AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Quite Close to Crazy ▬ Mikkel

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 171
↳ Points : 67
↳ Date d'inscription : 02/06/2016
↳ Age : 26
↳ Avatar : Tom Payne
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Eleveur de volatiles à but communicatif
↳ Opinion Politique : Boom baby !
↳ Niveau de Compétences : 3 Prise de risques/chimie entre amis/système D/pigeonnage professionnel
↳ Playlist : Gogol Bordello - Start Wearing Purple ♫
Flobots - Handlebars ♫
↳ Citation : "Et merde"
↳ Multicomptes : Noah D. Meadow & Roman A. Ievseï
↳ Couleur RP : #669999



Feuille de perso
↳ Copyright: Darkshines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Quite Close to Crazy ▬ Mikkel   Sam 4 Juin - 1:41




 
 
Mikkel & Lazlo
QUITE CLOSE TO CRAZY


  Il ne croyait pas, en se lançant dans sa petite entreprise, que les fins de mois, de semaines, de journées, même, puissent être aussi difficiles. L'argent se faisait rare, et il était obligé de négocier ses propres protégés à prix coûtant dans les bas fonds de la ville, afin de pouvoir continuer à entretenir ceux qui restaient. Un détail probablement pour beaucoup, mais qui lui avait profondément brisé le coeur la première fois qu'il avait dû commettre un infanticide pour réussir à se payer de quoi manger. Certes, il avait réussi à mettre quelques économies de côté de ses emplois précédents. Mais qu'étaient des données fictives, des chiffres informatiques, durant l'apocalypse ? La moitié de son argent avait volé en fumée. L'autre moitié avait fini dans sa volière. Autant dire qu'il était littéralement, et sûrement, sur la paille.
Dans ces circonstances, Lazlo n'avait pas eu le choix. Et comme toute chose dans sa vie, il s'était fait violence et avait fini par se faire une raison. C'était comme ça. Georgio devait partir, à la casserole de préférence, et ça tombait bien parce qu'il avait le caractère de cochon de l'abruti duquel il avait hérité du prénom. Bye bye Georgio, donc. L'éleveur n'avait pas eu le courage de lui tordre le cou lui-même, et l'avait amené à un boucher qui l'avait regardé avec des yeux comme deux ronds de flanc. Jusqu'à ce que l'ancien Community Manager lui explique c'était en fait une excellente idée, et qu'il finisse par s'embarquer dans sa galère. Et si Lazlo n'avait jamais franchi le pas, n'avait jamais croqué dans les chairs douillettes de ses plus infortunés résidents, il avait fini par réussir à s'offrir de quoi manger avec ce commerce peu orthodoxe.
Il faut bien croûter.

Sauf que ce jour-là, il n'avait plus le moindre sou vaillant en poche. Il était temps d'agir, et ça allait être ce cher Reynald, élevé spécialement pour l'occasion, qui serait à l'honneur. Passant devant le miroir abîmé, à l'entrée de son petit appartement qui donnait sur le toit, il aperçut son reflet. Sa barbe et ses cheveux blonds avaient poussé comme l'herbe folle, depuis qu'il avait abandonné tout semblant d'effort pour ressembler à un employé modèle. Feu Esteban avait raison de ce côté là. Ça lui allait mieux comme ça. Il s'adressa un sourire et se gratifia d'une légère courbette, avant de se diriger à pas silencieux vers la porte fenêtre au fond de l'appartement. Il gravit l'escalier de secours, attrapa le sac de jute qui servait à ses transactions sous le comptoir et alla chercher le futur supplicié. Accueilli par des battements d'ailes contrariés, il vint directement au niveau de Reynald, et le prit doucement entre ses mains.

-Allez mon gros, il est l'heure d'accomplir ton devoir à toi aussi. Pour le bien de la Nation, comme d'hab', tu connais le laïus. Peut-être même que tu seras moins con une fois transformé en ragoût. Mais eh, c'est pas moi qui vais en juger, tu me connais bien.

L'oiseau le connaissait si bien qu'il l'asséna de coups de bec sur les mains, battant des ailes pour ne pas être glissé dans le sac de jute. Les autres pigeons accompagnaient son départ à venir de roucoulements indignés, paniqués, craintifs qu'ils étaient d'être le prochain sur la liste. Seule Dita la colombe observait la scène d'un regard inquisiteur, bien consciente de son statut de privilégiée. Lazlo se mordit la lèvre inférieure en ficelant le sac.

-Non mais vous savez que j'ai pas le choix, bande d'ingrats. Elles coûtent cher depuis l'apocalypse, vos putains de graines. Sans parler des miennes.

Forcément, ses paroles claquaient dans le vent, les volatiles n'en ayant que faire. Levant les yeux au plafond en tôles de la volière, le blond finit par abdiquer. Il n'était pas possible de convaincre ses protégés du bien fondé de son geste. Tant pis. Il n'avait pas mangé depuis deux jours, repoussant l'échéance autant que possible. Alors Reynald devait faire son boulot. Point barre.
Pour le bien de la Nation, et de l'estomac de ses propres pairs, lui compris. C'était un boulot ingrat, mais quelqu'un devait le faire. Et vu ce que lui payait le boucher, maintenant, il n'allait pas s'en priver, aussi difficile la tâche puisse-t-elle être.




Sans grande surprise, il avait réussi à obtenir un bon pactole d'un oiseau aussi gras que Reynald. Le boucher avait récupéré le butin avec un regard pétillant de gourmandise, emporté le tout dans son arrière boutique et lui avait rendu le sac de jute ainsi qu'une bonne liasse de billets. Fourrant l'argent dans sa poche avec un grand sourire, Lazlo était parti en se disant qu'il avait de quoi vivre largement pendant deux bonnes semaines, voire trois s'il faisait attention. Et si sa situation serait plus confortable en 2016, elle en était bien loin à l'époque.
Il était revenu à son appartement avec des provisions pour lui comme pour ses bêtes, s'était offert le repas de sa vie, et avait fini par s'endormir en plein milieu d'après-midi, rattrapé par la digestion. Quand il rouvrit les yeux, la nuit progressait déjà sur la ville, enveloppant les bâtiments de ces teintes rosacées qui offrait à la Nouvelle Orléans la sensation d'une photo défraîchie. Considérant l'argent restant, qu'il avait planqué comme à son habitude dans sa minuscule cuisine, il estima qu'il pouvait bien sortir un peu, ce soir là.

Oui, il pouvait. Il en avait envie, il avait même les moyens de s'offrir un verre voire deux sans avoir besoin de sucer un gros porc dans une allée sombre pour se faire offrir à boire. Byzance.

-Reynald, du fond du coeur, merci. Tu vois, dans ta dèche t'es devenu généreux envers ton maître. Ton sacrifice n'aura pas été vain.

Profondément heureux de ce sourire de la Providence, il se prépara rapidement et fila en direction de Bourbon Street, rien que pour retrouver le frisson de la vie qu'il avait pu mener quelques mois avant de se retrouver au fond du seau. Retrouver ces temps d'insouciance, même factices, où la vie était bien plus douce et facile, pour reprendre des forces et continuer de tracer cette route qu'il s'était choisie, aussi compliquée puisse-t-elle être quelques fois.




-Et sinon, tu fais quoi dans la vie ?
-Je pose des bombes et j'élève des pigeons.

Toute aussi éméchée que lui, la jeune femme éclata de rire à cette réponse alors que Lazlo l'accompagnait, sirotant son cocktail. Boire avec modération, la bonne blague. En deux temps trois mouvements, la petite quantité de monnaie qu'il avait emportée s'était envolée à tire d'ailes, ne lui laissant d'autre choix que de profiter de son bagout pour se faire payer un verre ou deux. Sa compagne du moment, une petite brune aux yeux verts sans soutien-gorge, lui avait mis le grappin dessus sans réaliser sa grossière erreur. Pourtant Lazlo avait lourdement sous-entendu son manque évident d'intérêt, mais ça n'avait pas eu l'air de l'effrayer outre mesure. Harnachée à son bras, elle fit signe au barman de remplir à nouveau leurs verres, et finit par plonger son regard dans le sien, prête à passer à l'action. Le blond marqua un léger mouvement de recul quand elle s'approcha trop près de son visage, esquivant habilement ses lèvres pour poser les siennes sur le front de la brunette.

-T'es adorable, mais nous deux ça va vraiment pas être possible. Déjà parce que toi comme moi sommes ronds comme des culs de pelle. Ensuite parce que l'alignement des planètes avec Vénus en quatrième quadrant, c'est pas optimal. Et pour finir parce que mon style de fille, c'est plutôt ça, pour être parfaitement honnête avec toi.

Joignant le geste à la parole, il pointa du doigt un jeune homme aux traits fins et aux cheveux bruns qui se trouvait non loin d'eux, manifestement occupé à discuter avec un autre gars. Le geste de l'éleveur sembla momentanément capter son attention, et Lazlo lui adressa un léger sourire intéressé avant de glisser à sa compagne, soutenant toujours le regard du jeune coq :

-Je suis vraiment désolé, trésor, je croyais que tu avais compris quand je t'ai dit tout à l'heure qu'on ne jouait pas pour la même équipe...

Il l'était, sincèrement, en plus, surtout en voyant l'air estomaqué de sa compagne alors que l'information montait jusqu'à son cerveau embrumé. Il attendit la sentence en fermant les yeux, le verre dans la figure ou la gifle, se demandant si sa petite main toucherait d'abord la joue gauche puis la droite, ou l'inverse. Mais elle n'en fit rien, à sa grande surprise. Au contraire elle haussa les épaules et lui lâcha, d'un ton empreint de suffisance :

-T'iras pas plus loin avec lui qu'avec moi, hein, c'est clairement une pompe à pognon et vu que j'vais me tirer t'auras rien pour lui payer à boire. Bon courage, Poseur de Pigeons.

Il n'eut pas le temps de rebondir qu'elle était déjà partie, abandonnant son verre plein, déjà payé, derrière elle. Clairement, la révélation le lui avait fait oublier. Et si en temps normal Lazlo l'aurait au moins suivie pour le lui rendre, il n'en fit rien. Tout simplement parce que le Brun de la Discorde approchait de lui. Alors il en prit son parti et attrapa le verre abandonné pour le tendre vers son nouvel ami potentiel.
Ce serait le seul, en soit. Et si la brunette avait le nez creux quant à lui, Lazlo profiterait tout au moins de quelques brefs instants en sa compagnie. Le verre était toujours à moitié plein, chez lui. Avoir réussi à capter son attention, même par hasard, était déjà suffisant pour avoir fait toute sa nuit.


 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3658-lazlo-pour-vivre

Laugh like a jackal

Masculin
↳ Nombre de messages : 1681
↳ Points : 550
↳ Date d'inscription : 11/12/2015
↳ Age : 22
↳ Avatar : Finn Wittrock
↳ Age du Personnage : 28 ans
↳ Métier : Brancardier
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement en place mais surtout contre la Prohibition.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2 - (Niveau 4 en poils soyeux !)
↳ Playlist : The Sex Pistols - NeverMind The Bollocks
↳ Citation : Je ne sais pas ce que je veux mais je sais comment l'obtenir.
↳ Multicomptes : Tristan K. Bellamy
↳ Couleur RP : darksalmon



Feuille de perso
↳ Copyright: Darkshines
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Quite Close to Crazy ▬ Mikkel   Sam 4 Juin - 14:39


«Is there any chance to save the day ?»

