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 Carley & Axl ♣ i've got nothing left to live for, got no reason yet to die

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MessageSujet: Carley & Axl ♣ i've got nothing left to live for, got no reason yet to die    Mar 31 Mai - 8:43

i've got nothing left to live for, got no reason yet to die
Son cœur battait à ses tympans et toutes les pilules du monde n’avaient pas réussi à diminuer cette douleur lancinante. Voir des patients était devenu difficile, pénible, voire impossible. Elle ne s’entendait plus parler et voyait les lèvres de ses patients se mouvoir sans qu’aucun son ne lui parvienne à la tête. Elle n’entendait que le son de son propre cœur qui battait la chamade, et elle ne ressentait que cette douleur qui ne voulait pas s’en aller. Elle était étourdie, fatiguée, et arrivait à peine à se tenir debout. Les infirmières commençaient à s’inquiéter, mais Carley faisait comme si elle n’entendait rien. Elle faisait le 16h à minuit, alors, elle ne rentrerait chez elle qu’à minuit. Ce qu’elle vivait n’était rien en comparaison des problèmes de ses patients. Un bras cassé, une rechute de cancer, une dépression, de la violence conjugale. Et des blessés. Des blessés, partout. Par balle, par griffe, par crocs, par des procédés dont Carley ignorait tout et ignorait surtout comment soigner. Être médecin en ces temps troublés pouvait être difficile. Bien loin étaient les jours où Carley soignait des grippes virulentes ainsi que des otites et des sinusites. Elle faisait plus de trauma que sa formation ne le lui avait appris. L’avantage d’être médecin généraliste, c’est que quand elle sentait que le cas qu’on lui soumettait était bien au-delà de ses capacités, elle pouvait le référer à un spécialiste.

Minuit sonne enfin. Carley s’assure que ses patients sont pris en charge, que la salle d’attente ne déborde pas, que sa paperasse est à jour. On lui assure que l’on n’a plus besoin d’elle, probablement pour la forcer à aller se coucher. Elle a une mine à faire peur, et elle entend distinctement les infirmières dire dans son dos, alors qu’elle se dirigeait vers la sortie, qu’elles ne l’avaient pas vue aussi fatiguée et aussi perdue depuis bien longtemps. C’était probablement vrai. Elle savait exactement ce dont elle avait besoin, mais savait aussi qu’elle ne pourrait pas accéder à la demande de son corps. Ce besoin lancinant se faisait sentir depuis quelques jours déjà, grandissant, devenant de plus en plus difficile à contrôler. Elle limitait systématiquement tous les contacts physiques qu’elle pouvait avoir avec ses patients, se soutirant aux examens physiques dès qu’elle en avait l’occasion. Lorsqu’elle devait les toucher, elle sentait son être se déchirer. La torture était devenue si intense qu’elle écopait désormais de migraines abrutissantes. Carley devait absolument se nourrir. Elle en était rendue là. Elle ne pouvait plus se soustraire à ces pulsions, à ce monstre qui la dévorait lentement de l’intérieur. Elle ressentait ce besoin dans chacune des cellules de son corps, qui tiraient, poussaient, tentaient de la convaincre, tentaient de prendre le contrôle de ses membres. Sauf qu’elle ne voulait pas se laisser faire ainsi.

Qui méritait que l’on aspire son énergie vitale, ses rêves ? Qui méritait un traitement aussi immonde ? Elle détestait bien des gens, mais elle ne souhaitait ce traitement à personne, même pas à Elias. Sauf que Carley savait que, si elle ne se nourrissait pas volontairement bientôt, elle n’arriverait plus à se contrôler. Sans contrôle, elle pourrait tuer quelqu’un, le vider de tout ce qui faisait de lui une personne, laisser un corps mort, une coquille vide, dans un coin sombre. Elle s’était déjà dit qu’elle pourrait utiliser cette abominable habileté à son avantage, en drainant les ministres et les membres du gouvernement. Cette idée, bien qu’alléchante, restait beaucoup trop cruelle pour elle. Elle devait pourtant se nourrir. C’était un fait, une vérité qui l’assenait chaque jour un peu plus fort. Bientôt, elle ne pourrait plus se contrôler et elle ferait du mal à Clementine. Elle lui donnerait un câlin, un soir, et la première chose qu’elle saurait, c’est qu’elle tiendrait le corps inanimé de sa fille dans ses bras. Elias et elle se méritaient, en fait : ils auraient chacun tué l’un de leurs enfants.

