

La bonne blague. S'il y a bien un service à la Nouvelle-Orléans qui n'est pas connu pour sa rapidité, c'est bien celui des pompiers. Les maisons ont le temps de brûler et les gens de mourir avant qu'ils décident de se pointer. Ces jambes devaient être sauvées ! Et la personne à qui elles appartenaient aussi ! Je secouai la tête et m'approchai de la personne coincée sous les pierres. Tiens mais ces chaussures ...

« Henri  ?
- À l'aide !!
- On va vous sortir de là tenez bon ! »

Je tournai vers ma collègue.

« Il y a deux pelles dans le placard du bureau à côté de l'accueil ! Allons les chercher »

Après avoir descendu les marches quatre à quatre, et poussé une porte, nous arrivâmes dans l'entrée de l'école. Et alors que nous allions nous diriger vers le fameux rangement, deux silhouettes déboulèrent.

« Pompiers ! Où est le lieu de l'accident ? »

Il semblerait que dieu existe. Je tournai alors vers l'un des deux bonhommes et me figea. Soudainement des images défilèrent dans ma tête comme un film en accéléré. Voiture, cris, hurlement, silence. Yeux bleus, mine patibulaire, pleurs, alcool, deux corps se pressant l'un contre l'autre, regrets.

Je ne sais pas si vous savez ce que ça fait de rencontrer votre passé. Mais je peux vous dire que c'est un poil choquant.

« Camillia ? »

Doyle.

« C'est bien toi ?


« Bah, j'ai laissé mon clone au pressing, donc c'est bien moi oui. »

Décidément, il manquait plus que lui.
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MessageSujet: Re: Simple chance (PV Cailloux)   Dim 10 Juil - 20:30

« Doyle… ? » Le pompier tourne la tête vers son collègue qui lui tend une gourde. Sans répondre, il décline d’un sourire reconnaissant et laisse ses yeux se perdre sur le siège vide en face de lui. Deux gardes. C’était la deuxième garde où leur lieutenant était annoncé absent. Un mauvais virus a priori. Le pompier n’y croyait qu’à moitié, le plus handicapant de nos jours était l’assassinat ou la bonne vieille arrestation, pas les virus. A croire, même, que ces dernières étaient devenues plus rares. Comme s’ils avaient pris conscience que le monde était largement plus emmerdé par ailleurs. A moins que ce soit simplement les métabolismes qui se sont sacrément vite adaptés à d’autres préoccupations. Qu’importe, le fait est que le pompier ressentait de nouveau ce bout d’instinct mêlé à l’inquiétude qu’il n’offrait pourtant à personne depuis bien assez longtemps pour s’y être habitué. Ses poings se serrant, il eut du mal à desserrer la mâchoire lorsque le camion s’arrêta face à une école ayant subit bien plus qu’un typhon et une révolte. Un instant, son regard se perd sur la façade. Elle n’a rien de similaire à celle de son pire souvenir mais le simple fait qu’elle soit une école suffit largement à lui rappeler la fournaise et les hurlements dont celui de sa fille. Un de ses collègues frappe dans son dos et le pompier secoue la tête, enfile son casque et s’élance dans la cours en petite foulée. Deux femmes sortent alors du bâtiment. Un de ses hommes demande les lieux de l’accident, le second, juste derrière lui s’approche et parle avec l’une des femmes. « Bah, j'ai laissé mon clone au pressing, donc c'est bien moi oui. » L’ancien militaire ralentit, laisse échapper un sourire en passant près de la jeune femme puis se tourne vers le jeune Weller. D’un regard, lui demande de le suivre et il reprenne le chemin du bâtiment. « Le clone, venez avec nous, que s’est-il passé ? » Son ton se veut abordable mais implacable quant à la nécessité de réponse. A cet instant, il est loin de laisser un quelconque bout de conscience faire chemin en lui. La jeune femme peut alors poser un regard insistant et scandalisé sur le pompier, il s’en quart comme de l’an quarante. C’est donc l’une des deux femmes qui s’exprime dans son dos pendant qu’ils grimpent tous les marches 4*4. Avisant les gravats et les deux pieds en sortant, Callum lance un regard à ses collègues. « Ok, on se magne… Weller rejoint Petterson ramenez moi les buches et l’air comprimé. David, Parker et Fontaine, vérifiez les fissures dans les premières salles…. Et les instit’ reculez merci » D’un geste, il attrape sa radio, informe Petterson et demande à son équipe d’ambulancier de se ramener très rapidement. D’un hochement de tête avec Orféo, il s’approche de l’homme et retire les premiers gravats en jetant un œil au plafond. Sentant des regards sur lui, il se retourne et soupire, se redresse et se place devant la femme restée au même endroit.

« Vous n’avez pas des gnomes à surveiller par hasard ? Restez avec eux le temps qu’on libère cet homme s’il vous plait, on doit… » Orféo lui jette un sourire qui se transforme en grimace lorsqu’un autre bruit sourd se fait entendre. Pourquoi le sourire ? Surement parce que la politesse ne faisait pas parti du vocabulaire premier de Doyle et que l’entendre faire cet effort surhumain allait seulement de paire avec son nouveau (bien connu) rôle de lieutenant en remplacement. Qu’importe, Orféo saluait surement l’effort. Pourquoi la grimace ? Pour cette plaque qui s’écroule juste à côté de Doyle et du Clone. Par reflexe, le pompier la pousse en protégeant le visage de la femme. La plaque s’échouant en sol résonne un long moment encore après qu’il se soit reculé. Ses yeux se posent alors sur la plaque puis sur le plafond avant de revenir sur la jeune femme. C’est là qu’il fronce des sourcils et sur ce visage surpris, il dessine les traits d’un souvenir qu’il ne pensait ne jamais revivre. Elle est là, dans la voiture renversée à frapper contre la vitre. Aedan aussi, il est devant de l’autre côté, assommé. « ..Doyle… » Il secoue alors la tête et attrape sa radio. « Quoi ? » « On a pas les buches… un autre camion les a pris… » « Putain de … » Il secoue la tête, ordonne à ses deux collègues de ramener ce qu’ils trouvent pour faire levier puis se tourne vers Camillia. Il se force à ne pas détourner le regard et pose une main sur son épaule. « Ravi de te revoir, mais là trouve-moi vite des caisses, des jeux solides et épais pour qu’on puisse les caler sous les plaques les plus lourdes… VITE ! » S’en détournant enfin, il soupire et observe l’état du mur et du plafond. Là non plus, il ne le sent pas bien mieux. Dans une grimace, il reprend son aide auprès d’Orféo et retire les gravas rapidement.

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