 Lazlo & Mikkel
featuring


« T'es sûr que ça va, Lizzie ? »
« Oui, oui. Merci pour ton coup de fil, Mikky ! »
« Okay… j'te souhaite encore un joyeux anniv, pucette. On se voit bientôt ! »
« Tu devrais venir à la maison… P'pa aussi aimerait que tu viennes. »
« Dis pas de connerie, Liz. Allez, c'pas grave, bye bye, bisous oui… tchao. »

Ma petite sœur de quatorze ans pleurait au téléphone, doucement, faiblement, sans envie de me le montrer mais je l'entendais à sa respiration, à la tonalité plus étouffée de sa voix, elle pleurait. Je n'avais jamais supporté ça, c'était un truc que je ne parvenais pas du tout à encaisser et Lizzie le savait, du moins il me semblait, et elle n'avait jamais joué là dessus, ce n'était pas son genre. Pas son genre de chouiner pour attiser ma pitié, pas son genre de faire semblant, je le savais et ça ne faisait que m'enfoncer un peu plus cette dague de culpabilité dans le foie. Il y avait pas mal de temps que j'évitais le père, on avait beau vivre dans la même ville, on n'habitait plus ensemble depuis ma majorité. Et notre dernière dispute m'avait poussé à prendre encore plus de distances jusqu'à éviter totalement de le croiser.

La liberté avait son prix. Je vivais seul depuis longtemps, m'étant détaché du joug paternel avec une joie éhontée. Toutefois, le patriarche n'avait que modérément apprécié l'échec total de mes études qu'il s'était donné tant de mal à payer. Étais-je donc totalement con ? Le faisais-je exprès de me vautrer à ce point ? La question restait entière. Toujours est-il que mon père avait décidé de me couper les vivres, dans l'espoir insensé de me pousser à me prendre en main. Le sot. Cette dernière mise en garde m'avait motivé qu'un franc éclat de rire de ma part, lui assurant ainsi la certitude que je me foutais de sa gueule. Et je l'avais défié par vengeance, par rancœur, par dérision, par dépit, par destruction, par colère, par tristesse. Avec toujours ce même sourire insultant et provocateur. Qu'il aille se faire foutre celui-là. Ce père qui n'avait appris que je serais toujours imparfait et indigne, ce père qui m'avait arraché à ma mère, ce père qui me jugeait et me méprisait en permanence, ce père qui m'avait appris que je ne valais rien. Bullshit.

Alors voilà où j'en étais, après avoir cumulé les jobs les plus merdiques les uns que les autres, j'avais cru enfin tenir le bon bout. Je n'étais pas fait pour les hautes études, ça on avait tous fini par le comprendre, j'étais trop indiscipliné, trop désinvolte, trop peu sérieux. Par contre, j'avais la chance d'être plutôt bien foutu physiquement et grâce à mes contacts sur internet, j'avais rejoint une agence de mannequinat. J'étais sûr et certain que j'aurais pu percer dans le milieu, j'étais né pour vivre sous les feux des projecteurs, c'était l'évidence ! Et j'aurais pu facilement le prouver s'il n'y avait pas eu… la fin du monde. Rien de moins que ça pour réduire à néant mes rêves de gloire. Comment penser à des choses aussi futiles que la mode alors que les catastrophes naturelles détruisaient tout, que la civilisation telle qu'on la connaissait volait en éclat ! Il avait bien fallu que je me débrouille pour rebondir et offrir mes compétences dans un domaine qui avait toujours cruellement besoin de bras solides : l’hôpital où je bossais comme brancardier. En gros, je soulevais des culs toutes la journée et j'osais espérer que j'entretenais mes muscles grâce à cet exercice, on se console avec ce qu'on a.

Tout le monde avait la trouille dans cette ambiance post-apocalyptique, c'était le moment de se soutenir dans la cellule familiale, de se rapprocher les uns les autres. Et moi, j'étais là tout seul, dans mon studio, à contempler mon téléphone dans ma main. J'avais des contacts assez réguliers avec mon frère, ma sœur ou même ma belle-mère mais je pouvais bien fixer ce foutu téléphone pendant des heures, mon père ne m'appellerait jamais. Les autres avaient beau me répéter ses paroles comme quoi le père Ievseï m'attendait à bras ouvert et se languissait de la présence de son aîné, ça me faisait doucement rigoler. Oh ça va, moi je n'avais besoin de personne, j'étais parfaitement bien dans mes pompes et j'adorais ma vie comme je la menais, libre et sans attaches ! Mais il y avait des moments, comme ce soir, où je n'avais absolument pas l'humeur à rire. Grave pas. Il me fallait donc arranger ça, et vite, ce n'était pas mon genre de déprimer ou de me prélasser dans un état d'esprit cafardeux et d'ailleurs, il y avait déjà bien assez de ce genre de bestioles bien vivantes chez moi. Saloperie de vieille piaule, tout de même. Je grimaçais en bondissant lestement sur ma bombe d'insecticide pour en asperger copieusement les moindres recoins de mon studio. Il était propre, ce n'était pas le problème, j'avais toujours été assez méticuleux de ce coté là mais depuis les catastrophes, tout un tas de choses semblaient détraquées, les cafards pullulaient, les rats fuyaient des égouts, on aurait dit les sept plaies d'Egypte, en pire. Je me défoulais donc dans mon combat acharné contre ces satanés insectes, mon arme à la main, jusqu'à ce que l'atmosphère devienne irrespirable. Je pouvais donc sortir de chez moi, l'esprit en paix et serein.

Si je valais quelque chose, il me suffisait de le lire dans les yeux des autres, lorsque leurs regards affamés caressaient mon corps. Je m'étirais avec langueur, passant ma langue gourmande contre mes lèvres avant de soupeser les beaux mâles présents d'une œillade légère. Nous étions dans l'un de ces bars agréables de la Nouvelle-Orléans, qui profitait d'un climat magnifique toute l'année. Un fameux changement comparé à ma vie frileuse de New York ! J'aimais beaucoup la musique, l'ambiance conviviale et chaleureuse qui m'inspirait à mort. Les verres de rhum s’enchaînaient mais je n'en avais pas bu tant que ça, en tous cas, pas comparé à ce grand malabar qui me tenait la jambe depuis un temps déjà trop long à mon goût. Il m'agaçait déjà depuis un moment et j'essayais subtilement de mettre un terme à la conversation depuis cinq bonnes minutes. Un record en terme de patience pour ma part, d'autant plus que ce pauvre type n'avait déjà plus un seul dollar. Il s'en vantait en plus, non mais quel abruti. Je l'écoutais distraitement d'une oreille, tout en laissant mon regard voltiger de l'un à l'autre. Possible que ma distraction l'ait dépité, toujours est-il que ce pauvre type tenta le tout pour le tout en m'invitant chez lui, chose que je refusai, dans un charmant sourire. Je prétendis ne pas entendre les grommellements qu'il prononça alors que je le quittai sur une note d'espoir, en noble prince que j'étais.

« J'ai vu un de mes potes là bas. On se recroisera sûrement plus tard okay ? Tu m'as impressionné avec tes histoires de pêche au gros, t'es un mec si incroyable... »

J'insistai dans une intonation suave à ce dernier mot, lui offrant un dernier clin d’œil avant de tourner les talons. De mon coté, j'avais bien envie d'aller pêcher un autre style de poisson. Un blond barbu en l’occurrence. Celui que j'avais repéré un peu plus tôt me paraissait tout à fait comestible, même s'il était en compagnie féminine lorsque je l'avais vu me pointer du doigt. C'était vers lui que je m'avançais d'une démarche nonchalante, dans l'intention de me poser auprès de lui pour mieux apprécier la marchandise. J'esquissai un sourire un coin lorsque je le vis me tendre ce verre qui semblait m'attendre, par le plus grand des hasards. Souris à la vie et la vie te sourira. Parfois, il ne fallait pas se poser de question, le destin vous appelait de sa voix mélodieuse et il n'y avait qu'à répondre à son appel. Et comment refuser l'appel d'un cocktail au sein d'une si belle ambiance, franchement ? Je ramassais donc le verre tendu, effleurant gracieusement ses doigts au passage, dans un haussement de sourcils appréciateur.

« Tu n'attendais que moi, on dirait. Alors, dis-moi comment tu t'appelles, que je sache à la santé de qui je vais trinquer. Ah non, attend, laisse-moi deviner, ce sera plus drôle ! » Je le regardais au fond des yeux, le fixant un moment avec une attention redoutable pour incliner la tête dans un demi-sourire. ]« J'ai trouvé. » Je levai mon verre vers lui avant de savourer une légère gorgée de ce cocktail si galamment offert. Le goût de l'alcool était assez prononcé, on n'avait pas lésiné sur les ingrédients, il m'avait choisi un truc de qualité, ce qui était assez appréciable. Je fronçais un peu les sourcils, concentré, avant de m'humecter les lèvres, poursuivant sur ma lancée, d'un ton léger. « Tu t'appelles Yvan, tu viens directement de Sibérie et tu meurs de chaud ici à la Nouvelle-Orléans, loin des étendues neigeuses de ton enfance. Et tu t'ennuyais à mourir dans ce bar, jusqu'à ce que j'apparaisse soudain, comme un espoir pour te sauver. » Appuyant ma hanche contre le comptoir, je savourais l'excellence de mon humeur actuelle tout en balayant mes délires d'un geste vague de la main. « Oh bon, si ce n'est pas tout à fait ça, ce n'est pas grave. Mais après tout, tu m'as quand même pointé du doigt comme le messie. Appelle-moi Saint Mikkel. Ou Mikkel tout court, si tu préfères. » Je lui souris légèrement, sans le quitter des yeux. Pour moi la qualité de l'ambiance y était pour beaucoup, j'adorais les lieux peuplés comme celui-ci parce que je savais que je ne m'y ennuyais jamais et que je rencontrais toujours des connaissances ou même de nouvelles personnes sympathiques et hospitalières. Le tout saupoudré de bonne musique et c'était parfait.

 


_________________
The Jackal comes, blood lust on his lips. He craves the dead, our lives in his grips. He's after our hearts, he'll chew and swallow. Blood pours from his mouth, our lives will soon follow. Death comes to those who wait, He feels this. Eyes wide. We try to run from our past, but the truth we cannot hide.


Dernière édition par Mikkel G. Ievseï le Mer 16 Nov - 16:43, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3157-mikkel-georg-iev En ligne

Féminin
↳ Nombre de messages : 171
↳ Points : 67
↳ Date d'inscription : 02/06/2016
↳ Age : 26
↳ Avatar : Tom Payne
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Eleveur de volatiles à but communicatif
↳ Opinion Politique : Boom baby !
↳ Niveau de Compétences : 3 Prise de risques/chimie entre amis/système D/pigeonnage professionnel
↳ Playlist : Gogol Bordello - Start Wearing Purple ♫
Flobots - Handlebars ♫
↳ Citation : "Et merde"
↳ Multicomptes : Noah D. Meadow & Roman A. Ievseï
↳ Couleur RP : #669999



Feuille de perso
↳ Copyright: Darkshines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Quite Close to Crazy ▬ Mikkel   Sam 4 Juin - 23:33



L'Echappée Belle, ou plutôt la Belle Echappée, avait eu bien raison de laisser son cocktail de côté. Non seulement parce qu'il avait permis à Lazlo d'avoir un nouvel interlocuteur, mais aussi parce qu'elle avait clairement eu du goût, vu l'intérêt manifeste que le jeune homme entretenait pour le verre. Reposant chastement sa main sur le sien, le Norvégien arqua un sourcil amusé devant ses bravades, restant volontairement muet pour mieux le laisser jouer. Son regard d'acier ne tarda pas à s'arrimer à nouveau au sien, électrifiant agréablement sa colonne vertébrale alors qu'il se laissait passivement scruter, laissant tout le loisir du monde au brun de déterminer ce qu'il avait bien envie d'y voir. Une passivité qui ne lui ressemblait pas, et qu'il corrigerait certainement par la suite, mais qui était surtout mue par l'envie de savoir jusqu'où Gueule d'Ange était prêt à partir.