Carley sort de l’hôpital pour se rendre au parking. Il fait frisquet, ce soir, et elle sert son manteau contre elle. L’air frais apaise sa migraine, mais pas sa faim. Elle n’arrive pas à penser à autre chose. Elle débarre sa voiture automatique grâce à son démarreur à distance. Arrivée presque en retard à son quart de travail, elle était stationnée dans un recoin du stationnement. « Dr. Sullivan ! » La voix la fait sursauter, et elle se retourne brusquement, pour avoir un sourire faible. « M. Carter, bonsoir. » M. Carter était l’un de ses patients. Elle le suivait depuis de nombreuses années, car il souffrait du diabète. Celui-ci était cependant sous contrôle. « Que faites-vous à l’hôpital à cette heure ? Vous n’allez pas bien ? » Son patient continue à se rapprocher d’elle et, instinctivement, elle recule d’un pas. Elle se sent instable. Elle veut le drainer de son énergie. Elle en a besoin. Elle doit se nourrir. Elle veut se nourrir. Sa migraine reprend du terrain et son cœur bat la chamade. M. Carter se rapproche assez pour poser sa main sur son bras, dans un geste familier. « À vrai dire, je… » Sa phrase est rapidement perdue sous des gargouillis incompréhensibles. Hors de contrôle, oubliant qui elle était, Carley attrape ses deux avant-bras se se sent rapidement reprendre des forces. Son énergie coule en elle comme si elle buvait l’eau de la fontaine de Jouvence et elle se sent grande, forte, invincible. L’idée de le lâcher ne lui effleure même pas l’esprit. Elle en a juste besoin d’un peu plus. Juste encore un peu, pour se sentir enfin parfaitement rassasiée. Juste un peu plus…

On l’arrache à ce pauvre homme qu’elle était en train de drainer de toute son énergie. Elle gémit, en quémande encore. Elle a encore faim. C’est moins pire, mais elle n’est toujours pas complètement rassasiée. Carley reprend finalement ses esprits, recroquevillée sur le sol, tremblante. Elle s’assoit péniblement, traumatisée. Qu’avait-elle fait ? Comment avait-elle pu perdre le contrôle à ce point ? Elle voit, à quelques pas d’elle, un corps immobile. M. Carter. Elle s’élance vers lui, soit pour finir de le drainer ou pour s’assurer qu’il était toujours en vie, personne ne le saura vraiment. Carley sent qu’on l’arrête de derrière, que des bras la retienne par la taille. Elle s’effondre contre le torse de cet homme, qu’elle finit enfin par reconnaître en levant la tête. Axl. C’était si étrange, de les voir ainsi. D’habitude, les rôles étaient bien inversés. Elle avait toujours voulu être un roc, être immuable à ses yeux, être la bouée de sauvetage qu’il n’avait jamais eu, d’être la force tranquille qui pourrait le sortir de cette misère. Voilà qu’elle n’était plus l’ombre d’elle-même, perdue, brisée, effrayée.

« Est-ce qu’il… Est-ce que… Qu’est-ce que j’ai fait ? » chuchote-t-elle en regardant ses mains avec effroi.
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MessageSujet: Re: Carley & Axl ♣ i've got nothing left to live for, got no reason yet to die    Dim 12 Juin - 4:29



i've got nothing left to live for, got no reason yet to die

 
There's no monster inside you


Une simple balade. Une routine. J'avance et rapporte des papiers à l'hôpital. Il faut tout laisser en règle, montrer que tout va bien, encore et toujours. Ce calme plat, cette triste réalité, cette lenteur qui prend vie en moi. Je soupire, marche comme un corps sans vie, fais taire l'autre qui tente de me retourner la tête. Il est hors de question de tuer ce soir. Mais il est hors de question de sortir ce soir. Je déteste revenir dans cette endroit, tout me rappelle Vixen. Rien que l'odeur de l'hôpital, rien que le bâtiment. Et plus le temps passe, moins je veux me souvenir.