Et sa réponse ne se fit pas attendre, arrivant avec un tel éclat, une telle certitude que le rire le prit pour ne plus le lâcher. Il était bon, ce con. Diablement bon. Diablement à côté de la plaque, aussi. Pourtant Lazlo afficha une moue contrite, l'air d'avoir été pris en flagrant délit, et baissa piteusement le nez vers son verre.

-T'as tout bon, jusqu'au bout de la ligne. Un tel talent, c'est intense, tu dois être au moins chasseur de têtes pour avoir un don pareil. Mais dis-moi donc ton secret, c'est mon torse ruisselant de sueur ou renard polaire de compagnie qui t'ont mis sur la voie ?

Son regard pétillant de malice ne se dissociant pas un seul moment des iris d'acier de son comparse, il agita distraitement son propre verre entre ses doigts, le tintement des glaçons contre le verre se perdant dans la musique et le brouhaha environnants. Il aurait bien aimé avoir un renard polaire. La pauvre bête n'en pourrait plus, avec la chaleur fracassante de la Nouvelle Orléans, mais au moins ça pourrait faire un sujet de conversation supplémentaire. Quel dommage qu'il l'ait mis au vestiaire avec sa propre dignité.
Se fendant d'un nouveau sourire devant les paroles bravaches du brun, il rétorqua, du tac au tac :

-Mon sauveur, chevalier blanc en armure, mais où est donc ta monture ? Parce qu'il est hors de question que je me retape à nouveau sept jours de Transsibérien pour rentrer au pays, t'es prévenu.

La discussion semblait bien plus simple, bien plus fluide, avec quelques verres dans l'estomac. Sans parler du fait que sa précédente compagne avait nettement moins de répartie que lui, et l'avait assommé pendant des heures sur ses propres problèmes personnels, ses relations chaotiques avec les hommes et sa relation toute aussi conflictuelle avec sa mère. La barbe. Heureusement qu'il avait un soupçon de répartie supplémentaire, le Brun de la Discorde. Une bouche bien faite qui ne claquait pas seulement sur des banalités, mais des banalités qui avaient le don de le faire rire. Levant son verre, il le fit tinter contre celui qu'il avait lui-même glissé dans la main de son partenaire. Le Brun de la Discorde avait donc un nom. Et une vocation de sainteté, selon ses propres dires. A la bonne heure.

-Saint Mikkel, l'homme qui terrassait les ours à mains nues. Vu le regard que te lançait le bear avec qui tu parlais, il avait clairement envie que tu l'empoignes lui aussi. Pauvre petite bête sans défense.

Avec un regard entendu, le blond ramena son verre à ses lèvres pour s'offrir une nouvelle gorgée de sa boisson. Une boisson qu'il comptait savourer aussi longtemps que possible, puisqu'elle était aussi durement acquise que la dernière de sa soirée à lui. L'alcool coula dans sa gorge, traînée brûlante bienvenue, alors qu'il claquait sa langue pour rouvrir à nouveau la bouche, après une petite courbette révérencieuse en direction du Saint Homme.

-Mikkel tout court manque résolument de classe pour un homme de votre grandeur, Votre Sainteté. Vous me graciez de votre auguste présence, moi, qui ne m'appelle même pas Yvan. Et qui ne viens même pas de Sibérie. Mais eh, c'est du pareil au même si je m'appelle Lazlo et viens de Norvège, non ? On est à peu près dans le même secteur, le goulag en moins.

Mikkel. Il avait résolument une tête à avoir un nom sinon slave, au moins russe, le Brun de la Discorde. Et si Lazlo n'était clairement pas aussi physionomiste que lui, ça ne l'empêcha pas de se dire que son prénom lui collait à la peau. Rien qu'à voir la rapidité avec laquelle il descendait son propre verre, amenuisant de plus en plus la possibilité qu'ils continuent à discuter, ses poches étant désespérément dénuées du moindre sou vaillant. Le blond déglutit, son regard rivé sur la glotte qui se levait et s'abaissait vaillamment, trop rapidement à son propre goût. S'il n'intervenait pas rapidement, il risquait de devoir admettre être sur la paille et rentrer chez lui bien plus tôt que prévu. Et il n'en avait aucune envie présentement tout de suite.
Il devait gagner du temps. Parce qu'en l'occurrence, en ce moment précis, le temps était définitivement de l'argent.

-Tu viens déjà d'accomplir deux miracles devant moi, Saint Mikkel. Celui de t'extirper des griffes d'un ours, et celui de me libérer de celles d'un couguar. Qu'est-ce que tu as prévu d'autre qui puisse supplanter ces deux-là, ce soir ?

Jouant distraitement des doigts sur le bord de son propre verre, qu'il avait reposé sur le comptoir en s'y accoudant lui-même, Lazlo espéra un bref instant que les miracles incluent le fait de ne pas boire autre chose que de l'eau. S'il avait beau s'être entendu dire plus d'une fois qu'il ressemblait à Jésus, il n'avait toutefois pas encore le don de transformer l'eau en vin. Un énième miracle, puisqu'ils étaient partis sur cette lancée, qu'il aurait préféré pouvoir accomplir là, sur l'instant.
La soirée allait en s'étirant, à cette heure indue de la nuit où les oiseaux nocturnes commençaient à étendre leurs ailes dans les bars. Volatiles de toutes plumes, de toutes couleurs, il descendaient en groupes chamarrés là où il y avait de la musique, et où l'alcool coulait à flots. Même après que la fin du monde se soit abattue sur eux, ils restaient fidèles à leurs principes. Justement parce que c'était la fin du monde. Qu'avaient-ils à perdre désormais ? Une forme d'optimisme désespéré, celui d'oublier le chaos en se perdant dans celui de la vie nocturne, apportant avec eux leur joyeux capharnaüm.
Une nouvelle vague migratoire affluait à présent dans le bar, pépiant joyeusement, apportant son lot d'impatients tout autour d'eux et du comptoir. Des filles déjà un peu éméchées tapaient de leurs mains pleines de bagues sur le bois poli, des mecs pas plus nets haussaient le ton pour se faire entendre du barman qui lui-même ne savait pas plus où donner de la tête. Les joies de la vie, toutes rassemblées dans le mélange prodigieux des personnalités, et qui pourtant n'éclataient pas cette petite bulle, ténue, légère, qui s'était formée autour d'eux deux. Probablement parce que Lazlo s'était rapproché de Mikkel, après avoir vu débarquer les nouveaux clients, afin de mieux l'entendre maintenant que le bourdonnement des conversations avoisinantes était monté de quelques décibels.

Une voix toutefois perça au-dessus des autres, un roulis profond, brutal, qui hérissa les cheveux naissants sur la nuque du blond. Reynald premier du nom était là, haranguant le barman pour se faire servir plus rapidement. Lazlo s'arracha à sa contemplation des lèvres de Mikkel qui s'ouvraient et se refermaient pour jeter un bref coup d'oeil par dessus son épaule, avant de se retourner aussi sec vers son Saint Sauveur, relevant le col de sa veste sur son visage.

-Merde...

Le souci avec Reynald premier du nom, c'est qu'il n'était pas méchant. Il était juste insipide, et sa première qualité était l'attachement systématique et obsessionnel qu'il pouvait avoir pour certaines choses, ou certaines personnes. Et il n'avait pas digéré avoir été l'inspiration pour le prénom d'un pigeon destiné à l'abattage.
Se rapprochant subrepticement de Mikkel, Lazlo lui glissa en aparté, dans un souffle :

-Tu vois le grand gars en chemise rouge, là, avec sa coupe en brosse ? Il s'appelle Reynald. Pour faire court, il me court après depuis que je lui ai vendu un peu d'herbe il y a deux-trois mois et il a vraiment pas apprécié que je file son prénom à un pigeon. Je reconnais que c'est pas malin. Mais bref, s'il me voit, je vais l'avoir sur le dos toute la soirée, et, selon l'humeur, il risque de vouloir me casser la gueule. Et j'ai vraiment pas envie de t'infliger Reynald, quelle que soit la configuration, parce que tu mérites nettement mieux que ça.

Bon certes, il ne connaissait pas suffisamment Mikkel pour partir dans de telles considérations, mais le brun était capable de le faire rire, donc devenait automatiquement quelqu'un de fréquentable. Surtout que personne ne méritait de subir Reynald. Personne.
Lazlo soupira, à regret. La Providence avait été si douce avec lui jusqu'à présent, le retour de karma ne pouvait qu'arriver. C'était dommage. Il resta silencieux un bref instant, jetant un bref coup d'oeil à l'autre qui attendait de l'autre côté du comptoir, scrutant les alentours comme une buse cherche sa proie. Quel enfoiré.

-J'suis désolé, mais je vais avoir besoin que tu fasses un autre miracle ce soir pour me planquer, sinon j'vais être obligé de filer. Si t'es d'accord et si t'y arrives, je te promets que tu peux me demander ce que tu veux et tu l'auras. Dans la limite des stocks disponibles, bien sûr.

C'était idiot, comme proposition, parce qu'il n'avait déjà pas grand chose en soit. Et rien ne garantissait que Mikkel accepte. Il pouvait tout aussi bien filer lui aussi, et le laisser en tête à tête avec son propre problème. Après tout il s'était mis tout seul dans cette galère, il était plus que logique qu'il se débrouille comme un grand pour s'en sortir. Et pourtant, une once d'espoir venait de se glisser dans le regard céruléen qu'il posa sur le Brun de la Discorde. Une once d'espoir dans le type qui s'était qualifié quelques instants plus tôt comme son sauveur, et qui s'avèrerait l'être pour le restant de la soirée s'il réussissait l'exploit de le tirer de ce bourbier.


_________________

Every morning I jump out of bed and step on a landmine. The landmine is me. After the explosion, I spend the rest of the day putting the pieces together. ×

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3658-lazlo-pour-vivre

Laugh like a jackal

Masculin
↳ Nombre de messages : 1681
↳ Points : 550
↳ Date d'inscription : 11/12/2015
↳ Age : 22
↳ Avatar : Finn Wittrock
↳ Age du Personnage : 28 ans
↳ Métier : Brancardier
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement en place mais surtout contre la Prohibition.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2 - (Niveau 4 en poils soyeux !)
↳ Playlist : The Sex Pistols - NeverMind The Bollocks
↳ Citation : Je ne sais pas ce que je veux mais je sais comment l'obtenir.
↳ Multicomptes : Tristan K. Bellamy
↳ Couleur RP : darksalmon



Feuille de perso
↳ Copyright: Darkshines
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Quite Close to Crazy ▬ Mikkel   Lun 13 Juin - 16:33


«Is there any chance to save the day ?»

 Lazlo & Mikkel
featuring

Abaissant un regard complaisant vers le blondin rieur, j'eus l'agréable surprise de le voir rebondir à mes délires avec un entrain assez expressif. Son enthousiasme de mec bourré faisait plaisir à voir, d'autant plus qu'il s'accordait superbement avec le mien et ça me changeait de mon début de soirée. J'en pouvais plus d'entendre l'autre marin me parler de pêche au thon, encore un peu et je me serais tapé une crise d'allergie à l'iode mais quand même, ça m'avait pas empêché de lever le coude. En l'instant actuel, je me sentais guilleret et épanoui et j'octroyai un rire grave au plaisantin, me composant un regard de tombeur.

« Je ne révèle jamais mes secrets, qu'est ce que tu crois ? Et ma monture, elle a besoin de se rincer le gosier, tout comme moi. Mais c'est bon, t'es pas obligé de rentrer au pays tout de suite, on s'y fait à la Nouvelle-Orléans, surtout avec un cocktail rafraîchissant en main, non ? »

Le mien était parfait, en tous cas. De son côté, qu'il ruisselle de sueur ou pas sous son tea-shirt, son torse m'avait l'air plutôt bien sculpté vu comme ça. Le caressant du regard, je trinquai donc, savourant de larges lampées de ce breuvage si généreusement offert. J'y faisais honneur, fallait pas que je ternisse ma réputation d'invité modèle. Ma lèvre supérieure frémit dans un rictus à son commentaire suivant, avant que je ne l'essuie d'un mouvement léger de l'index.