C'est sans doute les leçons du docteur Meadow, sans doute le temps qui fait les choses. Peut-être parce que je m'habitue à être moi, peu importe que l'autre soit de plus en plus là. Il y a aussi le corbeau, cet oiseau qui m'a choisi, ce dernier lien qui la maintient en vie. Peut-être que ça me suffit. Savoir qu'elle est en vie. Savoir qu'elle va bien, qu'elle n'a pas besoin de moi. J'extrapole, me rassure comme je peux et je l'entends rire. Les papiers tous signés, cette odeur que je veux tout faire pour quitter, je suis pressé de partir. Laisser tout ça derrière moi. Laisser les souvenirs, les pensées. La laisser. Parce que je ne veux plus y penser, je n'ai plus le courage d'y penser.
Je me fais du mal à continuer ce métier, ces occupations, sans être capable de les laisser. Parce que j'ai espoir qu'elle revienne, espoir qu'elle tienne à moi. Mais c'est stupide. Complètement stupide.

De toutes façons, elle m'a abandonné. Pourquoi perdre du temps à y penser.

Tais-toi. Je soupire et sors du bâtiment, attrape une cigarette et la coince entre mes dents. Le seul bruit du zippo qui m'éclaire m'accompagne alors que je me prépare à partir. Laisser un peu mes démons derrière moi, ne pas regarder sur les côtés et rentrer chez moi. Et pourtant, cette voix m'interpelle. Familière, bien trop connue pour être ignorée. Je détourne le regard et cherche sa provenance. Dans un sentiment particulier, une angoisse que je ne comprends pas, que je ne maîtrise pas. Comme si quelqu'un que j'aimais était en danger. Mais ce n'est pas possible. Pas ici. Il ne reste de toutes façons plus grand monde pour qui m'inquiéter. La seconde voix que j'entends m'est inconnu, mais le sentiment reste omniprésent. Alors je m'avance, fonce droit vers les bruits.

Dans les seuls bruits de mon battement de cœur qui devient une pulsation brûlante, j'en oublie la cigarette qui se consume entre mes doigts. Et la vision qui s'offre à moi me fait lâcher l'objet sans réfléchir. Peu importe la pénombre, peu importe la fatigue, je la reconnais, la reconnaîtrai entre mille. Dans un geste brusque, sans même prendre le temps de parler, j'arrache Carley de cet inconnu en l'attrapant par l'épaule. Elle lutte, force, tente de se rapprocher de lui à nouveau. Je la retiens, plus fort, serre mon emprise, peu importe les conséquences. Et finalement elle lâche prise, s'effondre. J'éloigne lentement mes bras alors que nos regards se croisent et finalement, elle parle. Sans une réponse, je romps tout contact et m'éloigne, juste assez pour m'approcher de l'homme sans la perdre de vue. Je la regarde, je sais ce que j'ai vu.

Je connais ce genre de gens. Vixen m'en a parlé, plus d'une fois. Je déglutis, observe l'homme complètement vidée de son énergie et m'avance suffisamment prêt de lui pour toucher son pouls. Faible, mais bien là, il restera juste un moment sonné. Un souffle de soulagement s'échappe de mes poumons, et de ce frisson glacé qui parcours mon échine je me retourne finalement vers elle. D'un geste doux, je la relève, lui attrape la main et tente de l'éloigner de la scène. Il ne faut pas qu'elle reste là, qu'on reste là. Je rallume une cigarette et alors que nous sommes dans la rue d'à côté, fais bien attention à tout ce qui nous entoure.

Mon premier réflexe est de demander d'une voix plus inquiète que je ne le voudrais. « Tu vas bien ? Carley, ça va ? » Je regarde ses mains, je regarde son corps. Son état, son regard. J'ai mal, je souffre pour elle. J'aspire de la fumée, me donne du courage. Elle a besoin de réponse. Je soupire et lui dis simplement. « Tout va bien, il ira bien. Ne t'en fais pas... » Ne t'en fais pas ? Vraiment ? Comment pouvais-je dire ça ? Qu'est-ce que j'en savais ? Et si elle en avait tué des tonnes avant lui ? Et si je n'avais pas été là les autres fois ? Les pensées qui me traversent l'esprit me font me perdre dans ses yeux un instant.

Pas elle, pas Carley. Pas cette femme si bienveillante, si douce. Pas cette femme avec le cœur sur la main qui est sans doute la seule raison restante pour laquelle je suis en vie. Je ne peux pas accepter ça, je ne veux pas qu'elle vive ça. Je passe une main sur mon visage, cherche de quoi dédramatiser, de quoi comprendre. De quoi l'aider.