« Tu connais l'homme qu'à vu l'homme qu'à vu l'homme qu'à vu l'ours et qui n'a pas eu peur ? Ma grand-mère m'appelait toujours comme ça. Non mais sans déc, j'ai décidé de lui laisser la vie sauve à ce bear, ça vaut mieux pour tout le monde. T'sais que les ours attrapent les saumons d'un coup de patte dans les rivières ? Ça paraît cool mais quand on te narre ce genre d'aventures pendant une heure avec tous les détails poissonneux, à la fin, bah t'as plus faim. »

Et l'autre qui m'offrait une révérence, il me faisait marrer celui là. J'arquai un sourcil dans une moue faussement perplexe en le lorgnant de haut en bas, savourant posément une nouvelle gorgée. Il venait de l'Europe du Nord, tiens, j'étais pas tombé si loin que ça en fin de compte alors que j'avais lâché les premières conneries qui m'étaient venues à l'esprit. En tous les cas, ce qui était cool avec ce mec, c'était qu'il était pas contrariant et qu'il surfait sur les mêmes vagues délirantes que moi. De l'alcool, une compagnie agréable, de la bonne musique mais hé que demande le peuple ? Tout ça me suffisait pour motiver ce gloussement qui secoua mes épaules tandis que mes yeux pétillaient de cette légère ivresse.

« T'as tout compris ! Mais j'suis sûr que t'auras assez d'inspiration pour me doter de multiples épithètes, t'as un visage de poète, Lazlo le norvégien. Moi je suis russe pour de vrai, c'est une chance qui n'est pas donnée à tout le monde, je sais, mais en tous cas en tant qu'Européens, on est cousins ! C'est déjà pas mal. »


Je l'observais, lui et ses yeux d'un bleu si clair, un sourire toujours plaqué sur mes lèvres pendant qu'il évoquait mes miracles. Alors comme ça, je l'avais libéré d'un couguar, hein ? J'avais pas vraiment fait gaffe à la meuf qui l'accompagnait, à dire vrai mon regard s'attardait très peu sur les filles mais vu son commentaire, il semblait pas fâché d'en être débarrassé. Tant pis, tant mieux ! Moi je ne réfléchissais pas plus loin, je profitais juste du moment et je lui répondis avec une légèreté naturelle, galvanisé par l'alcool qui réchauffait mes veines et accroissait mon tempérament jouasse.

« J'espère au moins que tu m'oublieras pas dans tes prières ce soir ! Alors pour les miracles suivants, j'ai prévu des rivières de champagne et des cocktails spécial union Norvège-Russie, t'en penses quoi ? »

Mon verre était déjà à moitié vide et je le tuais davantage en le délestant d'une profonde gorgée supplémentaire. Et puis encore une autre. La soirée battait son plein ! La musique qui rythmait cette boite me donnait envie de danser et je bougeais déjà mes hanches, lançant des regards à gauche et à droite, sans rien perdre de ce qui se passait aux alentours ni aucune des arrivées. Qu'est ce que j'avais envie de rire ce soir, putain, et quand Lazlo se penchait vers moi pour mieux me parler, je n'hésitais pas à poser ma main chaleureusement contre son épaule et lui balancer mes conneries à l'oreille pour me marrer d'autant plus.

Cette ambiance était parfaite jusqu'au moment où un truc changea dans le comportement de mon compagnon de soirée qui devint soudain aussi troublé que s'il venait d’apercevoir un fantôme. Oups c'est quoi le bins ? Je terminais mon verre pendant que Lazlo se cachait sous son col comme un détective privé en pleine embuscade. Sauf que manifestement, c'était lui la proie. Je suivis son regard alors qu'il me glissait ses confidences, pouffant à moitié tout en soupesant le dénommé Reynald du regard. Merde, il avait l'air costaud. On fait quoi dans ces cas là ? Si j'avais été sobre, j'aurais probablement fait mes adieux à Lazlo d'un air digne et solennel mais d'un autre coté, le potentiel comique de cette situation me donnait juste envie de rigoler comme un bossu. Je me retins, esquissant juste quelques pouffements alcoolisés que j'étouffais de la main, en me forçant à arborer un air plus sérieux. Non mais quand même, il risquait de lui casser la gueule ce mec, rien de moins que ça. Lazlo était mignon avec ses histoires de miracles et ses belles promesses mais j'avais pas spécialement envie de risquer ma jolie mâchoire dans l'histoire. Cela dit…

« Okay… tu veux que j'te cache sous mon tea-shirt ? »

L'idée aurait été assez marrante et j'agrippai déjà le bas, soulevant mes fringues pour offrir à Lazlo une vision panoramique sur mes abdo contre lesquels il aurait pu se lover. Évidemment, la position aurait été un poil compromettante mais au moins sa tête aurait été cachée et le Reynald aurait eu plus de mal à reconnaître le reste de son corps. M'enfin, on n'allait pas non plus rester toute la soirée comme ça non plus, aussi confortable soit-elle, cette cachette n'offrant qu'un répit très momentané. L'idée était donc de foutre le camp d'ici ensemble, ce qui ne m'aurait pas réellement dérangé, après tout. J'avais fini mon verre et le quartier ne manquait pas de bars attrayants ! Alors merde, on n'allait pas gâcher notre vie à cause d'un pigeon susceptible, non ?

« Chiche qu'on traverse la salle comme ça ! Tu te planques comme une autruche et j'te guide pour sortir d'ici. Bon okay, t'auras l'air d'un con mais on s'en fout, tout le monde est bourré à cette heure et ils en ont vu d'autres. »

Autruche, pigeon, ces histoires d'oiseaux me laissaient rêveur. Je lui offris un sourire de connard plein d'assurance avant de l’exhorter à se cacher contre moi et l’entraîner rapidos loin du comptoir. Pas le temps de réfléchir, pas le temps d'esquisser un plan, il fallait agir ou périr ! Un peu que je méritais mieux que de me faire chier avec un boulet, agressif qui plus est, fallait pas déconner. Je chuchotais, le menton baissé, m'adressant à mon col.

« J'suis curieux de savoir ce que tu penses que je mérite, n'empêche… ça doit valoir le détour. Bon, mais t'as pas intérêt à donner mon nom à un pigeon après, même s'il a une tronche de saint. Allez viens, on s'casse... »

Je le cachais entre mes bras du mieux que je pouvais, le poussant gaillardement  vers le centre de la salle afin qu'on puisse se faufiler entre les quidams présents. Notre avancée n'était pas spécialement discrète au vu de la manière donc j'écrasai son visage contre mon torse en marchant comme un crabe pour éviter le regard du mec coiffé en brosse. Ce type là aurait simplement pu nous prendre pour deux débiles mais l'important c'était qu'il ne reconnaisse pas sa victime, non ? Lazlo avait parlé d'herbe et j'aurais pas craché sur un un bon gros pétard en guise de remerciement, en tous cas j'étais curieux de savoir ce qu'il avait en stock. Oh ouais ça aurait été cool mais en attendant...

« P'tain merde, il nous regarde, fais style de rien surtout ! Tiens, danse un peu. »

J'avais en effet croisé le regard du drôle en chemise et il ne m'avait pas semblé amical du tout. La tronche de looser qu'il se payait… Et quelle idée de se fringuer avec des couleurs aussi nazes, le rouge carmin okay mais le vermillon non quoi ! Rien qu'à observer la façon dont ce gars me reluquait, sa mâchoire carrée plus crispée que s'il avait un balais où j'pense et ses yeux qui lançaient des éclairs, j'avais aucune envie de me frotter à lui. Le lascar s'était redressé et soudain, motivé par une impulsion soudaine, je me laissais aller à gueuler très fort le refrain de la chanson qui passait en ce moment. Quand on veut passer inaperçu, le mieux c'est de tout faire pour attirer l'attention. Oh yes ! Je chantais de plus en plus fort et n'importe comment, entraînant Lazlo dans la danse en sautillant sur place comme un taré. Mon royaume pour un pogo, bordel ! Autour de nous, un groupe de mecs éméchés se mirent à scander en cadence un truc qui n'avait rien à voir, ils connaissaient même pas les paroles, ces cons là. En attendant, ils nous offraient un mur humain de toute beauté ! Comment ne pas résister à cette frénésie collective, cette envie de hurler notre soif de vivre en dépit de l'ambiance apocalyptique qui déchirait le monde ! Oh oui, nous étions jeunes, nous étions beaux, nous étions nés pour nous égosiller sur cette piste, enlacés, jusqu'à nous casser la gueule dans une marre de bière.

« T'es pas Ivan tsarévitch le taurillon mais c'pas grave, allez viens, on fout le camp ! »

Cours putain, mais cours !
Je l’entraînais en m'esclaffant à demi vers la sortie du bar, presque porté par la marrée humaine de soûlards, ou du moins j'aurai aimé que ce soit le cas. En vérité, je jouais des coudes pour me frayer un chemin parmi la populace, emportant Lazlo dans la foulée, avant de reprendre mon souffle dans une profonde goulée en retrouvant l'air libre. De l'air de l'air !

« Et ma monture, palsambleu, où est-elle ?? »


 


_________________
The Jackal comes, blood lust on his lips. He craves the dead, our lives in his grips. He's after our hearts, he'll chew and swallow. Blood pours from his mouth, our lives will soon follow. Death comes to those who wait, He feels this. Eyes wide. We try to run from our past, but the truth we cannot hide.


Dernière édition par Mikkel G. Ievseï le Mer 16 Nov - 16:41, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3157-mikkel-georg-iev En ligne

Féminin
↳ Nombre de messages : 171
↳ Points : 67
↳ Date d'inscription : 02/06/2016
↳ Age : 26
↳ Avatar : Tom Payne
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Eleveur de volatiles à but communicatif
↳ Opinion Politique : Boom baby !
↳ Niveau de Compétences : 3 Prise de risques/chimie entre amis/système D/pigeonnage professionnel
↳ Playlist : Gogol Bordello - Start Wearing Purple ♫
Flobots - Handlebars ♫
↳ Citation : "Et merde"
↳ Multicomptes : Noah D. Meadow & Roman A. Ievseï
↳ Couleur RP : #669999



Feuille de perso
↳ Copyright: Darkshines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Quite Close to Crazy ▬ Mikkel   Lun 31 Oct - 15:54

Forcément que Reynald serait là. Forcément. Il y avait toujours eu une constante dans sa vie : à chaque fois que quelque chose de cool lui arrivait, le karma revenait le gifler en pleine figure avec l'intensité de mille poings. Oui, à la fois. C'était une constante qu'il ne s'était pas empêché de constater depuis toujours, et qu'il était bien obligé de reconnaître une nouvelle fois alors que Reynald allait très certainement compromettre cette soirée pourtant parfaite. Une constante. Bon, au moins il devait avouer que les retours de karma étaient souvent intenses, même quand ils étaient positifs.
Restait à savoir si le retour en ce moment précis allait être positif ou négatif. Dans le meilleur des cas, Mikkel et sa Sainteté se montreraient magnanimes et trouveraient une solution pour les sortir lui et sa guigne de ce traquenard. Dans le pire des cas... Dans le pire des cas il se ferait probablement casser la figure, aurait un nez explosé et du sang plein sa barbe toute jeune, mais eh, au moins ça aura été une nuit particulièrement animée ! Non ? Non. Bon, si, un peu. Suffisamment pour lui mettre le sourire aux lèvres pendant toute la semaine, quand bien même il n'aurait pas pu bénéficier du beurre, de l'argent du beurre, du crémier et du cul de Saint Mikkel. Mais son esprit n'était pas encore à l'égarement, quand bien même les lèvres du beau parleur s'étaient étirées dans un sourire alors que, clairement, il ne gobait pas son histoire. A sa défense, il mettait manifestement beaucoup de coeur à planquer son hilarité. Un geste louable, presque attendrissant, si ce n'était pour les gros bras du plus gros pigeon que la Terre ait porté en son sein... Toutes proportions gardées.

Okay… tu veux que j'te cache sous mon tee-shirt ? Lazlo eut tout juste le temps de lever un regard dubitatif sur son camarade de beuverie qu'il se faisait d'office aveugler par un torse à moitié nu sorti de nulle part. Musclé. Probablement ferme. Et déjà quelques oeillades toutes aussi dubitatives que la sienne qui se posaient sur eux alors que le blond retint un éclat de rire devant la spontanéité du geste.

-Eh là ! Fais gaffe, Mister Univers, tu vas éborgner quelqu'un avec des tétons pareils !

Pourtant l'idée était alléchante. Non seulement pour la possibilité de toucher Dieu du doigt, mais aussi pour la cachette que son t-shirt pourrait lui procurer. Bon, ce n'était pas Paname, ils n'allaient pas pouvoir se fourrer à douze là-dessous. Mais il fallait reconnaître à Mikkel qu'il avait eu le mérite de trouver une idée qui leur permettrait non seulement de foutre le camp, et de n'attirer qu'à peine l'attention. La meilleure cachette est toujours d'être directement en face du sujet qui vous recherche, après tout. D'autant que Reynald, dans sa vision périphérique, faisait de sa grosse tête antipathique un périscope et scannait chaque recoin de la pièce avec minutie. S'il ne se décidait pas vite, il allait finir par être repéré. Et Mikkel avec lui.

-Chiche ! Plutôt finir en autruche avec la tête dans le sable et le cul à l'air que fourré de pains comme une dinde à Thanksgiving.

D'un geste leste, il enleva son bonnet et rejoint sa cachette temporaire, tirant aussi sec le t-shirt par-dessus sa tête. Il eut beau entendre un craquement provenir du tissu, il eut beau prendre une bonne dizaine de degrés d'un coup sous la Quechua humaine, il n'en dit rien. Et s'il nota une odeur persistante sur laquelle il n'arrivait pas mettre un nom, il préféra se concentrer sur ses autres sens. Sa vue obstruée, il n'apercevait que les lumières chamarrées des néons à travers le t-shirt. Ce ne serait pas suffisant pour se déplacer. Il allait devoir compter sur l'habileté de son Sauveur à les mouvoir. Sauveur qui enroula d'office ses bras autour de ses épaules, accentuant la fournaise d'une nouvelle dizaine de degrés, comprimant son visage contre sa peau. Sous son oreille, il pouvait entendre son cœur battre la chamade sous l'excitation manifeste que leur idée révolutionnaire provoquait. Jusqu'à ce que le bourdonnement sourd de la voix de Mikkel lui parvienne, et qu'il finisse par lever les yeux vers le halo lumineux qu'était devenu son col, tentant de discerner autre chose que son menton.

-Promis c'est pas un pigeon qui portera ton nom. Un cacatoès éventuellement. Voire un Gris du Gabon. C'est hyper malin ces bêtes-là, j'parie que s'ils avaient des pouces ils se planqueraient tous les jours sous des t-shirts pour échapper à leurs prédateurs !

Mikkel descendu de son tabouret, il finit par comprendre, malgré le marécage d'alcool où flottaient ses idées, qu'il était temps de bouger. Et cette odeur qui titillait son nez, encore, aigrelette. Réprimant un éternuement, il suivit le mouvement, épousant les pas de Mikkel pour faire un crabe relativement crédible. C'est fou comme l'urgence vous fait vouer une confiance aveugle au premier clampin venu, une fois que vous êtes, justement, aveugle. Et même si cette odeur aigrelette jurait un peu avec celle de son parfum, capiteux, suave, Lazlo n'aurait échangé sa place pour rien au monde.
Droite, gauche, droite, droite, gau... Droite encore. Tenant fermement le t-shirt de son compagnon, tout en entendant régulièrement ses coutures rendre progressivement l'âme, le blond gardait le regard rivé sur les chaussures de Saint Mikkel. Une surface plastique, colorée. Il les entraînait vers la piste ? Mais... Pourquoi ? Puis il comprit, du fin fond des vapeurs d'alcool qui embrumaient ses pensées. Il comprit que la manoeuvre n'était pas aussi bête qu'elle en avait l'air. La majorité des clampins attroupés sur la piste était plus grande qu'eux, que lui, du moins. Et même si Reynald était une tour de gué surplombée d'une tignasse rousse, il ne serait pas capable de les repérer au milieu de tous les danseurs. Alors quand il entendit la voix de Mikkel résonner dans son torse, et ledit torse lui frotter tout le visage, il sentit qu'il était temps de sortir de sa tanière. A regret, il devait le reconnaître. Mais putain que ça faisait du bien de retrouver un peu d'air relativement frais !

Suivant le mouvement, il bondit à son tour, chantant à tue-tête sur une chanson qu'il ne connaissait même pas, se laissant emporter par la foule. Les mains agiles, il incita tous les gens autour d'eux à faire de même, et, comme poussés par un élan grégaire éméché, pas mal d'entre eux suivirent le mouvement. Jetant de brefs coups d’œil derrière son épaule pour scruter Reynald, il remarqua que son ennemi juré avait jeté un regard dédaigneux à la masse en liesse, tentant de repérer quoi que ce soit. Mais que repérer en même temps, dans une nuée humaine, dans tous ces mouvements de cheveux, dans tous ces ressorts humains ? Lazlo éclata de rire, se laissa entraîner par son Sauveur, résistant difficilement à l'envie d'appeler le Pigeon pour attirer son attention. Ce qui, au vu de tous les efforts de son Sauveur, aurait été particulièrement couillon. Alors il se contenta de lui adresser un majeur bien senti, bien droit et bien levé, et fut vite rallié par une quinzaine de congénères bien trop éméchés pour comprendre que ce n'était pas une nouvelle danse, mais un acte de rébellion contre un gros con.
Qu'à cela ne tienne. C'était la fin du monde, après tout, autant qu'ils s'offrent tous autant de plaisir qu'il en éprouvait en cet instant même.

L'air frais de la nuit gifla agréablement son visage, alors qu'il n'avait aucun souvenir de comment précisément ils avaient réussi à rejoindre la sortie. La main de Mikkel était encore sur son poignet, aussi Lazlo supposa que c'était lui qui avait servi de bélier contre la populace amassée. Un frisson secoua ses épaules, s'achevant sur un profond fou rire. Ils l'avaient fait. Ils s'étaient tirés sans heurts. Ils avaient fait la nique en beauté à cet abruti congénital de Reynald et en étaient sortis encore plus flamboyants qu'au départ. Et son compagnon ne l'avait pas laissé à une mort certaine, tout du moins un bon cassage de gueule en règle. Levant un regard encore hilare vers son Sauveur, Lazlo lâcha, la voix encore saccadée par son rire.

-J'sais pas si t'es un Saint, le Slave, mais t'es un putain de génie !

L'espace d'un instant, il se hasarda à se demander s'il allait lui accorder trois vœux si jamais il en venait à lui frotter la anse. Mais, au moment où les pensées allaient franchir le seuil de sa bouche, l'exclamation de son compagnon retint ses propres mots. Ce serait pour plus tard.
Faisant mine de débarrasser de la poussière de sa veste, il esquissa deux pas vers lui et se retourna, la démarche hachée, solennelle. Et se pencha vaguement en avant, lui jetant un regard amusé.

-T'es pas au courant ? Avec la fin du monde, les chevaux ont décidé de se syndiquer et faire la grève pour avoir de meilleures couvertures sociales, c'est le palefrenier qui a dû prendre le relais. Maintenant monte, que nous galopions vers l'horizon !

D'un mouvement de la main, il tapota sur son dos, l'incitant à joindre le geste à la parole. Les jambes arquées, il grimaça un peu en sentant son corps partir en avant une fois son cavalier en selle, et arrima ses bras fermement autour de ses cuisses. Comme quoi, en une soirée, son compagnon les aurait toutes faites, entre le Sauveur, le Saint, le Slave, le Cavalier, le Génie. Son talon heurta le bitume pour marquer le début des hostilités, et il s'élança avec Mikkel sur le dos pendant... une bonne dizaine de mètres. Parce que bon, fallait pas déconner, entre l'alcool, la dope et la fatigue, sans parler des quelques kilos que pesait l'animal, il n'était pas prêt à courir un marathon. Ca aurait pu se tenter dans d'autres circonstances. S'il ne s'était pas pris le pied dans une bouche d'égout, menaçant de les faire tomber tous les deux. Se rattrapant de justesse en riant comme un gosse, il avait fini par le laisser rejoindre le plancher des vaches, grand prince.

-Je crains que le palefrenier n'ait trop bu pour pouvoir vous amener jusqu'à l'horizon, Votre Sainteté. Mais à défaut d'horizon il peut toujours vous amener dans sa modeste demeure pour vous offrir votre récompense, si vous la désirez toujours.

Respectueusement, il lui avait adressé une courbette honorifique, main posée sur le cœur, avant de la lui tendre avec un large sourire. Bien sûr que non, il n'avait pas oublié sa dette. Et bien sûr qu'il était prêt à partager son butin personnel avec le jeune homme, surtout après que ce dernier lui ait sauvé la mise.
La réponse tant attendue tombée, le chevelu lui adressa un clin d'oeil de connivence.

-Tu seras pas déçu. J'peux te le garantir.

Oh non il ne le serait pas. Car si Lazlo n'était pas sûr de la majorité de ce qu'il entreprenait dans sa vie, il l'était parfaitement de la qualité de l'herbe qu'il produisait, sur l'immense toiture de l'usine qui lui servait de logement. En guise d'amuse-bouche, il sortit un pétard de la poche intérieure de sa veste. Certes, il avait connu des jours meilleurs. Mais les vicissitudes de la vie atteignaient tout, même les meilleurs d'entre eux. Le glissant d'autorité entre les lèvres du Saint Homme, il se plaça devant lui et s'offrit le luxe de le lui allumer. Le vieil adage de l'Allumeur lui revint en tête, lui arrachant un sourire alors qu'il observait la flamme prendre sur les bords du papier, se muant en petite boule incandescente.

-Un grand cru, hein ? Garanti bio, équitable, et 100% ramassée avec mes petits doigts, pas par des petits chinois !

Il agita agilement ses doigts devant son compagnon avant de les fourrer dans ses poches et reprit sa marche en direction du Nid, le pas aussi hasardeux que sautillant. Au bout d'un temps, il finit par soupirer, se retournant vers son Sauveur avec un regard entendu. Ses doigts souples reprirent le joint de ses lèvres, et il tira un peu dessus avant de le lui rendre. L'alcool avait beau redescendre un peu avec la fraîcheur, il avait envie de rester perché. Perché et insouciant.

-T'as vraiment fait de moi un putain de miraculé, ta Sainteté, j'sais pas si tu t'en rends compte. Reynald est un authentique gros con, du style tellement con que tu te demandes comment il a appris à épeler son prénom correctement. J'crois même qu'il en est incapable. Bref. J'ai une dette monumentale envers toi, et c'est à toi t'en fixer le montant, sur ce coup-là. Donc ce soir, c'est moi qui régale. Tu peux prendre tout ce que tu veux. D'ailleurs, on est arrivés.