Parce que pour une fois, je veux l'aider. Mes yeux embués, le cœur blessé, je ne perds pas ses yeux du regard et demande finalement. « Alors... tu... es... l'une d'eux... ? » Ma phrase peut paraître pleine de jugement. Elle ne l'est pas. Si ce que l'on m'a dit est vrai, alors elle a du souffrir le martyre, elle souffre encore. Cette idée m’écœure. « Je n'ai pas peur de toi, je veux juste comprendre. » J'éloigne mon regard, tourne les yeux un peu partout, vérifie que personne ne nous regarde ni ne nous entend, malgré notre discrétion, on ne sait jamais. Je soupire à nouveau et ajoute. « Carley, je veux t'aider... je marque une pause, et je finis par dire non sans une certaine appréhension, qu'est-ce que je peux faire pour toi ? »

« Vraiment... je ne veux pas te laisser comme ça... je peux pas Carley. Parle-moi. » Cette inversion des rôles est complètement étonnante tant par son naturel que par son intensité. J'ai peur pour elle, et non pas d'elle. Parce qu'elle est une des seules personnes, si ce n'est la seule restante, en qui j'ai une confiance absolue. Et je ne veux surtout pas qu'il lui arrive le moindre mal. Ce sentiment qui m'envahit, l'angoisse de Carley qui se reflète sur moi, parce que je n'ai jamais connu quelqu'un qui voulait autant de bien aux inconnus me prend littéralement aux tripes. Je ne veux pas la laisser comme ça. Pas après cette scène. Pas maintenant. Je ne peux pas. Pas elle. Pas après avoir perdu tout le reste.

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Dernière édition par Axl N. Hartley le Jeu 28 Juil - 18:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Carley & Axl ♣ i've got nothing left to live for, got no reason yet to die    Ven 17 Juin - 7:47

i've got nothing left to live for, got no reason yet to die
Elle savait pertinemment bien ce qui s’était passé et pourtant, elle n’arrivait toujours pas à y croire. Elle observait ses mains, les yeux écarquillés, ne se reconnaissant plus. Elle avait naïvement pensé pouvoir se contrôler, s’empêcher de se nourrir tout en évitant la catastrophe. Elle s’était illusionnée durant tout ce temps, s’était enfermée derrière sa naïveté en croyant fermement qu’avec un peu de volonté, elle pourrait s’empêcher de faire du mal aux gens qu’elle aime. Voilà qu’elle se retrouvait là, recroquevillée contre le ciment, terrifiée jusqu’à l’os de ce qu’elle pouvait bien avoir fait. Elle imaginait tous les scénarios catastrophes possibles et inimaginables, se voyant d’emblée tuer tous ses patients, sa fille, ses amis, ses collègues. Elle avait réussi à survivre ce dernier mois grâce à l’absence d’incidents. Carley en était même arrivée à penser que tout finirait par se replacer, qu’elle avait compris comment son nouvel organisme fonctionnait et qu’elle pouvait le contrôler. Elle était si loin de la réalité. Elle ne savait rien sur sa condition, avait peu de ressources pour l’aider à se comprendre et pour améliorer son contrôle. De toute évidence, elle ne pouvait plus continuer à nier cette partie d’elle-même. La jeune femme s’était réfugiée dans cette tactique aussi longtemps qu’elle avait pu le faire, mais elle ne pouvait plus s’ignorer. Elle était dangereuse, elle était hors de contrôle, et son patient ne serait pas la seule victime de son ignorance et de son manque de contrôle si elle ne se prenait pas en main.