Finalement, ils avaient marché bien plus que le temps ne le leur avait fait croire. L'immense usine en briquettes rouges déchirait le ciel, devant eux, ses ferronneries noirâtres brillant sous la lumière blafarde des lampadaires. Ouvrant le passage, il contourna l'édifice et rejoint l'escalier de secours en fer forgé, à l'arrière. Trois étages plus haut, il s'assura que le portail de fortune qui menait au toit n'avait pas bougé puis glissa sa clé dans la serrure de la porte coupe-feu pour leur ouvrir l'accès. Puis il ouvrit la première porte à gauche, et alluma les lumières de son salon de bric et de broc, guidant le Saint d'un geste obséquieux.

-Bienvenue au Château Andersen.

Le salon s'étirait sur la longueur et s'achevait par une cuisine à l'américaine, orné de deux immenses fenêtres industrielles, ses murs en briquettes rouges apportant une chaleur répétée par les tapis de récupération et deux canapés qui avaient vu un bon paquet de paires de fesses mais restaient toutefois terriblement confortables. Jetant sa veste sur l'un d'entre eux, il invita Mikkel à s'asseoir avant de l'imiter, et lui tendre un cendrier qui trônait sur une table basse en bois clair.

-Tu vas m'dire que c'est con comme question, surtout maintenant que tu m'as suivi jusqu'ici, mais... Pourquoi tu m'as aidé, en fait ?

_________________

Every morning I jump out of bed and step on a landmine. The landmine is me. After the explosion, I spend the rest of the day putting the pieces together. ×

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3658-lazlo-pour-vivre

Laugh like a jackal

Masculin
↳ Nombre de messages : 1681
↳ Points : 550
↳ Date d'inscription : 11/12/2015
↳ Age : 22
↳ Avatar : Finn Wittrock
↳ Age du Personnage : 28 ans
↳ Métier : Brancardier
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement en place mais surtout contre la Prohibition.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2 - (Niveau 4 en poils soyeux !)
↳ Playlist : The Sex Pistols - NeverMind The Bollocks
↳ Citation : Je ne sais pas ce que je veux mais je sais comment l'obtenir.
↳ Multicomptes : Tristan K. Bellamy
↳ Couleur RP : darksalmon



Feuille de perso
↳ Copyright: Darkshines
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Quite Close to Crazy ▬ Mikkel   Mer 16 Nov - 16:40


«Is there any chance to save the day ?»

 Lazlo & Mikkel
featuring

Dans cette transe collective où je me laissais emporter moi-même, j'avais levé avec énergie mon beau majeur, lequel m'avait toujours paru bien plus long que la moyenne, pour ma plus grande fierté. Emporté par un enthousiasme débridé, j'avais donc foncé, tel un bélier fougueux, serrant fort le poignet de Lazlo pour l'extirper en dehors de ce bar et de la foule en délire. Une fois sur le trottoir, j'emplis mes poumons d'une profonde lampée d'air, secoué par des étincelles de rires, le cœur encore battant d'excitation et d'ivresse. Je n'avais pas prévu une telle envolée et pourtant j'y avais plongé sans l'ombre d'une hésitation, armé de ce bel enthousiasme qui ne me lâchait pas et prêt à surfer sur une vague de délires. Les multiples réparties du blondin m'avaient laissé rêveur tant elles éveillaient aussitôt des images dans mon esprit imaginatif, si inspirantes qu'elles étaient. Mes gloussements n'en avaient été que plus prolixes alors que sa barbe me chatouillait le torse tout autant que son souffle tiède contre ma peau. Mister Univers avait apprécié la danse, merci pour lui. Si mes idées loufoques étaient aussi impulsives que ma tendance à l’exhibitionnisme gratuit, j'étais plutôt surpris que mon plan ait si merveilleusement fonctionné. La soirée était propice aux miracles, il fallait en profiter ! Et à présent, je le contemplais d'un regard brillant avant de m'étirer d'un air contemplatif, dans la posture du saint martyre, auréolé de sa toute-puissance. « Gloire à moi-même. »

Le bougre n'était pas en reste pour plonger dans le délire et ce fut d'un air goguenard de fier chevalier que j'accueillis ses bravades tandis qu'il me répondait sur la même lancée. Mes yeux s'écarquillèrent dans un cri suraigu qui pulsa aussitôt hors de mes lèvres, suite à son offre. « Les salauds de canassons, bordel ! Tous les mêmes ces tire-au-flanc, j'le savais !»  Dans un rictus de sale gosse, mon regard apprécia la courbe de ses fesses alors qu'il m'offrait son dos, un éclair illuminant aussitôt mes yeux. Galvanisé par mon humeur fêtarde, jamais je n'aurais pu résister à pareille invitation. Je ne pris même pas un millième de seconde pour réfléchir avant de bondir joyeusement sur la selle présentée, m'accrochant à ses épaules dans un cri de guerre du plus bel effet, d'une voix de stentor. « Hourrah ! »  Celui des cosaques des steppes de Russie était bien le meilleur qui soit alors que je me laissais aller à cet instant de délire pur. « L'horizon nous attend, mon fidèle palefrenier ! Holà fringant étalon… Les poils de ta crinière me chatouillent le nez, sacredieu ! Ah ! Que nos ennemis tremblent au fond de leurs trous ! Je possède le destrier barbu le plus rapide du royaume, il a du flair et il a l’œil farouche ! Allez  ! » Et j'aurais bien été capable de le laisser galoper pendant des kilomètres, sans que je ne cesse de m'égosiller, à lui hurler de foncer plus vite et plus loin, jusqu'à nous retrouver  au pays des merveilles !

Mes cuisses bien serrées contre ses hanches, j'enfouissais mon visage contre ses cheveux longs en riant, emporté par cette cavalcade sauvage jusqu'à ce qu'il trébuche et ne manque de perdre l'équilibre, ce qui nous aurait conduit droit dans le caniveau, triste déroute. Fort heureusement, le galant palefrenier possédait encore de bons réflexes, ce qui me permit de rejoindre le sol sans encombre, d'un saut gracieux. Le couvant d'un regard amusé, je me redressais de toute ma hauteur à ses paroles, haussant un sourcil magnanime dans un mince sourire de Saint Miséricordieux. Le caressant du regard de haut en bas, j'appréciai pleinement cette scène de romantisme chevaleresque alors que son salut poétique, la main sur le cœur, me donnait autant l'envie de rire aux éclat que de l'embrasser à pleine bouche. A cette pensée émoustillée, je m'humectai les lèvres avant de lui céder ma noble pogne, la déposant avec générosité dans sa main tendue.  « Je vous autorise à baiser ma sainte dextre, mon brave. Vous serez sans doute absous de vos péchés d'ivresse par sa divine influence ! Quant à votre modeste demeure, hé bien soit. Je consens à la bénir de mon auguste présence. J'attends d'en savoir un peu plus sur cette mystérieuse récompense mais ma curiosité est à la mesure de mon appétit, sachez-le bien, ô bel écuyer.»

Où allait-il m'emmener, ça je n'en savais rien mais je n'y pensais absolument pas. Je me concentrais dans un sourire sur les promesses alléchantes qu'il m'offrait avant de poser les yeux sur cette chose qu'il sortait de sa poche, tel un magicien sort des lapins de son chapeau. Les lèvres de Saint Mikkel étaient toujours sensibles à ce genre de présent, bien évidemment. Aussi, même si son geste me surprit l'espace d'une seconde, je le laissai bouter le feu à cette clope avec contentement, plissant des yeux de connaisseur en inspirant la première bouffée. Gardant un moment la fumée dans mes poumons pour mieux m'en imprégner, j'écoutais ses commentaires d'une oreille complaisante, admirant la danse de ses doigts agiles. Je lui emboîtais le pas aussitôt, expulsant doucement les volutes grisâtres dans un soupir appréciateur. « Oh… je comprend pourquoi l'autre pigeon te court après. Tu fais de la magie, mec, j'dois avouer. Pas mal du tout oui… Tu me donnes envie d'aller visiter ta plantation, ça doit sacrément valoir le coup d’œil. »  Baissant le regard sur le joint entre mes doigts, j'esquissais une moue dans un hochement de tête satisfait avant de reprendre une nouvelle bouffée, les paupières fermées pour mieux savourer.

Tout en marchant, je me sentais planer, l'esprit délicieusement ouvert, un sourire éthéré sur le visage comme un archange bienheureux, tombé du ciel pour contempler l'humanité avec une douce indifférence. Le croissant de lune qui apparaissait entre les immeubles était posé à l'horizontale et me faisait ainsi songer au sourire du chat de Chester. Cette idée me faisait pouffer légèrement alors que j'avais l'impression qu'il jouait à cache-cache avec nous, bondissant par dessus les toits. A mes cotés, le sieur Lazlo, aux yeux azurés plus pur qu'un ciel d'été, me faisait la grâce d'humecter de ses lèvres le précieux pétard, en alternance avec moi-même. Nos enjambées étaient larges, la cadence de notre pas assez rythmée, la fumée nous enveloppait de son odeur ronde et suave alors que je bondissais parfois pour m'amuser à adapter ma démarche à la sienne,  comme pour un défilé militaire, sans cesser de bavarder. « Mais j'veux bien le croire que t'as eu chaud avec ce bonhomme accroché à tes basques. Misère, t'imagine si jamais il avait voulu jouer au scrabble avec toi, t'aurais pas été dans la merde, la partie aurait duré des siècles et à la fin, ta jolie barbe serait devenue longue et grise comme celle de Gandalf. »  Je lui offris un air exagérément offusqué à cette simple idée tout posant mon coude sur son épaule, lui balançant soudain un petit coup de hanches l'air de rien pour déstabiliser sa cadence. Je baissais le regard vers lui, un sourire accroché aux lèvres à ses invitations si prometteuses. « Fais gaffe à ce que tu dis, faut pas me répéter ce genre de choses deux fois... » Tout ce que je veux, vraiment ?

Je plissai les yeux légèrement d'un air chafouin avant de tourner le regard vers l’imposante bâtisse qu'il me désignait. « Sérieux c'est là que tu crèches ? C'est une blague ? »   Visiblement pas puisqu'il se dirigeait posément vers ce qui ressemblait beaucoup plus à une usine qu'à un immeuble à appartements. L'endroit n'était pourtant pas spécialement lugubre, en dépit de l'heure avancée dans la nuit et des étranges reflets provoqués par la lueur blême des lampes de rue. Le suivant à l'arrière, je grimpai lestement les escaliers à sa suite, jetant un œil en contrebas pour apercevoir la large rue paisible. Apparemment, il y avait moyen d'accéder aux toits et je me demandai si c'était là que se cachait la plantation secrète de ce galant écuyer… Mon regard revint s'accrocher à ses prunelles facétieuses tandis qu'il m'invitait à rentrer et je le saluai aussitôt en joignant mes mains modestement avant de m'imposer franc battant dans la baraque. Je parcouru l'ensemble du regard, tout en laissant échapper un sifflement admiratif. « Hé ben ! Il a de la gueule ton château, c'est immense ! Tu vis ici tout seul ? C'est hyper original de vivre dans une usine, dis moi ! Mais comment ça se passe, elle t'appartient ? T'as des ouvriers qui bossent pour toi ? Ah nan, pas de p'tit chinois cachés dans tes caves, tu m'as dit ! T'as vraiment des oiseaux ? Des perroquets ? Des Gabon de j'sais pas quoi ?»  Mes questions s'articulaient au moment même où elles s'allumaient dans mon esprit jouasse, reprenant une dernière bouffée du joint qui s'était considérablement consumé entre mes doigts.