Elle se laisse entraîner par Axl, toujours sous le choc, incapable d’articuler un mot, d’articuler un remerciement. Comment sa situation avait-elle pu dégénérer à ce point ? « Tu vas bien ? Carley, ça va ? » Elle l’observe plusieurs secondes, interdite. Parfaitement consciente que tout être humain se devait de poser cette fameuse question dans toute situation, même si la réponse était souvent bien évidente, elle ne pouvait s’empêcher de le dévisager. Son patient, un homme tout à fait décent était écrasé sur le sol froid du stationnement de l’hôpital par sa faute. Elle, Carley Sullivan, médecin de profession et de vocation, avait agressé un homme et venait de le placer entre la vie et la mort. Est-ce que ça allait bien ? Est-ce que ça pourrait bien aller un jour ? « Non, Axl, ça ne va pas bien, ça ne va pas bien du tout. » Elle tente de reprendre son souffle, se calmer les battements de son cœur. Ses pensées étaient toujours avec celles de son patient étendu, seul, sans aide, à quelque part dans un stationnement. Alors qu’elle ouvre la bouche pour s’enquérir de nouveau de son état, Axl lui donne les informations dont elle avait besoin pour respirer normalement à nouveau. « Tout va bien, il ira bien. Ne t'en fais pas... » Tout va bien ? Rien n’allait plus ! Elle pouvait lui faire du mal rien qu’en l’effleurant si elle n’y prêtait pas attention. Elle devait rentrer chez elle à la fin de la soirée, où sa fille l’attendait. Elle devrait maintenant vivre dans la constante peur de la blesser, de lui soutirer toute vie et énergie involontairement. Elle était si petite, si fragile. Si vulnérable. Elle relève les yeux et s’accroche à ses prunelles comme si sa vie en dépendait. « Non, ça ne va pas bien, ça ne peut pas bien aller ! répète-t-elle, les battements de son cœur reprenant un rythme effréné. Il a besoin d’aide, il a besoin d’un médecin, il faut qu’on appelle quelqu’un, sinon il va… Il va… » Elle s’étouffe, incapable de le prononcer, de le dire à voix haute. Elle regarde Axl, terrifiée, cherchant dans son regard du réconfort, des réponses qu’il n’avait pas, des pistes de solution. Elle n’arrivait pas à penser clairement. Si l’hôpital apprenait ce qu’elle était, on lui enlèverait probablement sa licence et elle ne pourrait plus pratiquer. Ils ne la laisseraient jamais prendre des patients en charge s’ils avaient la moindre idée de la bombe à retardement que Carley était désormais. Elle refusait qu’on lui enlève son travail, sa vie, sa vocation, la deuxième chose qui importait le plus à ses yeux après sa fille.

Elle finit par se rendre compte qu’elle ne l’avait pas remercié. Qu’elle n’avait fait que lui renvoyer son inquiétude à la figure, qu’elle n’avait pas pris le temps de s’assurer que lui, aussi, il allait bien. Il venait quand même d’arracher son médecin du corps presque sans vie d’un autre patient, tentant de lui soutirer toute son énergie vitale. Elle prend quelques grandes respirations, réussissant finalement à retrouver un semblant de calme. « Merci, Axl. Je ne sais pas ce qui se serait passé si tu n’avais pas été là… Tu vas bien, au moins ? Je ne t’ai pas blessé ? » L’inquiétude se fait sentir dans sa voix. Elle tend la main vers son visage, et s’arrête à mi-chemin, la main immobile dans les airs. Carley croise le regard d’Axl et la ramène lentement vers elle, le poing fermé. Tout contact l’effrayait à un point inimaginable, et elle refusait de lui faire du mal. Elle refusait de le mettre dans une situation où il aurait à subir ne serait-ce qu’une fraction de ce qu’avait subi le pauvre M. Carter. « Alors... tu... es... l'une d'eux... ? » Elle n’entend pas le jugement dans sa voix, mais le ressent indirectement. L’incompréhension, la peur, aussi, peut-être. Elle était si différente de l’image qu’il avait dû se faire d’elle au fil de ses visites. Elle était bien loin de la parfaite Dr. Sullivan. Pourtant, c’était bien elle, dans toute sa souffrance, toute sa vulnérabilité. Quoiqu’il se passe, il allait devoir faire avec, et elle aussi. Elle allait devoir apprendre à vivre avec, à s’accepter, à se comprendre, à se contrôler. « C’est tout récent, » lâche-t-elle en guise d’explications, comme si elle avait besoin de se justifier. Comme si elle avait choisi ce destin, comme si elle avait voulu de ces étranges habiletés qu’elle ne comprenait pas et qui, pour le moment du moins, n’avaient rien d’avantageuses. « Je me suis fait griffer le torse. Petite pause, elle évite son regard quelques instants, cherchant ses mots, pour finalement retrouver ses yeux. Je n’ai pas pu m’amputer. » Elle soutient son regard quelques instants. Elle n’aurait pas hésité à le faire si l’un de ses membres avaient été impliqués. Mais le torse… Le torse, il n’y avait rien à faire et à la seconde même où elle avait senti les griffes déchirer son abdomen, elle l’avait su : elle était damnée.

« Je n'ai pas peur de toi, je veux juste comprendre. » Carley sourit tristement, lasse, brisée. « Tu devrais avoir peur de moi, pourtant. Je n’ai pas passé tout ce temps à m’assurer que tu allais mieux pour être celle qui aurait raison de toi. » Si une pincée d’humour pouvait se faire ressentir dans son commentaire, ce n’était pourtant pas le cas. Carley ne plaisantait pas. Elle était parfaitement sérieuse. Elle était dangereuse et elle ne comprenait pas encore totalement ce qui lui arrivait, ce qui signifiait qu’elle pouvait perdre le contrôle n’importe quand. Ce soir, sur Axl, ou demain, sur sa fille. Carley frotte ses yeux avec son pouce et son index, qui se rejoignent finalement sur l’arrête de son nez. « Tu ne peux rien faire, Axl. Tu en as déjà fait beaucoup. Je n’ai pas eu l’impression que c’était un état réversible, alors… Je ne peux que le supporter, désormais. »
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MessageSujet: Re: Carley & Axl ♣ i've got nothing left to live for, got no reason yet to die    Sam 30 Juil - 0:15



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Comprendre. Comprendre ce qui se passe. Tout récent. Je soupire, je ne cherche pas à mettre une ligne de temps sur les événements passés. De toutes façons, tout a changé. Trop vite et trop fort. Tout est différent, je suis différent aussi après tout. Et si l'on va par là, c'est également récent. Mais ça fait une éternité pour moi, une éternité parce que le monde a eu le temps de s'écrouler plusieurs fois depuis que cet oiseau vit en moi. C'est une normalité, une habitude. C'est comme si ça avait été toujours là. Mais les mots de Carley me frappent en plein cœur. Parce que la vérité c'est qu'elle a raison. Tout est tout récent.

Le monde a basculé, il est passé à son opposé sans même que je m'en rende compte. Je n'ai jamais eu ma place dans le premier, alors j'ai sauté à pieds joints dans le second. Ce n'est clairement pas son cas. Je ne cherche pas à en savoir plus et pourtant elle se justifie. Elle s'est faite griffer. L'idée me terrifie. Je ferme les yeux, cherche à me sortir les images qui me viennent, sa détresse. Elle parle de s'amputer et je déglutis. Je fixe ses prunelles, de cet air désolé mais sans pitié. De la simple compassion, une bonne dose d'incompréhension. Je laisse sa question sans réponse. Le hochement de tête suffisant à dire qu'elle ne m'a pas fait de mal. Pour le reste, je n'ai pas encore de réponse.

Parce que je ne sais pas comment je vais, puisque je ne sais pas comment elle va. J'en souffre, mon cœur se brise, mon monde éclate à nouveau. Comme si je l'avais toujours pensée intouchable, elle qui n'avait que la main tendue, que des bonnes intentions. Elle qui n'aurait même pas fait de mal à un zombie. Elle qui a subi la vie alors qu'elle n'avait rien demandé. Je cherche à savoir. Mettre des points sur les i. Être rassuré comme je peux, savoir qu'elle va bien. Savoir que ce n'est pas si horrible que dans mes pensées. Savoir que tout va aller. Qu'elle va aller.

Je soupire, lentement, durement, j'attends la sentence tomber. La vérité qui peut sortir de ses lèvres qui s'ouvrent désormais. J'ai peur, peur de ses mots. Peur que tout cela soit trop, que ces monstres l'aient changé. Que l'angoisse l'ait torturée. J'ai peur qu'elle ne soit plus celle que j'ai connu. J'ai peur que sa vie soit devenue la mienne pour un simple mauvais choix. J'ai peur qu'elle aussi, elle soit passée de l'autre côté du miroir. Et je ne veux pas.