N'ayant que mon t-shirt sur le dos, je n'avais aucune veste à ôter avant d'aller essayer ce canapé qui m'était si gentiment présenté. Je m'y laissai tomber gaillardement dans un soupir satisfait en entendant le grincement fatigué des ressorts, qui n'enlevait rien au confort des coussins, particulièrement moelleux. Lui dédiant un regard songeur, j'offris un mince sourire au blondin aux longs cheveux. « Tu ressembles plus à un hippie qu'à un dirlo d'usine, Lazlo le norvégien. »  Je tendis la main pour atteindre le cendar présenté dans un haussement de sourcils, y abandonnant le mégot. « Mais non qu'est-ce que je raconte, rien à voir… tu ressembles à Gandalf Junior et tu remplaces Gris-poil, ce maudit cheval gréviste. Voilà, tout se tient. C'est le job le plus honorable du monde, faut quand même le dire. Grâce à toi, je vais pouvoir reprendre ma chasse aux dragons et remplir ma destinée de Saint-Chevalier. »

Je m'enfonçais contre le dossier du fauteuil, le corps tourné vers lui, le détaillant du regard, mes yeux d'un vert d'eau brillant toujours de cette agréable euphorie, perché comme j'étais. La lumière qui régnait dans le vaste salon me permettait de saisir ses contours plus nettement que dans l'atmosphère tamisée de la boite ou trop sombre de la rue. J'appréciais ainsi la marchandise d'un regard léger, les pensées volatiles, m'attardant un peu trop longtemps sur ses lèvres avant que sa question ne me ramène à son regard si clair. Sans crier gare, j'empoignai aussitôt un coussin sur le canapé pour le lui balancer en pleine face. « Sacrilège ! Comment osez-vous poser cette question, ô mécréant ? Un Saint homme se doit d'aider son prochain par pur altruisme, il se jette au devant du danger en toute abnégation, par amour de la justice et sauvegarder ainsi l'équilibre de l'univers ! Et vous insinuez que je suis vilement intéressé ? Ahh mon âme souffre ! Aaah »  Je me cachai la tête dans les mains, pouffant pour lui échapper avant de risquer un regard pour lorgner vers la cuisine américaine. Pourquoi je l'avais aidé, il en avait de bonnes lui. En vérité, je n'y avais pas spécialement réfléchi, je m'avançais dans la direction où me poussait le vent, suivant mes envies et mes instincts du moment. Mais ses propositions n’étaient pas tombées dans l'oreille d'un sourd et je réfléchissais déjà aux bénéfices immédiats à tirer de sa gracieuse invitation.

«Hmmm. Bon, évidemment, si tu avais quelques poulardes à me proposer, des jambonneaux, quelques saucisses, une platée de frittes, un bon petit rôti peut-être ? J'me laisserais bien tenter. »  Je me faisais saliver avec mes conneries et je déglutis avant de secouer la tête pour me remettre les idées en place dans une moue ingénue. « C'est ta faute, à force de me parler de volailles, avec tes pigeons et tes perroquets. Quoique j'ai jamais mangé de perroquet... mais bon. »  Je fronçais les sourcils, songeur à cette drôle d'idée. C'était vrai que j'avais la dalle en y pensant. Et comme je n'avais pas eu le temps de faire de courses, mon frigo était désespérément vide, ce qui serait assez déprimant en rentrant. Un sourire affleura sur mes lèvres dans un regard angélique en me penchant doucement vers lui. « Sans déconner, la beuh ça m'donne faim et j'ai pas encore dîné aujourd'hui donc même si t'avais juste des cacahuètes, ce serait cool. »

J'inclinai discrètement  la tête vers mon épaule, quand une légère odeur se dégageant de mon tea-shirt me parvint avec un peu plus de précision. Souvent, quand je revenais de boite, il fallait attendre que je sois chez moi, dans mon lit, pour me rendre compte à quel point j'étais salement imprégné d'odeurs de clopes froides. Mais là, c'était autre chose et je relâchai un soupir en y repensant, me laissant aller contre l'épaule du blond qui dégageait un parfum bien agréable quant à lui. Je lui glissais quelques mots à l'oreille, soulevant quelques mèches de cheveux blond pour y parvenir, d'un geste léger. « Non mais j'allais pas te laisser fourrer comme une dinde, tout de même. T'sais quoi Lazlo, faut vraiment que j'te dise. T'as un de ces putain de merveilleux… canapé. »  Lui offrant un sourire taquin, j’enchaînais d'une voix suave avant de soupirer. « Si personne l'utilise, tu crois que j'pourrais dormir dessus ? En fait… c'est une tragique histoire, mon cher écuyer. Mon royaume subit les attaques dégueulasses d'une armée de créatures vicelardes, c'est une infamie. En gros, j'ai une invasion de cafards, c'est l'horreur quoi et ça pue parce que j'ai foutu la dose en insecticide, donc j'peux pas trop aller dormir chez moi ce soir, tu vois ? » Je me redressais légèrement, adoptant mon masque de meilleur tragédien grec, les sourcils tristes et l’œil brillant pour murmurer d'une voix déchirante, dans un hoquet dramatique. « Je suis un saint sans abri...»

 


_________________
The Jackal comes, blood lust on his lips. He craves the dead, our lives in his grips. He's after our hearts, he'll chew and swallow. Blood pours from his mouth, our lives will soon follow. Death comes to those who wait, He feels this. Eyes wide. We try to run from our past, but the truth we cannot hide.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3157-mikkel-georg-iev En ligne

Féminin
↳ Nombre de messages : 171
↳ Points : 67
↳ Date d'inscription : 02/06/2016
↳ Age : 26
↳ Avatar : Tom Payne
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Eleveur de volatiles à but communicatif
↳ Opinion Politique : Boom baby !
↳ Niveau de Compétences : 3 Prise de risques/chimie entre amis/système D/pigeonnage professionnel
↳ Playlist : Gogol Bordello - Start Wearing Purple ♫
Flobots - Handlebars ♫
↳ Citation : "Et merde"
↳ Multicomptes : Noah D. Meadow & Roman A. Ievseï
↳ Couleur RP : #669999



Feuille de perso
↳ Copyright: Darkshines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Quite Close to Crazy ▬ Mikkel   Mar 22 Nov - 2:50


La fumée planait tout autour d'eux, une nouvelle illusion d'optique pour préserver une dernière once d'intimité, fugace, entre eux. Une dose d'intimité inconsciente, pas forcément bienvenue vu leurs corps qui s'étaient frôlés plus d'une fois, vu leurs paroles qui s'étaient emmêlées les unes aux autres. Vu le regard que Lazlo déposait sur les lèvres charnues du Brun de la Discorde, alors qu'il les ouvrait encore sur de nouveaux mots qu'il ne comprenait plus qu'à moitié. Il ne savait même plus comment il avait réussi à le convaincre de le rejoindre ici, dans son appartement, à s'assoir sur son canapé défoncé, mais il était bel et bien là. Saint Mikkel graciant les lieux de sa présence surréelle, bénissant son canapé de son auguste derrière. Fais gaffe à ce que tu dis, faut pas me répéter ce genre de choses deux fois... Oh, mais parti comme il l'était prêt, il était tout disposé à le lui redire une nouvelle fois, juste pour voir jusqu'où il était prêt à suivre. Surtout maintenant que la lumière des quelques lampes disposées çà et là dans son salon rendait ses courbes avec plus de netteté. Lazlo avait vu juste, quand il avait dit à la jeune femme au décolleté trop prononcé qu'il ne courait pas ce type de cheval. Le jeune homme avait un charme électrique que les lumières des lampadaires, que celles, vibrantes, du bar, ne rendaient pas correctement. Non, elles ne lui rendaient pas justice. Pas alors que son regard se perdait progressivement sous l'effet de la drogue, se voilant de cette brume paresseuse du plaisir, lui donnant envie de savoir à quoi ils ressembleraient sous une autre forme d'extase. Laissant son regard vagabonder un instant le long de son torse salvateur, le Norvégien le reposa chastement sur ses propres mains, en pleine activité. Un sourire félin s'étira sous sa moustache.

-Tu apprendras que le Château Andersen n'est autre que l'illustre usine de Willy Wonka. C'était un oncle éloigné un peu barjot. Du coup ce qui me reste pour faire tout le boulot, c'est une poignée d'Oompa Loompa que j'ai enfermés dans la cave pour éviter qu'ils fassent chier tous les voisins en chantant. Tu te rends pas compte du bordel qu'ils arrivent à faire, malgré leur taille.

Les yeux baissés sur ses doigts, il pouffa un peu aux divagations de son compagnon, tout en sentant le canapé s'enfoncer dans son dos alors que ledit compagnon s'y installait plus confortablement. Ses doigts effritèrent tranquillement une tête de beuh, alors que la conversation se poursuivait sur ce ton léger, surréel, qui l'avait commencée. Une sorte de bulle de connerie que rien ne semblait pouvoir faire éclater. Et le Saint Homme de poursuivre sur ses chasses au dragon, ses sorciers, et ses allusions à une quelconque quête qui le poussa à éclater de rire une nouvelle fois. Qu'il était con, ce garçon. Recouvrant son calme, il avait lui-même fini par lui poser la question fatidique, celle-là même qui le rongeait de curiosité. Pourquoi ? Ils ne se connaissaient pas. Il n'avait pas particulièrement d'intérêt, le Saint Homme, à sauver un simple péon comme lui. Il n'avait même pas une tête de princesse, c'était dire ! Certes, il avait un château, des Oompa Loompas et un grand "jardin" sur son toit, mais il n'avait pas de trésors ou grand chose à lui offrir. Disons qu'il comptait potentiellement lui offrir quelque chose, mais ça n'entrait pas franchement dans les caractéristiques habituelles des contes de fées.

Dire que la réponse de Mikkel le surprit relevait de l'euphémisme. Le coussin lui arriva en pleine figure, à plat, soulevant ses cheveux tout autour de son visage dans un "Fwoof" sonore. Pire, il avait lâché le joint qu'il était en train de rouler, répandant tabac et feuilles tout autour de ses pieds, sur le tapis chamarré. Encore sous le choc, Lazlo sentit le coussin retomber sur ses mains. S'il restait quelque chose au creux de ses paumes, ce n'était malheureusement plus le cas. Retrouvant leurs copines dans les poils râpés du canapé, les feuilles de beuh finirent écrasées sous sa propre semelle alors qu'il rattrapait le coussin par un coin, pour l'écraser sur l'épaule du Chevalier Sans Peur.

-Je savais que tes motivations n'étaient pas pures, et seulement vilement intéressées ! Un Chevalier Servant qui suit une Princesse Barbue jusqu'à son château, on sait tous comment ça finit ! Ça exige un baiser d'amour véritable, puis le mariage, puis la dot, puis le Royaume, le Dragon et le Palefrenier, et après ça divorce et ça se tire avec la Belle-Mère acariâtre ou les 7 Nains ! Ah, votre âme souffre ? Qu'en est-il de mon cœur, alors ? Foulé au pied par votre insoutenable cruauté intéressée ! Ah vous vouliez une Princesse, Saint Mikkel ? Vous aurez le Dragon !

Dans un geste impérieux, il relâcha le coussin entre ses cuisses, saisi d'un nouveau ricanement. Les douces vapeurs de la drogue couraient dans son système, l'assommant un peu lui-même. Et s'il ignorait quelle heure il pouvait bien être, il commençait lui-même à sentir la faim creuser quelque peu son estomac. Comme à chaque fois, la douce euphorie de la drogue amenait cette gourmandise sourde, cette faim paradoxale si l'on considérait que l'estomac se gonflait de fumée. Il allait proposer à son compagnon de se lever pour aller chercher quelque chose à manger, mais ce dernier fut plus vif que lui. Posant un regard dépité sur les vestiges du joint suivant qui jonchaient le tapis, il reporta ses yeux céruléens sur Mikkel. Saint Mikkel. Ses lèvres charnues qui s'ouvraient à nouveau alors que son regard de chien battu lui donnaient envie soit de lui apporter le contenu entier de son frigo, soit de l'embrasser à pleine bouche. Secouant la tête pour se remettre les idées en place, il leva les yeux au ciel. La Volière n'était pas loin, en soit. Mais il avait déjà sacrifié Reynald pour la cause stomacale, alors le Chevalier Pourfendeur de Poulardes n'aurait pas le plaisir de goûter au pigeon rôti.