Je fixe ses lèvres, écoute les mots qui en sorte et passe une main sur mon visage. De celles qui sont accompagnées d'un jet d'eau, un retour à la réalité, pour se rafraîchir. Mais tout est sec. Juste ma main drue sur mon visage usé. Rien de rassurant et ses mots qui ne le sont pas plus non plus. Je souris malgré tout, un peu tristement. C'est bête. Ce n'est certainement pas drôle, mais pourtant, ce qu'elle pointe aurait une certaine forme d'ironie. La seule personne de ce monde n'ayant voulu que mon bien se trouvant à m'achever. C'était digne d'une tragédie grecque. Mais on en était pas là. Et je savais pertinemment qu'elle ne me ferait pas de mal.

Je le savais, c'était comme ça. Elle continue, annonce la vérité comme une fatalité et mon sourire s'efface. J'ai assez longtemps observé ce monde, ce côté de la vie, pour savoir qu'elle a raison, son état n'est pas réversible. Le mien non plus. Mais elle n'en sait rien. Elle ne sait pas ça. Elle n'a pas toutes les informations en main. J'observe les alentours, notre solitude, et Carley capable de tenir sur ses deux jambes. Me relevant simplement, essuyant mes mains, je lui en tends une tout en commençant à parler, d'un air désolé, de celui qui aurait peut-être pu arranger la situation.

« Viens, on va aller se poser dans un endroit plus confortable et à l'abris des regards. » Ma voix un peu brisée, mon corps fatigué, je la regarde d'un sourire honnête, fin, comme pour la rassurer. « Tu as fait tellement pour moi, je te dois bien ça. » C'est pas clair, absolument pas clair comme explication. Mais mes yeux se font insistants, un regard de confiance dans mes pupilles bleues. Quelque chose pour lui dire qu'elle peut me suivre, et que je sais ce que je fais.

« Je n'ai pas peur de toi. » Je répète, comme pour qu'elle l'entende à nouveau, une fois calmée, de ma voix qu'elle connait si bien. Je répète pour elle, pour moi. Parce que je n'ai pas peur d'elle, mais j'appréhende de lui dire ma vérité. J'ai peur de ce qu'elle va pouvoir penser de moi, de mes choix. J'ai peur qu'elle réalise combien je ne suis plus tout à fait moi, et que j'ai explosé d'un coup de poing tout ce qu'elle avait créé. J'ai honte.

Honte d'avoir baissé les bras, d'être tombé aussi bas. Mais pour le moment, ce n'est pas pour moi. Je ne fais rien de tout ça pour moi. Alors je serre les mâchoires, efface mes pensées, les garde pour plus tard et j'ajoute, pour attraper sa main. « C'est pas de ta faute tout ça, et on peut faire mieux que supporter toutes ces choses là... crois moi. » Un aveu à demi-mot, qui veut tout dire et ne rien dire. Un aveu pour la convaincre qu'elle n'est pas un monstre. Un aveu pour qu'elle me suive et qu'on parle de tout ça loin de tout.

Hors de question qu'elle risque la prison à cause de moi. De cette discussion. D'un coup d’œil encore non maîtrisé, ce risque constant de se faire attraper, je m'autorise simplement à lui dire dans un murmure pour elle. Rien que pour elle. « Tu ne sais pas tout non plus. Et je pense que je peux t'être utile... »

Je me redresse, la regarde, comme cette enfant fragile, de ce regard que je n'avais jamais eu pour elle. J'ai peur. Peur de ce qu'elle peut penser d'elle. Peur de ce qu'elle peut faire d'elle. Peur de ce monde avec elle. J'ai peur de ce que la réalité est devenue maintenant qu'elle en fait partie. J'ai peur de tout ce que tout cela implique. Comme un mythe brisé, elle n'est plus l'image que j'avais. Mais elle ? Voit-elle seulement ce qu'elle est vraiment ? Voit-elle seulement que tout cela n'est rien d'autre qu'un mauvais élément ? Rien de plus, rien qui ne la change vraiment.

D'un sourire un peu gêné, de ces aveux moitiés faits. De cette discussion que l'on a pas encore eue, je passe une main sur ma nuque pour finalement lui dire d'un air un peu plus sûr, un peu moins renfermé. L'espoir naissant d'être utile, de la retrouver. « Si on veut parler de ça, il faut qu'on aille dans un endroit sûr, on peut aller chez moi, mais c'est un peu loin, je sais pas si t'es en capacité de marcher jusque là bas... Tu as une idée ? »

_________________
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