-Tu as de la chance, alors. Parce que je suis un Palefrenier magique, doublé d'une Princesse Barbue et d'un Dragon. Je suis aussi un peu Génie, et j'peux exaucer trois de tes souhaits. Le premier sera donc de te nourrir. Quand j'aurai réussi à bouger mes fesses de ce canapé.

Ce qui était plus vite dit que fait, la douce indolence dans laquelle l'avait plongé le joint rendant ce canapé terriblement attachant. Une histoire d'amour fusionnelle, profonde, que Saint Mikkel ne connaîtrait probablement jamais. Car les sentiments de Lazlo étaient tous tournés vers son meuble. Ses yeux, quand à eux, se laissèrent aller à vagabonder une nouvelle fois le long des traits du visage de son étrange compagnon qui s'était penché vers lui, trahissant ses intentions. A ce rythme, il aurait flingué ses trois souhaits en l'espace de quelques minutes seulement. Ce qui serait bien dommage, si l'on considérait que Lazlo était prêt à lui en accorder un peu plus, surtout alors que le temps se suspendait dans la nébuleuse de fumée. Alors qu'il sentait à nouveau son souffle contre sa peau, et entr'ouvrait les lèvres malgré lui pour le capter.

Luttant contre le sortilège, le blond prit le parti de s'enfoncer un peu plus dans le canapé. Approfondir le problème n'avait jamais réellement été la solution quand il fallait s'extirper de son étreinte confortable pour franchir les quelques mètres qui le séparaient de la cuisine. Poussant un grognement défait, il fixa la cuisine américaine, entretenant l'espoir que s'il se concentrait suffisamment elle finirait par se rapprocher toute seule. L'intention était belle, bien qu'impossible. Mais par une soirée aussi étrange, n'était-il pas possible que d'autres miracles se fassent ?
Bon, la cuisine ne se rapprochait pas, mais la pression qu'il sentit sur son épaule était une autre forme de miracle fort plaisante. Et cette odeur légèrement aigrelette, un peu piquante, qui revenait à la charge, à peine effacée par la flagrance pourtant tenace de la drogue. Répondant au contact par le contact, le blond se laissa aller paresseusement contre son bras. Les doigts du Saint Homme dans ses cheveux attisèrent un frisson le long de sa colonne vertébrale. Le souffle suave de sa voix contre sa tempe, juste au creux de son oreille, réchauffèrent, eux, tout le reste de son corps. Une sensation piquante et pas foncièrement désagréable alors que son esprit embrumé tentait d'analyser, de tirer le vrai du faux, dans ce que lui racontait le Brun de la Discorde.
Brun de la Discorde qui réclamait son deuxième vœu. Se tournant lentement vers lui, traçant quelques arabesques de la pulpe des doigts le long d'un avant-bras qu'il sentit ferme, Lazlo lui adressa un sourire énigmatique.

-Tu crois sincèrement que c'est dans mon canapé que tu vas dormir ce soir, ô, fier Pourfendeur de Cafards ?

Sa main libre papillonna vers son visage, effleurant à peine cette mâchoire carrée, forte, tandis qu'il rapprochait légèrement son visage du sien. Suffisamment pour sentir de nouveau son souffle sur sa peau. Suffisamment pour frôler ses lèvres charnues de sa moustache, lèvres desquelles il n'arrivait pas à dévier le regard. Répondant d'une voix toute aussi profonde, il concéda, dans un soupir :

-Ce sera donc ton deuxième souhait, Chevalier. Sois prudent, il ne t'en reste plus qu'un.

Il pouvait sentir le souffle de son compagnon se raccourcir. Il pouvait sentir son propre cœur s'emballer, juste ce qu'il fallait pour permettre au sang de circuler à nouveau correctement dans son corps par trop détendu. Juste assez pour que, ses lèvres brossant subrepticement celles du Saint Homme, juste à peine, elles s'étirent dans un sourire cabot alors qu'il reculait aussitôt. Et bondissait sur ses pieds, échappant tant à son emprise que celle du canapé. Le ton joyeux d'avoir réussi un tel exploit, il lui adressa un sourire radieux.

-Mais d'abord, la ripaille ! Un Saint ne peut prêcher le ventre vide !

D'autant qu'il avait lui-même la dalle, et était reconnaissant à son estomac de ne pas avoir hurlé famine alors qu'ils étaient aussi proches. Le pas leste, il esquiva un vol de coussin avant de se diriger vers la cuisine. Ses réserves n'étaient pas particulièrement remplies, le dernier mois ayant été particulièrement hasardeux. Par chance pour lui, la vente de Reynald lui avait permis de racheter quelques provisions plus tôt dans la journée. Reynald. Sa mémoire serait honorée ce soir, tant celle du pigeon que celle du grand con. Parce que sans Reynald premier et deuxième du nom, rien de tout ce qui s'était passé ce soir n'aurait été possible. Et le Brun de la Discorde ne serait pas présent actuellement, frustré, dans son canapé. Quoi que frustré, il n'en savait rien, au fond. Mais il s'en doutait fortement, vu le lancer de coussin qu'il avait esquivé. En même temps, ça lui apprendrait à squatter à ce point. Cela même si Lazlo lui avait effectivement assuré qu'il pourrait obtenir tout ce qu'il voulait. Et il impliquait, sincèrement, tout.
Farfouillant dans les placards à la recherche de provisions, Lazlo tomba sur deux paquets de snacks qu'il avait réussis à négocier comme un arracheur de dents à une revendeuse sur le marché noir. Avec l'Apocalypse, les gens étaient devenus fous. Les usines de production de ce genre de petites délicatesses avaient été désertées depuis belle lurette, et certaines personnes avaient pris sur elle d'en fabriquer elles-mêmes, avec les moyens du bord. Un parti pris qui permettait de fonctionner l'économie locale, en quelques sortes. Sauf que quand sa productrice habituelle avait accusé le coup et vendu ses dernières réserves, il avait été obligé de courir tout le marché noir pour trouver une alternative. Et cette alternative se trouvait entre ses mains, à savoir des stocks de sa productrice habituelle, mais revendus à trois fois le prix. Une arnaque. D'où la fierté sans pareille qu'il avait éprouvée en réussissant à négocier les paquets à moins cher que le prix de production. Et cette même fierté qu'il éprouva alors qu'il ramenait son butin, accompagné de deux verres vides et d'une bouteille de rhum "récupérée" sur la table basse qu'il avait glissée sous son bras.

-Bon, j'espère que ça t'ira à défaut de poularde. Sinon je peux descendre à la cave, égorger un Oompa Loompa et te le ramener. Ça risque juste de prendre un peu plus de temps à rôtir que des machins déjà tous prêts. D'autant que nous autres, les Princesses Barbues, nous ne faisons normalement pas la cuisine. Mais les cuisiniers ont décidé de faire grève avec les chevaux. On vit vraiment dans un monde de merde, si tu veux mon avis.

D'un mouvement ample, il jeta les sachets à son compagnon pour qu'il les ouvre avant de s'asseoir à nouveau dans le canapé. S'étant apprêté à respecter une distance honorable entre eux, il se loupa lamentablement, s'asseyant à quelques centimètres à peine de lui. Son genou contre celui du Saint, il lui adressa un haussement de sourcil taquin avant de verser le liquide ambré dans les deux verres vides. Verres vides qui, une fois remplis, furent empalmés sans autre forme de procès. Verres pleins qui tintèrent alors que Lazlo plongeait une nouvelle fois son regard trop clair dans celui trop métallique de son Chevalier.

-A ta santé, preux Chevalier. En espérant que les onguents magiques que tu as distillés aux quatre coins de ton illustre royaume aient raison des viles créatures qui l'ont envahi. Et en espérant que ces fameux onguents ne provoquent aucune combustion spontanée de ta part sur mon malheureux canapé.

Oui, parce que vu que l'odeur aigrelette n'était toujours pas partie de son t-shirt, il était fort à craquer s'il craquait une allumette trop près de lui, il risquait de prendre feu. Et ce n'était pas dans les intentions de Lazlo pour la soirée. Sans relâcher le contact oculaire, le blond sirota une goutte de rhum avant de faire claquer sa langue de plaisir. Et de s'enfoncer à nouveau dans le canapé, tourné dans sa direction. La brûlure de l'alcool lui coupa la faim, sporadiquement. Juste assez pour que son regard glisse le long de la glotte de Mikkel, l'observant alors qu'il avalait à son tour le breuvage. Passant sa langue sur ses lèvres trop sèches, l'Eleveur s'offrit le luxe d'une nouvelle gorgée. La boisson se distillait si agréablement dans ses veines, douceâtre, insidieuse, emportant les quelques sous de bon sens qu'il pouvait encore avoir. Le verre retrouva sa place sur la table basse. Et ses doigts de longer le genou du Brun de la Discorde, puis sa cuisse, puis de s'enfoncer dans le paquet de snacks pour lui en voler un.
Jonglant distraitement avec la friandise, entre ses doigts agiles, l'Oiseleur se pencha de nouveau vers le Saint Homme. Fit abstraction de l'odeur aigrelette, se concentrant sur ce parfum musqué, capiteux, qui le caractérisait. Une fragrance terriblement entêtante. Ses lèvres se rapprochèrent de son oreille, alors qu'il pressait son épaule de la sienne.

-Pardonne mon effronterie, ô, Saint Homme, mais... Quel serait ton troisième souhait ?

La friandise rejoint le paquet d'où elle venait originellement. Et les doigts agiles de retrouver la peau chaude, ferme, de l'avant bras de Mikkel pour y tracer de nouvelles arabesques alors que tout le reste du corps de Lazlo subissait à nouveau ce courant électrique que son contact provoquait.
Lui, il savait très bien quel aurait été son souhait, s'il n'y avait que lui dans l'équation. Sauf que ce n'était pas ce qui était convenu. Dans un nouveau soupir chaleureux, suave, il poursuivit.

-N'oublie pas que je suis prêt à tout t'accorder, dans la limite des stocks disponibles.

Certes, il ne lui offrirait jamais de rivières de diamants. Certes, il ne braquerait pas une banque pour lui. Et non, il n'irait pas lui chasser une licorne, dans les steppes reculées du Monde des Merveilles, tout simplement parce que les arcs-en-ciel étaient trop rares à la Nouvelle Orléans pour les escalader et rejoindre ledit Monde. Mais là, présentement, tout de suite, il était parfaitement conscient de ce qu'il venait de faire.
Ah, il ne fallait pas le répéter deux fois. Et pourtant, il avait prononcé exactement les mêmes mots que précédemment. Distraitement, il se mordit la lèvre inférieure, ne reculant qu'à peine son visage. Ses doigts s'enroulèrent autour de son avant-bras, alors que le temps se ralentissait à nouveau. Alors que ses sens s'engorgeaient d'une nouvelle forme de famine.



_________________

Every morning I jump out of bed and step on a landmine. The landmine is me. After the explosion, I spend the rest of the day putting the pieces together. ×

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3658-lazlo-pour-vivre
 

Quite Close to Crazy ▬ Mikkel

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» I'm not crazy, my reality is just different than yours.. ♥
» [Logiciel]Ultimate Crazy Spammer
» RPG Maison Close recherche administrateurs/trices
» Crazy-GirL ^-^
» Jaisy. Gosh, this girl os crazy !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fourth Chapter: Around The World :: Around The World :: Flashback-